Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 380 – Novembre 2018

 

 

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Sommaire

 

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  AUBOUIN (Michel), Arnaud TEYSSIER, Jean TULARD. Histoire et Dictionnaire de la police, du Moyen Age à nos jours. Laffont, 2005, in-8°, 1059 pp, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

            25

Née de la cité, dont elle a tiré son nom, la police est dépositaire de la violence légitime. C’est le bras armé de la société pour assurer sa propre régulation, chargé à la fois de surveiller et de punir, comme l’aurait dit Michel Foucault. Miroir de l’État, c’est aussi le miroir du crime et de l’humaine condition. Pour la première fois, des universitaires parmi les meilleurs se sont alliés à des policiers férus d’érudition et de mémoire pour écrire une somme unique en son genre. Indissociable de l’essor de la France urbaine, c’est une histoire qui commence avec les prévôts, les chevaliers du guet et les sergents à verge de l’Ancien Régime et se poursuit jusqu’à nos jours avec les « hirondelles » et les policiers d’élite du RAID. Comment est-on passé des indicateurs du premier lieutenant de police de Paris (Nicolas de La Reynie), chargé de nettoyer la fameuse cour des Miracles, aux Brigades du Tigre, inventées par Clemenceau pour contrer les nouveaux avatars du crime ? des fiches anthropométriques de Bertillon aux cybertechniques utilisées contre les narcotrafiquants ou les pédophiles ? Qu’est-ce que le quai des Orfèvres ? La police a-t-elle manqué à ses devoirs sous Vichy ? Les flics furent-ils collabos ou résistants ? Quel fut le rôle des services de renseignements pendant la guerre d’Algérie ? C’est à toutes ces questions et à beaucoup d’autres encore que répond l’Histoire et Dictionnaire de la police, de fait le premier roman vrai de la police française. (Daniel Rondeau)

2.                  AUDUBON (J.-J.). Les Oiseaux d'Amérique. Payot, 1945, gr. in-8°, 282 pp, préface et notice par Edmond Bruet, 4 planches hors texte (un portrait de J.-J. Audubon (1785-1851) et 3 pl. d'oiseaux), broché, couv. factice, bon état (Coll. Bibliothèque géographique)

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Tome I seul (sur 2) — Audubon est le plus célèbre des naturalistes américains. Son œuvre principale « Les oiseaux d'Amérique », qu'il écrivit de 1827 à 1838, eut d'innombrables éditions dans toutes les langues. C'est l'un des plus magnifiques traités d'histoire naturelle qui ait été écrit.

3.                  BARRES (Maurice) – BOUROUX (P.-A.) . Colette Baudoche. Histoire d'une jeune fille de Metz. Eaux-fortes de P.-A. Bouroux. P., chez l'Artiste, 1928, in-4°, 48 eaux-fortes originales de P.-A. Bouroux, dont une vignette de titre, 12 hors texte et 35 dans le texte, reliure plein maroquin bleu-nuit, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, date dorée en queue, tranches dorées, décors d'encradements de maroquin mosaïqué sur les contreplats, gardes de soie bleu-nuit et doubles gardes de papier fantaisie, coupes filetées, couv. et dos conservés, sous emboîtage (lég. frotté) de papier fantaisie ourlé de maroquin bleu-nuit (reliure de l'époque signée Vermorel), bel exemplaire. Exemplaire nominatif : un des 175 ex. sur vélin de Rives enrichi du prospectus de souscription de l'ouvrage, de trois lettres manuscrites de P.-A. Bouroux, de 4 planches d'état et d'une planche originale sur Japon signée

            3000

Colette Baudoche est un roman de Maurice Barrès paru en 1909. L'intrigue se déroule en Lorraine après la guerre franco-allemande de 1870, et raconte la relation qui se noue lentement entre une jeune femme française et un professeur allemand... Quand le traité de Francfort eut donné à l'Allemagne en 1871 l 'Alsace et la Lorraine, nombreux sont ceux qui abandonnèrent leur terre natale. Les autres se résignèrent à subir cette mauvaise fortune des armes qui changeait leur nationalité. Mais un trait de plume au bas d'un parchemin peut-il aussi changer les coeurs ? Oui, disaient les vainqueurs, en laissant faire le temps. Trente-sept ans d'occupation allemande ont passé sur Metz quand, le jeune professeur Frédéric Asmus, frais émoulu de l'université de Koenigsberg, vient se loger chez Mme Baudoche et sa petite-fille Colette. A travers elles, il découvre la civilisation française si différente de celle d'outre-Rhin dont il est le représentant typique et c'est finalement le vainqueur qui a le coeur changé. Colette la moqueuse est touchée par cette métamorphose et serait à son tour bien près de l'aimer. Quand Frédéric Asmus la demande en mariage, elle a un instant d'hésitation. Mais ce qui eût été posé en d'autres temps ne l'est plus alors que l'Allemagne occupe notre sol et que les tombes de nos soldats vaincus jonchent la campagne. L'attitude morale de Colette la Lorraine, avant 1914, préfigure celle de tous les résistants français après 1940.

4.                  BESANCON (Alain). L'histoire psychanalytique : une anthologie. Recueil de textes présentés et commentés. Mouton, 1974, in-8°, 384 pp, broché, bon état. (Coll. Le savoir historique)

            25

Cette anthologie est la première de ce genre qui paraisse en français. Elle voudrait donner une idée non pas de ce que la psychanalyse est capable de faire dans le domaine de l'histoire, mais de ce qu'elle a déjà fait. Le lecteur pourra ainsi juger sur pièces de la validité et des limites de la méthode. S'il est historien, il n'aura pas à prendre position sur la psychanalyse elle-même, mais seulement sur la qualité historique des travaux qu'elle aura inspiré...

5.                  [Bible Protestante]. La Sainte Bible. Ancien Testament. Version de L. Segond. – Nouveau Testament. Version de H. Oltramare. P., Agence de la Société Biblique Protestante, 1893, fort in-8°, xx-1553-xii-462 pp, reliure pleine basane fauve, dos lisse avec titre et filets dorés, filet d'encadrement doré sur les plats (rel. de l'époque), dos frotté, bon état

            80

L'Ancien Testament. Traduction nouvelle d'après le texte hébreu par Louis Segond. – Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus-Christ. Version nouvelle par Hugues Oltramare. — Jacques-J.-Louis Segond, né à Genève en octobre 1810, de parents français, fait ses études littéraires et théologiques au collège et à l'académie de Genève avant de passer son baccalauréat à Strasbourg (1834). Il passe un an et demi à Bonn et un an à Eisenbach, où il rédige sa thèse de doctorat sur la nature de l'inspiration chez les auteurs sacrés et dans les écrits du Nouveau Testament (1836). En 1840, il est nommé pasteur de la paroisse de Chênes-Bougeries et il occupe ce poste jusqu'en 1864, moment où il se fixe à Genève pour y travailler à la traduction en français de l'Ancien Testament à partir des textes originaux hébreux et grecs, une commande de la Compagnie des Pasteurs. La même Compagnie a commandé à Oltramare la traduction du Nouveau Testament. Cependant, son style étant très populaire à l’époque, Louis Segond traduit aussi le Nouveau Testament, de sa propre initiative, et vend les droits à Oxford University Press. C'est en 1880 que paraît pour la première fois – à Oxford – la Bible française de Louis Segond. Depuis lors, ce texte, révisé à plusieurs reprises, s'est imposé en particulier dans les milieux protestants, au point de devenir la Bible la plus largement répandue dans les pays de langue française. Certains sont allés jusqu'à comparer l'influence de cette version sur la francophonie à l'emprise de la King James Version sur la culture anglo-saxonne.

6.                  BOYER (Jacques). Histoire des mathématiques. P., Georges Carré et C. Naud, 1900, in-8°, xi-260-16 pp, un frontispice, 8 figures, 7 fac-similés et 19 portraits à pleine page, index, reliure pleine percaline prune souple de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, dos lég. frotté, bon état. Edition originale

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Les mathématiques chez les anciens peuples de l'Orient. – Les Ecoles ionienne et pythagoricienne. – Les Ecoles d'Athènes et de Cyzique : Platon, ses disciples. – Fondation de l'Ecole d'Alexandrie. Oeuvres d'Euclide et d'Archimède. – Les travaux d'Apollonius et le développement des mathématiques appliquées. – Les mathématiques en Egypte et en Grèce du Ier au Ve siècle. Etablissement de la trigonométrie sphérique et naissance de l'algèbre. – Les mathématiques chez les Romains. – Le développement des mathématiques dans l'Inde. – La science arabe du IXe au XIIe siècle. – Les mathématiques en Occident au Moyen Age. Influence des Arabes. – La fin du Moyen Age et l'Ecole byzantine. – Les précurseurs de la mathématique moderne. – Invention de l'algèbre moderne par Viète et découverte des logarithmes par Napier. – La Géométrie de Descartes (1637). Les travaux de Fermat et de Pascal. – Découverte de l'analyse infinitésimale par Newton et Leibniz. – Les mathématiciens anglais de la première moitié du XVIIIe siècle et les recherches d'Euler. – Travaux de Lagrange. Invention de la Géométrie descriptive par Monge (1800). Oeuvres de Laplace et de Legendre. – Coup d'oeil sur la science contemporaine : arithmétique supérieure, analyse et théorie des fonctions, algèbre et mécanique, géométrie euclidienne et géométries non-euclidiennes. – Index. Noms cités et matières traitées. – Table des fac-similés et des portraits.

7.                  BRUHAT (Jean). Histoire du mouvement ouvrier français. 1. Des origines à la Révolte des Canuts. Editions Sociales, 1952, in-8°, 287 pp, préface de Gaston Monmousseau, chronologie politique, index des noms, des lieux, des industries, broché, traces de scotch en haut et en bas du dos, bon état

            30

Seul volume paru. « C'est à la fois l'histoire de la classe ouvrière, celle de ses conditions de vie et celle de ses organisations que nous voulons esquisser, tout en accordant un intérêt plus particulier aux organisations syndicales » (p. 19) — Table : Les origines. – Les ouvriers et les luttes de classes en France à la veille de la révolution bourgeoise. – Les masses populaires à l'assaut de la féodalité (14 juillet 1789 - 27 juillet 1794). – Naissance de l'Etat bourgeois. – Le temps du compromis et les premières luttes ouvrières (1815-1831). – L'insurrection des canuts lyonnais et ses conséquences (1830-1834). – Le bilan. — "... L'étude que fait M. Bruhat (p. 212 et suiv.) de la Révolution de 1830 situe autrement la crise économique dans la genèse de la Révolution. « Elle (la crise) aggrave (donc) l'antagonisme entre l'aristocratie foncière et la grande bourgeoisie » (p. 213), « renforce l'opposition de la bourgeoisie au régime de la Restauration » et jette aussi les ouvriers dans la lutte pour qui l'ennemi principal paraît être encore, comme en 1789, cette aristocratie. C'est-à-dire que, chez M. Bruhat l'économique, et le politique ne sont pas des ordres de faits parallèles, mais, au contraire, procèdent l'un de l'autre, celui-ci de celui-là, le politique étant, suivant l'expression marxiste-léniniste, « concentré de l'économique ». M. Bruhat peut dès lors donner de la Révolution de 1830 l'explication politique bien connue (manifestation contre Villèle et élections de 1827, recul provisoire (1828), puis contre-offensive (1829) des ultra-royalistes, contre-offensive brisée par la révolution bourgeoise et ouvrière de 1830 ; la contradiction bourgeoisie-prolétariat arrivant d'ailleurs au premier plan dans la substitution de Louis-Philippe à la République, dès qu'a été éliminée par la victoire des Trois Glorieuses la contradiction bourgeoisie-aristocratie) et réconcilier ainsi (dans une histoire politique de la lutte des classes) les deux aspects qu'il est courant aujourd'hui d'opposer : l'économique et l'« événementiel »..." (Maurice Agulhon, Revue Historique, 1954)

8.                  CAILLEUX (André) et Jean KOMORN. Dictionnaire des racines scientifiques. P., SEDES, 1981, in-8°, 263 pp, 3e édition revue et augmentée de plus de 1200 entrées nouvelles, broché, bon état

            30

"En collaboration avec M. Komorn, notre infatigable confrère, M. Cailleux, vient de faire paraître un nouvel ouvrage fort intéressant et particulièrement utile : un dictionnaire des racines scientifiques. Les racines grecques, latines, arabes, italiennes, anglaises, etc. y figurent chacune sous la forme où elles se rencontrent dans les mots français ; les préfixes, suffixes et désinences usuels sont également donnés ; le tout en caractères latins. Les noms géographiques figurent dans le Dictionnaire sauf s'ils sont évidents. Ce Dictionnaire s'appuie sur une solide documentation dont les auteurs ont su faire un emploi critique. Bien imprimé, avec un heureux choix de caractères typographiques, il est de consultation très aisée. Il s'adresse à tous les chercheurs, professeurs, étudiants ou hommes cultivés qui désirent mieux comprendre les mots techniques en usage dans les sciences pures et appliquées, Les naturalistes y sont, bien entendu, très largement servis. L'ouvrage rendra d'immenses services à tous ceux, de plus en plus nombreux, qui lisent ou emploient les mots scientifiques techniques. Et les auteurs doivent en être remerciés et félicités." (Georges Mazenot, Publications de la Société Linnéenne de Lyon) — "Le dictionnaire que viennent de publier A. Cailleux et J. Komorn indique le sens et l'étymologie de la plupart des racines du vocabulaire scientifique contemporain. Cet ouvrage rendra de grands services en permettant un meilleur emploi et une meilleure connaissance des termes. En particulier, ce livre éclaire le sens et l'origine de bien des mots du vocabulaire géographique, ce qui ne saurait nous étonner puisque M. A. Cailleux est l'un des deux auteurs de ce dictionnaire. C'est ainsi que l'on pourra commodément relier les noms d'étages comme Aalénien, Burdigalien, Callovien, Toarcien, etc.. à ceux des localités qui leur ont donné naissance : Aalen, Bordeaux, Kelloway, Thouars, etc.. On pourra aussi préciser l'étymologie de mots variés depuis « aa jusqu'à zircon » qui possède une histoire sémantique chargée, en passant par fetch, glint, pediment, schorre, etc... La présentation de cet ouvrage est élégante et simple. Les racines figurent sous les différentes formes où elles se rencontrent dans les mots français. Une typographie soignée, un beau papier, un format commode (21 x 15 cm), une couverture d'une sobre distinction rendent la consultation du dictionnaire des racines scientifiques d'A. Cailleux et J. Komorn aussi agréable qu'utile." (Fernand Verger, Norois)

9.                  Collectif. Le Syndicalisme français : Eugène Varlin, Fernand Pelloutier, Josette Cornec, Léon Jouhaux, Benoît Frachon, Eugène Descamps. Romorantin, Editions Martinsart, 1985, in-4°, 463 pp, riche iconographie en noir et en couleurs (166 photos, fac-similés et caricatures dans le texte, 40 pl. d'illustrations et photos en couleurs hors texte), biblio, reliure plein cuir bleu orné d'un motif doré de l'éditeur, pt accroc au dos, bon état (Coll. Les Grands Révolutionnaires)

            30

Détail : Eugène Varlin (par Yves Denis), Fernand Pelloutier (par Aline Alquier), Josette Cornec (par Georges Coulonges), Léon Jouhaux (par Bernard Georges), Benoît Frachon (par Jacques Girault), Eugène Descamps (par Michel Launay). — Un des 13 volumes de la collection “ Les Grands Révolutionnaires”.

10.              CONFUCIUS. Les Quatres livres de Confucius, qui représentent son héritage spirituel et se nomment : La Grande Etude. L'Invariable milieu. Les Entretiens. Le Meng tzeu. Traduction intégrale, notes et préface du Révérend Père Séraphin Couvreur, S.J. de l'Ecole Française en Extrême-Orient. Décoration originale de Ton-Hi. P., Jean de Bonnot, 1979, in-4°, ix-(11)-655 pp, texte original chinois avec traduction française en regard, reliure plein cuir noir de l'éditeur orné à froid sur les plats et au dos (dessin et volutes dorés et argentés), tête dorée, signet, bon état

            70

Les Quatre Livres sont quatre textes sélectionnés et commentés par Zhu Xi (1130-1200) durant la dynastie des Song pour servir d'introduction à la philosophie chinoise et au confucianisme. Ils comprennent les Analectes de Confucius, compilation des paroles de Confucius rassemblées par ses disciples, le Mencius, un livre d'entretiens entre Mencius et des rois de son époque, la Grande Étude, correspondant au nom d'un chapitre du Livre des Rites et l'Invariable Milieu, qu'on pourrait traduire aussi par la Voie médiane, le nom d'un autre chapitre du Livre des Rites. Pour découvrir la doctrine de Maître Kong ou confucianisme, il est préférable de commencer par les Quatre Livres. L'édition de référence est toujours celle réalisée en 1895 par le P. Séraphin Couvreur, s.j.

11.              CONTE (Arthur). L'Epopée des chemins de fer français. Plon, 1996, gr. in-8°, 414 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'histoire des chemins de fer français se confond avec l'histoire de la France. Intimement liés à deux siècles, ou presque, de vie des Français, nos chemins de fer, tel un personnage vivant de notre mythologie nationale, ont été un des grands acteurs de notre temps. Cette histoire, aux allures d'épopée, nous fera passer des wagons découverts du Paris-Saint-Germain au tunnel sous la Manche, via la construction des gares-monuments et des grands ouvrages d'art du XIXe siècle, les fantastiques locomotives à vapeur, la Pacific 213, la création de la SNCF, l'électrification du réseau, et enfin, bien sûr, l'aventure du TGV. Mais nos chemins de fer relèvent aussi de la légende. Le "Train bleu", la "Lison" de la Bête humaine, les départs de soldats en 1914, les trains de vacances de 1936, la bataille du rail pour la libération de la France, les records du monde de vitesse de 1955 et 1990, sont inscrits dans le cœur des Français. Mille histoires d'hommes et de trains, mille prouesses, mille sacrifices, des catastrophes et des moments de gloire défilent dans ce livre mémorial, qui retrace, sous la plume épique d'Arthur Conte, la plus formidable œuvre collective de la France moderne.

12.              COQUERY-VIDROVITCH (Catherine). Les routes de l'esclavage. Histoire des traites africaines, VIe-XXe siècle. Albin Michel, Arte Editions, 2018, in-8°, 284 pp, 16 planches d'illustrations en noir et en couleurs, une carte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de l'Afrique elle-même avec la traite interne, des différentes terres musulmanes avec les traites orientales, de l'Europe avec la traite atlantique. Pour comprendre l'ampleur et la complexité historique de l'esclavage des Noirs, il faut donc en faire la géographie, qui passe par les routes des différentes traites. C'est cette synthèse que Catherine Coquery-Vidrovitch nous présente ici avec rigueur et pédagogie, loin de toute polémique. Elle s'appuie sur son savoir immense d'historienne de l'Afrique, mais aussi sur le riche matériau réuni dans une série de quatre films intitulée Les Routes de l'esclavage, diffusée par la chaîne ARTE, dont elle a été la conseillère historique, et où interviennent les meilleurs spécialistes issus de nombreux pays. Un ouvrage aussi passionnant que terrible, qui révèle les rouages d'un système criminel sur lequel s'est construit en grande partie notre monde actuel.

13.              CORDON (Florian). Les Invalides de la Marine, une institution sociale sous Louis XIV. Son histoire, de Colbert à nos jours. P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1950, in-8°, 254 pp, broché, bon état

            30

Sur l'assistance aux gens de mer. — "Expliquer les caractères originels, puis les enrichissements successifs, tant de la pension elle-même que de l'Etablissement des Invalides de la Marine, c'est définir l'attitude que les divers gouvernements de notre pays ont été amenés, par l'évolution des idées et des faits, à prendre envers les navigateurs de nos côtes. La petite histoire d'une Caisse dont l'existence est totalement ignorée de la masse des Français reflète ainsi de près l'histoire maritime, et par l'intermédiaire de celle-ci, l'histoire générale. Le sujet traité est à maints égards aride, presque hermétique ; il ne laisse pas cependant de présenter quelque attrait pour l'historien." (Préface)

14.              [Curiosa] – [JEANNIDIS, Nicolas A.]. Contes licencieux de Constantinople et de l'Asie mineure, recueillis par Jean Nicolaïdès, professeur au lycée de Chios. Kleinbronn et P., Gustave Ficker, 1906, in-12, xxviii-218 pp, reliure percaline havane de l'éditeur, titres au 1er plat et au dos, non rogné, bon état (Contributions au folklore érotique ; t. I). Edition originale, un des 200 ex. sur papier vergé (ouvrage tiré à 250 exemplaires seulement : 200 Vergé; 30 Hollande, 20 Japon). Rare

            100

"Ce volume, tiré à petit nombre, est le premier d’une collection destinée, disent les éditeurs, à fournir aux folk-loristes aussi bien qu'aux critiques littéraires un ensemble de documents populaires permettant d'élucider l’origine de toute une partie de la littérature qui va des Fables milèsiennes aux facéties, aux fabliaux et aux nouvelles du moyen-âge et s’est perpétuée dans les récits licencieux de nombreux écrivains contemporains. Les contes sont au nombre de 70, et plusieurs présentent des parallèles avec ceux d'autres pays et aussi avec ceux des conteurs français ; ceux-ci les donnent sous une forme plus atténuée. C’est assez dire que ce livre est de ceux qui doivent rester dans « l’enfer » des bibliothèques des traditiounistes, auxquels seuls d’ailleurs il est destiné." (Revue des traditions populaires, 1906)

15.              [Curiosa] – [LEDIEU, Alcius]. Contes licencieux de la Picardie, recueillis par Le Meunier de Colincamps, tome 1er. Kleinbronn et P., Gustave Ficker, 1909, pt in-8°, x-214 pp, reliure percaline havane de l'éditeur, titres au 1er plat et au dos, non rogné, bon état (Contributions au folklore érotique ; t. IV). Edition originale, un des 200 ex. sur papier vergé (ouvrage tiré à 230 exemplaires seulement : 200 Vergé; 25 Hollande, 5 Japon). Rare

            100

En 1906, Henri Carnoy lance une collection nommée “Contributions au folklore érotique, contes, chansons, usages, etc. recueillis aux sources orales”. Une dizaine de titres sont annoncés mais seulement quatre paraîtront finalement entre 1906 et 1909 : “Contes licencieux de Constantinople et de l'Asie mineure”, “Contes licencieux de l'Alsace”, “Contes licencieux de l'Aquitaine” et “Contes licencieux de la Picardie”. Le titre “Contes licencieux de la Picardie” (dernier paru de la collection, en 1909), est dû au "meunier de Colincamps", pseudonyme derrière lequel se trouve Alcius Ledieu (1850-1912), bibliothécaire à Abbeville, historien et écrivain régionaliste. On lui doit notamment “Une gerbe de Contes Picards”, “La guerre de trente ans en Artois”, “Histoire de Crécy-en-Ponthieu”, un “Dictionnaire picard”, etc. – Des contes "spéciaux" qui sont assez systématiquement absents des recueils traditionnels de contes et légendes...

16.              [Curiosa] – [PERBOSC, Antonin]. Contes licencieux de l'Aquitaine, recueillis par Galiot et Cercamons. Kleinbronn et P., Gustave Ficker, 1907, in-12, xix-325 pp, reliure percaline havane de l'éditeur, titres au 1er plat et au dos, non rogné, bon état (Contributions au folklore érotique ; t. III). Edition originale, un des 200 ex. sur papier vergé (ouvrage tiré à 230 exemplaires seulement : 200 Vergé; 25 Hollande, 5 Japon). Rare

            100

Les contes et les fables ont longtemps fait rêver, tout au long des veillées, des auditoires où les enfants se mêlaient aux adultes... mais, à l’heure tardive, le ton changeait : la bergère maniait une curieuse houlette, le curé sonnait un autre carillon, les maris trompés ou les nigauds embarrassés par leur nuit de noces devenaient les acteurs de récits facétieux et érotiques, de fabliaux que les collecteurs ont souvent méprisés tant ils entendaient donner du peuple une image épurée et idyllique. Pourtant, en 1907, paraîssent sous la signature de Galiot et Cercamons, les “Contes licencieux de l’Aquitaine”. Le pseudonyme cache un instituteur du Tarn-et-Garonne, déjà très connu pour son œuvre poétique, Antonin Perbosc. Ces contes populaires sont le fruit de recherches dans le Toulousain et les régions avoisinantes, l’ethnographe conservant aux textes qu’il traduit, les tournures languedociennes ou gasconnes qui en font tout le sel. Cet ouvrage, tiré à très peu d’exemplaires et diffusé confidentiellement, est aussitôt devenu introuvable.

17.              D'OCAGNE (Maurice). Histoire abrégée des sciences mathématiques. Ouvrage recueilli et achevé par René Dugas. P., Vuibert, 1955, gr. in-8°, 405 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état

            40

I. Les origines. La science hellène. – II. Fin de l'Antiquité. Moyen Age. Renaissance. – III. Débuts des temps modernes. XVIIe siècle. – IV. Le XVIIIe siècle. – V. Du XIXe siècle à la période contemporaine.

18.              DELBOURG-DELPHIS (Marylène). Le Chic et le Look. Histoire de la mode féminine et des mœurs de 1850 à nos jours. Hachette, 1981, in-8°, 280 pp, 20 illustrations dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Pour être "chic", "dernier cri", "dans le train", "up to date", "dans le vent" ou "branché", il faut porter une crinoline Dujardin, du mauve tendre et bleu scabieuse, la coupe Antoine et de la perlouze, un fourreau de satin blanc cassé, la choucroute, la mini, la "patte d'éléphant" ou le corsaire, applaudir la première de “La Grande-Duchesse de Gérolstein”, avoir aimé Bayreuth mais ne plus tenir à y aller et déclarer que le Palace "c'est fini". Depuis plus de cent ans, il faut être à la "dernière mode", c'est-à-dire à la prochaine, pour éviter d'avoir l'air trop défraîchi. Analyse chronologique de la mode féminine de 1850 à nos jours, cet essai est une histoire des faux-semblants révélateurs de la relation tantôt subie, tantôt choisie des femmes à l'univers quotidien. Enquête sur les conditions d'apparition des modes et les principes subtils qui régissent ces fantaisies quasi obligatoires, “Le chic et le look” décrit la traduction originale de l'histoire dans le monde irréductible de l'apparence, la réverbération sur les visages et les silhouettes d'événements aussi différents qu'une grande exposition des peintres vénitiens au Grand Palais, que la guerre de Crimée, celles de 14-18 ou de 39-40, ou l'apparition du twist... — "Dans “Le chic et le look”, Marylène Delphis-Delbourg a écrit une histoire de la mode qui est également une histoire des femmes et des « mentalités »." (Steven Zdatny, La mode à la garçonne, 1900-1925 : une histoire sociale des coupes de cheveux, 1996)

19.              DÉSVEAUX (Emmanuel). La Parole et la substance. Anthropologie comparée de l'Amérique et de l'Europe. Les Indes savantes, 2017, gr. in-8°, 319 pp, 23 illustrations (dont 3 en couleurs) sur 14 pl. hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'anthropologie contemporaine se prévaut de sa faculté à monter en généralité à partir d'un cas, d'une monographie, d'une aire culturelle restreinte. Ce livre se veut en rupture avec cette confortable posture épistémologique. Il propose une série d'études de cas allant de la torture chez les Iroquois du XVIIe siècle à la pornographie contemporaine en passant par le modèle végétal de l'aînesse chez les Indiens de Californie, la poésie de Bob Dylan ou encore le carnaval en Occident afin de dégager deux blocs radicalement distincts au regard du socius fondamental. En Amérique, la préséance est toujours donnée à la parole, autrement dit au langage, tandis que l'Europe s'avère incapable de se départir de la matérialité des choses et, partant, des êtres. D'où son inclination à privilégier irrémédiablement la substance.

20.              [Droit] – HAURIOU (Maurice). Précis de droit administratif, contenant le droit public et le droit administratif. P., Larose & Forcel, 1893, in-8°, xii-759 pp, 2e édition, reliure pleine toile bleue, dos lisse, titre doré, couv. conservées, bon état

            100

Un des ouvrages fondamentaux de la doctrine juridique française. L'ouvrage, au-delà de certains aspects aujourd'hui dépassés, dégage des solutions toujours actuelles, soit qu'elles aient été déjà adoptées au moment où il a été rédigé soit qu'il les ait annoncées. Il montre que c'est sur une base théorique que peuvent seulement être réglées les difficultés d'ordre administratif. Le "système" qui sous-tend les développements permet de fonder et de comprendre le droit administratif. Il reste un modèle pour ceux qui cherchent à connaître et à faire évoluer le droit public dans son ensemble.

21.              [Droit] – HAURIOU (Maurice). Précis de droit constitutionnel. Editions du CNRS, 1965, in-8°, xv-759 pp, 2e édition, reliure simili-cuir fauve, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état. Réimpression de l'édition du Recueil Sirey, 1929

            100

Réimpression de la seconde édition du traité de droit constitutionnel d’Hauriou dans lequel on trouve notamment des développements remarquables sur la notion de coutume constitutionnelle qui disparaîtra postérieurement du paysage constitutionnel français.

22.              [Droit] – MOREAU (Félix). Précis élémentaire de droit constitutionnel. (Organisation des pouvoirs publics). P., Larose & Forcel, 1892, in-12, 547 pp, reliure pleine toile bleue, dos lisse, pièce de titre basane vert olive, couv. conservées, bon état

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"Le livre de M. Moreau est certainement le manuel de droit constitutionnel le plus complet et le plus exact qui ait encore été fait. Une introduction , dont l'allure contraste un peu avec le caractère presque exclusivement documentaire du reste du livre, résume, ironiquement peut-être, les premiers principes de la sociologie et note très brièvement sa conception de l'État, de ses formes variables, de la séparation des pouvoirs sous ses deux aspects bien différents, séparation des fonctions et séparation des organes, qui n'est que la division du travail. Un premier livre relate très consciencieusement les dispositions essentielles des constitutions françaises depuis celle de 1791 jusqu'à la dernière sous l'empire de laquelle nous vivons, en y ajoutant les principales constitutions étrangères. Dans un deuxième livre, l'auteur différencie le pouvoir constituant du législatif, de l'exécutif et de tous les autres, et traite de la révision. Puis il étudie successivement le pouvoir législatif (Chambre, Sénat, composition et attributions), le gouvernement ou pouvoir exécutif (Président de la République, ministres), et les rapports qui existent entre eux et constituent le caractère propre du régime parlementaire. Enfin, dans un sixième livre il donne, sur les tribunaux, la séparation des pouvoirs judiciaire et législatif, judiciaire et exécutif, la justice judiciaire et la justice administrative, les renseignements les plus précis et les mieux ordonnés. Chaque livre se termine par un court appendice contenant l'examen des principales législations étrangères." (Ed. Meynial, Nouvelle revue historique de droit français et étranger, 1892)

23.              DRUILHE (Paule). Histoire de la musique. Hachette, 1962, in-12, 159 pp, 34 illustrations, biblio sommaire, discographie, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état

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L'antiquité ; Le moyen âge ; La renaissance ; L'art classique ; La musique en France sous la Révolution et l'Empire ; Le romantisme ; L'art contemporain.

24.              DUCHÉ (Jean). Deux siècles d'Histoire de France par la caricature, 1760-1960. 1 consulat, 2 empires, 3 monarchies, 4 révolutions, 5 républiques. P., Editions du Pont Royal, 1961, in-4°, 250 pp, iconographie et légendes de Georges Albert-Roulhac, 470 illustrations, reliure toile écrue décorée de l'éditeur (lég. salie), sans la jaquette, état correct

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« Plus ça change, disait Rip, plus c'est la même chose... » Cette boutade d'un de nos plus célèbres revuistes du début du XXe siècle exprime une vérité profonde. Les costumes changent plus vite que les coutumes, les régimes se succèdent, les « grandes figures » défilent, mais les hommes demeurent égaux à eux-mêmes, à leurs éternelles passions. En condensant, sous la forme la plus gaie et la plus pittoresque, deux cents ans d'histoire de France – deux siècles constamment battus par le flux et le reflux des vagues révolutionnaires et réactionnaires – cet ouvrage ne montre pas seulement le fatal enchaînement d'événements qui forme la trame de notre passé ; il permet aussi de saisir de surprenantes analogies avec le présent que nous vivons. Ainsi cette « histoire par la caricature », en nous conviant à juger nos ancêtres, nous incite-t-elle à rire de nos propres travers. « Nous nous apercevons », écrit Jean Duché, « que notre jugement coïncide rarement avec celui des contemporains et nous serions tentés de dire : « Est-il possible de s'égarer à ce point-là ? La passion les aveuglait. » Mais, provoquée, cette réaction entrait aussi dans notre dessein, qui était d'apporter une contribution à l'histoire des passions françaises. » Nul n'était plus qualifié que Jean Duché pour commenter ces deux siècles d'histoire de France. Doué d'un esprit de synthèse qui lui permet de distinguer les grands mouvements de l'histoire, il sait aussi s'attacher au détail pittoresque propre à ressusciter le passé. Et, mêlant avec humour, aux événements et aux visages qui ont marqué notre vie politique, les reflets de la vie quotidienne – modes et toquades du grand et du demi-monde, engouements passagers et grandes inventions – il déroule pour notre plaisir le plus vivant des films d'époque. La caricature est un art difficile. En effet, il y faut, avec un rare don de plume, un esprit avisé qui sache découvrir dans l'anecdote, parfois dramatique, non seulement le détail qui fera rire, mais, son sens politique ou humain. Les humoristes français sont orfèvres en la matière. Pourtant, à la fin du XVIIIe siècle et au début du siècle dernier, les Anglais s'imposent sans doute parce que, la Grande-Bretagne était en lutte continuelle avec la France. L'humour de caricaturistes comme Gillray Cruikshank, notamment, s'est acharné contre Napoléon. Plus tard, sous Louis-Philippe, la seconde République et le second Empire, Honoré Daumier domine son époque avec des estampes dont la maîtrise n'a d'égale que la violence des convictions. Sous la troisième République un nain génial, Toulouse-Lautrec, ressuscitait pour nous l'étonnante farandole montmartroise qu'entraîne à un rythme endiablé la Goulue, Yvette Guilbert et Valentin le Désossé. Caran d'Ache, né à Moscou, mais petit-fils d'un grognard de Napoléon, exerce, à la même époque, sa verve, sur l'armée et sur les salons. Puis vient Sem, le psychologue, qui trousse son personnage en trois coups de crayon et en fixe les traits pour l'éternité ; Sem sans qui la « Belle Epoque » ne serait que ce qu'elle fut. Forain a la même puissance dans le trait, la même brutale franchise que Daumier. En formules percutantes, il nous assène ses souvenirs de la « Grande guerre ». Le talent incisif de ce conservateur anarchiste en fait le créateur de la caricature moderne. Plus près de nous, Sennep applique son intelligence diabolique et ses astuces graphiques à « servir » selon ses mérites le personnel politique de trois Républiques successives. Citons enfin, dans cette trop brève évocation, Jean Effel qui sait mieux que quiconque mettre en situation ses personnages et dont chaque dessin, chaque légende sont des trouvailles. À côté de ces « Grands » se presse la foule des confrères, parfois anonymes, « reporters » cruels et souvent lucides de notre histoire.

25.              FOUCHER (Alfred). La Vie du Bouddha, d'après les textes et les monuments de l'Inde. Payot, 1949, in-8°, 383 pp, une carte, 3 schémas au trait, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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I. Le cycle de Kapilavastou. – II. Les cycles de Magadha et de Bénarês. – III. Les cycles mineurs. — "Suivant l'auteur lui-même, cet ouvrage s'adresse à la fois au grand public et aux étudiants. Pour être plus accessible à tous, le corps de l'ouvrage est allégé des « complications orthographiques et linguistiques » ; mais dans les notes groupées in fine l'auteur donne avec d'abondantes références bibliographiques et archéologiques, la signification d'appellations particulières et de multiples détails complémentaires. De cette oeuvre, d'une lecture facile, il fait ainsi un précieux instrument de travail et livre au profit de tous une documentation accumulée pendant les longues années de ses incessantes recherches. Le problème de la vie du Buddha est abordé en historien comme nous en avertit l'auteur. Mais si les faits historiques, brièvement rappelés, sont précis et certains, ils restent très succincts. Très vite, la mythomanie populaire et le pieux zèle des moines ont modifié et amplifié les souvenirs qui s'étaient conservés de la vie du Buddha. Celui-ci est ainsi devenu une personnalité « à deux visages, selon que l'on considère ce qu'elle dut être dans la réalité quotidienne ou, d'autre part, ce qu'elle est devenue dans l'imagination de ses sectateurs ». Pour présenter le Buddha sous son aspect humain et sous l'aspect divin que l'Inde lui a donné, et pour établir la légende de sa dernière vie terrestre, A. Foucher se base à la fois sur les données fournies par les textes et sur celles fournies par les documents archéologiques. Les épisodes sont groupés par grands cycles qui correspondent aux divers stades de la vie du Buddha et aux sites principaux qui furent les témoins des grands événements de cette vie..." (Madeleine Hallade, Arts Asiatiques, 1954)

26.              GARRISSON-ESTÈBE (Janine). L'Homme protestant. Hachette, 1980, in-8°, 254 pp, 6 cartes, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes)

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"Rarement un "emballage" modeste aura renfermé tant de richesse d'analyse, de notations subtiles et de remises en perspective opportunes. De la persécution des gens de la "religion prétendument réformée" aux XVIe et XVIIe siècles à leur pratique politique, sociale, familiale et scolaire aux XIXe et XXe siècles, cette spectrographie d'une communauté [...] nous révéle, en quelques belles pages, les éléments d'une mentalité moulée par l'histoire et la religion, et l'affirmation d'une spécificité enfin restituée dans ses vraies dimensions." (L'Histoire)

27.              KASPI (André). Les Juifs américains. Plon, 2008, in-8°, 322 pp, lectures recommandées, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Trop riches ? Trop influents ? Les Juifs américains décideraient des élections présidentielles, de la politique étrangère, des orientations culturelles. Ils feraient la pluie et le beau temps dans tous les secteurs de la vie économique. L'Amérique serait devenue juive. Elle obéirait aux ordres d'une infime minorité de ses citoyens. Ces idées reçues circulent à travers le monde, comme si elles étaient irréfutables. André Kaspi, qui scrute depuis des années la société américaine, répond aux questions que l'on pose sur les Juifs aux Etats-Unis. Sur une réalité complexe et mouvante, il jette le regard d'un historien. Il observe avec objectivité et honnêteté. Les réponses qu'il propose, il les fonde sur des exemples concrets et contemporains. Il invite ses lecteurs à la réflexion dans un climat de sérénité. Une manière de remettre en cause bien des préjugés. (4e de couv.)

28.              KNIBIEHLER (Yvonne). Les pères aussi ont une histoire... Hachette, 1987, gr. in-8°, 344 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Force des idées)

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C'est en historienne qu'Yvonne Knibiehler analyse ici la généalogie de la paternité en Europe occidentale: au gré des âges, les trois principales composantes de la puissance paternelle – fonction biologique de la reproduction ; fonction psychologique de la relation éducative ; fonction sociale de la transmission du patrimoine – s'articulent en effet de manière différente. Si la transmission des biens caractérise la paternité coutumière de la société de l'Ancien Régime, par-delà les différences d'ordre et de castes, l'amour paternel émerge à côté de l'autorité avec le tournant des Lumières – emblématisé par l'Emile –, qui marque le passage symbolique à la paternité individuelle. Progressivement mise en péril au cours du XIXè siècle, l'institution patriarcale doit composer de nos jours avec de nouveaux partenaires (féminisme, Etat et science) qui contribuent à la fragiliser et à la remodeler. Au fond, de la Médée d'Euripide à la fécondation in vitro , c'est toute l'histoire des rapports complexes entretenus par l'homme avec le petit d'homme qui est ici brillamment retracée. — Professeur émérite à l'université de Provence, Yvonne Knibiehler est l'auteur de nombreux ouvrages, au nombre desquels on compte, en collaboration avec Catherine Fouquet, une célèbre “Histoire des mères, du Moyen-âge à nos jours” (1982)

29.              La Nouvelle Critique. Aujourd'hui l'Histoire. Editions Sociales, 1974, in-8°, 352 pp, broché, bon état. On joint 4 coupures de presse

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Par 22 historiens dont Jean Bouvier, Georges Duby, Jacques Girault, Jacques Le Goff, Pierre Lévêque, Robert Mandrou, Claude Mazauric, Emile Poulat, Albert Soboul, Pierre Vilar, etc. — "Avec une introduction de A. Casanova et F. Hincker, les réponses de marxistes et non-marxistes à l'enquête sur l'histoire menée par 'La Nouvelle Critique' de 1968 à 1973. Les nouveaux communistes « regardent sans dogmatisme ni antipathie l'histoire nouvelle ». Un livre important en soi et comme document sur le marxisme orthodoxe, aujourd'hui." (Annales ESC, Le Choix des Annales, 1975)

30.              LA RONCIÈRE (Ch. de) et G. CLERC-RAMPAL. Histoire de la Marine française. Larousse, 1934, in-4°, vi-408 pp, préface du vice-amiral Lacaze, très riche iconographie : 790 gravures en noir et 6 planches hors texte en couleurs, index, reliure demi-basane verte, dos lisse à fleurons dorés et filets à froid, plats vert bouteille ornés à froid avec titre doré, tranches violettes (rel. de l'éditeur), dos très lég. frotté, bon état

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Excellent ouvrage très érudit et abondamment illustré. — Table : Les origines de notre marine ; La marine des Croisades ; La guerre de Cent Ans ; Les guerres d'Italie ; Colonies éphémères ; Les guerres de Religion ; Les Barbaresques et les Turcs ; La guerre de Trente Ans ; Colbert ; Les premières guerres de Louis XIV ; L'empire colonial fondé par Richelieu et Colbert ; L'entr'acte de deux guerres ; La guerre de la Ligue d'Augsbourg ; La guerre de la Succession d'Espagne ; La Régence. Début du règne de Louis XV ; La renaissance maritime à la fin du XVIIIe siècle ; Révolution, Première République, Premier Empire ; La Restauration ; Le Second Empire ; La Troisième République (de 1870 à 1914) ; La Grande Guerre (1914-1918) ; La marine moderne. — "Les grands ouvrages de la Collection in-4° Larousse sont les plus séduisants des livres sérieux. Grand format (32 x 25 cm), splendides llustrations photographiques, planches en noir et en couleurs, reliures artistiques originales." (L'Editeur)

31.              LEFEBVRE (Georges). La Naissance de l'historiographie moderne. Flammarion, 1971, in-8°, 348 pp, préface de Guy P. Palmade, note bibliographique, index, broché, qqs rares marques au stylo, bon état

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"Les cours professés en Sorbonne en 1945-1946 par Georges Lefebvre se présentaient comme une introduction très générale à l'histoire, et la préface de M. Guy P. Palmade à leur tardive publication souligne justement le mérite qu'il y avait à entretenir d'historiographie des étudiants, alors que les habitudes universitaires s'y prêtent si peu et même écartent systématiquement ces curiosités... Une revue qui va du XVIe siècle à Lucien Febvre et à Benedetto Croce..." (Bruno Neveu, Journal des Savants, 1973)

32.              LEFÈVRE (André). La Religion. P., Alfred Costes, 1921, fort in-12, xli-586 pp, reliure demi-toile vermillon, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque des Sciences contemporaines)

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L'un des meilleurs représentants de la Libre Pensée athée et matérialiste de la fin du Second Empire, André Lefèvre (1834-1904) était archiviste paléographe, historien et anthropologue, homme de lettres et titulaire de la chaire d'ethnographie linguistique à l'École d'anthropologie de Paris.

33.              LUCENET (Monique). Les grandes pestes en France. Aubier, 1985, pt in-8°, 284 pp, 54 illustrations, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Floréal)

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"Cette suggestive synthèse est articulée autour de deux pôles historiques majeurs : la peste noire du milieu du 14e siècle et celle qui secoua Marseille et la Provence en 1720. Une abondante illustration, une bibliographie éclectique, de nombreux extraits d'ouvrages complètent ces chapitres qui, pour être rapides, n'en vont pas moins à l'essentiel. Quelques remarques sur la peste dans la mémoire collective et son rôle potentiel aujourd'hui et même demain « enveloppent » l'ouvrage. Satisfaisant, incisif, clair, il y a là beaucoup de qualités." (J. Boissière, Dix-Huitième Siècle, 1986) — "Ce livre traite du fléau sur le plan historique de son apparition et de son évolution en France. Mal absolu qui traumatise encore l'inconscient moderne, alors que la science l'a vaincue, la peste a détruit jusqu'à la moitié de la population de l'Europe, notamment aux XIVe et XVe siècles, alors qu'elle arrive d'Asie avec les invasions barbares. Ce fléau, qui tuait en quelques heures, qui anéantissait familles et villes entières, apparut dans la conscience collective comme une punition exercée par Dieu pour châtier les fautes des hommes. Jugulée ici, elle reparaissait là. Les réformes mêmes les plus absolues n'y pouvaient rien – et pour cause, puisque, nous le savons maintenant, sa propagation se situe à l'invisible niveau microbien. Punitions collectives, comme la flagellation, macérations, prières, soins spirituels ne pouvaient être d'aucune utilité, sinon comme adoucissement moral. Et guère davantage la thérapeutique, qui relevait absolument de l'empirisme. D'ailleurs, où trouver assez d'hommes et de femmes courageux pour secourir malades et moribonds ? On connaît le terrifiant costume, sorte de scaphandre, imaginé pour protéger les médecins des « miasmes » avec leurs masques au long bec d'oiseau bourré de substances aromatiques jugées désinfectantes, substances dont ils pouvaient aussi respirer les senteurs grâce aux cannes à « pomme d'ambre ». Mais il n'existait nulle protection pour les aides, les fossoyeurs, les blanchisseuses, les cuisiniers, les convoyeurs de cadavres... L'ouvrage fait leur juste place aux prescriptions hygiéniques et sanitaires ainsi qu'aux procédés thérapeutiques et autres mis en œuvre pour combattre le fléau, le moyen le plus radical étant, en fin de compte, l'assainissement par le feu : lors de la grande peste de Londres, n'est-ce pas l'incendie général qui jugula l'épidémie ? La troisième et dernière partie du livre est occupée par la fameuse peste de Marseille de 1720 et par la réapparition de la maladie deux siècles plus tard dans cette même ville et à Paris." (Lucie Coignerai-Devillers, Revue d'Histoire de la Pharmacie, 1986)

34.              MALRAUX (André). La Métamorphose des dieux. Gallimard, 1958, pt in-4° (18 x 23), 400 pp, 186 illustrations en hélio, dans le texte et à pleine page, dont 31 planches en couleurs, 8 en bistre, 4 dépliants, table analytique, reliure pleine toile verte de l'éditeur, dos liise avec titres dorés, jaquette illustrée lég. abîmée, bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade)

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"La Métamorphose des Dieux n'appartient pas à la suite des travaux d'André Malraux qui ont formé, dans la Galerie de la Pléiade, le Musée Imaginaire de la Sculpture, mais à la série des Voix du Silence. Il ne s'agit ni d'une refonte ni d'une adaptation – totale ou partielle – de ce livre ou de ces travaux ; mais d'un ouvrage entièrement inédit : La Métamorphose des Dieux est le plus étendu et le plus important des ouvrages consacrés à l'art par André Malraux. Cette année, pour la première fois, aux États-Unis, au Japon – et peut-être en France – le nombre des entrées dans les musées a dépassé celui des entrées dans les stades. L 'art de tous les temps prend, dans la civilsation qui commence avec nous, un rôle qu'il ne connut dans aucune autre. Quelle est donc sa signification secrète ? On tente ici de rendre intelligible le monde de toutes les images que la création humaine a opposées au temps : et le pouvoir, peut-être aussi vieux que l'invention du feu et celle du tombeau, auquel il doit l'existence. Ce livre n'a pour objet ni une histoire de l'art – bien que la nature même de la création artistique y contraigne souvent à suivre l'histoire pas à pas – ni une esthétique ; mais bien la signification que prend la présence mystérieuse d'une éternelle réponse à l'interrogation que pose à l'homme sa part d'éternité – lorsqu'elle surgit dans la première civilisation consciente d'ignorer ce que signifie l'homme." (Bulletin Gallimard n° 121, nov. 1957)

35.              MARZANO (Michela)(dir). Dictionnaire de la violence. PUF, 2011, fort pt in-8°, xvi-1546 pp, index des noms et des thèmes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Quadrige)

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Parler de violence signifie s'interroger sur les frontières qui existent entre soi et les autres ainsi que sur l'ambiguïté de sa propre existence ; porter un regard d'ensemble sur des pratiques et des questions qui vont de l'apartheid à la torture, de l'automutilation au viol, du colonialisme au terrorisme... ; comprendre ce qui signifie parler de la violence contre les femmes ou de la violence religieuse, de la violence nationaliste à la violence contre les étrangers ; se poser des questions sur la sexualité et l'inconscient, le passage à l'acte et l'inceste, le travail et la mort. Plusieurs questions sont alors au cœur même de ce Dictionnaire. Doit-on envisager une spécificité de la violence humaine ? L'idée de nature humaine est-elle pertinente lorsqu'il s'agit de réfléchir à la violence ? La diversité des anthropologies philosophiques et la constitution des sciences humaines ne conduisent-elles pas plutôt à considérer la violence comme un phénomène culturel ? Peut-on penser un jour éradiquer la violence, comme l'espérait la philosophie des Lumières, ou doit-on au contraire accepter l'idée d'une ambivalence intrinsèque des êtres humains qui, soumis à des pulsions contradictoires, comme le montre Freud, ne sont jamais totalement bons ou totalement mauvais ?

36.              Mélanges Renée Martinage. Juges et Criminels. Études en hommage à Renée Martinage. Lille, Publications de l'Espace Juridique, 2001, gr. in-8°, 648 pp, textes réunis par Serge Dauchy et Véronique Desmars-Sion, avant-propos de Jean-Pierre Royer et José Savoye, un portrait de Renée Martinage et qqs illustrations en couleurs, liste des travaux de R. Martinage, tableaux statistiques, broché, couv. illustrée, bon état

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31 études érudites (29 en français et 2 en espagnol). — "Le 'liber amicorum' en hommage à un collègue partant en retraite est toujours un exercice difficile. Par nature, il s’agit d’une oeuvre de circonstance, où chaque auteur s’est hâté d’écrire quelques pages, animé par l’estime sincère qu’il porte à celui qui s’en va. Le résultat produit souvent un assemblage hétérogène de contributions inégales. Mais “Juges et criminels” échappe à ce travers, parce qu’il émane d’un ensemble de chercheurs collaborant au Centre d’histoire judiciaire de l’Université de Lille 2, auquel Renée Martinage a consacré de longues années, et qui partagent les mêmes interrogations sur l’histoire de la justice. Le titre de l’ouvrage est un peu trompeur. Certes il est souvent question des juges, d’abord à travers l’oeuvre de Frances Eiximenis au XVe siècle (Manuel Pelaez), puis dans le dessaisissement progressif des cours prévôtales au profit des juridictions ordinaires françaises au XVIIIe siècle (Jacques Lorgnier), ainsi que dans l’établissement des conseils de prud’hommes au XIXe siècle (Bruno Dubois). La question du renouvellement ou du comportement des juges lors des périodes troublées est posée pour l’an VIII dans le Pas-de-Calais (Hervé Leuwers), puis à propos de la cour criminelle spéciale de la Meuse inférieure en 1802-1811 (Jacques Logie), de la bataille pour adopter le principe du « juge naturel » en France de l’Ancien Régime à 1830 (Paolo Alvazzi del Frate), de l’attitude des magistrats nordistes catholiques lors des décrets anti-cléricaux de 1880 (Sylvie Humbert), de la création de juridictions illégales, mais nécessaires à la population dans les Ardennes occupées de la Grande Guerre (Annie Deperchin), et enfin de l’activité de la section spéciale de la cour d’appel de Rennes en 1941-1944 (Marie-Yvonne Crépin). Il est aussi naturellement question de criminels, envers qui la justice peut se montrer compréhensive : les dernières condamnations de suicides au Québec datent de la fin du XVIIe siècle (Serge Dauchy), les bourgeois en attente de jugement devant les échevins lillois bénéficient d’une prison bien entretenue au XVIIIe siècle (Nicolas Derasse), une mère infanticide est mieux défendue à Lille en 1789 (Véronique Demars-Sion), la répression du vol domestique diminue fortement devant la cour d’assises du Nord au XIXe siècle (Virginie Depres) et diverses organisations de patronage des jeunes délinquants au XIXe siècle trahissent un véritable souci de protection de la jeunesse (Sylvaine Ruopoli-Cayet). Mais il est aussi des juges sévères, tels ceux de Valenciennes bien embarrassés sous le Consulat de ne plus pouvoir punir l’adultère (Tanguy Le Marc’hadour), ou ceux qui s’acharnent sur le maire d’Anvers et son épouse à l’époque impériale (Pierre-André Lecocq). Marie-Sylvie Dupont-Bouchat décrit enfin la manière dont se créent les représentations des criminels, et comment celles-ci influent ensuite sur la répression, à travers trois images de la Belgique criminelle de 1834 à l’affaire Dutroux. Mais outre ces juges et criminels, près de la moitié des contributions de ce volume évoquent des questions particulières ou générales de droit. Les unes s’ordonnent autour de la définition d’un délit ou d’une pratique précise : les banqueroutes dans le droit médiéval italien (Patricia Zambrana Moral), le « ravestissement » ou donation entre époux, à Lille, sous l’Ancien Régime (Laurent Abouçaya), la notion de « tentative » strictement définie pour la première fois par la loi du 22 prairial an IV (Chantal Souyris-Aboucaya), les mesures prises par les révolutionnaires pour assurer la publication officielle des lois (Jean-Pierre Bourgeois), le rejet des réformes de la procédure criminelle en 1796-1797 par le conseil des Anciens (David Moyaux). Les autres articles sur ce thème évoquent des questions d’influences internationales dans le droit : comment l’installation du système judiciaire français dans les départements belges et hollandais en 1811-1813 a donné naissance à une importante statistique pénale (Xavier Rousseaux), les similitudes sur le droit au divorce entre le projet rédigé par Gockinga en 1799 pour la république batave et le code prussien de 1794 (Emesé Von Boné), le rejet des institutions judiciaires britanniques dans le contexte de l’anglophobie napoléonienne (Katy Gawelik), l’influence a contrario de ce droit anglais, mais aussi des usages américains dans le droit canadien (Pierre Béliveau). D’autres articles enfin proposent des réflexions plus générales : sur la notion de crime contre l’humanité déjà perceptible dans les ordonnances de Raguse contre l’esclavage au XVe siècle (Jean-Luc Lefebvre), sur le combat pour l’abolition de la peine de mort dans le code italien mené par Luigi Lucchini dans sa revue : Rivista penale en 1874-1890 (Antonio Grilli) ; Jean-Louis Halpérin relativise la séparation apparente des différentes branches du droit à propos de l’influence de la jurisprudence pénale de la chambre criminelle de cassation dans l’évolution du droit civil français ; André Laingui décrit l’image intemporelle de la justice pénale et la découverte de la dimension poétique du droit par Michelet. Enfin, Farid Lekéal évoque les travaux de Jean Lacroix pour défendre le pluralisme juridique contre le monisme étatique dans les débats entre philosophes, sociologues et juristes de l’entre-deux guerres. L’ensemble de ces contributions est donc riche, traverse les époques, les pays, multiplie les approches et les questionnements, prouvant, s’il en était besoin, le foisonnement des recherches en histoire du droit et plus particulièrement ici l’ampleur des liens amicaux et savants que Mme Martinage a su tisser pendant sa carrière." (Catherine Denys, Revue du Nord, 2003)

37.              NAUMANN (Emil). Illustrierte Musikgeschichte. Vollständig neu bearbeitet und bis auf die Gegenwart fortgeführt von Eugen Schmitz. Einleitung und Vorgeschichte von Leopold Schmidt. Mit 264 Textabbildungen, 30 Kunstbeilagen und 32 Notenbeilagen. Stuttgart, Berlin, Leipzig, Union Deutsche Verlagsgesellschaft, s.d. (1908), gr. in-8°, viii-810 pp, 2e édition, 264 gravures dans le texte, 30 pl. de portraits et 32 pl. de fac-similés dépliants (manuscrits de compositeurs, lettres) hors texte, index, reliure pleine percaline verte, décors polychromes au 1er plat et au dos, tranches jaspées (rel. de l'éditeur), bon état. Bel exemplaire. Texte en allemand (gothique)

            80

Excellente encyclopédie de la musique classique écrite par Emil Naumann entre 1880 et 1885, qui fut traduite dès 1894 en anglais, mais jamais en français.

38.              PITON (Camille). Le Costume civil en France du XIIIe au XIXe siècle. Flammarion, s.d. (1914), in-4°, 380 pp, ouvrage orné de 700 illustrations directes par la photographie, d'après les documents du temps (statues, peintures murales, tapisseries, vitraux, etc.), reproduites sur sur 11 planches hors texte en couleurs (dont le frontispice) et en noir dans le texte et à pleine page, reliure pleine toile ocre décorée au 1er plat de l'éditeur, titres en noir au 1er plat et au dos, tranches dorées, reliure lég. défraîchie, charnières recollées, manque la première garde, inérieur propre, état correct

            70

"Voici un ouvrage très digne d'attirer l'attention du public qui veut s'instruire en regardant de belles images choisies par un artiste et commentées par un historien. On remarque un souci de faire connaître par le costume toutes les classes de la société, celle des artisans comme celle des gens qui « s'habillent ». On n'y trouvera pas l'illustration banale tirée des livres que tout le monde peut consulter. Si l'on rencontre et là des images connues, comme celle qui est tirée de la Bible de Charles le Chauve (mais pourquoi cette image du IXe siècle dans un livre où l'on déclare ne vouloir commencer qu'au XIIIe ?), la plupart sont peu connues et quelques-unes inédites. Le texte qui les accompagne, sobre et précis, fournit les explications nécessaires pour bien faire comprendre la forme et l'emploi des diverses pièces du costume. Il faut féliciter la maison Flammarion d'avoir conçu l'entreprise et d'en avoir confié l'exécution à un des hommes les mieux qualifiés pour la mener à bien." (Ch. Bémont, Revue Historique)

39.              QUETEL (Claude) et Pierre MOREL. Les Fous et leurs médecines de la Renaissance au XXe siècle. Hachette, 1979, gr. in-8°, 302 pp, 70 illustrations dans le texte, lexique, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"De la fin du XVe siècle au XVIIe, deux attitudes se succèdent en face de la folie. D'abord considérée comme possession démoniaque et justiciable du bûcher, la folie accède progressivement au rang de maladie naturelle et les premières thérapeutiques apparaissent : on tente de la guérir, ou plus modestement de la soigner. Il est peu de maladies pour lesquelles on ait proposé un plus grand nombre de traitements et de médicaments, souvent absurdes. Le remède spécifique n'ayant pas été trouvé, on a essayé une profusion de procédés purement empiriques, de médicaments populaires, de remèdes de bonnes femmes. En trois cents pages, les auteurs nous livrent un incroyable inventaire de traitements mis en œuvre ou simplement proposés : opération de la pierre de tête, fumigations utérines, étables à vaches, trémoussoirs, ange artificiel, piano à chats, baquet de Messmer, etc. Fortuitement, on découvre ou redécouvre à beaucoup de plantes des propriétés thérapeutiques intéressantes : ellébore, belladone, mandragore, pavot, rhubarbe, séné, quinquina, coca. (...) Le bilan impressionnant dressé par les auteurs, l'horreur que nous inspire aujourd'hui la tour Chatimoine de Caen ou l'hôpital de Bicêtre, tous ces traitements qui surprennent ou amusent incitent à la réflexion. L'ouvrage se termine avant la découverte et l'application de la chimiothérapie mentale, aventure prodigieuse dont nous sommes les témoins." (Louis Cotinat, Revue d'Histoire de la Pharmacie, 1981).

40.              [Roman policier] – LEE (Gypsy Rose). Mort aux Femmes nues !.. (The G-String Murders). Traduit de l'américain par Michel Le Houbie et Léo Malet. P., S.E.P.E., 1950, in-12, 251 pp, cartonnage souple bleu orné d'un insigne de police argenté de l'éditeur, coiffe inf. lég. abîmée, qqs marques d'usure sur mors et coiffes, bon état (Coll. Soir-Police)

            20

La carrière de Gypsy Rose Lee, célèbre danseuse de music-hall et strip-teaseuse (1911-1970), fut à ce point extraordinaire qu'une comédie musicale à Broadway, puis deux films, lui furent consacrés. Son truc : elle parlait en se déshabillant, improvisant des dialogues absurdes et grivois avec le public. Cela dura trente ans, sans qu'elle ne se montre jamais tout à fait nue… Elle est l'auteur d'un roman policier, "Mort aux femmes nues", adapté en français par Léo Malet. Ce roman, situé dans un théâtre de vaudeville de New York où a lieu un double meurtre, met en scène Gypsy Rose Lee elle-même ; il a été écrit en collaboration avec Craig Rice, et adapté au cinéma en 1943 par William Wellman sous le titre "Lady of Burlesque", avec Barbara Stanwyck. C'est une enquête hilarante : "Les strip-teaseuses de l'Old Opera ne vont pas se laisser marcher sur les pieds. Que cette soi-disant princesse Nirvena, danseuse pseudo-russe débarquée d'un bastringue de Toledo les snobe, passe encore. Mais qu'elle sème la perturbation dans le programme et fasse son strip en enlevant tout, au mépris du règlement de la boîte c'est trop. Qu'est-ce que les filles peuvent faire après ça ? leur numéro est fichu en l'air... Sans compter que ce genre d'exhibition attire toujours un tas d'empoisonnements. Car aussi bizarre que ça paraisse, tout le monde n'aime pas les femmes nues..." — Le livre sera réédité chez Fayard en 1963 (Coll. L'Aventure criminelle) et aux éditions du Masque en 1987 (Coll. Les Reines du crime).

41.              RUFFIE (J.) et J.-C. SOURNIA. Les Épidémies dans l'histoire de l'homme. Essai d'anthropologie médicale. Flammarion, 1984, in-8°, 280 pp, 4 cartes, 5 figures, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de Jean-Charles Sournia

            25

Cet essai d’anthropologie médicale expose les données fondamentales de la biologie moderne telles qu’elles permettent de comprendre les maladies humaines transmissibles et leur impact sur l’évolution des peuples. Les grandes épidémies de l’Antiquité, la peste, la lèpre, la syphilis et la tuberculose revivent comme autant de défis qu'ont affrontés les hommes et qui marquent leur permanente fragilité au sein de l'illusion d’un savoir définitif.

42.              SEIGNOBOS (Charles). Essai d'une histoire comparée des peuples de l'Europe. Rieder, 1938, in-12, viii-486 pp, broché, bon état

            25

"Tout le monde connaît les livres de M. Seignobos sur l'histoire de la civilisation. Il reprend aujourd'hui ces études pour en donner la synthèse. Malgré le titre, c'est moins une histoire comparée des peuples qu'une histoire générale de la civilisation européenne. L'auteur a voulu, comme il le dit lui-même « embrasser l'ensemble des différentes espèces d'activité de la population, les moyens d'existence, le travail économique, les usages, le régime politique et social, la religion, les sciences, les lettres et les arts ». C'est là ce qui fait l'immense mérite de cet ouvrage. Nous sommes saturés de livres où des penseurs, quelquefois remarquables, suivis par des disciples souvent médiocres, ont essayé d'expliquer l'évolution de l'humanité par une cause unique. Pour les uns, c'est la lutte des classes ; pour d'autres, c'est la religion ; les élèves de Gobineau, si nombreux aujourd'hui, ne s'intéressent qu'à la race. Il serait facile de prolonger cette énumération de systèmes non moins exclusifs. M. Seignobos renonce à faire un choix arbitraire ; il comprend et fait comprendre l'étonnante complexité des événements historiques. Révolutions politiques et guerres, conceptions religieuses et sociales, découvertes scientifiques et inventions techniques, famines et crises économiques, aucune de ces catégories de faits ne peut être négligée ; chacune d'elle, à certains moments, a exercé une influence dominante sur des transformations qui sont loin d'être achevées. Une pareille méthode laisse quelquefois au lecteur une impression de désordre ; mais c'est le désordre de la vie." (Georges Weill, Revue d'histoire moderne, 1939)

43.              VARIKAS (Eleni). Les rebuts du monde. Figures du paria. Stock, 2007, in-8°, 208 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le paria est un mot voyageur extraordinairement révélateur. On le croit originaire de l'Inde, il y est inventé au XVIe siècle par des militaires, des missionnaires et des savants. Deux siècles plus tard, il en revient et se répand dans les espaces politiques et littéraires européens. Pour les philosophes des Lumières, les hiérarchies lointaines sont prétexte à fustiger les tyrannies d'ici. Le discours sur l'autre est un discours sur soi. Mais dans cet Occident qui se libère, l'émancipation ne vaut pas pour tous. Le paria ressurgit alors comme le laissé-pour-compte des droits humains récemment proclamés. Dans les discours et combats politiques, il représente tour à tour les esclaves, les "hommes de couleur libres", les juifs, les femmes, le peuple, les prolétaires... Théâtre et littérature en propagent la représentation, il prend aussi les traits du poète ou de l'artiste maudit dont la marginalité est idéalisée. La culture romantique exalte sa sensibilité, le paria est ainsi grandi d'être proscrit, sans être libéré pour autant. Avec érudition et brio, passant de la littérature aux discours politiques et aux constructions théoriques (chez Max Weber, Georg Simmel ou Hannah Arendt notamment), Eleni Varikas retrace ces métamorphoses et suit ces figures qui, d'hier à aujourd'hui, disent les meurtrissures de tous les "rebuts du monde". Chemin faisant, elle rappelle l'exigence toujours actuelle de ces parias rebelles qui, obstinément, réclament l'admission au rang de l'humanité de chaque individu particulier.

44.              VARTIER (Jean). Sabbat, juges et sorciers. Quatre siècles de superstitions dans la France de l'Est. Hachette, 1968, in-8°, 288 pp, une carte des provinces de l'Est de 1724, biblio, broché, bon état, envoi a.s.

            30

Eexcellent livre sur l’histoire de la sorcellerie : Jean Vartier a exploré le royaume de Satan, ce personnage qui faisait partie de l'univers religieux d'Ancien Régime au même titre que Jésus- Christ.

45.              WIHTOL de WENDEN (Catherine). Atlas mondial des migrations. Réguler ou réprimer... gouverner. Autrement, 2009, gr. in-8°, 79 pp, nouvelle édition, cartographie de Madeleine Benoit-Guyod, plus de 80 cartes et infographies en couleurs, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Une urbanisation galopante dans les pays du Sud, des femmes de plus en plus nombreuses à prendre la route, le volume des transferts de fonds qui dépassent souvent les aides au développement, une fracture démographique telle que les pays riches ne survivront pas sans leurs immigrés... Le profil des migrants change, leur nombre augmente et les politiques, nationales ou régionales, sont souvent inadaptées, créant des situations dramatiques. L'actualité nous en donne l'exemple chaque jour d'un bout à l'autre du monde. C'est que les débats et les actions menées oscillent selon les cas entre régulation et répression. L'auteur démontre le caractère au mieux limité, au pire absurde, de cette alternative. Il faut au contraire adapter les politiques et leur donner du sens, que les migrants, les pays d'accueil et de départ tirent le meilleur profit de la mobilité... en un mot, mettre sur pied une véritable "gouvernance" mondiale. L'actualisation de cet ouvrage foisonnant, devenu un classique, propose des directions pour cette politique. Elle pointe deux phénomènes incontournables pour les prochaines années : trouver un statut pour les réfugiés environnementaux, élaborer un droit universel à la migration... — Plus de 80 cartes et infographies pour comprendre les phénomènes migratoires et interroger nombre d'idées reçues. Pauvreté, conflits, catastrophes environnementales, travail, études, tourisme : quels sont les facteurs réels des migrations ? Entre accueil et rejet, les réponses politiques possibles : fermeture des frontières, expulsions, droit d'asile, naturalisations ?

ANTIQUITÉ

 

46.              AMPÈRE (J.-J.). La Grèce, Rome et Dante. Etudes littéraires d'après nature. P., Didier, 1873, in-8°, v-464 pp, 7e édition, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré du lycée Fontanes au 1er plat (rel. de l'époque), dos lég. frotté, coiffe sup. arasée, bon état

            45

La Poésie grecque en Grèce. – Portraits de Rome à différents âges. – Voyage dantesque. – Une course dans l'Asie Mineure. – La Grèce et Rome étudiées dans les lois et dans les moeurs. – Naufrage d'un bateau à vapeur.

47.              ANATI (Emmanuel). La Civilisation du Val Camonica. Arthaud, 1960, in-8°, 262 pp, 48 photos de l'auteur reproduites en héliogravure sur 40 pl. hors texte, 100 croquis, 3 cartes, notices bibliographiques, index, imprimé sur papier bouffant, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Mondes Anciens)

            30

"Une fenêtre ouverte sur la Préhistoire des Alpes. – On connaît depuis longtemps les gravures rupestres du Mont Bego, dans les Alpes-Maritimes ; cet ouvrage révèle au public un autre gisement, d'une richesse exceptionnelle, situé cette fois dans le Val Camonica, c'est-à-dire la vallée de l'Oglio en amont du lac d'Iseo, autour du village de Capo di Ponte, entre Breno et Edolo. M. Anati nous en conte la découverte et nous trace un commentaire subtil. Depuis la première trouvaille, qui remonte à 1914 mais a été suivie d'un long sommeil, près de 20.000 gravures rupestres ont été dégagées de la mousse et de la terre. Elles illustrent toute la vie des anciens habitants, puisqu'on y trouve des personnages, des animaux, des bâtiments, des chars, charrues et araires, des métiers à tisser, des armes et outils, des pièges et nasses, enfin des sujets non figuratifs. Un long travail de récolte, puis d'analyse a d'abord permis de reconnaître une évolution et d'en dater les principales phases depuis la fin du néolithique (deuxième moitié du IIIe millénaire) jusqu'au début de l'influence romaine, au Ier siècle av. J.-C. Pendant toute cette durée, les Camuniens ont su rester autonomes, tout en accueillant dans leur civilisation des apports venus d'un peu partout. Solide comme un livre de science, cet ouvrage est présenté de façon luxueuse ; une illustration d'une très grande richesse nous rend familier cet art émouvant, qui est notre meilleur document sur le passé des Alpes. Il faut être reconnaissant à l'éditeur d'avoir consenti pareil effort; il est vrai que l'ouvrage, d'une lecture aisée, mérite d'atteindre un large public cultivé." (Paul Veyret, Revue de Géographie Alpine, 1961) — "La révélation des multiples gravures rupestres du Val Camonica, longue vallée ouverte dans le massif des Alpes italiennes, au Nord de Brescia et du lac d'Iseo – autour du village de Capo di Ponte – remonte à 1914 ; elle avait été due alors au Pr Laeng. On nous donne ici les étapes de l'exploration qui, à la suite, put porter à plus de 20.000, actuellement, le chiffre des documents : tous reconnus peu à peu grâce à une technique minutieuse, photographie, calques, dégagements et analyses. L'A., qui dédie son travail à M. Vaufrey et au regretté abbé Breuil, fut mené sur le terrain pendant l'hiver 1956, par un ami, avec qui il a conduit ensuite, jusqu'en 1960, cinq campagnes. Les résultats sont impressionnants. On a parlé de révélation d'une civilisation « camunienne » qui viendrait nous éclairer sur ce qu'il y a eu, au Nord de l'Italie, entre la préhistoire et la présence latine..." (Revue Archéologique, 1962)

48.              BAILLY (Auguste). Jules César. Fayard, 1932, in-12, 286 pp, reliure demi-basane havane, dos à 3 nerfs fileté, titres et fleuron dorés, couv. et dos conservés, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            35

"Le sujet de cette étude n'est pas nouveau, bien des auteurs ont raconté la vie de Jules César ; mais aucun, pensons-nous, n'a mis aussi bien en relief la force et la clarté de l'intelligence grâce à laquelle le conquérant des Gaules a effectué sa lente et irrésistible ascension vers le pouvoir personnel. La part laissée à la conjecture est indiscutable, mais c'est surtout d'après des documents authentiques que M. A. Bailly nous fait apercevoir toutes les étapes de cette carrière extraordinaire : l'adolescence, l'ascension aux magistratures, le triumvirat, les expéditions en Gaule, en Germanie et en Grande-Bretagne, la guerre civile, la dictature et l'unification de l'empire. (...) Par ses campagnes, ses conquêtes, sa diplomatie, ses mesures législatives, J. César a accompli une œuvre devant laquelle l'imagination demeure confondue : telle est l'impression que laisse la lecture du livre vibrant et ardent que lui a consacré M. A. Bailly." (J. Hombert, Revue belge de philologie et d'histoire, 1932)

49.              BUNGENER (Félix). Saint Paul. Sa vie, son oeuvre et ses épîtres. P., Cherbuliez, 1867, in-12, (xii)-516 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés, filet doré sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), dos uniformément passé, qqs rares rousseurs, bon état. Edition originale

            45

Le pasteur Félix Bungener (1814-1874) est un théologien et historien suisse, docteur en théologie protestante. Il prêcha en France pour la Société évangélique. Régent au collège de Genève (1843-1848), professeur à l'école supérieure des jeunes filles (1849-1857). Rédacteur entre autres au “Fédéral” (1839-1843) et à “La Semaine religieuse”. Un essai littéraire, “Deux soirées à l'hôtel de Rambouillet”, reproduit par la “Gazette de France”, établit sa notoriété. Polémiste et conférencier souvent appelé à l'étranger, anticatholique, Bungener intervint avec talent dans la controverse confessionnelle.

50.              CALAME (Claude). Thésée et l'imaginaire athénien. Légende et culte en Grèce antique. La Découverte, 2018, gr. in-8°, 509 pp, préface de Pierre Vidal-Naquet, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le mythe, le rite, constituent deux objets privilégiés de l'anthropologie culturelle et sociale, deux concepts dont l'origine est censée remonter aux Anciens. Si, de fait, il n'en est rien, en revanche les Grecs se sont montrés de véritables maîtres dans la création et la manipulation, d'une part, des récits héroïques que nous, modernes, identifions comme des mythes, d'autre part des pratiques cultuelles que nous dénommons rites. Mais, en régime polythéiste, ce qui importe ce sont les rapports pratiques entre ces productions d'un même processus symbolique ; il est animé par de grands poètes et des cités puissantes, et ses manifestations, dans leurs dimensions historique et politique, constituent un domaine d'enquête foisonnant. Dès la fin du VIe siècle avant notre ère, à l'aube de l'âge supposé être celui de la démocratie et de la raison, ne voit-on pas les Athéniens s'approprier la figure du jeune Thésée pour en faire, sous les apparences du néo-initié, le modèle du futur citoyen ? Assorti d'autres "travaux", le célèbre épisode du combat du jeune héros contre le Minotaure est dès lors recentré sur Athènes. Présentées comme des gestes premiers, civilisateurs, les actions du jeune héros permettent non seulement de reformuler le sens des rituels offerts aux divinités tutélaires de la cité, mais elles légitiment aussi une politique d'expansion économique et maritime, soutenue par un désir de domination culturelle. Se dessine ainsi un nouvel espace fait de réalité historique et façonné par l'imaginaire, marqué par des actions héroïques fondatrices et habité par des gestes rituels qui entretiennent les relations avec les dieux. A partir de textes et d'images, la saga de Thésée nous offre un terrain privilégié d'enquête à la fois sémio-narrative et anthropologique pour explorer un florissant travail de production symbolique, à visée pratique.

51.              CARCOPINO (Jérôme). Profils de conquérants. Flammarion, 1961, in-12, 411 pp, 8 pl. de photos hors texte, 8 cartes, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, ex. du SP

            30

I. Pyrrhus, conquérant ou aventurier ? – II. Grandeur et faiblesses d'Hannibal. – III. Autour de César. – IV. Genséric et les Vandales conquérants de l'Afrique. — "A partir d'une nouvelle réflexion sur le personnage de César, l'auteur a eu l'idée d'esquisser des parallèles avec d'autres chefs militaires qui ont rempli l'Antiquité de leurs exploits militaires. Il commence par retracer la carrière tour à tour brillante et désastreuse de Pyrrhus.(...) Puis l'auteur dégage ensuite les caractères principaux de la personnalité d'Hannibal : patriotisme désintéressé, religiosité, solidité morale et vertus militaires qui firent d'une armée hétéroclite une troupe d'élite, formation intellectuelle poussée due à des maîtres grecs. (...) Précisant son ouvrage sur César, l'auteur confirme d'abord au cours d'une longue et minutieuse discussion la date qu'il avait proposée pour la naissance du dictateur (12/13 juillet 101) et la chronologie de ses magistratures et éclaire l'histoire psychologique de Brutus, jeune homme d'élite pris entre des influences contradictoires. L'assassinat de César n'a guère modifié l'impulsion donnée à l'évolution du monde romain. Il a seulement atténué l'efficacité des mesures prises en retardant ou en stoppant les conquêtes nécessaires et fait perdre à Rome sa dernière chance d'hégémonie totale et de paix définitive sur le plan intérieur. (...) L'extraordinaire aventure de Genséric et des Vandales s'explique par la faim d'un peuple pillard chassé de Silésie en Gaule, de Gaule en Espagne, puis en Afrique où il allait trouver, avec la sécurité d'une situation excentrique et solitaire, une subsistance inépuisable, un minimum d'organisation politique et un empire du blé, élargi par la piraterie. Mais la persécution religieuse donna aux Vandales la réputation de barbarie, cependant que leur valeur s'aliénait dans les délices de la Capoue africaine. (...) Une fois de plus le grand historien nous séduit ici par la minutie de sa critique, par l'ampleur de sa composition, par la magie de son verbe." (R. Chevallier, Latomus, 1962)

52.              DU ROZOIR (Charles), Edouard DUMONT. Précis de l'Histoire romaine depuis la fondation de Rome jusqu'à l'empire, par M. Ch. du Rozoir, professeur d'histoire au collége royal de Louis-le-Grand, professeur suppléant d'histoire ancienne à la Faculté des lettres, suivi du Précis de l'Histoire des empereurs romains et de l'Eglise pendant les quatre premiers siècles, par M. Edouard Dumont, professeur d'histoire au collège royal de Saint-Louis. P., Louis Colas, L. Hachette, 1832, 2 vol. in-8°, (4)-280 et [iv]-191 pp, les 2 ouvrages en 3e édition (1832) et reliés ensemble en un volume demi-veau glacé vert, dos lisse avec pièce de titre chagrin carmin et filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            60

Ouvrages adoptés par le Conseil Royal de l'Université de France, et prescrits pour l'enseignement de l'histoire dans les collèges royaux et dans les autres établissements d'instruction publique.

53.              FREEMAN (Charles). The Closing Of The Western Mind. The Rise of Faith and the Fall of Reason. London, William Heinemann, 2002, gr. in-8°, xxiii-470 pp, 36 photos sur 16 pl. hors texte, une carte, sources, notes, biblio, index, reliure éditeur, jaquette illustrée, qqs rares marques au stylo en marges, bon état. Texte en anglais

            25

Freeman étudie le rôle du christianisme orthodoxe dans la suppression du rationalisme grec à la suite du témoignage de Paul. — "When the Emperor Constantine converted to Christianity in AD 312 he changed the course of European history in a way that continues to have repercussions to the present day. Adopting those aspects of the religion that suited his purposes, he turned Rome on a course from the relatively open, tolerant and pluralistic civilization of the Hellenistic world towards a culture based on the rule of fixed authority - whether that of the Bible, the writings of Ptolemy in astronomy, and of Galen and Hippocrates in medicine Only a thousand years later, with the Renaissance and the emergence of modern science, was Europe to begin to free itself from the effects of Constantine's decision. The Church, on the other hand, remains hierarchical and authoritarian, and the effects persist to this day of Constantine's establishment of Christianity as a state religion."

54.              FUSTEL de COULANGES (Numa Denis). La Cité antique. Etude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome. Hachette, 1878, in-12, (4)-478 pp, 7e édition revue et augmentée, table analytique, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré du lycée Louis-le-Grand au 1er plat (rel. de l'époque), dos et plats lég. frottés, pt manque à la page de faux-titre (nom découpé), bon état

            30

Célébre et magistrale étude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome. — Lorsque paraît “La Cité antique”, en 1864, son auteur, jeune professeur d'histoire à l'université de Strasbourg, est encore inconnu. Mais très vite, rééditions et traductions se succèdent, tandis que l'approche de l'auteur, audacieuse, suscite la controverse. La récente découverte du fait indo-européen permet à Fustel de Coulanges de dépasser le décalage chronologique pour considérer ensemble la Grèce et Rome et poser la question de la cité. Mais ce n'est pas tant une nouvelle histoire de l'Antiquité qu'il propose que l'histoire d'une croyance et de la façon dont celle-ci façonne une société. L'approche comparatiste l'amène également à mettre en regard passé et présent, Anciens et Modernes.

55.              GRIMAL (Pierre). Le dieu Janus et les origines de Rome. Berg International, 1999, gr. in-8°, 111 pp, une carte, notes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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L'essai sur “Le dieu Janus et les origines de Rome”, rédigé en 1944 et publié un an plus tard dans le tome IV des “Lettres d'humanité”, n'avait jamais été réédité. Distinguant la théologie de la religion, prenant appui sur la topographie comme sur l'étymologie, diversifiant les approches pour mieux aller à l'essentiel, à la question des origines, Pierre Grimal nous permet, à travers ce texte, de saisir en quoi "Janus fut un initiateur, le dieu même des initiateurs", mais aussi pourquoi Rome devait le rejeter avec l'ingratitude toute filiale des êtres jeunes pour ceux qui guidèrent leurs premiers pas. C'est en effet à ce dieu étranger que la ville est redevable de ses premières lois et de sa vraie naissance. Si nous devons à Rome, comme le rappelle Hannah Arendt, notre concept de culture, le monde romain lui-même ne peut être compris qu'en s'ouvrant à ses origines étrangères. C'est à ce que René Char appelle un "retour amont" que nous convie ici Pierre Grimal. Lui qui sut si bien, tout au long de sa vie, chanter "l'âme romaine", nous donne à méditer que l'énigme s'éprouve ou s'épouse plus qu'elle ne se résout.

56.              HADAS-LEBEL (Mireille). Flavius Josèphe. Le Juif de Rome. Fayard, 1989, in-8°, 298 pp, 5 cartes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Notre siècle connaît-il encore Flavius Josèphe, ce prêtre né à Jérusalem qui, il y a près de deux mille ans, fut au centre de l'affrontement entre le monde juif et le monde romain? Un homme au destin exceptionnel: après avoir été l'un des chefs de la grande révolte des Juifs contre Rome en 66, il prédit l'empire à Vespasien, se retrouva trois ans plus tard aux côtés de Titus sous les remparts de sa ville natale assiégée et finit ses jours à Rome auprès de ses protecteurs impériaux qui lui donnèrent un nouveau nom, Flavius. Fut-il un traître ? Fut-il un sage ? Josèphe est en tout cas le meilleur témoin de ce temps qui vit naître le christianisme, un grand historien sans lequel certaines des pages les plus dramatiques de l'histoire, l'incendie du Temple de Jérusalem, la chute de Massada, seraient aujourd'hui inconnues.

57.              LANCEL (Serge). Carthage. GLM/Fayard, 1998, gr. in-8°, 525 pp, 249 illustrations, cartes et plans, aperçu chronologique, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, couv. lég. frottée, bon état

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L'inflexible Caton avait voulu que de la grande cité qui fit trembler Rome il ne restât rien. Il fut bien près d'y parvenir. Jusqu'à la fin du siècle dernier, Carthage n'a en effet guère laissé dans la mémoire des hommes ce que les récits des Anciens, pour beaucoup hostiles, ont bien voulu nous en dire. Quant à Flaubert, en dépit de ses efforts, il dépeint dans Salammbô une civilisation quelque peu imaginaire. La révélation est venue de l'archéologie qui, depuis quelques années, a fait des avancées décisives. Elle a permis de faire justice des mythes ou des calomnies propagés par les ennemis de Carthage et surtout de nous informer avec une précision croissante sur les croyances des Carthaginois, sur leur mode de vie, sur la vigueur économique de leur cité, sur les multiples villes qu'elle fonda, sur son commerce, sur son agriculture... L'étude de la culture matérielle a permis de mettre en évidence le caractère métissé de la civilisation d'une cité aux racines orientales établie dans l'ensemble de la Méditerranée occidentale, ouverte aux influences extérieures (notamment artistiques). Il ne fait pas de doute que sa destruction impitoyable en 146 av. J.-C. a constitué un tournant capital de l'Histoire. Puissance d'abord continentale, Rome, qui l'a supplantée, a évidemment imposé un modèle de civilisation radicalement différent de celle qu'elle avait développée.

58.              LHOTE (Henri). Les Chars rupestres sahariens, des Syrtes au Niger par le pays des Garamantes et des Atlantes. Toulouse, Editions des Hespérides, 1982, gr. in-8°, 283 pp, 106 illustrations, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

"On connaît le rôle déterminant qui fut celui d'H. Lhote dans la découverte des gravures rupestres sahariennes. Un des aspects les plus curieux de ces documents, les représentations de chars tirés par des chevaux, a beaucoup exercé la sagacité des archéologues, tant classiques que préhistoriens. La date des gravures, difficile à fixer, leur caractère sommaire, l'interprétation qu'il convient de leur donner ont suscité des controverses. Celles-ci ne peuvent laisser les hellénistes indifférents puisque, à travers les relations établies pendant treize siècles entre les Grecs de Cyrénaïque et les populations libyennes, se pose le problème des influences de civilisation : les Libyens ont-ils emprunté aux Grecs l'usage du char tiré par des chevaux ou, s'ils le connaissaient déjà auparavant, sont-ce les Grecs qui ont tiré quelques leçons pratiques des usages libyens en la matière ? D'autre part les textes anciens, Hérodote, Strabon, Diodore, interviennent dans ces débats. Il est donc utile de disposer d'un dossier aussi riche que possible tiré des peintures sahariennes pour éclairer la discussion. La synthèse de l'éminent explorateur qu'est H. L. apporte l'essentiel de ce dossier. La riche illustration de dessins et de photographies permet de prendre conscience de l'abondance des documents, des difficultés aussi qu'on éprouve pour les classer chronologiquement ou ethnographiquement. La bibliographie des p. 261 sq. montre combien ces questions ont retenu l'attention des savants : ainsi en France G. Camps, R. Mauny, G. Picard, G. Souville, J. Spruytte, avec lesquels H. L. marque ses dissenssions ou ses convergences. Un ouvrage que ne peuvent ignorer les spécialistes de l'Afrique grecque et romaine." (François Chamoux, Revue des Études Grecques, 1988)

59.              MALKIN (Irad). Un tout petit monde. Les réseaux grecs de l'Antiquité. Les Belles Lettres, 2018, in-8°, 388 pp, 18 cartes et figures, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Mondes anciens)

            20

La civilisation grecque a émergé à partir du moment où les Grecs se séparaient les uns des autres et s'installaient loin de la Grèce continentale, jusque sur les rivages de la mer Noire et de la péninsule Ibérique. C'était là une diaspora sans foyer d'origine, puisqu'il n'y avait pas d'empire grec ou de centre grec établi qui aurait dirigé la création de ces centaines de communautés. Une fois dispersés, au lieu de s'assimiler et de s'orienter vers leurs nouveaux environnements, ces Grecs continuèrent à se référer les uns aux autres à travers la Méditerranée et la mer Noire tout en cristallisant par là même leurs points communs et leur identité collective. A terme, les communautés grecques finirent par se ressembler entre elles bien plus qu'à aucun de leurs voisins étrusques, scythes ou libyens. Dans ce nouvel ouvrage, Irad Malkin emploie les concepts de la théorie des réseaux pour rendre compte de manière originale de l'essor de la civilisation grecque au cours de la période archaïque. Les dynamiques de connectivité des réseaux actuels tels que l'Internet, qui tient très peu compte des délimitations traditionnelles, sont remarquablement similaires aux réseaux de colonisation, de commerce, d'art et de cultes religieux de la Méditerranée archaïque. Ces liens, à la fois pensés et fortuits, réduisirent rapidement la distance qui séparait les noeuds du réseau grec, faisant de la vaste Méditerranée et de la mer Noire un "petit monde". Offrant une contribution majeure à un courant en plein essor de la recherche en Histoire, Un tout petit monde permet de dépasser le traditionnel modèle centre-périphérie de l'expansion grecque.

60.              MÉNARD (René) et Claude SAUVAGEOT. Vie privée des anciens. Les Institutions de l'Antiquité. 1. Institutions civiles ; guerre ; sciences. – 2. Institutions religieuses ; éducation. Flammarion, s.d. (1913), 2 vol. in-8°, viii-368 et vii-366 pp, nouvelle édition publiée par Édouard Rouveyre avec sommaires analytiques et index des noms propres cités, accompagnée de 724 illustrations, cartes et plans dans le texte (dessins d'après les monuments antiques par Charles Sauvageot), brochés, bon état

            50

Tomes VII et VIIII de la monumentale “Vie privée des anciens” (t. I et II. Les Peuples dans l'Antiquité ; t. III et IV. La Famille dans l'Antiquité ; t. V et VI. Le Travail dans l'Antiquité). — "Cette œuvre magnifique constitue un véritable travail herculéen. – C’est un des plus beaux monuments élevés à la gloire de l’Antiquité qu'il fait revivre sous tous ses aspects. Il est enrichi de 3.000 gravures dans le texte et hors texte représentant tous les Dieux de l’Antiquité, une grande quantité de monuments et de bas-reliefs égyptiens, assyriens, grecs, étrusques, etc... de nombreux objets symboliques ayant trait aux religions, à la mythologie, aux sciences sacrées et profanes, et dont la partie consacrée à l'Egypte est certainement la plus remarquable. – L’analyse de cette œuvre gigantesque serait en dehors des limites possibles, aussi donnerons-nous seulement un aperçu de la partie consacrée aux institutions religieuses de l’antiquité. L’Egypte : Les Dieux. – Les Emblèmes religieux. – Les animaux sacrés. – Les Destinées de l'âme. – Les Temples. – Les Prêtres. – Les Cérémonies du Culte. – Le Culte en Asie. – Chez les Hébreux, les Phéniciens, les Assyriens, les Perses et les Phrygiens. – Le culte en Grèce : Les Titans. – L’Olympe. – Les Dieux du Ciel, de la Terre, des Eaux, du Feu, des Enfers. – Les Dieux domestiques. – Les Héros. – La Religion des Romains : Les Lares. – Les Dieux de la Mort. – Les Génies et les Vertus. – Les dieux Gaulois. – Les Pratiques du Culte. – Le Sacerdoce. – Les Autels et Ustensiles du culte. – Les Sacrifices. – Les Présages. – Les Cérémonies. – La Transformation des cultes païens en culte chrétien, etc.., C’est l'encyclopédie la plus complète, sur la Mythologie, les Religions, les Mœurs, les Coutumes et les Cérémonies de l’Antiquité ; c’est en même temps un véritable musée artistique et archéologique." (Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, 1912)

61.              NEHER (André et Renée). Histoire biblique du peuple d'Israël. P., Adrien-Maisonneuve, 1962, 2 vol. pt in-4°, xv-719 pp, pagination continue, 40 illustrations sur 32 pl. hors texte, 34 cartes et tableaux, biblio, index, brochés, couv. lég. salies, bon état

            60

Ce livre présente l'histoire du peuple d'Israël dans les limites chronologiques de la Bible. Il est, cependant, radicalement différent de toutes les Histoires Saintes composées par des Juifs, dont aucune ne dépasse le stade primaire du catéchisme ou du récit. Cette Histoire Biblique est d'ordre strictement historique et se situe délibérément à un niveau scientifique. André et Renée Neher ne reconstruisent pas l'histoire de la Bible sur les ruines de la Bible. C'est sur le corps et l'esprit d'une Bible que se développe ici l'histoire. Ce n'est pas une histoire d'Israël à propos de la Bible, mais une histoire biblique d'Israël. Les auteurs présentent eux-mêmes leur livre non pas comme une « histoire sainte », mais comme une histoire « objective » du peuple d'Israël dans les limites chronologiques de la Bible (de la vocation d'Abraham à Néhémie). Rabbin, écrivain et philosophe juif alsacien, André Neher fut l'un des principaux artisans du renouveau du judaïsme en France après la Shoah. Professeur de littérature juive et enseignant en hébreu, il publie avec son épouse, Renée Neher, historienne du judaïsme, du sionisme et d'Israël, plusieurs ouvrages essentiels sur la civilisation et l'histoire juive.

62.              ROMAN (Yves). Le Haut-Empire romain, 27 av. J.-C. - 235 ap. J.-C. Ellipses, 1998, gr. in-8°, 191 pp, 29 figures et cartes dans le texte, chronologie, biblio, broché, bon état

            15

Dans ses structures mentales ou matérielles, le monde des hommes et des femmes de l'Antiquité est relativement éloigné du nôtre. Toutefois, pour nous, ces vies sont largement diseuses d'histoire, notre civilisation étant pour partie bâtie sur la leur. Tour à tour riche, guerrier, pacifique, parfois impérialiste, le vécu des hommes de cette époque dépasse ainsi le rôle de l'héritage pour être un fragment de l'histoire humaine. L'Antiquité, une histoire est une collection d'initiation pour tous ceux, étudiants ou non, qui veulent essayer de comprendre l'histoire des mondes anciens de la Méditerranée. Dire la Rome impériale, selon les règles de la tradition, revient à parler d'un fou (Caligula), d'un histrion persécuteur de chrétiens et peut-être incendiaire de Rome (Néron), tandis que se profile l'énorme tête de Caracalla et que monte encore la clameur de l'amphithéâtre. Cela est vrai. Mais est-ce là toute l'histoire ? Non certainement, car la romanité impériale fut aussi faite de luttes politiques implacables, connut une société régie par des règles complexes, une économie que nous commençons à entrevoir, une culture matérielle qui ne fut pas immobile, comme on l'a cru trop longtemps. L'examen de la pourpre, de la toge laticlave, des divinités d'un Orient envahissant ... doit alors être complété par celui des pressoirs à arbre, contrepoids et cabestan, des bateaux, qui ne furent pas toujours petits et caboteurs, des commerçants, riches et heureux de l'être ... Un nouveau monde.

MOYEN AGE

 

63.              Anthologie. Les Troubadours. L'œuvre épique. Jaufre, Flamenca, Barlaam et Josaphat. Desclée De Brouwer, 2000, fort in-12, 1227 pp, traduction de René Lavaud et René Nelli, notices, imprimé sur papier bible, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque Européenne). Edition bilingue avec texte en vieux français et traduction française en regard

            50

"L'établissement du texte, l'annotation et la traduction ont été confiés à des philologues hautement qualifiés, René Lavaud et René Nelli. Jaufre est le seul roman arthurien en langue d'oc qui nous soit parvenu. Il a joui de ce fait jusqu'au XIVe siècle, d'un succès qui est dû aussi à la qualité même du poème. Puis cette œuvre anonyme, dont la date de composition reste mal fixée, est quelque peu tombée dans l'oubli, éclipsée par la popularité de Chrétien de Troyes. Elle n'a jamais été traduite en français. Les nouveaux éditeurs ont jugé qu'elle méritait de l'être non seulement en raison de ses qualités psychologiques, mais aussi à cause de l'émotion que l'habileté du poète a su faire régner dans son œuvre. Le poème de Flamenca est plus connu. Composé en Rouergue entre 1240 et 1245 (d'après Alfred Jeanroy) par un clerc resté anonyme, il a joui d'une notoriété qui a été refusée à Jaufre ; on l'a considéré même comme le premier roman psychologique français. L'amour y joue le même rôle essentiel que dans Jaufre, mais sous une forme moins élevée. Le troisième roman occitan publié dans le volume est d'un caractère tout différent ; c'est une œuvre en prose, le roman spirituel de Barlaam et Josaphat. Ces personnages ne sont autres que le Bouddha lui-même et son maître Barlaam. Leur vie diffusée dans le monde islamique, traduite en copte et en arménien, a pénétré dans La Légende dorée de Jacques de Voragine. Le catharisme a exercé son influence sur ce roman sur lequel, comme l'écrivent les éditeurs, cinq religions ont médité, et ceci lui confère un réél intérêt pour l'histoire de la spiritualité. La version publiée dans le volume a été écrite au XIVe siècle dans la région d'Albi. (...) Les médiévistes apprécieront cet ouvrage où ils trouveront éditées et traduites avec fidélité des oeuvres à la fois très diverses et très caractéristiques de la littérature de langue d'oc du XIIIe et du XIVe siècle." (Robert Latouche, Bibliothèque de l'école des chartes, 1963)

64.              BELPERRON (Pierre). La Croisade contre les Albigeois et l'union du Languedoc à la France (1209-1249). Perrin, 1967, in-8°, 472 pp, 16 pl. de gravures et un tableau généalogique hors texte, 2 cartes sur les gardes, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

            25

"Un livre qui manquait. Si M. Belperron est bien informé ; – et il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir les chapitres très nourris qu'il a écrits sur les origines, le développement, les résultats de la Croisade, il s'agit ici d'un livre à thèse, une thèse séduisante, mais qui ne recueillera certainement pas l'assentiment unanime. Pour M. Belperron, le programme de la papauté à l'égard de l'hérésie se résume dans le mot d'ordre “pax et fides” ; cet idéal d'ordre dans les choses et de discipline dans les âmes s'oppose à l'anarchie sociale, intellectuelle et religieuse des pays de langue d'oc aux XII et XIII siècles ; il se retrouve, au contraire, dans la France du Nord, aussi bien dans la dynastie capétienne de Louis VI à Philippe III que chez les seigneurs de l'Ile-de-France, comme Simon de Montfort, les uns et les autres bons catholiques, administrateurs consciencieux, accoutumés à la persévérance dans l'effort. L'annexion du Midi par les rois de Paris a été une étape nécessaire dans la formation de l'unité française. Quoi qu'il en soit, il convient de souligner que M. Belperron s'efforce toujours de rester impartial, malgré son désir de présenter en bonne lumière les faits favorables à sa thèse – c'est ainsi qu'il n'essaie pas de pallier l'atrocité des massacres ; il se contente de les expliquer par les mœurs du temps. Reconnaissons aussi qu'il abonde en aperçus ingénieux dont il faudra tenir compte, ne fût-ce que pour les discuter : par exemple, il réagit, avec raison, semble-t-il, contre la part exagérée donnée à l'aspect militaire de la Croisade, il insiste, également à bon droit, sur les éléments spirituels de l'affaire (continuité de vues des conciles méridionaux, importance des statuts de Pamiers, action administrative de la royauté et Alfonse de Poitiers). L'influence des croisades d'Orient, omise ou sous-estimée par les historiens modernes, est définie en termes brefs, mais précis. Les origines de l'Inquisition sont également restituées avec une grande clarté. L'ouvrage est complété par des généalogies simplifiées des familles royales de France, d'Angleterre, d'Aragon et des comtes de Toulouse, par 2 cartes, par des plans de Toulouse et de Muret, par des reproductions de photographies bien choisies. En somme, le livre le mieux au point actuellement sur la question, mais dont certaines conclusions tout au moins apparaissent comme discutables." (Ch. Samaran, Bibliothèque de l'École des chartes)

65.              BLOCH (Marc). Esquisse d'une histoire monétaire de l'Europe. Armand Colin, 1954, gr. in-8°, 96 pp, une page du manuscrit de Marc Bloch en fac-similé, préface par Lucien Febvre, postface par Fernand Braudel, broché, bon état (Coll. Cahiers des Annales). Edition originale posthume

            30

"Parmi les manuscrits inédits qu'a laissés le regretté Marc Bloch, il s'est trouvé un ensemble de notes de cours relatives à l'histoire monétaire. Marc Bloch nous y apparaît tel que nous l'avons connu : allant droit aux problèmes essentiels, puisant, pour résoudre les uns, dans la documentation si riche et si variée qu'il avait su réunir, indiquant, pour les autres, d'un geste sûr, aux chercheurs qu'il conviait à la tâche, les voies menant à des solutions possibles, qu'il ne faisait lui-même qu'entrevoir. Ce petit livre mérite de devenir un vade-mecum pour nombre d'historiens, en premier lieu, sans doute, pour ceux qui s'adonnent à l'histoire monétaire, mais aussi pour les fervents des disciplines apparentées, telle l'histoire des prix..." (H. Van Werveke, Revue belge de philologie et d'histoire, 1955)

66.              BLOCH (Marc). La France sous les derniers Capétiens, 1223-1328. Armand Colin, 1958, gr. in-8°, (2)-129 pp, préface de Fernand Braudel, broché, bon état (Coll. Cahiers des Annales)

            30

Critique des sources. Le cadre. Le gouvernement des hommes. L'administration. Le Roi et la Nation. Le Roi et l'Eglise. Les cadres de la vie sociale. Les villes. L'économie française. L'Eglise et la vie religieuse. La vie intellectuelle. — "Une note liminaire de M. Fernand Braudel explique au lecteur les conditions dans lesquelles a été publié le nouvel ouvrage posthume de Marc Bloch : « Aujourd'hui, nous éditons un cours, à moitié mis en forme : Lucien Febvre l'avait conservé, sans l'utiliser, dans ses propres papiers, à Saint-Amour ; ce cours était visiblement destiné au seul public des agrégatifs qui l'ont suivi, à la Sorbonne, en 1937-1938 : il n'a nullement été conçu comme une future publication. » C'est dire à la fois les quelques faiblesses et l'intérêt de cet ouvrage composé par les chapitres d'un cours d'agrégation..." (Raymond Cazelles, Bibliothèque de l'école des chartes, 1958)

67.              BLOCH (Marc). La Société féodale. Les classes et le gouvernement des hommes. Albin Michel, 1949, in-8°, xxii-287 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, dos factice, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

            25

"La Société féodale a cinquante ans. Une génération nouvelle d'historiens de la société, des réactions mentales et de l'économie, qui n'a cure des grands anciens, laboure le champ délimité par Bloch. Certes le domaine aujourd'hui est plus vaste, mieux connu, plus ouvert. Mais La Société féodale en reste le noyau, la source de tant de recherches qui plongent en elle leurs racines et qui, souvent, l'avouent. L'art de la perspective, la justesse du mot, le charme du style, le sens de l'image l'ont préservée des rides. C'est à cela que se reconnaît le chef-d'œuvre." (Robert Fossier, à propos de la réédition de 1998)

68.              BLOCH (Marc). Seigneurie française et manoir anglais. Armand Colin, 1967, gr. in-8°, 159 pp, préface de Georges Duby, biblio, broché, soulignures, bon état (Coll. Cahiers des Annales)

            25

Edition posthume du premier cours de Marc Bloch à la Sorbonne en 1936, sur les régimes fonciers de France et d'Angleterre et les caractères particuliers du système domanial dans l'un et l'autre pays au Moyen Age. — "Sans doute, comme ceux de Pirenne, les écrits de Bloch gardent-ils leur puissance de suggestion, mais l'éditeur a jugé prudent de faire suivre le texte d'une importante bibliographie qui permet de mesurer le chemin parcouru depuis 1936, en ce domaine, et le rayonnement encore si vif des idées de Marc Bloch..." (Robert Fossier, Bibliothèque de l'école des chartes)

69.              BLONDEL (Jean-François). Les Légendes des cathédrales. Jean-Cyrille Godefroy, 2002, gr. in-8°, 231 pp, notes, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Le "temps des cathédrales" évoque une période unique dans l'Histoire de France. Pendant près de trois siècles, les chantiers se sont succédés, amenant une foule d'ouvriers, d'artistes, de bénévoles, à l'œuvre Notre-Dame. Une œuvre aussi grandiose a fait naître des légendes. Ainsi les Chimères de Notre-Dame, le Beau Dieu d'Amiens, la Bonne Dame de Chartres, la légende des Tours d'Orléans ou celle de l'Horloger de la cathédrale de Strasbourg, emmèneront le lecteur dans un monde fantastique où se côtoient anges et démons, réel et imaginaire, l'invitant à faire un retour aux sources de notre Tradition et à retrouver le message de ceux qui ont œuvré sur les chantiers.

70.              BOURNAZEL (Eric). Le Gouvernement capétien au XIIe siècle, 1108-1180. Structures sociales et mutations institutionnelles. (Thèse). PUF, 1975, gr. in-8°, 200 pp, 4 cartes et 3 tableaux généalogiques (dont un dépliant), biblio, broché, trace de mouillure ancienne au premier plat et sur les premiers feuillets, bon état (Publications de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de l'Université de Limoges), envoi a.s. au professeur Jean Favier

            60

"Bournazel reprend l'enquête de Lemarignier (Le Gouvernement royal aux premiers temps capétiens, 987-1108, Picard 1965) à l'avènement de Louis VI en 1108 mais en concentrant son étude sur un domaine plus restreint. Laissant de côté la question du pouvoir réel du roi, il s'intéresse exclusivement à la définition de la politique royale. Vers quels hommes se tournait régulièrement le roi pour le conseil ? De quelle manière, à travers quelles institutions, s'il en existait, délivraient-ils leurs avis ? Pour répondre à ces questions Éric Bournazel procède à une analyse minutieuse de l'entourage royal durant chacun des deux règnes, utilisant comme sources tous les textes narratifs qui intéressent son sujet mais surtout toutes les chartes et leurs listes de témoins. Après les avoir répartis en différentes catégories, grande et petite aristocratie, prélats, bas-peuple, il distingue parmi eux ceux qui se trouvent régulièrement au service du roi. Comme on pouvait s'y attendre, les conclusions d'Éric Bournazel confirment celles de Lemarignier pour la période qui a suivi immédiatement la mort de Philippe Ier. Les grands officiers continuent à former le noyau stable de l'entourage de Louis VI au milieu d'une foule de petits officiers et d'autres gens plus humbles encore. Les apparitions de la grande aristocratie, des évêques et des abbés, à la cour royale sont même devenues plus rares qu'au temps de Philippe Ier, et leur rôle réel dans le gouvernement a continué à diminuer. Une recherche généalogique approfondie révèle que, sauf quelques rares exceptions, les membres permanents de l'entourage royal étaient originaires de familles de chevaliers urbains (Senlis, Étampes, Paris, etc.) de l'Ile-de-France. (...) Cette thèse constitue une importante contribution à l'histoire de la monarchie. Son approche des sources est sobre et prudente. Son interprétation des faits et ses principales hypothèses, notamment sur l'origine sociale des membres permanents de l'entourage royal, sur le déclin des grands officiers et sur la montée d'un nouveau conseil, sont convaincantes..." (George T. Beech, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1977)

71.              BOUTRUCHE (Robert). Seigneurie et féodalité. 1. Le premier âge des liens d'homme à homme. Aubier, 1959, pt in-8°, 478 pp, biblio, index, broché, sans la jaquette, bon état (Coll. Historique)

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"Le temps n'est plus seulement aujourd'hui aux études minutieuses qui sont proprement le domaine de la recherche, mais aussi aux exposés synthétiques qui font le point d'une question et donnent aux érudits une large information qui oriente et guide leurs recherches. Le livre de M. Boutruche répond à ce besoin. C'est un exposé très complet et très précis des connaissances acquises sur les origines de la société médiévale après un demi-siècle d'études historiques et les études critiques publiées par les savants du monde entier. Il n'est que de jeter un coup d'oeil sur la bibliographie – 466 ouvrages et articles recensés – pour apprécier l'ampleur de l'information mise en œuvre. Il s'agit d'une fresque à grands traits de la civilisation qui a précédé l'âge féodal classique ; elle s'ordonne en une mise au point très étudiée, vaste synthèse où sont mis en valeur les points essentiels. C'est une heureuse fortune pour les étudiants, de trouver ainsi condensé et rassemblé de main de maître le résultat des efforts de générations de chercheurs, sans avoir à se perdre dans une bibliographie touffue que l'auteur a parcourue et dépouillée pour eux. (...) L'un de ses principaux mérites de l'ouvrage est qu'il éveille les curiosités et que, par delà la somme des connaissances accumulées et exposées, il signale les points obscurs, ceux sur lesquels la recherche n'a pas encore été poussée de façon exhaustive. C'est avant tout un état des connaissances actuelles sur la civilisation du haut moyen âge. Riche de faits et de théories, il l'embrasse de haut, par une vue synthétique, mais il met en relief les lacunes de notre information sur les points à élucider. A chaque page, le lecteur attentif peut faire le bilan des résultats acquis et des ignorances qui demeurent, et noter les travaux qui restent à faire. C'est une mine de sujets à traiter et ce n'est pas là la moindre utilité de ce brillant exposé, des patientes recherches et du talent d'écrivain de l'auteur." (Jacques Boussard, Journal des savants, 1960)

72.              CEVINS (Marie-Madeleine de). Mathias Corvin. Un roi pour l'Europe centrale (1458-1490). Les Indes savantes, 2016, gr. in-8°, 423 pp, 24 illustrations en couleurs sur 16 pl. hors texte, 2 tableaux généalogiques, 8 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

De Christophe Colomb à Nicolas Machiavel, le milieu du XVe siècle a vu naître des personnalités qui ont hâté l'avènement de la modernité par leurs idées, leurs projets ou leurs actes. Mathias (Ier) Corvin, né en 1443, roi de Hongrie (1458-1490) et de Bohême (à partir de 1469), est de ceux-là. Il a marqué l'Europe centrale de son sceau, quelques décennies seulement avant la reconfiguration générale qui suivit l'expansion maximale des Turcs sur le vieux continent et permit la domination des Habsbourg. Il échafauda un ensemble territorial débordant largement du bassin carpatique. Grâce à ses talents diplomatiques, à la redoutable "Armée noire" (où s'illustrèrent les premiers hussards), il dompta "Dracula" (Vlad l'Empaleur) et refoula l'agresseur ottoman dans les Balkans, pendant qu'à l'ouest et au nord, il s'emparait de la Moravie (tchèque), de la Silésie (polonaise), de la Lusace (allemande) et enfin de la Basse-Autriche. Porté sur le trône de saint Etienne par la gloire qui auréolait Jean de Hunyad - champion de la Chrétienté vainqueur des Turcs à Belgrade (1456) -, Mathias aurait pu servir de modèle à l'auteur du Prince par ses méthodes de gouvernement. Il se rapproche aussi de Laurent le Magnifique par son engagement en faveur des arts, passeur de la Renaissance italienne au nord des Alpes. Si la renommée de Mathias Corvin n'est pas usurpée, elle ne saurait masquer ses erreurs. Grevés d'impôts, ses sujets lui reprochaient de sacrifier leur bien-être sur l'autel de ses ambitions extérieures. Toujours est-il qu'après sa mort, l'édifice s'effondra tel un château de cartes en moins d'une génération.

73.              CHAPIN (Elizabeth). Les Villes de foires de Champagne, des origines au début du XIVe siècle. P., Honoré Champion, 1937, gr. in-8°, xxviii-354 pp, 5 pl. dépliantes hors texte de cartes et plans in fine, biblio, index, reliure demi-chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs soulignés à foid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état (Bibl. de l'Ecole des Hautes Études)

            150

"Intéressante contribution à l'étude des villes françaises au moyen âge. L'auteur traite particulièrement de Troyes, Provins, Bar-sur-Aube et Lagny, dont la vie économique et administrative médiévale est minutieusement analysée." (Annales de Géographie, 1937) — "Pirenne a affirmé plus d'une fois avec force que les foires n'ont joué aucun rôle dans la formation des villes. Il a invoqué en exemple Torhout et Messines en Flandre, Bar-sur-Aube et Lagny en Champagne, qui toutes ont connu des foires importantes sans parvenir à s'élever au rang de véritables villes. C'est tout naturellement à cette thèse que l'on songe en prenant en main le livre de Miss Chapin, et l'on n'est pas surpris de la voir invoquée dès la deuxième page : « La foire a sûrement favorisé le développement de ces villes, mais il est impossible qu'elle l'ait provoqué ». L'étude qui nous est présentée ici sur les foires de Champagne confirme la double assertion de notre regretté maître, et développe amplement le premier membre de cette phrase empruntée à ses « Villes du Moyen-âge ». Dans une série de chapitres d'allure analytique, l'auteur examine quelle influence l'existence de foires a pu exercer sur le développement des quatre villes de Troyes, Provins, Bar-sur- Aube et Lagny, dont les deux premières, on le sait, sont devenues des agglomérations importantes pour l'époque. Miss Chapin condense ensuite les résultats obtenus en une conclusion de cinq pages, d'une précision qui ne laisse rien à désirer. Viennent ensuite une série d'appendices relatifs à des questions connexes, des pièces justificatives, une carte du réseau routier de la Champagne et de la Brie, et un plan de chacune des quatre villes étudiées. (...) Utile contribution à l'histoire urbaine. On souhaiterait voir des études semblables entreprises pour d'autres groupes de villes de foires : il serait instructif d'y voir réapparaître les traits caractéristiques que Miss Chapin a distingués dans celles de Champagne." (Hans van Werveke, Revue belge de philologie et d'histoire, 1939).

74.              CHEVALIER (Bernard) et Philippe CONTAMINE (dir). La France de la fin du XVe siècle. Renouveau et apogée. Economie, pouvoirs, arts, culture et consciences nationales. Actes du Colloque du Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance, Tours, 3-6 octobre 1983. Editions du CNRS, 1985, gr. in-8°, 352 pp, 26 photos et plans sur 16 pl. hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            60

"A l'occasion du cinquième centenaire de la mort de Louis XI, le Centre d'études supérieures de la Renaissance et le CNRS ont organisé à Tours un colloque sur la France de l'époque. De la fin du XVe siècle et non pas la fin, précise l'introduction de Ph. Contamine, car il s'agit de rassembler sur des questions souvent mal connues, la personnalité d'une France en équilibre, qui a récupéré ses pertes antérieures et semble atteindre une situation optimale. Rien d'une « transition » souligne B. Chevalier en concluant ; rien non plus dans le colloque d'une vue étroite centrée sur un roi. La richesse des contributions, 21 dont 8 étrangères, témoigne de la fécondité des études sur cette période. (...) Au total un livre très riche dont le mérite est de placer en pleine lumière ces temps ordinairement émasculés entre un Moyen Age finissant et des temps modernes dans l'enfance." (Robert Fossier, Annales ESC, 1987)

75.              Collectif. Le Féodalisme. Editions de la Nouvelle Critique, 1963, in-8°, 232 pp, broché, bon état (Recherches Internationales à la lumière du marxisme n° 37)

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Onze études : Le Moyen Age (V. Birioukovitch et I. Levitski) ; Le développement des forces productives en Gaule du Nord et les débuts de la féodalité (Ch. Parain) ; La formation de l'Etat préféodal allemand (H.-J. Bartmuss) ; L'évolution des formes de la rente féodale en Angleterre du XIe au XVe siècle (E. Kosminski) ; Les luttes de classe au Portugal à la fin du Moyen Age (A. Cunhal) ; La paysannerie russe aux XIVe et XVe siècle d'après les écorces de bouleau de Novgorod (L. Tcherepnine) ; Les troubadours et leurs commentateurs (R. Fridman) ; Villes et campagnes dans le Moyen Age slave (A. Gieystor) ; Sur la genèse du capitalisme dans l'agriculture de l'Europe occidentale (S. Skazkine) ; Réflexions sur l'usage du mot "féodalité" (Claude Cahen) ; Du féodalisme au capitalisme (E. Hobsbawn et M. Dobb).

76.              DELISLE (Léopold). Mandements et actes divers de Charles V (1364-1380) recueillis dans les collections de la Bibliothèque nationale, publiés ou analysés par M. Léopold Delisle. Imprimerie Nationale, 1874, pt in-4°, xii-1036 pp, cartonnage éditeur, dos lég. abîmé avec pt mques en tête, imprimé sur vergé, à pleines marges, non rogné, bon état (Collection des documents inédits sur l'histoire de France).

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"Comment fonctionne le régime sous l'autorité du souverain et le contrôle de ses conseillers ? Si l'on parcourt le recueil des “Mandements et actes divers de Charles V” composé par Léopold Delisle, on a le sentiment que presque tout émane du roi au nom duquel sont expédiés les actes. Mais il;convient de regarder les choses de plus près. Le souverain entend les requêtes qui lui sont présentées. Elles sont nombreuses et le corps des maîtres des requêtes de l'Hôtel prend, autour du roi, un sérieux développement. S'il s'agit d'une affaire très importante, elle est placée en attente pour être soumise au Conseil..." (Raymond Cazelles, Société politique, noblesse et couronne sous Jean le Bon et Charles V, 1982) — "Je n'ai point cherché de documents hors du recueil des “Ordonnances” et du volume où M. Léopold Delisle a réuni des “Mandements et actes divers de Charles V”. Ceux-ci suffisent à montrer que l'autorité royale s'exerce sans conteste, bien qu'avec des précautions, dans les domaines féodaux en matière de justice, de guerre et de finances." (Ernest Lavisse, Revue Historique, 1884)

77.              DES GARETS (Marie-Louyse). Le Roi René, 1409-1480. Un artisan de la Renaissance française au XVe siècle. La Table Ronde, 1980, in-8°, 313 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Il a chevauché aux côtés de Jeanne d'Arc, aidé Charles VII à la reconquête, protégé la fuite de Jacques Coeur, bâti d'admirables châteaux, encouragé et secouru les plus grands peintres, les plus grands poètes, les plus grands chroniqueurs de son temps. Le roi René, duc de Bar et de Lorraine, roi de Sicile et comte de Provence, roi de Jérusalem, duc d'Anjou, comte de Guise et de Piémont, roi d'Aragon et de Hongrie, demeure par cette titulature excessive et diverse l'un des destins les plus caractéristiques de l'univers princier du XVe siècle.

78.              FROISSART (Jean). Chroniques de J. Froissart, publiées pour la Société de l'Histoire de France par Albert Mirot. Tome 14 : 1386 (1325)-1388. P., Klincksieck, 1966, gr. in-8°, lvi-240 pp, broché, bon état

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"Froissart peint avec une merveilleuse exactitude la société au milieu de laquelle il a vécu, il est le chroniqueur fidèle du monde chevaleresque vu et aimé par lui, et s'il n'a guère vu que l'extérieur des hommes et des choses, il nous a du moins exactement reproduit l'impression faite par les uns et par les autres sur un spectateur bienveillant et d'esprit ouvert." (Molinier, Sources IV, 3094).

79.              FROISSART (Jean). Chroniques de J. Froissart. Troisième livre publié pour la Société de l'Histoire de France par Albert Mirot. Tome 15 : 1387-1389. P., Klincksieck, 1975, gr. in-8°, lxvi-242 pp, broché, bon état

            30

"Froissart peint avec une merveilleuse exactitude la société au milieu de laquelle il a vécu, il est le chroniqueur fidèle du monde chevaleresque vu et aimé par lui, et s'il n'a guère vu que l'extérieur des hommes et des choses, il nous a du moins exactement reproduit l'impression faite par les uns et par les autres sur un spectateur bienveillant et d'esprit ouvert." (Molinier, Sources IV, 3094).

80.              HUIZINGA (J.). Le déclin du Moyen Age. Payot, 1932, in-8°, 406 pp, traduit du hollandais par J. Bastin, préface de Gabriel Hanotaux, reliure demi-basane havane, dos à 4 nerfs filetés, titres et filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. passé, un coin lég. abîmé, manque angulaire sur la 1ère garde, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"Si l'on avait demandé à Johan Huizinga quel était le sujet fondamental de son livre, affirme Jacques Le Goff, il aurait parlé d'abord de l'imbrication intime du Moyen Âge et de ce que nous appelons la Renaissance. “Le déclin du Moyen Age” décrit et analyse les "saveurs", les "idées", les "émotions" et les "images" dans lesquelles s'exprime une société qui meurt, celle du Moyen Âge, pour donner naissance à une autre, la Renaissance". Marc Bloch et Lucien Febvre ont souligné le caractère pionnier de ce livre publié pour la première fois en 1932. Huizinga y découvre en effet les nouveaux domaines de l'histoire : le corps, les sens, les rêves et l'imaginaire. Johan Huizinga (1872-1945), l'un des plus grands historiens hollandais, est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels “Homo ludens. Sur la fonction sociale du jeu”.

81.              HUTIN (Serge). La vie quotidienne des alchimistes au Moyen Age. Hachette, 1977, in-8°, 247 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Qui n'aura entendu parler des vieux alchimistes du Moyen Age, oeuvrant en quelque sombre laboratoire, fugitivement éclairé par la lueur rougeoyante des flammes de l'athanor (fourneau hermétique) ? Serge Hutin les fait revivre à travers leurs mystérieux travaux poursuivis malgré échecs et déceptions, menaces et traverses. Que cherchaient-ils donc avec cette ardeur passionnée ? N'aspiraient-ils qu'à trouver les formules d'un extraordinaire enrichissement magique ? Leur quête n'aurait-elle pas comporté un aspect spirituel, sacré, impliquant une vision du monde radicalement opposée aux conceptions scientifiques courantes ? Comment devenait-on alchimiste ? Dans quels milieux de la société médiévale se recrutaient les adeptes ? Quels furent les rapports exacts des alchimistes avec l'Eglise, l'Université, les Grands, la Couronne ? Autant de questions auxquelles l'auteur répond au fil de ces pages empreintes de rigueur historique et de ferveur, tout en évoquant maintes silhouettes d' "artistes" obscurs en même temps que les alchimistes les plus célèbres comme Nicolas Flamel et son épouse Dame Pernelle.

82.              LEMARIGNIER (Jean-François). Le Gouvernement royal aux premiers temps capétiens (987-1108). Picard, 1965, gr. in-8°, 225 pp, 13 tableaux et 7 cartes dépliants in fine, biblio, index, broché, bon état

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"Les « Premiers temps capétiens » ne sont pas de ceux où l'on peut s'attendre à des découvertes sensationnelles de documents inédits – du moins en ce qui concerne les rois et leur entourage. Le nouveau ne peut venir que de l'historien. Mais les plus grands progrès de l'histoire sont presque toujours venus d'un regard neuf et, s'agissant des vieux textes, d'une lecture nouvelle. Ainsi en a fait J. F. Lemarignier avec les actes des quatre premiers souverains capétiens – publiés ou catalogués par les Bénédictins de Saint-Maur pour Hugues Capet, par W. M. Newman pour Robert le Pieux, par F. Soehnée pour Henri Ier et par M. Prou pour Philippe Ier, à quoi il faut ajouter quelques rares découvertes postérieures à ces publications. A cette documentation J.-F. Lemarignier a posé une question simple et précise : qui sont les personnages qui souscrivent les actes royaux ? Une fois établie la liste de ces souscripteurs, et, à partir d'elle, des tableaux et des cartes donnant le rang social et l'origine géographique de ces personnages, une série de questions toujours simples font progresser l'enquête. Est-il possible de donner de l'entourage royal une image sociale et régionale ? Cette image évolue-t-elle pendant la période séculaire envisagée ? Cette évolution de l'entourage permet-elle de définir les progrès de l'autorité royale ? La réponse est nette et décisive. De 987 à 1077 environ le déclin royal est continu. A partir du deuxième tiers du règne de Philippe Ier un redressement s'amorce. (...) J.-F. Lemarignier ouvre ou confirme des perspectives de tous ordres : sur l'évolution juridique des actes royaux et de leurs souscriptions – apparition du mandement, effacement des fidèles devant les témoins – ; sur l'évolution religieuse : attitude de la royauté face à la réforme grégorienne et à Cluny ; sur l'évolution sociale : essor de cette féodalité castrale déjà si bien mise en valeur par Georges Duby dans le Maçonnais du XIe siècle. Et tout ceci dans un ouvrage solide, où s'affirme la compétence multiple de J.-F. Lemarignier, historien chartiste et juriste, clair et alerte (le texte ne comprend que 176 pages auxquelles s'ajoutent les appendices, index, cartes, tableaux), écrit avec un grand bonheur d'expression..." (Jacques Le Goff, Annales, 1968)

83.              MARKALE (Jean). Isabeau de Bavière. Payot, 1982, in-8°, 274 pp, une carte, un tableau généalogique, biblio, broché, couv. illustrée, dos passé, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Pour tous les Français, Isabeau de Bavière, épouse du roi fou Charles VI, est la reine maudite, celle qui a livré le royaume de France aux Anglais, celle qui a déshérité son fils Charles VII au profit de son genre Henry V d'Angleterre. Cette image que nous conservons d'Isabeau de Bavière élimine d'office tout jugement sur ce personnage hors pair de l'histoire de médiévale. Il est pourtant intéressant de savoir qui était réellement Isabeau de Bavière et à quelles motivations précises répondait son étrange et contestable politique. Elle a rêvé d'un royaume uni d'Angleterre et de France. Elle a rêvé d'être une nouvelle Aliénor d'Aquitaine. Mais le destin a voulu que l'Histoire lui donnât tort : contre la vieille reine, image satanique, ou plutôt image de la Femme pécheresse s'est dressée l'image tout aussi symbolique que la vierge Jeanne d'Arc. Et entre deux mythes, le peuple a choisi. Iseabeau a toujours été rejetée dans les ténèbres de la géhenne, où elle a rejoint des personnages tout aussi fascinants que le beau Louis d'Orléans, le duc assassiné, le retors Jean sans Peur, lui-même assassiné dans des circonstances troubles, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, l'énigmatique Tanguy de Chastel, l'étrange Arthur de Richemont, connétable de France, puis duc de Bretagne, Yolande d'Aragon, reine de Sicile, discrète protectrice de Jeanne d'Arc et de Charles VII, sublime entremetteuse au milieu des tours et détours de cette époque troublée mais passionnante. Car, autour d'Isabeau de Bavière, c'est toute la société de l'Europe occidentale de la fin du XIVe siècle et du début du XVe siècle qui apparaît, avec ses mutations, ses paradoxes et ses idéaux. A partie de là, la France et l'Angleterre vont partir, chacune de son côté, à l'assaut d'un monde qui ne connaît pas encore son identité...

84.              NULLI (Siro Attilio). Ludovic le More, 1451-1508. Payot, 1932, in-8°, 226 pp, traduit de l'italien, 7 gravures hors texte, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Ludovic Marie Sforza dit le More (1452-1508) est un noble italien qui fut duc de Milan en Lombardie. Deuxième fils du duc Francesco Sforza qui a régné sur Milan de 1450 à 1466 et à qui son frère aîné Galéas Marie a succédé jusqu'en 1476, Ludovic le More, qui a été dans un premier temps mi-condottiere mi-pillard, met tout en oeuvre, à partir de l'été 1479 pour confisquer le pouvoir au fils de ce dernier, son neveu Jean Galéas. Il y parvient en septembre de la même année et, dès lors, régit le duché sous le couvert du tutorat du jeune duc. Pendant les quinze années qui suivent, au plan de ses relations avec les pays voisins, le duché connaît une période de tranquillité, sans aucun conflit, et Ludovic s'investit dans un mécénat actif en invitant à la cour ducale nombre d'artistes de renom...

85.              O'CONNELL (David). Les Propos de Saint-Louis. Gallimard/Julliard, 1974, in-12, 201 pp, préface de Jacques Le Goff, annexes, sources et biblio., broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

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Tout ce qu'a dit un saint roi du XIIIe siècle : voici rassemblé pour la première fois le corpus des propos de Saint Louis. Car le roi pieux et sage, prêcheur hanté par la passion de l'exemple, parle volontiers. Paix et guerre, foi et justice, pauvreté et charité, corps et péché, ce sont les mots, les images, les obsessions d'une voix vive encore. Histoire et légende : ils disent les tâches et les espoirs du métier de roi, les angoisses du pénitent, et la simplicité d'un saint du juste milieu au siècle de la parole. — "Tout l'oeuvre parlé de Saint Louis extrait des textes et mis en Archives par un jeune historien de l'Université de Massachusetts." (Le Choix des Annales, Annales ESC, 1974)

86.              PERNOUD (Régine). La Femme au temps des cathédrales. Stock, 1980, in-8°, 301 pp, tableaux généalogiques, notes, broché, couv. illustrée, bon état. Première édition

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La femme a-t-elle toujours été cette perpétuelle mineure qu'elle fut au XIXe siècle ? A-t-elle toujours été écartée de la vie politique comme elle le fut dans la France de Louis XIV ? Régine Pernoud avec son expérience de médiéviste et d'archiviste, s'est attachée depuis longtemps à l'étude de ces questions. Dans La Femme au temps des cathédrales, elle nous apprend, entre autres : que le plus ancien traité d'éducation est dû en France à une femme, que la médecine était exercée couramment par des femmes au XIIIe siècle, qu'aux temps féodaux, les filles étaient majeures à douze ans, deux ans avant les garçons. Beaucoup d'autres traits de société sont ainsi à découvrir dans cette étude, très approfondie, mais alerte et d'une lecture captivante, menée à travers une multitude d'exemples concrets qui ne laissent échapper aucun aspect des activités féminines au cours de la période féodale et médiévale.

87.              PIRENNE (Henri), E. Perroy, Augustin Renaudet, M. Handelsman, L. Halphen. La Fin du Moyen Age. Tome 1 : La désagrégation du monde médiéval (1285-1453). Tome 2 : L'annonce des temps nouveaux (1453-1492). PUF, 1931, 2 vol. in-8°, 569 et 324 pp, biblio, index, brochés, couv. lég. salies, bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Ce n'est pas seulement un exposé de l'histoire politique de ces temps que les auteurs ont voulu donner ; une place, une grande place même, est réservée à l'histoire économique, sociale, religieuse, intellectuelle et artistique, bref, à toutes les manifestations de l'activité des peuples et des grands hommes. Vaste et heureux plan, parce qu'il englobe tous les pays occidentaux et orientaux de l'Europe, et qu'il permet une compréhension plus exacte de l'Histoire prise dans son sens le plus large. Il est utile, de temps en temps, que l'on coordonne les connaissances acquises par les histoires nationales, urbaines ou spéciales, que l'on fasse le point des connaissances en histoire générale et que l'on en dégage les grandes lignes. A raison de l'abondance des sources, de l'appel de plus en plus fréquent fait aux sciences auxiliaires et même à des sciences voisines, des exigences de plus en plus rigoureuses de la critique, les érudits et les historiens sont de moins en moins tentés de brosser de larges synthèses. Celles-ci sont pourtant nécessaires, non seulement pour le public cultivé que l'on veut instruire mais aussi pour l'homme du métier. La tâche est rude ; elle exige des qualités exceptionnelles. (...) On a fait appel à quatre collaborateurs. M. Pirenne, avec la maîtrise qu'on lui connaît, a brossé un tableau de la naissance et du développement de l'État bourguignon, et de l'histoire économique. De lui également, le chapitre sur les cadres politiques de l'Europe à la fin du XIIIe siècle. (...) M. Handelsman, le grand historien polonais, a fourni la substance de l'histoire qui lui est particulièrement familière, celle des Etats slaves : la Russie, la Bohême, la Serbie, la Pologne, la Hongrie et la Turquie. M. Renaudet dont on a pu apprécier les travaux sur l'humanisme et la réforme, a entrepris d'écrire l'histoire du mouvement des idées. Bref, ce livre est le bienvenu et il témoigne d'un très gros effort. Le lecteur y trouvera en 900 pages tout ce qu'il y a d'essentiel à connaître sur l'histoire de la fin du XIIIe, du XIVe et du XVe siècle." (Fritz Quicke, Revue belge de philologie et d'histoire)

88.              PREVOST-BOURÉ (Jacques). Jean de Luxembourg et Jeanne d'Arc. Contre-image et vérité de l'histoire. Nouvelles Editions Debresse, 1981, in-8°, 175 pp, préface de Régine Pernoud, 4 pl. de gravures et photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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En 1430, Jeanne d'Arc était prisonnière de Jean de Luxembourg au château de Beaurevoir.

89.              ROQUEBERT (Michel). L'Epopée cathare. 1. L'invasion, 1198-1212. Toulouse, Privat, 1978, fort gr. in-8°, 595 pp, 16 pl. de photos hors texte, 10 cartes et plans, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Il y a près de huit siècles, à l'instigation du pape Innocent III, le fer et le feu s'abattaient sur les terres qui allaient constituer plus tard la province du Languedoc. Ce premier volume raconte le prétexte de cette guerre sans merci connue sous le nom de croisade albigeoise et menée par une chevalerie recrutée dans le nord de la France : l'éradication du catharisme, une hérésie solidement implantée en pays occitan, qui enseignait que le monde visible n'est pas l'œuvre du Dieu de bonté, mais celle d'un créateur mauvais...

90.              ROQUEBERT (Michel). L'Epopée cathare. 2. Muret ou la dépossession, 1213-1216. Toulouse, Privat, 1979, fort gr. in-8°, 487 pp, 16 pl. de photos hors texte, 13 cartes et plans, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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En 1213, la bataille de Muret consacre la victoire du Nord sur le Sud-Ouest, des croisés commandés par Simon de Montfort sur le comte de Toulouse et le roi d'Aragon, de Rome sur les cathares. L'épée a provisoirement vaincu la parole. Tournant capital de cette première croisade contre les Albigeois, Muret inaugure le démembrement de la puissance occitane.

91.              SCHLUMBERGER (Gustave). Campagnes du roi Amaury Ier de Jérusalem en Egypte, au XIIe siècle. Plon, 1906, in-8°, 352 pp, un frontispice et une carte dépliante in fine, broché, dos fendu recollé, 2e plat lég. défraîchi, bon état. Rare

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"Au moment où Amaury Ier succéda à son frère Baudouin III sur le trône de Jérusalem, le royaume chrétien de Terre-Sainte se trouvait comme pris et resserré entre les deux grandes puissances musulmanes d'alors, celle de l'Atâbek Nour-ed-Dîn, qui commandait à toute la Syrie musulmane, d'une part, et, d'autre part, celle du khalife fatemide d'Egypte. On pouvait dès lors prévoir que bientôt ces deux portions du monde musulman finiraient par se réconcilier sous un même sceptre et enfermeraient, comme dans un étau, le royaume latin de Jérusalem. Ce fut le grand mérite d'Amaury Ier de se rendre compte de cette situation pleine de périls. Pour parer au danger qui menaçait ses états, le jeune roi, cherchant à profiter de l'inaction prolongée de Nour-ed-Din et de l'affaiblissement du khalifat du Caire, conçut le plan audacieux de s'emparer de la vallée du Nil. C'est au récit des cinq campagnes entreprises dans ce but par le roi de Jérusalem qu'est consacré le nouvel ouvrage de M. Schlumberger, qui a su tracer toute une série de tableaux vifs et pittoresques où s'opposent le monde chrétien de Terre-Sainte et l'Islam..." (F. Chalandon, Bibliothèque de l'École des chartes, 1907)

92.              VAUCHEZ (André). La Spiritualité du Moyen Age occidental, VIIIe-XIIe siècles. PUF, 1975, in-8°, 176 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Sup - L'historien)

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"On a longtemps considéré le Moyen Age comme l'âge d'or du christianisme. Aujourd'hui, en revanche, on assiste à une remise en question du legs religieux de cette époque et en particulier de sa spiritualité, à laquelle on reproche d'avoir trop prôné la fuite et le mépris du monde. Pour éclairer ce débat, l'auteur s'est attaché à définir le contenu de l'expérience religieuse des hommes et des femmes de ce temps. Soucieux de mettre en lumière l'impact des transformations sociales et culturelles sur les représentations du divin et les formes de vie religieuse, il a cherché à dégager les principales étapes du processus qui a fait passer la chrétienté occidentale de la piété ritualiste et conformiste de l'époque carolingienne à une spiritualité évangélique, axée sur l'humanité de Dieu." (4e de couv.)

93.              VERDON (Jean). La Nuit au Moyen Age. Perrin, 1994, in-8°, 286 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment vivait-on à la ville et à la campagne quand l'obscurité régnait presque sans partage du coucher au lever du soleil ? Cet ouvrage, rempli d'anecdotes exemplaires, répond au questions que l'on peut se poser sur ce thème fort peu étudié jusqu'ici. Dans les villes, les rues étroites, constituent de véritables coupe-gorge propices aux rixes, aux homicides ; des conspirations se trament ; des cités sont prises par trahison ; adultères et viols ne sont pas rares. La nuit, l'homme médiéval craint le diable et ses suppôts, les revenants, les sorcières, les loups-garous et les brigands. On essaie par un éclairage maladroit de lutter contre l'obscurité. le guet, à l'efficacité discutable, les mesures prises par les autorités tentent de réduire la violence. Si le travail nocturne est interdit, des exceptions sont accordées, ce qui engendre parfois des conflits sociaux. Surtout, la nuit est prétexte à distractions : les veillées, les chahuts, les feux de joie, les tavernes, les fêtes qui ne s'achèvent pas qu'avec le jour. Et puis, il y a l'amour et le repos. L'auteur décrit le lit, alors fort convivial, la chambre, les vêtements de nuit, le sommeil et ses troubles - comment soigner l'insomnie au Moyen Age-, les rêves. Bien plus, la nuit est propice à la spiritualité. Il est recommandé aux laïcs de prier tard le soir, lorsque le calme s'est installé. Les règles monastiques comportent des cérémonies nocturnes. Et quelques dévots prônent une mystique de la ténèbre selon laquelle il faut traverser la nuit (nuit des sens, nuit de l'esprit) pour atteindre la lumière, Dieu.

94.              ZIEGLER (Gilette). Nicolas Flamel ou le secret du Grant Œuvre. Grasset, 1972, in-8° oblong, 285 pp, 18 gravures, tableau synoptique, liste des alchimistes cités, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes, sous la direction de Louis Pauwels)

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Depuis des siècles, Nicolas Flamel représente, pour un grand public, l'alchimiste type, le savant discret et modeste dont le succès finit par couronner les efforts. Ce bourgeois de Paris, écrivain public et libraire, amassa une fortune considérable, après un voyage à Compostelle. Comment découvrit-il le secret du Grant Œuvre ? Quels chemins suivit sa pensée, à travers les dogmes chrétiens, la philosophie antique, la kabbale juive ? Les documents du temps et les indications fournies par ses ouvrages nous permettent, comme à la trace, de retrouver sa vie. L'influence que Nicolas Flamel a exercée sur les alchimistes et les chercheurs des siècles suivants est étudiée ici – et cette magistrale étude va aussi loin que notre époque. (4e de couverture)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

95.              ADAM (Antoine). Les Libertins au XVIIe siècle. Textes choisis et présentés. Buchet/Chastel, 1974, pt in-8°, 323 pp, broché, bon état

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L'histoire intellectuelle du XVIIe siècle ne s'explique pas si l'on ignore l'action multiple et secrète de ceux que l'on appelait les libertins.

96.              BEAUNIER (André). La Jeunesse de Madame de La Fayette. Flammarion, 1921, in-12, 286 pp, notes, broché, couv. lég. salie, bon état

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97.              BEAUNIER (André). La Jeunesse de Madame de La Fayette. Flammarion, 1921, in-12, 286 pp, notes, reliure demi-percaline gris-clair, dos lisse, pièce de titre basane noire et fleuron doré, couv. (lég. salie) conservée (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

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"A propos de M. Huet, l'évêque d'Avranches, et de Gilles Ménage, son ami, André Beaunier a tracé un jour un éloge charmant de la futilité qu'on trouve aux personnes savantes. J'imagine qu'en écrivant ce joli morceau, dans son livre sur “La jeunesse de Madame de La Fayette”, Beaunier dut penser un peu à lui-même, qui avait cette futilité exquise, laquelle, s'amusant de philologie, de grammaire, de style, y apporte une minutie exemplaire, une complaisance d'horloger. Quand il poursuivait avec une fine application le soin d'élucider quelques subtils problèmes d'histoire littéraire, comme dans sa “Lafayette”, son “Joubert” ou ses “Trois Amies de Chateaubriand”, André Beaunier semblait toujours écrire d'un crayon pointu, dérobé à l'atelier de quelqu'un de ces dessinateurs parfaits du XVIIIe, qui nous ont laissé à côté de toiles plus illustres ou plus ambitieuses de si vivants, gracieux et parlants portraits. Cet art du portrait littéraire, hérité de Saint-Beuve, Beaunier aura peut-être été le dernier à le posséder. Il excellait à mettre en lumière ces physionomies souvent confuses, qu'on aperçoit difficilement dans la pénombre du passé, autour des éclatantes images des grands hommes. Il savait restituer à la vie ces êtres incertains, charmants, plus faits pour le demi-jour du cabinet que pour la vive lumière des tréteaux, mais qui, souvent, plus que ces grands hommes eux-mêmes, fixent une manière de sentir et représentent au juste point le goût, l'intelligence, la sensibilité d'une époque. J'admire beaucoup, pour ma part, cette capacité de sympathie, de pénétration dont Beaunier faisait montre à l'égard de ces minores, de ces délicats, de ces précieux et de ces grotesques, qui s'appellent Joubert, Fontanes, Ménage, Restif de la Bretonne ou Grimod de la Reynière; de ces créatures délicieuses, Pauline de Beaumont, Hortense Allart de Meritens ou Juliette Récamier, dont il nous a décrit les mouvements, d'une touche si ajustée, si méticuleuse et si jolie. Autant que le romancier, et plus peut-être, l'historien littéraire est le peintre exceptionnel de la vie. Pour ranimer exactement celle des fantômes qu'il aimait, André Beaunier disposait d'une érudition nourrie, et d'une très vive intelligence critique. Voyez ce que des lettres de Mme de La Fayette à Ménage, par exemple, il a su tirer, faire miraculeusement foisonner, pour la meilleure compréhension de l'auteur de la Princesse de Clèves. Si quelqu'un jamais a su lire, expliquer, déduire et faire comprendre, ce fut notre ami, cet inflexible et sinueux, ce sévère et courtois Beaunier, qui ne vécut que de l'amour des lettres... Dans un temps où personne, à peu près, ne se soucie plus de bien écrire, il écrivait bien. C'est, somme toute, une vertu chez un écrivain." (Émile Henriot, L'Ami du lettré, 1927)

98.              BERTIÈRE (Simone). Images de la Fronde dans les Mémoires du cardinal de Retz. La Pochothèque, 1999, pt in-8°, 644 pp, texte de présentation et iconographie choisie par Simone Bertière, plus de 160 gravures et portraits, broché, couv. illustrée, bon état

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Bel album, à l'iconographie choisie et commentée, à la façon des fameux "Albums de la Pléiade".

99.              BIRNBAUM (Pierre)(présenté et édité par). "Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux ?" Le concours de l'Académie de Metz (1787). Seuil, 2017, gr. in-8°, 660 pp, introduction, notes, analyse comparative et conclusion par Pierre Birnbaum, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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En cette fin de XVIIIe siècle, les Lumières radicales à la française magnifient l'idée de régénération. En s'en emparant, l'utopie révolutionnaire a voulu rejeter les valeurs anachroniques du passé. Or cette aspiration à l'invention d'un homme nouveau tourné vers la Raison trouve une de ses premières formulations dans le fameux “Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs” de l'abbé Grégoire, rédigé à l'occasion du concours de l'Académie de Metz, en 1787. Grégoire, favorable à l'émancipation des Juifs, soutient que celle-ci doit passer par l'oubli des rêveries talmudiques et des traditions qu'il juge burlesques. Au même moment, rien de tel n'est exigé des protestants par les philosophes qui défendent leur pleine entrée dans la cité, ni des Noirs des colonies pour lesquels ils réclament la fin de l'esclavage. Ce concours marque donc un moment unique dans l'histoire de la France moderne. Pourtant, à l'exception du texte publié de l'abbé Grégoire, sans cesse lu et commenté, on ignorait presque tout des manuscrits déposés par les autres candidats, et même de la première version de celui de Grégoire. Pierre Birnbaum a eu l'idée de les rechercher aux archives de Metz et de Nancy. Les voici enfin publiés dans leur intégralité. Leur mise au jour et leur comparaison systématique dans le présent ouvrage opèrent tel un révélateur : la question de l'entrée dans l'espace public des Juifs apparaît comme le symbole d'une difficile relation entre citoyenneté et pluralisme culturel, qui hante jusqu'à nos jours la société française.

100.          BODIN (Jean). Exposé du droit universel. PUF, 1985, in-8°, 172 pp, texte latin et traduction en français en regard, traduit par Lucien Jerphagnon, commentaire par Simone Goyard-Fabre, notes par Rene-Marie Rampelberg, biblio, broché, bon état

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Publié pour la première fois à Paris en 1578, réédité à Cologne en 1580, un classique du droit politique où Jean Bodin s'efforce de définir ce que doit être le jurisconsulte idéal.

101.          BONNET (Jules). Derniers récits du seizième siècle. P., Grassart, 1876, in-12, vi-350 pp, broché, couv. factice muette, rousseurs éparses, état correct

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Philippe Mélanchthon. – Un magistrat bernois [Nicolas Zurkinden]. – La Réforme à Venise. – Le château de Saint-Privat. – Anne de Rohan.

102.          BONNET (Jules). Nouveaux récits du seizième siècle. P., Grassart, 1870, in-12, vii-361 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs pointillés, titres et caissons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            40

Mathurin Cordier. – Les Portraits de Calvin. – Sébastien Castalion, ou la Tolérance au XVIe siècle. – Le Marquis de Vico. – Charlotte de Bourbon, abesse de Jouarre. – Les Martyrs. – Appendices : Calvin fut-il barbiste ? – Les correspondants de Castalion – Les amitiés des galères – Une mission en Espagne.

103.          BOSWELL (James). Les Papiers de Boswell. Amours à Londres, 1762-1763. Hachette, 1952, in-8°, 318 pp, traduit de l'anglais, préface de André Maurois, un plan de Londres, notes, broché, papier jauni, bon état

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Lorsque James Boswell, fils de lord, quitte la sévère Edimbourg pour faire ses études de droit à Londres, en 1763, c'est nanti de toutes les recommandations familiales pour la bonne société, et des promesses du plus grand sérieux dans sa conduite... Hélas ! Mais le jeune homme, s'il ne dédaigne pas les grandes soirées et découvre que les ladies ne demandent qu'à se laisser séduire, affectionne aussi la rue, et gagne rapidement une réputation de séducteur impénitent, de la prostituée à la soubrette, de la bourgeoise à la fille de lord. Et c'est à son journal, confident silencieux et toujours attentif, qu'il relate les moindres détails d'une vie, qui pour être dissolue n'en est pas moins celle d'un honnête homme ou presque ! Le Journal de James Boswell, célèbre biographe de Samuel Johnson, ou la vie londonienne débridée d'un jeune homme de 22 ans au XVIIe siècle...

104.          BOURSAULT (Edme). Théâtre choisi. Nouvelle édition, précédée d'une notice biographique par Victor Fournel et illustré de quatre gravures coloriées. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1883, in-12, lii-366 pp, 4 belles gravures finement coloriées par M. Henri Allouard, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs filetés, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

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Dès 1651, grâce à Sébastien Zamet, évêque de Langres, Boursault (1638-1701) s'installe à Paris. Le libertin Des Barreaux, qui lui montre « toute la tendresse et toute la bonté d'un Père », est le premier à découvrir en lui des « dispositions à la Poésie » et le guide à ses débuts. Corneille, suivant une indication moins sûre, l'appelle son fils et l'honore de ses avis. Pellisson le présente à Fouquet. Secrétaire des commandements de la duchesse d'Angoulême en 1660, il lui adresse sur son voyage de Sens une relation burlesque dont le succès détermine sa vocation de journaliste. En 1664, il se rend à Eu auprès de Mademoiselle et s'y lie avec Segrais. Il entretient d'étroites relations avec Charpentier, qu'il rencontre chez Mme Deshoulières, connaît Ménage, les Tallemant, plus tard (en 1694) La Fontaine, qui apprécie trois de ses épigrammes traduites de l'italien et visant le Sacré Collège. On le trouve aussi mêlé, avec La Fare et Chaulieu, à la Société du Temple. Il correspond avec Furetière, la comtesse de La Suze, Fieubet. Commensal du Président Perrault, c'est auprès de Condé qu'il cherche appui lorsqu'il perd le privilège de sa gazette. En 1671, sa Véritable Etude des souverains lui vaudrait une charge de sous-précepteur du Dauphin, grâce à la protection de Montausier, s'il avait su le latin. Receveur des tailles à Montluçon depuis 1762, il peut à ce titre tirer d'embarras Boileau en cure à Bourbon-l'Archambault et offrir de lui avancer jusqu'à deux cent louis. Mais en 1688, il se voit taxé de mansuétude excessive et révoqué par le fermier général Lejariel. Conscient de ses manques, il refuse de poser sa candidature à l'Académie en dépit de Thomas Corneille, qui voudrait l'y faire entrer. (B. Beugnot, Dictionnaire des journalistes)

105.          BRANTOME (Pierre de Bourdeille, abbé de). Recueil d'aulcunes Rymes de mes Jeunes Amours. Première édition intégrale publiée avec préface, notes, variantes et glossaire, par Louis Perceau. P., Georges Briffaut, 1927, in-8°, 321 pp, index, broché, dos lég. sali, bon état

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Première édition intégrale augmentée des autres poésies de l'auteur, publiée avec préface, dépouillement du manuscrit N. A. Fr. 11688, notes, variantes et glossaire, par Louis Perceau. — "Les poésies de Brantôme sont en partie inédites. Elles le sont même en très grande partie, pourrait-on dire, puisque l'édition fort défectueuse qui en fut faite en 1881 est aujourd'hui très rare. Elle était d'ailleurs incomplète, un sentiment exagéré de pruderie ayant incité l'éditeur à passer sous silence les pièces écrites avec cette liberté d'expression qui a rendu célèbre le « conteur » des “Dames Galantes”. Toutes les jeunes amours de Brantôme défilent dans ces vers galants adressés à ces « belles et honnestes dames » de l'escadron volant de Catherine de Médicis, dont les faits et gestes alimentaient la chronique scandaleuse du temps. Des notes, en grande partie tirées du “Recueil des Dames” et d'autres mémoires de l'époque, ajoutent un commentaire piquant à ces “Rymes” amoureuses et galantes. Ajoutons que M. Louis Perceau a établi le texte des poésies avec un soin particulier, et qu'il s'est livré à un dépouillement complet du manuscrit de Brantôme, fait précieux pour l'histoire littéraire. Le “Recueil d'aulcunes Rymes” est un ouvrage parfait qui séduira à la fois les érudits, les bibliophiles et les curieux de notre histoire poétique et galante." (L'Editeur)

106.          CALVIN (Jean). Lettres de Jean Calvin, recueillies pour la première fois et publiées d'après les manuscrits originaux par Jules Bonnet. Lettres françaises. P., Librairie de Ch. Meyrueis et compagnie, 1854, 2 vol. in-8°, xxxix-451 et 600 pp, une planche dépliante hors texte (fac-similé de l'écriture de Calvin), index de la correspondance française, table, reliures demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, encadrement à froid sur les plats (rel. de l'époque), dos lég. frottés, qqs rares rousseurs, bon état

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Peu de jours avant sa mort, Calvin montrant à Théodore de Bèze les manuscrits de sa bibliothèque et les archives de la vaste Correspondance qu'il avait entretenue avec les plus illustres personnages de son temps, demanda que ces documents fussent recueillis après sa mort , et qu'un choix de ses Lettres, fait par la main de ses amis, fût offert aux Églises réformées. Ce voeu du Réformateur mourant, gravé dans le coeur de ses disciples, Jean de Budé, Laurent de Normandie, Charles de Jonvilliers, Théodore de Bèze, n'obtint cependant qu'une réalisation tardive et imparfaite entre Ieurs mains. Trois siècles sont presque entièrement écoulés, et malgré le respect qui s'attache au nom révéré de Calvin, malgré les nombreux travaux consacrés à sa mémoire, le voeu du Réformateur restait méconnu ; les documents précieux de sa Correspondance demeuraient oubliés dans la poussière des bibliothèques et des archives qui restituent pour la première fois aujourd'hui cet inestimable trésor à l'histoire. (...) La Correspondance de Calvin commence dès sa jeunesse, en 1528, et ne se termine que sur son lit de mort, par de touchants adieux adressés à Farel, au mois de mai 1564. Elle embrasse donc toutes les phases de sa vie, depuis l'obscur écolier de Bourges et de Paris, se dérobant par l'exil au bûcher, jusqu'au Réformateur triomphant qui peut mourir puisqu'il a vu son oeuvre accomplie. Rien n'égale l'intérêt de cette Correspondance, où se reflètent, dans une série de documents aussi variés que sincères, une époque et une vie d'une saisissante grandeur ; où les effusions familières de l'amitié se mêlent aux graves entretiens de la science, et aux inspirations élevées de la foi. De son lit de souffrances et de labeurs continuels, Calvin suit d'un oeil attentif le drame de la Réforme, dont il marque les triomphes et les revers dans tous les états de l'Europe. Il exhorte le jeune roi d'Angleterre, Édouard VI, et la noble soeur de François Ier, Marguerite de Valois ; il écrit à Luther et à Mélanchthon, inspire Knox, anime Coligny, Condé, Jeanne d'Albret, la duchesse de Ferrare. Le même homme, usé par les veilles et la maladie, mais s'élevant par l'énergie de l'âme au-dessus des défaillances du corps, terrasse le parti des Libertins, pose les fondements de la grandeur de Genève, affermit les églises étrangères, fortifie les martyrs, dicte aux princes protestants les conseils de la politique la plus prévoyante et la plus habile, négocie, combat, enseigne, prie, et laisse échapper avec son dernier soupir de grandes paroles que la postérité recueille comme le testament politique et religieux de sa vie. Ces traits suffisent sans doute à faire apprécier l'intérêt qui s'attache à la Correspondance du Réformateur... (Jules Bonnet)

107.          CANOVA-GREEN (Marie-Claude). Faire le roi. L'autre corps de Louis XIII. Fayard, 2018, gr. in-8°, 358 pp, 8 illustrations sur 4 pl. en couleurs hors texte, 15 illustrations dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 17 octobre 1610, à l'aube, Louis XIII se tient dans la chambre royale du palais épiscopal de Reims, dans l'attente de son sacre. Sous une longue robe à manches, taillée dans un tissu d'argent, le jeune roi porte une chemise de toile et une camisole de satin cramoisi. Trente-trois ans plus tard, à Saint-Germain-en-Laye, Louis XIII est à l'agonie. Le corps glorieux naguère offert aux regards dans la cathédrale de Reims n'est plus que chair souffrante et nue. Pourtant, ce corps est encore celui du "Roi". Plus que tout autre, Louis XIII s'est efforcé de résoudre cette tension entre l'idéal de perfection attendue de l'apparence royale et la réalité imposée par un corps de chair faillible. Car comment incarner la majesté malgré un physique ingrat ? Justifier d'une autorité politique quand on ne parvient pas à maîtriser sa colère ? Conduire en chef de guerre ses soldats quand on est contraint de s'aliter ? Du berceau au lit de mort, de la scène de théâtre au champ de bataille, Marie-Claude Canova-Green nous guide dans ces lieux où, pour incarner sa fonction, le roi inventa une forme de représentation politique avec son corps pour pièce maîtresse.

108.          CASTELOT (André). François Ier. Perrin, 1983, in-8°, 462 pp, 108 gravures et portraits dans le texte et à pleine page, 4 cartes et plan, tableau généalogique, biblio, reliure skivertex vert de l'éditeur, gardes illustrées, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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Au sein d'une cour chamarrée et brillante, François Ier, amoureux de l'amour, mène le bal, créant l'état civil, développant l'imprimerie, fondant le futur Collège de France, bâtissant le port du Havre et l'envoûtant Chambord. D'Amboise à Marignan, de Fontainebleau à Paris, de Calais à Pavie, de la prison de Pizzighettone à Madrid, de Bayonne au Louvre, André Castelot nous entraîne au grand galop à la découverte de ce roi trop méconnu.

109.          CASTELOT (André). Henri IV, le passionné. Perrin, 1986, fort in-8°, 559 pp, 102 gravures et portraits dans le texte et à pleine page, une carte et un plan, chronologie, généalogie, biblio, reliure skivertex vert de l'éditeur, gardes illustrées, bon état

            20

"... Je ferai voir à ces gens que je quitterais maîtresses, amours, chiens, oiseaux, brelans, bâtiments, festins, banquets et toutes autres dépenses de plaisir et de passe-temps, plutôt que je perde la moindre occasion et opportunité pour acquérir honneur et gloire." (Henri IV) — Henri IV, a écrit lui-même à son sujet : "Les uns me blâment d'aimer trop les bâtiments et les riches ouvrages; les autres la chasse, les chiens et les oiseaux ; les autres les cartes, les dés et autres sortes de jeux ; les autres les dames et les délices de l'amour ; les autres les festins, banquets et friandises ; les autres les assemblées, comédies, bals, danses et courses de bagues... Mais aussi dirai-je que, ne passant pas la mesure, tout cela me devrait plutôt être dit à louange qu'à blâme ! D'ailleurs, je ferai voir à ces gens que je quitterais maîtresses, amours, chiens, oiseaux, brelans, bâtiments, festins, banquets et toutes autres dépenses de plaisir et de passe-temps, plutôt que je perde la moindre occasion et opportunité pour acquérir honneur et gloire." Lorsque la nouvelle de sa mort tomba sur Paris, nous dit un témoin, elle éteignit "la lumière du plus grand roi de la terre et le meilleur". En province, sur les chemins, des paysans hagards, les bras croisés, guettaient courriers et voyageurs susceptibles de leur donner quelques détails sur la "désastreuse nouvelle". Lorsqu'ils apprirent que le "père du peuple n'était plus, ils se répandirent à travers champs, comme brebis sans pasteur, ne pleurant pas seulement, mais criant et bramant comme forcenés". Selon son habitude, André Castelot s'est rendu sur place afin de faire revivre celui qui fut peut-être le plus grand roi de notre Histoire et dont l'existence forme un extraordinaire roman.

110.          CASTELOT (André). Marie-Antoinette. Perrin, 1978, in-8°, 574 pp, 16 pl. de gravures hors texte, sources, reliure skivertex vert de l'éditeur, 2 portraits sur les gardes, bon état

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Constamment rééditée de 1958 à 2009, la Marie-Antoinette d'André Castelot est non seulement le plus grand de ses innombrables succès, mais reste sans doute le best-seller des biographies, toutes époques et tous personnages confondus. Près d'un million d'exemplaires vendus en librairie. On s'accorde pour estimer, malgré le temps qui passe et les nombreuses biographies parues depuis, que celle de Castelot "n'a pas pris une ride".

111.          CAZAUX (Yves). Henri IV. Albin Michel, 1978-1986, 2 vol. in-8°, 488 et 454 pp, 3 cartes, chronologie, généalogies, notes, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état

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Complet — I. Henri IV ou la grande victoire. – II. Les horizons du règne. — Une somme irremplaçable sur le règne, court et difficile, contesté de son vivant puis glorifié jusqu'à l'absurde, de celui qui fut l'un des rois les plus énigmatiques et les plus attachants des temps modernes.

112.          CHALINE (Olivier). La mer et la France. Quand les Bourbons voulaient dominer les océans. Flammarion, 2016, gr. in-8°, 559 pp, 16 pl. de gravures hors texte en couleurs, 6 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Trop souvent, l'histoire de France fait fi de la mer. Elle est ici au coeur du nouveau livre d'Olivier Chaline. Les éléments, nous rappelle-t-il, ignorent les luttes entre les nations et, dans leur sauvage impartialité, se prêtent aux calculs des hommes ou s'acharnent à les ruiner. C'est en fonction des vents et des courants, comme de la météo marine et des marées, qu'il faut considérer cette France des Bourbons : depuis le large, ses rives européennes et ses nombreux prolongements outre-mer. Que permet la mer ? Que refuse-t-elle ? Quelles routes la parcourent devant les rives françaises ou à partir d'elles ? Quels navires et quels équipages s'y aventurent ? Comment pénètre-t-elle le royaume terrien ? Dans ce livre inédit, constitué de toute la richesse de notre histoire maritime, revivent les obscurs et les sans-grades qui ont fait les équipages de la pêche, du commerce et de la guerre ; leurs conditions de vie, leurs voyages, leurs formations nous sont mieux connus en même temps que l'impressionnante complexité de leurs navires. C'est le quotidien passionnant des "petites mains" indispensables à la manoeuvre des vaisseaux – ces premiers géants de la mer – ou de la moindre gabare. Ainsi au fil des pages surgit une réalité, celle de Français vassaux de Neptune qui, dans des conditions souvent difficiles, n'ont jamais tourné le dos à la mer mais en ont accompagné les caprices, pressenti les désirs. Une tyrannie, certes, mais si douce pour ses inconditionnels...

113.          COLLIN d'HARLEVILLE (Jean-François). Théâtre. Précédé d'une notice biographique par Edouard Thierry et illustré de quatre gravures coloriées. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1882, in-12, xvii-518 pp, 4 belles gravures sous serpente, finement coloriées par MM. Geffroy et Henri Allouard, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            50

Collin d'Harleville (1755-1806) fit jouer avec succès des comédies (l'Inconstant, 1786 ; l'Optimiste, 1788 ; les Châteaux en Espagne, 1789), dont se détachent deux pièces, “M. de Crac dans son petit castel” (1791), où le Gascon hâbleur reçoit un patronyme qui fera fortune, et “le Vieux Célibataire” (1792), qui brode sur le thème classique du vieillard à héritage, en faisant l'éloge de la famille et des vertus du citoyen. “L’Optimiste” fut vivement attaqué par Fabre d'Églantine, qui accusa l’auteur de propager des sentiments contre-révolutionnaires en peignant sous des couleurs optimistes la société d’Ancien Régime. Ces accusations n’affectèrent pas la carrière de l’auteur, qui se faisait désormais appeler Collin-Harleville, portait l’uniforme de commandant de la Garde nationale et faisait des déclarations patriotiques. Il eut un grand succès avec M. de Crac dans son petit castel en 1791, avant de triompher en 1792 avec la pièce en cinq actes qui fut aussitôt considérée comme son chef-d’œuvre, “le Vieux Célibataire”. Créée au Théâtre de la Nation par Molé et Louise Contat, la pièce fut publiée en 1794 et hautement approuvée par la critique.

114.          DANCOURT (Florent Carton dit). Théâtre choisi. Nouvelle édition précédée d'une notice biographique par M. Francisque Sarcey et illustré de quatre gravures coloriées. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1884, in-12, xxxv-586 pp, 4 belles gravures sous serpente, finement coloriées par M. Henri Allouard, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons fleuronnés dorés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), rousseurs, bon état

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L’année même où il entra au théâtre comme acteur, Dancourt (1661-1725) fit jouer sa première comédie, le Notaire obligeant ou les Fonds perdus. Elle réussit et, dès lors, l’auteur produisit avec une fécondité extrême, entre 1683 et l’année de sa mort, plus de 80 comédies, dont le succès malgré la bienveillance du public à son égard, fut loin d’être toujours le même. La plupart de ses œuvres seront jouées tout au long du XVIIIe siècle. Dancourt exploitant habilement à la scène les aventures piquantes de l’époque, la chronique scandaleuse de la ville et de la cour, plus d’un spectateur pouvait craindre de se reconnaître sur la scène. On peut dire que Dancourt a créé le genre villageois : il a su retracer avec une grande fidélité la malice et la naïveté des paysans. Il a pareillement peint d’une manière vraie les chevaliers d’industrie et les femmes d’intrigue. Son chef-d’œuvre est le Chevalier à la mode, en cinq actes, en prose (1687). Les autres pièces de Dancourt les mieux réussies sont le Mari retrouvé (1698) ; les Bourgeoises de qualité (1700) ; les Trois cousines (1700) ; le Galant jardinier (1704). On cite encore : la Désolation des Joueuses (1687) ; les Vendanges de Suresnes (1694) ; le Divertissement de Sceaux (1705) ; le Diable boiteux (1707) ; la Comédie des comédiens (1710), etc. La Folle enchère (1690) lui a été attribuée : elle fut jouée sous son nom et il en perçut les droits, puis elle fut reproduite dans ses Œuvres Complètes en 1760. Néanmoins, elle est l'œuvre de Mme Ulrich dont il était l'amant.

115.          DELUMEAU (Jean). La Peur en Occident (XIVe-XVIIIe siècles). Une cité assiégée. Fayard, 1978, in-8°, 485 pp, notes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

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“A la recherche de la peur”, l'historien Jean Delumeau a réussi une peinture sans précédent de l'Occident du XIVe au XVIIIe siècle, tout à la fois histoire des mentalités et histoire de la vie quotidienne. L'auteur dépeint : 1) “Les peurs du plus grand nombre” (peur de la mer, peur des ténèbres, peur de la peste, etc.) ; 2) “La culture dirigeante et la peur” (l'attente de Dieu, la présence de Satan et de ses agents – le juif, la femme –, la sorcellerie...).

116.          ERLANGER (Philippe). La reine Margot ou la rébellion. Perrin, 1979, in-8°, 426 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd (lég. abîmé), bon état

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Dans un monde en folie, dans une cour de « soie et de sang », la vie tumultueuse et passionnée de la dernière descendante du Roi-Chevalier :Marguerite de France, la Perle des Valois.

117.          ERLANGER (Philippe). Louis XIV. Fayard, 1965, fort in-12, 683 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Philippe Erlanger s'est efforcé d'éclairer le règne de Louis XIV... Il s'est surtout attaché à la personnalité exceptionnelle de celui qu'on appela le Roi-Soleil... Marcel Pagnol a écrit de lui qu'il était « le Simenon de l'Histoire » et Jean Cocteau que « non content d'instruire, il savait faire rêver ».

118.          EVRARD (Sébastien). Gabelous et contrebandiers. Histoire des fermiers généraux de Dijon (1760-1780). L'Harmattan, 2016, gr. in-8°, 271 pp, une carte et 2 illustrations dans le texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoires des Douanes)

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En exhumant un Registre du personnel de la direction des Fermes de Dijon, l'auteur retrace, entre 1760 et 1780, la vie méconnue de centaine d'agents au service du doit et de l'impôt. Ces derniers servaient un système protecteur (la retraite fait son apparition dès 1768), parfois très rémunérateur, mais qui s'avère aussi, sous certains aspects, une machine à broyer les hommes, tant le régime des sanctions que met en place la Ferme est d'une efficacité redoutable. En définitive, la Ferme présente un aspect mitigé : c'est certes un débouché professionnel et un tremplin social, pour ceux qui sont capables d'en admettre les règles du jeu

119.          FOURNIER-MARCIGNY (F.). Genève au XVIe siècle. La vie ardente du premier Refuge français, 1532-1602. Genève, Editions du Mont-Blanc, 1942, in-4°, 280 pp, lettre préface de Edouard Chapuisat, 54 illustrations dans le texte et 33 illustrations sur 28 planches hors texte, biblio, index, reliure pleine toile écrue illustrée en couleurs de l'éditeur (lég. salie), 2 perforations au 2e plat et sur les derniers feuillets, sinon bon état (Grand Prix d'Académie de l'Académie française, 1952). Edition originale, un des 1200 ex. numérotés sur papier bouffant fin blanc «Sihl extra»

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"M. F. Fournier-Marcigny évoque, au cours d'une oeuvre admirablement documentée et richement illustrée, la transformation de la Genève moyenâgeuse des grandes foires et du négoce, en la Genève de Calvin, Rome protestante." (Ernest Gloor, “En Suisse, terre d'asile : quatre siècles de refuge”, 1954) — Fernand Fournier-Marcigny est né à Genève le 26 avril 1896. D'ascendance bourguignonne et savoyarde, devenu Genevois, il consacra toute sa vie aux relations franco-suisses et au développement de l'amitié entre les deux pays. Après une enfance très pauvre, il se dirige vers le journalisme. Avant la première guerre mondiale, il collabore déjà à plusieurs journaux et revues. En décembre 1917, il entre au “Journal Français” de Genève ; dès lors, il ne cessera d'en faire partie : secrétaire général, rédacteur en chef, directeur enfin. Il mène parallèlement une activité débordante. Journaliste, il collabore à divers journaux suisses, français et canadiens. Ecrivain, il reçoit en 1952 le Prix de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre. Il est mort le 18 février 1975.

120.          GADUEL (Abbé, chanoine et vicaire général d'Orléans). La perfection sacerdotale, ou la vie et l'esprit du serviteur de Dieu Barthélemy Holzhauser, chanoine, curé, doyen, fondateur des séminaires et réformateur du clergé en Allemagne (1613-1658). P., Lecoffre Fils & Cie, 1868, in-12, xliii-476 pp, 2e édition, préface de Pie IX, reliure demi-basane aubergine, dos à 4 nerfs pointillés, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, qqs rousseurs, bon état

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Barthélémy Holzhauser est né le 24 août 1613 et est mort le 20 mai 1658 en Allemagne. Il naît dans une famille pauvre, pieuse et honnête. Son père est cordonnier. Petit, il aime lire et veut devenir religieux. Il est admis à l’école gratuite pour enfants pauvres ; il gagne sa vie en mendiant et chantant de porte à porte. Victime d’une épidémie, il contracte la rage qui sévit à cette époque. Après son rétablissement, il rentre chez lui aider son père au travail. Grâce à des connaissances, il fait des études à Neuburg et Ingolstadt. Ses professeurs saluent son talent, sa piété et sa modestie. En 1636, il est diplômé de philosophie. En 1639 et 1640, il obtient deux autres diplômes de théosophie. Il est ordonné prêtre et fait sa première messe en 1639. Il a été le curé de nombreuses paroisses. On le demande beaucoup comme confesseur. En 1610, il échafaude des plans pour fonder une institution pour améliorer la formation des prêtres séculiers et pour prendre en charge les prêtres dans des soins convenables pour leurs derniers jours. En 1640, il a fondé l’ordre les Barthélémites, institut de clercs séculiers vivant en communauté. Barthelemy Holzauser est mort à seulement 45 ans en 1658. Son institution prospéra aprés sa mort. Il n’a pas été béatifié, mais déclaré Vénérable par l’Eglise catholique romaine.

121.          GUYÉNOT (Emile). Les Sciences de la vie aux XVIIe et XVIIIe siècles. L'idée d'évolution. Albin Michel, 1957, in-8°, xxi-462 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. L'Evolution de l'Humanité)

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"Cherchant à retracer l'évolution des idées sur la vie et les êtres vivants, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, ce livre n'est ni une histoire de la Zoologie, ni une histoire de la Botanique. Sa pensée directrice s'inspire du fait que c'est à la fin du XVIIIe siècle que fut peu à peu construite, puis formulée, la Théorie de l'Évolution qui devait imprimer un si prodigieux essor à l'étude des sciences naturelles et renouveller la philosophie scientifique..." (Introduction) — "Ce volume abondant et clair, d'une érudition précise et sûre, raconte comment peu à peu naquit, à la fin du XVIIIe siècle, l'idée d'Évolution. Nous ne pouvons songer à inventorier les richesses que l'érudition de M. Guyénot y a fait tenir ; le lecteur y trouvera le même plaisir que nous y avons puisé. Donnons seulement un aperçu de la manière dont il est distribué. Le livre premier raconte le développement de la « systématique » botanique (ch. I et II) et zoologique (ch. III à V) et consécutivement, l'établissement de la nomenclature (ch. VI). (...) Le livre second concerne l'anatomie et la physiologie végétales (ch. I), l'anatomie et la physiologie animales (ch. II à IV) et la biologie expérimentale (ch. V). (...) Le livre troisième expose les solutions qui ont été successivement données au problème le plus passionnant, le plus compliqué, et aussi le plus décisif pour l'avenir de la biologie: le problème de la génération (...) Le livre IV pourrait s'intituler : « Enfin Lamarck vint. » II est consacré en effet à la naissance du Transformisme. Et, bien que le transformisme soit né, exactement, en 1800, le 21 floréal an VIII, il faut dire, tout de même, que c'est une idée du XVIIIe siècle, et même le couronnement des idées de ce siècle..." (Revue de métaphysique et de morale)

122.          HENRYOT (Fabienne). À la table des moines. Ascèse et gourmandise de la Renaissance à la Révolution. Librairie Vuibert, 2015, gr. in-8°, 283 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

À en croire notre imaginaire, bière et vin coulaient à flots dans les abbayes de jadis et on y dégustait les meilleurs fromages. Mais les disciples de l'austère saint Benoît ou de saint Bernard passaient-ils vraiment leur temps à faire bombance ? Les clichés ont la vie dure, et il aura fallu l'étude précise de Fabienne Henryot pour mettre au jour, pour la première fois, les usages de la table chez les moines. Son livre nous ouvre les portes des réfectoires, cuisines et jardins des innombrables couvents et monastères qui parsèment la France, de Sénanque à Cluny, de la Trappe à la Grande-Chartreuse. Elle nous fait voir avec quel soin les moines organisaient leur alimentation et cultivaient leurs terroirs, mais aussi tous les accommodements consentis au sein des cloîtres pour satisfaire l'appétit sans tomber dans le mortel péché de gourmandise : par-delà les doctrines et les rituels, elle écrit là une nouvelle page de l'histoire du corps.

123.          JANIN (Jules)(éd.). Chefs-d'oeuvre dramatiques du XVIIIe siècle ou choix des pièces les plus remarquables de Regnard, Lesage, Destouches, Beaumarchais, Marivaux, etc. Edition ornée de portraits en pied coloriés dessinés par M. Geffroy et précédée d'une notice sur chaque auteur par Jules Janin. P., Laplace, Sanchez et Cie, s.d. (v. 1880), 2 vol. in-12, 621 et 730 pp, 8 belles gravures sous serpente, reliures demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons ornés dorés, doubles filets dorés sur les plats, têtes dorées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            100

Jules Janin (1804-1874) est un intarissable polygraphe, auteur d'essais historiques (son Barnave eut un retentissement certain en 1831) mais aussi de contes et romans. De 1830 à 1874, il est critique littéraire au Journal des débats. Celui qu'on surnomma le « prince des critiques » tirera gloire d'y avoir écrit deux mille deux cent quarante feuilletons hebdomadaires...

124.          JEAN (Raymond). Le dessus et le dessous, ou l'érotique de Mirabeau. Roman/essai. Actes Sud, 1997, in-8° étroit, 192 pp, repères bibliographiques, broché, couv. illustrée, pt accroc au 1er plat, bon état

            15

Deux chercheurs travaillent à Aix-en-Provence sur les archives de Mirabeau. Elle est venue pour explorer la personnalité politique de l’homme qui a donné son nom au plus beau cours de la ville, lui pour l’intérêt porté par Mirabeau à l’érotisme. Les relations de ces deux-là, délicieusement érudits, vont les amener sur le fil de la séduction... sans pourtant y céder. Mais le lecteur de ce marivaudage, lui, en apprend beaucoup sur la personnalité complexe de Mirabeau, sur "le dessus et le dessous" qui, de deux manières si différentes – son Essai sur le despotisme d’une part, L’Education de Laure de l’autre –, ont fait sa réputation.

125.          KUHN (Félix). Luther, sa vie et son œuvre. P., Sandoz et Thuillier, 1883-1884, 3 vol. in-8°, xii-536,viii-506 et ii-464 pp, reliures demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), rousseurs comme toujours, bon état

            100

Tome I : 1483-1521 – Tome II : 1521-1530. – Tome III : 1530-1546. — "Félix Kuhn fut un doctrinaire luthérien orthodoxe de la Confession d'Augsbourg s'opposant aux tendances libérales des réformés pendant le synode constitutif de 1872 qui est à l'origine de l'Eglise Evangélique Luthérienne de France. Il collabora à la "Revue Chrétienne" et avec le Pasteur Mettétal fut rédacteur et fondateur du journal "Le Témoignage". Il laisse des travaux importants, son "Luther, sa vie et son oeuvre" reste un ouvrage estimé..." (“Les Protestants, Dictionnaire du monde religieux de la France”, 1993)

126.          LA FONTAINE (Jean de) et François NAU. Fables de La Fontaine, mises en chansons, vaudevilles et pots-pourris, par M. Nau. Nouvelle édition corrigée et augmentée. Genève, Et se trouve à Paris, Chez la veuve Duchesne, 1779, in-24, 336-(24) pp, ouvrage orné d'un frontispice et d'une page de titre gravée, reliure plein veau marbré, dos lisse avec titre et caissons fleuronnés dorés, encadrement doré sur les plats, tranches dorées (rel. de l'époque), coiffes un peu abîmées, coins émoussés, bon état — Avec relié à la suite un Calendrier pour l'année M. DCC. LXXXI. (1781) de 24 pages indiquant les éclipses et les dates de naissance des princes et princesses nobles des grandes maisons de France et d'Europe. — Rare

            150

Nau publia des essais de ce travail en 1754, 1757 et 1762 ; l'édition de 1754 ne contenait que vingt-deux fables. La première édition fut publiée sous le titre de Almanach lyrico-mythique, ou fables de La Fontaine mises en vaudeville.

127.          LA FONTAINE (Jean de). Oeuvres. Fables et comédies ornées de quatre gravures en couleurs. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1878, in-12, 589 pp, 4 belles gravures sous serpente, finement coloriées par M. E. Bayard, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons dorés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            60

Table : La vie d'Esope le Phrygien – Fables (213 fables) – Théâtre (L'Eunuque, Les Rieurs du Beau-Richard, Clymène, Daphné, Fragments de Galatée, Astrée, Ragotin ou le roman comique, Le Florentin, la Coupe enchantée, Je vous prends sans vert).

128.          LA RONCIÈRE (Charles de). Histoire de la Marine française. VI. Le crépuscule du Grand Règne. L'apogée de la guerre de course. Plon, 1932, fort in-8°, v-603 pp, 22 gravures sur 20 planches hors texte, broché, non coupé, bon état. Ouvrage couronné trois fois par l'Académe des Inscriptions et par l'Académie française, Grand prix Gobert. Peu courant

            80

"Les historiens de la marine et des colonies, et généralement les historiens tout court accueilleront avec une satisfaction extrême le nouvel ouvrage que M. de La Roncière vient d'écrire sur notre passé maritime. En 600 pages nourries d'une documentation énorme, alertes cependant, colorées et parfois épiques (batailles de Béveziers et de Barfleur, désastre de la Hougue), il évoque le rôle joué par notre marine dans les guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne. Si ce rôle fut moins important que celui des combinaisons diplomatiques ou des armées, du moins, pendant les quatre ou cinq ans où nos escadres demeurèrent capables de disputer la maîtrise de la mer à l'ennemi, la diversion d'Irlande et les deux paniques semées en Angleterre en 1690 par notre victoire de Béveziers suivie de la retraite précipitée de l'amiral Herbert dans la Tamise, en 1692 par les préparatifs de débarquement qui devaient aboutir au drame de la Hougue empêchèrent le roi Guillaume de consacrer toutes les forces qu'il aurait fallu à la guerre sur le continent, aux colonies et en Méditerranée où l'Espagne avait un besoin impérieux de l'aide de la flotte britannique. (...) Comment notre marine, à l'apogée de sa puissance en 1683 quand mourut Colbert, tomba-t-elle aussi bas en moins de vingt ans ? Le livre de M. de La Roncière nous en donne le secret, ou plutôt il nous le fait deviner ; car son auteur, qui paraît se défier fort des idées générales, s'efface entièrement derrière les faits qu'il accumule, nous abandonnant le soin de les lier et de les interpréter. Sévère à la guerre d'escadre, M. de La Roncière exalte la guerre de course dont il raconte les exploits légendaires avec presque autant d'enthousiasme que les Français la vécurent alors. Il en attribue avec originalité à Vauban sinon l'idée première, du moins la doctrine et pour ainsi dire la systématisation. On y souscrira certainement, à la lecture des pièces qu'il rassemble, et particulièrement du mémoire «sur la caprerie » du 30 novembre 1695 qui est comme la charte de la guerre de course..." (A. Reussner, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1934)

129.          LURGO (Elisabetta). Philippe d'Orléans. Frère de Louis XIV. Perrin, 2018, gr. in-8°, 391 pp, chronologie, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Peu de figures ont été autant maltraitées que celle de Monsieur, Philippe de France, duc d'Orléans et frère de Louis XIV. Sa personnalité, assez complexe et fascinante, est écrasée par celle du Roi-Soleil, qui occupe le devant de la scène. Presque toutes les sources lui sont hostiles. Sa première épouse, Henriette-Anne Stuart, en parle avec une hostilité acharnée ; dans les lettres débordantes de sa seconde femme, Elisabeth-Charlotte de Bavière, le mépris se mêle cependant à l'indulgence et à la tendresse. Pour sa cousine, la Grande Mademoiselle, il demeure le prince gâté de son enfance. Ses précepteurs et conseillers se désespèrent de ne pas retrouver en lui les ambitions qu'ils s'empresseraient de cultiver à sa place. Il est vrai que l'homosexualité qu'il cultivait ouvertement l'a beaucoup desservi chez ses contemporains et auprès de la postérité. La présente biographie s'emploie précisément à extraire Philippe d'Orléans de cette image pesante, et déformante, afin de montrer un prince en action, par ailleurs mécène remarquable, valant bien davantage que sa trouble réputation. Elle nous restitue aussi la voix de Monsieur, qui s'est retrouvé muet au rendez-vous de l'histoire.

130.          MARAL (Alexandre). Madame de Maintenon. La presque reine. Belin, 2018, in-8°, 411 pp, 8 pl. de gravures en couleurs hors texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

L'histoire de Françoise d'Aubigné, épouse Scarron puis marquise de Maintenon, évoque ces contes de fées où les bergères épousent des rois. Elle constitue sans doute l'exception la plus spectaculaire à la règle des barrières sociales de l'Ancien Régime. Entrée dans l'histoire par la porte de service, Françoise y accomplit l'une des plus fabuleuses aventures du XVIIe siècle. Son éducation, son premier mariage, son veuvage, sa rencontre avec Mme de Montespan, ses premiers contacts avec la cour, sa mission auprès des bâtards royaux, l'affaire des Poisons ont été autant d'étapes sur le long chemin, que rien ne laissait prévoir, de l'incroyable ascension qui devait la rapprocher de Louis XIV, au point qu'elle finit par épouser le plus grand roi de l'époque, au faîte de sa puissance et à l'apogée de son règne. L'histoire de Madame de Maintenon s'envisage ici moins comme le portrait d'un caractère, d'une personnalité, d'un destin, que comme l'étude et l'exploration de l'époque à laquelle il a appartenu, de la société qu'il a fréquentée, des liens qu'il y a noués. La prodigieuse ascension de cette personnalité d'exception s'explore par l'analyse de son réseau de relations sociales, soigneusement constitué pendant son premier mariage et son veuvage, mais aussi le fonctionnement de la Cour : un nouveau système prêt à admettre ce type de profil social, qui évoque certains grands serviteurs de l'Etat.

131.          MARIEL (Pierre). Cagliostro, imposteur ou martyr ? Grasset, 1973, in-8° oblong, 282 pp, 15 gravures et fac-similés, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bords frottés, état correct (Coll. Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes, sous la dir. de Louis Pauwels)

            15

Biographie de Giuseppe Balsamo, comte de Cagliostro (1743-1795). Il fondera et présidera dès 1780 une loge maçonnique « égyptienne » à Strasbourg, sous la protection et lettres patentes du cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg.

132.          [MARTEILHE, Jean]. Mémoires d'un Protestant condamné aux galères de France pour cause de religion. Illustrés de quatre gravures par L. Morel-Fatio. P., Société des écoles du dimanche, 1865, in-12, ix-561 pp, 4 gravures hors texte, une reproduction en noir et rouge de la page de titre de 1757 ("Ouvrage, dans lequel, outre le récit des souffrances de l'auteur depuis 1700 jusqu'en 1713 ; on trouvera diverses particularités curieuses, relatives à l'histoire de ce temps-là, et une description exacte des Galères et de leur service"), pièces justificatives par Albert Paumier, reliure demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titre doré (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (Coll. Les Archives de la Réforme)

            100

Mémoires importants pour l'histoire du protestantisme. Jean Marteilhe se souvient des dix ans qu'il a passé sur un banc de la « Palme », entre Manche et Mer du Nord... Car parmi les dizaines de milliers de forçats qui furent condamnés à servir sur les galères de guerre du Roi-Soleil, un seul écrivit ses Mémoires, et celui-là fut protestant. Condamné aux galères perpétuelles en 1701, à l'âge de dix-sept ans, pour "cause de religion", Jean Marteilhe nous a laissé l'autobiographie d'un forçat du siècle de Louis XIV. Des dragonnades à la fuite vers un État protestant, des prisons aux galères, ce texte témoigne des pérégrinations des protestants français après la révocation de l'édit de Nantes. Mais ces Mémoires nous parlent aussi des campagnes des galères, de tempête, de combat naval, de la vie quotidienne des forçats, ces gens de mer malgré eux. Quelle étonnante société que celle des galériens, où se côtoyaient des innocents et des canailles, des bohémiens, des vagabonds, des voleurs, des libertins, des paysans révoltés, des contrebandiers, des déserteurs... et les condamnés protestants. Jean Marteilhe fait revivre ce monde baroque et cruel, comme étonné d'être revenu d'un aussi périlleux voyage... Ses mémoires, revus par Daniel de Superville, sont, d'après Michelet « un livre de premier ordre par la charmante naïveté du récit, l'angélique douceur, écrit comme entre terre et ciel ». — Cette édition reprend la très rare édition de Rotterdam, 1757, enrichie d'une préface et de pièces justificatives. On trouve à la fin du volume la description d'une galère armée et sa construction.

133.          MURAT (Inès). Gabrielle d'Estrées. Fayard, 1992, in-8°, 442 pp, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

En cette fin de XVIe siècle, la France est le théâtre de passions débridées, de haines extrêmes, d'actes d'une violence incontrôlée, d'une cupidité délétère et d'extravagances de toutes sortes. Les remises en cause consécutives à l'apparition de l'humanisme, aux guerres religieuses et aux mutations économiques, troublent les esprits. Les amours d'Henri de Navarre et de Gabrielle d'Estrées reflètent ce temps de fer et de feu. Contraint comme huguenot à quitter la cour des Valois, bientôt chef du parti opposé au roi, ennemi juré des catholiques de la Ligue, puis héritier désigné mais contesté du trône, enfin mal accepté, Henri trouve avec sa jeune maîtresse (elle a vingt ans de moins que lui...) et les enfants qu'elle lui donne le réconfort d'un foyer paisible que la reine Margot – à laquelle on l'a naguère marié – ne lui procure pas. Gabrielle est devenue une "presque épouse", voire une "quasi-reine". Henri s'était mis en tête d'en faire la reine de France, lorsqu'elle mourut brutalement (ce qui résolut le grave problème dynastique que cette union n'aurait pas manqué de poser). Issue d'une "famille dont les femmes savent plier leur vertu aux exigences du moment qui passe", la favorite n'a certes pas aimé le roi sans réserve; elle n'a jamais oublié ses intérêts et ceux des siens. Néanmoins, elle a joué auprès de lui un rôle bienfaisant, par exemple en l'assistant moralement lors de son abjuration, puis en le poussant à proclamer l'édit de Nantes. Qui sait si l'Histoire n'aurait pas tourné autrement sans la belle Gabrielle ?

134.          PEREY (Lucien) et Gaston MAUGRAS. La Jeunesse de Madame d'Epinay. Une femme du monde au XVIIIe siècle, d'après des lettres et des documents inédits. Calmann-Lévy, 1882, in-8°, xxxii-544 pp, un portrait gravé de Madame d'Epinay en frontispice, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 5 nerfs filetés, titres dorés, doubles filets dorés sur les plats (rel. de l'époque), un mors faible, bon état (Prix Marcelin Guérin

            50

Louise Florence Pétronille Tardieu d’Esclavelles de La Live, marquise d'Epinay (1726-1783). — "MM. Lucien Perey et Gaston Maugras ont eu la chance de retrouver aux Archives un manuscrit des Mémoires de Mme d'Épinay. On n'ignore pas que, dans ces Mémoires, où les noms eux-mêmes des personnes sont déguisés, le roman se mêle souvent à la réalité. L'obligeance d'un descendant de Mme d'Épinay, qui s'est empressé de mettre à la disposition de MM. Lucien Perey et Gaston Maugras tout ce qu'il possédait encore de lettres ou de papiers de son arrière-grand'mère, leur a permis de contrôler les récits des Mémoires et de contredire ou de confirmer par les pièces authentiques le témoignage de Mme d'Épinay. La connaissance qu'ils ont du XVIIIe siècle leur rendait la tâche facile. C'est tout un petit monde, – charmant et haïssable à la fois, – qu'ils font revivre. On leur saura gré surtout de la discrétion, aujourd'hui si rare, avec laquelle ils ont usé des documens qu'ils avaient entre les mains. Ils pouvaient faire une édition, ils ont mieux aimé faire un livre. Les amateurs de lettres inédites n'y trouveront pas moins leur compte. Nous leur recommanderons particulièrement un oncle maternel de Mme d'Épinay, M. de Preux, à qui, si ses lettres étaient seulement plus nombreuses, il faudrait faire non pas peut-être une place, mais un coin, à tout le moins, dans la littérature épistolaire de son siècle. Ce volume ne va que jusqu'en 1757 et Mme d'Épinay n'est morte qu'en 1783. C'est donc toute une moitié de sa vie qui nous manque. MM. Lucien Perey et Gaston Maugras préparent un second volume sur la vieillesse de Madame d'Epinay." (F. Brunetière, Revue des Deux Mondes, 1882)

135.          ROGER (Jacques). Buffon, un philosophe au Jardin du Roi. Fayard, 1989, fort in-8°, 645 pp, 18 illustrations, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Le plus grand des naturalistes français, Buffon (1707-1788) a été à la fois un savant, un philosophe et un haut fonctionnaire de l'Ancien Régime finissant. Intendant du prestigieux Jardin du Roi, auteur d'une Histoire naturelle qui a été le best-seller du siècle, c'est une des grandes figures de la philosophie des Lumières. Bourguignon et Parisien, gentilhomme campagnard et familier des ministres, admiré des souverains et surveillé par les théologiens, il est en relation avec les plus grands noms de son époque: Diderot, Voltaire, Helvétius, d'Alembert. Relations d'amitié ou d'hostilité et de jalousie: derrière les grands principes, il y a des hommes, et la biographie de cet ambitieux avide de gloire scientifique jette un jour parfois cruel sur les coulisses du théâtre académique et philosophique. Mais Buffon est d'abord un savant philosophe qui a transformé l'histoire naturelle en y introduisant l'éthologie et la répartition géographique des espèces. Il a osé calculer l'âge de la Terre sans tenir compte de la Bible, affirmer que les espèces vivantes n'étaient pas immuables et brosser une histoire de la vie en faisant intervenir la paléontologie. Il a remis l'homme à sa place dans la nature et fondé l'anthropologie. Bref, il a posé les grandes questions auxquelles les sciences naturelles essaient de répondre depuis deux siècles.

136.          ROUSSEAU (Jean-Jacques). Du Contrat social, ou Principes du droit politique, par J. J. Rousseau, citoyen de Genève. A Lyon, de l'Imprimerie républicaine, quai et mais dits St. Antoine, n°8, au quatrième, l'an 3me de la République (1794-1795), in-12, 220 pp, reliure pleine basane fauve, dos lisse orné de caissons fleuronnés dorés, pièce de titre chagrin carmin, filet doré encadrant les plats, tranches rouges (rel. de l'époque), coiffes arasées, pt mque de cuir angulaire au 2e plat, bon état. Exemplaire très propre et sans rousseurs

            300

Jolie édition « révolutionnaire ». L’édition originale date de 1762. Cet ouvrage de philosophie politique est connu pour exposer avec clarté et force que la seule forme de pouvoir politique légitime est le pouvoir qui trouve son fondement dans la volonté du peuple (ou « volonté générale »). Il est souvent considéré comme le principal inspirateur des idées de la Révolution française. — "... Loin de faiblir, sa réputation grandissant ira jusqu’au culte. Pendant la Révolution, qui fait de lui son père spirituel, le culte deviendra frénésie. La nation n’avait plus qu’un hommage à lui rendre : le transfert au Panthéon, démarche ultime de la divinisation officielle, qui aura lieu le 11 octobre 1794. Au Panthéon où dormait déjà Voltaire, Cambacérès rendit hommage à « l’apôtre de la liberté et de l’égalité ». Robespierre était tombé depuis quelques semaines, la France recommençait à respirer." (Raymond Trousson)

137.          SAGNAC (Philippe). La formation de la société française moderne (1661-1788). 1. La société et la Monarchie absolue (1661-1715). 2. La révolution des idées et des moeurs et le déclin de l'Ancien Régime (1715-1788). PUF, 1945-1946, 2 vol. in-8°, vii-240 et viii-355 pp, index, brochés, papier lég. jauni, bon état

            50

"Faisant suite au volume consacré à la société française sous Louis XIV, M. Sagnac publie un très utile ouvrage de synthèse sur les transformations idéologiques et sociales du XVIIIe siècle. Il nous présente d'abord, pour la première moitié du siècle, un tableau des différentes classes sociales : les grandes catégories de privilégiés : noblesse d'épée, haut clergé, noblesse de robe et de fonctions publiques, puis la haute bourgeoisie : celle des financiers, des négociants, des armateurs, des fabricants, des marchands, ensuite successivement la bourgeoisie moyenne et petite, à laquelle il assimile le bas clergé, enfin, les ouvriers et les paysans. Il montre que la situation respective de ces catégories sociales n'a que peu changé depuis le milieu du XVIIe siècle, si ce n'est que l'évolution, qui frappe la noblesse, enrichit la bourgeoisie et porte les financiers aux postes directeurs, s'accentue. La principale partie de l'ouvrage est consacrée à la diffusion des doctrines nouvelles et à la conquête de l'esprit public par les tendances émancipatrices et révolutionnaires dans le troisième quart du siècle. L'exposé de M. Sagnac est clair, concret, bien équilibré. L'évolution décrite est suggestive. On ne lira pas sans profit le récit des phases successives de la transformation d'une société qui, sous un régime de monarchie absolue, aboutit à la révolution des institutions par la révolution des esprits et des moeurs." (Paul Haksin, Revue belge de philologie et d'histoire, 1948, à propos du tome II)

138.          SCARRON. Théâtre complet. Nouvelle édition précédée d'une notice biographique par Edouard Fournier et illustré de quatre gravures coloriées. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1879, in-12, xxiii-487 pp, 4 belles gravures sous serpente, finement coloriées par MM. Bayard, M. Sand et Louis Fournier, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            50

Scarron, issu d'une famille de magistrats, connaît une jeunesse dissipée puis, sans pour autant cesser de fréquenter les milieux libertins, embrasse la carrière ecclésiastique. Sans briller par des dispositions particulières pour la piété, il vit, de 1632 à 1640, au Mans, et devient le secrétaire de l’évêque. Scarron n’est pas précisément scandaleux, mais d’allures fort libres. En 1638, à l'âge de vingt-sept ans, une terrible maladie nerveuse qui finit par le rendre paralysé des jambes, de la colonne vertébrale et de la nuque, le cloue sur une chaise. Il n'en conserve pas moins jusqu'à sa mort une humeur plaisante et généreuse. De retour à Paris, pauvre, il vit essentiellement de ses travaux littéraires, entouré d’amis issus du très grand monde, élite d'esprits libres et cultivés. En 1652, il épouse, pour lui éviter le couvent, une orpheline pauvre, la jeune Françoise d'Aubigné, petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, qu'il laissera veuve de bonne heure et qui deviendra par la suite la célèbre Mme de Maintenon, maîtresse puis épouse de Louis XIV. — "... Ces comédies de Scarron peuvent surprendre le lecteur d'aujourd'hui par un trait commun : la part du rire y est limité à certaines scènes, et c'est un valet qui, pour l'essentiel, l'assure. Le reste est surtout romanesque. On y voit des amours contrariées, des passions qui se dévoilent ou qui se heurtent. Et nous comprenons alors que si les pièces de Scarron se présentent comme des comédies, c'est au sens des 'comedias de capa y espada' des Espagnols. D'autres auteurs français, Thomas Corneille, Quinault et bien d'autres, à la même époque, en faisait autant. Il se distinguait d'eux par la force magnifique de son style. Il faut avoir lu “La Fausse Apparence” pour comprendre à quel point Scarron fut un grand écrivain." (Antoine Adam, “Le Roman comique de Paul Scarron”, 2016)

139.          SURCOUF (Robert). Un capitaine corsaire, Robert Surcouf, d'après des documents authentiques. Plon, 1890, in-8°, vii-524 pp, modeste reliure toile grise de bibliothèque, dos lisse avec pièce de titre basane acajou et étiquette, reliure salie, rousseurs éparses, état correct

            30

"Cet ouvrage a utilisé bien des sources inédites (les livres de bord des bâtiments, les archives de la famille et les documents de la marine de Saint-Malo) ; le récit des exploits du grand corsaire malouin est certainement d'une lecture attachante..." (Henri Sée, Annales de Bretagne)

140.          VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit). Théâtre de Voltaire. Nouvelle édition ornée de portraits en pied coloriés. P., Laplace, Sanchez et Cie., s.d. (1885), in-12, xii-610 pp, 4 belles gravures finement coloriées par M. Geoffroy, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs filetés, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            50

La grande édition des oeuvres complètes de Voltaire, publiée en 1778 peu avant sa mort, commençait par le théâtre : à ses yeux, celui-ci constituait, avec sa poésie épique, son meilleur titre de gloire. En effet, Voltaire a été perçu par ses contemporains, et s’est considéré lui-même comme le plus grand poète dramatique du XVIIIème siècle, ce qui doit bien évidemment nous surprendre : aujourd’hui on ne joue plus ses pièces, et d’autres auteurs, comme Beaumarchais et Marivaux, et dans une moindre mesure Diderot, ont pris toute la place. Tantôt en effet, on le juge à l’aune de la tragédie classique, et il apparaît comme un pâle épigone de Racine, tantôt on l’oppose à l’énergie et à la truculence du Romantisme, et il fait pâle figure face à Shakespeare redécouvert et à Hugo. Voltaire lui-même a d’ailleurs contribué à cet effacement, en sacralisant à outrance l’oeuvre de Racine – ce qui mènera à l’éreintement définitif prononcé par V. Hugo dans les Contemplations : « Sur le Racine mort le Campistron pullule ».

141.          WALISZEWSKI (K.). Autour d'un trône. Catherine II de Russie. Ses collaborateurs, ses amis, ses favoris. Plon, 1894, gr. in-8°, vii-472 pp, un portrait héliogravé en frontispice, index, broché, qqs rousseurs éparses, bon état. Edition originale

            40

"C'est principalement par le côté anecdotique que se recommande le nouveau livre de M. K. Waliszewski, “Autour d'un trône”. Dans une série de portraits enlevés de verve, il nous fait connaître les hommes d'État qui ont collaboré à l'oeuvre de Catherine II, les soldats et les marins qui ont risqué ou donné leur vie pour son accomplissement ; les littérateurs, savants, artistes, simples courtisans même ou aventuriers qui ont contribué à instruire l'impératrice, à la faire connaître à l'Europe sous le jour qui convenait à ses desseins ou simplement à l'amuser. Enfin, évoquant dans une dernière partie ce qu'il appelle le décor extérieur du règne, M. Waliszewski replace dans le cadre où vécut Catherine, les favoris qu'elle a aimés et ceux qui furent les confidents, quelquefois pis encore, de ses rapides et nombreuses amours. Un chapitre très dramatique sur les derniers jours et la mort de Catherine termine le livre. Je me hâte de dire que je connais peu de lectures aussi agréables et aussi intéressantes. L'oeuvre a une qualité aussi précieuse que rare : elle est vivante. Il faut ajouter enfin que, dans deux chapitres au moins, l'un sur les idées philosophiques en Russie, l'autre sur les Français à la cour du Nord, M. K. Waliszewski a fait preuve d'une pensée originale et pénétrante. Ces parties du livre sont mieux qu'agréables, elles méritent d'être lues avec attention et méditées." (G. Monod, Revue Historique, 1894)

142.          WALISZEWSKI (K.). Le Roman d'une impératrice, Catherine II de Russie, d'après ses mémoires, sa correspondance et les documents inédits des Archives d'Etat. Plon, 1929, gr. in-8°, xi-618 pp, un portrait d'après une miniature du temps en frontispice, biblio, broché, bon état

            40

"Catherine II a fait la grandeur et elle reste l'orgueil du peuple russe. Le mois prochain,un écrivain français, pour qui les langues du Nord n'ont pas de secret et que de longues études ont familiarisé avec l'histoire de la Pologne et de la Russie, M. Waliszewski, doit faire paraître à la librairie Plon, avec ce titre : Le Roman d'une Impératrice, un volume qui contiendra le dernier mot des archives officielles et privées sur la moderne Sémiramis. Une commmunication amicale m'a permis de parcourir l'ouvrage qui est à l'impression : rien de plus attachant et de plus instructif. La première question qui se pose à propos de Catherine II est celle-ci était-elle vraiment jolie ? « A dire la vérité, lit-on dans ses Mémoires, je ne me suis jamais crue extraordinairement belle, mais je plaisais, et je pense que cela était mon fort. » Les contemporains dans leurs adulations allèrent toujours bien au delà de ce jugement, qui doit être l'expression de la vérité. Ils l'ont comparée tour à tour à Cléopâtre, à Pallas, à Vénus. Ils ont tellement perdu leur sang-froid en la contemplant, qu'ils lui ont prêté une stature élevée et dominant les foules, alors qu'elle était, d'après M. Waliszewski « de taille au-dessous de la moyènne, avec une tendance précoce à l'embonpoint » ils n'ont même pas su se mettre d'accord sur la couleur de ses yeux, que les uns ont vus bleus et les autres bruns. Pour accorder tout le monde, Rulhière, qui avait fait partie de l'ambassade de Breteuil en qualité de secrétaire, les dépeignit bruns avec des reflets bleus. Elle avait un art suprême pour faire illusion aux hommes, même à l'âge où les artifices des femmes ne les trompent plus guère. Ségur est envoyé auprès d'elle en 1785, en qualité de ministre de France. L'Impératrice compte déjà cinquante-six ans : le diplomate, qui est un cavalier charmant et l'ami de Grimm, n'en a pas plus de trente-deux. Eh bien ! en lui remettant ses lettres de créance, Ségur se trouble, oublie l'allocution qu'il avait préparée à loisir, et se trouve obligé d'en improviser une autre. Ce qui l'avait frappé, c'était la blancheur et l'éclat de son teint..." (Whist, Le Figaro)

143.          WEISS (Ch.). Histoire des réfugiés protestants de France depuis la révocation de l'Edit de Nantes jusqu'à nos jours. P., Charpentier, 1853, 2 vol. in-12, xi-440 et 455 pp, pièces justificatives, reliures demi-veau glacé bleu, dos lisses ornés en long, titres dorés, plats de papier de soie moirée (rel. de l'époque), dos uniformément passés et lég. frottés, bon état

            100

Ouvrage de référence pour l'histoire de l'émigration protestante en Allemagne dans le Brandebourg, en Angleterre, en Amérique, en Hollande, en Suisse, en Amérique, et jusqu'au Danemark, en Suède et en Russie. L'auteur étudie les conséquences de cette révocation pour la France et pour chaque pays d'accueil sur les plans culturel, politique, social, économique, industriel et militaire. Il cherche à montrer les liens qui unissaient déjà la plupart des pays de Refuge aux protestants français et partage la thèse d'un affaiblissement du royaume dû à l'émigration. Il décrit l'accueil, les mesures favorables ou restrictives prises envers les nouveaux venus, leur répartition géographique et socio-professionnelle, leurs espoirs ou leurs tentatives de retour en France et les services qu'il rendirent à leur pays d'accueil. Il donne également les textes complets de l’Édit de Nantes (avec ses clauses secrètes) et de l'ordonnance de révocation ainsi que divers rapports diplomatiques. Un travail de synthèse précieux, dont il n’existe pas d'équivalent contemporain.

RÉVOLUTION

 

144.          BOULOT (Georges). Le général Duphot (1769-1797), par un de ses arrière-neveux. Plon, 1908, in-12, vii-272 pp, un portrait en frontispice, pièces justificatives, reliure demi-basane bleue, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            60

"Le général Duphot ressort de cette étude comme un officier de grand mérite, d'un admirable courage, sabreur intrépide, marcheur infatigable, qui trouve encore le temps d'être sentimental. Il s'éprend pendant le siège de Gênes de Désirée Clary, l'ancienne fiancée de Napoléon et la future reine de Suède, « dont la destinée était d'être recherchée par des héros » ; c'est à la veille même de son mariage, dans une émeute à Rome, où il prend la tête d'une troupe de révolutionnaires, que Duphot est tué, sous les yeux de sa fiancée. Ce sont ces circonstances particulièrement dramatiques et sa mort qui ont seules retenu l'attention du public. M. B. nous montre que Duphot était digne de mémoire par d'autres traits : son courage lors de la prise de N.-D. del Roure, pendant la campagne de 1794 en Catalogne, décida de la victoire ; sa brigade, à Rivoli, culbuta l'avant-garde autrichienne ; plus tard sa fermeté devait maintenir les Génois dans l'ordre. Quelques pièces justificatives, heureusement choisies, complètent cet intéressant petit volume." (Robert Burnand, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1909)

145.          CABANÈS (Docteur Auguste). Marat inconnu. Albin Michel, s.d. (v. 1928), pt in-8°, xii-559 pp, deuxième édition refondue et très notablement augmentée, 5 planches et 60 gravures et fac-similés hors texte ou dans le texte, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec pièce de titre chagrin havane, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            60

Les deux Marat - Les ascendants - L'enfance et la jeunesse - Marat en Angleterre - Marat spécialiste - Le médecin du comte d'Artois - La clientèle du docteur Marat - Marat et les femmes - Marat praticien - Marat physicien ; ses recherches sur le feu - Les élèves de Marat - Découvertes sur la lumière - Autres mémoires scientifiques - Recherches sur l'électricité - Robespierre, Marat et le paratonnerre - Marat électrothérapeute - La mort de Marat - etc.

146.          CARNOT (Claude Marie). Rapport fait à l'Assemblée nationale au nom des comités de l'ordinaire des finances et militaire, Sur les créances arriérées du département de la guerre pour l'année 1790 ; par M. Carnot, jeune. Imprimerie Nationale, s.d. (1791), in-8°, 4 pp, reliure plein papier marbré ancien à la bradel, dos lisse, pièce de titre chagrin carmin (reliure moderne signée Laurenchet), très bon état

            50

147.          CASATI de CASATIS (C. Charles). Le général Bernadotte, ambassadeur à Vienne et ministre de la guerre sous le Directoire. P., Ernest Leroux, 1899, gr. in-8°, 16 pp, broché, couv. à rabats brunie, état correct. Rare

            20

148.          Catalogue d'exposition – LAFFITTE (P.) et O. GANTIER. 1789. Le Patrimoine libéré : 200 trésors entrés à la Bibliothèque nationale de 1789 à 1799. P., Bibliothèque Nationale, 1989, pt in-4° (24 x 21,5 cm), 307 pp, préface de Emmanuel Le Roy Ladurie, 238 illustrations en noir dans le texte, 15 illustrations à pleine page en couleurs, 241 numéros décrits, avec notices érudites et photos, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le Patrimoine libéré ou les rapports entre la Bibliothèque nationale et la Révolution française. — De 1789 à 1799, la Bibliothèque royale, devenue nationale, s'enrichit d'une masse de manuscrits, de livres et de gravures qui furent intégrés au cours du XIXe siècle. Cet ouvrage a été publié à l'occasion de l'exposition organisée par la Bibliothèque Nationale, du 6 juin au 10 septembre 1989. — "En 1989, l'exposition organisée par la Bibliothèque nationale – 1789. Le patrimoine libéré – a posé des jalons déterminants pour l'intelligence des rapports entre naturalisation des objets confisqués en France et appropriation martiale des richesses appartenant à l'étranger." (Bénédicte Savoy, “Patrimoine annexé. Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800”, 2003)

149.          CHUQUET (Arthur). La Première invasion prussienne (11 août - 2 septembre 1792). P., Léopold Cerf, 1886, in-12, viii-303 pp, notes bibliographiques, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 4 nerfs filetés, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, rousseurs, bon état

            45

"C'est un chapitre d'histoire militaire que nous donne M. Chuquet dans son livre sur la “Première invasion prussienne”, mais de l'histoire militaire comprise dans un sens très large et qui éclaire tout un côté de la Révolution française. La moitié du volume est consacrée à la déclaration de guerre et à une étude sur l'armée française et sur l'armée prussienne qui éclaire d'un jour singulièrement vif toutes les guerres révolutionnaires et même la psychologie des deux nations. Non seulement M. Chuquet s'est livré à l'enquête la plus approfondie sur, tous les documents imprimés et manuscrits qui pourraient éclairer son sujet, non seulement il les a soumis à la critique la plus rigoureuse, mais il a su en tirer un tableau complet des institutions militaires de la France et de la Prusse à la fin du XVIIIe siècle et des jugements pénétrants et impartiaux sur l'état moral des deux armées. Il faut admirer en effet à la fois et l'aisance, la clarté, l'agrément avec lesquels M. Chuquet a su grouper la masse énorme de renseignements qu'il a recueillis, et la sereine impartialité avec laquelle il juge les hommes et les choses. De même qu'il rend pleine justice aux mérites des troupes allemandes et trace le plus équitable portrait de Brunswick, il sait reconnaître dans l'armée française aussi bien les mérites des officiers de la monarchie que ceux des volontaires de 91. Il a déterminé dans quelle mesure les anciens cadres ont été conservés et ont servi à former l'armée nouvelle ; il a su distinguer les excellentes recrues de 91 des médiocres ou mauvais éléments levés en 92 ; il a admirablement démêlé la part que les idées nouvelles ont eue dans les succès de la Révolution..." (G. Monod, Revue Historique, 1886)

150.          DAMADE (Louis). Histoire chantée de la Première République, 1789 à 1799. Chants patriotiques, révolutionnaires et populaires. P., Paul Schmidt, 1892, fort pt in-8°, viii-545 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Rare

            200

"Pour réunir tant de documents, l'auteur a fouillé avec patience dans les bibliothèques, il a compulsé les journaux du temps, les almanachs des muses, etc., et il offre aux lecteurs l'histoire en chansons. Tantôt sur un ton enjoué, tantôt sur un ton sévère, on chante partout ! Dans la rue, dans les festins, dans les théâtres, dans les réunions publiques, à la barre de la Convention, où Chenard et Narbonne, de la Comédie Italienne, chantent des couplets le 5 juillet 1793 ; à la tribune même, où, le 18 septembre de l'an II, les volontaires jurent d'expulser les despotes sur l'air « Du serin qui te fait envie » (.) puis on chante la Bastille, el les Droits de l'homme, et l'emprunt forcé, et les réquisitions et le divorce... on chante mème « La douce guillotine – Aux attraits séduisants ! » (.) Il est permis de croire qu'une fois la tourmente révolutionnaire passée, les souvenirs de cet ardent lyrisme n'ont pas toujours été agréables aux auteurs ; parmi les productions de ce genre, celles qui ont été imprimées ou gravées nous restent. Quant à celles qui étaient manuscrites, il en est beaucoup que l'on a pris soin de faire disparaître plus tard, et, dans la riche bibliothèque de l'Opéra, c'est le répertoire Républicain qui est le moins complet." (Ch. Nuitter, préface)

151.          DENIAU (Abbé Félix). Histoire de la Vendée, d'après des documents nouveaux et inédits. Angers, Lachèse et Dolbeau, Briand et Hervé, s.d. (1878-1879), 6 vol. in-8°, ii-(2)-565, 604, 656, 607, 713 et 778 pp, 13 cartes et plans dépliants hors texte, modestes reliures demi-percaline verte à coins, manque les pages de faux-titre et titre du tome 2, état correct. Modestes reliures de l'époque, dos lisses muets et uniformément passés, mais intérieurs frais et sans rousseurs. Edition originale "tirée à petit nombre d'exemplaires sur papier vergé" (Antoine Laporte, Histoire littéraire du XIXe siècle, III-132). Très rare

            350

"Monumental ouvrage rédigé avec une grande impartialité auquel tous les historiens se réfèrent. Le premier tome étudie les causes du soulèvement et raconte les premiers combats de janvier à mai 1793. Le deuxième nous plonge dans la Grande guerre et ses combats d'avril à octobre 1793. Le troisième tome poursuit le récit de la Grande guerre d'octobre 1793 jusqu'au passage de la Loire, puis nous entraîne dans la fameuse "Virée de Galerne" jusqu'au désastre de Savenay. Le quatrième tome donne le récit des guerres de Charrette et de Stofflet en 1794. Le cinquième tome et le début du sixième relatent la Pacification de la Vendée du 28 décembre 1794 au 16 février 1800. Le sixième et dernier tome évoque les évènements de 1814, 1815 et 1832." ( Vachon 1542 & Lemière 1878). — "Bourrée d'anecdotes." (Emile Gabory) — "Parfois naïve, encore que très complète." (J.-Fr. Chiappe). — "Deniau ne se contente pas de rapporter les événements dans leur chronologie. Il les enrichit d'une foule d'anecdotes, de témoignages glanés autant dans les bibliothèques et les archives que dans la mémoire orale des anciens. Cette approche originale donne à cette œuvre monumentale à la fois plus de richesse et d'humanité." (Pierre-Marie-Gaborit)

152.          DUCHEMIN DESCEPEAUX (Jacques). Souvenirs de la Chouannerie. Laval, H. Godbert, 1855, in-8°, (4)-529-10 pp, reliure modeste demi-toile verte à coins, dos lisse muet et uniformément passé, qqs rousseurs et traces d'humidité ancienne, sinon bon état. Rare (Lemière, 171)

            100

Nouvelle édition des “Lettres sur l’origine de la Chouannerie”. Une des toutes premières éditions d'un des grands classiques de l'histoire de la chouannerie. Son auteur a réuni de nombreux documents afin de rectifier les « vérités » affirmées par les historiens républicains. — "Il ne s'agit nullement de souvenirs ou de mémoires, mais Duchemin Des Cépeaux a réuni des documents et témoignages constituant une histoire de la Chouannerie." (Fierro, 463)

153.          FILLEUL (Paul). Le duc de Montmorency Luxembourg, premier baron chrétien de France, fondateur du Grand Orient. Sa vie et ses archives (1737-1803). P., Labergerie, 1939, in-8°, 332 pp, préface de Bernard Faÿ, 8 pl. de gravures hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'âme de la Révolution)

            40

"M. Filleul a eu la bonne fortune d'avoir accès aux archives du duc de Luxembourg, aujourd'hui conservées au château de Châtillon-sur-Loing. Il en a tiré une biographie et a publié en appendice les documents qui lui ont paru les plus précieux. On trouvera dans ce volume des faits curieux sur la vie d'une grande famille noble au XVIIIe siècle, sur sa fortune, sur l'administration de son patrimoine. L'émigration tient aussi une grande place. Mais ce sont les origines immédiates de la Révolution qui attireront surtout l'attention et qui, de fait, ont principalement intéressé M. Filleul. Ce qui a partiellement préoccupé M. Filleul, qui, bien entendu, attribue la Révolution à un complot maçonnique, c'est l'activité de Luxembourg au Grand Orient et dans les loges. Malheureusement, les papiers du duc restent obstinément muets sur ce terrible secret. M. Filleul, toutefois, le disculpe : c'est au moment où il se serait rendu compte que ce secret existait qu'il aurait rompu avec Philippe d'Orléans. « Nous avons la preuve, écrit l'auteur, qu'à partir de 1784, le duc d'Orléans fit créer des clubs politiques à l'intérieur des loges. Nous avons aussi la trace de l'étonnement qu'éprouvèrent à ce spectacle certains maçons. Beaucoup d'entre eux n'admettaient pas la notion qu'une réforme pût venir aussi par en bas et par des procédés factieux. Luxembourg fut de ceux-là »." (G. Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, 1946) — "Un curieux portrait de ce premier baron chrétien de France, fondateur du Grand-Orient." (Revue des deux mondes)

154.          FLEISCHMANN (Hector). Les Horizons hantés. Pages sur la Révolution. Librairie Française, 1905, in-12, 71 pp, reliure plein papier fantaisie, pièce de titre chagrin prune, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale tirée à 310 exemplaires. Un des 300 ex. sur papier bulle à la forme

            60

Très rare première publication de Hector Fleischmann dédiée à Romain Rolland et regroupant quatre textes initialement parus dans le journal “L'Evénement” : Cent francs pour M. Danton !... ; L'Affaire Capet ; « Icy l'on danse ! » ; Deux têtes coupées.

155.          FOIRET (Faustin). Une corporation parisienne pendant la Révolution. (Les notaires). P., Honoré Champion, 1912, gr. in-8°, xii-493 pp, préface de M. Paul Viollet, index, reliure pleine toile bordeaux, dos lisse, pièce de titre chagrin bordeaux, tête dorée, couv. et dos conservés (reliure signée Canape), bon état

            150

"On lira avec fruit et intérêt cette monographie consacrée à une corporation puissante dont le rôle social était plus considérable encore en ce temps-là qu'aujourd'hui. Comment la corporation des notaires au Châtelet fut supprimée, comment ces charges furent liquidées, comment furent nommés au concours les nouveaux notaires, les « Carmagnoles », comment la vénalité des charges, supprimée en théorie, fut rétablie en pratique par l'obligation faite aux nouveaux notaires de racheter les minutes de leurs prédécesseurs, comment peu à peu se reconstitua la corporation sous le Directoire et le Consulat, tel est le cadre général adopté par l'auteur. Mais dans ce cadre assez large, il a glissé de nombreuses anecdotes qui coupent le récit, l'égaient et l'illustrent. Il raconte quelle part les notaires ont prise au mouvement politique, il nous les montre partisans des réformes en 1789, devenant de plus en plus rétrogrades, organisant des pétitionnements royalistes après le 20 juin 1792, montant sous la Terreur les degrés de l'échafaud pour leurs liaisons avec les émigrés, qu'ils aident à tourner les lois..." (Emile Dubois-Geoffroy, Annales révolutionnaires, 1913)

156.          FURET (François) et Denis RICHET. La Révolution française. Fayard, 1973, fort in-8°, 544 pp, chronologie, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, pelliculage de la jaquette lég. décollé, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières)

            30

Cet ouvrage a marqué un tournant majeur dans l'histoire de la Révolution française. Très attaqué à sa parution par les tenants de la tradition jacobine, il est aujourd'hui devenu un classique de l'historiographie révolutionnaire. La question qu'il cherche à décrire et à comprendre est celle de la pluralité des formes politiques successivement manifestées par la Révolution depuis 1789 jusqu'au coup d'Etat du général Bonaparte en 1799 : monarchie constitutionnelle, dictature terroriste, République parlementaire, enfin césarisme démocratique. Il y a, à l'intérieur de ce qu'on appelle la Révolution française, plusieurs révolutions – celle des élites, celle des paysans, celle du petit peuple urbain –, et, succédant à l'Ancien Régime, plusieurs types de pouvoirs nés de la nouvelle société. Ce livre inaugure ainsi une interprétation de la Révolution française qui est plus culturelle et politique que sociale et économique. — "Réédition presque sans changements de l'ouvrage publié il y a près de dix ans par les éditions Hachette-Réalités. Livre remarquable, qui n'a pas peu contribué à remettre en question bien des certitudes sur l'époque révolutionnaire et à relancer la controverse sur les origines et la signification « des » révolutions de 1789-93. Voulant rendre sa place à l'événement dans le déroulement d'une histoire à laquelle ils dénient toute finalité, les auteurs s'attachent à rendre la période dans toute la complexité des mouvements sociaux qui s'entremêlent sans se confondre. Ils nous offrent ainsi l'un des meilleurs ouvrages de synthèse sur l'époque révolutionnaire. Depuis la parution de la première édition, la réflexion des auteurs les a amenés à douter plus nettement encore que par le passé que le concept de révolution bourgeoise soit le plus adéquat pour analyser les événements des années 1789 et suivantes. Par rapport au présent ouvrage, ils ont pris plus de libertés, au fil de leurs études, avec une certaine historiographie révolutionnaire qui ne suscitait plus ni passions ni recherches." (Revue française de science politique, 1974)

157.          GROUCHY (Vicomte de) et Antoine GUILLOIS. La Révolution française racontée par un diplomate étranger. Correspondance du bailli de Virieu, ministre plénipotentiaire de Parme, 1788-1793. Flammarion, s.d. (1903), gr. in-8°, xxxi-504 pp, un portrait en frontispice, annexes, broché, couv. lég. salie, qqs rares rousseurs, état correct

            80

Jean-Loup, bailli de Virieu-Beauvoir (1731-1803) fut d'abord militaire au régiment d'infanterie d'Enghien puis passa au service de Philippe, duc de Parme, dont il devint rapidement lieutenant-général de ses troupes. Il fut fait Commandeur et Bailli de l'Ordre de Malte. En 1788, il succéda au comte d'Argental comme ministre à la Cour de France; en 1789, il remplaça le bailli de Labriane, décédé, avec le titre de chargé d'affaires de Malte. Il resta en poste jusqu'en septembre 1793, date de son départ pour la Suisse, après avoir été emprisonné, puis libéré sur ordre de Danton.

158.          GUITTARD de FLORIBAN (Célestin). Journal d'un bourgeois de Paris sous la Révolution (1791-1796). Présenté et commenté par Raymond Aubert. France-Empire, 1974, fort gr. in-8°, 632 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Journal du crédule Célestin Guittard dit de Floriban. "Ce sexagénaire parisien, membre de la Garde nationale, se montre d'abord fervent patriote mais ne tarde pas à déchanter. Il s'insurge bien vite contre les désordres, l'inflation, la hausse des prix, puis la disette, la bureaucratie, les excès policiers de la jeune République." (Fierro, 687) — "Un document sur le coeur, l'estomac, les états d'âme et la candeur d'un bourgeois brissotiste (sans plus) et anti-montagnard (sans excès de zèle) de 1791 à 1796 ; données précieuses aussi sur les prix, la météorologie, les manifestations de rue, etc." (Annales ESC, Le Choix des Annales, 1975)

159.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). La Fille de Louis XVI. Marie-Thérèse-Charlotte de France, duchesse d'Angoulême. Le Temple - L'échange - L'exil. Perrin, 1928, pt in-8°, 309 pp, 12 pl. de gravures hors texte (dont une sur double page), une illustration dans le texte, reliure demi-basane mordorée, dos à larges faux-nerfs guillochés orné d'un caisson doré, tête dorée, une charnière faible, bon état (Coll. Mémoires et souvenirs sur la Révolution et l'Empire)

            40

"M. G. Lenotre, poursuivant la série des Mémoires et Documents sur la Révolution Française, qu'il publie à la librairie Perrin, nous conte aujourd'hui, dans un volume qui sera lu avec passion, la captivité de la jeune Madame Royale au Temple, les négociations auxquelles donna lieu son échange contre les prisonniers gardés par l'Autriche et aussi le séjour de la princesse à la Cour de Vienne. Une étude, aussi pittoresque que documentée, contenant des détails saisissants sur le régime de la prisonnière enfermée seule, depuis un an, au troisième étage de la Tour du Temple..." (Annales politiques et littéraires)

160.          MIGNET (François-Auguste). Histoire de la Révolution française, depuis 1789 jusqu'en 1814. Firmin-Didot, s.d. (v. 1900), 2 vol. in-12, 408 et 356 pp, un dépliant hors texte, brochés, couv. imprimées, bon état

            45

Entre 1825 et 1845, Auguste Mignet (1796-1884) fut l'un des hommes les plus célèbres de sa génération. Né à Aix-en-Provence, fils d'un serrurier aisé, il put faire de brillantes études de droit et se lia avec Thiers d'une amitié fraternelle. Lauréat de l'Académie des inscriptions et belles-lettres pour une étude sur les institutions féodales, il partit en 1821 pour Paris, où il se fit aussitôt remarquer par des articles vigoureux dans “Le Courrier français”, quotidien libéral, et par des cours d'histoire donnés à l'Athénée devant un public enthousiaste. Mais c'est son “Histoire de la Révolution française” qui, en 1824, le porte au sommet de la gloire : il y propose une explication rationnelle des sursauts révolutionnaires par la lutte des classes (Chateaubriand voit là du « fatalisme historique ») et tire de son analyse des préceptes qui constituent comme un bréviaire des révolutions bourgeoises. Bientôt traduit en vingt langues, le livre fait le tour du monde. En 1830, Mignet collabore activement au “National”, qu'il a fondé avec Thiers et Carrel, et devient l'un des principaux artisans des Trois Glorieuses, puis une personnalité de premier plan durant la monarchie de Juillet. Converti à l'histoire, qu'il regarde comme la science humaine par excellence, il veut, avec Guizot et Victor Cousin, établir cette discipline au sommet de la culture française. Dans ce but, il se fait nommer, ou élire, directeur des Archives diplomatiques (1830), membre (1833) puis secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques (à ce titre, il prononce des “Éloges” très admirés), membre de l'Académie française (1836), directeur des comités historiques du ministère de l'Instruction publique. Ces hautes fonctions lui échappent en partie entre 1848 et 1856, mais il conserve un réel prestige grâce à son œuvre écrite. “Établissement de la Réforme à Genève” (1834), “Négociations relatives à la succession d'Espagne” (1835 et 1842), “Antonio Pérez et Philippe II” (1845), “Vie de Franklin” (1848), “Histoire de Marie Stuart” (1851), “Charles Quint, son abdication, sa retraite” (1854), “Rivalité de Charles Quint et de François Ier” (1875), tels sont les titres de ses principaux ouvrages : on y observe un recul progressif des préoccupations philosophiques, une exigence de plus en plus rigoureuse d'information solide et d'impartialité. (Yvonne Knibiehler, Encyclopaedia Universalis)

161.          MONTJOYE (C.F.L. de). Eloge historique et funèbre de Louis XVI, roi de France et de Navarre ; précédé des Fastes des Bourbons ; suivi de la Déclaration de S. M., adressée à tous les Français à sa sortie de Paris, le 20 juin 1791. Nouvelle édition, augmentée d'une table chronologique des rois et des reines de France de la troisième dynastie. P., Lebègue, Crapart, Petit, Plancher, avril 1814, in-8°, (2)-315-(1) pp, un portrait de Louis XVI gravé en frontispice, broché, non rogné, couv. factice muette, rousseurs éparses, état correct

            40

Ouvrage rédigé en 1793 (Ladoué, Les Panégyristes de Louis XVI. Bibliographie).

162.          RASKY (M.-M. de). Louis XVII. Tuer le roi, sauver l'homme. P., Editions Chavane, 1950, in-12, 278 pp, 42 gravures hors texte, dont le frontispice, sources et biblio, broché, bon état. Edition originale, un des 300 ex. numérotés sur velin pur fil Lafuma, enrichie d'un envoi a.s. du prince Louis de Bourbon

            50

"Mme Marie-Magdeleine de Rasky a jugé à propos de soutenir de nouveau la légitimité des prétentions des Naundorf." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1955) — "Auteur naundorffiste, Mme de Rasky reconnaît pour branche aînée la branche canadienne." (Parois, 887)

163.          [RÉGNAULT-WARIN - Camille-Hilaire DURAND]. 1. Mémoires et correspondance de l'impératrice Joséphine. – 2. Détails particuliers sur la journée du 10 août 1792, par un bourgeois de Paris, témoin oculaire, suivis de deux notices historiques, l'une sur S.A.S. Mgr le Duc d'Enghien, l'autre sur S.A.S. Mgr le Prince de Conti. P., 1820-1822, in-8°, 260-(4) et xxxix-199 pp, réunion de 2 ouvrages en un volume demi-basane naturelle, dos lisse avec titre (“Joséphine”), et triples filets dorés (rel. de l'époque lég. frottée), un accroc p. 73 du 1er ouvrage, bon état

            150

1. Ouvrage apocryphe (Quérard, Supercheries II, 420. Tulard, 746). L'auteur en est Régnault-Warin. (P., Plancher, 1820, 260-(4) pp). – 2. "Ces souvenirs sont attribués à Camille-Hilaire Durand par Barbier. L'auteur était de garde aux Tuileries au moment de l'attaque du palais. Il donne une relation détaillée de l'assaut en marquant nettement ses sympathies pour la monarchie." (Fierro, 489 bis). Selon Quérard, l'auteur est Ch. Durand, ancien caissier des vivres de l'armée d'Italie. (P., J.-J. Blaise, 1822, xxxix-199 pp).

164.          RICHOMME (Charles). Histoire de la Révolution française écrite pour la jeunesse. P., Louis Janet, s.d. (1840), in-12, (8)-328 pp, 6 gravures lithographiées hors texte, dictionnaire biographique des personnages les plus célèbres in fine, reliure demi-basane noire, dos lisse avec titre doré et filets à froid (rel. de l'époque), mors frottés, qqs rares rousseurs, bon état. Peu courant

            40

Par Charles Richomme (1816-1866), homme de lettres, employé à la Bibliothèque impériale, qui écrivit vers 1839 une “Histoire de Napoléon écrite pour la jeunesse” qui eut un succès certain (une deuxième édition fut publiée en 1857). Il récidiva avec cette “Histoire de la Révolution française” pour que ces deux ouvrages, réunis, forment un cours d'histoire contemporaine.

165.          ROLAND (Marie-Jeanne Phlipon, Madame). Souvenirs de la Révolution. Madame Roland. Sa détention à l'Abbaye et à Sainte-Pélagie, 1793, racontée par elle-même dans ses mémoires. P., Georges Hurtrel, Artiste-Editeur, 1886, in-12, 239 pp, un portrait-frontispice à l'eau-forte gravé par A. Poirson, 5 planches hors texte et de très nombreuses gravures dans le texte, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plat, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            100

Très jolie édition donnant les principaux extraits des Mémoires de l'égérie des Girondins, rédigés pendant ses cinq mois de détention à l'Abbaye et à Sainte-Pélagie. (Fierro, 1282 ; Vicaire VI, 1175-1176).

166.          SOBOUL (Albert). La Révolution française, 1789-1799. Editions Sociales, 1948, in-12, 388 pp, index, broché, qqs rares soulignures crayon et stylo sur une dizaine de pages (entre les pp. 9-22), bon état. Première édition

            25

"M. Albert Soboul a écrit une histoire de la Révolution, de 1789 à 1799, bien informée, sans appareil critique et à l'usage du grand public." (J. Godechot, Revue Historique, 1951)

167.          VIAL (Charles-Eloi). La famille royale au Temple. Le remords de la Révolution, 1792-1795. Perrin, 2018, gr. in-8°, 438 pp, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 5 plans hors texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

Le 10 août 1792, l'émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au XIIIe siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa soeur Madame Elisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin "Louis XVII". Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, les thermidoriens ont tenté de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur, avant que le Directoire ne remplace la Convention. Pour la première fois, un historien se penche sur l'histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Eloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l'ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l'instar d'Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l'antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre sur un lieu d'histoire et de mémoire, qui incarne et marque l'origine de la guerre entre les deux France.

168.          WEBER (Joseph). Mémoires de Weber, concernant Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche et Reine de France et de Navarre ; avec des notes et des éclaircissemens historiques, par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1822, 2 vol. in-8°, viii-511 et 380 pp, reliures demi-veau glacé vert, dos lisses ornés de fleurons et filets à froid, roulettes et palettes dorées en tête et en queue, tranches marbrées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            200

"Fils de la nourrice de Marie-Antoinette, Weber suivit sa soeur de lait en France, fut nommé commis aux finances en 1782, émigra après les massacres de septembre 1792. Ses mémoires n'ont pas été rédigés par lui, on a cru pouvoir y discerner plusieurs mains, dont celle de Lally-Tollendal. Ils constituent essentiellement une biographie de la Reine." (Fierro, 1494) – Les frères Baudouin, lors du procès que leur fit Weber, produisirent "une lettre de Lally-Tollendal par laquelle il reconnaissait avoir rédigé d'après ses souvenirs personnels et ceux du duc de Choiseul, ce qui concernait l'intérieur de la Reine et d'après un petit nombre de notes de Weber, l'avant-propos et les 3 premiers chapitres." (Tourneux) — "On trouve dans chaque tome d'abondantes notes biographiques et historiques." (Martin et Walter, 33860) – Les “Eclaircissemens historiques et pièces officielles” (pp. 293-380 du tome II) contiennent notamment le récit de la conduite du régiment des gardes-suisses le 10 août 1792, par Pfyffer d'Altishoffen, avec les noms de ceux qui prirent part à cette journée.

PREMIER EMPIRE

 

169.          AUTIN (Jean). Eugène de Beauharnais. De Joséphine à Napoléon. Perrin, 1989, fort in-8°, 454 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 6 cartes, tableau généalogique, biblio, index, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état

            30

Si Napoléon adopta le fils de Joséphine et lui confia des tâches essentielles, ce ne fut pas par complaisance, mais parce qu'il trouva chez lui des qualités exceptionnelles : dignité, loyauté, désintéressement, fidélité. Né en 1781, ce brillant hussard, devenu colonel des chasseurs à cheval de la Garde, puis archichancelier de l'Empire et vice-roi d'Italie à vingt-trois ans, connut, des champs de bataille de Lombardie et d'Egypte aux derniers soubresauts de la campagne de France, une existence particulièrement dense. En la retraçant, Jean Autin fait revivre les derniers temps de l'Ancien Régime, les tourmentes révolutionnaires, les fastes du Consulat et de l'Empire, les démêlés avec le Saint-Siège, la vie à Vienne après Wagram et le terrible séjour dans Moscou en flammes avant l'abominable retraite de Russie dans le froid glacial et sous le harcèlement des cosaques. Marié en 1806 à la splendide et ardente Auguste-Amélie de Wittelsbach, le prince Eugène se retira, après les adieux de Fontainebleau, à Munich, où se trouve son tombeau. Il semblerait que Napoléon considérait son fils adoptif, si Marie-Louise ne lui avait pas donné d'héritier, comme son possible successeur.

170.          BOIGNE (Eléonore Adèle d'Osmond, comtesse de). Mémoires de la comtesse de Boigne, née d'Osmond. Edition présentée et annotée par J.-C. Berchet. Mercure de France, 1971, 2 vol. in-8°, 541 et 510 pp, notes, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            35

Tome I : Du règne de Louis XVI à 1820 ; Tome II : De 1820 à 1848. — Couvrant près de soixante-dix-ans du siècle le plus agité de notre histoire, les Mémoires de la comtesse de Boigne, qui a rencontré et fréquenté tous les grands acteurs de cette succession de drames et de révolutions, sont justement célèbres. Document irremplaçable sur toute la période qui va des dernières années de l'Ancien Régime à la Révolution de 1848, c'est aussi l'œuvre d'un extraordinaire psychologue, impitoyablement lucide, qui démonte les rouages de cette société qu'elle a si bien observée. On comprend, l'enthousiasme de Proust pour ces Mémoires dont il s'inspira directement, car ils se lisent d'un trait avec autant de plaisir que de profit.

171.          CAHUET (Albéric). Sainte-Hélène, petite île. Roman. Fasquelle, 1932, in-12, 283 pp, reliure demi-basane vermillon, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            25

La plus vivante évocation de Napoléon captif.” — Fervent napoléonien passionné par la « Captivité » de l'Empereur à l'île d'Elbe et à Sainte-Hélène, Albéric Cahuet publie coup sur coup en 1913 et 1914 deux recueils de textes inédits sur la vie de ses derniers serviteurs : “Après la mort de l'Empereur. Documents inédits”, puis “Napoléon délivré. Documents et témoignages inédits”. Un séjour à l'île d'Elbe vers 1912-1913 lui permet « d'observer le rayonnement de la légende et le reflet de l'apothéose qui suivit sur des humbles, dont les obscures personnalités, par la gloire de leur dévouement, méritaient de prendre place au soleil de l'histoire ». C'est à Marchand, Santini, Noverraz, Saint-Denis, « exemples émouvants de la plus rare abnégation, humbles assistants d'un auguste martyre » qu'il dédie son premier livre napoléonien. Cahuet a mené des recherches et a correspondu avec l'arrière petit-neveu de Jean-Abram Noverraz, second valet de chambre de Napoléon à Sainte-Hélène, qui était un « parfait illettré », comparativement à Ali [Saint-Denis], autre valet de chambre. Cahuet mène aussi une campagne de presse avant 1914 pour la préservation de la tombe de l'Empereur et la maison de Longwood qui partent à l'abandon. Il obtient le lancement de plusieurs restaurations. Dans ses ouvrages, Albéric Cahuet redonne vie aux compagnons d'exil de Napoléon. Il recrée une époque, il peint un tableau animé et coloré. Jacques Jourquin a résumé son apport d'« historien de Sainte-Hélène » : « Il revenait à des écrivains-journalistes de moindre envergure mais plus perspicaces et plus sensibles de tenter par des approches successives la compréhension du sujet. Le plus doué d'entre eux est Albéric Cahuet. Le centenaire de 1921 a ramené l'attention sur la captivité. On s'est ému du délabrement dans lequel est retombée la maison de Longwood. On mettra même sur pied une Société des amis de Sainte-Hélène. Cahuet, impliqué, a déjà publié en 1913 un “Après la mort de l'Empereur”, en 1914 un “Napoléon délivré” sur le Retour des Cendres et en 1929 un étrange roman, “Le Manteau de porphyre”, dont l'intrigue gravite autour du Tombeau des Invalides. Le voici qui donne en 1932 “Sainte-Hélène petite île” et un “Retours de Sainte-Hélène (1821-1840)” qui révèlent une bonne connaissance et surtout une fine appréhension du drame hélénien.

172.          Collectif – Henry Houssaye, Jean de Mitty, François Coppée, Henri d'Alméras, Jules Mazé, Henri Guerlin, Maurice Barrès. La Vieille Garde impériale. Illustrations de Job. Tours, Maison Mame, s.d. (1934), in-12, 318 pp, 6 illustrations hors texte de Job, reliure demi-basane fauve, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, pièces d'auteurs et de titre chagrin vermillon et vert olive, tranche sup. dorée (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            40

Textes de Henry Houssaye (Napoléon à l'armée) ; Jean de Mitty (Les Colonels généraux commandant la Garde impériale – Les Vétérans – Les Grenadiers à cheval – Les Lanciers polonais – Les Lanciers rouges) ; François Coppée (Les Grenadiers à pied) ; Henri d'Alméras (Les Grenadiers hollandais et les pupilles de la Garde – Les Chasseurs à pied – Les Marins – Les Sapeurs du Génie) ; Jules Mazé (La Gendarmerie d'élite – Les Dragons – Les Chasseurs à cheval – L'Artillerie à pied – L'Artillerie à cheval – Le Train d'Artillerie) ; Henri Guerlin (Les Mameloucks) ; Maurice Barrès (La Garde).

173.          DU MONTET (Alexandrine Prévost de La Boutetière de Saint-Mars, baronne). Souvenirs de la baronne du Montet, 1785-1866. Plon, 1914, in-8°, viii-509 pp, 3e édition, un portrait en héliogravure, reliure demi-basane mordorée, dos à 4 nerfs filetés et fleuron doré, pièces de titre basane ocre (rel. de l'époque), bon état

            100

"L'émigration, Vienne, Napoléon à Dresde. Mémoires anecdotiques mais intéressants pour tout ce qui concerne la société viennoise." (Tulard, 1052) . — "Notes intéressantes surtout pour l'époque vécue à la cour de Vienne, mais contenant aussi de multiples détails sur la vie de la noblesse provinciale lorraine." (Bertier, 357) — "Le baron Joseph du Montet était un Lorrain entré de bonne heure au service de l'Autriche et devenu chambellan de l'Empereur ; dès 1809, son état de santé l'obligea à quitter le service. La baronne, née Alexandrine de la Boutetière de Saint-Mars, était née à Luçon en 1785 ; elle était la nièce du cardinal de La Fare, archevêque de Sens. Ils vécurent jusqu'en 1824 à la cour de Vienne, puis se retirèrent à Nancy. Les Souvenirs de la baronne ne renferment pas de révélations utiles à la grande histoire ; ils sont dénués de toute composition ; ils n'en sont que plus charmants peut-être ; ils furent destinés à l'agrément et à l'éducation des nièces et petites-nièces de la baronne et sont éminemment «conversationables », selon un mot qu'elle affectionne et qui peut leur servir d'épithète caractéristique. Ce sont des feuilles détachées, tombées au hasard de la mémoire, capables du moins de « dérober quelque chose à la mort » (p. 132). Il y a là de jolis souvenirs de famille, les veillées au château de la Boutetière (p. 199), la lecture du Voyage autour de ma chambre , l'impression d'une très constante et très profonde affection pour le baron du Montet ; il en ressort, sans qu'elle l'ait voulu et justement pour cela, un très gracieux portrait de l'aimable baronne, très exactement illustré par l'héliogravure du frontispice : elle fut surtout bonne et douce, pieuse mais non pas dévote, indulgente aux plaisanteries même hardies, non pas prude le moins du monde. Autrichienne plus que Française par ses relations, elle souffrit du malheur de la France, elle fut désespérée de l'entrée des alliés à Paris en 1814, elle fut heureuse de rencontrer à Vienne des personnes qui ne se réjouissaient pas de ces événements (p. 102, 121) ; elle eut pour Napoléon une secrète admiration ; elle fut choquée de l'indifférence de Marie-Louise en 1815. (...) Mme du Montet vit passer à Vienne ou à Nancy même quelques-uns des personnages historiques de ce temps, dans une compagnie de seigneurs illustres qui ne descendaient pas tous des croisés ; car elle ne fut pas dupe des noms les plus retentissants et elle note avec agrément que beaucoup de titres de comtes ou de ducs servent de masques à des noms très roturiers, comme Patouffleau, Eveillechien, Mâtin Le Cul, Gigot, Navet, Baudet, Le Pé, Riffardeau (p. 434). Elle entendit parler de la reine Marie-Antoinette et de son habitude de se passer la main sur le cou, en caressant son collier, du prince et de la princesse de Lamballe (p. 309-312), des terreurs et des héroïsmes de 1793 comme son émouvante histoire du toast de l'hôtellerie (p. 374-376). Elle rencontra à Vienne Madame Royale ; elle y vit aussi Mme de Staël (p. 71-73) ; on causa devant elle du séjour de Napoléon à Dresde en 1812, de l'indiscrétion de ses rapports conjugaux avec Marie-Louise (p. 76), de la luxueuse installation de Marie-Louise à Prague (p. 76) ; elle la vit plus tard à Vienne, très embellie, mais non pas très fidèle (p. 143-145) ; elle plaignit le général Neipperg, mort d'ennui pour avoir eu le triste honneur d'épouser l'ex-impératrice (p. 296). Elle s'intéressa à la belle Pauline Borghèse qui recevait ses amies dans son boudoir pour leur faire admirer son pied (p. 400), elle nota le contraste étrange entre Napoléon et ses frères ou sœurs qui ne surent jamais être que des rois ou reines de théâtre (p. 459) ; elle connut le roi de Rome, « tout ce qu'il y a de plus joli, sauf les dents » (p. 164), et s'effraya déjà de sa passion pour le commandement. Plus tard elle raconta la mort du duc de Richelieu, la surdité des « quatre trompettes de la Chambre des pairs », quatre vieux marquis qui ne pouvaient entendre les discours qu'à l'aide de leurs volumineux cornets (p. 395), le voyage des princes d'Orléans à Vienne en 1836 et leur grand succès à la Cour, jusqu'au mariage exclusivement, le chagrin de Henri de Brancion qui aurait bien voulu faire bêtifier (pour béatifier ) un de ses parents, mais qui n'avait pas assez d'argent pour l'opération (p. 423). Elle vit et plaignit « le pauvre bonhomme » de Chateaubriand en 1844 (p. 410), elle connut Guizot, chanoine de Saint-Thomas à Strasbourg (p. 336) ; elle entendit les cloches sur le passage de Louis-Napoléon «l'empereur de la République », « menteur comme tous les Bonapartes » (p. 349) : pauvres cloches si souvent parjures ! (p. 476). A vivre auprès des grands, elle apprit la valeur des légendes, que si le petit prince Joseph dans les bras de sa mère Marie-Thérèse avait si opportunément apitoyé par ses cris les magnats hongrois et leur avait arraché le fameux serment, Moriamur pro rege nostro Maria Theresia, c'est que sa mère lui avait à point pincé le derrière (p. 10), que le même Joseph, devenu roi des Romains, ayant par dérision baisé la main de sa sœur l'archiduchesse Élisabeth en y laissant une humidité suspecte, reçut un vigoureux soufflet avec ces mots : «Rendons à César ce qui est à César ». Mme du Montet aime à égayer ainsi ses souvenirs : le vieux comte de Brigido, qui parlait mal le français, se vantait d'avoir vu les hémorroïdes de l'impératrice Marie-Thérèse ; il voulait dire les émeraudes, et il ajoutait : «Elles étaient grosses comme le poing » (p. 83). Elle connut en arrivant à Vienne l'archiduchesse Clémentine qui épousa le prince de Naples et fut mère de la duchesse de Berry ; elle connut plusieurs des impératrices qui furent femmes de François II ; l'empereur Barbe-Bleue ; elle vit la reine Caroline de Naples dans sa vieillesse (p. 99), l'impératrice du Brésil (p. 172), le prince Rostopchin qu'elle trouva affreux en souvenir de l'incendie de Moscou (p. 139), lady Holland qui forçait son mari à se faire arracher une dent toutes les fois qu'elle y était obligée elle-même (p. 483), l'empereur Nicolas à Ems, grand empereur monté sur un petit âne (p. 382-384) ; elle nota les scrupules de pruderie et l'immoralité de la cour de Vienne, l'habitude de n'admettre les danseuses à l'Opéra qu'en culotte de velours noir, et le harem d'Esterhazy et les scandales du prince de Kaunitz (p. 31, 206-207, 228-229). Elle vit surtout le Congrès de Vienne, le congrès dansant, les rois semblables à des enfants qui ont besoin de récréation (p. 112), le bal masqué favorable aux aventures (p. 113), lord Castlereagh valsant avec des chaises (p. 137), l'Europe sur le qui-vive dans la crainte des bons mots de Talleyrand (p. 115), les succès mondains du prince Eugène, le service solennel du 21 janvier 1815 à la mémoire de Louis XVI, et notamment le triste sermon d'un pitoyable prédicateur, qui ressemblait dans la chaire à un Chinois dans un encrier (p. 133-134). En vérité cette lecture est toujours amusante. Ces souvenirs sont exprimés d'ailleurs en excellents termes, parfois avec des recherches heureuses de langage. On y rencontre des aphorismes : « Il est bien plus facile d'être un homme remarqué qu'un homme remarquable » (p. 56), des efforts de grand style comme une invocation à la Providence à propos de la mort de Lonis XVI (p. 103), quelques portraits soignés, peut-être à l'imitation de La Bruyère, ceux du comte et de la comtesse de Waldstein (p. 212, 245), de Victoire du Montet (p. 146), des essais de moralité, sur la grâce et le ridicule et l'embarras où fut mise par un clystére la belle comtesse de K. (p. 487). Et il y a le joli couplet de la fin (p. 495 et sq.), mi-plaisant, mi-sévère, sur les peines des femmes de son monde dont les maris n'aiment que le fumoir ou la chasse ; douces larmes qu'elle veut exciter chez ses petites-nièces pourvu qu'elles ne descendent pas jusqu'à la petite fossette qui égaie leur sourire et épanouit leur physionomie : c'est tout le portrait même de la bonne baronne et de ses souvenirs, un sourire mouillé." (J.-E. Driault, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1904)

174.          FESCOURT (M.). Histoire de la double Conspiration de 1800, contre le gouvernement consulaire, et de la déportation qui eut lieu dans la deuxième année du Consulat ; Contenant des détails authentiques et curieux sur la Machine infernale et sur les Déportés. Avec une carte géographique des Iles Seychelles et deux plans. P., Guillaume et Cie, 1819, in-8°, xii-329 pp, une carte et 2 plans dépliants hors texte, reliure demi-basane havane, dos lisse, pièce de titre chagrin vert (rel. de l'époque), dos lég. abîmé, un mors fendu sur 5 cm, état correct

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Rare et remarquable témoignage sur la condition des jacobins déportés sans jugement à la suite de l'attentat dit de la Machine infernale (3 nivôse an IX - 24 décembre 1800) ; Il fut écrit à partir des journaux laissés par Jean-Baptiste Lefranc et des souvenirs recueillis par l'auteur auprès d'un ancien babouviste échappé des Seychelles et consigné à Lunel ; et aussi précieux document sur les routes maritimes empruntées, la situation prospère des Seychelles, les coutumes des Anjouanais, la géographie et l'organisation royale des Comores. (Davois, II, 47)

175.          GARREAU (Rodolphe). Besson-Bey (1781-1837). Un Angoumoisin homme de mer, fidèle et vaillant marin de l'Empereur, vice-amiral et major-général d'Egypte. Illustrations de G.-J. Fauveaud. P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1949, gr. in-8°, illustrations de G.-J. Fauveaud, 2 planches de gravures hors texte, 2 pl. dans le texte, une carte et 3 plans, lettrines, culs-de-lampe, broché, bon état. Un des 1250 ex. numérotés sur vélin surlin d'édition des Papeteries Alamigen et Lacroix de La Couronne

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Jean-Victor Besson dit Besson-Bey (1781-1837) s'engage dans la Marine comme mousse en 1790. Il sert sur le Cerf à Saint-Domingue avant de passer sur la frégate Embuscade puis sur le vaisseau Jemmapes avec lequel il participe à des opérations en Méditerranée (1793). En 1796, de retour sur l'Embuscade comme timonier, il prend part à la campagne de Terre-Neuve puis, devenu chef des timoniers sur le Renard, se bat sur les côtes du Poitou. Enseigne de vaisseau en 1811, il commande à Hambourg la Légère (1812). Il effectue la campagne de Russie au sein du 4ème Equipage de Flottille dont la mission est d'assurer le ravitaillement par des transports fluviaux de la Grande Armée. Après la bataille de Waterloo, en juillet 1815, servant au sein de l'Etat-Major du port de Rochefort, il offre à Napoléon de le faire passer de Rochefort en Amérique sur un navire marchand battant pavillon danois, La Magdalena, dont son beau-père est propriétaire. Renonçant au dernier moment à cette proposition, l'Empereur offre en dédommagement un de ses fusils de chasse à Besson. Forçant le blocus établi par les Anglais, La Magdalena gagne seule les États-Unis. Exclu de la marine militaire (1815), il entre alors dans la marine marchande et propose en 1830 ses services à Méhémet Ali qui les accepte et le nomme vice-amiral, major-général et ministre de la Marine. Il développe et organise alors la marine du vice-roi, forme les officiers et les équipages en recrutant des instructeurs français et italiens.

176.          GODECHOT (Jacques). L'Europe et l'Amérique à l'époque napoléonienne (1800-1815). PUF, 1967, pt in-8°, 365 pp, une carte, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

            20

"L'auteur de ce manuel, de cet excellent instrument de travail, a donné, en ces dernières années, bien des preuves de sa maîtrise en fait d'histoire de la Révolution et de l'Empire. Il a déjà publié, dans la même collection, l'ouvrage intitulé “Les Révolutions. 1770-1799” ; il incluait alors dans son étude la révolution américaine : la même pensée lui fait aujourd'hui inscrire dans le titre du présent volume l'Amérique aux côtés de l'Europe, et cela annonce l'élargissement très justifié de son enquête jusqu'à l'ouest de l'Atlantique. Tous les chercheurs lui sauront gré de leur fournir, bien des années après Louis Villat, un inventaire mis à jour des travaux sur Napoléon et son temps." (F. Boyer, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1967) — "... C'est dans cette logique d'une Révolution française « accoucheuse de nations» que Jacques Godechot publia “Les Révolutions de 1848” (1971), mais sa thèse de la « révolution occidentale » est aussi au cœur de plusieurs de ses ouvrages fondamentaux, tels “Les Révolutions. 1770-1799” (PUF, Coll. Nouvelle Clio, 1ère éd. 1963), “L'Europe et l'Amérique à l'époque napoléonienne” (PUF, Coll. Nouvelle Clio, 1967), “La pensée révolutionnaire en France et en Europe, 1780-1799”, recueil de textes choisis (A. Colin, 1964), “La Grande Nation” (Aubier, 1ère éd., 2 vol. 1956, 2e éd. 1983). Ces livres sont aujourd'hui autant de manuels indispensables à tout historien s'intéressant à la période révolutionnaire." (Claude Petitfrère : “Jacques Godechot, 1907-1989”, in Annales historiques de la Révolution française, 1990)

177.          HARRIS (Benjamin). The Recollections of Rifleman Harris. Edited and introduced by Christopher Hibbert. The Windrush Press (Gloucestershire), 1997, in-8°, ix-128 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

Ces mémoires, principalement consacrés à la guerre de 1809 en Espagne, n'ont jamais été traduits en français. — "An extraordinary vivid and entirely authentic impression of what it was like to be a fighting soldier in the Napoleonic Wars".

178.          HOLT (Eileen). L'exil de Lucien Bonaparte, 1810-1814. in Revue de l'Institut Napoléon, n° 141, 1983, in-8°, 27 pp, une illustration, une carte, notes, broché, bon état

            20

Un article important sur l'exil de Lucien Bonaparte en Angleterre. Le même numéro propose également des études sur l'action des préfets dans la Creuse d'après les documents locaux (Franck Bouscau), Julie de Krudener et Napoléon (Francis Ley) et une lecture nouvelle des textes de Victor Hugo sur Napoléon (Maurice Descotes).

179.          [HOWELL, Thomas]. A Soldier of the Seventy-first. The Journal of a Soldier in the Peninsular War, 1806-1815. Edited and introduced by Christopher Hibbert. The Windrush Press (Gloucestershire), 1997, in-8°, xv-121 pp, une carte, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

            20

L'édition originale de ces mémoires est parue en 1819. L'auteur en serait un certain Thomas Howell. Ils n'ont jamais été traduits en français. — "One Soldier's little volume stands out from all the rest for its literary merit... Having a ready pen and a keen, observant eye, he produced a little book of extraordinary interest." (Sir Charles Oman).

180.          LACHOUQUE (Cdt Henry). Napoléon, 20 ans de campagnes. Arthaud, 1964, gr. in-8°, 431 pp, 84 gravures en noir tirées en héliogravure hors texte, 37 cartes, appendices sur l'organisation de l'armée, index, reliure skivertex vert empire ornée de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            40

Excellent ouvrage retraçant toutes les batailles napoléoniennes : Arcole, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, etc. Ce livre est la première histoire complète – car pour l'auteur le chef n'existe pas sans ses soldats ni le génie sans ses « circonstances » – des campagnes de Napoléon.

181.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Les derniers jours de l'Empire. Arthaud, 1965, in-8°, 284 pp, 8 pl. de gravures et un fac-similé hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Le 18 juin 1815, au soir de la débâcle de Waterloo, Napoléon regagne Paris, protégé par les débris de la Vieille Garde. Le 9 aout, il embarque pour Sainte-Hélène. Entre ces deux dates, cinquante jours se seront écoulés, les plus dramatiques et les plus mal connus de la vie de l’Empereur. Des mystères, des doutes, des ombres ont longtemps entouré la cascade des évènements qui se succèdent au long de ces semaines haletantes. Peut-on réellement affirmer que, si Napoléon l’avait voulu, avec l’appui des troupes restées fidèles, tout eût pu encore être sauvé ? Quel est le véritable but de Fouché quand il pousse le souverain déchu à partir pour Rochefort, tout en sachant que les sauf-conduits pour l’Amérique ne lui seront jamais accordés ? Bien qu’il n’ait jamais donné plus tard d’explication satisfaisante à ce sujet, existe-t-il un mobile secret qui aurait décidé Napoléon à se rendre aux anglais ? Dans Les Derniers jours de l’Empire, le commandant Henry Lachouque répond à ces questions. Intrigues, marchandages, trahisons sont éclaircis tour à tour, grâce à des archives anglaises et françaises passées au crible. Mais le véritable mystère de ces journées reste en Napoléon lui-même qui, d’un seul coup, semble avoir perdu tout intérêt et tout goût de l’action, se livre au destin et ne le domine plus. Jamais l’Empereur n’a été plus émouvant, plus humain jusqu’à ce moment où, physiquement très amoindri, il se sent de tout son être, que, bien ou mal, son oeuvre est accomplie, son rôle terminé. — Un livre alerte et passionnant qui s’ouvre sur les ultimes moments de la titanesque empoignade de Waterloo, et s’achève sur le caillou sordide de Sainte-Hélène. Un livre qui dénonce vigoureusement la trahison et l’ignominie des élites impériales de 1815.

182.          MADELIN (Louis). Fouché, 1759-1820. Plon, 1947, 2 vol. in-8°, xxxiii-517 et 568 pp, un portrait hors texte, index, brochés, bon état

            60

"Fouché a fait en 1901 l'objet de la thèse quasi exhaustive, de Louis Madelin, en deux volumes. Cet ouvrage a été condensé par l'auteur en 1958 en un volume d'accès plus facile. L'étude de Madelin n'a pas été dépassée et n'a guère été complétée, toutes les biographies de Fouché, publiées depuis 1901 ne sont que des démarquages du livre de Madelin..." (Jacques Godechot, Revue belge de philologie et d'histoire, 1976)

183.          PAIRAULT (François). Regnaud de Saint-Jean d'Angely ou la fidélité à l'Empereur (1760-1819). Saintes, Le Croît vif, 2015, in-8°, 359 pp, 16 illustrations (dont 8 en couleurs) sur 8 pl. hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Regnaud de Saint-Jean-d'Angély, voilà un homme qui a vécu une période cruciale. Raconter sa vie permet d'évoquer de larges morceaux de notre histoire, depuis la révolte des parlements à la fin du XVIIIe siècle jusqu'au retour des Bourbons en 1815. Il traverse la Révolution, le Consulat et l'Empire, figurant quelquefois dans l'ombre, mais plus souvent au premier plan, comme initiateur de grandes réformes ou d'actions essentielles. Le parcours politique de Michel Regnaud apparaît assez cohérent bien que parfois difficile à saisir au cours d'une période extrêmement mouvementée... Il choisit Bonaparte qu'il rencontre en Italie en 1796 et dont il gagne rapidement la confiance. Avocat brillant, orateur talentueux, il devient le porte-parole officiel du Premier Consul puis de l'Empereur des Français, participant avec ardeur à la rénovation des institutions administratives, judiciaires, ecclésiastiques, civiles et sociales de la France, afin de créer un édifice nouveau, solide et durable que Taine a appelé le Régime moderne. Membre éminent du Conseil d'Etat, il est l'un des principaux rédacteurs du Code civil de 1804. Napoléon couvre de titres et d'honneurs son homme de confiance, le nommant secrétaire de l'Etat de la Famille impériale et comte de l'Empire. Dans les années fastes Regnaud mène une vie mondaine intense avec son épouse, Laure de Bonneuil, l'une des femmes les plus ravissantes de son temps. Ils donnent de grandes fêtes dans leur magnifique propriété du Val, près de l'Isle-Adam, où tout l'Empire est reçu. Mais c'est au centre de la petite ville de Saint-Jean d'Angély, la cité de sa mère où il avait passé son enfance et fait ses débuts comme avocat et dont il voulut porter le nom lorsque l'Empereur l'anoblit, que s'élève depuis 1863 une statue de bronze ; celle-ci le représente en tenue de conseiller d'Etat, ayant à ses pieds les livres du Code civil.

184.          RAIMES (Gaston de). Soldats de France, actions héroïques. II : Maréchaux de l'Empire. illustrations de Henri Pille. P., Alphonse Lemerre, s.d. (1895), in-4°, 601 pp, 196 gravures à la plume dans le texte et à pleine page par Henri Pille, reliure pleine percaline rouge, dos lisse avec caissons à froid et titres dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré de prix (ville de Paris) au premier plat, reliure lég. salie, une garde recollée, bon état

            60

Soult, Mortier (Campagne d'Austerlitz) – Davout – Lannes – Masséna – Suchet – Eugène de Beauharnais et Murat – 1812 : le maréchal Ney (premier épisode de la retraite) – Oudinot, Victor - La Bérésina (Deuxième épisode de la retraite) – 1813 : Campagne de Saxe – Napoléon - Campagne de France (février-mars 1814) – Waterloo - Les héros de la dernière heure. — Deuxième volume seul d'une série de trois volumes (I : Généraux de la République. – III : Algérie. Crimée. Italie. Mexique). — Charles Henri Pille, dit Henri Pille (1844-1897) est un peintre et illustrateur. Elève de Félix-Joseph Barrias, Henri Pille envoie son premier tableau au Salon de 1865. En 1869, il reçoit la médaille d'or du ministère de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts. On lui décerne une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris de 1889. Figure appréciée du milieu artistique montmartrois, son œuvre se développe à travers des peintures d'histoire et des scènes de genre souvent teintées d'humour. Il est surtout réputé comme dessinateur à la plume. Il exécute de nombreuses illustrations pour l'édition, notamment chez l'éditeur Alphonse Lemerre.

185.          TULARD (Jean)(dir). Dictionnaire Napoléon. Fayard, 1989, fort gr. in-8°, 1866 pp, nouvelle édition revue et augmentée, 3628 articles, 185 illustrations en noir et en couleurs, 52 cartes, plans, croquis et tableaux, index thématique, grand in-8, reliure pleine toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, trace de mouillure ancienne au 2e plat, sinon bon état

            80

Un prénom suffit pour résumer cette période de l'Histoire : Napoléon ou la France des années 1800-1815, du Consulat à l'Empire. Avec son Dictionnaire Napoléon, Jean Tulard convie le lecteur à un spectacle grandiose comme il l'explique dans sa préface. "Quel roman que ma vie !", déclarait Napoléon. Notre voeu est que ce dictionnaire qui lui est consacré se lise comme un roman, tout en garantissant au lecteur la rigueur scientifique qu'il est en droit d'attendre d'une telle somme. Les notices rendent compte des personnages illustres, des grandes structures mises en place à l'époque et qui modèlent pour longtemps le visage de la France (préfecture, Code civil). Des victoires comme Marengo, Iéna ou Wagram au passage de la Berezina ou à la défaite de Waterloo, les petites et les grandes campagnes militaires y trouvent naturellement leur place témoignant de l'appétit européen de la France d'alors. Quel que soit le domaine, politique, économique, religieux, artistique ou social, Jean Tulard emmène ses lecteurs, chercheurs ou passionnés, sur les pas de Napoléon, de l'île d'Elbe à l'exil de Sainte-Hélène.

186.          VITROLLES (Eugène-François-Auguste d'Arnaud, baron de). Mémoires (1774-1830). Texte intégral établi par Eugène Forgues, présenté et annoté par Pierre Farel. Gallimard, 1950-1952, 2 vol. in-8°, 551 et 522 pp, un portrait en frontispice du tome 1, index, reliures pleine toile bleu-nuit, dos lisses, pièces de titre basane noire, couv. et conservés, bon état (Tulard, 1506 ; Bertier, 1007)

            180

"Les Mémoires du baron de Vitrolles, publiés par M. Eugène Forgues, sont un document de premier ordre pour l'histoire de l'année 1814 et, en particulier, des négociations de Monsieur avec les alliés. M. de Vitrolles y a joué un rôle important ; il a connu de près les principaux personnages mêlés à ces événements, Dalberg, Talleyrand, l'abbé de Pradt, M. Beugnot, M. de Blacas, etc. ; il les juge avec une sérénité qui étonne chez un homme à la fois très passionné et très ambitieux. Il n'était pas de taille à jouer les premiers rôles, et il fut toute sa vie dupé par ceux qui se servaient de lui ; mais c'était un esprit actif et original, qui unissait le fanatisme royaliste le plus ardent à une tolérance pour les personnes et à un intérêt sceptique pour les idées d'autrui qu'il avait hérités du XVIIIe s. Sa conception du gouvernement monarchique était un curieux mélange de souvenirs du moyen âge et d'aspirations modernes, et rappelle les nobles chimères du comte de Chambord. Il avait l'agitation inquiète du conspirateur, l'audace du croyant et l'observation railleuse d'un voltairien. Ce romantique eut pour ami le plus cher l'excommunié et socialiste Lamennais... Les Mémoires de Vitrolles ne changent rien à ce que nous savions sur les événements mêmes de l'année 1814, mais ils nous apprennent beaucoup sur le caractère des hommes qui y furent mêlés, et sur le rôle de l'auteur de ces Mémoires." (G. Monod, Revue Historique, sur l'édition de 1884) — "II est inutile d'insister sur la valeur que présente le témoignage du baron de Vitrolles pour l'histoire de la fin de l'Empire. Les éditeurs ont joint dans ce premier volume les souvenirs relatifs a la période 1774-1801 qui expliquent dans une large mesure le caractère de l'auteur et la partie des mémoires de 1810 à 1814, s'arrêtant avec l'entrée des alliés a Paris. Les notes, rejetées à la fin du volume, permettent de retrouver des détails complémentaires sur les personnages dont il est question dans le texte..." (J. V., Revue Historique, 1952) — "Ses mémoires sont passionnants et témoignent de sa lucidité et de son intelligence." (Bertier, 1007).

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

187.          ANDLER (Charles). Le Prince de Bismarck. P., Georges Bellais, 1899, in-12, x-400 pp, broché, bon état. Peu courant

            35

"... C'est surtout le personnage que M. Charles Andler a voulu faire vivre et a essayé de camper en pleine lumière ; il suit Bismarck dans toutes les grandes phases de sa vie publique, depuis son enfance jusqu'à sa disgrâce bougonne et à sa mort. Son livre est une succession d'épisodes brefs, enlevés de verve, où toute la vie du grand homme d'état est retracée. M. Andler a parfaitement vu les caractères saillants de la physionomie de Bismarck, tels qu'ils ressortent de ses actes et de ses mémoires. (...) On lira avec un intérêt tout particulier certains chapitres de M. Andler, ceux ou il retrace la réforme financière et économique ; la lutte contre le socialisme et la réforme sociale ; la politique coloniale ; les nationalités rebelles, etc. Là-dessus les « Pensées et Souvenirs » de Bismarck étaient muets ; ce sont, au contraire, les parties les plus neuves et les plus intéressantes dans le livre de M. Andler..." (René Pinon, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1900)

188.          ARLINCOURT (Charles Victor Prévot, vicomte d'). L'Italie rouge, ou Histoire des Révolutions de Rome, Naples, Palerme, Messine, Florence, Parme, Modène, Turin, Milan, Venise, depuis l'avènement du Papie Pie IX, en juin 1846, jusqu'à sa rentrée dans sa capitale en avril 1850. P., Allouard et Kaeppelin, 1850, in-12, xxxi-294 pp, sixième édition, reliure demi-chagrin vert, dos lisse à faux-nerfs pointillés, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            50

Charles-Victor Prévost d'Arlincourt, appelé Vicomte d'Arlincourt (1788-1856) est un romancier, poète et auteur dramatique. Chevalier de la légion d'honneur, Grand croix de François Victor de Naples et de Constantin de Parme, Commandeur de l'ordre de St Grégoire de Rome, Chevalier de St Louis, de Malte, de l'Étoile polaire etc. La popularité de cet écrivain, surnommé « le Prince des romantiques » avant de tomber peu à peu dans l'oubli, rivalisa au début des années 1820 avec celle de Victor Hugo. En 1850, il rapporte d'un voyage en Italie un récit, L'Italie rouge, où il dépeint ce que sont pour lui les horreurs du Risorgimento. — "L'Italie rouge : en France, la monarchie représentative conduisait à la royauté citoyenne ; celle-ci menait à la république démocratique et au bout de tout dela, était le « socialisme ». En Italie, les Carbonari créérent les sociétès secrètes qui fondèrent la Jeune Italie ; celle-ci menait à la république unitaire; et, au bout de tout cela, était « l'Italie rouge ». En chaque pays, différents noms, différents langages, diverses routes ; de deux côtés, même pensée, même but."

189.          BLANCH (Lesley). Pierre Loti. Editions du Rocher, 2007, gr. in-8°, 429 pp, biblio des oeuvres de Pierre Loti, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Julien Viaud, qui est passé à la postérité sous le nom de Pierre Loti, est mort le 10 juin 1923, il y a quatre-vingt-quatre ans. Contrairement à tant d'écrivains qui n'ont connu la gloire qu'à titre posthume, il fut adulé tout au long de sa vie, non seulement par un large public, mais aussi par les grands de ce monde. Les contrastes de sa vie d'homme de lettres et d'officier de marine ont intrigué. La légende romantique de ses amours avec des belles de toutes couleurs fascinait ses contemporains avides d'exotisme. Et puis il y avait autour de cet auteur les échos les plus provocants..., ses déguisements, ses maquillages et ses talons hauts. Sarah Bernhardt, son amie intime, l'appelait "Pierrot le fou". Mais ses supérieurs dans la Royale et ses camarades de la marine supportaient ses frasques, car il était excellent officier. Aux conventions de l'Europe, Loti préféra la chimère de l'Orient. C'est en Turquie que, jeune officier, il connut son plus grand amour, sa plus périlleuse aventure, brève et tragique idylle avec une odalisque circassienne qu'il enleva d'un harem. Tel fut ce romantique acharné, doublé d'un mystique manqué : ses plus ardentes prières pour la foi de ses ancêtres étaient restées sans réponse. Tel fut ce personnage infiniment complexe, étrange et attachant, dont Lesley Blanch, qui a cherché la vérité dans sa correspondance, son journal intime et aussi auprès de ses descendants, fait miroiter les multiples facettes dans cette biographie exceptionnelle.

190.          BLED (Jean-Paul). Sophie de Habsbourg. L'impératrice de l'ombre. Perrin, 2017, in-8°, 303 pp, 8 pl. de photos en noir et en couleurs, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Epouse de l'archiduc François-Charles, deuxième dans l'ordre de succession, Sophie de Habsbourg occupe une position centrale à la cour de Vienne, dès son arrivée en Autriche, en 1824. Son mari étant incapable de régner, elle reporte ses ambitions sur son fils aîné, le jeune François-Joseph qui, grâce à son soutien, monte sur le trône en 1848. Figure capitale de la décennie néoabsolutiste - François-Joseph ne prend pas de décisions majeures sans en avoir discuté avec sa mère -, Sophie est étroitement associée à la restauration du pouvoir monarchique. Cependant, dans les années 1860, son influence politique décroît. Elle assiste en spectatrice affligée à l'entrée de l'Autriche dans l'ère constitutionnelle et au compromis austro-hongrois. Sur le plan personnel, cette impératrice de l'ombre entre en conflit avec l'impératrice officielle, Elisabeth - la célèbre Sissi -, les deux femmes incarnant chacune une conception antinomique de leur rôle. Foudroyée par la mort tragique de son fils cadet Maximilien, fusillé en 1867, en tant qu'empereur du Mexique, minée par le chagrin, elle meurt en 1872. Une biographie magistrale appuyée sur des sources inédites.

191.          BOURDIN (Philippe) et Jean-Claude CARON (dir). L'homme politique et la presse. De Camille Desmoulins à Émile de Girardin. Presses universitaires Blaise Pascal, 2018, gr. in-8°, 263 pp, 3 illustrations, index des noms et des journaux, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoires croisées)

            20

Dans le régime présidentiel de la Ve République, il n'est guère de jour qui ne nous rappelle les relations, parfois incestueuses, qui unissent pouvoir politique et médias sur la scène publique comme dans la sphère privée. Ce constat pessimiste sur l'un des aspects de l'actuel "mal français" incitait à faire un retour aux origines, à la construction de la démocratie française, qu'elle soit ou non républicaine, à l'heure où la possibilité du suffrage et la liberté de la presse étaient en débat. De la Révolution française à la Monarchie de Juillet, de Camille Desmoulins à Emile de Girardin, qui invente les médias de masse, quels liens se tissaient-ils entre les représentants de la nation et des journaux en pleine efflorescence ? Entre les citoyens, lecteurs et auditeurs, les feuilles et leurs élus ? Entre les débats d'actualité et les orateurs qui les incarnaient, entre les faits et leurs protagonistes les plus en vue ? Relais d'opinion, miroirs d'une action, marécages des passions, c'est à tous ces titres que les pages des périodiques ont été une nouvelle fois tournées.

192.          BRIQUET (Jean). Agricol Perdiguier, Compagnon du Tour de France et Représentant du Peuple (1805-1875). (Thèse). P., Editions de la Butte aux Cailles, 1981, in-8°, 593 pp, 7 pl. de photos hors texte, importante biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

"Voici la biographie, sans doute définitive, de Jean Briquet sur Agricol Perdiguier. Avignonnais-la-Vertu aura été, selon l'expression de Proudhon, le saint Vincent de Paul du compagnonnage. Mais aussi ce fut un témoin, type de l'écrivain ouvrier, autodidacte, homme d'action, ayant foi dans le progrès, répugnant à la violence. Dans ses Mémoires d'un Compagnon, il a évoqué son enfance et les heures difficiles de 1815, « l'exaltation, le délire, les fureurs » d'alors. L'auteur relate son Tour de France (1824-1828), à l'apogée de l'institution, malgré rixes et conflits. Déjà pourtant, en 1825, un compagnonnage entre les garçons boulangers de toute la France fut projeté, qui inquiéta les autorités. A. Perdiguier allait passer sa vie à provoquer l'union, polémiquant avec ses adversaires, surtout les Compagnons de Bordeaux. Chansonnier du Tour de France, collaborateur occasionnel de L'Atelier, en rapport avec Lamennais, Lamartine, Victor Hugo, il inspire à George Sand Le Compagnon du Tour de France. Au faubourg Saint-Antoine, il avait ouvert une école de dessin, « de trait », pour former des compagnons menuisiers, qu'Eugène Sue visita – Les Mystères de Paris suivirent un an après la publication du « Livre du Compagnonnage ». Député à la Constituante de 1848 et à la Législative de 1849, il pouvait se réjouir alors des manifestations d'entente compagnonnique. Ce fut bientôt l'exil en 1851, pendant quatre années, et la pauvreté finale dans la petite boutique moitié librairie, moitié débit de boissons : « le compagnonnage et la politique avaient tellement absorbé le noble coeur qu'il n'avait jamais su faire ses affaires ». Mais, comme il l'écrivait en 1846 dans l'Histoire d'une scission dans le Compagnonnage, « la classe ouvrière n'est déjà que trop divisée... » ! « Quarante-huitard parfait », selon l'heureuse expression du préfacier G. Bourgin, Agricol Perdiguier incarna un moment révolu de l'évolution ouvrière..." (Paul Leuilliot, Annales ESC, 1957)

193.          BROGLIE (Achille-Léon-Victor, duc de Broglie). Souvenirs, 1785-1870, du feu duc de Broglie, de l'Académie française. P., Calmann-Lévy, 1886, 4 vol. in-8°, vii-391, 493, 426 et 367 pp, reliures demi-chagrin vert , dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaison dorés, fleuron et date dorés en queue, tranches mouchetées, bon état. Bel exemplaire, finement relié et sans rousseurs

            400

Ces mémoires s'arrêtent en 1832. — "Entrecoupés de citations extraites du journal de sa femme, les Souvenirs forment une source capitale pour l'histoire des années 1814-1832, notamment sur le parti libéral, les doctrinaires (qu'il rejoint en 1818), le ministère Decazes-de Serre, l'échec du ministère Martignac, enfin sur la fondation (heure par heure) et les débuts de la Monarchie de Juillet jusqu'à la mort de Perier. Portraits fouillés de Mme de Staël, Constant, de Serre, Royer-Collard, La Fayette, etc." (Benoît Yvert, Politique libérale) — Tulard parle du "plaidoyer d'un habile opportuniste", mais Bertier juge l'oeuvre "d'une très grande utilité pour l'histoire politique" de la Restauration (Tulard, 233. Bertier, 175).

194.          CARON (François). Histoire des chemins de fer en France. I : 1740-1883. Fayard, 1997, gr. in-8°, 700 pp, 100 illustrations en noir et en couleurs sur 40 pl. hors texte, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Adieu la révolution des transports ! A la place : l'héritage de la culture des routes et des canaux du 18e siècle, une civilisation de réseaux et de microsystèmes, un renouveau de la société française encadré par l'État – Ses trois thèmes majeurs d'un livre aussi neuf que combatif, qui connecte histoire des techniques et histoire globale." (Annales ESC, Choix des Annales, 1998) — "L'histoire du chemin de fer, premier réseau technique capable d'influencer l'ensemble des comportements humains, doit être replacée dans son contexte tout à la fois économique, institutionnel, culturel et social. Depuis plus d'un siècle et demi, il se trouve au coeur du débat politique, du débat sur la modernité, du débat sur le choix de société. Avec lui, l'homme est entré dans la civilisation des macrosystèmes qui l'enserrent aujourd'hui de toutes parts. Le chemin de fer a été un lieu privilégié de l'innovation et n'a jamais cessé de se transformer. Depuis l'origine, ses ingénieurs et ses agents ont, jour après jour, recherché les moyens techniques et humains d'améliorer la sécurité et la rentabilité des compagnies tout en répondant toujours mieux aux besoins de la clientèle : proliférante, la technologie ferroviaire est marquée par une permanente confrontation entre des solutions d'une infinie diversité. Issu du double héritage de la culture routière et canalisée du XVIIIe siècle et de la Révolution industrielle, ce mode de locomotion fut adopté par les Français dans les années 1840. Institutionnellement affermi dans les années 1850, il se consolide dans les premières années de la IIIe République, et son organisation constitue une expérience originale d'économie mixte largement imitée en Europe. Ainsi, les six "grandes compagnies" créées dans les années 1850 durent-elles, particulièrement à partir de 1883, subir de la part de l'Etat une tutelle de plus en plus pesante, et de véritables "cultures de réseau" prirent naissance, qui ne disparurent que bien après la création de la SNCF...

195.          CECCALDI (T. Colonna). Lettres militaires du siége. Avec un appendice contenant le tableau des régiments et bataillons de guerre de la Garde nationale parisienne et le dispositif de la bataille de Buzenval. P., Henri Plon, 1872, in-12, (ii)-212 pp, reliure demi-basane noire, dos lisse, titres et quadruples filets dorés, marque de bibl. en queue (rel. de l'époque), dos lég. frotté, coiffes arasées, bon état. Edition originale. Rare

            80

Par Tiburce Colonna Ceccaldi (1832-1892), diplomate et archéologue.

196.          CORBIN (Alain). Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution aux 19e et 20e siècles. Aubier, 1978, in-8°, 571 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. historique). Edition originale

            30

Le "système français" mis en place au lendemain de la Révolution tend à marginaliser la fille publique et à l'enfermer dans une série de lieux clos (maison de tolérance conçue comme un simple égout séminal, hôpital, prison, établissement de relèvement), invisibles de l'extérieur mais totalement transparents au regard policier. Il se révélera vite n'être qu'une utopie. Dès la fin du Second Empire, le déclin du bordel, l'émergence de nouvelles conduites prostitutionnelles reflètent le recul de la misère sexuelle masculine au sein du prolétariat urbain, et l'embourgeoisement d'une clientèle qui, désormais, recherche aussi, avec les filles de noce, l'illusion de la séduction. L'essor de la maison de rendez-vous, l'attrait exercé par l'adultère vénal et la quête d'une intimité calquée sur le modèle conjugal témoignent, par la suite, de cette mutation des formes du désir.

197.          CROIDYS (Pierre). Marchand, le héros de Fachoda. Editions des Loisirs, 1942, in-12, 222 pp, broché, un portrait de Marchand en couv., bon état (Coll. L'âme de la France)

            20

Le 22 juin 1896, Jean-Baptiste Marchand (1863-1934) reçoit le commandement d’une mission d’exploration baptisée « Mission Congo-Nil ». Dans le contexte de la rivalité coloniale franco-britannique en Afrique, le rôle de cette « mission Marchand » est primordial. Il s’agit, en se portant les premiers sur le Nil depuis les territoires d’Afrique occidentale sous contrôle français, de contester l’hégémonie britannique sur le grand fleuve et d’implanter au sud de l’Égypte un nouveau protectorat français... Le 10 juillet 1898, la colonne arrive à Fachoda et renforce aussitôt les défenses de la place. Les choses se compliquent avec l’arrivée le 19 septembre 1898 des forces de Lord Kitchener. Celui-ci vient de remporter la victoire d’Omdurman et ne compte pas se voir contester le contrôle du Nil, de son delta jusqu’à ses sources. Après quelques négociations les Britanniques établissent un blocus autour de la place de Fachoda et la crise, de locale, devient très vite internationale...

198.          [CUISIN, J.-P.-R.]. Les Barricades immortelles du peuple de Paris. Relation historique, militaire et anecdotique des journées à jamais mémorables des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, et de tous les détails du voyage forcé de Charles X, jusqu'à son embarquement ; divisée en cinq Trophées français, précédé des motifs qui ont amené notre deuxième Révolution. Par P. C..sin. Dédiée à son Altesse le prince royal, duc d'Orléans. P., Chez Le Roi, 1830, pt in-12, (2)-463 pp, un frontispice gravé dépliant et une gravure hors texte, broché, couv. factice, dos abîmé, état correct. Edition originale

            80

Rare ouvrage de Cuisin non cité par les bibliographies. Ancien militaire, homme de lettres, membre honoraire de la Société française de statistique universelle et Conservateur du Cabinet d'anatomie Dupont, J.-P.-R. Cuisin (1777-1845) a publié plusieurs ouvrages dirigés contre Napoléon, d'autres en faveur de la Restauration.

199.          DANSETTE (Adrien). Deuxième République et Second Empire. Fayard, 1942, in-12, 344 pp, broché, bon état (Coll. Connaissance de l'Histoire)

            20

"Il est regrettable que le type de la collection où a paru le livre de M. Dansette ne comporte aucune espèce de bibliographie : M. Dansette n'est pas responsable de cette carence. Ce que nous pourrons lui reprocher plus directement, c'est un certain manque d'équilibre entre divers développements : si la politique extérieure du Second Empire est suffisamment traitée, celle de la Seconde République est réduite à vraiment trop peu de chose. L'histoire des idées sociales est, d'autre part, trop fragmentée, et l'on peut formuler un reproche analogue en ce qui touche l'évolution de la catholicité. Ces défauts, dus vraisemblablement au faible espace dont pouvait disposer l'auteur, sont toutefois compensés par la lucidité d'un esprit qui s'efforce de comprendre et d'expliquer des phénomènes complexes, – si suggestifs de surcroît !" (Georges Bourgin, Revue d'histoire de l'Église de France, 1945)

200.          DANSETTE (Adrien). Du boulangisme à la révolution dreyfusienne. Le Boulangisme, 1886-1890. Perrin, 1938, fort in-12, v-416 pp, sources et biblio, broché, un portrait du général Boulanger au 1er plat, bon état

            25

Seul volume paru. — "... Pour l'instant les études sur cette période nous viennent d'historiens peu curieux des mouvements profonds de la société. Le meilleur d'entre eux, Adrien Dansette, dans sa série projetée “Du Boulangisme à la révolution dreyfusienne”, a consacré un volume au Boulangisme (1886-1890) ; il apporte nombre de renseignements nouveaux sur les étranges personnages de ce mélodrame, mais bien peu sur les spectateurs, qui cependant ne furent pas toujours passifs. La participation du peuple aux manifestations, aux grèves et aux violences inspirées ou appuyées par le général reste malheureusement dans le vague..." (Franco Venturi, Historiens du XXe siècle, 1966)

201.          DAUTRY (Jean). 1848 et la IIe République. Seconde édition, revue et corrigée. Editions Sociales, 1957, in-8°, 338 pp, un plan des barricades et 2 gravures sur 4 pl. hors texte, 3 cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Révolution de 1848, révolution « demi-bourgeoise ». Paraphrasant cette expression d'Engels, J. D. s'attache à marquer, dans la révolution de février, la part respective du prolétariat et de la bourgeoisie – ou plutôt des prolétariats (prolétariat « conscient » et Lumpen-prolétariat complice des « bourgeois ») et des bourgeoisies (celle, « bien intentionnée », qui participe aux journées de février et laisse faire celles de juin, et celle qui se reconnaîtra bientôt dans « le héros Crapulinsky » dont parle Marx..." (Revue française de science politique, 1957)

202.          DEBIDOUR (A.). Histoire diplomatique de l'Europe. Depuis le Congrès de Berlin jusqu'à nos jours (1878-1916). 1ère partie : La paix armée (1878-1904). Félix Alcan, 1929, in-8°, xii-359 pp, 5e édition revue, préface de Léon Bourgeois, pièces justificatives, broché, bon état (Bibliothèque d'histoire contemporaine)

            25

1ère partie seule (sur 2). – "Les deux volumes de M. Debidour offrent ample matière à méditer : ils suggèrent beaucoup d'idées ou de questions et ils fournissent à la réflexion une imposante masse de faits. (...) Ils couronnent dignement une oeuvre historique imposante par sa conscience et sa richesse, et une belle carrière d'historien..." (Louis Eisenmann, Revue Historique, 1918)

203.          DELALANDE (Jean). Victor Hugo à Hauteville House. Albin Michel, 1947, in-8°, 180 pp, 64 pl. de photos hors texte, 4 plans, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Jean Delalande, à la tête d’une délégation de la ville de Paris, a fait le 14 juin 1927, une visite officielle à Hauteville House, maison d’exil de Victor Hugo à Guernesey. Il a publié ce livre où il a donné une étude presque exhaustive des décors de la maison. — "M. Jean Delalande a publié un utile et plaisant ouvrage, qui vient à point combler une importante lacune de la bibliographie déjà considérable du poète. Le livre de M. Delalande, après un historique d'une richesse condensée (21 p.), se présente en effet comme un guide de Hauteville House, suivant l'ordre même de la visite, de bas en haut, de l'entrée au fameux « look-out ». Guide inusité dans le genre, alliant l'élégance et la clarté de l'exposé à une probe documentation et à une observation exacte et fine, servie d'ailleurs par une longue familiarité avec la Maison. Modèle du guide, donc, abondamment et magnifiquement illustré, bien imprimé par surcroît – ce qui ne gâte rien. On s'étonne d'ailleurs qu'il ait fallu attendre si longtemps pour que quelqu'un se décidât à consacrer à une maison que le poète fit de ses mains et habita quinze années d'exil ininterrompu, de 1856 à 1870, et encore un an de l'été 1872 à l'été 1873, une semaine en 1875, quatre mois en 1878, la description attentive qu'elle mérite." (Jean-Bertrand Barrère, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1950)

204.          DREYFUS (Alfred). Carnets (1899-1907). Après le procès de Rennes. Edition établie par Philippe Oriol. Calmann-Lévy, 1998, gr. in-8°, 468 pp, préface de Jean-Denis Bredin, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            25

L'Affaire Dreyfus est une guerre de douze ans. Lorsque Zola publie J'accuse en janvier 1898, Dreyfus, qui a déjà passé trois années entières à l'Ile du Diable, est à peine à la moitié de son parcours vers la réhabilitation. Et lorsque le président de la République intervient en 1899, après le Conseil de guerre de Rennes, c'est pour lui octroyer seulement la grâce : il est libre, mais pas innocent. Commence alors la période la moins connue de l'Affaire : celle pendant laquelle Dreyfus et les fidèles demeurés à ses côtés font la preuve que les pièces amassées par l'accusation ne sont que des faux empilés sur d'autres faux, et que toute cette histoire n'est qu'une effrayante erreur judiciaire. Sur ces sept années de combat, on manquait jusqu'ici du témoignage de l'intéressé, dont on n'avait que des bribes incertaines. Philippe Oriol a retrouvé les cinq « cahiers d'écolier » où Alfred Dreyfus a consigné, de son écriture appliquée, le détail de son labeur acharné. Il ne s'est pas contenté de les sortir de l'oubli : il les a enrichis d'un millier de notes rédigées notamment à partir de lettres elles-mêmes inédites qui dormaient dans les bibliothèques. L'intérêt de ces Carnets est d'abord de nous documenter sur les années 1899-1907, jusqu'à l'arrêt qui innocente complètement Dreyfus. On y voit passer les grandes figures de Zola, de Jaurès, de Bernard Lazare, celle aussi de son infatigable et admirable frère Mathieu. Mais il est aussi de nous livrer de Dreyfus un portrait de chair. Lui qu'on a si souvent dépeint comme une « marionnette de zinc » laisse ici passer ses émotions, ses colères et ses espoirs. Il prend vie en rédigeant le récit des événements qui lui rendent son honneur.

205.          DUCLERT (Vincent)(éd.). Le Parlement et l'affaire Dreyfus, 1894-1906. Douze années pour la vérité. Extraits choisis et présentés par Vincent Duclert. P., Assemblée Nationale, Société d'études jaurésienne, 1998, in-8°, 308 pp, préface de Laurent Fabius, introduction de Madeleine Rebérioux, 14 gravures et photos, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'Assemblée nationale, en collaboration avec la Société d'études jaurésiennes qui en fait un numéro des cahiers Jean Jaurès, publie un recueil d'extraits des débats parlementaires autour de l'Affaire Dreyfus (1894-1906). Bien illustré, très agréable à lire, l'ouvrage entend être le premier d'une série qui, selon les vœux du Président et des Questeurs de l'Assemblée nationale qui le préfacent, s'insérera dans le projet d'ouverture du Parlement au public, à l'ordre du jour depuis plusieurs années. Le Parlement et l'Affaire Dreyfus, disons-le tout de suite pour n'y plus revenir, n'apprendra rien que le spécialiste ne sache déjà. Il ne s'agit pas ici d'étudier un aspect méconnu de ce qui fut « l'Affaire ». Il ne s'agit pas non plus de faciliter, par l'édition, l'accès à l'ensemble des sources parlementaires sur l'Affaire Dreyfus. Vincent Duclert, qui assume la responsabilité du choix des extraits, précise que ceux-ci constituent à peu près un quart des débats occasionnés au Parlement par les malheurs d'Alfred Dreyfus. À cet égard, on ne peut que constater que la publication de la totalité de ces débats n'était pas une œuvre impossible. Aussi, alors que, du Monument Henry (1899) à la récente réédition du Procès Zola (1998), certaines pièces essentielles de « l'Affaire » ont été publiées dans leur intégralité depuis un siècle, on ne peut que regretter qu'on y ait ici renoncé. Vincent Duclert précise qu'il a réuni « les discours les plus connus » : la confrontation avec les moins connus n'eût-elle pas été intéressante ? Même si Vincent Duclert les situe tous, dans leur historicité et dans leur signification politique, avec une grande clarté, cela n'eût-il pas permis d'avoir, de ces discours si connus, une lecture renouvelée ? Et ce, d'autant plus que les débats parlementaires n'offrent qu'un regard biaisé sur « l'Affaire ». Les discours de Maurice Barrés, par exemple, au moment où éclata la « deuxième affaire Dreyfus », réunis par la suite dans Scènes et doctrines du nationalisme, sont évidemment absents de l'ouvrage, Barrés entrant à la Chambre en 1906. Cela dit, ne boudons pas notre plaisir. Il est enthousiasmant de voir défiler toutes ces grandes figures du Parlement au tournant des XIXe et XXe siècles, de Méline à Waldeck-Rousseau, d'Albert de Mun à Edouard Vaillant, en passant par Déroulède, Viviani, Poincaré, Scheurer-Kestner, Clemenceau, Millerand – toutes dominées ici par la grande voix de Jean Jaurès. Et ce, d'autant plus qu'il faut saluer le parti pris de Vincent Duclert de ne pas tronquer les discours, mais au contraire de nous les restituer dans toute la saveur de leur jaillissement (correction faite, bien sûr, des différentes formes de censure liées à la publication au Journal officiel). Ainsi apparaît «ce qu'on appellerait aujourd'hui leur incivilité », pour reprendre les mots de Madeleine Rebérioux qui, en qualité de présidente de la Société d'études jaurésiennes, signe l'introduction de l'ouvrage : interruptions, échanges agressifs, coups de théâtre (la démission en séance du général Chanoine, le 25 octobre 1898)... En filigrane on peut lire une autre histoire que celle de la lente mais décisive irruption de « l'Affaire » au sein de la représentation nationale : celle des mœurs de cette Chambre, qui nous semblent un peu insolites aujourd'hui, et qui suscitent les interrogations. Longue vie, donc, à la collection qu'inaugure ce volume et dont les étudiants, mais également tous ceux que l'Histoire passionne, tireront un vrai profit. Nous en suivrons avec intérêt les développements, qui nous rappelleront peut-être les grandes heures de la collection « Archives » des éditions Gallimard, pour peu que leurs auteurs continuent à concilier la volonté d'hommage et l'entreprise commemorative avec les nécessités critiques de l'étude historique. (Sylvain Venayre, Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle, 1998)

206.          FOURNIER (Edouard). Souvenirs poétiques de l'école romantique, 1825 à 1840, précédées d'une notice biographique sur chacun des auteurs contenus dans le volume. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1880, in-12, iv-536 pp, avec les portraits gravées sur acier par Adrien Nargeot d'Alexandre Dumas, Victor Hugo, Alphonse de Lamartine et Alfred de Musset (tous jeunes) sur 4 pl. hors texte, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs filetés, titre et caissons ornés dorés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), rousseurs, bon état. Edition originale (Vicaire III, 788), exemplaire fort bien relié

            80

Edition originale de ce titre un peu trompeur : ce ne sont pas des "souvenirs" personnels, mais une anthologie poétique un peu développée, dont le principal intérêt est de reproduire des pièces d'auteurs mineurs ou très peu connus. — "(...) Notre choix, dans cette foule de génies ou de talents, n’a pas été difficile. Nous l’avons fait aussi large que l’exigeait leur nombre. A l’exception de quelques-uns, qui n’ont pas suffisamment marqué, ou de quelques autres d’une fougue et d’une fantaisie trop excentriques : Lassailly, par exemple , Philothée O’Neddy, Petrus Borel, etc., tous y ont trouvé place pour des extraits de leurs œuvres, dans la proportion à laquelle leur donnait droit leur renommée. La notice sur chacun a été écrite avec autant de soin que possible et contient assez de détails pour que l’on puisse avoir ainsi, par fragments, l’histoire du Romantisme et de ses Cénacles : le grand qui siégeait chez Victor Hugo, à la place Royale ; l’autre, moins magistral, qui faisait son joyeux tapage à l’impasse du Doyenné, chez Théophile Gautier. C’étaient des écoles irrégulières : on en faisait partie un jour, on s’en échappait le lendemain, pour y revenir à sa fantaisie ; et, somme toute, on ne cessait pas d’être indépendant..." (Préface) — Par Edouard Fournier (1819-1880), auteur dramatique, historien, bibliographe et bibliothécaire. Issu d'une famille d'artistes serruriers, il fait ses études au collège d'Orléans pour se consacrer ensuite tout entier à des travaux littéraires. Après une première pièce de théâtre en 1841, et quelques feuilletons parus dans le journal Le Loiret en 1842, il publie de très nombreuses études historiques, littéraires, bibliographiques et théâtrales. Il édite de nombreux auteurs tout en continuant à écrire pour la scène. Il contribue aussi un grand nombre d'articles à l’Encyclopédie universelle, au Supplément du Dictionnaire de la conversation, à l’Historire des villes de France, au Moniteur, au Constitutionnel, à L'Illustration, à La Revue française, au journal Le Théâtre, dont il est rédacteur en chef de 1853 à 1855.

207.          [GAILLARD, Claude-Ferdinand] – BENEDITE (Léon). Catalogue des œuvres exposées de Claude-Ferdinand Gaillard au Musée national du Luxembourg. P., Librairies-imprimeries réunies, 1898, pt in-8°, 55 pp, 6 reproductions, biographie et bibliographie, suivi de la description de 86 gravures, peintures et dessins, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Claude-Ferdinand Gaillard, né à Paris le 7 janvier 1834 et mort dans la même ville le 20 janvier 1887, est un graveur, peintre, illustrateur et écrivain. Lauréat du prix de Rome en 1856 et président de la Société des graveurs au burin, le critique contemporain Henri Beraldi le qualifia de « grand et d'incomparable graveur ».

208.          GENET (Lucien). L'Epoque contemporaine, 1848-1914. Hatier, 1968, in-8°, 512 pp, très nombreuses gravures, photos et cartes dans le texte, 816 planches hors texte (8 en couleurs), documents, cart. illustré de l'éditeur, découpures au bas des 2 premiers feuillets (cachets découpés), état correct (Coll. d'histoire Hatier, Classe de Première)

            20

Excellent manuel.

209.          GORSSE (Pierre de). Villégiatures romantiques ou les Amants des Pyrénées. Editions du Pavois, 1944, in-8°, 241 pp, lettre-préface de Joseph de Pesquidoux, 8 gravures hors texte, sources, broché, bon état (Prix Montyon de l'Académie française 1946)

            20

"Les divers chapitres de ce livre n'auront entre eux que deux points communs : les Pyrénées et l'amour." — Table : I. L'invention des Pyrénées : Ramond de Carbonnières. – II. Le douloureux désenchantement de Madame Cottin. – III. Le mariage d'Alfred de Vigny. – IV. Georges Sand au seuil de l'adultère. – “La vierge des dernières amours” : l'Occitanienne de Chateaubriand. – Le premier amour de Franz Liszt. – Victor Hugo en amoureuse escapade. – L'éveil d'Edmond Rostand à la poésie et à l'amour. — "... Au cours d'une des premières journées de l'été de 1843, le coche qui en 15 heures faisait le trajet de Bordeaux à Bayonne, emportait à travers la forêt landaise un couple illustre : Victor Hugo et sa très belle maîtresse Juliette Drouet. Le poète avait écrit à sa famille : « J'ai les yeux un peu malades... Je vais boire un peu de soufre pour mes rhumatismes ». Il faut lire le récit extrêmement vivant et coloré que M. Pierre de Gorsse a donné de ce voyage..." (Eugène-Humbert Guitard, “Comment on allait aux eaux en diligence il y a cent ans”, Revue d'Histoire de la Pharmacie,1943)

210.          HALÉVY (Daniel). La vie de Proudhon (1809-1847). La Jeunesse de Proudhon (1809-1837), par Daniel Halévy. – II. P.-J. Proudhon (1837-1848), par Sainte-Beuve. – III. Appendices et commentaires, par Daniel Halévy. Stock, 1948, fort in-12, 448 pp, broché, papier lég. jauni comme toujours, non coupé, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier), ex. du SP, prière d'insérer joint

            30

"Un “Proudhon” de Daniel Halévy chez Stock – que dis-je, deux Proudhons chez Stock puisque le volume de Daniel Halévy joint à une étude sur “La Jeunesse de Proudhon” (1809-1847), de Daniel Halévy lui-même, l'étude célèbre de Sainte-Beuve sur “Proudhon” (1837-1848) qui était devenue introuvable : voilà de quoi s'instruire, et copieusement, sur l'auteur de “Qu'est-ce que la Propriété ?” (...) Le livre de Daniel Halévy se réclame de la connaissance de notes et de carnets inédits, à lui communiqués libéralement par Mme Henneguy (...) Il est d'un biographe attentif, curieux, sympathique à son modèle (éclairé sous un certain angle), et naturellement, adroit. (...) Après avoir reproduit le “Proudhon” de Sainte-Beuve dans ce volume, Daniel Halévy « l'annote » à l'aide des documents inédits dont il a eu connaissance, et ouvre sur certains points litigieux d'intéressantes discussions (sur les rapports de Marx et de Proudhon notamment et sur les raisons pour lesquelles Proudhon ne répliqua point à la “Misère de la Philosophie” de son véhément contradicteur). Suivent, en appendice, les “Lettres au Prince Napoléon”, et divers autres textes dont on fait suivre depuis longtemps l'étude de Sainte-Beuve. Tout cela fait du livre un moyen précieux de connaissance pour les proudhoniens." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1951)

211.          KÉRATRY (Auguste-Hilarion de). La France telle qu'on l'a faite, ou suite aux documens pour servir à l'intelligence de l'histoire de France en 1820 et 1821, par M. Kératry, élu député du Finistère à la session de 1818. P., Maradan, Delaunay, Pélicier, 1821, in-8°, (4)-259 pp, reliure demi-basane chagrinée fauve, dos à nerfs soulignés de filets dorés, auteur, titre et fleuron doré, filet à froid sur les plats (rel. postérieure), trace de mouillure ancienne, bon état

            60

"Brochure politique d'un grand mérite où l'auteur présente un tableau fidèle des envahissements successifs de l'ancienne aristocratie et du clergé, dans toutes les branches du pouvoir. Ceux qui depuis 1789 n'avaient cessé d'être battus, voulaient maintenant traiter la France comme leur conquête." (Biographie universelle et portative des contemporains, 1836) — C’est dans ce livre que Auguste Hilarion de Kératry (1769-1859), homme politique, conseiller d’État, consacre un long passage à la mesure de suspension dont Victor Cousin (1792-1867) fait l’objet en novembre 1820, mesure de rétorsion prise par le gouvernement Villèle, alors que depuis décembre 1815, il est le suppléant de Pierre Paul Royer-Collard à la Faculté des lettres de Paris, dans la chaire d’histoire de la philosophie moderne. Ce soutien est d’autant plus important qu’il émane d’un homme d’un peu plus de cinquante ans, très connu (Kératry) et qu'il concerne un homme de vingt ans plus jeune (V. Cousin) dont la récente carrière d’enseignant menace d’être brisée par la censure dont il est l’objet.

212.          LA FAYE (Jacques de). La Princesse Mathilde, 1820-1904. Une nièce de Napoléon. Emile-Paul, 1929, in-8°, 365 pp, 14 pl. de gravures hors texte, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. frotté, bon état

            45

La princesse Mathilde, la nièce de Napoléon Ier, l'amie des artistes et des écrivains, est un des personnages les plus intéressants de la société du Second Empire. Le livre détaille son enfance à la cour de Sttutgart, auprès de son oncle le roi de Wurtemberg, l'idylle avec le prince Louis-Napoléon, le futur Napoléon III, puis le mariage inattendu avec un prince russe, Demidoff, mariage malheureux qui aboutit après cinq ans à une séparation. Vient ensuite l'installation à Paris, l'apparition du chevalier servant, le comte de Nieuwkerke, dont elle fit plus tard un surintendant des Beaux-Arts et qui sut tirer gloire de cette liaison impériale. Nous suivons ensuite la princesse Mathilde dans ses demeures, à Saint-Gratien, à Paris rue de Courcelles, entourée des amis, Sainte-Beuve, Théophile Gautier, le peintre Eugène Giraud, qu'elle appelait « ma vieille giraille ». Enfin, la retraite après la chute de l'Empire, l'hôtel de la rue de Berry, où elle vit en coquetterie avec le nouveau régime, et le vide se faisant peu à peu autour de la princesse, jusqu'à la disparition, le 2 janvier 1904, entourée de ses derniers fidèles.

213.          LECLERCQ (Théodore). Proverbes dramatiques. P., Sautelet, 1827, 6 vol. in-8°, 417, 416, 393, iii-457, 447 et 454 pp, 3e édition, reliures demi-veau glacé vert olive, dos à 4 larges faux-nerfs guillochés, titres, tomaisons et fleurons dorés, palettes en queue, tranches marbrées (rel. de l'époque), coiffes sup. abîmées, rousseurs éparses, état correct

            120

Sous la Restauration, Théodore Leclercq (1777-1851) publie les “Proverbes dramatiques”, ces petites pièces n’étaient pas destinées à la scène mais étaient reconnues pour leur finesse dans l’analyse des mœurs. — "On a bien oublié Théodore Leclercq, le « compagnon » de Joseph Fiévée : mais ses “Proverbes” se lisent fort bien encore aujourd'hui, ce sont des témoignages précieux pour l'historien. Ce receveur principal des droits réunis a mené sa vie dans l'ombre de Fiévée, il l'accompagna à Nevers, c'est lui qui faisait les honneurs de la préfecture. Et à Rochecorbon sous la Restauration le couple menait une vie fort tranquille (Auger l'a raconté dans ses souvenirs). Dès 1820, il lit et fait représenter ses “Proverbes”, ils eurent un succès considérable (Sautelet en donna cinq éditions...) : mais il semble bien que Fiévée y ait mis son esprit malicieux et qu'il en soit le co-auteur." (Guy Thuillier) — A propos des “Proverbes dramatiques” de Théodore Leclercq (1823), Stendhal loue cette vive et naïve esquisse de la « société parisienne depuis la Restauration ». (dans le “Courrier anglais”, t. II, p. 84).

214.          LE GALL (Laurent). L'électeur en campagnes dans le Finistère. Une Seconde République de Bas-Bretons. (Thèse). Les Indes savantes, 2009, gr. in-8°, 878 pp, 39 cartes, annexes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

L'électeur en campagnes est l'histoire d'une recherche sur ce que voter voulut dire dans le Finistère des années 1831-1852. En s'intéressant aux électeurs – davantage qu'aux élections – des 282 communes du département, cette enquête qui juxtapose des études de cas et joue sur la variation des échelles (de l'individu au département en passant par le hameau) s'interroge sur les modalités de la "transition démocratique". Elle espère lever un coin du voile sur les fausses évidences d'une multitude d'actes électoraux qui engagèrent tout autant le devenir d'un régime – la Seconde République du suffrage universel – et d'une nation que la construction d'un espace et d'un temps politiques spécifiques. Si le citoyen-électeur de la Basse-Bretagne – mais ce pourrait être ailleurs, ou presque – des années orléanistes puis républicaines put être porteur d'une "opinion", il fut aussi et surtout le réceptacle et le vecteur d'un ordre démocratique en construction. L'analyse de ses traces à partir de sources profuses (procès-verbaux des élections locales et nationales, chansons qui le mirent en scène, immense corpus protestataire...) et la reconstitution de ses parcours n'aspirent qu'à contribuer modestement aux débats qui concernent la politisation des ruraux dans la France du XIXe siècle et l'ouverture d'un champ des possibles en 1848.

215.          LIEBOW (Ely M.). L'homme qui était Sherlock Holmes. Une biographie du Dr Joe Bell. Editions Baker Street, 2009, in-8°, 356 pp, 18 illustrations, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"C'est à vous que je dois Sherlock Holmes", écrit Arthur Conan Doyle à son ancien professeur et mentor, le docteur joseph Bell, en 1892. Cet éminent chirurgien, qui enseigna la médecine à l'Université d'Édimbourg, est le père de la fameuse "méthode déductive" qui sera la signature de Sherlock Holmes, l'essence de son mystère et la source de la fascination exercée par le célèbre détective sur tant de générations de lecteurs dans le monde entier. Réputé pour ses fabuleux pouvoirs d'observation, Joseph Bell éblouissait ses contemporains par l'apparente magie de ses déductions, qu'il s'agisse d'établir un diagnostic ou de résoudre les affaires criminelles qu'allaient lui confier plus tard ScotlandYard et la Couronne d'Angleterre. Fruit d'une recherche approfondie, cette biographie de référence relate avec brio l'existence de cet homme remarquable, salué par la communauté médicale et la ville tout entière pour son talent, son dévouement et ce don exceptionnel qu'il allait léguer à son illustre héritier de fiction. L'effervescence intellectuelle, politique et sociale d'Édimbourg au tournant du siècle fournit une riche toile de fond à ce tableau.

216.          LUCAS-DUBRETON (J.). Les Quatre Sergents de La Rochelle. Firmin-Didot, 1929, in-8°, 152 pp, 8 pl. de gravures hors texte, vignettes et culs-de-lampe de J.-J. Dufour, sources et biblio, broché, bon état (Coll. Histoires de France)

            25

Un des épisodes les plus fameux de l'histoire de la Restauration, narré avec soin et sincérité. (Raymond Guyot, Revue Historique, 1931)

217.          MABILLE de PONCHEVILLE (André). Thureau-Dangin. Maison de la Bonne Presse, 1943, in-12, 95 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes Figures chrétiennes)

            20

"L'auteur de ce petit livre a entendu Maurice Barrès, vers 1920, exprimer son admiration pour Thureau-Dangin et regretter que ses livres, pour la plupart épuisés, se trouvassent avec difficulté en librairie. Le public, disait-il, était privé, de la sorte, des enseignements du maître clairvoyant qui, désireux de restaurer en France la civilisation chrétienne, écrivait, dès avant 1870 : « L'histoire précède et guide la politique. » Remettre en circulation les idées chères à l'historien de "La Monarchie de Juillet" et de "La Renaissance catholique en Angleterre", idées plus que jamais vitales, alors qu'il s'agit de reconstruire l'édifice national sur des bases solides, donner un aperçu sommaire de son oeuvre, et prolonger ainsi, après sa mort, la bienfaisante influence exercée par lui au cours d'une longue existence, tel fut notre dessein." (Avant-propos)

218.          MALRAUX (Clara). Rahel, ma grande sœur... Un salon littéraire à Berlin au temps du Romantisme. Ramsay, 1980, in-8°, 170 pp, broché, couv. illustrée, bon état, bande éditeur conservée

            20

Rahel Varnhagen von Ense, née Rahel Levin, est une écrivaine allemande de l'époque du romantisme, née le 19 mai 1771 et décédée le 7 mars 1833 à Berlin. À l’aube du romantisme, Rahel assiste à la naissance du nationalisme allemand et participe à son renouveau culturel. Elle tient un salon littéraire à Berlin et connaît, reçoit ou rencontre Goethe, Hegel, Louis-Ferdinand de Prusse, Beethoven et Heine, qu’elle influence. Déjà, elle plaide pour la liberté et l’égalité des femmes et en « héroïne » romantique, aime jusqu’au délire avant de rencontrer celui qui l’acceptera totalement : Auguste Varnhagen. Avec lui, elle voyage en France, en Hollande... À travers la vie de Rahel Levin qu’elle dépeint avec passion et talent, c’est aussi d’elle et de notre époque que nous parle Clara Malraux. — "Le titre donne déjà le ton de l'œuvre, soulignant le rapport privilégié de l'auteur avec son personnage mais aussi la singularité d'une approche dont l'auteur ne cache pas les tendances « exhibitionnistes » (p. 76). En s'attachant à faire revivre la figure de Rahel Levin-Varnhagen (1771-1833), Clara Malraux s'avoue tout d'abord fascinée par l'évident sentiment d'identité intérieure que peut avoir cette femme dans un milieu qui lui est à bien des égards hostile. Mais, comme par ses origines, sa condition de femme et sa volonté d'être sans cesse en prise sur son temps, l'auteur n'a de cesse de s'identifier à son personnage, ce livre qui au départ se voulait un « livre de complicité » (p. 11) devient au fil des pages un livre-prétexte où les « Revenons à Rahel » jalonnent une réflexion sur soi-même. Certes, nous apprenons sur Rahel, Berlin, les milieux juifs et intellectuels du début du XlXe siècle nombre de détails intéressants : évolution de la condition juive et, parallèlement, de celle des femmes, rapports neufs du social et du politique, élaboration d'une sociabilité nouvelle etc., mais le tout reste dominé par un souci permanent d'identification qui étouffe jusqu'à la superbe évidence à soi qui caractérise Rahel (« Toute ma vie je me suis prise pour Rahel et rien d'autre », cité p. 12). Certes cette identification a l'avantage de souligner l'actualité de certains problèmes, l'ampleur de certains changements dans les mentalités comme dans les mœurs, mais elle présente aussi l'inconvénient de pousser parfois jusqu'à l'absurde l'éclairage modernisant braqué sur le personnage. De plus, elle finit par isoler Rahel de cette période de transition – temps de la Philosophie des Lumières, temps de la Révolution française – qui constitue le véritable terreau du Romantisme allemand. C'est finalement à une analyse à rebours des mouvements littéraires du début du XIXe siècle qu'aboutit cette approche singulière. (...) Dans ce livre écrit avec passion et partialité, il est un point cependant où la volonté identificatrice de l'auteur fait merveille, c'est la description de la nouvelle sociabilité, l'analyse des nouveaux rapports amoureux. Là, le regard, le langage, l'écriture du XXe siècle finissant permettent de saisir un phénomène de société en pleine mutation : inversion des rôles, bouleversement des rapports homme- femme, importance de contacts sociaux si bien décrits et mis en pratique par Rahel («J'ai fait du talent de vivre ma principale étude »), valeur enfin reconnue du témoignage au féminin que sont le salon, la correspondance et le journal intime. Bref, du titre à l'index des noms cités, Rahel, ma grande sœur... reste un livre subjectif, attachant par les deux figures qui l'animent, l'auteur et son personnage." (Marie-Claire Hoock-Demarle, Romantisme, 1982)

219.          MANDAT-GRANCEY (Baron E. de). Le Clergé français et le Concordat. Perrin, 1906, in-12, viii-323 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, pièce de titre basane noire, filet à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            60

"Ce volume a paru en articles dans « l'Action française ». L'auteur y déploie sa verve et sa hardiesse bien connues. Les évêques, les congrégations, la cour de Rome y reçoivent, chacun à leur tour, de bons coups de verge pour les fautes passées et des conseils catégoriques pour éviter à l'avenir toutes les maladresses. Naturellement, M. de Mandat-Grancey est de ceux qui espèrent que la loi de séparation sera votée. Il a deux grandes raisons de souhaiter le nouveau régime : 1) la liberté d'élire de bons évêques entraînera vite la conquête de toutes les autres libertés nécessaires à l'Eglise ; 2) le contrôle rigoureux des laïques sur les finances des paroisses et des diocèses va faire rendre à l'argent sottement gaspillé par les prêtres cent pour cent en oeuvres intelligentes et solides. Quoi qu'il en soit de ces prophéties, le livre contient quelques médisances déplacées qui peuvent être utiles à ceux qui en sont victimes." (Paul Dudon, Etudes, 1905)

220.          MAUROIS (André). Edouard VII et son temps. Flammarion, 1949, in-8°, 286 pp, 8 pl. de photos hors texte, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Une bonne étude de l'Angleterre de l'époque d'Edward VII (1841-1910), en particulier sous ses aspects diplomatiques (l'Entente Cordiale), plutôt qu'une biographie du souverain, par le plus anglais des écrivains français.

221.          MOHRT (Michel). Les Intellectuels devant la défaite de 1870. P., Editions Corrêa, 1942, in-12, 197 pp, broché, bon état

            25

"Comment les intellectuels français réagirent-ils devant le désastre de 1870 ? Qu'on t-ils pensé ? Qu'ont-ils espéré ? A quelles causes ont-ils attribué nos malheurs ? Et quels remèdes ont-ils proposés ? Telles sont les préoccupations qui ont guidé M. Michel Mohrt dans son enquête. Bien qu'il use du terme général d'intellectuels, M. Michel Mohrt distingue pratiquement entre des écrivains artistes comme Flaubert et George Sand et même Michelet et des intellectuels purs penseurs ou doctrinaires comme Prévost-Paradol, About, Sarcey, Taine, Paul de Saint-Victor, Renan, Veuillot, Gobineau, Gasparin. C'est dans cette distinction que réside une certaine contradiction, notée d'emblée, par rapport à son souci de s'intéresser aux seuls mouvements spontanés de la sensibilité. Car si les uns ont réagi avec leur sensibilité, les autres ont raccroché leur position à un système..." (Luc Estang, La Croix, 13 mars 1943)

222.          [MUSSET-PATHAY, Victor-Donatien de Musset, dit]. 1828. Nouveaux mémoires secrets, pour servir à l'histoire de notre temps. P., Brissot-Thivars, 1829, in-8°, 457 pp, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs guillochés, couv. et dos conservés, bon état. Bel exemplaire

            120

Par l'écrivain et haut fonctionnaire Victor-Donatien de Musset-Pathay, ou Victor de Musset (1768-1832), le père de Paul et d'Alfred de Musset. — "Historien et hommes de lettres, Musset-Pathay se serait servi des souvenirs inédits du député de Cayrol pour écrire cette chronique de l'année 1828, qui ne constitue pas à proprement parler de véritables mémoires." (Bertier, 760).

223.          NAPOLÉON III. Oeuvres posthumes et autographes inédits de Napoléon III en exil, recueillis et coordonnés par le comte de La Chapelle, collaborateur des derniers travaux de l'empereur à Chislehurst. Histoire et plan de la campagne de 1870. Principes politiques. Travaux scientifiques. Manuscrits. Lettres autographiées. Annotations de la main de S. M. l'Empereur. P., E. Lachaud, 1873, gr. in-8°, viii-276 pp, une photographie originale de Napoléon III en vignette contrecollée sur le frontispice, et 11 planches hors texte de fac-similés de manuscrits et d'autographes, reliure demi-chagrin brun foncé, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons napoléoniens dorés, filet à froid sur les plats, couv. conservées (rel. de l'époque), dos frotté, lég. abîmé et uniformément passé, qqs soulignures et annotations marginales au crayon et à la plume, état correct

            80

"Ne prenant conseil que de ma conscience, anxieux de remplir un devoir, je viens publier les principaux ouvrages de l'Empereur en exil ; mon but est de démontrer par preuves authenthiques que les calomniateurs de Napoléon III ont à plaisir dénaturé la vérité en tout et sur tout, et que l'Empereur n'aurait eu qu'à parler pour repousser victorieusement les attaques auxquelles il était en butte. En coordonnant divers documents qui m'ont été remis par l'Empereur avec mission de les faire paraître un jour, j'ai dû faire le choix de ceux qui étaient destinés à une publication immédiate ; mais à l'examen de chaque nouvelle pièce je me suis demandé : L'Empereur aurait-il trouvé le moment opportun pour la rendre publique ? et chaque fois que j'ai trouvé la négative, ou qu'il y a eu du doute, je me suis abstenu. Il en a été de même pour bien des conversations importantes, pour nombre de notes et appréciations dont le secret ne m'appartient pas et qui ne seraient appelées à voir le jour qu'au cas où il deviendrait nécessaire de faire connaître les culpabilités et de prouver la duplicité dont l'Empereur fut victime. Cet ouvrage ne contient donc aucune de ces révélations, mais il renferme des faits importants pour l'histoire de France, et des manuscrits d'une grande valeur, puisqu'ils émanent directement de l'Empereur Napoléon III. J'ai divisé mon recueil en deux parties. Je reproduis dans la première une brochure politique et des annotations sur certains événements de la dernière guerre; dans la seconde je donne en entier le livre inédit de l'Empereur sur l'état militaire de la France et le plan, jusqu'ici inconnu, de la campagne de 1870. Cinquante-cinq lettres ou annotations de la main de l'Empereur, autographiées avec soin sur les originaux en ma possession, sont insérées dans cet ouvrage comme preuves à l'appui de l'authenticité des manuscrits qui m'ont été remis par sa Majesté Napoléon III. Enfin j'esquisse en quelques lignes les principaux incidents de la vie à Chislehurst de l'illustre Souverain dont les aspirations, dont les actes eurent toujours pour mobile, en exil comme sur le trône, le bonheur et la grandeur de la France." (Avant-propos, Cte Alfred de La Chapelle, Londres, avril 1873)

224.          PONSOT (Pierre). Les Grèves de 1870 et la Commune de 1871 au Creusot. Editions Sociales, 1957, in-12, 86 pp, une gravure de la grève du Creusot en frontispice, un plan, sources, broché, bon état

            20

"Dans l'étude de P. Ponsot c'est le Creusot de la fin du Second Empire et son patronat type, le patronat Schneider, qui sont analysés. En 1870, des grèves éclatent qui se terminent par des défaites ouvrières mais, pour la première fois dans cette région, les travailleurs d'usine prennent conscience de leur existence en tant que classe et « ce qui reste le plus important peut-être de la grève, c'est une puissante Section de l'Internationale ». L'année suivante, la confiance en leur destin sera suffisante pour que les ouvriers se lancent « à l'assaut du ciel » en instaurant la Commune." (J. Maitron, L'Actualité de l'histoire, 1958) — "Cette courte monographie doit être rapprochée des analyses marxistes sur les mouvements communalistes de 1871. Certes elle est marquée par l'optique de son auteur ; mais elle est vivement menée et toujours intéressante." (Revue française de science politique, 1958)

225.          RECOULY (Raymond). Louis-Philippe, roi des Français. Le chemin vers le trône. Editions de France, 1930, pt in-8°, iv-434 pp, 2 cartes et une planche double de fac-similés hors texte, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs filetés, titres et fleurons dorés, couv. conservées, bon état

            40

Seul volume paru. — "M. Recouly nous rappelle d'abord que la biographie de Louis-Philippe n'a pas encore été écrite dans son détail. C'est l'œuvre qu'il entreprend et qu'il mène, dans ce premier volume, jusqu'à 1830, jusqu'au trône. « Avec ses hauts et ses bas, ses grandeurs et ses misères, ajoute-t-il, ses longues années d'exil, ses voyages à travers les deux continents, le roman de son mariage, le mélange savamment dosé d'opposition frondeuse et de loyalisme envers le souverain légitime, cette existence est une des plus curieuses qui soient, pour ne rien dire de son règne, une des périodes les plus heureuses à courp sûr de notre histoire. » «La plus heureuse », reste au contraire à prouver : la monarchie de Juillet inaugure cette ère de la prépondérance de la banque dans le gouvernement, de l'usine dans le monde social, de la baisse des salaires, du chômage et de la disette, pour finir. Bizarre bonheur ! Nous sommes curieux de savoir ce que l'auteur nous montrera dans les volumes qui suivront. Pour celui-ci s'il n'éclaire pas beaucoup les rapports avec la franc-maçonnerie, par contre il insiste sur l'âpreté proverbiale du roi-bourgeois et va jusqu'à intituler le chapitre : ça, de l'argent ! ça, de l'argent ! Par contre aussi toute la fin du livre se passionne pour l'attitude « double » du possible successeur. « Il y a dans son caractère quelque chose d'un peu tortueux. Il ne suit pas volontiers la ligne droite, préférant les zigzags et les détours »... Le sujet a donc éveillé chez l'auteur un très réel intérêt qui nous promet l'impartialité. Enfin il a donné une excellente bibliographie, chapitre par chapitre, ce qui n'est pas non plus à dédaigner." (Alphonse-Marius Gossez, Revue d'Histoire du XIXe siècle-1848, 1931)

226.          RUBICHON (M.). De l'Angleterre. Nouvelle édition. P., Imprimerie de Lefebvre, chez les Marchands de Nouveautés, 1815, in-8°, viii-579 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés (reliure vers 1870), bon état. Bel exemplaire

            150

Ce livre était initialement paru à Londres en 1811 et avait valu de sérieux problèmes à son auteur, l'économiste grenoblois Maurice Rubichon (1766-1849). Il y critique la constitution anglaise, le fonctionnement parlementaire et celui de la justice. Profondément royaliste et hostile à la démocratie, Rubichon s'était fait l'avocat de l'Ancien Régime et de son modèle économique. Le chapitre consacré aux colonies (pp. 501-548) évoque notamment les bienfaits de l'esclavage. Un ouvrage néanmoins important, car l'on y trouve la première critique de l'industrialisation et des manufactures anglaises, certes écrite d'un point de vue traditionaliste au sens bonaldien (l'auteur faisait d'ailleurs partie de l'entourage du comte d'Artois et suivit Charles X dans l'exil), mais dont la perception est sensiblement plus aiguë que celles des contemporains. Rubichon publiera un second volume en 1819. — "Ce sont d'excentriques thèses pour ce temps du XIXe siècle ; mais, quoi qu'il en soit, on trouve dans ces livres des documents plein d'intérêt, raisonnés avec clarté et sagacité, et la théorie du passé soutenue avec une profonde conviction et un vigoureux talent." (Joseph Garnier, in Coquelin et Guillaumin, Dictionnaire de l'Economie Politique, 1873)

227.          SAINT-RENÉ TAILLANDIER (René Gaspard Ernest Taillandier, dit). Dix ans de l'histoire d'Allemagne. Origine du nouvel empire, d'après la correspondance de Frédéric-Guillaume IV et du baron de Bunsen, 1847-1857. P., Didier et Cie, 1875, in-8°, xx-438 pp, reliure plein chagrin carmin, dos à 4 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés, encadrements à froid sur les plats, fer doré de l'Académie de Paris au 1er plat, tranches dorées, signet (rel. de l'époque), bel exemplaire

            120

"Dans le livre qu'il publie aujourd'hui, M. Saint-René Taillandier s'occupe de l'Allemagne à un point de vue rétrospectif, en prenant pour base de son étude la correspondance du roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV avec le baron de Bunsen, son ambassadeur à Londres. Ces lettres sont des plus intéressantes pour nous par les révélations qu'elles nous apportent et par le jour qu'elles jettent sur bien des parties obscures des derniers événements. Le baron de Bunsen a marqué sa place au premier rang comme historien et comme théologien. Disciple et collaborateur de Niebuhr, il a écrit une philosophie de l'histoire que les Allemands n'ont pas craint de comparer à la fois aux Pensées de Pascal et au Cosmos d'Alexandre de Humboldt. Son grand ouvrage sur la Bible est un monument de science et de foi qui semble défier les assauts de la critique exégétique moderne. Lié d'amitié avec Frédéric-Guillaume IV, il avait été, en face de Stahl et des conseillers absolutistes du souverain, un conseiller ardemment libéral. Ambassadeur de Prusse à Londres, il avait toujours soutenu les causes auxquelles s'intéressaient les puissances occidentales de l'Europe. Mais ce que l'on ignorait, c'est que cet esprit si mesuré avait servi avec une passion impétueuse le dessein de livrer l'Allemagne aux Hohenzollern, c'est que cet esprit si libéral avait gardé contre la France les haines et les rancunes de 1813. Quant au roi Frédéric-Guillaume, sa correspondance avec son ambassadeur modifie singulièrement l'idée qu'on se faisait généralement de ce monarque. C'était bien toujours l'artiste, le savant, le piétiste fanatique, mais il n'avait garde de se perdre dans ses rêves. Cet esprit irrésolu et chimérique appréciait très nettement les choses réelles. La révolution de 1848, qui l'a si fort tourmenté, ne l'a point surpris. Sur ce point et sur d'autres, ses lettres nous fournissent des preuves d'une clairvoyance singulière. Quant à l'unité germanique, il l'appréciait à sa manière aussi vivement que personne, n'ayant de scrupules qu'au sujet des voies et moyens. Cette correspondance embrasse les sujets les plus divers ; nous remarquons entre autres choses : la question du Sanderbund et des cantons radicaux de la Suisse en 1847, affaire qui passionna si vivement le roi de Prusse comme prince de Neuchâtel ; le parlement de Francfort et la constitution d'un empire allemand offert à la Prusse par la démocratie germanique ; les humiliations de la Prusse en 1850 et l'avénement de l'empereur Napoléon III qui provoqua à la cour du roi une immense explosion de colère. C'est à cette occasion que Frédéric-Guillaume rêva d'une quadruple alliance contre la France. Il offrit un contingent de 100,000 hommes, au moment même où le gouvernement anglais reconnaissait le nouvel empire. Citons encore la guerre de Crimée, l'abstention de la Prusse et la démission de Bunsen qui eût voulu soutenir comme ambassadeur à Londres une politique tout opposée à celle du roi. On sait qu'atteint d'un affaiblissement mental, le roi de Prusse fut obligé de laisser l'administration à son frère, le prince Frédéric-Guillaume, qui règne actuellement. Il mourut le 2 janvier 1861, peu de temps après son ami de Bunsen. Ce dernier avait passé les dernières années de sa vie, en partie, à Cannes et à Paris. Ce séjour en France avait contribué à rectifier ses idées et à calmer ses passions. Il ne maudissait plus notre pays, parce qu'il le connaissait mieux. Il avait eu l'occasion de voir quelques-uns des hommes qui forment l'élite de la société française, il savait enfin rendre hommage aux grandes qualités de notre esprit après les avoir niées ou dépréciées. « On sent, écrivait-il, quelque chose se dégager et dans la langue et dans l'esprit, quand on s'entretient avec des hommes tels que Mignet, Villemain, Cousin, Laboulaye, Saisset, Parieu, Michel Chevalier, etc. » (E. de L.) — "A peine reçu docteur ès lettres, en 1843, M. Saint-René Taillandier fut appelé comme professeur titulaire de littérature française à la Faculté des lettres de Montpellier Cette même année, il fit ses débuts à la Revue des Deux Mondes, dont il devint bientôt un des collaborateurs les plus féconds et les plus solides. Que de travaux remarquables n'a-t-il point publiés dans ce recueil littéraire ! Si l'on rassemblait tous les articles dont il l'a enrichi, on en formerait de nombreux volumes. Il nous suffira de rappeler les livres suivants : Allemagne et Russie, Bohême et Hongrie, Dix ans de l'Histoire d'Allemagne, Histoire et Philosophie religieuse, Écrivains et Poètes modernes, la Serbie, Drames et romans de la vie littéraire, Maurice de Saxe, la Comtesse d Albany, Mémoires du comte de Ségur, le Roi Léopold et la Reine Victoria, et nous en omettons. M. Saint René Taillandier occupait à l'Institut le douzième fauteuil et pour ceux qui l'ignorent ce fauteuil est celui de Voltaire..." (Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, 1879)

228.          STERN (Daniel)(Madame d'Agoult). Histoire de la Révolution de 1848. Deuxième édition revue par l'auteur. P., Charpentier, 1862, 2 vol. in-12, xvi-522 et 602 pp, documents historiques (pp. 553-600 du tome 2), reliures demi-basane fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison chagrin fauve et basane noire (rel. de l'époque), dos lég. frottés, bon état. Rare

            150

Deuxième édition revue, complète en 2 volumes. — Les documents historiques reproduits sont la proclamation de Cabet aux communistes icariens, la liste des clubs, la liste des journaux, la liste des députations reçues par le Gouvernement provisoire, la déclaration des droits de la femme par Olympe de Gouges, un extrait d'une lettre de Louis Blanc, la proclamation du gouvernement provisoire, le serment d'Abd-el-Kader, la lettre où le général Cavaignac refuse sa nomination au ministère de la guerre, la pétition des ouvriers, la liste des candidats du peuple, les suffrages obtenus par les candidats à l'Assemblée nationale élus dans le département de la Seine, le résumé du recensement des ouvriers des ateliers nationaux au 10 mai, l'état des principales arrestations politiques du 15 mai au 22 juin, le projet de proclamation présenté par V. Considérant, la proclamation du général Cavaignac aux insurgés le 24 juin, etc. — Ecrit par Marie de Flavigny, comtesse d'Agoult (1805-1876), sous le pseudonyme de Daniel Stern. L'édition originale est parue en trois volumes de 1850 à 1853. L'auteur, actrice et témoin des événements révolutionnaires, a su composer une histoire remarquable par son impartialité et sa précision, de loin la meilleure qui ait été écrite sur ce sujet encore peu exploré plus d'un siècle et demi après.

229.          VEUILLOT (Louis). Ça et là. P., Gaume Frères et J. Duprey, 1860, 2 vol. in-12, 513 et 527 pp, mention de troisième édition, reliures demi-chagrin-vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), manque la page de titre du tome I, bon état

            50

Par Louis Veuillot (1813-1883), journaliste, directeur du journal “L'Univers”, qui fut l'un des grands polémistes du parti catholique dans la seconde moitié du XIXe siècle. — "Ce livre est bien nommé. C'est une promenade, quelquefois un voyage. C'est une conversation, quelquefois un drame. C'est mieux que tout cela : c'est un pèlerinage. Libres penseurs, si ce mot de pèlerinage ne vous convient pas, j'en demande pardon, non pas à vous, mais à Dieu pour vous. M. Louis Veuillot n'écrit pas pour vous plaire : ce n'est pas là son idée. Il écrit pour vous arracher vos victimes, pour vous arracher à vous-mêmes. Il faudrait, pour vous plaire, commencer par vous ressembler un peu : c'est un inconvénient qu'il désire éviter à tout prix. Il se donne pour ce qu'il est et vous donne pour ce que vous êtes. Dans sa conviction intime et arrêtée, vous êtes, pour la plupart, dépourvus de toute science et de tout esprit. Cette opinion, ce n'est pas lui qui l'a faite, c'est vous ! Si donc il vous rencontre “ça et là”, au détour de sa route, au milieu d'un paysage radieux et fleuri, le contraste que forme, si j'ose le dire, avec les splendeurs et les parfums de la nature, votre silhouette grimaçante et grise, ce contraste, messieurs, lui fait éprouver une défaillance que vous comprendriez, je le présume, si sous étiez à notre place. Cette défaillance vigoureuse de l'âme indignée se traduit par ce cri de colère, par ce cri d'armes qui s'appelle la polémique... (...) Le livre de M. Louis Veuillot n'est pas un livre académique. M. Louis Veuillot parle avec cette franchise d'expression qui traduit la franchise de la pensée. On ne le voit pas recourir à des réticences pour demander humblement la permission de ne rien dire. Il dit quelque chose : c'est une grande audace par le temps qui court." (Georges Seigneur, Le Croisé, 17 décembre 1859)

230.          WORMSER (Georges). La République de Clemenceau. PUF, 1961, in-8°, 522 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Ce livre n'est pas une biographie de plus. Le titre le dit bien. En fait, à part quelques remarques qui expliquent l'influence du père de Clemenceau et quelques pages sur ses amis, l'auteur a entièrement écarte la vie privée de son héros. II ne donne pas non plus un tableau d'ensemble de l'évolution de la République française parallèlement à l'existence de Clemenceau. II aurait fallu refaire pour cela presque toute l'histoire de la Troisième République, puisqu'il entre dans la vie publique en 1870 et vit jusqu'en 1929. Parlant de la République telle que la concevait Clemenceau, le biographe s'attache à montrer comment les idées ont guidé l'action du militant et de l'homme d'Etat. Sa doctrine politique n'a rien d'original, sinon la conviction absolue et la passion avec lesquels il la défend, c'est-à-dire le tempérament même de l'homme. La foi républicaine s'exprime tout entière dans un programme électoral de 1876 : «Le but, c'est l'accomplissement de la grande rénovation de 1789, abandonnée par la bourgeoisie française, la réalisation de la République dans l'ordre politique comme dans l'ordre social, par la substitution d'institutions républicaines aux institutions monarchiques» (p. 59). Et les réformes en découlent naturellement, parmi lesquelles la liberté de presse et d'association, l'instruction primaire, laïque, gratuite et obligatoire, la séparation des Eglises et de l'Etat, le service militaire égal pour tous. Sous la fidélité au credo républicain, on ne peut s'empêcher de discerner une certaine dichotomie dans le caractère de Clemenceau. Antibourgeois et individualiste au point d'avoir été souvent tenu pour anarchiste ou aristocrate, il ne s'affirme pas moins en toutes circonstances résolument légaliste. Voilà un trait qui le lie à la classe qu'il méprise. En dépit de sa liberté intellectuelle, en dépit de l'influence de Blanqui, il reste un homme d'ordre. «Son socialisme de coeur va peu à peu s'effacer devant un certain autoritarisme de raison», selon l'excellente formule de M. Wormser. Le même homme, qui envoie la troupe contre les grévistes et qui refuse aux fonctionnaires le droit de se syndiquer, ne cesse de proclamer sa sympathie pour la classe ouvrière et fait voter en 1919 la loi instituant la journée de huit heures. Au fond, il est beaucoup moins positiviste et héritier de la Révolution qu'il ne le croit – et son biographe avec lui. Sa conception de la democratie reste foncièrement idéaliste. II admire en elle ce que les marxistes dénoncent sous le nom de démocratie formelle. Apres avoir fait la synthèse de la pensée de Clemenceau, M. Wormser retrace sa carrière de la mairie de Montmartre, à la veille de la Commune, jusqu'à la retraite amère qui suit la victoire. Tranchant le plus souvent en faveur du Tigre, il expose cependant avec objectivité et en détail tous les cas où son action a été discutée ou mal comprise : le scandale de Panama, l'affaire Dreyfus, la politique coloniale, les deux présidences du Conseil. Son ouvrage contient en annexes plusieurs documents inédits qui éclairent des étapes importantes de la vie de Clemenceau, ainsi que d'utiles précisions bibliographiques sur son oeuvre littéraire et journalistique. II est illustré de quelques photographies fort bien choisies et fort bien reproduites. Comme chef de cabinet et ami de Clemenceau, l'auteur a noté des conversations et il a pu consulter des papiers privés. L'admiration légitime qu'il éprouve pour son ancien patron l'a conduit quelquefois à exagérer ses mérites. II y a des traces de rhétorique dans ce livre chaleureux, mais parfois un rien prolixe. Mais, par la valeur et l'abondance de sa documentation, par le sérieux de ses sources, M. Wormser a constitué un dossier indispensable aux futurs historiens de la Troisième Republique." (Gustave Moeckli, Revue suisse d'histoire, 1961) — Par Georges Marcel Wormser (1888-1978), ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres. Officier, il est deux fois blessé au front durant la Première Guerre mondiale. Il est membre du cabinet de Georges Clemenceau quand ce dernier est pour la seconde fois président du Conseil en novembre 1917 puis son chef de cabinet de décembre 1918 à février 1920. Il est aussi secrétaire de la délégation française lors des négociations du traité de Versailles. À la mort de Clemenceau dont il a été un des plus proches collaborateurs et dont il a toujours défendu la mémoire, il fonde la société des amis de Georges Clemenceau dont il devient le président. Il est chef de cabinet de Georges Mandel quand il est ministre des PTT de novembre 1934 à juin 1936. En 1936, il fonde la Banque d'Escompte qui deviendra plus tard la Banque Wormser Frères. En 1961, il publie son ouvrage le plus célèbre La république de Clemenceau pour lequel il reçoit les félicitations du général de Gaulle : « Il n'est pas de meilleur moyen de servir sa mémoire que de faire connaître sa vie, son action, sa passion...

20e SIÈCLE

 

231.          BÉRAUD (Henri). Qu'as-tu fais de ta jeunesse ? Editions de France, 1941, in-12, 231 pp, broché, bon état

            25

Première édition sur papier courant de ce deuxième volume de souvenirs de l’auteur, après “La Gerbe d’or” (1928) et avant “Les Derniers beaux jours” (1953). — "Béraud, en novembre 1933, est journaliste et écrivain, rien de plus. Homme de lettres somme toute assez célèbre, il a derrière lui une quinzaine d'ouvrages, romans pour la plupart, qui se vendent bien en librairie, surtout depuis qu'en 1922 le prix Goncourt lui a été attribué pour “Le vitriol de lune” et “Le martyre de l'obèse”, tous deux parus chez Albin Michel, en 1921 et 1922 respectivement. Novembre 1933, c'est justement la date d'impression de son dernier ouvrage de fiction, “Ciel de suie”, aux Éditions de France. Ensuite, plus rien. Béraud disparaît du monde des lettres jusqu'en avril 1941, moment où il achève son deuxième tome de Mémoires : “Qu 'as- tu fait de ta jeunesse ?”..." (Frédéric Monier,“ Les obsessions d'Henri Béraud”, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1993)

232.          BIGARD (Louis). Dans les affaires maritimes. Après 1918. Largentière (Ardèche), Editions Humbert et Fils, s.d. (1954), gr. in-8°, ix-143 pp, préface de René Moreux [Un grand maritime : Louis Bigard, 1876-1953], 16 pl. de photos, portraits et fac-similés hors texte, broché, bon état

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Second volume des souvenirs de Louis Bigard (1876-1953), grand agent maritime de réputation européenne : chapitres sur la crise mondiale après la guerre de 1914-1918, avec le ministère de la Marine marchande à Nantes en 1940, l'odyssée de l'Amiral-Gueydon et le commandant Araud, le transport des vins algériens, la flotte pétrolière, les premiers bananiers français, la pêche à la morue, les phosphates nord-africains, à Compiègne (décembre 1941), profils et silhouettes, etc.

233.          BONNET (Marie-Jo). Mon MLF. Albin Michel, 2018, in-8°, 411 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le MLF a changé ma vie. Oui, nous autres filles du MLF avons changé le monde et l'aventure n'a été ni austère ni ennuyeuse. On se devait d'être drôles, impertinentes, imaginatives, radicales, les slogans fusaient comme des feux d'artifice : "Une femme sans homme, c'est comme un poisson sans bicyclette", "il y a plus inconnu que le soldat inconnu, sa femme !" Des Gouines Rouges à la Spirale, en passant par le groupe d'études féministes de l'université Paris VII et bien d'autres collectifs fondés dans le feu de l'action, j'ai participé aux grands combats de toute une génération. La liberté des femmes est une conquête récente, on est prié de s'en souvenir et de la défendre. Avis aux jeunes générations !" (Marie-Jo Bonnet) — Epopée d'une génération et d'une époque, ce livre raconte, de l'intérieur, et pour la première fois, la naissance, les espoirs, les combats du MLF, à travers le regard de l'une de ses activistes les plus célèbres, Marie-Jo Bonnet, auteure notamment de “Simone de Beauvoir et les femmes”.

234.          BROUÉ (Pierre). Le Parti bolchevique. Histoire du P.C. de l'URSS. Editions de Minuit, 1977, fort in-8°, 652 pp, nouvelle édition augmentée, 64 portraits sur 4 pl. hors texte, chronologie, notices biographiques, biblio, index des noms cités, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Arguments)

            35

"Somme classique de l'historien trotskyste Pierre Broué décrivant l'élimination de la génération de Lénine par les staliniens et le retour au pouvoir de traditions séculaires, qui font du PCUS un parti n'ayant plus rien à voir avec le parti révolutionnaire de 1917." (Vignes, 434)

235.          CARRÈRE (Jean) et Georges BOURGIN. Manuel des Partis politiques en France. P., Rieder, 1924, in-12, 282 pp, notes, broché, couv. défraîchie, dos abîmé recollé, état correct

            20

"Cet essai de classification de nos groupes politiques parlementaires et extra-parlementaires est de tout point notable. Il devra faire partie de la bibliothèque de toute personne désireuse de connaître l'aspect moderne de la France qui regarde vers demain. Non que ce tableau soit sans lacune. Il y manque divers groupements – il s'en forme tant et leur vie est parfois assez éphémère ! Les "jeunes équipes" naissent avec une spontanéité de champignons... Mais, tel quel, répétons-le, cet ouvrage rendra de bons services et orientera les curieux du dehors dans le dédale de nos partis et de nos utopies de réformes sociales." (Camille Pitollet, Books Abroad, 1928)

236.          CLÉRAMBAULT (Gaëtan Gatian de). Passion érotique des étoffes chez la femme. Les Empêcheurs de penser en rond, 1991, in-8° étroit, 142 pp, préface et postface par Yves Edel, biblio, biographie de Gaëtan Gatian de Clérambault, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Première édition en volume (avril 1991) de ce travail publié dans la “Revue des archives d'anthropologie criminelle” en 1908 et 1909

            15

Clérambault (1872-1934) est un psychiatre, ethnographe et photographe. Entré en tant qu'interne en médecine à l'infirmerie spéciale de la Préfecture de police de Paris en mars 1902, il est médecin adjoint en 1905, médecin en 1913 et enfin médecin-chef en mars 1920. Au service d'admission d'urgence des aliénés, il voit environ 2000 personnes par an. Il a notamment observé de nombreux cas d'érotomanie (psychose caractérisée par un délire passionnel également appelé syndrome de Clérambault), pathologie qu'il a décrite en détail. Il a également défini l'automatisme mental dont il a fait une description remarquable et il était en faveur d'une théorie mécaniciste des maladies mentales. Il a aussi étudié les intoxications par l'alcool, l'éther et le chloral. Entre 1928 et 1929, il est le supérieur de Jacques Lacan qui effectue alors son internat en psychiatrie. Clérambault portera un jugement sévère sur son élève mais Lacan lui gardera un profond respect. Il s'intéressait beaucoup aux draperies et enseignait le drapé à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Il était également passionné de photographie. On conserve de lui une grande quantité de photos qu'il avait prises au Maroc entre les années 1917 et 1920 et dont certaines se trouvent au Musée de l'Homme. Atteint de cataracte, il s'est suicidé à l'arme à feu dans son domicile de Malakoff assis dans un fauteuil, face à un grand miroir et entouré des mannequins de cire qui lui servaient pour ses études de drapé.

237.          DAN (Ben)(pseudonyme de Ben Porat et Uri Dan). L'espion qui venait d'Israël. L'Affaire Elie Cohen. Fayard, 1967, pt in-8°, 272 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Guerre secrète)

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Les Services Secrets d'Israël sont considérés par les connaisseurs comme étant parmi les meilleurs du monde. La guerre éclair de six jours en juin 1967 et la défaite que l'armée israélienne infligea à trois armées arabes en un temps record à prouvé aux yeux du monde entier l'efficacité des Services de Renseignements de l’État d'Israël. Mais, pour rester pleinement efficace, les Services Secrets israéliens s'entourent du plus grand mystère. C'est la raison pour laquelle, jusqu'à ce jour, certains épisodes de la guerre secrète qui depuis vingt ans se déroule au Moyen-Orient, n'ont pu être révélés au public. “L'espion qui venait d'Israël” qui raconte l'histoire de l'Agent Secret, Elie Cohen, alias Kamal Amin Taabes, pendu en 1965, après avoir vécu pendant trois ans, à Damas, choyé par les dirigeants syriens, fait exception à cette règle. Pour la première fois, deux journalistes israéliens dévoilent le chapitre le plus passionnant de la guerre secrète au Moyen-Orient. A travers cette histoire authentique qui livre les détails de l'Opération Elie Cohen, depuis le départ de l'Agent d'Israël, le détour qu'il fit par l'Argentine, puis son activité et son exécution à Damas, apparaissent les dessous des Services Secrets israéliens, ses méthodes modernes d'investigation et le caractère de ses agents et des ses chefs. Cohen, pendu en 1965 sur une place publique à Damas, repose encore en terre syrienne. Le Gouvernement israélien, qui a rendu à la Syrie en juillet 1967, quelques centaines de prisonniers de guerre, a demandé en échange, la dépouille mortelle de Cohen. Damas a refusé. Raison officieuse de ce refus : grâce aux renseignements fournis par Elie Cohen, Israël a pu vaincre la Syrie en quelques heures.

238.          DAN (Uri). Mossad, 50 ans de guerre secrète. Presses de la Cité, 1995, in-8°, 393 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Lorsque Israël aura ses prostituées et ses voleurs, ce sera alors une nation comme les autres," a dit un jour un homme d’État israélien. De ce point de vue, il y a beau temps que l’État juif a rejoint les rangs des grandes nations... Jamais pourtant il ne serait venu à l'esprit de cet homme politique d'ajouter : "Lorsque le Mossad aura ses transfuges, ses traîtres, ses querelles mesquines de grands chefs, alors Israël aura un service de renseignement comme les autres." Le Mossad – en français l'Institut – a été très longtemps considéré comme le service de renseignement et d'opérations spéciales le plus performant et le plus redouté au monde. Il n'est que de rappeler quelque-uns de ses exploits portés à la connaissance du grand public : la capture d'Eichmann en Argentine, la libération des otages de l'avion d'Air France à Entebbé ou, plus près de nous l'exécution de certains chefs de l'OLP près de Tunis. Ses agents, juifs ou non juifs, furent toujours recrutés selon un unique critère : leur passion pour la terre d'Israël et leur profonde conviction sioniste. Mais les temps ont changé, la jeune nation israélienne fêtera bientôt son cinquantenaire, et le pays est déjà à l'image des vieilles démocraties européennes. A travers les portraits des six grands patrons qui se sont succédé à la tête du Mossad, ce livre décrit les misères et les splendeurs d'un grand service de renseignement. Uri Dan y raconte dans le détail certaines opérations spéciales ignorées à ce jour, et les divergences qui l'ont opposé à ses chefs. Ce grand journaliste les a tous rencontrés. Il s'est lié d'amitié avec les uns, a eu maille à partir avec les autres à cause de ses articles. Il signe avec “Mossad, 50 ans de guerre secrète” un grand document d'investigation. Une histoire vraie qui se lit comme un extraordinaire roman d'espionnage.

239.          DE GAULLE (Charles). Lettres, Notes et Carnets. 1905-1958. Club français des Bibliophiles, 1982-1985, 10 vol. in-4°, 286, 286, 286, 279, 284, 286, 284, 286, 286 et 286 pp, très riche iconographie, photos, fac-similés, etc., reliures plein skivertex fauve de l'éditeur, dos lisses avec titres dorés, premiers plats enrichis d'une médaille gravée par Albert de Jaeger, rhodoïds, exemplaire numéroté, bon état

            250

"Dans ces Lettres, Notes et Carnets, on trouvera par ordre chronologique les lettres familiales ou officielles, les télégrammes personnels ou gouvernementaux, les travaux, minutes, directives, billets, récits et brouillons divers dont les copies ou les manuscrits sont restés en ma possession, ou que nous avons déjà remis aux Archives sous le nom de leur auteur, ou encore que d'autres détenteurs nous ont fait connaître. Beaucoup de ces pièces sont inédites, mais pour des raisons de nomenclature et de récollection, on a cru bon de reproduire aussi celles qui ont pu être plus ou moins régulièrement publiées ailleurs." (Philippe de Gaulle). — Comte tenu du poids de l'ensemble des volumes, des frais de port supplémentaires sont à prévoir en cas d'envoi.

240.          DÉON (Michel). L'Armée d'Algérie et la pacification. Plon, 1959, in-8°, 252 pp, broché, couv. lég. jaunie, bon état (Coll. Tribune Libre). Rare

            50

"L'auteur, souvent présenté comme un des espoirs de la littérature « dégagée », exprime ici sa conviction que l'œuvre de pacification de la France en Algérie doit et peut arrêter l'expansionisme soviétique, prolongé par l'expansionisme afro-asiatique. Après une présentation de la guerre révolutionnaire soutenue par un F.L.N. dominé par le communisme, sont exposées la théorie et la pratique (quelques bonnes pages dégagent les enseignements des « contre-maquis » de Kobus et de Bellounis) de la riposte française ; le dernier tiers du volume est composé d'intéressantes annexes documentaires." (Revue française de science politique, 1959)

241.          DOSSE (François). Pierre Nora, Homo historicus. Perrin, 2011, gr. in-8°, 657 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

De l'enfant juif traqué par la Gestapo jusqu'à l'académicien français, Pierre Nora a connu une extraordinaire trajectoire qui l'a propulsé sur le devant de la scène française et internationale. Universitaire, éditeur, écrivain, il a profondément marqué le paysage intellectuel, et même moral, des dernières décennies. Pilier de la maison Gallimard, il a inventé, avec des collections comme "Archives", "Témoins", la "Bibliothèque des sciences humaines" et la "Bibliothèque des histoires", une autre façon de concevoir et d'écrire l'histoire, l'anthropologie, la sociologie. "Les Lieux de mémoire", gigantesque chantier de sept volumes, sont passés dans le langage courant, et la revue Le Débat, qu'il a fondée et continue d'animer, est le creuset des idées nouvelles. On voit dans ce livre passer tous les personnages qui ont compté dans l'intelligentsia, mais on découvre aussi l'homme, son exceptionnelle famille, les drames de sa jeunesse, ses amitiés fortes et diverses, ses engagements courageux sous une apparence parfois mondaine, et cette figure de l'intellectuel passionnément attaché à la France et à la République. Pierre Nora est aujourd'hui une personnalité centrale du monde des idées.

242.          DUCLOS (Jacques). Mémoires. 1. Le Chemin que j'ai choisi, 1896-1934. De Verdun au Parti communiste. Fayard, 1968, in-8°, 432 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines). On joint le faire-part de décès de Jacques Duclos (25 avril 1975)

            25

"Les « mémoires de militants », s'ils apportent souvent une information inédite, sont souvent lourds et pesants. Ce n'est pas le cas des livres récents de Jacques Duclos et Charles Tillon. Les mémoires de Jacques Duclos – qui ne s'écartent en aucun point de l'interprétation officielle du Parti communiste français – apportent cependant un témoignage de premier ordre. Non seulement parce qu'elles sont l'expression d'une fidélité de presque cinquante ans, d'une longue vie militante jamais effleurée par le doute ; mais surtout parce qu'elles relatent un itinéraire vers le communisme, à la fois singulier et exemplaire. Dans cette relation réside à notre avis le meilleur de ces mémoires. L'auteur raconte dans le premier tome, avec un réel talent de conteur, d'un ton vif et non sans émotion, ses souvenirs d'enfance et de jeunesse. Ce faisant, il en a assurément éprouvé un grand plaisir. On lira particulièrement le récit que J. Duclos fait de son enfance de petit Pyrénéen à Louey, avec en arrière-plan l'évocation de cette France rurale (dans ce petit village où l'on parle l'occitan, c'est l'instituteur qui enseigne aux enfants le français) ; le récit de son apprentissage de pâtissier, de sa « montée » à Paris à l'âge de 16 ans. Ce récit est en même temps celui d'un cheminement somme toute classique vers le communisme : découverte de l'injustice sociale (il rêvait de devenir instituteur), influence d'un instituteur admirateur de la Révolution française, des premières lectures (notamment V. Hugo et Renan qui le détacha du catholicisme de son enfance), expérience vécue de la guerre (les pages consacrées à Verdun sont assez hallucinantes), découverte du socialisme, retentissement de la Révolution russe, adhésion au PCF naissant. Les pages que J. Duclos consacre à l'histoire des premières années du PCF sont également intéressantes ; non par la relation tout à fait orthodoxe des luttes intestines du nouveau Parti (les lignes consacrées à Souvarine et en règle générale à tous ceux que J. Duclos appelle les « renégats » rappellent fâcheusement une certaine historiographie), mais par la description que l'auteur nous donne de son « cursus » de militant, de son élévation dans la hiérarchie du Parti : secrétaire de section en 1921, candidat aux élections législatives de 1924, élève à l'Ecole centrale de Bobigny, candidat aux élections législatives de 1926 et battant la liste conduite par Paul Reynaud et H. de Kérillis, entré au Comité central, membre du bureau de l'Internationale pour les pays occidentaux à Berlin, délégué de l'Internationale en Espagne auprès du Parti communiste espagnol. C'est en même temps l'évocation du « climat » dans lequel se déroule, dans les années qui suivirent la bolchévisation, l'action des militants : virulence de la propagande antimilitariste qui conduit J. Duclos, gérant de la Caserne, à deux ans de prison, violence des réunions politiques (J. Duclos échappe de peu en 1931 à une tentative d'assassinat), apprentissage de la vie clandestine (entré dans la clandestinité en 1928, il n'en ressortira qu'au début 1933). Le livre se clôt sur le 6 février 1934 et la marche vers l'alliance des Partis de gauche, notamment sur l'ouverture en direction des radicaux à la veille du congrès d'octobre 1934 (l'auteur précise que ce geste de M. Thorez fut accompli malgré les réticences – à cette époque – de l'Internationale représentée en l'occurrence par Ercoli)." (Nicole Racine, Le Mouvement social, 1970) — "Premier volume d'une autobiographie qui entraînera son lecteur au travers de plus de trois-quarts de siècle de luttes politiques, “Le chemin que j'ai choisi” retrace les quarante premières années de vie privée et publique de son auteur. Ouvrier pâtissier, Jacques Duclos adhère au Parti socialiste en 1920. Au Congrès de Tours, il se range aux côtés de la majorité, au sein du nouveau Parti communiste français. Député de 1926 à 1932, il est aussi secrétaire et membre du Bureau politique de son parti à partir de 1931. L'ouvrage fourmille d'anecdotes amusantes et de portraits pittoresques : il n'en reste pas moins un livre « politique », qui explique, commente, discute et justifie le cheminement parfois laborieux grâce auquel un jeune parti inexpérimenté allait devenir un parti révolutionnaire de masse. En même temps, il laisse percevoir la mutation idéologique et psychologique qu'un tel phénomène nécessite de la part de ses militants." (Revue française de science politique, 1969)

243.          DUCLOS (Jacques). Mémoires. 2. Aux jours ensoleillés du Front populaire, 1935-1939. Fayard, 1969, in-8°, 462 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            20

"Le second tome couvre la période 1935-1939. Le récit de J. Duclos, devenu un des principaux dirigeants du PCF, se confond avec l'histoire du Parti dans le Front populaire. Témoin et acteur de premier plan de cette période, J. Duclos nous en donne une version qui n'apporte pas de révélations. Par souci d'exactitude, il cite de larges extraits de textes officiels de l'époque, articles de l'Humanité, des Cahiers du bolchévisme qui donnent au récit un ton d'exposé un peu monotone. Cependant, lorsque J. Duclos se laisse aller à raconter ses souvenirs, à parler de ses rencontres, on retrouve une touche plus personnelle. Citons le récit de la rencontre avec le leader socialiste Largo Caballero, auprès duquel il est envoyé par l'Internationale pour le gagner à l'idée d'un front populaire ; celui des rencontres hebdomadaires avec Léon Blum au moment du gouvernement de Front populaire. L'auteur sait d'ailleurs se retrancher, avec une feinte objectivité, derrière un texte défavorable lorsqu'il veut éviter de se prononcer (c'est ainsi que pour évoquer le rôle de Malraux en Espagne, il cite un commentaire du général Hidalgo de Cisneiros). Le livre se clôt sur l'automne 1939, date à laquelle recommence pour le PCF la clandestinité..." (Nicole Racine, Le Mouvement social, 1970)

244.          DUCLOS (Jacques). Mémoires. 3. Dans la bataille clandestine, 1940-1945. 1ère partie : 1940-1942. De la drôle de guerre à la ruée vers Stalingrad. Fayard, 1970, in-8°, 315 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines), envoi a.s.

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"Les mémoires de J. Duclos sont, sur la période 1940-1944, un témoignage important puisque l'auteur dirigea, avec B. Frachon, le Parti communiste pendant l'occupation. Cependant les historiens n'y trouveront pas toutes les réponses aux questions posées par cette période. Ainsi pour les années 1940-1941, J. D. dit avoir écrit ses mémoires en suivant de près “L'Humanité” clandestine dont il a été l'un des principaux rédacteurs, mais il passe sous silence la campagne alors menée contre la guerre impérialiste et la dénonciation de l'impérialisme anglo-français. Les faits avancés pour illustrer la démonstration (le Parti communiste a défendu l'intérêt national depuis le début) n'emportent pas la conviction dans la mesure où ils ne sont pas assortis des précisions désirables (ainsi des propositions transmises par Politzer à de Monzie pour défendre Paris) ; sur l'appel du 10 juillet 1940, des précisions intéressantes sont données (le texte a été corrigé au fur et à mesure de la composition clandestine). J. D. donne des renseignements utiles sur l'organisation clandestine du parti à la fin 1940 et sur la résistance communiste dès les premiers mois de 1941." (Revue française de science politique, 1972)

245.          DUCLOS (Jacques). Mémoires. 4. Sur la brèche, 1945-1952. Des débuts de la IVe République au « complot » des pigeons. Fayard, 1971, in-8°, 496 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. à rabats, état correct (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            20

"Le tome IV, qui couvre les débuts de la Quatrième République, retiendra l'attention pour trois faits : l'éviction des ministres communistes en mai 1947, la réunion constitutive du Kominform, les relations entre dirigeants du Parti communiste pendant la maladie de Maurice Thorez." (Revue française de science politique, 1972)

246.          DUTHOO (Eric). Un balcon sur le monde. Souvenirs de quarante années de montgolfière et de ballon à gaz. Editions de La Lettre Active, 2018, gr. in-8°, 323 pp, 85 illustrations et photos en noir et en couleurs dans le texte, glossaire, biblio, reliure illustrée de l'éditeur, bon état

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"La montgolfière a son historien. Il ne se voit pas ainsi mais pourtant, en racontant ses souvenirs de quarante ans de pratique de la montgolfière, E. Duthoo brosse le portrait d'une petite page d'histoire du ciel tourangeau et d'une grande page d'histoires d'aéronautes. Comme toujours en Touraine, le lecteur croise dans ce livre de grands noms : Malcom Forbes, Calder, Ménie Grégoire, Bertrand Picard, et même le prince de Ligne, et survole de magnifiques lieux. Nul n'était mieux placé que E. Duthoo pour tout raconter : il se trouve lui-même à l'origne de ce redécollage en Touraine. La passion de sa vie, avec l'art..." (Raphaël Chambriard)

247.          ERLANGER (Philippe). Clemenceau. Perrin, 1979, in-8°, 541 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, bande éditeur conservée, rhodoïd, bon état

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Aristocrate et anarchiste, despote et révolutionnaire, Georges Clemenceau fut généralement considéré comme une contradiction vivante. En fait, il fut toujours passionnément fidèle aux deux principes qui le guidèrent : le culte de la patrie poussé jusqu'au sublime, le culte de la République poussé jusqu'au fanatisme. Jamais il n'oublia l'intolérable blessure causée par la défaite de 1870, ni les leçons de son père, fervent de Robespierre et des "grands ancêtres" de la Convention. Pendant un demi-siècle, Clemenceau exerça une influence considérable sur la vie politique française et sur le destin du monde ; il combattit pour ses idées avec l'énergie féroce, la sauvage indépendance qui lui valurent d'être surnommé le Tigre. Il eut la joie, après des luttes homériques, de voir triompher la République de ses rêves, il connut, au soir de son existence, la gloire suprême de sauver son pays au bord de l'abîme, de lui rendre une place privilégiée dans le concert des nations. L'homme politique exécré, vilipendé, objet des accusations les plus infamantes, devint alors le Père la Victoire, symbole de la renaissance de son pays...

248.          FABRE-LUCE (Alfred). Douze journées décisives. Julliard, 1981, in-8°, 328 pp, broché, bon état

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"Ainsi que son titre l'indique, Alfred Fabre-Luce raconte « douze journées décisives », qui « s'inscrivent dans une histoire continue : celle d'une abdication de l'Europe.» A. Fabre-Luce a du talent et du métier : l'ouvrage se lit comme un roman... Mais l'ambition de l'auteur est celle de l'historien. Dans cette perspective, sa méthode mérite d'être décomposée. – Premier aspect de la démarche : l'histoire de l'Europe, entre 1914 et 1966, se cristalliserait autour de ces douze « journées décisives ». Certes, A. Fabre-Luce est trop intelligent pour oublier que ces journées sont prises dans un tissu épais de faits, d'attitudes et de discours. Pourtant, l'approche de l'auteur finit par suggérer que, comme dans un conte de fées, l'histoire et les hommes retrouveraient leur liberté à chacune de ces étapes : pendant vingt-quatre heures, tout serait ou resterait possible, mais, minuit sonné, les rêves de paix ou d'ordre se dissiperaient devant les réalités de la force et de la guerre ! – Deuxième aspect de la démarche : les « douze journées » sont bien sûr choisies avec soin. Certaines dates, qui semblaient s'imposer – par exemple, Munich (29-30 septembre 1938) et surtout cet acte capital qu'est la signature du pacte germano-soviétique (23 août 1939) – , sont laissées de côté. Avec habileté, A. Fabre-Luce se penche sur des moments qui, tout en ayant un écho moins grand dans les opinions publiques, feraient partie de ces tournants d'autant plus lourds de conséquences que leur importance exacte est mal perçue (par exemple, les 7 mars 1936 – entrée des troupes d'Hitler en Rhénanie –, 30 mars 1939 - octroi par la Grande-Bretagne et la France d'une garantie inconditionnelle à la Pologne – ou 30 août 1954 – refus de l'Assemblée nationale de discuter le traité instituant la Communauté européenne de défense –). A nouveau, en eux-mêmes les choix de A. Fabre-Luce peuvent être interprétés comme ceux d'un homme soucieux d'aller au delà des conformismes. Néanmoins, le lecteur s'interroge : les journées n'auraient-elles pas pour seul rôle de justifier une thèse déjà fixée avant tout examen des événements ? – Les préférences, les amertumes ou même peut-être les embarras de l'auteur font trop souvent dévier les buts de l'écrivain. Ce qui est dit sur Hitler et l'Allemagne nazie aux pages 141 à 143 est assez étrange : par exemple, A. Fabre-Luce écrit : « C'est essentiellement par un progrès de la production 'civile' que le revenu national allemand avait été doublé pendant les premières années d'hitlérisme. C'est seulement après 1936 que le réarmement a joué un rôle important. Ensuite, jusqu'à ses premières grandes déceptions, de l'hiver 1941-1942, Hitler n'a pas fait la guerre totale... » Tous ces clivages oublient simplement l'essentiel : la logique du régime hitlérien, la mobilisation permanente de la population (d'abord, bien sûr, dans des formes civiles), enfin la dissimulation du réarmement dans les premières années du nazisme... – Enfin, dernier aspect de la démarche de A. Fabre-Luce, quelques données fondamentales du XXe siècle sont laissées dans l'ombre. Comment est-il possible d'évoquer le 23 septembre 1917 – rendez-vous avorté du baron allemand Von Der Lacken avec Aristide Briand – ou le 24 janvier 1943 – exigence par Roosevelt et Churchill d'une capitulation inconditionnelle de l'Allemagne – , sans tenir compte de la nature de la guerre moderne, cette « ascension aux extrêmes » selon la définition pour longtemps actuelle de Clausewitz ? Et puis surtout, cette « abdication » de l'Europe, si elle a été amplifiée et accélérée par ses déchirements internes, ne peut être vraiment comprise sans faire sentir l'élargissement du monde, la montée parallèle des États- Unis et de la Russie qu'annonce Tocqueville dans De la démocratie en Amérique ? Les « journées décisives » seraient peut-être alors le « jeudi noir » de Wall Street (24 octobre 1929) ou la prise de Singapour par les troupes japonaises (15 février 1942) !" (Philippe Moreau-Defarges, Politique étrangère, 1982)

249.          FABRE-LUCE (Alfred). L'Incendiaire. Chez l'Auteur, 1982, gr. in-8°, 318 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état

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"Je me trouve étrangement parent des libertaires dont, par ailleurs, tout me sépare. C’est le sort commun des écrivains qui osent dénoncer les “vaches sacrées” de leur époque. Ainsi Alfred Fabre-Luce se définissait- il, au soir de sa vie, dans l’un de ses derniers livres, 'L'Incendiaire' (1982). À sa mort, l’année suivante, Jean-Claude Casanova s’étonnait, dans la revue 'Commentaire', du faible écho rencontré par cette disparition. Et du silence qui, dès avant celle-ci, avait commencé à entourer l’homme et l’oeuvre. Un quart de siècle plus tard, l’un et l’autre sont quasiment tombés dans l’oubli. Oubli d’autant plus stupéfiant, souligne son biographe Daniel Garbe, que Fabre-Luce, auteur de plus de quatre-vingt-dix ouvrages, occupa, pendant plusieurs décennies, une place considérable, retenant l’attention d’un vaste public. Il excella dans presque tous les genres: histoire, biographie, essai (littéraire et politique), pamphlet, récit de voyage, journalisme. D’une inlassable curiosité, il fut un des grands témoins des années 1920-1970. Mais, derrière une apparente désinvolture, il fut aussi un témoin engagé, ne reculant pas devant les conséquences de ses choix. Il fut aussi l’un des ultimes représentants d’une espèce déjà en voie de disparition au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et devenue totalement anachronique au tournant des années 1970 : celle du grand bourgeois lettré, mêlé avec passion aux débats intellectuels et politiques et considérant la liberté d’esprit comme une vertu cardinale. Libéral dans la lignée de Tocqueville, admirateur de Benjamin Constant, à qui il consacra une belle biographie, Fabre-Luce était avant tout un anticonformiste,un inclassable. « Alfred Fabre-Luce, comme Raymond Aron ou Bertrand de Jouvenel, notait Roger Nimier en 1960, appartient à ces esprits qui n’entrent dans une définition ou une case que pour en sortir aussitôt. » Né en 1899, petit-fils, par sa mère, du fondateur du Crédit Lyonnais, frotté très tôt à la vie mondaine, marié à Charlotte de Faucigny-Lucinge – ce qui fera de lui, plus tard, l’oncle par alliance de Valéry Giscard d’Estaing –, Alfred Fabre-Luce était devenu célèbre à 25 ans, avec un livre retentissant, 'La Victoire', dans lequel, montrant que les empires centraux n’étaient pas les seuls responsables de la Grande Guerre, il dénonçait la politique de Poincaré à l’encontre de l’Allemagne..." (Christian Brosio)

250.          FAUVET (Jacques) et Jean PLANCHAIS. La Fronde des généraux. Arthaud, 1961, in-8°, 274 pp, 12 photos hors texte, 2 cartes et un organigramme, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Ce livre a été achevé moins de quatre mois après le putsch d'avril 1961. Décrivant minutieusement le déroulement du putsch, sur la base de la documentation recueillie par « Le Monde », il est beaucoup plus discret sur ses origines. D'une façon générale et malgré quelques formules percutantes, il éclaire mieux les aspects militaires du complot que ses aspects politiques." (Revue française de science politique, 1962) — A la suite de la parution de cet ouvrage, les domiciles de Jacques Fauvet et Jean Planchais seront plastiqués par l’OAS (deux fois dans le cas de Jean Planchais).

251.          FEJTÖ (François) et Ewa Kulesza-Mietkowski. La fin des démocraties populaires. Les chemins du post-communisme. Seuil, 1992, in-8°, 564 pp, 8 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. XXe siècle)

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"Un ouvrage essentiel." (P. Bonnefont, Mondes et cultures) – "Parmi les déjà nombreux ouvrages sur l'ébranlement de l'Europe centrale et orientale, celui-ci possède, outre ses qualités de synthèse, un mérite exceptionnel : natifs l'un de Hongrie, l'autre de Pologne, les auteurs ont un accès privilégié aux textes et aux subtilités nationales de ces deux pays qui ont joué un rôle précurseur dans la chute du communisme." (Ph. V., 24 heures, Lausanne) – "A l'aide d'analyses précises, très documentées, l'auteur, qui connaît remarquablement cette question, nous décrit non seulement le processus d'effritement des régimes dits de "démocratie populaire", mais il insiste aussi sur les difficultés que ces pays "de l'Est" ne peuvent manquer de rencontrer dans les années à venir." (A. Encrevé, Réforme)

252.          FEJTÖ (François). Histoire des Démocraties Populaires. Seuil, 1952, in-8°, 447 pp, une carte, annexes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Esprit). Première édition

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Est-il besoin de signaler l'intérêt d'une étude consacrée à la gestation, à la naissance et au développement, depuis la fin de la guerre, des sept démocraties populaires d'Europe centrale ? Cette histoire que nous n'avions guère pu suivre qu'au niveau de l'information quotidienne, sous le choc des événements et dans le remous des réactions les plus passionnées, nous la découvrons plus véritablement passionnante à travers une étude approfondie qui nous fait atteindre à sa réalité même. De vieux pays, soumis à des constantes historiques encore vivaces et actives, se transforment de fond en comble, - dans l'enthousiasme et dans la contestation, dans la générosité des efforts accomplis et dans la cruauté des luttes politiques. Les résultats sont déjà considérables et ce qui a été fait demeure indiscutablement acquis. Mais qui osera peser le poids de l'injustice et du sang ? Fr. Fejtö n'a point tenté quelque trop hâtive synthèse. Etudiant l'histoire étape par étape, il analyse et discute, avec le maximum de précisions et toutes les précautions souhaitables, ces diverses "crises" dont on a tellement entendu parler, - et chaque fois si vite. C'est en quoi, déjà, l'on peut tenir pour irremplaçable l'oeuvre qu'il nous propose ici. (Rabat de couverture)

253.          GÉLINET (Patrice). La Guerre d'Algérie. De la Toussaint rouge à l'indépendance. Acropole, 2016, in-8°, 315 pp, une carte hors texte, repères biographiques, broché, couv. illustrée, bon état

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La nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 marque la naissance du Front de libération nationale (FLN) et le début de la guerre d'Algérie. C'est la stupeur en métropole et dans la colonie. Quelques mois auparavant, la France a dû abandonner l'Indochine à l'issue d'un conflit aussi traumatisant que meurtrier. L'histoire va-t-elle se répéter ? On ne veut pas le croire. Pourtant, la question algérienne va emporter la plupart des gouvernements de la lVe République et favoriser le retour du général de Gaulle aux affaires. En 1987, Patrice Gélinet a consacré à cette guerre une série d'émissions sur l'antenne de France Culture en donnant la parole aux principaux acteurs, militaires français, combattants du FLN, activistes de l'OAS, pieds-noirs, journalistes et hommes politiques. À l'aide d'archives sonores de l'époque et de témoignages recueillis de part et d'autre de la Méditerranée, la guerre d'Algérie est racontée par ceux qui l'ont faite. Aujourd'hui, plus d'un demi-siècle après la conclusion des accords d'Évian qui scellent l'indépendance de l'Algérie, la mise à plat de ces témoignages permet de saisir à la fois la passion qui animait les principaux protagonistes et aussi de l'aborder, le recul aidant, avec la sérénité nécessaire.

254.          GIRARD (Alain) et Jean STOETZEL. Français et immigrés. L'attitude française. L'adaptation des Italiens et des Polonais. PUF, 1953, gr. in-8°, xvi-531 pp, préface d'Alfred Sauvy, cartes, tableaux, broché, bon état

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L'Institut national d'études démographiques a publié un cahier fort documenté et rempli de judicieuses remarques sur un important problème du XXe siècle : l'adaptation des immigrés, particulièrement Italiens et Polonais. En fait, le problème n'est pas uniquement démographique, car il présente des aspects multiples : économiques, sociaux, politiques. Surtout à partir de la première guerre mondiale, la France a attiré des milliers d'immigrés ; tous ne sont pas restés chez nous ; beaucoup cependant ont fini par s'y fixer. Pour ceux-ci l'adaptation a été plus ou moins longue et plus ou moins facile. Après trente ans d'expérience, des enquêtes, des sondages devaient être faits pour avoir quelques précisions. Deux sociologues de l'I.N.E.D. : A. Girard et J. Stoetzel ont su dégager des idées essentielles. Ils sont partis de groupes très différents par leur origine et par leur mentalité : Italiens dans l'agglomération parisienne, cultivateurs italiens dans le Lot-et-Garonne, ouvriers agricoles polonais dans l'Aisne, mineurs polonais dans le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais. Deux problèmes dominent : connaître les attitudes et le comportement des Français à l'égard des immigrants et dégager les aspects essentiels de la vie et de la situation psycho-sociale des immigrés. (...) Les documents que nous offre l'I.N.E.D. constituent une contribution très solide pour la recherche. (Abel Châtelain, Annales ESC, 1960)

255.          HARDY (Yves). L’Odyssée des volontaires. Eléments d'enquête sur l'histoire de l'AFVP. Monthléry, Association française des volontaires du progrès, 1995, in-8°, 141 pp, 12 pl. de photos hors texte, 13 illustrations, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Plus de huit mille « Volontaires du Progrès » - jeunes infirmières, techniciens, ouvriers ou agriculteurs – ont accompagné, entre 1964 et 1994, les populations d’Afrique et des îles de l’océan Indien sur les chemins escarpés du développement. Fondée à la fin de la guerre d’Algérie, quelques années après la création du Peace Corps américain, l’Association française des Volontaires du Progrès (AFVP) était parrainée par l’omniprésent Jacques Foccart, le secrétaire général aux affaires africaines du général de Gaulle, et encadrée – à ses débuts – par d’anciens officiers aux profils de « barbouzes ». L’enquête du journaliste Yves Hardy, bien que sponsorisée par l’AFVP, ne cache rien de ces zones d’ombre. Mais elle restitue également l’aventure de cette coopération au ras du sol, détrônée ces dernières années par la grande vague des ONG humanitaires." (Philippe Leymarie, Le Monde diplomatique, 1995)

256.          JANKOWSKI (Paul). Cette vilaine affaire Stavisky. Histoire d'un scandale politique. Fayard, 2000, gr. in-8°, 467 pp, traduit de l'anglais, biblio, index, broché, couv. illustrée, jaquette illustrée, bon état

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L'affaire Stavisky a failli emporter la IIIe République. Ce scandale financier, révélé par la fuite puis la mort mystérieuse d'un escroc flamboyant et charmeur a rapidement dégénéré en crise politique et, bientôt, en crise de régime. C'est que les agissements du "beau Serge" avaient impliqué nombre de parlementaires, de magistrats, de policiers, d'avocats, de journalistes - bref les figures représentatives d'un régime discrédité et de plus en plus contesté. La vérité de cette affaire célèbre dormait depuis soixante ans dans des archives longtemps interdites, inaccessibles et, pour certaines, inconnues. Paul Jankowski les a découvertes et les a faites parler pour retrouver les ressorts cachés et les secrets enfouis d'un épisode sur lequel, au fond, on ne savait jusqu'ici que peu de choses. Son ouvrage restitue l'itinéraire extravagant de l'homme par qui le scandale est arrivé. Il dépeint sa personnalité, décrit ses méthodes, raconte ses conquêtes, identifie ses complices et fait défiler ses nombreuses victimes. Il donne à mesurer l'étendue des dilapidations commises par Stavisky, avec la complaisance, parfois la protection, d'hommes publics, de journalistes plus ou moins respectables, d'avocats indélicats ou simplement naïfs. Il restitue, ce faisant, les moeurs et les habitudes de la magistrature et du barreau, de la grande presse et de la presse à chantage. Il fait justice aussi de l'opinion, encore fort répandue, d'un régime tout entier rongé par la corruption. Enfin, il étudie les circonstances de la mort de Stavisky en concluant catégoriquement au suicide. Mais ce livre fait davantage encore : au fil des pages, c'est toute la culture politique de la IIIe République qu'il fait découvrir en brossant un portrait inattendu de la France des années 1930.

257.          KERLAU (Yann). Les dynasties du luxe. Perrin, 2010, gr. in-8°, 464 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Cartier, Vuitton, Chanel, Hermès, Gucci, Rolls-Royce... Des noms qui font rêver, qui évoquent le luxe, le prestige, la beauté. Mais que sait-on de leur histoire ? Derrière chaque patronyme, une famille avec son histoire, ses drames, ses combats, son ascension et parfois sa chute ou sa disparition pure et simple. Joaillier, couturier, chausseur, maroquinier, sellier ou constructeur de voitures, chacune a su, en quelques décennies, créer une marque à la notoriété planétaire. Voici l'histoire de sept marques parmi les plus célèbres : leur naissance, l'histoire de leurs créateurs, les années de gloire, les critères d'excellence, le passage au marché mondial des affaires, rien n'est oublié... Un parcours précis et haletant qui donne la mesure d'un monde où chaque jour, on peut tout perdre ou tout gagner.

258.          KERSAUDY (François). Winston Churchill. Le pouvoir de l'imagination. Tallandier, 2009, fort in-8°, 715 pp, 8 pl. de photos hors texte, 15 cartes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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« Nous sommes tous des vers », avait modestement confié le jeune Winston à une amie, « mais je crois que moi, je suis un ver luisant ! ». Le mot n'est pas trop fort : Alexandre Dumas aurait pu inventer un personnage de ce genre, mais dans le cas de Winston Leonard Spencer-Churchill, la stricte réalité dépasse de très loin la fiction. Jusqu'à 26 ans, les aventures du jeune officier et du reporter évoquent immanquablement celles de Tintin, mais ensuite, le personnage devient une synthèse de Clemenceau et de De Gaulle, l'humour et l'alcool en plus... ainsi qu'une imagination sans limites : « Winston, disait le président Roosevelt, a cent idées par jour, dont quatre seulement sont bonnes. mais il ne sait jamais lesquelles ! » C'est pourtant le général de Gaulle qui l'a le mieux jugé : « Il fut le grand artiste d'une grande histoire. » Cette vie a été un roman, elle est racontée comme tel, sans un mot de fiction. Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de quelque quatre cents ouvrages et l'interview de nombreux acteurs et témoins, ce récit épique montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d'exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle, avec la complicité d'un destin qui s'est radicalement départi de son impartialité.

259.          LONG (Olivier). Le Dossier secret des Accords d'Evian. Une mission suisse pour la paix en Algérie. Lausanne, Editions 24 heures, 1988, in-8°, 198 pp, préface de Max Petitpierre, ancien Conseiller fédéral, Chef du Département politique fédéral (1945-1961), index, broché, bon état

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En 1988, le diplomate suisse Olivier Long a publié son récit des négociations secrètes auxquelles il participa dès la fin de l’année 1960. Son récit, écrit juste après les événements (les rencontres secrètes en territoire helvétique), constitue une source historique de première importance.

260.          LÖWITH (Karl). Ma vie en Allemagne avant et après 1933. Hachette, 1988, gr. in-8°, 187 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La force des idées)

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Écrit à chaud, en 1940, le récit autobiographique de Karl Löwith donne le remarquable témoignage d'un intellectuel allemand aux prises avec la barbarie du siècle. Après avoir brossé le portrait de l'Allemagne intellectuelle des années 1930, Karl Löwith rend compte de la "mise au pas" de l'Université par les nazis - avec, au premier plan, le cas Heidegger, dont Löwith fut le disciple désenchanté - puis de la condition des émigrés à travers le monde. On lira là une description saisissante de l'Italie fasciste et du Japon avant son entrée en guerre. Quelles sont les raisons morales, philosophiques et culturelles, qui ont conduit l'intelligentsia allemande à une si funeste abdication ? Outre Heidegger, dont l'engagement politique, aujourd'hui si débattu, est ici minutieusement commenté, Löwith se livre à une analyse lucide et scrupuleuse des cas les plus célèbres ceux qui capitulèrent et ceux qui n'eurent d'autre salut que l'exil : Barth, Weber, Einstein..., qui font de ce récit un livre clé et une référence obligée depuis sa première publication en Allemagne, en 1986.

261.          MASSIS (Henri). L'Occident et son destin. Grasset, 1956, in-8°, 353 pp, broché, papier jauni, bon état, envoi a.s. « à Monsieur ... en respectueux souvenir, Henri Massis – “On n'entend les prophéties que quand les choses sont arrivées” – Pascal »

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Nouvelle présentation, avec de nombreux compléments, de l'ouvrage “Défense de l'Occident”, paru en 1927. La crise de la civilisation. – Défense de l'Occident. – L'Empire soviétique à la conquête du monde. – Comment l'Amérique a perdu la paix : histoire de dix ans (1945-1955). — "Nous apprenons la mort de l'écrivain Henri Massis à l'âge de 84 ans. Après avoir débuté dans le journalisme et collaboré à diverses publications (le Petit Journal, l'Eclair, l'Opinion) Henri Massis avait atteint très vite la notoriété grâce aux enquêtes qu'il mena avec Alfred de Tarde sur « l'Esprit de la Nouvelle Sorbonne » et sur « les jeunes gens d'aujourd'hui ». Il rejoint la jeune élite nationaliste littéraire de l'époque et se range aux côtés de Barrès, Maurras, Maritain, Péguy, Psichari. Il devait rester fidèle à ses idées toute sa vie et défendre après la première guerre mondiale un maurrassisme catholique en collaborant en qualité de rédacteur en chef à la Revue Universelle dirigée par Jacques Bainville auquel il succéda de 1936 à 1944. En 1927, il publiait son plus important ouvrage : « Défense de l'Occident » où est exposée la conception du génie de l'Occident reposant sur l'idée d'ordre en politique, sur le primat de la raison, sur les instincts en morale et sur la notion de responsabilité personnelle et de spiritualisme actif. A ces traits s'opposent ceux de l'Orient dont l'individualisme désorganise la morale et la société et qui dépersonnalise Dieu dans le panthéisme et l'homme dans ses instincts. L'Allemagne hitlérienne, c'est l'hérésie majeure en occident. Henri Massis se sépare de certains de ses amis, admirateurs des régimes totalitaires. En 1941, il est nommé cependant membre du Conseil National de Vichy et poursuivra après la guerre son activité littéraire en défendant un certain nombre de thèmes qui lui étaient chers « Maurras et son temps, 1951»; « l'Occident et son destin, 1956 ». Il avait été élu à l'Académie Française en 1960." (Bernard Ménager, Revue du Nord Year 1970)

262.          MEIR (Golda). Ma vie. Laffont, 1975, gr. in-8°, 488 pp, 16 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vécu)

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Voici par Golda Meir l'émouvant récit de sa vie par elle-même, qu'on attendait depuis si longtemps. Pour la première fois, nous comprenons comment il se fait que cette femme extraordinaire, née en Russie et élevée aux Etats-Unis, est devenue Premier ministre d'Israël et l'un des géants politiques de notre époque, sans jamais perdre rien de la chaleur ni de la simplicité qu'on se plaît à lui reconnaître. Dans cette autobiographie, elle évoque les terreurs qui ont assombri son enfance, son adolescence tumultueuse, son mariage et son émigration vers la Palestine dans les années 1920, et la façon dont, sioniste et socialiste convaincue, elle s'est lancée dans la fantastique aventure qui devait aboutir à la création de l'Etat d'Israël. Elle décrit elle-même sa carrière politique comme ministre du Travail, ministre des Affaires étrangères et enfin Premier ministre d'Israël, tout en continuant à tenir son rôle d'épouse et de mère. Cette autobiographie reflète aussi, bien sûr, l'histoire d'Israël même – et de sa lutte pour survivre – tout cela aboutissant à ce qui fut, pour Golda Meir, la période la plus désespérée : les jours terribles de la guerre du Kippour de 1973. Golda Meir apporte d'innombrables révélations, non seulement sur ceux de ses compatriotes avec qui elle a étroitement collaboré, comme Ben Gourion, Moshe Dayan, mais aussi sur les grands chefs d’État qu'elle a connus : Kennedy, Nixon, Kissinger, de Gaulle et Willy Brandt. Proclamant le droit d'Israël à l'existence, elle n'esquive aucun problème : elle évoque aussi bien l'histoire du mandat britannique que les relations avec les pays arabes ou la question palestinienne. Elle parle droit et clair avec l'autorité de quelqu'un qui a assumé les responsabilités majeures. Les mémoires de Golda Meir sont aussi vibrants de sensibilité, de franchise et de chaleur humaine que l'a été toute son existence.

263.          MENTHON (Pierre de). Je témoigne. Québec 1967, Chili 1973. Avec les carnets de Françoise de Menthon. Editions du Cerf, 1979, in-8°, 153 pp, préface par Alain Peyrefitte, broché, bon état, envoi a.s. (daté du 5 mars 1980). Peu courant

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Pierre de Menthon (1913-1980) a dû sortir des sentiers battus de la diplomatie. Les événements l'ont bousculé. Quelques mois après l'historique : « Vive le Québec libre ! », le général de Gaulle le nomme Consul général au Québec (1967-1972). Une mission particulièrement délicate ! Plus tard, ambassadeur au Chili (1972-1974), il sera au cœur des événements tragiques : la chute d'Allende, la dictature brutale de la Junte... les réfugiés... Sa femme, Françoise, notera aussi jour après jour, avec émotion et spontanéité, ce qui se passe à l'Ambassade et à la Résidence : l'accueil de quelque cinq cents réfugiés sur ces minuscules terres d'asile. Le sens de l'homme libère des prudences diplomatiques. — Pierre de Menthon, ambassadeur de France à Santiago, arrive au Chili avec sa femme Françoise quand le Président Salvador Allende est au pouvoir. Le Chili vit une période de changements politique et économique. Avant leur arrivée, la famille de Menthon suivait avec attention « l’expérience socialiste Allende » et de fait cette nouvelle orientation politique du pays. Pierre de Menthon rencontre à de maintes reprises le Président Allende sur des questions diplomatiques franco-chiliennes afin de discuter de « la construction et du financement du métro de Santiago par la France, des négociations et du paiement de la dette chilienne, de l’établissement d’un secteur mixte semi étatique de l’industrie automobile (Peugeot, Citroën), et de l’expérience nucléaire à Mururoa ». Les deux hommes se fréquentent également avec leur épouse dans un cadre privé. Pierre de Menthon apprécie le caractère ouvert, généreux et la finesse de Salvador Allende, et admire son talent d’orateur. Le jour du coup d’Etat, le 11 septembre 1973, et de la mort de Allende, la famille de Menthon est en France pour assister au mariage d’un de leurs fils. Leur retour à Santiago ne sera possible que le 21 septembre, date de reprise des vols internationaux à destination du Chili. Dans cet ouvrage, Pierre de Menthon évoque ses fonctions diplomatiques, explique la position de la France sur l’accueil des réfugiés, de sa relation avec les autres ambassades, des relations franco-chiliennes avec la junte militaires, des financements qu’il faut rassembler pour payer les billets d’avion et subvenir aux besoins alimentaires de tous leurs réfugiés. Il se livre également sur ses ressentis personnels et écrit sur les morts de Salvador Allende et de Pablo Neruda. Dans ses carnets personnels écrits entre octobre 1973 et février 1974, Françoise de Menthon décrit la réalité crue du régime du Général Augusto Pinochet dont la répression s’intensifie chaque jour. Elle évoque les disparus, les fusillés, les morts, les corps jetés dans la rivière Mapocho. Elle parle de l’augmentation du prix des produits de base, des provisions qu’elle doit aller acheter pour nourrir les siens et les réfugiés à l’ambassade, et du jardin qu’elle devra cultiver pour trouver une alternative financière. Elle évoque l’Abbé Pierre et son déplacement depuis la France pour faire libérer les « Pélerins d’Emmaüs ». Elle écrit sur la peur des Chiliens, de ceux qui en arrivent à sauter le mur de l’ambassade pour trouver asile et du campement de plus de 160 réfugiés à l’ambassade attendant de pouvoir quitter le Chili. Un document sur l’histoire de la France et du Chili pendant la première année du régime d’Augusto Pinochet.

264.          NICOUD (Gérard). Les dernières libertés. ... menottes au mains. Les premières années du CIDUNaTI, 1969-1971. Denoël, 1972, in-8°, 235 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, bande éditeur conservée ("Ecrit en cellule par “Le prisonnier le plus embarassant de France” (Paris-Match)"). On joint un marque-page de 1972 avec imprimé le programme du C.I.D.U.Na.T.I.

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Le livre : il nous concerne tous car il va plus loin que le combat d'une seule classe sociale : il montre ce qui peut et ce qui devrait être fait par des hommes conscients et honnêtes pour la survie et le bonheur de tous. C'est bien sûr l'histoire des trois premières années du C.I.D.U.Na.T.I., dont Gérard Nicoud est le leader, avec ses difficultés, ses tâtonnements, ses erreurs même... mais aussi ses actions, son programme, son retentissement, ses réussites et ses résultats...

265.          NOURRY (Philippe). Franco, la conquête du pouvoir, 1892-1937. Denoël, 1975, fort in-8°, 558 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée recouverte d'un film autocollant transparent, bon état (Coll. Regards sur le monde)

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"L'ouvrage de P. N. ne fait pas double emploi avec les autres livres consacrés au général Franco. Considérant pour l'essentiel la période écoulée entre la révolte des Asturies, en octobre 1934, et la création de la « Phalange-parti unique », en avril 1937, il met pleinement en lumière la façon dont le Caudillo s'est emparé du pouvoir suprême, après s'être imposé comme arbitre entre les généraux espagnols insurgés le 18 juillet 1936. Agréablement et clairement présenté, ce livre devrait enrichir la connaissance que le public français peut avoir de l'histoire de la guerre d'Espagne." (Revue française de science politique, 1975)

266.          OLECHA (Iouri). Le Livre des adieux. Anatolia, Editions du Rocher, 2006, gr. in-8°, 311 pp, édition de Violetta Goudkova, postface de David Markish, traduit du russe, présenté et annoté par Marianne Gourg, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

louri Olecha (Elisavetgrad, 1899-Moscou, 1960) est l'auteur de “L'Envie”, l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe de l'entre-deux-guerres. Ce n'est qu'en 1956, à la faveur du premier dégel en Union soviétique, que paraîtront quelques extraits de son journal, extraordinaire document personnel sur la Russie de l'époque. En 1965, la veuve de l'écrivain parviendra à publier, sous le titre “Pas de jour sans une ligne”, une sélection largement autocensurée de cette œuvre. Enfin, en 1999, paraît “Le Livre des adieux”, qui reprend le Journal dans son intégralité, suggérant une vision concrète des années 1930-1960. Accusé en son temps, avec une agressivité outrancière, de lâcheté et d'opportunisme par la critique, Olecha reste une figure emblématique de l'une des périodes les plus cruelles de l'histoire de la littérature russe. Son itinéraire tourmenté, douloureux, chaotique témoigne de ce qui fut le destin d'une grande partie des artistes et des intellectuels soviétiques aux prises avec la Terreur et les exigences du totalitarisme.

267.          PARIS (Henri d'Orléans, Comte de). Dialogue sur la France. Correspondance et entretiens avec Charles de Gaulle, 1953-1970. Fayard, 1994, gr. in-8°, 285 pp, introduction historique par Jean Tulard, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pour une histoire du XXe siècle)

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"Le Comte de Paris [1908-1999] a choisi de rendre public le dossier de ses espoirs quant au rétablissement de la monarchie et, sous la Ve République, à son éventuelle candidature à la présidence. Il s'agit donc de documents allant de 1953 à 1970, concernant les relations de deux hommes qui, sans s'être rencontrés, avaient un passé commun qui s'est noué à Alger, en décembre 1942. Sans vouloir prendre parti dans la querelle entre de Gaulle et Vichy, l'héritier de la maison de France avait imaginé que les liens de sa famille avec l'Algérie lui permettraient d'être le bénéficiaire de la loi Tréveneuc de 1871, selon laquelle, en cas d'empêchement, les conseillers généraux élisaient un pouvoir provisoire. Les Américains préfèreront Darlan, et l'assassinat de celui-ci renvoie le prince à son exil. Il faut avoir à l'esprit ce début pour comprendre la suite : une prise de contact en 1953, quand la décolonisation commence à poser la question du régime, et l'espoir d'un rôle à jouer à la faveur de la crise algérienne, puis de la révision de 1962. Mais le prince, qui ne voulait être ni un « prétendant » ni un candidat, voulait hériter en bénéficiant de la recommandation du Général. Cela équivalait à reconnaître que le maire du palais avait pris le pouvoir ; l'espoir devait se reporter sur la tête de son fils, invité à venir travailler au secrétariat de l'Élysée. Mesure finalement plus importante que les projets de présidence de la Croix-Rouge, refusés par François-Poncet, ou les missions exploratoires confiées à Maurice Schumann qui ne s'aventura pas très loin, tant ces songes paraissaient étranges aux républicains, parmi lesquels Michel Debré n'était pas le moins convaincu. La morale de l'histoire ? De Gaulle, qui n'oublia jamais qu'il était resté seul en 1940, a manoeuvré pour avoir le prince à ses côtés. C'est au moins un point qu'il partage avec F. Mitterrand qui, en 1987, concéda le millénaire d'Hugues Capet pour pouvoir se représenter au nom de la « France unie »." (Revue française de science politique, 1994)

268.          PENOT (Christophe). Jacques Augendre, la mémoire du Tour de France. Entretiens avec Christophe Penot. Saint Malo, Editions Cristel, 2001, in-8°, 188 pp, 12 photos, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

La presse l’a surnommé « le dernier dinosaure ». Déjà présent sur le Tour de France en 1949, Jacques Augendre incarne, il est vrai, toute la mémoire du cyclisme et toute la légende du reportage. Il a connu Robic, Coppi, Gaul et Koblet, mais aussi Maurice Garin, le vainqueur du premier Tour de France en 1903, et Eugène Christophe, le premier maillot jaune. Il a parlé avec Leducq, qui aimait les femmes, et Ruinart, qui ne les aimait pas. Il a vu Pélissier en colère, Jacques Goddet en chaussettes, Anquetil faire la fête, Merckx seul en tête ! Il fut l’ami de Bobet, Poulidor et Hinault. Aujourd’hui, il suit Armstrong comme il a suivi Indurain... De page en page, de souvenirs en anecdotes, de témoignages en confidences, c’est le plus formidable document sur l’histoire du Tour de France.

269.          PENROSE (Antony). Les Vies de Lee Miller. Arléa, Seuil, 1994, gr. in-8°, 236 pp, traduit de l'anglais par Christophe Claro, présenté par Sylvain Roumette, 79 photos, la plupart à pleine page, par Lee Miller, Man Ray, Dave Sherman, Roland Penrose, Horst P. Horst..., broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Top model dans les années 20 et 30, élève et compagne de Man Ray, amie d'Eluard et de Picasso, grande amoureuse, égérie des surréalistes, Lee Miller fut également photographe dès l'âge de vingt ans, puis reporter. En 1944-45, devenue correspondante de guerre pour le magazine Vogue, elle fut la seule femme à suivre l'avance des armées alliées, des plages de Normandie aux camps de la mort et au « nid d'aigle » d'Adolf Hitler en Bavière. De cette héroïne stendhalienne, aussi étonnamment belle qu'intrépide, de cette troublante voyageuse, le photographe David Scherman disait qu'elle « incarna au plus près la nouvelle femme du milieu du XXe siècle ». Traduite pour la première fois en français, on lira ici la biographie écrite par Antony Penrose, le propre fils de Lee Miller, né de son union avec le peintre surréaliste Roland Penrose.

270.          TCHAKHOTINE (Serge). Le Viol des foules par la propagande politique. Nouvelle édition revue et augmentée. Gallimard, 1952, in-8°, 605 pp, 21 figures dans le texte et hors texte, biblio, index, broché, tout petit mque au coin inf. du 1er plat, bon état

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Censuré en 1939 par le ministère français des Affaires étrangères, détruit en 1940 par les Allemands, ce livre a été finalement réédité au début des années 1950 dans sa version actuelle augmentée et actualisée. C'est un traité classique de psychologie sociale qui cherche à démonter comme à comprendre les mécanismes auxquels obéissent les foules, les masses et, plus généralement, la formation de la volonté politique et l'action politique. Quatre impulsions affectives primaires sont mises en œuvre par la manipulation propagandiste et idéologique : l'agressivité, l'intérêt matériel immédiat, l'attirance sexuelle au sens large, la recherche de la sécurité et de la norme. Cette psychologie sociale discute, bien sûr, Freud, mais aussi Jung, Tarde et Pavlov. C'est bien évidemment sur le terrain historique de l'affrontement entre propagande nazie et résistance social-démocrate que l'auteur se situe dans un premier temps pour analyser les raisons du fulgurant succès de Hitler et celles de l'échec de la démocratie. Mais il étend ses investigations au-delà de ces événements et traite aussi de la propagande soviétique, de l'affrontement idéologique de la guerre froide, du pacifisme, bref, des formes générales de la propagande, de sa réussite ou de son échec, ainsi que des moyens d'y résister, ce qui conduit l'auteur, savant biologiste, à parler ici en sociologue et, surtout, en pédagogue.

271.          XUAN PHUONG et Danièle Mazingarbe. Ao Dai. Du couvent des Oiseaux à la jungle du Viêt-minh. Plon, 2003, in-8°, 258 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état. On joint un carton d'invitation imprimé en couleurs au vernissage de l'exposition "Visages du Viêt Nam" présentée par Mme Phuong, galeriste et critique d'art (Paris, Espace Kaméléon, 19 juin 2008), avec une photo et une petite biographie de Xuan Phuong

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Fille d'un mandarin ami des Français, élevée au couvent des Oiseaux à Dalat, Xuan Phuong portait l'ao dai, cette tunique traditionnelle, symbole de la femme vietnamienne. En 1946, à l'âge de seize ans, elle quitte soudain sa famille et sa vie confortable pour rejoindre le Viêt-minh. Neuf années durant, pendant la guerre d'Indochine, elle vivra dans la jungle au mépris du danger, nu-pieds, vêtue comme les montagnards d'une chemise rugueuse et d'un pantalon noir. De retour à Hanoi en 1954, après Diên Biên Phû, Phuong connaîtra les débuts du communisme, les nationalisations, puis les bombardements américains, et la "libération" de Saigon par les troupes nord-vietnamiennes en 1975. Arrivée à l'âge de la retraite, elle entame une nouvelle vie de femme d'affaires à la tête d'une galerie d'art, avec ses trois fils, au cœur d'une famille enfin réunie. De l'Indochine des Français au Viêt-nam d'aujourd'hui, le témoignage de Xuan Phuong apporte un éclairage inédit sur l'histoire du Viêt-nam, des anecdotes émouvantes, des rencontres – celle de Hô Chi Minh, du général Giap, de Joan Baez –, le récit captivant d'une femme exceptionnelle qui n'a jamais voulu quitter son pays. — "Ao Dai, nul vietnamien ou vietnamologue ne l'ignore, désigne cette robe-tunique traditionnelle si délicate, souvent en soie, si fréquente aujourd'hui encore. L'auteur raconte sa vie de femme militante, depuis l'âge de seize ans, dans les rangs du Viet Minh. Journaliste, médecin, puis cinéaste professionnelle, elle a connu toutes les étapes de la révolution, de 1946 aux ultimes combats de 1975. Ce récit d'une femme vietnamienne sans responsabilité politique, avec des accents de sincérité indéniable, sans lourdeurs à relents de propagande, est d'un grand intérêt pour le lecteur occidental soucieux de mieux connaître de l'intérieur les motivations des combattant(e)s Viet Minh." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine, 1945-54)

1ère GUERRE MONDIALE

 

272.          BARBUSSE (Henri). Le Feu. Journal d'une Escouade. Edition préfacée et annotée par Pierre Paraf. France Loisirs, 2014, pt in-8°, 488 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Les années 1915 et 1916 ont été, pour Henri Barbusse, décisives. C’est en 1915 qu’il a vécu « Le Feu » dans les tranchées du Soissonnais, de l’Argonne et de l’Artois, comme soldat d’escouade, puis comme brancardier au 231e régiment d’infanterie où il s’était engagé. C’est en 1916, au cours de son évacuation dans les hôpitaux, qu’il a écrit son livre. Celui-ci, publié par les Éditions Flammarion à la fin de novembre, remporta aussitôt après le prix Goncourt. Considéré dans le monde entier comme un des chefs-d’œuvre de la littérature de guerre, c’est un des témoignagesles plus vrais et les plus pathétiques des combattants de première ligne.

273.          CHALMERS (W. S.). The Life and Letters of David, Earl Beatty. Admiral of the Fleet, Viscount Borodale of Wexford, Baron Beatty of the North Sea and of Brooksby. London, Hodder & Stoughton, 1951, in-8°, xxvii-488 pp, introduction by C. S. Forester, 23 gravures et photos sur 20 pl. hors texte, 13 cartes et plans (6 sur la bataille du Jutland), annexes, index, cart. pleine toile bleue de l'éditeur, titres dorés au dos, bon état. Edition originale. Texte en anglais

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Biographie de l'amiral Beatty, commandant en chef de la « Grande Flotte », c'est-à-dire de la principale flotte basée dans les eaux anglaises, comprenant notamment une trentaine de dreadnoughts. — S. Forester provides the introduction to this biography which was written by Admiral Chalmers at the request of Beatty’s son. The author, who had served under Beatty in his flagship “HMS Lion” during the First World War, collected correspondence of one of the greatest fighting admirals of the last century and one of the most effective First Sea Lords who was not afraid to stand up against Cabinet pressure in order to champion British sea power. But Beatty was also a complex character. The youngest admiral since Nelson, the author examines the man and his career from 1871 to his death in 1936 when his body was placed close to Nelson under the great dome of St. Paul’s. He describes Beatty’s early years to 1895, his exploits on the Nile (1896-8), his role in the Boxer Rebellion (1900), and Beatty’s climb to favour leading up to 1914. The author describes Beatty’s actions at the Battle of Heligoland Bight, the German raid on Scarborough, the Battle of the Dogger Bank, and the Battle of Jutland with the engagement of Beatty’s battle-cruisers. He continues with an account of his time as commander-in-chief, Grand Fleet and his political fights after the war.

274.          FISHER (John Arbuthnot). Memories, by Admiral of the Fleet Lord Fisher. London, Hodder & Stoughton, 1919, gr. in-8°, 295 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, cart. pleine toile vermillon de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, cartonnage très lég. sali, bon état. Edition originale. Texte en anglais

            30

Mémoires de l'amiral John Arbuthnot "Jackie" Fisher (1841-1920), premier Lord de l'Amirauté de 1904 à 1910 et en 1914-1915. Avec une carrière de près de 60 ans, Fisher eut une influence profonde sur l'évolution de la Royal Navy, et au-delà sur la marine mondiale. Il est souvent considéré comme le personnage le plus important de l'histoire navale du Royaume-Uni, après Nelson. N'étant plus en activité depuis 1910, Fisher fut rappelé au service en novembre 1914, à la suite de la défaite de Cradock contre l'allemand von Spee. Âgé de 73 ans Fisher va opposer toute son expérience à l'audacieux amiral allemand. Instigateur du projet 'Dreadnought', il devient aussi le premier à en récolter les fruits : en 1914, il est le commandant suprême d'une flotte britannique qui compte déjà 31 'Dreadnoughts', dont il imagina le nom à partir de l'expression « which dread nought » (en français : qui ne redoute rien). Le 8 décembre 1914, il fait couler dans les eaux de Port-Stanley (Malouines) l'escadre de Von Spee, faisant preuve d'une grande intelligence stratégique (bataille des Falklands). Puis Fisher s'oppose violemment avec Winston Churchill sur le projet de débarquement aux Dardanelles (Gallipoli), auquel il préfèrerait appuyer de sa flotte un débarquement conjoint aux Russes, sur les côtes allemandes de la mer Baltique. Il démissionne en mai 1915.

275.          FIX (Roger). La Grande Guerre des marin-pêcheurs et des Poilus de Collioure. Perpignan, Cap Bear éditions, 2014, gr. in-8°, 434 pp, nombreuses photos et cartes, broché, couv. illustrée, bon état

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L'histoire des « Poilus » de Collioure pendant la grande guerre 1914-1918 tisse ce lien entre la petite et la grande histoire. Deux mondes, deux sociétés se croisent pour naître et pour mourir durant les quatre années du premier conflit moderne. La 1ère guerre mondiale, si elle démontra les limites d'états majors aux stratégies obsolètes, révélera surtout l'abnégation et le courage des peuples. Les stigmates de ce sacrifice s'érigent sur les places des villes et villages de France. Parmi eux, Collioure vit partir cent de ses enfants. Ils donnèrent leurs vies pour écrire l'histoire de la grande guerre. Roger Fix, par la somme de ses recherches exhaustives, nous livre cent témoignages, portés en ultime souvenir à la mémoire des générations futures. — "Ce livre rend hommage, aux cent Colliourencs "Morts pour la France" pendant la guerre 1914-18. Toutes les familles ont été touchées. Les corps ont été enterrés à proximité de l'endroit où ils sont tombés, cimetière de village ou bien dans la nature, près d'un bosquet, dans un fossé, au bord d'une tranchée. Ils ont été regroupés après la guerre dans d'immenses nécropoles sises aux abords des champs de bataille. Les corps identifiés ont été inhumés en tombes individuelles, les autres en ossuaires. Les familles qui en ont fait la demande ont pu faire rapatrier leur parent, mais seulement à partir de 1921. Vingt-huit Colliourencs ont disparu en Belgique, dans le Nord (bataille de la Marne, de la Somme, de Verdun, de l'Artois), en Turquie, en Macédoine ou suite à un naufrage..."

276.          GENEVOIX (Maurice). Ceux de 14. P., G. Durassié et Cie, 1953, 2 vol. in-8°, 334 et 354 pp, illustrations originales de André Lagrange, brochés, couv. illustrées, bon état

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Edition définitive des quatre récits de guerre de Genevoix : Sous Verdun, Nuits de guerre, La Boue, Les Eparges ; publiée et diffusée sous le patronage de la fédération de "Ceux de Verdun". — 1er août 1914 : la France décrète la mobilisation générale. Le 2 août, Genevoix, brillant normalien qui n'a pas 24 ans, rejoint le 106e régiment d'infanterie comme sous-lieutenant... Neuf mois plus tard, il est grièvement blessé et est réformé. Fin de la guerre pour le jeune Genevoix. Entre ce mois d'août 1914 et les trois balles qui l'atteignent, le 25 avril 1915 dans la Tranchée de Calonne, le jeune homme aura participé à la bataille de la Marne, marché sur Verdun et, surtout, pendant quatre longs mois, défendu les Eparges. Sur cette colline meurtrière, les combats se font au corps-à-corps, à la grenade, et sous le feu des obus. Entre l'été et le printemps revenu, il vit le quotidien du fantassin, la boue, le sang, la mort, alors que le commandement croit encore à une guerre courte. 1916 : Genevoix publie Sous Verdun, écrit en quelques semaines et largement censuré. Suivront Nuits de guerre (1917), Au Seuil des Guitounes (1918), La Boue (1921) et Les Eparges (1923), réunis sous le titre de “Ceux de 14” en 1949. Il s'agit de l'édition définitive retravaillée par l'auteur. Ceux de 14 n'est pas seulement le plus grand classique sur 14-18, c'est l'ouvrage d'un immense écrivain.

277.          JELLICOE (Amiral Comte). Le Péril sous-marin. P., Editions de la Nouvelle Revue Critique, 1936, in-8°, 211 pp, traduit de l'anglais, broché, jaquette illustrée (lég. défraîchie), ex. sur vélin supérieur, bon état (Coll. Bibliothèque d'histoire politique, militaire et navale)

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"Lorsque, au début de 1917, se précisa le danger que faisait courir aux Alliés la guerre sous-marine sans restriction entreprise par l'Allemagne, l'amiral Jellicoe fut appelé à diriger à l'Amirauté le service antisous-marin. Ce livre nous montre les difficultés sans nombre auxquelles il se heurta pour mener à bien sa tâche. Des chiffres précis indiquent quel formidable déploiement de contre-torpilleurs, chalutiers, remorqueurs, hydravions fut nécessaire pour mettre sur pied un système de convoi minutieusement réglé qui permît d'éviter de justesse la catastrophe au moment où l'Angleterre allait être affamée. Cette fois encore, la ténacité du vainqueur du Jutland avait remporté la victoire." (François de Soras, Etudes, 1937)

278.          JOB (Alfred-Mary). Notes d'un chasseur à pied (1915-1917). Publiées avec une notice et des discours sur l'auteur par M. Hauvette, MM. J. Parnin et F. Thomas. Toulouse, Privat, 1922, in-12, 268 pp, broché, dos recollé, bon état. Peu courant

            40

Né en 1884, Alfred-Mary Job enseigne l’italien au lycée de Tournon jusqu’en 1915, date à laquelle il s’engage comme simple soldat et rejoint le 20e bataillon des chasseurs à pieds. Sa bravoure et son aptitude à commander le font rapidement intégrer Saint-Cyr, début 1916. Il en sort avec le grade de sous-lieutenant au 16e bataillon de chasseurs. Ayant rejoint le front de l’est en avril 1917, il meurt dans la Meuse, à Beaumont, le 21 août 1917, tué par un éclat d’obus. Job a laissé un » journal de guerre » intitulé Notes d’un chasseur à pied (1915-1917), qui sera publié à titre posthume, en 1922, par Henri Hauvette (1865-1935) avec la collaboration de Parnin et Thomas, tous deux professeurs du lycée de Tournon.

279.          LAURENS (Capitaine A.). Histoire de la guerre sous-marine allemande (1914-1918). P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1930, gr. in-8°, 461 pp, 20 gravures et photos sur 8 pl. hors texte, index, broché, bon état, envoi a.s.

            70

"L'essai de synthèse le plus intéressant, parmi les publications récentes, est sans doute celui que le commandant Laurens a consacré à la guerre sous-marine. La première partie de l'ouvrage expose le point de vue politique ; il montre, d'après les documents allemands, comment est apparue l'idée d'employer l'arme sous-marine pour la destruction des navires de commerce ; il suit pas à pas le développement des divergences de vues entre le chancelier et les états-majors, jusqu'au jour où Bethmann-Hollweg, le 9 janvier 1917, se déclare incapable de mettre obstacle plus longtemps à la volonté de Holtzendorf et de Ludendorff ; les répercussions des premières campagnes de guerre sous-marine, en 1915 et 1916 – en particulier les menaces de conflit avec les Etats-Unis – sont étudiées également, mais d'une façon moins complète. La seconde partie du volume donne le récit des événements navals et met en lumière, de façon excellente, le système de défense adopté par les marines alliées. Cette belle étude, appuyée sur une documentation de premier ordre, est présentée avec un grand souci d'impartialité." (Pierre Renouvin, Revue Historique, 1931)

280.          LUCKNER (Comte Félix de). Le dernier corsaire (1914-1918). Souvenirs traduits de l'allemand par Louis Berthain. Payot, 1927, in-8°, 252 pp, 15 photos hors texte, broché, état correct (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de Guerre mondiale)

            25

L'extraordinaire aventure du navire corsaire allemand “Seeadler” qui s'illustra durant la guerre de 1914-1918 sous le commandement du comte von Luckner. Mauvais, très mauvais élève à l'école, Felix von Luckner disparaît de chez lui à l'âge de 13 ans. Après avoir bourlingué sur toutes les mers du globe pour se faire la main et devenu officier de Guillaume II, il réapparaît auprès des siens au terme de quinze années d'aventures. Mais sa plus grande aventure reste à venir : de Guillaume II en personne, Luckner reçoit une mission de corsaire dans l'océan Pacifique pendant la guerre 14-18, loin, très loin des tranchées. Sa guerre à lui ne fait qu'un mort, par accident ; il prendra à son bord tous les équipages des quatorze bateaux ennemis coulés par le fond. Et tous, loueront l'humanisme et la joie de vivre de cet homme hors du commun. Félix von Luckner, le “Nelson allemand”, racontera son odyssée quelques années après la fin du conflit. Un livre de souvenirs digne des meilleurs romans...

281.          MADELIN (Louis). La Bataille de France (21 mars-11 novembre 1918). Plon, 1920, in-8°, 379 pp, 15 cartes hors texte en noir et en couleurs sur 4 dépliants volants in fine, reliure demi-chagrin fauve à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, auteur, titre et fleuron dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état. Edition originale numérotée sur papier vélin à grandes marges

            100

"On a lu dans la “Revue des Deux Mondes” les beaux récits de cette bataille géante qui, après avoir débuté par de cruelles défaites pour les Alliés, s'est terminée par une suite admirablement coordonnée de victoires qui ont finalement bouté l'ennemi hors de toute France et de toute Belgique. Reproduits en volume, ils auront leur place parmi les meilleurs ouvrages sur la dernière guerre. Deux grandes cartes en couleurs, que n'avait pu accueillir la “Revue des Deux Mondes”, montrent, dans un ensemble saisissant, les zones occupées par les armées alliées en 1918, la position Hindenburg avec ses triples ou quadruples lignes creusées à l'arrière, les offensives de l'armée allemande en 1918 et la triomphante réplique des armées alliées de juillet à novembre. Dans l'énorme production suscitée par la guerre, l'ouvrage de M. Madelin, si bien informé, mais tout chaud encore de la bataille, restera longtemps au premier rang." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1920)

282.          [Marine Allemande]. La bataille du Skagerrak (bataille du Jutland). Récit établi par le Service historique de la Marine allemande. Traduit par R. Jouan. P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1929, gr. in-8°, 385 pp, 36 cartes dépliantes montées sur onglet hors texte, 14 croquis dans le texte, reliure pleine toile carmin, dos lisse, pièce de titre basane bordeaux (rel. de l'époque), bon état

            120

"Dans ce volumineux ouvrage, accompagné de nombreuses cartes, le Service Historique de la Marine allemande s'est attaché à reconstituer dans tous ses détails, la bataille du Jutland, et à démontrer qu'elle était une victoire allemande, victoire au vrai sens du mot, et non pas seulement un brillant fait d'armes. Ce côté tendancieux mis à part, on trouvera le récit très attachant et fort bien ordonné. Fertile en enseignements pour les marins, il donne aux profanes un tableau complet de toutes les vicissitudes des combats successifs qui ont marqué cette terrible journée et la nuit tragique où se déroba la flotte allemande." (Revue militaire française, 1930)

283.          SCHEER (Amiral). La Flotte allemande de haute mer pendant la guerre mondiale. Edition définitive des Mémoires de l'Amiral Scheer, avec une préface de M. André Cogniet, chargé pendant la guerre de la section historique de l'état-major général de la Marine. Payot, 1930, in-8°, 414 pp, copieuse préface par André Cogniet (pp. 7-41), 8 pl. de photos et 13 cartes dépliantes hors texte, 20 croquis dans le texte, reliure demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale)

            60

Mémoires de Reinhard Scheer (1863-1928). Il commandait la Hochseeflotte, la flotte de haute mer de la Marine impériale allemande pendant la bataille du Jutland, la plus grande bataille navale de la Première Guerre mondiale. — "Ce livre écrit par un des grands chefs de la marine allemande contient surtout le récit des opérations de la flotte. Partisan convaincu de la possibilité de vaincre l'Angleterre par la guerre sous-marine, l'amiral Scheer s'étend longuement sur les considérations politiques, économiques et militaires qui ont conduit l'Allemagne à adopter cette manière de faire la guerre, sur les espérances qu'elle a fait naître et qui ont failli se réaliser." (Revue militaire française) — "En fait, Scheer n'a exercé ce commandement qu'après les amiraux Ingenohl et Pohl. En août 1918, il passait à l'Amirauté, à Berlin. Mais il commandait en 1916 et son pavillon amiral flottait à la bataille de Skagerrak. Il prétend y avoir été vainqueur et, tactiquement, il fait valoir des raisons assez impressionnantes. L'homme est certainement de haute intelligence, Prussien déclaré et dépourvu de scrupules sur les moyens qui assurent le succès. En deux circonstances au moins, le 31 mai et le 19 août 1916, il s'est habilement tiré de situations difficiles et, par la terreur inspirée à la marine adverse par ses champs de mines et ses raids de sous-marins, il a protégé la « Baie allemande » de toute incursion, voire même de toute menace britannique dangereuse." (Revue Bleue)

284.          [Sous-marins allemands]. DARDE (Fernand). Souvenirs de chasse aux Sous-marins allemands. Les patrouilles du contre-torpilleur “Fanion”.FIERRE (Jacques). 80.000 milles en Torpilleur. Récits de chasse aux sous-marins, 1914-1916. Perrin, 1919 et 1918, 2 vol. in-12, xii-239 et 297 pp, les 2 ouvrages reliés ensemble en in volume pleine toile brique, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            60

"M. le capitaine de corvette Darde, qui nous a déjà conté ses deux ans de croisière sur la “Jeanne d'Arc”, a commandé pendant la deuxième partie de la guerre un des contre-torpilleurs à qui incombait l'escorte dans la Manche ou dans l'Océan des convois français et anglais ; nous devons à cette campagne sur le “Fanion” un second volume de souvenirs. Le “Fanion” a accompagné jusqu'à 51 fois les charbonniers de Brest à Cardiff et inversement, il a croisé autour de Cherbourg et de Quiberon et patrouillé en tous sens pour la sécurité des navires de l'Entente. Certains de ses voyages furent fertiles en incidents : son commandant a assisté au torpillage du “Merton-Hall”, de “l'Allendale”, du “Borg”, et en a recueilli les naufragés. L'auteur estime à 180 le nombre des sous-marins détruits par les navires de l'Entente ; les Allemands qui en avaient 25 au début de la guerre en auraient construit environ 350. A la fin de la campagne de 1918 les pertes qu'ils causèrent à la marine des Alliés présentent une appréciable diminution ; la lutte contre les sous-marins s'affirmait de plus en plus efficace. Le lecteur sera initié à quelques-uns des procédés employés pour surprendre la course du pirate, observation par hydravions, appareils d'écoute installés à bord des torpilleurs de chasse, comme des armes d'attaque, lorsqu'on est parvenu à le cerner, grenades marines et mines. La matière reste encore mystérieuse et l'auteur n'a pu que soulever un petit coin du voile ; il faut le remercier même du peu qu'il nous révèle. Il a su d'ailleurs donner à ces quelques souvenirs une forme très attachante." (Revue critique d'histoire et de littérature, 1920) — Maxime Ferrière (Jacques Fierre est un pseudonyme) est embarqué comme midship sur un contre-torpilleur. Il débute la guerre en août 1914 en patrouillant de Cherbourg à Dunkerque. — "Parmi les livres de guerre récemment publiés signalons encore 80.000 milles en Torpilleur, par M. Jacques Fierre, une suite de récits de chasse aux sous-marins dans la Manche et la Méditerranée. On y voit comment ces « patrouilleurs » dont personne ne connaît les noms ni l'histoire accomplissent chaque jour de grandes choses..." (Roland de Mares, Annales politiques et littéraires) — "On ne lira pas sans intérêt cet ouvrage ; M. Jacques Fierre, en août 1914, s'élance aux combats, comme Chérubin s'élance à la puberté. Hélas il n'a point la bonne part. Son rôle est de monter la garde le long des côtes, et de recevoir des sans-fil qui lui annoncent, un peu plus souvent qu'à son tour, qu'on a pris son bon torpilleur français pour un U-boche. Ces incidents fâcheux n'altèrent point sa belle humeur, mais il envie les fusiliers marins..." (Abel Hermant, Le Figaro)

285.          SPIESS (Johannes, lieutenant de vaisseau). Six ans de croisières en sous-marin. Payot, 1927, in-8°, 246 pp, traduit de l'allemand, broché, bon état (Coll. de Mémoires, Etudes et Documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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"En me proposant de fixer dans ce livre quelques traits généraux et caractéristiques de mes croisières sous-marines, je n'ai pas l'intention d'écrire des "Souvenirs", un "Journal de guerre" ou des récits d'opérations navales. Le but que je poursuit est tout autre. Cet ouvrage doit permettre de se faire une idée des difficultés et des soucis qui assaillent les officiers de l'arme mystérieuse qu'est le sous-marin. On racontera donc ici, sans enchaînement précis, quelques périodes typiques qui montreront, même au profane, la rapidité avec laquelle un travail incessant a fait du sous-marin, après les incertitudes du début, une arme à rayon d'action très étendu..." (Avant-propos)

286.          TAPRELL DORLING (Captain). Les Destroyers au combat. A bord des destroyers, des torpilleurs et des patrouilleurs durant la guerre mondiale. Payot, 1936, 2 vol. in-8°, 246 et 201 pp, traduit de l'anglais, 30 croquis dans le texte, biblio, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale)

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"Le captain Taprell Dorling décrit avec beaucoup d'humour et sans aucun esprit de forfanterie les véritables exploits qu'accomplirent dans la marine anglaise torpilleurs et destroyers, sans cesse sur la brèche... « Leur pavillon noirci et effiloché flottait sur la mer du Nord et la Manche, dans la baie d'Héligoland, des Dardanelles au canal de Suez et à Gibraltar, sur la moitié de l'Atlantique et jusqu'au cercle polaire. Quand les cuirassés ou les croiseurs de bataille appareillaient, les torpilleurs leur emboîtaient le pas (ou plutôt les précédaient), quel que fût le temps. Ils convoyaient les transports et les cargos depuis le 30° degré à l'Ouest, dans l'Atlantique Nord, jusqu'à la Manche et la mer d'Irlande. lis escortaient les transports à travers la Manche, jusqu'au Havre. Dieppe, Boulogne, Calais, Dunkerque ; ils protégeaient le trafic le long de la cote Est, convoyaient les cargos chargés de denrées entre Orfordness et la Hollande et les navires neutres à travers la partie septentrionale de la mer du Nord, des Shetlands aux pays scandinaves. Ils chassaient les sous-marins, cueillaient les vedettes ennemies en grand'garde dans la baie d'Héligoland et de Kattegat, patrouillaient le long des côtes britanniques, accompagnaient les navires porte-avions, dont tes appareils allaient tenter des raids sur les hangars à zeppelins, et les mouilleurs de mines dans leurs excursions nocturnes. Ils mouillaient des mines et en draguaient, débarquaient des troupes sur les rivages des îles du Pacitique et sur la péninsule de Gallipoli, et à Gallipoli comme sur les côtes de Flandres, ils bombardaient les armées et les positions ennemies. » A cette énumération, d'autres missions à l'actif des destroyers pourraient encore être ajoutées. Dans le cours de l'intéressant et très documenté volume écrit par le captaln Taprell Dorling, on trouve en particulier, un long et palpitant chapitre sur le rôle joué par ces petits navires dans la journée et la nuit du 31 mai 1916, au cours de la bataille du Jutland. Les marins qui vécurent la guerre sur les gros navires ont passé successivement par des périodes de monotonie intense lorsqu'ils restaient enfermés dans un port en attendant l'alerte et la sortie qui les faisaient alors entrer dans une période de fièvre intense. Pour les torpilleurs, leur tâche était si variée et ils étaient si continuellement à la mer que leurs équipages n'avaient certes pas le temps de s'ennuyer. « Si nous ne connaissions pas la fièvre des tranchées, dit l'auteur, en revanche nous avions les tempêtes furieuses de la mer du Nord, de l'Atlantique et de la Manche. et nous ne pouvions même pas rallier le mouillage pour cause de mer intenable. Les énormes vagues glauques accouraient de toutes parts, le bâtiment se vautrait, piqualt du nez, roulait, torsait et disparaissait sans cesse sous les vagues. Nous n'avions pas quitté le port depuis un quart d'heure que déjà l'eau s'infiltrait sous nos cirés et dans nos bottes de mer. Nous restions alors trempés ou presque pendant quatre ou cinq jours, grignotant ce que nous pouvions trouver sur la passerelle mouvante ou dans la chambre des cartes en dessous... » Pour ceux qui comme moi, ont passé une partie de leur carrière sur les destroyers, les pages du volume du captain Taprell Dorling sont pleines de remarques, de descriptions et même d'anecdotes qui transposées sur les contre-torpllleurs français de la guerre comme nos Bouclier, Fanfare, Rivière, etc., rappellent des souvenirs et des exploits analogues. Mais même pour le public non marin, les lignes de cette nouvelle contribution aux Etudes et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale sont pleines d'un réel intérêt et se lisent facilement, grâce à un style très vivant et souvent humoristlque. Le chapitre consacré aux sauvetages qui clôt ce Ilvre n'est pas un des moins poignants ; il faut se rappeler, en effet, que, pendant les quatre ans neuf mois et huit jours que dura la guerre, nos alliés n'ont pas perdu moins de 67 destroyers, et que bien peu d'hommes de leurs équipages purent être sauvés..." (XXX, La Croix, 4 avril 1936) — "S'il est une catégorie de bâtiments auxquels ne furent ménagées ni les émotions ni les occasions de se distinguer tout au long de la guerre mondiale, ce sont bien les « destroyers ». Le captain Taprell Dorling nous transporte sur la passerelle de ces torpilleurs et nous montre de quel courage et de quelle habileté manœuvrière durent faire preuve leurs commandants et leurs équipages dans les innombrables engagements auxquels ils prirent part. Ecrit de façon fort vivante, ce livre plaira à tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent aux choses de la mer et à l'histoire navale de la Grande Guerre." (François de Sobas, Etudes, 1936)

287.          TÉZENAS DU MONTCEL (J.). L'Heure H. Etapes d'infanterie 1914-1918. S.l.n.d., s.d., in-8°, 464 pp, préface du général Jean-René Bachelet, broché, bon état

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Joseph Tézenas du Montcel a vécu la première guerre mondiale comme combattant de première ligne, trois ans durant, de 1915 à 1918. Jour après jour, pour essayer de comprendre le paroxysme de violence et d'horreur dans lequel il est plongé, il rédige des notes et carnets ; il les rassemble en 1960 dans un ouvrage manuscrit qu'il intitule “L'Heure H, étapes d'infanterie”. Il y livre dans toute leur vérité et parfois toute leur crudité les impressions et souvenirs non édulcorés d'un poilu du Front immergé dans le vécu des tranchées. Cet ouvrage nous parle d'une voix très forte. Il est le témoignage parfois critique mais toujours sincère d'un adolescent patriote devenu adulte à l'épreuve du feu, transmettant une expérience de la peur et du courage qui parle toujours aussi fort au lecteur d'aujourd'hui. Il apporte une réflexion particulièrement passionnante sur la guerre et l'immense paradoxe du fait militaire : rien de plus inhumain que la guerre et pourtant, au-delà de l'horreur, l'homme s'y révèle dans son humanité la plus sublime. — Superbe carnet de route d’un marsouin du 5e R.I.C. (régiment d’infanterie coloniale) qui termine la guerre comme chef de compagnie (lieutenant), 2e corps d’armée colonial. En 1916-1917 à la 10e D.I.C. (division d’infanterie coloniale – division Marchand) puis en 1918 à la 15e D.I.C. (avec les 2e & 6e R.I.C.). Cet aristocrate lettré a gagné ses galons au Front et relate ses combats de 1916 à 1918 dans cet ouvrage, s’appuyant sur ses précieuses notes et expériences personnelles. Il livre dans toute leur vérité (parfois crue) les impressions et souvenirs de guerre non édulcorés d’un poilu immergé dans le vécu des tranchées (Oise 1915-16, Somme 1916, Aisne et Chemin des Dames 1917, Verdun 1917, Picardie 1918). Une oeuvre d’une qualité littéraire et d’un intérêt comparables aux récits de l’allemand Ernst Jünger dans Orages d’acier ou Le boqueteau 125.

288.          TYL (Marie). Journal de guerre. Cherbourg 1914-1919. Rassemblé, présenté et annoté par Patrick Manificat. Les Indes savantes, 2015, gr. in-8°, 400 pp, 6 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'auteur a tenu tout au long de sa vie un journal intime dont la partie concernant la Première Guerre mondiale est transcrite dans le présent ouvrage. C'est un témoignage particulièrement intéressant sur « l'arrière » car l'auteur vit à Cherbourg ; veuve d'un officier, elle reçoit chez elle de nombreux militaires, et a une connaissance de l'intérieur des évènements, des mentalités, du moral des troupes et des opérations, particulièrement dans la Marine. Autant dire que le « bourrage de crâne » n'a pas prise ici... Royaliste convaincue et farouche adversaire de la République, Marie Tyl n'en est pas moins profondément patriote, et ses convictions politiques confrontées à la Grande Guerre sont un autre centre d'intérêt de l'ouvrage. La précision de ses observations et ses commentaires toujours pertinents sont un autre point fort de ce Journal.

289.          ZEYONS (Serge). Le Roman-Photo de la Grande Guerre. Les cartes-postales “Bleu-Horizon”. Editions Hier et Demain, 1976, gr. in-4° (25,5 x 35,5), 135 pp, reliure pleine toile rose de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

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Belle iconographie réunissant 330 cartes postales légendées, dont plus de la moitié sont reproduites en couleurs, sélectionnées parmi des milliers d'autres. Un livre goguenard mais aussi un inventaire très significatif des thèmes de propagande de l'époque : l’exaltation des liens familiaux, la chasse aux barbares, la diabolisation exacerbée des ennemis, Guillaume II, le chef de la « Kultur » des barbares, Saint-Poilu...

2ème GUERRE MONDIALE

 

290.          ABLY (Jean). Interprète volant. Avec la 72ème Escadrille de Liaison Américaine. France-Allemagne 1944-1945. Arthaud, 1946, in-12, 222 pp, 14 pl. de photos et une carte hors texte, broché, bon état, bande éditeur conservée : “De Grenoble à Munich sur un avion de la liaison américaine – Panorama de la débâcle allemande”

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"Le 9 septembre 1944, Jean Ably devient interprète de la 72e escadrille de liaison attachée au quartier général de la 7e armée américaine. A partir de notes prises dans un carnet, il restitue ainsi les conditions de vie très privilégiées de ces aviateurs de l’Armée de l'air américaine en campagne. Cette expérience insolite vécue par un jeune Français représente un des principaux intérêts du livre. L'auteur ne participe pas à des opérations de combat à proprement dit, son statut et les missions de cette escadrille relevant d’un tout autre domaine. Son travail consiste surtout à réquisitionner des logements à proximité des terrains d’aviation utilisés par l’escadrille. Celle-ci reste stationnée en France jusqu’au 25 mars 1945, date à laquelle elle est transférée à Kaiserslautern en Allemagne. Elle se révèle ensuite très mobile, et ce jusqu’à la fin de la guerre. Parlant l’allemand, Jean Ably cherche à sonder le coeur des populations civiles confrontées à une défaite imminente. De fait, leur adhésion au parti national-socialiste, au passé comme au présent, reste le thème de réflexion central de son récit. Il évoque par ailleurs le délabrement général dans lequel l'Allemagne est désormais plongée. Le 10 mai 1945, il a l’occasion de voir brièvement Goering, avant que celui-ci ne soit transféré en lieu sûr. Il décrit l’ancien Reichsmarschall comme un "monstre penaud" (p. 194). Le 10 juin 1945, il retrouve l’aéroport d’Eybens, près de Grenoble, l’endroit même où il avait rejoint l’armée américaine neuf mois plus tôt." (Stéphane Lamache, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

291.          ALARY (Eric). L'Exode. Un drame oublié. France Loisirs, 2010, gr. in-8°, 465 pp, 16 pl. de photos hors texte, 4 cartes dans le texte, biblio, index, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            20

L'exode de mai-juin 1940 est la traduction civile de la défaite militaire, la face la plus visible de la débâcle. Car si les combats, les intrigues politiques et, plus tard, les appels de Pétain et de De Gaulle ne touchent qu'une minorité, le sort des huit millions de Français fuyant l'avancée allemande prend à partie la France entière. Pourtant, cette catastrophe humaine, politique, économique et sociale d'une ampleur sans précédent est demeurée dans l'ombre. Premier ouvrage exhaustif sur le sujet, L'Exode comble donc un vide de taille sur l'événement emblématique de la débâcle. Durant plusieurs années, l'auteur a consulté des centaines de sources inédites, faisant la part belle aux milliers de témoins - célèbres ou anonymes - de ce gigantesque traumatisme collectif. En dépassant le cadre des quelques mois qui courent de la mobilisation générale en septembre 1939 jusqu'à l'armistice de juin 1940, il dévoile aussi l'histoire de ceux qui ne sont rentrés que bien plus tard... et de ceux qui ne sont jamais revenus. Découvrir l'exode permet de mieux comprendre non seulement la France d'aujourd'hui, tant cet événement a marqué la mémoire collective, mais aussi le monde à l'aune des grands drames humanitaires, dont il a été le premier chapitre et l'un des plus dramatiques.

292.          ARAGON (Louis). Servitude et grandeur des Français. Scènes des années terribles. La Bibliothèque Française, 1945, in-12, 231 pp, broché, bon état

            20

Recueil de nouvelles peu connu sur la Résistance où la conversion à la classe ouvrière semble s’essouffler, à la faveur d’un patriotisme revendiqué et affiché.

293.          BALLANDE (Henri). De l'Amirauté à Bikini. Souvenirs des jours sans joie. Presses de la Cité, 1972, in-8°, 318 pp, 8 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

            30

Officier de marine, l'auteur a vécu dans l'intimité de l'amiral Darlan de 1939 à 1942 et a occupé des fonctions importantes à son état-major. Après le sabordage de la flotte à Toulon en 1942, il rallie l'Afrique du Nord où il se consacre à la réorganisation de la Marine avant de commander un croiseur léger lors du débarquement de Provence. En 1946, il assiste en observateur militaire aux expériences atomiques de Bikini.

294.          BEACH (Edward L.). Prisonniers du silence. Presses de la Cité, 1955, in-8°, 319 pp, traduit de l'américain ("Run Silent, Run Deep") par R. Jouan, imprimé sur Alfa pur bouffant cellunaf, cart. éditeur, jaquette illustrée (avec tout petit manque), bon état

            25

"Ce livre est un document, malgré sa forme romancée." (avant-propos). – Récit romancé autour de l'équipage d'un sous-marin américain dans le Pacifique. Le commandant Edward L. Beach est sorti de l'école navale américaine en 1939. En janvier 1942 il embarqua sur le USS Triger (SS 237) et durant 29 mois participa à dix patrouilles contre les forces japonaises. Cet ouvrage sera porté à l'écran en 1958 par Robert Wise sous le titre : "L'odyssée du sous-marin Nerka", avec Clark Gable et Burt Lancaster.

295.          BENOIST-LUCY (Chantal). Sortie de l'Abîme, 1942-1945. Mémoire d'une déportée. P., Les Editions d'Art et d'Histoire, ARHIS, 1994, gr. in-8°, 119 pp, préface de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, 10 dessins à pleine page (5 en couleurs), une carte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état, envoi a.s.

            25

Arrêtée pour faits de Résistance fin 1942, condamnée à l'âge de 19 ans à la déportation et aux travaux forcés, Chantal Benoist-Lucy raconte avec une extrême pudeur le cauchemar d'une facette peu connue de la déportation : la vie des forçats traînés de forteresses en prisons, en camps, trimant toujours, dormant peu, mangeant moins encore, ne sachant jamais vers quelles tortures les conduirait leur prochain destin. Le récit alerte de Chantal Benoist-Lucy ressuscite l'ambiance souvent tragique, parfois cocasse, de la vie de bagnarde. L'auteur a su garder sa spontanéité et son sens de l'humour, pour décrire l'enfer de sa vie de déportée. Peu sont rentrés d'Allemagne, moins encore sont ceux qui survivent aujourd'hui pour témoigner de la vérité. Il fallait leur récit pour que demeure le souvenir.

296.          BERLIÈRE (Jean-Marc) avec Laurent Chabrun. Les Policiers français sous l'Occupation, d'après les archives inédites de l'épuration. Perrin, 2001, in-8°, 389 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Longtemps, on a cru que les archives de la police avaient été détruites. Il a fallu l'obstination de Jean-Marc Berlière pour exhumer des milliers de dossiers oubliés dans les caves du ministère de l'Intérieur et de la Préfecture de Police. Or ces textes offrent à la fois des éclairages originaux sur l'action de la police pendant l'Occupation, une série d'instantanés sur ses principales figures et un bilan des comptes et des sanctions arrêtés après 1945. A travers l'évocation de cas douloureux, complexes, parfois odieux, on saisit le travail au quotidien d'une police engagée dans la lutte contre les résistants, notamment communistes, et dans la traque des juifs. On évalue la difficulté d'appliquer une politique répressive, compte tenu des exigences allemandes, des rivalités entre services, de la volonté de Vichy d'affirmer sa souveraineté et d'un contexte de guerre propice à toutes les ambiguïtés. On apprécie enfin la bataille qui se joue en 1944-1945, où les coups bas, les tentatives de manipulation et les pressions politiques se multiplient. Un document appelé à mettre à mal nombre d'idées reçues.

297.          BRENNECKE (Jochen) et T. KRANCKE. Le raid de « L'Admiral Scheer ». France-Empire, 1978, pt in-8°, 375 pp, traduit de l'allemand, 12 pl. de photos hors texte, une carte et un croquis, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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L'histoire de l'épopée du croiseur lourd Admiral Scheer, racontée par son ancien commandant l'amiral Krancke et l'un de ses officiers, le lieutenant Brennecke. En 1939, la Kriegsmarine comptait trois croiseurs lourds de 10.000 tonnes, tonnage maximum que lui autorisait le traité de Versailles. Elle les avait armé de canons de 280 et équipés de moteurs Diesel ultra-modernes leur donnant un rayon d'action considérable : 19.000 milles. Le raid qu'effectua l'un d'eux, l'Admiral Scheer, en Atlantique et dans l'océan Indien, se jouant pendant six mois des forces adverses importantes mobilisées contre lui, est certainement l'un des exploits les plus étonnants de la Seconde Guerre mondiale. Parti de Gotenhafen le 23 octobre 1940, il débouchait en Antarctique par le détroit du Danemark entre le Gröenland et l'Islande et révélait sa présence en attaquent le 12 novembre un convoi de 38 navires, le HX-84. Semblant bénéficier d'une chance insolente, due pour une large part à l'habileté tactique de son commandant, le Scheer surgit à l'improviste dans une zone donnée, en disparaît après avoir remporté une série de succès, réapparaît loin de là, brouille les pistes des unités adverses lancées à sa poursuite, retrouve ponctuellement aux rendez-vous convenus son fidèle ravitailleur Normark, et d'autres raiders allemands : Thor, Kormoran, Pinguin, Atlantis, Komet, Orion, pousse le luxe jusqu'à effectuer à la mer la révision périodique de ses moteurs et à réparer ceux d'un sous-marin...

298.          BUFFIÈRES (Comte de). Les Allemands en Dauphiné et dans la Savoie, 19-25 juin 1940. Récit de la défense des deux provinces. Romans-sur-Isère, Editions Joseph-Albert Domergue, 1942, pt in-4°, 241 pp, un portrait du maréchal Pétain en frontispice et 30 photos sur 17 planches hors texte, une carte dépliante hors texte, reliure demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs soulignés à froid et fleurons dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire et carmin, couv. et dos conservés, bon état. Edition originale numérotée sur papier de Condat

            100

299.          BUSCH (Fritz-Otto). Le drame du « Scharnhorst ». Julliard, 1953, in-8°, 238 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Risques et périls, dirigée par Jules Roy)

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Le 11 février 1942, le monde apprenait avec stupeur que le Scharnhorst venait de forcer le Pas-de-Calais au nez et à la barbe des Anglais. Après s'être évanoui dans les brumes de la Manche, l'insaisissable cuirassé, à la chance insolente, ressurgit quelque temps plus tard dans l'Océan et, de 1942 à Noël 1943, fit peser une terrible menace sur les convois alliés qui ravitaillaient la Russie par le Cap Nord. S'élançant du fjord de Norvège où il était embusqué, se glissant dans les brumes, ce croiseur ultra rapide pouvait à tout instant écraser de ses neuf pièces de 280 mm les lents cargos de Mourmansk. Si l'on sait qu'un seul convoi de vingt cargos transportait en Russie 360 bombardiers bimoteurs et 4000 blindés, on mesure les conséquences qu'une telle action aurait eues sur les opérations du front de l'Est. La chose faillit se produire le 26 décembre 1943. Mais la flotte anglaise veillait. L'auteur, un officier de la marine allemande, fait, en s'appuyant sur des rapports britanniques et allemands, le récit minuté de cette terrible poursuite et de l'ultime bataille. Le courage de l'équipage luttant alors que le navire agonise dans la nuit polaire, sous la tempête de neige, force l'admiration...

300.          CHURCHILL (Winston S.). Mémoires de guerre. Texte traduit, présenté et annoté par François Kersaudy. 1. 1919-Février 1941. – 2. Février 1941-1945. Tallandier, 2009-2010, 2 vol. gr. in-8°, 444 et 636 pp, 46 cartes, index, brochés, couv. illustrées à rabats, bon état

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"Les Mémoires de guerre de Winston Churchill sont à la fois une grande oeuvre littéraire, un témoignage de première main par l’un des trois grands protagonistes de la Seconde Guerre mondiale, une reconstitution unique de cette guerre sur tous les fronts en Europe, en Afrique, en Russie, en Asie du Sud-Est, dans le Pacifique sud et une analyse concise de l’après-guerre jusqu’en 1957, par un homme d’Etat qui a été tour à tour acteur et témoin des faits qu’il rapporte. C’est cette oeuvre plus que toute autre qui a permis à Winston Churchill d’obtenir le prix Nobel de Littérature en 1953." — « Nous sommes tous des vers », disait modestement Winston Churchill, « mais je crois que moi, je suis un ver luisant ! » Ses multiples actions d'éclat, immortalisées par une ouvre littéraire étincelante, expliquent clairement pourquoi il n'a pas fini de luire. A-t-on déjà vu un homme doté d'un si beau style relater de si grands événements après avoir occupé de si hautes fonctions ? Ses Mémoires de guerre sont une épopée narrée comme un conte, avec une documentation surabondante, d'admirables phrases cadencées, un humour omniprésent et des excursions aux quatre coins d'un monde en guerre. Une oeuvre littéraire, au sens le plus noble du mot. – « Les Mémoires de guerre de Winston Churchill naviguent entre l'héroïsme et l'humour. Un témoignage incomparable. Une traduction et une présentation enfin dignes de leur auteur. Il faut en remercier François Kersaudy dont, outre les talents de traducteur, les notes critiques sont une merveille de concision, de précision, de rectifications nécessaires et d'ironie. » (Le Point) – « Le souffle de l'écriture, le sens du récit de Churchill font de ses Mémoires de guerre une lecture d'exception. » (RTL)

301.          EDWARDS (Commander Kenneth). L'Opération Neptune. P., La Jeune Parque, 1947, in-8°, 337 pp, traduit de l'anglais, avant-propos de l'amiral Harold Burrough, 12 pl. de photos hors texte, broché, bon état

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L'opération Neptune est la phase d'assaut du Débarquement destinée à exécuter, en partant du Royaume-Uni, une opération ayant pour but d'assurer sur le continent un établissement d'où pourront être développées, ultérieurement, des opérations offensives. Cette zone devra comprendre des possibilités portuaires suffisantes pour soutenir une force de 26 à 30 divisions et permettre son accroissement par des forces d'exploitation sur la base de trois à cinq divisions par mois. Le livre écrit par le Commander Kenneth Edwards de la Royal Navy, retrace l'histoire de l'opération Neptune, qui, le 6 juin 1944, comprenait près de 7000 bateaux.

302.          [Général Leclerc de Hauteclocque]. Le Général Leclerc vu par ses compagnons de combat. Préface de Madame Leclerc de Hauteclocque. P., Alsatia, 1948, gr. in-8°, 366 pp, un portrait en frontispice et 91 photographies reproduites en héliogravure sur 47 planches hors texte, 4 grandes cartes dépliantes hors texte in fine, broché, état correct

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I. L'essor. – II. La légende : L'Afrique, tremplin de la victoire - La symphonie de la Libération. – III. Au service de la grandeur française : L'Indochine, mission urgente.

303.          GLARNER (André). De Montmartre à Tripoli. Journal d'un correspondant de guerre de l'Exchange Telegraph, 1939-1943. P., Editions Musy, 1945, in-12, 271 pp, 2 cartes, broché, bon état

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Correspondant de guerre pour le bureau français de "L'Exchange Telegraph", André Glarner rapporte pour son journal les combats en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il dresse simultanément un tableau journalistique des événements et revient sur des épisodes personnels marquants. De la Drôle de guerre à la Campagne de France, l'auteur s'est ainsi trouvé auprès des soldats français de la ligne Maginot. Fort de cette expérience, il analyse les raisons de la défaite dont il faut, selon lui, tenir responsables non les soldats français mais les dirigeants politiques et une presse soumise. Peu avant la signature de l'armistice, il obtient du ministère de l'Information une mission au Royaume-Uni. A Londres, il se laisse convaincre par le général de Gaulle de continuer la lutte en relatant les combats des forces alliées. L'auteur suit alors les troupes britanniques en Afrique et au Proche-Orient. Il décrit les combats menés par les forces alliées contre les troupes italiennes et allemandes en Egypte (Le Caire, El-Alamein), en Libye (Beda Fomm, Tobrouk, Bir-Hakeim, Halfaya, Tripoli et Benghazi). Assistant à la campagne de Syrie (qui fut pour lui la plus éprouvante), il peut également témoigner de l'évacuation et du rapatriement du corps expéditionnaire britannique de Grèce par la Royal Navy, du courage des troupes polonaises, de l'entraînement des parachutistes ou de sa rencontre avec des personalités (Eve Curie, Morley Lister ou Alice Delysia). (Delphine Leneveu, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 39-45)

304.          GRAS (Yves). La 1ère DFL. Les Français libres au combat. Presses de la Cité, 1983, in-8°, 450 pp, 16 pl. de photos hors texte, 10 cartes, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, la 1ère division légère de la France Libre, que commande le général Koenig, réussit à sortir de vive force de la position de Bir Hakeim sur laquelle, depuis quinze jours, elle résistait aux assauts de Rommel. Cet exploit affirmait, après les victoires de Cub Cub et de Massaouah, le renouveau des armes françaises depuis la défaite de 1940. L'histoire de la 1ère DFL n'est pas celle d'une division comme les autres. Si l'on peut dire que la France n'a jamais cessé de combattre de 1940 à 1943, si de Gaulle a pu mener à bien son entreprise nationale, c'est parce que des volontaires venus d'Angleterre, ralliés de toutes les colonies, évadés de France, ont pu être rassemblés au Moyen-Orient pour former la 1ère division française libre. Tous animés par la passion de prouver que la France ne s'identifiait pas au désastre de 1940, ils ont rompu avec les disciplines traditionnelles, et souvent tout quitté, pour aller combattre au premier rang en des jours où la victoire de la Grande-Bretagne paraissait à la plupart une chimère. Pendant plus de deux ans, la 1ère DFL est la seule grande unité française engagée aux côtés des Alliés, elle est l'armée de la France au combat. En 1944, entraînée par le général Brosset, elle n'est plus qu'une des huit divisions du corps expéditionnaire français, mais elle réalise le rêve poursuivi depuis quatre ans : elle débarque en France et contribue à la Libération. Ce livre relate l'épopée singulière de la 1ère DFL en Erythrée, dans le désert de Libye, en Egypte, en Tunisie, en Italie, en France, mais aussi son existence difficile au milieu des armées britanniques, sa dramatique campagne de Syrie, ses contacts orageux avec l'armée d'Afrique. Renouvelée par l'incorporation des FFI, elle conservera sa mentalité bien à elle, l'esprit Free French , et restera jusqu'à la fin de la guerre une division "pas comme les autres".

305.          GUERLAIN (Robert). Prisonnier de guerre. Derrière les fils barbelés, des armées se lèvent. Londres, Hachette, The Continental Publishers and Distributors Ltd., 1944, in-12, 176 pp, broché, bon état. Edition originale

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Mémoires de Stalag. — Robert Guerlain (pseudonyme) rédige ses mémoires après ses deux années de captivité en Allemagne, à Trèves (Stalag XII D). Les deux premiers chapitres relatent sa capture puis la terrible marche de quinze jours qui le mène au camp. L'auteur s'interroge, en marchant, sur les raisons de la défaite et remarque le nombre sans cesse croissant de prisonniers (passant de 3.000 à 50.000). Parmi eux, des compatriotes, parfois blessés, parfois pro-allemands, des Polonais et des Britanniques, dont il admire la droiture. Les chapitres suivants se concentrent sur la vie quotidienne du Stalag qu'il prétend être placé sous la double administration de la Wehrmacht et de la "Gestapo". L'auteur dénonce la lourdeur de la discipline (comptages interminables) et l'ignominie de certains gardiens. L'environnement, peu favorable, est marqué par la pénurie alimentaire, la promiscuité et le manque de confort. La main-d'oeuvre captive est employée dans divers « Arbeitskommandos », et la démoralisation gagne bien des esprits. Guerlain rapporte les discussions entre les prisonniers opposés à Vichy (dont il fait partie) et les autres, qui ne s'offusquent pas de la collaboration « Mais alors que veux-tu qu'on fasse ? [...] Nous devons bien trouver avec les vainqueurs un arrangement provisoire » (p. 47). Mais tous se retrouvent pour communier dans le « mal du pays », la nostalgie de la famille et des êtres chers. Pour entretenir l'espoir, les captifs sont à l'affût de la moindre information relative aux difficultés de la Wehrmacht et à l'avancée alliée. A en croire l'auteur, le martelage de la propagande allemande (radio, affiches, journaux, etc.) a peu de prise sur eux. Certains tentent de s'évader (au risque de représailles). Le seul espoir solide réside souvent dans l'évacuation sanitaire. L'auteur lui-même peut rentrer au bout de deux ans. Son récit s'achève à Clermont-Ferrand, lieu de sa démobilisation. Dans les dernières lignes, il revient sur ses sentiments de révolte face à la privation de liberté et réaffirme son espoir d'une défaite prochaine de l'Allemagne nazie. (Delphine Leneveu, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 39-45)

306.          HOESS (Rudolf). Le Commandant d'Auschwitz parle. La Découverte, 1995, in-12, xxiv-288 pp, préface de Geneviève Decrop, 2 plans, broché, couv. illustrée, bon état

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"Autobiographie écrite par R. H. avant son exécution en Pologne, le 4 avril 1947. On y retrouve les étapes de la genèse d'un nazi : une enfance austère, le front d'Orient à quinze ans en 1916, les corps francs, la prison, les S.S., Dachau, Auschwitz. Il faut que ce tableau inhumain du camp d'extermination soit connu, et que soit rappelée l'horreur de la bureaucratie de la mort." (Revue française de science politique, 1960) — Dans sa première édition, en 1959, le Comité international d'Auschwitz présentait ainsi ce livre : « Rudolf Hoess a été pendu à Auschwitz en exécution du jugement du 4 avril 1947. C'est au cours de sa détention à la prison de Cracovie, et dans l'attente du procès, que l'ancien commandant du camp d'Auschwitz a rédigé cette autobiographie sur le conseil de ses avocats et des personnalités polonaises chargées de l'enquête sur les crimes de guerre nazis en Pologne. (...) Conçu dans un but de justification personnelle, mais avec le souci d'atténuer la responsabilité de son auteur en colorant le mieux possible son comportement celui de ses égaux et des grands chefs SS, ce document projette une lumière accablante sur la genèse et l'évolution de la "solution finale" et du système concentrationnaire. Ce "compte rendu sincère" représente l'un des actes d'accusation les plus écrasants qu'il nous ait été donné de connaître contre le régime dont se réclame l'accusé, et au nom duquel il a sacrifié, comme ses pairs et supérieurs, des millions d'êtres humains en abdiquant sa propre humanité. » A l'heure où les négationnistes du génocide des Juifs continuent à répandre leurs délires, la réédition de ce livre épuisé depuis plusieurs années, s'imposait. elle est présentée ici avec une préface inédite de Geneviève Decrop qui replace en perspective ce texte fondamental.

307.          IRVING (David). La Destruction de Dresde. 13 février 1945. Laffont, 1966, gr. in-8°, 459 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, 2 plans dans le texte, sources, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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"D. I. étudie du triple point de vue historique, politique et humain, le projet britannique d'anéantissement de la ville de Dresde, son exécution dans la nuit du 13 au 14 février 1945, et les réactions que cette opération provoqua dans le monde. Sans se départir de l'objectivité indispensable à tout travail historique – ce livre représente le résultat de trois ans de recherches – D. I. parvient, par la sensibilité de son style et le choix de ses documents, à restituer de façon saisissante le climat apocalyptique de la tragédie de Dresde qui fit 135.000 morts." (Revue française de science politique, 1965)

308.          JOLY (Laurent). Dénoncer les Juifs sous l'Occupation. Paris, 1940-1944. CNRS Editions, 2017, in-8°, 230 pp, 16 illustrations en couleurs sur 8 pl. hors texte, 37 illustrations dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Omniprésente dans l'imaginaire lié à la France des années noires, la dénonciation des juifs n'avait pourtant jamais fait l'objet d'une étude systématique. L'ouvrage de Laurent Joly vient combler cette lacune, croisant approche institutionnelle et études de cas individuels. Il examine tour à tour le rôle de la dénonciation dans les pratiques du commissariat général aux Questions juives, de la Gestapo, de la préfecture de Police et d'Au Pilori, principal organe de délation et de chantage sous l'Occupation. Ayant mis au jour les archives judiciaires concernant les 240 Parisiens jugés pour dénonciation de juifs à la Libération, Laurent Joly s'interroge sur la figure du délateur, décrypte sa mentalité, ses mobiles, ses justifications. C'est tout un pan de la vie et de la persécution des juifs à Paris qui est ainsi ressuscité : des contextes sociaux conflictuels ou des stratégies de sauvetage anéanties aux vengeances sordides qui se donnent libre cours jusqu'aux dernières heures de l'Occupation.

309.          KERSAUDY (François). De Gaulle et Churchill. Plon, 1982, gr. in-8°, 412 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Espoir)

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Lorsque s'affrontent les deux plus grands hommes d'Etat du XXe siècle, qui ne sont pas nécessairement les plus commodes, il faut bien s'attendre à des gerbes d'étincelles. Ayant consulté vingt fonds d'archives dans six pays et interrogé de nombreux témoins, François Kersaudy reconstitue plus de trente rencontres entre le Premier ministre britannique et le chef de la France Libre. Un livre véritablement unique, puisque c'est le seul ouvrage au monde qui soit exclusivement consacré aux relations d'amour et de haine entre Charles de Gaulle et Winston Churchill. L'ayant refermé, le lecteur considérera nécessairement d'un autre oeil les Mémoires de guerre du général de Gaulle et ceux de Winston Churchill.

310.          LE BRIGANT (Général). Les Indomptables. Berger-Levrault, 1948, in-8°, viii-236 pp, 8 pl. de photos hors texte et 6 croquis dans le texte, annexe (liste des 41 officiers ayant réussi à s'évader, des 173 officiers évadés mais repris et des 21 officiers qui ont fait des tentatives d'évasion), broché, couv. lég. salie, sans la jaquette, bon état (Coll. La Seconde Guerre mondiale), envoi a.s. du président d'honneur du Groupe des évadés anciens de Colditz

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L'histoire des prisonniers français de l'Oflag IV C, plus généralement appelé Camp de Colditz, qui était un Sonderlag c'est-à-dire un camp spécial où étaient détenus les officiers "indisciplinés" ou ayant fait des tentatives d'évasion (pp 1-168) et celle des prisonniers du Camp de Lübeck, où, à partir du 28 mai 1942, furent détenus les officiers français israélites et les "indisciplinés" de Colditz, celui-ci étant exclusivement réservé aux officiers atteints du "virus de l'évasion", ce qui n'empêcha pas que la "bataille de l'évasion" se poursuive à Lübeck.

311.          LECERF (Jean). L'Aviso Ville d'Ys en 39-40. Journal de bord d'un appelé du contingent. Terre-Neuve, Groenland, Antilles, Saint-Pierre-et-Miquelon. Nantes, Editions du Petit Véhicule, 2001, in-8°, 307 pp, 28 photos, fac-similé d'un article de presse de l'époque, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Ce livre est unique en son genre : il n'en a été écrit aucun, ni sur la "Ville d'Ys", ni sur la période de guerre 39-40 sur les Bancs de Terre Neuve. C'est le texte original et intégral, complété par quelques renvois explicatifs, du Journal de Bord écrit chaque soir pendant la période douloureuse de 39-40. La "Ville d'Ys" était le dernier navire au charbon de la Marine Nationale. Station Navale de Terre Neuve, il était affecté à l'assistance aux voiliers et chalutiers de la Grande Pêche. Embarqué le 5 avril 1939, j'ai fait à son bord la campagne de pèche 1939 à Terre Neuve et au Groenland. Je décris la terrible vie des Terre Neuvas et les beautés du Soleil de Minuit. L'hiver 39-40, hivernage aux Antilles avec plusieurs missions allant de la surveillance avec blocus des pétroliers allemands à Curaçao au maintien de l'ordre à Marie-Galante. En avril 40, reprise de la mission d'aide et assistance sur les Bancs de Terre Neuve. Ces marins étaient peu ou mal informés du déroulement de la guerre et même de l'envahissement de la France, armistice compris. En juin 40, nous sommes bloqués à Saint Pierre et Miquelon et y restons jusqu'en novembre 40. Au jour le jour, j'ai retracé les difficultés matérielles et surtout morales endurées par l'équipage pendant plus de six mois, sans autre information que celles rares de Radio Paris, plus ou moins germanisé, sans courrier ni nouvelles de nos familles, mais aussi sans savoir ce qui s'était exactement passé en France ni quelle orientation choisir : France Libre ou Pétainisme ? surtout après les évènements de Mers el Kébir et de Dakar. Finalement, je choisis et obtins l'accord du Commandant de me faire démobiliser à Saint Pierre. Le double jeu du Commandant m'en empêcha. La "Ville d'Ys" rallia Fort de France d'où je fus rapatrié d'office. J'ai vécu une belle mais difficile aventure. A 83 ans, j'ai décidé de la publier. Sans l'avoir recherché, je m'aperçois avoir fait oeuvre de modeste historien." (Quartier Maître Jean Lecerf) — "Soixante ans... C'est le temps qu'il a fallu à un certain Jean Lecerf, ancien secrétaire militaire de l'aviso Ville d'Ys pour retrouver celui qui avait été son chef par intérim, pendant quelques semaines début 1940, avant d'être rapatrié à son tour pour embarquer sur un sous-marin. A vrai dire, sous la poussière accumulée par les ans, le nom de Lecerf était totalement oublié. « De mon débarquement de la Ville d'Ys à Fort-de-France, en février 1940, je n'avais gardé que peu de souvenirs, en particulier aucun de Jean Lecerf. "Les peuples heureux n'ayant pas d'histoire", il faut croire que nos rapports avaient été harmonieux. Et maintenant, ce vieux jeune homme de 82 ans me demande de préfacer un ouvrage basé sur ses impressions de matelot de 1940 consignées dans son journal de bord. Il m'a montré son manuscrit, écrit au jour le jour, avec le style primesautier, spontané, plein de fraîcheur et parfois de naïveté de la jeunesse.» C'est ainsi que Jean Vessières, Officier des Pêches de la "Ville d'Ys", évoque dans sa préface le travail de mémoire de Jean Lecerf : précis, exact, attentif, mesuré comme une boussole.

312.          LORMIER (Dominique). Ces chrétiens qui ont résisté à Hitler. Artège, 2018, gr. in-8°, 303 pp, sources principales, broché, couv. illustrée, bon état

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A travers vingt-sept portraits choisis, passionnants et émouvants, d'hommes et de femmes catholiques, protestants et orthodoxes, Dominique Lormier retrace l'histoire de la résistance chrétienne face à Hitler. Au fil des pages, il évoque quelques-unes des personnalités marquantes ou méconnues qui se sont dressées contre la barbarie. On y retrouvera ainsi le père Pierre Bockel, le pasteur Dietrich Bonhoeffer, le colonel François de Carrère, le père Corentin, Laure Gatet, le maréchal Alphonse Juin, le maréchal Pierre Koenig, Yves La Prairie, le maréchal Jean de Lattre de Tassigny, le maréchal Philippe Leclerc de Hauteclocque, père Marie-Benoît, François de Menthon, Edmond Michelet, Théodose Morel, Vera Obolensky, le père Grégoire Péradzé, Giorgio Perlasca, le général André Pommiès, Gilbert Renault (colonel Rémy), Germaine Ribière, le cardinal Jules-Géraud Saliège, le père Jacques Savey, Alexander Schmorell, la mère Marie Skobtsov, le pasteur André Trocmé, le père Nicolas Vélimirovitch (saint Nicolas d'Ochrid) et le pasteur Charles Westphal.

313.          LUDWIG (Emil). Les Allemands. Double histoire d'une nation. New York, Editions de la Maison Française, 1941, in-8°, 446 pp, traduit de l'allemand, index commenté, broché, couv. lég. salie, bon état

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Par Emil Ludwig (1881-1948), écrivain allemand célèbre pour ses biographies. Ce qui le consacra et lui valut la vindicte de l'extrême-droite allemande, c'est, en 1929, son livre “Juillet 1914”. Ce livre fut interdit puis brûlé par les nazis. Reconnu citoyen suisse en 1932, il émigre aux USA en 1940. Publié à New York en 1941, ce livre est un essai sur les causes historiques du nazisme.

314.          MARLY (Anna). Troubadour de la Résistance. Mémoires. Tallandier, 2000, in-4°, 205 pp, plus de 100 documents inédits, 89 illustrations, photos et fac-similés en noir et en couleurs, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état. Bien complet du CD audio, envoi a.s. (en russe). On joint le dépliant de 4 pages de la “Soirée en l'honneur d'Anna Marly” au Conservatoire Russe de Paris Serge Rachmaninoff (9 juin 2000), à l'issue duquel Anna Marly dédicaçait ses Mémoires

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“Elle fit de son talent une arme pour la France.” (Charles de Gaulle) — Née le 30 octobre 1917 dans les beaux quartiers de Saint-Pétersbourg, Anna Marly - de son vrai nom Betoulinsky – va connaître bien des errances à travers les bouleversements de l'Europe. Exilée de la Russie devenue soviétique, direction la Côte d'Azur ; danseuse dans le corps des Ballets russes ; chanteuse-vedette dans les cabarets parisiens ; la guerre va révéler son talent à des milliers d'hommes et de femmes qui résistent à l'occupant allemand. Pourtant, lorsque Anna Marly arrive à Londres en 1941, personne ne la connaît. Elle s'engage comme cantinière au sein des Volontaires de la France Libre. Le soir, elle compose des chants que lui inspire le gigantesque combat. Elle les interprète devant des soldats et des marins qui sont bouleversés par la beauté et la force des mélodies. “La Chanson des V”, “Le Chant des partisans”, “La Complainte du partisan”, “Paris est à nous” – autant d'hymnes à la liberté, chantés, entonnés, sifflés d'abord par les maquisards, puis repris par tous à la Libération. À son retour en France, en 1945, Anna Marly connaît la gloire. Couvertures de magazine, galas, un tourbillon qu'elle fuit en 1947. Brésil, Argentine, Chili, Pérou... Anna Marly devient l'ambassadrice de la chanson française en Amérique latine. Puis, de 1955 à 1959, elle sillonne le continent africain toujours accompagnée de sa guitare, avant de s'installer aux États-Unis. Durant sa carrière de troubadour, Anna Marly a composé près de 300 chansons. Elle s'est éteinte le 17 février 2006, en Alaska, à l'âge de 88 ans.

315.          MARTIN (Pierre). La mission des Chantiers de Jeunesse en Allemagne, 1943-1945. Lavauzelle, 1992, gr. in-8°, 549 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, lexique, sources et biblio, broché, couv. illustrée, manque la page de titre, bon état. Edition originale. On joint une carte postale de la Chapelle des Chantiers à Charcuble, construite le 1er mai 1941, et une nécrologie tapuscrite de René Bloch, 1919-1993 (1 page) par l'auteur

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Voici un ouvrage qui surprendra sans doute bien des lecteurs. Quoi ! Pendant deux ans, en pays ennemi et en pleine guerre, quelque 70.000 (on parle même de 100.000) jeunes Français, travailleurs requis, ont pu s'organiser, s'entr'aider, créer des communautés vivantes, bénéficier de la protection et des avantages moraux et matériels d'une Mission comprenant plus de 500 cadres et s'étendant à tout le territoire allemand, et personne (ou presque) n'en a jamais entendu parler ! A de rares exceptions près, journaux, radios, télévisions n'en ont jamais soufflé mot ! Ils ont, à leur place, combattu l'ennemi et participé à l'effort de guerre et, là encore, le silence... L'action, engagée dès le départ et menée à son terme avec une efficacité et une persévérance sans défaillance, vise à la fois la sauvegarde physique et morale d'une génération de jeunes Français contraints par la force à l'exil en pays ennemi, et l'union de tous les Français, déportés, prisonniers de guerre, travailleurs, union qui se réalise dans un même amour de la patrie lointaine et dans un même combat contre l'Allemagne. Et voici que, maintenant, s'ouvrent les archives. Ces récits abondent en anecdotes pittoresques. Mais là n'est pas l'essentiel. Au hasard des pages, le lecteur trouvera de nombreux exemples de la défense des travailleurs français face aux autorités allemandes y compris la Gestapo. Le chapitre "Mémorial" regroupe les témoignages de la participation des Chefs et des Jeunes au combat contre l'Allemagne : sabotage de la production, filière d'évasion, transmission aux Alliés de renseignements sur les fabrications secrètes, combats dans les maquis slovaques, etc... Mais il n'y a pas de combat sans pertes. La fin de ce même chapitre relate, parmi bien d'autres, arrestations, emprisonnements et internements en camp de concentration, dont l'issue n'est que trop souvent a mort. Ainsi s'est créée, pour tous ceux qui l'ont vécue, une fraternité qui, aujourd'hui encore, résiste à tous les aléas de la vie, à tous les clivages sociaux ou politiques, à toutes les ruptures et à toutes les divisions. — "Un livre présenté par P. Martin, qui fut commissaire-adjoint des Chantiers de jeunesse à Berlin entre 1943 et 1945, et qui reçut aussi la médaille de la Résistance à la Libération pour avoir adhéré au réseau Marco Polo. Dédié à « Monsieur le Maréchal Philippe Pétain », l'ouvrage réunit les témoignages des « chefs » des Chantiers qui furent volontaires pour accompagner leurs «jeunes» au Service du travail obligatoire (STO). On y apprend, par exemple, que dans le camp de travail d 'Auschwitz, qui réunissait 2.500 ouvriers français à proximité des camps de concentration et à côté de l'usine en construction de l'IG Farben Industrie, 450 jeunes des Chantiers vécurent encadrés par leur «chef». «L'esprit de Résistance» consista à obtenir des Allemands que les jeunes pussent porter l'uniforme des Chantiers, à faire régner l'ordre et la propreté, à entretenir le souvenir des provinces françaises, et à refuser la propagande nazie et celle des partis collaborationnistes qui effectuaient des tournées dans les camps de travail. Attribuer le nom de Résistance à ce type d'action patriotique inféodée à Vichy soulève plus d'une question. Déjà, des résistants, au sens historique du terme, s'indignent de « l'opération Chantiers » et protestent contre cette réhabilitation indirecte du régime de Vichy. Les contradictions sont fortes en effet, et lorsque les historiens auront passé les documents au crible de la critique, un débat scientifique devrait pouvoir s'élever, d'où les spécificités des différentes actions ressortiront pleinement." (Claire Andrieu, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1993)

316.          MAUDHUY (Roger). Les Grands Procès de la Collaboration. Le Puy Fraud, Editions Lucien Souny, 2009, gr. in-8°, 378 pp, annexes, index, broché, couv. illustrée, qqs rares marques au crayon en marges, bon état

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Au lendemain de la Libération et tout au long des années qui suivirent, les "procès de la Collaboration" passionnèrent l'opinion. Et sans doute, par-delà la personnalité des "coupables", ces procès furent-ils ceux de tout un pays en proie à ses divisions, ses hésitations, ses trahisons, ses engagements, ses renoncements et sa mauvaise conscience. D'où le climat particulier dans lequel ils se déroulèrent et la sérénité bien relative des débats qu'ils occasionnèrent. Le temps a passé. Deux générations se sont écoulées et il est permis désormais, comme le fait ici Roger Maudhuy, de remettre en examen et de décortiquer douze affaires de justice nées de la France de Vichy. L'auteur, en effet, ne se contente pas de raconter les faits. Il reprend chacun des dossiers, étudie les arguments des deux parties, consulte à la loupe cet autre juré qu'était la presse de l'époque, se rend sur les lieux, retrouve les témoins. Ainsi, parlent ici pour la première fois un gestapiste et un juré du procès Pétain. Défile à la barre un parfait échantillon de Vichy : des politiques comme Pucheu et Brinon, des écrivains et des journalistes comme Brasillach, Ferdonnet et Hérold-Paquis, des militaires comme Esteva et Dentz, des séides des nazis comme Darnand et la bande Bonny-Lafont, même un prélat comme Monseigneur Mayol de Lupé, aumônier de la Waffen SS Charlemagne... Et évidemment les deux symboles de cette France de Vichy : Pétain et Laval. De ce travail d'historien au regard neuf libéré de tout parti pris, naît un livre aux révélations souvent surprenantes.

317.          MICHMAN (Dan) et Haïm SAADOUN (dir). Les Juifs d'Afrique du Nord face à l'Allemagne nazie. Perrin, 2018, gr. in-8°, 348 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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On est généralement surpris d'entendre parler de Shoah au sujet des Juifs d'Afrique du Nord, les nazis n'ayant occupé qu'une partie de cette région, le reste étant aux mains des Alliés. Pour les Juifs du Maroc ou d'Algérie, la guerre fut effectivement courte, et l'extermination non systématique. Ils ont cependant eux aussi connu des persécutions. Aucun travail présentant l'ensemble de la question n'ayant été publié, et désireux de mieux faire connaître l'histoire des Juifs en Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale, Dan Michman et Haïm Saadoun ont réuni les meilleurs spécialistes, à l'échelle internationale. Cet ouvrage étudie donc l'idéologie nazie en Afrique du Nord et l'étendue de l'antisémitisme avant et pendant la guerre, et analyse le comportement des populations locales pour répondre à cette question centrale : y a-t-il eu une "Shoah" des Juifs d'Afrique du Nord ?

318.          MILTON (Giles). Les Saboteurs de l'ombre. La guerre secrète de Churchill contre Hitler. Les Editions Noir sur Blanc, 2018, gr. in-8°, 403 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres, surnommée "l'armée secrète de Churchill" : elle a pour objectif de détruire la machine de guerre d'Hitler, au moyen d'actes de sabotage spectaculaires. La guérilla s'avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L'un d'eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c'est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori d'Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l'organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d'assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes parachutés derrière les lignes ennemies. Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Ecossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait "son ministère de la Guerre sale". Les six "ministres", assistés d'un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu'ils changèrent le cours de la guerre. Raconté sur le ton d'un récit d'aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l'ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu'ici.

319.          MORDAL (Jacques). Les Canadiens à Dieppe. Presses de la Cité, 1962, in-8°, 345 pp, 16 pl. de photos hors texte, 8 cartes, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, le nom de Dieppe restera, pour toujours, associé à la sanglante aventure au cours de laquelle les commandos britaniques et les bataillons de la 2e division canadienne vinrent, le 19 août 1942, arroser de leur sang le pied de la falaise normande, et les abords d'un port puissamment défendu. Trois bataillons canadiens, un commando des Royal Marines, essayèrent vainement de franchir la plage de Dieppe, sur laquelle les tanks restaient figés dans les galets. Sur les plages voisines, sauf à Varengeville, il en fut de même et, pour finir, les assaillants durent se retirer en abandonnant à l'ennemi plus de douze cents morts et le double de prisonniers. Coûteux échec ? Victoire inutilement offerte à la propagande ennemie ? Expérience nécessaire ? Affaire politique destinée à montrer aux alliés russes les difficultés de l'établissement d'un second front ?... On a tout dit de l'opération Jubilée et tout pouvait en être dit, car aucune explication officielle n'est vraiment tout à fait satisfaisante. Afin de mieux poser le problème, Jacques Mordal s'est efforcé, non seulement de retracer le déroulement des combats de Dieppe, au vu de toutes les sources accessibles dans un camp comme dans l'autre, au vu de tous les témoignages inédits qu'il a pu recueillir, mais aussi de replacer l'événement dans son cadre, en recherchant tous les éléments du problème stratégique et politique, tel qu'il se posait aux Alliés à l'été 1942.

320.          NOTIN (Jean-Christophe). Le général Saint-Hillier. De Bir Hakeim au putsch d'Alger. Perrin, 2009, gr. in-8°, 368 pp, notes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Homme de tous les combats auprès de De Gaulle, Saint-Hillier livre, à travers ses carnets inédits et ses archives personnelles enfin révélés, l'histoire sans fard de la France libre à l'Indochine et l'Algérie. Bernard Saint-Hillier (1911-2004) ne fut pas le combattant le plus célèbre de la Seconde Guerre mondiale. Il n'eut ni l'aura d'un Leclerc, ni les responsabilités d'un de Lattre. Mais ce guerrier de la première heure tint avec force détails, au jour le jour, un journal que, jusqu'à sa mort, il se refusa de communiquer à quiconque. A l'intérieur, se cache en effet la vraie histoire de la France libre que Saint-Hillier a traversée de bout en bout, lui, le légionnaire de la 13e demi-brigade devenu chef d'état-major de la mythique 1re DFL. Y apparaissent enfin les doutes, désespoirs et turpitudes gommés par la légende et qui permettent de mieux comprendre les rapports entre de Gaulle et les chefs militaires de la France libre, ainsi que les circonstances exactes des combats du Gabon, d'Erythrée, de Syrie, de Bir Hakeim, d'El-Alamein, d'Italie et de France. Grâce à l'autorisation de la famille, Jean-Christophe Notin est le premier à avoir eu le privilège de prendre connaissance de ces carnets, mais aussi de l'exceptionnelle documentation accumulée par le général tout au long de sa carrière. Car Bernard Saint-Hillier prit aussi une part active aux opérations d'après guerre, de l'expédition de Suez à l'Algérie. Au terme d'une longue enquête, l'auteur élucide ainsi le second mystère entourant le général : lui qui commandait alors la 10e division parachutiste, a-t-il été mêlé au putsch du 21 avril 1961 ? Autant que le portrait d'un homme, bien plus complexe qu'il ne le laissait paraître, c'est donc l'histoire incarnée de la France militaire des soixante dernières années que Jean-Christophe Notin relate ici.

321.          PERRIER (Guy). Le Général Pierre de Bénouville. Le dernier paladin. Editions du Rocher, 2005, in-8°, 298 pp, 8 pl. de photos et documents hors texte, qqs fac-similés, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Entreprise de restitution totale d'une vie placée sous le signe du patriotisme le plus exigeant, cette biographie du général Pierre de Bénouville (1914-2001), l'un des héros de la Résistance, retrace l'intégralité du parcours de son sujet, qui aura traversé le XXe siècle en gentilhomme surdoué. Enfance dans une famille normande du côté paternel, alsacienne du côté maternel, de cette Alsace qui résume à elle seule l'essence du patriotisme français au début du siècle dernier. L'auteur aborde dans un second temps l'adolescence dans un collège religieux d'Angoulême, où le général fera la connaissance de François Mitterrand. La naissance d'une amitié indéfectible, que rien ne pourra venir assombrir, et surtout pas les divergences politiques, patentes dès les débuts de la IVe République alors que Bénouville, comme l'ancien président, avait pourtant reçu la même formation intellectuelle, imprégnée de l'idéologie maurrassienne qui régnait en maîtresse absolue sur la droite française de l'entre-deux-guerres. Puis viennent les heures les plus glorieuses, marquées par l'engagement que l'on sait au sein de la Résistance, l'envol d'une vocation littéraire qui met en lumière un aspect méconnu de la personnalité du jeune général, les débuts d'une carrière politique placée sous le signe d'un gaullisme inconditionnel, enfin et surtout le rôle de Pierre de Bénouville aux côtés de Marcel Dassault, dont il sera jusqu'à la fin l'éminence grise, le conseiller le plus puissant, le plus proche, le plus indispensable, le plus écouté aussi. Une biographie complète qui ne laisse dans l'ombre aucun des aspects d'une vie bien remplie, d'une vie consacrée essentiellement au rayonnement de la France, sur tous les plans. Un hommage bienvenu et mérité rendu au dernier paladin occidental.

322.          SAINT-SAUVEUR (Paul de). Eisenhower. Hachette, 1945, in-4°, 64 pp, 146 photos reproduites en héliogravure dans le texte, cart. illustré de l'éditeur (photo d'Eisenhower en n&b sur fond de drapeau américain en couleurs), bon état. Edition originale, ex. très frais. Peu courant

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"Cet album est destiné à faire mieux connaître l'attachante figure, la personnalité du grand soldat – du diplomate habile aussi – qu'est Dwight D. Eisenhower. Puisse son exemple inspirer la jeunesse française..." (P. S. S.)

323.          SEREAU (Commandant Raymond). L'Expédition de Norvège, 1940. Baden-Baden, Régie Autonome des publications officielles, 1949, gr. in-8°, 146 pp, préface du général Béthouart, 32 planches de photos (dont une double) et 6 cartes (dont 2 dépliantes in-fine) hors texte, reliure pleine toile bleue de l'éditeur (lég. défraîchie), bon état. Edition originale, un des 2000 ex. sur papier bouffant. Peu courant

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Les opérations de l'armée française en Norvège. – 1ère partie : Namsos. – 2ème partie : La Bataille pour Narvik. – Ouvrage couronné par l'Académie française.

324.          STEPHEN (Lieutenant)(André Valot). Vercors, premier maquis de France. Grenoble, Association nationale des pionniers et combattants volontaires du Vercors, 1985, in-8°, 178 pp, 8 pl. de photos et une carte hors texte, broché, bon état. Réédition de la rarissime première édition parue à Buenos-Aires en 1946

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"Sur le maquis du Vercors, quelques publications tranchent par leur franchise, leur richesse d'informations et leur souci d'exactitude : le beau recit d'André Valot (lieutenant Stephen) retrace l'aventure des premiers camps de réfractaires du plateau d'Ambel avec justesse, émotion, et sans « héroisme » inutile." (Gilles Vergnon, “La construction de la mémoire du maquis du Vercors”, 1996) — "Stéphen était André Stéphen Valot, ingénieur forestier, spécialiste des câbles, qui avait été affecté à Ambel en février 1943. C'était un résistant àrdent et convaincu." (Pierre Brunet)

325.          STILWELL (Général J. W.). L'Aventure chinoise, 1941-1944. (The Stilwell Papers). Neuchâtel, Editions de la Baconnière, 1949, in-8°, 331 pp, traduit de l'américain, 8 pl. de photos hors texte, 3 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Sous ce titre ont été publiés, par les soins de Mme Stilwell, une partie des papiers laissés par le général, tirés essentiellement de 3 sources : son journal de guerre, rédigé en style télégraphique, aide-mémoire plus que récit des événements, relatant souvent des faits personnels sans grand intérêt ; des lettres adressées à Mme Stilwell, soumises en leur temps à la censure militaire ; des essais d'analyse rédigés par le général à ses moments de réflexion, pour voir clair en lui-même et dans les faits, qui constituent la part la plus riche ; malheureusement aucun document n'a été publié en annexe et les noms de certains personnages ne sont pas révélés ; le style du général, jugé trop vert est aussi, par endroits, adouci. Ces notes discontinues permettent malaisément de suivre les péripéties de « l'aventure chinoise ». Mais elles aident à saisir les difficultés de l'entreprise et de comprendre l'échec final du général Stilwell. Nommé en janvier 1942, « chef de l'état-major mixte de Tchang-Kai-Chek », le général se donna comme tâches : de réorganiser l'armée chinoise et de la pousser au combat ; d'assurer l'acheminement du matériel de guerre vers la Chine en rouvrant la route de Birmanie ; de coordonner troupes chinoises et anglaises « entre lesquelles grandissait une inimitié jalouse » (p. 20). Ces tâches complexes supposaient, pour les mener à bien, beaucoup de diplomatie. Le général Stilwell paraît plutôt appartenir au type du militaire emporté, cassant, sans rouerie, assez misanthrope. Après sa première visite au Pentagone, il écrit « qu'il faudrait f... la moitié des gens à la porte, brûler les papiers et commencer à zéro ». II interrompt le président Roosevelt, car les propos de ce dernier ne sont que « du vent » ; il surnomme constamment les Anglais « les rosbifs » et Tchang-Kai-Chek « cacahuète ». Ce spécialiste des affaires chinoises est aussi peu orientalisé que possible, et on frémit de le voir s'engager dans des intrigues avec la famille Song (le diplomate, Mme Tchang-Kai-Chek et Mme Sun-Yat-Sen). En fait, son idée fixe, rouvrir la route de Birmanie, se heurte à la mauvaise volonté de ses alliés. Les Anglais n'ont initialement aucune force réelle dans la région et ils entendent bien ne rien devoir aux Chinois ; ils refusent 100.000 hommes offerts par Tchang-Kai-Chek, au début de 1942 (p. 17). Stilwell les juge très sévèrement : « Toujours la même histoire avec les Britanniques, pas de pertes, pas de combat (p. 37)... En Birmanie ils ont (les Anglais), 70.000 rationnaires et 12.000 hommes au front (p. 51)... les Anglais ont perdu tout ressort » (p. 72) ; jusqu'à leurs fusils qui sont « mal tenus » (p. 90) ; leur organisation est « ahurissante ; on trouve des généraux de corps d'armée à chaque étage, chacun faisant le travail d'un capitaine ou ne faisant rien » (p. 101). Les choses allèrent encore en empirant lorsque Lord Mounbatten fut nommé, en juillet 1943, commandant inter-allié du théâtre d'opérations de l'Asie du Sud-Est, avec Stilwell comme adjoint. Mounbatten — qu'il appelle l'acteur de cinéma — « veut ma peau », écrit l'Américain. Avec les Chinois, ce n'est guère mieux. Stilwell n'arrive jamais à connaître ses attributions exactes ; quand des pouvoirs lui sont donnés, ils sont annulés en sous-main. Au fond, ce qui intéresse Tchang, c'est de recevoir des armes ; ses adversaires communistes de la Chine du Nord le préoccupent autant que les Japonais, avec qui Stilwell l'accuse d'avoir négocié en juin 1942. Si le soldat chinois fait preuve « d'un courage indomptable, de loyalisme et d'abnégation », par contre les chefs d'armée « ont tendance à conserver les armes et les munitions... ils promettent d'attaquer, puis reculent... Ils donnent des ordres, puis préviennent les inférieurs de ne pas les exécuter ». Quant au régime politique de la Chine, Stilwell le compare au nazisme ! « Même genre de gouvernement, même attitude, même gangstérisme » (p. 112). Tchang gouverne en maintenant l'équilibre « entre la terreur et les faveurs » (p. 120) ; la corruption est générale : « les chefs de troupes paient la solde des hommes selon leur caprice... seuls les malheureux sans argent ou sans piston sont pris par la conscription... » (p. 144). Déjà des compagnies entières désertent et passent aux communistes (p. 243). Éternelles difficultés des coalitions ! Les conflits de prérogatives sont incessants ; l'unité de direction n'est jamais effective et, en fait, écrit Stilwell, « je me bats avec les Chinois, les Anglais et, à l'occasion, avec les Japs ». Au fond, la décision des Alliés de porter d'abord leurs efforts sur l'Europe est à l'origine de la plupart de ces difficultés . Tchang ne reçoit pas ce qu'il exige et il en rend Stilwell responsable. La Conférence de Washington, en mai 1943, décide, contrairement à l'avis de Stilwell, d'aider la Chine par les airs, pour bombarder le Japon et non d'organiser une armée chinoise ; il aurait fallu d'ailleurs une véritable révolution pour réussir cette transformation. Malgré toutes ces difficultés, l'oeuvre de Stilwell ne fut pas négligeable. Il avait conduit lui-même la retraite de Birmanie du printemps 1942, payant de sa personne, dirigeant même une contre-attaque d'infanterie à travers la jungle, les maladies, les montagnes, la faim, l'épuisement. Puis il s'emploie, bien que gêné par l'immensité de son champ d'action (3.400 kilomètres par avion entre Delhi et Tchoung-King) à instruire des troupes chinoises amenées par avion, à Ramgahr, où des instructeurs américains sont ravitaillés par les Anglais ; 66.000 Chinois passèrent par ce camp ! Enfin, de janvier à juillet 1944, il conduit, avec des moyens diminués par la préparation de l'offensive à travers la Manche, la reconquête de la Birmanie du Nord, décidée à la Conférence du Caire et mise au point à Téhéran. Mais à ce moment, la tension est devenue intenable entre les Chinois et le général américain. Stilwell est rappelé en octobre 1944, convaincu d'avoir servi de bouc émissaire, aigri par un échec relatif, pour lequel de larges circonstances atténuantes doivent lui être accordées, surtout à la lumière des événements qui, depuis, se sont produits en Chine." (Henri Michel, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1951)

326.          TOLAND (John). L'Empire du Soleil Levant. Gloire et chute, 1936-1945. Calmann-Lévy, 1972, gr. in-8°, 345 pp, 16 pl. de photos hors texte, 8 cartes, broché, bon état

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L'originalité du livre de Toland est d'être écrit du point de vue japonais. L'auteur a bénéficié de l'aide de sa femme, japonaise.

327.          TYL (Marie). Les Indésirables. Journal écrit à Cherbourg pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les Indes savantes, 2017, gr. in-8°, 349 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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L'auteure a tenu tout au long de sa vie un journal intime dont la partie concernant la Première Guerre mondiale a été publiée en 2015. La partie concernant la Deuxième Guerre mondiale est transcrite dans le présent ouvrage. C'est un témoignage particulièrement intéressant sur "l'arrière" car l'auteure vit à Cherbourg ; veuve d'un officier, elle connaît parfaitement le milieu militaire, et le temps déjà passé à Cherbourg lui a permis d'avoir une connaissance profonde de la ville, de la flotte et des événements. Royaliste convaincue et farouche adversaire de la République, Marie Tyl n'en est pas moins profondément patriote, et ses convictions politiques confrontées à la Deuxième Guerre mondiale, et à la présence, cette fois, des "indésirables" sont un autre centre d'intérêt de l'ouvrage. La précision de ses observations et ses commentaires, toujours pertinents, forment le troisième point fort de ce Journal.

328.          VAN HILLE (Jean-Marc). Le vice-amiral Platon, 1886-1944, ou les risques d'un mauvais choix. Estadens, Pyrégraph, 2001, gr. in-8°, 298 pp, préface d'Etienne Taillemite, 25 photos et documents, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le cas de l'amiral Charles Platon reste, encore aujourd'hui, une énigme pour l'historien. Comment en effet un officier de marine, à la carrière exceptionnelle, passionné par son métier, a-t-il pu se fourvoyer au point de compter parmi les ultras les plus ultras de la collaboration, sans apparemment le moindre scrupule de conscience ? Gouverneur de Dunkerque pendant les événements tragiques de mai juin 1940, ministre du gouvernement de Vichy où il fut, entre autres, chargé de la lutte contre la franc-maçonnerie, Platon est représentatif d'une époque troublée où les esprits les plus brillants, confrontés au brutal armistice de juin 1940, ont réagi en opposition totale avec les règles de vie, la rigueur morale, la droiture intellectuelle et parfois la foi chrétienne, qui avaient été les leurs jusqu'à la fin de la « drôle de guerre ». L'amiral Platon fut un personnage secret, à la fois fascinant et déroutant. Sa mort en Périgord noir, fut à l'aune de sa vie agitée. Il est l'un de ces « soldats perdus » que l'Histoire a volontairement occultés. Après ses biographies de plusieurs amiraux de l'Ancien Régime, Jean-Marc Van Hille éclaire, dans cette étude solidement étayée de nombreux documents, une époque douloureuse de notre histoire, présente encore dans maintes mémoires et dont beaucoup de pages sont restées dans l'ombre.

329.          WOODWARD (C. Vann). La Bataille de Leyte. P., Les Deux Sirènes, 1947, in-8°, 265 pp, traduit de l'américain (“The Battle for Leyte Gulf”), 6 cartes dépliantes hors texte en 2 couleurs, reliure demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

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La bataille du golfe de Leyte est l'une des opérations majeures de la guerre du Pacifique. Elle a eu lieu au début de la reconquête des Philippines, lors du débarquement des troupes américaines du général Douglas MacArthur sur l'archipel central des Philippines. Cette opération est considérée comme étant la plus grande bataille aéronavale de l'histoire. Du 23 octobre au 27 octobre 1944, des combats acharnés sur une surface vaste comme le tiers de l'Europe virent la fin de la flotte japonaise comme arme offensive capable de changer le cours de la guerre...

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

330.          BAIL (René). Les Pingouins d'Indochine. L'aéronavale de 1945 à 1954. P., Editions Maritimes et d'Outre-Mer, 1979, in-8°, 375 pp, 16 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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Très complet sur l 'engagement de l'Aéronavale en Indochine. L' Indochine étant une région très côtière, il était logique que la Marine Nationale y joue un rôle important durant la guerre d' Indochine. De 1945 à 1954, on assista à une montée en puissance et à une variété des missions dans lesquelles s'illustrèrent hydravions, avions de reconnaissance, chasseurs et chasseurs bombardiers de l'aviation embarquée. Ses missions multiples furent : surveillance maritime, reconnaissance, protection des convois terrestres ou fluviaux, transport de troupes, de matériel et de munitions, support au sol et bombardement. Seules furent absentes les missions de combat aérien... faute d'ennemis quoique la menace chinoise fut bien présente. René Bail, dans un ouvrage unique sur le sujet, nous propose la saga des aviateurs-marins au travers de cet ouvrage qui va de 1945 à 1954. On apprendra notamment le rôle important joué par l'Aéronavale française durant la bataille de Dien Bien Phu...

331.          BONNECARRÈRE (Paul). La Guerre cruelle. Légionnaires en Algérie. Fayard, 1972, gr. in-8°, 430 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale (achevé d'imprimer du 24 mai 1972)

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"Comme ce livre relate les cruels combats d'Algérie tels qu'ils se sont déroulés, j'ai été obligé de changer le nom des personnages civils et militaires, ainsi que des lieux où se déroule l'action. L'authenticité des faits n'en demeure pas moins absolue, même si j'ai pris la liberté de les regrouper au sein de seulement deux compagnies de Légion étrangère." (P. B.)

332.          BOWMAN (Gerald). La Guerre dans les airs. Presses de la Cité, 1957, in-8°, 316 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette, bon état

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Une remarquable synthèse de la guerre aérienne. – La première partie est consacrée à la naissance de l'arme aérienne vers 1917, puis à son développement au cours de l'entre deux guerres et jusqu'à la bataille de Londres, où elle arrive à l'âge adulte. Ensuite, à travers la bataille de Malte, les raids sur les côtes de l'Europe occupée, le pilonnage des zones industrielles d'Allemagne, la bataille du désert, la guerre d'Italie et le débarquement de Normandie, l'auteur met en valeur l'immense valeur stratégique de la suprématie aérienne. La troisième partie, consacrée aux armes aériennes nouvelles, va du V1 à la bombe atomique et aux fusées téléguidées...

333.          COUTAU-BÉGARIE (Hervé)(dir). Stratégies irrégulières. P., Economica, 2010, fort gr. in-8°, 858 pp, cartes et figures, broché, couv. illustrée, bon état

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Les interminables guérillas d’Irak et d’Afghanistan ont ramené au premier plan de l’actualité stratégique une catégorie que les tenants de la Transformation ou de la Révolution dans les Affaires militaires avaient prétendu faire disparaître par le recours exclusif à la technique. Il a fallu constater que des armées régulières dotées des armements les plus perfectionnés éprouvent toujours les plus grandes difficultés face à des combattants irréguliers plus rustiques, beaucoup moins bien armés, mais plus déterminés et prêt à mourir pour leur cause. La stratégie n’est pas réductible à la technique et la guerre contemporaine ne se limite pas à l’hypothétique « guerre centrale » entre grandes puissances. Au lieu de se focaliser sur la guerre rêvée, il faut faire face aux guerres et aux crises réelles que l’on appelle maintenant asymétriques, hybrides, bâtardes, de 4e génération… La prolifération de ces désignations prouve l’embarras des commentateurs face à des conflits de plus en plus insaisissables. Le vieux concept de guerre irrégulière y puise une nouvelle jeunesse et rend probablement mieux compte que ces nouveautés de la diversité des conflits contemporains. Ce livre tente une première approche en combinant la réflexion théorique, sur les concepts et les catégories de la guerre irrégulière, une réflexion historique, de l’Antiquité grecque et chinoise jusqu’aux guerres révolutionnaires du XXe siècle, et une réflexion prospective sur les conflits en cours. La perspective adoptée englobe aussi bien les guérillas que le terrorisme, les problèmes juridiques que les problèmes techniques, avec pour ambition de faire apparaître les parts respectives des constantes et des variations de cette donnée permanente de l’histoire.

334.          DUMORTIER (Bernard). Les Atolls de l'atome. Nantes, Marines Edition, 1997, in-4°, 192 pp, préface de Pierre Messmer,170 photos en noir et en couleurs, cartes, notes, glossaire, biblio, dates et repères chronologiques, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Cet ouvrage retrace l'histoire de trente années d'essais nucléaires français en Polynésie, de l'installation des sites de tirs sur les atolls de Mururoa et Fangataufa au démantèlement du Centre d'Expérimentations du Pacifique. L'auteur y décrit l'environnement, les conditions de vie des hommes, l'engagement des moyens logistiques, la mise en œuvre des dispositifs militaires opérationnels pour les campagnes de tirs et dévoile les aspects techniques et scientifiques des expérimentations de l'époque des essais aériens (1966-1974) et à celle des essais souterrains (1975-1996). Une abondante documentation figure dans cet ouvrage récompensé par l'Académie de Marine en 1998. — "L'ouvrage de Bernard Dumortier révèle que 26 juillet 1974, au lendemain d'une explosion atmosphérique, « le lagon s'était empli de dizaines de milliers de poissons morts. (...) Toute la journée, une partie du personnel militaire et des civils disponibles furent mis à contribution pour nettoyer les plages de la zone-vie jonchées de cadavres. (...) Les personnels devaient porter des gants en caoutchouc ». Les armées et le CEA n'ont jamais reconnu cette grave pollution. Si Bernard Dumortier « ne cache ni les accidents, ni les demi-échecs, ni les contestations », comme l'écrit l'ancien ministre Pierre Messmer dans sa préface, l'essentiel de son propos n'est pas là. L'auteur n'est pas un militant antinucléaire, tant s'en faut. Ce spécialiste des questions de défense a travaillé quinze ans en Polynésie française, après avoir effectué son service militaire à Moruroa. Sa proximité avec les milieux de la défense lui a permis de récolter de nombreux témoignages et documents photographiques inédits. Il retrace ainsi la vie des hommes qui ont construit – puis démantelé – les installations et qui ont procédé aux essais durant trois décennies. Où l'on apprend que la présence féminine ne fut autorisée qu'au début des années 80 et que les personnels affectés sur l'atoll n'avaient droit qu'à une permission de cinq jours tous les deux mois, mais à Tahiti. Pour le reste, il s'agissait de faire exploser les « engins ». D'abord dans l'atmosphère, puis à partir de 1975 dans le socle basaltique sur lesquels les atolls de Moruroa et de Fangataufa reposent." (Jean-Dominique Merchet, Libération, 1998)

335.          GAUBRY (Juliette). Tricornes et bérets. Editions Pierre Horay, 1954, in-8°, 220 pp, préface de l'amiral Ortoli, 12 pl. de photos hors texte, broché, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

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L'auteur, Juliette Lafeychine-Gaubry, ancienne résistante, déportée à Ravensbruck puis à Holleinsehen, s'engage en mai 1947 dans les Services Féminins de la Flotte pour l'Indochine. Directrice générale des Foyers de la Marine en Indochine jusqu'en juillet 1949, elle les a créés, organisés et développés avec l'aide de treize autres jeunes femmes-soldats, dont elle fait revivre la vie quotidienne avec précision, pittoresque et émotion, relatant toutes les péripéties de sa mission, depuis son expédition dramatique dans les boucles du Mékong jusqu'à son accident d'avion dans le Golfe du Tonkin, en passant par ses inspections dans les postes avancés. Elle est la mère de Juliette Gréco.

336.          HALEWYN (Lieutenant de vaisseau). La Bataille décisive. L'événement, la fixation, la bataille navale. P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1923, gr. in-8°, 137 pp, broché, petit manque angulaire au 2e plat, bon état (Ouvrage publié sous la direction du Service historique de l'état-major de la Marine)

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"L'auteur a pris comme point de départ de son étude la bataille livrée par Hannibal à Cannes et montre l'intérêt de la bataille antique pour l'étude de la bataille navale moderne. Mais, au cours de cet ouvrage, d'autres actions menées par des armées – que ce soit celles de Frédéric, de Napoléon – sont tour à tour envisagées et leurs enseignements sont aussitôt appliqués à la tactique et à la stratégie navales. On peut ainsi se convaincre que les mêmes principes régissent la guerre sur terre et sur mer." (R. A., La Revue militaire française, 1924)

337.          HEGER (Amiral). Djebel Amour, Djebel amer. Hélicos Marine en Algérie, 1956-1962. Presses de la Cité, 1998, gr. in-8°, 271 pp, préface du général Marcel Bigeard, 38 photos sur 16 pl. hors texte (dont 18 photos de René Paul Bonnet), 2 cartes, 3 croquis in fine, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. du photographe René Paul Bonnet

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Renonçant aux espaces liquides, des pilotes de la Marine ont rejoint, sans hésiter, les hautes montagnes de l'Atlas, les djebels arides ou les vastes étendues sahariennes, pour participer plus directement aux combats d'Algérie. D'évacuations sanitaires en héliportages d'assaut, ils ont dû tout découvrir de ce nouvel et merveilleux outil de combat qu'était l'hélicoptère. Ils ont pris, souvent, des risques insensés pour sauver la vie de leurs camarades qui se battaient au sol. Avec eux, paras, légionnaires, commandos marine ou commandos de chasse, ils ont écrit des pages magnifiques d'enthousiasme et de courage, et tissé des liens durables, fondés sur une grande estime réciproque, et le partage des coups durs. Pilote de Siko lui-même, ancien commandant de la 33 F, l'auteur fait revivre, avec une grande authenticité, le fruit de soigneuses recherches documentaires, ou les témoignages patiemment recueillis auprès de ses anciens, pilotes ou mécaniciens hors normes.

338.          KRIEG (Edouard )(dir). La Tragédie Indochinoise. 1. Le retour de la France. – 2. L'impasse. – 3. Le piège de Dien Bien Phu. Editions de Saint-Clair, 1966-1967, 3 vol. gr. in-12 carré, 248, 322 et 348 pp, une carte dépliante en couleurs, 139 photos et 7 cartes et plans sur des planches hors texte, la plupart dépliantes, bandeaux, biblio, reliures simili-cuir noir de l'éditeur, 1er plats et dos ornés de motifs dorés, rhodoïd, signets, bon état (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine, 1945-54, K-125-127). Edition réservée aux “Amis de l'Histoire”, imprimée sur Alfa Mousse et numérotée

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Ecrit sous la direction de Ernst Krieg, avec la collaboration de Charles Baudinat, Max Clos, Brigitte Friang, Claude P. Merlo.

339.          LA MOTTE (Dominique de). De l'autre côté de l'eau. Indochine, 1950-1952. Edition établie par Stéphane Audoin-Rouzeau. Tallandier, 2010, pt in-8°, 165 pp, 2 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            15

De février 1951 à juin 1952, le lieutenant Dominique de La Motte prend la direction du commando 12, une unité de supplétifs hébergée dans une plantation d'hévéas près de Câu Khoi, non loin de la frontière cambodgienne. Au milieu de ses partisans, le jeune officier est roi de guerre. Sa mission : créer une zone interdite au Viêt-minh. Son quotidien : la guerre des postes, faite de patrouilles incessantes, d'embuscades souvent frustrantes, de contrôle des populations, de chasse aux renseignements, de prises de butin... Et puis un jour, le commando passe "de l'autre côté de l'eau", au-delà de la rivière qui marque la limite de son territoire. Pour atteindre l'ennemi, pour tuer un autre roi de guerre. Surplombée de trop haut par la tragédie de Diên Biên Phu, recouverte ensuite par le conflit algérien, la guerre d'Indochine est une guerre oubliée. Par la force de son récit, Dominique de La Motte nous la jette au visage. Son regard singulier et intime nous livre un témoignage intemporel sur la liberté de la guerre, écrit à la pointe de la lame. (4e de couverture)

340.          [LE BARBIER de BLIGNIERES, Hervé]. Demain.. l'Armée française. La réponse du Centurion, par ***. L'Esprit Nouveau, 1963, in-8°, 348 pp, 6 cartes et croquis dans le texte, broché, bon état

            30

"L'auteur de cet ouvrage se trouve actuellement contraint de garder l'anonymat. Il importe cependant de savoir qu'il s'agit d'un des représentants les plus éminents de cette "jeune pensée militaire" qui, au cours de ces dernières années, a tenté de poser en termes neufs le problème de la défense de la France et de celle du monde libre." (Présentation, p. 4 de couverture). – L'auteur, le colonel de Blignières, un des chefs de l'OAS, fut condamné en 1963 à six ans de détention.

341.          LE MASSON (Henri). Les flottes de combat 1940. Ouvrage fondé par le Commandant de Balincourt, publication continuée par le Commandant Vincent-Bréchignac. P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1940, in-8°, (6)-774 pp, très nombreuses illustrations et photos dans le texte, index des bâtiments, reliure pleine percaline verte de l'éditeur, dos lisse, titres dorés au dos et sur le 1er plat, bon état

            70

Catalogue des flottes de combat en 1940, classées par pays, par type de navire, avec photo et caractéristiques techniques pour chaque type de bâtiment.

342.          LE MASSON (Henri). Porte-avions, Sous-marins, Escorteurs. Evolution de la marine de guerre moderne, 2. Horizons de France, 1951, gr. in-8° carré, 165 pp, 165 photos dans le texte reproduites en héliogravure, broché, couv. illustrée (très lég. défraîchie), bon état (Coll. Visages de la Marine)

            25

343.          LOMBARÈS (Michel de)(dir). Histoire de l'artillerie française. Charles-Lavauzelle, 1984, in-4°, 401 pp, 240 gravures et photos en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, glossaire, index, reliure skivertex éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale numérotée sur papier couché

            50

"Un livre d'histoire qui est aussi un album somptueux prenant place dans cette brillante série « Histoire » de Lavauzelle (l'aviation militaire française, la marine, l'Ecole polytechnique, etc.). Du moyen âge et de la poudre noire à l'artillerie nucléaire contemporaine, les cinq auteurs, tous polytechniciens, font une remarquable revue de détail des hommes et des matériels qui au cours des siècles ont marqué l'évolution des armes de guerre (et maintenant espérons-le de dissuasion). Une iconographie très riche illustre un texte fort documenté où le lecteur réapprend tout un versant de l'histoire nationale à travers l'évolution des techniques de l'armement et des doctrines, où la personnalité des ingénieurs et chefs responsables tient un rôle déterminant. Cet ouvrage très riche appelerait de multiples commentaires. Nous ne pouvons ici qu'en souligner la qualité et l'intérêt particulier qu'il présente à la fois pour les historiens, les militaires, les bibliothèques publiques et plus largement pour les amateurs de belles éditions." (R. C., La Revue administrative, 1985)

344.          PUYPÉROUX (Général)(dir). Histoire militaire de l'Indochine des débuts à nos jours (janvier 1922), établie par des officiers de l'Etat-Major sous la haute direction du général de division Puypéroux, commandant supérieur des troupes du groupe de l'Indochine. Hanoï-Haïphong, Imprimerie d'Extrême-Orient, 1922, in-folio (38,5 x 29), 374 pp, ouvrage orné d'un frontispice, de 119 cartes et plans dans le texte, de 131 illustrations photographiques hors texte, plus 10 grandes cartes en couleurs (dont 6 à double page) et un plan dépliant de Hanoi en fin de volume, reliure demi-maroquin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre et fleuron doré, couv. illustrée (un dessin de tirailleur tonkinois par Victor Tardieu) et dos conservés (rel. de l'époque), coiffes et un mors lég. frottés, bon état. Rarekinois par Victor Tardieu) et dos conservés (rel. de l'époque), coiffes et un mors lég. frottés, bon état. Rare

            600

Monumental ouvrage relatant toute l'histoire militaire de l'Indochine, de 1664 au traité de Tien-Tsin (juin 1885), du traité de paix à 1900, et de 1900 à 1922, avec une impressionnante précision pour chaque conflit. Les cartes en fin d'ouvrage sont extraites de l'Atlas Général de l'Indochine de 1920 (plan d’Hanoi de 1873, la Péninsule indochinoise, l’Indochine historique, le Tonkin historique, plan de Hanoi, plan de Saigon-Cholon, plan de Hué et de Phnom Penh, plan de Haiphong et de Tourane, plan d’Angkor Wat-Angkor Thom, et la très grande carte de l’Indochine). — "Cette Histoire militaire a tous les caractères d'une publication officielle. Elle est constituée essentiellement par une série d'indications précises sur les opérations des troupes françaises au cours des diverses campagnes d'ensemble et de détail qui furent conduites en ce pays pour en assurer la conquête et la pacification. Pour tout le récit des étapes de l'occupation française, cette Histoire militaire est une mine de renseignements précieux et qu'on chercherait vainement ailleurs. Les moindres reconnaissances, les plus petits combats sont, comme les expéditions plus importantes, racontés avec l'énergie et la précision qui sont les principales qualités du style militaire. Ces récits sont éclairés à profusion par d'excellents croquis schématiques. L'ouvrage, agrémenté de nombreuses et belles photographies, est complété par quelques cartes extraites de l'Atlas du Service Géographique de l'Indochine. En résumé, cet intéressant volume nous donne un tableau suggestif des grandes luttes et des efforts répétés que la France a dû, au prix de sacrifices inoubliables, soutenir dans ce pays pour assurer, avec notre domination, la paix et la sécurité aux populations indigènes." (L. Aurousseau, Bulletin de l’Ecole française d’Extrême-Orient, 1922)

345.          TRAMOND (Joannès). Manuel d'histoire maritime de la France des origines à 1815. P., Société d'Editions géographiques, maritimes et coloniales, 1947, fort in-8°, 921 pp, nouvelle édition, 2 croquis en fin d'ouvrage (batailles d'Aboukir et de Trafalgar), biblio, 3 index (noms de personnes, géographiques et de bâtiments), broché, bon état

            50

Excellent ouvrage publié sous la direction du Service Historique de l'Etat-Major de la Marine, couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques, prix Fréville. — "Depuis quelques années déjà, M. J. Tramond enseigne l'histoire à notre Ecole navale à Brest, et il l'enseigne fort bien, comme le prouve cet excellent livre sur l'histoire maritime de la France qu'il vient de publier..." (Chr. Pfister, Revue Historique)

346.          TRINQUIER (Roger). La Guerre moderne. La Table Ronde, 1961, pt in-8°, 197 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            50

La guerre moderne, c'est celle que les guerres totales du XXe siècle puis la guerre froide avaient estompée mais qui revient en force dans les différentes crises dans lesquelles sont engagées les forces armées occidentales. C'est en fait la guerre de toujours, celle qui se conduit au sein des sociétés et des populations, face à un adversaire de type guérilla qui cherche à contourner la puissance classique des armées conventionnelles. Fort de son expérience opérationnelle en Indochine et en Algérie, Roger Trinquier – plus connu sous l'appellation de Colonel Trinquier – la théorise en 1961 dans son oeuvre majeure “La Guerre moderne”. Les principes majeurs énoncés par Trinquier sont tellement adaptés aux engagements actuels que son ouvrage, largement traduit, fait aujourd'hui référence dans de nombreuses armées occidentales.

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

347.          BAREAU (André), W. Schubring, von Fürer-Haimendorff. Les religions de l'Inde. III : Bouddhisme, Jaïnisme, Religions archaïques. Payot, 1966, in-8°, 334 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Bibliothèque historique, Coll. Les Religions de l'Humanité)

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"Les deux premiers volumes des “Religions de l'Inde”, consacrés au Brahmanisme, étaient dus à J. Gonda, mais le présent ouvrage, qui complète la série, est l'oeuvre collective de trois auteurs, chacun traitant d'un aspect particulier de la pensée indienne. La plus grande partie – les trois quarts, environ – étudie le bouddhisme. En ces pages, A. Bareau donne l'essentiel des doctrines et de l'évolution historique du bouddhisme, depuis sa fondation jusqu'à l'aspect tantrique si notable qu'il a revêtu avant de disparaître de l'Inde et qu'il a transporté avec lui en Asie centrale. Parallèlement à ce développement ultime du Mahàyâna, analogue d'ailleurs à celui de certaines formes du brahmanisme, un chapitre rappelle que la tradition ancienne maintenue à Ceylan, s'est propagée dans l'Asie du Sud-Est ; sa fidélité au modèle initial lui marque de droit sa place dans un exposé du bouddhisme indien. En conclusion de ce condensé substantiel, on trouvera un chapitre précieux qui donne l'historique et fait le point des études bouddhiques en ce qui concerne le domaine de l'Inde. Enfin, une large bibliographie sera d'une utilité certaine pour tous ceux qui