Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 371 – Novembre 2017

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  [Atlas]. The Multum in Parvo Atlas of the World. Edinburgh and London, W. & A. K. Johnston, 1890, in-16, 96 cartes en couleurs sur double page, légendées et montées sur onglet ,+ 120 pages d'index, reliure plein maroquin havane, dos lisse avec titre, fleuron et encadrements à froid, encadrements à froid sur les plats, tranches rouges, signet (rel. de l'époque), bon état. Texte en anglais

            90

Pratique par sa taille, cet atlas donne aussi une bonne image du monde en 1890. Il contient aussi une carte des saisons, du système solaire, des courants océaniques, des vents et tempêtes et des races humaines. “Multum in Parvo” signifie “beaucoup dans peu”.

2.                  AUGERON (Mickaël) et Pascal EVEN (dir.). Les Etrangers dans les villes-ports atlantiques. Expériences françaises et allemandes XVe-XIXe siècle. Rivages des Xantons, 2010, gr. in-8°, 435 pp, cartes, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

C'est à partir de la fin du Moyen Âge que commencent à se préciser la figure et le statut de l'étranger. Il fait alors l'objet d'une attention renouvelée, tant au niveau des pouvoirs centraux qu'à l'échelle locale. Omniprésent sur les littoraux atlantiques, il contribue à l'ouverture maritime de biens des villes européennes ou américaines, après avoir longtemps – et avant tout – incarné un "danger venu de la mer" (razzias, piraterie). Tour à tour condamné, dénoncé ou protégé, l'étranger peut être doté, sur le long terme, de toutes les vertus par les populations d'accueil ou être, au contraire, affublé des plus grands maux. Il fait peur et attire à la fois : vu comme une menace pour certains, il constitue pour d'autres un gage de prospérité et de progrès. Il peut bousculer les traditions, provocant adhésion ou rejet. De bouc-émissaire en période de crise ou de tension, il peut se transformer en un formidable acteur du développement économique, social et culturel. Lieux de transit ou d'installation définitive, les villes-ports constituent des observatoires privilégiés pour l'étude de ces étrangers, qui y occupent une place singulière, parfois centrale. Fruit d'une collaboration franco-allemande, les différentes contributions, réunies ici dans une optique comparative, entendent confronter expériences individuelles ou collectives, en s'attachant notamment aux réseaux relationnels et aux conditions d'existence : sont non seulement évoqués les étrangers ayant foulé de leurs pieds la France et les pays germaniques, mais aussi ces très nombreux allemands ou français qui ont décidé de quitter leur pays d'origine pour s'installer en territoire étranger. Avec des motivations et des parcours individuels qui relèvent certes parfois du domaine de l'aventure, mais qui permettent surtout de s'interroger sur les phénomènes d'intégration, d'exclusion ou de transferts culturels qui ont marqué, sur le long terme, nos sociétés contemporaines.

3.                  BARIÉTY (Maurice) et Charles COURY. Histoire de la médecine. Fayard, 1963, fort in-8°, 1217 pp, chronologie synoptique, glossaire, biblio, index, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, rhodoïd, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            50

4.                  BELLANGER (Cl.), J. Godechot, P. Guiral et F. Terrou (dir.). Histoire générale de la Presse française. 1 : Des origines à 1814. Par Louis Charlet, Jacques Godechot, Robert Ranc et Louis Trénard. PUF, 1969, fort gr. in-8°, xv-633 pp, préface de Pierre Renouvin, 24 pl. hors texte d'illustrations reproduites en héliogravure, biblio, index des noms, index des titres de journaux et périodiques, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            60

Tome 1 seul (sur 5). — "Rendre compte du contenu de ces deux gros volumes illustrés revient, pour l'essentiel, à la réconfortante constatation que l'œuvre est à la hauteur de ses ambitions et offre un panorama complet des deux cent quarante premières années de la presse française. L'érudition des auteurs, mise en valeur par un bon appareil de références bibliographiques et deux gros index (titres et personnes) assure à ces deux premiers tomes une exceptionnelle richesse. L'esprit de synthèse qui les inspire, a évité à l'ouvrage de n'être qu'une histoire des journaux et surtout de tomber dans le trop fréquent travers de l'histoire à travers les journaux. L'équilibre de l'ensemble est bon et aucun des multiples aspects de ce vaste sujet n'est négligé. (...) Louis Charlet et Robert Ranc présentent au début de chaque volume les caractéristiques de l'évolution des techniques d'impression des journaux, de Gutenberg à Marinoni. Fernand Terrou brosse dans le second tome la genèse et les grands principes libéraux qui ont inspiré l'évolution de la législation sur la presse et dresse un très utile catalogue des divers textes juridiques et administratifs qui ont marqué l'histoire agitée des rapports de la presse et du pouvoir de 1789 à 1870. Louis Trénard analyse longuement la période des origines à 1788 ; il dresse un bilan très complet et son étude apporte beaucoup. Le doyen Godechot, dans une magistrale synthèse, retrace la naissance de la presse révolutionnaire, son développement anarchique jusqu'au 10 août 1792, ses épreuves sous la Terreur, sa remarquable expansion... Son étude nourrie de nombreuses monographies de titres montre le rôle joué par les journaux dans le processus révolutionnaire et la place désormais acquise par la presse dans la vie politique et sociale française. A Charles Ledré revient la présentation de la presse parisienne de 1815 à 1848 et le récit des multiples épisodes de son assaut contre la monarchie ; il mène cette étude avec une finesse et une précision remarquables, mais autant que sur l'aspect politique, son attention a été retenue par les transformations de la presse et les débuts de l'élargissement de son audience populaire. A.-J. Tudesq décrit un aspect souvent négligé de la vie de la presse : la presse provinciale qui acquiert alors, au milieu de bien des difficultés, une importance considérable et dont le rôle politique commence à s'affirmer. De la révolution de 1848 à la Commune la presse a fait des progrès et son audience s'est élargie dans des proportions notables. Avec de précision et un sens aigu des nuances, Pierre Guiral a su rendre compte, à travers la multiplication de ses titres, que l'arbitraire impérial a difficilement réussi à freiner, du rôle de la presse dans les crises politiques. Mais plus peut-être que l'analyse de la montée de la contestation à travers les journaux dans les années 1868-1870, qui fut pour beaucoup dans la chute de l'Empire et la de Commune et dont la présentation est en quelque sorte classique, on est heureux de trouver dans son étude une description de diversification du contenu des journaux et de leurs catégories et en particulier une analyse originale du phénomène Petit Journal qui fut la première réussite mondiale de la presse populaire à bon marché." (Pierre Albert, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1971)

5.                  BELLANGER (Cl.), J. Godechot, P. Guiral et F. Terrou (dir.). Histoire générale de la Presse française. 2 : de 1815 à 1871. Par Louis Charlet, Pierre Guiral, Charles Ledré, Robert Ranc, Fernand Terrou, André-Jean Tudesq. PUF, 1969, fort gr. in-8°, 465 pp, 24 pl. hors texte d'illustrations reproduites en héliogravure, biblio, index des noms, index des titres de journaux et périodiques, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            60

Tome 2 seul (sur 5). — "Rendre compte du contenu de ces deux gros volumes illustrés revient, pour l'essentiel, à la réconfortante constatation que l'œuvre est à la hauteur de ses ambitions et offre un panorama complet des deux cent quarante premières années de la presse française. L'érudition des auteurs, mise en valeur par un bon appareil de références bibliographiques et deux gros index (titres et personnes) assure à ces deux premiers tomes une exceptionnelle richesse. L'esprit de synthèse qui les inspire, a évité à l'ouvrage de n'être qu'une histoire des journaux et surtout de tomber dans le trop fréquent travers de l'histoire à travers les journaux. L'équilibre de l'ensemble est bon et aucun des multiples aspects de ce vaste sujet n'est négligé. (...) Louis Charlet et Robert Ranc présentent au début de chaque volume les caractéristiques de l'évolution des techniques d'impression des journaux, de Gutenberg à Marinoni. Fernand Terrou brosse dans le second tome la genèse et les grands principes libéraux qui ont inspiré l'évolution de la législation sur la presse et dresse un très utile catalogue des divers textes juridiques et administratifs qui ont marqué l'histoire agitée des rapports de la presse et du pouvoir de 1789 à 1870. Louis Trénard analyse longuement la période des origines à 1788 ; il dresse un bilan très complet et son étude apporte beaucoup. Le doyen Godechot, dans une magistrale synthèse, retrace la naissance de la presse révolutionnaire, son développement anarchique jusqu'au 10 août 1792, ses épreuves sous la Terreur, sa remarquable expansion... Son étude nourrie de nombreuses monographies de titres montre le rôle joué par les journaux dans le processus révolutionnaire et la place désormais acquise par la presse dans la vie politique et sociale française. A Charles Ledré revient la présentation de la presse parisienne de 1815 à 1848 et le récit des multiples épisodes de son assaut contre la monarchie ; il mène cette étude avec une finesse et une précision remarquables, mais autant que sur l'aspect politique, son attention a été retenue par les transformations de la presse et les débuts de l'élargissement de son audience populaire. A.-J. Tudesq décrit un aspect souvent négligé de la vie de la presse : la presse provinciale qui acquiert alors, au milieu de bien des difficultés, une importance considérable et dont le rôle politique commence à s'affirmer. De la révolution de 1848 à la Commune la presse a fait des progrès et son audience s'est élargie dans des proportions notables. Avec de précision et un sens aigu des nuances, Pierre Guiral a su rendre compte, à travers la multiplication de ses titres, que l'arbitraire impérial a difficilement réussi à freiner, du rôle de la presse dans les crises politiques. Mais plus peut-être que l'analyse de la montée de la contestation à travers les journaux dans les années 1868-1870, qui fut pour beaucoup dans la chute de l'Empire et la de Commune et dont la présentation est en quelque sorte classique, on est heureux de trouver dans son étude une description de diversification du contenu des journaux et de leurs catégories et en particulier une analyse originale du phénomène Petit Journal qui fut la première réussite mondiale de la presse populaire à bon marché." (Pierre Albert, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1971)

6.                  BLACHE (Jules). L'Homme et la montagne. Gallimard, 1942, in-8°, 189 pp, préface de Raoul Blanchard, 32 pl. de photos hors texte, broché, bon état (Coll. Géographie humaine)

            25

"M. J. Blache, dans une brillante étude, nous offre une synthèse de la vie montagnarde dans le monde. Il existe, dit-il, de l'Atlantique à l'Himalaya et au Tian Chan, entre 30° et 50° de lat., une zone de paysages et d'économie alpestres, avec les caractères suivants : difficile adaptation aux montagnes de la vie agricole des plaines, puis association étroite de la vie pastorale à la vie de montagne. « Aux origines de la transhumance méditerranéenne, on trouve moins l'ingéniosité humaine que les lois de la nature. » Idée neuve que Mr Blache développe en montrant comment à la chasse succède l'élevage. C'est une joie que de lire les pages où l'auteur évoque en termes suggestifs ou commente en notations originales, sagaces, lapidaires, la vie de l'homme dans les pays de genre alpestre. Ses définitions et ses peintures du nomadisme montagnard, de la transhumance, de l'estivage dans leurs variétés locales (et Dieu sait s'il en fourmille ! ) nous paraissent encadrer de cloisons définitives un sujet si mal connu jusqu'alors, au moins pour les montagnes autres que les Alpes. (...) Un livre anormalement riche en larges vues d'ensemble, en détails d'une finesse pénétrante, en phrases alertes, vigoureusement gravées, chargées de sens. Livre neuf surtout, et qu'on aurait grand tort de prendre pour un ouvrage de vulgarisation. La plupart de ses matériaux ont été non seulement assemblés (on vient de voir avec quelle maîtrise), mais extraits du chaos. Et, pour terminer, nous louerons l'illustration judicieuse et agréable." (M. Pardé, Annales de Géographie, 1935)

7.                  BLAVATSKY (H. P.). La Clef de la Théosophie. P., Textes Théosophiques, 1994, in-8°, 447 pp, appendices, index, broché, bon état

            25

Traduction française du texte original (Londres, 1889) : “The Key to Theosophy”, augmentée du Glossaire de l'édition de 1890. Ce livre présente, suivant les propres paroles de l'auteur "un exposé clair sous forme de questions et de réponses, de l'éthique, de la science et de la philosophie pour l'étude desquelles la Société Théosophique a été fondée". On lit dans la Préface que ce livre "ne contient pas un exposé complet des principes de la Théosophie, mais seulement une clef pour ouvrir la porte conduisant à des études plus profondes. C'est l'esquisse à grands traits de la Religion-Sagesse... Son but est de présenter des conceptions nouvelles, sous la forme la plus simple et dans le langage le plus clair qu'on puisse employer". Ce sont les nombreuses questions que Madame Blavatsky recevait régulièrement, qui l'ont incitée à écrire ce manuel de Théosophie, et qu'elle dédia à tous ses élèves afin qu'ils puissent apprendre et enseigner à leur tour. Un glossaire ainsi qu'un index ont été ajoutés à cette édition établie à partir du texte anglais original.

8.                  BLOCQ-MASCART (Maxime). Du Scandale. Essai. P., Buchet/Chastel-Corrêa, 1960, pt in-8°, 199 pp, broché, couv. lég. salie, bon état, envoi a.s.

            25

« De l'affaire des Poisons à l'affaire Mitterrand », une approche socio-historique des événements scandaleux. — Extraits de la table des matières : Nature du scandale : Evolution de la notion du scandale. Tolérance accrue – Crimes scandaleux (marquise de Brinvilliers). Crimes non scandaleux (Cartouche) – Préjugés et condamnations iniques – Réhabilitations injustifiées. – Utilité du scandale : Utilisation à des fins politiques (Gringoire et l'affaire Salengro) – Extension du scandale (l'émeute du 6 février 1934 et l'affaire Stavisky). – Les personnages du scandale : Action directe (Madame Caillaux) – Scandales collectifs. – Abus du Pouvoir : Trafic d'influence – Collusion entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire (Les Templiers, maréchal de Marillac, duc d'Enghien, maréchal Ney, la Commune). – Abus de la ruse : Lettres anonymes – Chantage – Captation d'héritage (affaire Lacaze-Lacour) – Simulation (affaire Mitterrand-Pesquet) – Escroquerie (affaire du Collier, Panama) – Contrebande (Mandrin). – Abus de la puissance de l'argent : Espionnage (Charles Humbert, Bolo Pacha) – Noms et titre (Marcel Guerlain, Miss Gould).

9.                  BOUTHOUL (Gaston)(prés. par). L'art de la Politique. Seghers, 1969, in-8°, 638 pp, 32 pl. de gravures et photos hors texte, reliure toile éditeur, état correct

            25

Cette anthologie d’écrivains politiques est sans doute la plus complète qui ait paru en France jusqu’à présent. Elle comprend plus d’une centaine d’auteurs depuis les origines et, outre les classiques de la littérature politique, les penseurs du XXe siècle y figurent également : On y trouve des textes de Confucius, Platon, Aristote, Cicéron, Dante, Ibn Khaldoun, Machiavel, Grotius, Richelieu, Louis XIV, Voltaire, Danton, Robespierre, Saint-Just, Gracchus Babeuf, Talleyrand, Hegel, Bolivar, De Gaulle, Lénine, Kennedy, Léon Blum, etc.

10.              BRUNET (Sylvie). Petit Dico des Expressions Latines et Grecques. City Editions, 2008, pt in-8°, 205-((16) pp, nombreuses figures dans le texte, table des expressions latines et grecques, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            15

Carpe diem, Alea jacta est, Mens sana in corpore sano, In vino veritas, Manu militari, Errare humanum est... autant d'expressions issues du monde gréco-latin que l'on utilise encore quotidiennement. Une belle longévité pour des langues que l'on qualifie de "mortes"... Mais que veulent-elles dire exactement et quelle est leur histoire ? Bien loin des classiques et ennuyeux cours de latin, ce Petit Dico retrace de manière vivante et souvent amusante l'origine de ces expressions et la manière correcte de les employer. Vous cherchez une parole sage sur l'Amour, l'Amitié, la Mort, le Besoin, la Jeunesse ou l'Argent ? Vous trouverez forcément un adage antique pour éclairer des situations très actuelles ! Avec humour et intelligence, se dessine la grande et la petite histoire de mots qui ont façonné la civilisation occidentale depuis plus de deux mille ans.

11.              CASSAGNAU (Robert). « Vive l'anarchie ! ». France-Empire, 1973, gr. in-8°, 378 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

De Bakounine à la Bande à Baader flanquée de ses égéries armées, voici que surgissent campés d'un trait de plume aussi explosif que les manifestes et les bombes des légionnaires de la constestation sociale : le prince noir Kropotkine et la vierge rouge Louise Michel, le doctrinaire Max Stirner, un Kafka au vitriol, et Ravachol, un fantômas mâtiné de Frankenstein, les nihilistes russes et leurs bombes vivantes, les redoutables adeptes de la F.A.I, Bonnot et ses complices, Sacco et Vanzetti ainsi que les groupes estudiantins de Mai 68.

12.              CHARTIER (Anne-Marie) et Jean HÉBRARD. Discours sur la lecture (1880-2000). BPI-Centre Pompidou, Fayard, 2000, gr. in-8°, 762 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'ère Internet est-elle en train de transformer l'acte de lire ? Un nombre infini d'écrits sont désormais à portée d'écran, et les questions que soulèvent ces nouvelles lectures sont passionnantes, mais aussi inquiétantes : jamais les non-lecteurs n'ont semblé si nombreux. En fait, dès les années 1960, pédagogues, politiques, journalistes, chercheurs se sont interrogés sur la crise, voire sur la mort de la lecture. Et pourtant, lire a longtemps été considéré comme une activité dangereuse. A la fin du XIXe siècle, l'Église et l'école républicaine s'alarment de la « rage de lire » des campagnes et des faubourgs. Pour guider ces nouveaux lecteurs, ecclésiastiques et enseignants s'efforcent de définir les « bonnes lectures ». C'est le début d'un long débat sur le rôle formateur de la lecture, qui met en jeu les fondements de la culture. C'est aussi le début de discussions sur l'apprentissage de la lecture et sur les différentes façons de lire. A ces discours s'ajoutent ceux de bibliothécaires pionniers qui défendent le libre accès à tous les livres. Mais il faut attendre encore un demi-siècle pour que la lecture devienne une valeur consensuelle. L'histoire de ce retournement, inséparable des grandes mutations culturelles et techniques du XXe siècle, montre à quel point sont en train de changer nos relations aux livres et à la lecture. — "Cet ouvrage consiste en la version revue et corrigée – et en l'occurrence largement complétée – d'un ouvrage déjà paru sous un titre identique (1989), à cette réserve près que les discours sur la lecture n'y étaient alors envisagés que jusqu'en 1980. Il s'agissait de tenter de cerner sur un siècle, et dans une perspective socio-historique, l'ensemble des discours portés en France sur les pratiques de lecture. Les auteurs signalaient alors que, contrairement à leur hypothèse de départ, force leur avait été de constater que la lecture n'a pas été de toute éternité l'objet de discours ; c'est seulement entre la Monarchie de Juillet et le Second Empire que l'on a commencé à s'y intéresser. Les discours ont pu être étudiés à partir de la collecte d'une multitude de documents disparates et hétéroclites formant un double corpus. Celui-ci a, en effet, été élaboré à partir de deux types de textes : des textes prescriptifs d'une part (c'est-à-dire des textes indiquant ce que doit ou ne doit pas être la lecture ; textes émanant des Églises, de l'école, des professionnels du livre, etc.) et des textes « mettant en représentation » la lecture et les lecteurs d'autre part (textes rédigés par des critiques littéraires, des écrivains, des journalistes, des auteurs de récits biographiques, etc. Une certaine attention est aussi portée aux images – peintures, photographies ou affiches publicitaires). Pour la nouvelle édition, dans laquelle les auteurs tentent de mettre au jour les permanences et les mutations des propos sur la lecture, une attention particulière a été portée aux nouveaux discours émergeant dans les deux dernières décennies du XXe siècle. La juxtaposition des monographies a permis de mettre en évidence d'abord les trois pôles principaux autour desquels s'organisent les discours sur la lecture – l'Église, l'école, l'État –, ensuite l'évolution de leurs influences respectives sur le modèle social dominant de ce que doit être la lecture..." (Clara Lévy, Revue française de sociologie, 2002)

13.              [Chimie] – DUCOIN-GIRARDIN (Jean-Sylvestre). Entretiens sur la chimie et ses applications les plus curieuses, suivis de notions de manipulation et d'analyse chimiques. Tours, Mame, 1860, in-8°, 388 pp, 5e édition, un portrait gravé de Gay-Lussac en frontispice, qqs figures dans le texte, petit dictionnaire de chimie et table alphabétique des matières, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état

            70

Des éléments ; Etude de l'air ; De l'eau ; Hydrogène ; Affinité chimique ; Composition des corps ; Le charbon ou carbone ; De la respiration ; Des métaux ; Des alcalis ; Chimie organique ; Organisation des animaux (respiration, nutrition, digestion) ; Décomposition des corps ; Manipulations chimiques ; etc.

14.              COLLARD (Franck). Pouvoir et poison. Histoire d'un crime politique de l'Antiquité à nos jours. Seuil, 2007, gr. in-8°, 356 pp, notes, biblio sommaire, broché, couv. illustrée, pt accroc au 1er plat, bon état (Coll. L'Univers historique)

            15

L'ouvrage de Franck Collard retrace la longue histoire de l'empoisonnement comme crime politique. De Néron à Staline, en passant par Louis XI et Catherine de Médicis, d'Alexandre le Grand ou Charles VI à Alexandre Litvinenko, les grands empoisonnements comme les grands empoisonneurs ont nourri l'imaginaire et façonné l'histoire politique. Loin d'avoir été l'exclusivité des puissants de ce monde, l'empoisonnement n'en prend pas moins un relief tout particulier dans l'atmosphère des palais et au voisinage des trônes, là où le risque est maximal. Puisant aux sources narratives et judiciaires, cet essai s'attache à saisir le sens de l'irruption du poison sur la scène politique et internationale, dont il vient perturber et pervertir les règles multiséculaires. — Longtemps enseignant à l'université de Reims, Franck Collard est professeur d'histoire médiévale à l'université de Paris X-Nanterre. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire, les pouvoirs et le crime au Moyen Age et poursuit actuellement ses recherches sur les traités des poisons du XIIIe au XVIe siècle.

15.              Collectif. Géographie générale. Volume publié sous la direction d'André Journaux, Pierre Deffontaines et Mariel Jean-Brunhes Delamarre. Gallimard, 1966, fort in-12, xx-1883 pp, 306 cartes, schémas et illustrations, biblio, 2 index, reliure plein cuir doré à l'or fin de l'éditeur, jaquette (lég. abîmée), bon état (Coll. Encyclopédie de la Pléiade). Edition originale. Volume épuisé

            30

Sommaire : Géographie physique - Les données - Géographie humaine - Les effectifs humains - Mise en valeur de la planète et aménagements des paysages - Géographie des transports - Géographie culturelle. Ouvrage collectif complété d'index et de tables. — Perçue souvent comme à l'ombre de l'Histoire, sorte d'intendante chargée d'inventorier et de décrire les traits, les mouvements, les peuples, les climats du champ de bataille, la Géographie, patiente, solitaire, poursuit depuis des siècles une investigation qui ne cessera d'être contemporaine de la pensée. Sur les choses, une colline, une vague, un sol, la place d'un coquillage, une baie, la présence de l'homme, la glace, un filet d'eau, le travail, les mouvements d'un grain de sable, la mort, c'est un autre regard qui double le nôtre. Longtemps descriptive, contemplative, la Géographie est venue depuis plus d'un siècle à l'explication. Celle-ci, qui par nature tend à réduire et semble rapprocher de nous les phénomènes, les éloigne ici plus encore, leur donne un aspect fabuleux par l'ampleur (la genèse d'une chaîne de montagnes, l'évocation des paléoclimats, des migrations humaines), la lenteur (la formation et l'acheminement du loess vers l'Asie par le vent, ce qu'il y a de fatal dans l'érosion, l'histoire d'un marais), la diversité s'il s'agit, par exemple, des formes de l'adaptation humaine. Dans l'ensemble, c'est un rappel très fort que l'immobile n'existe pas, rappel implicite et incessant. Si bien que ce qui parle (bien au-delà de tout symbolisme ou anthropomorphisme) dans cette Géographie générale – composée naturellement d'une partie physique et l'autre, humaine – c'est ce par quoi ces deux parties ne se séparent pas, l'universalité du mouvement, la fatalité végétale, la vieillesse toujours là et, prise dans les mêmes rythmes profonds, l'invention humaine, de la cueillette à l'assolement et au laser. Au cœur de la dialectique, les géographes poursuivent patiemment une recherche dont l'expression dans sa diversité, plus qu'ailleurs peut-être, ressemble à son objet.

16.              DARESTE (Camille). Recherches sur la production artificielle des monstruosités ou essais de tératogénie expérimentale. P., C. Reinwald & Cie, 1891, gr. in-8°, xvi-590-(26) pp, 2e édition revue et augmentée, ornée de 62 figures dans le texte et de 16 planches chromolithographiées avec légende en regard, catalogue général de la librairie C. Reinwald en fin de volume, reliure pleine percaline havane, dos lisse avec titres, fleuron original et fers décoratifs en tête et en queue dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'éditeur), bon état

            250

"Dans cet ouvrage l'auteur a fait connaître l'ensemble des recherches qu'il poursuit depuis près de trente ans sur la production artificielle des monstruosités et sur les lois de la formation des monstres simples et doubles ; recherches qui l'ont conduit à constituer une branche entièrement nouvelle des sciences biologiques, la tératogénie expérimentale." (Rapport sur l'École pratique des hautes études, 1877). — L'ouvrage est dédié à Etienne et Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, dont les travaux sont abondamment cités. Camille Dareste établit la tératologie expérimentale comme science. Il partagea avec Dominique-Auguste Lereboullet, le prix Alhumbert, décerné par l'Académie des Sciences, pour ses travaux sur la tératologie.

17.              DENIS (Maurice). Histoire de l'art religieux. Flammarion, 1939, in-4°, 314 pp, 500 illustrations reproduites en héliogravure, 20 planches hors texte en couleurs, reliure demi chagrin chocolat à coins, dos à 4 faux nerfs soulignés à froid avec titres, fleuron original et fers décoratifs en tête et en queue dorés, tête dorée (rel. de l'éditeur), dos lég. frotté, bon état

            60

Par Maurice Denis (1870-1943), artiste peintre nabi, décorateur, graveur, théoricien et historien de l'art français. — "Le gros volume publié par Maurice Denis à la fin de sa vie n'est pas, à proprement parler, un ouvrage théorique. Au terme de sa carrière, il couronne néanmoins plus d'un demi-siècle de réflexions et de pratique artistique, qui illustre ce qu'il écrivait, dans son Journal en 1886, à seize ans : « La peinture est un art essentiellement religieux et chrétien. Si ce caractère s'est perdu dans notre siècle impie, il faut le retrouver. » – Très illustrée, en noir et blanc et en couleurs, l'Histoire de l'art religieux, traitant aussi bien d'architecture que de peinture et de sculpture, parfois même de gravure, est destinée à un large public. Le plan, strictement chronologique, qui part des « Cimetières de Rome » pour aboutir, en treize chapitres, à un « Dernier état de l'art religieux : le XXe siècle », parcourt ainsi deux mille ans, en ne s'interdisant ni les jugements de valeur (« La Grande Pitié de l'art religieux au XVIIIe siècle »), ni les concepts audacieux (« La Première Renaissance, XIIIe et XIVe siècles », « L'Exubérance gothique »), tout en gardant un classicisme rassurant (« La Bible romane », « L'Art olympien de l'Église » pour le XVIe siècle, « Académisme et romantisme » pour le XIXe). Cela n'empêche pas Denis de développer une vision très personnelle, que l'on pourrait presque qualifier d'engagée..." (Barthélémy Jobert)

18.              DÉROBERT (Léon), Henri REICHLEN, Jean-Pierre CAMPANA. Le monde étrange des momies. Pygmalion, 1975, gr. in-8°, 160 pp, 24 pl. de photos hors texte, dont 8 en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Lorsque l'on parle des momies, on évoque immédiatement les pyramides d'Egypte, les nécropoles de la vallée des Rois et des Reines, la magnificence des sarcophages ou les monuments funéraires péruviens et précolombiens. Le monde des momies est bien autre chose. Sur toute la surface du globe, partout et en tous temps, l'homme a laissé les vestiges de ce qu'il a imaginé pour tenter de résoudre le problème éternellement irrésolu que pose la mort. Trophées barbares, têtes réduites, crânes surmodelés ou momification complète du cadavre expriment en fait les mêmes préoccupations : vaincre la mort, en empêchant l'esprit de fuir le corps, assurer la pérennité du cerveau, centre de vie, aider l'âme immortelle dans sa route vers un au-delà inconnu...

19.              DRIAULT (Edouard). La Question d'Orient, depuis ses origines jusqu'à nos jours. Félix Alcan, 1905, in-8°, xv-407-32 pp, 3e édition revue, préface de Gabriel Monod, modeste reliure demi-basane naturelle, dos muet à 3 faux-nerfs et filets dorés (rel. de l'époque), petit cachet à l'encre violette du “Vice-Consulat de France à Van (Turquie d'Asie)” sur la page de titre, catalogue du fonds Philosophie-Histoire de l'éditeur Félix Alcan in-fine (32 pp), bon état

            60

"Du point de vue géopolitique, l’espace balkanique fut cette région du monde qui servit de champ de matérialisation de ce processus historique complexe que le chancelier de l’Empire austro-hongrois, le prince Metternich, appela, dès l’émancipation nationale des Grecs contre l’Empire ottoman (1821-1829), « Question d’Orient ». Depuis l’ouvrage d’Édouard Driault, l’histoire diplomatique considère que la Question d’Orient est le conflit entre les grandes puissances et les nations du Sud-Est européen pour le partage territorial de l’Empire ottoman..." (Ioannis Loucas, La question d’orient et la géopolitique de l’espace européen du sud-est, 2005) — "A la prendre dans ses origines lointaines, la question d'Orient prend naissance avec la retraite de l'Islam en Europe et en Asie de part et d'autre du Bosphore et des Dardanelles. Son histoire est proprement l'histoire des progrès des nations voisines au détriment des peuples musulmans. Longtemps on a restreint le nom de question d'Orient aux relations du seul empire ottoman avec les Etats chrétiens d'Europe. Il ne saurait en être de même aujourd'hui que les problèmes se sont compliqués... C'est ainsi que M. Driault a senti le besoin d'étendre considérablement la portée de cette expression et de comprendre dans la question d'Orient l'ensemble des relations de l'Islam avec le monde chrétien à travers les siècles. Et, le premier, il nous a donné, dans un ouvrage déjà parvenu à la troisième édition, un exposé clair et précis de la fameuse question ainsi entendue. (...) Nous n'avons rien de comparable à cet ouvrage d'ensemble sur la fameuse question, travail supérieurement conçu et non moins bien exécuté." (Ch. Rommelaere, Échos d'Orient, 1906)

20.              DUHEM (Jules). Histoire des idées aéronautiques avant Montgolfier. (Thèse). P., Fernand Sorlot, 1943, in-8°, 458 pp, une gravure en frontispice, broché, bon état. Edition originale, un des 90 ex. numérotés (seul grand papier)

            80

La plupart des moyens de vol imaginés par les précurseurs ont duré ou coexisté pendant des siècles et il est arrivé souvent que plusieurs d'entre eux ont été associés dans un même projet ; dans une même machine. L'histoire aéronautique remonte à un âge dont le plus lointain vestige est un dossier gravé sur sur une poterie atlantéenne de l'Amérique centrale. Son terme est marqué par la première ascension publique d'une montgolfière le 5 juin 1783. — Table. I. Le vol mystique ; II. Le vol magique ; III. Le vol porté ; IV. Le vol ramé ; V. Le vol mécanique ; VI. Le vol à voile ; VII. Le parachute ; VIII. L'hélicoptère ; IX. La fusée ; X. Le magnétisme et l'électricité ; XI. Le feu élément ; XII. L'air subtil ; XIIILe vide ; XIV. Le fluide léger.

21.              DUPRAT (Annie). Histoire de France par la caricature. Larousse, 1999, in-4°, 264 pp, texte sur 2 colonnes, 200 caricatures en noir et en couleurs commentées, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

L'histoire est inséparable de ses images, et les images ne sont jamais aussi libres et inventives que lorsqu'elles deviennent caricatures. Du XVIe siècle à nos jours, le génie critique et l'esprit dénigreur des Français multiplient les caricatures : feuilles volantes, images d'Epinal ou dessins de presse, tous les prétextes sont bons pour rire des grands de ce monde, des travers de la société, des modes... Lorsqu'elle devient politique, la caricature est une arme, un véritable contre-pouvoir, en dépit du poids d'une censure longtemps présente en France. Qui ne se souvient de Louis XVI en roi-cochon, de Charles X en girafe, de Louis-Philippe en poire ? La plupart des événements de notre histoire ont leurs caricatures : la Ligue, la Révolution, l'affaire Dreyfus, la guerre d'Algérie..., et leurs caricaturistes, parfois de très grands artistes : de Philipon, Daumier et Grandjouan à Effel, Cabu, Wolinski ou Plantu... Car l'histoire ne s'élabore pas seulement par les textes. La caricature exprime aussi, à sa manière, les aspirations d'une société qui n'a pas toujours "les mots pour le dire". Avec la chanson, elle fait et défait "l'air du temps". Ce livre invite le lecteur à une histoire revue et corrigée par des images toujours pertinentes, souvent drôles, parfois grinçantes, féroces ou tragiques : deux cents caricatures commentées avec humour par l'une des meilleures spécialistes du genre. — "S'il n'est certes pas le premier à proposer de parcourir l'histoire nationale à travers le filtre magique de la caricature, l'ouvrage d'Annie Duprat, par sa clarté, par la bonne qualité générale des reproductions, par l'ampleur chronologique du domaine couvert, devrait être promis à un succès mérité. Spécialiste des images, Annie Duprat nous convie ici à une visite qui commence en 1589 à l'heure de la véritable campagne orchestrée contre Henri III pour s'achever en 1995 avec les caricatures de « nos » hommes politiques fin de siècle. Chacun pourra, en toute liberté, suivre son chemin dans ce volume organisé de façon strictement chronologique où chaque image est bien remise dans son contexte et analysée avec soin et humour. Les XVIIe et XVIIIe siècles représentent une cinquantaine de pages (une vingtaine pour la Révolution française, une dizaine pour le Consulat et l'Empire), le XIXe siècle environ 70 pages, le 20e siècle obtenant la part du lion avec quelque 120 pages (et l'on peut sans doute regretter cette disproportion dans la mesure où d'aucuns pourront trouver que la verve et le dessin d'un Plantu ou d'un Faizant n'ont qu'un lointain rapport avec l'art de Gillray ou Daumier)." (Michel Biard, Annales historiques de la Révolution française, 2001)

22.              EISENBERG (Josy). Histoire moderne du peuple juif. D'Abraham à Rabin. Stock, 1997, gr. in-8°, 741 pp, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Un ouvrage de référence pour une initiation à l'histoire du judaïsme par le rabbin Josy Eisenberg. — "Une “Histoire moderne du peuple juif” : trente siècles d'une aventure humaine et spirituelle qui se déroule sur les cinq continents, où alternent conquêtes et déportations, osmoses et rejets, destructions et renaissances d'une communauté humaine que ni la nation, la race ou la religion ne suffisent à définir et dont la survie constitue un des grands mystères – pour d'aucuns, un miracle – de l'Histoire. Depuis 1945, le peuple juif ne cesse d'être au cœur de la plus brûlante actualité. La nouvelle édition de ce livre, qui commence avec la naissance du peuple juif et s'achève avec les espoirs nés des accords d'Oslo, fait une large place à l'époque contemporaine et au nouveau visage d'une histoire devenue bi-polaire : il y a désormais un peuple juif en Israël et un autre en diaspora. Est-ce – sera-ce – toujours le même peuple ?"

23.              ENCKELL (Pierre). Matériaux pour l'histoire du vocabulaire français. Français familier, populaire et argotique, début XVIe siècle-vers 1870. Klincksieck, 1991, gr. in-8°, 387 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Datations et documents lexicographiques, 38)

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A la différence des dictionnaires de termes et d'expressions populaires qui s'inspirent trop souvent les uns des autres, ce recueil ne contient que des données originales. P. Enckell, qui explore depuis des années les ouvrages les plus divers, a trouvé des repères historiques inédits pour plus d'un millier de mots et de façons de parler : ce volume apporte du nouveau sur les aztèques des foires, les sauteuses des bals publics, les pipelets du rez-de-chaussée, les foutriquets, les gobe-choux et les deux vaches (l'espagnole et l'enragée), sur Jean-fesse et sur le diable Vauvert, le tout dans des contextes savoureux, et accompagnés de mille images, métaphores, injures et exclamations, jusques et y compris le mystérieux parapharagamus lui-même...

24.              GARRIER (Gilbert). L'étonnante histoire du Beaujolais nouveau. Larousse, 2002, in-4°, 168 pp, préface de Bernard Pivot, très nombreuses illustrations en couleurs, biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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C'est une étonnante histoire contemporaine, celle des 50 années d'existence d'un vin nouveau-né. C'est aussi un beau voyage dans les vignes beaujolaises au fil des saisons, jusqu'aux cuvages où renaît chaque année, le troisième jeudi de novembre, le « petit jésus en culotte de velours », attendu avec impatience dans le monde entier, des comptoirs lyonnais ou parisiens aux grandes capitales qui ont accueilli l'événement, Moscou, Séoul et Bangkok pour ne citer que les trois dernières en date. Mais c'est aussi une étonnante et longue histoire, ouverte par les « boissons de vendanges » de nos ancêtres gallo-romains, celle de l'impatiente attente du « vin novel » crié dans les rues au Moyen Age, ou du « vin bourru » de nos grands-parents. Ce livre, dédié aux vignerons du Beaujolais, peut aussi apaiser la soif de connaissance de tous les amateurs de bon vin et de belle histoire : puisqu'il est tiré, il faut le lire ! — Né en 1935, petit-fils d'un vigneron du Lyonnais, Gilbert Garrier a, toute sa vie, côtoyé la vigne et le vin. Sa thèse de doctorat d'histoire, soutenue en 1971, était consacrée au vignoble du beaujolais. Sa carrière de professeur d'histoire contemporaine s'est déroulée tout entière, de 1965 à 1995, à la Faculté de Lettres puis à l'université Lumière de Lyon II. Spécialiste des sociétés rurales, il y a initié ses étudiants à l'histoire économique, sociale et culturelle de la vigne et du vin en France et en Europe. Il a écrit de nombreux ouvrages sur ce sujet. Depuis sa retraite, Gilbert Garrier assure toujours des enseignements à l'école d'agriculture de Montpellier et à l'université du Vin de Suze-la-Rousse. Il déploie aussi une grande activité de conférencier, de chroniqueur et de dégustateur.

25.              GARRISSON (Francis). Histoire du droit et des institutions. 1. Le Pouvoir, des temps féodaux à la Révolution. Editions Montchrestien, 1977, pt in-8°, 391 pp, 7 cartes et 6 tableaux généalogiques, biblio, index, broché, bon état

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26.              GORNY (Philippe). Histoire illustrée de la cardiologie de la Préhistoire à nos jours. P., Roger Dacosta, 1985, in-4°, 460 pp, préface du Pr. Alain Carpentier, 128 gravures et figures, dans le texte et à pleine page, 17 planches en couleurs, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale (et hors commerce) sur papier mat luxe

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Le coeur organe mythique ? ; La cardiologie dans l'Antiquité ; Les dépositaires ; Les précurseurs ; La découverte de la vraie circulation du sang ; La fin du siècle de Harvey ; Le XVIIIe siècle ; La cardiologie au XIXe siècle ; Histoire de la chirurgie cardiaque ; La transplantation cardiaque et le coeur artificiel ; La cardiologie moderne.

27.              HANNE (Georges). Le travail dans la ville. Toulouse et Saragosse des Lumières à l'industrialisation. Etude comparée. (Thèse). CNRS, Université de Toulouse-Le Mirail, 2006, fort gr. in-8°, 750 pp, préface de Jean-Pierre Amalric, 4 cartes et 4 plans, 45 tableaux et 18 graphiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Méridiennes)

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Alors que l'histoire du travail a été depuis une quinzaine d'années revisitée par des sociologues comme Robert Castel ou des philosophes comme Dominique Méda, la question du passage entre l'univers corporatif, dominé par la figure du maître artisan, et le monde industriel, où l'ouvrier d'usine occupe une position centrale, constitue encore une sorte de hiatus. Le découpage chronologique traditionnel des champs historiographiques, la force du paradigme révolutionnaire dans l'approche du phénomène industriel et de la naissance de la société libérale empêchent d'apprécier l'impact de la disparition des anciennes communautés de métier sur les économies urbaines et d'appréhender le changement social entre l'époque des Lumières et les débuts de l'industrialisation. Le choix d'une perspective transversale dans le temps s'accompagne ici d'une démarche comparative qui permet de mettre en relation l'expérience abolitionniste française avec celle de la progressive extinction observée en Espagne. Les cas comparés de Toulouse et de Saragosse donnent l'occasion de mesurer les changements intervenus entre 1760 et 1830 dans les villes encore peu touchées par le développement de nouvelles techniques productives que l'histoire des débuts de l'industrialisation a longtemps négligé en dépit de leur nombre, de leur rang et de leur obéissance. L'étude comparée débouche sur la mise en évidence d'une sorte de modèle d'évolution du monde du travail dans des économies urbaines qui, tout en participant à l'industrialisation, se caractérisent toujours par une intensification des modes déjà existants de production. La mort des corporations, brutale ou lente, n'a pas été le prélude à une progressive extinction de l'artisanat urbain. C'est bien plutôt une multiplication des agents économiques de faible envergure en situation d'indépendance formelle qui s'observe en milieu urbain dans les premières décennies du XIXe siècle et qui, dans le cas français, paraît avoir été défavorisée par la fameuse loi d'Allarde.

28.              IANCU (Carol). Les Mythes fondateurs de l'antisémitisme. De l'Antiquité à nos jours. Toulouse, Privat, 2003, gr. in-8°, 190 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            18

« Le Juif est perfide, le Juif est démoniaque, le Juif est un usurier. » De l'Antiquité à nos jours se sont perpétués nombre de mythes, de calomnies monstrueuses qui ont donné naissance à un racisme antijuif virulent : l'antisémitisme. Déjà, dans le monde égyptien, mais aussi au Moyen Age, des ignominies sont proférées à l'encontre du peuple juif. Bien plus tard, le régime nazi en donnera une dimension apocalyptique avec la Shoah ("cataclysme" en hébreu) ; des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont exterminés uniquement parce qu'ils sont d'origine juive. Cette haine, loin de s'être éteinte avec la disparition du IIIe Reich, est aujourd'hui plus que jamais d'actualité. Dans cet ouvrage, l'auteur retrace l'histoire de "la plus longue haine" de tous les temps. Il met en évidence l'évolution des mythes et calomnies, depuis les premiers chrétiens : déicide, meurtre rituel, profanation d'hosties, complot judéo-maçonnique ou, plus près de nous, les Protocoles des Sages de Sion et le "mensonge d'Auschwitz". Toute la terminologie, utilisée à travers les siècles pour exprimer la haine à l'égard des Juifs, est disséquée : antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme, négationnisme... Cette somme de connaissances, illustrée par de nombreux exemples, nous livre un travail d'analyse riche et rigoureux dont l'objectif est aussi d'alerter et d'appeler à la prudence. Cependant, les relations entre les Juifs et les chrétiens, entre les Juifs et les musulmans n'ont pas été marquées uniquement par la haine et l'aversion. Et comme le précise Carol Iancu : "Il ne faut en aucun cas faire silence sur les temps fastes de cette histoire commune, à laquelle nous continuons d'être attachés."

29.              LACHAPELLE (Georges). Les Régimes électoraux. Armand Colin, 1934, in-12, 223 pp, biblio, reliure bradel papier de l'éditeur, bon état

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"M. Lachapelle, l'un des spécialistes les plus qualifiés dans l'étude des questions électorales, s'est proposé, d'une façon générale, de servir la cause de la représentation proportionnelle par un examen comparé des régimes électoraux sous lesquels vivent à l'heure actuelle les principales puissances européennes ainsi que les Etats-Unis. Mais c'est la transformation du régime français qui reste au premier plan de ses préoccupations. (...) Nous ne pouvons que féliciter M. Lachapelle de la clarté et, en même temps, de la concision de son travail." (Revue des questions historiques, 1935)

30.              LANGLOIS (Ch.-V.) et Ch. SEIGNOBOS. Introduction aux études historiques. Hachette, 1899, in-12, xviii-308 pp, 2e édition (la première est de 1898), reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            40

L' “Introduction aux études historiques” constitue le texte de référence de ce qu'on a appelé « l'école méthodique historique » française. Cet ouvrage cherche à définir les règles de la méthode historique afin de contribuer à asseoir la scientificité d'une discipline, l'histoire, dans le contexte de sa professionnalisation universitaire. Le texte affirme le primat des archives comme preuves et sources du récit historique, et revient sur les différentes étapes du travail sur archives, de la localisation à l'interprétation des documents. Tout à la fois loué et critiqué, ce texte reste d'une indéniable modernité et mérite de figurer sur les tables de chevet de tous les apprentis chercheurs en sciences sociales.

31.              LEFEBVRE (Caroline). Le Vinaigre dévoilé. Aubanel, 2000, gr. in-8°, 159 pp, 88 illustrations en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

Elixir qualifié de « douceur » par les Grecs amateurs de saveurs raffinées, le vinaigre tient aujourd'hui encore une place toute particulière dans notre vie quotidienne. Les arômes subtils de ses différentes variétés et ses bienfaits en matière de santé en font un ingrédient très apprécié. Condiment savoureux au secret de fabrication jalousement gardé par des générations de maîtres vinaigriers, le vinaigre c'est aussi un métier, avec ses lieux, ses hommes et ses méthodes. A travers son histoire et un carnet de recettes gourmandes imaginées par un jeune chef de talent, le vinaigre se dévoile ici sans réserve.

32.              MONOD (Odette). Le Musée Guimet, I. Inde, Khmer, Tchampa, Thaïlande, Java, Népal, Tibet, Afghanistan, Pakistan, Asie centrale. P., Editions des Musées nationaux, 1966, fort in-12 carré, xi-433 pp, 215 photos dans le texte et à pleine page, 4 pl. de figures et 3 cartes hors texte, biblio sommaire, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. des Guides du visiteur)

            20

Ce guide-catalogue des collections indiennes du Musée Guimet s'adresse aux visiteurs non informés des arts de l'Orient. Il concerne l'art de l'Inde et l'art des pays influencés par la culture ancienne de l'Inde.

33.              OURSEL (Hervé). Le Musée des Beaux-Arts de Lille. P., Dessain et Tolra, 1984, in-4°, 231 pp, 295 reproductions en noir et en couleurs, index des artistes, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            25

Successeur d'Albert Châtelet au musée des Beaux-Arts de Lille, Hervé Oursel a dirigé le musée à partir de 1969 ; il était précédemment en charge du musée des Beaux-Arts d'Arras. Disposant d'une équipe et de moyens financiers plus conséquents, il put présenter sous sa direction nombre d'expositions importantes, telle que “Au temps de Watteau, Fragonard et Chardin”, en 1985. Richement illustré, ce vaste ouvrage succède également au catalogue plus partiel édité par son prédécesseur en 1970. Il comporte comme ce dernier une précieuse histoire du musée depuis la Révolution.

34.              PÉROUSE de MONTCLOS (Jean-Marie). Vocabulaire de l'Architecture. Méthode et vocabulaire. P., Imprimerie Nationale, 1972, in-4°, (16)-234 pp, biblio, reliure simili-cuir bordeaux orné à froid de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. des Principes d'analyse scientifique. Ministère des Affaires culturelles. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France) – Sans le volume de figures en noir de 24 pp

            30

Ouvrage unique au monde, le “Vocabulaire de l'Architecture, méthode et vocabulaire” de Jean-Marie Pérouse de Montclos fait autorité en la matière, depuis sa première édition en 1972. Quelques 1200 termes d’architecture sont définis dans les trois grandes parties de l’ouvrage : la première étant dédiée au vocabulaire général (de la représentation à la construction), la suivante décomposant les différentes parties d’un édifice (de ses fondations au décor en passant par les baies, les couvertures, les escaliers, etc.) et la dernière s’attachant aux spécificités des édifices suivant leur typologie (religieux, public, militaire, etc.).

35.              PESKÉ (Antoinette) et Pierre MARTY. Les Terribles. P., Frédéric Chambriand, 1951, gr. in-8°, 193 pp, 20 planches d'illustrations et photos hors texte, broché, rousseurs, état correct (Coll. Visages). Edition originale, un des 75 ex. numérotés sur Alfa mousse

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Essai sur des auteurs de littérature populaire et leurs héros : Maurice Leblanc (Arsène Lupin), Gaston Leroux (Rouletabille et Chéri-Bibi ), Marcel Allain et Pierre Souvestre (Fantômas).

36.              PIROU (Gaëtan). Les Doctrines économiques en France depuis 1870. Armand Colin, 1930, in-12, 211-8 pp, 2e édition, biblio, reliure bradel papier de l'éditeur, bon état

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"La deuxième édition de ce petit ouvrage est, à elle seule, une indication de son mérite. Il tient plus qu'il ne promet : maintes fois l'auteur étudie des doctrines de caractère plus social encore qu'économique. C'est un résumé clair, d'une exposition alerte, des doctrines socialistes (de la Commune à 1914 – la guerre et l'après-guerre), des doctrines individualistes (individualisme extrême, modéré, l'individualisme et l'après-guerre), des doctrines intermédiaires (radicalisme social, catholicisme social, nationalisme économique). L'ouvrage a été mis à jour dans toutes les parties susceptibles de l'être, spécialement celles qui concernent le néo-socialisme, le radicalisme social, le nationalisme économique. L'ensemble des bibliographies données pour chaque chapitre forme un répertoire précieux." (Emile Coornaert, Revue d'histoire moderne, 1933)

37.              RUSCIO (Alain)(dir.). Encyclopédie de la Colonisation française (A-B). Les Indes savantes, 2017, in-4°, 511 pp, texte sur 3 colonnes, broché, bon état

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L'Encyclopédie est prévue en 4 volumes. Elle couvre dans le temps une large période allant des Croisades à la décolonisation de la deuxième moitié du XXe siècle. Pays et régions, institutions, explorations, esclavage, post-colonialisme, religions, etc. sont traités dans des notices allant de 2 à 10 pages. Le premier volume comprend plus de 600 notices, rédigées par une soixantaine d'auteurs, tous spécialistes reconnus dans leur domaine. — "L’école historique française étudiant la période esclavagiste, puis l’ère coloniale, est riche de nombreux travaux, en particulier depuis les tout premiers temps des indépendances. Un demi-siècle plus tard, il n’est pas de territoire naguère dominé par la France qui n’ait été couvert par une – ou, la plupart du temps, plusieurs – étude(s) de haute qualité. Il existe par ailleurs bien des ouvrages de synthèse couvrant tout l’ancien Empire. Mais il était temps de, regrouper dans une synthèse unique ces travaux. Le projet « Encyclopédie de la Colonisation française » est vaste, avec plus de 2.000 entrées à ce jour, de Abandon à Zouave(s). Il n’a – évidemment et heureusement – pas la prétention de se substituer à cette riche bibliographie qui existe, mais plutôt de mettre en perspective cette immense somme. Il s’agit de la rédaction, par une équipe de chercheurs, d’un ouvrage de très grandes dimensions, par entrées thématiques : – Lieux (Algérie, Maroc, Indochine, Haute-Volta, Tchad...) ; – Peuples (Arabes, Berbères, Sénégalais, Khmers, Annamites, Somalis...) ; – Événements (Bataille de Sidi-Brahim, Affaire Voulet-Chanoine, Révolte kanak de 1878, Décret Crémieux, Bataille d’Alger...) ; – Grandes périodes (Croisades, Esclavage, Colonisation...) ou sous-périodes (Révolution, Premier Empire, Second Empire, Front populaire...) ; – Grands groupes humains (Soldats français aux colonies, Soldats colonisés, Intellectuels français...) ; – Familles politiques (Libéraux, Communistes, Radicaux, Socialistes...) ; – Mots ou expressions-concepts (Barbares & barbarie, Sauvages et sauvagerie, Nostalgérie...) ; – Quelques titres d’ouvrages majeurs (De la colonisation chez les peuples modernes, Voyage au Congo, Discours sur le colonialisme, Damnés de la terre, Barrage contre le Pacifique, Batouala...) ; – Mots des dominés passés dans la langue des dominants (Salamalec, Cagnat, Gourbi, Congaye...) ; – Mots nouveaux directement issus de l’histoire coloniale (Pieds Noirs, Caldoches, Békés...) ; – Mots dévalorisants et/ou racistes (bicots, bougnoules, nhaqués...) ; – Formules (Périssent les colonies plutôt qu’un principe, C’est vous le nègre ?, Plus un homme, plus un sou... L’entrée par noms propres d’individus n’a pas été retenue car cela aurait pris des proportions plus gigantesques encore. Dans certains cas, cependant, lorsqu’un acteur historique a donné naissance à un nom commun, il a été retenu. On pense par exemple à Gaullisme & Gaullistes. Il y a également des entrées Mendésisme, Schœlchérisme... Le principe est de faire suivre chaque entrée d’une courte définition, puis de textes l’illustrant (le plus souvent possible, contemporains des événements), le tout évidemment accompagné d’un appareil scientifique (commentaires, paragraphes explicatifs de transition, références des documents cités, bibliographie...) À ce jour, plus d’une centaine d’auteurs ont rédigé des notices."

38.              SEYMOUR (John). Métiers oubliés, métiers d'autrefois. Editions du Chêne, 1985, in-4°, 192 pp, très nombreux dessins, illustrations et photographies anciennes en noir et en couleurs, de nombreux outils, instruments et objets anciens, index, cartonnage éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Chapitres : Introduction ; 1. Métiers de la forêt : Traitement en taillis - Les claires-voies - Les râteaux - Les fourches - Les balais de bouleau - Les manches d'outils - Les cercles - Les échelles - Les mangeoires - Broches et piquets - Le découpage des semelles de bois - Le bâclage - Le charbon de bois - Les paniers en chêne ; 2. Métiers du bâtiment : Construction en bois - La maçonnerie - La chaux - Les toits de chaume - La taille des ardoises ; 3. Métiers des champs : Le recépage des haies - Les murs en pierres sèches - La fabrication d'échaliers - Le forage des puits - L'extraction de la tourbe ; 4. Métiers en atelier : Fabrication des chaises - La fonderie - La forge - La tonnelerie - Le tournage - Chariots et autres voitures - Fabrication des traineaux - Construction des bateaux - Confection des voiles - Corderie - Confection des filets - Tannage et corroyage - Confection des harnais - La sellerie - Les colliers de cheval - Bottiers et cordonniers - Sabots et galloches - La coutellerie - Rhabillage des meules - Cannes et houlettes - Barrière des champs - La poterie - Fabrication des briques - Fabrication des tuiles - Papeterie - Vannerie - Paille et jonc tressés ; 5. Artisanat domestique : Filage et tissage - Laine - Coton - Lin - Soie - Teinture - Chandelles - Savon - Index. — Cette étude présente de façon très claire et abondamment illustrée les techniques artisanales anciennes, de nombreux outils anciens sont reproduits, ce qui en fait une très intéressante documentation.

39.              SOGYAL RINPOCHÉ. Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort. La Table Ronde, 1995, in-8°, 574 pp, avant-propos du Dalaï-Lama, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Chemins de la sagesse), envoi a.s. et dessin original en couleurs signé en écriture tibétaine de l'auteur (?)

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Dans cet ouvrage, Sogyal Rinpoché concilie l’ancienne sagesse du Tibet et la recherche contemporaine sur la mort et les mourants, sur la nature de l’esprit et de l’univers. Il présente de façon claire la vision de la vie et de la mort telle que nous la propose la tradition tibétaine. Il explique notamment ce que sont les « bardos », ces états de conscience après la mort qui ont tant fasciné les artistes, médecins et philosophes occidentaux, depuis la publication, en 1927, du Bardo Thödol (le Livre des morts tibétain). Sogyal Rinpoché montre que dans la mort, comme dans la vie, l’espoir existe et qu’il est possible à chacun de transcender sa peur pour découvrir ce qui, en nous, survit et ne change pas. Il propose des « pratiques » simples mais puissantes que chacun, quelle que soit sa religion ou sa culture, peut accomplir afin de transformer sa vie, de se préparer à la mort et d’aider les mourants. Ce livre est aussi une introduction à la pratique de la méditation, ainsi qu’aux notions de renaissance et de karma. Le Livre tibétain de la vie et de la mort n’est pas seulement un chef-d’œuvre spirituel, c’est un manuel, un guide, un ouvrage de référence et une source d’inspiration sacrée.

40.              STAFFE (Baronne). Plaisirs de châteaux et de grandes maisons. Embellissement du logis. P., Flammarion, s.d. (1920), in-12, 330 pp, broché, bon état. Rare

            80

Ce manuel sur les bonnes manières à respecter dans le logis montre la vie quotidienne de la société bourgeoise de la fin du XIXe siècle. — Les jeux de salon, les danses, les sports, la chasse, le dehors de la maison, logis de hasard, ameublement et disposition des meubles, les coloris, les bois, les tableaux, les petits embellissements, les fleurs dans la maison, le confort, l'entretien du logis. — « Baronne Staffe » est le pseudonyme de Blanche Soyer, née en 1843 dans les Ardennes. Si le titre nobiliaire était nécessaire pour crédibiliser ses préceptes et son propos, représentant le signe le plus manifeste d’appartenance à un milieu social considéré comme une référence en matière de savoir-vivre et de bienséance, "Staffe" est le nom de jeune fille de sa grand-mère, originaire des Ardennes Belges. Une des rares nécrologies publiées en août 1911, nous révèle qu'elle appartient à une famille de militaires : son deuil est en effet conduit par des membres de sa famille, dont les généraux Albert (son frère) et Auguste Soyer.

41.              TOURAINE (Alain). Un désir d'Histoire. Stock, 1977, in-8°, 275 pp, broché, une photo de l'auteur au 2e plat, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier), envoi a.s.

            40

Livre de souvenirs et autobiographie intellectuelle. — "Cette autobiographie répond à un souci constant de l'auteur : accepter de se situer et d'être situé en fonction de sa propre histoire, de ses expériences personnelles et professionnelles ; permettre aux autres d'apprécier la réflexion du chercheur sur le présent et l'avenir en fonction de ce « qu'ont été jusqu'ici sa vie et son travail » (p. 10). A l'origine de l'itinéraire et de la pensée d'Alain Touraine, nous trouvons la distance prise, dès sa jeunesse, vis-à-vis du milieu familial et, plus généralement, d'un modèle éducatif et culturel profondément coupé de la réalité. Son insatisfaction le conduisit, après un passage par la mine, à s'orienter dans des études de sociologie industrielle, centrées sur les problèmes du travail, de l'évolution professionnelle et de la conscience ouvrière. Choix singulier, à l'époque, par rapport au déroulement d'une carrière universitaire classique. Mais écart décisif grâce auquel A. Touraine commence de percevoir la distorsion entre les transformations radicales d'une société en pleine mutation et le peu de conscience qu'elle prend de ses propres changements. Pareil aveuglement s'explique par les retombées politiques des conflits coloniaux et de la guerre froide, qui détournent le regard des Français des novations de leur communauté nationale, et accentuent encore l'incapacité des discours traditionnels – fonctionnalistes ou communistes – à ressaisir l'évolution d'un corps social. Dans l'isolement et un certain silence, A. Touraine poursuivit ses investigations en les élargissant au domaine des mouvements sociaux et de la sociologie politique, avant de passer à une phase de réflexion théorique dont l'aspect essentiel vise à élaborer « des instruments de connaissance » permettant à notre société de ne plus concevoir son historicité en faisant appel à des principes extrinsèques, mais au contraire de se comprendre pour ce qu'elle est à savoir, « l'agent de production de ses propres orientations, donc de ses pratiques et de leurs transformations » (p. 91) au travers de « la multiplicité des rapports et des conflits sociaux » (p. 110)..." (Louis de Vaucelles, Etudes, 1978)

42.              VILAR (Pierre). Une histoire en construction. Approche marxiste et problématiques conjoncturelles. Gallimard/Le Seuil, 1982, gr. in-8°, 428 pp, broché, bon état (Coll. Hautes Etudes)

            50

L’œuvre de Pierre Vilar s’enracine d’abord dans une très longue réflexion sur l’histoire de l’Espagne et, plus particulièrement, sur le phénomène catalan. Mais qu’il s’agisse du fait national, des réalités économiques, sa recherche se caractérise d’abord par la volonté d’une saisie globale des réalités historiques à partir des questions du présent. Liée en ce sens à tout le mouvement des Annales, elle se combine aussi, de façon plus théorique, avec la volonté de « construire » rigoureusement l’objet historique dans une perspective marxiste. D’où le titre de ce recueil qui restitue sur quarante ans le parcours intellectuel d’un historien et un voyage à l’intérieur d’une science en voie de constitution, mais dont l’unité ne cesse d’être proclamée au moment même où elle paraît menacée d’éclatement.

43.              VOISIN (Jean-Louis)(dir.), Philippe Boutry, Olivier Guyotjeannin, Marie-Louise Pelus-Kaplan. Dictionnaire des personnages historiques. LGF/Le Livre de Poche, 1995, fort pt in-8°, 1166 pp, texte sur 2 colonnes, très nombreux portraits en noir et en couleurs, index des familles et dynasties, index général, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Pochothèque/Encyclopédies d'aujourd'hui)

            25

Le présent ouvrage est un usuel d'histoire universelle qui s'efforce de présenter les grands moments de l'aventure humaine à travers ses témoins privilégiés : hommes d'État et chefs de guerre, législateurs et hommes de foi, théoriciens de la vie sociale ou religieuse dont l'action ou la réflexion ont modelé de nouvelles représentations collectives. Ces grandes figures de proue renvoient donc à l'arrière-plan historique dont elles se détachent. Ainsi le roi Porsenna nous révèle un aspect du monde étrusque, Charles le Chauve évoque l'empire carolingien tandis que la vie de Pie V éclaire la réforme catholique. Mais ce dictionnaire n'est pas simplement le Who's who du passé. Il fait une large place au monde contemporain. Plus de 5.000 personnages de l'Antiquité à nos jours y sont présentés à travers près de 1.800 notices. Le simple lecteur curieux d'histoire, l'homme politique attentif aux exempla du passé, l'étudiant ou le journaliste en quête d'une référence y trouveront leur provende tout comme le spécialiste désireux d'arpenter des champs qui ne sont pas les siens.

44.              ZELDIN (Theodore). Les Françaises et l'histoire intime de l'humanité. Fayard, 1994, gr. in-8°, traduit de l'anglais (“An Intimate History of Humanity”), index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures stylo sur une page, bon état

            20

Un livre où Theodore Zeldin, né en 1933, professeur à Oxford, sonde les préoccupations personnelles dans diverses civilisations, passées et présentes. Il y éclaire la façon dont les émotions, la curiosité, les attitudes relationnelles, les peurs etc. ont évolué à travers les siècles. – Comment les hommes et les femmes ont appris à avoir des conversations intéressantes ; comment certains se sont immunisés contre la solitude ; pourquoi l'on a fait davantage de progrès en matière de cuisine que de sexe ; comment le désir des hommes pour les femmes, et pour d'autres hommes, s'est modifié ; comment il est devenu toujours plus difficile de détruire ses ennemis ; comment s'est développé l'art de fuir ses ennuis ; pourquoi les pères et leurs enfants ont changé d'idée sur ce qu'ils attendent les uns des autres ; etc. — Zeldin est l'auteur de l'Histoire des passions françaises ("L'un des livres les plus important... jamais écrits sur la civilisation française... rappelant seulement par son ampleur et sa densité les grandes synthèses de Fernand Braudel." – Le Monde).

45.              [Zodiaque] – CHAMPEAUX (Gérard de) et Sébastien STERCKX. Le Monde des symboles. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1966, gr. in-8°, 460 pp, 172 héliogravures et 6 pl. en couleurs hors texte, 209 figures dans le texte, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Introductions à la nuit des temps 3)

            40

Le monde des symboles est cohérent, il relève d'une façon de voir et de sentir les choses, d'un esprit. Le témoignage qu'apporte ici l'art roman ne peut manquer de frapper. Touriste ou pèlerin, intellectuel ou manuel, inquiet ou heureux, l'homme contemporain qui pénètre dans une église romane s'y sent immédiatement accordé.

ANTIQUITÉ

 

46.              BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Alexandre le Grand, ou le rêve dépassé. Lausanne, Clairefontaine, 1964, in-8°, 261 pp, 15 pl. de photos en héliogravure (dont une dépliante) et une carte dépliante hors texte, tableau chronologique, notes et commentaires, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Rêve le plus long de l'Histoire). Edition originale sur papier courant

            25

Fasciné par l'Orient et par les conquérants, Jacques Benoist-Méchin a consacré son talent d'historien et d'écrivain à la fulgurante existence (356-323) et au génie militaire, politique et organisateur du fils de Philippe de Macédoine. En franchissant l'Hellespont en 334 avec 30.000 fantassins et 5.000 cavaliers, Alexandre se lançait dans une épopée qui, en dix ans, le vit conquérir et pacifier l'Asie centrale, puis poursuivre jusqu'à l'Indus son rêve de fusion des peuples de la Grèce et de l'Orient. A moins de trente-trois ans, il mourut à Babylone, dont il avait voulu faire sa capitale. Il avait révolutionné le monde antique, car ses conquêtes firent naître et se développer cette civilisation "hellénistique" dont l'influence persista bien au-delà de la domination romaine.

47.              BÉRARD (Victor). Calypso et la Mer de l'Atlantide. Les Navigations d'Ulysse, tome III. Armand Colin, 1929, in-8°, 449 pp, 9 cartes hors texte, reliure demi-percaline bronze, dos lisse, pièce de titre basane fauve, fleuron, double filet et date dorés en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état, envoi a.s. à Raymond Poincaré

            60

Essai de reconstitution d'après l'Odyssée des explorations et des voyages maritimes des Grecs à l'époque archaïque, entre 1300 et 800 avant J.-C.

48.              BOULARÈS (Habib). Hannibal. Cérès Editions/Perrin, 2000, gr. in-8°, 299 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, chronologie, reliure de l'éditeur, 1er plat illustré, bon état

            20

Hannibal incarne, dans un imaginaire occidental, le chef de guerre et le barbare, le héros conquérant et l'envahisseur venu de l'autre rive de la Méditerranée. Des Romains aux Européens d'aujourd'hui, cette présentation est trop caricaturale pour rendre justice à la figure d'Hannibal. Habib Boularès raconte, lui, l'histoire d'Hannibal l'Africain, diplomate et négociateur de talent, stratège hors pair qui, entre 219 et 202 avant Jésus-Christ, va se mettre en guerre contre la suprématie mondiale recherchée par Rome. Grâce à une documentation très sûre, Habib Boularès décrit l'épopée des 50 000 Carthaginois partis d'Espagne et franchissant les Alpes – avec trente-sept éléphants – avant d'infliger trois défaites notoires à l'armée romaine et de coloniser pour quinze ans le sud de l'Italie. Car l'histoire d'Hannibal et des guerres carthaginoises, c'est aussi celle des échanges culturels, des influences religieuses et artistiques, bref, une étape décisive dans la constitution d'une civilisation méditerranéenne.

49.              CANFORA (Luciano). La véritable histoire de la bibliothèque d'Alexandrie. Desjonquères, 1988, in-8°, 212 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Auréolée de légende, la bibliothèque d'Alexandrie a réussi à incarner le mythe surréel qui voulait rassembler en un lieu clos les livres du monde entier. Ce fragile monument de la pensée humaine prétendait en symboliser l'immortalité, pourtant ses livres furent consumés par les flammes. Avec brio, Luciano Canfora retrace l'histoire de cette célèbre bibliothèque : l'incroyable cachette des textes d'Aristote, la traduction en grec des textes hébreux, la rivalité avec la bibliothèque de Pergame, le papyrus et le parchemin, Cléopâtre, qui pourrait bien être à l'origine du premier incendie... jusqu'au moment où nous finissons par découvrir qui l'a vraiment brûlée et pourquoi. Une lumière inattendue émane de ce passé lointain : Il était une fois à Alexandrie une bibliothèque pharaonienne célèbre dans le monde entier...

50.              CARCOPINO (Jérôme). Promenades historiques aux pays de la Dame de Vix. P., L'Artisan du Livre, 1957, pt in-8°, 114 pp, 4 cartes et 4 planches hors texte, broché, bon état

            20

"... Après une étude minutieuse des itinéraires commerciaux et en particulier de la route de l'étain, M. Carcopino démontre avec la plus grande vraisemblance que la défunte de Vix appartenait « à la tribu celtique du seuil de Bourgogne qui, maîtresse des routes fréquentées par les marchands de Marseille, recevait des Massaliotes, en contre partie de l'étain dont elle les aidait à s'approvisionner – et qui arrivait de Cornouailles – les bijoux, les céramiques, les bronzes du monde hellénique ou hellénisé » (p. 68). Si vraiment cet immense cratère fut installé là « pour étancher la soif de la morte pour l'éternité », il demeure un des plus étonnants documents à invoquer pour illustrer la croyance à la nécessité d'un « refrigerium » dans l'au-delà. Ainsi la trouvaille de Vix intéresse non seulement le domaine de l'art, mais aussi celui de l'histoire des religions..." (André Parrot, Syria, 1958)

51.              CHAMPOLLION-FIGEAC (Jacques-Joseph Champollion, dit). Égypte ancienne. Les mystères de l'Égypte. Tiquetonne Editions, 1989, in-4°, 602 pp, texte sur 2 colonnes, une carte et 92 gravures dans le texte, index, reliure simili-cuir de l'éditeur, dos lisse, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état

            60

Champollion : un nom emblématique pour tous les amateurs de l'ancienne Egypte. Jacques-Joseph Champollion, dit "Champollion-Figeac", pour le différencier de son frère cadet Jean-François (le découvreur du déchiffrement des hiéroglyphes), eut constamment à coeur de prolonger et de diffuser l'oeuvre de son frère. Publié en 1863, cet ouvrage recense toutes les connaissances de l'époque sur la civilisation pharaonique. Composé de vingt chapitres de longueurs très variables, il aborde tous les aspects de l'Egypte ancienne, de sa géographie à son histoire, en passant par les structures de sa société, sa langue et sa religion. Illustrée de près d'une centaine de planches pleine page, cette somme sur le pays des Pharaons traduit l'immense travail de cet érudit, travail qui aujourd'hui encore, malgré l'accumulation des découvertes archéologiques, reste d'un grand intérêt, tant pour l'amateur que pour le chercheur. Immergé dans un environnement stimulant et porté par l'enthousiasme né des découvertes majeures de son jeune frère, Champollion-Figeac nous a laissé avec son Egypte ancienne un magnifique témoignage de ce qui fut la passion d'une vie.

52.              CLUZAN (Sophie). De Sumer à Canaan. L'Orient ancien et la Bible. Seuil, Musée du Louvre, 2005, in-4°, 312 pp, préface de Henri Loyrette, richement illustré par 93 illustrations photographiques en couleurs, la plupart à pleine page, une carte, chronologie, biblio, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale

            40

"A mi-chemin entre l’ouvrage de spécialiste et l’ouvrage de vulgarisation, se tient en excellent équilibre celui de Sophie Cluzan, conservateur du Patrimoine au département des Antiquités orientales du musée du Louvre. C’est dire qu’un tel ouvrage, magnifiquement imprimé et illustré, satisfera, d’une part ceux qui veulent avoir une documentation suffisante pour mémoire, enseignement et conseil aux étudiants, d’autre part ceux qui désirent découvrir de façon rigoureuse un univers riche et complexe, notamment dans ses relations à la Bible. L’archéologie est reine dans ce beau travail, parfois au détriment des données traditionnelles véhiculées par la « littérature » biblique. On sait depuis plus d’un siècle combien il est difficile de relier résultats de l’archéologie et données du texte biblique... Ce livre n’est pas seulement magnifique, il est utile, nécessaire." (Pierre Gibert, Etudes, 2006) — Pourquoi chercher à expliquer le monde, les hommes et leur histoire en tissant un lien inaltérable avec le divin ? Depuis combien de millénaires s'interroge-t-on pour tenter de comprendre qui nous sommes, d'où nous venons et ce qui nous attend ? Et depuis quand entreprend-on d'écrire ces réflexions pour leur donner une vie et un avenir dans une perspective historique et théologique ? En prenant la suite des Sumériens et des Babyloniens, les auteurs des textes de l'Ancien Testament se sont inscrits dans ce mouvement très ancien où l'histoire et la religion servent de remparts face aux questions sans réponses. Mais quelles sont ces traditions millénaires à partir desquelles ils ont fondé leurs réflexions et, par retour, quelle est leur originalité propre ? En découvrant ce que Sumer, la Babylonie, la terre de Canaan, l'Assyrie ou les Hébreux ont construit autour de ces questions, on évalue les liens qui unissent l'ensemble de ces témoins de la pensée historique et religieuse. En proposant une fresque centrée sur les principaux épisodes de l'Ancien Testament, la démarche historique et non partisane de l'ouvrage invite ainsi à découvrir ce qui nous a été transmis de ce fonds culturel oriental. (L'éditeur)

53.              COCHE DE LA FERTÉ (E.). L'Antiquité chrétienne au Musée du Louvre. Editions de l'Oeil, 1958, in-4°, 128 pp, préface de Georges Salles, 81 reproductions avec notices descriptives, biblio, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée (pt manque au 2e plat), bon état

            25

"La création de la section des Antiquités chrétiennes par M. Georges Salles, alors directeur des Musées de France, est toute récente. Elle est confiée à M. Coche de la Ferté. Cette nouvelle section, enrichie d'apports des départements antiques et du moyen âge, sculptures, ivoires, œuvres d'art, se propose de regrouper les éléments de toute provenance où se rencontre la pensée chrétienne, marquant des œuvres romaines, byzantines, hellénistiques, orientales. C'est le premier âge chrétien, dont on peut suivre le développement du IIIe au Ve siècle ; il présente une certaine unité que rompront les coups des barbares, et ce seront alors, à l'est, l'art byzantin, à l'ouest, les arts wisigothique, irlandais, lombard, saxon, mozarabe, mérovingien, carolingien, ottonien qui se fonderont en un seul grand style, le roman. C'est cet art chrétien primitif qu'expose au Musée du Louvre, dans la grande salle des sept cheminées, M. Coche de la Ferté, et il en donne un luxueux catalogue où chaque objet est analysé jusque dans ses moindres détails en une notice pleine de renseignements techniques et archéologiques, accompagnée d'une bibliographie très détaillée. M. Coche de la Ferté a écrit en tête du catalogue une introduction générale à l'art paléochrétien et à l'art byzantin, celui-ci plus traditionnaliste et plus près des sources antiques, et qui continuait encore une vie magnifique aux Xe et XIe siècles ; celui-là, plus vivant et capable d'engendrer, au contact des barbares et sous l'influence du Proche-Orient, des formes et un art nouveaux. Il montre l'apparition de la marque chrétienne dans l'art païen de l'Antiquité finissante, en Orient comme eu Occident, et la place de ce premier art chrétien dans la formation de l'art et de l'iconographie du moyen âge." (Marcel Aubert, Bulletin Monumental, 1958)

54.              DELAPORTE (Louis), André Piganiol, Etienne Drioton et Robert Cohen. Atlas historique. I. L'Antiquité. PUF, 1948, gr. in-8° carré (17 x 22), 22 pp, 30 cartes sur dépliants hors texte, biblio, broché, bon état

            25

"Nous trouvons ici, dans un format maniable, l'ensemble des cartes nécessaires à la lecture des livres concernant l'Orient, la Grèce et la Rome classique. La tâche a été exécutée de façon louable et originale. Une introduction bibliographique renvoie aux ouvrages essentiels ; viennent ensuite trente cartes ou plans, comportant parfois deux ou trois figures différentes, en général d'une grande netteté, pour l'établissement desquels il a été tenu compte des travaux les plus récents et les plus sûrs..." (Alfred Merlin, Journal des savants, 1938)

55.              DELCOURT (Marie). Hermaphrodite. Mythes et rites de la bisexualité dans l'Antiquité classique. PUF, 1958, in-12, (4)-137 pp, 9 dessins in fine, biblio, broché, bon état (Coll. Mythes et religions)

            30

"... Le culte d'Hermaphrodite semble dater du IVe siècle ; le peu qu'on en sait montre qu'il était protecteur de l'union sexuelle, comme Hermès et Aphrodite, parfois associés dans le culte avec cette fonction. Cet attachant ouvrage s'achève par l'étude du symbole androgyne dans les mythes philosophiques : l'Orphisme, le Banquet de Platon, la Gnose et l'Hermétisme. (...) Un petit livre au très haut intérêt. On saura gré à Mme Delcourt d'avoir enrichi, une fois de plus, par sa science de la psychanalyse et sa pénétration, notre connaissance de la religion grecque." (Philippe Bruneau, Revue des études grecques)

56.              DESROCHES NOBLECOURT (Christiane). La Grande Nubiade ou le parcours d'une égyptologue. Stock/Pernoud, 1992, gr. in-8°, 539 pp, très nombreuses photos, 2 cartes, 4 index, broché, couv. illustrée, bon état

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Depuis 1938, Christiane Desroches Noblecourt passe plusieurs mois par an en Egypte sur les chantiers de fouilles. Dans ce livre, elle raconte son parcours, son métier, ses passions. La vie d'une jeune égyptologue avant-guerre, c'est la traversée de la Méditerranée sur le Champollion, les archéologues en jodhpurs et en casque colonial, qui vivent sous la tente, des histoires de cobras et de brigands, l'ivresse des premières découvertes. Puis la guerre arrive, et l'auteur entre, dès 1940, dans le fameux réseau « Résistance ». Après-guerre, l'inlassable travail d'analyse et de déchiffrage continue au Louvre, et Christiane Desroches Noblecourt s'affirme bientôt comme l'une des meilleures égyptologues au monde. 1954 est le tournant de sa vie. Nasser a décidé la construction du barrage d'Assouan, qui va engloutir à jamais les grands temples de Nubie. L'auteur, seule pendant plusieurs années, prêche l'impossible : le déplacement des temples hors de portée des eaux. Grâce à René Maheu, directeur général de l'Unesco, grâce à l'extraordinaire coopération du ministre égyptien de la Culture, Saroïte Okacha, grâce aussi à l'appui en France du général de Gaulle et d'André Malraux, l'entreprise va enfin réussir. Pour la première fois, Christiane Desroches Noblecourt raconte ici dans le détail ces travaux titanesques, qui se sont déroulés sur plus de vingt ans, sur fond d'intrigues et de complots à la suite de l'affaire de Suez. Troisième volet de ce livre si riche, Christiane Desroches Noblecourt parle de son expérience au Louvre : la vie d'un grand musée, les acquisitions, les expositions qu'elle a organisées, dont celles fameuses de Toutankhamon, en 1967, et de Ramsès II, en 1976.

57.              DESROCHES NOBLECOURT (Christiane). Le fabuleux héritage de l'Egypte. Editions SW-Télémaque, 2004, gr. in-8°, 319 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Quel est le point commun entre la brique, le jeu de l'oie, l'alphabet, le calendrier, les animaux des fables d'Esope et de La Fontaine, le test de grossesse, les traitements de la cataracte ou de la migraine, les châteaux forts ? Leur origine prend sa source au coeur de l'Egypte ancienne. Philosophie, médecine, techniques et sciences, théologie... ces disciplines fondatrices nous viennent toutes, en droite ligne, des 4000 ans d'histoire de la civilisation égyptienne. Pour la première fois, Christiane Desroches Noblecourt, la plus respectée et la plus audacieuse des égyptologues contemporaines, dresse un panorama étourdissant du legs insoupçonné de l'Egypte ancienne à l'Occident, dans sa vie quotidienne comme dans ses fondements religieux et philosophiques les plus essentiels. Une démonstration aussi limpide que passionnante qui nous incite à tourner plus que jamais nos regards vers une civilisation incroyablement féconde, indéniablement liée à la naissance de la nôtre. "Ce livre est une source de grande connaissance, mais également une palette d’impressions toutes plus agréables et poétiques les unes que les autres." (Femme Actuelle) – "Un beau livre dans tous les sens du terme. Les Egyptiens n’ont pas fini de nous surprendre !" (Paris Normandie)

58.              DIODORE de SICILE. Naissance des Dieux et des hommes. Bibliothèque historique, Livres I et II. Introduction, traduction et notes de M. Casevitz. Préface de Pierre Vidal-Naquet. Les Belles Lettres, 2000, in-8°, 239 pp, 2e édition revue et corrigée, notes, index, broché, couv. à rabats, bon état

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Dans l'ouverture de son Histoire universelle, qui fut la première du genre, le Sicilien Diodore emmène le lecteur dans un voyage merveilleux vers les terres des origines, l'Égypte, matrice de toute vie, l’Assyrie, l’Inde. Sur cette toile de fond prodigieuse, l’historien mythologue évoque la création du monde, la naissance des dieux et des hommes, les premiers conflits entre immortels et mortels, qui fournissent la matière d’une mythologie dont le monde entier, les Grecs en tête, se nourrira pendant deux millénaires. Contemporain de César, Diodore (Ier siècle avant J.-C.) est l'une des principales sources pour l'histoire et l'ethnographie du monde ancien.

59.              DURUY (Victor). Histoire ancienne des peuples de l'Orient. Géographie ancienne. Nouvelle édition entièrement refondue contenant des gravures d'après les monuments et des cartes. P., Librairie Hachette et Cie, 1888, in-12, (10)-412 pp, 61 gravures et 2 plans dans le texte et à pleine page, 7 cartes gravées sur acier en couleurs dépliantes hors texte, cart. éditeur, dos toilé rouge avec titres dorés, cartonnage lég. sali, coupes frottées, état correct (Cours complet d'histoire à l'usage des lycées et des collèges)

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Contenant les matières indiquées par les programmes officiels du 22 janvier 1885 pour la classe de sixième.

60.              ETIENNE (Robert). Le Quartier Nord-Est de Volubilis. Texte. De Boccard, 1960, in-4°, 190 pp, biblio, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état. Sans le portefeuille de planches

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"La grande publication de M. R. Etienne sur le quartier nord-est de Volubilis marquera une date importante des études d'archéologie romaine dans le domaine de l'urbanisme et de l'architecture privée. Bien peu de sites en effet ont suscité jusqu'ici des recherches quelque peu approfondies sous cet aspect et seule l'architecture hellénique ou hellénistique peut opposer encore d'excellentes éditions de fouilles, tels les travaux d'Olynthe et de Délos, au néant à peu près absolu de toute, investigation de ce genre dans le monde romain malgré les découvertes de Pompéi, d'Herculanum et de certaines cités d'Afrique du Nord..." (Jean Ch. Balty, L'antiquité classique, 1961) — "L'auteur utilise sa connaissance précise et directe de la fouille de Volubilis pour présenter du quartier résidentiel du nord-est, organisé autour du Palais du Gouverneur, une étude d'ensemble d'où se dégagent des conclusions historiques sur l'évolution de l'habitat et l'évolution de l'économie, dans les limites d'une chronologie précisée..." (Jean Marcadé, Revue des Études Anciennes, 1961)

61.              FLORUS (Lucius Annaeus). Histoire romaine. Traduction nouvelle, accompagnée d'un commentaire et de notes historiques et critiques par M. Ch. du Rozoir. P., Belin, 1829, in-8°, viii-612 pp, texte latin avec la traduction française en regard, notes, reliure demi-chagrin havane à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid et entourés de filets dorés, titre et palette dorée en queue, filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            60

On ne sait pas grand chose de la vie de Florus (Lucius Annaeus Florus) qui vécut sans doute au 2e siècle de notre ère. Il est surtout connu pour son Epitome de Tito Livio, un texte relatant l'histoire du peuple romain de Romulus à César Auguste. L'ouvrage se termine avec le récit du désastre de Varus en 9 de notre ère. L’ouvrage historique de Florus est si riche en récits militaires que, selon le titre transmis par le codex Bambergensis, le plus ancien des manuscrits que nous ayons conservés, les “bella” en sont l’objet principal : l’œuvre y est en effet intitulée “Epitomae de Tito Livio bellorum omnium annorum DCC libri duo”. Bien que cette appellation ne remonte certainement pas à Florus, un tel fait est symptomatique : l'Épitomé, qui aborde successivement les différents conflits que mena Rome, cette “urbs bellatrix”, regorge de relations d’affrontements armés.

62.              FRÉDÉRIC (Louis). Manuel pratique d'archéologie. Laffont, 1967, in-8°, 430 pp, préface de Paul Lévy, 8 pl. de photos hors texte, 113 figures, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, état correct

            25

"L'Auteur, se défendant modestement d'être un spécialiste en fait d'archéologie, se déclare plutôt un « voyageur », un « historien de l'art épris de synthèse », il se veut plus spécialement un « archéographe », c'est-à-dire un écrivain qui se consacre à composer des livres sur l'archéologie et l'histoire culturelle. En fait il fut d'abord un archéologue pratiquant, formé par ses études et sa participation aux chantiers de fouilles en Grèce et au Moyen-Orient, puis il se consacra à l'Orientalisme et étudia l'art et les civilisations de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est. C'est « sur le terrain » qu'il récolta une belle et importante moisson de documents graphiques et littéraires ; mais lorsqu'il s'est agi pour lui d'assimiler les résultats obtenus par les archéologues et les historiens de l'art, – quand il dut, lui-même, élaborer les documents recueillis et les présenter à ses lecteurs, amateurs éclairés et cultivés, Louis Frédéric s'aperçut de l'insuffisance de la documentation élémentaire de base et il s'astreignit à étudier de plus près la matière archéologique, rassemblant dans nombre d'articles et de publications tous les éléments d'un « Manuel », qui est finalement l'ouvrage préfacé de M. Paul Lévy, directeur d'Etudes à l'Ecole Pratique des Hautes-Etudes, ancien directeur de l'Ecole Française d'Extrême-Orient. (...) En l'état actuel des connaissances, cet ouvrage est une « somme » et le lecteur appréciera chez l'Auteur ses qualités d'exposition, son esprit de synthèse, sa méthode rigoureuse, son style simple et clair, sans sécheresse." (M. Vauthey, Revue archéologique du Centre, 1968)

63.              GIBBON (Edward). Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain. I. Rome de 96 à 582. – II. Byzance de 455 à 1500. Laffont, 1983, 2 vol. in-8°, xliv-1187 et 1273 pp, traduit de l'anglais, une carte, chronologie et bibliographie établies par Michel Baridon, index, brochés, couv. illustrées, tranches lég. salies, bon état (Coll. Bouquins)

            40

Une fois terminée son histoire de l'empire d'Occident, Gibbon a hésité avant de se lancer dans celle de l'empire d'Orient. Il s'y est décidé pour unir dans un commun hommage à l'idée d'empire "Rome et Constantinople, la mère et la fille". Sachant qu'il aurait plus de siècles à couvrir dans ce nouveau parcours, il en a rapproché les étapes afin de conserver à l'ensemble une symétrie parfaite et d'illustrer, par la forme même de l'œuvre, le palladianisme littéraire des Lumières. Ce second volume souffre-t-il d'être comparé au premier ? Oui, si l'on considère que Gibbon, désormais au coeur d'une civilisation d'esprit théocratique et d'expression grecque, se sent moins à l'aise que dans sa chère Rome. Non, si l'on pense que la longue histoire de Constantinople lui a ouvert une superbe carrière. Qui, en effet, n'est venu s'attaquer à cette ville où s'éternise le crépuscule d'un empire finissant ? Les croisés, les Turcs, Pise, Venise, Gênes, les Slaves descendus par le Dniepr et la mer Noire – tous viennent battre ses murs. Mais ce sont surtout les Byzantins et les Arabes qui colorent et animent le récit. Les uns éblouissent par l'or, la pompe hiératique, les ruses de la survie ; les autres par leur irrésistible élan, leur sens du merveilleux, leur cruauté tout à la fois barbare et raffinée. Déferlant comme une vague rutilante, l'Islam aura finalement raison de la Croix et les armées turques, en plantant l'étendard du Prophète sur les remparts de Constantinople, fouleront les débris d'un empire où se sont incarnés quinze siècles de l'histoire des hommes. (Michel Baridon)

64.              GIRARD (Jules). Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à Eschyle, étudié dans son développement moral et dans son caractère dramatique. Hachette, 1879, in-12, 452 pp, 2e édition, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs, titres et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            45

"...Sans être un philologue à proprement parler, [Jules Girard, 1825-1902] savait admirablement le grec, et il avait surtout du génie grec une intuition délicate et juste, qui se trahit dans sa belle étude sur Le sentiment religieux en Grèce, d'Homère à Eschyle (...) Quand ce livre parut, ce fut, dans un cercle nécessairement restreint, un événement littéraire, et de bons juges y discernèrent, en dehors des mérites propres à l'auteur, l'influence du séjour qu'il avait fait en Grèce comme membre de l'École d'Athènes... M. Girard, en effet, appartenait à l'une des premières promotions de notre École française. (...) Plusieurs d'entre vous, Messieurs, l'ont trop connu comme professeur pour que je veuille insister sur ses leçons de l'École normale, ou sur celles qu'il fit plus tard à la Sorbonne, quand il y fut devenu le premier titulaire de la chaire de poésie grecque..." (Paul Girard, Revue des Études Grecques, 1902)

65.              GUILAINE (Jean). Les chemins de la protohistoire. Quand l'Occident s'éveillait (7000-2000 avant notre ère). Odile Jacob, 2017, gr. in-8°, 251 pp, 32 pl. de photos en couleurs hors texte, 29 figures dans le texte, sources, notes, broché, couv. illustrée, bon état, une carte a.s. par l'auteur

            20

Qu'y a-t-il avant l'Histoire ? Une longue période, appelée la Protohistoire, qui débute avec le Néolithique et la naissance de l'agriculture et qui s'achève, en Occident, avec l'expansion romaine. C'est cette étape décisive que nous décrit ici Jean Guilaine, qui en est l'un des plus grands spécialistes. Comment, devenu paysan, l'homme est-il parti à la conquête de notre continent ? Quelle est la signification des mégalithes, dolmens et menhirs qui sont érigés durant cette période ? Comment étaient organisées les premières sociétés ? Comment sont nées les inégalités ? Comment s'est instauré le pouvoir des chefs ? A toutes ces questions, Jean Guilaine répond avec le savoir de l'explorateur et du savant. Il nous guide sur les chemins de cette Histoire d'avant l'Histoire, où se nouèrent les premiers échanges en Méditerranée et où l'homme commença à imposer sa marque sur la planète.

66.              GUIRAUD (Robert). Le peuplement du bassin de l'Orb des origines à l'époque gallo-romaine. (Thèse). Toulouse, Imp. Espic, 1964, gr. in-8°, 254 pp, 84 figures, 41 photos, 14 cartes, biblio, index, broché, bon état. Rare

            60

R. Guiraud nous fait revivre la civilisation néolithique méditerranéenne de Cortaillod, occupant les grottes, la civilisation chalcolithique des pasteurs campigniens, dont les activités quotidiennes se lient aux capitelles et aux dolmens, aux drailles de transhumance dont "nous sommes les derniers qui pouvons encore les suivre...". Il montre enfin l'extension des cultures, à l'âge du Bronze, sous la pression démographique, l'occupation agricole permanente du sol remplaçant désormais l'occupation pastorale temporaire. (L.-R. Nougier, préface).

67.              JUVÉNAL. Satires. Traduites par J. Dusaulx. Deuxième édition augmentée de notes et précédée de notices historiques sur la vie de Juvénal et sur celle de Dusaulx par N. L. Achaintre. P., Dalibon, 1826, 2 vol. in-8°, cc-184 et 486 pp, texte latin avec la traduction française en regard, reliures demi-chagrin havane à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid et entourés de filets dorés, titre et palette dorée en queue, filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), rousseurs éparses, bon état. Excellente édition bilingue (Brunet III, 633-634)

            80

Juvénal (60-140) se plut à opposer la dépravation de son temps aux mœurs plus chastes et droites des Romains de la République. Après s'être voué d'abord à la rhétorique, cet ami de Martial commença en effet à composer des satires vers l’âge de quarante ans, lorsque la chute de Domitien, puis le règne de Trajan et surtout d’Hadrien lui permirent d’exprimer le fond de son cœur en dénonçant surtout les abus dont il était témoin dans un art partagé entre le réalisme et l’outrance, l’emphase déclamatoire et la concision du proverbe. Juvénal fut poète politique, doublé d'un véritable philosophe et d’un moraliste d’inspiration stoïcienne. Son œuvre est un peu plus importante que celle de Perse : seize satires, dont les premières attaquent des travers précis et dont les dernières développent des thèmes moraux plus généraux. Ainsi la troisième satire évoque les embarras de la Ville, la sixième les femmes, la huitième les nobles ou la dixième les vœux... La traduction de Juvénal par Dussaulx parut pour la première fois à Paris en 1770, le traducteur après l'avoir retouché et augmenté de notes en donna une nouvelle édition en 1782. C'est d'après cette seconde édition qu'ont été faites celle de 1796 et les suivantes. Cette édition de 1826 est dite seconde édition par rapport à une autre publiée chez le même libraire en 1821.

68.              LANÇON (Bertrand). La chute de l'Empire romain. Une histoire sans fin. Perrin, 2017, in-8°, 347 pp, préface de Giusto Traina, glossaire des sources, 4 cartes, biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            15

La « chute » de l'Empire romain ne cesse de faire couler beaucoup d'encre. Plus encore, elle a suscité un nombre de publications sans précédent ces dernières années. On la traite à tort comme une énigme historique qu'il s'agirait de résoudre en identifiant les causes, alors que c'est bien la longévité de l'Empire romain qui relève de l'énigmatique. Si elle fascine autant, c'est parce qu'elle agit tel un miroir reflétant les peurs contemporaines du déclin et de l'effondrement, qui connaissent aujourd'hui un nouvel essor au sein de l'« Empire américain » comme de l'Union européenne. Si ce livre raconte et interroge naturellement le dernier siècle de l'empire d'Occident, il entend montrer que sa « chute » est largement un fantasme. Non seulement il est impossible d'en épuiser la réalité, mais encore la culture occidentale semble n'avoir aucun désir d'y renoncer. La raison en est peut-être que cet abandon mettrait en cause le pessimisme foncier qui la sous-tend. Cette « chute » est devenue une histoire sans fin, car on s'efforce en vain d'accumuler les facteurs incertains d'un événement sans contours définissables, tandis qu'elle sert en réalité de miroir et d'exutoire à nos angoisses.

69.              LECLANT (Jean)(dir.). Le Monde égyptien. Les Pharaons. 1. Le temps des Pyramides. De la Préhistoire aux Hyksos (1560 av. J.-C.) – 2. L'Empire des Conquérants. L'Egypte au Nouvel Empire (1560-1070) – 3. L'Egypte du crépuscule. De Tanis à Méroé (1070 av. J.-C. - IVe siècle apr. J.-C.). Gallimard, 1978-1980, 3 vol. in-4°, 355, 345 et 345 pp, 1257 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte (432, 431 et 394), cartes dépliantes in-fine, bibliographies, dictionnaires-index, reliures toile rouge éditeur, signets, jaquettes illustrées, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Premières éditions. Riche iconographie

            180

Complet en trois volumes. – Textes de Cyril Aldred, Jean-Louis de Cenival, Fernand Debono, Christiane Desroches-Noblecourt, Jean-Philippe Lauer, Jean Leclant, Jean Vercoutter, Paul Barguet, Hans Wolfgang Müller et François Daumas. – 1. Premier des trois titres consacrés à l'Egypte, Le Temps des Pyramides couvre la période qui va de la Préhistoire au Moyen Empire et plus particulièrement les dynasties qui, entre 3000 et 1800 avant J.-C., ont à la fois construit les pyramides de Saqqara et de Giza et transféré ensuite à Thèbes le centre du royaume de Pharaon. L'étonnante richesse en vestiges de l'Egypte est le privilège d'un climat d'une sécheresse exemplaire assurant une parfaite conservation : de leur linceul de sable, pyramides, mastabas, temples, bas-reliefs, peintures, statues, mobiliers et bijoux resurgissent, bien souvent intacts, pour les archéologues venus les retrouver. – 2. De la XVIIe à la XXe dynastie, pendant cinq siècles (1560-1070 av. J.-C.), l'Egypte, devenue nationaliste et conquérante, va connaître une période faste où l'afflux des richesses et des butins fera naître, avec un style nouveau, une profusion d'ornements précieux. Cependant, la création artistique restera sous l'emprise des dieux et de l'institution pharaonique. Trois grandes figures dominent ces temps: Aménophis IV (Akhenaton), Toutankhamon et Ramsès II. L'hérésie amarnienne d'Akhenaton et la révolution artistique, brève mais intense, qui l'accompagne sera suivie d'une restauration totale : Toutankhamon rendra aux anciens dieux puissance et biens. Ramsès II, en 66 ans de règne, imposera une hégémonie militaire et un art impérial qui feront de cette époque l'une des plus grandioses de l'Antiquité. – 3. La civilisation pharaonique, après plusieurs millénaires, va achever son long périple et se dissoudre dans l'Empire chrétien d'Orient. Pendant quinze siècles, à travers les invasions venues de tous les horizons, cette Basse Époque fera, malgré tout, preuve d'une influence culturelle considérable. Elle sera marquée par une série d'événements importants, parfois contradictoires et imprévus, le plus souvent méconnus. De la XXIe dynastie "tanite" à la dernière reine d'Égypte, Cléopâtre, de la domination romaine à la destruction de Meroé et au triomphe du christianisme, l'Égypte perdra ses dieux, son écriture et sa civilisation propres ; la grande tradition morte, seul l'art copte assumera, pour un temps encore, la survivance.

70.              LOUIS (René). Recherches archéologiques dans la région de Vézelay (Yonne). PUF, 1944, in-4°, 76 pp, 53 photos et figures, broché, bon état. Peu courant

            40

Le « Champ d'urnes » des Fontaines-Salées (Yonne) et la civilisation des « Champ d'urnes » en Bourgogne. – Les fouilles des Fontaines-Salées en 1942 : les thermes, le « temple de source » et les puits à cuvelage de bois.

71.              MÉNARD (Louis). Histoire des anciens peuples de l'Orient. P., Ch. Delagrave, 1883, in-12, 679 pp, plus de 500 illustrations dans le texte, 8 cartes en couleurs dépliantes hors texte, reliure pleine percaline carmin décorée de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, bon état

            80

Les Egyptiens ; Assyriens et Babyloniens ; Les Israélites ; Les Phéniciens ; Les Indiens ; Les Mèdes et les Perses.

72.              PLATON (Nicolas). La Civilisation égéenne. 1. Du néolithique au bronze récent. 2. Le bronze récent et la civilisation mycénienne. Albin Michel, 1981, 2 vol. in-8°, 425 et 478 pp, 32 pl. de photos hors texte, 20 figures, 5 cartes, biblio, index, brochés, couv. à rabats, qqs marques au crayon en marges, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            50

En mettant à jour, à partir de 1961, le palais minoen de Kato Zakro, Nikolaos Platon a ouvert une ère nouvelle dans l'archéologie crétoise, et son apport est déjà comparable à celui d'Arthur Evans découvrant Cnossos au début de ce siècle.

73.              ROBERT (Jean-Noël). De Rome à la Chine. Sur les routes de la soie au temps des Césars. Les Belles Lettres, 1993, in-8°, 390 pp, 4 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Après un voyage périlleux et exténuant, des citoyens romains arrivèrent en Chine, en l'an 166 de notre ère, et furent reçus par l'empereur des Han dans sa capitale, Tch'ang-an, près de l’actuelle Xian. C’était le terme d’un périple extraordinaire durant lequel, d’Alexandrie en Inde, à travers le golfe du Bengale jusqu’à la péninsule malaise et aux côtes d’Annam, ils durent affronter tous les dangers pour parvenir jusqu’aux fabuleuses richesses de la Chine. Jean-Noël Robert ne nous fait pas seulement partager, avec une exceptionnelle puissance d’évocation, cette aventure hors du commun. Il nous montre aussi quelle était l’image de la Chine dans la Rome impériale, quels furent les points de rencontre des cultures romaines et chinoises, et leurs influences réciproques : c’est une des pages les plus méconnues et les plus étonnantes de l’histoire du monde qui revit ici.

74.              RODIER (Alain). Brutus. La République jusqu'à la mort. Textes réunis et présentés par Alain Rodier. Les Belles Lettres, 2017, pt in-8°, 299 pp, chronologie, biographie des auteurs, biblio, une carte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La véritable histoire)

            12

« Toi aussi, mon fils... » C'est à ce cri de Jules César que Marcus Junius Brutus doit sa célébrité. Né vers 85 av. J.-C., Brutus n'est pas le fils de César, mais celui de sa maîtresse Servilia. C'est un jeune homme brillant que le grand général a pris sous son aile protectrice, le pensant promis à un grand avenir. Pourtant, le 15 mars de l'an 44, Brutus est l'un de ceux qui percent de vingt-trois coups de poignards le corps de César. Les conjurés reprochent à celui qui vient d'être proclamé dictateur à vie d'avoir piétiné une République déjà moribonde au profit de sa toute-puissance. Pire, on le soupçonne de vouloir être fait roi. S'il n'est pas l'instigateur du complot, Brutus en a pris la tête, poussé par les Républicains, en raison de sa réputation d'homme vertueux et de grande rigueur morale. Mais, faute d'un projet élaboré, l'attentat se solde par un fiasco politique. Poursuivi par la haine de Marc Antoine, qui se pose en vengeur de César, Brutus choisit l'exil. Féru de philosophie, ami de Cicéron, Brutus n'aime ni la violence, ni la guerre. S'il fait couler le sang de César, c'est au nom d'un idéal de liberté et de justice. S'il lève des légions avec son complice Cassius, c'est dans l'espoir de rétablir la République d'antan. Mais c'est encore un échec. Brutus meurt en octobre 42 à la bataille de Philippes, défait par Marc Antoine et Octave, le futur empereur Auguste. En tuant César, Brutus a-t-il rendu service à Rome ? Rien n'est moins sûr si l'on en juge par les quinze années de désordre qui ont suivi son geste. Une histoire aux multiples rebondissements entre amitié et trahison, idéalisme et duplicité, que nous racontent Plutarque, Appien, Suétone, Dion Cassius, Nicolas de Damas et Cicéron.

75.              ROUSSEL (Pierre), avec la collaboration de Paul Cloché et René Grousset. La Grèce et l'Orient. Des guerres médiques à la conquête romaine. Félix Alcan, 1938, fort in-8°, 574 pp, deuxième édition, revue et augmentée, 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, reliure percaline sable éditeur, jaquette, bon état (Coll. Peuples et civilisations)

            30

"Il est assez naturel que le brillant helléniste qu'est M. Pierre Roussel, actuellement directeur de l'Ecole française d'Athènes, ait envisagé la période qui recouvre les Ve, IVe et IIIe siècles plus spécialement sous l'angle d'une histoire grecque. Aussi bien, le lecteur trouvera avec lui que « l'intérêt, durant la période qui nous occupe, se porte surtout vers la Grèce, ou plutôt vers l'hellénisme ». Cependant – la collaboration de M. René Grousset suffit à l'attester – M. P. Roussel a conscience que l'existence du grand empire perse « de la Méditerranée à l'Indus détermine essentiellement le point de vue selon lequel doivent s'ordonner ici les faits historiques ». S'il donne à Athènes le pas sur tous les Grecs, c'est précisément parce que la vaillante cité a créé un empire maritime pour tenir le Perse en échec et qu'elle en a mis « à profit les ressources pour développer une admirable civilisation, qui survivra quand sa puissance matérielle sera brisée ». L'auteur ne s'est pas contenté d'exposer les événements et d'en montrer l'enchaînement, il a consacré un chapitre à la religion grecque et il a esquissé le mouvement philosophique, scientifique, littéraire et artistique. Ce volume de "Peuples et Civilisations" ne sera pas le moins apprécié de la collection." (René Dussaud, Syria, 1929)

76.              VAN EFFENTERRE (Henri). La seconde fin du monde. Mycènes et la mort d'une civilisation. Toulouse, Editions des Hespérides, 1978, in-8°, 239 pp, 32 pl. d'illustrations hors texte, 45 figures dans le texte, 8 cartes, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Archéologie, horizons neufs)

            30

"Le choix quelque peu apocalyptique du titre de cet excellent ouvrage fera peut-être sourire les préhistoriens habitués au cycle incessant de la naissance et de la mort des civilisations depuis la première apparition de l'Homme. Mais il faut entrer dans le jeu : le monde mycénien, si proche de nos premières civilisations protohistoriques, si proche de nous-mêmes, par le truchement de la geste homérique, ne peut laisser indifférent et sa fin brutale peut, somme toute, être comparée au mythe cosmogonique du Déluge. L'ouvrage bien illustré, écrit dans une langue attrayante, se lit comme un roman." (T. Briard, Bulletin de la Société préhistorique française, 1975)

77.              VELLEIUS PATERCULUS (Caius). Histoire romaine de Caius Velleius Paterculus adressée à M. Vinicius, Consul, traduite par M. Després. P., Panckoucke, 1825, in-8°, xxii-382 pp, texte latin avec la traduction française en regard, reliure demi-chagrin havane à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid et entourés de filets dorés, titre et palette dorée en queue, filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), qqs rousseurs éparses, bon état (Coll. Bibliothèque latine-française)

            60

Aucun auteur ancien n'a parlé de Velleius Paterculus ; tout ce que nous savons sur sa vie a été rapporté par lui-même. Sa famille était d'origine campanienne et assez fortunée. Il fit ses premières armes comme tribun militaire en Thrace et en Macédoine. Il passa ensuite, toujours comme tribun, dans l'armée de Caïus Cesar (fils d'Agrippa et petit-fils d'Auguste) avec laquelle il fit campagne contre les Parthes en Arménie. Il fut ensuite légat dans l'armée de Tibère et prit part avec lui aux guerres de Pannonie, de Dalmatie et de Germanie. Rentré glorieusement à Rome avec Tibère, il fut nommé préteur à la mort d'Auguste (14 ap. J.-C.). On ne sait ce que devint Velleius Paterculus entre cette date et celle à laquelle il dédia son ouvrage à son ami Marcus Vinicius (30 ap. J.-C.). Il trace un portrait flatteur de Séjan, on suppose donc qu'il était son ami, et comme Tacite affirme que tous les amis de Séjan ont été entraînés dans sa disgrâce, on suppose qu'il serait mort en 31 ap. J.-C.

78.              VERNANT (Jean-Pierre)(dir.). Problèmes de la guerre en Grèce ancienne. P., Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1985, gr. in-8°, 319 pp, broché, soulignures crayon, état correct (Coll. Civilisations et sociétés)

            30

17 études érudites (dont 2 en anglais) — L'enquête dont ce volume donne les résultats a été conduite dans une double perspective, historique et sociologique. Il ne s'agissait pas seulement de brosser le tableau des institutions militaires, de dégager le portrait psychologique du combattant, mais, plus profondément, de définir le rôle, le statut social, la signification même de la guerre dans la civilisation grecque. Le monde mycénien, le système classique, l'époque hellénistique, trois moments essentiels où se dessine un nouveau visage de la guerre. Dans le monde mycénien, la guerre semble bien être une fonction spécialisée. Avec la cité, avec la phalange des hoplites, la guerre devient "politique" : le personnage du guerrier cède la place au citoyen-soldat, l'activité guerrière se confond avec la vie commune du groupe. À l'époque hellénistique, avec les armées de mercenaires, recrutées par les princes pour conquérir des empires, la guerre se sépare de la politique ; elle prend la forme d'une activité de professionnels au service du souverain. — "C'est une joie que d'avoir à rendre compte ici d'un ouvrage aussi foisonnant de qualités que l'est ce volume réalisé sous la direction de J.-P. Vernant. Avant d'examiner plus en détail les nombreuses études qui le constituent (treize études répondant à l'intitulé général du volume, augmentées de quatre notes consacrées aux problèmes du char en Grèce et hors de Grèce), ainsi que la présentation synthétique qui les introduit, je voudrais souligner les mérites de l'ouvrage dans son ensemble. Le plus grand, celui dont tout le reste découle, en revient sans conteste à J.-P. Vernant ; et c'est d'avoir accueilli au Centre de recherches comparées sur les sociétés anciennes qu'il dirige, et d'avoir fait participer à une réflexion commune sur un thème commun un ensemble de spécialistes aussi éminents, de chercheurs aussi originaux ou de jeunes historiens aussi talentueux qu'Elena Cassin, Paul Courbin, Marcel Détienne, Pierre Ducrey, M. I. Finley, Paul Garelli, Yvon Garlan, Jacques Gernet, G.-S. Kirk, Michel Lejeune, Pierre Lévêque, Claude Mossé, Jacqueline de Romilly, J. Taillardat, Francis Vian et Pierre Vidal-Naquet. (...) Le résultat est un ouvrage exemplaire à bien des égards..." (Jean-Pierre Darmon, Annales ESC, 1970)

79.              VERNUS (Pascal). Affaires et scandales sous les Ramsès. La crise des valeurs dans l'Egypte du Nouvel Empire. Pygmalion, 1993, in-8°, 274 pp, nombreuses figures dans le texte, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Dans l'ombre des pyramides se cachent parfois les sentiments les plus vils. Corruption et pillages sont alors fréquents dans une société en pleine mutation. Grâce aux comptes rendus officiels et aux témoignages parfois surprenants des accusés eux-mêmes, Pascal Vernus dévoile l'envers du décor pharaonique. Un quotidien fait de complots, de grèves et d'abus en tout genre qui, au-delà de la justice rendue, sont autant d'indices pour qui veut comprendre l'avènement d'un nouvel ordre social. Car il y a plus de trois mille ans, une grave crise économique et morale allait mettre à mal le Nouvel Empire...

MOYEN AGE

 

80.              ANDERSON (William). Les Châteaux du Moyen Age. Fernand Nathan, 1972, gr. in-4°, 304 pp, photographies de Wim Swaan, traduit de l'anglais, 400 illustrations en noir dans le texte et à pleine page et sur 40 planches en couleurs hors texte, 28 cartes et schémas, glossaire, notes, biblio, index, reliure skivertex noir de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, illustration dorée au 1er plat, jaquette illustrée lég. abîmée, bon état (Coll. Témoins de l'Histoire)

            50

Les châteaux du Moyen Age sont probablement les édifices les plus romantiques du monde. Pour la première fois un médiéviste réputé, William Anderson, apporte sur ces châteaux de l'Europe occidentale, construits en grand nombre depuis Charlemagne jusqu'à la Renaissance, une étude historique d'ensemble où la technologie, la sociologie, la politique et l'art sont étroitement associés. Cette évocation est illustrée par la reproduction en héliogravure d'une étonnante série de photographies dues à la science et au talent de Wim Swaan, architecte, historien d'art et photographe. (L'Editeur)

81.              BADAWI (Abdurrahman). La transmission de la philosophie grecque au monde arabe. P., Vrin, 1968, gr. in-8°, 199 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Etudes de philosophie médiévale). Peu courant

            80

Cet ouvrage retrace l’historique de la transmission des textes grecs dans les pays du monde arabe, de leur traduction et fait une liste de certaines oeuvres perdues en grec et retrouvées en arabe. L’auteur propose ainsi des traductions françaises de Proclus ou encore d’Alexandre d’Aphrodise.

82.              COISSAC (Jean-Baptiste). Jeanne, La bonne Lorraine. Librairie Larousse, 1914, gr. in-8°, 144 pp, 4 planches hors texte en couleurs au pochoir et 12 dessins de Maggie, bandeaux, cartonnage éditeur illustré d'une vignette en couleur au 1er plat, bon état (Coll. Gestes héroïques de douce France)

            25

De Domrémy à Chinon ; la vocation. – De Chinon à Reims ; le triomphe. – De Reims à Compiègne ; les trahisons. – De Compiègne au bûcher ; le martyre.

83.              DEUVE (Jean). L'Epopée des Normands d'Italie. Condé-sur-Noireau, Charles Corlet, 1995, gr. in-8°, 147 pp, 4 pl. de photos en couleurs, 5 illustrations dans le texte, 3 cartes, 2 tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

La prodigieuse épopée d'une poignée de coureurs des mers et de routes normands qui se taillent un royaume en Italie du Sud, s'emparent de la Sicile et de Malte, fondent les principautés d'Antioche et de Galilée, contrôlent la Dalmatie, l'Epire et la Macédoine, établissent un protectorat sur l'Afrique du Nord, dominent la Méditerranée. Plus Byzantins que les Byzantins, plus Musulmans que les Musulmans, ces Normands vont narguer le puissant empereur de Constantinople jusque dans son palais et faire trembler son trône. Ces Normands créent le premier état moderne pluriethnique qui va régner deux cents ans avec un éclat exceptionnel sur le monde de la Méditerranée. Cet ouvrage décrit comment ils s'imposèrent, quelles intrigues secrètes ils déployèrent, quelles opérations clandestines furent nécessaires, quels procédés diaboliques, diront leurs ennemis, ces conquérants durent employer pour résister aux furieux assauts de l'empereur d'Allemagne, du basileus et des émirs arabes ou turcs.

84.              DOLLINGER (Philippe). La Hanse, XIIe-XVIIe siècles. Aubier, 1964, pt in-8°, 559 pp, 8 pl. hors texte, 3 cartes, biblio, chronologie, index, broché, bon état (Collection historique), ex. du SP, ex-libris Pierre Riché

            50

"Ce gros livre rendra grand service aux historiens français, car il n'existait aucun ouvrage en français sur l'histoire de ce groupement de marchands devenu association de deux cents villes allemandes au XIVe siècle. M. Dollinger, Professeur à la Faculté des Lettres de Strasbourg, qui connaît très bien l'histoire urbaine d'Outre-Rhin, nous présente les derniers travaux sur la question et nous donne une synthèse de tout premier ordre. Dans une première partie, intitulée « De la hanse des marchands à la hanse des villes », l'auteur trace un tableau du commerce et de la vie urbaine en Europe du Nord et en Allemagne et montre comment depuis la fondation des villes allemandes de l'Est au XIIe siècle, les courants commerciaux se sont établis en Baltique, vers la Russie et la Scandinavie, puis dans la Mer du Nord, et comment se sont créées les premières ligues urbaines. La deuxième partie est consacrée à la Hanse aux XIVe et XVe siècles, c'est-à-dire à la période d'apogée. L'auteur ne se contente pas d'étudier les techniques commerciales, mais présente les villes et les classes urbaines, la « civilisation hanséatique ». En troisième partie, nous assistons aux crises et au déclin du XVe au XVIIe siècle, occasionnés par les nouvelles conditions politiques et économiques. Ce livre rendra de grands services non seulement par son texte, mais par les 51 documents qui font suite comme le veut la présentation de la « Collection historique » et une bibliographie très riche." (G. Devailly et P. Riché, Annales de Bretagne)

85.              DUPONT-FERRIER (Gustave). La Formation de l'Etat français et l'unité française. (Des origines au milieu du XVIe siècle). Armand Colin, 1934, in-12, 220 pp, 2e édition, biblio, reliure bradel papier de l'éditeur, pièces de titres papier au 1er plat et au dos abîmées, sinon bon état

            20

"L'ouvrage de M. Dupont-Ferrier n'étudie pas seulement la formation territoriale de la France, mais fait une place importante aux institutions monarchiques. Il s'arrête en 1559 à la veille des guerres de religion." (Albert Mathiez, Annales historiques de la Révolution française, 1929)

86.              DURUY (Victor). Histoire de l'Europe et particulièrement de la France de 395 à 1270. Nouvelle édition entièrement refondue contenant des cartes et des gravures d'après les monuments. P., Librairie Hachette et Cie, 1888, in-12, (8)-548 pp, 75 gravures dans le texte et à pleine page, 9 cartes gravées sur acier en couleurs dépliantes hors texte, cart. éditeur, dos toilé rouge avec titres dorés, qqs cahiers déboités, cartonnage lég. sali, coupes frottées, état correct (Cours complet d'histoire à l'usage des lycées et des collèges)

            20

Contenant les matières indiquées par les programmes officiels du 22 janvier 1885 pour la classe de troisième.

87.              FLEURY (Edouard de). Vie de Sainte Radégonde, reine de France au VIe siècle et patronne de Poitiers. Poitiers, Henri Oudin ; P., Th. Le Clerc Jeune, 1843, in-8°, xxiv-432 pp, reliure demi-basane brune, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état. Edition originale

            80

Histoire de Sainte Radégonde (née en Thuringe vers 519), femme de Clotaire. Elle se retira de la Cour et vécut à Saix en Poitou.

88.              FOCILLON (Henri). L'Art des Sculpteurs romans. Recherches sur l'histoire des formes. PUF, 1964, pt in-8°, 282 pp, nouvelle édition, 48 pl. d'illustrations reproduites en héliogravure hors texte, une illustration dans le texte, cart. illustré de l'éditeur, coiffe sup. lég. abîmée, bon état

            25

"Ce lumineux traité, paru en 1931, alors que l'auteur était professeur d'histoire de l'art du Moyen Age à la Sorbonne, a marqué incontestablement une étape dans les recherches sur l'art roman. Mais il faut bien reconnaître que, depuis cette époque, les enquêtes sur ce vaste sujet se sont multipliées, enrichissant considérablement la matière, renouvelant profondément l'interprétation, précisant bien des points, notamment la chronologie des œuvres, ouvrant des perspectives nouvelles. Nul n'ignore aujourd'hui les réserves que beaucoup d'historiens ont été amenés à formuler sur l'« histoire des formes » et sur certaines vues hardies de Focillon, par ailleurs si séduisantes. Il était cependant utile de faire bénéficier les jeunes générations de ce beau livre depuis longtemps épuisé et fort sage de n'y faire, comme s'y est astreint avec tact l'éditeur, aucune adjonction, aucune mise au point fondée sur les travaux récents. Ainsi, le texte de Focillon conserve toute sa magie. Il est servi, cette fois, par de splendides illustrations, dignes de sa plume comme des moyens techniques de notre temps." (Jacques Thirion, Bibliothèque de l'école des chartes, 1967)

89.              GUENÉE (Bernard). Les Carolingiens. Cours de M. Guenée, année 1966-1967. 2e fascicule. S.l. (Paris), s.d. (1967), in-4°, 83 pp, un plan, texte dactylographié, broché, ronéoté, qqs soulignures et annotations, bon état (Coll. UNEF - Groupe des Etudiants d'Histoire - FGEL)

            20

Le règne de Charlemagne (Cohésion de l'Etat ; l'Administration centrale ; L'échec d'un empire ; La renaissance carolingienne sous Charlemagne ; Le couronnement impérial ; Portrait de Charlemagne ; La légende de Charlemagne). – Les destinées de l'empire après 814 (Etude des mentalités et de la civilisation : Moines et monastères ; Evêques et évêchés ; Le milieu juif au IXe s.). – Le fascicule I concerne Les sacres de Pépin.

90.              LACARRIÈRE (Jacques)(prés. par). Les Evangiles des quenouilles. Traduits et présentés par Jacques Lacarrière. Imago, 1987, in-8°, 135 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Ecrits en "françois" mêlé de formes picardes et publiés à Bruges en 1480, Les Evangiles des quenouilles ont acquis très vite une grande popularité. Depuis longtemps, ils servent de référence à tous les spécialistes du folklore et de l'histoire des mentalités et pourtant, ils n'avaient pas été traduits jusqu'à ce jour en français moderne. C'est pourquoi j'en présente ici pour la première fois une traduction accessible au lecteur non spécialisé. Six femmes "sages doctoresses et inventeresses" se réunissent au cours de six veillées pour disserter à tour de rôle sur les maladies, remèdes, recettes, dictons, conseils et interdits de leur vie quotidienne. L'œuvre, d'auteur inconnu, recueille donc un grand nombre de croyances et de superstitions concernant les femmes. Croyances qui ne sont nullement mortes avec le Moyen Âge et dont beaucoup ont survécu dans nos campagnes jusqu'au seuil de notre siècle. Ce texte singulier révèle d'une manière particulièrement vivante et alerte l'univers quotidien des femmes du XVe siècle. C'est un document à caractère incontestablement polémique mais qui demeure unique en son genre par les informations qu'il fournit sur la vision du monde d'une certaine société médiévale." (Jacques Lacarrière)

91.              LORRIS (Guillaume de) et Jean de MEUNG. Le Roman de la Rose. Nouvelle édition revue et corrigée par Francisque-Michel. P., Librairie de Firmin-Didot, 1864, 2 vol. in-12, lxii-363 et 352 pp, reliures pleine toile rose, dos lisses, pièces de titre chagrin noir, couv. papier bleu imprimés conservées (rel. modernes), qqs rares rousseurs, bon état. Texte en ancien français avec de nombreux mots ou phrases traduits en regard et des notes

            60

Le Roman de la Rose est un récit codé de l'initiation amoureuse. A I'âge où "Amour prélève son péage sur les jeunes gens", le poète rêve qu'il entre dans le verger de Plaisir et s'éprend d'un bouton de rose. Malgré tous les obstacles, il parviendra à le cueillir et à le déflorer avant de s'éveiller. Le songe allégorique est ici un moyen d'investigation des mouvements obscurs de l'âme et de l'éveil des sens. Laissé en suspens par Guiflaume de Lorris, le poème est achevé par Jean de Meun vers 1270. Le premier met en récit les motifs du lyrisme courtois. Le second, tout en abordant les grands mes philosophiques, scientifiques, moraux et sociaux temps, élabore une théorie provocante de l'amour et de la sexualité. A eux deux, ils proposent une somme poétique, amoureuse et intellectuelle d'une ampleur et d'une vigueur inégalées.

92.              MIGNET (François-Auguste). Comment l'ancienne Germanie est entrée dans la société civilisée de l'Europe occidentale et lui a servi de barrière contre les invasions du Nord. P., Firmin Didot, 1841, in-4°, 149 pp, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), rousseurs, dos frotté, bon état (Institut royal de France). Rare

            60

Mémoire lu à l’Académie des Sciences morales et politiques. — "... C’est l’Église qui a civilisé l’Allemagne ; ce sont ses missionnaires et ses apôtres qui lui ont apporté les premiers éléments des sciences et des arts, en même temps que les principes de la morale chrétienne. A mesure qu’ils augmentaient le nombre de leurs néophytes, ils bâtissaient des églises autour desquelles la population s’agglomérait, des couvents qui devenaient propriétaires du sol, qui rendaient la justice à leurs tenanciers et levaient des hommes d’armes pour se défendre ; c’est ainsi que s’établit en Germanie le catholicisme féodal, qui fut une force pour l’autorité civile pendant des siècles, et une faiblesse pour l’autorité ecclésiastique au temps de Luther..." (Jules Simon, Eloge de M. Mignet, 1885)

93.              RITTER (Raymond). L'architecture militaire au Moyen Age. Fayard, 1974, in-8° carré, 204 pp, 76 photos dans le texte et à pleine page, aperçu bibliographique, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état (Coll. Résurrection du passé)

            30

L'ouvrage que voici ne se borne pas à compléter par une quantité d'observations inédites les définitions toujours valables du “Dictionnaire de l'architecture” de Viollet-le-Duc ; il multiplie les perspectives nouvelles, dans un secteur de l'archéologie dont la diversité n'est pas le moindre attrait. En outre, Raymond Ritter étend son étude à l'Occident tout entier, ainsi qu'au Moyen-Orient des croisades...

94.              SAMARAN (Charles). La Maison d'Armagnac au XVe siècle et les dernières luttes de la féodalité dans le Midi de la France. Nabu Press, 2011, gr. in-8°, xxi-523 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Reprint de l'édition de Paris, Picard, 1907

            40

"Le sujet traité par M. Samaran dans ce volume offre un intérêt tout particulier. La maison d'Armagnac étendait, en effet, ses possessions depuis les Pyrénées jusqu'aux Cévennes et était en rapports étroits avec les royaumes espagnols et les maisons d'Albret et de Foix. Son histoire est donc celle de tout le Sud-Ouest et constitue un fragment de la lutte que la royauté a contre les traditions féodales et les instincts particularistes des populations méridionales pour aboutir à la formation de l'unité territoriale de la France par la réunion de tout le Sud-Ouest à la couronne. Le principal mérite de M. S. est de n'avoir jamais perdu de vue, dans les innombrables détails où l'ont entraîné les intrigues et les aventures des derniers comtes d'Armagnac, cette connexion qui existe entre une histoire qui pouvait sembler purement locale et l'histoire générale. Cette vue d'ensemble, que M. S. a très nettement dégagée au début et à la fin de son travail, se retrouve à toutes les pages, soit qu'il s'agisse des conséquences du siège de Lectoure sur le siège de Perpignan, du soulèvement de Jean V sur la situation de Louis XI à Paris, soit qu'il s'agisse des rapports des comtes avec l'Angleterre, ou de l'inceste de Jean V comme prétexte fourni au roi pour abattre un vassal ambitieux..." (Firmin Galabert, Annales du Midi, 1909)

95.              TOUATI (François-Olivier)(dir.). Archéologie et architecture hospitalières de l'Antiquité tardive à l'aube des Temps modernes. P., La Boutique de l'Histoire, 2004, gr. in-8°, 437 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Alors que depuis une vingtaine d'années l'histoire de l'assistance, de la médecine et des malades fait l'objet d'approches renouvelées, l'histoire du cadre hospitalier, avant les grandes constructions du XVlle siècle, reste un domaine loin d'avoir été systématiquement parcouru. À côté de l'étude et de la mise en valeur de vestiges prestigieux (Hôtel-Dieu de Tonnerre, Hospices de Beaune, Hospice-Comtesse à Lille, Grand Hôpital de Norwich en Angleterre, ou encore Santa Maria della Scala à Sienne...), les recherches menées de façon isolée appellent aujourd'hui une large confrontation susceptible de conduire à une vision plus nette, à une réévaluation des problématiques, à l'établissement d'enquêtes programmées et à une sensibilisation accrue des historiens, des archéologues comme du plus large public à l'égard d'un patrimoine souvent diffus et méconnu. À quelles réalités matérielles répond la floraison hospitalière médiévale, sous quelles formes et suivant quelles chronologies ? Pour quels hôtes, pèlerins, lépreux, infirmes, enfants ou accouchées, et selon quel niveau de diagnostic ? Du Proche-Orient paléochrétien au Portugal, de Champagne en Flandre ou en Normandie, passant par le Val-de-Loire, le Languedoc ou la Bourgogne, c'est à une appréciation d'ensemble, appuyée sur des exemples variés présentés lors d'une rencontre internationale à l'Université de Paris XII, que cet ouvrage voudrait contribuer, examinant les diverses solutions mises en place durant le long Moyen Age et structurant davantage, au-delà des différentes approches et méthodes requises, le champ d'étude à explorer. L'hôpital : une mesure des civilisations.

96.              [Zodiaque] – FONTAINE (Jacques). L'Art préroman hispanique. II. L'art mozarabe. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1977, gr. in-8°, 427 pp, 140 héliogravures et 6 pl. en couleurs hors texte (photographies inédites de Zodiaque), 110 figures, 5 cartes et un plan dans le texte, biblio, reliure toile éditeur (très lég. salie), jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état (la Nuit des Temps 47)

            50

"Disons tout de suite que ce livre est excellent. On sait que sous le nom de mozarabes on désigne les chrétiens d'Espagne vivant sous la domination musulmane, qui ont conservé leurs églises, leur clergé, leur liturgie. Trop longtemps les créations artistiques de l'islam andalou ont caché la réalité d'un art chrétien qui s'est exprimé non seulement dans les pays soumis aux Arabes, mais dans les régions au nord du Tage et du Duero, dans des régions frontières ou reconquises par les rois chrétiens, régions de refuges pour des communautés monastiques venues du sud. En fait, c'est surtout là que nous trouvons des édifices encore debout. J. Fontaine a défini heureusement cet art composite qui s'exprime différemment selon les régions. Il n'a pas seulement étudié les grands monuments tels San Miguel de Escalada, San Millan de la Cogolla, etc., mais il recherché la moindre église perdue dans la montagne et les églises rurales qui ont été fondées dans les Pyrénées aragonaises et dans la Catalogne..." (Pierre Riché, Annales ESC, 1980)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

97.              ADHÉMAR (Jean). La Gravure originale au XVIIIe siècle. P., Aimery Somogy, 1963, in-8°, 255 pp, 167 reproductions dans le texte et à pleine page, biblio, index, imprimé sur papier vergé Saint-Alban des papeteries de Savoie, broché, couv. illustrée, bon état

            25

98.              AUGERON (Mickaël) et Olivier CAUDRON (dir.). La Rochelle, l'Aunis et la Saintonge face à l'esclavage. Rivages des Xantons, 2012, pt in-4° carré, 341 pp, 180 illustrations, portraits, cartes et documents en noir et en couleurs, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            30

La Rochelle est au XVIIIe siècle le second port négrier de France. Les armateurs de la cité aunisienne ont transporté, depuis les rivages africains vers les plantations des Amériques, 160.000 Africains depuis les années 1640 jusqu'au début du XIXe siècle, dont 130.000 pour le seul XVIIIe siècle. Derrière le grand port, toute une région vit également de la Traite des Noirs, de Rochefort aux rives de la Seudre. Derrière les armateurs, toute une population participe de fait au trafic négrier, de manière directe ou indirecte, à travers l'armement de ces navires, et leurs équipages. Ce trafic conduit Aunisiens et Saintongeais vers des destinations africaines qui deviennent alors bien connues dans la région. De l'autre côté de l'Atlantique, les mêmes ont largement participé, depuis le XVIIe siècle, au développement des îles, bientôt devenues des éléments essentiels d'une économie coloniale qui enrichira considérablement le royaume au XVIIIe siècle. Traite et plantation constituent ce "commerce triangulaire" auquel La Rochelle participe largement, pour son plus grand profit financier. C'est autour de cette histoire, longtemps difficile à évoquer et à explorer, que chercheurs et historiens, mais aussi acteurs de la mémoire de cette histoire négrière, se sont unis pour travailler sur le passé, et sur le présent mémoriel, ce dernier étant aujourd'hui mis au premier plan, dans les anciens ports négriers français. La variété et l'ampleur des sources présentées, la richesse des sujets étudiés, à propos et autour de la Traite, font de cet ouvrage un document incontournable pour la connaissance, à La Rochelle et en France, de ce que Voltaire appelait "l'infâme trafic".

99.              BERINDEI (Mihnea) et Gilles VEINSTEIN. L'Empire ottoman et les pays roumains, 1544-1545. Etudes et documents. Editions de l'EHESS, 1987, gr. in-8°, 366 pp, index des documents, glossaire, biblio, broché, bon état (Coll. Documents et recherches sur le monde byzantin, néohellénique et balkanique)

            25

83 ordres du divan, ou conseil impérial, presque tous inédits, ont été extraits du manuscrit E. 12321 des archives du palais Topkapi à Istanbul. Sur une période de quatre mois (de fin décembre 1544 à début avril 1545), ils présentent au jour le jour l’ensemble de l’activité de l’impressionnante machine politico-administrative de Süleyman Ier (Soliman le Magnifique) dans l’un de ses secteurs d’intérêts privilégiés : les pays roumains. Ces quatre mois si remplis deviennent ainsi l’une des périodes les mieux documentées de l’histoire des pays roumains au XVIe siècle, et l’une de celles où la véritable nature de leurs rapports complexes et pragmatiques avec le sultan se dégage le plus clairement.

100.          BRAUDEL (Fernand). La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II. (Thèse). Armand Colin, 1976, 2 vol. gr. in-8°, 589 et 629 pp, troisième édition, 68 cartes et tableaux, 40 pl. hors texte, biblio, index, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état

            60

Le chef d'oeuvre de Fernand Braudel. — "J'ai passionnément aimé la Méditerranée" : c'est par ces mots que F. Braudel ouvre son premier ouvrage sur le monde méditerranéen qui, traduit dans le monde entier, y a été salué comme "la plus grande œuvre historique de notre temps". Selon la conception originale de l'auteur, il se déroule sur des rythmes temporels différents. De volume en volume, il passe de la "longue durée", du temps presque immobile de la géographie et des civilisations, au temps lent des grands cycles économiques et sociaux, et enfin au temps très vif et bref des événements au quotidien...

101.          CABANTOUS (Alain). Entre fêtes et clochers. Profane et sacré dans l'Europe moderne, XVIIe-XVIIIe siècle. Fayard, 2002, gr. in-8°, 348 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Ce livre s'attache à cerner, sur deux siècles, à partir de quelles démarches les pouvoirs, les autorités, les sujets, les fidèles construisirent ou remodelèrent leur approche du profane et du sacré, ce qu'ils entendaient à travers ces appellations et quels types d'objets elles pouvaient désigner pour chacune de ces instances. Il tente aussi de saisir les rapports qui se jouaient entre l'un et l'autre terme et de mesurer les changements intervenus dans des relations que l'on pensait être bien définies et encadrées. C'est donc moins une histoire des manifestations du sacré qu'une histoire sociale et culturelle de son organisation avec le profane. On peut dès lors interroger l'aptitude de ces deux notions à révéler le fonctionnement social des cultures d'Ancien Régime, leur capacité à traduire leurs complémentarités, leur capillarité, leurs affrontements plus subtils que cette confrontation manichéenne et sans merci entre deux fractions du monde ; l'une, dominante et savante, imposerait son outillage mental à une majorité populaire définitivement dépossédée de son identité. L'image d'une conception univoque de ces notions, renforcée par les signes communs de la révélation chrétienne, est tout aussi exagérée. Car elle n'effaçait pas ce que chacun pouvait éprouver du sacré comme expérience subjective d'un autre ordre que l'ordre naturel où se cantonnait le profane.

102.          Collectif – Le Jury Renaudot. La Vie de Théophraste Renaudot. Gallimard, 1929, in-12, 221 pp, un portrait en frontispice, bibliographie des oeuvres de Renaudot et des oeuvres concernant Renaudot et son temps (par René Dalsème), broché, bon état (Coll. Vies des hommes illustres). Edition originale, un des 350 ex. numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre

            35

En 1929, les journalistes membres du jury Renaudot se résolurent à publier une biographie bien documentée du grand homme. La Vie de Théophraste Renaudot fut ainsi composée par un collectif de dix rédacteurs – chacun s'attelant apparemment à la rédaction d'un chapitre. Les dix journalistes en question sont : Odette Pannetier, Georges Charensol, Pierre Demartres, Marcel Espiau, Georges Le Fèvre, Georges Martin, Raymond de Nys, Gaston Picard, Noël Sabord et Marcel Sauvage. — "Il y a cinquante ans Théophraste Renaudot était presque inconnu alors que Gilles de la Tourette et Eugène Hatin se disputèrent l'honneur d'être le premier à le tirer de l'oubli. La vie de Renaudot (1586-1653), qui relève à la fois du journalisme et des institutions sociales, a des liens étroits avec la littérature et la politique française. En un mot, Théophraste Renaudot introduisit en France le journal, l'office de renseignements et de publicité, le bureau de placement, l'hôtel des ventes à réméré, le mont-de-piété, le dispensaire et la première académie des sciences ; il reçut les titres de conseiller et médecin ordinaire du roi, de commissaire général des pauvres du royaume, de maître et intendant général des bureaux d'adresse et d'historiographe du roi. Voilà l'enviable bilan d'une activité infatigable ! Beaucoup de personnes ne connaissent Renaudot que grâce au rôle qu'il joue dans le chef-d'oeuvre d'Edmond Rostand. Parmi ceux qui ont parodié ou contrefait “la Gazette” se trouvent Cyrano de Bergerac lui-même, le Cardinal de Retz, Guez de Balzac, Scarron et surtout Guy Patin. On ignore si Molière connut Renaudot, mais celui-ci, ancien élève de la Faculté de Médecine à Montpellier, essaya pendant un quart de siècle de battre en brèche la pseudo-science médicale pratiquée à Paris. Par un arrêt du Parlement en 1644, il perdit la campagne contre la citadelle des trois S : le séné, la saignée et la seringue. En politique Renaudot fut en rapport avec les plus grands chefs. Louis XIII et Richelieu furent des collaborateurs assidus de son journal. Après leur mort, il se mit sous l'égide de Mazarin. “La Gazette” ne contenait guère que des faits-divers, mais ses annexes appelées "Extraordinaires" sont de véritables pages historiques qui étaient consacrées à la publication des documents officiels et au récit des événements importants. Dans ce livre, les dix journalistes qui composent le Jury Renaudot ont collaboré à raconter la vie de leur patron, chacun d'eux ayant écrit un des dix chapitres. La lecture en est très agréable et instructive..." (Raphael Lévy, The French Review, 1931)

103.          DANIEL-ROPS. L'Église des temps classiques. 2. L'Ère des grands craquements. Fayard, 1958, fort in-12, 538 pp, 4 cartes, biblio, tableaux chronologiques, index, broché, non coupé, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale sur papier Alfa des Papeteries Navarre

            25

"Avec les mille pages, d'une réelle densité de matière et de vie, qu'il consacre à l'Église des temps classiques (Le grand siècle des âmes et L'Ère des grands craquements), Daniel-Rops nous paraît marquer définitivement sa place parmi les quelques historiens ou groupes d'historiens qui ont, ces dernières années, présenté en France une vue générale et détaillée de l'histoire de l'Église. Il convient d'ailleurs de noter qu'en se rapprochant de nous, son récit prend de plus en plus d'ampleur. (...) Serait-il rigoureusement exact de parler ici, même avec une épithète ennoblissante, de « vulgarisation » ? Certes une synthèse de cette taille ne saurait s'appuyer sur des recherches personnelles d'archives. Mais si ces livres sont riches de détails suggestifs et même de bien des précisions peu courantes, c'est que l'auteur a complété la lecture des ouvrages généraux – qui faussent parfois un peu l'histoire vraie – par le dépouillement de nombreuses monographies, régionales ou locales, récentes et bien étudiées – ces monographies par lesquelles l'histoire se précise et se refait. La bibliographie qui termine chaque volume accorde également une grande place aux articles des revues spécialisées, si précieux à tant d'égards. Mais ce qui frappe plus encore, c'est que ces volumes, destinés pourtant à une clientèle très nombreuse, ne cherchent pas à la séduire par la facilité, la compromission. Assurément l'art de l'écrivain allège singulièrement la lecture. Mais aucun problème – même ardu – aucun aspect des questions les plus graves n'est négligé ou même adapté à l'attention fugitive d'un lecteur d'appétit médiocre. Et Dieu sait si l'époque étudiée ici est riche en de tels problèmes et de telles controverses ! ..." (Charles Ledré, Revue d'histoire de l'Église de France, 1959)

104.          DELSALLE (Paul). La France industrielle aux XVIe-XVIIe-XVIIIe siècles. P., Ophrys, 1993, in-8°, 280 pp, 23 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Tous les éléments que nous croyons typiques de la « révolution industrielle » sont en place sous l’Ancien Régime : populations ouvrières, villes industrielles, division du travail, concentration de la main-d’oeuvre et des ateliers, vastes usines, maladies professionnelles, ouvriers spécialisés, grèves, machines, logement ouvrier, travail des enfants, misère ouvrière, pollution... La France paysanne de 1789 serait-elle un mythe ?

105.          DEMOUSTIER (C.-A.). Lettres à Emilie sur la mythologie. P., Garnery, 1819, 2 vol. in-8°, 288 et 288 pp, 2 frontispices et 2 gravures hors texte, index, reliures demi-veau glacé vert bouteille, dos lisses avec titres et décor doré en long (rel. romantiques de l'époque), bon état

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Cet ouvrage, qui connut un immense succès à la fin du XVIIIe siècle et une grande partie du XIXe, a été écrit « pour mettre la science et la fable à la portée des femmes ». L'auteur, nous dit Larousse, descendait de Racine par son père et de La Fontaine par sa mère. Il fit pour la mythologie à peu près ce que Fontenelle avait fait pour l'astronomie. Un ouvrage agréable à lire où la science et la fable ont été mises à la portée de tous. — "En 1786, un certain Charles-Albert Demoustier (1760–1801), natif de Villers-Cotterêts publiait ses “Lettres à Emilie” sur la mythologie, volumes de pur marivaudage. Je dis cela sans raillerie, car à mes yeux le marivaudage a été trop décrié. M. Demoustier est totalement oublié aujourd'hui. Son nom ne figure plus ni dans le “Dictionnaire des lettres” ni dans le “Dictionnaire des Oeuvres”. Par son père, il descendait de Racine et par sa mère de La Fontaine. Las, ce pedigree fut loin de produire un poète remarquable. Mais on peut comprendre que, lié par le sang à de pareils génies, il se soit lancé dans la carrière scabreuse des lettres. Ses “Lettres à Emilie” obtinrent cependant un incroyable succès, surtout auprès des femmes. L'ouvrage fut un best-seller pendant tout le XIXe siècle. Demoustier était un homme charmant qui possédait une qualité qui manque à beaucoup d'auteurs : le sens de l'humour. Lors de la représentation d'une de ses pièces, il se trouva assis à côté d'un jeune homme qui n'appréciait pas son théâtre et qui ignorait que son voisin était l'auteur en personne. Lorsque le spectateur récalcitrant lui demanda une clef pour siffler, Demoustier conserva l'incognito et lui prêta obligeamment la clef. Heureuse époque où ceux qui visaient les bravos acceptaient aussi les sifflets ! Mais quelle était cette fameuse Emilie pour qui Demoustier avait tartiné ses lettres mythologiques ? Peu de gens le savent. Voici donc un scoop pour la petite histoire littéraire du XVIIIe siècle : l'Emilie de M. Demoustier était une féconde romancière née à Lyon en 1724 et morte en 1809, une certaine dame Benoist, née Françoise-Albine Puzin de La Martinière, un bas-bleu du second rayon à qui l'on doit “Les aveux d'une jolie femme”, “Mes principes ou la Vertu raisonnée” ou encore un “Triomphe de la probité”, autant de titres où il est beaucoup question de vertu. Et pourtant, si l'on en croit les “Mémoires” de la célèbre Mme Roland, cette dame Benoist n'était qu'une gourgandine : « Mme Benoist avait été belle. Le désir de plaire, prolongé au-delà de l'âge qui assure d'y réussir, lui valait encore quelques succès. Ses yeux les sollicitaient avec tant d'ardeur; son sein toujours découvert palpitait si vivement pour les obtenir, qu'il fallait bien accorder à la franchise du désir et à la facilité de le satisfaire, ce que les hommes accordent d'ailleurs si aisément dès qu'ils ne sont pas tenus à la constance. L'air ouvertement voluptueux de Mme Benoist était tout nouveau pour moi ; j'avais vu, dans les promenades, ces prêtresses du plaisir dont l'indécence annonce la profession d'une manière choquante...» Quand Demoustier boutiqua ses “Lettres à Emilie”, la dame affichait déjà pas mal d' « heures de vol » comme disent mes confrères pilotes. Soixante-deux printemps ! Un bel âge pour avaler des salades mythologiques..." (Gérard Oberlé, 2004)

106.          DURAND de DAUPHINÉ – CHINARD (Gilbert). Un Français en Virginie. Voyages d'un François exilé pour la religion avec une description de la Virgine et Marilan dans l'Amérique. D'après l'édition originale de 1687. Avec une introduction et des notes par Gilbert Chinard. P., Droz, et Baltimore, The Johns Hopkins Press, 1932, pt in-4°, 158 pp, 6 pl. de photos, gravures et portraits et une carte dépliante hors texte, ouvrages cités, index, broché, bon état

            75

"L'auteur des « Voyages » est un huguenot français, Durand de Dauphiné, dont on ne connaît la biographie que par ce qu'il en dit lui-même dans son récit. Après une jeunesse aventureuse passée tant en France qu'en Italie, il se retira en Provence d'où la révocation de l'Édit de Nantes le chassa ; il s'enfuit en Angleterre par l'Italie, puis s'embarqua pour l'Amérique dans le dessein de s'y établir ; mais après un séjour de quelques mois, surtout en Virginie, il revint en Europe. Ses « Voyages » publiés à La Haye en 1687 avaient pour but, comme tant d'autres écrits du temps, d'attirer les Français émigrés à la colonisation des terres américaines. M. Chinard a réédité « Voyages » d'après l'édition de La Haye ; il y a ajouté une introduction parfaite et des notes. L'ouvrage de Durand étant devenu rarissime (à ce point que Bruce ne l'a pas connu lorsqu'il écrivit sa remarquable Histoire de la Virginie, publiée en 1896), il n'est pas douteux qu'une nouvelle édition en était souhaitable et on sera reconnaissant envers M. Chinard de s'être donné la peine de nous la procurer. Il ne faudrait pas cependant exagérer la portée de l'œuvre de l'émigré huguenot. Sans doute, on trouve dans son récit des pages curieuses sur la fuite des Huguenots français après 1687. Les aventures de notre auteur tant en mer que sur terre sont amusantes, mais en somme banales. La partie essentielle des « Voyages » – le titre même du livre l'indique – est la description de la Virginie et du Maryland. L'éditeur écrit (p. 36): « Durand a pu se tromper en quelques points, voir et décrire les choses plus belles qu'elles n'étaient, mais il reste le seul Français et nous pouvons ajouter le seul auteur du XVIIe s. qui ait connu et qui ait peint d'après nature... un tableau naïf et séduisant de l'ancienne vie coloniale »..." (Gaston Gérard Dept, Revue belge de philologie et d'histoire, 1935)

107.          ENGERAND (Roland). Trois grandes dames de petite vertu. Tours, Arrault, 1947, pt in-8°, (8)-195 pp, préface de Maurice Bedel, 21 illustrations de Ferdinand Dubreuil, dont 4 compositions hors texte en bistre, broché, couv. illustrée (Gabrielle d'Estrées, pastel par François Quesnel), bon état (Coll. Adorable Touraine)

            25

Charmant ouvrage qui nous amène à Amboise, à la Bourdaisière et à Fontevrault sur les traces des trois dames que sont la reine Margot, les demoiselles Babou de la Bourdaisière et Aliénor d'Aquitaine. — Roland Engerand fit comme officier de chasseurs à pied la guerre de 1914-1918, au cours de laquelle il reçut trois blessures. Nommé comme commandant à Tours en 1923, il quitta l’armée en 1937 pour se consacrer à la littérature. Il est l’auteur, entre autres, de La Chevauchée de Jeanne d’Arc, livre couronné par l’Académie française, d’Adorable Touraine (1935), Les Amours d’Alfred de Vigny (1943), Les Rendez-vous de Loches (1946), etc.

108.          FLANDRIN (Jean-Louis). Familles. Parenté, maison, sexualité dans l'ancienne société. Hachette, 1976, in-8°, 287 pp, tableaux statistiques, biblio, broché, bon état (Coll. Le temps et les hommes). Edition originale

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"Les très nombreuses études de démographie historique ont fait progresser nos connaissances sur la société rurale du XVIIIe siècle, mais elles nous laissent un peu sur notre faim. C'est le grand mérite de J.-L. F. d'avoir recherché dans les ouvrages de l'époque (littéraires ou religieux) ce qu'était la vie des hommes et des femmes sur lesquels on possède à présent tant de statistiques. Quel sentiment nos ancêtres éprouvaient-ils vis-à-vis des autres membres de leur famille ? Qui considéraient-ils comme de leur sang ? Brantôme, Saint-Simon et, pour les familles bourgeoises, quelques rares journaux intimes nous renseignent sur ce point. Les sources sont moins sûres pour les masses rurales. Dans quelle mesure, un écrivain comme Rétif de la Bretonne, cédant à la tendance sentimentaliste de la fin du XVIIIe siècle, n'a-t-il pas enjolivé ses souvenirs de jeunesse en décrivant une société patriarcale qui n'avait guère existé ? L'analyse des dictionnaires de cas de conscience et des Manuels de confesseur met au contraire l'accent sur l'aspect négatif des sentiments. Il n'y est question que de jalousie et de haine entre proches. Mais le propos de cet ouvrage, qui fourmille d'idées et de suggestions, n'est pas seulement d'analyser les sentiments. Il veut surtout trouver des explications aux graphiques et aux statistiques patiemment élaborés par les démographes. Après bien d'autres, J.-L. F. recherche la cause de la baisse de la fécondité en France. Elle tiendrait surtout à l'amélioration de la condition féminine, c'est-à-dire, en quelque sorte, à la généralisation de la préciosité, déjà courante dans la haute société dès le XVIIe siècle. Le respect de la femme et l'importance qu'on accorda à sa vie à une époque où une femme sur 10 mourait en couches (estimation d'ailleurs un peu excessive) serait donc à l'origine de la révolution démographique..." (Jacques Houdaille, Population, 1976) — Si des historiens commencent à parler de la famille et de la vie domestique, c'est que les problèmes de la vie privée ont envahi l'actualité. Les droits et les devoirs respectifs du mari et de la femme, leur autorité sur les enfants, les possibilités de divorce, de la contraception ou de l'avortement, sont devenus des affaires d'Etat. Comment un historien attentif aux conflits politiques de son temps pourrait-il donc se désintéresser de la "vie privée" de nos ancêtres ? En quoi les familles différaient-elles alors de celles d'aujourd'hui ? Que sait-on de précis sur les relations et la vie sexuelle des époux, sur l'attitude des parents envers les enfants, sur le rôle de la famille dans l'éducation ? Des années de recherche ont modifié l'image qu'avaient donnée de la famille d'autrefois sociologues et juristes. Une synthèse était nécessaire ; provisoire, aventureuse peut-être ; mais elle n'en demeure pas moins une étape indispensable dans l'étude de la vie intime des hommes et des femmes de l'ancienne société et dans l'analyse de ses prolongements sur le comportement de nos contemporains. (4e de couv.)

109.          GOUBERT (Pierre). Louis XIV et vingt millions de Français. Fayard, 1969, in-8°, 252 pp, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'histoire sans frontières)

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Cette autopsie sans complaisance de la France du XVIIe siècle révèle une nouvelle perception de l'Histoire qui, loin de se focaliser sur la personnalité des grandes figures politiques et culturelles, prend en compte l'ensemble de la population à partir de l'utilisation systématique des registres paroissiaux, des inventaires après décès, des archives d'hôpitaux...

110.          HUGUES (Sylvie). Honoré Fragonard l'anatomiste, 1732–1799. Les écorchés au XVIIIe siècle. Chez l'Auteur, 1990, in-4°, xiv-(19)-71-(37) pp, texte dactylographié, 20 photos originales en couleurs, un portrait, annexes, biblio, broché, bon état (Mémoire de maîtrise d'histoire, sous la direction de Michel Serres, Université de Paris I)

            80

Préambule : Les préparations anatomiques du XVIIe et XVIIIe siècles. – Annexes Préambule. – Vie d'Honoré Fragonard : l'enfance et les années de jeunesse 1732-1759, directeur de l'Ecole vétérinaire d'Alfort 1765-1771, l'oeuvre anatomique, le renvoi, l'après-Alfort 1771-1792, ses productions, la Révolution 1792-1794, la Commission temporaire des arts, l'Ecole de santé de Paris 1794-1799. – Son oeuvre. – Annexes Fragonard.

111.          LA FAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de) ; TENCIN (Claudine Alexandrine Guérin de) ; FONTAINES (Mme de) ; CAYLUS (Marthe-Marguerite de Murçay-Villette, marquise de). Oeuvres complètes de Mesdames de La Fayette et de Tencin. Nouvelle édition, revue, corrigée, précédée de notices historiques et littéraires, et augmentée de La Comtesse de Tende, par madame de La Fayette, de la Correspondance de madame de Tencin avec M. de Richelieu, de la Comtesse de Savoie et d'Aménophis, par madame de Fontaines, etc. – Suivies de : Les souvenirs de madame de Caylus, nouvelle édition, revue, corrigée, précédée d'une notice biographique et littéraire, et suivie d'un choix de lettres de madame de Caylus. P., Chez Colnet, Fain, Mongie, Debray, Delaunai, 1804 (An XII), 6 vol. in-8°, xxiii-424, 414, 426, 374, 370-(2) et xxxi-251 pp, 2 frontispices gravés, reliures plein veau raciné, dos avec roulettes, caissons ornés et fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison basane verte, coupes guillochées, tranches marbrées (rel. de l'époque), qqs rousseurs sur les premiers et derniers feuillets, qqs mors fendus et recollés, sinon bon état

            250

Tome 1. Notice historique et littéraire sur Mme de La Fayette. Lettres sur l'origine des romans (par M. Huet). Zayde, histoire espagnole. – 2. La princesse de Clèves. La comtesse de Tende. La princesse de Montpensier. Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689. – 3. Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689 (suite et fin). Histoire de Mme Henriette d'Angleterre, première femme de Philippe de France, duc d'Orléans. Lettres sur la mort de Mme Henriette. Lettres à Mme de Sévigné. Avis de l'éditeur sur la Comtesse de Savoie. La Comtesse de Savoie, par Mme de Fontaines. Histoire d'Aménophis, prince de Libye, par Mme de Fontaines – 4. Notice historique et littéraire sur Mme de Tencin. Mémoires du comte de Comminge. Le siège de Calais, nouvelle historique. Les malheurs de l'amour. – 5. Les malheurs de l'amour (suite et fin). Anecdotes de la Cour et du règne d'Edouard II, roi d'Angleterre. Correspondance de Mme de Tencin avec le duc de Richelieu. Des romans. – 6. Les Souvenirs de madame de Caylus.

112.          LAPIERRE (Alexandra). Le voleur d'éternité. La vie aventureuse de William Petty, érudit, esthète et brigand. Laffont, 2004, gr. in-8°, 526 pp, 16 pl. hors texte de gravures et documents en noir et en couleurs, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Il s'appelait William Petty. Il bouleversa le goût de l'Europe. Qui se souvient de lui ? Il fut l'un des premiers aventuriers à traquer les vestiges de la Grèce antique. Un conquérant qui eut la folie - ou le génie - de s'emparer des chefs-d'œuvre de l'humanité sur les rivages de la Méditerranée. "On ne pourrait inventer un personnage mieux taillé pour la tâche", dira de lui en 1628 l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople. Un esthète qui accueille tous les accidents avec un flegme inébranlable, qui mange avec les Grecs quand ils n'ont rien à manger, qui dort sur le pont avec les marins dans ses nuits les meilleures, et Dieu sait où le reste du temps. Un homme qui se met au service de tous les hommes et qui joue tous les rôles, patriarche avec les orthodoxes, marchand avec les Vénitiens, j'en passe, le tout pour arriver à ses fins... Un limier subtil qui navigue entre la sagesse et l'excès, un chasseur raffiné qui croise entre l'érudition et le crime.

113.          LAVATER-SLOMAN (Mary). Catherine II et son temps (1729-1796). Payot, 1952, in-8°, 414 pp, 8 gravures hors texte, reliure demi-basane fauve, dos à 4 faux-nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

Mary Lavater [-Sloman], 1891-1980, vécut en Russie (1914-1919), à Winterthour (dès 1922), puis à Ascona (dès 1943). Elle a reçu de nombreuses distinctions, notamment le prix de la Fondation Schiller en 1944 et le prix de littérature du lac de Constance en 1953. L'édition originale de Catherine II et son temps (en allemand) date de 1941.

114.          LE ROY LADURIE (Emmanuel), avec la collaboration de Jean-François Fitou. Saint-Simon ou le système de la Cour. Fayard, 1997, gr. in-8°, 633 pp, 24 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, généalogie de la famille royale, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

En sus de leur écriture somptueuse, les Mémoires de Saint-Simon sur le monde de la Cour au temps de Louis XIV et durant la Régence constituent un inépuisable gisement d'informations qui vont bien au-delà des innombrables anecdotes qu'ils récèlent. Véritable théoricien de la hiérarchie, Saint-Simon propose en effet implicitement une vision intériorisée de l'inégalité : elle trouve ses racines dans une très ancienne tradition. Quels que soient les personnages évoqués et les épisodes relatés, intervient toujours l'obsession de la naissance (le rang, et puis la pureté ou l'impureté du sang) avec les comportements qui en découlent de façon nécessaire. Les pays étrangers que le mémorialiste admire sont ceux où, dans les Cours, chacun reste à la place qui lui est assignée par la Providence, ainsi l'Allemagne, alors que l'Espagne se montre laxiste en fait de bâtardise. Tout, le politique comme le sacré, les "cabales" (qui tiennent lieu de partis politiques) comme la sexualité, et jusqu'à l'usage du tabac, est vu par Saint-Simon à travers le prisme de la hiérarchie. Comme à son habitude, Emmanuel Le Roy Ladurie (en collaboration avec Jean-François Fitou) met en œuvre une impressionnante gamme de grilles de lecture pour nous faire découvrir (avec une causticité et une rigueur qui font écho à celles du "petit duc") une Cour louis-quatorzienne, une Régence ultérieure, en bref un Ancien Régime tout à fait inhabituel.

115.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). L'Argent, l'amour et la mort en pays d'Oc. Précédé du roman de l'abbé Fabre, "Jean-l'ont-pris" (1756). Seuil, 1980, gr. in-8°, 588 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, index des ouvrages cités, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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Au départ, un texte à la fois célèbre et méconnu, "Jean-l'ont-pris", conte occitan qu'avait mis en forme l'abbé Jean-Baptiste Castor Fabre, au milieu du dix-huitième siècle, et qu'on tenait souvent pour une simple et fidèle représentation de la vie quotidienne du village languedocien sous l'Ancien Régime. A l'arrivée, au terme de la magistrale enquête d'anthropologie historique menée par Emmanuel Le Roy Ladurie, le paysage dépeint par l'abbé Fabre gagne en profondeur et en complexité. Ce que "Jean-l'ont-pris" reflète, c'est l'ensemble de la culture occitane de l'âge classique, avec ses obsessions caractéristiques ; elles gravitent autour du mariage, contrat essentiel de la vie privée. Plus encore, "Jean-l'ont-pris" rend possible une vaste recomposition de l'imaginaire paysan, tel que le révèlent les folklores de l'Europe entière, et même du Nouveau Monde, sous les traits du conte merveilleux de la « Mort-parrain ». En forme d'énigme, Fabre a produit une manière de Faust languedocien, qui signe un pacte avec le Trépas, faute d'en conclure un avec le Diable. Historien des mentalités, l'auteur de "Montaillou" et du "Carnaval des Romans" illustre l'efficacité de l'analyse systématique d'un récit, quand celle-ci se combine avec les ressources globales de la démarche historique. Ce livre donne, pour la première fois, une publication critique et complète des deux versions du roman de l'abbé Fabre, Jean-l'ont-pris, avec édition occitane et traduction française dues à Philippe Gardy.

116.          LEBIGRE (Arlette). La Princesse Palatine. Albin Michel, 1986, in-8°, 267 pp, 13 gravures, tableaux généalogiques, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Seul membre de la famille royale qui ait laissé des traces écrites sur la Cour, la Princesse Palatine a livré par ses lettres plusieurs fois quotidiennes, truculentes, mal troussées et pourtant aux lisières d'un génie que Rabelais n'eût pas désavoué, un témoignage irremplaçable sur le règne de Louis XIV. Prolixes sur "Monsieur", son époux, ou sur son fils, le Régent, les biographes français se sont montrés à son égard d'une discrétion peu compréhensible, son portrait étant réduit aux dimensions caricaturales d'une "grosse Allemande" gaffeuse, égarée à la cour du Roi Soleil. Arlette Lebigre a entrepris de réparer, avec talent, et en puisant à des sources mal explorées, cette injustice de l'histoire, et de restituer la vie et la personnalité d'une femme que cinquante années de captivité dorée ne parvinrent pas à entamer. Et cela en dépit du sort qui lui fut réservé : mariage avec l'homosexuel le plus célèbre d'Europe, adoration pour un fils qui ne cessa de la faire trembler, elle qui, pour elle-même, n'a jamais eu peur de rien : hostilité tenace... et partagée de Mme de Maintenon, ombrageuse de l'amitié sincère que le Roi lui portait ; déchirements dus aux aléas politiques ; voir son pays natal livré à feu et à sang par les troupes de Louvois : révocation de l'édit de Nantes - elle se convertit de pure forme au catholicisme alors qu'elle resta fidèle à la religion réformée de sa jeunesse... Au milieu encore des intrigues et des scandales qui l'atteignirent à travers son fils, depuis l'accusation d'empoisonnement et celle d'inceste portées contre lui, jusqu'aux séquelles du système de Law, en passant par la conspiration du duc du Maine à la mort de Louis XIV. Après des siècles de brocards ou de silence, voici donc le vrai visage de la Princesse Palatine reconstitué.

117.          LINGUET (Simon-Nicolas-Henri). Mémoires sur la Bastille. Arléa, 2006, in-8°, 226 pp, biblio sommaire, index des noms cités, broché, couv. illustrée, trace de pli au 2e plat, bon état

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Ardent, impétueux, injuste, excessif, cynique, rebelle, talentueux en diable, Linguet (1736-1794) consacra sa vie tout entière à la lutte : lutte contre les Lumières et les coteries littéraires, luttes contre les Parlements et l'injustice, lutte contre la puissance naissante de l'argent, lutte contre les dérives de l'administration royale et l'arrogance de la noblesse de cour... Tant d'ardeur et de hargne finirent par l'envoyer à la Bastille, où il resta deux ans. À sa libération, en 1782, il passa en Angleterre. Il y rédigea ces Mémoires, dont le succès fut immense et qui demeurent à ce jour le plus saisissant tableau de la vie quotidienne dans la célèbre prison. Pamphlétaire, philosophe, historien, économiste, journaliste, Linguet fut l'homme de toutes les audaces, de tous les paradoxes, de toutes les intuitions : quelque chose, dans son oeuvre et dans sa phrase, vibre, qui annonce déjà les ténèbres et le chaos du monde moderne. Il est temps de redécouvrir cet écrivain de haut vol.

118.          LOUIS XIV. Mémoires de Louis XIV, publiés avec une introduction et des notes par Jean Longnon. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1928, in-8° carré, 303 pp, notes, broché, bon état (Collection des meilleurs écrivains politiques)

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"Je n'ai jamais cru que les rois fussent dispensés de l'obligation commune des pères, qui est d'instruire leurs enfants par l'exemple et par le conseil. " À l'apogée d'un règne encore jeune, Louis XIV commence à dicter une série de Mémoires pour l'instruction de son fils, le Grand Dauphin. En 1714, le maréchal de Noailles sauvera quelques-uns de ces papiers du feu où le Roi-Soleil voulait les jeter. Les Mémoires donnent un éclairage de premier ordre sur la personnalité du roi et sur son action au début de son règne. Sa relation des années 1661, 1662, 1666, 1667 et 1668 délivre à son héritier un message qu'aucune autre lecture n'aurait pu lui apporter : la somme de ses expériences, en premier lieu les révoltes et les trahisons de la Fronde. Habitué aux "malicieux artifices des hommes", Louis est sans illusion sur l'humaine nature. Il sait à quel point l'aiguillon de l'intérêt est un maître impérieux pour tous ceux qui l'entourent. D'une maîtrise de soi sans cesse en éveil, de la tâche quotidienne du partage des emplois et de la distribution des grâces, il a tiré une connaissance aiguë des ressorts de l'âme humaine, une compréhension subtile des rouages du gouvernement et de la diplomatie. Le Roi-Soleil se révèle, dans ce traité magistral, le meilleur professeur du métier de roi.

119.          MEYER (Daniel). L'histoire du Roy. P., Réunion des Musées Nationaux, 1980, in-4°, 143 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, broché, couv. à rabats illustrée en couleurs, bon état

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Description des principaux évènements du règne de Louis XIV évoqués à travers la description des 14 pièces de la tapisserie intitulée "L'histoire du Roy", tissée à la gloire de Louis XIV sous la direction de Charles Lebrun, directeur de la Manufacture Royale des Gobelins.

120.          MILLER (Townsend). Reines de Castille. Arthaud, 1966, in-8°, 295 pp, traduit de l'anglais, 13 héliogravures sur 8 pl. hors texte, biblio, reliure cartonnée de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

            15

Ce livre traite de multiples et vastes sujets : la fin du Moyen Age, la découverte de l'Amérique, l'Inquisition, la Réforme ; les lecteurs à l'esprit analytique diront qu'il traite de la naissance de l'hégémonie espagnole en Europe et de l'amorce du déclin de cette hégémonie. Mais, avant tout, c'est l'histoire de quatre personnes : Isabelle la Catholique, Ferdinand le Catholique, Jeanne la Folle et Philippe le Beau. Tous, chacun à sa façon, bien entendu, et jusqu'à un certain point, régnèrent sur l'Espagne. Ils appartenaient également tous à la même famille - mère et père, fille et gendre. Ce n'était pas une famille unie... (Introduction)

121.          MOYNE (Christiane). Louise de La Vallière, ou le Roi favori. Perrin, 1978, in-8°, 245 pp, préface de Alain Decaux, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée et rhodoïd, bon état

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En 1644 naît à Tours Louise Françoise de La Baume Le Blanc, fille du seigneur de la Vallière et de dame Françoise Le Provost. Le 19 avril 1674, les lourdes portes du Carmel se referment sur la duchesse de La Vallière, qui ne sera plus désormais que Louise de la Miséricorde. Elle n'a pas trente ans, et pour elle va commencer une longue pénitence, trente-six années de vie claustrale pour le rachat d'un peu de bonheur. Son unique faute, c'est d'avoir aimé, d'un amour absolu et désintéressé : "pour cette petite violette honteuse d'être maîtresse, d'être mère, d'être duchesse", Louis XIV n'était pas le roi, mais un homme qu'elle adorait et dont elle n'attendait aucun privilège. A travers la vie de Louise, nous pénétrons dans l'intimité du Roi-Soleil et découvrons la vie à la cour. Sous la plume alerte de l'auteur, ce XVIIe siècle, à la fois raffiné et rude, renaît pour nous et nous fascine : car si les rois meurent, les hommes, eux, sont éternels...

122.          PETITFILS (Jean-Christian). Louis XIII. Perrin, 2008, gr. in-8°, 970 pp, 16 planches en couleurs hors texte, 4 cartes, sources, généalogies, index, broché, couv. illustrée à rabats, trace de pliure au 1er plat, état correct

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Au regard de l'Histoire, Louis XIII est un roi oublié. Eclipsé par le panache de son père Henri IV, occulté par l'éblouissante renommée de son fils Louis XIV, il laisse l'impression d'un monarque mélancolique, sans personnalité, fuyant son mal être dans la chasse, dominé par son Premier ministre, le tout-puissant cardinal de Richelieu. Erreur ! Ce n'est pas parce qu'il choisit un ministre d'une envergure exceptionnelle qu'il renonce pour autant gouverner et à être pleinement roi. Renversant les idées reçues, Jean-Christian Petitfils redonne ici toute sa place à ce souverain méconnu, à la personnalité déroutante, à la fois artiste, musicien, guerrier impétueux, extrêmement jaloux de son autorité, animé par la passion de la gloire et de la grandeur de la France. Sous son impulsion et celle du cardinal, le royaume se modernise. La monarchie dite "absolue" s'édifie. Son règne, traversé par une suite invraisemblable d'épreuves - lutte contre le parti protestant, conspirations des Grands, révoltes populaires, guerre contre la Maison d'Autriche -, prépare et annonce plus qu'on ne le croit celui de Louis XIV. Sans négliger les faiblesses de l'homme, ses défauts, trop souvent exagérés, cet ouvrage se veut une réhabilitation. Celle d'un roi, d'un grand, d'un très grand roi.

123.          PLOUVIEZ (David). La Marine française et ses réseaux économiques au XVIIIe siècle. Les Indes savantes, 2014, gr. in-8°, 541 pp, préface de Martine Acerra, 57 tableaux, 33 graphiques, 29 cartes, 20 figures, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Concevoir une marine de guerre impose la démesure. Ainsi s'exprime David Plouviez dont l'entreprise présente la même ampleur impressionnante. En effet, ses travaux publiés aujourd'hui portent sur les logiques de fonctionnement des réseaux d'approvisionnements de la marine militaire française au XVIIIe siècle, modalités indispensables à l'élaboration d'un outil naval performant dont l'objectif tend à la maîtrise des mers. Ce choix ambitieux, au pari réussi, place David Plouviez au plus haut niveau de cette jeune génération de chercheurs qui s'emparent allègrement de l'histoire, à la connexion de plusieurs domaines de recherche. L'histoire de la construction et de l'administration de l'Etat croise inévitablement l'économie de marché, l'histoire des techniques et celle de la marine. Avant de fendre les flots sous l'autorité de son commandant et de devenir une affaire de marins, le navire de guerre est une affaire de terriens. L'auteur en donne pour preuve, avec un sens certain de la mise en scène, cet inventaire à la Prévert que constitue la liste des pièces et objets nécessaires à la mise en oeuvre du navire de guerre. Le colossal volume, l'énormité des masses de matières premières et d'objets manufacturés forment l'entrée en matière d'un sujet essentiel à l'histoire de la marine d'Etat et de sa relation avec l'économie privée au cours du XVIIIe siècle." (Martine Acerra)

124.          ROCHE (Daniel). Le Siècle des Lumières en province. Académies et académiciens provinciaux, 1680-1789. P., EHESS, 1989, 2 vol. gr. in-8°, 394 et 354 pp, 61 cartes et croquis, 24 graphiques, 47 tableaux, sources et biblio, brochés, bon état (Coll. Civilisations et sociétés), ex. du SP

            50

Ce livre, publié pour la première fois en 1978, est déjà un classique : une référence obligée pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire culturelle de la France du XVIIIe siècle. Les Lumières sont ici abordées sous un angle inattendu et qui en suggère une lecture inédite : ce n’est pas aux auteurs majeurs, aux grands foyers intellectuels parisiens que Daniel Roche a consacré son enquête, mais aux institutions provinciales, plus modestes, plus discrètes, et qui ont assuré le long cheminement, complexe, parfois contradictoire, de l’esprit nouveau. Les Académies de province, dont il suit ici l’histoire, ont rassemblé et façonné un milieu de notables curieux et savants, dont on mesure enfin l’importance sociale et culturelle décisive entre le règne de Louis XIV et la Révolution française.

125.          ROMIER (Lucien). Les Origines politiques des guerres de religion (1547-1559). Perrin, 1913-1914, 2 vol. gr. in-8°, ix-577 et v-464 pp, 4 planches de portraits et 2 cartes dépliantes hors texte, notes bibliographiques, index, reliures demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            200

I. Henri II et l'Italie (1547-1555) ; II. La fin de la magnificence extérieure. Le Roi contre les Protestants (1555-1559). — "Les origines politiques des guerres de religion ne sont autre chose que l'histoire, renouvelée aux sources italiennes, du règne de Henri II, du monarque tout entier tourné, d'abord, vers la péninsule, comme ses prédécesseurs sur le trône, puis obligé d'abandonner les guerres de magnificence pour s'appliquer à maintenir à l'intérieur du royaume un ordre que les hérétiques semblent devoir, à ses yeux, compromettre. Qu'on relise, au début du livre, le chapitre consacré aux « cardinaux protecteurs » et l'on restera frappé des portraits de ces princes de l'Église, peints, si l'on peut dire, par eux-mêmes, puisque tout y est emprunté à leur propre correspondance, où l'on voit les intérêts des grandes familles auxquelles ils appartiennent traverser à chaque instant la ligne politique que leur souverain ou le pape, pour eux un autre souverain, leur recommande de suivre. (...) Lucien Romier ne devait pas s'en tenir à cette somme par lui composée de nos connaissances politiques et diplomatiques sur le règne de Henri II..." (Michel François, Bibliothèque de l'école des chartes, 1944)

126.          SCHOLEM (Gershom). Du frankisme au jacobinisme. La vie de Moses Dobruska, alias Franz Thomas von Schönfeld alias Junius Frey. Gallimard/Le Seuil, 1981, gr. in-8°, 108 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Hautes études)

            30

Ce livre raconte la vie mouvementée de Moses Dobruska (1754-1794), personnage énigmatique qui naquit dans un ghetto de Moravie, participa à la Révolution française et mourut sur l'échafaud. Elevé comme juif orthodoxe, il devint par la suite l'adepte d'une secte kabbaliste hérétique dans laquelle il joua un rôle actif. Il débuta comme écrivain de langue hébraïque, se convertit au catholicisme, fut anobli par l'empereur d'Autriche et prit le nom de Franz Thomas von Schönfeld. A Vienne il fréquenta les milieux rationalistes éclairés tout en appartenant en secret à la maçonnerie ésotérique. Il quitta la capitale autrichienne en 1792, s'établit à Strasbourg puis à Paris sous le nom de Junius Frey et devint un membre actif du Club des Jacobins. En 1793, il publia une Philosophie sociale, vibrante apologie des idées jacobines. Compromis dans des intrigues financières, accusé – sans preuves – d'être un agent autrichien, il fut guillotiné à l'âge de 40 ans, le 4 avril 1791, en compagnie des chefs de la faction dantoniste.

127.          SOBOUL (Albert). La Société française dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Structures sociales, cultures et modes de vie. CDU, 1969, in-4°, 232-(2) pp, texte dactylographié, broché, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne - Agrégation)

            30

128.          SURREAUX (Simon). Servir le roi. Vie et mort des maréchaux de France au XVIIIe siècle. Vendémiaire, 2017, in-8°, 219 pp, notes, annexes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Dans la France des Lumières, être maréchal, c'est avoir reçu la dignité la plus importante de la hiérarchie militaire. Grands officiers de la Couronne, appartenant à l'ordre nobiliaire, les maréchaux sont des hommes de guerre qui doivent tenir leur rang, en temps de paix comme sur le champ de bataille. Cette obligation se manifeste par un train de vie spécifique : importante domesticité, religiosité démonstrative, dépenses somptuaires destinées à affirmer la puissance du lignage et à exprimer sa supériorité sociale. Autant de comportements et de préoccupations témoignant d'une réelle conscience de classe. En dépassant l'histoire glorieuse pour se concentrer sur l'intime et le domaine du privé, cette étude permet d'entrer dans l'intimité des membres de cette élite, de comprendre la réalité de leur quotidien et de mieux cerner leurs mentalités. Pour la première fois, les moeurs et les représentations de cet univers nobiliaire sont analysées de l'intérieur, grâce à des archives jusqu'alors inexplorées.

RÉVOLUTION

 

129.          BABEUF (François-Noël, dit Gracchus). Ecrits. Introduction et annotations par Claude Mazauric. Messidor/Editions Sociales, 1988, in-8°, 327 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Textes choisis de Gracchus Babeuf. Introduction nouvelle, annotations, sources et travaux, nouvelle édition revue, augmentée et corrigée. — "Claude Mazauric présente ici en introduction Babeuf et ses idées en tenant compte des recherches les plus récentes (p. 9-86). Une chronologie succincte et un bon choix de textes font de ce livre un excellent instrument de référence." (Revue française de science politique)

130.          BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Bonaparte en Egypte, ou le rêve inassouvi (1797-1801). Lausanne, Clairefontaine, 1966, in-8°, 360 pp, 16 gravures et une carte dépliante hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le rêve le plus long de l'Histoire)

            25

... Bonaparte, fasciné par l'Orient comme Alexandre, a voulu hausser au niveau de la légende, ce qui pour Talleyrand était une opération coloniale et pour le Directoire une manœuvre de diversion. "il faut aller en Orient, dit-il à Bourrienne, toutes les gloires viennent de là". Son rêve – il l'exprimera par la suite à plusieurs reprises – était de créer, à partir de l'Egypte, un florissant Empire d'Orient qui "par sa main droite s'appuierait aux Indes et par sa gauche à l'Europe". "Sans vous autres Anglais, murmura-t-il en montant sur le Bellerophon, j'aurais été Empereur d'Orient". Mais son rêve se brisa devant les remparts de Saint-Jean-d'Acre...

131.          BENOIT-GUYOD (Georges). Nouvelles histoires de gendarmes. Gallimard, 1938, in-12, 218 pp, broché, couv. illustrée lég. salie, sinon bon état

            25

"On se tromperait en croyant trouver dans cet ouvrage de petites anecdotes humoristiques. M. Georges Benoit-Guyot fait œuvre d'historien et il est tout bonnement en train de prendre la succession de M. G. Lenôtre. C'est, en effet, la « petite histoire » qu'il nous raconte avec bonhomie et d'un style alerte. Dans ces “Nouvelles histoires”, M. G. Benoit-Guyod nous campe un type de voleur bien curieux, qu'en raison de sa maîtrise à détrousser les basses-cours, on avait affublé au XVIIIe siècle du sobriquet de Poulailler, et nous narre avec beaucoup de verve l'enlèvement de Pie VII, et les débuts de Clément Thomas. On ne lira pas sans émotion l'histoire de Madame Royale. Dans son premier volume, l'auteur nous avait appris comment le capitaine de la gendarmerie Méchain avait été chargé par le Directoire de conduire à Bâle la fille de Louis XVI, échangée contre des prisonniers français détenus par l'Autriche. Mais nous ne savions guère comment se comportait la jeune fille, au cours de sa captivité au Temple. M. G. Benoit-Guyod fut favorisé par la chance : il eut en effet connaissance d'un coffret appartenant à la compagne de Madame Royale au Temple, Mme de Chantereine. Ce coffret contenait, outre la nomination de la « citoyenne Bocquet-Chantereine comme compagne de la fille de Louis Capet », plusieurs brouillons de lettres adressées par Mme de Chantereine aux membres du Comité de sûreté générale. La jeune captive reçut avec une joie très vive sa compagne, dont elle devint très vite l'amie la plus fidèle. Le poids de la solitude pesait, en effet, tellement à Madame Royale qu'elle s'écriait en 1795 : « Si l'on finit par mettre auprès de moi une personne qui ne soit pas un monstre, je sens que je ne pourrai m'empêcher de l'aimer ». Malheureusement pour celle que la fille de Louis XVI appelait familièrement « sa chère Renette », elle n'eut pas la permission d'accompagner en Autriche sa grande amie. Mais en partant, Madame Royale eut la touchante pensée de laisser un mot pour sa compagne : « je vous remercie, ma chère Renette, de tout ce que vous avez fait pour moi de bon et d'obligeant, pendant les six mois que nous avons été ensemble. Je n'oublierai jamais ce temps-là. Je finis, ma chère Renette, car j'ai la tête brouillée. Adieu, belle, bonne, douce, simple, gaie, compatissante, franche, charmante Renette ! » Sachons, gré à M. Georges Benoit-Guyod de nous raconter d'aussi touchantes histoires." (Journal des débats politiques et littéraires, 29 juillet 1938) — "Si, en histoire, Emile Magne a été le premier à utiliser les archives notariales, un hommage analogue doit être rendu à M. Georges Benoit-Guyod, chef de bataillon dans la garde mobile : il a ouvert une voie nouvelle aux chercheurs dans les procès-verbaux de la gendarmerie. Avant de passer dans la garde, il était gendarme ; avant de porter quatre galons d'or, il en portait trois d'argent. C'est à cette époque que je l'ai connu et je me souviens encore de l'étonnement où son érudition me plongeait lorsque nous travaillions ensemble aux archives départementales de Melun. Comment un gendarme peut-il être aussi bon historien ? me demandais-je. Car j'avais encore sur la gendarmerie les préjugés courants qui datent au moins de Gustave Nadaud. Je ne me représentais pas le talent littéraire d'un gendarme dépassant le niveau de ce qu'un préfet ou un procureur doit attendre d'un bon rapport. Les “Histoires” et les “Nouvelles histoires de gendarmes” du commandant Benoit-Guyod m'ont bientôt prouvé mon erreur. Le titre de ces “Histoires” est amusant, mais trompeur. Les gendarmes n'y interviennent que subséquemment, dirai-je, pour employer une terminologie de circonstance, encore que ce qui caractérise le style gendarme, ce soit, non l'emploi de termes pédantesques, comme on le croit communément, mais celui d'un temps : le conditionnel, emploi tombé d'ailleurs en désuétude depuis le Directoire. Le commandant Benoit-Guyod nous apprend en effet que les procès-verbaux de l'ancienne maréchaussée étaient toujours rédigés au conditionnel et il nous en donne un exemple typique : « L'an mil sept cent quatre-vingt-cinq, le vingtième jour du mois d'octobre, nous soussignés... certifions qu'environ les quatre heures du matin, le nommé Ragand, aubergiste, demeurant au dit Brie, sur la route de Paris, où pend pour enseigne le Cadran bleu, serait venu nous avertir qu'il aurait été volé cette même nuit. Nous nous serions donc à l'instant transporté chez ledit Ragand où étant nous aurait dit qu'étant couché dans son lit avec sa femme on lui aurait pris sa culotte, sous sa tête, dans laquelle il avait un écu de six livres et une pièce de douze sous et qu'on aurait aussi pris les poches de sa femme dans lesquelles il pouvait y avoir environ quinze livres, sa montre d'argent qui était accrochée à côté de son lit, qu'ensuite seraient sortis par la porte de derrière de la cuisine conduisant à ses autres appartements et par laquelle porte ils auraient entrés dans sa cuisine, etc... etc... » L'auteur des “Nouvelles histoires de gendarmes” ne nous dit pas l'origine de cet emploi systématique du conditionnel, dans les anciens rapports de la maréchaussée et de la gendarmerie. On peut supposer qu'il procède d'un scepticisme intégral à l'égard des déclarations de plaignants, de délinquants et de témoins, ou bien que, par égard pour la magistrature, les représentants de la maréchaussée se faisaient scrupule de rien affirmer, l'affirmation étant réservée aux juges. Quoi qu'il en soit, ce petit problème mérite d'intéresser les grammairiens et les historiens de la langue." (André Bllly, Le Figaro, 23 juillet 1938)

132.          CÉSAIRE (Aimé). Toussaint Louverture. La Révolution française et le problème colonial. Livre Club Diderot, 1976, in-8°, 289 pp, 6 gravures hors texte, reliure simili-cuir bleu-nuit de l'éditeur, bon état (Coll. Précurseurs). Bien complet du dépliant volant de 2 cartes : Possessions coloniales des Antilles et de l'Amérique centrale en 1789 et Haïti (partie française de Saint-Domingue)

            30

Saint-Domingue est le premier pays des temps modernes à avoir posé dans la réalité et à avoir proposé à la réflexion des hommes, et cela dans toute sa complexité ; sociale, économique, raciale, le grand problème que le XXe siècle s'essouffle à résoudre : le problème colonial. Le premier pays où s'est noué ce problème. Le premier pays où il s'est dénoué. Quand pour la première fois, Toussaint Louverture fit irruption sur la scène historique, bien des mouvements étaient en train : le mouvement blanc vers l'autonomie et la liberté commerciale, le mouvement mulâtre vers l'égalité sociale ; le mouvement nègre vers la liberté. Le pouvoir bourgeois issu de la Révolution Française éprouva que la liberté est indivisible, que l'on ne pouvait accorder la liberté politique ou économique aux planteurs blancs et maintenir les mulâtres sous la férule ; que l'on ne pouvait reconnaître l'égalité civile aux hommes de couleur libres et dans le même temps maintenir les nègres dans l'ergastule ; bref que pour libérer une des classes de la société coloniale, il fallait les libérer toutes, et que pour les libérer toutes, il fallait libérer Saint-Domingue elle-même, remettre en jeu l'existence même de la société coloniale : ce qui parut au pouvoir contraire aux intérêts de la France. Quand Toussaint Louverture vint, ce fut pour prendre à la lettre la Déclaration des droits de l'homme, ce fut pour montrer qu'il n'y a pas de race paria ; qu'il n'y a pas de pays marginal ; qu'il n'y a pas de peuple d'exception... On lui avait légué des bandes. Il en avait fait une armée. On lui avait laissé une jacquerie. Il en avait fait une Révolution ; une population, il en avait fait un peuple. Une colonie, il en avait fait un Etat ; mieux, une nation. La réédition de l'ouvrage qui a renouvelé l'analyse historique des sociétés coloniales, en se fondant sur un projet politique et culturel qui garde toute sa force pour le tiers monde aujourd'hui.

133.          Collectif. Dictionnaire des usages socio-politiques (1770-1815). 5 : Langue, occitan, usages. P., INALF, 1991, in-8°, 188 pp, une planche hors texte et 12 fac-similés, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Saint-Cloud)

            25

Aux prises avec l'élaboration d'un langage de la politique adapté à ses exigences, la Révolution rencontra en même temps, sur l'ensemble du territoire français, une diversité linguistique et sociolinguistique d'une grande complexité. Cet ouvrage tente de débrouiller les fils de cette complexité à travers l'exemple de l'occitan, ou langue d'Oc : comment, localement, l'occitan, parole majoritaire de la vie quotidienne, en particulier dans les campagnes, fut-il pris en compte dans le débat politique ? Quels outils linguistiques furent élaborés en occitan pour répondre aux nécessités de l'heure ? Et quelles furent les limites, à la fois pratiques et idéologiques, de ces usages ? Plus largement, on s'interroge sur les origines proprement sociolinguistiques des grands textes "théoriques" du moment (Barère) et sur la production, en courte et longue durée, des désignants (patois, gascon, langue vulgaire, provençal...) propres à caractériser et à articuler le rapport français/langue d'oc entre 1750 et 1850.

134.          Description de l'Égypte ou recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l'expédition de l'Armée française publié sous les ordres de Napoléon Bonaparte. Bibliothèque de l'Image, 1996, in-4° carré, 24-(439) pp, 419 planches hors texte, quelques-unes en couleurs, précédées d'une préface de Sydney H. Aufrère (24 pages paginées sur 2 colonnes), broché, couv. illustrée, bon état

            80

Les antiquités reproduites dans la “Description de l'Egypte” font l'objet de commentaires et de mémoires spécialisés, formant dix volumes de l'édition de 1822 et quatre volumes format grand aigle de l'édition impériale. Ce texte riche, écrit dans la langue du XVIIIe, est d'une grande utilité pour qui veut comprendre l'attitude scientifique de la fin du XVIIIe siècle. Il fourmille d'anecdotes, de notations pittoresques et d'un étonnant sens de l'observation.

135.          DUNAN (Marcel). Histoire intérieure du Directoire. CDU, 1953, in-4°, 158 pp, biblio, texte dactylographié, broché, mque le 2e plat sinon bon état (Les cours de Sorbonne)

            30

136.          ELISABETH de FRANCE (1764-1794). Correspondance de Madame Elisabeth de France, soeur de Louis XVI, publiée par F. Feuillet de Conches sur les originaux autographes et précédée d'une lettre de Mgr l'Archevêque de Paris. P., Henri Plon, 1868, in-8°, xxiv-468 pp, 4 fac-similés d’autographes hors texte, index, reliure demi-percaline verte à coins, dos lisse avec titres, fleuron et filets dorés, filets dorés sur les plat (rel. de l'époque), qqs rousseurs en début et fin de volume, manque le frontispice, bon état. Edition originale

            100

Première édition de cette correspondance rédigée par la soeur de Louis XVI pendant la Révolution. Arrêtée à Varennes avec la famille royale, puis emprisonnée avec Marie-Antoinette, elle fut guillotinée en mai 1794. Une correspondance principalement adressée à Mlle de Causans et à mesdames de Bombelles et de Raigecourt de 1778 au 12 octobre 1793. La marquise de Raigecourt et Marie de Causans, comtesse de Mauléon étaient les deuxième et troisième filles de la marquise de Causans, chargée par Louis XVI de prendre la haute surveillance de la maison de Madame Elisabeth en 1778 ; Mme de Bombelles était la fille de la baronne de Mackau, qui avait été sous-gouvernante des enfants de France.

137.          FAYON (Romuald). La Conquête de Marianne. Napoléon et la République (1769-1799). Les Indes savantes, 2016, gr. in-8°, 414 pp, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Cet ouvrage, issu d’un travail de recherche universitaire en Sorbonne, ne constitue pas une nouvelle biographie de Napoléon, ni même un nouveau panorama du bonapartisme ; il ne s’agit pas davantage de relater une nouvelle histoire de l'« idée républicaine » ou du « modèle » qui en résulte. Le présent livre vise à combler un vide sur les rapports complexes et ambigus de Bonaparte et de la République comme idéal philosophique et comme régime politique ; il est également destiné à mettre en exergue ce que cette relation incestueuse révèle de l’inconscient collectif hexagonal. Le rapport d’attraction-répulsion entretenu par Napoléon avec la République, de ses années d’apprentissage jusqu’à sa prise du pouvoir en Brumaire, exige d’analyser de manière lucide et critique, non seulement le républicanisme napoléonien (dans ses réflexions, discours et actes personnels ou politiques), mais également les ambiguïtés et mutations de l’idéal et du régime républicains. Ce qui suppose de déterminer les influences ayant contribué à forger son républicanisme, comme les ambivalences de la relation de Bonaparte à la République. Au final, et sans préjuger de ce que devient et fait par la suite le Premier Consul puis l’empereur, cette étude tente de répondre à cette question importante et récurrente : Napoléon est-il vraiment républicain ?

138.          LA JONQUIÈRE (Clément de). L'expédition d'Egypte, 1798-1801. P., Editions historiques Teissèdre, 2003, 6 vol. gr. in-8°, xiii-673, 632, 720, 688, 692 et xx-403-196-112 pp, 16 croquis dans le texte, tableaux, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Bicentenaire épopée impériale). Réimpression de l'édition originale de 1899-1907, tirée à 200 ex. numérotés seulement. Sans l'atlas

            300

Parmi les campagnes de la Révolution, l'expédition d'Egypte est à la fois l'une des plus populaires et des moins connues. Ainsi commence le monumental ouvrage du capitaine de La Jonquière. Publié sous les auspices de la Section Historique de l'Etat-Major de l'Armée en plus de 3.400 pages, il nous conte l'une des plus extraordinaires aventures de la période révolutionnaire. Nombreux sont les témoignages, plus ou moins fiables, des contemporains ; nombreux sont également les ouvrages qui étudient l'œuvre scientifique du "rêve oriental". Mais aucun n'égale, sur le plan militaire, l'ouvrage de La Jonquière. — Tome 1 : Ce premier volume analyse les préliminaires de l'expédition, depuis le projet de descente en Angleterre jusqu'à la mise en place du projet d'expédition lui-même. Il raconte ensuite les préparatifs : armements de Toulon et de Marseille, armements d'Italie et de Corse, Bonaparte à Toulon ; il nous donne un état précis de la composition de l'armée et de la flotte. La phase active débute par la prise de Malte, qui constitue la dernière partie de ce volume. – Tome 2 : Comme nous le rappelle Jacques Garnier dans sa préface (tome I), La Jonquière reste fidèle à la méthode de la Section Historique de l'Etat-Major de l'Armée initiée par le lieutenant général de Wault au XVIIIe siècle, qui peut se résumer par un principe : du document, rien que du document. La Jonquière a pour cela exploré les Archives Nationales, les archives de la marine, des affaires étrangères, des comités de l'artillerie et du génie et enfin, et surtout, les Archives historiques de la Guerre. Le tome second nous emmène de Malte à Alexandrie, puis long du Nil jusqu'au Caire. Le combat de Chobrakhyt (13 juillet 1798), la bataille des Pyramides (21 juillet), la bataille d'Aboukir, ses préliminaires et ses conséquences, y sont particulièrement développés. Pour cela sont reproduits de nombreux documents inédits : citons au premier chef les correspondances des généraux et de Bonaparte, les journaux de Belliard ou de Bertrand, les ordres du jour, le journal de Laugier (chef d'état-major du général Dugua), et les rapports de la flotte. – Tome 3 : L'ouvrage de Clément de La Jonquière est un modèle pour l'historien. Chaque affirmation est étayée par la publication des documents d'archives ; ainsi rien n'est laissé au hasard ni à la supposition personnelle, ce qui en fait, et le mot n'est pas exagéré, un ouvrage définitif. Ce troisième volume débute avec une période de calme pour l'armée française en cette fin d'année 1798. Les provinces égyptiennes sont pacifiées et seules subsistent quelques résistances locales qui donnent lieu à des échauffourées sans grande envergure. La paix est pourtant de courte durée car la Porte (Turquie actuelle) entre en guerre contre la France au mois de septembre ; en octobre, c'est l'insurrection du Caire ; en novembre et décembre, Desaix et Belliard, sur ordre de Bonaparte, s'avancent vers la Haute-Egypte. Pendant ce temps, le général en chef poursuit sa tâche d'organisation du Nord de l'Egypte et se rend à Suez. Au début de 1799, quelques combats (Samhoud, Benout, Bir-el-Bar...) montrent la fragilité des positions françaises. – Tome 4 : Les journaux et relations inédites publiés par La Jonquière chef de bataillon du génie, le journal de Doguereau (que La Jonquière publiera par la suite dans son intégralité), le journal du siège de Saint-Jean d'Acre ou encore le journal de Jacotin, ingénieur géographe en chef, sans oublier les innombrables lettres de Bonaparte, qui donnent une vision très sûre de la campagne de Syrie, du siège d'El-Arich à celui de Saint-Jean d'Acre en passant par la prise de Jaffa. Là-encore La Jonquière fait œuvre d'historien : comme le rappel de Jacques Garnier dans sa préface, "il essaie de démêler le vrai du faux à propos de la décision terrible de Jaffa" en publiant tous les documents. – Tome 5 : Avec ce cinquième volume se termine l'œuvre de Clément de La Jonquière, qui s'arrête au moment du retour de Bonaparte en France. Simultanément à la conquête de la Haute-Egypte par Desaix et aux opérations de Bonaparte en Palestine et en Syrie, des événements de moindre importance se passaient dans le delta du Nil. La révolte de l'émir Hadj (février-avril 1799) vient perturber la paix dans cette région ; lui succède l'insurrection d'El Mahdi, plus inquiétante encore. Autre épisode décrit dans ce tome, l'expédition de l'amiral Bruin qui parvint à convaincre le Directoire d'envoyer des renforts à l'armée d'Egypte. Enfin, le débarquement des Turcs à Aboukir (11 juillet 1799) devait permettre à Bonaparte de remporter sa plus belle victoire sur la terre des Pharaons. Le général en chef pouvait rentrer en France tout auréolé de sa dernière victoire. Pourtant la campagne d'Egypte n'était pas terminée : laissant le commandement à Kléber, le départ de Bonaparte fut diversement apprécié par des troupes qui devaient avoir peu d'avenir en Egypte. – Tome 6 : Il nous paraissait impossible de rééditer le monumental ouvrage de Clément de la Jonquière sans aller jusqu'à l'épilogue du "Rêve oriental". Mort prématurément, La Jonquière n'avait pu terminer son ouvrage. Georges Rigault consacra sa thèse à terminer, même s'il s'en défend, le travail du maître. L'ouvrage commence donc avec le départ de Bonaparte d'Egypte. Il revient sur le gouvernement de Kléber et étudie minutieusement celui de Menou. Il explique ensuite parfaitement la volonté du nouveau général en chef de faire de l'Egypte une colonie française. Rigault compléta son étude par la publication de l' "Inventaire des états de service des officiers de l'Armée d'Egypte" que nous reproduisons ici. Enfin, il nous a paru utile de joindre le premier travail du capitaine de la Grèverie sur le régiment des Dromadaires, création originale et pittoresque de Bonaparte.

139.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Le vrai chevalier de Maison-Rouge. A. D. J. Gonzze de Rougeville, 1761-1814. D'après des documents inédits. Perrin, 1903, pt in-8°, 327 pp, 3 gravures dont une en frontispice, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état

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A. D. J. Gonzze de Rougeville (1761-1814) et la conspiration de l'Œillet, qui avait pour but de faire évader Marie-Antoinette de la Conciergerie en 1793. La dernière tentative de faire évader la reine Marie-Antoinette de la Conciergerie... Paris, le 28 août 1793, au matin, le chevalier de Rougeville, accompagné de Michonis, administrateur des prisons, pénètre sous les voûtes sombres de la Conciergerie. Rougeville pousse la porte d’une geôle basse et humide et distingue dans la pénombre la silhouette si noble, si malheureuse de la reine Marie-Antoinette. Son cœur bat à tout rompre. Le chevalier lui montre d’un signe rapide l’œillet qu’il porte à la boutonnière, le détache et le jette derrière le poêle. L’œillet contient un billet : « Si vous avez besoin de 300 à 400 louis pour ce qui vous entoure, je vous les porterai vendredi prochain. » G. Lenôtre raconte d’une plume alerte l’étonnante histoire de ce chevalier de Saint Louis, baptisé par Alexandre Dumas « le chevalier de Maison-Rouge », resté envers et contre tout fidèle à sa reine et ce qu'il advint de lui après l'exécution de Marie-Antoinette. — "Quelque soit le sort réservé au vrai Chevalier de Maison-Rouge, remercions M. G. Lenôtre de nous l'avoir fait connaître, de nous avoir narré la vie de cet homme extraordinaire, qui dépensa des trésors d'intelligence pour mourir fusillé à la fleur de l'âge, et qui fut devenu peut-être un grand général, ou un grand ambassadeur si Napoléon eût daigné se servir de ses talents." (Adolphe Brisson, Annales politiques et littéraires, 1894)

140.          MARSEILLE (Jacques) et Dominique MARGAIRAZ. 1789 au jour le jour. Albin Michel, 1988, gr. in-8°, 255 pp, plus de 280 gravures de l'époque en noir dans le texte et en couleurs sur 16 planches hors texte, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Les événements, les faits divers et les divertissements d'une année extraordinaire. Avec en supplément : l'almanach gourmand, l'almanach mondain, le regard de l'étranger.

141.          MONTPENSIER (Louis-Antoine-Philippe d'Orléans, duc de). Mémoires de S.A.S. Louis-Antoine-Philippe d'Orléans, duc de Montpensier, prince du sang. Baudouin Frères, 1824, in-8°, xv-207 pp, un portrait gravé en frontispice, reliure demi-basane havane, dos lisse avec titre, fleurons et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), coiffe sup. lég. abîmée, qqs rousseurs éparses, C. de bibl., bon état (Coll. des mémoires relatifs à la Révolution française)

            100

"Fils cadet du duc d'Orléans, frère de Louis-Philippe, le duc de Montpensier raconte sa longue captivité à Marseille en compagnie du prince de Conti et de la duchesse de Bourbon. Son récit est très détaillé et donne à la fois une bonne peinture des moeurs révolutionnaires et une analyse politique des principaux événements du temps." (Fierro, 1070)

142.          [NOUGARET, Pierre Jean-Baptiste]. Anecdotes du règne de Louis XVI. – Anecdotes du temps de la Terreur. P., Hachette, 1863, 2 vol. in-12, 220 et 204 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-percaline havane, dos lisse avec titre (“Anecdotes du règne de Louis XVI et de la Terreur”) et double filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            80

"(...) Bien qu'il eût beaucoup écrit, Pierre Jean-Baptiste Nougaret (1742-1823) était loin d'être riche lorsque la Révolution éclata. Employé des bureaux de la Commune, puis chef du bureau de surveillance sous la Terreur, Nougaret sauva la vie à plusieurs suspects. Malheureusement, sa versatilité de principes le déconsidéra justement aux yeux de ses contemporains. On le vit successivement bafouer la Révolution après le 9 thermidor, chanter l'Empire et aduler la Restauration. Il composa pour les libraires de la capitale plus de cent volumes, dont la plus grande partie portent le titre commun de Beautés et d'Anecdotes..." (Larousse du XIXe siècle)

143.          OLIVIER (Gabriel). L'Affaire du Courrier de Lyon. Arthaud, 1966, in-8°, 315 pp, sources et biblio, broché, bon état

            25

"Le courrier de Lyon, parti de Paris le 8 Floréal an IV (27 avril 1796), avec un chargement exceptionnel de 7 millions d'assignats destinés à l'armée d'Italie, est attaqué vers la fin de l'après-midi du même jour, non loin de Lieusaint, en Seine-et-Marne. Le postillon et le courrier sont assassinés et la malle éventrée. L'enquête conduit vers un receleur parisien et vers les amis de celui-ci. Parmi eux, un certain Guénot, qui connaît Lesurques, et que Lesurques accompagnera au Palais de Justice lorsqu'il y sera convoqué. Les servantes de l'auberge de Montgeron, sur la route de Melun, qui avaient remarqué, le jour du crime, quatre cavaliers bruyants, mises alors en présence des suspects, les reconnaissent tous, y compris Lesurques... Désormais, la justice va vite. L'un des hommes, pourtant, ne cesse de protester de son innocence, c'est Lesurques, un Douaisien, qui vit – sans souci, semble-t-il – à Paris avec sa femme et ses trois enfants. Il a un alibi : il était ce jour-là chez un bijoutier, mais, malheureusement, l'alibi s'effondre, car le registre du bijoutier a été gratté. Lesurques pourtant ne cesse d'affirmer qu'on le confond avec un autre. La compagne de l'un des accusés, Couriol, lequel a reconnu son crime, aura beau confirmer à l'audience que « Lesurques est innocent » et qu'elle connaît celui pour qui il paie, « un dénommé Dubosc qui lui ressemble beaucoup ». En vain, Couriol lui-même tient le même langage. Lesurques et Couriol, ainsi qu'un nommé Bernard, sont ensemble condamnés à mort. Aussitôt, une campagne en révision s'ouvre. Le juge Daubenton a été frappé par les témoignages en faveur de Lesurques et l'attitude de celui-ci, en faveur de qui sa famille, par surcroît, multiplie les démarches les plus touchantes. Le Directoire ne veut pas remettre en cause, en ces temps troublés, l'autorité de la chose jugée. Seize tentatives de réhabilitation suivront, toujours sans effet. Il y a 170 ans que Lesurques a été guillotiné en place de Grève et l'affaire du « Courrier de Lyon » est restée le symbole de l'erreur judiciaire. Un comité s'est même, au début de 1967, formé pour tenter d'obtenir cette fois la révision définitive du procès. Parmi ses promoteurs figure Me Gabriel Olivier, avocat à la Cour d'Appel de Paris, et, comme historien, auteur du plus récent – et du meilleur – ouvrage sur la question, paru en 1966..." (Claude Bellanger, Revue du Nord, 1967)

144.          SOBOUL (Albert). La France à la veille de la Révolution. CDU, 1960-1964, 2 vol. in-4°, 139 et 137 pp, texte dactylographié, biblio, brochés, qqs marques au stylo en marges du tome I, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne)

            40

I. Aspects économiques et sociaux. II. Le mouvement des idées dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (fasc. 1, seul paru).

145.          VANDAL (Albert). L'Avènement de Bonaparte. Nelson, s.d. (1910), 2 vol. in-12, liv-486 et xxi-526 pp, introduction par Lord Rosebery, 2 gravures en frontispices, reliures demi-chagrin fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces de titre basane chocolat, fleurons et tomaisons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

Tome I : La Genèse du Consulat, Brumaire ; Tome II : La Constitution de l'an VIII, la République consulaire, 1800. — « depuis la chute de Robespierre jusqu’à l’avènement de Bonaparte, un fait domine l’histoire politique de la Révolution : l’effort des révolutionnaires nantis, en possession des places et de l’influence, pour se maintenir au pouvoir, pour s’y perpétuer obstinément, malgré et contre la nation. » Importante étude analysant « comment Bonaparte s’empara du pouvoir, dans la France révolutionnée, et comment, affranchissant les Français de la tyrannie jacobine sans les courber encore sous la lourdeur de son despotisme, il posa les premières bases de la réconciliation et de la reconstitution nationales. » A noter une analyse remarquable de la constitution de l'an VIII au premier volume. Professeur à l’Ecole des Sciences politiques et membre de l’Académie française, Vandal se place au premier rang des historiens français. — "Lord Rosebery ne fait qu'exprimer l'opinion des juges les plus compétents, quand il appelle M. Vandal « le plus illustre historien de notre temps ». Ce qui est extraordinaire, c'est que le grand public dès l'apparition des livres de M. Vandal a confirmé le jugement d'une élite. Malgré le prix onéreux de l'ouvrage, seize éditions de “L'Avènement de Bonaparte” ont été enlevées en quelques années. En paraissant dans la « Collection Nelson », ce chef-d'oeuvre, qui raconte Napoléon au moment le plus critique de sa carrière et qui décrit la France pendant la période la plus radieuse et la plus féconde de son histoire, sera désormais accessible à tous... Il est peut-être inutile de dire combien l'Introduction de Lord Rosebery, qui a été écrite spécialement pour notre édition, ajoute au prix de la publication. Par la personnalité de l'illustre homme d'état, autant que par l'intérêt palpitant du sujet, cette Introduction sera un événement littéraire." (L'éditeur)

PREMIER EMPIRE

 

146.          FLEISCHMAN (Théo). L'Épopée impériale racontée par la Grande Armée. Présentée par Théo Fleischman. Perrin, 1964, in-8°, 525 pp, 14 pl. de gravures hors texte, cartes, reliure skivertex éditeur, rhodoïd, bon état

            40

Extraits de mémoires sur les campagnes de la Grande Armée, de 1805 (Autriche) à 1815 (Waterloo). Les pages 441 à 524 contiennent les Souvenirs INÉDITS du caporal Martial-Joseph Delroeux (camp de Boulogne, Baylen, Cabrera – 85 pages) (Tulard, 416).

147.          GOLDSMITH (Lewis). Histoire secrète du cabinet de Napoléon Buonaparté et de la Cour de Saint-Cloud. Seconde édition. Londres, Imprimerie de T. Harper le Jeune et P., chez les Marchands de Nouveautés, 1814, 2 vol. in-8°, 275 et 213 pp, les 2 tomes reliés en un volume demi-basane naturelle, dos lisse à filets et fleurons dorés, pièce de titre et de tomaison basane rouge (rel. de l'époque), dos frotté, coiffe sup. manquante, mors fendus en tête, coins émoussés, état correct

            100

Très violent pamphlet, absolument dégoutant, injurieux et scandaleux (mais assez amusant), publié à Londres en français à la veille des Cent-Jours et dirigé contre Napoléon, sa famille, son entourage et les institutions de l'Empire. Lewis Goldsmith (1780-1846), condamné en Angleterre en 1803, était venu se réfugier en France où, accueilli par Fouché, il vécut comme espion anti-britannique à la solde du gouvernement français. Ayant commis des indiscrétions, il fut renvoyé. En 1809, il retourna dans son Albion natale, où d'ailleurs il continua d'agir crapuleusement. Personne n'est épargné dans ce volume, la famille Bonaparte, les ministres, les généraux, toutes les personnalités du temps sont trainées dans la boue : secrets d'alcove, ragots, etc.

148.          HAUTERIVE (Ernest d'). Sainte-Hélène au temps de Napoléon et aujourd'hui. Calmann-Lévy, 1933, pt in-8°, ii-213 pp, 4 pl. de gravures (dont une sur double page), un plan sur double page, une carte dépliante hors texte, broché, bon état

            25

"Ce volume, trés opportunément illustré, est né d’un voyage que M. d’Hauterive fit à Sainte-Héléne en 1928, et au cours duquel il étudia avec minutie et avec piété ce qui reste de la maison de Longwood. La description de cette île tragique et de la pauvre demeure de l‘Empereur, l’évocation de sa vie quotidienne sous l'implacable et toujours inquiéte surveillance de l'Angleterre nous permettent de mieux comprendre les années de captivité de Napoléon. Nous devons remercier hautement M. d’Hauterive de les avoir fait revivre en des pages où la documentation la plus authentique s'allie à la sobriété du récit et à l'émotion contenue." (Revue des études historiques, 1933)

149.          HEROLD (Christopher). Un historien américain analyse le monde à L'Heure de Napoléon. Perrin, 1969, in-8°, 435 pp, traduit de l'anglais (“The Age of Napoleon”), 25 gravures sur 16 pl. hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Ce livre est le premier et le seul qui ait pour dessein la description du monde à l'heure de Napoléon. Bien plus qu'une biographie c'est un portrait du monde napoléonien, sous tous ses aspects politique, culturel, militaire, commercial et social. L'envergure des événements, les silhouettes, hautes en couleurs, qui, fidèles ou opposantes, sont légion dans le sillage de Napoléon : nous retrouvons tout ceci dans le récit historique si vivant de Christopher Herold. C'est un guide admirable pour une époque fascinante qui laissa une durable empreinte sur la France, le Continent, et même les lointaines Amériques...

150.          HOUSSAYE (Henry). 1815. La première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent Jours. Perrin, 1896, in-12, ii-636 pp, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état, exemplaire très bien relié

            50

L'auteur a publié par la suite un second volume sur Waterloo et un troisième sur la Seconde abdication et la Terreur blanche. — "Dans ce livre, qui est moins un chapitre de la vie de l'Empereur que l'histoire de la France pendant une année tragique, j'ai cherché à peindre les sentiments des Français de 1815 et à marquer leur action sur les événements. Napoléon, Louis XVIII, Talleyrand, Fouché, Ney, Davout, Carnot, restent au premier plan, mais non loin d'eux on voit les paysans, les bourgeois, les ouvriers, les soldats... J'ai tenté d'exprimer les idées et les passions de cette époque troublée avec le langage du temps. Quand je dis des mousquetaires les soldats d'antichambre, des vendéens les brigands et des prêtres les calotins, je parle comme les officiers à la demi-solde et les maçons du quai de Gêvres. Quand j'appelle Napoléon l'usurpateur ou l'aventurier Corse, les maréchaux de l'empire les va-nu-pieds et les conventionnels, les assassins ou les buveurs de sang, je parle comme les amis du comte d'Artois. De même, j'ai reproduit dans toute leur atrocité les propos sanguinaires des fédérés bonapartistes contre les nobles et les monstrueuses menaces de répression proférées à Grand et à Londres par les émigrés. L'historien ne doit pas seulement raconter les événements, il doit aussi, selon le mot de Saint-Marc-Girardin, « faire revivre les passions qu'on n'a plus »." (Extrait de la Préface) Le “1815” de Henry Houssaye est un ouvrage inouï où l'on suit, au jour le jour, parfois même d'heure en heure, le déroulement haletant des événements. Par son style alerte, sa précision éclairante du détail, sa minutie, son souffle dans l'évocation, sa documentation faramineuse et toujours édifiante, “1815” (dont voici le premier volume) donne la fascinante impression de remonter deux siècles de temps et d'être immergé au cour de l'Histoire aux instants décisifs et précis durant lesquels elle se déroule le plus intensément. C'est certainement un des plus brillants, des plus complets et des plus compréhensibles ouvrages sur la chute du Premier Empire. Henry Houssaye, né à Paris (1848-1911), est un historien initialement spécialisé dans la Grèce antique ; après la guerre de 1870 (à laquelle il participe brillamment comme officier), il se consacre totalement à l'histoire militaire de Napoléon Ier et publie sur le sujet deux monumentaux ouvrages définitifs : “1814” (en 1888) (près d'une centaine d'éditions !), et “1815”, (en trois volumes). Il est élu à l'Académie française en 1894.

151.          HOUSSAYE (Henry). 1815. Waterloo. Perrin, 1899, in-12, 512 pp, 3 cartes et un fac-similé dépliants hors texte, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état, exemplaire très bien relié

            50

152.          LABORDE (Alexandre de). Itinéraire descriptif de l'Espagne, et tableau élémentaire des différentes branches de l'administration et de l'industrie de ce royaume. P., Nicolle et Le Normant, 1809, 6 vol. in-8°, clx-386, 244, 283, 511, xxxviii-552-498 et 7 pp, seconde édition, un tableau dépliant hors texte (chronologie des rois d'Espagne) dans le tome I, 30 cartes dépliantes montées sur onglet dans l'atlas, reliures plein veau raciné, dos lisses avec caissons ornés et fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison basane rouge et verte, coupes filetées, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), coiffes inf. arasée et mors recollés au tome 5, coiffe sup. arasée et un mors fendu à l'atlas, rousseurs en début et fin de volume des tomes 1 à 4, sinon bon état. Bien complet des 29 cartes de l'atlas (la dernière carte est issue de l'Histoire romaine de M. Rollin)

            650

Ce célèbre voyage entrepris par l’archéologue et homme politique Alexandre de Laborde (1773-1842) entre 1796 et 1806, lorsqu’il accompagna Lucien Bonaparte dans son ambassade auprès de Charles IV, compte parmi les descriptions anciennes les plus complètes de l’Espagne. Une première version maniable sera publiée dès 1809, sous le titre “Itinéraire descriptif de l’Espagne”, en 5 volumes in-8 et un atlas, juste après l'invasion napoléonienne en 1808. Basée sur une conception encyclopédique, à la fois scientifique, historique et artistique, cette version pratique a révolutionné le genre de la littérature de voyages. — « L’ouvrage le plus complet et précis publié jusqu’alors sur l’Espagne » (Milliard)

153.          LASSERRE (Bertrand). Les Cent-Jours en Vendée. Le général Lamarque et l'insurrection royaliste, d'après les papiers inédits du général Lamarque. Plon, 1906, in-12, iii-417 pp, index, reliure demi-basane acajou, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            50

Chargé par Napoléon de réprimer la résistance royaliste de la Vendée, Maximilien Lamarque agit avec autant de modération que de fermeté et de capacité militaire. Il eut la prudence et le patriotisme de se montrer humain. Il termina la pacification du pays par une victoire à la Roche-Servière, et obtint la soumission de Sapinaud, le chef principal des Vendéens.

154.          OBLIN (Mireille). Le vrai visage de Marie-Louise, impératrice des Français, duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Carrefour des Lettres, 1974, in-8°, 212 pp, 28 portraits, gravures et fac-similés, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Prix d’histoire Durchon-Louvet de l'Académie française 1975)

            20

155.          STURMER (Bartholomée). Napoléon à Sainte-Hélène. Rapports officiels du baron Stürmer, Commissaire du gouvernement autrichien. [Publiés par] Jacques St Cère et H. Schlitter. P., Librairie Illustrée, s.d. (1887), in-12, xxxix-293 pp, étiquette de relais de la Librairie Henry Du Parc sur la page de titre, pièces justificatives, reliure demi-basane carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

            120

"Ce diplomate autrichien représenta son pays comme commissaire chargé de la surveillance de Napoléon à Sainte-Hélène, où il resta de 1816 à 1818. Malgré le titre, cette relation a bien un caractère personnel". (Tulard, 1382) — "Les documents contenus dans ce volume ont été publiés à Vienne par M. H. Schlitter avec l'autorisation du gouvernement autrichien. Ils se trouvent dans les archives secrètes de la cour de Vienne qui contiennent tant de documents historiques de la plus haute importance (...) c'est la première fois que l'on publie les rapports d'un des commissaires envoyés par les alliés à Sainte-Hélène. On y trouvera plus d'un document humain qui sera à ajouter au grand dossier que forment depuis plus d'un demi-siècle les admirateurs et les détracteurs de Napoléon Ier et on y verra la confirmation éclatante et probante de la légende qui s'est formée autour du nom de sir Hudson Lowe. M. le baron de Stürmer était pour ainsi dire désintéressé dans le drame qui se déroulait devant ses yeux, le récit qu'il fait peut être considéré comme l'histoire définitive de la vie de Napoléon à Sainte-Hélène." (Jacques St Cère, avant-propos)

156.          TABEUR (Jean). Le général Drouot. Fils de boulanger ! Aide de camp de l'Empereur. P., Editions historiques Teissèdre, 2004, gr. in-8°, 323 pp, préface par Jean Tulard, un portrait en frontispice, une gravure, 5 fac-similés, 3 cartes et plans, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. du Bicentenaire de l'épopée impériale)

            25

Né à la fin du règne de Louis XV, le général Drouot meurt un an à peine avant le début de la seconde République. Quelle extraordinaire destinée pour ce fils de boulanger devenu aide de camp de Napoléon, gouverneur de l'île d'Elbe, aide-major général de l'armée à Waterloo ! Dans la gloire ou la défaite, Drouot conserve à l'Empereur une fidélité indéfectible. Qu'on ne s'y trompe pas, Drouot serait resté inconnu des historiens si, après une quinzaine d'années au service de son arme, l'artillerie, il n'avait été remarqué par un autre artilleur, celui qui allait le surnommer "le Sage de la Grande Armée". C'est à Wagram en effet, répondant aux ordres de Napoléon, qu'il se fait reconnaître par tous, amis ou ennemis, comme étant dans la lignée des grands officiers d'artillerie. Sur un front de quinze cents mètres, il entraîne une batterie de cent deux pièces à la manière d'une charge de cavalerie, foudroie les rangs autrichiens et ouvre une brèche aux cuirassiers de Nansouty, assurant ainsi le succès final. Sans être cité dans le Bulletin de la victoire, l'Empereur ne l'oubliera pas dans les jours qui vont suivre. A la valeur militaire, il faut ajouter ses qualités d'intégrité et de fidélité dont il ne s'est jamais départi. Refusant de se laisser corrompre quand il était inspecteur des manufactures d'armes, droit et ferme lors de son procès à la seconde Restauration, il refuse les honneurs que lui offre ce nouveau régime, ainsi que ceux qu'il aurait pu obtenir en acceptant d'être le précepteur des Princes ; l'un était le fils de la reine Hortense, l'autre celui du duc d'Orléans ! Au crépuscule de sa vie, ne pouvant presque plus marcher, atteint de cécité totale, il repousse l'idée de vivre en reclus et consacre une partie de son temps à l'étude et aux travaux d'intérêt public. Les revenus qu'il reçoit des bienfaits de l'Empereur et de sa pension, il les partage avec les plus humbles, ne gardant pour lui que le nécessaire. Quand en 1840, il apprend qu'une expédition part pour Sainte-Hélène afin d'y ramener les cendres de son bienfaiteur, ses yeux fermés à la lumière se mouillent de larmes, résumant par cette émotion la grande affection qu'il portait à Napoléon.

157.          WILLETTE (Luc). Le Maréchal Lannes. Un d'Artagnan sous l'Empire. Perrin, 1979, in-8°, 251 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, état correct

            25

Fils de paysans, il devint maréchal d'Empire. Républicain dans l'âme, il reçut le titre de duc de Montebello. Meilleur général de Napoléon, il fut son seul ami.

158.          ZELLER (André). Soldats perdus. Des armées de Napoléon aux garnisons de Louis XVIII. Perrin, 1977, fort in-8°, 414 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            30

Sur la période de 1814 à 1823 qui suit immédiatement les guerres de l'Empire. — Table : Après 22 ans de guerre. Le Général Dupont, bouc émissaire. Le Maréchal Soult ou l'ordre moral. Les Cent-Jours et Davout l'inflexible. Gouvion-Saint-Cyr, l'homme du moment. Clarke et l'épuration. Le Maréchal Gouvion-Saint-Cyr et l'armée du siècle. Latour-Maubourg ou l'héritier malheureux. L'état militaire. Les anciens militaires. Victor et les complots. L'expédition d'Espagne. D'un siècle à l'autre. Annexes.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

159.          ARSAC (Joanni d'). Les Frères des Écoles chrétiennes pendant la guerre de 1870-1871. P., F. Curot, 1872, gr. in-8°, xvi-556 pp, 16 gravures hors texte par Paul Philippoteaux, Janet-Lange, Charles-Camille Chazal, Darjoy, Jean-André Rixens, reliure demi-chagrin vert empire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et caissons dorés, tranches dorées (rel. de l'époque), coins lég. émoussés, qqs rares rousseurs, bon état

            70

L'auteur fait l’éloge du dévouement des Frères des Écoles chrétiennes et de leur courage pendant la guerre, en province comme à Paris. Nombreux témoignages très précis sur les opérations militaires et les services d'ambulance, l'état de santé des soldats atteints de fièvres parfois sans avoir même assisté aux combats, comme la variole, reproduction de lettres de militaires, le dernier chapitre concerne la Commune : « Les Frères des Écoles chrétiennes se sont vus récompensés de leur zèle et de leur dévoûment par la plus odieuse et la plus stupide des persécutions. Chassés des écoles où ils consacraient leurs forces, leur intelligence et leur coeur à l’éducation de la jeunesse, emprisonnés sous la Commune, ils ont tout enduré...»

160.          BAINVILLE (Jacques). La Troisième République, 1870-1935. Fayard, 1935, in-12, 317 pp, reliure demi-basane acajou, dos à 4 faux-nerfs soulignés à froid, pièces de titre et d'auteur basane noire (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale sur papier alfa classique des Papeteries Navarre

            35

"Qu'est-ce que l'histoire, sinon une grande école et un répertoire d'expériences." — "M. Jacques Bainville a écrit non pas l'histoire de la Troisième République, encore moins l'histoire de la France sous la Troisième République, mais un « discours » sur l'histoire du régime républicain depuis 1870. De son « récit explicatif », il écarte les mouvements littéraire, artistique, scientifique, économique, religieux. Il ne s'occupe que de la politique, c'est-à-dire de l'écorce du régime. La politique de la Troisième République, confuse et molle, passe pour ennuyeuse. Mais, avec la pureté d'un style élégant et lucide, avec une ironie glacée, avec le don des formules pittoresques, M. Bainville écarte d'autant mieux l'ennui qu'il n'hésite pas à simplifier formidablement les problèmes les plus complexes. Il veut montrer que la République, ayant commis toutes les fautes possibles, a échappé aux catastrophes par une chance extraordinaire. Il rappelle comment, fondée par des monarchistes, elle n'a cessé d'être accompagnée par la bonne fortune. Il met en relief la sûreté avec laquelle elle a su réagir contre les dangers, grâce à la solidité de sa constitution quasi orléaniste. C'est faire l'éloge de la République que de pouvoir dire de ce régime qu'il cessait d'être républicain quand il lui fallait « tempérer le venin » des principes démocratiques. Les dernières pages annoncent avec Tite-Live qu'on en est à ces temps qui ne peuvent souffrir ni les maux ni leurs remèdes. Le constant bonheur dont aurait bénéficié le régime, grâce à une succession de chances paradoxales, se serait évanoui depuis l'affaire Stavisky. L'avenir dira si le 6 février 1934 marque vraiment une telle date dans les destinées de la Troisième République. M. Bainville est peut- être enclin à grossir l'importance des scandales politico-financiers. Le chapitre sur « Panama » est le plus long du livre ; mais l'auteur reconnaît que l'affaire de Panama, qui ne souleva pas la rue, ne causa pas de dommage au régime et que la seule conséquence en fut un rajeunissement du personnel politique. M. Bainville retrace l'action des hommes marquants de ce personnel politique. Dans l'ensemble, il les peint sans bienveillance particulière, mais sans férocité. Parfois, il est assez difficile d'être d'accord avec lui, par exemple quand il découvre en Gambetta quelque affinité avec Mussolini." (Maurice Baumont, Revue historique, 1935)

161.          BARRAL-MONTFERRAT (Marquis de). De Monroë à Roosevelt, 1823-1905. Plon, 1905, in-12, xv-356 pp, préface du comte d'Haussonville, broché, bon état (Prix Montyon de l’Académie française 1906)

            30

Les évolutions successives de la politique étrangère des Etats-Unis de 1823 à 1905. — "Dans son ouvrage De Monroë à Roosevelt, M. le marquis de Barral-Montferrat vient d'esquisser l'évolution de la politique étrangère des Etats-Unis depuis le jour où elle s'affirma dans la célèbre formule de Monroë jusqu'aux derniers événements contemporains. Il a montré comment, de défensive qu'elle était à l'origine, cette politique est devenue de plus en plus envahissante et agressive, intervenant par la diplomatie ou par les armes, d'abord dans les affaires de l'Amérique centrale (annexion du Texas, du Nouveau-Mexique, question des canaux interocéaniques, conquête de Cuba, etc.), puis étendant dans l'Océan Pacifique et jusqu'en Extrême-Orient son expansion grandissante. Les discours et messages du dernier Président de l'Union dont l'auteur reproduit d'abondants extraits, ont précisé les ambitions de cet impérialisme qui a fait de l'Amérique moderne un des facteurs les plus puissants et les plus inquiétants de la politique mondiale. Seulement il ne faudrait pas d'après ses paroles transformer M. Roosevelt en une manière de mystique et de prophète conquérant : on doit faire la part de la rhétorique anglo-saxonne. L'étude de M. de B. présentera à ses lecteurs un exposé succinct et net de l'histoire extérieure des Etats-Unis et des transformations qu'a subies au cours de cette évolution la mentalité américaine." (L. R., Revue critique d'histoire et de littérature, 1906) — "On peut suivre les progrès de l'appétit américain dans le livre éloquent du marquis de Barral-Montferrat, “De Monroe à Roosevelt”." (Charles Maurras, Kiel et Tanger, 1913) — "Pas de conception humanitaire prématurée, mais de l'unité et un patriotisme ardent, mais une force navale immense pour faire respecter dans les deux Amériques la doctrine de Monroe, et aussi, peut-on ajouter, pour l'amplifier. En effet, dans sa passion pour sa terre natale, Roosevelt a dépassé les principes purement défensifs de 1823 qui établissaient un mur entre les deux Amériques et la vieille Europe. Il ne se confine pas dans ce particularisme : de temps à autre il pratique à la muraille quelques brèches plus ou moins énormes ; il inaugure la politique mondiale, intervenant dans les démêlés de la Russie avec les juifs, dans la question marocaine, et réunissant pour l'heureuse paix la Russie et le Japon. On peut lire sur ce point le livre de M. le marquis de Barral-Montferrat qui paraît le jour même où j'écris cet article." (E. Ledrain, L'Illustration, 1905)

162.          BAUDICOUR (Louis de). La France au Liban. P., Dentu et Challamel aîné, 1879, in-12, 358 pp, broché, état correct, envoi a.s. sur le 1er plat de couv.

            50

Ouvrage sur le conflit opposant les chrétiens d'Orient (Maronites) aux musulmans (Druses) du Liban en 1860. Louis de Baudicour était le président d'une "Compagnie d'Afrique et d'Orient", dont le but était de « seconder la colonisation des Chrétiens ». Son idée était de favoriser l'immigration des maronites en Algérie.

163.          BERNARDY (Françoise de). Flahaut (1785-1870), fils de Talleyrand, père de Morny. Perrin, 1974, in-8°, 384 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, rhodoïd, bon état

            25

"Mlle de Bernardy, qui a soutenu en Sorbonne une thèse érudite sur Walewski, nous donne une biographie de Flahaut. Fils de Talleyrand, amant de la reine Hortense et père de Morny, ce dernier avait déjà piqué la curiosité de nombreux auteurs. Mais (la bibliographie de l'ouvrage en témoigne), depuis le livre déjà ancien de Frédéric Masson, Flahaut n'avait tenté aucun biographe. Voici donc une lacune comblée. (...) Indulgente à Flahaut, comme le furent toujours les dames, Mlle de Bernardy a récrit avec finesse et vérité le roman de ses amours complexes. Son intuition l'a guidée avec bonheur au milieu des témoignages opposés. Elle nous restitue un portrait en demi-teintes, où la critique et la sympathie s'équilibrent avec beaucoup d'agrément." (Louis Girard, Revue historique)

164.          BILLOT (Albert). La France et l'Italie. Histoire des années troubles, 1881-1899. Tome second. Plon, 1905, 2 vol. in-8°, 489 et 464 pp, broché, dos recollé, C. de bibl., état correct. Rare

            30

Tome 2 seul (sur 2), par l'ancien ambassadeur de France à Rome. — "M. A. Billot, directeur politique au quai d'Orsay pendant le ministère de Jules Ferry, ambassadeur à Lisbonne de 1886 à 1890, fut appelé par Spuller, le 8 mars 1890, à l'ambassade de Rome. Il la dirigea jusqu'en février 1898. (...) M. B. n'a pas étudié seulement les relations des deux pays, mais tous les événements qui, pendant les années troubles, ont pu avoir une influence sur ces relations. (...) La politique intérieure de l'Italie, le régime crispinien, les débats des Chambres italiennes y occupent une place considérable. Toute l'entreprise d'Abyssinie y est retracée depuis l'établissement des Italiens à Massouah, en janvier 1885, jusqu'au désastre d'Adua du 1er mars 1896, et au traité de paix avec Ménélik du 26 octobre 1897. (...) Les deux tiers du second volume sont consacrés à la guerre d'Abyssinie, qui, en entraînant la chute du régime crispinien, rendit l'entente possible, à la négociation et à l'analyse des conventions, et à la politique concertée de la France et de l'Italie pendant les affaires de Crète." (P. Muret, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1906)

165.          BILLOT (Frédéric). Les Alliances de la France. Bruxelles, Imp. de A. Labroue, 1853, pt in-8°, 264 pp, broché, couv. lég. salie, état correct

            25

166.          BLONDEL (Maurice). Carnets intimes (1883-1894). Editions du Cerf, 1961, in-8°, 558 pp, un portrait en frontispice et 4 pl. hors texte, broché, couv. lég. salie, état correct

            25

"Pour commémorer le centenaire de la naissance de Maurice Blondel, ses héritiers viennent de publier un document capital : la première partie des “Carnets intimes”, qui couvre la période où Blondel préparait sa thèse sur “l'Action. Essai d'une critique de la vie et d'une science de la pratique” (1893) et où il en recevait les premières résonnances. Ce qui distingue les “Carnets” de Blondel des autres journaux soit philosophiques soit spirituels, c'est que nous y assistons en même temps à l'évolution d'une vie spirituelle et à l'élaboration d'une thèse de philosophie et que ces deux thèmes n'y sont ni juxtaposés ni superposés, mais qu'ils se compénètrent et se conditionnent mutuellement..." (Peter Henrici, Gregorianum, Vol. 43, No. 4, 1962) — "Les notes intimes d'un écrivain présentent l'envers de son œuvre, ou mieux la « face interne » de sa pensée ; en les lisant après cette œuvre même, on a l'impression de passer du for externe au for interne, du public au privé. On découvre donc ici le regard que Blondel portait sur son œuvre en croissance et en voie d'achèvement, les motivations, débats intérieurs, souffrances et joies qui rythmèrent en profondeur l'accomplissement de son grand dessein. Chez ce philosophe la pensée était action, l'action perpétuelle mise en gage de soi-même : la découverte de son âme ne peut manquer non seulement d'intéresser, mais d'émouvoir." (Maurice Nédoncelle, Revue des Sciences religieuses)

167.          BOIGNE (Eléonore Adèle d'Osmond, comtesse de). Mémoires de la comtesse de Boigne, née d'Osmond. Edition présentée et annotée par J.-C. Berchet. Mercure de France, 1971, 2 vol. in-8°, 541 et 510 pp, notes, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            40

Tome I : Du règne de Louis XVI à 1820 ; Tome II : De 1820 à 1848. — Couvrant près de soixante-dix-ans du siècle le plus agité de notre histoire, les Mémoires de la comtesse de Boigne, qui a rencontré et fréquenté tous les grands acteurs de cette succession de drames et de révolutions, sont justement célèbres. Document irremplaçable sur toute la période qui va des dernières années de l'Ancien Régime à la Révolution de 1848, c'est aussi l'œuvre d'un extraordinaire psychologue, impitoyablement lucide, qui démonte les rouages de cette société qu'elle a si bien observée. On comprend, l'enthousiasme de Proust pour ces Mémoires dont il s'inspira directement, car ils se lisent d'un trait avec autant de plaisir que de profit.

168.          BOILET (Georges Edouard). La doctrine sociale de Napoléon III. Réalisations nationales et internationales. P., Tequi, 1969, gr. in-8°, 126 pp, préface de Gabriel de La Varende, documents en annexes, fac-similés, broché, couv. illustrée, qqs marques au crayon en marges, état correct

            20

"L'auteur de ce petit volume, éminent juriste, établit par des faits et par des textes l'originalité et la valeur de la pensée intelligente et généreuse de Napoléon III vis-à-vis des problèmes sociaux que le développement rapide et subit de l'industrialisation posait particulièrement en France. Sous bien des rapports, la pensée de l'empereur a été contrariée par son entourage, l'opinion publique. Bien souvent aussi sa pensée devançait son temps et devait être présentée par ses adversaires comme vague et utopique. On ne saurait trop recommander la lecture approfondie de cet ouvrage précis et clair, mais si important qu'il aurait mérité une plus ample exposition." (J. M., Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1971)

169.          BONIN (Hubert). Bordeaux, grand port industriel au XIXe siècle (des années 1800 aux années 1880). Les Indes savantes, 2017, gr. in-8°, 349 pp, 115 illustrations et photos en noir et en couleurs, 25 tableaux, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Jusqu'à présent, on connaît de Bordeaux essentiellement la vie de son port, de ses négociants, de son Pavé des Chartrons, riche des grandes dynasties bourgeoises à cheval sur l'armement maritime, le négoce, le vin, le rhum des Antilles. Or cette cité-port a été aussi un pôle industriel, sans pour autant animer une région industrielle comme les grands ensembles français. Un système productif s'y est bel et bien constitué pendant la première révolution industrielle, en étroite liaison avec la vie du port, bien entendu. II s'agit donc ici de jauger l'épaisseur de ce terreau industriel girondin ; d'apprécier comment des « jeunes pousses » y ont éclos, portées par l'importation de technologies ou enrichies d'innovations locales ; de mesurer les rythmes de croissance des différentes branches d'activité. Certes, la consommation des classes aisées a structuré une demande pour des productions spécifiques ; et les outre-mers, coloniaux ou non, ont alimenté plusieurs secteurs représentatifs de cette économie ouverte aux flux atlantiques. Mais des industries semi-lourdes y ont animé le souffle de l'investissement, dans les chantiers navals, dans la métallurgie, dans la mécanique. Ici aussi, la machine à vapeur est devenue la reine de l'expansion ! Et l'agglomération s'est hérissée de cheminées, tandis que les usines se tapissaient dans le tissu des rues traditionnelles, avant de glisser vers des pôles à la périphérie. Grâce à des archives publiques inédites, à une mobilisation des publications des historiens et des érudits passionnés d'industrie, l'ouvrage bouleverse la perception de l'histoire économique et patrimoniale de Bordeaux. Chaque chapitre, enfin, est enrichi d'un corpus d'illustrations.

170.          BOPPE (Roger). L'Homme et la guerre. Le docteur Louis Appia et les débuts de la Croix-Rouge. Genève, J. Muhlethaler, 1959, in-8°, 235 pp, un portrait en frontispice et une gravure dans le texte, chronologie, sources, broché, bon état

            30

Louis Appia (1818-1898) est un chirurgien suisse qui s'illustra particulièrement dans la médecine militaire. En 1863, il est prié d'examiner au sein du « Comité des cinq » les idées de Henri Dunant quant à la fondation de sociétés de volontaires pour venir en aide aux blessés de guerre et la réalisation de celles-ci. Ainsi, il est l'un des cinq membres fondateurs, au cours de la même année, du Comité international de secours aux militaires blessés qui devient en 1876 le Comité international de la Croix-Rouge. En octobre de la même année, Appia propose que tout le personnel volontaire travaillant sur les champs de bataille porte des brassards blancs afin de se distinguer. Le général Guillaume-Henri Dufour, membre fondateur comme Appia du comité, complète plus tard cette idée en y ajoutant une croix rouge. Ainsi, la croix rouge sur fond blanc, renversement du drapeau suisse, devient le symbole de la Croix-Rouge internationale.

171.          BRÉTON (Geneviève). Journal 1867-1871. Ramsay, 1985, gr. in-8°, 268 pp, préface de Flora Groult, un portrait, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Le témoignage d'une jeune bourgeoise éclairée et cultivée sur l'agonie du Second Empire et le soulèvement de la Commune, mais aussi ses sentiments à l'occasion d'une idylle très romantique avec le peintre Henri Regnault. — Le père de Geneviève Bréton (1849-1918), Louis Bréton, est le bras droit de Louis Hachette et sa mère, Zéline Auzat, n'est autre que la belle-fille du grand éditeur. En 1867, Geneviève a 18 ans et commence un journal intime qu'elle tiendra toute sa vie. Ce document, riche en anecdotes, nous fait entrer dans l'intimité d'une famille de la bourgeoisie intellectuelle de l'époque. Mais il retrace surtout l'histoire d'amour tragique de Geneviève avec un peintre de grand talent, disparu trop tôt, Henri Regnault. Ils se rencontrent en 1867 en Italie où Henri séjourne après avoir remporté le prix de Rome. Débute alors une relation romantique entre les deux jeunes gens qui finira brutalement pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871 au cours de laquelle Henri Regnault, engagé dans l'armée, trouvera la mort à lâge de 28 ans...

172.          BRUHAT (Jean), Jean DAUTRY et Emile TERSEN (dir.). La Commune de 1871. Editions Sociales, 1960, in-4°, 435 pp, plus de 400 documents, gravures et photos, chronologie, notes biographiques, index, reliure pleine toile écrue de l'éditeur, titres en rouge au 1er plat et au dos, sans la jaquette, bon état

            45

Ecrit avec la collaboration de Pierre Angrand, Jean Bouvier, Henri Dubief, Jeanne Gaillard et Claude Perrot. — "... l'histoire n'est pas biaisée, et les nombreux documents d'archives et l'iconographie importante et choisie, ainsi que la copieuse bibliographie, en font un instrument de travail très précieux." (Le Quillec, 707) — "Une somme." (Michel Winock, Le Socialisme en France et en Europe) — "Fondamental, mais un peu trop soucieux, à mon sens, d’annexer la Commune au marxisme." (Henri Guillemin)

173.          BRUHAT (Jean). Eugène Varlin. Militant ouvrier, révolutionnaire et Communard. Livre Club Diderot, 1975, in-8°, 281 pp, 16 pl. de gravures et documents hors texte, biblio, index, reliure simili-cuir bleu-nuit de l'éditeur, bon état (Coll. Précurseurs)

            25

"... Il faut remercier Jean Bruhat de nous avoir donné ce volume ardent et sobre, nourri de sa connaissance personnelle du mouvement ouvrier au XIXe siècle et de sa pratique du mouvement ouvrier contemporain. Bien sûr, l'écho des travaux en cours sur l'A.I.T., celui des publications qui ont marqué son centième anniversaire s'entend à travers ces pages où l'appareil érudit est réduit mais où l'érudition la plus scrupuleuse est toujours sous-jacente..." (Madeleine Rebérioux, Revue Historique, 1977)

174.          CHABANNES (Jacques). Les enfants de la Troisième République. De Bergson à Mistinguett. France-Empire, 1976, gr. in-8°, 327 pp, 66 notices biographiques, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Une extraordinaire floraison humaine s'est épanouie pendant le troisième quart du dix-neuvième siècle. Jamais, en effet, au cours de son histoire, la France n'a vu naître, en si peu d'années, tant d'hommes qui se sont illustrés brillamment par la suite dans les domaines des arts, des lettres, de la politique, de la science et du spectacle. Cette génération qui a vu le jour durant les quinze années précédant la proclamation de la IIIe République a puissamment dominé l'époque et, pratiquement, la vie française jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Ces bébés ou ces enfants qui n'avaient pas encore acquis la célébrité en 1875 se nommaient : Pierre Curie, Georges Courteline, Louis Lumière, Lucien Guitry, Antoine Bourdelle, Aristide Maillol, Maurice Maeterlinck, Claude Debussy, Raymond Poincaré, Maurice Barrès, Jules Renard, Henri de Toulouse-Lautrec, Erik Satie, Suzanne Valadon, Charles Maurras, Edmond Rostand, André Gide, Paul Claudel, Marcel Proust, Paul Valéry, Charles Péguy, Léon Blum, Edouard Herriot, Georges Feydeau, Colette, Joseph Caillaux, Aristide Briand, Henri Bergson, Tristan Bernard, Romain Rolland, Albert Roussel, Firmin Gémier, Paul Fort, Max Jacob, etc.

175.          CHATEAUBRIAND (Céleste de). Mémoires de Madame de Chateaubriand. Cahier rouge et cahier vert. Introduction et notes de Jean-Paul Clément. Perrin, 1990, in-8°, 266 pp, notes et éclaircissements, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (coll. L'Histoire en mémoires)

            20

Ces cahiers permettent de découvrir Madame de Chateaubriand, née Céleste de Lavigne, épousée à l'âge de 17 ans et restée dans l'ombre de son mari. Une figure aux multiples facettes, tantôt douce, tantôt sèche, fanatique ou dévote ... — Ecrits par Mme de Chateaubriand pour servir aux futurs “Mémoires d'outre-tombe” qui s'en sont souvent inspirés, ces cahiers, dont la dernière publication remonte à 1908, sont accompagnés d'un appareil de cinq cents notes établi par Jean-Paul Clément, directeur de la Vallée-aux-Loups. Remarquablement informées, ces notes constituent par elles-mêmes un apport de qualité. En 1792, François-René de Chateaubriand, « l'homme couvert de femmes », pour reprendre le titre d'un roman, épouse « par distraction », puis l'oublie pendant plus de dix ans, Céleste de Lavigne, bretonne comme lui, jeune comme lui : elle a dix-sept ans, il en a vingt-quatre. Souvent délaissée pour les « Madames », elle n'en jouera pas moins, à partir de 1805, un rôle considérable auprès de son mari, présidera aux destinées de la Vallée-aux-Loups puis à celles de l'Infirmerie Marie-Thérèse, l'encouragera dans ses projets politiques, suivra de très près ses écrits et vouera aux gémonies tous ceux, sans exception, qui lui font une ombre quelconque. Dévote confite en prières ou ambitieuse fanatique, femme politique ou d'intérieur, tendre ou sèche, autant de facettes suggérées dans ses Cahiers, écrits de 1830 à 1833. Avec eux, les “Mémoires d'outre-tombe” ne sont jamais loin. Plus rapides, plus concis, plus virulents aussi, ils en sont un peu le contrepoint. D'un texte à l'autre, les nuances comme les ressemblances fascinent et rendent mieux compte de la communauté d'idées, des influences réciproques qui existaient entre l'écrivain et cette épouse qui, au fond, ne cessera jamais de l'admirer.

176.          DANIEL-ROPS. L'Église des Révolutions. 1. En face de nouveaux destins. Fayard, 1960, fort in-12, 1045 pp, biblio, tableaux chronologiques, index, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale sur papier Alfa des Papeteries Navarre

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"Avec ce huitième volume de son « Histoire de l'Eglise du Christ », D.-R. couvre la période qui s'étend de 1789 à 1870. Comme les précédentes, cette synthèse repose sur une abondante bibliographie. L'ouvrage se termine par un tableau chronologique, un index des noms et une table des matières détaillée, qui en facilitent la consultation." (Revue française de science politique, 1961)

177.          DARWIN (Charles). L'Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l'existence dans la nature. Traduit sur l'édition anglaise définitive par Ed. Barbier. P., C. Reinwald, Schleicher Frères, 1896, in-8°, xxi-604 pp, index, reliure pleine percaline vert bouteille, dos lisse avec titres et fers dorés en tête et en queue, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'éditeur), bon état

            120

La publication de L'Origine des espèces, en 1859, a marqué une révolution intellectuelle comparable à celle qui est associée aux noms de Copernic et Galilée. En proposant une théorie de la "descendance avec modificatio" et de la "sélection naturelle" Darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. Le caractère radical de ces réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens ont alimenté d'emblée polémiques et controverses... — « La nouvelle traduction que nous soumettons aujourd'hui au public a été faite sur la sixième édition anglaise. C'est l'édition définitive, nous écrit M. Darwin. Nous ne prétendons pas avoir traduit l'ouvrage de l'illustre naturaliste anglais mieux que n'ont fait nos devanciers. C'est la précision que nous avons cherchée, plus que l'élégance du style. Il nous a semblé que notre premier devoir était de respecter scrupuleusement la pensée de l'auteur, et nous avons voulu surtout que notre version eût toute l'exactitude possible. » (Ed. Barbier)

178.          DARWIN (Charles). La descendance de l'Homme et la sélection sexuelle. Traduit par Edmond Barbier d'après la seconde édition anglaise revue et augmentée par l'auteur. P., C. Reinwald, 1891, fort in-8°, xxvii-721 pp, préface par Carl Vogt, 3e édition française (2e tirage), 78 figures gravées sur bois dans le texte, index, reliure pleine percaline vert bouteille, dos lisse avec titres et fers dorés en tête et en queue, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'éditeur), bon état

            120

Le 24 octobre 1859, Darwin fait paraitre pour la première fois sa théorie sur la sélection naturelle à travers son ouvrage "De l'origine des espèces". Treize ans plus tard, il publie "La descendance de l'homme" dans lequel il prouve que l'homme est "le descendant modifié d'espèces préexistantes" puis développe la théorie de la sélection sexuelle, facteur également d'évolution des espèces et de différenciation des races humaines. — "... M. Darwin prend l'homme tel qu'il se présente aujourd'hui, il examine ses qualités corporelles, morales et intellectuelles, et recherche les causes qui doivent avoir concouru à la formation de ses qualités si diverses et si compliquées. Il étudie les effets qu'on produits ces mêmes causes en agissant sur d'autres organismes et, trouvant des effets analogues produits chez l'homme, il conclut que des causes analogues ont été en jeu. La conclusion finale de ces recherches, conduites avec une sagacité rare et égalée seulement par une érudition hors ligne, est que l'homme, tel que nous le voyons aujourd'hui, est le résultat d'une série de transformations accomplies pendant les dernières époques géologiques. Nul doute que ces conclusions trouveront beaucoup de contradicteurs. Ce n'est pas un mal, la vérité naît du choc des esprits." (Carl Vogt)

179.          DURAND (Pierre). Louise Michel ou la révolution romantique. Livre Club Diderot, 1972, in-8°, 286 pp, 16 pl. de gravures et documents hors texte, biblio, index, reliure simili-cuir bleu-nuit de l'éditeur, bon état (Coll. Précurseurs)

            25

Louise Michel, née en 1830, était la fille naturelle d'une servante et d'un châtelain. Très vite elle est révoltée par l'exploitation des ouvriers et la situation faite aux femmes. Bientôt, elle va essayer de contribuer à l'émancipation des femmes. D'abord en devenant institutrice "libre" (ayant refusé de prêter serment à Napoléon III). C'est à cette époque qu'elle se lie avec les milieux révolutionnaires. Puis vient la guerre de 1870, le siège de Paris par les troupes prussiennes et la capitulation. Elle participe au soulèvement du peuple de Paris qui proclame la Commune et se lance dans l'action en devenant infirmière volontaire. Elle sera arrêtée durant la semaine sanglante. Devant les juges du Tribunal militaire elle revendique fièrement sa participation à la Commune. C'est à l'issue de ce procès que son ami Victor Hugo va lui dédier son poème Viro major. Condamnée à la déportation vers la Nouvelle-Calédonie, elle s'intéresse au pays, aux Kanaks et organise une école pour leurs enfants. En 1880, suite à l'amnistie des Communards, elle rentre à Paris où elle reçoit un accueil triomphal. Militante infatigable, elle multiplie les conférences, les meetings, les appels à la révolution. A sa mort, en 1905, 120.000 personnes vont suivre son cercueil de la gare de Lyon au cimetière de Levallois-Perret.

180.          GIGNOUX (C.-J.). La Vie du baron Louis. Gallimard, 1928, in-12, 264 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état (Coll. Vies des hommes illustres). Edition originale, un des 350 ex. numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre

            35

Biographie de Joseph-Dominique Louis, prêtre abdicataire, baron de l'Empire et ministre de la Monarchie restaurée.

181.          GMELINE (Patrick de). La Duchesse d'Uzès, 1847-1933. Perrin, 1986, in-8°, 425 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, 2 tableaux généalogiques, biblio, index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, bon état

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Politique, vénerie, sculpture, poésie, féminisme, autant de domaines auxquels Anne de Rochechouart Mortemart, duchesse d'Uzès, se consacra tour à tour ou simultanément. Née en 1847, sous Louis-Philippe, disparue en 1933, sous la Troisième République d'Albert Lebrun, la petite-fille de Barbe-Nicole, veuve Clicquot et grande dame du champagne, connut de nombreux régimes et y tint un rôle qui fut loin de n'être que mondain ! Se jouant de contrastes, elle finança le général Boulanger en faveur du comte de Paris, recevait les têtes couronnées à Rambouillet où elle courait le cerf à la tête du rallye Bonnelles, et fut la première femme à passer son permis de conduire. Mais elle milita aussi aux côtés des féministes Marguerite Durand et Jeanne Schmahl, tout en aidant dans son oeuvre charitable Louise Michel, la "vierge rouge de la Commune". Surnommée "Mémé" par ses nombreux petits-enfants – dont plusieurs ducs et pairs –, elle fut aussi une vraie grand-mère, à Boursault et à Bonnelles comme dans l'île de Berder. Une duchesse "touche-à-tout" qui fascina beaucoup les journalistes, scandalisa un peu ses pairs et rêva de renverser la république tout en servant son pays à l'exemple de ses ancêtres.

182.          GRANDIDIER (Guillaume). Gallieni. Plon, 1931, in-12, 257 pp, 4 portraits hors texte, une carte du Tonkin et une carte de Madagascar, broché, bon état (Coll. Les Grandes figures coloniales). Edition originale sur papier d'alfa

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Enfance, jeunesse. Premier séjour au Soudan (1879-1881). Deuxième séjour au Soudan (1886-1888). Tonkin. Madagascar. Paris - Sa mort. — "Plus que la biographie de Galliéni à proprement parler, ce livre est l'histoire de son action et le tableau des résultats obtenus par lui au Soudan, au Tonkin et a Madagascar. Le chapitre sur Madagascar occupe près de la moitié de l'ouvrage. L'auteur publie quelques inédits, qui présentent un vif intérêt, les lettres adressées par le capitaine Galliéni à Ahmadou en 1880, au cours des difficiles et habiles négociations qu'il menait avec celui-ci, quoique à demi prisonnier. Sur les dernières années de Galliéni, le livre n'a qu'une dizaine de pages..." (G. Lestien, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1931)

183.          HARTLEBEN (Hermine). Champollion. Sa vie et son œuvre, 1790-1832. Présentation de Christiane Desroches Noblecourt. Pygmalion, 1984, fort in-8°, 621 pp, 8 pl. de documents hors texte, carte, index, broché, un portrait de Champollion en couv., bon état

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L'unique biographie consacrée au grand savant français relatant l'extraordinaire aventure de celui que l'on peut à juste titre considérer, après sa découverte de la lecture des hiéroglyphes, comme le père de l'égyptologie. Un récit passionnant à partir d'une exceptionnelle documentation.

184.          HORNE (Janet). Le Musée social. Aux origines de l'Etat Providence. Belin, 2004, gr. in-8°, 384 pp, traduit de l'anglais par Louis Bergeron, préface de Pierre Rosanvallon, 13 illustrations et photos, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire & Société)

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L'histoire du Musée social explore les fondements culturels du système français de protection sociale, ouvrant de nouvelles perspectives sur les origines de l'État providence en France et les conditions de son avènement. Né à la fin du XIXe siècle, le Musée social, aujourd'hui riche dépôt d'archives parisien sur l'histoire sociale et l'histoire du travail en France, a joué un rôle décisif dans le débat sur la réforme sociale des premières années de la Troisième République. Juristes, médecins, professeurs, administrateurs, leaders syndicalistes réformistes, militants du coopératisme et du mutuellisme : des réformateurs d'horizons professionnels et idéologiques variés y étudiaient les problèmes économiques et sociaux contemporains. Le financement de travaux de recherche et de missions d'étude, dans le but d'exercer une influence sur la législation, lui valut le surnom d'« antichambre de la Chambre ». Coordinateur des différentes volontés de réforme, intégrant initiative privée et action de l'État, le Musée social favorisa des changements déterminants dans le domaine de la santé, de la réforme urbaine, de l'éducation et de la sécurité sociale, dont notre société porte encore la marque. — "Voici enfin la pénétrante étude de Janet Horne sur le Musée Social. En abordant avec précision cette « antre » de la réforme sociale en France au tournant des XIXe et XXe siècles, l’historienne américaine a fait le choix de s’attarder sur la causalité des facteurs historiques et culturels dans l’émergence du Welfare State français, version laïcisée d’une protection sociale pouvant fonctionner au sein d’un « ordre social chrétien » tel que le conçoivent les élites catholiques intransigeantes. Elle met ainsi l’accent sur les sources religieuses, philosophiques et culturelles des débats qui ont traversé les sphères de la réforme sociale française et qui ont donné lieu à la fabrication d’un consensus politique. (...) Véritable parlement et laboratoire du social, le Musée constitue une authentique page d’histoire sociale et culturelle de la France de la Troisième République. Il revient donc à une historienne américaine de nous l’avoir restituée. Qu’elle en soit chaleureusement remerciée." (Bruno Dumons, Revue d’histoire moderne et contemporaine)

185.          [LATOUCHE, Henri de]. Clément XIV et Carlo Bertinazzi. Correspondance inédite. P., Mongie Ainé, Baudouin Frères, 1827, in-12, (2)-328 pp, deuxième édition, reliure demi-veau naturel glacé à coins, dos à 4 larges nerfs guillochés et fleurons à froid, pièce de titre basane carmin, palettes dorée en queue, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs pâles rousseurs sur les premiers feuillets, bon état

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Supercherie littéraire par Henri de Latouche (1785-1851), dirigée contre les Jésuites et basée sur la correspondance fictive échangée entre Laurent Ganganelli, pape en 1769, et Carlo Bertinazzi, célèbre comédien connu sous le nom de Carlin.

186.          LE GARREC (Evelyne). Séverine, une rebelle (1855-1929). Seuil, 1982, in-8°, 312 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Libre à elles)

            25

Biographie d'une des grandes figures du journalisme féminin. — "Cette « réfractaire hypersensible », toujours prête à défendre les victimes d'une injustice bourgeoise, n'eut pas de coup de coeur pour Dreyfus l'innocent, pour l'homme qui souffrait à la place d'un autre. L'adhésion de Séverine à la cause dreyfusarde s'inscrit pourtant dans la logique de l'itinéraire et de la sensibilité qui fit de Caroline Rémy, petite bourgeoise aux velléités rebelles, une virtuose de la révolte, une femme de plume habituée des prises de position virulentes et « à chaud », une polémiste confirmée, engageant un talent journalistique formé à l'école de Vallès au service des opprimés. Séverine n'adopta pas les choix de Rochefort, avec qui elle avait bien des points communs, malgré quelques ambiguïtés, quelques maillons faibles dans la chaîne logique qui la conduisit au dreyfusisme. Comme Rochefort, Séverine fut boulangiste. Mais son boulangisme, contrairement à celui de Marguerite Durand, totalement engagée dans l'aventure, eut la cohérence propre à son mode de penser habituel : libertaire, antiparlementaire, hostile non pas à la République mais à une république hypocrite qui affame les pauvres quand elle ne les assassine pas..." (Françoise Blum, Mil neuf cent, 1993)

187.          MALGRAS (J.). Les Pionniers du spiritisme en France. Documents pour la formation d'un livre d'or des sciences psychiques. P., Librairie des Sciences Psychologiques, 1906, gr. in-8°, 479 pp, avec 62 portraits hors texte, broché, dos abîmé recollé, état correct. Edition originale. Rare

            150

Ouvrage rare, orné de 62 portraits tels que ceux de Alan Kardec, Cahagnet, Guérin, A. de Rochas, Léon Denis, Baraduc, Delanne, Leymarie, René Caillé, etc. — "Cet ouvrage comprend deux parties : 1) La Page des Ainés, où sont représentés, par des extraits de leurs œuvres relatives au spiritisme ou inspirées par lui, tous les grands hommes de la seconde moitié du dix-neuvième siècle. – 2) Les Contemporains (et c'est la partie la plus importante de l'ouvrage) qui ont bien voulu exposer dans des études, pour la plupart inédites, leur opinion sur le spiritisme et la science psychique. Le spiritisme n'a guère plus d'un demi-siècle d'existence, et déjà son histoire est considérable. Peu de spirites – nous parlons des nouveaux – la connaissent. Mais où trouver cette histoire ? Quel en est l'historien ? Nous croyons que l'ouvrage, si consciencieusement préparé par M. Malgras, sans avoir la prétention d'être cette histoire, sera du moins la première pierre de l'édifice qui sera élevé un jour à la gloire de notre antique doctrine, passagèrement éteinte pendant de longs siècles et qui vient si merveilleusement de ressusciter et de se rajeunir au souffle des temps nouveaux. Une grande lacune sera en partie comblée, au moins en ce qui concerne la France, berceau du fondateur du spiritisme. Ceux qui ignorent encore presque tout de la science psychique trouveront dans ce livre des exposés clairs et précis des principes les plus importants sur lesquels elle est établie et ils y verront que cette science, si décriée de la masse ignorante et pour laquelle la science officielle a jusqu'ici affiché tant de dédains, est pourtant l'étude de prédilection de tout ce qui constitue, en France (comme à l'étranger, d'ailleurs), la Haute Intellectualité." (L'Initiation, publiée sous la direction de Papus, 1906)

188.          MARIE-AMÉLIE de Bourbon des Deux Siciles, duchesse d'Orléans. Journal de Marie-Amélie, reine des Français (1800-1866). Présenté par Suzanne d'Huart. Perrin, 1980, fort in-8°, v-592 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 2 généalogies, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            30

Marie-Amélie (1782-1866), femme de Louis-Philippe, était la petite-fille de Marie-Thérèse d'Autriche, la fille de Marie-Caroline, et la nièce de Marie-Antoinette. "De 1800 à sa mort, Marie-Amélie (...) a tenu un journal en italien, qui présente 35 volumes."

189.          MARIN (Paul, capitaine d'artillerie). Bulgares et Russes vis-à-vis la triple alliance : autour des dépouilles de l'Empire Ottoman. P., Librairie militaire de L. Baudoin, 1891, in-12, 347 pp, index, broché, couv. lég. abîmée, dos brisé, état correct, mais livre rare

            30

"Ce livre, intéressant sous plusieurs rapports, porte comme second titre : Autour des dépouilles de l'empire ottoman. C'est à proprement parler la genèse du traité de Berlin et de ses conséquences jusqu‘en 1891. Dans une Revue purement historique, nous n’avons pas à discuter les conclusions de M. Marin sur le domaine pratique ; mais je puis citer, en m’y associant, cette réflexion morale que « le Bulgare n’est pas une pierre à broyer sous le rouleau de la politique (p. 340). » Comme présentant un intérêt historique, mentionnons le récit des événements accomplis en Bulgarie et en Tunisie. La compétence du capitaine donne aussi une incontestable autorité à ce qu’il expose en détail sur l'armée ottomane." (A. d'Avril, Revue des questions historiques, 1892)

190.          MAURER (Konrad et Ulrike). Alzheimer. Vie d'un médecin, histoire d'une maladie. Michalon, 2007, gr. in-8°, 302 pp, chronologie, biblio, généalogie, glossaire, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

La maladie d'Alzheimer affecte aujourd'hui une personne âgée sur dix dans le monde. Mais que sait-on de l'homme qui l'a découverte, étudiée, et qui lui a donné son nom ? En 1906, Alois Alzheimer, un neurologue allemand encore inconnu, décrit pour la première fois les symptômes d'un mal que l'on associait jusque-là à une forme inexplicable de démence. « Comment vous appelez-vous ? – Auguste. – Votre nom de famille ? – Auguste. – Comment s'appelle votre mari ? – Auguste, je crois. – Votre mari ? – Ah bon, mon mari...» Ce dialogue étonnant constitue les premières lignes d'un dossier que l'on croyait perdu : l'étude clinique d'Auguste D., la première malade examinée par Alois Alzheimer en 1901 à l'asile d'aliénés de Francfort-sur-le-Main. C'est la découverte toute récente de ce document passionnant qui a donné à Konrad et Ulrike Maurer l'idée de nous faire mieux connaître la personnalité d'un homme remarquable par son intelligence et son humanité, un médecin dont le nom est prononcé aujourd'hui par tous mais dont la vie demeure encore ignorée.

191.          MOLLIER (Jean-Yves). L'Argent et les lettres. Histoire du capitalisme d'édition, 1880-1920. Fayard, 1988, gr. in-8°, 549 pp, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les grands mouvements de concentration actuels dans le monde de l'édition marqueraient la fin d'un âge d'or : celui de l'éditeur soucieux du travail de son auteur, de la qualité des textes, de la vente lente de chefs-d'oeuvre à venir, du dialogue avec ses lecteurs. Le mythe a la vie dure. Jamais pourtant l'édition ne fit profession de mécénat. A embrasser, avec Jean-Yves Mollier, la période clé de 1880-1920, le lecteur découvrira que le capitalisme d'édition, alliant éditeurs, notaires et banquiers, était déjà vivace. Tout au plus avons-nous aujourd'hui changé d'échelle. 1880-1920 : en quarante ans, l'édition passe du temps des éditeurs – Louis Hachette, Michel Lévy, les frères Garnier, Edouard Dentu – à celui des grandes entreprises éditoriales : Hachette et Cie, Calmann-Lévy, Plon-Nourrit, Flammarion, Fayard et bientôt Gallimard et Grasset. Pour l'édition, comme pour la finance, se pose alors le problème de la rentabilité, de la mobilité et de la rotation de son capital : la librairie est devenue une affaire financière, commerciale et industrielle, à l'expansion de laquelle s'intéressent les banques. Les éditeurs – souvent fondateurs de grandes dynasties bourgeoises – les Panckoucke, Dalloz, Mame, Didot – se préoccupent de tous leurs titres, ceux qui figurent à leur catalogue et ceux qui sont cotés en Bourse. Certains sauront négocier le grand tournant qui conduira du livre pour bibliophile au produit de grande consommation pour le plus large public. D'autres, une fois fortune faite, géreront leurs biens comme de bons rentiers fascinés par l'immobilier, Panama ou les courses. Face à l'éditeur – chef d'entreprise manipulateur d'argent – les auteurs réagissent diversement, d'Emile Zola, recourant à la publicité pour vendre le plus d'exemplaires possible, à Pierre Loti, André Gide, Marcel Proust, Henry de Montherlant, généralement peu regardants sur les conditions souvent draconiennes qui leur sont faites, à Léon Bloy enfin, fustigeant le règne du Veau d'or.

192.          NOBÉCOURT (R.-G.). La Vie d'Armand Carrel. Gallimard, 1930, in-12, 308 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état (Coll. Vies des hommes illustres). Edition originale, un des 350 ex. numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre

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Journaliste brillant et souvent profond, Armand Carrel (1800-1836), fut rédacteur en chef du “National”, depuis le ministère Polignac jusqu'à sa mort (juillet 1836). Il reste le prototype des déçus de l'orléanisme convertis à l'idée républicaine par l'attitude du peuple durant les Trois Glorieuses et la déception engendrée par le tournant conservateur adopté à partir du ministère Périer. (Benoît Yvert) — "Sommes-nous beaucoup à bien connaître ce personnage que Sainte-Beuve dit intrépide et inachevé ? Le livre que voici est une bénédiction. Les documents et renseignements qui avaient jadis servi à Littré et à Paulin se trouvent maintenant soutenus de beaucoup d'autres, ceux notamment qui viennent de la compagne fidèle de Carrel, par une nièce : M. Nobécourt les publiera à part, mais il nous en fait partager le profit dès aujourd'hui. A travers les présentes trois cents pages de son livre, si dense pourtant, nous voyons courir, galoper, la destinée fougueuse, brillante et tragique du courageux polémiste. Le parti-pris de panégyrique est évident et d'ailleurs avoué, l'histoire exacte du “National” assurément reste à écrire. Mais il est certain que Carrel fut grand par le caractère comme par le talent. En insistant sur quelques ombres qu'il prend soin de laisser deviner, l'auteur n'aurait guère fait plus vrai et, sur le plan psychologique tout au moins, nous y perdrions le bénéfice de son élan. Voilà donc une biographie loyale, émouvante, et qui, par surcroît, résume une époque." (Henri Clouard, La Quinzaine critique des livres et des revues)

193.          PETIT (Jacques-Guy). Ces peines obscures. La prison pénale en France, 1780-1875. (Thèse abrégée). Fayard, 1990, fort gr. in-8°, 749 pp, 17 illustrations, 43 tableaux, 6 cartes et graphiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes études historiques)

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"La peine de prison – invention moderne puisqu'elle n'est devenue la base de la pénalité en France que sous la Révolution – est pavée dès ses débuts de bonnes intentions. En 1791, son principal promoteur, Le Pelletier de Saint-Fargeau, veut en faire l'espace et le temps du rachat social en attendant que de justes lois rendent les lois répressives inutiles. Mais déjà la prison réelle apparaît comme un lieu de souffrances cachées et l'école du crime. La prison, purgatoire des égarés ou enfer des condamnés ? Le débat est loin d'être clos. Cette histoire concerne l'évolution de notre société postrévolutionnaire. Situant les hommes qui ont fait de la prison le pivot de la pénalité, elle retrace aussi la vie quotidienne des condamnés et la naissance des manufactures carcérales. Il y est donc question de politique, de droit et de justice. Il y est encore question de philanthropie, de médecine et d'architecture, d'entrepreneurs privés et de concurrence, de violence et de religion. Analyser comment les prisons pénales sont nées au XVIIIe et se sont développées au XIXe siècle, c'est voir comment, pour affirmer leur pouvoir et discipliner une société qui se recompose, les élites du siècle du progrès, dans l'obscurité carcérale, ont fait sentir aux « mauvais pauvres » la terrible douceur des peines." (4e de couverture)

194.          PICON (Gaëtan). 1863, Naissance de la peinture moderne. Gallimard, 1988, in-4°, 240 pp, préface d'Yves Bonnefoy, postface d'Alain Bonfand, 107 illustrations en noir et en couleurs, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, sous étui carton, très bon état

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"Avec le Salon des Refusés qui, en 1863, à Paris, fait face au Salon officiel, un âge nouveau commence : celui de l'impressionnisme et, au-delà, de l'art moderne tel que nous le vivons encore. Pour la première fois apparaît nettement l'opposition – qui ne cessera plus – entre un art mainteneur de conventions et un art d'invention permanente. Héros du Salon des Refusés, Manet représente avec éclat cet art nouveau fondé non plus sur ce qu'on sait ou imagine, mais sur ce que l'on voit. Art accusateur de la société bourgeoise, dénonçant ses mensonges et ses silences, participant néanmoins de sa vérité – puisqu'elle ne croit, comme lui, qu'au réel. Vers 1863, à Paris... Heure d'un accord, d'un espoir dont nous sommes encore émerveillés." (Gaëtan Picon)

195.          REES VAN TETS (Henrica Françoise Gevaets, Mme Cornelis). Voyage d'une Hollandaise en France en 1819. Retrouvé et publié par Me Maurice Garçon. P., Jean-Jacques Pauvert, 1966, pt in-8°, 185 pp, 10 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Journal inédit, écrit en français par Henrica Françoise Gevaets (1788-1833, épouse Rees Van Tets), voyageuse cultivée, relation d'un voyage de quatre mois, en 1819, où « tout ce qu'elle voit est rapporté avec une exactitude rigoureuse » (principales étapes : Paris, Orléans, Blois, Tours, Poitiers, Bordeaux, Agen, Auch, Tarbes, Pau, Bayonne, Bagnères, Pierrefitte, Cauterets, Luz, Toulouse, Montpellier, Nîmes, Marseille, Avignon, Lyon, Nantua), liste des relais et postes in fine, illustré de 10 vues d'après gravures du manuscrit. Texte manuscrit retrouvé, publié et préfacé par Maurice Garçon : « à ma connaissance il n'existe pas de relation aussi complète d'un périple en France pendant la Restauration.» — "D'avril à juillet 1819, l'auteur sillonne la France et prend d'abondantes notes sur les monuments et la vie des habitants, avec parfois des références aux récents bouleversements politiques et à l'attitude des populations face aux changements de régime." (Bertier de Sauvigny, 855) — "La France au lendemain de l'épopée vue par des libéraux hollandais. – L'Empire était beau, sous la Restauration, pour l'épouse d'un membre des Etats provinciaux de la Hollande du Sud, émue des épreuves traversées par ses coreligionnaires protestants du Gard. Ce parti pris anime un récit de voyage par lui-même nerveux, une curiosité universelle à la mode du temps (à Lyon, visite d'une usine secrète et interview d'un prince persan !). Il est heureux que l'esprit curieux qu'était Me Maurice Garçon ait pu faire éditer ce manuscrit acheté par lui à La Haye et fort bien identifié, annoté et illustré." (J.-J. Hémardinquer, Annales ESC, 1970)

196.          ROEYKENS (A.). Les débuts de l'oeuvre africaine de Léopold II (1875-1879). Bruxelles, Académie royale des sciences coloniales, 1955, gr. in-8°, 447 pp, 16 pl. de portraits et fac-similés hors texte et 3 cartes, sources et références, chronologie, index, broché, bon état

            50

L'extraordinaire réussite de Léopold II en Afrique se situe entre deux dates : août 1879 et février 1885. En août 1879, une petite expédition organisée par Léopold II débarque sur la côte d'Afrique, aux bouches du Congo. Elle compte une dizaine d'Européens, placés sous les ordres de Stanley. Sa progression vers l'intérieur du continent sera au début assez lente, et elle n'atteindra le Stanley Pool qu'à la fin de novembre 1881. En février 1885, c'est-à-dire à peine un peu plus de trois ans après ces débuts relativement modestes, Léopold II est devenu, en Afrique, un chef d'État. Au moment où se clôture la Conférence de Berlin, sa souveraineté a été reconnue par pratiquement toutes les puissances. Les deux principales puissances continentales, la France et l'Allemagne, lui ont reconnu cette souveraineté sur un territoire qui couvre un dixième environ de l'Afrique noire, soit un cinquième de la superficie de l'Europe...

197.          SIMON (Jules). Dieu, Patrie, Liberté. P., Calmann-Lévy, 1883, in-8°, vii-426 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, qqs rares rousseurs, bon état. Mention de cinquième édition mais édition à la date de l'originale

            60

L'auteur (1814-1896), qui se disait dans les dernières années de sa vie « profondément conservateur et profondément républicain » consacre cet ouvrage à la « question religieuse ». En 1882, alors qu’il dirige au Sénat l’opposition républicaine contre la politique de laïcisation de Jules Ferry, Jules Simon fait observer que « depuis la fondation de l’Université impériale, qui était, dans la pensée de son auteur, une sorte d’Église laïque, toutes les questions religieuses ont pris la forme d’une discussion sur l’enseignement. » Agrégé de philosophie, Jules Simon avait été le suppléant de Victor Cousin (1792-1867) à la Sorbonne, et il exprime dans le titre même de cet ouvrage son credo : “Dieu, Patrie, Liberté” ; il précise : « La neutralité que vous voulez imposer aux écoles de l’État, et, par voie de conséquence, à l’État lui-même, est quelque chose de plus humiliant et de plus débilitant que le nihilisme ; car c’est l’indifférence en matière de religion et en matière de philosophie. (...) Nous en appelons contre vous à Dieu et à la Liberté. Nous parlerons au pays et aux majorités qui nous gouvernent des devoirs envers Dieu, que l’Assemblée constituante a proclamés en 1790, que, nous, Constituants de 1848, nous avons acclamé de nouveau, au milieu de l’enthousiasme universel, et qu’on a eu peur d’écrire dans la loi, en 1881. » Divisé quant à la question de la « neutralité » , le mouvement républicain tiendra compte du point de vue exprimé avec force par l’ancien ministre. — Table : "La question religieuse pendant la Révolution et l'Empire" – "L'université et la liberté d'enseignement" – "L'école neutre", etc.

198.          STAËL-HOLSTEIN (Auguste-Louis de). Lettres sur l'Angleterre. P., Treuttel et Wurtz, 1825, in-8°, vii-428 pp, un plan gravé de la Chambre des Communes en frontispice, reliure demi-toile bleue, pièce de titre basane carmin (rel. modeste), bon état. Edition originale

            80

Bonne étude, précocement sociologique, par le fils de Madame de Staël. L'auteur qui avait fait de longs et fréquents séjours en Angleterre, se donne comme objectif à l'occasion d'élections, de rendre compte du "mécanisme des institutions anglaises, des intérêts de l'ordre social" à travers les "sentiments, les opinions et les habitudes des citoyens". (Quérard, La France littéraire, IX, 254)

199.          VINOY (Général Joseph). Campagne de 1870-1871. L'armistice et la Commune. Opérations de l'Armée de Paris et de l'Armée de réserve. P., Henri Plon, 1872, gr. in-8°, (4)-442 pp, reliure demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire très bien relié et sans rousseurs. Edition originale (Le Quillec, 4681). Sans le rarissime atlas

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Dernier volet de la relation publiée sous le titre général Campagne de 1870-1871. Rappelé pour la guerre franco-allemande, le général Vinoy (1800-1880) succède le 22 janvier 1871 à Trochu comme commandant en chef de l'armée de Paris. Le 11 mars, il supprime les journaux révolutionnaires ; le 18 mars, obéissant à Thiers, il donne l'ordre de retraite générale sur Versailles. Il commande l'armée versaillaise jusqu'au 14 avril, date à laquelle Thiers le remplace par Mac Mahon, en le nommant Grand Chancelier de la Légion d'Honneur.

200.          ZEMAN (Z. A. B.). La Fin des Habsbourg. L'effondrement de l'Empire austro-hongrois. Lausanne, Editions Rencontre, 1971, in-8°, 128 pp, 89 photos, portraits et illustrations en noir et en couleurs, 2 cartes, chronologie, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Les dossiers du 20e siècle)

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20e SIÈCLE

 

201.          AJTAY (Joseph). La paix en danger. Le Traité de Trianon. Budapest, Hungaria S. A., 1934, pt in-8°, 32 pp, une carte imprimée sur le 2e plat, broché, bon état

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Par Joseph Ajtay, ancien juge au Tribunal administratif et vice-président administrateur de la Fédération nationale hongroise. En contradiction avec le principe des nationalités qui triomphe après la Première Guerre mondiale, le Traité de Trianon a pour conséquence de faire passer 3,3 millions de Hongrois sous domination étrangère. Vécu comme un traumatisme historique par les Hongrois, la demande de révision du traité est un point essentiel de la politique étrangère hongroise durant l'entre-deux-guerres et participe, pour partie, du rapprochement du pays avec l'Allemagne.

202.          ARNOULD (Jacques). Par des terres qui te sont inconnues. Pierre Teilhard de Chardin, aventurier du passé et de l'avenir. Editions du Cerf, 2017, in-8°, 253 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L'esprit d'aventure animait-il Pierre Teilhard de Chardin ? Il ne suffit pas, pour répondre, de rappeler la devise que lui applique l'un de ses amis, George Barbour : "Ut migraturus habita. Vis comme si tu allais partir." Il ne suffit pas non plus de trouver sous sa plume ce bel aveu : "Je ne saurais désormais être autre chose qu'une sorte d'aventurier spirituel." Il faut le suivre dans ses multiples voyages, lire son abondante correspondance, l'entendre se plaindre d'être retenu à Pékin durant la Seconde Guerre mondiale sans aucun terrain d'action, ou encore douter que la Croisière Jaune puisse lui être utile. Il faut aussi l'écouter se plaindre que le christianisme a perdu l'esprit d'aventure et le voir s'engager lui-même dans les zones laissées en blanc, celles où le savoir comme le croire perdent pied et où le réel reprend tout son pouvoir. Une invitation à mettre les pas dans ceux de ce gentilhomme aux semelles de vent.

203.          BAKER (John R.) et Jens-Peter GREEN. Julian Huxley. Homme de science et citoyen du monde, 1887-1975. Chronique biographique par J. R. Baker ; avec une bibliographie établie par Jens-Peter Green. P., Unesco, 1978, in-8°, 184 pp, un portrait en frontispice, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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204.          BARDANNE (Jean). L'Allemagne et la guerre. La ligne Siegfried. Les Oeuvres françaises, 1938, in-12, 126 pp, broché, bon état. Edition originale, ex. du SP

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"(...) La signification des manoeuvres inopinées et d'envergure qui se déroulent en Allemagne (15 août - 6 novembre 1938) est grave, sans aucun doute ; mais seule l'étude attentive des travaux de fortification actuellement en cours permet de dire ce qu'elles signifient exactement. Seule, elle peut nous éclairer sur l'heure et sur la direction de l'attaque allemande, comme sur la manière dont l'état-major compte couvrir cette attaque. D'où notre enquête..." (Liminaire)

205.          BASCHET (Eric)(dir.). L'Italie fasciste. Les Grands Dossiers de L'Illustration. Histoire d'un siècle, 1843-1944. P., Le Livre de Paris, 1990, in-folio, 191 pp, préface de Jean Noli, richement illustré de gravures, photos et cartes en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, reliure demi-toile bordeaux illustrée de l'éditeur, bon état

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Ouvrage réalisé à partir des numéros originaux de “L'Illustration” (de 1915 à 1939). Documentation assurée par Jérôme Lacharmoise.

206.          BAUNE (Huguette). On m'a volé 37 ans. Bloqué en URSS, souvenirs de Nicolas Cherbakoff. L'Harmattan, 2001, in-8°, 295 pp, 9 photos et une carte in fine, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. On joint une coupure de presse sur le livre

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Juin 1945. Ca y est, j'ai réussi ! Je pars en vacances en URSS avec un convoi d'ex-prisonniers soviétiques tout heureux de rentrer chez eux. Des soldats américains nous adjurent de ne pas quitter «le monde libre» ! Cela ne me concerne pas : j'ai 16 ans, je suis français, mes papiers sont en règle, et je vais voir enfin la famille de mon père. Ma valise est pleine de cadeaux ! Quelques mois plus tard, au goulag, en Nouvelle-Zemble, au-delà du cercle polaire, par -50° j'avance péniblement avec mes compagnons. Gare à ceux qui tombent : les chiens veillent. Bien peu ont dû survivre. Mais pour moi, un jour, miraculeusement, les portes se sont ouvertes et je me suis retrouvé libre. Libre ? Pas tout à fait. Surtout compte tenu de mon caractère ! Et ma vie en URSS a été particulièrement mouvementée. Il m'a fallu 36 ans avant de parvenir à rejoindre mon pays, la France. J'étais dans un état pitoyable mais vivant ! C'est formidable, d'être vivant !

207.          BECCARIA (Laurent). Hélie de Saint Marc. France Loisirs, 1989, in-8°, 316 pp, préface de Jean-Pierre Azéma, 16 pl. de photos hors texte, 4 cartes, 2 fac-similés, biblio, index, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état

            15

Par son petit-neveu, la vie d'Hélie Denoix de Saint Marc : la Résistance, la déportation à Buchenwald, l'entrée dans la légion étrangère, trois séjours en Indochine entre 1948 et 1954, la participation à l'opération de Suez, la guerre d'Algérie, la participation au putsch d'Alger à la tête du 1er Régiment Etranger de Parachutistes, sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle en juin 1961, sa libération le 25 décembre 1966. — "Récit, nourri de nombreux entretiens avec le principal intéressé, de la vie d'un officier supérieur qui, en 1961, a choisi la rébellion des généraux contre la pouvoir gaulliste. Les pages qui évoquent l'itinéraire vietnamien d'Hélie de Saint Marc permettent sans aucun doute de comprendre ce choix ultérieur. En 1950, il reçoit l'ordre express d'évacuer le poste de Ta Lung, tout près de la frontière chinoise. Il abandonne, contraint et forcé, ses supplétifs vietnamiens et leurs familles. Le refus d'une « seconde trahison » a pesé pour beaucoup dans ses choix radicaux, par la suite, en Algérie" (Ruscio, "La guerre française" d'Indochine).

208.          BERNARD (Noël) et Léopold NÈGRE. Albert Calmette, sa vie, son oeuvre scientifique. Masson et Cie, 1939, gr. in-8°, vii-271 pp, préface de Pasteur Vallery-Radot, avant-propos de A. Yersin, un portrait en frontispice, biblio (liste des publications d'Albert Calmette), broché, couv. à rabats, dos lég. abîmé, bon état, envoi a.s. des auteurs

            40

Albert Calmette (1863-1933) est un médecin et bactériologiste. Sa renommée tient à la mise au point entre 1904 et 1928, avec Camille Guérin, de la vaccination contre la tuberculose grâce au B.C.G. — "Ce livre écrit par deux collaborateurs et amis d'Albert Calmette rend à la personnalité de ce dernier un hommage pieux et mérité. A vingt ans A. Calmette est affecté comme médecin de la Marine à l'Escadre d'Extrême-Orient sous les ordres de l'amiral Courbet. Trois ans plus tard il fait un court séjour au Gabon puis, après s'être marié en France le 11 janvier 1888, il part avec sa femme aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Revenu en France en 1890, il est chargé de créer l'Institut Pasteur de Saïgon et montre à cette occasion ses qualités d'organisateur et son sens des réalités. En 1894 il rentre en France, poursuit ses travaux sous la direction de Pasteur et de Roux et reçoit finalement la mission de créer l'Institut Pasteur de Lille à la tête duquel il devait rester vingt-cinq ans pour revenir, après la guerre, à Paris, comme adjoint du Dr Roux, à la tête de l'Institut Pasteur. L'œuvre scientifique de Calmette consiste essentiellement dans l'étude des vaccins et de la sérothérapie antivenimeuse et dans l'étude de la tuberculose, cette dernière aboutissant à la vaccination antituberculeuse par le B.C.G. D'autre part, on ne peut négliger le rôle important qu'il a joué dans le domaine de l'hygiène en contribuant à l'épidémiologie, à la désinfection, à l'assainissement de la vie ouvrière et scolaire, à l'hygiène des professions susceptible de diminuer les maladies infectieuses, etc., etc." (Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 1940)

209.          BLAIZEAU (Jean-Michel). Les Jeux défigurés. Berlin 1936. Les Indes savantes, 2012, in-4° carré, 296 pp, très nombreux documents et photos, annexes, résultats des Jeux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Août 1936. Les nazis ont ravalé les façades, fait disparaître – temporairement – toute trace d'antisémitisme et préparé avec faste et apparat "leur" olympiade. Une olympiade que les dignitaires du CIO ont livrée, en toute allégeance, à la propagande du nouveau Reich. La trêve et son illusion de paix rassurent pour un temps les pouvoirs politiques des démocraties et les acteurs présents à Berlin, bien qu'à tout moment, les parades militaires et les oriflammes ne cessent de faire peser une tension aussi oppressante que prémonitoire. Pourtant, l'inexorable escalade vers l'explosion mondiale ne peut faire oublier que pendant deux semaines, les 3959 athlètes de 49 nations s'affrontent dans le respect des règles de l'Olympe. Si la charte olympique sera transgressée à maintes occasions, la lutte fraternelle de ces "chevaliers de la religion athlétique" chère au baron Pierre de Coubertin donnera lieu à des performances sportives exceptionnelles et au premier camouflet infligé à l'idéologie raciale nazie, par un athlète noir, Jesse Owens.

210.          BLEUSTEIN-BLANCHET (Marcel). La Nostalgie du futur. Laffont, 1976, gr. in-8°, 268 pp, broché, couv. imprimée lég. salie, bon état. Edition originale, un des 275 exemplaires numérotés (seuls grands papiers), enrichi d’un envoi a.s. de l’auteur

            30

L'autobiographie du créateur de Publicis et un des premiers ouvrages à chanter les louanges de la publicité. Le titre vient d'une expression brésilienne « tenho a nostalgia do futuro » (j'ai la nostalgie du futur). L'auteur affirme que la publicité s'oppose à la réclame, procédé importunant le lecteur ou le spectateur. De cette dernière, il cite le slogan (qu'il qualifie d'imbécile) : « Enfoncez-vous bien cela dans la tête ». La publicité, au contraire, doit selon lui distraire, amuser, intéresser, s'attirer la sympathie et la complicité du spectateur ou de l'auditeur. M. B.-B. s'était vu reprocher par son père, en se lançant dans cette carrière, de chercher à « vendre du vent ». Il signale que depuis cette date, « ce vent-là a fait tourner pas mal de moulins ».

211.          BOTKINE (Tatiana). Anastasia retrouvée. Souvenirs et documents recueillis par Catherine Duhamel. Grasset, 1985, gr. in-8°, 355 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, 2 tableaux généalogiques in fine, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Le 12 février 1984, meurt dans un petit hôpital de Virginie une vieille femme de quatre-vingt-trois ans, impotente et sénile. En disparaissant, elle emporte dans la tombe le secret de son identité. Malgré un gigantesque procès, malgré trente-deux années de plaidoiries, de témoignages, de preuves et de contre-preuves, le doute plane toujours : Mme Anna Anderson était-elle – ou n'était-elle pas – la grande duchesse Anastasia de Russie ? Pour répondre à cette question, nul n'était mieux placé que Tatiana Botkine. Un des témoins essentiels de l'affaire, elle a vécu à la cour impériale de Russie, elle a partagé l'exil des grandes-duchesses à Ekaterinenbourg ; elle a été la première à affirmer l'authenticité de l'identité d'Anastasia ; elle s'est trouvée à ses côtés au coeur de toutes les batailles qui ont suivi. Aujourd'hui, avec le recul du temps et quatorze années d'enquête minutieuse, elle nous offre le premier livre écrit après la mort de la grande-duchesse..." — Par Tatiana Ievguenievna Botkina-Melnik (1898-1986). Elle était la fille de Ievgueni Botkine, médecin de la famille impériale de Russie depuis 1908, fusillé par les Bolchéviks le 17 juillet 1918. En 1911, ses parents divorcèrent. En 1914, son père ayant été chargé par la tsarine de fonder deux hôpitaux, Tatiana Botkina s'engagea comme infirmière tandis que ses deux frères aînés rejoignaient leur régiment. Un de ses frères tomba au champ d'honneur le 3 décembre 1914 à l'âge de vingt ans. Son plus jeune frère Gleb fit une brève expérience de vie monacale (plus tard il épousa Nadine Konchine, fondateur de l'Église d'Aphrodite). Son père étant resté proche de la famille impériale après l'abdication du tsar, Tatiana Botkina les suivit en son exil à Tobolsk mais ne put les suivre à Ekaterinbourg ce qui lui sauva la vie. L'assassinat de son père et de la famille impériale lui causa une douleur inconsolable. Devant fuir la Russie à travers la Sibérie, elle épousa son compagnon de route, un officier Ukrainien, Constantin Semionovitch Melnik. Ils eurent trois enfants, Tatiana, Hélène et Constantin Melnik (le coordinateur des services secrets de France pendant la guerre d'Algérie). Ils se réfugièrent en France mais leur mariage ne résista pas aux rigueurs de l'exil et ils divorcèrent. Durant la seconde guerre mondiale, son frère Iouri fut emprisonné par les nazis puis exécuté. Sa mère mourut de malnutrition à Berlin en 1945. Elle connut les enfants impériaux en 1910, et les revit à Tobolsk puis à Ekatérinbourg en 1918. Elle identifia et soutint Anna Anderson. Quelques années avant sa mort survenue à l'âge de 88 ans, aidée par sa fille Catherine Duhamel, elle écrivit ses mémoires sous le titre : “Anastasia retrouvée”. Elle est enterrée au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, près de Paris.

212.          BOUDARD (Alphonse). La Fermeture. 13 avril 1946 : la fin des maisons closes. Laffont, 1986, in-8°, 346 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale sur papier d'édition (il n'y a eu que 25 ex. sur grand papier)

            25

"Ce jour-là : 13 avril 1946. Il en va de certaines dates historiques comme des cailloux lancés dans un étang : l'impact est mince, apparemment, mais les ondes, tout autour, se déploient avec une ampleur surprenante. Le 13 avril 1946, jour où l'Assemblée nationale abolissait les maisons de tolérance, le sang n'a certes pas coulé et on n'a pas vu de foules indignées mettre le Palais-Bourbon à sac. Cependant, Pierre Mac Orlan pouvait à juste titre déclarer : "C'est la base d'une civilisation millénaire qui s'écroule". A travers cet ouvrage, Alphonse Boudard, précisément, se penche sur cette civilisation, non seulement en historien des moeurs éprouvé, mais aussi, et surtout, en écrivain, avec la truculence, la gouaille et la verve qu'on lui connaît. Derrière l'inamovible attelage du maquereau, de la pute et du flic, pierre angulaire du système, il nous entraîne de l'âge de pierre à la IIIe République, ère de la bourgeoisie triomphante. Nous poussons, avec lui, les portes glorieuses du One Two Two, du Chabanais et du Sphinx ; mais nous piétinons également devant les lugubres façades du Fourey et du Panier Fleury, ces assommoirs du sexe où les filles faisaient plus de soixante-dix passes par jour. Guide avisé enfin, Alphonse Boudard ne nous laisse rien ignorer, par-delà les salons décorés où régnaient maquerelles et sous-maquerelles, des pièces étranges où les pervers assouvissaient leurs vices. A cet univers à la fois éclatant et sordide a succédé, inévitablement, celui de la prostitution généralisée en plein air, sur les trottoirs ou à l'orée des bois. Il ne semble pas que les filles aient gagné à l'affaire. Marthe Richard y avait-elle songé, dans sa croisade de moralité ? Mais quelles étaient ses motivations véritables ? Et qui était-elle au juste, cette personne aussi trouble que célèbre ? Alphonse Boudard a rassemblé son dossier. Et ce qu'il découvre n'est pas triste..." (4e de couverture)

213.          BOUSSARD (Isabel). Les agriculteurs et la République. Economica, 1990, gr. in-8°, 160 pp, 7 cartes dans le texte, tableaux et graphiques, broché, bon état (Coll. Economie agricole et agro-alimentaire), envoi a.s.

            30

"Au moment où le monde agricole connaît de nouvelles fractures – démographiques, économiques, commerciales, culturelles, scientifiques et techniques – aussi profondes que celle qu'il a connue à la fin du XIXe siècle, marquée par la crise du phylloxéra et la grande dépression agricole, ou que la crise des années 1980, caractérisées par l'exode et la modernisation, on peut s'attendre, à l'instar de ce qui est passé ces époques, à ce que se redessine la géographie électorale agricole. C'est le mérite du livre d'lsabel Boussard de nous donner à voir un groupe social conflictuel oscillant entre conformisme et révolte, capable de ralliement comme de rupture, susceptible en définitive de nombreux durcissements." (Bertrand Hervieu, Revue française de science politique, 1991) — "(...) Remarquable essai, très informé et percutant, qui ramasse les cas de figure de cette « républicanisation » des campagnes au 20e siècle à travers l'action des grandes familles politiques." (Jean-Pierre Rioux, Vingtième Siècle, 1991)

214.          CAPOEN (Albert). Confessions d'un fraudeur flamand. Steenvoorde, Foyer culturel de l'Houtland, 1996, in-8°, 181 pp, nombreuses photos dans le texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

            25

Naître au Mont des Cats, en Flandre française, à quelques portées de fusil de la frontière franco-belge, et déjà on est fraudeur, de père en fils, taillé pour le «métier», comment échapper à son destin ? Albert Capoen, vif et sympathique flamand de l'Houtland, le Pays au Bois, travailleur acharné et infatigable, est de cette trempe. Durant 25 ans il a «importé», ou «exporté», toute sortes de marchandises, sur son échine, sans jamais se faire prendre par les douaniers...

215.          CARON (François). Les Deux Révolutions industrielles du XXe siècle. Albin Michel, 1997, in-8°, 525 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            25

Depuis le XVIIIe siècle, l'Occident vit au rythme des avancées technologiques : mécanisation, industrialisation et révolution informatique. Mais c'est à partir des années 1950 que ces progrès techniques finirent vraiment par engendrer une nouvelle société, celle de la consommation de masse. Pour comprendre cet extraordinaire essor des niveaux de vie, François Caron a non seulement mobilisé les instruments fournis par l'histoire des techniques et par l'économie de l'innovation, mais aussi replacé ces révolutions industrielles dans leurs contextes tout en analysant les relations d'interdépendance entre l'innovation et la demande sociale, entre l'innovation et la recherche institutionnalisée. François Caron dresse un portrait saisissant du siècle qui s'achève sur une recomposition à peu près totale des logiques économiques et sociales, provoquant une situation de crise par laquelle, une nouvelle fois, se repose la question de la finalité de la science et de la technologie.

216.          CARTER (Miranda). Gentleman espion. Les doubles vies d'Anthony Blunt. Payot, 2006, gr. in-8°, 574 pp, traduit de l'anglais, 33 photos, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"La Grande-Bretagne est un pays qui met ses traîtres ordinaires en prison mais laisse les traîtres gentlemen au palais de Buckingham !" s'exclamait le député Hamilton en 1979. La Chambre des communes venait d'enterrer l' "affaire Blunt", bien que Margaret Thatcher eût reconnu que Sir Anthony Blunt (1907-1983), l'un des plus grands historiens d'art du XXe siècle, inspecteur des tableaux de la reine, grand spécialiste de Poussin et de baroque italien, avait été un espion à la solde de Moscou. Les Français férus de services secrets et de guerre froide connaissent les noms de Burgess, Maclean et Philby, "les traîtres de Cambridge". En réalité, le trio fut un quatuor, même si Blunt s'impliqua davantage dans l'étude des arts que dans la pratique de l'espionnage. Dans les années 1920, il était promis à un bel avenir au sein de l'intelligentsia, mais il avait pour credo ces mots d'E. M. Forster : "Si j'avais à choisir entre trahir mon pays et trahir mes amis, j'espère que j'aurais le courage de trahir le premier." En outre, son homosexualité le faisait rêver à une société affranchie des tabous. Devenu marxiste à sa façon, il livra des informations aux Soviétiques à la faveur de la guerre, quand il obtint un poste au sein du contre-espionnage britannique. Soupçonné dès 1951 par les Anglais, il passa très discrètement aux aveux en 1964 en échange de l'immunité. Ce fut le secret le mieux gardé d'Angleterre jusqu'en 1979, et Blunt ne connut ni la prison ni l'exil. Après tout, ne s'était-il pas toujours considéré comme un parfait gentleman parmi d'autres gentlemen dans ce roman d'espionnage qui est aussi une histoire culturelle de la Grande-Bretagne au XXe siècle ?

217.          CAVE BROWN (Anthony). Philby père et fils. La trahison dans le sang. Pygmalion, 1997, fort gr. in-8°, 692 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

La réalité dépasse souvent la fiction. Il n'est besoin, pour s'en assurer que d'ouvrir ce livre. Quel auteur de romans d'espionnage, en effet, si inventif fût-il, aurait osé imaginer un destin aussi fabuleux que celui de Kim Philby ? Philby, l'insaisissable espion du siècle, l'acteur actif de l'incroyable mystification qui trompa Hitler sur le lieu et le jour du débarquement en Normandie, l'agent double de génie qui, infiltré au plus haut niveau dans les rangs de l'Intelligence Service avant de se lier aux sphères dirigeantes de la CIA, ébranla non seulement le gouvernement britannique, mais sema la panique dans tous les réseaux de renseignements occidentaux, sacrifiant sans sourciller ses amis à la cause communiste, avant de disparaître en 1963 au coeur du « paradis soviétique » où il mourra vingt-cinq ans plus tard. Il avait, il est vrai, de qui tenir : son père, St John Philby, avait très tôt inoculé dans ses veines l'insidieux poison de la trahison. Successivement serviteur de sa gracieuse Majesté aux Indes avant la Première Guerre mondiale, puis explorateur intrépide dans les sables du Moyen-Orient, aventurier et intrigant de haute volée converti à l'Islam, rival de Lawrence d'Arabie, conseiller privé du roi Ibn Sa'ud, St John fut, à ce titre, l'instigateur de la mainmise américaine sur les richesses pétrolières du jeune royaume, au détriment de l'Angleterre, son pays, contre lequel il ne cessa jamais d'oeuvrer. Cette double et magistrale biographie, riche en révélations, réunissant dans un unique récit, deux membres d'une même famille aussi singuliers et diaboliques l'un que l'autre, est absolument fascinante. Car, à travers leurs destinées qui se succèdent et s'entrecroisent par instants, c'est toute l'histoire du XXe siècle qui défile sous nos yeux. Notre histoire, avec en toile de fond les décennies qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide, mais aussi celles qui virent émerger les problèmes du Proche et Moyen-Orient : naissance et création souvent artificielle d'entités et d'Etats résultant des enjeux politiques et du soutien financier des puissances occidentales ; montée des antagonismes ancestraux et des haines à l'origine des conflits actuels, éclairant, de manière saisissante, les déchirements qui se perpétuent entre Arabes, Israéliens et Palestiniens.

218.          COJEAN (Annick). Les Proies. Dans le harem de Kadhafi. Grasset, 2012, in-8°, 327 pp, repères chronologiques, broché, couv. illustrée, bon état

            13

C'est sans doute le dernier secret de Khadafi. Et le plus scandaleux. En novembre 2011, Annick Cojean publiait dans “Le Monde” un article terrifiant. Une jeune femme y racontait comment l'année de ses 15 ans, le Guide libyen la repérait dans son école, lui caressait les cheveux, et la désignait ainsi à ses gardes comme son esclave sexuelle à vie. Violée, battue, forcée par son maître à consommer avec lui alcool et cocaïne, et intégrée dans les troupes des « Amazones », elle ne pourra s'échapper de cet enfer que peu avant la Révolution. Une vie brisée. Une seule ? Non, des centaines, sans doute plus. Mais le sujet, en Libye, reste totalement tabou. Dans les coulisses d'une dictature, dans le lit d'un chef d'Etat drogué en permanence, tyran d'opérette mais vrai meurtrier, nous plongeons dans un système d'esclavagisme, entre corruption, terreur, viols, crimes. Un système aux complicités multiples, bien au-delà du seul territoire libyen. Pour recueillir l'incroyable histoire de la jeune Soraya et d'autres femmes révoltées, Annick Cojean a mené secrètement l'enquête à Tripoli, cette prison à ciel ouvert.

219.          Collectif – Maxime Gorki, Viatcheslav Molotov, Kliment Vorochilov, Sergueï Kirov, Andreï Jdanov, Joseph Staline. Histoire de la guerre civile en URSS. 1. Préparation de la grande révolution prolétarienne, du début de la guerre au début d'octobre 1917. Moscou, Coopérative d'Éditions des ouvriers étrangers en URSS, 1937, in-4°, 319 pp, traduit du russe par Alice Orane et Georges Roux, texte sur 2 colonnes, nombreuses photos, gravures et caricatures, planches hors texte sous serpentes en noir et en couleurs (portraits, photos, cartes), un brassard de garde rouge contrecollé hors texte, index bibliographique, index des noms cités, chronologie, reliure percaline rouge de l'éditeur, un Lénine en médailllon estampé à froid au 1er plat, titre en blanc au 1er plat et au dos, 1er plat très lég. sali, bon état. Rare

            100

Tome 1 seul. – Le tome 2 (La Grande Révolution prolétarienne, octobre-novembre 1917), ne paraîtra qu'en 1946. – Table : La veille de la révolution démocratique bourgeoise ; La révolution démocratique bourgeoise de février ; Arrivée de Lénine ; La Conférence d'avril du P.O.S.D.R. (bolchévik) ; Le Parti bolchévik en lutte pour les masses ; La Garde rouge ; Les journées de juillet ; Le VIe congrès du Parti bolchévik ; Le coup de force Kornilov ; La ruine économique ; La plate-forme économique du Parti bolchévik à la veille de la révolution prolétarienne ; La montée de la crise révolutionnaire ; L'armée et la flotte à la veille de la Révolution d'Octobre ; Les manoeuvres des conciliateurs et les plans de la bourgeoisie devant la montée de la revolution ; Disposition des forces de combat de la contre-révolution à la veille de la grande revolution prolétarienne ; Index du tome premier.

220.          DE GAULLE (Laurent). Une vie sous le regard de Dieu. La foi du général de Gaulle. P., Editions de l'Oeuvre, 2009, in-8°, 203 pp, chronologie, sources et annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La dimension chrétienne est non seulement au centre de la vie privée de Charles de Gaulle, mais aussi dans l'accomplissement de son destin, si étroitement mêlé à celui de la France. Laurent de Gaulle n'était qu'un enfant à la mort de son grand-oncle. De ce manque sont nées une quête et une conviction profonde : sans une relation singulière avec Dieu, Charles de Gaulle n'aurait pas été le grand homme que nous connaissons. Des indices de cet enracinement chrétien sont présents dès l'enfance du petit Charles. Dans son comportement de soldat, de résistant, d'homme d'Etat, l'empreinte chrétienne apparaît comme une évidence. La redécouverte de cette dimension permet de mieux saisir le sens de son engagement presque sacerdotal au service de la France. De Gaulle est un soldat de Dieu qui combat au nom du Bien contre le mal. La démonstration de l'auteur emporte la conviction. Elle impose une vision nouvelle du personnage du général et de son action.

221.          DESPUECH (Jacques). Le Trafic de piastres. Avec des documents photocopiés. Editions des Deux-Rives, 1953, pt in-8°, 169-xlv pp, 33 documents reproduits sur des planches hors texte in fine, broché, bon état

            25

"L'auteur, ancien du Corps expéditionnaire, puis fonctionnaire à Saïgon, a découvert et, surtout, révélé au grand public les mécanismes du trafic... Il les décrit ici. Tout le monde, Français, Vietnamiens baodaistes, Viet Minh profite peu ou prou du trafic. Mais il est de très gros bénéficiaires. Jacques Despuech cite l'Empereur Bao Dai (p. 64), l'ancien Haut Commissaire Emile Bollaert (pp 80-81), les généraux Mast et Revers, l'ancien ministre Paul Giaccobi (pp 83 à 111). "Ne perdons pas de vue, ajoute-t-il, que chaque fois qu'une piastre est virée à 17 francs, le Trésor public comble un déficit qui s'élève à peu près à 8,50 francs" (p. 73). Dans la seconde partie de l'ouvrage, Despuech raconte comment, lorsqu'il fut de retour en France, on tenta de le dissuader, au besoin par la menace, de publier son livre." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine 1945-54)

222.          DUMAINE (Jacques, ambassadeur de France). Quai d'Orsay, 1945-1951. Julliard, 1956, fort in-8°, 590 pp, préface de François Mauriac, reliure plein papier vélin à la bradel, dos lisse avec titres dorés, couv. et dos conservés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état

            45

"Diplomate de carrière, J. D. fut nommé à la Libération chef du Protocole au ministère des Affaires étrangères. Son journal, dans lequel il notait aussi bien les cérémonies officielles que les bons mots entendus aux dîners mondains, constitue un précieux document sur les premières années de la IVe République – et plus encore peut-être sur l'état d'esprit d'un diplomate français." (Revue française de science politique, 1956) — Dans ses carnets personnels, Jacques Dumaine, chargé du protocole au Quai d'Orsay, constate que Vincent Auriol, premier Président de la IVe République, élu par le Parlement le 16 janvier 1947 au premier tour de scrutin, loin de se contenter « d’inaugurer les chrysanthèmes », construisit une fonction présidentielle qui n’avait jamais existé auparavant. Il note comment Robert Schuman a longtemps conservé secret son plan de mise en commun du charbon et de l'acier français et allemand, et rappelle comment les autorités du Royaume-Uni ont, dès le début, manifesté une grande méfiance à l'égard du plan Schuman.

223.          ELEK (Hélène). La Mémoire d'Hélène. Maspero, 1977, in-8°, 311 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Souvenirs de la mère de Thomas Elek, dit Tommy, juif hongrois et lycéen parisien sous l’Occupation, qui faisait partie du groupe Manouchian (l'Affiche rouge). Hélène et Sandor Elek, militants du Parti communiste hongrois trouvent refuge en France en 1930. Ils ouvrent un petit restaurant dans le 5e arrondissement de Paris. Durant l’occupation Hélène participe activement aux combats de la Résistance : ravitaillement de résistants, planque de résistants pourchassés, etc. En 1977, elle livre un remarquable témoignage sur cette période sous le titre La Mémoire d’Hélène : la Hongrie, Bela Kun, la Résistance, le communisme, l'apres-guerre jusqu'en 1968...

224.          ELGEY (Georgette). La République des illusions, 1945-1951, ou la vie secrète de la IVe République. Fayard, 1965, in-8°, 555 pp, chronologie et index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            20

"Les révélations de Georgette Elgey sont nées de l'étude de papiers officiels donnés par les acteurs des années 1945-1957, de témoignages oraux (240 personnes de toute opinion interrogées), du dépouillement de correspondances privées et de journaux. Ces sources sont classiques pour quiconque travaille sur une période récente, les archives officielles étant refusées pendant cinquante ans. Mais elles exigent un grand travail de « critique ». Georgette Elgey – il faut saluer ici une honnêteté réelle – l'a fait..." (Colette Ysmal, Revue française de science politique, 1966)

225.          FAUX (Frédéric). Les derniers jours de Che Guevara. L'Archipel, 2017, in-8°, 230 pp, 16 pl. de photos en noir et en couleurs hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Jeune routard argentin en vadrouille à travers l'Amérique latine, Guevara est entré dans l'Histoire à Cuba. Mais c'est au pied des Andes, dans une jungle hostile, que l'homme est passé à la légende, sous les noms de guerre "Ramon" ou "Fernando". Pendant près d'un an, à la tête d'une quarantaine d'hommes, sans carte fiable ni liaison radio, face à des forces armées trente fois supérieures, le ministre de Castro redevient maquisard. Malgré la faim, la soif, la fatigue, il va tenter d'embraser le continent – et tient la planète en haleine. Mais les paysans boliviens, imperméables aux bienfaits du socialisme, se méfient de cet intrus. Et la CIA n'attend que le moment propice pour mettre fin à l'impossible guérilla : elle s'achèvera le 9 octobre 1967 sous les balles d'un sergent bolivien à moitié ivre, dans le hameau de La Higuera. "Jamais, dans l'Histoire, un nombre d'hommes aussi réduit n'avait entrepris une tâche aussi gigantesque", dira Fidel Castro. Pour retracer cette épopée, Frédéric Faux s'est appuyé sur les écrits des guérilleros. Mais surtout, il s'est rendu dans la zone de combat pour rencontrer les derniers témoins du baroud. Une enquête minutieuse, qui éclaire d'un oeil neuf les derniers jours du comandante – et interroge la survivance du mythe.

226.          FOHLEN (Claude). La France de l'entre-deux-guerres (1917-1939). Casterman, 1966, gr. in-8°, 226 pp, 16 pl. de photos hors texte, chronologie, biographie des hommes politiques, indices généraux, production et commerce, biblio, broché, couv. illustrée, soulignures crayon sur 25 pp, état correct

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L'auteur se propose, non pas de refaire l'histoire d'une période critique et encore peu connue, mais de dégager quelques caractères de l'évolution de la France entre 1917 et 1938. Le choix de ces dates répond à un dessein bien arrêté : celui de commencer cette histoire à un moment particulièrement crucial : 1917, et de l'amener jusqu'à la défaite diplomatique que représente la conférence de Munich en 1938. Que valait la victoire de la France à l'issue de la première guerre mondiale ? Quelle a été la participation de la France à l'évolution mondiale au cours des deux décennies qui suivirent ? Claude Fohlen montre clairement que des réflexes trop conservateurs, des attitudes anachroniques, une économie mal équilibrée ont accumulé des retards et cumulé des faiblesses ou moment où la plupart des Etats voisins sortaient victorieusement de la crise pour affronter la seconde guerre mondiale. Voici un bilan qui donne à réfléchir et auquel il faudra se reporter si l'on veut apprécier clairement l'une des pages les plus tragiques de notre histoire récente.

227.          FONTAINE (Nicolas) [pseud. de Louis CANET]. Saint-Siège, “Action française” et “Catholiques intégraux”. Histoire critique, suivie, entre autres documents, d'un Mémoire sur le “Solidalitium Pianum” et de la “Lettre du Gouverneur Smith”. P., Librairie universitaire J. Gamber, Éditions de L'Année Politique française et étrangère, 1928, gr. in-8°, 209 pp, broché, couv. abîmée, état correct

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Ouvrage important, très bien documenté, sur l'affaire de la condamnation de l'Action française par Pie XI, remontant jusqu'en 1903. Nicolas Fontaine est le pseudonyme de Louis Canet.

228.          FONTAINE (Pierre). L'étrange aventure riffaine. Pétrole-Intelligence Service. P., Jean-Renard, 1943, in-12, 216 pp, une carte, broché, bon état

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Sur la Guerre du Rif (1921-1926). Table : Constitution de la zone du Riff espagnol ; Les Espagnols au Riff ; La République riffaine ; Figures de chefs riffains ; Les appétits autour du Riff ; La deuxième guerre hispano-riffaine ; Politique française : la fin d'Abd-el-Krim ; Abd-el-Krim demande sa libération ; Conclusion : L'aventure riffaine continue sans Abd-el-Krim ; Un des codes secrets riffains. — Pierre Fontaine (1903-1969) a exercé le métier de journaliste pendant vingt-cinq ans. Il se spécialisa d'abord dans les problèmes coloniaux, effectua de nombreux reportages, puis se consacra plus particulièrement à des questions d'économie politique étrangère. Il comprit de bonne heure l'importance du facteur pétrolier dans la politique mondiale et lui consacra plusieurs ouvrages.

229.          GIGNOUX (C.-J.). L'Économie française entre les deux guerres, 1919-1939. P., Société d'Editions économiques et sociales, s.d. (1942), in-8°, 372 pp, broché, 2e plat sali, sinon bon état

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Les quinze chapitres de ce livre représentent autant de leçons d'un Cours d'histoire des faits économiques contemporains professé dans l'hiver 1941-1942 à l'Ecole supérieure d'organisation professionnelle par Claude-Joseph Gignoux (1890-1966). — Ancien président de la Confédération générale du patronat français, fait prisonnier en juin 1940, libéré en 1941, il se rallie au régime de Vichy à son retour en France, en acceptant en novembre 1941 la fonction de membre du Conseil national de Vichy ; il préside sa 5e commission, celle de l’organisation économique. Tout en critiquant le dirigisme, il se rallie aussi au thèses corporatistes : il enseigne l'économie industrielle à l'Institut d'études corporatives et sociales, est membre de son comité de patronage, et de son conseil supérieur en janvier 1943. Il est aussi membre du Comité d'information interprofessionnelle qui remplace alors la CGPF, du Conseil consultatif du commerce extérieur, du Conseil supérieur de l’économie industrielle et commerciale, mis en place en 1942. Il préside aussi le Centre interprofessionnel des commissions de reclassement des prisonniers de guerre rapatriés, constitué fin 1942. Il est décoré de la francisque. Ce qui lui vaut d'être arrêté et brièvement interné à la Libération.

230.          GIRODIAS (Maurice). Une Journée sur la Terre. Première partie : J'arrive ! (1892-1919-1942). Stock, 1977, fort in-8°, 471 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome 1 (seul paru aux Editions Stock). — Fils de Jack Kahane, qui avait notamment publié dans les années trente des auteurs tels que Henry Miller, Anaïs Nin, James Joyce ou Lawrence Durell, Maurice Girodias fonda les Éditions du Chêne à Paris en 1941. Après le rachat de cette première maison par Hachette, il créa The Olympia Press en 1953. Éditeur atypique, publiant essentiellement des titres en anglais, de nombreux romans pornographiques, et les œuvres de Henry Miller, Samuel Beckett, Georges Bataille, Jean Genet ou Chester Himes, Maurice Girodias mena un combat incessant contre la censure en France et aux États-Unis. Lolita de Nabokov, qu’il fut le premier à publier en 1955, fut interdit en 1956 par arrêté du ministre de l’Intérieur. Dans les trois années qui suivirent, près de cent titres du catalogue d’Olympia Press furent à leur tour interdits. Maintes fois poursuivi pour délit de pornographie, Girodias fut « interdit d’édition » et chassé de France sous la pression des tribunaux. Bravant le scandale, il poursuivit sa carrière d’éditeur aux États-Unis d’où il fut expulsé en 1974 sur ordre de Henry Kissinger en personne. Le second tome de ses mémoires a été publié en 1990 aux Éditions de la Différence.

231.          GOUDEKET (Maurice). Près de Colette. Flammarion, 1956, in-12, 283 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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Souvenirs du dernier compagnon de Colette. — "(...) Mon engouement ne datait pas d'hier. J'avais quinze ou seize ans quand je découvris Colette et que je reçu de cette lecture un choc délicieux. Avec l'incroyable orgueil et l'esprit chimérique de cet âge, je déclarai à mes parents : « J'épouserai cette femme, elle seule saura me comprendre. »..." (M. Goudeket)

232.          GRELON (André)(dir.). Les ingénieurs de la crise. Titre et profession entre les deux guerres. P., EHESS, 1986, in-8°, 461 pp, broché, bon état, ex. du SP

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L'entre-deux-guerres a été pour les ingénieurs une période d'une très grande importance. A cette époque, leurs conditions de travail se modifient, leurs rôles dans les entreprises se transforment, leur position dans la société est en pleine évolution. La grande crise des années trente agit à cet effet comme un révélateur : les ingénieurs prennent conscience qu'ils sont menacés à la fois de l'intérieur parce qu'ils forment un groupe de plus en plus hétérogène et de l'extérieur par les risques de déqualification professionnelle et de déclassement social. Ils sont donc amenés à se défendre en cherchant à obtenir un statut qui définisse une qualité intrinsèque de l'ingénieur : ce sera la bataille pour la protection du titre d'ingénieur. Cet épisode revêt une grande signification dans leur longue histoire, car c'est sur la base des acquis des années trente que s'est construit l'ingénieur contemporain. Ce livre relate pour la première fois la lutte de ce groupe socio-professionnel pour préserver et renforcer son identité : il analyse les raisons de ce mouvement et en décrit les modalités. Il montre aussi que les problèmes auxquels ont été confrontés les ingénieurs français étaient communs à ceux de toute l'Europe : il jette ainsi les bases d'une histoire européenne des ingénieurs.

233.          GROSSER (Alfred). L'Allemagne de Berlin, différente et semblable. Editions Alvik, 2007, in-8°, 279 pp, édition revue et corrigée, broché, couv. illustrée, bon état

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Dix-sept ans après la chute du mur de Berlin, Alfred Grosser met au point le nouveau portrait de l'Allemagne réunifiée. Cette Allemagne est-elle vraiment devenue « une » ? Qu'en est-il du poids de la mémoire du régime communiste s'ajoutant à celui, écrasant, du nazisme ? Alfred Grosser aborde ici des questions essentielles comme les institutions politiques, les problèmes économiques, l'immigration ou encore l'insertion européenne en menant une comparaison critique avec la France. Il bouscule les idées reçues et détaille les réussites et les échecs de l'Allemagne de Berlin.

234.          HEALEY (Denis). Le Rideau tombe. Histoire des socialistes en Europe orientale. P., Dominique Wapler, 1952, in-12, 121 pp, avant-propos d'Aneurin Bevan, une carte, broché, bon état

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"Ces récits d'espoirs déçus, d'idéalisme trahi et de liberté enchaînée ne constituent pas une lecture agréable. Ils comportent une leçon évidente pour ceux qui sont tentés de prendre les professions de foi communistes pour argent comptant..." (Epilogue)

235.          HERRIOT (Edouard). Le Problème des Dettes. Exposé présenté à la Chambre des Députés les 12 et 14 décembre 1932. Fasquelle, 1933, pt in-8°, 120 pp, broché, imprimé sur beau papier, bon état

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En juin 1932, Herriot revient au pouvoir après des élections ayant marqué une poussée vers la gauche. Durant son gouvernement, qui durera à peine plus de six mois, le ministère de l’Instruction publique devient ministère de l’Éducation nationale. Herriot est devenu beaucoup plus modéré et l'on a dit que son gouvernement a été le dernier à laisser une impression de calme. Son gouvernement tombe le 14 décembre 1932 sur la question du remboursement de la dette française à l'égard des États-Unis.

236.          JEANNENEY (Jean-Noël). Clemenceau. Portrait d'un homme libre. Mengès, 2005, gr. in-8°, 191 pp, 158 gravures et photos, en noir et en couleurs, reliure illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. Destins), envoi a.s.

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Dans le Panthéon de la IIIe République, Clemenceau est au premier rang. Il a marqué son temps de sa personnalité, sous de nombreux visages : l'exilé aux États-Unis après la guerre de Sécession, le maire de Montmartre au moment de la Commune, le médecin des pauvres à Belleville, le « tombeur de ministères » empêtré dans l'affaire de Panama, le journaliste flamboyant du combat dreyfusard, le « briseur de grèves » lors de son gouvernement de 1906-1909, le « Père la Victoire » de 1917-1918, le négociateur du traité de Versailles, l'octogénaire amoureux... Parce qu'il était si multiple d'apparence et toujours en mouvement, on l'a jugé à tort insaisissable et contradictoire : on verra pourtant comment ce portrait d'un homme hors pair restitue, avec les couleurs vives de son énergie, de sa volonté et de son courage, l'unité d'un tempérament et d'une trace. Si Clemenceau a encore beaucoup à nous transmettre, 88 ans après sa mort, c'est justement pour tout ce qui, en lui, bouge et vit inlassablement.

237.          JOBERT (Michel). Ni dieu ni diable. Conversations avec Jean-Louis Remilleux. Albin Michel, 1993, in-8°, 408 pp, reliure plein chagrin bleu, dos lisse, titres dorés, couv. illustrées conservées, bon état

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"Parce qu'il n'a pas son pareil pour mettre bas les masques, parce qu'il ne fuit aucune question, parce qu'il a vécu des épisodes sensibles de notre République, à l'intérieur comme à l'extérieur, parce qu'il a partagé l'intimité politique de Georges Pompidou et cohabité avant la lettre avec François Mitterrand, ces conversations avec Michel Jobert vont bien au-delà d'un livre de souvenirs. Cet homme est libre, cela se sent, et c'est une raison suffisante, dans un pays prisonnier des tabous et de l'autocensure, pour l'interroger sur son parcours de citoyen indépendant. On succombe à la nostalgie, en écoutant Michel Jobert, d'un temps où les personnages de premier plan étaient à leur place, où les ministres n'étaient pas sélectionnés dans l'arrière-boutique des partis, où leur culture, leur esprit, leur probité tant intellectuelle que matérielle, les destinaient aux premiers rôles." (J.-L. Remilleux) — "L'ancien ministre des Affaires étrangères de Georges Pompidou – mais aussi l'ancien ministre du Commerce extérieur de François Mitterrand – répond avec délectation aux questions tous azimuts de Jean-Louis Remilleux. Le délice est partagé. La définition du jobertisme ? « Il veut la Lune en plein Soleil, du moins dans l'esprit des gens.» Oui, une promenade qui mérite le détour." (Les Echos, 5 fév. 1993)

238.          KANTERS (Robert). A perte de vue. Souvenirs. Seuil, 1981, in-8°, 341 pp, broché, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier)

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De la petite enfance à la petite vieillesse, les souvenirs moutonnent à perte de vue. Après une adolescence froissée et un apprentissage de la vie à la Dickens, on passe aux coulisses du théâtre et de l'édition où, à travers la comédie parisienne, on rencontre artistes et écrivains illustres, en spectateur trop lucide et timide pour prendre vraiment parti. Lecteur professionnel, on y rencontre aussi des livres avec toujours le souci de préférer, aux hommes qui parlent comme des livres, les livres qui parlent comme des hommes ; de Pascal à Louis-Claude de Saint-Martin, de David Herbert Lawrence à J.M.G. Le Clézio, hommes de désir et de vérité. Le plus difficile est de ne pas se perdre de vue, de découvrir, au-delà des rencontres, qui on a voulu être et à quels dieux on a été obstinément fidèle. (4e de couverture) — "... Davantage homme de lettres qu’écrivain, Kanters est né en Belgique en 1910 et mort à Paris en 1985. Publié en 1981, A perte de vue a été entrepris alors que, devenu quasiment aveugle, Kanters sentait sans doute sa fin venir. Etrange ouvrage que cette suite de confidences tantôt sereines, tantôt douce-amères. Humble, discret et tolérant, Robert Kanters ne livre aucune date, peu de lieux (il a vécu à Bruxelles et près de Bordeaux) ; et il reste très discret sur sa vie privée et son homosexualité. En revanche, il livre une avalanche de jugements sur ses lectures. Car il fut avant tout lecteur. D’abord chez Julliard puis chez Denoël. L’auteur nous livre mille détails sur une enfance pauvre, des parents absents et quelque peu indifférents, avec lesquels il entra d’ailleurs en conflit, des études réussies en mathématiques alors qu’il avait surtout du goût pour les Lettres. Il évoque ses auteurs de chevet : Arnould Galopin, Danrit, Moselli, Louis Boussenard, Paul d’Ivoi... Kanters ne méprise pas la littérature policière, ni la littérature populaire ; ne condamnant pas les bons sentiments, il déplore que nous en soyons arrivés « à considérer comme de la bonne littérature uniquement les œuvres qui peignent des bossus ou des âmes bossues » (p 56/57). Pendant l’occupation, il devient le précepteur des enfants d’Annet Badel ; il admire Jules Supervielle, fait la connaissance de Mauriac et de Jean Cayrol pour lesquels son admiration restera constante. C’est grâce à Badel qu’il finit par entrer chez Julliard où il fréquente Robert Hossein, Vadim, Jean Vilar, Paul Guth... j’en passe ! C’est lui qui découvre Hervé Bazin et son premier roman, “Vipère au poing” ; « prolétaire intellectuel » comme il se définit lui-même (p. 213), il déprime, rate son suicide, et prend la direction de Denoël, dont la réputation est collaborationniste dans les années cinquante. Ce « lecteur professionnel » livre alors des confidences passionnantes sur son travail, et des jugements littéraires d’une pertinence qui n’ont pas vieilli. A ses yeux, le directeur littéraire doit « découvrir d’abord ce que l’auteur a voulu faire et même ce qu’il a fait sans le vouloir » (p. 300). C’est lui qui voit (entre autres) les débuts de Sébastien Japrisot, Paul Guimard, Benoîte Groult, Catherine Paysan... Mais le plus impressionnant, c’est qu’il pressent avec 35 ans d’avance « le divorce entre la littérature des écrivains et la littérature des lecteurs » (p. 328), et dans l’édition, le rôle du « gestionnaire (qui) n’a qu’un critère : la liste des ventes de la semaine ou du mois ». « Le directeur littéraire devient alors un dangereux gêneur » déplore-t-il p. 250..." (Le Blog de Christian Grenier)

239.          KNICKERBOCKER (Hubert-Renfro). Allemagne, fascisme ou communisme ? Flammarion, 1932, in-12, 284 pp, traduit de l'aglais, broché, bon état. Edition originale, ex. du SP

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" (...) En cet hiver, que le chancelier Brüning déclare être le plus dur des cent dernières années de l'histoire allemande, le New-York Evening Post a chargé un de ses correspondant d'étudier l'Allemagne ainsi qu'elle apparaît au cours d'une tournée automobile. Derrière la façade des rapports officiels, et en dehors de la route des touristes, celui-ci cherchera les données du problème qui se pose : l'Allemagne va-t-elle sombrer ?..." (Avant-propos)

240.          LACHAPELLE (Georges). Les Finances de la IIIe République. Flammarion, 1937, in-8°, 252 pp, broché, couv. lég. salie, sinon bon état (Coll. L'Histoire). Edition originale, exemplaire hors commerce sur papier alfa (ex. du SP). Il n'y a eu que trente grands papiers (10 Hollande et 20 Alfa)

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Table : I. La gestion financière antérieure à la Troisième République ; II. La gestion financière de 1871 à 1914 ; III. Les finances de guerre et d'après-guerre ; IV. Les deux crises monétaires ; V. La crise économique et les déficits budgétaires ; VI. Vers la catastrophe.

241.          LAMBRICHS (Louise L.). Comme en 14 ? Contribution à l'écriture de notre histoire. Editions La Rumeur Libre, 2014, gr. in-8°, 362 pp, 12 pages de fac-simolés, broché, bon état

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Tenter de penser clairement ce qui s’est produit entre 1991 et 1995 (guerre en ex-Yougoslavie) dans cette partie de l’Europe du sud-est qualifiée dans nos manuels de « poudrière » depuis au moins 1914, tel fut l’enjeu de ce long travail. Les textes réunis dans ce volume constituent une contribution à la compréhension du mécanisme psychique, manifestement déterminant dans le registre politique, médiatique, juridique et donc historique, ayant abouti à la dernière politique génocidaire européenne du XXe siècle. — « J’aurais sans doute poursuivi mon chemin de romancière sans les événements tragiques de Yougoslavie qui m’ont, dès 1991, déroutée et touchée au plus vif en éveillant chez moi un écho inattendu et d’emblée, dès 1991, un sentiment d’inexorable et catastrophique répétition de l’histoire – non pas répétition de la petite mienne, secrète et qui n’intéresse que moi, mais de la grande, celle que font les hommes avant que d’autres la racontent de mille et une façons. De ce douloureux sentiment de répétition mortifère, que personne autour de moi en France ne partageait, et dans ce contexte tragique naquit, à partir d’un rêve en couleurs et d’un cas clinique qui m’avait été raconté par un jeune médecin, un roman ancré dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale ; un roman dans lequel une petite fi lle joyeuse de vivre, portant mon prénom, ne pouvait exister, et grandir, que dans les rêves de sa mère. »

242.          LAVOIE (Vincent). L'affaire Capa. Le procès d'une icône. Editions Textuel, 2017, in-8°, 191 pp, 61 photos en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'écriture photographique)

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Mise en scène ou mort en direct ? Le 5 septembre 1936, pendant la guerre d'Espagne, Robert Capa capture la chute d'un soldat républicain frappé de plein fouet par une balle près de Cerro Muriano. Depuis cinquante ans, cette image aussi célèbre que controversée est à l'origine du plus long procès du photojoumalisme : celui de la vérité en image. Depuis les premiers doutes sur l'authenticité du Falling Soldier dans les années 1970, détracteurs et défenseurs du photographe se disputent la vérité sur les lieux du drame, l'identité du milicien tué, la trajectoire des tirs et la séquence des clichés réalisés. Instruire le procès de cette image ne consiste pas à ajouter de nouvelles pièces à un dossier déjà très volumineux, mais à examiner l'évolution des "régimes de vérité", successivement mobilisés par les protagonistes de l' "affaire Capa", ainsi qu'il convient de la nommer. Cet ouvrage ne cherche pas à livrer un énième verdict sur l'authenticité de l'image de Capa. Il questionne en revanche les moyens d'identification convoqués par les différentes parties : la parole des témoins, les documents d'archives, les expertises criminalistiques de l'image assimilée à une véritable scène de crime. Dans une analyse passionnante, Vincent Lavoie retrace les tenants et aboutissants d'une controverse sans précédent qui, à l'heure des fake news et de la manipulation des images, résonne avec une troublante acuité.

243.          LEHNDORFF (Hans Graf von). La Mort ou l'espérance. Journal d'un médecin allemand, 1945-1947. La Table Ronde, 1964, in-8°, 358 pp, traduit de l'allemand, préface de Dominique Auclères, une carte de la Prusse orientale, broché, couv. à rabats, bon état

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Le témoignage de Hans Graf von Lehndorff sur la Prusse-Orientale de 1945 à 1947 : les Allemands s'en vont, les Russes et les Polonais s'installent... L'auteur nous a décrit les soubresauts de la « revanche » et les excès de l'occupation soviétique à Kœnigsberg, von Lehndorff en venant à se réjouir que sa mère ne soit que... fusillée.

244.          LENTIN (Albert-Paul). L'Algérie des Colonels. Journal d'un témoin (juin-octobre 1958). P., Editeurs Français Réunis, 1958, in-12, 98 pp, broché, bon état

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Embrassant la carrière de journaliste en 1948, A.-P. Lentin participe au lancement de la revue Caliban et entre à Libération de d’Astier de La Vigerie, où il s’impose comme spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient et devient codirecteur de son service étranger. Fervent anticolonialiste, proche du leader marocain Mehdi Ben Barka, il soutient la marche vers l’indépendance des pays du Maghreb et du tiers-monde dans les différents journaux (Action, France Observateur…) ou revues (Esprit, Les Temps modernes) auxquels il collabore. S’il est expulsé en 1961 d’Algérie où il est envoyé spécial pour Libération, il participe par la suite aux négociations secrètes entre responsables français et algériens. Il tire de la Guerre d'Algérie des livres de témoignage comme “L’Algérie des colonels” (1958), “Le dernier Quart d’heure” (Julliard, 1963) ou “La lutte tricontinentale” (Maspero, 1967).

245.          LHANDE (Pierre). Le Christ dans la banlieue. Enquête sur la vie religieuse dans les milieux ouvriers de la banlieue de Paris. Plon, 1928, in-12, iv-279 pp, une carte dépliante hors texte, reliure demi-toile chocolat, dos lisse, pièces de titre et d'auteur basane noire (rel. de l'époque), bon état

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La personnalité du Père Lhande (1877-1957) est surtout connue pour son apostolat en milieu ouvrier dont des titres comme “Le Christ dans la banlieue” ou “La Croix sur les fortifs” témoignent fortement. De 1927 à 1934, le père jésuite sera également le prédicateur le plus écouté de la radio et un véritable pionnier en matière de prédication radiophonique inventant un style parlé, voire des sermons dialogues avec ses auditeurs.

246.          LOTTMAN (Herbert R.). La Rive gauche. Du Front populaire à la guerre froide. Seuil, 1981, gr. in-8°, 390 pp, traduit de l'américain, index, broché, couv. illustrée, état correct

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La “Rive gauche”, un quartier minuscule entre la Seine et Montparnasse, fut longtemps la capitale intellectuelle du monde. C'est là, dans cet espace réduit à quelques terrasses de cafés, une poignée d'éditeurs, trois ou quatre salles de rédaction, que la plupart des meilleurs écrivains de l'époque écrivaient, se rencontraient, s'engageaient et s'opposaient. De Londres à New York, de Moscou à Barcelone, on guettait les prises de position d'un Gide ou d'un Malraux, de Sartre ou de Koestler. Herbert Lottman retrace ici les trente années les plus fameuses de ce quartier. Au terme d'une longue enquête historique, s'appuyant sur de nombreux témoignages inédits, il propose une sociologie vivante d'un endroit où se joua longtemps le sort des idées.

247.          MARCK (Bernard). Il était une foi : Mermoz. Jean Picollec, 1986, in-8°, 482 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Mermoz ? Un aviateur, certes. L'un des plus grands... Le héros de la fameuse Aéropostale. L'animateur d'un mouvement politique et social, aussi, membre éminent du Parti social français créé par le colonel de La Rocque. Mais surtout un homme. Avec ses qualités. Et ses faiblesses... Sous la plume de Bernard Marck, Jean Mermoz, le pilote audacieux, vainqueur du désert, de l'océan, de la nuit, de la montagne et du temps, se fait fils attentionné et tendre, amant multiple et fougueux, camarade fidèle et farceur, ami des enfants. Assurément, il présentait le bon profil pour faire face. Reconstituée à partir d'une correspondance abondante et souvent inédite, de confidences et de nombreux témoignages, voici une vie intense et palpitante. Récit d'une passion exemplaire, cette biographie vous révèle une âme et vous ouvre les portes d'un cœur. Non, Jean Mermoz n'a pas disparu dans l'Atlantique Sud, le 7 décembre 1936 ! Il vous attend dans ce livre...

248.          MARIE (Jean-Jacques). Les femmes dans la Révolution russe. Seuil, 2017, in-8°, 382 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 23 janvier 1917, une grève spontanée d'ouvrières du textile entraîne les métallos voisins et les partis révolutionnaires réticents, et débouche sur l'abdication du tsar et la constitution du premier soviet. Les femmes accèdent soudain à des fonctions dirigeantes. Premier livre à s'intéresser à leur rôle dans la révolution russe, le travail de Jean-Jacques Marie brosse une galerie de portraits hauts en couleur, mais surtout éclaire la façon dont l'émancipation des femmes est intimement liée à la rupture historique de 1905-1917. Il retrace cette lutte, ses avancées, décrit ses égéries et le changement de mœurs qu'elles imposèrent. Il permet ainsi de dégager quelques grandes figures de femmes révolutionnaires, des héroïnes populistes – troquant la volonté utopique d' « instruire le peuple » contre la tentative d'abattre les dignitaires du régime (Sofia Perovskaia, Vera Figner) – aux respectueuses pétitionnaires fusillées ou sabrées du Dimanche rouge. Il revient sur le passage de l'acte individuel héroïque à l'action collective dans un monde soudain en mouvement (Maria Spiridonova, Inessa Armand, Alexandra Kollontaï), mais aussi sur le choc de la mobilisation et de la guerre. Qu'elles soient commissaire aux armées, théoricienne, agitatrice, chef de guerre, journaliste engagée, terroriste ou à la tête de bandes insurgées, l'irruption de ces femmes accompagne un changement législatif et social radical, du droit de vote et de l'éligibilité à toutes les fonctions au droit à l'avortement, immenses avancées vers l'égalité qui furent, comme tant d'autres, piétinées par Staline.

249.          MARTINI (Michel). Souvenirs d'après l'Algérie, 1987-2008. P., Glyphe, 2010, 3 vol. gr. in-8°, 415, 387 et 437 pp, qqs photos dans le texte et à pleine page, brochés, couv. illustrées, sous emboitage cartonné, bon état

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Michel Martini, est né le 8 février 1925 à Paris. Chirurgien de l'hôpital d'Orléansville, Algérie (1955). Mis en résidence surveillée à Letourneux (juillet 1956) et écroué à la Prison civile d'Oran (septembre 1956). Condamné à cinq ans de réclusion avec sursis par le Tribunal des Forces Armées d'Oran (août 1957). Expulsé d'Algérie, se réfugie en Tunisie. Rentre en Algérie en juillet 1962. Carrière hospitalo-universitaire à Alger. Chef du service de chirurgie générale de l'hôpital Parnet, Alger (mars 1968). Professeur de chirurgie orthopédique et traumatologique et chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l'hôpital de Douera (1972). Vit en France depuis sa retraite (novembre 1987). — Fils d’un banquier parisien, Michel Martini est né le 8 février 1925 à Paris. Après des études secondaires brillantes, il s’inscrit à la faculté de Médecine où il passe son 1er concours d’internat à l’âge de 21 ans. En octobre 1946 il accompagne son père venu visiter une de ses succursales à Alger. Ce premier séjour en Algérie lui fit découvrir un monde totalement différent du sien : il visite Alger, Constantine, Biskra, Touggourt et Ouargla. Il revient en France pour continuer ses études de médecine et est nommé interne en 1949. Il choisit la chirurgie. Son deuxième séjour en Algérie aura lieu en mai 1954 où il vient remplacer pour un mois le docteur Hamida Bentami, chirurgien à l’hôpital de Miliana. Après ce remplacement, il retourne à Paris terminer son internat à l’Institut Gustave Roussy puis passe le concours de chirurgien-adjoint des hôpitaux de 2ème catégorie d’Algérie et prend le poste d’Orléansville (actuellement Chlef). Il s’installe ainsi à Orléansville et c’est là qu’il fit la connaissance de Germaine Tillion et de plusieurs membres du parti communiste algérien (PCA), lui même étant un ancien du PCF. Ces connaissances vont influencer son engagement pour la révolution algérienne puisqu’il accueillit clandestinement dans son service plusieurs membres du PCA. Cette activité en faveur de la révolution algérienne naissante sera à l’origine de son arrestation et son assignation à résidence à Sidi Mahdjoub près de Médéa par la DST le 5 juillet 1956. Il sera écroué par la suite à la prison d’Oran (septembre 56-août 57) puis condamné à cinq ans de prison avec sursis et expulsé d’Algérie. Il se réfugie alors en Tunisie où il arrive le 1er octobre 1957. Il travaille alors au service de chirurgie de l’hôpital de Sfax (octobre 57-février 58)... Il rentre en Algérie en juillet 1962 et débarque à l’hôpital Mustapha où il procède à la réouverture du service de chirurgie “Sedillot”, fermé depuis plusieurs semaines après le départ de la plupart des médecins français... Au cours de l’année 64, il obtient la nationalité algérienne pour avoir milité au cours de la révolution algérienne. Il prend sa retraite en novembre 1987 à l’âge de 62 ans et quitte l’Algérie pour la France où il vit actuellement. Il a publié un ouvrage en quatre tomes sur ses années passées en Algérie : “Chroniques des années algériennes”. (www.santemaghreb.com/algerie)

250.          MARY (Luc). Lénine. Le tyran rouge. L'Archipel, 2017, in-8°, 413 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Figure messianique ou tyran impitoyable ? Vladimir Oulianov, dit Lénine (1870-1924) continue de susciter les passions, la controverse... mais aussi les vocations. Si nul ne conteste son génie politique, qui lui permit d'imposer en Russie la doctrine bolchevique et le gouvernement des soviets, peut-on encore passer sous silence sa violence et son fanatisme ? Au nom de l'idéal marxiste, le père de la révolution d'Octobre annihila toute forme de contestation, musela les libertés et créa, pour les plus récalcitrants, les sinistres goulags. Il spolia d'innombrables paysans, exterminant des pans entiers de la population, en vertu d'une haine viscérale de la bourgeoisie. Comment expliquer, dès lors, que le léninisme ait survécu près de trois quarts de siècle à son fondateur ? Ni les dénonciations des crimes de Staline, ni les échecs de Khrouchtchev n'ont entamé son statut de "héros de l'Union soviétique". Promoteur de la "Terreur rouge", Lénine aura pourtant plongé son pays dans la famine et la misère. Plus de dix millions de morts de 1917 à 1922 : un véritable "génocide de classe". Le peuple russe, comme l'a écrit Soljenitsyne, était-il donc pour lui "l'obstacle principal à la victoire du communisme" ? C'est la thèse suivie dans cette biographie de "l'homme qui changea l'histoire du monde" – pour le meilleur et pour le pire.

251.          MENUHIN (Yehudi). Voyage inachevé. Autobiographie. Seuil, 1977, gr. in-8°, 380 pp, traduit de l'anglais, 72 photos sur 32 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale de la traduction française

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«J’ai passé ma vie à essayer de créer une utopie», écrivait Yehudi Menuhin dans son autobiographie parue en 1977. Utopie de perfection violonistique, de fraternité universelle par la musique, d’éducation par ses écoles et son enseignement, mais aussi par son festival. Fondateur et directeur artistique pendant quarante ans du Festival de Gstaad, le plus grand violoniste de notre temps a laissé une marque indélébile dans l'Oberland bernois. Yehudi Menuhin est un véritable citoyen du monde, né en 1916 à New York d’une famille juive d’Europe centrale. Il étudie le violon chez les plus grands, George Enesco à Paris et Adolf Busch à Bâle. Dès 1927, il mène une immense carrière des deux côtés de l’Atlantique. Après la guerre passée aux Etats-Unis, il cherche un pied à terre pour ses quatre enfants et sa seconde épouse, Diana. Ce sera Gstaad et l’Angleterre. Il meurt en 1999.

252.          MERKLEN (Pr. Prosper). Psychologie politique. P., Nouvelles Editions Argo (N.E.A.), 1932, in-12, 188 pp, broché, dos lég. abîmé, état coorrect

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Recueil d'articles parus dans le "Journal d'Alsace-Lorraine" — "Le livre que M. Merklen intitulé “Psychologie politique” n'est qu'un recueil d'articles parus en 1930 et 1931 dans le Journal d'Alsace-Lorraine ; et, en général, les recueils de ce genre sont de valeur secondaire, mais ici nous avons affaire à de sages pensées exprimées par un homme de premier plan, M. Merklen étant doyen de la Faculté de Médecine de Strasbourg. C'est surtout de l'amélioration du régime parlementaire que s'occupe l'auteur ; ce régime marchait assez mal pendant les années où il écrivait, l'opposition d'alors ne jouant pas un jeu loyal ni même national ; M. Merklen ne l'en défend pas moins, parce que, dit-il, il faut choisir entre parlementarisme et dictature. C'est exact, et les régimes de liberté doivent être préférés en principe aux régimes de contrainte ; mais, ceci dit, il est permis de penser que la dictature peut rendre de grands services dans des cas exceptionnels ; les Romains, qui ont eu plus que tous les autres peuples le génie du gouvernement, lui avaient fait place dans leur droit constitutionnel ; et, à leur école, nous autres aurions pu prévoir des possibilités de dictature, d'ailleurs limitées en ampleur et surtout en durée ; le grand défaut des dictatures, c'est que rien n'est prévu pour leur terminaison, et qu'alors, se prolongeant à l'excès, elles provoquent des sursauts graves tel fut le cas pour l'Espagne, et tel pourrait être le cas pour l'Italie ; je ne parle pas du régime bolchéviste, si monstrueux qu'on déshonorerait le mot dictature lui-même en le lui appliquant..." (Henri Mazel, Mercure de France, 15 sept 1932)

253.          MONNIER (Pierre). Les Pendules à l'heure. A l'ombre des grandes têtes molles, 1939-1951. Editions du Flambeau, 1992, in-8°, 393 pp, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Deuxième volume de mémoires de Pierre Monnier, adhérent de l'Action française, ami de Charles Maurras, Thierry Maulnier, Kléber Haedens, Robert Brasillach, qui fut un des fondateurs de l'hebdomadaire nationaliste "L'Insurgé" en 1936, et participa à la création et au développement des "Centres d'apprentissage des jeunes" établis par le gouvernement de Vichy en zone occupée. Après la guerre, il se consacre à la peinture et au dessin de presse (notamment dans "Aux Ecoutes"), à l'édition (sous le nom de Frédéric Chambriand), et à l'écriture (ouvrages sur Céline, Arletty, Chaval et Jouhandeau).

254.          MONTAGNON (Pierre). 42, rue de la Santé. Une prison politique, 1867-1968. Des anarchistes et des cagoulards aux partisans de l'Algérie française. Pygmalion, 1996, gr. in-8°, 412 pp, chronologie, glossaire, documents, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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L'histoire des prisonniers politiques, anarchistes, nationalistes, défaitistes, communistes, royalistes, cagoulards, résistants, collaborateurs, nationalistes algériens, partisans de l'Algérie française, qui se sont succédé à la Santé depuis sa création en 1867 jusqu'en 1968. Cet ouvrage est aussi le témoignage de l'auteur, incarcéré dans cette prison en 1962-1963 aux côtés des officiers et généraux impliqués dans le drame algérien. Pierre Montagnon fut très proche du lieutenant Degueldre, chef historique des commandos Delta, jusqu'à son exécution le 6 juillet 1962. Par autorisation du Garde des Sceaux, l'auteur a eu accès aux archives de la prison, lui permettant ainsi d'apporter un éclairage nouveau et inédit sur nombre d'événements controversés ou mal connus.

255.          NAEGELEN (Marcel-Edmond). Tito. Flammarion, 1961, in-12, 247 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 30 ex. numérotés sur Vélin chiffon des papeteries de Lana (seul grand papier)

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"A la lumière des faits biographiques relatés en toute objectivité par M. Naegelen, la stature, le caractère, le courage, la largeur de vue du Maréchal Tito apparaissent vraiment hors de pair. C'est à ces qualités qu'il doit d'être aujourd'hui l'un des arbitres les plus écoutés de la politique mondiale" (L'Editeur) — "Grâce à ce livre, les lecteurs français disposent aujourd'hui d'une étude objective et approfondie sur le grand révolutionnaire et chef d'Etat yougoslave, Josip Broz dit Tito, étude qui se rapporte à toute sa vie, depuis sa naissance dans un petit village croate en 1892 à ce jour, lorsqu'il se trouve au faîte de son pouvoir en Yougoslavie et de sa renommée internationale. La vie et l'ascension rapide de cet ancien ouvrier autodidacte sont certes extraordinaires, surtout depuis qu'il s'était imposé pour la première fois à l'attention mondiale, en tant qu'organisateur et dirigeant de la lutte yougoslave de Libération nationale au cours de la dernière guerre mondiale. Sur cette épopée heroïque, patriotique et idéologique, inspirée par Tito et son parti communiste dont il est secrétaire général depuis 1937, M. Naegelen nous donne un tableau complet qu'il resume ainsi : « La resistance yougoslave animée et dirigée par Tito fut dans toute l'Europe incontestablement la plus heroïque et la plus douloureuse, celle aussi qui obtint les résultats militaires les plus étonnants, celle qui retint le plus de forces allemandes et leur causa le plus de pertes. C'est seule, ou presque seule, que l'armée de Libération forgée et commandée par Tito délivra la quasi-totalité du territoire yougoslave. » C'est dans ces circonstances que le militant communiste Josip Broz, aux multiples noms de camouflage, est devenu pour le peuple, pour le monde, pour l'Histoire, le maréchal de Yougoslavie Tito, libérateur de sa patrie. Parallèlement à la lutte de Libération nationale, Tito avait commencé par créer sur le territoire liberé les premières institutions d'une révolution du type soviétique (la nouvelle armée, les comités populaires, etc.) qui lui tenait autant au coeur que la libération de la patrie et qu'il devait parachever dans les premières années d'après-guerre, pour finir par la modifier sensiblement après sa brouille avec Staline, en été 1948. Sur cette « seconde résistance de Tito », cette fois contre Staline et l'hégémonie soviétique, et qui a abouti, entre autres, à une politique étrangère indépendante de la Yougoslavie, le témoignage personnel de M. Naegelen est précieux..." (K. Dincic, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1962)

256.          ODETTE. Orpheline de la Shoah. Presses de la Renaissance, 2005, in-8°, 238 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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L'auteure, née en 1940 dans une famille juive, raconte son enfance après la mort de ses parents en déportation, les orphelinats, une expérience ratée d'adoption aux États-Unis, sa dyslexie, son manque d'affection, ses débuts professionnels, la naissance de son fils, son travail de nurse, son témoignage pour la fondation Survivants de la Shoah de Steven Spielberg, sa découverte de la peinture, etc.

257.          ORDINAIRE (Maurice). La révision de la Constitution. Préface de M. Gaston Doumergue. Payot, 1934, in-8°, 126 pp, broché, couv. poussièreuse, bon état (Coll. Bibliothèque politique et économique)

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Par Maurice Ordinaire (1862-1934), ancien vice-président du Sénat, président du groupe sénatorial de l'Union républicaine. — "J'ai lu votre étude sur le Vice Constitutionnel et la Révision avec infiniment d'intérêt. Vous avez très clairement posé la question. Vous l'avez envisagée sous tous les aspects et ceux-ci sont nombreux. Je ne crois pas que vous en ayez oublié aucun. Le résultat de votre examen attentif et pénétrant vous a conduit à conclure que la Constitution de 1875 ne répondait pas aux nécessités et aux réalités de l'heure présente : encore moins à celles qu'une série de crises fort graves et de toute nature qui, sans doute, n'est pas encore close, nous fait redouter pour un avenir peut-être prochain..." (Gaston Doumergue, préface)

258.          PERDRIX (Alain). Chronique des rois du siècle dernier. Tome I (1901-1945). Chronique historique. Editions Persée, 2008, gr. in-8°, 411 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Tome 1 seul (sur 2). Les rois, une espèce politique en voie de disparition. Menacés depuis longtemps, leur élimination n'a vraiment commencé qu'au XXe siècle, surtout à partir de la Première Guerre mondiale. Leur histoire, c'est celle d'un combat, au travers de conflits planétaires et de bouleversements politiques, économiques et sociaux sans précédent. Ce premier tome couvre la période 1901-1945, qui vit les monarchies affronter les deux guerres mondiales, les progrès de la démocratie, la montée des fascismes, les prémices de la décolonisation et les soubresauts du monde musulman. Outre ces figures incontournables de l'histoire que furent par exemple Victoria, Guillaume II ou François-Joseph, cet ouvrage nous permet de redécouvrir des personnalités moins connues, comme Alexandre de Yougoslavie, Carol de Roumanie ou Haakon de Norvège, ou de faire connaissance avec certains rois dont nous ignorons souvent l'existence, tel Prajadhipok de Thaïlande... Une galerie de portraits qui nous fait traverser le XXe siècle.

259.          POINCARÉ (Raymond, Président du Conseil, ministre des Finances). La Réforme monétaire. Discours prononcé à la Chambre des Députés le 21 juin 1928. Exposé des motifs du projet de loi monétaire. Textes de la loi du 25 juin 1928 et des conventions annexes. Berger-Levrault, 1928, pt in-8°, 188 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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Ce 31 mai 1928, une réunion dramatique se tient dans le bureau de Raymond Poincaré, président du Conseil. En face du chef de gouvernement se tient Emile Moreau, gouverneur de la Banque de France. Cela fait des mois déjà que ce Poitevin austère et rigoureux cherche à convaincre Poincaré de « stabiliser » au plus vite le franc, c'est-à-dire de procéder à une dévaluation de fait de la monnaie. Pris en tenaille entre les « stabilisateurs » et les « revalorisateurs » – partisans, eux, d'un retour au franc fort d'avant-guerre – Poincaré a longuement hésité. Question de prestige national... La menace d'Emile Moreau achève cependant de le convaincre. Le 25 juin 1928, le franc est officiellement défini à 65,85 milligrammes d'or au titre de 900 millièmes. Il s'agit d'une dévaluation de près de 80 % par rapport au franc germinal, créé en 1803 par le Premier consul Napoléon Bonaparte. Un tournant dans l'histoire du franc...

260.          RATOUCHINSKAÏA (Irina Borisovna). Grise est la couleur de l'espoir. Plon, 1989, in-8°, 415 pp, traduit du russe, un plan, 3 illustrations, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Pour avoir osé dénoncer la guerre en Afghanistan et la détention de Sakharov, et avoir possédé des livres interdits, Irina Ratouchinskaïa est condamnée, en 1983, à sept ans d'emprisonnement. En Mordovie, dans "la Petite zone" réservée aux politiques qu'elle partage avec une poignée de dissidentes, elle refuse d'abdiquer sa dignité et de porter le matricule : elle manquera mourir des grèves de la faim répétées qu'elle entreprend en signe de protestation. Dans ce récit bouleversant, elle reconstitue dans le moindre détail la vie et le combat quotidiens de ces femmes qui, bravant le cachot et la prison, ont décidé de ne pas céder. Aux souffrances, au froid, à l'absence d'hygiène, à la faim, aux mensonges du KGB et aux brimades de l'administration qui va jusqu'à dévaster le petit jardin qu'elles ont réussi à cultiver, elles opposent le courage, la solidarité, la grève, et des moments surprenants d'humour. Soutenue par une foi profonde et un sens infaillible de la justice, Irina Ratouchinskaïa choisit, dans l'épreuve, de demeurer un être humain. L'espoir a été vainqueur au terme d'une vaste campagne internationale : Irina Ratouchinskaïa sera libérée en 1986. — "Le récit de la poétesse I.R. permet une fois de plus de mesurer l'absurdité de la politique « d'oppression et d'écrasement des âmes » (expression de l'auteur) des écrivains non conformistes, des croyants, des membres des groupes de surveillance des accords d'Helsinki... Il est d'autant plus intéressant et dramatique qu'il concerne une période très récente : I.R. a été condamnée en 1982 à sept ans de camp à régime sévère et à cinq ans de relégation et emprisonnée en Mordovie, dont elle nous dit qu'elle est tout entière couverte de camps. Elle décrit la période Andropov comme une des plus sombres de l'histoire soviétique après Staline, insiste sur le rôle essentiel joué par l'opinion internationale, les « zeks » ne disposant d'aucun moyen de défense en dehors de la grève de la faim, et sur l'importance de la peur, clé de voûte de tout le système pénitentiaire. Libérée au terme d'une vaste campagne internationale après quelque quatre années de détention, elle affirme en septembre 1987 qu'il y a alors encore en URSS des centaines de détenus politiques." (Revue française de science politique, 1989)

261.          ROMAINS (Jules). Pour raison garder. Flammarion, 1960, pt in-12, 266 pp, reliure pleine toile écrue, dos lisse avec pièce de titre basane fauve (rel. de l'époque), étiquette de la bibl. du Cercle des Usines Renault collée sur la page de faux-titre, marque de bibl. au dos, bon état

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"De pacifiste de gauche, Jules Romains est devenu peu à peu, notamment à “L'Aurore”, un des théoriciens du radicalisme bourgeois : “Examen de conscience des Français”, “Pour raison garder”, “Lettre ouverte contre une vaste conspiration”. (...) Des commentaires sur un monde en train de changer et qu'il refuse avec obstination..." (Jean d'Ormesson, Une Autre histoire de la littérature II, 2011)

262.          ROOSEVELT (Franklin D.). La défense des peuples libres contre les dictatures agressives. Message au Congrès américain du 4 janvier 1939. P., Les Editions France-Amérique, 1939, in-8°, 31 pp, introduction par Gabriel Hanotaux, broché, bon état (Coll. Cahiers de politique étrangère, 79). Peu courant

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Prévoyant les éventualités de l'avenir, le Président prépare la défense de l'Amérique. L'entente de Berlin et de Tokyo ne paraît aujourd'hui être une menace que pour la Russie. Mais le Président prévoit que demain une Amérique désarmée pourrait trouver à sa porte ces deux adversaires joignant leurs flottes et leurs avions, avec la complaisance d'un voisin gagné à leur politique...

263.          SERVIER (Jean). Dans l'Aurès sur les pas des rebelles. France-Empire, 1955, pt in-8°, 301 pp, 12 pl. de photos hors texte, reliure demi-toile bordeaux, bon état

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"La vie profonde de l’Algérie, qui semblait jusque là n’appartenir qu’à quelques initiés, l’auteur nous la présente grouillante et colorée, avec ses contrastes brutaux dans le cadre silencieux des grandes montagnes berbères qu’il a parcouru, solitaire, sur les pas des rebelles." – "Impressions et souvenirs d'un Français qui a vécu sept ans chez les paysans des montagnes de l'Aurès et étudié leurs coutumes, avant de se trouver engagé dans les événements déclenchés par la révolte de novembre 1954. Ses observations constituent un document pour l'ethnologue ; elles peuvent aussi aider à comprendre certaines des causes profondes de la rébellion." (Revue française de science politique, 1956)

264.          SIRVIEY (Jean-Luc) . Le Cerisier du Hoggar. Journal d'un proscrit d´aujourd'hui. Chez l'Auteur, 1994, in-8°, 301 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'auteur, issu d'une famille de militaires du Midi de la France et d'artisans industrieux devenus industriels du Nord de la France, publie son premier ouvrage "Le Cerisier du Hoggar" en 1994, à l'âge de 64 ans. Ingénieur, licencié es-sciences, officier de marine pendant son service militaire, il prend des notes pendant ses voyages à l'étranger en tant qu'exportateur, puis comme chef d'entreprise. La démolition de son entreprise par la politique de gauche, notamment après 1981, le pousse vers une réflexion sur la politique et sur le comportement des citoyens face aux événements nationaux et internationaux. Chômeur privilégié, mais moralement atteint, il tente une reconversion dans l'informatique. Préretraité, effrayé par la destruction de la France et des valeurs qui ont fait sa grandeur, sa prospérité et son rayonnement, il s'engage dans le militantisme politique au RPR, puis au Front National après l'insoutenable exploitation de Carpentras. "Le Cerisier du Hoggar" est auto-édité et "politiquement incorrect", ceci expliquant cela." (4e de couverture) — Jean-Luc Sirviey est le pseudonyme de Louis Castay : il fut tête de liste FN aux élections municipales à Vaucresson (Hauts-de-Seine) en 1995 et suppléant, en 1993, de Sophie Brissaud, candidate dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine et directrice de la communication de Jean-Marie Le Pen.

265.          VANDERBILT BALSAN (Consuelo). Une duchesse américaine. New York-Londres-Paris. Mémoires. Tallandier, 2012, in-8°, 383 pp, traduit de l'anglais, annoté et préfacé par Olivier Lebleu, 38 photos sur 16 pl. hors texte, index des noms, broché, couv. illustrée, bon état

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Consuelo Vanderbilt, l'une des plus grandes héritières des Etats-Unis, grandit à New York au sein d'une célèbre famille sûre des privilèges que lui octroie son immense fortune. Mariée contre sa volonté au duc de Marlborough, propriétaire du fastueux Blenheim Palace, elle devient membre d'une aristocratie dont les codes de conduite lui sont imposés. Dans cette Angleterre victorienne finissante où le cosmopolitisme apparaît déjà, elle rencontre au cours d'une vie mondaine décrite avec humour la reine Victoria, Edouard VII, la reine Alexandra, la famille impériale russe et Winston Churchill dont elle devient la cousine et confidente... Elle mène alors la vie de la café society, future jet set, qui de châteaux en hôtels de luxe, de cours européennes en stations à la mode, suit les événements mondains. Cependant, fidèle à elle-même, Consuelo quitte son mari et trouve l'amour auprès de Jacques Balsan, aviateur français qui à l'inverse de son premier époux ne la considérera pas comme un trophée décoratif, mais avec un respect et un amour véritables. C'est l'occasion de nouvelles rencontres avec les acteurs principaux de la vie parisienne, Sacha Guitry, par exemple. Investie dans le monde qui l'entoure, elle s'engage dans des actions sociales, crée des centres d'accueil pour filles mères, soutient les indigents, sans cependant se départir de l'esprit de caste qui est aussi une part importante de sa nature et de son éducation. C'est cette succession de mondes : New York, Londres, Paris et de deux époques qui fait de ce récit la chronique d'une période charnière passionnante. La Seconde Guerre mondiale qui va déferler sur la France la verra s'occuper de réfugiés Elle rejoindra ensuite l'Espagne puis le Portugal, avant de regagner les Etats-Unis, laissant derrière elle son monde en train de s'effondrer.

266.          VAUSSARD (Maurice). Avènement d'une dictature. L'Italie entre la guerre et le fascisme, 1915-1925. Hachette, 1971, in-8°, 204 pp, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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L'auteur, historien, qui a vécu en Italie cette période cruciale de son histoire, l'expose sans passion et en tire les leçons. Il en a approché les principaux acteurs, aussi bien dans le camp anti-fasciste que parmi les promoteurs du fascisme.

267.          VERDÈS-LEROUX (Jeanine). Au service du Parti. Le parti communiste, les intellectuels et la culture (1944-1956). (Thèse). P., Fayard, Editions de Minuit, 1983, fort in-8°, 585 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Il s'agit, pour l'essentiel, de la thèse soutenue par l'auteur à la Sorbonne le 16 avril 1983, thèse dans laquelle elle s'est efforcée d'analyser les productions des intellectuels membres ou « compagnons de route » du Parti Communiste français, qui s'étaient mis « au service de la classe ouvrière » ; elle a voulu comprendre et expliquer comment ces intellectuels ont accompli les tâches que leur fixait la direction du parti : trouver des arguments, créer des œuvres justifiant ou exaltant la ligne politique et les mots d'ordre du parti français – ou du parti soviétique – en cette période de guerre froide. Jeannine Verdès-Leroux a raison de distinguer plusieurs catégories dans l'intelligentsia communiste : 1) les « grands intellectuels », intellectuels autonomes, qui ont pu ainsi « sauvegarder une certaine autonomie au niveau de leur production » ; 2) les « intellectuels-de-parti », opposés aux premiers « dans des luttes souvent âpres, attisées et arbitrées par la direction » et qui « recevaient leur position, leur pouvoir, leurs privilèges uniquement du parti » ; elle fait un sort à la génération issue de la Résistance, qui subit une rupture dans ses études et fut sollicitée par le parti pour devenir des « permanents », spécialement dans la presse. Ces « intellectuels prolétaroïdes » (selon l'expression de Max Weber) ont été souvent des agents d'exécution de la direction. « Cette intelligentsia ne s'est pas contentée d'être alignée sur tous les aspects de politique générale ; elle a été massivement « jdanovienne » en matière culturelle, par ignorance, par inexpérience. Elle a donné une direction typique à la période, par l'étendue de son fanatisme, intervenant dans tous les domaines alors que les intellectuels autonomes gardaient des zones de quant-à-soi, faisaient des restrictions mentales et exprimaient leurs réserves par leurs silences » ; 3) l'auteur y associe « l'intelligentsia autodidacte des couches négativement privilégiées » (Max Weber), en clair les militants d'origine ouvrière, paysanne ou petite bourgeoise sur lesquels elle porte cette appréciation : « A ces permanents privés de capital scolaire et de capital culturel, le parti apportait, à travers ses écoles, non des connaissances, mais une saisie unitaire du monde social, une nouvelle façon de se conduire et de se percevoir dans ce monde et tout un ensemble de croyances et de certitudes. Après une sélection dont ils ignoraient les critères, ils recevaient des responsabilités, inespérées à leurs yeux, qui les remplissaient d'émerveillement. Ces positions étaient toujours plus valorisantes que ce qu'ils s'attendaient à vivre mais il convient de noter que l'étroitesse de leur connaissance du monde extérieur les conduisait à surestimer grandement la fonction de permanent ». Jeannine Verdès-Leroux décrit assez bien la mise en condition de ces intellectuels qui « étaient entrés au parti communiste pour faire l'Histoire ». Ils participaient aux combats de la classe ouvrière mais non pas à l'élaboration de la politique du parti (privilège réservé au groupe dirigeant). La plupart, accaparés par les tâches pratiques, la multiplicité des réunions, n'avaient pas le temps de réfléchir, de se documenter sérieusement ailleurs que dans les publications du parti, de se former une opinion personnelle ; il faut dire que même au niveau du Comité central, des élus et permanents la sous-information, voire la désinformation était la règle. Les intellectuels, comme les autres, avaient foi dans les dirigeants et avaient tendance à accepter et à défendre leurs analyses politiques puis, par entraînement progressif, leurs opinions sur les sujets les plus divers – sauf dans leur discipline, là où ils se sentaient compétents. Les nécessités de la lutte et « l'esprit de parti » faisaient le reste..." (Robert Brécy, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1985) — "Contre le lieu-commun qu'entretiennent aussi bien la direction du parti communiste que les "ex", ce livre établit d'abord que l'essentiel des intellectuels dont les oeuvres dominèrent l'après-guerre n'étaient pas communistes. Quelques grandes figures, Picasso ou Joliot-Curie, que la direction met sans cesse en avant, avaient déjà construit leur oeuvre en première personne. Quant à la production que la direction a encouragée, celle des intellectuels-de-parti, par exemple la peinture et le roman réalistes-socialistes, elle ne put jamais s'imposer en dehors des cercles du parti en raison de son caractère de propagande. Cet "art" satisfaisait trop bien à la recommandation de Jdanov : "l'art doit être tendancieux". Plus qu'à la caution apportée par quelques "grands" intellectuels, et plus qu'à leurs silences, on s'est attaché à analyser ici les productions "artistiques" et "scientifiques" des intellectuels-de-parti et les conditions de cette production. Les caractéristiques, les dispositions et la trajectoire de ces intellectuels les rattachent à cette intelligentsia paria dont Max Weber a montré le rôle dans les Eglises. Renonçant à l'autonomie propre aux intellectuels professionnels pour se mettre "au service de la classe ouvrière", ils se transforment en rhéteurs, prêts à toutes les "tâches" que leur désigne la direction du parti : "théoriser" l'existence d'une science prolétarienne opposée à la science bourgeoise, ou approuver l'arrestation des "Blouses blanches", médecins accusés par Staline de comploter l'assassinat de dirigeants soviétiques. Pour rendre intelligibles des oeuvres et des conduites que Sartre se contenta de qualifier de monstrueuses, il a fallu accomplir un va-et-vient entre les productions de l'époque et ceux qui les ont produites ou les ont contrôlées. L'enquête, menée au long de cinq années, s'appuyant sur une mémoire involontaire des acteurs, a permis d'aller bien au-delà de ce que les écrits, utilisant la mémoire volontaire, prétendent imposer et, plus encore, au-delà de la façade monolithique présentée alors par le parti communiste." (J. V.-L.)

268.          VIANSSON-PONTÉ (Pierre). Histoire de la république gaullienne (Mai 1958 - Avril 1969). Laffont, 1984, fort in-8°, 839 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, trace de pli au 1er plat, bon état (Coll. Bouquins)

            25

"C'est la réédition pure et simple, en un seul volume, de l'ouvrage publié en 1970-71 chez Fayard, en deux volumes, par le brillant chroniqueur politique du “Monde” qui devait disparaître prématurément. Cette étude, devenue fondamentale, est présentée sous une forme plus maniable ; les orientations bibliographiques s'arrêtent donc à 1971, puisque rien n'a été retouché." (Jacques Chapsal, Revue française de science politique, 1985)

269.          VILAPLANA (Antonio Ruiz). Sous la foi du serment. Une année en Espagne nationaliste. P., Jean Flory, 1937, in-12, 270 pp, broché, bon état

            30

Ouvrage hostile aux Franquistes. "L'auteur a été « greffier du Juge d'instruction » à Burgos jusqu'en juin 1937. Ce témoin est le type classique du fonctionnaire juridique. En écrivant son livre il entend rester l'homme qu'il était en vivant les faits qu'il raconte : individu moyen en un certain sens, manifestement occupé des soucis réels de la vie quotidienne et particulièrement du souci de « la carrière », mais à la fois profondément honnête, animé d'un esprit sincère de légalité, de justice et d'humanité. Un tel homme a supporté sans protester pendant une année toutes les « actions » du régime « nationaliste », restant fidèle à sa fonction qui consistait alors surtout dans l'enregistrement des cadavres « inconnus ». Mais lentement le refoulement de sa conscience s'affaiblit et les limites étroites du métier ne suffisent plus à la tromper. Enfin le moment arrive où l'honnêteté foncière de cet homme se manifeste comme sa vocation personnelle. La mesure est pleine. L'exécution stupide du jeune poète-musicien Antonio José et le dédain que montrent les officiers italiens et allemands de l'armée d'invasion pour les hommes et les femmes de race espagnole achèvent de libérer en cet homme la force propre à lui faire remonter le courant. En s'engageant dans une fonction extra-quotidienne la personne s'actualise en lui. Spontanément il quitte la zone occupée par les généraux rebelles, et arrivé en France il se met à rédiger ce livre, le premier et probablement le dernier de sa vie. Ce petit événement se produit immédiatement après la prise de Bilbao. c'est-à-dire en dépit de tout raisonnement opportuniste, juste au moment où à Paris et ailleurs certains intellectuels libéraux espagnols s'ingénient à découvrir les vertus du fascisme. La vérité subjective évidente de cet homme et de son réveil moral, car il ne s'agit pas d'une conversion politique, garantit au lecteur la vérité objective du contenu extraordinaire de son constat. Ce texte est plein de sang et de larmes. Il nous montre les exploits d'une volonté exterminatrice tenace, à la fois froidement systématique dans ses méthodes et follement aveugle dans ses buts. C'est tout autre chose que l'explosion terrible et souvent criminelle de la colère du peuple que nous avons vu se produire à un moment donné dans l'autre camp..." (Paul-Louis Landsberg, Esprit, 1938)

270.          VINCENOT (Henri). Mémoires d'un enfant du rail. Le Rempart de la Miséricorde. Hachette, 1980, in-8°, 393 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'épopée véridique du Chemin de Fer français à travers l'histoire d'une famille : Henri Vincenot publia en 1980 cette saga familiale évoquant les souvenirs d'une enfance cheminote. Le roman se déroule dans le quartier du Rempart de la Miséricorde à Dijon, qui abritaient les maisons des cheminots.

271.          WEYGAND (Jacques). Weygand, mon père. Flammarion, 1970, fort in-8°, 503 pp, 44 photos et 4 illustrations sur 24 pl. hors texte, 8 pl. de documents en fac-similé hors texte, pièces annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Le général Weygand tenait, depuis le début de sa carrière, des cahiers de notes où il s'exprimait librement sur les faits et les hommes. S'il s'en est certainement servi pour rédiger ses “Mémoires”, son fils y a puisé plus largement encore et il en cite souvent des extraits suffisants pour en montrer l'intérêt. Jacques Weygand s'est étendu davantage sur les époques que les “Mémoires” de son père laissent quelque peu dans l'ombre : la vie de garnison de l'officier de cavalerie d'avant 1914 (c'est tout un aspect de l'histoire de la société de la IIIe République), la Pologne et plus encore le commandement au Levant, surtout, enfin, les années de guerre et d'après-guerre, à partir de novembre 1941 : la résidence surveillée dans le Midi, la captivité en Allemagne, le retour et le jugement... L'auteur se montre amer envers bien des hommes, et porte un jugement mitigé sur le maréchal Pétain. L'ouvrage ne manque ni de vie ni d'intérêt." (J.-M. d'Hoop, Revue historique, 1971)

272.          WHITEHEAD (Don). Le F.B.I. Préface de John Edgar Hoover. P., Editions Morgan, 1958, pt in-8°, 452 pp, traduit de l'américain, notes, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"D. W. a su su dans son livre nous intéresser à un double point de vue : il nous retrace les plus grandes affaires criminelles et politiques du siècle et à propos de ces événements nous explique les manières de procéder du Federal Bureau of Investigation. Les rouages d'une organisation que l'on croyait plus ou moins secrète sont ainsi mis à jour. On pourra cependant regretter que l'ouvrage tourne trop souvent au plaidoyer en faveur « des pionniers de la légalité américaine, bâtisseurs de la sécurité nationale »." (Revue française de science politique, 1958)

1ère GUERRE MONDIALE

 

273.          ALAIN (Emile Chartier, dit). Souvenirs de guerre. P., Paul Hartmann, 1952, in-12, 246 pp, une photo de l'auteur en uniforme en frontispice, index, reliure pleine toile bleue, pièce de titre basane carmin, couv. conservées, bon état

            30

"Alain est le nom sous lequel écrit M. Chartier, professeur de philosophie, dont l'autorité dans le monde universitaire a été très grande. Il a exercé une action considérable sur ses élèves, dont plusieurs sont devenus célèbres. Nous avons affaire à un homme qui se pique de franchise et c'est ce qui donne du prix au volume que voici. (...) On y rencontre, chemin faisant, des idées justes, des observations précises et exactes, des anecdotes topiques, des conseils judicieux, des aperçus psychologiques d'une grande profondeur, des réflexions philosophiques dignes d'être méditées. Naturellement, le canonnier Chartier, devenu brigadier, et employé comme téléphoniste et météorologiste, n'a pu rien dire dans son livre qui soit de nature à nous éclairer sur l'art militaire. En revanche, il a pu récolter beaucoup de détails sur ce qui concerne le simple soldat, l'homme de troupe, et aussi sur le fonctionnement des rouages de la hiérarchie. Engagé volontaire à près de cinquante ans, jouissant d'une grande notoriété dans le monde des intellectuels, il a bénéficié d'une sorte de régime de faveur auprès de certains officiers – pas de tous –, il a vécu dans l'intimité de quelques-uns, et a pu ainsi se rendre compte de la façon dont s'opéraient la préparation des ordres, leur rédaction, leur transmission, la suite qui leur était donnée, comme aussi des mensonges contenus dans les rapports fournis par les subordonnés à leurs chefs..." (Emile Mayer, Revue militaire suisse, 1938)

274.          AUDOIN-ROUZEAU (Stéphane) et Annette BECKER. 14-18, retrouver la Guerre. Gallimard, 2000, in-8°, 280 pp, broché, qqs marques au stylo en marges, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

            15

Tandis que disparaissent les derniers combattants, la Grande Guerre nous revient, dans une tout autre lumière, comme la matrice d'où sont sortis les désastres du XXe siècle. Face à ce qui apparaît comme l'énigme d'un suicide collectif de l'Europe, il ne s'agit plus, pour les historiens, de savoir qui porte la responsabilité de la guerre ni comment se sont déroulées les opérations ; il convient désormais d'explorer une culture de la violence, d'analyser un nationalisme de croisade, de mesurer la profondeur d'un deuil peut-être inachevé.

275.          BORDEAUX (Henry). La Terre de France reconquise (1914-1918). Le Plessis-du-Roye – Moronvilliers – Malmaison – Un régiment – Les trois journées. Plon, 1938, pt in-8°, xii-361 pp, 3 cartes sur un hors texte, broché, couv. à rabats, bon état. Edition originale, un des 29 ex. numérotés sur papier de Hollande Van Gelder (premier grand papier, avant 46 pur fil)

            60

276.          CERFBERR (Gaston). L'Allemagne en détresse, d'après ses propres documents. Les hommes, les approvisionnements, l'argent. P., E. de Boccard, 1916, in-12, 318 pp, broché, bon état

            30

"L'auteur a fait un clair et judicieux groupement des motifs qui, dans l'été de 1916, permettaient d'escompter l'affaiblissement prochain de l'Allemagne. Ces motifs sont réels ; mais leur effet est plus lent que M. Cerfbeer et beaucoup d'autres avec lui ne l'ont pu prévoir, ce qui tient à des causes diverses, procédant les unes de notre caractère, les autres de celui de nos adversaires. M. Cerfbeer passe la revue précise et vigilante des ressources de l'Allemagne en hommes (voir, p. 30-31, le curieux tableau de la mobilisation allemande de 1881 à 1918), en approvisionnements et en argent. L'absence de toute table des matières ne permet pas malheureusement d'embrasser d'un coup d'oeil la marche de cet intéressant développement, et le titre particulier qui, en tête de chaque page de droite, renseigne sur le contenu des deux dernières pages ne saurait compenser qu'imparfaitement le manque de subdivisions dans l'étude des trois sortes de ressources allemandes mentionnées dans le titre général de l'ouvrage. Le volume n'a pas encore perdu de sa valeur malgré la rapidité avec laquelle tout évolue et vieillit autour de nous." (T. Sch. Revue historique, 1917)

277.          CHAMBARD (Claude). Mourir pour Verdun. France-Empire, 1966, in-8°, 341 pp, 12 pl. de photos hors texte, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Pour écrire ce livre, l'auteur, rédacteur en chef du “Journal des Combattants”, hebdomadaire fondé en 1916, a patiemment rassemblé des années durant une considérable documentation sur toutes les unités qui ont participé à la gigantesque bataille. Il a consulté les mémoires des grands chefs militaires et des hommes politiques qui en ont assumé la responsabilité. Il a fait appel enfin à des centaines de témoignages de combattants. “Mourir pour Verdun” est la synthèse de leurs révélations et des récits historiques régimentaires. Une contribution nouvelle et précieuse à l'histoire de cette bataille.

278.          CHARPAUX (Marcel). Notre Croisade. Essai. P., Editions du Triptyque, 1932, pt in-8°, 108 pp, nombreux croquis de l'auteur dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés sur papier alfa

            25

Récit de captivité d'un soldat français capturé en août 1914.

279.          Chemin de Fer du Nord – Pèlerinage aux régions dévastées. Souvenir de la Grande Guerre. Visite des régions dévastées du Nord de la France. P., Touring Club de France, 1919, 3 vol. in-8°, 47, 43 et 55 pp, 65 photos, 6 dessins au trait, 14 cartes et plans, dont 8 sur double page, brochés, couv. illustrées, bon état. On joint 4 prospectus publicitaires du Chemin de Fer du Nord pour ses "Pèlerinages aux régions dévastées" et une carte dépliante en 2 couleurs du Front de guerre 1914-1918 tirée d'un autre ouvrage. Peu courant

            60

I. Lens, Arras, Albert ; II. Batailles de la Somme : Montdidier, Chaulnes, Péronne ; III. Chemin des Dames : Coucy-le-Château, Moulin de Laffaux, Anizy-le-Château, Soissons.

280.          Collectif. Almanach du Combattant 1965. Cinquantenaire de 1915. G. Durassié et Cie, 1964, in-8°, 256 pp, illustrations de André Lagrange, André Galland, Henri Breton, Marcel Jeanjean, Georges Pavis et Pierre Ringard, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"1915, le martyre de l'infanterie." (Weygand). — Textes de Jacques Meyer, Maurice Genevoix, Roland Dorgelès, André Beauguitte, Georges Gaudy, René Cassin, Guy Raissac, etc.

281.          DUQUESNOY (Marie). Alfred Lanfranchi, Tirailleur algérien, de Constantine au front de l'Aisne. Louviers, Editions Ysec, 2017, gr. in-8°, 105 pp, 13 photos, repères chronologiques, broché, couv. illustrée, bon état

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Alfred Lanfranchi, élève au lycée de Constantine, est mobilisé en avril 1917 au sein du 3e régiment de tirailleurs algériens à Bône. Après plusieurs mois d’instruction en Algérie, il quitte sa terre natale en janvier 1918 pour Marseille puis la Seine-et-Marne. Le contraste est rude pour le jeune soldat arraché à la douceur de son foyer. De cantonnement en cantonnement Alfred livre un récit alerte, drôle, sensible de son histoire. À la fin du mois de septembre, il est envoyé au front dans l’Aisne. Il disparaît le 31 octobre 1918 prés de Landifay.

282.          FOCH (Maréchal). Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918. Plon, 1931, 2 vol. in-8°, xxix-281 et lviii-337 pp, reliures demi-basane mordorées à coins, dos lisses avec doubles filets à froid et pièce de titre chagrin chocolat, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), un mors en partie fendu, bon état. Edition originale sur papier vélin du Marais. On joint deux cartes postales d'époque représentant la Signature de l'Armistice le 11 novembre 1918 en forêt de Compiègne (Oise) et la Table de la Signature de la Paix du Traité de Versailles le 28 juin 1919

            80

Commandant le 20e corps d'armée en Lorraine, Foch prend la tête de la 9e armée lors de la première bataille de la Marne, pour ne plus quitter le front des opérations de l'Yser à la Somme et assurera la coordination du groupe « des Armées du Nord » françaises, britanniques et belges, avant de devenir en 1917 le chef d'état-major général de l'armée française. Après l'élimination du front russe, l'Allemagne lance sur le front occidental une formidable offensive au printemps 1918 afin de s'assurer la victoire. C'est dans ces circonstances dramatiques, sous les ordres du général Foch, désigné alors Commandant suprême des forces alliées, que la contre-offensive est organisée jusqu'à la victoire totale... Acteur décisif, Foch a tenu à laisser des mémoires "pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918" qui furent publiées en 1931. Le second tome couvre la période de mars à novembre 1918 et dresse un état exhaustif et détaillé des conditions qui ont conduit à la signature de l'armistice.

283.          [Pages d'Histoire - 1914]. En mobilisation. 1er, 2e et 3e jours. Les violations de frontière. Les ultimatums allemands. Les violations de neutralité. Berger-Levrault, 1914, in-12, 94 pp, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Pages d'histoire)

            15

Réunion de documents officiels, télégrammes d'agences, récits de journaux sur les premiers jours de la guerre.

284.          [Pages d'Histoire - 1914]. La Journée du 4 août. Le message au Parlement. La session extraordinaire. Commentaire des principaux journaux. Berger-Levrault, 1914, in-12, 72 pp, broché, couv. lég. salie, état correct (Coll. Pages d'histoire)

            15

Réunion de documents officiels, télégrammes d'agences, récits de journaux sur les premiers jours de la guerre.

285.          PIERREFEU (Jean de). G.Q.G. Secteur 1. Trois ans au Grand Quartier Général, par le rédacteur du “Communiqué”. Tome 1 : L'Etat-Major de la Victoire. Le crépuscule de Joffre. La tragique aventure de Nivelle. – Tome 2 : Pétain organisateur de la Victoire. Foch et Pétain. P., L'Edition française Illustrée, 1920, 2 vol. in-12, viii-280 et 249 pp, index, brochés, bon état. Edition originale, un des 40 ex. numérotés sur papier hollande Van Gelder Zonen, d'Amsterdam (n° 35), premier papier avant 60 pur fil Lafuma

            100

"M. de Pierrefeu rapporte avec la plus entière liberté ce qu'il a observé pendant les trois années qu'il a passées au Grand Quartier Général comme rédacteur du communiqué officiel. Il a un tempérament d'observateur, il écrit agréablement. Il a tenté de rassembler une collection de petits faits exacts et d'en tirer des réflexions d'ordre général. Il a réussi à faire sur la guerre un ouvrage extrêmement vivant dont les deux volumes vous tiennent comme un roman passionnant. Sous le trait piquant, derrière l'anecdote cueillie sur le vif et parfois plaisante, la bonne foi du témoin est indiscutable ; on retrouve la sympathie vraie et fréquemment l'admiration qui l'animaient quand il prenait les notes qui composent ces souvenirs. Aucun sentiment de rancune ni d'ambition déçue. Le tour pittoresque de nombreuses scènes et le mouvement de la vie qu'il sait retrouver en les évoquant n'empêchent pas l'œuvre de conserver un caractère historique. (...) Je ne résiste pas au plaisir de reproduire un dernier extrait qui me fournira une manière de conclusion : « Voilà comment on écrira l'histoire dans cinquante ans, quand, les témoins étant morts, les historiens consciencieux désireux de remonter aux bonnes sources, liront les archives de l'Etat-Major ! Crions-leur tout de suite « Casse-cou ». Mettons-les en garde contre cette vaste entreprise d'atténuation de la vérité que j'ai vu s'accomplir jour à jour, sous mes yeux. Et s'ils n'en tiennent pas compte, ils nous feront douter de l'histoire tout entière. Quand je vois un historien aussi averti que Louis Madelin, consulter gravement les archives officielles, se faire remettre et ouvrir avec un saint respect les archives du G. Q. G. ; bien plus, y croire aveuglément sans essayer de les contrôler, de les critiquer par des témoignages ou, simplement par les comptes rendus des comités secrets qui ont une valeur certaine puisque, le Ministre de la guerre y assistant, la contre-partie existe, je ne peux m'empêcher d'être déçu. Ah ! l'Etat-Major aura eu la chance d'avoir sous la main un historien de grand talent pour soutenir à la face du monde toutes ses thèses. Louis Madelin se console, peut-être, en disant qu'il fait une oeuvre utile à la France. Il se trompe, c'est la vérité seule qui est utile au pays ; quand il verra les mêmes erreurs se reproduire, peut-être regrettera-t-il sa fidélité et son esprit d'obéissance. Il est mauvais qu'un historien ait été mobilisé ; il reste toujours en lui du sous-lieutenant qui obéit à ses chefs « sans observation, ni murmure ». Et M. de Pierrefeu ajoute : Et tous les autres, hélas, à de rares exceptions près, ne sont-ils point pareils ? »." (Aristote Crapet, Revue du Nord, 1921)

286.          PUTKOWSKI (Julian). Été 1916. Les fusillés de King Crater (I). La 35th (Bantam) Division dans l'enfer de la Somme. Louviers, Ysec éditions, 2002, gr. in-8°, 80 pp, 50 photos (certaines à double page) et une carte dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Un jour de la Grande Guerre)

            10

La 35th (Bantam) Division dans l'enfer de la Somme décrit les premiers engagements dans le Nord, puis la bataille de la Somme et les premières exécutions. Constituée d’hommes physiquement faibles pour la plupart, la division est lancée sur le front de la Somme pendant tout l’été. Elle se bat souvent aux côtés des troupes françaises, mais les faiblesses physiques apparaissent vite et la division ne s’illustre pas dans les combats. Sa réputation, notamment parmi les officiers d’état-major, devient vite détestable et des mesures disciplinaires sont prises.

287.          THARAUD (Jérôme et Jean). La Randonnée de Samba Diouf. Plon, 1922, in-12, 313 pp, préface à André Demaison, broché, bon état. Edition originale, un des 700 ex. numérotés sur papier pur fil des papeteries Lafuma

            50

"Samba Diouf est un jeune Africain quittant son village pour rejoindre la ville pour une cause anodine. Arrivé sur place, il est enrôlé dans l'armée française, transporté en Europe, entraîné au métier de soldat et engagé dans les combats meutriers. Blessé, il rejoint son village après cette "Randonnée de Samba Diouf" (1922). L'histoire racontée par Jérome et Jean Tharaud, auteurs littéraires avant guerre, faisant suite à un autre roman de guerre "Une Relève" (1919), est celle de beaucoup de tirailleurs sénégalais qui ont dû vivre cette guerre avec cet oeil halluciné, comme un mauvais rêve dont on peut revenir avec un membre estropié, ou dont on ne revient pas du tout..." (Passion & Compassion 1914-1918) — Jérôme (1874-1953) et Jean Tharaud (1877-1952) sont des frères qui forment à eux deux un écrivain. Leurs prénoms de baptême sont Ernest et Charles, c’est bien plus tard Charles Péguy qui leur donnera les prénoms de Jérôme et Jean, le fondateur et l’apôtre de l’évangile. Jean devint en 1901 le secrétaire de Maurice Barrès, poste qu’il occupa jusqu’à la Première Guerre mondiale. Pendant cinquante ans, ils mènent une œuvre à quatre mains, signant toujours de leurs deux prénoms, le cadet rédigeant le matériau, l’aîné, Jérôme, peaufinant le style. Leurs différents voyages dans de nombreux pays, la Palestine, l’Iran, le Maroc, la Roumanie, leur fournissent la matière de reportages et de livres. Leur œuvre fortement datée est marquée par le nationalisme, comme Barrès et Péguy, ils croient aux vertus de la colonisation. Le 1er décembre 1938, Jérôme Tharaud est élu au 31e fauteuil de l’Académie française en remplacement de Joseph Bédier. Les deux frères ont eu un fauteuil à l'Académie française, mais pas simultanément, Jérôme y fut élu en 1938, et Jean en 1946.

288.          VIVIANI (René, Président du Conseil, ministre des Affaires étrangères en 1914). Réponse au Kaiser. P., Ferenczi et Fils, 1923, in-8°, 300 pp, reliure demi-basane havane, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos épidermé, sinon bon état, enrichi d'un poignant envoi a.s. signé "un ami malheureux, René Viviani" (l'auteur venait de perdre sa femme en février 1923)

            60

René Viviani (1863-1925) fut président du Conseil de juin 1914 à octobre 1915, c'est lui qui signa l'ordre de mobilisation générale d'août 1914. Socialiste, ami de Jaurès, il fut le cofondateur du journal “L'Humanité” avec ce dernier. — "L'oeuvre de M. Viviani n'est pas seulement une véhémente riposte aux impostures de Guillaume II ; mais c'est une magnifique pages d'histoire où l'auteur rapelle ce que fut, pour le malheur du monde, la dynastie des Hohenzollern ; où il raconte le voyage en Russie qu'il fit en juillet 1914 avec M. Raymond Poincaré ; où il montre, pièces en main, que, dès le 5 juillet, le Kaiser avait décrété la guerre ; où il retrace, jour par jour, la marche au crime de l'Allemagne ; où il décrit la scène tragique du 2 août quand, seul dans cabinet du Quai-d'Orsay, il attendait la venue de M. de Schoen, qui allait lui apporter la déclaration de guerre ; où il dresse implacablement le réquisitoire de toutes les duplicités, de tous les mensonges, de toutes les lâchetés de Guillaume II, de ses ministres, de ses ambassadeurs, de son état-major..." (Le Matin)

2ème GUERRE MONDIALE

 

289.          AUBRAC (Lucie). Ils partiront dans l'ivresse. Lyon, mai 1943 - Londres, février 1944. Seuil, 1984, in-8°, 259 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, ex. du SP, envoi a.s. au colonel Passy : « A vous et à votre femme ces quelques mois de notre vie de couple à une période où vous étiez si efficace. Avec mon amitié - Lucie »

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Lorsqu'elle débarque à Londres en février 1944 pour y mettre au monde son deuxième enfant, Lucie Aubrac est accueillie comme une héroïne de la Résistance française. Quelques années plus tard, lors d'un voyage aux Etats-Unis, elle trouvera par hasard dans un avion des "cartoons" américains racontant, en bandes dessinées, sa propre histoire. Mais qu'est-ce qu'une héroïne ? Depuis quarante ans, Lucie Aubrac – peu soucieuse de gloriole – n'avait pas jugé nécessaire d'ajouter ses souvenirs personnels à la littérature résistante publiée ici et là. Peu de femmes pourtant étaient fondées autant qu'elle à témoigner sur ce que fut concrètement la vie quotidienne, l'état d'esprit et l'espoir têtu des militants de l'ombre. Partageant à Lyon avec son mari Raymond et ses camarades l'animation du mouvement Libération, réussissant de nombreux "coups" spectaculaires, arrachant par trois fois son mari aux prisons françaises et allemandes, elle fut aussi et surtout l'une des protagonistes de l' "affaire Jean Moulin". C'est la perspective du procès de Klaus Barbie et le comportement des défenseurs de l'ancien chef de la Gestapo qui l'avaient convaincue de sortir du silence. Elle reconstitue, ici, le journal de ses neufs mois de femme engagée dans la lutte – de mai 1943 à février 1944 –, période durant laquelle Jean Moulin fut trahi, arrêté et assassiné. Neuf mois de combats, neuf mois de grossesse mais aussi neuf mois de la vie d'une femme acharnée à sauver l'homme qu'elle aime. Ce témoignage est à verser à l'histoire. Le récit, sans effets ni artifices, nous fait revivre de façon saisissante ce que furent au jour le jour ces années là.

290.          AUPHAN (Amiral Paul). Histoire élémentaire de Vichy. France-Empire, 1971, gr. in-8°, 357 pp, 16 pl. de photos hors texte, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Vichy vu de l'intérieur. Par l'amiral Gabriel Paul Auphan (1894-1982), chef de la Marine marchande (1940), chef d'état-major des forces maritimes puis secrétaire d'Etat à la Marine du gouvernement de Vichy. Il refusa la violation des conditions d'armistice et démissionna en novembre 1942. Condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité en 1946, il se présenta en 1955 devant la Haute Cour, qui lui infligea une condamnation de principe dont il fut aussitôt relevé.

291.          AYLMER-ROUBENNE (Madeleine). J'ai donné la vie dans un camp de la mort. France Loisirs, 1998, in-8°, 313 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            15

"J'avais autre chose à dire que la vie des camps nazis. Elle est connue de tous ceux qui ont bien voulu la connaître... Je voulais témoigner d'autre chose, non de la mort mais de la vie. Je voulais témoigner mon triomphe par la naissance d'une enfant, et de sa survie..." Tout juste mariée en ce printemps 1944, Madeleine est déportée. Destination Ravensbrück. Etre enceinte n'offre aucun avantage dans ce camp. Bien au contraire. Mais Madeleine fera tout pour garder en vie l'enfant qu'elle porte, aidée par ses compagnes, toutes solidaires. En donnant la vie, elle-même naît une seconde fois, surmontant horreur et violence. C'est ce parcours qu'elle nous décrit, sa transformation profonde au sein d'un monde inhumain...

292.          BEKKER (Cajus). Raid Altitude 4 000. Journal de guerre de la Luftwaffe. Albin Michel, 1966, in-8°, 364 pp, traduit de l'allemand, 27 photos hors texte, cartes et croquis dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Pour la première fois, un Allemand traite à fond du rôle de la Luftwaffe au cours de la Seconde Guerre Mondiale et rectifie certaines légendes inventées par la propagande tant nazie qu'alliée, et qui figurent encore dans les manuels d'histoire. Conçu comme un film, s'y succèdent les tragédies les plus atroces, involontaires parfois – explique l'auteur – comme l'incendie de Rotterdam, les crimes également, ceux d'un Goering avili par la drogue. En se trompant lourdement sur l'ampleur du conflit qui approche, les chefs de la Luftwaffe ont virtuellement perdu la guerre dès 1935 : faute de quadrimoteurs à grand rayon d'action, les Allemands seront incapables d'atteindre les terrains d'envol britanniques situés au nord de Londres, tout comme les usines russes qui continueront à fabriquer avions, tanks et canons, sans même être bombardées. A cela s'ajoute le gaspillage des hommes et du matériel surtout dans les campagnes de Hollande, de Crète et d'Afrique du Nord. En revanche, Anglais et Américains ont travaillé dès 1934 à ces quadrimoteurs Lancaster et Forteresses volantes, qui emporteront en fin de compte la décision. Et quand la folie de Hitler retardera d'un an l'apparition du premier chasseur à réaction, la Luftwaffe recevra vraiment le coup de grâce.

293.          BOLLORÉ (Gwenn-Aël, dit Bollinger). Nous étions 177. France-Empire, 1964, pt in-8°, 267 pp, préface de Lord Lovat, 20 pl. de photos hors texte, 4 pl. de croquis de matériels, 4 cartes et plans, broché, jaquette illustrée, bon état

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Gwenn-Aël Bolloré a été l'un des cent soixante-dix-sept Français qui ont débarqué le 6 juin 1944. Ces volontaires du commando Kieffer étaient intégrés au N°4 Commando britannique sous l'autorité du général de brigade Lord Lovat. La mission de cette unité d'élite consistait durant ce « Jour le plus long » à neutraliser le casino-bunker de Ouistreham, avant de prendre le contrôle de la ville, puis à faire la jonction avec les troupes aéroportées du général Gale qui tenaient le pont – désormais célèbre – de Pegasus Bridge : une promenade de dix-sept kilomètres sous le feu de l'ennemi. L'objectif fut atteint au prix de pertes sévères. Ce livre nous raconte, de façon vivante et émouvante, l'odyssée de Gwenn-Aël Bolloré, alors âgé de dix-sept ans, qui avait choisi de gagner l'Angleterre et de s'engager dans les commandos de fusiliers marins. À travers ce témoignage sur l'une des plus audacieuses et des plus grandes opérations militaires de tous les temps, nous pouvons mieux imaginer ce que furent ces journées décisives.

294.          [BRUGUIER,Michel]. 14ème D.I. : Au service de la victoire. Offenbourg (Allemagne), Imp. Franz Burda, octobre 1945, in-4°, 65 pp, lettres-préfaces du général de Lattre et du général Salan, 185 photos de Pierre Amalric, J. G. Séruzier, de la Taille, Houguenade, E. Bauer, texte de Michel Bruguier, illustrations de Mab Brunhes, cart. éditeur, gardes illustrées, titre doré au 1er plat, bon état, envoi a.s.

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On joint un “Bulletin d'information de la Première Armée Française « Rhin et Danube « (numéro spécial du 14 juillet 1945, sur « Le 14 juillet de la liberté. Le peuple français acclame l'Armée Française de la Victoire », 12 pages avec 17 photos, état correct).

295.          CASSOU (Jean)(dir.). Le Pillage par les Allemands des œuvres d'art et des bibliothèques appartenant à des Juifs en France. Recueil de documents. Précédé d'une introduction sur la doctrine esthétique du national-socialisme et l'organisation des Beaux-Arts sous le IIIe Reich par Jacques Sabile. P., Editions du Centre/CDJC, 1947, in-8°, 267 pp, 19 pl. de documents en fac-similé et photos hors texte, annexes, broché, couv. lég. salie, bon état. Peu courant

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"(...) Les documents réunis dans le présent ouvrage concerne d'abord les origines de la "razzia" allemande, la lutte entre les diverses branches du "gang" hitlérien autour du butin, le rôle joué personnellement dans cette entreprise peu reluisante par les grands chefs du régime national-socialiste – puis la correspondance entre Vichy et les occupants, où se conjuguent la farce et la bouffonnerie, où abondent les tirades dignes des plus belles trouvailles de la commedia dell'arte..." (Isaac Schneersohn, avant-propos) — Jacques Sabile est le pseudonyme du peintre Philippe Hosiasson (1898-1978). – "En lui confiant en 1947 la rédaction de cet ouvrage sur “Le pillage par les Allemands des oeuvres d’art et des bibliothèques appartenant aux juifs français”, une recension que Hosiasson a introduite par un essai sur “La doctrine esthétique du national-socialisme et l’organisation des Beaux-Arts sous le troisième Reich”, Jean Cassou lui obtient un travail au Centre de Documentation Juive Contemporaine, travail qui va à l’évidence influer profondément sur ses premières oeuvres abstraites. Signés Jacques Sabile, ses livres analysent la situation des Juifs en Tunisie et en Italie pour témoigner finalement, en 1956, dans “Lueurs dans la Tourmente”, des efforts de «tous ceux qui se sont dressés face au monstre nazi pour défendre leurs frères en détresse »." (Germain Viatte, « Philippe Hosiasson, un peintre et son siècle », Cahiers slaves, 2016) — "On connaît globalement le sort des livres pillés à la bibliothèque de l’Alliance et à celle du Séminaire israélite de France (SIF). Edmond-Maurice Lévy, Jean Cassou ou Nicolas Reymes s’accordent à dire qu’entre 400 et 700 caisses de livres ont été expédiées depuis l’Alliance vers l’Institut zur Erforschung des Judenfrage (Institut de recherche sur les questions juives) à Francfort-sur-le-Main. Le rapport dirigé par Jean Cassou, « Le pillage par les Allemands des œuvres d’art ... » indique l’arrivée à Francfort de 567 caisses provenant de l’AIU (sur un total de 656 caisses saisies) et de 165 caisses du SIF (sur 243). La bibliothèque ainsi constituée contient 550.000 volumes en 1943, dont plus de 27.000 catalogués. Mais le groupe d’Alfred Rosenberg (Einsatzstab Rosenberg) ne se contente pas de piller ces deux collections. La politique nazie d’éradication de l’influence juive pousse à détruire les ressources et les réseaux intellectuels juifs, et la confiscation des bibliothèques participe de cet objectif. Les locaux parfaitement équipés de la rue La Bruyère accueillent donc de 1940 à 1944 les livres, les objets d’art et les instruments de musique destinés à être expédiés en Allemagne, au bénéfice le plus souvent de dignitaires du régime..." (Jean-Claude Kuperminc, « La reconstruction de la bibliothèque de l’Alliance israélite universelle, 1945-1955 », Archives Juives, 2001)

296.          COLEMAN (Fred). Le réseau Marcel. Comment un homme et une femme sauvèrent 527 enfants de l'holocauste. Acropole, 2015, in-8°, 379 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, biblio sélective, broché, bon état

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Dès 1943, le réseau Marcel est l'une des plus belles réussites de la résistance juive en Europe. À la fin de la guerre, 527 enfants ont survécu grâce à un jeune couple, Odette Rosenstock et Moussa Abadi, appelé « Monsieur Marcel ». Au péril de leur vie, ils ont placé en secret des enfants juifs dans les pensionnats catholiques ou au sein de familles protestantes, à Nice et dans les environs. À partir d'un grand nombre de sources, dont des centaines de documents provenant des archives du couple et des douzaines d'entretiens menés auprès de ceux qu'ils ont sauvés, Fred Coleman raconte pour la première fois dans son intégralité l'histoire des Abadi. Le Réseau Marcel fait œuvre historique et révèle comment deux personnes, armées seulement de courage, d'ingéniosité et d'un solide sens moral, ont été à l'origine du sauvetage de plus de cinq cents enfants en défiant la machine d'extermination nazie.

297.          Collectif. La Campagne de France, mai-juin 1940. PUF, 1953, gr. in-8°, 231 pp, 11 cartes, 2 tableaux, broché, couv. illustrée, pt manque au 2e plat, bon état

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Avant-propos de Henri Michel, suivi d'études érudites par Lt.-Colonel Lugand, A. Reussner, Colonel R. Villate, Colonel Fox, Chef d'Escadron d'Ornano, Commander M. G. Saunders, Lt.-Colonel J. Le Goaster, Commandant A. Wauquier, P. Dhers, Général Lestien, J. Willequet, C. T. de Jong, G. Castellan.

298.          Collectif. Lettres de Drancy. Un été 42, Paris-Drancy-Auschwitz. Textes réunis et présentés par Antoine Sabbagh. Tallandier, 2014, in-8°, 287 pp, introduction par Denis Peschanski, 8 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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« Ma très chérie. Nous voici en route pour X. Aucune idée. Tous les tuyaux circulent, Allemagne, Pologne aussi bien que Pyrénées. On verra bien... Ça peut être très long, mais on reviendra. Je ne crains qu'une seule chose, c'est de vous voir nous rejoindre. Le reste n'est qu'une aventure qui doit être supportable sans gros dommage. Au revoir, mon amour. Je vous embrasse tous quatre très très tendrement. Jean. » (27 mars 1942, jeté du premier convoi Drancy-Auschwitz). — Ce recueil de 130 lettres témoigne de l'internement et de la déportation des juifs en France entre 1941 et 1944. Une persécution dont l'été et le printemps 1942 constituent le tournant, avec la grande rafle du Vel d'Hiv et les premiers convois vers Auschwitz. Les internés, leur famille, de simples témoins disent leur angoisse, leurs préoccupations quotidiennes, leur bonheur interrompu, leur incompréhension. Ils tissent un récit à plusieurs voix, issues de la France entière et convergeant vers le camp de Drancy, antichambre de la déportation et de l'extermination.

299.          DELPLA (François). Qui a tué Georges Mandel ? (1885-1944). L'Archipel, 2008, in-8°, 430 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Paris, 7 juillet 1944. Georges Mandel est extrait de la prison de la Santé. Deux tractions filent sud-est. En forêt de Fontainebleau, une panne est simulée. Invité à sortir, l'ex-ministre de l'Intérieur est fauché d'une rafale de pistolet-mitrailleur, puis achevé de deux balles dans la tête. Exécuté par un milicien, Mandel n'eut-il vraiment qu'un assassin ? À qui profitait donc ce crime, que nul ne revendiqua ? Et pourquoi tuer si tard ce symbole de la République? Aussi sûrement qu'il prévoyait l'issue de la guerre, Mandel se savait condamné. Honni par Hitler, il s'était levé dès 1933 pour désigner le péril nazi. Incarnation du "bellicisme juif", haï par l'Action française comme par tous les champions de l'appeasement, Mandel attirait trop de haines pour ne pas être un objet de chantage. Son exécution, un mois après le Débarquement, a valeur d'avertissement pour Pétain, que ce crime éclabousse. Au-delà de Mandel, dont de nouveaux documents viennent préciser le sang-froid et la lucidité, ce livre éclaire le sort des Reynaud, Blum et Daladier, ministres captifs dont la vie, au gré des promesses et des menaces, aura servi de monnaie d'échange entre Vichy et Berlin. Bras de fer trop inégal: à des degrés divers, juge François Delpla, tant les geôliers que leurs prisonniers furent des instruments d'Hitler. Son ombre s'étend d'un bout à l'autre de ce livre, qui s'appuie notamment sur les dossiers inédits de Charles Courrier, commissaire de police affecté à la garde de Mandel en 1940 et 1941.

300.          DIOUDONNAT (Pierre-Marie). L'Argent nazi à la conquête de la Presse française, 1940-1944. P., Jean Picollec, 1981, in-8°, 309 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce livre raconte la naissance, dans la France défaite, du trust de presse dirigé par Gerhard Hibbelen, homme de confiance de l'ambassade allemande. Il retrace le développement de cet empire qui, à son apogée, contrôle plus de 50 périodiques de toutes catégories et s'étend à près de la moitié de la presse parisienne. Il éclaire brutalement les complicités françaises, nombreuses et souvent surprenantes, qui favorisent les desseins de Berlin. Il démonte les mécanismes politiques et financiers de la colonisation de la presse française par les vainqueurs, pour le plus grand profit de leur propagande. Tout y est : les noms , les faits, les dates, les preuves – tirés d'une documentation irréfutable, puisée aux archives allemandes et francaises... — Table : Paris ville ouverte ; Les triomphes de la Propaganda-Staffel ; Lle compte spécial du faux Paris-Soir ; L'ombre de Raymond Patenôtre ; Sources d'information et vertus paysannes ; Les éditions de l'ambassade ; La chute d'Eugène Gerber ; Avantage à la rue de Lille ; Hibbelen passe la ligne ; Où l'on retrouve Albert Lejeune ; Profession : antisémites ; La libération est proche ; Fusillés, acquittés, décorés ; Sources et bibliographie ; Index.

301.          DORGELÈS (Roland). Retour au front. Albin Michel, Séquana, 1940, in-12, 316 pp, broché, couv. très lég. salie, bon état. Exemplaire imprimé spécialement pour la collection Séquana sur papier de Corvol l'Orgueilleux à son filigrane

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L'hiver 1939, Roland Dorgelès est Correspondant de guerre et entreprend de faire le tour des avants-postes français. Il en tire une série d'articles où, pour la première fois, il emploie le terme de "Drôle de guerre". Ses articles sont regroupés en un ouvrage "Retour au front" qui, dès sa parution, fut interdit et pilonné par les Allemands.

302.          EISENHOWER (Dwight D.). Croisade en Europe. Mémoires sur la Deuxième Guerre mondiale. Laffont, 1949, in-8°, 593 pp, 16 pl. de photos hors texte, nombreuses cartes et croquis (dont 4 grandes cartes dépliantes hors texte), glossaire, reliure demi-toile vermillon, dos lisse avec titres dorés, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état

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En 1948, le général Eisenhower publie ses mémoires de guerre, “Croisade en Europe”. Couvrant l’ensemble des opérations auxquelles Ike fut associé, de Torch à Overlord en passant par la campagne d’Allemagne, ce livre offrira une vue cavalière des grands moments de la Seconde Guerre mondiale sur son versant Eurafricain (puisque le commandant en chef n’intervint pas en Asie). Plus réjouissant, ce récit, vivant, est relativement honnête. Si le futur président des États-Unis manie avec brio l’art de la litote, il ne dissimule rien, qu’il s’agisse de ses heurts avec Montgomery ou des erreurs d’appréciation qu’il put commettre. — Ces mémoires de guerre dévoilent l'histoire intégrale du débarquement en Europe, tel que le vécut le commandant en chef des forces alliées, le général Dwight D. Eisenhower. Ils offrent une vue d'ensemble de la "croisade" des Alliés contre l'Allemagne nazie, destinée à faire triompher les valeurs de la paix et de la démocratie. Le futur président des Etats-Unis y révèle ses aspects techniques, politiques et humains, de la conception des opérations aux entrevues entre les chefs d'Etat. Avec lui, nous découvrons comment furent organisés les ravitaillements et les mouvements de troupes sur un gigantesque front allant, pour la première fois dans l'histoire, des Carpates à Gibraltar. Nous pénétrons dans les conseils de l'Etat-major suprême et apprenons les véritables raisons des campagnes militaires comme des divergences entre les forces alliées. Ce faisant, "Ike" livre une série de portraits intimes de Roosevelt, Churchill, de Gaulle et Marshall, ainsi que des grands généraux américains et britanniques qui servirent sous ses ordres. Il reste cependant toujours exact, précis et nuancé, utilisant ses agendas tenus pendant le conflit et sa prodigieuse mémoire pour raconter en détail les péripéties de cette immense lutte. Eisenhower réalise ici une oeuvre d'historien, tout en racontant le déroulement d'une victoire dont il est le propre auteur. Son récit demeure aujourd'hui le témoignage le plus important sur la Seconde Guerre mondiale.

303.          ENFER (Jacques). 10 mai - 25 juin 1940, la Campagne de France. P., Barré & Dayez, 1990, in-8°, 372 pp, qqs illustrations, biblio, broché, couv. à rabats, bon état, prière d'insérer joint

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Tout semblait avoir été écrit sur la « drôle de guerre » et la débâcle de juin 1940. Et pourtant, 50 ans après, les documents allemands n'ont toujours pas été publiés... Cet ouvrage adopte une présentation chronologique – du 10 mai au 25 juin 1940 – en reproduisant successivement pour chaque journée les documents suivants : 1) communiqué du GQG français ; 2) une description succincte des opérations ; 3) des extraits du journal “Le Temps” ; document OKW : le rapport sur la situation militaire présenté au Führer ; 5) document ABWEHR : revue de presse et de radio secrète-confidentielle ; 6) documents annexes : extraits de presse, textes, discours, décisions gouvernementales françaises ou britanniques ; 7) commentaires, opinions ; 8) témoignages.

304.          FAVERJON (Philippe). Journal des français dans la guerre 1939-1945. L'Histoire racontée au jour le jour. Editions Acropole, 2010, gr. in-8°, 320 pp, préface de Patrice Gélinet, très nombreuses illustrations et photos en noir et en couleurs, index, broché, couv. illustrée, bon état

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En 300 dates, les Français dans le miroir de la Seconde Guerre mondiale. – Septembre 1939. Le choc tant redouté a lieu. La France se résout à entrer dans le conflit. Bien vite, on s'installe dans la « drôle de guerre ». Mai et juin 1940 balaient tous les espoirs. Aux certitudes de victoire dont place les douloureuses années d'Occupation. Du 1er septembre 1939 au 8 mai 1945, cette période complexe est racontée ici de manière limpide sous la forme d'un journal, richement illustré de centaines de documents d'époque. Avec ses gros titres faisant la part belle aux informations internationales et nationales, mais aussi ses nombreuses rubriques consacrées à la vie quotidienne, redécouvrez l'atmosphère d'une époque qui, pour appartenir à la Grande Histoire, a d'abord été pour l'immense majorité des Français la chronique d'une survie au jour le jour.

305.          FOURNIER-FOCH (Henry). Tovarich Kapitaine Foch. Souvenirs de guerre. La Table Ronde, 2001, in-8°, 246 pp, préface de Michel Mohrt, broché, bon état

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Un Français dans l'Armée rouge — Souvenirs de guerre d'Henry Fournier-Foch, petit-fils du maréchal Foch et officier de carrière français : prisonnier dans un Oflag en Poméranie, il s'en échappe et rejoint les lignes soviétiques. Intégré dans l'Armée rouge sous le nom de Tovarich Kapitaine Foch, il rencontrera le maréchal Joukov, libérera un camp de Juives hongroises et retiendra prisonniers les soldats de la division Charlemagne. Il terminera la guerre comme lieutenant-colonel. Un témoignage exceptionnel sur la vie du front russe pendant la Seconde Guerre mondiale et un récit d'aventures hors du commun.

306.          GALIMAND (Lucien). Origine et déviations du gaullisme. De Gaulle agent de Reynaud ? Editions de la Couronne, 1950, in-8°, 173 pp, broché, qqs soulignures stylo, sinon bon état (Coll. Documents politiques)

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Par Lucien Galimand (1904-1982), député de la Seine-Inférieure de 1936 à 1942. – "Après la signature de l'armistice, Lucien Galimand entre dans la Résistance. Dès 1941, il organise l'infiltration d'agents dans les services du gouvernement de Vichy, ainsi que dans les services allemands. Recherché activement par la Gestapo, il quitte la France en novembre 1942. Après six mois de captivité en Espagne, il arrive en Angleterre et participe, auprès du colonel Passy, puis à l'état-major du général Koenig, à l'activité des organismes d'unification et de commandement de la Résistance. Il est notamment chargé d'établir les plans d'interruption des communications en vue du débarquement allié. Son activité pendant la guerre lui vaut d'être décoré de la Croix de Guerre 1939-1945 avec six citations, de la Médaille de la Résistance, de la Cross Member of British Empire et d'être promu officier de la Légion d'honneur. (...) Lucien Galimand a publié deux études historiques 'Vive Pétain, vive de Gaulle' (1948) et 'Origines et déviation du gaullisme' (1950)." (Dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958)

307.          HOVE (Alkmar von). Alerte ! Parachutistes ! Editions de la Pensée Moderne, 1960, in-8°, 224 pp, traduit de l'allemand, introduction du général Student, 12 pl. hors texte (11 pl. de photos et 2 cartes), broché, jaquette illustrée (lég. frottée), bon état

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Les paras allemands durant la Seconde Guerre mondiale. "On a peu écrit jusqu'à ce jour au sujet des opérations des parachutistes allemands. On peut s'en étonner si l'on considère le rôle important que cette arme a effectivement joué. Ce livre comble enfin cette lacune." (Général Student, introduction). L'auteur, lui-même parachutiste pendant la guerre, décrit dans le détail chacune des opérations et la situe dans son contexte stratégique.

308.          HOWARTH (David). 6 Juin à l'aube. Presses de la Cité, 1959, in-8°, 315 pp, 16 pl. de photos hors texte, une carte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Le débarquement de Normandie a fait couler beaucoup d'encre. Des officiers généraux ont donné des comptes rendus officiels, mais ils n'avaient pas été témoins de la bataille. Les simples soldats qui avaient vécu la bataille ne pouvaient raconter que ce qui avait été vu dans leur propre secteur sans être à même de relier leur action à une opération d'ensemble. David Howarth, le premier, donne le récit de ce que Churchill lui-même a qualifié « d'opération la plus difficile et la plus complexe jamais entreprise ». Son but est de transplanter les lecteurs et de leur faire revivre ces heures telles que les soldats les ont vécues.

309.          KNAPP (Andrew). Les Français sous les bombes alliées, 1940-1945. Tallandier, 2014, gr. in-8°, 592 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, 14 tableaux, 2 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Au moins 57.000 Français sont morts sous les bombes entre 1940 et 1945. Peu de régions françaises échapperont à cette pluie de feu et d'acier, qui fera près de 74 000 blessés et détruira quelque 300.000 habitations. S'appuyant sur les archives françaises et britanniques, ainsi que sur des témoignages inédits, l'historien Andrew Knapp, spécialiste des stratégies aériennes durant la Seconde Guerre mondiale, lève ici un tabou : les Américains et les Anglais ont-ils tout fait pour éviter le sacrifice de tant de vies ? Fallait-il bombarder la France ? Toutes les frappes étaient-elles pertinentes ? Parfois imprudents, souvent solidaires, partagés entre le deuil, la colère et l'espoir, les Français touchés par les bombardements méritent le plus grand respect pour ce qu'ils ont enduré.

310.          LE BEL (Robert). La Baraka. Quand la mort n'était pas aux rendez-vous... (1939-1946). Ramatuelle, Chez l'Auteur, 1992, in-8°, 404-(11) pp, préface de Raymond Bouffilh, illustré par Etienne Morin, 34 photos, 13 fac-similés, cartes, broché, couv. illustrée, dos creusé, sinon bon état

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Le témoignage de Robert Le Bel qui commandait le 13e escadron de char Hotchkiss (capitaine Liseray). Cet escadron formé de 4 pelotons de chars était rattaché au 1er bataillon du 11e Régiment de Dragons Portés. Il était installé le 12 mai 1940 en centre de résistance à Jandrain en Brabant wallon. Une barricade était placée à la sortie de Jandrain (sur la route de Wansin), constituée d’engins agricoles et devant être renforcée de mines. Derrière la barricade, le char de Robert Le Bel. La journée du 12 se passa effectivement sans incident (la bataille avait lieu à quelques kilomètres de là). Le 13 au matin, des biplans Henschel d’attaque au sol bombardèrent le village, et à 13 heures les panzers apparurent... Robert Le Bel continua à combattre les troupes allemandes : après Sissonne, Jandrain et Jauche, il sera à Dunkerque-Zuydcoote, puis retour en Orne et à Marchainville ; il sera ensuite employé au commissariat de la lutte contre le chômage, puis participera à la Résistance (réseaux Buckmaster et Andromède), aux FFI... — "Ce récit des aventures vécues par l'auteur de 1939 à 1945 devrait permettre au lecteur de revivre cette douloureuse période de l'Histoire de la France vaincue et occupée, à travers le parcours mouvementé suivi durant sept années par ce jeune officier de cavalerie."

311.          MAIGNON (Jacques). Toulon et le Var dans la guerre, 1939-1945. La vie quotidienne sous l'Occupation. Editions Horvath, 1991, gr. in-8°, 176 pp, préface du colonel Paul Gaujac, 51 pl. de photos hors texte, 5 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Les documents présentés ici proviennent d'archives publiques ou de collections privées ; souvent inédits, ils s'allient parfaitement à un texte dense, et permettent de faire apparaître avec plus de netteté la vie de tous les jours durant les occupations allemande et italienne.

312.          MARZAC (Marcel). Max Guedj, héros français n° 1 de la guerre aérienne 1939-1945. Casablanca, édité par les soins du Barreau de Casablanca avec le concours de l'Aéro-Club du Maroc (Ailes Marocaines), 1951, 144 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, 1er plat de couv. conservé (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état. Edition originale, envoi a.s. au colonel Bernard Dupérier. Rare

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Les faits d'armes d'un Wing Commander français de l'aviation britannique aux états de services extraordinaires. Max Guedj (1913-1945) est mort en héros en service aérien commandé au-dessus de la Norvège le 15 janvier 1945. Sa mort est citée par un autre aviateur de la France Libre, Romain Gary, dans son roman “La Promesse de l'aube”. La page de titre indique « Le Commandant Aviateur des Forces Aériennes de la France Libre Max Guedj (Wing Commander «Maurice»). Documents et souvenirs recueillis sur sa carrière héroïque et sa fin glorieuse par Marcel Marzac. Préfacés par Monsieur le Général Martial Valin, ancien chef des F.A.F.L.) ». – Bernard Dupérier (1907-1995), Compagnon de la Libération, est un aviateur des forces françaises libres qui s'illustra dans les combats aériens au-dessus de la Manche et des côtes françaises

313.          NOBÉCOURT (René-Gustave). Les Soldats de 40 dans la première Bataille de Normandie. De la Bresle au Cotentin, 5-19 juin 1940. Luneray, Editions Bertout, 1986, in-8°, 396 pp, 18 pl. de photos et 9 cartes hors texte, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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On a beaucoup écrit sur la bataille de Normandie de 1944. Quel silence, semble-t-il, sur celle de 1940 ! Elle a fait deux milliers environs de victimes qui n'étaient pas coupables de leur infortune. L'intention de l'auteur est de ranimer, en leur rendant hommage, tous ceux, quels que soient leurs grades et leurs armes, qui ont disputé à l'envahisseur, le franchissement de la Bresle, telle agglomération du Pays de Caux, tel pont sur la Seine, tel chemin creux dans la forêt rouennaise, telle rivière de l'Eure, du Pays d'Ouche et même encore tel carrefour du Cotentin : cavaliers des 2e, 3e et 5e divisions, chasseurs alpins de la 40e, montagnards de la 3e, fantassins âgés, du 31e régional...

314.          RAGACHE (Gilles et Jean-Robert). La vie quotidienne des écrivains et des artistes sous l'Occupation, 1940-1944. Hachette, 1988, in-8°, 347 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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De l'Occupation, la mémoire nationale n'a souvent retenu que les situations édifiantes ou les compromissions sans pardon. Le bouillonnement culturel et artistique des années noires mérite un regard plus précis, attentif à suivre les trajectoires de ceux qui, par l'art ou la création, disposèrent de la possibilité de s'exprimer. Entre mai 1940 et septembre 1944, que font Anouilh, Brasillach ou Breton ? Claudel, Colette, Giraudoux ? Et Sartre ? Dans quelles sphères Coco Chanel, Cocteau, Fernandel ou Raimu gravitent-ils ? Qui Picasso reçoit-il chez lui ? Comment Gabin passe-t-il des bras de Marlène Dietrich en Amérique à la 2e D.B. de Leclerc ? Qui se souvient de la manière dont Arletty et Sacha Guitry obtinrent la libération de Tristan Bernard ? A l'heure des comptes s'ouvrent les grands procès d'épuration. Celui de Brasillach déclenche la campagne de Mauriac et rappelle à tous la France par la France trahie. "Qu'est-ce qu'un collaborateur ?", la question reste ouverte. Dossier d'une instruction bien plus qu'attendu d'un réquisitoire, cet ouvrage restitue avec équité toute la complexité de l'époque.

315.          RÉMY (Gilbert Renault, dit le Colonel). Histoires de Picardie, d'Artois, de Hainaut et de Flandre (Somme, Pas-de-Calais, Nord, Belgique). Perrin, 1970, in-8°, 338 pp, 24 photos sur 16 pl. hors texte, 10 cartes, un fac-similé, reliure skivertex havane de l'éditeur, titres en blanc au 1er plat et au dos, bon état (« La Ligne de démarcation »)

            15

Agé de trente-six ans, Gilbert Renault s’embarque le 18 juin 1940 à bord d’un chalutier qui, échappant de justesse à l’emprise de la Wehrmacht, le transporte de Lorient au Verdon, d’où un cargo suédois le conduit en Angleterre. Volontaire pour une mission secrète en France occupée, il quitte la Grande-Bretagne dès le 10 août, avec mission de surveiller les mouvements de l’ennemi tout le long de la côte atlantique. Le réseau qu’il crée sous le nom de Confrérie Notre-Dame couvre, dix-huit mois plus tard, l’ensemble de la France occupée et la Belgique. Sans cesse pourchassé par l’Abwehr et la Gestapo, celui qui est devenu « Rémy » devra à l’héroïsme de ses camarades qui, sous la torture, dans les camps de déportation ou au poteau d’exécution, refuseront de le livrer, de n’être jamais pris. Et c’est sous l’uniforme qu’après le débarquement il reviendra participer à la libération de sa Bretagne natale. De lui, le général de Gaulle a écrit : « Notre Rémy fut des premiers, parce qu’il est des meilleurs. Et c’est pourquoi, après tout ce qu’il a fait – qui est si grand ! – il sait qu’il reste tant à faire. » Il restait entre autres choses, à écrire l’histoire de ceux qui souffrirent et moururent au service de la France.

316.          REYNOLDS (Michael). L'adjudant du Diable. Jochen Peiper, officier des panzers. Erpe, Editions De Krijger, 2000, gr. in-8°, 400 pp, traduit de l'anglais, 115 photos dans le texte, 20 cartes in fine, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            60

Décembre 1944, l'odyssée des chars du Kampfgruppe Peiper, fer de lance du dernier coup de dés de Hitler, depuis les hauts de l'Eifel jusqu'à la vallée de l'Amblève... Ce livre retrace de façon très objective le rôle que joua Peiper dans l'une des plus grandes batailles terrestres de la Seconde Guerre mondiale et éclaire d'un jour nouveau le caractère et la carrière de ce soldat au charisme reconnu, mais par ailleurs fortement controversé.

317.          SAJER (Guy). Le Soldat oublié. Récit. Laffont, 1969, gr. in-8°, 549 pp, une carte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Le récit autobiographique d'un jeune Français enrôlé d'office à 16 ans dans la Wehrmacht (parce que sa mère était allemande), et de son expérience du feu sur le front de l'Est. Il est depuis devenu un dessinateur de BD reconnu, célèbre pour une série d'albums relatant les aventures d'un Français travailleur en URSS et se retrouvant au Goulag. — Guy Sajer n'a pas dix-sept ans quand, en juillet 1942, il endosse l'uniforme de la Wehrmacht. Il est français par son père, allemand par sa mère ; il habite alors l'Alsace. A cause de son jeune âge, il n'est pas affecté à une unité combattante, mais dans le train des équipages. La vraie guerre, celle du combattant de première ligne, il la découvre lorsqu'il est versé dans la division "Gross Deutschland", division d'élite, avec laquelle, à partir de l'été 1943, il va se trouver engagé dans les plus grandes batailles du front d'Ukraine, quand la Wehrmacht plie sous l'offensive russe. De Koursk à Kharkov, de jour comme de nuit, dans la boue, la neige, quand le thermomètre marque -40°, sous le martèlement terrifiant de l'artillerie russe, face aux vagues d'assaut d'un adversaire désormais puissamment armé et qui ne se soucie pas des pertes, les hommes de la "Gross Deutschland", portés toujours aux endroits les plus exposés, toujours en première ligne, combattant à un contre vingt, connaissent l'enfer... — "Le livre le plus fantastique qui ait jamais été écrit sur la guerre." (René Maine, Le Journal du Dimanche)

318.          SAUNDERS (Tim). Fort Eben-Emael. Mai 1940. Erpe, De Krijger, 2008, in-8°, 199 pp, traduit de l'anglais, nombreuses photos, 17 cartes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Champs de bataille de la Belgique, 3)

            25

Le fort d’Ében-Émael est un fort belge situé près du village d'Ében-Émael, dans la commune de Bassenge, en province de Liège, non loin de la frontière avec les Pays-Bas. Il fut construit entre 1932 et 1935 en tant que pièce maîtresse du nord de la ceinture fortifiée de Liège. Sa prise rapide par la Wehrmacht les 10 et 11 mai 1940 marqua l'entrée de la Belgique dans la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le début de la campagne des 18 jours et de la bataille de France.

319.          SEGHERS (Pierre). La Résistance et ses poètes. France 1940-1945. Seghers, 1974, gr. in-8°, 661 pp, un dessin en frontispice,16 pl. de photos et illustrations hors texte, dessin et fac-similés dans le texte, index, table de concordance des noms et des pseudonymes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            35

"J'ai hésité longtemps avant d'écrire cette histoire. Trente ans. Avec le recul, je crois aujourd'hui qu'un témoignage vécu au jour le jour peut être utile. A-t-on jusqu'ici entrepris de relever l'itinéraire des poètes de la Résistance, d'en regrouper les auteurs, de fournir à l'Histoire un travail de synthèse ? Dans le labyrinthe des réseaux, le chassé-croisé des pseudonymes, au détour des événements, des prisons au maquis, de Lyon à Alger, des camps de déportation aux clandestins, du musée de l'Homme à Poésie 40-44 et à bien d'autres, a-t-on essayé, depuis plus de trente ans, d'aller aux sources, aux motivations, de faire revivre cette époque ? Si surprenant que cela paraisse à première vue, non ! Ceux qui se pencheront sur la poésie de la Résistance trouveront ici le rappel d'un temps de misères et de sang, de férocité et de colère, de contestation et d'espoir. Au-delà de mon expérience personnelle, et pour reprendre un titre de Pablo Neruda, j'essaierai de faire entendre le "Chant général" qui fut celui de cette époque, l'écho d'une opposition viscérale, celle du chagrin et de la parole, de la mort vaincue par la volonté de survivre." (avant-propos)

320.          TISSIER (Pierre). Le Procès de Riom. Londres, Harrap, 1943, pt in-8°, 186 pp, préface du général de Gaulle, index, broché, bon état

            20

"Le soi-disant procès de Riom constitue l'un des plus criant abus commis par Vichy. Il s'agissait d'une parodie de justice organisée dans le but de disculper ceux qui furent les premiers coupables, et en invoquant la défaite du pays trahi précisement par les accusateurs. L'ouvrage très objectif et très intéressant du Lt.-Col. Tissier montre comment cette odieuse tentative s'est retournée contre ses auteurs, tant il est difficile d'étouffer la vérité et tant le système de Vichy est absurde jusque dans ses crimes..." (Préface)

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

321.          ARETTE (Alexis). On m'appelait Bleu de Noir. Chroniques d'Indochine. Biarritz, J & D Editions, 1997, gr. in-8°, 320 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            40

Après la guerre d'Indochine, un récit envoyé par l'auteur à un important éditeur parisien lui revient avec cette appréciation : "Ce n'est pas votre talent qui est en cause, mais la guerre d'Indochine qui n'intéresse personne !". Et c'était vrai... Après le drame algérien, l'opinion a pris conscience que la guerre d'Indochine avait marqué le tournant du siècle, en cela qu'elle manifesta le déclin de l'Occident. On en a écrit avec talent. Mais les témoignages de ceux qui vécurent au niveau le plus obscur, l'épuisement journalier de la rizière, sont rares. Des quarante-cinq groupes de "Commandos Noirs" créés pour remplir des missions spéciales, il reste peu de survivants. L'auteur est l'un de ceux qui tentèrent l'impossible, dans l'indifférence générale, aux avant-postes de l'aventure. Le ton contestataire surprendra ; mais l'auteur est du pays des mousquetaires. Peut-être aussi sera-t-on dérouté par la crudité du propos, mais ce ton sert une ironie que l'auteur se sert à lui-même autant qu'aux autres. La surprise vient de Dieu, qui fait irruption avec constance, là où on ne l'attendait pas. Mais la guerre, comme l'existence, est un curieux mélange. l'intensité en plus. On m'appelait Bleu de Noir se veut le témoignage de ce mélange et de cette intensité qui menèrent l'auteur, avec d'autres pareillement obstinés, à prendre tous les risques, afin que le noir ne l'emportât point définitivement sur le bleu. (4e de couverture)

322.          DARCOURT (Pierre). De Lattre au Viet-Nam. Une année de victoires. La Table Ronde, 1965, gr. in-8°, 358 pp, 4 pl. de photos hors texte, 11 cartes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. L'Histoire contemporaine revue et corrigée)

            25

"L'auteur veut démontrer que le général de Lattre, qui refusa de « soumettre sa foi chrétienne et l'honneur de la France au matérialisme inéluctable de l'Histoire », avait donné à la présence occidentale en Indochine des chances qui furent gâchées par la suite. De Lattre, qui a essayé d'obtenir jadis l'intervention américaine au côté des troupes françaises, est ici présenté comme un précurseur « génial ». Le ton partisan de l'ouvrage n'enlève pourtant pas tout intérêt à son analyse historique." (Revue française de science politique, 1966)

323.          GIRARDET (Raoul). La Société militaire de 1815 à nos jours. Perrin, 1998, gr. in-8°, 341 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

De 1815 au contemporain le plus immédiat, l'armée s'était identifiée de plus en plus à la Nation. Celle de l'an 2000 représentera sans doute un corps d'élite dans ce qui sera, peut-être, une armée de l'Europe. On imagine les soubresauts comme les déchirements que cette évolution implique. On est passé de la vie de garnison dans les provinces françaises sous la Restauration à la remobilisation du Second Empire, de la tragédie de la guerre perdue à l'aventure coloniale, du prestige des vainqueurs de 14 à l'humiliation des battus de 40, des déchirements des guerres successives – contre l'Allemagne, en Indochine, en Algérie – au saut dans l'inconnu que représente la professionnalisation d'aujourd'hui. Ce sont autant de destins humains, humbles comme héroïques, que Raoul Girardet a retrouvés et fait revivre, à travers le temps et à l'intérieur de cette communauté singulière. Du recrutement au mode de vie quotidien, des réussites de l'intégration aux crises traversées par ce groupe, des valeurs militaires à la contestation anti militariste, tout ce qui compose le tissu si particulier de cette société trouve sa place dans une fresque d'une exceptionnelle qualité.

324.          MACINTYRE (Donald) et Basil W. BATHE. Les Navires de combat à travers les âges. Traduction et adaptation françaises de Henri et Francine Le Masson. Stock, 1971, in-4° à l'italienne (26 x 24), 266 pp, plus de 320 illustrations en noir et en couleurs (dessins, croquis, tableaux, photos, cartes et maquettes), biblio, cart. pleine toile éditeur, jaquette illustrée en couleurs (lég. défraîchie), bon état

            45

Inventaire et étude détaillée du fonctionnement des navires de combat de l'Antiquité à nos jours. Un ouvrage superbement illustré. Table : Les quatre mille premières années ; Les drakkars ; Les nefs guerrières du Moyen Age ; Les "vaisseaux" ; La marine de guerre à rames des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles ; L'armement des vaisseaux ; Le galion ; Evolution du trois-ponts ; Les progrès au XVIIIe siècle ; Les derniers temps de la marine à voiles ; L'avènement de la vapeur ; Les premières machines marines à vapeur ; Blindage et projectiles ; L'avènement du gros calibre ; L'ère du cuirassé pré-Dreadnought ; Le Dreadnought ; La turbine ; Croiseurs et canonnières ; Avènement de la torpille, du torpilleur et du contre-torpilleur ; L'évolution du sous-marin avant 1914 ; La Première Guerre mondiale ; Les lendemains du Jutland ; le porte-avions ; Les navires de guerre d'aujourd'hui ; etc.

325.          MORDAL (Jacques). Marine Indochine. (1940-1953). P., Amiot-Dumont, 1953, in-8°, 231 pp, 12 pl. de photos hors texte, nombreuses cartes, croquis, annexes, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Bibliothèque de la Mer)

            30

"Ouvrage sur le rôle de la Marine de 1940 à la date de rédaction. Quelques précisions sur la bataille navale de Koh-Chang, le rôle des Marins lors de la reconquête de la Cochinchine, sur les incidents franco-chinois du 6 mars 1946, sur le bombardement de Haiphong de novembre 1946 et sur la guerre dans tout le territoire." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine 1945-54)

326.          VANUXEM (Général Paul). 1951 : Le général vainqueur. Le destin exemplaire de De Lattre en Indochine. SPL, 1977, gr. in-8°, 206 pp, une carte hors texte, broché, bon état

            25

Par un personnage atypique : le général Vanuxem. Né dans le Pas-de-Calais le 22 juillet 1904, Paul Vanuxem fit ses études à l'université de Lille où il obtint une licence de philosophie. Il débute sa carrière de professeur à Argentan au collège Mézeray à l'âge de 24 ans. C'est au cours de l'année scolaire 1928-1929 qu'il fonde avec Xavier Rousseau, la revue "Le Pays d'Argentan". Il écrira "Les veillerys" légendes de Basse-Normandie, et un ouvrage qui fera date sur la vie de Marguerite de Lorraine. C'est un homme chaleureux aux idées novatrices, qui au terme de son sursis décide de faire une brillante carrière dans l'armée. "J'ai choisi de demeurer dans l'armée quand j'ai senti la proximité de la guerre et l'occasion de mieux servir ma patrie". Il participe à la fameuse bataille de Monte Cassino de la campagne d'Italie. Il participera ensuite à la guerre d'Indochine où il sera chargé d'organiser l'exode des catholiques du Vietnam. Très estimé du général de Lattre de Tassigny, il reçoit ses étoiles de général en 1955. Nommé adjoint au commandant en chef des forces françaises en Allemagne, il fut mis en disponibilité en 1961 à cause des ses opinions politiques sur l'Algérie française. Il fera deux ans de prison préventive pour finalement être acquitté. Il décède en 1979.

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

327.          AHBAR AS-SIN WA L-HIND. Relation de la Chine et de l'Inde, rédigée en 851. Texte établi, traduit et commenté par Jean Sauvaget. Les Belles Lettres, 1948, pt in-4°, xlv-81 pp, texte arabe et traduction française en regard, nombreuses notes et explications, 2 cartes hors texte, index, broché, pt accroc au bas du dos, bon état (Coll. arabe)

            50

Traduction d'un manuscrit acheté en 1673 à Alep pour la bibliothèque Colbert, et appartenant aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. La “Relation de la Chine et de l'Inde” est une compilation de récits de marchands arabes écrite vers 850, dont un certain Soleiman. Route maritime vers l'Extrême-Orient, vision des pays traversés, de leur population, relations que les marchands entretenaient avec eux, et règles à suivre concernant le commerce, mœurs et coutumes des Chinois, divisions politiques de l'Inde, mœurs des Hindous, informations diverses sur la Chine et sur l'Inde... Une source historique essentielle et très intéressante

328.          ALIS (Harry). A la conquête du Tchad. Hachette, 1891, gr. in-8°, 296 pp, 12 pl. de gravures et 4 cartes hors texte, 17 gravures dans le texte, broché, dos brisé proprement recollé, 1er plat de couverture manquant, sinon état correct, envoi a.s.

            50

L'histoire des missions d'exploration et de conquête du Tchad. Jules-Hippolyte Percher (1857-1895), est un écrivain et journaliste qui écrivait sous le pseudonyme de Harry Alis. Ami de l'explorateur Jules Crampel qui lui fait rencontrer explorateurs et partisans de l'expansion coloniale française, il sera le fondateur du "Comité de l'Afrique française" en 1890, dont l'objectif était de créer un vaste mouvement d'opinion en faveur des entreprises coloniales françaises dans le continent africain. En particulier, il soutient l'expédition de Parfait-Louis Monteil en 1893. C'est l'un de ses articles paru dans le Journal des Débats, réponse à un texte de Le Chatelier, administrateur de la Société d'études du Congo français, qui l'amènera à un duel contre ce dernier dans la salle de bal du restaurant le Moulin Rouge à Puteaux. Il trouvera la mort lors de ce combat. — Table : Paul Crampel ; Au pays des M'Fans ; Nouveaux projets ; Le Targui Ischekkad ag Rhali ; De Bordeaux à Brazzaville ; Sur l'Oubanghi ; Le lieutenant Mizon ; Le traité anglo-allemand ; Au Tchad par le Niger et la Bénoué ; Sur le Niger ; Extraits des lettres du capitaine Monteil ; Extraits des lettres du capitaine Ménard ; Vues d'ensemble ; Le sud de l'Algérie-Tunisie ; L'expédition du Touat et du Tidikelt ; Congo français ; Sénégal et Soudan ; Conclusions ; Le Comité de l'Afrique française ; L'expédition Dybowski ; Missions sur la côte d'Ivoire ; Documents annexes ; La liberté de navigation.

329.          BAROZZI (Comte Pierre). Les Doges de Venise. Barré & Dayez, 1991, in-8°, 165 pp, 8 pl. de portraits hors texte, liste alphabétique des doges, les règnes des doges, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Par le comte Pierre Baruzy (1897-1994), descendant d'une noble famille vénitienne, qui fut champion de France de boxe, entraîneur de boxe française, et industriel.

330.          BARRY (Herbert). La Russie contemporaine. P., Germer Baillière, 1873, in-12, iv-290 pp, traduit de l'anglais par Mme Arvède Barine, reliure demi-chagrin bordeaux, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), mors fendus et recollés, C. de bibl., sinon bon état (Coll. Bibliothèque d'histoire contemporaine). Peu courant

            40

Herbert Barry était directeur des domaines, mines et forges de Chlepeleffsky, dans les gouvernements de Vladimir, Tambov et Nijni-Novgorod en Russie, auteur de “L'Industrie métallurgique en Russie”, etc. — "De nombreux séjours en Russie pendant une période de douze années, dont les quatre dernières ont été passées tout entières dans l'intérieur du pays, joint à l'expérience que j'ai pu acquérir comme chef d'une des plus grandes entreprises industrielles de l'empire, m'ont fourni maintes occasions d'étudier les institutions de la Russie et le caractère du peuple russe. (...) De là m'est venue l'idée d'essayer de donner une notion exacte des institutions auxquelles j'ai obéi et de la nation parmi laquelle j'ai vécu..." (Préface)

331.          BASCHET (Eric)(dir.). La France au-delà des mers. Les Grands Dossiers de L'Illustration. Histoire d'un siècle, 1843-1944. P., Le Livre de Paris, 1994, in-folio, 191 pp, préface de Patrick Mahé, richement illustré de gravures, photos et cartes en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, reliure demi-toile bordeaux illustrée de l'éditeur, bon état

            30

La Martinique. La Guadeloupe. La Guyane. Saint-Pierre et Miquelon. La Polynésie : Tahiti, Iles Marquises, Wallis et Futuna. La Nouvelle-Calédonie. Les Nouvelles Hébrides. Les Iles Kerguelen. Les Iles Comores. La Réunion. Madagascar. — Ouvrage réalisé à partir des numéros originaux de “L'Illustration” (de 1843 à 1937). Documentation assurée par Jérôme Lacharmoise.

332.          [BELUZE, Xavier]. Pérégrinations en Europe, en Afrique et au Japon. – Pérégrinations en Orient et en Occident. Par X. M. B..., chanoine honoraire de L[imoges], missionnaire apostolique, chevalier du Saint-Sépulcre. P., Librairie Giraud, 1865, 2 vol. in-12, x-479 et 516 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en un fort volume demi-veau glacé havane, dos lisse avec titre (“Pérégrinations”) et triples filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, mors et coiffes frottés, qqs rares rousseurs, bon état. Les 2 ouvrages avec des mentions de 4e édition, 2 gravures à pleine page hors texte dans chaque ouvrage (vues de Paris et Alger dans le premier, vues de Jérusalem et Rome dans le second)

            60

333.          BERNAND (Carmen) et Serge GRUZINSKI. Histoire du Nouveau Monde. 1. De la découverte à la conquête, une expérience européenne (1492-1550). 2. Les métissages (1550-1640). Fayard, 1991-1993, 2 forts vol. gr. in-8°, 768 et 791 pp, 39 cartes et graphiques, notes, biblio, glossaire, index, reliures souples illustrées de l'éditeur, couv. illustrées, bon état

            50

Une entreprise colossale dont on a peine à se représenter la démesure : en un demi-siècle, une poignée de conquistadores s'emparent de 2 millions de km² pour y bâtir une réplique de leur société. Les incroyables richesses qu'ils découvrent leur font vite oublier la quête des épices. Une gigantesque machine colonisatrice se met en route. La conquête de l'Amérique nous apparaît aujourd'hui comme le prélude à l'occidentalisation du monde... Européens, Indiens, Africains et même Japonais, la diversité des peuples qui coexistèrent et s'affrontèrent dans l'Amérique du XVIe siècle illustre le brassage des populations avec lequel, depuis toujours, se confond l'histoire du monde. En quelques années, tout se transforme, les rapports entre les êtres, les habitudes, la nourriture, mais aussi les croyances. Fascinante époque où, conscients de la fragilité de leur monde, les métis des nouvelles générations interrogent les anciens pour garder le souvenir de leurs traditions, comme si déjà ils cherchaient leurs racines.

334.          BERNARD (Augustin). Le Maroc. Félix Alcan, 1931, in-8°, viii-481 pp, 7e édition entièrement refondue et mise à jour, 5 cartes hors texte, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées, dos lég. frotté, mors lég. abîmés, bon état (Bibliothèque d'histoire contemporaine)

            60

"Il est superflu de présenter aux lecteurs de la Revue, la septième édition de l'excellent ouvrage consacré au Maroc par A. B., professeur de géographie et colonisation de l'Afrique du Nord à la Faculté des Lettres de Paris. Versé par ses études antérieures dans la connaissance approfondie de la géographie et de l'histoire de l'Afrique Mineure, habitué par le professorat à une méthode d'exposition claire et logique, l'auteur a réussi à condenser en un ouvrage d'un maniement commode, tout ce qu'il y a d'essentiel à connaître sur la dernière des acquisitions coloniales de la France. L'indication des principales divisions de l'ouvrage permettra à ceux qui ne le connaissent pas encore de se rendre compte de la variété des renseignements qu'ils y peuvent trouver : Livre I, Les conditions géographiques (situation et limites ; nature et relief du sol ; le climat, les eaux et la végétation). – Livre II, Les conditions historiques (les origines ; les Phéniciens et les Romains ; la conquête arabe et les premières dynasties ; les autres dynasties). – Livre III. La société indigène (la vie économique et les groupements : le genre de vie ; la vie sociale et la religion ; les tribus ; le Malkzen). – Livre IV. Les Européens au Maroc. – Livre V. Le protectorat français (la pacification, l'organisation ; l'outillage ; la mise en valeur)." (Ch. de Lannoy, Revue belge de philologie et d'histoire, 1932) — "Ce livre est à la fois un tableau géographique, aussi précis, aussi complet que nos connaissances permettent de le tracer, et une histoire politique et sociale du Maroc dont les dynasties chérifiennes n'ont pas su faire un état moderne. Une bonne partie du livre est consacrée à la pénétration européenne, dont les origines remontent au Moyen âge. De bonne heure, les relations politiques et commerciales de la France avec l'empire chérifien furent importantes : les négociants provençaux et languedociens y trafiquaient dès le Moyen âge. Depuis 1830, la question du Maroc est liée à notre conquête algérienne ; l'influence anglaise seule a arrêté la France au XIXe siècle. De 1900 à 1912, la France a repris une politique marocaine active, qui a abouti à l'établissement de notre protectorat..." (J. Letaconnoux, Revue d'histoire moderne et contemporaine)

335.          BONARDI (Pierre). La république du Niger. Naissance d'un Etat. P., Agence Parisienne de Distribution, 1960, gr. in-8°, 97 pp, 11 planches hors texte, dont un portrait en frontispice et 2 cartes, broché, couv. illustrée, discrets C. de bibl., bon état

            30

336.          BROOKS (Emerson). The Growth of the Nation. A Pictorial Review of the United States of America from Colonial Days to the Présent. New York, E. P. Dutton & Co, 1956, in-4°, 320 pp, introduction by Henry Bamford Parkes, 307 gravures et photos, 23 cartes, biblio, index, broché, bon état. Texte en anglais

            25

337.          BRUNSCHWIG (Henri). L'avènement de l'Afrique noire, du XIXe siècle à nos jours. Armand Colin, 1963, in-8°, 247 pp, 8 cartes, biblio, index, broché, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

            25

"Depuis la fin de la traite des esclaves, les rapports entre l'Europe et l'Afrique sont passés par différentes phases, du commerce à la colonisation en passant par les expéditions philanthropiques et les entreprises missionnaires. Préférant l'analyse détaillée de quelques événements caractéristiques à une étude systématique, H. B. nous donne de ces rapports une histoire vivante et bien informée. Le dernier chapitre décrit de façon très intéressante la genèse du nationalisme africain." (Revue française de science politique, 1965)

338.          BUIJTENHUIJS (Robert). Le Mouvement « Mau-Mau ». Une révolte paysanne et anti-coloniale en Afrique noire. Paris-La Haye, Mouton, 1971, gr. in-8°, xiii-428 pp, biblio, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

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Les Mau-Mau, membres d'une société secrète kikouyou au Kenya, se révoltèrent en 1952 contre les autorités et les colons britanniques. Cette révolte qui dura quatre ans fut violemment réprimée. — "La colonisation européenne a-t-elle affecté les Kikuyu de façon si particulière que leur révolte solitaire et le calme des autres peuples du Kenya s'en trouveraient expliqués ? Ou faut-il chercher l'explication du Mau-Mau dans certains caractères originaux qui auraient distingué les Kikuyu des autres populations de la région dès avant l'intervention européenne ? Telles sont les premières questions que se pose R. Buijtenhuijs dans l'une des analyses les plus poussées qui ait été faite « sans passion » du Mau-Mau, cette révolte anti-coloniale qui a profondément traumatisé la Grande-Bretagne au lendemain de la seconde guerre mondiale. Pourquoi les Kikuyu se sont-ils révoltés précisément à la fin de 1952 ? L'auteur cherche la réponse en étudiant la situation coloniale au Kenya, la place des Kikuyu dans le système colonial et l'évolution de leurs rapports avec le colonisateur, avant et après la seconde guerre mondiale. La deuxième partie de l'ouvrage, la plus longue, est également la plus originale : par une analyse poussée de la révolte elle-même, l'auteur dépasse les interprétations déjà avancées du phénomène Mau-Mau et dégage ses multiples significations, de renouveau culturel, de révolte anti-coloniale, et de guerre civile. Participant tout la fois du traditionalisme et de la modernité, le Mau-Mau, conclut l'auteur, est un « phénomène contradictoire en lui-même » et ambigu. Cette ambiguïté explique la diversité des commentaires qu'il a provoqués et pour une part leur caractère passionnel et engagé : à l'époque, la violence des passions déchaînées fut telle qu'aujourd'hui encore, R. Buijtenhuijs le rappelle, il est difficile sur certaines questions fondamentales, notamment celle des serments dits « avancés », de faire la part de la réalité et celle de l'affabulation." (Nicole Grandin, Cahiers d'études africaines, 1973)

339.          CAMERON (Verney Lovett). Notre future route de l'Inde. P., Librairie Hachette et Cie, 1883, in-12, 269 pp, traduit de l'anglais avec l'autorisation de l'auteur, 29 gravures sur bois, reliure demi-basane fauve, dos lisse avec titres, fleurons et quintuples filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. épidermé, plats et coupes frottés, 2 petits C. de bibl., qqs rares rousseurs, bon état. Première édition française

            40

En 1878, Cameron (1844-1894) entreprit un voyage en vue de reconnaître les chances de succès de la création d'une voie ferrée entre la Méditerranée et le golfe Persique, voie destinée dans son esprit à raccourcir notablement la route des Indes. Il se rendit de Beyrouth à Bagdad par Tripoli, Àlep, Diarbékir et Mossoul. Il a raconté ce voyage dans “Our future highway”, Londres, 1880, traduit sous le titre “Notre future route de l'Inde”, Paris, 1883. — "L'ouvrage de M. Cameron se compose de deux parties bien distinctes : l'une, récit humoristique au jour le jour d'un voyage de touriste ; l'autre, étude sérieuse, quoique sommaire, des moyens d'organiser les transports par terre de l'Angleterre à l'Inde. La première partie, de beaucoup la plus considérable puisqu'elle comprend 240 pages sur 270, nous montre le voyageur successivement à Larnaca, Beyrouth, Tripoli, Alep, Diarbékir, Mossoul et Bagdad. Elle présente un double intérêt ; le premier, c'est l'absence voulue de toute remarque, observation ou suggestion d'un caractère général. L'auteur s'est refusé à tirer on à indiquer aucune conclusion de ce qu'il a vu. Cette abstention donne à l'ouvrage une grande valeur de sincérité. Le second intérêt que je voulais signaler, c'est l'étendue de l'influence française dans ces pays, qui se dégage naturellement des récits de M. Cameron. On sent qu'il est anglais jusqu'au bout des ongles. C'est donc, sinon malgré lui, du moins sans enthousiasme, qu'il est obligé, par conscience, de mettre en scène aussi souvent les consuls et autres agents français, et de signaler l'emploi presque exclusif de la langue française dans les transactions avec les indigènes quelque peu lettrés. La seconde partie, qui ne se compose que d'un seul chapitre, est plus technique. Ce chapitre, le XIIe, est intitulé Conclusions techniques, financières et politiques. Il traite de l'établissement d'une communication par voie ferrée avec l'Inde. « C'est, dit l'auteur, une grave question et des plus importantes pour notre pays. Comme beaucoup de tracés rivaux sont en concurrence, il est nécessaire de peser mûrement, et sans passion, les avantages ou les inconvénients de chacun d'eux. » L'étude est faite consciencieusement et la lecture en est facile, grâce au soin qu'a pris M. Cameron de s'interdire les termes du métier et les questions trop spéciales. En somme, l'ouvrage mérite d'être lu, à cause des renseignements qu'il renferme et des questions politiques qu'il soulève." (Archives diplomatiques, 1884) — Verney Lovett Cameron est un militaire et explorateur anglais. Il entre dans la Marine royale en 1857, sert dans la campagne d’Abyssinie (1868) et participe à la répression de la traite négrière de l'Afrique de l'Est. En 1873, parti pour retrouver Livingstone, il est amené à poursuivre l'exploration et il se trouve le premier Européen à traverser l'Afrique équatoriale de part en part. Il est récompensé de cet exploit par le titre de Commandant et une médaille d'or de la Société géographique. Le commandant Cameron se consacre ensuite aux projets de développement commercial de l'Afrique, à l'édition et à l'écriture. Paraissent en français : A travers l'Afrique : voyage de Zanzibar à Bengeula (1878) ; Notre future route de l'Inde (1883). Cameron meurt des suites d'une chute de cheval lors du retour de la chasse en 1894.

340.          [CARBOU, Henri, Administrateur des Colonies] – IN TANOUST. La Chasse dans le pays saharien et sahélien de l'Afrique occidentale français et de l'Afrique équatoriale française. P., Editions du Comité Algérie-Tunisie-Maroc, 1930, pt in-8°, 208 pp, reliure demi-toile chocolat, dos lisse avec titres dorés (rel. postérieure), pages de titre et de table des matières réparées, sinon bon état. Rare (Thiébaud, 152)

            60

341.          Collectif – [Chine]. Trésors du Musée national du Palais, Taipei. Mémoire d'Empire. P., AFAA, Réunion des Musées nationaux, 1998, in-4°, 423 pp, environ 300 illustrations : présentation de 273 chefs-d'oeuvre de la collection des empereurs de Chine : peintures, calligraphies, céramiques, objets d'art et pièces de l'Antiquité (jades et bronzes), avec notices descriptives commentées et photos en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, 83 reproductions d'inscriptions et marques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Catalogue de l'exposition du Grand Palais (20 octobre 1998 - 25 janvier 1999)

            50

Une partie des chefs-d'oeuvre de la collection des empereurs de Chine, aujourd'hui conservée au Musée national de l'Ancien Palais à Taipei, est présentée pour la première fois en Europe. Peintures et calligraphies, céramiques, objets d'art et pièces de l'Antiquité (jades et bronzes) – ces dernières issues d'une "archéologie" d'ancienne tradition, ici complétée par des trouvailles faites au début du XXe siècle sous l'égide de l'Academia Sinica –, illustrent l'importance culturelle des arts visuels et leur longue histoire. Jalousement préservées au fil des siècles, les oeuvres présentées dans ce livre sont des témoignages directs du goût et du mécénat impérial, comme les productions céramiques ou certaines réalisations de l'Académie de peinture. Une partie cependant, non moins importante des collections, compte des créations particulières d'artistes indépendants, grands individualistes : lettrés et moines bouddhistes peintres, dont l'art se définissait, pour le moins, en rupture avec tout ce que représentait l'esthétique officielle. Le mérite des souverains collectionneurs et artistes eux-mêmes, est d'avoir finalement considéré ces courants marginaux sur lesquels a reposé le renouvellement des arts, en particulier le langage pictural, à partir du XIIe siècle. Ces incessants enrichissements fondés sur le seul critère de l'excellence ont contribué à faire de la collection de l'Ancien Palais ce en quoi elle est sans égale : paradoxalement, le reflet presque fidèle du pays réel, au cours de l'histoire.

342.          Collectif. L'Afrique d'expression française. La Documentation française illustrée, 1962, in-8°, 62 pp, 45 photos dans le texte, une carte sur double page, broché, couv. illustrée, bon état

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Du statut colonial à l'indépendance ; Les républiques africaines ; Le développement africain. — La présente brochure rédigée avec le concours du ministère de la Coopération est consacrée aux nouveaux pays indépendants d'expression française situés au sud du Sahara ainsi qu'à Madagascar. Elle ne traite – à dessein – ni des pays d'Afrique du Nord, ni du Congo (ex-belge).

343.          CONSTANTIN-WEYER (Maurice). La Vie du général Yusuf. Gallimard, 1930, in-12, 237 pp, un portrait en frontispice et 2 planches hors texte, dont une dépliante (prise de la smala d'Abd-el-Kader), broché, bon état (Coll. Vies des hommes illustres). Edition originale, un des 350 ex. numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre

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Figure légendaire de l’Armée d’Afrique, Yusuf (1808-1866) est le surnom de Joseph Vantini. Capturé en 1815 entre Gênes et l'île d'Elbe par des pirates barbaresques, il est vendu au Bey de Tunis Mahmoud dont il devient un des mamelouks. Il passe au service de la France au moment de la prise d'Alger (1830). Créateur des premiers spahis, il est général de division en 1856. — "Yusuf, incontestablement, a eu moins de vingt ans ; mais sur ces années de jeunesse, sur ce temps passé, à l'île d'Elbe si l'on veut, à Tunis ou en campagne, nous savons, en somme, ce qu'il lui a plu de se rappeler ; ne nous en plaignons pas : toutes ces histoires de mameluks, de Khodjas, de Khaznadars, du docteur Lambert et des Lesseps, celle surtout de la princesse Kaboura et de la fameuse fuite, tout ceci garde un prestige d'aventure qui ravissait les contemporains de Madame Desbordes-Valmore et qui encore aujourd'hui nous enchante. Yusuf, en réalité, nous apparaît lors de son arrivée devant Alger, en 1830 ; moins de deux ans plus tard, par ce coup de maître, la prise de la kasbah de Bône, il est un personnage de premier plan ; il l'est même trop, manifestement, et le rôle de bey de Constantine, où le bombarda brusquement, en 1836, l'imagination de Clauzel, n'était pas fait pour lui : il n'y était ni assez Français, ni assez Turc. L'affaire tourna mal, – on pourrait presque dire heureusement, – et bien à la fois, puisqu'elle eut pour conséquence un demi-exil, et ce long séjour à Paris, qui permit à Yusuf de parfaire son éducation et de mesurer exactement, avec un sens très fin de la vie, qui n'excluait aucun des moyens de parvenir, et notamment pas la mise en scène, les possibilités de la carrière qui s'offrait à lui. Et alors, elle commença vraiment, merveilleuse, éblouissante : carrière de sabreur, le plus étonnant peut-être de cette armée d'Afrique qui comptait cependant les Morris et les Tartas, d'organisateur, plus importante peut-être, car elle a laissé des traces, cette création des spahis surtout, beaucoup plus que celle des tirailleurs algériens, et qui a donné au monde l'exemple d'une armée auxiliaire d'un type nouveau, qu'il a été à peu près impossible de reproduire ailleurs : les spahis soudanais n'ont jamais été ce qu'ont été ceux de l'Afrique du Nord. (...) M. Constantin-Weyer, neveu de Yusuf, a pu recueillir les souvenirs de Madame Yusuf (morte seulement en 1907) sur celui qui reste une des figures les plus originales parmi les combattants de l'empire français." (J. Tramond, Revue de l'histoire des colonies françaises)

344.          DELILLE (Gérard). Famille et propriété dans le royaume de Naples (XVe-XIXe siècle). Rome, Ecole Française de Rome, P., EHESS, 1985, gr. in-8°, 482 pp, 65 tableaux et cartes, 45 généalogies et 18 schémas dans le texte, biblio, index des noms d'auteurs, index des noms de familles ou de personnes nobles, index des titres de noblesse, index géographique, index des divers, reliure pleine toile écrue, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, 259 ; Démographie et société, 18)

            70

On parle souvent de la « famille », de son rôle dans la société italienne et en particulier méridionale. Mais on ne les a jamais vraiment étudiés, surtout sur le plan historique. Les solidarités sociales, politiques, économiques, les mécanismes d’échange des femmes et des biens font partie de ces règles fondamentales qui structurent une société mais restent le plus souvent « non dites ». À travers une utilisation essentiellement nominative de sources très riches (anciens recensements, « états des âmes », procès de mariage, actes notariés, ensembles généalogiques, etc.) sont analysés les mécanismes de fonctionnement des systèmes familiaux de l’Italie méridionale entre XVe et XIXe siècle, sans les dissocier du problème capital de la circulation des biens et de son contrôle.

345.          DESCHAMPS (Hubert). Les Méthodes et les doctrines coloniales de la France (du XVIe siècle à nos jours). Armand Colin, 1953, in-12, 222 pp, 3 cartes, biblio, broché, mque au dos et au coin du 1er plat, qqs rares soulignures crayon, état correct (Coll. Armand Colin)

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"L'auteur insiste sur la diversité des doctrines et des méthodes et il s'efforce de les replacer dans le cadre de l'histoire des idées. A la suite des Portugais et des Espagnols, les Français se lancent dans les voyages de découvertes. La colonisation française fait au XVIe siècle ses classes. Le souci politique apparaît avec Henri IV et s'affirme grâce à Richelieu qui, dans sa politique de grandeur, réserve une place importante aux colonies. Le mercantilisme exploite, au profit exclusif de la métropole, les possessions d'outre-mer ; à la fin de l'Ancien Régime, le problème colonial se trouve posé sous ses différents aspects : les « Philosophes » dénoncent une société fondée sur l'esclavage, tandis que les colons réclament plus de liberté dans leurs relations économiques et politiques avec la métropole. La lutte s'ouvre, désormais, entre la « Philosophie » et les intérêts. La première triomphe progressivement pendant la Révolution, mais avec l'Empire et la Restauration on évolue vers la reconstitution de l'ancien système. De 1830 à 1881, tandis que s'élargit le domaine français, les coloniaux, devant l'irrésolution des gouvernements successifs, multiplient les expériences. Deux figures se détachent : Bugeaud qui rêve de colonisation militaire, et Faidherbe qui tente de définir une politique indigène. Après la reconstitution de ses forces, au lendemain de la défaite de 1870, la France, poussée, en particulier, par des impératifs économiques, participe, comme les autres puissances européennes, au grand mouvement d'expansion. Des économistes, comme Leroy-Beaulieu, des hommes politiques, comme J. Ferry et Etienne, s'efforcent de tirer l'opinion publique de son indifférence, voire de son hostilité, à l'égard des problèmes coloniaux. Dans cette période de création de l'Empire, des méthodes s'élaborent et se précisent : Gallieni et Lyautey apparaissent comme les techniciens les plus féconds de la colonisation. Les rapports entre métropole et pays conquis se définissent désormais selon une formule imaginée par Paul Cambon, en Tunisie, et appelée à un brillant avenir : le protectorat. Les théoriciens livrent un combat de doctrines pour ou contre l'assimilation, sans résultat décisif : la politique des gouvernements a oscillé, sans cesse, entre l'autonomie et l'assimilation. Au lendemain de 1919, lorsque l'Empire eût atteint sa plénitude territoriale, cette incertitude doctrinale, particulièrement grave, subsiste pendant la période de l' entre-deux-guerres. Enfin, H. Deschamps essaie de définir, dans un dernier chapitre, les tendances qui ont inspiré les Constituants de 1946, marquant nettement, dans l'organisation de l'Union Française, la façade fédérale et le caractère unitaire..." (Roger Pasquier, Cahiers d'outre-mer, 1954)

346.          DEWATCHER (Michel) et Daniel OSTER. Un voyageur en Egypte vers 1850. Le Nil de Maxime Du Camp. P., Sand/Conti, 1987, gr. in-4°, 248 pp, illustré de 70 calotypes originaux de Maxime Du Camp, 20 documents d'archives et 15 aquarelles en couleurs de Prisse d'Avennes, une carte sur double page, texte et photographies présentés par Michel Dewachter et Daniel Oster, préface de Jean Leclant, reliure toile sable de l'éditeur, dos lisse, titre doré au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état

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En 1849-1850, Maxime Du Camp et son ami Flaubert font un voyage en Egypte. Durant ce voyage, Du Camp réalise un certain nombre de photographies, des "calotypes", qui sont pour l'historien autant que pour l'amoureux de l'Egypte des documents exceptionnels. En 1853, il publie « Le Nil », qu'il dédie à son autre ami écrivain Théophile Gautier, et dans lequel il raconte son voyage. Cet ouvrage de 1987 rassemble pour la première fois à la fois la réédition intégrale du «Nil» de Du Camp, mais aussi 70 des calotypes qu'il a réalisés en Egypte. Ce qui en fait un ouvrage exceptionnel que tout amoureux de l'Egypte se doit d'ajouter à sa bibliothèque. On y trouve en outre 20 documents d'archives concernant Du Camp et 15 superbes aquarelles d'un autre de ses amis qui a visité et aimé l'Egypte, Prisse d'Avennes. Le préfacier, Jean Leclant, professeur d'égyptologie au Collège de France, rappelle le trésor que constitue cette collection de calotypes de Du Camp conservée dans la bilbiothèque de l'Institut de France. Michel Dewachter présente le voyage et le situe dans son époque, en soulignant sa signification, sous le titre "Une étape de l'orientalisme" (pp. 9 à 37). Daniel Oster, quant à lui, brosse le portrait du personnage de Du Camp, et le situe dans son contexte intellectuel et littéraire, sous le titre "Un curieux bédouin" (pp. 39 à 66). Le reste de l'ouvrage est la réédition intégrale de l'ouvrage de Du Camp, y compris avec la carte de l'Egypte dressée par Sagansan qui accompagnait l'édition de 1853. Outre la saveur du récit par une grande plume du XIXe siècle, on a l'émotion de découvrir les lieux tels qu'ils se présentaient à l'époque. Un très bel ouvrage.

347.          DIEHL (Jean-Pierre). Le Regard colonial. Essai. Editions Régine Deforges, 1986, in-8°, 284 pp, 24 photos sur 16 pl. hors texte, une carte, biblio, repères chronologiques, broché, couv. illustrée, bon état

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Pierre Loti, Arthur Rimbaud, Romain Gary, Joseph Kessel, André Malraux et tant d'autres sont passés dans cette colonie que la France a maintenue pendant près d'un siècle à la charnière entre la Mer Rouge et la Corne de l'Afrique : Djibouti. De leur rencontre avec ces terres brûlées et les pasteurs qui y vivent sont nées des pages contradictoires, tour à tour passionnées et lointaines, enthousiastes et injustes, désinvoltes et attentives. Jean-Pierre Diehl nous fait sentir l'ambiguïté des rapports entre ces hommes en transit – journalistes, administrateurs, poètes... – et les nomades aux coutumes immuables et à la fierté farouche.

348.          DOLINGER (Jane). L'Or des Incas. France-Empire, 1968, pt in-8°, 278 pp, traduit de l'anglais (Inca Gold), 20 photos sur 12 pl. hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

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... Ouverte au XVIe siècle par les Conquistadors, la Ruée vers l'Or se poursuit avec des moyens accrus. Les portes sont ouvertes en Equateur, au Pérou, en Bolivie. Jane Dolinger nous entraîne en souriant dans ces pays fabuleux, où elle s'est elle-même risquée, insouciante des privations et des périls...

349.          FÉDOROVSKI (Vladimir). La magie de Moscou. Editions du Rocher, 2014, in-4°, 147 pp, 72 photos et gravures, la plupart en couleurs, à pleine page et sur double page, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            17

De la Place Rouge au Mausolée de Lénine, de la cathédrale Basile-le-Bienheureux au Kremlin, Vladimir Fédorovski nous propose un merveilleux voyage dans la capitale russe. Riche d'une histoire millénaire et au centre de l'ancien empire des tsars, Moscou a toujours conservé le prestige de l'originalité, grâce à la beauté de ses couleurs et à sa richesse architecturale, à la sévérité de l'urbanisme soviétique et à ses bâtiments au style unique. Ivan le Terrible, Pierre le Grand, Léon Tolstoï, mais aussi Alexandre Pouchkine, Nicolas Gogol... des figures légendaires qui nous font voyager à travers le temps et l'espace. Aventuriers audacieux, conspirateurs habiles, écrivains et artistes de renommée mondiale défilent dans les pages de ce livre enrichi d'illustrations exceptionnelles. — Diplomate pendant les grands bouleversements à l'Est, Vladimir Fédorovski fut le témoin privilégié de ces événements majeurs du XXe siècle. Ses livres écrits en français (notamment Le Roman du Kremlin et Le Roman de Saint-Pétersbourg) sont devenus des best-sellers internationaux et sont traduits dans 28 pays. Il est aujourd'hui l'écrivain d'origine russe le plus édité en France.

350.          FONTAINE (Pierre). La Magie chez les Noirs. P., Dervy, 1949, in-8°, xvii-177 pp, préface par Fernand Divoire, 15 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, état correct

            30

" (...) La principale découverte de Fontaine, à mes yeux, c’est cette « hypothèse » à laquelle il revient toujours : l’existence, autrefois, d’une Église (c’est son mot) magique (c’est encore son mot) universelle. Fontaine nous affirme que les féticheurs africains emploient pour leurs incantations des mots qui, entre régions sans aucun contact entre elles, sont les mêmes. Lorsqu’il suppose que ces mots appartiennent à une langue sacrée aujourd’hui perdue, pourquoi ne serions-nous pas prêts à admettre cette « hypothèse de travail », comme disent les savants, qui ont besoin de deviner une vérité avant de tenter de la démontrer ? Cette « hypothèse de travail » – une certitude pour lui – domine le livre de Pierre Fontaine. Pour le reste, reconnaissons qu’il a apporté toute sa bonne foi à établir une sorte de somme de la Magie chez les Noirs. Il donne son témoignage et il n’ignore aucun des témoins qui l’ont précédé. Du moins, je le crois. Ainsi il a agi à la fois en explorateur et en bon journaliste. L’impartialité de Pierre Fontaine est évidente..." (Fernand Divoire, préface)

351.          FRÉDÉRIC (Louis). Akbar le Grand Moghol. Denoël, 1986, in-8°, 422 pp, 6 cartes, chronologie, généalogie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Akbar (1542-1605), troisième empereur de la dynastie Indienne des Moghols, a posé les premiers fondements de l'Inde moderne. Ce monarque, de souche musulmane, tenta de réaliser l'idéal d'une société où la tolérance, l'humanisme, l'unification politique et administrative aboliraient les distinctions ethniques, religieuses et sociales. Bien pourvue en notes, en tableaux chronologiques et généalogiques, en index et en cartes, cette étude, la seule à ce jour en langue française, constitue un outil de référence précieux, ainsi qu'un hommage à l'un des esprits les plus universels que l'Inde ait connu." (Ph. Caes, Lectures, 32, 1986)

352.          GAUTHEREAU (Raymond). Journal d'un colonialiste. Seuil, 1986, in-8°, 285 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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En mars 1945 un jeune administrateur des colonies rejoint son premier poste : Oumé en Côte d'Ivoire. Il nous livre ici un journal détaillé de ce séjour initiatique qui ne durera guère plus d'un an (jusqu'en avril 1946) avant qu'il ne recoive une nouvelle affectation à Abidjan. Une description intéressante de la manière dont chaque administrateur – en fait très rapidement abandonné à lui-même – devait découvrir et apprendre son Afrique, en grande partie à travers le bon vouloir de ses subordonnés indigènes et aussi comment tout son travail n'était rendu possible que par la très grande acceptation de son rôle et de ses prérogatives par les populations. — "Plus que de souvenirs, il s'agit des notes prises au jour le jour par un jeune administrateur, frais émoulu de l'avenue de l'Observatoire en 1946, dans son premier poste, Oumé, cercle de Gagnoa, en basse Côte-d'Ivoire. Les acteurs sont lui-même, avec ses réactions devant un monde inconnu qu'il n'est pas préparé à rencontrer et ses soucis quotidiens – parmi ceux-ci les ennuis dus au moteur à bout de souffle de sa voiture tiennent une grande part, mais aussi la construction de la maternité, du marché couvert, des routes – et surtout ses administrés, planteurs européens, commerçants libano-syriens, fonctionnaires africains du poste, et essentiellement les 25.000 Gouro et Gagou qui renâclent devant la récolte obligatoire du caoutchouc, la participation à la construction de la route. Quelques séances de tribunal, quelques décès suspects, des grèves chez les planteurs, voilà de quoi occuper le déroulement des jours. Écrit d'une plume alerte, l'ouvrage se lit avec agrément. Il en apprend plus sur la vie quotidienne des administrateurs que bien des rapports. Le jeune chef de subdivision porte sur ses administrés un regard souvent étonné de les trouver si différents de lui, mais empli de sympathie pour ces nécrophages récalcitrants. Il ne se prend pas au sérieux, s'il accomplit sa tâche du mieux qu'il peut. A l'interrogation qu'il se serait posée en tout temps : que fait-il à Oumé ? qu'apporte-t-il à ses ouailles ? s'ajoute une certaine inquiétude devant le tour que prennent les choses. Si la division entre vichystes et gaullistes semble destinée à s'apaiser, si les sympathies procommunistes de l'entourage du gouverneur Latrille ne sont pas absolument établies, si les grèves dans les plantations se résolvent habituellement par de longues heures de palabre, un air nouveau souffle insidieusement. Les fonctionnaires du poste – pour s'en inquiéter ou s'en réjouir – évoquent l'encore mystérieux personnage de M. Félix, le président du syndicat des planteurs africains à Bouaké, qui met discrètement en place une hiérarchie parallèle..." (Paule Brasseur, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1988)

353.          GOURMONT (Rémy de). Les Français au Canada et en Acadie. P., Firmin-Didot, 1889, in-8°, 224 pp, 50 gravures dans le texte et à pleine page, cart. demi-percaline carmin à coins, dos lisse avec titre doré et filets à froid, bon état

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Ouvrage très soigné, richement illustré, sur la colonisation du Canada par les Français et ses pionniers aux XVIIe et XVIIIe siècles. Une des productions, peu commune, de vulgarisation historique du littérateur. Dans la bibliographie de Talvart et Place il est mentionné que l'édition de 1888 comporte 49 gravures et que les éditions suivantes, celles de 1889 et 1891 comportent 50 gravures.

354.          GOUROU (Pierre). Les Pays tropicaux. Principes d'une géographie humaine et économique. PUF, 1953, in-8°, 200 pp, troisième édition revue, préface de Paul Rivet, 16 figures, index, broché, papier lég. jauni, couv. lég. salie, bon état (Coll. Pays d'outre-mer, première série : Etudes coloniales)

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"Je n'hésite pas à dire que ce livre condensé, écrit dans un style alerte, clair, plein d'idées originales, fait à la fois pour les spécialistes et le grand public, est un petit chef-d'oeuvre." (Paul Rivet)

355.          GROUSSET (René), Louis MASSIGNON, Henri MASSÉ (dir.). L'âme de l'Iran. Albin Michel, 1990, in-8°, 267 pp, préface de Daryush Shayegan, contribution de Henry Corbin, broché, soulignures crayon, bon état

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L'âme de l'Iran, publié pour la première fois en 1951, rassemble en un dialogue rare les plus grands spécialistes de la civilisation iranienne, l’une des plus anciennes. « Patrie des philosophes et des poètes », selon l’expression d’Henry Corbin, l’Iran est au carrefour de deux continents spirituels. En célébrant tout l’héritage iranien, de Zoroastre à l’islam, et en saisissant au vol l’âme de cette civilisation, les auteurs célèbrent magnifiquement les retrouvailles de l’Orient et de l’Occident en leur berceau commun. Daryush Shayegan, dans sa préface, souligne la valeur toujours actuelle de ce classique de l’iranologie. Sont réunis dans ce volume classique les plus grands noms de l’iranologie du XXe siècle : Henry Corbin, Louis Massignon, René Grousset, Henri Massé, Jacques Duchesne Guillemin, Jan Rypka et Parviz Natel Khanlari.

356.          HARRER (Heinrich). Sept ans d'aventures au Tibet. Arthaud, 1997, gr. in-8°, 287 pp, traduction de l'allemand par Henri Daussy, une carte en fin d'ouvrage, broché, couv. illustrée, bon état

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Trois évasions en Inde pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux traversées de I'Himalaya, une marche interminable sur les hauts plateaux désolés du Changtang, cinq ans à Lhassa, la ville interdite, où Heinrich Harrer devient le confident et le professeur de l'actuel dalaï-lama alors enfant... Ce livre d'aventures est aussi le récit d'une quête rédemptrice, qui voit un alpiniste autrichien inscrit à la SS devenir le défenseur des peuples opprimés. C'est sur le « Toit-du-monde » que Harrer trouve son salut, sa vraie patrie. Ce document sur un Tibet perdu représente un document irremplaçable.

357.          HIBBEN (Franck C.). Le Livre des Ours. Grandes chasses aux ours d'Amérique du Mexique aux Aléoutiennes. P., Amiot-Dumont, 1952, in-8°, 194 pp, traduit de l'anglais (“Hunting American Bears”), 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. piquée, jaquette illustrée (dos et 2e plat sali), état correct

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"Je suis un être qui aime les animaux, et qui souffre des tourments que nous leur infligeons. Or, ici, ce sont des histoires de traqueurs d'ours. Et authentiques. L'auteur est le professeur d'anthropologie de l'Université de New-Mexico. Il a, certes, plus à faire à « pister » l'ours que l'homme préhistorique. Bref, je reconnais – bien qu'il me râpe les nerfs – que ce livre passionne autour de moi." (G. Riou, Hommes et mondes, mai 1954)

358.          ISHIGAMI-IAGOLNITZER (Mitchiko). Ryôkan, moine zen. CNRS Editions, 2001, gr. in-8°, 294 pp, 40 pl. d'illustrations, photos et documents hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Ryôkan, 1758-1831, est un des moines zens les plus célèbres au Japon. Ses poèmes calligraphiés, véritables chef-d'œuvres qui nous communiquent ses messages, ne cessent de susciter l'admiration. Aimé et vénéré aujourd'hui par des millions d'hommes, il reste presque inconnu en France. Né dans une famille de notables au nord du Japon, il a vécu à la fin de l'époque Edo, alors que l'inflation, les impôts trop lourds et de nombreux fléaux appauvrissaient la population, provoquant maintes révoltes paysannes. Ayant pris une résolution ferme de sauver le peuple par la voie spirituelle, Ryôkan pratique le zen auprès d'un maître réputé et obtient une fonction importante au temple Entsû. Puis il l'abandonne et choisit la vie errante de moine mendiant. Pendant trente ans, il alla ainsi porter l'enseignement du Bouddha aux gens du peuple. On dit que l'énergie spirituelle qui émanait de lui comme des "étincelles" éveillait la "nature de buddha" au fond de chaque homme qu'il rencontrait. En vérité il fut un “bodhisattva”, c'est-à-dire un être destiné à l'éveil, déterminé à sauver autrui avant soi-même. La traduction des œuvres de Ryôkan autant que le récit de sa vie quotidienne donnent accès à l'esprit et à la pratique du Zen ; ils permettent aussi de mesurer son influence.

359.          JAFFRELOT (Christophe)(dir.). L'Inde contemporaine de 1950 à nos jours. Fayard, 1996, gr. in-8°, 742 pp, 8 cartes, chronologie, biblio, glossaire, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Un pays figé dans le temps, voué à la misère et à l'instabilité politique ? L'Inde, de toute évidence, a déjoué les sombres pronostics dressés au lendemain de la Partition. Au terme d'un demi-siècle d'indépendance, dont ce livre retrace l'histoire, le bilan de la voie indienne force le respect. Les progrès ne sont certes pas visibles dans tous les domaines, mais ils n'en sont pas moins réels. L'Inde, qui comptera bientôt un milliard d'habitants, est parvenue à l'autosuffisance alimentaire. Elle n'est plus menacée d'éclatement, bien que la question du Cachemire et les conflits entre communautés religieuses soient loin d'être réglés. A l'image des antennes paraboliques qui couvrent depuis peu les grandes villes, l'Inde entrerait-elle dans la modernité ? Depuis 1991, prenant ses distances avec le modèle nehruiste, elle a opté pour la libéralisation économique. Face au "miracle" de l'Asie orientale, elle cherche à imiter celle-ci ; sans rompre avec ses alliés russes, elle continue de se réclamer du non-alignement. Les changements atteignent aussi les villages où la révolution verte est toujours en cours. Le tout-puissant parti du Congrès, longtemps dominé par la famille Nehru Gandhi, n'est plus souverain, ce qui favorise le pluralisme politique. Les basses castes commencent à s'émanciper. Mais la plus grande démocratie du monde a encore du chemin à faire : la réforme agraire n'a pas été menée à terme ; les tribus et les intouchables sont victimes d'exactions. L'Inde change, mais à son rythme, et reste une terre de contrastes. L'attachement aux traditions, la force des coutumes demeurent forts, ce dont témoignent écrivains et cinéastes souvent révoltés par la société et le système des castes. La musique en est une autre illustration, tout comme le culte des images que nombre d'hommes politiques exploitent volontiers. Sans aucun doute le rayonnement de la culture, et en particulier d'une littérature et d'un cinéma plurilinguistiques, a contribué à l'émergence d'un sentiment d'unité nationale. Cet ouvrage, qui présente les grands faits politiques et économiques de l'Inde contemporaine ainsi qu'un tableau complet de la société et de la culture, a été écrit par des spécialistes de chacun de ces domaines.

360.          JEWSIEWICKI (Bogumil), Élikia M'BOKOLO et alii. Moi, l'autre, nous autres. Vies zaïroises ordinaires, 1930-1980. Dix récit sous la direction de Bogumil Jewsiewicki, Elikia M'Bokolo, Isidore Ndaywel è Nziem, Sabakinu Kivilu. P., EHESS / Sainte-Foy (Québec), Safi / Québec, CÉLAT, 1990, in-8°, 306 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Recueil de textes oraux transcrits. — "Les dix récits de vie réunis ici témoignent des vies ordinaires des zaïrois et zaïroises au cours des années 1930 à 1984. A ce demi-siècle de bouleversements extraordinaires s'ajoutent deux décennies de vie de leurs parents. Au total donc, c'est la mémoire sociale du XXe siècle, un siècle qui a profondément façonné les sociétés du Zaïre. Les récits ont été selectionnés parmi la centaine reçus dans le cadre du concours organisé en 1984 par l'université de Kinshasa et l'université Laval..." (Avant-propos)

361.          LAMBERT (Max). Les Etats-Unis. Bilan en 1939. Préface de M. André Siegfried. Bloud et Gay, 1939, in-8°, 310 pp, index, broché, couv. lég. salie, bon état

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"Je n'ai pas à résumer, pour vos lecteurs, tout ce que vous allez leur dire. Qu'il me suffise de dire que le livre est complet, qu'il traite presque tous les aspects de la vie américaine et, finalement, qu'il la juge avec bienveillance, mais non pas cependant d'une façon aveugle..." (André Siegfried)

362.          LEFÈVRE (Genevieve). Georges Labit, un globe-trotter toulousain, 1862-1899. Editions Daniel Briand, 1994, in-8°, 319 pp, 91 gravures et photos, une carte, repères chronologiques, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Grand voyageur de la fin du XIXe siècle, Georges Labit rapporta des réflexions originales sur les pays parcourus, et des objets témoins d'autres civilisations, présentés dans le musée tout à fait insolite qu'il créa à Toulouse. – Il reste surtout connu pour avoir été un grand voyageur devant l’Eternel. Et si sa passion pour les voyages l’a conduit dans différentes parties du monde (Scandinavie, Europe centrale, Afrique du Nord, etc.), il fut, avec Émile Guimet, l’un des rares aventuriers français à avoir visité l’Extrême-Orient et notamment le Japon sous l’ère Meiji et en avoir rapporté suffisamment de souvenirs de valeur pour leur faire prendre place dans des musées qui portent leur nom. Et si le Musée Guimet de Paris est bel et bien le plus connu des musées français pour les arts asiatiques en général et l’art japonais en particulier, le Musée Georges Labit prouve lui aussi qu’un Toulousain s’intéressa grandement à ce pays mêlant déjà ancienneté, longue histoire et traditions à une modernité naissante et menée tambour battant. Un musée qui mérite incontestablement le détour pour la variété et la qualité de sa collection d’objets d’art asiatiques. Sa mort reste aujourd’hui encore un mystère. — "La rumeur populaire ne s’embarrasse pas de délicatesse. Et en février 1899, à Toulouse, pour expliquer la mort de Georges Labit, fils du très fortuné Antoine Labit, on murmure qu’une maîtresse éconduite lui a tout simplement « coupé… son nom ». Une thèse de l’émasculation, parfaitement fantaisiste, mais qui vient combler l’absence d’explication officielle sur la brusque disparition d’un homme de 37 ans, notable apprécié de ses concitoyens, dont le mariage devait être célébré quelques jours plus tard. Sa fin ne sera jamais élucidée. Après son enterrement, son père s’oppose à toute enquête... Fait encore plus étrange, dans les jours qui suivent les faits, aucune autorité officielle n’insistera pour tirer au clair les circonstances du décès. La rumeur, toujours elle, s’empare alors de l’affaire. Bientôt, dans la ville, les hypothèses vont se multiplier quant à la cause réelle du décès de Georges. Une d’entre elle affirme que Labit a été terrassé à l’angle de la rue Bayard d’un coup de flèche empoisonnée ! L’auteur du meurtre, prétendent des proches de la famille, serait un certain Georges Sicard, frère d’une maîtresse abandonnée. Une vendetta familiale sur fond de romance qui n’a jamais trouvé une quelconque confirmation. En revanche, peu de temps après la mort de Georges Labit, son père, Antoine, fouille consciencieusement les archives de son fils. Il en retire ou découpe de nombreux documents. Les archives de Georges sont aujourd’hui encore conservées et attestent de cet étrange comportement. Antoine voulait-il cacher quelque chose ? Ce quelque chose avait-il un rapport avec la mort de son fils ? Difficile de répondre. Mais, une chose est sûre : tout au long de sa courte existence, Georges a entretenu des rapports particulièrement conflictuels avec son puissant père. Une quinzaine d’années plus tôt, ce dernier a d’ailleurs intenté une action en justice pour mettre son fils sous tutelle. Antoine reproche à Georges ses dépenses : la loi va lui donner raison et totalement assujettir Georges au bon vouloir de son père. La part de fortune venant de sa mère décédée lui est confisquée et confiée à Antoine Labit… Sombre histoire familiale, révélatrice de l’autorité d’un père qui ne tolère aucune rivalité. Issu d’une lignée de commerçants, Antoine a débuté sa prodigieuse ascension dans un bazar de la rue Saint-Rome. Rapidement, son sens des affaires lui permet d’ouvrir un nouveau magasin, nettement plus vaste, à l’angle des rues Lafayette et Alsace- Lorraine. Intitulé « La Maison universelle », ce grand magasin devient en quelques années le commerce le plus fréquenté de la ville. On y trouve de tout et Antoine engrange d’importants bénéfices qu’il réinvestit dans l’édification d’un vaste patrimoine immobilier. Quand Georges naît en 1862, il est déjà un des hommes les plus riches de Toulouse. Ses affaires dépassent le cadre de la cité. Connu à Paris, il en profite pour envoyer Georges parfaire ses études auprès d’un négociant en 1881. Le jeune homme a 19 ans et mène une vie de fils prodigue qui lui vaut sa mise sous tutelle. Une relation orageuse s’installe alors avec son père. Georges part quelques temps plus tard à Vienne pour parfaire son apprentissage du commerce. Trois ans plus tard, il rentre à Toulouse. Les relations avec Antoine se sont améliorées. Celui-ci consent à le charger d’une mission de prospection commerciale. Désormais, Georges parcourra le monde pour ramener au « Magasin Universel » des produits de tous les pays. En quelques années, il écume l’Europe, La Laponie, L’Afrique du Nord, la Chine, le Japon. Fasciné par les contrées qu’il traverse, le commerçant devient ethnologue. En plus des produits pour le magasin familial, il ramène des centaines de témoignages et d’objets des peuples qu’il visite. Ses connaissances l’amènent à devenir correspondant de la prestigieuse Société géographique de Toulouse. Il collabore à divers journaux et publie des reportages et des photographies sur ses voyages. Les années passent entre affaires et voyages. Devenu un notable toulousain, il est en 1894 le représentant de la ville de Toulouse aux funérailles du tsar de Russie, Alexandre III. En 1893, il inaugure un musée, financé par son père. L’endroit est dédié aux nombreux objets ramenés de ses voyages. Dans le même temps, peu à peu, son père consent à lui donner une part plus importante dans la gestion de ses affaires. Georges annonce même à un père réjoui son intention de se marier. L’époque des crises semble définitivement passée. A quelques jours de son mariage, le drame survient. Antoine restera inconsolable de la perte de son fils. Peut-être pour préserver l’honneur de sa mémoire, il ne souhaita pas que les causes de sa mort soient rendues publiques. Le mystère reste entier." (Philippe HUGON, « La Dépêche » 23 août 2001) — Le livre nous éclaire de façon très intéressante et parfois même amusante sur ce qu’était le Japon de cette époque ainsi que sur la présence étrangère. Ou du moins de ce que Georges Labit et son compagnon de voyage, un certain M. de Montreuil, en ont perçu. En voici un extrait : « Le port de Yokohama. – La traversée bord du Djemnah s’achève à Yokohama, le vaste entrepôt commercial de l’Empire. Le paysage est moins riant qu’à Kobé et la concession à l’air d’une banale ville de province anglaise, avec ses maisons blanchies à la chaux. Les riches hôtels américains qui n’ont rien emprunté au Japon, les magasins semblables à ceux de Londres ou de New-York et d’affreux bars où l’on débite du gin, whisky, cocktails, font oublier aux voyageurs l’éloignement de l’Occident. La livre sterling, aussi universelle que la langue anglaise, est acceptée dans tout le Japon, alors que la monnaie française s’échange uniquement à Yokohama contre des yens japonais, et encore, à un change très défavorable. La ville se divise en quatre parties principales : la ville européenne au bord de la mer, le Bluff sur la colline, la ville chinoise et la ville japonaise. Le Yokohama européen compte cinq mille habitants. Les plus nombreux sont les Anglais, dans le haut commerce et la banque, concurrencés par les Américains du nord et loin derrière, on recense seulement quatre-vingt cinq Français, en comptant le personnel du consulat et de l’agence des Messageries Maritimes. Chaque communauté forme une société avec ses intérêts à part. Depuis l’ouverture des ports du Japon, les commerçants et banquiers occidentaux qui ont fait fortune se sont fait construire de superbes maisons de plaisance sur la riante colline du Bluff – quartier qui est à Yokohama ce que Saint-John’s Wood est à Londres et Passy à Paris – où flottent des pavillons de différentes nationalités. Les Chinois sont aussi nombreux que tous les étrangers réunis. Ils ont des emplois de caissier ou de comptable dans les grandes maisons de commerce et de crédit ou font « la petite banque, le petit négoce » en vendant meilleur marché que les Européens. Comme toutes les villes chinoises, leur quartier, fait d’un amas de constructions mal bâties, se sent de loin… Ce centre pestilentiel regorge de maisons de jeux et de bouges fréquentés par la population interlope de Yokohama et par les marins de passage. La ville japonaise, très étendue, contraste par la propreté de ses belles rues bordées de maisons de bois sans la moindre peinture, « de vrais joujoux de chalets suisses » aux vitres en papier translucide. Dans la journée, on fait coulisser les unes sur les autres leurs façades légères en sapin, de sorte que l’on voit tout ce qui se passe à l’intérieur. Extrêmement inflammables, ces habitations sont à la merci de la moindre étincelle capable de réduire en cendre tout un quartier. En 1876, douze mille incendies ont anéanti près de quarante cinq mille maisons dans le pays. Les bâtiments qui échappent aux incendies risquent d’être démolies par les tremblements de terre si fréquents au Japon. C’est pourquoi il est rare qu’un Japonais naisse, vive et meure sous le même toit, sauf à la campagne où l’on trouve encore des constructions anciennes. »

363.          LOTI (Pierre). La Galilée, suivi de La Mosquée verte et de Petite suite mourante ainsi que de pages inédites du Journal intime. Edition établie par Pierre P. Loti-Viaud et Michel Desbruères. Christian Pirot, 1990, in-8°, 241 pp, préface de Michel Desbruères, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Autour de 1900)

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Pierre Loti (1850-1923) fut un romancier à succès et un mondain courtisé. C'est pourtant le même homme qui, délaissant les honneurs, partit pour le Sinaï en février 1894. Son ami Claude Farrère le décrivait comme "un agnostique qui ne se résigna jamais à renoncer à Dieu", d'où ce voyage en Terre sainte qui nourrira son inquiétude religieuse et lui inspirera l'une de ses œuvres majeures, récit de voyage autant que quête spirituelle. Loti espère en foulant la Terre Sainte retrouver la foi de son enfance. Le récit commence le 17 avril 1894, lorsqu'il quitte Jérusalem, en direction de Damas puis Beyrouth où doit prendre fin son voyage en Terre Sainte.

364.          LOTI (Pierre). Les derniers jours de Pékin. Balland, 1985, in-8°, 276 pp, avant-propos de Marc Menonville, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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A l'aube du XXe siècle, un violent mouvement xénophobe – la révolte des Boxers – secoue la Chine. A Pékin, le quartier des légations, où toutes les ambassades étrangères sont regroupées, subit un siège tragique pendant près de deux mois. Les grandes puissances (Allemagne, Autriche-Hongrie, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) s'accordent alors pour "punir" les Chinois et piller la Chine. La répression sera d'une terrible brutalité. Pierre Loti débarque en Chine avec la Marine française à l'été 1900. En route vers Pékin, traversant des villes en cendres, il décrit horrifié la violence coloniale puis, tout en pénétrant dans le saint des saints, raconte le siège des légations et la fin d'un mythe : Pékin n'est plus la Cité interdite. Un témoignage exceptionnel.

365.          MARISTANY (Manuel). 20 000 km à travers l'Afrique. Arthaud, 1964, in-8°, 281 pp, traduit de l'espagnol, 8 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée à rabat, bon état

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Du Cap à Tunis, avec cinq jeunes garçons sportifs à moto et une Land Rover. C'est une aventure que de traverser l'Afrique à moto.

366.          MARTÍN ARTAJO (Javier). Caminando a Compostela. Ilustraciones de Antonio Cobos. Madrid, Editorial Católica, 1954, gr. in-8°, 121 pp, introduction du P. Félix García, 20 illustrations, dont 8 à pleine page, et 11 culs-de-lampe par Antonio Cobos, un itinéraire illustré en frontispice, broché, couv. à rabats, jaquette illustrée, bon état. Texte en espagnol

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On joint une carte repliée en trois couleurs de la France et du nord de l'Espagne ind