Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Avril 2022

Catalogue 405

 

 

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Sommaire

 

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  ALMIRA (Jacques). Le Voyage à Naucratis.  Gallimard,  1975, in-8°,  550 pp, broché, bon état (Coll. Le Chemin) (Prix Médicis 1975). Edition originale, ex. du SP, envoi a.s.

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Œuvre autobiographique, Le voyage à Naucratis nous renseigne autant sur sa propre histoire que sur la vie de son auteur. Jil Tu, le narrateur, substitut de je, de tu et de il, se laisse aller comme à un vertige sans fin, parfois proche de la folie, au flux torrentiel du langage, et nous entraîne au cœur même de la littérature. Le récit noue ensemble deux grandes aventures, celle du corps et celle des livres. Évitant toute illusion réaliste, c'est par le corps que Jil Tu découvre le réel, à partir de lui qu'il peut exprimer la relation privilégiée de l'écriture au réel. Avec sa dramaturgie d'opéra total où le langage et le corps alternent leurs arias, Le voyage à Naucratis joue sur tous les registres, du délire au comique, de la farce à la critique, de la description érotique minutieuse et glaciale à la fureur bachique du langage de la transgression, et traverse la littérature pour la mieux réinventer. — Sur ce premier roman de Jacques Almira (qui obtint le Prix Médicis) qu’il a lu sur manuscrit et qu’il a soutenu, Michel Foucault a livré ses réflexions. L'entretien a été publié dans le "Quotidien de Paris" du 25 avril 1975, et repris en volume dans "Dits et Écrits", tome 1, 1994. "... J ’ai passé Noël et les jours qui ont suivi à lire ce manuscrit, dans l’enthousiasme. Ce qui m’a tout de suite frappé c’est la prodigieuse joie qui traversait l’écriture. Rien de cette gêne, de cette fausse honte, de cette morale basse qu’on [trouve] dans un grand nombre de textes contemporains, et qui se traduit par la question de l’écriture par l’écriture. Si Almira fait exploser l’écriture, c’est en éclatant de rire, par excès du plaisir qu’il prend à écrire. (...) Ce qui m’a plu dans ce roman, c’est la manière qu’il a d’habiter sereinement l’écriture au moment même où l’auteur se masque, prend en [mains?] les oripeaux de l’écrivain. Les références à Flaubert, et à Madame Bovary ont sans doute cette signification. C’est la fête de la littérature ; mais c’est le carnaval des écrivains..."

2.                  AUDIN (Maurice) et André JAMMES. Essai sur la lettre d'imprimerie, à propos des collections conservées au Musée de l'imprimerie et de la banque.  Lyon, impr. Audin,  s.d. (1968), pt in-4°,  69 pp, broché, exemplaire gondolé, état correct

            20

3.                  AUSTRUY (Jacques). Le Scandale du développement. Suivi de Commentaires par G. Leduc et L.-J. Lebret, et d'une Bibliographie analytique et critique par Guy Caire.  Marcel Rivière,  1972, in-8°,  559 pp, nouvelle édition corrigée et mise à jour, index des sujets, index des noms cités, broché, bon état (Coll. Bilans de la connaissance économique)

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"C'est un livre d'une qualité tout à fait inhabituelle. Ecrire aujourd'hui sur le développement économique un ouvrage assez complet pour constituer, quoi qu'en dise l'auteur trop modeste (dans l'avant-propos), un authentique bilan des connaissances accumulées au cours des dernières décennies, et assez original pour bouleverser des conceptions bien établies, voilà le pari largement gagné par J. A. Le titre, qui prête à quelque équivoque, se trouve justifié dès le chapitre I :  « ... Le développement est, à la réflexion, un scandale pour l'esprit et une exception historique, ce qui explique, sans doute, sa difficile traduction dans les termes de la théorie économique » (p. 21). Le développement, précise J.A. à la page 30, est « la conséquence d'une conjonction rare et imprévisible des circonstances ». (...) Le plan adopté est d'une parfaite clarté (en trois chapitres sont successivement étudiées la nature, la logique et la finalité du développement), les concepts utilisés sont rigoureusement définis et les problèmes sont posés avec le plus grand soin. Parmi les pages qui nous ont le plus fortement impressionné, citons notamment la section 1 du second chapitre où l'originalité de J. A. éclate à chaque ligne quand il recense les résistances au développement. (..) Ce qui frappe, à la lecture et à la relecture de ce livre, c'est son caractère infiniment stimulant. Un modèle du genre qu'on rêverait d'écrire ! Conformément à la règle adoptée dans cette collection, le texte principal est suivi d'intéressantes « Observations » signées de deux spécialistes de développement, le professeur Leduc et le R.P Lebret. Pour avoir tenté naguère d'établir une bibliographie analytique à la suite du texte de mon maître Pierre Dieterlen, je me crois autorisé à louer très particulièrement le remarquable travail effectué par Guy Caire : deux cents pages sont consacrées à la présentation et à l'analyse lucide de 161 ouvrages et articles. Au total, un livre que nous recommandons vivement aux lecteurs de la “Revue économique”." (Claude Zarka, Revue économique)

4.                  BALLEYDIER (Alphonse). Tales of Naval and Military Life. From the French of Alphonse Balleydier, etc.  London, New York, Burns & Oates,  s.d. (v. 1875), in-12,  136-(12) pp, catalogue de l'éditeur in fine, reliure percaline bleue décorée de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, bon état (Granville Popular Library). Texte en anglais

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Huit récits de Balleydier tirés des "Veillées maritimes" et des "Veillées militaires", plus deux autres nouvelles.

5.                  BENAYOUN (Robert). Erotique du surréalisme.  Jean-Jacques Pauvert,  1965, in-8° carré,  244 pp, très nombreux dessins, illustrations et photos en noir et en couleurs, tiré sur papier couché, broché, couv. illustrée (maquette de Lo Duca), bon état (Bibliothèque internationale d'érotologie). Edition originale (achevé d'imprimer du 17 décembre 1964)

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L'érotisme, inséparable de l'amour-passion, de l'amour fou, a joué un rôle majeur dans le mouvement surréaliste. La grande aventure commence avec l'exploration des rêves, baromètre de nos désirs. Alors surgissent au grand jour les délires subversifs de tous ordres : fétichisme, sex-appeal spectral, objets à fonctionnement symbolique, hasard objectif, machines célibataires, chimère succubat, profanations, femme-enfant, jeux de poupées, fantasmes du toucher et de la nutritions. De Jérôme Bosch à Dali, de Freud à Klossowski, par l'analyse des textes et des images clé du surréalisme, Robert Benayoun nous permet de suivre le fil de ce qui aura sans doute été l'instrument essentiel de la révolution surréaliste.

6.                  BERTELOOT (Joseph). La Franc-Maçonnerie et l'Eglise Catholique. 1. Motifs de condamnation. 2. Perspectives de pacification.  P., Monde Nouveau,  1947, 2 vol. pt in-8°,  243 et 151 pp, brochés, bon état

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"Le R.P J. Berteloot, S.J., fut l'un des premiers à préconiser dans l'Église une politique nouvelle envers la Franc-Maçonnerie. En relations avec Albert Lantoine, il ne fut pas sans influence sur la décision de ce dernier de publier en 1938 sa Lettre au Souverain Pontife, document qui ne pouvait sérieusement être pris par l'Église catholique en considération, mais qui suggérait un « cessez-le-feu ! » entre elle et la Maçonnerie, ce qui constituait un premier pas, et qui, à l'époque, devait susciter des réactions violentes dans les deux camps. En 1949, le R.P. Berteloot fit preuve de quelque maladresse dans son livre “Les Francs-Maçons devant l'histoire”. L'ouvrage valut à l'auteur un avertissement de la hiérarchie catholique, et fut accueilli dans les milieux maçonniques avec hostilité. On lui reprocha, non sans raison, de confondre l'histoire objective et l'apologétique. Le R.P. Berteloot écrivit d'autres études sur le problème, dont les bonnes intentions étaient malheureusement desservies par une méthode détestable, consistant à mêler constamment l'exposé des faits et leur discussion. Non seulement l'auteur ne convainquit ainsi personne, mais il déclencha des fureurs anticléricales allant jusqu'à mettre en cause sa loyauté." (Alec Mellor, Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons)

7.                  BERTELOOT (Joseph). Les Francs-Maçons devant l'histoire. 1. Origine et diversité.  P., Editions du Monde Nouveau,  1949, pt in-8°,  254 pp, broché, bon état

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Seul volume paru. — "D'un tel auteur on ne pouvait qu'attendre une thèse originale. Remontant, après bien d'autres, aux corporations de tailleurs de pierre du moyen âge, dominées par des religieux, le père Berteloot s'attache à montrer que les loges, fortement imprégnées de catholicisme jusqu'au dix-huitième siècle, ont cédé au protestantisme anglais plus tard qu'on ne le croit généralement et à l'irréligion beaucoup plus tard encore. Il prend donc le contre-pied de l'opinion courante, défendue il y a quelques années encore par un esprit de la qualité de Paul Hazard, qui rattachait le mouvement maçonnique anglais à Collins, l'inventeur de la libre pensée, et à John Toland, ennemi juré du christianisme. Jésuite, le père Berteloot est un homme d'action. Plus que pour l'histoire spéculative il a écrit pour l'action. On aperçoit aisément le but de sa démonstration : il s'agit de prouver aux catholiques que la franc-maçonnerie n'est pas l'ennemi né de leur religion ; aux francs-maçons, que le catholicisme ne leur est pas aussi étranger qu'ils le supposent ; aux uns et aux autres, que la pacification ne demande aucune apostasie, mais qu'elle est au contraire le retour à une tradition solide. A coup sûr, s'adressant à deux institutions également respectueuses du passé, le père Berteloot accroît les chances de la conciliation, qu'il préconisait en la présentant comme une réconciliation. Ses idées d'ailleurs ont fait quelque chemin..." (Roger Priouret, Le Monde, 27 avril 1950) — "Ce glissement de la mystique à la politique, la franc-maçonnerie en a souffert avec cette complication qu'ayant parcouru une longue existence, elle a changé d'idéal en cours de route. Le R. P. Berteloot, pour qui elle n'a pas de secrets, a entrepris d'en écrire l'histoire, une histoire qui, à la différence de celles qui ont des maçons pour auteurs, insiste sur le caractère catholique qu'elle a longtemps gardé. Il faut dire que ces historiens maçons se sont trouvés d'accord avec les historiens antimaçons soucieux de décrire une maçonnerie hostile dans son essence à l'Eglise. Le R. P. Berteloot étudiera ce qu'il appelle l'évolution et la déviation de la franc-maçonnerie dans un second volume ; dans celui qui vient de paraître, consacré à son origine et à sa diversité, il tente de démontrer qu'en ce qui concerne la France, le climat y était encore catholique lors de la Révolution, au moins dans les loges écossaises." (Adrien Dansette, Revue des Deux Mondes)

8.                  BLANC (Hippolyte). Les Corporations de métiers. Leur histoire, leur esprit, leur avenir.  Letouzey et Ané,  s.d. (1898), in-12,  422 pp, 2e édition considérablement augmentée, biblio, broché, bon état

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"Ce livre est le véritable manuel de tous ceux.qui songent à rétablir les corporations ou tout au moins le régime corporatif dans la mesure où on peut le faire. « On ne rencontrera pas ici, dit-il, de théorie préconçue : la parole est aux sources historiques. A elles seules, donc, le mérite de l'enseignement résumé dans nos humbles recherches. Toute l'éloquence du livre est là. » L'auteur commence donc par l'histoire des corporations ; il étudie ensuite le régime intérieur et l'organisation des métiers, d'abord la confrérie, puis la corporation avec ses divers membres : apprenti, compagnon, maître, gardes ou jurés ; il montre la vie de famille assurée à l'apprenti non moins que l'instruction primaire. La troisième partie est consacrée à la vie professionnelle ; enfin, il répond aux objections élevées contre les anciennes corporations de métiers et indique sur quelles bases le régime corporatif pourrait être rétabli de nos jours et quels bienfaits la société en retirerait. Une notice bibliographique indique les principaux documents dont l'auteur s'est servi. Ce livre dispense de bien des lectures ; il résume, il juge avec autorité et discernement. Il a été fait lentement, à la suite de longues études et témoigne non seulement d'une conviction intime, mais d'une précieuse expérience. Le grand nombre de faits qu'il passe en revue en rend la lecture très agréable ; la théorie parle par les choses : c'est le meilleur éloge qu'on en puisse faire." (Victor Pierre, Revue des Questions historiques, 1889)

9.                  BLANCHOT (Maurice). Michel Foucault tel que je l'imagine.  Montpellier, Fata Morgana,  1986, in-8° étroit,  72 pp, 2 illustrations de Jean Ipoustéguy, broché, couv. à rabats, bon état. Edition originale sur vergé teinté

            30

Ecrit à la mort de Foucault, ce livre n’est pas seulement une brillante et limpide synthèse, mais surtout un texte d’émotion et d’amitié.

10.              BOUTEILLER (Marcelle). Sorciers et jeteurs de sort.  Plon,  1958, in-8°,  xvii-230 pp, préface de Claude Lévi-Strauss, 8 gravures hors texte, 3 cartes, reliure souple éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale, envoi a.s.

            30

Enquêtes, témoignages et procès de sorcellerie du XVIe au XXe siècle, en Berry, Nivernais et Sologne. — "La sorcellerie, la magie qui ont tenu place importante dans la France d'autrefois, ont survécu au cours du XIXe siècle et même aujourd'hui. « Le Berry, écrit M. Lévi-Strauss dans la préface, c'est encore un peu la Gaule. Comment s'étonner que Marcelle Bouteiller y ait trouvé un terrain d'élection pour l'étude d'antiques croyances, de coutumes tenaces, intactes jusqu'à une époque récente et parfois vivantes aujourd'hui ? » Après avoir retracé l'histoire dramatique de procès de sorcellerie qui, aux XVIe et XVIIe siècles, eurent pour théâtre le Berry, Mme Marcelle Bouteiller, à la suite d'enquêtes savantes et souvent ingrates menées sur place dans le Cher et l'Indre, fait connaître le résultat de ses recherches dans des chapitres saisissants et d'une lecture passionnante où elle expose les survivances de la sorcellerie au cours du XIXe siècle et jusqu'à l'époque contemporaine, relatant les procédés employés par les jeteurs de sorts et autres pratiques qui n'ont pas changé depuis des siècles lointains. Car les « meneurs de loups » existent toujours et l'envoûtement continue d'avoir ses adeptes et ses victimes. Ainsi, dans cet ouvrage captivant, se dévoile aux regards du lecteur un univers insolite riche en énigmes et en curieuses découvertes et dont les secrets se révèlent à travers récits et témoignages." (Revue des Deux Mondes, 1958) — Maître de Recherches au Centre National de la Recherche Scientifique, Marcelle Bouteiller nous révèle, le résultat de ses études historiques dans les archives des départements concernés et ses enquêtes personnelles menées sur le terrain. L'auteur a su élargir ses recherches à la démonologie tout en concluant sûr les aspects sociologiques liés au milieu rural. Ainsi, les « pansements de secrets », les « maux de saints » et les « êtres légendaires » complètent ses recherches sur les « sorciers » dont les métiers de bergers on à caractère forestier, semblent prédisposer à l'exclusion de la communauté villageoise.

11.              CABANÈS (Docteur Augustin). Les énigmes de l'Histoire.  Albin Michel,  1949, pt in-8°,  345 pp, 48 gravures dans le texte et à pleine page, reliure demi-basane fauve mordorée, dos à 3 nerfs soulignés à froid, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état

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Au tribunal de l’histoire, on reproche souvent à Rousseau d’avoir abandonné ses cinq enfants. Ses enfants ? En est-on bien sûr ? De même, la rumeur selon laquelle Voltaire serait mort empoisonné repose-t-elle sur des éléments établis ou tient-elle de la légende populaire ? Et qui a tué le pamphlétaire Paul-Louis Courier ? Ce qui aurait pu passer pour un crime politique n’est-il pas, en réalité, un drame domestique digne de Balzac ? « Que les légendes sont donc difficiles à détruire ! » déplore le docteur-historien Cabanès. C’est pourquoi, confrontant les sources les plus diverses, des correspondances privées aux rapports d’autopsie en passant par les mémoires oubliés, il ne laisse rien au hasard. Sous sa plume, l’histoire prend des allures de contre-enquête. Vatel, l’abbé Prévost, le chevalier d’Éon, le duc d’Enghien… Il autopsie ici le destin de quinze des plus illustres protagonistes de notre histoire, saisis dans leur intimité avec le plus grand réalisme. Suivons-le et découvrons avec bonheur un grand classique de l'investigation historique. — Augustin Cabanès (1862-1928) quitta le chemin tout tracé qui le destinait à la médecine pour emprunter celui de l’histoire, qui le passionnait. Il est l'auteur de plus de soixante livres sur les mystères du passé.

12.              CAILLOIS (Roger). Espace américain.  [Saint-Clément], Fata Morgana,  1983, in-8° étroit,  46 pp, broché, couv. à rabats, bon état. Edition définitive tirée à 900 ex. sur vergé teinté

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Publié en 1948 à tirage limité Espace américain marque « l’exil » de Caillois en Argentine durant les années de guerre.

13.              CAVAIGNAC (Eugène). Chronologie, à l'usage des candidats aux examens d'histoire.  Payot,  1925, in-8°,  214 pp, reliure demi-toile bleue, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), bon état (Bibliothèque historique)

            30

"L'ouvrage de M. Cavaignac est destiné à faciliter la tâche des « candidats aux examens d'histoire ». L'Introduction étudie les bases de la chronologie historique, en remontant de la chronologie moderne à celle de la Babylonie et de l'Egypte. Quelques pages sont consacrées au problème de l'utilisation, fort délicate, des phénomènes naturels (éclipses, mouvements planétaires, etc.) Le tableau des dates (p. 59-193) est divisé en 26 périodes, de l'Empire égyptien (dont le calendrier peut avoir été institué dès 4241 avant J.-C.) à la paix de Versailles. Enfin, une annexe examine la date de la mort de Jésus, fixée en avril 28, et la chronologie des missions de Paul jusqu'en 52. L'ouvrage de M. C. est appelé à rendre de précieux services et étudiants et maîtres en tireront certainement profit." (Paul Cloché, Revue des Etudes Grecques) — "... Dans l'introduction, le savant professeur de Strasbourg s'est proposé de répondre à la question : « Comment les historiens déterminent-ils les dates, suivant notre comput, d'événements relatés par des sources étrangères au milieu européen actuel ? ». Cette partie technique contient l'explication des ères et des calendriers, des moyens d'établir les dates historiques ; elle présente cette originalité de suivre une marche rétrograde, partant du calendrier grégorien et du calendrier julien pour remonter par delà les particularité des computs du moyen âge, à la chronologie romaine, à la chronologie hellénistique et à la chronologie grecque. Un chapitre relatif à la chronologie royale, c'est-à-dire à l'habitude de compter par années de règne, qui fonctionne parallèlement aux autres systèmes fondamentaux, sert de transition et ouvre le chapitre sur la chronologie orientale, c'est-à-dire des époques antérieures au VIe siècle av. J.-C, laquelle est basée en effet sur les listes royales de Babylonie et d'Egypte. Bien que soulevant des questions fort discutées, ce chapitre garde le même caractère d'une mise au point synthétique d'après l'état actuel des recherches ; il établit que l'on ne peut guère actuellement remonter au delà de l'an 3000 pour la Babylonie, de l'an 4000 ou 3500 pour l'Ëgypte. Un dernier chapitre montrant le parti que la chronologie peut tirer des phénomènes naturels (comme les éclipses) achève cette copieuse introduction, que complètent fort heureusement : 1) un certain nombre d'annexes ; spécimens de tableaux de concordances,extraits de documents fondamentaux des systèmes chronologiques. 2) une dissertation en règle (rejetée à la fin du volume pp. 197-211) sur la date de la mort de Jésus et la chronologie chrétienne primitive, appendice spécial que justifie l'intérêt particulier des questions relatives au point de départ de l'ère universellement employée de nos jours. Menée à la fois avec la souplesse et la rigueur à laquelle l'auteur de "L'Histoire de l'antiquité" a accoutumé, elle aboutit à la solution des difficultés chronologiques de la période qui s'étend entre la prédication du Christ et les missions de Paul en plaçant avec un maximum de probabilité le supplice de Jésus en avril 28, la Conversion de Paul en 30, son premier séjour à Jérusalem en 33-34 et le second en 44, sa première mission de 45 à 47. La seconde partie est constituée par un memento des principales dates de l'histoire depuis les premières civilisations jusqu'à la paix de Versailles : c'est une Histoire universelle complète par les dates. On devine que, pour les époques les plus anciennes et en particulier pour l'antiquité orientale, le livre de M. C. dépasse la portée de memento classique à l'usage des candidats aux examens d'histoire qu'il s'assigne modestement, et qu'il représente une précieuse et synthétique mise à jour de cette chronologie de l'antiquité qui est encore en plein devenir et que l'érudition précise tous les jours. Cette partie du volume sera consultée avec fruit par les historiens eux-mêmes et il faut féliciter M. C. d'avoir entrepris cette synthèse..." (Henri Laurent, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1926)

14.              CHANUC (Lucien). Le Chemin de fer du Médoc : un centenaire.  S.l.n.n. (La Courneuve, chez l'auteur ; Bordeaux, Impr. Biscaye frères),  1973, in-8°,  101 pp, 62 gravures, photos et cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Tout au long de son histoire, le chemin de fer du Médoc a vu circuler des omnibus campagnards, des "trains de plaisir", de luxueuses rames transatlantiques, des trains de pèlerins et d'émigrants, des convois militaires des deux guerres mondiales, les rames de pétrole des raffineries de l'estuaire... Si proche de Bordeaux et pourtant si méconnue, cette ligne vraiment "pas comme les autres" méritait que l'on s'intéresse enfin à elle.

15.              Collectif : P. Guiral, R. Rémond, J. Kayser, J. Touchard. Tendances politiques dans la vie française depuis 1789.  Hachette,  1960, in-8°,  143 pp, biblio, index, broché, bon état (Colloque de Royaumont, 23 mai 1959)

            30

Le libéralisme en France, 1815-1870 (Pierre Guiral) ; L'originalité du socialisme français (René Rémond) ; Le radicalisme des radicaux (Jacques Kayser) ; L'esprit des années 1930 : une tentative de renouvellement de la pensée politique française (Jean Touchard).

16.              Collectif. Aspects de la culture noire.  Fayard,  1958, pt in-8°,  218 pp, broché, bon état (Cahier n° 24, septembre 1958 de Recherches et Débats du Centre catholique des Intellectuels français)

            20

Un Cahier imaginé à la suite du premier congrès des Intellectuels Noirs (Sorbonne septembre 1956) et qui regroupe bon nombre des plus importantes signatures africanistes de l'époque. Il réunit les ethnologues Georges Balandier, Geneviève Calame-Griaule, Jean Poirier, et des Africains chantres de la négritude ou des missionnaires africains qui ont joué un rôle essentiel dans la "conscientisation" de la négritude comme Léopold Senghor, le père William Tempels, Louis Achille, François Abglemagnon, le père Alexis Kagame et l’abbé Vincent Mulago. Les articles manifestent la diversité d’approche des Africains sur leur propre culture à travers l’analyse de la philosophie bantoue, la culture des Dogon, les droits coutumiers, les problèmes de développement économique et social. Le cahier souligne ‘"la force du mouvement culturel de réappropriation de l’identité culturelle noire".

17.              Collectif. Georges Canguilhem, philosophe, historien des sciences. Actes du colloque, 6-7-8 décembre 1990.  Albin Michel,  1992, in-8°,  331 pp, broché, bon état

            35

Médecin, philosophe, successeur de Gaston Bachelard à la tête de l'Institut d'histoire des sciences et techniques de l'université de Paris, Georges Canguilhem est l'un des fondateurs de la tradition épistémologique française. Penseur à la postérité déjà nombreuse, il a tiré de ses études médicales la matière d'une interrogation profonde sur les sciences du vivant qui s'avère d'une extraordinaire actualité. Ce livre, fruit d'un colloque international, s'emploie pour la première fois à déployer dans toutes ses dimensions, scientifique, philosophique, éthique et politique, la complexité de l'oeuvre de Canguilhem.

18.              Collectif. Iconographie et Histoire des mentalités.  Editions du CNRS,  1979, in-4°,  189 pp, illustrations, cartes et tableaux, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Une réflexion sur l'apport de l'iconographie à l'histoire des mentalités. — "Ce volume rend compte du colloque tenu en 1976, sous l'égide du Centre Méridional d'Histoire sociale, des mentalités et des cultures de l'Université de Provence. D'entrée, l'introduction de M. Vovelle précise l'objet même du débat : après une rétrospective condensée qui fait le point historiographique sur la question depuis les travaux d'avant-garde de Réau, Mâle, Tenenti, etc., il présente les chantiers actuels dont la plupart se retrouvent précisément dans cet ouvrage. Les vingt-deux participations se trouvent réparties en six ensembles : sémiologie et techniques du traitement de l'image, suivi d'un débat méthodologique (G. Mounin, M. Borillo, R. Robin, C. Bromberger et H. Hudrisier ) ; les ex-voto (M. Mollat du Jourdain, B. Cousin, A. Hayot, F. de Ville d'Avray, C. Loubet ) ; la statuaire du XIXe siècle comme reflet des mentalités (R. Koselleck, G. Richier et B. Cousin ) ; mentalités religieuses et iconographie à l'époque moderne (M.-H. Froeschlé-Chopard, L. Chatellier, M. Bernos) ; les travaux et les jours (M.-C. Amouretti, Y. Knibiehler, G. Cornet ) ; images et discours (R. Mallet, Ph. Joutard ). Suite à l'introduction et en avant des autres communications, celle de D. Lancien consacrée aux « autres domaines de la recherche iconographique ». (...) La richesse propre de ce colloque tient au foisonnement documentaire, à la diversité des approches dans leur confrontation qu'il a rendue possible..." (Gabriel Audisio, Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, 1981)

19.              Collectif. L'Histoire et l'historien.  Fayard,  1964, pt in-8°,  230 pp, broché, bon état (Cahier n° 47, juin 1964 de Recherches et Débats du Centre catholique des Intellectuels français)

            25

L'histoire en devenir (par Alphonse Dupront, Roger Aubert, Pierre Vilar, Maurice Crubellier) ; Méthodes et idéologie (par Dominique Julia, Philippe Levillain, Daniel Nordmann, André Vauchez, Pierre Sorlin) ; Histoire et culture (par Charles de la Roncière, Eugène Jarry, Jean-Marie Mayeur) ; Connaissance et interprétation en histoire (par Claude Wiéner, Jacques Bouveresse, François Bédarida) ; Chroniques (Jean-Jacques Latour, Renée Bédarida). — "Définir les « tâches existentielles » de l'historien, « aviver la conscience du service humain de l'histoire », tel est le leit-motiv des textes qui composent ce recueil, exposés ou articles nécessairement brefs, mais vigoureux et suggestifs. (...) En définitive, si l'on demande à l'historien idéal d'être de son temps et de son pays, et d'user consciemment de cette « bonne subjectivité » dont parle P. Ricoeur, c'est au prix, évidemment, d'une autocritique d'autant plus exigente. Comme le dit F. Bédarida, « il lui faut être à la fois du dedans et du dehors, toujours engagé peu ou prou, mais toujours aussi l'homme du doute méthodique » : dilemme qui est au centre de cette déontologie de l'histoire, à laquelle le présent Cahier fait utilement réfléchir." (Alice Gérard, Annales ESC, 1965)

20.              Collectif. Les Trésors des églises de France.  P., Caisse Nationale des Monuments Historiques,  1965, gr. in-8° carré,  xxxii-464-(240)-(13) pp, longue introduction historique par Jean Taralon, 8 planches en couleurs et 254 planches reproduites en héliogravure hors texte, 878 objets classés par région décrits avec notices (par Jean Taralon, Georges Costa, Pierre-Marie Auzas, François Enaud et Jean Feray), index des communes, notes complémentaires, index des départements, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Catalogue de l'exposition au Musée des Arts décoratifs, Paris, 1965. Préparée pendant une quinzaine d'années au cours d'enquêtes et de restaurations réalisées par les Monuments historiques, précédée par des campagnes (1952-1953) en Languedoc méditerranéen et au Roussillon suivies d'expositions régionales, la présentation d'ensemble "les Trésors des églises de France" a le caractère d'un rassemblement d'orfèvrerie religieuse tout à fait exceptionnel. Cette exposition a révélé au grand public la richesse de l’orfèvrerie et des objets religieux conservés dans les trésors et les sacristies.

21.              Collectif. Politique et prophétisme : mai 1968.  Desclée De Brouwer,  1969, in-8°,  179 pp, broché, bon état (Cahier n° 63, mars 1969 de Recherches et Débats du Centre catholique des Intellectuels français)

            20

Sous le titre Recherches et Débats, le Centre catholique des Intellectuels français publie chaque année 4 cahiers consacrés à des thèmes spéciaux. — "Le C.C.I.F. présente ici  « le résultat d'une enquête conduite par questionnaire » (p. 5). En fait, il s'agit de treize courtes réponses à des questions ouvertes longuement formulées (p. 8-9), réponses données par des professeurs de l'Enseignement supérieur officiel (J.-L. Monneron, J. Lagroye, P. de Gaulmyn, M. Crozier, R. Rémond, P. Fruchon, J. Jolivet, R. Dorey) et catholique (P. Blanquart), de chercheurs (Aline Coutrot, M. de Virville), d'ecclésiastiques responsables de la pastorale en milieu universitaire (J. Guichard, J. Thomas, M. Coloni) et d'étudiants (P. Lucas, M. Lionnet, G. Basset). Intéressante série de « témoignages et de réflexions » (p. 5), où le genre adopté rend naturellement hasardeux les éventuels désirs de systématisation théorique." (J.P.D., Archives de sociologie des religions, 1970)

22.              Collectif. Sociologie et religion.  Fayard,  1958, pt in-8°,  204 pp, broché, bon état (Cahier n° 25, décembre 1958 de Recherches et Débats du Centre catholique des Intellectuels français)

            20

"Un essai d'inventaire de la sociologie contemporaine du catholicisme : son esprit, ses méthodes, ses résultats, les services qu'on en peut attendre. On y trouve les noms de G. Le Bras (La sociologie religieuse parmi les sciences humaines), J.-M. Jammes (La sociologie et le phénomène religieux), J. Labbens et J. Chelini, F. Boulard et M.-D. Chenu. L'article du chanoine Boulard doit être signalé ici pour la simplicité avec laquelle il situe un certain nombre de questions disputées..." (E. Poulat, L'Année sociologique, 1960)

23.              DAVIE (Maurice R.). La Guerre dans les sociétés primitives. Son rôle et son évolution.  Payot,  1931, in-8°,  440 pp, traduit de l'anglais, broché, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique)

            25

L'archéologie de la violence... Maurice Rea Davie (1893-1964), un sociologue canadien qui enseignait à l’université de Yale, affirme sans ambiguité que la guerre correspond à un universel de l’humanité. Il distingue diverses formes de concurrence vitale à dominante masculine, liées au cannibalisme, à la lutte pour la terre ou le butin, pour les femmes, menées au nom de la religion, de la vengeance du sang dans des sociétés dominées par la parenté, débouchant très tôt sur des pratiques de sacrifices humains, de chasse aux têtes, mais aussi de recherche de gloire pure au nom des chefs de tribus, de clans, de factions, ou des États.

24.              DESCHANEL (Louis-Paul). Histoire de la politique extérieure de la France, 806-1936.  Payot,  1936, in-8°,  284 pp, préface de Wladimir d'Ormesson, broché, couv. illustrée (lég. salie et consolidée avec du scotch en haut et bas du dos), bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            20

"Le lieutenant Louis-Paul Deschanel est tombé à l'ennemi, au cours d'une patrouille pour laquelle il était volontaire, à la mi-septembre 1939. On sait que le jeune historien a été inhumé au cimetière de Neumunster, en territoire tenu par les Allemands sur le front de la Sarre. Né en 1909, Louis-Paul Deschanel était un historien à qui l'on devait une « Histoire de la Politique Extérieure de la France », parue en 1936, et qui préparait un second ouvrage." (Revue La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, 1939)

25.              DORIGNY (Marcel) et Bernard GAINOT. Atlas des esclavages. Traites, sociétés coloniales, abolitions de l'Antiquité à nos jours.  Autrement,  2007, gr. in-8°,  79 pp, plus de 150 cartes et infographies en couleurs, biblio, les grands écrits pour et contre l'esclavage, les codes noirs, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

L'esclavage est la négation de l'être humain, réduit à l'état de force de travail brut. Il ne peut être ramené ni à une civilisation, ni à un espace géographique, ni à une époque donnée; c'est l'une des formes les plus constantes de la domination d'hommes par d'autres hommes. La dispersion des nombreuses recherches érudites sur la traite négrière, les sociétés esclavagistes et les processus d'abolition rend difficile, voire impossible, une vision d'ensemble de ces phénomènes historiques de très longue durée. L'ambition de cet atlas est toutefois de présenter les grandes lignes des connaissances historiques actuelles sur ces sujets qui font débat. Depuis l'Antiquité jusqu'au XXIe siècle, toutes les formes d'esclavage et de traite sont ici prises en compte. L'expansion de la traite, de l'économie de plantation et l'internationalisation des échanges ont pour contrepartie l'essor d'un mouvement abolitionniste structuré sur le plan international. La législation abolitionniste est issue de la convergence des révoltes serviles, multiformes, inséparables de la condition servile elle-même, et de la prise de conscience qui se développe en Europe occidentale avec la pensée critique. Tous ces phénomènes font l'objet dans cet atlas de cartographies comparatives, donnant une vision spatiale de faits historiques trop souvent étudiés séparément. Ainsi, à travers plus de 150 cartes et infographies, se déroule la longue histoire des pratiques esclavagistes et de leurs conséquences jusqu'à nos jours, faisant de cet Atlas des esclavages un instrument de travail novateur et efficace.

26.              DUCRUET (Jean). Les Capitaux européens au Proche-Orient. (Thèse).  PUF,  1964, gr. in-8°,  viii-468 pp, cartes, tableaux, biblio, broché, couv. lég. salie, qqs soulignures crayon et stylo, bon état

            50

"Dans cette étude claire et détaillée de l'histoire financière de l'Egypte, de l'Empire ottoman, de la Turquie, de la Syrie et du Liban, J. D. traite l'ensemble de la période écoulée depuis l'intervention des capitaux européens dans ces pays. La première partie porte sur la formation et le règlement de la dette publique égyptienne et ottomane. La seconde partie examine les investissements dans les voies de communication, canal de Suez et chemin de fer de Bagdad en particulier. La situation des sociétés anonymes européennes est analysée en dernier lieu." (Revue française de science politique, 1965) — "Cette thèse de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Paris, dont l'auteur est aujourd'hui professeur à la Faculté de Beyrouth, mérite le respect. Sa qualité essentielle est de se situer dans la longue durée et de suivre, sur près d'un siècle et demi, la destinée des placements et investissements européens dans cette région où l'Europe « exporta non seulement des capitaux et des cadres, mais une infrastructure économique, celle du capitalisme européen » (p. 442). D'où le rattachement des problèmes actuels de cette zone – problèmes monétaires, bancaires, financiers, économiques – problèmes très amplement traités en eux-mêmes, à l'évolution, pour ainsi dire commune, des investissements européens dans les divers pays d'un Proche-Orient entendu par l'auteur comme la « façade européenne de l'isthme moyen-oriental, c'est-à-dire les pays qui sont aujourd'hui la Turquie, le Liban, la Syrie et l'Egypte » (p. 1). Limitation géographique qui entraîne une limitation économique de taille : de ce Proche-Orient distingué du Moyen-Orient, le pétrole est absent. Mais il fallait bien à l'auteur exercer des choix. Il s'en est tenu aux zones qui ont les premières été l'objet des expansions impérialistes. (...) L'ouvrage est d'intention historique. Ce sont des lignes de développement, et des ruptures, qui sont restituées. (...) L'auteur suit ainsi, avec beaucoup de clarté dans l'exposé, l'extinction au XXe siècle des dettes publiques égyptienne et ottomane dont il avait retracé d'abord l'histoire ; il analyse la nationalisation de Suez et ses suites, les rachats des compagnies ferroviaires en Turquie et en Syrie, après avoir rappelé les aléas de la Compagnie de Suez et les méandres de la question du Bagdabahn ; il étudie de près l'actuelle situation des sociétés étrangères qui demeurent au Proche-Orient, les nationalisations que banques et assurances ont subies, surtout en Egypte, après avoir suivi l'évolution juridique des sociétés anonymes européennes et les étapes des flux et des reflux des capitaux européens. Et toujours sont mises en évidence l'éviction ou le recul des anciennes présences européennes au profit de ces États nouveaux du Proche-Orient qui, empiriquement mais avec ténacité, appliquent à leurs problèmes les solutions controversées du nationalisme économique..." (Jean Bouvier, Annales ESC, 1968)

27.              EULOGE (Georges-André). Histoire de la police et de la gendarmerie, des origines à 1940.  Plon,  1985, gr. in-8°,  376 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à Paul-Marie de La Gorce

            30

À travers l'histoire du crime et des hommes chargés de le combattre, Georges-André Euloge retrace une certaine histoire de la France. Des origines jusqu'à la dernière guerre, on voit la police et la gendarmerie être obligées de s'adapter à des situations nouvelles. Police à la fois crainte et méprisée, surtout lorsque le crime est lié à la politique.

28.              FALAIZE (Jean) et Henri GIROD-EYMERY. A travers les Chemins de Fer, de l'origine à nos jours.  Denoël,  1948, in-8°,  411 pp, 197 illustrations dans le texte et hors texte, chronologie, index, broché, couv. à rabats, bon état. Edition originale, envoi a.s. de l'un des auteurs

            45

Histoire des techniques : La locomotive à vapeur. La locomotive électrique. Le matériel roulant. La voie et les ouvrages d'art. Le monde des chemins de fer. — "Le train vous introduit dans un monde inconnu. Il ne tient qu'à vous de regarder, de vous intéresser et, sans doute, de vous passionner pour toutes ces choses du rail dont l'homme conserve l'attirance depuis sa jeunesse. Ce monde, qui est celui des cheminots, vous le découvrirez en lisant “A travers les Chemins de Fer”. Dès lors vous saurez mettre à profit le moindre arrêt pour observer les mouvements dans une gare. Vous ne passerez pas auprès d'un dépôt de locomotives sans examiner les types de machines qu'il contient et qui sont adaptés à la région que vous traversez. vous connaîtrez le langage des signaux et les dispositifs de sécurité dont ils sont solidaires. Vous comprendrez les manoeuvres de la petite locomotive qui semble jouer perpétuellement avec les wagons. Le lecteur de toute formation lira ce livre avec intérêt ; le jeune homme trouvera dans l'évocation de la prodigieuse épopée du rail un sujet d'enthousiasme, le technicien y cherchera les renseignements qu'aucun ouvrage n'avait encore donnés. Car l'oeuvre, écrite dans un style souvent pittoresque, n'exclut pas la précision ; elle s'éloigne nettement de cette littérature de "vulgarisation" qui n'est, la plupart du temps, qu'une série de résumés, plus ou moins sûrs, d'ouvrages antérieurs."

29.              FERLET (Roger). Les Contes de ma mère le rail.  Editions du Dialogue, Société d'éditions internationales,  1967, gr. in-8°,  120 pp, préface de Louis Armand, illustrations de Marti Bas à pleine page hors texte, tiré sur beau papier, broché, couv. illustrée lég. passée, bon état (Prix Chatrian 1966)

            20

Par le grand auteur ardéchois, fils de cheminot, fondateur et directeur de l'hebdo « La Vie du Rail ».

30.              FERRO (Marc). Le retournement de l'Histoire.  Laffont,  2010, in-8°,  265 pp, biblio, index, broché, bon état

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L'Histoire se contredirait-elle, reviendrait-elle soudain sur ses pas? Depuis plusieurs décennies, elle opère un retournement surprenant qui bouleverse nos conceptions du monde et notre vision de l'avenir. — "Aucun des phénomènes historiques les plus marquants de notre temps n'avait été prévu. La crise financière qui suivit celle des subprimes et qui fut bientôt accompagnée d'une récession économique en guise de croissance ininterrompue ? Telle fut bien la surprise. Tout comme la chute du régime soviétique, le passage des pays de l'Est au libéralisme, prit de court hommes politiques et spécialistes. Il en a été de même, tant à l'occasion de la Révolution iranienne de 1979 qu'à l'explosion du World Trade Center en 2001 et à la connaissance des objectifs de l'islam extrême. Et nous ne reviendrons pas sur ce retournement que fut également la réémergence de maladies, inimaginables il y a quarante ans, et qui a constitué un effet pervers du progrès. Tous ces phénomènes, et d'autres encore, furent également inattendus. On se demande comment peut régner une telle myopie, alors que nos sociétés disposent de bataillons entiers de centres de chercheurs et d'experts, dans toutes les disciplines." (Marc Ferro) — Marc Ferro nous montre comment les nombreuses figures du retournement de l'Histoire ont transformé et forgé notre monde contemporain, à l'encontre de toutes nos prévisions ou espérances. Il nous invite ainsi à penser autrement les sociétés de demain.

31.              FLEURY (Serge). Terre de France.  P., Sorlot,  1939, in-12,  92 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

            20

"La France est une et indivisible. Elle affirme cependant sa multiplicité, dès que nous la contemplons isolée, dès que nous la pénétrons ou, mieux encore, que nous y pénétrons. Faisons-le sous la conduite d'un guide particulièrement aimable, spirituel et informé, le comte Serge Fleury. Le volume qu'il vient de publier, ce livre au titre doux et simple “Terre de France” professe à la fois la France une et sa multiple splendeur. Il nous séduit par les ressources d'un grand écrivain qui se double d'un artiste et d'un homme politique perspicace. Le comte Fleury, héritier d'un nom et d'une noblesse impériale qui obligent, diplomate qui ne renie guère la tradition littéraire du Quai d'Orsay et qui fut, à plusieurs reprises, ambassadeur de la civilisation française, récemment aux Etats-Unis et souvent ailleurs, décrit la France “dulce terre” avec d'autant plus de tendresse qu'il a éprouvé plus de bonheur à la revoir après une longue absence, avec d'autant plus de compétence qu'il l'a parcourue d'un bout à l'autre, avec d'autant plus de veine persuasive qu'il obéit à l'appel du sol et des morts, ses propres ancêtres... Des pages harmonieuses et lumineuses..." (O. Forst de Battaglia, Revue catholique des idées et des faits, 23 février 1940)

32.              FRAZER (Sir James George). Sir Roger de Coverley et autres essais littéraires.  Les Belles Lettres,  1922, pt in-8°,  222 pp, traduction française par L. Chouville, préface d'Anatole France, broché, bon état

            25

Par l’anthropologue écossais James George Frazer (1854-1941). Sir Roger de Coverley est un personnage fictif, imaginé par Joseph Addison, qui le dépeignait comme l'auteur présumé d'articles et de lettres publiés dans l'influent périodique d'Addison et Richard Steele, “The Spectator” (1711). Sir Roger, un chevalier anglais du règne de la reine Anne, incarne les valeurs d'un vieux gentleman de la campagne. On disait qu'il était le petit-fils de l'homme qui a inventé la danse du même nom. Table : Sir Roger de Coverley, la tête de la Gorgone, William Cowper (esquisse biographique), Mélanges. — "L'importance des travaux de Sir James Frazer pour l'histoire des origines des religions est si grande que tous ceux qui s'intéressent à cette science doivent être informés de toutes ses publications, quelles qu'elles soient, et savoir s'ils n'y trouveraient pas à glaner. C'est pourquoi on signale ici le volume de mélanges littéraires qu'il vient de publier. La plupart des morceaux de ce recueil montrent lumineusement que l'auteur est un lettré très délicat et très aimable, comme on l'entrevoit dans ses gros livres d'érudition." (A. Houtin, Revue de l'histoire des religions)

33.              GADOURY (Victor). Monnaies françaises, 1789-1989.  Monte-Carlo, chez l'Auteur,  1983, in-8°,  544 pp, neuvième édition “spéciale Bicentenaire”, très nombreuses reproductions de pièces anciennes, reliure simili-cuir cerise de l'éditeur, titres et decor dorés au 1er plat et au dos, bon état

            20

Toutes les monnaies françaises reproduites avers et revers, décrites et cotées pour 3 états de conservation, réparties par périodes historiques.

34.              GAUTIER (Maurice-Paul). Captain Frederick Marryat, 1792-1848. L'homme et l'oeuvre. (Thèse).  Didier,  1973, gr. in-8°,  518 pp, un portrait de Marryat en frontispice, notes, biblio, index, broché, bon état (Coll. Etudes anglaises) (Prix 1972 de l'Académie de Marine)

            30

La littérature anglaise étant riche de grands noms, pourquoi se pencher sur Frederick Marryat ou Captain Marryat – puisque telle est l'appellation la plus communément admise – qui semblerait faire plutôt figure de parent pauvre ? Peut-être bien pour cette raison même, car, à lire ses ouvrages nombreux et variés, le lecteur ne peut s'empêcher de remarquer que la critique mutile l'œuvre de Marryat en ne voulant voir en lui que le Captain ; en effet, Conrad qui tenait absolument à se définir lui-même comme un être amphibie a clairement signalé que les héros de Marryat participent de cette même nature ambivalente et que, dans ses œuvres romanesques, l'intrigue se déroule autant sur terre que sur mer.

35.              GOYET (Mara). Sous le charme du fait divers.  Stock,  2016, in-8°,  204 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Qui irait camper sur les rives de la Vologne avec ses enfants ? Qui inviterait le petit Kevin Landru pour les dix ans de sa fille ? Qui n’a pas senti une légère hésitation en ouvrant la porte de son congélateur ? Qui croit encore en la longévité d’une joggeuse ? Faits divers, vous nous hantez ! Et vous faites notre enchantement.

36.              GUERRAND (R.-H.) et M.-A. RUPP. Brève histoire du Service Social en France, 1896-1976.  Toulouse, Privat,  1978, in-8°,  183 pp, sources et biblio, broché, bon état

            30

À l'aube du vingtième siècle, les militantes du féminisme catholique bouleversent les pratiques charitables de la bourgeoisie en s'installant à demeure dans les quartiers les plus défavorisés de la capitale. D'où l'hostilité rencontrée par les pionnières des 'Maisons sociales' qui refusent de jouer le jeu traditionnel des bonnes oeuvres : elles devront capituler en 1910, à l'issue d'un procès retentissant. À la fin de la guerre, elles réapparaissent sous le costume d'infirmières-visiteuses ou de surintendantes. Parmi ces praticiennes, on compte quelques fortes personnalités dont les nombreux écrits et l'action multiforme influenceront l'ensemble de la profession. La création, en 1932, du diplôme d'État ouvre la période des techniciennes et de la laïcisation. L'État prend peu à peu le relais des oeuvres privées, les assistantes sociales connaîtront la tentation bureaucratique... Puis vient la phase de la pratique psychosociale, à son tout mise à l'épreuve à travers le débat politique et culturel concernant les finalités du travail social. L'histoire du service social n'a jamais encore fait l'effort d'un effort de synthèse. Ce regard d'ensemble sur le devenir d'une action et d'une présence ne répond pas au seul désir du souvenir. Il fait apparaître les mutations d'une profession et d'une société dont la simple évocation représente déjà une manière de prise de position.

37.              HANSTEIN (O.). Radiopolis.  Fernand Nathan,  1933, in-8°,  256 pp, adaptation française de Elektropolis (1927) par Tancrède Vallerey, illustrations de Maurice Toussaint, cartonnage illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Aventures et voyages)

            20

Le héros de Radiopolis est un jeune français sorti de l'Ecole centrale qui est à la recherche d'un emploi d'ingénieur. A la fin du roman il se trouve à la tête de Radiopolis, ville modèle fondée en Australie sur les valeurs de la science et du progrès scientifique, où l'électricité, le radium mais aussi des rayons dénommés "rayons de Rindell -Matthews", sont utilisés pour développer une agriculture performante et entièrement automatisée, contrôler les mouvements des avions ou même de la terre ou encore lire la pensée humaine. — Otfrid von Hanstein (1869-1959), fut d'abord acteur, puis écrivit une centaine de romans, de nouvelles et d'ouvrages techniques pendant sa longue carrière d'écrivain qui débuta avant la Première Guerre mondiale. Il ne se limita pas à un genre particulier, mais exerça son talent aussi bien dans le genre du roman de société et du roman sentimental, que dans celui du roman policier et des récits d'aventures – souvent écrites pour la jeunesse –, sans oublier le western. Il écrivit également une dizaine de romans de science-fiction qui furent en partie publiés en traduction anglaise dans les pulp magazines « Wonder Stories » et « Wonder Stories Quarterly ».

38.              HAVARD de LA MONTAGNE (Robert). Histoire de la Démocratie chrétienne de Lamennais à Georges Bidault.  Amiot-Dumont,  1948, in-8°,  249 pp, broché, un portrait de Lamennais en couverture, bon état (Coll. Archives d'histoire contemporaine). Edition originale

            25

Une histoire qui tient plutôt du pamphlet, où la haine et les imprécations tiennent lieu d’arguments, l’auteur n’admettant pas que ceux qui ont applaudi à la condamnation de l’Action Française puissent se réclamer du catholicisme. — "Robert Havard de la Montagne (1877-1963), journaliste royaliste et catholique, auteur d'une "Histoire de la Démocratie chrétienne" et d'une "Histoire de l'Action française", avait été l'un des premiers rédacteurs du quotidien fondé par Henri Vaugeois, Léon Daudet et Charles Maurras. Entre les deux guerres, il publiait un journal catholique et monarchiste, "Rome", édité dans la capitale italienne. Il collabora ensuite pendant de longues années à "Aspects de la France" où il signait Villedieu. Il était le fils d'Oscar Havard de la Montagne, ancien dirigeant de la Ligue Française Antimaçonnique." (Lectures Françaises, 1963)

39.              HÉBERT (Jean). Traité des longitudes, ou La navigation dans son jour, Où est montré la manière de connoître les Longitudes, tant sur Mer que sur Terre, d’une méthode nouvelle & facile à pratiquer.  Paris, Jacques-Henry Pralard,  1718, in-12,   reliure plein veau naturel, dos à 5 nerfs, titre et fleurons dorés, tranches mouchetées de rouge (rel. de l'époque), 23 lignes (signées Quillan) écrites soigneusement à la plume sur une page blanche en début d'ouvrage (“Cette méthode est fort bonne ; mais elle suppose que les marins sont soigneux dans leurs observations, outre cela il faut une bonne montre à seconde...”), petit manque en tête, bon état

            1000

Edition originale de ce rare traité scientifique sur les longitudes. L'auteur, qualifié de "Bourgeois de Dieppe" dans le privilège, annonce avoir percé le secret de l'un des grands problèmes scientifiques de l'histoire des Sciences : "La charité m'oblige à communiquer à tout le monde, [...] on pourra y ajoûter qu'un Artisan a trouvé les Longitudes" (pp. 4-5). Il décrit ici sa méthode pour calculer la longitude, basée sur l'observation astronomique et avec l'aide de quatre instruments : un cadran solaire, une pendule "comme j'en ai fait une qui va assez juste sur Mer sans s'arrêter par le roulis du Vaisseau", un instrument "pour prendre hauteur aux Étoiles" et une boussole ordinaire. On notera la date de publication de l'ouvrage, qui intervient quelques années après la promulgation du "Longitude Act" (1714), loi britannique qui offrait une récompense de 20 000 £ à la personne qui découvrait la méthode pour déterminer avec la plus grande précision la longitude en mer. L'auteur prétendait-il peut-être devenir l'heureux lauréat de ce concours ? Pour rappel, la solution ne sera découverte qu'une dizaine d'années plus tard par John Harrison, un horloger britannique. (D. Courvoisier)

40.              HUBAC (Pierre). Les Nomades.  La Renaissance du Livre,  1948, pt in-8°,  292 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, chronologie, jolie reliure demi-basane fauve mordorée, dos lisse, titres et fleuron dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état (Coll. La Vie dans l'Histoire)

            30

Essai sur les peuples de tradition nomade dans l'Histoire : l'historien Pierre Hubac (1894-1963) présente "des réflexions sur l'état de nomadisme, des observations tirées de l'expérience, des confrontations de faits, des rapprochements de textes, des études de moeurs, un rudiment de psychologie" (introduction). — "Essai sur le nomadisme en général et sur la psychologie du nomade-berger en particulier." (Le Mois d'Ethnographie française, 1949)

41.              JOHNSON (Paul). Une histoire des Juifs.  JC Lattès,  1989, fort gr. in-8°,  681 pp, traduit de l'anglais, biblio, index, cart. éditeur, jaquette, bon état

            35

"Cette Histoire des Juifs n'est pas seulement événementielle, elle est religieuse, sociologique voire philosophique. Elle est illustrée par des dizaines de récits biographiques. Allant d'Abraham et de Moïse à Freud et Einstein en passant par Maïmonide, Spinoza, Mendelssohn et Marx, des personnalités juives ou d'origine juive ont joué un rôle dans l'évolution de l'humanité. En définitive, P.J. défend sa thèse : « Sans les Juifs, le monde aurait peut-être été beaucoup plus vide » (p. 627). L'ouvrage, complété par de nombreuses notes bibliographiques est bien documenté. Ce n'est pas une fresque rapide malgré les grandes fractions de temps et d'espace sur lesquelles il s'étend. On y trouve d'intéressantes précisions non seulement concernant les Juifs mais encore sur leurs relations trop souvent conflictuelles avec les deux religions monothéistes issues du judaïsme : le christianisme et l'islam." (Doris Bensimon, Archives de Sciences sociales des religions, 1990)

42.              LACRETELLE (Jacques de). Le Cachemire écarlate.  P., M-P. Trémois,  1927, in-8°,  131 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés sur vergé Hollande (tirage ne comportant pas le frontispice de Dignimont)

            20

"De ses écrits, d'une sobriété mériméenne, deux surtout sont à retenir pour leur haute signification. “Le Cachemire écarlate” nous montre un homme supérieur, de tendance janséniste, qui épouse une paysanne et quitte le plus cher de sa pensée et de son goût pour mieux lui appartenir et vivre pleinement auprès d'elle ; cette femme portait à son mari un culte trop exclusif et trop jaloux, au point qu'obligée d'aller soigner sa mère et de se tenir séparée de lui elle avait empoisonnée la malade..." (Louis Chaigne, Vies et œuvres d'écrivains, II, 1962)

43.              LAMMING (Clive). Les Omnibus au temps des chevaux, 1829-1913.  Evreux, Editions Atlas,  2011, in-4°,  124 pp, 146 gravures et photos en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, 2 plans des transports parisiens sur les gardes, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. La Grande histoire des transports urbains)

            25

44.              LEFORT (Claude). Les Formes de l'histoire. Essais d'anthropologie politique.  Gallimard,   1978, in-8°,  329 pp, broché, scotch au bord du 1er plat de couv. pour éviter que le pelliculage ne se décolle, sinon bon état (Coll. Bibliothèque des sciences humaines). Edition originale

            25

Claude Lefort est un de ceux dont la vigilance intellectuelle n'a pas cessé, depuis vingt ans, en dehors de toutes les modes et avant elles, de remettre au premier plan les problèmes du politique. De cet itinéraire, le lecteur trouvera ici les moments forts : une réflexion sur l'histoire dans les sociétés dites sans histoire ; la formation de la société et de la politique modernes au temps de l'humanisme et des républiques de la Renaissance ; une étude sur Marx, un Marx soustrait aux manipulateurs de la "théorie marxiste" comme aux nouveaux hérauts de l'antimarxisme ; la genèse enfin de l'idéologie dans les sociétés contemporaines. Un même mouvement de pensée relie ces textes, qui s'applique à distinguer ce qui relève d'une histoire régie par un principe de permanence ou de répétition et ce qui ressortit à une histoire qui par principe est le lieu du nouveau. Une histoire visible, qui se déchiffre à travers le changement et une histoire invisible qui, dans chacune des formations sociales envisagées, sous-tend l'ordonnance des institutions et constitue la dimension temporelle de la vie sociale. Ainsi s'esquisse, à travers la diversité des formes de l'histoire, une anthropologie politique de notre temps.

45.              LE MAUX (Nicole). Histoire du chapeau féminin. Modes de Paris.  Editions Charles Massin,  2000, in-4°,  157 pp, très nombreuses illustrations, photos, croquis en noir et en couleurs, et un plan de Paris en pages de garde présentant les rues des boutiques mentionnées dans le texte, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, manque la page de titre, bon état

            30

Modes... une enseigne méconnue aujourd'hui, une enseigne qui pendant plus de 150 ans, a brillé de tout son éclat, offrant aux passants, dans les rues de Paris, le spectacle de vitrines magiques ; une enseigne a laquelle œuvrait une artiste, la modiste, dont le geste délicat a été immortalise par les plus grands peintres... A l'enseigne de "Modes" midinettes et grandes dames perdaient la tête... pour la parer à grands frais de plumes et de fleurs... Moins exubérantes, les "Modes" d'aujourd'hui n'ont rien perdu de leur charme, les talents s'étant adaptés à l'évolution de la société. — Sommaire : Naissance et évolution du chapeau. Le chapeau dans la vie (rôle des chapeaux, convenances, rivalités coiffeurs et modistes, etc.). Le métier (modistes, ateliers, boutiques, fournisseurs). Annexes : la confection amateur, les chapeaux d'enfants, lexique.‎ — Nicole Le Maux, collectionneuse, a réuni quelque 500 chapeaux de 1780 à nos jours. Ces pièces authentiques lui ont permis une approche immédiate de l'évolution capricieuse des modes et de l'ineffable savoir-faire modiste. Elles fournissent une grande partie de l'iconographie originale de cet ouvrage.

46.              LÉVI-STRAUSS (Claude). Anthropologie structurale.  Plon,  1971, in-8°,  452 pp, 23 illustrations dans le texte et 13 illustrations hors texte, biblio, index, cart. bleu de l'éditeur, titres dorés au dos, sans la jaquette, bon état

            20

Ecrits entre 1945 et 1957, les textes rassemblés dans ce volume et devenus difficilement accessibles jettent les fondations de l'anthropologie structurale à laquelle le nom de l'auteur est lié. L'introduction dissipe un malentendu initial en montrant que l'ethnologie et l'histoire, même dite événementielle, loin de s'opposer, doivent se prêter un appui mutuel ; ce que, depuis, les succès de l'anthropologie historique ont amplement attesté. L'étude des sociétés amérindiennes, objet de la deuxième partie, le confirme. L'analyse structurale de leurs coutumes, et de leurs institutions anticipe des découvertes archéologiques récentes, d'où ressort que les peuples amazoniens ne furent pas les primitifs qu'on croyait voir en eux. Dans une première partie, l'auteur avait aussi fait voir par des exemples concrets comment ses réflexions sur les rapports de l'anthropologie avec la linguistique et la psychologie l'ont conduit à poser les principes de l'analyse structurale des mythes, qui allait occuper une grande place dans ses travaux. Une troisième partie élargit cette perspective pour y inclure l'art. Enfin une quatrième partie, d'esprit plus méthodologique, envisage la place de l'anthropologie dans l'ensemble des sciences sociales et les problèmes posés par son enseignement. A côté des aspects de la réalité sociale si complexes que l'observateur doit se contenter de les décrire, et que l'anthropologie structurale ne songe pas à nier, on constate ainsi qu'il en existe d'autres où la comparaison permet de dégager des relations invariantes. En s'attachant surtout à eux, on espère mieux comprnedre l'homme et introduire dans son étude un peu plus de rigueur. — "Recueil comprenant dix-sept textes (articles, rapports de congrès, etc.). dont deux inédits, groupés sous cinq rubriques : langage et parenté, organisation sociale, magie et religion, art, problèmes de méthode et d'enseignement. Le plus important, celui qui éclaire le plus systématiquement la pensée de l'auteur, étudie « La notion de structure en ethnologie »."(Revue française de science politique, 1958) — "Fort de ses expériences (et c'est ce qui lui permet de s'attaquer à certains purs théoriciens) et par ses articles publiés entre 1944 et 1956, et ici rassemblés, L.-S. nous insuffle sans relâche, que l'ethnologie est une science, aux méthodes d'analyse rigoureuses dont l'objectivité est nuancée par l'apport personnel de l'ethnologue. L'ethnologue d'ailleurs ne cherchera pas tant à percer le comportement de chaque société qu'à voir la façon dont elles diffèrent les unes des autres. Science paradoxale s'il en est, car son cadre théorique doit s'ajuster à des techniques d'observations sur lesquelles il est très en avance. Là est le défi et c'est à l'anthropologie moderne à le relever. L'étude des rapports de l'ethnologie avec l'histoire, la linguistique, la sociologie la psychanalyse, la démographie, etc., et les concepts propres à l'anthropologie sociale permettent à l'auteur de mettre en place sa méthode structurale. Notons sa magistrale étude sur la magie, les réflexions que lui suggèrent les rapports entre ethnologie et marxisme, et la place qu'il accorde à la démographie qualitative. Tout cela sans jamais perdre de vue le rôle primordial des liens de parenté. Car les systèmes de parenté, les règles de mariage et de filiation forment un ensemble coordonné dont le rôle est de maintenir « la permanence d'un groupe social », par l'enchevêtrement des relations consanguines et d'alliance." (Population, 1958)

47.              LÉVI-STRAUSS (Claude). La Pensée sauvage.  Plon,  1972, in-8°,  ii-393 pp, 24 illustrations (11 dans le texte et 13 sur 8 planches hors texte), biblio, index, cart. bleu de l'éditeur, titres dorés au dos, sans la jaquette, bon état

            20

« La Pensée sauvage », et non « la pensée des sauvages ». Car ce livre s'écarte de l'ethnologie traditionnelle en prenant pour thème un attribut universel de l'esprit humain : la pensée à l'état sauvage, florissante dans tout esprit d'homme – contemporain ou ancien, proche ou lointain – tant qu'elle n'est pas cultivée et domestiquée pour accroître son rendement. Sans doute peut-on chercher des exemples auprès des sociétés sans écriture et sans machines ; même là pourtant, cette pensée ressemble singulièrement à celle que nous trouvons à l'oeuvre tout près de nous, dans la poésie et dans l'art, ou encore dans les diverses formes du savoir populaire, qu'il soit archaïque ou récent. En elle, rien de désordonné ni de confus. Partant d'une observation du monde qui témoigne d'une minutie et d'un précision souvent stupéfiantes, elle analyse, distingue, classe, combine, et oppose... Dans ce livre par conséquent, les mythes, les rites, les croyances, et les autres faits de culture, se manifestent comme êtres « sauvages » comparables, par delà le langage, à tous ceux que la nature (dont l'esprit humain ne peut être retranché) engendre aussi sous d'innombrables formes animales, végétales, et minérales. On ne saurait donc s'étonner que, dans leur fréquentation millénaire, la pensée sauvage ait trouvé la matière et l'inspiration d'une logique dont les lois se bornent à transposer les propriétés du réel, et qui, pour cette raison même, a pu permettre aux hommes d'avoir prise sur lui.

48.              LIFAR (Serge). Les Trois Grâces du XXe siècle. Légendes et vérité.  P., Buchet/Chastel, Corrêa,  1957, in-8°,  347 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte (Pavlova, Nijinski, Spessivtseva...), index, broché, couv. illustrée, état correct, mais exemplaire enrichi d'un envoi a.s. de Serge Lifar

            50

Les Trois Grâces sont Anna Pavlova, Tamara Karsavina, Olga Spessivtseva.

49.              [Littérature fin-de-siècle] –  LESUEUR (Daniel). Amour d'aujourd'hui.  P., Alphonse Lemerre,  1888, in-12,  400 pp, reliure demi-basane brun foncé, dos lisse avec titres, fleurons dorés et filets à froid (rel. de l'époque), dos frotté et uniformément passé, bon état

            20

Renée Sorel, vingt deux ans, vit chez ses parents; son père, professeur d'Université a vu sa carrière brisée par une cécité précoce. La jeune fille subvient aux besoins de la famille par son travail d'artiste peintre. Elle va bientôt tomber sous le charme de Lionel Duplessier, jeune chef de cabinet du sous-secrétaire d’État ... — Daniel-Lesueur (1854-1921), pseudonyme masculin de Jeanne Loiseau, est une femme de lettres d’un vaste talent ; elle est aussi une grande philanthrope et une féministe qui défendit la cause des femmes avec tact. Parfaitement bilingue, elle s’est distinguée dans de nombreux genres littéraires, comme le roman, la poésie, la traduction... D'origine modeste, elle pense se consacrer à l'enseignement et réside un temps à Londres pour se perfectionner en anglais, mais elle n'enseignera jamais. Elle commence à publier des poèmes avec "Fleurs d'Avril" (1882, récompensé par l'Académie française), puis en 1885, "Sursum corda !" (Grand Prix de Poésie de l'Académie française, pour la première fois décerné à une femme). En 1893, elle traduit les oeuvres de Lord Byron (travail encore récompensé par l'Académie). En 1905, elle publie une étude critique sur l'évolution du statut des femmes "Evolution féminine, ses résultats économiques".  C'est la première femme à être nommée Vice-président de la Société des Gens de Lettres et elle reçoit la Légion d'Honneur en 1900. En 1904, elle épouse Henri Lapauze, critique d'art reconnu et haut-fonctionnaire au gouvernement, de sept ans plus jeune qu'elle. En 1905, on joue la pièce de théâtre en 5 actes "Masque d'amour" (avec Sarah Bernhardt), tirée de son roman homonyme publiée l'année précédente. Elle meurt à Paris en 1921.

50.              [Littérature fin-de-siècle] –  LESUEUR (Daniel). Invincible Charme.  P., Alphonse Lemerre,  1897, in-12,  399 pp, manque la page de faux-titre, reliure demi-percaline mauve, dos lisse orné d'un fleuron et de filets dorés, pièce de titre chagrin noir (rel. de l'époque), bon état. Edition originale, un des rares ex. en grand papier, à grandes marges (tirage non mentionné)

            25

L'Invincible Charme d'une fille d'officier français pour le fils d'un officier prussien... Roman précédemment publié en feuilleton dans Le Temps (22 décembre 1897-10 février 1898) et traduit en plusieurs langues étrangères, dont le hongrois, l'espagnol et l'italien. — "Le lieutenant Jean Valdret, une perfection mâle, aime une perfection de sexe différent, Mlle Odette de Ribeyran, fille du colonel de Jean. Hélas ! cet admirable garçon est sans fortune et – obstacle poétique et nouveau – on ignore qui peut bien être son papa. Cependant les choses, semble-t-il, pourront s’arranger, car le colonel estime son subordonné pour qui Mme de Ribeyran a une affection et une admiration maternelles. Mais voici que des indices légers, bientôt corroborés par de graves indices, désignent le colonel comme le père de Jean. Diable ! un inceste en perspective ; voilà qui est excitant. Et, vous savez, ça y est. Une cousine, qui a des tuyaux sérieux, affirme. Et Jean et Odette, liés d’un trop Invincible charme, ne réussissent pas à ne plus s’aimer d’amour. Les mondains, qui trouvent l’inceste intéressant, puisque pour leur sottise c’est un crime, ont, quelques pages durant, de délicieux frissons le long de la moelle. Et ils courent, ces voyeurs, vers l’élégante ignominie qu’on leur promet... Ça devient plus amusant. De nouveaux indices contredisent les premiers. Nous ne savons plus du tout. Quelle chance ! Le doute est un doux oreiller pour un inceste bien fait. Nous aurons peut-être, nous les heureux contemporains des demi-vierges et des demi-sexes, un demi-inceste de plus. Et nous ignorons encore sa séduisante formule. Jean et Odette, innocents au milieu d’un baiser coupable, se posséderont-ils en frères qui ne croient pas à leur fraternité ? Ou bien, se croyant frères et ne l’étant pas, commettront-ils coupablement la plus légitime et la plus innocente des actions ? L’horreur grandit encore, et la terreur. Non, Jean n’est pas le frère d’Odette. Mais, cette Française, cette fille du plus brave des colonels, du plus intransigeant des patriotes, aime peut-être un Prussien. Oui, Jean, – oh ! mon Dieu, ça devient de plus en plus probable, – doit être le fils d’un de ces viols qui comptent parmi les menues contributions de guerre..." (Han Ryner, Le Massacre des Amazones) — Daniel-Lesueur (1854-1921), pseudonyme masculin de Jeanne Loiseau, est une femme de lettres d’un vaste talent ; elle est aussi une grande philanthrope et une féministe qui défendit la cause des femmes avec tact. Parfaitement bilingue, elle s’est distinguée dans de nombreux genres littéraires, comme le roman, la poésie, la traduction... D'origine modeste, elle pense se consacrer à l'enseignement et réside un temps à Londres pour se perfectionner en anglais, mais elle n'enseignera jamais. Elle commence à publier des poèmes avec "Fleurs d'Avril" (1882, récompensé par l'Académie Française), puis en 1885, "Sursum corda !" (Grand Prix de Poésie de l'Académie française, pour la première fois décerné à une femme). En 1893, elle traduit les oeuvres de Lord Byron (travail encore récompensé par l'Académie). En 1905, elle publie une étude critique sur l'évolution du statut des femmes "Evolution féminine, ses résultats économiques".  C'est la première femme à être nommée Vice-président de la Société des Gens de Lettres et elle reçoit la Légion d'Honneur en 1900. En 1904, elle épouse Henri Lapauze, critique d'art reconnu et haut-fonctionnaire au gouvernement, de sept ans plus jeune qu'elle. En 1905, on joue la pièce de théâtre en 5 actes "Masque d'amour" (avec Sarah Bernhardt), tirée de son roman homonyme publiée l'année précédente. Elle meurt à Paris en 1921.

51.              LITTRÉ (Émile). Dictionnaire de la langue française.  Encyclopaedia Britannica/Partenaires livres,  1998, 7 vol. in-4°,  84-6809 et xiii-561 pp, 6 tomes en pagination continue et un supplément, reliures plein cuir de l'éditeur, têtes dorées, ex numéroté, bon état

            180

Le “Dictionnaire de la langue française” a été publié par Hachette entre 1863 et 1872 pour la première édition. Il s'agit d'un dictionnaire ancien : ses vedettes comme ses définitions s'appliquent à une langue française qui a beaucoup évolué en près de 150 ans. Certains passages portent l'empreinte de cette époque et doivent se lire dans ce contexte historique. Le sport était alors un néologisme, et le cafard semblait religieux ; la science collectionnait les planètes téléscopiques, doutait de l'avenir du tout nouveau téléphone et inventait le délicat stasimètre. Le mot race n'avait pas le même sens qu'aujourd'hui. En ce temps déjà lointain on s'emberlucoquait, barguignait, faisait la bobe, se guédait, blézimardait, morguait, pour enfin s'acagnarder avec bonheur. À la différence d'ouvrages purement explicatifs, ce dictionnaire est très littéraire, truffé de citations de toutes sortes et de toutes époques, et agrémenté de conseils d'utilisation, ou de réprimandes aux auteurs célèbres qui prennent des libertés avec la langue française. Le rapport d'Émile Littré aux mots est souvent très affectueux, allant jusqu'à défendre des barbarismes pour que la poésie ancienne n'en soit pas gâtée. Le Littré peut se feuilleter avec délices pendant des journées entières... — Compte tenu du poids de l'ensemble, des frais d'envoi supplémentaires sont à prévoir en cas d'expédition.

52.              [Lycée Charlemagne]. Le Carolingien. Bulletin trimestriel de l'Association amicale des anciens élèves du lycée Charlemagne.  Paris,  1949-1954, 12 fascicules in-8°,   12 à 48 pp chacun, brochés, couv. illustrées, bon état. Peu courant

            50

Numéros 56 (décembre 1949), 57 (mars 1950), 62 à 71 (juin 1952 à janvier 1955). Le Carolingien a été fondé en 1928. Le numéro 71 (janvier 1955) est celui du Cent Cinquantenaire du Lycée. Avec des articles sur le château du Raincy, les logis parisiens de Victor Hugo, François Arago, Théophile Gautier, Gérard de Nerval,  la bataille des Thermopyles (480), Blaise Pascal dans le 4e arrondissement, un Aperçu historique sur le lycée Charlemagne, des Souvenirs carolingiens (1918-1923), etc.

53.              MALET et ISAAC. L'Histoire.  Marabout,  1992, fort in-8°,  1242 pp, qqs tableaux, index, broché, bon état

            40

"Enfin ! Le classique des classiques en un seul volume." (bande éditeur) — Le "Malet-Isaac" présente au lecteur un récit chronologique clair et précis, un texte solidement charpenté et d'une lecture agréable. Il allie la saveur de l'image d'Epinal à la rigueur du cours : références essentielles et récits vivants s'y côtoient. Ce classique de la vie culturelle française demeure donc un irremplaçable ouvrage de référence. La présente édition reproduit les volumes des classes de cinquième et de quatrième de l'édition de 1958 (sous le titre "Rome et le Moyen Age"), le volume de troisième de l'édition de 1958 ("L'Âge classique"), le volume de seconde de 1960 ("Les Révolutions"), et le volume de première de l'édition de 1961 ("La Naissance du Monde moderne"). Les illustrations, les documents et la cartographie ont été supprimés et les notes allégées. Le texte n'a subi que des modifications de détail. (Avertissement) — Par André Alba, Antoine Bonifacio, Jules Isaac, Jean Michaud, Charles H. Pouthas.

54.              MATVEJEVITCH (Predrag). Pour une poétique de l'événement : La poésie de circonstance. Suivi de L'engagement et l'événement.  UGE,  1979, in-12,  312 pp, préface de Jean-Michel Palmier, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. 10/18). Inédit

            15

Etude des formes de l'engagement poétique.  Edition entièrement refondue et augmentée de “Poésie de circonstance” (1971).

55.              MAURO (Frédéric). Histoire du café.  Desjonquères,  1991, in-8°,  249 pp, notes, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'origine du café est légendaire. C'est en Ethiopie que semblent être nés les premiers plants de café, transportés plus tard en Arabie et au Yémen. Au XVIIIe siècle, quelques plants finissent par quitter l'Arabie pour l'Inde, et le Yémen pour la Hollande. Les premières cultures parviennent aux Antilles vers 1723 et quelques années plus tard dans les îles Caraïbes d'où le café se répand au Brésil puis à Saint-Domingue. L'engouement des pays occidentaux pour cette boisson provoque un développement rapide des plantations caféières dans la région de Rio et l'organisation d'une économie originale où des « fazendas » assurent la culture, la cueillette, la torréfaction et l'expédition vers les ports du Havre, de Bordeaux... Simultanément, de l'autre côté du globe, les Indes néerlandaises développent leur production pour satisfaire les consommateurs de l'Europe du Nord. L'abolition de l'esclavage modifie l'exploitation caféière au Brésil et la fin du XIXe siècle voit la Colombie, Haiti et Saint-Domingue fonder leur prospérité sur le café. A la même époque, l'Afrique centrale s'impose comme un producteur important, faisant notamment de la Côte d'Ivoire le troisième exportateur mondial. Cette Histoire du café se devait d'évoquer la guerre féroce livrée pour la conquête du marché du café soluble entre les fabricants nord-américains et leurs concurrents brésiliens. Cette boisson devenue aussi mythique que le thé, son rival, est non seulement une matière première c'est aussi une boisson conviviale dont l'usage et les rites diffèrent suivant les pays et les civilisations. Frédéric Mauro explore l'ensemble des curiosités que cette boisson suscite et les éclaire d'un appareil documentaire riche et récent.

56.              MOURRE (Michel). Dictionnaire encyclopédique d'Histoire.  Bordas,  1986, 8 vol. in-4°,  (16)-4992 pp, nombreuses planches en couleurs hors texte et près de 6000 illustrations en noir dans le texte, reliures simili-cuir bleu-nuit décorées de l'éditeur, bon état

            250

La grande édition, complète en 8 volumes. — Le seul dictionnaire d'histoire universelle qui rassemble toutes les données significatives de l'histoire mondiale. Le dictionnaire encyclopédique universel de Michel Mourre est un ouvrage unique. Publié pour la première fois aux éditions Bordas en 1978, remanié à plusieurs reprises, il est l'oeuvre de toute une vie. Monument d'érudition, il est devenu une référence communément appelée « Le Mourre ». L'originalité du Mourre est de concilier une vision globalisante de l'Histoire avec un souci constant de l'événementiel. Par cet aspect, le Mourre est au coeur de nos préoccupations. Il propose une approche "réconciliée" de l'Histoire qui retient le meilleur aussi bien de la méthodologie documentaire la plus classique que l'approche de longues périodes. Il comprend près de 20.000 entrées décrivant faits, acteurs et lieux de l'histoire universelle avec précision, et près de 1.000 articles de fond, synthèses de concepts, périodes ou objets historiques. Cette source de documentation est un instrument de culture irremplaçable pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire envisagée dans son sens le plus large : à la fois économique, sociale, idéologique, politique, technique et événementielle. — "Quinze ans ont été nécessaires à Michel Mourre pour concevoir et rédiger son “Dictionnaire encyclopédique d'histoire”. Celui-ci est le premier ouvrage qui permet d'avoir une approche de l'Histoire à la fois analytique et synthétique. Analytique parce qu'il se présente comme un dictionnaire. Ce qui en fait un outil de travail clair et précis. Synthétique, parce que chaque grand thème fait l'objet d'un ample développement encyclopédique. Un nouvel instrument de travail au service des historiens mais aussi un ouvrage indispensable à tous les amateurs d'histoire." — Compte-tenu du poids de l'ensemble, nous serons amenés à demander des frais d'envoi un peu plus importants en cas d'expédition.

57.              ONFRAY (Michel). Décoloniser les provinces. Contribution aux présidentielles.  Editions de l'Observatoire,  2017, in-8°,  149 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            10

"Tous les candidats aux présidentielles de 2017 sont Jacobins, tous. Or le centralisme qui fait de Paris la tête qui commande et des provinces un corps qui obéit a montré son inaptitude à incarner la démocratie qui reste formelle en ne produisant qu'une aristocratie d'élus insoucieux du peuple. De Philippe Le Bel à Charles de Gaulle en passant par Robespierre ou Napoléon, le modèle jacobin a failli. Je propose une révolution pacifique inspirée des Girondins de la Révolution française : redonner le pouvoir aux communautés, aux collectivités, aux régions, autrement dit : décoloniser les provinces. Le communalisme libertaire, les élections dans des parlements régionaux, l'autogestion sur le terrain sont seuls susceptibles de fournir des contre-pouvoirs efficaces à l'effondrement de la formule jacobine de la démocratie. La politique ne doit plus être une affaire de commettants qui délèguent mais de citoyens qui décident". (M O.)

58.              ONFRAY (Michel). La philosophie féroce. Exercices anarchistes.  Galilée,  2004, in-8°,  115 pp, broché, couv. illustrée à rabats, pt accroc au 1er plat, bon état

            15

La chronique que donne Michel Onfray tous les mois depuis deux années à “Corsica” lui permet d'exercer en philosophe hédoniste, athée et libertaire, sur les questions du présent. Ainsi l'Europe : l'Euro et la fin des États-nations, l'avènement d'un gouvernement planétaire, les réactions nationalistes. Les religions : la puissance néfaste des trois monothéismes, la dangerosité intrinsèque de l'islam. Les États-Unis : l'impérialisme planétaire, la guerre coloniale et la violence libérale. La Corse. la fermeture ethniciste, la récupération de l'hospitalité, les méditerranées solaires et nocturnes. L'Élysée : la délinquance haut de gamme, le prétexte de la religion du droit, la nécessité de parachever Mai 68. Vingt-cinq textes où se manifeste – selon l'expression de Rimbaud – la philosophie féroce.

59.              ONFRAY (Michel). La stricte observance. Avec Rancé à la Trappe.  Gallimard,  2018, in-12,  117 pp, broché, bon état (Coll. Blanche)

            10

L'abbé de Rancé a vécu un deuil marquant : celui de sa maîtresse, la duchesse de Montbazon, grande libertine morte à l'âge de quarante-cinq ans. Bien des légendes courent autour de cet épisode, rapportées par Chateaubriand et par les chroniqueurs de la Trappe. Ce qui est certain, c'est que l'abbé a rompu brutalement avec ses pratiques hédonistes, s'est dépouillé de tous ses biens et a refondé l'ordre des Trappistes sur une règle d'une dureté inouïe. Michel Onfray, séjournant à l'abbaye de la Trappe, interroge l'étrange relation à la mort et à Dieu qui motive, encore aujourd'hui, le retrait du monde et l'extrême sévérité de la discipline que s'imposent les moines trappistes. Ce texte, d'une vitalité impressionnante, amène également Michel Onfray à évoquer ses propres deuils, celui de son père et celui de sa compagne, comparant les effets de la perte sur sa vie d'athée convaincu et sur celle d'un croyant forcené comme Rancé.

60.              ONFRAY (Michel). La Vengeance du pangolin. Penser le virus.  Laffont,  2020, in-8°,  304 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            15

Un virus bien en chair et en os, si je puis me permettre, a démontré que le virus virtuel n'était pas la seule réalité avec laquelle nous avions à compter. Venu de Chine où des pangolins et des chauves-souris ont été incriminés, il a mis le monde à genoux. Il a été le révélateur, au sens photographique du terme, des folies de notre époque : impéritie de l'Etat français, faiblesse extrême de son chef, impuissance de l'Europe de Maastricht, sottise de philosophes qui invitaient à laisser mourir les vieux pour sauver l'économie, cacophonie des scientifiques, volatilisation de l'expertise, agglutination des défenseurs du système dans la haine du professeur Raoult, émergence d'une médecine médiatique, indigence du monde journalistique, rien de très neuf... Le covid-19 rappelle une leçon de choses élémentaire : il n'est pas le retour de la mort refoulée, mais la preuve vitaliste que la vie n'est que par la mort qui la rend possible. Tout ce qui est naît, vit, croît et meurt uniquement pour se reproduire – y compris, et surtout, chez les humains. Ce virus veut la vie qui le veut, ce qui induit parfois la mort de ceux qu'il touche. Mais quel tempérament tragique peut et veut encore entendre cette leçon de philosophie vitaliste ? (Michel Onfray)

61.              ONFRAY (Michel). Le Crocodile d'Aristote. Une histoire de la philosophie par la peinture.  Albin Michel,  2019, in-8° carré,  240 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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De Pythagore à Derrida, via Descartes et Kant, Montaigne et Rousseau, Voltaire et Nietzsche parmi d'autres, en trente-quatre toiles, donc en trente-quatre philosophes, Michel Onfray propose une histoire de la philosophie par la peinture !

62.              ONFRAY (Michel). Physiologie de Georges Palante. Pour un nietzschéisme de gauche.  Grasset,  2002, in-8°,  250 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Loin des poncifs sur le nietzschéen de droite blond et brutal aux yeux bleus, Georges Palante (1862-1925) incarna la possibilité d'un nietzschéisme de gauche. Souffrant d'une malformation congénitale qui le transformait en monstre aux allures simiesques, ce philosophe méconnu consacra en effet tout son talent à échouer : avec ses élèves au lycée ; dans la ville de province bretonne (Saint-Brieuc) où il enseigna la philosophie ; avec les femmes, avec les institutions – dont l'université –, avec ses proches, il se transforma avec brio en bourreau de lui-même –, puis se suicida en se tirant une balle dans la tête face à un miroir... Alcoolique, handicapé, joueur de poker, corrigeant ses copies de Bac dans un bordel, vivant avec une illettrée, ancienne fille à matelots, chasseur myope ratant son gibier, modèle du roman de Louis Guilloux “Le sang noir”, choisissant pour directeurs de thèse ceux qu'il pourfendait dans son travail universitaire, il proposa la première formule du nietzschéisme de gauche en France, inaugurant ainsi un courant vivace de Caillois à Bataille, pour la deuxième génération, de Foucault à Deleuze pour la troisième – en attendant la quatrième.

63.              ONFRAY (Michel). Politique du rebelle. Traité de résistance et d'insoumission.  Grasset,  1997, in-8°,  342 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Figures). Edition originale

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Poursuivant l'exploration de sa philosophie hédoniste, Michel Onfray en aborde, avec ce nouveau livre, le versant politique. Voici donc, magnifiée, la figure du rebelle dont le génie colérique porte, à travers l'histoire, l'irrépressible désir de révolution. Une mystique de gauche ? A coup sûr. Avec ses arrière-mondes anarchistes. Avec sa volonté si actuelle de réenchanter un monde soumis à l'économisme. Avec son idéal de plaisir opposé à cet idéal ascétique que la droite n'en finit pas de célébrer. Reprenant l'histoire là où elle a manifesté pour la dernière fois ce génie singulier, Michel Onfray propose un achèvement de mai 68 qu'il reconsidère à la lumière d'une fin de siècle convaincue de la mort des idéologies collectives. Dans cet éloge du gaz lacrymogène, on découvrira des occasions de redonner à la force un statut en politique sous les formes de la désobéissance, de la résistance, de l'insoumission, de l'insurrection. Cette Politique du rebelle est, assurément, le livre le plus radical, le plus violent de l'auteur de La Sculpture de soi.

64.              ONFRAY (Michel). Tocqueville et les Apaches. Indiens, nègres, ouvriers, Arabes et autres hors-la-loi.  Autrement,  2017, in-8°,  196 pp, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Universités populaires & Cie). Edition originale

            15

Tocqueville passe pour le penseur de la démocratie et de la liberté dans un monde qui n'aime ni la démocratie ni la liberté. En fait, à le lire vraiment, on découvre qu'il fut assez peu démocrate et très peu défenseur de la liberté : en effet, ce philosophe justifie le massacre des Indiens d'Amérique, la société d'apartheid entre Noirs et Blancs, la violence coloniale en Algérie, le coup de feu contre les ouvriers quarante-huitards qui demandent du travail et du pain pour leur famille. Il ne faut pas s'étonner que ce libéral de gauche ait pu servir sous Mitterrand à justifier la conversion du socialisme au libéralisme en 1983 et, sous couvert de droit d'ingérence, les guerres néocoloniales initiées dès 1990. Si l'on est Blanc, catholique, Européen, propriétaire, Tocqueville est le penseur ad hoc. Sinon, l'auteur de “La démocratie en Amérique” ne craint pas de justifier et de légitimer ce que l'on nomme aujourd'hui ethnocide ou crime de guerre.

65.              PETIT (Edmond). Histoire mondiale de l'Aviation.  Hachette,  1967, in-4°,  429 pp, 1200 photos en noir dans le texte, 45 pl. en couleurs, chronologie somaire, biblio, index, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

Un panorama très complet, précis, admirablement illustré non seulement de nombreuses photos d'avions, mais aussi de photos des aviateurs célèbres. —  Depuis l'Antiquité, l'homme a regardé le ciel avec envie et voulu imiter les oiseaux. L'Eole de Clément Ader quitta le sol le 9 octobre 1890. Et c'est Santos-Dumont qui, le 12 novembre 1906, volant à 6 mètres du sol, établit les trois premiers records du monde : durée avec 21 secondes 1/5, distance avec 220 mètres, vitesse avec 41,292 kilomètres à l'heure. Soixante ans plus tard, l'Américain White, sur X-15, s'élève à 95 kilomètres, lancé en vol d'un avion porteur. Stephens (USA) atteint la vitesse de 3.300 km/h et Everly (USA) parcourt d'une seule traite plus de 20.000 kilomètres. Le livre du colonel Edmond Petit se situe entre ces records et ces dates et donne, de l'histoire et des progrès de l'aviation, un tableau à l'échelle du monde. Chaque pays ayant contribué à l'essor du plus lourd que l'air, chaque pas en avant y est signalé. Les deux grandes guerres auront accéléré les perfectionnements mécaniques et accru la sécurité en vol, et fait que, la paix revenue, dans un confort sans cesse plus poussé, des millions d 'hommes survolent les mers et les continents. Pour un homme né au XXe siècle, ce livre dense et plein d'enseignements s'inscrit dans les souvenirs de sa propre vie : Blériot, Garros, Lindbergh, Byrd au pôle, les héros légendaires avec Guynemer et cette Amélia Earhart qui s'envola comme Saint-Exupéry et ne revint jamais.

66.              PETITOT (Claude-Bernard) et Louis-Jean-Nicolas MONMERQUÉ (dir.). Collection complète des Mémoires relatifs à l'histoire de France depuis le règne de Philippe-Auguste jusqu'à la paix de Paris conclue en 1763. Avec des notices sur chaque auteur, et des observations sur chaque ouvrage.  P., Foucault,  1824-1829, 131 vol. in-8°,   reliures demi-chagrin havane, dos lisses à faux-nerfs soulignés de filets dorés, titre général (“Petitot, Mémoires relatifs à l'histoire de France”), série, tomaison et auteurs dorés (rel. de l'époque), plats lég. frottés, une coiffe manquante, qqs coiffes frottées, qqs dos frottés ou tachés, bon état (Franklin, Les Sources de l'histoire de France, 289) — Compte-tenu du poids de l'ensemble (75 kg environ), nous serons amenés à demander des frais d'envoi un peu plus importants en cas d'expédition.

            3000

Publiée entre 1819 et 1829 par Petitot puis par Louis Monmerqué, cette remarquable collection se compose de deux séries : "La première série, comprenant 52 volumes, fut achevée en 1827. La seconde série, terminée deux ans plus tard, se compose de 79 volumes. Les deux séries forment donc un ensemble de 131 volumes, reproduisant environ 120 ouvrages différents (...) Chacune des séries de la collection est terminée par une table excellente, à la fois alphabétique et méthodique, qui est l'oeuvre de M. Delbare." Très importante et précieuse collection complète de mémoires, depuis le Moyen Age qui débute par les Mémoires de Villehardouin, le XVIe siècle, avec notamment les Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay, le XVIIe siècle, avec entre autres les Mémoires du cardinal de Richelieu, jusqu'au XVIIIe siècle, terminé par les Mémoires de Duclos et Mme de Staal. — Détail : Première série : 1. Discours préliminaire ; Sur l'orthographe des anciens mémoires ; Mémoires de Geoffroi de Villehardouin. – 2. Mémoires de Joinville. – 3. Manuscrits arabes relatifs au règne de Saint-Louis ; Dissertations sur l'histoire de Saint-Louis. – 4 et 5. Anciens mémoires sur Du Guesclin. – 5 et 6. Livre des fais et bonnes meurs du sage Roy Charles V. – 6 et 7. Livre des faicts de Jean Le Maingre. – 7. Mémoires de Pierre de Fenin. – 8. Mémoires sur Jeanne d'Arc ; Histoire d'Artus III : Mémoires de Florent d'Illiers. – 9 et 10. Mémoires d'Olivier de La Marche. – 11. Mémoires de Jacques du Clercq. – 11, 12 et 13. Mémoires de Philippe de Comines. – 13 et 14. Mémoires de Jean de Troyes. – 14. Mémoires de Guillaume de Villeneuve ; Mémoires de La Trémouille. – 15 et 16. Mémoires de Bayard. – 16. Histoire des choses mémorables advenues du règne de Louis XII et François Ier ; Journal de Louise de Savoie. – 17, 18 et 19. Mémoires de Martin du Bellay. – 20, 21 et 22. Commentaires de Blaise de Montluc. – 23, 24 et 25. Mémoires de Gaspard de Saulx. – 26 et 27 et 28. Mémoires de la vie de François de Scépeaux. – 28, 29 et 30. Mémoires de François de Boyvin. – 31 et 32. Commentaires de François de Rabutin. – 32. Discours de Gaspar de Coligny ; Mémoires de la Châtre ; Mémoires de Guillaume de Rochechouart. – 33. Mémoires de Michel de Castelnau. – 34. Mémoires de Jean de Mergey ; Mémoires de François de La Noue ; Mémoires d'Achille Gamon ; Mémoires de Jean Philippi. – 35. Mémoires de Henry de La Tour d'Auvergne ; Mémoires de Guillaume de Saulx. – 36. Mémoires de Philippe Hurault, comte de Cheverny ; Mémoires de Philippe Hurault, abbé de Pontevoy. – 37. Mémoires de Marguerite de Valois ; Mémoires de Jacques-Auguste de Thou, depuis 1553 jusqu'en 1601. – 38 et 39. Mémoires de Jean Choisnin. – 40, 41, 42 et 43. Mémoires de Mathieu Merle ; Chronologie novénaire de Cayet. – 43. Mémoires de Jacques Pape. – 44 : Mémoires d'estat par de Villeroy ; Mémoires du duc d'Angoulesme. – 45, 46, 47, 48 et 49. Mémoires de Pierre de L'Estoille. – 49 : Relation faite par Maitre J. Gillot ; Mémoires de Claude Groulard ; Mémoires de Michel de Marillac. – 50 et 51. Mémoires de Fontenay-Mareuil. – 52. Table générale et analytique de la première série des Mémoires. – Deuxième série : 1 à 9. Sully. Mémoires des sages et royales oeconomies d'estat, domestiques, politiques et militaires. – 10 et 11. Mémoires du cardinal de Richelieu sous le règne de Louis XIII. – 11 à 15. Les négociations du président Jeannin. – 16 et 17. Mémoires du Maréchal d'Estrées ; Mémoires de Phelypeaux de Pontchartrain. – 18. Mémoires du duc de Rohan. – 19 à 21. Mémoires de Bassompierre. – 21 bis à 30. Mémoires du cardinal de Richelieu. – 31 et 32. Mémoires de Gaston d'Orléans ; Mémoires du sieur de Pontis. – 33 et 34. Mémoires de Robert Arnauld d'Andilly ; Mémoires de l'abbé Arnauld ; Mémoires de la duchesse de Nemours. – 35. Mémoires du comte de Brienne. – 35 à 39. Mémoires de madame de Motteville. – 40 à 43. Mémoires de Mlle de Montpensier. – 44 à 46. Mémoires du cardinal de Retz ; La conjuration du comte de Fiesque. – 47. Mémoires de Guy Joly ; Mémoires de Claude Joly. – 48. Mémoires de Valentin Conrart ; Mémoires du père Berthod. – 49 et 50. Mémoires du marquis de Montglat. – 51 et 52. Mémoires de La Châtre ; Mémoires de La Rochefoucauld ; Mémoires de Gourville. – 53 et 54. Mémoire de Pierre Lenet ; Mémoires de Montrésor ; Mémoires de Fontrailles. – 55. Mémoires du duc de Guise. – 56 et 57. Mémoires du maréchal de Gramont ; Mémoires du maréchal Du Plessis. – 58 et 59. Mémoires de M. de Brégy ; Mémoires de P. de la Porte. – 60 à 63. Mémoires de Omer Talon ; Mémoires de l'abbé de Choisy. – 64. Mémoires du chevalier Temple ; Histoire de madame Henriette d'Angleterre. – 65 et 66. Mémoires de la cour de France pour les années 1688 et 1689 (Mme de La Fayette) ; Mémoires du marquis de la Fare ; Mémoires du maréchal de Berwick ; Souvenirs de madame de Caylus. – 67. Mémoires de Jean-Baptiste Colbert. – 68 à 70. Mémoires du maréchal de Villars. – 71 à 73. Mémoires du duc de Noailles. – 74 et 75. Mémoires du comte de Forbin ; Mémoires de Duguay-Trouin. – 76 et 77. Mémoires secrets de Duclos ; Mémoires de madame de Staal. – 78. Table générale et analytique de la deuxième série des Mémoires.

67.              PEYRE (Roger). Répertoire chronologique de l'histoire universelle des Beaux-Arts, depuis les origines jusqu'a la formation des écoles contemporaines. Vérification des dates. Concordance de l’histoire des Beaux-Arts chez tous les peuples.  P., Henri Laurens,  s.d. (1899), in-8°,  xii-496 pp, reliure demi-toile bordeaux, dos lisse avec titres dorés, bon état

            45

"Le but du présent volume de M. Roger Peyre, professeur agrégé d’histoire, est de permettre la vérification des dates et de donner la concordance de l'histoire des beaux-arts chez tous les peuples. D’un seul coup d'œil, en se reportant à une date déterminée, on voit les événements artistiques qui se sont produits aussi bien en Asie ou en Afrique qu’en Europe ; aussi bien entre des nations qui subissaient des influences réciproques, qu’entre des pays qui n’avaient entre eux aucune relation. Cette concordance des faits artistiques est chose utile pour les historiens, pour les littérateurs, les philosophes, les orateurs et même... les poètes. A côté des renseignements que les premiers y chercheront, tous y trouveront un aliment pour une érudition facile, des développements, comparaisons, rapprochements, évocations, suggestions d’idées, etc. Qui pense à remarquer : – que la construction du Palais de Ninive par Assour Ranipal est contemporaine des Chants de Tyrtée en Grèce ? – Que Benozzo peignait ses grandes conpositions du Campo Santo à Pise, pendant que s’achevait la mosquée de Mahomet II à Constantinople ? – Que les plus beaux monuments d’Agrah appartiennent au milieu du XVIIe siècle, au temps de Rubens, de Poussin et de Vélazquez, etc. ? Il fallait pour mener à bien une pareille entreprise, un amateur de l’art qui eût beaucoup lu, beaucoup vu, et qui joignit aux qualités du critique et de l’historien la conscience et la patience d’un érudit qu’aucune recherche ne rebute. Il suffit d’ouvrir le volume de M. Roger Peyre pour se rendre compte de la somme peu commune de connaissances qu’il représente et croire sur parole l’auteur lorsqu’il dit dans sa Préface ; « Ce livre contient plus de travail, de réflexion et même plus de « littérature latente » qu’il n'en a l’air ». Esprit pratique et précis, ne voulant pas noyer son lecteur dans des énoncés fatigants de dates, M. Peyre « a rapproché régulièrement quoique avec sobriété, des faits artistiques, les grands faits de l’histoire politique ou sociale qui les éclairent ». Les époques de transition artistique, celles qui n’ont pas produit de chefs-d’œuvre ne sont cependant pas sacrifiées ; autour de certaines dates, l’auteur a groupé les faits « caractéristiques » bien que peu intéressants au point de vue purement artistique ; ces périodes de torpeur ou de repos expliquent souvent les renaissances... Ce nouveau volume de M. Peyre sera consulté avec fruit par tous ceux qui s’occupent de l’histoire des beaux-arts. La lecture de ces notes chronologiques donne en outre une idée abrégée et exacte du progrès, de la décadence, de la renaissance de la culture artistique dans les divers pays et aux diverses époques..." (François Picavet,  Revue internationale de l'enseignement, 1899)

68.              PRADINES (Maurice). Philosophie de la sensation. II : La Sensibilité élémentaire (les sens primaires). 1. Les sens du besoin.  Publications de la Faculté des lettres de Strasbourg, Les Belles Lettres,  1932, gr. in-8°,  177 pp, broché, bon état

            30

"La philosophie de la sensation de M. Pradines est une des plus neuves et des plus solides qui soient. Alors même qu'on la discute, on en admire les fortes assises psychologiques et le caractère synthétique dans l'interprétation des faits. Dans ce volume, l'auteur étudie les sens du besoin auxquels se rattache, selon lui, le plaisir." (Revue Etudes) — "Dans sa Philosophie de la sensation (1928-1934) Maurice Pradines inaugurait vraiment sa pensée personnelle, et à partir de la sensibilité élémentaire il analysait successivement les sens du besoin et ceux de la défense." (Le Monde)

69.              REVEL (Jean-François). Contrecensures. Politique, Religion, Culture de masse, Art et critique d'art, Enseignement, Avant-garde, Philosophie et Sciences humaines, Auteurs incompris, Antisémitisme.  Jean-Jacques Pauvert,  1966, in-8°,  389 pp, broché, bon état, envoi a.s.

            30

J-F. Revel s'élève contre les censures qui touchent tous les domaines... — "La maîtrise des sujets qu’il traitait éclate dans "Contrecensures", "Les Idées de notre temps" et "Fin du siècle des ombres", sélections d’articles publiés dans Le Figaro littéraire, France-Observateur, Le Point et L’Express de Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, qu’il finira par diriger durant trois ans. Beaucoup de ces textes sont des éditoriaux ou des recensions de livres, et dans les deux cas ce sont des modèles du genre..." (Michel André, Books, juin 2017)

70.              REY (Alain)(dir). Dictionnaire historique de la langue française.  P., Le Robert,  1994, 2 vol. in-4°,   nouvelle édition revue et augmentée, texte sur 2 colonnes, reliures toile vert éméraude de l'éditeur, jaquettes illustrées, sous coffret, bon état

            100

 Contenant les mots français en usage et quelques autres délaissés, avec leur origine proche et lointaine ; leur apparition datée dans l'usage, depuis l'an 842 jusqu'à nos jours ; leur histoire convenablement détaillée, comprenant les significations variées, les emplois successifs, les expressions et locutions les plus notables, ainsi que des considérations sur les idées et les choses désignées ; les évolutions et les révolutions des formes et des contenus ; les échanges et parentés entre langues, européennes surtout ; et en outre des articles encyclopédiques concernant les idiomes liés au français et le français lui-même, ainsi que les notions de linguistique utiles à la compréhension de l'ouvrage, un glossaire de même intention, une chronologie des principaux textes en français et enfin quelques figures illustrant le voyage et les errances des signes et des idées. Le tout recueilli et disposé pour l'utilité et l'agrément du lecteur ; par Alain Rey, Marianne Tomi, Tristan Hordé, Chantal Tanet.

71.              RIBOUD (Jacques). Expérience d'urbanisme provincial.  P., Editions Mazarine,  1961, pt in-4°,  77 pp, préface de Louis Armand, nombreux croquis, plans et photos, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

"Les thèses de l'urbaniste Jacques Riboud ont marqué les Zones d’aménagement concertés (ZAC) et les villes nouvelles. Ce qui distingue Jacques Riboud des autres promoteurs est qu’il revendique une approche théorique de la question urbaine généralement plutôt portée par les architectes et urbanistes. C’est ainsi qu’alors que la Haie Bergerie à Villepreux est en cours de réalisation, il publie un livre qui s’appuie sur l’expérience acquise par la construction de 2000 logements dans six opérations terminées ou en cours : Saint-Nazaire-Kerlédé, Donges-Trélagot, Nantes-Crémetterie, Arnouville-Claude-Demange, Gonesse-La Madeleine et La Haie-Bergerie. Il y explicite dans le détail chacun de ses choix urbains : plan masse, types d’habitations, implantations, conception des plantations et jardins, édifices publics, magasins, cafés et monuments. Pour qualifier son approche qui s’appuie sur « des ensembles de maisons individuelles à un, deux ou trois niveaux » il utilise le vocable « d’urbanisme provincial »." (Philippe Dehan, Jacques Riboud, promoteur militant : constructeur d’une alternative aux grands ensembles à la Haie Bergerie à Villepreux, 1955-1970, dans Histoire urbaine, 2017)

72.              RICHARD (Guy)(dir.). L'Histoire inhumaine. Massacres et génocides des origines à nos jours.  Armand Colin,  1992, gr. in-8°,  479 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Un panorama des massacres, tant à travers les âges que l'espace, s'efforçant d'en dégager les données chiffrées les plus réalistes et d'en analyser les diffèrents visages. — "Si les génocides ont précédé de longue date l'apparition du terme lui-même, inventé en 1945 par Raphaël Lemkin, ils n'ont pas pour autant cessé avec elle, ni même avec leur mise à l'index par convention de l'ONU, le 12 janvier 1951. De l'hypogée de Roaix, qui témoigne du premier massacre connu, deux millénaires avant notre ère, aux victimes de l'ex-Yougoslavie, l'histoire n'en finit pas d'exhumer ses charniers – tel celui de Katyn – ou ses monstruosités – comme celles commises lors de la guerre portée en Chine par l'armée impériale japonaise –, souvent avec réticence. Des crimes du stalinisme aux camps de concentration, en passant par le régime de Pol Pot, l'hystérie indonésienne et le désarroi de l'Afrique contemporaine, les chiffres parlent d'eux même lorsque le chape du silence cède. Pures victimes des guerres, des famines et épidémies qui suivent, ou minorités éthiques, religieuses voir politiques, désignées comme boucs émissaires, le massacre et leur lot commun. Le 500e anniversaire de la “découverte” de l'Amérique par Christophe Colomb vient rappeler, si besoin il en est, que massacres et génocides peuvent s'agrémenter d'une autre forme d'anéantissement, differé mais néanmoins terriblement efficace, le déracinement (ainsi en fut-il de la traite des Noirs) et l'acculturation total des peuples, les condamnant parfois (on pense à nombre de tribus indiennes) à une lente extinction..." (4e de couverture)

73.              ROUCHE (Michel). Sexualité, intimité et société sous le regard de l'Histoire. Entretien avec Benoît de Sagazan.  CLD,  2002, in-8°,  236 pp, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à Max Gallo

            30

"Si les ethnologues et les psychanalystes ont fait de la prohibition de l’inceste et du partage des femmes le fondement de toute civilisation, la grande variété des fonctionnements humains ne vérifie absolument pas cette généralisation hâtive. Entre culture et nature, explique l’auteur, les frontières apparaissent bien plus floues et bien plus complexes qu’on ne l’imagine. C’est le matriarcat qui a dominé jusqu’à environ 900 ans avant notre ère. Tout part alors du ventre de la mère qui est largement divinisée dans les représentations artistiques. C’est la femme qui choisit ses époux. Ceux-ci se succédant ou cohabitant, la multiplicité des conjoints rend impossible l’identification du père. C’est donc à l’oncle maternel que revient la tâche d’éduquer l’enfant qui naît. Le père n’est donc pas biologique, mais adoptif. La consanguinité domine ainsi que l’endogamie : l’inceste mère/fils n’est pas une exception mais une règle. Quand le patriarcat s’impose, c’est tardivement. Il s’agit alors d’arracher l’enfant au ventre de sa mère, le père devenant le seul apte à le faire advenir à une naissance sociale. Pour autant, pendant des siècles, des formes archaïques de ce pouvoir des femmes ont perduré : cellules matrifocales des Antilles (grand-mère et mère constituant la base de la famille, l’homme n’étant là que pour « ensemencer » la femme), « mamas » dominant la famille italienne ? De nombreuses manifestations, apparues ces dernières décennies, ont renforcé et renouvelé ces tendances. Ce sont ces 75 % de divorce à l’initiative des femmes, ces 30 % d’enfants qui ne revoient plus leur père après la séparation du couple parental, ces familles monoparentales qui placent la mère dans une multifonction (cumulant à la fois les tâches d’éducation, d’exercice d’un métier extérieur et d’énonciation de la loi) ou encore ces familles recomposées fragilisant la place du père (les enfants du conjoint ne reconnaissant pas toujours l’autorité du beau-parent). Pour Michel Rouche, il n’en faut pas plus pour défendre la thèse d’un retour contemporain à un matriarcat qui ne dit pas son nom. Dans un style parfois un peu réducteur lié au choix éditorial des questions/réponses, l’auteur nous livre ici une constante qu’on a trop tendance à oublier : la vie de couple fondée sur l’amour reste à l’échelle de notre histoire une réalité neuve et un projet à construire..." (Jacques Trémintin, Lien Social, 2003)

74.              SAINT-PAUL (Anthyme). Histoire monumentale de la France. Nouvelle édition.  Hachette,  1924, in-4°,  282 pp, 122 photos sur 52 planches hors texte, cart. percaline carmin décoré de l'éditeur, dos passé, 1er plat en partie passé, bon état

            40

"Un archéologue qui connaît à fond notre architecture du moyen âge, M. Anthyme Saint-Paul, a écrit une “Histoire monumentale de la France”, Paris, 1888, in-8°. C'est un très bon livre de vulgarisation. " (Bibliothèque de l'école des chartes, 1889) — "Le regretté Anthyme Saint-Paul a eu la joie, avant de mourir, de voir paraître une nouvelle édition de son “Histoire monumentale de la France”, qui, lorsqu'elle parut pour la première fois, fut appréciée comme elle le méritait. Nous rappelons les principales divisions de l'ouvrage : aperçus généraux (principes techniques, le problème fondamental, les styles et leur chronologie) ; phase ou période latine (la Gaule païenne, la Gaule chrétienne et les Mérovingiens, Charlemagne et les Carolingiens) ; période romane (l'architecture romane et les églises, moines et monastères, l'architecture civile et l'architecture féodale, les écoles romanes) ; période gothique (Suger, les transitions et les premières églises gothiques, l'architecture gothique sous Philippe-Auguste et saint Louis, les premiers architectes gothiques et leurs contemporains, l'architecture gothique après saint Louis, les cathédrales gothiques, l'architecture civile et l'architecture féodale à l'époque gothique, l'architecture gothique dans les écoles régionales et à l'étranger) ; la Renaissance et l'art classique (la Renaissance et les derniers Valois, l'art classique et les Bourbons). Un appendice, intitulé l'archéologie médiévale et les monuments historiques, et un index des termes définis ou expliqués terminent l'ouvrage, dont l'illustration abondante et fort bien choisie fournit une documentation des plus précieuses et de nature à parfaitement initier ceux qui veulent entreprendre l'étude de l'architecture en France." (Bibliothèque de l'école des chartes, 1913)

75.              [SAN-ANTONIO] – BOVIATSIS (Renée). L’humanisme de San-Antonio.  La Pensée Universelle,  1980, pt in-8°,  158 pp, broché, bon état. Edition originale. Rare

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Après avoir écrit sa thèse de Doctorat sur l’humanisme de Bergson, Renée Boviatsis, professeur de philosophie, a récidivé avec ce livre de 158 pages traitant de l’humanisme de San-Antonio. Elle voit en San-Antonio un philosophe authentique, un humaniste. San-Antonio s’intéresse aux hommes, à l’homme. Humanisme sans aucune illusion : « Un homme, ça n’a jamais été grand-chose », mais humanisme empreint de tendresse et de générosité. La philosophie de San-Antonio, et c’est là son mérite, est une philosophie concrète, issue de la vie. — "Les études sur l’œuvre, si elles sont nombreuses, ne sont toutefois pas à la mesure du succès ni de la diffusion des livres d’un des auteurs les plus lus du XXe siècle. Rien de comparable, par exemple, avec les études sur Proust, Céline ou Simenon ! Parmi celles-ci, il faut mentionner le livre très intéressant, mais malheureusement difficile à trouver, de Renée Boviatsis, “L'Humanisme de San-Antonio”, paru à la Pensée universelle en 1980." (Eric Bouhier, Dictionnaire amoureux de San-Antonio, 2017) — "L'œuvre de San Antonio est sans conteste un monument de la littérature contemporaine... profitons de la verve tonifiante de San-Antonio, de ce grand petit garçon, qui pour notre bonheur et notre honneur a su désavouer les pédants, les minus, les minables..." (Renée Boviatsis)

76.              SAUER (Jules Roger). ‎Brésil, paradis des pierres précieuses.  Sao Paulo, Brésil, Grafica Editora Hamburg,  s.d. (1970), pt in-4° (18,5 x 25,5 cm),  136 pp, qqs gravures anciennes et nombreuses et belles photographies en couleurs de minéraux et de bijoux par Harold et Erica Van Pelt, une carte en couleurs, glossaire, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Jules Roger Sauer, jeune français originaire d’Alsace-Lorraine, émigre seul au Brésil, en 1939, à seulement 18 ans. Sans projet professionnel défini mais guidé par sa passion pour les pierres précieuses, il décide de s’établir à Belo Horizonte dans l’état de Minas Gerais, un état connu et reconnu pour la richesse et la diversité des pierres précieuses que ses terres renferment en leurs entrailles. Dès lors, tout s’accélère. Jules Sauer y fonde une entreprise lapidaire prospère, qui lui confère une expertise et une reconnaissance immense dans le monde des pierres précieuses. Quelques années plus tard, il part avec sa femme, Zilda, à la conquête de Rio de Janeiro, où il inaugure sa première boutique de joaillerie au Copacabana Palace Hotel, entrant ainsi avec succès dans le monde de la haute-joaillerie.

77.              SHAFER (Boyd C.). Le nationalisme. Mythe et réalité.  Payot,  1964, in-8°,  256 pp, traduit de l'anglais, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état (Bibliothèque Historique)

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"Dans la « Bibliothèque historique » des éditions Payot est parue une pénétrante étude de Boyd G. Shafer, ancien professeur à l'Université de l'Arkansas, rédacteur en chef de l'American Historical Review, concernant la signification du nationalisme ; comment et pourquoi il a pris naissance, quelles sont les illusions concernant ses origines, les mythes sur sa nature, son rapport avec les similarités fondamentales qui existent entre les hommes et les nations. (...) Cet essai repose sur de nombreuses lectures citées dans des notes rassemblées en fin d'ouvrage. Il défend une double thèse : aucun fondement historique, biologique, psychologique, ne permet d'affirmer que le nationalisme, phénomène relativement récent, doive être permanent ; né durant la crise révolutionnaire, bénéficiant de confusions multiples, il a triomphé au XIXe siècle et dans le premier XXe siècle ; il ne doit représenter qu'un moment transitoire de la vie des sentiments collectifs. D'autre part, sous l'apparence de leurs particularités nationales, les hommes offrent de profondes similitudes ; les stéréotypes tendent à nous faire oublier l'Homme..." (Louis Trénard, Revue Historique, 1970)

78.              SIMONNOT (Philippe). Les papes, l'Eglise et l'argent. Histoire économique du christianisme des origines à nos jours.  Bayard,  2005, fort gr. in-8°,  810 pp, index, liste des papes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            70

Voici la première histoire économique de la papauté et, plus généralement, de l'Eglise. Et même le premier véritable ouvrage d'économie de la religion. Philippe Simonnot parcourt vingt siècles de christianisme et propose, à travers ce récit chronologique lisible par tous, une analyse inédite des raisons et des mécanismes de son succès. L'Eglise expérimente en effet depuis deux millénaires une situation paradoxale qui ne peut manquer de susciter la curiosité : le don et la pauvreté sont depuis les origines au cœur de son Evangile, mais elle a pourtant constitué au fil des siècles une grande puissance financière. Il ne s'agit pas de juger la fortune des papes, encore moins de s'en scandaliser, mais d'expliquer à l'aide des outils de l'économie comment l'Eglise a traversé les vingt siècles de son histoire et s'est trouvée presque toujours renforcée à chaque fois qu'on la croyait menacée. Cette approche renouvelle notre vision des origines et du premier essor du christianisme. Elle permet de comprendre pourquoi il s'est fort bien accommodé de l'arrivée de l'islam au VIIe siècle. Et de quelle façon il a survécu à la Réforme et a traversé les Lumières. Pour l'auteur, le dispositif mis en place se révèle unique, copié par les Etats modernes et prolongé jusqu'à aujourd'hui, notamment dans l'enseignement de Jean-Paul II. La doctrine sexuelle de l'Eglise, le mariage chrétien et le célibat des prêtres apparaissent contre toute attente comme la pierre angulaire de cette construction si efficace et si durable.

79.              TABURIAUX (Jean). La Perle et ses secrets.  P., Chez l'Auteur, Impr. Hemmerlé Petit et Cie,  1983, gr. in-8°,  252 pp, nombreux dessins de Jean-Paul Ehrmann, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état. Rare

            80

Les divers aspects de la perle et des pêcheries. — "On peut imaginer que la perle fut la première gemme que l'homme a découverte, tout simplement en mangeant, et qu'il a eu l'idée d'offrir sa trouvaille à sa bien-aimée", suggère Jean Taburiaux, négociant en perles et auteur de “La Perle et ses secrets”. Symbole lunaire de la féminité créatrice, dotée de vertus aphrodisiaques et talismaniques en Orient, de propriétés médicinales en Europe, en Chine et en Inde, ornant les tombeaux des rois d'Egypte et du Mexique, signe d'immortalité en Chine, elle fut, chez les Grecs, l'emblème de l'amour et du mariage – un fil de perles unit les époux conduits par Hymen. Bien que les Chinois aient été les premiers, au XIIIe siècle, à tenter de cultiver les perles, ce sont deux Japonais, Tatsuhei Mise et Tokichi Nishikawa, bénéficiant sans doute des travaux du savant australien Saville-Kent (le débat sur la paternité de la technique de la greffe reste ouvert), qui inventèrent, presque simultanément, le procédé de culture des perles sphériques, breveté en 1916, tel qu'il est encore pratiqué aujourd'hui... (Le Monde, 26 mars 1994) — "Enfant, je rêvais de perles. Elles m’attirent toujours. C’est la plus belle parure de la femme, elles n’ont pas leur égal parmi les minéraux, elles siéent à toutes les couleurs de peaux. Qu’elles soient d’Orient, d’Asie, des mers du sud ou de rivière, cette charmante formation est une véritable invitation à la poésie. Son lustre, son orient, sa couleur, qu’elle soit de Conque, de Melo, de Bénitier, d’Ormeau... Chacune a son éclat qui sublime la femme qui la porte. J’ai rencontré des négociants et des collectionneurs qui m’ont appris à les différencier, à les reconnaître, et mon ouvrage repère est “La Perle et ses secrets” de Jean Taburiaux." (Erik Schaix, créateur de bijoux)

80.              TYNIANOV (Iouri). Le vers lui-même. Les problèmes du vers.  UGE,  1977, in-12,  189 pp, traduit du russe, notes et compléments, index des noms, index des notions, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. 10/18). Inédit paru directement au format de poche

            15

Iouri Tynianov (1894-1943) est un des grands de la constellation des Formalistes russes constituée un peu avant l'Octobre et groupant l'Opoïaz de Chklovski, Brik, Polianov.... et le cercle linguistique de Moscou (MLK) de Roman Jakobson et de ses amis. Dans la mouvance du futurisme de Khlebnikov et de Maïakovski, puis du Front Gauche de l'art (LEF), se développe ce mouvement essentiel à une compréhension et à une pratique modernes de la littérature et de l'art. Tynianov y occupe une place privilégiée : romancier, critique, traducteur de l'allemand et du français, on lui doit aussi un travail théorique portant sur le cinéma, la littérature et tout particulièrement la poésie. “Le vers lui-même” (1924) que nous présentons pour la première fois en français constitue un essai magistral sur le vers, qui n'a rien perdu de son actualité. – Ce volume s'inscrit dans le travail de la revue “Action poétique” qui en a assuré la traduction et la présentation.

81.              VAN GENNEP (Arnold). Manuel de folklore français contemporain. Tome III : Questionnaires – Provinces et pays – Bibliographie méthodique.  Picard,  1937, fort in-8°,  552 pp, brochés, bon état (Coll. des manuels d'archéologie et d'histoire de l'art)

            30

"Un volume presque entièrement consacrés à la bibliographie méthodique d'un sujet très vaste, ainsi défini par l'auteur : l'exposé des faits caractéristiques du folklore français national ou local pendant la période conternporaine. L'ampleur du sujet, la richesse de la malière, le désir de favoriser d'ultérieures recherches ont fait préférer au classement alphabétique par noms d'auteurs une double classification mieux adaptée à la complexité et à la variété des questions traitées... Pour conclure, ce grand ouvrage sera utile." (Ch. Sardy, Les Etudes rhodaniennes, 1943)

82.              VAN OFFEL (Horace). La Flûte corsaire. Roman.  Denoël et Steele,  1933, pt in-8°,  246 pp, 54 dessins dans le texte dont 8 à pleine page, cartonnage illustré en couleurs (lég. frotté), bon état (Coll. La Bibliothèque merveilleuse). Edition originale

            20

« La Bibliothèque merveilleuse », qui comptait déjà plusieurs charmants volumes pour les enfants, vient de s'enrichir d'un délicieux récit de M. Horace van Offel, « La Flûte corsaire » C'est un roman d'aventures, ou peut-être plus exactement une sorte de satire du roman d'aventures, bien propre à mettre en garde les imaginations trop vives contre les chimères, un conte enfin où la sagesse éternelle, après des épisodes tour à tour comiques, burlesques et tendres, triomphe de la façon la plus simple. Le héros en est un jeune orphelin nommé Christian. Il a découvert une bouteille au fond de laquelle se trouve un de ces bateaux que les marins confectionnent à leurs moments de loisir, et, dans le bateau, un cryptogramme qui, déchiffré, lui indiquera l'emplacement d'un trésor englouti...

83.              VIGARELLO (Georges). Histoire de la beauté. Le corps et l'art d'embellir de la Renaissance à nos jours.  Seuil,  2004, in-8°,  337 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique), envoi a.s.

            20

Les canons de la beauté ont varié selon les époques : ce sont leurs transformations que restitue ce livre. Cette histoire décrit ce qui plaît ou ne plaît pas du corps dans une culture et dans un temps : allures et traits valorisés, contours soulignés ou dépréciés, moyens d’embellissement repensés. L’imaginaire y prend part au même titre que les valeurs d’une époque. La beauté n’a cessé de distinguer des individus ; en même temps, elle traduit les oppositions entre les groupes sociaux, les genres, les générations. Objet inquiet ou glorieux du miroir, elle est elle-même miroir des sociétés.

84.              VILAIN (Lucien Maurice). L'Évolution du matériel moteur et roulant de la Compagnie des Chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) des origines (1857) à la S.N.C.F. (1938). Locomotives à vapeur, traction électrique, voitures à voyageurs.  P., Editions Dominique Vincent,  1973, gr. in-8°,  576 pp, 2e édition entièrement révisée, 471 illustrations et photos, nombreux tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            70

Ouvrage de référence. — "Nul doute que cette nouvelle édition réjouira les amateurs n'ayant pu se procurer à temps l'édition originale, représentante d'une collection aujourd'hui prisée à juste titre. Nous ne rappellerons pas ici les titres bien connus des ouvrages de L. Vilain mais soulignerons seulement le souci de l'auteur de veiller à chacune des rééditions de ses titres à compléter méticuleusement les informations données. Aussi ce livre se voit dans cette nouvelle édition entièrement revu, complété d'une vingtaine de pages, de 80 figures, et d'un titre supplémentaire dans son chapitre VII : Locomotives à vapeur SNCF dérivant du type PLM." (Loco-Revue n° 345, décembre 1973)

85.              VLAEMMINCK (Joseph-H.). Histoire et doctrines de la comptabilité. (Thèse).  Vesoul, Editions Pragnos,  1979, gr. in-8°,  231-(12) pp, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            50

"La thèse de doctorat de J.-H. Vlaemminck, publiée en 1956 à Bruxelles et Paris, avait connu un vif succès et s'est trouvée rapidement épuisée. Auparavant, les lecteurs désireux de s'initier à l'histoire de la comptabilité ne disposaient que de la “Storia della Ragioneria”, de Federigo Melis, parue en 1950, et d'ailleurs excellente. Loin de faire double emploi, la thèse de Vlaemminck et l'ouvrage de Melis (disparu prématurément en 1973 à l'âge de 58 ans) se complètent admirablement. Melis s'était attaché principalement à l'aspect formel des comptes et avait donné une place très importante à l'Antiquité et au Moyen Age (600 pages sur un total de 797). Au contraire, J.-H. Vlaemminck n'entre dans le vif de son sujet qu'avec Luca Pacioli et met l'accent sur les doctrines. Il considérait l'histoire de la comptabilité comme un élément essentiel d'une culture économique équilibrée, et se préoccupait d'autre part d'élargir les horizons du praticien de la comptabilité, chargé de responsabilités toujours plus lourdes. Il pensait que le meilleur moyen d'y parvenir était de mettre le professionnel au contact des expériences du passé et des conceptions doctrinales qui se haussent au-delà des techniques. Cette nouvelle édition est la reproduction pure et simple de la première, précédée d'une courte note biographique due à E. Stevelinck. Le travail de Vlaemminck constitue actuellement le seul ouvrage d'ensemble en langue française et permet de se mettre rapidement au courant de l'histoire de la comptabilité." (P. Jouanique, Revue historique de droit français et étranger, 1980)

86.              WILHELM (Stephen) et James E. SAGEN. A History of the Strawberry, from ancient gardens to modern markets.  [Berkeley], University of California,  1974, gr. in-8°,  xiv-298 pp, 65 gravures et photos (2 en couleurs) dans le texte et à pleine page, 7 illustrations en couleurs sur 4 pl. hors texte, biblio, index, reliure toile rouge de l'éditeur, cartes sur les gardes, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            60

Vous saurez tout sur la fraise...

87.              ZEVI (Bruno). Apprendre à voir l'architecture.  Editions de Minuit,  1959, gr. in-8° carré,  135 pp, texte français de Lucien Trichaud, 34 figures dans le texte, 133 photos in fine sur 32 pl. hors texte, broché, couv. lég. salie, état correct (Coll. Les Cahiers Forces vives)

            25

"Première édition française (“Saper vedere l'architettura”, Turin, Einaudi, 1948) de ce manuel classique des études d'architecture, le principal ouvrage du théoricien italien Bruno Zevi (1918-2000)." (Vignes, 337)

 

ANTIQUITÉ

 

88.              ARIÈS (Philippe) et Georges DUBY (dir.). Histoire de la vie privée. 1. De l'Empire romain à l'an mil. Volume dirigé par Paul Veyne.  Seuil,  1985, fort in-8° carré,  636 pp, très nombreuses illustrations dans le texte et à pleine page, 16 pl. de photos en couleurs hors texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

            40

1. L’Empire romain. De la naissance à la mort, comment vivaient les Romains ? (Paul Veyne). « L histoire, ce voyage en autrui, doit servir à nous faire sortir de nous, au moins aussi légitimement qu'à nous conforter dans nos limites. Les Romains sont prodigieusement différents de nous et, en matière d'exotisme, n'ont rien à envier aux Amérindiens ou aux Japonais. (...) La « famille » romaine, pour ne parler que d'elle, ressemble si peu à la légende ou à ce que nous appelons une famille...» La contribution de Paul Veyne à l'Histoire de la vie privée. Un grand texte qui a fait date. – 2. Antiquité tardive (Peter Brown). – 3. Vie privée et architecture domestique en Afrique romaine (Yvon Thébert). – 4. Haut Moyen Age occidental (Michel Rouche). – 5. Byzance, Xe-XIe siècle (Évelyne Patlagean).

89.              BAURAIN (Claude). Chypre et la Méditerranée orientale au Bronze Récent. Synthèse historique.  Athènes, Ecole Française d'Athènes et P., de Boccard,  1984, in-4°,  viii-388 pp, préface de Vassos Karageorghis, 12 cartes, 29 figures dans le texte, 2 planches hors texte, 17 tableaux, biblio, index, broché, bon état (Etudes chypriotes VI)

            70

"... Les spécialistes du monde grec archaïque l’attesteront : capitale a été la contribution de Claude Baurain à la compréhension historique de la Méditerranée orientale et de ses civilisations aux IIe et Ier millénaires av. J.-C., grâce à sa thèse de doctorat consacrée à Chypre et la Méditerranée orientale au Bronze Récent puis aux travaux qu’il a menés à Amathonte, à Chypre, et à Mallia, en Crète, et mène encore régulièrement à Athènes. Une approche de longue haleine anime l’ensemble de cette recherche : les frontières disciplinaires et chronologiques figées par la pratique académique y perdent tout leur poids au profit d’une vision d’ensemble polyphonique, variée et complexe. Membre étranger de l’École française d’Athènes puis professeur associé à l’université de Nanterre-Paris X, il a acquis à l’étranger ses plus beaux titres de noblesse avant de revenir à l’Alma Mater en 1986, pour reprendre la chaire d’Histoire grecque. Chargé des cours de méthodologie de l’histoire dès 1988 puis de la chaire d’histoire romaine (1998 -), il a dû restreindre à Liège son enseignement de la Grèce archaïque. Nonobstant, sa synthèse sur Les Grecs et la Méditerranée orientale : des « siècles obscurs » à la fin de l’époque archaïque demeure un ouvrage de référence..." (Florence Close, Université de Liège, 2015)

90.              CARCOPINO (Jérôme). La Vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'Empire. (Ier siècle après J.-C.).  Hachette/GLM,  1985, in-8°,  351 pp, préface de Raymond Bloch, notes, biblio, biblio complémentaire établie par Raymond Bloch, cart. crème de l'éditeur, titres en noir au 1er plat et au dos, sans la jaquette, bon état

            15

Jérôme Carcopino recrée dans ces pages la Rome de la fin du 1er siècle, capitale d'un monde qui semble conquis et pacifié pour toujours. Dans le prestigieux décor de la ville de marbre voulue par Auguste, l'on assiste aux principaux moments de la journée des Romains : lever, toilette, occupations professionnelles, repas, fêtes... Le théâtre, le cirque, les thermes, qui tenaient tant de place dans leur vie, y sont reconstitués dans leur atmosphère de plaisir ou de joie cruelle. Epoque charnière où, sous l'influence des mystiques orientales, s'estompent les traditions de la Rome ancienne, tandis que le christianisme s'infiltre dans cette société orgueilleuse que minent déjà les facteurs de décadence.

91.              CHADWICK (John). Le déchiffrement du linéaire B. Aux origines de la langue grecque.  Gallimard,  1972, in-8°,  xiii-238 pp, traduit de l'anglais, introduction de Pierre Vidal-Naquet, 17 figures (dont un dépliant hors texte), broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

            25

Depuis les premières fouilles d'Evans, les tablettes d'argile crétoises gardaient leur secret... jusqu'au jour où Michael Ventris et John Chadwick sont parvenus à échanger des messages, en 1952, en Minoen B. Ce résultat remarquable dont John Chadwick relate les vicissitudes, les déboires et le triomphe est essentiellement l'oeuvre de Ventris, un amateur de génie, dialectologue de talent. Des années de recherche, la double bataille menée contre les inscriptions muettes et les rivaux sceptiques l'ont conduit à une découverte sensationnelle : les Crétois parlaient grec. Ce livre d'un grand savant est un roman policier de haute culture. — "... On peut considérer comme un apport de tout premier ordre à l'épistémologie actuelle cette histoire, alertement contée avec un sens profond de l'humain et quelques pointes d'humour, des principales tentatives de déchiffrement des écritures linéaires créto-mycéniennes, qui ont conduit des tâtonnements et des échecs des pionniers à la sensationnelle découverte de Ventris et Chadwick, soumise elle-même de la part d'autres savants à des vérifications et à des critiques, plus ou moins pertinentes, dont certaines même semblent avoir été inspirées par une malveillance mesquine, qui, comme le dit M. Chadwick, n'a fait que « discréditer leurs auteurs ». Les savants ne sont pas à l'abri de ces petitesses, voire de ces bassesses, quand on dérange certaines des certitudes où ils se sont ancrés... Le volume est enrichi d'une pénétrante introduction de M. Pierre Vidal-Naquet. Notre éminent collègue y a situé historiquement le nouveau champ d'étude ouvert par le déchiffrement du Linéaire Β dans la période qui se situe entre l'arrivée de populations parlant grec vers 2200/2100 avant notre ère et la destruction, vers 1200, des palais mycéniens, qui marqua aussi la destruction de « tout le système social dont ils étaient l'expression »..." (Charles Delvoye, L'antiquité classique, 1972)

92.              JUSTINIEN (Empereur). Les cinquante livres du Digeste ou des Pandectes de l'empereur Justinien, traduits en français par M. Hulot [...] sur un exemplaire des Pandectes florentines, conféré avec l'édition originale de Contius, celle de Denis Godefroy par Elzévirs et plusieurs autres [...] Tome troisième.  Metz, Behmer et Lamort ; Paris, Rondonneau,  1804, in-4°,  552-(18) pp, reliure demi-basane brune, dos lisse, pièces de titre et de tomaison basane vermillon, fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, plats frottés et épidermés, intérieur frais, état correct

            30

Tome 3 seul (sur 7). Texte latin avec traduction française en regard. — Une des œuvres majeures de la doctrine romaniste de l’époque de la Révolution. La volonté de procéder à une nouvelle traduction scientifique de l’ensemble du corps de droit romain est tout à fait révélatrice de la période.

93.              JUSTINIEN (Empereur). Les cinquante livres du Digeste ou des Pandectes de l'empereur Justinien, traduits en français par M. Hulot [...] sur un exemplaire des Pandectes florentines, conféré avec l'édition originale de Contius, celle de Denis Godefroy par Elzévirs et plusieurs autres [...] Tome quatrième.  Metz, Behmer et Lamort ; Paris, Rondonneau,  1804, in-4°,  610 pp, reliure demi-basane brune, dos lisse, pièces de titre et de tomaison basane vermillon, fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, plats frottés et épidermés, intérieur frais, état correct

            30

Tome 4 seul (sur 7). Texte latin avec traduction française en regard. — Une des œuvres majeures de la doctrine romaniste de l’époque de la Révolution. La volonté de procéder à une nouvelle traduction scientifique de l’ensemble du corps de droit romain est tout à fait révélatrice de la période.

94.              LA VALLÉE-POUSSIN (Louis de). Indo-européens et Indo-iraniens. L'Inde jusque vers 300 av. J.-C.  De Boccard,  1936, in-8°,  407 pp, nouvelle édition augmentée d'un appendice, de notes additionnelles et d'un index, broché, bon état (Coll. Histoire du Monde, sous la direction de E. Cavaignac)

            30

"M. de la Vallée- Poussin, qui a assumé la tâche difficile d'écrire l'histoire de l'Inde jusque vers 300 avant J.-C., s'en est acquitté de la manière la plus heureuse. L'auteur examine les grands problèmes de l'origine et de l'évolution de la civilisation indienne ; il expose les différentes théories qui ont été émises par les savants, il les discute, il les critique avec beaucoup de tact et de perspicacité. Souvent il ne conclut pas,mais il met sous nos yeux les principaux éléments de la question traitée, et nous offre ainsi le moyen de juger ou du moins de nous faire une idée nette du problème. (...) L'ouvrage de M. de la Vallée-Poussin est accompagné de nombreuses notes qui constituent une excellente bibliographie." (P. E. Dumont, Revue belge de philologie et d'histoire)

95.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. L'Orient et la Grèce.  Hachette,  1924, in-12,  viii-428 pp, 246 gravures et 17 cartes, cart. éditeur lég. sali, bon état (Cours complet d'Histoire, classe de 6e, avec la collaboration de M. Gaston Dez)

            20

Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle

96.              MONTET (Pierre). La Vie quotidienne en Egypte au temps des Ramsès, - 1300/- 1100.  Hachette/GLM,  1988, in-8°,  349 pp, mise à jour bibliographique par Guillemette Andreu, cart. orange brique de l'éditeur, titres en blanc au 1er plat et au dos, sans la jaquette, bon état

            15

En 1925, la thèse de doctorat de Pierre Montet fut consacrée aux “Scènes de la vie privée dans les tombeaux égyptiens de l'Ancien Empire” ; ce livre demeure une contribution fondamentale de l'archéologie égyptienne. Plus tard, en 1946, revenant au sujet de sa thèse, il publia un livre aussi bien documenté que vivant sur “La vie quotidienne en Egypte au temps des Ramsès” ; traduit en de nombreuses langues, ce fut, pour toute une génération, l'introduction obligée à un voyage aux rives du Nil... (Jean Leclant, Revue Archéologique) — "Pourquoi nos collections sont-elles mille fois plus riches en sarcophages et en stèles qu'en objets fabriqués pour les besoins des vivants ? C'est parce qu'il faisait bon vivre au bord du Nil ; les Egyptiens débordaient de reconnaissance envers leurs dieux et cherchaient par tous les moyens de jouir jusque dans leur tombeau des biens de ce monde. Pour son étude, Pierre Montet a choisi la période des Sétoui et des Ramsès, c'est-à-dire de 1320 à 1100 avant Jésus-Christ, période illustrée par trois règnes magnifiques, ceux de Sétoui Ier, de Ramsès II et de Ramsès III. Pierre Montet a utilisé ces sources avec un très grand talent et sans perdre de vue qu'elles portent sur trois mille ans d'histoire et que, pendant cette période, les moeurs égyptiennes ont subi une évolution marquée. Que n'apprenons-nous pas !... que les époux faisaient chambre à part, au moins chez les gens aisés ; que la femme infidèle étaient punie de mort ; que si tous les enfants étaient bien accueillis, le désir d'avoir un garçon était universel ; que la culture des céréales étaient la culture essentielle et que la préparation de la farine et du pain était longue et minutieuse ; que cette époque connut, comme la nôtre, bien des guerres avec l'étranger et bien des troubles intérieurs... Voici un livre qui doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques de lecteurs cultivés et qui peut rendre d'immenses services à tous les étudiants."

97.              PIGANIOL (André). Le Sac de Rome (Ve siècle).  Albin Michel,  1964, in-8°,  397 pp, une pl. en couleurs hors texte, 3 plans, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Mémorial des Siècles)

            25

Un volume qui présente excellemment des textes traduits et met à profit, dans sa lumineuse introduction et ses commentaires, les conférences qu'André Piganiol fit au Collège de France sur les empereurs de Ravenne. — “Le Sac de Rome” : Le terrible, l'affreux cinquième siècle ! Dès sa première décade, le sac de Rome par les Barbares l'avait marqué d'une empreinte indélébile. Bien d'autres calamités viendront l'accabler encore par la suite. Aucune ne sera ressentie si douloureusement par les contemporains et par la postérité. De ce drame, un des plus déchirants que l'humanité eût à subir au cours de son existence, l'éminent historien André Piganiol, grand maître des études romaines, donne dans ce livre une magistrale vue d'ensemble, qui éclaire d'un jour nouveau certains aspects peu ou mal connus de cet événement tragique. Un dossier de textes, d'une richesse exceptionnelle a été constitué pour lui faire suite. Les anciens : saint Léon le Grand, saint Augustin, saint Ambroise, saint Jérôme, Prudence, Claudien, Orose, Lactance, Ammien Marcellin, Zosime, Procope, Sozomène, y voisinent avec les modernes : Bossuet, Gibbon, Voltaire, Chateaubriand, Guizot, tant d'autres encore...

98.              SABBAH (Roger). Le Pharaon juif. Le secret égyptien de la Kabbale.  JC Lattès,  2008, gr. in-8°,  500 pp, nombreuses illustrations et figures dans le texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

L'origine du peuple juif, esclave en Egypte, conduit en Terre promise par Moïse, chargé de diffuser le message d'un Dieu unique, reste une énigme. Roger Sabbah a trouvé la clé de l'énigme au plus profond de la Kabbale, le livre secret de la tradition juive : la "sortie d'Egypte" des Hébreux, le passage de la mer Rouge, le veau d'or, la grande scénographie du mont Sinaï et des Dix Commandements – ainsi que tous les épisodes relatés dans la Bible – sont des événements symboliques annoncés et décrits depuis des millénaires dans les tombeaux des pharaons. Il faut cesser de les prendre "au pied de la lettre" et rétablir leur véritable signification. L'auteur a identifié les noms des dieux de l'ancienne Egypte dans la Kabbale. Une découverte qui fait remonter les origines de la Kabbale et de l'Ancien Testament à l'Antiquité pharaonique. Cette nouvelle lecture fait des juifs les descendants – en ligne directe – des anciens Egyptiens. Roger Sabhah accumule les preuves archéologiques, littéraires, sémantiques. Sa démonstration va bouleverser les idées reçues sur les religions monothéistes et apporter des lanières nouvelles sur les fondements de notre civilisation. et. par conséquent. sur les conflits qui menacent notre planète. Une réflexion sur les sources de notre pensée. Et sur nous-mêmes.

99.              SAINTE FARE GARNOT (Jean). Religions égyptiennes antiques. Bibliographie analytique (1939-1943).  PUF,  1952, gr. in-8°,  viii-277 pp, préface de Etienne Drioton, broché, bon état

            50

"... Pourquoi l'auteur a t-il choisi la période 1939-1943 ? C'est qu'il se trouve, comme l'écrit fort justement M. Drioton, que. pendant ces cinq années, « tous les grands problèmes posés par l'étude de la religion égyptienne ont été, d'une façon ou d'une autre, reconsidérés » — et souvent renouvelés. Le livre de M. Garnot nous donne donc de la religion égyptienne un inventaire bien au point qui s'ordonne sous deux titres généraux : d'une part les dieux et les croyances dont ils sont l'objet, d'autre part l'homme dans ses rapports avec le divin. La première partie, « La société divine et les idées religieuses », comprend une introduction et six chapitres traitant du concept du monde et de la création, des dieux pt de leur histoire légendaire, des systèmes théologiques d'Héliopolis, de Memphis et d'Hermopolis, des temples, des rites, du pharaon-dieu. La seconde partie, « La société humaine et les idées religieuses ». renferme un même nombre de chapitres, consacrés à l'homme, aux problèmes de la vie et de la mort, à la sépulture, à la magie, et une dernière section (chapitre XIII) où sont réunis en un vaste tableau les traits caractéristiques de chaque grande période de l'histoire religieuse de l'Egypte. En somme, nous avons là un exposé des religions égyptiennes ! Sa nouveauté consiste, me semble-t il, en ce que l'état des questions, toujours clairement présenté, y reçoit un très large développement, les théories dont il est rendu compte n'étant pas seulement soumises à l'analyse, mais, éventuellement, à la discussion, et l'auteur sachant, quand il le faut, prendre parti ; d'autre part, l'accent mis sur les sentiments des fidèles à l'égard de leurs dieux est une tentative appréciable en vue de dégager l'âme d'une religion dont nous sommes généralement trop enclins à ne considérer que les dehors." (Gustave Lefebvre, Journal des Savants, 1952)

100.          SÉCHAN (Louis). Le Mythe de Prométhée.  PUF,  1951, in-12,  132 pp, notes, boiblio, broché, papier jauni, qqs rares soulignures crayon, bon état (Coll. Mythes et Religions)

            25

"Dans la collection « Mythes et Religions », l'illustre maître de la Sorbonne a publié un petit livre très attrayant sur le mythe de Prométhée. Il commence par décrire l'importance du feu pour la première culture des hommes et par raconter, sur la découverte du feu, quelques légendes, dont une, très jolie, vient de Bretagne. Il souligne le contraste entre Prométhée chez Hésiode, où l'occasion du conflit est assez mesquine, et chez Eschyle, qui le représente comme le sauveur et le bienfaiteur de l'Humanité. Il défend avec éloquence l'opinion qu'Eschyle dessine une évolution de Zeus d'un tyran violent en un souverain juste. Il traite les problèmes, si vivement et si longuement discutés, avec lucidité et sagacité, et son exposé est appuyé par des notes et une bibliographie..." (M. P. Nilsson, L'Antiquité Classique, 1952) — "Sur un sujet toujours vivant et passionnant, voici un excellent petit livre, un livre utile. (...)  Tous ceux qui s'intéressent au mythe de Prométhée, tous ceux qui étudient Hésiode et le Prométhée enchaîné d'Eschyle trouveront dans ce petit livre un guide très clair et très sûr, et dans ses notés, très nombreuses, très riches, sans être jamais bavardes, une bibliographie à peu près exhaustive de cet immense sujet." (Jean Audiat, Revue des Études Anciennes, 1955)

101.          TOUTAIN (Jules). Le passé & la découverte d'Alésia.  La Charité sur Loire, Delayance,  1948, pt in-8°,  48 pp, broché, bon état

            20

Alésia : les grandes périodes de son histoire ; Quarante années de fouilles à Alésia. — L'archéologue et historien Jules Toutain (1865-1961) était président de la société des sciences de Semur et directeur des fouilles d'Alésia jusqu'en 1958. Outre les fouilles d'Alésia, ses recherches ont porté sur l'histoire de l'Afrique romaine et sur l'histoire des religions dans l'Empire romain.

 

MOYEN AGE

 

102.          AUTRAND (Françoise). Charles VI. La folie du roi.  GLM, Fayard,  2009, fort in-8°,  647 pp, 8 pl. d'illustrations hors texte, chronologie, généalogies, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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1392 : un roi de 24 ans devient fou. Pendant trente ans, il va vivre une vie de souffrances, entre des crises atroces et des rémissions qui le laissent lucide et anxieux. Quelle était cette maladie ? Comment affectait-elle ses relations avec sa femme, Isabeau de Bavière, avec son frère, le brillant duc d'Orléans, marié à la belle Valentine Visconti, avec ses nombreux enfants ? Comment était-elle ressentie par ses sujets ? Scandale, fléau de Dieu, châtiment pour des péchés collectifs ? Seule l'écoute du discours du roi malade et des hommes de son temps, avec leur langage, leurs croyances, leurs peurs, permet de répondre à ces questions. Le règne de Charles VI passe à juste titre pour désastreux : guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons, guerre de Cent Ans, la moitié de Troyes, l'abandon de la couronne à Henri V, roi d'Angleterre, le dauphin déshérité, la France vaincue, coupée en deux, humiliée, et partout les divisions, la misère, les ruines. Mais, derrière le désastre, se décèle le lent progrès des structures. Le sentiment national naissant, Jeanne d'Arc elle-même, peuvent s'expliquer par l'identification qui se produit alors entre la nation souffrante et son roi de douleurs.

103.          BLARY (François). Le Domaine de Chaalis, XIIe-XIVe siècles. Approches archéologiques des établissements agricoles et industriels d'une abbaye cistercienne. (Thèse).  P., Editions du CTHS,  1989, in-4°,  417 pp, préface de Léon Pressouyre, 268 illustrations, croquis et plans, pièces justificatives, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Pour la première fois en France, un archéologue recherche systématiquement sur le terrain les traces des unités d’exploitation d’une grande abbaye cistercienne : granges agro-pastorales, granges céréalières, fours tuiliers, celliers, maisons de passeur ou maisons urbaines, un impressionnant patrimoine immobilier, datant en majeure partie du XIIIe siècle.

104.          BLOCH (Marc). Les Rois thaumaturges. Etude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en France et en Angleterre.  Gallimard,  1983, fort in-8°,  xli-542 pp, préface de Jacques Le Goff, 5 pl. de gravures hors texte, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

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De 1944, date de sa mort héroïque, au début des années soixante-dix, Marc Bloch est surtout apparu comme le cofondateur (avec Lucien Febvre) de la Revue Annales, qui renouvela la méthode historique, et l'auteur d'une grande synthèse, La Société féodale (1939-1940). Depuis une dizaine d'années les historiens et les chercheurs en sciences humaines et sociales pensent de plus en plus que le grand livre de Marc Bloch, c'est son premier vrai livre : Les Rois thaumaturges (1924). Il est consacré à l'étude d'un rite curieux : la guérison miraculeuse, par simple toucher des mains, des écrouelles ou scrofules (adénite tuberculeuse). L'attribution de ce pouvoir aux rois de France et d'Angleterre remonte probablement au XIIe siècle ; elle va durer en Angleterre jusqu'au début du XVIIIe siècle, en France jusqu'en 1825, date du sacre de Charles X. Comment se déroulait le rituel du toucher royal ? Quelle était la vraie nature du pouvoir monarchique : les rois étaient-ils des personnages sacrés, des sorciers faiseurs de miracles ? Pourquoi enfin a-t-on cru puis cessé de croire au miracle royal ? Trois questions qui ont amené Marc Bloch à explorer les chemins de la psychologie collective, des rites et des mythes, des croyances populaires. Pour éclairer le phénomène, il a eu recours à l'anthropologie et à son plus grand théoricien d'alors, Frazer, au comparatisme avec les sociétés les plus diverses, aux arcanes de la médecine populaire traditionnelle. C'est un jalon essentiel dans l'exploration des mentalités et l'invention d'une anthroplogie historique. Dans son importante préface, Jacque Le Goff s'efforce de préciser les raisons personnelles et les milieux intellectuels qui ont amené Marc Bloch a écrire ce livre exceptionnel, gros d'avenir, puis à abandonner cette voie, et fait le point sur la situation des Rois thaumaturges dans la recherche historique et anthropologique aujourd'hui, dont ce livre est l'un des phares. — "On sait que les rois de France étaient censés posséder le pouvoir de guérir les écrouelles par l'imposition des mains. C'est cette puissance surnaturelle, qu 'ils partageaient d'ailleurs avec les souverains d'Angleterre. que l'historien français Marc Bloch, assasiné par les nazis en 1944, avait étudiée dans l'ouvrage qui se trouve ici réédité. Publié en 1924, ce livre exceptionnel marquait le début d'une carrière d'historien dont Jacques Le Goff précise la portée dans une préface originale." (Lectures n° 14, juillet-août 1983)

105.          BRENON (Anne) et Jean-Philippe de TONNAC. Cathares. La contre-enquête.  GLM, Albin Michel,  2008, in-8°,  424 pp, 8 pl. de photos en couleurs hors texte, 6 cartes, biblio, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Huit cents ans après la croisade contre les Albigeois, sommes-nous enfin prêts à nous libérer des mythes et des préjugés concernant le phénomène cathare ? Malgré les travaux novateurs de toute une génération d'historiens depuis une trentaine d'années, il semble bien que les "bons hommes" et les "bonnes femmes" soient encore l'objet des spéculations les plus fantaisistes. C'est pourquoi il convenait de mener une "contre-enquête" sur cet événement qui a constitué un tournant majeur dans l'histoire de la France, de l'Eglise et de l'Europe. Jean-Philippe de Tonnac, écrivain et journaliste, s'est rendu sur les principaux lieux de cette épopée pour y interroger Anne Brenon, l'une des meilleures spécialistes du catharisme. Ensemble, ils tentent de faire la part du vrai et du mythe concernant les "hérétiques" cathares, leur vie quotidienne, leurs structures ecclésiales originales, leurs croyances, leur liturgie, leurs textes fondateurs... De ces conversations captivantes émerge une réalité historique plus riche que la légende : celle d'un mouvement spirituel foncièrement chrétien et non violent.

106.          CALMETTE (Joseph). Chute et relèvement de la France sous Charles VI et Charles VII.  Hachette,  1945, in-12,  270 pp, un tableau généalogique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Dans ce petit volume de synthèse, qui condense, en une série d'aperçus riches et brillants, l'histoire de quatre-vingts années de vie française, il faut signaler deux excellents chapitres sur la mission et l'épopée de Jeanne d'Arc. Ces cinquante pages sont marquées par l'esprit d'objectivité ; elles visent à faire revivre la pensée même des contemporains. Quel que soit le nombre et quelle que soit la valeur des récits et études consacrés depuis cent ans à Jeanne d'Arc, elles apportent une explication et une évocation encore nouvelles et tout à fait prenantes, appuyées sur une remarquable information." (H. Drouot, Revue d'histoire de l'Église de France, 1945)

107.          CHASTELLAIN (Georges). Œuvres historiques inédites de Sire George Chastellain. Avec notices biographiques par J. A. C. Buchon.  P., A. Desrez,  1837, gr. in-8°,  lxiii-612 pp, texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin noisette, dos lisse avec titres et encadrement dorés, mors et coiffes lég. frottés, coins émoussés, un coin abîmé, bon état (Choix de chroniques et mémoires pour servir à l'histoire de France, XVe siècle)

            80

Le témoignage de Georges Chastellain (1415-1475), chroniqueur et historiographe de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire. — "Jusqu'à présent tout ce qui a été publié de l'histoire de Georges Chastellain, c'est à M. Buchon qu'on le doit. Un premier fragment, que ce laborieux éditeur avait rencontré en 1825, lui donna le désir de retrouver le reste. Dans ce dessein, il visita les bibliothèques du nord de la France ainsi que celles de la Belgique ; et sa peine ne fut pas perdue, puisque deux manuscrits d'Arras, dissimulés sous des titres absurdes, lui fournirent deux parties importantes de l'auteur qu'il cherchait ; savoir : son introduction et quatre années de la vie de Philippe le Bon, correspondant au commencement du règne de Louis XI. Ces morceaux, joints à celui dont la découverte avait précédé, furent imprimés, en 1837... Les cent deux chapitres qui viennent après la préface de l'auteur conduisent le récit des faits jusqu'à la mort de Charles VI (1422), M. Buchon les intitule : Chronique du duc Philippe le Bon ; puis ce titre se change en celui de Chronique des derniers ducs de Bourgogne, pour les fragments qui commencent à l'avènement de Louis XI (1461)..." (Jules Quicherat, Bibliothèque de l'École des chartes)

108.          CONTAMINE (Philippe). La Guerre au Moyen Age.  PUF,  1992, in-8°,  xliii-516 pp, 7 cartes et 4 figures, importante bibliographie (1703 références), index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nouvelle Clio), envoi a.s. à Jean Favier

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Aux yeux du public, la dimension guerrière du Moyen Age occidental est d'une évidence massive. Dans cette perspective largement partagée, l'espace médiéval, la société médiévale apparaissent dominés l'un par le château-fort, l'autre par le chevalier. La présente synthèse, visant à évoquer la guerre en tant que phénomène social et fait de mentalité à travers tout un millénaire, ne prétend pas remettre en cause cette vision mais la nuancer, la compléter. Elle s'interroge sur la profondeur de la rupture que les différentes vagues de "grandes invasions" ont entraînée dans le domaine militaire, soupèse les forces et les faiblesses des armées carolingiennes, rappelle le contexte guerrier qui a entouré et en grande partie conditionné la féodalité, examine les changements dans la conduite de la guerre qui ont accompagné et suscité la croissance de l'Etat. De ce survol ressort l'image d'un Moyen Age inventif, complexe et mobile, où s'exerça un art militaire moins fruste qu'on ne l'a parfois pensé. Les rapports entre guerre et christianisme font l'objet d'une attention particulière. Même si la conception chrétienne cautionna non seulement l'idée de guerre juste parce que nécessaire mais aussi l'idée de guerre sainte forgée dans l'exaltation de la lutte contre les forces du Mal, elle eut aussi le sens et le souci de la paix, ce qui devait aboutir chez plusieurs courants hétérodoxes aux notions clairement exprimées de pacifisme et de non-violence. — "Ce livre de P. Contamine est un tableau autant sociologique que technique d'une activité longtemps coutumière à l'aristocratie ; plus centré sur les périodes finales de l'époque, familières à l'auteur, la vision n'en est pas moins cinétique et dégage les traits de cette « industrie nationale ». On y trouvera des notices techniques sur l'armement, le recrutement, l'artillerie, mais aussi un tableau des aspects juridiques de la guerre ; il semble impossible de ne pas recourir à cette fresque chaque fois que se profilera dans une recherche un conflit même économique." (Robert Fossier, Revue Historique, 1984)

109.          DUBY (Georges). La Chevalerie.  France Loisirs,  1994, pt in-4°,  128 pp, 106 illustrations en couleurs, dont 13 dessins d'Olivier-Marc Nadel, une carte en couleurs, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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La chevalerie est apparue il y a environ mille ans. Un peu plus tard, entre 1160 et 1220, sous le règne du roi Philippe Auguste, dans la moitié nord de la France, le pays où elle s'est formé, elle se montre en pleine vigueur, dans la verdeur de son adolescence. C'est là, à cette époque et dans ce pays, que nous allons nous installer pour l'observer, recueillant toutes les traces que les chevaliers ont laissés de leur passage, nous appliquant à les suivre à la piste. Il reste de ce temps-là des écrits, quelques parchemins conservés dans les archives, des récits, des histoires, vraies ou inventées. L'une d'elle, justement, permet d'approcher d'assez près un chevalier. Ce sera notre principal témoin. Il s'appelait Arnoul. Fils du comte de Guînes, il était seigneur d'Ardres, un château situé dans le département actuel du Pas-de-Calais. Lambert, un prêtre qui célébrait la messe dans ce château, entreprit entre 1194 et 1203 de raconter les exploits des ancêtres d'Arnoul, son patron. Au cours du récit, il raconte aussi les aventures d'Arnoul à qui il offrit son livre. Arnoul en est le vrai héros. Ses faits et gestes apparaissent dans une lumière assez vive. Je vous invite donc à regarder vivre cet homme.

110.          FAVIER (Jean). Charlemagne.  France Loisirs,  2000, fort in-8°,  769 pp, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 9 cartes et plans, chronologie, biblio, index, 4 généalogies, reliure simili-cuir carmin de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Il y a le Charlemagne de l'histoire et celui de la légende, l'homme qu'il fut et le personnage construit au fil des siècles. L'homme et son oeuvre sont d'une diversité qui touche au paradoxe. L'empereur à la barbe fleurie fut un chef de guerre sans pitié, un défenseur de la foi, l'initiateur d'une renaissance intellectuelle, d'un système monétaire qui dura mille ans et l'organisateur d'un véritable Etat. Pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un immense empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste...

111.          FAVIER (Jean)(dir.). La France médiévale.  Fayard,  1983, gr. in-8°,  596 pp, abondamment illustré, chronologie, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"26 historiens vous présentent La France médiévale. Non un récit de ces dix siècles qui font notre Moyen Age dans un espace politique sans cesse changé dans ses contours, mais une analyse en profondeur qui suit les grands domaines de la recherche historique. Chaque auteur propose là une réflexion d'ensemble, dans l'une des approches de l'histoire que son œuvre personnelle a contribué à renouveler au cours des dernières années. Société, économie, pensée, culture, vie matérielle, foi, forces politiques, toutes les structures du quotidien et du temps séculaire sont mises en place dans une vue qui embrasse, à chaque occasion, le temps de Clovis aussi bien que celui du roi René, celui de la première conquête des clairières aussi bien que celui des premières découvertes de l'Atlantique. Riche et variée, l'illustration concourt à la synthèse, complétant ou soulignant le propos des auteurs. Elle est, surtout, le regard qu'ont en leur temps porté sur la France médiévale des artistes auxquels nul n'avait encore dit qu'ils étaient des témoins. Une initiation à ce millénaire complexe qu'est le Moyen Age, un livre de référence pour le lecteur déjà familier de ce monde fascinant et toujours nouveau." (J.F.) Par Françoise Autrand, R.-H. Bautier, Guy Beaujouan, Jean-Noël Biraben, Marguerite Boulet-Sautel, Pascale Bourgain, Michel Bur, André Chédeville, Jean Chélini, Bernard Chevalier, Philippe Contamine, Pierre Desportes, Henri Dubois, Alain Erlande-Brandenburg, Jean Favier, Robert Fossier, Gérard Giordanengo, Marie-Thérèse Lorcin, Michel Mollat, Marcel Pacaut, Daniel Poirion, Jean Richard, Albert Rigaudière, Louis Stouff, André Vauchez et Jacques Verger.

112.          FAWTIER (Robert). Les Capétiens et la France. Leur rôle dans sa construction.  PUF,  1942, in-8°,  223 pp, broché, bon état

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"Ce livre ne concerne que les Capétiens directs (987-1328). Son but est de montrer quelle action les princes de cette dynastie ont eue sur la formation de notre pays. L'historien montre avec quelle habileté, avec quelle sûreté instinctive les premiers Capétiens ont su consolider leur dynastie, faire valoir leurs droits de suzeraineté même à l'égard des plus puissants vassaux et affirmer à l'intérieur comme à l'extérieur l'un des droits essentiels de la souveraineté royale, celui de ne prêter l'hommage à qui que ce soit. La faiblesse de la dynastie à ses origines leur interdisait de grandes conquêtes et des visées trop ambitieuses. Ils se sont appuyés résolument sur leur droit, sur les règles mêmes de la coutume féodale. Sans hâte, sans programme nettement tracé d'avance, ils ont su profiter de toutes les occasions favorables pour s'étendre et arrondir leurs domaines. Aucun d'eux n'a possédé de qualités géniales, mais la continuité de leurs efforts a fondé définitivement leur puissance. On trouvera de même dans ce remarquable essai des analyses judicieuses sur le développement de la justice royale et institutions administratives, sur le ralliement à la personne du roi de toutes les classes sociales du royaume." (Joseph Lecler, Etudes, 1942) — "Le livre de M. Fawtier est un brillant essai. Il n'épuise pas le sujet, mais il ne sera pas facile de dire encore beaucoup de neuf après lui. C'est avant tout un livre intelligent." (Jean Dhondt, Revue belge de philologie et d'histoire, 1943)

113.          FOLZ (Robert). La Naissance du Saint-Empire (Xe siècle).  Albin Michel,  1967, in-8°,  372 pp, une pl. en couleurs hors texte, 3 cartes et 2 fac-similés, tableaux généalogiques, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Mémorial des siècles)

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"Le fait majeur de l'histoire de l'Occident au Xe siècle." — "Robert Folz nous donne un livre extrêmement riche, d'une information inégalable et d'une fermeté remarquable dans la pensée et dans la forme. Admirable connaisseur de l'Empire médiéval et de l'histoire allemande, il sait ici s'élever au-dessus de son érudition et fournir au lecteur un exposé toujours intéressant sur un sujet généralement peu traité. A 120 pages d'exposé dense, et pourtant aéré et de lecture facile, l'auteur a ajouté près de 200 pages de documents qui sont pour le lecteur et même pour le spécialiste, avec les cartes et les tableaux généalogiques, d'un très grand intérêt. Il suffit pour le constater d'énumérer ces textes : extraits des Annales de Flodoard, qui, on le sait, constituent l'une des sources les plus riches et les plus sûres pour la connaissance des événements du Xe siècle (de 919 à 966), chapitre de l'Histoire des Saxons de Widukind de Corvey, si précieuse pour découvrir l'Allemagne de ce temps (c'est toute la geste des ducs de Saxe, avant tout d'Henri I et Otton I), passages principaux de l'Histoire d' Otton et de la Relation de l'ambassade à Constantinople de Liuprand de Crémone, de la Chronique de Thietmar de Mersebourg, de la Vie de saint Adalbert par Jean Canaparius et de la Vie de l'empereur Conrad II par Wipon. Plus utiles encore peut-être le texte du privilège d'Otton I pour l'Église Romaine (962), qui confirme la possession des États de l'Église par la Papauté et en précise la configuration, ainsi que les rituels pour le sacre et quelques lettres très évocatrices de Gerbert (Sylvestre II). Tout cela montre avec quel soin l'ouvrage a été conçu et réalisé." (Marcel Pacaut, Revue belge de philologie et d'histoire, 1969)

114.          FOSSIER (Robert). Paysans d'Occident (XIe-XIVe siècles).  PUF,  1984, in-8°,  216 pp, biblio, broché, bon état (Coll. l'Historien), envoi a.s.

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Un peu plus de vingt ans après la synthèse consacrée par G. Duby à “L'économie rurale et la vie des campagnes dans l'Occident médiéval”, Robert Fossier vient reprendre l'ensemble de la question pour les siècles centraux du Moyen Age, s'attachant à dresser le bilan – acquis et questions – des recherches les plus récentes, nombreuses et multiformes. Procédant par cercles concentriques, l'auteur va des hommes (nombre et « imaginaire », en passant par la famille et le groupe domestique) aux structures : structures de l'habitat, village et foyer, où culture matérielle et espace symbolique sont évoqués aux côtés de la trame socio-économique qui les sous-tend (richesse, pauvreté, nausologie et alimentation, qui prolongent le premier chapitre) ; structures de l'économie rurale : maîtrise et extension des terroirs, avec une analyse nuancée des défrichements, techniques, façons et rendements des cultures, élevage « tyrannique », artisanat ; structures enfin du pouvoir économique et social, où le monde seigneurial trouve une étude qui dépasse celle de ses rapports avec les paysans éponymes de l'ouvrage. Au terme de l'exposé, ces divers aspects confluent en un tableau du « village adulte », mis en place après l' « encellulement » des hommes – on sait que le terme est dû à l'auteur qui a ainsi adapté et élargi celui d'incastellamento. Pierre d'angle attendue : le problème des solidarités et des communautés. Le tout débouche normalement sur les crises du XIVe siècle. A l'image de l'ouvrage, une bibliographie condensée mais riche mêle acquis de base et secteurs de pointe de la recherche... (Olivier Guyotjeannin, Bibliothèque de l'École des chartes, 1985)

115.          FOURQUIN (Guy). Seigneurie et féodalité au Moyen Age.  PUF,  1970, in-12,  243 pp, broché, bon état (Coll. Sup - L'historien)

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"Ce n'est pas un manuel, bien que l'ouvrage figure dans une collection à l'usage des étudiants, mais un véritable petit traité que nous présente Guy Fourquin. Certes, la taille réduite du livre a obligé l'auteur à « effectuer des coupes dramatiques », notamment à sacrifier l'environnement politique, religieux, économique, mais peut-être est-ce mieux ainsi : les problèmes institutionnels ont été envisagés dans leur essence profonde, dans leurs structures fondamentales. Ce qui nous a frappé, à côté d'autres qualités éminentes qui ne nous étonnent pas quand on connaît la science de l'auteur, c'est l'unité, la continuité du raisonnement historique. Trop souvent, les ouvrages qui traitent de la féodalité sont parsemés de discussions qui rompent l'agencement de l'ensemble. Ici, tout est net : la thèse de l'auteur concerne non seulement le moyen âge, mais les siècles suivants, et peut se résumer ainsi : la seigneurie rurale, vers 1500, conserve sa vigueur, en dépit du déclin des justices seigneuriales, tandis que la féodalité se survit péniblement, sauf peut-être en Allemagne. De la période médiévale, subsistent alors deux institutions fondamentales : la noblesse, dont beaucoup de membres devaient conserver une prédilection pour le métier des armes, et la stratification de la société en ordres." (Jean Imbert, Revue historique de droit français et étranger, 1970)

116.          FRANKLIN (Alfred). La vie privée au temps des premiers Capétiens.  P., Emile-Paul,  1911, 2 vol. pt in-8°,  xxxii-344 et xv-392 pp, reliures demi-percaline bleue, dos lisses, pièces de titre chagrin noir, bon état

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Tome I : L'Eglise – Le roi – La reine – Les femmes ; Tome II : L'enfant, le damoiseau – Lettres, sciences et arts – Les repas – Domesticité, mobilier – Industrie, commerce. — "Présenter au public la vie privée en France depuis 987, avènement de Hugues Capet, jusqu'à la mort de Charles le Bel (1328), c'est là, certes, un travail de bénédictin qui découragerait bon nombre d'historiens. Cette tâche, ardue entre toutes, M. Alfred Franklin n'a pas hésité à l'entreprendre et il y a réussi admirablement. Sans doute, il paraissait, plus que tout autre, préparé à la mener à bonne fin en raison de ses précédents travaux sur les moeurs et coutumes des Parisiens du XIIIe au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, il nous donne un véritable code de la vie usuelle et intime au Moyen Age du plus curieux intérêt. Son livre captivera certainement tous les érudits. (...) Les élégantes capétiennes portaient corsets, connaissaient les procédés pour s'oxygéner les cheveux ; elles étaient vêtues d'étoffes soyeuses et de riches fourrures. Si nous pénétrons dans l'intérieur de leurs maisons, nous verrons qu'elles ne laissaient rien à désirer : meubles somptueux, tapis épais et moelleux, dressoirs garnis de vaisselles d'or et d'argent. M. Franklin nous introduira dans l'office et dans la cuisine ; nous saurons comment on s'approvisionnait et ce que l'on mangeait ; il nous donnera certaines recettes culinaires assez compliquées d'ailleurs qui, aujourd'hui, paraîtraient étranges à nos palais délicats. La série des remèdes qui constituent la pharmacopée du temps est à retenir et il y a de quoi en frémir !... Nous nous arrêtons, il faudrait, en effet, citer tous les chapitres les uns après les autres de ces deux volumes qui se lisent sans effort et avec un plaisir toujours croissant." (Emile Bernard, Revue des études historiques, 1912)

117.          GAUTHIER-ZIEGLER (Gilette). Histoire de Grasse au Moyen Age, depuis les origines du Consulat jusqu'à la réunion de la Provence à la Couronne (1155-1482). (Thèse).  P., Auguste Picard,  1935, gr. in-8°,  xxviii-375 pp, 8 pl. de gravures hors texte, pièces justificatives, appendices, sources et biblio, broché, couv. piquée, bon état

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"L'aimable ville de Grasse n'avait fait jusqu'ici l'objet d'aucune monographie approfondie ; aussi Mme Gauthier-Ziegler a-t-elle été bien inspirée en choisissant l'histoire et les institutions de Grasse pendant le moyen âge comme sujet d'une thèse pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe en 1927 et surtout en reprenant et en publiant, son travail sous la forme d'une histoire de la ville depuis les origines du Consulat jusqu'à la réunion de la Provence à la couronne. Voici le plan de l'ouvrage : après une copieuse bibliographie, une première partie est consacrée à l'évolution historique de Grasse. Puis l'administration comtale, l'organisation municipale et les conditions économiques sont étudiées successivement et séparément ; ces trois parties forment, en réalité, une seconde section du livre où l'auteur, s'affranchissant du plan chronologique, passe en revue les aspects variés de la vie politique, administrative et économique. Cinquante-neuf pièces justificatives, toutes inédites, forment le dernier tiers du volume. (...) Le principal mérite de l'auteur est d'avoir su habilement tirer parti d'une abondante documentation, en sorte que les questions variées que soulève l'histoire d'une ville au moyen âge sont examinées à la lumière de textes le plus souvent inédits. Parmi les nombreux renseignements d'ordre économique que l'auteur a eu le mérite de découvrir et de rassembler, certains présentent un intérêt d'actualité. Nous voyons, par exemple, que, lorsque le blé manquait, la ville instituait une « gabelle », c'est-à-dire centralisait tous les blés dans une boutique confiée à un procureur et que le soin d'approvisionner les boulangers appartenait exclusivement au contrôleur de cette gabelle, qui, la disette finie, cessait de fonctionner. C'est un témoignage curieux d'économie dirigée. Inversement, pour protéger la production viticole, l'importation du vin étranger était réglementée ; c'est une mesure qui a été fréquemment instituée jadis ; mais Mme Gauthier-Ziegler apporte des détails minutieux sur le « contingentement » qui était pratiqué à Grasse. Signalons, pour terminer, les chapitres sur la gabelle du sel, les métiers, les relations avec Gênes, qui sont riches de renseignements précis. En faisant la part large aux institutions et à la vie économique, l'auteur a eu le mérite d'écrire un livre dépassant le cadre de l'histoire locale. Tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la France méridionale pendant le moyen âge le liront avec fruit et plaisir." (Robert Latouche, Revue Historique, 1937)

118.          GAUTIER (Léon). La Chevalerie. Edition préparée et adaptée par Jacques Levron.  P., Arthaud,  1960, in-8°,  368 pp, 180 illustrations tirées en héliogravure, imprimé sur papier hélio, index bibliographique, broché, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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Les origines de la Chevalerie ; Le code de Chevalerie ; L'enfance du Baron ; La jeunesse du Baron ; L'entrée dans la Chevalerie ; Le mariage du Chevalier ; La vie domestique du Chevalier ; La vie militaire du Chevalier ; La mort du Chevalier. — "Cet ouvrage, quoique déjà ancien, reste encore la meilleure étude que l'on ait faite sur la chevalerie." (Saffroy, I, 3577) — "Les Editions Arthaud viennent de rééditer l'ouvrage sur “La Chevalerie” de Léon Gautier, qui eut un grand retentissement à la fin du XIXe siècle. M. Jacques Levron, directeur du Service des Archives de Seine-et-Oise, a été chargé d'en rajeunir la présentation. Dans un avant-propos émouvant, il a fait revivre la belle figure de Léon Gautier, qui a passé toute sa vie de savant à étudier les textes poétiques du Moyen Age et qui, à la lumière de ces textes, a dressé un véritable code de la chevalerie aux XIIe et XIIIe siècles, époque à laquelle elle atteignit son apogée. On suit le seigneur depuis sa naissance jusqu'à sa mort à travers ses occupations, ses distractions, ses aspirations et ses vicissitudes : la chasse, la danse, les tournois, la guerre sont tout naturellement évoqués. M. Levron a eu l'heureuse idée de rejeter à la fin du volume, dans un substantiel appendice, certaines notes de Léon Gautier, qui, malgré leur grand intérêt, alourdissaient le texte et qui traitent des vêtements, des armes, des chevaux et de la fauconnerie. La présentation est impeccable. L'illustration, excellemment choisie, fait revivre le texte par l'image à travers les manuscrits ou toute autre œuvre d'art contemporaine." (Marc Thibout, Bulletin Monumental, 1960)

119.          GENET (Jean-Philippe). Le Monde au Moyen Age. Espaces, pouvoirs, civilisations.  Hachette,  1991, in-8°,  271 pp, nombreuses cartes, biblio, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Carré Histoire)

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Voici couvert l'ensemble de l'histoire politique du monde médiéval. IVe-XVe siècle : plus d'un millénaire et des espaces sans cesse mouvants. Le point de départ est la chute de l'Empire romain d'Occident. Le Moyen-Age occidental naît de l'élargissement de l'espace créé par la collision entre un empire méditerranéen et l'âge de fer du monde des steppes et des forêts nordiques. L'Empire d'Orient, lui, s'épuise dans sa lutte contre les Barbares et sa concurrence avec les Perses. Tâche démesurée qui l'empêche de résister à l'expansion de l'Islam qui représente l'autre extension décisive du monde médiéval. Au XIIIe siècle, la conquête mongole élargit encore l'horizon, ouvert à l'ensemble du continent asiatique, dont la fermeture au siècle suivant détermine les entreprises européennes vers l'Ouest, de l'Afrique à l'Atlantique. En quatre étapes majeures, l'ensemble du monde habité forme pour la première fois un espace continu. L'histoire politique du Moyen Age n'est intelligible qu'en fonction de cette vision dynamique de l'espace. Car celui-ci une fois ouvert, et donc incontrôlable, pose le problème du pouvoir. Naissent alors de nouvelles formes d'autorité, dont l'Etat moderne qui commence à s'imposer.

120.          HOMO (Léon). Rome médiévale, 476-1420. Histoire, civilisation, vestiges.  Payot,  1956, in-8°,  327 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"... Le médiéviste que je suis s'en voudrait de ne pas signaler le volume de Léon Homo sur La Rome médiévale, dont il faut noter un chapitre très neuf sur la topographie et les monuments de la Rome médiévale..." (Charles-Edmond Perrin)

121.          JEAN-NESMY (Dom Claude). Albi : la cathédrale et l'histoire, le décor sculpté et peint.  La Pierre-qui-Vire, Zodiaque,  1976, pt in-4°,  116 pp, 80 héliogravures hors texte, 4 pl. en couleurs hors texte, plan, broché, jaquette illustrée, bon état (les Travaux des mois, 12)

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Claude Jean-Nesmy (1920-1994) est le nom de plume de Claude Surchamp, moine de l'Abbaye bénédictine Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire (depuis 1938/1939 ; ordonné prêtre en 1944). Fils d'Henri Surchamp, dit Jean Nesmy, et frère de José, en religion Angelico, Surchamp.

122.          LABANDE (Edmond-René). L'Italie de la Renaissance : Duecento, Trecento, Quattrocento. Evolution d'une société.  Payot,  1954, in-8°,  408 pp, 6 cartes et 6 tableaux généalogiques, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"Devant l'absence en notre langue de tout ouvrage sur l'Italie durant le bas Moyen Age, M. Labande a pu écrire l'histoire générale de l'Italie du XIIIe au XVe siècle qui nous manquait. Il y était préparé par d'excellents travaux, dont sa thèse sur Rinaldo Orsini (Picard, 1939). (.) il faut féliciter M. Labande de sa réussite. Il s'est tiré fort honorablement du pensum redouté des professeurs d'histoire du Moyen Age, consistant à raconter, à peu près à la fois, les vicissitudes de vingt Etats italiens, petits, moins petits ou à peu près grands (pour la Péninsule), et à y faire apparaître les deux ou trois cents personnages que l'on est bien obligé de citer, notamment à cause de Dante. Et sa préoccupation d'une histoire avant tout sociale et artistique l'amène à donner à son lecteur l'agrément de bons chapitres et de pages précises et pittoresques sur les faits, les situations et les idées que l'on peut étiqueter « Renaissance ». Quelques tableaux dynastiques, des bibliographies et des cartes ajoutent à l'utilité pratique de ce livre, qui aidera l'étudiant et sera lu avec intérêt par le lecteur cultivé." (Emile G. Léonard, Bibliothèque de l'école des chartes, 1955) — "M. Labande est un profond connaisseur de l'Italie. On devine à mille détails la longue familiarité de l'auteur avec l'histoire, la géographie et l'art de ce pays. Aisance et sûreté me paraissent les deux termes les plus propres à caractériser un ouvrage que l'on désirerait encore plus long et plus étoffé, tant on a de plaisir à lire les chapitres d'histoire sociale, littéraire et artistique qu'il comporte. Le lecteur sent que de patientes études et une longue habitude des choses et des gens d'Italie ont seules permis d'écrire un ouvrage qui évoque avec un égal bonheur les mosaïques de Monreale, la personnalité très orientale de Frédéric II, les fresques de l'Angelico et le rude visage des condottieri. On se plaît encore à remarquer dans ce livre le choix judicieux des citations, la vivacité du style et la variété deß éléments appelés à composer cette synthèse à la fois courte et dense. (...) Son livre – qui comble une lacune en France – devait être une synthèse et un instrument de travail. Il n'est pour s'en convaincre encore davantage que d'étudier les excellentes bibliographies qui terminent chaque chapitre. Ainsi l'auteur a-t-il tenté de travailler à la fois pour le grand public et pour les érudits : véritable gageure dont il s'est tiré avec honneur." (Jean Delumeau, Revue Historique, 1955)

123.          LELIÈVRE (Dominique). Le Dragon de lumière. Les grandes expéditions des Ming au début du XVe siècle.  France-Empire,  1996, in-8°,  423 pp, 2 cartes, repères chronologiques, principales dynasties chinoises, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Début XVe siècle, l'avenir se joue sur la mer. Le Portugal se lance dans l'aventure exploratrice, quand à l'autre bout du monde connu, une Chine revigorée entreprend les plus imposantes expéditions maritimes jamais réalisées jusqu'alors. Ses flottes majestueuses sillonnent sans discontinuer, les mers d'Orient. Commandées par Zheng He, un eunuque musulman, elles atteignent l'Inde religieuse, l'Arabie parfumée et l'Afrique exotique. Des témoins à bord des jonques décrivent les mœurs et les richesses des pays visités..., sans oublier les escales aux rencontres singulières avec le pirate de Palembang, le roi cupide de Ceylan, l'usurpateur de Semudra ou le samorin de Calicut... Et que dire de l'accueil somptueux du Bengale, des stèles humanistes de Ceylan et du triomphe de la girafe à Nankin. Sur terre comme sur mer, l'Asie entière est prise dans le vaste filet diplomatique tendu par les Ming. De tous côtés, on se presse pour verser tribut au Fils du Ciel. Victoires contres les Annamites puis contre les Mongols ajoutent à la gloire d'un empereur insatiable qui a décidé de reconstruire, à Pékin, la Cité impériale et de rebâtir le Grand Canal. L'heure est au gigantisme. Face aux énormes jonques, qu'auraient pesé, alors, les frêles caravelles ? Soixante ans plus tard la roue a tourné, les cartes sont redistribuées. L'Europe à rattrapé son retard et pousse ses pions. La Chine se claquemure derrière ses Grandes Murailles et abandonne sa magnifique marine. Les raisons de ce recul méritaient bien qu'on s'y attarde.

124.          LEWIS (Peter). La France à la fin du Moyen Age. La société politique.  Hachette,  1977, fort in-8°,  575 pp, traduit de l'anglais (“Later Médieval France: the Polity”, 1968), avant-propos de Bernard Guenée, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

            30

P. Lewis, professeur à Oxford, présente, dans cette magistrale synthèse, la société et la vie politique en France, de Philippe le Bel à Louis XI : comment, à force d'efforts tenaces, de propagande et de concessions, le roi est reconnu seul maître en un royaume où commencent à naître un sentiment national et des moyens modernes de gouvernement. — "Belle synthèse sur la société politique." (Bernard Guénée) — "Après avoir déterminé le contexte général de la société politique française à la fin du Moyen Age, P.S. L. en étudie les éléments constitutifs : le souverain, la Cour, les conseillers du Roi, l'appareil administratif, la noblesse, le clergé, le peuple. Il décrit ensuite les institutions représentatives : le début des assemblées nationales et régionales, leurs prétentions et leurs échecs. En conclusion, il s'interroge sur la nature exacte de la crise de cette société et pose la question du sens réel revêtu par le pouvoir monarchique." (Revue française de science politique, 1969) — "Aujourd’hui encore, plus d’un quart de siècle après sa publication, cet ouvrage, tout en nuance et en finesse, reposant de surcroît sur une documentation très vaste, constitue la meilleure introduction à l’étude de la société politique dans la France des premiers Valois [...] Le grand livre de Peter Lewis, à l’écriture si caractéristique, a fondé sa réputation." (Philippe Contamine, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1995)

125.          MALE (Emile). La Fin du paganisme en Gaule et les plus anciennes basiliques chrétiennes.  Flammarion,   1950, in-8°,  329 pp, 16 pl. de photos hors texte, illustrations dans le texte, broché, couv. illustrée (poussièreuse), bon état. Edition originale, un des 30 ex. numérotés sur papier chiffon (n° 7) à grandes marges (marges un peu salies)

            50

Intéressante étude qui éclaire le passage du paganisme au christianisme : la plupart des églises, basiliques, abbayes, chapelles, calvaires, etc. ont été construits sur l'emplacement ou par dessus les lieux de culte païen ; la fin du paganisme n'est en réalité qu'une intégration, dans toutes les contrées du monde, d'une partie des croyances originelles, qui se sont amalgamées, notamment dans les rites, au christianisme. Avec cet ouvrage, Emile Mâle ambitionnait de terminer sa grande étude sur l'art religieux, commencée avec le XIIIe siècle soixante ans plus tôt et complètée par le XIIe siècle, la fin du Moyen Age, puis la Renaissance et la Contre-Réforme.

126.          NELLI (René). La Vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle.  Hachette,  1976, in-8°,  297 pp, index des principaux personnages, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Historien du phénomène cathare René Nelli présente ici en une large fresque ce que fut la vie de tous les jours de ces célèbres «hérétiques » languedociens. Enquête passionnante, fondée sur les travaux les plus récents (nous pensons en particulier aux Cahiers de Fanjeaux) ce livre apparaît comme une réussite à tout point de vue. L'évolution historique des Cathares imposait un plan binaire dont R. Nelli tire très habilement parti. Une première partie est consacrée à la période du catharisme triomphant, c'est-à-dire du milieu du XIIe siècle au début du XIIIe siècle. La seconde partie examine l'époque du catharisme persécuté..." (J. M. Mehl, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1970) — Le catharisme s'inscrit dans le mouvement de rénovation évangélique qui s'est manifesté dans toute la Chrétienté aux XIIe et XIIIe siècles. L'Inquisition comme les chevaliers du roi de France l'ont combattu par la parole et par les armes. Doctrine hérétique, il professait l'existence de deux principes antagonistes, inégaux en valeur, mais également éternels, et défendait l'idée que le monde était l'œuvre du Diable. Voilà, sans aucun doute, ce qui a marqué le plus nettement les mentalités et les comportements des Occitans du XIIIe siècle. Il en résulte que la vie quotidienne des cathares fut loin de coïncider avec celle de l' "homme quelconque" du Moyen Age. René Nelli propose dans ce livre une sorte de film de la vie des cathares languedociens de 1200 à 1350, dans les comtés de Toulouse et de Foix et dans les quatre vicomtés de Trencavel (Carcassonne, Béziers, Albi et Nîmes). En effet, c'est dans ces régions, qui furent le principal théâtre de la fameuse "Croisade contre les Albigeois", que l'on saisit le mieux dans leur continuité historique l'existence, le déclin et la tragédie du catharisme.

127.          OLAGÜE (Ignacio). Les Arabes n'ont jamais envahi l'Espagne.  Flammarion,  1969, in-8°,  347 pp, 16 pl. d'héliogravures hors texte, deux cartes (l'Espagne wisigothe et le Sahara central) et 3 plans, broché, couv. illustrée, état correct

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"Le titre est provoquant à souhait, mais exprime aussi l'idée fondamentale de l'auteur. Tout se passe comme si M. Olaguë répugnait à l'idée que les Arabes aient pu conquérir l'Espagne. Il ne nie pas l'influence arabe et musulmane, mais il n'admet pas que les Arabes se soient emparés de la Péninsule les armes à la main. D'abord, dit -il, ce n'est pas possible : comment les Arabes d'Arabie auraient-ils pu être assez nombreux et assez bien ravitaillés pour entreprendre la conquête de l'Espagne ? On pourrait lui répondre tout simplement qu'il fait erreur sur les conquérants. Ce ne sont pas les Arabes, au sens où il l'entend, qui ont franchi le Détroit, mais bien des Berbères islamisés, quoique peut-être très peu arabisés, et des troupes arabisées recrutées en chemin et pendant des dizaines d'années, qui d'Irak, qui de Syrie, qui d'Egypte, qui d'If riqiya. Les Arabes d'Arabie étaient à coup sûr très peu nombreux et bien incapables de s'emparer d'une péninsule entière, tout le monde l'admet sans difficulté. De plus, ajoute l'auteur, une grande obscurité règne sur cette "conquête". Les sources sont tardives, pas très précises, pleines d'invraisemblance. Cela est vrai encore et les historiens traditionnels, que M. Olaguë , accuse de beaucoup d'erreurs ne se sont pas fait faute de le dire et de le regretter. Il n'en reste pas moins que sources musulmanes et sources chrétiennes concordent dans l'ensemble et qu'un tel accord est trop rare pour qu'on en fasse fi. Obscure et, sur certains points, peu vraisemblable, la conquête apparaît comme un fait à ne pas rejeter. Mais M. Olaguë n'en démord pas : il n'y a pas eu conquête. Alors comment expliquer l'islamisation et l'arabisation qui ne peuvent être niées ? Ici intervient l'un des thèmes majeurs de ce livre : l'importance décisive de l'arianisme. Les Wisigoths ont introduit en Espagne l'arianisme, que M. Olaguë appelle plus volontiers unitarisme, puis sont revenus au catholicisme romain que M. Olaguë qualifie plus souvent de trinitarisme. Il va sans dire que, dans cette querelle dogmatique, tout le monde n'a pas suivi les fluctuations du pouvoir et qu'il est resté bien des ariens après que, à la fin du Vle siècle, le roi Recared se fut rallié à l'Eglise de Rome. D'où l'existence dans la Péninsule de deux camps très hostiles l'un à l'autre et dont celui qui détenait en même temps le pouvoir temporel avait tendance à grossir et par suite à opprimer l'autre. Or dès le début du VIIIe siècle, les "unitaires" surent qu'il y avait d'autres "unitaires" de l'autre côté du Détroit de Gilbraltar et recherchèrent leur appui, d'autant plus facilement, dit M. Olaguë que la région de Tanger était encore une province wisigothique, ce qui reste à démontrer..." (Roger Le Tourneau, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, 1970)

128.          PERNOUD (Régine). Christine de Pisan.  Calmann-Lévy,  1982, in-8°,  227 pp, 2 arbres généalogiques (Maison de France et Maison de Bourgogne), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Personnage attachant que celui – encore méconnu – de Christine de Pisan : à travers ses écrits, en vers et en prose, la fille de l'astrologue-astronome de Charles V, née en 1365, n'hésite pas à revendiquer sa condition de femme ; elle est sans doute la première féministe avant la lettre... Et pourtant, le sort lui est contraire ; devenue veuve à vingt-cinq ans, tombée en disgrâce au sein de la Cour, elle doit affronter, tour à tour, la morgue des nantis, la servilité des gens de justice, et la mesquinerie des universitaires parisiens (de l'époque !) qui se refusent à admettre qu'une femme – c'est-à-dire, à leurs yeux, « une créature inférieure » – puisse avoir accès au savoir... Un peu à la façon d'une belle histoire, elle aura toutefois la satisfaction de voir, à la fin de sa vie, surgir une femme qui réveillera les passions et redonnera foi au peuple de France. Christine de Pisan, qui s'est tue depuis onze ans, reprendra la plume pour célébrer celle que nous appelons Jeanne d'Arc... — "Avec Régine Pernoud (1909-1998), a disparu une personnalité de premier plan, connue d'un large public en France et à l'étranger, auteur de dizaines d'ouvrages, parfois traduits à l'étranger, sur saint Martin de Tours (1996), sur Héloïse et Abélard (1970), sur Hildegarde de Bingen (1994), sur Aliénor d'Aquitaine (1966), sur Richard Cœur-de-Lion (1988), sur Blanche de Castille (1972), sur saint Louis (1985), sur Christine de Pisan (1982), sur les hommes de la croisade (1984), sur les saints au Moyen Age (1984), sur la femme au temps des cathédrales (1990)... Autant de livres composés avec simplicité et élégance, où se manifestent sa familiarité avec les chroniques, la littérature et l'art du Moyen Age, mais aussi sa profonde et touchante sympathie pour les siècles qu'elle évoque." (Philippe Contamine, Bibliothèque de l'École des chartes, 2000)

129.          PERNOUD (Régine). La Femme au temps des cathédrales.  Stock,  1981, in-8°,  301 pp, tableaux généalogiques, notes, reliure demi-chagrin bordeaux à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée et dos conservés, bon état

            30

La femme a-t-elle toujours été cette perpétuelle mineure qu'elle fut au XIXe siècle ? A-t-elle toujours été écartée de la vie politique comme elle le fut dans la France de Louis XIV ? Régine Pernoud avec son expérience de médiéviste et d'archiviste, s'est attachée depuis longtemps à l'étude de ces questions. Dans La Femme au temps des cathédrales, elle nous apprend, entre autres : que le plus ancien traité d'éducation est dû en France à une femme, que la médecine était exercée couramment par des femmes au XIIIe siècle, qu'aux temps féodaux, les filles étaient majeures à douze ans, deux ans avant les garçons. Beaucoup d'autres traits de société sont ainsi à découvrir dans cette étude, très approfondie, mais alerte et d'une lecture captivante, menée à travers une multitude d'exemples concrets qui ne laissent échapper aucun aspect des activités féminines au cours de la période féodale et médiévale.

130.          PERRENS (F.-T.). Jérome Savonarole, d'après des documents originaux et aves des pièces justificatives en grande partie inédites.  Hachette,  1859, in-12,  453 pp, 3e édition, reliure demi-basane fauve, dos à 4 nerfs pointillés, pièce de titre chagrin carmin (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état. Bon exemplaire sans rousseurs

            50

Ouvrage issu de la thèse de doctorat de l'auteur, publiée en 1853, et couronnée par l'Académie française. — "La vie de Savonarole a été écrite par plusieurs de ceux qui avaient vécu dans sa familiarité. Toutes les règles de la critique commandent de tenir le plus grand compte de ce que rapportent les contemporains. mais le piété de ceux-ci ne prisait que les vertus monastiques de leur idole : ils ont trop souvent laissé dans l'ombre les faits les plus importants de sa vie publique, pour édifier le lecteur chrétien par le portrait du parfait Religieux : aussi les monuments qu'ils nous ont transmis sont-ils très-incomplets, et tout-à-fait dépourvus d'impartialité."

131.          RICHÉ (Pierre). Education et culture dans l'Occident barbare, VIe-VIIIe siècle. (Thèse).  Seuil,  1967, fort in-8°,  574 pp, 2e édition revue et corrigée, 16 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée (lég. défraîchie), bon état

            30

Ce livre présente les transformations de la culture éducative pendant les siècles qui séparent la fin de l'Empire d'Occident et les débuts de la puissance carolingienne (fin du Ve siècle - milieu du VIIIe siècle). Cette période, qui commence à être mieux connue des historiens, a vu s'effondrer les cadres culturels et le système d'éducation de l'Antiquité et se constituer peu à peu les bases de la culture médiévale. En parlant de l' "Occident barbare", il ne faut pas donner à ces mots un sens péjoratif mais considérer l'europe occidentale dominée par des rois étrangers à la culture romaine. Comment ces Germains et ces Celtes vont-ils accepter l'héritage antique ? Comment a disparu la culture littéraire des laïcs ? L'école des clercs et des moines a-t-elle reçu ou non les programmes de l'école romaine ? Quelles sont les méthodes de la pédagogie ecclésiastique ? Autant de questions qu'il fallait poser et auxquelles l'auteur apporte une réponse, en surmontant les obstacles d'une documentation rare et dispersée.

132.          ROQUEBERT (Michel) et Christian SOULA. Citadelles du vertige.  Toulouse, Privat,  1982, pt in-4°,  184 pp, 64 planches de photographies de Christian Soula hors texte, plans des châteaux, sources et biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

"Les grands châteaux perchés de la Montagne Noire, des Corbières et de l'Ariège, qui furent les scènes tragiques d'épisodes de la Croisade albigeoise n'avaient jamais donné lieu à une étude d'ensemble. La tâche appelait d'autant plus l'ouvrier que ces ruines d'un lointain passé ne cessent de se dégrader et de disparaître. L'excellent critique Michel Roquebert, le remarquable photographe Christian Soula s'y sont ensemble attaqués. Ils présentent ces châteaux dans un ordre suivant la chronologie de la Croisade : d'abord les citadelles assiégées de 1209 à 1211, Lastours-Cabaret, Minerve, Termes, Puivert, – puis les forteresses du soulèvement de 1240, Peyrepertuse, Puylaurens, Queribus et Montségur. Pour chacun d'entre eux, le dossier se compose d'un récit historique, d'une description, d'un plan, et de quelques planches photographiques. Le récit, d'une grande éloquence, est en général exact, les plans utiles, et les photographies d'une beauté à couper parfois le souffle. L'ouvrage figurera dans la bibliothèque de tous les fervents du passé languedocien, et c'est à sa puissance qu'il faut mesurer le mérite de ses auteurs." (Philippe Wolff, Annales du Midi, 1968)

133.          VILLENEUVE BARGEMONT (Vicomte F. L. de). Histoire de René d'Anjou, roi de Naples, duc de Lorraine et comte de Provence.  P., J. J. Blaise,  1825, 3 vol. in-8°,  xii-461, 459 et 400 pp, 3 portraits  lithographiés en frontispices, 7 planches lithographiées dont 4 dépliantes, 5 fac-similés dépliants et une planche de musique dépliante, reliures demi-chagrin carmin, dos lisses ornés avec titres, tumaisons, fleurons et filets dorés, palette dorée en queue (rel. de l'époque), qqs rousseurs éparses, bon état. Edition originale

            250

Une des monographies indispensables à l'étude de cette grande figure de l'histoire, emblématique du régime féodal. Tome I :1408-1445. Tome II : 1446-1476. Tome III : 1476-1481. — "À la mort de Louis II, en 1417, son fils aîné, Louis III, hérite du duché d'Anjou, du comté de Provence, et des prétentions de sa lignée sur le royaume de Naples. Son cadet, René, est destiné à un autre avenir. Sa mère, Yolande, un des plus fermes appuis du dauphin Charles, compte sur lui pour affaiblir l'influence bourguignonne sur les marches de l'Est. Le voici, coup sur coup, fils adoptif et héritier du duc de Bar (1419), et gendre et héritier de Charles II, duc de Lorraine (1420). Mais les revendications d'un neveu de Charles II, Antoine de Vaudémont menacent ces succès. Les secours bourguignons ne lui manquent pas. René, vaincu, est, pour longtemps (1431-1437), prisonnier de Philippe le Bon. C'est alors que surgissent sur sa route la Provence, à la mort de Louis III (1434), et surtout la Sicile, avec le décès de Jeanne II, reine de Naples, qui l'a adopté avant de disparaître (1435). Au début de 1438, René est à Aix et à Marseille ; il y prépare la conquête de l'Italie du Sud. Les quatre mois qu'il passe à nouveau en Provence, pendant l'hiver 1443-1444, préludent au retour en Anjou, au lendemain du désastre qui laisse le royaume d'outre-mer aux mains des Aragonais..." (Noël Coulet, Le Monde, 1981)

134.          VIRGOE (Roger). Les Paston. Une famille anglaise au XVe siècle. Correspondance et vie quotidienne illustrées. Choix et commentaires de Roger Virgoe. Présentation par Emmanuel Le Roy Ladurie.  Hachette,  1990, pt in-4°,  288 pp, traduit de l'anglais, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, chronologie, notices biographiques, carte, généalogies, biblio, glossaire, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Correspondance sur trois générations et vie quotidienne d'une famille anglaise sous les règnes tumultueux d'Henri VI, d'Edouard IV et de Richard III. Ces lettres nous renseignent sur la vie au XVe siècle, et plus particulièrement sur la vie de la petite noblesse anglaise, la « gentry », pendant la guerre des Deux-Roses. Par exemple les lettres envoyées par Margaret Paston à son époux. Margaret Paston née en 1423 est la fille d’un riche fermier anglais. À la mort de ce dernier, elle hérite des terres et se marie en 1440 à John Paston, un grand propriétaire terrien de la région avec qui elle a sept enfants. Ce dernier aussi avocat, passe beaucoup de temps à travailler loin de sa famille, c’est donc à elle qui revient la responsabilité de veiller sur les enfants et les propriétés terriennes. Ils communiquent dans ces moments d’éloignement par lettres, encore aujourd’hui pour la plupart conservées. Margaret Paston meurt en 1484 après avoir laissé une partie de sa fortune à l’église.

 

TEMPS MODERNES

 

135.          ACTON (Harold). Les Derniers Médicis.  Perrin,  1984, in-8°,  368 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex carmin de l'éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

Penser à Florence, c'est penser Médicis. Et avant tout Laurent, les heures glorieuses de la ville, l'ascension sans pareille de cette maison et sa suprématie auréolée de gloire, en pleine Renaissance. La décadence de la famille et sa fin sont moins connues. Longtemps sont restées dans l'ombre les dernières figures des Médicis. Harold Acton a cherché le secret de ces personnages aujourd'hui oubliés – Cosme III, Jean-Gaston et Ferdinand II – et de leur époque, des années 1660 au milieu du XVIIIe siècle. Autour d'eux, s'agite une étonnante famille pleine d'enfants mélancoliques, de cardinaux libertins, de femmes au destin tragique jusqu'à Anne-Marie-Louise, ultime et pathétique représentante des Médicis disparue en 1743. Pourtant, ces années d'engloutissement final se déroulent de manière "médicéenne" : fastes gigantesques, épisodes magnifiques et, enfin, somptueuses funérailles, celles d'une famille qui avait dominé l'esprit italien et la culture européenne pendant trois siècles. Un classique, par le plus autorisé des spécialistes.

136.          ANGLADE (Jean). Les Montgolfier.  Perrin,  1990, in-8°,  332 pp, 16 pl. de gravures hors texte, un tableau généalogique, 2 fac-similés, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            30

Le livre retrace la belle aventure des Montgolfier, ces Auvergnats qui, de père en fils, depuis le XVe siècle ne cessent de perfectionner la fabrication du papier. En 1783, Joseph et Etienne inventèrent la montgolfière en même temps qu'ils introduisirent en France le velin. — "Leur père exploitait une manufacture de papiers qu'il avait étendue et perfectionnée et dont il vivait à l'aise au milieu de ses neuf enfants, de plusieurs parents et de ses ouvriers. Chose curieuse, tous ses enfants montrèrent du goût pour les sciences. principalement pour la mécanique. mais deux d'entre eux seulement ont laissé un souvenir durable. Joseph-Michel et Jacques-Etienne car l'aérostat, c'est eux. Mais le véritable inventeur fut Joseph. Toutefois, on peut bien dire « les » Montgolfier ainsi qu'il ressort du livre que Jean Anglade vient de leur consacrer." (Lectures, 58, nov-déc 1990)

137.          AULNOY (Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, Comtesse d'). La Cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle. Relation du voyage d'Espagne. Edition nouvelle, revue et annotée par Mme B. Carey.  Plon,  1874, gr. in-8°,  iv-568 pp, un portrait gravé de l'auteur sous serpente en frontispice, appendice, reliure demi-maroquin havane, dos lisse, titres dorés et doubles filets dorés encadrant des filets à froid (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire sans rousseurs. Rare

            150

Réédition revue et annotée de ces mémoires présentés sous forme de lettres et qui vont de 1675 à 1680. Publié originellement sous le titre "Mémoires de la cour d’Espagne" (Paris, Barbin, 1690), puis "Relation du voyage d’Espagne" chez le même éditeur en 1691, cet ouvrage nous livre les multiples intrigues qui se nouaient à la cour espagnole au temps de Charles II. Mais cette relation est aussi l'occasion de nous livrer de rocambolesques aventures avec les autochtones lors de son passage à San-Sébastien pour rejoindre Madrid. Parlant le castillan, la comtesse sera présentée à Madrid aux deux reines d'Espagne, Marie-Anne d'Autriche et Marie Louise d'Orléans, et nous livre de la cour espagnole au temps de Charles II, de ses moeurs et des multiples intrigues qui s'y nouaient une description extraordinaire. Une seconde partie intitulée “Mémoires de la cour d'Espagne” a été publiée deux ans plus tard, en 1876. — Femme « d'esprit » et scandaleuse, Marie-Catherine, baronne d’Aulnoy, née Le Jumel de Barneville (1651-1705) est l'une des auteurs à l'origine du genre écrit du conte merveilleux. Là où d'autres tels que Charles Perrault travaillaient dans le sens du polissage, Madame d'Aulnoy a insufflé un esprit subversif en usant d'allégories et de satires. Son travail littéraire est souvent rapproché de celui de Jean de La Fontaine pour sa critique masquée de la cour et de la société française du XVIIe siècle. Sa famille arrange, comme il était de coutume à l’époque, son mariage à l’âge de seize ans, avec François de La Motte, baron d’Aulnoy en Brie, qui est son aîné de trente ans et possède une réputation de grand buveur et de coureur impénitent. En 1669, Marie-Catherine, sa mère et deux complices (probablement leurs amants), montent une machination faisant accuser le baron d’Aulnoy d’un crime de lèse-majesté passible de la peine de mort. Arrêté, son mari est relaxé, mais les « amis » de sa femme sont condamnés à la décapitation pour calomnie. Le complot éventé, la baronne doit son salut à une fuite dans des circonstances rocambolesques. Contrainte de s’exiler, elle aurait voyagé à travers l’Europe pour échapper à la condamnation qui la menaçait. Sa mère, la comtesse de Gudanne, se réfugie en Espagne. Passée en Angleterre en 1675, elle aurait gagné ensuite l’Espagne où sa mère réside jusqu’au moment où cette dernière peut revenir en France en 1685, car elle rentre en grâce auprès de Louis XIV pour services rendus à la cour. On retrouve sa trace en 1690, lorsqu’elle s’installe à Paris, où elle ouvre un salon littéraire. Elle meurt paisiblement chez elle, en 1705 à Paris. Un de ses éditeurs et biographe, Mathurin de Lescure, dit des deux portraits qui subsistent de cette conteuse qu’ils laissent « l’image d’une sémillante et plantureuse beauté ». Ces Mémoires vont de 1665 à 1680 et renseignent sur les multiples intrigues qui se nouaient à la cour espagnole au temps de Charles II. Une deuxième partie intitulée “Mémoires de la cour d'Espagne” a été publiée deux ans plus tard, en 1876.

138.          BRAUDEL (Fernand). La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II. (Thèse).  Armand Colin,  1976, 2 vol. gr. in-8°,  589 et 629 pp, troisième édition, 68 cartes et tableaux, 40 pl. hors texte, biblio, index, brochés, couv. illustrées à rabats, très bon état

            70

Le chef d'oeuvre de Fernand Braudel. — "J'ai passionnément aimé la Méditerranée" : c'est par ces mots que F. Braudel ouvre son premier ouvrage sur le monde méditerranéen qui, traduit dans le monde entier, y a été salué comme "la plus grande œuvre historique de notre temps". Selon la conception originale de l'auteur, il se déroule sur des rythmes temporels différents. De volume en volume, il passe de la "longue durée", du temps presque immobile de la géographie et des civilisations, au temps lent des grands cycles économiques et sociaux, et enfin au temps très vif et bref des événements au quotidien...

139.          BREMOND (Henri). Histoire littéraire du sentiment religieux en France depuis la fin des guerres de religion jusqu'à nos jours.  Armand Colin,   1967-1972, 13 vol. in-8°,  xxiii-552, 615, 253, 352, iii-604, 411, vi-529, 422, 442, iii-395, 353, 438 et 256 pp, préface de la nouvelle édition par René Taveneaux, 32 pl. de gravures hors texte, reliures simili-cuir bordeaux de l'éditeur, titres dorés aux 1er plats et aux dos, bon état

            350

Complet. Onze tomes en douze volumes + un volume d'Index. – Tome I : L'Humanisme dévôt, 1580-1660. Tome II : L'Invasion mystique, 1590-1620. Tome III : La Conquête mystique. L'École française (2 volumes). Tome IV : La Conquête mystique. L'École de Port-Royal. Tome V : La Conquête mystique. L'École du Père Lallemant et la tradition mystique dans la Compagnie de Jésus. Tome VI : La Conquête mystique. Marie de l'incarnation – Turba Magna. Tomes VII et VIII : La Métaphysique des saints. Tome IX : La Vie chrétienne sous l'Ancien Régime. Tome X : La Prière et les prières de l'Ancien Régime. Tome XI : Le Procès des mystiques. (XII) : Index alphabétique et analytique. — "Henri Bremond revient au premier plan de l'actualité historique. La librairie Armand Colin a entrepris la réédition de sa monumentale “Histoire littéraire du sentiment religieux en France” (publiée entre 1916 et 1933) : onze tomes en douze volumes reliés. Les bremondiens fervents comme les spécialistes de l'histoire religieuse ne peuvent que se réjouir de cette initiative qui leur offre, à un prix enfin abordable, une œuvre qui, il faut bien l'avouer, n'a pas été, sur bien des points, dépassée, et qui demeure la base de tout travail sur l'histoire de la spiritualité. (...) Bremond a su nous restituer l'esprit de la première moitié du XVIIe siècle religieux. L'essentiel de son apport est bien là, dans le changement radical de paysage historique qu'il a opéré. En gros, avant Bremond, l'histoire du XVIIe siècle religieux était comme dominée par l'admirable “Port-Royal” de Sainte-Beuve : le XVIIe siècle religieux sortait de la fameuse « journée du guichet ». Bremond renverse les perspectives et montre que le mouvement religieux en France est bien antérieur à la réforme de Port-Royal qui n'est qu'un cas particulier de la « réforme catholique »..." (Dominique Julia, Revue d'histoire de l'Église de France, 1969) — En entreprenant cette Histoire littéraire du sentiment religieux en France, l’abbé Bremond (1865-1933) pensait la conduire depuis la fin des guerres de Religion jusqu’à nos jours. Il la laissera inachevée, et sans parvenir tout à fait au terme du XVIIe siècle. Il n’en a pas moins renouvelé de fond en comble la vision de l’histoire religieuse de ce siècle, la centrant non plus sur Port-Royal, comme la tradition académique depuis Sainte-Beuve, mais sur « l’humanisme dévot » et « l’École française » de spiritualité : François de Sales et Pierre de Bérulle, puis la question de l’amour pur. Il ouvrait ainsi un domaine de recherches, lesquelles d’ailleurs n’allaient pas manquer de nuancer et parfois de contester son entreprise. Cette dernière n’en demeure pas moins sans équivalent, par l’ampleur du panorama, l’originalité de l’écriture, la quantité d’auteurs oubliés ou méconnus qu’elle a invité à découvrir.

140.          CAMPION (Henri de). Mémoires (1613-1663), suivis de Trois entretiens sur divers sujets d'histoire, de politique et de morale.  Mercure de France,  1967, in-8°,  332 pp, édition présentée et annotée par Marc Fumaroli, notes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

Les mémoires d'un noble normand, Henri de Campion, engagé dans le parti des armes. Henri de Campion naît en 1613. Il a vingt-quatre ans à l'heure du Cid. Comme le héros cornélien, il a le goût de la guerre, de l'aventure et de l'honneur. Campion fait donc la guerre dans les armées de Louis XIII et de Richelieu. Puis se lance dans l'aventure : la régence d'Anne d'Autriche et la Fronde. Mazarin, les Grands, la famille royale sont les acteurs d'une tragédie politique dont le nœud est un complot contre la vie du Cardinal. Campion, au nom de son honneur de gentilhomme, refuse d'obéir aveuglément aux passions du chef du parti aristocratique, le duc de Beaufort. L'échec du complot l'oblige pourtant à s'exiler. Il ne revient en France que deux ans plus tard, pour se marier et vivre à l'écart des intrigues. Il entre en 1651 dans l'armée royale – cette fois au service de Mazarin qui achève d'écraser la Fronde. Ce va-et-vient de la politique et de la guerre, cette suite de vicissitudes le détournent peu à peu de la vie active. Quand meurt sa fille aînée, âgée de quatre ans, qu'il adorait comme une image d'un autre monde plus pur, il se retire de celui-ci, n'ayant d'autre espoir qu'en Dieu. Ses Mémoires résonnent alors des accents douloureux et déjà romantiques inspirés par la retraite, la nature, la contemplation de la mort et l'appel du divin : on y entend, après l'écho des duels et des batailles, la rumeur de la prière.

141.          CASTARÈDE (Jean). Henri IV, le roi vengé.  France-Empire,  1996, gr. in-8°,  316 pp, annexes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Si l'on sait qu'en 1610 Henri IV a été assassiné par Ravaillac, on connaît moins les dix années qui ont précédé ou suivi ce crime : pour la France, prospérité retrouvée et amorce de construction européenne à quinze, pour le roi, c'est le temps des amours tumultueuses entre son épouse Marie de Médicis et la plus perfide et la plus nocive de ses maîtresses, Henriette de Balzac d'Entragues. Elle a « la beauté mais aussi l'esprit du diable ». Elle ne sera pas tout à fait étrangère à la mort du souverain. par sa complicité peut-être, en tout cas, par son silence. Sept ans plus tard, Louis XIII donna l'ordre de tuer Concini qui avait été aussi un artisan du complot de Ravaillac. Henri IV vengé par son fils, tel est le jeu de bascule dans lequel fut plongée la France à partir de 1610. Jean Castarède émet l'hypothèse que l'assassinat du roi n'est pas seulement l'action d'un exalté. Il brosse alors un stupéfiant parallèle avec un autre assassinat célèbre, celui du président Kennedy, à propos duquel il détient des éléments inédits, révélés ici pour la première fois. Il prouve qu'il y a eu, là aussi, si ce n'est complot, plusieurs complicités. Enfin, au-delà de l'enquête policière, ce livre dévoile les ressorts psychologiques cachés des princes qui nous gouvernent et la fascination exercée sur eux par les femmes. On y trouve les jeux de l'amour, de l'intérêt et du pouvoir, dans une France qui n'a pas beaucoup changé depuis des siècles, mais dont les crises ne sont, fort heureusement, plus dénouées par des assassinats.

142.          CASTELOT (André). La Reine Margot.  GLM, Perrin,  1993, in-8°,  279 pp, 8 pl. de gravures hors texte, sources, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

L'ardente Marguerite de Valois, puis de Navarre, petite-fille du roi François Ier, fille de Henri II, sœur de François II, de Charles IX et de Henri III, première épouse de Henri IV, connut une existence romanesque. Certes, "elle avait la tête près du bonnet, a dit Ronsard, et le bonnet volontiers de travers", et l'on peut critiquer bien de ses intrigues politiques, mais celle que l'on appelait la "déesse de son siècle", par son intelligence, son érudition, son coût pour le latin et la poésie, a ébloui tous ceux qui l'ont vue vivre et aimer. Brantôme fut amoureux de la belle Margot, "si belle que rien n'existe, disait-il, de si beau au monde". Et ses nombreux amants furent bien de cet avis ! Des amants dont plusieurs furent assassinés et exécutés ou même, pour deux d'entre eux, tués jusque dans ses bras... Ayant mené la guerre contre son frère Henri III et son mari Henri IV, emprisonnée durant dix-neuf années à Usson, sinistre nid d'aigle auvergnat, ce personnage d'amour, de cape et d'épée, fut assurément la plus extraordinaire princesse de l'histoire de France.

143.          CASTRIES (Duc René de). Le Maréchal de Castries (1727-1800).  Flammarion,  1956, in-8°,  281 pp, préface du duc de Lévis Mirepoix, sources et biblio, pièces justificatives, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Grandes biographies). On joint une coupure de presse sur l'élection du duc de Castries à l'Académie française (Le Figaro, 5 mai 1972)

            25

Ouvrage couronné par l'Académie française. — "Excellent tacticien, Castries se révéla un stratège de large envergure, un grand administrateur, à la tête du ministère de la Marine et l'un des principaux artisans du concours apporté par les armées françaises à l'indépendance des Etats-Unis. Ce sera l'un de ses titres de gloire d'avoir été l'homme de confiance, dans cette oeuvre si méconnue et pourtant si personnelle, de Louis XVI."

144.          CHAUNU (Pierre). La Civilisation de l'Europe classique.  Arthaud,  1970, fort in-8° carré,  706 pp, 264 héliogravures en noir et 8 planches en couleurs hors texte, 37 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, reliure skivertex noir éditeur, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

            60

"Il serait banal de louer l'originalité des perspectives de ce grand livre : plus encore que des certitudes érudites qu'il nous offre, on sera reconnaissant à Pierre Chaunu d'avoir su placer dans une lumière nouvelle les problèmes essentiels de ce moment unique que fut la civilisation classique. La vigueur d'un tel ouvrage où l'histoire des hommes trouve son unité dans la pensée théologique qui l'éclaire, Raymond Bloch nous en révèle, dès l'abord, le secret : il réside dans l'accord intime « entre la vie d'un siècle et le tempérament de l'historien qui l'évoque »." (René Taveneaux, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1967) — "Il faut louer Pierre Chaunu d'avoir eu le courage de tenter une grande synthèse de l'histoire européenne de 1620 à 1750 et de retracer les bouillonnements de cette Europe tout ensemble baroque et classique : mais c'est plus difficile que d'écrire une histoire des civilisations, et l'ouvrage fourmille de vues neuves, incisives, passionnantes, qu'il s'agisse de démographie (p. 177-240) ou de mentalités religieuses (p, 457 et suivantes). L'auteur a du faire des choix et peut-être certains regretteront des raccourcis trop brefs sur la révolution technique du XVIIe (la manufacture apparaît au XVIIe, avec toutes ses conséquences) ou sur la construction de l'Etat administratif et l'art politique (c'est à partir de 1670-1690 que des ministères véritables apparaissent en France, avec leur hiérarchie, leurs routines, leurs « carrières », ou encore sur la peinture européenne... Mais cette fresque est très suggestive – et on doit louer l'illustration fort abondante et habilement commentée." (La Revue administrative, 1966) — "Malgré les 700 pages intelligemment illustrées de l'ouvrage, le cadre paraît trop étroit pour le propos ambitieux : faire la synthèse de l'évolution des esprits, des techniques et des sociétés du continent européen (Russie comprise) de 1620 à 1760. Il est alors inévitable que l'on ait parfois l'impression d'une densité redoutable. C'est dire aussi la richesse de ce volume, auquel on peut d'autant mieux se référer qu'il comporte des tableaux chronologiques (histoire politique, économie, religions, vie intellectuelle, arts, rapports avec le monde) et un index documentaire qui est, à lui seul, un petit dictionnaire." (Population, 1967)

145.          COUSIN (Victor). Madame de Hautefort. Nouvelles études sur les femmes illustres et la société du XVIIe siècle.  P., Librairie académique Perrin,  1874, in-12,  vi-436 pp, quatrième édition, notes, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 faux-nerfs soulignés à froid, auteur, titre, filets et caissons dorés (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire, finement relié et sans rousseurs

            30

En parallèle de ses travaux philosophiques, Victor Cousin travailla sur l'histoire des femmes illustres du XVIIe siècle. Marie de Hautefort (1616-1691), surnommée par la Cour « l'Aurore », est une dame de la cour de Louis XIII. Fille d'honneur de Marie de Médicis et présentée à Anne d'Autriche par sa grand-mère Catherine Le Voyer de Lignerolles, elle devient dame d'honneur de la reine et l’objet des amours platoniques du roi Louis XIII.

146.          CUÉNIN (Micheline). Le duel sous l'Ancien Régime.  Presses de la Renaissance,  1982, gr. in-8°,  343 pp, préface d'Yves-Marie Bercé, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le duel ? Le mot évoque irrésistiblement l’univers de Dumas et de Paul Féval. Pourtant, ce livre nous entraîne bien au-delà des images que les fictions des romanciers nous ont imposées. Sous l’Ancien Régime, en effet, le duel est une pratique courante. Pour un rien – un mot déplacé, une rivalité galante, une question de préséance, une querelle de cabaret –, on « appelle » l’offenseur, on entraîne parents et amis, et l’on se retrouve au petit matin, ferraillant à deux, quatre ou huit, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les édits contre cet usage barbare (les morts se comptent par milliers tous les ans) se multiplieront sans parvenir à le déraciner. La loi privée du sang se maintient obstinément contre la volonté du prince. Cette religion du « point d’honneur », et surtout le mépris de l’existence qu’elle suppose, nous offrent la matière d’une passionnante étude de mentalités. A partir des sources les plus sûres et les plus diverses (mémoires, correspondances, textes littéraires et juridiques), Micheline Cuénin retrace les moments forts de ce conflit qui mit aux prises, plusieurs siècles durant, l’autorité monarchique et le « sacrement de l’assassinat », le politique et le romanesque...

147.          DAUPHIN MEUNIER (Joseph). La Vie intime et amoureuse de Mirabeau.  Jules Tallandier,  1930, in-8°,  301 pp, 16 pl. de gravures hors texte, sources, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos à 4 faux-nerfs guillochés, orné en long, pièce de titre basane verte, tête dorée, couv. conservées, bon état

            40

Joseph Dauphin Meunier (1868-1927), conservateur de la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris, s'est depuis longtemps consacré à l'étude de Mirabeau. Il explore et utilise avec une rare pénétration d'esprit les documents inédits permettant de mieux faire revivre l'homme. Ses ouvrages précédents, tous couronnés par l'Académie française, abordaient la biographie de Mirabeau du côté des femmes : “Lettres inédites de Mirabeau à Julie Dauvers écrites du donjon de Vincennes et publiées sur les manuscrits originaux” (1907) ; “La comtesse de Mirabeau, 1752-1800, d'après des documents inédits” (1908) ; “Louise de Mirabeau, marquise de Cabris, 1752-1807” (1914). Il a également publié “Autour de Mirabeau” (1926) et “La vie intime et amoureuse de Mirabeau”, d'après sa correspondance inédite (1930). « Aucun guide, dit M. Barthou, n'est mieux préparé que M. Dauphin Meunier à une promenade variée autour de Mirabeau et des temps qui précédèrent la Révolution. Il a la science et la grâce, l'érudition et une simplicité du meilleur aloi, le style clair et alerte ». (Revue belge de philologie et d'histoire)

148.          DEL PERUGIA (Paul). Louis XV.  Hachette, Club pour vous,  1979, gr. in-8°,  698 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Il existe peu d'ouvrages renouvelant, à l'aide d'une documentation si riche, un règne que l'on croyait bien connaître. Le livre de P. del Perugia est rapide et très vivant." (Jean-Baptiste Bourienne, Revue des Deux Mondes, 1976) — "La thèse de l'auteur est simple : Louis XV avait toutes les vertus publiques et privées (« Un travail acharné, une information très précise, des connaissances historiques et techniques étendues, une mémoire classant les hommes et les faits »), mais il a été victime, pour son malheur et celui de la France, d'une coalition groupant à la fois le parti prêtre et les amis du progrès s'acharnant à le déconsidérer auprès du bon peuple en montant en épingle le scandale de sa vie privée : « Ce fut l'Eglise – ou du moins certains de ses clans – qui fut à l'origine de la vague de calomnies dont Louis XV demeure de nos jours déshonoré, alors qu'il fut l'un de nos chefs d'Etat les plus modérés sur le chapitre des femmes. »..." (François Lebrun, Revue Historique, 1977)

149.          DELASSAULT (Geneviève). La Pensée janséniste en dehors de Pascal. Textes choisis et présentés.  Buchet/Chastel,  1963, in-12,  253 pp, broché, bon état (Coll. Le vrai savoir)

            20

"Mlle Delassault présente un choix de textes de Port-RoyaL L'histoire et la pensée religieuse du monastère, les oeuvres de Pascal sont laissées de côté, parce que déjà connues ; il n'en est pas de même de « l'aspect à la fois philosophique et littéraire de la pensée port-royaliste » (p. 7). Mlle Delassault a su à merveille, grâce à la grande connaissance qu'elle a de tout le milieu où vécut Sacy, mettre en relief cette variété... L'ouvrage s'achève par quelques documents sur Port-Royal et le théâtre, ainsi que par quelques poèmes de R. Arnauld d'Andilly, Sacy, Racine... On saura gré à l'auteur de ne pas s'en être tenue aux plus grands : Arnauld, Nicole et Sacy, mais d'avoir fait parler Fontaine, Wallon de Beaupuis, Lancelot, Conti... L'intérêt de ce recueil en est beaucoup accru, puisqu'ainsi apparaissent encore mieux la richesse et la variété des pensées, des recherches dans un « cénacle » qui fut sans doute le plus vivant, le plus profond et le plus influent qu'ait connu notre pays." (Ph. Sellier, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1965)

150.          DESPRAT (Jean-Paul). Le guerrier philosophe. Mémoires apocryphes du prince Eugène de Savoie (1663-1736).  Seuil,  2020, in-8°,  546 pp, un tableau généalogique, broché, couv. illustrée, bon état

            16

Versailles, 1683. Louis XIV hausse les épaules lorsque son jeune cousin, Eugène de Savoie-Carignan, demande de pouvoir le servir dans ses armées. Eugène n'a rien d'un guerrier : il vient à peine de quitter le petit collet qui faisait de lui un ecclésiastique, il n'a jamais porté l'épée, il est de plus bossu et rachitique. Quant à sa mère, Olympe Mancini, elle a été gravement compromise dans l' "affaire des poisons". Le Roi-Soleil vient pourtant de commettre l'une des plus funestes erreurs de son règne. Deux mois plus tard, Eugène est en Autriche. Il se met au service de l'empereur Léopold au moment où Vienne est assiégée par les Turcs. C'est le début d'une prodigieuse carrière d'un demi-siècle qui va faire de lui le généralissime des troupes impériales, le chef du Conseil de guerre, le gouverneur des Flandres et du Milanais et, surtout, le principal ennemi de Louis XIV. Toutes les pires défaites de la France jusqu'en 1710 seront le fruit de son génie tactique. Eugène, qui n'aura pas de descendance, est par ailleurs un intellectuel, aussi bien philosophe que théologien, lié aux principaux artistes de son temps, constructeur de palais gigantesques et magnifiques, tels le Belvédère de Vienne ou, aux frontières de la Hongrie, le Schloss Hof qui évoque Versailles. Une destinée éblouissante... mal connue en France pour cette simple et triviale raison qu'il fut notre ennemi et que nous n'aimons pas nous rappeler nos défaites, surtout lorsqu'elles nous sont infligées par un homme qui, comme Eugène, est né à Paris, en plein quartier des Halles.

151.          DIDEROT. Le Neveu de Rameau ou Satire seconde accompagné de la Satire première. Edition du deux cent cinquantenaire.  P., Club des Amis du Livre progressiste,  1963, in-8° carré,  lxviii-186 pp, introduction et notes dans le texte par Roland Desné, présentation de Alexandre Chem, nombreuses illustrations et documents dans le texte et hors texte, certains en dépliant, reliure peine toile imprimée de l'éditeur, signet, bon état. Belle édition

            25

"Le joli volume que voici ! Une reliure en grosse toile rayée blanc et brun, au travers de celle-ci la signature énergique de Diderot et son paraphe enthousiaste, du beau papier chiffon d'une blancheur mate, des caractères d'imprimerie élégants et lisibles, des marges généreuses, tout est fait pour attirer le lecteur. Et surtout les illustrations, aussi nombreuses que variées, choisies avec soin et bien reproduites. Il y en a de petites dans les marges, de grandes sur des feuilles d'un papier jaune qui les fait très bien ressortir, sans compter les dépliants. Portraits divers de Diderot, dessin de Rameau par Wille, gravures et caricatures de Fréron et de Palissot, reproductions de scènes de la vie quotidienne où se montrent libraires, nouvellistes, artisans, oisifs, filles publiques etc., planches de l'encyclopédie (coutellerie, corderie), documents (rapport de la prévôté de juin 1717 sur Diderot), partie du plan Turgot, dessins de Le Brun, que ne trouve-t-on pas dans ce petit musée ? Le deux cent cinquantenaire de Diderot aura été bien célébré par le Club des Amis du livre progressiste. Quant au travail du commentateur, le moins on en parlera, le mieux cela vaudra. Ce n'est pas la première fois que les marxistes s’attaquent à l’œuvre si riche de Diderot et tâchent par des prodiges de raisonnement de tirer à eux le philosophe. On reconnaîtra dans la longue introduction de Roland Desné (soixante-quinze pages) le lourd attirail de la dialectique du parti et tout un lot de banalités qui n’avaient pas besoin d’étre répétées dans la biographie sommaire qu’il s’est cru obligé d’y inclure. Quant au texte, c’est celui de l’édition Fabre, à laquelle l’annotation de M. Desné doit ce qu’elle a de bon." (Adrienne d'Hytier, New York, Romanic Review, 1964)

152.          DINFREVILLE (Pierre d'Esneval, dit Jacques). Le Chevalier d'Infreville et les marquis de la mer.  Grenoble, Editions des 4 Seigneurs,  1973, gr. in-8°,  332 pp, 32 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française)

            40

Louis II Le Roux, seigneur de Saint-Aubin, puis marquis d'Infreville, né en 1642 à Rouen et mort le 13 juillet 1712 à Infreville, est un aristocrate et officier de marine français des XVIIe et XVIIIe siècles. Né dans une famille de la noblesse normande, Louis Le Roux, suit les traces de son père et entre dans la Marine royale. Après avoir combattu les pirates barbaresques en Méditerranée sous Duquesne, il sert pendant la guerre de Hollande sous ses ordres et ceux du vice-amiral d'Estrées, lors des trois défaites à la bataille de Schooneveld et au Texel puis lors de la campagne victorieuse de Sicile en 1676. Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il sert sous Tourville à la bataille du cap Béveziers en 1690 et à la défaite de la Hougue, en 1692. L'année suivante, il est promu chef d'escadre par Louis XIV, et c'est à ce grade qu'il servira pendant la guerre de Succession d'Espagne. Il est à Vélez-Málaga en 1704, mais ne voyant pas venir de nouvelle promotion, il prend sa retraite deux ans plus tard sur ses terres d'Infreville, où il meurt en 1712.

153.          EPINAY (Louise-Florence-Pétronille Tardieu d'Esclavelles, marquise d'). Mémoires de Madame d'Epinay. Edition nouvelle et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inédits par M. Paul Boiteau.  P., G. Charpentier et Cie,  s.d. (1884), 2 vol. in-8°,  viii-460 et 500 pp, notes, cartonnages marbrés couleur brique, dos lisse avec pièces de titres basane noire (rel. de l'époque), coiffes lég. frottées, qqs rousseurs, bon état

            70

Madame d'Epinay (1725-1783), femme de lettres et d'esprit, fut l'amie de Rousseau, Voltaire, Diderot, Duclos, Grimm, Raynal, de l'abbé Galiani, etc., qu'elle reçut dans son salon. — "Femme-écrivain, salonnière et amie des philosophes et des écrivains célèbres au XVIIIe siècle, Louise d'Épinay est l'auteur de Mémoires dont l'originalité se situe à deux niveaux : du point de vue du contenu d'abord, car c'est une histoire de sa famille et des événements littéraires du siècle, histoire cependant « auto-réfléchissante » et remplie de ses propres sentiments et réflexions ; puis, du point de vue de la forme, puisqu'il s'agit d'une combinaison singulière de lettres, souvenirs et pages de journal à la première personne et de petits récits à la troisième personne..." (Sanda Nemeth-Badescu, Dalhousie French Studies, 2005) — "Les Mémoires de Madame d'Epinay sont peut-être l'ouvrage qui nous fait le mieux connaître la société polie du XVIIIe siècle." (P. Boiteau).

154.          GAILLARDIN (Casimir). Histoire du règne de Louis XIV. Récits et tableaux.  P., Jacques Lecoffre,  1871-1879, 6 vol. in-8°,   reliures demi-basane cerise, dos lisses avec titres, tomaisons et filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, qqs rousseurs, bon état (Grand Prix Gobert de l'Académie française en 1875 et 1876)

            250

Complet – Tomes I et II : La France politique, religieuse, littéraire sous Mazarin ; tomes III et IV : L'époque de puissance et de gloire sous Colbert et Louvois ; tomes V et VI : La décadence : Guerres de la seconde Coalition et de la Succession d'Espagne. — Classique histoire du règne, établie par un professeur d'histoire au lycée Louis-Le-Grand, qui a le mérite de présenter un tableau complet du règne de Louis XIV. Guerres, diplomatie, gouvernement intérieur, querelles religieuses, intrigues de cour, lettres, sciences et arts, tout y est traité en détail. Si l'on excepte les trois volumes que Henri Martin consacre à cette période dans son "Histoire de France", il n'y avait avant cette étude que des monographies sur l'époque de Louis XIV. Gaillardin, profitant des travaux de ses devanciers, a voulu nous montrer dans toutes ses faces le siècle du grand roi.

155.          GRIMM (Frédéric-Melchior), Denis DIDEROT. Correspondance littéraire, philosophique et critique, adressée à un souverain d'Allemagne ... par le baron de Grimm et par Diderot.  P., Longchamps, Buisson,  1812-1813, 16 + 1 vol. in-8°,   tables des noms propres, reliures plein veau fauve marbré, jolis dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison basane vermillon et vert, encadrement doré sur les plats, tranches jaunes (rel. de l'époque), dos lég. frottés, qqs coiffes frottées, bon état

            500

Edition originale de ce célèbre et important journal du XVIIIe siècle, curieux périodique manuscrit publié en français de 1748 à 1793 et dont apparemment la quinzaine d’abonnés étaient des nobles d’Europe du Nord (le futur Gustave III de Suède, la reine de Suède), d’Europe Centrale (Prusse, Pologne, Saxe, Hesse, Deux Ponts, etc.). Manuscrit, ce périodique va échapper à toute censure puisque celle-ci s’occupait surtout des imprimés ; par contre, il sera censuré en 1812 et 1813 lors de la première édition... Donc, de 1750 à 1790, Grimm envoyait, une ou plusieurs fois par mois, des informations à l'impératrice de Russie, à la reine de Suède, au roi de Pologne et à quelques autres personnages princiers qui le rémunéraient largement ; il en adressait même des copies à quelques particuliers qui lui payaient un abonnement annuel de trois cents livres. Aidé par quelques collaborateurs, par Diderot notamment, il tenait ses correspondants au courant du mouvement littéraire et philosophique, ainsi que des principaux évènements parisiens. Cette correspondance, remarquable par ses appréciations critiques, fut recueillie et publiée pour la première fois en 1812-1813. La majeure partie des articles qu'il renferme sont de Grimm lui-même, avec également des textes de Diderot, de Voltaire, de Rousseau, etc. — Détail : trois parties reliées en 16 volumes : Première partie : depuis 1753 jusqu'en 1769 (6 volumes) – Seconde partie : depuis 1770 jusqu'en 1782 (5 volumes) – Troisième et dernière partie : pendant une partie des années 1775-1776, et pendant les années 1782 à 1790 inclusivement (5 volumes) ; auxquels on ajoute le volume : “Correspondance inédite de Grimm et Diderot. Recueil de lettres, poésies, morceaux et fragmens retranchés par la censure impériale en 1812 et 1813” [édité par Luglien-François Thory]. P., Fournier Jeune, 1829, reliure demi-veau glacé fauve, dos orné en long (dos de la reliure abîmé, intérieur propre) ; soit 17 volumes au total.

156.          HACKETT (Francis). Henri VIII, 1491-1547.  P., Club du Meilleur Livre,  1981, in-8°,  522 pp, 24 pl. de gravures et portraits hors texte, certaines dépliantes, reliure pleine toile satinée bleue décorée d'une vignette en médaillon (rel. de l'éditeur), gardes illustrées, rhodoïd, bon état

            25

"M. Hackett ne pouvait guère trouver un meilleur sujet d'étude que la vie et le caractère, la politique et les amours du plus versatile et du plus despotique des souverains : Henri VIII. C'est à travers l'homme qu'il voit et qu'il peint son époque. Dans une longue entrée en scène, il nous présente trois potentats qui, pendant un tiers de siècle, vont ébranler le monde en se disputant l'hégémonie : Charles-Quint, François Ier, Henri VIII ; trois portraits en pied, au physique et au moral ; c'est autour de leur rivalité, de leurs accords intéressés, de leurs inimitiés, que le récit se développe en sept tableaux, le premier consacré à l'enfance du futur roi d'Angleterre, qui sera naturellement le héros de la pièce. Celle-ci sera à son tour divisée en six actes, chacun pour une de ses femmes couronnées. Disons tout de suite que M. Hackett s'est préparé à sa tâche par une étude pénétrante des documents contemporains. Le précieux recueil des “Letters and Papers” lui a fourni de solides matériaux pour une œuvre qui abonde en détails savoureux. Son récit est d'ailleurs d'une lecture divertissante ; son style, parfois vulgaire, est le plus souvent alerte, pittoresque, truculent. Il ne craint pas de raconter crûment certaines aventures scabreuses. Ses portraits sont vivants, tels celui de Catherine d'Aragon, qu'il plaint et qu'il admire, et celui de Thomas More, sans oublier le roi lui-même. Ses pages ne laisseront pas indifférents les gens de métier." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1931)

157.          HALLYNCK (P.) et M. BRUNET. Les Temps modernes, du XVIe siècle au XVIIIe siècle.  Masson et Cie,  1948, pt in-8°,  528 pp, 3e édition, 214 gravures et portraits, 13 cartes, cart. éditeur, bon état (Manuel, Classe de Quatrième)

            20

158.          LA BATUT (Guy de). La Cour de Monsieur, frère de Louis XIV. Portraits et documents inédits.  Albin Michel,  1927, in-8°,  308 pp, 16 gravures hors texte, biblio, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. épidermé, bon état (Coll. Ames et visages d'autrefois)

            40

"Philippe, duc d'Anjou, puis d'Orléans, naquit en 1640 et mourut en 1701. Pendant ces soixante années, son rôle politique fut nul : quelque gloire militaire, due à la victoire de Cassel, rompit seulement et exceptionnellement la monotonie de cette vie. Maigre sujet pour un historien. Aussi M. de L. B. a-t-il donné à son ouvrage un titre plus général, “La Cour de Monsieur”. En réalité, il s'agit surtout des deux femmes que le duc épousa successivement, Henriette d'Angleterre et Elisabeth Charlotte, princesse Palatine, et de leurs démêlés avec leur époux, insignifiant et frivole. Autour de ces personnages s'agitent plusieurs intrigants, dont l'ambitieux évêque Daniel de Cosnac et le peu recommandable chevalier de Lorraine sont les plus marquants..." (Louis André, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1927) — "M. Guy de la Batut nous parle de “La Cour de Monsieur”. La cour de Monsieur, c'est la cour de Madame, car le Monsieur dont il s'agit, c'est le frère de Louis XIV, et la cour qui l'entoure à Saint-Cloud, c'est beaucoup le cercle de ceux qui font la leur à Henriette d'Angleterre. Ce n'est pas que cet ancêtre de la branche d'Orléans soit foncièrement insignifiant ou perverti. Il est, comme beaucoup d'autres princes du sang, victime de sa naissance. Il paie pour Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, qui s'est montré si insupportable sous le règne précédent que Mazarin, Anne d'Autriche et Louis XIV ne songent qu'à éviter le retour de pareils troubles. D'un enfant qui était joli, gracieux et probablement moins égoïste que son aîné, on a fait un être efféminé, vicieux, qui ne s'intéresse qu'à la parure, aux bijoux, aux fards, dont le rêve est de s'habiller en femme et de se faire courtiser par les hommes, à quoi il ne manque pas en carnaval, et d'où lui viennent des goûts fâcheux..." (A. Albert-Petit, La Revue de Paris)

159.          LANGLOIS (Marcel). Louis XIV et la Cour, d'après trois témoins nouveaux : Bélise, Beauvillier, Chamillart.  Albin Michel,  1926, in-8°,  329 pp, 20 gravures hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Dans ce volume M. Langlois a réuni quelques études, dont une parue dans cette Revue en 1925, qui intéressent l'histoire de la France au XVIIe siècle ; ces travaux ont pour objet deux oeuvres anonymes, qu'il a eu le mérite de découvrir et de présenter avec une annotation, et aussi une oeuvre, connue sous un pseudonyme, qu'il restitue au véritable auteur. Nous n'en parlerions pas du point de vue de l'histoire littéraire s'il ne nous paraissait évident que, même sous cet aspect, nos lecteurs peuvent en tirer quelque profit. Inutile d'insister sur l'apport nouveau que constituent les « Anecdotes » et les « Réflexions » de la présidente Ferrand, de qui on ne connaissait jusqu'ici que les « Lettres » ; elles contiennent des appréciations intéressantes sur les oeuvres de Mme de La Fayette, de Mme Dacier, de l'abbé de Choisy et de La Bruyère. Les « Pensées intimes » de Beauvillier complètent sur un point l'enquête de M. l'abbé Brémond sur la littérature mystique ; il faut espérer que M. Langlois ne s'arrêtera pas en si bonne voie et nous apportera bientôt du nouveau encore sur ce pieux personnage. Le côté qui paraît le plus curieux ce sont ces « Anecdotes et portraits », extraits de Chamillart ; il y a là l'impression au jour le jour d'un contemporain sur la querelle Bossuet-Fénelon, sur Bourdaloue, Fléchier, Hébert, Bussy-Rabutin, Racine, Corneille, Perrault et Mme de Sévigné. Le choix des illustrations réunit toute une iconographie souvent inédite, entre autres un portrait du roi par N. Robert, qui fait partie de la série des « Vélins du Muséum », et plusieurs gravures curieuses. Un index permet de retrouver tous les passages du texte." (G.-M. Michel Drucker, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1928)

160.          LANGLOIS (Marcel). Louis XIV et la Cour, d'après trois témoins nouveaux : Bélise, Beauvillier, Chamillart.  Albin Michel,  1926, in-8°,  329 pp, 20 gravures hors texte, index, reliure demi-maroquin carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleuron dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), pt déchirure sans manque à un feuillet (p. 173-174), un mors réparé sur 2 cm, bon état. Bel exemplaire

            60

"Dans ce volume M. Langlois a réuni quelques études, dont une parue dans cette Revue en 1925, qui intéressent l'histoire de la France au XVIIe siècle ; ces travaux ont pour objet deux oeuvres anonymes, qu'il a eu le mérite de découvrir et de présenter avec une annotation, et aussi une oeuvre, connue sous un pseudonyme, qu'il restitue au véritable auteur. Nous n'en parlerions pas du point de vue de l'histoire littéraire s'il ne nous paraissait évident que, même sous cet aspect, nos lecteurs peuvent en tirer quelque profit. Inutile d'insister sur l'apport nouveau que constituent les « Anecdotes » et les « Réflexions » de la présidente Ferrand, de qui on ne connaissait jusqu'ici que les « Lettres » ; elles contiennent des appréciations intéressantes sur les oeuvres de Mme de La Fayette, de Mme Dacier, de l'abbé de Choisy et de La Bruyère. Les « Pensées intimes » de Beauvillier complètent sur un point l'enquête de M. l'abbé Brémond sur la littérature mystique ; il faut espérer que M. Langlois ne s'arrêtera pas en si bonne voie et nous apportera bientôt du nouveau encore sur ce pieux personnage. Le côté qui paraît le plus curieux ce sont ces « Anecdotes et portraits », extraits de Chamillart ; il y a là l'impression au jour le jour d'un contemporain sur la querelle Bossuet-Fénelon, sur Bourdaloue, Fléchier, Hébert, Bussy-Rabutin, Racine, Corneille, Perrault et Mme de Sévigné. Le choix des illustrations réunit toute une iconographie souvent inédite, entre autres un portrait du roi par N. Robert, qui fait partie de la série des « Vélins du Muséum », et plusieurs gravures curieuses. Un index permet de retrouver tous les passages du texte." (G.-M. Michel Drucker, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1928)

161.          LE ROY LADURIE (Emmanuel), avec la collaboration de Jean-François Fitou. Saint-Simon ou le système de la Cour.  Fayard,  1997, gr. in-8°,  633 pp, 24 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, généalogie de la famille royale, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

En sus de leur écriture somptueuse, les Mémoires de Saint-Simon sur le monde de la Cour au temps de Louis XIV et durant la Régence constituent un inépuisable gisement d'informations qui vont bien au-delà des innombrables anecdotes qu'ils récèlent. Véritable théoricien de la hiérarchie, Saint-Simon propose en effet implicitement une vision intériorisée de l'inégalité : elle trouve ses racines dans une très ancienne tradition. Quels que soient les personnages évoqués et les épisodes relatés, intervient toujours l'obsession de la naissance (le rang, et puis la pureté ou l'impureté du sang) avec les comportements qui en découlent de façon nécessaire. Les pays étrangers que le mémorialiste admire sont ceux où, dans les Cours, chacun reste à la place qui lui est assignée par la Providence, ainsi l'Allemagne, alors que l'Espagne se montre laxiste en fait de bâtardise. Tout, le politique comme le sacré, les "cabales" (qui tiennent lieu de partis politiques) comme la sexualité, et jusqu'à l'usage du tabac, est vu par Saint-Simon à travers le prisme de la hiérarchie. Comme à son habitude, Emmanuel Le Roy Ladurie (en collaboration avec Jean-François Fitou) met en œuvre une impressionnante gamme de grilles de lecture pour nous faire découvrir (avec une causticité et une rigueur qui font écho à celles du "petit duc") une Cour louis-quatorzienne, une Régence ultérieure, en bref un Ancien Régime tout à fait inhabituel.

162.          LEVER (Evelyne et Maurice). Le Chevalier d'Eon : « Une vie sans queue ni tête ».  Fayard,  2010, gr. in-8°,  385 pp, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Est-ce un homme, une femme, un hermaphrodite ? L'énigme de son sexe aura sûrement beaucoup plus fait pour sa réputation que tout ce qu'il entreprit dans sa longue existence. Les aventures du chevalier d'Eon dépassent de loin par l'extravagance tout ce qu'un romancier peut imaginer, mais leur intérêt ne s'épuise pas dans les péripéties d'une vie "sans queue ni tête", comme il le dit un jour. Tout à la fois agent secret de Louis XV et diplomate officiel, il est mêlé à la grande politique, mais aussi à d'innombrables intrigues : il rencontre des souverains, des ministres, court de Saint-Pétersbourg à Londres, détient des secrets d'Etat jusqu'au jour où un tribunal britannique déclare, sans preuve, qu'il appartient au sexe féminin. Maurice Lever avait évoqué la flamboyante "Amazone de Golden Square" dans sa biographie de Beaumarchais. Il avait alors décidé d'écrire cette histoire où vérités et légendes sont restées intimement liées. La mort l'en a empêché. C'est son épouse Evelyne qui l'a fait à sa place, mettant en lumière des documents inédits en France sur l'un des personnages les plus pittoresques du XVIIIe siècle. Une biographie historique entièrement renouvelée.

163.          MADARIAGA (Salvador de). L'Essor de l'empire espagnol d'Amérique.  Albin Michel,  1955, in-8°,  490 pp, traduction de Marcelle Sibon, une carte en frontispice, 16 pl. de gravures hors texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, C. de bibl., état correct

            20

Trois siècles durant, l'Espagne a réglé les destinées de la plus grande partie du Nouveau Monde qu'elle avait découvert. Pendant ces trois siècles elle a eu à se battre en Europe contre la Réforme et la puissance française, en mer contre la puissance britannique. Il en est résulté une méconnaissance presque totale de l'œuvre de l'Espagne en Amérique, oeuvre qui ne fut pas que de gouvernement : car elle consista surtout à créer les pays autant qu'à les gouverner. C'est ce que ce livre a essayé de démontrer en remontant aux sources, dût-il renverser bon nombre d'idées préconçues. aujourd'hui encore, il continue d'être l'ouvrage de référence et d'offrir sur les problèmes administratifs, militaires, économiques ou culturels de l'empire américain des perspectives inattendues... — "Le nouveau livre de M. Salvador de Madariaga est un vaste tableau destiné à un public très large. Il montrera à tout homme non prévenu que l'empire espagnol d'Amérique a été une des grandes créations politiques des temps modernes. L'ouvrage, cependant, n'est aucunement apologétique. Il ne dissimule ni les tares ni les erreurs. Il prouve seulement que les choses ne se passaient pas mieux ailleurs – souvent même moins bien – , que l'activité des Espagnols aux Indes a été jugée en Angleterre, aux États-Unis, en France, en Hollande, avec un extrême pharisaïsme, et qu'en pareille matière aucun peuple n'est assez pur pour jeter la pierre aux autres..." (Robert Ricard, Bulletin hispanique, 1956) — "Ce premier volume de l'histoire de l'Empire espagnol d'Amérique – le deuxième volume traitera du déclin de cet empire – n'est pas une histoire proprement dite – on n'y trouvera pas un exposé chronologique des événements – mais plutôt une vaste esquisse de tous les aspects de la société coloniale espagnole. L'auteur défend systématiquement l'oeuvre accomplie par l'Espagne en Amérique, et cet aspect de l'ouvrage ne sera peut-être pas unanimement approuvé ; mais cela n'enlève rien aux mérites de ce livre d'une grande érudition et d'un style magistral." (Revue française de science politique, 1956)

164.          MANDROU (Robert). Possession et sorcellerie au XVIIe siècle. Textes inédits.  Fayard,  1979, in-8°,  348 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            30

La publication de ces textes inédits, dix ans après Magistrats et sorciers dans la France du XVIIe siècle, a relancé le débat sur le véritable rôle des poursuites intentées aux sorcières dans l'ancienne France. Ceux qui y prennent la parole viennent de tous les horizons : juristes, médecins, théologiens. Leurs témoignages reconstituent l'atmosphère polémique du temps autour des grandes et petites affaires qui passionnèrent une partie de l'opinion. Au fil de leurs récits, comme le montre Robert Mandrou dans sa présentation, le scepticisme à l'égard de l'intervention de Satan dans les affaires humaines progresse. En fait, les documents rassemblés ici révèlent deux mondes profondément différents. Les possédées citadines, en elles-mêmes source de scandale parce qu'elles appartiennent à la bourgeoisie et à la petite noblesse, comme c'est le cas à Loudun, et les sorcières villageoises, dont les bûchers n'émeuvent guère que leurs proches. Ces textes mettent aussi en évidence la volonté du pouvoir politique de ne pas laisser se multiplier les foyers d'infection satanique qui désolaient la plupart des provinces. L'ordonnance de Colbert transformant la sorcellerie en délit d'escroquerie (1682) fut une solution radicale. Comme Malebranche l'écrivait, là où les sorciers ne sont pas poursuivis, il n'y en a pas.

165.          MIGNET (François-Auguste). Antonio Perez et Philippe II.  P., Charpentier,  1854, in-12,  viii-419 pp, 3e édition, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, titres et caissons dorés très ornés, encadrement à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            40

"On sait qu'Antonio Perez, lorsqu'il se vit en butte aux rigueurs de Philippe II, mit en lieu de sûreté les papiers les plus secrets de sa correspondance avec le Roi, et particulièrement ceux qui pouvaient établir la complicité de ce monarque dans l'assassinat d'Escobedo : on sait aussi que, pour le contraindre à les livrer, Philippe II, en 1585, ordonna qu'il fût resserré davantage, et qu'on arrêtât sa femme et ses enfants : on sait enfin que dona Juana Coello, sur l'ordre de son mari, envoya au confesseur du Roi deux malles qui étaient censées contenir tous ces papiers. « Ce précieux dépôt, dit M. Mignet, fut reçu avec d'autant plus de joie, que le maître crut avoir privé le serviteur des moyens de l'accuser et de se défendre. Mais, aussi astucieux que Philippe II, Perez sut parvenir, à l'aide de mains intelligentes, à détacher, des papiers qu'il livra, les pièces les plus importantes pour sa justification, et beaucoup de billets de la main du Roi. » Ce fut au moyen de ces pièces, que, devant le tribunal suprême d'Aragon, il obtint gain de cause dans l'accusation portée contre lui..." (M. Gachard, Bulletin de la Commission royale d'Histoire, 1847) — "Entre 1825 et 1845, Auguste Mignet (1796-1884) fut l'un des hommes les plus célèbres de sa génération. C'est son “Histoire de la Révolution française” qui, en 1824, le porte au sommet de la gloire : il y propose une explication rationnelle des sursauts révolutionnaires par la lutte des classes et tire de son analyse des préceptes qui constituent comme un bréviaire des révolutions bourgeoises. Bientôt traduit en vingt langues, le livre fait le tour du monde. En 1830, Mignet collabore activement au “National”, qu'il a fondé avec Thiers et Carrel, et devient l'un des principaux artisans des Trois Glorieuses, puis une personnalité de premier plan durant la monarchie de Juillet. Converti à l'histoire, qu'il regarde comme la science humaine par excellence, il veut, avec Guizot et Victor Cousin, établir cette discipline au sommet de la culture française. Dans ses principaux ouvrages, “Établissement de la Réforme à Genève” (1834), “Négociations relatives à la succession d'Espagne” (1835 et 1842), “Antonio Pérez et Philippe II” (1845), “Vie de Franklin” (1848), “Histoire de Marie Stuart” (1851), “Charles Quint, son abdication, sa retraite” (1854), “Rivalité de Charles Quint et de François Ier” (1875) : on observe un recul progressif des préoccupations philosophiques, une exigence de plus en plus rigoureuse d'information solide et d'impartialité." (Yvonne Knibiehler, Encyclopédie Universalis)

166.          MONTRESOR (Claude Bourdeille, comte de). Mémoires de Monsieur de Montresor.  Cologne, Jean Sambix le jeune,  1664, in-16,  436 pp, vignette à la sphère en page de titre, reliure de l'époque plein vélin à recouvrement (reliure brunie), bon exemplaire

            120

Mémoires de Monsieur de Montresor, Diverses pièces durant le Ministère du Cardinal de Richelieu, Relation de Monsieur de Fontrailles, affaires de Messieurs le Comte de Soissons, Duc de Guise et de Bouillon. — Première édition non expurgée parue chez Jean Sambix le Jeune à Cologne en 1664, et imprimée à l'imitation des Elzevier. Claude Bourdeille, comte de Montrésor (mort en 1663), Grand veneur de Gaston d'Orléans, fut un conspirateur chevronné et perpétuel. Pendant le gouvernement de Richelieu, il proposa l'assassinat du cardinal à son maître ; compromis dans le complot de Cinq-Mars et de Thou, Montrésor dut se réfugier en Angleterre. De retour en France après le décès de Louis XIII, il pris part aux évènements de la Fronde et finit par faire sa paix avec Mazarin lors du retour définitif du cardinal. Les Mémoires de Montrésor, d'après Bourgeois et André, "exposent avec des détails assez nombreux les évènements qui se sont produits de 1632 jusqu'au début de la Fronde. Les faits que ce témoin oculaire rapporte sont authentiques ; mais ils n'ont trait qu'à de petites conjurations ou conspirations. Ils contiennent des relations sur la retraite de Gaston en 1632, sur ses intrigues jusqu'en 1637, sur son accommodement avec Richelieu et son retour à la cour en 1641. Très intéressants déjà par eux-mêmes en ce que l'auteur était fort bien placé pour connaître les secrets, ils le deviennent davantage pour l'historien par les diverses pièces qui y sont insérées."

167.          MOUSNIER (Roland). Etudes sur la France au XVIe siècle. Humanisme et Réforme de 1492 à 1554. Nationalisme et Réforme de 1554 à 1559. Les Institutions financières.  CDU,  1964, in-4°,  368 pp, texte dactylographié, broché, bon état (Coll. Les Cours de Sorbonne)

            50

168.          MOUSNIER (Roland). Etudes sur la France de 1494 à 1559.  CDU,  1964, in-4°,  360 pp, texte dactylographié, broché, bon état (Coll. Les Cours de Sorbonne)

            50

169.          MOUSNIER (Roland). L'Assassinat d'Henri IV. 14 mai 1610.  France Loisirs,  2008, in-8°,  375 pp, préface par Arlette Jouanna, 8 pl. de gravures hors texte, pièces annexes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Journées qui ont fait la France)

            20

On ne saura jamais si le coup de couteau de Ravaillac fut le geste d'un esprit déséquilibré ou l'oeuvre d'une machination occulte dont il n'aura été que le bras armé. Roland Mousnier ne se contente pas de restituer le portrait moral de cet étrange meurtrier, sa foi ardente, sa piété, sa fragilité, ses hallucinations morbides. Pour éclairer le sens et la portée de cet événement inouï, il interroge aussi les passions politiques et religieuses qui travaillaient à l'époque tous les «Ravaillac de coeur» dont le moine régicide se serait fait sans le savoir l'instrument involontaire. Balayant l'image du «bon roi Henri» aimé de ses sujets, ce livre décrit les tensions, les frustrations, les ressentiments suscités par la personne et la politique du monarque : sa légitimité contestée, l'incertitude sur la sincérité de sa conversion, les doutes sur sa volonté d'éradiquer la «souillure» hérétique ; ou encore la pression fiscale qui lésait beaucoup de monde, l'empiètement royal sur les prérogatives de la noblesse, l'exercice de plus en plus absolu du pouvoir... Autant de traits qui faisaient passer le roi pour un tyran et rendaient légitime, aux yeux de certains, l'impératif de le mettre à mort. Ces pulsions régicides conduisent l'auteur à proposer une analyse lumineuse, et jamais dépassée, des théories du tyrannicide depuis l'Antiquité. La mort du roi n'a pas ressuscité la monarchie dont Ravaillac avait rêvé ; elle contribua au contraire, écrit Arlette Jouanna dans sa préface, à émanciper l'État de l'emprise des passions religieuses, à renforcer le pouvoir absolu et à sacraliser comme jamais auparavant la figure du prince.

170.          PETITFILS (Jean-Christian). Lauzun ou l'insolente séduction.  Perrin,  1987, in-8°,  391 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 2 cartes, une lettre en fac-similé, sources et biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

Sa vie est un roman auquel il ne manque que le vraisemblable, a dit de lui La Bruyère. Antonin Nompar de Caumont, comte puis duc de Lauzun, a connu une existence foisonnante, étourdissante d'aventures. Impertinent et flamboyant don Juan, il est célèbre pour ses fiançailles avec la Grande Mademoiselle, petite-fille d'Henry IV, qu'il faillit bien épouser à la stupeur générale. Colonel des dragons, capitaine des gardes du corps, commandant d'armée, gouverneur du Berry, il est un moment le favori de Louis XIV avant de payer un excès d'audace par une terrible captivité de dix ans à Pignerol. Tout autre aurait péri d'une telle disgrâce : lui revient, se couvre de gloire en sauvant au péril de sa vie la reine d'Angleterre, la touchante Marie-Béatrice qui fuit son pays en révolution, part vaillamment à la rescousse du malheureux Jacques II Stuart détrôné par le prince d'Orange... Quel est donc le secret de ce diable d'homme, qui recherche le panache et court les bonnes fortunes ? Le fracas de ses aventures, ses caprices, ses passions ont rempli tout un siècle – le Grand Siècle – dont Lauzun incarne à merveille la finesse et les grandeurs comme les bassesses. Utilisant une documentation considérable, Jean-Christian Petitfils livre un portrait vivant de ce personnage hors série. Par lui, c'est toute la cour du Roi-Soleil qui est ainsi ressuscitée.

171.          RICHARD (Michel). La Vie quotidienne des Protestants sous l'Ancien Régime.  Hachette,  1967, in-8°,  316 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Plus qu'il ne dégage la vie quotidienne des protestants français sous l'Ancien Régime, cet ouvrage retrace leur histoire, de l'Edit de Nantes à l'Edit de Tolérance de 1787.  M. Richard distingue avec raison deux phases dans l'histoire politique des protestants. La première qui s'achève brutalement par la révocation de l'Edit de Nantes en 1685 est marquée par la lente dégradation de l'esprit et de la lettre de la mesure de pacification religieuse imposée par Henri IV. Les mesures restrictives s'ajoutent aux mesures restrictives et, en 1685, tous les sujets du royaume (sauf en Alsace), sont présumés être catholiques, ce qui revient à refuser toute existence légale aux protestants. La rupture de la monarchie française avec l'Europe protestante marque le début d'une seconde phase qui s'exprime par la persécution systématique des Huguenots, persécution qui trouve son répondant dans le mouvement camisard. Lassitude des deux parties, crainte de la monarchie face à l'hémorragie en hommes constituée par l'émigration (1,2 % à 1,3 % de la population française, mais le cinquième du potentiel industriel et commercial de la France, selon P. Chaunu), imbroglio juridique, influence de l'esprit des lumières, tous ces facteurs débouchent sur l'Edit de 1787 préparé par Malesherbes. Très clairs, bien documentés et incontestablement plus nouveaux sont les chapitres où M. Richard s'attache à dégager les composantes sociales du protestantisme. Très intéressants sont les paragraphes où il retrace les carrières de quelques figures de proue du protestantisme français au Grand Siècle : banquiers, commerçants, nobles, militaires, hommes de lettres, artistes..." (J.-M. Mehl, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1968)

172.          SOBOUL (Albert). La France à la veille de la Révolution. Economie et société.  P., SEDES,  1974, gr. in-8°,  286 pp, 2e édition, revue et augmentée, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Nouvelle édition revue et augmentée, avec mise à jour des indications bibliographiques, du cours polycopié publié en 1961. — "La France à la veille de la Révolution est la réédition d’un cours publié en polycopie en 1961, mais cette nouvelle édition, complétée et mise au courant des recherches les plus récentes a la forme pratique d’un livre in-8°, bien imprimé et agréablement présenté. Ce livre comble une lacune : depuis les ouvrages d’Henri Sée qui datent de plus de quarante ans, aucun livre n’avait brossé avec quelques détails le tableau de la vie économique et sociale en France à la veille de la Révolution. (...) La lecture du chapitre sur les structures montre quels progrès ont été accomplis depuis les travaux fondamentaux de Marc Bloch (Les caractères originaux, 1931) dans l’étude des structures agraires. Albert Soboul a mis à la portée des débutants ces questions fort complexes, en exposant successivement les conditions juridiques, techniques, sociales de l’agriculture et leurs conséquences. Il montre en quoi a consisté la « révolution agricole » du XVIIIe siècle. L’étude de la conjoncture est entièrement neuve : les fluctuations démographiques ; l’examen du mouvement des prix et des revenus. On appréciera les définitions claires et précises qu’Albert Soboul donne du fermage, du métayage, de la rente foncière féodale, de leurs variations et des conséquences de ces variations. (...)  Sur les paysans, ici aussi, l’exposé d’Albert Soboul se distingue par sa clarté ; il montre bien la différence entre répartition de la propriété et répartition de l’exploitation, entre condition juridique des paysans et condition économique, entre charges féodales et charges foncières, entre régime féodal et régime seigneurial (pourtant souvent confondus à l’époque de la Révolution). En conclusion, Albert Soboul se demande, après Michelet, Jaurès et Ernest Labrousse si la Révolution est issue de la prospérité bourgeoise ou de la misère populaire ? Les deux facteurs ont joué dans le même sens. La misère populaire était d’autant plus sensible, en 1789, qu’elle avait succédé, depuis une quinzaine d’années à une éclatante amélioration du niveau de vie, surtout des paysans. « La Révolution française, conclut-il, fut bien une révolution bourgeoise, mais à « noyau » paysan et soutien populaire ». Formule qui recueillera sans doute l’adhésion générale." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française)

173.          [Théodore de Bèze]. Histoire ecclésiastique des Eglises réformées au royaume de France. Edition nouvelle avec commentaire, notice bibliographique et table des faits et des noms propres par feu G. Baum et par Ed. Cunitz.  P., Fischbacher,  1883-1884, 2 vol. gr. in-8° carré,  990 et 992 pp, reliures demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs, titres dorés, têtes dorées (rel. de l'époque) (Coll. Les classiques du protestantisme français). Peu courant. Tome I en état très moyen (plats détachés, manques au dos, qqs feuillets détachés : exemplaire de travail) ; tome II en bon état (mors et nerfs frottés, qqs rares annotations crayon) ; manque le tome III (publié seulement en 1889), contenant les tables et notices

            100

"Une nouvelle édition de l'Histoire ecclésiastique de Th. de Bèze (1580), préparée à Strasbourg par les soins de M. Baum, pieusement continuée après lui, par M. le professeur Cunitz, et publiée sous les auspices de la Société des classiques protestants. Le premier volume de cette importante publication, qui en aura trois, a paru, et a justifié l'attente du monde savant par la beauté de l'exécution typographique comme par la merveilleuse abondance de l'érudition et la sûreté de la critique qui déroule ses trésors presque à chaque page. Ce n'est pas en un jour, ni même en peu d'années, qu'a été composé le livre qui est un des monuments les plus précieux de notre littérature réformée. Qui mieux que Th. de Bèze pouvait retracer l'origine et les premières épreuves de ces Églises évangéliques de France qu'il avait plusieurs fois visitées, et dont il avait si bien servi la cause comme lettré, théologien, diplomate, chargé des missions les plus difficiles, et déployant partout les qualités supérieures qui peuvent seules assurer le succès, à la cour des princes comme dans les conférences ecclésiastiques ? Dès son retour à Genève, après la paix d'Amboise, il est préoccupé du grand dessein qui ne sera réalisé que dix sept ans plus tard, recueillant, de tous côtés, les matériaux nécessaires à son exécution ; lettres, mémoires, discours, procès-verbaux, pièces de toute nature, qui doivent former la trame de son récit, et qui n'arrivent que lentement entre ses mains. Une mention du massacre de la Saint-Barthélémy (t. I, p. 244) prouve qu'à cette date (1572) l'œuvre était à peine commencée. Trois guerres de religion, couronnées par une effroyable catastrophe, expliquent assez ces longs retards. Le temps n'a donc pas manqué à Th. de Bèze pour réunir les matériaux de son ouvrage, et si l'on ne peut lui demander une impartialité qui n'est pas de son siècle, ni même du nôtre, on peut en attendre ce respect de la vérité qui s'impose à tout historien digne de ce nom. Les doctes éditeurs de Strasbourg sont entrés pleinement dans sa pensée en élargissant l'enquête qu'il avait poursuivie de son vivant avec tant de fidélité sur la période historique qu'embrasse son ouvrage ; et l'on peut dire que MM. Baum et Cunitz n'ont presque rien laissé à faire après eux... D'innombrables citations fournies par les correspondances contemporaines (notamment celle de Calvin), et par les relations.françaises ou étrangères, et disséminées dans les notes les plus instructives éclairent, confirment, ou rectifient le texte de Th. de Bèze, et répandent la lumière à flots sur les hommes et les choses de ces temps troublés. Les origines de la Réforme française, la naissance et les progrès de chaque Église dans la période féconde du martyre, la conjuration d'Amboise, le colloque de Poissy, la première guerre civile s'éclairent d'un jour nouveau dans le cadre élargi par les plus savantes annotations... Je ne serai pas démenti, si j'affirme que les notes ajoutées au texte de Th. de Bèze en doublent la valeur. C'est une véritable bibliothèque des auteurs à consulter sur cette époque. Je ne puis donc que m'associer à l'hommage rendu par tous les organes de la presse protestante à cette belle publication qui fait revivre sur un champ nouveau les plus glorieuses traditions de l'érudition française et devient ainsi une date dans les annales de la bibliographie protestante. Le second volume suivra de près le premier, et le troisième tient en réserve les tables et notices." (J. B., Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, 1883)

174.          TORCY (J.-B. Colbert, marquis de). Journal inédit de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, ministre et secrétaire d'Etat des Affaires étrangères pendant les années 1709, 1710 et 1711, publié d'après les manuscrits autographes par Frédéric Masson.  P., Société d'édition littéraire et artistique,  1903, gr. in-8°,  lii-456 pp, index, reliure demi-maroquin vert, dos lisse orné en long, titres et fleurons dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), un mors très bien refait par un relieur, un mors frotté, qqs rousseurs, bon état

            120

Source de premier ordre pour la fin du règne de Louis XIV. Initié aux affaires par son père Charles Colbert de Croissy – le frère de Jean-Baptiste Colbert –, gendre de Pomponne, Jean-Baptiste Colbert de Torcy (1665-1746) prend la responsabilité des Affaires étrangères du royaume, d’abord aux côtés de Pomponne puis seul à partir de 1699, et ce jusqu’à la mort du roi, en 1715. Il se retire alors de la vie publique et rédige ses Mémoires qui sont d'une importance capitale pour l'histoire diplomatique de la succession d'Espagne.    "Le marquis de Torcy, ministre et secrétaire d'État des Affaires étrangères en France, occupait ces hautes fonctions pendant la lutte entre la France, la Hollande et l'Angleterre au sujet de la souveraineté de nos provinces. Les mémoires de ce personnage, restés inédits jusqu'à ce jour et se rapportant aux années 1709 à 1711, renferment bon nombre de renseignements sur des faits relatifs à notre pays. On y trouve, par exemple, des particularités sur Jean de Broekhoven, comte de Bergeyck, que l'éditeur désigne sous le nom de don Jean Bœchove, un des personnages politiques les plus importants des Pays-Bas au commencement du XVIIIe siècle ; sur son intervention dans les négociations politiques ; sur le marquis de Bedmar et Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière, tous les deux gouverneurs des Pays-Bas; sur les négociations de l'électeur avec Philippe V et la Hollande; sur les négociations entre les États généraux des Provinces-Unies et la France; sur la conduite de François de Beauveau, évêque de Tournai, partisan dévoué de la France ; sur la neutralité des Pays-Bas; sur le cardinal d'Alsace, devenu plus tard archevêque de Malines. Ce volume renferme mainte et mainte pages concernant l'histoire de la Belgique pendant le commencement du XVIIIe siècle." (Charles Piot, Sur des publications faites à l'étranger et qui contiennent des faits et des documents relatifs à l'histoire de Belgique, 1885)

175.          YRIARTE (Charles). César Borgia, sa vie, sa captivité, sa mort.  P., Librairie Georges Baranger,  1930, 2 vol. in-8°,  312 et viii-351 pp, 2e édition, 19 planches hors texte (portraits, armes, monuments, 2 cartes, 3 fac-similés et un tableau généalogique dépliants), table alphabétique, reliures demi-maroquin aubergine, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaison dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire, très bien relié

            200

"Ce livre est aussi intéressant que possible. Il est visible que M. Charles Yriarte a pris beaucoup de plaisir à l’écrire. C’est un grand curieux que M. Charles Yriarte. Son histoire de César Borgia, très étudiée, contient des parties neuves. Je signalerai particulièrement à cet égard les chapitres sur la captivité et la mort du héros, ainsi que quelques pages sur l’épée que César se fit faire en 1498 avec cette devise : Cum Numine Cesaris Omen." (Anatole France, La vie littéraire. Quatrième série) — "... Avec une sérénité singulière, une impartialité évidente, nous devons bien le dire, l'auteur, appuyé pas à pas sur tous les documents connus et sur un grand nombre de témoignages nouveaux, étudie tour à tour Alexandre VI, César, Lucrèce Borgia, reprend un à un les faits qu'on leur a reprochés ; ici les absout, plus loin les condamne, et substitue l'histoire vraie à la légende, sans se demander s'il ne valait pas mieux jeter une ombre discrète sur les arcanes du Vatican au temps des Borgia. Il y a là un effort considérable, les marques d'une persévérance et d'une ténacité singulières, et nous croyons effectivement que la figure de César, cette fois, est dessinée d'une façon définitive." (Le Figaro, Supplément littéraire du dimanche)

176.          ZWEIG (Stefan). Marie Stuart.  Grasset,  1993, in-8°,  395 pp, traduit de l'allemand par Alzir Hella, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Intrigues amoureuses, traîtrises et épisodes sanglants se succèdent à une vitesse vertigineuse dans la vie de Marie Stuart (1542-1587). Reine d'Ecosse alors qu'elle n'est âgée que de six jours, puis reine de France, elle mourra décapitée après avoir été deux décennies durant la captive d'Elizabeth Ière. Une héroïne tragique, rendue immortelle par l'ampleur de ses passions et l'étrangeté de son destin. — Reine d'Ecosse à l'âge de six jours, en 1542, puis reine de France à dix-sept ans par son mariage avec François II, Marie Stuart est un des personnages les plus romanesques de l'histoire. Veuve en 1560, elle rentre en Ecosse et épouse lord Darnley. Déçue par ce mariage, elle devient la maîtresse du comte de Bothwell. Lorsque ce dernier assassine Darnley, l'horreur est telle qu'elle doit se réfugier auprès de sa rivale, Elisabeth 1re reine d'Angleterre. Celle-ci la retiendra vingt ans captive, avant de la faire condamner à mort. Son courage devant le supplice impressionnera les témoins, au point de métamorphoser celle que l'on disait une criminelle en une martyre de la foi catholique... Sur cette figure fascinante et controversée de l'histoire britannique, le biographe de Marie-Antoinette et romancier de "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" a mené une enquête rigoureuse, se livrant à une critique serrée des documents et des témoignages. Ce récit passionné nous la restitue avec ses ombres et ses lumières, ses faiblesses et sa grandeur.

 

RÉVOLUTION

 

177.          ANGOULEME (Marie-Thérèse-Charlotte de France, duchesse d’). Mémoires de Marie-Thérèse, duchesse d’Angoulême. Nouvelle édition revue, annotée et augmentée de pièces justificatives par M. de Barghon-Fortrion.  P., Au Bureau de la Mode nouvelle,  1858, in-8°,  xxxvi-336 pp, reliure demi-basane aubergine, dos lisse avec titre et triples filets dorés (rel. de l'époque), trace d'humidité ancienne quasi-invisible, dos uniformément passé, bon état. Bon exemplaire très frais et sans rousseurs. Rare (manque à Parois)

            200

Bonne édition de ces mémoires officieux que la fille de Louis XVI aurait rédigés au Temple et qui donnent le point de vue officiel de l'entourage de Louis XVIII sur la fuite à Varennes, la captivité de la famille royale et la mort de Louis XVII. A la suite, biographie de la Duchesse d’Angoulême par Barghon-Fortrion. – Parmi les appendices, réédition du témoignage de Goret sur la captivité de Louis XVI et de deux brochures rares de 1795 en faveur de la prisonnière du Temple.

178.          AUBRY (Octave). La Révolution française. 1. Destruction de la Royauté. 2. La République.  Flammarion,  1945-1946, 2 vol. pt in-8°,  508 et 492 pp, notes, reliures demi-maroquin vert à coins, dos à 4 nerfs guillochés soulignés à froid, auteur, titre et fleuron doré représentant un bonnet phrygien, couv. conservées, têtes dorées, sous emboîtage (rel. de l'époque), bon état

            80

Octave Aubry (1881-1946) avait prévu deux autres volumes sur le Consulat et l'Empire. Suite à sa mort, ils ne paraîtront jamais. — "M. Octave Aubry entreprend à son tour une histoire de la Révolution française qui promet d'être complète en quatre volumes, dont deux seront consacrés à Napoléon. Le premier est intitulé : Destruction de la royauté, et conduit à la mort du roi. Le second volume est consacré à l'évolution de la République depuis la chute des Girondins jusqu'au 18 Brumaire. Préparé avec soin, son récit s'en tient à la méthode politique traditionnelle et au point de vue de la bourgeoisie conservatrice et modérée." (Georges Lefebvre, Revue Historique)

179.          BLUCHE (Frédéric). Danton.  Perrin,  1984, in-8°,  494 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex bordeaux éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            30

"Cette biographie de Danton est l'œuvre d'un véritable historien, Frédéric Bluche, qu'il ne faut pas confondre avec son père François, spécialiste de l'Ancien Régime. Danton était un homme cynique, vénal, jouisseur, démagogue, sans doctrine politique ou sociale bien établie. Il n'a joué qu'un rôle secondaire dans les « grandes journées » de la Révolution (14 juillet, 20 juin, 10 août). Il n'a pas su, ni sans doute voulu, arrêter les massacres en septembre. Il n'a pu empêcher la trahison de Dumouriez, ni l'arrestation des députés girondins. Cependant il a eu, par moments, des éclairs de génie et des accents d'homme d'État. Son discours du 2 septembre 1792 (il nous faut de l'audace !) atteint « les sommets de son éloquence à l'Assemblée législative ». Le procès de Danton est raconté avec verve, mais impartialité. On peut être assuré que l'ouvrage de Frédéric Bluche restera pendant longtemps le livre de référence sur le grand tribun révolutionnaire. C'est une excellente mise au point." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1985)

180.          CALONNE (Charles-Alexandre de). De l'état de la France présent et à venir (octobre 1790) – Esquisse de l'état de la France en 1791 (février 1791) – Tableau de l'Europe en novembre 1795 (1796).  Genève, Slatkine-Mégariotis,  1976, fort in-8°,  xvi-440-viii, 86 et 143 pp, 3 ouvrages reliés en un volume, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, bon état. (Réimpression des éditions de Paris d'octobre 1790 et février 1791 ; et de Londres, 1796)

            40

1. Les Finances. 2. Les Décrets constitutionnels. Partant des cahiers des Etats-Généraux, Calonne tente de démontrer l'éloignement par rapport aux projets initiaux et la dérive révolutionnaire dans tous les domaines : constitutionnels, religieux, sur le droit de faire la guerre et la paix, sur la liberté, sur la propriété, sur la justice. Calonne se livre ainsi à un raisonnement négatif, analysant point par point les défauts de l'action révolutionnaire, s'en prenant au passage aux émules de la Démocratie royale. Il définit enfin les principes de l'action contre-révolutionnaire (p. 408 et s.). Les Réflexions de Burke, publiées peu après – les deux hommes se fréquentaient – allaient dans le même sens.

181.          COQUARD (Olivier). Jean-Paul Marat.  Fayard,  1993, in-8°,  569 pp, notes, chronologie, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s.

            25

De Marat on connaît surtout la mort. Marat est un homme de ce qu'on a appelé les "secondes Lumières", celles des années 1770 et 1780. Féru de science et de belles-lettres, il rêvait d'égaler les plus grands savants et les plus grands philosophes. — Deux siècles après son assassinat par Charlotte Corday, on demeure abasourdi par la violence du verbe de Jean-Paul Marat comme aussi par la haine et la répulsion qu'il a provoquées chez ses contemporains et jusque chez les historiens. Marat se singularise par un tempérament, un caractère, une carrière, un mode d'action sur l'événement qui le mettent à part dans la galerie de portraits des acteurs de la Révolution. Plus âgé que beaucoup d'entre eux – il est de la seconde génération des Lumières –, homme de plume et de parole davantage qu'homme de pouvoir, il est chargé, presque seul, de tous les crimes imputés à la Convention par les hommes de Thermidor. L'opprobre, jeté également (mais c'est normal), par la Contre-Révolution, a pris un tour si excessif qu'il a fabriqué un Marat imaginaire sans rapport ni avec le personnage ni avec son rôle. Les réhabilitations, souvent venues de la gauche, ou même la récupération occasionnelle par l'extrême-droite, ne se sont pas beaucoup plus souciées de véracité. Si le déclenchement de la Révolution constitue dans la vie de Marat une rupture plus nette encore que dans celle de ses amis (peu nombreux) ou ennemis (innombrables), il n'en importe pas moins de cerner minutieusement, dès les années 1750, le parcours intellectuel du médecin, de l'expérimentateur savant et appliqué, du penseur nourri de Montesquieu (plus que de Rousseau), de suivre ses tentatives d'ascension dans la République des lettres et parmi les élites sociales. C'est dans cette perspective que se comprend la radicale dénonciation du "despotisme" à laquelle l'Ami du peuple (ainsi se qualifiait-il lui-même) se consacra avec acharnement dès 89. S'attachant tout autant à décrire les étapes d'un destin qu'à briser la gangue dans laquelle l'historiographie a enfermé Marat – et sans chercher, ce qui serait absurde, à le réhabiliter –, cet ouvrage, qui s'inscrit dans le débat sur la place des individus dans le processus révolutionnaire, entend donner d'un rôle majeur et d'une mort quasi mythique une relation enfin fidèle aux textes et aux archives.

182.          CORNEVIN (Marianne). La Véritable Madame Roland.  Pygmalion,  1989, gr. in-8°,  343 pp, chronologie, sources, index, reliure demi-chagrin noisette à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée et dos conservés, bon état

            30

Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! Cette phrase fut prononcée, dit-on par Madame Roland juste avant qu'elle monte sur l'échafaud le 8 novembre 1793 en pleine Terreur. Qui était cette femme assez lucide pour dénoncer les excès commis au nom de la liberté ? Parmi les femmes célèbres de notre XVIIIe siècle, Madame Roland représente un cas tout à fait particulier par ses Mémoires, rédigés entièrement en prison alors qu'elle se savait déjà condamnée à mort, et par ses nombreuses lettres écrites depuis l'âge de treize ans jusqu'à la veille de sa mort à trente-neuf ans. Dans une langue brillante et savoureuse fourmillant de détails et de portraits remarquablement vivants, Madame Roland se raconte et dépeint en témoin enthousiaste et critique son époque. Fille d'un graveur parisien du Pont-Neuf, érudite, éprise des idéaux rousseauistes, Marie-Jeanne Phlipon épouse, à l'âge de vingt-cinq ans, Jean-Marie Roland, sieur de la Platière, de vingt ans son aÎné, inspecteur des manufactures. Pendant dix années, elle réside successivement à Amiens, Villefranche-en-Beaujolais, enfin à Lyon, où les époux Roland jouent un rôle politique actif dans la Révolution. Revenant à Paris, le citoyen Roland devient ministre de l'Intérieur en 1792. En complétant les écrits de Madame Roland par des documents contemporains, Marianne Cornevin nous fait redécouvrir le vrai visage d'une femme d'exception, emportée par la tourmente qu'elle-même et ses amis girondins avaient contribué à déchaîner.

183.          FLAISSIER (Sabine). Marie-Antoinette en accusation.  Julliard,  1967, in-8°,  474 pp, sources, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française, prix Broquette-Gonin 1968)

            25

Ouvrage sérieux et très étayé. L'auteur passe en revue toutes les accusations qui ont été portées sur Marie Antoinette. Elle les illustre de nombreux témoignages qui permettent de se former une opinion objective. Cet ouvrage constitue donc un recueil de sources très complet, classé par thèmes. — "Le livre de Mme Flaissier est composé de textes : documents officiels, témoignages de contemporains, fragments de lettres et de mémoires unis par un commentaire de liaison. Sont évoqués ainsi les déboires conjugaux de Marie-Antoinette, ses relations épistolaires avec sa mère, les intrigues des courtisans, l'amour de Fersen, le procès et la mort. Les textes les plus originaux et significatifs sont, à notre avis, certains rapports d'ambassadeurs sur les affaires politiques, certaines relations de voyageurs étrangers plus indépendants de jugement que les Français, des lettres de la reine elle-même, des frères de Louis XVI, des considérations de Mme de Stael, des fragments du Père Duchesne d'Hébert, des témoignages des municipaux gardiens de la famille royale au Temple. L'auteur se défend de faire le procès ni le panégyrique de Marie-Antoinette, mais veut l'évoquer teile qu'elle apparut, dans ses contradictions, aux yeux de ses contemporains, qui la jugèrent, comme on sait, de manières tout à fait opposées. Au lecteur est laissé le soin de se faire son opinion." (Marguerite Maire, Revue suisse d'histoire, 1968)

184.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Le Baron de Batz, 1792-1795. Un conspirateur royaliste pendant la Terreur, d'après des documents inédits.  Perrin,  1907, pt in-8°,  xiii-391 pp, deux planches hors texte (portraits de Mme de Sartines et Chabot), reliure demi-maroquin acajou à coins, dos à 4 faux-nerfs pointillés orné en long avec un symbole révolutionnaire, auteur et titre dorés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), mors frottés, bon état

            45

"M. Lenotre est épris de l'histoire secrète et la préfère hautement à l'autre histoire qu'il nomme avec Balzac l'histoire officielle et menteuse. Et, en effet, il a du flair et une curiosité ardente : il recherche avec passion et trouve avec bonheur des documents de grande importance ; il retrace avec verve, avec talent, les aventures de mystérieux personnages, d'insaisissables conspirateurs, de grands aventuriers oubliés. Il raconte aujourd'hui l'histoire du baron de Batz..." (Revue critique d'histoire et de littérature)

185.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Les Noyades de Nantes.  Perrin,  1912, pt in-8°,  316 pp, 34 documents et 16 gravures hors texte, reliure demi-chagrin acajou, dos à 5 nerfssoulignés à froid, auteur et titre dorés, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            70

Parmi les crimes de la Terreur, il n'en est pas de plus abominable que les Noyades de Nantes, et, dans les figures de la Révolution, il n'en est guère de plus répugnante que celle de Carrier, figure de bête de proie, non pas de tigre, mais de chacal et d'hyène, lâche et féroce à la fois. Car ce pro-consul devant qui tout Nantes tremblait, tremblait lui-même devant une épée, et à la bataille de Cholet il n'avait pas trouvé de monture assez rapide pour se dérober au contact des Vendéens ; mais, comme le disait Kléber, après la victoire il devait tuer. Et il tua en effet, et le perfectionnement de ces tueries, ce furent les noyades. Nul autre ne les avait inventées avant lui. La première est du 19 novembre 1793. Ce sont des prêtres qui inaugurent le système, des prêtres bretons, enfermés aux Capucins et qu'on en a retirés pour les transférer à la Sécherie. Les hommes de confiance de Carrier, les Lamberty, les Fouquet et leurs dignes acolytes ont préparé une gabarre dans laquelle on a pratiqué des soupapes ; on y entasse les malheureux prisonniers, puis on ouvre la soupape et la Loire, pénétrant dans la gabarre, emporte le bateau et les victimes. Si quelques-unes cherchent à s'échapper en nageant, on les repousse à coups de gaffe ou on les massacre à coups de sabre. Et le lendemain Carrier annonce à la Convention l'« événement d'un genre nouveau » qui a « diminué le nombre des prêtres». Le 10 décembre, ce sont encore cinquante-huit prêtres d'Angers qui vont, à leur tour, « boire à la grande tasse ». Puis le 14 décembre, ce ne sont plus des « calotins », ce sont des laïques, et non pas des aristocrates, mais des gens du peuple, des ouvriers, des laboureurs, des paysannes, prisonniers au Bouffay, où ils meurent de faim et sont rongés de vermine, qui sont précipités dans la « baignoire nationale ». « Quel torrent révolutionnaire que cette Loire ! » écrit le proconsul. Et le 12 janvier il se vantait d'y avoir fait passer déjà deux mille huit cents prisonniers. Et les noyades se succèdent ; hommes, femmes, enfants, tous y passent ; un jour, il y a une noyade de trois à quatre cents enfants. Le procédé est toujours le même : les gardes du corps de Carrier, les “Marats”, comme ils s'appellent, vont dans les prisons chercher les victimes – une fois jusqu'à huit cents, – on les lie deux à deux, on les jette à coups de pied et à coups de sabre dans le bateau ; on leur enlève tout ce qu'ils ont, jusqu'à leurs vêtements, et on les pousse dans le fleuve. Les calculs les plus modérés évaluent le nombre des noyés à près de cinq mille. Nous ne pouvons entrer dans les détails ; on les trouvera, précis et complets, dans la consciencieuse étude de M. Lenotre ; ils sont à faire frémir. « On n'a rien vu, dans l'histoire, de comparable en horreur », disait Napoléon Ier à Sainte- Hélène, en parlant de la dictature de Carrier. Et vraiment l'on se demande comment un peuple civilisé a pu se laisser entraîner à de tels excès et comment une grande ville comme Nantes a supporté sans révolte la tyrannie sanglante et brutale des Goullin, des Robin et des O'Sullivan. Ajoutons que le volume de M. Lenotre en est déjà à sa huitième édition ; c'est assez dire son intérêt et son succès. (Max. de la Rocheterie, Polybiblion, revue bibliographique universelle, 1912)

186.          MIGNET (François-Auguste). Histoire de la Révolution française. Depuis 1789 jusqu'en 1814.  Nelson,  s.d. (v. 1910), 2 vol. in-12,  384 et 383 pp, reliures percaline crème décorées de l'éditeur, sans la fragile jaquette du tome I, jaquette illustrée au tome II, bon état

            40

Entre 1825 et 1845, Auguste Mignet (1796-1884) fut l'un des hommes les plus célèbres de sa génération. Né à Aix-en-Provence, fils d'un serrurier aisé, il put faire de brillantes études de droit et se lia avec Thiers d'une amitié fraternelle. Lauréat de l'Académie des inscriptions et belles-lettres pour une étude sur les institutions féodales, il partit en 1821 pour Paris, où il se fit aussitôt remarquer par des articles vigoureux dans “Le Courrier français”, quotidien libéral, et par des cours d'histoire donnés à l'Athénée devant un public enthousiaste. Mais c'est son “Histoire de la Révolution française” qui, en 1824, le porte au sommet de la gloire : il y propose une explication rationnelle des sursauts révolutionnaires par la lutte des classes (Chateaubriand voit là du « fatalisme historique ») et tire de son analyse des préceptes qui constituent comme un bréviaire des révolutions bourgeoises. Bientôt traduit en vingt langues, le livre fait le tour du monde. En 1830, Mignet collabore activement au “National”, qu'il a fondé avec Thiers et Carrel, et devient l'un des principaux artisans des Trois Glorieuses, puis une personnalité de premier plan durant la monarchie de Juillet. Converti à l'histoire, qu'il regarde comme la science humaine par excellence, il veut, avec Guizot et Victor Cousin, établir cette discipline au sommet de la culture française. Dans ce but, il se fait nommer, ou élire, directeur des Archives diplomatiques (1830), membre (1833) puis secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques (à ce titre, il prononce des “Éloges” très admirés), membre de l'Académie française (1836), directeur des comités historiques du ministère de l'Instruction publique. Ces hautes fonctions lui échappent en partie entre 1848 et 1856, mais il conserve un réel prestige grâce à son œuvre écrite. “Établissement de la Réforme à Genève” (1834), “Négociations relatives à la succession d'Espagne” (1835 et 1842), “Antonio Pérez et Philippe II” (1845), “Vie de Franklin” (1848), “Histoire de Marie Stuart” (1851), “Charles Quint, son abdication, sa retraite” (1854), “Rivalité de Charles Quint et de François Ier” (1875), tels sont les titres de ses principaux ouvrages : on y observe un recul progressif des préoccupations philosophiques, une exigence de plus en plus rigoureuse d'information solide et d'impartialité. (Yvonne Knibiehler, Encyclopaedia Universalis)

187.          SOBOUL (Albert). Les sans-culottes parisiens en l'an II. Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire (1793-1794).  Seuil,  1979, in-12,  256 pp, 2 plans des sections de Paris, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Points Histoire). Seconde partie de la thèse de doctorat de l'auteur.

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Les sans-culottes : 1793. A l'apogée de la grande Révolution menacée, les sans-culottes entrent en scène : la Terreur est à l'ordre du jour, c'est le règne de la Sainte-Pique. Traversé de contradictions, le mouvement populaire n'en exprime pas moins des aspirations sociales et politiques spécifiques qui ne pouvaient manquer de heurter la bourgeoisie possédante : égalité des jouissances, droit au travail, à l'instruction, exercice plein et entier de la souveraineté populaire. — "Reprise en livre de poche d'une partie de la thèse d'A. S. publiée en 1958 et consacrée à l'histoire de ce mouvement populaire parisien que fut la « sans-culotterie ». Ici l'événement cède le pas : c'est à la composition sociologique de la sans-culotterie, aux aspirations sociales, aux mentalités, aux idées politiques, aux types de comportements, aux formes d'organisation, à la vie quotidienne des sans-culottes que s'intéresse A. S. Un chapitre final tente de dresser le bilan du mouvement populaire de l'an II." (Revue française de science politique, 1969) — "L'œuvre majeure d'Albert Soboul restera sa thèse soutenue et publiée en 1957 sur les sans-culottes parisiens en l'an II et l'analyse de ce petit peuple parisien qui a été pendant environ deux années, de la chute de la monarchie à celle de Robespierre, le principal acteur collectif de la Révolution. Donc une grande page d'histoire sociale au service d'une histoire politique bien connue et pourtant quelque peu renouvelée. On retiendra de ce grand livre l'analyse de la composition de classe de la sans-culotterie (le monde de l'échoppe et de la boutique, un amalgame de petits patrons, d'artisans et de leurs compagnons), l'étude fouillée, sensible, pittoresque de son comportement et de ses rites (et il y a des pages qui préfigurent ce qui allait devenir un peu plus tard sous d'autres plumes et en d'autres maisons l'histoire des mentalités collectives), enfin l'histoire dramatique du conflit grandissant entre le mouvement populaire des sans-culottes, son  dynamisme, son autonomie et l'appareil d'Etat jacobin." (Maurice Agulhon, Annales historiques de la Révolution française, 1982).

188.          THIARD de BISSY (Henri-Charles de). Correspondance du comte de Thiard.  L'Harmattan,  2010, in-8°,  251 pp, textes revus, avant-propos et notes par Bernard Alis, sources, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Historiques, série Sources), envoi a.s. de Bernard Alis

            20

Un événement littéraire : Henri-Charles de Thiard (1724-1793) est enfin reconnu : la centaine de lettres est très largement dépassée. Le comte de Thiard correspond très régulièrement avec Grimm, Voltaire, les philosophes, Louis XVI, les ministres, Necker... Son style, parfait et plein d'esprit, cache des saillies redoutables. – L'Histoire au jour le jour : La grande histoire vue par un homme de bon sens, familier des rois, dévoué à la reine. Observant Paris et les provinces, spécialement l'Ouest et la Bretagne, acteur des plus grands drames de la Révolution, il voit, dans les mêmes lieux, les véritables bouleversements dont Chateaubriand est témoin dans les “Mémoires d'outre-tombe”. – Un roman : L'ascension passionnante d'un cadet de famille sans fortune : général intrépide mais réfléchi, gouverneur de provinces avisé, gentilhomme des Lumières, libéral, il opte pour des réformes dans la mesure. Ce sont simplement les chroniques d'un homme, emporté auprès du roi dans toutes les journées tragiques de la Révolution, qui verra ses illusions s'écrouler en même temps que le régime. Il avait cru jusqu'au bout en l'homme, et périra, avec élégance, victime inéluctable du changement qu'il avait souhaité. – Bernard Alis poursuit ces chemins de la mémoire dans le XVIIIe siècle, où la réalité dépasse parfois la fiction. Si sa méthode est de s'appuyer sur des sources rigoureuses, avec notes et références détaillées, le lecteur, en tout cas, y trouvera son plaisir.

189.          TRANIÉ (Jean) et J.-C. CARMIGNIANI. Les Guerres de l'Ouest, 1793-1815. Normandie, Bretagne, Vendée, Maine, Anjou, Poitou.  Lavauzelle,  1983, in-4°,  324 pp, préface de J.-F. Chiappe, 70 illustrations en couleurs, 400 gravures en noir, planches et dessins d'uniformes par L. de Beaufort, E. Lelièpvre et L. Rousselot, cartes, liste des officiers vendéens et chouans et des généraux et représentants républicains, biblio, reliure simili-cuir vert de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Les guerres fratricides qui ensanglantèrent la province de l'Ouest. Un livre de référence, très richement illustré.

190.          VOVELLE (Michel). La découverte de la politique. Géopolitique de la Révolution française.  La Découverte,  1992, gr. in-8°,  363 pp, cartes, graphiques et tableaux, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Texte à l'appui). Peu courant

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La Révolution marque un tournant majeur dans la manière de concevoir la politique, et plus encore de la vivre : elle sanctionne l'entrée dans une modernité qui est encore le nôtre. Par quelles voies et quels moyens ce tournant s'est-il opéré ? Pour quels résultats ? Jusqu'à quelle profondeur cette prise de conscience et cet apprivoisement ont-ils pénétré ? Dans cet ouvrage, Michel Vovelle a voulu aborder le problème non au niveau des concepts, mais à celui des pratiques : en suivant l'activité révolutionnaire depuis ces expressions les plus spontanées, à la base, jusqu'aux différents niveaux d'élaboration d'une opinion et d'une classe politique. Pour ce faire, il a choisi de procéder suivant une approche géographique, en montrant comment la politique s'est emparé de l'espace français pour le façonner en profondeur et tantôt en suscitant des rejets, qui sont aussi une manière d'entrer en politique. Par touches successives, un paysage contrasté se révèle ainsi à différents niveaux : plus de 300 cartes, qui vont des émotions populaires à la sociabilité nouvelle des clubs, à la diffusion de la presse, aux scrutins électoraux ou aux réactions face au schisme religieux, offrent le support visuel à partir duquel on a entrepris, en croisant leurs données, de proposer des explications. Le temps court de la décennie révolutionnaire introduit ainsi à une réflexion sur les héritages de longue durée sur lesquels nous vivons encore aujourd'hui.

191.          ZWEIG (Stefan). Marie-Antoinette.  Club des Libraires de France,  1954, fort in-8°,  [8]-432 pp, traduit de l'allemand par Alzir Hella, dossier illustré en tête d'ouvrage, 13 documents hors texte, numéroté, exemplaire tiré sur Alfa, reliure pleine soie tricolore éditeur, premier plat orné d'un billet signé de Marie-Antoinette contrecollé, signet, tranche sup. lég. salie, bon état. Jolie édition

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Vilipendée par les uns, sanctifiée par les autres, Marie-Antoinette fut sans doute la plus méconnue des reines de France. Il fallut attendre Stefan Zweig, en 1933, pour que la passion le cède enfin à la vérité. Faisant œuvre d'historien, Zweig a rassemblé avec une prodigieuse maîtrise tous les matériaux existants, en particulier la correspondance de Marie-Thérèse d'Autriche avec sa famille et les papiers du comte de Fersen. Mais en même temps, profond psychologue, il a su explorer les moindres recoins de l'âme humaine, et redonner vie aux statues bordant l'avenue de l'histoire. Il nous montre ainsi comment l'impuissance temporaire de Louis XVI a précipité Marie-Antoinette dans un tourbillon de distractions toujours plus onéreuses. Comment son amitié pour la comtesse de Polignac et l'affaire du Collier lui portèrent un tort fatal. Et comment la Cour se servit de tous ces éléments pour éloigner la reine du peuple. Stefan Zweig, surtout, est parvenu à évoquer, derrière la souveraine, la femme ordinaire et aimable, bientôt emportée par les événements, et dont le destin fut malgré elle héroïque. — Le cynisme de la boutade aura beaucoup fait pour la fâcheuse réputation de Marie-Antoinette. Des Parisiens affamés, elle aurait dit : « Ils n'ont pas de pain ? Qu'ils mangent de la brioche ! » Mot très certainement apocryphe, mais révélateur du portrait de femme futile et débauchée qui fut fait de l’ « Autrichienne » après la Révolution. Zweig, s'appuyant sur les archives de l'Empire autrichien, retrace avec pénétration l'évolution de cette trop jeune reine de 15 ans, que la faiblesse de Louis XVI va précipiter dans un tourbillon de fêtes avant de la vouer à la guillotine.

 

1er EMPIRE

 

192.          AUBRY (Octave). Le Roi de Rome. Tome I.  Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon,  1936, pt in-4°,  225 pp, 116 illustrations dans le texte et à pleine page reproduites en héliogravure, notes, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservée, tête dorée (rel. de l'époque), bon état

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Tome I seul (sur 2) : de 1811 à 1825. Première édition illustrée. — "Pour écrire cette biographie M. Aubry a consulté à Paris et plus encore à Vienne les documents d'archives qui permettent de suivre au jour le jour la vie du fils de Napoléon. Son dépouillement des imprimés n'est pas moins consciencieux. Ainsi documenté, il a écrit une biographie pleine de détails infimes qu'il a rendus vivants en les groupant avec soin, et en recherchant la note réaliste. On le lit comme un roman, mais les notes trop rares et les références discrètement insérées dans le récit montrent qu'il s'agit d'histoire bien présentée mais non romancée. C'est le meilleur livre sur le roi de Rome et c'est une curieuse étude sur l'histoire des moeurs et de la société." (P. de Monsabert, Revue Mabillon, 1933) — "Un livre solide, instructif et touchant." (Albert Meynier, Revue d'histoire moderne, 1935)

193.          AUBRY (Octave). Sainte-Hélène. 1. La captivité de Napoléon. 2. La mort de l'Empereur.  Flammarion,  1935, 2 vol. pt in-8°,  xvi-315 et 335 pp, une carte de Sainte-Hélène et un plan de Longwood, biblio, imprimé sur alfa, reliures demi-basane verte, dos à 4 nerfs guillochés soulignés à froid, auteur, titre et fleuron doré représentant un aigle napoléonien, couv. conservées, têtes dorées (rel. de l'époque), dos passés, bon état

            70

"L'ouvrage considérable de M. Octave Aubry sur la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène est le fruit d'une vaste enquête ; non content de reprendre toutes les sources connues (M. Aubry réhabilite, par exemple, O'Meara), l'auteur a dépouillé les papiers d'Hudson Lowe et de ses auxiliaires au British Museum, restés en grand partie inexplorés jusqu'à lui, le fonds Masson à la bibliothèque Thiers, sans parler des archives publiques. Il a aussi visité l'île et recouru aux archives locales. Un copieux appareil critique témoigne de son labeur. Sur la figure de l'Empereur vieillissant, sur son entourage, sur l'attitude du gouvernement anglais et de ses représentants, il apporte maintes rectifications au récit traditionnel. L'ouvrage doit prendre place au premier rang dans la bibliographie napoléonienne." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1939)

194.          AUTIN (Jean). Eugène de Beauharnais. De Joséphine à Napoléon.  Perrin,  1989, fort in-8°,  454 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 6 cartes, tableau généalogique, biblio, index, reliure simili-cuir bleu de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état

            30

Si Napoléon adopta le fils de Joséphine et lui confia des tâches essentielles, ce ne fut pas par complaisance, mais parce qu'il trouva chez lui des qualités exceptionnelles : dignité, loyauté, désintéressement, fidélité. Né en 1781, ce brillant hussard, devenu colonel des chasseurs à cheval de la Garde, puis archichancelier de l'Empire et vice-roi d'Italie à vingt-trois ans, connut, des champs de bataille de Lombardie et d'Egypte aux derniers soubresauts de la campagne de France, une existence particulièrement dense. En la retraçant, Jean Autin fait revivre les derniers temps de l'Ancien Régime, les tourmentes révolutionnaires, les fastes du Consulat et de l'Empire, les démêlés avec le Saint-Siège, la vie à Vienne après Wagram et le terrible séjour dans Moscou en flammes avant l'abominable retraite de Russie dans le froid glacial et sous le harcèlement des cosaques. Marié en 1806 à la splendide et ardente Auguste-Amélie de Wittelsbach, le prince Eugène se retira, après les adieux de Fontainebleau, à Munich, où se trouve son tombeau. Il semblerait que Napoléon considérait son fils adoptif, si Marie-Louise ne lui avait pas donné d'héritier, comme son possible successeur.

195.          BLUCHE (Frédéric). Le Bonapartisme. Aux origines de la droite autoritaire, 1800-1850.  Nouvelles Editions Latines,  1980, in-8°,  366 pp, 8 cartes, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, bel envoi a.s.

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"Excellent travail de Frédéric Bluche sur le bonapartisme de 1800 1850, c'est-à-dire du coup d'Etat de Brumaire à celui du 2 décembre. Le grand mérite de ce livre est la clarté. En osant appeler un chat un chat, il rappelle opportunément que le bonapartisme est inséparable du coup d'Etat. C'est par là qu'il commence, même si sa seconde originalité est de continuer par une ratification populaire demandée à posteriori. Et ceci le distingue aussi bien du despotisme éclairé du XVIIIe siècle (qui lui aussi utilisa la force pour la mettre au service de la modernisation, mais en resta là) que des tyrannies anciennes (qui s'en tenaient à la dictature). Cela le distingue aussi du gaullisme à venir qui, lui, commence non pas par un coup d'Etat mais par une parole subversive, elle aussi appelée à être ultérieurement ratifiée par le suffrage universel. La conclusion de Bluche est non moins intéressante : le bonapartisme utilise le mode autoritaire pour exalter les principes de liberté de 1789, d'où son ambiguïté. Ambiguïté qui a fait son succès politique, son succès électoral, et sa capacité de « rassemblement »." (Odile Rudelle, Revue française de science politique, 1982)

196.          BONAPARTE (Napoléon). Ainsi parle le chef. Texte réunis et présentés par Julien Besançon.  Balland,  1983, in-8°,  142 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Descriptives ou visionnaires, ces quelques quatre cent cinquante citations, comme un clin d'oeil par-dessus le temps, ont séduit et donné à penser aux gouvernants de ce monde qui ne se privent guère d'utiliser les conseils du plus célèbre des Français.

197.          BRULEY (Yves) et Thierry LENTZ (dir.). Diplomaties au temps de Napoléon.  CNRS Editions,  2014, gr. in-8°,  376 pp, préface de Victor-André Massena, broché, couv. illustrée, bon état. Actes du colloque des 24 et 25 mars 2014

            20

Au vu des guerres menées par l'Empereur, le rôle de la diplomatie et des diplomates à l'époque napoléonienne peut paraître marginal. Il n'en est rien : pour Napoléon, la guerre était bien la continuation de la politique. Du traité de Campo-Formio à celui de Tilsit, des accords territoriaux aux traités de commerce, les diplomates furent des acteurs essentiels de l'action extérieure du Consulat et de l'Empire. Si la question de la continuité ou de la rupture de la diplomatie napoléonienne avec celles de l'Ancien régime et de la Révolution française se pose d'emblée, celle de la contradiction entre l'idée de puissance, la volonté de paix, le désir de gloire, d'une part, et la nécessaire régulation de la vie internationale, d'autre part, est révélatrice d'ambiguïtés qu'il convient d'examiner. Qui animait la politique diplomatique et avec quels moyens ? Plus concrètement, quelle influence réelle eurent les cinq ministres des Relations extérieures – Reinhard, Talleyrand, Champagny, Maret et Caulaincourt – ou les chevilles ouvrières – La Besnardière, Hauterive, Bignon, etc. – face à la volonté de Napoléon lui-même ? Quelle était la conception du « droit international » de l'empereur et en quoi heurtait-elle ou se conformait-elle aux idées du temps ?

198.          CAULAINCOURT (Général de, Duc de Vicence, Grand Ecuyer). Mémoires. La campagne de Russie. L'agonie de Fontainebleau. Présentation et choix des textes par André Castelot.  Perrin,  1986, in-8°,  xvi-371 pp, une carte sur double page, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire en Mémoires)

            40

Né en 1773, le général de Caulaincourt, duc de Vicence, grand écuyer de l'Empereur, fut l'un des plus fidèles de Napoléon. Issu d'une famille noble et militaire de Picardie, il se rallia comme son père aux idées de la Révolution française. Brillant cavalier, il sera repéré par Talleyrand qui en fera aussi un diplomate. Le général de Caulaincourt est à côté de l'empereur pour son entrée à Moscou. C'est à la fois la conquête, l'avancée d'une armée qui compte plus de 600.000 hommes. Puis c'est la bataille de Smolensk, la retraite de Krasnoë à Smorgoni. Caulaincourt sera désigné comme compagnon de l'empereur dans son traîneau. Cette proximité qui va durer deux semaines va permettre à Caulaincourt de recueillir des impressions extraordinaires sur la vie de l'empereur et ses campagnes entre Smorgoni et Varsovie. Ensuite toujours avec Caulaincourt, Napoléon gagnera Paris en voiture...

199.          CHATEAUBRIAND. Scènes et portraits historiques, recueillis et préfacés par Christian Melchior-Bonnet.  Editions Jules Tallandier,  1928, in-8°,  xliii-277 pp, 18 hors texte en héliogravure, imprimé sur beau papier, reliure demi-basane fauve mordorée à coins, dos lisse orné en long, pièce de titre chagrin vert, tête dorée, couv. illustrée conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque "Historia")

            30

"Que de morceaux d’anthologie n’y a-t-il pas à dégager dans cette œuvre où circulent tant de poésie et d’orgueil, depuis les dernières heures de la monarchie et les premières scènes de 1789, marquées d’un stigmate indélébile, jusqu’à ces évocations de Napoléon à Sainte-Hélène sans oublier l’incendie de Moscou suivi de la retraite de la Grande Armée à travers les immenses plaines de Russie jonchée de cadavres. On hésite à choisir entre ces pages. M. Melchior-Bonnet a su choisir." (Le Progrès médical, 1929)

200.          ESPITALIER (Albert). Napoléon et le roi Murat, 1808-1815, d'après de nouveaux documents.  Perrin,  1910, in-8°,  vi-520 pp, 2 portraits hors texte, broché, bon état

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"M. Albert Espitalier a traité des rapports de Napoléon avec le roi Murat ; la première partie traite des conditions de l'avènement de Murat au trône de Naples et du traité de Bayonne qui est rapporté en appendice, des amis de Caroline et de la formation autour d'elle du parti français, de la vanité du nouveau roi et de ses efforts pour être pris au sérieux, de ses nombreux voyages à Paris et querelles avec l'Empereur, de sa tentative de descente en Sicile, des efforts de Murat pour avoir une forte armée à lui, de ses décrets de juin et juillet 1811 relatifs aux Français employés à Naples, de la dissolution de l'armée de Naples et l'occupation des forteresses napolitaines par des troupes françaises. – La seconde partie du livre traite surtout des circonstances de la trahison de Murat. L'auteur est très sévère à l'adresse de Caroline : ce n'est pas elle pourtant qui traita avec les alliés et qui signa la convention du 8 janvier 1814 ; ce n'est pas elle qui fut entourée dès le début des plus louches personnages, Maghella, Curio, Cariati, Schinina. C'est bien Murat qui trahit ; ce qui prouve qu'en histoire le crime est quelquefois puni quand il n'est pas habile." (Revue historique, 1911)

201.          GODECHOT (Jacques). L'Europe et l'Amérique à l'époque napoléonienne (1800-1815).  PUF,  1967, pt in-8°,  365 pp, une carte, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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"L'auteur de cet excellent instrument de travail, a donné, en ces dernières années, bien des preuves de sa maîtrise en fait d'histoire de la Révolution et de l'Empire. Il a déjà publié, dans la même collection, l'ouvrage intitulé “Les Révolutions. 1770-1799” ; il incluait alors dans son étude la révolution américaine : la même pensée lui fait aujourd'hui inscrire dans le titre du présent volume l'Amérique aux côtés de l'Europe, et cela annonce l'élargissement très justifié de son enquête jusqu'à l'ouest de l'Atlantique. Tous les chercheurs lui sauront gré de leur fournir, bien des années après Louis Villat, un inventaire mis à jour des travaux sur Napoléon et son temps." (F. Boyer, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1967) — "... C'est dans cette logique d'une Révolution française « accoucheuse de nations» que Jacques Godechot publia “Les Révolutions de 1848” (1971), mais sa thèse de la « révolution occidentale » est aussi au cœur de plusieurs de ses ouvrages fondamentaux, tels “Les Révolutions. 1770-1799” (1ère éd. 1963), “L'Europe et l'Amérique à l'époque napoléonienne” (1967), “La pensée révolutionnaire en France et en Europe, 1780-1799, recueil de textes choisis” (1964), “La Grande Nation” (1ère éd., 2 vol. 1956, 2e éd. 1983). Ces livres sont aujourd'hui autant de manuels indispensables à tout historien s'intéressant à la période révolutionnaire." (Claude Petitfrère : “Jacques Godechot, 1907-1989”, in Annales historiques de la Révolution française, 1990)

202.          HERRIOT (Edouard). La vie de Beethoven.  Gallimard,  1936, in-12,  435 pp, broché, bon état (Coll. Vie des hommes illustres)

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Édouard Herriot n'a eu garde de donner prise à ces critiques, acharnés contre ces vies romancées que le public révolté s'obstine à lire. On ne romance pas la vie de Beethoven. Édouard Herriot s'est borné à la retracer fidèlement, mais non sans pittoresque et vivacité, à écouter avec piété le murmure tendre et puissant qui s'en élève, et à définir les éléments d'un prestige musical qui est un miracle de l'esprit humain. Car s'il met en lumière tout ce que Beethoven doit à sa race et à son pays, s'il fait justement honneur à l'Autriche de cette gloire qu'on lui a contestée, Edouard Herriot n'a pas manqué d'insister sur cette fraternité des cœurs sensibles et des âmes généreuses dont le culte universel de Beethoven est peut-être la plus pure expression... N'est-ce pas, suivant le mot de Conrad si opportunément cité par l'auteur, « cette solidarité de l'art qui unit dans la solitude d'innombrables cœurs. » — "Dans ce volume de plus de 400 pages, M. Herriot n'a pas voulu faire œuvre de rnusicologue, il le dit expressément ; « On se propose seulement, écrit-il (p. 16), de chercher à connaître, à comprendre pour mieux l'aimer, pour mieux recevoir ses leçons, un étre du plus noble génie ». Et pour cela, l'auteur a non seulement lu et entendu l'œuvre de Beethoven, mais n'a rien négligé de ce qui peut faire comprendre sa psychologie : il a tenu entre ses mains les émouvants carnets de conversation, de même qu’il a examiné ses manuscrits à la graphie fantasque ; il a poursuivi son enquête partout où il y avait chance de découvrir quelque chose. L'une de ses préoccupations, semble-t-il, – et ce n'est pas le moindre mérite de ce livre si personnel, – a été de reconstituer le milieu historique, la société où a vécu, travaillé et souffert son héros. Quelle époque plus prodigieuse, plus bouleversée, que ce demi-siècle que vécurent Beethoven et Napoléon ! Car la grande ombre du premier consul et de l'empereur se profite sans cesse au fond du tableau. A mesure que s’accomplit l'épopée impériale, dont plus d'une scène se joue aux bords du Rhin et du Danube, sa double patrie, Beethoven poursuit son œuvre. A chaque étape, les pages les plus caractéristiques en sont analysées ici, et les autres rappelées en quelques mots. De même qu'il a dessiné le paysage historique, l'auteur reconstitue le milieu artistique et pénètre dans cette vie muscale viennoise, si intense, si diverse, rappelant les grandes figures de Gluck, de Haydn, de Mozart, de Schubert, esquissant au passage le portrait d'éphémères croque-notes qui, de leur temps, apparaissaient de bien autre importance que l'homme de génie... Ni romanesque, ni romantique, ni romancée, cette histoire de Beethoven et de ses œuvres n'est pas seulement une biographie de musicien, mais aussi l'évocation de toute une époque au-dessus de laquelle rayonne la grande figure de Beethoven. A ce double titre, elle intéressera les musiciens non moins que les profanes." (J.-G. P., Revue de Musicologie, 1929)

203.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Bonaparte et la Cour consulaire.  Bloud et Gay,  1958, in-8°,  262 pp, nombreuses gravures dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Historien chaleureux et averti de l'époque napoléonienne, le commandant Henry Lachouque fait paraître aujourd'hui un livre sur "Bonaparte et la Cour consulaire". Il montre le jeune général, – qui, à Valence, avait déjà eu un avant-goût de la vie de société chez Mme Grégoire du Colombier, – pénétrant rue Chantereine chez la ci-devant vicomtesse de Beauharnais qui y reçoit quelques rescapés de l'ancien régime ; il le suit à Milan où Mmes Visconti, Ruga et Lamberti s'efforcent vainement de lui plaire ; il le montre, revenu d'Egypte et après Brumaire, s'installant au Luxembourg, puis aux Tuileries, tout en passant gaiement ses décadis à la Malmaison. Conteur alerte et plein de mouvement, le commandant Lachouque est de ceux qui se lisent avec la vivacité même qu'il apporte à conduire son récit. Ajoutons que son livre est fort utilement et agréablement illustré de tableaux, dessins rares, documents ou affiches dont le pouvoir d'évocation complète sa propre vision des êtres et des faits." (Revue des Deux Mondes, 1958)

204.          LECOMTE (L.-Henry). Napoléon et le monde dramatique. Etude nouvelle d'après des documents inédits.  P., Daragon,  1912, in-8°,  iv-499 pp, un frontispice gravé, planches hors texte, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs pointillés, titres et caissons fleuronnés de symboles napoléoniens dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire

            100

"M. Lecomte dresse tout un inventaire des rapports de Napoléon avec le monde dramatique. Après quelques pages intitulées : Avant le pouvoir, cette enquête se partage à peu près également entre le Consulat et l'Empire. Sous le Consulat, elle rappelle les comédiens envoyés en Egypte à la place de Bonaparte; elle reproduit beaucoup de documents sur les ordres donnés relativement au choix des pièces, sur la police des théâtres à l'intérieur et à l'extérieur (ordonnance du préfet de police, 29 nivôse an X) ; elle établit la liste des “gratis” donnés à l'occasion de l'anniversaire du 14 juillet ou de l'anniversaire de la naissance du premier Consul, le décret du 28 nivôse an XI sur l'organisation du Théâtre français, les goûts de Bonaparte sur la tragédie, sur la musique italienne, les représentations auxquelles il assista, année par année, celles qu'il donna, par exemple, à la Malmaison. – Même travail pour l'Empire : décret sur rétablissement d'une école de déclamation au Conservatoire de musique, décret sur les théâtres de Paris (8 juin 1806), règlement des théâtres, décret sur la surintendance des spectacles, sur l'administration de l'Académie de musique, circonstances et texte du décret de Moscou (p. 140-157), l'Odéon, les théâtres des départements, les troupes ambulantes, les “gratis”, les représentations auxquelles l'Empereur et l'Impératrice ont assisté, les voyages des acteurs, par exemple à Erfurt, et les frais qui leur furent payés, les spectacles donnés à Saint-Cloud, à Fontainebleau. – Il y a naturellement peu de chose sur les Cent-Jours, et le livre se termine par quelques jugements et anecdotes, décrets sur la propriété littéraire, sur les grands prix, gratifications, relations de l'Empereur avec quelques auteurs, notamment avec l'intraitable Ducis, sentiments de Napoléon sur Corneille ou sur Voltaire, composition de la chapelle impériale en 1809, les amours théâtrales de l'Empereur, Mme Grassini, Mlle Georges, Mlle Mars..." (E. Driault, Revue Historique, 1912)

205.          LEDRÉ (Charles). Le cardinal Cambacérès, archevêque de Rouen (1802-1818). La réorganisation d'un diocèse français au lendemain de la Révolution. (Thèse).  Plon,   1943, fort in-8°,  xxxi-536 pp, un portrait en frontispice, une carte dépliante hors texte, sources et biblio, index, broché, bon état

            50

Etienne Hubert Cambacérès (1756-1818), né à Montpellier, était le frère du Second Consul, puis Prince Archichancelier de l’Empire, Jean-Jacques Régis Cambacérès qui lui assura aide, protection et promotion. Ordonné prêtre en 1780, il devint en 1788, Grand Vicaire de l’Évêque de Montpellier. Protégé par son frère il ne fut pas inquiété pendant la Révolution et c’est grâce à l’appui de ce même frère qu’il fut nommé Archevêque de Rouen le 9 avril 1802 et fait Cardinal le 1er février 1805. Lors du conflit de l’Empereur avec le Pape, il chercha une voie médiane. Déjà Sénateur depuis 1805 il fut appelé à siéger à la Chambre des Pairs des Cent Jours, mais observa une prudente réserve. Il mourut à Rouen en 1818 à son poste d’Archevêque sans avoir été inquiété par la Seconde Restauration. — "Le sujet traité est avant tout « la réorganisation d'un diocèse français au lendemain de la Révolution ». Il ne s'agit donc pas simplement ni même principalement d'une monographie du cardinal Cambacérès. Sans doute, il occupe la place d'honneur, dans ce copieux exposé de la mise en marche du Concordat, dans l'archidiocèse de Rouen. Mais ce qui intéresse le lecteur, c'est moins sa personnalité, en somme sans grande envergure, que l'oeuvre de restauration religieuse à laquelle il préside avec une certaine rudesse, mais aussi avec une constante dignité. Du cardinal Cambacérès, la légation du Saint-Siège en France portait ce jugement, dont M. Ledré nous assure qu'il n'était marqué ni d'excessive rigueur ni, certes, de flatterie : « C'était un homme de talent médiocre, mais un ecclésiastique exemplaire, de principes excellents et qui ne manquait pas de fermeté » (p, 508). Donnons une idée du riche contenu de l'ouvrage. Après une abondante bibliographie dont tout le livre atteste qu'elle n'est pas là seulement pour la parade, et une introduction à la fois géographique et historique, le volume se divise en deux parties. La première, qui comprend environ 160 pages, (p. 15-175), nous décrit le lamentable état du clergé et de la religion en Seine-Inférieure, vers 1801. (...) La seconde partie de l'ouvrage s'intitule « le Cardinal Cambacérès ». Elle comprend 340 pages. C'est là que se trouve à proprement parler exposée la mise en marche du Concordat. (...) En une série de chapitres fortement documentés, il nous est présenté dans l'organisation des paroisses, dans la solution des problèmes financiers (traitements des curés, casuel, réparations des églises, frais du culte, etc.), dans la direction de la discipline ecclésiastique, dans la création des séminaires et la restauration des congrégations. C'est dire toute la richesse de cette étude. (...) On notera les qualités de fond, documentation impeccable et précise, exposition lumineuse et exacte, impartialité et sérénité parfaites..." (Léon Cristiani, Revue d'histoire de l'Église de France, 1943)

206.          MADELIN (Louis). Le Consulat et l'Empire, 1799-1815.  Hachette,  1932-1933, 2 vol. in-8°,  451 et 454 pp, sources et biblio, reliures demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passés, bon état (Coll. L'Histoire de France racontée à tous, sous la direction de Fr. Funck-Brentano)

            60

"Deux volumes alertes, vivants, qui nous offrent un tableau d'ensemble d'une époque spécialement étudiée par l'auteur de Fouché. L'historien a distribué les faits en cinq parties : le Consulat, l'Empire en marche, l'Empire au zénith, le déclin de l'Empire, la chute de l'Empire. Il s'agit avant tout ici d'un livre d'histoire politique, où une grande place est réservée à l'histoire militaire et diplomatique. Les faits économiques sont mentionnées beaucoup plus brièvement. M. Madelin s'en excuse d'ailleurs (...) Sans aller jusqu'à dire que l'auteur a renouvelé l'histoire du Consulat et de l'Empire, il convient de signaler des chapitres où abondent les nouveautés. Tels, par exemple, ceux où M. Madelin expose les motifs et les circonstances de la conclusion du Concordat (I, 112-137) ; celui, particulièrement intéressant et original, où l'historien fait voir les progrès de la « réaction » politique et intellectuelle vers 1810 (II, 38-58) ; celui aussi où il retrace les péripéties du concile de 1811 (II, 126-131). (...) Un livre d'histoire, abondamment documenté, qui se lit d'un bout à l'autre avec autant d'agrément que d'intérêt. La science de l'historien y est merveilleusement servie par le talent de l'écrivain, par l'éclat d'un style nerveux et coloré." (L. Leclère, Revue belge de philologie et d'histoire, 1933)

207.          MARBOT (Jean-Baptiste Antoine, baron de). Mémoires du général baron de Marbot.  Plon,  s.d. (1893), 3 vol. in-8°,  xii-390, 495 et 446 pp, 2 portraits, une planche sous serpente légendée et 2 fac-similés hors texte, index, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés, filet doré sur les plats, têtes dorées (rel. de l'époque), coiffes et nerfs lég. frottés, qqs rares rousseurs, bon état

            200

I. Gênes, Austerlitz, Eylau ; II. Madrid, Essling, Torrès-Védras ; III. Polotsk, La Bérésina, Leipzig, Waterloo. — « Je l'engage à continuer à écrire pour la défense et la gloire des Armées françaises et en confondre les calomniateurs », écrivait Napoléon dans son testament. Ainsi les Mémoires de Marbot sont l'épopée des guerres napoléoniennes, de la campagne d'Italie à Waterloo en passant par la Bérésina, vécue par un homme d'action, né soldat, porté aux actes de bravoure, assez réaliste pour conserver en toute circonstance sa simplicité, sa verve et sa franchise. À l'égard de Napoléon, il est d'une fidélité critique et lucide. Il n'admet aucune faiblesse ordinaire ou politique. Il dénonce vivement ses erreurs et son népotisme. Marbot est surtout un remarquable chroniqueur. Ses récits des batailles (Austerlitz, Iéna, Wagram...), par une suite d'images fortes, rapides et colorées, cumulent la clarté de la vision d'ensemble et l'intensité du fait vécu. — "Les plus populaires des mémoires d'Empire." (Tulard, 952)

208.          PAGÉ (Sylvain). L'Amérique du Nord et Napoléon.  Nouveau Monde éditions, Fondation Napoléon,  2003, in-8°,  208 pp, 6 cartes dont une volante, 4 portraits, documents en annexe, notices biographiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon), envoi a.s.

            30

La Révolution, le Consulat et le Premier Empire marquent un moment fort dans le développement des relations diplomatiques, économiques, intellectuelles et sociales entre l'Amérique du Nord et la France. Pendant plus d'un quart de siècle, de 1789 à 1815, séparés par la distance et par une profonde incompréhension mutuelle, l'Europe et le Nouveau Monde entretiennent des relations parfois cordiales, souvent antagonistes, aux conséquences essentielles pour l'avenir de chacun. Souvent réduites à la vente de la Louisiane par Bonaparte, ces relations France-Amérique sont d'une grande richesse que l'ouvrage de Sylvain Pagé nous fait découvrir. De 1812 à 1815, les guerres napoléoniennes se transportent au coeur du continent nord-américain, changeant définitivement le cours de l'histoire, non seulement aux Etats-Unis et au Canada, mais aussi en France et en Angleterre. De ces années intenses et de ces rapports ambigus naissent les sphères d'influence qui régiront le monde jusqu'à la Première Guerre mondiale.

209.          PASQUIER (Etiennne-Denis). Souvenirs du chancelier Pasquier, 1767-1815. Introduction et notes de Robert Lacour-Gayet.  Hachette,  1964, in-8°,  287 pp, 32 pl. de gravures hors texte, reliure soie décorée de l'éditeur, un des 5000 ex. numérotés sur Bouffant supérieur (seul tirage), bon état

            30

"Pasquier, ancien parlementaire, fut après son ralliement à l'Empire conseiller d'Etat puis préfet de police. Excellents postes d'observation qui donnent à ses mémoires un grand intérêt. Taine ne jugeait-il pas Pasquier "le témoin le mieux informé et le plus judicieux pour la première moitié de ce siècle". Son témoignage est en effet de tout premier ordre pour le fonctionnement du Conseil d'Etat, le Grand Sanhédrin, la police impériale (critique de son prédécesseur et de ses employés (Boucheseiche, etc.), affaire Malet, approvisionnement de Paris, conflit avec l'inspecteur général Veyrat), les événements de 1814 et de 1815. (...) La consultation de Pasquier est indispensable pour l'histoire intérieure de l'Empire." (Tulard, 1120) — "Poursuivant la publication d'éditions condensées des plus passionnants mémoires de personnages civils ou militaires ayant joué un rôle entre les dernières années du règne de Louis XVI et la Restauration, M. Robert Lacour-Gayet vient de présenter et d'annoter une nouvelle édition des Souvenirs du Chancelier Pasquier. Résumant les chapitres qui présentent un moindre intérêt, présentant le mémorialiste en une introduction agréable à lire et riche en précisions utiles, il a bien dégagé les parties vivantes ou pittoresques de ses réminiscences, ainsi que le récit d'événements historiques, que l'auteur était à même de parfaitement connaître, vu ses hautes fonctions politiques sous le Premier Empire et lors de l'abdication. Pour justifier son ralliement à une dizaine de régimes qu'il servit d'ailleurs avec zèle et compétence, Pasquier disait : « Il faut vivre avec son temps et ne pas s'attarder de quelque vingt années en arrière ». Il se refusait à vivre en « égoïste mécontent », c'est-à-dire en marge du pouvoir et dans une stérile opposition. Si cette attitude opportuniste manque un peu de grandeur, elle a permis au pays de conserver, à travers une suite de crises politiques trop fréquentes, un intègre et utile serviteur." (A. Gavoty, Revue des Deux Mondes, 1964)

210.          PERETTI (Lydie). Létizia Bonaparte. La mère de l'Empereur.  Plon,  1932, in-12,  ix-246 pp, préface de Pierre Bonardi, un portrait hors texte, broché, bon état

            20

"La vie de Letizia Ramolino, mariée à quatorze ans à Charles Bonaparte et morte à quatre-vingt-six ans, est plus remplie de tristesses et d'épreuves que de joies. Depuis les souffrances endurées lors de la lutte que la Corse soutint contre la France en 1769 jusqu'à la détresse que lui causèrent la captivité de son fils à Sainte-Hélène et l'éloignement de son petit-fils, son existence est un long tissu de misères matérielles et morales, qu'elle supporta avec une dignité qui ne faillit jamais. Sous l'Empire, même, elle vécut dans une extrême simplicité, fuyant la pompe et l'apparat, ne paraissant jamais aux fêtes, sauf à celle du 15 août. Mlle Lydie Peretti nous raconte cette vie plutôt douloureuse dans un récit vibrant d'enthousiasme, intéressant certes, mais où l'on trouve parfois des opinions un peu déconcertantes... Mlle Peretti n'aime pas Joséphine. C'est « une indolente créole..., inconsciente et coquette..., femme perverse et inintelligente », chez qui tout dénote « un absolu défaut de bienséance ». « Cette femme, toujours, s'est révélée sans tête et l'on n'est point certain qu'elle ait un coeur. » Après avoir lu ces appréciations dépourvues d'indulgence, on éprouve une certaine surprise quand l'auteur, quelques pages plus loin, dit de la même Joséphine que « cette femme. a tout prendre, valait mieux que sa réputation »." (Paul Mautouchet, La Révolution française, revue historique, 1932)

211.          RIVOLLET (Georges) et Paul ALBERTINI. Les maréchaux d'Empire et la première abdication. Avril 1814.  Berger-Levrault,  1957, in-8°,  175 pp, préface d'André Masséna, prince d'Essling, 48 portraits sur 24 pl. hors texte, index, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état, bel envoi a.s. de P. Albertini

            30

"Les maréchaux ont-ils trahi Napoléon en 1814 ? Problème souvent examiné, encore une fois repris par Georges Rivollet et Paul Albertini. Les auteurs veulent montrer que la « trahison des maréchaux » est une légende et, après avoir scruté le rôle de chacun d'eux, ils rejettent sur le seul Marmont la responsabilité de la trahison." (J. Godechot, Revue Historique, 1959)

212.          SÉGUR (Philippe-Paul, Comte de). Mémoires d'un Aide de Camp de Napoléon. I. De 1800 à 1812. – II. La Campagne de Russie. – III. Du Rhin à Fontainebleau.  Nelson,  s.d. (v. 1910), 3 vol. in-12,  474, (16)-457 et 508 pp, introduction du tome II par le Vte E.-M. de Vogüé de l'Académie française, un frontispice en couleurs, reliures percaline crème décorées de l'éditeur, sans les jaquettes, bon état

            60

Complet en 3 volumes. — I. De 1800 à 1812 : "Ma vie fut entraînée par celle de ce grand homme ; en la racontant je dirais la sienne." À la fois historien et mémorialiste, le comte Philippe de Ségur mêle ses souvenirs personnels au destin de Napoléon. Aide de camp de l'Empereur, il le cotoya jour après jour. Après la bataille de Waterloo, il se retira pour rédiger ses Mémoires. En conteur, il rend palpable l'esprit, le souffle qui animent son temps. Dans le premier volume, qui couvre les années 1800 à 1812, la légèreté du ton, la confiance et la témérité de la jeunesse sont celles de l'auteur, autant que celles d'une époque où tout semble possible dans une France nouvelle, confiante dans l'avenir. — II. La Campagne de Russie : La destinée de certains livres célèbres est aussi bizarre que celles de certains hommes illustres. “La Campagne de Russie” de Ségur en est un mémorable exemple. La publication de l'ouvrage en 1824 fut une date littéraire. Il eut d'innombrables éditions et fut traduit dans toutes les langues. Cinquante ans plus tard, en 1873, c'est-à-dire à une époque où le nom même de Napoléon était l'objet de l'exécration des Français, le vieillard nonagénaire fit paraître ses Mémoires en huit volumes, en y incorporant l'oeuvre de sa jeunesse. Les Mémoires passèrent inaperçus au milieu de l'indifférence générale. Les générations nouvelles qui se passionnent pour tout ce qui touche à Napoléon rendront justice à l'oeuvre de Ségur et la remettront à son rang qui doit être le premier. “La Campagne de Russie”, narration par un témoin oculaire, aide de camp de l'Empereur, d'une des catastrophes les plus épouvantables de l'histoire, est un des classiques de la littérature napoléonienne. Tels épisodes, l'incendie de Moscou, le passage de la Bérésina, sont d'une saisissante beauté. Car cet historien est un merveilleux écrivain. — III. Du Rhin à Fontainebleau, de 1813 à 1815 : A la tête d'un corps de volontaires, le comte Philippe de Ségur doit surveiller le front du Rhin durant l'hiver 1813-1814. Dans ce troisième tome de ses Mémoires, il relate la retraite d'une armée française totalement désorganisée, dont la dislocation entraîne celle de l'Empire. Le retour de Napoléon parmi ses troupes redonne du souffle à la campagne, réchauffe le coeur de ses soldats, comme de la population. Ségur mène ici deux récits de front : l'histoire de sa propre vie, et celle du destin de Napoléon. — "Devenu aide de camp de Napoléon sous l'Empire puis attaché à la cour de Joseph, Ségur a laissé d'attachants mémoires... On a peut-être accordé trop de crédit à ces souvenirs, au demeurant fort bien écrits." (Tulard, 1331). Le tome II est entièrement consacré à la campagne de Russie. Selon saint-René Taillandier, biographe de Ségur, 'La Campagne de Russie' est un des rares poèmes épiques de la littérature française.

213.          SOUBIRAN (André). Le Baron Larrey, chirurgien de Napoléon.  Fayard,  1966, fort in-8°,  xvi-522 pp, qqs gravures et fac-similés dont un portrait de Larrey en frontispice, biblio, broché, couv. illustrée à rabats lég. défraîchie, bon état

            20

De tous les chirurgiens des Armées de la Révolution et de l'Empire, Dominique Larrey est, sans conteste, le plus prestigieux. Son nom sera de son vivant gravé sur l'Arc de Triomphe de l'Étoile et il méritera cet hommage prononcé par Napoléon à Sainte-Hélène : « Si l'Armée élève une colonne à la reconnaissance, elle doit l'ériger à Larrey. » Mais le témoignage des soldats sur le célèbre chirurgien de la Garde Impériale est plus éloquent encore : tous, sans distinction de nationalité et de camp, l'appelleront leur « Providence », car de 1792 à 1815, dans le désordre des retraites aussi bien que dans l'enthousiasme des victoires, l'indifférence du Commandement et de l'Intendance à l'égard des blessés des combats est la règle. « L'Empire a ignoré l'humanité » : les chiffres et les faits rapportés par André Soubiran viennent confirmer hélas ! ce sévère verdict. Malgré les protestations des Larrey, des Percy, des Desgenettes, Napoléon n'a pas voulu – ou n'a pas pu – libérer le Service de Santé de la catastrophique tutelle de l'Intendance – et plus d'un lecteur s'étonnera d'apprendre que l'autonomie réelle du Corps de Santé militaire ne date en France que de 1917... Créateur du service sanitaire de l'avant, tel que le conçoivent aujourd'hui toutes les armées du monde, Larrey est aussi l'incontestable précurseur d'Henry Dunant et de ceux qui ont lutté, depuis cent ans, pour établir, puis pour préserver la neutralité – sans cesse menacée – de la Médecine en temps de guerre. Ainsi le récit de ce « destin hors-série » déborde-t-il l'intérêt purement biographique pour éclairer des aspects peu connus de l'histoire napoléonnienne et, devant les risques permanents de guerre qui pèsent toujours sur le monde, pour nous apporter de salutaires rappels.

214.          STAËL-HOLSTEIN (Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de). Mémoires de Madame de Staël (Dix années d'exil). Ouvrage posthume publié en 1818 par M. le duc de Broglie et M. le baron de Staël. Nouvelle édition précédée d'une Notice sur la vie et les ouvrages de Madame de Staël par Mme Necker de Saussure.  P., Bibliothèque Charpentier,  Eugène Fasquelle éditeur,  s.d. (v. 1894), in-12,  463 pp, reliure demi-chagrin chocolat, dos lisse orné en long, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire bien relié et sans rousseurs

            50

En conflit avec Napoléon depuis 1811, Madame de Staël dénonce sa tyrannie. (Tulard 1375).

215.          THIELEN (Maximilian von). Souvenirs de guerre d'un vétéran autrichien sur les campagnes de 1805 à 1815. Suivis d'une Annexe sur la politique de l'Autriche de 1809 à 1814.  La Vouivre,  2003, in-8° carré,  ix-333 pp, édition établie par Roger Quentin, texte sur 2 colonnes, 2 cartes hors texte, biblio, index, broché, bon état

            60

Ces souvenirs d’un officier autrichien appartenant à l’état-major de Schwartzenberg durant la campagne de 1814 suivent et commentent la chute de l’Empire avec rigueur et souci du détail. Jeune officier autrichien, Thielen évoque tout d’abord la vie de garnison et ses premières campagnes dans le régiment des cuirassiers du prince-royal, de 1805 à 1809. Il participe avec lui aux batailles d’Essling et de Wagram. Devenu aide de camp, il est attaché en 1813 au général Radetzky, chef d’état-major de l’armée de Bohême commandée par le prince Schwarzenberg. Sous ses ordres, Thielen analyse la stratégie de l’armée alliée et observe l’empereur Alexandre ainsi que les généraux autrichiens ou prussiens. Durant sa retraite, Thielen écrit et publie de nombreux articles sur la campagne de 1814. Il interroge Metternich sur la politique de l’Autriche sous l’Empire et correspond avec d’anciens généraux. Ses souvenirs, publiés pour la première fois en français, sont également émaillés de nombreuses lettres de Schwartzenberg, qu’il admire et défend contre les attaques des historiens prussiens et russes.

216.          THIRY (Jean). La Première Restauration, le gouvernement de Louis XVIII, l'île d'Elbe, le Congrès de Vienne.  Berger-Levrault,  1943, in-8°,  vi-392 pp, biblio, index, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            35

"Auteur d'un Cambacérès et de deux ouvrages sur le Sénat à l'époque impériale, M. Jean Thiry a entrepris une importante histoire de « La chute de Napoléon 1er », dont les deux premiers volumes consacrés à “La Campagne de France” et à “La Première abdication” ont été couronnés, en 1940, par d'Académie française, qui a décerné à leur auteur le grand prix Gobert. Le troisième volume qui paraît aujourd'hui retrace, avec “La Première Restauration”, les initiatives et Les fautes du gouvernement de Louis XVIII, l'exil de l'Empereur déchu à l'Ile d'Elbe et les négociations du Congrès de Vienne, avec une clarté qui n'est jamais de la sécheresse, et le souci d'indiquer le détail pittoresque qui fait image, tout en se tenant à l'écart de l'histoire romancée. M. Jean Thiry prouve qu'il n'est pas besoin, de recourir à des dialogues de fantaisie pour être attrayant." (Revue des Deux Mondes, 1943)

 

De 1815 à 1914

 

217.          AJALBERT (Jean). Clemenceau.  Gallimard,  1931, in-12,  170 pp, 4 pl. hors texte, broché, bon état. Edition originale, ex. du SP, prière d'insérer, envoi a.s.

            25

"Ces souvenirs jaillissant de la plus fraîche et fidèle mémoire font le charme et la justification, s'il en était besoin, de ce volume. Après tant d'ouvrages qui n'ont, pour la plupart, abordé que le vieil homme chargé de gloire, le voici tout au long de sa vie trépidante, bruyante et mystérieuse, et résumée avec une sorte d'admiration bougonne et déçue qui n'aurait pas déplu à Clemenceau." (L'Editeur)

218.          ALLOTTE de LA FUYE (M.). Jules Verne, sa vie, son œuvre.  Hachette,  1966, in-8°,  223 pp, 16 pl. de gravures et portraits hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Fameuse biographie de Jules Verne (1828-1905) par sa petite-nièce par alliance, Marguerite Allotte de la Fuÿe (1874-1959), publiée à l'occasion du centenaire de la naissance de l'écrivain (chez Simon Kra, en 1928), puis rééditée par Hachette en 1953 et 1966. — "Livre passionnant pour tous ceux que Jules Verne passionne. Pour les autres, divertissant et spirituel. Pourquoi ne veut-on voir en Jules Verne qu’un précurseur ? Jules Verne est un créateur, dont les inventions se suffisent et suffisent à notre joie. Ce ne sont pas les savants qui sont prophètes, mais les poètes. Or Jules Verne fut poète avant tout – et ce livre le fera bien voir aux sceptiques. Il a aimé la science parce qu’elle ouvre des perspectives d’évasion – où seuls les poètes savent se perdre. Et c’est bien sa plus grande ruse que d’avoir emprunté le véhicule à la mode pour conduire des millions de lecteurs dans un monde purement fantaisiste où les équations tyranniques deviennent de merveilleux calembours, où les savants sont réellement dans la lune, ou bien descendent au fond des mers adorer la Liberté et jouer de l’orgue sous les yeux de poulpes géants. Jules Verne a véritablement soumis la science à la poésie. Et l’on ne veut voir que jolis livres d’étrennes dans les œuvres du plus grand créateur de mythes modernes, du seul écrivain dont l’influence soit comparable à celle du cinéma ! Claretie raconte que les détenus des maisons de correction se jetaient sur ces volumes « au travers desquels ils respiraient l’air du monde ». N’en ferons-nous pas autant, emprisonnés que nous sommes dans une civilisation qui, selon l’expression de Jules Verne désabusé « emprunte l’aspect d’une nécessité » (et dans la bouche de ce libertaire, cela constituait un jugement !) Serons-nous longtemps encore dupes d’une conception de la littérature si pédante qu’elle exclut un de nos plus grands conteurs sous prétexte qu’il n’est styliste ni psychologue ? Laisserons-nous Jules Verne aux enfants ?" (Revue de Genève, juin 1928)

219.          ANSON-MEYER (Monique). Friedrich List, un économiste du développement au XIXe siècle.  Presses Universitaires de Grenoble,  1982, in-8°,  239 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, soulignures crayon, sinon bon état

            25

Visionnaire, théoricien, militant, pamphlétaire, l'économiste allemand Friedrich List (1789-1846), auteur d'un volumineux traité, Système national d'économie politique (1841), reste méconnu et ignoré par ceux mêmes qu'il inspire. Toute sa vie fut consacrée à faire d'une Allemagne morcelée et attardée une puissance industrielle autonome, contre les intérêts anglais dominants et l'ordre féodal. Cette effronterie lui vaudra emprisonnement, exil et plus tard célébrité, sans que rien ne le détourne de sa marche de militant entêté. Personnage aux idées trop remuantes, son ombre plane aujourd'hui encore dans maints débats. — "List, économiste souvent cité mais rarement lu et souvent déformé, est pourtant un théoricien important pour la compréhension des processus et des stratégies du développement. L'ouvrage que Monique Anson-Meyer vient de lui consacrer permet de combler un vide dans la littérature française et incite le lecteur à lire le défenseur du Zollverein et le critique nationaliste de l'école classique anglaise. Monique Anson-Meyer nous présente avec clarté et érudition les principaux aspects de l'œuvre de List et de sa controverse avec les classiques : nationalisme versus individualisme. Les apports de List paraissent notables : citons l'analyse des cinq stades du développement, l'étude du rôle du protectionnisme dans le démarrage économique, ou celle des industries motrices. Selon l'auteur, les principales faiblesses concernent l'absence d'analyse du capitalisme et des rapports sociaux de production ainsi que la vision ethnocentriste. Remercions Monique Anson-Meyer de nous inviter à redécouvrir List et félicitons-là d'avoir su présenter avec autant d'intelligence et de sources érudites une œuvre importante." (Philippe Hugon, Revue Tiers Monde, 1983)

220.          BAILLY (A.). Exposé de l'administration générale et locale des Finances du Royaume-Uni de la Grande Bretagne et d'Irlande. Contenant des documents sur l'Echiquier, la dette nationale, les banques, la navigation, les consommations, etc. Sur le produit et l'emploi des contributions, droits, taxes, péages et émoluments perçus par l'État, le clergé, la magistrature, les comtés, les paroisses, les corporations, les titulaires d'offices, etc.  P., Firmin-Didot Frères,  1837, 2 vol. in-8°,  xliv-616 et viii-643 pp, nombreux tableaux dont un dépliant hors texte, reliures demi-veau havane, dos lisses à faux nerfs soulignés à froid, filets dorés, roulettes en tête et en queue, pièces de titre et de tomaison basane acajou, plats et gardes marbrés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, qqs pâles rousseurs, bon état. Edition originale

            180

Edition originale. Etude très approfondie et accompagnée de statistiques due à un inspecteur des Finances qui avait longuement séjourné outre Manche. Un exposé très détaillé du système administratif et financier britannique, qui analyse entre autres les divers impôts et taxes – sur les chiens, les chevaux, les armoiries, la poudre de coiffure… Les universités d’Oxford et Cambridge sont exemptes de droits “pour les sommeliers, les maîtres d’hôtel, les cuisiniers, les jardiniers et les concierges”. On découvre aussi une multitude de renseignements sur les banques, les droits de douane, les phares ou la navigation... — "Ce nouvel ouvrage de l'auteur de l'Histoire financière de la France est le résultat d'un long séjour dans la Grande-Bretagne et de deux années de recherches et d'études. Dans un pays où le pouvoir d'imposer et de lever des tributs est exercé par tant de mains, l'histoire des finances devait traiter non seulement de l'administration générale, mais encore de l'organisation civile, ecclésiastique, judiciaire, des ponts-et-chaussées, des canaux et de la navigation maritime dans chacun des trois royaumes. Tel est le plan de cet ouvrage, qui n'est autre chose qu'une statistique générale actuelle des institutions du Royaume-Uni." (Quérard, La littérature française contemporaine I, p 129)

221.          BALZAC (Honoré de). Les Contes drolatiques. Colligez ez Abbayes de Touraine et mis en lumière par le sieur de Balzac pour l'esbattement des Pantagruelistes et non aultres. Imagés par Joseph Hémard.  P., Les éditions G. Crès et Cie,  1926, 2 vol. pt in-8°,   nombreuses illustrations hors texte en couleurs par Joseph Hémard, tirage sur vélin, reliures demi-maroquin vert à coins, dos lisses ornés en long, têtes dorées, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), pt épidermure sans gravité au dos du tome II, bon état. Exemplaire bien relié

            200

C'est à partir de 1832 qu'Honoré de Balzac écrivit Les cent contes drolatiques : un changement de style et de ton, loin du Père Goriot et d'Eugénie Grandet, mais se voulant un hommage à Rabelais pour lequel Balzac avait une grande admiration.

222.          BARBEY-BOISSIER (C.). La Comtesse Agénor de Gasparin et sa famille. Correspondance et Souvenirs 1813-1894.  Plon,  1902, 2 vol. in-8°,  xvii-411 et 443 pp, préface de M. Augustin Filon, 4 héliogravures hors texte, index bibliographique, reliures demi-basane noire, dos à 5 nerfs soulignés à frois, titres, tomaisons et date en queue dorés (rel. de l'époque), bon état

            120

"On pourra trouver à la lecture de ces deux gros volumes un document « social » de premier ordre, reposant sur des données sûres, d'un traditionnisme, en l'occurrence, très rassurant : l'histoire d'une famille protestante au XIXe siècle, avec ses origines, son expansion, sa descendance. Il n'est pas jusqu'aux héliogravures, qui les ornent de silhouettes fort analogues à celles des crayons d'Ingres, qui ne soulignent toute l'honorabilité bourgeoise de la souche des Boissier. Mme B.-B. a en effet d'abord mis en oeuvre le journal et les lettres de sa grand-mère Caroline Boissier, une Genevoise violemment antifrançaise, qui se réjouit de Waterloo, mais se réconcilie pendant la Restauration avec la France, dont la capitale resplendit d'une belle efflorescence artistique. De la vie théâtrale et musicale de Paris, où elle fait plusieurs séjours, Caroline Boissier nous fait une peinture amusante et vive. Caroline Boissier mourut le 17 mars 1836 ; un an après, jour pour jour, sa fille Valérie épousait Agénor de Gasparin, petit-fils du conventionnel, fils d'Adrien de Gasparin, qui fût préfet de Lyon en 1831 et ministre de l'intérieur en 1836 et 1839. Le jeune ménage s'installa à Paris, et dès lors, pendant dix-huit ans, Valérie échangea avec son père, resté à Valleyres, une correspondance très intéressante, dont de larges fragments nous sont par bonheur donnés, et ou l'on trouve sur le monde politique de la France à cette époque des renseignements de toute espèce. Les Gasparin appartenaient au protestantisme orthodoxe ; très honnêtes, mais très étroits d'idées, liés avec les Guizot, les Duchâtel, les Duvergier, ils n'aimaient guère les libéraux, et se pliaient difficilement aux contingences de la politique : lorsque Agénor de Gasparin devint député de la Corse en 1842, son rôle politique fut assez effacé. 1848 les surprit dans un voyage en Orient. Ils avaient prédit la république en 1832, ils ne l'attendaient pas en 1848. Elle les détacha définitivement de la politique (...) M. de Gasparin mourut le 9 mai 1871, après avoir essayé avec le député alsacien Lefébure d'organiser une république neutre d'Asace ; la douleur de la comtesse fut profonde et s'épandit en des élégies qui ne sont pas sans valeur. Puis Mme de Gasparin reprit quelque goût à la vie, à l'action : elle se remit à écrire, jusqu'à sa mort, qui survint le 16 juin 1894. L'historien de la société, et particulièrement du protestantisme en France au XIXe siècle, trouvera dans les lettres de Valérie de Gasparin, et, depuis 1857, dans les souvenirs de Mme B.-B., beaucoup de renseignements de premier ordre." (Georges Bourgin, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1902)

223.          BAUNARD (Mgr Louis). Le Général de Sonis (1825-1887), d'après ses papiers et sa correspondance.  P., ancienne librairie Poussielgue, J. de Gigord, éditeur,  1914, in-8°,  xv-576 pp, un portrait photo en frontispice, reliure demi-basane fauve à coins, tête dorée (rel. de l'époque), dos manquant, sinon bon état

            25

"... Nous sommes doublement heureux de rendre hommage à l'ouvrage si remarquable de Mgr Baunard, car on y trouve un récit circonstancié, fait sur les sources les plus authentiques, des opérations militaires qui s'accomplirent depuis la prise de possession, par le général, du commandement du 17e corps, jusqu'à la bataille de Loigny." (G. de B., Revue des Questions historiques) — "Pour savoir ce que fut, dans la plaine de Loigny, cette nuit tragique du 2 décembre 1870, il faut lire l’admirable volume de Mgr Baunard sur le général de Sonis. Se jetant, sous les balles, en pleine mêlée, l’abbé Theuré, par son intrépidité et son sang-froid, a sauvé la vie à plus de cinq cents blessés français et allemands qui allaient être massacrés dans l’effroyable désordre de ce combat de nuit. Le lendemain, il y avait plus de mille blessés dans son presbytère et dans son église. C’est là que M. le chirurgien-major Dujardin-Beaumetz établit son ambulance ; c’est là qu’assisté de M. de Belval, son aide-major, et de M. l’abbé Theuré, il coupa la jambe au général de Sonis. Avant l’opération, le général lui avait dit : « Tâchez de m’en laisser assez pour que je puisse encore servir la France. »..." (Ludovic Halévy, 1894) — Table : La Guadeloupe, la France, le collège (1825-1844) ; Saint-Cyr, Castres, Paris, Limoges (1844-1854) ; L'Algérie, la Kabylie (1854-1859) ; la campagne d'Italie (mai-août 1859) ; le Maroc (octobre 1859) ; Tenez, Laghouat, Saïda (1860) ; combat de Metlili, une expédition dans le désert (1865-1866) ; Laghouat, la vie chrétienne ; combat d'Aïn-Mahdi (1869) ; Aumale (1869-1870) ; l'armée de la Loire, Brou et Loigny (1870. Récit circonstancié des opérations militaires autour de Châteaudun et dans la journée de Loigny, quand le général de Sonis commandait le 17e corps) ; l'ambulance et le congé (1871) ; Rennes (1871-1874) ; Saint-Servan (1874-1880) ; Châteauroux, Limoges (1880-1883) ; Paris, l'éternité (1883-1887).

224.          BERNARD (Claude). Lettres parisiennes, 1869-1878.  Lyon, Fondation Mérieux,  1978, gr. in-8° carré,  195 pp, annoté par Jacqueline Sonolet, préface de Jean Dausset, 62 gravures, photos et fac-similés en noir dans le texte et à pleine page, 8 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, reliure toile bordeaux de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Les lettres du physiologiste Claude Bernard (1813-1878) à son amie Marie Raffalovich (1832-1921), publiées à l'occasion du centenaire de sa mort. — "C’est en 1869 qu’il fait la connaissance de Madame Raffalovich. Elle suit ses cours au Collège de France et se fait présenter au savant qu’elle admire. Née à Odessa, elle est la fille d’un banquier russe qui émigrera ultérieurement en France. C’est une femme belle et cultivée, parlant couramment huit langues. Claude Bernard est émerveillé par cette personne éblouissante qui allie de rares qualités intellectuelles et morales à une grande beauté, tout en étant une bonne mère de famille et une épouse modèle. Madame Raffalovich de son côté se trouve séduite par « le rayonnement d’intelligence et de bonté que Claude Bernard dégage, par son abord plein de sérénité, de simplicité et de sérieux, par sa stature élevée (il mesure 1,84 m) et le prodigieux développement de son front et de ses tempes ». Claude Bernard aborde avec elle les sujets les plus divers et en fait la confidente de ses soucis. De 1869 à 1878, il lui écrira près de cinq cents lettres depuis Saint-Julien et depuis Paris. Madame Raffalovich les léguera reliées à la bibliothèque des Sciences. Ces lettres ont été publiées dans deux ouvrages : « Lettres parisiennes » et « Lettres à Madame R. » (qui sont les lettres beaujolaises)." (Marie-Aymée Marduel, 2006)

225.          BESNARD (Albert). Sous le ciel de Rome. Souvenirs.  Editions de France,  1925, in-12,  iii-308 pp, introduction de Marcel Prévost, broché, couv. lég. salie, état correct

            20

Albert Besnard entre à dix-sept ans à l'Ecole des Beaux-Arts. En 1874, il remporte le Grand Prix de Rome. Il prolonge son séjour à Rome et épouse Charlotte Dubray, fille du sculpteur Gabriel-Vital Dubray et sculpteur elle-même. Au Salon de 1886, son Portrait de Madame Roger Jourdain (Paris, Musée d'Orsay) met en exergue les caractéristiques de ce qui allait devenir son style propre, basé sur un usage personnel de la lumière et des ombres, influencé par l'impressionnisme et la technique de Carolus-Duran. Il laisse de nombreux portraits. Il contribue à la décoration de nombreux monuments parisiens : l’Hôtel de Ville, le vestibule de l’Ecole de Pharmacie, l’amphithéâtre de chimie de la Sorbonne, le plafond de la Comédie-Française, la coupole du Petit Palais. Il est nommé, en 1913, directeur de la Villa Médicis à Rome et, en 1922, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts. Membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis 1912, il est élu à l’Académie française le 27 novembre 1924, devenant le premier peintre à entrer dans l'illustre compagnie depuis 1760.

226.          BOISSONNAS (Mme B.). Un vaincu. Souvenirs du général Robert Lee.  P., J. Hetzel et Cie,  1875, in-12,  vii-291 pp, un portrait gravé du général Robert Lee d'après une photographie inédite en frontispice, et une carte dépliante d'une partie des Etats de la Virginie, Colombie, Maryland, Pennsylvanie, pour suivre les opérations du général Lee, reliure demi-basane noisette, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), dos de la reliure un peu abîmé, sinon bon exemplaire sans rousseurs. Edition originale. Rare

            50

Une biographie du général Robert Lee, dont Lucie Boissonnas (1839-1877) connaissait les filles. — "Le livre de Mme Boissonnas est une émouvante apologie du général Lee. C'est l'œuvre d'une mère, désirant montrer à ses fils le type parfait de l'homme de devoir : l'illustre soldat américain, dont la vie tout entière fut dirigée vers cet idéal, était bien celui sur lequel son choix devait s'arrêter. Ajoutons que, dans cette œuvre d'enthousiasme, l'admiration n'a pas nui à la justesse du jugement. Mme Boissonnas n'absout pas le parti auquel Robert Lee consacra son talent, et qu'en Europe on a flétri du nom d'esclavagiste... Assez d'historiens ont insisté sur les ressources inépuisables de la stratégie du général Lee, conté ses courses en Maryland et sa défense quatre fois heureuse et toujours renouvelée des murs de Richmond. Il restait à nous peindre l'homme : c'est ce dernier trait, délicat et intime, que le talent de Mme Boissonnas vient d'ajouter au portrait du héros." (Polybiblion, Revue bibliographique universelle, 1876)

227.          BREDIN (Jean-Denis). L'Affaire.  Julliard,  1984, fort gr. in-8°,  551 pp, 32 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'Affaire Dreyfus dans ses dimensions judiciaire, politique et sociale. — Par une belle matinée de l'automne 1894, le jeune Capitaine Dreyfus se rendit au Ministère de la Guerre : il y était convoqué "en tenue bourgeoise", pour une "inspection" de routine. Un officier le reçut, dont la main droite était gantée de soie noire. "J'ai une lettre à écrire. J'ai mal aux doigts. Pouvez-vous écrire à ma place ?" Le Capitaine Dreyfus se prêta à la dictée. Soudain l'officier lui mit la main sur l'épaule. "Au nom de la loi je vous arrête. Vous êtes accusé du crime de haute trahison." Ainsi commença l' "Affaire". L'Affaire ? C'est un épisode de la lutte des services d'espionnage français et allemand, qui recèle encore des mystères. C'est un combat judiciaire de douze années dont l'acquittement d'Esterhazy et le procès Zola furent des péripéties. C'est un furieux affrontement qui secoua la société française au carrefour de deux siècles. Avec une implacable minutie, ce livre démonte les ressorts de la tragique "erreur" qui envoya puis qui tint Dreyfus au bagne : l'obsession de l'espionnage dans la France vaincue, l'exaspération du sentiment patriotique, bientôt érigé en doctrine, les préjugés antijudaïques mués, en quelques années, en une véritable fureur antisémite, le culte de l'Armée, gardienne des valeurs traditionnelles, porteuse des espoirs de revanche. Et aussi la prudence des parlementaires, la lâcheté des gouvernants, tremblant devant le pouvoir nouveau de la presse. Par-delà les passions éteintes, et sans autre préjugé que le scrupule de la vérité, Jean-Denis Bredin ausculte la France de la fin du XIXe siècle, ses traits permanents, ses humeurs, ses mythes. Il tente aussi de répondre aux questions que nous pose aujourd'hui l'Affaire Dreyfus. Fut-elle le dernier soubresaut de la société d'ancien régime ou, comme l'affirmait Mauriac, "un épisode d'une éternelle guerre civile", un moment de l'affrontement toujours renouvelé de deux systèmes de valeurs ? La justice dressée contre la chose jugée ? La vérité contre le dogme ?

228.          BRODZIAK (Sylvie). Clemenceau : l'irréductible républicain.  P., Le Figaro/L'Express,  2011, in-8°,  371 pp, 19 photos, 2 cartes, repères chronologiques, reliure cartonnée de l'éditeur, étui imprimé, bon état (Coll. “Ils ont fait la France”, dirigée par Max Gallo)

            20

Qui est Georges Clemenceau ? De sa longue vie – 1841-1929 – que retenir ? Ce Vendéen athée et anticlérical, républicain – « bleu » au pays des « blancs » – a été maire, député, sénateur, tombeur de ministères – le « Tigre » – dreyfusard, ministre de l'Intérieur, écrivain, journaliste et médecin ! Deux fois président du Conseil – 1906-1909 et 1917-1920 –, « Père la Victoire », mais une majorité de parlementaires refuse de l'élire président de la République. « Vieillard pourri de diabète », il voyage, chasse le tigre et aime encore. Il écrit chaque jour à celle dont il se déclare « fou d'amitié » : « Mettez votre main dans la mienne, je vous aiderai à vivre et vous m'aiderez à mourir. » Ces incarnations successives sont les moments d'une vie de liberté, d'énergie et d'action. « Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur. Reste à déterminer dans quelles proportions », dit-il. Et dans “Au soir de la pensée”, il dévoile sa philosophie et le sens qu'il donne à sa vie : « Ce qui est, est, et de ce qui est je suis. Je suis quelque part un atome de quelque chose qui passe. J'ai sur d'autres moments du cosmos l'avantage de sentir... Le Moi civilisé, de tous les temps et de tous les jours, sera celui qui saura se maîtriser, s'ordonner pour consacrer toujours plus de lui-même à l'oeuvre qui le dépasse, sans rien attendre des hommes ni des dieux. » C'est dans cette sagesse antique qu'il faut chercher l'unité de la vie de Clemenceau. Cet engagement moral fait de lui, parmi les médiocres ambitieux que sont la plupart des politiciens de la IIIe République, une exception. Clemenceau se dresse, dans la mémoire nationale, comme l'un de ces Français qui ont contribué à faire la France. (Max Gallo)

229.          CAHEN (Léon) et Albert MATHIEZ. Les Lois françaises de 1815 à nos jours, accompagnées des documents politiques les plus importants.  Félix Alcan,  1906, in-12,  xvi-312 pp, reliure percaline grise décorée de l'édteur, bon état

            30

"Ce recueil contient le texte, non seulement des lois politiques et constitutionnelles, mais des lois militaires, des lois religieuses et des lois sociales des divers régimes qui se sont succédé en France depuis 1815. On a aussi reproduit les documents politiques les plus importants, et le recueil se termine par les principaux actes diplomatiques qui intéressent l'histoire de la France contemporaine. Cette publication est très consciencieuse et très claire." (Henri Sée, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1905) — "Les deux auteurs ne se sont pas bornés à transcrire sèchement les textes de lois les plus importants ; ils y ont ajouté d'autres documents historiques, proclamations, declarations officielles, etc., qui ont parfois une égale importance. On trouvera en particulier dans ce recueil intelligemment fait la Constitution de 1848 et l'essentiel de la loi Falloux, à côté des premières proclamations du Gouvernement provisoire." (Bulletin de la Société d'histoire de la Révolution de 1848, 1906)

230.          CANAT (René). L'Hellénisme des Romantiques. 2. Le Romantisme des Grecs, 1826-1840.  P., Marcel Didier,  1953, in-12,  367 pp, notes, broché, couv. lég. salie, qqs rares marques au stylo en marge, état correct

            20

Le mouvement philhellène. – C'est de 1836 à 1840 que Canat situe la renaissance de la Grèce classique. La France à cette période connaît un processus régulier d'éveil à l'hellénisme où les journaux, les revues, les cours publics, les publications et les découvertes archéologiques puisent à la source même, ce qui passait autrefois par le filtre romain. Le chapitre IX du “Romantisme des Grecs”, donne les raisons et les modèles de ce retour à l'hellénisme.

231.          CAZELLES (Raymond). Le Duc d'Aumale, prince aux dix visages.  Tallandier,  1984, in-8°,  490 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Fils du roi Louis-Philippe, commandant en chef en Algérie à vingt et un ans, le duc d'Aumale (1822-1897) a connu la gloire en mai 1843, avec la fameuse prise de la smalah d'Abd el-Kader. Un destin hors du commun pour un personnage aux multiples facettes : auteur d'ouvrages historiques, il a fondé ou possédé six journaux, constitué à Chantilly une riche bibliothèque de manuscrits et une collection de peintures comparable à celle des plus grands musées. Chaque chapitre de sa vie recèle des découvertes surprenantes : il fut l'amant des plus belles femmes de son temps ; né riche, il laissa à sa mort une fortune plus grande encore ; il connut à deux reprises l'exil et la proscription. Il jugea le maréchal Bazaine, fut général de la République, dont il faillit devenir le premier président. Conservateur des collections du musée de Chantilly (légué par le duc d'Aumale à l'Institut de France), Raymond Cazelles s'est fondé sur les archives et la correspondance pour tirer de l'ombre ce prince à l'étincelante intelligence, grand soldat, homme d'affaires hors pair. Il donne ici un fascinant portrait.

232.          CHAMBOREDON (Robert)(dir.). Francois Guizot, 1787-1874 : Passé-Présent. Actes du colloques de Nîmes, 20-22 novembre 2008.  L'Harmattan ,  2010, gr. in-8°,  409 pp, 4 pl. de photos et fac-similés en couleurs hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Né à Nîmes en 1787, dans une famille de la bourgeoisie protestante, François Guizot est une personnalité hors du commun. Historien moderne, il s'est intéressé au développement et aux transformations de la société dont il fut victime en 1848. Plusieurs fois ministre sous la monarchie de Juillet, on lui doit, en particulier, la loi sur l'instruction primaire (1833), ainsi que de nombreuses mesures visant à conserver et restaurer le patrimoine national dans ses diverses composantes. Académicien local et national, il s'est essayé à différents genres et ses interventions, sous la Coupole ou à la Chambre, révélaient ses qualités d'orateur, l'étendue de sa pensée et l'énergie d'un lutteur à l'âme chevillée au corps. Que reste-t-il de l'oeuvre d'un personnage victime de l'usure du temps après l'avoir été de celle du pouvoir ? Quel regard de récents travaux permettent-ils de porter sur un des grands esprits du XIXe siècle très souvent caricaturé ? Comment expliquer son échec politique et le relatif oubli dans lequel il est tombé ?

233.          CHATEAUBRIAND (François René de). Mémoires d'Outre-Tombe.  Paris, Eugène et Victor Penaud,  1849-1850, 12 vol. in-8°,   reliures demi-veau fauve, dos à 5 nerfs et fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison basane vermillon (rel. de l'époque), dos et coiffes sup. frottés, un mors fendu sur 6 cm au tome 5, dos des tomes 9 à 12 un peu tachés, la reliure du tome 2 a été (très bien) refaite à l'identique, qqs rares rousseurs éparses, bon état

            1500

Edition originale rare de l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature française du XIXe siècle. Bon exemplaire de première émission, bien complet de l'avertissement et de la liste des souscripteurs qui furent supprimés lorsque le solde de l’édition fut cédé au libraire Dion-Lambert, et avec l’erreur de pagination tome 2 (p. 164 pour p. 364). Elle a paru quelques mois après le décès de Chateaubriand, qui en avait cédé les droits à une société de souscripteurs formée par H.-L. Delloye : "Dieu aidant [...], j'espère que ni vous ni les actionnaires, dans un temps donné, n'auront à regretter d'être devenus les propriétaires de mes Mémoires". Réalisée entre janvier 1849 et juillet 1850, cette publication fut un échec commercial. Le faible succès remporté auprès des contemporains explique la rareté des exemplaires en reliure du temps. Justice ne sera rendue à l'oeuvre qu'à la fin du XIXe siècle... Assurément l’œuvre la plus moderne et la plus appréciée de Chateaubriand, les Mémoires sont un mélange de souvenirs de sa jeunesse bretonne, d’investigation psychologique personnelle, de témoignages historiques souvent partiaux, mais toujours passionnants. — Ecrits sur plus de trente ans, les Mémoires contiennent quelques-unes des plus belles pages de la littérature française (En français dans le texte, n° 268) — "Ouvrage très important, fort recherché, et très littéraire." (Carteret, Le Trésor du bibliophile, I, p. 163)  — Par la magnificence somptueuse du style, par l'ampleur et la diversité de la matière, par les révélations qu'ils nous apportent sur Chateaubriand et sur ses contemporains, sur l'Ancien Régime, sur la Révolution et l'Empire, sur la Restauration, les “Mémoires d'Outre-Tombe” se placent immédiatement après les “Mémoires” de Saint-Simon.

234.          CRESPELLE (Jean-Paul). La Vie quotidienne des impressionnistes, du Salon des Refusés (1863) à la mort de Manet (1883).  Hachette,   1980, in-8°,  280 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Personne n'avait véritablement, à ce jour, replacé le mouvement impressionniste dans le climat du Second Empire et des premières décennies de la Troisième République. En réunissant et en confrontant les lettres, les souvenirs, les témoignages des artistes et de leurs amis, cet ouvrage tente de reconstituer ce que fut la vie quotidienne des impressionnistes sous ses aspects matériels, artistiques et spirituels au cours des vingt années où ils se battent contre les milieux officiels de l'art pour la reconnaissance de leur talent. Certains comportements, parfois inattendus, qui contredisent des légendes sans fondements, permettent de mieux comprendre ce que fut la démarche artistique de Manet, Monet, Degas, Renoir, Cézanne, Pissaro, Sisley, Berthe Morisot...

235.          DELHOMME (Emile). Mémoire d'un combattant de la Commune. Le peuple et la garde nationale fraternisent (1871).  P., Les Amis du socialisme français et de la Commune,  2013, in-8°,  48 pp, introduction anonyme (2 pp), index des personnalités communalistes citées par l'auteur, broché, agrafé, couv. illustrée, bon état

            15

236.          DOSTOÏEVSKAÏA (Anna Grigorievna). Journal. Les carnets intimes de la jeune femme de Dostoïevski.  Stock,  1978, in-8°,  275 pp, préface de Paul Kalinine, traduit du russe, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Femmes dans leur temps)

            25

Le Journal publié pour la première fois en France constitue, par sa constante véracité, un document unique sur la vie d'un couple. Torturé, malade, inquiet, puéril dans ses entêtements, haïssable dans ses mesquineries, Dostoïevski est là, extraordinairement vivant et proche. À travers cette bouleversante confidence à soi-même il apparaît plus simple, plus vrai, à la fois pitoyable et fascinant. Témoin chaleureux, toujours discret, jamais dupe, Anna Grigorievna renouvelle le genre impossible du journal intime avec un grand homme de mari à la clef. Ce n'est pas la moindre surprise qu'apporte le Journal : la très jeune secrétaire est, elle aussi, un écrivain. (Paul Kalinine) — Anna Grigorievna (1846-1918) a épousé Fiodor Dostoïevski en 1867. Après la mort de l'écrivain, en 1881, elle se consacre exclusivement à son oeuvre et publiera, après 1906, plusieurs ouvrages, dont Mémoires d'une vie.

237.          ERLANGER (Philippe). Clemenceau.  Perrin,  1979, in-8°,  541 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, bande éditeur conservée, rhodoïd, bon état

            25

Aristocrate et anarchiste, despote et révolutionnaire, Georges Clemenceau fut généralement considéré comme une contradiction vivante. En fait, il fut toujours passionnément fidèle aux deux principes qui le guidèrent : le culte de la patrie poussé jusqu'au sublime, le culte de la République poussé jusqu'au fanatisme. Jamais il n'oublia l'intolérable blessure causée par la défaite de 1870, ni les leçons de son père, fervent de Robespierre et des "grands ancêtres" de la Convention. Pendant un demi-siècle, Clemenceau exerça une influence considérable sur la vie politique française et sur le destin du monde ; il combattit pour ses idées avec l'énergie féroce, la sauvage indépendance qui lui valurent d'être surnommé le Tigre. Il eut la joie, après des luttes homériques, de voir triompher la République de ses rêves, il connut, au soir de son existence, la gloire suprême de sauver son pays au bord de l'abîme, de lui rendre une place privilégiée dans le concert des nations. L'homme politique exécré, vilipendé, objet des accusations les plus infamantes, devint alors le Père la Victoire, symbole de la renaissance de son pays...

238.          ERLANGER (Philippe). Le dernier âge d'or de la Monarchie, 1887-1901.  Perrin,  1984, in-8°,  281 pp, 16 pl. de gravures hors texte, un tableau généalogique, reliure skivertex carmin de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            25

"Cet âge d'or de la monarchie moderne, on peut le situer de 1848 à 1914. Partout en Europe, sauf en France et en Suisse, les trônes sont occupés. Rois ou empereurs conservent leur prestige et personnifient la nation sur laquelle ils règnent. Bien sûr, après les secousses du début du siècle, il a fallu jeter du lest. La première à l'avoir compris, c'est sans doute la reine Victoria. Par fille ou petites-filles interposées, elle domine le continent. Panorama politique admirablement résumé par Philippe Erlanger qui domine son sujet et passe en revue les différents souverains où notre Léopold II fait bonne figure." (Revue Lectures, , 22, novembre-décembre 1984)

239.          ERLANGER (Philippe). Le Crépuscule des rois, 1901-1914.  Perrin,  1984, in-8°,  302 pp, 16 pl. de gravures et photos et 7 tableaux généalogiques hors texte, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Le dernier âge d'or de la Monarchie, 2)

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Sept souverains européens sont passés ici en revue : Edouard VII d'Angleterre, pacificateur ou boutefeu, le Kaiser Guillaume II, apprenti sorcier, le tsar Nicolas II, représentant d'une dynastie en état de décomposition avancé, François-Joseph, souverain blessé d'une double monarchie sclérosée, Alphonse XIII d'Espagne, plus préoccupé par séduire et mener la grande vie que par gouverner, Victor-Emmanuel III d'Italie, obsédé par l'ambition de faire de son pays une grande puissance, Léopold II de Belgique construisant un empire colonial à marche forcée. Tous, à des degrés divers, portent une certaine responsabilité dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale, dans la mesure où, par lâcheté, incompétence ou égoïsme national, ils n'ont rien fait pour l'éviter.

240.          FENNER (Jocelyne). Les terroristes russes.  Rennes, Ouest-France,  1989, gr. in-8°,  287 pp, qqs photos et gravures, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Jocelyne Fenner a réalisé une étude vivante, agréable à lire, qui sacrifie souvent à l'anecdote, sur un sujet difficile et dramatique. D'emblée, l'auteur esquisse à larges traits une toile de fond de l'histoire de la Russie de 1855 à 1914, ponctuée d'attentats terroristes qui ont porté atteinte au prestige de l'Etat et provoqué la stupeur dans les capitales européennes. La « Narodnaïa Volia », dont l'idéologie et les actes seront relayés en 1900 par les socialistes-révolutionnaires, se présente comme un bras justicier armé de bombes pour abattre le régime tsariste et comme un vecteur puissant pour répandre l'Idée russe de révolution dans un pays où le respect des institutions se pare d'un caractère religieux. Et les portraits de Catherine Brechkovskaïa, Boris Savinkov, Sophie Perovskaïa, Andreï Jeliabov, Vera Figner, Stepniak Kaliaev, Gerchouni, et surtout de l'agent double Azev éclairent une société civile marginale... Après la dissolution de la terrible IIIe Section de la Chancellerie secrète de S.M. l'Empereur en mars 1880, l'Okhrana pourchasse les terroristes dans l'Empire de Russie et à l'étranger, à Genève, Zurich, Paris surtout avec le concours de la police française qui privilégie le renseignement, alors que le cabinet noir en Russie surveille les correspondances. Le terroriste traqué, sans domicile fixe, qui a cependant besoin de papiers d'identité et de respectabilité pour trouver à se loger « dans des appartements conspiratifs », survit au jour le jour, et toute erreur entraîne l'arrestation et le départ vers les neiges silencieuses de la Sibérie..." (Sylvain Bensidoun, Revue Historique, 1990)

241.          GAILLARD (Jeanne). Communes de province, Commune de Paris 1870-1871.  Flammarion,  1971, in-12,  183 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Questions d'histoire)

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"Voilà un petit volume qui est le bienvenu et, dans la floraison d'ouvrages que nous vaut le centenaire de la Commune, il est à classer comme l'un des plus originaux et des plus tonifiants. Jeanne Gaillard tente à juste titre de combler un vide en analysant de manière systématique les rapports entre Communes de province et Commune de Paris, et elle réagit à raison contre une historiographie qui décrit et analyse les insurrections de 1871 comme un phénomène spécifiquement et quasi exclusivement parisien. Comme maints bons auteurs, Jeanne Gaillard récuse la chronologie courte : c'est l'été 70, et non le 18 mars, qui est le bon point de départ. Mais, et sa démonstration prend là toute son originalité, elle renverse les termes du rapport jusqu'alors admis : la province, entendons certaines grandes villes, n'est pas le simple écho de Paris, bien au contraire. C'est la province, et non Paris, qui prend les devants en s'affîrmant très rapidement républicaine. Bien plus, dès l'automne 70, à une époque où les mouvements révolutionnaires parisiens piétinent dans la capitale, la Ligue du Midi, qui prend ses distances vis-à-vis du gouvernement de la Défense nationale, et certaines municipalités, Lyon et Marseille notamment, esquissent « un mouvement communaliste » authentique qui préfigure dans ses revendications le programme communard..." (Jean-Pierre Azéma, Annales ESC, 1972) — "Il faut lire aussi, si ce n'est déjà fait, quelques-uns des livres de poche suscités par les célébrations de 1971, le "Paris libre" de Rougerie, ou les "Communes de province, Commune de Paris" de Mme Jeanne Gaillard, pour citer seulement les deux plus remarquables." (Maurice Agulhon, Annales ESC, 1975) — "C'est une vision assez neuve de l'« Année Terrible » qui nous est ici présentée. La Commune n'est plus un fait spécifiquement parisien, mais il existe un « communalisme » provincial ayant ses caractères propres. Avant même le 18 mars, la Commune a eu son existence autonome à Marseille, à Lyon, dans les « Ligues » régionales. Les villes républicaines ont pris conscience de leur force et au conflit Thiers-Commune se superpose un conflit plus feutré entre le même Thiers et les cités radicales qui aura des prolongements dans la vie politique de la IIIe République. Contrairement à ce qui s'était passé lors des journées de juin 1848, l'armée de Versailles n'a pas reçu d'aide spontanée de la province – même pas de l'Ouest royaliste. Il y a un « régionalisme politique de gauche ». Le rôle de l'« Internationale » a probablement été médiocre..." (Daniel Ligou, Revue d'histoire économique et sociale, 1974)

242.          GALFRÉ (Charles). Le Tigre en Provence : Georges Clemenceau, l'élu du Var.  Aix-en-Provence, Edisud,  1991, in-8°,  237 pp, 4 gravures, une carte, sources, broché, couv. illustrée, trace d'humidité ancienne, tranche salie, état correct, envoi a.s.

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Une mine d’informations sur les rapports qu'a entretenus Clemenceau avec les élus varois, avec de nombreuses indications sur la place du radicalisme dans le département du Var pour quasiment toute la IIIe République. Clemenceau fut successivement député de la circonscription de Draguignan entre 1885 et 1893, puis sénateur du Var de 1902 à 1920.

243.          GIRARDET (Raoul). Le Nationalisme français, 1871-1914. Textes choisis et présentés.  Armand Colin,  1966, pt in-8°,  277 pp, repères chronologiques, notes biographiques, biblio, broché, couv. très lég. salie, bon état (Coll. U. Idées politiques)

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"Une anthologie finement commentée qui rendra d'immenses services. Vingt années ou presque de travaux neufs n'ont remis en cause ni la démarche du livre ni la spécificité du thème qu'il traite à petites touches. Un beau renfort français et américain de thèses savantes n'a pas effacé distinction, conflictuelle et perdurable jusqu'à la Grande Guerre, entre un nationalisme d'héritage jacobin et un nationalisme né avec le boulangisme, conservateur par raison, « révolutionnaire » par velléités et surtout antisémite avec préméditation. Le nationalisme a incontestablement modelé la conscience collective. Et le nationalisme serait-il une variante française d'une sorte de préfascisme européen ? Girardet récuse les thèses de Nolte sur l'Action française mais suivrait assez volontiers celles du Sternhell de "La droite révolutionnaire". L'avènement de l'Etat-nation intervient dans l'obsession de la décadence, la hantise de la guerre et l'irruption des masses en politique..." (J.-P. Rioux,  Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1984).

244.          GONTAUT-BIRON (Vicomte Elie de). Mon ambassade en Allemagne (1872-1873). Avec un avant-propos et des notes par André Dreux.  Plon,  1906, in-8°,  xi-444 pp, un portrait en héliogravure sous serpente en frontispice, index, broché, couv. piquée, bon état

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Le vicomte de Gontaut-Biron (1818-1890) reçut la délicate mission de représenter la France à Berlin après la défaite de 1870. A la fin de sa vie, il avait commencé à écrire ses mémoires. La mort l'empêcha de mener son oeuvre à terme. Sa rédaction s'arrête aux derniers mois de 1873. — "M. de Gontaut-Biron, sollicité par M. Thiers, accepta la douloureuse mission d'être à Berlin notre premier ambassadeur après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et l'Allemagne. Dans les dernières années de sa vie, il entreprit d'écrire ses mémoires « d'après les documents de toute nature, notes personnelles, lettres particulières, dépêches officielles, qu'il avait conservés de son ambassade à Berlin ». Son intention était de donner le récit des événements accomplis durant toute sa mission, c'est-à-dire du mois de janvier 1872 au mois de décembre 1877. La mort l'interrompit. Le seul volume qu'il ait rédigé et que ses éditeurs ont dû compléter par quelques retouches s'arrête à la fin de 1873. Il contribue sur quelques points à fixer les exactes responsabilités de M. Thiers et de plusieurs de ses collaborateurs. La question si délicate de l'avancement de la date d'évacuation du territoire national en raison de l'avancement de la date des paiements de l'indemnité de guerre à l'Allemagne fut une de celles qui retinrent toute l'activité de M. de Gontaut-Biron.. Le lecteur rendra justice sur ce point au dévouement dont il fit preuve et à sa grande modestie. Il constatera par ailleurs avec intérêt les répercussions de notre politique intérieure sur notre situation vis-à-vis de l'Europe." (André Lichtenberger, Revue Historique, 1907)

245.          GROSS (Claus-Peter). ... Verliebt ...verlobt ...verheiratet unter Adlers Fittichen, 1871-1918. [Amoureux, fiancés, mariés sous l'aile de l'Aigle, 1871-1918].  Berlin, Verlag Willmuth Arenhövel,  1986, pt in-4°,  411 pp, abondamment illustré par 672 gravures et photos dans le texte et à pleine page, en noir et en couleurs (sur 48 pages), index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état. Texte en allemand

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"Un livre de fond rafraîchissant, bien informé, sur l'histoire culturelle et sociale de l'enfance, de la famille et du monde rural et urbain de l'Empire allemand. A l'aide du matériel iconographique, surtout photographique, de sa collection (qui fait désormais partie du fonds du Deutsches Historisches Museum de Berlin), Claus-Peter Gross présente la somme des expériences du collectionneur et, pourrait-on dire, de l'homme, du citoyen, qu'il est, dans une histoire mise en scène de manière vivante, faite d'images, de documents textuels et d'interprétation. Le livre a été publié en accompagnement de l'exposition du même nom qui s'est tenue à Berlin en 1986. "Et comme il n'est pas historien au sens strict du terme, il ne porte pas non plus d'œillères. Ses textes sont d'une franchise rafraîchissante", écrit Stephan Waetzoldt, l'ancien directeur général des musées d'État du patrimoine culturel prussien de Berlin, dans sa préface." (Janos Frecot, Zeitschrift für Volkskunde, 85, 1989)

246.          Groupe d'Etudes Balzaciennes. L'Année balzacienne (Nouvelle serie, n° 3).  P., Garnier,  1982, in-8°,  358 pp, notes, bibliographie balzacienne (1981), broché, bon état

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Publiée chaque année par le Groupe d’Études balzaciennes, L’Année balzacienne, est une revue de référence fondée en 1959. — Etudes de Pierre Antoine Perrod (Nouveaux documents sur l'affaire Peytel : la genèse d'une erreur judiciaire) ; Fernand Letessier (Balzac et Lamartine) ; Jean Luc Steinmetz (Balzac et Pétrus Borel) ; René Guise (Balzac et la presse de son temps : le romancier devant la critique féminine) ; Raffaele de Cesare (Sur le comte Guidoboni-Visconti. Documents inédits) ; Michel Litchtlé (Balzac à l'école du droit) ; Thierry Bodin (Balzac poète) ; Anne Marie Bijaoui Baron (La bureaucratie balzacienne. Aux sources d'un thème et de ses personnages) ; Mireille Labouret-Grare (L'aristocrate balzacienne et sa toilette) ; Philippe Mustière (Sur “Un début dans la vie”. Jeu du harsard, espace de l'occasion, roman de l'intempestif) ; Patrick Berthier (Autopsie d'un petit journal : “Chérubin”, 1834-1835) ; Pierre Danger (La castration dans “La Peau de chagrin”) ; André Lorant (Pulsions œdipiennes dans “Le Lys dans la vallée”) ; Corinne Ménage (Balzac paysagiste : la Grenadière) ; Rose Fortassier (Le Limousin vu par Balzac).

247.          GUERIN (André). La Vie quotidienne en Normandie au temps de Madame Bovary.  Hachette,  1975, in-8°,  255 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Restituer Emma et Charles Bovary, le pharmacien Homais, l'abbé Bournisien, le clerc de notaire Léon, le voiturier Hivert et le séducteur Rodolphe dans le décor et le climat normands du règne finissant de Louis-Philippe, telle était l'entreprise d'André Guérin. Si, vers 1847, les bourgeois mènent le jeu et donnent le ton, il existe en Normandie d'autres habitants. Ils ne votent pas (le cens électoral les prive de ce droit) parce qu'ils sont pauvres, mais ils cultivent le colza et le sarrasin, traient les vaches, barattent le beurre - ou s'en vont à Terre- Neuve sept mois de l'année pêcher la morue. Ces Normands ont pour lot de vivre dans des taudis, aussi mal que les ouvriers des tissages de coton. Avec les seules consolations de la religion. C'est la Normandie des dernières diligences et des premiers chemins de fer, la Normandie des anciens Chouans plus ou moins ralliés et des manifestations commençantes d'un prolétariat urbain mal payé, misérable...

248.          GUILLEMIN (Henri). La Capitulation (1871). Les origines de la Commune.  Gallimard,  1960, in-8°,  411 pp, broché, couv. lég. abîmée, état correct (Coll. La Suite des temps)

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Somme minutieuse et passionnée, cet ouvrage affiche l'ambition d'étudier de manière approfondie le déroulement de la guerre de 70 dans l'objectif d'y trouver les racines de l'insurrection parisienne de 1871. — "Il ne s'agit pas seulement de la capitulation mais de toute la période commençant en novembre 1870. Violemment critique à l'égard de Trochu « qui tourne mal » et de Jules Favre, H. G. insiste par contre sur l'importance de l'œuvre de Gambetta." (Revue française de science politique, 1961) — "Avec ce troisième volume d’une étude consacrée aux origines de la Commune, nous voici venus à la capitulation de Paris, en janvier 1871. Les élections qui auront lieu quelques jours plus tard indiqueront assez la colère qui couve dans la ville. « Manque de confiance de la nation dans ses chefs militaires » et « la nation avait raison ». De qui, cette sentence ? De Barrès (20 novembre 1897). Barrès vient de lire le travail de Duquet (« un modéré, un ami de l’ordre ») sur le siège de Paris, et qui entrevoit ce qui s’est passé. Nous avons montré – la chose ne fait plus question – que le Gouvernement dit de la Défense nationale n’avait eu, dès le premier jour, qu’un but : au plus vite se rendre, afin que les Prussiens vainqueurs garantissent la tranquillité sociale. On verra dans ce volume que les « Jules » eussent-ils voulu se conduire autrement, ils en auraient été bien incapables. L’armée n’obéissait plus depuis que l’Empire n’était plus là. L’armée refusait de se battre pour la République. La France, alors, dut subir la politique de son armée." (4e de couverture)

249.          GUILLON (Jacques). François d'Orléans, prince de Joinville, 1818-1900.  France-Empire,  1990, gr. in-8°,  282 pp, 16 pl. de gravures et photos en noir et  8 pl. de croquis et aquarelles du prince de Joinville en couleurs hors texte, un tableau généalogique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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François d'Orléans, prince de Joinville, est le sixième des huit enfants du roi Louis-Philippe et de la reine Marie-Amélie, et le troisième des cinq garçons. Entré à seize ans dans la Marine, il a navigué en sous-ordre, commandé La Créole et la Belle Poule, fait ses preuves au feu au Mexique et au Maroc. Vice-amiral, il a puissament contribué à faire passer la Marine de l'âge de la voile à l'ère de la vapeur. En 1847 et en 1848, il a fait montre d'une lucidité d'analyse qui manquait au roi Louis-Philippe et à ses ministres. Après vingt-deux années d'exil, coupées par un séjour aux Etats-Unis pendant la guerre de Sécession, il est rentré en France en 1870, clandestinement d'abord ; puis, redevenu citoyen et élu député de la Haute-Marne, il n'a jamais oublié qu'il restait prince...

250.          HANOTAUX (Gabriel). Le Gouvernement de M. Thiers, 1870-1873. Tome I.  Plon,  1925, pt in-8°,  viii-288 pp, nouvelle édition, notes, broché, bon état (Histoire de la fondation de la Troisième République, I)

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Table : La guerre. L'Assemblée nationale à Bordeaux. La Commune. Première crise constitutionnelle. Le traité de Francfort. — "M. Hanotaux parle de tous les partis sur un ton modéré qui contraste heureusement avec les formes violentes de certains écrivains conservateurs. Il parle même avec sang-froid de la Commune. Les jugements sur le caractère de Thiers, semés en différents passages, laissent apercevoir, à travers des formules de respect conventionnelles, un discernement clairvoyant des côtés mesquins du personnage. Ce livre porte encore quelques traces de l'éducation historique que M. H. a reçue il y a vingt ans. Malgré l'absence de bibliographie, il semble qu'il a connu et examiné les principales sources allemandes sur les négociations de 1871. Son séjour aux Affaires étrangères se marque par une connaissance précise des relations entre les Etats dans cette crise. Son passage à la Chambre lui a ouvert l'esprit sur la nature des partis politiques français..." (Ch. Seignobos, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1903, à propos de la 1ère édition)

251.          HOHENLOHE (Prince Alexandre de). Souvenirs. France, Alsace-Lorraine, Allemagne (1870-1923).  Payot,  1928, in-8°,  256 pp, traduction et préface de Ed. Dupuydauby, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

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Souvenirs du fils et collaborateur de Clovis de Hohenlohe, ancien président du conseil de Bavière, ambassadeur d'Allemagne à Paris, statthalter d'Alsace-Lorraine, chancelier d'Empire (avant von Bülow).

252.          JAUBERT (Caroline). Souvenirs de Madame C. Jaubert, lettres et correspondances.  P., J. Hetzel et Cie,  s.d. (1884), in-12,  323 pp, 3e édition, reliure pleine percaline brique, dos lisse avec fleuron et double filet doré en queue, pièce de titre basane olive (rel. de l'époque), bon état

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Table : Un séjour à Augerville en 1840. - 1847 et 1848. - Alfred de Musset. - Pierre Lanfrey.- Henri Heine. — Caroline Jaubert, née Caroline d'Alton (1803-1882), fut la maîtresse et « marraine » d’Alfred de Musset, et la correspondante de Berryer et de Heinrich Heine. Femme de salon, elle rencontre Musset en 1835 ; les rencontres se font à Augerville, dans le Loiret, chez l'avocat Berryer, on y voit Delacroix, Chateaubriand, le prince de Belgiojoso, Just Géraldy, Artaud de Montor, Chenavard, Frazer, Étienne Béquet et du côté des femmes Mme Rupert, la comtesse Kalergis, la princesse de Lichtenstein, la comtesse de Vergennes, etc. — "Nous nous moquons bien de ce qu'on peut dire sur MM. Berryer et Lanfrey. Mais voici, pour nous et pour la Postérité, deux poètes de génie rencontrés par la femme du monde à travers les salons dont elle était la libellule errante, et nous allons voir ce qu'ils ont gagné, eux ! aux Souvenirs de cette tête de papillon, et ce que ces Souvenirs ont ajouté à l'idée que nous avions de ces deux poètes. La mondaine a, sans le vouloir et sans penser à mal, plumé un peu leurs auréoles... Les femmes du monde jouent de ces tours aux poètes ! Alfred de Musset et Henri Heine étaient de ces êtres divins de talent, qu'on ne doit voir qu'à travers leur poésie, – ou à travers ce qu'ils disent d'eux-mêmes... Ni Heine ni Alfred de Musset n'ont laissé de mémoires, mais ils sont tout entiers dans leurs oeuvres. S'ils avaient laissé des mémoires, ils se seraient probablement épargné les pattes de mouche de madame Jaubert sur leurs personnes... Comme pour Berryer, dont le chapitre s'appelle : « Séjour au château d'Augerville en 1840 », le chapitre sur de Musset s'appelle « 1847 et 1848 ». Et, au fait, il est bien nommé ; car ce chapitre qui promet Alfred de Musset commence par un roman mondain absolument étranger à Alfred de Musset, et qui, d'un intérêt vulgaire, n'a que faire là, si ce n'est pour le plaisir particulier de l'auteur des Souvenirs qui le raconte, mais au bout duquel, enfin, on voit poindre Alfred de Musset ! Ce flot de bavardages l'apporte... À cette époque, l'auteur des Contes d'Espagne et d'Italie se donnait la torture de jouer au dandy..." (Jules Barbey d'Aurevilly, Mémoires historiques et littéraires : XIXe siècle - Les Œuvres et les Hommes)

253.          KESSEL (Patrick). Moi, Maréchal Bugeaud. (Un soldat de l'ordre).  Editeurs Français Réunis,  1958, in-12,  94 pp, références, biblio sommaire, broché, bon état (Petite Bibliothèque Républicaine)

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"Patrick Kessel déroule parallèlement devant nous les principales étapes de la carrière de Bugeaud et celles de la conquête de l'Algérie avec, comme toile de fond, l’histoire des luttes politiques et sociales de cette période du XIXe siècle qui va de la Restauration au début du Second Empire. Nous voyons là Bugeaud de La Piconnerie, gros propriétaire foncier en Dordogne faisant valoir ses terres, politicien élu à gauche passé à droite, avide de pouvoir et d’autorité, militaire mal convaincu de l’opportunité de la conquête algérienne, mais habile à en tirer pour lui-même prestige et profits. Pour lui, la vocation principale de l’armée est la défense de l’ordre et il est prêt à l’engager dans toute occasion de guerre civile. Il sera, tour à tour, le triste vainqueur, en 1834, de la rue Transnonain et le vaincu sans gloire des Tuileries en février 1848. Nous voyons l’Algérie aux mains des militaires, les intrigues, les mensonges, les massacres, les rapines (le tout accompagné de témoignages précieux) et cette politisation (déjà) de l’Armée d’Afrique dont l'« ...état d’esprit de critique, de rancune, cette accoutumance à la cruauté allaient trouver, vite, leur emploi en France » au service du Prince-Président..." (J. Pastor, Cahiers du Communisme, nov. 1958)

254.          KURTZ (Harold). Le Procès du Maréchal Ney.  Arthaud,  1964, in-8°,  279 pp, traduit de l’anglais, 13 héliogravures hors texte, une carte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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L'obéissance militaire change d'aspect selon qu'on la considère du champ de bataille ou du prétoire. Tel acte, qui semblait clair, s'entoure soudain d'ombres. Mieux que tout autre, le procès Ney manifeste cette vérité. Quel était le mobile profond du “Brave des braves” quand, le 14 mars 1815, il se rallia à Napoléon qu'il était chargé d'arrêter ? Connaît-on les circonstances exactes dans lesquelles s'est effectué le retour de l'île d'Elbe ? Le maréchal aurait-il été condamné à mort si son procès s'était déroulé devant un conseil de guerre et non devant la Chambre des Pairs ? Louis XVIII pouvait-il et devait-il faire acte de clémence ? Les réponses à ces questions, Harold Kurtz nous les fournit dans son magistral ouvrage : « Le Procès du Maréchal Ney ». En s'appuyant sur des documents des archives françaises et britanniques restés inédits, il éclaire de façon définitive l'enjeu du procès qui dépassait la seule personne de l'accusé: le plus populaire des maréchaux de Napoléon, le héros de la campagne de Russie y est devenu le symbole de la Révolution et de l'Empire que condamnent les Alliés vainqueurs et la royauté restaurée. Ce grand procès de l'histoire moderne ébranla jusqu'au déchirement la conscience de la France. L'exécution du 7 décembre 1815 rendit brûlantes les questions que chaque Français se posait alors avec désespoir : qu'est-ce que la trahison en un temps où les régimes s'affrontent et s'effondrent ? Qu'est-ce que la loyauté quand nul ne sait plus qui détient le pouvoir ?

255.          LABUSQUIÈRE (John). La Troisième République, 1871-1900. Suivi de La Conclusion. Le bilan social du XIXe siecle, par Jean Jaurès.  P., Jules Rouff,  s.d. (1908), in-4°,  (4)-312-(8) pp, gravures et portraits à pleine page, broché, bon état. Edition originale

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Tome XII de l'Histoire Socialiste (1789-1900), sous la direction de Jean Jaurès. De l'Histoire Socialiste, seuls les textes de Jaurès ont été réédités, soit les 4 premiers volumes sur la Révolution française (en 1922, puis en 1968-1973) et la Guerre franco-allemande (en poche en 1971). Le reste n'a jamais été réédité, malgré la qualité de l'ensemble.

256.          LA GORCE (Pierre de). Louis-Philippe (1830-1848).  Plon,  1931, pt in-8°,  421 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

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"Sur la monarchie de Juillet, nous n'avons à signaler qu'une seule étude générale, de M. Pierre de La Gorce, qui, dit-il, a essayé d'expliquer plus que de raconter. C'est cependant un récit, clair et assez complet, des événements politiques et diplomatiques, accru de deux chapitres spéciaux sur le « renouveau catholique » et sur l'Algérie. L'information est sûre, mais se borne à l'imprimé, sauf quelques pièces antérieures à 1834, tirées des archives du quai d'Orsay. Le ton et le style sont tels qu'on était en droit de les attendre de l'auteur. Sans avoir l'originalité des précédents ouvrages de M. de La Gorce, ce volume n'est pas indigne de leur être comparés." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1934) — "M. de la Gorce n'a pas cherché à résumer brièvement les dix-huit années du règne de Louis-Philippe. Il a tracé des tableaux d'ensemble, rendu vivante une période d'histoire et caractérisé, avec un rare talent, en quelques mots pittoresques, les principaux personnages qui jouèrent un rôle dans les événements de l'époque. On lira avec un extrême intérêt les pages consacrées au renouveau catholique qui se produisit à la suite de la révolution de 1830. Tandis que la société est encore imbue d'esprit voltairien et que le gouvernement « taille à l'impiété sa part avec l'espoir de la contenir », de jeunes prêtres cultivés, vertueux, pleins de saints désirs, visent à rajeunir les méthodes d'apostolat et des laïques, remplis de zèle religieux, tendent à réconcilier l'Église avec « les institutions modernes jusqu'ici combattues ou suspectées ». Les uns deviendront évêques, les autres fonderont Le Correspondant ou les conférences de Saint-Vincent de Paul. Parmi eux certains seront célèbres, tels le P. de Ravignan, Lacordaire, Félicité de Lamennais, Ozanam, Montalembert ; sur tous M. de la Gorce exprime des jugements équitables, quoique parfois sévères." (G. Mollat, Revue des sciences religieuses, 1932)

257.          LA GORCE (Pierre de). Napoléon III et sa politique.  Plon,  1933, pt in-8°,  182 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

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"Dans ce petit livre publié peu avant sa mort comme dans son “Histoire du Second Empire”, M. de La Gorce donne la première place à la politique extérieure de Napoléon III. Il la critique sévèrement. En faisant le portrait de Napoléon III, M. de La Gorce attribue sa dissimulation aux habitudes prises dans sa jeunesse et à «un certain dilettantisme ». Je crois qu'elle était surtout causée par la conscience qu'avait Napoléon III d'être en désaccord sur beaucoup de points avec les conservateurs sur lesquels il s'appuyait. Comment aurait-il pu préparer au grand jour la guerre d'Italie ou le traité de commerce de 1860 dont les classes dirigeantes et la grande majorité du personnel gouvernemental ne voulaient pas ? En somme un livre généralement exact et judicieux, et agréable à lire." (Jean Maurain, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1934)

258.          LARISCH von WALLERSEE-WITTELSBACH (Comtesse). Les Secrets d'une Maison royale.  Payot,  1935, in-8°,  303 pp, 18 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, dos recollé, manque la page de faux-titre, sinon bon état

            30

Mémoires de la confidente de Sissi sur la cour de François-Joseph et d'Elisabeth d'Autriche. — "Au cours des années, les spectres de la calomnie et du scandale se sont attachés à mes pas avec une insistance impitoyable. Il m'est pénible de constater que, jusqu'à aujourd'hui encore, mon nom est invariablement associé au drame de Meyerling survenu en 1889. Il me répugne de devenir ainsi un personnage historique. Je ne cesserai jamais de combattre pour défendre ma réputation. C'est dans ce but que je raconte à présent l'histoire de ma vie, une vie bizarrement colorée et marquée par de grands et brusques changements. Ma jeunesse, mon intimité avec ma tante l'impératrice Elisabeth, le mariage qu'on m'imposa, les chagrins qui fondirent sur moi par la suite, tout ceci est contenu dans cette histoire que j'ai reconstituée à l'aide de mes journaux intimes et des documents laissés par mes parents. Il paraîtra tout naturel que les personnages illustres dont les destinées suivirent les miennes de si près jouent un rôle de premier plan dans ces mémoires." (Marie-Louise von Wallersee-Wittelsbach, comtesse Larisch) — "Marie von Wallersee se révéla, pour les Wittelsbach et surtout les Habsbourg, une dangereuse parente. Elle eut un rôle néfaste auprès de sa tante, l'impératrice Elisabeth, qui l'avait prise sous sa protection, et surtout auprès de l'archiduc Rodolphe en se faisant sa complice dans ses aventures extraconjugales, si bien qu'après le drame de Mayerling elle se vit rejetée par la société de Vienne. Elle se vengea en écrivant des Mémoires sujets à caution, “Les Secrets d'une maison royale”, accréditant ainsi un certain nombre de légendes sur les amours de l'impératrice Elisabeth et notamment sur la naissance de « l'enfant de Sassetôt ». Elle avait été mariée à un comte Larisch, dont elle divorça en 1896 pour épouser un chanteur, Otto Brucks, puis après la Grande Guerre, elle s'exila aux Etats-Unis où elle se remaria avec un Américain, Fleming, qui l'abandonna rapidement. Tombée dans la misère et réfugiée dans un garni pour marins en relâche, elle y dicta un second volume de Mémoires à deux journalistes américains, souvenirs consacrés surtout, cette fois, à sa tante, la dernière reine de Naples. Elle devait mourir dans la misère à Augsbourg, en 1940." (Ghislain de Diesbach, Les secrets du Gotha) — "Cette comtesse Larisch" – Il y a quelques mois mourait à Vienne, aussi discrètement qu'elle avait vécu, Catherine Schratt, la confidente et la consolatrice de François-Joseph. Et voici qu'on apprend aujourd'hui la fin, dans un asile de vieillards d'Augsbourg, en Bavière, de Marie-Louise von Wallersee-Wittelsbach, ex-comtesse Larisch. Les deux femmes, survivantes d'un monde disparu, se sont rejointes dans la tombe après avoir été intimement mêlées aux intrigues et aux scandales de la maison des Habsbourg. Mais quel contraste entre elles ! Autant Catherine Schratt ,fut réservée et farouchement ennemie de la publicité bruyante, autant la comtesse Larisch fit étalage de ses multiples aventures et n'hésita pas à raconter, plus ou moins exactement d'ailleurs, ce qu'elle savait des secrets de la sombre Hofburg. Elle était la fille du duc Louis de Bavière et d'une roturière, l'actrice Henrietta Mendel. Issue d'un mariage morganatique, elle était, par son père, la nièce de l'Impératrice Elisabeth et la cousine de l'archiduc Rodolphe. Elle affirme, dans ses mémoires, que sa mère, fille d'un valet de chambre du grand duc de Hesse, était parvenue à s'imposer à la cour ; que François-Joseph l'appelait « sa chère belle-soeur Henrietta » et, malgré son humble origine, n'hésitait pas à lui offrir le bras au château de Godollo pour la conduire à table. Elle-même se présente comme une «enfant de l'amour» qui eut le bonheur de plaire tout particulièrement à l'impératrice Elisabeth. Elle devint à 18 ans sa Palastidame, sa favorite et sa confidente. Les mauvaises langues de Vienne ajoutèrent : son entremetteuse... Mariée à l'un des hommes les plus riches d'Autriche-Hongrie, le comte Georges von Larisch, elle fut intimement mêlée au terrible drame de Meyerling. On l'accusa d'avoir joué un rôle capital dans la liaison de l'héritier du trône avec la jeune baronne Marie Vetsera. Elle s'en défendit avec indignation. Pendant des années, elle se plaignit d'avoir été clouée au pilori comme le mauvais génie des Habsbourg. Elle ne cessa d'écrire des lettres aux directeurs de journaux de tous les pays du monde pour exiger d'eux des démentis et proclamer son innocence. Dans ses deux livres “Mon passé” et “Les secrets d'une maison royale”, elle s'efforça de prouver que, contrairement aux bruits qui avaient couru à Vienne, elle n'avait pas présenté la petite Vetsera à l'archiduc Rodolphe, qu'elle était absente de la capitale quand le Kronprinz avait fait la connaissance de la jeune fille. Elle reconnut cependant qu'elle avait entretenu des relations très amicales avec la vieille baronne Vetsera et ses deux filles et que Rodolphe s'était plusieurs fois servi d'elle pour faire remettre à sa maîtresse des sommes relativement importantes. Quel qu'ait pu être son rôle dans la mystérieuse tragédie de janvier 1889, le fait est que l'impératrice Elisabeth, qui l'avait jusqu'alors comblée de ses bontés, la fit impitoyablement chasser de la Cour. Ce fut le comte Andrassy qui vint lui porter « l'amer message qui la bannissait à jamais de la Cour et attachait un honteux stigmate à son nom ». Privée de la protection et de l'affection de celle qu'elle appelait familièrement sa « tante Sissy », la Bavaroise devint « la femme la plus décriée de toute l'Europe ». Quand on parlait d'elle à Vienne, on disait, sur un ton de mépris, « cette comtesse Larisch ». Sa disgrâce fut le début de sa décadence. Divorcée après vingt ans de mariage, elle épousa en 1897 Otto Brucks, chanteur attitré de la Cour royale de Bavière, l'un des plus célèbres interprètes de Wagner. Son second mari mourut à la veille de la guerre de 1914. Sur cette union, qui fut heureuse, car un même amour de la musique les avait liés l'un à l'autre, elle s'exprime dans ses souvenirs en termes musicaux : « Le bonheur et la tendresse que m'avait donnés Otto Brucks ne peuvent être comparés à la passion qui dévora Tristan et Yseult ; ils avaient plutôt le sens profond et la noble tranquillité de la Pastorale de Beethoven ». Ruinée par la guerre de 1914, puis par l'inflation, elle eut terriblement à souffrir sous le régime rouge de Kurt Eisner à Munich. Elle tomba dans la misère et dut s'engager comme domestique jusqu'au jour où elle fut découverte par un journaliste américain qui l'emmena aux Etats-Unis. Un riche fermier d'un Etat du sud l'épousa et l'ex-comtesse autrichienne devint Mme Meyer. Ce troisième mariage ne dura que trois ans. En vain elle chercha à gagner sa vie en donnant des leçons. Elle échoua partout et, déçue, se résigna à regagner l'Europe. Sa vieillesse fut lamentable. On finit par la prendre en pitié et à l'accueillir dans un asile de vieillards de son pays natal. C'est là que la mort est venue la prendre à l'âge de 82 ans. (André Pierre, Le Temps, 6 octobre 1940)

259.          LECLERCQ (Pierre-Robert). Céleste Mogador. Une reine de Paris. Biographie.  La Table Ronde,  1996, gr. in-8°,  374 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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La vie de Céleste Vénard, née le 27 décembre 1824 à Paris, aurait pu inspirer Balzac et Zola. Cette enfant de la rue, prostituée à quinze ans, finira comtesse de Chabrillan, et mourra misérablement le 18 février 1909. Entre-temps, elle sera devenue Céleste Mogador, l'une des plus célèbres demi-mondaines de Paris. Liée aux mondes des lettres et de la politique, courtisane, comédienne, mémorialiste, romancière, directrice de théâtre, fondatrice des Sœurs de France pendant le siège de Paris en 1870, elle s'efforcera d'empêcher le drame de la Commune. On trouve sur la route de Céleste Mogador, qui passe par la France, l'Australie, l'Angleterre et la Hollande, Musset, le prince Napoléon, Lola Montes, Dumas père et fils, Rachel, Georges Bizet, Léon Gambetta, Jules Favre et les principaux acteurs de la monarchie de Juillet, de la IIe République, du Second Empire et des quarante premières années de la IIIe République. La première biographie d'une femme exceptionnelle, aussi bien dans l'amour que dans le travail et le dévouement. Le portrait d'une des reines de Paris, maîtresse des politiques, inspiratrice des écrivains, qui fut, selon Dumas, « un vaillant coeur » généreux et fantaisiste.

260.          [LECOMTE, Jules]. Un scandale littéraire : l'introuvable pamphlet de Jules Lecomte, Prince des Chroniqueurs. Les Lettres de Van Engelgom. Introduction et notes de Henri d'Alméras.  P., Editions Bossard,  1925, pt in-8°,  230 pp, couverture datée 1924, un portrait gravé sur bois par Achille Ouvré en frontispice, postface sur le monde littéraire en 1837, numéroté sur papier Bibliophile Inaltérable pur chiffon de Montgolfier, broché, bon état (Coll. des Chefs-d'œuvre méconnus)

            35

Célèbre pamphlet littéraire. Jules Lecomte (1814-1864) fit paraître, en 1837, sous le pseudonyme de Van Engelgom, dans “L'Indépendance Belge”, ce violent pamphlet : les principaux écrivains de l'époque (Balzac, Dumas, Victor Hugo, Jules Janin, Aplphonse Karr, Sainte-Beuve, George Sand, Eugène Sue, etc.) y font les frais de tant de médisances et de calomnies, que l'auteur finit par regretter son ouvrage et s'employa à détruire tous les exemplaires qu'il put retrouver. De fait, ce texte devenu très rare a été seulement réédité en 1924 par Bossard dans la collection des Chefs-d'oeuvre méconnus sous le titre : "Un scandale littéraire. L'introuvable pamphlet de Jules Lecomte, prince des chroniqueurs : les lettres de Van Engelgom". Lecimte fonda, en 1857, “Le Monde Illustré”.

261.          LENIAUD (Jean-Michel). L'administration des Cultes pendant la période concordataire. (Thèse).  Nouvelles Editions Latines,  1988, in-8°,  iv-428 pp, préface de Claude Goyard, sources et biblio, tableau chronologique, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Sans doute trop connue exclusivement sous ses aspects courtelinesques à la fin du XIXe siècle, l'administration des cultes méritait une approche plus scientifique et surtout du point de vue de la science administrative. C'est ce que vient de réaliser J.-M. Leniaud dans sa thèse de doctorat d'État, très documentée, avec un bon appareil bibliographique et 113 pages de pièces justificatives, consacrée à l'organisation et au fonctionnement d'une institution qui, sous des formes à peu près identiques, a vécu de 1801 à 1911. La démarche de l'auteur montre d'abord l'ambiguïté, même organique, de cette sorte de service public né de la volonté napoléonienne, sans doute, mais aussi des survivances gallicanes de l'Ancien Régime. On y trouve toujours les alliances, non plus du trône et de l'autel, mais de l'État devenu autonome du XIXe siècle et de l'Église ayant perdu sa place d'antan mais conservant un rôle exceptionnel et revendiquant même d'être traitée à part, ce qui donne une physionomie très spécifique à l'administration des cultes, à ses méthodes et à ses fonctions. Aucun autre organisme public n'offre l'exemple d'une telle politisation de plus en plus éclatante à partir de 1880..." (Gérard Guyon, Revue d'histoire de l'Église de France, 1990)

262.          LETISSIER (Georges) et Michel PRUM (dir.). L'héritage de Charles Darwin dans les cultures européennes.  L'Harmattan,  2011, gr. in-8°,  236 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Racisme et eugénisme)

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Issu d'un colloque organisé à Nantes les 3 et 4 avril 2009 au Musée des sciences naturelles à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Charles Darwin. 17 contributions dont 2 en anglais. — La parution de L'Origine des espèces le 24 novembre 1859 a été un événement majeur qui a changé le monde. On peut parler d'un avant et d'un après 1859. On évalue mal la multiplicité des domaines qui ont été influencés, et parfois bouleversés, par l'apparition des théories sur l'évolution et la sélection naturelle. Il s'agit certes d'abord des sciences du vivant, mais la littérature – roman, science-fiction, et même poésie – la linguistique, les sciences de la communication, jusqu'au music-hall et aux études sur les comptines enfantines, bref toutes les productions humaines ont été marquées par le darwinisme. "Nous sommes des évolutionnistes", fera dire Emile Zola à l'un de ses personnages. Ce livre consacré à l'héritage de Charles Darwin dans les cultures européennes a donc bien des facettes, et permet de voir le dialogue entre le grand naturaliste et des auteurs majeurs comme Marx, Freud ou Carlyle. Il éclaire les principaux débats qui ont agité l'Europe à la suite de la révolution darwinienne.

263.          [Littérature] – LOUYS (Pierre). Archipel.  Albin Michel,  1950, in-12,  252 pp, broché, bon état

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Dernier livre publié par Pierre Louÿs en 1906, ce recueil rassemble plusieurs articles et contes : La nuit de printemps ; L'île mystérieuse ; Les chercheurs de trésors ; Une fête à Alexandrie ; Sports antiques ; Lesbos d'aujourd'hui ; La femme dans la poésie arabe ; La désespérée ; Liberté pour l'amour et pour le mariage ; Une réforme dangereuse ; La ville plus belle que le monument ; La statue de la vérité ; La censure ; Le boulevard ; Le capitaine aux guides ; Un cas juridique sans précédent.

264.          [Littérature] – VERLAINE (Paul). Sagesse. Nouvelle édition revue et corrigée.  P., Léon Vanier,  1889, in-12,  ii-133 pp, deuxième édition, en partie originale et imprimée à 1000 exemplaires sur papier courant, reliure demi percaline fauve à la bradel, dos lisse orné d'un fleuron doré, date dorée en queue, pièce de titre chagrin noir, plats de papier marbré, couvertures conservées (rel. de l'époque), bon état

            200

Seconde édition, comprenant de nombreux ajouts, corrections et modifications. Les corrections de Verlaine et de Vanier, éditeur de cette nouvelle édition, portent sur une centaine de mots, d'expressions et de portions de phrases. La ponctuation et l'accentuation y sont nettement améliorées.

265.          LUCAS-DUBRETON (J.). Les Quatre Sergents de La Rochelle.  Firmin-Didot,  1929, in-8°,  152 pp, 8 pl. de gravures hors texte, vignettes et culs-de-lampe de J.-J. Dufour, sources et biblio, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état (Coll. Histoires de France)

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Le 21 septembre 1822, quatre jeunes sergents du 45e régiment de ligne basé à La Rochelle sont guillotinés à Paris, en place de Grève. Leur crime est d'appartenir à la Charbonnerie, une organisation qui fait profession de comploter contre le régime. — "Un des épisodes les plus fameux de l'histoire de la Restauration, narré avec soin et sincérité." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1931)

266.          MAGEN (Hippolyte). Le Pilori. Listes par départements des proscripteurs de décembre 1851.  Paris & Bruxelles, chez tous les libraires,  1854-1871, in-16,  200 pp, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs pointillés, titres et caissons dorés (rel. de l'époque), coins émoussés, rousseurs, 3 feuillets déchirés sans mque, un feuillet abîmé avec pt mque de texte (pp. 195-196), MANQUE les 2 derniers feuillets (pp. 197-200), état correct

            20

Sous le titre “Le Pilori”, Hippolyte Magen (1814-1886), proche de Ledru-Rollin, rédigea en 1854 une brochure contenant la liste par départements de tous les proscripteurs d’octobre 1851, imprimée à Amsterdam et éditée à Paris et Bruxelles, 1854-1871. (Maitron)

267.          MARCELEY (Jean de). Le Meurtre de Schœnbrunn. L'empoisonnement du duc de Reichstadt.  Corrêa,  1953, in-8°,  254 pp, préface du professeur René Fabre, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

"Une découverte de la science moderne : L'Aiglon a été empoisonné à l'arsenic." — "Avec Jean de Marceley, nous abandonnons toute poésie pour aboutir à la toxicologie ! C'est d'un réquisitoire qu'il s'agit. Il est violent, véhément, sérieusement étayé sur de nombreuses pièces. L'Aiglon n'est plus cet adolescent fragile qu'on nous a représenté. C'est un prince français, désireux de régner ; il tient tout de son père, au témoignage même de sa mère Marie-Louise qui accorde généreusement à de multiples postulants la succession de l'Empereur. Le roi de Rome a un ennemi implacable et qui ne désarmera jamais : Metternich. Pour effrayer les chancelleries européennes, le chancelier avait intérêt à garder en cage le fils de l'Homme, à s'en servir comme une menace, jusqu'au jour où la situation de l'Europe lui enjoignit de le faire disparaître. En le faisant empoisonner, tout simplement. Jean de Marceley ne se contente pas d'affirmations gratuites; il appuie sa thèse sur des méthodes rigoureuses, sur une documentation complétée par les conclusions de la science contemporaine en matière de poisons. Il n'existe aucun doute dans son esprit : Napoléon II n'est pas mort de tuberculose, il a été victime de doses savamment administrées d'anhédride arsénieux. Le jugement est écrasant contre Metternich; on doit toutefois constater qu'il n'est pas accepté de tous. Pour ma part, j'aurais souhaité plus de sérénité dans l'exposé; il n'empêche que la preuve est accablante et sollicite l'adhésion." (Roger Duhamel, L'Action Universitaire (Montréal), 1954) — "L'Aiglon assassiné ! Empoisonné à l'arsenic sur ordre de Metternich ! Serait-ce possible ? Il ne s'agit pourtant pas ici d'une hypothèse, mais d'une démonstration. Tout y est minutieusement analysé. L'auteur campe, tout d'abord, le véritable caractère, la personnalité vraie de l'Aiglon. Il ne laisse rien dans l'ombre et prouve que le duc de Reichstadt avait une santé florissante, qu'il tenait tout de son père, auquel il ressemblait au moral comme au physique. Il analyse à la fois les qualités du fils de Napoléon Ier qui en faisaient une force capable de combattre et de vaincre le terrible prince Chancelier de Metternich, et les circonstances qui provoquèrent sa fin prématurée. A la lecture du « Meurtre de Schoenbrunn » tout devient clair, limpide. Les événements intérieurs et extérieurs se déroulent inexorablement. Le crime s'imposait. Les preuves abondent, se pressent en foule. L'analyse de l'empoisonnement a été traitée de main de maître, au point qu'un des plus grands toxicologues mondiaux, dont la France s'honore, le Professeur René Fabre, doyen de la Faculté de Pharmacie de Paris, membre de l'Académie de Médecine, ne craint pas, dans la préface qu'il a bien voulu écrire, d'appuyer la démonstration de Monsieur Jean de Marceley de son autorité. Cet ouvrage sensationnel est, en effet, des plus sérieux. La science s'y mêle à l'histoire ; elle l'éclaire, la révise, remet en question des procès qui semblaient définitivement jugés." (L'Editeur)

268.          MONTALEMBERT (Charles de). Les Moines d'Occident depuis saint Benoit jusqu'à saint Bernard.  P., Jacques Lecoffre, Lecoffre Fils et Cie,  1860-1877, 7 vol. in-8°,  ccxcii-282, 587, 508, 509, 413, 646 et 712 pp, une carte en couleurs hors texte, notes, reliures demi-toile noire, dos lisses avec titres dorés  (“Œuvres de Montalembert 10-16” et “Les Moines d'Occident I-VII”) et filets à froid (rel. de l'époque), coiffes abîmées, dos lég. frottés, qqs rares rousseurs, bon état

            150

Les tomes I et II sont en édition originale (1860), le tome III est en 4e édition (1876), les tome IV et V en 2e édition (1868), les tomes VI et VII en édition originale (1877).  — "C'est à Solesmes que Montalembert, hôte pendant quelque temps de dom Guéranger, conçut l'idée d'écrire une étude sur saint Bernard. De proche en proche, il fut ainsi amené à remonter aux grands moines à la lignée desquels appartenait l'abbé de Clairvaux. Finalement il n'eut jamais le temps d'arriver au XIIe siècle. “Les Moines d'Occident”, avec leurs cinq volumes parus du vivant de l'auteur, ne dépassent pas le VIIIe siècle ; les tomes VI et VII, publiés après sa mort, ne donnent que l'histoire des papes sortis du monde monastique de Grégoire VII à Calixte II. (...) Il n'existe pas, à notre connaissance, d'autre ouvrage qui retrace du VIe au XIIe siècle la courbe générale décrite par cette institution." (E. Amann, Revue des sciences religieuses, 1935)

269.          OZOUF (Jacques)(prés. par). Nous les maîtres d'école. Autobiographies d'instituteurs de la Belle Epoque.  Julliard,  1967, in-8°,  269 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Enquête exceptionnelle ! Soixante ans après, sur la demande de Jacques Ozouf, quatre mille instituteurs ont rassemblé leurs souvenirs. Ils ont fouillé leurs greniers, retrouvé leurs carnets de comptes jaunis, déterré dictées et « préparations », déballé leurs lettres et ces journaux à l'encre violette. Ils se racontent. Et de ces archives qu'il aurait été bientôt trop tard de susciter, renaît la France qui a formé la France.

270.          [Procès du général Ramorino]. Processo del Generale Ramorino. Consiglio di guerra, seduta pubblica 3 maggio 1849.  Torino, Favale, Schiepatti,  1849, pt in-8°,  115 pp, un portrait gravé du général Ramorino en frontispice, broché, bon état. Rare. Texte en italien

            45

Le général Gerolamo Ramorino (Gênes 1792-Turin 1849) participe très jeune aux campagnes napoléoniennes d'Autriche et de Russie. De retour dans le Piémont, il participe aux soulèvements de 1821 et, en 1834, Mazzini veut faire de lui le chef militaire de l'expédition en Savoie. Après l'armistice de Salasco, il rejoint l'armée piémontaise et prend le commandement de la cinquième division à Lomellina. La guerre contre l'Autriche reprend le 20 mars 1849, et Ramorino est accusé d'avoir négligé les ordres qu'il avait reçus et abandonné le poste qui lui avait été confié. Il est tenu pour responsable de la défaite de Novare (23 mars 1849). À la suite de cette accusation, il a été déféré au Conseil de guerre, condamné à mort et exécuté.

271.          PROUDHON (P.-J.). De la justice dans la révolution et dans l'Eglise. Nouveaux principes de philosophie pratique. Tomes 1 et 2.  P., Garnier frères,  1858, 2 vol. in-12,  520 et 544 pp, reliures demi chagrin vert, dos à faux-nerfs, auteur, titre et tomaisons dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale. Bon exemplaire presque sans rousseurs, mais il MANQUE le tome 3

            60

Tome 1 et 2 seuls (sur 3). — Rare édition originale de cette œuvre majeure de Pierre-Joseph Proudhon qui parut le 22 avril 1858 et fut saisie et détruite le 28 du même mois : tome premier et deuxième seuls (sur trois au total, le dernier manquant). L'auteur y attaque violemment la religion, en particulier ses institutions, et plus généralement la foi assimilée à de la crédulité chez les uns et à de l'hypocrisie chez les autres : « L'ouvrage qu'on va lire ayant pour but de reconnaître la réalité et l'intensité du mal, d'en assigner la cause, d'en découvrir le remède, par-dessus tout de démontrer, au point de vue de la justification, c'est-à-dire de la perfectibilité humaine, la non-valeur du ministère ecclésiastique, et de constituer la philosophie morale, en dehors de cette influence, sur sa base légitime (...) » Le gouvernement, convaincu que cette œuvre était un outrage à la religion, fit saisir les exemplaires de l’ouvrage et déféra l’auteur et l’éditeur à la justice. Aggravant le délit, l’auteur répondit par une “Pétition au Sénat”, qui fut saisie à son tour. Le 2 juin 1858, le tribunal condamna  l’auteur à trois ans de prison, 4.000 francs d’amende et la suppression des deux ouvrages, alors que l'éditeur, Garnier, et l'imprimeur, Bourdier, également poursuivis, écopaient quant à eux de un mois et quinze jours. Pour échapper à la prison, après avoir vainement tenté de faire casser l'arrêt, Proudhon s'exila en Belgique dès le mois de juillet et s'établit à Bruxelles où il demeura jusqu'en 1862.

272.          RAPPE (Axel de). Campagne de l'Armée française du Nord en 1870-71. Ouvrage publié et annoté par Marcel Communal, ancien officier de cavalerie.  P., Librairie de la Société de publications périodiques,  1884, in-12,  (xvi)-239 pp, traduit du suédois, 3 grandes cartes sur 2 planches dépliantes (dont une recto-verso) in fine, reliure demi-chagrin carmin, dos à faux-nerfs filetés, titres et caissons dorés ornés (rel. de l'époque), trace de mouillure en marge, état correct. Rare

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Témoignage du capitaine Axel de Rappe, officier suédois attaché à l'état-major du général Faidherbe, sur les opérations de l'Armée du Nord.

273.          REINACH FOUSSEMAGNE (Comtesse H. de). Charlotte de Belgique, impératrice du Mexique.  Plon,  1925, in-8° carré,  xviii-408 pp, préface de Pierre de La Gorce, 2 héliogravures, 113 photogravures, 14 fac-similés d'autographes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Ouvrage important, abondamment illustré : l'enfance, Maximilien, le mariage, Miramar, l'Intervention française au Mexique, les débuts du règne, la fin de l'Empire et de l'Empereur. — "Quelle histoire tragique que celle de cette jeune princesse, mariée à un aimable archiduc, fêtée à Vienne et à Milan, passant des jours heureux dans la jolie villa de Miramar baignée par l'Adriatique, accompagnant son époux au Mexique, dont on lui offrit d'être le Souverain ! Elle s'était associée dès la première heure à ses visées ambitieuses. Napoléon III les avait fortement encouragées, sinon provoquées, sans en calculer les dangereuses conséquences. La comtesse de Reinach n'a pas voulu écrire à nouveau l'histoire de l'expédition du Mexique, mais elle a étudié la psychologie de cette pauvre princesse dont le désastre mexicain a détruit la raison. C'est à Rome, au retour d'un voyage a Paris, où elle avait vainement demandé à Napoléon III de maintenir au Mexique le corps expéditionnaire français, que ses premiers troubles cérébraux se manifestèrent. Conduite à Miramar, puis en Belgique, Charlotte eut des périodes de lucidité qui s'espacèrent progressivement. On lui apprit, quand la chose parut possible, le drame de Queretaro. Elle en parut profondément afiligée, mais bientôt elle ne fit plus d'allusions ni à son mari ni au Mexique. Et voici près de soixante ans que la pauvre impératrice porte le deuil de ses rêves et de sa raison. Dans ce livre, fort bien édité, une iconographie très copieuse, des fac-similés d'autographes et la citation de nombreuses lettres adressées à Charlotte ou émanant d'elle ajoutent à l'intérêt et constituent une précieuse contribution à l'histoire." (Revue des Questions historiques, 1926) — "Des compléments souvent utiles à l'ouvrage du comte Corti sur “Maximilien et Charlotte du Mexique” se trouvent encore, avec une illustration abondante, dans un volume de Mme la comtesse de Reinach-Foussemagne, qui pousse jusqu'à ses derniers jours la biographie de l'impératrice Charlotte, et dont la documentation provient surtout de la famille royale de Belgique." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1928)

274.          RÉMUSAT (Charles de). Politique libérale, ou fragments pour servir à la défense de la Révolution française.  P., Michel Lévy, Libraire Nouvelle,  1875, in-8°,  xiii-453 pp, nouvelle édition, broché, trace de mouillure claire en marge inf., qqs salissures, bon état

            40

"Livre majeur dont la profondeur et la perfection stylistique ne snt comparables qu'à L'Ancien Régime et la Révolution de Tocqueville. Rémusat, dans sa préface, le considère comme ses mémoires intellectuels. Il regroupe ses principaux articles publiés dans la Revue des Deux-Mondes. Sont examinés successivement les meilleurs ouvrages (parmi lesquels ceux d'Avenel, de Thierry, Barante, Cousin, Damiron, Tocqueville, Duvergier de Hauranne, Jules Simon, Dupont-White) consacrés à l'histoire de France depuis Charles V jusqu'à le Restauration. Usant de la méthodologie doctrinaire, Rémusat se sert de chaque ouvrage comme support pour raconter l'histoire de chaque période, l'ensemble formant une véritable histoire intellectuelle de notre pays et répondant à une double question : Pourquoi la Révolution française est-elle arrivée ? Pourquoi n'a-t-elle pas encore réussi ?" (Benoît Yvert, Politique libérale) — La première édition est de 1860. — Charles de Rémusat (1797-1875) collabora aux Tablettes, au Courrier français, à la Revue des Deux-Mondes, au Globe, et signa la protestation contre la loi sur la presse ; il écrivit des traductions de Gœthe et de Cicéron et un roman dramatique, Abélard. En philosophie, Rémusat fut un spiritualiste de l’école de Victor Cousin ; en politique, ce fut un doctrinaire, ami de Royer-Collard, Thiers et Guizot. Sous Louis-Philippe, il fut député en 1830 et ministre de l'Intérieur en 1840 ; il appartint ensuite aux Assemblées Constituante et Législative. Proscrit au Coup d’État en 1851, il rentra en août 1852 ; il se rallia à l'Empire libéral, fut ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Thiers en 1872 et refusa les ambassades de Londres et de Vienne. Son échec à la députation à Paris en 1873 entraîna la chute de Thiers ; il fut élu député dans la Haute-Garonne.

275.          RENAN (Ernest). Qu'est-ce qu'une Nation ? Conférence faite en Sorbonne le 11 mars 1882.  P., R. Helleu,  1934, in-12,  xiv-100 pp, un portrait en frontispice par Georges Gorvel, ex. sur papier teinté Navarre, reliure plein vélin, dos lisse avec titres peints en rouge et noir, tête rouge, couv. conservées (rel. de l'époque, bon état

            50

Charmant petit volume, bien relié. — "L'homme n'appartient ni à sa langue, ni à sa race : il n'appartient qu'à lui-même, car c'est un être libre, c'est un être moral (...). La vérité est qu'il n'y a pas de race pure, et que faire reposer la politique sur l'analyse ethnographique est une chimère. Les plus nobles pays, l'Angleterre, la France, l'Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé !" Souvent cité mais quasiment jamais lu, ce texte publié initialement en 1869, véritable profession de foi d'Ernest Renan, reste d'une étonnante actualité.

276.          RENOUVIN (Pierre). La Politique extérieure de la IIIe République de 1871 à 1904.  CDU,  1948, 4 vol. in-4°,  337 pp, pagination continue, texte dactylographié, brochés, état correct (Coll. Les cours de Sorbonne)

            50

277.          RICARD (Ernest). Le Cardinal Bourret. Souvenirs intimes. Par M. l'Abbé E. Ricard, son ancien scrétaire, son ancien vicaire général.  P., Bloud et Barral,  s.d. (1897), in-8°,  viii-357 pp, un portrait photo en frontispice, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            50

Joseph Christian Ernest Bourret (1827-1896), né en Ardèche, évêque de Rodez en 1871, créé cardinal par Léon XIII en 1893. Historien de l’art, il encourageait les prêtres de son diocèse à poursuivre leurs études. — "Ordonné prêtre en 1851, il poursuit un triple cursus universitaire en lettres, en droit et en théologie. Il conquiert en 1855 à la Sorbonne son doctorat ès lettres avec une thèse française sur l'École chrétienne de Séville sous la monarchie des Visigoths et une thèse latine sur l'École chrétienne de Cordoue. En 1870, il accompagne Mgr Dabert, évêque de Périgueux, comme théologien au concile du Vatican. L'abbé Bourret est très proche des milieux néo-gallicans de la capitale. Il est de ce fait recommandé pour l'épiscopat par Mgr Hugonin, évêque de Bayeux, par Mgr Dabert, évêque de Périgueux, par Mgr Meignan, évêque de Châlons, et surtout par son ami, Mgr Lavigerie, archevêque d'Alger. Mais en revanche, il n'est pas appuyé par Mgr Darboy qui le trouve trop favorable aux idées romaines. En 1871, Mgr Guibert le place en tête des ecclésiastiques qu'il recommande à Jules Simon. Il est également proposé par le nonce, qui le compare à Mgr Freppel et souligne ses bonnes dispositions à l'égard du Saint-Siège, si bien qu'il est nommé évêque de Rodez le 19 juillet 1871. Évêque batisseur, il construit ou reconstruit de nombreuses églises dans son diocèse où il accueille aussi, dans les années 1870, plusieurs congrégations religieuses. Il restaure également l'abbaye Notre-Dame-de-Bonnecombe, rachetée à la Compagnie des mines de Carmaux. Mais il doit aussi faire face à la politique de laïcisation. Dans une longue lettre à son clergé, datée du 11 novembre 1882, il dénonce l'idée de neutralité dans l'enseignement. Évêque très en cour à Rome, il est plusieurs fois proposé pour un archevêché, notamment en 1893 pour l'archevêché de Lyon, de Cambrai ou de Tours, mais le gouvernement refuse d'y souscrire. Mgr Bourret de son côté refuse d'envisager la combinaison qui consisterait à l'envoyer à Chambéry ou à Besançon. Il devient cardinal le 12 juin 1893. Il meurt le 10 juillet 1896 à Rodez." (Jacques-Olivier Boudon, Dictionnaire des évêques français du XIXe siècle)

278.          SAGNES (Jean). Jaurès.  Béziers, Aldacom,  2009, in-8°,  271 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Comme le général de Gaulle, Jean Jaurès (1859-1914) est aujourd'hui intégré dans la mémoire nationale et même européenne parce qu'il n'était pas seulement l'homme d'un parti, d'une classe, ni même d'une nation. En 1914, à un moment crucial de l'histoire, il a symbolisé le sursaut de la conscience humaine contre la guerre. Ce professeur de philosophie né à Castres a été aussi député républicain, leader socialiste, orateur exceptionnel, journaliste en même temps qu'historien, humaniste et pacifiste. Mais connaît-on vraiment l'homme qui n'a cessé d'évoluer toute sa vie et qui, comme tout un chacun, n'était pas exempt de contradictions ? L'objet de cet ouvrage est de présenter une vision renouvelée de cette riche personnalité, son fort enracinement dans sa terre natale, sa place dans la vie politique et intellectuelle de son époque en s'appuyant sur les recherches les plus récentes dont les résultats sont bien souvent restés confidentiels parce que dispersés dans des revues spécialisées. Ainsi se dessine le portrait d'un homme plus complexe qu'on ne le croit souvent : le vrai Jaurès.

279.          SAINTE-FOI (Charles). Le Livre des Peuples et des Rois. Seconde édition, revue, corrigée et augmentée.  P., Debécourt,  1839, in-8°,  xxii-483 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            70

Livre écrit par Eloi Jourdain, sous son pseudonyme. "Ce livre, écrit en style biblique, aussi remarquable pour le fond que pour la forme, s'adresse à toutes les conditions, toutes les plaies et indique le remède qui convient à chacune. L'auteur n'y rappelle aux rois et aux peuples leurs droits, que pour leur rappeler leurs devoirs avec plus de force." (Quérard, Supercheries, III, 568)

280.          SAULIÈRE (Pierre). Clemenceau.  P., Encre,  1979, gr. in-8°,  247 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le Clemenceau de Pierre Saulière est plus une évocation frémissante et passionnée qu'une biographie en bonne et due forme. Admirateur inconditionnel de son héros, en qui il voit le père spirituel de la Résistance, sévère – pour ne pas dire sectaire – à l'égard de Briand et de Caillaux, l'auteur gomme assez fréquemment tout ce qui ne vient pas étayer ses propres vues. Mais, comme il a la loyauté de ne pas cacher ses options, on lui pardonne volontiers, et, en l'espèce, le portrait brossé ne manque pas de force : Pierre Saulière montre ainsi parfaitement combien Clemenceau fut un homme contrasté, complexe, contradictoire et solitaire. Ne déclarait-il pas lui-même : "Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur, dans des proportions qui restent à déterminer." (Eric Roussel, Le Monde, 1979)

281.          SECHÉ (Léon). Muses romantiques. Madame d'Arbouville d'après ses lettres à Sainte-Beuve, 1846-1850. (Documents inédits).  Mercure de France,  1909, in-8°,  301 pp, 3 portraits sous serpente hors texte, dont le frontispice, 2 dessins à pleine page et un fac-similé de lettre, broché, bon état, ex. numéroté sur papier courant

            45

Sophie de Bazancourt, née en 1810, était la petite-fille de Sophie d’Houdetot (née Lalive de Bellegarde). À 22 ans, elle épousa le général François d’Arbouville qu’elle suivit dans ses campagnes. Elle tenait salon place Vendôme. Sainte-Beuve, son hôte le plus assidu, en fit sa muse. L’été à la campagne, elle recevait Chateaubriand, Mérimée... Elle mourut d’un cancer en 1850. Ses poèmes et nouvelles ont tous été publiés anonymement et à petit nombre.

282.          STENDHAL (Henri Beyle, dit). Paris-Londres. Chroniques. Edition, présentation et traduction de Renée Dénier.  Stock,  1997, gr. in-8°,  xxxv-968 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            40

En 1821, Stendhal doit se résoudre à quitter Milan et la femme qu'il aime. Arrivé à Paris, il dispose, hélas, d'une rente trop réduite pour pouvoir mener la vie d'un homme de lettres reçu dans les salons, assidu aux spectacles, vêtu à la dernière mode, fervent de voyages. C'est alors que des journaux anglais le choisissent comme correspondant, ce qui lui offre à la fois des revenus appréciables et, surtout, une possibilité unique de s'exprimer en toute liberté. Pendant sept ans, Stendhal envoie outre-Manche des centaines de chroniques, d'articles de fond, de lettres, de comptes-rendus d'ouvrages. Il peint une fresque prodigieuse de la société parisienne sous la Restauration, mais aussi celle de l'Italie, observant avec une acuité particulière les mondes de la politique, des salons, des arts et du livre. De la défense du romantisme à l'éreintage d'écrivains à la mode, de la dénonciation de la corruption des élites à une vive attaque de la fourberie des jésuites : tout Stendhal est là avec sa verve, son esprit et son piquant. Car l'un des intérêts majeurs de cet ensemble colossal de textes est de nous permettre d'assister à la naissance d'un écrivain. En effet, les passions, les obsessions, les haines, les jugements qui traversent le Rouge et le Noir ou La Chartreuse de Parme sont déjà exprimés ici avec la véhémence et la sincérité que lui permettait l'anonymat de ces publications à l'étranger. Les chroniques de Paris-Londres, réunies ici pour la première fois dans leur intégralité et leur vérité, après un travail de recherche de plus de quinze années, sont désormais indispensables à ceux qui veulent comprendre le monde du romancier de "l'énergie", de cet écrivain sans pareil qui se nommait Stendhal.

283.          SUAREZ (Georges). La Vie orgueilleuse de Clemenceau. Illustré de nombreuses photographies.  Gallimard,  1930, gr. in-8°,  428 pp, 56 planches de gravures et photos hors texte, biblio, broché, couv. rempliée illustrée d'un portrait en médaillon, bon état. Exemplaire sur Alfa enrichi d'un envoi a.s. de l'auteur

            50

Cette copieuse biographie présente non seulement un portrait de Clemenceau, mais aussi le tableau d'une époque.

284.          TROYAT (Henri). Raspoutine.  Flammarion,  1996, in-8°,  261 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Grandes Biographies)

            15

Né en Sibérie, porté sur la boisson et sur les femmes, Raspoutine est aussi attiré par les secrets de la religion. Doué d'un magnétisme incontestable, il séduit des paysannes puis s'attaque aux représentants de l'Église orthodoxe. Voyant en lui un exemple de la sagesse populaire, ceux-ci l'aident à s'introduire dans la haute société de Saint-Pétersbourg et jusque dans l'intimité de la famille impériale. La tsarine, dont le fils est hémophile, est bientôt convaincue que les prières du "saint homme" peuvent sauver l'héritier du trône. Mais en 1914, quand éclate la guerre, la haine du "moujik imposteur" rassemble tous ceux qui craignent de voir un charlatan diriger en sous-main le destin de la patrie. De complot en complot, l'atroce assassinat de Raspoutine précipite la chute de l'Empire. Rarement un homme partit de si bas pour monter si haut, engendra de tels remous politiques. Raspoutine, avec ses contradictions et ses excès, détiendrait-il l'une des clés pour comprendre l'âme russe ?

285.          [WAGNER] – Collectif. Richard Wagner.  Hachette,  1962, gr. in-8°,  302 pp, 96 pages de gravures, photos et documents et  8 pl. en couleurs (illustrations contrecollées) hors texte, catalogue et discographie par Jean Witold, chronologie, imprimé sur papier vergé Saint-Alban, reliure skivertex aubergine de l'éditeur, bon état (Coll. Génies et Réalités)

            25

9 études par Marcel Brion (Héros de son propre drame), Jean-René Huguenin (Des amours intéressées), Antoine Goléa (Wagner au miroir de ses héros), Joseph Rovan (Le bourgeois Wagner et le pangermanisme), Marcel Beaufils (La philosophie wagnérienne : de Schopenhauer à Nietzsche), Bernard Gavoty (Au confluent du siècle musical : de Meyerbeer à Liszt), René Dumesnil (La nature du drame wagnérien), Jean Mistler (La mort à Venise), Walter Panofsky (L'apothéose du Festival). — "Dans la belle collection « Génies et Réalités », vient de paraître un ouvrage sur Wagner auquel une dizaine d'écrivains ont collaboré. Les principaux chapitres sont les suivants : « Héros de son propre drame », par Marcel Brion ; « Des amours intéressés », par J.-R. Huguenin » ; Au confluent du siècle musical : de Meyerbeer à Liszt », où Bernard Gavoty étudie particulièrement les rapports de ce dernier et de Wagner ; « La nature du drame Wagnérien », par René Dumesnil ; et enfin « La mort de l'auteur de Parsifal à Venise » par Jean Mistler. Fort bien illustré en noir et en couleurs, relié avec goût, ce bel in-octavo est complété par une chronologie, des notes et un catalogue complet des œuvres gravées, imprimées ou enregistrées sur disques de Richard Wagner, établi avec grand soin par M. Jean Witold." (Revue des Deux Mondes, février 1963)

286.          [WAGNER] – DUMESNIL (René). Richard Wagner.  Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon,  1954, gr. in-8°,  221 pp, 48 pl. de gravures, photos et documents, références chronologiques, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Ars et Historia)

            25

"La publication de cet excellent livre de M. Dumesnil était singulièrement opportune à cette heure où l'astre wagnérien – c'était bien un astre – à la suite de circonstances qui toutes ne sont pas un honneur pour l'esprit, semble baisser à l'horizon. L'historien a retracé les étapes d'une carrière glorieuse, certes, mais difficile, et dont les débuts étaient particulièrement décourageants. Il a parfaitement défini le système musical qu'il étudiait en parlant d'une mélodie continue à thèmes directeurs. Il a fait une analyse à la fois technique et spirituelle des principales pièces d'un magistral ensemble, et l'on ressent, à lire son commentaire sur Parsifal, quelque chose de l'émotion qu'on éprouve, à entendre ce prodigieux chef-d'œuvre. Wagner a été le plus passionné des génies, pendant qu'il atteignait aux cimes les plus sereines de l'intelligence, nourri de ses forêts germaniques et du plus subtil de la spéculation orientale. C'est ce qu'on oublie trop et ce que M. Dumesnil nous rappelle, utilement..." (G. T., Hommes et mondes, mai 1955)

287.          WORMSER (Georges). La République de Clemenceau.  PUF,  1961, in-8°,  522 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce livre n'est pas une biographie de plus. Le titre le dit bien. En fait, à part quelques remarques qui expliquent l'influence du père de Clemenceau et quelques pages sur ses amis, l'auteur a entièrement écarte la vie privée de son héros. II ne donne pas non plus un tableau d'ensemble de l'évolution de la République française parallèlement à l'existence de Clemenceau. II aurait fallu refaire pour cela presque toute l'histoire de la Troisième République, puisqu'il entre dans la vie publique en 1870 et vit jusqu'en 1929. Parlant de la République telle que la concevait Clemenceau, le biographe s'attache à montrer comment les idées ont guidé l'action du militant et de l'homme d'Etat. Sa doctrine politique n'a rien d'original, sinon la conviction absolue et la passion avec lesquels il la défend, c'est-à-dire le tempérament même de l'homme. La foi républicaine s'exprime tout entière dans un programme électoral de 1876 : «Le but, c'est l'accomplissement de la grande rénovation de 1789, abandonnée par la bourgeoisie française, la réalisation de la République dans l'ordre politique comme dans l'ordre social, par la substitution d'institutions républicaines aux institutions monarchiques» (p. 59). Et les réformes en découlent naturellement, parmi lesquelles la liberté de presse et d'association, l'instruction primaire, laïque, gratuite et obligatoire, la séparation des Eglises et de l'Etat, le service militaire égal pour tous. Sous la fidélité au credo républicain, on ne peut s'empêcher de discerner une certaine dichotomie dans le caractère de Clemenceau. Antibourgeois et individualiste au point d'avoir été souvent tenu pour anarchiste ou aristocrate, il ne s'affirme pas moins en toutes circonstances résolument légaliste. Voilà un trait qui le lie à la classe qu'il méprise. En dépit de sa liberté intellectuelle, en dépit de l'influence de Blanqui, il reste un homme d'ordre. «Son socialisme de coeur va peu à peu s'effacer devant un certain autoritarisme de raison», selon l'excellente formule de M. Wormser. Le même homme, qui envoie la troupe contre les grévistes et qui refuse aux fonctionnaires le droit de se syndiquer, ne cesse de proclamer sa sympathie pour la classe ouvrière et fait voter en 1919 la loi instituant la journée de huit heures. Au fond, il est beaucoup moins positiviste et héritier de la Révolution qu'il ne le croit – et son biographe avec lui. Sa conception de la democratie reste foncièrement idéaliste. II admire en elle ce que les marxistes dénoncent sous le nom de démocratie formelle. Après avoir fait la synthèse de la pensée de Clemenceau, M. Wormser retrace sa carrière de la mairie de Montmartre, à la veille de la Commune, jusqu'à la retraite amère qui suit la victoire. Tranchant le plus souvent en faveur du Tigre, il expose cependant avec objectivité et en détail tous les cas où son action a été discutée ou mal comprise : le scandale de Panama, l'affaire Dreyfus, la politique coloniale, les deux présidences du Conseil. Son ouvrage contient en annexes plusieurs documents inédits qui éclairent des étapes importantes de la vie de Clemenceau, ainsi que d'utiles précisions bibliographiques sur son oeuvre littéraire et journalistique. II est illustré de quelques photographies fort bien choisies et fort bien reproduites. Comme chef de cabinet et ami de Clemenceau, l'auteur a noté des conversations et il a pu consulter des papiers privés. L'admiration légitime qu'il éprouve pour son ancien patron l'a conduit quelquefois à exagérer ses mérites. II y a des traces de rhétorique dans ce livre chaleureux, mais parfois un rien prolixe. Mais, par la valeur et l'abondance de sa documentation, par le sérieux de ses sources, M. Wormser a constitué un dossier indispensable aux futurs historiens de la Troisième Republique." (Gustave Moeckli, Revue suisse d'histoire, 1961) — Par Georges Marcel Wormser (1888-1978), ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres. Officier, il est deux fois blessé au front durant la Première Guerre mondiale. Il est membre du cabinet de Georges Clemenceau quand ce dernier est pour la seconde fois président du Conseil en novembre 1917 puis son chef de cabinet de décembre 1918 à février 1920. Il est aussi secrétaire de la délégation française lors des négociations du traité de Versailles. À la mort de Clemenceau dont il a été un des plus proches collaborateurs et dont il a toujours défendu la mémoire, il fonde la société des amis de Georges Clemenceau dont il devient le président. Il est chef de cabinet de Georges Mandel quand il est ministre des PTT de novembre 1934 à juin 1936. En 1936, il fonde la Banque d'Escompte qui deviendra plus tard la Banque Wormser Frères. En 1961, il publie son ouvrage le plus célèbre La république de Clemenceau pour lequel il reçoit les félicitations du général de Gaulle : « Il n'est pas de meilleur moyen de servir sa mémoire que de faire connaître sa vie, son action, sa passion...

 

De 1914 à nos jours

 

288.          ARNAUD (Georges). Prisons 53.  Julliard,  1953, in-8°,  276 pp, broché, couv. salie, sinon bon état

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En 1953, Georges Arnaud mène une enquête journalistique sur le système carcéral français pour le compte du journal « L'Aurore ». Il entreprend un véritable tour de France des prisons qui va le conduire de La Santé à Paris aux Baumettes à Marseille en passant par Fresnes, Clairvaux, Loos, Fontevrault, Melun, La petite Roquette et bien d'autres, au total une trentaine de lieux d'incarcération sur les 37 qu'il avait eu l'autorisation de visiter. En effet, l'expérience sera interrompue quand les autorités découvriront le tableau peu flatteur que peint l'auteur : à cette époque encore proche de l'après guerre, il découvre des anciens soldats allemands attendant d'être exécutés pour crime de guerre et de nombreux condamnés à mort qui passent leurs jours et leurs nuits enchaînés dans leurs cellules. Les conditions de vie en prison sont plutôt terribles et à mille lieues des actuelles. Si les gardiens ont abandonné les sanctions par privation de nourriture, ils n 'en continuent pas moins à punir par le froid en plaçant des détenus au mitard dévêtus, sans chauffage ni couverture en plein hiver. Ainsi la prison de Riom s'en est-elle fait une sorte de spécialité, le directeur de l'époque se vantant de venir à bout de toutes les résistances par ce terrible moyen. Le lecteur découvre également l'existence des prévôts, sorte de kapos, qui sont des détenus costauds et féroces choisis pour aider à faire régner l'ordre à coups de poings et de pieds si nécessaire. Il en est de même pour les travaux idiots voire humiliants et pour les moeurs homosexuelles partout présentes. Encore que les situations diffèrent selon les endroits et l'humanité des directeurs et des équipes. Avec ses 850 prisonniers, Poissy reste la plus peuplée. Grâce à la bienveillance de son directeur, Cormeilles est la plus humaine et presque la plus agréable alors que Riom avec ses glaciales cellules de pierre semble la plus terrible. Ce livre-reportage bien écrit et parfaitement documenté a tout d'une descente dans les derniers cercles de l'enfer, entre maisons d'arrêt réservées aux détentions préventives (on y incarcère des gens qui, n'étant pas encore jugés, sont peut-être innocents) et prisons centrales où l'on purge de longues peines...

289.          AURIOL (Vincent). Mon septennat 1947-1954. Notes de journal présentées par Pierre Nora et Jacques Ozouf.  Gallimard,  1970, fort in-8°,  viii-606 pp, 22 photos sur 4 pl. hors texte, notice biographique, index, broché, couv. illustrée d'une photo de Vincent Auriol, bon état (Coll. Témoins)

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Qui savait que le président Auriol avait, tous les jours de son septennat si actif, accumulé des notes quotidiennes, avec l'intention d'écrire des Mémoires qui auraient conservé la forme d'un Journal. Après sa mort, cette masse documentaire d'un exceptionnel intérêt et d'une ampleur considérable – 10.000 feuillets – a été confiée par Mme Auriol à Pierre Nora pour en faire, avec Jacques Ozouf, deux éditions différentes : l'une intégrale et savante, de plus de 5000 pages, en sept volumes, l'autre, abrégée, en un volume. Ce volume contient l'essentiel des conversations de l'Elysée pendant les sept ans qui vont du départ des communistes à la mort de Staline, de l'investiture manquée de Léon Blum à celle de Mendès France, du début de la guerre d'Indochine à la veille de Diên Biên Phu ; un document d'un exceptionnel intérêt politique et historique, unique dans les annales de la République.

290.          BARJOT (Dominique)(dir.). Les sociétés, la guerre, la paix. 1911-1946.  SEDES,  2003, gr. in-8°,  298 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Regards sur l'Histoire)

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La première moitié du XXe siècle a été marquée par deux conflits mondiaux d'une gravité exceptionnelle au point que l'historien G. L. Mosse a pu parler d'un processus de « brutalisation » de la guerre. Celle-ci, à la fois dans ses réalités et ses représentations, s'est accompagnée de mutations sociales d'une ampleur inconnue jusqu'alors : pertes militaires et civiles jamais vues pendant un laps de temps aussi court, utilisation grandissante d'armes de destruction massive, mobilisation quasi totale des économies, déplacements eux aussi massifs de population, déportations, emploi de plus en plus systématique du travail forcé et, par-dessus tout, extermination délibérée de certains peuples – au génocide arménien, dès le premier conflit mondial, a fait suite, à un niveau d'horreur jamais égalé, celui des juifs et des tziganes. À cet égard, il existe un devoir d'histoire, qui, en soi, justifie le choix de la question traitée dans le présent ouvrage. Ce devoir d'histoire a suscité une immense production historiographique dont le livre se fixe pour objectif d'exposer, à propos de chacune des grandes nations concernées (Allemagne, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie-URSS) les grands débats et les conclusions essentielles. — Par Dominique Barjot, Jean-Paul Bled, Philippe Chassaigne, Olivier Dard, Olivier Faron, Didier Musiedlak, Yves-Henri Nouailhat, Nicolas Werth.

291.          BARRE (Raymond). Réflexions pour demain.  Hachette,  1984, in-12,  473 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Pluriel). Inédit paru directement au format de poche, enrichi d'un envoi a.s.

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"Raymond Barre publie une lettre intitulée “Faits et arguments” qui donne la tonalité d'un discours politique qui se veut objectif et documenté. “Réflexions pour demain”, qui rassemble une série de discours prononcés à travers la France depuis 1981, relève de la même veine : l'état d'esprit des Français est en train de changer. L'alternance ne résoudra pas tous les problèmes, la sortie de la crise sera longue et douloureuse car aux exigences de la compétitivité nationale s'ajoutera désormais le poids d'un endettement extérieur qui, dès maintenant, obère l'avenir. Après ces remarques générales, on trouve la note personnelle avec l'insistance sur l'excellence de la politique suivie jusqu'en 1981 : la hausse des prélèvements obligatoires ne suscite aucun complexe, le système monétaire européen a prouvé sa valeur non seulement comme zone de stabilité mais encore comme garde-fou contre les erreurs ultérieures. Quant à l'avenir, le refus bien connu de la cohabitation est étayé non seulement par son expérience de Premier ministre mais aussi par le souvenir des années 1959-1962 où, directeur du Cabinet d'un ministre de l'Industrie qui s'appelait J.-M. Jeanneney, l'auteur a pu mesurer de l'intérieur la nécessité de la stabilité gouvernementale pour qui veut réussir un redressement économique. Au delà de l'argumentation technique, le désir de se situer dans la filiation des premières années de la Cinquième République illustre donc une stratégie qui cherche la convergence avec des hommes comme Jean Charbonnel." (Revue française de science politique, 1985)

292.          BARTY (Jacques). L'Affaire Millerand.  P., Longin,  1924, in-12,  155 pp, broché, bon état (Coll. Les Crises du Temps présent)

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Millerand fut élu président le 23 septembre 1920. Le 25, dans son message au Parlement, il suggéra une révision constitutionnelle. Il ne l’attendit pas pour agir. Mécontent des concessions faites par Briand, ministre des Affaires étrangères, à la Conférence internationale de Cannes dans le but de rallier Lloyd George à la politique française à l’égard de l’Allemagne, il le fit rappeler à Paris, l’acculant à la démission (12 janvier 1922). Ainsi, devenu président de la République, Millerand professait la doctrine constitutionnelle qu’il avait ardemment combattue chez Casimir Périer. Il alla jusqu’au bout de sa tentative. Le 14 octobre 1923, à l’Hôtel de Ville d’Evreux, laissant le rôle d’arbitre imparti au chef de l’État, à la veille d’élections générales, il s’adressa à la nation comme un chef de parti. Dénonçant « les fauteurs de haine et de dissensions » (J. Barty, p. 85), il préconisa la reprise des relations avec le Vatican, une politique libérale à l’égard des congrégations, l’abandon des monopoles aux intérêts privés, une révision constitutionnelle propre à assurer la stabilité du gouvernement et la garantie des intérêts. Le Cartel des Gauches l’emporta et son chef Édouard Herriot refusa le pouvoir des mains du président de la République. Millerand dut se résoudre à constituer, hors de la majorité, un cabinet porteur d’un message invitant le Parlement à respecter la Constitution. Le 10 juin 1924, la déclaration du président du Conseil François Marsal fut repoussée par 327 voix contre 217. Le lendemain, le président de la République donna sa démission non sans élever une protestation dans un message au pays. (Maitron)

293.          BÉDARIDA (François) et Jean-Pierre RIOUX (dir.). Pierre Mendès France et le mendésisme. L'expérience gouvernementale (1954-1955) et sa postérité.  Fayard,  1985, gr. in-8°,  561 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Il est fort heureux qu'ait été publié dans ce volume l'essentiel des actes du colloque que l'Institut d'histoire du temps présent a organisé en décembre 1984 à propos de la brève action gouvernementale de Pierre Mendès France et de la « postérité de cette action » : un « mendésisme » dont les tenants ne sont pas demeurés bien longtemps rassemblés. Mais il serait impossible de rendre compte en quelques lignes de la richesse de ce livre et du puissant intérêt que suscite sa lecture. Bien structurées en cinq parties dont chacune comporte une introduction synthétique, les quarante-deux communications qui constituent le corps de l'ouvrage sont toutes de qualité. On recommandera donc chaudement ce livre à tous ceux qu'intéresse l'histoire politique de la France depuis la seconde guerre mondiale..." (François Goguel, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1986)

294.          BELZNER (Emil). Le Train de la révolution.  Hachette,  1974, in-8°,  273 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Dans l'Allemagne de 1917, un jeune lycéen de seize ans monte clandestinement dans un train mystérieux transportant des évadés de Sibérie qui retournent en Russie. Il y rencontre Lénine, Inès Armand, Radek et d'autres révolutionnaires. Cinquante ans plus tard, Belzner nous dévoile le secret de ce voyage magnifié par le souvenir." — "Un demi-siècle après sa mort (du typhus en 1920) elle ressuscite soudain, Inès Armand, la belle bolchevique qu'aima Lénine. Non pas dans une biographie, mais dans un étrange récit, "le Train de la révolution". Emil Belzner, Allemand de Bade, né en 1901, journaliste et poète, mêle dans la spirale du souvenir deux ou trois choses qu'il apprit d'elle les quelques heures où il l'a vue. En 1917, affecté spécial dans une gare, un adolescent allemand attend comme les autres d'aller mourir au champ d'honneur. Voilà qu'on lui signale, dans un train en attente, des "forçats évadés de Sibérie". "Il fallait que je les voie." On veut le jeter hors du wagon extraterritorial, on le mène au chef, au Démon, petit homme trapu. Pouces au gilet, cette sorte d' "Allemand asiatique" l'interroge. Puis Emil la voit, elle, Inès Armand, fille de musiciens français, élevée dans de puissantes familles russes et richement mariée. "J'avais tout en abondance mais l'Autre, l'Étranger, l'Inconnu m'attira." À seize ans, on peut construire en soi un mythe pour toute la vie. En quelques heures, Emil tombe amoureux pour toujours. Sa vie durant il nourrira le souvenir d'une nuit passée entre le Démon et la Belle. "Un jour, me dit Inès Armand, tu apprendras qui nous sommes." A-t-il vraiment vu Lénine déchirer une lettre et la piétiner, trépignant dans une féroce et joyeuse colère ? L'a-t-il imaginé, collectant les rumeurs d'un demi-siècle ? Un autre voyageur du train lui en dira plus sur Inès, y compris sa mort, plus tard, à Berlin. C'est Karl Sobelsohn, Radek qui, devant le procureur et les juges de Staline, se roulera dans la fange, s'accusera du pire. Mais dans les années 20, il racontera l'enterrement d'Inès. Lénine (de ce point on est sûr) a suivi le cercueil, chancelant. Gorki montrera au jeune Allemand l'autre face de sa belle. L'écrivain avait arraché à Lénine la grâce de deux officiers de la garde dont les épouses venaient le remercier. En descendant elles ont croisé une femme : c'était Inès apportant la copie de l'ordre d'exécution et priant Gorki, au nom de Lénine, de ne plus "se rendre suspect par des interventions irréfléchies"... C'est que jadis ces mêmes officiers avaient voulu trancher les tresses d'Inès prisonnière..." (Le Monde, 1974)

295.          BENJAMIN (René). Clemenceau dans la retraite.  Plon,  1930, in-12,  254 pp, broché, bon état. On joint une photo de Clemenceau sur une carte postale publicitaire de la Librairie Plon

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"Le vivant, l'émouvant monologue !... « Quel feu ! quel tumulte de passions ! » dirons-nous avec l'auteur, grand satirique, comme on le sait, auteur comique d'une verve extraordinaire, poète et homme de coeur, et qui devait être tout cela pour saisir et rendre cette « contradiction vivante » qu'était Clemenceau. Benjamin admire Clemenceau de tout son coeur ardent de Français, et il s'étonne avec son esprit de cette philosophie démodée, de cet anticléricalisme qu'il est tenté de qualifier de « primaire ». La collaboration de cette sympathie et de cette acuité d'esprit lui a dicté les plus heureuses définitions : « Cet homme est capable des plus cruelles erreurs et des plus déchirantes vérités... Cet anticléricalisme, ce n'est pas une conviction : il ne pense plus. C'est une passion... Il est acharné à se donner l'air d'un matérialiste : c'est de l'idée de matière qu'il s'enivre... » Mais il fait mieux que définir : il nous place devant le monstre lui-même. Nous l'entendons : ses boutades, ses éclats de rire, ses méchancetés, ses jugements sévères sur les hommes, ses aveux désenchantés, ses blasphèmes, ses enfantillages, ses rares actes de foi... Cette journée avec Clemenceau, c'est un acte du Misanthrope transposé dans le réel. Que de livres et que d'hommes seraient écrasés par ce rapprochement ! Benjamin le supporte aussi bien que Clemenceau." (G. Lestien, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1930)

296.          BERROUANE (Abderrahmane). Aux origines du MALG. Témoignage d'un compagnon de Boussouf.  Alger, Editions Barzakh,  2015, gr. in-8°,  315 pp, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Un des hommes-clés d’Abdelhafid Boussouf, Abderrahmane Berrouane, entreprend l’écriture de ses Mémoires et de celles du ministère de l’Armement et des Liaisons générales (MALG), pendant la Révolution algérienne." — Rares sont les « Malgaches », les membres du fameux MALG (Ministère de l’Armement et des Liaisons générales) créé en 1960 par Abdelhafid Boussouf, qui ont livré leur témoignage écrit. Abderrahmane Berrouane, dit Saphar, est de ceux-là. Il lui aura sans doute fallu un certain courage pour oser écrire à la première personne et tenter de se défaire des réflexes de silence et de secret associés à ce groupe réputé pour son opacité. C’est avec une réelle sincérité que l’auteur entreprend de raconter son parcours : enfance à Relizane, révolte devant l’injustice coloniale, études de Sciences Politiques en France (Toulouse), interrompues en 1956 à la suite de l’appel à la grève générale pour rejoindre le maquis. Cette année-là, il gagne donc le Maroc et rencontre le charismatique Boussouf, dit Si Mabrouk. Il fera partie de la première promotion d’opérateurs radio, baptisée « promotion Zabana », effectuera plusieurs missions, au Maroc et en Tunisie, avant de diriger, la DVCR (Direction de la Vigilance et du Contre-Renseignement) et ce jusqu’à l’Indépendance. Abderrahmane Berrouane décrit chronologiquement la manière dont furent créés les services de renseignement algériens dans la guerre des ondes de l’information menée contre les Français. C’est l’occasion pour lui de convoquer des souvenirs très personnels qui ne manqueront pas de marquer le lecteur : ainsi de sa rencontre avec Si Mabrouk, saisissante ; du récit, très vivant, du recrutement en wilaya V et des conditions du stage de la promotion Zabana ; ou même de l’évocation de son désarroi et celui de ses collègues, à la Base Didouche, en Libye, lors de la crise GPRA/État-Major en 1962. Grâce à ces détails et anecdotes, qui situent la guerre à son échelle humaine, ce témoignage contribue à donner un nouvel éclairage sur les arcanes du MALG et à mieux comprendre les ressorts de cette organisation.

297.          BIBO (Istvàn.). Misère des petits Etats d'Europe de l'Est.  L'Harmattan,  1986, in-8°,  462 pp, traduit du hongrois, postface d'après un essai de Sandor Szilagyi, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Domaines danubiens)

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Les quatre études réunies ici présentent les théories et les analyses d'István Bibó (1911-1979), l'un des penseurs politiques hongrois les plus importants du siècle. Dans « Misère des petits Etats d'Europe de l'Est », « Les causes et l'histoire de l'hystérie allemande », « La déformation du caractère hongrois et les impasses de l'histoire de la Hongrie » et « La question juive », Bibó tente de résoudre les conflits, noeuds et hystéries politiques en Europe centrale. Son approche, originale et rigoureuse, permet de mieux comprendre un siècle d'histoire mouvementée et les déchirements actuels de l'ex-Yougoslavie. Sa volonté exemplaire d'impartialité et son destin personnel marqué par une mise à l'écart totale dès 1948, une participation au gouvernement révolutionnaire de 1956 puis un long emprisonnement, expliquent le vif intérêt avec lequel l'intelligentsia hongroise déçue par le marxisme s'est tournée vers sa pensée au cours des années 80. Aujourd'hui, l'œuvre et les travaux d'István Bibó font autorité auprès des démocrates d'Europe de l'Est.

298.          BILÉ (Serge), Alain Roman, Daniel Sainte-Rose. Paroles d'esclavage. Les derniers témoignages.  Saint-Malo, Pascal Galodé éditeurs,  2011, in-8°,  107 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Bien complet du DVD inclus in fine

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Serge Bilé et Daniel Sainte-Rose ont accompli un véritable travail de mémoire. Ils ont recueilli les témoignages de vieux Martiniquais, qui disent l'esclavage tel que leurs grands parents et arrière-grands-parents l'ont directement vécu et le leur ont, eux-mêmes, raconté, dans leur enfance. Alain Roman y ajoute l'éclairage de l'historien et nous permet de replacer ces témoignages, uniques et précieux, dans un contexte que nous ignorons trop souvent. Ce livre et son DVD forment ainsi un magnifique outil pédagogique au service de la mémoire et de la connaissance. Ils apportent une pierre indispensable à la compréhension de cette tragédie.

299.          BLUM (Léon). Du Mariage.  Albin Michel,  1947, in-12,  345 pp, reliure demi-percale chocolat à bandes, dos lisse avec titres dorés (rel. de l'époque), bon état

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Léon Blum (1872-1950) dans “Du mariage”, écrit en 1905, publié en 1907, préconise l’égalité des sexes dans les expériences pré-maritales. Il prône l'initiation précoce des jeunes filles à l'amour, et le droit au bonheur. C’est un essai contre l’inégalité entre l’homme et la femme. Le texte, qui sera republié en 1936, fait scandale... C’est à la fois un des ouvrages les plus célèbres de Léon Blum et l’une des pièces maîtresses des campagnes antisémites contre lui... La thèse centrale peut se résumer ainsi : L’opinion publique doit admettre pour la femme ce qu’elle admet pour l’homme. L’acquisition d’une expérience de l’amour physique, avant le mariage (“le mariage à l’essai”) est un garant de la cohésion sociale. Blum choque à gauche (Jaurès) et dans les milieux littéraires, notamment Gide qui dans une lettre à Marcel Drouin dit avoir été exprimé à Blum lui-même ses extrêmes réserves sur ce livre qui enferme le bonheur dans l'alcôve et « qui semble une habile préface à tout le théâtre juif d'aujourd'hui » !... Même les suffragettes de l’époque le trouvent trop hardi, ce qui causera à Blum une certaine déception... (Patrick Malivet et Sylvie Durand-Savina). Quelques extraits : "L'homme et la femme sont d'abord polygames puis, dans l'immense majorité des cas, parvenus à un certain degré de leur développement et de leur âge, on les voit tendre et s'achever vers la monogamie. Les unions précaires et changeantes correspondent au premier état ; le mariage est la forme naturelle du second." - "L’essence même du mariage, tel qu’il est institué dans nos mœurs est d’unir une jeune fille vierge à un homme déjà fait, et de remettre à l’expérience de l’homme l’éducation de la vierge. A la base du système se trouve le principe ou, selon moi, le préjugé de la virginité des filles. Mais en accordant que les filles doivent parvenir au mariage dans cet état de fraîcheur et d’ignorance, encore faudrait-il que ces novices y trouvassent de bons maîtres, et que leur préparation conjugale fût confiée à de sûres mains. Le système actuel interdit aux filles d’acquérir avant le mariage une expérience même théorique de l’amour." - "Les jeunes filles quitteront l'abri de la famille le jour où elles se sentiront de force à voler seules. [...] Elles n'auront rien d'altéré dans leurs façons ni dans leur visage ; il n'y aura rien de flétri dans la pureté de leur regard. Ce qui altère ou dégrade, c'est la crainte ou la conscience de la faute. Mais, en suivant l'impulsion de leur nature, les filles ne heurteront plus ni l'opinion, ni la tendresse protectrice de ceux qui les aiment, ni les principes artificiellement introduits dans leur conscience. La liberté de l'instinct ne gâtera donc pas la fraîcheur de leur jeunesse. Elles reviendront de chez leur amant avec autant de naturel qu'elles reviennent à présent du cours ou de prendre le thé chez une amie." — "Le président du Conseil, le chef du gouvernement, M. Léon Blum, est aussi un moraliste ; il a écrit un livre sur le mariage. Et c'est immonde. Dans ce livre, en effet, M. Léon Blum se révèle sous les traits d'un psychologue érotique et corrupteur, dont le style, avec l'élégance en plus et un cynisme encore plus odieux parce qu'il arbore des prétentions pédagogiques, rejoint dans les bas-fonds les obscénités des feuilles de la sociale. (...) Malgré l'auréole de vénération dont le Front populaire entoure le « cher Blum », à lire ces tranquilles polissonneries sous la plume d'un sexagénaire qui joue au moraliste, invinciblement revient aux lèvres le mot dont on qualifia jadis le régime du Directoire : « Pourriture des pourritures »." (coupure de presse de 1936, journal inconnu)

300.          BROCHIER (Jean-Jacques) et Bernd OELGART. L'Internationale étudiante.  Julliard,  1968, in-8°,  318 pp, nombreuses photos, cart. toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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De Rome à Montevideo, de Berlin à Berkeley, de Madrid à Varsovie, les étudiants constituent – phénomène nouveau – la force de contestation et d'opposition la plus virulente et peut-être la plus efficace contre les gouvernements, les sociétés et les régimes en place. Ils refusent également l'impérialisme soviétique et l'impérialisme américain, les guerres, l'exploitation de l'homme par l'homme et acceptent d'user de la violence contre la violence...

301.          CAMUS (Albert). Actuelles, II. Chroniques 1948-1953.  Gallimard,  1962, in-12,  186 pp, broché, qqs annotations crayon, bon état

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Les textes rassemblés ici par Albert Camus – articles, préfaces, interviews et polémiques – intéressent la période 1948-1953. Ils sont classés sous trois rubriques : Justice et haine, Lettres sur la révolte, Création et liberté. Camus écrit dans son avant-propos : ... Ce livre ne propose ni une dogmatique, ni une morale en forme. Il affirme seulement, une fois de plus, qu'une morale est possible, et qu'elle coûte cher. Mais il me semble que ce pas, même mal assuré, suffit à nous faire sortir des négations obstinées et du conformisme. ... La création, toujours possible, devient alors plus que jamais nécessaire. Les contradictions de l'histoire et de l'art ne se résolvent pas dans une synthèse purement logique, mais dans une création vivante. Quand le travail de l'ouvrier comme celui de l'artiste aura conquis une chance de fécondité, alors seulement le nihilisme aura vécu, la renaissance prendra un sens. ... S'il est bon de défendre les valeurs créatrices, qu'elles s'incarnent dans le travail ou dans l'art, chacun de nous, à la place qui lui revient, doit s'efforcer encore de préciser leur contenu. On trouvera ici, avec la détermination de les défendre, la volonté au moins de les définir. C'est pourquoi, au terme de ce livre, j'ai cru pouvoir rappeler la place de l'art, au niveau de la réalité la plus humble, et lui donner, contre ses ennemis, des justifications qui ne fussent pas des privilèges.

302.          CHALON (Jean). Chère Natalie Barney. Portrait d'une séductrice.  Flammarion,  1992, in-8°,  361 pp, lettre-préface de Marguerite Yourcenar, 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La vie de ma chère Natalie Barney est une suite ininterrompue de grandes amours. Car la séduction, la vraie, ignore les méfaits de l'âge. Et depuis sa naissance, le 31 octobre 1872, Natalie n'a pas cessé de séduire et de faire naître les oeuvres les plus diverses des passions qu'inspiraient sa beauté, son esprit, sa personnalité de femme libre en un temps où les femmes l'étaient si peu. Pour elle, Liane de Pougy écrit son roman "Idylle saphique", Renée Vivien compose ses meilleurs poèmes et Romaine Brooks ses meilleurs portraits. Remy de Gourmont lui adresse ses "Lettres à l'Amazone". Mais l'Amazone ne s'est pas contentée d'être une muse. Elle est l'auteur de livres de souvenirs, "Souvenirs indiscrets", "Traits et portraits", "Aventures de l'esprit", qui appartiennent à l'histoire littéraire de notre siècle, comme son salon qu'elle a tenu à Paris, au 20 rue Jacob, de 1910 à 1970, et où elle a reçu ses amis qui se nommaient Anatole France, Paul Valéry, Colette, Pierre Louÿs, Paul Morand, Gertrude Stein, Milosz ou Max Jacob. Le 29 juillet 1963, dans une lettre, Marguerite Yourcenar déclare à Natalie Barney : "Je me suis dit que vous aviez eu la chance de vivre à une époque où la notion de plaisir restait une notion civilisatrice (elle ne l'est plus aujourd'hui)." Cette notion a marqué l'existence de l'Amazone qui, m'ayant choisi pour confident, m'avouait sereinement à l'automne 1963 : "Je crois ne m'être jamais approchée d'un être sans lui faire du bien". Elle me répétait aussi : "Mieux vaut passer sa vie à se créer soi-même qu'à procréer." Cette biographie en forme de témoignage apporte de multiples preuves à ces deux affirmations. (Jean Chalon)

303.          Collectif. Le Procès de l'attentat du Petit-Clamart. Compte rendu sténographique.  Albin Michel,  1963, 2 vol. in-8°,  1018 pp, pagination continue, brochés, bon état

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L’attentat du Petit-Clamart, désigné par ses auteurs sous le nom d'opération Charlotte Corday, est l'action du OAS-Métropole/OAS-CNR, dirigé par le lieutenant-colonel Jean Bastien-Thiry, visant à assassiner le général de Gaulle, président de la République, le 22 août 1962 à Clamart...

304.          Collectif. Une Passion pour la France. Hommage à Michel Debré.  Association des Amis de Michel Debré,  1997, in-8°,  230 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Ce livre d'hommage (avec un préambule de Pierre Messmer et une préface de Jacques Chirac) à celui qui fut l'un des grands serviteurs de l'Etat – mais aussi l'un des créateurs de la Revue administrative – et qui incarnait, avec De Gaulle, une « certaine idée de la France », rassemble quelques articles de presse parus lors du décès de Michel Debré et des témoignages les plus divers de ceux qui ont été ses proches, ses compagnons, ses amis, ses collègues ou ses collaborateurs. L'ouvrage est complété du dernier entretien avec Michel Debré par Jean-Marie Dedeyan, d'une biographie et d'une bibliographie." (François Monnier, Revue administrative, 2008)

305.          COUFFIGNAL (Georges). Les syndicats italiens et la politique. Méthodes de lutte, structures, stratégies, de 1945 à nos jours.  Presses Universitaires de Grenoble,  1978, in-8°,  303 pp, préface de Bruno Trentin, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'ouvrage de G. Couffignal se propose de répondre à un certain nombre de « questions premières» : pourquoi le syndicat est-il devenu un acteur politique d'une telle importance après l'« automne chaud » ? Pourquoi n'assiste-t-on pas à la traditionnelle division du travail entre partis et syndicats ? Pourquoi l'engagement à la base va-t-il de pair avec l'engagement sur les objectifs généraux? Quelles conséquences cela a-t-il entraînées pour le fonctionnement du système politique ? C'est la spécificité de l'expérience syndicale italienne après 1968 qui constitue, au travers de ces questions, l'objet de cette étude... Le livre de G. Couffignal constitue un substantiel apport à la connaissance du syndicalisme italien et de ses problèmes, et la préface de B. Trentin en souligne l'intérêt et la richesse." (Daniel Clément, Revue française de sociologie, 1980)

306.          CRAIPEAU (Yvan). La Révolution qui vient. Les voies nouvelles du socialisme.  Editions de Minuit,  1957, in-12,  311 pp, broché, bon état (Coll. Documents)

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Lors du deuxième congrès de la Nouvelle Gauche, en décembre 1956, les discussions, que Craipeau rédige et corrige au fur et à mesure des débats entre lui et Claude Bourdet (secrétaire général), Martinet, Manuel Bridier, Colette Audry, Pierre Stibbe, Jacques Nantet et Yves Dechézelles, seront publiées sous le nom de Craipeau et sous le titre “La révolution qui vient”, titre qui eut un certain succès à gauche. Avec un projet de charte pour l'unification des mouvements socialistes en appendice.

307.          DANIEL (Joseph). La Parole présidentielle. De la geste gaullienne à la frénésie médiatique.  Seuil,  2014, gr. in-8°,  489 pp, broché, couv. illustrée, bon état, ex. signé par l'auteur

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En un demi-siècle, le paysage politique et médiatique français a subi une métamorphose totale. La communication, outil essentiel du pouvoir – qui l'a longtemps dirigée – est désormais une arme à double tranchant, formidablement rapide mais insaisissable, dont les retournements inattendus rendent l'usage plus complexe et plus éphémère. De Charles de Gaulle à François Hollande, Joseph Daniel nous fait revivre les grands moments de la communication du pouvoir, à travers les écrits et les écrans, les discours et les duels en direct, les styles et les corps, les mots et les gestes, sans oublier les coulisses. Il compose un tableau fourmillant d'anecdotes et de situations souvent saisies sur le vif, dans un style élégant et précis. Ces exemples multiples étayent une analyse rigoureuse et novatrice des bouleversements apportés par la domination de la télévision, puis l'irruption d'Internet. Bouleversements qui s'accompagnent d'un éclatement des repères : du temps maîtrisé et organisé au "temps réel" et aux contraintes de l'immédiateté ; des décors des palais de la République à l'obsession du "terrain" et aux échanges mondialisés. Le pouvoir est-il encore maître de sa communication ? — Joseph Daniel a consacré une grande partie de sa carrière à la communication politique, notamment comme dirigeant du SID (actuel SIG, Service d'information du Gouvernement) de 1981 à 1986, puis responsable de la Communication de la Présidence de l'Assemblée Nationale de 1988 à 1992. Membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de 1999 à 2005, il a enseigné à Sciences Po Paris.

308.          DE COURCY (Anne). Diana Mosley, née Mitford.  Editions du Rocher,  2006, gr. in-8°,  473 pp, 16 pl. de photos hors texte, annexe, notes sur les sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Avoir tort contre le monde entier : voilà bien le résumé de la vie de Diana Mosley, née Mitford, l'une des incorrigibles sœurs Mitford – Nancy la romancière installée en France, Unity l'admiratrice de Hitler, Jessica la "rouge"... La ravissante et raffinée Diana épouse l'héritier Guinness et a tout pour être heureuse, mais, révélation amoureuse et politique, elle rencontre puis se remarie avec Oswald Mosley. L'étoile montante du parti travailliste, entravé dans ses projets modernes pour le Labour, crée son propre parti, inspiré par cet autre ex-socialiste, Benito Mussolini. Diana aura désormais contre elle toute la bonne société anglaise, puis le monde entier. Car elle est devenue une proche amie de Hitler et, malgré trois ans et demi de prison, jamais ne voudra renier cette amitié. Croix gammée et cup of tea. Une volonté de fer sous les dehors les plus exquis. Elle le paiera jusqu'à la fin de sa vie, en 2003, à Paris...

309.          FABRE-LUCE (Alfred). Caillaux.  Gallimard,  1933, in-12,  285 pp, index, broché, bon état

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Une biographie sur un ton de glorieux panégyrique. — "Admirateur de Joseph Caillaux, proche des “jeunes Turcs”du parti radical qui, avec Gaston Bergery, Bertrand de Jouvenel, Jean Zay, Pierre Mendès France et quelques autres, avaient entrepris de rénover celui-ci (et dont les choix devaient, plus tard, diverger), fondateur, en 1933, de l’hebdomadaire Pamphlet, puis, en 1936, de l’Assaut (dans lequel on relève notamment les signatures de Robert Poulet, Robert Brasillach et Maurice Bardèche, ou encore celles de Pierre Drieu la Rochelle et Bertrand de Jouvenel), entre-temps rédacteur en chef de l’Europe nouvelle, l’organe officieux de la Société des nations (SDN), fréquentant la galaxie des « non-conformistes des années 30 », frayant un moment avec le nouveau Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, Fabre-Luce fut de ceux qui, en 1936, s’insurgèrent contre l’immobilisme franco-britannique face à la remilitarisation de la Rhénanie, avant que de défendre, deux ans plus tard, les accords de Munich. Fervent maréchaliste de juin 1940 à novembre 1942, il plaida, dans son Anthologie de la nouvelle Europe (1942), pour « l’Europe nationale, aristocrate et révolutionnaire ». Salué par André Siegfried, cet ouvrage, bien qu’interdit en Allemagne – notamment pour un éloge de Bergson –, lui sera vivement reproché à la Libération..." (Christian Brosio)

310.          FALIGOT (Roger) et Pascal KROP. La Piscine. Les services secrets français, 1944-1984.  Seuil,  1985, gr. in-8°,  431 pp, documents en annexes, index, broché, bon état

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« La piscine ». Ainsi nomme-t-on familièrement le SDECE dans les récits d'espionnage. Mais il ne s'agit pas ici de fiction. Une histoire globale des services secrets français n'avait jamais été entreprise. De la Libération jusqu'à l'arrivée des socialistes au pouvoir, voici quarante années de vie clandestine livrées au public. Des brumes de la légende surgissent les commandos qui tentent de libérer les camps de concentration nazis, qui sautent en plein guerre froide de l'autre côté du rideau de fer, les agents qui organisent le trafic de l'opium en Indochine contre Hô Chi Minh et la CIA, les projets d'assassinat de Ben Bella et de Nasser, le mystère Ben Barka, les coups d'Etat en Afrique, la chasse aux "taupes" soviétiques qui investissent le SDECE. Ces révélations, parmi vingt autres, donnent à ce récit l'allure d'un roman d'aventures, d'un roman vrai. Pour la première fois, des agents secrets ont accepté de parler : du chauffeur au directeur, de l'analyste au tueur , les hommes de l'ombre se montrent en pleine lumière. Roger Faligot et Pascal Krop les ont retrouvés et longuement interrogés. Leurs témoignages sont authentifiés par des documents. Grâce à eux, le SDECE devient une maison de verre : ses réussites et ses revers, ses structures, son organisation, ses chefs, son action, ses conflits, tout est décrit avec minutie et précision.

311.          FOUCHET (Christian). Mémoires d'hier et de demain. 1. Au service du général de Gaulle (Londres 1940, Varsovie 1945, Alger 1962, Mai 1968).  Plon,  1971, gr. in-8°,  297 pp, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Dans ce premier tome de ses mémoires (sur 2), Christian Fouchet évoque les tous débuts de la France Libre à Londres, où il arrive le 17 juin 1940, son expérience de premier Délégué du gouvernement en Pologne en janvier 1945, où il est le seul occidental à assister à l'entrée de l'Armée Rouge à Varsovie, son poste de Délégué du gouvernement aux Indes d'août 1945 à 1947, chargé de veiller au sort futur de l'Indochine française puis de représenter la France auprès des nouvelles autorités indiennes après l'Indépendance (il évoque des propos désapprobateurs du Pandit Nehru concernant la politique française en Indochine). L'auteur, dans un chapitre consacré à la décolonisation, reprend notamment des propos tenus en privé par de Lattre en août 1951 à propos de la guerre en Indochine et évoque Ho Chi Minh qu'il a accueilli à Calcutta en 1946. Il traite ensuite de son action comme ministre des Affaires marocaines et tunisiennes dans le gouvernement Mendès-France en 1954 et comme Haut-Commissaire en Algérie de mars à juillet 1962. Enfin il parle du "Plan Fouchet" de l'hiver 1961, une chance d'union politique de l'Europe qui ne fut pas saisie et des événements de mai 1968, alors qu'il était ministre de l'Intérieur.

312.          FRANÇOIS-PONCET (André). De Versailles à Potsdam. La France et le problème allemand contemporain, 1919-1945.  Flammarion,  1948, in-8°,  305 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 220 ex. numérotés sur Beau vélin

            50

"Après avoir présenté dans “Souvenirs d'une ambassade à Berlin” des choses vues et entendues au cours de sa mission diplomatique, M. André François-Poncet donne ici un aperçu de l'histoire du relèvement de l'Allemagne entre les deux guerres. Ce récit. M. François-Poncet était mieux qualifié que quiconque pour le fournir. Témoin d'une grande partie des événements qu'il rapporte, de la conférence de Versailles à l'occupation de la Ruhr, du voyage de Briand et de Laval à Berlin jusqu'à la rencontre de Munich, il note avec soin ce qu'il n'a pas vu lui-même, n'omet rien d'important, fait alterner un récit très nourri, néanmoins jamais chargé, écrit d'une main légère, avec des réflexions judicieuses. "Comment une seconde guerre mondiale a-t-elle pu éclater si tôt après la première ? demande M. François-Poncet. Ce sont là des questions que nos enfants, devenus hommes, ont le droit de nous poser... J'ai essayé de leur répondre." La réponse est celle qu'on peut attendre d'un esprit perspicace. Les Allemands, trompés par une propagande mensongère, n'ont pas su tirer la leçon de leur défaite de 1918. Les Alliée, ayant fait un traité qui valait ce qu'il valait, mais qui pouvait être corrigé, n'ont jamais été d'accord et l'ont laissé corriger par les Allemands, disons même annuler. On a rarement vu tant de faiblesse après tant d'exigences..." (René Lauret, Le Monde, 1948)

313.          GATINEAU-CLEMENCEAU (Georges). Des pattes du Tigre aux griffes du destin.  Les Presses du Mail,  1961, in-8°,  412 pp, index, broché, bon état

            30

Souvenirs du petit-fils de Clemenceau, qui fut son secrétaire de nombreuses annnées et particulièrement pendant la Grande Guerre. — "Ecrivez donc vos souvenirs, et mordez", dirent un jour au petit-fils de Clemenceau ses amis parisiens. Georges Gatineau-Clemenceau a suivi le conseil. Il l'a même suivi à la lettre, car son livre n'est pas tendre pour plus d'une personne. Pour le Tigre, tout d'abord. L'homme politique qui a pris, dans l'imagerie populaire, les traits d'un patriote farouche, apparaît ici en dehors de toute légende. Il reste génial, ardent au combat, mais ne cache aucun de ses défauts qui étaient, assure l'auteur, fort nombreux. C'est un livre piquant et vivant. Qu'il s'agisse de son grand-père, de ses ennemis ou de ses proches, Georges Gatineau-Clemenceau a toujours la dent dure. Remarquablement écrit, cet ouvrage amuse parfois et intéresse toujours.

314.          GEISMAR (Alain). Minutes du Procès d'Alain Geismar.  Editions Hallier, L’Idiot internatinonal,  1970, in-8°,  219 pp, préface de Jean-Paul Sartre, 3 photos dans le texte, annexe, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"La France et le monde entier restent hantés par Mai 68. Alain Geismar, porte-parole de l’ex-Gauche Prolétarienne, a été condamné à dix-huit mois de prison ferme par la 17e Chambre Correctionnelle. L’écho de son procès a retenti dans la pays tout entier. Mais personne n’a pu assister aux débats, dans une petite salle remplie de policiers en civil. Enfin, grâce aux “Minutes du procès d’Alain Geismar”, ils peuvent être connus de tous. Et cela est juste, car c’est à tous qu’Alain Geismar s’est adressé, c’est devant tous qu’il a été jugé, c’est contre tous qu’il a été condamné." (4e de couverture)

315.          GIDE (André). Journal. I : 1887-1925. Édition établie, présentée et annotée par Éric Marty.  Gallimard,  1996, fort in-12,  1840 pp, chronologie 1887-1925, notices, notes sur le texte, annexes, notes et variantes, reliure plein cuir doré à l'or fin de l'éditeur, rhodoïd, étui cartonné imprimé, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade) (Prix éditeur : 76 €)

            50

Le Journal que Gide donna à la Pléiade en 1939 était une œuvre, composée par lui et qui laissait dans l'ombre près d'un tiers du Journal intégral. La présente édition reproduit cette œuvre et y ajoute, à leur date, les passages écartés. Ces inédits – aisément repérables, puisqu'imprimés sous une forme distincte – ne sont pas seulement « l'Enfer » du Journal ; certes, ils contiennent de nombreuses pages impudiques ou scabreuses, mais ils abordent tous les sujets, de la littérature à la famille en passant par la morale et la politique. Quant aux textes déjà connus, ils ont été révisés sur les manuscrits.

316.          GIDE (André). Littérature engagée. Textes réunis et présentés par Yvonne Davet.  Gallimard,  1950, in-12,  364 pp, une photo de Gide en frontispice, sources, chronologie, index, broché, bon état. Edition en partie originale, un des 206 ex. numérotés sur vélin pur fil (second papier après 24 Hollande)

            60

En 1950, Yvonne Davet rassembla les interventions de Gide sous le titre sartrien de “Littérature engagée”. Ce volume contient les plus importants des textes d'André Gide écrits et publiés entre 1930 et 1938 au sujet de sa tentative d'engagement politique, à l'exception de “Retour de l'URSS”, de “Retouches à mon Retour de l'URSS”, et de toute la partie du Journal se rapportant à ses préoccupations sociales et politiques, qui ont fait l'objet de publications particulières. Ces textes sont disposés dans l'ordre chronologique afin que discours, articles, messages, déclarations et lettres inédites, se succédant exactement comme ils le firent dans l'actualité, se présentent avec toute la particularité de leur signification. Chaque texte est précédé de quelques éclaircissements. La seconde partie du volume est formée de “Robert ou L'intérêt général, pièce en cinq actes”, conçue et écrite en 1934-1935, et dont le ressort est le problème de la revendication sociale qui obsédait alors Andre Gide. Reprise ensuite et remaniée jusqu'à être transformée en « comédie de caractères », cette pièce a paru en 1944-1945 dans la revue L'Arche à Alger. On trouvera également dans ce recueil une bibliographie des écrits politiques de Gide ainsi une chronologie de ses interventions entre 1930 et 1938.

317.          GIMPEL (René). Journal d'un collectionneur Marchand de tableaux.  Hermann,  2011, gr. in-8°,  752 pp, index des noms cités, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            40

Ce Journal est un ouvrage de référence en histoire de l'art, qui propose un témoignage unique et éclairant sur la vie des artistes, des collectionneurs, des marchands et de toutes les figures du monde de l'art du premier vingtième siècle (de 1918 à 1939). Il fournit des anecdotes précieuses sur les peintres, comme par exemple sur Degas, Renoir ou encore sur les dernières années de la vie de Claude Monet. Jean Guéhenno (de l'Académie française) a pu dire de ce texte : "Le livre, par sa variété, séduira bien des lecteurs. Je ne dis rien du plaisir qu'y trouveront les amateurs, les connaisseurs, les collectionneurs. Ils auront de quoi compléter l'histoire de bien des célèbres tableaux, de leurs voyages, et... de leurs prix. Mais l'intérêt bien souvent est au-delà de la petite histoire et de l'anecdote. René Gimpel savait lui-même voir et regarder. Il a le sens du trait (...) Il a tout su, tout vu de la peinture pendant quarante ans, et, quand il rencontre les grands peintres, Renoir, Monet, Mary Cassat, Marie Laurencin, Soutine, Forain, Braque, Tal Coat, Coutaud, un écrivain aussi, Marcel Proust, son témoignage devient précieux." Il croise critiques et écrivains, Apollinaire, Berenson, et surtout Marcel Proust qu'il rencontra, dès 1907, à Cabourg, où ils séjournaient dans le même hôtel. Leur passion pour Vermeer les lia d'une profonde amitié. La fascination pour Proust de René Gimpel était-elle due à l'impression qu'il avait d'écrire lui aussi une chronique de son temps ? Son Journal a une vocation littéraire, historique, servie par un sens aigu de l'observation et un style très vivant.

318.          GUÉRIN (André). La Vie quotidienne au Palais-Bourbon à la fin de la IIIe République.  Hachette,  1978, in-8°,  314 pp, biblio sommaire, broché, couv. illustrée, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française, Prix Thérouanne 1978)

            20

"André Guérin a été longtemps journaliste parlementaire (il appartenait à L'Œuvre) : il sait beaucoup d'anecdotes, et il a, des servitudes et des gloires des députés, l'idée que s'en forme un journaliste parlementaire. L'ouvrage abonde en remarques justes de ton, en petites histoires sur les années 1920-1930, en portraits volontiers incisifs, mais sur certains points on aimerait bien en savoir plus, par exemple sur les ressources réelles des députés, leur mode de vie, leurs liens avec certaines grandes entreprises, sur le financement des élections, le rôle de la Commission des finances : l'auteur esquisse souvent certains problèmes..." (La Revue administrative, 1978)

319.          HERNÁNDEZ (Jesús). La Grande Trahison.  P., Fasquelle,  1953, in-8°,  254 pp, traduit par Pierre Berthelin, broché, bande éditeur conservée (“Le Jeu soviétique dans la  Révolution espagnole”), bon état. Peu courant

            40

L'histoire de la guerre d'Espagne et un règlement de compte sévère des relations entre Russes et républicains espagnols durant la guerre civile de 19З6 par Jesús Hernández Tomás (1907-1971), membre du PCE, ministre de l'instruction publique de la République espagnole jusqu'à sa mutation en avril 1938 au poste de commissaire politique en chef pour l'Armée de la région centrale, ancien membre de l'exécutif du Komintern. En 1953, Hernández publia ses mémoires sous le titre “Yo fui ministro de Stalin. Memoriad de la guerra civil Espanola 1936-39”. La traduction française fut publiée sous le titre “La Grande trahison”. Le livre révélait le supplice et l'assassinat d'Andrès Nin, les procès de Moscou, etc. Hernández révèlait également qu’au cours de la guerre civile 5000 enfants furent « évacués » des zones républicaines en Union soviétique : 2000 moururent en Sibérie... Dans ses mémoires, Dolores Ibárruri le cite comme "l'autre ministre communiste", sans jamais donner son nom. — "Né à Murcie en 1907 d`une famille de paysans très pauvres, Jesús Hernández, venu fort jeune à Bilbao, adhéra au communisme à l`âge de quinze ans. Après la proclamation de la République en Espagne, il devint un des hommes de confiance du Kremlin et passa pour être, surtout au cours de la guerre civile, l`un des chefs les plus énergiques du parti communiste espagnol. Nommé ministre de l`Instruction publique - "le premier ministre de Staline à l`étranger", comme il le dit lui-même - dans le gouvernement de Largo Caballero, membre par la suite du gouvernement du Dr Négrin, il remplit les missions les plus délicates, aussi bien politiques que militaires, en tant que Commissaire Général de l`Armée du Centre. Réfugié en URSS après la chute de la République espagnole, il fit partie de l`Exécutif du Komintern. Envoyé en mission au Mexique par Dimitrov pour y réorganiser le parti communiste espagnol, il révéla à ses concitoyens les conditions effroyables d`existence des révolutionnaires espagnols émigrés en URSS. A la suite de ses déclarations, le Kremlin rompit avec lui et déporta dans un camp de concentration sa mère et sa sœur qui étaient demeurées à Moscou. Nul mieux que Jesús Hernández ne pouvait connaître les dessous de la politique soviétique durant la guerre d`Espagne. Il sera désormais impossible d`écrire l`histoire de ces événements sans se référer aux sensationnelles révélations contenues dans son ouvrage : La Grande Trahison." (4e de couverture)

320.          JEANNENEY (Jean-Noël). Leçon d'histoire pour une gauche au pouvoir. La faillite du Cartel (1924-1926).  Seuil,  2003, in-8°,  176 pp, note sur les sources et la bibliographie, références, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. XXe siècle)

            20

"Un épisode trop oublié, mais très riche d'enseignement : le Cartel des gauches de 1924-1926." — La première édition de ce livre remonte à 1977. A cette époque, chacun prévoyait, à juste titre, un prochain retour de la gauche au pouvoir, après vingt ans d'absence. Jean-Noël Jeanneney mit alors en lumière l'actualité étonnante d'une expérience ancienne : celle du Cartel des gauches, en 1924-1926. Il s'agissait, en réfléchissant sur une impuissance et des désillusions passées, d'aider le "parti du mouvement" à se prémunir contre une répétition de l'échec. Après la victoire de François Mitterrand en 1981, surgirent en effet de nombreux défis similaires : nécessité d'une promptitude dans l'action, dépendance de la politique étrangère envers la finance internationale, risque d'une revanche économique de la droite après sa défaite dans les urnes (le " mur de l'argent "), fuite des capitaux, perspective d'un impôt sur le capital, destin de l'école libre et défense de la laïcité... Un quart de siècle plus tard, la gauche ayant été longuement aux affaires, il est temps de reprendre le dossier à neuf. La leçon a-t-elle été utile ? Peut-elle encore servir ? L'auteur propose sa réponse dans une postface inédite. — "J.-N Jeanneney est un historien qu'une thèse récente sur François de Wendel a mis au rang des spécialistes les plus qualifiés de l'histoire de l'entre-deux-guerres, et notamment de ses aspects économiques et financiers. Cette étude des deux années pendant lesquelles le gouvernement de gauche (radical à soutien socialiste) présidé par Edouard Herriot s'est empêtré dans la crise du franc est donc parfaitement informée, très claire, elle se lit agréablement, et rendra de grands services. À une réserve près, peut-être. L'ouvrage met l'accent sur ce qui a mené le Cartel à la défaite, c'est-à-dire sur l'économie. Aussi est-il très sévère pour Edouard Herriot qui s'est montré, en cette matière, d'une inculture et d'un amateurisme également déplorables. Le mérite d'Herriot était ailleurs, il était dans l'authenticité et dans la fermeté du rappel des principes d'éthique générale et de politique pure : démocratie, laïcité, paix, droit international, etc. Or ceci est évidemment un peu minimisé dans l'ouvrage." (M. Agulhon, Annales ESC, 1979)

321.          KENNEDY (Rose). Le temps du souvenir.  Stock,  1974, gr. in-8°,  484 pp, traduit de l'américain, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, dos lég. sali, bon état

            20

Qu'est-ce que le clan Kennedy ? Ce sont bien sûr les hommes politiques mondialement connus, John Fitzgerald, Robert et Edward. Mais c'est surtout la famille. Rose Kennedy, la mère du président assassiné, entreprend de nous conter l'histoire de cette famille hors du commun dont le nom est devenu une sorte de mythe. Elle nous parle d'abord des ancêtres, Irlandais catholiques fixés à Boston. Le père de Rose, fils d'immigrant, réussit à être élu maire de la ville ! Joe Kennedy, qu'elle épouse en 1914, est très doué pour les affaires. La fortune lui sourit très vite. Démocrate depuis toujours, il est nommé par Roosevelt, ambassadeur à Londres, juste avant la dernière guerre. Le couple Rose et Joe est un couple heureux. Ils ont neuf enfants dont Rose se charge déformer le caractère, l'intelligence et le corps. Elle mène tout son monde avec fermeté. De son côté, son mari conquiert sa place d'homme public, aidé en cela par sa femme. Il y a enfin les enfants Kennedy. John, Robert et Edward mènent le monde au début des années 60. Puis c'est le drame et le deuil que Rose nous raconte en restant étonnamment digne. « Le temps du souvenir » est un livre touchant qui allie un style clair et direct à un ton de confidence de bon aloi. C'est aussi l'histoire d'une époque importante qui vit le début de la conquête spatiale sous l'impulsion justement d'un Kennedy. (4e de couverture)

322.          KERENSKI (Alexandre). La Révolution russe (1917). Edition française établie par les soins de l'auteur, suivie d'un tableau chronologique des pricipaux évènements.  Payot,  1928, in-8°,  399 pp, broché, pt mque au dos, une petite tache sur la tranche, bon état

            30

Mémoires du 12 mars au 14 novembre 1917.

323.          KERSHAW (Ian). Hitler.  Flammarion,  2008, gr. in-8°,  1200 pp, traduit de l'anglais, index, broché, couv. illustrée, lég. défraîchi, bon état (Coll. Grandes biographies)

            25

La version "allégée" de la monumentale biographie que Ian Kershaw a consacré à Hitler (2 volumes, plus de 2000 pages de texte et environ 650 de notes). "Comment Hitler a-t-il été possible ? Comment un désaxé aussi bizarre a-t-il pu prendre le pouvoir en Allemagne, pays moderne, complexe, développé et culturellement avancé ? Comment a-t-il pu, à partir de 1933, s'imposer à des cercles habitués à diriger, bien éloignés des brutes nazies ? Comment a-t-il réussi à entraîner l'Allemagne dans le pari catastrophique visant à établir la domination de son pays en Europe, avec, en son coeur, un programme génocidaire terrible et sans précédent ? La réponse à ces questions, je ne l'ai trouvée qu'en partie dans la personnalité de l'étrange individu qui présida aux destinées de l'Allemagne au cours de douze longues années. Hitler, ceux qui l'admiraient comme ceux qui le dénigraient en convenaient, était une personnalité extraordinaire. II avait de grands talents de démagogue, ainsi qu'un oeil sûr, qui lui permettait d'exploiter implacablement la faiblesse de ses adversaires. On peut l'affirmer avec certitude : sans Hitler, l'histoire eût été différente. Avant 1918, pourtant, rien n'atteste l'exceptionnel magnétisme qu'on lui reconnut par la suite. Les membres de son entourage voyaient en lui un personnage un brin méprisable ou ridicule, certainement pas un homme promettant de devenir le futur chef de la nation. Tout changea à compter de 1919. Il devint l'objet de l'adulation croissante et, peu à peu, presque illimitée des masses, tout en suscitant une haine intense chez ses ennemis. Cela donne à penser que la clé de l'énigme est à chercher moins dans la personnalité de Hitler que dans les changements vécus par la société allemande elle-même, traumatisée par une guerre perdue, l'instabilité politique, la misère économique et une crise culturelle. A toute autre époque, Hitler serait certainement resté un néant." (Ian Kershaw)

324.          LALLEMENT (Bernard). Sartre, l'improbable salaud.  Le Cherche-Midi,  2005, in-8°,  199 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Nul doute que, de son vivant, aucun homme n'a suscité autant de passions, de haines, de révoltes, n'a reçu un tel cortège d'insultes, de menaces et d'opprobre. Sartre a traversé le XXe siècle sans laisser quiconque indifférent sur son passage. II reste la dernière conscience universelle de notre monde contemporain. Sartre est entré en littérature comme d'autres en religion. Ses livres sont autant de bibles dont les versets le renvoyaient à une impossible vérité. Elle l'effleurait à chaque instant. II n'eut de cesse de l'éviter, jusque dans le regard de l'autre. II s'était construit un imaginaire à l'aide de mots dont il jouait avec la dextérité d'un maître d'armes. Mal installé dans son corps, il savait, mieux que quiconque, combien le réel n'est jamais beau. ; La bibliothèque de son enfance était un temple : elle est, aujourd'hui, son mausolée. Au travers du destin exceptionnel d'un homme extraordinaire, c'est aussi de notre destinée dont il est question.

325.          LAMBLIN (Bianca). Mémoires d'une jeune fille dérangée.  Balland,  1993, in-8°,  207 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"J’ai longtemps hésité à raconter ce qui, dans ma vie, a été un drame, auquel furent mêlés étroitement Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. À dix-sept ans, j’ai éprouvé envers Simone de Beauvoir, qui fut mon professeur de philosophie, un attachement passionné. À cette passion s’est ajoutée quelques mois plus tard une liaison amoureuse avec Sartre : en 1939, nous formions un « trio », configuration sentimentale rare et hasardeuse, qui a été délibérément brisée d’abord par Sartre puis par le Castor en 1940. Cette double rupture, en un moment historique si lourd de menaces pour une Juive comme moi, m’a plongée dans une grave et persistante dépression. Telle fut la première cassure. Après la guerre, j’ai néanmoins repris des relations d’amitié avec le Castor. Pendant quarante ans, et jusqu’à sa mort, je l’ai rencontrée tous les mois. J’avais (encore) confiance en elle. C’est ce qui explique que la lecture des Lettres à Sartre et du Journal de guerre parus en 1990 m’ait fait à nouveau tant de mal. Ce fut la seconde cassure. Leur contenu m’a révélé sous un tout autre visage celle que j’avais aimée toute ma vie et qui m’avait constamment abusée. J’y lisais le dépit, la jalousie, la mesquinerie, l’hypocrisie, la vulgarité. C’est la raison principale qui m’a déterminée à écrire le récit de cette aventure à la fois banale et exceptionnelle. Que Sartre m’ait sacrifiée à sa quête perpétuelle et vaine de séduction pour m’abandonner ensuite sans vergogne, soit. Mais que Simone de Beauvoir serve de pourvoyeuse à son compagnon, est plus étonnant. Que dire d’un écrivain engagé comme elle dans la lutte pour la dignité de la femme et qui manipula et trompa, sa vie durant, une autre femme ? Ce livre n’assouvit aucune vengeance ; il prétend simplement mettre en lumière la vérité sur celle cachée sous le pseudonyme de Louise Védrine." (Bianca Lamblin) — "A 17 ans, Bianca Lamblin se prend de passion pour son professeur de philosophie, Simone de Beauvoir. Amitié amoureuse à laquelle s'ajouta bientôt une liaison avec Jean-Paul Sartre. Puis, à la défaite de 1940, c'est la rupture : Bianca est brutalement abandonnée, exclue du « trio amoureux » auquel elle a cru, au moment même où son origine juive inaugure pour elle une vie de périls, d'angoisse et de deuils. Mais ce n'est qu'un demi-siècle plus tard, en lisant les Lettres à Sartre et le Journal de guerre de Simone de Beauvoir, que Bianca découvrira de quelle trahison, de quel mépris elle a été, dès le début, victime... Un document retentissant, qui ne laissera indifférent ni les admirateurs ne les adversaires du philosophe et du « Castor ». Parfois on est un pion qu'on déplace ou qu'on laisse tomber. Si l'on est juive et que la trahison a lieu en février 1940, on peut garder la blessure sa vie entière. Ceux qui jouent à la poupée s'appellent Sartre et Beauvoir. Celle qui vit un désastre personnel et historique est Bianca Lamblin." (Annie Diatkine, Libération) — "Simone de Beauvoir croyait à l'irremplaçable vertu de la vérité. La voilà servie." (Françoise Giroud, Le Nouvel Observateur)

326.          LANG (André). Tiers de siècle. Hommes de lettres, théâtre, cinéma.  Plon,  1935, in-8°,  viii-423 pp, reliure demi-maroquin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée, bon état

            60

"L'intérêt du livre est plus journalistique que littéraire ou critique, mais l'auteur, qui a une certaine réputation en tant que dramaturge et romancier, écrit avec charme et a ce don, que nous aimons appeler français, d'introduire des considérations personnelles et philosophiques dans un sujet qui pourrait être traité d'une manière purement factuelle ou analytique, et le livre gagne donc en lisibilité... Dans la première partie, “L'Equipée des jeunes auteurs”, Lang donne un compte rendu détaillé de la tentative infructueuse faite en 1925 par une soixantaine de jeunes auteurs dramatiques parmi les plus talentueux pour former un théâtre indépendant... La morale de leur échec est quelque peu complexe, mais Lang souligne "le manque de foi et d'enthousiasme sincère" des jeunes auteurs. Dans la dernière partie, il propose une discussion assez éclairante sur les problèmes du cinéma français. Le bilan de la France en la matière de 1900 à 1930, tant sur la scène que sur l'écran, est loin d'être brillant, et Lang met en lumière les causes de l'échec dans les deux domaines. La partie centrale et principale du livre est consacrée au compte rendu des entretiens que Lang a eus avec quarante hommes de lettres au cours de l'été 1929 et qui ont été publiés à l'origine dans “Les Annales”. Les observations de ces hommes, parmi lesquels figurent les plus grandes figures littéraires d'aujourd'hui, observations faites en cet été de prospérité sur les sujets les plus divers – littérature, politique, problèmes de la vie contemporaine – sont souvent fascinantes à lire aujourd'hui. Discrètement, Lang a essayé d'orienter les discussions vers les questions de l'avenir de la littérature et de l'évolution de la société. Et l'on est frappé par le fait que si peu d'entre eux semblent avoir eu une idée de ce que l'avenir leur réservait. Certains étaient totalement absorbés par leurs travaux littéraires, d'autres affichaient un désenchantement de bon aloi, d'autres encore trahissaient un profond découragement. Les mots d'Henri Béraud sont presque une épitaphe pour un grand groupe d'entre eux : "Nous sommes des vieux de quarante-cinq ans. Giraudoux est un vieux, Cocteau est un vieux, aussi vieux que Joffre ou Poincaré. C'est comme ça. Tous, tous, même les moins de trente ans, nous écrivons pour les morts."..." (Haakon M. Chevalier, University of California, Books Abroad, 1937) — Par André Lang (1893-1986), journaliste et dramaturge français, collaborateur à France-Soir et au Figaro pendant près de vingt ans.

327.          LÉNINE. Karl Marx (brève notice biographique comportant un exposé du marxisme).  Pékin, Editions en langues étrangères,  1970, in-12,  65 pp, un portrait de Lénine en frontispice, biblio, notes, broché, bon état

            12

Cette « brève notice biographique comportant un exposé du marxisme » a été écrite par Lénine de juillet à novembre 1914. Parue pour la première fois en 1915, dans le « Dictionnaire encyclopédique Granat » – 7e édition, tome 28.

328.          LESTSCHINSKY  (Jacob). La situation économique des Juifs depuis la Guerre Mondiale (Europe orientale et centrale).  P., Rousseau et Cie,  1934, gr. in-8°,  150 pp, broché, dos recollé, bon état (Comité des Délégations Juives, Cahiers n°s 11-14). Rare

            50

"Cette étude, admirablement réalisée et très complète dans son analyse, raconte la terrible histoire du sort des Juifs d'Europe centrale et orientale pour qui le siècle dernier, avec son effondrement du féodalisme et son adhésion partielle au libre-échange et au libéralisme, apparaît aujourd'hui comme un âge d'or. Les extrêmes du nationalisme d'après-guerre, le fascisme à divers degrés d'intensité, le capitalisme d'État et l'arrêt de l'émigration se sont combinés pour provoquer un désastre chez les Juifs de cette région, qui représentent environ 50 % des Juifs du monde. L'État corporatif, qui régit et organise une part croissante de la vie économique de ses citoyens, laisse peu de place aux activités individualistes dans lesquelles les Juifs ont généralement trouvé leur vocation, et offre de larges possibilités à ceux qui veulent empêcher l'entrée des Juifs dans les seules entreprises qui offrent quelque sécurité ou perspectives. L'auteur traite pleinement de la situation en Allemagne, mais il montre clairement que la situation des Juifs dans de nombreux pays voisins n'est guère meilleure – un fait généralement occulté par les aspects dramatiques et sensationnels de l'antisémitisme nazi. Le livre contient des statistiques remarquablement intéressantes sur la population et la répartition économique. Deux faits significatifs sont qu'au cours des cent dernières années, la population juive a été multipliée par cinq, alors que la population mondiale a doublé, et qu'au cours de la même période, les Juifs, qui sont arrivés au douzième rang des peuples européens, ont occupé la quatrième place dans les chiffres de l'émigration." (A. A. Mocatta, International Affairs, Vol. 14, No. 4 , 1935)

329.          LEYS (Simon). Les Habits neufs du Président Mao. Chronique de la "Révolution culturelle".  Editions Ivrea,  2009, in-8°,  320 pp, annexes, carte, notices biographiques, sources, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Le livre traite des événements qui se sont déroulé en République populaire de Chine de février 1967 à octobre 1969, au plus fort de la Révolution culturelle, alors que l'auteur se trouvait lui-même à Hong Kong. Pendant la vogue maoïste en France, ce texte a mis en évidence les luttes de pouvoir sordides qui motivaient le mouvement en Chine, et plus particulièrement la volonté de Mao de détruire le Parti communiste chinois afin de reprendre le pouvoir qui lui avait échappé depuis plusieurs années. Les faits relatés sont issus de la presse officielle chinoise de l'époque, de la presse de Hong Kong et des témoignages des nombreux Chinois réfugiés dans la colonie britannique pour échapper aux excès de la Révolution culturelle.

330.          LLABRES (Claude). La Dépêche du Midi et René Bousquet. Un demi-siècle de silences.  Fayard,  2001, in-8°,  264 pp, broché, bon état

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Le 26 juin 1997 “La Dépêche”, célébrant les cinquante ans de la reparution du journal, réécrit sa propre histoire. Le grand quotidien du Sud-Ouest, évoquant les quatre années de collaboration, entre 1940 et 1944, où "sa plume était serve", affirme avoir alors "enduré les pires souffrances, un vrai martyre". Pour Claude Llabres, c'en est trop : "Il faut que les enfants du siècle qui commence sachent que les pires souffrances et le véritable martyre se sont passés ailleurs qu'au siège de ce journal", écrit-il. Pourquoi ces silences sur la véritable histoire de “La Dépêche” durant les années noires pèsent-ils encore et toujours sur la région et sur Toulouse ? Qui aurait pu prédire que le 22 novembre 1947, “La Dépêche” serait à nouveau dans les kiosques et qu'on retrouverait René Bousquet, le chef de la police de Vichy, quelques années plus tard, rue Bayard, comme administrateur du journal ? Ce livre se veut un "droit de réponse" émanant de celles et ceux qui, au péril de leur vie, avaient choisi, contre l'occupant nazi, le combat pour la liberté.

331.          LOUVRIER (Pascal) et Eric CANAL-FORGUES. Paul Morand : le sourire du hara-kiri.  Perrin,  1994, in-8°,  448 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Paul Morand est mort en 1976... Et sa vie fascine toujours. Poète-écrivain-diplomate, à la manière d'un Chateaubriand, auteur comblé, homme couvert de femmes, marié à une princesse byzantine à l'intelligence redoutable, infatigable écumeur de continents... Dans tous les domaines, le succès. Mais rarement un sourire sur son curieux visage d'asiate. A l'un de ses personnages, il fait dire : " Je suis une mer fameuse en naufrages passion, folie, drames, tout y est, mais tout est caché. " Confidence à coup sûr autobiographique. D'où vient, alors, cette inaptitude au bonheur ? Grâce à de très nombreuses sources inédites et aux témoignages des derniers proches de l'écrivain, Pascal Louvrier et Eric Canal-Forgues nous présentent un Paul Morand intime, enfin débarrassé de sa légende d'homme pressé. On découvrira un être fragile, en proie au doute, angoissé par la fuite du temps, hanté par la décadence de l'Occident.

332.          MACMILLAN (Margaret). Les Artisans de la paix. Comment Lloyd George, Clemenceau et Wilson ont redessiné la carte du monde. Traduit de l'anglais.  JC Lattès,  2006, in-8°,  660 pp, 16 pl. de photos hors texte, 4 cartes, biblio, index, broché, bon état

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Paris, 1919 : après la Grande Guerre, des hommes et des femmes de tous les pays convergent vers la capitale pour la conférence de la Paix, où va se redessiner la carte du monde. Outre les représentants des puissances victorieuses – Wilson, Lloyd George et Clemenceau – affluent journalistes, ambassadeurs et porte-parole de cent causes différentes – de T. E. Lawrence à la reine Marie de Roumanie, en passant par J. M. Keynes et Hô Chi Minh. Paris est alors le lieu où se liquident les empires, où naissent de nouveaux pays, et où vont se nouer drames et malentendus. Car les "artisans de la paix" mirent la Russie à l'écart, s'aliénèrent la Chine, congédièrent les Arabes, se débattirent avec les problèmes du Kosovo, des Kurdes, d'un foyer national pour les Juifs. Leurs objectifs étaient inconciliables. Vivant, précis, brillant, cet ouvrage est devenu une référence sur la naissance du monde contemporain. Il a reçu le prix Samuel Johnson de la BBC, le prix Duff Cooper, le prix Hessell-Tiltman d'histoire, et le prix du Gouverneur général pour la non-fiction en 2003.

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