Pages d’Histoire – Librairie Clio

8 rue Bréa – 75006 PARIS - France

Tél. : 33 (0)1 43 54 43 61.

E-Mail : clio.histoire@free.fr

Du lundi au vendredi de 10h à 19h, et le samedi de 15h à 19h

 

 

 

L'équipe de la Librairie vous présente ses meilleurs vœux et une très bonne année 2019

 

 

Catalogue 382 – Janvier 2019

 

 

Conditions de vente

 

- Expédition après règlement par Carte Bancaire (Eurocard, Mastercard, Visa) ou par Chèque sur une banque française.

Frais de port à ajouter au montant de votre commande quel que soit le nombre de livres commandés :

 

. Pour la France : 7 Euros

. Pour l’Europe et les DOM - TOM : 13 Euros

. Autres destinations : Port réel

Au-delà de dix jours, les livres réservés seront remis en vente

 

Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  BARBIER (Pierre) et France VERNILLAT. Histoire de France par les chansons. 5. Napoléon et sa légende. Gallimard,  1958, gr. in-8° carré, 188 pp, une double planche hors texte, index des chansons choisies, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Près de 100 chansons avec texte et musique notée. — "Pierre Barbier et France Vernillat, amateurs éclairés de grande et de petite histoire, viennent de rendre aux historiens de profession un service de taille, en publiant, aux Editions Gallimard, huit volumes consacrés à la chanson politique française, des Croisades à 1920. La composition de ces recueils est simple : les auteurs ayant fait leur choix après des recherches minutieuses (essentiellement à la Bibliothèque Nationale), ont adopté une présentation capable de guider le lecteur le moins doué pour l'histoire. Chaque chanson se trouve ainsi précédée d'un petit texte de présentation ; il s'y ajoute même parfois une note morale (la sottise des émigrés ou la maladresse de Napoléon) ; puis les chansons, qui nous sont livrées, paroles et musique, avec une scrupuleuse exactitude. Le choix fait par les auteurs « suit les événements historiques réputés aujourd'hui importants », tout en tenant compte des mouvements d'opinion signalés par « les témoins du temps ». Pierre Barbier souligne fort bien à cet égard la signification passionnelle des bouts rimes plaqués sur une musique de rengaine, qui ont exprimé, dès la fin du Moyen Age, l'indignation et la colère populaire, avec plus ou moins de bonheur. Selon lui, l'histoire est d'abord une « vie passionnelle », mal connue, mal mise en place : « une psychologie des foules reste à écrire », dit-il encore ; et nous ne saurions lui donner tort. Son chansonnier politique est une heureuse contribution à l'élucidation d'un problème capital pour une histoire générale digne de ce nom : l'information politique des masses populaires, avant et même après l'avènement de la grande presse. (...) Bornons-nous à souligner que la connaissance de ce répertoire est indispensable à quiconque veut prendre la juste mesure de notre histoire française : le lecteur attentif ne manquera pas d'y faire des découvertes ; ainsi, l'audace des paroliers, leur maniement sans scrupules de la langue la plus verte pour brocarder princes et souverains, constituent dès le XVIe siècle une tradition... qui s'est perdue sous les Républiques du XXe siècle..." (Robert Mandrou, Annales ESC, 1962)

2.                  BARBIER (Pierre) et France VERNILLAT. Histoire de France par les chansons. 6. La Restauration. Gallimard,  1958, gr. in-8° carré, 208 pp, une double planche hors texte, index des chansons choisies, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

3.                  BARBIER (Pierre) et France VERNILLAT. Histoire de France par les chansons. 7. La République de 1848 et le Second Empire. Gallimard,  1959, gr. in-8° carré, 223 pp, une double planche hors texte, index des chansons choisies, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

4.                  BIEHN (H.). Les Fêtes en Europe. Dix siècles de réjouissance. Club des Libraires de France, 1963, pt in-8°, (16)-256-(16) pp, 39 gravures, la plupart dépliantes dont 6 illustrations contrecollées en couleurs à double page, reliure toile éditeur décorée d'une vignette en couleurs, rhodoïd, ex. numéroté, bon état

            30

Choix de textes de tous les pays d'après l'ouvrage de H. Biehn : "Festen und feiern im alten Europa", traduit par N. Montalbertti, enrichi de nouvelles pages françaises et de documents anciens recueillis par Simone Lamblin, avec une préface de Jean-Clarence Lambert. Fêtes princières, rites et solennités, sacres et couronnements, entrées et cortèges, les plaisirs de la table, tournois, carrousels et courses de bague, carnavals, masques et bals, courses de chars et de chevaux, régates et promenades en traîneau, le tir et la chasse, illuminations et feux d'artifice, opéras, comédies et ballets, obsèques et funérailles.

5.                  BOUREAU (Alain). Le droit de cuissage. La fabrication d'un mythe (XIIIe-XXe siècle). Albin Michel, 1995, in-8°, 325 pp, notes, biblio, index, in-8, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            20

Les seigneurs grossiers, les paysans asservis, les terres ravagées par les chasses et les luttes sanglantes, ainsi que le cuissage, sont autant d'images qui font encore partie de notre folklore médiéval. Mais ce droit a-t-il réellement existé ? Et sinon, comment expliquer la fabrication d'un mythe aussi tenace ? Alain Boureau, directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et historien du Moyen Âge, passe ici au crible les différentes sources qui, prétendument, en attestent l'existence. Il débusque ce mythe en partie construit par les légistes royaux d'Ancien Régime, devenu emblématique de la période médiévale pour les révolutionnaires de 1789 et les républicains des années 1860 qui y voyaient une preuve de l'ignominie féodale et de l'influence néfaste de l'Église. Mais c'est également à ce « monstre » historiographie de la féodalité qu'Alain Boureau s'attaque, tant le soi-disant droit de cuissage est assujetti à la question des liens de dépendance personnelle dans les sociétés d'Ancien Régime. La persistance de ce mythe, à travers lequel notre époque discerne le signe d'une domination masculine permanente, nous cache l'essentiel de la société médiévale et de sa réalité. S'en débarrasser, c'est encore une fois plaider pour « un autre Moyen Âge ».

6.                  BOUSQUET (G. H.). Vilfredo Pareto, sa vie et son oeuvre. Payot, 1928, in-8°, 230 pp, un portrait en frontispice, 3 pl. de photos hors texte et un fac-similé, biblio, broché, bon état (Coll. d'études, de documents et de témoignages pour servir a l'histoire de notre temps). Peu courant

            35

Eexcellente étude sur Vilfredo Pareto (1848-1923) par l'un de ses introducteurs en France.

7.                  CHEVALLIER (Pierre). Histoire de la Franc-Maçonnerie française. I. La Maçonnerie, école de l'égalité (1725-1799). – II. La Maçonnerie, missionnaire du libéralisme (1800-1877). – III. La Maçonnerie, Église de la République (1877-1944). Fayard, 1974-1975, 3 vol. in-8°, ix-396, 556 et 479 pp, biblio, index, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale

            120

M. Pierre Chevallier, professeur à la Sorbonne, est connu comme l'un des plus érudits « maçonnologues » français, depuis ses premières études sur la Maçonnerie au XVIIIe siècle parues voici une vingtaine d'années. C'est aujourd'hui la véritable « somme » de ses recherches qu'il livre en ces trois gros volumes, d'où aucun aspect historique de la Maçonnerie française n'est absent. M. Chevallier, qui n'est pas franc-maçon (il le précise lui-même dans sa préface), a néanmoins eu accès aux archives propres des grandes « obédiences » maçonniques de notre pays, sans compter, bien entendu, les archives figurant dans des collections publiques telles que la Bibliothèque nationale et plusieurs dépôts d'Archives départementales. Jusqu'à 1875, les archives maçonniques ont été largement ouvertes à l'historien. Les aspects « intérieurs » de l'histoire de l'Ordre sont donc, pour le XVIIIe siècle et les trois premiers quarts du XIXe, plus développés que pour le dernier quart du XIX et pour le XXe. S'ensuit une certaine disparité entre les trois tomes, mais qui correspond aussi, d'après M. Chevallier, à un certain changement d'orientation de la Maçonnerie française à partir de la IIIe République : de moins en moins initiatique et philosophique, l'ordre devient alors de plus en plus politique et lié aux luttes de la République contre la réaction. Le principal apport de cette maîtresse-œuvre est de montrer, selon l'expression même de l'auteur, la « plasticité » de la Maçonnerie française au long de son histoire. Chrétienne (voire janséniste) et aristocratique au XVIIIe siècle, elle devient libérale et bourgeoise sous la Restauration et la Monarchie de juillet, spiritualiste et démocratique après 1848, en majorité rationaliste vers la fin du Second Empire, ardemment républicaine et anticléricale après 1870... Bien des idées reçues volent ainsi en éclats devant l'évidence des faits historiques. Aucun des aspects de l'histoire politique et sociale de notre pays depuis un siècle et demi au moins ne peut se concevoir sans référence à l'action des Loges, soit explicite et ouverte (surtout entre 1870 et 1940), soit implicite et en profondeur. Tout cela est admirablement mis par M. Chevallier à la fois en lumière et en perspective. Le rôle politique et philosophique de la Maçonnerie n'est pas du tout, en 1880 ou en 1848, le même qu'en 1924 au temps du Cartel des gauches. La composition sociologique des Loges, l'organisation interne des obédiences, les méthodes de travail, les thèmes mêmes de l'action maçonnique, tout cela a abondamment évolué. Les trois volumes de M. Chevallier constituent une admirable et irremplaçable synthèse sur l'histoire d'un des plus importants moteurs de la pensée philosophique et de la vie politique de notre pays depuis plus de deux siècles. Ils apportent beaucoup de faits, d'idées, tout en posant aussi beaucoup de questions et en ouvrant beaucoup de directions de recherches pour l'avenir. Ajoutons que le style en est vivant, alerte, parfois pittoresque, avec un sens de la formule et même du « mot » qui montre en M. Chevallier non seulement l'érudit mais l'humaniste. Aucune bibliothèque historique n'est désormais concevable sans l'Histoire de la franc-maçonnerie française. (Michel Duchein, Gazette des archives, 1975)

8.                  Collectif. Le Crépuscule des Magiciens. Le réalisme fantastique contre la culture. Textes réunis et présentés par Yves Galifret. P., Editions Rationalistes, 1965, in-8° carré, 199 pp, 2e édition, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

            25

Par Etiemble, R. Imbert-Nergal, Ernest Kahane, Jean-Claude Pecker, Evry Schatzmann, etc., une vigoureuse critique du “Matin des Magiciens” de Jacques Bergier et Louis Pauwels, et du "poujadisme intellectuel" qui assure le succès de la revue “Planète”, dirigée par les mêmes Bergier et Pauwels. — "L'ère atomique, l'ère de la navigation cosmique est aussi celle de la presse du coeur, des bandes dessinées, des horoscopes et de Planète. L'Union Rationaliste aurait failli à la mission que lui ont assignée ses fondateurs : répandre dans le grand public l'esprit de la Science, lutter contre toutes les mystifications, si elle était restée indifférente au défi à l'honnêteté intellectuelle et à la culture, que constitue la revue “Planète”. A l'intention du lecteur de bonne volonté, elle a rassemblé vingt articles qui analysent les procédés utilisés par les auteurs du “Matin des Magiciens” pour duper leur public." — "Chaque numéro de “Planète” nous plonge dans des univers obscurantistes et crétinisants sensiblement inférieurs au niveau mental des aventures de Superman ou de Mandrake, remplacé ici par Teilhard de Chardin et Alfred Korzybski." (Georges Perec)

9.                  DELAGE (Christian). La Vérité par l'image. De Nuremberg au procès Milosevic. Denoël, 2006, gr. in-8°, 378 pp, 66 photos sur 32 pl. hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état

            25

Pour juger les crimes commis par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont constitué à Nuremberg un tribunal international. Deux expériences inédites ont accompagné cette innovation majeure : présenter des images animées comme preuves à l'audience ; filmer les sessions du procès pour le constituer en archive historique. Dès le début des débats, l'Accusation a fait projeter des actualités tournées par les Britanniques et les Américains lors de leur découverte des camps. Pourvues du double statut de preuve et de témoignage, ces images ont permis de prendre la première mesure des "atrocités nazies", dont la trace, ainsi prélevée, devait être incontestable. En filmant le procès, les Alliés souhaitaient d'autre part que la mémoire de ce moment unique demeure vive pour les générations futures. L'héritage de Nuremberg conditionnera largement l'organisation du procès Eichmann puis, en France, des procès Barbie, Touvier et Papon, et enfin, à La Haye, du procès Milosevic. Menée à partir d'archives inédites, cette enquête historique explore les conditions et les conséquences de cette utilisation de l'image à des fins de justice et de mémoire. — Christian Delage est historien et réalisateur. En poste à l'université de Paris-VIII, il est également enseignant-chercheur associé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. — "Christian Delage relate l'irruption des photographies et des films dans la justice internationale, "de Nuremberg au procès Milosevic". Voir une image peut-il nous aider à mieux savoir l'histoire ? Cette question a généré nombre de réflexions, débats, livres, polémiques. Ayant bénéficié d'un accès privilégié à des archives pour la plupart inédites conservées à Washington et à New York, l'historien Christian Delage repose la question en se plaçant du point de vue de la justice internationale. Moins qu'un essai philosophique ou éthique sur la "trahison documentaire" que représentent photos ou films par rapport à une horreur indicible, son livre est le récit détaillé de la manière dont l'image a fait son entrée dans l'univers judiciaire, s'est vue octroyer un rôle de preuve essentielle pour juger des crimes de guerre, est apparue depuis la seconde guerre mondiale comme une médiation entre le bourreau et la victime. Le personnage principal de ce récit est américain et s'appelle Robert H. Jackson. Il est juge, et c'est lui que le président Truman charge en 1945 de mettre en place une instance judiciaire pour faire comparaître les principaux criminels nazis. Jackson prendra deux initiatives inédites : présenter des films comme preuves à l'audience, et filmer le procès pour le constituer en archive historique..." (Le Monde, 9 fév. 2006)

10.              DOLLOT (René). Trieste et la France (1702-1958). Histoire d'un Consulat. P., Pedone, 1961, gr. in-8°, 259 pp, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            50

"Le Consulat de France à Trieste, ouvert le 22 mai 1769, sous le règne de Louis XV, a clos sa chancellerie le 15 mars 1958, disparaissant après une activité près de deux fois séculaire, peu de jours avant l'effacement de la Quatrième République. La suppression temporaire ou définitive d'un poste dont je fus jadis le titulaire, m'a incité à en retracer brièvement l'histoire qui se confond avec celle d'une ville dont le nom demeure associés à beaucoup de souvenirs français..." (Note liminaire) — "Au cours de sa carrière, M. Dollot remplit pendant dix ans les fonctions de Consul de France à Trieste ; il se plut alors à évoquer le souvenir du plus célèbre de ses prédécesseurs, Henri Beyle Stendhal. Aujourd'hui, riche de sa riche connaissance des Archives du Quai d'Orsay dont il fut le directeur et bien informé des travaux des érudits triestins, il nous présente en un livre fort agréable à lire les deux siècles d'existence du Consulat de France dans le grand port adriatique. Plutôt que de chercher à résumer cet ouvrage riche, surtout pour les années 1789 à 1830, en descriptions, en portraits, en récits divers, il nous sera permis de présenter quelques réflexions. Sans voie d'eau, coupée de l'arrière-pays par une barrière montagneuse, Trieste ne fut longtemps qu'un port à fonction régionale ; la reine de l'Adriatique était Venise. Mais l'empereur Charles VI, créant en 1719 un port franc à Trieste, eu fit le débouché maritime du Saint-Empire sur la Méditerranée, un concurrent de Marseille dans le Levant. Le Consulat de France, établi en 1769, eut à observer attentivement les moyens commerciaux, et parfois militaires, de Trieste et de son littoral, plus qu'à y accueillir des bateaux marchands français, toujours rares. En effet, Trieste fut, dans le passé – et reste actuellement, semble-t-il – hors de la zone des échanges actifs avec la France ainsi que des routes de notre commerce. Ce port fut aussi, à l'opposé du reste de l'Italie, en dehors des visées politiques de la France sous l'Ancien Régime, la Révolution et l'Empire. Deux fois occupée par les troupes françaises en 1797 et 1805, Trieste fut deux fois restituée à l'Autriche sans grande discussion. Quand Napoléon la garda, de 1809 à 1813, dans le cadre des Provinces Ilyriennes, le Blocus continental sévissait. En revanche, avec la Révolution, et surtout. après la première campagne d'Italie, Trieste devint pour quelques émigrés un second refuge devant la marée conquérante des armées françaises. Ainsi la ville accueillit les filles de Louis XV, d'abord installées à Naples. Après 1815, ce fut encore la distance, assez importante, séparant Trieste du territoire français, qui fit consentir les Alliés vainqueurs de Napoléon à la résidence, dans le port adriatique, de quelques Napoléonides et de hauts fonctionnaires de l'Empire. Après 1919, Trieste, redevenue italienne, était au bord d'une zone de conflits de races et de langages qui méritait d'être observée de près. M. Dollot y fut alors envoyé ; par ses travaux personnels sur Stendhal, Chateaubriand, Pasteur et les aïeux de Paul Valéry, il eut l'heur d'intéresser l'élite triestine et d'agir avec succès dans l'ordre culturel. Aujourd'hui, le Consulat de France étant supprimé depuis 1958, c'est sur ce plan que doivent continuer de fructueux échanges, auxquels contribuera encore l'agréable ouvrage de M. Dollot." (F Boyeu, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

11.              ENCKELL (Pierre). Le dictionnaire des façons de parler du XVIe siècle. La lune avec les dents. CNRS Editions, 2000, gr. in-8°, 379 pp, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. CNRS Dictionnaires)

            30

La langue familière a souvent été négligée par les lexicographes au profit de registres plus nobles. Jusqu'à présent, on ne s'était pas trop inquiété de savoir comment les Français de l'an 1500 proposaient à leurs invités de passer à table (en fait, ils disaient : A table !), ni comment ils s'adressaient à leur bien-aimée (il y a de multiples variantes). Avec plusieurs milliers de citations, ce dictionnaire veut donner une idée du français oral à l'époque de la Renaissance, paradoxalement attesté dans des textes imprimés que l'on avait insuffisamment dépouillés. Le lecteur curieux y trouvera des proverbes et des refrains, des phrases usuelles et des jurons savoureux, des images et des sens figurés, tous ces éléments qui rendent le discours vivant et réel. Certains ont des airs étranges, d'autres au contraire sont déjà très proches du parler quotidien que nous connaissons, mais tous participent à la grande aventure de la langue française et à son incessante évolution. Au-delà des spécialistes, à qui il devrait être utile, cet ouvrage s'adresse ainsi à tous les amoureux du français en leur apportant une vaste brassée d'instantanés pittoresques, comme si les conversations courantes du XVIe siècle, enregistrées à l'époque, résonnaient de nouveau un demi-millénaire plus tard.

12.              FREXINOS (Jacques). Le Roi Alcool. Histoire abrégée de l'alcool et de l'alcoolisme. Editions Louis Pariente, 1991, in-4°, 61 pp, texte sur 2 colonnes, 55 gravures, cartes et fac-similés dans le texte et à pleine page (légendes de Liliane Pariente), biblio, reliure plein cuir bordeaux richement ornée de l'éditeur, fers à dorer spéciaux dessinés par Christian Michaut, gardes illustrées, bon état

            25

"La préparation d'un cours sur l'histoire de l'alcool, destiné aux étudiants du certificat d'alcoologie, peut amener plus loin que prévu... Elle m'a entraîné, en effet, dans de passionnantes lectures et fait découvrir un sujet dont il est impossible de séparer la vision médicale et la perspective historique..." (Avant-propos)

13.              GODECHOT (Jacques). Histoire de l'Atlantique. Bordas, 1947, in-8°, 364 pp, 50 pl. de gravures et photos hors texte, 38 cartes et croquis, biblio, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            30

"M. Jacques Godechot est un historien fécond. C'est un des jeunes maîtres de l'histoire de la Révolution française et il a fait de son séminaire de Toulouse un centre fort actif. Quand a paru en 1947, son “Histoire de l'Atlantique”, le lecteur averti s'est rappelé que M. Godechot avait enseigné l'histoire à l'École Navale : c'est le fruit de cet enseignement qu'il présentait à un large public sous une forme très attrayante. Les cartes et les croquis sont nombreux et clairs, il y en a trente-huit et cinquante illustrations, vraiment suggestives depuis une barque normande du Musée archéologique d'Oslo jusqu'au fort d'Arromanches (juin 1944). M. G. s'adresse à des Français dont il veut corriger l'excès d'attachement à la Terre et au Continent et auxquels il veut ouvrir les yeux sur l'Océan. Son dessein est clair : « Nous avons essayé de considérer l'Atlantique comme nous aurions fait de n'importe quel territoire continental et de retracer les vicissitudes de son existence à travers l'histoire en nous attachant à montrer quelles nations en ont eu la maîtrise, comment elles l'ont perdue ou conservée et quelle a été l'influence de cette maîtrise sur leur politique générale » (p. 4). Après un rappel de notions géographiques, M. G. suit l'ordre strictement chronologique depuis la préhistoire jusqu'en 1946. Les grands conflits qui opposent les puissances maritimes occupent une place prépondérante dans l'exposé. L'histoire économique et sociale de l'Atlantique est moins traitée que l'histoire navale et diplomatique." (Robert Demoulin, Revue belge de philologie et d'histoire, 1953)

14.              GOODY (Jack). Entre l'oralité et l'écriture. PUF, 1994, gr. in-8°, 323 pp, traduit de l'anglais, qqs figures, biblio, index, broché, bon état (Coll. Ethnologies)

            30

Tandis que la signification fondamentale du langage parlé pour l'interaction entre les hommes est largement reconnue, celle de l’écriture est moins connue. Dans la large série d'essais qui composent cet ouvrage. Jack Goody examine en profondeur les relations complexes et souvent déroutantes entre l'oralité et l’écriture. Il considère l'interface entre ces deux modes de communication dans trois contextes principaux : à l'intérieur de sociétés données, entre les cultures et les sociétés qui ont l'écriture et celles qui ne l'ont pas, et dans l'activité langagière de l'individu lui-même. Il analyse en particulier les séquences selon lesquelles les systèmes d'écriture changent dans l'histoire, les effets historiques de l’écriture sur les cultures eurasiennes et l'interaction entre les cultures de l'oralité et les cultures de l'écriture en Afrique occidentale. pour conclure, il examine les résultats de l’investigation sociologique, comme de la recherche psychologique contemporaines relatives à la culture lettrée. Il produit à cette fin un corpus substantiel de preuves anthropologiques, historiques et linguistiques, qui forme le complément de ses autres ouvrages sur l'organisation sociale et la logique de l'écriture.

15.              GUSDORF (Georges). La Découverte de soi. PUF, 1948, fort in-8°, 513 pp, broché, dos lég. sali, papier jauni comme toujours, qqs rares marques au crayon en marges, bon état (Bibliothèque de Philosophie contemporaine)

            40

"... Au total, M. Gusdorf a écrit un très beau livre qui contribuera grandement à la connaissance de soi. Nous le devrons au point de vue central qui fut adopté, faisant une place au tout de l'homme. Nous le devrons aussi aux idées philosophiques qui donnent un sens à toutes ces activités humaines : dignité de la personne, que n'épuiseront jamais les incarnations successives et limitées de ces valeurs ; insatisfaction que seul l'Absolu pourra combler, etc. On entrevoit là l'ébauche d'une métaphysique du moi. Et aussi le point de départ d'une éthique, plus souhaitable peut-être, de la personne et de la fidélité. Ce beau volume de la « Découverte de soi » nous semble en appeler un second." (Paul Decerf, Revue Philosophique de Louvain, 1949)

16.              GUSDORF (Georges). Mémoire et personne. PUF, 1951, 2 vol. in-8°, 563 pp, pagination continue, brochés, bon état (Bibliothèque de Philosophie contemporaine)

            80

Tome I : La mémoire concrète. Tome II : Dialectique de la mémoire. — "On sait combien les problèmes complexes de la mémoire préoccupent psychologues et philosophes. En deux volumes importants, M. Gusdorf, dont on connaît les travaux antérieurs, s'attache à préciser le sens de notre passé. La conception « objectiviste » de la mémoire fait l'objet de multiples critiques. Le passé n'est pas une addition de souvenirs, un ensemble de détails, une suite d'épisodes classés suivant des cadres objectifs. Il ne peut être compris que dans la perspective du sens profond d'une existence qui relie le passé, le présent et l'avenir. Le passé est, en lui-même, indéterminé. Je ne peux séparer mon passé de ma vie personnelle actuelle. « Mon passé ne se distingue pas de moi-même comme un patrimoine sagement mis en réserve et dont j'use à l'occasion. Il fait corps avec mon attitude présente, avec chacune de mes affirmations... » (p. 542). On aperçoit dès lors les rapports étroits qui unissent le passé à la personne. L'importante étude de M. Gusdorf se situe dans la ligne de préoccupations largement répandues sous l'influence des philosophies récentes." (H. Haroux, Revue Philosophique de Louvain, 1954)

17.              LACOTTE (Daniel). Les Mots canailles. GLM, Albin Michel, 2005, in-8°, 300 pp, biblio, index, reliure souple de l'éditeur, bon état

            12

Qu'il soit bon, gros ou petit, sémillant, évocateur, expressif, aberrant, insensé, voire extravagant, vivant ou vieillot, absurde ou imagé, le mot donne un sens à l'écrit. Après “Les mots célèbres de l'histoire” et “Le pourquoi du comment”, Daniel Lacotte a déniché plus de quatre cents « mots canailles », expressions populaires et pittoresques, oubliées ou célèbres, pour un voyage au cœur d'un langage vivifiant – celui du parler vrai. Un livre à la fois ludique et sérieux au pays de cette bonne vieille langue française pour tous les amoureux de la parole : jubilatoire !

18.              LA ROCHETERIE (Jacques de). La Symbologie des rêves. 1. Le corps humain. – 2. La nature. Imago, 1986-1997, 2 vol. in-8°, 253 et 260 pp, brochés, couv. illustrées, bon état

            30

L'intention de l'auteur, dans ces livres, est de montrer comment s’élabore une image symbolique onirique en utilisant ce que Jung a appelé « l’amplification », aussi bien que les étymologies, les proverbes, les sentences et les expressions populaires propres à chaque symbole. — 1. Le corps a toujours suscité interdits et tabous. Rien d'étonnant donc, si nuit après nuit, il revient peupler nos songes. Qu'il exprime l'agressivité, la souffrance, le désir, les frustrations, il constitue un ensemble d'images – un véritable microcosme reflétant la dynamique de notre inconscient. S'appuyant sur une longue expérience de psychanalyste, Jacques de La Rocheterie décrit précisément le langage de ce corps onirique, s'attache au symbolisme propre à chacune de ses parties ainsi qu'à ses gestes, ses activités, ses fonctions physiologiques, ses atteintes. Il approfondit ses nombreuses observations grâce à la mythologie, au folklore et à l'histoire des religions, amplification indispensable à toute rigoureuse interprétation des rêves. — 2. Le lien étroit unissant l'homme à son milieu naturel, au macrocosme, ne cesse d'habiter nos songes. Au coeur de nos nuits, le contraste des saisons, le mouvement des astres, l'alternance du jour et des ténèbres, la faune et la flore, les minéraux, les quatre éléments, expriment nos peurs et nos désirs et accompagnent nos métamorphoses. Du vol de l'insecte aux grandes catastrophes cosmiques, notre environnement constitue la matière d'un inépuisable langage onirique. C'est ce langage, celui de notre inconscient, que Jacques de La Rocheterie - s'appuyant sur une longue expérience de psychanalyste et amplifiant sa démarche grâce au folklore, à la mythologie et à l'histoire des religions - s'applique à décrypter. Interprétant avec rigueur et subtilité chaque élément de la nature animant nos rêves, l'auteur nous amène ainsi à une meilleure connaissance de notre psyché dans son rapport avec le monde.

19.              LE GOFF (Jacques) et Pierre NORA (dir). Faire de l'histoire. 1. Nouveaux problèmes. 2. Nouvelles approches. 3. Nouveaux objets. Gallimard, 1974, 3 vol. in-8°, 230, 252 et 281 pp, 2 pl. hors texte, 6 figures, brochés, couv. à rabats, dos lég. salis, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

            60

Cet ouvrage, paru en 1974 et depuis lors devenu une référence fondatrice, se veut plus qu'un bilan, autre chose qu'un panorama : un diagnostic sur la situation de l'histoire dite « nouvelle », telle qu'en France du moins la pratiquent alors des historiens venus d'horizons divers et appartenant à des générations différentes, mais qui partagent un même esprit de recherche. Un point de départ aussi pour les voies nouvelles de l'exploration historique. La nouveauté paraît avoir tenu à trois processus que l'ouvrage restitue tour à tour : de nouveaux problèmes ont remis en cause l'histoire elle-même ; de nouvelles approches ont enrichi et modifié les secteurs traditionnels de l'histoire ; de nouveaux objets enfin sont apparus dans le champ épistémologique de l'histoire. — Par Michel de Certeau, François Furet, Paul Veyne, André Leroi-Gourhan, Nathan Wachtel, Georges Duby, Pierre Vilar, Pierre Nora, Jean Bouvier, Pierre Chaunu, Alphonse Dupront, Emmanuel Le Roy Ladurie, Marcel Detienne, Jacques Le Goff, Roger Chartier et Daniel Roche, Pierre Vidal-Naquet, Jean-Paul Aron, Jacques Ozouf, Marc Ferro, Mona Ozouf, etc.

20.              LEPOINTE (Gabriel). Histoire des institutions et des faits sociaux. Edition refondue. P., Montchrestien, 1963, gr. in-8°, (4)-761 pp, biblio, broché, bon état

            60

Une remarquable somme des connaissances sur l'histoire du droit des origines à la fin de l'Ancien Régime.

21.              LESCURE (Jean). Des crises générales et périodiques de surproduction. Cinquième édition, revue, corrigée et mise au courant. P., Editions Domat Montchrestien, 1938, 2 vol. in-8°, xvi-445-iv et [446]-702 pp, pagination continue, nombreux graphiques dans le texte et 2 dépliants hors texte, index, brochés, état correct

            50

Tome I : Le phénomène. Tome II : Causes et remèdes. — Ouvrage important. (Batson, p. 216. Schumpeter, III, 490) — "Le phénomène des crises, plus exactement l'alternance dans la vie économique des phases de prospérité et de dépression, la crise marquant le passage de la première à la seconde, est un de ceux qui attirent le plus à l'heure actuelle l'attention des économistes. A juste titre, puisque ce phénomène exerce son influence sur tous les aspects de la vie sociale, non seulement économique mais politique, peut-être aussi morale, les actes humains n'étant pas exactement les mêmes, venant pourtant des mêmes personnes, dans l'euphorie et parmi les difficultés. (...) La tâche pressante du moment est de connaître mieux le phénomène, d'en déterminer avec précision les caractères, les causes et les conséquences, dans la structure économique qui est encore celle de la plupart des peuples. C'est la tâche à quoi s'applique M. L. depuis le moment où il a commencé d'être un économiste. Il peut tirer une fierté légitime du résultat de ses efforts dans ce domaine de notre science qui était si mal exploré encore quand il l'a abordé. Entre le premier travail qu'il a publié en 1906 sur ce sujet – c'était sa thèse de doctorat – et l'édition de 1938, il y a la similitude des titres, mais l'oeuvre n'a pas cessé de s'amplifier, de s'enrichir de nouveaux apports, de gagner en précision pour les données, en sûreté et en autorité pour la doctrine. D'étape en étape, elle se transforme. C'est un livre devenu classique et qui a la plus large audience auprès des économistes du monde entier. Beaucoup de théories ont été formulées pour donner l'explication du phénomène. Celle que M. L. propose est tirée, tous les économistes le savent, des variations du profit. Il y est demeuré fidèle et il en a fortifié les preuves par l'examen des données nouvelles que lui ont fournies, depuis qu'il l'a proposée, les crises se sont succédé et les progrès remarquables de l'élaboration statistique. (...) Dans cet ouvrage d'une substance si riche il convient de remarquer, à côté de l'étude des faits et de la critique ou de l'élaboration des théories, les conseils que M. L. donne sur l'utilisation et l'interprétation des données statistiques. De très grands progrès ont été faits en matière statistique; nous disposons maintenant de données nombreuses, recueillies avec soin et régulièrement publiées. De grands progrès aussi ont été faits dans le travail d'élaboration des données recueillies. Mais ce sur quoi M. L. insiste avec force, c'est le risque qu'à vouloir trop épurer et raffiner les données brutes, on leur fasse perdre une partie du réel qu'elles contenaient. Il se méfie de l'abus des pondérations et des ajustements; il craint qu'à force de travailler à éliminer les variations on ne réduise le fait observé à une chose abstraite et pauvre en substance. Paroles pleines de sagesse, à notre avis, et qui rappellent une fois de plus que, dans les sciences sociales, l'esprit de finesse doit prévaloir sur l'esprit de géométrie." (H. Truchy, Revue d'économie politique, 1939)

22.              MACKENZIE (Donald A.). Teutonic Myth and Legend. An introduction to the Eddas & Sagas, Beowulf, the Nibelungenlied, etc. London, Gresham Publishing Company, s.d. (1912), fort in-8°, xlvii-469 pp, 35 planches hors texte (4 en couleurs dont le frontispice, et 31 en noir), index, reliure toile décorée de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, C. de bibl., bon état. Texte en anglais

            50

23.              MEYNIER (André). Histoire de la pensée géographique en France (1872-1969). PUF, 1969, in-12, 224 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. SUP, "Le géographe")

            20

"Peu de géographes étaient plus qualifiés qu'André Meynier pour nous donner, en 200 pages très denses, une vue générale de l'évolution de la pensée géographique en France, depuis son « éclosion » dans le dernier tiers du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Tout en dégageant la portée créatrice du « message » de Vidal de La Blache, A. Meynier ne cache pas ce qu'il y avait encore d'incertain dans sa doctrine et montre que son influence orale, sur ses élèves, a sans doute été l'agent le plus efficace du développement de la géographie française. Celle-ci s'est vraiment affirmée avec la multiplication, au début de notre siècle, des chaires de géographie dans les universités, occupées pour la plupart par des élèves de Vidal, et d'où sont sorties ces grandes thèses régionales qui ont acquis une renommée mondiale..." (Etienne Juillard, Études rurales, 1972)

24.              PERROT (Michelle). Les femmes ou les silences de l'Histoire. Flammarion, 1998, gr. in-8°, 494 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Les femmes font aujourd'hui du bruit ? C'est en regard du silence dans lequel les a tenues la société depuis des siècles. Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu'interroge justement l'historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l'intimité de leurs journaux ou dans les confidences distraites du passé, dans les murmures de l'atelier ou du marché, dans les interstices d'un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées. Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières et du monde du travail, explorant les prisons dès les années 1970, Michelle Perrot s'est attachée très tôt à l'histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l'histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre. — "Dans la présentation de ce recueil d’articles, en forme de bilan provisoire d’une œuvre, Michelle Perrot brosse son parcours intellectuel, tout entier tourné vers la volonté de savoir où gisent les raisons dernières des oppressions sociales et sexuelles. Elle rappelle en ouverture que les femmes ont été plus souvent imaginées que décrites ou racontées. C’est pourquoi « faire leur histoire c’est ... inévitablement se heurter à ce bloc de représentations qui les recouvrent et qu’il faut nécessairement analyser, sans savoir comment elles-mêmes les voyaient et les vivaient ». Là réside une grande partie des difficultés de l’histoire des femmes, due autant à la question des sources qu’à la longue indifférence des historiens vis-à-vis de cette question. « Traces », la première partie de l’ouvrage, expose les problèmes posés par la documentation. Tandis que les archives publiques taisent les femmes – le verbe étant l’apanage de ceux qui exercent le pouvoir –, les archives privées sont des trésors pour les historiens. A travers elles, Michelle Perrot a vu « émerger un nouveau et étrange personnage : une femme qui veut être une personne » et s’ouvrir un vaste champ de connaissance. Les figures des trois filles Marx à l’héritage si lourd, celle de Flora Tristan, sensibilisée aux rapports de sexe dans le ménage comme dans la sphère publique et de George Sand, une des femmes les plus politiques de son temps, en sont de beaux exemples. Grâce à ce nouveau regard et à une volonté militante, les femmes sont lentement sorties du silence historique..." (Danièle Voldman, “Travail, genre et sociétés” 1999/1)

25.              PICOT (Georges). Histoire des Etats Généraux, considérés au point de vue de leur influence sur le gouvernement de la France, de 1355 à 1614. Hachette, 1888, 5 vol. in-12, xx-413, 444, 441, 462 et 493 pp, deuxième édition très augmentée, importante table analytique (169 pp) au tome 5, reliures demi-chagrin havane, dos lisses ornés en long, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques). Exemplaire très bien relié

            250

Complet. — "Si le mérite d'un écrivain doit être apprécié d'après la difficulté de son travail, M. Picot en possède un grand assurément. Ce qui frappe tout d'abord , c'est que l'auteur a su se tenir à distance des vagues théories, et ne s'écarte pas de l'étude sérieuse et impartiale des faits. L'Académie des Sciences morales et politiques lui a décerné le premier prix du concours d'histoire en 1870, et M. Guizot, dans un rapport très favorable, l'a signalé comme « l'un des travaux les plus considérables qui aient été entrepris sur l'histoire de France et le plus grand travail qui ait été fait sur les Etats Généraux. » L'auteur prend les Etats à leur début et retrace leur histoire jusqu'à la dernière assemblée réunie avant celle de 1789, c'est-à-dire jusqu'en 1614. (...) L'ouvrage est divisé en deux parties distinctes, en deux expositions parallèles, qui, chacune indépendamment de l'autre, forment un tout complet ; la première est le récit historique et chronologique des faits, et la seconde, l'exposé, par ordre de matières, des propositions renfermées dans les cahiers des trois ordres, des questions agitées dans leurs délibérations, et des réformes et modifications qu'elles ont produites dans le gouvernement et dans les différentes branches de l'administration. Chaque règne est l'objet d'un chapitre spécial. M. Picot retrace la situation générale du royaume, au moment de chaque session, les faits particuliers qui ont déterminé directement la convocation d'une assemblée, les incidents qui ont signalé les élections ou la réunion des députés ; après quoi il entre dans le récit très circonstancié des divers événements qui se sont produits au sein des Etats. Ensuite il examine successivement leur influence au point de vue du gouvernement général, des affaires ecclésiastiques, de l'organisation judiciaire et de la législation, de l'organisation financière et des impôts, du commerce et de l'industrie, de l'organisation militaire, de la noblesse et des rapports des différents ordres entre eux, de la police, de l'administration municipale, etc. Des divisions semblables sont adoptées pour toute la suite des Etats Généraux, de sorte que rien n'est plus facile que de se rendre compte des résultats des diverses sessions sur chacune des matières que nous venons d'indiquer sommairement, et d'en faire une intéressante comparaison. De plus, après le récit et l'exposé des travaux de chaque session importante, l'auteur a placé des tableaux synoptiques qui en sont comme le résumé méthodique et qui présentent une grande utilité dans un travail composé d'éléments aussi nombreux,. On y trouve un rapprochement très exact entre les voeux des députés et les articles des ordonnances royales qui y donnent satisfaction..." (Paul Guérin, Bibliothèque de l'École des chartes)

26.              REINHARD (Marcel R.) et André ARMENGAUD. Histoire générale de la population mondiale. Montchrestien, 1961, gr. in-8°, v-597 pp, préface d'Alfred Sauvy, 72 graphiques, broché, bon état

            40

"Il convient de prévenir nos collègues des services que cet ouvrage pourra leur rendre. M. Armengaud a remis à jour la précédente édition depuis le début du XIXe siècle. M. Reinhard a repris entièrement le XVIIIe siècle, rédigé la conclusion générale, et il a eu depuis « la préhistoire de la population » le courage d'affronter l'Antiquité et le Moyen Age avant d'étudier une époque moderne, qui n'ignore ni l'Amérique précolombienne, ni l'Extrême-Orient. Ces mises au point précises, sur des sujets si mal connus ou controversés, sont, pour le professeur comme pour l'étudiant, d'un intérêt évident." (L. Genet, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

27.              ROSENTHAL (Léon). Le Martyre et la gloire de l'art français. Une initiation artistique. Delagrave, 1916, gr. in-8°, 128 pp, illustrations de Raynolt, 16 pl. de photos hors texte, reliure pleine toile décorée de l'éditeur, titres dorés et motif de chapiteau gothique à froid au 1er plat, tranches rouges, bon état

            30

Par l'historien d'art Léon Georges Rosenthal (1870-1932). — "Un excellent exposé des principes qui ont présidé à l'origine et à l'épanouissement de notre art gothique, de cet art dont les Allemands s'acharnent aujourd'hui à détruire les plus belles manifestations." (Revue Historique, 1917) — Ce livre sera couronné par le Prix François-Joseph Audiffred, 1917, que décerne l’Académie des Sciences morales et politiques à « l’ouvrage imprimé le plus propre à faire aimer la morale et la vertu et à faire repousser l'égoïsme et l'envie, ou à faire connaître et aimer la patrie ». — "Le martyre de l'art français, c'est celui auquel nous assistons depuis le commencement de cette guerre : les sauvages bombardements et la destruction de tant de monuments de notre histoire et de notre art national depuis les cathédrales et les beffrois de nos villes jusqu'aux plus humbles églises de nos campagnes. Nous avons tous ressenti au plus profond de nos coeurs la douleur de ces blessures et de ces pertes, et un sursaut de révolte nous a dressés contre les vandales. Cependant, observe l'auteur de ce livre, « sommes-nous bien assurés d'avoir, pour cette révolte, accompli tout notre devoir envers les monuments qui ont été mutilés, insultés ou détruits ? Connaissions-nous assez les pierres martyres, les avions-nous entourées d'une piété assez diligente, pour mesurer l'outrage qu'elles ont subi ? » M. Rosenthal a donc pensé qu'il était nécessaire de faire mieux connaître, afin d'en mieux sentir le prix, les monuments que nous avons perdus et ceux qui nous restent, et dans une causerie familière il trace à grands traits, à « la gloire de l'art français», le tableau des créations du génie de notre race à travers les siècles, du Moyen âge jusqu'à nos jours et en dégage la signification et les leçons que nous devons en tirer." (Auguste Marguillier, La Chronique des arts et de la curiosité, 1917)

28.              TRAVERSO (Enzo). L'histoire comme champ de bataille. Interpréter les violences du XXe siècle. La Découverte, 2011, in-8°, 299 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le XXe siècle s’est arrêté un beau jour de 1989, avec la chute du mur de Berlin. Ce qui jusqu’à la veille palpitait dans le présent a soudainement semblé faire partie de l’histoire. Profondément affectée par cette rupture, l’historiographie a dû remettre en cause ses paradigmes, questionner ses méthodes, redéfinir ses domaines. Dans ce livre, Enzo Traverso reconstitue de manière magistrale et critique le tableau d’ensemble des mutations qui sont au cœur des grands débats historiographiques actuels. Il y aborde les grandes catégories interprétatives, tant anciennes (révolution, fascisme) que nouvelles (biopouvoir), pour mettre en lumière à la fois la fécondité et les limites de leurs apports ou de leurs métamorphoses. Il y interroge le comparatisme historique, d’abord en étudiant les usages de la Shoah comme paradigme des génocides, puis en mettant en parallèle l’exil juif et la diaspora noire, deux thèmes majeurs de l’histoire intellectuelle. Il analyse, enfin, les interférences entre histoire et mémoire, entre mise à distance et sensibilité du vécu, qui affectent aujourd’hui toute narration du XXe siècle.

29.              VIEUILLE (Chantal). Histoire régionale de la littérature en France. Des origines à la Révolution. Plon, 1986, in-8°, xi-454 pp, préface d'André Bourin, biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"... Chantal Vieuille nous entretient donc, non seulement des écrivains du terroir, chantres d'une province à laquelle ils sont attachés par leurs racines et qu'ils n'ont pas quittée, mais aussi de ceux qui, bien que provinciaux de naissance, n'ont pas évoqué leur province dans leur oeuvre, ceux aussi qui, quoique nés et demeurant ailleurs, ont situé un ou plusieurs de leurs livres dans telle ou telle région, enfin ceux qui, par choix délibéré, par affinité élective, ont adopté un coin de France pour y vivre et y travailler..." (André Bourin, préface)

30.              VOSSLER (Ch.). Langue et culture de la France. Histoire du français littéraire des origines à nos jours. Payot, 1953, in-8°, 341 pp, préface et traduction d'Alphonse Juilland, reliure demi-basane carmin à coins, dos à 4 nerfs souligné à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            40

Du latin au français ; L'ancien français ; L'unité de la langue littéraire ; Le français médiéval ; Le français moderne ; L'époque des Lumières et la diffusion de la langue littéraire ; Du Romantisme à nos jours. — "L'étude de la conception de la stylistique manifestée par Karl Vossler est particulièrement intéressante en ce qu'elle permet de renouer avec les concepts clés de la linguistique du caractère de W. Humboldt, en particulier dans son essai “Frankreichs Kultur im Spiegel seiner Sprachentwicklung” de 1913, traduit en 1953 par Alphonse Juilland sous le titre “Langue et culture de la France”. Vossler développe les principes d'une « linguistique idéaliste » où la langue n'est plus considérée comme un simple instrument de communication, mais aussi et surtout comme possédant une valeur en soi, comme entrant dans le domaine de la création artistique, comme acquérant le statut d'une œuvre d'art..." (Etienne Stéphane Karabétian, Langue française, 2002)

31.              WITTFOGEL (Karl A.). Oriental Despotism. A Comparative Study of Total Power. Yale University Press, 1967, in-8°, xix-556 pp, notes, biblio, index, reliure toile bleu-nuit de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, bon état. Texte en anglais

            30

L'historien et sinologue américain d'origine allemande Karl August Wittfogel (1896-1988) analyse l'organisation du pouvoir totalitaire des empereurs de Chine et des maîtres mongols de la Russie médiévale – "despotisme asiatique" selon Montesquieu, "mode de production asiatique" pour Marx – et il démontre que les Etats socialistes modernes ne sont que les successeurs mieux armés des sociétés despotiques anciennes.

32.              ZELLER (Jules). Entretiens sur l'histoire. Antiquité et Moyen Age. Didier, 1865, in-12, xiii-405 pp, reliure demi-chagrin bleu-nuit, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés, encadrement à froid sur les plats, fer doré au 1er plat (rel. de l'époque), bon état (Prix Montyon de l'Académie française 1866)

            30

"M. Zeller explique dans son avant-propos les circonstances qui ont donné naissance à ce livre. Il traite de l'antiquité et des premiers temps du moyen âge. On y trouve une suite de récits instructifs et intéressants sur l'ancien Orient, la Grèce, Rome, le judaïsme et le christianisme, qui donnent une idée complète et précise de ce que les temps anciens ont légué de meilleur et de plus durable à la civilisation moderne." (Journal des Savants, 1866)

ANTIQUITÉ

 

33.              ADAM (Jean-Pierre). L'Archéologie devant l'imposture. Laffont, 1975, gr. in-8°, 268 pp, 16 pl. de photos hors texte, 36 figures, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Excellent ouvrage. — "Dans ce volume, J.-P. Adam fait œuvre salutaire en dénonçant, avec un humour souvent sarcastique et une bien plaisante vivacité de ton, les dangers que représentent pour un public mal informé ou trop ingénu, les « aliboronneries » et divagations des « archéomanes », au savoir trop réduit et à l'imagination enfiévrée, sur des sujets tels que l'Atlantide, les lointains débuts de l'écriture à Glozel (« la plus pitoyable mystification de l'histoire de l'archéologie ! »), la fausse inscription phénicienne du Brésil, le trésor des Templiers, les galets gravés d'Ica (Pérou), les colosses de l'île de Pâques (maois), les secrets de la pyramide de Khéops, les « signes vus du ciel » du plateau de la Nazca (au Pérou) et des États-Unis d'Amérique, le « cosmonaute » de Palenque. Pour faire mieux ressortir ce qu'il y a de dérisoire dans ces affabulations, l'auteur les oppose à ce que nous savons ou entrevoyons scientifiquement sur l'évolution de l'espèce humaine, la signification réelle du conte de l'Atlantide chez Platon (qui fait l'objet d'une très subtile analyse), l'histoire des écritures, les phases des développements techniques qui ont conduit de l'élevage et de l'agriculture à la métallurgie du fer, les procédés de transport et de levage des pierres (pour lesquels il nous livre les conclusions de recherches personnelles). Au total, l'ouvrage de M. Adam nous montre que les apports de l'archéologie sont bien plus révélateurs de la puissance de l'esprit humain que tant de spéculations délirantes sur les Atlantes, les « Grands Initiés » et les enseignements des extra-terrestres." (Charles Delvoye, L'Antiquité Classique, 1990)

34.              ALIMEN (H.). Préhistoire de l'Afrique. Editions N. Boubée et Cie, 1955, fort gr. in-12, 578 pp, 155 figures dans le texte, 5 tableaux en dépliant, 25 planches en noir et 3 planches en couleurs hors texte, reliure pleine basane bleue, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. et uniformémént passé, un mors fendu sur 8 cm recollé, bon état. Edition originale, un des 100 ex. numérotés sur vélin Leykam (seul grand papier)

            50

Par Henriette Alimen (1900-1996), paléontologue et géologue, directrice du laboratoire de géologie du quaternaire du CNRS. Cet ouvrage a été traduit en anglais (1957) et en russe (1961). — "L'auteur, professeur à l'Institut d'ethnologie de l'Université de Paris et ancien président de la Société préhistorique française, est bien connu par ses travaux de géologie tertiaire et quaternaire. Cet ouvrage représente un gigantesque effort de clarification et de mise en ordre de ce que nous connaissons de la préhistoire africaine, et, à ce titre seul, mériterait le respect. Mais le sujet est si vaste, si complexe, les corrélations entre les différentes parties du continent africain encore si fragiles que, malgré les qualités d'exposition de l'auteur, et les tableaux synoptiques bien faits, le lecteur, même spécialiste, a quelquefois du mal à ne pas se perdre. Cependant, malgré le fait que bien des conclusions peuvent être – et seront – discutées (l'auteur ne se le dissimule pas), cette synthèse a le grand mérite d'exister. En gros, l'ouvrage est divisé de la façon suivante : le premier chapitre porte sur le Maghreb et y sont étudiés tour à tour les cadres géologiques (plages marines, terrasses fluviales, dépôts de lacs et sources, formations éoliennes et pédologiques, faunes, déformations tectoniques, etc.) et les industries préhistoriques. Le deuxième chapitre porte sur la Tripolitaine et la Cyrénaïque, plus brièvement, le troisième sur l'Égypte. Viennent ensuite, avec une étude plus ou moins détaillée selon que ces régions sont plus ou moins bien connues, le Sahara et ses bordures méridionales, l'Éthiopie et la Somalie, l'Afrique orientale, l'Afrique occidentale, le bassin du Congo, le sud de l'Afrique et, pour mémoire, Madagascar où rien de véritablement « préhistorique » n'est connu. La deuxième partie traite des hommes préhistoriques africains : australopithécidés, restes humains du quaternaire ancien, ceux du quaternaire récent. La troisième partie porte sur l'art africain, la quatrième sur les mégalithes. La conclusion expose les problèmes de chronologie, un essai de corrélation avec l'Europe, une utile tentative de géographie humaine préhistorique africaine, et une brève étude des « grandes périodes créatrices » de la préhistoire africaine. Une bonne bibliographie figure après chaque chapitre. A la fin du volume se placent vingt-huit planches en noir ou en couleur, généralement bonnes, un index, une table des figures et une liste des tableaux. Dans l'ensemble, livre utile et à recommander." (F. Bordes, Revue Historique, 1957)

35.              ARISTOTE. Constitution d'Athènes. Texte établi et traduit par Georges Mathieu et Bernard Haussoullier. Les Belles Lettres, 1962, in-8°, xxi-179 pp, index, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coiffes lég. frottées, bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

            25

Sous le nom de Constitutions, les fameuses politeiai, les anciens rassemblaient une collection de quelques 158 traités d’Aristote exposant les institutions politiques d’un grand nombre d’Etats, grecs ou barbares. De ces traités, seule la Constitution d’Athènes, découverte en 1891 par sir Frederic Kenyon, nous est parvenue presque en entier. La première partie, historique, relate l’évolution du régime politique jusqu’à l’archontat d’Euclide en 403 avant J.-C., puis, dans un second temps, le philosophe propose un tableau des institutions athéniennes, si bien que ce texte constitue pour nous un formidable témoignage. Cette édition rassemble en un volume le texte de la Constitution d’Athènes ainsi que les fragments relatifs à la première partie et les extraits d’Héraclide sur La Constitution d’Athènes. L’introduction reprend brièvement les hypothèses relatives à l’authenticité et à la datation de l’œuvre pour trancher en faveur d’une rédaction entre l’archontat de Képhisophon et 322 avant J.-C. L’analyse du traitement des sources, tant pour la partie historique que pour la partie contemporaine d’Aristote, est particulièrement riche d’enseignements, notamment quant à l’influence d’Hérodote et de Thucydide sur le Stagirite.

36.              ARISTOTE. De la Génération des animaux. Texte établi et traduit par Pierre Louis. Les Belles Lettres, 1961, in-8°, xxvi-440 pp, notes complémentaires, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coiffes lég. abîmées., bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

            30

Sans doute postérieure à “Des Parties des Animaux”, la “Génération des animaux” reprend, pour les expliquer, les faits collectionnés dans “l'Histoire des animaux”. Quelles sont les différences entre les genres ? Quels sont leurs rôles respectifs dans la reproduction ? Quand y-a-t-il génération spontanée ? Quels sont ses mécanismes ? Autant de questions auxquelles Aristote répond en examinant méthodiquement chaque espèce. Le traité s’ouvre par une étude générale de la reproduction des animaux puis examine les modes de reproduction propres à chacune des classes du règne animal. Le texte s’achève par une étude passionnante de l’embryon et des caractères congénitaux. Par delà la clairvoyance scientifique, parfois mise en défaut, le lecteur admirera la masse du savoir aristotélicien et l’ingéniosité des explications proposées. Cette édition présente en un volume, la “Génération des animaux”. L’introduction replace le traité dans l’œuvre d’Aristote, notamment par rapport aux autres textes relatifs aux animaux, “l’Histoire des animaux” et “Des Parties des animaux”. La question de l’authenticité est rapidement abordée, de même que celle de la datation : le texte pourrait être situé entre 330 et 332, même si de nombreux éléments sont probablement antérieurs. L’histoire de la tradition manuscrite est relatée en détails. Des notes accompagnent la lecture et sont développées, en fin d’ouvrage, par des notes complémentaires.

37.              ARISTOTE. Histoire des animaux. Tome I : Livres I-IV. Texte établi et traduit par Pierre Louis. Les Belles Lettres, 1964, in-8°, lv-341 pp, notes complémentaires, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, pt accroc à la coiffe inf., bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

            30

L'Histoire des animaux est l'ouvrage le plus long du Corpus aristotelicum. Il est aussi l’un des traités biologiques les plus célèbres du Stagirite : dès l’Antiquité, il figure dans toutes les listes d’ouvrages d’Aristote, fut l’une des sources majeures de Pline l’Ancien et inspira Plutarque. L’Histoire des animaux aurait été composée entre 347 et 342, en tous les cas avant la “Génération des animaux” et “Des Parties des animaux”, auxquels il fournit la matière principale. En effet, “L’Histoire des animaux” ne vise pas l’explication – c’est l’objet des deux autres traités cités - mais la description du monde animal, terrestre, maritime et céleste. Il constitue pour nous un formidable témoignage des connaissances zoologiques d’alors et de l’inépuisable puissance d’observation de son auteur.

38.              ARISTOTE. Petits traités d'histoire naturelle. Texte établi et traduit par René Mugnier. Les Belles Lettres, 1953, in-8°, 250 pp, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coiffe sup. lég. frottée, une épidermure au 2e plat, bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

            30

Les “Parva Naturalia” désignent traditionnellement chez Aristote neuf brefs traités où le philosophe expose des questions relatives soit à la psychologie, soit à la biologie, humaine et animale, en tous les cas aux fonctions communes à l'âme et au corps. Parmi eux, « Sur la Santé et la maladie » a été malheureusement perdu. Quant à « Sur la respiration », son authenticité a été mise en doute. Restent cependant les sept autres textes où Aristote examine des questions aussi diverses que l’influence de la divinité sur les rêves, la mémoire ou les rapports entre les quatre éléments et les cinq organes des sens. Notre édition rassemble en un volume, « De la sensation et des sensibles », « De la mémoire et de la réminiscence », « Du sommeil et de la veille », « Des rêves », « De la divination dans le sommeil », « De la brièveté de la vie » et « De la jeunesse et de la vieillesse ». L’introduction présente ces textes en montrant les implications philosophiques de ces traités techniques notamment pour la mémoire. Les liens ou les rappels avec d’autres œuvres d’Aristote, comme Des Partis des animaux ou De La génération des animaux sont mis en évidence. L’histoire des manuscrits est brièvement relatée, tandis que les principes d’éditions sont justifiés. Des notes accompagnent la lecture.

39.              ARISTOTE. Physique. Texte établi et traduit par Henri Carteron. Tome I : Livres I-IV. Tome II : Livres V-VIII. Les Belles Lettres, 1961, 2 vol. in-8°, 165 et 192 pp, reliures demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passés, bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

            60

La Physique est un ouvrage d’Aristote consacré à l’étude de la nature. Considéré par Heidegger comme « le livre fondamental de la philosophie occidentale », on y trouve la célèbre distinction des quatre types de cause, une réflexion sur la nature du hasard, du mouvement, de l’infini… C’est ici qu’est énoncé le fameux paradoxe du temps.

40.              ARISTOTE. Politique. Tome I : Introduction - Livres I et II. Texte établi et traduit par Jean Aubonnet. Les Belles Lettres, 1960, in-8°, ccvi-261 pp, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

            30

Aristote traite de la science politique à partir du point de vue de la cité-Etat, point de vue dont il soutient qu'il est le plus favorable à l'épanouissement total du citoyen.

41.              BASLEZ (Marie-Françoise). Saint Paul. Fayard, 1993, in-8°, 440 pp, 7 cartes, notes bibliographiques, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, qqs discrètes marques au crayon en marges, bon état

            25

Paul est surtout connu comme un champion de la conversion des païens. En réalité, l'homme d'action dut composer avec les pouvoirs publics et fut contesté par ses pairs. L'apôtre connut des échecs, et ceux-ci témoignent de l'individualisme des premières communautés chrétiennes. Rechercher Paul à travers les portraits stéréotypés que nous en livrent les sources, c'est donc découvrir la différence entre un homme doté de pouvoirs surnaturels, comme l'attendaient les Grecs, et un charismatique qui les renvoie à Dieu. Derrière le portrait du saint apparaît alors une personnalité complexe : un homme qui resta attaché à ses origines juives ; un homme doué d'un sens évident de la communication, qui acquit une formidable maîtrise de l'espace politique romain. Un homme, enfin, qui partout suscita des attachements au point qu'on en fit le premier héros de roman chrétien.

42.              BIANCHI BANDINELLI (Ranuccio). Rome. Le centre du pouvoir. L'art romain des origines à la fin du deuxième siècle. Gallimard, 1969, in-4°, xii-439 pp, 451 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, cartes dépliantes in-fine, bibliographie, dictionnaire-index, reliure toile rouge éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Première édition. Riche iconographie

            50

Sur l'art romain ont longtemps pesé des préjugés qui ont retardé la définition de ses caractères spécifiques et la compréhension de son extraordinaire diversité. Si l'art grec a évidemment joué un rôle capital dans la formation de l'art romain, sa réception fut complexe et multiforme ; les formes, les styles et les significations en furent profondément transformés pour s'adapter aux exigences d'une société foncièrement différente. Pour mieux saisir les modalités de cette évolution, l'auteur s'est limité ici à observer l'art romain là où il s'est formé, c'est-à-dire à Rome même. En effet, c'est à partir de ce centre politique que, sous l'impulsion des meilleurs ateliers - en architecture, peinture, sculpture... - se sont développés les modes d'expression artistiques qui devaient influencer directement la production provinciale. Les formes de l'art romain sont analysées dans ce livre depuis leur naissance jusqu'à la fin du IIe siècle. — "... Bornons-nous à rappeler l'intention de l'ouvrage : « comprendre comment est né et comment s'est imposé et développé un langage artistique lié au phénomène historique particulier d'une société et d'une culture qui eurent Rome pour centre de direction politique, ... définir le reflet, dans la forme artistique, de la diversité des influences reçues et des caractères souvent ambigus, ... se placer au point de vue de ceux qui produisaient les œuvres, pour tâcher de comprendre quels éléments de culture et de coutumes, quels motifs, rationnels et irrationnels, contribuèrent à déterminer la signification et l'expression des œuvres d'art considérées, pour comprendre ce qu'elles signifiaient pour ceux qui les commandaient, pour leurs auteurs et pour nous ... découvrir quand le caractère romain apparaît, comment il s'est formé et quelle peut être sa signification, historique et poétique ». La première partie est donc centrée sur l'art produit à Rome, considéré comme déterminant la civilisation romaine jusqu'à la fin du IIe s. C'est alors que débute la crise du monde antique, accentuée au III' s., qui prépare le passage au monde médiéval. De nouveaux éléments s'intègrent au langage formel opposés au naturalisme né de l'hellénisme. La seconde partie, qui conduit jusqu'à la constitution de l'empire chrétien, trace le tableau de la culture artistique de l'ensemble de l'Empire aux IIIe et IVe s. : ici l'auteur envisage les capitales et les grands centres artistiques, mais aussi toutes les provinces qui ont participé à la transformation de l'art qui, d'hellénistique, devient médiéval, de méditerranéen, européen. L'auteur, qui insiste ici sur la sculpture, étudie la formation des expressions artistiques du Bas-Empire, germe de l'Orient byzantin et de l'Occident médiéval. Dans cette perspective, la fin de l'Antiquité apparaît comme la fin d'une conception et d'une expression de l'art liées à une classe dirigeante déterminée et comme la constitution d'une forme différente, et donc comme un processus historique, non une catastrophe. Rappelons qu'un troisième volume, Les Etrusques et l'Italie avant Rome (avec A. Giuliano) complète cette œuvre fondamentale." (R. Chevallier, Revue belge de philologie et d'histoire)

43.              BOXLER (A.). Précis des institutions publiques de la Grèce et de Rome anciennes. P., Lecoffre, Gabalda, 1940, in-12, xxvii-422 pp, avec 69 figures, 4 plans, biblio, index des mots grecs, index des mots latins, broché, pt morceau de scotch au 1er plat, bon état

            30

"Ce volume est excellent. Il contient, sous un petit format, ce qu'« un honnête homme, » comme disaient nos pères, est tenu de savoir sur les institutions grecques et romaines. Les élèves des classes supérieures, pour lesquels l'auteur l'a composé, y trouveront tous les renseignements nécessaires pour comprendre et goûter les écrivains classiques. Les lecteurs d'un âge plus mûr (je n'excepte pas les plus instruits) y recourront utilement, eux aussi, pour rechercher quelque détail oublié, raviver quelque trait de la vie antique effacé de leur mémoire. En ce temps où l'on a composé, sur le même sujet, tant de manuels, il n'en existe pas d'aussi court, et peut-être n'en existe-t-il pas un plus précis et un plus plein, Son utilité pratique se marque dès les premières lignes. En tête de la partie consacrée à la Grèce, comme en tête de la partie consacrée à Rome, l'auteur donne sur la division du temps, sur les mesures, sur les poids et les monnaies, sur la numération, des renseignements exacts, que l'on est très aise de trouver groupés ensemble. Ensuite seulement, il passe à l'exposé des institutions, décrivant les diverses formes de gouvernement, les classes de la population, les pouvoirs publics, la justice, la guerre, le culte : dans cette dernière rubrique il fait rentrer, à cause de ses origines religieuses, tout ce qui a trait au théâtre. L'étudiant qui l'aura lu avec soin n'éprouvera plus de difficulté à comprendre les historiens, et sera capable de goûter, en parfaite connaissance de cause, tous les peintres de la vie antique. Il faut louer sans réserve le choix des plans et des gravures destinés à illustrer le livre. Rien d'inutile, aucun de ces clichés vagues qui ont souvent déparé même de bons ouvrages." (Paul Allard, Revue des Questions historiques)

44.              CHARLES-PICARD (Gilbert et Colette). La vie quotidienne à Carthage au temps d'Hannibal. IIIe siècle avant Jésus-Christ. Hachette, 1964, in-8°, 272 pp, une carte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Le titre de cet ouvrage est un prétexte, comme il arrive dans des collections de ce genre. La vie quotidienne proprement dite de la grande cité de l'Afrique antique est traitée dans un chapitre qui n'est ni le plus riche, ni le plus attachant ; pour le reste et pour l'essentiel, le livre est une évocation d'ensemble de l'histoire et de la civilisation de Carthage. On ne s'en plaindra pas ; les deux auteurs, qui sont connus déjà par d'autres études sur le monde punique, étaient mieux placés que quiconque pour écrire la présente mise au point. Une mise au point dont l'utilité était incontestable en un domaine trop peu fréquenté par les historiens et qui se signale par une documentation des plus riches et des plus suggestives : la familiarité des auteurs avec le pays donne du prix à maintes de leurs remarques. On saura donc désormais où s'adresser pour se renseigner rapidement et sûrement sur les aspects, petits ou grands, de la vie carthaginoise. Le livre est l'œuvre d'historiens qui, de la masse des détails qui leur sont connus, s'élèvent aisément aux problèmes plus vastes et prennent courageusement parti aussi..." (E. Will, Syria, 1960)

45.              COVILLE (A.). Sidoine Apollinaire à Lyon. Lyon, Rey et Cie, 1904, gr. in-8°, 44 pp, notes, broché, bon état (Extrait de la “Revue d'Histoire de Lyon”, t. III)

            20

46.              DHORME (Edouard). Saint Paul. Albin Michel, 1965, in-8°, 397 pp, avant-propos de Gérard Walter, une pl. en couleurs hors texte, une carte de Grèce et d'Asie Mineure et un plan de Jérusalem, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. le Mémorial des siècles)

            25

"G. Walter présente un ouvrage original sur Saint-Paul qui, dans une perspective laïque, se propose de situer l'activité du saint sur un plan strictement humain, en cherchant le reflet de sa personnalité dans les écrits apocryphes : sortis des couches populaires, ils traduisent bien les impressions de la grande masse des chrétiens moyens, demeurés étrangers aux hautes spéculations d'une savante exégèse et montrent Saint Paul aux prises avec les hommes de son temps. E. Dhorme a su, en peu de pages (67-129) et de façon accessible à tous (tous les termes techniques sont clairement commentés), retracer l'expansion rapide du christianisme inspirée par Paul, formé à Antioche, capitale de l'hellénisme juif, où il se sentira toujours chez lui, loin des querelles théologiques : c'est l'hellénisme qui, pénétrant dans le judaïsme, l'a rendu assimilable aux non-juifs. L'auteur évoque la conversion du pharisien Saul de Tarse qui sera tout au long de sa carrière soutenu par cette confiance, ses premières prédications à Chypre. Paul prêchera dans les synagogues des Juifs jusqu'au jour où leur mauvaise volonté le fera se retourner vers les Gentils. Paul, accompagné de Luc, gagne l'Asie Mineure, qui deviendra la terre privilégiée de la nouvelle religion, où nous assistons à des scènes pittoresques, comme à Lystres (p. 79) où une guérison miraculeuse fait prendre les deux hommes pour Zeus et Hermès, et à la naissance des églises locales sous la conduite des anciens. Le résultat de la première campagne (entre 44 et 49) est que la religion nouvelle est ouverte à tous. La deuxième mission apostolique fait apparaître les mêmes difficultés avec Jérusalem, les mêmes explosions de fanatisme de la part des Juifs conservateurs. Paul se tourne résolument vers les Gentils : c'est Athènes, puis Corinthe. A Ephèse il doit cesser l'apostolat dans les synagogues. L'auteur situe alors les épîtres les plus anciennes : aux Corinthiens, aux Galates, aux Romains, qui livrent l'essentiel de la doctrine et de la prédication de Paul : avant tout, c'est à sa révélation personnelle que l'Apôtre a recours lorsqu'il s'agit de défendre son système théologique. La prépondérance de la foi sur la loi, du baptême sur la circoncision, de l'Amour sur les autres vertus, tels sont les thèmes que confirment des citations de l'Ancien Testament interprétées allégoriquement à la façon de l'exégèse rabbinique. Après un nouveau voyage en Asie Mineure, Paul est persécuté à Jérusalem. Captif à Césarée, il en appelle à César et est conduit à Rome au terme d'une navigation mouvementée. Sa fin est mal connue, mais les plus anciens Pères de l'Eglise sont unanimes à allier dans un souvenir commun les Apôtres Pierre et Paul, victimes de la persécution de Néron. E. Dhorme a réussi à rendre vivante la personnalité de l'homme qui a transformé radicalement le destin de l'Eglise naissante : guérisseur, orateur prolixe, caractère entier obstiné à prêcher dans les synagogues pour faire admettre aux Juifs que le Christ est Jésus ; il n'oublie pas que la collecte de fonds est un des buts essentiels de sa mission et sait, quand il le faut, éviter le scandale, mais il a jeté les bases de la doctrine chrétienne (prédestination, justification par la foi...). La deuxième partie comporte une sélection de textes d'époque, dont certains sont pour la première fois révélés à un large public. Après la description de Tarse vue par Strabon, ce sont de nombreuses pages de Paul lui-même, en particulier les discours résumés par Luc. D'autres textes présentent Saint Paul dans ses rapports avec les communautés chrétiennes. Ces aventures ont donné lieu à une véritable littérature de romans, certains dus à des faussaires, mais très révélateurs, comme la correspondance avec Sénèque. Les traditions sur le voyage en Espagne et le martyre sont incertaines. Le plus ancien témoignage chrétien postérieur aux Actes est une épître de saint Clément Romain ; saint Jérôme est le premier biographe. Le Panégyrique de saint Jean Chrysostome annonce celui de Bossuet." (R. Chevallier, Revue belge de philologie et d'histoire, 1966)

47.              GHIRSHMAN (Roman). Perse. Proto-Iraniens, Mèdes, Achéménides. Gallimard, 1963, in-4°, xix-445 pp, 590 photographies, illustrations, cartes et plans, dont 483 en noir et 107 en couleurs dans le texte et à pleine page, cartes dépliantes in-fine, bibliographie, dictionnaire-index, reliure toile rouge éditeur, signet, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Première édition. Riche iconographie

            60

Suse et Persépolis sont des noms magiques. Cyrus, Darius, Xerxès étaient plus que des rois, presque des dieux. Il nous reste de cette civilisation des vestiges grandioses, des taureaux ailés à tête d'homme bien plus grands que des éléphants, des files de guerriers à la barbe pointue et aux yeux en amande ; il nous reste des objets d'un art très délicat, des animaux subtilement stylisés, des lions aux faces de Gorgone, des escaliers qui font songer à un Versailles antique. Au premier millénaire avant notre ère, les Mèdes et les Perses établirent en Iran les bases d'une culture qui devait faire de ce haut-plateau, jusque-là traversé par des nomades, l'un des centres les plus brillants de la civilisation du monde. Le rayonnement de l'empire de Cyrus et de Darius, comparable à celui de l'Empire romain, toucha d'ailleurs aussi bien le monde occidental que l'Inde et la lointaine Sibérie.

48.              GRABAR (André). L'Age d'or de Justinien. De la mort de Théodose à l'Islam . Gallimard, 1966, in-4°, 408 pp, 475 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, tableau chronologique, dictionnaire-index, bibliographie, documentation iconographique, reliure toile éditeur, signet, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Première édition. Riche iconographie

            60

L'Empereur Justinien a réussi à restaurer, pour un temps, l'unité de l'Empire romain et à réunir sous son sceptre les terres latines, grecques et sémitiques qui l'avaient composé autrefois. De Constantinople, sa résidence, il a fait une capitale universelle, qu'il para d'édifices somptueux, et là, comme à Ravenne et ailleurs, l'essor des arts fut grand au Ve et au VIe siècle, inspiré par le rêve de l'âge d'or antique. C'est alors que fut tentée une première synthèse de tout ce qui avait été esquissé dans le domaine des arts, depuis les débuts chrétiens, autour de la Méditerranée. C'est alors aussi, et dès le Ve siècle, que furent créées, à Byzance et dans plus d'une province de l'Empire, des œuvres qui représentent le sommet des expériences artistiques chrétiennes pendant l'Antiquité. Bien des artistes du Moyen Âge, dans tous les pays de traditions grecque et latine, allaient connaître la tradition antique à travers les œuvres de cette période, qui représentent ainsi une étape essentielle entre l'art de l'Antiquité classique et celui du Moyen Âge. — "Combien il serait erroné de ranger ces deux livres, Le Premier art chrétien et L'Age d'or de Justinien, dans la classe des beaux livres d'images dont la librairie française est aujourd'hui encombrée, au grand dam de la vraie science. Ces deux-ci sont avant tout des livres de texte, que l'image vient éclairer, confirmer, assurer. Il faudra sans cesse y avoir recours quand on traitera soi-même d'un point d'histoire de l'art des premiers siècles de notre ère ou même quand il s'agira des arts du moyen âge, car l'art des deux périodes étudiées sert de base à tous les arts médiévaux, y compris les arts musulmans. La recherche ultérieure apportera sans doute sur des points de détail des critiques ou des changements. Il est peu probable que l'édifice entier en soit affecté. Et pendant longtemps." (Jules Leroy, Syria, 1968)

49.              GRANT (Michael). Gladiators. Julliard, 1973, in-12, 269 pp, 51 illustrations sur 32 pl. hors texte, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            25

Une bonne synthèse sur les gladiateurs romains.

50.              GRÉGOIRE de NYSSE. Le Cantique des cantiques. P., Migne, 2001, pt in-8°, 331 pp, traduit du grec, introduction de Hans Urs von Balthasar, notes et guide thématique d'A.-G. Hamman, index biblique, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Pères dans la foi)

            20

Première traduction des 15 Homélies sur le Cantique des cantiques de Grégoire de Nysse, le prince des mystiques. Cet écrit trace tout l'itinéraire spirituel. Il date de la fin de l'épiscopat de Grégoire et fournit la pensée achevée de sa théologie mystique. "Cette œuvre est probablement la plus belle, la plus totalement inconnue de ce moine, de cet évêque silencieux, réservé, que le 2e concile de Nicée appelle « le Père des Pères » (Urs von Balthasar).

51.              GRENADE (Pierre). Essai sur les origines du Principat. Investiture et renouvellement des pouvoirs impériaux. (Thèse). De Boccard, 1961, gr. in-8°, xvii-495 pp, avant-propos de Pierre Boyancé, notes, index, broché, état correct (Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome)

            90

"La mort prématurée de P. Grenade, en 1956, avait enlevé à la science un esprit de premier ordre, et un homme de cœur, dont P. Boyancé disait avec émotion les mérites dans son article de la R.E.A. de 1956 (p. 436) en laissant entrevoir qu'un jour paraîtrait la thèse de son élève et ami : c'est chose faite grâce aux soins pieux et dévoués de P. Boyancé lui-même, qui explique dans son Avant-Propos les difficultés de sa tâche. Si le texte lui-même était parfaitement rédigé, sauf la conclusion et malgré quelques imperfections insignifiantes de style, les notes et références n'ont pu être totalement retrouvées, et les recherches de P. Boyancé nous procurent seulement les références des auteurs anciens, et celles de quelques modernes ; il manque évidemment bien des discussions de détail, notamment à propos des opinions modernes (par exemple celles de Von Premerstein, A. Magdelain, J. Béranger, A. Piganiol), si importantes sur un tel sujet. Mais le texte d'ensemble est dense, minutieux : il permet de comprendre parfaitement la pensée de l'auteur, qu'il faut désormais placer aux côtés des plus attentifs connaisseurs de ces problèmes délicats que pose l'étude du principat d'Auguste et de ses premiers successeurs." (Paul Petit, L'Antiquité Classique, 1961) — "Ce travail posthume et inachevé d'un savant de premier ordre, comporte une préface et douze chapitres : 1. La fin du triumvirat ; 2. la fin des guerres civiles ; 3. l'inauguration du principat ; 4. le sixième consulat d'Octave ; 5. le renouvellement des pouvoirs décennaux ; 6. le vote per consensum ; 7. l'avènement per consensum universorum ; 8. la cura morum et les concessions quinquennales de potestas censoria ; 9. l'égalité de po- testas et la collégialité dans la magistrature ; 10. l'évolution des pouvoirs impériaux d'Auguste ; 11. l'abdication du pouvoir et le refus du principat ; 12. les charges du pouvoir et la théorie des adjutores imperii. Un treizième chapitre concernant les vertus impériales, projeté par l'auteur, n'était pas rédigé au moment où la mort le surprit. Il n'y a pas de conclusion ; celle-ci existait, mais il n'a pas été possible d'en retrouver le tout. Enfin l'avant-propos et les notes succinctes au bas des pages sont de la main de P. Boyancé, à qui nous devons l'heureuse initiative de la publication." (E. van 't Dack, Revue belge de philologie et d'histoire, 1962)

52.              HERM (Gerhard). Les Phéniciens. "L'antique royaume de la pourpre". Fayard, 1976, in-8°, 351 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, 4 illustrations, 8 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Une des entreprises les plus impressionnantes de l'histoire humaine. Que l'on y réfléchisse. Les membres d'un peuple ridiculement peu nombreux, possesseurs d'un microscopique lambeau du littoral méditerranéen, perché dans ce qui ressemblait assez à des nids d'oiseaux de mer sur les falaises et les rochers, se lancèrent dans des expéditions auxquelles pas un de leurs voisins n'aurait songé. A bord de bateaux gros comme des coquilles de noix, ils cinglèrent au large sur des eaux dont les deux millions et demi de kilomètres carrés leur étaient plus inconnus que la surface de la lune pour nous. Ils ne savaient ni où cette mer finirait, ni quelle était sa profondeur, ni quels dangers elle recélait. S'ils considéraient l'univers – ce qui est probable – comme un oeuf ouvert, ils devaient craindre d'arriver à un moment donné à la limite de la terre et ce qui pouvait les attendre là, ils n'en avaient aucune idée. Pourtant, ils ont fait voile vers le grand large. Qu'est-ce qui les poussait donc à affronter de tels périls ? L'appât du gain ? Il paraît inconcevable que tout un peuple se fût engagé à fond pour ce seul but. Il devait s'y ajouter autre chose: humeur vagabonde héritée des Bédouins, goût de la découverte, de l'aventure, du risque. Quels qu'aient été les bénéfices rapportés aux marchands par ces expéditions, ceux qui les entreprenaient étaient certainement plus que de simples commerçants. Ces hommes devaient avoir le désir ardent de s'accomplir et de s'affirmer. C'est pourquoi il convient de considérer l'exploration de la Méditerranée comme une oeuvre culturelle de grande valeur, même si aucun Homère sémitique ne s'est trouvé là pour la chanter. Gerhard Herm a retrouvé et suivi les traces des Phéniciens. De nombreux spécialistes confirment sa thèse: les hommes du Liban n'étaient pas seulement des filous et des imposteurs, comme il est écrit dans l'Odyssée. Déjà pour les habitants du bassin méditerranéen, ce peuple microscopique, ou plutôt ces peuples hétéroclites constituaient une énigme: comment étaient-ils parvenus à faire de la Phénicie la première puissance commerciale de l'époque en dominant tout l'Est de la Méditerranée ? Comment avaient-ils pu accumuler dans leurs comptoirs autant de richesses ? Un peuple uniquement voué au commerce, ne s'appuyant que sur sa supériorité maritime n'aurait jamais pu aller si haut. Ce n'est pas un hasard, si, même pour leurs ennemis, " Made in Phenicia " était un label de qualité... Raconter la formation, l'essor phénoménal puis le déclin de ce petit peuple, c'est raconter une des entreprises les plus extraordinaires de l'histoire humaine.

53.              HÉRODOTE. Histoires. Livres I à IX + Introduction. Texte établi et traduit par Ph.-E. Legrand. Les Belles Lettres, 1932, 1954-1964, 10 vol. in-8°,  reliures demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passés, qqs coiffes lég. abîmées, bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard. – Bien complet du volume “Histoires. Introduction”, par Philippe-Ernest Legrand (notice préliminaire sur la vie et la personnalité d'Hérodote et sur l'établissement du texte de la présente édition), même collection (1932), mais broché, avec C. de bibl.

            200

Complet — La Perse et l'Egypte antique, comme si vous y étiez, telles qu'elles ont été décrites au Ve siècle avant notre ère par Hérodote d'Halicarnasse. Dans les livres I à IV, Hérodote relate la naissance et le développement de la puissance perse avec le roi Cyrus et ses successeurs Cambyse puis Darius. Au livre V commence le conflit qui, de 511 à 479 avant notre ère, oppose les Perses à la Grèce. Dans ce passionnant récit – la première grande œuvre en prose de la littérature grecque –, Hérodote nous dit pourquoi et comment les deux mondes de son temps, l'Est et l'Ouest, se sont toujours heurtés et puis, deux générations avant lui, se sont engagés dans la plus grande guerre de leur histoire, les guerres Médiques... Lire Hérodote, c'est voyager dans le monde ancien, en compagnie d'un esprit aimable et curieux de tout, apprendre ce que l'on disait à Sardes, Suse, Memphis, Milet ou Athènes, ce que les conteurs dans les rues, les guides dans les sanctuaires narraient aux passants ; c'est voyager en compagnie d'un auteur qui est pour nous le père de l'ethnographie, de la géographie, du reportage et du roman, comme il est, pour nous comme pour toute l'Antiquité, le père de l'Histoire. — La Collection des Universités de France offre au lecteur le texte grec original d'Hérodote dans l'édition établie par Ph.-E. Legrand accompagné d'une traduction. Le récit d'Hérodote est séparé en parties, chacune précédée d'une notice résumant son contenu et présentant les sources et les débats historiographiques du récit. Des notes, fournissant toutes les informations nécessaires à la bonne intelligence du texte accompagnent la lecture. — Introduction. 246 pp – Tome I, Livre I : Clio. 359 pp – Tome II, Livre II : Euterpe. 321 pp – Tome III, Livre III : Thalie. 294 pp – Tome IV, Livre IV : Melpomène. 325 pp – Tome V, Livre V : Terpsichore. 228 pp – Tome VI, Livre VI : Erato. 220 pp – Tome VII, Livre VII : Polymnie. 384 pp – Tome VIII, Livre VIII : Uranie. 266 pp – Tome IX, Livre IX : Calliope. 225 pp.

54.              JEANMAIRE (Henri). Dionysos. Histoire du culte de Bacchus. Payot, 1951, in-8°, 509 pp, références et bibliographie, index, reliure demi-basane noire à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid (rel. de l'époque), dos frotté, bon état (Coll. Bibliothèque historique). Edition originale

            60

L'orgiasme dans l'Antiquité et les Temps Modernes ; Origine du théâtre en Grèce ; Orphisme et mystique dionysiaque ; Evolution du dionysisme après Alexandre. — "L'ouvrage de H. Jeanmaire n'est pas seulement un livre d'histoire, le plus complet sans doute qui soit consacré à Dionysos, c'est aussi, dans le champ des études grecques, une des plus remarquables analyses de sociologie religieuse. Définir la place de Dionysos dans le système des représentations, son rôle dans la, pensée et la pratique sociale des Grecs, aux différentes époques de leur histoire, c'est une entreprise que Henri Jeanmaire a magistralement conduite, montrant en particulier l'importance des milieux féminins dans le développement d'une « culture de la mania », de la folie que représente le ménadisme ; indiquant, par une série d'analyses, que Dionysos, dieu errant – au contraire d'Apollon,, divinité « sacerdotale » – , pénètre dans le monde grec à la faveur des crises, des bouleversements sociaux et politiques, et que ce dieu apporte aussi bien une solution religieuse aux conflits entre la cité et la campagne qu'une réponse mystique aux exigences individualistes formulées par la civilisation hellénistique. Un ouvrage sans défaut." (Marcel Détienne, Revue de l'histoire des religions)

55.              LHOTE (Henri). Vers d'autres Tassilis. Nouvelles découvertes au Sahara. Arthaud, 1976, gr. in-8°, 259 pp, 75 photos en noir et en couleurs hors texte, 15 illustrations dans le texte, 5 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Clefs du savoir)

            30

Henri Lhote est probablement l'un des hommes qui connaissent le mieux le Sahara. Il l'a parcouru pendant des années avant d'en ramener les fameuses fresques dont l'exposition, en 1958, a fait sa célébrité. Il poursuit dans ce livre le récit de ses découvertes : au Sahara pendant quinze ans, de 1959 à 1974, ses nouvelles expéditions se succèdent au coeur du désert, explorent les grottes, les falaises, les dalles où campèrent hommes et troupeaux voilà des millénaires. Des centaines de trouvailles nouvelles récompensent ses efforts : aucune contrée au monde ne recèle une telle abondance d'oeuvres d'art préhistoriques...

56.              LORAUX (Nicole). L'invention d'Athènes. Histoire de l'oraison funèbre dans la « cité classique ». (Thèse). P., La Haye, New-York, Mouton, 1981, gr. in-8°, xiii-509 pp, 2 plans dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            80

"Ce livre, d'une étonnante richesse, profondément original par la méthode, les conclusions et le ton de l'exposé, où abondent les formules éclairantes, reproduit, en tenant compte des remarques faites par les membres du jury, le texte intégral d'une thèse du doctorat d'État soutenue à l'Université de Paris I en janvier 1977... L'information de Madame Loraux est étonnamment ample. Elle fait appel non seulement aux publications sur l'antiquité mais à R. Barthes, J. Derrida, L. Althusser. Nous noterons ici avec plaisir qu'elle se réfère plus d'une fois au magistral ouvrage de Roger Goossens, Euripide et Athènes et marque son accord avec lui. Les deux index sont très détaillés." (Charles Delvoye, l'Antiquité classique, 1986)

57.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. L'Orient et la Grèce. Hachette, 1932, in-12, (6)-338 pp, 183 gravures et 15 cartes, cart. éditeur, coins émoussés, bon état (Cours complet d'Histoire, Classe de Sixième, avec la collaboration de M. Gaston Dez)

            20

Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

58.              MARC-AURÈLE. Pensées. Texte établi et traduit par A. I. Trannoy. Préface d'Aimé Puech. Les Belles Lettres, 1964, in-8°, xxv-291 pp, index, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. Budé). Texte grec et traduction française en regard

            25

L’empereur philosophe eut un règne particulièrement difficile : inondations, famines, épidémie se succédaient tandis qu’aux frontières la menace des Parthes et des Germains devenait toujours plus inquiétante. Entre deux batailles et deux expéditions, l'empereur Marc Aurèle (121-181 après J.-C.) notait ses réflexions et ses préceptes quand l’exercice du pouvoir lui en laissait le temps. Inspirées des principes du stoïcisme, ces méditations pleines de sagesse révèlent un homme en proie au doute qui cherche la paix intérieure.

59.              TABOUIS (G.-R.). Le Pharaon Tout Ank Amon. Sa vie et son temps. Payot, 1928, in-8°, 309 pp, préface de Th. Reinach, 16 pl. de photos hors texte, 17 figures dans le texte, biblio, reliure demi-veau glacé vert, dos lisse à faux-nerfs filetés soulignés à froid, titres et doubles filets dorés, fleurons à froid, roulette dorée en queue, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            60

"En lisant ce livre bien écrit et bien illustré (la planche représentant Tout Ank Amon et la reine est particulièrement remarquable), on s'imagine savoir, sur un sujet qui a passionné le monde, beaucoup plus long qu'on n'en sait réellement. C'est que l'autrice n'a pas dédaigné les questions connexes, l'étude du gouvernement de l'Égypte, des moeurs, des religions, des philosophies égyptiennes ; elle a lu pour cela toute une bibliothèque, Maspero surtout, sans négliger les travaux les plus récents de Carter, Moret, Capart, etc., et de ces lectures faites avec soin elle a tiré de clairs exposés avec les références indispensables où ont trouvé place tous les détails dont l'histoire dispose. « Sous ce règne éphémère le peuple égyptien a vécu quelques-unes de ces minutes historiques qui changent le cours de l'histoire. Revivons les avec lui. Revivons, aussi, de plus ou moins près, l'existence de ses contemporains, sujets, parents ou voisins. Ils font cadre à ce portrait qu'ils nous aident à déchiffrer et à comprendre. » L'objet de cet agréable volume, ainsi clairement et modestement défini, a été atteint." (S. Reinach, Revue archéologique, 1928)

MOYEN AGE

 

60.              BERTELÈ (Tommaso). Numismatique byzantine. Suivie de deux études inédites sur les monnaies des Paléologues. Édition française mise à jour et augmentée de planches par Cécile Morrisson. Wetteren, Editions NR, 1978, gr. in-8° (18 x 25 cm), 182-(16) pp, avant-propos par Paul Lemerle, 13 tableaux, 16 planches hors texte (soit 245 monnaies reproduites pile et face), biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            50

"En 1964, T. Bertelè avait publié dans la “Rivista Italiana di Numismatica” des « Lineamenti principali della numismatica bizantina ». Grâce à C. Morrisson, cette étude paraît maintenant en français, enrichie de 229 reproductions de monnaies inédites ou rares ainsi que d'un complément bibliographique et critique couvrant les quinze dernières années. (...) La richesse de l'ouvrage est éclatante, découvrant la complexité de la numismatique byzantine, passé le XIe siècle, la multiplicité des recherches récentes, l'étendue, également, des zones encore obscures... " (J.-P. Callu, Revue Historique, 1979) — "La publication en 1964 des « Lineamenti principali della numismatica bizantina » de Tommaso Bertelè constitua un événement dans les études byzantines. L'ouvrage est devenu un classique de l'histoire byzantine et que c'est avec grand plaisir que l'on en salue la traduction française. Cécile Morrisson. L'éminente conservatrice de la Bibliothèque Nationale a enrichi l'oeuvre de Bertelè de seize planches qui présentent une illustration très suggestive de la numismatique byzantine. Mais bien davantage encore, elle nous donne dans ce volume une bibliographie complète des travaux de l'auteur (p. 15-17) et une bibliographie sélective et critique (p. 117-122) des principaux travaux récents consacrés à la numismatique des Paléologues (1964-1977). La consultation de l'index (p. 167-172) très détaillé et fort clair qui suit le texte permet de retrouver d'autres références d'importance moins évidente. C. Morrisson a considérablement enrichi le livre en donnant en notes, signalées par des crochets, les mises au point, remarques, compléments d'information et de bibliographie qu'imposait le développement des études byzantines. En annexe, sont publiées deux études de Bertelè restées inédites, l'une sur “La date par l'indiction sur quelques monnaies des Paléologues”, l'autre sur “Le co-empereur sur les monnaies des Paléologues”. Il faut savoir gré aux Éditions NR, et surtout à Cécile Morrisson, d'avoir entrepris ce méticuleux travail de remise à jour d'un livre qui rendra encore de grands services." (Michel de Waha, Byzantion, Vol. 49, 1979)

61.              BOGLIONI (Pierre)(dir). La culture populaire au Moyen Age. Etudes présentées au Quatrième colloque de l'Institut d'études médiévales de l'Université de Montréal, 2-3 avril 1977. Montréal, L'Aurore, 1979, in-8°, 264 pp, 69 gravures, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Onze études constituent la matière de ce recueil, remarquable non seulement par la qualité des articles, mais par le souci de l'éditeur , P. Boglioni, et de plusieurs des auteurs, de contribuer à une réflexion théorique sur la culture populaire médiévale." (J.-C. Schmitt, Annales ESC, 1979)

62.              BOUVIER-AJAM (Maurice). Dagobert. Tallandier, 1980, in-8°, 430 pp, 16 pl. de photos hors texte, 5 cartes, biblio, index, reliure plein cuir chocolat richement ornée de l'éditeur, dos lisse, tête dorée, bon état (Prix Biguet de l'Académie française 1980)

            25

S’il n’avait inspiré la célèbre chanson populaire, Dagobert (604-639) serait peut-être resté dans les oubliettes de l’Histoire. Pourtant, ce roi des Francs qui succéda à Clotaire II en 629 marqua son temps, et à travers lui c’est tout le VIIe siècle que nous revivons. Dagobert sut s’entourer d’habiles conseillers, comme saint Éloi ou saint Ouen, pour faire de son royaume une puissance prospère, unie, honorée et redoutée de ses voisins. En réformant sans cesse, il se montra, en dépit de sa légendaire étourderie, un administrateur et un politique de génie. Maurice Bouvier-Ajam nous restitue fidèlement cette époque – ses mœurs politiques, son organisation économique et sociale, ses pratiques religieuses – d’autant plus brillante qu’elle est l’une des seules éclaircies dans la nuit mérovingienne.

63.              BREINDL (Ellen). Hildegarde de Bingen. Une vie, une oeuvre, un art de guérir en âme et en corps. Editions Dangles, 1994, in-8°, 294 pp, 47 illustrations dans le texte (dont 7 en couleurs), index alphabétique des plantes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Horizons spirituels)

            25

Hildegarde de Bingen, mystique et sainte du XIIe siècle, étonne d'abord par sa personnalité et par sa vie. Après avoir passé des années dans l'ombre (mais non dans l'inaction) au monastère bénédictin de Disibodenberg en Hesse rhénane, cette femme de grande foi qui, toute jeune déjà avait des visions, est littéralement mandatée par Dieu pour écrire ce qu'elle voit et entend. Le pape Eugène III soutient ses écrits au synode de Trèves devant une assemblée de prélats, et l'autorise à les publier. C'est le début d'une vie publique stupéfiante : Hildegarde intervient dans les affaires politiques du grand empereur Barbe-rousse, mais rappelle aussi vertement à leurs devoirs certains princes de l'Église. Elle échange des lettres avec les grands de son époque. Elle est écoutée dans tout le nord de l'Europe. Mais tout aussi saisissants sont l'oeuvre scientifique (traité de médecine et traité de sciences naturelles) et l'art de guérir que Hildegarde nous a légués. Ils sont, comme ses visions, divinement ordonnés et tiennent compte de l'homme en son unité d'âme et de corps. Loin d'être surannés, ils rencontrent aujourd'hui un intérêt croissant auprès de médecins et d'hommes de science...

64.              BRION (Marcel). Théodoric, roi des Ostrogoths, 454-526. Tallandier, 1979, in-8°, 363 pp, 16 pl. de gravures hors texte, sources et biblio, reliure plein cuir chocolat richement ornée de l'éditeur, dos lisse, tête dorée, bon état

            25

La vie de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths (454-525), se situe à l'époque où les royaumes barbares ne sont pas encore stabilisés, où la puissance byzantine prend son essor, où la grandeur de Rome n'est plus que l'ombre d'elle-même, où l'Eglise conquérante se heurte à la première crise grave de son histoire, l'hérésie arienne. Fils d'un roi goth établi dans les régions danubiennes, Théodoric passa, comme otage, une partie de sa jeunesse à la Cour de Constantinople, y apprit le latin et le grec et revint ensuite fortifier sa puissance sur son peuple. Allié de l'empereur d'Orient Zénon qu'il aida à reprendre le pouvoir après une révolution, il fut invité par ce dernier à conquérir l'Italie alors aux mains du menaçant Odoacre, le chef barbare qui avait déposé le dernier empereur d'Occident. Maître de la péninsule qu'il agrandit de plusieurs conquêtes, il se voulut le successeur des Césars et redonna vie aux institutions romaines, fit régner la paix civile, entreprit de grands travaux, fut l'ami des derniers grands penseurs de l'Antiquité, orna sa capitale, Ravenne, de nombreux monuments aux splendides mosaïques. Uni par des liens de famille à d'autres rois barbares (notamment à Clovis), il jouissait d'un très grand prestige auprès d'eux et intervint même dans leurs conflits. S'il n'avait terni la fin de sa vie par une folie sanguinaire et décidé de persécuter les catholiques au nom de l'arianisme, ce conquérant eût laissé dans l'histoire un nom égal à celui de Clovis. Joseph Calmette n'a-t-il pas écrit que son règne avait été une "préfiguration" de celui de Charlemagne ? Admirateur des civilisations anciennes, passionné par la vie de ceux qui "désirent l'impossible", pour reprendre les paroles de Faust, Marcel Brion excelle à nous restituer cette grande figure d'une époque lointaine.

65.              CAZAUX (Yves). Marie de Bourgogne. Albin Michel, 1967, pt in-8°, 374 pp, une carte, 2 croquis, un tableau généalogique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

"M. Yves Cazaux, dans une étude complète, très documentée et vivement menée, s'est attaché à rendre meilleure justice à Charles le Téméraire, à illustrer la mémoire de sa fille Marie qui lui succéda et dont la courte et glorieuse vie mérite l'admiration. Ce faisant, l'auteur présente le roi de France Louis XI sous un jour défavorable, enfin il brosse un tableau, plein de couleur et de vie, de cette Bourgogne et des provinces qui lui furent rattachées, de la création de ce grand royaume bourguignon qui faillit réussir. Marie ne fut-elle pas la grand'mère de Charles-Quint ? M. Yves Cazaux se meut dans toute cette histoire si complexe avec aisance et sûreté. Ainsi peut-il facilement convaincre de l'importance de cette période de l'histoire, de la valeur de ces très grands personnages que furent ces Valois, ducs de Bourgogne, enfin, de la grandeur de cette jeune princesse, morte prématurément à 35 ans d'un stupide accident de chasse et qui sut cependant faire preuve d'intelligence, de volonté et de courage." (Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1968)

66.              CUVELIER – PISAN (Christine de). Anciens mémoires du XIVe siècle, depuis peu découverts : Où l'on apprendra les avantures les plus surprenantes et les circonstance les plus curieuses de la vie du fameux Bertrand du Guesclin, connétable de France, qui, par sa valeur, a rétably dans ses Etats un prince catholique – Le livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles V. P., Foucault, 1824-1825, 3 vol. in-8°, 471, 524 et 436 pp, reliures demi-veau glacé caramel à coins, dos à 4 larges nerfs filetés, caissons à froid, pièces de titre et tomaison basane noire, roulette dorée en queue, tranches marbrées (rel. de l'époque), C. de bibl., étiquettes en queue, bon état (Coll. complète des Mémoires relatifs à l'histoire de France, depuis le règne de Philippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septième siècle ; avec des notices sur chaque auteur, et des observations sur chaque ouvrage, par M. Petitot). Exemplaires trés bien reliés à l'époque

            150

"Compilation des 23 000 vers du poème de Cuvelier (1387), éditée à Douai en 1692 par Le Fèvre, prévôt et théologal d'Arras. Le poème de Cuvelier est la source principale sur Bertrand Du Guesclin." (Molinier, Sources IV, 3347) – "L'ouvrage de Christine de Pisan est divisé en trois livres ; le premier livre, intitulé Noblese de courage, traite des vertus de Charles V ; Le second, intitulé Noblesse de chevalerie parle principalement des guerres de cette époque ; le troisième, intitulé Noblesse de sagesse, est consacré à l'éloge de Charles V sous les rapports de la science, des arts, et de la politique. Récit d'une grande variété où les événements et les anecdotes se pressent à la suite des réflexions morales." (Introduction) – "Le récit de Christine de Pisan donne beaucoup d'anecdotes intéressantes et des détails curieux sur les goûts littéraires de Charles V ; c'est un éloge enthousiaste du gouvernement et des qualités morales et intellectuelles de ce prince." (Molinier, Sources IV, 3327)

67.              DANIEL-ROPS. L'Eglise de la Cathédrale et de la Croisade. Fayard, 1959, fort in-12, 830 pp, 8 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. à rabats (lég. salie), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            20

"On a dit tant de mal du Moyen-Age, siècles de fanatisme et d'ignorance qu'il était bon qu'un historien catholique se charge de peindre l'autre volet du diptyque et en fasse ressortir les beautés. Qu'il y ait eu des misères, nul n'en peut douter. Des pages sombres ont été écrites qui sont tachées de sang, mais en face, quel printemps de vie, quelle jeunesse et quelle puissance créatrice. Si l'on veut bien se rappeler, par exemple, que l'admirable basilique d'Autun a été bâtie en vingt-cinq ans, de 1120 à 1145, qu'en un siècle la chrétienté a vu s'élever ces chefs-d'œuvre, des cathédrales comme celles de Paris, Chartres, Amiens, Cologne, etc., alors on comprendra que M. Daniel-Rops ait pu intituler son livre : « L'Eglise de la Cathédrale ». Il y a ajouté « et de la Croisade ». L'Occident sort de lui-même, il conquiert une partie du Proche-Orient, et quand son rêve s'évanouit de pouvoir garder le tombeau du Christ, ses missionnaires porteront le nom chrétien jusqu'aux Indes et en Chine. Comment expliquer ces prodiges ? (...) Dans cet édifice splendide, une fissure : des hérésies secouent les esprits et un fléchissement moral se constate. L'exil d'Avignon scandalise la chrétienté, la Peste noire fait mourir un tiers des habitants de l'Europe et la guerre de Cent ans propage la misère. (...) La moisson de M. Daniel-Rops est belle et de parcourir avec lui ces champs de l'histoire, on ne peut trouver que joie et profit." (A. Vincent, Revue des Sciences Religieuses, 1953)

68.              DAUNOU (Pierre-Claude-François). Discours sur l'état des lettres au XIIIe siècle, précédé d'une notice sur l'auteur par M. [Benjamin] Guérard. P., E. Ducrocq, s.d. (1860), in-8°, xliii-436 pp, portrait de l'auteur en frontispice, reliure demi-chagrin havane, dos à 4 nerfs, titres et caissons dorés finement garnis, encadrements à froid sur les plat, fer doré du lycée Condorcet au 1er plat (rel. de l'époque), , coiffes lég. abîmées, qqs rares rousseurs, bon état. Edition originale

            60

Edition originale posthume illustrée d'un beau portrait gravé de l'auteur de ce célèbre essai établi pour servir de préface au tome XVI (1814) de “l'Histoire littéraire de la France”. Il faut prendre le mot Lettres au sens large : Daunou brosse un large panorama, depuis l'état des livres et des bibliothèques jusqu'aux spectacles, en passant par la théologie, la médecine, les sciences, la chronologie et l'histoire, les langues vulgaires, les romans en prose, la poésie provençale, etc. (Dictionnaire des philosophes, PUF, 739)

69.              DEANESLY (M.). Histoire de l'Europe du haut Moyen-Age (476 à 911). Payot, 1958, fort in-8°, 755 pp, traduit de l'anglais, préface de Robert Fawtier, 5 cartes, index, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coiffes lég. frottées, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            50

"Mme Margaret Deanesly nous offre dans cet ouvrage une volumineuse synthèse de ces siècles si troublés du Haut Moyen Age européen. Comme le souligne M. Fawtier dans la Préface, l'auteur s'est efforcé de mettre l'accent sur les phénomènes de civilisation, souvent avec bonheur. Les chapitres qu'il consacre à la Renaissance carolingienne sont substantiels et nuancés. Quelquefois l'auteur s'attache à brosser un portrait vivant de ces lettrés carolingiens : certains sont très réussis comme ceux de Jean Scot Erigène, témoin isolé en son temps de la pensée hellénique, ou d'Hincmar de Reims, honnête faussaire de génie. Dans ces domaines, l'apport le plus nouveau de Mme Deanesly réside dans ses pages sur la Renaissance northumbrienne. Antérieure de presque un siècle au mouvement carolingien, elle produisit des œuvres sculptées, comme les calvaires de Bewcastle et de Ruthwell ou des manuscrits enluminés comme le Codex Amiatinus ou l'Évangéliaire de Lindisfarne où se marient la tradition celtique et l'influence byzantine. Mais le propos de Mme Deanesly n'était pas tant de renouveler l'histoire de la période que d'offrir un manuel commode pour prendre une connaissance d'ensemble de ce demi millénaire. (...) Un ouvrage incontestablement utile parce que rassemblant une documentation par ailleurs éparse." (Jean Chelini, Revue d'histoire de l'Église de France, 1959)

70.              DUCELLIER (Alain). Le Miroir de l'Islam. Musulmans et Chrétiens d'Orient au Moyen Age (VIIe-XIe siècle). Gallimard/Julliard, 1971, in-12, 313 pp, 16 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            19

"Ce recueil de textes rassemblés par Alain Ducellier nous expose l'attitude mentale des Chrétiens d'Orient à l'égard des Musulmans et de l'Islam, de la conquête arabe qui fit passer les chrétiens de Palestine, de Syrie, d'Egypte et d'une partie de l'Arménie sous domination musulmane, à la veille de la 1ère Croisade des Chrétiens d'Occident qui prétendaient « libérer leurs frères » et les Lieux Saints de l'oppression et du fanatisme des Turcs. (...) Un livre extrêmement riche et dense." (Mohamed Rekaya, Annales ESC, 1973)

71.              FAVIER (Jean). Charlemagne. Fayard, 1999, fort in-8°, 769 pp, 16 pl. en couleurs hors texte, 9 cartes et plans, chronologie, biblio, index, 4 généalogies, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Successeur des Césars, Charlemagne dont la personnalité fut multiple, aura influencé la politique de la France et de l’Europe bien au-delà de son règne. Jean Favier brosse ici le plus magistral des portraits de l’Empereur. De l'héritier de l'Empire romain à l'empereur à la barbe fleurie, de l'inventeur de la Couronne de France à celui de l'école, l'Histoire donne bien des visages à Charlemagne ; il est souvent difficile de distinguer la part du mythe et de la réalité. Aussi Jean Favier a-t-il consacré une partie entière de son ouvrage au personnage construit par les siècles. Le grand médiéviste s'attache d'abord à replacer le personnage dans son contexte historique, analysant minutieusement la société dont il est issu. Il brosse également un portrait fouillé de ce souverain dont l'action était toute entière tournée vers un seul but : l'unité politique et religieuse de l'Occident chrétien. Sous le mythe, on découvre un homme raffiné, épris de poésie latine, lisant le grec, artisan d'une renaissance intellectuelle qui n'aura pas d'équivalent avant longtemps. Du système monétaire à l'Église, pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un énorme empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste.

72.              FEATHERSTONE (Donald). Poitiers, 1356. London, Charles Knight, 1972, in-8°, xiii-64 pp, 4 cartes, biblio, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Knight's Battles for Wargamers)

            25

73.              [Georges Duby] – BONNET (Jacques)(dir). Georges Duby. Duponchelle, L'Arc, 1990, gr. in-8°, 93 pp, 6 pages de gravures de Jeanne d'Arc, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Contributions de Georges Duby, Jacques Bonnet, Alain Besançon (De Gibbon à Freud et retour), Jean-Claude Schmitt (Le geste, la cathédrale et le roi), Pierre Bourdieu (Capital symbolique et classes sociales), Jean Molino, Jean Duvignaud, Rodney Hilton, Philippe Joutard, André Miquel, Maurice Godelier, Georges Mounin et Michel Serres.

74.              GRODECKI (Louis), F. MUTHERICH, J. TARALON, F. WORMALD. Le Siècle de l'An Mil. Gallimard,  1973, in-4°, 436 pp, 451 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, tableau synchronique, dictionnaire-index, bibliographie, reliure toile éditeur, signet, jaquette illustrée, traces de papier collant sur les gardes, bon état (Coll. L'Univers des formes). Première édition. Riche iconographie

            60

La grande évolution de l'art occidental se situerait vers le milieu du XIe siècle. Mais le siècle de l'an mil a été celui d'une grande « renaissance » après la crise politique et artistique de la fin du IXe et du Xe siècle. Cette renaissance a produit des œuvres exceptionnelles, notamment dans la miniature et l'orfèvrerie, activités d'art mises au service de l'empire ottonien et de la naissante royauté française. Les créations de l'art monastique produites dans des centres éloignés de la Cour sont également nécessaires à la compréhension de ce siècle. Art préroman encore attaché aux modèles du passé carolingien, ou bien art protoroman recherchant sa définition à travers des emprunts multiples, il a pour nous la valeur d'un admirable effort de création formelle que l'Occident a tenté au sortir des crises du Haut Moyen Âge. — "Un livre non seulement admirable pour la magnificence de l'édition, mais aussi particulièrement intéressant en raison du point de vue où il se place pour envisager la traditionnelle chronologie de l'histoire de l'art. Les auteurs examinent le siècle de l'an mil, c'est-à-dire la période qui s'étend entre 950 et 1050, dans toute l'Europe ; perspective nouvelle. Toute une série de considérations nous sont ici proposées qui nous permettent d'avancer dans le difficile chemin de l'histoire de l'art. Cela apparaît clairement dans la courte mais très dense préface historique de L. Grodecki, qui touche aussi aux problèmes religieux, et même superstitieux, liés à l'an mil..." (Cahiers de civilisation médiévale)

75.              GOUBERT (Paul). Byzance avant l'Islam. Tome second : Byzance et l'Occident sous les successeurs de Justinien. I : Byzance et les Francs. Picard, 1956, gr. in-8°, 223 pp, 4 cartes dépliantes et 16 planches de photos hors texte, biblio, broché, bon état

            30

"Avec ce volume s'ouvre le second volet du triptyque que P. Goubert consacre à « Byzance avant l'Islam ». Trois compartiments le divisent : I. Byzance et les Francs ; II. Byzance, Rome et Carthage ; III. Byzance et les peuples du Danube. Le présent volume remplit le premier en sept chapitres, dont trois sont groupés autour du mystérieux Gondovald et les quatre autres, échelonnés sur les Lettres austrasiennes, c'est-à-dire la correspondance entre la Cour d'Austrasie et celle de Byzance. Donc deux centres principaux d'intérêt et d'étude. (...) L'étude de P. Goubert est extrêmement fouillée. Tous les problèmes majeurs et mineurs que comportent les documents contemporains et sur lesquels déjà se sont exercés tant de devanciers, sont de nouveau examinés, et grâce à l'information à la fois très ample et très précise de l'auteur, clairement posés... Une des forces du P. Goubert est une curiosité très éveillée et un flair de recherche qui donne l'impression que rien ne lui échappe. Elle lui vaut surtout cette connaissance du détail qui est un des mérites particuliers de cet ouvrage. Ceux qui travaillent à la prosopographie de cette époque feront bien de ne pas l'oublier. Avec cela, naturellement, une bibliographie très abondante. Il y en a une en tête de chaque chapitre, divisée en « sources principales » et « principaux ouvrages »." (V. Grumel, Revue des études byzantines, 1957)

76.              GRIERSON (Philip). Byzantine Coinage. Washington, Dumbarton Oaks, 1982, in-4°, 32 pp, 68 reproductions de monnaies et une carte, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

            15

Bon ouvrage d'introduction sur les monnaies byzantines. Le livret explique les différentes étapes de la frappe des monnaies, les pièces en or, en argent et en cuivre, les divers types et inscriptions, ainsi que les représentations des empereurs.

77.              GRUMEL (V.). Traité d'études byzantines. 1 : La Chronologie. PUF, 1958, in-4°, xii-487 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Bibliothèque byzantine, publiée sous la direction de P. Lemerle)

            150

"Le tome Ier du Traité d'Études Byzantines, publié sous la direction de Paul Lemerle, paraît peu après le tome II, Les Papyrus, dû à A. Bataille. Le présent ouvrage, qui témoigne de connaissances aussi vastes que précises, n'est pas une Chronologie. L'auteur a voulu donner au lecteur « les moyens de chronologie », dans les études byzantines. L'ouvrage est divisé en trois parties : la première, l'origine des ères mondiales (p. 3-158), étudie les différentes ères utilisées : ère mondiale et ère chrétienne des premiers computistes et chronographes, cycle lunaire pascal de 19 ans, ère protobyzantine, ère alexandrine, ère byzantine, cycle solaire de 28 ans, cycle de 532 ans, ère nationale des Arméniens, ère des Romains, ère mondiale des Géorgiens. La deuxième partie, les cadres chronologiques (p. 159-235), étudie le jour, la semaine, le mois, les divers calendriers, les cycles ou périodes, les ères. La troisième partie, tableaux chronologiques (p. 239-481), est faite de tables, calendriers et listes, qu'il était souvent difficile de consulter, étant donné leur dispersion : tableaux spéciaux, calendriers liturgiques, listes historiques (Byzance, Perse, Caucase, Islam, Slaves, Orient latin, Occident, listes ecclésiastiques, sans oublier les phénomènes naturels, éclipses solaires, comètes, tremblements de terre). La Chronologie du R. P. Grumel est un indispensable instrument de travail non seulement pour les byzantinistes, mais encore pour tous les historiens et, d'une manière générale, pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Europe médiévale, en particulier à celle de l'Europe orientale médiévale. C'est un ouvrage qui pendant longtemps sera classique et qui fait honneur à la science byzantine française." (Rodolphe Guilland, Revue des études grecques, 1959) — "La Chronologie du P. Grumel offre aux byzantinistes, et à beaucoup d'autres, un instrument de travail très précieux. Trois parties la composent : trois parties assez différentes par leur objet comme par leur présentation. En premier lieu, une dissertation extrêmement développée sur les ères mondiales en usage dans le monde byzantin : l'auteur suit les computistes d'Alexandrie, de Byzance et d'Asie dans leurs efforts pour déterminer l'âge du monde en tenant compte aussi bien du symbolisme des nombres et des dates que de la nécessité d'élaborer un système chronologique cohérent. Il lui faut, chemin faisant, déblayer sa route des hypothèses trop ingénieuses de ses devanciers. C'est ainsi qu'il nous montre comment se dégage l'ère byzantine classique, celle qui sera en usage chez les chroniqueurs comme dans les documents – tandis que les Arméniens se donnent une ère « nationale » par fidélité à un accord réalisé entre les différents computistes, en 562, et presque aussitôt dénoncé par la cour impériale. La seconde partie affecte moins que la première l'aspect d'une dissertation. Le P. Grumel se préoccupe ici de fournir aux historiens les données nécessaires pour reconstituer le cadre dans lequel les Byzantins enfermaient le temps. Avant la conquête arabe, il existe dans l'Empire d'innombrables calendriers ; les noms des mois ne sont pas les mêmes à Constantinople, où l'on se sert des mois romains, en Égypte, où l'on use des mois coptes, à Antioche, fidèle aux mois macédoniens, et dans les autres villes d'Asie. Seule l'invasion musulmane ramènera l'uniformité sur un territoire désormais amoindri. La désignation des années se fait d'ordinaire – jusqu'à l'adoption des ères mondiales – par référence à un système cyclique et surtout aux indictions. Mais, ici encore, l'Égypte et l'Asie ont leurs ères propres. Aussi l'auteur s'est-il trouvé amené à rédiger de nombreuses tables de concordance. Une table générale fait coïncider les années de l'ère chrétienne avec celles de l'ère césarienne d'Antioche, de l'ère d'Espagne, des ères des Grecs, des martyrs, et des ères mondiales d'Alexandrie et de Byzance. Puis s'y ajoutent les années de l'Hégire, des ères arméniennes et géorgiennes, sans oublier les Olympiades et les indictions. D'autres tables nous donnent la concordance des cycles pascal, solaire et lunaire dans les différents systèmes ; des années de l'ère chrétienne avec celles des calendriers arabe, perse, mongol ; ou font concorder les calendriers liturgiques des principaux rites, en y faisant mention des fêtes des saints... On ne saurait tout énumérer, ni dire tout le prix de ces tableaux commodes et riches d'informations qu'il faudrait chercher souvent très loin. Le cadre byzantin au sens étroit est dépassé : l'Afrique du Nord et l'Asie occidentale trouvent place dans l'horizon du P. Grumel. Une dernière partie nous donne des listes chronologiques : celles des consuls depuis Dioclétien, des empereurs d'Occident et d'Orient, des empereurs et despotes locaux, des souverains de Perse, du Caucase, des pays musulmans et mongols, des peuples slaves, de l'Orient latin, de l'Italie, de l'Afrique, enfin celles des papes et des patriarches. Le P. Grumel nous fait ici très bonne mesure : les listes, qui ont été revues par des spécialistes, sont presque surabondantes (il n'est pas jusqu'aux lignées seigneuriales de l'Orient latin dont les principales ne figurent ici). Une liste des principaux phénomènes naturels datés (éclipses et tremblements de terre) termine ce répertoire si nourri." (Jean Richard, Bibliothèque de l'École des chartes, 1958)

78.              KURTH (Godefroid). Clovis. P., Jules Tallandier, 1978, 2 vol. in-8°, xxxiv-441 et 385 pp, 2 miniatures médiévales en couleurs contrecollées en frontispices, 86 gravures, 2 cartes, bibliographie récente par Pierre Riché, reliures plein cuir carmin richement ornées de l'éditeur, têtes dorées, bon état

            40

Clovis n'a que quinze ans lorsqu'il succède à son père Childéric en 481. Le nouveau roi des francs est ambitieux ; son ascension sera foudroyante. Vainqueur en 486 de Syagrius, dernier représentant de l'autorité romaine en Gaule, Clovis établit sa capitale à Soissons. Il contrôle toutes les terres jusqu'à la Loire. Mais cette soif de conquête ne s'arrête pas là. Après avoir repoussé les Alamans à Tolbiac, ce païen comprend l'avantage qu'il peut retirer d'une conversion au catholicisme. Il obtiendrait l'appui des évêques mais également celui des populations gallo-romaines. Poussé par son épouse Clotilde, Clovis choisit le jour de Noël 496 pour se faire baptiser à Reims par saint Remi. Cet acte, avant tout politique, apporte la stabilité dans un royaume en pleine expansion. Celui-ci s'étendra bientôt du Rhin jusqu'aux Pyrénées après la victoire contre les Wisigoths d'Alaric Malheureusement, cette œuvre unificatrice sera réduite à néant après sa mort en 511 avec le partage entre ses quatre fils. On a souvent réduit Clovis à quelques clichés - son baptême, le vase de Soissons, etc. C'était oublier ses qualités de guerrier, de fin diplomate, mais aussi de politique visionnaire, lui qui fut le premier à comprendre que l'alliance avec le clergé gaulois lui permettrait d'unifier son royaume. — "... Un ouvrage d'une rare valeur. Soit au point de vue scientifique, soit au point de vue littéraire, c'est l'un des meilleur livres d'histoire publiés dans ces dernières années en notre langue. Nous ne serions pas très étonné qu'après avoir fortement marqué sa trace dans la science européenne, il conquière encore peu à peu une place durable dans la littérature française." (Marius Sepet, Revue des questions historiques, 1901)

79.              LEMERLE (Paul). Cinq études sur le XIe siècle byzantin. Editions du CNRS, 1977, gr. in-8°, 331 pp, une carte dépliante, notes, index, reliure toile éditeur, rhodoïd, bon état (Coll. Le monde byzantin)

            80

"Un ouvrage du Professeur Paul Lemerle est toujours un événement : par la richesse de l'information, la solidité de la documentation, la clarté de l'exposé, celui-ci répondra aussi pleinement à l'attente. D'autre part, il sera une fois de plus démontré quels bénéfices notre discipline peut tirer de l'étude assidue des sources, d'une édition ou d'une réédition critique, ne serait-ce qu'en supprimant ces sources d'erreurs que sont des hypothèses sans fondement, des corrections abusives, des identifications fausses ou aventureuses... (...) L'ouvrage s'achève avec l'étude (p. 249-312) intitulée “Byzance au tournant de son destin”. Examen magistral de l'évolution de l'Etat, de ses institutions, de son économie et des composantes de la société byzantine au cours du XIe siècle (1025-1118), siècle marqué par un essor remarquable qui se poursuit jusqu'en son milieu, puis par un repli qui s'amorce avec les Doukas et s'accentue avec Alexis Comnène ; c'est un examen plein d'aperçus neufs et de réinterprétations des sources qui bousculent bien des idées reçues et des thèses ressassées sur les hommes en vue, les événements et les institutions de l'époque." (Paul Gautier, Revue des études byzantines, 1978) — "Fruit de deux années d'enseignement au Collège de France, cet ouvrage rassemble cinq études consacrées à différents aspects des recherches effectuées par l'auteur sur le XIe siècle byzantin. Les trois premières concernent l'acquisition et la gestion de la fortune des particuliers, sous forme d'examen accompagné de commentaires érudits de trois textes (testament d'Eustathios Boilas, diataxis de Michel Attaliate, typikon de Grégoire Pakourianos). Le plus grand soin est apporté à la rédaction des notices catalographiques des manuscrits (collaboration de M. Ch. Astruc). Les deux premiers textes sont l'objet d'une réédition. L'analyse du contenu et une savante interprétation des documents les replaçant dans leur contexte historique, permettent de souligner l'importance de deux institutions : rente sur l'État (roga) et charisticariat (donation à un particulier d'un ou plusieurs monastères). La quatrième étude traite du « gouvernement des philosophes » (enseignement, écoles, culture). Elle fait état d'un progrès de la connaissance, plus quantitatif que qualitatif, le contenu du savoir ne semblant pas avoir varié d'une manière sensible. En outre la mainmise de l'Église sur l'enseignement s'accentue, annonçant la prépondérance de l'école patriarcale au siècle suivant. Le XIe siècle marque un tournant dans l'histoire de Byzance. La cinquième étude montre l'essor de l'empire jusqu'au troisième quart du XIe siècle, suivi du repli. Elle décrit sous l'apparente immobilité des institutions les tentatives d'innovations vouées à l'échec. La cause essentielle paraît être le « bouleversement de l'aire territoriale de Byzance », faisant fi des responsabilités individuelles. D'une grande finesse dans l'analyse et d'une vaste érudition, cet ouvrage apporte une importante contribution à l'étude de l'histoire de l'Empire byzantin." (Denise Reuillard, Bulletin des bibliothèques de France, 1979)

80.              LEVIS MIREPOIX (Duc de). La France féodale, 987-1515. P., Jules Tallandier, 1976-1977, 6 vol. in-8°, 380, 414, 380, 380, 396 et 330 pp, une illustration contrecollée en couleurs en frontispice de chaque tome, 432 gravures en noir, chronologies, cartes, reliures plein cuir bleu-vert très ornées de l'éditeur, têtes dorées, bon état. Maquette réalisée par Michel Schefer, reliure dessinée par Mercher, gravée par Couvreur, d'après un exemplaire au décor à répétition de la bibliothèque du Connétable de Montmorency

            120

Complet. – Tome 1. L'Implantation des Capétiens, 987-1180. – 2. Les Affrontements, 1180-1226. – 3. Le Siècle de Saint-Louis, 1226-1285. – 4. Le Roi et l'Eglise, 1285-1328. – 5. La France entre deux couronnes, 1328-1461. – 6. La Main passe au Roi, 1461-1515.

81.              MAIRE VIGUEUR (Jean-Claude). L'autre Rome. Une histoire des Romains à l'époque des communes (XIIe-XIVe siècle). Tallandier, 2010, in-8°, 560 pp, 6 cartes, 3 plans, 2 tableaux généalogiques, notes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Masquée par la cité antique et les volutes de l'âge baroque, la Rome médiévale a trop longtemps souffert d'un discrédit. Dès la Renaissance, l'image d'une ville à l'abandon et couverte de ruines avait été largement diffusée. Beaucoup se complaisaient à souligner l'avidité, la mesquinerie, l'ignorance des Romains du Moyen Âge et à opposer leurs vices aux vertus héroïques de leurs lointains ancêtres. La ville éternelle et ses habitants méritaient un autre traitement. Son histoire devait être réétudiée, pour rejoindre celle des plus grands centres urbains de l'Italie communale : Florence, Gênes ou Venise. C'est le pari que relève Jean-Claude Maire Vigueur, nous restituant enfin la Rome largement inconnue des XIIe, XIIIe et XIVe siècles. Dans cette synthèse, non dénuée d'humour, c'est toute l'expérience communale romaine qui nous est contée. Se côtoient alors barons et chefs du popolo, grands propriétaires terriens et simples journaliers, riches marchands, cardinaux et artistes, dans un décor mêlant constructions antiques et campaniles médiévaux, somptueuses cérémonies religieuses et fêtes de quartiers folkloriques. Ils redonnent enfin à la Rome médiévale, au-delà des clichés et des préjugés, toutes les couleurs de son temps. — Historien, spécialiste des cités-États italiennes du Moyen Age, Jean-Claude Maire Vigueur est professeur à l'université de Rome-III. Il a notamment publié “Cavaliers et citoyens. Guerre, conflits et société dans l'Italie communale, XIIe-XIVe siècle” (2003).

82.              OIKONOMIDÈS (Nicolas). Les listes de préséance byzantines des IXe et Xe siècles. Introduction, texte, traduction et commentaire. Editions du CNRS, 1973, gr. in-8°, 403 pp, 2 planches hors texte, 2 cartes, notes, index, reliure toile éditeur, rhodoïd, bon état (Coll. Le monde byzantin)

            80

L’ordonnancement des différents dignitaires et officiers de l'Empire byzantin lors des cérémonies fait l’objet d’un soin minutieux qui nous est connu par des traités de taxis (disposition) ou taktika, qui traduisent la hiérarchie des dignités et des fonctions. — "... On trouvera ici certainement tout ce qu'on peut dire de plus clair et de plus certain, dans l'état actuel des recherches, concernant les dignités et les charges impériales du IXe et du Xe siècle." (Jean Darrouzès, Revue des études byzantines, 1974)

83.              RIBALDONE (Thierry). La Chevalerie et les chevaliers brigands de la France au Moyen Age. Strasbourg, Publitotal, 1988, in-4°, 317 pp, texte sur deux colonnes, 256 gravures et photos en noir et 49 gravures et photos en couleurs dans le texte et hors texte, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, très bon état

            45

"Comme le cow-boy est la figure traditionnelle de l'Ouest américain du XIXe, le chevalier est sans conteste celle de l'Europe médiévale. Soit il défend le « bon droit » et c'est le chevalier idéalisé des chansons de geste, soit il se sert de sa chevalerie à des fins personnelles et c'est le seigneur brigand que vont s'efforcer d'anéantir les premiers Capétiens. La limite entre les deux est toutefois assez floue, surtout si l'on considère que les chevaliers « brigands » ou « pillards » le sont dans la mesure où ils s'opposent par leurs actes à la croisade unificatrice du royaume menée par les rois. Chacun, en fait, ne songe qu'à préserver, ou à augmenter, son patrimoine. L'un le fera sous la forme « légale » de la guerre, tandis que l'autre se mettra « hors-la-loi » en rançonnant les voyageurs qui traverseront ses terres..." (Avant-propos)

84.              SCHELLE (Klaus). Charles le Téméraire. La Bourgogne entre les lys de France et l'aigle de l'Empire. Fayard, 1979, fort in-8°, 485 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Entre 1361 et 1477, quatre générations de ducs de Bourgogne vont tenter de reconstituer l'ancien royaume de Lotharingie : Philippe le Hardi, rendu puissant par son mariage avec Marguerite de Flandres ; Jean sans Peur, dont l'assassinat par des Armagnacs consacrera la rupture avec la maison de France ; Philippe le Bon, grand-duc d'Occident, fondateur de l'ordre de la Toison d'Or, qui, au traité d'Arras en 1435, arrachera au roi de France la Picardie et les principales villes de la Somme ; Charles le Téméraire, enfin, qui, obsédé par le désir de transformer son duché en royaume, dilapidera le sang de ses hommes, l'or de ses coffres, et en trois batailles perdues (Grandson, Morat, Nancy) mènera la maison de Bourgogne à sa ruine. De ce prince, que la postérité a principalement jugé à travers ses démêlés - en fait un duel à mort - avec son cousin Louis XI, Klaus Schelle a brossé un portrait nuancé. Certes, il décrit les fastes de la cour de Bourgogne (festins au cours desquels on servait des pâtés d'où jaillissaient des musiciens, une naine, un géant, cérémonies qui éblouirent les contemporains les plus blasés), les spectaculaires campagnes guerrières du duc, mais, surtout, il s'attache à saisir une époque dans sa complexité : ainsi le "carrousel européen", pertinente analyse des intrigues quasi inextricables de la politique du temps ; ainsi le chapitre consacré à Jacqueline de Bavière, récit d'une destinée colorée ; ainsi la comparaison entre les moeurs guerrières des Suisses et celles des Lombards...

85.              WISE (Terence). Medieval Warfare. London, Osprey Publishing, 1976, in-8°, xiii-258 pp, 242 photos, cartes, plans, dessins et figures, dont 181 figures héraldiques, sources, biblio, glossaire, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            30

86.              YANNOPOULOS (P. A.). La société profane dans l’empire byzantin des VIIe, VIIIe et IXe siècles. Presses universitaires de Louvain, 1975, gr. in-8°, wlvii-331 pp, liste des souverains byzantins de 610 à 867, biblio, index, broché, bon état

            80

"Cet ouvrage est le résultat d'un impressionnant travail. Le lecteur trouvera les termes techniques concernant les professions exercées à Byzance, ainsi que les qualifications appliquées aux diverses couches sociales de la population. A la fin du livre, ces mots sont repris dans un index grec de consultation aisée ; à la suite un index analytique donne les noms propres cités et les principaux thèmes traités. La division de l'ouvrage en trois parties (Les personnes libres, Les personnes dont la liberté est limitée, Les personnes privées de liberté) fournit un cadre satisfaisant pour traiter la matière. L'auteur s'attache à décrire la condition des personnes plutôt que les structures sociales. La première partie (p. 11-213) est la plus volumineuse ; elle est subdivisée en trois chapitres : les milieux distingués, la couche moyenne, les situations inférieures. Dans la deuxième partie (p. 215-263), l'auteur traite des personnes dont la liberté était limitée, soit par le droit (colons, ouvriers des usines d'Etat, enfants naturels et bâtards), soit à cause de leur condition de minorités (Juifs, païens, sectes hérétiques). La troisième partie (p. 265-299) examine le statut et la situation des esclaves." (Albert Failler, Revue des études byzantines, 1977)

87.              [Zodiaque] – DIMIER (M.-Anselme) et Jean PORCHER. L'Art cistercien. France. La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1962, gr. in-8°, 356 pp, 150 héliogravures hors texte, 4 pl. en couleurs hors texte, cartes et plans, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, étui carton, bon état (la Nuit des Temps, 16)

            35

"Ce livre a la netteté et la clarté qui conviennent au sujet dont il traite. Il est également, ce qui explique ses qualités, l'œuvre d'hommes qui par leur vocation, leur vie et leurs travaux sont mieux à même que quiconque de dégager l'esprit qui imprègne l'art monastique en général, et plus particulièrement l'aspect exceptionnel que revêt l'art cistercien. Il s'agit de dom Angelico Surchamp, religieux bénédictin, et, pour la majeure partie de l'ouvrage, du r.p. Marie-Anselme Dimier, religieux cistercien, auteur de nombreux et remarquables travaux sur l'histoire, l'expansion et l'architecture de l'Ordre auquel il appartient. Les dernières pages du livre, consacrées aux manuscrits, ont été demandées à M. Jean Porcher, éminent spécialiste en la matière. Nous sommes ici pourvus de douze monographies solides et claires s'appliquant aux ensembles majeurs, entendons ceux qui nous sont parvenus. Le choix de ceux-ci ne pouvait être imprévisible ; cependant, des abbayes relativement peu connues comme l'Escale-Dieu, Léoncel ou Flaran sont mises ici très légitimement à l'honneur. On trouvera également, en tête de l'ouvrage, trente-six notices brèves consacrées trop souvent, hélas, à une manière de nécrologe dans lequel sont évoquées les abbayes mutilées dont certaines, ne seraient-ce que Cîteaux et Clairvaux, devraient revêtir, sans la stupidité des hommes, une importance capitale. Ces notices sont intelligemment présentées dans l'ordre historique, un index alphabétique permettant de retrouver aisément chacune d'elles. Tout cela, disions-nous, est clair, net, sans fioritures ni vaine littérature..." (René Crozet, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1963)

88.              ZUMTHOR (Paul). Histoire littéraire de la France médiévale. VIe-XIVe siècles. PUF, 1954, in-8°, 344 pp, notice bibliographique, index, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            35

"On connaît l'intelligente et précise “Histoire littéraire de la France médiévale” de Paul Zumthor." (Georges Duby, Annales ESC, 1958)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

89.              ANDRÉ (Louis). Louis XIV et l'Europe. Albin Michel, 1950, in-8°, xxix-395 pp, 4 planches et 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, broché, traces de scotch sur les gardes, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            25

"L'ouvrage de L. André constitue une solide et utile mise au point de nos connaissances sur la politique extérieure de Louis XIV. Ce livre restera aussi comme le testament d'un historien dont on aimerait voir imiter la scrupuleuse érudition et la parfaite exactitude." (Didier Ozanam, Bibliothèque de l'école des chartes, 1951)

90.              AUDIN (J.-M.). Histoire de la vie, des ouvrages et des doctrines de Luther. P., Maison, 1850, in-12, 526 pp, nouvelle édition revue et corrigée, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés, titres et caissons dorés (rel. de l'époque), trace de mouillure ancienne en coin, bon état

            30

"Nous avons déjà dit plusieurs fois que c'était aux écrivains protestans que nous devions de connaître avec plus d'impartialité l'histoire de plusieurs de nos pontifes. Il paraît que, par réciprocité, ce sera aux écrivains catholiques que les protestans devront de connaître avec plus de vérité l'histoire de leurs docteurs. C'est au moins ce que nous pouvons conclure de “l'Histoire de Luther” que vient de publier M. Audin. Cette histoire me paraît jeter un jour nouveau et vrai sur ce père de la réforme protestante. Après l'avoir lue avec attention, on s'étonne avec raison qu'un homme si immoral, si faux, si emporté, ait pu exercer une aussi grande influence sur ses contemporains ; on se demande comment tous ces premiers hommes de la réforme, auxquels nous sommes loin de refuser de grandes qualités, ont pu se laisser fasciner et entraîner par un esprit si éloigné de l'esprit de Dieu. Disons le, c'est qu'un esprit anti-chrétien, esprit de raisonnement, d'orgueil et de paganisme, faisait le fond de toute la science de ces docteurs, qui voulurent régénérer l'Eglise..." (L'Université catholique, 1841) — "M. Audin poursuit avec célérité la série de ses pamphlets injurieux contre les réformateurs et le protestantisme. Il a été déjà rendu compte de son “Histoire de Luther” dans “l'Evangéliste” du 1er février 1840. A cette occasion, on a signalé les tendances de la faction à laquelle appartient cet auteur, faction qui ne voit de salut pour les générations modernes que dans un retour absolu vers les beaux jours du moyen âge. M. Audin a embrassé la défense d'une Église qui certes a besoin d'être défendue, mais qu'il faut plaindre profondément de se voir réduite à prendre des champions de cette force..." (Le Lien, journal des églises réformées de France, 1841)

91.              CABOURDIN (Guy) et Georges VIARD. Lexique historique de la France d'Ancien Régime. Armand Colin, 1992, gr. in-8°, 325 pp, 2e édition revue et corrigée, cartes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. U)

            20

Ce “Lexique historique de la France d’Ancien Régime”, désormais classique, aborde, de manière claire et synthétique, des notions complexes et devenues bien souvent étrangères à notre temps, relevant des institutions, de la démographie, du droit, de la religion, des domaines politique, économique et social, de l’art et de la civilisation... Des définitions claires et des documents cartographiques font de cet ouvrage un outil de travail indispensable pour les étudiants d’histoire moderne et pour quiconque souhaite se familiariser avec le vocabulaire attaché à cette période. — Guy Cabourdin a été Professeur d’histoire moderne à l’université de Nancy II. Georges Viard est Professeur émérite d’histoire moderne à l’université de Nancy II.

92.              CHASTEL (André). Le Grand Atelier d'Italie, 1460-1500. Gallimard, 1965, in-4°, xi-417 pp, 358 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, dont 2 cartes dépliantes in-fine, bibliographie, dictionnaire-index, documentation complémentaire, archéologique et iconographique, reliure toile éditeur, signet, jaquette illustrée, tranche sup. lég. salie, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Edition originale. Riche iconographie

            70

« La redécouverte de Piero della Francesca et des peintres de Ferrare a jeté depuis un demi-siècle un jour nouveau sur l'activité du XVe siècle italien. Il est clair qu'il faut également se débarrasser de l'idée naïve donnée des « préraphaélites » au siècle dernier et dépasser l'interprétation par le « retour au gothique » qui fut à la mode il y a trente ans. On propose ici autre chose : l'étude des ateliers et des problèmes propres à chaque génération. L'identification d'un grand nombre de figures secondaires mais originales permet d'encadrer les initiatives saisissantes de Tura, de Crivelli, de la jeunesse de Pérugin et de Signorelli, de Botticelli et de Léonard, en n'oubliant pas que ces réussites ont pu être sans lendemain. Le conflit du style fort et du style doux confère à cette courte période de deux générations un intérêt supérieur. Celui-ci s'étend à tous les arts : l'architecture et la sculpture connaissent aussi des expériences intenses et contrastées : c'est la phase où se heurtent les extrêmes. Mais le trait le plus singulier, qu'on a essayé ici de mettre en pleine valeur, est la concurrence des grands arts qui semblent rivaliser dans un effort sans précédent pour s'absorber l'un l'autre. » (André Chastel)

93.              CHASTEL (André). Renaissance méridionale. Italie 1460-1500. Gallimard, 1965, in-4°, x-387 pp, 312 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, 3 cartes in-fine, bibliographie, dictionnaire-index, documentation complémentaire, archéologique et iconographique, reliure toile éditeur, signet, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Edition originale. Riche iconographie

            70

« L'Italie a conquis au cours de ce qu'on appelle la Renaissance un nouveau primat culturel et artistique, au moment précis où tout contribuait à lui ôter sa position privilégiée : la Méditerranée ottomane, l'expansion puissante des pays transalpins et les grands voyages aboutissant à la découverte de continents inconnus. C'est elle qui fournira les cadres intellectuels nécessaires à la représentation du monde et de l'histoire ; c'est elle qui imposera l'exigence artistique comme une instance supérieure de la culture. On s'interroge ici sur les ressorts de ce développement exceptionnel où l'Italie se trouve plus étroitement en contact avec le reste de l'Occident qu'on ne le croit d'ordinaire. Quelles sont les ressources originales de l'art italien dans la grande concurrence du Nord et du Midi ? La réponse est cherchée dans la diversité des centres de la péninsule, qui apparaît avec un relief et une couleur remarquables au temps de Ludovic le More, de Sixte IV, de Frédéric d'Urbin, de Laurent le Magnifique et d'Alphonse d'Aragon. Ces centres sont présentés ici pour la première fois comme essentiels par l'émulation qu'ils créent entre les milieux artistiques et par les échanges qu'ils assurent avec les pays voisins. C'est en intégrant toutes les nouveautés au grand mythe du renouveau que l'Italie a pris la tête de la culture occidentale. » (André Chastel) — "Renaissance méridionale" et "Le Grand Atelier d'Italie" ont été publiés pour la première fois en 1965 dans la prestigieuse collection "l'Univers des Formes". Couvrant la même période, la fin du Quattrocento (XVe siècle), ils ont été conçus par André Chastel comme un tout dont la publication a marqué une révolution dans la connaissance que l'on avait jusque-là en France de la Renaissance italienne et continuent aujourd'hui à jouer leur rôle d'ouvrages de référence. André Chastel y fait découvrir une Italie qui s'impose à toute l'Europe comme le lieu où l'exigence artistique, poussée à son sommet, apparaît comme une authentique volonté de culture. Elle est le grand atelier de l'Occident ou plutôt une multitude d'ateliers (les botteghe), dispersés dans les grands foyers artistiques (les centres) que sont alors Urbino, Florence, Rome... Dominés par des personnalités aussi exceptionnelles que Laurent le Magnifique, Federico da Montefeltro, Ludovic le More ou le pape Sixte IV. De ces ateliers naissent les chefs-d'œuvre de Piero della Francesca, Botticelli, Bellini, Ghirlandaio, Verrocchio, Léonard de Vinci, le Pérugin... Tableau, fresque, palais, église, sculpture, marqueterie, éléments décoratifs : les plus grands talents mis en compétition ne délaissent aucun genre. André Chastel donne un panorama érudit et passionnant de ce foisonnement. Il y applique avec rigueur ses méthodes d'analyse qui devaient profondément marquer l'histoire de l'art : approche du détail, circonstances de la commande, textes qui ont nourri l'inspiration de l'artiste – les œuvres les plus énigmatiques dévoilent leur sens dans leur extrême complexité.

94.              COLLISON-MORLEY (L.). Histoire des Borgia. Payot, 1951, in-8°, 348 pp, traduction de Théo Varlet, 8 pl. de gravures hors texte, une carte et 2 tableaux généalogiques, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

"Mon but dans ce livre a été de conter l'histoire des Borgia avec un arrière-plan historique suffisant pour la rendre intelligible et surtout de faire ressortir leurs caractéristiques en tant qu'êtres humains." (Introduction). — "L'auteur nous conduit au coeur d'une civilisation corrompue et là, dans la Cité Eternelle elle-même, met sous nos yeux un véritable panorama du luxe et du vice dans son impudique splendeur." (Daily Telegraph)

95.              DUFOURG (Robert). Un prélat amiral sous Louis XIII : Henri de Sourdis. Bordeaux, Raymond Picot Editeur, 1944, pt in-8°, 96 pp, broché, couv. rempliée lég. salie, état correct

            20

Sourdis fut au nombre de ces prélats qui, à l'instar du Premier Ministre, portaient la cuirasse et le buffle des gens de guerre et maniaient hardiment l'épée tout en rédigeant des ordres d'opérations militaires...

96.              ERLANGER (Philippe). La Monarchie française, 1515-1715. Du Roi-Chevalier au Roi-Soleil. P., Jules Tallandier, 1971-1977, 10 vol. in-8°, 377, 375, 375, 412, 377, 375, 378, 380, 410 et 410 pp, 657 gravures, portraits et fac-similés à pleine page, chronologie et annexes dans chaque tome, imprimés sur papier Fleur d'Alfa, reliures plein cuir fauve, dos lisses ornés de caissons à fleurs de lys dorés, auteur, titre et tomaison dorés, plats richement ornés avec fleurs de lys et couronne royale, tête dorée, signets (rel. de l'éditeur), qqs dos passés, bon état

            120

Complet. – Tome I : Francois Ier et Henri II, 1515-1559. La Renaissance francaise. – II : Les Guerres de religion, 1559-1574. Catherine de Medicis : de la tolérance au massacre. – III : Les Guerres de religion, 1574-1598. Le sacrifice de Henri III et le triomphe de Henri IV. – IV : Splendeur et mort de Henri IV, 1598-1610. Les jeux de l'amour et de la guerre. – V : Louis XIII et Richelieu, 1610-1624. Le grand désordre. – VI : Le règne de Louis XIII, 1624-1628. La révolution royale. – VII : Le règne de Louis XIII, 1628-1637. La grandeur avant le bonheur. – VIII : Le règne de Louis XIII, 1637-1643. La tragédie, le triomphe et la mort. – IX : Louis XIV, 1643-1680. L'ascension du soleil. – X : Louis XIV, 1680-1715. L'embrasement du crépuscule.

97.              FAŸ (Bernard). Louis XVI ou la fin d'un monde. La Table Ronde, 1981, in-8°, 378 pp, préface de Ghislain de Diesbach, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Le malheur de Louis XVI fut d'accéder au trône à une époque où il était impossible de l'occuper sans faire exactement l'inverse de ce que réclamaient les Français, tant il est vrai que ce que le peuple demande est rarement ce qu'il veut. Les Français étaient grisés du mot de " liberté", mais chaque liberté réelle que Louis XVI leur accordait cessait de leur plaire dès qu'ils en jouissaient et le joug, dont ils avaient tout loisir de se plaindre, leur devenait d'autant plus intolérable qu'il s'allégeait. "Sous ses prédécesseurs", remarquait Soulavie, un de ses sujets tardivement repentis, "le monarque était l'objet du culte des Français ; sous Louis XVI, les Français devinrent l'objet du culte du monarque." Ainsi l'amour, en changeant de camp, avait-il préludé au divorce entre le Roi et la nation. "Livre de justice et de réparation", écrivit Bernard Faÿ lorsque, voilà plus de vingt ans, il me dédicaça un exemplaire de Louis XVI ou la fin d'un monde que les Editions de la Table ronde ont l'excellente idée de rééditer. La modestie de Bernard Faÿ l'empêchait d'ajouter : "le meilleur livre sur Louis XVI". Il m'appartient de le dire aujourd'hui." (Ghislain de Diesbach, préface)

98.              GOUBERT (Pierre). La Vie quotidienne des paysans français au XVIIe siècle. Hachette, 1982, in-8°, 319 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Dans cette Vie quotidienne, qui se présente comme une suite de tableaux, les paysans du XVIIe siècle sont replacés dans leur terroir, leur maison, leur mobilier, comme dans leurs préoccupations : les problèmes du mariage, de la naissance, de la constitution des familles et de la mort. On les voit aussi au travail, qu'ils soient manouvriers, gros fermiers ou vignerons. Au village, les paysans ne sont pas seuls : quelques artisans, un cabaretier et un meunier souvent, un maître d'école parfois, complètent l'effectif habituel de la communauté. Les grands "ordres" de l'Etat sont la plupart du temps représentés par un curé et par un (ou plusieurs) seigneurs, généralement nobles, mais pas toujours. Ces tableaux sont le fruit de trente années d'études et de lectures.

99.              HAZARD (Paul). La Pensée européenne au XVIIIe siècle, de Montesquieu à Lessing. Fayard, 1963, in-8°, 469 pp, table analytique, broché, couv. à rabats, bon état

            25

Paul Hazard propose ici une synthèse magistrale de l'histoire de la pensée au XVIIIe siècle. Ce livre se compose de trois parties : "Le procès du christianisme" montre comment une pensée libre, émancipée de la religion, a pu progressivement s'affirmer. "La cité des hommes" expose les nouveaux principes d'organisation politique et d'éducation qui voient alors le jour. "Désagrégation" présente les questionnements des philosophes sur la vie, la justice ou la vérité, qui rompent avec les dogmes précédents et exposent des hypothèses hardies. Un ouvrage de référence. — "La publication posthume du dernier livre de Paul Hazard aura encore accru, s'il est possible, le regret causé par la disparition de l'illustre professeur. L'auteur aborde ici la période de la diffusion des idées nouvelles, qui est aussi celle de leur vulgarisation et de leur fixation en mythes. Nous ne pouvons songer à donner ici une analyse, même sommaire, de ce vaste ouvrage. Contentons-nous d'en rappeler le plan général. Paul Hazard nous montre tout d'abord comment le premier geste révolutionnaire du siècle a été de faire le procès du christianisme, le second d'établir, sur les ruines de la « Cité de Dieu » les fondements idéologiques de la « Cité des Hommes ». Dans sa dernière partie il indique comment les idées nouvelles ont été paralysées dans leur développement à la fois par leurs contradictions internes et par l'impuissance où se sont trouvés les plus grands esprits du siècle à les grouper en un corps de doctrines cohérent. En montrant avec quel juste souci d'éclectisme Paul Hazard a recueilli les documents dont il invoque le témoignage et quel parti il a su en tirer nous n'aurions pas rendu compte du véritable attrait d'un ouvrage dont le caractère érudit s'efface fort heureusement sous les couleurs exceptionnellement vives du style." (Roger Ledent, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1948)

100.          JOMAND-BAUDRY (Régine) et Jean-François PERRIN (dir). Le Conte merveilleux au XVIIIe siècle. Une poétique expérimentale. Editions Kimé, 2002, in-8°, 434 pp, 20 figures, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état

            25

Vingt-sept chercheurs de diverses nationalités confrontent leurs analyses sur le conte littéraire à l'âge classique en France, de Ch. Perrault à L.S. Mercier. Poétique du genre : autoréflexivité, ironie, polyphonie, approches thématiques : satire et merveilleux, libertinage et morale, allégorie et symbole, logiques du sens et du non-sens ; questionnements anthropologiques : identité et conscience, désir et loi, humanité et bestialité, l'« autre scène » et le réel ; intertextualités : échanges avec le roman, le théâtre, l'opéra, les arts graphiques. Ce faisceau d'interrogations dessine les contours d'une nouvelle étape dans les études contemporaines sur un genre en révolution permanente.

101.          [LA CROIX, Jean-François de]. Anecdotes des Républiques, auxquelles on a joint la Savoye, la Hongrie, et la Bohême. I. Gênes et la Corse, Venise et Malthe, et la Suisse. – II. La Flandre et la Hollande, la Savoye, la Hongrie et la Bohême. P., Chez Vincent, 1771, 2 forts vol. in-12, viii-288-298-218 et (2)-322-116-154-208 pp, reliures plein veau marbré, dos à 5 nerfs orné de caissons dorés, pièce de titre basane carmin, tranches rouges (rel. de l'époque), un mors fendu sur 2 cm au tome I, coins émoussés, bon état. Edition originale (Barbier, 1, 181 ; Starace, 2212)

            200

Plaisant recueil de faits historiques présentés chronologiquement, et qui connut un certain succès d'estime. (Cioranescu, XVIII, 35480).

102.          LENOIR (Raymond). Les Historiens de l'esprit humain : Fontenelle, Marivaux, Lors Bolingbroke, Vauvenargues, La Mettrie. Félix Alcan, 1926, in-12, viii-172 pp, broché, bon état (Bibliothèque de philosophie contemporaine)

            25

"L'auteur a réuni, dans ce volume, cinq études respectivement consacrées à Fontenelle, Marivaux, lord Bolingbroke, Vauvenargues et La Mettrie. Il donne de ces philosophes une biographie psychologique et étudie avec beaucoup de pénétration leur système de l'homme. Psychologues, moralistes, observateurs et réformateurs sociaux, ces cinq esprits d'origine et de formation bien différentes, nous apparaissent cependant unis par le discernement avec lequel ils surent apercevoir les traits profonds de la vie sociale qui les entourait, par leur rationalisme et en même temps par leur confiance dans la force du sentiment d'humanité. M. Lenoir, dont le livre sur Condillac n'a pas seulement prouvé sa prédilection pour le « siècle des lumières », mais sa maîtrise à dominer et reconstituer les systèmes philosophiques, a su, dans ce groupe d'études, donner beaucoup de vie à ses personnages et à leurs idées." (Revue d'histoire économique et sociale, 1927)

103.          LORRIS (Pierre-Georges). La Fronde. Albin Michel, 1961, in-8°, 422 pp, 2 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Le sujet choisi par M. Lorris ne manquait pas d'ambition. Tenter une explication de la Fronde était un dessein aussi utile que malaisé ; car, si la plupart des faits de cette période de cinq années parmi les plus confuses de notre histoire sont connus depuis longtemps, leur interprétation reste difficile. M. Lorris se contente d'affirmer dès la première page : « La Fronde fut la dernière révolte de la Féodalité », ce qui paraît un peu court comme explication, si l'on considère que les grands seigneurs ne furent ni les premiers ni les seuls à « s'émouvoir », et que la participation populaire a donné souvent à la Fronde un aspect révolutionnaire. Que l'on pense à l'Ormée de Bordeaux, cette République que M. Lorris ne cite qu'en passant, consacrant la majeure partie de son gros volume à la description minutieuse des troubles parisiens. Ceci dit, le ton de l'ouvrage est agréable, les scènes tumultueuses de la Fronde gardent sous la plume de M. Lorris un peu de la chaleur des descriptions passionnées du cardinal de Retz, que l'auteur suit de très près." (Georges Dethan, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

104.          MAGNE (Emile). Madame de Lafayette en ménage. D'après des documents inédits. Emile-Paul, 1926, in-12, xi-293 pp, 10 gravures et fac-similés hors texte, broché, bon état. Edition originale, un des 16 ex. numérotés sur papier de Hollande (seul grand papier)

            50

"M. Emile Magne, ayant cherché et découvert les papiers inédits des Lafayette, publie un important volume intitulé “Madame de Lafayette en ménage”. Il nous y découvre, avec son talent habituel, l'intimité jusqu'à l'heure complètement inconnue, de la créatrice du roman psychologique. Nous détachons de cet ouvrage vivant et pittoresque cette « résurrection » du château d'Espinasse aujourd'hui disparu et où la comtesse fit un agréable séjour. M. de Lafayette a voulu, cette fois, recevoir sa jeune femme en sa maison d'Espinasse où il lui semblait qu'elle dût se plaire davantage. Atteint le plateau, la route traverse le village, tourne à droite, longe encore la forêt, aboutit a une esplanade. Entouré de fossés, muni d'un pont-levis, le château, édifié de biais, dressant entre deux tours rondes un corps de bâtiment, commande une spacieuse vallée ; domine les hauteurs lointaines. Mme de Lafayette ne prend point la peine d'examiner le paysage. Le curé et les gens du pays assemblés à l'entrée du pont-levis lui font une grande manifestation d'amitié. Elle les salue, dit quelques mots à l'un et aux autres, puis, pressée de prendre du repos, descend du carrosse, franchit le fossé, entre dans le vestibule où des serviteurs l'accueillent. Une bonne odeur de pain chaud monte de la cuisine contiguë. M. de Lafayette, la conduisant maintenant, traverse la grande salle meublée de hautes chaires et d'une table immense, parée d'une tapisserie de haute lice représentant les diverses physionomies d'une noce de village auvergnat..." (Le Figaro, 1926)

105.          MALLET (Francine). Molière. Grasset, 1986, gr. in-8°, 478 pp, chronologie, 2 tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le plus populaire des écrivains français, et en même temps le plus mystérieux, Molière, avait besoin d'être redécouvert. Etait-il un bohème de génie, qui aurait appris son métier le long des routes, ou au contraire aborda-t-il le théâtre déjà muni d'une solide culture ? Quelles influences intellectuelles a-t-il subies ? Quels furent ses rapports avec Louis XIV, sans l'appui duquel il n'aurait jamais pu devenir Molière ? Etait-il incroyant, ou religieux ? Où peut-on le mieux capter sa pensée, dans Tartuffe ou dans Don Juan ? Pourquoi la comédie ? Pourquoi cette prédilection pour la couleur verte ? Autant de questions, grandes ou petites, auxquelles ce livre s'efforce de répondre, en présentant de l'auteur le plus joué en France un portrait décapé et vif, aussi brillant qu'exhaustif.

106.          [Médecine] – FRANCO (Pierre). Traité des Hernies, contenant une ample declaration de toutes leurs espèces, & autres excellentes parties de la Chirurgie assavoir de la Pierre, des cataractes des yeux, & autres maladies, desquelles comme la cure est perilleuse, aussi est de peu d'hommes bien exercée : avec leurs causes, signes, accidens, anatomie des parties affectées, & leur entiere guarison. Par Pierre Franco de Turriers en Provence. Cercle du Livre Précieux, 1964, in-12, (32)-555 pp, 25 gravures sur bois hors texte, bandeaux, lettrines, reliure plein cuir de l'éditeur, dos lisse avec auteur et fleurons dorés, coiffes et coupes lég. frottés, bon état (Coll. Monumenta medica). Réimpression en fac similé de l'édition de Lyon, Thibauld Payan, 1561

            30

Le chirurgien Pierre Franco (150?-1578), créateur de la taille hypogastrique, de l'opération de la cataracte et de la cure chirurgicale des hernies avec conservation du testicule, est considéré comme un des plus grands chirurgiens de la Renaissance et un grand urologue avant la lettre. — "La chirurgie française naquit au XVIe siècle, des travaux de deux hommes de génie, Ambroise Paré et Pierre Franco." (Richerand, 1825)

107.          MEYER (Jean). L'Europe des Lumières. Le Coteau, Editions Horvath, 1989, gr. in-8° carré, 444 pp, environ 200 gravures, portraits, dessins d'armes et d'uniformes, monnaies, cartes et plans, en noir dans le texte, et 19 illustrations en couleurs sur 12 planches hors texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Histoire de l'Europe)

            50

États européens au milieu du XVIIIe siècle ; Comment s'est formée l'Europe française des Lumières ? ou le « bonheur de vivre » de la première moitié du siècle ; La phase 1715-1740 : la « Génération du sourire » ; Le renversement des tendances : les guerres du milieu du siècle (1740-1763) ; L'Europe du prélude à la tempête (1763-1790).

108.          MICHELET (Jules). Renaissance et Réforme. Histoire de France au XVIe siècle. Laffont, 1982, fort in-8°, 816 pp, préface de Claude Mettra, chronologie de Véronique Bedin, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

            20

Cette histoire du XVIe siècle tient une place capitale dans l'oeuvre de Michelet. Pendant dix ans, il s'est enseveli dans l'histoire de la Révolution, il en a, en son coeur et en sa chair, partagé intimement les fièvres, les angoisses, et les illusions. Il en est sorti dans un état de grand épuisement intérieur. C'est à travers la Renaissance qu'il va s'efforcer de renaître à lui-même, d'opérer sa propre résurrection. "Un homme est son propre Prométhée", dira-t-il en 1867 en dressant l'inventaire de toute son oeuvre, et nulle époque ne répond mieux pour lui à cette vocation prométhéenne de l'humanité. Car, au coeur du XVIe siècle, il retrouve cette passion d'être, cette ardeur de vivre que la civilisation moderne lui semblait avoir profondément érodées. La figure centrale de cette fresque, c'est Rabelais, celui qui s'aventure dans les chemins de la connaissance comme le fit aux temps mythiques l'enchanteur Merlin : en riant. Et ce qu'il nous murmure ici, à travers Michel-Ange, Dürer ou Luther, c'est que la seule voie ouverte à notre désir est celle de la joie. Le XVIe siècle est une expérience du bonheur : somptueuse et dérisoire, tragique et absurde comme toutes les entreprises humaines, elle est cependant la seule expérience que les dieux nous jalousent, la seule qui nous ouvre à notre condition vraiment divine.

109.          MONGRÉDIEN (Georges). La vie quotidienne des comédiens au temps de Molière. Hachette, 1982, in-8°, 284 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Comment vivaient les comédiens du XVIIe siècle ? C'est ce que leur historien, Georges Mongrédien, nous décrit avec précision, en les replaçant d'abord dans a société de leur temps, puis dans leurs propres théâtres, Hôtel de Bourgogne, théâtre du Marais, Palais-Royal, Comédie-Française, Italiens, Opéra. Nous voyons ces artistes vivre dans les coulisses et à la scène régler tous les problèmes de la représentation théâtrale – décors, mise en scène, costumes –, évoluer dans leur vie familiale et professionnelle. A l'histoire des grands acteurs parisiens, Georges Mongrédien ajoute celle, plus pittoresque encore, des comédiens errants, que, grâce à des documents nouveaux, il a pu suivre dans leurs pérégrinations à travers la France et l' Europe entière. Ce livre, dû à un spécialiste, qui ne néglige pas l'anecdote, constitue un panorama très animé de la vie théâtrale en France au XVIIe siècle, depuis les premiers farceurs de l'Hôtel de Bourgogne jusqu'aux grands interprètes du théâtre classique.

110.          PARMENTIER (A.). Album historique. 3. Le XVIe et le XVIIe siècle. – Habitation, vêtement, alimentation, mobilier, etc. – Armes, sciences, industries, commerce, agriculture, etc. – Voyages, beaux-arts, enseignement, etc. – L'Eglise, les institutions, la guerre, etc. Armand Colin, 1910, in-4°, viii-292 pp, entre 1500 et 2000 gravures, 3 index, reliure demi-chagrin carmin, dos lisse à faux-nerfs soulignés à froid, titres et caissons dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré de la ville de Paris au 1er plat (rel. de l'époque), bon état

            80

Le troisième des 4 volumes de l'Album historique Lavisse. Plus de 1500 gravures. — Remarquable ensemble documentaire pour l'histoire de la vie quotidienne et de la vie privée : environ 1800 illustrations, choisies dans les domaines les plus variés. L'agrégé d'histoire et de géographie, André Parmentier (1865-1932) avait été distingué, au début des années 1890 par Ernest Lavisse (1842-1922) pour mettre à jour les manuels d'histoire de Victor Duruy publiés chez Hachette, et il lui confia ensuite la rédaction des quatre volumes de cette série richement illustrée, publiée sous sa direction, qui parut d'abord en livraisons mensuelles et que l'on peut considérer comme un précieux complément à l'Histoire de France de Lavisse. – "L'histoire est, pour partie, une description", souligne Lavisse, "c'est pourquoi tout livre d'histoire devrait être un livre d'images, et l'enseignement historique deviendra vraiment intelligible quand il commencera par montrer, expliquer et commenter des objets, des figures et des scènes." – "Nous avons rassemblé dans ce volume", écrit Parmentier, "des documents relatifs aux usages de la vie privée et de la vie publique : costumes, objets de toilette, bijoux, habitations, mobilier, etc. ; et ce qui a trait aux usages publics : monnaies, édifices de toutes sortes, palais, églises, etc. De courtes légendes, aussi concises que possible, accompagnent ces gravures et donnent soit l'historique du monument, soit une description de l'objet représenté. En outre, un texte sobre sert de lien entre toutes les gravures. Nous nous sommes efforcés d'y condenser des renseignements sur un grand nombre de faits qui ne trouvent pas place d'ordinaire dans les livres d'histoire."

111.          PEREY (Lucien). La princesse Hélène de Ligne. Histoire d'une grande dame au XVIIIe siècle. Calmann-Lévy, 1925, in-12, xii-488 pp, broché, bon état

            25

"Le nouvel ouvrage de M. Lucien Perey offre, à coup sûr, une lecture constamment agréable et, dans certaines parties, d'une piquante nouveauté. La grande dame de M. Perey est une Polonaise amenée enfant à Paris, en 1771, par son oncle l'évêque de Wilna, élevée à l'Abbaye-au-Bois, mariée sans amour à un grand seigneur belge, le prince Charles de Ligne, se prenant un jour d'une folle passion pour l'un de ses compatriotes, le comte Potocki, qu'elle rencontre dans un voyage en Pologne ; oubliant alors son mari, sa fille, sa fastueuse et délicieuse existence, n'ayant plus qu'une pensée, qu'un but, devenir la femme de l'homme dont elle ne s'abaisserait pas à être la maîtresse, et saluant comme une délivrance la mort de son mari, emporté par un boulet dans les défilés de l'Argonne. M. Lucien Perey, qui a le goût des choses inédites, l'art de les découvrir et le talent de les mettre en œuvre, a écrit l'histoire d'Hélène Massalska à l'aide de documens originaux dont le plus curieux est le récit fait par Hélène de son séjour à l'Abbaye-au-Bois..." (Ernest Bertin, Journal des débats politiques et littéraires)

112.          PEREZ (Joseph). L'Espagne des rois catholiques. Bordas, 1971, in-8°, 127 pp, 2 cartes, notes bibliographiques, index, broché, qqs soulignures stylo et surlignures stabilo, état correct (Coll. Etudes)

            20

Une mise à jour claire et précise, appuyée sur une information rigoureuse et scientifique. Avec textes en espagnol et traductions. Par Joseph Pérez, professeur émérite à l’université de Bordeaux III, ancien directeur de la Casa Velázquez.

113.          POULOT (Dominique). Les Lumières. PUF, 2000, in-8°, 419 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Premier Cycle)

            30

Les Lumières ont longtemps excité les passions tant leurs interprètes y trouvaient matière à interroger, avec les origines de la Révolution française, celles de la modernité. Aujourd'hui, si bien des valeurs contemporaines lui demeurent liées, le siècle des philosophes s'inscrit dans une histoire plus large des imaginaires sociaux, des représentations du temps et des consommations culturelles, qui embrasse toute l'Europe. C'est rendre hommage à la fécondité d'un mouvement qui, au-delà de l'appel général à l'émancipation célébré par Kant, n'a cessé d'affirmer sa conscience de soi et de reconnaître sa part d'ombres - de revendiquer aussi, parfois, le frivole, mais toujours au nom de l'actualité. On s'emploie ici à décrire le système culturel des Lumières, sa géographie comme sa prodigieuse diversité sociale et intellectuelle, et d'abord le jeu de ses institutions, de ses relais et de ses pratiques - des sociabilités à l'opinion publique. On veut saisir ensuite cette intelligence en actes, qui imprime sa marque au sein du nouvel espace public, dans une tension inédite de l'expérience à la prévision. Des projets d'amélioration au souci humanitaire, de l'éloge de l'artisan au culte des grands hommes, les Lumières imaginent un nouvel art du possible et de l'utile à partir d'une première multiplication des ressources et des inventions. Enfin le modèle, à la fois épistémologique et psychologique, de la "sensibilité" débouche sur la quête du bonheur, sans mettre fin aux marginalités, tandis que l'élaboration de répertoires, des concerts aux musées, construit une nouvelle jouissance des arts, entre conscience patrimoniale et dessein d'émulation.

114.          PRUDHOMME (A.). Histoire de Bayart. Tours, Alfred Mame, 1889, in-12, 288 pp, 4 gravures (dont un portrait de Bayart en frontispice), reliure demi-basane époque, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et filets dorés, encadrements à froid sur les plats, fer de lycée doré au 1er plat (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            30

"Pierre Terrail, seigneur de Bayart, sortait d'une vieille et noble famille du Dauphiné, plus riche de gloire que de biens de ce monde." Entré au service du roi de France Charles VIII, le jeune Bayart s'illustre dès la première campagne d'Italie en 1494, qui s'achève par la prise du royaume de Naples. Bayart demeure au service du roi Louis XII et poursuit son périple italien, de Gênes à Padoue, de Brescia à Ravenne. Le roi relance la guerre pour le Milanais, conquête éphémère, que reprend François Ier en 1515 au lendemain de l'éclatante bataille de Marignan. La mort de Bayart à la bataille de la Sesia en 1524 sonne le glas des ambitions françaises en Italie, dont l'histoire a préservé le souvenir du "chevalier sans peur et sans reproche". — L'auteur, chartiste, était archiviste de l'Isère.

115.          VOVELLE (Michel). Mourir autrefois. Attitudes collectives devant la mort aux XVIIe et XVIIIe siècles. Gallimard/Julliard, 1974, in-12, 237 pp, 16 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            19

Lyrisme visionnaire et convulsé de l'âge baroque, cérémonies exemplaires du Grand Siècle, sérénité désinvolte ou emphatique des Lumières, émotion retrouvée des cimetières romantiques : La mort n'a pas cessé de changer. A travers les correspondances et les épitaphes, les oraisons funèbres et les testaments, M. Vovelle retrouve les gestes, les images et les rites d'un monde perdu, les attitudes collectives des hommes devant la mort, des guerres de religion à l'aube du monde contemporain.

RÉVOLUTION

 

116.          Anonyme. Le Réveil du Tiers-Etat, c'est-à-dire de la Nation ; ou principes d'ordre social. P., EDHIS, 1977, in-12, (6)-99 pp, broché, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, 1789, tirage limité à 150 ex. numérotés sur papier vergé seulement

            40

117.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XC : du 14 floréal au 6 prairial An II (3 mai au 25 mai 1794). Editions du CNRS, 1972, in-4°, 720 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

La publication du grand corpus des Archives Parlementaires date d'une décision prise par le Corps Législatif en 1862. Initialement conçue comme une suite à la Réimpression de l'Ancien Moniteur, la collection devait se limiter à la période 1800-1860. En 1867, elle fut étendue à l'époque révolutionnaire (1re série), incluant même l'Assemblée des Notables de 1787. Après une longue interruption (1913-1961), la publication a été reprise par l'Institut d'Histoire de la Révolution française, grâce à l'aide de l'Assemblée Nationale et du Sénat. — "... La publication des Archives Parlementaires ne prétend nullement « restituer » les séances journalières de la Convention. Mais la série entend donner de précieux instantanés changeants des rapports de force à l’Assemblée et de l’ensemble de l’opinion publique nationale, dans ses bavardages et ses silences. Du « gigantesque remue-ménage » de la Révolution, écrit Michel Vovelle, il est « un reflet dans une source particulièrement riche, voire privilégiée », les adresses et pétitions que « rassemblent les volumes des Archives Parlementaires » [Michel Vovelle, La découverte de la politique. Géopolitique de la Révolution française, 1993]. On ne saurait rendre plus bel hommage au travail effectué depuis un demi-siècle pour rendre ce corpus patrimonial digne des exigences actuelles de la recherche." (Corinne Gomez-Le Chevanton et Françoise Brunel, “La Convention nationale au miroir des Archives Parlementaires” , 2015)

118.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCI : du 7 prairial au 30 prairial an II (26 mai au 18 juin 1794). Editions du CNRS, 1976, in-4°, 844 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

119.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCII : du 1er messidor au 20 messidor an II (19 juin au 8 juillet 1794). Editions du CNRS, 1980, in-4°, 572 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

120.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCIII : du 21 messidor au 12 thermidor an II (9 juillet au 30 juillet 1794). Editions du CNRS, 1982, in-4°, 776 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

121.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCIV : du 13 thermidor au 25 thermidor an II (31 juillet au 12 août 1794). Editions du CNRS, 1985, in-4°, 636 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

122.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCV : du 26 thermidor au 9 fructidor an II (13 août au 26 août 1794). Editions du CNRS, 1987, in-4°, 560 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

123.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCVI : du 10 fructidor au 22 fructidor an II (27 août au 8 septembre 1794). Editions du CNRS, 1990, in-4°, 448 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

124.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCVII : du 23 fructidor an II au 2 vendémiaire an III (9 au 23 septembre 1794). CNRS Editions, 1993, in-4°, 472 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

125.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCVIII : du 3 vendémiaire au 17 vendémiaire an III (24 septembre au 8 octobre 1794). CNRS Editions, 1994, in-4°, 504 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

126.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome XCIX : du 18 vendémiaire au 2 brumaire an III (9 octobre au 23 octobre 1794). CNRS Editions, 1996, in-4°, 472 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

127.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome C : du 3 au 18 brumaire an III (24 octobre au 8 novembre 1794). CNRS Editions, 2000, in-4°, 656 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

Ce nouveau volume, le centième, introduit le lecteur au cœur de la politique post-thermidorienne. Il offre plusieurs centaines d'adresses félicitant la Convention pour les principes exposés le 18 vendémiaire an III (9 octobre 1794). Il présente aussi le début du processus qui conduit au procès de Carrier, avec la mise en place d'une commission de vingt-et-un membres le 8 brumaire an III (29 octobre 1794). Enfin, certains grands Rapports marquent le nouveau cours de la Révolution : dénonciation du "vandalisme" par Grégoire (8 brumaire), création de l'Ecole normale présentée par Lakanal (9 brumaire), levée du séquestre mis sur les biens des suspects détenus proposée par Oudot (11-12 brumaire). Comme les précédents volumes, le tome C est fondé sur le Procès-Verbal de la Convention et reproduit les documents conservés dans la série C des Archives Nationales, complétés par les apports des principaux journaux de l'époque.

 

128.          Archives Parlementaires. Archives Parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des chambres françaises, Première série (1787 à 1799). Tome CI : du 19 au 30 brumaire an III (9 au 20 novembre 1794). CNRS Editions, 2005, in-4°, 520 pp, texte sur 2 colonnes, table chronologique, index, broché, bon état

            50

Ce tome couvre la période qui va du 19 au 30 brumaire an III. Il présente les débats et documents d’un tournant majeur du « moment thermidorien ». L’orientation accentuée de la politique « antiterroriste » est marquée par des actions fortes et symboliques, la fermeture du club des Jacobins de Paris et l’ouverture du procès de Carrier, érigé en figure emblématique des acteurs de l’an II que l’on commence à nommer «buveurs de sang». Ce nouveau volume nous fait pénétrer dans les prémices d’une politique de la revanche dont Edgar Quinet avait déjà souligné l’ampleur.

129.          BLANC (Olivier). Les Espions de la Révolution et de l'Empire. Perrin, 1995, in-8°, 371 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Pendant vingt ans, une dizaine d'individus, tous aussi peu connus les uns que les autres, ont corrompu, intoxiqué, surveillé, retourné les plus puissants personnages de la Révolution, de l'Empire mais aussi des cours européennes. En puisant dans les vastes archives inexplorées des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur, Olivier Blanc découvre les réseaux de l'argent caché qui expliquent les étranges recrutements de Lebrun ou de Brissot, les fuites du Comité de Salut public, la subversion antitsariste menée via Hambourg. On y apprend aussi la vérité sur Barère. Montgaillard et le comte d'Antraigues ; les « intox » et les complots fomentés au sein du Conseil secret de Louis XVI comme par le génie de Talleyrand, dont on ne sait s'il organise ces manigances à son service, à celui de l'Etat ou de son maître, Bonaparte. On y découvre enfin une curieuse affaire des Irlandais qui rappelle un épisode récent et prouve que la raison d'Etat obéit à des mobiles éternels. Voici dévoilée pour la première fois la toile d'araignée de la diplomatie secrète et des groupes d'influence à une période décisive de l'histoire européenne. — "Espionnage, contre-espionnage, intoxication, manipulation : c'était une sorte de manie sous la Révolution et sous l'Empire ; chaque autorité avait sa police et sa contre-police, ses mouchards, ses informateurs, ses contrats avec « l'ennemi », les agents doubles ou triples pullulaient, par goût de l'intrigue, de l'aventure ou de l'argent. Olivier Blanc dresse une fresque rapide de ces multiples intrigues qui s'entrecroisent, avec ses « réseaux » royalistes, anglais, jacobins, ses personnages-clefs, comme d'Antraigues ou l'étonnante Madame de Bonneuil (belle-mère du président de la Section de l'Intérieur, Regnaud de Saint-Jean-d'Angely). L'espionnage anglais règne en maître en France, au moins jusqu'à 1805, il pénètre l'appareil révolutionnaire (et c'est là sans doute l'apport le plus intéressant du livre). Olivier Blanc a beaucoup travaillé, beaucoup lu, il connaît ses archives, donne ses références, mais il est parfois trop rapide, trop affirmatif car les sources sont parfois biaisées. Ce livre donne un peu le tournis, son désordre est volontaire ; mais c'est peut-être mieux ainsi, et cela se lit très bien." (La Revue administrative, 1996)

130.          BONNET (Jean-Claude)(dir). La Carmagnole des muses. L'homme de lettres et l'artiste dans la Révolution. Armand Colin, 1988, gr. in-8°, 425 pp, 79 illustrations, notes, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

"L'équipe de J.-Cl. Bonnet récidive après une originale “Mort de Marat”, voici maintenant, plus ambitieuse dans son objet mais similaire dans sa démarche, cette belle Carmagnole des muses. Dix-sept signatures permettent de répondre à une interrogation plus vaste : comment la Révolution a-t-elle touché l'homme de lettres et l'artiste ? La multiplicité des points de vue et l'accumulation des compétences sont ici bienvenues pour surmonter les inévitables obstacles dont le principal est constitué par l'obsessionnelle dichotomie : Révolution destructrice - Révolution "conservatrice". (...) Les contributions sont regroupées autour de cinq pôles d'intérêt : institutions culturelles, destin de l'art, puissance du verbe, violence et identité, les oeuvres de la Révolution. Ces contributions attendues, solides et subtiles, constituent l'ossature obligée de l'ouvrage. (...) Mais ce qui fait tout autant la spécificité d'un tel recueil, par-delà la pluralité des approches, est la qualité de l'écriture et la justesse générale du ton..." (Claude Langlois, Annales ESC, 1989)

131.          BUONARROTI (Philippe). Gracchus Babeuf et la Conjuration des Egaux. Préface et notes par Arthur Ranc. P., Armand Le Chevalier, 1869, in-12, 209 pp, reliure plein papier fantaisie, dos lisse, pièce de titre chagrin fauve (rel. de l'époque), pt mque de papier en tête, bon état (Coll. Les Grands Procès politiques)

            100

La Conspiration pour l'égalité dite de Babeuf est le premier grand récit de l'époque contemporaine défendant l'égalité sociale radicale, celui d'un homme « demeuré convaincu que cette égalité (...) est la seule institution à concilier tous les vrais besoins, à bien diriger les passions utiles, à enchaîner les passions dangereuses, et donner à la société une forme libre, heureuse, paisible et durable ». Lorsque paraît “Gracchus Babeuf et la conjuration des égaux” (ou “Histoire de la Conjuration pour l'Égalité, dite de Babeuf”) de Filippo Buonarroti, en 1828, l'Europe entière est monarchique. À Paris, le nom de Robespierre est imprononçable et les révolutionnaires sont réduits au silence depuis 1815. Buonarroti, compagnon de Babeuf, livre avec ce texte un récit passionnant et extraordinairement vivant de la Révolution française et de la conjuration menée par Gracchus Babeuf, promoteur d'une utopie de combat, pour instaurer l'égalité sociale et la communauté des biens en 1796-1797. Un classique de la littérature révolutionnaire.

132.          CASANOVA (Antoine) et Ange ROVÈRE. La Révolution française en Corse. Toulouse, Privat, 1989, gr. in-8°, 316 pp, 63 gravures, fac-similés et cartes, chronologie, biblio, index, ex. numéroté sur vélin spécial Lourmarin, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Histoire provinciale de la Révolution française)

            30

"Cet ouvrage illustre parfaitement la controverse qui, depuis plusieurs années déjà, divise les spécialistes de l'histoire corse en partisans du temps long d'un côté, du temps court de l'autre. Nous la rappelons brièvement. Selon les premiers (j'en suis), vue de Corse, la décennie 1789-1799 n'est que le troisième acte d'un drame commencé soixante ans avant la réunion des États Généraux ; il convient donc de l'examiner à la lumière des précédents : la révolution corse proprement dite (1729-1769), la conquête et les vingt années d'occupation qui la séparent de la française. D'après les seconds, en revanche (les auteurs de l'ouvrage en question sont du nombre), dans notre île comme ailleurs, la période révolutionnaire se suffit à elle-même..." (Jean Defranseschi, Annales historiques de la Révolution française, 1990)

133.          CERUTTI, RABAUD SAINT-ETIENNE, GROUVELLE et GUINGUENÉ. La Feuille villageoise, adressée chaque semaine à tous les villages de France, pour les instruire des lois, des évènements, des découvertes qui intéressent tout citoyen. Premier volume de la première année. P., Desenne, 1790-1791, in-8°, 500-(11) pp, Tête de collection compléte du premier numéro publié le 30 septembre 1790 au n° 27 (31 mars 1791). Pagination continue (500 pp), plus 11 pp. de table alphabétique des matières traitées, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titre et filets dorés (rel. de l'époque), un mors fendu, plats et coupes frottés, coins émoussé, qqs annotations crayon, bon état

            150

"La Feuille villageoise avait pour but, comme l'indique d'ailleurs son titre de mettre à la portée de tous sous une forme simple et dans un style clair, l'exposé successif des lois, des événements et des découvertes qui pouvaient intéresser les campagnes. Aussi est-ce moins un journal, au sens propre du mot, qu'un recueil de leçons élémentaires et de dissertations techniques où la politique n'eut au début du moins, que la plus faible part. Ses fondateurs furent Rabaud-Saint-Etienne qui se retira d'ailleurs au bout de la première année, Philippe Grouvelle et Joseph Cerutti auquel succéda Pierre-Louis Guinguené. Parmi les collaborateurs figurent Mme de Genlis qui signait Sillery, Gilbert Romme, Kersaint, Lanthenas, Jacques Boileau et François de Neufchateau, qui y donna une notice sur Cerutti. La Feuille villageoise suspendit sa publication au n° 53 de la cinquième année (2 août 1795) mais plus d'un après et presque jour pour jour (le 10 août 1796) parut un n° 54 que M. Hatin n'a pas connu et qui doit manquer à beaucoup d'exemplaires. Sous le titre d'Adieux aux bons villageois, Guinguené y exposait les motifs de son silence et annonçait qu'il espérait bien un jour reprendre ses entretiens, mais cette promesse comme la plupart de celles du même genre, ne fut jamais tenue." (Tourneux, II, 10571) – Voir aussi Melvin Edelstein, “La Feuille villageoise : communication et modernisation dans les regions rurales pendant la Revolution”, Bibliothèque Nationale, 1977.

134.          COCHIN (Augustin). Les Sociétés de Pensée et la démocratie moderne. Etudes d'histoire révolutionnaire. Copernic, 1978, in-8°, 216 pp, broché, bon état

            30

Augustin Cochin (1876-1916) a tenté de penser l'originalité de la crise révolutionnaire. — "Bien que François Furet eût démontré dans “Penser la Révolution française” combien les écrits de Cochin présentaient d’intérêt non seulement pour la compréhension de la Révolution, mais plus généralement pour l’étude de la politique moderne, celui-ci demeura le supposé tenant de la version royaliste et catholique de la Révolution et le continuateur de l’abbé Barruel. Comparer Cochin à l’inventeur de la thèse qui imputait le déclenchement de la Révolution, le régicide et la Terreur à un complot maçonnique ourdi avec la complicité des Philosophes pour renverser le trône et l’autel était injuste. Augustin Barruel, dont la haine de la Révolution était née au moment des massacres de septembre 1792, était convaincu de l’existence d’un vrai complot qui avait son cœur dans la secte des « Illuminés de Bavière » et disposait de relais et de ramifications dans toute l’Europe. La conspiration, à ses yeux, était européenne, fille des Lumières, anticatholique et antimonarchique, et le plan avait été méthodiquement mis à exécution par les révolutionnaires, sous l’impulsion de ceux qui tiraient les ficelles. Il y a du Barruel chez Cochin, c’est incontestable. Lui aussi employa sa courte vie à traquer les tireurs de ficelles, ces « sociétés de pensée » qui, d’après lui, jouèrent un rôle crucial dans le déclenchement de la Révolution française. Mais il y avait chez Cochin bien autre chose que du Barruel... Son « histoire » du jacobinisme est donc tout le contraire d’une histoire du complot à la Barruel : le jacobinisme n’est pas un complot, mais l’expression d’un type de société qui s’est développé dès avant la Révolution, dont celle-ci, du reste, a été plutôt l’expression que la cause, et qui, dès sa première incarnation – la « société de pensée » annonçant le club jacobin, et celui-ci le parti moderne –, accompagne l’abstraction toujours croissante des rapports sociaux au nom d’une égalité en droit théoriquement inclusive, mais réels et au règne, sous le nom fallacieux de « volonté générale », d’une opinion collective factice et impérieuse à la fois : la fabrique du consensus sans la participation ni le consentement de ceux qui devront s’y soumettre. On est ici loin, très loin, de l’abbé Barruel et de la tradition contre-révolutionnaire..." (Patrice Gueniffey, Cochin et l’histoire de la Révolution, 2018)

135.          DESMOULINS (Camille). Le Vieux Cordelier, journal politique, rédigé en l'an II, par Camille Desmoulins. – Causes secrètes de la journée du 9 au 10 thermidor an II, suivies des mystères de la Mère de Dieu dévoilés, par Vilate. – Précis historique inédit des événemens de la soirée du 9 thermidor an II, par C.-A. Méda, gendarme, chargé de réduire la Commune de Paris et des conventionnels insurgés ; Avec une notice sur la vie de l'auteur, mort général de brigade et baron. P., Baudouin Frères, 1825, in-8°, (4)-394 pp, reliure demi-basane fauve, dos lisse avec filets et fleurons dorés, roulette en queue, pièces de titre basane carmin, tranches jaunes (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            150

Ce volume de la "Collection des mémoires relatifs à la Révolution française" réunit trois textes assez différents : 1) La première réimpression des sept numéros du fameux journal de Camille Desmoulins, dirigé contre les extrémistes hébertistes, qui parut du 25 novembre 1793 au 24 janvier 1794. Ce périodique, quoique de peu d'ampleur quant au nombre de numéros, forme un monument dans l'histoire de la Révolution : organe de la faction des "Indulgents", il retentit d'apostrophes célèbres contre le système de la Terreur : "Aimeriez-vous cette déesse altérée de sang, dont le grand prêtre Hébert, Momoro et leurs pareils, osent demander que le Temple se construise comme celui du Mexique, des ossemens de trois millions de citoyens, et disent sans cesse aux Jacobins, à la Commune, aux Cordeliers, ce que disoient les prêtres espagnols à Montésume : Les dieux ont soif ?" (lettre VII) ; 2) Un texte composé par Joachim Vilate dans la prison de la Force où il attendait son jugement, et qui était déjà paru en 1795 (Fierro, 1468) ; 3) Le rapport posthume de Charles-André Merda, dit Méda (1770-1812), qui fut le responsable de l'arrestation violente et de la blessure de Robespierre. Il était déjà paru séparément sous forme de brochure la même année 1825.

136.          EIDELMAN (Nathan). 1789 en Russie. Moscou, Editions du Progrès, 1989, pt in-8° étroit, 334 pp, traduit du russe, 48 pl. de portraits, gravures et photos hors texte, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"... Tout le XIXe siècle, ce siècle qui a donné la civilisation et la culture à toute l'humanité, s'est écoulé sous le signe de la Révolution française. Dans tous les coins du monde, ce siècle n'a fait que... parachever ce qu'avaient créé les grands révolutionnaires de la bourgeoisie française..." (Lénine)

137.          FURGEOT (Henri). Le marquis de Saint-Huruge, « généralissime des Sans-Culottes » (1738-1801). Perrin, 1908, in-8°, 441 pp, 2 pl. hors texte dont un portrait en frontispice, broché, état correct,  envoi a.s. à Emile Campardon

            40

"Victor-Amédée de La Fage, marquis de Saint-Huruge, avait plus de cinquante ans au début de la Révolution, étant né le 21 décembre 1738, d'une famille du Mâconnais dont la noblesse remontait au XVIIe siècle. La plus grande partie de son existence fort peu édifiante s'écoula donc sous l'ancien régime. Après avoir fait les campagnes de Hanovre, il quitta le service, voyagea en France et à l'étranger, séjourna également à Paris, « où il s'adonnait à son goût pour la débauche », en compagnie de gentilshommes encore moins recommandables que lui. Une querelle qu'il eut avec l'un d'eux, le comte de Bezons, les fit enfermer tous deux pendant plusieurs mois à l'Abbaye. En 1777, il épousa une comédienne, une coquine qui, après l'avoir dupé et berné de toutes façons, profita de ses relations avec le ministre Amelot pour obtenir une lettre de cachet et faire enfermer l'infortuné marquis à Charenton, où il resta du 16 janvier 1782 au 8 décembre 1784. Libéré, il cherchait à se venger de sa femme et des complices de celle-ci ; le baron de Breteuil, successeur d'Amelot, le mit en demeure de choisir entre un silence absolu ou un nouvel emprisonnement. Fatigué de cette persécution, Saint-Huruge passa en Angleterre en janvier 1786, et revint en France à la fin de l'été 1788. Il était à Paris au commencement de la Révolution. Tout d'abord, il « était plutôt porté à prendre parti pour le pouvoir qu'à l'attaquer » ; il changea d'attitude après la prise de la Bastille. Dès lors, on le voit pérorant dans les rues, dans les cafés, chez les libraires, surtout au Palais-Royal, dont il fait son quartier général, déclamant avec violence contre la cour et les aristocrates. M. F. le montre « à la solde » du duc d'Orléans, mais sans en donner de preuve certaine. Il est mêlé aux « journées » de la Révolution, pas, toutefois, à celles des 5 et 6 octobre, car, arrêté le 2 septembre 89 et enfermé au Châtelet, mais défendu par Desmoulins et le district des Cordeliers, il n'est relâché que le 5 novembre. En 1790, il décide de s'appeler désormais : « Saint-Huruge, citoyen français » ; puis il adopte le nom de « Victor-National La Fage » . En 1792, après la. déclaration de guerre, Dumouriez l'envoie dans le Nord « travailler l'esprit public », mais cette mission n'est pas de longue durée. Après le 20 juin, il en a une nouvelle à l'armée du Nord ; c'est alors qu'il s'intitule « le généralissime des Sans-Culottes » ; arrêté, le 2 juillet, pour avoir propagé des nouvelles fausses et alarmantes, il est remis en liberté le 11 août. Le 27 octobre, il est une troisième fois envoyé à l'armée du Nord comme agent de la République « chargé de toute la partie politique des armées ». A son retour à Paris, il apprend qu'il a été inscrit sur la liste des émigrés de son département ; emprisonné de nouveau, il ne recouvre la liberté qu'après le 9 thermidor ; il se jette alors avec violence dans la réaction thermidorienne, devient l'ennemi acharné des Jacobins et se met à la tête des muscadins. On le retrouve alternativement royaliste ou républicain selon que son intérêt l'y pousse ; puis il rentre dans l'obscurité après l'an VI, et meurt à Paris, le 9 germinal an IX, dans un garni de la rue Gît-le-Coeur. (...) Il faut rendre justice aux qualités de chercheur de M. F., qui, dans les journaux et les pamphlets de l'époque, dans les archives de Saône-et Loire, de la préfecture de police et dans diverses séries des Archives nationales, a su trouver un grand nombre de renseignements qu'il a utilisés pour son récit..." (P.-R. Mautouchet, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1909)

138.          GABORY (Emile). Le voyage à Paris des cent trente-deux Nantais. Les bourgeois dans la tempête. Perrin, 1933, in-12, viii-308 pp, 4 gravures hors texte, biblio commentée, pièces justificatives, index

            30

"Cet ouvrage répond bien à son double titre. On y trouve, en effet, d'une part le récit d'un épisode, trop souvent passé sous silence, de l'histoire de la Terreur à Nantes – l'arrestation et l'envoi à Paris devant le tribunal révolutionnaire de 132 suspects de diverse sorte – d'autre part un ensemble de considérations sur le rôle de la bourgeoisie nantaise sous la Révolution. La tragique odyssée des 132 notables, fédéralistes ou non, arrêtés et expédiés à Paris par le Comité révolutionnaire de Nantes, apparaît ainsi comme la suite naturelle, on pourrait dire le châtiment, de l'erreur commise par cette opulente bourgeoisie en déchaînant elle-même la tempête où elle connut de si cruelles épreuves... M. E. Gabory montre aussi comment prirent fin à Nantes, bien avant le 9 thermidor, d'abord le règne de Carrier, puis celui du Comité révolutionnaire dont les membres furent incarcérés dès le 12 juin 1794. L'ouvrage se présente avec les qualités habituelles des œuvres de M. E. Gabory. C'est un récit alerte et captivant, que la solide érudition de son auteur n'alourdit à aucun moment." (A. Rébillon, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1934)

139.          LAFUE (Pierre). La Tragédie de Marie-Antoinette. Les complots pour délivrer la Reine. Del Duca, 1965, in-8°, 276 pp, sources, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grandes conspirations de l'Histoire). Edition originale, ex. du SP

            30

Ce fut les 5 et 6 octobre 1789 que les émeutiers parisiens accoururent à Versailles pour réclamer, avec le retour du roi dans la capitale, la tête de « l'Autrichienne », qui après avoir été trop adulée, avait perdu par sa légèreté et son insouciance l'estime et l'affection de son peuple. Durant les trois années qui suivirent, Marie-Antoinette, toujours menacée, ne cessa pas, pour autant, de travailler à sa délivrance et de susciter les dévouements les plus exaltés... Jusqu'à cet automne de 1793 où, dans son cachot de la Conciergerie, muni d'un triple guichet, la malheureuse découvrit au coeur d'un oeillet le billet qui devait éclairer ses derniers moments d'une chimérique espérance. Ce sont toutes ces conjurations avortées, mais dont plusieurs furent près de réussir, que M. Pierre Lafue s'est efforcé d'éclairer, car elles comportent bon nombre de mystères, ou tout au moins d'incertitudes. Pourquoi la fuite de Varennes fut-elle un échec, alors que les précautions les plus minutieuses avaient été prises par les conseillers du couple royal ? Danton, Chabot furent-ils soudoyés par la Cour ? Hébert lui-même, « l'enragé », le rédacteur de l'ordurier Père Duchesne, ne lança-t-il contre Marie-Antoinette la plus infâme des accusations que parce qu'il se sentait compromis dans certaines machinations clandestines, visant à couronner le petit roi Louis XVII et à faire assurer la régence par sa mère ? Autant de questions auxquelles l'auteur de cet ouvrage a essayé d'apporter des réponses vraisemblables. Ce récit renferme une série de portraits auxquels les évènements exceptionnels, que les conjurés furent obligés d'affronter, ne pouvaient que donner un relief saisissant : celui du marquis de Favras, qui se sacrifia dès le début ; mais aussi celui d'Alex Fersen, jeune noble suédois dont les relations intimes avec la reine ne font plus aujourd'hui aucun doute. On s'intéressera également à l'inquiétante figure du baron de Batz qui, n'ayant pas réussi à sauver le roi, s'acharnera ensuite à « pourrir » la Révolution en corrompant ses promoteurs les plus illustres. Aucune de ces personnages ne parviendra cependant à faire oublier la « présence », d'une intensité exceptionnelle, de Marie-Antoinette elle-même. Si ses malheurs ont dévasté sa beauté, ils ont en revanche affermi sa volonté et exalté son courage, au point de lui conférer une véritable grandeur humaine. Ses efforts jamais lassés, ses craintes vaillamment surmontées, ses espoirs toujours renouvelés et toujours déçus, composent peut-être la tragédie la plus émouvante de notre histoire nationale.

140.          LAPONNERAYE (Albert). Histoire de la Révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814. P., Chez l'Editeur, 1838, gr. in-8°, 480 et 476-(1) pp, 3e édition, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane brique, dos lisse orné en long, titres dorés (rel. de l'époque), dos et plats frottés, rousseurs éparses, bon état. Peu courant

            180

"Laponneraye (1808-1849) est un des premiers historiens français qui ait présenté Robespierre sous un jour favorable. En 1828, il était instituteur. Après la Révolution de Juillet, il entreprend, à partir du 6 novembre 1831, une espèce de cours public et gratuit, destiné aux ouvriers. Il y exalte la révolution française surtout dans sa période montagnarde, ce qui lui vaut d'être révoqué en 1832, emprisonné à Sainte-Pélagie où il provoque une insurrection de ses codétenus. Il va passer cinq ans en prison. Libéré en 1837, il publie des journaux révolutionnaires, “L'Intelligence” (1837-1840), “Le Club” (1840-1841), le “Feuilleton des Feuilletons” (1844-1845) “La Méditerranée” (1847) puis, à Marseille, “La voix du peuple” (1848). Robespierre est le personnage-clé de son “Histoire de la Révolution française depuis 1789 jusqu'en 1814”, dont la première édition est parue en 1838. Pour Laponneraye, Robespierre est une « des plus puissantes individualités de la Révolution française, le chef militant du parti jacobin dont Rousseau avait été le théoricien et Jésus l'initiateur ». Ce n'est pas « le tigre à face humaine » qu'ont représenté certains historiens, c'est « un grand homme, une divinité bienfaisante, c'est Alcide exterminant les brigands et les monstres qui ravagent la terre ». En fait, c'est la noblesse, qui en prenant parti contre la Révolution, en faisant appel à l'aide de l'étranger, est responsable des excès de la Révolution, et, finalement, de la chute de Robespierre. Pour Laponneraye, trois hommes dominent l'histoire : Jésus, Rousseau, Robespierre, « trinité sainte et noblesse, qui résume en elle les principes d'égalité et de fraternité, et qui luit comme un rayon rédempteur au front de l'humanité asservie ». Robespierre est le « grand homme », le « grand citoyen ». Mais il place à ses côtés Babeuf et Buonarroti, il voit en eux des continuateurs de Robespierre." (J. Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1983)

141.          LECOINTRE (Laurent). Les Crimes de sept membres des anciens Comités de Salut Public et de Sûreté générale, ou Dénonciation formelle à la Convention nationale contre Billaud-Varennes, Barere, Collot-d'Herbois, Vadier, Vouland, Amar et David, Suivie de pièces justificatives. P., Maret, an III, 248 pp .– Réponse des Membres de l'ancien Comité de salut public dénoncés. An III, 142 pp. – Défense de B. Barère, appel à la Convention nationale et aux républicains françois. P., an III, 74 pp. – Observations de Barère sur le Rapport fait le 12 Ventôse par Saladin. P., an III, 12 pp. – Second mémoire des Membres de l'ancien Comité de salut public dénoncés par Laurent Lecointre. 44 pp. – Supplément à l'accusation de Laurent-Lecointre, pièce trouvée dans les papiers de Robespierre. 12 pp. – J.-M. Collot. Réflexions rapides sur l'imprimé publié par Lecointre. 14 pp. – J.-M. Collot. Réponse à l'inculpation dirigée par le représentant Clausel. 8 pp. P., an III [1794], in-8°, (2) ff., 244-(4) pp, Ensemble de 7 pièces reliées en un volume demi-chagrin havane, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleuron dorés (rel. postérieure, v. 1930), dos lég. frotté, bon état

            300

Edition originale de cette dénonciation pleine d'avenir. Commandant de la garde nationale de Versailles, élu à l'Assemblée législative, puis à la Convention, Laurent Lecointre (1742-1805) fit une belle carrière de délateur. Il dénonça entre autres l'ancienne administration versaillaise, divers ministres, Beaumarchais – pour une affaire de fourniture de fusils – ; il vota en outre pour la séparation des enfants de Louis XVI de leurs parents, pour la mort du roi sans sursis, et conspira contre Robespierre ! Il stigmatise ici les crimes des "terroristes" – Billaud-Varenne, Barère et Collot-d'Herbois – membres du Comité de Salut public et organisateurs de la chute de l'Incorruptible. Il dénonce également certains membres du Comité de sûreté générale : Jean-Pierre-André Amar (1755-1816), Marc-Guillaume-Alexis Vadier (1736-1828), Jean-Henri Vouland (1751-1801) et le peintre Jacques-Louis David. Ses accusations portées le 12 fructidor an II (29 août 1794), reprises dans cet ouvrage, furent déclarées calomnieuses par la Convention. Mais après la tentative des jacobins pour reprendre le pouvoir (journée du 12 germinal an III - 1er avril 1795), les anciens montagnards furent poursuivis : certains déportés en Guyane – la guillotine sèche – tels Collot et Billaud, d'autres furent emprisonnés ou durent se cacher. Exemplaire portant la signature de Lecointre au bas du feuillet de titre "parce que s'agissant d'une dénonciation grave et importante, je dois mettre en garde contre toutes contrefactions". – Bien complet des 4 pp de commentaires et errata publiés le 15 Frimaire, an III. (A. Kuscinski, Dictionnaire des Conventionnels, pp. 388-389).

142.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Louis XVII et l'énigme du Temple. Lausanne, Editions Rencontre, s.d. (v. 1970), in-8°, 350 pp, préface de André Castelot, 19 gravures et portraits dont 5 en couleurs (2 sur double page) hors texte, un fac-similé sur double page, imprimé sur papier offset vergé Virginal, reliure simili-cuir bordeaux de l'éditeur, dos lisse, titres, filets et fleurons dorés, encadrement doré au 1er plat, signet, bon état (Coll. des Douze meilleures oeuvres historiques)

            20

« N'empruntant rien qu'aux documents officiels et aux témoignages autorisés, négligeant à dessein les émouvantes et suspectes légendes sous lesquelles disparaît trop souvent la trame de cette douloureuse histoire », l'éminent historien G. Lenotre nous offre, dans ce remarquable ouvrage, une solution nouvelle de ce que Louis Blanc appelle "le Mystère du Temple" : « solution partielle, dit il, mais inattendue » et qui présente cet avantage d'une connexité rigoureuse avec ce que l'on sait de l'histoire du Temple. On peut ainsi, semble-t-il, dégager les points saillants de cette étude : M. G. Lenotre établit que ce n'est pas précisément la Convention, mais la Commune qui a réclamé qu'on lui remit la famille royale. Sous les révolutionnaires, Chaumette et Hébert, commissaires de la Commune, cachaient des hommes. Ces hommes, dont il trace le vivant portrait, l'historien les retrouve, les démasque. Il montre que, comme la plupart de leurs contemporains, ils ne croyaient pas à la perpétuité du régime révolutionnaire, qu'ils prévoyaient un rétablissement de la royauté et qu'en s'emparant du Dauphin ils s'assuraient un otage. Après d'obscures machinations, le renvoi de Simon, dont la femme soignait affectueusement le Dauphin, est décidé. Le départ de Simon coïncide avec la disparition de l'enfant royal puisque, depuis ce jour, la Dauphine qui logeait à l'étage supérieur, qui l'apercevait de temps à autre, qui l'entendait jouer et chanter, ne l'a plus jamais vu ni entendu. La substitution était faite. Par suite, tous ceux qui prirent le pouvoir voulurent s'emparer du Dauphin : Robespierre, Barras comprirent qu'il y avait eu substitution ; peut-être au surplus, celle-ci avait-elle été double. C'est pourquoi, malgré l'ordre bienveillant du Directoire de réunir le Dauphin et la Dauphine, jamais le frère ne fut mis en présence de sa soeur. Qu'est devenu l'enfant royal ? M. Lenotre ne prétend pas éclairer définitivement le mystère. Mais il examine le cas de Mathurin Bruneau et de Hervagault et il laisse entendre que ce dernier pourrait bien avoir été le vrai dauphin. Et peut-être, ce malheureux, mort à Bicêtre où on l'avait interné comme fou, était-il le duc de Normandie, « le dernier roi légitime de France »..." (Le Figaro, 1921)

143.          LEPELETIER de SAINT-FARGEAU (Louis-Michel). Oeuvres de Michel Lepeletier Saint-Fargeau, député aux Assemblées constituante et conventionnelle, assassiné le 20 janvier 1793, par Pâris, garde du Roi ; précédées de sa vie, par Félix Lepeletier, son frère ; suivies de documents historiques relatifs à sa personne, à sa mort, et à l'époque. Bruxelles, Arnold Lacrosse, 1826, in-8°, 502-(1) pp, 2 portraits hors texte (dont le frontispice) de Michel et Félix Lepeletier et un fac-similé d'autographe, reliure demi-basane noire, dos lisse, titres et quadruples filets dorés, roulette en queue (rel. de l'époque), 2 cachets, 1er plat détaché, intérieur propre. Edition originale. Rare

            200

Edition originale de cet important ouvrage recueillant la biographie, les oeuvres et diverses pièces relatives au conventionnel régicide Michel Lepeletier de Saint-Fargeau (qui compte parmi ses descendants l’académicien Jean d'Ormesson).

144.          LUCAS-DUBRETON (J.). Kléber, 1753-1800. Paul Hartmann, 1937, in-8°, 351 pp, 20 héliogravures hors texte, cartes, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, état correct

            25

Jean-Baptiste Kléber, né le 9 mars 1753 à Strasbourg et assassiné le 14 juin 1800 au Caire en Égypte, est un général qui s'est illustré lors des guerres de la Révolution française, notamment lors de la guerre de Vendée et de la campagne d'Égypte. - Table : Le temps des incertitudes ; Mayence ; La Vendée ; Outre-Loire ; Les rives du Rhin ; L'ermitage de Chaillot ; Kléber et Bonaparte ; La Syrie ; Kléber chef ; La duperie d'El-Arich et la revanche d'Héliopolis ; Le 14 juin 1800.

145.          MASSON (Frédéric). Au jour le jour. Malmaison. – Magenta. – La Corse. – La Maison des Carmes. – On meurt dans les Casernes. – Messieurs de la Science. – Les Maubreuil. – Les émigrés et la Restauration. P., Ollendorff, s.d. (v. 1910), in-12, xxiii-360 pp, broché, bon état. Edition originale,  envoi a.s.

            30

“Au jour le jour” contient les articles de polémique historique qui parurent dans “le Gaulois” et dans “l'Echo de Paris”.

146.          MELCHIOR-BONNET (Bernardine). Charlotte Corday. Perrin, 1972, in-8°, 350 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex carmin de l'éditeur, bon état

            20

Charlotte Corday, guillotinée le 17 juillet 1793 pour l'assassinat de Marat, a excité les imaginations. Certains ont transformé la jeune Normande, née en 1768, en une sorte de Jeanne d'Arc investie d'une mission divine et avide de sacrifice. D'autres l'ont présentée comme un bas-bleu, ne croyant ni à Dieu, ni à diable, ou encore comme un monstre. Cependant, que l'on encense ou que l'on vitupère, le mystère Corday reste entier. C'est à l'éclaircir que Bernardine Melchior-Bonnet a consacré de longs mois de recherches. Comment une aristocrate de petite extraction, élevée dans de pieuses traditions, recluse dans sa campagne, se met-elle à ruminer des pensées meurtrières ? Comment décide-t-elle de tuer, elle qui voulait vouer sa vie à Dieu ? Peut-on se contenter de penser que son exaltation religieuse s'est transformée en exaltation politique ? Au travers d'un récit documenté, l'auteur retrace les étapes d'une décision, d'un voyage vers Paris, d'un meurtre et d'un procès qui mobilisèrent tous les acteurs de la Révolution, jusqu'au terrible Vergniaud, avouant : "Elle nous tue, mais elle nous apprend à mourir".

147.          MICHELET (Jules). Histoire de la Révolution française. Laffont, 1979, 2 vol. in-8°, 897 et 982 pp, présentation de Claude Mettra, chronologie et dictionnaire des personnages établis par Alain Ferrari, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Bouquins)

            40

Pour la nation française, la Révolution est une résurrection. Des profondeurs cachées de l'âme populaire monte un chant glorieux qui abolit une réalité devenue stérile et qui célèbre l'avènement d'une humanité nouvelle. C'est bien ainsi que l'Europe accueillera la parole de la Révolution, comme l'Empire romain, jadis, avait accueilli la parole évangélique: une route jusque-là ignorée s'ouvre, où les siècles futurs trouveront racine. Tel est le paysage où, pendant plus de dix ans, Michelet va s'aventurer, dans une fièvre où l'enchantement et l'angoisse sont constamment mêlés. A travers la Révolution, Michelet s'abandonne à la quête fascinée des passions humaines confrontées à un drame de nature divine, puisque là, l'homme cherche à fonder une histoire antérieurement gouvernée par les dieux. Mais son vrai projet, c'est sa propre résurrection. Comme tout être vivant au cours de son périple terrestre, il est alors en proie à son propre enfer, rongé par le doute, la désespérance et la -mélancolie. Cette image noire de sa propre existence, il va la régénérer en la plongeant dans la lumière. Il en sortira illuminé. Et c'est par là que la lecture de l'Histoire de la Révolution française reste si fondamentale pour tout homme d'aujourd'hui. Car ici est manifesté de manière exemplaire comment, au-delà de nos déchirements ou de nos incertitudes personnelles, une vision amoureuse du passé peut nous aider à retrouver place dans le devenir humain et à restituer ainsi une signification à notre destin individuel si souvent abandonné au hasard. Contre les puissances de mort à l'oeuvre dans notre temps, Michelet a inscrit ici l'histoire dans une polyphonie somptueuse où la Vie éclate avec une bouleversante fécondité. (Claude Mettra)

148.          NAPOLEON (Charles). Bonaparte et Paoli. Aux origines de la question corse. Perrin, 2000, in-8°, 249 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Chacun pressent que les débats actuels sur la Corse, communauté de 250.000 personnes parmi 60 millions de Français, renvoient à des événements forts et anciens, qui ont marqué les mentalités collectives de part et d'autre de la Méditerranée. Il s'agit d'une histoire vieille de plus de deux siècles, celle de la rencontre de la volonté d'indépendance d'un peuple, incarnée par Pascal Paoli, et de la Révolution française, représentée par celui qui n'était encore que lieutenant-colonel des Gardes nationales corses, Napoléon Bonaparte. Paoli est aujourd'hui mal connu, car son destin politique fut moins national qu'insulaire. Pourtant, dès 1755, il gouverne la Corse, appuyé en particulier par Charles Bonaparte, le père de Napoléon, sous les mêmes grands principes qui devaient inspirer les pères de la constitution américaine, et, plus tard, les hommes de 1789. Avec son frère aîné Joseph, lui aussi très engagé, le jeune Napoléon portait au chef de la nation corse des sentiments d'admiration quasi filiaux, et brûlait de se mettre à son service pour la liberté de leur île. Or, la Révolution les sépara et transforma le jeune général qui n'était pas encore revenu du parti jacobin en farouche adversaire de Paoli, qui le chassa de l'île en 1793. Jusqu'à Sainte-Hélène, l'Empereur regrettera le rendez-vous manqué avec le héros de sa jeunesse, un rendez-vous que depuis lors la Corse et la République peinent l'une et l'autre à honorer.

149.          [Réaction thermidorienne] – SALADIN (Jean-Baptiste Michel) – COURTOIS (Edme-Bonaventure). Rapport au nom de la commission des Vingt-Un, créée par décret du 7 nivôse, an III, pour l'examen de la conduite des Représentans du Peuple Billaud-Varennes, Collot-d'Herbois & Barrère, membres de l'ancien Comité de Salut Public, & Vadier, membre de l'ancien comité de Sûreté générale, fait le 12 Ventôse. Imprimé en exécution de l'art. XII de la loi du 8 brumaire, an 3. – Suivi de : Rapport fait au nom de la Commission chargée de l'examen des papiers trouvés chez Robespierre et ses complices, par E .B. Courtois, député du département de l'Aube, dans la séance du 16 Nivôse, An IIIe (5 janvier 1795) de la République française, une et indivisible. Imprimé par ordre de la Convention nationale. P., chez Rondonneau et Baudouin, & Imprimerie Nationale des Lois, 28 Ventôse, an III [18 mars 1795], & Nivôse An III, 2 vol. in-8°, (2)-260 & 408 pp, 2 ouvrages en un fort volume in-8 de (2)-260, 408 pp, reliure demi-veau fauve, dos lisse, pièce de titre de maroquin noir (“Pièces diverses - R”), doubles filets dorés, tranches rouges (rel. de l'époque), dos et plats frottés, coins émoussés, bon état

            400

Importante réunion des éditions originales du rapport du conventionnel Jean-Baptiste Michel Saladin contre les anciens membres des comités, et du célèbre rapport du conventionnel Courtois, très lié à Danton. — 1. Proche de Philippe-Égalité, Saladin, député du département de la Somme à la Convention nationale, siégea sur les bancs de la Montagne. Après le 2 juin 1793, il se rapprocha du côté droit. Décrété d'accusation le 3 octobre 1793, il fut emprisonné aux Écossais. "Réintégré à la Convention par le décret du 18 frimaire an III (8 décembre 1794), il devint aussitôt l'un des plus virulents réacteurs, membre de la Commission des Vingt et Un chargée d'examiner la conduite des membres des anciens comités de salut public et de sûreté générale, il en fut le rapporteur (séance du 12 ventôse an III). Ce très long texte constitue son intervention la plus célèbre : il fut le fondement de toutes les accusations thermidoriennes contre le régime de l'An II et la tradition historiographique contre-révolutionnaire ne cessa d'y puiser des arguments, jusqu'au XXe siècle." (Soboul, Dictionnaire de la Révolution p. 953). Détail : Pp. 1 à 104 : rapport ; pp. 105 à 260 : pièces justificatives. Edition originale (Martin et Walter 30835 ; Tourneux 4405). – "Ce rapport, qui fut imprimé officiellement est un document curieux : c'est le procès fait à la Révolution" (Larousse) — 2. Edition originale du célèbre rapport du conventionnel Courtois. Edmé-Bonaventure Courtois (1750-1816), fils de boulanger et ami de collège de Danton, se fit connaître grâce à la publication de ce document accablant sur Robespierre mais favorable aux Thermidoriens. Il mit six mois à écrire ce rapport déloyal dans lequel il falsifia des pièces et détourna certaines phrases de leur contexte originel. Deux parties composent cet ouvrage : la première est constituée du rapport en lui-même, la seconde contient des lettres et des note. (Martin et Walter, 8635 ; Tourneux I-4293) – "Chargé de l'examen des papiers de Robespierre, de Couthon et de Saint-Just, il s'acquitta de sa tâche en homme de parti et même avec une déloyauté aujourd'hui notoire." (Larousse). – En application des mesures contre les régicides, Courtois fut banni en 1816 (Fierro, 370).

150.          VINOT (Bernard). Saint-Just. Fayard, 1986, in-8°, 394 pp, 4 cartes, chronologie, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"Un contemporain de la révolution française parle, à propos de Saint-Just, d'«un des personnages historiques où les bigarrures de l'esprit humain se sont manifestées de la manière la plus frappante ». B.V., auteur d'une thèse d'État remarquée sur Saint-Just, son milieu, sa jeunesse et l'influence de sa formation sur sa pensée et son action politiques, s'efforce de nous faire comprendre S.-J. dans son parcours de la révolte à la révolution. L'étendue de son érudition, la diversité et le renouvellement des sources utilisées et le regard posé avec attention sur la jeunesse de S.-J. convergent pour nous donner une biographie « à visage humain » d'un homme si fréquemment mythifié. L'A. excelle à nous restituer les élans du cœur, la volonté de succès, les intuitions politiques, l'attachement à l'amitié de S.-J.. Laconique, motivé par un profond sentiment d'humanité et un souci permanent de la dignité humaine, ce dirigeant montagnard incarne à sa façon la figure du jacobin. La restitution minutieuse, au centre du livre, de la lutte coude à coude de S.-J. avec le peuple du gros bourg rural de Blérancourt pendant les premières années de la Révolution est exemplaire. L'accent mis sur la peine jamais ménagée de S.-J. pour « faire lever la révolution » donne à cette figure légendaire une dimension nouvelle." (Jacques Guilhaumou, Dix-Huitième Siècle, 1986)

PREMIER EMPIRE

 

151.          CAULAINCOURT (Général de, duc de Vicence). Avec l'Empereur de Moscou à Fontainebleau. Edition préparée et présentée par Christian Melchior-Bonnet. Notes de Jean Hanoteau. Club Français du Livre, 1968, in-8°, xvi-520 pp, un portrait hors texte, reliure toile vert empire de l'éditeur, titre et encadrement doré au 1er plat, ex. numéroté, bon état

            35

En ce 5 décembre 1812, alors que l'hiver russe terrasse la Grande Armée, l'Empereur, averti d'une conspiration du général Malet, décide de rentrer à Paris. Le général Armand de Caulaincourt, duc de Vicence, voyage aux côtés de Napoléon Ier. En voiture ou en traîneau, pendant quatorze jours et quatorze nuits, Caulaincourt s'entretient avec lui librement...

152.          CHRISTOPHE (Robert). Le Maréchal Marmont, duc de Raguse. Hachette, 1968, in-8°, 287 pp, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Marmont fut un soldat bouillant, sans peur certes, mais non pas sans reproche. De 1793 à 1814, il participa à toutes les guerres de la Révolution et de l'Empire. Camarade de jeunesse de Bonaparte (ils se tutoyèrent longtemps), Marmont n'eut certainement pas à se plaindre de sa destinée. Les promotions insuffisamment rapides à son gré, aboutirent au maréchalat à trente-cinq ans et au titre de Raguse, qui se trouva ultérieurement légitimé par son rôle magistral de gouverneur de l'Illyrie... Mais si Marmont a conservé une célébrité particulière, elle n'est pas très honorable : Marmont a-t-il trahi l'Empereur en 1814 ? C'est l'avis général. M. Christophe donne sur cet événement capital des précisions qui aggravent le cas du maréchal. Dès la fin de février, alors qu'il se trouve à Meaux, ií y rencontre Perregaux, son beau-frère qui l'incite à abandonner un homme fini et à soutenir la restauration des Bourbons. Le 30 mars, alors que l'ennemi encercle Paris, comment se fait-il que Perregaux se permette d'ouvrir l'hôtel de sa soeur, la duchesse de Raguse qui s'est enfuie, d'y réunir des personnalités, qui, depuis le départ du roi Joseph, parlent ouvertement du ralliement nécessaire aux Bourbons, et, par quel hasard, Marmont qu'on croit au milieu de ses troupes apparaît-il au milieu de la nuit dans l'hôtel de sa femme, dont il est depuis longtemps séparé ? M. Christophe rappelle dans ces pages des faits connus mais accablants dont le dernier et non le moindre est le renseignement erroné donné par le maréchal, au général Souham, commandant le 6e corps par intérim sur l'abdication de Napoléon, conditionnelle à ce moment, qui décide Souham à diriger son corps sur Versailles, rendant ainsi impossible l'ultime manoeuvre de l'Empereur. Cependant la thèse de M. Christophe est d'excuser Marmont en faisant remarquer que le maréchal ne fut pas le premier à trahir, ou simplement à désobéir..." (Revue des Deux Mondes, 1968)

153.          DESVERGIERS (Aglaé). Mémoires de Mademoiselle Aglaé, comédienne, courtisane et femme de bien, 1777-1830. Précédée d'une introduction et d'une notice sur le chevalier Palasne de Champeaux [par Léonce Grasilier]. Albin Michel, s.d. (1924), in-8°, 412 pp, introduction de Léonce Grasilier, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Tulard, 436 : "Fabrication par un teinturier des mémoires d’une comédienne". Fierro, 438. Oublié par Bertier. — "Ces Mémoires sont en elîet composés de trois parties bien distinctes. La première nous fait connaître, d'abord, la vie des baladins ; danseurs de corde, escamoteurs, nomades ; puis elle nous initie à celle des acteurs ambulants ou sédentaires de la province, à la fin du XVIIIe siècle. Mlle Aglaé nous prévient elle-même que cette partie a été transcrite avec beaucoup de fioritures et des détails très fantaisistes, par un certain chevalier de Champeaux... La seconde partie est entièrement due à la plume de ce chevalier. C'est une galerie dans laquelle l'écrivain a entassé pêle-mêle une foule de gens qui avaient eu le don de lui déplaire, et sur lesquels il déverse, avec une inlassable et monotone persistance, sa rancune, sa haine, l'injure et la calomnie. Il bave son fiel et sa bile contre ceux qui n'ont pas écouté ses flagorneries, accepté ses inventions, servi ses projets et satisfait ses ambitions. Mlle Aglaé répudie tout ce baquet et s'empresse de déclarer qu'elle a chassé l'auteur sans scrupules qui voulait lui faire endosser cette odieuse production. Dans la troisième partie, le chevalier de Champeaux n'est absolument pour rien, et l'on s'en rend compte à première vue. Le manuscrit est d'une autre main, d'une autre allure, et d'un ton infiniment plus convenable. Ce n'est plus le récit suivi de l'existence, mais une suite de petits tableaux, d'anecdotes qui n'ont de lien que la part, souvent très légère, que l'auteur y a prise. Parfois même, ce ne sont que des on-dit de seconde main. Or, si les faits de la première partie échappent au contrôle de l'historien, si les allégations de la seconde sont condamnées par les érudits, il n'en va pas de même pour la troisième. Le lecteur avisé, au courant des hommes et des choses du début du XIXe siècle, le fureteur attentif, aura tôt fait de se reporter aux sources, de contrôler la véracité de l'écrivain et de saisir parfois les inexactitudes de simple détail. En effet, dans les papiers publics, on trouve relatés presque tous les faits contenus dans cette dernière partie. Les journaux du temps parlent de Pelletier de Saint-Julien et de d'Eldeven, de Nadir Mirza Shah et de Méja ; les mémorialistes nous initient également à l'hydrothérapie singulière de Louis Bonaparte..." (Léonce Grasilier, introduction)

154.          Le même, broché, dos abîmé recollé, intérieur propre, état correct

            25

 

155.          DONTENVILLE (J. agrégé d'histoire, ancien professeur de l'Université). Napoléon Ier, son oeuvre au dedans et au dehors. P., Jouve et Cie, 1912, in-12, 108 pp, broché, un cahier mal coupé, bon état

            20

"M. Dontenville nous présente les traits essentiels de l'œuvre napoléonienne. Son exposition se déroule, vive, rapide, avec une éloquence sobre et vigoureuse. Les jugements qu'il porte sont toujours fortement motivés. On peut les discuter. Ils sont intéressants à connaître. A signaler, une esquisse du génie militaire de Napoléon." (L'Express du Midi, 13 avril 1912) — Table : I. L'oeuvre intérieure : le dix-huit brumaire, la paix consulaire, constitutions de l'an VIII et de l'an X, créations et réformes du Consulat, constitution de l'an XII, politique intérieure et administration de l'Empire. - II. L'oeuvre extérieure : politique extérieure, cause des guerres du Consulat et de l'Empire, résultat des guerres napoléoniennes, Napoléon chef de guerre : son génie militaire ; sa méthode de guerre, après la mort de Napoléon.

156.          GUILLEMIN (Henri). Napoléon tel quel. Editions de Trévise, 1969, in-8°, 153 pp, broché, bon état

            20

Il ne s'agit pas ici d'une Histoire du Consulat et de l'Empire. Une étude, simplement, consacrée à l'individu Bonaparte (Napoléon), dans sa réalité humaine. On ne saurait rien négliger des documents qui nous sont parvenus à ce sujet, et c'est aux amis de « l'empereur », à ses créatures les plus dévouées, qu'il convient de s'adresser, avant tout, pour des informations sérieuses. Ses ennemis sont suspects, forcément. C'est pourquoi j'ai interrogé avec attention les Roederer, les Mollien, les Bertrand. Curieux comme l'Histoire officielle, l'Histoire orientée, l'Histoire pour « honnêtes gens » (au sens où La Fayette entendait ce terme) semble frappée de surdité devant leurs témoignages. Il y a plus d'un siècle pourtant que Victor Hugo priait déjà l'Histoire de se décider à « entrer dans la voie des aveux »; et, à la place de l'Histoire bienséante, Péguy souhaitait une Histoire qui fût, enfin, « historique ». C'est ce que j'ai tenté de faire dans ces quelques pages. (H. G.) — « Il est parfaitement vrai que je n’aime pas Napoléon Bonaparte », nous prévient Henri Guillemin, avouant qu’il a « dû faire à son égard un sérieux redressement personnel » tant il avait été mis en condition sur son compte, comme tous les élèves français. Celui qu’il appelle « le petit chacal » et qu’il n’hésite pas à qualifier de « gangster » se révèle effectivement, au fil des pages, un personnage loin de l’image officielle : réellement antipathique. D’Ajaccio à Sainte-Hélène, nous bénéficions ici d’une salubre leçon d’histoire. — "Un livre que je vous recommande particulièrement." (Michel Polac) — "Iconoclaste, l’historien Henri Guillemin ferait désordre de nos jours. En ces temps de bicentenaire impérial et de permanence des ambitions bonapartistes, son aversion pour Napoléon Bonaparte nous manque." (Edwy Plenel, Le Monde)

157.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Napoléon et la Garde Impériale. Bloud et Gay, s.d. (1956), fort in-8° carré, xii-1114 pp, préface du général Weygand, 105 gravures hors texte, annexes sur papier bleu, biblio, index des noms de personnes et de lieux, répertoire des musiques de la Garde et index des noms de la Garde Impériale en annexe, gardes illustrées, reliure toile verte de l'éditeur, bien complet des 2 dépliants de cartes volants, bon état

            70

"Le tout gros ouvrage de Henry Lachouque est le résultat d'un labeur considérable. En fait, – et c'est là une constatation qui n'a rien de dépréciatif, bien au contraire – c'est l'Histoire anecdotique, politique et militaire de la Garde impériale de Marco de Saint-Hilaire (illustrée par H. Bellangé et consorts, et publiée en 1847 sur 712 p.), rajeunie, relevée de cartes, portraits, gravures et fac-similés d'autographes, et enrichie de nombreux détails. Ils ne sont pas toujours inédits – cela va de soi, étant donné la masse d'ouvrages consacrés à cette matière, – mais souvent amusants et toujours curieux sur la vie de garnison et des camps. Non moins intéressants se révèlent les renseignements sur les armes et les uniformes, le taux de la solde, les sèches mais indispensables et précises situations d'effectifs, la vie sociale de la Garde, ses cadres et ses musiques. Un livre qui se veut avant tout une manière d'apothéose de l'Empereur et de sa Garde, écrite dans un style nerveux et étincelant par un napoléonisant de vieille date à qui l'on doit quelques excellents travaux (Le Secret de Waterloo, etc.). (...) En résumé un ouvrage estimable édité et illustré avec art, et que complètent utilement un index très fouillé des noms de personnes (pp. 997 à 1060) et de lieux (pp. 1061 à 1101), et un certain nombre d'annexes fort bien venues, en particulier sur les tarifs des soldes et traitements de la Garde." (Albert Duchesne, Revue belge de philologie et d'histoire, 1958) — "Ce n'est pas à la tactique de Napoléon, mais à ses soldats, que s'est intéressé le commandant Lachouque dans un volume splendidement présenté. Les admirateurs de l'empereur, les collectionneurs de souvenirs et de soldats de plomb, qui sont nombreux, l'accueilleront avec joie, mais les historiens ne devront pas dédaigner ce beau livre. Ils trouveront, tant dans les magnifiques illustrations, que dans le texte, une abondante documentation sur l'armée impériale et surtout sur son élite, la garde. Après avoir retracé les origines de la garde impériale, issue de la garde royale de Louis XVI par l'intermédiaire de la garde du corps législatif, de celle du Directoire et de la garde consulaire, l'auteur étudie le rôle de la garde dans toutes les campagnes et les principales batailles. Le dernier chapitre, naturellement intitulé « La garde meurt », est consacré à Waterloo. L'ouvrage est suivi de nombreux et importants appendices. On notera, outre une bibliographie très complète, une liste des différentes unités de la garde, avec la date de leur création, et une étude sur l'armement et la tactique de ce corps." (Jacques Godechot, Revue Historique)

158.          LAS CASES (Emmanuel de). Le Mémorial de Sainte-Hélène. Le manuscrit retrouvé. Texte établi, présenté et commenté par Thierry Lentz, Peter Hicks, François Houdecek, Chantal Prévot. Perrin, Fondation Napoléon, 2018, fort gr. in-8°, xix-827 pp, notices biographiques des auteurs, annexe (histoire éditoriale du Mémorial de Sainte-Hélène), index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Bibliothèque de Sainte-Hélène)

            25

L'édition originale d'un monument de la littérature politique. A l'automne 2017, quatre historiens de la Fondation Napoléon ont fait sensation en publiant chez Perrin la version première du célèbre Mémorial de Sainte-Hélène confisquée par Hudson Lowe au départ de Las Cases et que l'on croyait perdue. Cette édition critique de prestige, reliée, a été épuisée en trois mois, après avoir été saluée comme il se doit par la critique. En voici une nouvelle mouture, plus accessible et augmentée d'une substantielle présentation de Thierry Lentz. Elle constitue l'ouverture d'une "Bibliothèque de Sainte-Hélène", collection éditée en partenariat avec la Fondation Napoléon, et qui comptera quatre volumes en tout, dont la publication sera échelonnée dans la perspective du bicentenaire de la mort de "l'Aigle", le 5 mai 2021.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

159.          ADLER (Laure). La Vie quotidienne dans les maisons closes, 1830-1930. Hachette, 1990, in-8°, 260 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Elles s'appelaient Divine, Elisa, Marie en Tête, Marie Coups de Sabre, Marguerite, Aglaé, Caca, Bijou, Olympia, Pépé la Panthère, Poil ras, Poil long, Crucifix, Irma, Amanda, Octavie, Belle Cuisse, Titine, Pieds fins, Paulette, La Grimpée, Gina, Nana, Fernande, Rosa... On les nommait courtisanes, filles de joie, de nuit, d'allégresse, de beuglant, d'amour, filles en circulation, filles à parties, à barrière, pierreuses, soupeuses, marcheuses, cocottes, hétaïres, horizontales, trotteuses, visiteuses d'artistes, lorettes, frisettes, biches, pieuvres, aquatiques, demi-castors, célibataires joyeuses, vénus crapuleuses... A travers le récit de la vie de ces femmes d'amour, Laure Adler voudrait qu'enfin justice leur soit rendue. Ni obscènes, ni esclaves, les prostituées ont marqué du sceau du désir qu'elles inspiraient toute une histoire des moeurs." (4e de couverture)

160.          [Affaire Dreyfus] – ZOLA (Emile). L'affaire Dreyfus. La vérité en marche. P., Bibliothèque Charpentier, Fasquelle, 1929, in-12, 314-iv pp, broché, dos lég. abîmé, bon état

            25

"J'accuse le lieutenant colonel de Paty de Clam... J'accuse le général Mercier... J'accuse le général Billot... J'accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse... J'accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary... J'accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard... J'accuse les bureaux de la guerre... J'accuse enfin le premier conseil de guerre d'avoir violé le droit en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j'accuse le second conseil de guerre d'avoir couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d'acquitter sciemment un coupable... Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour ! J'attends. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de mon profond respect". (Emile Zola)

161.          AGULHON (Maurice). Les Quarante-huitards. Gallimard/Julliard, 1975, in-12, 253 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, couv. illustrée, broché, bon état (Coll. Archives)

            20

1848 est une révolution sans prestige. Face à la rigueur jacobine de 1793, à la pureté communarde de 1871, à l'efficacité bolchevique de 1917, elle paraît n'offrir que les contradictions, tantôt dérisoires, tantôt sanglantes, d'un mouvement incertain et bientôt liquidé. M. Agulhon rouvre ici le dossier d'une tentative malmenée par l'histoire. Qui étaient les quarante-huitards ? Quelle logique les a conduits des espoirs de Février à la repression sauvage de Juin, à l'abdication entre les mains de Bonaparte ? Voici leur générosité et leur inconséquence, la part du rêve et le poids des choses. Avec 1848, une nouvelle sensibilité politique s'est définie : c'est elle qui fait encore l'actualité d'une révolution manquée.

162.          BONALD (Louis de). Réflexions sur la Révolution de Juillet 1830, et autres inédits, présentés et annotés par Jean Bastier. Duc-Albatros, 1988, in-8°, 168 pp, broché, bon état

            20

"Le maître des Etudes Bonaldiennes qu'est Jean Bastier nous donne aujourd'hui un précieux inédit du penseur contre-révolutionnaire. Avec ces “Réflexions sur la Révolution de Juillet 1830”, il nous rend en effet accessible un des derniers écrits de Bonald, qui mourra en 1840. C'est par le fait l'analyse que Bonald propose du dernier événement marquant dont il aura pu être le témoin. Dans une importante préface de trente pages, Jean Bastier analyse d'abord la réaction du penseur, attaché en doctrinaire à l'Ancien Régime, devant un nouveau soubresaut révolutionnaire. Celui-ci ne manquera pas, on s'en doute, de puiser dans l'événement une ultime confirmation à ses théories. Bonald y voit le parachèvement de la mainmise de la bourgeoisie sur la société et l'Etat commencée en 1789. Le grand mérite de la préface de Jean Bastier est de confronter régulièrement sur chaque thème, le jugement de Bonald avec ceux de Chateaubriand ou de Tocqueville, issus comme Bonald de la noblesse légitimiste et dont la sensibilité première était voisine..." (Philippe Didier, Revue historique de droit français et étranger, 1999)

163.          BOURGOING (Jean de). Le Fils de Napoléon, roi de Rome, prince de Parme, duc de Reichstadt (20 mars 1811 - 22 juillet 1832). Payot, 1950, in-8°, 389 pp, avant-propos du Prince Joachim Murat, 9 gravures sur 8 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

Par le baron Jean de Bourgoing, un livre admirablement documenté sur le roi de Rome. — "Après avoir publié les “Papiers intimes et Journal du duc de Reichstadt”, M. Jean de Bourgoing consacre à son héros une biographie d'autant plus utile qu'elle a été alimentée par nombre de documents inédits, entre autres ceux qui proviennent des archives des comtes Maurice Dietrichstein, Prokesch et Maurice Esterhazy. L'auteur résume d'abord les premières années du roi de Rome. (...) Autour de l'enfant impérial, M. Jean de Bourgoing groupe pour les années 1814 et 1815 un grand nombre d'indications précieuses, notamment d'après la correspondance de Marie-Louise et les rapports de la police autrichienne. (...) Pâle et mince, les yeux bleu clair, les cheveux blonds et bouclés, le nez allongé, la voix agréable, passionné pour la chasse et la danse, excellent cavalier, très épris du métier militaire et remplissant avec zèle ses obligations d'officier, le duc de Reichstadt paraît avoir été victime non seulement de sa fragile constitution, mais du climat de Vienne. Sur les phases de sa maladie de poitrine, sur les remèdes inefficaces de ses médecins, sur sa fin très pieuse, survenue le 22 juillet 1832, sur ses obsèques enfin, M. Jean de Bourgoing a multiplié les précisions neuves. Plusieurs portraits du duc de Reichstadt, entre autres une étude d'après nature de Daffinger, ajoutent à l'agrément du livre." (E. Le Gallo, Annales historiques de la Révolution française, 1933)

164.          BOUSSEL (Patrice). L'Affaire Dreyfus et la Presse. Armand Colin, 1960, in-12, 272 pp, 69 illustrations, chronologie, biblio, broché, bon état (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion)

            20

"... On admirera les documents originaux, photographies, dessins, qui illustrent ce livre sur l'affaire Dreyfus, par ailleurs si facile à consulter avec ses repères chronologiques, son lexique, sa table des périodiques." (L. Genet, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962) — "La presse joua un grand rôle dans le développement de l'affaire Dreyfus : c'est elle qui fit connaître au grand public les éléments du dossier et qui contribua à entretenir les passions. Cette constatation justifie l'entreprise de P. B. : ce livre est plus qu'une revue de presse, dont l'abondance et la richesse seraient déjà précieuses ; il restitue, de la manière la plus directe et la plus saisissante, la genèse de l' « affaire » dans l'esprit des différents protagonistes. Sans apporter de « révélations » à proprement parler, l'ouvrage de P. B. engage les recherches dans une direction qu'une production pourtant considérable sur le sujet avait quelque peu négligée." (Revue française de science politique, 1962)

165.          BOUVIER (Jean). Les Rothschild. Fayard, 1967, in-8°, 349 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état,  envoi a.s.

            25

Réédition améliorée et augmentée de deux chapitres nouveaux, un sur la branche anglaise des Rothschild dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'autre sur les Rothschild de Paris au XXe siècle, avec une mise au point sur leur situation actuelle. — "Le propos de l'auteur est moins d'écrire l'histoire de la famille Rothschild que de détenir, grâce à la chronique de la famille, « un moyen d'approche de l'histoire économique et sociale de notre époque » (p. 341). Si les appréciations sévères ne manquent pas, elles sont cependant toujours tempérées par le souci de tenir compte de l'esprit du temps et d'éviter donc tout jugement anachronique : « ...une fois exercée cette nécessaire vue critique, on doit prendre garde de ne pas mesurer les réalités du siècle passé à l'aune des nôtres. Si l'on juge que certains problèmes de notre temps sont parvenus à maturité, ils en étaient loin dans les années cinquante du XIXe siècle. On ne peut nier les œuvres du capitalisme conquérant inscrites sur le sol. » (p. 341). (...) Comme il convenait pour un livre devant être diffusé à la fois dans les milieux universitaires et dans un plus vaste public (ou est-ce simplement le reflet d'un caractère ?) le style marie dans l'ouvrage les paragraphes très « écrits », par exemple ceux relatifs à la vie sociale des Rothschild et les passages dans une langue familière («James ne fut jamais naturalisé français. Ses enfants, oui », p. 152). En attendant que l'accès aux archives des Rothschild anglaises permette de compléter nos vues, le livre de J. Bouvier fait le point de notre savoir actuel, abonde en aperçus larges et féconds et nous rend donc, en connaissances sur le sujet du moins, riche comme... Edmond de Rothschild." (Marcel Gillet, Revue du Nord, 1967)

166.          [CAMBON, Henri]. Paul Cambon, ambassadeur de France (1843-1924), par un diplomate. Plon, 1937, in-8°, 327 pp, 12 gravures hors texte, broché, bon état

            25

Paul Cambon (1843-1924), ambassadeur de France en Grande-Bretagne de 1898 à 1920, est l’un des grands personnages au service de la diplomatie française qui, à l’instar de Delcassé, a géré la crise de Fachoda en 1898. Cambon a négocié par la suite les principes de l’Entente Cordiale en 1905. — Table : L'homme : l'aspect, le caractère. – La carrière administrative. – Tunis. – Madrid. – Constantinople. – Londres : 1. L'Entente cordiale. – Londres : 2. La Guerre. – La retraite. — L'ouvrage a été écrit par Henri Cambon, son fils.

167.          CANLER (Louis). Mémoires de Canler, ancien chef du Service de Sûreté, 1797-1865. Edition présentée et annotée par Jacques Brenner. Mercure de France, 1986, in-8°, 568 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

Canler est un ancêtre du commissaire Maigret, à l'époque où s'organisait la Brigade de Sûreté qui devait devenir la Police judiciaire du Quai des Orfèvres. Ses Mémoires sont indispensables à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la police en France. On y trouvera une exacte description du monde du crime dans la première moitié du XIXe siècle et le récit de maintes affaires célèbres. Ce contemporain d'Eugène Sue nous donne à lire de nouveaux Mystères de Paris où tout est vrai. Canler nous renseigne aussi sur les réalités quotidiennes de son temps, aux divers échelons de la société, et sur les événements historiques transfigurés par la légende. Témoin privilégié des divers régimes qui se sont succédé au Premier et au Second Empire, il dévoile les dessous de la vie politique : menées des agents provocateurs, épurations, complots, attentats, émeutes, révolutions. Ce n'est pas l'aspect le moins passionnant de ces Mémoires. — "La police a sa légende, entretenue par les auteurs de romans policiers. Si l'on en juge par les “Mémoires” de Canler, épuisé depuis 1888. les vues d'André Malraux dans sa préface à “Sanctuaire” sont plus justes : « La police ne relève ni de la psychologie ni de la perspicacité, mais bien de la délation. » Paul-Louis-Alphonse Canler, contemporain de Balzac, de Hugo, d'Eugene Süe, naît à Saint-Omer en 1797. II passe ses premières années dans le cadre de la prison militaire de Namur que son père dirige, bonne école pour apercevoir tôt les distances entre une vie axée sur la probité et les déboires auxquels s'exposent ceux qui y manquent. Canler en reste marqué : tous ses propos reflètent la bonne conscience morale, un brin moralisante. Bien de son temps, en somme. Ses “Mémoires” ne sont pas d'un écrivain qui s'interroge, mais d'un homme de métier qui donne à voir les dessous de la « vie parisienne », haute société et pègre. L'origine de sa carrière ne manque pas de pittoresque. Démobilisé en 1818 – il a combattu à Waterloo, – Canler s'est marié et, cherchant du travail, met par hasard la main au collet d'un malfaiteur. Voilà l'emploi trouvé : il entre dans la police, en 1820, comme inspecteur et finira avec le titre de chef du service de sûreté, qu'il reçoit en 1848. S'il a des convictions bonapartistes, à une époque où les régimes se succèdent de la Restauration au Second-Empire, il les met en sourdine, convaincu que la police judiciaire, défense permanente des citoyens, ne doit subir ni les contre coups de la politique ni l'influence de la police politique. Un modèle du genre, on le voit... C'est pourtant une imprudence qui vaudra de graves ennuis à ce prudent lorsqu'il publiera ses Mémoires, en 1862. Racontant l'attentat d'Orsini, il met en cause « l'incurie et la maladresse » de la police municipale, « qui pouvait prévenir le crime et ne l'a pas fait », attaques qui permettent de saisir le livre pour violation de secrets professionnels. L'affaire classée après enquête, la réédition demeure interdite. Canler meurt en 1865, et ses deux filles adoptives dans l'indigence réussiront en 1882 à republier les “Mémoires”, dans leur intégralité cette fois. C'est ce texte-là, rapidement épuisé alors et jamais repris, qui nous est présenté par Jacques Brenner. Ecrit au fil des souvenirs, sans souci chronologique, il est passionnant de bout en bout. L'organisation de la sûreté, commencée sous Napoleon ler, n'a pris forme qu'avec Vidocq, autour de 1815. L'ancien bagnard – son prédécesseur révoqué, réintégré, évincé à nouveau – ne plaît guère à Canler, qui souligne à plaisir ses erreurs mais reprend ses méthodes : à un moment ou l'identité judiciaire n'existe pas, où la criminologie ne s'appuie pas encore sur la science, le sens de l'observation, la mémoire visuelle, sont les atouts maîtres du policier et les dénonciateurs ses collaborateurs les plus efficaces, qu'ils soient « coqueurs » libres ou « moutons » détenus. Les « indics » ne datent pas d'hier ! L'argent, la promesse de réductions de peine, récompensent les délateurs, quand ce n'est pas la liberté qui leur est laissée d'exercer « sans ennuis » leurs vilaines activités. Dans un chapltre savoureux. Canler établit une sorte de « dictionnaire » du vol et des catégories de voleurs, avec leurs variantes astucieuses : « fourlineurs », « charrieurs », « escarpes», « poivriers », « voleurs à la vrille, au bonjour, à la carre, à la détourne », « pégriots ». II est au fait de leur argot. Provocateurs et agitateurs, si actifs en temps d'émeutes, n'ont pas plus de mystère pour lui que les invertis en tous genres, les « macques », les entremetteuses ou les « pierreuses ». Le monde où il nous fait évoluer sue la misère ; l'abjection et les drames n'y ont souvent pas d'autre origine. Mais les lois du milieu ont une grandeur que Canler ne méprise point. On le verra, tout comme les Goncourt, considérer avec une sorte d'estime Lacenaire, qu'il a pourchassé sous de multiples noms avant de l'arrêter. Le Paris des barricades, les massacres de la rue Transnonain, les obsèques du général Lamarque, le pillage de Saint-Germain-l'Auxerrois, l'épidémie de choléra de 1832, sont évoqués par Canler sans fioritures, en témoin parfois horrifié. On entre avec lui dans les arcanes ombreuses des régimes, on parcourt les couloirs secrets des institutions policières, on voit les hommes de face et de profil – criminels ou chargés de la répression – et c'est l'image la plus parlante qui soit d'une société tout entière qu'il nous offre, infiniment plus émouvante et plus riche que toutes les représentatlons romanesques dont nous disposions jusque-là pour en juger." (Ginette Guitard-Auviste, Le Monde)

168.          CASTRIES (Duc de). La Fin des Rois, 1815-1848. P., Jules Tallandier, 1979, 5 vol. in-8°, 378, 378, 378, 402 et 409 pp, 279 gravures à pleine page, tableau généalogique des derniers rois, chronologies, sources et biblio, imprimé sur vélin des Gorges de l'Andlau, reliures plein cuir lie-de-vin très ornées de l'éditeur (modèle gravé par Michel Vincent d'après un exemplaire de la bibliothèque de la Duchesse de Berry), têtes dorées, bon état

            100

Complet. – Tome I : Louis XVIII à la recherche de son royaume. – II : Le Règne de Louis XVIII et la France de la Restauration. – III : Charles X. – IV : Le Roi des Français (Louis-Philippe). – V : L'écroulement de la Monarchie.

169.          CASTRIES (Duc de). La Monarchie interrompue, 1848-1883. P., Jules Tallandier, 1983, 3 vol. in-8°, 387, 329 et 365 pp, 101 gravures à pleine page ou sur double page, chronologie, biblio, imprimé sur vélin des Gorges de l'Andlau, reliures plein cuir lie-de-vin très ornées de l'éditeur (modèle gravé par Michel Vincent d'après un exemplaire de la bibliothèque de la Duchesse de Berry), têtes dorées, bon état

            60

Complet. – Tome I : Vers un nouvel empire, 1848-1851. – II : La légitimité sous le Second Empire. La crise du drapeau blanc, 1831-1872. – III : Le grand refus, 1872-1883.

170.          DANSETTE (Adrien). Louis-Napoléon à la conquête du pouvoir. Hachette, 1961, in-8°, 419 pp, biblio, index, broché, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état (Le Second Empire, T. I)

            25

"Ce volume est consacré à la vie du prince Louis-Napoléon Bonaparte jusqu'au 2 décembre, biographie renouvelée par la correspondance familiale que le prince Napoléon a bien voulu communiquer à l'auteur. Grâce aux archives privées de la famille Bonaparte, Adrien Dansette apporte des vues neuves et intéressantes sur la formation du futur Napoléon III en le replaçant dans l'époque romantique où il vécut ses jeunes années, déjà sensibilisé aux problèmes économiques et sociaux de son siècle." (Geneviève Massa-Gille, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes,1976) — "Le présent volume nous trace un portrait, nuancé et équitable, de Louis-Napoléon dans sa marche vers le pouvoir. La bibliographie est abondante. Dès le premier chapitre, la discussion critique sur la naissance prouve que l'auteur a lu tout ce qu'il était possible sur la controverse soulevée par les légèretés possibles de la reine Hortense. Non seulement il a utilisé les sources imprimées, mais il a eu accès à des archives privées. Il nous montre « l'illuminé » luttant contre vents et marées, malgré sa famille, les défaites, les déceptions, toujours conspirateur de race apte aux grands desseins longtemps mûris. Il ne nous cache pas la complexité de son caractère, ses défauts comme ses qualités, mais, tout compte fait, il nous fait apparaître après une longue et lucide analyse, le prétendant comme supérieur à son entourage, à la fois décidé et raisonnable. Comment « ce conquérant résolu du pouvoir » deviendra l'empereur hésitant et velléitaire que l'on sait, c'est ce qu'on verra dans les livres suivants ; mais, en nous montrant les contradictions qui sont à la base du rétablissement de l'Empire, M. Dansette nous indique déjà une des causes essentielles de l'échec." (L. Genet, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

171.          DUMAS (Alexandre). La vie d'Alexandre Dumas racontée par Alexandre Dumas. Textes rassemblés par Alain Guérin. Julliard, 1953, in-8°, 277 pp, préface de Raymond Dumay, broché, couvc. illustrée à rabats, bon état (Coll. « Quel roman que ma vie », dirigée par Claude Roy)

            20

Le roman de sa vie, Alexandre Dumas l'écrivit en plus de 10.000 pages, y mêlant tout, depuis les recettes de cuisine jusqu'aux dissertations géographiques, en passant par de longues et fumeuses considérations métaphysiques, et y apparaissant comme un singulier mélange de compilateur antique, de reporter moderne, d'orateur romantique et de vaniteux sympathique, le tout accommodé à la sauce piquante du génie. Le montage que l'on a fait ici, taillant sans trahir, déplaçant sans bouleverser est un « faux où tout est vrai » mais c'est aussi un des plus grands romans d'aventure d'Alexandre Dumas, le maître du genre.

172.          FABRE-LUCE (Alfred). Benjamin Constant. Fayard, 1939, in-12, 341 pp, sources et index, reliure bradel papier vert amande, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Edition originale sur papier alfa classique

            25

"Libéral dans la lignée de Tocqueville, admirateur de Benjamin Constant, à qui il consacra une belle biographie, Fabre-Luce était avant tout un anticonformiste,un inclassable. « Alfred Fabre-Luce, comme Raymond Aron ou Bertrand de Jouvenel, notait Roger Nimier en 1960, appartient à ces esprits qui n’entrent dans une définition ou une case que pour en sortir aussitôt. » (Christian Brosio) — "Vif, direct, rapide, avec des éclairs de bretteur, tel est le talent habituel de M. Alfred Fabre-Luce. Dans ce bel ouvrage, consciencieux et disert, il semble que son scalpel se soit quelquefois ralenti dans les complications et les détours de l'âme et de la vie de son personnage. Les mots « d'équivoque, d'ambigu, de faiblesse de caractère » ne peuvent échapper à la plume de l'analyste. Son héros est-il Suisse ou Français ? Il se marie plusieurs fois et n'ose avouer son ou ses mariages. Il part à la conquête des femmes pour les rejeter. Il s'enchaîne longuement à celle qu'il n'aime pas. Un jour il attaque furieusement Napoléon ; le lendemain se rallie à lui. Tout cela n'est guère plaisant et en tout cas difficile à découper, à recoller, à rebâtir. Et cependant, pour ses contemporains, Benjamin Constant est un grand homme. A sa mort, en décembre 1830, on réclame à hauts cris pour lui le Panthéon ! Pourquoi ? Parce qu'il paraît héraut de la Liberté. Individualiste passionné, également passionné de la chose publique, il voudrait transformer l'esprit de la nation, c'est-à-dire jouer un rôle politique. Etre un tribun : il a l'éloquence et la foi. Mais le Tribunat de Bonaparte, où il entre, n'admet pas l'opposition. Dès 1802 Benjamin Constant en est exclu. Rien de plus fort et de plus prophétique contre les dictatures présentes et à venir que son essai sur l'Esprit de conquête et l'usurpation. Enfin, après la seconde Restauration et la dissolution de la Chambre « introuvable », il devient député et prend la tête de l'opposition constitutionnelle. Ce sont les dernières années de sa vie ; dans une atmosphère sentimentale apaisée (il vit enfin avec sa femme Charlotte), il donne toute sa mesure d'orateur, de pamphlétaire et de théoricien politique. Il acquiert alors une immense popularité. (...) Remercions M. Alfred Fabre-Luce de nous avoir montré tous les aspects de cet esprit d'un autre siècle, enchaîné par l'amour et combattant pour la liberté." (Pierre-Olivier Lapie, Revue des Deux-Mondes)

173.          FAYOLLE (Gérard). La Vie quotidienne en Périgord au temps de Jacquou le Croquant. Hachette, 1977, in-8°, 315 pp, une carte en frontispice, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, le Périgord d'avant les chemins de fer est encore imprégné par les survivances d'une féodalité officiellement abolie. Les ultras royalistes tentent de restaurer l'ancien régime, de supprimer la liberté née de la Révolution française. Mais les habitants, fidèlement évoqués dans le célèbre roman d'Eugène Le Roy, ont goûté à la liberté en 1789 : résistance et jacqueries paysannes en témoignent. Trouble du clergé, nervosité de la noblesse, désarroi de l'administration sont autant de signes de la crise de la Restauration. La vie des petites gens s'égrène en dures privations, entrecoupées de fêtes, de longues veillées les soirs d'hiver auprès de la cheminée, tandis que dans la forêt voisine, les derniers loups continuent de hurler.

174.          FLEISCHMANN (Hector). Le Roi de Rome et les femmes. La comtesse Napoleone Camerata, la danseuse Fanny Elssler, la cantatrice Pèche, les anonymes et les inconnues, l'archiduchesse Frédérique-Sophie de Bavière. Avec des documents inédits et 67 gravures, portraits, autographes, caricatures. P., Albert Méricant, 1910, in-8°, 371 pp, 12 gravures hors texte et 55 gravures dans le texte, broché, couv. illustrée avec 2 portraits contrecollés, bon état

            50

"Le sujet auquel nous mène l’étude de l’Empire et de l’Empereur, est à la fois usé et inconnu. Il relève du pamphlet, de la légende, et à peine de l’Histoire. Sa bibliographie se borne à celle de Napoléon II, à partir du jour où la tendresse populaire roule le cadavre de Schœnbrünn dans les plis soyeux et tièdes de la sentimentalité et de la poésie, et tisse, de son linceul les langes de sa légende..." (Introduction)

175.          FOUCAULT (Michel). Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... Un cas de parricide au XIXe siècle. Gallimard/Julliard, 1975, gr. in-12, 350 pp, documents annexes, notes, broché, jaquette et couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            20

Fruit d'un séminaire tenu au Collège de France par Michel Foucault et quelques historiens, cette réflexion commune part d'une autobiographie d'un jeune parricide qui, en 1836, explique et détaille l'assassinat de trois membres de sa famille. Ce texte se superpose à l'ensemble des textes médico-judiciaires qui ont suivi le crime.

176.          FULCONIS (André Pierre). Lousi Guillaume Fulconis (1818-1873). Statuaire - Une vie d'amitié (Provence, Algérie, Normandie, Paris). Saint-Martin de Castillon, Chez l'Auteur, 2005, in-4°, 685 pp, 384 illustrations, pièces justificatives, catalogue des oeuvres, index, broché, couv. illustrée, bon état

            67

Premier sculpteur français de l’histoire de l’Algérie, premier statuaire du « gothique retrouvé » normand et premier sculpteur élu par Roumanille et Mistral pour le Félibrige des Primadiés, Louis Guillaume Fulconis s’est montré pionnier en sculpture ethnographique comme en sculpture néogothique. Il a donné à la Catalogne et à la Provence, et par là à tous les Méridionaux, leur symbole commun le plus fort, la Coupo Santo, ouvert à tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Son arrière-petit-fils a réuni de nombreux documents inédits issus d’archives privées et publiques qui, à travers l’itinéraire aventureux de son arrière-grand-père, participent de l’histoire de l’Algérie du début de la présence française, puis de l’histoire du Second Empire et de son art. Ses engagements et ses amitiés permettent aussi d’évoquer l’histoire de l’Église en France et en Algérie. Il aura également vécu, avec son jeune fils, le siège de Paris et la Commune et tous deux, par leurs correspondances et leurs mémoires, en apportent un vivant témoignage.

177.          GAUVAIN (Auguste). L'Europe avant la Guerre. L'Europe en 1911. Après la crise marocaine : France et Allemagne. La question turque. La Ligue balkanique. Autriche-Hongrie et Serbie. Armand Colin, 1917, in-12, 303 pp, reliure demi-basane havane mordorée, dos lisse orné en long, titres dorés, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état. Edition originale. On joint la carte de visite d'Auguste Gauvain

            35

"... L'auteur excelle à dégager du fatras des disputes quotidiennes les grandes lignes directrices de la politique européenne. C'est qu'il a une doctrine, si par ce mot on entend, non pas un système subjectif de jugements formulés d'avance et une fois pour toutes, mais un ensemble coordonné de conclusions dont on peut dire qu'elles sont expérimentales. L'événement a prouvé que cette doctrine est vraie, que l'Allemagne suivait délibérément une politique d'hégémonie et de domination, que pour la France c'était duperie ou trahison de s'y associer et que la guerre, préparée et voulue à Berlin, n'a été longtemps retardée que par la modération pacifique de l'Entente. Mais il ne suffit pas d'avoir déterminé l'exact point de vue : il faut savoir regarder, et M. Gauvain est un observateur sagace ; il a la pénétration critique sans laquelle la connaissance approfondie qu'il possède du personnel et des conditions de la politique européenne resterait comme stérile, à l'état d'improductive documentation..." (G. Pariset, Revue Historique) — "Un ouvrage remarquable." (Raymond Poincaré, Au service de la France, t.1, Le lendemain d'Agadir, 1912) — "M. Auguste Gauvain, membre de l'Institut, directeur de la politique étrangère au “Journal des Débats”, est décédé hier matin, à Pau, où il était en traitement depuis quelques semaines, après une longue et épuisante maladie. Né à Vesoul en 1861, M. Gauvain a consacré la plus grande partie de sa vie à l'étude des questions de politique extérieure. Il laisse de nombreux ouvrages très appréciés : “les Origines de la guerre européenne”, “l'Europe avant la guerre”, “l'Affaire grecque”, “la Question yougoslave”, “l'Europe au jour le jour”, etc. Sa disparition sera unanimement regrettée dans les milieux journalistiques et diplomatiques, où il était particulièrement estimé." (Le Petit Parisien, 19 avril 1931)

178.          GERMAIN (André). Les fous de 1900. La Palatine, 1954, in-12, 268 pp, broché, couv. illustrée par Sen, bon état

            35

Par André Germain (1882-1971), grand témoin de la Belle Epoque. — Table : Les Excentriques (Oscar Wilde, Montesquiou et d'Annunzio, Jean Lorrain) – Grand monde et demi-monde (la baronne Deslandes, la marquise Casati,la princesse de Polignac, la comtesse des Fortifs, Liane de Pougy, Boni de Castellane, Miss Barney) – Prophètes et magiciens (le sâr Peladan, Léon Bloy et Henry de Groux, Edouard Drumont, le magicien Mardrus) – Grands écrivains (Barrès, Proust, Gide, Cocteau). — "Son père, Henri Germain, avait fondé le Crédit Lyonnais. André fut l’un des princes du Gotha des arts, des lettres et de la politique – et l’un des piliers infatigables de trois républiques. Par amour des lettres, André Germain épouse, pour le pire, Edmée (1886-1937), la fille d’Alphonse Daudet (1840-1897), – par ailleurs sœur de Léon (1867-1942) et filleule d’Edmond de Goncourt (1822-1896). Son divorce, en 1909, le rend à sa vie de dilettante nonchalant... Le « fils du Crédit Lyonnais » est l’ami de tous les littérateurs ; familier de Marcel Proust (1871-1922), il lui consacre un essai... Toute sa vie, il chérit les princesses poètes dont « la conquête était l’un des travaux d’Hercule exigé de tout étranger de distinction, de passage à Paris ». Son salon retentit des rires d’Edmée de la Rochefoucauld (1895-1991), de la baronne de Pierrebourg (Claude Ferval en littérature) ou de la poétesse Anna de Noailles (1876-1933), une « fée arriviste fascinée par tout ce qui brillait d’un éclat officiel » – elle recevait assise dans son lit, faute sans doute de s’être remise du phénoménal succès de son premier recueil, Le cœur innombrable (1901)... Dans le salon de Mme Muhlfeld (1879-1953), il entre en amitié avec Donna Maria d’Annunzio, « la plus vibrante mélodie féminine que j’aie jamais écoutée » - et la console de son calamiteux mariage avec le coureur de bonnes fortunes Gabriele d’Annunzio (1863-1938), le matamore des lettres. Il consacre un essai quelque peu diaphane à sa poétesse préférée, Renée Vivien née Pauline Tarn (1877-1909), morte d’amour pour la belle Américaine Nathalie Clifford Barney (1876-1972) et admire sans limites le poète Rainer Maria Rilke (1875-1926), mort, dit-il, en voulant cueillir une rose pour une belle Egyptienne... De la Belle Epoque à l’avènement de la Cinquième République, sa table se trouve au carrefour des arts, des lettres, de la haute finance et de la politique. Grand témoin lucide de la montée des totalitarismes, le germanophile André Germain fait un portrait fasciné de Hitler (Hitler ou Moscou ? Denoël, 1933) – il redoute la « bolchevisation du Reich » - et met ses pas dans ceux de Goethe et Bettina (éditions de France, 1939) tout en s’avouant sensible à « l’esthétique nazie ». Au fil de trois républiques, il égrène ses souvenirs du monde qu’il avait connu – « un monde solennel et suranné où les suprêmes baisers de l’Impératrice Eugénie se mêlaient aux ultimes confidences de Proust » - notamment dans “La bourgeoisie qui brûle” (Sun, 1951) et “Les Fous de 1900” (La Palatine, 1954). Un grand mémorialiste." (Michel Loetscher)

179.          GIRARD (Georges). La vie et les souvenirs du général Castelnau, 1814-1890. Calmann-Lévy, 1930, pt in-8°, 298 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 150 ex. numérotés sur papier vélin du Marais (seuls grands papiers)

            70

Fidèle aide de camp de Napoléon III, le général Castelnau participa aux grands conflits du Second Empire : la Guerre d'Italie, l'expédition du Mexique et la guerre Franco-Allemande. Ses souvenirs sont particulièrement intéressants sur l'expédition du Mexique et les combats de Sedan. — "Comme le fait remarquer dans son introduction l'auteur de ce livre, la mission du général Castelnau au Mexique constitue la partie la plus intéressante de ses souvenirs. Nous voyons d'abord le commencement de carrière du jeune officier. Il sort de l'Ecole Polytechnique. Le jeune stagiaire gagne ses premiers galons en Algérie, pendant la campagne de 1839 ; puis le capitaine Castelnau prend part à l'expédition de Rome et a la surprise, au cours des bouleversements qui accompagnèrent ces événements, de se voir nommé ministre de la guerre du Pape. Cet épisode inattendu dure peu, mais je capitaine reçoit en récompense son quatrième galon. Le premier travail dont il est chargé dans son nouveau grade est d'aller étudier sur place, puis de créer et d'organiser le camp de Châlons. Les années passent et survient la guerre d'Italie d'où Castelnau revient colonel et aide de camp de l'Empereur. Alors c'est la vie intime des Tuileries que le nouvel aide de camp nous contera dans ses souvenirs. Après une mission en Suède, il obtient les étoiles de brigadier comme chef du personnel au ministère de la guerre. C'est alors que les circonstances le lancent dans l'aventure du Mexique où il va jouer un rôle diplomatique prépondérant. L'Empereur voyait comme tout le monde l'impossibilité de maintenir indéfiniment au Mexique le corps expéditionnaire commandé par Bazaine et essayait en vain depuis des mois de faire revenir en France le maréchal malgré ses arguments sans cesse renouvelés pour prolonger toujours notre occupation. Ne pouvant obtenir le résultat souhaité, et n'osant d'autre part donner des ordres péremptoires de si loin et sans voir sur place ce qui se passait, l'Empereur décida d'envoyer son aide de camp, le général Castelnau, avec pleins pouvoirs pour juger la situation et faire revenir le corps expéditionnaire avec ou sans Maximilien dont les tergiversations étaient continuelles. Le générai Castelnau eut vite fait de se convaincre de l'impossibilité pour le prince autrichien de se maintenir au pouvoir après le départ des troupes françaises ; il allait se trouver face à face avec le parti libéral et Juarez qui avait pour lui l'immense majorité de la nation. Le général chercha un appui auprès de Bazaine pour parvenir à persuader Maximilien d'abdiquer. Le maréchal abondait dans son sens, mais en sous-main jouait double jeu et encourageait Maximilien à rester au pouvoir. Le général Castelnau connut bien vite les raisons de cette félonie : Bazaine avait épousé une toute jeune fille mexicaine qui exerçait sur lui une influence absolue et appartenait au parti ultra-monarchiste, De plus, Maximilien avait donné au maréchal un immeuble considérable dans la ville de Mexico et il était à craindre de voir cet immeuble confisqué par le parti républicain s'il arrivait au pouvoir, Il y avait donc pour Bazaine un intérêt personnel à demeurer au Mexique jusqu'à ce qu'il eût le temps de vendre convenablement son immeuble. Et de fait, quand cette vente eut été réalisée, il cessa son double jeu avec Maximilien et consentit à préparer franchement le rapatriement des troupes françaises, abandonnant à son malheureux sort un prince inconsistant et faible qu'il avait contribué à tromper sur les possibilités de se maintenir sur le trône. Les notes et les lettres à Napoléon III du général Castelnau sur les dessous de cette politique tortueuse forment un ensemble du plus puissant intérêt et dévoilent des faits qu'on ne connaissait pas. C'est un réquisitoire écrasant pour la mémoire du maréchal Bazaine et on demeure stupéfait de voir que trois ans après, en 1870, l'Empereur lui donnait l'un des plus importants commandements de l'armée. La guerre contre l'Allemagne est présentée d'une manière bien poignante par le général Castelnau qui suivit l'Empereur jour par jour et on pourrait dire heure par heure non seulement à Sedan mais en captivité, à Wilhelmshne et jusqu'à son départ pour l'Angleterre. La carrière active du général était terminée. Il fit encore partie de diverses commissions, obtint en 1873 d'aller assister aux obsèques de Napoléon III et demanda sa mise à la retraite en 1879 quand on lui refusa d'aller assister à celles du prince impérial. Il put alors s'y rendre et vécut retiré jusqu'à sa mort qui survint le 1er novembre 1890." (Léo Mouton, Annuaire de la Société des études historiques, 1929-1930)

180.          GIRARDIN (Emile de). Les Lettres d'un Logicien. Questions des années 1872 et 1873. P., Michel Lévy Frères et Librairie nouvelle, 1874, in-8°, xvi-415 pp, reliure demi-basane chagrinée carmin, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, coiffe sup. lég. abîmée, bon état

            60

C'est dans ce volume que se trouvent les Lettres et Notes confidentielles adressées à M. Thiers en 1871 et 1872 et ses réponses. — "Depuis longtemps je connaissais l'abnégation avec laquelle M. Thiers, élu député par vingt-six départements le 8 février 1871, avait accepté, avec la présidence de la République, la douloureuse mission de traiter de la paix. Je savais que M. de Girardin lui ayant écrit de n'accepter le pouvoir qu'avec des garanties, M. Thiers avait répondu « Je ne veux pas taire un marché, j'accomplis un acte de dévouement patriotique. » M. de Girardin gardait précieusement les lettres de son illustre correspondant, et malgré toutes les instances, il n'avait pas voulu en donner copie. Mais ayant fait valoir les arguments de l'intérêt supérieur, il ne pouvait se soustraire au devoir de transmettre à l'Assemblée nationale et au pays les grandes leçons de l'expérience. Il prépare un volume qui aura pour titre “Les Lettres d'un Logicien” qui contient toute la correspondance échangée entre M, Thiers et M. de Girardin..." (Thomas Grimm, Le Petit Journal, 3 mai 1874)

181.          GUÉROULT (Georges). Maîtres et amis disparus. Etudes politiques, littéraires, philosophiques, religieuses et esthétiques. Georges Crès, 1915, fort in-12, xvi-318 pp, broché, couv. rempliée, bon état. Edition originale, un des 8 ex. numérotés sur papier vélin de Rives (n° 10 : il y a eu 2 ex. sur Japon impérial (numérotés 1 et 2), 8 ex. sur vélin de Rives (numérotés 3 à 10) puis 500 ex. sur vélin teinté (numérotés 11 à 510). Exemplaire bien complet de la postface volante de 4 pp imprimée sur papier vert et enrichi d'un  envoi a.s.

            40

1ère partie. Politique : La vie de Sadi Carnot. La République en France (31 octobre 1870). Quarante-quatre ans après. – 2e partie. Art et littérature : Stubler et la Divine comédie. Vie de Helmholtz. Vie d'Emile Javal. – 3e partie : les religions et l'astronomie moderne. – 4e partie. Du rôle du mouvement des yeux dans les émotions esthétiques.

182.          [Guerre de 1870]. La campagne de 1870. Récit des évènements militaires depuis la déclaration de guerre jusqu'à la capitulation de Paris. Woerth, Sedan, Metz, Paris. Traduit du “Times” par Roger Allou. P., Garnier frères, 1871, in-12, xv-287 pp, reliure demi-basane bordeaux, dos lisse avec doubles filets à froid, titre et fleurons dorés (rel. de l'époque) dos uniformément passé, qqs rares rousseurs, bon état

            40

"Les pages qui suivent ont paru dans le “Times”, à deux époques distinctes : au mois d'octobre 1870, pour les faits qui s'étendent jusqu'à la chute de Metz, et au mois de mars 1871, pour la dernière partie. L'écrivain avait considéré la campagne de 1870 comme achevée, au moment où succombait notre dernière armée régulière, et lorsque les troupes allemandes venaient d'investir Paris. Le courage et le patriotisme ont rouvert le livre qui se fermait déjà pour raconter nos désastres..." (Introduction)

183.          GUIRAL (Pierre) et Guy THUILLIER. La Vie quotidienne des députés en France de 1871 à 1914. Hachette, 1980, in-8°, 371 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

De 1871 à 1914, des hommes politiques de premier plan ont siégé au Palais-Bourbon. Mais si l'histoire a braqué ses projecteurs sur Jules Ferry, Gambetta, Clemenceau, Jaurès, Poincaré, Briand, Caillaux... elle a, le plus souvent, laissé dans l'ombre le député moyen et celui-ci est mal connu, malgré ses fréquents contacts avec ses « chers électeurs ». Sa vie est épiée, ses paroles sont pesées, ses moindres déclarations examinées. Mais nul ne le regarde avec un oeil objectif. C'est donc ce qu'ont voulu faire les auteurs de ce livre en étudiant, grâce à une énorme documentation, rigoureusement analysée, la vie quotidienne des députés de 1871 à 1914. Qui avait le plus de chances d'être élu député ? Le propriétaire foncier, l'avocat, le médecin ? Comment devenait-on député ? Quel était le train de vie des députés ? Jusqu'à la loi de 1907 qui fait passer l'indemnité parlementaire de 9 000 francs à 15 000, le député qui n'avait pas de fortune vivait difficilement. Enfin, que représentait la Chambre pour le député ? Un club où les députés se tutoyaient ? Un théâtre où s'affrontaient les idéologies les plus opposées et les personnalités les plus fortes ? Les deux, pour Maurice Barrès, qui nous a laissé des pages inoubliables sur les houles de l'hémicycle au temps de Panama.

184.          IMBERT de SAINT-AMAND (Arthur Léon). Marie-Amélie et la Cour des Tuileries. P., Dentu, 1893, in-12, 406 pp, reliure demi-percaline bronze, dos lisse, pièce de titre basane fauve, fleuron, double filet et date dorés en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les femmes des Tuileries)

            30

Marie-Amélie de Bourbon-Sicile (1782-1866), épouse de Louis-Philippe. — "M. Imbert de Saint- Amand continue, dans “Marie-Amélie et la cour des Tuileries”, sa série sur les femmes des Tuileries. C'est une fort agréable lecture ; les renseignements, sans être nouveaux, sont puisés à des sources sûres, mais on ne saurait partager tous les jugements de l'auteur, trop indulgents pour la famille royale, trop durs pour les écrivains de l'époque (voir pages 84 et 85)." (Revue Historique, 1894)

185.          IMBERT de SAINT-AMAND (Arthur-Léon). Marie-Amélie et l'apogée du règne de Louis-Philippe. P., Dentu, 1894, in-12, 308 pp, reliure demi-percaline bronze, dos lisse, pièce de titre basane fauve, fleuron, double filet et date dorés en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les femmes des Tuileries)

            30

Marie-Amélie de Bourbon-Sicile (1782-1866), épouse de Louis-Philippe. — Par le baron Arthur Léon Imbert de Saint-Amand (1834-1900), diplomate, ministre plénipotentiaire de 1ère classe, attaché à l'administration centrale du ministère des affaires étrangères.

186.          IMBERT de SAINT-AMAND (Arthur-Léon). Marie-Amélie et la duchesse d'Orléans. P., Dentu, 1893, in-12, 398 pp, reliure demi-percaline bronze, dos lisse, pièce de titre basane fauve, fleuron, double filet et date dorés en queue, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les femmes des Tuileries)

            30

Marie-Amélie de Bourbon-Sicile (1782-1866), épouse de Louis-Philippe. — Par le baron Arthur Léon Imbert de Saint-Amand (1834-1900), diplomate, ministre plénipotentiaire de 1ère classe, attaché à l'administration centrale du ministère des affaires étrangères.

187.          LA LANDELLE (Gabriel de). Les Quarts de nuit. Contes et causeries d un vieux navigateur. P., Brunet, 1866, in-12, 332 pp, 4e édition, broché, qqs rares rousseurs, bon état

            30

L’auteur Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle (1812-1886), est un officier de marine, journaliste et homme de lettres, romancier de la mer et auteur d'autres ouvrages maritimes. Il publia sous forme de feuilletons une longue série de romans maritimes, appréciés tant pour l'intérêt du récit que pour la vérité des scènes de la vie en mer. Inspirés en particulier des romans de James Fenimore Cooper et de Frederick Marryat. “Les Quarts de nuit, contes et causeries d'un vieux navigateur” fut publié pour la première fois en 1845, constamment réédité et augmenté pendant plus de 20 ans. Il s’intéressera aussi aux premiers pas de la navigation aérienne et construisit en 1861 avec Ponton d’Amécourt un prototype d’hélicoptère, dont se souviendra Jules Verne dans son roman “Robur le Conquérant” (1886) et qui lui rendra hommage.

188.          LANGERON (Roger). Un conseiller secret de Louis XVIII : Royer-Collard. Hachette, 1956, in-8°, 254 pp, un portrait en frontispice, biblio, broché, bon état

            20

"La personnalité de Royer-Collard est assurément assez représentative de celle de ces hommes acharnés à jouer un rôle politique qui s'efforcent dans ce but de se mettre au service des régimes possibles sans trop chercher la logique ou la fidélité à leurs convictions du moment. Il ne semble pas, en effet, que la formation janséniste sur laquelle insiste à juste titre M. Langeron, et qui témoigne d'une curieuse survivance à la fin du XVIIIe siècle de courants de pensée plus anciens, ait beaucoup gêné son héros dans le maniement, si fréquent à cette époque, du serment de fidélité contradictoire. Membre de la commune de Paris jusqu'au moment de la crise girondine, député de la Marne au Conseil des Cinq-Cents il devait siéger pendant plus de quarante ans dans toutes les assemblées. Sa participation aux travaux du Conseil royal secret après fructidor lui valut de faire oublier sans peine sa nomination dans la Sorbonne impériale. Ses succès parlementaires pendant les mois libéraux de la Restauration allaient faire de lui le chef des doctrinaires et, par conséquent, un des dirigeants de l'opposition à Villèle, puis au régime et finalement un académicien et un des oracles du parlement sous la monarchie de Juillet. La sympathie que lui témoigne son biographe ne semble pas, à vrai dire, justifiée par cette carrière d'un éloquent opportunisme." (J. Vidalenc, Revue Historique, 1957)

189.          LEONARD (Jacques). La France médicale au XIXe siècle. Gallimard, 1978, in-12, 287 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Archives)

            19

A travers le XIXe siècle, la société française se médicalise. La santé et l'hygiène deviennent des préoccupations publiques. La profession médicale se codifie : elle se donne des lois, une organisation, un rituel ; elle dénonce les concurrences illégales. Entre médecins et malades, une sociabilité nouvelle se définit. Témoignages et règlements, papiers privés et rapports, enquêtes et panégyriques relatent l'ascension sociale d'une profession profondément différenciée et pourtant rassemblée autour des mêmes valeurs : l'optimisme scientiste et la mission sociale ; les avantages de l'exercice libéral et les privilèges d'une magistrature ; la respectabilité et la reconnaissance d'une notoriété.

190.          LEPOINTE (Gabriel). Histoire des institutions du droit public français au XIXe siècle, 1789-1914. P., Editions Domat Montchrestien, 1953, gr. in-8°, 777 pp, broché, papier lég. jauni, état correct

            80

"Avec l'ouvrage du professeur Lepointe, le XIXe siècle fait son entrée dans le domaine de l'histoire du droit. Il ne pouvait pas trouver un introducteur plus qualifié et plus soucieux d'en étudier les réalisations juridiques. Le plan même du livre témoigne de l'intention de l'auteur de faire avant tout œuvre de juriste. Il étudie successivement les institutions constitutionnelles, les institutions administratives et municipales, les institutions judiciaires, les finances, les institutions militaires, enfin les institutions religieuses. Cette énumeration peut évoquer la sécheresse d'un Manuel, mais il n'est que de se reporter à tel ou tel chapitre pour constater la richesse d'information étayée par des travaux de première main qui s'abrite derrière le classicisme du plan. Aussi bien, encore que l'analyse soit axée sur les institutions, elle ne se sépare ni de l'histoire des faits ni de l'évolution des idées. Sans dogmatisme comme sans parti pris le professeur Lepointe les laisse se présenter, d'eux-mêmes pourrait-on dire, dans les systèmes juridiques où s'inscrit leur influence. Et il apparaît en définitive qu'en une époque si riche en événements et si féconde en pensées, ce n'est pas le critérium le moins sûr de la portée des uns et de l'influence des autres que de se référer au Droit où leur action se résume. L'histoire du droit nous révèle le virage officiel d'une société. Tant d'interprétations nous ont été présentées de ce XIXe siècle, tantôt généreux et tantôt stupide, qu'on éprouve quelque détente à le considérer tel qu'il s'est voulu lui-même. Le professeur Lepointe nous offre cette image. Il ne nous interdit pas de la juger." (Georges Burdeau, Revue internationale de droit comparé, 1953)

191.          LOLIÉE (Frédéric). La Vie d'une Impératrice. Eugénie de Montijo. Jules Tallandier, 1928, in-8°, 282 pp, 18 pl. de gravures hors texte, inde, imprimé sir beau papier, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos lisse orné en long, pièce de titre chagrin noir, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque "Historia")

            40

Ecrit à l'aide des mémoires de cour inédits. Eugénie (1826-1920) épousa Napoléon III en 1853. Elle sera impératrice des Français du 29 janvier 1853 au 4 septembre 1870.

192.          LONLAY (Dick de). Français et Allemands. Histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871. Sarrebruck, Spickeren, la retraite sur Metz, Pont-à-Mousson, Borny. P., Garnier, 1889, in-4°, 956 pp, 121 illustrations en couleurs (dessins de l'auteur, cartes et plans), importantes annexes, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, orné de caissons dorés, titres dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), dos lég. sali, bon état

            40

Deuxième volume seul (sur 6) de la copieuse Histoire de la guerre de 1870-1871 de Dick de Lonlay, pseudonyme de Georges Hardouin (1846-1893), écrivain, journaliste et dessinateur. Ancien du régiment des guides de la Garde Impériale, Lonlay publie d'importants récits et se spécialise dans l'histoire militaire contemporaine avec ses récits de la guerre franco-prussienne, qu'il illustre lui-même. Il deviendra ensuite correspondant de guerre pour “Le Monde Illustré”, notamment lors de la guerre russo-turque de 1877-1878. En 1889, il est rédacteur en chef du journal “Le Drapeau”, organe officiel de la Ligue des patriotes fondée par Paul Déroulède.

193.          MAYEUR (Jean-Marie). La Séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905). Julliard, 1966, in-12, 199 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, broché, pliure au 1er plat, bon état (Coll. Archives)

            19

Article 1 : La République assure la liberté de conscience. Article 2 : La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. Voilà « la grande réforme de la Séparation, la plus grande – dit Jaurès – qui ait été tentée dans notre pays depuis la Révolution française » ... Débats à la Chambre autour du projet Briand, polémiques de presse, documents des Archevêchés, rapports des Procureurs généraux sur les querelles des Inventaires racontent cette rupture capitale.

194.          [Médecine] – RÉVEILLÉ-PARISE (J.-H.). Mémoire sur l'existence et la cause organique du tempérament mélancolique, lu à l'Académie des sciences (Institut), le 17 mai 1830. Editions Pro-Officina, 1992, in-8°, 40 pp, reliure simili-cuir noir, titres dorés au 1er plat, encadrements dorés sur les plats (rel. de l'éditeur), bon état. Belle réimpression de l'édition de Paris, Baillière, 1831

            25

"Ce Mémoire est d'une haute portée médicale et philosophique, et c'est assurément à juste titre qu'il obtint à l'auteur de sincères félicitations de la part de l'llustre Cuvier, qui en avait entendu la lecture. Sans nul doute, si Cabanis avait écrit ultérieurement son célèbre traité des Rapports du physique et du moral de l'homme, il n'eût pas manqué de mettre à profit l'analyse si profonde et si vraie exposée dans ce mémoire sur le tempérament mélancolique. Les anciens, qui l'ont parfaitement connu et décrit, n'ont eu d'autre tort que celui de lui donner une base physiologique hypothétique mise en relief par la seule dénomination de mélancolie, atra bile bile noire. Selon M Réveillé-Parise, « la cause organique de ce tempérament consiste dans la prédominance du système veineux sur le système artériel, tandis que la prédominance de ce dernier sur le système veineux contient la raison du tempérament sanguin. Dans le tempérament mélancolique ou veineux, comme dans tous les autres, il peut y avoir ou non un développement très marqué du système nerveux ; ce qui imprime à ce tempérament des caractères particuliers et plus saillants, mais conservant toujours l'empreinte de la constitution générale. » Nous ne pouvons exposer ici, à cause des développements qu'elle exigerait, l'analyse si claire si originale et si judicieuse du tempérament mélancolique présentée par notre auteur ; disons seulement qu'elle donne l'explication la plus satisfaisante des caractères physiques et moraux de tout temps assignés à ce tempérament." (J.-B. Cayol, Revue médicale, janvier 1845) — "Par diverses considérations qui ne sont pas convaincantes pour nous, mais qui attestent un talent distingué en littérature médicale, l'auteur pose en principe ces deux propositions : 1) le tempérament sanguin est le résultat de la prédominance du système artériel ou à sang rouge ; 2) le tempérament mélancolique est le produit de la prédominance du système veineux ou à sang noir. M. Parise, en terminant son mémoire, signale en ces termes la nécessité de discerner les tempéramens. Le point important, dit-il, est de parvenir à l'idiosyncrasie par la connaissance pratique et approfondie du tempérament, c'est à dire à la spécialité individuelle. Le médecin qui joint à l'expérience des choses l'expérience des personnes, a une base assurée pour apprécier ces inégalités de mesure d'énergie vitale qu'on remarque chez la plupart des hommes. Ia sagacité du jugement, la sûreté du tact, l'infaillibilité d'expérience de certains praticiens, ne dépendent souvent que de la connaissance exacte des tempéramens et des idiosyncrasies. Celui qui a dit : Nous ne traitons point en général de la péripneumonie ou de l'hydropisic mais nous traitons la péripneumonie de Sempronius ou celle de Tullia, a vivement exprimé l'importance de l'étude des tempéramens. Quiconque la néglige ne sera jamais qu'un praticien aveugle et routinier, ou un systématique téméraire et dangereux." (Broussais, Annales de la médecine physiologique, t. 19, 1831) — Joseph-Henri Réveillé-Parise (1782-1852) est connu pour ses travaux sur les maladies professionnelles et ses études sur les maladies des vieillards.

195.          MIRECOURT (Eugène de). Rachel. P., Librairie des Contemporains, 1869, pt in-12, 64 pp, un portrait hors texte, broché, bon état (Coll. Les Contemporains)

            15

Elisabeth-Rachel Félix (1821-1858), dite Rachel ou Mlle Rachel, est une grande tragédienne, elle fut un modèle pour Sarah Bernhardt.

196.          NEUVILLE (Comte de). Notice historique sur M. le comte de Villèle, suivie des Souvenirs sur l'administration financière de M. le comte de Villèle, par M. le marquis d'Audiffret. P., Auguste Fontaine, 1855, in-8°, 316 pp, reliure demi-veau glacé bleu-nuit, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

            120

Joseph de Villèle, comte de Villèle (1773-1854) fut président du Conseil des ministres entre 1821 et 1828, sous Louis XVIII et Charles X. Le comte de Villèle voulait inscrire l’œuvre de son ministère dans la durée et stabiliser la situation de la France et de la monarchie, pour cela il fit voter une nouvelle loi qui fixait la durée de la législature à 7 ans, au terme desquels auraient lieu des élections générales pour renouveler la Chambre. S'appuyant sur les efforts de ses prédécesseurs, il mena en plus de cela une politique budgétaire d’équilibre, voire d’excédent. Les finances ne se portèrent jamais aussi bien, la dette fut très réduite. Il décide alors d'utiliser les fonds de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour financer des projets industriels, en commençant par la rénovation du port de Dunkerque. Il s’appuya sur des agents d’État tous dévoués : plus de la moitié des députés étaient fonctionnaires. De plus le comte de Villèle était Chevalier de la Foi, et pouvait compter sur les ultras.

197.          PIETTE (Valérie). Domestiques et servantes. Des vies sous condition. Essai sur le travail domestique en Belgique au 19e siècle. (Thèse). Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2000, gr. in-8°, 521 pp, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état

            50

"Les travaux sur la domesticité à l'époque contemporaine ne sont apparus que tardivement dans l'historiographie. Valérie Piette comble heureusement une lacune en publiant sa thèse soutenue en 1998 devant l'Université libre de Bruxelles. On peut s'interroger, avec l'auteur, sur ce caractère tardif, alors que la condition et les pratiques ouvrières au XIXe siècle ont fait l'objet de tant de travaux de qualité de la part d'historiens comme de non historiens. Les travaux concernant les gagne-petit dans le cadre urbain n'ont vraiment pris leur ampleur que dans la seconde moitié du XXe siècle. Pourtant, leur importance démographique – plus de 2 % de la population totale et 5 % de la population active en 1910 pour les domestiques – méritait de fait une étude. En revanche, à une époque où l'historiographie était imprégnée de marxisme, les domestiques ne pouvaient être assimilés à des catégories signifiantes dans la mesure où leur travail n'était pas productif au sens marxiste du terme : « du travail qui n'est pas du travail » rapporte V. Piette. Par ailleurs, toujours soupçonnés de trahison sociale, ils ne semblaient pas s'inscrire dans le mouvement de l'histoire. Bref, ils n'étaient pas considérés comme partie intégrante de la classe prolétarienne. V. Piette insiste sur le caractère intermédiaire des acteurs de cette catégorie sociale, issus du monde ouvrier ou paysan mais vivant dans le monde bourgeois. Ils ne sont plus des ouvriers et ne sont pas des bourgeois, même s'ils briguent une ascension sociale vers l'artisanat ou le commerce qui pourrait les assimiler à la catégorie des petits- bourgeois. Dans ce livre, issu de sa thèse dont elle conserve l'appareil critique, V. Piette s'est placée à la fois dans le champ de l'histoire sociale en général et dans celui de l'histoire des femmes. Ce parti pris est justifié puisque la domesticité est à majorité féminine et que, de surcroît, l'évolution du XIXe siècle tend vers une féminisation de la profession (48 % d'hommes et 52 % de femmes en 1846, mais respectivement 27,5 % et 72,5 % en 1900). Le sujet l'amène à rompre avec les hypothèses féministes traditionnelles, puisque la domination est exercée le plus souvent par des femmes, les maîtresses, sur des domestiques ou d'autres femmes. La thèse de l'exploitation féminine par la partie masculine ne résiste donc pas. De même V. Piette conclut, somme toute assez logiquement, que l'exploitation des servantes a contribué à l'avènement de femmes bourgeoises libres, dégagées de leurs obligations domestiques. (...) Ce livre consacre la vocation de V. Piette comme historienne des femmes et des gens de peu." (André Gueslin, Annales, 2001)

198.          QUESNAY de BEAUREPAIRE. Le Panama et la République. P., F. Juven, s.d. (1899), in-12, 304 pp, 40 pp de documents en annexe, broché, dos recollé, bon état

            30

Exposé général – L'Affaire du Panama – Les Commissions politiques. — "On a bien oublié le procureur général Quesnay de Beaurepaire – le descendant du bon docteur Quesnay, le physiocrate – qui joua un tel rôle dans l'affaire de Panama. Or en 1899 – après sa démission forcée de la Cour de cassation – il publie un livre “Le Panama et la République”, où il règle ses comptes avec vigueur avec les parlementaires. Quesnay de Beaurepaire (1837-1923) fut magistrat sous l'Empire, procureur au Mans, avocat après le 4 septembre 1870 ; il revient à la magistrature en 1878, il est procureur général de la Cour d'appel de Rennes, puis en mars 1889 procureur général à Paris : Quesnay sera le procureur général de la Haute Cour qui jugera Boulanger et Rochefort. C'était un esprit fin, un homme de lettres, il écrit dans la “Vie parisienne”, il est bien vu dans le cercle de Juliette Adam, il passe pour un bon républicain... Or il est pris dans la tourmente du Panama, qui est un piège extraordinaire pour les opportunités ; car ce n'était pas la seule affaire, la corruption était endémique dans le Parlement des années 1880. Il manoeuvre plus ou moins adroitement au gré des gardes des Sceaux, il retarde l'ouverture du dossier, conclut d'abord aux poursuites, puis contre les poursuites... “Le Panama et la République” est un ouvrage qu'il faut lire : car on trouve là bien des problèmes fâcheux qu'eurent à résoudre dans des années récentes, avec plus ou moins de bonheur, des magistrats judiciaires. Quesnay a publié en tête du livre quelques pages sous le titre Exposé général qui constituent une critique violente du système parlementaire ; lui, l'ami de Juliette Adam, de Joseph Reinach, le procureur général de la Haute Cour contre Boulanger, donne un réquisitoire très violent contre le personnel parlementaire, son absence de moralité, sa voracité, sa corruption..." (Guy Thuillier, La Revue administrative, 2003)

199.          REGNIER (P[hiloclès], de la Comédie-Française). Souvenirs et études de théâtre. P., Ollendorff, 1887, in-12, 354 pp, un portrait de l'auteur gravé par A. Blanchard en frontispice, 6 illustrations, reliure demi-basane aubergine, dos lisse, titres et fleuron doré (rel. de l'époque), reliure abîmée, dos uniformément passé, coiffes arasées, un morceau du dos recollé, mors frottés, rousseurs éparses, état moyen

            20

Souvenirs de Philoclès Regnier, entré à la Comédie-Française en 1831, sociétaire en 1835, retraité en 1871, doyen de 1865 à 1871. L'une des figures les plus attachantes de la troupe au XIXe siècle, acteur de talent, fin lettré, homme de théâtre dans tous les sens du terme, François-Joseph Philoclès Regnier de la Brière, dit Philoclès Regnier, est le fils de Madame Tousez, sociétaire de la Comédie-Française. Il fait de bonnes études chez les oratoriens, se destine à l'architecture, mais, après avoir échoué à un concours, il préfère monter sur les planches, qu'il a déjà connues à l'âge de quatre ans, figurant le Roi de Rome dans un à-propos donné à l'Odéon en 1811. Sans passer par le Conservatoire, muni seulement des conseils de Baptiste aîné, il fait le dur apprentissage de la vie de comédien de province, à Metz et à Nantes, avant d'être engagé au théâtre du Palais-Royal, dont le directeur se rend très vite compte qu'il fait fausse route et le pousse à entrer à la Comédie-Française où il débute en 1831... — Table : J. Boutet de Monvel. – Mademoiselle de Champmeslé. – Adrienne Le Couvreur. – Etat de la fortune de Molière. – Talma. – Sedaine.

200.          RIALS (Stéphane). Révolution et contre-révolution au XIXe siècle. DUC/Albatros, 1987, gr. in-8°, 325 pp, broché, bon état

            30

"L'auteur, historien du droit et des idées politiques, a réuni, en un volume, des articles écrits dans ces dernières années, autour de la Contre-Révolution et de la Révolution. La multiplicité des articles et des centres d'intérêt empêche de rendre compte de la totalité des pistes suivies : d'une lecture de Joseph de Maistre à une typologie des gauches, en passant par l'utilisation de la mémoire de 1793 pendant la commune de Paris ou l'attitude d'Henri V face au drapeau blanc. L'unité de l'ensemble vient de deux points essentiels – outre une sympathie pour la Contre-Révolution – : les articles scrutent la nature des mouvements politiques du XIXe siècle et la méthode employée se situe à la charnière des idées politiques et de l'histoire événementielle. L'auteur rend compte ainsi autrement d'événements plus connus dans une épaisseur de luttes de groupes ou de classes, en insistant sur la multiplicité des acteurs, sur les conflits d'opinions dans chaque mouvement politique. L'analyse fine des conditions de la rédaction de la Charte de 1814 est un modèle du genre... Au-delà des opinions personnelles, Stéphane Riais invite à une (re ?) découverte d'une histoire de la droite française... Il détache fermement le légitimisme de l'orléanisme et du bonapartisme. Le légitimisme se caractérisant par une absence de volonté aux antipodes du volontarisme historique des deux autres. Cette différence, qui interdit d'en faire trois variations d'une même droite, récuse ainsi l'analyse consacrée de René Rémond et éclaire l'évolution de l'idée royale au XIXe siècle. Conséquence essentielle de ce point de vue, la coupure révolutionnaire apparaît bien comme fondatrice de la droite française..." (Jean-Clément Martin, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1988)

201.          ROHR (Jean). Victor Duruy, ministre de Napoléon III. Essai sur la politique de l'Instruction publique au temps de l'Empire libéral. P., LGDJ, 1967, gr. in-8°, 212 pp, 21 tableaux et cartes, 15 textes et documents, sources et biblio, broché, bon état

            60

Professeur des fils de Louis-Philippe, notable universitaire aux idées libérales, Victor Duruy n’avait a priori rien pour devenir l’une des principales figures du Second Empire. Un attachement à la personne de Napoléon III allait en décider autrement, et faire de l’historien bien plus qu’un pont entre François Guizot et Jules Ferry : un grand ministre de l’Instruction publique. — "Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique d'un second empire qui n'est pas encore libéral mais qui n'est plus complètement l'empire autoritaire, a tenté pendant six ans de réaliser une profonde réforme de l'enseignement : or, en dépit de la reprise par la IIIe République d'une grande partie de son programme, c'est un homme oublié. M. Rohr nous présente une étude approfondie de l'œuvre de ce professeur issu d'un milieu modeste qui, tardivement apprécié par le pouvoir en place, devint ministre à la surprise de tous, y compris de la sienne. Ce technicien, passionné par l'administration, remplit sa charge de ministre avec une conscience et une ardeur au travail peu communes. Le principal obstacle auquel Duruy commencera par s'opposer, en attendant les réactions d'une partie de l'opinion catholique conservatrice, est d'ordre matériel : sans moyens financiers suffisants, il doit renoncer à mener ses projets jusqu'à leur complète réalisation. Cela ne l'empêche cependant pas de s'attaquer aux différents problèmes des trois degrés de l'enseignement, l'enseignement primaire absorbant la plus grande part des ressources, l'enseignement supérieur ayant d'autres problèmes du fait du maintien à son seul égard du système du monopole d'Etat. A côté de ses réalisations dans le cadre de l'enseignement supérieur – notamment l'Ecole des Hautes Etudes – , de l'enseignement secondaire spécial et de l'enseignement pour les jeunes filles, et indépendamment d'autres projets, il porta son action principalement dans la campagne qu'il mena en faveur d'un enseignement gratuit et obligatoire. Il obtint seulement la gratuité dans 8000 communes de France. Mais il réussit à introduire des idées neuves sur l'unité des différents degrés de l'enseignement et sur le rôle de l'instituteur dans la vie de la cité. Abordant dans un chapitre particulier le problème de la laïcité, l'auteur souligne la prudence de ce voltairien, mais relatant l'opposition de la hiérarchie catholique et le soutien que lui apporte la ligue de l'enseignement, il montre bien comment Duruy fut sacrifié à la politique de rapprochement avec l'Eglise. Apportant de nombreux approfondissements sur les problèmes de l'Etat et de l'enseignement à une époque peu étudiée, l'intérêt de cet ouvrage, reproduisant de nombreux tableaux, cartes, textes et documents, ne se dément jamais, de plus il est fondamental pour la connaissance de la politique du Second Empire." (J. N. Marque, Revue internationale de droit comparé, 1968) — "Cette biographie est très neuve et très suggestive – car aucun papier de Duruy ne semble avoir été conservé, et l'homme – fils d'un contre maître des Gobelins – est curieux à connaître. C'est lui qui créa pratiquement les lycées et collèges de jeunes filles, l'enseignement « spécial » (c.a.d. l'enseignement technique), les cours d'adultes. Grâce à ce livre on saisit mieux les difficultés d'une « planification » scolaire à cette époque heureuse où il n'y avait (p. 93) que 2.264 bacheliers ès-sciences, 4.097 ès-lettres et 90 licenciés ès-lettres. – Ouvrage à lire attentivement." (G. Thuillier, La Revue administrative, 1967)

202.          SIMCHES (Seymour O.). Le Romantisme et le goût esthétique du XVIIIe siècle. PUF, 1964, in-8°, 159 pp, 20 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée (lég. salie), bon état

            30

Au travers de l'étude de la période 1800-1860, l'auteur montre bien qu’on n’a guère cessé de s’intéresser, tout au long du XIXe siècle, au siècle précédent...

203.          THARAUD (Jérôme et Jean). Mes années chez Barrès. Plon, 1928, in-12, 303 pp, reliure demi-chagrin noir à coins, dos lisse orné en long, titres dorés, tête dorée, filets dorés sur les plats, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformémént passé, bon état. Edition originale sur papier d'alfa

            50

"MM. Jérôme et Jean Tharaud viennent de publier un petit livre très attachant sous ce titre “Mes années chez Barrès”. On lira avec beaucoup d'intérêt ces souvenirs inspirés par l'amitié, la reconnaissance et une admiration raisonnée. La figure de Maurice Barrés en sera mieux connue, encore qu'un peu systématisée elle apparaisse sous une lumière volontairement limitée. C'est l'homme de lettres qui s'en dégage seul, mais avec un puissant et noble relief." (Revue des études historiques, 1928)

204.          VIDIEU (Abbé Auguste). Histoire de la Commune de Paris en 1871. P., Dentu, 1876, gr. in-8°, vii-657 pp, reliure demi-veau glacé blond, dos à 4 nerfs filetés, soulignés à froid et bordés de filets dorés, pièce de titre chagrin carmin, tranches pennées (rel. de l'époque), dos très lég. frotté, bon état, ex-libris de Montgermont. Edition originale. Bel exemplaire

            130

"En politique, aussi bien que chez les êtres organisés, un monstre ne saurait naître avant d’être conçu. La Commune de Paris a dû avoir une origine propre, comme tout ce qui a une forme, une vie à soi et une fin. Des faits d’une inconcevable imprévoyance l’ont aidée à sortir de terre, rien de plus incontestable ; mais si, le 18 mars, elle a pu apparaître, et si elle s’est implantée au pouvoir pendant soixante-six jours, c’est que les organisateurs de cette orgie criminelle en avaient depuis longtemps préparé et combiné tous les éléments. Car ce n’est pas dans l’espace de deux mois seulement que les passions de plusieurs milliers d’individus ont été excitées et allumées jusqu’au délire. Il y a des années que l’œuvre infernale était étudiée dans tous ses détails par cette société qui a rempli le monde du bruit de ses congrès et de la discussion de ses théories : l’Internationale..." — "La Commune n'entreprenait pas seulement une oeuvre politique, elle visait aussi à une oeuvre morale. Fonder le régime communal et fédéral ne lui paraissait pas suffisant, elle voulait encore régénérer le peuple de Paris. C'est pour cela qu'elle arrêta les prêtres, ferma les églises, et qu'elle s'efforça, par un enseignement nouveau, d'arracher enfin les âmes à l'ignorance et à la superstition cléricales..." — L'auteur était vicaire de Saint-Roch. Selon lui, aux causes habituelles de l'insurrection vient s'ajouter « la politique socialiste du Second Empire ». (Le Quillec, 4640) — "Voici un des travaux les plus complets qui aient été faits sur le douloureux episode d'histoire contemporaine dont nous avons été les témoins attristés et indignés : une horde de bandits, sortant des antres des sociétés secrètes, s'imposant â toute une population, régnant en. maîtresse dans la capitale, forçant le gouvernement à entreprendre un. siège en règle, et couronnant enfin sa honteuse domination par l'incendie de nos principaux monuments et le meurtre des otages. Quel tableau ! et comment le raconter dans tous ses détails, à travers les récits incomplets et contradictoires ? Comment tracer sa route au milieu de cette masse de documents plus ou moins dignes de foi ? M. l'abbé Vidieu n'a pas reculé devant cette tâche immense, nous constatons qu'il a réussi à mettre en relief tous les faits, qu'il les a groupés avec méthode et qu'il a même apporté sur plusieurs points sa part spéciale d'informations. Notre devoir était donc de signaler ce livre comme un des plus importants sur la matière. En voici le plan. et les divisions : – Première partie : Les origines et les. débuts de la Commune (p. 1-175). L'auteur recherche quelle part revient à l'Internationale dans le mouvement du 18 mars, raconte cette journée, l'intervention des maires, l'organisation du comité central, expose la constitution de la Commune, étudie son personnel et examine les causes qui préparèrent son avénement. – Deuxième partie : Règne de la Commune (p. 176-429).Voici la Commune à l'oeuvre : nous allons voir comment elle applique son programme et par quels procédés elle gouverne. L'auteur nous la montre dans une série de chapitres provoquant la guerre civile, persécutant les prêtres, s'attaquant à la liberté individuelle, emprisonnant les otages et les mettant au régime cellulaire ; supprimant les journaux, voulant régénérer la société par l'instruction communale et les clubs, soutenant énergiquement mais avec de continuels échecs la lutte contre l'armée de Versailles, en. proie à des divisions intestines qui l'affaiblissent encore, et, à bout de ressources, finissant par décréter la terreur. – Troisième partie : Chute de la Commune (p. 430-621). Nous assistons aux dernières convulsions de la haine et de la démence : lutte acharnée contre l'armée de Mac-Mahon; incendies allumés sur tous les points, massacre des otages. Après avoir retracé avec détail ces scènes effroyables, l'auteur donne l'exposé de l'oeuvre accomplie par la justice à l'égard des inculpés, et, dans deux derniers chapitres, il recherche les causes de la chute de la Commune et examine la possibilité de -son retour, en indiquant les moyens qu'il croit de nature à prévenir ce retour..." (Revue des Questions historiques, 1877)

205.          WEINER (Dora B.). Comprendre et soigner. Philippe Pinel (1745-1826), La médecine de l'esprit. Fayard, 1999, gr. in-8°, 479 pp, 7 illustrations, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

Philippe Pinel (1745-1826) est reconnu pour avoir introduit le "traitement moral" des maladies de l'esprit : depuis bientôt deux siècles, la littérature médicale comme les recherches sur la folie ont tendance – à juste titre – à privilégier cet aspect-là de son bilan. Mais c'est oublier que cet humaniste fut bien davantage que cela en un temps où la médecine sortait tout juste de l'enfance. A partir de nombreuses archives inédites, le présent ouvrage invite à repenser et à réévaluer le rôle d'un clinicien pénétré de l'importance de sa mission et à mettre aussi l'accent sur le naturaliste, sur le directeur de revue, sur l'auteur de traités. Professeur de médecine interne, pionnier de la vaccine et d'autres innovations thérapeutiques, membre de l'Académie des sciences, médecin chef de la Salpêtrière sous la Révolution, l'Empire et la Restauration, Pinel s'efforça toujours de soigner la personne et non pas seulement une affection isolée. Il oeuvra avec une ardeur constante pour une médecine intégrale, traitant à la fois les aspects physiques et psychologiques du mal. C'est dire toute sa modernité. — Dora B. Weiner est professeur d'histoire et sciences humaines en médecine à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA). Auteur de plusieurs ouvrages – dont l'un sur Raspail, savant et réformateur, et un autre sur la condition de malade sous la Révolution et l'Empire à Paris – , elle a également publié l'édition bilingue d'un mémoire de Pinel sur la formation clinique des médecins.

206.          WEINER (Dora B.). Raspail, scientist and reformer. New York and London, Columbia University Press, 1968, gr. in-8°, xvi-336 pp, 26 illustrations, biblio, index, reliure percale rouge de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état,  envoi a.s. Texte en anglais - COPY SIGNED BY THE AUTHOR

            40

"On disposait déjà, sur l'attachant personnage que fut François-Vincent Raspail d'un certain nombre de travaux, notamment le long article publié en 1903-1904 dans les “Archives de parasitologie” par Raphaël Blanchard, mais rien de cette ampleur ni de cet intérêt. L'étude bibliographique par laquelle se termine le livre de Mme Weiner révèle en effet l'étendue de l'enquête à laquelle celle-ci s'est livrée, en matière de sources manuscrites notamment : aux documents connus, les papiers Benjamin Raspail conservés aux Archives de la Seine entre autres, dont elle a fait une étude plus fouillée et une utilisation plus large que ses prédécesseurs, elle a ajouté des documents inédits appartenant à des collections privées ou dépôts publics : deux cents lettres scientifiques adressées à Raspail, par exemple, récemment entrées à la Bibliothèque du Muséum d'Histoire naturelle. L'examen des sources imprimées, d'autre part, non seulement énumérées à la fin de l'ouvrage, mais abondamment citées dans les très nombreuses et substantielles notes infrapaginales, montre le souci de l'auteur de replacer la vie et l'œuvre de Raspail dans son cadre historique : scientifique et politique évidemment, mais aussi social, religieux, artistique même et, au sens large, intellectuel. Raspail, il est vrai, n'est pas de ces personnages qui se laissent aisément enfermer dans une catégorie : la politique et la science peuvent le revendiquer également. Mais Mme Weiner, tout au long de son livre, montre bien que le même élan généreux qui fait agir le démocrate sert aussi de ressort aux activités du savant ; le « médecin » des pauvres a tôt fait de se muer en tribun de la plèbe et les nombreux mois de prison qui jalonnent sa vie lui ont permis de rédiger certains de ses ouvrages scientifiques. Il y a, malgré les apparences, une réelle unité dans la personnalité et l'œuvre de Raspail. Personnage sympathique, il a visiblement inspiré une grande sympathie à sa biographe. Celle-ci a bien montré, cependant, ce qu'il y a parfois d'excessif dans la personnalité de ce provincial autodidacte qui est toujours resté en marge des cadres de la science officielle parisienne : fondateur de l'histochimie, précurseur en biologie cellulaire et en parasitologie, il a émis des idées fécondes sur de multiples sujets et, tout à la fois, a été capable d'exagérations voire de bévues que peuvent expliquer peut-être les lacunes de sa formation scientifique et médicale. Bien écrit, bien illustré, le texte de Mme Weiner, complété par un excellent index, devra être désormais consulté pour tout ce qui touche à la vie ou à l'œuvre de Raspail." (Yves Laissus, Revue d'histoire des sciences, 1970)

207.          WELSCHINGER (Henri). La Guerre de 1870, Causes et responsabilités. Plon, 1911, 2 vol. in-8°, xx-388 et 434 pp, 2e édition, une carte et 3 fac-similés dépliants hors texte, brochés, dos fendu avec pt mques au tome I, sinon bon état

            60

"M. Henri Welschinger vient de publier sur les Causes et les responsabilités de la guerre de 1870 deux importants volumes. M. Welschinger a recueilli les résultats des plus récents travaux ; ayant été longtemps secrétaire-archiviste au Corps législatif et à l'Assemblée nationale au moment de la guerre, il avait à sa disposition une abondante provision de souvenirs et renseignements personnels et de pièces officielles ; en particulier, il reproduit la carte des premières exigences territoriales de la Prusse en 1871, et ce simple croquis est plein de sens. En somme, cet ouvrage est l'expression la plus exacte des connaissances actuelles sur la question. Essentiellement, il y a ici d'abord une réplique très forte, et le plus souvent décisive, aux derniers livres de M. Émile Ollivier sur l'Empire libéral ; M. Welschinger établit la lourde responsabilité du gouvernement impérial, et non seulement de l'impératrice, mais aussi d'Ollivier et de Gramont ; il relève notamment et précise d'irréfutable manière la sommation adressée par tous deux au ministre prussien Werther et la lettre d'excuses qu'ils lui dictèrent et qu'ils le chargèrent de faire signer au roi Guillaume, et encore leur volonté arrêtée de ne tenir aucun compte des éclaircissements de Benedetti sur les affaires d'Ems... Ils ont voulu la guerre et ils n'avaient rien fait pour la préparer, ils avaient commencé de diminuer le contingent : double légèreté; leur responsabilité n'est que partagée par les chefs du parti bonapartiste qui les poussaient et les menaçaient..." (Edouard Driault, Revue Historique, 1911) — "Un ouvrage d'ensemble sur l'histoire diplomatique de la guerre de 1870, relevant, groupant et discutant les documents ou les renseignements produits depuis une quinzaine d'années, complétant et rectifiant les synthèses de Sorel, de Sybel et de Valfrey, signalant les questions qui restent à élucider, pouvait tenter un historien et rendre de grands services. C'est cet ouvrage que M. Welschinger a voulu nous donner. (...) M. Welschinger n'a pas simplement fait œuvre de vulgarisateur, et son livre est plus qu'un simple résumé des travaux antérieurs. L'auteur nous y offre un apport personnel, qui ne consiste pas uniquement en agencement et en composition, mais aussi en appréciations et en discussions critiques. Son histoire n'est pas définitive, car, sur la plupart des questions, nous n'avons actuellement ni les témoignages, ni les documents suffisants pour faire toute la lumière. En réalité, elle nous apparaît encore comme une contribution à l'histoire diplomatique de la guerre. Elle n'en est pas moins très importante. Elle suppose des recherches et des lectures considérables ; elle contient des jugements parfois discutables, mais jamais improvisés ; elle laisse l'impression d'une œuvre longuement mûrie ; elle marquera une date dans l'historiographie de la guerre de 1870." (Pierre Muret, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1912)

208.          ZÉVAÈS (Alexandre). Au temps du Boulangisme. Gallimard, 1930, in-12, 253 pp, éphémérides boulangistes, biblio, broché, bon état (Coll. Sous la Troisième)

            20

Un petit volume bien utile pour connaître en détail l'histoire de l'explosion du phénomène boulangiste, aussi violente que brève (1887-1889).

20e SIÈCLE

 

209.          ANGELL (Norman). Les Assassins invisibles. Gallimard, 1933, in-12, 281 pp, traduit de l'anglais, broché, pt manque au dos, bon état (Coll. Blanche), Edition originale en français, ex. du SP, prière d'insérer et carte “Hommage du traducteur” joints

            20

Norman Angell (1872-1967), écrivain et homme politique anglais, reçut le Prix Nobel de la paix en 1933. — "On voudrait être sans cesse en plein accord avec l'un des avocats les plus intelligents, les plus éloquents et les plus célèbres de la paix. S'il arrive qu'on ne soit pas convaincu par l'un de ses arguments, on le regrette et surtout on hésite à le dire. La cause à laquelle M. Norman Angell a consacré sa vie est si bonne, il a mis à son service tant de talent et les erreurs qu'il combat sont si néfastes que l'on se demande s'il ne vaudrait pas mieux souscrire simplement à sa thèse que d'en contester certaines affirmations... Mais je trouve dans ses livres infiniment plus de vérités que dans la plupart de ceux qui le critiquent. Les objections qu'on lui oppose portent ordinairement sur la relation causale des phénomènes qu'il envisage... Son livre sur les “Assassins invisibles”, qui sont les concepts erronés et partout reçus sans résistance, dénonce certains mythes particuliers, comme celui des vertus intangibles de la souveraineté nationale, mais tend surtout à faire prévaloir une méthode de jugement et d'éducation du citoyen. Ce qui importe le plus à l'auteur, c'est de démontrer que cette éducation est aujourd'hui inexistante et nécessaire, qu'elle serait possible et efficace... Sur tout cela M. Angell a des développements admirables." (Pierre Gérome, revue Europe, 1933)

210.          AURIOL (Vincent). Journal du Septennat, 1947-1954. Préface par René Rémond, introduction générale par Pierre Nora. Armand Colin, 1970-1978, 6 forts vol. in-8°, lxix-876, xxxi-739, xxvii-657, xx-771, li-1227 et xlv-862 pp, 3 photos en frontispices, documents en annexes, sommaire des conseils des ministres, index des noms de personnes et index des thèmes dans chaque volume, reliures pleine percaline verte de l'éditeur, bon état

            300

Précisément parce qu'il se défendait de faire oeuvre personnelle, Vincent Auriol a enrichi l'histoire contemporaine d'un document d'une valeur exceptionnelle, en tenant au jour le jour l'agenda de ses activités de Président de la République. Des notes très fournies qui sont autant de mises au point éclairant les passages obsurs ou les allusions du texte, un double index, des noms de personnes et des thèmes, font de chaque volume un ouvrage facile à consulter. L'édition de la version intégrale de ce Journal, commencée en 1970 par Pierre Nora, comporte 7 tomes, un par année, mais seuls 6 sont été finalement publiés : le président François Mitterrand s'était en effet opposé à la parution de l'année 1950, son propre rôle lui semblant modeste et sous-estimé... — Tome I : 1947. Préface de René Rémond. Texte établi, introduit et annoté par Pierre Nora ; Tome II : 1948. Texte établi, introduit et annoté par Jean-Pierre Azéma ; Tome III : 1949. Texte établi, introduit et annoté par Pierre Kerleroux ; Tome V : 1951. Texte établi, introduit et annoté par Laurent Theis ; Tome VI : 1952. Texte établi, introduit et annoté par Dominique Boché ; Tome VII : 1953-1954. Texte établi, introduit et annoté par Jacques Ozouf.

211.          AZEAU (Henri). Révolte militaire. Alger, 22 avril 1961. Plon, 1961, in-8°, 277 pp, reliure pleine toile bordeaux, dos lisse, pièce de titre chagrin lie-de-vin, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            30

Un des premiers ouvrages écrits immédiatement après le putsch des généraux Challe, Jouhaud, Salan et Zeller du 22 au 25 avril 1961. — "En avril 1961, des officiers français s'insurgaient contre le pouvoir, et tentaient d'arracher la politique algérienne de la France des mains du gouvernement. Cette dramatique affaire n'a pas encore livré tous ses secrets. Il est trop tôt, cependant, pour vouloir écrire l'Histoire. Aussi bien Henri Azeau n'a pas la prétention de chercher à tout dire. Du moins s'attache-t-il, en s'appuyant sur des faits reconnus et contrôlés, à approfondir le sujet, rechercher les mobiles, examiner les conséquences. Bref, raisonner sans passion et sans préjugés. Pour cela il possédait une information hors de pair que son activité de journaliste lui a permis d'amasser patiemment. Cette information puise à des sources diverses et vérifiables que l'auteur a d'ailleurs eu à souci de citer. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il a disposé également, des deux côtés de la barricade, de renseignements inédits qu'il a su recouper avec toute la prudence voulue et qui ne manqueront pas de renouveler notre connaissance de ce putsch manqué. Voici donc, à ce jour, le point fait d'une entreprise dont nous n'avons pas fini d'éprouver les conséquences..." (4e de couverture)

212.          BARRILLOT (Bruno). Les irradiés de la République. Les victimes des essais nucléaires français prennent la parole. GRIP, Editions Complexe, 2003, in-8°, 233 pp, 40 photos, 5 cartes, 7 fac-similés, tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Ils étaient 150.000, pour la plupart de très jeunes hommes. Ils étaient peu – ou même pas du tout – informés sur les risques de la radioactivité. Désinformés même. Telles ces recommandations remises au personnel des essais par les autorités de la marine : "Une minute et demi après l'explosion, les débris sont tous retombés et il n'y a aucun danger provenant du rayonnement." Les radiations retardées ? Elles sont "si faibles qu'elles ne constituent pas un danger. Ne vous en occupez pas". Naïfs ? Respectueux de la parole d'autorité ? Ils étaient fiers de participer à cette grande aventure qui, leur disait-on, allait hisser la France au niveau des plus grands. Et que de souvenirs allaient-ils rapporter de cet immense désert saharien ou des îles paradisiaques du Pacifique. ".. On a beau savoir que la bombe est un objet de mort, lorsqu'elle explosa, je fus fasciné par ce lever de soleil artificiel." Et on leur disait alors, comme on le répète encore officiellement aujourd'hui, que ces bombes étaient "propres"... Quel mal pouvait donc les frapper ? Ils ne l'apprendront - pour les plus chanceux – que dix, vingt, trente ans plus tard quand les cancers et autres maladies les atteindront. Enfin, ils parlent, sortant du mutisme qui, sous prétexte de secret militaire, les avait enfermés dans l'oubli. Enfin, ils se battent pour que "vérité et justice" soient rendues aux victimes des essais nucléaires.

213.          BELIN (Roger). Lorsqu'une République chasse l'autre, 1958-1962. Souvenirs d'un témoin. Michalon, 1999, in-8°, 287 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Tenu à la manière d'un journal, le témoignage de Roger Belin offre un éclairage inédit sur les événements qui ont précipité le passage de la IVe à la Ve République. A son poste de secrétaire général du gouvernement, – dont le général de Gaulle disait qu'il était "au centre et au courant de tout", l'auteur, tant par des anecdotes que par les comptes rendus rigoureux des conseils et comités auxquels il a assisté, nous fait vivre de l'intérieur les moments qui ont marqué la vie politique de la nation et décidé de son avenir : le retour de Charles de Gaulle au pouvoir en 1958, l'élaboration d'une nouvelle Constitution, le traumatisme causé par le conflit algérien... Témoin privilégié des événements qui continuent d'imprimer leur marque sur la vie institutionnelle et politique française, ce livre de souvenirs nourrit des réflexions et des interrogations de ceux qui sont à l'origine de l'institution de la Vème République. — "R. B. a été secrétaire général du gouvernement de janvier 1958 à janvier 1964, assistant à quelques 300 conseils des ministres, et à de nombreux conseils de cabinet ou conseils restreints de toute nature. Son témoignage de première main invite à sérieusement modifier les périodisations canoniques : il était déjà à Matignon en 1944, aux côtés de Louis Joxe et André Ségalat et, là, il côtoyait déjà Michel Debré, camarade de Résistance et Georges Pompidou, le dernier arrivé. Ceci ne retire rien à son indépendance de jugement : la Quatrième République qui avait hérité de la période gaulliste, le « boulet indochinois », ne pouvait plus vivre. Au secrétariat général du gouvernement, le retour du Général et l'écriture de la Constitution sont vécus comme des choses naturelles. La mise en application sera plus délicate, en particulier quant au pouvoir présidentiel, au sujet duquel R. B. regrette le laxisme du Conseil d'Etat. Il a apprécié Michel Debré, crucifié par un drame algérien, toujours prêt à déborder sur la France, mais réformateur impénitent, rédigeant avec lui quelques textes fondateurs, tels que la loi d'aide à l'enseignement privé. Après lui, Georges Pompidou lui semble commencer en dilettante, mais sera littéralement transformé par la crise de l'automne 1962." (Revue française de science politique, 2000)

214.          BELLET (Daniel). L'Alimentation de la France, et les ressources coloniales ou étrangères. Félix Alcan, 1917, in-12, 253 pp, index, broché, bon état

            25

Le dernier livre de l'économiste et professeur à l'École libre des sciences politiques puis à l'École des hautes études commerciales Daniel Bellet (1864-1917), où, en économiste, l'auteur cherche les moyens, les conditions, grâce auxquelles les aliments peuvent être fournis à l'homme en aussi grande abondance que possible.

215.          BERGMAN (Ronen). The Secret War with Iran: The 30-Year Clandestine Struggle Against the World's Most Dangerous Terrorist Power. New York, Free Press, 2008, gr. in-8°, xi-419 pp, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            25

In the years since 9/11, the U.S. war on terror has focused on al-Qaeda, Afghanistan, and Iraq. Coverage of Iran has been devoted almost exclusively to its nuclear ambitions. Yet, as Ronen Bergman's groundbreaking reporting in this vital investigative history reveals, for thirty years, Iran has been the world's leading sponsor of global terror and stands as the most formidable sponsor of terror in the world today. Bergman, one of Israel's top investigative reporters, gained unprecedented access to extra-ordinary sources from top to bottom in the Mossad and intelligence agencies around the world. Based on over ten years of research and more than three hundred exclusive interviews with key intelligence figures, he reveals that Iranian terrorist masterminds have crisscrossed the globe, conducting bombings and assassinations with impunity -- even renting apartments and planning bombing attacks in New York City. Iran's proxy, Hizballah, has virtually taken over southern Lebanon and threatens Israel with high-powered weaponry supplied by Iran. Iran and Hizballah worked closely with al-Qaeda and other Sunni terrorist groups in developing their terrorist operations, and Iranian commandos trained Iraqi insurgents in the crafts of suicide bombing and the building of the roadside bombs that have killed so many U.S. troops in Iraq. In response, and largely beneath the public's radar, a vast clandestine war has been fought with Iran and Hizballah on one side and the CIA, Israel's Mossad, and their European counterparts on the other. The full story of that secret war, told for the first time here, will fundamentally change the debate about U.S. national security priorities. A new axis of evil is emerging from Iran and spreading around the world, and Ronen Bergman shows that the CIA and Mossad have so far been unable to thwart it. The Secret War with Iran is riveting and urgent.

216.          BERNADAC (Christian)(prés. par). « Dagore ». Les carnets secrets de la Cagoule. France-Empire, 1977, fort gr. in-8°, 611 pp, broché, couv. à rabats, bon état

            20

Les Carnets secrets d'Aristide Corre (Dagore pour la Cagoule). — La Cagoule ! Mystérieuse cagoule. Si mystérleuse qu’aujourd’hui encore, devant l’absence d’archives, de documents officiels (Ia plupart des dossiers de police et d’instruction ont été pillés ou simplement épurés pendant Ia Seconde Guerre mondiale par d’anciens Cagoulards) et surtout devant le truquage des pièces fournies aux divers interrogatoires d’avant-procès, devant les faux témoignages, les repentirs, les aveux extorqués et repris, les alibis fabriqués, les dénonciations, les soutiens politiques et militaires, journalistes, écrivains, historiens, en sont à s’interroger sur Ia réalité de ses actions de commando ou de plastiquage, l‘organisation interne du mouvement, son financement, son armement, ses relations avec les facismes italien, espagnol, allemand... La Cagoule – organisation secrète d’action révolutionnaire – fondée en 1936 par des membres dissidents de l’Action française, deçus et irrités par « le manque de combativité » du vieux mouvement royaliste et nationaliste, devant Ia « montée et les dangers » du Front Populaire et du communisme, avait son chroniqueur quotidien et, jusqu’à Ia pubIication de ce livre, chacun l’ignorait. Les Carnets d’Aristide Corre (Dagore pour Ia Cagoule) contiennent Ia plupart des secrets de I’organisation terroriste. Comment imaginer que celul, sans qui sans doute, le fondateur Eugène Deloncle, n’aurait rien entrepris, alt pu commettre l’imprudence de confier chaque jour à des cahiers : notations, réflexions, commentaires, informations concernant les crimes et les objectifs de la Cagoule. Assurément, nul homme n’aurait été plus mal choisi pour occuper le poste de chef du Deuxième Bureau, chargé du renseignement et de Ia mise en place des actions de l’organisation. Ce besoin d’écrire – noir sur blanc – qul est refusé à tout agent secret, Dagore allait se montrer incapable de le réprimer et, lorsque le policier Jobard perquisitionnera chez lui, les carnets reliés – racontant tout ou presque tout – seront là, bien rangés à quelques centimètres du bout de son nez, sur les rayons de la bibliothèque. II est vrai que Ia police a des excuses de ne pas avoir poussé plus loin ses investigations, elle venait de trouver chez Dagore une grande liste d'« abonnés » de I’O.S.A.R., ce qui permit, indicateurs infiltrés aidant, de mettre pratiquement fin à l’organisation. C’est par hasard que Christian Bernadac a retrouvé les précieux carnets secrets d’Aristide Corre et a décidé de les publier et de les présenter en les commentant. La vie d’Aristide Corre, telle qu’iI Ia raconte sans rien cacher ni de son action, ni de ses amours, est un document humain qul révèle un personnage hors série... — "En poursuivant des recherches sur les camps de concentration, le journaliste Christian Bernadac fut amené à rencontrer, en 1969, le père Joseph Fily, déporté à Dachau et ancien Cagoulard. Ce dernier lui communiqua les carnets d'Aristide Corre, qu'il avait en dépôt depuis 1942. Aristide Corre, dit Dagore, fut le chef du 2e Bureau de la Cagoule. Ami d'enfance d'Eugène Deloncle, il le suivit à l'Action Française, puis dans la constitution de l'organisation clandestine qui devait renverser le régime honni par l'extrême-droite. Recherché par la police française, Dagore se réfugia à Saint-Sébastien en octobre 1937 et il vécut en exil en Espagne jusqu'à la défaite de 1940. Engagé dans la Résistance, contrairement à ses amis Deloncle, Filliol et Darnand, il fut fusillé à la prison du Cherche-Midi le 31 mars 1942, sous la fausse identité de Claude Meunier, ce qui explique qu'à la Libération la police le recherchait toujours. Bernadac vient de publier ces carnets sous la forme de larges extraits annotés qui, au-delà des renseignements fournis sur l'Organisation Secrète d'Action Révolutionnaire, apportent une meilleure compréhension de la psychologie des principaux Cagoulards, tels que Deloncle, Filliol, Jeantet, sans oublier l'auteur méconnu, écrivain manqué qui mêle l'introspection à la conspiration. Il peut paraître surprenant de voir le responsable du 2e Bureau d'une organisation clandestine tenir régulièrement un journal dans lequel il consigne des notations parfois détaillées sur les réunions auxquelles il a participé ou sur les projets de "coups" à monter, même si elles apparaissent sous une forme qui n'est pas toujours très claire pour le non- initié. C'est ce qui fait l'intérêt de cette publication originale qui nous permet de mieux connaître le milieu Cagoulard, à défaut de tout savoir sur le "Complot" et ses prolongements. Aristide Corre signale souvent qu'il ne peut encore noter dans son journal ce qu'il a vu ou entendu le jour même, mais il y revient à coup sûr les jours suivants avec des précisions de plus en plus nettes, qu'il s'agisse du trafic d'armes, de la suppression de traîtres et d'ennemis ou de la constitution de dépôts d'armes et de munitions dans la région parisienne. Il écrit plus librement après son exil en Espagne, certes, mais sa situation d'isolement et de dépendance le préoccupe de plus en plus, au détriment des notations politico-militaires, qu'elles concernent la situation française ou la guerre civile. C'est pourquoi le lecteur reste souvent sur sa faim, à moins qu'il n'apprécie l'étalage des états d'âme et des phantasmes de l'auteur. La lecture de ces carnets apporte la confirmation que la Côte d'Azur a constitué pour la Cagoule un secteur important, que ce soit pour le trafic d'armes ou pour les contacts avec les services spéciaux italiens. Joseph Darnand est intimement lié à ces deux affaires et son nom revient souvent sous la plume de Dagore." (Jean-Louis Panicacci, Cahiers de la Méditerranée, 1977)

217.          BIGEARD (Général). Adieu ma France. Editions du Rocher, 2005, gr. in-8°, 252 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Adieu ma France... Tu n'es plus celle que j'ai connue, le pays du respect des valeurs, de l'hymne et du drapeau, le pays de la fierté d'être français. Adieu ma France des trafics en tous genres, du chômage, de l'islamisme, de la polygamie, du laxisme, de la permissivité, de la famille décomposée... Adieu ma France réduite à l'état d'urgence, ma France déconstruite, en guerre avec elle-même. Je veux, néanmoins, demeurer optimiste et croire en ton sursaut. Mais qui te sauvera ? Adieu ma France : Le livre testament du général Bigeard.

218.          BLOCH (Charles). La Nuit des longs couteaux. 30 juin 1934 : Hitler liquide les siens. Julliard, 1967, in-12, 255 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes et références, broché, couv. lég. jaunie, bon état (Coll. Archives)

            19

C'était l'heure que Röhm attendait, avec ses S.A. nazies, pour se débarrasser de tous ses ennemis. Mais Hitler règle d'abord leur compte aux prétoriens révolutionnaires et à tous ceux qui le croyaient un instrument docile. Voici la crise : Hitler choisit la droite.

219.          BLONDIN (Antoine). Sur le Tour de France. Mazarine, 1979, in-8°, 113 pp, broché, couv. à rabats, bon état. Edition originale enrichie d'un bel envoi autographe signé de l'auteur à Jacques Goddet, fondateur du journal “L'Equipe” et directeur du Tour de France pendant près de quarante ans, et à sa femme Rosine, "cette longue chronique qui lui doit tout..." (l'encre bleue a légèrement bavé sur 1 cm)

            200

Le meilleur récit du Tour par Blondin, littéraire et sociologique à la fois. — "Ce livre est, dans sa version brève, «l'Iliade et l'Odyssée» de l'Homère de la Grande Boucle. Jamais lassé d'être placé « dans le sillage de postérieurs court-vêtus et relativement peu expressifs », mais seulement dégoûté par la pintade servie chaque soir au dîner (« Si ce volatile doit faire le Tour avec nous, qu'on lui mette un dossard ! »), le chroniqueur de « l'Equipe » bivouaque dans des bistros d'étape où, entre le pain et la selle, il glorifie une « épreuve de surface qui plonge des racines dans les grandes profondeurs », divinise ses héros, de Coppi à Gimondi, d'Anquetil à Merckx, célèbre leurs victoires sur le champ de bataille, applaudit aux « fêtes champêtres » que la caravane inspire dans chaque bourgade, passe un maillot jaune à Victor Hugo et en appelle à la comtesse de Noailles: « L'important n'est pas d'être sage, c'est d'aller au-devant des dieux. » Blondin, qui pratiquait en orfèvre le calembour buissonnier et la digression vagabonde, aimait à dire qu'il avait plus d'un Tour dans son sac. Videz-le, c'est bonheur. In velo veritas." (Jérôme Garcin)

220.          BODIN (Louis) et Jean TOUCHARD. Front populaire 1936. Armand Colin, 1965, in-12, 294 pp, seconde édition revue et mise à jour, 62 illustrations, biblio, broché, bon état (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion)

            20

"Conformément aux règles de la collection dans laquelle il se trouve publié, ce livre ne veut que retracer, à travers les extraits de la presse contemporaine, l'histoire d'une grande aventure politique qui fut aussi celle d'un grand mouvement d'espoir collectif. En fait ce qu'il apporte au lecteur est cependant bien plus qu'une revue de presse habilement et intelligemment conduite. C'est abord un excellent instrument de travail sur une période encore très insuffisamment étudiée de l'histoire de France contemporaine : frayant les voies aux recherches futures, les notes biographiques et chronologiques, les indications bibliographiques qui complètent l'ouvrage peuvent rendre à cet égard de très appréciables services. Mais c'est aussi une évocation lucide mais sensible, sympathique mais sereine, de la couleur d'une époque, de l'air un temps si proche et cependant déjà si lointain..." (Raoul Girardet, Revue française de science politique, 1963) — "Quant aux violences de la presse de ce temps, nous en avons de multiples exemples dans ce “Front Populaire”, on est un peu surpris que les articles de cette époque, dont on se souvient souvent, aient, quand on a cette occasion de les relire, autant vieilli. Le Béraud de “Gringoire”, considéré alors comme un si vigoureux polémiste, apparaît, me semble-t-il, comme bien médiocre et artificiel. Là encore, ce livre, fort bien fait, est d'utilisation commode et on appréciera, en particulier, les notes biographiques." (L. Genet, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

221.          BONNET (Georges). Le Quai d'Orsay sous trois Républiques, 1870-1961. Fayard, 1962, in-8°, 519 pp, reliure demi-basane carmin à coins, dos à 4 nerfs souligné à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            30

Par Georges Bonnet (1889-1973), député radical-socialiste de la Dordogne de 1924 à 1940 et de 1956 à 1968 et plusieurs fois ministre entre 1925 et 1940. — "L'étude ne commence réellement qu'en 1919 : il s'agit en fait d'une esquisse d'histoire diplomatique, assortie d'un plaidoyer pro domo que prononce l'ancien ministre des affaires étrangères à propos de Munich. L'auteur ne ménage pas ses accusations contre l'Union soviétique, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, responsables de l'isolement de la France – après comme avant la seconde guerre mondiale." (Revue française de science politique, 1961)

222.          BONREPAUX (Gaston)(pseudonyme de Gaston GRECH). Nos Ancêtres les Gaulois. Les Pieds-Noirs. Monte-Carlo, Editions Regain, 1966, pt in-8°, 249 pp, broché, bon état

            20

Pamphlet pro-Algérie française.

223.          BOUALAM (Bachaga Saïd). Mon pays... La France ! France-Empire, 1962, pt in-8°, 265 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Ce cri bouleversant du Bachaga Boualam constitue le document le plus poignant publié sur l’Algérie. Du Mas Thibert où il partage le sort de ses harkis fidèles et des petits orphelins de sa terre de l’Ouarsenis, ceux qu’il a pu arracher au massacre, le Vice Président de l’Assemblée nationale rompt le silence." — "On comprend la passion que le Bachaga Boualam met dans ce livre, qui expose ses raisons de désespérer. Le lecteur ne peut rester indifférent à cette logique, qui ne manque pas de grandeur. En outre, si les récits de l'auteur (ayant trait à la constitution et au rôle des harkas, aux affaires Maillot et Si Salah, et, plus généralement, à la vie et au comportement des Béni Boudouane) ne comportent pas, à proprement parler, d'éléments nouveaux, l'éclairage qu'il leur donne constitue, en lui-même, un « complément d'information »." (Revue française de science politique, 1963) — Saïd Boualam (1906-1982) était un harki et un homme politique français. Ancien enfants de troupe, il sera lui même capitaine dans l'armée française et obtiendra la médaille de commandeur de la légion d'honneur à titre militaire. Bachaga de l’Ouarsenis, il devient responsable de la harka de la région en juillet 1956. Il est élu député et devient vice-président de l’assemblée nationale de 1958 à 1962. Il est victime d'une tentative de meurtre le 26 septembre 1959, à Orléansville. Le 16 Juin 1960 il préside à la création du Front Algérie Française, qui recueille 420.000 inscriptions en quelques jours. Rapatrié d'Algérie le 18 mai 1962, il se retire en Camargue.

224.          BOUDARD (Alphonse). Mourir d'enfance. Laffont, 1995, in-8°, 253 pp, broché, trace de pli à un coin de la couv. illustrée, bon état (Grand Prix du Roman de l'Académie Française 1995), enrichi d'un sympathique  envoi a.s. à Jacques Goddet, fondateur du journal “L'Equipe” et directeur du Tour de France pendant près de quarante ans

            30

A l'heure du bilan, c'est l'enfance, toujours, qui donne la clef d'une existence. Où chercher le secret de ce mauvais garçon devenu un écrivain comblé ? Chez les paysans qui l'élèvent dans une ferme du Loiret ? Dans la rue, sa « forêt vierge », à l'âge des grandes espérances et des petits trafics, des 400 coups et de la Résistance ? Dans un mitard de Fresnes où il touche le fond, avant de retrouver l'héritier de Villon, Carco et Simonin qui dormait en lui ? Le secret d'Alphonse Boudard est ailleurs et ne mourra qu'avec lui. Il se dévoile peu à peu dans ces pages magnifiques d'émotion, de verve et d'alacrité. C'est l'image presque effacée d'une torpédo qui s'arrête, d'une jolie dame coiffée à la garçonne et parfumée qui en descend, le souvenir d'une mère qu'il n'aura jamais vraiment connue et qui le poursuit encore.

225.          Le même, couv. illustrée, bon état

            15

Qui est cette « jolie dame parfumée de la ville » qui, brusquement, fait irruption dans la ferme du Loiret où le petit Alphonse est élevé par de modestes paysans ? Quelle est cette femme charmante et vive, mais presque toujours absente du domicile parisien où l'adolescent habite avec sa grand-mère, et qui n'apparaît que furtivement au bras d'« oncles » toujours nouveaux ? Imprévisible, à la fois proche et lointaine, elle ne fera pourtant jamais défaut à Alphonse ; mais jamais, non plus, la mère et le fils ne parviendront à se parler vraiment... Avec son regard acide, son invention verbale, sa mélancolie aussi, Alphonse Boudard évoque le monde disparu de sa jeunesse. Au fil du récit, il laisse s'exprimer une émotion de plus en plus forte. On connaissait le Boudard de la langue verte et de la verve populaire, ce livre révèle un Boudard plus personnel, sensible et révolté – un magnifique écrivain français.

226.          BROGLIE (Raoul de). Souvenirs français dans le Tyrol. Innsbruck, chez l'Auteur, 1948, gr. in-8°, 177 pp, préface de Pierre Voizard, 45 portraits, gravures et photos, notes, reliure demi-toile illustrée de l'éditeur, rare fragile jaquette illustrée conservée (très lég. abîmée), bon état. Peu courant

            40

Prisonniers politiques dans la forteresse de Kufstein : Théroigne de Méricourt, Maret de Bassano – L'émigration et les princes de Bourbon – Souvenirs militaires : 1703, 1797, 1799, 1805, 1809 – Ecrivains et voyageurs : Montaigne, Montesquieu, Dolomieu, Mme de Staël, Michelet – Internés au château d'Itter d'Albert Lebrun, Daladier, Paul Reynaud, Weygand, Gamelin, Léon Jouhaux, François-Poncet, le colonel de La Rocque – Les alpinistes... — "Il nous apparaît important de parler d’un ouvrage visant à rappeler l’origine de l’amitié franco-autrichienne. Grâce à ce livre, les troupes d’occupation françaises voulaient s’assurer que les Autrichiens ne les perçoivent pas comme de méchants occupants, mais plutôt comme des amis. C’est Raoul de Broglie qui a rédigé ce livre intitulé “Souvenirs français dans le Tyrol”, dont 2000 exemplaires ont été imprimés, grâce aux fonds destinés à la propagande française en Autriche, ouvrage commandé en juillet 1945 par Pierre Voizard, le chef de la Mission de contrôle pour les provinces du Tyrol et du Vorarlberg. (...) La description de Raoul de Broglie des rapports entre le Tyrol et la France relevait davantage du fantasme que de la réalité. Les Français étaient beaucoup plus méfiants envers les Autrichiens que ne le laisse croire l’auteur et les Autrichiens n’ont jamais accepté la présence de l’occupant français sur leur territoire. Raoul de Broglie avait toutefois l’honnêteté de parler clairement des avantages que procurait à la France l’occupation de l’Autriche..." (Éric Dussault, “La politique culturelle de la France dans sa zone d’occupation en Autriche (Tyrol et VorarÏberg) et à Vienne entre 1945 et 1955”, 2005)

227.          BROUÉ (Pierre) et Emile TÉMIME. La Révolution et la guerre d'Espagne. Editions de Minuit,  1979, in-8°, 542 pp, 12 pl. de photos hors texte, cartes et croquis (dont une carte dépliante), tableau synoptique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Les événements qui se déroulèrent en Espagne de juillet 1936 à mars 1939 ne marquèrent pas seulement une épreuve politique décisive, une répétition générale de la guerre, qui allait opposer durant six années une moitié du monde à l’autre ; ils représentaient d’abord une révolution sociale, ouvrière et paysanne contre un pronunciamiento de généraux. Cette révolution est analysée ici avec ses violences, mais aussi ses espoirs, ses réalisations, même précaires, ses rêves, l’empreinte libertaire dont l’a marquée le mouvement anarcho-syndicaliste. Du pronunciamiento à la révolution, à la guerre révolutionnaire, à la guerre tout court, le chemin est rapide : la guerre dévore la révolution. Dès lors le sort de l’Espagne dépendra de l’intervention étrangère. Et Franco sortira vainqueur d’une partie où les rôles principaux furent tenus par Hitler et Mussolini, Chamberlain, Blum et Staline. — "Cette histoire est le travail de deux professeurs qui sont aussi des historiens. Ils ne cachent pas leurs sympathies : tous deux sont du même côté des tranchées, l'un d'accord avec les républicains avancés et les socialistes modérés, l'autre avec les communistes dissidents et les syndicalistes révolutionnaires. Et pourtant, ce livre, qui a demandé trois ans de recherches et d'efforts est objectif : l'un des auteurs a écrit la première partie : « Présentation de l'Espagne et origines de la guerre » ; l'autre s'est, dans la seconde partie, réservé le récit des opérations. Une carte, une copieuse bibliographie, un index, un tableau synoptique, rendent plus aisée la consultation d'un ouvrage souvent très détaillé." (L. Genet, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962) — "Le livre de MM. Broué et Témime ne prétend pas être une étude de l'ensemble de la guerre civile espagnole. Ce sont en fait deux livres distincts, que les auteurs ont réunis en un seul volume. Le premier s'attache à étudier la Révolution provoquée en Espagne républicaine par le coup d'État des 17-18 juillet 1936. Les auteurs montrent la constitution d'un double pouvoir, celui des comités révolutionnaires locaux et celui du gouvernement. L'histoire intérieure de la République espagnole est alors celle d'une restauration du pouvoir de l'État aux dépens des comités. Les étapes de cette évolution sont nettement marquées et l'on en cherche l'explication, au-delà des nécessités de la guerre, dans une politique dont les communistes sont les principaux responsables. Les auteurs, dont on devine les sympathies, ont tenté d'aller plus loin et de décrire les institutions anarchistes des lendemains du soulèvement ; ils nous présentent divers exemples de gestion collective, divers modes de rétribution des ouvriers, allant du maintien de l'ancien éventail des salaires à la rémunération uniforme chère aux libertaires. La collectivisation de la terre – en Aragon notamment – est également évoquée, bien que MM. Broué et Témime ne tranchent pas la question de savoir si, en définitive, cette collectivisation fut volontaire ou si elle fut imposée par les colonnes anarchistes. Sans doute n'est-ce pas là une étude impartiale. MM. Broué et Témime passent bien vite sur la « terreur » républicaine. En revanche, ils s'attardent davantage sur les atrocités franquistes. (...) La seconde partie du livre est consacrée à l'étude de la guerre civile et de ses répercussions internationales. Des chapitres clairs résument bien l'essentiel d'une évolution qui n'est guère contestée. MM. Broué et Témime marquent bien les étapes de l'intervention étrangère, d'accord en cela avec Hugh Thomas : l'aide italo-allemande permet, à la fin de juillet 1936, de transporter les meilleures troupes franquistes du Maroc en Espagne. L'aide des brigades internationales, en octobre 1936, sauve sans doute Madrid..." (A. Prost, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1962)

228.          BUSH (George W.). Decision Points. New York, Crown Publishers, 2010, gr. in-8°, xii-497 pp, 32 pl. de photos hors texte, la plupart en couleurs, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            20

Voici le témoignage extraordinaire du 43e président des Etats-Unis. Rompant avec les conventions de l'autobiographie politique, George W. Bush se propose, avec une franchise remarquable, de revenir sur les décisions les plus importantes de sa vie. A travers des épisodes captivants et encore jamais dévoilés, le président Bush emmène les lecteurs dans la propriété du gouverneur du Texas, la nuit des élections vivement contestées de 2000 ; il les convie à bord d'Air Force One, le jour du 11 Septembre, juste après l'attaque la plus foudroyante subie par les Etats-Unis depuis Pearl Harbor ; il les invite à la tête du Conseil de sécurité nationale, dans la Situation Room, quelques instants avant le lancement de la guerre en Irak ; et enfin, il les fait asseoir derrière le Bureau Ovale lors de toutes les décisions controversées qu'il a prises concernant la crise financière, l'ouragan Katrina, l'Afghanistan, l'Iran, et toutes les autres questions qui ont déterminé la première décennie du XXIe siècle. Le président Bush nous parle avec honnêteté et franchise de ses défauts et de ses erreurs, aussi bien que de ses succès : sa réforme de l'enseignement, sa campagne de traitement du virus du sida en Afrique. Il nous dévoile également des détails intimes inédits sur sa décision d'arrêter l'alcool, sur sa découverte de la foi et sur ses relations familiales. — "Ecrit dans un style alerte, les mémoires de George W. Bush sont jalonnés d'anecdotes, très instructives sur la psychologie, les contradictions, les faiblesses et parfois la naïveté de celui qui dirigea la première puissance du monde." (Le Point)

229.          CARIO (Robert). Vanuxem acquitté... Qui est Verdun ? Les Presses du Mail, 1963, pt in-8°, 201 pp, préface de Me Michel Libersa, 8 pl. de photos hors texte, broché, état correct (Coll. Les grands procès politiques),  envoi a.s.

            25

Le procès d'un personnage atypique : le général Vanuxem. Né en juillet 1904, Paul Vanuxem fit ses études à l'université de Lille où il obtint une licence de philosophie. Il débute sa carrière de professeur à Argentan à l'âge de 24 ans. C'est au cours de l'année scolaire 1928-1929 qu'il fonde avec Xavier Rousseau, la revue "Le Pays d'Argentan". Il écrira "Les veillerys" légendes de Basse-Normandie, et un ouvrage qui fera date sur la vie de Marguerite de Lorraine. C'est un homme chaleureux aux idées novatrices, qui au terme de son sursis décide de faire une brillante carrière dans l'armée. « J'ai choisi de demeurer dans l'armée quand j'ai senti la proximité de la guerre et l'occasion de mieux servir ma patrie ». Il participe à la fameuse bataille de Monte Cassino de la campagne d'Italie. Il participera ensuite à la guerre d'Indochine où il sera chargé d'organiser l'exode des catholiques du Vietnam. Très estimé du général de Lattre de Tassigny, il reçoit ses étoiles de général en 1955. Nommé adjoint au commandant en chef des forces françaises en Allemagne, il fut mis en disponibilité en 1961 à cause des ses opinions politiques sur l'Algérie française. Il fera deux ans de prison préventive pour finalement être acquitté. Il décède en 1979.

230.          Collectif. Le Général de Gaulle et l'Indochine, 1940-1946. Colloque tenu par l'Institut Charles de Gaulle en février 1981. Actes établis par Gilbert Pilleul. Plon, 1982, in-8°, 272 pp, documents en annexe, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Espoir)

            30

La politique indochinoise du général de Gaulle ; Avant l'occupation de l'Indochine par le Japon, juin 1940-mars 1945 ; Après l'occupation de l'Indochine par le Japon, 9 mars 1945 - 20 janvier 1946 ; Témoignages complémentaires. — 11 études érudites par Patricia Sockeel-Richarte, Christophe Babinet, William H. Wainwright, Jean-Marie d'Hoop, Philippe Devillers, etc., suivi des témoignages des gouverneurs Georges Gautier et Henri Laurentie et du général Guillermaz.

231.          COSQUER (Hervé). Abus et détournements du Secret-Défense. L'Harmattan, 2012, gr. in-8°, 247 pp, préface d'Eric Denécé, annexes, broché, couv. illustrée, qqs soulignures stylo, bon état (Coll. Culture du renseignement)

            20

Le Secret-Défense ? On en parle souvent, mais on le connaît mal. C'est pratique pour qui veut tromper le citoyen. Trop pratique. Ce livre explique comment certaines institutions et leurs responsables abusent outrageusement de ce trop commode secret d'Etat. L'auteur raconte dans quelles circonstances, recruté par la Compagnie Générale des Matières Nucléaires (Cogema), et chargé par son président de vérifier la solidité et la conformité du système de sécurité, il a découvert que le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), avec l'aval du Haut-Fonctionnaire de Défense du ministère des Finances et de l'Industrie, trahit le Secret-Défense en engluant ses divers partenaires commerciaux dans des procédures non conformes à la loi qui lui permettent d'enquêter sur les personnes et les sociétés. Le jugement d'une stupéfiante affaire d'espionnage dans les laboratoires de la bombe atomique au CEA étaye ses soupçons sur les déviances, lesquelles sont attestées par documents. Puis un mystérieux vol d'écoutes téléphoniques classifiées illustre les défaillances de l'Etat. Enfin, preuves absolument inédites à l'appui, l'ouvrage démontre que les obstacles à l'instruction judiciaire sur la fameuse affaire des Frégates de Taïwan et ses commissions occultes repose sur de graves incompétences et la trahison de textes incertains. Professionnel du secret ayant dirigé pendant dix ans l'un des services les plus sensibles des Renseignements Généraux, l'auteur révèle ici les scandaleux détournements de la loi commis par une caste solidaire de dirigeants ou représentants de l'Etat qui, protégés par l'ignorance générale et sûrs de leur impunité, abusent sans vergogne du Secret-Défense ou ferment les yeux sur les abus commis. Après la lecture de ce livre, il ne sera plus possible d'avoir le même regard sur le Secret-Défense.

232.          [De Gaulle]. De Gaulle au Québec. Montréal, Editions Actualité, 1967, in-8°, 143 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Tous ses discours au complet. – Tous les événements et réactions avant, pendant et après son voyage au Canada. – Une visite importante, inoubliable et qui peut être décisive pour l'avenir du Québec. – Les répercussions sur la politique québécoise. – Les commentaires de la presse mondiale. – Une page d'histoire du Québec.

233.          DE GAULLE (Charles). Mémoires d'Espoir. I. Le Renouveau 1958-1962. II. L'Effort 1962-... Plon, 1970-1971, 2 vol. in-8°, 314 et 224 pp, documents annexes et fac-similés hors texte de qqs pages du manuscrit à la fin du tome II, reliures skivertex bleu de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            40

Les réflexions stratégiques et philosophiques de Charles de Gaulle, de 1958 à 1962. Au mois de mai 1958, à la veille d'un déchirement désastreux de la nation et devant l'anéantissement du système prétendument responsable, de Gaulle, n'ayant pour moyen que sa légitimité, doit prendre en charge le destin... De même que le général de Gaulle avait écrit un compte rendu complet de son action entre 1940 et 1946 dans ses “Mémoires de guerre”, les “Mémoires d'espoir” devaient comprendre trois volumes couvrant son retour aux affaires politiques en 1958 : “Le Renouveau 1958-1962” ; “L'Effort 1962-1965” ; “Le Terme 1966-1969”. La mort en a interrompu la rédaction, alors que le Général venait d'achever les deux premiers chapitres du tome II. On dispose néanmoins d'un ensemble cohérent et explicite permettant de connaître les conceptions qu'avait le Général des problèmes institutionnels, politiques et conjoncturels de l'époque où il a dirigé la France et d'en extraire à sa source l'esprit même de la Ve République.

234.          DECOUFLÉ (André-Clément). L'An 2000. Julliard, 1975, in-12, 225 pp, 16 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, couv. illustrée plastifiée, bon état (Coll. Archives), ex. du SP

            15

Dans vingt cinq ans, ce sera l'an deux mille : fin d'un cycle ? fin d'un monde ? fin des temps ? Sous nos yeux, l'attente, l'angoisse et l'espoir enfantent déjà une nouvelle mythologie. Ce sont les archives d'un millénarisme naissant qui sont présentées ici. L'échéance contraint nos sociétés à penser le futur. De la prospective à l'utopie, de la divination à la prévision, de la prophétie à la science-fiction se trame la chronique hétéroclite du temps à venir. Mais dans l'imagination de l'an deux mille, entre tradition et nouveauté, c'est notre monde qui cherche une identité.

235.          DOVIME (Georges). Leurs finances (de Tardieu à Daladier). P., A l'Etoile, 1933, in-12, 267 pp, broché, bon état,  envoi a.s.

            25

Par un des jeunes collaborateurs de l'Action française, Georges Dovime, né en 1902. Table : Suicide des partis nationaux. – Herriot-le-fourbe. – M. Germain-Martin contre le rentier. – M. Chéron et sa légende. – MM. Daladier, Georges Bonnet, Lamoureux et Cie. – M. Piétri ou le Romantisme financier. – Le capitalisme a-t-il fait faillite ? – Le Socialisme en actes. – Le droit à la fraude.

236.          DRONNE (Raymond). Vie et mort d'un empire. La décolonisation. France-Empire, 1989, in-8°, 419 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Tour à tour administrateur en Afrique noire avant 1939, soldat pendant toute la Seconde Guerre mondiale (avec Leclerc au Tchad, en Libye, en Tunisie, puis en France et en Allemagne, enfin en Indochine), homme politique, sénateur et député, par la suite, Raymond Dronne a vécu les étapes de ce qu'on appelle la décolonisation : depuis les dernières années de l'Empire jusqu'à l'effondrement en passant par les étapes intermédiaires de l'Union Française et de l'éphémère Communauté. Dans ce livre, il en retrace l'histoire, une histoire récente et frémissante, un récit agrémenté d'anecdotes et de souvenirs, une évocation passionnée, sans ménagements, non conformiste, un document de vérité, qui bouscule beaucoup d'idées admises...

237.          EL-BARADEI (Mohamed ). The Age of Deception: Nuclear Diplomacy in Treacherous Times. London, Bloomsbury, 2011, gr. in-8°, 340 pp, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, soulignures stylo, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            20

"Dans son livre, Mohamed El-Baradei raconte sa dernière visite à Bagdad, un mois avant le déclenchement de la guerre d’Irak par l’administration américaine. Accompagné de l’expert onusien Hans Blix, il est invité à dîner par le ministre irakien des Affaires étrangères, auprès de qui il plaide pour la dernière fois : « aidez-nous à vous aider ». La réponse du ministre de Saddam Hussein est éloquente : « Soyons francs. D’abord, nous ne pouvons rien vous donner de plus car il n’y a rien à donner. Mais surtout, vous ne pouvez pas nous aider, car cette guerre aura lieu, et ni vous ni moi ne pourrons l’empêcher. Nous le savons tous les deux. Quoi que nous fassions, c’est une affaire entendue ». Cet épisode lui vaudra de solides inimitiés dans le camp des américains, mais il sera récompensé du prix Nobel de la paix en 2005, au nom de l’AIEA, officiellement pour son travail contre la prolifération nucléaire, mais symboliquement pour avoir dit la vérité quand le mensonge d’Etat était la norme. Bush parti, le rôle de Mohamed El-Baradei a été réhabilité, y compris à Washington où il est très respecté, et même courtisé..." (Pierre Haski, L'Obs, 2013)

238.          FABREGUES (Jean de). Le Sillon de Marc Sangnier. Un tournant majeur du mouvement social catholique. Perrin, 1964, in-8°, 313 pp, 8 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, bon état (Coll. Les grandes aventures de l'esprit)

            30

"C'est en catholique et en homme d'ordre que J. de F. se penche sur Marc Sangnier et son mouvement. Cette situation le pousse à caricaturer quelque peu les temps républicains où naissent le « Sillon », à préférer, aussi, nettement le « Sillon » première manière au « Sillon » après 1900. Pour J. de F., le « Sillon », dans une République radicale et anticléricale, aurait dû rester un mouvement de jeunes, romantique et apostolique, sans tenter cette intrusion politique dans la République qui justifie la lettre de Pie X. Mais J. de F. se meut dans la contradiction. Il reconnaît l'influence du « Sillon » et de Sangnier sur les mouvements démocrates-chrétiens d'avant 1939 comme sur le M.R.P. Celle-ci aurait-elle été possible si le « Sillon » en était resté à sa première manière ?" (Revue française de science politique, 1965)

239.          FAURE (Sébastien). Propos subversifs. 9. Les Métiers haïssables. Editions de "La Librairie Sociale", 1921, in-12, 30 pp, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            15

Pour Sébastien Faure (1858-1942), le « commis-voyageur de l’anarchie », comme l’a écrit Zévaès, il y a des « métiers haïssables » que tout homme libre doit s’interdire d’exercer, car ils concourent au maintien d’un édifice pourri, avec lequel ils sont condamnés à disparaître. On n’a pas de peine à deviner lesquels : juge, soldat, prêtre, policier (avec ou sans uniforme), etc. sont de ceux-là. Quant aux professions libérales, tout dépend de la valeur morale de ceux qui les pratiquent, éducateurs, médecins, avocats, artistes, journalistes, etc. Au sujet de ces derniers, Sébastien Faure va nous dire : « Le journalisme est le métier le plus honorable si on l’accomplit dans certaines conditions ; c’est le métier le plus méprisable, si l’on n’y attache pas sa conscience et sa dignité. » Le cinéma ne vaut pas mieux. « O cinéma, toi qui pourrais tant servir à éduquer les foules, comment se fait-il que tu ne serves qu’à leur abrutissement ? » Sébastien Faure nous dit sa vision libertaire du monde et ses idées sur le "chambardement" nécessaire. Ces "propos subversifs" sont des munitions pour l'intelligence. "Ni maître, ni esclave".

240.          FÉDIDA (Jean-Marc). Le Procès Capone. Fleuve Noir, 2012, in-8°, 256 pp, broché, une photo d'Al Capone en couv., bon état

            20

Etats-Unis, 1929. En pleine crise financière, l'Amérique se réveille douloureusement de ses années d'excès. Le 12 mars, Al Capone reçoit une assignation à comparaître devant un grand jury fédéral à Chicago. La machine judiciaire vient de se mettre en marche contre l'ennemi public n°1. Comment Scarface – cette icône du grand banditisme –, adulé par les uns, honni par les autres, est-il tombé à cause d'une vulgaire inculpation de fraude fiscale sans que ses 150 assassinats présumés n'aient même jamais été évoqués ? Soucieux de rétablir la vérité sur un procès truffé d'irrégularités, mais qui fut le reflet de son époque, Jean-Marc Fédida se fait l'avocat du diable et livre une chronique judiciaire à perdre haleine. Car dans cette confrontation de géants, personne, pas même les fameux "incorruptibles", n'a vraiment joué le rôle que l'histoire a bien voulu retenir...

241.          FÉDOROVSKI (Vladimir) et Patrice de Méritens. Poutine de A à Z. Stock, 2017, in-8°, 278 pp, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état. Exemplaire d'épreuves non corrigées réservé à la presse et aux libraires

            15

La tension internationale, la crise ukrainienne, le retour à une nouvelle guerre froide, la crise syrienne et, dernièrement, l'élection de Donald Trump, ont porté la personnalité de Poutine au pinacle. Depuis son arrivée au pouvoir suprême, en 2000, son aura n'a cessé de croître. Par-delà les appréciations, ce livre propose de déchiffrer ce phénomène par le biais de multiples clefs et analyses : la psychologie de Poutine, sa carrière de leader politique, mais aussi la géographie et l'histoire de son pays. Poutine devient ainsi un reflet de la Russie, avec sa force et ses faiblesses, ses fantasmes et ses hantises. Mais c'est aussi un livre de révélations sur un personnage hors normes, sur son entourage, son système, sa vie personnelle et ses méthodes. Bousculant les idées reçues et l'esprit politiquement correct, Poutine de A à Z dessine le portait inattendu de l'homme fort de la Russie.

242.          FLANDIN (Pierre-Etienne). Discours. Le ministère Flandin, novembre 1934 - mai 1935. Gallimard, 1937, in-12, 252 pp, broché, bon état (Coll. Blanche)

            20

Par Pierre-Étienne Flandin (1889-1958), président du Conseil en 1934-1935. Les élections de 1936 amènent le Front populaire au pouvoir. Flandin quitte le gouvernement pour devenir, à la Chambre, le chef de l'opposition nationale. Il fait montre alors d'inconséquence, sans doute par anticommunisme et manque de hauteur de vue, jusqu'à devenir progressivement le « premier Munichois de France ». Président de l'Alliance démocratique depuis 1933, il mène une vigoureuse campagne dans le pays, multipliant les discours où il passe au crible la politique économique et financière du Front populaire, ainsi que ce qu'il estime être les erreurs diplomatiques du gouvernement. Ces controverses l'opposent non seulement à Léon Blum mais aussi, dans son propre parti, à Paul Reynaud, dont il désapprouve les thèses dévaluationnistes, les positions fermes contre Hitler et l'action qui mènerait, selon lui, la France à la guerre, dans un état d'impréparation matérielle et morale... En 1946, il sera condamné à cinq ans d'indignité nationale pour avoir fait partie du gouvernement de Vichy pendant cinquante-six jours...

243.          FRIED (Ferdinand). La Fin du capitalisme. Grasset, 1932, in-12, 310 pp, traduit de l'allemand, préface de Daniel Halévy, broché, bon état

            25

"Étude captivante et souvent pénétrante sur le capitalisme contemporain, principalement en Allemagne, et sur l'actuelle crise mondiale. L'auteur fait souvent appel à l'histoire, surtout dans le chapitre I, qui traite de la « mission historique » du capitalisme moderne. (...) Ce que l'auteur voit très bien, c'est l'importance, dans la société capitaliste, de l'argent et son caractère abstrait, purement rationnel. Un des chapitres les plus instructifs est celui qui traite du « résultat social » du capitalisme et marque la distribution inégale des revenus, en décrivant la condition économique des diverses classes sociales de l'Allemagne contemporaine. Il y a là beaucoup d'indications précises, d'un réel intérêt. Non moins attrayantes nous paraissent les pages consacrées à la crise de l'esprit et du système capitalistes. Pour Ferdinand Fried, l'extension des sociétés par actions, des trusts, des cartels, des konzerns marque le vieillissement du capitalisme, qui renonce de plus en plus à la concurrence et a donné naissance à un régime bureaucratique. Décrivant ensuite les crises du XIXe siècle, il montre que c'étaient des crises de croissance, dont chacune était le signal de nouveaux progrès. Profondément différentes lui apparaissent les crises qui ont suivi la guerre mondiale et surtout l'actuelle crise, dont on ne prévoit pas l'atténuation. Les « réparations » lui semblent une des causes essentielles des perturbations si graves qui se sont produites, et l'on peut se demander si, à cet égard, il ne force pas quelque peu la note. Quoi qu'il en soit, il peint sous des couleurs sombres l'état présent du monde et, en particulier, de l'Europe centrale. Il considère comme proche la dissolution de l'économie mondiale et comme probable la constitution d'économies fermées, autarchiques. La traduction française se lit avec agrément. M. Daniel Halévy nous apprend que l'ouvrage est « une oeuvre collective, ou les auteurs véritables se cachent sous le nom fictif de Ferdinand Fried »." (Henri Sée, Revue Historique, 1932)

244.          GOLDSCHMIDT (Bertrand). L'Aventure atomique. Ses aspects politiques et techniques. Fayard, 1962, in-8°, 291 pp, chronologie, index, reliure demi-basane carmin à coins, dos à 4 nerfs souligné à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), coiffes lég. abîmées, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            30

"De bons et intéressants ouvrages, notamment le passionnant récit de Jungk, “Plus clair que mille soleils”, ont déjà retracé l'aventure atomique. Celui-ci, moins anecdotique, moins concret, mais plus complet, traitant de tous les aspects fondamentaux de la question, est dû à un des pionniers français de l'énergie atomique, actuellement directeur des relations extérieures et des programmes du Commissariat à l'énergie atomique et représentant de la France auprès de l'Agence internationale de l'Énergie atomique. Exposé remarquablement informé et dominé, dont il n'existe pas d'équivalent. L'auteur évoque, notamment, fort bien le passage des années d'euphorie (1954-1958) aux années de rajustement (1958-1961). On lira aussi avec grand intérêt les chapitres consacrés aux aspects militaires et industriels de la question et au programme atomique français." (F. Russo, Etudes, nov. 1962)

245.          HERBERICHS (Gérard). Théorie de la Paix selon Pie XII. P., Pédone, 1964, gr. in-8°, xii-248 pp, préface de Charles de Visscher, biblio, broché, bon état,  envoi a.s.

            40

"G. H. présente l'aspect théorique de la pensée politique de Pie XII, à partir de l'analyse de ses encycliques, messages et allocutions. Il fait ressortir la place prééminente que tient le droit naturel dans la doctrine de la paix apportée au monde par Pie XII, et essentiellement la fonction réformatrice de ce droit. Le rappel des principes moraux, la mise en garde contre la menace d'une dépersonnalisation de l'homme, la condamnation de l'Etat totalitaire, le désir de voir se réaliser une communauté internationale apparaissent comme les thèmes essentiels de la pensée politique de Pie XII. Pour répondre aux polémiques récemment suscitées au sujet de l'attitude du Vatican face à l'antisémitisme nazi, G. H. a cru devoir insérer quelques textes pontificaux datés de 1939 à 1946 : ces textes semblent discrets face à l'ampleur des persécutions nazies." (Revue française de science politique, 1965)

246.          HOURS (Magdeleine). Une Vie au Louvre. Laffont, 1987, in-8°, 315 pp, notes, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Magdeleine Hours (1913-2005) a consacré l'essentiel de sa vie au Louvre. Ancienne élève de l'Ecole des hautes études d'histoire et de philologie à la Sorbonne, diplômée de l'Ecole du Louvre, elle est, en 1937, chargée de mission au laboratoire d'études scientifiques de la peinture et des objets d'art et d'archéologie, fondé en 1931. Pendant la guerre, elle ne ménagera pas sa peine pour mettre à l'abri un grand nombre de documents. En 1949, elle prend la direction du laboratoire... Elle dévoile ici les chemins de sa vie et de sa carrière qu'elle éclaire avec la vivacité et l'humour qu'on lui connaît : 'Une Vie au Louvre', ou comment, d'« attaché libre » à conservateur et à inspecteur général, on s'élève, en quarante ans, au sommet de l'administration des musées de France. Elle a veillé sur la Joconde aux Etats-Unis, rencontré John Kennedy et ses frères. C'est elle encore qui a organisé le voyage du chef-d'oeuvre du Vinci à Tokyo. Mais toute sa vie est aventures et rencontres exceptionnelles... Au Louvre, dans ce palais superbe et sévère qui raconte, à lui seul, l'histoire de la France, cette femme passionnée a secoué la poussière des siècles. Au prix de mille difficultés, elle y a introduit les méthodes scientifiques d'examen et d'analyse des oeuvres d'art ; et le regard que nous portons sur les chefs-d'oeuvre qu'il contient s'en est trouvé changé...

247.          IGOUNET (Valérie). Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées. Seuil, 2014, gr. in-8°, 495 pp, 8 pl. de photos en couleurs hors texte, chronologie, notices biographiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Au début des années 1970, Jean-Marie Le Pen s'impose peu à peu à l'extrême droite et mène sur le devant de la scène un agrégat de groupuscules, le Front national. Valérie Igounet retrace la longue et chaotique gestation du parti, décrypte le travail des idéologues, ceux qui lui ont donné son identité et une certaine unité. Mais l'histoire du Front national, c'est d'abord celle d'un homme qui reste à la tête de sa formation pendant près de quarante ans, d'un provocateur bruyant qui ne supporte pas ses numéros deux, rivaux potentiels, jusqu'à l'arrivée de sa fille Marine. Dans les années 2000, il lègue à cette dernière un parti toujours aussi extrémiste sur le fond, mais plus présentable, qui recueille près de 18 % de voix à l'élection présidentielle de 2012 et gagne onze mairies aux municipales de 2014. Avec patience et détermination, l'historienne a réussi à pénétrer l'organisation jusqu'à obtenir de longs entretiens avec nombre de militants, de dirigeants anciens et nouveaux, dont Jean-Marie Le Pen lui-même. Plusieurs d'entre eux lui ont confié archives et papiers personnels. S'appuyant sur cette masse de documents inédits, elle raconte, pour la première fois, l'histoire vivante et complète des quarante années qui ont fait du Front national un acteur majeur de la vie politique française.

248.          KATZ (Yaakow) & Yoaz HENDEL. Israel vs. Iran: The Shadow War. Potomac Books, 2012, gr. in-8°, x-243 pp, notes, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            25

"In “Israel vs. Iran: The Shadow War”, Katz and Hendel outline the ongoing conflict between Israel and Iran. The book begins by giving a brief history of some of Israel’s conflicts with Arab nations and then uses these examples to explain Israel’s high investment in military technology and training (using sources such as interviews, speeches, military reports, media reports). The “Shadow War" is then discussed, which is a name commonly given to the ongoing con ict between Israel and Iran, in which Iran provides funding and training to both its political and terrorist proxies (e.g., Hamas and Hezbollah) to attack Israel and foster anti-Israeli sentiment. The book concludes with a discussion of the logistics of Israel attacking Iran directly in the future and the consequences of open con ict between the two countries, including the chance of nuclear war. Katz and Hendel state that there is no easy way to end the conflict between the two countries, and that while no one in Israel wants a war, if Iran continues to develop its nuclear program, war may be inevitable." (Jacob Ford, Review of Middle East Studies, 2015)

249.          LACOUTURE (Jean) et Philippe DEVILLERS. La Fin d'une guerre. Indochine 1954. Seuil, 1960, in-8°, 382 pp, biblio, index, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coiffe sup. lég. abîmée, coupes frottées, qqs épidermures sur les plats, manque à la page 11-12 avec perte de texte sur 9 lignes, état correct

            20

"Le ministère des Affaires étrangères, l'E.N.A., les Sciences Po ne sauraient proposer de meilleur sujet de concours à leurs candidats que l'analyse de “La fin d'une guerre” ; en particulier des chapitres intitulés « Genève ou la négociation ». Les auteurs y présentent textes et recherches livresques, mais liés aux souvenirs de choses vues. Attentifs depuis quinze ans à l'Indochine, tant sur le plan parisien que sur le terrain, ils administrent la preuve que l'histoire de la conférence de 1954 pouvait être faite utilement ; cette conférence qui mettait un terme à une guerre de neuf années... Les cinq joueurs de poker – les cinq Grands – pour la première fois assemblés, déployaient, assortis de leurs conseils, astuces, marchandages. Que de tours et quels enseignements pour des élèves-diplomates ! Toutes les cartes sont ici mises à nu, les bonnes et les mauvaises... On lira donc avec profit, et non pas sans tristesse, l'étonnant récit qui confronte hommes d'Etat, généraux, ambassadeurs, princes exotiques, militaires, journalistes, partisans... Les portraits des principaux protagonistes sont finement esquissés ; le décor suggéré." (Roger Lévy, Politique étrangère, 1960)

250.          LALANNE (Denis). Rue du Bac. Salut aux années Blondin. La Table Ronde, 2002, in-8°, 236 pp, broché, jaquette illustrée, 2 marques au stylo en marge (pp. 84 et 110), bon état. Edition originale enrichie d'un bel envoi autographe signé de l'auteur à Rosine Goddet, femme de Jacques (1905-2000), le fondateur du journal “L'Equipe” et directeur du Tour de France pendant près de quarante ans

            25

"Lorsque nous étions des stagiaires et gueux au point que nous n'avions que la ressource du snobisme –, nous appréhendions d'être affectés au secrétariat de rédaction des services sportifs. Notre dédain supportait néanmoins une exception : nous admettions que Denis Lalanne était à part. Je ne lisais “L'Equipe” que pour lui et la chaleur humaine qui le caractérise. Son plus récent ouvrage, “Le Temps des Boni”, était un hymne à l'amitié. Lecture terminée, les notes persistant en nous, on distinguait en contrepoint les pleurs d'Achille sur le corps de Patrocle. Bien que je paraisse prêcher contre ma paroisse, j'avoue que je suis souvent agacé par la suprématie accordée au roman. La littérature est une substance volatile qui se dépose où elle veut. Ainsi est-on tout de suite alerté par le talent d'écrivain de Denis Lalanne. On rêve de la préface qu'Antoine Blondin aurait rédigée pour lui, prouvant qu'ils étaient tous deux de plain-pied. Mais voici justement “Rue du Bac”. C'est le livre que nous attendions pour les associer à bon titre dans notre index sentimental." (Angelo Rinaldi)

251.          LEFRANC (Georges). Juin 1936. "L'explosion sociale" du Front populaire. Julliard, 1966, in-12, 351 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Archives)

            15

Juin 36 : Victoire du Front Populaire qu'accompagne le raz de marée des revendications sociales. Grèves avec occupation d'usines, accords Matignon. Dans la ferveur et dans l'angoisse, la France fait l'apprentissage du siècle. Pour le trentième anniversaire, voici les reportages des contemporains, les comptes rendus inédits des dirigeants syndicalistes, les souvenirs ressuscités des militants de base. C'est la grande Peur et la petite fée Espérance, c'est la Nuit du 4 août du patronnat français.

252.          LEWIN (Moshe). La Formation du système soviétique. Essais sur l'histoire sociale de la Russie dans l'entre-deux-guerres. Gallimard, 1987, in-8°, 466 pp, broché, qqs marques au crayon en marges, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

            25

De 1917 à 1940, les effets de la guerre civile, l'industrualisation, l'économie collective et planifiée, les luttes internes de l'appareil communiste, la répression de masse, les tournants idéologiques sont mis ici en perspective à la lumière des transformations sociales, et surtout de l'évolution de la population rurale. Sans trouver grâce à nos yeux, le système stalinien gagne en cohérence et se fait plus intelligible. Une démonstration brillante et un livre de référence. — "Cet ouvrage, qui réunit plusieurs articles, pour l'essentiel inédits en France, d'un des meilleurs spécialistes de l'histoire sociale soviétique, actuellement professeur à Philadelphie, est d'abord une fresque sociologique passionnante, puisée aux meilleures sources, d'une des périodes de changement social les plus rapides de l'histoire de l'humanité. Ce faisant il conduit, d'une part, à une critique des types d'explication habituels de la période, connue sous le nom de "stalinisme", et nous permet, d'autre part, de réfléchir sur la place du système politique dans tout processus de changement social..." (Frédéric Sawicki, Politix, 1988)

253.          LUGAN (Benoît). Un homme élégant. Quarante mois auprès du Président Chirac. L'Harmattan, 2012, in-8°, 118 pp, 15 photos, broché, couv. illustrée, une marque au stylo en marge de la p. 9, bon état

            10

Entre 1998 et 2001, Benoît Lugan fut l'un des aides de camp du Président de la République Jacques Chirac. Alors au contact permanent de celui-ci, il a pu en observer les principaux traits de caractère. Rigoureux et inquiet, attentif et courtois, pudique et généreux, courageux et sensuel, doué d'un remarquable sens tactique et d'une prodigieuse mémoire, et enfin tout à la fois fataliste et opiniâtre : ainsi est décrit, au travers de nombreux événements vécus, le tempérament de l'ancien chef de l'Etat.

254.          MANN (Golo). Une Jeunesse allemande. Mémoires. Presses de la Renaissance, 1988, in-8°, 413 pp, traduit de l'allemand par Jeanne Etoré, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Bien traduits, les Mémoires de G. Mann se lisent comme un roman – parce qu'ils sont un véritable Bildungsroman, un « roman de formation », le fascinant témoignage de la recherche et de la découverte de soi, dans les rencontres, les expériences, les lectures et la réflexion, du fils historien de Thomas Mann. Moins génial, mais aussi moins névrosé que ses aînés Klaus et Monika, né à Munich en 1909 dans une famille unissant du côté de son père la tradition patricienne de Lübeck et du côté de sa mère celle de la grande bourgeoisie juive et cultivée de Berlin, le jeune Golo « forme dès le plus jeune âge son identité dans la poésie et la littérature allemandes » (p. 25). Après une enfance munichoise écrasée par l'omniprésence paternelle, ses années d'apprentissage le conduisent d'abord, de 1923 à 1927, dans l'internat de Salem, ancienne abbaye transformée en collège aristrocratique et libéral où il fait la découverte de l'esprit critique, de l'antisémitisme et de la politique ; viennent ensuite deux ans passés dans une mine de lignite de Lusace et à Berlin – où il rencontre, entre autres, le flamboyant Pierre Berteaux, le marxisme et l'historienne Ricarda Huch, « femme royale » des lettres allemandes – puis enfin les années d'université, passées comme il se doit à Heidelberg, Berlin et Gottingen, les études d'histoire et de philosophie avec Karl Jaspers et surtout l'expérience saisissante de la montée de l'extrémisme de droite et du nazisme, de l'efficacité des campagnes d'intimidation contre tous ceux qui « pensent mal », de l'« incurie du corps professoral » face à la barbarie triomphante, mais aussi de la totale cécité du jeune étudiant socialiste sur le cours des événements : « Je n'ai rien prévu du tout, pas même le 31 janvier 1933 », reconnaît-il (p. 264) avec ce souci de lucidité qui fait la force de son livre. Contraint de quitter l'Allemagne en juin 1933, G. Mann arrête ses Mémoires sur le chemin de l'exil et les conclut par une ample méditation sur le hasard et la nécessité en histoire et sur la conjonction fatale, dans l'arrivée au pouvoir des nazis, du charisme personnel d'Hitler et de la complicité aveugle des classes dirigeantes allemandes." (Etienne François, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1989)

255.          MARTIN (Xavier). Trente années d'étonnement. Péripéties d'une randonnée intellectuelle. Dominique Martin Morin, 2010, in-8°, 157 pp, notes, biblio, index, broché, bon état

            12

De “Nature humaine et Révolution française” à “Voltaire méconnu”, en passant par “Régénérer l'espèce humaine” et quelques autres titres, l'oeuvre de Xavier Martin a sans tapage gagné un public sensible à la richesse documentaire des analyses, au rajeunissement des perspectives, et à la clarté de l'exposition. Cette oeuvre singulière, centrée sur les Lumières et la Révolution, n'est pas née du hasard. Elle a une histoire, mêlée au parcours universitaire de l'intéressé ; une histoire étonnante, et d'abord étonnée, c'est-à-dire jalonnée d'étonnements : ils en constituent, depuis l'origine, l'énergie motrice. Xavier Martin retrace ici cette "randonnée intellectuelle" inopinée, riche en imprévus et rebondissements. Son récit alerte et plein d'anecdotes pourra surprendre ceux qui déjà connaissent l'oeuvre, et poussera les autres à la découvrir.

256.          MASER (Werner). Prénom.. Adolf. Nom.. Hitler. Plon, 1973, gr. in-8°, 510 pp, traduit de l'allemand, généalogie, les différentes signatures d'Hitler de 1906 à 1945, une carte, copieuse bibliographie, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Si un destin sombre avait résolu d’engager, pour mettre le feu à l’occident, un personnage hors des normes, à côté du commun et habité d’étrange, il eût, à la lecture du livre de Werner Maser, désigné sans nul doute Adolf Hitler. Fruit de vingt ans de recherches, de contacts et d’interviews, voici le dossier caractériel le plus complet et le plus surprenant qui ait été réuni sur le Führer. Qui étaient les parents d’Adolf Hitler ? Son enfance, sa jeunesse, ses études, ses maîtres à penser ? Quelles étaient ses lectures, son comportement envers les femmes, ses maladies, ses médicaments, ses excitants ? L’influence de son état de santé sur ses décisions politiques et militaires ? Et sa dégradation physique entraînant l’échec, l’apocalypse et sa mort. Quant à cette mort elle-même, Werner Maser, en historien scrupuleux et exigeant, démontre l’inanité de la thèse selon laquelle le cadavre aurait été retrouvé longtemps après le suicide. Notes scientifiques et bibliographiques, nombreuses et précises, viennent à l’appui du dossier. — Werner Maser, historien spécialisé dans l’étude d’Adolf Hitler et de son temps, a passé les vingt dernières années de sa vie en enquête méticuleuse ; c’est ainsi qu’il a pu explorer toutes les archives allemandes et alliées, interroger de nombreux témoins, des collaborateurs et parents d’Adolf Hitler, retrouver des documents essentiels qui étaient considérés comme perdus.

257.          MEARSHEIMER (John J.) et Stephen M. WALL. Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine. La Découverte, 2007, gr. in-8°, 500 pp, sources, notes, broché, soulignures stylo, bon état

            20

Depuis plusieurs décennies, la pièce maîtresse de la politique moyen-orientale des Etats-Unis a été sa relation avec Israël. Les Etats-Unis viennent à la rescousse d'Israël en temps de guerre et prennent son parti dans les négociations de paix. De fait, entre 1972 et 2006, Washington a mis son veto à 42 résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU critiquant la politique israélienne. Et, chaque année, Israël continue de recevoir trois milliards de dollars d'aide américaine – un sixième de l'aide étrangère des Etats-Unis. Pourquoi les Etats-Unis fournissent-ils un soutien matériel et diplomatique aussi considérable et aussi constant à Israël ? Telle est la question à laquelle entendent répondre John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, deux universitaires américains réputés. Ils démontrent, dans ce livre extrêmement documenté, que ce soutien ne peut s'expliquer par des intérêts stratégiques communs ni par des impératifs moraux, mais qu'il est surtout dû à l'influence politique d'un lobby qui travaille activement à l'orientation de la politique étrangère américaine dans un sens pro-israélien. Même si elles sont loin de faire l'unanimité parmi les Juifs américains, les organisations du lobby pro-israélien exercent des pressions redoutablement efficaces sur le Congrès, les présidents et leur administration et ont une influence considérable sur l'université et les médias. Le lobby pro-israélien a ainsi joué un rôle clé dans la politique américaine au Moyen-Orient sous l'administration Bush au nom de la "lutte contre le terrorisme", comme en témoignent la désastreuse invasion de l'Irak, la confrontation avec l'Iran et la Syrie, ainsi que la guerre au Liban de juillet 2006. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt montrent que cette politique n'était ni dans l'intérêt national des Etats-Unis ni dans celui d'Israël sur le long terme. Ils ouvrent un débat nécessaire pour l'avenir de la paix dans cette région du monde.

258.          MITTERRAND (François). Présence française et abandon. Plon, 1957, in-8°, 240 pp, broché, couv. salie, sinon bon état (Coll. Tribune libre). Edition originale

            25

Hanoï, Saïgon, Rabat, Tunis, capitales d'Etats indépendants, symbolisent le terme de la tragique aventure vécue par la France en ces années cinquante. Les gouvernements successifs, pour avoir voulu tout ignorer afin de tout maintenir, ont d'abord tout compromis pour tout perdre enfin. Ministre de la France d'Outre-Mer en 1951, François Mitterrand fut intimement lié au déroulement des événements dont il fait dans cet ouvrage l'analyse. — "En Indochine, en Tunisie, au Maroc, pour avoir voulu tout ignorer, les gouvernements successifs ont tout perdu. En Afrique noire, une politique consciente des réalités permet au contraire d'espérer l'avènement d'une communauté franco-africaine. Les enseignements de ces expériences sont-ils transposables en Algérie, et comment ? Les lecteurs de cet ouvrage lucide regretteront sans doute que F. M. ne l'indique pas." (Revue française de science politique, 1958)

259.          MONNEROT (Jules). Sociologie de la révolution. Mythologies politiques du XXe siècle. Marxistes-léninistes et fascistes. La nouvelle stratégie révolutionnaire. Fayard, 1969, fort in-8°, 772 pp, index, broché, couv. à rabats, qqs marques au crayon en marges, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            40

"Comment naissent les révolutions ? C’est un sujet passionnant, très actuel et mal connu que la naissance des révolutions. Il avait été étudié par le sociologue Jules Monnerot (1908-1995) après les événements français de Mai 68 dans son livre “Sociologie de la Révolution” (Fayard, 1969). Travail précieux pour lequel son auteur a forgé une série de concepts applicables à toutes les situations. S’agissant d’une étude sociologique et non d’une histoire des idées, Monnerot use d’une seule appellation, sans ignorer bien entendu tout ce qui sépare et oppose les différentes révolutions du XXe siècle, bolchevisme, fascisme italien, national-socialisme allemand, révolution de 1944, ou celle de 1968. Il estime en effet que ces phénomènes de foule relèvent de la même analyse sociologique, tout en faisant une nette différence entre révolutions de type conservatrice et révolutions déconstructrices. Mais d’abord, Monnerot définit quelques concepts applicables à toute révolution. En premier lieu la « situation historique ». Elle est celle que l’on ne reverra jamais deux fois. C’est vrai pour 1789, 1917, 1922, 1933 ou 1968. Autre notion complémentaire : la « situation de détresse ». Elle se caractérise par des troubles non maîtrisés. La structure sociale se défait : les éléments ne sont plus à leur place..." (D. Venner, 2013)

260.          ORTIZ (Joseph). Mes combats. Carnets de route, 1954-1962. Editions de la Pensée Moderne, 1964, in-8°, 308 pp, 12 pl. de photos hors texte, annexes, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Ces carnets de route de l'ancien chef du Front national français n'apportent guère de révélations sur le mouvement activiste en Algérie. Leur seul intérêt est de peindre l'anarchie extraordinaire des réseaux « Algérie française » avant la formation de l'O.A.S., l'ampleur de leurs différends et les fluctuations de leurs relations avec l'armée." (Revue française de science politique, 1964)

261.          PARSI (Trita). Treacherous Alliance: The Secret Dealings of Israel, Iran and the United States. Yale University Press, 2007, gr. in-8°, xviii-361 pp, notes, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            25

In this era of superheated rhetoric and vitriolic exchanges between the leaders of Iran and Israel, the threat of nuclear violence looms. But the real roots of the enmity between the two nations mystify Washington policymakers, and no promising pathways to peace have emerged. This book traces the shifting relations among Israel, Iran, and the United States from 1948 to the present, uncovering for the first time the details of secret alliances, treacherous acts, and unsavory political maneuverings that have undermined Middle Eastern stability and disrupted U.S. foreign policy initiatives in the region.

262.          PENOT (Christophe). Jean-Marie Leblanc, gardien du Tour de France. Entretiens avec Christophe Penot. Saint Malo, Editions Cristel, 1999, in-8°, 251 pp, 18 photos, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s. à Jacques Goddet, fondateur du journal “L'Equipe” et directeur du Tour de France pendant près de quarante ans

            25

« L'homme ! C'est magnifique ! Cela sonne... fier ! » écrivait Gorki dans une page des Bas-Fonds. Sans doute la réflexion vaut-elle pour Jean-Marie Leblanc, car cet homme du Nord, parti de la ferme familiale, n'est pas devenu le directeur du Tour de France sans quelque fierté ni puissante énergie. Ainsi, dans ce livre capital pour comprendre la réalité du cyclisme moderne, pour en saisir les enjeux sportifs, moraux et financiers, Jean-Marie Leblanc se souvient du chemin parcouru... Il se revoit enfant, lorsqu'il prenait Coppi et Bobet pour exemples. Il se retrouve chez les pros, auprès de Poulidor, Anquetil, Merckx, Ocaña. Il se rappelle que, journaliste à l'Équipe, il a suivi Tapie et Hinault. De portraits émouvants en anecdotes souvent drôles, Jean-Marie Leblanc n'a donc rien oublié des passions cyclistes qui l'ont amené à diriger les derniers Tours de France du siècle. Et c'est parce qu'il n'a rien oublié, ni les vertus, ni les mensonges, ni le dopage d'un milieu dont il témoigne sans merci, qu'il parie résolument sur l'avenir du cyclisme. Ce livre, miroir d'un sport, raconte la vie et l'espérance d'un homme qui est devenu un témoin.

263.          PERRET (Jacques). Le Vilain temps. Editions du Fuseau, 1964, pt in-8°, 254 pp, broché, bon état. Edition originale (il n'est pas annoncé de grand papier),  envoi a.s.

            120

Recueil de chroniques publiées de mai 1958 à juillet 1962 dans "Aspects de la France", au style toujours aiguisé, cinglant et spirituel. L’essentiel de ces textes traite des évènements d’Algérie. "Ce recueil est une petite contribution à l'histoire du sentiment patriotique en France pendant les premières années du deuxième règne de Charles de Gaulle". Jacques Perret paiera cher, au propre et au figuré, ses attaques incessantes contre celui qui abandonne l’Algérie, ses Pieds-Noirs et ses harkis.

264.          PERRIN (André). Scènes de la vie intellectuelle en France. Editions de l'Artilleur, 2016, in-8°, 238 pp, préface de Jean-Claude Michéa, broché, couv. illustrée, bon état, ex. du SP

            15

"Nous jouissons en principe dans notre pays d'une entière liberté d'opinion et d'expression ; nous vivons en pratique sous un régime de liberté surveillée. Une discipline de parole très contraignante réduit le champ et le nombre des sujets ouverts à une véritable discussion. Les notions, les termes et même les faits les plus nécessaires à l'intelligence du présent sont l'objet d'une censure vétilleuse. Comment échapper à la tyrannie paralysante du politiquement correct sans tomber dans la licence improductive du politiquement incorrect ? Le livre d'André Perrin nous libère magistralement de cette alternative démoralisante. Qu'il s'interroge sur les relations entre religion et violence, qu'il se demande si "expliquer, c'est déjà excuser", ou qu'il suive dans leurs usages légitimes et illégitimes les notions de race, d'identité ou de civilisation, il éclaire les questions qui nous pressent et nous divisent avec précision, rigueur, humour, et toujours une admirable clarté. Il montre qu'en rassemblant les faits pertinents, en prenant appui sur les suggestions contenues dans le langage usuel, en appréciant selon la raison commune les diverses opinions, qui sont autant de "vues" sur les choses, nous pouvons surmonter nos partialités et éclairer effectivement la complexité du monde politique, social et moral. Dans le désarroi et l'anxiété qui nous assaillent, il est cette chose rare, un livre encourageant." (Pierre Manent)

265.          POHER (Alain). Trois fois président. Mémoires. Avec la collaboration de Pierre Bordry. Plon, 1993, in-8°, 276 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"L'itinéraire, toujours intéressant d'un ingénieur des Mines passé par Science Po et les Finances avant de rejoindre la Résistance. Sénateur en 1946, il est secrétaire d'État puis, battu par la vague gaulliste de 1948, il succède à Michel Debré au Commissariat aux affaires allemandes. Revenu au Palais du Luxembourg, il devient spécialiste des affaires européennes ce qui, sous la Ve République le fera président de l'Assemblée des Communautés européennes. C'est là que le destin l'attend puisqu'il devient le candidat de conciliation pour succéder à G. Monnerville et, en 1969, à de Gaulle. On se souvient mieux des mauvais souvenirs que des bons : l'intérim et la campagne qui s'ensuivit ne manquent pas à la règle. Mais, comme président du Sénat, A.P. peut s'enorgueillir d'un acte courageux et riche d'avenir : celui d'avoir saisi, en 1971, le Conseil constitutionnel au sujet d'une loi sur les associations et d'avoir ainsi été à l'origine de ce qui, trois ans plus tard, deviendrait, avec l'élargissement du droit de saisine, la révolution du constitutionnalisme français." (Revue française de science politique, 1994)

266.          REIMANN (Viktor). Joseph Goebbels. Flammarion, 1973, in-8°, 379 pp, traduit de l'allemand, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

En Allemagne, dans les années qui suivirent la Première Guerre mondiale, Dieu était mort. Il fallait donc le réinventer, mais cette tâche délicate ne put être accomplie ni par les libéraux de la République de Weimar, ni par les militaires, encore moins par les communistes. Joseph Goebbels, fils chétif et infirme d'un ouvrier catholique travailleur, réussit là où les autres avaient échoué : il fit de Hitler un dieu, de son parti une église et du pangermanisme une religion nouvelle. L'auteur analyse les motivations qui poussèrent Goebbels et les qualités qui lui assurèrent le succès : sa formation intellectuelle, son refus violent du christianisme traditionnel ; ses complexes physiques et sa frustration sociale ; sa haine des juifs qui l'avaient empêché d'accéder à un poste dans une maison d'édition qu'ils contrôlaient ; son intelligence souple et sa force de travail ; enfin, la grande "affaire" de sa vie, sa rencontre avec Hitler et la fascination que celui-ci allait exercer sur celui-là, jusqu'à ce que la mort les unisse. Devenu ministre de la Propagande et de la Culture, Joseph Goebbels sera responsable de la mise en place du plus formidable appareil de propagande de l'Histoire. L'élaboration des méthodes technologiques et psychologiques modernes (mass media, conditionnement par répétition) situent le "petit docteur" à un rang privilégié par rapport aux autres manipulateurs de foules. Dans ce domaine, sa réussite confine au génie. Viktor Reimann, à l'aide de documents encore inédits et avec une rigueur qui exclut toute passion partisane, brosse le portrait d'un destin exceptionnel et apporte une contribution extraordinairement riche d'information à la phénoménologie du national-socialisme et de la manipulation des masses.

267.          RODZIANKO (Mikhail Vladimirovitch). Le Règne de Raspoutine. Mémoires du dernier président de la Douma d'Empire, 1909-1917. Payot, 1927, in-8°, 303 pp, avec un portrait inédit de Raspoutine (photo prise à Tobolsk en 1916) en frontispice, broché, état correct (Coll. des mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            25

Autour des années 1911 et 1912, Raspoutine se voit progressivement associé au pouvoir par l'élite russe. Kerensky, dans son ouvrage intitulé “La vérité sur le massacre des Romanov”, va même jusqu'à qualifier Raspoutine d'arbitre tout puissant de la destinée de la Russie. Également, les mémoires du président de la dernière Douma précédant l'abdication du Tsar, soit Mikhaïl Rodzianko, seront publiés en 1928 sous l'intitulé “Le règne de Raspoutine”. Dans ces deux témoignages de l'époque qui reflètent la vision générale par rapport à Raspoutine se dresse un portrait d'ensemble laissant croire que le pouvoir véritable en Russie est entre les mains de ce génie diabolique...

268.          ROY (Jules). La guerre d'Algérie. Julliard, 1960, in-12, 215 pp, broché, bon état

            15

"Après six ans de guerre, et quelques mois avant le référendum du 8 janvier 1961 sur l'autodétermination, l'expression "guerre d'Algérie" entre dans le vocabulaire public, lancée par Jules Roy." (Benjamin Stora, Dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie)

269.          SCHWARTZBROD (Alexandra). Le président qui n'aimait pas la guerre. Dans les coulisses du pouvoir militaire, 1981-1995. Plon, 1995, gr. in-8°, 314 pp, index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures stylo, état correct

            20

Un président de la République, François Mitterrand, qui n'aime ni la guerre, ni les militaires, deux conflits (guerre du Golfe, ex-Yougoslavie), auxquels la France se mêle à reculons, des opérations de police ou humanitaires à haut risque (Tchad, Liban, Rwanda), six ministres de la Défense de 1981 à 1994, aux ordres, une stratégie (la dissuasion nucléaire) dépassée avec la fin de la guerre froide, un lobby militaro-industriel, défendant des programmes d'armement inadaptés aux guerres futures, et des armées désemparées dans un monde en crise : tel est le bilan de quatorze ans d'histoire militaire de la France. D'une visite au P.C. atomique de Taverny, au Conseil des ministres qui décida l'opération Turquoise, d'un dialogue Mitterrand-Balladur, à un portrait inédit de l'amiral Lanxade, du général Jacques Mitterrand ou de Pierre Joxe, Alexandra Schwartzbrod nous livre un récit bourré de révélations sur le pouvoir politico-militaire en France depuis 1981.

270.          STEINERT (Marlis-G.). Hitler et l'Allemagne nazie. L'Allemagne nationale-socialiste (1933-1945). Editions Richelieu, 1972, gr. in-8°, 398 pp, nombreuses gravures et photos en noir dans le texte, 32 planches en couleurs hors texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers contemporain)

            40

Excellent ouvrage devenu un classique.

271.          STERN (J. P.). Hitler, le Führer et le peuple. Flammarion, 1985, in-8°, 308 pp, traduit de l'anglais, préface de Pierre Ayçoberry, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Dix ans après sa rédaction, la traduction du “Hitler, The Führer and the people”, de J.-P. Stern conserve la vigueur d'un texte neuf. Il est vrai que son propos, une « mythologie de l'hitlérisme », comme l'explique P. Ayçoberry dans sa remarquable préface, reste à l'écart des chemins balisés par l'historiographie nazie. Devant le mystère de la fascination, de la relation qui unit le Führer à son peuple, Stern pose la question de la substance du mythe ; en prenant au sérieux la bonne foi des Allemands, la question du contenu réel de la croyance. (...) Sont analysés de l'intérieur, non seulement les racines d'un système de valeurs – romantisme, langage de la nature... –, mais aussi la propagande et des concepts opératoires comme celui de l'« expérience authentique ». Avec l'attention apportée aux phénomènes décrits apparaît la qualité d'une écoute qui nous fait comprendre comment ses contemporains entendaient Hitler..." (André Gunthert, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1986)

272.          TOUCHAGUES (Louis). En dessinant l'époque. P., Pierre Horay, 1954, in-8°, 247 pp, 16 pl. hors texte de reproductions inédites de photos, aquarelles, dessins, pastels, maquettes de décors de l'auteur, broché, jaquette illustrée, bon état

            45

"Régisseur général chez Dullin, dessinateur pour les journaux, portraitiste des personnalités parisiennes, décorateur ou illustrateur, Touchagues a connu toutes les célébrités de notre temps. Voici ses souvenirs. Ils sont amusants, vivants, pleins de mots drôles, d'anecdotes savoureuses, et, bien entendu, de dessins qu'on reconnaît comme autant de chères et vieilles connaissances. Petit document qu'un chroniqueur de la vie parisienne ne devra pas sous-estimer." (Hommes et mondes, 1954) — Touchagues (1893-1974), peintre, illustrateur et décorateur, fut aussi pendant trente ans un des animateurs de la vie mondaine et parisienne.

273.          VAILLANT-COUTURIER (Paul). Nous ferons se lever le jour. Editions Hier et Aujourd'hui, 1947, in-12, 311 pp, introduction de Marcel Cachin, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 2 larges nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état, bande éditeur conservée glissée dans le livre

            40

"On a réuni dans ce livre des articles, des discours et des textes moins polémiques. La pensée en est haute, la langue solide et belle : les exigences du combat quotidien ne l'avilissent jamais, mais on sent à chaque moment revenir un puissant chant d'amour à l'humanité. Vaillant-Couturier de ce parti, « né de la guerre et de la révolte des hommes contre la guerre et contre la haine ». D'ailleurs les premières pages, qui décrivent un assaut, valent Barbusse. C'est toujours force et douceur mêlées, jusque dans l'invective et l'affirmation imprescriptible de la liberté, de la culture et de la tradition nationale perpétuée : « Nous continuons la France. » Le parti a beaucoup perdu en perdant Vaillant-Couturier : ce rédacteur en chef de l'Humanité savait être efficace sans s'abaisser et sans mentir ; et il y aurait dans ce livre émouvant bien des choses dont pourrait s'inspirer M. Kanapa : « Nous ne voulons pas faire un caporal de celui dont la voix peut faire se lever des armées » écrit-il des intellectuels. Et ceci qui est son affirmation constante : « Le communisme, ce n'est pas l'inhumain, c'est l'humain. » (Jean-Marie Domenach, Esprit, 1949)

274.          VALENSI (Lucette) et Nathan WACHTEL. Mémoires juives. Julliard, 1986, gr. in-12, 339 pp, notes, références, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            15

Ecoutez ces voix toutes proches, écoutez ces voix : elles viennent de si loin. Ecoutez parler ces gens très ordinaires : tous sont juifs, chacun à sa mode ; et c'est pourquoi un jour ils ont quitté leur pays natal. Pourquoi ? pourquoi tous ces chemins devaient-ils mener en France ? Cinquante histoires de vie, provoquées puis recueillies par L. Valensi et N. Wachtel, cinquante destins se répondent pour raconter cette histoire et pour évoquer une mémoire. Mémoire individuelle et, inséparablement, mémoire collective dans laquelle le souvenir n'a de sens que parce qu'il témoigne d'une expérience partagée. Ces voix juives venues de partout racontent toutes l'exil et le deuil. Mais elles disent aussi la volonté de survivre et de sauver la mémoire du bonheur et de l'indicible. Inlassables, elles répètent l'impératif biblique, l'obligation essentielle et toujours actuelle : zakhor, souviens-toi.

275.          VENNER (Dominique). Le Siècle de 1914. Utopies, guerres et révolutions en Europe au XXe siècle. Pygmalion, 2006, gr. in-8°, 409 pp, broché, bon état

            20

La guerre de 1914 fut l'événement fondateur du XXe siècle. Après avoir tué neuf millions d'hommes, cette guerre liquida les trois empires et les aristocraties qui charpentaient l'Europe. De ce séisme, tout le reste a procédé : de terribles colères et d'immenses espoirs, la montée des utopies révolutionnaires et l'avènement de régimes nouveaux, puis une Seconde Guerre mondiale plus destructrice encore que la Première. Elle engendra le déclin de l'Europe, la décolonisation, la destruction de la sociabilité européenne, l'américanisation des mœurs, l'immigration et le terrorisme. Après 1918, sur les décombres de l'ancienne Europe, quatre figures, le président américain Wilson, Lénine, Mussolini et Hitler ont incarné les grandes utopies du XXe siècle. Ils sont à l'origine de la lutte sans merci de quatre systèmes rivaux. De celle-ci, qui occupa une large partie du siècle, est issu le monde dans lequel nous vivons. Ce livre analyse les idéologies et leur influence sur le comportement des hommes et le déroulement de l'histoire. Dominique Venner décrit la genèse et la succession des luttes mortelles qui prirent leur source dans le conflit de l'été 1914 et dont le libéralisme américain est sorti vainqueur. Pour combien de temps ? Sur cette question, l'auteur avance des hypothèses originales.

276.          WOODWARD (Bob). Obama's Wars. New York, Simon and Schuster, 2010, gr. in-8°, xviii-441 pp, 31 photos sur 16 pl. hors texte, glossaire, notes, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, marques au stylo sur une page, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            20

Barack Obama a-t-il l'étoffe d'un président de guerre ? Parmi tous les périls qui planent sur son mandat, la guerre d'Afghanistan est sans doute le défi le plus important qu'il ait à relever. Au lendemain de sa victoire, l'ancien candidat "anti-guerre" a dû endosser l'habit du commandant en chef pour sortir l'Amérique du bourbier dans lequel George W. Bush l'avait précipitée. C'est cette mue que raconte Bob Woodward, poursuivant son exploration des coulisses du pouvoir américain. Fort d'un accès privilégié aux documents les mieux gardés et des confidences des personnalités les plus haut placées à Washington, il décrit sous un jour nouveau les deux premières années de l'administration Obama et dresse un portrait inédit du 44e président des Etats-Unis. Dans Les Guerres d'Obama, on assiste ainsi à son premier briefing par les services de renseignement – où il apprend que la CIA entretient une véritable armée clandestine au Pakistan –, on suit au jour le jour la constitution de l'équipe chargée de la sécurité et de la politique extérieure des Etats-Unis – notamment comment Barack Obama a convaincu Hillary Clinton, pourtant son adversaire, de le rejoindre – et on est plongé dans la véritable guerre de tranchées qui voit s'affronter la Maison Blanche et le Pentagone sur la conduite à tenir en Afghanistan. Car c'est bien à une guerre dans la guerre que Barack Obama a été confronté, avec le risque de voir les militaires prendre le pas sur le pouvoir civil. Au-delà des événements cruciaux qu'il est le premier à évoquer, Bob Woodward nous permet ainsi de mieux comprendre comment Barack Obama pense, décide et agit. — "Provides the most intimate and sweeping portrait yet of the young president as commander in chief. Drawing on internal memos, classified documents, meeting notes and hundreds of hours of interviews with most of the key players, including the president, Woodward tells the inside story of Obama making the critical decisiions on the Afghanistan War, the secret campaign in Pakistan and the world-wide fight against terrorism. "

1ère GUERRE MONDIALE

 

277.          BAZERQUE (Albert). Les Origines de la guerre mondiale. Responsabilités lointaines et responsabilités immédiates. Plon, 1919, in-12, vi-329 pp, broché, bon état

            25

"Dans ce livre, que l'Académie des sciences morales et politiques a couronné et auquel M. Poincaré renvoie les lecteurs de ses conférences, notre confrère M. Albert Bazerque traite cette question des responsabilités sur lesquelles l'Allemagne essaie de revenir encore une fois. L'auteur établit les responsabilités lointaines dans un saisissant aperçu du règne de Guillaume II ; il fixe les responsabilités immédiates par l'analyse des documents diplomatiques et le simple exposé des faits depuis l'attentat de Serajevo jusqu'aux déclarations de guerre." (Le Figaro)

278.          [Espionnage allemand]. L'Espionnage et le contre-espionnage pendant la Guerre mondiale, d'après les Archives militaires du Reich. Payot, 1934, 2 vol. in-8°, 303 et 313 pp, traduit de l'allemand par L. Lacaze, préface du général v. Lettow-Vorbeck, brochés, bon état (Coll. Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale). Peu courant complet des 2 volumes

            100

Traduction du plus important témoignage sur l'espionnage, le contre-espionnage et les services secrets qui ait été publié en Allemagne depuis la guerre (Munich, 1931). Par Rodolphe von Borries, von Ostrymiecz, Hans W. Fell, Busso von Bismarck, le général Egon Orosel, le colonel von der Goltz, etc. Ces volumes ont été rédigés par des officiers supérieurs qui ont joué un rôle dans les services secrets allemands ou austro-hongrois durant la guerre mondiale. Ils donnent une vue d'ensemble sur l'espionnage et le contre-espionnage tels que l'ont compris et pratiqué les Empires Centraux, sur les méthodes qu'ils ont employées au front, à l'arrière, dans les camps de prisonniers, dans les pays neutres et dans les pays ennemis, sur terre, sur mer et dans les airs. Citons parmi les principaux chapitres : L'espionnage allemand d'avant guerre à l'Ouest ; Services d'espionnage et de contre-espionnage austro-hongrois avant la Grande Guerre ; Le service des renseignements sur le front ; L'exploitation des renseignements d'agents et ses résultats ; L'attaché militaire et le service des renseignements ; La route qui conduit à l'ennemi ou l'espionnage à travers les pays neutres ; La censure était-elle nécessaire ? ; Le contrôle postal ; L'utilisation des minorités allogènes ; Espionnage aérien et destruction à distance ; L'espionnage et la guerre sous-marine ; L'affaire du colonel Redl ; Mata-Hari ; Bod Werner, le maître espion des Empires Centraux ; Les services secrets en Bulgarie ; L'espionnage en Turquie.

279.          FOCH (Maréchal). Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918. Plon, 1931, 2 vol. in-8°, xxix-281 et lviii-337 pp, 44 gravures et 16 cartes dépliantes hors texte, reliures demi-basane fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid ornés de fleurons dorés, pièces de titres et de tomaisons basane vermillon et havane clair, plats de couv. conservés (rel. de l'époque), dos et mors lég. frottés, bon état. Edition originale sur papier vélin du Marais

            60

Commandant le 20e corps d'armée en Lorraine, Foch prend la tête de la 9e armée lors de la première bataille de la Marne, pour ne plus quitter le front des opérations de l'Yser à la Somme et assurera la coordination du groupe « des Armées du Nord » françaises, britanniques et belges, avant de devenir en 1917 le chef d'état-major général de l'armée française. Après l'élimination du front russe, l'Allemagne lance sur le front occidental une formidable offensive au printemps 1918 afin de s'assurer la victoire. C'est dans ces circonstances dramatiques, sous les ordres du général Foch, désigné alors Commandant suprême des forces alliées, que la contre-offensive est organisée jusqu'à la victoire totale... Acteur décisif, Foch a tenu à laisser des mémoires "pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918" qui furent publiées en 1931. Le second tome couvre la période de mars à novembre 1918 et dresse un état exhaustif et détaillé des conditions qui ont conduit à la signature de l'armistice.

280.          HILL (Capitaine George, du British Secret Service). Ma vie d'espion (I.K. 8). Tome 1 : Mes missions secrètes en Russie. Tome 2 : Après la Révolution. Payot, 1933-1936, 2 vol. in-8°, 264 et 260 pp, traduit de l'anglais, une carte, brochés, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale)

            60

Missions secrètes en Russie pendant la Première Guerre mondiale. — "On n'analyse pas un pareil livre. C'est la série la plus extraordinaire d'aventures qui se puisse imaginer dans le pays par excellence des aventures : la Russie de la terreur rouge pendant la guerre. Celui qui devint le célèbre espion I. K. 8. était le fils d'un gros négociant anglais établi en Russie. Il apprit dès son enfance une demi-douzaine de langues et grâce à une extraordinaire faculté d'adaptation il se trouva ainsi en mesure de jouerà différentes reprises, avant 1914, puis aux heures les plus tragiques de la guerre et de la révolution un rôle de tout premier plan dans les services secrets britanniques. Une page passionnante de l'histoire de la guerre dont la valeur documentaire est considérable." (A. Dumoret, L'Aéro) — "Ajoutons qu'en dehors des révélations sensationnelles d'espionnage du capitaine Hill, ce livre montre l'importance du déploiement des forces secrètes britanniques en Russie : innombrables agents secrets indigènes ou anglais, organisation d'un système d'espionnage aussi vaste, aussi complexe que celle d'un grand ministère et enfin, « last but not least », le rôle formidable et qui passe l'imagination assigné à la « cavalerie de Saint-Georges.» (L'Echo du Nord)

281.          PORCHÉ (François). Le Poème de la tranchée. – L'Arrêt sur la Marne. P., Editions de la Nouvelle Revue Française, 1916, 2 vol. in-8°, 50 et 63 pp, les 2 ouvrages imprimés sur vergé, reliés ensemble en un volume plein vélin, filet d'encadrement rouge sur les plats, titres en rouge et auteur en noir dans des encadrés noirs au 1er plat, couvertures conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

Réunion de deux recueils de François Porché (1877-1944) où il a voulu retrouver le souffle épique d'un Victor Hugo pour décrire les combats de la Grande Guerre. — "... Puis ce fut l’horrible catastrophe de 1914 et François Porché nous apparut – et ses amis n’en furent point surpris – comme un vrai poète-soldat digne de chanter la Grande Guerre, avec L’Arrêt sur la Marne (1916), Le Poème de la Tranchée (1916), où il trouva des accents nouveaux tout en restant bien lui-même, toujours soucieux d’être vrai." (Gérard Walch, Poètes nouveaux, 1924)

282.          THENAULT (Lt.-Colonel Georges). L'Escadrille Lafayette (avril 1916 - janvier 1918). P., Hachette, 1939, gr. in-8°, 128 pp, préface du général Gouraud, 8 pl. de photos hors texte, liste des pilotes, broché, couv. lég. salie, bon état. Edition originale

            50

16 avril 1916, le capitaine George Thenault est nommé commandant de la nouvelle escadrille, composée de volontaires américains, la N124 qui prendra le nom de Lafayette quelques mois plus tard. En 1917, les Etats-Unis entrent dans le conflit et l'escadrille Lafayette se fait une petite renommée sur les fronts de l'Est et de la Somme... — "Le vaillant Capitaine Thenault nous raconte les hauts faits de l'Escadrille Lafayette qu'il commanda : Il a raison. L'entrée de la République des Etats-Unis d'Amérique dans la Grande Guerre marquera à jamais dans l'Histoire du monde... Mais avant ce splendide effort de l'Amérique, il en fut un autre ! Celui donné dès 1914 par Ies héroïques jeunes gens qui, hôtes de la France, parce qu'ils connaissaient son genre de générosité et de liberté , s'engagèrent soit dans la Légion Etrangère comme Alan Seeger, soit dans les ambulances de l'American Field Service, plus tard dans l'Escadrille Lafayette... En 1916, 1917, 1918, l'Escadrille Américaine, qui a voulu, en prenant le nom de Lafayette, rapprocher les temps où les deux peuples ont combattu l'un pour l'autre, se couvre de gloire. Elle abat des avions ennemis ; elle abat des drachens d'observation ; elle perd ses meilleurs les uns après les autres. Les vides sont toujours comblés. Quand la guerre se termine, l'Escadrille Lafayette a été trois fois citée à l'Ordre du Jour des Armées, son nom est connu chez l'ennemi comme chez nous. Je ne trouve pas de mots pour louer les braves dont voici les noms, qui tapissent les murailles du Monument de Villeneuve-l'Etang comme là-bas, sur les piliers de l'arc de Triomphe de l'Etoile, les noms des généraux de Napoléon – tous ces jeunes hommes qui poussés par leur sentiment intime, par leur idéal de dévouement à la Nation qu'ils aimaient, n'ont pas pu attendre patiemment l'ordre de leur Gouvernement et, n'écoutant que leur coeur, se sont jetés aussitôt dans la mort et dans la gloire..." (Général Gouraud, 26 Juin 1938)

283.          THOUMIN (Général Richard). La Grande Guerre, 1914-1918. Julliard, 1960, 3 vol. pt in-8°, 398, 346 et 463 pp, 4 cartes, brochés, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Il y a toujours un reporter)

            60

Complet en 3 volumes : Première époque : 1914. – Deuxième époque : 1915-1916, Verdun. – Troisième époque : 1917-1918, la Victoire. — "Le général Thoumin s'efforce de nous faire vivre divers épisodes de la guerre de 1914-1918 en compagnie de ceux qui la firent, sur ses différents théâtres d'opération. Dans l'immense documentation qu'il a dépouillée : pièces d'archives, carnets de route, mémoires, correspondances, etc. émanant des plus hautes autorités comme des plus humbles combattants, il a dû faire un choix qui, comme tout choix, ne peut être qu'arbitraire... Il ne prétend donc pas nous donner une étude exhaustive des événements qui se sont déroulés au cours de ces années cruciales mais en marquer les grandes étapes et en éclairer certains aspects. Après Charleroi, la Marne, Tannenberg, évoqués dans le tome I, le second nous amène aux derniers jours de l'année 1916, dominée par la bataille de Verdun et au cours de laquelle nous voyons le conflit s'étendre de Salonique au Jutland, cependant que le torpillage du Lusitania ébranle l'Amérique et qu'à l'Est vacille déjà le trône des Tsars." (A. C., Population, 1961) — Tome 1 : Neuf millions de morts, autant de grands blessés, des dizaines de millions de blessés légers, tel se présente le premier bilan de la Guerre de 1914-1918, auprès duquel les destructions matérielles appartiennent à un registre mineur. Cette grande tourmente qui saigna la France à blanc n'a pas été oubliée, et notre pays y déploya tant de valeur, tant d'héroïsme, tant de grandeur, que l'épopée de la Grande Guerre reste un exemple et un enseignement. Trois volumes rassembleront ici des témoignages authentiques : dans ce premier tome, on trouvera les préludes à la catastrophe, les premières victoires allemandes, la marche vers Paris et le miracle de la Marne. Le livre s'achève au moment où la guerre des tranchées fixe les deux armées face à face, dans la boue, pour de longues années. Racontés par des témoins dont certains sont restés anonymes et dont d'autres ne sont plus connus, voici les derniers combats de cavalerie, les corps à corps, tant de scènes pathétiques et grandioses ; voici aussi, toujours vue par des témoins, l'action des responsables et des chefs devant ces événements considérables qu'ils n'auraient jamais pu imaginer et auxquels il s'agit de faire face. — Tome 2 : « Nous serons de retour à l'automne », avaient dit les hommes en prenant le train à la Gare de l'Est au mois d'août 1914. L'automne est venu, sans ramener la paix. L'hiver arrive, et voici qu'on s'installe dans la guerre. Pour combien de temps ? C'est la question qui est sur les lèvres de tous ces témoins : généraux ou poilus, hommes d'État et petites gens, dont la présente histoire de la Grande Guerre est l'oeuvre commune. Ce sont eux en effet qui, dans leurs mémoires, leurs articles, leurs journaux de régiment, leurs rapports d'état-major, voire leurs carnets ou leurs lettres personnelles, racontent ici ce qu'ils ont vu, vécu, ordonné ou subi. Après Charleroi, la Marne, Tannenberg, sujet du tome 1, il semblait, en ce premier hiver, que les grandes pages de la guerre eussent été écrites. Hélas ! il en reste d'autres, beaucoup d'autres. C'est la plus glorieuse de toutes, c'est Verdun qui va dominer les années 1915 et 1916, sujet de ce deuxième volume, où nous voyons le conflit s'étendre de Salonique au Jutland, de l'Atlantique où sombre le Lusitania, à la Russie où le Tsar Nicolas II sent vaciller son trône, et où le matériel acquiert soudain une place que nul n'aurait pu soupçonner, faisant d'ores et déjà de ce conflit la guerre la plus meurtrière de tous les temps. — Tome 3 : Pour nous, 1918 c'est l'année de la victoire. Or jamais les Allemands n'ont été si près de gagner. En 1917, les combattants sont épuisés, les Américains n'arrivent pas encore, l'effondrement de la Russie permet aux Allemands de lancer sur le front ouest des divisions fraîches qui atteignent â nouveau la Marne en mars 1918. Mais Clemenceau est au pouvoir, Foch prend le commandement suprême des Forces alliées et les Américains se jettent dans la mêlée. Le premier signe d'effondrement vient des Balkans, puis l'Autriche, l'Allemagne s'écroulent et le commandement en chef de l'Armée française peut écrire sur son dernier ordre du jour : « Fermé pour cause de victoire. » – Composé comme les tomes 1 et 2 de documents authentiques, de témoignages vécus. ce livre apporte une conclusion frémissante de vie à cette fresque en trois volumes, évocation pathétique de la grande souffrance et de la grande victoire des Français.

2ème GUERRE MONDIALE

 

284.          AUTANT (Jean-Paul). La Bataille de Stonne. France Europe Editions, 2010, gr. in-8°, 233 pp, 130 photos, 33 cartes et schémas, 5 tableaux, 5 pl. d'insignes et emblèmes de régiments, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            35

Du 14 au 25 mai 1940, deux divisions françaises retiennent six divisions et un régiment d’élite allemands dans la région de Stonne, à 15 km au Sud de Sedan. Cet épisode peu connu atteste la pugnacité de nombreux soldats français au début de la seconde guerre mondiale, mais il montre aussi que le manque de réactivité de l’état-major français stérilisa les qualités de ces soldats. Du côté allemand au contraire, la bataille de Stonne révéla un remarquable sens de l’initiative. Au total, cette bataille – « le Verdun de 1940 » – a montré les limites du Blitzkrieg, limites que le haut commandement français n’était malheureusement pas en mesure d’exploiter en raison d’une doctrine surannée et d’un équipement inadapté. — La bataille de Stonne relate l'histoire des soldats français qui stoppèrent une avancée de l'offensive allemande dans la zone pré-ardennaise du sud de Sedan, à partir du 14 mai 1940. Cet ouvrage tend à combler une grave lacune en faisant la lumière sur un épisode de la campagne de France complètement ignoré des Français d'aujourd hui. Il prend ainsi le contre-pied des idées reçues et prouve de manière éloquente la bravoure et la combativité de ces soldats face à plusieurs divisions ennemies qui se relayèrent et se coordonnèrent pour tenter de percer ici la ligne de front. Terribles combats, parmi les plus acharnés de toute cette période de la guerre, ils étaient surnommés par les Allemands le « Verdun de 1940 ». En retraçant, jour après jour, les affrontements, La bataille de Stonne décrit en détail les enjeux, les unités engagées de part et d autre, les actions déclenchées et leur impact sur l'adversaire. Le livre achevé, le lecteur aura pris pleinement conscience de la véritable dimension de ces luttes qui, malgré leur ampleur meurtrière, ne purent repousser la longue nuit qui recouvrit la France. Mais il aura reconnu la juste place des défenseurs de Stonne, celle de l'honneur. – Jean-Pierre Levieux a combattu durant toute la bataille de Stonne au 242e régiment d artillerie. Chevalier de l'ordre national du Mérite, Président d'honneur de l'amicale des artilleurs anciens combattants de la 3e division d'infanterie motorisée, il apporte ici son fidèle témoignage, ses informations spécialisées. – Jean-Paul Autant, l'auteur, est fils d un combattant de Stonne. Docteur en sciences humaines, il étudie depuis plusieurs années le rôle de la France dans la Seconde Guerre mondiale et s'applique ici à l'examen rigoureux, approfondi des circonstances et du déroulement de la bataille. – "Cet ouvrage est remarquable par la qualité de sa présentation et le détail de son propos." (Général Gilles Robert, chef du service historique de la Défense, Vincennes)

285.          BECHTEL (Guy). Laval, vingt ans après. Laffont, 1963, in-8°, 373 pp, avant-propos de Rémy, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

"Ce livre, qui voudrait restituer une des périodes mes plus troubles et les plus cruelles de notre histoire, fera naître des polémiques de tous côtés... Comment peut-on juger Pierre Laval ? Tel est le problème posé par le livre. Guy Bechtel se garde bien de le trancher. Priorité est ici donnée au fait brut, à l'anecdote, sans commentaire. C'est l'homme Pierre Laval qui est étudié, au jour le jour. C'est lui dans tous ses actes, fumant, mangeant, négociant, politiquant, bref vivant, en son public et en son privé, avec ses goûts et ses dégoûts, ses qualités et ses défauts, qui est la matière de l'ouvrage." (4e de couv.) — "Laval était-il un traître ou un patriote qui s’est trompé ? A cette question, que tous les Français se sont posée après la libération, l’auteur s’efforce de répondre dans un volumineux ouvrage fort bien écrit." (Le Monde diplomatique, février 1963)

286.          BELLANGER (Claude) et Roger DEBOUZY. La Presse des Barbelés. Rabat, Editions Internationales du Document, 1951, in-4°, 207 pp, préface de Georges Duhamel, illustré de très nombreux dessins, documents et reproductions in et hors texte, broché, couverture à rabats ornée d' un dessin d'encadrement de barbelés, C. de bibl., exemplaire signé par les 2 auteurs, bon état

            75

Bibliographie des "journaux de camp" avec de nombreux fac-similés. Très riche documentation.

287.          BELLANGER (Claude). Presse clandestine, 1940-1944. Armand Colin, 1961, in-12, 264 pp, 64 illustrations et fac-similés, sources et biblio, broché, état correct (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion)

            20

"Témoignage émouvant des prouesses accomplies par une forme de résistance particulièrement efficace, ce petit livre brosse un tableau équitable des périodiques parus clandestinement de 1940 à 1944. A travers les périodiques mentionnés et les larges extraits qui en sont cités, c'est toute l'histoire de la période qui se dessine, en particulier sous son aspect idéologique. Des notes abondantes, des illustrations bien choisies achèvent de faire de ce « Kiosque » un modèle du genre." (Revue française de science politique, 1962) — "Ce petit volume, dû à l'actuel directeur du “Parisien Libéré”, retrace les étapes qui permirent aux Mouvements de Résistance de créer progressivement une véritable presse en dépit des efforts de la police, de la milice et de l'occupant. Il rappelle les efforts des premiers auteurs et les difficultés des premiers diffuseurs de tracts, de bulletins d'une périodicité bien irrégulière, reproduits dans des conditions précaires, au prix de véritables acrobaties techniques. L'organisation progressive des mouvements devait seule permettre le passage des feuilles polycopiées, voire même recopiées à la main, à des impressions plus soignées, et surtout tirant à des nombres d'exemplaires dont les premiers initiateurs, au lendemain de la défaite de 1940 n'auraient osé rêver. Les étapes de cet essor, marqué par bien des échecs, bien des drames, bien des morts, coïncident naturellement avec les grands épisodes de la seconde guerre mondiale sur le front occidental et sur le front russe principalement, avec d'abord des variantes entre la France occupée et celle de Vichy, bientôt recouvertes par les mêmes armées et surveillées par les mêmes polices. Le rôle de l'entrée en guerre de l'URSS, celui des échecs devant Moscou et devant Stalingrad, du débarquement en Afrique du Nord sont ainsi mis eu relief de même que l'aggravation croissante des mesures policières d'autant plus vigilantes que la propagande de Vichy se sentait perdre progressivement l'audience des attentistes. L'auteur trace au passage l'histoire des périodiques les plus importants, les plus durables, ce ne sont évidemment pas toujours les mêmes, des bulletins plus ou moins spécialisés s'adressant à un public limité que les diverses organisations de Résistance dans le cadre professionnel réussirent peu à peu à mettre sur pied. Les aspects anecdotiques, que pouvaient seuls connaître des gens mêlés de très près aux difficultés et aux dangers de vie des organisations clandestines, fout de ce petit volume un témoignage particulièrement précieux, en même temps qu'une histoire commode d'un aspect essentiel de la vie de la France résistante sous l'occupation." (Jean Vidalenc, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

288.          BÉRAUD (Henri). Quinze jours avec la mort. La chasse au lampiste. Plon, 1951, in-12, 241 pp, broché, bon état

            25

Après avoir écrit avec talent des romans évocant le cadre et la verve populaire de Lyon, sa ville natale, Béraud se fait polémiste. Il se montre antisoviétique à Moscou, antinazi à Berlin, antifasciste à Rome et partout anti-anglais. Editorialiste antisémite et anglophobe à Gringoire pendant la guerre, il fut arrêté et condamné à mort à la Libération. Gracié par De Gaulle à la suite d'une intervention de Mauriac, sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité. Il restera emprisonné six ans et sortira de prison à demi-paralysé. Il connut le quartier des condamnés à mort de Fresnes, la maison centrale de Poissy puis le centre pénitentiaire de Saint-Martin-de-Ré. Ce livre raconte son emprisonnement et sa condamnation.

289.          BIZARDEL (Yvon). Sous l'Occupation. Souvenirs d'un conservateur de musée (1940-1944). Calmann-Lévy, 1964, in-8°, 260 pp, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            30

L'auteur, conservateur du musée Galliéra et du musée municipal d'Art Moderne, a consigné ses souvenirs de juin 1940 à la Libération. Paris sous l'occupation : les statues envoyées à la fonte avec la bénédiction de Vichy, Abel Bonnard à la première de "La Reine Morte", le vernissage de l'exposition Arno Breker, l'autodafé qui consuma, le 27 mai 1943, sur la terrasse des Tuileries, des toiles de maîtres de l'Ecole de Paris, etc, etc.

290.          BRANET (Jacques). L'Escadron. Carnets d'un cavalier. Flammarion, 1968, in-8°, 231 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Raymond Poincaré, décerné par l'Union Nationale des Officiers de Réserve)

            25

Mémoires d'un Français Libre de 1940 à 1945. — Jacques Branet a vécu, de 1940 à 1945, une guerre hors série. Ses carnets, dans leur sobriété, leur densité, leur rythme, en portent le plus passionnant des témoignages. En mai 1940, lieutenant au 8e Dragons à cheval, Jacques Branet est capturé après de durs combats. Évadé de l'Oflag II D, il reste cinq mois captif des Soviétiques avant de rejoindre l'Angleterre. Engagé dans les F.F.L., il crée, de sa propre initiative, un escadron qu'il conduira en Tripolitaine via le Cap et le Caire. A la tête de son unité, devenue partie intégrante du 501e R.C.C., il se signale en Normandie par une fulgurante reconnaissance de 30 km dans les lignes ennemies, qui met a son actif quelque 15 blindés dont quatre Panther, quarante véhicules, de nombreux prisonniers. Le 25 aout 1944, commandant l'avant-garde de la 2e D.B., il est blessé rue de Rivoli, mais participera brillamment à la campagne d'Alsace où il recevra une nouvelle blessure. En 1945, le commandant Branet reste dans l'armée. Reçu à l'Ecole de Guerre, il sert notamment en Algérie au Gouvernement Général et à la tête des 5e et 6e Spahis algériens, et en métropole, au cabinet militaire puis à l'état-major particulier du général de Gaulle... — Table : Décembre 1939 – Combats et capture – Oflag II-D, plans d'évasion, évasion – Prisons en Lithuanie et en URSS – En Angleterre : escadron sur mesure – De Londres à Liverpool, via Le Cap, Le Caire et Tripoli – Retour en ruée : Alençon, Paris, Strasbourg, Berchtesgaden. — "On se plaît parfois à dire, en ce moment, que le général fut, et est, mal entouré. C'est assez inexact dans l'ensemble. De 1941 à mi-42, c'est pratiquement un triumvirat qui l'aide dans sa tâche : le capitaine de vaisseau Ortoli, un charmant marin (l'ancien comman­dant du Surcouf), d'une intégrité scrupuleuse, le commandant de Rancourt, un aviateur distingué, et Billotte. Puis le général a eu un « état-major particulier » (qui enfla, malheureusement, et admit près de lui des officiers souvent médiocres). En 42-43, les principaux membres y étaient : le lieutenant-colonel Antoine, le colonel Lombard, le lieutenant-colonel Pagès, le commandant Barlonne, Clarac du Vivier, quelques jeunes, dont Boissieu. Le tout sous la direction de Billotte, qui coiffait également le B.C.R.A.M. (Bureau central de renseignement et d'action militaire), sorte de S.R. de la France libre, avec Passy, Manuel, Saint-Jacques, etc. C'est en somme cette petite troupe qui mène la politique de la France libre..." (p. 143)

291.          BYRNES (James F.). Cartes sur table. (Speaking Frankly). P., Morgan, 1947, fort in-12, 619 pp, 4 photos, une carte, un fac-similé, broché, bande éditeur conservée, qqs discrètes annotations crayon, bon état

            25

L'histoire des conférences internationales destinées à organiser la paix, de Yalta (1945) à la Conférence de la Paix des 21 Nations (Paris juillet-octobre 1946). — "Les sensationnelles révélations de James F. Byrnes, ancien ministre des Affaires étrangères des USA, conseiller du président Roosevelt, sur les dessous de la politique internationale."

292.          CLAUDE (Georges). La Seule Route. Inter-France, 1942, in-12, 126 pp, broché, bon état. Edition originale, bande éditeur conservée ("Un ardent plaidoyer de l'illustre savant Georges Claude")

            25

"Avec le maréchal Pétain pour la collaboration européenne." — "Voici deux conférences se complétant l'une l'autre avec quelques documents et explications nécessaires. La première : De l'Hostilité à la Collaboration et les documents qui y sont annexés, y sont imprimés sans retouches sur le texte de son premier tirage (juin 1941), car il m'a paru essentiel de montrer que les immenses événements survenus depuis lors n'ont fait que justifier la thèse que j'ai portée et défendue devant le public français. La seconde conférence : Dans l'Europe nouvelle, pourrons-nous être fiers d'être français ? est imprimée, sauf quelques passages, sous la forme où l'on entendue mes auditeurs avant la rentrée de M. Pierre Laval. On en sentira mieux l'angoisse que m'inspiraient les événements, et les immenses désastres, non encore conjurés, hélas ! que nous avons frisés." (Georges Claude) — Né en 1870, Georges Claude, physicien célèbre de l'entre-deux-guerres, membre de l'Académie des Sciences en 1924, met au point la fabrication de l'oxygène liquide à partir de l'air. Politiquement, il est proche de l'Action française avant de prôner la collaboration avec l'Allemagne. Nommé au Conseil national le 23 janvier 1941 par le maréchal Pétain, il collabore entre autres à L'Appel, La Gerbe, Inter-France et fait plusieurs conférences. Condamné à la réclusion perpétuelle à la fin de la guerre, il est libéré le 2 janvier 1950 et meurt en 1960.

293.          [De Gaulle] – Collectif. En ce temps-là, de Gaulle. P., Editions du Hennin, 1971-1973, 4 vol. in-4°,  exceptionnelle iconographie : environ 3000 photos, illustrations, cartes et fac-similés en noir et en couleurs, sommaire des n° 1 à 72, reliures demi-cuir bleu de l'éditeur, dos lisses avec titre “De Gaulle” et tomaison dorés, 1er plats cartonnés illustrés en couleurs, très bon état

            120

Edition complète en volumes des 72 fascicules de 28 à 32 pp chacun (soit plus de 2000 pages) de la revue hebdomadaire “En ce temps-là, de Gaulle” (directeurs de la publication : Henri Gautrelet et Guy Schoeller, comité de rédaction : André Frossard, André-Marie Gérard et André Lacaze). Une documentation prodigieuse. — « Les lecteurs trouveront dans les numéros de cette série : 1) La vie et les actes de Charles de Gaulle, une biographie complète, spécialement écrite à partir de données nouvelles, par André Frossard. – 2) Les « Mémoires de guerre », dans leur texte intégral, abondamment illustré non seulement par les principales photos d'archives et par celles que nos reporters ont réunis sur les hommes, les objets, les monuments ou les sites, mais par nombre d'images rares ou inédites. A cette illustration sont joints les explications et commentaires utiles, complétés par des références, pièces ou déclarations notoires, se rapportant à ces mêmes années où se jouait l'avenir du monde civilisé. – 3) Les documents ou témoignages, pour la plupart inconnus jusqu'ici ou inédits, qui constituent à eux seuls les éléments d'un dossier exceptionnel sur la personne même du Général ou sur de grands moments de son existence. »

294.          DELARUE (Jacques). Histoire de la Gestapo. Lausanne, Editions Rencontre, s.d. (1970), in-12, 541 pp, 32 pl. de photos hors texte, documents annexes, biblio (p. 523-529), reliure simili-cuir vert de l'éditeur, dos orné, bon état (Coll. Le Rayon de l'histoire)

            25

Ouvrage couronné par le Prix Littéraire de la Résistance, puis par le Prix Aujourd'hui en 1963. — "Une somme publiée en 1962, traduite en 22 langues, récompensé par deux prix littéraires... Si la Seconde Guerre mondiale a suscité des milliers d’ouvrages, seul celui de Delarue retrace l’histoire complète de la Gestapo. L’auteur s’appuie sur une documentation considérable : publications des gouvernements neutres ou alliés, à commencer par les 42 volumes des procès de Nuremberg, productions des nazis, études et témoignages divers. Il a en outre accumulé un matériau de première main, les notes qu’il a prises de 1945 à 1954 lors des procès intentés en France aux agents de la Gestapo comme à leurs chefs ainsi qu’aux « collabos ». Au cours de cette période, Delarue a pu rencontrer les hommes qui ont dirigé les services policiers allemands dans la France occupée. Ces contacts lui permettent à la fois de reconstituer les structures de l’organisation générale de la Gestapo, ses modes de fonctionnement et la psychologie des hommes qui y servirent. Il excelle du reste à portraiturer certains responsables, Heydrich et Himmler notamment. Delarue décrit la marche des nazis vers le pouvoir, de 1919 à 1933, et leur alliance de circonstance avec des militaires qui refusent la défaite. Mais il montre comment, à partir de Stalingrad, les généraux jugent le régime fini et fomentent des attentats contre lui (dont celui du 20 juillet fut le plus près de réussir). Il analyse la naissance, l’ascension, le règne sans partage et, finalement, la chute d’une organisation à nulle autre comparable par sa complexité, le degré de pouvoir qu’elle détint et sa « perfection dans l’efficacité et l’horreur ». L’ouvrage contient un solide appareil critique auquel il manque, un index des noms. Néanmoins, il s’agit bel et bien d’un ouvrage de référence." (Jean-François Dominé, Revue historique des armées)

295.          FONTAINE (Marguerite). Les Vieux Moulins de Thilay, haut lieu de la résistance ardennaise. Journal de M. Fontaine, présenté par Eva Thomé. Mézières, Les Cahiers Ardennais, 1964, gr. in-8°, 109 pp, 14 planches hors texte (une carte en 2 couleurs, 27 photos, un dessin), broché, bon état,  envoi a.s.

            40

"C'est le premier document important publié sur le maquis du Plateau ardennais que les Allemands attaquèrent en juin 1944, y capturant 106 jeunes gens de Revin, fusillés sur le champ." (Revue du Nord, 1965)

296.          GAMBIEZ (Général). Libération de la Corse. Hachette, 1973, gr. in-8°, 318 pp, 8 pl. de photos hors texte, 7 cartes, 9 croquis, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. La Libération de la France)

            30

"Dès octobre 1943, la Corse a eu le privilège, et aussi le mérite, d'être le premier département français libéré de l'occupation italienne et allemande. Le général Gambiez était, à cette époque, le commandant du « bataillon de choc » venu d'Alger à l'aide des patriotes insulaires. II est maintenant président de la Commission française d'Histoire militaire. Ses souvenirs, ses archives personnelles, celles du Service historique de l'Armée, ont fourni le meilleur des informations que nous offre cet ouvrage. (...) En avril 1944, les troupes françaises de Corse passaient sous l'autorité du général de Lattre. Ce livre souligne bien quelques-uns des enseignements qu'on put tirer de l'expérience corse : attitude des troupes italiennes placées devant la nécessité d'un choix ; efficacité d'une collaboration entre résistants et troupes régulières, qui augmentait les chances des Français de jouer au milieu des Alliés un rôle non négligeable. Mais un autre mérite essentiel de l'ouvrage est d'avoir, par son sérieux et son objectivité, rendu à l'histoire un épisode de la seconde guerre mondiale dont s'emparalt déjà la légende." (H. Chaubin, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1975)

297.          GILLOIS (Maurice Diamant-Berger, dit André). Ce siècle avait deux ans. Mémoires. Edition définitive. Mémoire du Livre, 2002, in-8°, 487-(15) pp, préface de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, important index (14 pp), broché., couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale,  envoi a.s.

            30

Un siècle de souvenirs : Anatole France, Bergson, Paul Valéry, André Gide, Colette, Madame Curie, Einstein, etc. Pionnier de la radio, André Gillois fut pendant la Seconde Guerre mondiale le porte-parole du général Charles de Gaulle à Londres. — Peu d'auteurs continuent d'écrire jusqu'à leur centième anniversaire, peu de témoins savent rendre compte des différentes époques qui se succèdent au cours d'un siècle. André Gillois est l'un de ces très rares témoins-acteurs qui ont su être là où il le fallait, observer les événements marquants en train de se faire et y participer. Dans un premier temps, il fréquente Anatole France, Feydeau, Rostand, Bergson, Courteline, et, jeune éditeur, publie le fameux Journal de Jules Renard. Dans un deuxième temps, scénariste, dramaturge, animateur de radio il rencontre Guitry, Cocteau, Einstein, Dullin, Marguerite Moreno et Colette. Dans un troisième temps, de 1942 à 1944, il est, à Londres, le porte-parole du général de Gaulle, sur les ondes de la BBC. C'est à lui que le chef de la France libre confie : "Entre nous, la Résistance, c'est un bluff qui a réussi". Dans un quatrième temps, il participe, par ses émissions, aux bouleversements culturels de l'après-guerre. Un livre ou un film, ces mémoires ? On ne sait plus tant les images défilent en rafales, révélant les facettes cachées de l'Histoire et de ses interprètes. — Né le 8 février 1902 et mort le 18 juin 2004, André Gillois a vécu un siècle entier, en exerçant les multiples activités d'éditeur, d'écrivain, d'homme de radio et de télévision, de journaliste. En 1944, le 19 août, il diffusa le message du général de Gaulle appelant au soulèvement de Paris, qui déclencha l'insurrection. Après la guerre – un moment tenté par la politique –, il renoue avec la radio et publie romans, essais, pièces de théâtre, souvenirs... La première version de “Ce siècle avait deux ans” parut en 1980. Il en donne ici l'édition définitive, enrichie d'éléments inédits et de témoignages dispersés dans certains de ses autres livres.

298.          GILLOIS (Maurice Diamant-Berger, dit André). De la Résistance à l'insurrection. Lyon, Editions Sève, s.d. (1945), gr. in-12, (12)-287 pp, préface d'Emmanuel d'Astier, broché, couv. illustrée, bon état

            30

L’intégralité des communiqués de la Résistance par la voix d’André Gillois en charge de la radio clandestine “Honneur et Patrie” qui émettra du 17 mai 1943 au 24 septembre 1944 avec l’aide de Maurice Druon et de Claude Dauphin.

299.          GILLOIS (Maurice Diamant-Berger, dit André). Histoire secrète des Français à Londres de 1940 à 1944. Tallandier, Cercle du Nouveau Livre, 1973, gr. in-8°, 397 pp, 45 photos sur 20 planches hors texte, biblio, ex. numéroté, reliure toile éditeur, rhodoïd, bon état

            25

La vie des Français réfugiés à Londres, qu'ils soient gaullistes ou simplement émigrés, et les conflits qui les ont opposé aux autorités alliées ou entre eux : Comment Churchill a donné l'ordre d'arrêter De Gaulle ; Roosevelt acceptait de démembrer la France ; Les vychistes camouflés à Londres ; Les secrets des services secrets ; Les dessous de l'échec de Dakar ; etc. l'auteur, André Gillois, de son vrai nom Maurice Diamant-Berger (1902-2004), Résistant de la première heure, pionnier de la radio et porte-parole du général de Gaulle à la fin du conflit, n'occulte aucune des querelles qui ont secoué la Résistance et la communauté française à Londres et nous livre quelques secrets.

300.          GOUNELLE (Claude). Le dossier Laval. Plon, 1969, in-8°, 764 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Cet ouvrage est présenté sous la forme d'une reconstitution du dossier de l'affaire Laval, tel qu'il pourrait être déposé devant la Haute Cour de Justice si Pierre Laval était jugé aujourd'hui. Nous avons fait une analyse des chefs d'accusation contenus dans le réquisitoire de 1945 en utilisant les éléments nouveaux connus depuis cette date. Chaque chef d'accusation fait l'objet d'une discussion dans un chapitre séparé. Chaque chapitre comprend quatre paragraphes : 1) L'exposé des faits. 2) Le dossier de l'accusation. 3) Le dossier de la défense. 4) Les déclarations de Pierre Laval. – Le dossier que nous ouvrons aujourd'hui n'est pas davantage celui de l'accusation que de la défense, il veut être celui de l'Histoire. Il met sous vos yeux les éléments qui vous permettront de former votre jugement sur l'homme politique que fut Pierre Laval et son action à la tête du gouvernement pendant les années d'occupation. Certains estimeront peut-être qu'il est encore trop tôt pour l'ouvrir. Nous pensons, au contraire, qu'il vient à son heure. (2e plat de la jaquette) — Table : Le passé politique. – La fin de la IIIe République. – La politique de collaboration de 1940. – Le retour au pouvoir. – Politique française ou méthodes nazies. – L’opposition des ultras à Laval. – Dossiers annexes. — "Pour chacun des chefs d'accusation du procès Laval, ce dossier s'efforce de faire le point en tenant compte des éléments nouveaux, à vrai dire peu déterminants, connus depuis 1945. De cette tentative ni l'accusé ni ses juges ne sortent blanchis." (Revue française de science politique, 1971)

301.          GOUTARD (A.). 1940, la guerre des occasions perdues. Hachette, 1956, fort in-8°, 406 pp, lettre-préface du général de Gaulle, 9 cartes, imprimé sur papier fort, broché, bon état

            35

"Dans cet essai sur les événements de 1939-1940, le colonel Goutard s'est proposé de rechercher les causes militaires de notre désastre. Basé sur une étude critique des faits, son livre est un réquisitoire sévère contre le commandement français. Ecartant la thèse d'une supériorité écrasante de l'armée allemande, c'est au mode d'emploi de nos forces qu'il attribue notre désastre. (...) Une étude remarquable, qui, outre l'intérêt de la thèse soutenue, a pour elle le mérite d'un trop rare courage." (Général Lestien, Revue historique, 1957)

302.          HEIBER (Helmut)(publié par). Hitler parle à ses généraux. Comptes rendus sténographiques des rapports journaliers du Q.G. du Führer (1942-1945). Présentation de Helmut Heiber. Préface de Benoist-Méchin. Albin Michel, 1964, in-8°, xxxv-351 pp, traduit de l'allemand, 37 photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Entre 1942 et 1945, les conférences militaires journalières tenues par Hitler à son Grand Quartier général furent sténographiées. Des fragments de ces comptes rendus inestimables, en partie incinérés contre la volonté du Führer à la veille de la chute du IIIe Reich, ont été retrouvés et sont ici rassemblés. Ils livrent, sur le vif, la pensée, les méthodes de commandement, les réactions du maître du Reich, sa fureur lors de la capitulation de Stalingrad, ses projets pour faire enlever le roi Victor-Emmanuel d'Italie, occuper le Vatican... Pages passionnantes, parfois étonnantes, où retentissent les voix des collaborateurs directs d'Hitler, des principaux chefs de la Wehrmacht (Keitel, von Below, Jodl, Rommel, Guderian...) et des dignitaires du régime (Goering, Himmler...) qui tentent d'échapper à l'abîme qu'ils ont eux-mêmes creusé sous leurs pieds. Introduit, présenté et annoté par Helmut Heiber, historien allemand spécialiste du nazisme.

303.          HEYDECKER (Joe J.) et Johannes LEEB. Le Procès de Nuremberg. Buchet-Chastel, 1963, in-8°, 340 pp, traduit de l'allemand par Max Roth, reliure demi-basane chocolat, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), C. de bibl., bon état

            25

"Considérant que la littérature sur les aspects juridiques du procès est déjà abondante, les auteurs n'y reviennent pas et décrivent – sténographie, témoignages, interviews à l'appui – le déroulement du procès lui-même. Le chapitre le plus original est le premier, qui raconte les arrestations des futurs condamnés ; les plus saisissants, ceux qui sont respectivement consacrés à la période 1933-1938 et à ce qui se passait derrière le front pendant la guerre." (Revue française de science politique)

304.          HILLEL (Marc). Vie et mœurs des G.I.s en Europe, 1942-1947. Balland, 1981, in-8°, 269 pp, 24 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Du 26 janvier 1942, qui a vu débarquer à Belfast le premier contingent de soldats américains, à 1947, quelques cinq millions de G.I.'s ont déferlé sur l'Europe. Alliés, libérateurs, ou conquérants, partout où ils sont passés, ils ont laissé une double image... Cette armée riche, suréquipée, qui venait pour la deuxième fois en un quart de siècle, aider les Européens, s'est souvent cru tout permis. On lui offrait beaucoup (les femmes notamment), elle a voulu davantage. Marché noir, gangstérisme en tout genre, alcoolisme, chasse aux filles, les anecdotes et les témoignages abondent, retrouvés par Marc Hillel, qui forment un tableau surprenant d'une après-guerre oubliée ou même inconnue.

305.          KAMMERER (Albert). La Passion de la Flotte française. De Mers El-Kébir à Toulon. Fayard, 1951, in-8°, 572 pp, édition définitive annulant les précédentes, index, broché, couv. lég. salie, jaquette illustrée (abîmée), bon état. Edition originale sur papier courant,  envoi a.s. à l'historien de la marine Henri Le Masson

            30

"L'ambassadeur Kammerer avait, de 1944 à 1947, dans plusieurs ouvrages ou articles, exposé les principaux épisodes de l'histoire lamentable de notre flotte, depuis l'Armistice de 1940 jusqu'au sabordage de 1942. Ces diverses publications avaient provoqué de vives polémiques. Il a, dans ce livre, « édition définitive qui annule les précédentes », repris cette histoire et, plus particulièrement, celle des deux tragédies complémentaires de Mers-el-Kébir et de Toulon, en tenant compte de certaines rectifications justifiées et surtout de documents nouveaux, notamment de ceux qu'ont révélés les procès de la Haute-Cour de Justice. Sans atténuer la sévérité de ses jugements, il s'est efforcé d'expliquer et parfois d'excuser l'attitude de ceux dont il condamnait les décisions. Son récit, qui reproduit ou analyse tous les documents sur lesquels il s'appuie, est, en dépit des discussions soulevées, de la proximité des événements et d'inévitables erreurs de détail, une oeuvre historique de grande valeur, qui, dans l'ensemble, ne peut être discutée. Il est précédé d'un préambule qui prête davantage à la discussion tout en restant toujours d'une grande élévation de pensée : M. Kammerer y étudie ce que, non sans raison, il considère comme l'un des facteurs principaux de la double tragédie où sombra la force navale française, une conception étroite et rigide du devoir d'obéissance." (Revue Historique, 1952)

306.          LASSUS (Jean). Souvenirs d'un cobaye. Colmar, Alsatia, 1973, pt in-8°, 303 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale, un des 150 ex. numérotés de l'édition de luxe

            40

"Mémoires d'un archéologue, combattant de la guerre 1939-1940. Replié à Clermont-Ferrand, il participe à la résistance des universitaires de Strasbourg à Clermont, arrêté en juin 1944, il est déporté à Dachau-Dora." (Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1974). — Outre la résistance, les camps, Jean Lassus (1903-1990) raconte aussi l'Indochine (où il fut recteur de l'université de Hanoï en 1952 et dut replier l'université à Saïgon en 1954 avant de céder cette dernière aux autorités vietnamiennes et rentrer en France) et l'Algérie de 1955 à 1964 (nommé directeur des Antiquités en même temps qu'il enseignait à l'université d'Alger dont il fut le dernier doyen français). Il occupa ensuite, de 1964 à 1969, la chaire d'archéologie paléochrétienne à la Sorbonne. En 1967, il succéda à André Grabar au poste de directeur d'Études de la chaire « Christianisme byzantin et Archéologie chrétienne »... — "Un livre un peu écrit à la diable, surtout sous forme de dialogues, mais hautement révélateur de la fermeté de caractère, de la grandeur d'âme, de l'indéracinable optimisme qui avait suivi le détachement et la résignation des premiers moments vécus dans le camp. La couverture du livre représente au centre le Phénix de la mosaïque d'Antioche." (Marcel Le Glay, “Hommage à Jean Lassus”, in BCTHS, n.s., Afrique du Nord, fasc. 23, 1990-1992)

307.          LEMAY (Benoît). Erich von Manstein. Le stratège de Hitler. Perrin, 2006, gr. in-8°, 557 pp, 14 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Manstein fut le manœuvrier de Hitler, l'homme de la guerre éclair et des coups de génie stratégique. D'où l'importance de cette biographie critique, la première du genre. Fondée sur des archives à ce jour inexplorées, elle fait la lumière sur l'un des généraux les plus importants de l'armée allemande, et montre le rôle de premier plan que celui-ci a joué dans les guerres en Pologne, en France et en Union Soviétique. Elle décortique l'élaboration de ses intuitions stratégiques, comme le plan opérationnel de la campagne de France de mai-juin 1940, ou ses faits d'armes. Mais cette biographie de Manstein démontre aussi que ce dernier est un repère important pour comprendre les rouages de l'alliance entre la Wehrmacht et Hitler. En effet, à l'instar de la majorité de ses collègues du corps des officiers, Manstein a non seulement cautionné les guerres d'agression de Hitler, mais il s'est également fait le complice de la guerre criminelle menée par le Reich en Europe de l'Est, notamment contre les Russes. Le cas Manstein permet de comprendre la tragédie allemande de son temps, car à travers lui se profile le destin de ses pairs, ces officiers qui ont servi le Führer jusqu'à la fin en croyant accomplir un devoir patriotique.

308.          LEPOTIER (Commandant Adolphe). Cap sur la Corse. France-Empire, 1951, pt in-8°, 301 pp, préface du vice-amiral d'escadre Lemonnier, 8 pl. de photos hors texte, 7 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Les heures brûlantes de septembre 1943 où une poignée de soldats, de marins et d'aviateurs s'élançaient pour libérer le premier département français. Une occasion extraordinaire se présentait : il fallait la saisir. Tous les Français ont entendu parler des épisode de la libération de l'île : le rush du Fantasque et du Terrible apportant à 40 noeuds le fameux bataillon de choc, les raids successifs des croiseurs et des torpilleurs venant chaque nuit débarquer leur contingent, les actions audacieuses et efficaces du maquis et surtout l'extraordinaire odyssée du Casabianca. Très nombreux sont ceux qui ont lu, sous la plume même du prestigieux l'Herminier, les aventures étonnantes de ce sous-marin, nouveau cheval de Troie, dont la coque s'ouvrit une belle nuit, le long des quais d'Ajaccio, pour laisser s'échapper les 109 fantassins qui constituaient la première avant-garde du corps expéditionnaire français." — Par le commandant Lepotier : à 19 ans, embarqué sur l'escorteur Batailleuse, il est lancé dans la première "Bataille de l'Atlantique" au cours du terrible hiver de guerre sous-marine 1917-1918, et participe au sauvetage des équipages de deux cargos torpillés. Au cours de la deuxième guerre mondiale, il commande pendant 40 mois les torpilleurs Trombe puis Tempête qui, sous son commandement, ont parcouru 130.000 kilomètres en opérations, soit plus de trois fois le tour du Monde. En 1945, nommé capitaine de vaisseau, il commande le croiseur Montcalm. En 1946, il est appelé à l’état-major général de la Marine comme chef du bureau des opérations et devient ensuite chef de la section militaire à l'Institut des hautes études de défense nationale.

309.          MELTON (George E.). Darlan, amiral et homme d'Etat français, 1881-1942. Pygmalion, 2002, gr. in-8°, 346 pp, traduit de l'américain, 8 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'amiral Darlan reste l'un des personnages les plus controversés de l'Histoire de France et son assassinat suscita les interprétations les plus diverses, mettant en cause des personnalités aussi importantes que le général de Gaulle ou le comte de Paris. S'appuyant sur des documents nouveaux, récemment sortis des archives américaines, allemandes et françaises, ainsi que sur de nombreux témoignages privés encore inédits, l'historien américain George E. Melton apporte enfin un éclairage impartial sur l'existence et l'œuvre d'un homme méconnu et hors du commun, dont la pensée fut complexe et sans cesse en évolution. Après avoir évoqué ses tentatives pour s'opposer aux dictatures de l'Axe dans les années qui précédèrent la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, en particulier au moment de la guerre civile espagnole, George E. Melton retrace ensuite la difficile politique de l'amiral de la Flotte devenu chef du gouvernement de Vichy, face à Hitler, après le renvoi de Laval. Enfin, il raconte sur la foi de documents irréfutables ces quarante jours où, en proie à l'hostilité du général de Gaulle et de Winston Churchill, Darlan, resté commandant en chef des armées et devenu haut-commissaire à Alger après le débarquement américain, fit basculer l'Afrique unie autour de lui dans le camp des Alliés, pour libérer la France. Il paya cette action de sa vie, laissant la voie libre à l'homme du 18 juin.

310.          NICOLLE (Pierre). Cinquante mois d'armistice : Vichy. 2 juillet 1940 - 26 août 1944. Journal d'un témoin. Tome 2. P., André Bonne, 1947, in-8°, 543 pp, documents en annexes, index, broché, bon état

            25

Tome 2 seul (sur 2). — Très intéressant journal de Pierre Nicolle, industriel proche de Laval, « véritable baromètre du microcosme vichyssois » (Olivier Dard).

311.          OLSON (Lynne) & Stanley CLOUD. A Question of Honor: The Kosciuszko Squadron: Forgotten Heroes of World War II. New York, Vintage Books, 2004, pt in-8°, xiv-495 pp, 61 photos dans le texte, 2 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

La 303e escadrille de chasse polonaise, dite également de « Kosciuszko » est une escadrille de chasse dont les pilotes polonais combattaient au sein de la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale. Elle tire son nom du général Tadeusz Kosciuszko, héros de la Pologne et de la guerre d'indépendance des États-Unis. L’escadrille de Kosciuszko est formée en Grande-Bretagne à la suite d'un accord entre le gouvernement polonais en exil et le Royaume-Uni, signé le 2 août 1940. Elle est opérationnelle le 31 août. L’escadrille de Kosciuszko est celle qui a abattu le plus grand nombre d’avions allemands durant la bataille d'Angleterre... — “A Question of Honor” is the gripping, little-known story of the refugee Polish pilots who joined the RAF and played an essential role in saving Britain from the Nazis, only to be betrayed by the Allies after the war. After Poland fell to the Nazis, thousands of Polish pilots, soldiers, and sailors escaped to England. Devoted to liberating their homeland, some would form the RAF’s 303 squadron, known as the Kosciuszko Squadron, after the elite unit in which many had flown back home. Their thrilling exploits and fearless flying made them celebrities in Britain, where they were “adopted” by socialites and seduced by countless women, even as they yearned for news from home. During the Battle of Britain, they downed more German aircraft than any other squadron, but in a stunning twist at the war’s end, the Allies rewarded their valor by abandoning Poland to Joseph Stalin. This moving, fascinating book uncovers a crucial forgotten chapter in World War II – and Polish – history.

312.          PAUL (Wolfgang). La Fin du IIIe Reich. Presses de la Cité, 1978, in-8°, 288 pp, traduit de l'allemand, une carte, broché, couv. illustrée, discret C. de bibl. sur la page de faux-titre, bon état

            25

Janvier-mai 1945. Elle a duré plus de quatre mois, la "dernière bataille" dont l'issue a scellé l'écroulement du Ille Reich. Si elle a été livrée par l'armée de Hitler, elle a vu la défaite du peuple allemand tout entier, écrasé sous les bombes, errant parmi les ruines et les flammes, entraîné dans un tourbillon de folie et de mort. Que de sang, que de larmes ont dû verser soldats et civils pour prolonger le rêve éveillé de leur Führer ! Sans doute les pertes les plus lourdes et les plus grands sacrifices débouchèrent-ils sur une libération de l'oppressante dictature, mais également sur l'exil, la captivité ou une nouvelle forme d'asservissement. Cette dramatique période de l'histoire allemande, jusqu'à la fin de mai 1945, nous est ici présentée "de l'intérieur" par un homme qui a assisté à la destruction de Dresde et participé aux derniers combats de Berlin. Après la bataille de Moscou, relatée presque au jour le jour dans son ouvrage précédent, Wolfgang Paul nous fait revivre, dans le plus strict respect de la vérité historique, les illusions perdues des généraux allemands, les ultimes opérations désespérées de la Wehrmacht, l'anéantissement des villes, l'exode des populations fuyant devant les troupes soviétiques, toutes les tragédies qui ont marqué la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. (4e de couverture)

313.          POLIAKOV (Léon) et Josef WULF. Le IIIe Reich et les Juifs. Gallimard, 1959, in-8°, 453 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, état correct (Coll. Problèmes et Documents)

            30

"Ce livre est constitué presque exclusivement de documents d'archives nazis. Les auteurs, juifs eux-mêmes, ont jugé que seule cette méthode leur donnerait la force « surhumaine » de rester objectifs.
Cela explique probablement que l'ouvrage soit le seul à avoir suscité en Allemagne même de l'intérêt. Les réquisitoires publiés à ce jour sous forme de romans, récits, témoignages, documents, mémoires, souvenirs, etc., venaient de l'étranger. Les Allemands, déjà peu enclins à se pencher sur un sujet qui les « gêne », ou franchement sceptiques, ont eu systématiquement tendance à ignorer toute cette littérature. Or, dans “Le Ille Reich et les Juifs”, ils ont trouvé cette page de leur histoire écrite par leurs propres hommes d'État, leurs propres fonctionnaires et officiers, par leurs anciennes idoles enfin. En outre, les auteurs, qui, dans leur préface, s'interrogent sur les raisons du succès de librairie de leur livre en Allemagne, n'hésitent pas à l'attribuer en partie au véritable suspense d'horreur que dégagent ces documents accablants." — Table : I. Vols et pillages. – II. Les exterminations. – III. Témoignages des survivants. – IV. Hitleriana. – V. La France à l'heure de Vichy. – VI. Ceux qui ont sauvé l'honneur.

314.          RECK-MALLECZEWEN (Friedrich-Percyval). La Haine et la honte. Journal d'un aristocrate allemand, 1936-1944. Seuil, 1969, in-8°, 223 pp, traduit de l'allemand (Tagebuch eines Verzweifelten), broché, couv. lég. jaunie, bon état, bande éditeur conservée (une photo de l'auteur)

            30

De mai 1936 à octobre 1944, Reck-Malleczewen tient la chronique de ses indignations, dresse le réquisitoire, collectionne les pièces à conviction, convoque les témoins du procès que l'Histoire – il le sait – intentera au nazisme et par lui à l'Allemagne. Rien n'égale son emportement, son acharnement, son humiliation. En tant que monarchiste conservateur et chrétien, il apporte un témoignage qui rend plus lourde encore la responsabilité de ceux de ses pareils qui cédèrent à Hitler. Cet Hitler, plusieurs fois rencontré à Munich, dont l'insignifiance, la servilité, l'impuissance déjà fascinent et dont il brosse un extraordinaire portrait... — "Né en 1884 d'une famille de Junkers protestants de Prusse orientale, officier pendant la première guerre mondiale, médecin et écrivain, monarchiste converti au catholicisme en 1933, car il voyait dans cette religion « le dernier rempart contre la barbarie et la bestialité montante », ce conservateur anti-nazi donne libre cours dans ce journal à la répulsion que lui inspirent les maîtres du Troisième Reich (et leurs suppôts) qu'il connaît en partie personnellement. Méditation désabusée, parfois désespérée, ces pages montrent que, même dans un système dictatorial, l'esprit peut rester fidèle à ses principes et à ses valeurs. La mort dans un camp de concentration a été le prix de cette intransigeance. Un témoignage qui éclaire certains aspects de l'histoire socio-culturelle du nazisme." (Revue française de science politique, 1969)

315.          RÉMY (Gilbert Renault, dit le Colonel). Dans l'ombre du Maréchal. Rencontres. Presses de la Cité, 1971, in-8°, 280 pp, un portrait de Pétain en frontispice, 16 pl. de photos et documents hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Héros de la Résistance française, le colonel Rémy raconte dans cet ouvrage ses rencontres, avec Salazar et Weygand en particulier, et ses combats contre la fausse résistance et les vieilles rancunes. Le colonel Rémy défend la thèse de l'épée et du bouclier selon laquelle le "double jeu" du Maréchal Pétain a sauvé la France et donné à la résistance les moyens de son action. Il nous révèle les propos du général De Gaulle : "Voyez-vous Rémy ! dit-il. Il faut que la France ait toujours deux cordes à son arc. En juin 1940, il lui fallait la corde Pétain, aussi bien que la corde de Gaulle." (1947).

316.          RONARC'H (Vice-amiral). L'Evasion du Jean Bart, juin 1940. Flammarion,  1951, in-8°, 265 pp, 16 pl. de photos hors texte, cartes et croquis, broché, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

            30

Le principal exploit du commandant Pierre-Jean Ronarc'h (1892-1960) a été réalisé au début de la guerre. En juin 1940, il parvient à sauver le cuirassé Jean Bart dont la construction s'achevait. Les allemands arriveront à Saint-Nazaire quelques heures seulement après le départ du bâtiment. Le cuirassé rencontrera quelques difficultés pour sortir du port, puis il sera rejoint par d'autres bâtiments qui l'escorteront, il subira encore quelques bombardements allemands, puis après quelques incidents en haute mer, il parviendra à Casablanca au Maroc le 22 juin 1940 et il y restera jusqu'à l'arrivée des Américains qui le mettront hors de combat après avoir subi ses salves. Ronarc'h sera nommé Contre-Amiral en 1941 à Casablanca, et commandera la Marine française au Maroc en 1942 et 1943. Vice-Amiral en 1944, il a sous ses ordres les Forces françaises en Méditerranée à la fin de la guerre.

317.          [ROOSEVELT, President Franklin D.]. Summary of Past Policy, and of more immediate events, in relation to the Pacific Area. Message from the President of the United States transmitting a summary of the past policy of this country in relation to the Pacific Area and of the more immediate events leading up to this Japanese onslaught upon our forces and territory. (77th Congress, 1st Session, House Document n° 458). Washington, U.S. Government Printing Office, December 15, 1941, in-8°, (2)-117 pp, reliure demi-veau glacé havane, dos lisse, dos lisse orné de triples filets dorés, pièce de titre chagrin noir (rel. de l'époque), bon état. Texte en anglais. Rare

            35

318.          SCHUMANN (Maurice). La Voix du couvre-feu. Cent allocutions de celui qui fut le porte-parole du général de Gaulle (1940-1944). Plon, 1964, gr. in-12, 334 pp, préface du Général de Gaulle, broché, bon état

            25

"Voici l'accompagnement oral et passionné des Mémoires de guerre, le choeur de la tragédie. Un livre fait pour être entendu plutôt que lu. Un modèle plus utile encore par ce qu'il enseigne sur la maîtrise des micros que par ce qu'il rappelle des thèmes de la France libre. Dix lignes d'une lettre de 1945 forment la « préface du général de Gaulle » annoncée." (Revue française de science politique, 1965)

319.          TULEJA (Thaddeus V.). La Bataille de Midway. Arthaud, 1962, in-8°, 242 pp, 12 photos sur 8 pl. hors texte, 6 cartes et croquis, reliure demi-basane havane à coins, dos à 4 nerfs souligné à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état

            30

Au large des îles Midway, au coeur du Pacifique, une bataille d'un type nouveau mit au prises la flotte U.S. et la flotte nipponne. C'est aussi un tournant de la Deuxième Guerre mondiale. La marine japonaise a subi un grave échec et l'Amérique s'apprête à prendre sa revanche sur le désastre de Pearl Harbor.

320.          VERNIER (Claude). Tendre exil. Souvenirs d'un réfugié antinazi en France. La Découverte/Maspero, 1983, in-8°, 189 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Actes et mémoires du peuple)

            25

"Werner Prasuhn est né dans la Ruhr, à l'aube de la première guerre. Avec le père, ancien combattant, nationaliste, nous vivons la crise de Weimar. Le fils, un temps, s'engage dans les Casques d'acier. Au contact de son ami Rosenfeld, il est gagné aux idées socialistes ; mais sa vie se jouera ailleurs, avec les comédiens du Stadttheater d'Essen. Les personnages défilent, de l'oncle Fritz à la tante Lucie, du comédien des débuts, Pullman, au poète Rigohnatz. Hitler au pouvoir, Werner pourrait rester en Allemagne, au prix de quelques compromissions : « Simple exécutant d'une culture allemande s'appauvrissant de jour en jour, moi je souffre dans ma chair». Après Berlin en 1936 (utile témoignage sur la mystification des Jeux), il rejoint Paris. Relations, rencontres, de Renoir à Blum, de Carco à la troupe de Dullin et à Brecht. Mais bientôt ce sont démarches et refoulements, sursis et prison. Il s'engage en 1939. C'est la tragédie des camps d'internement. La France mythifiée a trahi sa légende. Enfin, c'est la Légion en Algérie ; description au vitriol ; drôle de guerre, drôle de Légion. Mais, malgré l'armistice, il ne sera pas livré. Il rejoint bientôt le continent, Cannes et la compagnie C. Dauphin ; toujours des artistes et une nouvelle identité : Claude Vernier. Le danger se précisant, il doit partir pour Paris. J.-L. Barrault, trop vite décrit, l'oriente vers la troupe itinérante de Casadesus. On a là des pages passionnantes sur la vie des comédiens sous l'Occupation. C'est finalement dans le Sud qu'il pourra attendre la Libération. Vernier/Prasuhn est acteur dans la vie, acteur sur scène, et toujours spectateur. Sa guerre sera peur et attente. Le livre est hanté par la question de l'identité ; elle lui donne son souffle et une belle écriture fait oublier les rares passages didactiques. On mesure aussi la place de la France dans l'imaginaire de l'intelligentsia allemande de Weimar. France de la culture et du refuge. Après les travaux de l'équipe dirigée par G. Badia, le témoignage complet de C. Vernier rappelle que la France fut aussi, dès 1938, le pays de la répression contre les immigrés politiques." (Denis Peschanski, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1984)

321.          WARLIMONT (Général Walter). Cinq ans au G.Q.G. de Hitler. Adaptation française du Colonel B.E.M Albert Baldewijns et de Roger Gheysens. Bruxelles, Elsevier, 1975, in-8°, 317 pp, traduit de l'allemand, préface d'Henri Bernard, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée lég. défraîchie (pelliculage lég. décollé), bon état

            30

Dans sa préface, Henri Bernard place le livre parmi les dix ouvrages fondamentaux consacrés à la Seconde Guerre mondiale. — De 1939 à 1944, le général Walter Warlimont fut affecté au bureau Opérations de l'OKW, le haut commandement de la Wehrmacht. Quotidiennement au contact d'Hitler, lors des points de situation militaire, il est le témoin privilégié de l'évolution de son comportement, comme de la vie des officiers allemands en charge de la direction de la guerre. Paru en 1962, ce texte décrit avec une rare acuité la lente dégradation des armes allemandes, l'atmosphère sinistre comme la paranoïa grandissante et le sentiment de toute-puissance du Führer. Médiocre stratège parfois porté par d'heureuses inspirations, le maître du IIIe Reich veut tout diriger, tandis que haut gradés et barons du parti nazi s'opposent de plus en plus frontalement. Tous se côtoient pendant de longues années dans les locaux exigus du Grand Quartier général, dans une ambiance « à la fois de cloître et de camp de concentration ». Un témoignage puissant sur les mécanismes de décision au sein de l'état-major allemand, « réglés » pendant cinq ans sur les humeurs et les fantasmes d'Hitler. — "Voici un nouveau témoignage sur le rôle de l'échelon suprême du commandement militaire allemand au cours de la deuxième guerre mondiale. II émane du général Warlimont qui remplit d'abord les fonctions de chef du bureau chargé de la défense du territoire, puis, à partir du 1er avril 1942 jusqu'au 6 septembre 1944, celles de chef adjoint de l'Etat-Major opérationnel de l'O.K.W. (Wehrmacht) ; il a done été, pendant toute la guerre, le second de Jodl. Jeune encore – né à la fin de 1894, il était entré dans l'armée en février 1913 – artilleur d'origine, mais tres vite passé dans l'état-major, Warlimont eut la chance d'effectuer divers stages à l'étranger (en Angleterre, aux Etats-Unis, enfin auprès de Franco en 1936) avec tout ce que cela comporte d'ouverture d'esprit ; il bénéficia d'un avancement particulièrement rapide, puisque, nommé colonel le 1er février 1938 avec effet rétroactif du 1er octobre 1937, il passe général de brigade en 1940, général de division en 1942 et général de corps d'armée en avril 1944. Bien que Jodl fût lui aussi un artilleur, les deux hommes ne s'entendaient pas ; était-ce la seulement opposition entre le tempérament d'un Prussien et celui d'un Bavarois ? Warlimont tenta à plusieurs reprises d'obtenir une mutation ; Hitler, qui n'aimait pas voir des têtes nouvelles dans son entourage immédiat, le déclara inamovible, de sorte que les deux hommes restèrent liés au même joug jusqu'au début de septembre 1944. A cette date, Warlimont éprouva des troubles nerveux consécutifs à l'ébranlement subi lors de l'attentat du 20 juillet, et il fut mis en congé. Arrêté par les Alliés, jugé à Nuremberg, il fut chargé par Jodl, condamné à la détention à vie et relâché en 1954. Le copieux volume dont il est l'auteur ne constitue pas, à proprement parler, des mémoires personnels. C'est une reconstitution de ce qui s'est passé a l'O.K.W., basée pour une part sur les souvenirs de l'auteur, et pour une autre part soit sur des documents, tels que le Journal de Jodl ou celui de Halder, le journal de marche de l'O.K.W., les comptes rendus des conférences tenues chez le Führer, soit sur les souvenirs d'autres membres du G.Q.G. allemand, tels que Greiner, von Lossberg, Schramm. Dans cet ensemble, la personnalité de l'auteur s'efface quelque peu, mais il a fait ceuvre plus ample qu'apporter simplement son témoignage..." (A. Golaz, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale)

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

322.          BIGEARD (Général). Pour une parcelle de gloire. Plon, 1975, fort in-8°, 480 pp, 32 pl. de photos hors texte, 13 cartes, index des noms cités, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Bigeard n'a guère quitté l'Indochine depuis qu'il y est venu avec Leclerc en octobre 1945. Commandant d'une compagnie isolée, il a vécu au pays thaï, dressé des bataillons à subsister et à combattre comme l'ennemi dont il a analysé et copié les méthodes. Les civilités ne sont pas son fort. Né pour commander, ne sachant ni feindre ni composer, jaloux de tout ce qu'il possède, il n'aime pas obéir et, comme il rue si les ordres qu'on lui donne lui semblent idiots, ses chefs ont des ennuis avec lui ; mais lancé seul au milieu des périls, il exige toujours tout de lui-même et des autres. C'est un gagneur. Il a fait sien le mot de Calonne : "Si c'est possible, c'est fait ; impossible, cela se fera." A trente-sept ans, il a l'innocence et la dureté des purs. Sa douceur cache une furieuse impatience ; son masque peut soudain s'illuminer sous la colère et la rage, son regard bleu prendre le sombre éclat de l'acier. Huit ans de combats presque ininterrompus lui ont donné une mystique de l'Armée, des camarades, de la mort. Par une sorte de flirt avec le danger, il ne porte jamais d'armes sur lui au combat et répète sans cesse aux siens, avec la familiarité du tutoiement parachutiste auquel il ne manque que le mot "frère" pour devenir religieux : "Apprends à regarder la mort en face. Tu es fait pour mourir. Tu vas où l'on meurt..." Ses hommes l'aiment, beaucoup de ses compagnons le trouvent insupportable, l'ennemi le craint, les gouvernements ne savent comment l'employer." (Jules Roy) — Les mémoires de l'officier français le plus médiatique de l'après-guerre : l'infanterie de forteresse en 1939-40, la captivité, l'évasion en 1941, le parachutage en 1944, les maquis et la libération de l'Ariège, l'Indochine dès octobre 1945, le 3ème Bataillon Thaï, le commandement du Bataillon de Marche Indochinois, le 6ème Bataillon Para, l'épopée de la "colonne Bigeard" en 1952, les opérations au Laos et au Tonkin, le parachutage avec le tout premier groupe sur Dien-Bien-Phu où il combat jusqu'à la fin, la captivité, l'Algérie à partir d'octobre 1955, où, colonel, il commande le 3e Régiment de Chasseurs Parachutistes (1956-58) puis est chef opérationnel jusqu'à ce qu'il soit renvoyé en France en février 1960, le commandement du 6e Régiment Inter-Armes d'Outre-Mer en République Centrafricaine puis de la 25e Brigade de Parachutistes et de la 20e Brigade Aéroportée (1964-68), général de brigade en 1967, puis affecté à Dakar (1968-70) et à Madagascar (1971-73) et promu général de division.

323.          BONIFACE (Pascal). Repenser la dissuasion nucléaire. Editions de l'Aube, 1997, in-8°, 210 pp, annexes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, soulignures stylo, bon état (Coll. Stratégie)

            20

La possession de l'arme nucléaire est de moins en moins légitime aux yeux de l'opinion publique mondiale. Conférences diplomatiques, groupes d'experts, forums associatifs, organes juridico-politiques sont autant de lieux démultipliés où s'instruit le procès de l'arme nucléaire, désormais diabolisée. La France, qui connaît depuis presque quarante ans une "histoire d'amour" avec la dissuasion nucléaire, pourra-t-elle longtemps résister à cette vague de fond ? Devra-t-elle renoncer à ce qui lui a assuré sécurité et puissance ? Quel rôle jouera à l'avenir la dissuasion nucléaire ? La France doit-elle redéfinir sa doctrine de dissuasion, et comment ? Quel est l'avenir du consensus français sur ce sujet, du lien entre le nucléaire français et la défense européenne, et l'attitude de la France face au désarmement ? Quels sont les scénarios envisagés par les autres puissances nucléaires ? Autant de questions capitales auxquelles Pascal Boniface répond de façon claire et argumentée. Un livre qui fait le point sur des défis que la France doit relever.

324.          DE GAULLE (Charles). Le Fil de l'épée. Edition du cinquantenaire. Silhouettes et portraits par Raymond Moretti. Editions Michèle Trinckvel, 1983, in-4°, 212 pp, 6 illustrations (3 à double page) et gardes illustrées par Raymond Moretti, cartonnage éditeur, plats illustrés en couleurs, bon état

            30

Deuxième livre du capitaine de Gaulle, originellement paru en juillet 1932. Il regroupe trois conférences prononcées en 1927 à l'École de guerre et deux autres textes. — "L'auteur, qui a longuement retravaillé, ciselé son texte, s'affirme ici par une liberté de ton qui confine à la provocation, un style sec, altier, impérieux, digne du meilleur Bossuet, une réflexion concentrée, aboutie, forgée dans l'action et le combat (...). Traité de modernité stratégique, éloge de l'instinct, de l'imagination, du mouvement contre le conformisme doctrinal, son livre est aussi, et peut-être surtout, un autoportrait en forme d'ultimatum à soi-même, selon la formule de Jean Lacouture. (...) Manifeste gaulliste avant la lettre, exaltant la grandeur et l'unité de la nation au-delà des idélologies, (...) “Le Fil de l'épée” préfigure le partenaire incommode et complexe, irréductible au compromis et cuirassé dans l'affirmation de sa légitimité, auquel auront à faire face dans les années à venir aussi bien les généraux Weygand et Giraud, que Winston Churchill et le président Roosevelt." (Jean-Luc Barré, Dictionnaire de Gaulle, pp. 491-492).

325.          DELBRÜCK (Hans). Medieval Warfare. Lincoln (Nebraska), University of Nebraska Press, Bison Books, 1990, in-8°, 711 pp, traduit de l'allemand, 9 cartes, index, broché, couv. illustrée, bon état (History of the Art of War, Volume III). Texte en anglais

            30

"... Le problème guerre-politique (avec les prolongements immédiats qu'il comporte) n'a été vraiment posé et vu que par Clausewitz (1780-1831). Ses idées fondamentales sont bien connues : la guerre est la continuation de l'action politique par des moyens différents ; il importe de distinguer entre guerre d'anéantissement et guerre à but limité ; d'elle-même la guerre tend vers une forme absolue de destruction aveugle et de férocité bestiale... Il s'agit là de vues, et si puissantes soient-elles, théoriques. Il a été donné à Hans Delbrück, historien passionné d'histoire générale, d'introduire ces idées théoriques, et d'autres, dans le champ opératoire de notre métier, et de constituer, peu avant 1880, ce que j'appellerai volontiers la première histoire militaire intelligente que l'on ait conçue jusque-là, quelles que soient les critiques et réserves que l'on puisse formuler à l'endroit de l'oeuvre magistrale du professeur de Berlin..." (Piero Pieri, Sur les dimensions de l'histoire militaire, Annales ESC, 1963)

326.          DELBRÜCK (Hans). The Barbarian Invasions. Lincoln (Nebraska), University of Nebraska Press, Bison Books, 1990, in-8°, 505 pp, traduit de l'allemand, 4 cartes, index, broché, couv. illustrée, bon état (History of the Art of War, Volume II). Texte en anglais

            30

"... Le problème guerre-politique (avec les prolongements immédiats qu'il comporte) n'a été vraiment posé et vu que par Clausewitz (1780-1831). Ses idées fondamentales sont bien connues : la guerre est la continuation de l'action politique par des moyens différents ; il importe de distinguer entre guerre d'anéantissement et guerre à but limité ; d'elle-même la guerre tend vers une forme absolue de destruction aveugle et de férocité bestiale... Il s'agit là de vues, et si puissantes soient-elles, théoriques. Il a été donné à Hans Delbrück, historien passionné d'histoire générale, d'introduire ces idées théoriques, et d'autres, dans le champ opératoire de notre métier, et de constituer, peu avant 1880, ce que j'appellerai volontiers la première histoire militaire intelligente que l'on ait conçue jusque-là, quelles que soient les critiques et réserves que l'on puisse formuler à l'endroit de l'oeuvre magistrale du professeur de Berlin..." (Piero Pieri, Sur les dimensions de l'histoire militaire, Annales ESC, 1963)

327.          DEVILLERS (Philippe) et Jean LACOUTURE. Viet Nam, de la guerre française à la guerre américaine. Seuil, 1969, in-8°, 429 pp, 4 cartes, annexe, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

328.          DUPUY (Major R. Ernest) et Late Major George Fielding ELIOT. Si la guerre éclatait... (If War Comes). Règles fondamentales. – Que penser de la guerre de l'air ? – Que sera la guerre sur terre ? – Que sera la guerre sur mer ? – Que faut-il penser des gaz ? – Les renseignements et l'espionnage. – Que sera la guerre pour la population civile ? – Les routes de conquêtes. – L'Allemagne. – L'Italie. – L'URSS. – Le Japon. – La France et l'Angleterre. – Les Neutres. – L'Amérique. – Statistiques. Payot, 1938, in-8°, 372 pp, avant-propos et traduction du capitaine de frégate René Jouan, 10 croquis dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. de documents et de témoignages pour servir à l'histoire de notre temps)

            30

"Le commandant Jouan vient de traduire un remarquable ouvrage dû à la plume de deux officiers d'état-major de l'armée américaine et intitulé : « Si la guerre éclatait ». Il le présente ainsi au public français : « ... Si la guerre éclatait, que serait-elle ? De terribles inconnues pèsent sur les problèmes de demain. Cette guerre possible, on la qualifie désormais de totale et les inconnues de l'aviation, des gaz, de l'action secrète donnent un son redoutable à ce qualificatif... S'appuyant sur les leçons éternelles de l'histoire, les auteurs nous rappellent que la guerre est un art qui, comme tous les autres, obéit à des principes immuables. Au cours d'une première partie, ils nous exposent les nouvelles armes et les nouvelles méthodes en en précisant les possibilités et les limitations et, dans une seconde partie, ils font, en quelque sorte, pour le lecteur, le schéma des raisonnements que peuvent faire, dès aujourd'hui, les états-majors et les chefs d'Etat dont la pensée imprimera son caractère à la guerre de demain. Leur exposé objectif apporte à tous de la lumière, au grand public d'abord qui verra ce qu'il faut penser de ces épouvantails : la guerre aérienne et la guerre chimique, et aux militaires eux-mêmes qu'il instruira sur les caractéristiques générales des armes autres que celles qu'ils servent et sur leurs conditions générales d'emploi... Une étude technique, exposée sous une forme vivante et facile à lire, tel est le livre que nous présentons aujourd'hui au public. Son mérite resterait considérable même s'il ne devait laisser à l'esprit que cette seule formule bien digne d'être méditée : la guerre est une chose terrible, mais il y a une chose encore plus terrible que la guerre, la défaite ! » (Revue militaire suisse, 1938)

329.          FALL (Bernard). Viet-Nam. Dernières réflexions sur une guerre. Laffont, 1968, in-8°, 350 pp, traduit de l'américain, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'histoire que nous vivons)

            30

"Hommage posthume, ce livre regroupe dix-huit textes récents de B. F., jusqu'ici éparpillés dans diverses revues ou encore inédits. Historien, B. F. a analysé en profondeur le contexte de la guerre du Vietnam, soit qu'il examine la politique américaine dans cette région depuis 1940, la position de Hanoï entre l'U.R.S.S, et la Chine, ou qu'il retrace la longue carrière d'Ho Chi Minh. Journaliste, il a su donner à ses lecteurs un aperçu de la guerre vue des deux côtés : comptes rendus de ses missions avec les « marines », mais aussi interviews de prisonniers du F.N.L. La transcription de son dernier enregistrement radiodiffusé, brutalement interrompu par l'explosion d'une mine, est particulièrement émouvante." (Revue française de science politique, 1968)

330.          FUNCKEN (Liliane et Fred). L'Uniforme et les armes des soldats de la guerre 1914-1918. Casterman, 1971-1972, 2 vol. pt in-4°, 156 et 156 pp, nombreuses planches en couleurs, cart. illustrés de l'éditeur, bon état

            100

Tome I : Infanterie, Blindés, Aviation. Tome II : Cavalerie, Artillerie, Génie, Marine.

331.          FUNCKEN (Liliane et Fred). L'Uniforme et les armes des soldats de la guerre en dentelle. Casterman, 1975-1976, 2 vol. pt in-4°, 156 et 155 pp, nombreuses planches en couleurs, cart. illustrés de l'éditeur, bon état

            120

Tome I : France : Maison du roi et infanterie sous Louis XV et Louis XVI. Grande-Bretagne et Prusse : infanterie (1700 à 1800). Tome II : 1700-1800. France, Grande-Bretagne et Prusse : cavalerie et artillerie. Autres pays : infanterie, cavalerie, artillerie.

332.          FUNCKEN (Liliane et Fred). L'Uniforme et les armes des soldats des Etats-Unis. Les guerres d'Indépendance, de Sécession, du Mexique. L'épopée du Far-West. Tome 2 : La cavalerie et l'artillerie. Casterman, 1980, pt in-4°, 156 pp, nombreuses planches en couleurs, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            80

Tome 2 seul (sur 2) : La cavalerie et l'artillerie. Le premier tome concerne l'infanterie et la marine.

333.          FUNCKEN (Liliane et Fred). L'Uniforme et les armes des soldats du Premier Empire. Casterman, 1971-1973, 2 vol. pt in-4°, 157 et 157 pp, nombreuses planches en couleurs, cart. illustrés de l'éditeur, bon état

            120

Tome I : Des régiments de ligne français aux troupes britaniques prussiennes et espagnoles. Tome II : De la garde impériale aux troupes alliées, suédoises, autrichiennes et russes.

334.          FUNCKEN (Liliane et Fred). Le Costume et les armes des soldats de tous les temps. Casterman, 1966, 2 vol. pt in-4°, 154 et 154 pp, préface du général Koenig, 144 planches d'uniformes et de matériels en couleurs, lexique, cart. illustrés de l'éditeur, bon état

            80

Tome 1 : Des pharaons à Louis XV ; Tome 2 : De Frédéric II à nos jours. — "... Les reproductions de costumes, d'uniformes, d'armures et d'armes sont, dans leur ensemble, bonnes, voires remarquables..." (Général Koenig, préface)

335.          GADAL (Serge). Forces Aériennes Stratégiques. Histoire des deux premières composantes de la dissuasion nucléaire française. Economica, 2009, gr. in-8°, 397 pp, avant-propos du général Fouilland, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, soulignures stylo, état correct (Coll. Bibliothèque stratégique)

            20

De 1964 à nos jours, les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) ont joué un rôle capital dans la mise en oeuvre de la politique de dissuasion nucléaire de la France, garantie principale de son indépendance. Du mythique Mirage IV au Rafale, en passant par les missiles du plateau d'Albion, le Mirage 2000N et le fidèle ravitailleur C135FR, l'outil militaire qu'a bâti notre pays, sous l'impulsion initiale du général de Gaulle, sans l'aide d'aucune puissance étrangère, force l'admiration. Aucune étude historique d'envergure n'avait encore été publiée sur ce sujet. Ce livre, qui prend en compte les témoignages, pour la plupart inédits, d'anciens des FAS, répare cet oubli et raconte l'aventure de ces pionniers de la dissuasion en replaçant l'évolution des matériels et des doctrines dans le contexte politique et stratégique de l'époque.

336.          GRONIER (Maurice). Riz et pruneaux. Avec les commandos dans la brousse d'Indochine. Emile-Paul, 1951, in-12, 311 pp, 12 pl. de photos hors texte, 2 plans, une carte dépliante hors texte, broché, jaquette illustrée (lég. salie), papier lég. jauni, bon état

            40

"Récit autobiographique : la lutte contre le Viet Minh et les partisans Lao dans le Haut-Laos. L'auteur était médecin militaire." (Ruscio, 451)

337.          HARRISON (Mark). Le Guerrier Viking, 793-1066. DelPrado/Osprey Publishing, 2004, gr. in-8°, 63 pp, 35 illustrations, 4 cartes et plans, 12 pl. d'illustrations en couleurs par Gerry Embleton, glossaire, biblio, couv. illustrée, bon état (Coll. Armées et batailles - Grandes Armées)

            15

338.          HENISSART (Paul). Les Combattants du crépuscule. La dernière année de l'Algérie française. Grasset, 1970, in-8°, 524 pp, cartes d'Alger et Oran en pages de garde, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Voici, dans ses détails les plus mal connus, les plus surprenants et les plus sordides, l'histoire de la dernière guerre civile que la France ait connue. Dans une guerre civile, tous les coups sont permis et on ne lésine pas sur le choix des alliés : déserteurs, tueurs, souteneurs, agents doubles et indicateurs de police, barbouzes et soldats perdus, s’affrontent dans un combat obscur et cruel, dans une atmosphère de haine, et dans un décor d’incendie, de gravats et de sang.

339.          LE MASSON (Henri). Du Nautilus (1800) au Redoutable. Histoire critique du sous-marin dans la marine française. Presses de la Cité, 1969, in-8°, 455 pp, 32 pl. de photos hors texte, qqs figures et plans, annexes sur les sous-marins de la marine française, sources et biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

L'histoire du sous-marin dans la marine française commence sous le Consulat lorsque le célèbre ingénieur Fulton construit son “Nautilus” à Paris. Puis il y eut le “Plongeur” de Bourgeois et Brun, et le “Goubet”, le micro sous-marin qui venait de Russie. En 1886, le “Gymnote” est le premier sous-marin dans le monde qui navigue convenablement en plongée. C'est ensuite en 1899, la révolution du submersible avec le “Narval” de Laubeuf qui se prolonge jusqu'à une nouvelle révolution, celle du sous-marin nucléaire en 1954. L'année 1969 voit les essais du Redoutable, premier sous-marin français lanceur de missiles à propulsion nucléaire...

340.          MASSU (Jacques) et Jean-Julien FONDE. L’aventure Viêt-Minh. Plon, 1980, gr. in-8°, 376 pp, 8 cartes et croquis, index, broché, bon état (Prix Botta de l'Académie française 1980)

            25

"Les auteurs ont tous deux été soldats de Leclerc. Le commandant Fonde a représenté Leclerc auprès de Giap et le colonel Massu a épinglé les insignes de la 2ème D.B. sur la poitrine de Ho Chi Minh. Ils ne cachent pas que, à leurs yeux, la France n'aurait pas dû se laisser entraîner dans une guerre inutile et ruineuse. Sans sympathie pour le Viet Minh, ils montrent que l'Oncle Ho et les chefs du mouvement ont voulu la guerre conformément à l'idée qui veut qu'un pays obtienne son indépendance par la force et dans le sang, pour montrer qu'il la mérite, qu'il sait la conquérir et cela quelle que soit l'issue de la lutte ..." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine, 1945-54) — "Les deux généraux ne portent pratiquement aucun jugement sur la politique ondoyante des gouvernements français. Ils notent, cependant, le rôle joué à Paris par les grandes entreprises et les privilégiés qui veulent le maintien ou le rétablissement du régime d'avant-guerre. Mais les erreurs et les fautes commises transparaissent dans leur récit. De même, ne présentent-ils que très brièvement l'aspect militaire du conflit. C'est, selon le titre du livre, à l'Aventure Viet Minh qu'ils s'attachent. Ils montrent Ho Chi Minh, ses adjoints et ses successeurs, s'appuyant d'abord sur la fausse neutralité du Japon vaincu, puis sur la Chine communiste et sur l'URSS avec ce mélange de nationalisme et d'idéologie qui fait à la fois leur force et leur faiblesse, leur grandeur, et, en définitive, la misère du peuple vietnamien épuisé de sacrifices." (Jean Planchais, Le Monde, 31 décembre 1980)

341.          SERMAN (William) et Jean-Paul BERTAUD. Nouvelle histoire militaire de la France, 1789-1919. Fayard, 1998, fort gr. in-8°, 855 pp, 85 cartes, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            30

Cet ouvrage présente toutes les données indispensables à la connaissance de l'histoire des armées françaises, de leur organisation et de leur action, de 1789 à 1919, à savoir : 1. Les changements intervenus dans les institutions militaires (recrutement et avancement, création et rôle des écoles, liens entre gouvernement et haut commandement) ; 2. Les origines sociales, la formation scolaire, les sentiments religieux, les opinions, les droits et les comportements politiques, les conditions de vie des officiers, des sous-officiers, officiers-mariniers, hommes de troupe et matelots ; 3. Les transformations des armements et les modifications de la tactique ; 4. La participation des militaires à la défense de l'ordre établi, ou, au contraire, aux conspirations et aux mouvements contestataires qui menacent le gouvernement en place, ou bien aux révolutions et aux coups d'Etat ; 5. Les causes, les caractéristiques et les conséquences des guerres, tant civiles qu'européennes ou coloniales ; 6. Le déroulement des campagnes et des batailles principales, dont le récit est accompagné de nombreuses cartes.

342.          TURNBULL (Stephen). The Book of the Medieval Knight. London, Arms and Armour Press, 1985, in-4°, 192 pp, abondamment illustré de plus de 200 photos, gravures, cartes et plans, dont 80 en couleurs, biblio, index, reliure toile éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            30

Par l'historien britannique Stephen Richard Turnbull, auteur de plus de 50 livres dans le domaine de l'histoire militaire et reconnu comme l'un des principaux historiens militaires concernant les périodes médiévales et modernes.

343.          VANUXEM (Général Paul). 1951 : Le général vainqueur. Le destin exemplaire de De Lattre en Indochine. SPL, 1977, gr. in-8°, 206 pp, une carte hors texte, broché, bon état

            25

Par un personnage atypique : le général Vanuxem. Né dans le Pas-de-Calais le 22 juillet 1904, Paul Vanuxem fit ses études à l'université de Lille où il obtint une licence de philosophie. Il débute sa carrière de professeur à Argentan au collège Mézeray à l'âge de 24 ans. C'est au cours de l'année scolaire 1928-1929 qu'il fonde avec Xavier Rousseau, la revue "Le Pays d'Argentan". Il écrira "Les veillerys" légendes de Basse-Normandie, et un ouvrage qui fera date sur la vie de Marguerite de Lorraine. C'est un homme chaleureux aux idées novatrices, qui au terme de son sursis décide de faire une brillante carrière dans l'armée. "J'ai choisi de demeurer dans l'armée quand j'ai senti la proximité de la guerre et l'occasion de mieux servir ma patrie". Il participe à la fameuse bataille de Monte Cassino de la campagne d'Italie. Il participera ensuite à la guerre d'Indochine où il sera chargé d'organiser l'exode des catholiques du Vietnam. Très estimé du général de Lattre de Tassigny, il reçoit ses étoiles de général en 1955. Nommé adjoint au commandant en chef des forces françaises en Allemagne, il fut mis en disponibilité en 1961 à cause des ses opinions politiques sur l'Algérie française. Il fera deux ans de prison préventive pour finalement être acquitté. Il décède en 1979.

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

344.          AUBOYER (Jeannine). La Vie quotidienne dans l'Inde jusqu'au VIIIe siècle. Hachette, 1974, in-8°, 415 pp, dessins de l'auteur, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Cette tranche de neuf siècles concerne le moment où l'Inde connut par deux fois l'unification de son territoire ; sur le plan religieux, brahmanisme et boudhisme étaient alors florissants. L'auteur ressuscite tout le passé de l'Inde : sa vie privée avec les castes, dominée par des rites innombrables ; famille, vie étudiantine, funérailles... Cet ouvrage nous permet une approche de l'Inde ancienne, de sa civilisation raffinée et de sa haute spiritualité. — "... Jeannine Auboyer avait pour objectif de développer une ligne de recherche constituée par une série de minutieuses enquêtes thématiques s'appuyant sur les documents archéologiques de l'Inde. Cette démarche apparaît déjà clairement dans sa thèse soutenue brillamment en 1946 à l'Ecole pratique des Hautes Etudes : « Le Trône et son symbolisme dans l'Inde ancienne », qui devait lui valoir le prix Paul Pelliot en 1950. Elle précise de nouveau sa méthodologie en 1955 dans l'introduction du premier fascicule paru du grand corpus de « La vie publique et privée dans l'Inde ancienne». Constatant combien les objets provenant des fouilles archéologiques sont finalement peu nombreux, il lui était apparu nécessaire de tirer parti des informations fournies par les reliefs narratifs des monuments pour éclairer la vie quotidienne, les cérémonies et les fêtes de l'Inde ancienne. Naturellement, dans cette entreprise, elle n'oublie pas les leçons de Marcel Mauss, de Rivet et des sociologues de l'époque. C'est ainsi qu'elle inaugure cette série de publications par une étude intitulée : Les jeux et les jouets, dans laquelle elle montre l'étroit parallèle entre le jeu et l'action sacrée. Mais on retrouve aussi dans cette approche, la formation qu'elle a reçue dans les ateliers d'artistes où elle a appris à voir les œuvres et à les dessiner. Elle a en effet fait du dessin qu'elle a toujours pratiqué, une véritable technique d'analyse. Cette familiarité avec les documents figuratifs devait aussi beaucoup l'aider à écrire « La vie quotidienne dans l'Inde ancienne», ouvrage paru en 1961, réédité plusieurs fois et traduit en huit langues..." (Jeannine Auboyer 1912-1990, par Jean-François Jarrige, Arts asiatiques, 1991)

345.          CHARTON (Edouard)(dir). Le Tour du Monde. Nouveau journal des voyages. Premier semestre 1891. Hachette, 1891, in-4°, 428 pp, 316 gravures sur bois dans le texte et hors texte, 11 cartes et plans, reliure demi-basane havane, dos lisse, titres dorés (rel. de l'époque), trace de mouillure claire ancienne, pas de rousseurs, bon état

            60

Du Niger au golfe de Guinée, 1887-1889 (par le capitaine Binger) – La première traversée du Groënland, 1888 (par Fridttjof Nansen) – La Corse en 1890 (par Gaston Vuillier) – Voyage d'Alger au M'zab, 1887 (par M. Zeys) – Trente mois au Tonkin, 1885 (suite) (par le docteur Hocquard, médecin-major de 1ère classe) – A travers l'Arménie russe, 1890 (par Mme B. Chantre).

346.          CHELHOD (Joseph)(dir). L'Arabie du Sud, histoire et civilisation. 2. La société yéménite de l'Hégire aux idéologies modernes. P., Maisonneuve et Larose, 1984, gr. in-8°, 264 pp, 21 photos sur 12 pl. hors texte, 3 cartes, tableaux, notices biographiques des collaborateurs, broché, bon état (Coll. Islam d'hier et d'aujourd'hui)

            20

Tome 2 seul (sur 3) — L'ouvrage est consacré à l'importance historique de l'antiquité sud arabe et son rôle religieux dans le futur monothéisme musulman. Il aborde la place prise par le Yemen dans l'édification de l'empire arabe, les structures sociales et familiales de l'Arabie du Sud, sa culture, ses institutions et sa spécificité. — "... Ce second tome retrace l'histoire de la région depuis la pénétration de l'islam jusqu'à l'époque contemporaine. Selon J. Chelhod (« L'Islam en Arabie du Sud »), la conversion du Yémen (qui commence vers 628-630) fut lente, non dépourvue de visées politiques et marquée par des apostasies (ridda) durement réprimées. E. Renaud (« Histoire de la pensée religieuse au Yémen ») indique les caractéristiques essentielles de la doctrine zaïdite, dominante sur les hauts plateaux, différente du sunnisme de rite shâfi'ite majoritaire dans le sud et la plaine côtière. Quelques pages sont également consacrées aux Ismaéliens du Jabal Harâz (environ 30 000). A côté de ces développements historiques, ce volume comprend également des articles sur l'évolution économique et politique récente des deux États : le « capitalisme au nord » (D. Rodinson) s'oppose à la « voie nationale démocratique à perspectives socialistes au sud » (J. Couland)..." (Liliane Kuczynski, L'Homme, 1987 )

347.          Collectif. Regards sur le Levant. Les anciens du CHEAM et l'émancipation du Proche-Orient. P., CHEAM, 2000, gr. in-8°, 296 pp, 8 photos et 5 cartes, notes biographiques, chronologie succincte, broché, couv. illustrée, mque la partie sup. d'une page blanche au début (envoi découpé), marques au stylo en marge de 7 pp. in fine, bon état

            30

"À la veille d'être dissous, le Centre des hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes (CHEAM) a publié, sous la plume de l'Association de ses anciens auditeurs, un intéressant ouvrage ayant trait à l'histoire du mandat français sur les États du Levant (Syrie-Liban), ainsi que sur l'implantation de l'État israélien. Il s'agit pour l'essentiel d'une anthologie méthodique et commentée des textes qu'ont laissés dans les archives du CHEAM d'éminents observateurs-acteurs de cette période, tels Robert Montagne, Pierre Rondot ou le préfet Louis Kieffer, proche collaborateur du Haut-Commissaire de France au Levant. On citera aussi les témoignages que livrent après plus d'un demi-siècle des témoins-acteurs de l'époque. Ils portent sur cette émancipation du Levant à laquelle ils auront pour la plupart résisté et sur la « contre-émancipation » de la Palestine qu'ils observèrent dans les rangs de l'ONU, un témoignage aussi irrécusable qu'émouvant. Malgré ses imperfections, ce livre est une remarquable contribution à la compréhension historique d'une aventure politico-militaire à la fois coloniale et libératrice." (Revue française de science politique, 2001)

348.          CORNEVIN (Robert). Histoire des peuples de l'Afrique noire. Berger-Levrault, 1962, in-8°, 715 pp, 2e édition, 16 cartes, 47 photographies hors texte, biblio, index, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats (rel. de l'époque), mors fendus proprement recollés, dos uniformément passé, bon état (Coll. Mondes d'outre-mer)

            40

"L'auteur s'en explique dans l'introduction : son histoire des peuples de l'Afrique noire nous présente beaucoup de noms, de faits, de localisations. Comment en serait-il autrement ? On ne peut ici se dégager des lignes générales, puisque le grand intérêt de ce livre, c'est d'avoir retrouvé les faits ignorés et de nous les faire connaître. On ne peut rêver travail plus sérieux comme en témoigne le long chapitre (p. 21 à 73) sur les sources, la bibliographie précise (p. 671 à 685), et l'Index alphabétique. M. Cornevin a eu le rare mérite de ne pas se laisser décourager par la marqueterie géographique, qui, se compliquant par les contrecoups des migrations, des conquêtes, des guerres, nous donne une histoire très parcellaire découpée dans l'espace et le temps, et dans laquelle il est difficile de mettre de l'ordre. Ces conditions initiales ne rendent pas toujours le fil aisé à suivre, mais on doit féliciter d'autant plus l'auteur d'avoir entrepris sa tâche. Cette histoire des peuples de l'Afrique noire sera très utile à consulter sur un point précis, sur une région ou sur une époque. C'est un instrument indispensable auquel il faudra recourir." (L. Genet, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962) — "C'est toute l'histoire de l'Afrique noire jusqu'à sa conquête par l'Europe que veut embrasser M. Cornevin. Le premier tiers de son livre touche à de nombreuses questions d'ordre général, les deux autres sont l'exposé des connaissances actuelles, par provinces ethno-géographiques, avec une part privilégiée pour l'Afrique de l'ouest. Il ne s'agit donc pas d'une recherche originale ; l'auteur a fait le point et donné une base de travail : projet excellent, l'africaniste ayant besoin d'un livre de référence historique détaillé et l'étudiant (sensu latissimo) celui d'une introduction et d'un cadre d'études. L'utilité du livre ne fait aucun doute. Il n'a pas d'équivalent, en langue française surtout. Son découpage interne et son index rendent son usage très commode. Il rassemble une masse énorme de données. M. Cornevin a donc bien mérité de l'histoire africaine..." (Henri Moniot, Cahiers d'Études Africaines, 1962)

349.          CRÉTÉ (Liliane). La Vie quotidienne en Californie au temps de la ruée vers l'or (1848-1856). Hachette, 1982, in-8°, 309 pp, une carte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Une semaine seulement avant la signature du traité de Guadalupe Hidalgo, annexant officiellement aux États-Unis la Californie arrachée au Mexique, un fabuleux gisement aurifère était découvert dans la vallée du Sacramento. Le pays aussitôt s'enfièvre. Puis c'est au tour de l'Amérique espagnole, des États de la côte Est, de l'Asie et de l'Europe. Les immigrants, par milliers, arrivent, après des voyages épuisants. A peine sur place, ils empoignent leur pioche, leur pic et leur tamis. La vie quotidienne en Californie au temps de la ruée vers l'or est haute en couleur. C'est celle du Wild West, avec sa population hétéroclite et turbulente, ses bandits, ses tripots, ses saloons, ses règlements de compte au colt et au bowie-knife et ses pendaisons. San Francisco, en 1849, n'est qu'un indescriptible fouillis de cabanes et de tentes; au pied de la Sierra, de petites villes minières surgissent. Mais l'auteur n'a pas voulu seulement raconter l'histoire des chercheurs d'or. Elle décrit aussi la vie des autres communautés californiennes : les Californios, ces créoles indolents et magnifiques qui règnent sur un bataillon de peones et de vaqueros et vivent les derniers jours de l'ère des ranchos; et les Indiens, qui représentent, en 1846, 90 % de la population. Les uns et les autres vont assister, impuissants, aux profonds bouleversements provoqués par la ruée vers l'or qui modifieront totalement leur mode de vie.

350.          DEMAREST (Arthur). Les Mayas. Grandeur et chute d'une civilisation. GLM/Tallandier, 2006, in-8°, 414 pp, traduit de l'anglais, 14 photos en couleurs sur 8 pl. hors texte, 78 illustrations dans le texte, notes, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Dans l'océan de la jungle gisent les ruines affaissées de palais magnifiques, de temples élevés, de monuments admirables. Qui étaient les Mayas, ce peuple bâtisseur ? Pourquoi leurs grandes cités de la forêt furent-elles abandonnées, il y a plus d'un millénaire ? Ces questions ont préoccupé les savants et le public depuis deux siècles, donnant lieu à autant de révélations que de réponses erronées. Arthur Demarest ressuscite ici la civilisation perdue des anciens Mayas. Il met en lumière, grâce aux acquis récents de l'archéologie, de la paléoécologie et de l'épigraphie, l'extraordinaire adaptation des Mayas à la forêt subtropicale humide, qui explique seule l'épanouissement de leur brillante civilisation dans un milieu difficile et fragile, et la spiritualité omniprésente qui imprégnait tous les aspects de leur vie quotidienne. Les cités-Etats des Mayas abritaient des populations nombreuses et des élites turbulentes, justifiant leur position par la guerre et les alliances, par les fêtes et les rites. Leur lutte incessante pour le prestige nous a légué un immense trésor d'édifices, de monuments, d'œuvres d'art et de savoirs, qui nous fascine aujourd'hui encore. En explorant ces sociétés complexes et cette histoire versatile, l'auteur nous livre les clefs du prétendu "effondrement" maya.

351.          [ECKARDT, Julius von]. La Société russe par un Russe. Traduit par MM. Ernest Figurey et Désiré Corbier. Avec une introduction de M. Antonin Proust. P., Maurice Dreyfous, 1878, 2 vol. in-12, xi-396 et 385 pp, troisième édition augmentée d'un index, reliures demi-basane havane, dos à 5 nerfs pointillés, titre doré (rel. de l'époque), rousseurs, un plat détaché au tome 2, état moyen

            30