Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 375 – Avril 2018

 

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  ARON (Robert). Les Frontaliers du Néant. Editions de Flore, 1949, in-12, 171 pp, broché, bon état

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Avant Descartes. – Descartes avant la « Méthode ». – Descartes après la « Méthode ». – Après Descartes. — "Dieu, le plus grand des mystères, ne sera jamais objet de science, c'est entendu, pas plus qu'il ne sera jamais définissable entièrement par la raison. Mais ne peut-on pas, tout au moins, approcher un peu de ce mystère, préciser où il se situe et par quels chemins d'accès, s'il existe, il vient jusqu'à nous ? A défaut du numérateur, ne pourrait-on préciser quel est le dénominateur ? L'auteur de ces lignes a, dans un livre antérieur, “les Frontaliers du Néant”, déjà quelque peu esquissé la solution de ce problème, qui ne porte certes pas sur l'essentiel des questions posées par Dieu, mais tout au plus sur certaines de leurs données..." (Robert Aron, “Ce que je crois”, 1955)

2.                  AUBERT (Marcel). Cathédrales et abbatiales romanes de France. Avec la collaboration de Simone Goubet. Arthaud, 1965, pt in-4°, 659 pp, 576 photos reproduites en héliogravure avec notices explicatives, 42 plans, 8 cartes régionales, plans et coupes, index des termes techniques, biblio sommaire, table des noms de lieux, imprimé sur papier hélio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            50

"Après “Cathédrales et trésors gothiques de France”, paru en 1958, voici, dans la même collection, le dernier livre de Marcel Aubert. C'est un fort beau volume dans lequel sont passés en revue, avec une aisance légendaire, 365 monuments. Le manuscrit en était presque achevé lors de la disparition de l'auteur. Avec une fidélité et une piété exemplaires, Mlle Goubet s'est employée à le mettre au point ; mais il n'y a pas dans toutes ces pages une phrase, un mot qui ne soient de Marcel Aubert, dont on retrouve partout, non sans émotion, l'exposé simple et clair et comme l'écho de la voix chaleureuse. Il est ici question essentiellement d'architecture, qui est l'objet d'une vaste synthèse. Marcel Aubert évoque tout d'abord les conditions historiques de la naissance de l'art roman. Puis il en définit les caractères et en souligne l'admirable diversité, diversité dans le temps comme dans l'espace. Il distingue les églises de la première moitié du XIe siècle, églises voûtées, églises non voûtées, en réservant une place à part aux églises « de Franche-Comté » ainsi qu'aux églises ottoniennes du Nord-Est de la France. L'étude des caractères régionaux représente l'essentiel du livre, sa part la plus large (p. 150 à 486) et la meilleure. Toute notre architecture romane y défile, région par région, dans le cadre de la France actuelle. Travailleur infatigable, Marcel Aubert s'est tenu jusqu'à la fin au courant des dernières découvertes, des théories les plus récentes... Il est complété par plus de cinq cents notices qui servent de commentaires à chacune des illustrations et qui rassemblent les précisions indispensables sur l'histoire, la chronologie, l'iconographie, les caractères des monuments. Ces notes fort substantielles sont l'œuvre de notre consœur Mlle Simone Goubet, qui a fait là un travail méritoire et montré une compétence digne d'éloges. Il faut la féliciter aussi du choix excellent des illustrations, dont la beauté et l'abondance font le plus grand honneur aux Éditions Arthaud. Grâce à elles, le lecteur découvrira aisément des aspects inédits des édifices majeurs – il y a de remarquables vues aériennes – et quantité de monuments peu connus ou difficilement accessibles. Comme dans le volume sur les cathédrales gothiques, plusieurs planches de plans et de coupes réduits à la même échelle – un centimètre pour dix mètres – composent le plus éloquent des cours d'archéologie. A elles seules, toutes ces reproductions constituent un excellent tableau de l'architecture romane dans notre pays." (Jacques Thirion, Bibliothèque de l'École des chartes, 1967)

3.                  BAXANDALL (Michael). Formes de l'intention. Sur l'explication historique des tableaux. Nîmes, Editions Jacqueline Chambon, 1991, in-8°, 239 pp, traduit de l'anglais, 7 figures, 34 planches en noir (62 illustrations) et 4 pl. en couleurs hors texte, broché, bon état

            40

Nous parlons sans cesse des peintures, nous leur consacrons des livres, des préfaces, des comptes rendus. Tout cela pour les mettre en perspective, les expliquer, pour dire leur intérêt, déchiffrer leur signification. L'ouvrage de Michael Baxandall prend au sérieux ces activités qui ont une parenté aujourd'hui lointaine mais pas complètement interrompue avec l'ekphrasis de la Renaissance. C'est une analyse épistémologique des conditions de notre compréhension et de notre aperception des œuvres. En ce sens, ce livre a quelque chose d'un grand ouvrage théorique – quelque chose d'une critique de la vision pure. Il s'agit, pour Baxandall, de comprendre comment nous interprétons les formes d'une œuvre d'art par rapport aux intentions qui nous paraissent avoir présidé à sa production. Comment se fait-il qu'une œuvre soit comme elle est et comme, pensons-nous, elle a été voulue par son auteur ? Le titre “Formes de l'intention” doit recevoir ici toute sa force : c'est une structure qui seule permet d'appréhender des intentions. C'est une structure encore qui seule permet aux intentions d'exister. Nous ne comprenons rien à ce qui échappe à une structure de déterminations conceptuelles et nous ne créons rien, non plus, en dehors de telles structures.

4.                  BERTIN (François). Objets témoins de l'Histoire de France. Rennes, Ouest-France, 2009, in-4° à l'italienne, 124 pp, 112 photos en couleurs, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            15

111 objets sélectionnés parmi les milliers présentés dans les plus grands musées nationaux et les collections privées racontent l'Histoire de France, l'histoire de la France. Attributs royaux, documents officiels, reliques de bataille, tous témoignent à tour de rôle des événements qu'ils ont vécus. Le coq gaulois, l'Edit de Nantes, la couronne du sacre de l'Empereur Napoléon 1er, le micro de l'Appel du 18 juin, sont rassemblés dans ces pages et nous racontent notre histoire.

5.                  BOUDET (Jacques)(dir). Histoire de l'Europe et du génie européen. Editions du Pont Royal, “Laffont-Del Duca”, 1959, in-4°, 296 pp, 659 gravures, photos et cartes en noir et en couleurs, chronologie, reliure toile écrue de l'éditeur, dos lisse avec titre en noir, 1er plat illustré en noir (composition originale de Hans Erni), sans la jaquette, bon état (Coll. Panoramas d'histoire)

            25

Textes de Jean Amsler, Jacques Boudet, Loys Masson, Jacques Nobécourt, Edmond Pognon. — "A une époque où grâce à la photographie, au cinéma, à la télévision et à la reproduction mécanique des images nous avons de plus en plus besoin de voir pour comprendre et pour retenir, cet ouvrage luxueux de grand format qui nous montre le déroulement de l’histoire européenne tout autant par l’image que par le texte est sûr de connaître un grand succès..." (Le Monde diplomatique, février 1960)

6.                  BOUSSION (Samuel) et Mathias GARDET (dir). Les châteaux du social, XIXe-XXe siècle. Beauchesne, Presses Universitaires de Vincennes, 2010, gr. in-8°, 363 pp, 48 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Enfants hors la loi)

            20

Les châteaux sont ordinairement perçus comme des lieux de prestige, des symboles de pouvoir. Berceau des familles nobles, ils peuplent les récits historiques, véhiculant leur lot de fantasmes. Mais on oublie trop souvent qu'en France cet imposant parc immobilier a pu loger – et loge parfois encore – des oeuvres à vocation sociale, opérant ainsi une reconversion de ce patrimoine en "châteaux du social". Déjà remarquable durant la seconde moitié du XIXe siècle, ce phénomène a pris au cours du siècle suivant une plus grande ampleur, encore mal évaluée. Ces demeures ont accueilli des populations d'un style qui rompait avec leurs habitants traditionnels. Orphelins, tuberculeux, jeunes délinquants, handicapés physiques ou mentaux, etc., y ont pris leurs quartiers. Ces initiatives ont été le fait d'une grande diversité d'acteurs, allant des notables fortunés à des associations et fondations, jusqu'aux syndicats et comités d'entreprise, sans oublier les pouvoirs publics. Les châteaux ont ainsi changé de mains et sont devenus instrument des politiques sociales qui se sont succédé depuis plus d'un siècle. Pour faire front contre la tuberculose : aériums, préventoriums, sanatoriums, sans oublier les écoles de plein air ; pour respirer le bon air : colonies de vacances à la mer, à la montagne ou la campagne ; pour la rééducation morale par les travaux des champs : colonies pénitentiaires agricoles, dites communément maisons de correction ; pour promouvoir la pédagogie de la vie collective : écoles de cadres, centres régionaux d'éducation physique et sportive et autres centres de formation pour adultes (assistantes sociales, éducateurs...) ; pour sortir de l'hôpital : expériences de démédicalisation et de psychothérapie institutionnelle ; pour accueillir des familles en vacances et pratiquer des loisirs : maisons familiales, parfois auberges de jeunesse...

7.                  CAMUS (Renaud). Journal d'un Voyage en France. Hachette/P.O.L., 1981, in-8°, 570 pp, une carte, index géographique, index des personnes, des personnages et des oeuvres, broché, couv. illustrée, bon état

            25

La plupart des livres de voyage, les guides surtout, dans leur prétention à l'objectivité, dépeignent un monde largement imaginaire. Pourtant, si comme le veut Amiel "les paysages sont des états d'âme", nos impressions d'eux, et des villes, et des monuments, varient avec le temps, la lumière, notre humeur, notre point d'observation, mille associations légères qui ne sont qu'à nous. Aussi n'y aurait-il de réalisme que dans la subjectivité. Renaud Camus voyageur s'abandonne à la sienne. Elle est chargée, surtout quand elle a comme ici la France pour terrain, d'une culture ancienne, complexe, un peu floue ou maniaquement précise soudain, "bourgeoise" sans doute et certainement condamnée. Il l'écoute en lui, avec autant de tendresse que d'ironie, lui parler de poètes oubliés, de jardins abandonnés, de petits théâtres fermés dans des sous-préfectures, d'histoires de famille ou d'amours adolescentes. Le désir le mène. Sexuel il le porte plutôt, comme le savent les lecteurs de “Tricks”, vers les garçons : les épisodes s'ensuivant sont relatés dans ces pages sans détours mais sans provocation aucune, tranquillement, du ton dont on décrit le silence de la nuit à Semur-en-Auxois, un coucher de soleil sur les montages de l'Ardèche, la “Toilette” de Bazille au musée de Montpellier, les vallées des Corbières, si vertes entre leurs hautes collines rocheuses, le printemps au faîte de sa splendeur en Gascogne. II se pourrait bien, d'ailleurs, que l'émotion soit la même. (4e de couverture) — "Ce livre narre, au jour le jour, un voyage en France, dans le centre et le sud du pays, du 15 avril au 15 juin 1980. Il mêle descriptions de paysages et de châteaux et recensement des plans cul de l'auteur avec la même scrupuleuse précision ; ajoutons que l'ouvrage, remarquablement édité possède, en fin de volume un index des personnes, personnages et oeuvres cités et un autre des lieux visités ou nommés. Ce mélange d’érudition patrimoniale et de drague ressuscite des mondes aujourd’hui complètement disparus, celui de la baise homosexuelle en toute insouciance, presque à toute heure et partout et celui d’une province érudite, celle des sociétés savantes locales. Un temps, à en croire ces pages, où tous les pédés étaient moustachus et où certains pans du territoire avaient su garder leur charme quatrième République." (www.senscritique)

8.                  Collectif. Histoire et Nourritures terrestres. Les Rendez-vous de l'Histoire, Blois 1999. Nantes, Editions Pleins Feux, 2000, pt in-8°, 122 pp, avant-propos de Francis Chevrier, préface de Maurice Sartre, broché, bon état

            12

Cinq études : Qu'est-ce qu'un grand vin au temps des Romains ? (André Tchernia) – La bataille de l'absinthe sous la IIIe République (Jean-Noël Jeanneney) – Histoire et géographie du restaurant (Jean-Robert Pitte) – Abondance et pénurie carnée dans le cycle saisonnier rural au Liban (Aïda Kanafani-Zahar) – Femmes et nourriture (Michelle Perrot). — Ainsi la condition humaine comporte-t-elle, comme pour toute espèce vivante, l'obligation de trouver sa nourriture quotidienne. L'homme qui, par l'esprit, se pense si proche des dieux, se trouve ramené à sa condition animale pour la satisfaction de ce besoin vital. Valait-il donc la peine de mobiliser tant d'historiens, de solliciter tant de moyens, de convier un si large public, pour ce constat banal, que nous faisons les uns et les autres chaque jour lorsque la faim se fait sentir et que notre estomac réclame ? Non bien sûr, si, pour l'homme, manger était resté au fil d'une histoire multimillénaire, l'apaisement calculé d'un organe exigeant. Mais l'animal doué de raison a réussi à transformer cette fonction biologique en tout autre chose, et c'est ce tout autre chose qui intéresse l'historien.

9.                  Collectif. L'Homme et l'Environnement : quelle histoire ? Les Rendez-vous de l'Histoire, Blois 2001. Nantes, Editions Pleins Feux, 2002, pt in-8°, 154 pp, broché, bon état

            12

Textes de Edgar Morin, Emmanuel Le Roy Ladurie, Paul Chemetov et Gérard Mégie. Débats animés par Robert Delort, Jean-Louis Robert, Jean-Michel Gaillard et Michelle Perrot. — Les problèmes de l'environnement nous assaillent. Vache folle, poulet à la dioxyne, fièvre aphteuse et ses apocalyptiques bûchers, plantes transgéniques aux effets incertains menacent notre alimentation et insinuent le doute au cœur d'une abondance que nous nous faisons gloire d'avoir conquise. Nous avions vaincu la faim, dans les sociétés occidentales du moins : nous voilà affrontés à la "malbouffe", sans certitude du lendemain. Le régime climatique change : où sont les étés brûlants et les neiges d'antan ? Les courbes de température oscillent autour de moyennes insipides. Des tempêtes d'allure cyclonique mettent à mal des forêts séculaires... Des pluies incessantes gonflent les rivières, provoquant des inondations exceptionnelles... Il y a bien de quoi s'interroger. Les journaux s'y emploient chaque jour. Mais alors que peuvent, que pèsent les hommes ? Sont-ils le jouet passif de catastrophes purement " naturelles " ? Où commence l'histoire humaine de la Nature ? Quand et comment est née la notion "d'environnement" que nous ne saurions projeter sans anachronisme sur les civilisations du passé ? Comment celles-ci l'ont-elles pensée ? L'homme a noué avec un environnement, dont il n'a cessé de modifier la perception et les contours, une histoire singulière dont Les Rendez-vous de l'Histoire 2001 se proposent d'explorer les dimensions les plus diverses. (Michelle Perrot)

10.              DAUZAT (Albert). Les Patois. Evolution, classification, étude. Delagrave, 1928, in-12, 207 pp, 7 cartes, biblio, broché, bon état (Bibl. des chercheurs et des curieux)

            20

"Albert Dauzat vient de mourir. Ce grand travailleur, cet esprit curieux, cet entrepreneur sagace de publications utiles était un des rares, un des très rares toponymistes de France qui eussent le sens de l'histoire et le besoin immédiat de cartographier les phénomènes qu'il observait. Il a beaucoup travaillé pour promouvoir sa discipline. En même temps que des noms de lieu, il s'occupait des noms de personne dont la connaissance n'importe pas moins à l'historien. On ne voit guère de candidats, je ne dirai pas à sa succession mais à sa suite. Et c'est tant pis pour l'histoire." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1956)

11.              DELILLE (Jacques). Oeuvres de J. Delille. Nouvelle édition. P., Michaud, 1806-1824, 15 vol. in-8°, reliures demi-veau glacé fauve, dos à 4 larges faux-nerfs filetés et soulignés à froid, fleurons à froid, pièces de titre et d'auteur basane verte, roulette dorée en tête, palette dorée en queue, tranches marbrées (rel. de l'époque), manques en tête sur les tomes 1 et 12, rousseurs éparses, bon état

            180

15 volumes (sur 17). Manque les tomes 9 et 13. — "Brillant élève, J. Delille (1738-1813) fut d'abord professeur obscur au collège de Beauvais, à Paris, puis à celui d'Amiens, et il enseignait de nouveau à Paris, au collège de La Marche, quand Louis Racine le décida à faire paraître la traduction en vers, qu'il venait de faire, des Géorgiques de Virgile (1769). Voltaire ne cacha pas son admiration pour cette oeuvre ; II écrivit en outre à l'Académie française pour qu'elle reçût dans son sein un si grand traducteur du grand poète. L'Académie le nomma deux fois, la première élection (1772) n'ayant pas été ratifiée par le roi, qui le trouvait trop jeune. Après sa traduction des Géorgiques, Delille publia le poème des Jardins (1780) ; puis, ayant suivi à Constantinople l'ambassadeur français Choiseul-Gouffier, la vue de ces magnifiques contrées lui inspira le poème de l'Imagination. De retour en France il fut le favori de la mode et le poète des salons, jusqu'à ce que la Révolution vînt le blesser dans ses affections comme dans ses intérêts. Arrêté pendant la Terreur, il fut protégé par Chaumette, procureur de la Commune. Il fut même chargé de composer un hymne pour la fête de l'Etre suprême ; mais il quitta la France et passa le temps de son exil volontaire, tantôt à Saint-Diez, tantôt à Bâle, tantôt à Glairesse. Il acheva l'Homme des champs (1800) et les Trois régnes de la nature. Il visita encore l'Allemagne, où il composa son poème de la Pitié (1803), et séjourna deux ans en Angleterre pour y traduire le Paradis perdu de Milton (1805). Le Consulat lui rendit sa chaire de poésie au Collège de France. A quelque temps de là, il devenait aveugle. Delille régna sur les lettres par de nouvelles oeuvres comme il régnait par les anciennes, et s'éteignit doucement à soixante-quinze ans, au milieu d'un triomphe que nul n'avait encore contesté..." (Larousse du XIXe siècle) — Détail. T1. : Poésies fugitives (cxliv-255 pp, un frontispice et 2 fac-similés dépliants) ; T2. : Les Georgiques de Virgile (liii-317, un frontispice, texte en latin avec traduction en regard) ; T. 3 à 6 : L'Énéide de Virgile (3 frontispices, lxvii-347, 339, 365 et 382 pp) ; T. 7 : Les Jardins, L'Homme des champs (un frontispice, 309 pp) ; T. 8 : L'Imagination (un frontispice, 270 pp) ; T. 10-11 : Les Trois Règnes (2 fontispices, xxxvii-238 et 276 pp) ; T. 12 : Malheur et pitié, La Conversation (un frontispice, 371 pp) ; T. 14-15 : Le Paradis perdu de Milton (un frontispice, 405 et 379 pp, manque les Livres I à III, texte en anglais avec traduction en regard) ; T. 16 : Oeuvres posthumes (un frontispice, 355-4 pp, table générale et analytique des oeuvres) ; T. 17 : Les Bucoliques, en vers français, précédées de la vie du poète latin, et accompagnées de remarques sur le texte pour compléter les oeuvres de Virgile (1806, 5 pl. gravées hors texte, 341 pp).

12.              DESCHANEL (Louis-Paul). Histoire de la politique extérieure de la France, 806-1936. Payot, 1936, in-8°, 284 pp, préface de Wladimir d'Ormesson, broché, couv. illustrée (lég. tachée), bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

"Le lieutenant Louis-Paul Deschanel est tombé à l'ennemi, au cours d'une patrouille pour laquelle il était volontaire, à la mi-septembre 1939. On sait que le jeune historien a été inhumé au cimetière de Neumunster, en territoire tenu par les Allemands sur le front de la Sarre. Né en 1909, Louis-Paul Deschanel était un historien à qui l'on devait une « Histoire de la Politique Extérieure de la France », parue en 1936, et qui préparait un second ouvrage." (Revue La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, 1939)

13.              DIÈNE (Doudou)(dir). La chaîne et le lien. Une vision de la traite négrière. Editions UNESCO, 1998, gr. in-8°, 591 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoire des peuples). Actes de la conférence internationale de Ouidah de 1994

            40

1. Histoire, mémoire et archives de la traite négrière. – 2. Impact démographique et dimensions économiques et sociales de la traite. – 3. Abolition de la traite négrière et de l'esclavage et évolution des mentalités. – 4. Apports, continuités et dynamismes culturels. – 5. Traite négrière et coopération internationale. - Biographie des auteurs. — "Par le silence universel qui l'a entourée, la violence extrême qui l'a accompagnée, la lumière troublante qu'elle jette sur l'échelle des valeurs des sociétés qui l'ont engendrée et les immenses transformations et interactions qu'elle a générées, la traite négrière transatlantique peut être comparée, sur le plan historique, à la matière invisible qui occupe, selon les astrophysiciens, la plus grande partie de l'univers et dont la présence imperceptible explique le mouvement de tous les objets célestes. Développement, droits de l'hommes, pluralisme culturel, ces grands enjeux du monde actuel sont en effet profondément marqués par un "trou noir" dans l'histoire de l'humanité : la traite négrière transatlantique. L'état de développement de l'Afrique ne peut être expliqué sans la déstructuration profonde des sociétés africaines et la saignée humaine dont l'Afrique a fait l'objet, de manière systématique, durable et organisée, pendant les siècles de la traite négrière, transsaharienne et transatlantique." (Doudou Diène)

14.              DOMMANGET (Maurice). Les Grands socialistes et l'éducation : de Platon à Lénine. Armand Colin, 1970, gr. in-8°, 470 pp, cart. éditeur, bon état (Coll. U)

            35

18 chapitres sur Platon, Thomas Morus, Campanella, Babeuf, Sylvain Maréchal, Philippe Buonarroti, Henri de Saint-Simon, Robert Owen, Etienne Cabet, Victor Considérant, Proudhon, Auguste Blanqui, Karl Marx et Frédéric Engels, Paul Robin, Francisco Ferrer, Albert Thierry, Jean Jaurès, Lénine. — "Maurice Dommanget retrace la vie de Paul Robin, élève de l'École normale supérieure, membre de la Première Internationale, apôtre de « l'éducation intégrale » qu'il pratiqua lui-même à Cempuis. Ce pédagogue d'esprit libertaire place au premier plan l'éducation physique, le travail manuel, la leçon de choses, l'« affranchissement des croyances extraterrestres », le développement de l'altruisme. Révoqué en 1894, à la suite d'une campagne de la presse cléricale et antisémite, il se voue à la propagande néo-malthusienne et eugéniste." (Robert Schnerb, Annales ESC)

15.              FRÉVILLE (Anne-François-Joachim). Vie des Enfants célèbres. P., Librairie d'Éducation de Didier, 1839, 2 vol. in-12, 292 et 262 pp, 8e édition revue, corrigée et augmentée, 8 planches gravées hors texte, reliures plein veau moucheté, dos lisse avec quadruples filets et fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison basane bordeaux, coupes filetées, encadrements dorés sur les plats, tranches marbrées (rel. de l'époque), bon état

            120

"A.-F.-J. Fréville (1749-1832), grâce à des études assidues, devint un bon latiniste, fut chargé de plusieurs éducations particulières, notamment de celle des deux fils du duc de Luxembourg, en 1785, et employa une partie de son temps à composer des ouvrages pour la jeunesse. Devenu suspect sous la Terreur, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, et acquitté après une assez longue détention. Lors de la création des écoles centrales, Fréville devint professeur de belles-lettres à l'école de Seine-et-Oise, et renonça à l'enseignement public à l'époque de la réorganisation de l'Université. Comme professeur, il s'attacha à aplanir les difficultés de la langue française, et composa une grammaire simplifiée avec un bon vocabulaire d'homonymes et d'homographes. Comme écrivain, il a laissé un grand nombre d'ouvrages pour la jeunesse." (Larousse du XIXe) — T. I : Les deux jumeaux ; Marcile Euphropsine ; Henri de Nemours ; Edouard VI ; Charles, duc de Glocester ; Candiac de Montcalm ; Ambroise de Boufflers ; Louis, duc de Bourgogne ; etc. T. II : Adélaïde de Montreuil ; Angéla de la Morinière ; Vie de Jeanne d'Arc ; Le jeune Dauphin, fils de Louis XVI ; Le Roi de Rome ; Gaspard Hauser ; etc.

16.              GAILLAC (Henri). Les Maisons de correction, 1830-1945. Editions Cujas, 1971, gr. in-8°, 378 pp, préface de Paul Lutz, lettre de Jean-Louis Costa, 80 gravures et photos sur 36 pl. hors texte, importante bibliographie, broché, bon état

            50

Histoire des prisons et bagnes d'enfants : L'ère des philanthropes ; L'épopée des colonies agricoles ; Bons pasteurs et refuges du XIXe siècle ; Les colonies pénitentiaires ; La rééducation modèle 1900 ; La naissance du tribunal pour enfants ; La fin des bagnes d'enfants ; L'internat de rééducation ; De nouvelles techniques pour la justice ; Sous le régime de Vichy. — "On a beaucoup écrit sur la délinquance juvénile et sur la rééducation des mineurs. Jamais cependant jusqu'ici on n'avait retracé, de manière complète, méthodique et objective, l'histoire de cette rééducation. « C'est l'histoire d'un combat » écrit justement M. Lutz, en tête de sa remarquable préface : le combat entre l'action éducative et la politique répressive, entre les efforts pour protéger – et secourir – l'enfance inadaptée et le souci brutal de protéger la société. C'est précisément cette histoire que M. Henri Gaillac présente dans un ouvrage documenté, nourri et réfléchi. L'auteur – et c'est là nous semble-t-il son mérite essentiel – s'attache à suivre le déroulement du mouvement rééducatif à la fois dans son ensemble ou dans sa continuité méritoire et dans les détails, les incidents, les difficultés, voire les contradictions et même les échecs passagers de son laborieux développement. Il fallait, pour le faire, savoir découvrir et s'astreindre à dépouiller tous les documents nécessaires, qu'il s'agisse de rapports administratifs, de circulaires ministérielles, de notes de chefs d'établissements, de réactions diverses des spécialistes, de déclarations d'hommes politiques, de fragments littéraires ou d'écrits de caractère polémique. Un travail considérable et minutieux. M. Gaillac en suit méthodiquement les étapes. Les maisons de correction, instituées (sur le papier du moins) en 1810, et devenues réalité à partir de 1830 ont vécu, à travers bien des vicissitudes, jusqu'à la grande réforme du 2 février 1945 – un des titres d'honneur de la Libération – qui devait substituer la notion d'enfance délinquante, ou plutôt celle d'enfance inadaptée soumise à un régime d'assistance éducative, à celle « d'enfance coupable ». C'est ce dernier terme qu'évoquaient les maisons de correction, symboles d'intimidation brutale, malgré tous les efforts faits à travers les colonies agricoles, les patronages ou les centres divers pour échapper à l'oppression criminogène des « bagnes d'enfants ». Déjà, entre les deux guerres, on s'était efforcé de passer des anciennes maisons de correction à des établissements, sinon encore tout à fait à des méthodes, de rééducation moderne. Il s'agit là d'un apport précieux aux études de pénologie. La documentation recueillie, qui est considérable, est remarquablement utilisée. Ce livre a été conçu comme un instrument de travail, de recherche et d'information ; mais il constitue aussi une source de réflexions sur un problème encore largement ouvert, et qui reste posé devant nos consciences. On peut remercier M. Gaillac." (Marc Ancel, Revue internationale de droit comparé, 1972)

17.              GOEPP (Edouard) et E. L. CORDIER. Les Grands Hommes de la France. Hommes de guerre. P., Ducrocq, 1872-1874, 2 vol. in-12, 283 et 512 pp, 4 portraits gravés et 3 cartes dépliantes hors texte, biblio, reliures demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, titres et caissons dorés, encadrements à froid et fer doré du lycée de Vesoul sur les plats (rel. de l'époque), trace de mouillure au premier volume, qqs rousseurs, bon état

            50

Volume I : Kléber (1753-1800), Desaix (1768-1800), Hoche (1768-1797), Marceau (1769-1796), Daumesnil (1777-1832). – Volume II : Bertrand du Guesclin (1321-1380), Bayard (1473-1525).

18.              GORDIENNE (Robert). Dictionnaire des mots qu'on dit “gros”... de l'insulte et du dénigrement. Editions Hors Commerce, 2002, in-8°, 506 pp, broché, bon état

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Indispensable et caustique : 4500 mots, plus de 8000 sens, qui montrent combien notre langue est riche et diverse, comment elle déploie une certaine esthétique de l'injure, de la flétrissure et du dénigrement. Les citations de deux cents auteurs sont le parti pris d'un goût, d'une amitié qui constituent une véritable bibliothèque où la verve, la vigueur et la jouissance des mots surpassent toute autre considération. Ainsi d'Aristophane à Virginie Despentes, en passant par Rabelais, Gautier et autres Brassens, Perret, Audiard, sans oublier les anonymes des siècles passés et du nôtre. Une lecture jubilatoire, une découverte ou re-découverte du second degré de notre langue !

19.              GUERRAND (Roger-Henri). Les Lieux. Histoire des commodités. La Découverte, 1986, in-8°, 206 pp, 8 pl. de photos hors texte, 6 gravures dans le texte, broché, bon état

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Les lieux d'aisances, du Moyen Age à nos jours : les chaises percées, les origines de la police sanitaire, les égouts, les WC, les vespasiennes, etc. Avant de devenir objet d'interdits imposés par l'hypocrite morale bourgeoise du XIXe siècle, les « besoins naturels » pouvaient se satisfaire sans honte ni fausse pudeur. L’étron fut une matière poétique pour ne rien dire de la jubilation provoquée par le libre échappement des « zéphyrs ». Rabelais, continuateur des trouvères du Moyen Âge, ne fut pas le seul écrivain à se rouler dans la « chose » : le siècle des Lumières a connu un âge d’or de la littérature scatologique. Avec l’avènement des bourgeois conquérants, il faut se retenir en permanence : le corps doit être contrôlé et enserré dans des règles « rationnelles ». Hygiénistes, urbanistes et architectes s’occupent sérieusement des « commodités », la répression corporelle et par conséquent sexuelle s’en trouve renforcée.

20.              Guide Michelin Rouge. Guide Michelin. Offert gracieusement aux Chauffeurs. Edition 1900. Clermont-Ferrand, Michelin, s.d. (v. 2000), pt in-12, 400 pp, qqs figures, plans et publicités, broché, bon état

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Réimpression à l'identique du 1er Guide Rouge édité en 1900. — C'est le guide Michelin « de référence », consacré aux hébergements, hôtels et restaurants. Créés au début du XXe siècle comme de simples objets de promotion, offerts souvent en échange d’un achat de pneus, ces guides répertorient chaque année les hôtels, les restaurants et les sites touristiques, donnant des appréciations et des renseignements précieux. Vendus à partir de 1920, les guides deviennent peu à peu de véritables références du bon goût. Le mérite d'André Michelin fut de comprendre avant tout le monde l'importance que l'automobile allait conférer au tourisme et de réunir en un seul volume, mis au point chaque année, tous les renseignements indispensables. Ce mérite n'était pas mince si l'on songe que le journaliste sportif Pierre Giffard, ayant accompli en 1897 le trajet Paris-Nice en auto, n'avait croisé en tout et pour tout que deux voitures ! La rubrique « Hôtels et restaurants recommandés » verra le jour en 1925 et précèdera le système de notation « Étoile de bonne table », mis en place en 1926. Dès lors les restaurants verront leur réputation et leur fréquentation varier en fonction des étoiles attribuées chaque année par le guide rouge et ses quelques 90 inspecteurs gastronomiques anonymes. Le Guide rouge pour la France a été vendu à quelques 30 millions d'exemplaires depuis sa création, et tire à 500.000 exemplaires tous les ans...

21.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. I. De l'histoire des sciences à l'histoire de la pensée. Payot, 1977, in-8°, 336 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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Introduction à une tentative d'histoire des sciences, ce livre voudrait être un discours de la méthode pour la mise en lumière de l'unité du savoir. Car toute science est conscience de l'homme ; aucune discipline ne se suffit à elle-même ; réduite à elle-même, elle n'est plus elle-même. Le régime de spécialisation outrancière, caractéristique des temps modernes, a falsifié l'idéal du savoir en réduisant l'envergure de l'intelligence. Centrée sur les sciences humaines, l'histoire du savoir devient une histoire de la découverte de l'humanité de l'homme. Elle s'efforce de mettre en lumière l'unité interne qui assure d'âge en âge la cohérence de l'image du monde. Renonçant à se proposer comme un recueil, ou plutôt un cimetière de faits, elle tente de définir les attitudes mentales, les modèles d'intelligibilité qui s'affirment et se renouvellent dans la succession des époques de la culture. L'histoire compréhensive du savoir voit dans toute connaissance l'expression d'une présence au monde et d'un style de vie. Le grand axe de la conscience occidentale est jalonné par le renouvellement des mentalités, dont chacune atteste une forme de sensibilité intellectuelle, en réciprocité de signification avec la sensibilité esthétique et religieuse. Il faut que l'histoire des sciences reprenne sa place et son rang dans une théorie des ensembles de la conscience humaine.

22.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. II. Les origines des sciences humaines (Antiquité, Moyen Age, Renaissance). Payot, 1967, in-8°, 500 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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D'ingénieux esprits de notre temps prononcent que l'homme est mort, la tâche des sciences dites « humaines » étant désormais de hâter la dissolution du cadavre exquis de l'humanité perdue. Avant que les valeurs humaines ne sombrent ainsi dans la dérision générale du nouvel obscurantisme, peut-être est-il encore temps de remémorer la longue marche de la découverte de l'homme dans la tradition de l'Occident. Si nous sommes ce que nous sommes, c'est grâce au labeur acharné des générations spirituelles, dont les essais et les erreurs ont permis la conquête méthodique de la vérité, en passant par l'organisation de la terre et du ciel. L'aventure millénaire de la connaissance a permis de définir les horizons de l'espace et du temps, de constituer l'univers en un paysage doué d'un sens qui se révélait à la foi ou à la raison. Peut-être le caractère fondamental de ces sagesses périmées se trouvait-il dans une certaine amitié fondamentale pour l'homme et pour le monde. Aujourd'hui les héros suicidaires de l'absurdité universelle ne voient en la réalité qu'un miroir où contempler avec délectation leurs propres grimaces. Ce livre n'est destiné qu'à ceux qui s'intéressent encore à l'humanité de l'homme.

23.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. IV. Les principes de la pensée au siècle des Lumières. Payot, 1971, in-8°, 550 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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C'est le XVIIIe siècle qui a inventé les idées et les valeurs constitutives de l'ordre mental jusqu'au milieu du XXe siècle. Les thèmes de la Civilisation et du Progrès, de la Tolérance, de la Justice et de l'Universalité, des Droits de l'Homme, du droit au Bonheur et à la Paix, se sont dégagés peu à peu des aspirations confuses de l'âge « philosophique ». Seulement, ce que les hommes de ce temps concevaient dans l'enthousiasme, ce en quoi ils voyaient la promesse d'un avenir glorieux pour l'humanité réconciliée, ne représente plus à nos yeux qu'une idéologie usée par deux siècles d'expériences souvent décevantes. Voltaire et Hume, Kant, les auteurs américains de la Déclaration d'Indépendance comme les auteurs français de la Déclaration des Droits de l'Homme avaient conscience de dévoiler un sens de la condition humaine. Ils remettaient en question la tradition, luttaient contre les évidences établies pour leur substituer des évidences nouvelles, fondées en raison et en justice ; ils annonçaient des vérités scandaleuses, qui devaient mobiliser l'héroïsme des Insurgents et de leurs compagnons d'armes venus de France, et s'imposer à l'Europe stupéfaite en la personne des soldats de l'An II. Les hommes du XXe siècle croient encore aux droits de l'homme et du citoyen, mais leur croyance, nuancée d'un scepticisme résigné, n'a plus grand-chose de commun avec la foi des premiers jours. Nous savons que la « splendide aurore » de la Révolution française, que saluaient Hegel et Kant, a rapidement abouti à la Terreur, et que les soldats de l'An II ont fourni des cadres éprouvés aux armées napoléoniennes. Nous savons que les vieux mythes aristocratiques et autoritaires, les mythes de la race, du sang et du sol, n'ont pas été éliminés par le jaillissement triomphal des Lumières, et qu'ils sont susceptibles de redoutables récurrences. Nous savons que le développement technique de la civilisation ne s'accompagne pas nécessairement d'un progrès spirituel. Les vérités du siècle des Lumières sont des vérités d'hier, qui ne se portent pas très bien aujourd'hui. Il nous arrive, aux heures de doute, de nous demander si elles sont des vérités vraies. Nos devanciers ne sont pas responsables de nos désenchantements. Nous devons leur rendre cette justice qu'ils ont, au péril de leur tranquillité et parfois de leur vie, tenté de faire descendre leur vérité du ciel des idées sur la terre des hommes. La pensée fut pour eux l'entreprise raisonnée d'une conversion du monde à l'homme et à l'humanité. Cette foi dans la possibilité d'une transformation radicale de l'ordre des choses, si naïve qu'elle puisse nous paraître dans le recul du temps, demeure au tribunal de l'histoire, l'honneur inaliénable du siècle des Lumières.

24.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. V. Dieu, la nature, l'homme au siècle des lumières. Payot, 1972, fort in-8°, 535 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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Le XVIIIe siècle demeure, en France, une époque mal connue, sinon méconnue, sans doute parce que la pensée des Lumières ne peut se comprendre que dans l'extension plénière de l'espace mental européen. La culture française, qui en occupe une partie, ne reproduit pas la configuration de l'ensemble. Le XVIIIe siècle passe d'ordinaire pour un siècle irréligieux, marqué par une déchristianisation qui incline à l'athéisme. Une telle conception serait vraie du point de vue de Bossuet, le grand vaincu des Lumières. Mais Bossuet n'est pas le catholicisme et le catholicisme n'est pas le christianisme. En fait, le XVIIIe siècle accomplit, dans le découragement des théologies et des orthodoxies, une mutation de la conscience religieuse. L'usure des absolus de l'Eglise, de la Tradition, de la Révélation permet l'exploration de voies nouvelles, voie du cœur, voie de la raison, voie de l'historicité. Ces approches, qui se fécondent mutuellement, font apparaître que l'histoire de l'humanité est ensemble une histoire de la divinité. Dès lors la tâche de la conscience religieuse est de négocier, d'âge en âge, une nouvelle alliance de l'homme avec Dieu. À la science sacrée de naguère se substituent les sciences religieuses, dont l'essor est un signe distinctif du néochristianisme, de la « Néologie » du siècle des Lumières. Pareillement la conception d'un XVIIIe siècle intellectualiste et analytique, où régnerait l'esprit critique, s'accorde mal avec l'avènement des sciences de la vie. La passion neuve pour l'histoire naturelle, l'expansion de la médecine, le goût des jardins et de la vie à la campagne, la découverte de l'enfant et de la femme, du malade et du fou, révèlent un style nouveau d'humanité. Les sciences de la vie expriment une conscience de la vie et ensemble une conscience de soi, propres à ce siècle de la musique et du roman, dont les plus fréquentes lectures sont le Télémaque et la Nouvelle Héloïse. L'invention de l'anthropologie, étude positive de l'homme physique et moral, en état de santé ou de maladie, constitue l'une des acquisitions maîtresses de l'âge des Lumières.

25.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. VI. L' Avènement des sciences humaines au siècle des Lumières. Payot, 1973, fort in-8°, 589 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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L'affirmation des disciplines neuves qui se donnent pour objet la connaissance de l'homme et de l'humanité consacre, à l'âge des lumières, une mutation de la pensée occidentale. Il ne s'agit pas de la simple addition, à la classification des sciences, de quelques disciplines supplémentaires : psychologie, linguistique, philologie, anthropologie, ethnologie, psychiatrie, statistique, histoire des religions, etc. La croissance quantitative du savoir va de pair avec une modification intrinsèque du savoir, ainsi que le pressentait Vico dans sa Science nouvelle, dès 1725. La science nouvelle apporte un renouvellement de la science, les disciplines dernières venues impliquant un changement de perspective dans l'ordre de la connaissance en sa totalité. La mise en évidence de la pluralité des mondes culturels, de la diversité des espaces et des temps, l'estimation des distances qui séparent les uns des autres les individus et les sociétés, dans le présent comme dans le passé, impose un élargissement de la présence à soi et de la présence au monde. Si le philosophe se propose de mener à bien la prise de conscience de l'humanité de l'homme, alors l'œuvre des lumières fonde le présupposé nouveau qui fait de l'être humain, considéré à la fois comme être de nature et être de culture, le centre de perspective de toute pensée. La philosophie devient récapitulation critique des aspects de l'existence ; elle déchiffre les comportements, les œuvres, les institutions, comme autant d'hiéroglyphes où s'annonce la vérité intrinsèque de l'humanité. Les métaphysiques de jadis, imitant l'ordre immuable de la physique, pouvaient se flatter de proposer des solutions définitives. L'avènement des sciences humaines substitue à la métaphysique une méta-humanité, tributaire du nouvel ordre de connaissances privilégié. Le sens de la vérité s'en trouve changé. Une vérité de forme humaine, vérité d'un devenir, ne peut être qu'une vérité en devenir.

26.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. VII. Naissance de la conscience romantique au siècle des Lumières. Payot, 1976, in-8°, 451 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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Les études françaises relatives au dix-huitième siècle, souvent inspirées par des présupposés politiques et irréligieux, perpétuent le grand combat des Lumières contre l'obscurantisme sous toutes ses formes. Ainsi se trouve occultée la face d'ombre contre laquelle s'acharnaient les militants du rationalisme radical. L'autre dix-huitième siècle est celui des objecteurs de conscience à l'impérialisme de la raison, artisans d'une révolution non-galiléenne qui triomphera plus tard sous les espèces du romantisme. La révolte contre les certitudes de l'intellect et de la science, au nom des évidences de la sensibilité, du désir, de la passion, l'expérience du mal de vivre, de la nostalgie, de la mélancolie, les thèmes du génie et du sublime, l'exaltation des aspects nocturnes et souterrains de la réalité humaine, tout cela figure dans les marges de l'espace mental des Lumières, et déjà s'incarne dans des œuvres exemplaires. La crise germanique du Sturm und Drang est une éruption romantique avant la lettre. La ligne de démarcation entre ce romantisme avant la lettre et le romantisme proprement dit correspond à l'événement de la Révolution française. Expérience historique sans précédent, la Révolution fixe un point de non retour, où se redistribuent les significations et les valeurs. Le possible et l'impossible désormais ne seront plus ce qu'ils étaient. Les hommes du XIXe siècle ont la Révolution dans le dos ; elle existe au passé, mais aussi au présent, comme une préoccupation, et aussi au futur, comme une espérance ou une crainte angoissée. Cette mutation du sens du réel représente une composante essentielle du romantisme proprement dit.

27.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. VIII. La conscience révolutionnaire. Les idéologues. Payot, 1978, in-8°, 551 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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1789. Du passé faisant table rase, la Révolution de France ouvre à la raison des hommes nouveaux un nouvel espace mental. Sur la page blanche, les représentants du peuple, bâtisseurs de la cité idéale, dessinent de fascinantes épures selon les coordonnées d'une géométrie régie par la justice distributive et l'égalité. La conscience révolutionnaire est la cause et l'effet de cette expérience de pensée sans précédent. Mais la fête de la Raison triomphante conduit à brève échéance à la saison en enfer de la Terreur. Et les tenants de l'Etat selon la Raison, du moins ceux qui survivent, sont trop heureux de confier les pleins pouvoirs au général Bonaparte, porte-parole de la raison d'Etat, d'une raison militante et militaire qui fera de l'Europe entière un champ de bataille. Puis viendra le jour du roi pacificateur Louis XVIII, qui reprend le cours de l'histoire à peu près là où l'Assemblée Constituante l'avait laissé en 1791. Les Idéologues, par la parole et par l'action, ont fait passer à l'acte la conscience révolutionnaire. L'ingrate mémoire collective française a jeté aux poubelles de l'histoire ces penseurs qui s'honorèrent de la haine de Robespierre et de la hargne de Napoléon. Ils ont été, pourtant, les fondateurs de la République des Professeurs, les théoriciens de la démocratie libérale et les maîtres à penser de la Troisième République. Mais la tradition philosophique ne les a jamais relevés de la malédiction dont les accabla Victor Cousin, ennemi juré des intellectuels de gauche. Même les beaux esprits avancés d'aujourd'hui, marxiens et marxistes, ne savent aucun gré à Destutt de Tracy d'avoir fourni à leur vocabulaire un de ses termes les plus en vogue. Le destin matériel et intellectuel du génial Lamarck illustre cette permanente injustice. Cabanis, Bichat, Pinel, Volney, Fauriel, Daunou, J.-B. Say et leurs amis sont, à des titres divers, des inspirateurs de l'anthropologie moderne. Ce livre voudrait leur rendre la justice et l'honneur qui leur sont dus.

28.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. X. Du Néant à Dieu dans le savoir romantique. Payot, 1983, fort in-8°, 430 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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Il devient clair aujourd'hui que le XXe siècle est le siècle le plus monstrueusement inhumain de l'histoire de l'humanité. Peut-être, à court terme, voué, après tant de massacres, à l'agonie atomique. Le déchaînement de la barbarie technologique détruit l'ordre et l'équilibre de la civilisation, cependant que s'accomplit la désagrégation des valeurs morales et religieuses. Par contraste, le XIXe siècle, selon la formule d'un spécialiste de la culture française, apparaît comme le grand siècle religieux de notre histoire. Le Romantisme fut un puissant mouvement de renaissance spirituelle, renouveau de ferveur après la traversée du désert de l'intellectualisme des Lumières. Religion d'exigence et d'intimité, religion sans église, à l'état sauvage. Recherche en marge des institutions, colloque singulier des âmes avec Dieu, expérience au péril de Dieu, jusqu'aux confins où se nouent l'Etre et le Néant dans une communauté qui échappe au dire humain. L'impossibilité de dire Dieu peut être le point de départ d'une nouvelle connaissance. Le Romantisme, théologie négative, atteste que la pensée du néant n'est pas un néant de pensée. La théologie négative n'est pas la négation de la théologie. L'affirmation romantique de Dieu suscite une compréhension de l'homme en ses profondeurs retrouvées, ainsi qu'une nouvelle présence au monde en ses horizons transnaturels. Mort de Dieu, mort de l'homme, les slogans du nihilisme contemporain se situent aux antipodes de la pensée négative propre au Romantisme, qui a remis en honneur le sens de l'infini.

29.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. XI. L'Homme romantique. Payot, 1984, fort in-8°, 430 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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« L'univers de Newton est le vide du cœur », disait Max Scheler. L'homme des Lumières, homme d'esprit, homme de tête, promène un regard amusé sur un univers où s'affirme l'euthanasie du sens de la poésie et du sens de la vie. L'incertitude des temps suscite le retour des puissances refoulées. L'homme romantique doit chercher dans l'espace du dedans les assurances qui font défaut dans un monde agité par la révolution politique, la révolution industrielle, la révolution sociale. Mal du siècle : tourment d'un être dont l'identité se dérobe aux transparences de l'intellect. L'homme des Lumières était homme de certitude, sous le couvert de la dogmatique de l'entendement. La conscience romantique est pesante d'interrogations, d'angoisses, dont la solution et résolution renvoie à un mystère de l'être, corrélatif du mystère de Dieu. Plus lourdes que les réponses, les questions évoquent et invoquent un foyer du sens et des valeurs, un Centre eschatologique, au creux de l'inconscient, où se noue la première alliance de la chair et de l'esprit, de la conscience et du monde, de la vie et de la mort, du masculin et du féminin. Instincts, émotions, sentiments, terroir de la vérité personnelle, lestent notre existence et orientent notre destin, irréductible à la pensée claire. Echec de la raison : une vérité sans réalité abandonne à ses démons une réalité sans vérité. Nos contemporains, sans le connaître, se tournent aujourd'hui vers l'homme romantique, pressentant qu'il a quelque chose à leur dire, ayant vécu avant eux une expérience analogue à la leur.

30.              GUSDORF (Georges). Les Sciences humaines et la pensée occidentale. XII. Le savoir romantique de la nature. Payot, 1985, fort in-8°, 430 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique). Edition originale

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Instituée par Galilée et Newton, la science positive classique célèbre le triomphe de la connaissance physico-mathématique. La vérité habiterait dans le monde extérieur et non en nous, vérité sans sujet, selon des axiomatiques abstraites, vérité sans objet, réduite à des échappées de vue sur des lambeaux de réalité, prélevés sur l'ensemble de l'univers. La science romantique tente de retrouver l'unité du sens, fondée sur l'alliance première entre l'homme et la totalité au sein de laquelle il fait résidence. Le vivant humain n'intervient pas en témoin objectif et désintéressé face à un monde auquel il serait étranger, agrégat de particules obéissant à des déterminismes matériels. Le savoir romantique de la nature affirme que l'homme et le monde font cause commune dans l'expansion graduelle d'une seule et unique réalité. Ce que l'homme a sous les yeux est l'expression d'une vérité qui l'anime aussi du dedans. Nous ne pouvons connaître que ce dont nous portons en nous le germe (Novalis). Le grand organisme de l'univers parvient dans l'homme à la conscience de soi, émergeant des profondeurs de la vie inconsciente que travaille au-dedans le projet créateur de Dieu. Biologistes, physiciens et chimistes, naturalistes, anthropologistes, psychologues, médecins, les savants romantiques mettent en oeuvre l'intuition divinatrice de l'univers unanime, dont Schelling avait été le prophète. De cette science, presque rien ne subsiste aujourd'hui, mais peu de chose subsiste des sciences positives du XIXe siècle. Reste l'essentiel : une philosophie de la nature est indispensable, parce qu'une nature sans philosophie est une réalité morte. « L'univers de Newton est le vide du cœur », disait Scheler. L'homme est au monde par sa sensibilité, son imagination, ses facultés divinatrices. Etre au monde, c'est être du monde, participer de toute son âme à la légende des êtres, à ce cantique des degrés qui justifie la promotion de l'histoire naturelle en une histoire culturelle de l'univers, expansion spontanée et progressive de l'Esprit créateur.

31.              HAUTECŒUR (Louis). Histoire de l'Architecture classique en France. Tome II : Le règne de Louis XIV. 1er volume. P., Picard, 1948, in-4°, 525 pp, 413 illustrations dans le texte, broché, couv. rempliée, très bon état

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Historien de l'art, professeur, administrateur des Beaux-Arts, membre de l'Institut, Louis Hautecœur (1884-1973) a laissé un ensemble d'œuvres considérable où l'importance de l'étude et la force de l'action se mêlent harmonieusement. Sa production comme historien de l'art est d'une grande variété, marquée surtout par sa passion pour l'architecture et par le souci d'une vulgarisation estimée nécessaire pour l'éducation de tous. Mais c'est dans sa monumentale “Histoire de l'architecture française”, que Louis Hautecœur a pu le mieux dégager les différentes doctrines dominées par le classicisme.

32.              HAUTECŒUR (Louis). Histoire de l'Architecture classique en France. Tome III : Première moitié du XVIIIe siècle. Le style Louis XV. P., Picard, 1950, in-4°, 673 pp, 516 illustrations dans le texte, index, broché, couv. rempliée, très bon état

            60

Historien de l'art, professeur, administrateur des Beaux-Arts, membre de l'Institut, Louis Hautecœur (1884-1973) a laissé un ensemble d'œuvres considérable où l'importance de l'étude et la force de l'action se mêlent harmonieusement. Sa production comme historien de l'art est d'une grande variété, marquée surtout par sa passion pour l'architecture et par le souci d'une vulgarisation estimée nécessaire pour l'éducation de tous. Mais c'est dans sa monumentale “Histoire de l'architecture française”, que Louis Hautecœur a pu le mieux dégager les différentes doctrines dominées par le classicisme.

33.              HAUTECŒUR (Louis). Histoire de l'Architecture classique en France. Tome IV : Seconde moitié du XVIIIe siècle. Le style Louis XVI 1750-1792. P., Picard, 1952, in-4°, 577 pp, 357 illustrations dans le texte, index, broché, couv. rempliée, très bon état

            60

Historien de l'art, professeur, administrateur des Beaux-Arts, membre de l'Institut, Louis Hautecœur (1884-1973) a laissé un ensemble d'œuvres considérable où l'importance de l'étude et la force de l'action se mêlent harmonieusement. Sa production comme historien de l'art est d'une grande variété, marquée surtout par sa passion pour l'architecture et par le souci d'une vulgarisation estimée nécessaire pour l'éducation de tous. Mais c'est dans sa monumentale “Histoire de l'architecture française”, que Louis Hautecœur a pu le mieux dégager les différentes doctrines dominées par le classicisme.

34.              HAUTECŒUR (Louis). Histoire de l'Architecture classique en France. Tome V : Révolution et Empire, 1792-1815. P., Picard, 1953, in-4°, ix-426 pp, 297 illustrations dans le texte, index, broché, couv. rempliée, très bon état

            60

Historien de l'art, professeur, administrateur des Beaux-Arts, membre de l'Institut, Louis Hautecœur (1884-1973) a laissé un ensemble d'œuvres considérable où l'importance de l'étude et la force de l'action se mêlent harmonieusement. Sa production comme historien de l'art est d'une grande variété, marquée surtout par sa passion pour l'architecture et par le souci d'une vulgarisation estimée nécessaire pour l'éducation de tous. Mais c'est dans sa monumentale “Histoire de l'architecture française”, que Louis Hautecœur a pu le mieux dégager les différentes doctrines dominées par le classicisme.

35.              HAUTECŒUR (Louis). Histoire de l'Architecture classique en France. Tome VI : La Restauration et le gouvernement de Juillet, 1815-1848. P., Picard, 1955, in-4°, 415 pp, 305 illustrations dans le texte, index, broché, couv. rempliée, très bon état

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Historien de l'art, professeur, administrateur des Beaux-Arts, membre de l'Institut, Louis Hautecœur (1884-1973) a laissé un ensemble d'œuvres considérable où l'importance de l'étude et la force de l'action se mêlent harmonieusement. Sa production comme historien de l'art est d'une grande variété, marquée surtout par sa passion pour l'architecture et par le souci d'une vulgarisation estimée nécessaire pour l'éducation de tous. Mais c'est dans sa monumentale “Histoire de l'architecture française”, que Louis Hautecœur a pu le mieux dégager les différentes doctrines dominées par le classicisme.

36.              LAGILLE (Ariane). La Ganterie Tréfousse, 1829-1957. L'aventure d'un phénomène industriel. Chaumont, Edition Maison de la Presse, 1988, in-8°, 255 pp, 91 illustrations dans le texte (cartes, fac-similés, gravures, plans, photos), lexique, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Après avoir fondé une ganterie artisanale à Chaumont (l'atelier initial près de l'avenue de Clamart fut transféré rue de Choignes, actuelle rue Tréfousse, puis rue Bouchardon), en 1829, qui s'est progressivement développée, Jules Tréfousse, gantier, fait construire une nouvelle usine, avenue des Etats-Unis, vers 1855, année de la constitution de la société Tréfousse, Hertz et Cie (nombreux changements de raison sociale après sa dissolution en 1864). L'originalité du nouveau site réside dans la concentration des activités de ganterie, tannerie, mégisserie et teinturerie dans un même bâtiment. L'usine s'agrandit considérablement dans la même logique de concentration ; les grands ateliers de mégisserie et teinturerie sont construits vers 1922-1923. Création de la SARL Tréfousse et Cie en août 1926 qui devient S.A. Tréfousse en décembre 1929. Achat par la S.A.R.L. Chaumont France en juin 1957, puis reprise par un groupement de banques de 1960 à 1967, année de la cessation des activités de mégisserie et de teinturerie.

37.              [LE BRAS, Gabriel] - Collectif. Études d'histoire du droit canonique dédiées à Gabriel Le Bras. Sirey, 1965, 2 vol. gr. in-8°, xxxix-1491 pp, pagination continue, un portrait en frontispice, bibliographie des travaux de G. Le Bras, brochés, bon état

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102 contributions — "Par leur ampleur, par l'intérêt des contributions et la qualité des auteurs qui les ont signées, ces deux forts volumes sont dignes du doyen Le Bras, dont il n'y a pas à rappeler la place hors pair dans les études d'histoire du droit et des institutions ecclésiastiques et le rôle d'initiateur dans le domaine de la démographie religieuse. On trouve rarement des Mélanges aussi riches de contenu. Il ne faudrait pas se laisser abuser par un titre qui semble ne recouvrir que des questions particulières de droit canonique, alors que beaucoup d'articles intéressent en fait l'histoire générale de l'Église. Nous nous bornons à donner quelques exemples dans l'impossibilité où nous sommes de résumer cent deux contributions et même simplement d'en énumérer les titres. Plusieurs documents sont édités ici pour la première fois. Signalons parmi eux une liste latine des désaccords entre canonistes et théologiens, accompagnée d'un commentaire érudit du P. Y. Cougar qui en fait ressortir l'intérêt pour l'histoire de la théologie sacramentaire. En ce qui concerne l'Église ancienne, J. Dauvillier souligne les différences entre les institutions de la communauté de Oumran et celles du christianisme primitif ; R. Metz précise les limites de l'intervention de l'empereur Théodose au Concile de Constantinople de 381 ; B. Blumenkranz recherche les sources du canon 12 du Concile de Vannes de 465 interdisant les repas avec les Juifs ; et nous n'aurons garde d'omettre, bien qu'il traite d'un sujet profane, l'article de M. Edgar Faure commentant saint Ambroise à propos de l'expulsion des pérégrins de Rome. – Pour l'époque carolingienne, L. R. Ménager examine la démographie des grands domaines ecclésiastiques et prouve que l'esclavage y persistait à grande échelle (20 000 esclaves sur les terres des abbayes d'Alcuin). – Pour comprendre la conception classique du pouvoir pontifical, on aura profit à lire les remarques pertinentes de P. Legendre sur l'Utrumque Jus et ce que disent de la notion de princeps Mme Boulet- Sautel d'une part, R. Feenstra de l'autre. – Répression des hérétiques et Inquisition : articles excellents de Ph., Delhaye sur le principe d'origine augustinienne qu'« en fait d'hérésie l'excuse de la bonne foi ne joue pas » ; et de H. Maisonneuve sur l'interprétation abusive qu'Innocent III a faite du droit romain dans sa fameuse décrétale Vergentis instituant l'Inquisition, et sur les efforts inutiles tentés par quelques canonistes, en particulier par l'Hostiensis, pour tempérer ces excès. (...) Il faudrait continuer dans l'époque moderne, mais la place nous manque. Nous voulions seulement inciter les historiens à ouvrir ce recueil, qui saura les retenir par lui-même." (P. Nautin, Revue de l'histoire des religions, 1968) — "Un monument" (Jacques Le Goff, Annales, 1966)

38.              LE BRETON (Auguste). L'Argot chez les vrais de vrai. Presses de la Cité, 1975, in-8°, 512 pp, illustré par Piem, broché, couv. illustrée, bon état

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L'argot, langage des rues, n'est pas exclusivement employé par ceux qui vivent en marge des lois ... un chauffeur de taxi, un titi parisien, un couvreur sur son toit, un mécanicien dans son garage, usent couramment de la langue verte ... Bien souvent, ce sont eux qui l'ont enrichie en créant un mot qui, ayant fait mouche, a aussitôt été adopté par le peuple des faubourgs...

39.              LEMONIER (Marc). Secrets des maisons closes. La légende noire et rose des bordels. La Musardine, 2015, gr. in-8°, 274 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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En trente-cinq histoires véridiques, Marc Lemonier dévoile trente-cinq « secrets », issus d'autant de bordels, de la Rome antique à l'Europe contemporaine. On y rencontre des clients célèbres, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Pierre Louys, le Prince de Galles, Edith Piaf ou Martine Carol... On y découvre les bordels pour ecclésiastiques, les lupanars pour homosexuels et autres établissements réservés aux amateurs de flagellation ou de partouzes. Des mythiques Chabanais, Sphinx et One-Two-Two, aux pires taules d'abattage, ce livre évoque tous les aspects de la vie secrète des maisons closes.

40.              LOUBET (P. Marcellin, ancien Sous-Officier en retraite). Volcans ! Poésies récréatives, patriotiques et militaires. Oeuvres complètes. Castres, Imp. Centrale, s.d. (v. 1900), in-12, 142 pp, broché, couv. muette, qqs pages mal coupées ou lég. salies, état correct. Rare

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Rare recueil de poésies patriotiques publié à compte d'auteur par M. Loubet, retraité, à Cazères (Haute-Garonne).

41.              Mélanges Mario Roques. Mélanges de linguistique et de littérature romanes offerts à Mario Roques ... par ses amis, ses collègues et ses anciens élèves de France et de l'étranger, t. III. P., Didier, 1952, in-8°, 9-315 pp, 3 cartes, broché, bon état

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Tome III seul (sur 4) : Les termes qui rendent l'idée de « blé » et les idées affines dans le latin médiéval d'Italie (Paul Aebischer) ; Lettres de l'impératrice Eugénie à Oscar II, roi de Suède (Carin Fahlin) [Ces lettres conservées dans les archives de la famille Bernadotte, vont de juin 1870 à février 1880, mais presque toutes sont postérieures à la mort de Napoléon III (9 janvier 1875) et même à la mort du prince (1er juin 1879)] ; Une lettre de J.-B. Le Chevalier à Choiseul-Gouffier sur sa mission en Moldavie (27 décembre 1786) (N. A. Gheorghiu) ; Une butte-témoin linguistique : le patois des Protestants du Velay (P. Nauton) ; Les controverses des Jansénistes et la création de l'imprimerie grecque en Moldavie (Emile Turdeanu) ; et 22 autres contributions érudites intéressant l'histoire littéraire ou la linguistique.

42.              MELLOR (Alec). La Torture. Son histoire, son abolition, sa réapparition au XXe siècle. Mame, 1961, pt in-8°, 420 pp, préface de la 1ère édition par Rémy, postface du R.P. Riquet s.j., 2 pl. hors texte, broché, bon état. Avec le prière d'insérer, un  envoi a.s. et la carte de visite a.s. de l'auteur

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"Peu importent les opinions de M. A. Mellor sur d'autres sujets que celui qu'il traite. Qu'il semble avoir beaucoup lu l'Action française, Bainville ou Massis, que telle ou telle incidence secondaire de son livre puisse en être affectée, n'empêche qu'il a poussé un cri courageux, qu'il fallait pousser, et que personne ne peut refuser de pousser avec lui sans se rendre complice de cette abomination : la torture, que n'ont pas connue les « Barbares » depuis la chute de l'Empire romain jusqu'au XIIIe siècle, qui avait disparu de tout le XIXe siècle européen, la torture réapparaît massivement au XXe siècle, et non seulement dans les régimes totalitaires. Bien plus, elle entre dans les moeurs ; les polices « démocratiques » commencent à la trouver normale, et des hommes qui se disent révolutionnaires et libérateurs de l'humanité. Un pays sauve l'honneur de l'Europe – à aucun moment de l'histoire la torture n'y a été pratiquée – c'est l'Angleterre. L'Europe cherche sur quoi s'unir : voici une cause, et qui en entraîne beaucoup d'autres. Remercions M. Mellor d'avoir sonné l'alarme, en regrettant que son livre n'ait encore ni la diffusion ni le succès qu'il mérite." (Emmanuel Mounier, Esprit, 1950) — « Phénomène historique à éclipses », la torture, que l'on croyait abolie, reparaît en beaucoup de pays (sans excepter la France), raffinée par les sciences physiologiques, psychologiques et pharmaceutiques, justifiée par les morales civiles et militaires. Cette dégradation plus que bestiale – puisque les animaux l'ignorent – , Alec Mellor la dénonce, et il prêche une nouvelle croisade qui ralliera tous les hommes non aveuglés par la passion nationaliste ou partisane et assez courageux pour défendre leur propre sécurité. Dans les civilisations classiques, il recherche les circonstances qui favorisent le recours aux extorsions d'aveux et les motifs qu'allèguent les contemporains pour autoriser ces violences. (...) Le totalitarisme et les guerres du XXe siècle l'ont rétablie. C'est un des plus sombres chapitres de l'histoire contemporaine que les brutalités policières et les abus des Services de Renseignements. Nous n'avons point à résumer la seconde moitié de l'ouvrage, qui a pour sujets les épisodes récents et les problèmes qu'ils posent : social, médical, moral Mais nous en recommandons la lecture à tous ceux qu'intéresse l'histoire du mépris du droit." (Gabriel Le Bras, Revue historique de droit français et étranger, 1950)

43.              NICOLSON (Harold). Diplomatie. Neuchâtel, Editions de la Baconnière, 1948, pt in-8°, 219 pp, traduit de l'anglais par Petronella Armstrong, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

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Harold Nicolson a été diplomate de 1909 à 1929, membre du Parlement de 1935 à 1945, sous-secrétaire d'Etat à l'Information pendant la guerre.

44.              POIRIER (Jean-Pierre). Histoire des femmes de science en France. Du Moyen Age à la Révolution. Pygmalion, 2002, gr. in-8°, 411 pp, préface de Claudie Haigneré, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"La science est une chose très dangereuse pour les femmes, déclarait, en 1808, Joseph de Maistre, porte-parole des phallocrates antiféministes. On ne connaît presque pas de femmes savantes qui n'aient été ou malheureuses ou ridicules par la science. Les femmes qui veulent faire les hommes ne sont que des singes ; or, c'est vouloir faire l'homme que de vouloir être savante." Deux siècles plus tard, personne n'oserait tenir un tel discours. Pourtant subsiste du passé une grave lacune : dans le domaine des sciences, les femmes ne représentent encore que 30 % en moyenne des effectifs des grandes institutions. Or, elles ont tenu une place déterminante dans l'histoire de l'astronomie, de la chimie, de la physique, de la médecine, etc., en France. Pour la première fois de façon exhaustive, l'auteur entend leur rendre justice en évoquant plus de 60 personnalités, des plus connues (Héloïse, Madame du Châtelet, Madame Lavoisier) aux plus obscures. Au cours d'existences riches en aventures intellectuelles et amoureuses, ces femmes ont mené des carrières que beaucoup d'hommes pourraient leur envier et participé aux grandes révolutions scientifiques. Grâce à ce livre, leur réhabilitation est enfin effectuée de manière éclatante.

45.              RANDA (Alexander)(dir). Handbuch der Weltgeschichte. Ein Totalbild der Menschheit. Olten und Freiburg im Breisgau, Verlag Otto Walter, 1954, 2 forts vol. pt in-4°, xxvii-[580] et xxxi-[762] pp, texte sur 2 colonnes (numérotées de 1 à 2684), nombreuses cartes en noir et en couleurs, nombreuses photos hors texte, reliures toile éditeur, jaquettes illustrées, bon état. Texte en allemand

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Tome 1 et 2 seuls (sur 4) — "Cette nouvelle encyclopédie de l'histoire mondiale en langue allemande, dirigée par le savant autrichien Alexander Randa, est de tendance catholique ; due à une équipe de 168 savants appartenant à 15 pays différents de l'Europe occidentale, elle répond à une nouvelle conception de l'esprit ; en effet, le “Handbuch der Weltgeschichte” ne comporte pas le classement chronologique habituel (Antiquité, Moyen Age, Temps modernes, Époque contemporaine) qui n'a d'ailleurs été utilisable que pour l'Occident chrétien, les pays méditerranéens et du Proche-Orient, mais un classement par sphères culturelles. Le tome Ier traite des différentes civilisations, dans leur multiplicité, d'après les grands espaces géographiques : la préhistoire, les civilisations archaïques, les civilisations des peuples de la steppe, le monde antique, la civilisation bouddhique, le monde chrétien, l'Islam. Les civilisations extra-européennes sont prises en considération dans la limite où elles sont restées indépendantes des influences du monde occidental. Les civilisations américaines préhistoriques trouvent place dans le cadre des civilisations archaïques où figurent également les grands royaumes nègres d'Afrique. Le tome 2 est consacré au monde occidental depuis la dissolution de l'Empire romain jusqu'au XVIIIe siècle, le tome 3 à la civilisation occidentale du XIXe et au XXe siècle, au règne tout puissant de la technique, de la machine. Le tome 4 comprend les tables des personnes, des lieux, des matières, des états et des peuples. L'éditeur de cette histoire mondiale a mis l'accent sur l'histoire des religions et sur l'histoire culturelle ; c'est d'ailleurs l'histoire des religions qui sert essentiellement de cadre de classement (la communauté des Églises bouddhiques, le Monde chrétien, l'Islam, etc.) ; l'histoire religieuse et culturelle vient en tête, l'histoire politique lui est subordonnée. D'une manière générale, il est fait abstraction de tout ce qui a trait à la biographie et à l'anecdote. L'ouvrage tient à la fois du dictionnaire historique par la forme analytique adoptée pour l'exposé du déroulement historique et du manuel d'histoire par les synthèses qu'il présente. La matière, très dense, est le plus souvent magistralement dominée, toujours dans une langue élégante, parfois très belle. Dans le tome Ier, les études de deux maîtres de renom mondial, la préface de René Grousset et son exposé de la civilisation des peuples des steppes et le chapitre de P. Wilhelm Schmidt consacré à la préhistoire frappent tout particulièrement. Très intéressantes nous paraissent aussi certaines études sur des sujets peu connus, par exemple, celles de Vinigi Grotanelli sur l'Afrique ancienne au Sud du Soudan, de Bernhard Wyss sur le Proche-Orient dans l'Antiquité, de Georges Marçais sur l'Afrique du Nord à l'époque islamique. Dans le tome 2, un certain nombre de chapitres nous paraissent constituer des études historiques de haute valeur... Ce savant ouvrage frappe aussi par la beauté de sa présentation ; il est abondamment pourvu de cartes, de planches en couleurs, d'illustrations judicieusement choisies. (...) En dépit de quelques imperfections et lacunes, le “Handbuch der Weltgeschiclite”, oeuvre monumentale et à plus d'un point de vue prodigieuse, s'affirme comme un ouvrage de références de grande classe, convenant aussi bien pour une recherche rapide sur un sujet donné que pour une lecture approfondie ; d'un maniement commode, dans l'ensemble, il apporte aux chercheurs des renseignements sûrs, un état des questions, une synthèse de l'histoire mondiale, il a sa place indiquée dans toute bibliothèque scientifique." (Marcelle Adler-Bresse, Bulletin des bibliothèques de France, 1959)

46.              REBERIOUX (Madeleine). Les Ouvriers du livre et leur fédération, un centenaire, 1881-1981. P., Messidor/Temps Actuels, 1981, pt in-4°, 237 pp, 15 pl. en couleurs hors texte et très nombreuses gravures et photos dans le texte, biblio sommaire, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée en couleurs par Jean Effel (très lég. abîmée), bon état

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"Voilà cent ans naissait la Fédération française des travailleurs du livre. Un tel anniversaire ne pouvait se célébrer que par un livre. Mais l'ouvrage que Madeleine Rebérioux, et l'équipe d'historiens qui a travaillé avec elle, consacre à l'histoire de ce syndicat est bien autre chose qu'un essai de circonstance à simple valeur commemorative. Les auteurs ont su éviter le piège sournois de l'apologétisme syndical. Ils n'ont pas non plus donné dans le travers de la rhétorique militante. Pas de satisfecit, ni de dramatisation épique, le ton est celui d'une excellente et passionnante monographie historique. Le projet n'était pas de raconter, sous forme d'une geste héroïque, les grands moments du combat syndical pour l'émancipation de la classe ouvrière. A travers l'histoire des ouvriers du livre, et celle de leur organisation, il s'agit moins de mettre à l'honneur un des secteurs du monde du travail actif dans les luttes sociales, que de montrer comment, et au prix de quelle évolution des mentalités, a pu se constituer un élan syndical unitaire à partir des corporatismes professionnels très fortement enracinés dans la conscience ouvrière. Un des intérêts de ce livre, qui en offre de nombreux, est de nous faire voir, à partir de l'étude d'un cas particulier, comment s'est peu à peu résolu le conflit entre l'optique du métier (laquelle marque souvent encore la fédération dans ses engagements offensifs) et la vision unifiée que requiert la prise de conscience de l'existence d'une classe ouvrière. Cette antinomie est une des constantes aux premiers temps d'un syndicalisme ouvrier, tiraillé entre l'associationnisme à caractère corporatiste, et l'organisation unitaire de la classe ouvrière, condition indispensable à la conduite des luttes. Cette opposition entre les intérêts spécifiques des différents métiers et l'intérêt général des travailleurs, prend un relief particulier dans le cas des professions du livre. La fabrication du livre n'est pas une industrie comme une autre. Faut-il rappeler que sous l'ancien régime on ne dérogeait pas en devenant imprimeur ? Ce privilège, plus parlant qu'une longue démonstration, a laissé des traces dans la conscience des travailleurs du livre. Le sentiment de constituer une sorte d'aristocratie ne les a jamais abandonnés au cours de leur histoire mouvementée, qui les voit souvent se battre pour le maintien d'une qualification qui est la garantie de leur dignité d'artisans. Cet élitisme, que justifie un niveau d'éducation plus élevé, explique en partie la nature de certaines de leurs revendications, et la forme spécifique prise par leurs luttes. Le sentiment très vif de la spécificité de la profession confère souvent à leur action syndicale un caractère de défense du métier qui a pu entrer parfois en contradiction avec les perspectives plus nettement politiques d'autres fédérations ouvrières. Puisque c'est dans la volonté affichée de conserver une tradition de qualité que s'enracine le syndicalisme dans le secteur du livre, il n'est pas étonnant que celui-ci s'en trouve fortement marqué. C'est justement parce qu'il entre dans les particularismes du métier (ses traditions, son folklore, son langage...) que l'essai de M. Rebérioux lève de façon lumineuse l'hypothèque de l'ambiguïté des positions des travailleurs du livre, qui ont tout à la fois joué un rôle moteur dans la constitution d'une conscience ouvrière, et un rôle de frein, par leur réformisme, dans certains conflits sociaux. Si le livre n'est pas un produit industriel comme un autre, les ouvriers du livre ne sont pas non plus des ouvriers comme les autres. Il n'est pas jusqu'à cette forme de complicité avec un patronat dont ils se sentent souvent solidaires, parce que du fait de la censure celui-ci est victime du même oppresseur, qui ne les différencie des prolétaires. Car c'est aussi toute l'histoire du rapport du politique à l'écrit qui s'inscrit en toile de fond du récit de ce combat syndical, qui ne cesse de se poursuivre. Cet essai, d'une érudition toujours vivante, est accompagné de nombreux documents iconographiques appartenant pour la plupart au fond d'archives de la FFTL. C'est donc une histoire en images qui s'écrit dans les marges de l'étude proprement dite. Le texte y gagne en présence et en force de conviction. L'ensemble documentaire et monographique constitue un savoir qu'il nous est indispensable d'acquérir si nous voulons pouvoir continuer à nous poser en spécialistes du livre, et de l'écrit." (Françoise Gaillard, Romantisme, 1985)

47.              RUSCIO (Alain)(dir). Encyclopédie de la Colonisation française (A-B). Les Indes savantes, 2017, in-4°, 511 pp, texte sur 3 colonnes, broché, bon état

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L'Encyclopédie est prévue en 4 volumes. Elle couvre dans le temps une large période allant des Croisades à la décolonisation de la deuxième moitié du XXe siècle. Pays et régions, institutions, explorations, esclavage, post-colonialisme, religions, etc. sont traités dans des notices allant de 2 à 10 pages. Le premier volume comprend plus de 600 notices, rédigées par une soixantaine d'auteurs, tous spécialistes reconnus dans leur domaine. — "L’école historique française étudiant la période esclavagiste, puis l’ère coloniale, est riche de nombreux travaux, en particulier depuis les tout premiers temps des indépendances. Un demi-siècle plus tard, il n’est pas de territoire naguère dominé par la France qui n’ait été couvert par une – ou, la plupart du temps, plusieurs – étude(s) de haute qualité. Il existe par ailleurs bien des ouvrages de synthèse couvrant tout l’ancien Empire. Mais il était temps de, regrouper dans une synthèse unique ces travaux. Le projet « Encyclopédie de la Colonisation française » est vaste, avec plus de 2.000 entrées à ce jour, de Abandon à Zouave(s). Il n’a – évidemment et heureusement – pas la prétention de se substituer à cette riche bibliographie qui existe, mais plutôt de mettre en perspective cette immense somme. Il s’agit de la rédaction, par une équipe de chercheurs, d’un ouvrage de très grandes dimensions, par entrées thématiques : – Lieux (Algérie, Maroc, Indochine, Haute-Volta, Tchad...) ; – Peuples (Arabes, Berbères, Sénégalais, Khmers, Annamites, Somalis...) ; – Événements (Bataille de Sidi-Brahim, Affaire Voulet-Chanoine, Révolte kanak de 1878, Décret Crémieux, Bataille d’Alger...) ; – Grandes périodes (Croisades, Esclavage, Colonisation...) ou sous-périodes (Révolution, Premier Empire, Second Empire, Front populaire...) ; – Grands groupes humains (Soldats français aux colonies, Soldats colonisés, Intellectuels français...) ; – Familles politiques (Libéraux, Communistes, Radicaux, Socialistes...) ; – Mots ou expressions-concepts (Barbares & barbarie, Sauvages et sauvagerie, Nostalgérie...) ; – Quelques titres d’ouvrages majeurs (De la colonisation chez les peuples modernes, Voyage au Congo, Discours sur le colonialisme, Damnés de la terre, Barrage contre le Pacifique, Batouala...) ; – Mots des dominés passés dans la langue des dominants (Salamalec, Cagnat, Gourbi, Congaye...) ; – Mots nouveaux directement issus de l’histoire coloniale (Pieds Noirs, Caldoches, Békés...) ; – Mots dévalorisants et/ou racistes (bicots, bougnoules, nhaqués...) ; – Formules (Périssent les colonies plutôt qu’un principe, C’est vous le nègre ?, Plus un homme, plus un sou... L’entrée par noms propres d’individus n’a pas été retenue car cela aurait pris des proportions plus gigantesques encore. Dans certains cas, cependant, lorsqu’un acteur historique a donné naissance à un nom commun, il a été retenu. On pense par exemple à Gaullisme & Gaullistes. Il y a également des entrées Mendésisme, Schœlchérisme... Le principe est de faire suivre chaque entrée d’une courte définition, puis de textes l’illustrant (le plus souvent possible, contemporains des événements), le tout évidemment accompagné d’un appareil scientifique (commentaires, paragraphes explicatifs de transition, références des documents cités, bibliographie...) À ce jour, plus d’une centaine d’auteurs ont rédigé des notices."

48.              RUSCIO (Alain)(dir). Encyclopédie de la Colonisation française (C-C). Les Indes savantes, 2017, in-4°, 517 pp, texte sur 3 colonnes, broché, trace de pli au 1er plat, bon état

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49.              SAISSET (Pascale). Histoire du costume, science vivante. Tours, Mame, 1959, in-8°, 196 pp, 20 gravures sur 16 pl. hors texte, 47 illustrations de l'auteur dans le texte, une carte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, qqs pages mal coupées, sinon bon état

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"L'auteur qui nous a si utilement aidés dans la préparation de l'exposition « Coiffes des pays de France » donne une image très vivante de l'histoire du costume. Elle développe les idées suivantes : de l'archéologie à l'actualité, le costume évolue, intérêt international de la mode, singularité et conformisme de la mode, quelques aspects de la psychologie de la mode, quelques aspects du luxe en France, le costume indice de classe sociale, traces actuelles des anciens usages vestimentaires des sociétés traditionnelles, peut-on se vêtir à sa guise. Elle évoque un grand nombre de problèmes nous obligeant à réfléchir sur les aspects historiques, sociaux, psychologiques et esthétiques du costume." (Louise Alcan, Arts et traditions populaires, 1961)

50.              SINGH (Simon). Histoire des codes secrets. De l'Egypte des Pharaons à l'ordinateur quantique. JC Lattès, 1999, gr. in-8°, 430 pp, traduit de l'anglais, gravures et photos dans le texte, éléments de bibliographie, index, broché, couv. illustrée, bon état

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De tous temps, les codes secrets ont décidé du sort des hommes, des peuples et des nations. Grâce à eux, les militaires ont pu mener leurs guerres dans l'ombre, les puissants et les bandits protéger leurs trésors, les amants camoufler leur passion. Les codes sauvèrent ainsi les Grecs des Perses, accompagnèrent César dans ses conquêtes, firent arrêter et décapiter Marie Stuart, scellèrent l'énigme du Masque de fer, décidèrent Wilson à rejoindre les alliés, et permirent d'épargner des milliers de vies pendant la Seconde Guerre mondiale. Simon Singh retrace la lutte permanente, au cours des âges, entre ceux qui élaborent les codes et ceux qui cherchent à les briser. Une histoire qui court des origines à aujourd'hui, des stratagèmes de la communication pendant l'Antiquité à la confidentialité sur Internet au XXIe siècle. Une histoire qui met en scène des personnages et des scientifiques souvent inconnus – secret oblige –, mathématiciens, physiciens, linguistes mais aussi joueurs d'échecs, de bridge, ou encore cruciverbistes, tous hors du commun. A la croisée du jeu et de la guerre, de l'histoire et de la science, de l'espionnage et de l'informatique, une fantastique page de l'esprit humain, enfin révélée.

51.              TCHANG TCHENG-MING (B.). L'Ecriture chinoise et le geste humain. Essai sur la formation de l'écriture chinoise. (Thèse). Changhai, Imprimerie et Librairie de T'ou-Sè-Wè, Zi-ka-wei /Paris, Librairie Orientaliste P. Geuthner, s.d. (1937), gr. in-8°, (8)-205 pp, biblio, index des noms, index des termes techniques, cartonnage demi-toile rouge muet, bon état (Variétés sinologiques N°. 64). Rare

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"Devant un jury présidé par M. Vendryes et avec comme rapporteurs MM. Maspéro et Pelliot, un jésuite chinois, le R. P. Tchang Tcheng Ming, a passé hier avec succès et mention honorable une thèse de doctorat ès lettres. Le nouveau docteur, qui parle admirablement et avec aisance le français, est un jeune jésuite. Il n'a que trente-deux ans et n'est pas encore ordonné prêtre. Né à Shanghai et diplômé de l'Aurore, la grande Université catholique tenue là-bas par les jésuites français, il est entré dans la Compagnie de Jésus en 1925. En Europe depuis six ans, il en a passé trois à Jersey et trois à Paris. Ici, il a suivi avec assiduité les cours de la Sorbonne et de l'Ecole d'anthropologie. Sa thèse principale, qui est fort curieuse, est un essai sur la formation de l'écriture chinoise : elle est intitulée “L'Ecriture chinoise et le geste humain”. Avec beaucoup d'aménité, une grande vivacité et des yeux où brille une intelligence remarquable, le R. P. Tchang Tcheng Ming a bien voulu hier soir, à l'issue de sa soutenance de thèse, me dire pour le Figaro ce que contenait sa thèse : « L'objet de mon élude, me déclara t-il, a été d'examiner si dans les caractères chinois se trouvent conservées encore les traces du langage par gestes et d'expliquer, en coordonnant ces traces, la formation des caractères chinois. La grande originalité de mon travail fut d'apporter à l'étude de l'écriture chinoise une méthode nouvelle, celle de l'anthropologie du langage. Le point de départ précis et la base solide de mon travail furent des inscriptions divinatoires et narratives gravées sur des os et des écailles de tortues remontant aux environs du douzième siècle avant Jésus-Christ. Ce sont des documents historiques de première valeur confirmés par des examens géologiques des terrains faits au moment même des trouvailles et par des méthodes archéologiques. » Je sais que le R. P. Tchang a complètement renouvelé l'étude des origines de l'écriture chinoise. Aucun sinologue n'avait encore porté son enquête dans cette direction en utilisant les travaux récents sur les rapports du geste et du langage. Jusqu'ici, on voyait dans les caractères idéographiques de l'écriture chinoise uniquement une représentation des objets. Le R. P. Tchang à montré qu'il fallait faire intervenir des représentations de gestes. Grâce à lui, plusieurs signes chinois qui avaient résisté à toute interprétation sont maintenant définitivement expliqués." (Paul Lesourd, Le Figaro, 16 janvier 1938)

52.              ZAIDMAN (Pierre-Henri). Le Mandat impératif, de la Révolution française à la Commune de Paris. Editions libertaires/ Editions du Monde libertaire, 2008, pt in-8°, 96 pp, broché, bon état

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"Pierre-Henri Zaidman livre une courte étude, très synthétique et très parlante, sur l’idée de mandat impératif. De quoi s’agit-il ? De la conception fondamentale que l’on se fait de la démocratie. La démocratie indirecte que nous connaissons en Occident est régie par le mandat délégatif. On élit une ou un représentant, et une fois à l’Assemblée, il fait ce que bon lui semble du mandat qui lui a été confié. En général il obéit aux ordres de son parti, ou d’un lobby financier ou industriel, mais en aucun cas au peuple. L’alternative, qui a surgi notamment en 1792 ou en 1871, c’est la démocratie directe, elle, fondée sur le mandat impératif. Dans ce système, les assemblées populaires de base (de quartier, d’entreprise, d’université...) déterminent leurs choix politiques, et confient à leurs représentantes et à leurs représentants la mission de porter leur voix dans une assemblée supérieure. Zaidman retrace l’émergence de cette idée depuis Rousseau jusqu’à la Garde nationale de la Commune de Paris, en passant par les Enragés de 1793, le « rendez-vous manqué » de 1848, les débats qui agitent les révolutionnaires blanquistes, les articles du pré-anarchiste Joseph Déjacque ou le fédéralisme de Proudhon à la fin de sa vie..." (Guillaume Davranche) — "L'idée des représentants est moderne, dit Rousseau : elle nous vient du gouvernement féodal. Dans les anciennes républiques et même dans les monarchies. jamais le peuple n'eut de représentants : on ne connaissait pas ce mot là." Rousseau disait vrai. Les Maîtres du Monde du moment beuglent partout qu'ils ont instauré un modèle indépassable de démocratie. Et ils se targuent de la liberté qu'a le Peuple de voter pour eux de temps en temps en se faisant exploiter tous les jours. Une partie des révolutionnaires, quant à elle, se bat depuis toujours pour une démocratie tout à la fois politique. économique et sociale. Pour le contrôle et la révocabilité à tout moment des mandatés. Pour la démocratie directe. Et pour le mandat impératif. L'histoire de ces 220 dernières années se résume à l'affrontement entre deux conceptions de la démocratie. Et comme par hasard, c'est toujours dans les périodes de mouvements sociaux d'importance et d'effervescence révolutionnaire que resurgissent les revendications de démocratie directe, politique, économique et sociale, de mandat impératif et de contrôle et de révocabilité permanente des mandatés. Pierre-Henri Zaidman nous rappelle cela en nous retraçant l'histoire du mandat impératif et de la démocratie directe de la Révolution française à la Commune de Paris. Défendu d'abord par l'Aristocratie pour refuser la transformation des Etats généraux en Assemblée nationale, le mandat impératif est repris par le mouvement populaire parisien et défendu par les " Enragés ". Interdite depuis la constitution de 1791, l'idée est au c ur des affrontements des périodes révolutionnaires du XIXe siècle en France. Son échec est celui de la Révolution. En cette période d'élections municipales et cantonales c'est peu dire que la lecture de ce livre s'impose ! Oui, une démocratie authentique, pleine et véritable est possible ! L'histoire le démontre. Mais l'histoire démontre également que les Maîtres du Monde feront tout pour empêcher son avènement ! Etonnant, non ! (4e de couverture)

ANTIQUITÉ

 

53.              CARCOPINO (Jérôme). De Pythagore aux Apôtres. Etudes sur la conversion du Monde Romain. Flammarion, 1956, in-8°, 380 pp, 24 pl. de photos hors texte, 10 figures, broché, couv. illustrée, bon état

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La somme des recherches de Carcopino sur le cheminement hésitant, et tenté par la gnose, du paganisme chrétien vers la religion du Christ. — "Un livre brillant qui a suscité et suscitera sans doute encore des mouvements divers, mais qui, comme tous les ouvrages de M. Carcopino, ne peut laisser personne indifférent. On sait ce que recouvre le titre : De Pythagore aux Apôtres. C'est un voyage, un long et double cheminement : celui du savant qui, du sarcophage de Lambiridi aux fouilles de Saint-Pierre en passant par la « basilique » de Porta Maggiore et l'hypogée des Aurelii, a projeté sur des monuments religieux exceptionnels l'impressionnante clarté de ses démonstrations ; celui du monde romain dont l'itinéraire spirituel, du pythagorisme au christianisme, se comprendrait mal sans l'étape intermédiaire de la gnose. C'est même à des chrétiens hétérodoxes « qui gardaient encore un pied dans la gnose » que la Rome catholique devrait d'avoir conservé les reliques de ses fondateurs, saint Pierre et saint Paul, puisque, selon M. Carcopino, les sépultures comblées à S. Sebastianu pour l'aménagement d'une memoria apostolorum, durant la persécution de Valérien, appartenaient à des Nazaréens et à des sectaires dont la doctrine était teintée d'essénisme pythagorisant..." (Robert Turcan, Revue de l'histoire des religions, 1970)

54.              CHUVIN (Pierre). La Mythologie grecque. Du premier homme à l'apothéose d'Héraclès. Fayard, 1993, gr. in-8°, 409 pp, tableaux généalogiques, cartes, index, broché, état correct (Coll. L'Esprit de la Cité)

            20

La mythologie grecque n'a jamais cessé d'être visitée, commentée, interprétée. Mais elle est peu racontée. Ou alors dans des livres d'enfants, des ouvrages déjà anciens ou des dictionnaires. C'est avec ce plaisir presque oublié de la narration que ce livre voudrait renouer. Il restitue un trésor de contes et légendes, dans leur paysage et leur succession chronologique. Il propose une lecture suivie du système de la mythologie grecque, avec le souci d'offrir une information sûre, repérable, accessible. Pierre Chuvin revient aux textes, dépeint les héros de la mythologie, reconstitue leur vision du monde. Il recompose un ensemble de descriptions et d'explications : la naissance des îles, la disposition des étoiles dans le ciel, les visites des dieux sur terre, les secrets des mères des héros... Il fait enfin redécouvrir les règles longtemps cachées qui guident la vie de la cité. Comme fil conducteur l'auteur a choisi l'un des ensembles mythiques les plus cohérents, les mieux bâtis de la Grèce, composé dans les cités d'Argos, Mycènes, Tirynthe. Son récit s'étend du premier homme à l'apothéose d'Héraclès, le plus grand des héros. De ces existences multiples, de ces itinéraires de légende qui du bout du monde reviennent sans cesse aux rives de la mer Egée, il saisit la vie tumultueuse, l'énergie et la beauté concrète. — Professeur de grec ancien à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, Pierre Chuvin est notamment l'auteur de Chronique des derniers païens (1990) et de Mythologie et géographie dionysiaques (1992).

55.              DEMOSTHÈNE - CICÉRON. Philippiques de Démosthène et Catilinaires de Cicéron. Traduites par M. l'Abbé d'Olivet, de l'Académie Françoise. Nouvelle édition, revue avec soin. Nîmes, J. Gaude, An XI (1803), in-12, 323 pp, reliure pleine basane havane, dos lisse avec caissons ornés et fleurons dorés, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), infime manque de cuir au 2e plat, bon état

            40

Les Philippiques sont une série de quatre discours prononcés par l'orateur athénien Démosthène entre 351 et 341 av. J.-C. dans lesquels il dresse une harangue contre Philippe II de Macédoine. Démosthène dénonce les ambitions de Philippe II et critique avec véhémence l'oisiveté des Athéniens, tout en éveillant chez eux des sentiments patriotiques. Ces discours marquent l'apogée de la rhétorique athénienne. Le terme de « philippique » est resté pour désigner une exhortation belliqueuse. — Les Catilinaires (en latin In Catilinam I-IV) sont une série de quatre célèbres discours de Cicéron prononcées en 63 av. J.-C., alors qu’il était consul, pour attaquer Catilina, qui conspirait contre la République romaine lors de la conjuration de Catilina. La première fut prononcée le 8 novembre au temple de Jupiter Stator (et non au Sénat romain, pour raisons de sécurité) et la dernière au Sénat romain (in Senatu Habita), le 7 novembre et pour les nones de décembre (le 5 décembre). La deuxième et la troisième furent prononcées entretemps le 9 novembre et 3 décembre devant le peuple romain (ad Populum) pour l’informer des événements. Ils devinrent un exemple d’éloquence et de rhétorique.

56.              DROYSEN (J.-G.). Histoire d'Alexandre le Grand. Traduit de l'allemand et préfacé par Jacques Benoist-Méchin. Grasset, 1935, fort in-8°, 572 pp, une carte dépliante de l'empire d'Alexandre, broché, couv. illustrée, dos lég. sali, bon état. Première traduction française. Edition originale sur Vélin pur fil Lafuma (il n'y a eu que 15 ex. sur Vélin pur fil Lafuma, numérotés Vélin pur fil 1 à 10 et I à V, seuls grands papiers. Celui-ci n'est pas numéroté). Très rare en grand papier

            80

"Imaginez le monde en sa prime jeunesse... Imaginez, dans ce décor, le plus jeune conquérant que le monde ait connu, entraînant tous les peuples de la Grèce vers les sources du soleil, vers cet Orient fabuleux où n'avait pénétré avant lui que le cortège des Bacchantes. Telle est la vie d'Alexandre le Grand... Imaginez enfin un jeune homme enflammé par l'étude de l'Antiquité classique, chez qui une érudition très sûre coordonnerait et vérifierait sans cesse les données de l'imagination ; qui tenterait à vingt-cinq ans une des tâches intellectuelles les plus périlleuses qui soient ; qui nous donnerait d'emblée une vie d'Alexandre, qui serait un chef-d'oeuvre de compréhension, de lucidité et de ferveur ; - ne diriez-vous pas qu'un tel livre, s'il existait, serait un des plus beaux du monde ? Eh bien, il existe : c'est l'histoire d'Alexandre le Grand par Droysen. Il est parti en 1833 et en dépit des progrès de la science moderne, les plus grands savants s'inclinent devant lui. Ce livre, on peut le lire comme une épopée antique, comme le récit d'une existence fabuleuse... On peut aussi le lire comme une des plus puissantes synthèses historiques que nous ait léguée le XIXe siècle, comme un ouvrage à placer sur le même rayon que Mommsen ou Burckhardt, Carlyle ou Michelet." (Jacques Benoist-Méchin, préface)

57.              FAURE (Paul). La Vie quotidienne en Crète au temps de Minos (1500 av. J.-C.). Hachette, 1973, in-8°, 396 pp, une carte, 16 figures, tableau chronologique, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

C'est à travers les mythes, les découvertes archéologiques, les inscriptions des tablettes, les comparaisons linguistiques, que Paul Faure ressuscite les temps reculés du légendaire roi Minos, période heureuse et féconde de l'histoire de la Crète, dont les lois, la religion et la culture originales sont ici reconstituées et analysées à la lumière des plus récentes découvertes. Paul Faure montre comment les prétendus palais de Knosos, de Phaistos, de Malia et de Zakro étaient de grands sanctuaires. Le Labyrinthe, un lieu d'initiation et de formation de la jeunesse. Le Minotaure, un personnage masqué. Les récits relatifs à la famille de Minos, des souvenirs historiques qui valent la peine d'être prudemment consultés. Les Crétois, désormais, ont fini de mentir.

58.              FUSTEL de COULANGES (Numa Denis). La Cité antique. Club du Meilleur Livre, 1959, in-8°, (26)-493 pp, préface de William Seston, un portrait de Fustel et 26 gravures hors texte, certaines dépliantes, notes, index, reliure soie verte éditeur, dos et bordures sup. des plats uniformément passés, bon état

            20

Célébre et magistrale étude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome. Lorsque paraît “La Cité antique”, en 1864, son auteur, jeune professeur d'histoire à l'université de Strasbourg, est encore inconnu. Mais très vite, rééditions et traductions se succèdent, tandis que l'approche de l'auteur, audacieuse, suscite la controverse. La récente découverte du fait indo-européen permet à Fustel de Coulanges de dépasser le décalage chronologique pour considérer ensemble la Grèce et Rome et poser la question de la cité. Mais ce n'est pas tant une nouvelle histoire de l'Antiquité qu'il propose que l'histoire d'une croyance et de la façon dont celle-ci façonne une société. L'approche comparatiste l'amène également à mettre en regard passé et présent, Anciens et Modernes.

59.              GARELLI (Paul) et V. NIKIPROWETZKY. Le Proche-Orient asiatique. 2. Les empires mésopotamiens, Israël. PUF, 1974, pt in-8°, 392 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            25

Cet ouvrage évoque l'histoire des empires qui se sont développés au Proche-Orient du XIIIe au VIe siècle av. notre ère. C'est l'Assyrie, située au nord de l'Irak actuel, qui est parvenue la première à réaliser ce dessein grandiose mais elle ne l'a fait que progressivement pour résister à la pression d'invasions diverses, notamment celle des Araméens émigrant des régions syriennes. Le succès assyrien a incité les souverains d'Assour et de Ninive à annexer toutes les régions conquises et l'on assiste à la formation d'un véritable empire découpé en provinces, sous les règnes de Sennacherib et d'Assourbanipal au VIIe siècle av. n.e. L'exemple ne devait pas se perdre et la Babylonie de Nabuchodonozor parvint au même succès au VIe siècle av. n.e., mais elle dut s'incliner sous la pression des Perses. Parmi tous les peuples soumis, un cas particulier est offert par Israël, qui nous a laissé les témoignages importants et toujours actuels des textes bibliques. On leur a naturellement consacré une attention particulière.

60.              GLOTZ (Gustave). La Cité grecque. Renaissance du Livre, 1928, in-8°, xxii-476 pp, 12 cartes dont une hors texte, 2 pl. hors texte, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)

            20

Avec La Cité antique de Fustel de Coulanges, La Cité grecque de Gustave Glotz reste l'un des plus importants ouvrages écrits sur la société antique. Cette superbe synthèse où sont pris en compte aussi bien les faits sociaux que les faits religieux, la psychologie des individus comme les structures économiques, a marqué d'un sceau indélébile notre image de la "cité grecque". Ecrit à la fin des années 1920, à une époque où la démocratie était attaquée par l'idéologie totalitaire, La Cité grecque est un témoignage irremplaçable sur l'école politique de l'humanité qu'a été l'Athènes des Ve et IVe siècles. En voulant faire une histoire totale dépassant le simple alignement des faits, en questionnant le passé à l'aune du présent, Gustave Glotz reste ainsi un de nos maîtres à penser.

61.              GRIMAL (Pierre). Les Erreurs de la liberté. Les Belles Lettres, 1989, in-8°, 199 pp, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état

            20

"L'objet de ce livre est d'étudier les vicissitudes moins de l'idée de liberté dans l'Antiquité que des institutions par lesquelles les cités, depuis la Grèce de l'Athènes classique jusqu'au temps des Julio-Claudiens, ont tenté de la réaliser ou s'en sont réclamées. Il apparaît que ce fut souvent un simple thème de propagande, qui ne recouvrait qu'un système plus ou moins évolué de contraintes ou dissimulait des impérialismes divers. A la lecture des textes antiques, bien des surprises attendent ceux pour qui l'Athènes de Périclès, par exemple, fut un modèle de liberté. On constate aussi que la « liberté » conquise sur les Tarquins se traduit aussitôt par une véritable terreur, dirigée contre tous ceux qui sont soupçonnés de refuser le régime qui vient d'être mis en place. A Athènes, exil, ostracisme, à Rome condamnation à mort portée contre ses enfants par un père sans pitié, tels sont les effets, paradoxaux de la « liberté », ses erreurs, si l'on veut. Il faut attendre l'Empire romain pour que les cités retrouvent, dans l'immensité de celui-ci, une autonomie contrôlée, capable de limiter l'effet des tyrannies locales ou l'arbitraire de gouverneurs sur qui pèse la menace d'un procès devant le Sénat. Les édits de Cyrène furent une remarquable contribution à l'établissement de cette liberté. Il est assez curieux de constater que Tacite, par exemple, qui fait profession de déplorer la tyrannie des Julio-Claudiens, ne peut s'empêcher (peut-être étourdiment, et précisément pour cette époque) d'opposer la liberté romaine à la sujétion imposée par les rois parthes. A côté des diverses contraintes politiques, les philosophes ont su affirmer une autre liberté, celle des esprits et des consciences, dont on peut suivre le cheminement d'Eschyle à Sénèque. Institutions et idéologies se prêtent un appui réciproque, pour faire que ce qui risquait d'être un mot prestigieux et trompeur finisse par recouvrir quelque réalité." (Pierre Grimal, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1989) — Auteur d'une oeuvre considérable et unanimement respectée, Pierre Grimal (1912-1996) a été l'un des plus grands historiens de Rome du XXe siècle.

62.              LODS (Adolphe) et Charles GUIGNEBERT. Des Prophètes à Jésus. 1. Les prophètes d'Israël et les débuts du judaïsme. – 2. Le monde juif vers le temps de Jésus. Albin Michel, 1950, 2 vol. in-8°, xx-440 et xvi-367 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 5 figures dans le texte, biblio, index, brochés, soulignures et annotations stylo, bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)

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"M. Adolphe Lods, professeur à la Sorbonne, avait déjà exposé en un volume très remarquable l'histoire ancienne d'Israël « des origines au milieu du VIIIe siècle ». C'est la suite de cette étude qu'il présente aujourd'hui, et il la conduit depuis les débuts de la conquête assyrienne jusqu'à l'époque des Macchabées. Dans ce nouveau livre comme dans le précédent, c'est la vie religieuse qu'il a surtout en vue. Le titre général « Des Prophètes à Jésus », qui s'appliquera aussi au volume suivant, est significatif. Il atteste le souci, commun d'ailleurs à toute la collection, de rattacher une époque à une autre, en l'occurrence de montrer comment le christianisme a été préparé de longue date. Ainsi s'explique le titre propre à ce volume, qui en indique la division générale. A travers les six siècles de l'histoire d'Israël qui sont ici décrits, ce sont les Prophètes d'Israël et les débuts du judaïsme qui concentrent l'attention. C'est évidemment parce qu'ils apparaissent comme une ébauche de l'Évangile. (...) Le nouveau livre de M. Lods est digne de son aîné par l'ampleur de son information, par la pénétration de sa critique, par l'ordonnance, la clarté, la parfaite loyauté de son exposé, par cet équilibre harmonieux auquel on reconnaît l'œuvre d'un maître." (Prosper Alfaric, Revue des Études Anciennes, 1935). — "Depuis le travail remarquable d'Emile Schürer sur l' « histoire du peuple juif à l'époque de Jésus-Christ », beaucoup d'études ont été publiées, en s'inspirant de lui, sur le même sujet. Celle de M. Guignebert est la dernière en date et elle bénéficie de toutes celles qui l'ont précédée. Elle constitue une mise au point suggestive de cette riche littérature, qui compte déjà tant d'œuvres de valeur. L'auteur décrit tour à tour, en quatre grandes sections, « la condition politique et religieuse de la Palestine », « les nouveautés et les influences étrangères », « la réalité de la vie religieuse juive en Palestine », « le judaïsme hellénique ». Son exposé, très nourri, est toujours vivant et personnel." (Prosper Alfaric, Revue des Études Anciennes, 1936)

63.              MÉNARD (René) et Claude SAUVAGEOT. Vie privée des anciens. La Famille dans l'Antiquité. 2. L'Habitation. Nouvelle édition publiée par Édouard Rouveyre avec sommaires analytiques et index des noms propres cités. Flammarion, s.d. (v. 1912), in-8°, vi-261 pp, 245 gravures, index, broché, état correct

            25

64.              MÉNARD (René) et Claude SAUVAGEOT. Vie privée des anciens. Le Travail dans l'Antiquité. 1. Agriculture - Industrie. – 2. Architecture - Commerce - Beaux-arts. Nouvelle édition publiée par Édouard Rouveyre avec sommaires analytiques et index des noms propres cités. Flammarion, s.d. (v. 1913), 2 vol. in-8°, vii-331 et viii-344 pp, 790 gravures, index, brochés, bon état

            50

"Cette œuvre magnifique constitue un véritable travail herculéen. – C’est un des plus beaux monuments élevés à la gloire de l’Antiquité qu'il fait revivre sous tous ses aspects. Il est enrichi de très nombreuses gravures dans le texte et hors texte représentant tous les Dieux de l’Antiquité, une grande quantité de monuments et de bas-reliefs égyptiens, assyriens, grecs, étrusques, etc... de nombreux objets symboliques ayant trait aux religions, à la mythologie, aux sciences sacrées et profanes, et dont la partie consacrée à l'Egypte est certainement la plus remarquable. C’est l'encyclopédie la plus complète, sur la Mythologie, les Religions, les Mœurs, les Coutumes et les Cérémonies de l’Antiquité ; c’est en même temps un véritable musée artistique et archéologique." (Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, 1912)

65.              MOMMSEN (Theodor). Histoire romaine. Nouvelle édition, traduite par De Guerle. P., Marpon & Flammarion, 1891, 7 vol. in-12, 432, 374, 377, 376, 331, 410 et 379 pp, reliures demi-chagrin bleu-nuit, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), papier lég. jauni comme toujours, bon état (Coll. d'historiens contemporains)

            200

Pourquoi Mommsen, peut-être « l’Allemand le plus célèbre de son temps », en tout cas un des plus grands historiens et érudits du XIXe siècle, n’a-t-il pas achevé sa fameuse Histoire romaine (1854-1856) ? Alors qu’il devait la conduire jusqu’à la fin de l’Empire d’Occident, voilà que cet homme – pourtant travailleur infatigable – s’arrête au temps de César, à la chute de la République, et renonce à écrire l’histoire de l’Empire. Recul d’un libre-penseur devant l’inévitable rencontre avec le christianisme ? Répulsion d’un libéral, partisan des régimes représentatifs à l’égard du pouvoir absolu des Césars ? La réponse est plus simple et plus intéressante, elle est d’ordre scientifique et méthodologique : c’est qu’entre-temps l’oeuvre immense de Mommsen avait rendu à la fois impossible et inutile d’écrire une histoire « événementielle » de l’Empire. On pouvait la remplacer par l’étude détaillée des institutions, des réalités sociales et politiques, que lui et ses élèves avaient menée à bien ailleurs. Son “Histoire romaine” reste un chef-d’œuvre d’exactitude et de vie et une grande leçon de géographie historique. (Claude Nicolet)

66.              MOREAU (Joseph). Aristote et son école. PUF, 1962, in-8°, 326 pp, un portrait en frontispice, biblio, index, reliure demi-chagrin vermillon à coins, dos à 4 nerfs, titres dorés, bon état (Coll. Les grands penseurs). Edition originale

            60

"Après les deux « Aristote » des « Grands philosophes », ceux de Cl. Piat (1903) et de L. Robin (1944), voici dans la nouvelle collection « Les Grands penseurs » celui de J. Moreau. C'est un excellent instrument de travail : dès l'introduction, deux pages qui témoignent d'une longue expérience de l'enseignement, « Comment aborder et lire Aristote», invitent l'étudiant à lire dans le texte les citations grecques, moyennant un rudiment d'initiation à la langue (pp. 13-15) ; partout l'exposé se divise en paragraphes munis de sous-titres ; et la bibliographie, un modèle d'ordonnance, dégage l'essentiel. Mais en même temps c'est un régal pour les amis du Stagirite, si attachant dans la multiplicité de ses aspects. (...) Après une vue d'ensemble sur l'école d' Aristote, la tradition péripatéticienne, la diffusion de l'aristotélisme, la conclusion (« Aristote à travers les siècles ») montre que ce « signe de contradiction pour les penseurs d'aujourd'hui » mérite par cela même de « rester vivant parmi nous » (p. 294)." (Edouard des Places, l'Antiquité classique, 1963).

67.              PREAUX (Claire). Le Monde hellénistique. La Grèce et l'Orient de la mort d'Alexandre à la conquête romaine de la Grèce (323-146 av. J.-C.). Tome 2. PUF, 1978, pt in-8°, 372 pp, paginé 399-770, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            25

Les Grecs, après Alexandre, ont dominé le monde oriental et y ont construit des royaumes aux frontières mouvantes, opposés par des guerres multiples. Il n'y eut pas de vraie civilisation mixte, car un clivage social strict fut maintenu entre conquérants et peuples conquis, les Grecs constituant un groupe dominant, exploitant depuis leurs cités le travail des paysans barbares. Se maintint pourtant le prestige des vieux cultes égyptiens, syriens ou babyloniens, et des cultures dont ils étaient les gardiens. C'est cependant dans ce monde complexe que s'élaborèrent les traits essentiels d'une civilisation dont allaient hériter, par le relais de Rome, les âges ultérieurs : sur les acquis de l'école d'Alexandrie, la science vécut jusqu'à l'époque moderne, pour les mathématiques, l'astronomie, la cosmographie ou la médecine ; l'art hellénistique devait plus tard renaître sous la forme du baroque ; le stoïcisme a inspiré les choix moraux des siècles suivants, jusqu'au nôtre...

68.              REY (Abel). L'Apogée de la science technique grecque : les sciences de la nature et de l'homme, les mathématiques d'Hippocrate à Platon. La Science dans l'Antiquité, IV. Albin Michel, 1946, in-8°, xviii-313 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)

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Comme tous les domaines scientifiques, celui de l'histoire des sciences est abordé dans deux formes d'esprit bien différentes, selon la personnalité de chacun. Les uns s'appliquent surtout à l'étude analytique des faits, tandis que les autres exposent en de vastes synthèses les idées directrices qu'ils estiment présider à l'évolution de ces faits. Abel Rey fut incontestablement un des esprits les plus brillants de cette dernière catégorie. Pour lui (p. 4) : « II n'y a d'histoire que philosophique : le reste est catalogue et non travail de recherche. De même qu'il n'y a de science que philosophique, le reste étant artisanerie. A double titre donc, l'histoire des sciences ne peut être que philosophique. Ou bien elle n'est pas ». L'affirmation est claire. Mais on peut être sûr qu'il ne méconnaissait pas les efforts de ceux dont les travaux lui permettaient précisément sa synthèse, pas plus qu'on ne peut nier la qualité et la profondeur de celle-ci. (...) L'œuvre d'A. Rey nous met en présence d'un véritable travail de synthèse. On peut lui reprocher l'une ou l'autre inexactitude en des questions de détail, mais il est impossible de nier l'intérêt de l'ensemble. (Maurice Michaux, Revue belge de philologie et d'histoire, 1949)

69.              [Saint Augustin] - THONNARD (F.-J.). La notion de nature chez saint Augustin. Revue des Etudes Augustiniennes, 1965, gr. in-8°, 27 pp, broché, bon état (Tiré à part)

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70.              [Saint Augustin] - THONNARD (F.-J.). La Prédestination augustinienne. Sa place en philosophie augustinienne. Revue des Etudes Augustiniennes, 1964, gr. in-8°, 27 pp, broché, bon état (Tiré à part)

            8

71.              SCHWALLER de LUBICZ (Isha). Her-Bak, “Pois-chiche”, visage vivant de l'ancienne Egypte. Flammarion, 1955, in-8°, 380 pp, 3 photographies en héliogravure et 6 pl. de hiéroglyphes hors-texte, 55 figures dans le texte, appendice documentaire, broché, couv. illustrée, bon état

            25

72.              SCHWALLER de LUBICZ (Isha). Her-Bak, "disciple" de la sagesse égyptienne. Flammarion, 1956, in-8°, 460 pp, 36 figures et 7 planches dans le texte, appendice documentaire, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Comprendre l'Égypte antique, telle est l'ambition des deux volumes consacrés à la vie d'Her-Bak : “Pois Chiche” et “Disciple”. Vie fictive mais combien réaliste ! Isha Schwaller de Lubicz, épouse du célèbre R.A. Schwaller de Lubicz, consacra quinze ans de sa vie à la Haute Égypte. Elle y séjourna, étudia les temples, s'imprégna des symboles et des hiéroglyphes. Ainsi a-t-elle pu camper un roman extrêmement détaillé qui relate la vie d'Her-Bak, au cours de la XXe dynastie où le jeune "Pois Chiche" va être initié à la sagesse des prêtres égyptiens. Dans ce deuxième volume, on entre dans l'univers de “l'initié”. Avec ses symboles. Et ses mythes. Être “disciple”, c'est être initié, c'est-à-dire, avant tout, s'ouvrir au discernement personnel grâce à l'intuition :L'Homme qui cherche "le plus Vrai" est seul devant lui-même ; tu seras seul devant les hommes, seul comme le noyau dans la masse du fruit. Cette initiation basée sur le voyage est semée d'illusions où il faut choisir entre libre arbitre et fatalité. Le récit vivant, très imagé, rend le livre accessible malgré la complexité du sujet. De plus, l'imposant appendice des commentaires, richement documenté, clarifie les aspects ésotériques de la pensée pharaonique." (Jean-Marc Savary)

73.              SIMON (Marcel) et André BENOIT. Le Judaïsme et le Christianisme antique, d'Antiochus Epiphane à Constantin. PUF, 1968, pt in-8°, 360 pp, sources et biblio, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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Un des faits marquants de l'histoire du monde occidental au tournant de notre ère fut, non pas tant l'apparition d'une nouvelle religion, le christianisme, mais le fait qu'après à peine trois siècles d'existence, celle-ci devienne la religion de l'Empereur et bientôt la religion dominante. Mais la religion chrétienne n'est pas une apparition soudaine : elle s'enracine dans l'histoire du peuple juif et prétend en être l'aboutissement. La première partie de l'ouvrage traitera du judaïsme depuis l'insurrection macchabéenne jusqu'au moment où les armées romaines détruisent Jérusalem et rayent de la carte, pour de longs siècles, Israël en tant qu'Etat indépendant. La deuxième partie évoquera le christianisme : son fondateur, son expansion, sa rencontre avec la tradition classique, son essor doctrinal, pour aboutir à cet événement incontournable qu'est la "conversion de Constantin". Désormais sont posés en termes nouveaux les rapports de l'Eglise et de l'Etat.

74.              TACITE. Oeuvres complètes. Traduites en français avec une introduction et des notes par J. L. Burnouf. P., Hachette, 1863, fort in-12, xx-713 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs, titre et caissons dorés, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'époque), pt accroc à la page de faux-titre, qqs rares rousseurs, bon état

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Table : Introduction ; Annales ; Histoires ; Moeurs des Germains ; Vie de Cn. Julius Agricola ; Dialogue sur les Orateurs. — Les livres Il et III des “Histoires” de Tacite forment un ensemble constitué par le récit des faits de l'année 69, depuis le début de la lutte entre Othon et Vitellius, jusqu'à la chute et à la mort de ce dernier. Les livres IVet V des “Histoires” (le livre V étant inachevé) relatent les événements dramatiques qui se sont déroulés dans les années 69-70 : défaite des partisans de Vitellius et début du règne des Flaviens. Le récit embrasse aussi bien la révolte en Gaule que le début de la Guerre de Judée, avec le siège de Jérusalem, occasion d'un long excursus ethnologique et géographique sur le peuple juif. La “Vie de Julius Agricola”, victime de Domitien, c'est, dès 98, l’occasion pour Tacite de peindre les noirceurs de la tyrannie sur lesquelles il reviendra dans les “Histoires” et les “Annales”. Le récit des campagnes victorieuses du général entraîne le lecteur aux limites du monde connu, face aux sauvages Calédoniens qui luttent pour leur liberté. Avec les “Moeurs des Germains”, Tacite revient sur les terres du Nord, qui échappent au contrôle de Rome. L’image des rudes Germains, à la fois vertueux et inquiétants, tient parfois du mythe. Mais les “Moeurs des Germains” sont aussi un document précieux sur ces peuples que Rome contient difficilement à ses frontières. L'intérêt de ce livre dépasse largement le cadre de l'Antiquité romaine : il a joué un rôle décisif dans la formation des nationalismes modernes.

75.              VANDIER (Jacques). La Religion égyptienne. PUF, 1944, pt in-8°, xlviii-240 pp, précédée d'une Introduction à l'histoire des religions par René Dussaud, bibliographie générale par H.-Ch. Puech, bibliographie de la religion égyptienne, index, broché, dos abîmé recollé, qqs soulignures crayon, état correct (Coll. Mana. Introduction à l'histoire des religions - Les anciennes religions orientales, I)

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Cet excellent ouvrage se présente de la manière suivante : 1) Bibliographie générale de la religion égyptienne ; 2) le corps de l'ouvrage, c'est à-dire six chapitres : Les dieux et la religion primitive, La théologie et les légendes, La religion funéraire, Le roi et la religion d'État, Le culte et les fêles, La magie et la religion populaire et une brève Conclusion.

76.              VILLENEUVE (Roland). Le divin Héliogabale : César et prêtre de Baal. P., Guy Trédaniel, 1984, in-8°, 181 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Appelé à assumer une dignité suprême à laquelle rien ne l'avait préparé, et assassiné dans la fleur de l'âge après quatre années d'un règne stupéfiant, l'empereur Héliogabale apparaît comme l'une des personnalités les plus fascinantes et les plus ambigües de la Rome décadente. Oscillant constamment entre le temple du Baal dont il voulait assurer le culte voluptueux, unique et primitif, et le lupanar où l'attiraient des débauches crapuleuses et perverses, il étonna un monde déjà saturé par les extravagances et les folies de ses maîtres. Son image, ternie et déformée par les historiens officiels, se trouve ici replacée dans le contexte d'une époque de transition : le IIIe siècle, célèbre par la lutte acharnée que se livraient pour la conquête des âmes les religions d'Isis, de Mithra et du Christ. Héliogabale c'est, bien entendu, le rejet des tabous sexuels, la dérision des coutumes ancestrales, l'imagination au pouvoir : mais c'est aussi la tentative d'un mystique chargé d'imposer, envers et contre tous, l'adoration universelle d'une pierre noire, symbole phallique et solaire de Baal. — "Sacrifices humains, ministres à verges d'âne, poissons nourris d'esclaves, batailles navales dans des lacs de vin... L'empereur Héliogabale avait de l'imagination. Dans la Rome du IIIe siècle après le Christ, être émigré n'était pas un inconvénient pour devenir empereur. Il était même bon d'être Syrien ou Maghrébin, si l'on avait quelque prétention au titre d'empereur de Rome. En l'an 217 après Jésus-Christ, le petit Varius Avitus Bassanius a treize ans. L'empereur s'appelle Macrin, un homme de cinquante-deux ans, né à Césarée en Afrique du Nord, aujourd'hui Cherchell en Algérie. Varius, aux cheveux blond fauve est le petit-fils du pape de l'époque, le grand prêtre de Baal ; Baal étant, sous la forme d'un énorme phallus en or, le dieu des latitudes proche-orientales. Ce début d'histoire se passe à Emèse, aujourd'hui Homs en Syrie. Le jeune Varius fait jouer de ses charmes devant ceux (les prétoriens qui s'appelaient déjà légionnaires) qui font et défont les têtes régnantes. Le jeune pubère, futur Héliogabale, est ainsi sacré sauveur et rédempteur par les faiseurs d'empire. La dignité impériale n'était donc pas qu'élective, mais surtout vénale. Le vieil empereur Macrin, l'assassin de l'empereur Caracalla, ne voulait faire qu'une bouchée de l'insolent prétendant Héliogabale, cet enfant stupide et débauché, porté à bout de bras par les lionnes de sa caste. Il envoie sur le terrain ses légions, ses Maures. Défaite rapide de Macrin qui finit décapité. La mère d'Héliogabale fait signer du nom de « César » et de « fils d'Antonin », son fils en lui faisant dire aux sénateurs romains : « Je suis l'égal d'Auguste et mon siècle sera digne du sien. Je vous promets une ère de paix et de prospérité. » Ce siècle allait durer quatre ans. Héliogabale commence par rejeter l'impériale toge romaine de laine pour n'envelopper son mince corps d'éphèbe que de la soie syrienne. Aussitôt, monté sur le trône, il fait tuer son père nourricier. Il renverse, souille les dieux tout-puissants de Rome et les remplace par le sien : Baal. Ce géant de plusieurs tonnes, incarné dans la Pierre noire phalloïde, il le transporte par voie de terre, à travers les Balkans, dans un cortège monumental, somptueux. L'enfant-roi entre en grande pompe à Rome à reculons. Nouveau Sardanapale, il fallait qu'il se fît femme, la grande prostituée de son maître divin. « Ce prince, dit Lampride son plus attentif historien latin, prêtait à la luxure toutes les cavités de son corps. » Les évêques de ce petit-pape empereur étaient les prêtres de Cybèle, mère de Jupiter. On les appelait les galles ; ils n'étaient autres que des eunuques, spécialistes de l'autocastration publique à grands coups de couteau ensanglanté. Ils formaient une corporation très fermée. Héliogabale était gourmand d'onobèles. Ce chef d'Etat passait son temps à draguer, à se faire recruter par ses ministres les champions onobèles de Rome et de l'Italie. Onobèle ? Onos, qui a donné, onagre, est l'âne en grec. Les baals-ânes, plus exactement les mâles dotés d'un vit de la grosseur de celui de l'âne. L'esclave Hiéroclès, que l'empereur aimait sucer, faillit, disent les historiens, devenir un autre César. C'était un ancien cocher, très bien monté, aux capiteux cheveux blonds. Héliogabale l'« épousa » et anoblit sa mère. Mais l'inconstante « épouse » impériale eut le coup de foudre pour Aurelius Zoticus, fils d'un cuisinier de Smyrne et athlète. Parce qu'il avait un sexe plus gros encore que celui de Hiéroclès, Héliogabale le nomma chambellan. Jaloux, Hiéroclès fait servir à son rival un breuvage contenant un anti-érectif. Ne pouvant plus bander dans le lit de l'empereur, le chambellan au vit d'âne fut disgracié et chassé de Rome. C'est l'historien moine byzantien Xiphilin qui narre l'affaire. Le divin Héliogabale, jaloux de la gloire de Messaline, s'habillait en femme, avec de longs cheveux postiches, se rendait dans les bouges à matelots et, les yeux peints, les joues fardées à la céruse, jouait aux cabaretières. Il faisait remplir les tavernes de jeunes gens les mieux montés qu'il aimait longuement détailler des yeux et des mains. Ce demi-César, à la différence de l'autre, le Jules des Gaules, ne pouvant être le mari de toutes les femmes, se contentait d'être la femme de tous les maris. Les talents des danseuses sacrées, des courtisanes n'avaient pas de secrets pour lui. Il ne se contentait pas de se prostituer à la manière des femmes, il tenait à ce que cela se sache. Certains historiens prétendent qu'il s'était fait couper les parties génitales, afin, après incision, d'avoir un deuxième pertuis à jouir, à la façon de Sporus qui devint « l'épouse » favorite de Néron. Mais cela paraît peu vraisemblable, sa religion machiste le lui interdisait et il attendait un héritier de son sang. Ce que les dictionnaires nomment pudiquement « les extravagances » d'Héliogabale, les historiens latins les racontent à la pelle. Il chasse les sénateurs du Sénat et les remplace par des femmes. Il choisit pour ministres les hommes porteurs de la plus grosse verge possible. Aussi voit-on au pouvoir impérial des cochers, cabaretiers, débardeurs et autres travailleurs manuels, en vertu du critère : gros bras, gros sexes. S'étant marié, il s'entoure, le jour de ses noces, de gaillards ivres qui l'incitent en chœur à tringler son épouse en public. Il va jusqu'à déflorer au vu de tous, suprême sacrilège, la vestale gardienne du feu sacré de Rome, façon de subvertir la religion romaine. Il fait flageller et châtrer à tour de bras les nobles, les dignitaires, les courtisans de sa cour, et, du haut des tours, il jette, avec toutes sortes de cadeaux pour le peuple, des sacs de sexes d'homme sanglants. Il n'était pas avare de fêtes fantastiques pour épater ses sujets qui préféraient encore le cirque au pain. Il fit donner des batailles navales dans des lacs creusés de main d'homme et emplis de vin... Héliogabale a fait de Rome un bordel universel : pervertir le peuple, subvertir tous les rouages du pouvoir, se servir de l'Etat comme un jouet et le casser pièce après pièce, telles étaient ses visées. Son dieu Baal dictait sa volonté mystique : que l'ombre phallique de ce dieu recouvre la capitale du monde. Enfant, à Emèse, le jeune prêtre de Baal avait été saturé de spectacles de sperme et de sang coulant sur l'autel de ce dieu assoiffé de sacrifices humains. On immolait des hécatombes de taureaux, de brebis, où les amphores de vin se mêlaient à l'hémoglobine. Et flots de sperme pour lier le tout. Les Romains qui refusaient de sodomiser ou de se faire sodomiser étaient immolés comme victimes dans le vacarme des tambours, des cymbales, des cris des sacrifiés. La vue du sang devait être certainement aphrodisiaque, puisque les prêtres de Cybèle se châtraient, dès le printemps venu, en public et en musique, avec un coutelas, se tailladaient le corps, se coupaient la langue avec leurs dents, puis couraient dans la ville, en exhibant à bout de bras leur sexe coupé. Le cannibalisme religieux, dans le monde sémite et gréco-romain, était de règle. La Bible ne mâche pas ses mots, quand elle décrit les sacrifices humains et, tout autour de la Méditerranée, le ventre insatiable du Minotaure avait bien fait des petits cannibales. Le poète Horace a mis en vers les hurlements des enfants au moment où on les égorgeait. Les festins commencés au Capitole se terminaient parfois au Palatin. Sa Majesté s'y rendait sur son char d'ivoire et d'or tiré par des femmes aux seins nus. Puis il descendait dans les lupanars où il s'amusait à épiler les courtisanes, dans les bouges où il sélectionnait les hommes à la poitrine velue, aux muscles saillants, aux gestes obscènes, aux odeurs fauves. En 222, des prétoriens, attisés par des égéries jalouses, le coincèrent entre deux vespasiennes. Réfugié dans les latrines voisines (les historiens ne s'accordent pas sur ce lieu), il y fut poignardé. Les latrines étant trop étroites pour contenir son corps, on le découpa. Finalement on jeta ses morceaux dans le Tibre, après les avoir promenés dans Rome, sous les huées d'une populace déchaînée, avec le corps décapité de sa mère qui l'avait fait porter au pouvoir. Ses compagnons furent, eux, empalés puis aussi découpés." (Jean-Yves Alt, 2015)

MOYEN AGE

 

77.              ANTONETTI (Pierre). Savonarole. Le prophète désarmé. Perrin, 1991, in-8°, 302 pp, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Tout le monde connaît le nom de Savonarole, passé dans le langage courant, mais on ne sait pas assez l'importance et la vie passionnée de ce moine exalté, assoiffé de pureté, adoré par les uns, haï par les autres, salué parfois comme un précurseur du protestantisme, dénoncé souvent comme un dangereux fanatique animé par un idéalisme inhumain, totalitaire. Le cadre et les protagonistes : la Florence divisée de Pierre de Médicis, fils de Laurent, l'Italie bouillonnante de passions et d'énergie, le pape Alexandre VI Borgia, père de César et de Lucrèce, jouisseur et sceptique, Charles VIII le roi de France rêvant de "son" royaume de Naples. Savonarole se dresse pour réclamer une réforme de l'Eglise et de la société, dans le sens d'une pureté sans concessions. Par ses sermons, ses prédictions de catastrophes, ses visions inspirées des prophètes de l'Ancien Testament, il enflamme les foules, devient pendant quatre ans (1494-1498) le roi sans couronne de Florence, instituant une république théocratique. La chasse aux vices, le redressement des moeurs sur fond d'embrigadement d'enfants transformés souvent en délateurs et de "jugements de Dieu", sont couronnés par le fameux "brûlement des vanités". Il prophétise le succès de sa mission, annonce inlassablement que les pires fléaux s'abattront sur l'Italie (sauf Florence) s'il n'est pas entendu, prédit et souhaite le triomphe du roi très chrétien Charles VIII. Il défie le pape, est excommunié, se campe en envoyé de Dieu prêt au martyr. Mais, en prison, il s'effondre. Au terme d'un procès sans gloire, il finit sur le bûcher, "prophète désarmé", abandonné de tous, dans la crainte et la dérision. C'est une aventure pleine d'enseignements pour notre temps – où se rallument les bûchers de l'intolérance – que Pierre Antonetti, en spécialiste chevronné d'histoire florentine, fait revivre pour le plaisir et l'édification du lecteur contemporain.

78.              BLOCH (Marc). La Société féodale. 1. La formation des liens de dépendance. – 2. Les classes et le gouvernement des hommes. Albin Michel, 1939-1940, 2 vol. in-8°, xxv-472 et xvii-287 pp, 12 pl. de gravures hors texte, biblio, index, brochés, bon état pour le premier volume, dos abîmé, état correct pour le second volume (Coll. L'Evolution de l'humanité). Edition originale (il n'y a pas eu de grands papiers ; achevé d'imprimer du 6 juillet 1939 pour le premier volume, et achevé d'imprimer du 17 janvier 1940, avec mention fictive de 4e mille au 1er plat, pour le second)

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"La Société féodale a cinquante ans. Une génération nouvelle d'historiens de la société, des réactions mentales et de l'économie, qui n'a cure des grands anciens, laboure le champ délimité par Bloch. Certes le domaine aujourd'hui est plus vaste, mieux connu, plus ouvert. Mais “La Société féodale” en reste le noyau, la source de tant de recherches qui plongent en elle leurs racines et qui, souvent, l'avouent. L'art de la perspective, la justesse du mot, le charme du style, le sens de l'image l'ont préservée des rides. C'est à cela que se reconnaît le chef-d'œuvre." (Robert Fossier)

79.              COLOMB (Christophe). Oeuvres de Christophe Colomb, présentées, traduites et annotées par Alexandre Cioranescu. Gallimard, 1961, in-8°, 527 pp, 23 gravures sur 16 pl. hors texte, notes, index, broché, bon état (Coll. Mémoires du passé pour servir au temps présent)

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Les écrits de Christophe Colomb occupent une place de choix parmi les œuvres des grands faiseurs d'histoire. Comme César, comme Napoléon, le navigateur génois a raconté ce qu'il avait voulu et ce qu'il avait pu réaliser. II serait inutile de dire encore quel fut son mérite, ou quelle est sa place dans l'histoire, tellement son nom est illustre et universellement connu : mais qui pourrait se vanter d'avoir lu ses œuvres? Ces textes, connus des seuls spécialistes, n'avaient jamais été réunis d'une façon aussi complète. La seule édition connue des oeuvres de Colomb, publiée en 1825 et refaite en 1892, ignorait de nombreux textes colombiens, découverts depuis, et qui se trouvent réunis ici pour la première fois.

80.              DUBY (Georges). Mâle Moyen Age. De l'amour et autres essais. Flammarion, 1988, in-8°, 270 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Bibliothèque Scientifique). Edition originale (achevé d'imprimer du 24 décembre 1987)

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Que savons-nous de l'amour au Moyen Age ? Peu de chose en vérité, sinon des mythes. Le mariage, socle de la société féodale, est régi par les pratiques de l'alliance et par la morale aristocratique : les élans du coeur en sont naturellement bannis. L'amour courtois se situe donc hors du champ matrimonial – la fine amour des poèmes est un jeu dont le terrain n'est pas celui des obligations et des dettes, mais des aventures et de la liberté. Pourtant, c'est encore un jeu d'hommes, spécifiquement masculin. Le seigneur, de loin, dissimulé, en connaît tous les rouages et règne sur son déroulement. Les femmes n'y sont jamais que des figurantes – des leurres. Tous les poèmes de l'amour courtois ont été chantés par les hommes, et le désir qu'ils célèbrent fut toujours un désir masculin. Le Moyen Age est mâle, résolument. La forme des relations parentales, les structures de la féodalité l'expliquent abondamment. Tels sont les thèmes dominants des essais qui constituent ce recueil, jalons de l'exploration passionnante d'un territoire mal connu.

81.              DUFOURCQ (Charles-Emmanuel). La Vie quotidienne dans l'Europe médiévale sous domination arabe. Hachette, 1981, in-8°, 288 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'auteur, par sa double expérience espagnole et maghrébine, était particulièrement bien placé pour traiter ce sujet. Pour une époque aussi ancienne il a su réunir beaucoup de détails sur ce qu'il est convenu d'appeler « la vie quotidienne » et qui ressort souvent d'une véritable histoire anthropologique, une histoire de l'homme aux prises avec ses nécessités vitales de chaque jour et qu'il satisfait dans le cadre d'une culture déterminée. Mais sur un monde si lointain pour nous, le spécialiste devait donner quelques explications historiques générales et c'est ce qu'il a fait. On est frappé en le lisant de l'importance de la pénétration musulmane en Europe. On parle toujours de la bataille de Poitiers mais Dufourcq nous rappelle que Sens a été le point le plus septentrional atteint par des raids arabes, Tours, Langres et Saint-Gall suivant de peu. Naturellement l'Espagne est le seul pays actuel d'Europe Occidentale qui ait été entièrement occupé pendant près d'un siècle par les Arabes, et pour sa plus grande part entre deux et cinq siècles. Le contact culturel qui en a résulté a préparé et facilité les Croisades, qui ont suivi. Nous sommes payés pour savoir que cette histoire euro-arabe ne s'en est pas tenue là." (Frédéric Mauro, Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1979)

82.              Eucher de Lyon et Vincent de Lérins. L'île des saints. Editions du Cerf, Editions J.-P. Migne, 2018, in-8°, 195 pp, guide thématique, biblio, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Pères dans la foi)

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Voici les textes de deux auteurs du Ve siècle, Eucher de Lyon (v. 370-449) et Vincent de Lérins (mort vers 448), tous deux moines de l’abbaye de Lérins sur l’île Saint-Honorat, en face de Cannes, et acteurs du renouveau monastique initié en Provence à l’heure des invasions germaniques. “L’Éloge du désert” et la “Lettre sur le mépris du monde” d’Eucher fondent la spiritualité monastique propre à Lérins, très influencée par le monachisme oriental, qui a su allier l’exigence ascétique à une foi joyeuse et sereine. Dans son “Aide-Mémoire (Commonitorium)”, best-seller de la théologie occidentale, Vincent expose des règles simples pour discerner la vérité de l’erreur et les critères d’un progrès de la réflexion théologique dans la fidélité à la tradition. Écrit dans une période de grands bouleversements où une civilisation s’effondrait, il donne des repères simples pour une théologie à la fois fidèle et dynamique. Deux textes essentiels pour comprendre les débuts du monachisme occidental.

83.              GENICOT (Léopold). Le XIIIe siècle européen. PUF, 1968, pt in-8°, 409 pp, sources et biblio, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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"L'auteur part de cette cellule initiale de la matière historique : l'homme, pour étudier ensuite les groupements humains : famille, milieu local, paroisse, seigneurie, puis les régions et les villes, les États et les nations, enfin cette grande communauté qui n'a sans doute existé qu'au XIIIe siècle, tout au moins sous une forme aussi nette : l'Occident, opposé d'ailleurs au reste du monde. (...) C'est là un véritable travail d'historien, d'un historien qui possède son sujet et ne se laisse jamais aller à accepter sans esprit critique des résultats hypothétiques. Par toutes ces qualités, ce livre est une synthèse remarquable, et d'une incontestable utilité pour tous les historiens, non seulement ceux qui s'attachent à la même période, mais aussi tous les médiévistes." (Jacques Boussard, Bibliothèque de l'école des chartes, 1969)

84.              GUIGNARD (Philippe). Les monuments primitifs de la Règle cistercienne, publiés d'après les manuscrits de l'abbaye de Cîteaux. Dijon, Darantière, 1878, in-8°, cxii-652-(1) pp, un frontispice, imprimé en noir et rouge, broché, bon état (Analecta divionensia. Documents inédits pour servir à l'histoire de France et particulièrement à celle de Bourgogne, tirés des archives et de la bibliothèque de Dijon). Edition originale

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Textes en latin et en vieux français. — "On trouve dans ce recueil, Régula Sancti Benedictis abbatis, 1-57 ; Exordium Cisterciensis cœnobii, 61-75 ; Carta caritatis, 79-84 ; Consuetudines, 87-287 ; Kalendarium, 290-403 ; ancienne traduction française des Ecclesiastica officia, Instituta Capituli generalis, Dsus conversorum et Régula Sancti Benedicti, publiée d'après le ms. 352 1 de la Bib. publique de Dijon, 407-647 ; Statuts de Chapitres généraux tenus à l'abbaye de Notre-Dame de Tart, 643-649 ; Catalogue des Saints et Bienheureux de l'ordre de Cîteaux, par Jean de Cirey, 650-652." (Archives de la France monastique) — "L'étude du droit constitutionnel de Cîteaux prit une direction nouvelle, quand Philippe Guignard publia, sous le titre : Les monuments primitifs de la Règle cistercienne (Dijon 1878), de nombreux documents d'après des versions plus anciennes que celles des annalistes ou auteurs cisterciens du XVIIe s. : Manrique, Henriquez, Julien Paris. Parmi ces documents figurait la « Charte de Charité » (sigle habituel : CC) ou Constitution de Cîteaux, que l'éditeur donnait d'après le ms 601 de Dijon. Datant de 1190-1199, ce ms est certainement plus ancien que les mss antérieurement publiés, car la CC y apparaît sous une forme continue, non encore sectionnée ni sous-titrée. L'éditeur voyait dans cette version la CC primitive, approuvée par Calixte II le 23 décembre 1119." (François Masai, Scriptorium, 1957)

85.              KANTOROWICZ (Ernst). L'Empereur Frédéric II. Gallimard, 1987, fort in-8°, 657 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de gravures hors texte, chronologie, 5 cartes et un plan, index, broché, état correct (Coll. Bibliothèque des histoires). On joint un article de presse sur Kantorowicz et l'ouvrage par Jean d'Ormesson (Le Figaro littéraire, 15 juin 2000)

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"Ce livre a sa légende, qui ne tient pas seulement aux soixante ans de retard avec lequel arrive la traduction française de ce chef-d'œuvre, paru en Allemagne en 1927. Ni à la personnalité de son auteur, né à Poznan en 1895, mort à Princeton en 1963, grand universitaire juif contraint à l'exil outre-Atlantique par les lois de Nuremberg. Frédéric II est lui-même un empereur de légende (1194-1250) abandonné des Hohenstaufen qui, grâce à son seul charme, reconquiert sans coup férir un royaume qui s'étend de la Sicile à la Baltique, pour aller ensuite guerroyer en Terre sainte, se lier d'amitié avec les infidèles, braver le pape et finir avec la réputation d'Antéchrist, en laissant un souvenir qui a hanté la mémoire allemande jusqu'à Hitler. Mais au travers de l'épopée frédéricienne, l'énorme ouvrage de Kantorowicz, histoire faite littérature tout en restant histoire, traite aussi et surtout de l'Etat moderne, de son émergence au sein d'une société déchirée entre de multiples pouvoirs, autour d'une personnalité charismatique. Tour à tour sont ainsi reconsidérés le conflit entre le culte étatique et la religion chrétienne, les rôles respectifs de la violence physique et du droit écrit, de la guerre et de la bureaucratie, les apports multiformes et complexes entre le politique et le symbolique, tous thèmes que l'auteur devait reprendre en profondeur et faire culminer dans The King's Two Bodies, Les Deux Corps du roi. Longtemps Kantorowicz s'est opposé à la réédition de son livre, dont le ton "ne correspondait plus, dit pudiquement son dernier éditeur, à sa nouvelle façon de voir". Sans doute a-t-on là en effet l'une des rares entreprises historiques d'importance a avoir été authentiquement guidée par une inspiration nietzschéenne : quelque chose comme le portrait d'un surhomme." (4e de couv.)

86.              LELONG (Charles). La vie quotidienne en Gaule à l'époque mérovingienne. Hachette, 1963, in-8°, 222 pp, une carte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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L'époque mérovingienne en Gaule, malgré la relative rareté des documents, nous est assez bien connue et mérite de l'être, elle nous révèle nos origines, à la fois romaines et « barbares », païennes et chrétiennes...

87.              MARKALE (Jean). Le Chêne de la sagesse. Un roi nommé Saint-Louis. P., Hermé, 1985, in-8°, 305 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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L'Histoire est souvent révélée par une série d'images que la mémoire des hommes engloutit dans les ténèbres de l'inconscient. Les images, Jean Markale est remonté à leur naissance pour nous raconter la véritable histoire du roi Louis IX, celui qui deviendra Saint Louis et dont la mémoire populaire a tracé un portrait aseptisé. Et pourtant, au milieu d'une époque cocasse et pleine de démesure, Louis IX aura mené une existence paradoxale d'aventures et de sagesse, asservissant à tout jamais à l'autorité centrale les derniers restes d'une féodalité disparate, portant par le glaive, jusqu'aux limites de l'Extrême-Orient, la parole évangélique et le pouvoir économique. De Paris aux rives de la Loire, de la Charente aux geôles de Mansourah et jusqu'à ce que la peste cloue Saint Louis pour toujours dans un palais de Tunis, Jean Markale nous donne là un grand livre d'histoire.

88.              MOULIS (Adelin). Montségur et le drame Cathare. Avant, pendant, après la tragédie. Verniolle, chez l'auteur, 1973, in-8°, 154 pp, 13 planches hors texte, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Par Adelin Moulis (1896-1996), historien et folkloriste, il a rédigé des ouvrages d'érudition sur l'Ariège et recueilli de nombreux contes traditionnels de ce département. — "Comme déclaration préliminaire, l'auteur précise qu'il est né au hameau de Fauché, commune de Fougax-et-Barrineuf, tout à côté de Montségur (3 km 600 à vol d'oiseau) : les parcelles de terre de la propriété familiale jouxtent les terrains de la commune de Montségur. Depuis sa plus tendre enfance il a eu sous les yeux le squelette grisâtre de la forteresse. Il connaît les lieux pour les avoir parcourus en tout sens : non seulement les flancs de la vaste pyramide rocheuse, ou pog de Montségur, mais aussi tout le pays environnant, depuis Bélesta, à l'est, jusqu'à Lapeyregade, à l'ouest ; depuis Lavelanet et Péreilhe, au nord, jusqu'aux sommets de Tabe, au sud ; il a escaladé plusieurs fois le Mont Fourcat (2004 m), le pic du Han (2074m), le pic de Saint-Barthélémy (2348 m), le pic de Soularac (2 368 m), le signal de la Frau (1910 m), etc." (Avant-propos) — Table : Dans la nuit des temps et des cavernes ; Les premiers habitants ; Les origines ; La Croisade contre les Albigeois ; Les sièges de Montségur ; Après le drame ; Toponymie, topographie, étymologie ; Le massif de Tabe. Pics de Soularac et de Saint-Barthélemy.

89.              RICHÉ (Pierre). La vie quotidienne dans l'Empire carolingien. Hachette, 1973, in-8°, 380 pp, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"En fait, on rendra grâce à Pierre Riché d'avoir évité les pièges de la collection et nous avoir présenté un tableau très large de la société et de l'économie de l'Europe occidentale à l'époque carolingienne. Dans une première partie, l'auteur esquisse une géographie physique et humaine, la forêt et les espaces cultivés, les routes et les villes, monastères et palais – ainsi que les agglomérations dont ils ont permis le développement – et aussi la démographie – ce qui conduit à d'intéressantes remarques sur la licence sexuelle et la limitation des naissances. De là, on passe à une description de la vie des grands, de leur richesse, de leur activité, de leurs relations avec la cour ; à quoi s'ajoute un chapitre sur les ruraux, les marchands et les juifs. La troisième partie est consacrée au monde du travail (techniques rurales, artisanales, du bâtiment, mobilier, habillement, chauffage, nourriture). La quatrième conduit aux protections devant les dangers, aux croyances, à la culture et à la liturgie." (P.-A. Février (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1974)

90.              VIRGOE (Roger)(edited by). Illustrated Letters of the Paston Family. Private Life in the 15th Century. Guild Publishing, 1989, pt in-4°, 288 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, chronologie, notices biographiques, carte, tableaux généalogiques, glossaire, index, cart. éditeur, jaquette illustrée (très lég. abîmée), bon état. Texte en anglais

            25

Correspondance sur trois générations et vie quotidienne d'une famille anglaise sous les règnes tumultueux d'Henri VI, d'Edouard IV et de Richard III. Ces lettres nous renseignent sur la vie au XVe siècle, et plus particulièrement sur la vie de la petite noblesse anglaise, la « gentry » pendant la guerre des Deux-Roses. Par exemple les lettres envoyées par Margaret Paston à son époux. Margaret Paston née en 1423 est la fille d’un riche fermier anglais. À la mort de ce dernier, elle hérite des terres et se marie en 1440 à John Paston, un grand propriétaire terrien de la région avec qui elle a sept enfants. Ce dernier, aussi avocat, passe beaucoup de temps à travailler loin de sa famille, c’est donc à elle qui revient la responsabilité de veiller sur les enfants et les propriétés terriennes. Ils communiquent dans ces moments d’éloignement par lettres, encore aujourd’hui pour la plupart conservées. Margaret Paston meurt en 1484 après avoir laissé une partie de sa fortune à l’église. — "This collection of letters covers three generations of an important Norfolk family during the 15th century. It brings to life a period poised between medieaval and modern history, as fuedalism collapsed and England was divided by the Wars of the Roses. The Paston family during this period were soldiers and students, lawyers and landowners, courtiers and members of Parliament. Their correspondence gives the reader an intimate picture of everyday life on one hand; on the other it portrays a family on the fringes of great events. First hand accounts range from battles in the Wars of the Roses, to preparation of the defences against French invasion. Contemporary illustrations and current photographs relate the people to the places where they lived. Special features expand issues raised in the letters to give concerns of rural life, or by commenting on 15th century attitudes to love, sex, learning and the law."

TEMPS MODERNES, ANCIEN RÉGIME

 

91.              BABELON (Jean-Pierre). Henri IV. Fayard, 1984, fort in-8°, 1103 pp, une carte, généalogies, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Dans la mémoire des Français, Henri IV est le seul roi à n'avoir connu aucune disgrâce. Sa mort l'a auréolé d'une indestructible popularité et son règne est vite devenu l'auberge espagnole de notre histoire. Le Gascon caustique méprisant la peur, l'homme d'action ennemi des parlottes, le bon vivant, l'homme de la poule au pot, le Vert-Galant sûr de ses conquêtes : autant d'images d'Epinal que Jean-Pierre Babelon réajuste sans parti pris ni complaisance, pour expliquer le phénomène Henri IV.

92.              BOTTIN (Jacques) et Nicole PELLEGRIN (dir). Echanges et cultures textiles dans l'Europe pré-industrielle. Actes du colloque de Rouen, 17-19 mai 1993. Revue du Nord, 1996, gr. in-8°, 419 pp, qqs illustrations, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Voici vingt-trois communications réunies par Jacques Bottin et Nicole Pellegrin qui éclairent la question de l'économie textile non pas tant du point de vue de la production que de celui des échanges et de la consommation, domaines qui renouvellent l'histoire économique du monde préindustriel. Les champs chronologique et géographique couverts sont larges, plus larges que ne le laisse entendre le titre « européen » du recueil. En effet, les communications nous font aller du XVIe au XIXe siècle, de l'Italie humaniste au Brésil colonial et à la Chine en passant par la Nouvelle-France – les XVIIe et XVIIIe siècles étant les plus fréquentés par les chercheurs présents lors du colloque. Cette diversité géographique ne masque cependant pas une concentration des recherches sur l'Europe, du moins sur quelques-uns des grands centres de production et de consommation du temps. L'Italie du Nord (Venise, Toscane), la France du Nord, la Bretagne et Lyon sont privilégiées. À la périphérie figure l'Europe du Nord-Ouest (Lübeck et le nord de l'Angleterre) puis l'Espagne (Catalogne). Les communications concernant les marges lointaines abordent les mœurs commerciales des Français en Asie et la question de la consommation des textiles européens par les colons et les indigènes..." (Isabelle Paresys, Annales, 2000)

93.              CAMPION (Henri de). Mémoires, contenant divers événements des règnes de Louis XIII et de Louis XIV. Nouvelle édition. Suivie d'un Choix des lettres d'Alexandre de Campion. Avec des notes par Célestin Moreau. P., Jannet, 1857, fort in-12, xxxii-439-56 pp, cart. pleine percaline rouge de l'éditeur, bon état (Coll. Bibliothèque Elzevirienne)

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Henri de Campion naît en 1613. Il a vingt-quatre ans à l'heure du Cid. Comme le héros cornélien, il a le goût de la guerre, de l'aventure et de l'honneur. Campion fait donc la guerre dans les armées de Louis XIII et de Richelieu. Puis se lance dans l'aventure : la régence d'Anne d'Autriche et la Fronde. Mazarin, les Grands, la famille royale sont les acteurs d'une tragédie politique dont le nœud est un complot contre la vie du Cardinal. Campion, au nom de son honneur de gentilhomme, refuse d'obéir aveuglément aux passions du chef du parti aristocratique, le duc de Beaufort. L'échec du complot l'oblige pourtant à s'exiler. Il ne revient en France que deux ans plus tard, pour se marier et vivre à l'écart des intrigues. Il entre en 1651 dans l'armée royale – cette fois au service de Mazarin qui achève à'écraser la Fronde. Ce va-et-vient de la politique et de la guerre, cette suite de vicissitudes le détournent peu à peu de la vie active. Quand meurt sa fille aînée, âgée de quatre ans, qu'il adorait comme une image d'un autre monde plus pur, il se retire de celui-ci, n'ayant d'autre espoir qu'en Dieu. Ses Mémoires résonnent alors des accents douloureux et déjà romantiques inspirés par la retraite, la nature, la contemplation de la mort et l'appel du divin : on y entend, après l'écho des duels et des batailles, la rumeur de la prière.

94.              CÉARD (Jean). La Nature et les prodiges. L'insolite au XVIe siècle. Genève, Droz, 1996, in-12, 538 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La tératologie, au sens moderne du terme, est la science des monstres ; mais, à la Renaissance, c'est la discipline qui traite des prodiges. Jean Céard, historien de la culture de la Renaissance, étudie, dans ce livre devenu classique, par quels cheminements la tératologie a changé d'objet. A la fois merveille et présage le monstre conduit l'auteur à définir l'idée de signe et à analyser conjointement l'importance de la divination à la Renaissance et l'idée fondamentale de la variété des choses : il écrit ainsi quelques chapitres de cette histoire sur l'idée de nature à la Renaissance dont les historiens ont coutume de déplorer l'absence ; il renouvelle en même temps la connaissance de quelques grandes oeuvres littéraires, éclaire l'abondante littérature des "canards" et propose la première étude d'ensemble du genre florissant de l'histoire prodigieuse. — "Ce travail a pour objet d'étudier comment fonctionnait l'idée de monstre dans les mentalités des hommes de la Renaissance ; mais, bien plus qu'un fragment de l'histoire de la science au XVIe siècle, c'est, à partir du domaine privilégié de la tératologie, une histoire de la raison humaine aux prises avec l'idée opératoire qu'elle se fait de la nature. Les investigations étendues, pénétrantes et précises de J. Céard, ses explications patientes, son exposé méthodique qui suit les avatars historiques des concepts de miracle, de prodige, de signe, marqueront une date pour l'historien des idées : toute étude portant sur un aspect de la représentation de la nature ou de l'activité de la raison, notamment chez Rabelais, Ronsard et Montaigne, ne pourra ignorer cet ouvrage fondamental sans paraître démodée ou primaire..." (G. Demerson, Réforme, Humanisme, Renaissance, 1978)

95.              DELUMEAU (Jean). L'Alun de Rome, XVe-XIXe siècle. SEVPEN, 1963, gr. in-8°, 352 pp, 13 pl. de gravures hors texte, 3 cartes et 8 graphiques, biblio, index, broché, bon état (Coll. Ports - Routes - Trafics)

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"Jean Delumeau a rendu à l'histoire économique, et par delà à toute l'histoire et aux sciences de l'homme, un service qui compte. “L'Alun de Rome” est un modèle, un modèle à imiter, dans un avenir plus ou moins lointain, et à incorporer, dès maintenant à notre connaissance du monde moderne. Pour situer cet « indice d'activité », on cherche des exemples, et l'on pense, tout naturellement, aux importations d'or et d'argent d'Amérique calculées, on sait comment, voici trente ans déjà, par Earl J. Hamilton ! On n'a pas achevé encore d'en épuiser le contenu. “L'Alun de Rome”, toutes choses étant égales, c'est, pour l'histoire économique, un événement, à bien peu de choses près, comparable aux trésors d'Hamilton. C'est dire assez qu'on n'en épuisera pas, d'un coup, le contenu. La victoire de Jean Delumeau – elle est pour lui, d'abord, et, par ricochet pour toute l'école française honorée – la victoire du plus grand indice d'activité industrielle jamais calculé de la fin du XVe au début du XIXe siècle. Il était logique qu'une entreprise de cette hardiesse parût sous le signe de la VIe section de l'Ecole des Hautes Etudes. “L'Alun de Rome” est, aussi, un hôte qui honore les collections qui ont su le recueillir..." (Pierre Chaunu, Annales ESC, 1964).

96.              DOSCOT (Gérard). Madame du Barry, une maîtresse de Louis XV. Lausanne, Editions Rencontre, 1965, pt in-8°, 180 pp, 32 pl. de gravures et portraits hors texte, chronologie, reliure simili-cuir noir de l'éditeur,avec un portrait en médaillon au 1er plat, bon état (Coll. Ces femmes qui ont fait l'Histoire)

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La comtesse Jeanne du Barry (1743-1793), favorite de 1768 à 1774 d'un Louis XV vieillissant. — "Voici un livre de lecture agréable, bien illustré, doté d'une table chronologique. En dépit de l'absence de toute référence justificative – devenue, hélas, habituelle dans ces collections dédiées au « grand public » d'avance catalogué paresseux – l'étude repose sur une bonne connaissance de Mme du Barry... Et cette vie, sans conteste, quel romancier eût osé l'inventer ?" (Revue historique)

97.              DUCHENE (Jacqueline). Françoise de Grignan, ou le mal d'amour. Fayard, 1985, in-8°, 332 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Tout le monde connaît Mme de Sévigné. Personne ne parle de Françoise de Grignan, sa fille qui écrivit elle-même à son mari d'admirables pages d'amour. Il faut lire la célèbre correspondance pour mesurer le poids écrasant d'un amour maternel excessif et indiscret qui utilise supplications et pressions, ruse même, pour faire venir la bien-aimée à Paris, l'y garder jalousement et l'arracher à la Provence où la retiennent pourtant mari, enfants, devoirs. Françoise était la troisième femme d'un mari qui avait presque l'âge de sa mère, beaucoup d'esprit et de charme, un grand nom et des dettes immenses. Elle s'appliqua avec résolution à sa tâche harassante d'épouse du représentant du Roi dans la plus importante province de France. Son comportement avec ses deux belles-filles et les trois enfants qui lui restèrent des six qu'elle mit au monde montre son dévouement et sa tendresse maternelle, moins envahissante mais non moins passionnée que celle de Mme de Sévigné. Ces tensions, ces devoirs ou ces affections qui l'accablèrent toute sa vie avec excès, Françoise les vécut avec excès, même si elle donna par maladresse, ou voulut donner d'elle, une image froide qui la défendit de sa trop grande sensibilité. Son corps traduisit en des maux fluctuants, incessants, le trouble et les passions de son âme. Farouchement désireuse d'aimer et d'être aimée, Françoise de Grignan fut souvent trop aimée ou mal aimée, et ce mal retentit profondément en elle jusqu'à lui en faire une blessure mortelle.

98.              DUPRAT (Pascal). Les Encyclopédistes. Leurs travaux, leurs doctrines et leur influence. P., Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1866, in-12, 196 pp, broché, dos recollé, pt mques aux coins des plats, bon état

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"Le dix-huitième siècle, déjà si riche en monuments littéraires, nous a laissé un livre qui nous le montre tout entier, s'il m'est permis de le dire. Ce livre, c'est l'Encyclopédie. On peut citer de cette époque des ouvrages plus parfaits, ou plus voisins de cette perfection qui fut toujours le rêve des grands écrivains. Mais ce ne sont là que des oeuvres. Individuelles ; elles ne nous offrent, si achevées qu'elles soient, que l'image d'un homme. L'Encyclopédie, au contraire, nous présente le tableau d'un siècle, et d'un des siècles les plus grands qu'ait vus l'humanité. Un cataclysme peut survenir et plonger encore le monde dans les ténèbres : « Il suffit, disait Diderot, qu'un seul exemplaire de l'Encyclopédie soit sauvé du naufrage, pour que tout ne soit pas perdu. » Deux opinions contraires se sont produites, dès l'origine, au sujet de l'Encyclopédie. Les jésuites et les jansénistes, dont elle avait dédaigné le concours, la poursuivirent de leurs critiques, et, ce qui était encore plus facile, de leurs injures. Mais elle fut défendue contre eux et leurs amis par tous les esprits généreux de l'époque. Chose remarquable et qui pourrait bien surprendre quelques-uns de nos contemporains, il se rencontra des hommes d'État qui se mirent du côté des Encyclopédistes. Cette querelle n'est pas encore épuisée, comme elle devrait l'être; que de fois même ne s'est-elle pas renouvelée dans ces derniers temps ! Nous revenons toujours au dix-huitième siècle, dont nous sommes issus, et nous y rencontrons nécessairement l'Encyclopédie..." (Introduction)

99.              ESCHEVANNES (Carlos d'). Le Régent et ses maîtresses, ou de l'excuse atavique. Documents inédits. P., Editions Radot, 1927, in-12, 184 pp, préface de Me Henri-Robert, 4 gravures hors texte, broché, état correct

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"(...) Le livre du comte Carlos d'Eschevannes nous initie à tous les détails – même les plus scabreux – de la vie privée de cet amoral et de ce débauché. Ce livre, intéressant, nourri de détails, agréable à lire, n'est point fait pour les jeunes filles – même pas pour les jeunes gens. Mais les lettrés, curieux de connaître tous les secrets de l'histoire de la Régence, le consulteront avec profit et intérêt..." (Me Henri-Robert, préface)

100.          FEBVRE (Lucien) et Henri-Jean MARTIN. L'Apparition du livre. Albin Michel, 1958, in-8°, xix-557 pp, 24 pl. de gravures et 2 cartes sur un dépliant hors texte, biblio, index, broché, couv. plastifiée, C. de bibl., bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)

            30

En 1958 était publié, sous la signature conjointe de Lucien Febvre et Henri-Jean Martin, “L'Apparition du livre”. Ecrit par Henri-Jean Martin sous l'inspiration de Lucien Febvre, cet ouvrage va devenir très vite un classique et provoquer une véritable révolution. Pour la première fois, la naissance et la diffusion du livre étaient analysées dans toutes leurs dimensions: intellectuelle, culturelle, économique, sociale, esthétique. Les hommes, les ateliers typographiques, l'invention des caractères, l'édition des textes, la mise en pages, tous ces points se voyaient éclairés à travers une grande histoire sociale. Ce fut l'acte de naissance d'un nouveau regard historique sur le livre qui n'a cessé depuis de se renouveler. — "Henri Berr, qui avait conçu l'idée de ce livre et lui avait assigné sa place dans la collection qu'il dirigeait, en avait confié la rédaction à Lucien Febvre, mais ce dernier n'eut que le temps d'en dresser le plan et d'en rédiger la préface. C'est donc à son élève M. H.-J. Martin que revient le mérite d'avoir assemblé et assimilé les matériaux considérables qui ont servi à sa composition, d'en avoir fait la synthèse et de nous présenter, avec une parfaite maîtrise, une œuvre dont on ne saurait trop souligner l'importance et l'intérêt. (...) Ce livre, nourri de faits et d'idées, nous apporte beaucoup plus que ne le laisserait supposer son titre, car il retrace en fait l'évolution du livre imprimé depuis ses plus lointaines origines jusqu'au XVIIe siècle et même, dans certains cas, un peu au delà, mais qu'on ne s'imagine pas qu'il puisse faire double emploi avec les nombreux ouvrages et manuels qui se proposaient le même objet, car certains problèmes qu'il aborde n'avaient qu'été effleurés jusqu'ici par les historiens du livre et, lorsque même M. Martin utilise ses prédécesseurs, il sait tirer de la masse des faits depuis longtemps recensés des conclusions nouvelles. (...) Une bibliographie systématique, ne comptant pas moins de trente pages, et un index des noms de lieux et de personnes complètent cet ouvrage plein de substance, qui ne constitue pas seulement un excellent instrument de travail pour les étudiants, mais qui apporte une contribution essentielle à l'histoire de la civilisation." (Robert Brun, Bibliothèque de l'École des chartes, 1958)

101.          HALLAYS (André). Le Pèlerinage de Port Royal. Essai sur le XVIIe siècle. Perrin, 1932, in-8°, 360 pp, 31 gravures hors texte, broché, bon état

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"M. Hallays aime tant le passé français qu'il finit par en être ; son témoignage est presque d'un contemporain de Racine. Dans l'Abrégé, nous avions en raccourci une histoire de Port-Royal ; le Pèlerinage est une précieuse galerie de paysages et de portraits jansénistes. Son livre est intelligent et cordial. Il mérite qu'on en dise ce que M. Hallays dit lui-même de celui de Racine : « Il faut y renvoyer quiconque souhaite comprendre, et surtout sentir le jansénisme. » Le pèlerinage comprend dix stations parisiennes : Saint-Etienne du Mont, où sont ensevelis Pascal, Racine, Antoine Le Maître et Gilberte Périer ; Saint-Jacques du Haut-Pas, où reposent le corps de Saint-Cyran et le coeur de la duchesse de Longueville ; Port-Royal de Paris, sépulture de la mère Angélique, maintenant hôpital de la Maternité ; l'église de Palaiseau, sépulture des Arnauld ; l'église de Boullay-les-Troux, sépulture de Du Gué de Bagnols ; le vallon de Port-Royal des Champs, les Granges, où vécurent les Solitaires ; l'église de Magny, où furent portées quelques-unes de leurs tombes ; le cimetière de Saint-Lambert, où furent précipités dans une fosse commune leurs ossements saccagés ; Saint-Médard, où sont ensevelis Nicole et Du Guet. Mais M. Hallays ne se serait pas tenu quitte envers ces pieuses mémoires s'il ne s'était avisé que le jansénisme avait essaimé dans toute la France, pour y être persécuté comme à Paris, et au hasard d'un tour de France janséniste qu'il ne peut nous convier à faire tout entier avec lui, il nous propose encore les stations de Maubuisson, abbaye réformée par les religieuses de Port-Royal, d'Aleth, claire petite ville épiscopale de PavilIon, et de Linas, où deux curieux ex-voto commémorent les miracles de la Sainte-Épine. (...) C'était un dangereux voyage, au dix-septième siècle, de venir de Paris au monastère des Champs, si nous en croyons la plaisante relation que six demoiselles « d'une piété et d'une vertu tout extraordinaires » ont laissée d'un pèlerinage accompli en 1697 et que raconte, après elles, M. Hallays; il fallait pour l'entreprendre un courage tout biblique..." (François Legrix, La Revue hebdomadaire, 1909)

102.          [HEIDEGGER, Johann Heinrich]. Histoire du Papisme ou abrégé de l'histoire de l'Église romaine, depuis sa naissance jusqu'à Innocent XI. Pape. Amsterdam, Henry Wetstein, 1685, 2 vol. in-12, (54)-337 et (2)-355-58 pp, (détail : 26 ff. n. ch., 337 p. [en fait 339, mais la pagination 335-336 est répétée deux fois], puis 1 ff. n. ch. [titre], 355 p., 58 p. [Table chronologique]), un frontispice gravé signé (Romain de Hooghe) avec le titre de l'ouvrage, une table chronologique de l'histoire de l'Église romaine in fine (58 pp), les deux parties en un fort volume in-18, plein vélin (rel. de l'époque), manque (?) la page de titre du premier volume, reliure lég. salie, bon état

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Traduction par Noël Aubert de Versé de l' "Historia papatus" de Heidegger, publiée à Amsterdam en 1684. Dans sa préface, le traducteur de la fin de l'ouvrage, inconnu, précise avoir ajouté un « petit Supplément » de trois années (de 1682 à 1685), et un abrégé de ce qui s'est passé de plus remarquable dans l'Église romaine. (Barbier II, 785). Paraissant après les décisions de l'assemblée du clergé de France de 1682, le livre de Heidegger est ici complété, par un éditeur inconnu en qui on a voulu voir Jurieu (cf. Barbier), d'une virulente préface et d'un certain nombre de pages "couvrant" les années 1682-1685. C'est une histoire politico-religieuse de l'Eglise Romaine. Comment elle est passée du "temps de la pureté" à la "décadence, tant au Spirituel qu'au temporel par la séparation des Protestans". Dénonciation de la persécution des Réformés par ces "Agneaux deguisez, où plûtôt ces Renards" qui abusent de l'autorité du roi. L'auteur – demeuré inconnu – des dernières pages, concernant l'époque contemporaine, quoiqu'assez doux avec Louis XIV, affirme que lesdites persécutions ne tendent de toute évidence qu'à la Révocation de l'Edit de Nantes (ce qui fut effectivement le cas quelques mois après la publication de l'ouvrage, en octobre 1685)...

103.          LA FORCE (Duc de). Le Grand Conti. Emile-Paul, 1922, in-8°, 342 pp, biblio, index, broché, bon état

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Biographie de François-Louis de Bourbon, prince de Conti (1664-1709), qui fut « l'idole de son siècle », pleuré par les poètes, loué par Bossuet, célébré par Massillon et exalté par Saint-Simon dans un de ses plus merveilleux portraits. — "Cette biographie est l'histoire d'un prince charmant. L'auteur nous montre combien il serait regrettable de laisser tomber dans l'oubli le nom d'un homme qui sut réunir à un tel degré la haute culture de l'esprit, la grandeur du courage et le charme des manières et du caractère. François-Louis de Bourbon, d'abord prince de La Roche-sur-Yon, puis prince de Conti fut, en effet, le prince le plus séduisant de la maison de France. D'une intelligence éveillée et précoce, il fait l'admiration de ses maîtres et, dès qu'il atteint l'âge d'homme, manifeste une ardeur pour la gloire qui l'entraîne malgré Louis XIV à s'en aller servir l'Empereur contre les Turcs. Ceci commence déjà à lui aliéner la faveur du maître ; et puis il a le malheur d'avoir des amis qui lui écrivent des lettres compromettantes contre le roi et Mme de Maintenon, et le malheur encore plus grand de voir ces lettres saisies et portées à la cour, d'où une malveillance du roi à son égard qui ne cessera jamais... Un des épisodes les plus curieux du livre est la candidature du prince à la couronne de Pologne. Louis XIV qui ne demande pas mieux que de voir Conti loin de la Cour soutient sa candidature et nous assistons par le menu à une série de marchandages, d'intrigues et de tractations louches ou cyniques avec les grands seigneurs polonais... Conti revient en France sans regret, mais l'ambition lui est venue et, toute sa vie, il désirera sans l'obtenir, faute d'une couronne, un grand commandement militaire. Il aura beau se couvrir de gloire à Steinkerke et à Nerwinde, charger jusqu'à six fois à la tête de corps différents, il n'en tirera pas autre chose que de la gloire et ne dépassera jamais le grade de lieutenant-général. C'est le moment de son apogée. Il s'enivre de son succès ; les bravos et les coeurs vont vers lui ; il est l'idole des salons de la Cour et de la ville ; il est adoré par les soldats et les valets se battent pour approcher de son carrosse... L'auteur nous montre ensuite le prince dans sa vie intime, plaidant, gagnant ou perdant des procès, jouant, chassant dans sa propriété d'Issy, causant avec les érudits ou avec le Dauphin qui avait fait de lui son ami intime. Le livre finit tristement par les épreuves, les commandements militaires espérés et manqués, les deuils d'enfants, la maladie et la mort qui emportait à quarante quatre ans le plus aimé et le plus séduisant de nos princes. Nous retrouvons dans cet ouvrage les qualités qui avaient fait le succès du « Lauzun » publié par M. le duc de La Force en 1913 ; c'est le même esprit d'analyse, le même art dans les tableaux de moeurs et d'intérieur où l'auteur semble nous introduire comme s'il y avait vécu lui-même, le tout écrit dans un style élégant, facile et dépourvu de toute prétention et de toute raideur." (Léo Mouton, Revue des Etudes historiques, 1922)

104.          LA VARENDE (Jean de). Suffren et ses ennemis. Flammarion, 1967, in-8°, 314 pp, 8 croquis de l'auteur, broché, couv. illustrée, bon état

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Un ouvrage où La Varende, rapportant des traditions familiales, se fait l’écho du milieu de la marine du XIXe siècle où Suffren était tout autant haï qu’admiré. L'écrivain rapporte de nombreuses anecdotes, plein de verve quand il évoque celui qu’on appelait parfois le « gros calfat ».

105.          LENOBLE (Robert). Mersenne, ou la naissance du mécanisme. (Thèse). Vrin, 1971, gr. in-8°, lxiii-633 pp, 2e édition, index, broché, bon état (L'Histoire des sciences. Textes et études)

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"Thèse de doctorat qui a valu à l'auteur, après une brillante soutenance à la Sorbonne, le titre de docteur avec mention très-honorable. Juste récompense d'un travail qui a demandé dix ans d'efforts, et qui sera regardé comme indispensable à tous ceux qui s'occupent de l'histoire de la pensée religieuse, des sciences, des doctrines philosophiques du commencement du XVIIe siècle. L'érudition s'y montre considérable, et cependant n'y entrave nulle part l'intérêt des idées ou le charme de la forme. Soixante-quatre pages d'une bibliographie admirable par la solidité, l'étendue et l'importance des découvertes, inspirent une confiance absolue dans la méthode de l'auteur. (...) Un remarquable ouvrage, riche de pensée, fortement documenté, neuf dans ses conclusions, il s'impose à tous ceux qui s'occupent du grand siècle." (Joseph Dedieu, Revue d'histoire de l'Église de France)

106.          LÉRY (Jean de). Histoire mémorable de la ville de Sancerre. Augmentée de deux pièces rares sur le Siège de Sancerre. Marseille, Laffitte Reprints, 1980, in-8°, xxii-208 pp, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, titres et blason dorés au 1er plat, bon état. Réimpression tirée à 300 exemplaires seulement de l'édition de Rouen, 1573-1574-1621

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"Né en Bourgogne sous François Ier, mort octogénaire dans le canton de Vaud, Jean de Léry est l'auteur de ce “Voyage fait en la terre du Brésil” qui lui valut de tenaces inimitiés à la Cour de France, des lecteurs attentifs et charmés au XVIe siècle (Montaigne), au XXe siècle (Alfred Métraux, Claude Lévy-Strauss). C'est à vingt-trois ans qu'il découvrait la splendeur physique et humaine, la réalité étrange et familière de la côte brésilienne du Nouveau Monde. Les circonstances de sa vie, les formidables secousses des "guerres de religion" lui ont confirmé que les véritables "barbares" et "anthropophages" n'étaient pas les libres Indiens Tupi, mais les "mangeurs d'hommes" qui, en France, se livraient à la chasse et au carnage d'humains, de chrétiens, dits "hérétiques". Pasteur à La Charité-sur-Loire en 1572, il rédigeait le récit de son voyage et de son séjour parmi les Tupinamba, quand les massacres de la Saint-Barthélemy l'obligent à se réfugier dans la citadelle berrichonne de Sancerre. Dans ce siècle où chacun vivait totalement son temps, avec une sincérité et une âpreté rarement égalées, Léry partage l'engagement et les souffrances de ses compatriotes calvinistes. Sa plume, alors, change d'encre; mais c'est toujours l'espèce humaine qu'il décrit. Tout en participant à la résistance armée de la ville, en l'animant de sa parole, de ses chansons, de son entrain, de son dévouement, il observe et prend des notes qui deviendront “L'Histoire Mémorable de la Ville de Sancerre”." (Géralde Nakam) — Contient : Nouveau discours sur le siège de Sancerre, en 1573, par Jean de La Gessée ; Histoire mémorable de la ville de Sancerre, par Jean de Léry ; Manifeste de tout ce qui s'est passé en la ville et chasteau de Sancerre, 1616 ; La prise de la ville et chasteau de Sancerre, par monseigneur le prince de Condé, le 29 mai 1621.

107.          LETOUZEY (Yvonne). Le Jardin des Plantes à la croisée des chemins avec André Thouin, 1747-1824. P., Editions du Muséum national d'histoire naturelle, 1989, pt in-4°, 678 pp, 22 illustrations dans le texte et à pleine page, 26 vignettes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Qui est Thouin, né et mort au Jardin des Plantes et dont une rue de Paris porte le nom ? Un inconnu. Cependant, sous la Monarchie, la Révolution et l'Empire, il était célèbre dans toute l'Europe et même au-delà : un Cap Thouin, sur la côte australienne, en témoigne. D'innombrables notes et correspondances laissées par Thouin et demeurées jusqu'à ce jour inédites révèlent un personnage exceptionnel et attachant. A travers ses récits sont évoqués, de manière combien vivante et précise, les événements historiques auxquels il fut mêlé, les jours de gloire et d'infortune du Jardin des Plantes, les pays étrangers qu'il a visités. Nous sommes redevables à André Thouin d'un grand nombre de plantes aujourd'hui familières qu'il a introduites et acclimatées en France : les dahlias par exemple. Après deux siècles d'oubli, André Thouin retrouve enfin la place qu'il mérite.

108.          MABLY (Gabriel Bonnot de, abbé). Observations sur l'Histoire de France. Nouvelle Edition, continuée jusqu'au régne de Louis XIV, & précedée de l'Eloge Historique de l'Auteur, par M. l'abbé Brizard. Kehl, 1789, in-12, 352-144 pp, reliure demi-basane naturelle à coins, dos lisse avec titre et tomaison dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), dos frotté et épidermé, un mors faible, état correct

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Tome 1 seul (sur 4) — Edition très augmentée. L'historien, moraliste et philosophe politique Mably a été un précurseur du socialisme. Estimant que tous les hommes sont fondamentalement et naturellement égaux et que la propriété privée est à la racine de tous les maux sociaux, il a préconisé une large gamme de réformes sociales, politiques et économiques. La première édition des "Observations" (en 2 volumes) est de 1765. Mably voit la France, qui porte "l'empreinte fatale du despotisme", prendre le chemin d'une décadence irrémédiable ; elle court à "une ruine inévitable, quand il se présentera un ennemi redoutable sur ses frontières."

109.          MOURA (Jean) et Paul LOUVET. Calvin. Grasset, 1931, in-8°, 350 pp, tiré sur alfa Navarre, biblio, broché, couv. illustrée défraîchie, intérieur propre, bon état

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"Une étude consciencieuse, vivante, dénuée de toute tendance vers l'admiration ou la critique. Ce qui nous plaît dans leur livre, et ce qui lui vaudra certainement un accueil favorable auprès du public lettré, c'est que les auteurs ont voulu étudier en Calvin l'homme, en chair et en os, oserions-nous presque dire, avec ses qualités et ses défauts, avec ses souffrances morales et aussi ses souffrances physiques, car l'on sait que ce qui a été le plus humainement émouvant dans la vie de cet homme extraordinaire, ce fut une lutte, non seulement pour la victoire de ses idées contre tous les obstacles accumulés contre elles, mais une lutte contre les maladies qui l'ont torturé durant une grande partie de son existence. Qu'on ne recherche pas dans le volume de MM. Moura et Louvet de longs développements ou commentaires sur le Calvinisme lui-même : les auteurs sont plus que sobres à cet égard. Ils n'ont peut-être pas eu tort : on a tant écrit et disserté déjà, à juste titre, sur la théologie calviniste ! Non, ils suivent, année par année depuis ses premiers pas dans la vie, le futur pape de Genève ; et dans de multiples pages d'une précision fouillée, d'une richesse minutieuse, où le document de plus en plus multiplié s'intercale dans le récit, on suit l'évolution lente de la pensée de celui qui, né et élevé dans un milieu ecclésiastique, s'est érigé peu à peu au rang de réformateur, non seulement religieux, mais social et moral. On nous le montre ici, « tel qu'il fut », sans rien cacher de tout ce qu'il y a en lui de peu sympathique, de révoltant même dans l'outrance et la dureté de ses conceptions et de ses actes, dans la réalité quelquefois la plus crue de sa vie, mais aussi dans la sorte de grandeur farouche de l'œuvre de réforme des hommes... (...) Nous ne saurions donc assez recommander la lecture du dernier Calvin, à ceux qui, sans aucun sectarisme de l'esprit, veulent apprendre à connaître ce qu'a été l'homme, ce qu'il a voulu faire, ce qu'il est parvenu à créer, quelles ont pu être les réalisations et les déficiences de son œuvre." (F. Magnette, Revue belge de philologie et d'histoire, 1933)

110.          PHOTIADÈS (Constantin). La Reine des Lanturelus. Marie-Thérèse Geoffrin, marquise de la Ferté-Imbault (1715-1791). Plon, 1928, in-12, v-282 pp, 2 gravures hors texte, cart. bleu-nuit de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

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"On ne se souvient guère aujourd’hui de Madame de La Ferté-Imbault, marquise d’Étampes, née à Paris en 1715 – l’année où disparut Louis XIV – et morte, toujours à Paris, en 1791, à la veille de l’exécution de Louis XVI. Personnalité importante de la société mondaine de son temps, Madame de La Ferté-Imbault n’apparaît pas seulement dans les mémoires et les correspondances de ses contemporains; elle a laissé un témoignage direct de sa vie et de son monde dans divers Mémoires, Anecdotes, Lettres, Portraits aujourd’hui encore inédits. C’est à partir de ces manuscrits que les deux plus grands spécialistes de notre comtesse, le marquis de Ségur et Constantin Photiadès, ont élaboré leurs biographies." (Benedetta Craveri, Revue d'histoire littéraire de la France, 2005) — "Un livre bien fait, bien écrit, qui, par le fond et la forme, contraste avec ces biographies bâclées dont est encombré en ce moment le marché littéraire... Cette fois, on n'a pas ravaudé en hâte des pages ramassées au hasard, on n'a pas démarqué de compilations périmées ; M. Constantin Photiadès a cherché les éléments de vérité à des sources inédites, il les a découverts dans les Archives nationales et dans les archives privées, notamment dans les papiers conservés par le marquis d'Estampes et par le comte Wladimir d'Ormesson. Son livre a amplement bénéficié de cette consciencieuse information ; c'est avec une très vivante précision qu'il évoque la figure du personnage auquel il, est consacré et le milieu où fut goûtée la fantaisie calculée de “La Reine des Lanturelus”. La marquise de La Ferté-Imbault avait l'esprit robuste et profond; son éducation et son penchant naturel l'attiraient vers les livres sérieux, les méditations graves ; il y avait en elle l'étoffe d'un moraliste. Elle était belle et bien faite, sa brune beauté lui valait de nombreux hommages, et au premier rang de ses admirateurs elle compta un roi, le bon Stanislas Leczinski. Mais de bonne heure les déboires et les tristesses ne manquèrent pas à sa vie ; veuve prématurément d'un mari léger et futile, elle vit mourir sa fille alors que celle-ci entrait. à peine dans l'adolescence ; et un peu plus tard elle eut la douleur de perdre sa nièce par alliance, morte en donnant le jour à une fille qui devait devenir la vicomtesse de Bourdeilles. Mais, pour ne pas entrer constamment en conflit avec sa mère si impérieuse, si jalouse de sa royauté salonnière, Marie-Thérèse s'était de longue date entraînée à la contrainte. Elle avait pris le parti de cacher tous les côtés graves et réfléchis de sa nature. Elle dissimulait sa réelle valeur sous les dehors du caprice et de l'étourderie. Elle babillait, elle ironisait, tout lui était prétexte à plaisanterie, et à folle plaisanterie bref, pour parler comme elle, « sa raison se déguisait sous un domino de déraison ». Ainsi allait, dans le bal masqué que lui semblait le monde, cette jeune femme qui était vertueuse et pieuse et qui, aux heures de solitude, avait les plus graves lectures, faisait sa compagnie préférée des Pères de l'Eglise, des prédicateurs chrétiens, des moralistes du seizième et du dix-septième siècle de ceux qu'elle appelait « ses vieux amis morts ». On ne voyait, on ne voulut voir longtemps en elle qu'une personne aimable, gaie, fantasque, dont la verve folle déridait les plus moroses – bref, le boute-en-train des Lanturelus. Le « Sublime Ordre des Lanturelus » avait été fondé au cours de l'hiver 1771. A l'instar des confréries occultes qui pullulaient alors, des sociétés badines se constituaient et prenaient figure de sociétés secrètes. Un secret qui était bientôt celui de Polichinelle ! On parlait des Lanturelus dans toutes les cours d'Europe. On savait que le baron de Grimm était « doyen de l'Ordre », le cardinal de Bernis « grand protecteur », le duc de La Trémoïlle « grand fauconnier », Le Pelletier de Saint-Fargeau « chancelier », etc. Marie-Thérèse avait débuté comme « grande-maîtresse », mais, de par la volonté de ses sujets, elle était devenue « Sa Très Extravagante Majesté Lanturelienne, fondatrice de l'Ordre et autocrate 'de toutes les Folies »... Il y a là un aspect de la vie mondaine du dix-huitième siècle qui méritait d'être fixé. (...) Il faut savoir beaucoup de gré à M. Constantin Photiadès de nous avoir fait mieux connaître cette femme d'esprit qui fut une femme de tête, une femme de coeur et une honnête femme." (Raymond Lécuyer, Le Gaulois, 15 mars 1928)

111.          POMEAU (René). L'Europe des Lumières. Cosmopolitisme et unité européenne au XVIIIe siècle. Stock, 1991, in-8°, 305 pp, nouvelle édition, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le livre de R. P., publié chez le même éditeur en 1966 et qui reçut alors le prix Fémina de l'essai, est un classique. Le voici, sous une belle couverture en couleur, dans une présentation plus imposante, des dimensions agrandies, une typographie plus large, et par suite, un nombre accru de pages. Seuls l'avant-propos et les dernières pages (p. 274-277) ont été sensiblement modifiées pour tenir compte des perspectives de l'Europe d'aujourd'hui. La bibliographie des textes et des études (241 n°s en 1966) a été actualisée et enrichie d'une quinzaine de titres. Mais on retrouve pratiquement tel quel le texte de cette enquête alerte et stimulante, nourrie aux meilleures sources et qui restitue, sans l'idéaliser ni la simplifier, l'Europe du 18e siècle dans la dynamique des Lumières et la diversité des nations qui la composent. L'histoire politique, l'histoire des idées, la littérature, la musique, etc. trouvent ici leur place. Un livre qui n'a pas vieilli et qui demeure, notamment pour les comparatistes, la meilleure introduction à l'Europe des Lumières." (R. Desné, Dix-Huitième Siècle, 1992) — Au XVIIIe siècle, la « Nation européenne » est déjà sur le point de naître... Des projets d'unification se forment, bientôt brisés par le sentiment bourgeois d'amour de la patrie et la politique de puissance des nations qui choisissent de rester divisées. Pourtant, l'Europe a bien failli être et l'idée européenne survivra – une idée d'avenir. René Pomeau, sur le ton de l'anecdote qui restitue l'esprit de l'époque, conte ce qu'a pu être l'Europe à l'époque des Lumières : une culture partagée par les « honnêtes gens », qu'ils soient français, anglais, allemands ou italiens, qui accomplissent le « grand tour » – le voyage en Europe – et puisent un enseignement cosmopolite à la source d'une abondante littérature.

112.          PRUSSE (Frédérique Sophie Wilhelmine de, margravine de Bayreuth). La Cour de Prusse sous Frédéric-Guillaume Ier. Souvenirs de la margrave. Edité d'après les documents d'archives et les mémoires par Albert Savine. P., Louis Michaud, 1909, pt in-8°, 190 pp, 35 gravures, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. historique illustrée)

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Sophie Wilhelmine, comme son frère Frédéric II, aimait les décorations rococo, les chinoiseries, les ornements capricieux, peints ou sculptés, avec beaucoup de feuillages, de fleurs, de perroquets, de guirlandes et de rubans. La plume à la main, elle devenait autre : un mémorialiste féroce, réaliste, sans pitié, qui, à distance, effarouchait Sainte-Beuve. Les Mémoires de la Margrave ne se rapportent qu'à sa jeunesse et à son mariage. C'est le tableau le plus vivant, le plus coloré et certainement le plus exact de la cour prussienne au temps du terrible roi-sergent, Frédéric-Guillaume Ier, le collectionneur de grenadiers géants. C'est aussi le tableau de la petite cour de Bayreuth, assez misérable par la faute d'une mauvaise administration, avec un vieux prince ivrogne, qui était néanmoins populaire, parce que son seul plaisir était d'aller au cabaret. Ces Mémoires font penser parfois au plus féroce Saint-Simon. Ils font découvrir une Allemagne que nous ne connaissons guère, et aussi un écrivain français pittoresque, amusant et cruel.

113.          TOPIN (Marius). L'Europe et les Bourbons sous Louis XIV. Affaires de Rome. – Une élection en Pologne. – Conférences de Gertruydenberg. – Paix d'Utrecht. Didier, 1881, in-12, vii-432 pp, broché, dos abîmé recollé, manque le 2ème plat, état correct (Prix Thiers de l'Académie française en 1868)

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Marius Topin (1838-1895), petit-neveu de l'historien Mignet, s'est fait connaître par de sérieuses études sur Le Cardinal de Retz, son génie et ses écrits (1864), L'Europe et les Bourbons sous Louis XIV (1868), L’homme au masque de fer (1870) et l'Étude historique sur Louis XIII et Richelieu (1876).

RÉVOLUTION

 

114.          AIMÉ (Denise). Du Pont de Nemours, honnête homme. Philippe Ortiz, 1934, pt in-8°, (6)-414 pp, préface de Édouard Herriot, un portrait en frontispice, sources et biblio, broché, couv. lég. salie, bon état,  envoi a.s. daté 8.3.45

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Née en 1902 et issue d'une famille bourgeoise et juive, Denise Aimé a épousé un catholique et s'est convertie à la religion de son époux avant qu'éclate la Seconde Guerre mondiale. Elle ne se désintéresse pas pour autant du judaïsme et c'est alors qu'elle compulse différentes notes sur "l'acheminement de la pensée religieuse juive en France" qu'elle est arrêtée par deux Allemands à Paris, vraisemblablement sur dénonciation, le 23 décembre 1942. Internée à Drancy, elle est ensuite transférée à l'hôpital Claude Bernard à la mi-février 1943 et, après plus de deux mois dans cet établissement, elle retourne auprès des siens. Au printemps 1944, se sentant de plus en plus menacée en raison de sa judaïté, et après avoir refusé que son mari lui fasse établir de faux papiers de crainte de le mettre en danger, elle simule la folie lorsqu'elle est arrêtée par des policiers français et peut ainsi être internée à l'asile parisien de Sainte-Anne où elle reste jusqu'au 20 août 1944 alors que la capitale est en passe d'être libérée. Après un premier ouvrage en 1933 (Du Pont de Nemours, honnête homme) et Relais des errants, cette intellectuelle est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur le peintre Géricault. (« Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

115.          BERTAUD (Jean-Paul). Les Amis du Roi. Journaux et journalistes royalistes en France de 1789 à 1792. Perrin, 1984, in-8°, 283 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

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De 1789 à 1792, de Versailles à Paris, les rangs s’éclaircissent autour de Louis XVI. Certains le quittent pour organiser des prises d’armes en province. D’autres pour mettre sur pied, à partir de l’étranger, une croisade. Les uns et les autres, en ces combats douteux, sont moins ses fidèles que ceux de ses frères. C’est alors que se lèvent des hommes qui veulent défendre le trône plus que par la plume que par l’épée et rassembler autour du monarque des sujets devenus citoyens. Lucides et habiles, ils dénoncent une Révolution qui, en ses commencements, viole ses propres principes. Mais, de plus en plus crispés sur leurs certitudes, les Amis du roi ne comprennent pas le sursaut que produisent la guerre et l’appel de la Patrie en danger. Ils périssent au 10 août. Ils ne disparaissent pas. De nos jours la plupart des histoires de la Révolution les ignorent. Or, leur rôle fut décisif. Par leurs journaux au tirage considérable pour l’époque, ils créent la peur, le réflexe de défense et la volonté punitive des Jacobins et des sans-culottes. Le 10 août et la chute de la monarchie, les massacres de septembre et bientôt la Terreur ne se comprennent que si on lit leurs petites feuilles jaunies extirpées des archives. En ces débuts de la Révolution, les Amis du Roi firent entendre une voix. Comme celle de Robespierre ou de Danton, il arrive qu’on la retrouve encore sur les lèvres de nos contemporains. Qu’on accepte ou qu’on récuse leur message, il importe de les connaitre. Car la Révolution, ce fut eux, aussi.

116.          BRUGUIERE (Michel). Gestionnaires et profiteurs de la Révolution. L'administration des finances françaises de Louis XVI à Bonaparte. Olivier Orban, 1986, in-8°, 339 pp, 278 notices biographiques, 21 tableaux, sources et biblio, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état

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Une étude de l'administration des finances françaises, de Louis XVI à Bonaparte, acompagnée de 278 notices prosopographiques, 21 tableaux et organigrammes, et deux index.

117.          CASTRIES (Duc de). Le Testament de la monarchie. II. L'agonie de la royauté, 1784-1792. Fayard, 1959, in-8°, 381 pp, biblio, cart. éditeur, rhodoïd imprimé, bon état (Coll. Le Temps et les destins)

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"Descendant du maréchal de Castries, qui fut ministre de la marine de Louis XVI, puis joua un rôle important dans l'émigration, le duc de Castries possède de précieux documents d'archives qui l'ont amené à étudier son ancêtre, puis à se pencher sur les dernières années de la monarchie. Des lettres, des mémoires, des rapports, un journal inédit du maréchal de Castries ont fourni des indications nouvelles sur l'assemblée des notables de 1787 et sur les origines du manifeste de Brunswick ; le duc de Castries a consulté aussi d'autres documents manuscrits tels que le journal inédit du contrôleur général d'Ormesson, relatif aux problèmes financiers et à la journée du 10 août. La bibliographie réunie ensuite est très abondante. (...) C'est sur le rôle du maréchal de Castries dans l'émigration que l'auteur apporte le plus de renseignements nouveaux. A la fin de 1790, Louis XVI envoya le baron de Vioménil porter un message écrit à l'encre sympathique au maréchal de Castries, alors émigré à Coblence : il le chargeait de « devenir le ministre des princes réfugiés à Coblence, et s'entremettre pour parlementer en leur nom avec le roi de France ». Cette mission, n'aboutit que « partiellement », dit le duc de Castries. On peut même assurer qu'èlle échoua. Toutefois c'est avec le maréchal de Castries que Mallet du Pan se mit en rapport, dès qu'il eut quitté la France, en mai 1792, c'est le maréchal qui essaya d'obtenir pour Mallet une entrevue avec l'Empereur et le roi de Prusse. On sait que Mallet était porteur d'un projet de « manifeste » que les alliés devaient publier avant d'entrer en campagne. Mallet ne fut pas reçu par l'Empereur, peut-être put-il rencontrer le roi de Prusse. En tout cas, il ressort des papiers du maréchal de Castries que celui-ci, au lieu de remettre le projet de manifeste au duc de Brunswick, lui fit tenir, le 12 juillet une note, rédigéer pastérieurement aux instructions données par Louis XVI et autorisant le duc de Brunswick à publier un manifeste conforme à ce qu'il croirait « le plus en rapport avec l'évolution de la situation intérieure » de la France. Ainsi naquit le manifeste de Brunswick que le duc de Castries qualifie de « criminel ». L'ouvrage se termine avec le récit de la journée du 10 août, sur laquelle les papiers du contrôleur général d'Ormesson n'apportent pas les lumières qu'on pouvait espérer. Dans l'ensemble, on le voit, cet ouvrage ne doit pas être négligé par les chercheurs." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1960)

118.          DELORME (Philippe). Louis XVII, la vérité. Sa mort au Temple confirmée par la science. Pygmalion, 2000, in-8°, 259 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Des centaines de livres ont été écrits sur le sujet, les thèses les plus rocambolesques ont été échafaudées : l'enfant mort à la prison du Temple, le 8 juin 1795, n'était pas Louis XVII mais un enfant substitué, le prince authentique étant décédé quelques mois plus tôt. D'autres ont fermement soutenu que celui-ci s'était évadé, l'inhumation du corps dans une fosse commune et la disparition du squelette confortant toutes les conjectures. Après la Révolution, les soi-disant prétendants affluèrent de toutes parts, et le plus célèbre d'entre eux parvint même à obtenir du gouvernement néerlandais l'autorisation de prendre le patronyme de Bourbon ! Aujourd'hui, les progrès de la science en matière d'ADN réduisent à néant toutes les suppositions avancées pendant deux siècles. Grâce au cœur de l'enfant, que déroba l'un des médecins chargés de l'autopsie, l'énigme est enfin résolue. Se livrant à une démonstration historique et scientifique d'une totale rigueur, Philippe Delorme nous rappelle les grands moments de cette énigme captivante et nous raconte l'extraordinaire aventure de la miraculeuse identification qui vient d'être effectuée. Les tribulations de ce cœur, plusieurs fois légué, subtilisé, dissimulé, égaré, se lisent comme la plus palpitante des enquêtes policières et clôt de manière irréfutable l'un des plus ténébreux épisodes de l'Histoire de France.

119.          DELSAUX (Hélène). Condorcet journaliste (1790-1794). (Thèse). Champion, 1931, in-8°, 354 pp, 5 pl. de portraits hors texte, biblio, broché, bon état

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"Pour Mlle Delsaux l'auteur de l'Esquisse fameuse lui apparaît essentiellement comme un journaliste. De fait, cet aristocrate démocratisé n'avait rien d'un tribun. A la Législative, il lisait d'une voix blanche, devant une assemblée plus déférente qu'attentive, des discours parfois admirables, mais à peine entendus. En réalité, c'est par la plume qu'il a pu agir sur l'opinion, par sa collaboration étonnamment active à huit journaux différents au cours des quatre premières années du drame révolutionnaire. Il peut même passer, en un sens, pour un martyr du journalisme. Car il ne semble pas douteux que c'est sa vigueur de publiciste qui l'a désigné, en tout premier lieu, au ressentiment des terroristes. Mlle Delsaux a donc été heureusement inspirée en étudiant, de plus près qu'on ne l'avait encore fait, cette section un peu négligée de l'œuvre du philosophe. La première partie de son livre, et surtout l'important Chapitre III, relatif aux « Journaux de Condorcet », apporte nombre de précisions utiles et nouvelles. On peut en dire autant de sa Bibliographie, très développée – plus de 60 pages – qui rassemble de précieuses analyses des sources journalistiques. (...) Il reste beaucoup à faire pour l'étude critique de la presse révolutionnaire. Par ce premier travail, clairement écrit, bien pensé et conduit surtout avec une rigueur toute scientifique, Mlle Delsaux a fourni la preuve qu'elle se trouve des mieux armées pour se vouer à un ordre de recherches que prône à bon droit le Comité international des Sciences historiques." (Gustave Charlier, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1933)

120.          GAFFAREL (Paul). La défense nationale en 1792. P., Félix Alcan, s.d. (v. 1900), in-12, 191 pp, reliure percaline rouge, encadrements à froid sur les plats, fer doré de la ville de Paris au premier plat (rel. de l'époque), 1er plat et dos défraîchis, bon état

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"De toutes les guerres que nous avons soutenues contre les divers Etats européens, il en est peu d'aussi mal connues que les guerres de la première République. Les historiens de la Révolution en effet ont raconté de préférence les évènements qui se déroulaient à Paris ou en France : ils ont négligé ceux dont la frontière était le théâtre. Sans doute les grands noms et les principaux épisodes sont restés dans la mémoire de tous, mais l'ensemble des opérations et la succession des faits militaires sont à peine indiqués, même dans les ouvrages les plus autorisés. Nous n'avons certes pas eu la prétention de faire mieux que tant d'autres ; nous avons simplement cherché à présenter un tableau de ces campagnes fameuses, et nous avons commencé par la première en date, celle que l'on pourrait intituler la campagne de la défense nationale en 1792." (Préface) — Table : La déclaration de guerre. – Campagne de l'Argonne. – Lille et Jemmapes. – Conquête de la Savoie et du comté de Nice. – Campagne de Custine en Allemagne.

121.          LACRETELLE (Jean-Charles-Dominique de). Précis historique de la Révolution française. Assemblée législative. P., Treuttel et Würtz, 1821, in-12, 432-xxxiv pp, une gravure en frontispice (journée du 10 août 1792), table chronologique in fine, reliure plein veau marbré, dos lisse avec filets et fleurons dorés, palette dorée en queue, pièces d'auteur et de titre basane bordeaux, encadrements de dentelle dorés sur les plats, tranches marbrées (rel. de l'époque), un mors fendu sur 7 cm, dos frotté, rousseurs éparses, manque une gravure (sur 2 annoncées), état moyen

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Journaliste hostile à la Convention, Lacretelle fut proscrit, arrêté après le 18 fructidor, et passa deux années dans les prisons de la Force et du Temple. (Fierro, 787).

122.          LA FORCE (Duc de). Femmes fortes. Emile-Paul, 1936, in-12, 206 pp, 10 gravures hors texte, lettres extraites des Archives de La Force en appendice, index, imprimé sur beau papier, broché, bon état

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Le mariage de Turenne. – Le miracle du Morimond. – La chaise de poste de Nonancourt. – Aristocrates et sans-culottes. — "Né à Dieppe, le 18 août 1878, Auguste de Caumont, futur Duc de la Force, avait fait ses études au collège des Jésuites de la rue de Madrid, puis à l'Ecole des Sciences Politiques. Sa carrière fut tout entière consacrée à l'étude de l'histoire et de la littérature. Dès 1907, il publiait une biographie de « l'archichancelier Lebrun, gouverneur de la Hollande ». Mais c'était surtout le « Grand Siècle » qui piqua sa curiosité. Un des membres de sa famille, Antonin Nompar de Caumont, sire de Peguillan, puis duc de Lauzun, y avait joué un grand rôle. L'ouvrage qu'il lui consacra sous le titre « Lauzun, courtisan du Grand Roi », est remarquable par la science historique dont il témoigne, par la judicieuse utilisation des sources d'archives, par l'objectivité de ses conclusions, encore par un style vif qui lui permet de redonner une vie intense aux personnages et aux situations qu'il décrit. « Lauzun » le conduisait, par un rapprochement qui fut dans les sentiments et dans les faits, à la « Grande Mademoiselle ». Comment n'aurait-il pas évoqué Louis XIV et sa cour et distingué, dans celle-ci, « le Grand Conti » auquel il voua un de ses meilleurs livres. Il se mouvait à l'aise dans le XVIIe siècle, qui était son domaine. Son attention ayant été attirée par Gabriel Hanotaux sur la personnalité du Cardinal de Richelieu, il se prit d'ardeur pour l'étude de ce grand homme d'Etat. Il entreprit, en collaboration avec M. Hanotaux, de patientes recherches d'archives. Il publia un « Richelieu », et les tomes III, IV et V de « l'Histoire de Richelieu » parurent avec son nom associé à celui de Gabriel Hanotaux. Dans ses archives de famille, il trouvait encore la matière d'une étude biographique : « Le Maréchal de la Force, Serviteur de sept rois », d'une monographie familiale des « Caumont la Force ». Il avait une facilité singulière à faire revivre le passé, à en évoquer, parfois avec humour, certaines situations. Ainsi a-t-il publié : « Curiosités historiques », « Comédies sanglantes. Drames intimes », « Dames d'autrefois », « Femmes fortes ». Parfois, il faisait quelqu'incursion sur des terrains plus proches, où l'avait conduit sa curiosité d'esprit. Du XVIIIe siècle finissant, il tira un livre : « Le Dernier Amoureux de Madame de Genlis », et aussi un émouvant « Devant l'échafaud ». Il avait trop d'attachement pour le passé, il en avait trop saisi la valeur des traditions pour ne point leur consacrer quelques pages. Dans celles-ci il ne s'abaisse point à formuler de vains regrets des fastes et des héroïsmes qu'il se plaisait à décrire, c'est à peine si, dans les dernières pages qu'il écrivit : « La fin de la douceur de vivre », il nous laisse découvrir quelques reflets nostalgiques. Le duc de la Force avait une âme virile fortement éprise de traditions et de grandeur. La valeur de l'historien, la qualité de l'écrivain, ont justifié l'entrée du duc de la Force à l'Académie Française où, en 1925, il succéda au Comte d'Haussonville. Le Duc de la Force, Officier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre de Pie IX, est mort, le 4 octobre 1961, à Saint-Aubin de Locquenay." (Guy Périer de Féral, Président de la Société de l'Histoire de France, 1962)

123.          LEDRÉ (Charles). L'Eglise de France sous la Révolution. Laffont, 1949, in-8°, 321 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"L'histoire religieuse de la Révolution se trouve actuellement très favorisée, puisque, après l'ouvrage d'A. Latreille, “L'Église catholique et la Révolution” (1946) et le tome XX de “l'Histoire de l'Église” de Fliche et Martin, “La crise révolutionnaire” (1949), M. Ledré, à son tour, publie un nouveau travail sur le même sujet. A vrai dire, ce volume ne fait pas double emploi avec les précédents ; une crise si dramatique, si complexe, prête à des éclairages multiples, qui aident à la mieux pénétrer et l'auteur, bien connu par sa compétence comme par la qualité de ses œuvres, l'aborde d'un point de vue assez différent, de telle sorte qu'il complète heureusement ses devanciers. C'est en effet à la vie intérieure de l'Église de France qu'il s'attache tout spécialement. Aussi s'applique-t-il dans les deux premiers chapitres à nous décrire la situation du catholicisme à la veille de 1789. On appréciera particulièrement les pages très nuancées relatives à la franc-maçonnerie qui comptait un certain nombre de « frères » dans le haut et le bas clergé. Si l'action de celle-ci apparaît incontestable à M. Ledré, il note à bon droit que, pour l'apprécier, il faut « montrer quelque discernement ». Cette situation initiale, bientôt, se modifie avec les lois de sécularisation et surtout avec le vote de la Constitution civile du clergé. D'où une série de chapitres, qui étudient cette évolution progressive, opposition des romains et des constitutionnels, persécution des premiers, puis des seconds indistinctement, résistance à la déchristianisation, aux cultes révolutionnaires. Thermidor amène une détente et, sous le Directoire, les deux cultes rivaux se réorganisent avec le nouveau régime de la séparation des Églises et de l'État. L'auteur, qui connaît spécialement cette dernière période, nous donne alors un tableau très fouillé de l'Église constitutionnelle animée par Grégoire et de l'Église catholique soumise à des directions opposées, celles des vicaires généraux de Paris et de M. Emery, celle de Linsolas et des vicaires généraux de Lyon. Ces chapitres, plus encore que les précédents, utilisent abondamment les travaux d'histoire locale publiés sur le sujet dans nombre de départements, ce qui donne au récit un caractère très concret et très vivant. Une synthèse excellemment présentée. Malgré la réduction au minimum de tout appareil technique, les spécialistes y découvriront sans peine la science du distingué professeur des Facultés catholiques de Lyon." (J. Leflon, Revue d'histoire de l'Église de France, 1950)

124.          LEFEBVRE (Georges). La France sous le Directoire (1795-1799). Edition intégrale du cours « Le Directoire » présentée par Jean-René Suratteau ; Avant-propos d'Albert Soboul ; Controverse entre Georges Lefebvre et Albert Meynier à propos du dix-huit fructidor ; Mise à jour bibliographique et état des questions par Jean-René Suratteau. Editions Sociales, 1978, fort in-8°, 937 pp, 5 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, pelliculage de la couv. lég. décollé, bon état

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"Ce cours est une histoire très événementielle du Directoire. Mais comme l'écrit avec raison Albert Soboul dans son Avant-Propos, si Georges Lefebvre « conservait à l'histoire ses aspects traditionnels, aujourd'hui trop souvent oubliés, parfois méprisés, (...) il savait les intégrer dans les nécessaires mises à jour, dans les voies nouvelles ouvertes à l'histoire ». Effectivement, avant de « penser l'histoire » il faut la connaître, et Georges Lefebvre estimait pour cela l'érudition indispensable. Aussi son ouvrage est-il fondé d'abord sur les documents d'archives et sur les sources imprimées, procès-verbaux des Assemblées, pamphlets, journaux, notamment le Moniteur. Mais Georges Lefebvre s'est aussi beaucoup servi des thèses, alors récentes, qui avaient en partie renouvelé l'histoire du Directoire... (...) Tel qu'il est, le cours intégral de Lefebvre, bien que datant de trente-cinq ans, reste très « actuel » ainsi que le remarque Suratteau. Mais notre ami a eu le souci très louable d'en faire un instrument de travail pour les chercheurs actuels. Aussi a-t-il ajouté au volume une bibliographie de 762 numéros, très complète, et d'un « état des questions » de plus de cent pages dans lequel Suratteau donne un excellent aperçu de la plupart des problèmes traités de 1942 à 1975, et montre quels sont ceux qui sont jusqu'à présent restés sans réponse. (...) Pour les futures recherches, le présent livre de Georges Lefebvre constituera une base indispensable, dont l'utilisation sera facile grâce à l'index établi par Suratteau. Nous ne saurions lui être trop reconnaissants de nous avoir procuré un instrument de travail de cette valeur et de cette importance." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1979) — "La publication dans une édition accessible au grand public des cours que G. Lefebvre professa à la Sorbonne en 1942-43 sur le Directoire doit être saluée pour ce qu'elle est : un événement. Plus de 700 pages serrées font revivre l'enchaînement des faits de ces quatre ans d'histoire. Un considérable dossier bibliographique (plus de 1100 titres) et un état de la question d'une centaine de pages complètent la publication. On y trouve une mine d'informations (avec notamment l'inventaire minutieux des études régionales) patiemment rassemblées par J.-R. Suratteau et qui sont un véritable appel au travail." (J. Boissière, Dix-Huitième Siècle)

125.          LEFEBVRE (Georges). La Révolution française. PUF, 1968, in-8°, 698 pp, une grande carte dépliante hors texte, biblio, index, reliure toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Peuples et civilisations)

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Un classique et une référence dans les études révolutionnaires. La première édition a été publiée en 1930 dans la collection « Peuples et Civilisations », écrit par Georges Lefebvre, Raymond Guyot et Philippe Sagnac. Georges Lefebvre en a présenté une nouvelle rédaction en 1951. Cette sixième édition intégre l'ensemble des corrections qu'Albert Soboul a apportées, conformément à la volonté exprimée par G. Lefebvre avant sa disparition.

126.          MARTY (Ginette et Georges). Dictionnaire des chansons de la Révolution, 1787-1799. Tallandier, 1988, in-8°, 344 pp, chronologie, lexique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Près de 3000 chansons ont été écrites pendant la période révolutionnaire souvent sur des airs déjà connus, les auteurs en ont retenues 140, accompagnées de leurs partitions d'origine. Des chapitres sont consacrés aux genres littéraires et musicaux en vogue à l'époque, les auteurs, compositeurs et interprètes, et les modes de propagation de ces chansons. Plus plusieurs lexiques qui viennent complèter cet ouvrage.

127.          TILLETTE de MAUTORT (Louis-François de Paule). Mémoires du chevalier de Mautort, capitaine au régiment d'Austrasie, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis (1752-1802), publiés par son petit-neveu le baron Tillette de Clermont-Tonnerre. Plon, 1895, in-8°, 512 pp, un portrait de l'auteur en héliogravure par Fillon en frontispice, broché, qqs rares rousseurs, bon état

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Première édition. Bons mémoires de ce gentilhomme de petite noblesse né à Abbeville en 1752. Le chevalier de Mautort fut soldat au régiment de Champagne et participa à des expéditions en Corse (1769), en Inde et à la Réunion (1780-85). Il quitta l'armée après la Révolution et émigra en Allemagne (Clèves, Wesel). Enfin, il voyagea à Amsterdam, avant de revenir en France (1800) et d'assister à l'attentat de la rue Nicaise. — "Cet officier de carrière supporte l'anarchie dans l'armée jusqu'au début de 1792, puis se résoud à émigrer. Ayant rejoint l'armée des émigrés, il est de la prise de Verdun, assiste à la débandade des Prussiens et des émigrés après Valmy et quitte alors l'armée. Il séjourne en Belgique, Hollande, Rhénanie jusqu'en 1802, date de son retour en France." (Fierro, 980) — "A lire les chapitres L et LI : le retour d'un émigré à Paris ; la radiation ; l'attentat de la rue Nicaise." (Tulard, 986)

128.          VILLIERS (Philippe de). Lettre ouverte aux coupeurs de têtes et aux menteurs du Bicentenaire. Albin Michel, 1989, in-8°, 139 pp, broché, bon état (Coll. Lettre ouverte)

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"Les cérémonies du bicentenaire de la Révolution française à Paris et dans le monde, l'éclat que leur a donné François Mitterrand ont fait, après quelques cris discordants, l'objet de ce qu'on appelle maintenant un "consensus". Elles nous ont amené aussi à réfléchir sur ces moments intenses de notre histoire, qu'on ne peut plus considérer comme "un bloc", mais comme une sorte d'éruption phénoménale dont nous ne voulons retenir aujourd'hui que les conséquences positives : affirmation de la souveraineté populaire ; fondements de la démocratie politique et sociale ; droits de l'homme. Philippe de Villiers, dans ce livre incisif et percutant, s'élève contre cette vue trop optimiste, et nous rappelle que les grandes terreurs modernes ont eu leur origine et, en quelque sorte, leur modèle dans ce qui s'est passé en Vendée, "quand des monstres ont établi des manufactures de pelages humains pour que les soldats des colonnes infernales puissent parader avec des jambières en peau de brigand" et que les soldats du général Amey enfournaient "dans les fours à pain des Epesses du combustible humain" (une quarantaine de femmes et d'enfants). Philippe de Villiers "porte plainte" au nom de ses 300.000 compatriotes "égorgés par la Révolution bourgeoise". Il a raison de le faire, tant il est vrai que la Vendée, par sa résistance acharnée à l'oppression jacobine, "a sauvé la liberté de conscience" et ouvert les voies au Concordat. Mais ceux qu'il appelle "les menteurs du bicentenaire" ne sont pas tous des "coupeurs de têtes" et nous pouvons célébrer, à condition que ce soit sans infatuation ni dénigrement de notre histoire antérieure, les acquis de la Révolution sans pour autant passer ses crimes par profits et pertes. Péguy a écrit là- dessus des pages définitives, en montrant que le grand mouvement de 1789 était lui-même issu tout entier de l'Ancien Régime. Et Louis XVI, rendant leurs droits aux protestants, n'annonçait-il pas l'abbé Grégoire ?" (Pierre de Boisdeffre, Revue des Deux Mondes, 1989)

PREMIER EMPIRE

 

129.          BONARDI (Pierre). Napoléon Bonaparte, enfant d'Ajaccio. Nabulione. Editions de France, 1935, in-12, iii-204 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, bon état (Prix Montyon de l'Académie française 1936)

            20

L'enfance de Napoléon Bonaparte, où les paysans des environs voyaient passer sur les mauvais sentiers un jeune sous-lieutenant d'artillerie aux longs cheveux, chevauchant un poney corse « plein d'ardeur, mais à peine dressé ». Les étriers chaussés longs, il se contentait de l'exciter de temps à autre d'un coup de cravache, laissant les rênes sur l'encolure. C'était vers 1786...

130.          HAMEL (Ernest). Histoire des deux conspirations du général Malet. P., Librairie de la Société des gens de lettres, 1873, in-12, 324 pp, reliure pleine toile bordeaux muette, couv. conservées (rel. moderne), rousseurs, bon état

            30

"En écrivant l'histoire des deux conspirations du général Malet, j'ai cru devoir m'en tenir strictement aux pièces que j'ai trouvées aux Archives nationales. Elles seules ont servi de base à mon travail, parce que seules elles avaient, à mes yeux, cette sorte de caractère juridique indispensable à l'authenticité de l'histoire." (Ernest Hamel)

131.          HORTENSE de BEAUHARNAIS. Mémoires de la Reine Hortense. Mercure de France, 2006, in-8°, 419 pp, édition présentée et annotée par Christophe Pincemaille, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

"Ces mémoires de tout premier ordre sur Joséphine, les Tuileries, Louis Bonaparte en Hollande, l'exil, ont été écrits vers 1820. Leur authenticité est incontestable." (Tulard, 707). — “Pour la présente édition, un choix s'imposait. Il m'a semblé qu'en écourtant les passages les plus introspectifs et en arrêtant le récit de la Reine à la date du 28 juin 1815, c'est-à-dire au départ de Napoléon pour Rochefort, après Waterloo, on respecterait l'intention première d'Hortense, qui était de témoigner pour servir à l'histoire de Napoléon Bonaparte.” (introduction)

132.          LÉVY (Arthur). Un grand profiteur de guerre sous la Révolution, l'Empire et la Restauration : G.-J. Ouvrard. Calmann-Lévy, 1929, pt in-8°, 259 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état. Edition originale, un des 200 ex. numérotés sur papier vélin du Marais (seul grand papier)

            35

Au temps des désordres financiers de la Révolution, aggravés par les frais de guerre, on fit, soit en agiotage sur les assignats, soit en malversations sur les fournitures aux armées, des bénéfices qui enrichirent de façon aussi rapide que scandaleuse, une légion de spéculateurs hardis et puissants. Sous le Directoire, le roi des financiers et munitionnaires était incontestablement le célèbre Ouvrard. Sa maison fut alors, en quelque sorte, le pivot sur lequel roulait le crédit de la place de Paris. Sa fortune extraordinaire commença de s'édifier, en 1789, à Nantes qu'il quitta bientôt pour venir à Paris, où l'appelait un champ d'opérations plus vaste. Gabriel Julien Ouvrard est né, en 1770, dans les Marches du Poitou et de la Bretagne, près de Clisson. Après une éducation sommaire reçue aux collèges de Clisson et de Beaupréau, il s'affranchit de la direction de son père, propriétaire d'une petite papeterie, et on le vit successivement apprenti épicier, marchand de papier, importateur de denrées coloniales, banquier, fournisseur général, dès 1797, des marines de la République et du royaume d'Espagne, puis fournisseur le plus important des armées du Directoire. Vers la fin de ce régime, il était à la tête d'une immense richesse qu'il devait à une rare habileté, et aussi à ses relations intimes avec Barras, dispensateur, sans contrôle, des marchés de la guerre...

133.          MANCERON (Claude). Le dernier choix de Napoléon : 14 juillet 1815. Laffont, 1959, in-8°, 252 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabat, bon état (Coll. Ce Jour-là)

            20

Le dernier voyage de Malmaison à l'Ile d'Aix avant de quitter la France pour Plymouth. La dernière journée de liberté de Napoléon Ier.

134.          MARBOT (Jean-Baptiste Antoine, baron de). Mémoires du général baron de Marbot. II. Madrid, Essling, Torrès-Védras. Plon, 1891, in-8°, 495 pp, mention de 4e édition, un portrait de Marbot en héliogravure en frontispice, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres, tomaison et fleurons napoléoniens dorés (rel. de l'époque), coupes frottées, rousseurs éparses, bon état

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Tome II seul (sur 3) — « Je l'engage à continuer à écrire pour la défense et la gloire des Armées françaises et en confondre les calomniateurs », écrivait Napoléon dans son testament. Ainsi les Mémoires de Marbot sont l'épopée des guerres napoléoniennes, de la campagne d'Italie à Waterloo en passant par la Bérésina, vécue par un homme d'action, né soldat, porté aux actes de bravoure, assez réaliste pour conserver en toute circonstance sa simplicité, sa verve et sa franchise. À l'égard de Napoléon, il est d'une fidélité critique et lucide. Il n'admet aucune faiblesse ordinaire ou politique. Il dénonce vivement ses erreurs et son népotisme. Marbot est surtout un remarquable chroniqueur. Ses récits des batailles, par une suite d'images fortes, rapides et colorées, cumulent la clarté de la vision d'ensemble et l'intensité du fait vécu. — "Les plus populaires des mémoires d'Empire." (Tulard, 952)

135.          MOUNIER (Claude-Philibert-Edouard). Souvenirs intimes et notes du baron Mounier, secrétaire de Napoléon Ier, pair de France, directeur général de la Police, publiés par le comte d'Hérisson. New Delhi, Facsimile Publisher, 2015, in-8°, vii-332 pp, broché, bon état. Complet, mais le livre a été broché par erreur par l'éditeur indien avec la couverture d'un autre ouvrage (Raymond Koechlin. “Souvenirs d'un vieil amateur d'art de l'Extrême-Orient”)

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Reprint de l'édition Ollendorff de 1896. — Ouvrage publié par le comte d'Hérisson. Fils du célèbre conventionnel, le baron Mounier servit tour à tour tous les régimes. Il fut secrétaire de Napoléon Ier, Pair de France et Directeur général de la Police et tint honorablement sa place dans le Dictionnaire des girouettes. — "Ce baron Mounier, fils du constituant, a, comme dit l'éditeur, servi tous les gouvernements avec le même scepticisme, avec la même préoccupation exclusive de ses intérêts particuliers, et dans cette suite de notes qui vont du 11 avril 1831 au 25 octobre 1842, il parle trop de lui-même, des discours qu‘il prononce, des affaires de sa famille. Mais il retrace les procés que jugea la chambre des pairs et il raconte de temps à autre des anecdotes curieuses sur les principaux personnages de l'Empire et de la Restauration. Il revient à plusieurs reprises sur les relations incestueuses de Napoléon avec ses soeurs. On regrettera qu'il n'ait pas noté plus souvent les détails de toute sorte que lui donnait Sémonville (voir surtout les historiettes sur les « coucheries » de Pauline, pp. 21 et 217)." (Revue critique d'histoire et de littérature, 1896) — "Ces mémoires ne commencent qu'en 1831. On y trouve toutefois quelques traits – assez rares – de première main sur Napoléon." (Tulard, 1073)

136.          SAVINE (Albert). L'abdication de Bayonne, d'après les documents d'archives et les mémoires. P., Louis-Michaud, 1905, pt in-8°, 192 pp, 35 gravures, reliure simili-cuir fauve, dos lisse avec titres dorés en long, couv. conservées (rel. moderne), bon état (Coll. historique illustrée)

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"Ce nouveau volume de la Collection historique illustrée résume agréablement, d'après les récits de l'époque et des documents authentiques, les scènes de l'entrevue de Bayonne et leurs préliminaires, scènes où se marqua d'une façon si lamentable la déchéance des Bourbons d'Espagne et la brutalité de leur dompteur. La narration de M. Savine, richement illustrée (l'on remarquera surtout les dessins de Goya), partage équitablement le blâme entre tous les acteurs du drame. Au point de vue moral, on ne sait vraiment lequel est le plus méprisable, en cette circonstance, de la reine Marie-Louise, du prince des Asturies, de Manuel Godoï ou de Napoléon lui-même, dont le machiavélisme exploite d'une façon si éhontée les turpitudes de la maison royale. Le moins coupable, à coup sûr, et le plus à plaindre est encore le malheureux ahuri et trompé que les courtisans continuaient à appeler Sa Majesté le roi Charles IV." (Revue historique, 1909) — Ferdinand VII (1784-1833) fut roi d'Espagne entre mars et mai 1808 et de 1814 à 1833. Il était le fils du roi d'Espagne Charles IV et de Marie-Louise de Bourbon-Parme. Il détrôna son père lors du soulèvement d'Aranjuez en mars 1808, puis régna pendant deux mois avant d'être à son tour contraint à l'abdication en mai 1808 lors de l'entrevue de Bayonne.

137.          ZAIDMAN (Pierre-Henri). Fournier-Sarlovéze. Un général d'Empire républicain. Economica, 2011, gr. in-8°, 197 pp, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Guerres & Guerriers)

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François Fournier (1772-1827) est un officier de cavalerie du Premier Empire connu pour ses charges tant en Espagne qu'en Russie et dont la littérature et le cinéma ont dressé un portrait peu flatteur, de séducteur brutal, de duelliste effréné, de pilleur sanguinaire. Reprise par de nombreux « historiens », cette légende s'est développée en se déformant au fur et à mesure du temps, chacun voulant apporter sa touche pour mieux noircir le personnage. Son caractère entier, ses colères soudaines et son tempérament orgueilleux ont fait de lui un excentrique que ses contemporains ont peu apprécié et à qui les historiens n 'ont su rendre justice. Reprenant les sources disponibles une par une, interrogeant les témoins de l'époque, confrontant les uns avec les autres, l'auteur établit quelques vérités, qui font de l'homme un élégant cavalier, un tireur incomparable, courageux et cultivé, loin de l'image qu'on a voulu lui coller. Fidèle aux convictions républicaines de sa jeunesse, opposant à Napoléon, il a gardé toute sa vie durant une constance remarquable, sachant cultiver ses amitiés. Son nom aurait dû être inscrit sur l'Arc de Triomphe.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

138.          ADLER (Laure). La Vie quotidienne dans les maisons closes, 1830-1930. Hachette, 1990, in-8°, 260 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Elles s'appelaient Divine, Elisa, Marie en Tête, Marie Coups de Sabre, Marguerite, Aglaé, Caca, Bijou, Olympia, Pépé la Panthère, Poil ras, Poil long, Crucifix, Irma, Amanda, Octavie, Belle Cuisse, Titine, Pieds fins, Paulette, La Grimpée, Gina, Nana, Fernande, Rosa... On les nommait courtisanes, filles de joie, de nuit, d'allégresse, de beuglant, d'amour, filles en circulation, filles à parties, à barrière, pierreuses, soupeuses, marcheuses, cocottes, hétaïres, horizontales, trotteuses, visiteuses d'artistes, lorettes, frisettes, biches, pieuvres, aquatiques, demi-castors, célibataires joyeuses, vénus crapuleuses... A travers le récit de la vie de ces femmes d'amour, Laure Adler voudrait qu'enfin justice leur soit rendue. Ni obscènes, ni esclaves, les prostituées ont marqué du sceau du désir qu'elles inspiraient toute une histoire des moeurs." (4e de couverture)

139.          BERNHARDT (Sarah). Ma double vie. Mémoires de Sarah Bernhardt, avec de nombreux portraits de l'auteur. P., Charpentier et Fasquelle, 1907, in-8°, 578 pp, 31 pl. de photos et gravures hors texte montrant Sarah Bernhardt à différents âges de sa vie (dont 4 planches en couleurs la représentant peinte par Walter Spindler, sous serpentes légendées), reliure pleine toile bleue, dos lisse, pièce de titre basane bordeaux, mors fendus sur 3 cm, bon état. Edition originale

            80

Cet ouvrage se lit comme un roman. Sarah Bernhardt y raconte son enfance, son adolescence quant elle voulait coûte que coûte devenir religieuse ! Au grand jamais comédienne ! Puis la découverte du théâtre et la montée vers le succès. Sarah Bernhardt ne savait rien faire à moitié. Femme libre et indépendante, elle ne s'est jamais opposée aux hommes, mais elle a su naturellement s'imposer par la force de sa personnalité entière, énergique, intransigeante avec elle même et avec les autres, elle incarnera les plus grands rôles de son temps. Cette autobiographie est aussi une plongée dans le monde du XIXe siècle, dans la société des artistes, des écrivains, des journalistes, mais aussi des courtisanes, de la guerre, de la politique, petite et grande histoire se mêlent, théâtre sur scène et dans la vie, d'autres facettes de Sarah Bernhardt, la sculpture, la peinture... et les tourments... la vie, la scène... Une vie pleine et bien remplie, racontée avec des mots vrais.

140.          BILLARD (Thierry). Paul Deschanel, 1855-1922. Belfond, 1991, gr. in-8°, 293 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, bon état

            25

Être, en quelque sorte, le filleul spirituel de Victor Hugo et d'Edgar Quinet. Être élu, de 1885 à 1919, député d'Eure-et-Loir. S'être battu en duel contre Clemenceau... Être contre la peine de mort, favorable au syndicalisme, partisan d'une politique sociale d'avant-garde fondée sur la mutualité. Lutter pour le renforcement des pouvoirs du chef de l'État. S'opposer au traité de Versailles et au démantèlement de l'Autriche-Hongrie. Être élu académicien à 44 ans. Présider la Chambre de 1898 à 1902, puis de 1912 à 1920, donc pendant toute la guerre... Une telle carrière aurait dû suffire pour mériter la considération des historiens de la Ille République. Mais non, on ne se souvient que du Président tombé d'un train, en pyjama, et qui démissionna moins de huit mois après son élection à la Présidence de la République. Paul Deschanel a déchaîné la verve des chansonniers et des caricaturistes. Thierry Billard, qui a eu accès à de nombreuses sources inédites, a choisi de réhabiliter un homme politique qui, avant d'être victime d'une dépression, a bien mérité de la République...

141.          BLANC (Dominique) et Daniel FABRE. Le Brigand de Cavanac. Le fait divers, le roman, l'histoire. Lagrasse, Editions Verdier, 1982, in-8°, 198 pp, 2 gravures, une carte, biblio, couv. illustrée à rabats, bon état

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Depuis le début de ce siècle circule à Cavanac, près de Carcassonne, un manuscrit anonyme qui relate en détail une biographie, celle de Pierre Sourgnes, dit l'Antougnou. Le "roman" nous apprend qu'à la suite du différend qui l'opposa à sa mère à propos d'une passion amoureuse, le jeune homme, dans l'été de 1837, prit le maquis ; sa carrière de brigand, riche en coups d'éclat s'acheva tragiquement quatre ans plus tard... Dans la multitude des récits que suscita la briéveté intense de cette vie, D. Blanc et D. Fabre ont isolé les trois canevas qui donnent à ce destin un sens tout différend. La "vérité" de l'Antougnou n'est que le système complet de ces variantes : il est tour à tour criminel monstrueux, bandit d'honneur et passionné révolté contre l'ordre du village, selon la position que chaque narrateur, chaque groupe social lui assigne. Depuis une vingtaine d'années, ethnologues et historiens débattent du bandit, opposant la réalité de ses méfaits aux prestiges illusoires de sa légende ou remplaçant la singularité insaisissable du brigand par l'anonymat du brigandage. Le cas de l'Antougnou invite à déplacer la perspective. La biographie du brigand est bien le lieu où s'affrontent toujours des fictions contradictoires mais elle offre aussi, depuis le XVIIIe siècle, l'occasion de fonder, sur l'écrit et l'image, un héros singulier autour duquel se cristallise toute l'histoire autochtone.

142.          BORDEAUX (Henry). Le Cœur de la reine Hortense. Plon, 1933, in-12, 332 pp, un portrait en couleurs en frontispice, sources, broché, bon état

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... Mais un soir, un jeune officier de dix-neuf ans, fort joli garçon, ne s'en tient pas là, et dans son enthousiasme se met à l'applaudir. La jeune princesse en est piquée. De quel droit cet étourdi se livre-t-il à une si bruyante manifestation ? C'est M. de Flahaut. Elle s'en plaint à la mère du jeune homme que les Beauharnais ont toujours protégée. La mère et le fils viennent faire des excuses. Bienheureuses excuses, qui servent d'occasion aux visites. Et le grand amour d'Hortense commence ainsi" — "L'année suivante Flahaut est à Schoenbrunn et il est jalousement surveillé de loin par la Reine. Puis c'est la naissance mystérieuse du futur duc de Morny (octobre 1811), fruit de ces amours orageuses. Rien n'est épargné à Hortense : elle a dû cacher sa grossesse et son accouchement, et son amant éloigné est peut-être infidèle. Infidèle ? dans tous les cas, il a tout arrangé avec sa mère pour le salut de la Reine. L'enfant a été recueilli par la comtesse de Souza qui l'élèvera clandestinement dans son hôtel de la rue Saint-Florentin. Personne ne s'est douté de l'irrégulière naissance.

143.          BRELOT (Claude-Isabelle) et Jean-Luc MAYAUD. L'industrie en sabots. La taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne (Doubs). Les conquêtes d'une ferme-atelier aux XIXe et XXe siècles. P., J.-J. Pauvert aux Editions Garnier, 1982, gr. in-8°, 278 pp, préface de Louis Bergeron, 16 pl. de photos en couleurs hors texte, 72 photos, dessins et fac-similés dans le texte, 28 cartes et graphiques, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Au milieu du XIXe siècle, entre 1848 et 1853, le capitalisme fait brusquement irruption dans le petit village comtois de Nans-sous-Sainte-Anne, dans le Doubs. Il a le visage de Théodore Amet, négociant et banquier de Besançon lié aux nouvelles organisations de crédit qui se constituent alors, et la forme d'une société par actions destinée à mettre en valeur les équipements artisanaux locaux : moulins, forges, faïencerie, taillanderie. Un ambitieux projet de développement du potentiel artisanal, soutenu par les techniciens et représentants de l'administration, financé par les capitaux locaux et la banque, semble devoir faire surgir la grande, industrie des ateliers artisanaux du village (l'usine projetée emploiera une centaine d'ouvriers). Mais, en 1853, la faillite du banquier Amet sonne le glas de ces projets : le démarrage industriel n'aura pas lieu. Au contraire, l'artisanat rural va croître à Nans jusqu'au-delà du milieu du XXe siècle. C'est donc l'histoire du « dynamisme séculaire [...] d'un artisanat rural » épanoui en « proto-industrialisation » qu'analyse le livre de Cl. I. Brelot et J.-L. Mayaud. (...) Il semble bien que l'originalité de la Franche-Comté réside en ce que, mis à part le pays de Montbéliard et le territoire de Belfort où s'est installée une industrie concentrée et urbanisée, les formes de la proto-industrialisation ont conservé un dynamisme conquérant durant tout le XIXe siècle et ont survécu tardivement au XXe siècle..." (Pierre Goujon, Etudes rurales, 1984) — "Cette étude de cas s'attache à faire ressortir les particularités de l'évolution de l'une de ces nombreuses petites entreprises rurales nichées dans ces «vallées industrielles» qui jalonnent la Franche-Comté. L'histoire des entreprises a négligé les ateliers ruraux et leur rôle dans le processus d'industrialisation et ce beau travail, fruit d'une vaste collaboration, comble une lacune de taille en mettant en évidence les étapes et les moyens de ce lent passage de l'atelier artisanal à l'usine proto-industrielle. Dans sa préface, Louis Bergeron souligne l'apport de ce travail à la thèse de la proto-industrialisation triomphante en Franche-Comté au XIXe siècle, de ce «modèle conquérant de la ferme-atelier» qui s'est révélé mieux adapté aux conditions locales du développement que la grande industrie capitaliste. La première partie présente la lente insertion locale de la taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne de la fin du XVIIIe siecle à 1880 et le rôle déterminant des forces hydrauliques, des ressources forestières et de la migration professionnelle d'ouvriers spécialisés. Les conditions du développement de la ferme-atelier sont analysées en détail d'autant plus qu'elles vont de pair avec la dérive des grands projets capitalistes relatifs à la region. La réussite de l'atelier familial atteste ainsi clairement le dynamisme de la proto-industrialisation. La seconde partie traite du succès et de l'essor de la taillanderie de 1880 à 1914 au prix de nombreuses améliorations touchant tous les domaines techniques, l'organisation du travail et surtout une profonde transformation des méthodes commerciales, dont la réussite se mesure à la conquête de nouveaux marchés, qui absorbe une production en pleine croissance. Entre 1900 et 1914, la taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne livre annuellement 20 000 faux et 10 000 outils taillants, soit le vingtième de la production française. Le réseau commercial dépasse largement le cadre régional pour s'étendre aux départements voisins. La troisième partie, de loin la plus originale vu l'absence traditionnelle de sources en la matière, aborde avec une rare maîtrise l'anthropologie patronale et ouvrière. Les petits patrons omniprésents sont bien campés comme est finement dessinée la trame de toutes leurs activités économiques, sociales et politiques. Utilisant les méthodes récentes de la biographie sociale collective, C.-I. Brelot et J.-L. Mayaud brossent un tableau saisissant de l'insertion d'un milieu proprement ouvrier dans une société villageoise. L'évolution des effectifs, l'origine et les conditions de recrutement, le travail quotidien, les qualifications, la hiérarchie des salaires et la mobilité de la main d'oeuvre sont successivement examinés avec des précisions remarquables. La typologie ouvrière qui se dégage de ces longues et patientes enquêtes personnelles pourra servir de modèle. La IVe partie couvre la période de 1914 à 1967. La rupture de la Première Guerre mondiale est nette, la taillanderie voit sa production réduite de moitié et les trois frères adoptent une politique malthusienne. La crise du début des années vingt, aggravée par la sécheresse qui tarit les sources d'énergie, fige l'entreprise dans une politique défensive, les perspectives s'assombrissent et l'insecurité déroute les patrons. Les lois sociales du Front populaire suivies par le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale vont accentuer le déclin de la taillanderie minée par des circonstances familiales : « l'amenuisement de la famille Philibert à la quatrième génération est peut-être la cause essentielle de la disparition de l'entreprise ... l'impossibilité d'une relève avait rendu inutile le dynamisme des générations antérieures ». Cette superbe monographie sort largement du cadre franc-comtois en rejoignant les perspectives économiques et sociales de l'histoire régionale et celles de l'histoire nationale, parties à la découverte de toutes ces activités artisanales rurales dispersées au fil de l'eau. Ces nouvelles recherches sur le terrain sont appelées à nuancer considérablement l'imagerie traditionnelle des grandes usines urbaines en réhabilitant le rôle de ces innombrables petites et moyennes entreprises. L'ouvrage est truffé de cartes, graphiques, croquis, tableaux statistiques et autres plans. L'inconographie, comptant de nombreuses photographies en couleur, est soigneusement commentée, ce qui permet au lecteur de se familiariser avec un domaine, une région et un métier. Ce beau livre pourrait inspirer tous les chercheurs qui oeuvrent dans l'un ou l'autre domaine du patrimoine industriel." (François Jéquier, Revue suisse d'histoire, 1984)

144.          CAPEFIGUE (Jean-Baptiste Honoré). L'Europe depuis l'avènement du roi Louis-Philippe. Bruxelles, 1846, 2 vol. in-4°, 707 et 672 pp, texte imprimé sur 2 colonnes, reliures demi-basane brun caramel, dos lisses ornés (rel. de l'époque), dos lég. épidermés, qqs rares rousseurs, bon état

            100

"... La profusion des pièces diplomatiques qu'on trouvera dans ce livre constatera le soin que l'auteur a pris de rechercher les documens et de pénétrer dans les élémens de la politique réelle. Ce sera donc un cours de diplomatie autant que d'histoire, avec une sorte d'admiration juste et noble pour les intelligences qui mènent le monde. On me pardonnera si je n'ai pas la prétention de traiter le prince de Talleyrand , M. de Metternich , le duc de Wellington, avec une démocratique suffisance et comme des hommes médiocres ou nuls qui n'ont compris ni leur temps ni l'Europe. C'est un peu notre faible, à nous autres écrivains, que de croire à l'immensité de notre intelligence ; avec un coup de plume nous balayons la réputation d'un homme d'État, comme autrefois d'un coup d'éventail, une favorite balayait la puissance d'un ministre. Tant il est vrai que le bon plaisir n'a fait que changer de mains ; et à tout prendre, je préfère les petits appartemens de Marly aux bureaux d'esprit de notre époque !" (Avant-propos)

145.          CARETTE (Madame Amélie, née Bouvet). Souvenirs intimes de la Cour des Tuileries. (Première, deuxième et troisième série). P., Ollendorff, 1889-1891, 3 vol. in-12, 332, viii-340 et 338 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, mors faibles, papier lég. jauni, bon état

            100

Complet. Par la lectrice et demoiselle d'honneur de l’impératrice Eugénie. — "Excellent témoignage de celle qui allait devenir, en 1864, seconde lectrice de l'Impératrice. La vie officielle à la Cour, les principaux événements de l'Empire, les personnages célèbres..." (Bourachot, 77)

146.          CONCHON (Georges). Nous, la Gauche, devant Louis-Napoléon. Flammarion, 1969, in-8°, 249 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Dans l'ouvrage, si documenté et si vivant de M. Georges Conchon, “Nous, la Gauche, devant Louis-Napoléon”, se trouve une « confidence » du futur duc de Morny à son père, l'ex-général Flahaut, au sujet de « la physionomie hideuse que le scrutin du 13 mai 1849 a bien l'air de vouloir prendre » par l'ascension affolante des socialistes (près de deux millions de suffrages !) à l'Assemblée Législative : en effet, Morny « crie » à son père : « ... Il n'y aura plus qu'à plier bagage, à organiser la guerre civile et à prier MM. les Cosaques de nous aider... Je pense que votre fierté nationale va se révolter, mais, croyez-moi, si vous voyiez un socialiste de près, vous n'hésiteriez pas à lui préférer un Cosaque. Mon patriotisme s'arrête là !... » (p. 58). Savoureuse, ladite déclaration, suffisamment cynique pour que – bon sang ne pouvant mentir – on retrouve, en son auteur, le grand-père même de M. de Morny, Talleyrand." (Aimé Dupuy, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1971)

147.          DELBÉE (Anne). Une femme (Camille Claudel). Presses de la Renaissance, 1984, in-8°, 499 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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La vie extraordinaire de Camille Claudel, née le 8 décembre 1864, soeur de Paul Claudel, maîtresse d'Auguste Rodin, compagne de Debussy... Soeur aînée de l'écrivain Paul Claudel, Camille a connu, en tant que femme et en tant qu'artiste, un destin hors du commun. A la fin du siècle dernier, une jeune fille de dix-sept ans qui veut être sculpteur, c'est inconcevable, voire scandaleux. Or, Camille se lance dans l'aventure à corps perdu, avec l'enthousiasme et la farouche volonté qui la caractérisent. Jusqu'au jour de 1883 où elle rencontre Auguste Rodin. Le Maître accepte de la prendre comme élève ; bientôt il deviendra son amant. Suivent quinze années d'une liaison passionnée et orageuse d'où Camille sortira épuisée et vaincue... Elle mourra en 1943 à l'asile de Montdevergues, près d'Avignon, après un terrible internement qui aura duré trente ans, laissant au jugement de la postérité une oeuvre considérable, d'une rare puissance et d'une originalité visionnaire.

148.          DÉROULÈDE (Paul). Chants du paysan. – Refrains militaires. Calmann-Lévy, s.d. (1914) et 1889, 2 vol. pt in-12, ii-110 et 103 pp, les deux ouvrages reliés ensemble en un volume demi-chagrin lie-de-vin, dos à 4 nerfs, pièces de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

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149.          DÉROULÈDE (Paul). Chants du Soldat. P., Michel Lévy, 1872, pt in-12, 120 pp, reliure demi-percaline bleue, dos lisse avec fleurons dorés, pièce de titre basane havane (rel. de l'époque), tache claire en marge de qqs feuillets, bon état. Edition originale (Vicaire, III, 185), ex-libris Jean Cruppi,  envoi a.s.

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Oui, France, on t'a vaincue, on t'a réduite même / Et comme il n'a pas eu pour preuve le succès / A ton courage encore on jette l'anathème / Et les Français s'en vont rabaissant les Français. / Que la faute fut grande et cette guerre folle / Qui le nie ? Ils sont là nos désastres d'hier / Mais qu'au bruit des canons tout un passé s'envole ! / Que tout un avenir soit brisé sous ce fer !

150.          DOLLÉANS (Edouard). Drames intérieurs. Denoël, 1944, in-12, 320 pp, broché, bon état

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Portraits psychologiques de Mary Wollstonecraft, William Godwin, P.-J. Proudhon (une copieuse étude de 98 pages, pp. 113-210), Charles Gide, Bernard Shaw, Charles Péguy et Mme Favre, François Mauriac, Alfred Vigneau, par le grand historien du syndicalisme et du socialisme.

151.          FALLOUX (Comte de). Discours et mélanges politiques. Plon, 1882, 2 vol. in-8°, 418 et 447 pp, brochés, dos brisés, qqs rousseurs, état moyen

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Ministre de l'instruction publique en 1848, le comte de Falloux est resté célèbre pour le projet de loi en faveur de la liberté d'enseignement qui prit, en 1850, le nom de "Loi Falloux". Après avoir quitté la politique en 1851, ce défenseur d'un catholicisme libéral fut élu à l'Académie française en 1856. — « Ma vie politique avait été courte, mais pleine, » a écrit M. de Falloux au jour de la disgrâce commune. Il n’avait eu, en effet, que le temps de traverser les parlements, le gouvernement. Il avait été député aux assemblées quelques années tout au plus, de 1846 à 1851, ministre neuf mois à peine, sous une république qui se précipitait déjà vers l’empire ; mais dans ce court passage au pouvoir il avait fait assez pour révéler les dons brillants de l’homme d’État, pour attacher son nom à quelques-uns de ces actes ou de ces mots décisifs et tranchants qui marquent dans l’histoire, pour rester une des figures les plus expressives du monde religieux et conservateur à un moment du siècle. M. de Falloux s’est dépeint ou raconté lui-même dans ce livre des “Mémoires d’un royaliste” dont il a voulu faire son testament, – où, à la vérité, il brouille quelquefois un peu les noms, les dates et les impressions, où il revit cependant tout entier avec son originalité aux mille nuances. Ce qu’il a été réellement, ce qu’il reste, c’est un royaliste à coup sûr, mais un royaliste et un catholique qui ne s’est pas refusé le plaisir un peu hautain de se parer de ses disgrâces auprès de son prince comme auprès du pape ; un plénipotentiaire raffiné et libre de la royauté et de l’église dans leurs malheurs ; un politique alliant la souplesse à la résolution, la bonne grâce à la fierté, les dons de la séduction à l’art de lancer le trait acéré dans les polémiques ou dans les discours, aimant l’influence plus que le pouvoir, passant sans effort de la vie publique ou de la vie mondaine à la vie rurale : et à travers tout, un valétudinaire incorrigible, – qui a vécu soixante-quinze ans sans cesser un jour de combattre, même dans sa retraite... (Charles de Mazade, Revue des Deux Mondes, 1893)

152.          FALLOUX (Comte de). Mémoires d'un royaliste, 1828-1873. Perrin, 1888, 2 vol. in-8°, vi-600 et 594 pp, 2 portraits de Falloux (en 1837 et en 1884) sous serpentes en frontispices, une gravure sous serpente et un fac-similé hors texte, reliures demi-chagrin vert à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passés, rousseurs, bon état

            150

Très bon témoignage sur la Révolution de 1848 et l'établissement du Second Empire. — Témoignage de premier ordre pour l'histoire de la deuxième République et du parti légitimiste sous le Second Empire d'une part, et des débuts de la IIIe République d'autre part. Chef parlementaire, avec Berryer, de l'aile légitimiste du parti de l'ordre, promoteur de la dissolution des ateliers nationaux qui devait entraîner les journées révolutionnaires de juin 1848, Falloux fut appelé au sein du ministère Barrot comme ministre de l'instruction publique et des Cultes, poste stratégique pour les catholiques, ce qui lui permit de préparer la loi sur la liberté de l'enseignement secondaire auquel son nom reste attaché. (Benoit Yvert) — "Les “Mémoires d'un royaliste” tiendront la première place parmi les oeuvres de leur auteur et une des premières dans la littérature de Mémoires de notre siècle. Nous ne tenterons pas de refaire, après MM. Gréard et de Broglie, le portrait de ce Vendéen parlementaire, de cet ultramontain libéral, de cet aimable fanatique, de cet agriculteur académicien, mais nous devons reconnaître qu'il nous est arrivé, après la lecture de ce livre, ce qui est arrivé à M. Gréard lui-même, nous avons passé, à l'égard de son auteur, d'une froideur hostile à une sympathie très vive, sinon toujours pour ses idées, du moins pour sa personne. Il y a chez lui une constante élévation d'âme, une générosité de coeur, une loyauté qui rachètent amplement ses étroitesses d'esprit et ses chimères un peu naïves. Les “Mémoires d'un royaliste” sont un document de premier ordre pour l'histoire du catholicisme français et pour l'histoire du parti légitimiste. On y saisit mieux que partout ailleurs le caractère essentiellement pratique, actif, social et philanthropique du catholicisme contemporain. Ne jouant plus qu'un rôle effacé dans le domaine de la science et de la pensée, il a mérité, par son activité charitable et son intelligence des besoins sociaux, le regain de force et d'influence dont nous sommes les témoins. M. de Falloux nous fait connaître le groupe d'hommes d'élite avec lequel il a constamment combattu, Montalembert, Berryer, Lacordaire, M. de Melun, A. Cochin, Dupanloup, A. de Broglie, à qui il faut toujours associer la femme distinguée qui fut leur Egérie, Mme Swetchine. Au point de vue religieux et social, M. de Falloux pouvait jeler un regard satisfait sur l'oeuvre de sa vie. Elle a été efficace ; non seulement il a réussi, sinon à fonder la liberté de renseignement, du moins à créer l'enseignement catholique à côté et en face de l'enseignement de l'État, mais il a aussi contribué, plus que personne, à grandir et à fortifier l'Église catholique. Les chapitres consacrés à la loi de 1850, aux oeuvres de charité, au Concile de 1870 sont du plus haut intérêt. Au point de vue politique, M. de Falloux avait moins de motifs d'être satisfait, et ses Mémoires ne sont guère que la confidence de ses désillusions et de ses déboires. Ils sont accablants pour le comte de Chambord. Cet enfant du miracle, demeuré enfant toute sa vie, roi fainéant de l'exil, à qui une coterie égoïste et inintelligente faisait jouer une comédie monarchique, nous apparaît comme un homme borné et pusillanime, n'ayant jamais eu le courage d'affronter les responsabilités d'une restauration, se servant, pour y échapper, de l'épouvantail du drapeau blanc, qui fut, pour lui, non un signe de ralliement dans la bataille, mais une nappe d'autel et un linceul. On retrouvera, dans le livre de M. de Falloux, l'émouvante histoire des querelles intestines du parti légitimiste sous Louis-Philippe, des tentatives de fusion et des essais de restauration après 1870. Que l'on partage ou non les vues politiques de M. de Falloux, on admirera la finesse et l'élévation avec lesquelles il apprécie la situation des partis en France ; ses jugements sur nos hommes d'État, en particulier sur M. Thiers et M. Guizot. Le récit des années 1871-1873 en particulier offre un saisissant intérêt..." (Ch. Bémond et G. Monod, Revue historique, 1888)

153.          HAMON (Léo)(dir). Les Opportunistes. Les débuts de la République aux républicains. Les entretiens d'Auxerre. P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991, in-8°, xv-323 pp, 19 illustrations, broché, couv. illustrée, bon état

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Contributions de Maurice Agulhon, Odile Rudelle, J.-M. Mayeur, Raoul Girardet, Pierre Guillen, Pierre Barral, Jacqueline Lalouette, François Ewald, Philippe Vigier, etc. — Après la défaite puis la démission de Mac-Mahon, la Troisième République – consolidée – est « aux républicains », suivant l'expression consacrée. Mais que pensent ces hommes, que vont-ils faire ? On les appellera « opportunistes » parce qu'ils veulent mettre en oeuvre, dans le programme républicain traditionnel, seulement ce qui leur paraît opportun. Désormais la République n'est plus seulement une espérance, un programme, elle doit être un « gouvernement ». Le problème essentiel pour ces hommes est de passer d'une culture d'opposition à une culture de gouvernement. Tous les domaines, constitutionnel, social, colonial, scolaire, culturel, international et militaire, sont ici examinés sous la direction de Léo Hamon.

154.          JOUSLIN de LA SALLE (A.-F.). Souvenirs sur le Théâtre-Français par Jouslin de La Salle (1833-1837). Annotés et publiés par M. G. Monval et le Comte de Fleury. P., Emile Paul, 1900, gr. in-8°, 122 pp, reliure demi-toile vert bouteille, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), toile restaurée, bon état. Edition originale tirée à 100 ex. numérotés seulement (n° 11). Très rare

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"Jouslin de La Salle (1794-1863), auteur dramatique, fut le premier directeur de la Comédie-Française. D'abord avocat, puis journaliste, il collabora aux diverses feuilles de l'opposition démocratique. Sous la direction de Harel, il exerça à la Porte-Saint-Martin les fonctions de régisseur général et fut nommé, en 1832, directeur duThéâtre-Français ; M. Hygen-Auguste Cavé lui succéda en 1837. En 1839, il dirigea les Variétés. Collaborateur de MM. Maurice Alhoy, Carmouche, Dupeuty, Villeneuve, etc., il a fait représenter un assez grand nombre de vaudevilles et de mélodrames ; on a encore de lui : “Quelques essais” (1817) ; “Petit cours de jurisprudence littéraire” (1818, 2 volumes) ; “De l'équilibre en Europe” (1818). Ses derniers travaux furent publiés par l'ancienne Revue française sous le titre de “Souvenirs dramatiques” ; il a donné également dans le Figaro et dans la Presse des articles anecdotiques sur le théâtre. Causeur agréable, Jouslin de La Salle, qui avait beaucoup vu et beaucoup retenu, avait une anecdote sur tous les hommes de la littérature et du théâtre depuis 1815 jusqu'à nos jours. Il contait en particulier que, le premier, il avait découvert Mlle Rachel, deviné en elle la muse de la tragédie et aplani devant les pas de la petite mendiante juive les avenues de la carrière théâtrale." (Larousse du XIXe)

155.          KUCZYNSKI (Jürgen). Les origines de la Classe ouvrière. Hachette, 1967, pt in-8°, 254 pp, texte français de Jacques Peltier, 79 illustrations dont 10 en couleurs dans le texte et à pleine page, notes et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers des Connaissances)

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"Précisons immédiatement que « classe » signifie plutôt ici « catégorie socio-professionnelle ». Ainsi, J. K. rapporte les étapes de la naissance des ouvriers, c'est-à-dire celles de la révolution industrielle. Ainsi, il montre, d'une manière générale puis à travers des histoires nationales – Angleterre, Etats-Unis, France, Allemagne notamment – comment les ouvriers se sont regroupés, sur quels thèmes ils ont lutté, quelles ont été leurs réactions face à un machinisme de plus en plus répandu et de plus en plus senti comme oppresseur." (Revue française de science politique, 1969)

156.          LACOTTE (Geoffroy). La Colonie pénitentiaire et agricole du Luc. Editions du Papyrus, 1992, in-8°, 143 pp, 24 illustrations dans le texte (photos, fac-similés, dessins), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le Luc est un modeste lieu-dit du Gard rattaché à la commune de Campestre, bourg inconnu et sans gloire. Cette colonie est l'exemple type de l'univers carcéral et pédagogique du 19e siècle. Loin des témoignages illustres ce lieu nous paraît digne d'illustrer la moyenne de l'enregistrement historique, de participer à l'élaboration de la mémoire de "l'éducation surveillée"... (Introduction)

157.          LÉONARD (Jacques). La Vie quotidienne du médecin de province au XIXe siècle. Hachette, 1979, in-8°, 285 pp, notes, notices biographiques sur quelques grands médecins parisiens cités dans l'ouvrage, broché, couv. illustrée, bon état

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Au carrefour de l'histoire et de la médecine, ce livre basé sur des archives officielles, des documents administratifs, mais aussi une enquête personnelle approfondie et nombre de papiers privés, retrace l'évolution de la condition médicale dans la France provinciale et rurale du XIXe siècle. Au cours du siècle, des guerres de l'Empire au septennat tragiquement interrompu de Sadi Carnot, la médecine a fait un bond prodigieux. A une thérapeutique tâtonnante a succédé une véritable science expérimentale et il y a loin du médecin de campagne évoqué par Balzac ou de l'officier de santé Charles Bovary, au docteur formé par les disciples de Claude Bernard et de Louis Pasteur. Mais s'ils se posent dans un contexte historique et un décor social différents, les mêmes problèmes demeurent : l'organisation de la profession et les hiérarchies qu'elle implique, la diversité des apprentissages, les difficultés matérielles, les vicissitudes des carrières et des clientèles, les rapports avec les malades, avec les sorciers et rebouteux, les rivalités d'ordre professionnel, la place et le rôle du médecin de province dans la société, son influence politique croissante. A mesure que son combat contre la maladie s'avère victorieux, le médecin de province voit s'affirmer la considération morale dont il bénéficie. Désormais il est un notable. Mais avant de respirer l'encens officiel dans un fauteuil de conseiller général, le médecin de province chevauche par tous les temps, entre une dysenterie et une variole, du château à la chaumière, du lit de l'enfant moribond à celui du vieillard grabataire.

158.          LEPRÊTRE (Henri). Marin-pêcheur au temps des voiliers. Propos recueillis par Marguerite Lecat. France-Empire, 1984, in-8°, 217 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Si 1900 m'était conté...),  envoi a.s. de Marguerite Lecat

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Un vieux matelot, Henri Leprêtre, raconte sa vie de marin-pêcheur, au temps où on pratiquait la pêche à la voile le long de la côte d’Opale et son récit, recueilli par Marguerite Lecat, constitue le plus émouvant des témoignages. La vie de ces matelots et matelotes est en effet mal connue, en raison du caractère renfermé des gens de mer, qui sont gens silencieux. Ils ont la pudeur de leur vie privée, même si leur langage s’émaille à bord de mots crus. Il fallait parler patois comme eux et comme eux, être née à l’embouchure de la Canche, pour gagner leur confiance... Ce livre original et attachant est un hommage rendu à cette aristocratie méconnue de la mer : celle de l’honneur et du courage.

159.          LUCAS-DUBRETON (J.). Louis-Philippe et la machine infernale (1830-1835). Amiot-Dumont, 1951, in-8°, 369 pp, 2 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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L'expression “machine infernale” désigne une arme à feu unique construite par Giuseppe Fieschi et le droguiste Pépin en 1835. Faite de vingt-cinq canons de fusils juxtaposés disposés sur un châssis incliné, l'arme pouvait être mise à feu par un seul individu, tirant simultanément vingt-cinq projectiles de mitraille. Placée sur l'appui de la fenêtre d'un immeuble au 50 boulevard du Temple, la machine infernale est utilisée par le républicain corse Giuseppe Fieschi à l'occasion d'un attentat contre le roi Louis-Philippe le 28 juillet 1835.

160.          MARREY (Bernard). Un capitalisme idéal. Menier. P., Clancier Guénaud, 1984, in-8°, 236 pp, 24 pl. de photos et documents hors texte, 6 plans, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Hors de toute idéologie, les Menier bâtirent en trois générations une organisation économique et sociale "idéale". En moins de vingt ans le trust fut édifié, depuis la plantation de cacaoyers au Nicaragua jusqu’à la fabrication du chocolat à Noisiel (Seine & Marne) en passant par la flotte de trois-mâts. Opposé à tout étatisme. Emile Menier défendit les communards, s’opposa aux impôts sur la consommation, à l’octroi, aux douanes et se fit le propagandiste de l’impôt sur le capital. Conscient de ses responsabilités, il mit en place une politique sociale avancée, sans paternalisme. Mécène envers la science, il fut à la pointe du progrès dans la fabrication du chocolat bien sûr, mais aussi du caoutchouc, de l’agriculture, de l’énergie hydraulique, de l’électricité, de l’urbanisme... — "C'est du chocolat de gauche qu'il s'agit ici. La couverture montre la célèbre petite fille aux !ongues nattes, occupée à écrire sur un petit pan de mur jaune « Chocolat Menier ». Le cadre chronologique est bien dessiné : du broyage des poudres pharmaceutiques, spécialité du premier des grands Menier, Antoine-Brutus, qui meurt en 1853, à Emile le Républicain, qui se spécialise d'abord dans le sinapisme à la moutarde avant de faire le choix définitif d'un produit plus doucereux, le chocolat, et aux derniers grands fils, Henri et Gaston – ils succèdent au père en 1881 –, qui construisent certes la ferme et la gare, mais multiplient aussi les dépenses somptuaires – hôtels et châteaux – les trois âges de la dynastie nous sont ainsi contés. Une histoire somme toute assez banale : I'ascension laborieuse, la gloire méritée, I'opulence qui dégénère, c'est un topos célèbre... Le plus neuf est I'alliance, chez ces entrepreneurs fils de leurs oeuvres, d'une foi solide dans le caractère progressiste du capitalisme libéral et d'une vocation politique nettement républicaine. De 1871 à 1878, aux heures difficiles de la République, Emile Menier finance un flot de périodiques de gauche : “Le Bien public“, “Le Voltaire”, comptent parmi les plus célèbres. Député, il adhère à I'Union républicaine et c'est Spuller, un des dirigeants de la “République française”, qui vient discourir sur sa tombe. Henri est maire de Noisiel : c'est la moindre des choses. Quant à Gaston, il se fait élire conseiller général puis, à partir de 1898, comme député de Meaux, le pays des aigles, il siège à la Gauche démocratique avant de devenir sénateur de 1909 à 1934 : il avait apporté sa voix, sinon sa pierre, au Bloc des Gauches. Sur les soutiens que la République a trouvés dans le monde du commerce et de I'industrie, voici une bonne filière." (Madeleine Rebérioux, Le Mouvement social, 1987)

161.          MASPERO (François). L'Honneur de Saint-Arnaud. Plon, 1993, in-8°, 438 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée du portrait du Maréchal de Saint-Arnaud par Larivière, bon état

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Ce livre conte l’édifiante histoire d' Arnaud Leroy, autoproclamé Achille Le Roy de Saint-Arnaud (1801-1854), maréchal de France, de son vivant couvert d’honneurs : pour Sainte-Beuve, sa « moralité essentielle » était un exemple pour la jeunesse. En réalité, massacres et appât du lucre furent les ressorts de sa vie : pour Victor Hugo, « ce général avait les états de service d’un chacal ». Il construit sa carrière sur la conquête de l’Algérie. Il applique la stratégie de la terre brûlée, affamant les populations, et des « enfumades », exterminant les habitants des villages : « Je me sentais un peu boucher. » Lors du coup d’État du 2 décembre, il massacre les Parisiens au canon. Vainqueur à la bataille de l’Alma, il meurt, emporté par une diarrhée incoercible, dans une guerre de Crimée qui vise – déjà – à établir un nouvel ordre mondial. On lui fait des funérailles nationales. Mais c’est aussi la chronique d’une face noire de l’histoire de France. Y figurent les souverains, Charles X, Louis-Philippe et Napoléon III ; des ministres, Guizot, Thiers, Morny ; des généraux, Bugeaud, Cavaignac et bien d’autres ; d’illustres penseurs, Veuillot, Tocqueville. Et bien entendu, défendant sa terre, la grande et implacable figure de l’émir Abd el-Kader.

162.          MAUROIS (André). La vie de Disraëli. Gallimard, 1948, in-8°, 231 pp, sources, broché, couv. illustrée, papier jauni, état correct (Coll. Leurs figures)

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Disraëli fut un jeune homme insolent, dont la famille, originaire d'Italie, abandonnera le judaïsme par amour des traditions anglaises. Au collège il fut le premier de sa classe, tout en étant champion de boxe. Il écrivit, et ses romans eurent du succès. Quand il voyage, c'est en disciple de Byron et de Brummell. Mais c'était avant tout le plus grand homme politique de tous les temps. Sa vie correspond à l'époque la plus brillante de l'Empire britannique.

163.          MESNARD (Baron de). Mémoires en faveur de l'alliance avec la Russie et contre l'idée de la conquête des bords du Rhin faits en 1863 et en 1868. Par un diplomate. Et publiés en 1895 et 1897 par la Revue du Bas-Poitou. Fontenay-Le-Comte, Charles Claireaux, 1903, gr. in-8°, 90 pp, imprimé sur papier d'Arches, broché, bon état

            30

"... Le premier des deux Mémoires que nous publions, constituait en quelque sorte, ce nous semble, un véritable programme de politique extérieure, dont la mise à exécution, bien simple et bien facile, eût pu éviter, peut-être, de grands malheurs. Le second, et c'était le point capital, démontrait par des arguments qui, jusqu'alors n'avaient pas été produits, que l'Autriche sur laquelle on comptait, n'avait pas intérêt à rétablir la Pologne. A la publication de ces deux documents, nous joindrons celle d'un Mémoire adressé deux ans avant la guerre contre l'Allemagne, à M. le marquis de Moustier, alors Ministre des Affaires étrangères, et dans lequel il était tenu compte des changements qui s'étaient opérés en Europe, depuis qu'un refroidissement s'était produit dans nos relations avec la Russie. Dans ce dernier document, on s'attachait à réfuter l'idée de la conquête des bords du Rhin, préconisée par M. Emile de Girardin, dans la « Liberté », journal que dirigeait ce publiciste. On y prévoyait en même temps que le rapprochement entre la Russie et la Prusse, amené par notre impolitique attitude en 1863, rapprochement qui nous a été si funeste en 1870, finirait par avoir un terme, à cause de l'antagonisme forcé d'intérêts existant entre ces deux pays... (...) M. le Baron de Mesnard, dont la famille a donné tant de preuves de dévouement à la branche aînée de la Maison de Bourbon et qui est l'auteur de ces Mémoires, était au nombre des attachés du Ministère des Affaires étrangères..." (Note de la rédaction de la Revue du Bas-Poitou)

164.          MONTGOMERY HYDE (H.). La princesse de Lieven. Grande dame et cœur de femme. Hachette, 1940, in-8°, 254 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. illustrée, bon état

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Parmi les personnages les plus brillants de la scène diplomatique européenne d’après le Congrès de Vienne, on se souvient généralement des premiers rôles masculins, les Metternich, Nesselrode, Talleyrand ou Wellington, et l’on omet, non sans injustice, le rôle éminent joué par une femme qui connut de près ces quatre hommes d’État ainsi que leurs souverains respectifs, et prit une part active aux grands événements du continent pendant près de quarante ans : la russe Dorothée de Benkendorf, comtesse puis princesse de Lieven (1785-1857). De ce relatif mépris où l’histoire l’a laissée, il faut sans doute tenir pour responsable Chateaubriand : blessé, au congrès de Vérone, du peu d’égards qu’elle avait témoignés à son génie et du dédain complet qu’elle avait manifesté à l’encontre de Madame Récamier, il se vengea d’elle par un portrait plein d’ironie et de malveillance, faisant oublier pour longtemps le charme et l’intelligence d’une grande dame.

165.          MUHLSTEIN (Anka). Astolphe de Custine (1790-1857). Le dernier marquis. Grasset, 1996, in-8°, 351 pp, 4 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Né en pleine Révolution, fils de Delphine de Sabran, Astolphe de Custine aura connu la Terreur, l'Europe des Idées, les voyages en Italie et en Russie, la dictature de Napoléon et, au crépuscule de sa vie, l'ombre de la Princesse Mathilde. C'était un voyageur, un excentrique, un homme libre qui eut le courage, assez peu fréquent dans le milieu dont il venait, d'afficher son homosexualité et de vivre en couple pendant trente ans. "Je ne suis pas révolutionnaire mais j'ai été révolutionné", disait-il. Anka Muhlstein nous fait bien comprendre le glissement d'une civilisation à l'autre : d'un côté, ce sont les délices de l'Ancien Régime, un art de vivre, et au bout du compte la guillotine. De l'autre, les voyages en solitaire, des rencontres singulières, le vertige d'une caste qui se sait mourir, la traversée de l'Europe. De quel parti était vraiment Astolphe de Custine ? On le crut dilettante de l'écriture mais son “La Russie en 1839” fut un succès. On le crut prisonnier d'une certaine société mais, avant l'heure, dans un siècle devenu bourgeois ; il fut un homme détaché des conventions, un homme libre.

166.          ORLÉANS (Duchesse d'). Lettres originales de Madame la Duchesse d'Orléans, Helène de Mecklenbourg-Schwerin, et Souvenirs biographiques recueillis par G. H. de Schubert. Seule édition française autorisée par l'auteur et ornée d'un beau portrait. Genève, H. Goerg, et P., Magnin, Blanchard et Cie, 1859, gr. in-8°, xvi-280 pp, 2e tirage, un portrait gravé en frontispice, belle reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froids, titres dorés et caissons à froid, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état, bel exemplaire sans rousseurs

            100

Après avoir envisagé différents partis, la famille royale de France choisit la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin (1814-1858) pour épouser Ferdinand-Philippe d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe Ier et de la reine Marie-Amélie de Bourbon. Le duc et la duchesse d'Orléans forment un couple heureux et seule la reine Marie-Amélie se soucie quelque peu du protestantisme et du libéralisme de la princesse Hélène. Le décès accidentel de son mari, en 1842, endeuille la famille royale et inquiète les Orléans, car le prince était populaire et laisse de très jeunes enfants. En février 1848, le roi Louis-Philippe est poussé à l'abdication par sa famille et quitte le territoire français sans résister aux insurgés. Cependant, la duchesse d'Orléans n'est pas disposée à renoncer aux droits de ses deux enfants, le comte de Paris et le duc de Chartres. Elle se présente donc à l’Assemblée avec eux, accompagnée par son beau-frère, Louis d'Orléans, duc de Nemours, pour essayer de faire proclamer l’aîné roi des Français. Cette tentative est un échec : l'Assemblée proclame la République. Hélène de Mecklembourg-Schwerin gagne alors l'Allemagne avec ses enfants et c'est le début d'une longue période d'errance. Pendant la IIe République et les débuts du Second Empire, elle maintient ses positions politiques et continue à réclamer les droits du jeune comte de Paris. Elle empêche ainsi pendant longtemps les princes d'Orléans de se rapprocher du prétendant légitimiste au trône de France, Henri d'Artois, « comte de Chambord », et de réunir ainsi définitivement les monarchistes français. G.H de Schubert, théologien et scientifique de renom, fut le précepteur de la princesse. Ils échangèrent une correspondance jusqu'à la mort de la princesse.

167.          PERDIGUIER (Agricol). Mémoires d'un compagnon. Edition complète du texte de Perdiguier avec une nouvelle présentation et des notes de Jean Follain, suivi de l'« Itinéraire du Tour de France » et d'un glossaire compagnonnique, illustré de documents inédits, images compagnonniques et souvenirs de l'auteur. Club des Libraires de France, 1964, in-8°carré (20 x 18), xx-373 pp, une photo d'Agricol Perdiguier par Carjat en frontispice, un fac-similé d'une lettre de Perdiguier, 13 gravures de Jules Noël (les grandes heures du compagnon charpentier) et 5 peintures compagnonniques en couleurs contrecollées sur des planches hors texte, tiré sur vélin blanc, reliure toile éditeur, 1er plat illustré en couleurs, rhodoïd, bon état. Un des 2650 ex. numérotés (seul tirage)

            40

Très jolie édition. Agricol Perdiguier (Avignonnais la Vertu en compagnonnage) est l’homme qui a le plus fait pour populariser la grande geste du tour de France au XIXe siècle. En 1852, compagnon charpentier chassé par l’Empire parce que républicain, il rédige, au cours de son exil, ce classique de la littérature ouvrière que sont ses “Mémoires d’un compagnon”. L'édition originale de ce récit autobiographique, écrit en exil à Bruxelles après le coup d'Etat, est parue à Genève en 1854-1855 (en 2 tomes, tirage 500 ex.).

168.          SAINTE-BEUVE (C.-A.). Portraits contemporains. P., Didier, 1847, 3 vol. in-12, 537, 598 et 538 pp, reliures demi-veau glacé pistache, dos à 4 nerfs pointillés et caissons ornés, pièces de titre et de tomaison maroquin acajou, tranches pennées (rel. de l'époque), dos uniformément passés et lég. frottés, qqs rousseurs, bon état (Vicaire, VII, 135)

            75

Complet. — Tome I : Chateaubriand, Béranger, de Sénancour, de Lamennais, de Lamartine, Victor Hugo, Ballanche, A. de Vigny, Alfred de Musset, Balzac, Villemain, Mesdames Desbordes-Valmore, A. Tastu, etc. – Tome II : Xavier de Maistre, Eugène Sue, Scribe, Lebrun, comte Molé, Topffer, Mérimée, de Barante, Thiers, Fauriel, Vinet, Nisard, Jasmin, etc. – Tome III : Daunou, Desaugiers, Parny, Casimir Delavigne, Leopardi, Louise Labé, Fléchier, Gresset, Mignet, etc. , Homère, Appollonius de Rhodes, Méléagre, etc., etc.

169.          SAINTE-BEUVE (C.-A.). Portraits littéraires. P., Didier, 1852, 2 vol. in-12, 496 et 515 pp, nouvelle édition, reliures demi-veau glacé pistache, dos à 4 nerfs pointillés et caissons ornés, pièces de titre et de tomaison maroquin acajou, tranches pennées (rel. de l'époque), dos uniformément passés et lég. frottés, qqs rousseurs, bon état

            40

Tomes I et II seuls (sur 3) — Tome I : Boileau, Pierre Corneille, La Fontaine, Racine, La reprise de Bérénice, Jean-Baptiste Rousseau, Le Brun, Mathurin Régnier, André Chénier, George Farcy, Diderot, l'abbé Prévost, M. Andrieux, M. Jouffroy, M. Ampère, Bayle, La Bruyère, Millevoye, Charles Nodier. – Tome II : Molière, Delille. Bernardin de Saint-Pierre. le général La Fayette. Fontanes. Joubert, Léonard, Aloïsius Bertrand, le comte de Ségur, Joseph de Maistre, Gabriel Naudé.

170.          SCHNEIDER (Commandant). Le Second Empire à Saint-Cloud. P., Victor-Havard, 1894, in-12, 296 pp, reliure demi-percaline verte à la bradel, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés (rel. de l'époque), qqs rousseurs éparses sur les premiers et derniers feuillets, bon état. Edition originale

            50

Le commandant Armand Schneider fut régisseur du palais de Saint-Cloud sous le Second Empire, il réalisa notamment plusieurs inventaires du mobilier et est l'auteur de cet ouvrage de confidences sur la vie intérieure du palais (Paris, 1894). — "Excellents souvenirs anecdotiques de celui qui fut régisseur du palais de Saint-Cloud." (Bourachot, 377) — "... Le régisseur du palais de Saint-Cloud était alors un homme naturellement tout dévoué au régime, le commandant Schneider. Il fit d'ailleurs bravement son devoir, au moment de l'invasion (il fut même emprisonné quelque temps par les Prussiens) en sauvant, à la barbe de l'ennemi, un grand nombre d'objets précieux et en cachant tout ce qui pouvait être caché. Mais les envahisseurs étaient bien renseignés ! Le premier Allemand qui se montra au commandant Schneider était un sous-officier. Il se fit reconnaître, d'un air goguenard. Quelques mois auparavant, il avait été employé, au château, comme aide-jardinier et, en homme de précaution, il avait relevé minutieusement les plans de l'édifice. Ce commandant Schneider a laissé des souvenirs intimes, souvent assez singuliers. Il abandonnait à d'autres les appréciations politiques sur ce qui s'était déroulé à Saint-Cloud, ou même les particularités sur les fêtes ou sur les hôtes royaux qui avaient été reçus au palais, et, après s'être indigné de sa sauvage destruction et de son pillage, il s'occupait surtout du côté matériel des choses. Homme d'ordre et qui avait dû bien tenir son personnel, il se rappelait, avec quelque mélancolie, l'effroyable coulage passé en habitude dans d'autres services, tous distincts les uns des autres. Ses notes, c'est un peu l'histoire de la domesticité impériale, de l'office d'une demeure de souverains : contribution, par de petits côtés, au tableau d'une époque." (Paul Ginisty, Le Petit Parisien, 1907)

171.          ZAIDMAN (Pierre-Henri). Emile Victor Duval (1840-1871). Un héros du XIIIe arrondissement, Ouvrier fondeur, Général de la Commune de Paris. P., Editions Dittmar, 2006, in-8°, 377 pp, 17 pages de photos et fac-similés, documents en annexe, broché, bon état. Ouvrage tiré à 200 exemplaires seulement. Epuisé

            40

La première biographie de cet acteur important des débuts de la Commune. — "Je note l’importance du travail exemplaire de P.-H. Zaidman sur Emile Duval. Ce n’est pas, en dépit d’un titre accrocheur, une biographie héroïque, mais une mise au point très neuve sur la situation dans le XIIIe arrondissement, de février à la mort de Duval, le 4 avril." (Jacques Rougerie) — Émile Victor Duval, né à Paris en 1840, mort fusillé au Petit-Clamart le 4 avril 1871 est un acteur important des débuts de la Commune de Paris. Ouvrier fondeur en fer, il était doué d’une nature ardente et plein d’un dévouement absolu, aveugle, à la cause révolutionnaire, à laquelle il consacra son existence et jusqu’à sa vie. Ce fut lui qui organisa la célèbre grève des ouvriers fondeurs. Il fut délégué par les grévistes à Londres, auprès du conseil de l’Internationale, dont il obtint d’importants subsides, qui permirent aux ouvriers de tenir longtemps tête à leurs patrons. Duval fut aussi envoyé par les ouvriers fondeurs à la chambre fédérale, qu’il dut d’être impliqué dans le procès de 1870, dirigé contre l’Association. Il est condamné à deux mois de prison au 3e procès de l'Internationale. Il est libéré par la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Il est délégué au Comité central républicain des Vingt arrondissements et participe aux mouvements insurrectionnels du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871, contre le Gouvernement de la Défense nationale. Sans succès il est candidat socialiste révolutionnaire aux élections du 8 février 1871 à l'Assemblée Nationale. Pendant le soulèvement du 18 mars il se rend maître d'une grande partie de la rive gauche de Paris et de la Préfecture de police. Le 26 mars il est élu au Conseil de la Commune par le XIIIe arrondissement, il siège à la commission militaire et à la commission exécutive. Le 3 avril 1871, il est nommé général de la Commune. Contre son gré, sous la pression des gardes nationaux il lance avec Théophile Ferré et Émile Eudes, l'offensive désastreuse en direction de Versailles. Arrêté sur le plateau de Châtillon, il est fusillé au Petit-Clamart, le 4 avril 1871, sur ordre du général Vinoy.

20e SIÈCLE

 

172.          ABUL-FATH (Ahmed). L'Affaire Nasser. Plon, 1962, in-8°, ii-340 pp, broché, couv. illustrée, pelliculage de la couv. partiellement décollé, sinon bon état, bel  envoi a.s.

            25

"Ahmed Abul-Fath connaît particulièrement bien le Président Nasser. Il fut son confident lors de la préparation et de l'exécution du coup d'État de juillet 1952 qui devait chasser Farouk de son trône. Mais, membre influent du parti Wafdiste, rédacteur en chef du journal “Al Misri”, libéral de cœur et d'esprit, il était trop attaché à la démocratie parlementaire pour pouvoir accepter plus longtemps le régime militaire imposé par le nouveau chef de l'Égypte. Il lutta contre la dictature naissante puis choisit, avant qu'il ne soit trop tard, l'exil volontaire. C'est donc un témoignage de première main qu'il nous propose tant sur les origines de la Révolution que sur l'évolution de la politique nassérienne..." (4e de couv.) — "Livre violemment hostile à la personne de Nasser et à sa politique. Pour A. -F., ami et parfois confident de Nasser jusqu'au début de 1954, ancien rédacteur en chef d'un quotidien interdit après la Révolution, Abdel Nasser, mû par « la rancune, le désir de vengeance et le plaisir d'humilier », a trahi les aspirations du peuple égyptien. Le régime égyptien reste un régime militaire, son programme économique demeure inexistant : Nasser, pour A. -F., n'est qu'un dictateur." (Revue française de science politique, 1963) — "Un membre du parti wafdiste, artisan de la révolution de 1952 explique la carrière du Colonel Nasser et la juge." (Politique étrangère, 1963)

173.          ANWEILER (Oskar). Les Soviets en Russie, 1905-1921. Gallimard, 1972, in-8°, 348 pp, traduit de l'allemand, préface de Pierre Broué, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

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Si surprenant que cela puisse paraître, l'étude d'Oskar Anweiler est la première – et jusqu'à présent la seule – qui se soit attachée à retracer l'histoire de la forme «soviet» autant qu'à dégager sa problématique d'ensemble demeurée si vivante aujourd'hui. Par l'importance des thèmes explorés comme par la manière de les traiter, il s'agit donc là d'autre chose que d'une thèse destinée aux spécialistes. En effet, cette étude apporte enfin des informations précises et vérifiées sur un sujet où la légende a trop souvent servi d'histoire, quand l'imagination ne suppléait pas l'ignorance, les uns établissant une confusion entre soviets et bolchevisme, les autres attribuant la naissance des soviets à un caprice de l'histoire ou lui donnant au contraire des dimensions parfaitement mythiques. Des lointains précurseurs théoriques et préfigurations historiques à la disparition des soviets en tant que facteurs actifs d'une démocratie ouvrière, l'auteur passe en revue, dans une perspective critique, toutes les étapes de l'essor et du déclin des conseils russes. Reconstituant la courbe d'évolution de l'«idée des conseils» telle qu'elle fut mise en avant par les diverses formations du socialisme de Russie, il montre aussi, par là, comment, en 1917-1918, les bolcheviks guidés par Lénine, après avoir exalté dans les soviets une forme de passage au socialisme, en firent des instruments pour établir leur dictature.

174.          AURIOL (Vincent). Journal du Septennat, 1947-1954. Préface par René Rémond, introduction générale par Pierre Nora. Armand Colin, 1970-1978, 6 forts vol. in-8°, lxix-876, xxxi-739, xxvii-657, xx-771, li-1227 et xlv-862 pp, 3 photos en frontispices, documents en annexes, sommaire des conseils des ministres, index des noms de personnes et index des thèmes dans chaque volume, reliures pleine percaline verte de l'éditeur, bon état

            300

Tome I : 1947. Version intégrale établie, introduite et annotée par Pierre Nora. Préface de René Rémond ; Tome II : 1948. Version intégrale établie par Edmond Mouret et Jean-Pierre Azéma, introduite et annotée par Jean-Pierre Azéma ; Tome III : 1949. Version intégrale établie, introduite et annotée par Pierre Kerleroux ; Tome V : 1951. Version intégrale établie, introduite et annotée par Laurent Theis ; Tome VI : 1952. Version intégrale établie, introduite et annotée par Dominique Boché ; Tome VII : 1953-1954. Version intégrale établie, introduite et annotée par Jacques Ozouf. Le Tome 4 (année 1950) n'a jamais paru dans cette édition et n'a finalement été édité qu'en 2003 par les Editions Tallandier. Elu président de la République le 16 janvier 1947, Vincent Auriol trouva dans l'exercice de sa fonction élyséenne l'apogée d'une longue carrière politique, commencée en 1914 sur les bancs SFIO de la Chambre, poursuivie au sein du Front populaire comme ministre des Finances, dans la Résistance, et enfin à la tête des deux Assemblées constituantes de l'après-guerre. Durant les sept années passées à la tête du pays, Auriol a consigné dans son journal l'ensemble de ses actions. Même si le président effectua une sélection dans cette masse documentaire considérable, le lecteur y trouvera une source indispensable sur la France de l'après-guerre et, au-delà, sur l'exercice quotidien de la fonction présidentielle. La publication de ce Journal du Septennat, commencée en 1970 par Pierre Nora, ne comporte que 6 volumes (sur 7 prévus) : le président François Mitterrand s'était en effet opposé à la parution de l'année 1950, son propre rôle lui semblant modeste et sous-estimé, comme l'éditeur Tallandier s'en explique dans une savoureuse préface.

175.          BALDENSPERGER (Fernand). Une vie parmi d'autres. Notes pour servir à la chronique de notre temps. P., Louis Conard, 1940, in-8°, 380 pp, imprimé sur papier vélin, broché, bon état

            30

"La belle autobiographie de M. Fernand Baldensperger est découpée chronologiquement entre quatre parties. La première, « Les travaux et les jours, de l'apprentissage », c'est le récit de l'enfance et de la jeunesse, à Saint-Dié, dans un milieu de moyenne industrie textile, de bourgeoisie républicaine et patriote, puis à Zurich, avec les premiers contacts internationaux, enfin à Paris, où le lycée Louis-le-Grand l'accueille en rhétorique supérieure, et à Nancy, où il prépare sa licence es lettres. Dans la seconde partie, « Expériences et certitudes », Fernand Baldensperger raconte, avec quelle finesse dans les analyses, avec quel brio dans les descriptions ! son séjour studieux en Allemagne, en Angleterre, dans les pays Scandinaves... Fernand Baldensperger s'affirme dès lors, comme un des meilleurs maîtres de littérature comparée : il a comme élèves : L. Romier, Lavelle, E. Daladier, G. Baty, Naggiar, comme ami, – bientôt comme successeur, – Paul Hazard, comme collègue Éd. Herriot, à l'égard duquel il montre une sévérité à laquelle il ne nous a pas accoutumés. Son mariage à Lyon l'a, d'autre part, introduit dans les milieux d'affaires, ce qui élargit son horizon, lui ouvre d'autres milieux, lui impose de nouvelles tâches, et alors, c'est à « La défense d'une civilisation » qu'il se consacre : en Allemagne encore, en Extrême-Orient, et, pour la première fois, à Harvard, Fernand Baldensperger s'efforce de faire saisir toutes les délicatesses de la pensée et de la beauté françaises aux esprits les moins préparés à se les assimiler, comme, pendant la Grande Guerre, au titre d'officier interprète, ou de chargé de mission en Scandinavie et aux États-Unis, de servir, du mieux possible, la chère patrie. Certains aspects du monde issu de la guerre mondiale sont dépeints dans la quatrième partie, « Entre deux continents ». Fernand Baldensperger y décela la crise morale qui gâta les masses, et, plus profondément encore certaines individualités, dont il nous donne quelques exemples. Mais quels réconforts dans ses contacts avec Clemenceau, avec Maurice Barrés, avec Ch. Pfister et Sébastien Charléty ! Au reste, de portraits, le livre est rempli : qu'il s'agisse de camarades d'enfance, Albert Métin, Jean Brunhes, E. Borel, de Français rencontrés au cours de sa vie, comme André François-Poncet, P.-M. Masson, J. Cambon, Bonzon, son beau-père, d'étrangers rencontrés au cours de ses voyages, comme Georges Brandes, Nyrop, Bailleu ou Wilamowitz, on trouve des notations fines et vivantes, et pour ainsi dire jamais injustes, tant Fernand Baldensperger, s'impose de comprendre la personnalité de ceux avec qui il a été en relation. Intelligence déliée, délicate pudeur aussi, qui incite l'auteur à ne parler qu'exceptionnellement des intimités de son existence, et, à cet égard, comment ne pas signaler les pages toutes baignées de douleur qui racontent la mort de sa fille ! C'est que ces Notes veulent dépasser le niveau de l'égoïste autobiographie. Ce livre est un beau livre français." (Georges Bourgin, Revue historique, 1941)

176.          BARHAM (Pat) & Frank CUNNINGHAM. Operation Nightmare: The Story of America's Betrayal in Korea and the United Nations. Los Angeles, California: Sequoia University Press, 1953, in-8°, 342-(6) pp, une photo de la correspondante de guerre Pat Barham en frontispice, qqs photos dans le texte, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état. Edition originale. Texte en anglais. Notre exemplaire est signé par les deux auteurs : signature a.s. de Frank Cunningham sur la page de garde et signature a.s. de Pat Barham sous sa photo en frontispice et contient un feuillet publicitaire de l'éditeur sur le livre (avec les photos des deux auteurs)

            30

Pat Barham fut l'une des premières correspondantes de guerre à informer l'opinion sur la guerre de Corée. Ecrivant pour les journaux du groupe Hearst, elle savait qu'elle aurait à affronter de multiples difficultés, la moindre n'étant pas d'être une femme dans une guerre meurtrière peuplée majoritairement d'hommes. Elle fut très choquée du manque de soutien des politiques américains aux troupes américaines présentes sur le front. Elle raconte dans ce livre ses aventures et rencontres tumultueuses avec les troupes américaines et celles de la République de Corée pendant cette guerre.

177.          BARRY (Tom). Victoire pour l'Armée Secrète. P., Société de presse et d'éditions, 1966, in-8°, 238 pp, traduit de l'anglais (“Guerilla days in Ireland”), une carte, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Action)

            25

Ecrit par un ancien général de l'Armée Républicaine Irlandaise, ancien major général de la Colonne Automobile Volante du West Cork de l'IRA pendant la guerre d'indépendance irlandaise, ce livre est le récit des activités de son groupe de combat de 1916 à 1921. Ce livre sera réédité en 1971 par les Presses Universitaires de Bretagne sous le titre « Guerilla en Irlande ».

178.          Cahiers d'histoire de l'Institut Maurice Thorez. Classe, pouvoir, Etat : la droite. P., Institut Maurice Thorez, 1977, in-8°, 394 pp, broché, couv. illustrée, bon état (n° 20-21)

            12

Remarques sur la pensée aristocratique à l'époque de la Révolution bourgeoise (Roger Barny) ; L'Eglise catholique et les luttes de classe en France en 1920 (Yves-Claude Lequin) ; La droite et l'Etat dans les années 30 (Michel Margairaz) ; La « Restauration de l'Etat », juin 1944-nov. 1945 (Jean-Paul Scot) ; Dossier : unité et différenciation de la droite (Roger Martelli, Serge Wolikow) ; etc.

179.          Cahiers d'histoire de l'Institut Maurice Thorez. Crise et politiques économiques, 1. P., Institut Maurice Thorez, 1976, in-8°, 207 pp, broché, couv. illustrée, bon état (n° 16)

            12

Eléments sur les transformations du capitalisme entre les deux guerres et le passage au capitalisme monopoliste d'Etat (Paul Boccara) ; La crise des années trente en France (études de Jean Bouvier, Jacques Marseille, Pierre Saly) ; Essai sur le mouvement de la production, du profit et de l'exploitation en France de 1939 à 1945 (Jean-Paul Scot) ; La paysannerie soviétique sous la NEP, 1921-1927 (Jean-Paul Depretto) ; Le taylorisme avant 1914 (Yves-Claude Lequin) ; etc.

180.          Cahiers d'histoire de l'Institut Maurice Thorez. Crise et politiques économiques, 2. P., Institut Maurice Thorez, 1976, in-8°, 366 pp, broché, couv. illustrée, bon état (n° 17-18)

            12

La crise des années 30 en France, aspects spécifiques (Serge Wolikow) ; 1936-1939 : genèse de la politique économique du PCF (Serge Wolikow) ; Le programme de gouvernement du PCF en 1946 (Jean-Paul Scot) ; La paysannerie en URSS : les débats au sein du Parti bolchévik, 1925-1928 (Jean-Marc Gayman) ; A propos de la scission syndicale de 1921 (Jean Charles) ; etc.

181.          Cahiers d'histoire de l'Institut Maurice Thorez. Municipalités et luttes politiques. P., Institut Maurice Thorez, 1976, in-8°, 262 pp, broché, couv. illustrée, bon état (n° 19)

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L'évolution du phénomène municipal depuis la Révolution française (interview de Maurice Agulhon) ; Les Guesdistes et la bataille municipale, 1891-1900 (Maurice Moissonnier) ; Les conseillers municipaux d'une commune ouvrière et communiste : l'exemple de Bobigny entre les deux guerres (Annie Fourcaut et Jacques Girault) ; Le Parti communiste face à une municipalité socialiste : l'exemple de Pantin dans l'entre-deux-guerres (Jacques Boutonnet) ; La conquête d'une municipalité au moment du Front populaire : les élections municipales de 1935 à Bagneux (Annie Fourcaut) ; Une crise municipale sous le Front populaire : l'exemple de Carcès (Var) (Jacques Girault) ; Le monde politique français, le PCF, face au déclenchement de la première guerre d'Indochine (Charles Fourniau et Alain Ruscio) ; etc.

182.          Cahiers d'histoire de l'Institut Maurice Thorez. Viticulteurs du Midi - M.O.D.E.F. - Grèves en Afrique - Internationale syndicale rouge. P., Institut Maurice Thorez, 1978, in-8°, 249 pp, broché, couv. illustrée, bon état (n° 28)

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Paysannerie et syndicalisme révolutionnaire : les ouvriers viticoles de Coursan, 1850-1914 (Laura L. Frader) ; Données sur l'origine et l'implantation du MODEF (F. Tello) ; La grève des cheminots africains d'AOF, 1947-1948 (J. Suret-Canale) ; Les débuts de l'Internationale syndicale rouge et le mouvement ouvrier français, 1920-1923, 2e partie (J. Charles) ; etc.

183.          CARREL (Dr. Alexis). L'Homme, cet inconnu. Plon, 1935, pt in-8°, viii-400 pp, reliure demi-maroquin fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, date en queue (1936), couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque signée Bernasconi), bon état

            40

Edition originale sur papier courant (1935) sans mention, avec une couverture de 1936 portant une mention de 29e mille, dans une reliure classique en demi-maroquin réalisée par le relieur Auguste Bernasconi (1879-1967). — "L'homme Carrel (1873-1944) mérite d'être connu. Prix Nobel de médecine en 1912, il fait paraître en 1935 un ouvrage qui connaîtra un franc succès auprès des classes moyennes, dans lequel il se fait le champion de l'eugénisme (plutôt américain et plutôt positif, disent ses laudateurs – vivent les « biens doués » et les « forts » !). Mais Carrel est aussi l'héritier, par une sorte d'imprégnation logique à fondement social-darwiniste, ainsi que le montre Patrick Tort, de l'hygiène raciale allemande, creuset idéologique du nazisme. En 1941, il revient de New York pour se mettre au service de Pétain et de l'État de Vichy, qui lui permet de créer enfin sa « Fondation » à objectifs eugénistes. Carrel était en particulier obsédé par les malades mentaux..." (Armand Ajzenberg, L'Homme, 1994)

184.          CHALLE (Maurice). Notre révolte. Presses de la Cité, 1968, in-8°, 448 pp, préface d'Olof Gigon, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes sur les gardes, reliure skivertex éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Celui qui fut général en chef de l'armée française pendant la guerre d'Algérie, qui fut l'instigateur du putsch manqué d'avril 1961 contre la politique du général de Gaulle, raconte son engagement et les trahisons, ses espérances et les désillusions. Un témoignage important sur l'état d'esprit de certains officiers supérieurs de l'armée, à la fin de la guerre d'Algérie." (Benjamin Stora) — Après la mutation du général Salan, Challe le remplace à Alger le 12 décembre 1958. Les opérations contre le FLN suivent alors ce qu'on appelle le « plan Challe ». En 1960 il est rappelé en métropole. Le 11 avril 1961, de Gaulle donne une conférence de presse dans laquelle il précise que la France ne fera aucun obstacle à la politique d'autodétermination algérienne et de l'Algérie comme d'un « Etat souverain ». Cette conférence décide Challe, sollicité depuis des semaines par un petit groupe de colonels en opération en Algérie pour être à la tête du putsch, de rentrer dans le complot. Le 20 avril 1961, il rejoint Alger. Son plan d'action prévoit de rallier l'armée d'Algérie, prendre Alger puis terminer la guerre d'Algérie, renvoyer en métropole les 200.000 appelés du contingent et redéployer les 300.000 soldats de métier, enfin mettre de Gaulle au pied du mur. Le 22 avril 1961, à Alger avec ses pairs Zeller, Jouhaud et en liaison avec Raoul Salan, il coorganise (avec Jean-Jacques Susini) et participe au putsch des Généraux. Au bout de quatre jours et cinq nuits, Challe se rend ; le coup d'Etat militaire a échoué et il est emprisonné à Paris à la prison de la Santé. En même temps que Zeller, il est condamné le 31 mai 1961 par un tribunal militaire, à quinze ans de détention et à la perte de ses droits civiques. Après avoir été détenu à Clairvaux et Tulle, il est libéré par anticipation en décembre 1966 et amnistié par de Gaulle en 1968. Il publie ses souvenirs sous le titre “Notre révolte” et meurt le 18 janvier 1979.

185.          DREYFUS-ARMAND (Geneviève) et Laurent GERVEREAU (dir). Matériaux pour l'histoire de notre temps, n° 11-12-13. Mai 68 : Les mouvements étudiants en France et dans le monde. Nanterre, BDIC, 1988, in-4°, 303 pp, très nombreuses illustrations et photos, broché, couv. illustrée, pelliculage de la couverture lég. abîmé, sinon bon état

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Le contexte international : les mouvements étudiants précurseurs ou parallèles ; La France en mai-juin 1968 ; Le campus universitaire de Nanterre ; La Sorbonne ; L'art au service du mouvement ; La province ; Les grèves ; La presse ; Les lendemains de mai 68 ; Chronologie générale.

186.          DUVERGER (Maurice). L'Autre côté des choses. Albin Michel, 1977, in-8°, 233 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Mémoires de Maurice Duverger (1917-2014) : le Six Février 1934, le Front populaire, Munich, la drôle de guerre, l'Occupation, la Libération, l'impuissance de la Quatrième République, la « sud-américanisation » de la France par la guerre dAlgérie, la construction d'un nouveau régime politique, la tempête de Mai 68 et la clochardisation de l'Université... — Fin 1933, il adhère à l’Union populaire républicaine, dont la figure de proue est un jeune professeur de l’enseignement libre en Gironde, Philippe Henriot, le futur ministre de la propagande de Vichy. En décembre 1936, Maurice Duverger rompt avec Henriot dont l’art oratoire, dira-t-il plus tard, le fascinait, pour rejoindre le Parti populaire français de Jacques Doriot. Le Parti populaire français (PPF) n’est pas encore le mouvement fasciste qu’il deviendra. Mais c’est déjà une formation populiste, antiparlementaire, où les antisémites donnent de la voix. Maurice Duverger est promu secrétaire de la Fédération du Sud-Ouest des jeunes doriotistes, l’Union populaire de la jeunesse française. « Tout cela, écrira-t-il dans un livre de souvenirs, était idéaliste et irréaliste. J’avais vingt ans » (L’Autre côté des choses, Albin Michel, 1977). A partir de 1938, ayant quitté le PPF parce « qu’il a dévié vers la droite », Maurice Duverger se consacre à sa formation de juriste. Maurice Duverger a été l’un des pères fondateurs du renouveau de la science politique française dans les années 50, a ensuite occupé les positions les plus prestigieuses dans ce sous-champ académique (comme la présidence du premier jury du concours d’agrégation en science politique) et reste aujourd’hui le politiste français le plus connu à l’étranger (et l’un des dix plus cités dans le monde, quelle que soit la nationalité). Pour toute une génération de lecteurs du “Monde” et d’étudiants en droit ou à Sciences Po, Maurice Duverger fut une référence, une « signature » qui les poussait à la réflexion et les éveilla à la politique.

187.          [Evénements de 1968]. Le Nouvel Observateur. Le Nouvel Observateur, 1968, 3 vol. gr. in-4°, reliures pleine toile verte, pièces de titres de maroquin noir, couvertures conservées, bon état

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Le tumulte de l'année 1968 à travers l'un des plus importants hebdomadaires français. — Réunion de 44 numéros (du n° 164 du 3 janvier au n° 214 du 22 décembre 1968, moins les n°s 183, 185, 199, 200, 201, 206 et 212) reliés en 3 volumes pleine toile verte ; + ajoutés à la fin du troisième volume le n° 163 ("Vous en parlerez en 1968") et le Paris-Match de la dernière semaine de 1968.

188.          FALIGOT (Roger) et Jean GUISNEL (dir). Histoire secrète de la Ve République. La Découverte, 2006, fort gr. in-8°, 752 pp, chronologie, index, broché, bon état (Coll. Cahiers libres)

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De l'opération "Résurrection" en 1958, coup d'Etat fondateur qui ne dit pas son nom, à l'affaire Clearstream de 2006, la véritable histoire de la Ve République ne s'apprend pas dans les manuels scolaires. Il y est question d'officines discrètes, d'agents secrets et de "barbouzes", d'opérations militaires clandestines et souvent sanglantes, d'assassinats, de torture, de disparitions, de suicides, de manipulations en tous genres, de corruption et de scandales financiers, de réseaux occultes et de lobbies puissants et invisibles. Dans ce livre, nourri de nombreuses révélations, sept journalistes d'investigation chevronnés racontent pour la première fois cette histoire secrète sous une forme aussi accessible qu'excitante et rigoureuse, dans une vaste fresque d'une centaine d'articles. Des affres de la décolonisation et de ses suites, sous de Gaulle et Pompidou, aux affaires financières qui ont jalonné les règnes de Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, en passant par les manœuvres méconnues des lobbies du nucléaire et de l'armement, ils révèlent à quel point la Ve République s'est construite sur le secret. Cette République monarchique a organisé une concentration inédite des pouvoirs entre les mains de ses présidents successifs. Elle a conduit des guerres secrètes en Afrique et ailleurs. Elle a accordé des pouvoirs sans limites à ses hommes de l'ombre, éminences grises et hauts fonctionnaires, qui ont construit de puissants réseaux d'influence et mené des politiques dont les citoyens français ne surent jamais rien. Une "bombe" salutaire, qui lève enfin le voile...

189.          FONVIEILLE-ALQUIER (François). Ils ont tué Jaurès. 31 juillet 1914. Laffont, 1968, gr. in-8°, 364 pp, 16 pl. de photos et gravures hors texte, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

            25

L'auteur reconstitue la chronologie de l'assassinat. Il replace l'évenement dans son contexte politique à l'aide de témoignages des amis de Jaurès et des journaux de l'époque. — "En ce mois de juillet de 1914, l'Europe, au bord de la guerre, a le vertige. Brutalement, les flonflons de la Belle Epoque ont fait place partout aux cliquetis des armes. Les esprits clairs voyaient le feu couver depuis longtemps. Mais il a fallu la flamme brusque de l'attentat de Sarajevo pour que l'homme et la femme de la rue voient subitement la lueur menaçante de l'incendie. Et tout à coup, loin de chercher à l'éteindre, il semble que tout le monde s'ingénie à l'attiser. On croirait qu'une vaste conjuration lie tacitement tous les chefs d'État, rois, présidents, ministres pour conduire les nations au bûcher du grand holocauste. Et les peuples suivent. L'inertie résignée gagne les uns, la frénésie les autres. Seul, un homme dresse sa stature épaisse et sa parole courageuse pour tenter encore de barrer la route à la catastrophe : Jean Jaurès que son honnêteté, sa lucidité et son talent prodigieux d'orateur ont imposé comme le grand leader du socialisme européen. Durant ces derniers jours de juillet, il s'est dépensé sans compter, en France, à l'étranger, dans un effort désespéré pour sauver la paix. La haine des « ultras », attachée depuis longtemps à sa personne, a redoublé d'autant : une certaine presse multiplie à son égard les appels au meurtre. Alors qu'il a été le théoricien d'une révolution profonde de la Défense nationale et qu'il n'a cessé de réclamer « la Nation armée », les tenants d'un conservatisme intransigeant, qui ne lui ont pas pardonné sa participation à la réhabilitation du capitaine Dreyfus, l'accusent d'être un traître. Ce 31 juillet, où il attend un messager de la social-démocratie allemande où il a multiplié encore les démarches auprès des ministres français, où il a menacé l'un d'eux de « dire tout », de faire éclater le scandale de l'argent russe qui arrose la presse belliciste, il est bien las. Le soir venu, il regagne les bureaux de « son » journal, L'Humanité. Là, il est parmi ses amis. Ils vont dîner ensemble. C'est Jaurès lui-même qui décide : « Allons au Croissant ». Et c'est là que l'assassin Raoul Villain l'attend. Deux coups de feu, un cri de femme : « Ils ont tué Jaurès ! » Ce soir, sur les boulevards, la foule sait qu'en tuant Jaurès, « ils » ont aussi tué la paix... François Fonvieille-Alquier s'est particulièrement attaché au mystère spontanément né de ce cri et de ce « ils ». Jour après jour, minute par minute, au fur et à mesure que l'on avance vers le drame, il a reconstitué cette ultime journée de Jaurès. Il a repris tout le dossier, refait l'enquête, exploré certains silences troublants, tenté de combler les lacunes. Mais son livre est plus que cela. Il ne se lit pas seulement comme le roman passionnant et tragiquement vrai d'un crime politique. Il couvre aussi tout l'immense drame du socialisme européen face à la Première Guerre mondiale, tout l'effondrement d'une philosophie, nourrie de grande pensée allemande – effondrement dont les conséquences pour l'Europe seront incalculables. Et cela donne un beau livre, riche, ardent et d'une intégrité absolue." (texte des rabats de couverture)

190.          GALLO (Max). ...Et ce fut la défaite de 40. La Cinquième colonne. Perrin, 1980, gr. in-8°, 263 pp, 16 pl. de photos et 20 pl. de fac-similés hors texte, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Inconscience, trahison, corruption, collaboration avant la lettre : le visage d'un certain monde politique entre 1930 et 1940. D'après des documents explosifs et totalement inédits découverts par l'auteur aux Archives nationales de Washington. — Cinquième colonne : En 1940 quand la France s'est effondrée, ces deux mots ont été sur toutes les lèvres. L'action souterraine des agents de la Cinquième colonne expliquait le désastre. L'ennemi l'avait emporté parce qu'il était déjà dans la place. Mais en réalité qu'en a-t-il été ? Qui, comment, pourquoi et pour combien s'est lié ou vendu à l'ennemi préparant ainsi la défaite et la collaboration ? La Cinquième colonne, mythe ou réalité ? C'est là une histoire inconnue et secrète, interdite comme les coulisses et sans laquelle pourtant notre temps – celui de 1940, celui de la guerre subversive d'aujourd'hui – ne peut être compris. Max Gallo a découvert aux Archives nationales de Washington des pièces explosives et totalement inédites. Elles remettent en cause l'histoire de la défaite et de la collaboration telle qu'elle a été écrite jusqu'ici. Il présente les pièces irréfutables; les députés se vendent au fascisme, des hommes politiques sont salariés réguliers de l'étranger et dès 1938 le gouvernement de Vichy est prêt. « C'est le plus invraisemblable qui est le plus certain », disait Adolf Hitler. Il ajoutait : « Je fais établir un fichier complet de toutes les personnalités influentes de tous les pays. Ces fiches contiendront les seuls renseignements qui comptent. Celui-ci accepte-t-il de l'argent ? Peut-on l'acheter d'une autre manière ? A-t-il des dispositions érotiques ? Quel type de femme préfère-t-il ? Est-il homosexuel ? ... C'est avec cela que je fais de la vraie politique. » Pièces à l'appui, Max Gallo montre que cela a été. Il recrée l'atmosphère de l'avant-guerre. La Cinquième colonne sort de l'ombre. Un livre essentiel pour comprendre l'effondrement des démocraties en 1940 et les méthodes politiques impitoyables de notre temps. Ce qu'il raconte est fascinant et incroyable, mais tout est vrai. — "Les documents produits par Max Gallo amènent à remettre en question notre vision habituelle de l'histoire de l'avant-guerre. Ses stupéfiantes révélations nous permettent de mieux comprendre pourquoi la défaite fut inévitable. Voilà un livre dont on pourra difficilement taire l'importance même si c'est l'intérêt évident de certains !" (Combat) — "La sérieuse valeur documentaire de ce livre, c'est qu'il sort tout entier des Archives nationales de Washington et qu'il regorge d'indications inédites." (Henri Guillemin, Le Nouvel Observateur) — "Tout cela n'est pas du roman. Les documents existent. Ce sont eux qui donnent tout son prix au livre de Max Gallo – il se lit comme un roman, comme un bon roman, quoique soutenu par un esprit scientifique incritiquable." (Alain Decaux)

191.          GALLO (Max). La Nuit des longs couteaux. 30 juin 1934. Laffont, 1971, gr. in-8°, 348 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 plans, biblio, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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6 heures du matin, le 30 juin 1934. La pension tranquille de Bad Wiessee où dorment les chefs des Sections d'assaut est cernée. Les fidèles de Hitler, sa force de frappe, ses compagnons des temps de combat, sont désormais des hommes à abattre. Hitler en personne dirige ce règlement de comptes, l'arme au poing. Dans la nuit du 29 au 30 juin, dans la chaude journée d'été qui suit, les exécutions, les assassinats se multiplient dans toute l'Allemagne. Ernst Röhm, le chef d'état-major de la SA, l'allié des heures sombres, l'homme que le Führer tutoyait, en est la plus illustre victime. Heure par heure, Max Gallo restitue cette "Nuit des longs couteaux" qui vit triompher les SS et s'établir définitivement la dictature nazie. Interrogeant archives et témoins, retournant sur les lieux de l'action, il restitue l'atmosphère d'angoisse et de terreur, il éclaire les rivalités, les calculs politiques, les trahisons qui ont conduit à cette purge meurtrière. Un récit qui démonte le mécanisme infernal du IIIe Reich.

192.          HELLER (Michel) et Aleksandr NEKRICH. L'Utopie au pouvoir. Histoire de l'URSS de 1917 à nos jours. Calmann-Lévy, 1982, fort in-8°, 658 pp, traduit du russe, chronologie, index, broché, bon état

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Deux dissidents en exil, historiens de formation, "ayant vécu le soviétisme dans leur chair", présentent une histoire de l'Union soviétique qui prend ses distances par rapport à la version historique officielle véhiculée à l'intérieur par le régime. — "... Nombre des événements, des actions, évoqués dans le livre, sont connus, mais leur présentation, leur organisation précise et rigoureuse montrent la formidable cohérence, la remarquable continuité de l'entreprise soviétique. Pour Heller et Nekrich, les distinctions opérées entre Lénine et Trotski, et surtout entre Lénine et Staline, ne servent qu'à masquer l'unité jusqu'à la folie et l'absurde de l'histoire soviétique. Ainsi, la fameuse lutte entre Staline et Trotski est-elle démystifiée, réduite à un âpre combat pour le pouvoir. « En janvier 1928, Trotski et ses camarades adressent une lettre au Komintern, se plaignant de la répression qui les frappe. Ils reconnaissent que la répression peut jouer un rôle positif si elle soutient une ligne juste... Ils pensent seulement que l'emploi de la répression à leur encontre est injuste et du reste la répression a toujours été inefficace contre les bolcheviks. Car celui qui soutient une ligne politique juste vaincra » (page 177)..." (Philippe Moreau Defarges, Politique étrangère, 1982)

193.          INGLIS (Brian). L'Abdication d'Edouard VIII. 11 décembre 1936. Laffont, 1968, gr. in-8°, 395 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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"Histoire d'amour, choix romantique qui fit du roi Edouard VIII le duc de Windsor, ce n'est pas ce que l'on trouvera dans ce livre. Seuls les aspects politiques, les intrigues, les rivalités personnelles sont étudiés dans ce volume. C'est donc exclusivement une affaire anglaise. Après trente ans pouvons-nous y trouver encore quelque intérêt ? Peut-être, si l'on veut bien se souvenir que nous sommes à trois ans de la déclaration de la seconde guerre mondiale et que ces personnages dont la conduite est minutieusement décrite, sont ceux qui, à cette même époque, menaient ou influençaient la politique étrangère de la Grande-Bretagne." (E. Tesson, Etudes, 1968)

194.          JACQUET (Joseph)(dir). Les Cheminots dans l'histoire sociale de la France. Editions Sociales, 1967, in-8°, 318 pp, préface de Benoît Frachon, 24 pl. de gravures, fac-similés et photos hors texte, biblio, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, rhodoïd, bon état

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"Voilà un livre qui contribuera beaucoup à l'histoire vraie du mouvement ouvrier en France et à celle de la CGT. A travers la naissance et le développement de l'organisation des cheminots ce sont, en réalité, des problèmes se rapportant à l'évolution générale de la classe ouvrière de notre pays qui sont évoqués et étudiés avec un soin particulier et un esprit d'analyse qui font honneur à leurs auteurs. (...) Ils ont réalisé un travail digne du plus grand intérêt et utile à l'histoire du mouvement ouvrier dans sont ensemble." (Benoît Frachon, président de la CGT)

195.          KESSEL (Patrick). Le mouvement « maoïste » en France. Textes et documents. I : 1963-1968. P, UGE, 1978, in-12, 446 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. 10/18)

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Tome I seul (sur 2). Le tome II couvre la période 1968-1969. — Le mouvement « maoïste » en France est né en 1963 de la rencontre de militants révolutionnaires et communistes en opposition avec le révisionnisme moderne illustré, en ce qui concerne la France, d'une part par la politique « coloniale » du P.C.F. vis-à-vis de l'Algérie, et d'autre part par les thèses de Maurice Thorez sur la voie du passage pacifique au socialisme. Les quarante-sept documents réunis ici, articles de journaux, textes internes aux premières organisations marxistes-léninistes, P.C.M.L.F. et U.J.C.(m-l), couvrent la période septembre 1963-avril 1968. La question du Parti, des syndicats, des nouvelles formes de luttes est abordée à la fois dans le contexte français et avec le développement de la Grande révolution culturelle prolétarienne chinoise. Il ne s'agit pas d'une histoire idyllique du Mouvement « maoïste » en France : la lutte de classes passe entre les organisations et au sein de chacune d'elle. Les contradictions mises à jour pèsent aujourd'hui encore sur le développement du marxisme-léninisme en France.

196.          [Lawrence d'Arabie] – KNIGHTLEY (Phillip) et Colin SIMPSON. Les vies secrètes de Lawrence d'Arabie. Laffont, 1969, gr. in-8°, 415 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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« L’un des plus grands hommes de notre temps », selon Churchill, l’Arabe blanc, le roi sans couronne de Damas, le prince de la Mecque, le seconde classe de la R.A.F... La légende, très tôt, s’est emparée de Lawrence d’Arabie, dissimulant la vérité de l’homme. C’est à mettre à nu cette vérité que Philip Knightley et Colin Simpson se sont employés, à partir de confidences, de lettres et de documents inédits. Apparaît l’image d’un agent britannique au Proche-Orient animé par une solide passion anti-française et qui devait avouer lui-même avoir commis « un délit d’escroquerie à l’égard des Arabes ». S’éclaire le comportement intime d’un homme – autour de l’épisode de Deraa, où Lawrence fut livré au gouverneur turc de la ville – qui avait le goût des pratiques masochistes. Knightley et Simpson ne cherchent pas le scandale ; ils disent ce qui fut. Et l’histoire nue d’un homme complexe et contradictoire prend enfin le pas sur la légende.

197.          LE BRETON (Auguste). Aventures sous les tropiques. Pygmalion, 1977, gr. in-8°, 213 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Univers Insolite)

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Un chirurgien noir qui opère à mains nues – une femme jetée sur l'impitoyable route de la traite des blanches – un nouveau Parrain aux cinquante cadavres et aux mille bienfaits – une inquiétante vovo régnant sur un centre spirite... Ces personnages insolites et quelques autres, aussi captivants, Auguste Le Breton les a découverts au hasard d'un fascinant voyage, en quête d'un monde envoûtant et mystérieux situé en marge du nôtre...

198.          LE BRETON (Auguste). Fortif's. Hachette, 1982, gr. in-8°, 404 pp, glossaire d'argot, broché, couv. illustrée, bon état

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Un roman qui est aussi un document autobiographique sur les bas-fonds de Paris.

199.          LE BRETON (Auguste). Ils ont dansé le Rififi. Mémoires. Editions du Rocher, 1991, gr. in-8°, 363 pp, 32 photos sur 16 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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"C'est à tort qu'on le dit auteur de romans policiers. Auguste Le Breton est surtout le romancier des truands, de la Loi des rues, l'intrigue l'intéressait moins que les forts tempéraments. A l'écran, qu'il participe ou non aux adaptations, ses histoires ont tout naturellement été interprétées par les caïds du cinéma français, de Jean-Paul Belmondo à Robert Hossein. En 1969, le Clan des Siciliens réunit Jean Gabin (qui avait déjà tourné Razzia sur la chnouf en 1955), Alain Delon, Lino Ventura, rien que des grandes gueules, sous la direction d'Henri Verneuil. Jules Dassin, Jean-Pierre Melville (Bob le flambeur), Henri Decoin, Alex Joffé, Jacques Deray, Denys de La Patellière sont les réalisateurs qui se sont intéressés à son univers d'hommes ­ des vrais. Auguste Le Breton, célèbre pour une gouaille pas toujours drôle, a d'ailleurs publié un dictionnaire: l'Argot chez les vrais de vrais. Né en 1913, orphelin de guerre, il avait fait tous les métiers, couvreur, terrassier, débardeur, réparateur d'ascenseurs." (Claire Devarrieux, Libération, 2 juin 1999) — "... Le Breton se fait fort de défendre ses amis les voyous, les truands qui respectaient un code de l’honneur qui n’existe plus aujourd’hui. Il cite volontiers ses livres autobiographiques, Les pégriots, Pour deux sous d’amour, Fortifs, La môme Piaf, Les hauts murs, etc., rappelant qu’il est le coauteur de certains mots comme « rififi » ou « valseur » – arrière-train féminin ..." (Les Lectures de l'Oncle Paul)

200.          LE BRETON (Auguste). La Môme Piaf. Hachette, 1980, gr. in-8°, 370 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Grâce aux souvenirs inédits de Ginette Richer qui, pendant douze ans, est demeurée auprès de Piaf, Auguste Le Breton a pu camper la Môme en véritable héroïne. Une vie pure et scandaleuse, un martyre et une rigolade : les virées, l'alcool, le travail, les liaisons, la drogue, la souffrance...

201.          LE BRETON (Auguste). Les Bourlingueurs. Plon, 1972, gr. in-8°, 349 pp, 32 pl. hors texte (biographies et photos), broché, couv. illustrée, bon état

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Leurs destins les jettent vers les quais de Hambourg, les cercles de Macao, les boîtes de Harlem, la cité interdite de Hong Kong, le barrio chino de Barcelone, les mines d'émeraudes de Colombie, les bordels de Bangkok, le désert de Jordanie, les forêts de Tchécoslovaquie, les souks de Damas, la pampa d'Argentine, les ruines de Baalbek, les temples d'Angkor, les trésors aztèques, les favellas de Rio, l'ex-bagne de Cayenne, la mer Caraïbe, les bas-fonds canadiens, les docks de Londres... Là où rode Auguste le Breton, voici les Bourlingueurs.

202.          LE BRETON (Auguste). Les Pégriots. GLM, Laffont, Plon, 1973, gr. in-8°, 531 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état

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En 1934, alors que la République chancelait dans le scandale Stavisky, Georges Simenon, qui suivait « l'Affaire » en reporter, catapulta à la « une » des journaux un petit homme qui l'avait fasciné et qu'il baptisa Jo la Terreur. Le petit homme était redoutable: il détenait les talons de chèques de Stavisky, de quoi damner le Régime. Mais Jo était bien autre chose. À trente-huit ans, il était déjà le dernier survivant d'une époque héroïque, celle des Grands Truands de la Pègre, bien avant AI Capone, Chicago et la Mafia. Ces Pègriots étaient des chevaliers du crime, non des industriels comme leurs successeurs. Leur capitale mondiale était Paris ; leurs femmes, des Casque d'Or, croqueuses de diams et de princes. À dix-huit ans, Jo s'imposa parmi eux. À elle seule, son équipée sauvage serait un livre. — "Si un jour t'es pas capable de tout laisser à la seconde, de tout briser, femmes, enfants, foyer, amis, c'est que t'es devenu un bon à rien, une lope, un mec pas digne de vivre !" Auguste le Breton nous fait découvrir la vie du gangster français Georges Hainnaux plus connu sous le nom de "Jo la Terreur". Des bas fonds de Montmartre aux bordels d'Amérique du Nord en passant par les tripots de Londres, c'est un demi-siècle d'aventures et une authentique histoire du milieu français de 1880 à 1945. Parmi les héros de ce roman vrai, Bonnot, Carbone et Spirito, Stavisky, Bonny et Lafont. Et surtout une foule de personnages du peuple de Paris : prostituées, souteneurs, affranchis, policiers et malfrats. Dans ce monde, on tue pour un regard et on pleure sur une chanson des faubourgs. La force d'Auguste le Breton, personnalité en marge du monde de la littérature policière, fut de ne rien inventer dans ses livres : il avait presque tout vécu. — "Que reste t-il de morale et d'humanité quand on s'est affranchi de l'une et de l'autre ?" (Bertrand Poirot Delpech, Le Monde) — "Le meilleur livre d'Auguste Le Breton." (Le Canard Enchainé) — "Une histoire vraie et tellement puissante, quelque part entre Monte-Cristo et Il était une fois en Amérique..." (Olivier Marchal)

203.          LE BRETON (Auguste). Malfrats and Co. Laffont, 1971, in-8°, 236 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Vécu)

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Auguste le Breton, l'auteur célèbre de tant de “Rififis” et du “Clan des Siciliens”, a écrit “Malfrats and Co” pour compléter le triptyque commencé avec “Les hauts murs” et “La loi des rues”, récits de son enfance et de son adolescence. Mais, à la différence de ces deux derniers, qui prenaient l'allure de fictions, “Malfrats and Co” est écrit directement à la première personne. Et ce n'est pas une suite, c'est un livre en soi, cernant à la fois un monde fermé sur lui-même, avec ses lois et sa morale (« qui en vaut bien une autre », dit Le Breton), et un problème plus que jamais aigu : celui d'une jeunesse au bord de l'âge adulte et qui, rejetée sur elle-même par le hasard ou les malfaçons de la société, finit par peser, comme l'écrit Le Breton, « des tonnes de misère, de promiscuité, de révolte, de violence, de dégoûts, de rapines, de vols, de cris de rage et de haine, d'éclats de gueule et de rire ». Bref, un livre d'une sincérité truculente, brutale et totale, mais « régulier », loyal, où le lecteur n'est jamais pris en traître – bien au contraire : toujours de front. Et puis, de ces pages, de ces personnages, tout ensemble libres et terriblement prisonniers de leur révolte, durs, tendres, cyniques et parfois « paumés » comme de pauvres gosses perdus, se dégage une vertu, peut-être étrange et paradoxale à première vue, mais qui, au bout du compte, donne singulièrement à réfléchir.

204.          LE BRETON (Auguste). Monsieur Rififi. Hachette, 1981, in-8°, 236 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Pendant des années, Auguste Le Breton a refusé de raconter sa vie tumultueuse... C'est toute une galerie de portraits qui défilent ici : Arletty, Papillon, Melville, des producteurs douteux, des braqueurs de banque, des truands généreux, des collaborateurs, des journalistes, des copains et des amies sorties des rengaines de Fréhel. Des souvenirs féroces et tendres.

205.          LÉNINE. Lénine et l'organisation. Les Editions de la Commune de Paris, 1970, in-12, 178 pp, introduction de W. S. Mitskévitch-Kapsoukas, broché (directeur de la Section d'organisation du Comité exécutif de l'Internationale Communiste) : « Lénine et la construction du parti bolchévik » (25 pp), bon état. Réédition de l'édition du Bureau d'éditions, 1928

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Réimpression anastatique de l’ouvrage paru à Paris en 1928 au Bureau d'éditions, de diffusion et de publicité. A noter que les œuvres de Marx, Engels et Lénine, notamment, ont fait l'objet dans les Etats socialistes de traductions successives, conformes à la politique du moment. Ainsi, par exemple, certaines éditions publiées par les Etats et partis communistes pro-soviétiques étaient traduites de la dernière édition russe éditée et non à partir des textes originaux. De même, par exemple, les éditions russes et leurs traductions en langues étrangères d'écrits de Lénine, Dimitrov, etc., furent expurgées de passages relatifs à Staline après la déstalinisation. Les traductions des textes de Lénine édités avant 1958 sont presque toujours différentes de celles publiées à partir de cette date, notamment dans les "Œuvres" en 45 volumes. Recueil de 15 textes et extraits de textes de Lénine, classés par ordre chronologique, relatifs à l’édification et à l’organisation du parti bolchévik et, accessoirement, des sections de l’Internationale communiste.

206.          LEONHARD (Wolfgang). Un enfant perdu de la Révolution. France-Empire, 1983, gr. in-8°, 322 pp, traduit de l'allemand (“Die Revolution entlässt ihre Kinder”), broché, couv. illustrée, bon état

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Wolfgang Leonhard était un de ces personnages que seul le Komintern avait pu créer. Né le 16 avril 1921 à Vienne, il fut d’abord prénommé Vladimir en hommage à Lénine. Sa mère, une amie de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg travaillait au service de presse du Komintern (troisième internationale). Son père, Mieczyslaw Bronski, un ami de Lénine, était ambassadeur soviétique en Autriche. Il sera fusillé par Staline en 1938. Wolfgang Leonhard a longtemps cru qu’il était le fils du poète et auteur dramatique expressionniste Rudolf Leonhard. Après avoir grandi un temps à Berlin, il s’exile avec sa mère à Moscou en 1935. Il est formé dans les écoles de cadre du Parti communiste soviétique alors même que sa mère, soudain devenue ennemie du peuple, se retrouve dix ans au goulag. En 1945, il fait partie du groupe Ulbricht que les Soviétiques débarquent dans leur zone d’occupation avant même la fin des combats pour y créer ce qui sera la RDA. « Nous devons tout contrôler mais il faut que cela ait l’air démocratique », sera le mot d’ordre d’Ulbricht. Wolfgang Leonhard dirigera l’école de cadres du Parti communiste est-allemand. Il retrouvera sa mère. Wilhelm Pieck obtiendra sa libération auprès de Staline. En 1949, il découvre la Yougoslavie de Tito avant de partir s’installer en Allemagne fédérale en 1950 où il tentera brièvement de créer un parti de gauche d’inspiration « titiste ». Plus tard, il enseignera à Oxford et Yale en tant qu’expert de l’Union soviétique et des pays de l’Est. L'édition originale de ce livre a été publiée en 1955. Wolfgang Leonhard est décédé le 14 août 2014 à l’âge de 93 ans. (Bernard Umbrecht, Le SauteRhin, 2014)

207.          LE PRÉVOST (Jacques). Défense de l'Algérie. Alger, Librairie Dominique, 1957, in-8°, 197 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Un plaidoyer pour l'Algérie française." (Benjamin Stora) — "Recueil de « billets du jour » diffusés en 1956 et 1957 sur les antennes de Radio-Algérie. Le ton agressif dont l'auteur se départit rarement risque de ne pas amener tous les lecteurs à partager ses convictions." (Revue française de science politique, 1958)

208.          LÜTHY (Herbert). A l'heure de son clocher. Essai sur la France. Calmann-Lévy, 1957, in-8°, 340 pp, broché, bon état (Coll. Liberté de l'Esprit)

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« Le meilleur livre sur la France depuis dix ans » : tel a été le jugement souvent formulé sur ce livre écrit par un Suisse et publié d'abord à Zurich, Stuttgart et Vienne en 1954, sous le titre "Frankreichs Uhren gehen anders". L'ouvrage est remarquable ; ce serait bien dommage qu'on s'arrêtât aux défauts du livre et à un certain agacement que sa lecture peut provoquer..." (Jacques Chapsal, Revue française de science politique) — "Sévère critique de la politique, des institutions et des moeurs françaises et particulièrement du conservatisme et du penchant pour la médiocrité. Luthy ne semble cependant pas s'adresser aux Français et, tout au moins, n'a-t-il pas l'intention de convaincre ceux dont il condamne les comportements. Mais, en somme, l'ensemble des fautes qu'il reproche au pays trouve sa source commune : le malthusianisme. Politique des loyers et du logement, conceptions architecturales périmées, verrou mis contre toute immigration utile, protection accordée à des techniques dépassées, etc., forment, en somme, un tout cohérent qu'on serait tenté de qualifier de logique. Ces défauts malthusiens ne sont pas propres à la France et l'on pourrait trouver dans d'autres pays, y compris celui de l'auteur, de nombreuses manifestations d'un conservatisme et d'un archaïsme analogues..." (Alfred Sauvy, Population)

209.          MALYE (François) et Benjamin STORA. François Mitterrand et la guerre d'Algérie. Calmann-Lévy, 2010, in-8°, 307 pp, biographie des principaux acteurs, chronologie, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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1er novembre 1954, l'Algérie s'embrase. En tant que ministre de l'Intérieur, François Mitterrand se retrouve au coeur de la tourmente. Pas question pour lui, ni d'ailleurs pour la majeure partie de la classe politique, d'envisager l'indépendance de ces départements français. Il tente en revanche d'imposer des réformes sociales. Devenu ministre de la Justice du gouvernement socialiste de Guy Mollet, il reste un homme d'ordre, fidèle à la politique répressive qui s'installe. La guillotine en devient une des armes. Quand François Mitterrand quitte la place Vendôme à la fin du mois de mai 1957, quarante-cinq condamnés à mort ont été guillotinés en seize mois. Comment celui qui, vingt-cinq ans plus tard, abolira la peine de mort peut-il accepter l'exécution des militants algériens ? Comment expliquer le silence autour de cet épisode noir de la carrière du futur président de la République ? Ce livre montre que François Mitterrand n'a pas été au rendez-vous de la décolonisation algérienne. Nourri de documents et de témoignages inédits, il est le fruit d'un long et méticuleux travail mené par un journaliste et un historien. Evoquant cette période plusieurs décennies plus tard, le président fera cet aveu : "J'ai commis au moins une faute dans ma vie, celle-là".

210.          MARMONNIER (Christian) et Alex VARENNE. Les Années Folles des maisons closes. Seven Sept, 2007, gr. in-8° carré, 143 pp, texte sur 2 colonnes, 139 photos en noir, 10 illustrations en couleurs, 15 dessins de Alex Varenne, biblio, reliure illustrée de l'éditeur, bon état. Sans le DVD

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Abondamment illustré, l'ouvrage aborde l'érotisme des années folles selon un ton drôle et savant. Dix chapitres décomposent ainsi la poétique du plaisir de ce début de XXe siècle en donnant la parole aux principaux acteurs, jusqu'alors muets, et figurant sur les cartes postales de charme de l'époque. Cigarettes et bas de soie expriment l'émancipation féminine naissante, une chaise parle de la dure vie du trottoir, un miroir vante les débuts du cinéma avec les premières incarnations de sex symbols, un voile pudique révèle qu'il n'est autre que Madame Anastasie, Dame Censure en personne... En tournant les pages de ces Années folles des maisons closes, le lecteur peut aussi composer son propre langage amoureux, réviser les paroles des chansons troublantes tout en lorgnant les images osées que son arrière-grand-père envoyait régulièrement à ses poteaux de régiments. De nombreux textes courts viennent en appoint faire la lumière sur des sujets précis, une petite histoire de l'odalisque en peinture, une terminologie sexuée approfondie, un lexique de maisons closes dont les noms résonnent encore dans le maquis de l'histoire de l'érotisme.

211.          MORENO (Marguerite). Souvenirs de ma vie. Editions de Flore, 1948, in-8°, xxx-313 pp, préface de Colette, introduction de Robert Kemp, 8 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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Marguerite Moreno est née en 1871, deux ans avant Colette, la grande amie de sa vie. Entrée à la Comédie Française à 20 ans, elle va rapidement fréquenter les figures mythiques de la Belle Époque. Leurs portraits constituent les meilleurs moments du livre. De Marcel Schwob, son mari tôt disparu, Moreno évoque l'immense érudition, l'amour fou des livres, l'amitié avec Jarry – qui un jour vint chez eux lire son Ubu roi et fit rire aux larmes l'écrivain reclus –, ou encore avec Claudel dont il prédit la gloire. Auprès de Mallarmé, certains soirs d'été, elle connut « l'ivresse poétique ». La jeune comédienne eut le privilège de jouer dans “Les Uns et les autres”, l'unique pièce de Verlaine, sous le regard du poète. Elle triompha avec Le Voile, de Rodenbach, goûta le plaisir de la conversation avec Rostand mais souffrit toujours « les mille horreurs » avant d'entrer en scène. Ce livre, plus qu'il ne peint son auteur, fait revivre une époque passionnante à la charnière de deux siècles. Privilégiant sa jeunesse, Moreno n'y aborde pas la longue carrière qu'elle poursuivit au cinéma jusqu'à sa mort en 1948.

212.          MUELLE (Raymond). La Guerre d'Algérie en France, 1954-1962. Presses de la Cité, 1994, gr. in-8°, 307 pp, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Des responsables du FLN ont déclaré, à juste titre, que leur guerre a été gagnée en France. Pourtant, les événements dont la métropole a été le théâtre pendant la guerre d'Algérie semblent avoir disparu de notre mémoire collective. Cependant, la période qui va de 1955 à 1962 a été particulièrement sanglante, fertile en faits dramatiques dont les conséquences, loin d'être effacées, sont ramenées au jour avec insistance par l'actualité récente. Porte ouverte à un terrorisme implacable, la France métropolitaine compta pour cette période, 6000 Nord-Africains et 400 Français tués du fait du FLN. S'y ajoutent des milliers de blessés, des destructions et des sabotages considérables. Dans la chronologie des événements politiques et à travers les faiblesses et les ambiguïtés des pouvoirs successifs, à partir de témoignages de participants (policiers, agents du Service Action, harkis, membres du FLN), l'ouvrage traite de ces années de guerre et de leurs aspects essentiels.

213.          PAPY (Michel)(textes rassemblés et présentés par). Les Espagnols et la Guerre civile. Biarritz, Atlantica, 1999, in-8°, 441 pp, broché, couv. illustrée, qqs soulignures au stylo rouge, sinon bon état

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Actes du colloque de Pau, novembre 1996 : 24 études érudites (dont sept en espagnol). — "Cet ouvrage collectif est issu d'un colloque franco-espagnol tenu à Pau dans le sillage des rencontres, désormais historiques, organisées par Manuel Tunon de Lara dans cette université pendant les années de la dictature franquiste. Ce recueil de vingt-quatre textes se veut un hommage à l'historien espagnol et est structuré autour de quatre axes : un bilan des connaissances sur le premier franquisme (Javier Tusell), avec l'étude de certains aspects encore mal connus, comme l'appareil policier sur lequel s'appuyait le régime (Bartolomé Bennassar), mais aussi de la race spirituelle et catholique, qui crée la Hispanidad, un des éléments de la propagande franquiste (Marie-Aline Barrachina) ; du côté républicain, les débuts de la guerre en Navarre et la complexité du problème basque, ainsi que les expériences révolutionnaires en Aragon et les événements de mai 1937 à Barcelone ; les implications internationales de la guerre : les réactions diplomatiques (Jean-François Berdah), celles des militaires (Thierry Vivier) et des milieux d'affaires (Albert Broder), la solidarité apportée par les brigades internationales (Rémi Skoutelsky) et la notion même d'antifascisme telle qu'elle ressort des débats historiques actuels (Carlos Serrano) ; enfin, l'accueil des réfugiés espagnols en Béarn, la participation de ces derniers à la Résistance dans la région, mais aussi la déportation de quelque 7000 républicains à Mauthausen (Emile Temime). Une réflexion sur la mémoire de la guerre dans l'Espagne postfranquiste (Alberto Reig Tapia), conclut ce bilan historiographique sur la guerre d'Espagne, « la dernière guerre romantique » selon Tunon de Lara." (Geneviève Dreyfus-Armand, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2000)

214.          PERRAULT (Gilles). Le pull-over rouge. Ramsay, 1978, gr. in-8°, 440 pp, un plan, broché, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier)

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Christian Ranucci, vingt-deux ans, a été guillotiné le 28 juillet 1976 à 4 h 13 dans la cour de la prison des Baumettes. Etait-il coupable ou innocent ?

215.          RIMBAUD (Christiane). Traversées du désert. De de Gaulle à nos jours : la disgrâce en politique. Albin Michel, 1998, gr. in-8°, 380 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Munie d'une bonne bibliographie, à laquelle sont ajoutés quelques entretiens, C.R. a eu l'idée de prendre l'histoire à l'envers, en commençant par les échecs plutôt que par les succès ; ceux qui ont surmonté l'échec (De Gaulle, Mitterrand et Chirac), et ceux qui s'y sont engloutis (P. Mendès France, V. Giscard d'Estaing, J. Chaban-Delmas et P. Bérégovoy, auquel elle a consacré un livre). Tous ces itinéraires sont évidemment très différents : il y a loin des années de solitude altière, disputée à la littérature par Ch. de Gaulle, aux années d'humiliations suivies de patiente reconstruction d'une force politique par F. Mitterrand, à celles encore de V. Giscard d'Estaing, entièrement tendues vers la recherche d'un rôle, qu'il s'agisse du Conseil général, du Parlement européen, et, à défaut de Matignon presque frôlé, de la présidence de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Le livre se termine avec J. Chirac, dont l'originalité aura été d'insérer l'échec à l'intérieur du succès, ce qui permet de conclure avec mélancolie sur la politique qui ne serait que la « conjuration de la mort ». Vérité individuelle peut-être, mais traduisant une approche égocentrique et donjuanesque qui laisse de côté la finalité collective de la politique." (Revue française de science politique, 1998)

216.          ROMERO (Luis). L'aube de la guerre d'Espagne. 18, 19, 20 juillet 1936. Laffont, 1968, gr. in-8°, 501 pp, traduit de l'espagnol, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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Heure par heure, comment pendant trois jours toute l'Espagne, généraux, ministres, simples citoyens, a titubé au bord de la guerre civile avant de s'y engouffrer... Plus de vingt ans après la guerre civile, Luis Romero s'est lancé pendant trois ans dans un long et minutieux travail dont ce livre est le fruit.

217.          ROUANET (Pierre). Mendès France au pouvoir (18 juin 1954 - 6 février 1955). Laffont, 1965, in-8°, 570 pp, broché, couv. à rabats, bon état

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"(...) Plus que d'un livre d'histoire, il s'agit en somme d'une chronique, et d'une chronique « engagée », donc polémique : sur ce plan, la réussite de P. Rouanet est incontestable, et l'on trouve profit à ce rappel des événements, déjà vieux de treize ans, qui ont marqué les quelques mois du gouvernement Mendès France, et sur la plupart desquels l'action de ce gouvernement et de son chef a été profonde. Nous n'en rappellerons ici que l'enchaînement, sans entrer dans plus de détails : les accords de Genève, qui ont mis fin, pour la France, à la guerre d'Indochine ; le discours de Carthage, grâce auquel le problème tunisien est sorti de l'impasse où l'avaient engagé les prédécesseurs de M. Mendès France ; l'utilisation de pouvoirs spéciaux pour amorcer une action économique et sociale d'envergure, à laquelle devait malheureusement faire défaut la durée indispensable à son efficacité ; la solution apportée au bout de quatre ans d'atermoiements au problème du réarmement allemand, grâce aux accords de Londres et de Paris conclus après le rejet de la C.E.D. ; mais aussi, hélas, le déclenchement de l'insurrection algérienne et le choix de M. Jacques Soustelle comme gouverneur général. L'intérêt essentiel du livre de P. Rouanet, à nos yeux, réside cependant moins dans cette chronique que dans les éléments qu'il apporte à une réflexion sur les raisons pour lesquelles M. Pierre Mendès France, dont l'action en 1954-1955, par son style comme par son contenu, préfigurait à tant d'égards celle que le général de Gaulle devait entreprendre à partir de 1958, s'est rangé constamment depuis neuf ans dans l'opposition la plus ferme à la Cinquième République et à celui qui l'a instituée..." (François Goguel, Revue française de science politique, 1967).

218.          ROUSSEL (Eric). Pierre Mendès France. Gallimard, 2007, gr. in-8°, 605 pp, 73 photos sur 32 pl. hors texte, notes, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix de la biographie de l'Académie française)

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Pierre Mendès France (1907-1982) est, avec le général de Gaulle, le seul grand acteur de la vie publique qui, dans la seconde moitié du XXe siècle, a suscité un mythe. Sa trace dans l'Histoire ne se limite pas à son bref passage au pouvoir de juin 1954 à février 1955, sept mois et dix-sept jours marqués par le règlement de la guerre d'Indochine et le début du processus d'indépendance de la Tunisie. Le rayonnement et l'influence de cet homme de gauche réaliste se sont exercés bien au-delà de sa famille politique d'origine. Pour plusieurs générations de hauts fonctionnaires, de cadres dirigeants, d'intellectuels et de citoyens anonymes, Mendès France a été une référence morale. Si de Gaulle avait une certaine idée de la France, lui incarnait une certaine idée de la République, avec pour principes le souci du bien commun, le respect de l'adversaire, la volonté de dire toujours la vérité. S'écartant d'une légende simplificatrice, Eric Roussel est parti à la recherche de cet homme courageux, complexe, attachant, quelquefois paradoxal. De ses débuts de jeune élu radical en Normandie à ses relations passionnelles avec de Gaulle et compliquées avec François Mitterrand, maints épisodes que l'on croyait connus apparaissent sous un jour nouveau, tandis que se révèle un être sensible, très marqué par le procès inique que lui intenta le régime de Vichy, et plus d'une fois en proie au doute. Fondé sur une vaste enquête dans les archives françaises et étrangères, les témoignages de proches de Mendès France et ses écrits inédits les plus intimes, ce livre éclaire un destin d'exception profondément ancré dans la mémoire nationale.

219.          SAVARIUS (Vincent)(pseudonyme de Béla Szász). Volontaires pour l'échafaud. Julliard, 1963, in-8°, 316 pp, traduit du hongrois, broché, bon état (Coll. Dossiers des Lettres Nouvelles). Edition originale. A noter : le titre de la couverture est différent de celui de la page de titre qui est "Volontaires pour la potence". Le titre dut être modifié en dernière minute parce que déjà utilisé en 1950 par un autre éditeur (Berger-Levrault). L'éditeur Maurice Nadeau raconte dans ses mémoires qu'on le força à retirer le livre de la vente sous peine de procès

            25

Le témoignage d'un rescapé du procès Rajk. L'histoire vécue par l'un des principaux accusés, de l'arrestation puis de la mise en condition de quelque deux cents victimes – toutes innocentes – lors des procès préfabriqués de Budapest en 1949, qui devaient, sous le régime stalinien de Râkosi, décimer Laszlo Rajk et l'élite du P.C. hongrois. — "Après le Rapport Khrouchtchev, après Budapest, après ces “Volontaires pour l'échafaud” de Savarius, témoignage d'une victime du procès contre Rajk « et ses complices » (qu'on me force à retirer de la vente sous peine de procès), on ferme les yeux, les oreilles, l'entendement à ce que raconte Chalamov..." (Maurice Nadeau, “Grâces leur soient rendues: Mémoires littéraires”, 2015) — "Pour savoir ce qu'était la terreur stalinienne en Hongrie il faut lire deux livres : “Volontaires pour l'échafaud” de Béla Szász (Vincent Savarius), publié chez Julliard en 1963 et “Les beaux jours de l'enfer” de György Faludy, aux éditions John Didier, publié en 1965." (Charles Kecskemèti, “Morphologie et mécanismes d’une révolution : Budapest 1956”, 2006) — "Tous ces épisodes [d'octobre 1956] ont été remarquablement narrés par Bela Szasz lui-même, dans un ouvrage publié sous le pseudonyme de Vincent Savarius : “Volontaires pour l'échafaud” (1963)" (Alain Decaux, “C'était le XXe siècle, tome 4 : De Staline à Kennedy”, 2014)

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SIEGFRIED (A.) et E. BONNEFOUS (dir.) L'Année politique. Revue chronologique des principaux faits politiques, économiques et sociaux de la France [puis L'Année politique, économique, sociale et diplomatique en France, puis L'Année politique, économique et sociale en France]. P., 1946-1982, volumes fort in-12 (pour les 2 premiers), puis gr. in-8°, avec index. Nous disposons des volumes suivants :

 

220.          L'Année politique 1944-1945. De la Libération de Paris au 31 décembre 1945. Editions du Grand Siècle, 1946, fort in-12, iii-563 pp, préface d'André Siegfried, index, broché, état correct. (1ère année)

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"C'est une vérité d'évidence, pour tous ceux qui ont à conduire des recherches ou des travaux sur l'histoire politique française depuis la fin de la guerre mondiale, que l'instrument de travail indispensable est “l'Année politique”, paraissant régulièrement chaque année depuis 1946 et dont le premier volume couvrait la période 1944-45. Les rubriques bibliographiques de notre Revue n'ont pas manqué de la signaler à maintes reprises. Un des meilleurs spécialistes de notre histoire contemporaine disait récemment qu'à elle seule, la collection de “l'Année politique” permettait d'élaborer un enseignement très complet sur la Quatrième République – éloge qui n'est pas mince et auquel l'auteur de cette note de lecture s'associe très volontiers." (Jacques Chapsal, Revue française de science politique, 1985)

221.          L'Année politique 1946. Du 1er janvier 1946 au 1er janvier 1947. Editions du Grand Siècle, 1947, fort in-12, xi-626 pp, broché, papier jauni comme toujours, bon état

            30

222.          L'Année politique 1947. Du 1er janvier 1947 au 1er janvier 1948. Editions du Grand Siècle, 1948, gr. in-8°, xv-395 pp, introduction d'André Siegfried, tableaux, chronologie, index, broché, trace de mouillure ancienne au coin des premiers feuillets, état correct

            30

223.          L'Année politique 1963. PUF, 1964, gr. in-8°, 447 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

224.          L'Année politique 1964. PUF, 1965, gr. in-8°, 465 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

225.          L'Année politique 1965. PUF, 1966, gr. in-8°, 503 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

226.          L'Année politique 1966. PUF, 1967, gr. in-8°, 445 pp, reliure éditeur, bon état

            35

227.          L'Année politique 1967. PUF, 1968, gr. in-8°, 452 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

228.          L'Année politique 1968. PUF, 1969, gr. in-8°, 448 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

229.          L'Année politique 1969. PUF, 1970, gr. in-8°, 452 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

230.          L'Année politique 1970. PUF, 1971, gr. in-8°, 452 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

231.          L'Année politique 1971. PUF, 1972, gr. in-8°, 452 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

232.          L'Année politique 1972. PUF, 1973, gr. in-8°, 445 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

233.          L'Année politique 1973. PUF, 1974, gr. in-8°, 460 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état

            35

234.          L'Année politique 1974. PUF, 1975, gr. in-8°, 454 pp, reliure éditeur, jaquette, bon état. Année rare

            80

235.          L'Année politique 1978. Editions du Grand Siècle, 1979, gr. in-8°, 624 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état

            35

236.          L'Année politique 1981. Editions du Moniteur, 1982, gr. in-8°, 624 pp, index, broché, bon état

            35

237.          L'Année politique 1982. Editions du Moniteur, 1983, gr. in-8°, 652 pp, index, broché, bon état

            35

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238.          YOUSSOUPOFF (Prince F.). La Fin de Raspoutine. Plon, 1959, in-12, iii-256 pp, un portrait de l'auteur en frontispice, broché, couv. illustrée, trace de pli au 1er plat, bon état

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La fin de Raspoutine racontée par celui qui osa l'exécuter... — "N'allons pas chercher dans cet ouvrage beaucoup plus qu'un suspense qui suffit – semble-t-il – à expliquer la réédition de ce livre, paru en 1927. Il n'y a plus guère, en effet, de révélation à attendre sur la mort de Raspoutine ; mais ces « souvenirs d'un assassinat », présentés par l'un des acteurs du meurtre, restent encore, nous oserions dire, vivants. L'historien, s'il s'arrête quelques instants sur ce livre, sera frappé par l'absence totale de programme et de sens politique des conjurés : un complot sans autre programme que la fidélité à un idéal patriotique et dynastique. Membres, du moins certains d'entre eux, de cette Maison impériale, ils s'imaginaient presque que la fin du staretz serait en même temps celle du « raspoutinisme » – terme sur lequel l'auteur passe sans guère s'expliquer. Si bien que ce crime, presque parfait, en viendrait à leur paraître inutile faute d'avoir provoqué le sursaut national escompté. C'est que, de leur propre aveu (p. 231), les acteurs paraissent tout ignorer de la situation réelle du pays, méconnaître les causes profondes du discrédit où était tombée la famille impériale, se méprendre sur les racines véritables du « raspoutinisme », où l'auteur veut voir la préfiguration du bolchévisme. Tous deux sont confondus dans le même anathème, « le bolchévisme ayant terminé ce que le raspoutinisme avait commencé » (p. 37). Qu'était ce « clan Raspoutine » ? La victime n'était-elle qu'un « satyre mystérieux et lascif » ? Agissait-elle pour son propre compte ? Ce livre laissera bien souvent le lecteur perplexe. Du moins trouvera-t-il ces pages plus émouvantes par les illusions des conjurés que par la personnalité de la victime." (Fr.-X. Coquin, Revue historique, 1961)

1ère GUERRE MONDIALE

 

239.          BARBUSSE (Henri). Le Feu. (Journal d'une Escouade). Ernest Flammarion, éditeur, 1930, in-12, 349 pp, broché, bon état. Prix Goncourt 1916

            20

Engagé volontaire, l'auteur rejoint le dépôt d'Albi le 10 septembre 1914. Versé au 231e RI (18e Cie, 3e Section), il part pour le front le 29 décembre. Atteint de dysenterie, il est affecté comme brancardier le 12 juin 1915. Ne guérissant pas, il est versé le 18 novembre au 8e RIT, et affecté le 27 à un état-major. Norton Cru ne supportait pas qu'on fît de la littérature à propos de la guerre. Aussi se montre-t-il très sévère à l'égard des oeuvres de Barbusse, et notamment de celle qui eut le retentissement le plus considérable : “Le Feu”. Il reproche à l'auteur d'avoir conçu un roman dans la veine de Zola – ce qui est indéniable –, et pour cela lui dénie toute authenticité et toute sincérité – ce qui est injuste. Il n'a pas su voir que Barbusse n'a pas cherché à consigner scrupuleusement son expérience individuelle, mais à évoquer une mythologie nouvelle de la guerre – une mythologie faite de souffrance, de misère et d'abjection – pour mieux la dénoncer.

240.          BLOND (Georges). Verdun. Presses de la Cité, 1961, in-8°, 307 pp, 24 pl. de photos hors texte, 2 cartes, en feuilles, sous couv. rempliée bordeaux avec titre imprimé en jaune au 1er plat, sous chemise d'éditeur cartonnée bordeaux avec titres au dos, étui cartonné bordeaux, bon état. Edition originale, un des 100 exemplaires de luxe numérotés (sur pur fil), seul grand papier. Très rare en grand papier

            80

Dans toute l'histoire de tous les peuples, aucune bataille n'a égalé en agonie la bataille de Verdun. Aucun sol d'aucun pays n'a été aussi arrosé de sang humain que ce petit espace de paysage français. Les estimations les plus récentes font état de quatre à cinq cent mille morts, tant Français qu'Allemands, et d'environ huit cent mille blessés graves, en forte proportion demeurés infirmes. Sur un front de bataille de vingt kilomètres, cent ou deux cent mille morts n'ont jamais reçu de sépulture. Leurs corps pulvérisés ont été mêlés à la terre. Par sa démesure, sa durée et sa brutalité, la bataille de Verdun représente à elle seule toute l'horreur et toute l'absurdité de la Première Guerre mondiale. Engagée par les Allemands le 21 février 1916, l'offensive durera toute l'année sur un terrain que l'artillerie transforme en antichambre de l'enfer. Georges Blond raconte en historien l'héroïque boucherie, mais en historien qui s'attache aux hommes plus qu'aux dates. Il semble, à le lire, qu'il a vécu avec les poilus les heures sombres dont les coteaux de Verdun, labourés par les obus et irrigués par le sang des hommes, ont été le théâtre. "Des secondes passent. Encore quelques grenades, mais à l'extérieur. Une mitrailleuse tire sur l'entrée, on entend les balles crever les sacs de terre et même la toile des sacs s'enflamme, une fumée âcre et noire pénètre. Personne ne bouge. Des minutes. Plus de grenades. Plus de mitrailleuses. On entend toujours le bombardement et les éclats de 75, mais rien d'autre. Les hommes collés au sol et le long des murs recommencent à bouger."

241.          DURKHEIM (Emile) et Ernest DENIS. Qui a voulu la guerre ? Les origines de la guerre d'après les documents diplomatiques. Armand Colin, 1915, in-8°, 65 pp, broché, bon état (Coll. Etudes et documents sur la guerre)

            20

"(...) Dès l'entrée en guerre et suite à la déclaration de 93 intellectuels allemands qui discréditent la France, Emile Durkheim s'insurge et estime que l'élite doit réagir face aux mensonges prussiens. Il signe plusieurs brochures : Qui a voulu la guerre ? (1915) où il démontre la culpabilité du gouvernement allemand et surtout l'Allemagne au-dessus de tout (1915), petit ouvrage dans lequel il étudie la notion de l'Etat ennemi qui repose sur "une morale païenne" et se croit "la plus haute incarnation terrestre de la puissance divine". Comme nombre d'intellectuels, il appelle à la restitution de l'Alsace et de la Lorraine à la France..". (Barbara Weill, Emile Durkheim et la sociologie)

242.          GUIRAL (Louis). Secteur d'attaques. Secteur tranquille. P., Editions de France, 1935, in-12, 248 pp, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

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Secteur d'attaques : Oise 1918. - Secteur tranquille : Champagne 1917.

243.          HASE (Capitaine de corvette Georg von). La Bataille du Jutland vue du "Derfflinger". Souvenirs d'un officier de marine allemand. Payot, 1929, in-8°, 191 pp, traduit de l'allemand, annoté par le service historique de l'Etat-Major de la Marine, 22 photos et 2 croquis hors texte, reliure demi-chagrin brun, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées, dos lég. frotté, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale)

            30

"Peu de livres ont jamais évoqué un tableau aussi net, aussi sincère, aussi vivant, d'une bataille navale que ce récit de la bataille du Jutland, écrit par un de ses acteurs de la marine allemande, le capitaine de corvette Georg von Hase. L'auteur nous fait assister aux péripéties de l'action, vues de son blockhaus de commandement de l'artillerie à bord du croiseur "Derfflinger", qui joua un rôle très brillant et fut très endommagé. Et cela est écrit sobrement, sans jactance, sans souci de littérature, avec la simple mise à jour des notes du bord. Le récit est d'autant plus captivant et il semble qu'il fasse vivre la combat minute par minute. Von Hase proclame, naturellement, sinon la victoire, du moins la supériorité de la flotte allemande, laquelle se tira de l'aventure avec une perte de 2.000 marins seulement, dit-il, alors que la flotte britannique, qu'il ne laisse pas d'admirer, en aurait perdu 10.000..." (Le Figaro)

244.          MEYER-PLANTUREUX (Chantal)(dir). Le théâtre monte au Front. Editions Complexe, 2008, in-8°, 417 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Sarah Bernhardt, pourtant invalide, n'a pas hésité à donner plusieurs représentations théâtrales devant des milliers de soldats, regroupés pour voir l'une des grandes vedettes du temps. Moment de détente dans la vie du poilu, mais aussi propagande ou reflet de leur existence difficile, le théâtre joue un rôle important dans la vie du Front pendant la Grande Guerre. Or, il est encore l'un des territoires peu connus de l'histoire culturelle de la Première Guerre mondiale. “Le théâtre monte au Front” explore les différents visages du répertoire de ce moment crucial : des pièces censurées à celles écrites par les poilus eux-mêmes, du théâtre patriotique au pacifiste, des auteurs de l'arrière aux mises en scène dans les casernes et les campements. Entre « bourrage de crâne » et vision très réaliste donnée par les soldats, le théâtre propose une image fouillée de la guerre et de la façon dont elle a été représentée suivant que l'on soit acteur du conflit ou spectateur. L'ouvrage se compose d'une série d'essais sur la vie théâtrale entre 1914 et 1920, à Paris et au Front, et y adjoint une anthologie d'extraits significatifs d'un répertoire largement inédit ou tombé dans l'oubli. — Avec les contributions de Antoinette Blum , Léonor Delaunay, Amandine Dongois, Odile Krakovitch, Mallory Patte-Serrano, Isabelle Scaviner et Karima Tamarat.

245.          PICHOT-DUCLOS (Général). Au G.Q.G. de Joffre. Réflexions sur ma vie militaire. Souvenirs. Arthaud, 1948, in-8°, 399 pp, 4 croquis dans le texte, une carte dépliante in fine, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            40

"Rédigés d'une plume alerte, les souvenirs du général Pichot-Duclos sont d'une lecture aussi agréable qu'instructive. De nombreuses anecdotes et maints portraits rapidement crayonnés émaillent le récit des étapes que parcourait un officier d'activé de cette solide armée française de la « revanche » qui opéra le redressement de la Marne et soutint le long cauchemar de la guerre des tranchées : Saint-Cyr, temps de régiment (à l'époque de l'affaire Dreyfus), stage à l'École de guerre, puis service dans les états-majors et temps de commandement. Le capitaine breveté Pichot s'était fait l'avocat d'un large emploi de l'avion pour l'observation et l'intervention au sol. Quelques mois passés à la nouvelle section aéronautique du ministère de la guerre lui ouvrirent l'accès des hautes sphères où stratégie, politique et diplomatie réunissent généraux et ministres dans une ambiance qui n'est plus tout à fait celle des états-majors de troupes. La déclaration de guerre le retrouve membre du 3e Bureau (opérations) au G.Q.G. de Joffre. Après la bataille de la Marne, sur laquelle il avoue ne pouvoir guère révéler de détails inédits, il vécut la période la plus intéressante de son service d'état-major comme officier de liaison entre le haut-commandement et la 1ère armée du général Dubail. Il put ainsi voir en action plusieurs grands chefs aux prises avec des difficultés de commandement dont l'évocation ne manque pas de vivacité et de saveur. A maintes reprises, notre mémorialiste souligne la fermeté et le tact du général en chef dans ses rapports avec les commandants subordonnés, son souci constant de maintenir un lien étroit avec le front, de connaître de première main l'état de la troupe et le détail de ses expériences au feu, pour les faire diffuser aussitôt dans les autres secteurs au contact et dans les centres d'instruction de l'arrière. Il montrait ainsi un sens des réalités dont son pays devait amèrement regretter l'affaiblissement dans la génération qui suivit, aussi bien militaire que civile. Lecture à recommander en particulier aux ofïiciers qu'intéressent les problèmes du travail d'équipe dans les états-majors et les rapports entre ceux-ci et la troupe." (Revue militaire suisse, 1952)

246.          SCAPINI (Georges). L'Apprentissage de la nuit. Flammarion, 1929, in-12, 249 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 300 ex. numérotés sur papier Alfa

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Durant la Première Guerre mondiale, Georges Scapini est mobilisé au sein du 39e RI, unité avec laquelle il sera deux fois blessé. De cette expérience qui le marquera profondément dans sa chair (il perd la vue en 1915), il en tirera ce témoignage paru en 1929. Devenu par la suite président de l'association des Aveugles de guerre, il sera plus tard, sous le gouvernement de Vichy, chef du Service diplomatique des prisonniers de guerre à Berlin, avec le rang d'ambassadeur.

2ème GUERRE MONDIALE

 

247.          ANDRIEU (Claire). La Banque sous l'Occupation. Paradoxes de l'histoire d'une profession, 1936-1946. Presses de la FNSP, 1991, in-8°, 331 pp, index, broché, bon état (Prix de recherche 1991 de l'Assemblée Nationale)

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Ce livre est un récit : celui des relations que nouèrent en France la profession bancaire et l'État par la loi du 13 juin 1941. L'alliance alors conclue n'a pas été rompue mais réaffirmée en 1945, avant d'être consacrée par la loi de 1984. Englobant le Front populaire et la Libération, l'ouvrage apporte des nuances au tableau de l'Occupation. A travers les vicissitudes du temps, comment évaluer la part de collaboration volontaire et la dose de compromis obligé dans les relations qu'entretinrent les banquiers avec la puissance occupante ? Le premier d'entre eux, président du comité d'organisation et président directeur général de la Société générale, fut-il un collaborateur ou un négociateur contraint, un défenseur des seules grandes banques ou un protecteur de l'ensemble de la profession ? Ce sont ces questions qui constituent la trame de l'ouvrage. En montrant l'évolution, sous la Troisième République, des mentalités de droite et de gauche au regard de la réglementation, en démêlant les fils embrouillés de la politique et du droit économique, en dissociant les boucliers confondus de la défense nationale et de la réaction corporative, et en signalant les points de rencontre entre la Résistance et la Collaboration, mais aussi leur opposition radicale, cette étude « pas à pas » donne de l'Occupation l'image complexe d'un enchevêtrement de noir et de blanc. C'est ce réseau de relations hétérogènes et pourtant communes qui rendit particulièrement ardue la tâche d'une épuration dont l'ambition reposait sur l'hypothèse d'un passé simple.

248.          BÉON (Yves). La planète Dora. Seuil, 1985, gr. in-8°, 284 pp, broché, bon état

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"En rédigeant ce livre, Yves Béon n'a pas seulement rendu « hommage à ceux qui, avec une incroyable dignité, souffrirent et moururent à Dora » ; les souvenirs qu'il a laissé parler fournissent un document de premier ordre sur un camp de concentration encore mal connu. Il avait 18 ans, lorsque, après un court séjour à Buchenwald, il fut expédié en convoi à Dora, où il arriva par une sinistre journée, le 13 mars 1944. Dora fonctionnait depuis le mois d'août précédent avec une main-d'œuvre prélevée sur le camp voisin de Buchenwald, qui alimentera en déportés d'autres satellites : Ellrich, Harzungen, dont les seuls noms glaçaient les intéressés. A Dora, située non loin de la ville de Nordhausen, les Allemands avaient fait construire, sous une colline du Harz, une usine de fabrication de fusées V2, puisque la base de Peenemünde qui les produisait jusque-là avait été détruite par les bombardements alliés. Le maître d'œuvre était une firme liée aux SS, la firme Zawatsky, qui sous-traitait à des entreprises de plus petite envergure ; les travailleurs ne coûtaient évidemment pas cher ni à vêtir ni à nourrir : il s'agissait de déportés chez lesquels, on s'en doute, la mortalité fut considérable. Yves Béon estime que l'effectif de Dora était d'environ 12.000 hommes, et qu'en raison des pertes plusieurs dizaines de milliers de Häftlingen s'y succédèrent entre le mois d'août 1943 et avril 1945, quand les Américains occupèrent le camp. L'un des éléments les plus intéressants de ce livre est la description de l'extrême clivage qui régnait à l'intérieur de cette usine souterraine. L'harmonie était loin de régner entre ces prisonniers venus des quatre coins de l'Europe : si les Français et les Belges faisaient assez bon ménage avec les soldats italiens raflés après l'armistice de Badoglio, les rapports étaient très tendus avec les Slaves, en particulier avec les Polonais. Quant aux Russes, ils occupaient le bas de l'échelle concentrationnaire. A plus forte raison, le clivage était marqué avec le personnel allemand : ingénieurs et contremaîtres évacués après blessure du front de l'Est, et personnel féminin de bureau bien pomponné, que la seule vue des déportés dégoûtait." (Claude Lévy, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1986)

249.          BERNADAC (Christian). La Luftwaffe. France-Empire, 1983, gr. in-8°, 404 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Le Glaive et les Bourreaux V)

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Pour que le baron Ritter von Greim puisse quitter le bunker de la chancellerie du Reich, en ces derniers jours d'avril 1945, la Luftwaffe va réaliser son dernier exploit : faire atterrir et décoller un avion de la piste aménagée près de la Porte de Brandebourg. Le 27 au matin, huit Fieseler Storch survolent Berlin, escortés par deux douzaines de Messerschmitt. Deux chasseurs et trois Fieseler sont abattus. Le centre opérationnel de Munich décommande la mission. Le soir même, nouvelle tentative et nouvel échec. Le lendemain matin, une escadrille de vieux Junker 52 se présente. Un appareil est abattu et un autre détruit, alors que ses roues touchaient la piste. Enfin, le 28, un avion d'entraînement Arado 96 réussit un atterrissage parfait. Von Greim, une jambe bloquée par de lourdes attelles, est hissé dans un blindé ; déjà, le pilote Hanna Reitsche lance les moteurs de l'Arado. À 18 h 10, péniblement, von Greim est extrait de la tourelle du char pour être installé dans l'étroit cockpit. Depuis une heure, le ciel de Berlin est traversé par les étoiles filantes des orgues de Staline, des milliers d'étoiles qui crèvent les fumées de milliers d'incendies. Comme Hitler, trois millions de Berlinois sont terrés dans les caves de la ville. L'Arado roule, se faufile. Très vite, Hanna Reitsch l'arrache de la piste. En survolant la Porte de Brandebourg, l'avion salue par deux fois, en battant des ailes. Le baron Ritter von Greim, promu Maréchal de l'Air en remplacement de Goering, destitué, vole vers son destin qui ne peut être que tragique. En ce 28 avril 1945, les ailes du National-Socialisme ont à peine dix ans. Ce sont ces dix années que présente « La Luftwaffe », le nouveau dossier de Christian Bernadac : une aviation allemande partie du néant et dont Goering voulait faire l'instrument de « vengeance » le plus puissant, le plus efficace qui se puisse imaginer. À la fin de la guerre, 97 217 appareils allemands auront été abattus par les Alliés, qui auront perdu, sur l'ensemble des fronts, quelque 75 000 avions. « La Luftwaffe » s'inscrit dans la série « Le Glaive et les Bourreaux », que Christian Bernadac a voulu consacrer aux grands procès qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale : une approche différente des hommes et des événements avec, pour la première fois, la publication de documents qui n'étaient réservés, jusqu'à ce jour, qu'à de rares spécialistes.

250.          BLOND (Georges). L'agonie de l'Allemagne, 1944-1945. Fayard, 1952, in-12, 350 pp, 9 cartes, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état

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De juillet 1944 à mai 1945 s'est déroulée la lutte la plus sanglante de l'histoire de l'Europe. Des millions d'hommes ont été engagés dans des batailles d'une violence inouïe. Le centre de notre continent est devenu un brasier. L'auteur nous fait revivre cette tragédie en se plaçant au centre de l'action : en territoire allemand, assailli, bombardé, incendié, envahi. Il a rassemblé une immense documentation complétée par l'interrogation des survivants, pour nous donner un récit authentique, vivant et rigoureux sur une période bien connue mais rarement présentée sous cet angle. — "Georges Blond possède un don extraordinaire et unique, c'est celui de reconstituer n'importe qul événement historique avec une telle proximité que nous éprouvons l'impression d'y participer." — "On peut raconter la guerre de plusieurs façons. Les historiens écrivent des rapports secs qui, souvent, n'intéressent pas le lecteur. Les romanciers n'utilisent que des épisodes connus de tous. Georges Blond a inventé une troisième manière, qui est peut-être la meilleure, et le résultat est étonnant : par un mélanges à peu près constant de vérité objective due à une documentation de premier ordre – archives, rapports, interrogatoires – et d'une présentation merveilleusement habile, il nous fait vivre chaque heure de l'épisode en même temps que le mécanisme profond nous en est révélé. Le souci d'une information exacte n'étouffe jamais le sens du drame et l'intérêt humain." (Bernard de Fallois)

251.          BOUTHILLIER (Yves). Le Drame de Vichy. 1. Face à l'ennemi, face à l'allié. – 2. Finances sous la contrainte. Plon, 1950-1951, 2 vol. in-8°, 320 et 552 pp, 32 documents en annexe, brochés, couv. du tome 1 lég. salie, bon état. Rare

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L'auteur était secrétaire d'Etat aux Finances du gouvernement de Vichy de juin 1940 à avril 1942, arrêté par la Gestapo en 1944 et déporté en Allemagne jusqu'en 1945. En 1947, la Haute Cour de Justice le condamne pour collaboration à trois ans de Prison. — "Ministre des Finances et du Commerce depuis le 5 juin 1940, Yves Bouthillier fait partie de ceux qui prônent l'armistice et soutiennent le projet d'un gouvernement sous l'autorité du maréchal Pétain. Ses mémoires entendent ainsi minimiser son rôle et justifier l'action politique menée par le Maréchal durant les premiers mois de l'armistice tout en décriant Pierre Laval, son principal rival." (Manuel Valls-Vicente, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

252.          BRANET (Jacques). L'Escadron. Carnets d'un cavalier. Flammarion, 1968, in-8°, 231 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Mémoires d'un Français Libre de 1940 à 1945. — Jacques Branet a vécu, de 1940 à 1945, une guerre hors série. Ses carnets, dans leur sobriété, leur densité, leur rythme, en portent le plus passionnant des témoignages. En mai 1940, lieutenant au 8e Dragons à cheval, Jacques Branet est capturé après de durs combats. Évadé de l'Oflag II D, il reste cinq mois captif des Soviétiques avant de rejoindre l'Angleterre. Engagé dans les F.F.L., il crée, de sa propre initiative, un escadron qu'il conduira en Tripolitaine via le Cap et le Caire. A la tête de son unité, devenue partie intégrante du 501e R.C.C., il se signale en Normandie par une fulgurante reconnaissance de 30 km dans les lignes ennemies, qui met a son actif quelque 15 blindés dont quatre Panther, quarante véhicules, de nombreux prisonniers. Le 25 aout 1944, commandant l'avant-garde de la 2e D.B., il est blessé rue de Rivoli, mais participera brillamment à la campagne d'Alsace où il recevra une nouvelle blessure. En 1945, le commandant Branet reste dans l'armée. Reçu à l'Ecole de Guerre, il sert notamment en Algérie au Gouvernement Général et à la tête des 5e et 6e Spahis algériens, et en métropole, au cabinet militaire puis à l'état-major particulier du général de Gaulle... — Table : Décembre 1939 – Combats et capture – Oflag II-D, plans d'évasion, évasion – Prisons en Lithuanie et en URSS – En Angleterre : escadron sur mesure – De Londres à Liverpool, via Le Cap, Le Caire et Tripoli – Retour en ruée : Alençon, Paris, Strasbourg, Berchtesgaden. — "On se plaît parfois à dire, en ce moment, que le général fut, et est, mal entouré. C'est assez inexact dans l'ensemble. De 1941 à mi-42, c'est pratiquement un triumvirat qui l'aide dans sa tâche : le capitaine de vaisseau Ortoli, un charmant marin (l'ancien comman­dant du Surcouf), d'une intégrité scrupuleuse, le commandant de Rancourt, un aviateur distingué, et Billotte. Puis le général a eu un « état-major particulier » (qui enfla, malheureusement, et admit près de lui des officiers souvent médiocres). En 42-43, les principaux membres y étaient : le lieutenant-colonel Antoine, le colonel Lombard, le lieutenant-colonel Pagès, le commandant Barlonne, Clarac du Vivier, quelques jeunes, dont Boissieu. Le tout sous la direction de Billotte, qui coiffait également le B.C.R.A.M. (Bureau central de renseignement et d'action militaire), sorte de S.R. de la France libre, avec Passy, Manuel, Saint-Jacques, etc. C'est en somme cette petite troupe qui mène la politique de la France libre..." (p. 143)

253.          BROCHE (François), Georges Caïtucoli et Jean-François Murraciole (dir). La France au combat, de l'Appel du 18 juin à la victoire. Perrin/CNDP, 2007, fort gr. in-8°, 848 pp, présentation de Max Gallo, 32 pl. de photos hors texte, 30 cartes et tableaux dans le texte, 25 cartes en couleurs sur 16 pl. hors texte in fine, biblio, index, broché, couv. illustrée, pt trace de choc sur la tranche, pt mque au coin des 5 premiers feuillets, état correct

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« Quoi ? Les Français aussi ! » Le maréchal Keitel, chef suprême des armées allemandes vaincues, ne peut cacher son étonnement, son dépit, sa colère : ce 8 mai 1945, le général de Lattre de Tassigny, commandant la Première armée française, va recevoir la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie aux côtés des chefs des armées alliées. Cinq ans plus tôt, la France avait subi la plus écrasante défaite de son histoire. Comment pouvait-elle se retrouver à la table des vainqueurs ? Il y avait là comme un miracle. “La France au combat” en retrace l'histoire. Avec émotion, avec rigueur. Ce livre n'est pas qu'une oeuvre de mémoire, il est aussi réanimation de l'Histoire. Il restitue l'épopée de ces héros qui, selon les mots du général de Gaulle, ont « triomphé du désespoir » et rendu à la France sa liberté, sa dignité et son rang. (Max Gallo)

254.          BURRIN (Philippe). Hitler et les Juifs. Genèse d'un génocide. Seuil, 1989, in-8°, 201 pp, index, broché, bon état (Coll. XXe siècle)

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Que savons-nous sur l'extermination des Juifs ? Tout ou presque tout sur l'organisation du crime, les méthodes appliquées, le nombre des victimes. Peu de choses assurées, en revanche, sur le moment et la manière dont fut décidé le crime, sur la trame des mobiles et des événements qui aboutirent, un jour, à précipiter notre siècle dans l'horreur. Un acte accompli au moment favorable et sorti tout armé du cerveau monstrueux de Hitler ? L'aboutissement imprévu d'une politique de persécution que le fonctionnement du régime nazi et la rencontre de difficultés croissantes rendirent de plus en plus meurtrière ? Ces questions avouent la fragilité de connaissances qu'on tenait pour acquises. Voici la réévaluation d'une décision sans précédent et sans équivalent.

255.          Cahiers d'histoire de l'Institut Maurice Thorez. 1944. La Libération de la France. P., Institut Maurice Thorez, 1974, in-8°, 318 pp, broché, couv. illustrée, bon état (n° 8-9)

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1934-1946. La recherche d'une « voie française » (J. Chambaz) ; La situation de la France au printemps 1944 (R. Bourderon) ; Le rôle des masses populaires dans la Libération (G. Willard) ; Documents sur la grève insurrectionnelle dans la région parisienne ; Les pouvoirs d'Etat et l'action des communistes pour la « démocratie agissante », août 1944-juillet 1945 (Jean-Paul Scot) ; La libération de Marseille (Claude Mesliand) ; A propos de la politique du grand capital à la Libération (François Hincker) ; L'Eglise et les catholiques au temps de Vichy et de la Libération (Jean Gacon, André Moine) ; Table ronde : la Libération de Paris ; Documents sur la Libération de Paris ; etc.

256.          CALEF (Henri). Jean Moulin, une vie. 20 juin 1899 - 21 juin 1943. Plon, 1980, gr. in-8°, 430 pp, 16 pl. de photos hors texte, fac-similés dans le texte, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état, avec une photo originale de l'auteur et un  envoi a.s. du même

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"Il n'existe sur Jean Moulin qu'un petit nombre d'ouvrages : outre les souvenirs de sa soeur Laure, on ne dispose guère que du livre d'Henri Michel et de celui, plus récent, d'Henri Frénay, co-fondateur et animateur du mouvement « Combat ». Ce dernier livre fut, à lui seul, à l'origine d'une polémique sur la personnalité et le rôle de Jean Moulin pendant la guerre, soupçonné par Henri Frénay d'avoir fait le jeu des partis politiques – et notamment du Parti communiste – lors de la création du Conseil national de la Résistance. Henri Clason, ancien commissaire de la République dans le Nord, semble bien avoir fait justice des excès de cette thèse. Il n'est pas niable, toutefois, qu'il subsiste, autour de Jean Moulin, un certain mystère. Moulin, naturellement réservé et discret, s'est rarement confié ; il n'a pas laissé d'écrits. Le Général s'est exprimé en pages graves et nobles sur son collaborateur dans ses Mémoires de guerre mais sans ajouter à la connaissance de l'homme; il semble n'avoir tenu que de rares propos sur Jean Moulin. Tout nouvel ouvrage – hormis l'ouverture d'hypothétiques archives inédites – ne pourra donc s'appuyer que sur des témoignages de familiers ou de proches. C'est là l'intérêt principal du livre d'Henri Calef, qui, à partir des récits de témoins, a reconstitué scrupuleusement la vie de Jean Moulin. On doit reconnaître à l'auteur sa parfaite honnêteté intellectuelle, s'interdisant toute hypothèse ou toute extrapolation là où l'information lui manque. Ecrit de manière alerte, soigneusement référencé, l'ouvrage se lit comme un roman. La dernière page refermée sur l'arrestation du 21 juin 1943, le lecteur n'aura pas trouvé de réponse au « mystère Jean Moulin », si mystère il y a..." (Jean-Paul Cointet, Revue Historique, 1983)

257.          CALIC (Edouard). Heydrich. L'homme clef du IIIe Reich. Laffont, 1985, in-8°, 356 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, biographie, broché, couv. illustrée, bon état

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Reinhard Heydrich fut parmi les dirigeants nazis l'un des plus féroces et des plus craints. Cet ancien officier de marine fut distingué par Himmler et mis à la tête du SD, le service de sécurité de la SS. Ayant ainsi autorité sur les services secrets et la Gestapo, il eut entre les mains une puissance qui n'était guère dépassée que par celle de Hitler lui-même. Il fut avec Himmler l'un des concepteurs de la "solution finale de la question juive". Nommé protecteur de Bohême-Moravie, le "bourreau de Prague" fut abattu en 1942, à trente-huit ans, par des résistants tchèques. Son voeu ultime fut que la destruction des Juifs soit menée à bien. L'apport essentiel d'Edouard Calic est de dévoiler dans cet ouvrage le rôle joué dans l'ombre par Heydrich dans toutes les provocations et attentats orchestrés par les nazis : l'incendie du Reichstag, qui permit leur prise de pouvoir, la Nuit des longs couteaux, l'assassinat du roi de Yougoslavie à Marseille, la Nuit de cristal, l'affaire de Gleiwitz, prétexte au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le faux attentat contre Hitler en novembre 1939, etc. Sur tous ces dossiers, Edouard Calic met en lumière ce que fut l'action réelle d'Heydrich.

258.          CHAMBRUN (René de). Mes combats pour Pierre Laval. Documents inédits. Perrin, 1990, in-8°, 278 pp, 16 pl. de photos hors texte, documents en annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le lundi 27 juillet 1987, un inconnu apporte à René de Chambrun une lourde enveloppe. Elle contenait des documents volés dans la cellule de Pierre Laval, sur ordre, pendant que le prisonnier était au parloir. Parmi eux, une longue lettre au général de Gaulle, des explications sur son action, des preuves nouvelles de la volonté d'empêcher une véritable instruction et un vrai procès. Ces documents et d'autres – dont un inédit de Paul Morand et des pièces d'archives du dossier de l'accusation que Georges Pompidou avait ouvert à Josée et René de Chambrun à l'insu du général de Gaulle – ont incité René de Chambrun à écrire cet ouvrage. Il se distingue des précédents, consacrés à la politique et au procès de Pierre Laval, d'abord par des inédits – souvent surprenants – qui lèvent encore une partie du voile, ensuite par sa nature même que définit le titre : ce sont des souvenirs. René de Chambrun raconte, sans jamais nous lasser tant son style est alerte et son récit truffé de scènes et de portraits, les péripéties et les succès qui, depuis la LIbération, ont jalonné ses "combats" pour faire triompher sa conviction et dénoncer l'"assassinat" de son beau-père. Document pour l'histoire, ce livre vivant, passionné, est aussi un témoignage émouvant de l'acharnement inlassable et courageux avec lequel René de Chambrun s'est voué à la défense de son beau-père, un combat constamment nourri par de nouvelles découvertes. — "La personnalité de Pierre Laval tout comme son action politique restent des signes de contradiction. D'autant plus que l'itinéraire de ce maudit de l'Histoire brouille largement les habituels clivages idéologiques. L'immense travail du grand historien Fred Kupferman, si tôt disparu, avait balisé des chemins encore trop sinueux. Léon Poliakov, qui ne peut être soupçonné de partialité en cette affaire, a laissé voici peu tomber quelques phrases qui n'ont pas manqué de surprendre. Et l'on attend non sans impatience les enquêtes des historiens d'outre-Atlantique et la publication des archives encore inédites de l'université de Stanford... René de Chambrun, gendre de Pierre Laval, est pour beaucoup dans oe mouvement singulier où il serait inepte de ne chercher qu'un acharnement un peu vain en vue d'une "réhabilitation". Depuis bientôt un demi-siècle, cet homme est en quête d'une vérité qui n'est pas seulement la sienne. Après trois livres amples où il avait analysé par le menu une trajectoire complexe qui devait aboutir à "un crime judiciaire" (tous les historiens sont pour l'essentiel d'accord sur l'iniquité d'un procès truqué qui trouvera sa conclusion sinistre le 15 octobre 1945), René de Chambrun a consenti à parler de lui et de la toile patiemment tissée pour que rien ne soit occulté des années sombres qui, pour lui, sont des moments pathétiques de sacrifice. (...) Les souvenirs personnels de René de Chambrun sont en soi passionnants : telle journée vécue avec Pierre Laval, qui parle d'abondance de sa lutte pour imposer les assurances sociales, telle entrevue avec Georges Pompidou. Et cette toile de fond : une guerre sans précédent, le rôle controversé d'un homme dont il faut tenter de démonter, pièce à pièce, les motivations en partant du principe, élémentaire chez tout historien, qu'elles n'étaient pas immanquablement sordides." (Pierre Aubé, Revue des Deux Mondes, 1990)

259.          Collectif – 1ère Division Française Libre. La bataille d'Obenheim, 4-11 janvier 1945. Obenheim, Fondation BM 24, 1993, gr. in-8°, 159 pp, 42 illustrations (photos, cartes, dessins), broché, couv. illustrée, bon état

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La page d'histoire du Bataillon de Marche 24, qui s'est terminée à Obenheim le 11 janvier 1945 est ancrée dans celle de la 1ère Division Française Libre. L'épopée historique de cette Division, les combats menés par ses officiers généraux, officiers, sous-officiers et soldats sont rappelés dans ce livre, avec des témoignages de soldats et d'habitants d'Obenheim ayant combattu lors de cette bataille.

260.          COSTANTINI (Colonel Aimé). L'Union soviétique en guerre (1941-1945). 1. L'Invasion. Imprimerie Nationale, 1968, gr. in-8°, 313 pp, 10 croquis (dont 9 dépliants hors texte), biblio, reliure percale verte de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

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Tome 1 seul (sur 3) — Table : I. La science militaire soviétique. – II. Equipement technique, organisation et préparation de l'Armée Rouge. – III. Le plan de défense soviétique sur la frontière ouest.– IV. Potentiel économique et militaire de l'U.R.S.S. – V. L'agression allemande. – VI. La retraite de l'Armée Rouge du 22 juin au 22 juillet. – VII. La bataille de Smolensk (10 juillet-10 septembre). – VIII. Les deux offensives de l'été sur Léningrad. – IX. La bataille défensive de Moscou (30 septembre au 5 décembre 1941).

261.          DAVET (Michel-Christian). La double affaire de Syrie. Fayard, 1967, in-8°, 360 pp, une carte, nombreux documents en annexes, biblio, chronologie, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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"Le 8 juin 1941, avec l'entrée des Anglais et des Français libres en Syrie, commence une guerre fratricide ... [Elle] durera plus d'un mois et fera plusieurs milliers de morts et de blessés". — "Récit bien documenté relatif à la double affaire du conflit entre vychistes et anglo-français libres (1940-1941) au Levant, et d'une laborieuse décolonisation (1941-1946), ou mise en échec de la politique gaulliste par les anglo-nationalistes." (Revue française de science politique, 1970)

262.          DELPARD (Raphaël). Les Justes de l'ombre, 1940-1944. JC Lattès, 1995, in-8°, 232 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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De 1940 à 1944, alors que des millions des leurs périssaient dans les camps, il y eut des juifs pour s'insurger contre la barbarie nazie. Hommes et femmes, ils cachèrent les enfants en péril, trouvèrent des refuges pour les familles, organisèrent des évasions. Et, face à l'intolérable, rejoignant les maquis, constituant une armée clandestine, ils s'engagèrent sans retour dans l'action armée. Ce livre raconte leur lutte, leur vie quotidienne faite de souffrances et d'espoirs, animée de la crainte de la torture et de la déportation comme de la joie devant la mission réussie. A la faveur de nombreux documents inédits, il rend un nom et un visage à ces “Justes de l'ombre”.

263.          DENOËL (Yvonnick). Mémoires d'espions en guerre, 1914-1945. Nouveau Monde éditions, 2018, in-8°, 462 pp, biblio sélective, broché, couv. illustrée, bon état

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Quel rôle ont joué les espions dans les deux guerres mondiales ? Voici pour la première fois réunis les témoignages d'hommes et de femmes qui ont contribué à façonner cette histoire. Les historiens ont souvent ignoré ou minoré l'importance du renseignement dans le fait militaire contemporain. Il est vrai que les témoignages doivent être recoupés par les archives, ce qui requiert le recul du temps. Cette anthologie sans équivalent propose donc une histoire parallèle des deux guerres mondiales, telle qu'il est enfin possible de l'écrire. Des "coups tordus" entre belligérants de la Grande Guerre aux décryptages décisifs de la Seconde Guerre, des agents doubles (voire triples) aux saboteurs infiltres en territoire ennemi, des simples informateurs aux "seigneurs" de l'espionnage, des anciens des services allemands, russes, français, britanniques, américains, etc. dévoilent ici des épisodes marquants, et souvent stupéfiants, de leur carrière. On croisera des noms connus des historiens du renseignement, comme Marthe McKenna, Walter Schellenberg, le colonel Rémy ou Pavel Soudoplatov... Mais on découvrira aussi nombre de personnages dont nous publions le témoignage inédit. Ces récits sont éclairés par, la recherche la plus récente. La sélection présentée écarte ceux, parmi les plus célèbres, dont on sait aujourd'hui qu'il s'agissait de pures inventions ou d'exagérations.

264.          DEROGY (Jacques). Raoul Wallenberg. Le Juste de Budapest. Stock, 1994, in-8°, 320 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Nouvelle édition actualisée avec la collaboration de Fred Kupferman et Ariane Misrachi — Raoul Wallenberg, issu de la plus puissante famille de Suède, n'a pas trente-deux ans quand il s'engage dans une mission impossible demandée par Roosevelt : préserver la dernière communauté juive d'Europe vouée à la solution finale. Rien de poussait cet aristocrate vers l'enfer de Budapest sous la botte nazie, vers une Hongrie gouvernée par le falot et sénile dictateur Horthy. Rien, sinon un sentiment irrépressible de la détresse à soulager, de l' "ingérence humanitaire," comme l'on dirait aujourd'hui. Le diplomate d'occasion arrive le 9 juillet 1944. Eichmann est déjà là pour régler le sort des 800.000 Juifs hongrois. Wallenberg parvient en six mois de luttes et de marchandages quotidiens avec les SS ou les voyous des Croix Fléchées, à en arracher plus aux convois de la mort qu'aucune puissance alliée. Louant des immeubles entiers, il les héberge et fait confectionner des "passeports Wallenberg" leur assurant de fait la nationalité suédoise. Le 13 janvier 1945, il se porte au devant de l'Armée rouge qui assiège la capitale magyare. Ce sera sa dernière démarche d'homme libre : porté disparu dans la nuit et le brouillard modèle soviétique, il va devenir l'une des grandes énigmes de l'histoire contemporaine. Il faudra près d'un demi-siècle au Kremlin pour fournir les premières traces de son passage dans les geôles moscovites et de sa mort : des archives ont enfin livré leur secret, et les éléments les plus récents d'explication figurent ici.

265.          FOVILLE (Jean-Marc de). L'entrée des Allemands à Paris (14 juin 1940). Calmann-Lévy, 1965, in-8°, 309 pp, 24 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, marque de bibl. au dos, bon état

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Le 14 juin 1940, les troupes allemandes pénétraient dans Paris. A leur grande surprise, pas un coup de feu, pas un incident ne marquèrent cet événement. Anesthésiés par la défaite, les Parisiens ne réagirent pas. Jusqu’au dernier moment, ils avaient redouté le pire. La défense de Paris, son évacuation, sa destruction même avaient été depuis près d’un mois l’objet de conflits dramatiques, de communiqués et de décisions contradictoires...

266.          GABRIEL (Jacques). Les dessous d'une défaite. Récit d'un témoin. Lyon et P., Lugdunum, 1945, in-8°, 135 pp, broché, bon état. Edition originale, bande conservée ("La vérité sur la trahison de juin 40"), un des 12 ex. numérotés sur papier offset (seul grand papier), ex. nominatif,  envoi a.s.

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Par Louis Gabriel-Robinet, sous le pseudonyme de Jacques Gabriel, en collaboration avec Jacques Patin. Homme de droite au long parcours journalistique, Louis Gabriel-Robinet (1909-1975) n’a pas été que rédacteur de presse et éditorialiste, ou directeur du Figaro entre Pierre Brisson et Jean d’Ormesson. Il a été vice-président de la Société des Gens de Lettres, essayiste, conférencier, grand reporter, donc aussi voyageur au programme lourd ayant approché quelques grands hommes de la planète (Hitler, Mussolini, Khrouchtchev), sans parler des chefs d’état et du gratin mondain de la politique française. — "Au matin du 2 juin 1940, de Gaulle n’a pas encore choisi entre sa carrière militaire et une responsabilité politique. Manier le « marteau » stratégique français serait un rôle à sa mesure : il l’accepterait volontiers. Malheureusement il n’y aura pas de « marteau ». De Gaulle est donc disponible pour une carrière politique... Une dernière fois au moins, vers le 6 ou 7 juin, Weygand et de Gaulle auront l’occasion de débattre de cette question. Ce sera en public et sur un ton très peu amène. Jacques Gabriel rapporte la scène dans “Les Dessous d’une défaite” : « Il nous a été donné, tout à fait par hasard, d’assister rue Saint-Dominique à une âpre discussion... C’est au pied de l’escalier qui mène aux appartements de réception de l’hôtel du ministre de la Guerre que [...] le général Weygand et le général de Gaulle eurent un vif entretien. Nous ne pouvons garantir l’exactitude des termes qui furent employés, mais le sens du conflit se ramenait à ceci. Pour de Gaulle c’était une folie que de vouloir résister sur un front continu... Vous n’aurez jamais une ligne de défense continue. Vous serez sans cesse poussé, harcelé, démantibulé par l’adversaire... Rassemblons tout ce qui nous reste de forces mécanisées et fonçons sur les points faibles des Allemands. Semons le désordre dans leurs lignes. Répondons à leurs attaques par des attaques semblables sur d’autres points. » Mais le général Weygand défendait avec énergie son plan tactique et les choses en restèrent là. A bout d’arguments, de Gaulle lança : Je suis prêt à repartir immédiatement pour le front avec une division blindée si on adopte mon point de vue." (Henri de Wailly, “Abbeville 1940. De Gaulle sous le casque”, 1990)

267.          GIRARD (Louis-Dominique). Mazinghem ou la vie secrète de Philippe Pétain, 1856-1951. Chez l'auteur, 1971, in-8°, 503 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, 2 tableaux généalogiques (familles Pétain et Legrand), index, broché, bon état

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Edition originale de cette importante biographie écrite par Louis-Dominique Girard (1911-1990), ancien chef du cabinet civil du maréchal en 1948, devenu son parent par alliance en 1949. — « J'aimerais à savoir quels accidents, quelles lectures, quelles amitiés sculptèrent l'âme d'un Pétain. » (André Maurois, 1924) – En ouvrant les archives de la famille du Maréchal et dévoilant, vingt ans après sa mort, les secrets qui commandèrent sa vie publique, Louis-Dominique Girard, ancien chef de son cabinet devenu son parent par alliance en 1949, répond enfin aux préoccupations de Maurois et d'un grand nombre de Français. L'auteur se présente, sans rien laisser dans l'ombre, la vie d'un homme illustre, dont le visage marmoréen a masqué l'âme à ses contemporains et tous les drames qui l'habitaient. Cette biographie intime renouvelle entièrement le sujet, aborde les énigmes et les résout. On ignorait que la vie cachée du futur Maréchal de France s'est déroulée à Mazinghem, village d'Artois, témoin des décisions capitales de son existence. Le récit des "accidents" survenus dans sa vie privée éclaire tous les mystères de sa lente, puis fulgurante carrière. Vous apprendrez quelles "lectures" orientèrent ses choix. Vous découvrirez aussi, parmi ses "amitiés", la présence permanente dans son coeur d'une femme encore inconnue, dont l'amour lui inspira de singuliers serments. La révélation de cette passion assimile ses héros aux couples d'amants les plus célèbres. Fiancés en 1888, tels Tristan et Yseult, ils ne purent jamais s'épouser. Toutes les idées reçues s'avèrent fausses. Les légendes inventées par d'imprudents auteurs s'effrondent au contact des documents. Un auteur qui avait reçu des confidences a écrit de Pétain : "Je plains les historiens de l'avenir s'il leur faut accumuler les fiches, dépouiller les notes, recourir aux sources empoisonnées de l'aveuglement et du fanatisme. Comment parviendront-ils, sans le contact direct, à recomposer le personnage ?" En explorant sa conscience, vous y réussirez sans peine et Mazinghem, ce roman vécu d'une destinée hors-série, vous permettra de juger l'homme qui attend désormais le verdict de l'Histoire.

268.          GOUTARD (A.). 1940, la guerre des occasions perdues. Hachette, 1956, in-8°, 406 pp, lettre-préface du général de Gaulle, 9 cartes, broché, bon état

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"Dans cet essai sur les événements de 1939-1940, le colonel Goutard s'est proposé de rechercher les causes militaires de notre désastre. Basé sur une étude critique des faits, son livre est un réquisitoire sévère contre le commandement français. Ecartant la thèse d'une supériorité écrasante de l'armée allemande, c'est au mode d'emploi de nos forces qu'il attribue notre désastre. (...) Une étude remarquable, qui, outre l'intérêt de la thèse soutenue, a pour elle le mérite d'un trop rare courage." (Général Lestien, Revue historique, 1957)

269.          GUIERRE (Maurice). Marine-Dunkerque. Flammarion, 1942, in-12, 284 pp, une carte, broché, état correct

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En dépit de son écrasante supériorité aérienne et terrestre, l'armée allemande victorieuse se voit stoppée soudain à quelques kilomètres des plages de la mer du Nord, impuissante à empêcher le rembarquement de 350.000 hommes qu'elle estimait à sa merci : c'est cela, le miracle de Dunkerque. Mais ce miracle ne fut accompli qu'au prix de combats acharnés livrés par une armée française que l'on croyait en déroute. Au premier rang de ceux qui se sacrifièrent pour assurer le salut de l'armée alliée, les marins de Dunkerque. Sous le feu incessant des Stukas et de l'artillerie, torpilleurs, dragueurs de mines, chasseurs de sous-marins rendirent possible le succès de cette opération unique dans l'Histoire et grâce à laquelle le nom de Dunkerque demeure un nom de victoire.

270.          GUILLAIN de BÉNOUVILLE (Pierre). Le Sacrifice du matin. Laffont, 1946, fort in-12, 607 pp, broché, bon état

            20

Souvenirs d'un résistant "mythique" qui, pendant quatre ans, coordonna, avec Jean Moulin et Henri Frenay, l'action des réseaux de la Résistance. Pierre Guillain de Bénouville a été l'un des huit chefs nationaux de la Résistance intérieure et il fut nommé à ce titre général de brigade, en 1946, avec trois autres de ses compagnons. Encore porté par l'élan du combat, d'une plume qui révélait un grand écrivain, il fait entendre dans ce livre haut et fort la voix de tous ceux qui, au long de quatre années d'une guerre impitoyable, avaient sauvé l'honneur. La Résistance est là, nue, sincère, charnelle, dans ses actions et ses succès comme dans ses peurs, ses angoisses, ses trahisons, ses supplices. De Marseille à Lyon, de Toulon à Paris, de Toulouse à Alger, de la Corse au centre de la France, en passant par la Suisse et le front d'Italie, on revit toute l'épopée, jusqu'à la victoire.

271.          GUINGOUIN (Georges). Quatre ans de lutte sur le sol limousin. Hachette, 1974, gr. in-8°, 287 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, une carte, annexes, broché, couv. à rabats, pelliculage lég. abîmé au dos, bon état (Coll. La Libération de la France)

            30

Instituteur révoqué par le gouvernement de Vichy, Georges Guingouin continue dans la clandestinité son activité de militant responsable du Parti Communiste, puis organise les premiers éléments du maquis limousin. Avant de devenir chef départemental des Forces françaises de l'Intérieur de la Haute-Vienne, avec le grade de lieutenant-colonel, il va participer, à la tête de ses troupes à tous les coups de main, à toutes les embuscades périlleuses, en donnant le plus magnifique exemple d'héroïsme, ce qui lui vaudra la Rosette de la Résistance et la Croix de Guerre avec palmes, ainsi que le titre de compagnon de la Libération et celui de chevalier de la légion d'Honneur. Maire de Limoges de 1945 à 1947, il revient par la suite à son métier d'enseignant.

272.          HAMSHER (William). Albert Speer, victime ou coupable ? France-Empire, 1972, pt in-8°, 317 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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D’allure inoffensive avec son allure d’employé débonnaire, intelligent, issu des classes éduquées de l’Allemagne, le nazi Albert Speer semble bien différent des psychopathes qui gravitaient autour d’Hitler. Et pourtant, il ne faut pas fier aux apparences. Celui qu’on présente souvent dans les livres comme l’architecte préféré d’Hitler, a su manipuler ses juges à Nuremberg pour sauver sa tête par une habile manipulation. Mais son exploit ne diminue en rien sa responsabilité. Certains livres se plaisent à lui trouver des excuses et à le dissocier des autres nazis... — "(...) Ce n'est pas sur son rôle comme ministre de l'Armement que fut jugé Albert Speer, mais sur la manière dont il utilisa la main-d'oeuvre réquisitionnée pour l'effort de guerre. (...) Apolitique, mais patriote, tendu vers la victoire, Speer ne s'est pas embarassé de questions inutiles. Les usines devaient tourner, il les a fait tourner. Il aurait voulu supprimer le fléau que représentait Hitler. Il ne pouvait pas vouloir la défaite de l'Allemagne. N'est-ce pas sur cette confusion que repose aussi bien le procès de Nüremberg que la résignation d'Albert Speer ?" (4e de couverture)

273.          HERLIN (Hans). Les damnés de l'Atlantique. France-Empire, 1960, pt in-8°, 300 pp, traduit de l'allemand par R. Jouan, 12 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

La guerre sous-marine fut l'un des aspects les plus atroces du dernier conflit mondial. Toute une littérature a déjà décrit les cargos coulant dans les nuits sombres, sous les torpilles des meutes de sous-marins, les pétroliers flambant comme des torches au milieu d’un océan en feu. Par contre, peu d'ouvrages ont souligné que les auteurs de ces destructions s’exposaient eux-mêmes à une mort horrible : l'ensevelissement dans un cercueil d’acier, crevé par les grenades. Sur les 39.000 sous-mariniers allemands qui appareillèrent pour attaquer la navigation alliée, 32.000 connurent cette fin. Les damnés de l'Atlantique est l'histoire de quelques-uns de ces sous-mariniers dont la carrière, frappée par un destin exceptionnel, fut une tragédie aux profondes résonnances humaines : le lieutenant de vaisseau Prien, un des plus glorieux commandants d'U-Boot, qui disparut avec tout son équipage sans laisser de traces ; le lieutenant de vaisseau Zschech, qui se suicida à son bord parce qu'il ne pouvait plus supporter de ne remporter aucun succès ; le lieutenant de vaisseau Henke, qui trouva une mort solitaire en tentant une impossible évasion ; le capitaine de vaisseau Luth, tué par une balle allemande, alors que la guerre était finie. Trois officiers de sous-marin, qui commirent un crime contre l’humanité dans cette ambiance de guerre où les droits les plus élémentaires de celle-ci n'étaient plus reconnus... Hans Herlin, en faisant le récit de ces destins, a brossé, pour une fois sous son angle humain, un tableau haut en couleurs, aux touches très sûres, de la guerre sous-marine.

274.          HILL (Mavis) et L. Norman WILLIAMS. Auschwitz en Angleterre. L'affaire Dering. Calmann-Lévy, 1971, in-8°, 329 pp, traduit de l'anglais, préface de lord Denning, index, broché, bon état (Coll. Diaspora)

            25

En 1964 en Angleterre, un médecin polonais soupçonné d'avoir collaboré à des « expériences médicales » à Auschwitz intente un procès en diffamation. Un étrange procès où le bourreau se présente en victime... — "Deux avocats anglais présentent le dossier d'un procès qui eut lieu à Londres en 1964. Le Dr Dering, résistant polonais mais antisémite, déporté à Auschwitz, intente un procès en diffamation à Léon Uris et son éditeur. L'auteur de l' “Exodus” avait mentionné le Dr Dering parmi les médecins nazis ayant opéré à Auschwitz des hommes et des femmes stérilisés aux rayons X. Les victimes et des médecins déportés témoignent contre le Dr Dering. Mais un déporté pouvait-il refuser l'exécution d'un ordre donné par les S.S. ? Le problème moral est jugé par le tribunal londonien qui accorde néanmoins le demi penny symbolique de dommages et intérêts au Dr Dering. Ce procès est non seulement un témoignage de la vie de l'univers concentrationnaire, mais encore des procédures judiciaires britanniques. Il retiendra certainement l'intérêt du moraliste et du criminologue." (Doris Bensimon, L'Année sociologique, Vol. 23, 1972)

275.          HOARE (Sir Samuel). Ambassadeur en mission spéciale. P., Vent du Large, 1947, in-8°, 476 pp, traduit de l'anglais par Claude Micaud et Dominique Bagge, broché, bon état

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C'est en Espagne, champ clos de la diplomatie et des services secrets, qu'envoyé en 1940 par Churchill, l'ambassadeur britannique Sir Samuel Hoare – Lord Templewood – exerça de 1940 jusqu'en octobre 1944 une action féconde, en maintenant l'Espagne hors du conflit. Ses mémoires donnent un excellent aperçu de la vie diplomatique au jour le jour et de ses exigences. Des anecdotes intéressantes et de beaux portraits de Franco, de Serrano Suner, de Jordana.

276.          HOHNE (Heinz). Canaris. La véritable histoire du chef des renseignements militaires du IIIe Reich. Balland, 1981, gr. in-8°, 594 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, marque de bibl. au dos, bon état

            25

L'amiral Canaris, le mystérieux maître-espion d'Adolf Hitler. — Peu avant de se suicider, Adolf Hitler a fait exécuter celui qui, de 1935 à 1944, avait dirigé les services de renseignements de l'armée (l'Abwehr) : l'amiral Wilhelm Canaris. Depuis, il s'est bâti une légende autour de cet homme qui, tout en créant un réseau d'espionnage, terreur des armées alliées, serait devenu le champion de la résistance intérieure au nazisme. Le portrait qu'en trace Heinz Höhne, grâce à des documents d'archives inédits, est beaucoup plus nuancé. Homme de droite, nostalgique de l'ordre et de la discipline, et en cela très représentatif de la caste militaire prussienne, Canaris est resté très longtemps fasciné par Hitler, même s'il n'en a pas partagé toute l'idéologie. Intelligent, secret, rusé, il avait une vision romanesque de l'espionnage ; il aimait l'action, supportait difficilement les tâches bureaucratiques et a laissé par là-même se développer une sorte d'anarchie dans les différents départements de l'Abwehr, dont certains ont effectivement eu pour chef des anti-nazis acharnés. Lorsqu'il a compris que l'Allemagne était perdue, Canaris a tenté d'éviter le pire, pris contact avec ses homologues anglais et américains (dans des circonstances qui n'avaient jamais été racontées jusqu'à présent), mais si ses plans prévoyaient l'élimination des nazis et la destitution d'Hitler, il n'a jamais participé aux différents complots ourdis contre la personne même du Führer, et notamment pas à celui monté par Stauffenberg, qui devait pourtant entraîner l'amiral dans sa chute. Telle est donc cette personnalité complexe que Heinz Höhne a remarquablement su faire revivre, apportant ainsi une contribution importante à l'histoire du IIIe Reich.

277.          HURTREL (André). Le Gross Filou. Récit. La Pensée Moderne, 1971, in-8°, 248 pp, préface de René Barjavel, broché, couv. illustrée à rabats, bon état,  envoi a.s.

            25

Mémoires d'un prisonnier de guerre. — "Le “Gross Filou”, c'est le prisonnier de guerre qui refuse, le “Rawa Rouskaieur”, l'évadé, le KG “à poil”, tout cru, comme on ne l'avait jamais encore montré, avec son réalisme brutal, son cynisme et ses réactions imprévues contre l'énorme connerie des camps de concentration, des persécutions et des gardiens nazis. Le récit d'André Hurtrel nous fait découvrir la face interdite de la vie de deux millions d'hommes pendant quatre ans, celle dont on n'avait pas osé parler : l'Amour derrière les barbelés, les planqués, les trouillards, mais aussi les filières et les évasions. Un témoignage vraiment personnel, mélange réussi de courage, d'enthousiasme, d'atrocités et de résignation."

278.          IRVING (David). La fin mystérieuse du général Sikorski. 4 juillet 1943. Laffont, 1969, gr. in-8°, 250 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, fac-similés, un plan, broché, couv. illustrée à rabats (Coll. Ce jour-là)

            25

"L'enquête menée avec soin par D. Irving rassemble tous les éléments connus sur la catastrophe aérienne du 4 juillet 1943, qui coûta la vie au général Sikorski, premier ministre du gouvernement de Londres, à sa fille et à plusieurs de ses collaborateurs. Revenant d'une mission d'inspection des troupes polonaises dans le Moyen-Orient, le général et ses compagnons s'étaient arrêtés quelques heures à Gibraltar ; le bombardier Liberator qui avait été mis à leur disposition pour l'ensemble de leur voyage par le gouvernement britannique s'écrasa dans l'Atlantique, à 11 heures du soir, quelques instants après avoir quitté l'aérodrome. Dès le moment du drame, on parla, de façon plus ou moins couverte, d'un sabotage que l'on attribuait, suivant les opinions, aux Allemands, aux Soviétiques, à certains éléments polonais ou même à l'Intelligence Service qui aurait jugé bon d'éliminer un patriote polonais s'efforçant de maintenir contre les exigences de l'URSS, alliée à l'Angleterre et aux États-Unis, l'intégrité territoriale de son pays. L'auteur a examiné tous les documents disponibles, interrogé les témoins survivants (y compris le seul rescapé, le pilote tchèque Prchal, dont les réponses ne l'ont visiblement pas satisfait), consulté des experts en aéronautique, effectué toutes sortes de recherches techniques. Il a relevé dans l'organisation du vol et dans la conduite de l'enquête officielle un nombre étonnant d'obscurités, d'incohérences, de négligences et de coïncidences troublantes. Mais, très honnêtement, il conclut que, dans l'état actuel de la question, on ne peut trancher le débat : crime ou accident ? En plus de ce travail de caractère documentaire, son livre contient de bons portraits des protagonistes, des détails humoristiques ou tragiques, un tableau de l'arrière-plan diplomatique indispensable à la compréhension des enjeux en cause. Il est accompagné de cartes, de dessins et de photographies très utiles." (Michel Laran, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1970)

279.          JACKSON (W. G. F.). La Bataille d'Italie (1943-1945). Laffont, 1969, gr. in-8°, 363 pp, traduit de l'anglais, 12 pl. de photos hors texte, 58 croquis, 2 cartes, annexes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire que nous vivons)

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"L'auteur a participé lui-même à la campagne d'Italie, soit dans des états-majors, soit au commandement de la troupe : c'est un exécutant, qui connaît bien le terrain, et sait décrire l'action avec clarté. Il nous mène ainsi du débarquement en Sicile à la capitulation de 1945. Il est généralement bien informé et il présente le point de vue allemand aussi bien que celui des sphères dirigeantes alliées. Il apporte des jugements personnels souvent catégoriques sur cette campagne à propos de laquelle les polémiques ne manquent pas. Il ne cache pas son hostilité – classique à son niveau – à l'égard des grands états-majors, « ronds de cuir de Londres et de Washington » qui ne veulent pas voir les problèmes auxquels on se heurte lorsqu'on est plongé dans l'action. Il insiste sans ménagements sur toutes les erreurs qui ont marqué cette campagne mal menée, en montrant à la fois les illusions des Alliés qui sous-estimaient la force de résistance des Allemands et prenaient leurs désirs pour des réalités et l'incohérence de leur commandement qui, dès octobre 1943, n'avait plus, dit-il, ni plan ni objectif. Cette campagne, caractérisée par l'absence complète d'unité de vues entre Anglais et Américains, est menée sans idée directrice, jusqu'au moment où elle est réduite au rôle d'opération secondaire au profit de la campagne de France, au grand désespoir d'Alexander et de ses subordonnés. Chemin faisant, on relève quelques prises de position intéressantes : sur l'affaire du mont Cassin, où il dégage la responsabilité des Néo-Zélandais, qui n'ont fait qu'exécuter les ordres ; sur Anzio, où il prend la défense du général Lucas, habituellement accablé ; sur Kesselring, qui a fait preuve de sens tactique, mais était complètement dépourvu de sens stratégique. Au total, un livre qu'on peut lire et consulter avec fruit." (Jean-Marie d'Hoop, Revue historique, 1971)

280.          KEATS (John). Les soldats oubliés de Mindanao. L'aventure vécue du “général” américain Fertig chez les maquisards des Philippines (1942-1945). Laffont, 1965, in-8°, 345 pp, traduit de l'américain (“They fought alone”), une carte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire que nous vivons)

            25

L'une des plus grandes surprises du commandement américain pendant la dernière guerre, fut d'apprendre, par la radio du Japon, l'existence, dans l'île de Mindanao qu'il croyait contrôlée par les forces japonaises, d'un "Gouvernement des Philippines libres", le commandement militaire étant exercé par un certain "général" Wendell W. Fertig. Et il découvrit que cet ingénieur du Colorado, colonel de réserve du génie, dont John Keats nous conte aujourd'hui l'incroyable aventure, avait effectivement organisé la Résistance dans cette île, avec quelques autres soldats "oubliés" lors de l'évacuation des Philippines par les troupes de MacArthur et avec des guérilleros locaux, rompus aux laborieux cheminements dans la jungle.

281.          LE BRETON (Auguste). Deux sous d'amour. Vertiges du Nord/Carrère, 1986, fort in-8°, 671 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Biographie du Milieu français sous l'Occupation allemande, par Auguste Le Breton, l'auteur de "Du rififi chez les hommes", de "Razzia sur la schnouff" et du "Clan des Siciliens". Avant la guerre, il fréquente la pègre. Là, il noue de solides amitiés avec les voyous de Saint-Ouen. Lorsque survient l'Occupation, il fait le bookmaker, possède des parts dans des tripots et des restaurants, affronte parfois les gangsters de la Gestapo française. À la Libération, on lui attribuera la Croix de Guerre. Il raconte cette période dans "Deux sous d'amour", un fabuleux récit romancé.

282.          LÉVY (Claude) et Paul TILLARD. La Grande Rafle du Vel d'Hiv. 16 juillet 1942. Laffont, 1967, gr. in-8°, 269 pp, préface de Joseph Kessel, 16 pl. de photos et documents hors texte, sources et biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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Imaginé par l'esprit pervers d'Heydrich et rendu possible par la complicité de Pierre Laval, un plan diabolique vient d'être mis sur pied. 27.388 fiches ont été préparées par les soins des services préposés aux questions juives. Le 16 juillet 1942, à l'aube, plus de 9.000 hommes des forces de l'ordre, sous contrôle de l'occupant, déclenchent l'une des plus grandes opérations policières menées dans Paris depuis l'arrestation des Templiers et la Saint-Barthélemy : ce jour-là, et le lendemain, 12.884 juifs étrangers ou d'origine étrangère vont être arrêtés. On expédie directement en Allemagne ou en Pologne, via Drancy, les célibataires ou les couples sans enfants ; les familles avec enfants sont concentrées au Vél d'Hiv : plus de 7.000 personnes vont demeurer prisonnières sous cette immense verrière, dans une chaleur effroyable, presque sans eau. Parmi elles, 4.051 enfants... Cela s'appelait l'opération «Vent Printanier». — “La Grande Rafle du Vel d’Hiv” est le document de référence sur le crime du « Jeudi noir » de juillet 1942. Des témoins se souviennent, des acteurs parlent. La responsabilité des autorités de Vichy apparaît, décisive. Claude Lévy a rejoint la Résistance dès 1942. Arrêté en décembre 1943, livré aux Allemands par les autorités de Vichy, il est déporté en juillet 1944. Il s’évade fin août et rejoint le maquis. Il sera démobilisé en 1945. – Engagé très tôt dans la Résistance, Paul Tillard est arrêté par la police de Vichy en août 1942 et déporté au camp de Mauthausen. Dès son retour, il publie le premier témoignage français sur les camps nazis.

283.          LUNEAU (Aurélie). Radio Londres. Les voix de la liberté (1940-1944). Perrin, 2005, in-8°, 350 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Bien complet du CD audio

            25

"Ici Londres ! Les Français parlent aux Français..." En 1940, la BBC ouvre ses antennes à ceux qui refusent la défaite. Radio Londres est née et va devenir le lieu de rendez-vous quotidien des Français pendant quatre ans. De jeunes et talentueux chroniqueurs (Jacques Duchesne, Jean Oberlé, Pierre Bourdan, Jean Marin, Maurice Schumann, Pierre Dac...) insufflent un ton nouveau et inventent la radio de proximité. Des messages personnels aux appels à résister, une véritable guerre des ondes se joue face à Radio Paris (Philippe Henriot) et Radio Vichy, démagogiques, collaborationnistes et ouvertement antisémites. Jusqu'au triomphe des Alliés, Radio Londres se mue en arme de guerre. Voix de la France libre du général de Gaulle, elle est victime de son succès : les Allemands interdisent son écoute et brouillent ses émissions sans jamais réussir à briser son pouvoir.

284.          McGOVERN (James). La Chasse aux armes secrètes allemandes. Stock, 1965, in-8°, 221 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, notes et sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Voici l'histoire de la lutte qui mit aux prises les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l'URSS pour s'emparer des célèbres V2, inventés par les nazis, et des savants qui les avaient conçus. Vingt ans après ce livre révèle deux des opérations secrètes les plus importantes de la seconde guerre mondiale ; « Crossbow » et « Overcast ». « Crossbow » était le nom de code de la première opération qui découvrit et permit d'anéantir le potentiel en fusées (de toutes sortes et plus spécialement en V2) des Allemands; « Overcast », celui de l'opération qui permit la récupération de Wernher von Braun et d'une centaine de spécialistes allemands par les Etats-Unis.

285.          NACHIN (Lucien). Charles de Gaulle, général de France. Editions Colbert, 1944, in-12, 122 pp, mention fictive de 30e édition au 2e plat de couverture (mais pas sur la page de titre), 2 photos de Charles de Gaulle dont une en frontispice, fac-similé d'un autographe et liste des ouvrages du Général, broché, bande éditeur conservée (“L'homme du destin”), bon état. Achevé d'imprimer du 25 août 1944. Edition originale en très bon état, ce qui est rare pour cet ouvrage fragile

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"16 juillet 1945 : Procès des éditeurs Jacques Bernard et Jean d’Agraives. Directeur des Editions Colbert et collaborateur à Radio-Paris de 1940 à 1941, Frédéric Causse dit Jean d’Agraives est accusé d’avoir publié cinq traductions de l’allemand et un seul ouvrage collaborationniste. Mais il a aussi employé des résistants, dont Jean Blanzat, l’un des fondateurs du CNE, et fourni du papier destiné à l’impression d’un journal clandestin. Quant à l’ouvrage du colonel Lucien Nachin (Charles de Gaulle, général de France) qu’il a publié en septembre 1944 et dont la presse lui a fait grief, c’est dès 1942 qu’il l’avait commandé à l’auteur. Le journal "Franc-Tireur" publie un article à ce sujet : « Un livre ? Non : un alibi ! On ne saurait admettre qu’une telle étude paraisse sous la plume des Editions Colbert, qui étaient et demeurent, même sous camouflage "français", une maison allemande dont les dirigeants ont tous eu des attaches nettes et notoires avec les occupants nazis ». Jean d’Agraives est condamné à huit mois de prison et à cinq ans d’indignité nationale. Il est mort le 21 octobre 1951." (Henri Thyssens)

286.          PASSY (Colonel). Souvenirs. I : 2e Bureau, Londres. Monte-Carlo, Raoul Solar, 1947, in-8° carré, 236 pp, 4 pl. de fac-similés hors texte (lettres du général de Gaulle), reliure demi-basane fauve, dos à 4 nerfs, titres dorés, 1er plat conservé (rel. de l'époque), bon état

            35

Premier volume seul. — Polytechnicien, André Dewavrin, alias Colonel Passy, fut le chef du Bureau de contre-espionnage, de renseignement et d'action (BCRA) de la France Libre à Londres, de 1940 à 1944. Il fut en 1944 le chef d'état-major du général Koenig, puis, après la guerre, le chef de la direction générale des études et recherches de la Défense nationale.

287.          PÉAN (Pierre). La diabolique de Caluire. Fayard, 1999, in-8°, 257 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Pour son malheur, René Hardy, jusque-là grand résistant, rencontra un jour Lydie Bastien. Cette femme étrangement belle, fascinante, se vantait de pouvoir hypnotiser qui elle voulait ; il en devint fou amoureux. On la vit alors, au printemps de 1943, avec ses talons compensés, son large chapeau et ses robes extravagantes, accompagner le chef de Résistance-Fer dans ses rendez-vous les plus secrets. Poussée par une inextinguible soif de pouvoir sur les hommes, elle plongea d'abord au coeur de la Résistance à Lyon, pour travailler très vite à la solde des Allemands. C'est ainsi qu'elle piégea René Hardy qui, passé à son tour à l'ennemi, n'hésita pas à livrer Jean Moulin à Klaus Barbie lors de la fameuse réunion de Caluire. A travers le portrait de cette Mata Hari, morte tout récemment, Pierre Péan déroule devant nos yeux le parcours tumultueux d'une femme dont le destin, en 1943, a funestement croisé l'Histoire de notre pays.

288.          [Revue La France Libre]. La France Libre. Liberté, Égalité, Fraternité. Directeur : André Labarthe. London, Hamish Hamilton, et Alger, 1940-1946, 35 vol. gr. in-8°, qqs photos et illustrations dans le texte ou planches de photos hors texte, brochés, couv. illustrées, qqs dos abîmés, qqs couv. lég. piquées, bon état. Réunion des n° 1 (15 nov. 1940) à 14 (15 déc. 1941), 25 (16 nov. 1942) à 37 (20 déc. 1943) (+ le n° anthologique 28 bis), 42 (mai 1944), 43, 45, 47 (15 sept. 1944), 58 (sept. 1945), 60 et 71 (15 sept. 1946). On joint un fascicule publicitaire d'abonnement distribué avec le premier numéro (4 pp, format 12,6 x 20,3)

            600

Rare réunion de 35 numéros de “La France Libre”, revue mensuelle fondée à Londres en novembre 1940 et dirigée jusqu'en décembre 1946 par André Labarthe (1902-1967). Avec Martha Jansen-Lecoutre et Stanislas Szymanczyk, deux anciens du RUP (Rassemblement universel pour la paix), bientôt rejoints par Raymond Aron, et l'appui financier de l'Intelligence Service, Labarthe fonde la revue mensuelle “La France Libre” (domiciliée au 15 Queensbury Place, à Londres), qui est publiée du 15 novembre 1940 à décembre 1946. Tirée à 10 000 exemplaires (elle passe de 8 000 exemplaires en 1940 à 25 000 à la Libération selon Thierry Cottour), cette revue se distingue par sa haute qualité intellectuelle et ses nombreux collaborateurs, parmi lesquels se distinguent Georges Bernanos, Albert Cohen, Ève Curie, Henri Focillon, Camille Huysmans, Jacques Maritain, Robert Marjolin, Jules Roy, Thomas Mann, John Dos Passos ou Herbert George Wells ; mais aussi André Labarthe lui-même, Joseph Kessel, Romain Gary, Jean-Paul Sartre, Roger Caillois, Raymond Aron, Etiemble, Camille Rougeron, Pierre Mendès France, Pierre Gallois, etc., plus des lettres de De Gaulle et de Churchill... Très appréciée de la presse anglo-saxonne, une édition spéciale, mise au point à l'été 1943, est larguée sur la France par la Royal Air Force. À la même époque, la revue s'installe à Alger. Pour Labarthe, cette revue a pour mission d'entreprendre une « croisade des idées » pour lutter contre « l'acceptation morale de la défaite » et restaurer une civilisation fondée sur la « liberté humaine ». Lors de la création de cette revue, le directeur de publication André Labarthe est directeur du service de l’armement à l’état-major de la France Libre. Quant au secrétaire de rédaction, qui signe une « chronique de France » sous le pseudonyme de René Avord, il s’agit de Raymond Aron, précédemment passé par la 1re compagnie de chars de combat de la France Libre. En dépit de cette proximité initiale avec le mouvement du général de Gaulle, les relations entre Labarthe et de Gaulle s’envenimant au cours de l’année 1941, “La France Libre” prend, selon le mot de Raymond Aron, une tournure « agaulliste ». — "Labarthe, trublion de la première France Libre, en est un des personnages les plus originaux. Trente-huit ans, un esprit brillant consumé de passion ; une ressemblance avec Robespierre qu'il cultive jusque dans le souci de l'élégance et dans le visage imperceptiblement poudré ; un don de séduction qu'entretient une flamme intérieure nourrie des souvenirs de la Révolution française et d'une enfance plébéienne dont il se fait gloire (sa mère était femme de ménage) ; mais d'abord, la capacité de parler de tout avec talent." (Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre de l'appel du 18 juin à la Libération) — Selon le même Jean-Louis Crémieux-Brilhac, le philosophe, sociologue et journaliste Raymond Aron (1905-1983), qui tend à considérer le gaullisme comme un bonapartisme, était « le seul antigaulliste non passionnel de Londres ». — " “La France Libre”, revue fondée à Londres en 1940 par André Labarthe et à l’instigation du général de Gaulle, constitua sans doute l’un des premiers « think tanks » stratégiques interdisciplinaires et internationaux du monde occidental : stratèges civils (Szymonzyk, Labarthe), politistes et philosophes (Raymond Aron), écrivains militaires (Pierre Gallois, Camille Rougeron), économistes (Robert Marjolin) contribuèrent à la revue et abordèrent les problèmes de la guerre en cours dans toutes ses dimensions. Les réunions éditoriales où se confrontaient et se testaient les idées formaient comme un séminaire de recherche en continu. Si “La France Libre” était plus largement une revue culturelle, avec des contributions sur l’art et la littérature, le mode de fonctionnement que nous décrivons exista incontestablement pour traiter des problèmes stratégiques. Revue d’exil et d’émigrés, la revue en tant que « think tank » n’eut pas de continuation en France après la guerre." (Christian Malis, 2010)

289.          ROMMEL (Maréchal). La Guerre sans haine. Carnets présentés par Liddell-Hart. Presses de la Cité, 1962, fort in-8°, 460 pp, traduit de l'allemand, 24 pl. de photos hors texte, nombreuses cartes et croquis, index, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état

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Introduction par B. H. Liddell-Hart. Histoire des papiers de Rommel, par Manfred Rommel. Les années de victoire (la division fantôme, mai-juin 1940 - victoire en Afrique, février 1941 - août 1942). Les années de défaite (El Alamein, le débarquement de Normandie, les derniers jours). — "Aucun grand capitaine de la Seconde Guerre mondiale n'a écrit de récit aussi clair et aussi percutant sur la stratégie militaire que Rommel dans ses Mémoires. Soucieux de tirer les leçons de ses campagnes, il rend compte mieux que quiconque du Blitzkrieg puis des combats dans le désert. On entre au cour de sa réflexion stratégique, toujours ancrée dans l'action. On découvre un chef de guerre qui s'est constamment affranchi des règles traditionnelles pour surprendre l'ennemi, le prendre de vitesse, mais aussi un homme pour qui les combats devaient épargner le plus possible les civils et éviter les représailles. À la fois craint et estimé par les Alliés, notamment britanniques, qui ont contribué à bâtir sa « légende », il demeure un soldat discipliné, que sa formation a toujours empêché de remettre en cause le pouvoir du Führer. Bien que sa mort ordonnée par Hitler ait interrompu ce récit, ce témoignage n'en reste pas moins capital pour l'histoire."

290.          ROUGIER (Louis). Les accords secrets franco-britanniques de l'automne 1940. Histoire et imposture. Grasset, 1954, pt in-8°, 249 pp, broché, bon état

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"... Le 23 octobre 1940, l'obscur professeur Rougier, parti de Vichy, arrive à Londres sans mandat officiel. Il voit Churchill et lord Halifax. Il revient avec un texte qu'il présente à son retour, au maréchal Pétain. Celui-ci n'y prête guère attention. Il refuse notamment de prendre acte de l'engagement de restauration de la France, formulée par la Grande-Bretagne. Cet engagement suppose, en effet, la victoire anglaise et le maréchal n'y croit pas. Ce que M. Rougier appellera plus tard un protocole franco-britannique n'est rien d'autre que le résumé de ses conversations : la Grande-Bretagne s'engage à rétablir la France dans son intégrité et dans sa souveraineté si elle ne fait rien pour aider la victoire des totalitaires et, à fortiori, si elle contribue à la victoire britannique ; Londres promet de ne plus chercher à prendre par la force les colonies françaises demeurées fidèles à Vichy ; le gouvernement français s'engage à ne pas tenter de reprendre les colonies passées à de Gaulle ; il remettra l'Empire dans la guerre le jour où les Britanniques et leurs alliés éventuels, ayant fait la preuve de leur force, seront à même de débarquer en nombre... Ce papier ne fut signé par personne. Rougier ne parlait du reste, au nom de personne. Il ne représentait donc rien. Alors que Vichy ne tenait nullement à s'engager dans pareille voie en 1940, les pétainistes, dans l'après guerre, brandiront ce soi-disant accord pour montrer que le maréchal jouait le double jeu, au bénéfice de ses anciens alliés. Or, le jour où le professeur Rougier arrivait à Londres, Pétain rencontrait Hitler à Montoire. Cette pure coïncidence de dates est exploitée, on s'en doute, par les révisionnistes : Montoire, Verdun diplomatique ! ..." (Henri Bernard, Revue belge de philologie et d'histoire, 1958)

291.          RUBY (Marcel). Le Livre de la déportation. La vie et la mort dans les 18 camps de concentration et d'extermination. Laffont, 1994, gr. in-8°, 451 pp, 16 pl. de photos hors texte, glossaire des déportés, biblio, chronologie, broché, bon état. Bien complet de la la planche volante en couleurs présentant les principaux signes distinctifs des déportés

            25

Il y a cinquante ans, les troupes alliées, au fur et à mesure de leur avance, libéraient les camps de la mort et révélaient au monde l'horreur du système concentrationnaire nazi. Les camps de concentration – en particulier ceux de Buchenvald, Dachau et Ravensbrück – et les camps d'extermination – surtout Auschwitz – ont fait l'objet de nombreux essais et témoignages. Mais "Le Livre de la deportation" est le premier ouvrage d'ensemble sur les douze camps de concentration et les six camps d'extermination bâtis par l'empire SS. Grâce à lui, nous les découvrons l'un après l'autre, avec leur histoire, leur organisation, la vie et la mort de leurs victimes – un sinistre « bilan » fondé sur des documents irrécusables et des témoignages de première main, illustré par des cartes et des photographies. En décrivant les camps de concentration peuplés notamment de résistants de toute l'Europe, et en confirmant par le texte et l'image la spécificité du génocide condamnant les Juifs à mort uniquement parce qu'ils étaient nés juifs, ce livre rappelle aussi que, pour Hitler, les handicapés, les homosexuels, les Tsiganes étaient également voués à l'anéantissement. Un ouvrage unique qui fait date et deviendra un livre de référence.

292.          RYAN (Cornélius). La Dernière bataille. La chute de Berlin. 2 mai 1945. Laffont, 1966, gr. in-8°, 488 pp, 48 pl. de photos, cartes et plans hors texte, notes sur les pertes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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Lundi 16 avril 1945, à exactement 4 heures du matin : un formidable fracas d’artillerie signale le début de l’attaque russe contre la capitale du IIIe Reich. Dans quatorze jours, le Führer sera mort ; dans vingt et un, la guerre sera finie. Ce livre est l’histoire de cette dernière bataille : l’assaut et la prise de Berlin. Bien qu’il contienne des récits des combats, ce n’est pas un ouvrage d’histoire militaire. C’est l’histoire de gens comme tout le monde, tant militaires que civils, aux prises avec le désespoir, la déception et le viol de la défaite. La Dernière bataille nous fait revivre ces trois semaines où Berlin, éventrée, fumante, terrorisée et pourtant miraculeusement vivante, est au centre de la vie de millions d’êtres : pour les Alliés, le symbole de leur triomphe ; pour les Allemands, la dernière défense ; pour Hitler, le dernier refuge. Et pour les plus lucides, la préfiguration d’un avenir difficile. La Dernière bataille est finalement un extraordinaire suspense, un document bouleversant sur ces heures terribles où l’Allemagne vivait son « Crépuscule des Dieux ».

293.          SALIÈGE (Mgr, Archevêque de Toulouse). Témoignages 1939-1944. Editions du Témoignage Chrétien, 1944, pt in-8°, 182 pp, broché, bon état

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Contient la célèbre lettre rendue publique en août 1942 où l'achevêque de Toulouse Jules-Géraud Saliège dénonçait la livraison des Juifs aux Allemands : "Dans notre diocèse, des scènes d'épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et du Récébédou. Les Juifs sont des hommes. Les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes. Les étrangères sont des femmes. Tout n'est pas permis contre eux (...) Ils font partie du genre humain..." (reproduit ici avec une belle coquille : "des scènes d'épouvante" devenant "des scènes émouvantes", p. 117). — Le camp toulousain de Noé a été créé par Vichy pour y interner des "étrangers indésirables", en majorité des Juifs allemands et des réfugiés républicains de la guerre d'Espagne. Officiellement "camp-hôpital", il devient alors l'instrument d'une logique d'exclusion, xénophobe antisémite avant d'être mis au service de la politique de collaboration d'Etat avec l'Allemagne nazie. — Cette lettre pastorale du 23 août 1942, ronéotypée sur une rotative prêtée par des militants de la Jeunesse agricole chrétienne (JAC), fut remise directement entre les mains des curés du diocèse qui se trouvaient ce jour-là au grand séminaire en retraite sacerdotale pour qu’ils l’emportent le lendemain en regagnant leurs paroisses. Cette protestation fut reprise par la presse clandestine ("Combat", "Libération sud", "Témoignage chrétien") et diffusée sur les ondes de la BBC de Londres mais plus encore indéfiniment recopiée pour passer de main en main. Elle aura un impact considérable dans et sur l’opinion internationale. Elle provoquera la fureur du gouvernement de Vichy et Pierre Laval tentera sans succès d’obtenir du nonce apostolique Mgr Valerio Valeri la déposition de l’archevêque de Toulouse. La préfecture de Toulouse, ayant appris tardivement le texte de cette lettre pastorale adressa aux maires de la Haute-Garonne le télégramme suivant : "prière vous mettre immédiatement en rapport avec le curé desservant votre commune et lui signifier volonté du gouvernement de ne pas laisser procéder à lecture de la lettre épiscopale..." Malgré les pressions de la police, d’une visite du préfet à l’archevêché, nul ne pu faire revenir Monseigneur sur sa décision : "ce que j’ai dit est dit", répliqua-t-il. Le dimanche 23 août 1942, sa lettre était lue en chaire. Malgré le télégramme de la préfecture, il y eut très peu d’abstentions. À partir de juin 1942, Monseigneur Saliège apparaît comme le chef spirituel de la Résistance...

294.          SERRANO SUNER (Ramon). Entre les Pyrénées et Gibraltar. Dix ans de politique espagnole (1936-1946). Genève, Editions du Cheval Ailé, 1947, in-8°, 342 pp, broché, bon état

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Notes et réflexions sur la politique espagnole depuis 1936 par l'ancien ministre espagnol des Affaires étrangères. Ramón Serrano Suñer, beau-frère de Francisco Franco, le soutint après le déclenchement de la Guerre d'Espagne, pendant laquelle il fut à la tête de la Phalange. En juillet 1936, il fut arrêté et enfermé dans une prison républicaine. Il s'évada en octobre 1936, déguisé en femme. Il rejoignit la France sur un navire argentin, puis se rendit à Salamanque où siégeait le gouvernement provisoire de Franco, et travailla à ses côtés pendant toute la durée du conflit. Ses deux frères furent fusillés par les Républicains. De 1937 à 1940, il fut ministre de l'Intérieur, et cumula ce portefeuille avec celui de ministre de la Presse et de la Propagande de 1939 à 1940. De 1940 à 1942, il fut ministre des Affaires étrangères, et parvint à mettre en place des relations solides avec Mussolini. En 1940, Suñer et Franco rencontrèrent Hitler à Hendaye pour discuter d'un engagement éventuel de l'Espagne dans la Seconde Guerre mondiale. Suñer tenta de convaincre Franco de rejoindre l'Axe, mais l'Espagne resta neutre tout au long du conflit. Hitler fut déçu que Suñer n'insiste pas plus pour que Franco soutienne l'Allemagne, et le décrivit comme "creusant la tombe de l'Espagne nouvelle". En 1942, il dut renoncer à sa charge de ministre des Affaires étrangères et de président du conseil de la Phalange.

295.          [Service d'Information de la France Libre]. Documents d'Information puis Les Documents puis Les Cahiers Français. Revue bi-mensuelle publiée par le Service des Publications de la France Combattante. Londres, Service d'Information de la France Libre, 4 Carlton Gardens, 1940-1946, 48 vol. in-4°, brochés, bon état. Réunion des “Documents d'Information” n° 3 (1er oct. 1941), 7, 10 à 19, “Les Documents” n° 20 à 22, 25 à 42, “Les Cahiers Français” n° 43 à 51, 54 à 59 (oct. 1944, dernier numéro). Soit 48 numéros de 28 à 60 pages chacun (sur 59 parus)

            800

Réunion de la plus grande rareté. — Le service d’information de la France Libre de Londres joue un rôle important dans l’entreprise de la France Libre, en s’efforçant d’informer et de convaincre Français de l’étranger et opinions internationales du bien fondé des objectifs de la France Libre. À partir de l’automne 1941, le service d’information de Londres publie en français une revue d’information bimensuelle intitulée “Documents d’information”. En juin 1942, au n° 20, cette revue, distribuée aux délégations pour alimenter leur effort de propagande à l’étranger, devient “Les Documents”, avec en sous-titre : « recueillis par le Service des publications de la France Combattante ». Le 1er juin 1943, au n° 43, elle prend le nom : “Les Cahiers Français”, le sous-titre étant désormais : « Revue d’information éditée par la Société des Éditions de la France Libre » puis, après décembre 1943, « par le Comité Français de Libération Nationale, Commissariat à l’Information ». — "On trouve dans “Les Documents”, outre les comptes rendus des activités de la la France Libre sur le sol anglais, en Afrique, en Amérique, des informations très précises sur les mouvements de la Résistance française, leur organisation, leurs stratégies, leurs actions, la reproduction à chaud de très nombreux documents parvenus à Londres : récits d'évasion, dessins d'enfants de la France occupée, photographies de destructions allemandes, cartes d'analyse stratégique, lettres de condamnés à mort et de nombreuses réimpressions de journaux clandestins parus sur le sol français. Les numéros 28, 38 et 43 se présentent ainsi comme des chemises réunissant la reproduction à l'identique de publications telles que “Libération”, “Combat”, “Le Franc-Tireur”, “France d'Abord”, “Libre France”, “La Vie Ouvrière”, “Bir Hakeim”, “Le Patriote”, “Le Père Duchesne”, “Les Lettres Françaises”, “L'Humanité”, “Résistance”, “L'Insurgé”... “Les Documents” puis “Les Cahiers Français” constituent à ce titre la première oeuvre de réimpression de journaux clandestins." (Vignes & Lacroix, “L'Intelligence en guerre”, 2001)

296.          SORDET (Dominique). Les derniers jours de la démocratie. Inter-France, 1944, in-12, 152 pp, broché, non coupé, papier lég. jauni, bon état. Bien complet du feuillet d'errata

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Par Dominique Sordet (1889-1946), ancien chroniqueur de L’Action française et de Candide, directeur de l'agence Inter-France. — "Dominique Sordet, directeur de l'agence Inter-France, ancien officier je crois, et critique musical de valeur, mais bien le plus plat valet qu'il m'ait été donner de rencontrer. Ce garçon gras et flasque, au regard fuyant, à la dialectique insinuante, partageait avec le colonel Michel Alerme le triste privilège d'avoir ouvert à Vichy la première agence de presse allemande." (Henry du Moulin de Labarthète, directeur du cabinet civil du maréchal Pétain, dans “Le temps des illusions. Souvenirs, juillet 1940-avril 1942”)

297.          VIAL (Pierre). La Bataille du Vercors, 1943-1944. France Loisirs, 1993, gr. in-8°, 303 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Cet ouvrage retrace, de 1943 à 1944, la véritable histoire de la bataille du Vercors, reconstituée grâce à des témoignages et des documents inédits à ce jour. 21 juillet 1944. Alarmés par la présence, dans le massif du Vercors, d'une importante force française, les Allemands passent brusquement à l'attaque. Ils ont rassemblé d'importants moyens et feront même acheminer des SS par planeurs. A Valchevrière, le combat s'engage, d'une sauvagerie inouïe. Dépourvus d'armes lourdes, les Français font face. Chasseurs du 6 BCA, reconstitué dans la clandestinité, réfractaires au STO, maquisards dauphinois, résisteront, au coude à coude, jusqu'au bout. Leur sacrifice fera entrer le nom du Vercors dans l'Histoire. Un récit haletant, puisé aux meilleures sources par un historien rigoureux.

298.          WAAGE (Johan). La bataille de Narvik. Laffont, 1965, in-8°, 286 pp, traduit du norvégien, préface du général Béthouart, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

La bataille de Narvik restera un des évènements les plus importants qui aient marqué la première année du second conflit mondial. Dès le début de 1940, les divers états-majors avaient envisagé l'éventualité d'un théâtre d'opérations en Norvège. Pour les Allemands, l'occupation de ce pays était de nature à peser de manière décisive dans la lutte contre l'Angleterre. Pour les Alliés, il s'agissait de soutenir la Finlande contre la Russie et d'interdire à l'Axe l'abri des fjords norvégiens...

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

299.          DARCOURT (Pierre). Bay Vien, le maître de Cholon. Hachette, 1977, in-8°, 417 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Grands Aventuriers)

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"Le Van Vien, dit Bay Vien, est un aventurier, membre puis principal responsable de la secte politico-religieuse "cochinchinoise" dite "Binh Xuyen". Prisonnier de Droit commun à Poulo Condore, il y rencontre les "politiques", surtout des communistes, qui le gagnent à la cause nationaliste. De septembre 1945 à juin 1948, il participe à la guérilla Viet Minh, entraînant sa secte avec lui. Mais il ne supporte pas la domination communiste sur le Viet Minh. Désillusionné, Bay Vien entre secrètement en contact avec Bao Dai et les Français. En juin 1948, il fait opérer à ses troupes un revirement spectaculaire et total, en intégrant directement l'armée Bao Dai. Bay Vien lui-même revient à Saïgon, où il mène désormais grande vie. Cet ancien Droit commun devient alors Chef de la Police. Mais, après Dien Bien Phu, les pro-Français sont montrés du doigt. Le nouveau Président du Conseil du Sud, Ngo Dinh Diem, entreprend même de les éliminer physiquement. Bay Vien choisit alors l'exil en France. Cet ouvrage permet à l'auteur de dresser des portraits fort vivants de quelques personnages importants de l'histoire de cette période : Hoang Quoc Viet, Tran Van Giau, Nguyen Binh, Bao Dai, Ngo Dinh Diem..." (Ruscio, La guerre « francaise » d'Indochine, 1945-54)

300.          DUGOIN (Xavier). L'Honneur et l'oubli. Quatre batailles de l'histoire de France. Nathan, 1991, pt in-4°, 143 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, 5 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Récit stratégique et militaire des batailles de La Hougue avec Tourville (1er juin 1692), de Morhange aux premiers jours de la Grande Guerre (20 août 1914), du conflit entre l'Indochine française et la Thaïlande en 1940-1941, et de Cao Bang et de la RC 4 (3-10 octobre 1950).

301.          HANRION (Général L.). Saint-Cyr. Neuf années de commandement, 1871-1880. P., Librairie militaire de L. Baudoin et Cie, 1888, in-8°, (8)-347 pp, un tableau dépliant, appendices, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état

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Saint-cyrien de la promotion de Mazagran (1839-1841), officier d’infanterie, Louis François Joseph Hanrion (1821-1894) sert au prestigieux 19e régiment d’infanterie en Afrique du Nord de 1841 à 1848. Il est notamment cité à l’ordre de l’armée pour sa belle conduite au combat d’El Diss le 3 mai 1842. Capitaine puis chef de bataillon au 94e régiment d'infanterie de 1851 à 1866, il participe à l’expédition de Crimée (1855-1856). Le 12 août 1866, il est promu lieutenant-colonel au 6e régiment d'infanterie de ligne puis il est nommé commandant en second de l’Ecole impériale spéciale militaire. Colonel en mars 1870, il est à la tête du 5e régiment de marche au début de la guerre franco-prussienne de 1870. Général de brigade en novembre 1870, il assure la défense du 4e secteur de l’enceinte de Paris à partir de février 1871. Après avoir commandé la 2e brigade de la 1re division de l’armée de Paris (mars-juillet 1871), il est confirmé dans son grade d’officier général et désigné pour commander l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr le 21 juillet 1871. Il succède au général Breugnot, commandant l’Ecole depuis le 11 septembre 1870. Hanrion est nommé par le général de Cissey, ministre de la Guerre. Il a pour mission de réorganiser l’Ecole mais aussi de bâtir une véritable formation académique et une instruction militaire pour les officiers saint-cyriens. Dans une lettre, il définit l’esprit dans lequel les réformes doivent être entreprises : « Le dressage pouvait suffire autrefois. Nous nous en sommes dans tous les cas, pour notre malheur, contentés pendant trois quarts de siècle. À présent, avec les milices incomparables que nous donnera pour la guerre le service militaire obligatoire, tout chef militaire du sous-Lieutenant au général, qui ne sera pas tout à la fois directeur, éducateur et tuteur sera au-dessous de son mandat ». Dès son arrivée, Hanrion veut régler l’opposition entre l’instruction militaire ("la mili") et la formation académique ("la pompe"). Il cherche aussi à réduire l’écart entre la théorie et la pratique. L’enseignement académique est l’objet de toutes les attentions. Le corps professoral est remanié. Des professeurs civils et des instructeurs militaires de toutes les armes, reconnus pour leurs compétences, sont recrutés à Saint-Cyr. Hanrion introduit de nouveaux moyens pour la formation (les cours sont autographiés par exemple) et il met l’accent sur certains cours (langues, histoire, géographie). Il réforme aussi l’instruction militaire. Ainsi, il repense l’espace pédagogique en ordonnant l’aménagement d’un immense terrain d’exercice appelé « Iéna », et surnommé par les élèves « marchfeld », afin de faire manœuvrer les élèves. Partisan de méthodes modernes, il assouplit la discipline (autorisation de fumer, permissions de sortie accordées plus facilement). Il lutte contre les brimades et instaure le binômage : les jeunes recrues sont encadrées par les anciens élèves. Exigeant sur la discipline et le travail, détestant la médiocrité et inflexible dans la règle, Hanrion prône auprès de ses subordonnés l’action morale avant de recourir à la contrainte. Le 5 février 1880, Hanrion est relevé de son commandement notamment pour ses liens très étroits avec la religion catholique. Admis dans le cadre de réserve en 1883, il se retire à Besançon où il s’éteint le 5 avril 1894.

302.          HARRIES-JENKINS (Gwyn). The Army in Victorian Society. London, Routledge & Kegan Paul, 1977, in-8°, 320 pp, notes, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Studies in Social History). Texte en anglais

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"Voici un livre neuf et stimulant de sociologie militaire qui vient combler une lacune. Par « armée » l'auteur entend le seul corps des officiers, et par suite il laisse entièrement de côté le monde du soldat et même la catégorie intermédiaire des sous-officiers. On pourra évidemment déplorer une limitation aussi sévère. Du coup se trouvent retranchées du champ de l'investigation les relations verticales à l‘intérieur du corps militaire et le projecteur se concentre sur les relations de type horizontal : relations des of ciers entre eux dans le cadre de l’institution ou relations avec la société environnante (on peut dire en revanche qu'il y a là quelque chose de parfaitement symbolique de la société militaire victorienne, où le soldat est considéré comme un instrument anonyme, encore que vers la fin du XIXe siecle on assiste à l’éveil d’une certaine conscience sociale). Le thème majeur de G. Harries-Jenkins, c’est qu’à une époque où dans tous les secteurs de la société l’on assiste à un développement rapide de la spécialisation et du savoir technique, autrement dit de la « professionnalisation » parmi les cadres dirigeants, l'armée britannique échappe entièrement à ce processus car elle en reste à la conception traditionnelle de l’autorité confiée à un corps de gentlemen amateurs, bien nés et faits pour commander. Ainsi les officiers qui appartiennent presque tous à la gentry continuent de former un monde à part, avec ses règles, ses normes, son cadre social. Or, cette conception entretenue par le fait que l’armée n‘a eu pratiquement à mener depuis le temps de Wellington que des « petites guerres » coloniales, se trouve soudain battue en brèche lorsque se produisent les désastres de la guerre des Boers. Celle-ci contraint à une révision déchirante, que l'expérience de la guerre de 1914 va accélérer : désormais la voie est ouverte qui conduit à l’armée professionnelle d'aujourd’hui. A l'appui de sa démonstration l’auteur utilise une documentation très étendue et l'argumentation qui combine l’approche historique et l’approche sociologique se développe avec une extrême rigueur et une grande ingéniosité. Il y a là un modèle de synthèse entre contraintes stratégiques et structures sociales, et l’univers mental de ces officiers, formés dans les public schools par la culture classique et la pratique des sports, est retracé avec brio. En fin de compte l'originalité de cette société militaire très exclusive qu’est l’armée britannique ressort avec limpidité et netteté en comparaison de ses homologues : l’armée prussienne, où prévaut la caste militaire, et l’armée française que caractérisent une certaine ouverture et une relative mobilité." (François Bédarida, Annales ESC, 1978)

303.          ICARE. Revue de l'aviation française. Les IPSA (Infirmières pilotes secouristes de l'air) et convoyeuses de l'Air. – J. R. Roques, un Suisse, As de la guerre 1914-1918. P., Icare, 1989, gr. in-4°, 104 pp, nombreux documents et photos, broché, couv. illustrée, bon état (n° 127)

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Les IPSA pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Guerre d'Indochine, etc. Les Infirmières Pilotes Secouristes de l'Air, nées en 1934, constituaient la Section Aviation de la Croix-Rouge Française. Leurs tâches premières étaient d'être des soignantes en vol ou pilotes d'avions sanitaires. – Jacques Raphaël Roques (1897-1988) fut un as de l'aviation pendant la Première Guerre mondiale. Bien qu'il soit né à Paris, Roques était suisse par son père, et sa mère était vénézuélienne. Il obtient son brevet de pilote le 10 septembre 1915 et rejoint la Légion étrangère le 17 novembre 1915. Il est transféré à l'aviation militaire en 1916, passe le brevet de pilote militaire à la base aérienne 122 Chartres-Champhol, puis est nommé adjudant au sein de l'Escadrille 48 dès le 2 janvier 1917. Il remporte cinq victoires certifiées et deux probables dans cette unité. Roques devient citoyen français en 1919. Il servit en tant que capitaine lors de la Seconde Guerre mondiale. Lorsque la France capitula en juin 1940, il entra dans la Résistance.

304.          MAHAN (Alfred Thayer). Guerre hispano-américaine (1898). La Guerre sur mer et ses leçons. Berger-Levrault, 1900, in-8°, (2)-179 pp, traduit de l'anglais par le comte Alphonse de Diesbach, 2 cartes dépliantes hors texte (Cuba et Mer des Antilles), reliure demi-basane noire, titres et filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale de la traduction française. Rare

            100

Mahan est LE stratège naval que connaissent tous les marins du monde entier, sans toutefois avoir réellement lu ses oeuvres. “La Guerre sur mer et ses leçons” retrace la guerre hispano-américaine de 1898 durant laquelle la marine américaine acquit son expérience de la planification d'envergure. — "Dans son livre : “La Guerre hispano-américaine. La Guerre sur mer et ses leçons”, consacré tout entier à la lutte entre l'Espagne et l'« oncle Sam », l'auteur, ancien capitaine de vaisseau de la marine des États-Unis, ne s'est pas proposé de donner une histoire complète de la guerre, et il n'a envisagé que les opérations contre la flotte de l'amiral Gervera. Il n'a pas essayé davantage, et très sagement, de prononcer des conclusions définitives ; il s'est borné à suggérer à la pensée des indications générales, d'attirer l'attention sur les faits et les analogies, de montrer les expériences dont les enseignements peuvent être avantageux à étudier pour l'avenir, enfin de mettre cette guerre en relation avec les enseignements de l'histoire antérieure. Brochure très suggestive, comme on dit aujourd'hui, remplie de détails inédits, notamment à propos des motifs qui décidèrent les États-Unis à adopter le plan de campagne qui ieur a donné la victoire finale." (Polybiblion, revue bibliographique universelle, 1900)

305.          MARTIN (Paul). Armes et Armures de Charlemagne à Louis XIV. Fribourg, Office du livre, 1967, gr. in-8°, 296 pp, 237 photos en noir sur 64 planches reproduites en héliogravure et 19 planches en couleurs dont une sur double page hors texte, 21 gravures dans le texte, biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            40

"Après une brève préface et un chapitre sur “Le cuirassement chez les Anciens”, l'ouvrage se divise en deux parties. Dans la première, intitulée “L'Armure en Europe”, sont traités les débuts de l'adoubement (VIIIe-Xe siècles) ; l'ère de la cotte de mailles et de la cotte d'armes (XIe-XIIIe siècles) ; le haubert renforcé (XIVe siècle) ; le harnois blanc plain (XVe siècle) ; la cotte armoiriée (XIIe-XVIe siècles) ; l'armure de la Renaissance (XVIe-XVIIe sitcles) ; le déclin de l'armure ; l'habillement de tête ; l'armure du cheval ; les joutes et les tournois ; I'armurier et l'artisanat. La deuxième, “Les Armes”, se divise en : l'épée, le ceinturon et la dague ; le bouclier, l'écu et la rondache ; la selle d'armes et les éperons ; la lance, la bannière et le pennon ; les armes d'hast ; les armes de trait (arc et arbalète) ; la tactique et les armes au combat. Le volume se termine par une bonne bibliographie (plus d'une centaine de rubriques) et par un index analytique d'objets, d'activités et d'opérations... (...) L'A. nous donne une excellente synthèse, très à jour, des principaux résultats obtenus au cours de deux siècles de recherches sur les armes médiévales et, ce faisant, il formule bon nombre de remarques neuves et tire bien des conclusions personnelles, ce dont on doit l'en féliciter. En particulier, il fait de nombreux emprunts à des figurations existantes en Alsace, en Allemagne, en Suisse, etc., et il attire l'attention du lecteur français sur des circonstances qui risquaient de lui échapper. Signalons aussi l'emploi d'un intéressant artifice typographique : à la fin des légendes des illustrations, I'A, indique la page où il étudie cette image, ce qui facilite énormément les recherches. Bravo !" (J.-F. Fino, Gladius, X, 1972)

306.          Ministère de la Guerre. Annuaire militaire de l'Empire français pour l'année 1869. Publié sur les documents communiqués par le ministère de la Guerre. P. et Strasbourg, Veuve Berger-Levrault & Fils, 1869, fort gr. in-12, 12-lxxii-1188 pp, reliure pleine percaline verte de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, blason et encadrement à froid sur les plats, bon état

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Table : Calendrier ; Liste chronologique et biographique des ministres secrétaires d'Etat de la guerre, depuis 1589, époque de leur création ; Dons et legs faits à l'armée ; Notice des Lois, décrets, arrêtés et décisions, relatifs à l'organisation et à l'administration de l'armée, rendus depuis le 30 janvier 1867 jusqu'au 30 janvier 1868 ; Famille impériale ; Maison militaire de l'Empereur ; Maison de S.A.I. Mgr le Prince Impérial ; Maison militaire de S.A.I. le Prince Napoléon-Joseph-Charles-Paul ; Ministère de la guerre ; Hôtel impérial des invalides ; Etat-major général de l'armée ; Corps d'état-major et école impériale d'application d'état-major ; Intendance militaire ; Tableau des corps d'armées ; Etats-majors des places ; Corps des Cent-Gardes de l'Empereur ; Garde impériale ; Gendarmerie impériale ; Infanterie ; Cavalerie ; Artillerie ; Corps du génie ; Troupes de l'administration ; Service de santé ; Services administratifs ; Ecoles militaires ; Service du recrutement et de la réserve ; Remonte générale et vétérinaires militaires ; Justice militaire ; Interprètes titulaires de l'armée d'Algérie.

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

307.          BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Un printemps arabe. Albin Michel, 1974, in-8°, 501 pp, 4 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Jacques Benoist-Méchin fut aussi un grand spécialiste du monde arabe. Cet ouvrage est le fruit d'un voyage de quatre mois effectué à travers sept pays du Proche-Orient. Ayant parcouru plus de dix mille kilomètres et vécu au contact de toutes les catégories sociales, depuis les plus humbles fellahs jusqu'aux souverains les plus fastueux, l'auteur nous rapporte ses impressions sur un monde où se côtoient les vestiges des civilisations antiques et les réalisations modernes les plus stupéfiantes. Un classique qui tient tout à la fois de la description géographique, de l'essai politique et de l'histoire vécue. Mettant en perspective les événements, explorant les mentalités, observant la vie brute, cet ouvrage contribue à faire comprendre l'islam et les pays arabes qui n'ont cessé d'être le théâtre de bouleversements plus ou moins prévisibles.

308.          BOST (Théodore) et Sophie BONJOUR. Les derniers puritains, pionniers d'Amérique. Lettres de Théodore Bost et Sophie Bonjour, 1851-1920, présentées par Charles Marc Bost. Hachette, 1977, fort in-8°, 439 pp, préface d'Yves Berger, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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1851- Théodore Bost, Suisse francophone et de père français, quitte son pays natal. Il a dix-sept ans et s'embarque pour l'Amérique. Il vivra là-bas jusqu'à sa mort, en 1920. Qu'allait-il donc chercher au Nouveau Monde ? Et avec lui les immigrants, par dizaines de milliers ? Les lettres qui composent ce livre le disent : « De l'ouvrage, du terrain et de la liberté. » L'Amérique ou le mythe de la terre promise... Longue, minutieuse chronique de la vie quotidienne, pleine de soucis d'argent, de spéculations sur les récoltes à venir, de voeux rarement accomplis, d'espoirs si souvent fauchés, ces lettres racontent l'acharné combat, jamais gagné, toujours recommencé, mille fois perdu, que les pionniers livrent à la nature... — "Le 26 février 1851, à Serrières, près de Neuchâtel, en Suisse, Théodore Bost, prend la diligence pour Genève. Le 20 avril suivant, il débarque à New York. Il a dix-sept ans. Théodore est le dixième des onze enfants d’un pasteur suisse d’origine française. A treize ans, malade, il a dû quitter l’école pour aller travailler dans des fermes. C’est alors qu’il a formé comme des centaines de milliers d’Européens de l’époque, le projet d’aller défricher des terres en Amérique. Du jour de son arrivée à New York jusqu’à celui de sa mort, survenue en 1920, en bon fils, bon frère et bon cousin qu’il est, Théodore écrira plusieurs fois par semaine aux membres de sa famille. Ses lettres et celles de sa femme, Sophie Bonjour, qu’il épouse en 1858, ont été retrouvées, classées, annotées, présentées par Charles Marc Bost, son petit-neveu (...). Un document unique et passionnant." (Le Nouvel Observateur, 1er août 1977) — "Le pasteur Ami Bost (1790-1874), d'une famille du Dauphiné réfugiée à Genève, joua un rôle important dans le Réveil en France. Il eut dix fils, dont six furent pasteurs, et une fille. Parmi ces enfants, John Bost, fut le fondateur des asiles de La Force et le dixième, Théodore Bost (1834-1920) s'établit en Amérique comme fermier. C'est de sa correspondance que sont extraites les lettres publiées ici par son petit-neveu, Charles-Marc Bost, fils du pasteur Charles Bost, historien du protestantisme. Ces lettres écrites par un jeune homme très religieux, montrent un aspect inhabituel de l'Amérique des années 1850. Parti dans le nouveau monde en 1851, à l'âge de 17 ans, Théodore a d'abord quelques occupations de courte durée : il travaille dans une ferme ; il enseigne ensuite le français dans une mission baptiste au Canada, puis sous forme de cours particuliers dans le Vermont. Il colporte des livres religieux pendant quelques mois et il part pour l'Ouest en 1855. Après avoir travaillé à la construction d'une route, sans pratiquement se faire payer, puis avoir été employé d'un marchand de bois, il achète pour 300 dollars un « claim » (c'est-à-dire un terrain non défriché, qui n'a pas encore été vendu par le gouvernement) avec de l'argent prêté par ses parents, dans le Minnesota. Alors commence la partie la plus étonnante de ce récit, racontant la vie, rarement décrite, du défricheur. Il mène une vie incroyablement dure, lors des premiers hivers, mais bénéficie de l'aide de ses voisins. Peu à peu il met en culture une partie de ses 160 acres. Naturalisé américain en 1856, il paye 200 dollars et devient réellement propriétaire de sa ferme en 1857. Depuis 1856, il correspondait avec Sophie Bonjour, avec qui il souhaitait se marier. Celle-ci arriva en Amérique en 1858, et le mariage put enfin être célébré. Théodore et Sophie continuent à mettre en valeur le domaine, défrichant, améliorant la maison d'habitation, élevant un petit troupeau de bovins. Ils subissent les aléas de l'agriculture, victimes de calamités naturelles ou des fluctuations de cours des produits agricoles, et sont à plusieurs reprises aidés par des prêts de la famille Bost. Ils jettent un regard critique sur l'Amérique, se plaignent de la dureté générale des habitants, bien qu'ils aient vécu au milieu d'un petit groupe de chrétiens dont ils étaient les piliers. Anti-esclavagistes de toujours, ils applaudissent au début de la guerre de Sécession, puis s'indignent de la conduite de certains politiciens du Nord. Ils décrivent sans sympathie la révolte des indiens, rapidement réprimée, en 1863. Cette même année, les Bost construisent une nouvelle maison, plus confortable, sur leur domaine. La mauvaise santé de Théodore l'incite à abandonner les gros travaux de la terre, et il développe la plantation d'arbres fruitiers, et se lance dans l'apiculture, ayant 57 ruches en 1867 et jusqu'à 90 en 1872. En 1870, il était retourné en Europe pour soigner sa santé et voir sa famille, ce que bien peu d'émigrants ont pu accomplir. En 1874, il devient marchand à Excelsior, puis vend sa ferme ; mais il ne peut s'adapter à cette nouvelle condition et retourne sur une autre ferme qu'il achète près de l'ancienne en 1877. A partir de ce moment, les lettres s'espacent de plus en plus. En 1887, les Bost s'installent en Californie, d'abord comme fermiers, puis retraités, auprès de leurs nombreux enfants et petits-enfants. Lors de l'affaire Dreyfus, Théodore se montre favorable au capitaine ; pendant la première guerre mondiale, il décrit l'évolution de l'opinion américaine, et, s'enthousiasme lors de l'entrée en guerre des Etats-Unis. Sa dernière lettre est d'avril 1920, deux mois avant sa mort à quatre-vingt-six ans. Sophie lui survivra deux ans. L'intérêt de ces lettres réside dans ce que leurs auteurs avaient une plus grande cuture que la plupart des pionniers, et qu'ils décrivent le développement de l'Amérique avec leurs yeux d'Européens, faisant parfois preuve d'un certain humour pour décrire leurs difficultés. Ils n'ont jamais été parfaitement intégrés à ce pays où la dureté et l'égoïsme étaient la loi générale, ce qui était trop contraire à leurs convictions chrétiennes. Certes, ils n'ont pas fait fortune, et ne sont pas devenus de ces riches « cousins d'Amérique » que l'on imagine généralement, mais le récit de leur lutte de tous les jours ne manque pas de grandeur. Il présente certainement un aspect plus caractéristique de la vie américaine au XIXe siècle que lés images traditionnelles de cow-boys ou de millionnaires." (J. Thierry du Pasquier, Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, 1978)

309.          BOULLAIRE-DESCHAMPS (Aiu). Une vie d'exception aux Tuamotu. François et Thaïs Hervé, 1904-1939. Editions A. Barthélemy/Edition Le Motu, 1997, in-8°, 203 pp, 32 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

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En décembre 1904, François Hervé, jeune capitaine au long-cours, débarque à Tahiti avec sa femme, pour y "faire l'aventure", terme qui désigne alors le négoce itinérant avec les îles les plus reculées. Ceci l'amènera dans l'archipel des Tuamotu où il vivra 20 ans sur un atoll, partageant son temps entre ses fonctions d'administrateur et des recherches sur la culture de la perle noire dont il sera un des pionniers, tandis que sa femme et ses enfants vivront à ses côtés une existence sans précédent, où chaque jour sera une victoire sur l'isolement et le dénuement. De nombreux faits et anecdotes sur la vie dans le Pacifique au début du siècle viennent enrichir cette biographie, écrite par la petite-fille de François et Thaïs Hervé...

310.          BRODIN (Pierre). Les Quakers en Amérique du Nord au XVIIe siècle et au début du XVIIIe. (Thèse). Dervy-Livres, 1985, gr. in-8°, xi-402 pp, avant-propos de J. Henriette Louis, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Nouveau Monde)

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"Le livre de Brodin sur les quakers d'Amérique est le seul ouvrage français qui ait jamais fait autorité dans ce domaine. Paru pour la première fois en 1935, ce texte est celui d'une thèse de doctorat dont la rédaction avait été encouragée par Albert Mathiez. L'ouvrage était depuis longtemps épuisé et sa réédition mérite d'être saluée et, compte tenu de sa qualité générale, applaudie. S'appuyant sur une documentation riche et de première main, Brodin fait le tour du quakerisme colonial dans ses principaux lieux – avec, on s'en doute, une prédilection particulière pour la Pennsylvanie et la Sainte Expérience qui en marqua l'histoire. Mais, si on le sent favorable au sujet qu'il explore, l'objectivité de sa démarche souffre peu de cette préférence. Du quakerisme et des quakers Brodin ne cache rien : ni les décennies de grâce, ni les conflits, ni les violences, ni les schismes, si bien qu'on en vient à regretter que l'étude entreprise s'arrête soudain au bord même du XVIIIe siècle commençant. Par bonheur, deux bibliographies complémentaires ont été ajoutées en annexe, dont le contenu va bien au-delà du siècle de Penn. D'une grande utilité, voilà un livre qui se recommande de lui-même à tout bon américaniste." (Bernard Vincent, Revue française d'études américaines, 1986) — "En donnant une nouvelle édition de la thèse, devenue introuvable, de P. Brodin sur les Quakers en Amérique du Nord, J. Henriette Louis ouvre sous d'heureux auspices la collection « Nouveau Monde ». Écrit il y a une cinquantaine d'années cet ouvrage n'a jamais vraiment été remplacé, en langue française du moins. Il relate les tribulations des pionniers de la Société des Amis outre-Atlantique, pieuse histoire qui eut ses héros, en l'occurrence souvent de maîtresses femmes, et ses martyrs. Il y a là une page somme toute peu connue de l'intolérance puritaine. Mais l'ouvrage intéressera également par la manière dont il évoque la constitution de l'État de Pennsylvanie, cette terre promise du mouvement quaker. Ici l'A., échappant à la tentation hagiographique, ne cache pas les limites de l'œuvre ni celles du fondateur, William Penn, ce favori de Jacques II. Surtout nous voyons peu à peu se mettre en place les éléments qui feront, par le truchement de Voltaire et de quelques autres, de l'extraordinaire aventure des « Kouacres » l'un des mythes de référence de l'époque des Lumières. Par la simplicité de leurs mœurs, leur refus viscéral des querelles théologiques, leur référence constante à la « Lumière intérieure », n'étaient-ils pas déjà des philosophes sans le savoir ? Une bibliographie en langue anglaise ajoute les orientations nécessaires à qui désirerait donner un prolongement à ce travail." (Jean Boissière, Dix-Huitième Siècle, 1986) — "Troisième édition (les deux premières réunies tirèrent à 300 exemplaires) d'une thèse de doctorat-ès-lettres soutenue en 1935. L'auteur fut proviseur du Lycée français de New York entre 1935 et 1976. En 1935, le sujet était neuf dans les Universités françaises, et P. B. apportait du nouveau. Son travail exploitait les archives anglaises et américaines accessibles ; il faisait également le tour de la littérature primaire et secondaire du sujet. Il dressait un intéressant tableau différencié de l'établissement des quakers dans les colonies américaines de langue anglaise. Entre 1656 et 1725 environ, soit sur un peu moins de soixante-dix ans, on voit les disciples de Fox devenir une force sociale, politique, économique, religieuse avec laquelle il faut compter, ne serait-ce que parce qu'elle pose problème : par ses refus (du serment, des armes, de certaines formes de politesse, etc.), par ses moeurs en général (leur ascétisme est soupçonné de toutes les déviations), par leur religion, tout à fait inacceptable à leurs concitoyens en majorité. Mais au fur et à mesure qu'ils arrachaient la tolérance à laquelle ils prétendaient – et qui marqua la législation de plusieurs colonies – on trouvait en eux des gens prêts à contribuer à la marche des sociétés. La « Sainte Expérience » pennsylvanienne ici longuement étudiée, récapitule d'une certaine façon tous les problèmes posés par les quakers aux autres colons de Nouvelle Angleterre et des colonies plus au sud ; elle dit bien aussi, dans ses succès et ses échecs, la charge utopique présente au coeur du message quaker. Peut-être l'A. fait-il un portrait un peu trop favorable des disciples américains de Fox. Les travaux relativement nombreux de ces dernières décennies sur William Penn et l'« Etat quaker » permettent aujourd'hui un jugement plus nuancé, au moins sur ce point. Tel qu'il est cependant, le livre réédité de P. B. rendra encore service." (Jean Séguy, Archives de Sciences sociales des Religions, 1986)

311.          Collectif. Île de La Réunion. Regards croisés sur l'esclavage, 1794-1848. Saint-Denis de La Réunion, CNH et P., Somogy, 1998, in-4°, 287 pp, 398 illustrations en noir et en couleurs, une carte, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Catalogue de l'exposition présentée au musée Léon-Dierx à Saint-Denis de La Réunion du 13 novembre 1998 au 25 avril 1999. Une étude pluridisciplinaire de l'esclavage dans l'île de la Réunion et les îles Mascareignes : évocation de la vie quotidienne des esclaves et de leurs maîtres, histoire de la résistance individuelle ou collective à l'esclavage... à travers 396 objets. L'exposition a recouru à des sources variées, publiques et privées, issues des établissements patrimoniaux de l'île mais aussi de métropole. — Table : Commémorer et muséographier l'esclavage ou le sens d'une exposition (Jean-Paul Le Maguet) – Quelques aspects de l'île Bourbon dans la première moitié du XIXe siècle (Benoît Jullien) – La traite vers Bourbon au XIXe siècle (Jean-Marie Desport) – "Etre esclave selon la loi" : définition et paradoxes (Hubert Gerbeau) – "Etre esclave selon la loi" : norme juridique et injustice (Laurent Sermet) – L'esclavage et le métissage : l'exemple d'une famille réunionnaise au XIXe siècle (Sudel Fuma) – Esclaves et machines à Bourbon (Jean-François Géraud) – L'esquive de la première abolition de l'esclavage (Claude Wanquet) – Deux colons bourbonnais de bonne volonté à l'époque de la monarchie de Juillet : Sully Brunei et Louis Bret (Prosper Eve) – L'engagisme à La Réunion : continuité ou rupture avec l'esclavage ? (Michèle Marimoutou) – Biographies des artistes ayant séjourné à La Réunion et à Maurice au XIXe siècle.

312.          DESPARMET (Jean-Baptiste). Journal d'un vieux marin. France-Empire, 1983, in-8°, 269 pp, 12 pl. de gravures hors texte, 4 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

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Passionnant journal de J.-B. Desparmet (1817-1873), capitaine de la Marine Marchande, fils et petit-fils de corsaires bayonnais, illustré par de nombreux dessins d'art, de photos et cartes d'époque. En 1983 ses descendants ont publié ces mémoires inédits. Ceux-ci contiennent le récit des voyages qu'il a faits en Australie en 1857, 1858 et 1863-64 qui montrent Desparmet en observateur informé et favorable des choses de ce pays. Comme Desparmet était à Melbourne en 1863, il parle de l'expédition Burke et Wills, cet épisode tragique de l'exploration des terres intérieures de l'Australie (chapitre 9). Sa vie fascinante valut à Jean-Baptiste Desparmet la Légion d'Honneur et un interminable procès...

313.          DEVILLERS (Philippe). Histoire du Viêt-Nam de 1940 à 1952. Seuil, 1952, in-8°, 471-(7) pp, une photo hors texte (Leclerc, Hô Chi Minh et Sainteny), 3 cartes, index, broché, couv. illustrée, papier lég. jauni comme toujours, état correct

            30

"L'auteur, jeune militaire, a été affecté en même temps que son ami Jean Lacouture au Service de presse du Général Leclerc, à Saïgon, puis à Hanoï. Il a de ce fait suivi, en témoin direct et privilégié, les moments cruciaux des années 1945-1947. (...) En 1952, la publication de son livre apparaît comme un coup de tonnerre. Riche de la documentation accumulée par l'auteur depuis des années, non partisan, son ouvrage n'en apparaît que plus convainquant. Or, il souligne les responsabilités premières de la IVe République dans le cours des événements, démonte les mécanismes de l'Opération Bao Dai, invite les Français à une réflexion sereine, pour finalement aboutir à la demande de reprise des négociations avec Ho Chi Minh. Première synthèse de poids (...), cet ouvrage restera longtemps le travail de référence et un modèle d'Histoire immédiate". (Ruscio, La guerre "française" d'Indochine).

314.          ERNST (Alice Henson). Trouping in the Oregon Country. A History of Frontier Theatre. Portland, Oregon Historical Society, 1961, in-8°, xviii-197 pp, 21 illustrations dont 20 sur 8 pl. hors texte, biblio, index, reliure toile décorée de l'éditeur, bon état. Edition originale. Texte en anglais

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Par Alice Henson Ernst (1880-1980), professeur à l'Université de Washington de 1920 à 1923, puis à l'Université de l'Oregon de 1924 à 1950. Elle était aussi dramaturge, écrivain et journaliste. Elle s'est beaucoup intéressé au « théâtre primitif » et a écrit ce livre érudit sur les premiers théâtres dans les Etats du nord-ouest du Pacifique au XIXe siècle (1961).

315.          FRÉDÉRIC (Louis). La Vie quotidienne dans la péninsule indochinoise à l'époque d'Angkor (800-1300). Hachette, 1981, in-8°, 406 pp, une carte, liste des souverains du Cambodge, du Champâ et de Pagan, biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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A l'époque où l'Europe était encore plongée dans son Moyen Age, la péninsule indochinoise voyait s'épanouir des civilisations originales dont les importants vestiges frappent encore notre imagination. Angkor surtout, dont l'empire couvrit une grande partie de la péninsule au moment de son apogée. Lieu de passage entre le monde indien et le monde chinois, lieu de rencontre aussi, la péninsule indochinoise bénéficia tout naturellement des influences de ces deux mondes civilisateurs. Pendant cinq siècles, de 800 jusqu'aux environs de l'an 1300, les civilisations de l'Indochine vont se développer. On connaît assez bien leur histoire. Mais qu'en était-il des peuples qui travaillèrent dans les rizières et participèrent à l'érection de ces innombrables cités et sanctuaires ? C'est ce que cet ouvrage voudrait montrer, en se fondant sur les textes contemporains et sur les très nombreuses inscriptions sur pierre qui ont été retrouvées et qui jettent une certaine lumière sur cette époque. Par Louis Frédéric (1923-1996), grand spécialiste français du Japon, de l'Asie du Sud-Est et l'Inde, auteur de très nombreux ouvrages, dont une Encyclopaedia of Asian Civilizations en dix volumes.

316.          HEMMING (John). La Conquête des Incas. Stock, 1971, gr. in-8°, 415 pp, traduit de l'anglais, préface de Georges Blond, 8 pl. de photos hors texte, 6 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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L'histoire de la conquête de l'Empire inca par les Espagnols, de la première intervention de Pizarre à l'élimination définitive de la résistance inca quarante ans plus tard.

317.          JULIEN (Charles-André) et Charles-Robert AGERON. Histoire de l'Algérie contemporaine. I. La Conquête et les débuts de la colonisation (1827-1871). – II. De l'insurrection de 1871 au déclenchement de la Guerre de libération (1871-1954). PUF, 1979, 2 vol. pt in-4°, 632 et 643 pp, 80 pl. de gravures hors texte, 3 cartes dépliantes, 10 figures, importante bibliographie, index, reliures toile éditeur, jaquettes illustrées, sous étuis cartonnés, bon état

            150

"Rien de plus clair que cette nouvelle histoire d'Algérie, qui rend accessible à tous une masse énorme de renseignements cueillis dans une littérature historique surabondante ; – de qualité inégale certes, et l'auteur la juge avec impartialité. La bibliographie qui accompagne le livre, chef-d'œuvre du genre, constitue un instrument de travail des plus précieux. Julien a eu le mérite d'essayer de brosser un tableau de la régence d'Alger à la veille de la conquête française. Nous sommes bien renseignés sur la conquête du pays, et Julien présente cette histoire militaire sans les enjolivements qui ont généralement caché au public son véritable aspect. Bugeaud et sa guerre totale sont ici en pleine lumière, de même que le héros de la résistance algérienne, l'émir Abd-el-Kader. Après tant de livres tendancieux nous avions besoin de cette mise au point. De même les débuts de la colonisation sont présentés avec un louable souci de précision et d'objectivité. L'œuvre du Second Empire est traitée avec ampleur en utilisant les travaux déjà publiés et les mémoires de diplômes d'études supérieures que nous n'avons pu imprimer. Je ne puis ici présenter dans ses détails un si remarquable volume, dont la présentation est impeccable..." (Marcel Emerit, Revue du Nord, 1966, à propos du tome I)

318.          LACROIX (Louis). Les Derniers Grands Voiliers. Histoire des Long-Courriers Nantais de 1893 à 1931. Amiot-Dumont, 1951, fort in-8°, 516 pp, préface de Emile Gabory, une planche en couleurs de pavillons d'armement nantais, 125 gravures et photos et 3 cartes sur 80 planches hors texte, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs soulignés, titres et fleurons dorés, 1er plat de couv. conservé, bon état

            70

"Dans des pays moins indifférents que la France aux choses de la mer, on a pensé à conserver et à transformer en musées quelques grands navires au long cours, spécimens de l'art des constructeurs de jadis et témoins de la vie des vaillants équipages de jadis. A défaut d'un bateau-musée, et mieux peut-être, le gros beau livre de M. Louis Lacroix, capitaine au long cours, conservera le souvenir des beaux navires à voile du pays nantais. Dans la première partie de cet ouvrage, l'auteur décrit les divers types de long-courriers construits au XIXe et au XXe siècles ; il expose les conditions de la navigation en décrivant les itinéraires, les ports de relâche et de destination ; des pages intéressantes sont consacrées au monde si particulier et si curieux des officiers et des marins du long cours. Dans la seconde partie, comprenant 228 pages, M. Lacroix a écrit avec beaucoup de précision les notices, en quelque sorte nécrologiques, de 150 grands voiliers nantais. Ce livre empreint d'une légitime mélancolie, oeuvre de l'un des derniers grands capitaines de Nantes, est parfois aussi émouvant qu'il est intéressant." (H. B. R., Annales de Bretagne) — "Les ouvrages de Louis Lacroix, ancien capitaine au long cours cap-hornier, constituent le travail documentaire le plus minutieusement détaillé, consacré aux voiliers du commerce." (A. Rault) — "Je profite de l'occasion pour rendre hommage aux bons, gros bouquins du capitaine Lacroix, cap-hornier, qui a bourlingué sur les sept mers du globe et qui a fourré dans ses livres, en plus des mirobolantes photographies et des documents que l'on ne trouve nulle part ailleurs, tout ce qu'il a pu apprendre et voir de ses yeux durant ses longues croisières et ses dures campagnes de mer, sans parler des aventures de mille navires et des mille et un secrets du métier dont les marins ne sont jamais chiches. Ses livres constituent l'épopée de la marine à voile, et qu'importe son tour de plume, puisque le vieux loup de mer a tant de choses à nous dire et à nous apprendre, et qu'il est profondément humain ! Le capitaine Lacroix est en train d'écrire, sans s'en douter dans sa bonhomie, l'Histoire de la marine marchande française, la vraie, et dont tout le pays se désintéresse ! C'est déjà un monument, et ça n'est pas fini…" (Blaise Cendrars, Bourlinguer)

319.          LACROIX (Louis). Les Derniers Négriers. Derniers voyages de bois d'ébène, de coolies et de Merles du Pacifique. Amiot-Dumont, 1952, in-8°, 374 pp, préface de Henri Bureau, un portrait de l'auteur en frontispice et 46 pl. de gravures et photos hors texte, une grande carte dépliante hors texte de la côte occidentale d'Afrique au temps de la traite interlope (carte scotchée avec une déchirure sans manque), manque 6 gravures et un dépliant avec 2 cartes, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs soulignés, titres et fleurons dorés, 1er plat de couv. conservé, bon état

            50

"Un livre sur les dernières années de la traite écrit par le commandant Lacroix, ancien Cap-hornier et Capitaine au long-cours, ne peut manquer de piquer la curiosité. Nous ne serons pas déçus car l'auteur a mené une étude très approfondie du trafic interlope depuis les premiers actes de prohibition, dans les premières années du XIXe siècle. Axé surtout sur Nantes et son trafic négrier, le livre du Commandant Lacroix est appuyé sur une documentation très solide, certains sont intégralement publiés, soit dans le corps du livre, soit en annexe : Liste des navires arraisonnés par les croisières de surveillance, état des navires inscrits au registre de commerce à Nantes en 1862, etc... Les conditions de vie des équipages, la vie à bord des navires (suicides, révoltes), les conditions commerciales (rentabilité, assurances, poursuites et procès contre les manquements à la législation), les rapports entre blancs et noirs à la Côte d'Afrique sont analysés dans une substantielle première partie. La seconde partie est consacrée aux transports de coolies en majorité indiens et chinois, transports qui connurent l'activité que l'on sait tout le XIXe siècle et une bonne partie du XXe, l'auteur termine par un chapitre sur les chasseurs de Merles en Océanie. Tout cela est fort bien présenté, narré d'une plume élégante et alerte et enrichi d'une très belle illustration photographique et cartographique." (E. Taillemite, Revue d'histoire des colonies, 1952) — "Etude, illustrée d'exemples, de la traite interlope – et de sa surveillance –, de 1815 jusqu'à l'abolition de l'esclavage ; en deux parties : 1) ses conditions à la Côte occidentale d'Afrique ; 2) le recrutement des "coolies" – noirs, hindous, chinois – et des "merles" (de l'Océanie) en vue des colonies d'Amérique essentiellement. – Chapitres vivants sur les conditions de vie dans les pays d'origine, à bord, dans les pays d'arrivée." (Le Mois d'Ethnographie française, 1952)

320.          LARSEN (May et Henry). Brousse maléfique. Genève, Cercle du bibliophile, s.d. (1971), in-8°, vii-199 pp, 29 pl. de photos hors texte, reliure simili-cuir noir de l'éditeur, dos et 1er plat orné, bon état

            20

A la découverte d'une île désolée des Nouvelles-Hébrides dont les auteurs nous décrivent avec passion la sauvage grandeur.

321.          LEGRAS (Jules). Au Pays russe. Armand Colin, 1904, in-12, vii-362 pp, 3e édition, reliure demi-basane mordorée, dos à 4 nerfs guillochés, fleurons et filets dorés, pièce de titre basane aubergine, filet à froid sur les plats, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. épidermé, exemplaire de l'auteur avec son ex-libris illustré collé sur une garde, bon état

            60

"... De par sa formation, Legras devait être germaniste. Sa thèse principale, “Henri Heine poète” (1897), montre avec quel succès ses talents auraient pu s'exercer dans cette spécialité. Mais c'est dans une autre direction que se révéla la vocation du jeune professeur : pour son domaine propre, il choisit la Russie. “Au pays russe”, en 1896, fut son premier ouvrage original et signé de son nom, et dans cet essai de la trentième année Legras donna d'emblée son œuvre maîtresse. Il est là tout entier, non pas auteur de cabinet, ni économiste, ni historien, ni politique, et pas davantage voyageur superficiel ou futile, mais homme vivant et vibrant à chaque manifestation d'une nature et d'une humanité nouvelles. Il séjourne aux champs avec des hobereaux, chasse avec des paysans, boit le thé chez des popes, rend visite à To stoï et à Tchekhov ; il va au-devant de la famine et du typhus avec les intellectuels ; il discute avec des dames de Moscou et chemine avec des pélerins vers la Troïtsa. Aucun aspect ne lui échappe, semble-t-il, de ce pays immense et multiforme. Mais jamais il ne se laisse dissoudre en lui : ce Bourguignon parfaitement équilibré, dans sa randonnée merveilleuse, juge, compare, approuve ou critique, et se retrouve toujours lui-même. Et, cependant, pas l'ombre de froideur : il ne cache pas sa sympathie ; c'est par le cœur, plus que par la raison, que la Russie et les Russes l'ont pris. Cette sympathie, il la transmet à ses lecteurs : “Au pays russe” a suscité des vocations de russisants, j'ai de bonnes raisons de le savoir, et peut-être, avec ses quatre éditions, ce livre en a-t-il suscité plus que bien des livres plus érudits..." (Pierre Pascal, Revue des Études Slaves, 1939)

322.          LÉONTOVITCH (Victor). Histoire du libéralisme en Russie. Préface d'Alexandre Soljénitsyne. Fayard, 1987, gr. in-8°, 479 pp, traduit de l'allemand, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"On trouvera ici le développement rigoureux d'une série d'idées de la plus grande importance sur l'essence du libéralisme et ses manifestations en Russie, ce qui permet de préciser sensiblement la notion de libéralisme et contribue à en rendre plus proche une appréhension globale. On acquiert, en lisant, la conviction que cette notion a été utilisée en Russie durant une centaine d'années (et est encore utilisée par nous aujourd'hui) dans un sens qui est loin d'être juste. Particulièrement instructive pour nous est la distinction méthodiquement établie par l'auteur entre libéralisme et radicalisme : trop souvent, au cours des XIXe et XXe siècles russes, le second a porté le nom du premier et nous l'avons accepté comme tel – et le radicalisme l'a emporté sur le libéralisme pour le plus grand malheur de notre développement. L'auteur nous présente également d'autres dégradations possibles du libéralisme qui vont, pour employer ses termes, dans le sens de l'absolutisme démocratique et de la démocratie impérialiste. (...) Les avertissements de l'auteur n'en résonnent que plus fort. Celui-ci, par exemple : le libéralisme ne reste vivant que tant qu'il s'en tient à une transformation des structures existantes par voie d'évolution ; à chaque fois qu'il tentera d'imposer de l'extérieur un schéma tout fait, il sera aussitôt dépassé et battu par le socialisme. Ou bien cet autre : la liberté individuelle ne peut être réelle sans le droit de posséder, et c'est pour cette raison qu'aucune forme de socialisme ne saurait donner la liberté. Et nous voici amenés à nous demander si nous n'exagérons pas l'importance de la liberté politique par rapport à celle que donnent les droits civils. Le livre possède cette élégance des oeuvres réussies qui, tout en élucidant un sujet donné, projettent au passage une lumière sur d'autres questions parfois même plus importantes. Ainsi trouvons-nous dans cette histoire du libéralisme une profonde mise en évidence de certaines des causes essentielles qui ont rendu la révolution possible en Russie. Aujourd'hui où notre pays brûle si fort de comprendre notre histoire récente – récente mais totalement perdue – l'ouvrage de synthèse du professeur Léontovitch sera pour beaucoup une lumière et une aide." (Alexandre Soljénitsyne)

323.          MASTERMAN (C. F. G.). L'Angleterre d'aujourd'hui. P., Lethielleux, 1912, in-8°, xv-346 pp, traduit de l'anglais, préface de C. Stryienski, reliure demi-percaline bleue à la bradel, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

            40

Ouvrage de bonne foi étudiant les transformations de la société anglaise au début du XXe siècle par un membre du Parlement britannique. Ses conclusions sont pessimistes...

324.          MICKIEWICZ (Adam). Pan Tadeusz. Monsieur Thadée ou la dernière expédition judiciaire en Lituanie. Scènes de la vie nobiliaire des années 1811 et 1812 en douze livres. Traduction de Paul Cazin. Félix Alcan, 1934, pt in-8°, xliii-398 pp, un portrait de l'auteur en frontispice, préface de M. Louis Barthou, préface de M. Juliusz Kaden-Bandrowski, Mickiewicz et son oeuvre par M. Manfred Kridl, avant-propos du traducteur, notes, broché, bon état. Un des quelques exemplaires numérotés sur Hollande (n° 29) et nominatifs

            50

Publié à Paris en 1834, “Pan Tadeusz” est l'évocation de la patrie perdue, rayée de la carte, écrasée sous la botte et le knout du tsar. En peignant sur le vif la société polonaise et en particulier la noblesse avec l'évolution de ses traditions et usages immémoriaux, Mickiewicz créait une des épopées les plus remarquables de la littérature mondiale. Mais le livre dépasse ce cadre, il ne nous laisse pas sur la vision figée d'un monde finissant. Grâce à Napoléon, un immense espoir secoue la Lituanie et la Pologne opprimées. Le monde en train d'éclore peut être envisagé avec optimisme. L'épopée, la diatribe politique, l'idylle sont étroitement entremêlées. Les descriptions de la nature atteignent les sommets de la poésie bucolique. Un humour discret nuance l'amertume, la satire, ce que les sentiments pourraient avoir de grandiloquent. Tout ceci donne à “Pan Tadeusz”, livre qui a nourri des générations de Polonais, une aura indéfinissable et un caractère d'universalité qui en font un véritable chef-d'œuvre. — "Parler de Mickiewicz, c'est parler du beau, du juste et du vrai, c'est parler du droit dont il fut le soldat, du devoir dont il fut le héros, de la liberté dont il fut l'apôtre et de la délivrance dont il est le précurseur. (...) Banni, proscrit, vaincu, il a superbement jeté aux quatre vents l'altière revendication de la patrie. La diane des peuples, c'est le génie qui la sonne, autrefois, c'était le prophète, aujourd'hui, c'est le poète ; et Mickiewicz est un des clairons de l'avenir." (Victor Hugo)

325.          MORPHY (Michel). Le Commandant Marchand et ses compagnons d'armes à travers l'Afrique. Histoire complète et anecdotique de la Mission. P., H. Geffroy, 1899-1900, 4 vol. in-8°, 2240 pp, pagination continue, très nombreuses illustrations et photos dans le texte, reliures demi-basane noire, dos lisses, titres, tomaisons et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), dos très frottés et épidermés, papier lég. jauni comme toujours, état correct

            150

Complet. — L’histoire de la Mission Marchand, écrite par l’écrivain nationaliste Michel Morphy (1863-1928), parue en 140 fascicules de 16 pages, ici reliés en 4 volumes. Les couvertures illustrées (toutes identiques, avec seulement la numérotation qui change) n'ont pas été conservées. — Après avoir fréquenté très jeune les milieux socialistes et anarchistes, écopé de nombreuses condamnations, Michel Morphy fut exilé à plusieurs reprises. Il travailla pour l'éditeur socialiste Maurice Lachâtre, et fut l'ami de Louise Michel. Il fonda plusieurs journaux, dont “L'Anti-Ferry”, puis se spécialisa dans le roman-feuilleton et devint un partisan et un proche du général Boulanger dont il se fit biographe. Il fut l'ami et le collaborateur d'Aristide Bruant, collaborant à “La Lanterne”, et lui servant de nègre. Il partageait son nationalisme et sa table. La veine nationaliste marque notamment ses quatre volumes du “Commandant Marchand et ses compagnons d'armes à travers l'Afrique”, récit très documenté, révélateur de l'idéologie de la colonisation fin de siècle.

326.          MUSETTE [Auguste ROBINET]. Cagayous. Ses meilleures histoires. Gallimard, 1931, in-12, 265 pp, avec une introduction, des notes et un lexique par Gabriel Audisio, un portrait de Cagayous dessiné par Assus en frontispice, broché, couv. illustrée, qqs marques au crayon rouge en marges, état correct (Coll. Les Documents bleus)

            25

327.          MUSETTE [Auguste ROBINET]. Le Mariage de Cagayous. Alger, Méditerranée vivante, 1949, in-12, 209 pp, reliure demi-basane verte, dos à 5 larges nerfs, pièce de titre basane vermillon, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état

            30

Par Auguste Robinet (alias Musette), né en 1862, inspecteur des Enfants assistés du département d’Alger. Son héros Cagayous, emblématique de l’Alger populaire, né du mariage d’un Français et d’une Espagnole, prend vie à partir de 1894 et s’exprime dans un idiome réel et coloré de mélange de français, arabe, espagnol, italien, maltais. Ses aventures se poursuivent pendant plus de vingt ans. (« les amours de Cagayous », «le mariage de Cagayous », «Cagayous à la caserne »). — "Musette était le pseudonyme d'un journaliste d'Alger, Auguste Robinet, mort récemment. Il a créé un type picaresque si l'on veut, Cagayous, le voyou d'Alger, personnage central d'un roman ou plutôt d'une suite de scènes de la rue, de contes qui seraient assez plats sans le ragoût du langage. Ce langage n'est ni un patois, ni un argot proprement dit, ni le sabir ni le petit nègre, mais un peu tout cela, quelque chose, comme on voit, de très distingué. Dans une introduction, M. Gabriel Audisio nous présente l'homme et l'oeuvre, et fait l'inventaire du « matériel verbal » de Cagayous : emprunts à l'espagnol, à l'arabe, à l'italien, au catalan, mots altérés, syncopes et aphérèses, tels que çuilà, ou formations burlesques également connues comme coq en plâtre, joints à des idiotismes propres à la plèbe algérienne et surtout à l'auteur, sorte d'Onésime Boquillon africain." (André Mary, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1931)

328.          NANSEN (Fridtjof). Vers le Pôle. P., Flammarion, s.d. (1897), gr. in-8°, viii-424 pp, traduit et abrégé par Charles Rabot, un portrait en frontispice sous serpente, 200 illustrations d'après les photographies et les dessins de l'explorateur dans le texte et hors texte, certaines sur double page (paysages, personnages, scènes de la vie, diagrammes), reliure demi-basane brune à coins, plats de percaline turquoise avec titres et vignette dorés (un skieur dans un paysage enneigé) sur le premier plat, dos lisse avec pièces de titre basane noire, tête dorée, coiffes et coupes lég. abîmées (rel. de l'éditeur), bon état

            120

Récit de la célèbre expédition polaire à bord du Fram (1893-1896). Parti en 1893, l'explorateur norvégien Fridtjof Nansen (1861-1930) se fait volontairement prendre par les glaces dans la mer de Kara. Mais en seize mois il ne progressera que de 360 miles. Avec son compagnon Johansen, Nansen part alors en traîneau vers le nord et atteint la latitude de 86° 14' le 8 avril 1895 : personne n'avait encore approché le Pôle d'aussi près.

329.          ROBERTS (W. Adolphe). The French in the West Indies. New York, Cooper Square Publishers, 1971, in-8°, 335 pp, 8 gravures et portraits dont le frontispice et une carte, biblio, index, reliure toile éditeur, dos lisse avec titres dorés, bon état. Texte en anglais

            30

Les Français aux Indes occidentales. Portraits de Jean-Baptiste Du Casse, du général Thomas Alexandre Dumas, du général Leclerc, de Jean Jacques Dessalines, de Simon Bolivar et de l'Impératrice Joséphine. Carte de Saint Domingue.

330.          ROUSSET (Camille). Les Commencements d'une conquête. L'Algérie de 1830 à 1840. Plon, 1887, 2 vol. in-8°, 407 et 495 pp, reliures demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état. Edition originale

            150

"M. Camille Rousset a retracé les débuts de la conquête. On ne peut que louer la conscience avec laquelle il a réuni les matériaux de cette histoire et l'art admirable avec lequel il les a mis en oeuvre. Ce n'est pas sa faute si, au milieu de récits militaires d'un souffle et d'une beauté épiques, l'impression produite par la lecture de ces deux volumes est plutôt attristante. Il est certain que, jusqu'à l'arrivée du maréchal Bugeaud et à la formation du ministère durable formé par Soult et Guizot, la conduite de nos affaires en Algérie a été singulièrement décousue, décevante et ruineuse. Etait-il possible cependant de faire mieux ? Tout n'était-il pas nouveau pour nos officiers et nos administrateurs dans ce pays ? On a chèrement acheté l'expérience que Bugeaud sut heureusement mettre à profit. Les tableaux que M. Rousset met en relief, non sans amertume, sont composés de traits qui ne sont que trop réels ; le lecteur saura gré à l'auteur des grandes scènes qu'il peint çà et là, telles par exemple que le double siège de Constantine. On doit souhaiter que l'auteur continue bientôt cet ouvrage. Il est arrivé au seuil de la période vraiment héroïque de la conquête. Il aura sans doute plus de joie à raconter la lutte de Bugeaud contre Abd-el-Kader, et satisfera davantage notre orgueil patriotique." (Ch. Bémond, G. Monod, Revue historique, 1887)

331.          ROUSSET (Camille). La Conquête de l'Algérie, 1841-1857. Plon, 1889, 2 vol. in-8°, 383 et 409 pp, index, reliures demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs, titres et tomaisons dorés (rel. de l'époque), qqs rousseurs éparses, bon état. Edition originale

            150

"L'oeuvre de M. Rousset est la première histoire complète de la conquête de l'Algérie jusqu'à la campagne de Kabylie de 1857, faite directement sur l'ensemble des documents manuscrits et imprimés, et cette histoire est écrite de verve, avec une vivacité de style et d'allures. Tout le récit du gouvernement du maréchal Bugeaud, qui remplit le premier volume et 140 pages du second, est traité 'con amore', et les rivalités personnelles et les difficultés parlementaires qui ont à plusieurs reprises entravé les opérations militaires y sont racontées d'une manière très vivante. Changarnier ne trouve pas en M. Rousset un historien aussi bienveillant qu'en M. Thureau-Dangin, et les citations qui sont faites de ses lettres nous semblent donner raison au plus sévère des deux juges." (G. Monod, Revue historique, 1889)

332.          SARKIS (Jean). Histoire de la guerre du Liban. PUF, 1993, in-8°, 240 pp, index thématique, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Perspectives internationales)

            25

"Cette chronique de la guerre du Liban, achevée après la pacification et l'instauration d'un nouveau régime politique, est intéressante à deux égards. D'abord, en raison de son caractère minutieusement événementiel qui permet de retrouver des informations précises en matière de noms, dates, et même, s'agissant d'événements impliquant des acteurs chrétiens dont J.S. est proche, de découvrir des détails inédits. L'équilibre des trois grandes phases de la guerre est bien respecté – 1975 jusqu'à l'invasion israélienne de 1982, puis de celle-ci à 1988 où les affrontements internes vont précipiter la destruction du Liban. Mais le livre est essentiellement consacré à l'histoire des forces politiques et militaires chrétiennes dans leur environnement libanais et régional. Les Palestiniens, le Sud et d'une façon générale, les régions et les communautés non chrétiennes du Liban ne sont considérés que marginalement et en fonction de ce thème central. Ensuite, et bien logiquement, l'ouvrage de J.S. développe une thèse radicale, perceptible à travers son organisation thématique, sa terminologie et encore plus les réflexions, plus normatives qu'analytiques, qui le jalonnent. Après deux longues tentatives de déstabilisation, syrienne (1975-1981) et israélienne (1982-1988), le Liban aurait fait l'objet d'une tentative de stabilisation (1989-1990) par deux leaders résistants, victimes d'appétits ennemis plus que de leur radicalisme. Selon J.S., la défaite du général Aoun et celle des Forces libanaises n'est qu'apparente, comme est qu'apparente la victoire des ennemis du Liban. « La thèse conclut à la sublime indépendance du Liban comme preuve irréfutable de son existence et comme signe d'avenir certain » (4e page de couverture)." (Revue française de science politique, 1995) — Docteur d’Etat en droit et en science politique, l’auteur a enseigné le droit et les relations internationales à Beyrouth durant la période particulièrement critique et déterminante du général Aoun. Rentré en France, il a assumé des fonctions de juriste international avant de repartir en poste à l’étranger dans le monde arabe.

333.          STEINER (Edward A.). On the Trail of the Immigrant. New York, Fleming H. Revell Company, 1906, in-8°, 375 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, reliure toile verte éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, coiffes arasées, bon état. Texte en anglais

            30

"Around 1907, just as 1.5 million newcomers arrived, the greatest one-year total ever, Edward Steiner, a Jewish immigrant from western Russia, began to publish a series of books: On the Trail of the Immigrant (1906), The Immigrant Tide (1909), The Broken Wall (1911), From Alien to Citizen (1914), and Nationalizing America (1916), all evocative of this young immigrant’s tramping through eastern and southern Europe, wandering into the great cities of the northeast, following immigrants into Pittsburgh’s great steel mills, watching the building of churches and synagogues, observing the birth of new nationalisms among immigrant peoples, seeing immigrants’ powerful push into politics; and envisioning the amalgamation of diverse people..." (Josef Barton, Becoming American: Immigration and Assimilation in Late 19th Century America) — "This volume is easily one of the most interesting, accurate and important discussions of the immigrant yet produced in this country. The author is unusually well qualified. Born in southeastern Europe, educated in the German universities, with ancestors of Jewish faith, he is himself a Christian minister and professor in Iowa College. Coming to this country as an immigrant, he has repeatedly crossed and recrossed the ocean to see and observe other immigrants. He is a man who has found in this country not the "land of the mighty dollars but the land of great ideals." He is the master of many languages, with wide observation of the peoples in Europe and of the immigrant in America, and possessed withal of no mean literary ability. Who could be better prepared to interpret to the rest of us the essential facts in the lives and characters of our immigrants ? The author begins by discussing the home conditions in southeastern Europe, and in later chapters telling of the Slavs, the Jews, the Bohemians, the Italians and the Greeks, describing their journey to this country and the opportunities the various groups have found here. The volume contains many excellent illustrations which lend force to the arguments of the writer. Throughout all the study the difficulties, the dangers of immigration, the poverty and the crime of the immigrant are frankly recognized and freely stated. Through all runs a powerful undercurrent of optimism – an optimism based on knowledge. Professor Steiner finds a greater menace to the ideals of America in the attitude of the froth of American society than in the physical and moral weaknesses of the immigrants. To our immigration department, particularly to Mr. Robert Watchorn, himself, be it remembered, an immigrant, many compliments are paid. Professor Steiner has given us a very sympathetic and intelligent interpretation of the immigrant, and to all students of the problems of immigration his production will be invaluable." (The Annals of the American Academy of Political and Social Science, Vol. 29, Jan. 1907)

334.          TRUDEL (Marcel). Histoire de la Nouvelle-France. I. Les vaines tentatives, 1524-1603. – II. Le comptoir, 1604-1627. – III. La Seigneurie des Cent-Associés, 1627-1663. Tome 1 : Les Evénements. Montréal, Editions Fides, 1971-1979, 3 vol. gr. in-8°, xxii-307, xlix-554 et lxxii-489 pp, cartes, index dans chaque volume, reliures toile éditeur et jaquettes pour les 2 premiers tomes (1971), reliure cartonnée imprimée pour le troisième, bon état

            100

Marcel Trudel (1917-2011) a déjà derrière lui plusieurs ouvrages importants sur le Régime français quand il décide de s’atteler à la tâche monumentale d’une “Histoire de la Nouvelle-France” en dix tomes. Il s’agit de faire l’inventaire des connaissances accumulées sur cette époque afin d’en dresser un tableau fidèle et complet. Dans cette œuvre, le lecteur peut facilement suivre le déroulement chronologique des évènements. Mais il y découvre également une étude minutieuse et systématique de l’histoire sociale, économique, culturelle ou encore religieuse de la période. Les tomes publiés à ce jour sont les suivants : Tome I : Les vaines tentatives (1526-1603), 1963 – Tome II : Le comptoir (1604-1627), 1966 – Tome III : La seigneurie des Cents-Associés (1627-1663), vol. 1 : « Les évènements », 1979 ; vol. 2 : « La société », 1983 – Tome IV : La seigneurie de la Compagnie des Indes occidentales (1663-1674), 1996 – Tome IX : La guerre de la Conquête (1754-1760), 1955 (rédigé par Guy Frégault) – Tome X : Le régime militaire et la disparition de la Nouvelle-France (1759-1764), 1999. L’immense travail de Marcel Trudel a malheureusement été interrompu par son décès en 2011. — "Il est visible que Marcel Trudel s'est donné pour tâche dans son “Histoire de la Nouvelle-France” de faire l'inventaire rigoureux des faits actuellement disponibles, d'évaluer soigneusement les connaissances acquises, de discuter du degré de probabilité de toutes les hypothèses sérieuses, en somme de faire le point après plus de deux cents ans d'historiographie. Dans cette perspective, les deux premiers tomes de son ouvrage, “Les vaines tentatives, 1524-1603” et “Le comptoir, 1604-1627”, sont autant de réussites marquées. Il n'existe certes pas à l'heure actuelle sur le premier siècle de notre histoire de panoramas plus complets, d'études d'ensemble plus solidement étayées." (Jean Blain, Revue d'histoire de l'Amérique française, 1966)

335.          VAILLANCOURT (Émile). La Conquête du Canada par les Normands. Biographie de la première génération normande du Canada. P., Eugène Dumont et Montréal, G. Ducharme, 1933, gr. in-8°, 252-(10) pp, 2e édition augmentée, préface de A. Fauteux, index des lieux de Normandie, broché, dos lég. abîmé, bon état. Peu courant

            80

"... La Normandie a été véritablement l'Alma parens du Canada. Elle ne nous a pas seulement fourni les Brébeuf, les La Salle, les Godefroy, les Hertel, les Nicolet, les Testard et tant d'autres parmi ceux dont les exploits plus éclatants ont illustré nos annales, elle nous a encore fourni des centaines d'autres colons dont la valeur ignorée n'a peut-être pas moins contribué à fonder solidement notre pays, et dont le nom, après s'être perpétué jusqu'à nos jours à travers trois siècles d'honnêteté et de labeur, est encore honorablement porté par des milliers des nôtres. Je ne veux citer parmi eux que les Asselin, les Bazin, les Bégin, les DeCelles, les Couture, les Demers, les Trépanier, les Gosselin, les Lavoie, les Messier, les Painchaud, les Vaillancourt, les Viger. Et il me semble qu'il n'en faut pas davantage pour mesurer avec quelle largeur la généreuse Normandie nous a donné de sa substance riche et féconde..." (Préface, p. 19)

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

 

336.          ABENSUR-HAZAN (Laurence). Rechercher ses ancêtres juifs. Autrement, 2006, in-8°, 80 pp, qqs illustrations, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Vous venez de découvrir, ou connaissiez déjà, vos origines juives et vous souhaitez en savoir davantage. Que votre famille vive en France de longue date ou qu'elle s'y soit implantée il y a à peine quelques décennies, que vous soyez ashkénaze ou séfarade, quantité de documents et d'informations sont à votre disposition pour partir à la découverte de vos racines. Outre les archives habituellement utilisées par les généalogistes quelle que soit leur confession, de nombreuses sources spécifiques, religieuses, communautaires ou liées à l'histoire – parfois tragique – des juifs, s'offrent à vous pour rechercher vos ancêtres ou retrouver vos lointains cousins. L'engouement croissant pour la généalogie juive facilite la découverte régulière de nouvelles sources. Des bases de données sont mises à la disposition de tous, notamment sur Internet, et des travaux d'indexation d'archives sont constamment menés et publiés. Grâce à ce guide, vous découvrirez, d'une manière claire et simple, les sources disponibles pour reconstituer l'histoire de votre famille juive, tant en France qu'à l'étranger.

337.          BERTRAND de LA GRASSIÈRE (Paul). Messieurs de Monneron, mousquetaires du Roi, et l'abbaye de Grandmont. Contribution à l'histoire de la société de la Marche et du Limousin aux XVIIe et XVIIIe siècles. P., Chez l'Auteur, s.d. (1974), gr. in-8°, 210 pp, 3 pl. d'illustrations hors texte, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Saffroy Supplément, 56690). Exemplaire hors commerce imprimé sur papier vélin d'Arche

            45

L'auteur analyse les conditions d'admission dans les troupes des mousquetaires du roi et révèle ainsi un point ignoré du droit nobiliaire.

338.          BRESC (Louis de). Armorial des communes de Provence, ou dictionnaire géographique et héraldique des villes et villages des Bouches-du-Rhône, du Var, des Basses-Alpes, de Vaucluse et des Alpes-Maritimes. Nyons, Chantemerle, 1971, in-8°, lvi-386 pp, 600 blasons gravés par M. Reinaud sur 19 planches in fine, reliure pleine toile olive de l'éditeur (lég. salie), bon état. Réimpression de l'édition Bachelin-Deflorenne de 1866

            70

Ouvrage indispensable sur le sujet. Il s'agit du seul armorial regroupant toutes les communes de l'ancienne Provence. L'auteur donne pour chaque commune les circonscriptions administratives de 1866 et celles d'Ancien Régime, une description du blason avec sa source, suivie d'une courte notice historique. — "Livre important et assez rare." (Saffroy II, 32397)

339.          FASQUELLE (Solange). Les La Rochefoucauld. Une famille dans l'Histoire de France. Perrin, 1992, in-8°, 456 pp, 16 pl. de documents hors texte, historique du château de Montmirail, 8 tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

Cette histoire débute vers 980 sur les bords de la Tardoire dans la région d'Angoulême pour se poursuivre au service de la France, sur les champs de bataille, à la Cour, dans les abbayes, les ambassades, la Chambre des députés, les ministères, l'administration. Se gardant d'écrire une histoire exhaustive de son illustre famille, l'auteur a choisi de raconter le destin de ceux des La Rochefoucauld qui ont été intimement mêlés à l'histoire de France. Elle n'avait que l'embarras du choix, cette famille ne comptant pas moins de trois cardinaux, dont un faillit devenir pape, deux grands aumôniers de France, douze archevêques et évêques, un général des galères, trois grands sénéchaux d'Aquitaine, deux grands veneurs de France, quatre grands maîtres de la garde-robe, plusieurs ambassadeurs et ministres...

340.          HÉDOUVILLE (Marthe de). Les Rostopchine. Une grande famille russe au XIXe siècle. France-Empire, 1984, gr. in-8°, 252 pp, 16 pl. de gravures et fac-similés hors texte, une carte, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Mme de Hédouville dresse le portrait des descendants du gouverneur-incendiaire de Moscou dont elle reconstitue l'existence quotidienne au XIXe en s'appuyant sur quelque 500 lettres que s'échangèrent les membres de cette famille célèbre que sont les Rostopchine. Parmi eux : la comtesse de Ségur.

341.          STEGMANN von PRITZWALD (Sigurd) et François PASCAL. Répertoire des familles nobles de l'Empire et de la Restauration titulaires d'un majorat sur demande. SPM, 2005, fort in-8°, 651 pp, sources et biblio, reliure simili-cuir vermillon, titres et fleurons dorés au 1er plat et au dos, bon état

            80

L'Empire, tout comme la Royauté restaurée, a récompensé le mérite par des titres de noblesse. Ces titres étaient liés à la personne, donc non transmissibles. Ils ne pouvaient être transmis par héritage – à moins qu'il ne fut créé une fondation appellée majorat. Ce majorat devait assurer à l'héritier les moyens de satisfaire aux obligations de son rang. Deux sortes de majorats furent institués. Ce sont ces derniers 208 majorats qui sont étudiés ici, ainsi que 233 majorats de la Restauration. Cet ouvrage répertorie 441 majorats créés, ainsi que les familles qui ont ainsi pu transmettre leur titre de noblesse. Récapitulatif chronologique, commentaires généraux, Index des personnes citées. — "Les dictionnaires consacrés à la noblesse du Premier Empire nous donnent la liste des membres qui la composent, les titres, la date des anoblissements, les armes et même la descendance, mais ils laissent de côté le majorat. Cet ouvrage se propose de pallier ce manque."

342.          THURN und TAXIS (Marie von). Memoirs of a Princess. The reminiscences of Princess Marie von Thurn und Taxis. Translated and compiled by Nora Wydenbruck. London, The Hogarth Press, 1959, pt in-8°, 224 pp, 8 pl. de photos hors texte, index, reliure percaline bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, une coupure de presse sur le livre collée sur une garde, bon état. Texte en anglais. Peu courant

            40

Mémoires de la princesse zu Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst (1855-1934), épouse du comte Alexandre von Thurn und Taxis, célèbre pour sa correspondance avec Rainer Maria Rilke. — Part 1 : Early Memories, 1855-1875 (mémoires de sa naissance en 1855 à son mariage vingt ans plus tard) – Part 2 : Diaries ans Sketches, 1875-1911 (un choix de textes et portraits provenant des archives familiales à Duino présentés par la comtesse Wydenbruck) – Part 3 : Memories of Rainer Maria Rilke, 1909-1926.

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

 

343.          DEVAUX (André). Comptes consulaires de Grenoble en langue vulgaire (1338-1340), publiés avec un lexique et un index des noms propres. Oeuvre posthume, complétée et augmentée d'une introduction par Jules Ronjat. Marseille, Laffitte Reprints, 1978, in-8°, 236 pp, paginé de 146 à 382 (Extrait du tome LV de la Revue des langues romanes), 2 fac-similés, index, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, titres et blason dorés au 1er plat, bon état. Réimpression tirée à 300 exemplaires seulement de l'édition de Montpellier, 1912

            45

"La nouvelle édition des Comptes consulaires de Grenoble en langue vulgaire (1338-1340), préparée par Mgr Devaux, dont l'intérêt est indiscutable, n'a pu être menée à bonne fin par celui qui l'avait entreprise. Sa mort étant survenue avant l'achèvement de l'oeuvre, c'est M. Ronjat qui a assumé la tâche ingrate de terminer et de présenter au public un ouvrage qu'il n'avait pas conçu. (...) Après la description du manuscrit et une introduction historique et économique, l'étude philologique a été traitée avec un grand soin et une compétence remarquable. L'ouvrage mérite d'être loué. La philologie locale des régions intermédiaires a été trop longtemps négligée et il est heureux de voir entreprendre des études sur ce sujet." (J.-Ch. Roman, revue Le Moyen Age, 1914)

344.          DREYFUS (François-Georges). Histoire de l'Alsace. Hachette, 1979, in-8°, 422 pp, 8 pl. de photos hors texte, 4 cartes, petite chronologie alsacienne, biblio, broché, bon état

            25

L'histoire de l'Alsace, qui est dominée par le caractère spécifique de la province : jusqu'au XVIIe siècle, les seigneuries et villes alsaciennes font partie du Saint Empire Romain Germanique. A partir de la réunion à la France, l'Alsace s'intègre peu à peu dans le royaume. Ce processus d'intégration sera cassé par le traité de Francfort et l'annexion au nouvel Empire allemand. Qu'est-ce que "l'alsacianité" ?

345.          DUBARAT (abbé Victor). La Commanderie et l'hôpital d'Ordiarp, dépendance du monastère de Roncevaux en Soule (Basses-Pyrénées). Etude historique sur les relations de l'Abbaye espagnole avec les diocèses d'Oloron, de Bayonne et de Pampelune, les souverains de Navarre et les Rois de France, depuis le XIIe siècle jusqu'au XIXe siècle. Marseille, Laffitte Reprints, 1980, in-8°, vi-341 pp, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, titres dorés au 1er plat, bon état. Réimpression tirée à 300 exemplaires seulement de l'édition de Pau-Paris, 1887.

            60

"... L'histoire de la commanderie d'Ordiarp est donc en réalité l'histoire de Roncevaux, de son influence el de ses richesses, de la Soule et de son organisation civile, religieuse el judiciaire, l'histoire enfin des rapports de la collégiale espagnole avec les églises d'Oloron et de Bayonne. Que de célèbres personnages vont passer sous notre regard el se montrer à nous dans le détail d'une vie plus intime ! Les moeurs de ces temps éloignés se détacheront aussi avec plus de relief de ces récits ignorés. Les principales sources de l'histoire de la commanderie d'Ordiarp sont aux archives des Basses-Pyrénées, G. 203 a 232. Ces documents, pour la plupart, ont appartenu à l'abbaye de Roncevaux et furent remis au chapitre de Bayonne par le contrat d'échange des biens en 1712..." (V. D.)

346.          FERTIAULT (François). Dictionnaire du langage populaire verduno-chalonnais (Saône-et-Loire). Marseille, Laffitte Reprints, 1980, in-8°, 6-472 pp, préface de Gérard Taverdet, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, titres dorés au 1er plat, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, 1890

            40

347.          [JOUDOU, Jean Baptiste]. Guide des voyageurs à Bagnères de Bigorre et dans les environs. Marseille, Laffitte Reprints, 1980, in-8°, vi-163-(4) pp, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, titres et blason dorés au 1er plat, bon état. Réimpression tirée à 500 exemplaires seulement de l'édition de Tarbes, 1818

            40

C'est le premier et le plus important ouvrage consacré au Bagnères de l'époque romantique, alors première station thermale d'Europe. (Labarère, Essai de bibliographie pyrénéiste, 777 ; Béraldi, Cent ans aux Pyrénées, IV, 42 ; Dendaletche, Pyrénées. Guide bibliographique illustré, 975).

348.          LECANU (Abbé). Histoire de Clichy-la-Garenne. Marseille, Laffitte Reprints, 1981, in-8°, xi-324 pp, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, dos lisse, pièce de titre carmin, titres et blason dorés au 1er plat, bon état. Réimpression tirée à 400 exemplaires seulement de l'édition de Paris, 1848.

            40

Le livre de Auguste-François Lecanu (1803-1884) étudie la période gallo-romaine, mérovingienne, la fondation de la seigneurie et l'histoire des premières familles seigneuriales, les moines de Saint-Denis, Saint-Vincent de Paul, la Révolution et la Restauration, etc. — "Ce livre commence au temps des Gaulois, sous ce prétexte que la fameuse bataille livrée par Labiénus au chef des Parisii, Camulogène, aurait eu pour théâtre non pas le Roule, comme le croyait l'abbé Le Beuf, ni les hauteurs de Chaillot, comme d'autres l'ont pensé, mais la plaine de Clichy. Nous citons cet ouvrage à cause des détails intéressants qu'il contient sur saint Vincent de Paul et sur la suite des seigneurs entre les mains de qui le fief de Clichy a successivement passé depuis les premières années du treizième siècle. On y voit aussi la constatation de l'inutilité de tous les efforts qui ont été faits pour retrouver l'emplacement de l'habitation que le roi Dagobert avait à Clichy. Enfin M, Lecanu a eu la bonne fortune d'y faire connaître un triens inédit frappé à Clichy la Garenne au sixième siècle." (Bibliothèque de l'école des chartes, 1849)

349.          [LE PRÉVOST, Auguste]. Histoire de Saint-Martin du Tilleul, par un habitant de cette commune. P., Crapelet, 1848, gr. in-8°, (4)-124 pp, un grand plan dépliant en couleurs hors texte, reliure demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres et fleurons dorés, tranches marbrées (rel. de l'époque), cuir lég. taché, bon état. Ouvrage tiré à 400 ex. seulement, celui-ci pour la bibliothèque du comte de Laborde. Ex-libris Etienne Deville. Rare

            200

"Sous ce titre, M. Auguste le Prévost vient de nous donner un livre instructif et facile à lire, écrit avec ce goût qui assaisonne si bien les œuvres d'érudition. Il s'occupe d'abord du nom même du Tilleul, du nombre des localités qui l'ont porté, de ses différentes formes, et de l'emploi du tilleul au moyen âge. – Le territoire du Tilleul était habité dès le temps des Romains ; deux très anciens chemins s'y croisent. – Le nom de Saint-Martin-le-Vieux est une forte présomption que ce fut là que s'éleva un des premiers oratoires chrétiens du Lieuvin. – Le Tilleul apparaît pour la première fois dans l'histoire au commencement du onzième siècle : il fut alors assigné en douaire à la duchesse Judith. Rentré dans le domaine ducal , il fut aumôné à l'église de Bocherville par Guillaume le Conquérant. – Des seigneurs de la cour de ce roi s'appelaient Fol-Enfant : l'un d'eux donna son nom au Tilleul-Fol-Enfant. – Le douzième siècle est signalé par une lutte entre les seigneurs laïques et les religieux de Bocherville. Au suivant, les seigneurs du Tilleul se distinguent parmi les bienfaiteurs de Saint-Taurin, du Bec et de la Noë. – Suit l'historique des propriétés possédées sur le territoire de Saint-Martin du Tilleul par les abbayes de Saint-Georges et de Lire. – M. le Prévost termine par une revue des familles qui ont occupé le fief du Tilleul. Dans cette revue brillent les Thibouville : l'un d'eux accompagne le Conquérant en Angleterre ; plusieurs autres s'associent aux révoltes de Geoffroi de Harcourt et du roi de Navarre. La touchante histoire de Marguerite de Thibouville s'encadre au milieu des scènes guerrières du règne de Charles V. A l'histoire des seigneurs, M. le Prévost a su mêler l'histoire des paysans. Avec un censier du treizième siècle, il nous met sous les yeux le nom des laboureurs, l'étendue de leurs tènements, et le détail de leurs redevances. Il rapporte les conditions auxquelles les hommes d'une vavassorerie tenaient leur terre, après s'être affranchis, par un rachat, d'un service pénible. Tels sont, en résumé, les points développés par M. le Prévost." (Léopold Delisle, Bibliothèque de l'École des chartes, 1849) — "Propriétaire de la terre du Tilleul, près de Bemay, Le Prévost recueillit tous les titres, tous les actes, tous les documents qui la concernaient. Il a écrit l'histoire de Saint-Martin-du-Tilleul, et cette monographie d'une simple commune rurale est un chef-d'œuvre. Un intérêt sérieux et charmant en accompagne la lecture. On a voulu l'imiter et personne n'a pu l'égaler." (A. Passy, préface à “Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l'histoire du département de l'Eure”, tome 1, 1862) — "Ouvrage assez rare." (Saffroy II, 29885)

350.          NIZIER de PUITSPELU (Clair Tisseur, dit). Le Littré de la Grand'Côte à l'usage de ceux qui veulent parler et écrire correctement. Académie du Gourguillon. Lyon, Pierre Masson, 1926, gr. in-8°, xxii-353 pp, 3e édition, texte sur 2 colonnes, un portrait de l'auteur en frontispice sous serpente, reliure demi-toile beige à coins, dos lisse, pièce de titre basane acajou, couv. conservées, qqs annotations pertinentes au stylo, bon état. Un des 570 ex. numérotés sur papier Alfa. On trouve reliés avec l'ouvrage 2 coupures de presses et 2 bulletins de souscription pour cette édition

            150

Le parler lyonnais est une forme de français régional dont les tournures sont influencées par l’héritage franco provençal. C’est Clair Tisseur (architecte lyonnais, 1827-1895), alias Nizier de Puitspelu, qui consacra l’automne de sa vie à la rédaction de « la Bible du parler lyonnais », savant dictionnaire étymologique qui allait devenir l’extraordinaire « Littré de la Grand’Côte ». La première édition parut en 1894, il est toujours aujourd’hui un trésor d’érudition, de finesse, et d’humour le livre de chevet par excellence de tout bon gone ! Si les mots du parler lyonnais sont aujourd’hui peu employés, un brin désuet pour certains, il n’en reste pas moins qu’ils sont à la manière des lyonnais « narquois, gaudisseurs, sans-souci, rêveurs... un peu bizarres ». En vagabondant au hasard de ces pages nonchalantes, on pourra aussi bien reconstituer tout un repas lyonnais, autrement dit un mâchon. Faute de pécuniaux, le mâchon peut se réduire à de simples mate-faims. Mais, po