Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 377 – Juin-Juillet 2018

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  [Atlas] – MALTE-BRUN. Atlas complet du précis de la Géographie Universelle de Malte-Brun, dressé conformément au texte de cet ouvrage, et entièrement revu et corrigé par M. J.-J.-N. Huot. P., Aimé André/Ve Le Normant, 1837, in-folio, 16-(83) pp, texte sur deux colonnes, 69 cartes réhaussées en couleurs dont 13 sur double page (sur 72 annoncées), reliure demi-chagrin havane à coins, dos à 5 nerfs filetés et caissons à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin vert et carmin, tranches mouchetées (rel. de l'époque), plats et dos très lég. frottés, qqs épidermures, le cahier des pp 5 à 8 a été relié après la page 16, bon état

            450

Superbe atlas en couleurs par Malte Conrad Bruun, dit Konrad Malte-Brun, géographe danois (Thisted, Jylland, 1775-Paris 1826). Ayant soutenu dans ses écrits les principes de la Révolution française, il dut se réfugier en Suède. Avant même d'être exilé à perpétuité de sa patrie (1800), il avait gagné Paris, où il était entré au “Journal des débats”. Ses écrits les plus connus sont ses ouvrages de géographie : Géographie mathématique, physique et politique de toutes les parties du monde, avec Mentelle et Herbin (1803-1807), et Précis de géographie universelle, commencé en 1810, qu'acheva après sa mort son collaborateur Huot. Auparavant, Malte-Brun avait fondé, avec Eyriès, les Annales des voyages ; plus tard (1821), il fut le fondateur et le premier secrétaire général de la Société de géographie.

2.                  BERNARD (Jean). Le Sang et l'histoire. Buchet/Chastel, 1983, in-8°, 157 pp, broché, couv. à rabats, bon état, bande éditeur conservée, envoi a.s.

            25

"L'Histoire, écrit Michelet, est une résurrection de la vie intégrale, non dans sa surface, mais dans ses organismes intérieurs et profonds. L'étude du sang ne concerne pas seulement la physiologie, la médecine, l'anthropologie, la génétique, elle éclaire l'Histoire. Les Peaux-Rouges des livres d'enfants sont des Mongols venus d'Asie en Amérique dans le lointain des âges par l'isthme de Behring. (...) Le sang des hommes éclaire leur histoire..." — "Le sang est devenu le témoin et le pilote de l'histoire, et son étude apporte de précieuses informations aux historiens." (Christian Jelen, L'Express) — "Un livre passionnant tant par les mystères qu'il éclaire que par l'érudition qu'il traduit en une simplicité lumineuse." (Dr Escoffier Lambiotte, Le Monde)

3.                  BRY (Georges). Précis élémentaire de droit international public mis au courant des progrès de la science et du droit positif contemporain. P., Larose & Forcel, 1892, in-8°, (vii)-647 pp, 2e édition revue et corrigée, biblio, index, reliure pleine toile bleue, dos lisse, pièce de titre vert olive, couv. conservées, bon état

            40

Parmi les meilleurs manuels de droit international public à la date d’édition.

4.                  CABANTOUS (Alain). Les Citoyens du large. Les identités maritimes en France (XVIIe-XIXe s.). Aubier, 1995, in-8°, 279 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Historique)

            25

"Du paletot rayé à la pipe du pêcheur, du caractère maussade des insulaires bretons à la hâblerie des navigateurs provençaux, il n'est guère de figure qui soit plus proche de l'image d'Épinal que celle des hommes de la mer, dont il est confusément admis que la familiarité avec l'élément marin suffit à leur conférer un caractère commun malgré des nuances régionales. Au-delà de ces images (trop) familières, c'est à une interrogation sur ce qui définit une identité collective que nous convie Alain Cabantous, en nous invitant à un voyage de reconnaissance parmi les « citoyens du large » : pêcheurs, marins, matelots et capitaines. Comment cerner ce qui les distingue dans les sociétés occidentales entre le début de l'expansion européenne, à laquelle ils ont largement participé, et l'aube du XIXe siècle, moment où se fixe et se fige l'image des « gens de mer » ? La longue familiarité de l'auteur avec ces hommes du large et les populations littorales auxquels il a déjà consacré de nombreux travaux, l'a détourné des chemins trop balisés et des évidences trop souvent répétées..." (Isabelle Brian, Annales. Histoire, sciences sociales, 2001)

5.                  Cahiers de synthèse. Histoire intellectuelle et culturelle du XXe siècle. Histoire culturelle de l'Europe contemporaine. Textes choisis. Albin Michel, 1988, gr. in-8°, 280 pp, broché, pt trace d'humidité ancienne au bas du 1er plat, bon état

            25

Depuis 1900, la “Revue de synthèse” s'intéresse, dans une démarche pluridisciplinaire, à l'histoire des idées et de la culture européennes. Vieille dame de 88 ans, elle offre en fait un voyage privilégié à qui veut connaître l'esprit de notre XXe siècle. Cette anthologie permet ainsi de faire le point sur quelques jalons, majeurs ou peu accessibles, de l'histoire culturelle, religieuse, philosophique ou scientifique de notre Europe. Le lecteur lira des textes fondateurs de "grands maîtres sur de grands sujets" : Raymond Aron sur le progrès, Louis de Broglie sur la réalité physique, Henri Wallon sur la psychologie, Lucien Febvre sur la démarche de l'historien, René Taton sur la pensée scientifique, etc. Il trouvera également des mises au point du plus haut intérêt tant historique qu'historiographique : l'état de la réflexion sur la pensée chrétienne au milieu des années vingt, sur la sociologie et la philosophie allemandes à la fin de la République de Weimar, sur la philosophie dans l'Italie fasciste ou la pensée des années d'après-guerre, etc. L'ensemble est significatif de l'itinéraire d'une revue, elle même centrale pour la compréhension de notre siècle. Ce volume sera ainsi un outil privilégié pour l'étudiant mais aussi une utile initiation pour les esprits curieux de comprendre sur le long terme les débats d'idées de l'Europe d'aujourd'hui. — "Sous ce titre, la “Revue de Synthèse”, qui occupe la place qu'on connaît dans l'évolution de la vie intellectuelle française depuis 1900, donne un accès aisé à quelques-uns des textes importants dont son fonds est riche. Plus qu'un instrument de consultation commode, ce dossier constitue un témoignage sur la marche de la revue et sur celle du siècle." (Le Choix des Annales, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 1988)

6.                  CARPENTIER (Jean) et François LEBRUN ( dir). Histoire de la Méditerranée. Seuil, 1998, in-8°, 619 pp, chronologie, 30 cartes et plans, glossaire, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Dans son grand livre sur la Méditerranée à l'époque de Philippe II, Fernand Braudel écrivait en 1949 : "Une étude historique, centrée sur un espace liquide, a tous les charmes, elle a plus sûrement encore tous les dangers d'une nouveauté." Si le livre même de Fernand Braudel interdit de parler aujourd'hui de nouveauté, il fallait surmonter toutes les difficultés de la très longue durée. Voici une histoire, scientifique et vivante de la "mer intérieure" et des peuples qui habitent sur ses bords depuis les lointaines origines jusqu'à nos jours, voici un livre qui situe les quatre cents millions d'habitants actuels dans un site habité depuis la préhistoire et qui a été le théâtre de migrations, d'échanges, de conflits, de catastrophes naturelles qui ont fait un mare nostrum bordé de continents parfois à la dérive. — Avec les contributions de Bartolomé Bennassar, Dominique Borne, Élisabeth Carpentier, Claude Liauzu, Alain Tranoy.

7.                  CHEVALLIER (Jean-Jacques). Les grandes oeuvres politiques, de Machiavel à nos jours. Armand Colin, 1981, gr. in-8°, 304 pp, note bibliographique, broché, qqs soulignures crayon, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Ce livre est une brillante mise au point critique et une présentation des écrits essentiels qui se sont attachés, pendant plus de quatre siècles, à décrire, justifier, louer ou dénoncer l'Etat, l'organisation de la société et avant tout du pouvoir dans la société. C'est la rencontre de deux disciplines, histoire des idées, histoire politique, sur un terrain commun : l'étude des œuvres qui, du Prince de Machiavel à Mein Kampf d'Adolf Hitler, ont connu un retentissement particulier, car elles ont répondu aux préoccupations, aux passions ou aux espoirs du moment ou d'un moment. Jean-Jacques Chevallier nous introduit dans l'intelligence de ces écrits par des considérations à la fois neuves et suggestives ; de nombreuses et larges citations invitent le lecteur à "voir" ces œuvres qui ont fait date et à recevoir, sans intermédiaire, leur choc intellectuel.

8.                  CLÉMENT (Félix). Les Musiciens célèbres depuis le seizième siècle jusqu'à nos jours. Ouvrage illustré de 44 portraits gravés à l'eau-forte par Masson, Deblois et Massard et de 3 reproductions héliographiques d'anciennes gravures par A. Durand. P., Libraire de L. Hachette et Cie, 1868, gr. in-8°, viii-680 pp, 47 planches hors texte, dont le frontispice, appendice bibliographique, index des compositeurs, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et caissons ornés dorés, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'époque), mors lég. frottés, qqs rares rousseurs, bon état

            80

Excellente étude historique sur les musiciens célèbres : Lulli, Haendel, Gluck, Piccinni, Mozart, Beethoven, Spontini, Donizetti, Chopin, Listz, Wagner... par Félix Clément (1822-1885), membre de la commission des arts et des édifices religieux, professeur de musique ancienne. Il fit restaurer les orgues de la chapelle de la Sorbonne et rédigea le rapport sur les orgues.

9.                  Collectif. L'Année philosophique. Publiée sous la direction de F. Pillon. Première année, 1890. Félix Alcan, 1891, in-8°, 356 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, coupes frottées, bon état

            40

Contient : F. Renouvier : De l'accord de la méthode phénoméniste avec les doctrines de la création et de la réalité de la nature. – F. Pillon : La première preuve cartésienne de l'existence de Dieu, et la critique de l'infini. – L. Dauriac : Philosophes contemporains : J.-M. Guyau. – Bibliographie philosophique française de l'année 1890. — « L'Année philosophique », dirigée par Pillon, d'abord publiée en 1868 et 1869, reparaît en 1891 (de 1872 à 1889 elle avait été remplacée par la « Critique philosophique » dirigée par Renouvier, revue d'abord hebdomadaire puis mensuelle). C'est chez Alcan qu'elle est publiée à partir de 1891. « L'Année philosophique » se compose d'une part d'articles, d'autre part d'une substantielle rubrique bibliographique divisée en plusieurs sections qui rend compte de la littérature philosophique publiée l'année précédente.

10.              Collectif. Les plus belles histoires de mer de Blaise Cendrars, Paul Chack, Marguerite Comert, André Demaison, Jean Dorsenne, Georges Duhamel, Claude Farrère, César Fauxbras, Bernard Frank, Louis Guichard, Maurice Guierre, Jean de La Varende, René Maria, Jean Mauclère, Pierre Mille, Edouard Peisson, Andrée Sikorska, Georges Simenon, Titayna, Roger Vercel, recueillies par Marcel Berger. P., Emile-Paul, 1940, in-12, 283 pp, reliure demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, 1er plat de couverture (lég. sali) conservé, bon état

            30

Un recueil de nouvelles, souvent très courtes, et parfois inédites, mais il s'agit bien là de textes d'auteurs et de la meilleure littérature qu'il soit. Edition originale pour les textes de Marguerite Comert, Jean Dorsenne, César Fauxbras, Jean de La Varende, Edouard Peisson, Titayna, et surtout Georges Simenon, dont le “Little Samuel à Tahiti” occupe les pages 243 à 260 et est signalé par l'éditeur comme un texte inédit..

11.              COORNAERT (Emile). Les Compagnonnages en France du Moyen Age à nos jours. P., Editions Ouvrières, 1976, gr. in-8°, 448 pp, 14 pl. de gravures et documents en noir et 2 pl. en couleurs hors texte, glossaire, index, broché, couv. lég. salie, dos passé, bon état

            40

"Voici un nouveau et splendide volume, magnifiquement illustré, sur les compagnonnages. Il a longuement mûri. Il a été préparé par toute une série d'articles sur le même sujet ou sur le mouvement ouvrier au XIXe siècle, un des grands thèmes que l'auteur a eu l'occasion d'approfondir lorsqu'il occupait encore sa chaire au Collège de France. Une étude sur un sujet plus actuel qu'on ne croirait, puisqu'il s'agit d'une des rares institutions d'Ancien Régime ayant survécu jusqu'à nos jours, malgré les changements profonds des modes de production et l'avènement du syndicalisme moderne. Le présent travail, d'une lecture agréable, s'adresse à un large public. Le style est typique de la personnalité de M. Coornaert. Sa démarche est toujours prudente, sa plume se complaît davantage dans la touche nuancée que dans le trait large mais parfois déformant. Si les notes au bas des pages manquent, la qualité scientifique n'en souffre nullement. Les près de cent pages de documents édités en annexe, dont plusieurs extraits des archives de l'Union compagnonnique et de l'Association ouvrière, permettent d'ailleurs de confronter les vues de l'auteur avec les sources. M. Coornaert communique à chaque page de son livre sa sympathie vivifiante pour les joies et les souffrances de ces ouvriers d'autrefois et aussi pour leurs égarements..." (Jan Craeybeckx, Revue belge de philologie et d'histoire)

12.              ELIAS (Norbert). La Civilisation des moeurs. Calmann-Lévy, 1974, in-8°, 342 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Archives des sciences sociales)

            20

Comment se tenait-on à table au Moyen Age ? Comment se mouchait-on à la Renaissance ? De quelle époque datent les pudeurs associées au comportement sexuel ? Norbert Elias analyse les mœurs de la civilisation occidentale et étudie leur transformation de la fin du Moyen Âge à l'époque contemporaine. Des exemples amusants et inattendus, des textes peu connus et pleins de surprises émaillent ce livre savoureux. D'une chanson coquine à un manuel de savoir-vivre, d'une tirade de moraliste à un recueil de proverbes, à chaque fois brillamment commentés, Norbert Elias donne au mot "civilisation" un sens nouveau et original, basé sur l'étude concrète des moeurs. Ce livre d'un précurseur est devenu un classique de la réflexion sociologique.

13.              IMBERT (Jean)( dir). Histoire des hôpitaux en France. Toulouse, Privat, 1982, pt in-4°, 559 pp, très nombreuses illustrations dans le texte, chronologie, biblio, index, reliure toile éditeur, gardes illustrées, sans la jaquette, bon état (Prix Broquette-Gonin de l'Académie française 1983)

            60

Par Michel Mollat (du VIe au XVe siècle), Jean-Pierre Gutton (du XVIe siècle à 1789), Jean Imbert (la Révolution, 1789-1795, les structures juridiques, les structures économiques, les structures d'accueil, 1796-1941), Pierre Raynaud et Louis Veyret (1941-1980). — "Il n'existait pas jusqu'à ce volume un travail d'ensemble consacré aux hôpitaux en France. Nul n'était plus qualifié que Jean Imbert pour combler cette lacune. Depuis son Mémoire de 1947 sur « Les hôpitaux en droit canonique », du milieu du XIIe siècle à l'aube du XIVe, nombreux sont les livres ou les articles qu'il a consacré à ce sujet. Son goût et son sens de l'administration l'avaient d'autre part conduit à suivre de près la vie hospitalière comme conseiller technique du ministre de la Santé, préparant sous son autorité l'ordonnance hospitalière de 1958 et la circulaire ministérielle sur « l'humanisation des hôpitaux ». Malgré ses compétences et sa rare puissance de travail, il a cependant souhaité s'assurer, pour cette vaste entreprise, le concours d'historiens (M. Mollat et J.-P. Gutton) et de spécialistes de la vie hospitalière (P. Raynaud et L. Veyret). L'ouvrage se veut accessible à un large public. Aucun appareil critique n'y ajoute le poids d'une lourde érudition, mais la précision et la netteté du propos de chacun témoignent de la sûreté de l'information. On ne saurait dire de l'abondante iconographie, image le plus souvent de la déchéance physique ou de la misère, qu'elle « agrémente » ce livre. Elle le complète par des documents variés et bien choisis. La moitié du volume est consacré à l'époque contemporaine, de la loi du 16 vendémiaire an V à 1980..." (J. Gaudemet, Revue historique de droit français et étranger, 1983)

14.              LAGARDE (A.) et L. MICHARD. Moyen Age. Les grands auteurs français du programme. Bordas, 1966, gr. in-8°, 256 pp, 32 planches en héliogravure en noir et en couleurs hors texte, cart. illustré de l'éditeur, état correct

            15

15.              LAGARDE (A.) et L. MICHARD. XVIe siècle. Les grands auteurs français du programme. Bordas, 1963, gr. in-8°, 256 pp, 24 planches en héliogravure en noir et en couleurs hors texte, cart. illustré de l'éditeur, traces de papier collant ancien sur les gardes, état correct

            15

16.              LAGARDE (A.) et L. MICHARD. XVIIe siècle. Les grands auteurs français du programme. Bordas, 1971, gr. in-8°, 448 pp, 40 pl. en héliogravure hors texte en noir et en couleurs, cart. illustré de l'éditeur, état correct

            20

17.              LAGARDE (A.) et L. MICHARD. XVIIIe siècle. Les grands auteurs français du programme. Bordas, 1962, gr. in-8°, 416 pp, 40 planches en héliogravure en noir et en couleurs hors texte, cartes, cart. illustré de l'éditeur, dos lég. abîmé, état correct

            20

18.              LAGARDE (A.) et L. MICHARD. XIXe siècle. Les grands auteurs français du programme. Bordas, 1960, gr. in-8°, 576 pp, 64 planches en héliogravure en noir et en couleurs hors texte, cartes, cart. illustré de l'éditeur, état correct

            20

19.              LINSSEN (Robert). Essais sur le Bouddhisme en général et sur le Zen en particulier. Préface du docteur Roger Godel. Notes du Professeur Masson-Oursel et de Mme A. David-Neel. P., La Colombe, 1960, gr. in-8°, 398 pp, 4 pl. de photos hors texte, figures, carte, broché, bon état

            30

Nouvelle édition d'un ouvrage paru en 1954. L'auteur se base sur le fameux Zen, en lequel il voit l'essence même et le couronnement du Bouddhisme, pour fonder son système philosophique personnel, qu'il baptise « matérialisme spirituel » et qui s'apparente au panthéisme. L'ouvrage étudie en particulier les relations du Bouddhisme avec les sciences modernes.

20.              MONESTIER (Martin). Les Animaux célèbres. Histoire encyclopédique, insolite et bizarre, des origines à nos jours. Le Cherche Midi, 2008, in-4°, 495 pp, texte sur 2 colonnes, très nombreuses photos et documents en noir, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Documents)

            45

Depuis le commencement du monde, d'innombrables événements historiques, grands ou petits, mettent en relief l'indéniable influence des animaux sur le cours des choses et des existences humaines. Les animaux ont été des vedettes adulées de toutes les formes de spectacle. Ils se sont distingués dans les exploits sportifs, et bien sûr au cours de toutes les guerres depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Dans les arts, à toutes les époques, ils ont fortement influé sur les peintres, les musiciens et les gens de lettres. On a vu des animaux bénéficier de testaments mirobolants ou encore se porter candidats à des élections démocratiques. Tantôt compagnons de misère, tantôt sujet de grandeur pour leur maître, ils ont aussi été martyrs, sacrifiés au nom de la science, de la religion et de la superstition. S'ils ont souvent été des protecteurs zélés de leur entourage, ils ont aussi mis leur force, leur intelligence et leur instinct au service du crime et de la délinquance. À travers une énorme quantité d'anecdotes véridiques, de récits piquants, de témoignages hallucinants mais confirmés, de faits divers insolites mais attestés, les animaux démontrent qu'ils connaissent non seulement l'amour, la fidélité et l'abnégation, mais également la rancune, la vengeance, la violence et même le mensonge, pour certains.

21.              PHILIP (André). Histoire des faits économiques et sociaux de 1800 à nos jours. P., Aubier-Montaigne, 1964, fort in-8°, 607 pp, biblio

            20

"Dans ce cours professé à la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris, A. P. suit l'évolution économique et sociale des principaux pays du monde – Angleterre, France, Allemagne, Russie, Japon, Etats-Unis – depuis que ces pays sont entrés dans l'ère industrielle. La nouveauté de cette étude est moins dans ce qu'elle apporte sur « l'histoire des faits économiques et sociaux » que dans une volonté de lier économie, statut social, vie privée de l'individu, vie familiale, systèmes de valeurs et civilisation." (Revue française de science politique, 1964)

22.              RENOY (Georges). Chateaux d'Europe. Bruxelles, Editions Artis-Historia, 1994, in-4°, 200 pp, 210 photos en couleurs, 5 gravures et 5 cartes, index des illustrations, reliure toile beige de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Table : Un mot pour un autre ; Châteaux forteresses ; Châteaux palais ; Châteaux féeries ; Châteaux jardins ; Château foyers ; Principaux architectes et jardiniers paysagistes d'Europe.

23.              SADOUL (Georges). Histoire du Cinéma mondial des origines à nos jours. Flammarion, 1966, in-8°, 719 pp, 8e édition, revue et augmentée, 96 photos sur 44 planches hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"(...) Notre dessein est d'étudier le cinéma comme un art, étroitement conditionné par l'industrie, l'économie, la société, la technique. Nous avons divisé l'ouvrage en trois grandes parties : L'Art muet (1895-1930), les débuts du parlant (1930-1945), l'époque contemporaine (1945-1962), quatre chapitres étudiant enfin les cinémas d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique, les films d'animation, les nouvelles techniques et les nouvelles vagues..." (Préface)

ANTIQUITÉ

 

24.              BASLEZ (Marie-Françoise). Saint Paul. Fayard, 1999, in-8°, 440 pp, 7 cartes, notes bibliographiques, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, qqs discrètes marques au crayon en marges, bon état

            25

Paul est surtout connu comme un champion de la conversion des païens. En réalité, l'homme d'action dut composer avec les pouvoirs publics et fut contesté par ses pairs. L'apôtre connut des échecs, et ceux-ci témoignent de l'individualisme des premières communautés chrétiennes. Rechercher Paul à travers les portraits stéréotypés que nous en livrent les sources, c'est donc découvrir la différence entre un homme doté de pouvoirs surnaturels, comme l'attendaient les Grecs, et un charismatique qui les renvoie à Dieu. Derrière le portrait du saint apparaît alors une personnalité complexe : un homme qui resta attaché à ses origines juives ; un homme doué d'un sens évident de la communication, qui acquit une formidable maîtrise de l'espace politique romain. Un homme, enfin, qui partout suscita des attachements au point qu'on en fit le premier héros de roman chrétien.

25.              BLOCH (Raymond). Les Origines de Rome. Club Français du Livre, 1959, in-8°, 173 pp, 16 illustrations, cartes, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée

            20

"Un spécialiste de l'archéologie étrusque, M. Raymond Bloch, propose au « grand public » une nouvelle synthèse sur les premiers temps de Rome. Synthèse originale, où les problèmes sont abordés successivement selon l'optique propre de chaque discipline : archéologie, linguistique, histoire des religions, avec le souci de donner une image d'ensemble aussi complète, aussi précise que possible. Autant de vues partielles qui se superposent avec bonheur, et c'est un visage nouveau de la Rome primitive qui apparaît. (...) Le livre est complété par une bibliographie qui aidera à situer les problèmes. L'illustration, enfin, est d'une qualité remarquable ; chaque image est accompagnée d'un commentaire précis qui l'éclairé très utilement. La « vulgarisation », lorsqu'elle est entreprise par d'authentiques historiens, n'a pas à rougir de porter devant un très large public des exposés de la valeur de celui que nous propose ici M. Raymond Bloch." (Pierre Grimal, Revue des Études anciennes, 1960)

26.              BRIEND (Jacques) et Michel QUESNEL. La vie quotidienne aux temps bibliques. Bayard, 2001, in-8°, 235 pp, 16 pl. de photos en couleurs hors texte, qqs figures, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Comment vivait-on aux temps bibliques ? Jésus parlait-il plusieurs langues ? Les filles pouvaient-elles hériter de leurs pères ? Qui étaient les publicains ? Mangeait-on du pain à tous les repas ? Voyageait-on à pied ? A dos d'âne ? En barque ? De multiples questions qui se posent à la lecture de la Bible. La vie quotidienne des hommes et des femmes de ce temps, leur habitat, leur alimentation, leur société nous sont présentés dans ce livre qui reprend les articles parus dans la revue “Le Monde de la Bible”, écrits par deux exégètes de renom, Jacques Briend et Michel Quesnel. Un cahier iconographique nous rend ce monde plus proche, un index biblique facilite la consultation de l'ouvrage par le lecteur.

27.              BRISSON (Jean-Paul). Spartacus. Club Français du Livre, 1959, in-8°, 279 pp, 9 gravures, chronologie, biblio, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée. Bien complet de la carte volante de l'Italie romaine

            20

"Jean-Paul Brisson étudie les révoltes d'esclaves en les rattachant : 1) au problème agraire , c'est-à-dire aux profondes et brusques transformations de l'économie italienne entraînant de nouveaux modes d' exploitation de la main-d'oeuvre servile, essentiellement dans l'agriculture : nombre sans cesse croissant d'esclaves de fraîche date aux mains d'une minorité de maîtres puissants, etc. ; 2) Aux conflits politico-économiques que l'agitation servile engendrait chez les hommes libres (activité de Ti. Gracchus ; reve de G. Gracchus d'établir une démocratie de type grec ; soulèvement de Saturninus et Glaucia ; réforme militaire de Marius ; guerre sociale) (...) En bref, c'est un apport remarquable par ses conceptions historiques et par son style que Jean-Paul Brisson offre à la connaissance des révoltes d'esclaves et une esquisse politique, sociale et économique de Rome de 140 à 70 av. J.-C." (Alb. Deman, Latomus, 1960)

28.              CAMPBELL (Joseph). Le Héros aux mille et un visages. Laffont, 1977, in-8°, 370 pp, 8 pl. de photos hors texte, 21 figures dans le texte, index, broché, couv. illustrée, état correct. Edition originale française

            40

Par Joseph Campbell (1904-1987), professeur, écrivain, anthropologue et mythologue américain, célèbre pour son travail dans les domaines de la mythologie comparée et de la religion comparée. “Le Héros aux mille et un visages” (“The Hero with a Thousand Faces”, 1949) est un de ses livres les plus connus : il y décrit le cycle monomythique du voyage du héros, un modèle que l'on retrouve dans de nombreuses cultures.

29.              CHOURAQUI (André). La Vie quotidienne des hommes de la Bible. Hachette, 1985, in-8°, 406 pp, 2 cartes, tableaux chronologiques de l'histoire d'Israël, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les hommes de la Bible vivent parmi nous. D'Adam à Daniel, nous connaissons les noms, les généalogies et souvent les histoires détaillées de plus de 2400 personnages répartis sur près de deux millénaires entre le XVIIIe et le IIe siècle avant l'ère chrétienne. Malgré leur éloignement dans le temps et dans l'espace, nous les connaissons de l'intérieur ; nous les voyons agir, parler, penser, jusque dans l'intimité de leur tente ou de leur lit. Il fallait la prodigieuse érudition d'André Chouraqui, l'auteur d'une magistrale traduction de la Bible, pour rassembler les menus faits et gestes des Hébreux et les conforter aux découvertes de l'archéologie. Voici une analyse précise de trois portes, celles de la Terre, du Temps et du Ciel qui nous ouvrent l'accès à la connaissance du message biblique à travers la vie des hommes et des femmes qui en ont été les premier dépositaires.

30.              DALMAN (Gustave). Les Itinéraires de Jésus. Topographie des évangiles. Payot, 1930, in-8°, 520 pp, édition revue et complétée par l'auteur, traduit de l'allemand, 46 figures et plans, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"M. Jacques Marty a publié dans la collection de la “Bibliothèque historique” une traduction française de l'ouvrage de M. Dalman, “Orte und Wege Jesu”, Gütersloh, 1921. Le titre “Les Itinéraires de Jésus” était exigé par l'original, mais il ne donne pas une idée complète du contenu de l'ouvrage ; le sous-titre “Topographie des évangiles” vient préciser la nature du travail. Nous avons là en effet, une série de notes géographiques, archéologiques et exégétiques sur la Palestine et l'Evangile, d'après le cadre général de la vie de Jésus : Bethléhem, Nazareth, au bord du Jourdain, les rives de la mer de Galilée à la Judée, de Jéricho à Jérusalem, enfin Jérusalem. Dans ces promenades archéologiques sur les pas de Jésus, l'auteur s'efforce de reconstituer le cadre géographique des scènes évangéliques et d'identifier les lieux témoins de l'activité du Christ. Ce travail est incontestablement d'une érudition considérable : critique, philologie, traditions ecclésiastiques, traditions rabbiniques, coutumes actuelles des indigènes, tout est mis en œuvre, et l'auteur y ajoute encore ses propres observations et ses conjectures personnelles ; il y mêle parfois une note intime qui tranche sur l'aridité habituelle de l'exposé. (...) Pourvu qu'on sache l'utiliser avec discernement, on y trouvera une richesse de renseignements de nature à faciliter l'intelligence de maint passage des évangiles..." (Jean-Baptiste Colon, Revue des Sciences religieuses, 1932)

31.              GRIMAL (Pierre). A la recherche de l'Italie antique. Hachette, 1961, in-8°, 362 pp, 24 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

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"C'est un ouvrage d'une lecture captivante que M. Grimal vient de nous donner dans ce volume, où avec autant d'enthousiasme et de pouvoir d'évocation que de science, il a relaté d'une plume alerte l'histoire des fouilles les plus intéressantes qui ont été conduites en Italie et présenté leurs résultats en les replaçant dans le contexte de civilisation qui permet d'en mieux dégager la signification et en insistant sur les problèmes de méthode avec toute la compétence que l'on peut attendre en cette matière d'un ancien membre de l'École française de Rome. Devant une tâche d'une telle ampleur bien d'autres eussent reculé ou mulitplié les volumes. M. Grimal, lui, a su dans la masse des documents qui s'offraient à lui pratiquer l'art du choix avec aisance..." (Charles Delvoye, L'antiquité classique, 1961)

32.              GRIMAL (Pierre). Le Lyrisme à Rome. Hachette, 1978, in-8°, 304 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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« J'ai l'honneur de faire hommage à l'Académie d'un ouvrage intitulé “Le lyrisme à Rome”. J'y étudie l'histoire des genres poétiques que l'on comprend ordinairement sous cette dénomination, en y ajoutant celle du genre bucolique, qui, par ses origines au moins, est une forme de la poésie lyrique, même s'il a pris un développement qui le rapproche parfois du mime. Après avoir replacé le lyrisme romain dans la tradition antérieure, il convenait de s'interroger sur les caractères propres que l'on peut découvrir en lui ; par exemple, pourquoi, en Grèce, ce genre de poésie est-il ordinairement accompagné de la lyre, tandis qu'à Rome il est inséparable de la flûte ? La pénétration des formes lyriques se fit, à Rome, par l'intermédiaire des jeux scéniques, et il faut sans doute admettre que la poésie populaire orientale exerça une influence non négligeable à cet égard. Mais il existait un lyrisme italique spontané, dont quelques vestiges subsistent, dans les formules de prières, par exemple. Les rythmes indigènes n'ont à aucun moment été entièrement recouverts par les apports grecs. (...) Le lyrisme devient alors, à la fin de la République, le témoin de l'évolution que connaît la sensibilité d'une société partagée entre plusieurs tentations : le respect des valeurs ancestrales, l'adoption des facilités offertes par la civilisation hellénistique, la venue à Rome des cultes exotiques. Le lyrisme de Catulle reflète assez bien ces courants divers, et le malaise des consciences est alors source de poésie. » (Pierre Grimal, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1978)

33.              GRIMAL (Pierre). Le Siècle des Scipions. Rome et l'hellénisme au temps des guerres puniques. Aubier, 1975, in-8°, 414 pp, 2e édition refondue et augmentée, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"En publiant en 1953, Le Siècle des Scipions, P. Grimal faisait figure de précurseur. Si certaines de ses thèses pouvaient paraître paradoxales, la méthode suivie était féconde. Dans son livre en effet, l'étude des œuvres littéraires et des courants de pensée tenait plus de place que l'histoire événementielle, et expliquait que se soit opéré, face aux pressions de l'hellénisme, le « miracle romain ». L'ouvrage étant devenu introuvable, il était souhaitable de le rééditer. Mais dans l'espace d'une vingtaine d'années, la période des Guerres puniques a fait l'objet de nombreuses recherches, qui ont considérablement approfondi et élargi le champ de nos connaissances (grâce en particulier aux nombreux travaux, entre beaucoup d'autres, de C. Nicolet, E. Badián, A. E. Astin, H. H. Seullard). Aussi nous est présentée une édition refondue et augmentée. En premier lieu, la bibliographie a été soigneusement remise à jour, et se trouve pratiquement doublée. De plus, sur nombre de points, les idées ont été précisées, nuancées ou développées. Enfin, en ajoutant à son livre un dernier chapitre sur le Temps des philosophes et en insistant sur la doctrine et l'influence de Panaetius, P. Grimal vient combler un vide qui était sensible lors de la première édition. Par ailleurs, les structures d'ensemble de l'ouvrage demeurent, beaucoup de passages sont inchangés, et le ton général garde toute sa vivacité. Les notes, disposées au bas des pages, sont désormais d'accès plus facile. Sont maintenus en fin d'ouvrage les documents et la chronologie. En résumé, une réédition utile d'un livre désormais classique, remis à jour, et de lecture toujours stimulante." (Roger Seguin, Revue des études anciennes, 1975)

34.              GRIMAL (Pierre)(édité par). L. Annaei Senecae Operum Moralium Concordantia : III. De breuitate uitae. PUF, 1967, gr. in-8°, 182 pp, broché, trace d'humidité ancienne sur la bordure du 1er plat, sinon bon état

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Index des mots latins du texte de Sénèque : De la briéveté de la Vie. — "L'œuvre entreprise par Pierre Grimal en est maintenant à son troisième volume. On trouvera là la même méthode, le même souci de perfection que dans les tomes précédents. Cette fois, pas d'innovations typographiques ; l'ouvrage n'est précédé d'aucune préface. On lira toutefois avec grand intérêt dans le dernier numéro de la Revue des Études latines un plaidoyer pro domo de l'auteur qui défend sa méthode injustement attaquée, en montre tous les bienfaits et tout l'enrichissement dont elle fait bénéficier la recherche, tant en ce qui concerne l'histoire de la langue que la critique textuelle. Et on ne saurait trop lui donner raison. Les citations qui constituent le corps de l'article forment un trésor dans tous les sens du terme. Au lieu d'un inintelligible recueil de références - utile, certes, lui aussi, mais de tout autre manière - nous avons un répertoire comparatif qui, à première lecture, éveille des curiosités autant qu'il apporte des solutions. N'est-ce donc rien, par exemple, que de voir le deuxième tome se terminer sur la mésaventure réitérée de Socrate souillé par Xanthippe, pour retrouver une lis uxoria au troisième tome ? Ainsi naissent des idées sur Sénèque, sur ses conceptions satiriques, etc., et prennent corps des directions de recherches. Souhaitons donc à l'immense entreprise d'arriver à terme rapidement : l'ardeur et l'autorité de Pierre Grimal suffisent à nous assurer que notre vœu sera exaucé." (R. Marache, Revue des Études anciennes, 1967)

35.              GRIMAL (Pierre)(édité par). L. Annaei Senecae Operum Moralium Concordantia : IV. De providentia. PUF, 1969, gr. in-8°, 124 pp, broché, bon état

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Index des mots latins du texte de Sénèque : De la Providence.

36.              LE GOFF (Jacques) et René REMOND ( dir). Histoire de la France religieuse. Tome 1 : Des dieux de la Gaule à la papauté d'Avignon (des origines au XIVe siècle). Volume dirigé par Jacques Le Goff. Seuil, 1988, fort in-8° carré, 572 pp, nombreuses illustrations dans le texte, 16 planches en couleur hors texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Par Jacques Le Goff, Paul-Albert Février, Jean-Charles Picard, Jean-Claude Schmitt, André Vauchez. — "L'histoire de la France religieuse n'est pas l'histoire religieuse de la France, pas davantage l'histoire de la religion en France, encore moins l'histoire de la croyance et de la culture, encore qu'elle touche à tous ces domaines en même temps. Si le christianisme occupe nécessairement une place dominante, les auteurs de la collection ont pris le parti délibéré de l'étudier de l'extérieur, comme un phénomène important, majoritaire,mais jamais exclusif, et de l'étudier dans son expression, sans aucun souci d'apologétique ou de critique. Rien de plus étranger à l'esprit qui les anime que le souci d'écrire l'histoire d'une Eglise à vocation œcuménique et dont le projet est d'abord eschatologique. Ce qui les intéresse est l'étude du phénomène religieux comme comportement : reconnaissance d'une relation transcendentale à un divin caché ou révélé, réponse individuelle et collective à un enseignement moral et théologique, diversification croissante des expériences, engagements et institutions qui en résultent. Rythmée par un va-et-vient incessant entre le fait religieux directement observable et l'intention qui le suscite, l'entreprise relève de la quête anthropologique autant que de la sociologie religieuse naguère illustrée par Gabriel Le Bras. (...) L'Histoire de la France religieuse n'est ni un traité apologétique ni un manuel d'enseignement ; pour la première fois, une équipe d'historiens a porté sur le phénomène religieux le regard serein de l'analyste ; nous avons ici une première tentative d'histoire culturelle du christianisme, histoire culturelle qui, au Moyen Age, se confond avec l'histoire de la culture. Soulignons enfin la richesse de l'illustration iconographique qui prolonge le texte et dialogue avec lui ; la « lecture » de l'une et de l'autre doit être menée conjointement." (Michel Zimmermann, Revue de l'histoire des religions, 1990)

37.              [MONTESQUIEU]. Considérations sur les causes de la grandeur des Romains, et de leur décadence. Nouvelle édition, à laquelle on a joint un Dialogue de Sylla et d'Eucrate, le Temple de Gnide, et l'Essai sur le goût, fragment. Amsterdam et Leipsick, Arkstée et Merkus, 1764, in-12, (2)-ii-366 pp, reliure plein veau raciné, dos à 5 nerfs, titres et caissons ornés dorés, tranches rouge (rel. de l'époque), coiffes arasées, manques de cuir sur les plats et au dos, intérieur propre, état moyen

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“Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence”, également connu sous le titre “Grandeur et décadence des Romains”, est une œuvre de Montesquieu, rédigée en 1734, évoquant la Rome antique, ses forces politiques, ses abus et les causes de sa chute. Cet ouvrage va inspirer nombre d’esprits de son temps, dont sans doute Edward Gibbon qui développera fortement le sujet en 1776 dans son “Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain”. Quatorze ans après sera publié “De l'esprit des lois”, ouvrage maître des Lumières au XVIIIe siècle, où Montesquieu entreprend une réflexion philosophique sur l'histoire romaine. Cet ouvrage a eu une grande importance sur le plan historiographique, car il a contribué à structurer ultérieurement la chronologie en grandes périodes : Antiquité, Moyen Âge, Renaissance et début des Temps modernes.

38.              PARROT (André). Sumer. Gallimard, 1968, in-4°, xlviii-399 pp, préface d'André Malraux, 419 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, cartes dépliantes in-fine, bibliographie, dictionnaire-index, reliure toile rouge éditeur, signet, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers des Formes). Riche iconographie

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Avec Sumer apparaît, dès la fin du IVe millénaire, dans la basse plaine du Tigre et de l'Euphrate, la première civilisation urbaine. Elle va s'étendre à l'ensemble de la région d'entre les fleuves, cette Mésopotamie dont les cités manifestent, aux IIIe et IIe millénaires, une extraordinaire puissance créatrice, qui se poursuivra au ler millénaire, période que couvre un second volume Assur. Etendard d'Ur, stèle d'Hammurabi, sceaux-cylindres représentant Gilgamesh, céramiques de Samarra, portraits de Sargon, statues de Gudéa, peintures du palais de Mari, vases d'Uruk, ziggurats d'Ur et d'Agarquf... au-delà de la création artistique, c'est l'esprit de l'univers religieux, du monde palatial et des habitants des cités du bassin des Deux Fleuves qui resurgit là. "L'Univers des Formes", collection voulue par André Malraux, est la plus prestigieuse Histoire universelle de l'art.

39.              PENDLEBURY (J. D. S.). A Handbook to the Palace of Minos at Knossos. London, Macdonald, 1969, in-8°, 76 pp, avant-propos par Sir Arthur Evans, un frontispice et 14 pl. de photos hors texte, 8 plans de monuments, un plan dépliant du palais in fine, index, broché, jaquette illustrée, bon état

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"Pour le plus vif agrément des touristes, M. P. a extrait de l'imposante « encyclopédie » de Sir Arthur Evans, “The Palace of Minos”, un guide maniable et clair, facilitant la visite des ruines, un « fil d'Ariane », comme dit Sir Arthur dans l'Avant-Propos. La description du palais et des ruines environnantes est précédée d'un bref aperçu sur les diverses époques de la civilisation minoenne ; les photographies et les plans accompagnant le texte permettent l'identification facile des lieux ; le grand plan du palais indique la promenade-type." (Fernand Chapouthier, Revue des Études Grecques)

40.              POWELL (T. G. E.). Les Celtes. Arthaud, 1961, in-8°, 240 pp, 79 photos hors texte en héliogravure, 25 croquis, 9 cartes et un tableau, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Mondes anciens)

            25

"Les Celtes, premier peuple que l'histoire mentionne au nord des Alpes, ont joué dans notre histoire un rôle considérable. Plus qu'un peuple, ils ont été une civilisation, la première qu'ait connue l'Europe de l'Ouest avant l'arrivée des Romains. De nombreux vestiges archéologiques, le témoignage des Anciens, la littérature indigène et les résultats des études philologiques modernes permettent de nous acheminer vers une connaissance plus exacte, vers une vue plus claire de ces peuples précurseurs des nations historiques de l'Europe occidentale et centrale, précurseurs en particulier des Gaulois, rameau tardif mais brillant de leur civilisation. L'archéologie a retrouvé leur berceau, – au début du deuxième millénaire, – entre Rhin et Danube, puis les traces de leurs premières migrations en France, en Grande-Bretagne et jusqu'en Irlande. L'auteur met l'accent sur l'organisation sociale de la Gaule et sur le système de gouvernement de tribus importantes de la Gaule Celtique par l'aristocratie, assistée d'un ou de plusieurs magistrats ; la substitution de magistrats aux anciens rois s'explique vraisemblablement par une certaine contagion des mœurs latines ; il est significatif en effet que les principaux de ces groupements, ceux du Centre en particulier, les Arvernes et les Eduens se situent dans une zone très ouverte aux influences venues de la Narbonnaise, province déjà régie par les Romains depuis la fin du IIe siècle avant notre ère. En outre, un caractère important de la structure politique et sociale des Celtes continentaux est l'extension aux tribus du système de la clientèle et l'existence d'un véritable réseau de liens et d'accords entre peuples patrons et peuples sujets; c'est ainsi que l'on vit, vers 124 av. J.-C, les Arvernes se porter au secours des Allobroges attaqués et vaincus par les Romains, après la défaite des Salyens et l'établissement d'une garnison romaine à Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) ; cette intervention, malgré l'éclatante supériorité des armées romaines, semble avoir été commandée par une raison imperative : le risque pour les Arvernes, s'ils se dérobaient à leur devoir de peuple patron, de perdre tous leurs autres tributaires. De tous les chapitres de cet ouvrage, celui consacré au « monde surnaturel » est le plus rempli d'intérêt et l'on y assiste à l'association des divinités indigènes aux dieux romains et très souvent l'assimilation d'un grand dieu romain à l'aspect correspondant des divinités tribales ; l'on trouve très fréquemment le nom d'une divinité indigène accolé à celui de Mars, et aussi de Mercure, Apollon et Jupiter; mais la représentation des attributs de la divinité, en l'absence d'inscription, ne permet pas toujours de lui attribuer un nom ; tel est le cas du dieu à la roue (Est-ce Taranis ?) dont les zones électives sont le Massif Central et la basse vallée du Rhône, tel est le cas du dieu cavalier porté par un géant agenouillé, dont les figurations abondent de part et d'autre de la vallée du Rhin moyen, mais sont plus sporadiques dans la Gaule de l'Est et du Centre; en fait plusieurs belles représentations existent chez les Arvernes." (Max Vauthey, Revue archéologique du Centre de la France, 1962)

41.              SUÉTONE. Vie des douze Césars. Traduction et présentation de Pierre Klossowski. Club Français du Livre, 1959, in-8°, 558 pp, une planche de portraits et une généalogie dépliante des Césars hors texte, reliure pleine basane chagrinée verte de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, titre doré sur les plats, imprimé sur papier bible, bon état (Coll. Les Portiques)

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Le “De vita Caesarum”, peut-être l'ensemble biographique le plus célèbre de l'Antiquité, comprend le récit de la vie de Jules César et de ses onze successeurs, d'Auguste à Domitien. C'est un récit enlevé, passionnant, riche en anecdotes et parfois en critiques. Malgré un penchant prononcé pour la petite histoire, le texte de Suétone est un chef-d’œuvre de vivacité et de véracité. César - Auguste - Tibère - Caligula - Claude - Néron - Galba - Othon - Vitellius - Vespasien - Titus - Domitien.

MOYEN AGE

 

42.              BEDOS-REZAK (Brigitte Miriam) et Dominique IOGNA-PRAT ( dir). L'Individu au Moyen Age. Individuation et individualisation avant la modernité. Aubier, 2005, in-8°, 380 pp, 8 pl. de gravures et documents hors texte, 5 figures dans le texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Peut-on parler d'individu au Moyen Age quand les mots pour le dire n'existaient pas ? Par son titre, L'Individu au Moyen Age lance le défi de l'anachronisme pour susciter une réflexion large sur les fondements historiques de la notion d'individu qui, avec celle de sujet autonome, est censée marquer l'entrée dans la modernité. Cet ouvrage collectif - qui réunit une équipe internationale de médiévistes venus de l'histoire, de l'histoire de l'art, de la philosophie, de la littérature et de ma psychanalyse - montre la part qui revient au Moyen Age dans l'élaboration des signes de l'identité personnelle (spécialement le nom, la signature et le portrait). Mais s'ils admettent le principe d'une longue genèse de l'individu moderne, les auteurs soutiennent que celle-ci est constituée d'un ensemble d'étapes dont la période médiévale incarne un moment bien particulier : l'individu sous ses différentes facettes (l'acteur social ; l'être moral, indépendant, autonome ; le " je " des poètes soucieux d'introspection) s'exprime à la première personne sans pour autant se singulariser ni se démarquer du groupe qui le définit (famille, lignage, paroisse, seigneurie).

43.              BONNERY (André), Mireille MENTRÉ et Guylène HIDRIO. Jérusalem, symboles et représentations dans l'Occident médiéval. Jacques Grancher, 1998, in-8°, 321 pp, 12 illustrations en couleurs sur 8 pl. hors texte, 78 illustrations dans le texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Cet ouvrage a pour objet de montrer la place de Jérusalem dans l'imaginaire des gens du Moyen Âge. Il s'attache, en premier lieu, à retracer l'histoire de la ville et à suivre la figure changeante de son urbanisme, depuis l'époque d'Hérode, au Ier siècle, jusqu'au départ des croisés, au XIIIe siècle. Il présente ensuite les images pittoresques de la Ville sainte à travers les récits, bien souvent méconnus, de pèlerins ou de voyageurs des trois religions. Ces descriptions manquent parfois d'objectivité, déformées par le prisme de la foi ou par des préoccupations politiques, mais elles sont aussi, bien souvent, vivantes et remplies de détails très précis. Les Occidentaux ne se sont pas contentés de parler de Jérusalem, ils l'ont aussi construite et reconstruite, allégoriquement, de multiples manières. L'intérêt majeur de ce livre est précisément de présenter et de décrire un ensemble significatif d'images et d'architectures symboliques ou objectives de la Ville sainte et de ses monuments. Cette entreprise inédite révélera à beaucoup un aspect méconnu de l'iconographie médiévale et des sources d'inspiration de bien des architectures. En effet, Jérusalem n'a pas suscité en Occident que des aventures guerrières, elle fut aussi l'inspiratrice de démarches et de réalisations extrêmement fécondes pour l'art et la spiritualité au Moyen Âge.

44.              CHAILLEY (Jacques). Histoire musicale du Moyen Age. PUF, 1950, in-8°, 336 pp, notes et références, index, broché, bon état

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"Avec la passion qui l'anime pour le Moyen Age en général et pour la musique en particulier, M. Jacques Chailley, après tant d'autres, a tenté d'esquisser l'histoire de l'art musical à ses débuts, depuis l'époque romaine jusqu'à la veille de la Renaissance. Suivant pas à pas l'évolution des formes et des procédés dominée à l'origine par l'héritage des théoriciens grecs, bientôt fécondée par la pratique du chant liturgique, il rappelle dans leurs grandes lignes, mais non sans précision, l'action de saint Grégoire le Grand et l'effort essentiel des abbayes carolingiennes. Il définit en termes heureux ces fécondes innovations que sont les tropes, la polyphonie et les neumes, montre l'épanouissement de l'art musical au temps de saint Louis, dénonce au XIVe siècle les outrances de l'Ars Nova, qui provoquent par réaction la recherche d'un nouveau classicisme. (...) Destiné au grand public, le livre de M. Chailley intéressera tous les médiévistes qui pourront, grâce à lui, s'initier à des problèmes trop longtemps négligés..." (R. Bossuat, Bibliothèque de l'École des chartes, 1951)

45.              Collectif. L'Arménie et Byzance. Histoire et culture. Publications de la Sorbonne, 1996, gr. in-8°, xiv-242 pp, 25 pl. de photos, cartes et figures hors texte (dont 6 en couleurs), une carte dans le texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le voisinage étroit et ancien du monde arménien et de l'Empire byzantin a multiplié entre eux les liens, et il y a longtemps déjà que les divers domaines où se sont manifestés ces contacts font l'objet d'études. Si les Arméniens étaient attentifs à leur indépendance religieuse, ils n'en furent pas moins séduits par le prestige diplomatique et culturel de l'Empire. Quant aux Byzantins, ils appréciaient les guerriers en quête de fortune, qui, longtemps, les protégèrent de l'avance musulmane. Ces sentiments complexes ont perduré, en se transformant, à travers tous les bouleversements du Proche Orient : expansion arabe des VIIe-VIIIe siècles, impérialisme byzantin des Xe-XIe, et avance turque des XIe-XIIe. À l'heure où l'attention se porte aussi sur les différences et incompatibilités entre Arméniens et Byzantins, le moment était venu pour des historiens d'Arménie, de Russie, des États-Unis et de France, de se rencontrer et de poser les bases d'un bilan sur ces relations contrastées. On trouvera donc ici les contributions de S. S. Arevsatyan, Viada Arutjunova-Fidanjan, Hratch Bartikian, Paul Bellier, Patricia Boisson-Chenorhokian, Isabelle Brousselle, Marie-Louise Chaumont, Jean-Claude Cheynet, Gérard Dédéyan, Patrick Donabédian, Nina G. Garsoïan, Mourad Hasrat'yan, Jean-Pierre Mahé, Seiranouche Manoukian, Bernadette Martin-Hisard, Petre S. Nasturel, Catherine Otten-Froux, Bernard Outtier, Charles Renoux, Michel Thierry, Nicole Thierry et Karen Yuzbashian.

46.              DUBY (Georges) et Michelle PERROT ( dir). Histoire des femmes en Occident. 2. Le Moyen Age. Sous la direction de Christiane Klapisch-Zuber. Plon, 1991, gr. in-8°, 576 pp, 68 illustrations dans le texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            35

Par Jacques Dalarun, Claude Thomasset, Carla Casagrande, Silvana Vecchio, Diane Owen Hugues, Suzanne Fonay Wemple, Paulette L'Hermitte-Leclercq, Georges Duby, Claudia Opitz, Françoise Piponnier, Chiara Frugoni, Danielle Regnier-Bohler. — "Ces femmes du Moyen Age, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles. Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du chœur des hommes. Leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient, les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces «images» se sont inscrites dans leur vie et leur chair. L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine." (C. K.-Z.)

47.              ETCHEVERRY (Jean-Paul). Arthur de Richemont le Justicier, précurseur, compagnon et sucesseur de Jeanne d'Arc, ou l'honneur d'être Français. France-Empire, 1983, gr. in-8°, 268 pp, 12 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Arthur de Richemont, frère cadet du duc de Bretagne, porté à la charge de connétable de France en 1425, tente, souvent contre Charles VII, roi timoré et instable, de rassembler le royaume déchiré par la lutte contre les Anglais et par les guerres civiles entre Armagnacs et Bourguignons. Avec Jeanne d'Arc il remporte la grande victoire de Patay mais la jalousie du roi et les intrigues de la cour le séparent de Jeanne pour le malheur de la France. Il subira de nombreuses défaveurs mais Charles VII fera appel à lui à chaque fois que sa couronne sera menacée. Homme de fer et de devoir, grand chrétien, d'une rigueur hautaine avec les Grands, bon envers les petites gens, il poursuivra et mènera à terme l'oeuvre de Jeanne d'Arc, rapprochement de la couronne des deux « duchés terribles » de Bretagne et Bourgogne, mise sur pied d'une armée digne de ce nom, libération de Paris, écrasement de l'ennemi anglais prédateur du royaume au cours de campagnes que n'eut pas désavoué Napoléon. Richemont l'un des plus grands Français de notre Histoire a été curieusement oublié dans le panthéon de nos grands hommes...

48.              GARNIER (Robert). Joinville, l'ami de saint Louis. Perrin, 1983, in-8°, 292 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 2 cartes, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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49.              GREILSAMMER (Myriam). L'Envers du tableau. Mariage et maternité en Flandre médiévale. Armand Colin, 1990, in-8°, 368 pp, préface de Jacques Le Goff, 34 illustrations, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Ouvrage issu de thèse

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"Le travail de Mme Greilsammer est tellement provocant, original et d'une érudition sans reproche, qu'il a conquis dès à présent une place dans l'historiographie, aussi bien pour l'histoire sociale de la Flandre médiévale, que pour l'histoire de la femme et de la famille. Chaque partie du double titre suggère une dichotomie. La première partie («l'envers du tableau») réfère à l'opposition entre l'image classique et le revers de la médaille; elle souligne en même temps l'usage intensif et rafraîchissant du matériel iconographique en tant que source historique. La seconde partie du titre («Mariage et maternité en Flandre médiévale») implique la thèse principale du livre, en ce sens qu'elle lie «mariage» à «maternité», lien qui réfère sans aucun doute à l'aspect féministe de la vision de Greilsammer." (Walter Prevenier, Revue belge de philologie et d'histoire, 1995)

50.              GROUSSET (René). L'épopée des Croisades. Perrin, 1995, in-8°, 321 pp, une carte, broché, couv. illustrée, qqs marques au crayon, bon état

            20

Après avoir publié sa monumentale et prestigieuse Histoire des croisades et du Royaume franc de Jérusalem, en trois volumes, René Grousset avait écrit (en 1936) cette Epopée des Croisades, une synthèse destinée naturellement à un plus vaste public, qui devint, elle aussi, un classique dont chaque ligne est précieuse. René Grousset nous conduit de la prédication d'Urbain II à Clermont – en novembre 1095 – à ce 28 mai 1291 qui vit les 200.000 hommes du sultan El Achraf Khalil réduire les dernières défenses de Saint-Jean-d'Acre, ultime bastion de ce qui avait été le royaume franc d'Orient. Il raconte avec une clarté, une concision et une qualité de style admirables les neuf croisades qui jalonnèrent ces deux siècles extraordinaires dans l'histoire de l'Occident chrétien et de l'Islam. Un ouvrage qui reste une référence.

51.              HEERS (Jacques). Esclaves et domestiques au Moyen Age dans le monde méditerranéen. Fayard, 1981, in-8°, 296 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L’historien, à juste titre, condamne l’esclavage, mais le voit volontiers dans un passé lointain ou dans un contexte résolument colonial. Le marchand d’esclaves est ou étranger, ou conquérant. Comment en admettre la pratique dans son propre passé, plus près de soi ? Bien des peuples s’y refusent. Avons-nous un seul livre sur l’esclavage en pays musulmans ? Sur les chasseurs et les convois de captifs noirs vers les comptoirs de l’Islam ? Le sordide trafic des négriers sur les côtes occidentales d’Afrique n’aurait jamais pris une telle ampleur sans les mercantis maures ou noirs, sans les potentats de l’intérieur qui razziaient et jetaient sur les marchés des troupes de malheureux prisonniers. Et en Occident ? Entre chrétiens même ? Nos manuels n’en parlent pas : reflet d’une éthique, d’une gêne aussi. Pourtant l’esclavage a bel et bien existé, pour les femmes, surtout, amenées d’Orient, domestiques en Italie, en Espagne et en Provence. Un phénomène qui marque la société en profondeur, impose une teinte particulière aux rapports humains, suggère une autre idée de la ville médiévale du Midi.

52.              HENSEL (Witold). La Naissance de la Pologne. Varsovie, Académie polonaise des sciences, 1966, gr. in-8°, 253 pp, 244 figures, photos et cartes dans le texte, notes, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état

            30

L'auteur se propose dans ce livre de reconstruire dans ses grandes lignes la plus ancienne histoire des tribus slaves, occupant le territoire de la Pologne d'aujourd'hui, et de présenter en un résumé synthétique le processus de la formation de l'Etat polonais et le développement de la culture protopolonaise. Avec beaucoup de témoignages archéologiques.

53.              JACQUART (Danielle) et Françoise MICHEAU. La Médecine arabe et l'Occident médiéval. P., Maisonneuve & Larose, 1990, pt in-8°, 271 pp, 8 pl. de documents hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"L'influence profonde que les textes arabes ont exercée sur la médecine occidentale à partir du XIe siècle est connue depuis longtemps mais, curieusement, on ne disposait jusqu'ici d'aucune synthèse consacrée à ce sujet. Il est vrai que le risque est grand en la matière de tomber soit dans l'arabo-centrisme, soit dans l'européocentrisme, en ne considérant que le point de départ ou au contraire le point d'arrivée de ce vaste transfert de textes et de connaissances. F. Micheau et D. Jacquart ont brillamment relevé le défi, en additionnant leurs compétences respectives d'historiennes de la médecine arabe et de la médecine occidentale. De sorte que, tenant fermement les deux bouts de la chaîne, cet ouvrage à quatre mains ne contient pas seulement la synthèse tant attendue sur les traductions médicales de l'arabe – dont la connaissance a été renouvelée par de récents travaux, au tout premier plan desquels ceux de Danielle Jacquart ; on y trouvera aussi une mise au point – dont le besoin se faisait tout autant sentir en langue française – sur la médecine arabe ainsi que des éclairages neufs sur les traditions textuelles, l'enseignement et les pratiques médicales en Occident. Cette remarquable ampleur de vue n'empêche pas le livre de rester maniable et lisible, sans que jamais les auteurs ne se départissent de qualités malheureusement trop rares dans la production historique actuelle : clarté de la langue, précision des analyses, pertinence des textes illustratifs qui sont traduits avec élégance..." (Bruno Laurioux, Médiévales, 1992)

54.              LABANDE-MAILFERT (Yvonne). Charles VIII. Le vouloir et la destinée. Fayard, 2007, in-8°, 512 pp, 4 tableaux généalogiques, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

"Aujourd'hui qu'il a quitté le monde, notre espérance s'est évanouie. Nous n'en conservons qu'une étincelle." Voilà bien le mot qui convient pour désigner le souvenir d'un homme devenu roi à treize ans – à la mort de Louis XI en 1483 – et mort accidentellement à vingt-huit. On l'a prétendu borné, capricieux, dépourvu de maturité politique. Pourtant, la façon dont il a obtenu le rattachement de la Bretagne à la France fut un chef-d'œuvre d'habileté et de tact, et les divers traités qu'il a signés avec les Grands assurèrent la paix intérieure au royaume. Son grand dessein – conquérir Naples pour, de là, organiser le "grand passage" et recouvrer la Terre sainte – fut certes une erreur, tout comme fut coupable sa négligence pour les affaires financières. Mais il se tira plutôt bien de l'entreprise italienne et donna à cette occasion à la France l'une de ses grandes victoires militaires (Fornoue) ; quant à la réforme du clergé, il venait d'en apercevoir la nécessité lorsqu'il fut fauché par la mort. Etait-il donc si facile d'y voir clair en ce monde si perturbé du tournant du XVIe siècle ? Louis XII et François Ier firent-ils mieux que Charles VIII, surent-ils méditer ses erreurs, résister au mirage italien et réorganisèrent-ils l'Eglise ? Rien, évidemment, ne nous permet d'affirmer que Charles VIII eût pu accorder sa destinée à son vouloir s'il avait vécu, mais tout nous incite à lui laisser le bénéfice du doute...

55.              LETRONNE (M.). Examen critique de la découverte du prétendu coeur de saint Louis, faite à la Sainte-Chapelle, le 15 mai 1843 ; accompagné d'extraits de ce qui a été publié sur cette découverte, ainsi que des pièces officielles ou procès-verbaux qui s'y rapportent. Suivi de : Preuves de la découverte du coeur de saint Louis, rassemblées par MM. Berger de Xivrey, A. Deville, Ch. Lenormant, A. Le Prévost, P. Paris et le baron Taylor. P., Firmin Didot et Furne, 1844-1846, 2 vol. gr. in-8°, xxxi-208 et xxiv-244 pp, une planche dépliante hors texte dans le 1er volume et 3 pl. in fine dans le 2e volume, brochés, couv. imprimées (lég. défraîchie pour le 2e volume), bon état

            100

En 1843 on découvrit dans la Sainte-Chapelle une boîte de plomb qui en contenait une autre en étain où se trouvait un coeur humain enveloppé de chanvre - l'existence de cette relique avait déjà été signalée quarante ans plus tôt. Le bruit se répandit qu'on avait trouvé le coeur de saint Louis, alors que rien ne permettait cette identification, qu'aucun document n'étayait, et qu'interdisait au surplus la modestie de la boîte et du linge. — "(...) Cette brochure est excellente à lire comme règle de conduite pour les antiquaires ès moyen âge (bien que l'auteur n'en soit pas un et ne se pique pas de l'être), et c'est à ce titre que nous la recommandons à la méditation de certaines gens qui nous font l'effet de voir un peu trop cette époque, qui ne sera jamais qu'un temps d'ignorance et de naïve crédulité, comme le bel âge de la poésie et de la religion. D'ailleurs en lisant le mémoire du savant garde général des archives, on trouve le résumé le plus complet et le plus impartial de toute la question, de tout le débat littéraire, puisqu'il n'a pas balancé à y insérer la plupart des écrits publiés en faveur du coeur, dont plusieurs, il faut malheureusement en convenir, ressemblent plus à des pamphlets qu'à des dissertations historiques. Il est vrai que nous voilà désormais privés du plus noble coeur qui ait jamais battu dans la poitrine d'un roi. Nous nous en consolons volontiers, en pensant que nous avons en échange un plaidoyer spirituel et amusant , écrit avec clarté et logique, qualités si ordinaires chez M. Letronne qu'il ne m'est plus permis de l'en louer, puisque prononcer son nom, c'est pour ainsi dire les désigner..." (Revue Archéologique, 1844)

56.              MAHIEU (Chanoine Léon). Dominique de Flandre (XVe siècle). Sa métaphysique. Vrin, 1942, gr. in-8°, 384 pp, broché, dos bruni, papier jauni, état correct (Coll. Bibliothèque thomiste)

            30

"On ne sait pas grand'chose de Dominique de Flandre, sinon qu'il est né aux Pays-Bas, qu'il a probablement étudié à Paris (où il aurait subi des influences albertistes), qu'il a vécu longtemps en Italie où il fut peut-être le professeur (mais non l'inspirateur) de Savonarole. Le chanoine Mahieu, doyen de la Faculté de théologie de Lille, consacre à l'analyse de ses Questions sur la Métaphysique d'Aristole un gros ouvrage qui s'adresse surtout aux connaisseurs de la scolastique. (...) Dominique n'est ni un novateur ni un éclectique. Aux yeux de M. Mahieu son mérite essentiel est d'avoir défendu l'orthodoxie aristotélico-thomiste, non pas même contre les Nominalistes, contre ces physiciens parisiens ou allemands qu'on appelait alors les « modernes », voire contre les tenants de la tradition padouane, mais presque exclusivement contre les Scotistes et avec plus de virulence encore contre des Thomistes quelque peu dissidents ou simplement tièdes. (...) cet esprit clair a joué un rôle modeste dans la formation d'une scolastique post-médiévale, résolument fermée au monde moderne et responsable à ce titre de la désaffection de ce monde pour des pensées naguère vivantes, devenues bientôt de purs thèmes d'école." (Maurice de Gandillac, Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, 1947)

57.              MALE (Emile). Art et artistes du Moyen Age. Armand Colin, 1947, in-12, vi-328 pp, 8 planches hors texte, broché, état correct

            25

"En dehors des trois livres admirables, les plus beaux qui aient été écrits sur l'art du Moyen Age, où M. Emile Mâle a révélé tous les secrets de l'iconographie de nos cathédrales et églises françaises, l'éminent académicien a fait paraître dans diverses revues une foule d'articles dont les plus importants viennent d'être réunis en volume sous ce titre “ Art et artistes français du Moyen Age ”. Si tous les chapitres émanent d'une même pensée, ils traitent du moins des sujets très variés. L'explication minutieuse des portails de Senlis et de Notre-Dame de Paris et l'analyse des miniatures restituées à Jean Bourdichon voisinent avec des pages ardentes et colorées sur la physionomie des cathédrales françaises, inspirées par tel ou tel livre récent, et avec une étude tout à fait neuve sur la cathédrale de Reims..." (Augustin Fliche, Revue d'histoire de l'Église de France, 1929)

58.              QUILLET (Jeannine). Charles V, le roi lettré. Essai sur la pensée politique d'un règne. Perrin, 1983, in-8°, 367 pp, 16 pl. de gravures hors texte, repères chronologiques, biblio, index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

Qui est Charles V le sage, le père du roi fou ? On connaît mieux Bertrand Du Guesclin, son connétable. Il n'entre pas dans la ronde des figures familières de l'imagerie des rois de France, sauf, peut-être, pour sa “couardise” à la bataille de Poitiers, penadant la guerre de Cent Ans. Et pourtant, c'est sous le règne de ce Valois obstiné et prudent, dévot et habile, soucieux de science et de culture, aimant le faste et haïssant la guerre que, par la voix de ses “intellectuels”, l'idée de la souveraineté royale, de son autonomie et de son indépendance se fait entendre.

59.              RENOUARD (Yves). Les villes d'Italie de la fin du Xe siècle au début du XIVe siècle. Nouvelle édition par Philippe Braunstein. SEDES, 1969, 2 vol. in-12, 573 pp, pagination continue, 5 plans de villes et 3 cartes, biblio, brochés, bon état (Coll. Regards sur l'histoire)

            35

"Yves Renouard, esprit très ouvert, était en même temps extrêmement scrupuleux, disons : méticuleux. Il aimait l'Italie, où il a laissé affections et regrets ; il en connaissait l'histoire mieux que beaucoup d'Italiens; ses recherches avaient été intelligemment conduites, et immense fut son rassemblement de la bibliographie. Cet érudit n'était pas seulement un homme de forte doctrine, mais aussi celui qui savait par une nuance verbale tempérer une affirmation dont il n'était pas complètement certain ; celui qui donnait un revêtement élégant même à un exposé de caractère strictement technique. Résumer le contenu de ces deux petits volumes équivaudrait à les répéter. Je me bornerai à dire : bienheureux les étudiants qui eurent la chance d'écouter une parole aussi profonde et lumineuse. Une parole qui enrichira l'esprit et réchauffera le cœur de ceux-là même qui se contenteront de lire, sans avoir été fascinés par le verbe direct ; et non seulement des gens qui se disent cultivés, mais aussi des spécialistes." (Armando Sapori, Cahiers de Civilisation Médiévale, 1972) — Tome 1 : Introduction : Problèmes de l'histoire urbaine médiévale. Situation générale de l'Italie et de ses villes à la fin du Xe siècle. La toile de fond de l'histoire urbaine italienne. Première partie : Les villes de l'Italie byzantine : Naples, Amalfi, Gaete, Salerne et Sorrente. L'évolution des villes ioniennes et adriatiques de l'Italie byzantine : les villes méridionales, Venise. Deuxième partie : Les villes du Regun Italiae : Les cadres et la toile de fond. Les caractères généraux de l'évolution des villes. Les villes du Marquisat de Toscane. Pise. Gênes. – Tome 2 : Les villes de l'intérieur : Florence. Troisième partie : Les villes de Lombardie : Milan. Quatrième partie : L'Italie au XIVe siècle.

60.              SOURDEL (Dominique et Janine). La Civilisation de l'Islam classique. Arthaud, 1968, fort in-8° carré, 673 pp, 224 héliogravures et 8 pl. en couleurs hors texte, 80 cartes et plans, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, traces de scotch sur les gardes, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

            60

"La belle collection "Les Grandes Civilisations" vient de s'enrichir d'un tome consacré au monde musulman. Le sujet n'est pas nouveau ; l'Islam, certes, n'est plus ce monde mystérieux, mal connu et souvent mal aimé des siècles précédents ; d'excellentes études lui ont été consacrées, peu cependant atteignent un tel degré de pénétration, de précision, de clarté et d'érudition que celle offerte aujourd'hui par Dominique et Janine Sourdel. "Quand Janine et Dominique Sourdel ont bien voulu accepter mon offre et ont décidé d'écrire un livre d'ensemble sur l'Islam médiéval, j'ai su aussitôt qu'un ouvrage nouveau et difficile à réaliser allait être fait et bien fait", écrit, dans sa préface, Raymond Bloch. On ne saurait faire un plus juste éloge de cette étude qui enchantera, nous en sommes persuadé , de nombreux lecteurs avides de pénétrer la civilisation islamique mais, sans aucun doute, cette publication apportera également à maints spécialistes quelques aperçus originaux et quelques thèmes nouveaux de méditation. Le titre choisi donne les limites de l'ouvrage. Les auteurs ne dépasseront pas le Moyen Age au-delà duquel le monde musulman, malgré quelques brillantes lueurs, ne se renouvellera plus. Il convenait de donner tout d'abord le cadre historique nécessaire à la compréhension des faits sociaux. Lorsqu'on connait la complexité de cette histoire qui, dès ses premiers temps, porte déjà en elle de multiples ferments de discorde, lorsqu'on a pris contact avec ce monde mouvant, bigarré , qui sans cesse se disloque puis se regroupe partiellement pour à nouveau se démanteler, on ne peut qu'admirer l'aisance avec laquelle D. et J. Sourdel évoluent dans ce monde en ebullition, dans ce chaos des IXe, Xe, Xle et Xlle siècles, où les dynasties dissidentes naissent et s'effacent, se succèdent et disparaissent, s'affranchissent du pouvoir central tandis que les intrigues , les révolutions de palais, les fortunes et les disgrâces se précipitent dans la plus grande des confusions. Les auteurs, eux, ne semblent pas accablés par une tâche qui découragerait maints historiens. Ils dominent trop leur sujet pour s'y laisser engluer. D'excellentes cartes et de non moins bons tableaux et arbres généalogiques contribuent à la compréhension d'un texte aussi clair et précis que possible. Mais l'essentiel de l'ouvrage, c'est-à-dire plus des trois quarts est consacré à la civilisation..." (Lucien Golvin, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, 1968)

61.              VOLKOFF (Vladimir). Vladimir. Le soleil rouge. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, fort in-8°, 410 pp, 21 gravures, 7 cartes, généalogie, reliure skivertex bordeaux éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            30

La première biographie du fondateur de la Russie. La vie mouvementée de Vladimir, petit fils de Saint Olga, devenu après son règne Saint Vladimir. Grande fresque de l'histoire du 10ème siècle et de la chrétienté en Russie sous le règne de Vladimir de Kiev (960 ?-1015).

62.              ZANANIRI (Gaston). L'Egypte et l'équilibre du Levant au Moyen Age (637-1517). Marseille, Les Cahiers du Sud, 1936, gr. in-8°, 155 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, non coupé, bon état. Rare

            60

Histoire de l'Empire du Levant de la prise de Jérusalem par les Arabes, renonciation de Byzance à la souveraineté sur le Levant (637) à la prise du Caire par les Turcs : l'Empire du Levant, morcelé en provinces, devient partie intégrante de l'Empire Ottoman (1517). Par Gaston Zananiri (1904-1996). Né à Alexandrie, dans une famille où se retrouvaient toutes les minorités orientales, il mena d'abord, de 1921 à 1949, une carrière de fonctionnaire d'organisations internationales en charge de la santé et d'œuvres sociales. Après un court passage au ministère des Affaires étrangères égyptien, comme conseiller de presse, il quitta son pays et entra en 1955 en France au noviciat des dominicains. Il acheva sa vie dans cet ordre quarante et une années plus tard.

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

63.              ARGENSON (René-Louis de Voyer, marquis d'). Mémoires du Marquis d'Argenson, ministre sous Louis XV ; avec une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur ; publiés par René d'Argenson. P., Baudouin Frères, 1825, in-8°, 484 pp, une carte dépliante hors texte, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            120

"Le marquis d'Argenson (1694-1757), fut intendant du Hainaut, conseiller d'Etat et ministre des affaires étrangères de Louis XV. En 1747, il donna sa démission, et se voua dès lors à la culture des lettres et de la philosophie. On a de lui, entre autres écrits : “Considérations sur le gouvernement de la France”, ouvrage cité avec éloge par Rousseau dans le “Contrat social”, et qui contient des idées très remarquables et très-hardies pour le temps. Voltaire disait de l'auteur qu'il eût été digne d'être secrétaire d'Etat dans la république de Platon. Ses Mémoires ont été plusieurs fois réimprimés. Ils portaient pour titre primitif : “Essais ou Loisirs d'un ministre d'Etat”. C'est un recueil intéressant d'anecdotes et de caractères. Cet homme, d'un esprit si distingué, avait été surnommé par d'ineptes courtisans d'Argenson le Bêta, à cause de sa bonhomie un peu vulgaire et de son maintien embarrassé." (Larousse du XIXe siècle)

64.              [ARGENSON, René-Louis de Voyer de Paulmy, marquis d']. Essais dans le goût de ceux de Montagne [Montaigne], composés en 1736. Par l'auteur des Considérations sur le Gouvernement de France. Amsterdam, 1785, 2 vol. in-8°, viii-230 et 231 pp, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titre doré, tête dorée (rel. postérieure), traces de mouillure ancienne sur les 35 premiers feuillets du tome 1, bon état. Edition originale rare

            500

Ouvrage apprécié à l'époque et recherché aujourd'hui pour son contenu regroupant des pensées et anecdotes aussi bien philosophiques que morales et littéraires, composé par René-Louis de Voyer, marquis d'Argenson (1684-1757), ministre des Affaires étrangères sous Louis XV. Le livre « est composé de réflexions qu'il (d'Argenson) avoit faites avant d'entrer dans le Ministère, tantôt d'après ses lectures, tantôt d'après ses conversations avec les gens de son temps, dont la Société lui étoit chère, & dont il croyoit que la fréquentation pouvoit lui être de quelque utilité. Ces pensées, conçues dans le silence du cabinet, sont mêlées de traits & d'anecdotes » (pages v-vj). On y trouve également un intéressant passage sur la collection des livres précieux, l'auteur faisant référence à l'Abbé de Rothelin : « Sa bibliothèque commence à devenir très-considérable; il la montre volontiers & avec faste...» (tome 2, p. 151). L'auteur se montre très critique envers les bibliomanes : « Comme il (Rothelin) parle communément à des gens bien moins savans que lui, on ajoute foi à tout ce qu'il dit, & on le félicite de posséder de si belles choses, qui seront vendues bien cher après sa mort. Quelques gens sensés trouvent qu'il y a du charlatanisme dans cette démonstration, & je suis assez de leur avis... Il est plaisant d'imaginer qu'il pourra venir un temps, où des gens qui ne sauront pas un mot de Latin, mettront un prix exorbitant à des Livres écrits en cette Langue, qui ne seront nullement à leur usage; qu'ils donneront jusqu'à cent pistoles d'un Livre, parce que, sur un Catalogue connu, on l'aura honoré de l'épithete de Livre rare & singulier, & parce que, dans une vente précédente, il aura déjà été porté à un grand prix » (pages 152-154). L'originale de ce texte parut en 1785, imprimée à Paris par Moutard sous la fausse adresse d'Amsterdam et publiée par M. de Paulmy, fils de l'auteur. Le garde des Sceaux, Hue de Miromesnil, avait demandé à ce dernier de n'en faire imprimer qu'un petit nombre d'exemplaires si bien qu'il n'en fut tiré que 250 destinés à la famille et aux amis. La deuxième édition destinée au commerce date de 1787.— Une erreur d'impression a été commise lors de l'édition : le mot Montaigne a été orthographié Montagne !

65.              AUGEARD (Jacques Mathieu). Mémoires secrets de J. M. Augeard, secrétaire des commandements de la reine Marie-Antoinette (1760 à 1800). Documents inédits sur les événements accomplis en France pendant les dernières années du règne de Louis XV, le règne de Louis XVI et la Révolution jusqu'au 18 brumaire, précédés d'une introduction par Evariste Bavoux. P., Henri Plon, 1866, gr. in-8°, (4)-372 pp, reliure plein papier marbré à la bradel, dos lisse, titres dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Edition originale (Fierro, 52). Rare

            200

"L'auteur (1731-1805) s'attache particulièrement aux difficultés financières de la monarchie et se montre très critique vis à vis de la gestion des fonds publics sous Louis XVI." (Fierro, 52). Ces mémoires mettent en lumière l'âpreté de la lutte entre le Roi et le Parlement. Ce témoignage d'un chroniqueur de la cour familier des milieux ministériels, partisan mais bien informé, est riche en anecdotes politico-financières sur les dernières années du règne de Louis XV et sur celui du roi Louis XVI.

66.              BESENVAL (Pierre-Victor, Baron de). Mémoires du baron de Besenval, avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques, par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1821, 2 vol. in-8°, xxx-432 et 395 pp, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            150

Fils d’un colonel des Gardes-Suisses et d’une cousine de la reine de France Marie Leczynska, le baron de Besenval est né en 1721. Il entre à dix ans au régiment des Gardes-Suisses. En 1758, au début de la guerre de Sept Ans, il est maréchal de camp et devient par la suite inspecteur-général des Suisses et Grisons, charge dont il se démettra à la disgrâce de Choiseul. La faveur de Besenval augmente à la Cour après la mort de Louis XV. Courtisan raffiné, brillant causeur, Besenval devient l’un des commensaux favoris de la reine Marie-Antoinette. En 1789, il est commandant militaire de l’Ile-de-France et de la garnison de Paris, et le 12 juillet, il décide de « retirer les troupes et de livrer Paris à lui-même ». Après un long emprisonnement, il est déféré devant le Châtelet pour crime de lèse-nation. Il est acquitté, mais sa santé est ébranlée et il meurt le 2 juin 1791.

67.              BIARD-MILLÉRIOUX (Jacqueline). L'esthétique d'Elie Catherine Fréron, 1739-1776. Littérature et critique au XVIIIe siècle. (Thèse). PUF, 1985, gr. in-8°, 598 pp, biblio, index, broché, bon état (Publications de l'Université de Poitiers, XX). Edition originale, envoi a.s.

            40

''Du tableau de la production littéraire et artistique auquel Elie-Catherine Fréron consacra les quelques deux cents volumes de ses périodiques, j'ai voulu dégager la figure de celui qui fut le témoin averti et sensible de son temps, mais surtout rendre justice à sa grande valeur de critique. Il fut l'un des premiers à proclamer la dignité d'un genre qui appartient à la littérature. Son esthétique classique, rebelle à la raison des géomètres, occupe une place essentielle dans l'histoire du goût en France. Les ruptures et les conflits, dus à la mise à l'épreuve des principes par les expériences critiques du journaliste confronté au surgissement de la nouveauté littéraire et à l'évolution du public, éclairent d'une manière nouvelle la crise de l'esthétique dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.'' — "... Il me plaît de saluer la publication d'un si bel ouvrage sur l'esthétique de Fréron : enfin il ne sera plus possible de méconnaître le rôle et la valeur de Fréron en tant que critique de l'Europe des Lumières. L'auteur a réussi, non sans risques, après une première partie où elle situe et explique l'entrée de F. dans la carrière, à mener de front l'étude des genres et la chronique journalistique. La seconde partie, la plus longue et la plus importante, porte sur la masse des poètes et l'insuffisance poétique ; la troisième, sur le théâtre et, en particulier, le drame que F. prônait dès 1750 ; la quatrième, sur le roman... Tout dix-huitiémiste y trouvera, à chaque instant, sa pâture..." (Jean Balcou, Dix-Huitième Siècle 1986) — En 1754, Fréron fonda « l'Année littéraire », qui fut l'oeuvre de sa vie et qu'il dirigea jusqu'à sa mort en 1776. Il y critiquait vivement la littérature de son temps en la rapportant aux modèles du XVIIe siècle et combattait les philosophes des Lumières au nom de la religion et de la monarchie. Il s'attaqua principalement à Voltaire qu'il avait déjà décrit dans les Lettres sur quelques écrits du temps « sublime dans quelques-uns de ses écrits, rampant dans toutes ses actions. » La critique fut ensuite reprise à chaque numéro de « l'Année littéraire », souvent mordante mais toujours exprimée avec sang-froid et sur un ton de courtoisie.

68.              CAMPAN (Jeanne Louise Henriette Genet, Mme Bertollet, dite Mme). Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, reine de France et de Navarre ; Par Madame Campan, lectrice de Mesdames et première femme de chambre de la reine mis en ordre et publiés par M. Barrière. Suivis de souvenirs et anecdotes historiques sur les règnes de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI par Mme Campan. P., Baudouin Frères, 1823, 3 vol. in-8°, xlvii-382, 399 et 382 pp, quatrième édition, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            250

Née à Paris en 1752 d'un père roturier, Madame Campan entre à la Cour à quinze ans et devient lectrice des filles cadettes de Louis XV. Dotée d'un tempérament vif et déterminé, elle est nommée en 1774 première femme de chambre de Marie-Antoinette qu'elle servira jusqu'en 1792. Attentive, observatrice, intelligente, Madame Campan partage non seulement l'intimité de la reine, mais aussi de nombreux secrets d'Etat. Des fastes de Versailles à la fuite à Varennes, elle se trouve aux premières loges d'événements qui s'apprêtent à bouleverser la France et l'Histoire. Sur un ton inimitable, bienveillant ou virulent, Madame Campan raconte ce qu'elle voit, ce qu'elle entend, ce qu'elle sait : un trésor inépuisable de vérités et de détails, grâce auquel ses Mémoires demeurent un témoignage unique sur l'Ancien Régime, la Révolution, la vie quotidienne et la personnalité de Marie-Antoinette.

69.              CHEVALLIER (Pierre). Louis XIII, roi cornélien. Fayard, 2004, fort in-8°, 696 pp, un Louis d'argent de Louis XIII (1643) reproduit en frontispice et 12 pl. de gravures hors texte, chronologie, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

"Après Berthold Zeller, Jean-H. Mariéjol, Louis Batiffol, Louis Vaunois, Victor-L. Tapié, Hubert Méthivier, Georges Mongrédien, d'autres encore, Pierre Chevallier, professeur honoraire à l'université de Paris-XII, vient de consacrer à Louis XIII une excellente biographie, qui se signale par la richesse de l'information alliée à la sagacité de la critique et à l'élégance du style. Ces qualités réunies expliquent l'accueil favorable que l'ouvrage a rencontré de la part des historiens de profession aussi bien que d'un vaste public et justifient le grand prix Gobert décerné à l'auteur par l'Académie française en 1980. Centré sur la personne du roi, l'exposé nous donne en même temps une large vision du règne. Le récit des événements est privilégié, mais une place est faite aussi aux aspects économiques et sociaux, habilement intégrés au plan chronologique..." (Bernard Barbiche, Bibliothèque de l'école des chartes, 1981)

70.              DESPORTES (Catherine). Le Siège de Malte. La grande défaite de Soliman le Magnifique, 1565. Perrin, 1999, in-8°, 267 pp, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Lorsqu'en mai 1565, les forces ottomanes attaquèrent Malte, il semblait bien que ce fût la fin de l'ordre illustre des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui, en 1530, avaient reçu de Charles Quint les îles de Malte, de Gozo et de Comino. Comment une poignée d'hommes réfugiés dans des forts pouvait-elle prétendre résister aux cent mille Turcs envoyés par Soliman le Magnifique ? En visant Malte, non seulement ce dernier voulait exterminer cet ordre militaire exécré dont les galères lui causaient du tort dans toute la Méditerranée, mais, une fois l'île conquise, il espérait s'emparer de la Sicile, gagner ensuite le sud de l'Italie, puis peu à peu envahir et islamiser l'Europe occidentale. Le grand maître de l'Ordre, Jean Parisot de la Valette, prévenu de l'entreprise turque, demanda vainement des secours aux souverains chrétiens. Mais ceux-ci ne saisirent pas immédiatement l'ampleur de l'enjeu. Restait alors aux chevaliers, issus de nations différentes mais unis dans la même abnégation exigée par leur ordre, à ne compter que sur eux-mêmes. Soutenus par une population maltaise héroïque et dirigés par un grand maître hors du commun, ils opposèrent au fanatisme musulman un esprit de croisade et de sacrifice qui les transforma en redoutables guerriers. Leur résistance victorieuse durant les longs mois d'été finit par susciter l'émerveillement de l'Europe chrétienne. Le "Grand Siège" devint le symbole de la lutte entre l'Evangile et le Coran, entre la Croix et le Croissant. La Valette fut considéré comme un héros et sa victoire, qui fut la première défaite de Soliman, donna un prestige immense à l'Ordre de Malte.

71.              DESSERT (Daniel). Argent, pouvoir et société au Grand Siècle. (Thèse). Fayard, 1984, fort gr. in-8°, 824 pp, 31 tableaux, notices biographiques, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Les financiers dans l'Etat, l'économie et la société en France de 1653 à 1720. — "La monarchie a toujours été victime d'embarras financiers chroniques qui ont fini par la terrasser. Pourtant, comment expliquer sa remarquable résistance et sa capacité étonnante à différer l'inéluctable issue, alors que tant d'autres régimes moins décriés et de constitution apparemment plus robuste ont succombé pour bien moins ? L'analyse du système fisco-financier de la vieille France à laquelle se livre Daniel Dessert et l'étude minutieuse du monde de l'argent apportent un éclairage nouveau sur ce problème. A partir de l'utilisation monétaire du métal précieux, de ses cheminements fiscaux et économiques, l'auteur propose une explication globale de l'Ancien Régime qui en renouvelle l'approche. La descente dans l'univers de la maltôte découvre le monde des véritables protagonistes du jeu de l'argent, et révise bon nombre d'idées reçues sur leur identité. Les liens entre le Pouvoir et la Finance sont présentés sans fard, en particulier dans leur dimension sociale et politique. Ainsi, l'auteur propose une relecture radicale de l'oeuvre d'un Fouquet ou d'un Colbert. Mais, au-delà de l'histoire du Grand Siècle, cette étude de la fascination qu'exerce le métal précieux sur le royaume met en évidence des comportements spécifiques aux Français d'hier comme d'aujourd'hui et qui n'en finissent pas de nous interpeller."

72.              DU HAUSSET (Mme). Mémoires de Madame Du Hausset, femme de chambre de Madame de Pompadour, avec des notes et des éclaircissemens historiques. P., Baudouin, 1824, in-8°, vii-xxxviii-313 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

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Madame du Hausset (1720-1780), "femme de chambre" de la marquise de Pompadour, a bien connu les coulisses du pouvoir et les dessous de la cour de Louis XV. Discrète compagne de la favorite, elle l'a coiffée, parfumée, préparée pour les dîners de gala et les petits soupers ; elle a séché ses larmes, soigné ses vapeurs et ses indispositions ; elle l'a observée, occupée à amuser le roi, à combattre ennemis et rivales, à comploter la chute d'un ministre ou l'élévation d'un proche. Elle a beaucoup vu et entendu et rapporte sur le Versailles des années 1747-1764 et sur son monarque des informations capitales. Ces Mémoires dépassent le cadre de l'anecdote. Madame du Hausset peint un monde corrompu : seuls comptent l'argent et la puissance, le roi ressemble à ses courtisans les plus vils, les marquises et les duchesses se transforment en filles de joie. Un monde où l'on triche férocement pour gagner, où l'on ment sans cesse et où l'on ne pense qu'à jouir jusqu'à satiété... La simple description des faits constitue un violent réquisitoire contre la société produite par la monarchie absolue de la seconde moitié du XVIIIe siècle et explique la gangrène qui gagne peu à peu tout le royaume.

73.              DU VERDIER (Gilbert Saulnier). Abrégé de l'histoire de France, contenant ce qui s'est passé de plus remarquable sous le règne de chaque Roy, depuis Pharamond jusques à Louis XIV, à présent régnant. Tome troisième. P., Estienne Loyson, 1663, in-12, (22)-663-(6) pp, 3 portraits gravés sur bois, privilège du Roy, reliure plein veau raciné, dos à 4 nerfs, titres et caissons ornés dorés (rel. de l'époque), plats et dos frottés, qqs petites taches, rousseurs éparses, état correct

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Tome III seul (sur 3) : Règnes de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. — "Du Verdier (Gilbert Saulnier), écrivain mort en 1686. Nous n'avons que très peu de détails sur sa vie ; on sait seulement qu'il fut historiographe de France et qu'il composa de nombreux ouvrages qui ne purent l'arracher à la misère, puisque, vers 1676, il s'est trouvé heureux d'obtenir pour lui et pour sa femme un asile à la Salpétrière, où il termina sa vie." (Larousse du XIXe siècle)

74.              DUPONT (Etienne). La Bastille des mers. Les exilés de l'ordre du roi au Mont-Saint-Michel (1685-1789). Perrin, 1920, in-12, xl-260 pp, avec en appendice, une liste alphabétique des détenus, nombreux surtout au XVIIIe siècle, détenus à la Maison de Force du Mont-Saint-Michel (26 pp), broché, dos lég. passé, bon état (Les légendes criminelles et l'histoire). Ouvrage couronné par l'Académie française

            40

"L'abbaye-forteresse du Mont-Saint-Michel fut une de ces nombreuses prisons d'Etat que la lettre de cachet peuplait de malheureux enfermés pour les raisons les plus diverses : libellistes qui avaient déplu au pouvoir, fils de famille dissipés ou prodigues, assassins de haute lignée, moines en rupture de règle, etc. La prison, avec ses cachots infects, ses cages de fer, ses gardiens inhumains, avait si mauvaise réputation que le peuple des environs y pénétra, le 21 décembre 1791, et brûla, dans un joyeux autodafé, les registres d'écrou et les archives. (...) Je conseille vivement la lecture de ce livre à tous ceux qui seraient tentés de croire que nos ancêtres de la Révolution ont eu tort d'exécrer l'ancien régime." (Albert Mathiez, Annales révolutionnaires, 1920)

75.              ERLANGER (Philippe). Monsieur, frère de Louis XIV. Nouvelle édition illustrée de portraits et de scènes gravées ou peintes de la vie de Monsieur chez lui, à la guerre et à la cour. Club des Libraires de France, 1960, in-8°, 334 pp, 21 gravures et portraits hors texte, à pleine page ou sur double page (y compris les gravures des gardes), chronologie, tirage numéroté sur vélin blanc, reliure soie blanche décorée de l'éditeur, rhodoïd, signet (maquette de Faucheux), bon état. Bien complet du dépliant volant contenant 3 tableaux généalogiques sur la "Postérité de Monsieur". Très belle réalisation

            30

II est des personnages que l'Histoire semble assigner à une réputation maudite. Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, accumule les médisances. Dès sa naissance, en 1640, les commérages vont leur train : parce qu'il a le sens artistique de ses ancêtres Medicis, on lui reproche sa frivolité ; son goût de la table, du jeu, de la danse passe pour un dilettantisme indigne d'un prince. ses mariages font jaser et même son talent militaire, éclatant pourtant à la bataille de Cassel en 1677, est contesté. Au soleil de Louis XIV, Philippe d'Orléans a été brûlé par la rumeur et la raison d'Etat, réduit au rôle de comploteur systématique et inefficace. Dans cette biographie, nourrie des correspondances et des témoignages du temps, Philippe Erlanger met au jour la véritable personnalité d'un prince si populaire que même Boileau en a célébré la gloire.

76.              ESTRÉE (Paul d') et Albert CALLET. La Duchesse d'Aiguillon (1726-1796). Une grande dame de la cour de Louis XV. D'après des documents inédits. P., Emile-Paul, 1912, in-8°, vi-432 pp, préface de F. Funck-Brentano, un portrait en frontispice et 6 pl. de gravures hors texte, index, reliure demi-basane carmin, dos à 5 petist nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

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"Voici une histoire de la fin du règne de Louis XV et du commencement de celui de Louis XVI. (...) La bonne et intelligente duchesse d'Aiguillon sert de guide en ce dédale souvent confus – confus, non par le fait des auteurs, mais par celui des événements, multiples et complexes, qu'ils avaient à présenter. (...) Elle écrit – d'une plume alerte, limpide, intelligente et gracieusement française – des lettres qui sont autant de foyers de lumière dans l'ensemble du récit. Ces lettres, pour la plupart inédites, retrouvées par MM. Paul d'Estrée et A. Callet en des sources diverses, éclairent non seulement le caractère de l'active et charmante duchesse, mais les nombreux événements auxquels, de par les fonctions et les faits et gestes de son mari, elle s'est trouvée directement mêlée. Nouvelle et importante contribution à cette histoire du duc d'Aiguillon, de son administration et de sa direction au ministère des Affaires étrangères..." (F. Funck-Brentano, préface)

77.              FARRÈRE (Claude). Une aventure amoureuse de Monsieur de Tourville, Vice-amiral et Maréchal de France. Flammarion, 1925, in-12, 181 pp, broché, bon état (Coll. “Leurs amours”)

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78.              FLEURY (Comte). Angélique de Mackau, marquise de Bombelles, et la cour de Madame Elisabeth. D'après des documents inédits. P., Emile-Paul, s.d. (1906), in-8°, x-356 pp, un portrait héliogravé (avec qqs rousseurs en marge) sous serpente en frontispice, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

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Etude très documentée sur l'entourage de la sœur de Louis XVI et sur la cour de Versailles de 1778 à 1788. — "Dans l'Avant-propos, M. le comte Fleury nous explique que les documents en question proviennent du fonds Bombelles aux Archives de Seine-et-Oise. Il ajoute : « Rencontrer au sein de la société mourante du XVIIIe siècle un ménage modèle, admirable par son amoureuse et amicale fidélité, et, en même temps, intéressant non seulement par lui-même, mais par ses alentours, par les milieux où il lui a été donné de se mouvoir ; prendre ce couple avant les justes noces, le voir évoluer au milieu de la cour de Marie-Antoinette, l'étudier psychologiquement durant les années heureuses, pouvoir plus tard le suivre aux heures de lutte, aux heures d'angoisse, voilà le régal que nous offraient les dossiers inexplorés des Bombelles. ». Marc-Henri, marquis de Bombelles, fils d'un lieutenant-général gouverneur de Bitche, fut d'abord page à la cour, puis officier durant la guerre de Sept ans. Devenu colonel, il entra dans la diplomatie et fut chargé en 1775 de la légation de France auprès de la diète de Ratisbonne. Il épousa en 1778 Angélique de Mackau, fille d'une des sous-gouvernantes des enfants de France. Mme de Mackau, toute enfant, avait été placée par sa mère auprès de Madame Elisabeth. Une fois mariée, elle resta auprès de la sœur de Louis XVI en qualité de dame de compagnie, tandis que M. de Bombelles retournait à son poste diplomatique. Les deux époux s'aimaient grandement, se l'écrivirent fréquemment, et c'est leur correspondance, de 1778 à 1786, qu'utilise M. Fleury. (...) Notons en passant quelques tableaux presque amusants de M. de Bombelles sur les petites cours d'Allemagne, sur l'institution à Ratisbonne d'une association badine, beaucoup moins badine du reste que son nom ne l'indique, l'Ordre du Canapé. Mme de Bombclles nous confirme dans l'opinion que Madame Elisabeth était une jeune fille bonne, aimable et très nulle, et que sa cour était à son image ; signalons l'inquiétude que trahissent ses lettres lors du renvoi de Necker, des allusions au projet de mariage qui fut ébauché entre Madame Elisabeth et Joseph II, quelques mots curieux sur l'entourage du prince de Condé à Chantilly. Il est pourtant trois faits, déjà connus, que les lettres de Mme de Bombelles achèvent de mettre en lumière : 1) la vie de dissipation et de frivolité de Marie-Antoinette ; 2) les prodigalités inouïes de cette cour où Madame Elisabeth, entre autres cadeaux, offre à Mme de Bombelles « un habit qui va à près de 5.000 francs », où Louis XVI achète, pour la reine, Saint-Cloud, au prix de six millions, malgré le grand mécontentement de M. de Galonné ; 3) l'influence néfaste de Marie-Antoinette sur la politique étrangère de la France : Marie-Antoinette choisit à sa guise les ambassadeurs et refuse longtemps tout avancement à M. de Bombelles parce que, à Ratisbonne, il a défendu les intérêts de la France et suivi les instructions de son chef, le ministre de Vergennes, contre l'Autriche, dans l'affaire de la succession de Bavière ; aussi Mme de Bombelles écrit à son mari : « Tu peux, sans infidélité, mettre un frein à ton zèle qui ne sera jamais récompensé par le Roi puisqu'il est trop faible pour oser reconnaître d'importants services », et elle conseille à M. de Bombelles de plaire à l'ambassadeur d'Autriche à Ratisbonne pour que celui-ci dise « du bien de toi à la cour de Vienne ». M. de Bombelles obtient néanmoins en 1786 l'ambassade de Lisbonne..." (L. Lévy-Schneider, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1906)

79.              [GASSENDI] – Centre International de Synthèse. Pierre Gassendi. Sa vie et son oeuvre, 1592-1655. Albin Michel, 1955, in-8°, 206 pp, 4 planches hors texte, chronologie, index, broché, bon état. Ouvrage publié avec le concours du CNRS. Edition originale imprimée sur alfa

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"Ce volume est le fruit des «Journées Gassendistes » d'avril 1953. Le premier exposé, de M. Bernard Rochot, évoque la vie, le caractère et la formation intellectuelle de Gassendi, liseur acharné, savant que la scolastique rebute, astronome qui s'appuie sur l'expérience, en butte aux aristotéliciens. Gassendi acquiert une renommée européenne. Prêtre, il remplit ses fonctions avec exactitude et zèle. Il tente de réhabiliter Epicure, l'ascète digne de Sénèque, et non pas l'Épicure d'Horace. Bientôt commence la lutte contre Descartes, puis la défense de Galilée. Gassendi rentre en Provence quelques années, remaniant ses études, poursuivant ses observations. De retour à Paris, la maladie le terrasse, et sa mort choque ses adversaires par sa sérénité. M. Koyré présente le savant, égal et rival de Descartes pour ses contemporains. Astronome véritable, patient observateur, qui, par la résurrection de l'atomisme antique, donne à la science moderne une base ontologique. Pour la seconde fois, M. Rochot prend la parole ; il fait revivre le philosophe, qui possède « une réputation bien établie de matérialisme et de libertinage » (p. 71), par suite d'interprétations tendancieuses de son œuvre, dues à ses amis comme à ses ennemis. En fait, Gassendi ne veut pas rétablir le matérialisme de Lucrèce, ni conduire au scepticisme. Sa Logique affirme que la science part des données sensibles ; sa Physique magnifie la puissance de Dieu, mais se prononce pour le mouvement de la terre et soutient Galilée. Sa Morale, conformiste, assigne comme fin le bonheur et la vertu. M. Mongrédien se propose d'étudier l'influence de Gassendi sur le monde contemporain. Les œuvres de Gassendi atteignent les savants de toute l'Europe, sans pénétrer la société mondaine. Mais ses « élèves », « toute une petite société de jeunes gens intelligents, curieux de philosophie et de science », accroissent son rayonnement. L'œuvre se trouve ainsi largement diffusée dans les milieux scientifiques ; elle n'atteindra le grand public que vingt ans plus tard. A M. Antoine Adam est réservé le soin de montrer l'influence posthume de Gassendi. L'Angleterre et la France surtout, comptent, après sa mort, de fidèles Gassendistes. Faut-il voir un lien entre cette diffusion et les salons suspects de libertinage d'esprit et de mœurs ? La preuve n'est pas faite ; mais c'est l'annonce d'un nouveau style de vie qui dominera la première moitié du XVIIIe siècle. Avant tout, le Gassendisme se présente à nous comme le contrepoids du cartésianisme, le défenseur de l'humanisme du XVIe siècle. Chaque exposé suscite des discussions, riches et pertinentes, avec les auditeurs. L'ouvrage s'achève par une chronologie de la vie et des œuvres de Gassendi, et par un copieux index." (Pierre Flament, Revue de l'histoire des religions, 1958)

80.              GENLIS (Stéphanie-Félicité du Crest de Saint-Aubin, comtesse de). Adèle et Théodore, ou Lettres sur l’éducation. Contenant les principes relatifs aux trois différens plans d'éducation des Princes, des jeunes Personnes & des Hommes. Neuchâtel, Imprimerie de Favre et Comp, 1785, 3 vol. in-12, (2)-360, (2)-344 et (2)-368 pp, reliures plein veau époque, dos à 5 nerfs guillochés ornés de caissons dorés, titres et de tomaisons dorés, coupes filetées, tranches rouges (rel. de l'époque), plats et dos lég. frottés, bon état

            120

Ce roman épistolaire à visée éducative a été écrit par madame de Genlis en 1781 et publié en 1782, fort peu de temps après sa nomination comme gouverneur des enfants du Duc de Chartres dont l’un d’eux le duc de Valois est le premier prince du sang. L’intérêt de cet ouvrage, maintes fois republié et traduit en plusieurs langues pendant tout le XIXe siècle, consiste en cette association de deux éducations, l’une pour les filles et les garçons d’origine aristocratique, l’autre pour un prince dont le gouverneur met tout en oeuvre pour qu’il devienne un monarque éclairé, préfiguration du futur Louis-Philippe. Ce texte aborde la question de l’éducation des princes de manière originale, il en est l’un des derniers épigones avant les bouleversements révolutionnaires qui considéreront cette question close. Madame de Genlis, dont les traits se retrouvent dans le personnage principal du roman, madame d’Almane, y affirme la légitimité pour les mères de présider à l’éducation de leurs enfants, selon une ligne de conduite associant principes moraux et accès au savoir également reconnu pour les filles et les garçons. Outre cette visée éducative, le roman, par son évocation de la société parisienne et ses murs, relève, également, de la critique sociale et est un témoignage éloquent sur les dernières décennies de l’Ancien Régime. (Isabelle Brouard-Arends, 2006)

81.              GIRAULT de COURSAC (Paul et Pierrette)( dir). Découverte. Bulletin trimestriel du Comité pour l'étude de Louis XVI et de son procès (C.E.L.P.). P., Chez les auteurs, 1973-1985, 52 fascicules in-4°, de 35 à 59 pages chacun, texte dactylographié, brochés, agrafés, bon état. Complet. Rare

            350

Série complète. La revue fut publiée de 1973 à 1985. La référence pour les études sur Louis XVI.

82.              GREY (Ian). La Grande Catherine. Arthaud, 1965, in-8°, 261 pp, traduit de l'anglais, 14 héliogravures sur 8 pl. hors texte et un tableau généalogique, biblio, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll.V ies Célèbres de l'Histoire)

            20

Quelle irrésistible ascension que celle de la petite princesse allemande Sophie d'Anhalt-Zerbst, née en 1726, et qui, à trente-six ans, accède au trône de Russie sous le nom de Catherine II ! — "La traduction française de l'ouvrage paru en anglais de Ian Grey nous apporte une honnête vulgarisation, qui fait une place convenable à l'œuvre législative de la souveraine et à la civilisation de la Russie sous son règne." (François-Xavier Coquin, Michel Lara, Robert Philippot, Revue des Études Slaves, 1967)

83.              HAUSSONVILLE (Comte d') et Guillaume HANOTAUX (publié par). Souvenirs sur Madame de Maintenon. Madame de Maintenon à Saint-Cyr. Dernières lettres à Madame de Caylus, avec une introduction par le comte d'Haussonville. Calmann-Lévy, s.d. (1904), in-8°, lxv-375 pp, un portrait en héliogravure en frontispice, index, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état

            100

"M. d'Haussonville publie 143 lettres adressées par Mme de Maintenon à Mme de Caylus dans les dernières années de sa vie, entre septembre 1715 et juin 1718. Dans son introduction, M.d'H. nous présente rapidement la destinataire de ces lettres ; il expose à grands traits les principaux incidents de la vie de Mme de Caylus et met en lumière les points sur lesquels la publication apporte des renseignements utiles ou nouveaux. La première lettre de ce recueil est du 11 septembre 1715 et la dernière du 26 juin 1718 par conséquent, nous avons sous les yeux la correspondance des dernières années de Mme de Maintenon. Retirée à Saint-Cyr, vivant loin du monde, dans un isolement qu'elle s'efforce de rendre presque complet, – car elle redoute les visites, les restreint le plus possible et se garde contre les personnes qui lui tiennent le plus à cœur, Mme de Caylus elle-même, – ce que l'on trouve avant tout dans ces lettres, ce sont des détails sur ses occupations ou préoccupations journalières, ses fièvres, ses rhumes, ses quinquinas, des cadeaux envoyés ou reçus, les produits de la basse-cour de Maintenon, etc. Bien qu'elle déclare quelque part : «Je ne puis être indifférente sur l'état des affaires générales » (p. 57), il est bien clair qu'elle ne peut être qu'un écho ou un reflet de ce qui se passe autour d'elle, et encore n'est-elle pas toujours exactement informée. Les renseignements les plus intéressants sont ceux qui se rapportent aux questions religieuses, à la grande querelle entre les partisans et les adversaires de la Constitution (bulle Unigenitus). Mme de Maintenon s'affirme ardemment hostile au jansénisme ; elle exhorte, discute, déplore le manque de zèle ou d'intelligence des prélats qui soutiennent la bulle, entretient – chose rare – de longues conversations sur ce sujet avec Mme de Dangeau et s'applaudit de voir Mme de Caylus abandonner ses vieilles sympathies jansénistes. En somme, dans ces dernières lettres, elle apparaît telle qu'elle s'était toujours montrée, judicieuse et mesurée, cœur sec, mais tête solide, froide, distante et un peu triste, dans un isolement voulu et un ennui caressé comme une habitude." (V.-L. Bourrilly, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1904)

84.              ISLER-de JONGH (Ariane) et François FOSSIER. Le Voyage de Charles Magius, 1568-1573. Arcueil, Anthèse, 1992, gr. in-4°, 80 pp, qqs illustrations et cartes, 8 illustrations en couleurs, 17 planches en couleurs dont une sur double page, index, reliure toile bordeaux de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale de cette première publication en couleurs du manuscrit “Le voyage de Charles Magius”, conservé à la Bibliothèque Nationale

            60

Longtemps considéré comme une fable, le voyage de Charles Magius est une histoire vraie. Gentilhomme vénitien mort vers 1587, il occupe les fonctions de secrétaire de la République Sérénissime. Dans les années précédant la guerre avec l'Empire Ottoman, il accomplit diverses missions qui l'amènent à voyager dans le bassin méditérranéen oriental. Fait prisonnier par les Turcs peu avant la bataille de Lépante, il rentrera à Venise quelques années plus tard. Ses tribulations sont relatées dans un volume daté de 1578, comprenant dix-huit pages de peintures. Par delà l'aspect documentaire des images, ce codex est encore un testament illustré légitimant sont fils Antonio, né en 1571 pendant sa captivité, et un voyage initiatique. Les figures emblématiques accompagnées de devises qu'entourent les vignettes donnent un sens général aux événements relatés. Probablement exécuté par un paysagiste flamand à la demande de Charles Magius, le volume apparaît dans diverses bibliothèques françaises à partir de 1759. Le duc de la Vallière lui adjoint un commentaire imprimé en 1761. Lors de la vente après décès du duc en 1784, il est acheté pour la Bibliothèque du Roi. — Les tribulations d'un espion de la Sérénissime (François Fossier) ; Le voyage de Charles Magius ; Le codex Maggi, rapport de mission ou testament initiatique (Ariane Isler-de Jongh).

85.              LA FAYETTE (Madame de). Mémoires. Précédés de La Princesse de Clèves. P., Ernest Flammarion, s.d. (1909), in-12, 374 pp, un portrait de et trois lignes signées par Mme de La Fayette en frontispice (communiqué par M. Charavay), reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), coiffes lég. frottées, papier lég. jauni comme toujours, bon état

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Notice sur Madame de La Fayette. – La Princesse de Clèves. – Histoire d'Henriette d'Angleterre. – Mémoires de la Cour de France. — "La plus grande romancière du XVIIe siècle ; on le savait. Mais aussi un des plus grands mémorialistes de son temps. La voici confidente privilégiée de l'Histoire. Fidèle à soi, mais véridique. Aucun document n'est plus authentique que « l'Histoire d'Henriette d'Angleterre », les chercheurs et les spécialistes l'ont suffisamment montré. Tout est révélé ici de la princesse, de son œuvre politique et sociale, des influences, avouées ou souterraines, qui s'exercent sur elle. Mais l'information ne suffirait pas à composer ce portrait d'une femme, d'un cœur, d'une destinée d'exception qu'un grand écrivain fait revivre pour nous. On retrouvera dans les « Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689 » la même alliance subtile de l'art et de la vérité. Mais, derrière les grands événements politiques, voici les intrigues sordides, les traits généreux ou héroïques, les anecdotes savoureuses : un siècle, ses grandeurs, ses misères." (Gilbert Sigaux)

86.              LE FUR (Didier). Louis XII, 1498-1515. Un autre César. Perrin, 2007, in-8°, 329 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 4 tableaux généalogiques, chronologie, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Louis XII, qui régna de 1498 à 1515, mérite d'être redécouvert, car il fut jusqu'à la fin de l'Ancien Régime considéré comme le modèle du bon roi, à l'égal d'Henri IV et un siècle avant lui, au point que Voltaire lui consacra une monographie élogieuse. Gloire, paix, justice, prospérité nimbèrent longtemps sa mémoire. Cette flatteuse réputation, il la doit principalement à l'intense propagande, à la véritable promotion médiatique de sa personne et de ses faits et gestes. Pendant une décennie, il fit miroiter aux yeux de l'opinion le mirage, auquel il crut lui-même, du rétablissement de l'empire des Césars et de Charlemagne. C'est pourquoi il s'acharna, avec succès pour un temps, à conquérir l'Italie. Roi de France, il fut ainsi duc de Milan, roi de Naples, et porta même le titre de roi de Jérusalem. Par Louis XII, premier prince français de la Renaissance, la France entra dans l'ère moderne. Didier Le Fur entreprend à la fois de réhabiliter un monarque qui sut élargir l'horizon capétien traditionnel, et de mettre au jour l'ambition impériale de la royauté française. Anne de Bretagne, Marie Tudor, Henry VIII, Isabelle la Catholique, les Borgia accompagnent la chevauchée de ce nouveau César, reconnu père du peuple et fils aîné de l'Eglise.

87.              MAGNE (Emile). Le grand Condé et le duc d'Enghien. Lettres inédites à Marie-Louise de Gonzague, reine de Pologne, sur la cour de Louis XIV (1660-1667), publiées d'après le manuscrit original autographe des Archives de Chantilly. P., Emile-Paul, 1920, in-8°, xxxiii-369 pp, notes, index, broché, état correct

            40

"Marie de Gonzague, duchesse de Nevers, puis reine de Pologne, apparaît dans l'histoire bien différente du portrait qu'Alfred de Vigny nous a laissé d'elle dans Cinq-Mars. Loin d'être une amoureuse, une sentimentale victime de la perfidie de Richelieu, elle fut surtout une ambitieuse, qui se complaisait aux intrigues et aux luttes politiques et manifesta dans le gouvernement de son royaume une réelle habileté et une fermeté remarquables. Elle peut compter à juste titre parmi les plus hautes personnalités féminines du XVIIe siècle. Née pour les grandes affaires, elle désirait ardemment devenir reine et ne négligea rien pour cela. Elle faillit épouser Gaston d'Orléans, mais Richelieu l'en empêcha. Elle devint reine de Pologne par son mariage avec Ladislas IV et marqua, dès son arrivée à Varsovie, qu'elle ne se contenterait pas d'un rôle effacé. (...) Cette reine si active et si énergique entretenait une active correspondance, dont il ne paraît pas rester de traces, mais les archives du musée Condé conservent le recueil des lettres de ses plus fidèles et de ses plus illustres correspondants, le grand Condé et le duc d'Enghien. La première de ces lettres, que publie M. Magne, est du 22 février 1664 ; la dernière est de mai 1667. Elles nous font voir M. le prince et son fils appliqués consciencieusement à rédiger à son usage une sorte de gazette hebdomadaire où tous les faits, petits et grands, sont recueillis et signalés. (...) Cette correspondance, bourrée de faits, d'anecdotes, de récits, est fort précieuse pour l'histoire des moeurs du XVIIe siècle. On ne pourra pas étudier un personnage ou un fait touchant la cour ou la politique entre 1664 et 1667 sans y recourir. M. Magne a accompagné les lettres de notes qui visent surtout à l'identification des personnages, sur lesquels il donne parfois une petite et utile bibliographie. Un index alphabétique indispensable termine cet ouvrage publié avec beaucoup de soin et de précision." (Jean Cordey, Bibliothèque de l'école des chartes, 1920)

88.              MONTAIGNE (Michel de). Les Essais de Michel, seigneur de Montaigne. Nouvelle édition exactement purgée des défauts des précédentes, selon le vray original : Et enrichie & augmentée aux marges du noms des autheurs qui y sont cités & de la version de leurs passages, avec des observations très importantes & nécessaires pour le soulagement du lecteur. Livre troisième. Lyon, André Olyer, 1669, in-12, 487-(24) pp, une vignette gravée, reliure plein veau mouchetée, dos à 4 nerfs guillochés, titres et caissons ornés dorés, coupés guillochées, tranches mouchetées (rel. de l'époque), coiffes arasées, un mors fendu sur 3 cm, coins talés, état correct

            80

Tome III seul (sur 3). — Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) est connu de tous les bacheliers pour être l'auteur d'écrits philosophiques qui ont fortement influencé la culture occidentale de la Renaissance. Rédigés entre 1571 et 1592, ses “Essais” comportent trois livres reflets de sa personnalité et de sa pensée. Montaigne tire enseignement de ses lectures des auteurs antiques, de ses expériences de la vie politique (il est magistrat auprès du Parlement de Bordeaux pendant plus de quatorze ans puis maire de Bordeaux pendant quatre ans), mais aussi de ses voyages à travers l'Europe et des différentes épreuves de sa vie privée pour enrichir sa pensée empreinte d une sagesse accessible à tous.

89.              MOUSNIER (Roland). L'Assassinat d'Henri IV. 14 mai 1610. Gallimard, 1964, in-8°, 410 pp, 32 pl. de gravures hors texte, chronologie, biblio, index, broché, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France)

            25

On ne saura jamais si le coup de couteau de Ravaillac fut le geste d'un esprit déséquilibré ou l'oeuvre d'une machination occulte dont il n'aura été que le bras armé. Roland Mousnier ne se contente pas de restituer le portrait moral de cet étrange meurtrier, sa foi ardente, sa piété, sa fragilité, ses hallucinations morbides. Pour éclairer le sens et la portée de cet événement inouï, il interroge aussi les passions politiques et religieuses qui travaillaient à l'époque tous les «Ravaillac de coeur» dont le moine régicide se serait fait sans le savoir l'instrument involontaire. Balayant l'image du «bon roi Henri» aimé de ses sujets, ce livre décrit les tensions, les frustrations, les ressentiments suscités par la personne et la politique du monarque : sa légitimité contestée, l'incertitude sur la sincérité de sa conversion, les doutes sur sa volonté d'éradiquer la «souillure» hérétique ; ou encore la pression fiscale qui lésait beaucoup de monde, l'empiètement royal sur les prérogatives de la noblesse, l'exercice de plus en plus absolu du pouvoir... Autant de traits qui faisaient passer le roi pour un tyran et rendaient légitime, aux yeux de certains, l'impératif de le mettre à mort. Ces pulsions régicides conduisent l'auteur à proposer une analyse lumineuse, et jamais dépassée, des théories du tyrannicide depuis l'Antiquité.

90.              MURAT (Princesse Lucien). La vie amoureuse de la Grande Catherine. Flammarion, 1927, in-12, 180 pp, broché, état correct (Coll. “Leurs amours”)

            12

91.              OLDENBOURG (Zoé). Catherine de Russie. Gallimard, 1966, in-8°, 391 pp, 37 gravures sur 32 pl. hors texte, chronologie, index, broché, état correct (Coll. La Suite des temps)

            20

La Grande Catherine, « Étoile du Nord », « Mère Tsarine » de toutes les Russies, est un personnage légendaire. Si légendaire qu'on en oublie souvent la vérité historique. Zoé Oldenbourg s'est attachée à nous montrer un être humain, qui souffrit et qui lutta ; et c'est dans son humanité qu'elle a tenté de la peindre. C'est pourquoi son livre est consacré surtout à la première partie de la vie de Catherine, temps où elle n'était pas encore un monstre sacré. — Catherine de Russie (Sophie d’Anhalt-Zerbst) était une petite princesse allemande choisie à la faveur d’obscures combinaisons politiques pour être l’épouse de l’héritier du trône de Russie. Or, par chance, cet héritier se trouvait être un jeune homme débile et déséquilibré, et un Allemand fanatique : à la fois très incapable et très impopulaire. Faute d’autres prétendants au trône, et après bien des déboires, de luttes et d’intrigues, Catherine prit la tête de la conspiration qui, après la mort de l’impératrice Elisabeth, se forma contre Pierre, détrôna puis laissa assassiner son époux, et régna seule. Elle régna pendant trente-quatre ans et compta parmi les grands souverains de son temps. Le présent ouvrage traite de la formation de Catherine et de sa lente et difficile préparation au rôle d’impératrice, plutôt que de son règne. Il s’agit ici d’une tragédie à trois personnages : Elisabeth, Pierre et Catherine. C’est une tragédie de la lutte pour le pouvoir qui dure dix-huit ans. Catherine gagnera brillamment la partie. Son surnom de Grande a résisté au temps, ce qui prouve que, de quelque façon qu’on la juge, elle avait mérité sa victoire.

92.              PIANZOLA (Maurice). Thomas Munzer ou la guerre des paysans. Club Français du Livre, 1958, in-8°, 214 pp, 16 gravures, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée. Bien complet de la carte dépliante volante

            25

"Très attachant, l'ouvrage de M. Pianzola est passionné et bien écrit. L'auteur, en effet, n'a jamais voulu s'effacer derrière son sujet : il le présente sans jamais quitter complètement la scène. Le livre est pensé et écrit tel un récit épique. Munzer apparaît comme le porte-parole particulièrement éloquent, le représentant typique d'un peuple luttant pour la liberté et, comme tel, il suscite, malgré ses outrances, la sympathie. Le volume s'ouvre par une évocation du pâtre de Niklashausen qui mourut en 1476, quatorze ans au moins avant la naissance de Munzer. M. Pianzola n'hésite pas à consacrer de larges développements au Bundschuh alsacien, depuis ses premières conspirations jusqu'à l'énorme et brève explosion de 1525. Le portrait du réformateur révolutionnaire se situe donc au coeur d'une fresque très vaste..." (Georges Livet, Revue historique, 1961)

93.              [Pierre-François, Évêque de Sisteron]. Abrégé de la vie de Mr. Laurent-Dominique Bertet, fondateur et premier supérieur de la Congrégation des prêtres missionnaires de N. D. de Ste. Garde. Sa conduite spirituelle et le recueil de ses lettres. Par un prêtre de la même Congrégation. Avignon, Louis Chambeau, 1758, in-12, (12)-456-(2) pp, bandeaux, lettrines, reliure plein veau raciné, dos à 5 nerfs guillochés et caissons ornés dorés, pièce de titre basane bordeaux, coupes guillochées, tranches rouges (rel. de l'époque), bon état

            80

"Selon son biographe, l'abbé Bertet, premier supérieur de la congrégation, voulait « que la nouvelle congrégation se proposât un attachement inviolable pour l'Eglise catholique apostolique et romaine et en particulier une obéissance parfaite à notre Saint-Père le Pape qui en est le chef visible... Il la regarda comme devant dans l'ordre de Dieu combattre sans respect humain et par toutes sortes de voies canoniques les hérésies du temps. Il voulut que ce fût là un de ses caractères distinctifs. Il ordonna que quiconque aurait la témérité de s'en éloigner fût regardé comme un sujet ou indigne d'y être jamais agrégé ou digne d'en être honteusement chassé après y avoir été reçu ». Les missions conduites par Laurent-Dominique Bertet et les gardistes prennent donc une coloration nettement antijanséniste dans les diocèses de Haute-Provence (Embrun, Glandèves, Sisteron) ou celui de Viviers où ils sont régulièrement appelés. C'est dans le diocèse de Sisteron que leur action semble avoir été la plus soutenue, non seulement parce que se réunit à eux dans les années 1710 une communauté ecclésiastique locale dite des missionnaires de la Croix, mais surtout parce que les deux évêques successifs Louis de Thomassin (1682-1718) et surtout Pierre-François Lafïtau (1720-1764), ancien jésuite, voient en eux le fer de lance de la lutte antijanséniste..." (M.-M.e Compère et D. Julia, “Les collèges français, 16e-18e siècles”, 1984)

94.              QUILLIET (Bernard). Louis XII, Père du Peuple. Fayard, 2007, in-8°, 518 pp, 5 tableaux généalogiques, 3 cartes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Honoré du titre de "Père du peuple" par ses sujets, hissé par les hommes des Lumières sur le même piédestal qu'Henri IV, Louis XII perdra tout son prestige au XIXe siècle sous la plume méprisante de Michelet, et son souvenir ne s'en relèvera pas ; la mémoire collective et les historiens finiront même presque par l'oublier, en dépit de la durée relativement longue de son règne (1498-1515). Sait-on aujourd'hui qu'avant de subir des défaites en Italie – on ne retient qu'elles –, Louis XII fut considéré par les rois d'Europe comme le plus puissant d'entre eux; qu'excepté Napoléon jamais souverain français n'a contrôlé – brièvement, certes – autant de territoires que lui ? Sait-on aussi qu'une exceptionnelle période de stabilité politique, de modération fiscale, d'efficacité administrative, d'expansion économique, d'ouverture résolue aux courants intellectuels et artistiques les plus novateurs ont permis au royaume et à ses habitants d'entrer de plain-pied dans ce que l'on nomme la "Renaissance " ? Pour tout dire, serait-il légitime de privilégier l'énigmatique Louis XI, le trop jeune Charles VIII (qui l'ont précédé) ou le flamboyant François Ier (qui l'a suivi) et de négliger cette large 'terra incognita' qui les séparait jusqu'à présent ?

95.              REBOUX (Paul). La vie amoureuse de Madame du Barry. Flammarion, 1926, in-12, 186 pp, broché, bon état (Coll. “Leurs amours”)

            12

96.              ROCHE (Daniel). La France des Lumières. Fayard, 1993, gr. in-8°, vii-651 pp, notes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s.

            25

A la fin du XVIIe siècle, "la majorité des Français pensaient comme Bossuet". Au XVIIIe siècle, "les Français pensent comme Voltaire", dit-on. Le XVIIIe siècle se situe bien entre deux mondes. D'un côté, il vit encore au rythme des contraintes et des traditions, et repose sur l'antique association du religieux et de l'Etat. A la tête de cet édifice, le roi-prêtre, agent principal du politique, dont les hommes sont à la fois les moyens et la fin. Mais en même temps un autre système de références se dessine: l'heure des montres et des horloges, qui succède au temps sacré des églises, tout comme la maîtrise de l'espace transforment la vie ordinaire des Français. Une autre société se met en place, celle de l'échange et du développement du commerce, celle des grands ports et celle des grandes cités de l'entreprise. Au sein même de la France profonde apparaît une France plus ouverte, plus mobile. Elle revendique un ordre humain autonome où l'individu devient la mesure de toutes choses. Les problèmes de fiscalité, de justice, de sécurité montent sur le devant de la scène, et cette contestation sociale et politique contribue à former l'opinion publique : la personne du roi, la Cour sont désormais soumis à la critique. Comment les contemporains ont-ils compris ce basculement du monde? Comment en ont-ils été les acteurs? Comment, tandis que la société se désacralisait, leurs croyances, leurs valeurs et leurs habitudes se sont-elles modifiées ? Cette histoire de La France des Lumières nous plonge dans les racines de la modernité. Elle nous invite à une passionnante relecture d'un siècle qui fit l'apologie du négoce, exalta la nature, la science et le progrès, d'un temps aussi qui crut au bonheur pour tous.

97.              SOBOUL (Albert). La Civilisation et la Révolution française. I : La crise de l'Ancien Régime. Arthaud, 1970, fort in-8° carré, 635 pp, 222 héliogravures en noir et 8 pl. en couleurs hors texte, 53 cartes et plans, tableaux chronologiques, biblio, index documentaire, reliure toile éditeur, sans la jaquette, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations). Edition originale, ex. du SP

            35

"Dans la crise de l'Ancien Régime qui, en France, détermina finalement la Révolution, de multiples fibres se nouent. La tâche de l'historien consiste en partie à clarifier les rapports entre l'économique, le social, le politique... Qu'il se garde cependant de supposer que de telles distinctions aient été nettes pour qui vivait à la fin du XVIIIe siècle. Mais s'il veut aboutir pour la Révolution de 89 à une quelconque explication, force est bien pour lui de recourir à quelque théorie rattachant les mentalités et les idées aux besoins et aux pressions de la société. Si la grandeur d'un siècle se mesure à l'éclat de la pensée libre et au souci du destin terrestre des hommes, le XVIIIe siècle est sans conteste le plus grand de notre histoire. Couronné par la Révolution, il s'assigna une place exceptionnelle dans l'évolution du monde contemporain. Les hommes des Lumières voulurent, comme le proclama l'Incorruptible en l'an II, « remplir le voeu de la nature, accomplir les destins de l'humanité, absoudre la Providence du long règne du crime et de la tyrannie... et voir au moins briller l'aurore de la félicité universelle ». Siècle dont la valeur prophétique d'exemple n'est point encore épuisée. Ainsi s'expliquent sans doute ces vains efforts pour dénier au siècle des Lumières, siècle révolutionnaire par excellence, sa spécificité historique. Mais ainsi s'expliquent aussi le tressaillement qu'a ressenti le monde, et l'espoir persistant dans la conscience des hommes." (présentation de l'éditeur)

98.              SWAN (Claudia). L'Herbier de la Renaissance. GLM/Minerva, 1998, in-4°, 143 pp, 121 planches hors texte en couleurs, 13 illustrations dans le texte (dont 2 en couleurs), biblio, reliure toile verte de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            50

Demeurées jusque-là inédites, ces aquarelles botaniques du XVIe siècle ont conservé leur fraîcheur et leurs couleurs intactes. Commandées par un pharmacien hollandais, Theodorus Clutius, à un artiste inconnu pour servir de documents aux chercheurs et aux herboristes de l'époque, elles ont longtemps été considérées comme perdues jusqu'à leur redécouverte dans la bibliothèque de l'université de Jagiellon, à Cracovie (Pologne). La rose, l'ancolie, le pois de senteur, la cerise, le nénuphar, le romarin demeurent aisément identifiables pour le botaniste d'aujourd'hui. Ces superbes planches allient la finesse du trait et la rigueur scientifique. Elles témoignent de l'intérêt passionné que la Renaissance portait au monde de la nature et de son exploration, quand l'art et la science demeuraient étroitement liés.

99.              TINAYRE (Marcelle). La vie amoureuse de Madame de Pompadour. Flammarion, 1924, in-12, 193 pp, broché, état correct (Coll. “Leurs amours”)

            12

100.          VAISSIÈRE (Pierre de). De quelques assassins. Récits du temps des troubles (XVIe siècle). Jean Poltrot, seigneur de Méré – Charles de Louviers, seigneur de Maurevert – Jean Yanowitz, dit Besme – Henri III et les « Quarante-cinq » – Jacques Clément. P., Emile-Paul, 1912, in-8°, x-405 pp, un frontispice et 21 pl. de gravures hors texte, index, reliure pleine toile verte, dos lisse avec pièce de titre chagrin vert, couv. conservées, bon état

            70

"M. Pierre de Vaissière a réuni en un volume les brillantes études qu'il a consacrées à « quelques assassins » de ce XVIe siècle, que l'on peut appeler le siècle de l'assassinat. Au service d'un talent d'exposition très captivant, il a su mettre une érudition prodigieusement étendue et précise. (...) La thèse maîtresse de l'auteur : dans tous ces meurtres, à l'exception du dernier, on retrouverait la main de Catherine ou celle de son fils Henri." (Henri Hauser, Revue Historique, 1912)

101.          VASARI (Giorgio). Vie des grands artistes. Club Français du Livre, 1954, in-8°, clviii-523 pp, traduit de l'italien par Léopold Leclanché, revu par Charles Weiss, introduction, présentation et notes de Jean Bouret, gravures et portraits, reliure pleine basane chagrinée verte de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, titre doré sur les plats, imprimé sur papier bible, coiffe sup. lég. frottée, bon état (Coll. Les Portiques)

            30

Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes, ou Vies des artistes, c'est la première histoire de l'art en Europe moderne, un hommage enthousiaste et érudit à la Renaissance italienne. Lui-même artiste, Giorgio Vasari a écrit ce livre qui, depuis quatre cent cinquante ans, reste un des monuments de la littérature artistique. Baignée de sensibilité et d'humanité, cette suite de biographies, de Cimabue à Titien, en passant par Michel-Ange, Léonard de Vinci et tant d'autres génies, explore trois siècles de création artistique, montre les œuvres, fait revivre les personnalités. Un chef-d'œuvre. — Né à Arezzo (Toscane) en 1511 et mort à Florence en 1574, Giorgio Vasari fut un des plus brillants artistes du maniérisme italien. Formé dans les ateliers florentins, où il acquit une admiration inconditionnelle pour Michel-Ange, il séjourna longuement à Rome et réalisa de nombreux chantiers décoratifs dans toute l'Italie, de Naples à Bologne. Entré au service de Cosme Ier Médicis en 1554, il domina pendant vingt ans la création artistique florentine, où il réalisa l'une des plus ambitieuses architectures de la Renaissance, le bâtiment administratif des Offices.

102.          VIGÉE LE BRUN (Elisabeth). Mémoires d'une portraitiste, 1755-1842. Editions Scala, 1989, pt in-4°, 224 pp, préface de Jean Chalon, 125 illustrations en noir et en couleurs, chronologie, notices biographiques, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            45

C'est avec simplicité, en effet, que Mme Vigée Le Brun raconte une vie qui pourtant fut exceptionnelle : artiste célèbre, admirée pour sa beauté et son esprit, voyageuse infatigable, elle eut une destinée peu commune. Fille de peintre, Elisabeth Vigée Le Brun se fait remarquer dès l'âge de quinze ans pour la qualité et la sensibilité de ses portraits. Les grands de la cour sont ses modèles. Un jour, elle rencontre la reine Marie-Antoinette et connaît alors le triomphe. Son statut de peintre officiel lui vaudra commandes et honneurs. Mais, pendant l'été 1789, tout bascule. En même temps que gronde la Révolution, les calomnies l'accablent. Elle sent que son monde est en danger et décide de fuir. Commence alors pour Elisabeth Vigée Le Brun une vie de voyages, de découvertes et d'aventures à travers l'Europe. Où qu'elle aille, à Rome, Naples, Venise, Vienne, Saint-Pétersbourg ou Londres, elle est accueillie par les artistes et fêtée par les cours royales. Sa carrière de peintre ne s'arrête pas pour autant : où qu'elle soit, on lui commande des portraits. Ses mémoires, ici richement illustrés, retracent l'itinéraire fascinant d'une femme libre à l'époque de la Révolution, dans une Europe en plein bouleversement.

103.          VIGUERIE (Jean de). L'Institution des enfants : l'éducation en France, XVIe-XVIIIe siècle. Calmann-Lévy, 1978, in-8°, 330 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Archives des sciences sociales)

            25

"Cet ouvrage se présente comme une somme sur le système, ou plutôt l'oeuvre d'éducation de l'Ancien Régime. Le lecteur trouve à la fin du volume (pp. 315-330) une ample bibliographie des principales sources manuscrites ou imprimées et des travaux érudits. Il s'agit également d'un livre à thèse, qui polémique à maints endroits contre l'évolution de l'éducation au cours des deux derniers siècles. Plutôt que de traiter des théories et projets des éducateurs, l'auteur s'attache à montrer le fonctionnement réel du système éducatif, tel qu'il fut progressivement mis en place. Sans oublier l'instruction des filles, il étudie successivement le rôle de la famille, de l'Eglise (formation religieuse, organisation de l'enseignement) et du corps politique (royauté, communautés locales) dans l'oeuvre éducative. Après un coup d'oeil sur l'ensemble du système des « écoles », J. de Viguerie étudie dans les détails l'enseignement dispensé dans les petites écoles, et dans les collèges d'humanité et de plein exercice ; il passe successivement en revue les méthodes des Jésuites, des Oratoriens et des Doctrinaires. Les trois derniers chapitres concernent la discipline interne de ces établissements et des pensionnats, les codes de civilité et enfin la préparation aux différents métiers et professions (études supérieures, formation professionnelle, apprentissages divers)..." (Willem Frijhoff, Histoire de l'éducation, 1979)

104.          VIOLLET (Paul). Histoire des institutions politiques et administratives de la France. Le Roi et ses Ministres pendant les trois derniers siècles de la monarchie. P., Librairie de la société du recueil Sirey, 1912, in-8°, x-615 pp, bibliographies par chapitre, index, reliure demi-chagrin vert à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), mors et nerfs frottés, bon état

            100

"Après une attente de neuf ans, M. Paul Viollet nous donne aujourd'hui la suite des trois volumes, parus de 1890 à 1903, dans lesquels il avait si magistralement retracé l 'Histoire des institutions politiques et administratives de la France jusque vers la fin du XVe siècle. La tâche qui s'offrait à lui était rude, plus peut-être encore que dans la première partie, puisqu'il avait affaire à une époque qui est restée longtemps singulièrement délaissée par les historiens entre le Moyen âge et les temps contemporains. Ce n'était pas trop de la forte érudition de M. V., ni de sa puissante faculté de synthèse pour avoir le droit d'entreprendre un tel travail. Les neuf chapitres qu'il nous donne maintenant concernent le Royaume, le Roi, le Chancelier, les Secrétaires d'État, le Surintendant et le Contrôleur général des Finances, l'Armée, la Marine, divers Grands services publics, enfin les Intendants..." (Séverin Canal, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1913)

RÉVOLUTION

 

105.          BAILLY (Jean-Sylvain). Mémoires de Bailly, avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissements historiques, par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1821, 3 vol. in-8°, xxxi-478, 449 et iv-436 pp, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            200

Mémoires de Jean-Sylvain Bailly (1736-1793), astronome et député du Tiers aux Etats généraux. Après la prise de la Bastille, il fut nommé maire de Paris par acclamation et reçut Louis XVI à l'Hôtel de Ville. Victime de la Terreur, il est arrêté à Melun en 1793, traduit devant le tribunal révolutionnaire et condamné à mort pour sa participation aux massacres du Champ-de-Mars. Ses mémoires sont très importants pour l'histoire des débuts de la Révolution de 1789 à 1791. Le troisième volume est apocryphe : il s'agit d'un volume de compilation de divers extraits de journaux révolutionnaires. (Fierro, 63 ; Tourneux, I, 416)

106.          BARRUEL (Abbé Augustin)(1741-1820). Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme. Revus et corrigés par l'auteur en 1818. Introduction sur la vie et l'œuvre de Barruel par Christian Lagrave. Index des ouvrages et noms cités par Isabelle Geffroy. Editions de Chiré, 2013, 2 vol. in-8°, lv-501 et 634 pp, sources et biblio, brochés, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Maîtres de la Contrerévolution)

            45

Un des livres majeurs de la doctrine contre-révolutionnaire. "L'ouvrage est divisé en trois parties. La première traite de la conspiration antichrétienne, la deuxième de la conspiration contre les rois et la troisième de la conspiration des sophistes, de l'impiété et de l'anarchie, c'est à dire de la combinaison des deux premières conspirations." (Godechot, La Contre-Révolution, p. 52). Barruel y reprend les thèmes déjà développés dans ses ouvrages précédents mais leur donne plus de fermeté pour former une doctrine aboutie : la Révolution est le résultat d'une conspiration raisonnée depuis 1787 et organisée par les philosophes - Voltaire, d'Alembert et Frédéric II - et relayée par les francs-maçons. Il se prononce contre toute réforme et apparaît ainsi comme le maître de l'absolutisme intégral. À noter que son idée du complot maçonnique a fait école et demeure encore vivante aujourd'hui.

107.          [Bastille] – LINGUET (Simon Nicolas Henri) et DUSAULX (Jean). Mémoires de Linguet sur la Bastille et de Dusaulx sur le 14 Juillet, avec des notices, des notes et des éclaicissemens historiques par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1821, in-8°, xx-470 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            100

Ardent, impétueux, injuste, excessif, cynique, rebelle, talentueux en diable, Linguet (1736-1794) consacra sa vie tout entière à la lutte : lutte contre les Lumières et les coteries littéraires, luttes contre les Parlements et l'injustice, lutte contre la puissance naissante de l'argent, lutte contre les dérives de l'administration royale et l'arrogance de la noblesse de cour... Tant d'ardeur et de hargne finirent par l'envoyer à la Bastille, où il resta deux ans. À sa libération, en 1782, il passa en Angleterre. Il y rédigea ces Mémoires, dont le succès fut immense et qui demeurent à ce jour le plus saisissant tableau de la vie quotidienne dans la célèbre prison. Pamphlétaire, philosophe, historien, économiste, journaliste, Linguet fut l'homme de toutes les audaces, de tous les paradoxes, de toutes les intuitions... — "Secrétaire du duc d'Orléans, Dusaulx fut vraisemblablement dans le secret de la préparation de l'insurrection parisienne du 12 juillet 1792 et se trouva à l'Hôtel-de-Ville lorsque la municipalité insurrectionnelle y supplanta les autorités légales. Il fut vraisemblablement aussi de la prise de la Bastille. Ses “Mémoires sur la Bastille” sont un historique, non des souvenirs. Ses vrais souvenirs se trouvent p. 267-324 sous le titre « L'oeuvre des sept jours, ou Notice tirée de mon journal, depuis le 12 juillet 1789 jusqu'au 18 du même mois inclusivement »." (Fierro, 496)

108.          BERTAUD (Jean-Paul). Initiation à la Révolution française. Perrin, 1989, pt in-8°, 371 pp, 8 cartes, un plan et un tableau, biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Parmi les centaines de livres suscités par le Bicentenaire, rares sont les ouvrages généraux traitant de la Révolution française d'un bout à l'autre en décrivant et en expliquant l'enchaînement des faits. L'initiation à la Révolution française de Jean-Paul Bertaud comble cette lacune. Jean-Paul Bertaud montre remarquablement ce qu'étaient les Français en 1789. Paysans, ouvriers, petits-bourgeois, artisans, notables, philosophes, sans-culottes, tous aiment le roi, mais tous font plus ou moins la révolution. Contre elle, se dressent le noble au nom de la patrie ancienne, le prêtre réfractaire pour l'Eglise traditionnelle, le roturier au nom de sa foi ou par crainte du "peuple". Deux mondes immuablement affrontés ? Non pas. Le paysan de l'Ouest, "le coeur sacré de Jésus" à la poitrine, fut d'abord un assiégeant des châteaux. Suleau qui mourut pour le roi approcha d'abord des clubs où retentissait la voix de Danton. Camille Desmoulins, "premier républicain", resta longtemps fasciné par le monde ancien. Davout le noble fut général de la République... Cette initiation a l'immense avantage de respecter la trame chronologique, tout en s'attachant à faire sentir au lecteur l'atmosphère de ces jours, à approcher ces hommes, mélange de sensibilité et de vengeance, de générosité et de violence, qui mirent fin à l'Ancien Régime. Archives ouvertes, des centaines de chercheurs à travers le monde enquêtent, confrontent. Donner au lecteur le résultat de ces recherches est l'autre but de cette initiation. Elle désire, à la lumière des travaux les plus récents, commémorer la Révolution, c'est-à-dire restituer le bruissement des voix mêlées, en expliquant les paroles et montrer que tout se comprend, mais que rien n'est simple.

109.          BITTARD DES PORTES (René). Charette et la guerre de Vendée, 1793-1796, d'après les archives de l'Etat et de la ville de Nantes, des mémoires inédits de chefs vendéens, etc. P., Emile-Paul, 1902, in-8°, ix-615 pp, une carte dépliante in fine, index, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état

            200

Cet ouvrage de base demeure sans conteste la plus importante et la plus complète de toutes les biographies consacrées au général vendéen. Ce "Charette et la Guerre de Vendée" résulte d'un travail exceptionnel de recherches dans les cartons du Dépôt de la Guerre, des Archives nationales, de la collection Dugast-Matifeux, ou encore dans la recherche de témoignages des contemporains de la grande épopée vendéenne. Bittard des Portes livre un travail impartial. François-Athanase Charette a surgi spontanément, inconsciemment, sous la pression de la volonté populaire ; il fut au début un militaire médiocre et un chef peu obéi. A l'exemple de ceux qu'il combattait, il grandit au feu et devint un général habile, dont l'autorité s'imposa aux plus indépendants. Ce chef indomptable qui, dans une retraite et parfois même dans une déroute, savait improviser des retours offensifs foudroyants, a créé une véritable tactique de la guerre d'embuscades. Il fut avec Stofflet le dernier des géants de la Vendée.

110.          BONCHAMPS (Marie-Marguerite-Renée de Scépeaux, Marquise de) et LA ROCHEJAQUELEIN (Marie-Louise-Victorine de Donnissan, Marquise de Lescure, puis de). Mémoires de Madame la marquise de Bonchamps rédigés par Mme la comtesse de Genlis, suivis des Mémoires de Mme la marquise de La Rochejaquelein écrits par elle-même et rédigés par M. de Barante. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, viii-112-512 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            150

"Bonchamps fut un des héros de la Vendée militaire. Sa femme l'a suivi dans ses campagnes et a confié ses souvenirs à Mme de Genlis qui les a mis en forme." (Fierro, 175) — "Epouse d'un des grands chefs de la Vendée, la marquise de La Rochejaquelein a laissé des mémoires traitant essentiellement de la grande insurrection royaliste dans l'Ouest entre 1792 et 1795. Ces mémoires ont soulevé de nombreuses discussions, les deux premières éditions ayant porté la mention "rédigés par M. de Barante". Il semble que Barante, alors sous-préfet à Bressuire, n'ait rédigé qu'une faible partie du texte." (Fierro, 830)

111.          BOUILLÉ (François Claude Amour, marquis de). Mémoires du marquis de Bouillé, lieutenant-général des armées du Roi, chevalier de ses Ordres, gouverneur de Douai, membre des deux Assemblées des notables, et général en chef de l'armée de Meuse, Sarre et Moselle. Avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, xx-440 pp, troisième édition, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées, signet (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            120

"Bouillé (1739-1800) réprima la révolte de la garnison de Nancy en 1792, fut un des organisateurs malchanceux de Varennes, s'enfuit à Coblence après son échec et mourut à Londres. Ses souvenirs vont de 1783 à 1792 et tentent de justifier son action pendant la Révolution. A partir de 1821, les éditions sont pourvues de notes." (Fierro, 194).

112.          BOUILLÉ (François Claude Amour, marquis de). Mémoires sur l'affaire de Varennes comprenant le mémoire inédit de M. le marquis de Bouillé (comte Louis) ; deux relations également inédites de MM. les comtes de Raigecourt et de Damas ; celle de M. le capitaine Deslon, et le précis historique de M. le comte de Valory. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, viii-324 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            150

"Bouillé (1739-1800) réprima la révolte de la garnison de Nancy en 1792, fut un des organisateurs malchanceux de Varennes, s'enfuit à Coblence après son échec et mourut à Londres. Ses souvenirs vont de 1783 à 1792 et tentent de justifier son action pendant la Révolution." (Fierro, 194)

113.          BUZOT (François-Nicolas-Louis). Mémoires sur la Révolution française, par Buzot, député à la Convention nationale ; Précédés d'un Précis de sa vie et de recherches historiques sur les Girondins, par M. Guadet. P., Béchet Aîné, 1823, in-8°, xv-112-364 pp, deux parties en un volume, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française). Edition originale

            100

Edition originale des Mémoires, qui se terminent naturellement en 1794, et de l'étude de Joseph Guadet, neveu du député girondin Marguerite-Elie Guadet, sur l'ensemble des députés Girondins (en pagination séparée avant le texte lui-même). — "Membre de l'Assemblée constituante puis de la Convention, Girondin, Buzot se suicida pour échapper à ses poursuivants. Il commença à écrire ses mémoires le 7 octobre 1793, alors qu'il était déjà traqué. (...) ils dépeignent bien la Terreur et contiennent une foule d'informations sur les annnées 1793 et 1794." (Fierro, 249)

114.          [CARNOT, Lazare]. Mémoires historiques et militaires sur Carnot, rédigés d'après ses manuscrits, sa correspondance inédite et ses écrits. Précédés d'une notice par P.-F. Tissot. P., Baudouin Frères, 1824, in-8°, xxviii-394 pp, un portrait gravé en frontispice, un fac-similé dépliant hors texte, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française). Edition originale

            120

Il ne s'agit pas de mémoires écrits par Carnot, mais d'une biographie tirée des documents qu'il a laissés. (Tulard, 276)

115.          [CARNOT, Lazare]. Mémoires sur Carnot, par son fils. P., Pagnerre, 1861-1864, 4 vol. in-8°, 592 et 640 pp, un portrait gravé de Lazare Carnot en frontispice du premier volume (qqs rousseurs), reliures pleine toile écrue, dos lisse, pièces de titre basane carmin, couvertures conservées (rel. postérieures), qqs marques au crayon en marges, bon état (Fierro, 270 ; Tulard, 276)

            180

Mémoires sur [Lazare] Carnot, par son fils [Hippolyte]. Edition originale en 2 tomes et 4 volumes : Tome premier (première partie), tome premier (seconde partie), tome second (première partie), et tome second (deuxième partie). Pagination continue par tome. — Un témoignage de premier ordre sur “l'organisateur de la victoire” (1753-1823). — "Ce ne sont pas des mémoires, mais des biographies à partir des papiers laissés par Carnot et de témoignages de contemporains. La Révolution occupe tout le tome 1 et le tiers du second." (Fierro, 270)

116.          CÉSAIRE (Aimé). Toussaint Louverture. La Révolution française et le problème colonial. Club Français du Livre, 1960, in-8°, 289 pp, 6 gravures hors texte, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée. Bien complet du dépliant volant de 2 cartes : Possessions coloniales des Antilles et de l'Amérique centrale en 1789 et Haïti (partie française de Saint-Domingue)

            30

"En trois « livres » particulièrement bien venus, A. C. nous fait participer aux trois étapes de la Révolution française dans la « colonie exemplaire » de Saint-Domingue : la fronde des Grands Blancs, puis la révolte des mulâtres, enfin la révolution nègre. C'est dire que la fresque sociale n'est jamais absente et qu'elle éclaire l'épopée du « Napoléon noir »." (Revue française de science politique, 1963)

117.          CHOISEUL (Duc de) - Charles BARBAROUX. Relation du départ de Louis XVI, le 20 juin 1791, écrite en août 1791 dans la prison de la haute cour nationale d'Orléans. – Suivi des Mémoires (inédits) de Charles Barbaroux, député à la Convention nationale, avec des éclaircissemens historiques par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1822, in-8°, iii-237 et 159 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            120

"La Relation du départ de Louis XVI explique la maladresse et l'échec de Choiseul lors de la fuite du roi, Bouillé l'ayant chargé de protéger le roi à Pont-de-Vesle. Choiseul éparpilla ses troupes et n'arriva à Varennes qu'après l'arrestation de la famille royale. Il fut arrêté, traduit devant la Haute Cour, mais libéré lors de la promulgation de la Constitution." (Fierro, 321) — "Député des Bouches-du-Rhône à la Convention nationale, Barbaroux faisait partie du groupe des Girondins. Il a écrit ses mémoires alors qu'il se cachait près de Quimper. 2 parties sur 3 en ont été perdues. Il reste la partie centrale, qui va de mai 1790 à son élection comme député, le 17 septembre 1792. Elle contient d'intéressant éléments sur la vie politique à Marseille et sur la journée du 10 août à Paris." (Fierro, 70)

118.          CONTE (Arthur). Sire, ils ont voté la mort... La condamnation de Louis XVI. Laffont, 1966, in-8°, 477 pp, 4 pl. et une carte hors texte, index des Conventionnels, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

La condamnation de Louis XVI le 17 janvier 1793. — "16 janvier 1793. Sept heures du soir. On allume les lanternes pour éclairer la salle du Manège, aux Tuileries, et Barrère, qui préside, annonce aux députés : la Convention nationale va maintenant se prononcer par appel nominal sur la peine qu'il faut infliger à Louis Capet. 721 Conventionnels, sur 749, vont se succéder à la tribune et se prononcer sur le sort de Louis XVI, déjà reconnu coupable de haute trahison. La mort immédiate, avec Robespierre, Marat, Saint Just ? L'indulgence, avec Daunou ? Le sursis, proposé par Mailhe pour sauver le Roi ? Le débat le plus dramatique de l'histoire va durer 36 heures sans interruption. Et l'incertitude demeurera jusqu'aux dernier votant. Arthur conte, historiens et parlementaires, a travaillé 15 ans pour nous permettre de revivre et de comprendre, minute par minute, l'une des journées déterminants de la Révolution Française. C'est un livre d'histoire d'une originalité sans précédent."

119.          CORDIER (André). Des Tuileries à Varennes. Le drame de l'été 1791. Chez l'Auteur, 1971, in-8°, 24 pp, notes, broché, bon état

            15

Louis XVI à Meaux.

120.          COSTANTINI (Pierre). La Grande Pensée de Bonaparte. De Saint-Jean-d'Acre au 18 Brumaire. Editions Baudinière, 1940, gr. in-8°, 349 pp, 5 pl. de grauvres hors texte, 5 cartes, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état

            50

Une interprétation occultiste et antisémite de l'expédition d'Egypte, dans un esprit très anti-anglais. Pierre Costantini (1889-1986) fonde en 1940 la Ligue française d’épuration, d’entraide sociale et de collaboration européenne, appelée couramment Ligue française, mouvement politique collaborationniste français. Il dirige le journal “L'Appel”, organe de la Ligue française. Le 8 juillet 1941, il sera un des fondateurs, avec Jean Boissel, Marcel Déat, Pierre Clementi et Eugène Deloncle, de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF)...

121.          DEROGY (Jacques) et Hesi CARMEL. Bonaparte en Terre sainte. GLM/Fayard, 1992, in-8°, 494 pp, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Ce récit critique des Cent jours de Bonaparte en Terre sainte – 22 février-2 juin 1799 – (aussitôt après la campagne d'Egypte) procède à la fois de la recherche historique et de l'investigation journalistique. Il mêle la citation et la relation, le document et le commentaire, l'analyse et la synthèse, l'anecdotique et le factuel, le psychologique et le politique, les coups d'Etat et les secrets d'alcôve, les scènes de la vie privée et les comptes rendus de batailles, les témoignages surprenants et les mémoires à quatre mains, le suspense et la démythification. Ce qui peut donner à la reconstitution des allures de fiction en adhérant le plus fidèlement possible à l'authenticité, tant le réel peut surpasser ici l'imaginaire. Près de deux siècles après les événements, les auteurs ont mis au jour des détails inédits qui auraient pu faire des scoops à la Une des journaux de l'époque. Leur enquête les a conduits dans six pays, depuis la colline des Potiers de Saint-Jean d'Acre jusqu'à la crypte des Invalides, en passant par le Public Record Office de Londres, la vieille synagogue de Prague, le château d'Offenbach, sur le Main, en Allemagne, les archives impériales de Constantinople et celles de la chambre de commerce de Marseille. Ils ont également dépouillé, pour reconstituer cette histoire que même un romancier n'eût pu concevoir, quelque quatre cents publications en français, en anglais, en arabe, en hébreu, en yiddish et en araméen...

122.          DESMOULINS (Camille). Le Vieux Cordelier, journal politique, rédigé en l'an II, par Camille Desmoulins. – Causes secrètes de la journée du 9 au 10 thermidor an II, suivies des mystères de la Mère de Dieu dévoilés, par Vilate. – Précis historique inédit des événemens de la soirée du 9 thermidor an II, par C.-A. Méda, gendarme, chargé de réduire la Commune de Paris et des conventionnels insurgés ; Avec une notice sur la vie de l'auteur, mort Général de brigade et Baron. P., Baudouin Frères, 1825, in-8°, (4)-394 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            150

Ce volume de la "Collection des mémoires relatifs à la Révolution française" réunit trois textes assez différents : 1) La première réimpression des sept numéros du fameux journal de Camille Desmoulins, dirigé contre les extrémistes hébertistes, qui parut du 25 novembre 1793 au 24 janvier 1794. Ce périodique, quoique de peu d'ampleur quant au nombre de numéros, forme un monument dans l'histoire de la Révolution : organe de la faction des "Indulgents", il retentit d'apostrophes célèbres contre le système de la Terreur : "Aimeriez-vous cette déesse altérée de sang, dont le grand prêtre Hébert, Momoro et leurs pareils, osent demander que le Temple se construise comme celui du Mexique, des ossemens de trois millions de citoyens, et disent sans cesse aux Jacobins, à la Commune, aux Cordeliers, ce que disoient les prêtres espagnols à Montésume : Les dieux ont soif ?" (lettre VII) ; 2) Un texte composé par Joachim Vilate dans la prison de la Force où il attendait son jugement, et qui était déjà paru en 1795 (Fierro, 1468) ; 3) Le rapport posthume de Charles-André Merda, dit Méda (1770-1812), qui fut le responsable de l'arrestation violente et de la blessure de Robespierre. Il était déjà paru séparément sous forme de brochure la même année 1825.

123.          DOPPET (François-Amédée). Mémoires politiques et militaires du général Doppet, avec des notes et des éclaircissemens historiques. P., Baudouin Frères, 1824, in-8°, xv-418 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            120

"Ex-militaire, médecin, romancier, fondateur du Club des patriotes étrangers, futur Club des Allobroges, Doppet (1753-1799) prend part à la conquête de sa Savoie natale et est élu député pour demander la réunion de la Savoie à la France. Promu général à l'armée des Alpes en août 1793, il commande l'armée qui assiège Lyon. Il s'efforce, en vain, d'y limiter les excès de la répression. Il débute le siège de Toulon avant d'être envoyé à l'armée des Pyrénées-Orientales. Ses échecs militaires lui valent de perdre son commandement en février 1795. E mai 1797, il est autorisé à quitter l'armée « pour soigner sa santée ». Il profite de ses loisirs pour écrire ses mémoires, où il a une fâcheuse tendance à tout s'attribuer et à oublier les autres. Napoléon, qui avait connu Doppet au siège de Toulon, le jugeait sévèrement : « Il était méchant et ennemi déclaré de tout ce qui avait du talent »." (Fierro, 451)

124.          DUMOURIEZ (Charles François). La Vie et les Mémoires du général Dumouriez, avec des notes et des éclaircissemens historiques, par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1822-1823, 4 vol. in-8°, iii-446, 464, 412 et 300 pp, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, dos lég. frottés, traces de mouillure ancienne aux premiers feuillets du tome 4, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            250

"Avec Kellermann, Dumouriez remporta la victoire de Valmy. Mais on le suspecta de contacts avec l'ennemi. Vainqueur à Jemmappes, il vint en décembre 1792 à Paris et fut très froidement accueilli par les Jacobins, mais très chaleureusement par les Girondins. Après des victoires en Hollande, il prit position contre la Convention, critiquant les excès révolutionnaires. Convoqué à Paris, il refusa de s'y rendre. Vaincu à Neerwinden, il conclut un accord avec les Autrichiens pour l'évacuation de la Belgique et entreprit de marcher sur Paris, mais, ses troupes ne l'ayant pas suivi, il passa dans les rangs autrichiens. Déclaré hors la loi par la Convention, Dumouriez parcourut l'Europe avant de se fixer à Hambourg où il écrivit ses mémoires, plaidoyer pro domo. Il vécut en Angleterre de 1800 à sa mort." (Fierro, 480). — Le tome 4 contient : « Jugement sur Buonaparté, adressé par un militaire à la Nation française et à l'Europe », écrit par le général Dumouriez.

125.          DURAND de MAILLANE (Pierre-Toussaint), LANJUINAIS (Jean-Denis). Histoire de la Convention nationale, suivie d'un Fragment historique sur le 31 mai, par le comte Lanjuinais, pair de France. P., Baudouin Frères, 1825, in-8°, xii-388 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française). Edition originale

            120

Edition originale de ces importants Mémoires pour l'histoire de la Révolution. Avocat, magistrat de formation, né à Saint-Rémy-de-Provence et mort à Aix, Durand de Maillane (1729-1814) fut successivement député d'Arles aux Etats généraux de 1789, représentant des Bouches-du-Rhône à la Convention, membre du Conseil des Anciens, commissaire du Comité ecclésiastique, rapporteur et co-auteur de la constitution civile du clergé. Esprit modéré, il fit partie de la "Plaine" à la Convention. (Fierro, 492) — "Cette histoire présente un double intérêt : c'est l'histoire de la Convention par un membre de la Plaine, un de ceux qui eurent un des rôles principaux le 9 Thermidor." (Répertoire Dorbon, 14334)

126.          FERRIÈRES (Charles-Elie de Marsay, marquis de). Mémoires du marquis de Ferrières, avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1822, 3 vol. in-8°, xvi-492, 500 et 522 pp, deuxième édition, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            220

"Député de la noblesse de la sénéchaussée de Saumur aux Etats généraux, le marquis de Ferrières eut une position très modérée, protesta contre l'abolition de la noblesse et l'arrestation du roi à Varennes, mais n'émigra point. Il se borna à quitter Paris durant la Terreur. Ses mémoires du plus grand intérêt pour l'histoire de l'Assemblée..." (Fierro 543)

127.          FRÉRON (Louis-Marie-Stanislas). Mémoire historique sur la réaction royale et sur les massacres du Midi ; Par le citoyen Fréron, ex-député à la Convention nationale, et commissaire du gouvernement dans les départements méridionaux, avec les pièces justificatives et augmenté d'éclaircissements et documents historiques. P., Baudouin Frères, 1824, in-8°, xiv-390 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            120

"Tentative de justification des excès commis par Fréron lors de la répression qu'il exerça à Marseille et à Toulon d'octobre 1793 à janvier 1794" (Fierro, 576). — "(...) Outre sa carrière de journaliste, F. s'illustra surtout comme révolutionnaire. Malgré ses alliances royalistes, il prit part à tous les événements de la Révolution, après avoir renoué avec ses anciens camarades Desmoulins et Robespierre. Il fut chargé de plusieurs missions dans les départements, par exemple à Marseille en 1793, où, par des atrocités, il essaya avec Barras de soumettre cette ville à l'autorité de la Convention. Encore en 1793, lorsque les Anglais se furent emparés de la ville de Toulon, Fréron fut chargé de la reprendre. Il commença par changer le nom de Toulon en celui de Port-la-Montagne, et fut responsable de l'exécution de centaines de Toulonnais. Au mois de mars 1794, le Comité de Salut Public le rappela à Paris, où il fit partie du Club des Cordeliers, et fut lié à la faction de Danton et de Desmoulins, contre Robespierre. Lors de la chute de ce dernier, le 9 thermidor (27 juil. 1794), Fréron et Barras dirigèrent l'attaque contre l'hôtel de ville, citadelle des robespierristes. Toujours avec Barras après les événements du 1er prairial An III (20 mai 1795), il reçut l'ordre de désarmer les habitants du faubourg Saint-Antoine, qu'il tenta en vain de raser. Vers la fin de la Révolution, il essaya de faire valoir son élection à la Guyane au Conseil des Cinq-Cents mais il fut repoussé. Après la révolution du 18 brumaire, il n'eut qu'un poste médiocre dans l'administration des hospices, en dépit de ses rapports personnels avec les Bonaparte." (Lawrence Lynch, Dictionnaire des journalistes)

128.          GUILLON de MONTLÉON (Abbé Aimé). Mémoires pour servir à l'histoire de la ville de Lyon pendant la Révolution. P., Baudouin Frères, 1824, 2 vol. in-8°, (2)-464 et 449 pp, un plan dépliant de la ville de Lyon en frontispice, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française). Manque le troisième volume qui est très rare

            120

"Ces mémoires furent rédigées entre 1793 et 1797, donc sur le vif, par l'abbé Guillon, qui fut témoin de la plupart des événements qu'il relate dans cette histoire de la ville de Lyon durant la Révolution." (Fierro, 684)

129.          JAURÈS (Jean). Histoire socialiste de la Révolution française. Edition revue et annotée par Albert Soboul, préface par Ernest Labrousse. P., Messidor/Editions Sociales, 1983-1986, 7 vol. in-8°, 515, 469, 669, 565, 514, 744 et 478 pp, texte sur 2 colonnes, notes, biblio, brochés, dos passés, qqs surlignures et marques au crayon sur 4 volumes, état correct

            100

Tome I (1ère et 2e partie) : La Constituante ; II : La Législative ; III : La République ; IV : La Révolution et l'Europe ; V : La mort du roi et la chute de la Gironde ; VI : Le Gouvernement révolutionnaire. — "... C'est Jaurès cependant qui le premier a voulu voir dans la Révolution française un phénomène social et donc d'origine économique. (...) Jaurès a publié de 1901 à 1903 les quatre volumes sous couverture rouge de son “Histoire socialiste de la Révolution française” : pour la première fois dans l'historiographie révolutionnaire, il exposait l'histoire de la Révolution en lui donnant franchement comme fondement les faits économiques et sociaux. Non que Jaurès ait méconnu l'importance du mouvement philosophique. Il n'en reste pas moins, et Jaurès le marque avec vigueur, que la Révolution fut l'aboutissement d'une longue évolution économique et sociale qui fit de la bourgeoisie la maîtresse du pouvoir et de l'économie. (...) Sûreté de la méthode, richesse de la documentation, impartialité merveilleuse, comme l'avait déjà souligné Aulard, belle ordonnance du récit : tels sont les traits que souligne également Mathiez. « C'était la première fois qu'une tentative aussi vaste, aussi hardie et aussi heureusement conduite dans l'ensemble était faite pour joindre au tableau des événements politiques le tableau des événements économiques qui les conditionnent et les expliquent »." (Albert Soboul, Annales historiques de la Révolution française, 1979)

130.          JOMINI (Général Antoine-Henri). Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution. Nouvelle édition, rédigée sur de nouveaux documens, et augmentée d'un grand nombre de cartes et de plans. P., Anselin et Pochard, 1820-1824, 15 vol. in-8°, 45 tableaux dépliants hors texte (états de situation des armées), reliures demi-veau cerise, dos lisses avec titres, fleurons et filets dorés, filets à froid, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état. Rare. Manque le rarissime atlas, comme presque toujours...

            1000

Complet en 15 volumes, mais sans l'atlas. Le livre fut préparé pour la publication par Jean-Baptiste Koch (1782-1861), qui avait été l'aide de camp de Jomini après Lützen et l'avait rejoint en Russie en 1815. — Dans son “Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution”, Jomini traite aussi bien des aspects politiques et diplomatiques du conflit que de ses dimensions opérationnelles, maritimes et coloniales. Il laisse aussi transparaître sa conception des relations internationales. Pour lui, chaque Etat essaie d'étendre le rayon de sa puissance et c'est légitime, dans la mesure où cela ne cause pas à l'humanité de “commotions trop violentes”. Dans certaines limites, Jomini accepte que des conquêtes résultent d'une telle politique. Mais il estime qu'il existe “un petit nombre de problèmes généraux dont la solution appartient à toute l'Europe”, notamment “les principes sur le droit des neutres, sur un équilibre maritime et sur la balance politique du continent”. Jomini est partisan d'un équilibre européen, maintenu au besoin par des “guerres d'intervention”, et il est hostile à toute domination des mers. Il est opposé à tout extrémisme, à toute “politique du pire”. Il en appelle à la raison, à la modération. C'est un adversaire de l'Ancien Régime, un partisan des réformes éclairées. Il évalue les buts de guerre en fonction de la politique. Il fait parfois de longues considérations sur la diplomatie et énonce des vues géopolitiques à long terme qui ne manquent pas de perspicacité. Il a ces mots à propos de l'intention des Français de créer une république en Italie : “En jugeant l'opération sous un point de vue plus éloigné, dans la supposition qu'on parvînt à faire reconnaître à la paix l'indépendance de cette république, la France devait gagner en puissance relative, ce qu'aurait perdu l'Autriche en force effective ; car le besoin de leur propre conservation attachait toujours ces nouveaux Etats à ceux dont les armes victorieuses protégeaient leur berceau.” (Bruno Colson, “Lire Jomini”). — Le général Jomini laisse à la postérité plusieurs écrits aujourd’hui encore étudiés dans les écoles de guerre, qui font de lui le seul rival de Clausewitz : Traité de grande tactique, Vie politique et militaire de Napoléon, Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution, Traité des grandes opérations militaires, Précis de l’art de le guerre. — Tome I : Introduction (ix-351 pp) ; T. 2 : Campagne de 1792 (386 pp) ; T. 3 : Campagne de 1793, première période (447 pp) ; T. 4 : Campagne de 1793, seconde période (459 pp) ; T. 5 : Campagne de 1794, première période (342 pp) ; T. 6 : Campagne de 1794, seconde période (366 pp) ; T. 7 : Campagne de 1795 (373 pp) ; T. 8 : Campagne de 1796, première période (399 pp) ; T. 9 : Campagne de 1796, seconde période (341 pp) ; T. 10 : Campagnes de 1797 et de 1798 (519 pp) ; T. 11 : Campagne de 1799, première période (460 pp) ; T. 12 : Campagne de 1799, deuxième période (470 pp) ; T. 13 : Campagne de 1800, première période (446 pp) ; T. 14 : Campagnes de 1800 et de 1801 (460 pp) ; T. 15 : Campagnes de 1802 et de 1803 (153 pp).

131.          KERMINA (Françoise). Hans-Axel de Fersen. Perrin, 1985, in-8° 430 pp, 16 pl. de gravures hors texte, une carte et un plan, biblio, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

"Le plus aimé, le plus aimant des hommes." (Marie-Antoinette). Noble, brave et beau, il reste à jamais le chevalier servant de Marie-Antoinette, celui qui tenta l'impossible pour la sauver.

132.          KERMINA (Françoise). Madame Roland ou la passion révolutionnaire. Perrin, 1976, in-8°, 419 pp, préface d'André Castelot, 16 pl. de gravures hors texte, sources, reliure skivertex carmin de l'éditeur, bon état

            20

"... F. Kermina a essayé de faire revivre intensément son héroïne. Et elle y est parvenue. Manon Roland est là, présente devant nous. Il fallait je crois une femme pour nous faire comprendre – et aimer – ce personnage à la fois rude et tendre qui revit sa brûlante existence dans un cachot de l'Abbaye, avant sa lente marche vers l'échafaud, – une marche où elle fit preuve d'un courage qui émeut profondément..." (André Castelot)

133.          KORNGOLD (Ralph). Robespierre, le premier des dictateurs modernes. Payot, 1936, in-8°, 348 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

"Le livre de M. Korngold est dépourvu de notes et de bibliographies, bien qu'assez volumineux ; cependant, il semble avoir été consciencieusement préparé et il se présente au « grand public » comme une biographie, inégalement détaillée sans doute, mais suffisamment précise. L'auteur est favorable à Robespierre ; dans le caractère du personnage, il ne critique guère qu'un trait : la tendance à se mettre toujours en scène dans ses discours et à faire de l'exposé politique un plaidoyer pro domo. Il estime d'ailleurs que Robespierre n'était pas un homme d'action (p. 177), ce que je crois exact : entendez qu'il n'était pas un homme de main, propre à recruter le personnel de l'émeute ou du coup d'état et à le conduire..." (Georges Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, 1937)

134.          LA FERRONNAYS (Comte Auguste de). En émigration. Souvenirs tirés des papiers du comte A. de La Ferronays (1777-1814), par le marquis Costa de Beauregard. Plon, 1900, in-8°, iii-428 pp, un portrait héliogravé en frontispice, reliure demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque signée Franz), qqs rousseurs, bon état

            150

"Le comte Auguste de La Ferronnays, né en 1777, émigra avec son père en 1791, combattit à l'armée de Condé, s'attacha ensuite à la fortune du duc de Berry, fut un moment au service du roi de Suède, revint auprès des Bourbons, et rentra avec eux en France en 1814 ; ambassadeur à Saint-Pétersbourg de 1821 à 1828, puis ministre des Affaires étrangères, il abandonna le service de l'État lors de la Révolution de 1830, et mourut en 1842. La comtesse de La Ferronnays, née de Montsoreau, avait gardé avec soin les lettres que lui écrivit son mari au cours de ses nombreuses absences ; elle les légua à ses enfants, avec un journal personnel de sa vie. De ces papiers, qu'il a eus à sa disposition, M. Costa de Beauregard, de l'Académie française, a tiré ce livre. Les parties les plus intéressantes sont celles qui sont consacrées au duc de Berry, dont La Ferronnays fait un portrait peu flatté ; à l'entourage du comte de Provence, dont il juge sévèrement la folle présomption et les desseins incohérents ; à la vie à Hartwell ; aux relations des Bourbons déchus avec les cours étrangères, et à la façon tout à fait cavalière dont les autres souverains les traitaient." (Pierre Caron, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1900) — "Source capitale pour la vie des émigrés restés fidèles au roi après Brumaire : l'armée de Condé (ch. VI), Cadoudal (ch. IX), Louis XVIII à Mittau (ch. X), Hartwell (ch. XVI). Il ne s'agit pas de mémoires à proprement parler mais de fragments de lettres ou de souvenirs reliés par une biographie de La Ferronnays." (Fierro, 793 ; Tulard, 806)

135.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Vieilles maisons, vieux papiers. Nouvelle édition annotée par André Castelot. Perrin, 1980-1981, 6 vol. in-8°, 348, 332, 346, 352, 284 et 247 pp, préface d'André Castelot suivie de Souvenirs personnels inédits sur Lenotre par Pierre Bessand-Massenet, 391 gravures dans le texte et hors texte, notes d'André Castelot, reliures skivertex carmin de l'éditeur, titres dorés aux 1ers plats et aux dos, jaquettes illustrées, bon état

            120

Complet en 6 volumes.

136.          LESCURE (Mathurin de). Rivarol et la société française pendant la Révolution et l'émigration (1753-1801). Etudes et portraits historiques et littéraires d'après des documents inédits. P., Plon, 1883, gr. in-8°, xii-516 pp, reliure demi-basane carmin, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid et doubles filets dorés, titres dorés (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, accroc sur un nerf, bon état. Edition originale

            150

137.          LOUVET de COUVRAY (député à la Convention nationale). Mémoires, avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, xii-398 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            100

Les Mémoires de Louvet tiennent une place originale parmi les Mémoires sur la Révolution. Mêlé de près à l'aventure révolutionnaire, Louvet, député girondin, adversaire résolu de Robespierre, raconte avec la vivacité de style qui lui a servi à peindre “Les Amours du chevalier de Faublas” l'aventure à travers une France hostile des Girondins proscrits après le 31 mai 1793. Avec une précision concrète qui fait de ces Mémoires un témoignage irremplaçable, Louvet décrit l'expérience vécue et directe de sa fuite avec quelques compagnons, d'une ville à l'autre, d'un bourg à l'autre...

138.          [Massacres de Septembre]. Mémoires sur les Journées de septembre 1792. Par M. Jourgniac de Saint-Méard, Mme la marquise de Fausse-Lendry, l'abbé Sicard, et M. Gabriel-Aimé Jourdan, suivis des délibérations prises par la Commune de Paris et des procès-verbaux de la mairie de Versailles. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, xvi-372 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            100

"Cet ouvrage reprend plusieurs récits de témoins occulaires de la journée de septembre 1792. Il fait partie de la célébre Collection des Mémoires relatifs à la Révolution française, dirigée par Barrière, qui s'efforçait de réunir des témoignages historiques bruts." (Fierro, 1014)

139.          MASSIN (Jean). Robespierre. Club Français du Livre, 1956, in-8°, 318 pp, 19 gravures, biblio, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée. Bien complet du dépliant volant contenant un plan des sections de Paris et 2 cartes

            25

"Jean Massin fait une part importante à l'activité de l'homme politique. Son récit est bien documenté et au courant des nombreuses études qui ont été publiées sur Robespierre (...) Ses conclusions nous semblent fort pertinentes. Quel est le bilan de Robespierre ? demande Jean Massin. « Contre la plus grande partie de la bourgeoisie elle-même, répond-il, Robespierre a conduit à la victoire la Révolution bourgeoise. » « II a sauvé la France de l'invasion étrangère. Il a maté suffisamment la contre-révolution monarchique et aristocratique pour qu'elle devienne impuissante à effectuer aucune restauration durable. Il a poussé la démocratie encore bourgeoise des droits de l'homme jusqu'aux extrêmes limites de l'égalité dont elle est susceptible. Il a amorcé une trajectoire d'égalité sociale et de limitation du droit de propriété qui rendra possible à ses successeurs d'aller jusqu'au socialisme... » II a pour la première fois expérimenté la dictature révolutionnaire." (Jacques Godechot, Annales ESC, 1957)

140.          MEILLAN (Arnaud-Jean). Mémoires de Meillan, député par le département des Basses-Pyrenées à la Convention Nationale, avec des notes et des éclaircissements historiques. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, 331 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            90

"Ces Mémoires, qui sous la forme d'une adresse à ses commettants des Basses-Pyrénées, retracent la carrière politique du député Girondin : quoiqu'il ait toujours adopté des positions modérées, notament dans l'affaire du procès du Roi, il ne figure pas sur la liste des proscrits du 2 juin 1793, mais il quitta Paris de lui-même . Meillan commence ses mémoires aux Massacres de Septembre 1792 et les termine à la mort de Robespierre. Bien sûr il se montre très hostile à la Terreur et aux Jacobins." (Tourneux, 24051 ; Fierro, 985)

141.          MOLÉ (Mathieu). Souvenirs d'un témoin de la Révolution et de l'Empire (1791-1803). Pages inédites retrouvées en 1939, publiées et présentées par la marquise de Noailles. Genève, Editions du Milieu du Monde, 1943, pt in-8°, 413 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. défraîchie, état correct

            25

"La mort du père de Molé sur l'échafaud, ses fiançailles, son mariage, les salons sous le Directoire, l'Angleterre après la paix d'Amiens, la réorganisation de la France, l'entrée au conseil d'Etat." (Fierro, 1041 ; Tulard, 1030).

142.          [Prisons]. Mémoires sur les Prisons. P., Baudouin Frères, 1823, 2 vol. in-8°, xi-304 et 511 pp, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            180

Recueil de plus d'une quinzaine de mémoires très intéressants sur les prisons et sur certains prisonniers célèbres durant la Révolution française, comme Honoré Riouffe (1764-1813) détenu sous le régime de Robespierre. Contient une foule de témoignages précis et parfois très poignants sur les conditions de détention, comme le mémoire "Les Horreurs des prisons d'Arras, ou les crimes de Joseph Lesbon". — Tome I : Mémoires d'un détenu, pour servir à l'histoire de la tyrannie de Robespierre (par Riouffe) ; L'Humanité méconnue, ou les Horribles souffrances d'un prisonnier (par Joseph Paris de l'Epinard) ; L'incarcération et les terreurs paniques de Beaumarchais ; Le tableau historique de la prison de Saint-Lazare, avec une notice sur la vie de Riouffe, des notes et des éclaircissements historiques. – Tome II : Mémoires qui concernent les prisons de Port-Libre, du Luxembourg, de la rue de Sèvres, etc., etc., suivis du voyage des cent trente-deux Nantais, et d'une relation des maux soufferts par les prêtres déportés dans la rade de l'île d'Aix, avec des notes et des éclaircissements historiques.

143.          RAPINE de SAINTE-MARIE (Henri). Les Critiques et Pamphlets de Guyot Sainte-Hélène, avocat au Parlement de Paris (XVIIIe siècle), pour servir à l'histoire de la Révolution. Publiés d'après le manuscrit original et annotés par Henri Rapine de Sainte-Marie. Nevers, Librairie Ropiteau, 1912, in-12, 203 pp, broché, couv. lég. piquée, qqs rares rousseurs, bon état (Documents pour servir à l'Histoire de la Révolution)

            30

"Guyot Sainte-Hélène (1740-1821), un avocat au Parlement de Paris qui devint juge au Tribunal de la Seine sous l'Empire, possédait un redoutable talent de pamphlétaire, et il s'attaque à l'administration du duché, d'abord en 1786 dans une charge contre le contrôleur général Parmentier dans deux lettres de Fromentet et Jean Fity, puis dans 'Patatras', son oeuvre essentielle où il parle au nom de Fleurimond Bondon, langueyeur de porcs, conseil ordinaire des pauvres manans et habitans du faubourg de Moüesse-lez-Nevers; cette grande attaque contre le Duc de Nivernais et ses conseillers mérite l'attention, le style est vigoureux, Guyot utilise à merveille la langue populaire." (Guy Thuillier, Anthologie des Auteurs Nivernais de 1789 à 1800)

144.          REISET (Vicomte de). Les Reines de l'émigration. Anne de Caumont-La Force, comtesse de Balbi. P., Emile-Paul, 1908, pt in-8°, xxxviii-542 pp, un portrait héliogravé sous serpente légendée en frontispice, sources, index, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état

            60

La vie extravagante d'Anne-Jacobée Nompar de Caumont-La Force (1753-1832), qui fut l'« amie » toute platonique du comte de Provence avant la Révolution, puis dans l'exil. — "La littérature sur l'émigration nous a fourni plusieurs ouvrages, dont quelques-uns de valeur. Nous ne nous arrêterons pas longtemps à la biographie de la comtesse de Balbi, écrite par M. le vicomte de Reiset, non pas qu'elle ne soit amusante et que l'auteur ne se soit appliqué très consciencieusement à nous retracer dans toutes ses péripéties l'existence de cette Anne-Jacobée de Caumont La Force, dame d'atours de Madame, en attendant qu'elle accompagnât Monsieur. Mais, vraiment, les amours de cette femme insolente, spirituelle et dévergondée, épouse et mère détestable, avec le gros comte de Provence, n'ont pas droit à occuper tant de place dans la littérature sérieuse, encore qu'elle eût « une taille de nymphe marchant sur les nuées » (p. 115) ; quoi qu'en dise l'auteur, les « négociations délicates » dont la favorite « avait été chargée maintes fois auprès des puissances étrangères » ne nous paraissent pas nécessiter une étude plus approfondie. D'ailleurs, son rôle « politique » fut terminé dès 1794, quand d'Aravay lui fit interdire de venir à Vérone..." (Rod. Reuss, Revue historique, 1909)

145.          ROLAND (Manon Phlipon, Madame). Mémoires de Mme Roland, avec une notice sur sa vie, des notes & des éclaircissemens historiques par MM. Berville & Barrière. P., Baudouin Frères, 1821, 2 vol. in-8°, xlviii-380 et 448 pp, deuxième édition, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            150

"Epouse du ministre de l'Intérieur, Roland de La Platière, égérie des Girondins, Madame Roland fut une des personnalités les plus fortes de la Révolution. Détestée des Montagnards, elle fut arrêtée avec les Girondins, le 31 mai. Durant ses cinq mois de détention, elle rédigea ses mémoires, source exceptionnelle pour l'histoire de la Révolution entre 1789 et 1793." (Fierro, 1282) — Madame Roland naît en 1754, fait des études brillantes, épouse un financier du roi : ces prémices aboutissent en général à un salon bourgeois. Elle eut un salon. Elle y rencontra l'Histoire, et l'Histoire ne la lâcha plus. Roland de la Platière, son mari, devint ministre de l'Intérieur, alors elle put penser qu'elle triomphait, et avec elle l'idéal révolutionnaire : Plutarque, les stoïciens, la justice, l'égalité, la vertu. Mais le vent tourna. Les Girondins avaient tous fréquenté chez elle : elle fut suspecte comme eux, et comme eux condamnée. Toute la Révolution défile dans ces Mémoires, avec ses frémissements et ses violences.

146.          SAPINAUD de BOISHUGUET (Jeanne-Ambroise-Michel-Marie Talour de La Cartrie, Madame de) / TURREAU (Louis-Marie, dit de Garambouville, baron de Lignières). Mémoires sur la Vendée, comprenant les mémoires inédits d'un ancien administrateur militaire des armées républicaines, et ceux de Madame de Sapinaud. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, (4)-224-vi-192 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frotté, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            150

"Avec ceux de Madame de La Rochejaquelein, les mémoires de madame de Sapinaud ont eu un très grand succès. Ils donnent une bonne description des guerres en Vendée." (Fierro, 1318) — "Mis à la tête de l'armée de l'Ouest en novembre 1793, Turreau se rendit célèbre par les massacres auxquels il fit procéder en Vendée. Dénoncé après la chute de Robespierre, il fut arrêté, jugé et acquitté en novembre 1795 par un tribunal militaire. Ses mémoires, écrits de sa prison, constituent une justification de son action." (Fierro, 1425)

147.          [SAVARY, Jean-Julien-Michel]. Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République française ou Annales des départements de l'Ouest pendant ces guerres, d'après les actes et la correspondance du Comité de salut public, des ministres, des Représentans du peuple en mission, des agens du gouvernement, des autorités constituées ; des généraux Berruyer, Biron, Canclaux, Rossignol, Santerre, L'Echelle, Kleber, Marceau, Turreau, Moulin, Hoche, etc., et d'après les règlements, proclamations et bulletins du conseil supérieur et des chefs Vendéens et des Chouans par un officier siupérieur des armées de la République habitant dans la Vendée avant les troubles. P., Baudouin Frères, 1824-1825, 4 vol. in-8°, 466-(4), 515, 588 et 508 pp, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française). Manquent les tomes 5 et 6 qui sont très rares

            300

Tomes 1 à 4 (sur 6). Ouvrage majeur sur les guerres de Vendée. — "Juge et président du tribunal de Cholet, commissaire civil à l'état-major de Kléber pendant la Guerre de Vendée, Savary finit chef de brigade. Il raconte les atrocités de cette guerre civile en les réprouvant généralement." (Fierro 1324) — "Les Guerres des Vendéens, etc, ont paru sans nom d'auteur mais elles ont été généralement attribuées à M. Savary. Il y a dans cet ouvrage un nombre de lettres de lui et des pièces officielles qu'il n'a pu se procurer que comme chef d'état major dans cette guerre. L'auteur dit dans la préface : « J'ai lu tous les écrits qui ont paru sur la Vendée et la Chouanerie ; je les ai analysés, comparés entre eux, dans l'espoir d'y trouver la vérité des faits. J'avais, pour en juger, le triste avantage d'avoir été moi-même témoin et victime des déplorables événements qui ont si longtemps désolé les départements de l'Ouest. J'ai été trompé dans mon attente... » Or, l'on sait que M. Savary, et le titre même de l'ouvrage l'annonce, habitait dans la Vendée avant les troubles, puisqu'il était président du tribunal de Chollet. De plus, on reconnaît partout, dans cet ouvrage sa modestie, quand il parle de lui : « Je ne me présente point ici comme historien dit-il encore dans sa préface... ; je laisserai parler, agir les acteurs de cet épouvantable drame, chacun selon ses formes et son langage. La vérité s'y fera mieux sentir à travers les différentes phases de la Révolution : je me permettrai seulement quelques réflexions, quelques observations relatives aux événements, et le lecteur jugera »." (Quérard, 5, 493)

148.          SECHER (Reynald). Le Génocide franco-français : La Vendée-Vengé. (Thèse). PUF, 1986, in-8°, 338 pp, préface de Jean Meyer, avant-propos de Pierre Chaunu, 13 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

            30

On a voulu oublier la Vendée. Mais on n'efface pas les lieux trahis de la mémoire de la France. A l'été 1790 se déclenche une réaction religieuse presque unanime contre la prétention des autorités révolutionnaires de réglementer le culte. Elle est suivie, trois ans plus tard, par le refus de la conscription au service d'une armée jugée impie. En réponse à cette insurrection des humbles, la Convention a organisé l'« extermination » des Vendéens, à commencer par les femmes, ces « sillons reproducteurs », et les enfants, de « futurs brigands » et l'« anéantissement de la Vendée » ; 770 communes deviennent hors-la-loi et, comme tels, condamnés à la « vindicte nationale » ; le nom même de Vendée cède la place au département « Vengé ». Les moyens sont éloquents : camps, fours crématoires, sabrades. Les bilans, tant humains que matériels, sont impressionnants. A sa sortie en 1986, ce livre avait choqué par la crudité que révélaient les archives. Une contribution importante à l'histoire de la Révolution.

149.          SOBOUL (Albert). Les Soldats de l'an II. Club Français du Livre, 1959, in-8°, 298 pp, 9 gravures, biblio, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée

            25

"... On voit le grand intérêt de cet ouvrage. Tantôt rassemblant avec bonheur des éléments connus, tantôt apportant sur le comportement du soldat de l'An II des vues neuves, Albert Soboul a fait revivre des types d'hommes dont il ne dissimule ni les faiblesses ni les défauts, mais qui, malgré les profondes différences provenant de leurs origines régionales ou professionnelles, se sont trouvés conscients des mêmes nécessités et ont été animés par le même patriotisme. Compte tenu des lacunes de nos connaissances, que seules des études d'ensemble sur les contrôles de troupes pourraient réduire, Albert Soboul a présenté une synthèse brillante qui invite à la réflexion et suscitera, espérons-le, de nouvelles recherches, car débarrassés de la légende et ramenés à leurs proportions humaines, les soldats de l'An II restent de fort émouvantes figures." (André Corvisier, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1961) — Table : L'armée d'Ancien Régime ; La Garde nationale (1789-1791) ; Les Volontaires (1791-1792) ; La levée en masse (1793) ; La mobilisation matérielle (1793-1794) ; L'armée nationale révolutionnaire (1793-1794) ; L'armée en l'an II.

150.          THIBAUDEAU (Antoine Clair, comte). Mémoires sur la Convention et le Directoire. P., Baudouin Frères, 1824, 2 vol. in-8°, 400 et 420 pp, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rousseurs, dos lég. frottés, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française). Edition originale

            250

"Avocat de Poitiers, partisan des idées nouvelles, Thibaudeau fut procureur-syndic de sa ville avant d'être élu à la Convention, où il vota la mort de Louis XVI. Elu au Conseil des Cinq-Cents, il fut un des défenseurs de la République modérée sous le Directoire avant de se rallier à Bonaparte au 18 Brumaire. Il écrivit ses mémoires durant son exil pendant la Restauration. Ils sont d'une excellente qualité, généralement exacts et bien informés. Thibaudeau est une des bonnes sources de l'histoire de la Révolution française." (Fierro, 1391)

151.          TOURZEL (Duchesse de). Mémoires de Madame la duchesse de Tourzel, gouvernante des enfants de France pendant les années 1789, 1790, 1791, 1792, 1793, 1795. Publiés par le duc des Cars. Plon, 1904, 2 vol. in-8°, xxiv-404 et 355 pp, ouvrage enrichi du dernier portrait de la reine (pastel fait en 1791 par Kucharsky), reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état

            200

Témoignage de premier plan pour la vie de la Famille Royale entre octobre 1789 et les massacres de septembre 1792." (Fierro 1409) — Devenir gouvernante des enfants de France le 26 juillet 1789 et ne plus les quitter jusqu'à leur emprisonnement au Temple, tel est le destin de Mme de Tourzel et le sujet de ses Mémoires. Mme de Tourzel est donc l'irremplaçable témoin des grands événements de la Révolution. Lors des massacres de septembre, elle est enfermée dans la même cellule que la princesse de Lamballe et échappe par miracle à une mort affreuse. On comprend que ces Mémoires-là manquent d'objectivité. Qu'importe ? On n'y trouve que plus de vie, d'émotion et de passion. Et quand vous entrerez dans la berline qui va s'enfuir à Varennes, à la suite de Mme de Tourzel, qui y joua le rôle de la baronne de Korff, vous espérerez, vous aussi, que le voyage aura une heureuse issue ! Un document capital sur la Révolution française. — La Révolution débutait à peine, que la duchesse de Tourzel fut nommée gouvernante des deux enfants de Louis XVI et Marie-Antoinette : Louis XVII (4 ans) et Madame Royale (10 ans). Fidèle parmi les fidèles, elle partagea tous les instants de leur vie : Les émeutes à Versailles, la conduite aux Tuileries, la fuite à Varennes, la détention au Temple, les procès... Femme de caractère assurément, la duchesse de Tourzel a su trouver dans ses Mémoires, le langage simple et dépouillé, pour nous faire ressentir la succession de peurs, d'espoirs, d'angoisses, de terreurs ou de soulagements que cette époque tourmentée faisait éprouver à chacun. "On me conduisit à la porte de la prison, et lorsque je fus au moment de passer le guichet, ces mêmes hommes, qui étaient prêts à me massacrer, se jetèrent sur moi pour m'embrasser et me féliciter d'avoir échappé au danger qui me menaçait. Cela me fit horreur, mais il n'y avait pas moyen de s'y refuser. J'en éprouvai une bien plus vive lorsque, sortant de la rue des Ballets pour entrer dans la rue Saint Antoine, je vis comme une montagne de débris des corps de ceux qui avaient été massacrés, de vêtements déchirés et couverts de boue, entourés d'une populace furieuse qui voulait que je montasse dessus pour crier : Vive la nation !" — "La voiture allait au petit pas. On traversa d'abord la place Vendôme, où la voiture s'arrêta. Et Manuel, faisant remarquer au Roi la statue de Louis XIV qui venait d'être renversée, eut l'insolence d'ajouter ces paroles : "Vous voyez comme le peuple traite les rois" Le Roi rougit d'indignation ; mais, se modérant à l'instant, il répondit avec un calme angélique : "Il est heureux, monsieur, que sa rage ne se porte que sur des objets inanimés." Le plus profond silence suivit cette réponse et dura tout le long du chemin. On prit les boulevards, et le jour commençait à tomber lorsqu'on arriva au Temple.

152.          VANDAL (Albert). L'Avènement de Bonaparte. I. La Genèse du Consulat. Brumaire. La constitution de l'an VIII – II. La République consulaire, 1800. Plon, 1907, 2 vol. gr. in-8°, ix-600 et 540 pp, reliures demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs, titres et tomaisons dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), mors frottés, bon état

            70

« Depuis la chute de Robespierre jusqu’à l’avènement de Bonaparte, un fait domine l’histoire politique de la Révolution : l’effort des révolutionnaires nantis, en possession des places et de l’influence, pour se maintenir au pouvoir, pour s’y perpétuer obstinément, malgré et contre la nation. » Une importante étude analysant « comment Bonaparte s’empara du pouvoir, dans la France révolutionnée, et comment, affranchissant les Français de la tyrannie jacobine sans les courber encore sous la lourdeur de son despotisme, il posa les premières bases de la réconciliation et de la reconstitution nationales. » A noter une analyse remarquable de la constitution de l'an VIII au premier volume. Professeur à l’Ecole des Sciences politiques et membre de l’Académie française, Vandal se place au premier rang des historiens français.

153.          VILLIERS (Baron Marc de). Histoire des Clubs de femmes et des Légions d'Amazones, 1793-1848-1871. Plon, 1910, in-8°, 422 pp, 2 planches doubles en hors texte, broché, très bon état

            120

Livre très important pour l'étude du féminisme en France au XIXe siècle. Il passe en revue toutes les régions de France, donne une quantité de renseignements épars ou absents ailleurs. Les pp. 1 à 283 concernent la Révolution. — Table : Premières revendications politiques des citoyennes françaises pendant la Révolution ; Etta Pal d'Aelders ; Les sociétés fraternelles des deux sexes ; Les Amazones de la Révolution ; Clubs de citoyennes et manifestations féminines en province ; Le club des "Citoyennes révolutionnaires" ; Du 9 thermidor au 25 février 1848 ; Les Amazones de 1848 ; Le mouvement féministe de 1848 ; Le Club des femmes (1848) ; De juillet 1848 au mois d'octobre 1870 ; Le siège de Paris et la Commune.

154.          WARESQUIEL (Emmanuel de). Talleyrand, le prince immobile. Fayard, 2003, in-8°, 796 pp, 24 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, généalogies, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

"Je veux que pendant des siècles, on continue à discuter sur ce que j'ai été, ce que j'ai pensé, ce que j'ai voulu " A lire les injures, les jugements à l'emporte-pièce et les contresens qu'ont commis sur lui presque tous les historiens, le Diable boiteux a été entendu au-delà de ses espérances ! Il faut dire qu'il a lui-même brouillé les pistes à plaisir, qu'il est resté au pouvoir pendant plus d'un demi-siècle, qu'il a servi neuf régimes et prêté treize serments. Il faut ajouter que, né et formé sous le règne de Louis XV et mort l'année de l'avènement de Victoria, ce corrompu, cet homme qui savait faire marcher les femmes, ce joueur invétéré n'est ni un traître par profession ni même un intrigant de haute volée, comme le voudraient la plupart de ses biographes. On ne peut pas non plus soutenir sérieusement qu'il ait voulu à toute force servir la France, donner chair à des idées, poursuivre un idéal. Doit-on alors saluer l'artiste et se résoudre à n'avoir jamais le fin mot ? Rien de tel. Son ironie distante, sa subtilité et sa science de l'époque n'auraient pas suffi à Emmanuel de Waresquiel s'il n'avait aussi dépouillé, en France et à l'étranger, d'innombrables cartons d'archives qui lui ont livré des centaines d'informations inédites et d'éclairages nouveaux sur des points obscurs ou controversés. Avec ses intuitions et son sens de la formule, par touches successives, il dresse du personnage le plus complexe et le plus ambigu de notre histoire un portrait profondément humain, entièrement nouveau, cohérent et intelligible. Il fait revivre une figure d'une intelligence et d'une énergie exceptionnelles qui s'est montrée à la hauteur des secousses terribles auxquelles l'Europe a été soumise il y a deux siècles ; un grand seigneur de l'ancien temps fidèle à ses origines, qui a littéralement créé le rôle de l'homme de pouvoir moderne ; un visionnaire et un formidable metteur en scène de sa vie qui s'est forgé son propre destin en pesant sur les événements, tout en gardant la maîtrise de lui-même jusque sur son lit de mort. A cette biographie définitive est joint un cahier contenant de nombreux documents iconographiques le plus souvent inédits.

155.          WEBER (Joseph). Mémoires de Weber, concernant Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche et Reine de France et de Navarre ; avec des notes et des éclaircissemens historiques, par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1822, 2 vol. in-8°, viii-511 et 380 pp, reliures demi-basane havane, dos lisse avec filets dorés, pièces de titre et d'auteur basane noire, tranches mouchetées (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, dos lég. frottés, pt. manque de cuir au tome 2, erreur de tomaison aux dos, bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            180

"Fils de la nourrice de Marie-Antoinette, Weber suivit sa soeur de lait en France, fut nommé commis aux finances en 1782, émigra après les massacres de septembre 1792. Ses mémoires n'ont pas été rédigés par lui, on a cru pouvoir y discerner plusieurs mains, dont celle de Lally-Tollendal. Ils constituent essentiellement une biographie de la Reine." (Fierro, 1494) – Les frères Baudouin, lors du procès que leur fit Weber, produisirent "une lettre de Lally-Tollendal par laquelle il reconnaissait avoir rédigé d'après ses souvenirs personnels et ceux du duc de Choiseul, ce qui concernait l'intérieur de la Reine et d'après un petit nombre de notes de Weber, l'avant-propos et les 3 premiers chapitres." (Tourneux) — "On trouve dans chaque tome d'abondantes notes biographiques et historiques." (Martin et Walter, 33860) – Les “Eclaircissemens historiques et pièces officielles” (pp. 293-380 du tome II) contiennent notamment le récit de la conduite du régiment des gardes-suisses le 10 août 1792, par Pfyffer d'Altishoffen, avec les noms de ceux qui prirent part à cette journée.

PREMIER EMPIRE

 

156.          ARNNA (Jacques). Napoléon financier. Lettres au comte Mollien, ministre du Trésor public. Présentées et commentées. Rochecorbon, Editions Charles Gay, 1959, in-4°, xxiii-(1)-423-(2) pp, avant-propos de Bertrand Gille, un portrait en couleurs en frontispice, 3 planches (dont 2 portraits) et 3 plans sur 2 ff. doubles hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

            60

Edition critique de cette correspondance (du 16 mars 1803 au 9 juin 1815) conservée au Département des Manuscrits du Museo Julio Lobo de La Havane à Cuba. Ces lettres proviennent de la collection Julio Lobo ; elles avaient précédemment appartenu à André de Coppet. Magnifique publication tirée à petit nombre sur papier couché. — "Dans la publication de M. Arnna, 533 lettres envoyées par Napoléon du 16 mars 1803 au 9 juin 1815 à Mollien, son ministre du Trésor, sont réunies et commentées de manière excellente. Malgré la brièveté de certains billets, leur intérêt est capital. Non qu'ils nous éclairent davantage sur la personnalité du comte Mollien, déjà connue par ses Mémoires et sa correspondance privée, mais ils nous révèlent un côté méconnu du génie napoléonien : le financier. M. Bertrand Gille, dans un remarquable avant-propos, rappelle que l'empereur, « plus préoccupé de gloire militaire et politique, n'a guère fait allusion dans ses conversations de l'exil à cet aspect de son activité. » Gaudin, Mollien et Chaptal ont prétendu dans leurs mémoires avoir enseigné à l'empereur les rudiments de la finance et de l'économie. Napoléon a en tout cas très vite assimilé ces difficiles questions. La correspondance échangée avec Mollien confirme cette impression. Y sont abordés les problèmes les plus importants : rapports entre l'État et la Banque de France, krach des Négociants Réunis, trafic des licences, né du Blocus, crise de 1810 et politique de prêts aux manufactures et au commerce, détresse du Trésor en 1813 que laisse entrevoir ce billet du 6 mars : « On manque d'argent à la Grande Armée, ce qui fait beaucoup de tort à mes affaires. » La lecture de ces lettres fait surtout apparaître l'étonnante atmosphère de spéculation qui accompagna le règne de Napoléon. Le Consulat s'ouvre sur une opération boursière fondée sur la réussite du coup d'État de Brumaire, et les débuts financiers de l'Empire sont compromis par les entreprises d'Ouvrard imaginant, à partir du recouvrement des créances françaises en Espagne, un gigantesque projet d'exploitation de l'Amérique du Sud qui, ébranlant le Trésor et la Banque de France, provoqua la disgrâce de Barbé-Marbois et son remplacement par Mollien au ministère du Trésor. Les réactions que révèle la correspondance qu'il échange avec Mollien ne permettent plus de voir en Napoléon « le comptable méticuleux » des histoires financières traditionnelles. Une politique cohérente se dégage de ces cinq cents lettres. M. Gille la définit ainsi : « Dans l'équilibre financier et économique, Napoléon estimait en tout cas, et à juste titre, que le Trésor public jouait un rôle considérable : c'était en quelque sorte la pierre angulaire de l'édifice. Il désirait donc avant tout que le mécanisme de la Trésorerie fût parfaitement agencé. »." (J. Tulard, “La Correspondance de Napoléon”, in Journal des Savants, 1966)

157.          AUBRY (Octave). Vie privée de Napoléon. Flammarion, 1939, fort pt in-8°, (x)-442 pp, bibliographie résumée, broché, non coupé, bon état (Coll. “L'Histoire”). Edition originale, un des mille ex. sur papier alfa

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"M. O. Aubry vient de publier une “Vie privée de Napoléon”, très attrayante, très savoureuse mais où, à travers l'anecdote ou le trait, il est permis de rechercher d'une part le caractère de l'Empereur, d'autre part l'influence de ses sentiments sur sa carrière politique. Tel fut d'ailleurs le double dessein de M. O. Aubry, en écrivant cette biographie. Trop souvent on a exalté Napoléon et l'on a voulu en faire un demi-dieu : c'est aux proportions de l'humanité que le ramène M. O. Aubry, mais d'une humanité supérieure, avec des dons admirables. Il ne fut inaccessible ni à l'amitié ni à l'amour, il se révéla en somme pareil à nous-mêmes dans ses douleurs, ses caprices, ses violences, mais, à côté de ces faiblesses de l'homme, il incarna aussi quelques-unes des plus hautes vertus." (Combes de Patris, Revue des études historiques, 1939)

158.          COCHELET (Louise, épouse Parquin). Mémoires sur la Reine Hortense et la famille impériale. P., Ollendorff, 1907, in-12, xi-267 pp, 2e édition, reliure demi-chagrin chocolat, dos lisse avec décor en long et titres dorés, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Choix de mémoires et écrits des femmes françaises aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles avec leur biographies par Mme Carette, née Bouvet). Peu courant

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Fille d'un avocat général du prince de Condé, Louise Cochelet naît en 1783 à Charleville. Sa famille s'installe à Paris et elle entre au célèbre Institut National de Saint-Germain, créé en 1794 par madame Campan, ancienne femme de chambre de la reine Marie-Antoinette. Elle y tisse des liens d'amitié avec Élisa et Caroline Bonaparte, soeurs de Napoléon, et surtout avec Hortense de Beauharnais, fille de l'impératrice Joséphine. Devenue reine de Hollande après son mariage avec Louis Bonaparte, Hortense l'engage comme lectrice, puis comme « dame pour accompagner », grâce à l'excellente éducation et à l'habitude des usages acquises à Saint-Germain. Après la seconde Restauration, Hortense et Louise émigrent en Suisse, à Arenenberg. Louise épouse le commandant Parquin, avec qui elle achète le château de Wolfsberg en 1824, dominant le lac de Constance. Ses “Mémoires sur la reine Hortense et la famille impériale”, rédigés dans une langue parfaite, sont publiés un an après sa mort en 1836. Avec Louise Cochelet, nous rencontrons le tsar Alexandre de Russie, Eugène de Beauharnais, le futur Napoléon III, Chateaubriand et madame Récamier, Franz Liszt et Marie d'Agout, Casimir Delavigne, le prince Esterhazy, la maréchale Ney et bien d'autres...

159.          DARD (Emile). Le Comte de Narbonne, 1755-1813. Un confident de l'Empereur. Plon, 1946, in-8°, 314 pp, un portrait en frontispice, biblio, index, broché, couv. très lég. salie, bon état (Grand Prix Gobert de l'Académie française 1944)

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La seule biographie de ce grand seigneur, qui, à l'instar de Caulaincourt, bénéficia de nombreuses confidences de Napoléon lors de la campagne de Russie. Un destin extraordinaire : fils naturel de Louis XV, ralié à la Révolution, dernier ministre de la guerre de Louis XVI, aide de camp et confident de Napoléon lors de la campagne de Russie et ambassadeur de France à Vienne en 1813, il mourra du Typhus la même année. — Né à Parme en 1755, Louis-Marie de Narbonne-Lara est-il le fils naturel de Louis XV ? Sa mère est dame d'honneur à la cour de Versailles et Narbonne reçoit une éducation privilégiée. Colonel à trente ans du régiment d'Angoumois puis de Piémont, il adopte les idées de la Révolution en 1789. Commandant en chef de toutes les gardes nationales du Doubs, il rétablit le calme troublé par les soulèvements agraires. Le 7 décembre 1791, il est appelé par Louis XVI au ministère de la Guerre, mais le portefeuille lui en est retiré le 9 mars 1792. Après la déclaration de guerre, il sert à l'armée, revient trop tard pour sauver la monarchie le 10 août et parvient à s'enfuir grâce à la protection de Mme de Staël. Il vit en exil à Londres puis en Suisse et en Allemagne ; il se rallie à Napoléon, qui lui confie diverses missions : gouverneur de Trieste en 1809, ambassadeur en Bavière, aide de camp particulier de l'Empereur lors de la campagne de Russie. A ce titre, il recueille de curieuses confidences de Napoléon que nous a conservées Villemain dans ses Souvenirs. Nommé ambassadeur à Vienne en 1813, Narbonne ne cesse, au cours de cette année capitale pour le destin de l'Empire, de prêcher la paix à Napoléon. Louis, Comte de Narbonne-Lara, est le fils naturel de Louis XV. Élevé au milieu de la famille royale il est destiné au plus grands emplois. Colonel à vingt-cinq ans et, partisan des idées nouvelles dès avant 1789, il devient en 1791 l’un des chefs de file du parti feuillant. Général, il est nommé Ministre de la Guerre du 6 décembre 1791 au 9 mars 1792, grâce à l’appui de Madame de Staël dont il est l’amant depuis 1789 et qui espère par lui réaliser ses idées constitutionnelles et ainsi sauver la monarchie. Narbonne se heurte vite aux partisans du Roi et de la Reine qui ne l’aiment pas. Sa tentative d’un coup de force militaire avec Lafayette, Luckner et Rochambeau amène Louis XVI à le renvoyer. Favorable à la guerre, Narbonne sert à l’armée et se bat aux frontières mais est contraint d’émigrer après le 10 août. Bien accueilli à Londres il est cependant considéré comme un renégat par les premiers émigrés. Rentré en France sous le Consulat, il est nommé général de division par Bonaparte le 8 mars 1801 mais, en raison de l‘hostilité cachée de Talleyrand à son égard, reste sans emploi jusqu‘en 1809 malgré ses instances répétées auprès de Napoléon pour retrouver un commandement ou une fonction . Au moment de la campagne d’Autriche, Talleyrand ayant perdu son crédit auprès de l’Empereur, Narbonne, qui admire l’armée nouvelle, peut enfin être reçu par Napoléon qui est immédiatement séduit et le nomme Gouverneur de Raab, puis de Trieste avant de l’envoyer comme Ministre plénipotentiaire à Munich. Il effectue diverses missions secrètes et prend part aux négociations qui précèdent le mariage avec Marie-Louise. Napoléon, en 1810, appréciant de plus en plus les qualités de Narbonne, en fait à la fois un de ses Aides de Camp et l’un de ses rares confidents aux cours de nombreux entretiens particuliers qu‘il aura avec lui désormais. Lors de la Campagne de Russie, le Général Comte de Narbonne, toujours très proche de Napoléon, sert avec une grande distinction et s’attire même les éloges du Bulletin de la Grande Armée pour son courage tranquille et l’élégance imperturbable de ses manières au milieu des pires épisodes de la tragique retraite. Au début de 1813 Narbonne , qui jouit de plus en plus de l’audience et de la confiance de l’Empereur qui n’hésite pas à le consulter sur différents sujets, est nommé Ambassadeur à Vienne à ce moment crucial. Clairvoyant, il s’aperçoit , malgré les palinodies de Metternich, que l’Autriche ne songe qu’à la guerre contre la France ce dont il prévient Napoléon qui ne veut pas le croire. Revenu auprès de l’Empereur et partisan de la paix, il est envoyé avec Caulaincourt au Congrès de Prague. Après la reprise des hostilités il est nommé Gouverneur de l’importante place forte de Torgau ou il organise la défense avec son activité et son courage habituels mais succombe le 17 novembre 1813 à l’épidémie de Typhus qui décime et emporte des milliers d’hommes de la garnison (17000 sur 26000 ) qui finit par capituler le 26 décembre. Napoléon, qui ne prodiguait pas les témoignages de regret, qualifia Narbonne « d‘ami » et assura à ses proches pensions et rentes que ne maintint pas Louis XVIII. A Sainte-Hélène Napoléon a porté sur Narbonne cette sentence: « C’était un homme de beaucoup d’esprit et qui avait aussi beaucoup de jugement. J’aurai dû le mettre au ministère des relations étrangères à la place de Caulaincourt ». Belle étude biographique de ce gentilhomme de très haute lignée, fils naturel de Louis XV, soldat et diplomate, rallié à la Révolution et devenu l'admirateur, le confident et l'aide de camp de Napoléon.

160.          GIROD de L'AIN (Gabriel). Désirée Clary, d'après sa correspondance inédite avec Bonaparte, Bernadotte et sa famille. Hachette, 1959, pt in-8°, 414 pp, broché, couv. illustrée lég. abîmée, état correct

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"D'un rare bon sens, d'un don d'observation plein d'humour, fort jolie jusqu'à la quarantaine, franche et gaie de caractère, Désirée Clary ne semblait cependant pas marquée pour un destin sortant de l'ordinaire. Mais sa soeur Julie épousa Joseph Bonaparte, mais elle fut fiancée avec Napoléon, avant qu'il ne lui préférât Joséphine et, enfin, elle devint, le 17 août 1798, par un mariage purement civil, femme du général Bernadotte, promis aux destinées que l'on connaît. Désormais, elle entre dans l'histoire. Elle ne mourra qu'en 1860, à quatre-vingt-quatre ans. D'elle descendent les rois de Suède, de Danemark, de Norvège, de Belgique. Ce qui fait l'intérêt de cette biographie c'est que l'auteur a eu accès à de nombreux documents inédits qu'il cite abondamment. La personnalité de Désirée Clary en est éclairée, mais aussi celle d'acteurs plus connus de l'époque impériale et spécialement le premier d'entre eux. Désirée avait gardé copie de quelques-unes des lettres que Napoléon lui avait adressées pendant leurs fiançailles. C'est une contribution importante pour mieux connaître la jeunesse du futur empereur." (E. Tesson, Etudes, 1960)

161.          GOLOVINE (Barbe Nikolaievna Galitzine, comtesse N. N.). Souvenirs de la comtesse Golovine, née princesse Galitzine, 1766-1821, publiés avec une introduction et des notes par K. Waliszewski. Plon, 1910, in-8°, xxxviii-451 pp, un portrait héliogravé en frontispice, index, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état. Rare

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"Ces Souvenirs de la comtesse Golovine que publie M. Waliszewski ne sont pas absolument inédits. En 1900, une édition russe a été publiée, mais incomplète, à cause des exigences de la censure. C'est ce qui explique l'utilité de l'édition présente, qui est complète et exacte, et qui paraît en français, langue dont s'était servi l'auteur. C'est sur les instances et avec la collaboration de l'impératrice Elisabeth, femme d'Alexandre Ier, que Mme G. a entrepris la rédaction de ses souvenirs. Elle appartient par sa famille à la plus haute noblesse russe, et a fréquenté la cour pendant la première partie de sa vie, sous les règnes de Catherine II et de Paul Ier, et pendant les premiers temps du règne d'Alexandre. En 1802, une disgrâce l'en éloigna, ainsi que son mari. Elle vécut alors en France, auprès de son amie Mme de Tarente, jusqu'en 1804. Rentrée en Russie l'année suivante, elle mena jusqu'en 1812 une existence assez effacée. C'est alors que, le comte Golovine ayant repris du service, sa femme reparut à la cour. Mais l'intimité avec l'impératrice ne redevint jamais ce qu'elle avait été, et la seconde partie du livre se rapporte presque uniquement à des événements privés. Elle n'en est pas pour cela dépourvue d'intérêt. Mme G. est en effet une personnalité intéressante. Très intelligente, très cultivée, artiste même, elle est d'une sensibilité qui confine au mysticisme. C'est ainsi qu'elle se convertit au catholicisme. Elle a eu pour toutes ses amies des sentiments d'une tendresse un peu exaltée : la grande-duchesse Elisabeth, plus tard impératrice, femme d'Alexandre Ier, Mme de Tolstoy, l'une de ses dames, enfin et surtout Mme de Tarente, ancienne dame du palais de Marie-Antoinette, ont été ses amies intimes. L'étude de son caractère éclaire un peu la psychologie de l'époque, de cette époque mystique, nourrie de Rousseau et des Livres saints, et que symbolisent assez bien en Russie Mme de Krudener et l'empereur Alexandre. Au point de vue plus strictement historique, c'est la première partie de l'ouvrage qui est la plus importante. Ce que Mme G. dit de la cour de Catherine II ne manque pas de couleur et de vie. Elle fait de son règne une espèce d'âge d'or, suivi par contraste d'une véritable terreur, le règne de Paul Ier. Sur la situation d'Alexandre pendant le règne de son père, sur son entourage, sur toutes les intrigues de ce temps, elle donne des détails qui peuvent être utiles aux historiens. Elle fait également un récit de l'assassinat de Paul Ier qui n'est pas absolument exact, mais qui est l'une des principales sources sur ce sujet. Du séjour de Mme G. en France il y a peu de choses à retenir. Elle juge les hommes et les choses en « émigrée », et ne manque pas une occasion de rapporter tout ce qui peut faire croire à un réveil du royalisme. Malgré sa partialité et l'éloignement où elle se tient du monde officiel, on pourra glaner ça et là quelques faits curieux. Au point de vue matériel, l'ouvrage est bien édité, avec un index biographique et une introduction assez documentée. De temps en temps quelques notes, judicieusement placées, viennent éclairer le texte. Ce volume sera utile à consulter pour l'histoire de la société russe pendant la période révolutionnaire." (Albert Girard, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1911)

162.          GRIVEL (Jean-Baptiste). Mémoires du vice-amiral baron Grivel. Révolution – Empire. Plon, 1914, in-8°, vii-417 pp, préface de G. Lacour-Gayet, 2 portraits et une gravure hors texte, reliure demi-toile verte, dos lisse avec pièce de titre chagrin vert empire (rel. moderne), traces d'humidité ancienne sur la reliure, sinon bon état. Edition originale (Fierro 675, Tulard 653, Bertier 490)

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"Source importante pour l'histoire de la marine impériale et de la garde de la marine, la guerre d'Espagne, les pontons de Cadix, la campagne de France." (Tulard, 653) — ''Au retour de la campagne d'Autriche (an XIII), qu'il fait avec le corps des marins de la garde, il est employé sous les ordres du commandant Daugier à l'exploration des côtes d'Italie, de Dalmatie et de l'État de Raguse, et prend part aux campagnes de l'an XIV, 1806 et 1807 en Prusse, en Pologne et dans la Poméranie suédoise, ainsi qu'à celles d'Espagne depuis 1808 jusqu'en 1812. Grivel est attaché, en 1808, en qualité de capitaine, au bataillon des marins de la garde de la division Dupont ; il est fait prisonnier à la bataille de Bailén, et conduit aux environs de la baie de Cadix, à bord d'un ponton, dont il parvient à s'évader avec une rare audace. Après avoir longtemps surveillé les allures et les habitudes du navire l'Argonaute, chargé d'approvisionner d'eau les divers pontons, il réussit à enlever ce navire à son équipage au mois de février 1810, y embarque à la hâte tous ses compagnons de captivité, et vient prendre vent au nord du fort Sainte-Catherine, après avoir été vainement poursuivi par une foule d'embarcations qui les mitraillent pendant plus de deux lieues. Cet acte de courage le ramène à la tête de sa compagnie des marins de la garde ; et ayant reçu l'ordre de croiser devant la baie de Cadix pendant le siège de cette ville, il s'empare de plusieurs bâtiments, et est chargé, au combat de Sainte-Marie, du commandement de l'avant-garde de la flottille aux ordres du capitaine de Saizieu. L'Empereur le fait officier de la Légion d'honneur le 27 avril 1811, pour sa conduite en Espagne, et en 1813 pendant la campagne de Saxe (1813), il est promu au rang de capitaine de frégate, et nommé chevalier de la Couronne de fer après avoir été blessé à Dresde, au passage de l'Elbe. L'année suivante, Grivel gagne son grade de capitaine de vaisseau dans la campagne de France, et contribue par son intrépide dévouement au salut de la cavalerie française à la bataille d'Arcis-sur-Aube. Nommé chevalier de Saint-Louis le 18 août 1814, et compris, en 1817, dans la nouvelle organisation de la marine, il commande, en 1818, la station française du Levant, et en 1823, à bord de l'Astrée, les forces navales françaises sur les côtes du Brésil. Il occupe longtemps ces parages, et y est nommé contre-amiral et commandeur de la Légion d'Honneur le 2 mai 1825.'' (Wikipedia)

163.          HANOTEAU (Jean). Joséphine avant Napoléon. Le ménage Beauharnais, d'après des correspondances inédites. Plon, 1935, in-12, 251 pp, broché, non coupé, couv. illustrée un peu salie, état correct

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"L'ouvrage de M. Hanoteau nous renseigne amplement sur le ménage de Beauharnais et de la future Joséphine. De plus, il donne au grand public des lumières sur deux classes de la société de l'Ancien Régime trop ignorées encore aujourd'hui : l'aristocratie des blancs aux îles d'Amérique, l'aristocratie militaire en France, ces deux groupes rapprochés par les alliances de famille, par nombre d'analogies. La famille des Beauharnais, celle des Tascher de La Pagerie, leurs relations communes à la Martinique, c'est le monde des créoles : planteurs, commerçants, fonctionnaires, et aussi le monde des fonctionnaires et des officiers venus de France ainsi que leurs compagnes, sous un ciel enchanteur, n'ayant eu que la peine de naître, suivant la formule de Beaumarchais, riches plus ou moins et en tout cas fort dépensiers, d'une frivolité qui n'avait d'égale que leur ignorance, d'un égoïsme presque innocent tant il était inconscient vis-à-vis des parias farouches qui peinaient pour eux comme esclaves, société exquise et amorale qui devait bientôt connaître par la révolte des noirs toutes les horreurs de la ruine et de la guerre servile. Et, autour de Beauharnais, c'est l'aristocratie militaire des supérieurs, des camarades, de leurs compagnes légitimes et autres, jeunesse élégante et dissipée, riche de dévouement à l'armée et au roi, mais sans cervelle, mais arrogante à l'égard du peuple des bas officiers et des soldats qui allaient les déborder. Ces deux classes de la vieille France, aux Iles et dans la métropole, seront englouties dans la tempête révolutionnaire sans absolument rien y comprendre. Grâce à l'épisode successivement aimable et décevant du ménage Beauharnais, nous, nous comprenons mieux pourquoi..." (L. Lévy-Schneider, Revue historique, 1935)

164.          KERMINA (Françoise). Bernadotte et Désirée Clary. Le Béarnais et la Marseillaise, souverains de Suède. Perrin, 1991, in-8°, 381 pp, 16 pl. de gravures hors texte, sources, index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

La vie est un songe, le titre de la célèbre pièce de Calderon résume parfaitement le destin de Bernadotte et Désirée Clary. Au point que la reine de Suède s'éteindra, en 1860, pendant une représentation de l'œuvre. Tous deux appartiennent à cette génération qui a pu porter ses rêves d'ascension sociale jusqu'aux sommets du pouvoir, à la faveur de la Révolution, de l'Empire et de la guerre. Leur histoire commune s'écrit, pour lui, à la vitesse des campagnes militaires : général de brigade quatre ans après avoir été nommé adjudant, il rivalise avec Hoche, Jourdan et Marmont avant de devenir l'un des indispensables adjoints de Napoléon. Quant à elle, elle séduit Paris, à commencer par le Premier consul, avant de devenir les yeux et les oreilles de son mari à la Cour et dans les ministères. Entrepreneurs de leur élévation commune, c'est lui qu'on couronne roi de Suède, mais c'est elle qui, pendant quarante ans, va incarner la paix et la stabilité dans une Europe monarchique exposée aux révolutions. Ni l'un ni l'autre n'avaient rêvé d'être souverains ; mais ils surent forcer le destin et s'en montrer dignes.

165.          LUCAS-DUBRETON (J.). Napoléon. Fayard, 1942, in-12, 270 pp, généalogie de la famille Bonaparte, broché, bon état (Coll. Connaissance de l'Histoire). Edition originale sur papier de châtaignier

            25

Un ouvrage paru durant la seconde guerre mondiale qui puise dans le portrait de Napoléon le souvenir d’une France puissante. Ainsi Jean Lucas-Dubreton salue en lui un héros « prodigieux, dont la vie compose le plus étonnant des romans », mais aussi un homme d’État qui « à travers les constitutions qui passent, les victoires, les défaites, [...] reste perpétuellement actuel ; [...] que nous le voulions ou non, nous sommes imprégnés de l’esprit napoléonien » [p. 262]. Insistant tout au long de son ouvrage sur la volonté de paix de Napoléon, Lucas-Dubreton fait de celui-ci un modèle implicitement opposé à Hitler. (Natalie Petiteau)

166.          MARBOT (Jean-Baptiste Antoine, baron de). Mémoires du général baron de Marbot. Plon, 1892, 3 vol. in-8°, xii-390, 495 et 446 pp, 2 portraits, une planche sous serpente légendée et 2 fac-similés hors texte, index, reliures demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, têtes dorées, tranches mouchetées, couv. conservées (rel. postérieures), bon exemplaire

            200

I. Gênes, Austerlitz, Eylau ; II. Madrid, Essling, Torrès-Védras ; III. Polotsk, La Bérésina, Leipzig, Waterloo. — « Je l'engage à continuer à écrire pour la défense et la gloire des Armées françaises et en confondre les calomniateurs », écrivait Napoléon dans son testament. Ainsi les Mémoires de Marbot sont l'épopée des guerres napoléoniennes, de la campagne d'Italie à Waterloo en passant par la Bérésina, vécue par un homme d'action, né soldat, porté aux actes de bravoure, assez réaliste pour conserver en toute circonstance sa simplicité, sa verve et sa franchise. À l'égard de Napoléon, il est d'une fidélité critique et lucide. Il n'admet aucune faiblesse ordinaire ou politique. Il dénonce vivement ses erreurs et son népotisme. Marbot est surtout un remarquable chroniqueur. Ses récits des batailles (Austerlitz, Iéna, Wagram...), par une suite d'images fortes, rapides et colorées, cumulent la clarté de la vision d'ensemble et l'intensité du fait vécu. — "Les plus populaires des mémoires d'Empire." (Tulard, 952)

167.          MURAT (Comte). Murat lieutenant de l'Empereur en Espagne, 1808, d'après sa correspondance inédite et des documents originaux. Plon, 1897, in-8°, xi-478 pp, un portrait de Joachim Murat héliogravé en frontispice et 2 fac-similés dépliants hors texte, pièces justificatives, reliure demi-maroquin carmin, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid et doubles filets dorés, titres dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            150

"Dans ce volume, le comte Achille Murat s'attache au rôle de Murat dans les affaires d'Espagne, de février à juillet 1808, lorsque, n'étant encore que grand-duc de Berg, il fut envoyé dans ce pays par Napoléon pour préparer, sans lui en faire connaître le dessein cependant arrêté dans son esprit, un attentat dont les conséquences devaient, à brève échéance, amener la ruine de sa formidable puissance. La guerre d'Espagne fut, en effet, qui songerait à le nier aujourd'hui, la faute capitale de l'Empereur. Ses plus fervents admirateurs ne pouvaient se dissimuler que c'était elle qui lui avait porté le coup mortel. Mais à qui donc en faire supporter la responsabilité, l'empereur étant impeccable, sinon à Murat, tout désigné à la calomnie de ses ennemis par le rôle prépondérant que lui avait confié Napoléon ? De quel côté se trouve la vérité ? La question, par son importance même, était digne d'une étude consciencieuse et approfondie. M. le comte Murat, j'ai hâte de le dire, n'a pas failli à la tâche qu'il s'était imposée. Avant d'aborder son sujet, il a donné un rapide résumé de la carrière de Murat jusqu'à son départ pour l'Espagne..." (E. Depeyre, Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot, 1897)

168.          OUDINOT (Nicolas-Charles, duc de Reggio). Récits de guerre et de foyer. Le Maréchal Oudinot, duc de Reggio, d'après les souvenirs inédits de la Maréchale, par Gaston Stiegler. Préface de M. le Marquis Costa de Beauregard. Plon, 1894, in-8°, xvi-566 pp, 2 portraits en héliogravure hors texte, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            120

Oudinot prit part à toutes les grandes campagnes du Consulat et de l'Empire, à l'exception de l'Espagne et du Portugal. — "Biographie d'Oudinot coupée de fragments de souvenirs de la seconde épouse du maréchal née Eugénie de Coucy." (Tulard, 1107) — "A signaler une publication des plus intéressantes, ce sont les extraits des souvenirs inédits de la duchesse de Reggio sur son mari, le Maréchal Oudinot, publiés par M. Gaston Stiegler. Si les souvenirs de la duchesse de Reggio, en effet, ne nous la font pas connaître comme une femme d'un esprit supérieur, si elle nous y apparaît plutôt comme une admiratrice quand même des pouvoirs établis que comme une observatrice pénétrante et caustique, plus proche parente en un mot de Mme d'Abrantès que de Mme de Rémusat, ils n'en sont pas moins charmants par l'aisance du style et par la bonté et la sincérité de coeur qu'ils révèlent chez leur auteur. Les récits des premières années de Mlle Eugénie de Coucy, de sa première entrevue puis de son mariage avec le maréchal ont une fraîcheur de naïveté tout à fait délicate. Elle a su tracer des moeurs et des habitudes de la petite noblesse provinciale ralliée à Napoléon un tableau très vivant et très intime, comme elle a su résumer avec sobriété et simplicité le récit poignant de la retraite de Russie, de l'arrivée chez elle d'Oudinot, atteint du typhus, et de la campagne de France. Sans doute, dans cette dernière partie, on trouvera que les angoisses de la duchesse se rapportent plus encore à son mari qu'à son pays, mais c'est qu'au fond elle voyait la Restauration plutôt avec plaisir. Ses origines, ses relations, son caractère la rattachaient à la monarchie. Sa présentation à l'empereur ne lui a pas laissé un mauvais souvenir ; elle voit toujours « cet oeil bleu foncé qu'on ne pouvait pas plus fixer qu'on ne fixe le soleil. » Mais le comte d'Artois la captiva bien autrement ; ce qu'elle éprouva devant lui, c'est la vénération et la confiance (p. 322). Il faut tenir compte de ces sentiments pour comprendre son jugement sur le retour des Bourbons et aussi tout ce qu'elle a écrit sur la Restauration. Au total, c'est un livre d'une très agréable lecture, plein de détails intéressants, entre autres sur la chute de l'Empire et sur cette curieuse entrevue de la Malmaison, qui réunissait Joséphine, Mme de Staël et Mme Walewska. En somme, la physionomie d'Oudinot ressort assez exacte de ce livre quand on fait la part de l'admiration, avec plus de dignité que d'élan, plus de loyauté que d'intelligence, plus de bravoure enfin que de génie militaire." (Louis Farges, Revue Historique, 1894)

169.          PELLISSIER (Pierre) et Jérôme PHELIPEAU. Les Grognards de Cabréra (1809-1814). Hachette, 1979, in-8°, 270 pp, préface de Jean Tulard, 2 cartes, broché, couv. illustrée recouverte d'un film transparent autocollant, bon état

            30

"Le récit de cette tragédie, restée méconnue, que des milliers de soldats de l'Empereur ont vécue sur un ilôt désert des Baléares, déportés par les Anglo-Espagnols, n'est pas un épisode parmi d'autres des campagnes napoléonienne. Les héros de cette aventure témoignent à leur façon de la rage de survivre qui anime les hommes, avec cet étrange mélange d'espérance, de cruauté, d'humour et de désespoir. Leur odyssée montre aussi que l'univers concentrationnaire a précédé les régimes totalitaires du XXe siècle, et qu'il leur survit." (4e de couverture)

170.          PIÉTRI (François). Lucien Bonaparte à Madrid (1801). Grasset, 1951, in-8°, 388 pp, 6 gravures hors texte, chronologie, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Ambassadeur de la République Consulaire à Madrid, le "citoyen" Lucien Bonaparte, âgé de 26 ans, y séjourne moins de douze mois en 1801. Débordant d'activité à l'instar de son frère aîné, il noue des relations amicales et fructueuses avec Godoy et le couple royal, Charles IV et Marie-Louise, qui reste tiraillé entre son amitié pour la France et l'amour paternel et maternel. Leur fille, en effet, est mariée au Régent du royaume Portugal qui, poussé par l'Angleterre, conduit une politique hostile. Lucien, interprétant les instructions du Premier Consul, fait preuve d'une belle dynamique personnelle, il est sur le point d'obtenir une action militaire espagnole. La conquête du Portugal par l'Espagne aurait fait de ce dernier pays un allié puissant de la France et évité le désastre de la guerre de 1808. Mais, dans son dos à Paris, le poignard du ministre des Affaires Etrangères, Talleyrand, qui, soudoyé, est assez malin pour décourager le futur empereur lui-même... — Par Fr. Piétri (1882-1966), député du Centre à partir de 1924, il adhére au régime de Vichy, devenant ministre des Communications (juillet-septembre 1940) puis ambassadeur à Madrid (jusqu'en 1944). Il a écrit un “Lucien Bonaparte” (Plon, 1931) et ce “Lucien Bonaparte à Madrid” (Grasset, 1951).

171.          PIETROMARCHI (Antonello). Lucien Bonaparte, Prince romain. Perrin, 1985, in-8°, 347 pp, 16 pl. de gravures hors texte, généalogie, reliure skivertex vert empire de l'éditeur, bon état

            25

Les débuts de Lucien Bonaparte semblent annoncer un avenir prometteur au jeune frère de Napoléon. Mais les deux hommes n'ont que peu de choses en commun. Le caractère indépendant, contestataire et obstiné de Lucien irrite le futur empereur. Pourtant, Lucien joue un rôle clef dans l'accession au pouvoir de son aîné : jeune jacobin enflammé, président du Conseil des Cinq-Cents, il est l'un des auteurs du coup d'Etat du 18 Brumaire. En retour, il espère la reconnaissance de son frère. Il n'en est rien. En désaccord avec le Premier Consul, il est nommé ambassadeur en Espagne, puis membre du Tribunat et sénateur. Son mariage avec Alexandrine à la réputation légère l'éloigne encore de son frère farouchement opposé à cette liaison qui dura pourtant quarante ans. Il se réfugie en Italie, sa seconde patrie, et devient l'ami du pape Pie VII qui le fait prince romain. Collectionneur, amateur d'art et de jolies femmes, poète et même romancier, d'une honnêteté souvent discutable, Lucien occupe une place à part dans la galaxie Bonaparte : celle du rebelle qui sut tenir tête à l'Empereur.

172.          RAMBUTEAU (Claude-Philibert Barthelot, comte de). Mémoires du comte de Rambuteau publiés par son petit-fils, avec une introduction et des notes par Georges Lequin. P., Calmann-Lévy, 1905, gr. in-8°, xxxii-399 pp, 9 pl. de gravures hors texte sous serpentes légendées, dont un portrait photographique de l'auteur en frontispice, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

            150

Rares et intéressants souvenirs par le comte de Rambuteau (1781-1869), chambellan de Napoléon Ier, député de Saône-et-Loire sous Charles X, préfet de la Seine sous Louis-Philippe, couvrant l'Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet. Source importante pour l'histoire administrative : préfectures du Simplon, de la Loire, de Moulins et de Montauban sous le premier Empire (Tulard, 1205). Chapitres intéressants sur l'opposition libérale sous la Restauration, et surtout sur l'administration de la capitale dont Rambuteau, comme préfet de la Seine, eut la charge durant la quasi-totalité de la Monarchie de Juillet. Il y accomplit une œuvre importante qui préfigure celle d'Haussmann sur de nombreux points.

173.          RIVOLLET (Georges). L'Arc de Triomphe et les oubliés de la gloire. P., Peyronnet, 1969, in-8°, 300 pp, préface du général Charles de Cossé-Brissac, 8 illustrations sur 6 pl. hors texte, biblio, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            45

"L'histoire de l'Arc de Triomphe méritait de nous être narrée. Il est heureux qu'elle ait tenté un historien aussi qualifié que M. Georges Rivollet, familier de l'Epopée Impériale, évoquée déjà par lui dans trois livres appréciés des connaisseurs." (Préface) — Table : L'Arc de Triomphe de l'Etoile (1805-1836). Son Edification, ses inscriptions - Liste des Noms gravés - Les omis, oubliés ou éliminés.

174.          STENGER (Gilbert). Le Retour des Bourbons. D'Hartwell à Gand : le règne des émigrés, 1814-1815. Plon, 1908, in-8°, iii-447 pp, broché, bon état

            50

"Une étude sur les Bourbons, rentrés en France après vingt-cinq ans d’exil ; étude pleine d’intérêt, car le contraste fut grand entre les princes qui s’étaient installés aux Tuileries, entre leur manière de vivre et de penser, et celle du grand capitaine que l’Europe coalisée avait abattu. Et puis, la société qui entourait l’empereur, en 1814, s’était évanouie. On l’eût, en vain, cherchée dans les salons de l’aristocratie. Elle avait fait place aux grands seigneurs, revenus d’émigration, et à ceux qui s’étaient fait oublier dans une retraite absolue, pendant l’Empire..." (Préface) — "Les misères de l'émigration, la peinture de la petite cour de ces Bourbons exilés, les nombreux portraits qui y sont tracés, donnent à cette étude un intérêt puissant." (La Quinzaine, 1906)

175.          SUTHERLAND (Christine). Marie Walewska, le grand amour de Napoléon. Perrin, 1981, in-8°, 309 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de gravures hors texte, une carte, reliure skivertex éditeur, bon état

            25

Né en 1786 (et non en 1789 comme le mentionnent les dictionnaires), mariée à dix-sept ans au comte Walewski, qui avait cinquante ans de plus qu'elle, Marie Walewska subit la pression du prince Joseph Poniatowski, de son propre mari et finalement de toute la société de Varsovie pour qu'elle cède, en 1807, dans l'intérêt de la Pologne, au désir de Napoléon. Elle résista, mais l'empereur profita, semble-t-il, d'un évanouissement pour abuser d'elle. Non seulement Marie pardonna, mais elle devint une maîtresse aimante et lui donna un fils, Alexandre, en 1810, ce qui le détermina à répudier Joséphine pour "épouser un ventre" qui lui donnerait un héritier. Fidèle jusqu'au bout à l'Empereur, Marie lui rendra visite à l'île d'Elbe en compagnie de son fils et le retrouvera une dernière fois à La Malmaison après Waterloo.

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THIRY (Jean). Collection « Napoléon Bonaparte ». Berger-Levrault, 1942-1975, volumes in-8°, avec bibliographie et index. Nous disposons des volumes suivants (soit 16 titres sur les 26 parus) :

L’oeuvre du baron Jean Thiry, écrite et publiée sur près de quarante ans, des années trente aux années soixante, et peu courante aujourd’hui, est un véritable tour de force : raconter la vie de Napoléon dans toute sa grandeur et tous ses détails, dans sa vie privée et politique comme sur les champs de bataille de toute l’Europe, ses relations avec ses plus fidèles lieutenants, Lannes, Davout, Berthier, Ney, et tant d’autres, comme avec ceux qui l’ont, à la fin, trahi. Cette vie grandiose est une tragédie shakespearienne : une ascension fulgurante, une domination écrasante, une gloire étincelante puis une chute tout aussi spectaculaire. Jean Thiry a lu tout ce qui a été écrit, documents, biographies, mémoires, mais également les correspondances, celle de Napoléon, de ses proches et de ses alliés, celle de ses ennemis, y compris celles demeurées inédites, ainsi que tous les fonds d’archives du service historique de l’armée. C’est l'oeuvre d’un historien passionné et objectif, s’en tenant aux faits et rien qu’aux faits, un analyste extrêmement fin des raisons qui ont jeté l’Europe dans le feu et le sang durant plus de vingt ans, et un talentueux écrivain, doué d’un style précis, vif et rapide.

 

176.          1. Les Années de jeunesse de Napoléon Bonaparte, 1769-1796. 1975, 296 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

177.          4. Le Coup d'Etat du 18 brumaire. 1947, 275 pp, biblio, index, broché, couv. défraîchie, état correct

            25

178.          5. L'Aube du Consulat. 1948, vii-296 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, dos passé, bon état

            30

179.          6. Marengo. 1949, vi-315 pp, 5 cartes, biblio, index, broché, bon état

            30

"La bataille décisive." (bande éditeur) — "La bataille de Marengo (en Italie du nord, non loin de Gênes et de Turin), livrée le 14 juin 1800, était lourde d'enjeux : Napoléon Bonaparte venait d'accéder au Consulat à la fin de 1799, et son maintien au pouvoir dépendait en partie de son succès sur le terrain militaire, d'autant qu'il voulait, comme à son habitude, assurer le commandement sur le champ de bataille. Il n'engagea pas très bien son affaire ce jour-là, et le feld-maréchal autrichien Melas avait bon espoir d'avoir le dessus sur lui. L'affaire semblait entendue dès le début de l'après-midi, et Melas, assez fatigué, pensait pouvoir tranquillement transmettre la direction des opérations au général von Zach avec la certitude d'avoir bataille gagnée. Cependant, deux éléments allaient bouleverser le cours des choses et permettre aux Français de renverser la situation : le premier est le fait qu'au bruit du canon, le général Desaix, dont l'armée était alors assez éloignée de Marengo, comprit que Bonaparte était alors en plein engagement et pouvait avoir besoin de son aide, et sa décision de revenir vers Marengo avec sa cavalerie allait être déterminante, même si lui-même, sacrifice héroïque, perdit la vie au cours de la charge qui devait aider en partie au retournement de la situation ; le deuxième élément qui détermina le sort des armes ce jour-là fut l'action personnelle du général François Étienne Kellermann qui entraîna ses hommes à sa suite à un moment où l'infanterie ennemie menaçait nos positions. Sans eux, le succès n'aurait pas été au rendez-vous, et c'est leur action personnelle qui a finalement permis à Napoléon Bonaparte de sortir victorieux de cette affaire. Il ne reconnut pas ouvertement sa dette à l'égard de ces deux hommes, même si la disparition de Desaix, qui lui avait toujours été fidèle, lui causa du chagrin. Napoléon était toujours tenté, quelle que soit l'aide reçue des autres, de tirer à lui la couverture et de se coiffer des lauriers de la victoire. C'est ce qu'il ne manqua pas de faire une fois de plus en la circonstance." (François Sarindar)

180.          7. La Machine infernale. 1952, 313 pp, 3 croquis, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état

            30

L’attentat de la rue Saint-Nicaise, également connu sous le nom de conspiration de la machine infernale, est une conjuration royaliste visant à assassiner le général Bonaparte, Premier consul de France depuis le coup d'État du 18 brumaire, à Paris, le 24 décembre 1800 (3 nivôse an IX), sous le Consulat. Il survient peu après la conspiration des poignards du 10 octobre 1800 (18 vendémiaire an IX) et représente l'un des nombreux complots royalistes et catholiques de l'époque.

181.          8. Le Concordat et le Consulat à vie, mars 1801 - juillet 1802. 1956, 313 pp, 2 croquis, biblio, index, broché, bon état

            30

182.          10. Ulm - Trafalgar - Austerlitz. 1962, 392 pp, 5 cartes et croquis hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

183.          12. Eylau - Friedland - Tilsit. 1964, 278 pp, 4 cartes dépliantes hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

"L'auteur bien connu de la Collection Napoléon Bonaparte, qui récemment nous a donné « Ulm - Trafalgar - Austerlitz » et « léna », nous parle maintenant de la période d'« Eylau - Friedland - Tilsit ». C'est un intéressant exposé des événements politiques et militaires de la fin de 1806, du début du Blocus continental à la paix de Tilsit. Il se prolonge jusqu'en août 1807 et se termine par une description fort bien faite de la situation de l'Empire et des réalisations de Napoléon à cette date. On constate, une fois de plus, l'activité débordante de l'Empereur qui conduit, parallèlement et avec la plus grande facilité, son armée, la politique et l'administration de l'Etat, comme aussi ses amours avec Marie Walewska. C'est peut-être là, au début du moins, qu'il éprouve le plus de peine pour arriver à ses fins ! M. Jean Thiry est plus à l'aise dans la narration, la description et les commentaires des faits politiques, anecdotiques – de pure histoire – où il excelle, que dans la relation des opérations militaires. Au demeurant, cet ouvrage s'adresse au grand public auprès duquel il convient de le recommander. C'est un tableau d'ensemble, clair et complet, écrit dans un style coulant, de la période où l'Empire, l'Empereur, étaient à l'apogée de la puissance et de la gloire." (Revue militaire suisse, 1965)

184.          13. La guerre d'Espagne. 1965, 352 pp, 2 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Napoléon Bonaparte)

            35

"Que le lecteur ne cherche pas dans cet ouvrage, malgré son titre, un récit « militaire » de la Guerre d'Espagne. L'auteur brosse, mais d'une manière assez détaillée, une toile de fond de la situation politique de l'Europe en 1807, 1808, début de 1809, et décrit les opérations d'Espagne, en exposant les répercussions de la situation générale sur la situation particulière et réciproquement. Ecrit d'une plume alerte et dans un style coulant, l'étude de M. Jean Thiry est d'une lecture fort attrayante." (Revue militaire suisse, 1966)

185.          14. Wagram. 1966, 303 pp, 6 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

"... il ne s'agit pas seulement du récit de la bataille de Wagram (6 juillet 1809) qui n'est traitée qu'en vingt-neuf pages, mais de celui de l'ensemble de la campagne de 1809, avec comme toile de fond un exposé de la situation politico-militaire de cette année-là. Le lecteur suit l'activité prodigieuse de Napoléon, comprend ses projets, ses hésitations, voit ses erreurs, admire finalement ses décisions dont la réalisation n'aboutira cependant, en fin de campagne, qu'à maîtriser l'Autriche sans la dompter. Cet ouvrage, écrit dans le style coulant qui est celui de M. Jean Thiry, est illustré par de bien meilleures cartes que ceux du même auteur que nous avons précédemment analysés. Sa lecture doit être vivement recommandée à nos lecteurs." (Montfort, Revue militaire suisse, 1967)

186.          15. L'Empire triomphant. 1967, 284 pp, 3 cartes dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"La collection Napoléon Bonaparte s'enrichit de ce vingtième ouvrage de Jean Thiry et elle se révèle comme l'oeuvre historique la plus importante de notre temps sur l'époque napoléonienne. « L'Empire triomphant » brosse un tableau saisissant de la période allant de juillet 1809 à la fin de l'année 1810 ; ouvrage avant tout d'histoire politique, diplomatique. Bien que Napoléon ne se laisse pas détourner un seul instant de ses devoirs de souverain du grand empire qu'il a créé, son divorce, puis son second mariage, comme d'autres histoires de famille, le préoccupent beaucoup. Cependant la lune de miel même n'empêche pas l'Empereur de veiller à l'organisation et à la défense de son Etat, notamment au maintien du blocus continental et à la poursuite des campagnes d'Espagne et de Portugal. La guerre avec la Russie, qui paraît inévitable à Napoléon, se prépare... « Mais l'empire était triomphant et les périls si graves pour l'avenir ne semblaient pas pouvoir mettre en danger la surhumaine puissance de Napoléon, dont la dynastie paraissait être définitivement assurée par la naissance prochaine d'un fils. L'Empereur, en effet, ne doutait pas d'un héritier mâle et toute son espérance, toute son affection, toute son ambition se concentraient sur le futur roi de Rome. » Tous ces événement politiques et privés sont décrits par l'auteur avec beaucoup d'à-propos, sans luxe de détails inutiles mais sans omettre un trait essentiel, ce qui donne un récit coulant et d'une lecture fort attrayante." (Revue militaire suisse, 1968)

187.          16. Le Roi de Rome, janvier 1811 - juin 1812. 1968, 381 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, 2e plat lég. sali, bon état

            30

"Il convient de signaler cet ouvrage. C'est une oeuvre monumentale que le baron Jean Thiry livre aux lecteurs épris d'histoire. Ce volume relate la grande espérance de la naissance d'un fils qui perpétuerait la dynastie de Napoléon Bonaparte qui dirigeait alors d'une main ferme son immense empire. Il commente également le conflit entre Napoléon et Pie VII. Cela tout en décrivant avec une précision et un luxe de détail remarquables les principales activités et les problèmes de l'empereur de janvier 1811 à juin 1812. Un résumé au début de chaque chapitre, une bibliographie abondante et un index alphabétique très détaillé feront le bonheur de tous ceux qui désirent approfondir la vie prodigieuse de l'empereur. Quant au style du baron Jean Thiry, il est alerte et comblera d'aise ses lecteurs." (Revue militaire suisse)

188.          20. La Campagne de France de 1814. 1946, 423 pp, 2e édition, une carte dépliante hors texte, biblio, index, broché, couv. défraîchie avec manque angulaire au 2e plat, état correct

            30

189.          21. La Première abdication de Napoléon 1er. 1948, 357 pp, une carte en frontispice, biblio, index, broché, dos passé, bon état

            30

190.          22. Le Vol de l'Aigle. Le retour de Napoléon de l'île d'Elbe aux Tuileries. 1942, 343 pp, biblio, index, broché, dos bruni, bon état

            35

191.          25. La Seconde abdication de Napoléon Ier. 1945, 293 pp, biblio, index, broché, couv. défraîchie, état correct

            25

____________________________

 

192.          TULARD (Jean). Murat. Nouvelle édition corrigée et augmentée. Fayard, 1999, in-8°, 473 pp, notes, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Si la légende n'a fait de Joachim Murat (1767-1815) qu'un flamboyant cavalier alliant le courage à l'élégance, l'histoire a plutôt retenu son échec politique final. Comme il arrive souvent, la vérité du personnage est plus complexe. Sous le fils d'un simple aubergiste du Lot et sous le révolutionnaire de 1793 perçait un ambitieux avide de jouer un rôle, bientôt capable de faire donner la troupe contre les émeutiers parisiens en 1795, plus tard, en Brumaire, d'apporter à Bonaparte - qu'il avait servi en Italie et en Egypte - une aide décisive. Du Caire à Moscou, il accompagna Napoléon à peu près partout et fut de toutes les victoires et conquêtes des Français ; ses exploits lui valurent dès 1800 d'épouser Caroline, sœur du Premier Consul, de faire partie de la première fournée des maréchaux de l'Empire (1804), de recevoir ensuite le grand-duché de Berg (1806-1808), enfin le trône de Naples (1808-1815) où il sut, en s'entourant d'artistes et en rassemblant de magnifiques collections, donner du lustre à sa fonction. Cet homme qui ne fut jamais un traître en vint à œuvrer pour l'unité italienne et bien sûr prit ses distances avec son beau-frère, lequel ne voyait en lui qu'un exécutant. Sans pourtant se dérober jamais aux grands commandements militaires qui lui furent confiés, il finit par négocier avec les adversaires de la France. Mais sans doute il n'en fit pas assez en matière d'opportunisme, puisque ceux-ci ne lui pardonnèrent pas de s'être porté au secours de l'Empereur durant les Cent-Jours. Il succomba avec le panache qu'on lui avait connu sa vie durant. Un des plus magnifiques héros de l'épopée napoléonienne.

193.          TULARD (Jean). Napoléon ou le mythe du sauveur. Fayard, 1996, in-8°, 512-(1) pp, nouvelle édition, revue et augmentée, annexes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Biographie traditionnelle mais aussi ouvrage de référence, le Napoléon de Jean Tulard, paru en 1977, aura été le premier à faire mentir Stendhal quand il prophétisait : "D'ici cinquante ans, il faudra refaire l'histoire de Napoléon tous les ans." Il est, en effet, devenu un véritable classique dont nul ne saurait se passer. Augmentée de nouvelles annexes, d'une chronologie et d'une filmographie, cette nouvelle édition est, en outre, enrichie des recherches les plus récentes menées par les historiens sur tout ce qui touche la France du début du XIXe siècle et la geste napoléonienne.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

194.          AUBRY (Octave). Le Second Empire. Fayard, 1938, fort in-12, 697 pp, biblio, reliure demi-percaline vermillon à coins, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, pièce de titre basane noire, tête dorée, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), ex-libris gravé Quiñones de León, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 175 ex. numérotés sur papier vélin pur fil des Papeteries Lafuma, non rogné, enrichi d'un envoi a.s. à José Maria Quiñones de León (1873-1957), ambassadeur d'Espagne à Paris

            60

"L'ouvrage de M. Aubry sur le Second Empire se lit avec le plus grand agrément et peut être tenu pour une bonne mise au point, à l'usage des honnêtes gens, des recherches faites sur cette période. Tous ceux qui aiment les aspects psychologiques de l'histoire sauront gré à l'auteur de ces portraits, tracés d'un crayon alerte et original, qui font revivre les hommes petits et grands (M. Aubry pense qu'il y en eut peu de réellement grands dans le personnel du Second Empire), et disent mieux que de longues démonstrations leur influence sur le cours des événements..." (André Latreille, Revue d'histoire de l'Église de France, 1939) — L'auteur juge « sereinement » le Second Empire dans ce bon ouvrage, où Napoléon III, en dépit de ses « erreurs propres » et du « caprice du sort » qui furent causes de son échec, est décrit comme un « précurseur » des « grands Européens », ayant accompli, pas si mal que cela près tout, sa « tâche française ». Une réhabilitation du régime impérial qui tend à faire de Napoléon III un monarque moderne, un anti-Bismarck, précurseur de l'Europe des nations...

195.          BACH (André). L'Armée de Dreyfus. Une histoire politique de l'armée française de Charles X à l'« Affaire ». Tallandier, 2004, fort in-8°, 622 pp, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'Histoire a surtout retenu un sabre brisé, un exil sur les terres du diable, un écrivain épris de justice qui fit couler l'encre à l'époque où beaucoup auraient préféré le sang. L'affaire Dreyfus, un imbroglio militaro-judiciaire qui a déchaîné les passions et provoqué une profonde scission dans la société française. Dreyfus coupable, Dreyfus innocent, tout a été dit et son contraire, analysé, discuté, décortiqué. Une piste, pourtant, n'avait pas encore été véritablement explorée dans ce dossier : l'armée. Cette armée de la République qui a accueilli Dreyfus, qui l'a formé, qui l'a accusé, qui l'a condamné, qui l'a enfin réhabilité. Une histoire politique de l'armée française pour expliquer l'Affaire, voilà le caractère novateur de cet ouvrage qui opère un véritable renversement de perspective par rapport à ce drame national. Le général André Bach s'emploie à rechercher dans l'évolution socioculturelle de l'armée française, durant la seconde moitié du XIXe siècle, les éléments qui ont favorisé la réticence de ses membres à admettre l'innocence de Dreyfus en son temps, et peut être encore pour certains d'entre eux, aujourd'hui. Il dresse un vaste bilan des pratiques et structures de l'armée française, brosse le portrait des officiers généraux qui ont fait le choix de sacrifier le capitaine Dreyfus. Il se penche également sur les conflits politiques et idéologiques qui ébranlaient alors la société, le profond traumatisme de la défaite de 1870, les luttes de pouvoirs aux plus hauts niveaux de l'état-major, les liens trop étroits entre politiques et militaires et brosse ainsi une histoire de la IIIe République, assez différente de celle communément présentée jusqu'à aujourd'hui. Ouvrage appelé à marquer l'historiographie de cette époque, L'Armée de Dreyfus s'appuie sur une multitude de sources – circulaires, Mémoires, correspondances, documents privés –, et sur le fameux « dossier secret » dont bon nombre de pièces n'avaient jusqu'ici jamais été portées à la connaissance du public.

196.          BELHOSTE (Bruno). Cauchy, 1789-1857. Un mathématicien légitimiste au XIXe siècle. Belin, 1984, in-8°, 224 pp, préface de Jean Dhombres, 34 portraits, gravures et fac-similés, 17 figures, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Un savant, une époque)

            30

Naître en 1789, entrer à l'Ecole Polytechnique fondée par la République, commencer une carrière d'ingénieur et à 27 ans se retrouver à l'Académie des Sciences, manifester un catholicisme exigeant, des opinions ultras, puis légitimistes, suivre son roi dans l'exil et, professeur de haut rang, accepter le simple préceptorat de l'héritier au trône, refuser le serment à Louis-Philippe comme à Napoléon III, c'est déjà un itinéraire riche et prenant... Etre en outre le mathématicien français le plus prolifique, dont tous les étudiants connaissent le nom, voilà de quoi susciter la curiosité. Cette biographie s'attache à l'homme, à partir de documents d'archives, à quelques thèmes mathématiques sélectionnés, mais aussi à l'insertion de Cauchy dans son temps, dans cette société en voie d'industrialisation, qui assimilait lentement la Révolution.

197.          BERT (Paul). Lamartine, “homme social”. Son action départementale. P., Jouve & Cie, 1924, in-12, 258 pp, broché, bon état

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Table : I. Les débuts ; II. Les idées sociales ; III. Une politique économique de démocratie ; IV. L'évolution politique ; V. Après les journées révolutionnaires VI. Aux prises avec le bloc du 18 mai 1849 ; VII. La révision de la constitution.

198.          BOURGEOIS (Emile) et E. CLERMONT. Rome et Napoléon III. (1849-1870). Etude sur les origines et la chute du second Empire. Armand Colin, 1907, gr. in-8°, xvii-370 pp, préface de Gabriel Monod, biblio, reliure demi-basane lie-de-vin, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), C. de bibl, bon état

            70

"... M. Emile Bourgeois a montré dans son livre, Rome et Napoléon III, les deux tendances contradictoires qui s'exerçaient à la cour impériale : l'une, sous l'influence de l'impératrice, en faveur du Vatican et pour le maintien d'une garnison française à Rome ; l'autre, sous l'influence du prince Napoléon, en faveur de l'unité italienne. La première de ces politiques l'emporta, ce qui eut pour résultat de nous priver de toute alliance au cours de la guerre franco-allemande..." (Revue d'histoire du XIXe siècle-1848, 1935)

199.          BREDIN (Jean-Denis). L'Affaire. Fayard/Julliard, 1995, in-8°, 856 pp, nouvelle édition refondue, biblio, notes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

L'affaire ne cesse pas de nous parler. Le sentiment national, le culte des hiérarchies, la peur des étrangers, la soif de sécurité, ce sont des permanences de la mentalité française que le XXe siècle n'a pas effacées. Il n'est pas exagéré de dire que le sentiment national a même gagné sinon en force, du moins en légitimité : deux guerres, la Résistance, la trahison d'une partie de la droite qui sacrifia son idéologie à ses intérêts de classe ont fait que la gauche, la gauche socialiste et même la gauche communiste, a pris la relève. La ferveur patriotique, l'exaltation de la défense nationale sont devenues ainsi le fonds commun, réalisant, dans la paix comme dans la guerre, l'union sacrée, constituant l'indivis héritage. Le vieux discours barrésien sur la terre et les morts, sur l'antique cimetière, sur le culte de la France berce l'unanimité nationale, peut-être parce qu'il satisfait la mentalité ancestrale d'un peuple de paysans et de guerriers. Boulanger, Déroulède, Cavaignac, Barrès n'ont pas fini de nous tenir leur fier langage. La défense de la Nation, la grandeur de la France, le salut au drapeau, le respect de la raison d'Etat, les exigences de l'ordre, de la sécurité, et même l'envol de La Marseillaise, le pas fascinant de l'Armée au 14 Juillet : vieille idéologie rassemblant Jeanne d'Arc et Gambetta, caricaturée par Cavaignac, sublimée par Barrès, mise en oeuvre par Clemenceau, renouvelée par de Gaulle, aujourd'hui célébrée par tous les partis et tous les hommes d'Etat.

200.          BREMOND (Henri). Le roman et l'histoire d'une conversion : Ulric Guttinguer et Sainte-Beuve, d'après des correspondances inédites. Plon, 1925, in-12, 263 pp, sources, broché, pt mque au coin du 1er plat, état correct

            20

C'est un chapitre des plus attachants, des plus curieux, de l'histoire, jusqu'ici totalement ignorée du romantisme catholique. Sur la fermentation religieuse qui reste un des traits caractéristiques du premier romantisme. Guttinguer nous apporte un témoignage aussi émouvant que pittoresque et auquel ne manque pas, d'ici de là, la note comique. Chrétien quelque peu fragile mais de bonne volonté, écrivain très apprécié de Sainte-Beuve et de Vinet, Guttinguer est un vrai héros de roman.

201.          CHASTENET (Jacques). La vie quotidienne en Angleterre au début du règne de Victoria, 1837-1851. Hachette, 1977, in-8°, 299 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

20 juin 1837 : Victoria monte sur le trône d'Angleterre. – 1er mai 1851 : La reine inaugure la première Exposition Universelle. Ces deux dates limitent la « Early Victorian period », époque attachante qui a vu l'Angleterre se transformer radicalement sous le seul effet de l'industrialisation. À la « Old Merry England » se substitue une Angleterre manufacturière et bourgeoise qui va se débarrasser des entraves au commerce et remplacer ses « coaches » par les chemins de fer. L'esprit religieux et traditionaliste des Anglais pour qui l'ordre social établi – et d'ailleurs nullement étanche – et voulu par Dieu, leur permettra l'économie d'une révolution. Un contexte humain aussi riche a poussé M. Jacques Chastenet à s'attacher surtout à la vie des hommes de l'époque victorienne. Grands seigneurs déployant encore un faste royal, fermiers hauts en couleur et bons vivants, derniers témoins de la Vieille Angleterre, paysans souvent malheureux mais conformistes, prolétariat urbain entassé dans des taudis, et dont l'Opéra de Quat'sous ne donne qu'une image poétisée, bourgeois récemment enrichis et fleurant encore l'odeur du vernis d'un ameublement tout neuf, tous revivent avec leur grandeur et leurs préjugés, fidèles agissants d'un Dieu qui est un Dieu anglais et bon comptable, loyaux sujets d'une Reine qui incarne leur idéal : la respectabilité... — "... Dès sa jeunesse, l’Angleterre l’avait fasciné, aussi bien par les vicissitudes originales de son histoire que par ses institutions... De cet intérêt sont sortis, en 1946, une belle étude sur “Le Parlement d’Angleterre” ; puis, distribués sur vingt ans à partir de 1947, “Le siècle de Victoria”, “Elisabeth Ire”, “Winston Churchill”, “La vie quotidienne en Angleterre au début du règne de Victoria”, et, enfin en 1965, “L’Angleterre d’aujourd’hui”. À l’exception de deux, ces livres traitent donc de sujets anciens, où Chastenet rencontrait d’illustres prédécesseurs en langue anglaise, mais aussi en langue française, et même en langue allemande avec Emil Ludwig, tardif et sévère chevalier servant de Marie Stuart. Son service en est-il déprécié ? Certainement non. La reprise fréquente, presque périodique, des matières historiques les plus importantes est légitime et nécessaire. Une époque lointaine, une haute figure, analysée en 1920 ou analysée en 1950, n’ont ni même formule ni même saveur et les bons historiens ne s’y répètent pas plus que ne font les bons peintres quand ils se lèguent de siècle en siècle des scènes traditionnelles. La vaste expérience que Chastenet avait acquise des hommes publics, des mouvements économiques, des méthodes de la diplomatie, le mettaient à même de percevoir l’ossature des événements, ce plan sans finalité, ce bilan de données profondes dont les contemporains n’ont pas toujours conscience et qui pourtant décide du succès ou de la perte de leurs entreprises..." (Georges Dumézil, Discours de réception à l'Académie française, 14 juin 1979)

202.          COGNIOT (Georges). La Question scolaire en 1848 et la loi Falloux, de l'enthousiasme à la conscience enchainée. Editions Hier et Aujourd'hui, 1948, in-8°, 242 pp, broché, bon état

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"Non sans passion, mais avec une information historique sérieuse, une présentation historique du point de vue laïque." (E. Tersen, Revue Historique, 1949)

203.          DALOTEL (Alain), Alain FAURE et Jean-Claude FREIERMUTH. Aux origines de la Commune. Le mouvement des réunions publiques à Paris, 1868-1870. Maspero, 1980, in-8°, 375 pp, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Actes et Mémoires du Peuple)

            35

"...Pour les auteurs, la Commune n'est pas une conséquence d'une guerre perdue, elle est née de l'action révolutionnaire des militants parisiens, qui s'est manifestée par 933 réunions publiques de juin 1868 à avril 1870. D'où l'intérêt de ce travail, utile introduction à l'étude de la Commune". (Le Quillec, 650).

204.          DAMAS (R.P. Amédée de). Souvenirs de guerre et de captivité (France et Prusse). P., G. Téqui, 1874, in-12, 324 pp, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            50

On trouve en appendice une liste chronologique des batailles et combats principaux livrés pendant la guerre de 1870-1871, et une liste des villes allemandes où furent internés les prisonniers français.

205.          DARWIN (Charles). De l'origine des espèces par sélection naturelle ou des lois de transformation des êtres organisés. Traduction de Mme Clémence Royer. Nouvelle édition. Revue d'après l'édition stéréotype anglaise, avec les additions de l'auteur. P., E. Flammarion, 1927, 2 vol. in-12, l-646 pp, (pagination continue), préface de la première édition (1862), reliures pleine toile havane, dos lisses avec titres et tomaisons dorés, bon état

            80

L'un des plus importants textes scientifiques du XIXe siècle. L'édition originale anglaise avait paru en 1859, et la troisième édition anglaise, publiée en 1861, avait été augmentée par Darwin d'un historique de la théorie évolutionniste. C'est sur cette troisième édition que la philosophe et anthropologue Clémence Royer (1830-1902) travailla pour écrire la présente traduction. Décrite par Charles Darwin comme "une des plus intelligente et des plus originale femme en Europe" ("one of the cleverest and oddest women in Europe"), Clémence Royer, du courant des libres penseurs, fut le premier membre féminin de la Société d'Anthropologie de Paris. Elle voulait fonder les sciences de l'homme sur la théorie de l'évolution. Elle traduisit l'Origine des espèces de Darwin afin de conférer des bases biologiques à sa philosophie politique et à ses positions féministes. Elle outrepassa largement son rôle de traductrice en ajoutant à l’édition française une longue préface (40 pages) dans laquelle elle livrait son interprétation personnelle de l’ouvrage, ainsi que des notes de bas de page où elle commentait le texte de Darwin. Dans sa préface, véritable pamphlet positiviste consacré au triomphe du progrès de la science sur l’obscurantisme, elle s’attaque vigoureusement aux croyances religieuses et au christianisme, argumente en faveur de l’application de la sélection naturelle aux races humaines et s’alarme de ce qu’elle considère comme les conséquences négatives résultant de la protection accordée par la société aux faibles. Elle dénonce une société où le faible prédomine sur le fort sous prétexte d’une « protection exclusive et inintelligente accordée aux faibles, aux infirmes, aux incurables, aux méchants eux-mêmes, à tous les disgraciés de la nature ». Ces idées eugénistes avant l’heure lui valurent une certaine notoriété. Sa préface "terrible", dénoncée bientôt par Darwin et les philanthropes français fut très remarquée. — "A partir de 1918, Flammarion publiera la traduction de Royer dans une édition populaire, à l'intérieur de la collection "Les meilleurs auteurs classiques, français et étrangers", qui accueille presque exclusivement des auteurs de fiction. Cette édition, en deux volumes, connaîtra un bon succès éditorial, avec au moins cinq réimpressions, dont la dernière date de 1937. Elle comporte la longue préface à l'édition de 1862, mais aucun nouveau paratexte (Royer est décédée en 1902)." (Fabio Regattin, Pouvoir de l'auteur, pouvoir du traducteur : s'approprier Darwin et son Origin of species en France et en Italie, 2016)

206.          DRUMONT (Edouard). Le Secret de Fourmies. Avec un plan de la place de l'Eglise. P., Albert Savine, 1892, in-12, 202 pp, un plan dépliant hors texte, notes, index, reliure demi-percaline verte, dos lisse orné d'un fleuron et d'un double filet doré en queue, pièce de titre chagrin brun, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état

            50

Histoire de la fusillade du 1er mai 1891 à Fourmies, considéré aujourd'hui comme l'un des évènements fondateurs du mouvement ouvrier. Des grévistes furent tués (neuf morts) et blessés par les forces de l'ordre. A leur tête, Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx. Cette fusillade fut condamnée par de nombreux hommes politiques, dont Clemenceau et Jaurès. Pour Édouard Drumont, les Juifs sont à l’origine de ces exactions : « Le sous-préfet juif Isaac, fils d’un naturalisé de Crémieux, a fait essayer le Lebel sur des ouvriers français. (...) Le préfet Vel-Durant est juif aussi, ils sont tous juifs là-dedans. (...) Le drame de Fourmies, où le hasard a joué le plus grand rôle, a été l’accident fortuit qui fournit l’occasion à un médecin d’ausculter un malade : à ce titre il doit être étudié dans tous ses détails. L’enquête que la Chambre a obstinément refusé d’ordonner était indispensable et nécessaire ; c’est pourquoi je me suis décidé à l’entreprendre...»

207.          DUCLERT (Vincent). Alfred Dreyfus. L'honneur d'un patriote. Fayard, 2006, fort in-8°, 1259 pp, notes, sources, biblio, chronologie, généalogie, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Des milliers de livres existent sur l'affaire à laquelle Alfred Dreyfus a donné son nom, mais nul n'a jamais écrit sa biographie. Curieuse, troublante lacune... Ne fallait-il pas montrer le rôle éminent que cette figure ignorée, déformée (quasi niée jusque chez une partie des dreyfusards), a joué dans le combat pour la vérité et la justice ? Certes Lazare, Zola, Péguy, Jaurès, Clemenceau et d'autres ont été nécessaires, mais sans le concours actif du principal intéressé (et de sa famille), y aurait-il eu seulement une affaire ? Un condamné qui se fût abandonné, qui eût capitulé devant la souffrance morale et physique, qui se fût résigné à l'injustice, qui eût cru qu'il suffisait de se draper de son innocence eût forcément échoué devant l'acharnement, la duplicité, la perversité d'adversaires déterminés à perdre un juif, un intellectuel, un officier qui s'était voulu le parangon des cadres dont une armée rénovée aurait besoin en cette aube du XXe siècle. C'est Dreyfus et nul autre qui a rendu possible le combat pour la justice, il s'en est fait un devoir et un honneur. Le devoir de l'histoire consiste à le sortir de l'oubli et du mensonge pour révéler l'homme, ses actes et son patriotisme. C'est aussi un devoir de justice.

208.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). La France de la “Belle Epoque”. La France et les Français 1900-1914. Editions Richelieu, 1972, gr. in-8°, 414 pp, 32 planches en couleurs hors texte et nombreuses gravures et photos en noir dans le texte, biblio, index, reliure toile éditeur, bon état (Coll. L'Univers contemporain)

            30

"Illustrations et documents d'époque à l'appui, J.-B. D. raconte, reconstitue, explique, crise après crise, année après année, la longue série d'événements qui vont insensiblement amener la France à la rupture d'août 1914. Il montre que la « Belle Epoque » ne l'était que pour une minorité de privilégiés et que la très grande masse du peuple – ouvriers et paysans – vivait dans des conditions très dures. L'instabilité du régime ne permettait pas la définition et la mise en oeuvre d'une véritable politique sociale. L'esprit « revanchard » des Français, l'impérialisme des Allemands expliquent la marche des deux peuples vers une guerre que personne au fond ne souhaitait vraiment. L'ouvrage permet de saisir et de comprendre la période qui précède le moment où l'histoire va basculer et entraver pour un demi-siècle le redressement économique dans lequel s'engageait la France. Une remarquable iconographie est ici au service d'un texte de grande qualité." (Revue française de science politique, 1975)

209.          EVANS (Thomas William). Le Second Empire. Mémoires du docteur Thomas W. Evans. Plon, 1910, in-8°, iv-451 pp, traduits par E. Philippi, un portrait en héliogravure en frontispice, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs très rares rousseurs, bon état

            90

On sait que l'art dentaire est une chasse gardée des Etats-Unis, où l'esprit pratique des Américains combiné au 'Keep Smiling' exigé par la société démocratique a fait merveille. Dentiste donc américain, Evans (1824-1897) s'installe à Paris en 1847... — "Le docteur Thomas W. Evans, dentiste américain, né en 1824, mort en 1897, s’installa à Paris en 1847, entra dès l’année suivante en relations avec le Prince Président, et fut un des familiers des Tuileries pendant toute la durée du second Empire. Il a laissé des mémoires qui comprennent deux parties. La première, rédigée en 1884, contient un « aperçu de la situation politique et rnilitaire de la France et de l’Allemagne immédiatement avant la guerre franco-allemande » ; cet aperçu est suivi d'une relation de la fuite de l'impératrice Eugénie en septembre 1870 et de l’établissement de la famille impériale à Chislehurst. La deuxième partie, écrite en 1896, se compose de notes rangées sans ordre sur les personnages qu’Evans avait connus et sur les événements auxquels il avait assisté ou participé. Les chapitres X a XIV en particulier racontent des événements dans lesquels Evans a joué un rôle de premier plan : la futte de l'Impératrice, son embarquement à Deauville, son arrivée en Angleterre. Le chapitre IV fournit sur les relations de la France et des Etats-Unis pendant la guerre de Sécession quelques indications utiles..." (Pierre Caron, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1911) — "Témoignage de premier ordre sur la personnalité de Napoléon III, la Cour impériale, le développement industriel de la France, la guerre franco-allemande et la fin du régime impérial." (Bourachot, 156)

210.          FAVRE (Jules). Gouvernement de la Défense nationale. 1ère partie : du 30 juin au 31 octobre 1870 (Journée du 4 septembre. - Entrevue de Ferrières. - Organisation de la défense. - Délégation de Tours. - Journée du 31 octobre) – 2e partie : du 31 octobre au 28 janvier 1871 (Bataille de Champigny. - Bataille du Bourget. - Conférence de Londres. - Bataille de Buzenval. - Insurrection du 22 janvier 1871. - Armistice). Plon, 1871-1872, 2 vol. gr. in-8°, 467 et 530 pp, pièces justificatives, reliures demi-chagin vert, dos à 5 nerfs filetés soulignés à froid, titres dorés, têtes pennées (rel. de l'époque), bon état

            100

L'auteur, 62 ans en 1871, n'est plus membre du Gouvernement de la Défense nationale, mais ministre de Thiers quand éclate la Commune. Des "Trois Jules", Favre est le plus acharné adversaire du mouvement insurrectionnel ; son discours du 21 mars devant l'Assemblée nationale laisse pressentir la férocité de la répression contre "ces hommes qui ont usurpé le pouvoir que par la violence, l'assassinat et le vol..." (Le Quillec II, 1741). Un troisième volume, assez rare, a été publié en 1875.

211.          GIRAUDEAU (Fernand). Napoléon III intime. P., Ollendorff, 1895, in-8°, xii-496 pp, reliure demi-percaline verte, dos lisse, titres dorés (rel. de l'époque), papier lég. jauni, manque la page de titre, bon état

            50

Défenseur du régime de 1852 et chef de bureau attaché au Ministre d’Etat, Fernand Giraudeau (né à Paris en 1835) est l’auteur de plusieurs livres publiés sans nom d’auteur : Le Czar à Constantinople (Dentu, 1861) – La jeunesse et les fonctions publiques sous le Second Empire (Jouaust, s.d.) – Testament politique de M. Prudhomme (Dentu 1865) – Bleus, blancs, rouges. Lettres réactionnaires adressées au directeur du Paris Journal (1873) – Nos mœurs politiques (1868) – L’Opposition de Panurge (1869). Sa production continue jusque vers 1895. Poulet-Malassis a publié le plus spirituel de ses livres.

212.          JOURDAN (Prosper). Contes et poésies, 1854-1866. Rosine et Rosette - Léone - Poésies diverses - Quelques pages d’un livre - Notes au crayon. Paris, septembre 1866, in-12, v-341 pp, un portrait de l'auteur gravé par Levasseur en frontispice, reliure demi-percaline carmin, dos lisse avec doubles filets dorés, pièce de titre chagrin noir (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Edition en partie originale, tirée à petit nombre et numérotée, envoi a.s. du père de l'auteur

            100

Edition posthume en partie originale, publiée aux frais de Louis Jourdan, le père du poète, tirée à petit nombre et qui ne fut pas mise dans le commerce (Vicaire, 590). Le portrait est gravé par Levasseur. Avant-propos de Louis Jourdan daté du 3 août 1866. C’est une bouleversante lettre adressée à son fils récemment décédé. L’ouvrage imprimé sur Hollande a été adressé par Louis Jourdan aux amis de son fils, ici le n° 62, offert et dédicacé par Louis Jourdan à l'écrivain Francisque Sarcey. – Prosper Jourdan (1840-1866), mort à l'âge de vingt-six ans moins quelques jours, était le fils du célèbre saint-simonien toulonnais Louis Jourdan. Un seul recueil parut de son vivant, chez Poulet-Malassis en 1862. En 1866, quelques mois après sa mort, son œuvre poétique verra le jour, publiée sans nom d’éditeur pour Louis Jourdan sous le titre de “Contes et poésies de Prosper Jourdan”. En tête de cette édition-tombeau, le père évoque avec une douleur que la foi saint-simonienne n’aura pu apaiser, le souvenir du disparu qu’il chérissait : « fils qui as été mon orgueil, ami qui as été ma force et ma joie... ».

213.          [KOCK, Henry de et JAIME fils]. Souvenirs et notes intimes de Napoléon III à Wilhelmshoehe. P., Librairie internationale A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1871, in-12, 136 pp, reliure demi-basane carmin, dos lisse, titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Peu courant

            50

Par Paul Henry de Kock (1819-1892), auteur dramatique, romancier et chansonnier français, célèbre pour ses romans grivois et Louis-Adolphe Gem dit Adolphe Jaime ou Jaime fils (1825-1901), vaudevilliste et librettiste français. Il est le fils d'Ernest Jaime (1804-1884), également auteur dramatique. Extraits : “Ce Guillaume qui a refusé mon épée ! « L'Empereur doit se rendre de sa personne, » m'a-t-il fait dire. Teuton ! / Il a bien fini, Saint-Arnaud ! luttant jusqu'au bout, adressant, avant de s'éteindre, de touchants adieux à l'armée. On a dit qu'il avait joué la comédie, dans sa jeunesse. Tout sert.”

214.          [LA BAUME-PLUVINEL, Gontran de]. Faits et gestes d'un bataillon de mobiles : le siège de Paris. P., Dentu, 1871, in-12, 106 pp, reliure demi-maroquin aubergine, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, double filet doré sur les plats, couv. conservées, tête dorée (rel. de l'époque), rousseurs, bon état. Edition originale. Rare (Palat, Bibliographie générale de la guerre de 1870-1871, p. 138)

            100

215.          LEVAILLANT (Maurice). La Crise mystique de Victor Hugo (1843-1856), d'après des documents inédits. José Corti, 1954, in-12, 296 pp, une photographie de Victor Hugo à Jersey en frontispice, broché, papier lég. jauni, 2e plat de couv. taché, sinon bon état

            25

"M. Maurice Levaillant est un bon historien littéraire. On lui doit beaucoup. Sur Chateaubriand d’abord. Sur Lamartine et sur Hugo. Il ne dénigre pas les auteurs qu’il étudie. Au contraire, il veut les servir. Cette intention est tout de suite visible dans le volume d’un très grand intérêt qu’il vient de publier, la Crise mystique de Victor Hugo (1843-1856). Cette crise mystique que M. Maurice Levaillant situe sur treize ans s’est manifestée surtout à Jersey à l’époque où Victor Hugo s’adonna avec sa famille aux séances de tables tournantes. (...) On peut donc voir dans le spiritisme auquel Victor Hugo s’est livré pendant deux ans une haute inspiration ou une manie qui l’a diminué. M. Maurice Levaillant le prend de la première manière. Il en trouve l’origine dans le drame de Villequier. La mort de sa fille, dans des circonstances terribles, aurait conduit Hugo au « monde invisible »..." (Robert Coiplet, Le Monde diplomatique, 1955)

216.          LEVER (Evelyne). Louis XVIII. Fayard, 1988, in-8°, 597 pp, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Louis XVIII ne fut pas toujours le roi podagre, accablé de goutte, dont la Restauration nous a laissé l'image... Bien au contraire, aucun roi de France, sans doute, n'eut de vie plus aventureuse et plus riche en rebondissements que lui. Ayant traversé la Révolution, l'Empire et les Cent-Jours dans les conditions les plus difficiles, prince errant reçu non sans réticences par les souverains européens, il parvint pourtant, en dépit de tout ce qui semblait s'y opposer, à assouvir (à deux reprises, en 1814 et 1815 !) son rêve de toujours : régner. Jamais il ne connut le doute ni sur sa légitimité, bien sûr, ni surtout sur son destin ; alors qu'en 1814 l'un de ses familiers lui disait : "Sire, vous êtes roi de France", n'eut-il pas l'aplomb - ou l'inconscience, c'est selon - de répliquer : "Ai-je jamais cessé de l'être ?" Aussi bien, il n'hésita pas à dater ses premiers actes de roi de la "19e année de [son] règne"... Histoire d'une ambition réalisée, la biographie du frère de Louis XVI nous fascine aujourd'hui encore par cette opiniâtreté, cette constance faisant fi des revers et des avanies.

217.          MANSFELD (Albert). Napoléon III. P., Au Bureau de la Souscription nationale, 1860, 2 vol. pt in-4°, 355 et 391 pp, traduit de l'allemand, 2 belles gravures sur acier et 43 belles gravures sur bois sous serpente hors texte, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs filetés soulignés à froid, titres et fleuron doré, caissons à froid, filet à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            150

"Précurseur du revirement qui ne saurait tarder de s'opérer dans l'opinion de nos voisins, un écrivain allemand s'entourant de tout ce qui pouvait l'éclairer sur le plus grand événement de notre époque, le rétablissement de l'empire français dans la personne de Napoléon III, a écrit la vie de l'homme providentiel qui a su, en quelques années de règne, élever si haut les destinées de la France et donner au progrès général une impulsion dont l'histoire n'offre pas d'exemple..." (Note du traducteur)

218.          MUSSET (Paul de). Biographie de Alfred de Musset. Sa vie et ses oeuvres par Paul de Musset, avec fragments inédits en prose et en vers et lettres inédites. P., Charpentier, 1888, gr. in-8°, 372 pp, un portrait de Paul de Musset en frontispice et une gravure hors texte, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs filetés soulignés à froids, fleurons et caissons ornés dorés, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, coupes frottées, bon état

            50

"Depuis longtemps je me suis promis de livrer aux admirateurs d'Alfred de Musset l'histoire de sa vie. Bien des fois j'ai voulu entreprendre ce travail, et j'en ai été empêché par la vivacité même de mes souvenirs. Cependant ce n'est pas seulement un devoir que je prétends remplir envers l'homme que j'ai le plus aimé, dont j'ai été le plus fidèle ami et le confident le plus intime ; c'est aussi un complément que je regarde comme nécessaire à l'intelligence parfaite de ses ouvrages ; car son œuvre, c'est lui-même : on y sent son génie se transformer de jour en jour, comme il n'arrive qu'aux poètes privilégiés dont l'imagination est en rapports constants avec le cœur. Les créations de ces rares esprits, leurs fantaisies même n'ont pas le caractère habituel des fictions, puisqu'on y retrouve tous les mouvements de leur âme. Leur histoire devient ainsi celle du cœur humain, et rien de ce qui les fait connaître ne peut plus être indifférent ; c'est pourquoi la curiosité du public pour les particularités de leur existence est légitime et intelligente..." (Introduction)

219.          [ODELIN, abbé Henri-Louis]. Mémoires sur la vie et la mort de Paul Odelin, lieutenant de mobiles (1847-1871), par un ancien professeur. P., Joseph Albanel, 1874, in-12, viii-296 pp, 3 photographies originales de Paul Odelin contrecollées sur des planches hors texte sous serpentes, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs, titre et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats, un fer doré au 1er plat (rel. de l'époque), bon état. Edition originale hors commerce distribuée par la famille. Rare

            80

Edition originale, composée en grande partie sur des documents fournis par la famille, et qui ne fut pas mise dans le commerce. Paul Odelin, lieutenant au 16e mobiles de la Seine, fut tué au premier jour de la Commune, lors de la manifestation de la place Vendôme, le 22 mars 1871 ; il portait le drapeau et fut frappé l'un des premiers. Il était le frère du vicaire général de Paris, Henri-Louis Odelin (1846-19..). — "Ouvrage anonyme à la mémoire de Paul Odelin, tué lors de la manifestation des « Amis de l'Ordre » de la place Vendôme, alors qu'à la tête de sa compagnie de mobiles il tentait d'arrêter la fusillade." (Le Quillec, 2e éd., 3413) — "Le lieutenant Paul Odelin fut un de ces soldats dont le général Ambert disait en voyant leur attitude au feu : « Voilà un élève des Jésuites ! » Préparé à tous les vaillants efforts par une éducation fièrement chrétienne, il avait défendu sa foi dans les clubs avant de défendre sa patrie contre l'étranger. Il tomba sous la balle d'un émeutier le 22 mars 1870 en allant sans armes les bras et le coeur ouverts, porter des paroles d'apaisement aux bêtes fauves de la Commune qui, pour ce grand coeur, étaient de pauvres égarés. Cette courte vie toute égayée de bonne humeur, cette mort héroïque bénie et pleurée par les PP. Olivaint et Ducoudray qu'un même sort attend à deux mois de là, les émotions du siège, les angoisses de la guerre civile, tout cela fait battre le coeur de française et de chrétienne façon." (La Liberté, 28 octobre 1892)

220.          PERSIGNY (J.-G.-V. Fialin, duc de). Mémoires du duc de Persigny publiés avec des documents inédits, un avant-propos et un épilogue par M. H. de Laire, comte d'Espagny, ancien secrétaire intime du duc. Plon, 1896, in-8°, xx-512 pp, un portrait en frontispice, broché, couv. défraîchie, qqs rares rousseurs, état correct

            60

Ardent bonapartiste, Persigny fut tout dévoué au prince Louis-Napoléon qu’il aidera à devenir et à rester empereur. Il sera deux fois ministre de l’Intérieur, et ambassadeur à Londres. Ses Mémoires nous montrent son rôle depuis décembre 1848 jusqu’à 1866 ; sa personnalité, attachante, mérite infiniment mieux que sa réputation.

221.          PIÉPAPE (Général de). Le Coup de grâce. Epilogue de la guerre franco-allemande dans l'Est (décembre 1870 - février 1871). Plon, 1906, in-8°, v-503 pp, 7 carte dépliantes hors texte., reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs, titres et caissons dorés (rel. de l'époque), bon état

            120

"Ce lendemain terrible, M. le général de Piépape nous le raconte en un poignant volume : le Coup de grâce, – épilogue de la guerre franco-allemande. C'est l'histoire d'un long calvaire, qui commence à Héricourt pour finir en Suisse, du mois de décembre 1870 au mois de février 1871 ; c'est le dernier effort utile de la France contre l'envahisseur, celui qui une dernière fois inquiéta l'ennemi ; lorsque l'armée de Bourbaki dut se retirer en débandade vers la Suisse, tout fut perdu, la défense nationale avait reçu « le coup de grâce » : ce sont là des pages singulièrement douloureuses, mais bien belles et nobles, de notre histoire." (Ph.-Emmanuel Glaser, Le mouvement littéraire ; petite chronique des lettres, 1906)

222.          POULET-MALASSIS (A.). Papiers secrets et correspondance du Second Empire. Réimpression complète de l'édition de l'Imprimerie Nationale, annotée et augmentée de nombreuses pièces publiées à l'étranger, et recueillies par A. Poulet-Malassis. Avec fac-similés d'autographes de l'Empereur, de l'Impératrice, de Mlle Marguerite Bellanger, de Joséphine Bonaparte, etc., etc. P., Auguste Ghio, 1873, gr. in-8°, vi-443 pp, 3e édition, 6 fac-similés in fine, reliure demi-basane vert-bouteille, dos lisse avec doubles filets et titres dorés (rel. de l'époque), coins lég. abîmés, coiffe inf. lég. frottée, bon état

            80

Réimpression sous un titre légèrement différent de : “Papiers secrets et correspondance de la Famille impériale”. — "... Notre réimpression contient, sans retranchement, toutes les pièces données dans cette édition originale, et de plus, de nombreuses notes et pièces en réplique, recueillies dans divers journaux, surtout à l'étranger ; ces pièces sont précédées d'un astérisque à la table des matières. Il suffira de citer une série de lettres éminemment curieuses de MM. Piétri, secrétaire particulier de Napoléon III, et Ch. Thélin, son trésorier particulier, sur la fortune mobilière de l'ex-empereur, et sur l'emploi de ses vingt-sept millions de liste civile." (Préface)

223.          RENAN (Ernest). Souvenirs d'enfance et de jeunesse. Calmann-Lévy, s.d. (1939), in-12, xxi-365 pp, broché, bon état

            20

La biographie intellectuelle d'un homme qui se penche sur son passé, recueillant "les bruits lointains d'une Atlantide disparue", de cette ville d'Ys engloutie que chacun porte en soi. Tréguier d'abord et la poésie du monde celtique. Puis l'Eglise, le conflit qui va marquer tout le siècle entre la raison et la foi, Saint-Sulpice dont Renan descendra les marches un jour d'octobre 1845 pour "ne plus jamais les remonter en soutane et pénétrer dans l'univers sec et froid" d'un monde à reconstruire. L'histoire d'un clerc qui n'a pas trahi et souhaite terminer sa vie en remerciant " la cause de tout bien de la charmante promenade qu'il lui a été donné d'accomplir à travers la réalité ".

224.          SCHNERB (Robert). Rouher et le Second Empire. (Thèse). P., Armand Colin et Clermont-Ferrand, G. de Bussac, 1949, in-8°, 351 pp, un portrait en frontispice et 12 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, broché, bon état

            40

Eugène Rouher (1814-1884), « vice-empereur sans responsabilité » selon le mot d'Emile Ollivier, fut l'exécutant ponctuel de la politique de Napoléon III. Il soutint ardemment l'expédition du Mexique, qu'il appelait « la plus grande pensée du règne ». — "A Rouher, majestueux et distant dans son collier de barbe, Robert Schnerb consacre une étude que justifie l'importance politique du « vice-empereur », ou, comme disait Spuller, de « l'homme d'Etat du second Empire ». Etude solidement documentée, tenant compte des Papiers de Cerçay qui, saisis par les Allemands en 1870, ont été restitués à la France lors du traité de Versailles, et de divers autres documents : beaucoup d'imprimés et de témoignages contemporains sur Rouher et sa politique. Sans parler des études historiques proprement dites et du roman de Zola, “Son Excellence Eugène Rougon”, « mélange adroit d'erreurs volontaires et de vérités qui compose un Rouher mi-fictif, mi-historique ». L'iconographie n'a pas été négligée. Quelques planches intéressantes nous donnent ses plus belles pièces en communication. Robert Schnerb ne surfait pas son héros. « Bourreau du travail », conclut-il, « et somme toute dévoué à des intérêts qu'il crut dignes d'estime – Rouher mérite une place de choix parmi les grands bourgeois qui ont fait à leur image la France contemporaine. » (...) Le livre de Robert Schnerb est instructif. Il fait réfléchir. Cette France du second Empire si médiocre, avec ses plaisantins et son perpétuel besoin de « faire des mots » au lieu d'éviter des catastrophes et de fonder des oeuvres durables.... On y trouvera beaucoup à glaner – et plus encore à méditer." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1951)

225.          STERN (Marie de Flavigny, comtesse d'Agoult, dite Daniel). Mes souvenirs, 1806-1833. Calmann-Lévy, 1880, in-12, x-406 pp, 3e édition, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs pointillés soulignés à froid orné de caissons fleuronnés dorés, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire fort bien relié

            70

"La vie provinciale sous le 1er Empire, la Restauration et les Cent-Jours. De fines observations..." (Tulard, 10). — "Elevée surtout en Allemagne, l'auteur ne livre que des souvenirs d'enfance jusqu'à son mariage en 1827. Elle est alors, avec Delphine Gay et la duchesse de Grammont, une des femmes les plus à la mode du faubourg Saint-Germain..." (Bertier de Sauvigny, 6)

226.          THEIS (Laurent). François Guizot. GLM, 2008, in-8°, 553 pp, 12 pl. de gravures hors texte en noir et en couleurs, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

Lorsqu'en 1805, à dix-huit ans, François Guizot entre dans le monde, il se fait aussitôt remarquer pour le feu de son regard, le timbre de sa voix et la vigueur de son esprit. Quand il le quitte en 1874, il est le même, sauf les années. Entre-temps, il a tenu sans désemparer le devant de la scène nationale et européenne, occupant divers emplois mais ne jouant jamais qu'un seul rôle, celui de M. Guizot. A la Sorbonne, à la Chambre des députés, dans les ministères, les salons, les ambassades et les académies, les spectateurs furent nombreux et souvent enthousiastes, surtout les spectatrices. A l'histoire, celle de la civilisation, à la politique, conservatrice, à la religion, protestante, il donna un lustre et des accents éclatants. Ses livres se comptent par dizaines, ses lecteurs par centaines de milliers. Il réserva son cœur à la famille, à l'amour et à l'amitié. Sa correspondance, immense, est un enchantement. Attaché à la liberté et à la paix, il gouverna la France et les Parisiens, en 1848, le chassèrent. Mais sa prodigieuse vitalité le releva de tout. Méridional acclimaté Normand, il aimait les sucreries, les fleurs et les romans anglais. Admiré, haï, déchu, ressuscité, François Guizot ne mérite pas d'être oublié, tant l'indifférence lui fut inconnue.

227.          THIRY (Jean). Les débuts de la Seconde Restauration. Berger-Levrault, 1947, in-8°, vi-298 pp, biblio, index, broché, manque au 2e plat, état correct

            25

L’oeuvre du baron Jean Thiry, écrite et publiée sur près de quarante ans, des années trente aux années soixante, et peu courante aujourd’hui, est un véritable tour de force : raconter la vie de Napoléon dans toute sa grandeur et tous ses détails, dans sa vie privée et politique comme sur les champs de bataille de toute l’Europe, ses relations avec ses plus fidèles lieutenants, Lannes, Davout, Berthier, Ney, et tant d’autres, comme avec ceux qui l’ont, à la fin, trahi. Jean Thiry a lu tout ce qui a été écrit, documents, biographies, mémoires, mais également les correspondances, celle de Napoléon, de ses proches et de ses alliés, celle de ses ennemis, y compris celles demeurées inédites, ainsi que tous les fonds d’archives du service historique de l’armée. C’est l'oeuvre d’un historien passionné et objectif, s’en tenant aux faits et rien qu’aux faits, un analyste extrêmement fin des raisons qui ont jeté l’Europe dans le feu et le sang durant plus de vingt ans, et un talentueux écrivain, doué d’un style précis, vif et rapide.

228.          THOUVENEL (Louis). Nicolas Ier et Napoléon III. Les préliminaires de la guerre de Crimée, 1852-1854, d'après les papiers inédits de M. Thouvenel. Calmann-Lévy, 1891, in-8°, xxxi-389 pp, broché, bon état

            70

"... On sait comment s'enchaînèrent les événements qui amenèrent la guerre de Crimée. Les dépêches, ou plutôt les lettres particulières que cite M. L. Thouvenel, permettront d'en suivre le développement, comme aussi d'apprécier les diplomates qui y prirent part –, M. de la Valette, esprit vif, d'une activité rare, mais trop confiant en lui-même pour ne pas s'illusionner sur la valeur des concessions qui lui étaient faites ; M. Sabatier, intelligence lucide et ferme ; le général de Castelbajac, mettant au service de la paix sa conduite loyale et droite, son vif désir de maintenir de bonnes relations entre la France et la Russie ; M. de Lacour, honnête et ouvert ; le général Baraguey d'Hilliers, avec ses emportements parfois trop brusques. Elles permettent de voir aussi que, de la manière dont la question était posée dès le début, il était bien difficile que la guerre n'en sortît pas..." (Louis Farges, Revue Historique, 1892)

229.          TOCQUEVILLE (Alexis de). De la démocratie en Amérique • Souvenirs • L’Ancien Régime et la Révolution. Introduction et notes de Jean-Claude Lamberti et de Françoise Mélonio. Laffont, 1986, fort in-8°, 1178 pp, biographie, biblio, index, broché, couv. illustrée (Tocqueville vu par David Levine), bon état (Coll. Bouquins)

            20

Alexis de Tocqueville (1805-1859) reste l'indispensable passeur pour l'Amérique, le maître incontesté de ceux qui vont y étudier la démocratie libérale. Dès sa parution, en 1835, De la démocratie en Amérique fut un événement pour tous ceux qui réfléchissaient des deux côtés de l'Atlantique sur l'art de gouverner les sociétés modernes. Quinze ans plus tard, dans ses Souvenirs, Tocqueville tire la leçon de son expérience de député sous Louis-Philippe et de ministre de la IIe République. La démocratie française, nourrie de mythes jacobins, se révèle incapable d'atteindre à la stabilité de la démocratie américaine. Reste à traquer en historien les origines du penchant français pour la toute-puissance de l'État. L'Ancien Régime et la Révolution (1856) découvre la centralisation administrative en germe dans la monarchie absolue. Le premier, Tocqueville doute que 1789 opère une rupture dans l'histoire de France. Plus de deux cents ans de commémorations de notre glorieuse Révolution n'ont pu éliminer ce doute. Histoire, sociologie ? L'oeuvre de Tocqueville est rétive aux classifications. À travers les domaines les plus variés, elle nous offre, avec une lucidité qui défie le temps, le portrait de la France d'aujourd'hui : l'Amérique comme l'ancienne France nous renvoient notre image, dévoilant notre difficulté persistante à concilier la liberté et l'égalité, le libéralisme et la démocratie.

230.          VEUILLOT (Louis). Les Libres Penseurs. P. et Bruxelles, Société générale de librairie catholique, Victor Palmé, 1878, in-12, 544 pp, 6e édition, reliure demi-basane lie-de-vin, dos à 4 nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            50

I. Ecrivains. II. Journaux et journalistes. III. Femmes auteurs. IV. Les honorables préopinants. V. Tartuffes. VI. Persécuteurs. VII. Le public. Livre supplémentaire. Les gens qui ne pensent point. — "J'appelle « libres penseurs, » comme ils se nomment eux-mêmes, les lettrés ou se croyant tels qui, par livres, discours et pratiques ordinaires, travaillent sciemment à détruire en France la religion révélée et sa morale divine. Professeurs, écrivains, législateurs, gens de banque, gens de palais, gens d'industrie et de négoce, ils sont tout, ils font tout, ils règnent. Ils nous ont mis dans la situation où nous sommes, ils l'exploitent et l'empirent. J'ai voulu les peindre ; non pas, je l'avoue, par admiration pour eux. Catholique et enfant du petit peuple, je suis doublement leur adversaire..." (Avant-propos)

231.          VEUILLOT (Louis). Les Odeurs de Paris. P., Victor Palmé, 1891, in-12, 472 pp, 13e édition, reliure demi-basane lie-de-vin, dos à 4 nerfs, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            50

Vigoureux pamphlet des moeurs parisiennes, qui dévoile les coulisses de la presse et des spectacles, le monde de la science, des lettres et de l'université pour les condamner sévèrement. Livre à clefs où Vallès, George Sand, Gautier, Hugo, Champfleury apparaissent sous de faux-noms. Les deux premiers livres, consacrés à la Presse, le troisième consacré aux divertissements parisiens (théâtre, cafés concerts, etc...), suscitèrent les plus vives réclamations dans le monde et dans les journaux, à cause des violences qu'il contenait ; mais le volume s'épuisa en quelques heures et faisait prime le soir même du jour de sa mise en vente (Paul Lacombe, 1144). Le titre “Les Odeurs de Paris”, est évidemment choisi pour contraster avec un autre de ses livres, “Le Parfum de Rome”.

232.          VINOY (Général Joseph). Campagne de 1870-1871. L'armistice et la Commune. Opérations de l'Armée de Paris et de l'Armée de réserve. P., Henri Plon, 1872, gr. in-8°, (4)-442 pp, reliure demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire très bien relié et sans rousseurs. Edition originale (Le Quillec, 4681). Sans le rarissime atlas

            120

Rappelé pour la guerre franco-allemande, le général Vinoy (1800-1880) succède le 22 janvier 1871 à Trochu comme commandant en chef de l'armée de Paris. Le 11 mars, il supprime les journaux révolutionnaires ; le 18 mars, obéissant à Thiers, il donne l'ordre de retraite générale sur Versailles. Il commande l'armée versaillaise jusqu'au 14 avril, date à laquelle Thiers le remplace par Mac Mahon, en le nommant Grand Chancelier de la Légion d'Honneur.

20e SIÈCLE

 

233.          ABBAS (Ferhat). Autopsie d'une guerre. L'aurore. Editions Garnier, 1980, in-8°, 346 pp, broché, bon état

            25

"Une vaste fresque peinte au soir d'une vie, des Mémoires en quelque sorte d'un des principaux leaders algériens. Ferhat Abbas raconte l'exploitation et la violence coloniale, la fraude électorale, l'entêtement des Européens à refuser à la fois l'assimilation et l'émancipation des "indigènes", l'aveuglement du lobby algérien de la IVe République, la genèse et les péripéties de la guerre d'indépendance algérienne, l'absence de cohésion de cette révolution." (Benjamin Stora, Dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie)

234.          ALLARD (Paul). L'Anarchie de la police. Calmann-Lévy, 1934, in-12, 123 pp, 2 tableaux de l'organisation de la Préfecture de Police et de la Sûreté Générale, broché, bon état, envoi a.s.

            30

L'important, le capital service public chargé d'assurer l'ordre et la sécurité de l'État et des citoyens traverse une crise profonde. La police française vient d'enregistrer, successivement, une longue série noire qui a mis en pleine lumière ce que M. Chautemps a appelé « la vétuste organisation de la police » et que nous appellerons plus brutalement « l'anarchie de la police ». D'abord, l'affaire Violette Nozière révéla la carence du service des mœurs qui laissa filtrer à travers les mailles de son fameux filet la jeune parricide qui aurait dû être la cliente toute naturelle des services dirigés par M. Priollet (Brigade mondaine). L'affaire Oscar Dufrenne nous apprit, ensuite, combien il est facile à un marin – vrai ou faux – d'échapper à la poursuite des fins limiers de la Police judiciaire. L'affaire Stavisky mit le comble à nos inquiétudes. Nous apprîmes, en effet, non seulement que Stavisky bénéficiait des faveurs de la Préfecture de Police et de la Sûreté Générale qui l'employèrent comme « indicateur », mais une bonne partie de l'opinion publique fut convaincue que ce dangereux collaborateur avait été, à Chamonix, « brûlé » par ses employeurs de la rue des Saussaies... Et on se mit, à cette occasion, à dresser la liste des « crimes policiers », depuis Almereyda jusqu'à Philippe Daudet. N'alla-t-on pas même jusqu'à insinuer que l'infortuné conseiller Prince aurait été, lui aussi, victime d'une maffia où la Sûreté Générale jouerait un rôle capital ? Enfin, ceux-là même qui se refusent à adhérer à ces légendes outrageantes, ne sont pas loin de penser que l'État est entre les mains d'une puissance occulte, d'une sorte de conseil des Dix : Préfecture de Police et Sûreté Générale, qui, par les fonds secrets et par les dossiers politiques, tiendrait dans ses mains les ressorts mêmes de la République. Tel est, rapidement esquissé, le réquisitoire dressé contre la police, à la lueur des tragiques événements que nous venons de vivre. Que vaut-il ? Y a-t-il, quai des Orfèvres et rue des Saussaies, des mystères sanglants ? Y a-t-il « quelque chose de pourri » dans l'organisation de l'Armée de l'ordre ? Rejetant, délibérément, la basse littérature policière ainsi que tout esprit de parti ou de parti pris, peut-on, impartialement, impartialement, en prévision d'événements redoutables, faire le point exact de ce que vaut le multiple et complexe organisme chargé d'assurer la sécurité de l'État et des citoyens ? C'est ce que je voudrais tenter, au cours de cette étude impartiale.

235.          ANDREU (Pierre). Le Rouge et le Blanc, 1928-1944. La Table Ronde, 1977, in-8°, 241 pp, broché, trace de pli au dos, bon état

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Mémoires de l'auteur de la guerre de 14-18 à la Libération et à l'épuration : Max Jacob, Drieu La Rochelle, Emmanuel Mounier, Bertrand de Jouvenel, Jacques Doriot, etc. — « J'ai connu une époque, écrit Pierre Andreu, où des jeunes gens discutaient sérieusement de la légitimité du prêt à intérêt ». Le Rouge et le Blanc sont les couleurs d'un temps où les hommes d'intelligence et de cœur rêvaient d'une Révolution qui fût restée française, d'un anticapitalisme qui ne fût pas allégeance à une internationale. Cet itinéraire intellectuel nous révèle la dureté de notre fin de siècle : les horreurs des totalitarismes, Hitler, Staline, les camps de concentration, le goulag nous interdisent-ils aujourd'hui d'allier le Rouge et le Blanc ? Des paysages de l'Aude et des Cévennes, un quartier de Paris pendant la première guerre mondiale, des êtres aussi dissemblables que Max Jacob, Drieu la Rochelle, Emmanuel Mounier, Bertrand de Jouvenel, Jacques Arthuys, Jacques Doriot escortent Pierre Andreu dans ce récit allègre et tendre qui court de la guerre de 14-18 à la Libération et à l'épuration. Mémoires, essai politique ? À coup sûr, le livre d'un écrivain de race, qui a trouvé son ton dans l'exercice de la poésie et dont l'allure ressemble à celle de ce cavalier parti d'un si bon pas.

236.          ANTONEL (D.), A. JAUBERT et L. KOVALSON. Les Complots de la C.I.A. : Manipulations et assassinats. Documents réunis et présentés par David Antonel, Alain Jaubert et Lucien Kovalson. Stock, 1976, fort in-8°, 599 pp, broché, bon état

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Voici un document historique et politique exceptionnel : les enquêtes officielles américaines sur les activités illégales de la C.I.A. Pour la première fois, le fonctionnement clandestin d’un grand service secret est révélé au public. Entre 1950 et 1975, les opérations de la C.I.A. se sont étendues au monde entier : complots internationaux, manipulations de gouvernements et de groupes politiques, coups d’état sanglants, assassinats de dirigeants, Fin 1960, les agents américains s’acharnent sur le leader congolais Patrice Lumumba. Des poisons et des virus sont envoyés en Afrique, des tueurs sont recrutés... A partir de 1962 l’élimination de Fidel Castro devient l’obsession des dirigeants de la C.I.A. Les gadgets les plus complexes, les poisons les plus violents sont préparés... On prévoit même de « faire débarquer le Christ à Cuba...» En 1970, des mitraillettes sont acheminées vers Santiago par la valise diplomatique et l’exécution du général Schneider marque le commencement de la véritable guerre clandestine que les États-Unis vont mener pendant trois ans contre le gouvernement de Salvador Allende.. Mais la C.I.A. ne s’est pas contentée de mener ses opérations secrètes à l’étranger. Sur le territoire même des États-Unis, ses agents ont espionné les opposants politiques, mis en fiches des millions de citoyens, recruté des groupes de tueurs, testé des drogues dangereuses sur des hommes et des femmes choisis au hasard. On retrouve ces mêmes agents dans le scandale du Watergate... Et pendant plus de dix ans, la C.I.A. a dissimulé des données décisives sur l’assassinat du président Kennedy... Ce qui est ici dévoilé est stupéfiant.

237.          ARBELLOT (Simon). J'ai vu mourir le Boulevard. Editions du Conquistador, 1950, pt in-8°, 301 pp, 5 pl. de photos hors texte, index des noms cités, broché, couv. illustrée lég. salie, état correct

            25

Souvenirs d'une vie journalistique, quand la presse parisienne siégeait sur les grands boulevards dans l'entre-deux-guerres et à Vichy. — L'entre-deux-guerres : Le temps des illusions ; Le Figaro de Robert de Flers ; L'or de François Coty ; A la recherche du temps perdu ; De quelques maîtres et petits maîtres ; Parlotes et agapes sur un volcan. – La Guerre et Vichy : Le temps retrouvé ; La presse à l'Hôtel de la Paix ; L'Etat à l'Hôtel du Parc ; Pierre Laval et la presse ; Promenade autour des sources. — Le livre s'achève avec la nomination de l'auteur comme Consul de France à Malaga au début de 1943.

238.          BEAUFRE (Général André). L'expédition de Suez. Grasset, 1967, in-8°, 253 pp, 16 pl. de photos hors texte, 5 cartes, broché, couv. lég. salie, bon état

            25

"La vérité sur les 7 jours qui auraient peut-être épargné une guerre au monde, par le Commandant en Chef du Corps Expéditionnaire Français."— "L'analyse de l'expédition de Suez par le commandant en chef du corps expéditionnaire français essaie de situer les responsabilités dans l'affaire de Suez, les causes politiques et stratégiques de l'échec et les conséquences à la fois sur l'année française et sur les relations israélo-arabes." (Revue française de science politique, 1968)

239.          BUCHHEIT (Gert). Secrets des services secrets. Missions, méthodes, expériences. Arthaud, 1974, gr. in-8°, 354 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoignages)

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L'historien allemand Gert Buchheit, officier à l'état-major du Commandement militaire en France pendant la Deuxième guerre mondiale, est l'auteur de deux livres de premier plan déjà traduits en français aux Editions Arthaud sous les titres "Hitler, chef de guerre" et "Le complot des généraux contre Hitler". Le présent ouvrage relate nombre d'épisodes passionnants de la vie des agents secrets, où les espionnes et les cascadeurs jouent aussi leur rôle. Mais son mérite est d'apporter une synthèse des activités des services secrets dans les différents pays du monde, d'en étudier les méthodes – elles mettent en jeu toutes les possibilités de la technique – de rappeler des précédents historiques fameux, depuis le chevalier d'Éon jusqu'à l'affaire Toukhatchesky, et d'en discuter la valeur. L'auteur a le souci de la critique des sources et n'hésite pas à démonter des légendes tenaces. Ce double aspect de l'aventure vécue et du compte-rendu élaboré avec toute la rigueur scientifique donne au livre de Gert Buchheit un intérêt exceptionnel.

240.          BURCKHARDT (Carl J.). Ma mission à Dantzig. Fayard, 1961, in-8°, 398 pp, traduit de l'allemand (“Meine Dantziger Mission”), 2 cartes, broché, jaquette, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

            25

"A l'aide de ses papiers personnels et des rapports qu'il avait envoyés de Dantzig à la Société des Nations, C.J. B. retrace les principaux épisodes de sa mission dans la ville libre comme représentant de la S.D.N. Il présente un tableau remarquablement vivant de la situation dantzicoise entre mars 1937 et le 1er septembre 1939. Ses dons d'observateur et d'analyste, ses qualités personnelles, et l'utilisation qu'il fait de nombreux procès-verbaux d'interviews font de ce livre un document d'un intérêt exceptionnel pour l'étude des préliminaires de la deuxième guerre mondiale." (Revue française de science politique, 1962)

241.          CHAMBERLAIN (Sir Austen). Au fil des années. Gallimard, 1936, in-12, vi-251 pp, traduit de l'anglais, broché, une photo de Chamberlain en couv., qqs marques au crayon en marges, bon état

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"L'édition française de ce petit volume nous apporte le dernier message d'un grand ami de la France. Il n'a pas la prétention de contenir les mémoires, ni de retracer la longue carrière de l'éminent homme d'Etat. Mais ce qu'il nous apporte est d'un grand prix : une série d'épisodes dramatiques et une riche galerie de portraits. Le ton de parfaite simplicité et de sincérité convaincante avec lequel ils nous sont présentés fait mieux comprendre et apprécier le caractère d'un grand Anglais, la conscience qu'il apporte à son travail, la variété de sa culture, la fraîcheur de ses sentiments. Sur la période culminante de sa vie politique, les années passées au Foreign Office, sir Austen Chamberlain n'insiste pas. En parlant de Locarno il s'efface modestement derrière ses deux partenaires, Briand et Stresemann. Il tient à témoigner de la sincérité de leurs efforts qu'il juge « absurde » de mettre en doute. (...) En publiant les notes et lettres écrites pendant deux des crises les plus graves auxquelles il ait pris part, sir Austen apporte un témoignage capital. L'une, de politique intérieure, concerne la retraite, en 1916, du ministère Asquith. L'autre se passe au matin du 2 août 1914. Nous voyons ainsi comment les chefs de l'opposition sont intervenus pour mettre fin aux hésitations du Cabinet. Sir Austen y a joué un rôle de premier plan et le mémorandum remis au Premier Ministre a été préparé de sa main. « II serait fatal – écrivait- il – d'hésiter à soutenir la France et la Russie, nos amis intimes », et il réclamait une mobilisation immédiate avec une mise en demeure à l'Allemagne d'affirmer catégoriquement sa résolution de respecter la neutralité de la Belgique..." (P. Vaucher, Politique étrangère, 1937)

242.          CURUTCHET (Jean-Marie). Je veux la tourmente. Laffont, 1973, gr. in-8°, 334 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Mémoires de l'ancien chef des réseaux Action et Renseignement de l'OAS. — "Tout au long de son récit, avec ce ton direct et percutant qui lui est propre, l’auteur nous fait revivre de l’intérieur les enthousiasmes et les déceptions (et aussi les illusions) de la poignée d’officiers clandestins, de jeunes militants et d’hommes politique qui se battirent à force ouverte pour le maintien de l’Algérie dans la République." — "La guerre d'Algérie eut des répercussions en France. Le capitaine Jean-Marie Curutchet, dans un livre au titre agressif, “Je veux la tourmente”, montre cette O.A.S.-métro, recrutée surtout dans les milieux militaires. Il y expose les motivations, les tensions internes de l'organisation, les aides reçues, celles de hauts fonctionnaires civils, comme Jacques Balland, ou de certains religieux. Les méthodes copiaient celles du F.L.N. dont la séduction fut très forte, finalement, sur ces jeunes officiers. On aurait aimé que l'auteur se montrât plus bavard sur les appuis reçus à l'étranger." (Jacques Valette, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1973)

243.          EASTMAN (Max). Depuis la mort de Lénine. Gallimard, 1925, in-12, 219 pp, traduit de l'anglais, broché, dos uniformément passé, pt marque au feutre sur la couv., bon état (Coll. Les Documents bleus)

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Par le socialiste américain Max Eastman (1883-1969). En 1923, il effectua un long séjour en Union soviétique afin de rassembler des observations et de juger sur place du nouveau régime. Il fut témoin de l'affrontement entre Trotsky et Staline. Sur place, il épousa Eliena Krylenko, la sœur du dirigeant bolchévik Nikolai Krylenko. De retour aux États-Unis, il publia en 1925 cet essai critique sur l'évolution de l'URSS intitulé “Since Lenin died” dans lequel il évoquait le « Testament de Lénine », alors tenu secret. Le livre fit sensation dans le monde entier. Mal accueilli par les partisans américains de Staline, le texte d'Eastman devait ensuite être cité comme une référence aussi bien par l'extrême-gauche que par les anti-communistes. Cette publication eut des répercussions jusqu'en Union soviétique où Trotsky fut sommé par le Politburo de désavouer le texte de son sympathisant américain...

244.          FAUCHER (Jean-André). La Cinquième République. Les dieux ont bu. Editions Galic, 1962, pt in-8°, 325 pp, préface d'André Maroselli, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Vérité)

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"Dans la préface qu'il a donnée à cet ouvrage, le sénateur A. Maroselli précise qu' « il s'agit moins d'une histoire de la Ve République que d'un témoignage pour les historiens de l'avenir ». Le lecteur en convient facilement, bien qu'il puisse s'interroger sur l'apport réel de ce témoignage et sur la manière dont les historiens l'utiliseront. En effet, ce récit, qui porte un sous-titre peu scientifique (« Les dieux ont bu »), est dépourvu de toute référence précise, et, s'il s'achève par un index des noms cités, celui-ci présente l'originalité de ne comporter aucune indication de pages..." (Revue française de science politique, 1962)

245.          FRANÇOIS (Jean). L'Affaire Röhm-Hitler. Gallimard, 1939, in-12, 244 pp, achevé d'imprimer du 25 juin 1939, index, broché, très défraîchi, une photo d'Hitler collée sur le 1er plat, une photo de Röhm collée sur la 1ère page de garde, qqs soulignures crayon, état moyen

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Un ouvrage achevé d'imprimer le 25 juin 1939, qui sera inscrit sur la Liste « Otto », composée des "Ouvrages retirés de la vente par les éditeurs ou interdits par les autorités allemandes" en septembre 1940, puis pilonné. — "L'auteur est très bien informé sur les événements de juin 1934. Il lui manque une connaissance plus nuancée des milieux allemands. Le récit est sobre et adroit ; mais l'atmosphère spécifique du drame, de ce gigantesque règlement de comptes à l'intérieur d'une bande de gangsters politiques, ne devient point sensible. Il faudrait peut-être pour cela une plume comme celle qui a écrit « les Démons »." (Esprit, nov-déc 1939)

246.          GERBET (Pierre), Gérard Bossuat et Thierry Grosbois ( dir). Dictionnaire historique de l'Europe unie. André Versaille éditeur, 2009, gr. in-8°, 1213 pp, préface d'Elie Barnavi, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Références)

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"A sa manière, cet épais ouvrage, complet autant qu'un dictionnaire historique peut l'être, précis sans jargon et accessible sans recours à la facilité, rend compte des difficultés inhérentes à la tâche que se sont fixé ses auteurs. En principe consacré à l'Union européenne, il en fait, à juste titre, éclater les cadres spatiaux (il y a un article sur « Mittelleuropa », un autre sur « Albanie »...) et temporels (voir par exemple « Idée européenne », ou encore « Coudenhove-Kalergi, Richard »). A l'arpenter, on mesure le chemin parcouru depuis un demi-siècle, les réussites et les ratés, les promesses tenues et les rêves déçus. Toute histoire est un bilan." (Élie Barnavi, préface) — Ce dictionnaire présente une originalité : ce n'est ni un répertoire, ni un annuaire axé sur la situation actuelle. Il se place résolument dans la perspective historique, indispensable pour comprendre les singularités – qui paraissent parfois illogiques – des structures qui se sont développées pour aboutir au système européen tel que nous le connaissons aujourd'hui. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le "chantier européen" n'a cessé d'évoluer. L'unité de l'Europe s'affirme maintenant dans l'Union européenne compétente dans les domaines politiques, économiques et sociaux, dotée d'une monnaie unique et élargie à la plupart des Etats de l'Europe géographique. Il s'agit donc d'un phénomène très complexe, résultant du jeu de forces diverses, variable selon les époques, dont la compréhension est facilitée par la connaissance de l'évolution historique. D'où l'utilité d'un dictionnaire qui précise l'origine et le développement des éléments constitutifs de ce grand mouvement vers l'unité : les hommes dont les idées et l'action ont poussé à l'organisation de l'Europe, penseurs, militants, hommes politiques ; les idéologies politiques qui ont intégré progressivement la notion d'Europe ; l'opinion publique ; les Etats nationaux, leur attitude à l'égard de l'Europe et leur rôle dans ses institutions ; les institutions européennes, leurs origines et leurs réalisations.

247.          GUÉRIN (Alain). Le Général gris. Reinhard Gehlen, chef du Service fédéral allemand de Renseignements. Nouvelle édition revue et corrigée, augmentée d'un index des noms cités. Julliard, 1968, in-8°, 604 pp, 16 pl. de photos hors texte, index, cartonnage toile de l'éditeur, jaquette illustrée (pt accroc au bas du dos de la jaquette), bon état, envoi a.s.

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Par un spécialiste des coulisses de la guerre froide, une bonne biographie du « général gris », Reinhard Gehlen, le chef du service d'espionnage « Armées étrangères de l'Est » au cours de la seconde guerre mondiale, puis le créateur du B.N.D. (les services secrets ouest-allemands) après une longue période de collaboration avec les Américains. — “Comment le général Gehlen peut-il diriger, depuis 26 ans, l'espionnage allemand ?”

248.          HOREL (Catherine). L'amiral Horthy, Régent de Hongrie. Perrin, 2014, gr. in-8°, 467 pp, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Aide de camp de l'empereur François-Joseph à qui il vouait une admiration sans bornes, Miklós Horthy devient commandant en chef de la flotte austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale. En mars 1920, il est nommé régent de Hongrie par l'Assemblée nationale, responsabilité qu'il assume jusqu'en 1944. Dès lors, sa vie se confond avec celle de son pays. En calviniste convaincu, ni idéologue ni chef charismatique, Horthy porte des valeurs chrétiennes traditionnelles. Le système mis en place, loin d'être la dictature fasciste retenue par l'historiographie communiste après 1945, est en réalité un régime autoritaire et réactionnaire qui ira jusqu'à déclarer la guerre à l'URSS en 1941. En 1944, sous la pression d'Hitler, Horthy ne peut s'opposer à l'occupation de la Hongrie par les troupes allemandes. Sommé d'appliquer une législation antijuive, il refuse les déportations instaurées par son « allié », ce qui le sauvera du tribunal de Nuremberg. Réfugié au Portugal en 1949, l'amiral y meurt huit ans plus tard. A travers cette première biographie en français, l'auteur restitue avec maîtrise toute la complexité et l'ambiguïté d'un personnage qui suscite, encore aujourd'hui, des passions exacerbées, et dont le drame aura été de s'allier avec l'Italie et l'Allemagne par volonté expansionniste.

249.          JAMET (Claude). Notre Front Populaire. Journal d'un militant (1934-1939). La Table Ronde, 1977, in-8°, 325 pp, broché, bon état

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Le journal intime d'un très jeune homme, engagé à fond, enthousiaste jusqu'à la naïveté mais cette naïveté est celle de l'époque et du Front Populaire lui-même, dans ses grandes espérances, ses victoires – au soleil de juin 1936 – ses déchirements, et sa longue agonie. Claude Jamet, né en 1910, est alors jeune professeur à Bourges puis à Poitiers...

250.          JEVAKHOFF (Alexandre). Kemal Atatürk. Les chemins de l'Occident. Tallandier, 2004, in-8°, 494 pp, 5 cartes, sources et biblio, glossaire, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

Il fallait beaucoup d'intelligence et de finesse pour retracer l'histoire d'un tel personnage, souvent complexe et parfois contradictoire : Kemal le viveur et le travailleur acharné, le charmeur et le bluffeur, l'autocrate à la recherche d'une impossible démocratie. Pari tenu. L'histoire de Kemal est ici celle d'une fascinante marche au pouvoir. Aujourd'hui comme hier, ce géant du XXe siècle reste au centre des aspirations, des contradictions et des déchirements du monde musulman, du Marc à l'iran. Sujet d'actualité à cause du problème kurde, de l'entrée de la Turquie dans l'Europe, de la question de la laïcité dans le monde musulman, la figure de Kemal Atatürk est aussi celle d'un chef d'Etat moderne au carrefour de l'occident et de l'Orient, du XIXe siècle et du monde moderne.

251.          JOUIN (Mgr). Le Péril judéo-maçonnique, deuxième partie, t. V : Les actes de la Contre-Eglise : Sources de l'Impérialisme juif. Discipline de l'impérialisme juif. P., Revue internationale des Sociétés secrètes/Emile-Paul, 1925, gr. in-8°, xxxix-150 pp, broché, bon état. Rare

            120

Par Ernest Jouin (1844-1932), auteur de nombreux ouvrages antimaçonniques et antisémites, comme La Guerre maçonnique (1919) ; il a également fondé la "Revue Internationale des Sociétés Secrètes" en 1912, organe ayant pour objectif notamment de faire la lumière sur le « péril maçonnique ». Dénonciateur de supposés complots ourdis par des sociétés secrètes et des forces occultes, Jouin fut un spécialiste de l'ésotérisme, de l'occultisme et de la franc-maçonnerie. Catholique d'extrême-droite, il exerça une influence considérable sur la littérature conspirationniste de son époque. Il est l'auteur de la célèbre thèse de complot selon laquelle Léon XIII ait résisté à une tentative d'infiltration maçonnique au Vatican et affirma que la mort de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche lors de l'attentat de Sarajevo était prévue d'avance par les loges des francs-maçons. "La faillite du gouvernement républicain, qui nous fut si désastreuse, venait de la Franc-Maçonnerie, ou mieux de la Judéo-Maçonnerie, curieuse de faire servir à ses buts occultes le rapprochement franco-allemand." — Table : Les actes de la Contre-Eglise (Les Trois synonymes ; Les deux agents de la Judéo-Maçonnerie ; L'Anticléricalisme ; Le Laïcisme), Les actes des Juifs comme fidèles de la Contre-Eglise ; Les sources doctrinales de l'Impérialisme Juif (Le Talmud ; Le Schulchan'Arukh ; Le Zohar) ; La discipline de l'Impérialisme Juif (Le Qahal ; L'Impérialisme juif)

252.          KACHOWSKAJA (Irène). Souvenirs d'une révolutionnaire. Rieder et Cie, 1926, in-12, 219 pp, traduit du russe, avant-propos de Joe Newman, broché, bon état

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Attentats contre Eichhorn et Denikine, 1918-1920. — "Petite fille du décabriste Kachowsky, condamné à mort en 1825 par Nicolas 1er, Irène Kachowskaja a de qui tenir. Mêlée de bonne heure au mouvement révolutionnaire, agent du parti socialiste révolutionnaire de gauche après la chute de Kerensky, Irène Kachowskaja, après le traité de Brest-Litowsk, participe aux attentats dirigés en Ukraine contre le Maréchal von Eichhorn et contre Denikine. L'héroïne raconte elle-même sa mission. Intéressante contribution à l'histoire de la révolution russe, l'ouvrage a une grande valeur psychologique par les aperçus qu'il nous donne sur la mystique révolutionnaire et sur la capacité de dévouement et d'abnégation de ses adeptes." (André Bertal, Notre Rive, 1927)

253.          LÉVY (Paul). Justice pourrie : l'Affaire Stavisky. P., Les brochures de “Aux Ecoutes”, s.d. (1935), gr. in-8°, 166 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

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Paul Lévy (1876-1960), est un journaliste et patron de presse, également romancier, essayiste et auteur dramatique. Avant la Première Guerre mondiale, il est journaliste et polémiste à “L'Aurore” de Georges Clemenceau, au “Journal” et à “L'Intransigeant”. Il fonde en 1918 l'hebdomadaire illustré “Aux Écoutes”, qui lui survécut jusqu'en 1969. Cet hebdomadaire, à ses débuts, était anti-allemand et fermement opposé à la politique pacifiste d'Aristide Briand. En 1933, Lévy tente de faire vivre un quotidien lancé par Alexandre Stavisky, qui devient “Aujourd'hui”, un quotidien illustré de photographies, et qui disparaît vers la fin de l'année 1934 après les événements de février et l'affaire Stavisky...

254.          NAEGELEN (Marcel-Edmond). Mission en Algérie. Flammarion, 1962, in-12, 314 pp, broché, couv. lég. salie, bon état

            15

L’auteur relate comment, sur les instances de ses collègues du gouvernement, il consentit à renoncer à ses fonctions ministérielles pour accepter, à un moment critique, en février 1948, le poste de Gouverneur Général de l’Algérie, avec mission d’y mettre en application le « statut » de septembre 1947. Ce statut, élaboré à la suite des émeutes de Sétif et de Guelma de mai 1945, et de la dure répression qui suivit, était rejeté par les partis nationalistes algériens et inquiétait les Algériens de souche européenne. (...) On lira avec un intérêt croissant la relation des efforts du Gouverneur Général, des difficultés, des préjugés, des égoïsmes et des fanatismes qui contrarient les résultats de cette politique généreuse. On lira avec un intérêt passionné ses commentaires sur la rébellion algérienne et l’attitude des gouvernements français vis-à-vis de ses chefs. De telles pages éclairent le passé récent de l’Algérie. Elles expliquent la situation présente.

255.          PAILLAT (Claude). Vingt ans qui déchirèrent la France. Laffont, 1969-1972, 2 vol. gr. in-8°, 628 et 793 pp, 64 pl. de photos hors texte, cartes, index, brochés, bon état

            50

Du coup de force japonais en Indochine à l'indépendance de l'Algérie. Tome I : Le guêpier (1945-1954) ; tome II : La liquidation : Indochine, Maroc, Tunisie, Suez, Algérie (1954-1962).

256.          RENOUVIN (Pierre). Histoire des relations internationales. Tome VIII : Les Crises du XXe siècle, 2e partie : De 1929 à 1945. Hachette, 1958, in-8°, 426 pp, 6 cartes, biblio, index, broché, qqs soulignures, bon état

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"Comme pour les volumes précédents le but de l'auteur était de « montrer quelles ont été, dans les relations entre les Etats et entre les peuples, les transformations importantes et d'en déterminer, dans la mesure du possible, les causes ». Il s'agissait de replacer les relations internationales dans le cadre de l'histoire générale, de les expliquer par les conditions géographiques, économiques, démographiques et sociales, par la psychologie collective, sans pour autant négliger le rôle personnel des dirigeants. (...) Ouvrage fondamental, indispensable à quiconque s'intéresse aux relations internationales, “Les Crises du XXe siècle” restent avant tout un livre d'histoire, dans la plus large acceptation du terme..." (Pierre Gerbet, Revue française de science politique, 1959)

257.          RENOY (Georges). Hitler. P.-Gembloux, Duculot, 1980, in-8°, 144 pp, 24 illustrations et photos, la plupart à pleine pages, poème de Pablo Neruda intitulé "H.I.T.L.E.R.", extrait du "Livre des questions", broché, couv. illustrée, C. de bibl., bon état (Coll. Biographies Travelling)

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258.          ROY (Jules). Les Années déchirement. Journal 1925-1965. Albin Michel, 1998, in-8°, 430 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Premier volume (sur 3) du Journal de Jules Roy de 1925 à 1996. — Sur les hauteurs d'Alger, l'adolescent séminariste s'interroge sur sa vocation. Il entreprend de tenir un journal. Durant plus de soixante-dix ans, Jules Roy, bon an mal an, demeurera fidèle à cette ascèse. Le premier volume de cette traversée du siècle révèle la chrysalide d'où naîtra l'écrivain. Ces années de recherches, de tâtonnements, sont celles des grands déchirements qui donnent son empreinte à une vie. Déchirement professionnel entre le métier des armes et le goût de l'écriture. Déchirement culturel avec l'abandon de la terre natale et cette nostalgie commune qui, sur les bords de la Seine, rapproche Albert Camus, Jean Amrouche, Jean Daniel, Jules Roy et bien d'autres. Déchirement politique qui, des marges de l'Action française puis du pétainisme, conduit Jules Roy dans les bombardiers anglais qui pilonnent l'Allemagne, puis au cœur de la lutte contre les guerres coloniales. Déchirement sentimental, enfin, avec la lancinante quête de l'amour. Ecartelé entre ses amitiés et ses convictions, ses amours et son devoir, la fascination de la solitude et les lumières des salons parisiens, l'itinéraire de Jules Roy croise ceux de Gide, Montherlant, Malraux et Kessel. Cette suite d'engouements et de ruptures, de combats physiques et intellectuels menés avec passion est à la mesure des convulsions d'après la Seconde Guerre mondiale, accouchant dans la douleur d'une société aux antipodes de la Mitidja, qui avait vu naître le petit Jules Roy.

259.          SKOUTELSKY (Rémi). L'Espoir guidait leurs pas. Les volontaires français dans les Brigades internationales, 1936-1939. Grasset, 1998, gr. in-8°, 411 pp, préface d'Antoine Prost, 9 cartes, sources, chronologie, index, broché, couv. illustrée, état correct

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18 juillet 1936. En Espagne, des centaines de milliers de travailleurs font échouer un coup d'Etat visant à renverser la jeune République et le Front populaire sorti des urnes six mois plus tôt. La guerre civile commence. Tandis que Mussolini et Hitler soutiennent les factieux, en sous-main puis ouvertement, la solidarité avec les républicains s'organise dans le monde entier. Pendant plusieurs mois, la France vit à l'heure espagnole. On connaît ainsi l'engagement d'André Malraux, et son escadrille España. Ce sont en fait des dizaines, puis des centaines de volontaires qui passent les Pyrénées pour combattre les fascistes. Après la création des Brigades internationales par le Comintern – l'Internationale communiste –, des milliers d'autres leur emboîtent le pas. Parmi eux, un tiers sont français. Ainsi commencent les combats – et le mythe – des Brigades internationales. Mais qui sont-ils, ces volontaires français qui partent risquer leur vie ? Pourquoi s'engagent-ils ? Est-ce par idéologie ? Par goût de l'aventure ? Et que laissent-ils dans leur pays ? Comment ces hommes et ces femmes vivent-ils à Madrid et sur l'Ebre, dans les tranchées ou à l'arrière ? C'est leur vie quotidienne, au-delà des légendes, que nous conte Rémi Skoutelsky. Pour la première fois, on découvre le contingent français dans ses idéaux et ses combats. Grâce à des dizaines de témoignages, d'entretiens, et grâce à la consultation d'archives soviétiques inédites, Rémi Skoutelsky révèle une figure courageuse et méconnue, le brigadiste au destin anonyme. Ce sont des personnages inoubliables qu'il évoque au fil des pages, sans jamais cacher la part d'ombre et de cruauté d'une aventure fondatrice. Un essai qui fera date, au coeur des débats sur le communisme et sur l'engagement politique. — Ce livre est l'adaptation pour le grand public d'une thèse remarquée, soutenue en 1996 à l'université de Paris I. Rémi Skoutelsky souligne, dès l'introduction, l'étonnante originalité de son thème de recherche. En effet, les Brigades internationales sont un sujet dont on a beaucoup parlé mais dont le traitement historiographique laissait à désirer. D'une certaine manière, ce travail comble un vide. Cependant, si l'on peut qualifier ce livre de définitif sur les volontaires français en Espagne républicaine, il présente bien d'autres qualités dont deux nous semblent essentielles. Il est tout d'abord l'illustration que l'histoire de la guerre civile espagnole est loin d'être terminée et se renouvelle grâce à une approche historienne des archives, particulièrement et depuis quelques années, en Espagne. Ensuite, il est un exemple serein et dépassionné de recherche sur ce que l'on a coutume d'appeler les « archives de Moscou ». Il s'agit en fait d'une série de fonds (ceux des brigades elles-mêmes, mais aussi ceux de l'Internationale communiste ainsi que le fonds André Marty) conservés à Moscou au Centre russe de conservation et d'étude des documents en histoire contemporaine (CRCEDHC). Loin de s'appuyer seulement sur ces documents, l'auteur les confronte avec de nombreux fonds consultés en Espagne, mais aussi et surtout en France : archives préfectorales, départementales et du ministère de l'Intérieur. Il applique ensuite aux archives russes un traitement quantitatif sous la forme d'une base de données. C'est ce qui lui permet d'aboutir à un résultat convaincant, un livre d'histoire étranger à la polémique. Celui-ci est organisé autour d'une sociologie des brigadistes français. Mais il éclaire aussi de façon très complète l'organisation générale des brigades et n'oublie pas ceux qui allèrent combattre en Espagne hors de ce cadre. Un des principaux mérites de l'ouvrage est sans doute d'illustrer les aspects improvisés de la politique des partis communistes et d'aller à l'encontre d'un sentiment exagéré de continuité dans la politique du Komintern, tant du point de vue de son élaboration, de son application que des relations avec les partis nationaux. Il restitue ainsi à cette histoire son caractère vivant et contradictoire qu'une approche par trop téléologique nous interdit souvent de bien comprendre. R. Skoutelsky montre les brigades comme la rencontre entre un élan de solidarité de la part de nombreux ouvriers et la réaction politique du Komintern, mais aussi la vie propre du PCF. On voit alors comment se conjuguent sans schématisme les volontés personnelles et les logiques de parti. On touche du doigt le fait qu'à l'intérieur même des appareils politiques, à chaque niveau hiérarchique, de Marty au simple volontaire, les individus ne décident pas qu'en fonction d'un ordre venu d'en haut, d'une « ligne » qui agencerait les moindres détails en fonction d'un but unique. Dans l'analyse de l'identité des volontaires, R. Skoutelsky révèle que dans leur très grande majorité, il s'agissait d'ouvriers, dont il précise les catégories et les lieux de provenance. Il montre aussi que la moitié seulement étaient membres du PCF, même si 80 % faisaient partie d'une organisation ouvrière. Il répond en outre à une question difficile : pourquoi partir ? Les différentes raisons sont passées en revue, l'antifascisme, la solidarité ouvrière, l'engagement révolutionnaire et les considérations personnelles. L'auteur ne les hiérarchise pas précisément pour laisser entrevoir la particularité de chaque cas, de chaque décision. Il est aidé en cela par une utilisation systématique des notices du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français et par une série d'interviews réalisée pendant la thèse ou par d'autres avant lui. Ces sources ne sont cependant pas utilisées dans un but unique d'illustration ; elles complètent la base de données et permettent d'éclairer les thèmes qui échappent aux catégories. Ainsi, le traitement en série des informations ne désincarné pas les individus. Il faudrait aussi évoquer le quotidien de la vie du combattant, les problèmes du retour, de la réinsertion dans la vie et dans le parti communiste (pour ceux qui en étaient membres), et surtout l'engagement massif dans la Résistance et les problèmes de l'après-guerre, qui font l'objet de plusieurs chapitres excellents. L'auteur a ajouté en annexes une série de mises au point chiffrées, ainsi que quelques documents. (François Godicheau, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2000)

260.          VIANSSON-PONTÉ (Pierre). Histoire de la république gaullienne (Mai 1958 - Avril 1969). Laffont, 1984, fort in-8°, 839 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, trace de pli au 1er plat, bon état (Coll. Bouquins)

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"C'est la réédition pure et simple, en un seul volume, de l'ouvrage publié en 1970-71 chez Fayard, en deux volumes, par le brillant chroniqueur politique du “Monde” qui devait disparaître prématurément. Cette étude, devenue fondamentale, est présentée sous une forme plus maniable ; les orientations bibliographiques s'arrêtent donc à 1971, puisque rien n'a été retouché." (Jacques Chapsal, Revue française de science politique, 1985)

261.          WENGER (Antoine). Le cardinal Jean Villot (1905-1979), secrétaire d'Etat de trois papes. Desclée De Brouwer, 1989, in-8°, 301 pp, préface de René Rémond, 12 pl. de photos hors texte, chronologie, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs annotations crayon, bon état, envoi a.s.

            25

Voici le premier grand témoignage sur un homme dont l'ambition constante fut de servir l'Eglise dans les plus hautes responsabilités. Successivement directeur du Secrétariat de l'Episcopat français, archevêque-coadjuteur de Lyon et secrétaire-adjoint des trois premières sessions de Vatican II, cardinal-primat des Gaules, préfet de la Congrégation pour le clergé, premier évêque français Secrétaire d'Etat – et de trois papes ! (Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II) –, camerlingue de deux conclaves, Jean Villot reste l'un des acteurs marquants de la vie publique de l'Eglise dans la seconde moitié du XXe siècle.

1ère GUERRE MONDIALE

 

262.          ANDRÉIEF (Léonid). Le Joug de la Guerre. Confidences d'un petit homme durant de grands jours. Henri Didier, 1917, in-8°, 150 pp, traduit du russe, broché, bon état

            25

"Léonid Andréief précise son nouvel ouvrage par un sous-titre qui est comme un appel à toutes les sincérités « Confidences d'un petit homme durant de grands jours. » C'est la dramatique histoire d'un type d'humanité moyenne pendant cette guerre, et l'histoire aussi de la Russie en crise. Ce dramatique journal est une des œuvres à la fois les plus poignantes et les plus ironiques de celui qui est peut-être le plus grand romancier russe depuis Tolstoï." (Le Figaro, 1917)

263.          AULARD (Alphonse). La Guerre actuelle commentée par l'histoire. Vues et impressions au jour le jour (1914-1916). Payot, 1916, in-12, 256 pp, broché, couv. lég. salie, qqs rousseurs, bon état. Peu courant

            30

"Les quelques articles que l'historien a réunis ici sont relatifs à la guerre et sont pourtant remplis des souvenirs du passé. Pour ceux qui ont étudié la Révolution, quelle illustration et quelle lumière projette cette guerre sur les événements d’il y a cent-vingt-cinq ans, et comme certaines journées révolutionnaires s’expliquent pour nous qui avons vécu les jours de sombre angoisse qui précédérent « la Marne » ou Ie 18 juillet 1918. On peut ne pas partager toutes les opinions politiques de M. Aulard, on n’en est pas moins frappé de la justesse de certaines réflexions que les événements d’hier lui suggérent. Ce révolutionnaire nous montre comment, dans la Révolution, certaines méthodes de gouvernement conduisirent à la victoire ; mais ce patriote, répudiant le bolchévisme, reste déle à la doctrine de Danton et du comité du salut public qui avant d’instaurer un nouvel ordre de choses se préoccupaient d‘assurer l'indépendance et la grandeur du pays." (Revue des études historiques, 1919)

264.          BARBUSSE (Henri). Le Feu. (Journal d'une Escouade). Flammarion, 1920, in-12, 349 pp, reliure demi-chagrin chocolat, dos là 5 nerfs, titres et fleurons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            40

Engagé volontaire, l'auteur rejoint le dépôt d'Albi le 10 septembre 1914. Versé au 231e RI (18e Cie, 3e Section), il part pour le front le 29 décembre. Atteint de dysenterie, il est affecté comme brancardier le 12 juin 1915. Ne guérissant pas, il est versé le 18 novembre au 8e RIT, et affecté le 27 à un état-major. Norton Cru ne supportait pas qu'on fît de la littérature à propos de la guerre. Aussi se montre-t-il très sévère à l'égard des oeuvres de Barbusse, et notamment de celle qui eut le retentissement le plus considérable : “Le Feu”. Il reproche à l'auteur d'avoir conçu un roman dans la veine de Zola – ce qui est indéniable –, et pour cela lui dénie toute authenticité et toute sincérité – ce qui est injuste. Il n'a pas su voir que Barbusse n'a pas cherché à consigner scrupuleusement son expérience individuelle, mais à évoquer une mythologie nouvelle de la guerre – une mythologie faite de souffrance, de misère et d'abjection – pour mieux la dénoncer.

265.          CARTIER (Raymond et Jean-Pierre). La Première Guerre mondiale. 1. 1914-1915. – 2. 1916-1918. Presses de la Cité, 1982-1984, 2 vol. gr. in-8°, 344 et 350 pp, 13 cartes, biblio, brochés, couv. illustrée, bon état

            40

Nul n'ignore aujourd'hui l'oeuvre immense de Raymond Cartier, de ce journaliste-historien-essayiste qui n'a cessé de scruter le destin de l'Europe, qui sous ses yeux tentait de se construire. Il a interrogé le présent et le passé proche. Ses ouvres maîtresses demeurent « L'Histoire mondiale de l'après-guerre », « La Seconde Guerre mondiale », « Le monde entre deux guerres ». Cela ne suffisait pas. Il fallait remonter à la source, à l'immense cassure de l'histoire européenne, à ces années 1914-1918 où, l'Europe devenue champ de bataille, la puissance du vieux monde a basculé. Des articles virent le jour, sur les batailles de la Marne, les attaques d'Artois et de Champagne, sur Verdun et la grande offensive de Ludendorff en 1918. Jean-Pierre Cartier, de son côté, avait recueilli une lourde et étrange moisson, il avait interrogé acteurs et témoins survivants, visité les hauts lieux des combats, lu récits, carnets de campagne, mémoires. De tout cela, il fallait faire un livre, pour tout dire, pour ne rien oublier. Pour faire revivre les événements politiques et militaires au jour le jour, mais aussi la vie quotidienne des combattants, leurs peurs, leurs angoisses, leurs grandes et leurs petites misères. Et cela sur tous les fronts, sur terre, sur et sous la mer, dans les airs. Pour comprendre et faire comprendre que cette guerre fut, pour l'Europe naissante, un véritable suicide, non pas une guerre des nations, mais une stupide guerre civile européenne.

266.          CHAMPION (Léon). « Les marmitent me dégoûtent trop ». Correspondance du fantassin Léon Champion, 1914-1916. Ives Rauzier, 2018, in-8°, 144 pp, 68 illustrations dans le texte (photos et fac similés), broché, couv. illustrée, bon état

            17

Le 14 août 1916, Léon Champion, soldat du 52e régiment d'infanterie de Montélimar, est tué dans la Meuse. Originaire de la Loire, Léon a correspondu avec sa famille mais ce qui singularise sa correspondance est ailleurs. Ecrite avec un style direct, on y trouve des mots d’argot ou du parler local du Forez et des expressions tombées en désuétude. Autant de témoignages de la façon de parler d’un jeune de 20 ans en 1914. Et comme il ne manque pas d’humour et apprécie les jeux de mots, ses lettres prennent un relief tout particulier. Elles nous font revivre la vie quotidienne d’un soldat de la Première Guerre mondiale, de son arrivée au dépôt à Marseille jusqu’à son décès près de Verdun, en passant par sa période de convalescence à Vierzon.

267.          [Chirurgie de guerre] – CHATELIN (Charles). Les Blessures du Cerveau. Formes cliniques. P., Masson et Cie, 1918, pt in-8°, 200 pp, 2e édition remaniée et augmentée, préface du professeur Pierre Marie, 39 figures dans le texte et à pleine page, 2 pl. de photos hors texte, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Horizon - Précis de médecine et de chirurgie de guerre). Rare

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Voici un précis de la collection Horizon, devenue justement célèbre pour les services qu'elle a rendus au cours de la guerre, dans lequel on trouvera des renseignements précieux sur les perturbations diverses, sensorielles, motrices, verbales et mentales, provoquées par les blessures du cerveau. Les divers chapitres consacrés par Chatelin – qui avait observé plus de 5000 cas de blessures du crâne avec son maître Pierre Marie – aux symptômes des lésions des grandes régions cérébrales, seront lus avec intérêt et avec fruit, en attendant que l'on dresse d'une façon plus complète l'inventaire des acquisitions scientifiques de la guerre." (H. Piéron, L'année psychologique, 1914) — "Les Traités de Médecine et de Chirurgie d'avant guerre conservent encore toute leur valeur, mais ne contiennent pas les notions acquises au cours des récents événements. — Cette COLLECTION réunit dans des monographies courtes et pratiques tout ce que la guerre a apporté de connaissances nouvelles. Ces petits PRÉCIS sont signés par quelques-uns des spécialistes à qui sont principalement dus les progrès de la Médecine et de la Chirurgie de Guerre.

268.          FOCH (Maréchal). Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918. Plon, 1931, 2 vol. in-8°, xxix-281 et lviii-337 pp, 44 gravures et 16 cartes dépliantes hors texte, reliures demi-chagrin bordeaux à coins, dos lisses ornés de filets à froid, titres et tomaisons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque signée René Piel), dos lég. frottés avec petites épidermures, bon état

            70

Commandant le 20e Corps d'armée en Lorraine, Foch prend la tête de la 9e armée lors de la première bataille de la Marne, pour ne plus quitter le front des opérations de l'Yser à la Somme et assurera la coordination du groupe « des Armées du Nord » françaises, britanniques et belges, avant de devenir en 1917 le chef d'état-major général de l'armée française. Après l'élimination du front russe, l'Allemagne lance sur le front occidental une formidable offensive au printemps 1918 afin de s'assurer la victoire. C'est dans ces circonstances dramatiques, sous les ordres du général Foch, désigné alors Commandant suprême des forces alliées, que la contre-offensive est organisée jusqu'à la victoire totale... Acteur décisif, Foch a tenu à laisser des mémoires "pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918" qui furent publiées en 1931. Le second tome couvre la période de mars à novembre 1918 et dresse un état exhaustif et détaillé des conditions qui ont conduit à la signature de l'armistice.

269.          JOFFRE (Joseph). Mémoires du maréchal Joffre, 1910-1917. Plon, 1943, 2 vol. in-8°, 491 et 468 pp, 42 photos et 21 cartes et croquis dans le texte et dépliantes hors texte, reliures demi-chagrin vert bouteille à coins, dos lisses ornés de filets à froid, titres et tomaisons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque signée René Piel), dos lég. frottés, bon état. Edition originale sur vélin du Marais

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"... Il est de notoriété publique que le maréchal avait confié le soin de la rédaction à deux officiers, à qui il remettait ses archives privées ; bien que le texte ait été revu par le maréchal, ces souvenirs ont un tour moins personnel que tant d'autres, et, si la préoccupation de mettre en lumière le point de vue de l'auteur n'en est, certes, pas absente, au moins la polémique est-elle plus modérée. C'est la direction générale des opérations dans tous ses aspects qu'évoquent ces mémoires. Les relations avec le gouvernement français et les commandements alliés, la question des effectifs et de l'armement, celle des « théâtres extérieurs » d'opérations y tiennent une large place. Par contre, le détail des opérations y est traité avec discrétion : il est significatif que les Mémoires passent très rapidement sur les attaques locales, inutiles et sanglantes, des premiers mois de 1915 et que le maréchal, bien qu'il reconnaisse l'insuccès total de ces opérations, semble avoir jugé superflu de répondre aux critiques qui lui ont été adressées à ce sujet. (...) Ces mémoires, parce qu'ils citent des documents, des comptes-rendus d'entretiens et des précisions numériques, sont pour l'histoire de la guerre une contribution importante." (Pierre Renouvin, Revue Historique, 1937)

270.          LOTI (Pierre). La Hyène enragée. Calmann-Lévy, s.d. (1916), in-12, (8)-296 pp, broché, qqs rousseurs, bon état (Bibliothèque contemporaine). Premier tirage sur papier d'édition (Imp. Paul Brodard, 7-16. – mention de 22e édition sur la couverture, mais pas sur la page de titre)

            30

Pierre Loti (1850-1923) avait été mis à la retraite en 1910, mais en 1914 ayant demandé à être mobilisé, il sera affecté comme agent de liaison auprès du général Gallieni : il publie pendant quatre ans des reportages de guerre, et plusieurs récits : “La Hyène enragée”, “l’Horreur allemande” qui véhiculent la propagande officielle soutenant la cause des Alliés. – « Départ de Dunkerque, en auto militaire, à 2h, sous une pluie glacée mêlée de neige ; il fait presque nuit sous le ciel opaque, d’une obscurité brunâtre. Une heure de route à travers les campagnes inondées, sinistres. Dans les moindres villages, encombrements de soldats de tout costume. Dans Furnes bombardée, où je m’arrête quelques minutes, la neige me prend. Départ de Furnes pour Houthon, le village où est le Grand Quartier général belge... »

271.          NINET (Jules). Copains du front. Maurice d'Hartoy, 1936, in-12, 355 pp, préface du commandant Mermod, broché, un timbre représentant Joffre collé au 1er plat, bon état, envoi a.s.

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"Jeune soldat de la classe 17, Jules Ninet a fait revivre en son livre le récit de ses deux années de guerre dans le 89e R. I. On y voit fleurir cette belle et intense camaraderie qui soutenait les uns et les autres, au milieu des plus durs combats, comme au milieu des pires souffrances endurées sous la pluie, dans la boue, dans la neige, dans les sapes humides, dans les trous d'obus, les corps anéantis par la faim et le froid, les âmes engourdies par l'excès même de ces souffrances. Il nous les montre, ces copains du front, partageant leurs joies et leurs deuils, leur dernière bouchée de pain, leur dernier quart d'eau ou de pinard, comme leur dernière cigarette ou leur dernière pipe..." (La Croix, 9 mai 1937)

272.          PÉRICARD (Jacques), Ferdinand DUBREUIL. Le Soldat de Verdun. Baudinière, 1937, in-12, 360 pp, illustré de bois originaux de Ferdinand Dubreuil et de nombreuses photographies hors texte, une carte dépliante hors texte, reliure demi-basane noire, dos lisse avec titres et triples filets dorés, couv. illustrée (salie) conservée (rel. de l'époque), bon état

            30

"Ce livre n'est pas le résumé du « Verdun » écrit avec la collaboration de 6.000 anciens combattants, cependant il s'en inspire et, s'il fait appel à de nouveaux et nombreux témoignages, c'est chez son aîné qu'il est allé prendre quelques-uns de ses traits les plus émouvants. (...) Notre dessein ici, plus modeste et plus ambitieux à la fois, est de peindre, au lieu d'une vaste fresque, un simple portrait..." (Préface)

273.          REYBAZ (G.-Jean). Le 1er Mystérieux. Souvenirs de Guerre d'un Légionnaire Suisse. P., André Barry, 1932, gr. in-8°, 153 pp, ouvrage illustré de 33 compositions de Hautot, dont 9 hors texte, et d'un frontispice reproduisant le crayon noir de Steinlen : "Le Légionnaire", broché, couv. illustrée, 2e plat lég. bruni, bon état. Edition originale, un des 5000 ex. numérotés sur alfa fort, envoi a.s.

            70

"Un livre de guerre écrit par un Suisse, par un combattant qui raconte sans amertume, sans révolte, avec une philosophie sereine sa farouche existence de soldat. Soldat du front, il décrit dans un style coloré et plein d'images fortes ce qu'il a vu, senti et souffert, non à la manière de Barbusse et de Remarque, soldats de l'arrière au service d'une propagande, mais en témoin fidèle, au service de la vérité. Jean Reybaz s'est engagé à la Légion étrangère à Marseille, en août 1914. Il arrivait de Tiflis, au Caucase. Incorporé au 1er Etranger, il fut grièvement blessé, en juin 1915, à l'attaque des « Ouvrages Blancs », comme caporal-mitrailleur. Il a reçu la croix de guerre, avec palmes et la médaille militaire. Ses croquis ont une valeur documentaire positive. Reybaz a noté ses souvenirs en traits vigoureux, s'oubliant sans cesse pour parler du courage des autres. (...) Les saisissantes illustrations de Hautot complètent admirablement la pensée de l'auteur. (...) Le livre de Reybaz est un juste et discret hommage aux 12.000 engagés volontaires suisses de 1914 à 1918, qui ont valu au régiment de marche de la Légion les plus hautes récompenses et les plus magnifiques témoignages de l'armée française..." (Revue militaire suisse, 1932)

274.          ROUYER (Général de division A.). La Guerre 1914-1918 en Argonne. Fascicule 5 : L'attaque allemande du 27 septembre 1915 sur la Fille Morte et la Cote 285 ; L'artillerie du 5e C.A. et la Cie 5/4 du Génie dans la poursuite après la Marne (10 septembre - 1er octobre 1914) ; Chez "Ceux d'en face" (10 septembre - 1er octobre 1914) ; Le combat de la ferme de la Chapelle près de Servon, le 13 septembre 1914 ; Coloniaux en Argonne : le 42e R.I.C. à Vauquois en 1915 ; La Mine du 14 mai à Vauquois ; L'Ecusson (Poème du Lt. Farges du 113e R.I.). P., Comité commémoratif de l'Argonne, 1974, gr. in-8°, (110) pp, 12 photos et 5 cartes dans le texte, broché, bon état

            35

D'après les Journaux de Marche des Unités, le récit allemand Argonnen et les témoignages de combattants français et allemands

2ème GUERRE MONDIALE

 

275.          ARCHEN (Lieutenant-Colonel). Missions spéciales au Luxembourg. France-Empire, 1969, pt in-8°, 316 pp, 12 pl. de photos et documents hors texte, une carte, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, les troupes allemandes envahissent la Belgique et le Luxembourg. Un jeune officier français, le capitaine Archen, en mission secrète dans la capitale du Grand-Duché, donnait l'alerte après avoir pendant plusieurs années transmis des renseignements extrêmement importants sur le plan nazi d'invasion et d'annexion du Luxembourg. Cet officier deviendra à la Libération le chef de la mission militaire française au Luxembourg, après avoir combattu dans les rangs de la Résistance française. Dans ce livre, le colonel Archen, nous livre ses souvenirs et raconte pour la première fois cet aspect inconnu de la dernière guerre mondiale. Son livre passionnera tous les habitants du grand-duché du Luxembourg mais aussi ceux qui aiment les histoires véridiques de Services Secrets.

276.          AUDA (Grégory). Les belles années du « milieu », 1940-1944. Le grand banditisme dans la machine répressive allemande en France. Michalon, 2002, gr. in-8°, 254 pp, préface de Jean-Paul Brunet, 8 pl. de photos hors texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Juin 1940 : les Allemands entrent dans Paris. Immédiatement, ils mettent en place un vaste système de pillage et de répression. Faisant de la "participation indigène" la pierre angulaire de leur politique, les nazis s'assurent du concours de mercenaires recrutés dans les rangs du grand banditisme. C'est le début d'une longue idylle entre la pègre et les autorités d'occupation. Quatre années d'échanges de bons procédés entre les Allemands et le "Milieu" français : pillage des biens juifs, exécutions des gêneurs, arrestations et torture de patriotes, assauts contre les maquis, trafic sur l'or et les devises, marché "brun"... Les nazis donnèrent ainsi au "Milieu" français l'opportunité de s'organiser en officines, structurées autour de meneurs incontestés tels que Henri Chamberlin, dit "Henri Lafont", chef tout-puissant de la "Gestapo française de la rue Lauriston". Ce repris de justice attira à lui les plus dangereux individus de la période et son service, véritable mutuelle du crime, regroupa plusieurs générations de truands, des légendes du "Milieu" des années 1930 mais aussi quelques-uns de ceux qui allaient devenir les "caïds" des années 70. Riche de nombreuses archives inédites, et notamment celles de la préfecture de Police, ce document offre un nouvel éclairage sur l'implantation des organes répressifs allemands en France. Un tableau vivant de la voyoucratie parisienne et de son action au service des nazis.

277.          BECKER (Annette). Messagers du désastre. Raphael Lemkin, Jan Karski et les génocides. Fayard, 2018, gr. in-8°, 287 pp, 18 documents et photos, notes, index, broché, couv. illustrée, manque la page de titre, bon état

            15

Dès 1941, une poignée d'hommes, dont Raphael Lemkin, un juriste juif, et Jan Karski, un catholique résistant, perçurent l'ampleur de la destruction des Juifs au sein des crimes de la Seconde Guerre mondiale. Mais ils ne rencontrèrent qu'incompréhension et rejet. Forte de son regard de spécialiste de la Grande Guerre, Annette Becker éclaire d'une façon inédite l'un des points les plus sensibles de l'histoire : comment convaincre de l'impensable ? Pendant la Première Guerre mondiale, les Arméniens avaient déjà été victimes d'une extermination comparable. Pourquoi alors n'a-t-on pas voulu voir ce que Lemkin cherchait à nommer et faire reconnaître depuis les années vingt et trente jusqu'à l'adoption par l'ONU en 1948 de la "Convention pour la prévention et la punition du crime de génocide" ? Ce livre replace dans le temps long, jusqu'aux films et fictions littéraires récentes – telles celles de Claude Lanzmann ou Yannick Haenel –, le combat de ces hommes qui, du génocide des Arméniens à celui des Juifs, se sont battus pour faire voir au monde et condamner l'abominable. Depuis 1945, au vu de tant d'événements tragiques, avons-nous réellement compris leurs messages ?

278.          BENOIST-MÉCHIN (Jacques). De la défaite au désastre. Histoire d'une collaboration. 1. Les occasions manquées. Juillet 1940-avril 1942. Albin Michel, 1984, gr. in-8°, 474 pp, index, broché, bon état

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Tome 1 seul (sur 2) – Edition originale posthume des Mémoires de la collaboration que Jacques Benoist-Méchin écrivit de 1942 à 1944 et qu'il acheva peu avant son arrestation. – "Un remarquable document sur ceux que Brasillach appela lui-même les "collaborationnistes"..." (Pierre Servent, La Croix) – "Désormais, on ne pourra plus écrire l'histoire de Vichy sans se référer à Benoist-Méchin..." (Louis Callais, L'Est Républicain) – "Le témoin Benoist-Méchin raconte superbement l'histoire d'un rêve brisé... “De la défaite au désastre” sera, avec “Les Décombres” de Lucien Rebatet, l'un de nos rares apports littéraires de la collaboration..." (Fred Kupferman, L'Express) – "C'est un extraordinaire témoignage sur la pensée et le comportement des collaborationnistes sincères..." (François-Xavier de Vivie, Historama) – "Grace à ses Mémoires, nous découvrons le vrai visage de Vichy... Maintenant, nous savons. Nous possédons le témoignage révélateur, les documents irréfutables..." (Roger Stéphane, Libération)

279.          BERNANOS (Georges). Lettre aux Anglais. Rio de Janeiro, Atlantica Editora, (juillet) 1943, pt in-8°, (6)-325 pp, 3e édition, broché, bon état

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Peu fréquente édition de ce grand cri de protestation contre l'asservissement de l'Europe, son premier livre à avoir été publié dans son exil brésilien. — "C'est le premier ouvrage publié par Bernanos au Brésil, avant “Le Chemin de la Croix-des-âmes” et “Monsieur Ouine”, tous les deux en 1943. Ils sont édités par Charles Ofaire, un exilé suisse un peu étrange, mi-aventurier, mi-homme de lettres, alors patron de la puissante Atlantica Editora, rencontré lors d'une de ses conférences à Rio. Bernanos restera, pendant les années de guerre, au Brésil, multipliant les écrits et les conférences. Alors qu'il commence à rassembler ces textes qui formeront “Le Chemin de la Croix-des-âmes”, Bernanos entrepend un livre de «grand chemin», comme le surnomme les notes de La Pléiade : « Bernanos s'y est mis au large et à l'aise : il parle de l'avenir du monde aux citoyens du monde, et son apocalypse n'a pas encore fini d'épuiser ses révélations. Car il a pressenti, par delà le conflit de 1939-1945, la guerre universelle dans laquelle nous sommes actuellement comme une lutte à mort de l'homme, ou de ce qu'il en reste, contre les puissances inhumaines de l'homme et de l'idéologie ». L'ouvrage est dédié à son fils Yves, qui rejoindra les FFL à Londres en 1942 et qui participera au débarquement allié en Normandie." (Walden)

280.          BRENNECKE (Jochen). Le cuirassé Bismarck. France-Empire, 1970, pt in-8°, 474 pp, traduit de l'allemand, 12 pl. de photos hors texte, cartes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Le 27 mai 1941, l'« indestructible » cuirassé Bismarck, fierté de la Marine allemande, le plus moderne navire de guerre du monde, coulait pavillon haut sous les obus et les torpilles de la Home Fleet. Trois jours plus tôt, en cinq minutes de combat, il avait anéanti l'« invincible » croiseur de bataille Hood, orgueil de la Marine britannique, de vingt et un an son aîné. Des 1418 marins du Hood, 3 seulement survécurent, 116 des 2043 hommes du Bismarck échappèrent à la mort...

281.          BRUNSTEIN (Ingrid). Ici pas de survivants. Une enfance allemande. Editions de l'Aube, 2014, in-8°, 195 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            15

On connaît les atrocités du national-socialisme. Mais que sait-on du vécu des enfants allemands pendant la guerre ? De leurs souvenirs, de la vision du monde qui en surgit, de l’Allemagne qu’ils ont reconstruite ? Festivités nazies, absence des pères, bombardements, fuite devant les Russes perçus comme la menace suprême, exils successifs à travers une Allemagne dévastée… C’est ce qu’une petite fille a vu et nous raconte : trop petite pour comprendre mais assez grande pour deviner ce dont personne ne voudra plus jamais parler. Il y a Lotte, la fillette allemande. Et Charlotte, l’adulte devenue française. Lotte et Charlotte ne sont qu’une et nous livrent, ensemble, une histoire jamais racontée. Un récit-document remarquable.

282.          BURGESS (Alan). Sept hommes à l'aube. Albin Michel, 1962, in-8°, 318 pp, traduit de l'anglais, 16 photos sur 8 pl. hors texte, broché, jaquette illustrée, pt accroc au 1er plat, bon état. Edition originale française (il n'est pas mentionné de grand papier), ex. du SP

            25

En 1942, la Tchécoslovaquie est entre les mains du général SS Heydrich, qu'Hitler appelait l'homme au coeur de fer. Reinhard Heydrich était non seulement l'un des hommes les plus puissants mais encore l'un des plus redoutés d'Allemagne. II contrôlait, avec la Gestapo, la police secrète, les archives et le dispositif de terreur connu sous les initiales RSHA. Toute la police allemande était parsemée d'hommes d'Heydrich. Hitler et Himmler eux-mêmes le craignaient secrètement. II était le pivot caché autour duquel tournait le régime nazi, le maître des pantins du IIIe Reich. Pour sauver le peuple tchèque et les Alliés, il fallait que cet homme mourût. Deux Tchèques, Jan Kubis et Josef Gabchik – l'un fermier de Moravie, l'autre serrurier de Slovaquie – furent parachutés pour accomplir cette mission qui équivalait pour eux à un suicide. L'indomptable héroïsme de ces deux jeunes gens, qui délivrèrent le monde d'un monstre, et moururent, après une résistance désespérée, dans la crypte d'une église de Prague, les incroyables péripéties de leur aventure vécue, font de ce récit un livre passionnant, absolument authentique dans ses moindres détails.

283.          CHARDONNE (Jacques). Chronique privée de l'An 1940. Stock, 1941, in-12, 219 pp, broché, couv. à rabats, dos très légèrement insolé, très bon état. Edition originale, un des 115 ex. numérotés sur vélin pur fil du Marais (n° 47), seuls grands papiers

            500

Chardonne, après 1940, prône « l'entente » avec l'occupant. Lors de la parution en mars du livre “Chronique privée de l’an 1940”, Gide décide de rompre avec “La Nouvelle Revue Française”. Ces pages « sont l’expression d’une position pro-allemande nettement déclarée, comme aussi l’affirmation que A. de Châteaubriant et Drieu la Rochelle sont les deux apôtres du bons sens » [Propos rapportés par Maria van Rysselberghe, Cahiers André Gide 6, Gallimard, 1976, p. 233]. Gide publiera dans “Le Figaro” un article « très acerbe » contre Chardonne. Jacques Chardonne est le nom de plume de J. Boutelleau (1884-1968). D'une famille de bonne bourgeoisie provinciale, Chardonne était avec Delamain propriétaire des Editions Stock ; il fut un romancier talentueux (“Les Destinées sentimentales”) et l'auteur de prédilection de François Mitterrand. Homme d'ordre et de tranquillité, il vécut la défaite en 1940 comme une bénédiction : elle allait museler la Ville, la Plèbe, l'Ouvrier, tout ce qui pouvait blesser le terroir, l'élite, l'héritage...

284.          CLARK (Général Mark W.). Les Alliés jouent et gagnent. Berger-Levrault, 1952, in-8°, 399 pp, traduit de l'américain, 9 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

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"Traduction de l'ouvrage intitulé “Calculated Risk”. Le général américain Clark y a conté, avec une rare franchise, ses souvenirs sur le débarquement de novembre 1942, alors qu'il était l'adjoint d'Eisenhower, sur les opérations en Italie, où il joua l'un des principaux rôles, sur les débuts de l'occupation alliée en Autriche, où il fut le premier Haut Commissaire américain, et sur la Conférence de Moscou (mars 1947), à laquelle il assista comme adjoint du général Marshall. Ces souvenirs présentent un intérêt capital pour l'histoire de la guerre, ainsi que pour l'étude de la stratégie et de la politique américaines." (Général Lestien, Revue historique, 1953)

285.          COINTET (Michèle). Secrets et mystères de la France occupée. Fayard, 2015, gr. in-8°, 334 pp, 5 cartes et plans, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Que signifie vraiment l'Occupation ? Comment saisir le vécu d'une catastrophe nationale, les bouleversements d'une nation et d'une société qui doit s'adapter du jour au lendemain aux contraintes de l'occupant ? En s'attaquant à la vie quotidienne des Français pendant cette période, Michèle Cointet revient sur des sujets qui dérangent : le taux de natalité élevé, l'argent "sale" acquis par certains, les rivalités entre maquis qui ont pu engendrer des représailles dramatiques, le traumatisme toujours présent de villes et de villages détruits par les bombardements alliés, ou encore le retour d'Allemagne des prisonniers de guerre français. A l'aune de nouvelles interrogations, Michèle Cointet lève les secrets et les mystères de cette histoire qui fut celle de millions de vaincus, mais aussi de Pétain, de De Gaulle, de Moulin, de Déat et de beaucoup d'autres présents dans ce livre.

286.          COUTAU-BÉGARIE (Hervé) et Claude HUAN. Darlan. Fayard, 1989, fort in-8°, 873 pp, sources et biblio, annexes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            30

On le sait, la France de la guerre est dominée par l'affrontement Pétain-de Gaulle, figures depuis longtemps bien connues des historiens. En revanche, le "troisième homme", successeur désigné du Maréchal et rival le plus dangereux du Général, demeurait largement ignoré tant en raison du caractère énigmatique du personnage que de la "disparition" de beaucoup d'archives. Par surcroît, la vanité de Darlan, ses écarts de langage ont fait le lit d'une imagerie simpliste. En réalité, l'homme fut supérieur au style, comme les multiples révélations apportées par le présent ouvrage en administrent moult preuves. Ce fils de ministre est un vrai républicain, son rôle avant la guerre fait de lui un vrai marin et un chef d'état-major efficace. S'il approuve l'Armistice de 40, ce n'est pas par idéologie, mais parce qu'il est convaincu de l'impossibilité de poursuivre la lutte, et c'est le drame de Mers el-Kébir qui le détache à jamais de Churchill et des Français libres. Lorsqu'il est appelé à succéder à Laval en décembre 1940, il mène d'abord une politique assez molle envers l'occupant, mais se reprend, ne cède rien d'essentiel et travaille à faire entrer l'empire dans la guerre. Son assassinat, à Alger, en décembre 1942, reste l'une des plus grandes énigmes de l'histoire contemporaine : attribué aux seuls monarchistes, il a en fait été ourdi par des gaullistes qui ont su manipuler les partisans du comte de Paris. Première biographie scientifique de l'Amiral de la flotte, cet ouvrage se fonde sur de très importants dépouillements d'archives, publiques, bien sûr, mais aussi privées : les papiers personnels de l'Amiral (que l'on croyait perdus) et ceux de ses collaborateurs, ainsi que sur de nombreux témoignages. Il fait découvrir un personnage clef de l'histoire contemporaine, non sans inviter à une relecture de l'histoire de la France de Vichy.

287.          CREMIEUX-BRILHAC (Jean-Louis). La France Libre. De l'appel du 18 Juin à la Libération. Gallimard, 1996, fort gr. in-8°, 969 pp, 28 pl. de photos et documents hors texte, 10 cartes et organigrammes, biblio, index, broché, bon état (Coll. La Suite des temps)

            30

Écrire l'histoire de la France Libre, c'est, d'abord, patiemment tisser autour de De Gaulle et de son combat la toile d'une aventure collective faite d'un réseau complexe de microsociétés, mais aussi d'une multitude d'exploits et de sacrifices individuels – depuis Carlton Gardens et Camberley en Angleterre, depuis les combattants d'Afrique ou du Levant jusqu'aux agents de l'ombre parachutés, en passant par les comités français dispersés dans le monde. Ces petits groupes isolés, clos sur eux-mêmes, sont unis par le même refus et la même passion, rassemblés dans la même volonté de liberté. Écrire l'histoire de la France Libre, c'est aussi retracer, en même temps que l'essor d'une mystique, la création d'une organisation d'abord militaire et morale, puis administrative et financière, gérant peu à peu tous les territoires de l'Empire ; d'un organisme qui très vite devint politique afin de reconstituer bribe à bribe la souveraineté nationale et la légalité républicaine, et préparer, avec ou contre la Résistance intérieure, les lendemains de la Libération.

288.          DELPORTE (Christian). Les Crayons de la propagande. Dessinateurs et dessin politique sous l'Occupation. CNRS Editions, 1993, in-4°, 223 pp, préface de René Rémond, 160 dessins reproduits dont Ralph Soupault, Dubout, Ben, Jean Effel, Gassier, Moisan, Pedro, Sennep, etc., répertoire biographique des principaux dessinateurs cités, sources et biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            50

L'ouvrage de C. Delporte présente un intérêt particulier pour l'historien comme pour le lecteur éclairé. Son travail, qui couvre la période allant des années 1930 jusqu'à l'Épuration, s'attache à décrypter des sources trop souvent négligées par l'historien du contemporain : les images et, plus précisément ici, le dessin de presse, notion qu'il élargit quelque peu au-delà de la caricature. Si la radio restitue au Français moyen une part de l'identité de ses dirigeants, il lui manque encore la télévision pour une véritable appréhension de leur physique, allure autant que physionomie. Ils ne sont certes pas flattés par un Sennep ou un Charlet, mais ils sont « ressemblants », et c'est l'essentiel pour le lecteur qui n'a pas toujours recours à la presse illustrée. L'auteur montre bien comment de Gaulle resta longtemps seulement une voix pour ceux qui captaient la « BBC » et, dans la caricature, une silhouette de militaire sans rapport avec le physique du général. Le dessin de presse est une arme, le plus souvent présentée en première page, et permet la mémorisation rendue plus aisée par le graphisme. Comme le dit l'auteur: « Le dessin de presse est la vitrine des journaux sous l'Occupation ». Après avoir assumé, dans l'avant-guerre et surtout dans les années 1930, les controverses qui ont opposé les Français, souvent avec une violence qui étonne, avant et après le 6 février 1934, pendant le Front populaire et au moment de Munich, le dessin de presse devient le vecteur de la propagande, celle de Vichy pour ceux qui se sont repliés en zone sud et qui continuent à publier, mais plus encore pour ceux, établis en zone nord, qui se font, plus ou moins selon les personnalités, les « collaborateurs » de la presse favorable à l'occupant. C. Delporte s'attache aussi à l'étude précise du groupe des dessinateurs de presse et aux portraits de certains d'entre eux, menés d'une plume alerte. On voit ainsi campés les itinéraires de Sennep, de Soupault, non seulement d'individualités marquantes, mais d'un groupe qui conquiert sa place au sein des métiers du journalisme. Enfin, l'étude des contenus des images, démarche novatrice, nous livre des analyses ponctuelles fines et des tableaux statistiques des thèmes, des symboles, des personnages et des attitudes qui illustrent de façon significative le texte lui-même. Le livre marie ainsi la démarche quantitative et l'approche qualitative, et ce n'est pas un de ses moindres mérites que d'offrir la reproduction de 160 dessins : le texte est constamment lu en regard de l'illustration qui lui correspond. L'éditeur a fait un effort qui donne à l'ouvrage le poids de la démonstration." (Hélène Duccini, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1994) — "L’image est une arme. Une arme redoutable, destructrice, lorsque, à l'instar du dessin de presse sous l'Occupation, elle se place au service de la propagande. Si Vichy manie l'outil graphique avec prudence, les journaux pro-allemands de la capitale le considèrent comme un instrument privilégié de leur combat : contre les alliés, contre les juifs, contre les gaullistes, etc. On oublie vite un article, mais l'image s'imprime durablement dans les esprits. Aussi le dessin s'impose-t-il, dès 1940, comme la vitrine de la presse collaborationniste. Reposant sur l'observation de milliers de documents, reproduisant 160 dessins pour la plupart inédits, l'ouvrage souligne l'authentique valeur historique des images. Il met l'accent sur une catégorie jusque-là négligée par les historiens, les dessinateurs de presse, en s'attachant à cerner leur personnalité, leur itinéraire, leur comportement individuel et collectif. Première étude historique sur le dessin politique au XXe siècle, ce livre, qui déborde largement le cadre de l'Occupation pour brosser un tableau des représentations graphiques de Munich à la Libération, donnera au lecteur un éclairage original sur ce qu'il est désormais convenu d'appeler les «années sombres ».

289.          DU MOUSTIERS (Hector). Un F.F.I. de quinze ans. P., Editions Armand Fleury, 1946, in-8°, 190 pp, 9 pl. d'illustrations hors texte par Georges Niézab, une carte et un plan hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée en couleurs (par Raymond Cazanave), pt accrocs aux coupes, bon état. Peu courant

            25

Un des premiers romans pour la jeunesse mettant en scène la Résistance, dédié « A tous les moins de vingt ans morts pour la France ». Hector du Moustiers est un pseudonyme de Henri Drouin, le livre est daté de juillet-novembre 1944. Un ouvrage fragile, rare complet de sa jaquette et en bon état.

290.          DULLES (Allen, ancien chef du CIA). Les Secrets d'une reddition. Calmann-Lévy, 1967, in-8°, 350 pp, 19 photos sur 12 pl. hors texte, une carte, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état

            25

En Suisse, pendant l’automne 1944, une poignée d’agents secrets américains appartenant à l'OSS prenait contact avec des généraux allemands en vue de la capitulation inconditionnelle des armées du IIIe Reich en Italie. L’opération « Sunrise » commençait...

291.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). L'Abîme, 1939-1945. P., Imprimerie Nationale, 1982, gr. in-8°, 611 pp, 15 cartes, notes bibliographiques, index, imprimé sur papier de Rives, reliure cuir brun de l'éditeur, bon état (Coll. Politique étrangère de la France)

            35

"Faisant suite à “La décadence”, paru en 1979, ce livre sur la politique étrangère de la France de 1939 à 1944 était impatiemment attendu. J.-B. Duroselle est le premier à avoir accédé à l'ensemble des archives de Vichy, Alger et Londres récemment ouvertes. Ces sources inédites, jointes à une connaissance parfaite de la production des historiens des relations internationales (dont beaucoup sont ses élèves), lui ont permis de réaliser un livre très riche, qui fait la synthèse de tous les acquis récents (et aussi de quelques-uns à venir, car J.-B. Duroselle a pu utiliser les travaux en cours de ses élèves). La partie consacrée à la drôle de guerre est celle qui innove le moins. Les recherches de F. Bédarida, F. Kersaudy et quelques autres avaient bien déblayé le terrain. Pas de réelles nouveautés donc, mais un tableau d'ensemble très solide et très clair. En revanche, l'affrontement Vichy-Alger-Londres restait encore largement dans le brouillard, moins éclairé qu'embrouillé par les multiples témoignages des acteurs de ce drame, savamment reconstruits après coup. J.-B. Duroselle nous en donne pour la première fois une présentation fondée sur des sources d'archives qui, si elles n'apportent pas de révélations fracassantes, rectifient maints détails et permettent souvent de démêler le vrai du faux. Par exemple, elles mettent en lumière le rôle capital de Weygand dans la non-application des accords de Paris par lesquels Darlan ouvrait aux Allemands les colonies françaises. Se trouve ainsi rectifiée l'image abusive de Vichy uniformément « collaborationniste » proposée par Robert Paxton. (...) Un livre très clair et parfaitement documenté qui nous permet de mieux comprendre une période sur laquelle nous n'avions jusqu'à présent que des travaux partiels ou des écrits engagés." (Hervé Coutau-Bégarie, Politique étrangère, 1983)

292.          FALCONI (Carlo). Le Silence de Pie XII, 1939-1945. Essai fondé sur des documents d'archives recueillis par l'auteur en Pologne et en Yougoslavie. Monaco, Editions du Rocher, 1965, in-8°, xi-398 pp, 12 pl. de photos et documents hors texte, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'ouvrage de C. F. s'impose par l'originalité de sa documentation et par la connaissance du milieu romain dont témoignent les notes fournies qui accompagnent le texte. C'est en effet sur le cas de la Croatie (sur lequel on possédait plusieurs ouvrages tendancieux et polémiques) et sur celui de la Pologne (jusqu'alors négligé) qu'il a concentré son attention, grace à l'aide – désintéressée, note-t-il – qu'il a trouvée sans difficulté dans ces pays. Premier défrichage, qui laisse encore bien du travail aux chercheurs, mais qui l'autorise à conclure que le Vatican était parfaitement au courant et que le Pape a été continuellement incité à parler. « Le fait que Pie XII ne se soit pas tu par manque de courage mais pour des motifs respectables bien qu'insuffisants, comme le croit I'auteur, est de nature à éviter à son égard tout verdict infamant, mais non bien sûr à le décharger d'une responsabilité incontestable. Porter un jugement sévère sur son silence n'empêche pas, d'ailleurs, de reconnaître, ouvertement et sans conditions, tout ce qu'il a fait pour empêcher le déclenchement et l'élargissement de la guerre, ainsi que pour alléger les souffrances de ses victimes ». Jugement dont les mots sont pesés : il refuse de faire du silence du chef de l'Eglise une question de personne, mais pour mettre en question la conception du christianisme dont celui-ci s'inspirait." (Emile Poulat, Archives de sociologie des religions, 1966)

293.          FÉNELON (Fania). Sursis pour l'orchestre. Témoignage recueilli par Marcelle Routier. Stock/Opera Mundi, 1982, in-8°, 396 pp, cartonnage toile grise de l'éditeur, jaquette illustrée (traces de scotch au dos de la jaquette), bon état

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Au camp d'Auschwitz, il y avait un orchestre de femmes dirigé par Alma Rose, la nièce de Gustav Mahler. Fania Fenelon a fait partie de cet orchestre ; elle en est une des rares survivantes. C'est cette histoire, un des épisodes les plus étranges de l'Holocauste, qu'elle évoque dans ce livre : qu'on imagine le sinistre Docteur Mengele veillant entre deux expériences à ce que l'orchestre accueille en musique les trains acheminant un nouveau convoi de déportés ; ou le commandant du camp pleurant en écoutant la Rêverie de Schuman après avoir envoyé encore un contingent de prisonniers vers les chambres à gaz. Pour faire revivre ce cauchemar, Fania Fenelon a su trouver le ton qu'il fallait : une force sobre qui n'exclut pas une infinie compassion pour ses compagnes d'infortune, un humour aussi qui sans doute lui a permis de survivre.

294.          FLORENTIN (Eddy). La Poursuite. Opération Paddle (17-21 août 1944). Presses de la Cité, 1974, in-8°, 380 pp, 2e édition revue et corrigée, 16 pl. de photos et documents hors texte, 10 cartes (dont une sur les gardes), notes, cart. éditeur, jaquette illustrée (2e plat de la jaquette lég. abîmé), bon état

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Après le Débarquement, le flanc gauche allié, sur l'estuaire de l'Orne, connaît une guerre de positions, évoquant la guerre de tranchées style 14-18 ; cet ancrage est nécessaire aux opérations d'enveloppement de l'Armée allemande qui se dérouleront du 31 juillet au 17 août. Dès que l'enveloppement est acquis, le top est donné à ce flanc gauche pour s'élancer en direction de la Seine. L'opération se nomme “Paddle” (pagaie) en raison des multiples rivières et marais à traverser. Le cadre géographique de l'action se déroule, d'une part, sur une ligne allant de l'estuaire de l'Orne à l'estuaire de la Dives ; d'autre part, dans une région appuyée à la Seine, de Vernon à Mantes, via Verneuil et la vallée de l'Avre. — "Eddy Florentin avait publié en 1964 un retentissant ouvrage (Stalingrad en Normandie) consacré à la bataille d'encerclement de deux armées allemandes, la VIIe et le Panzergruppe West-Eberbach, dans la poche de Falaise par l'armée Patton, du 3 au 21 août 1944. Sa méthode a consisté à entendre plus de 700 témoins ou acteurs des événements, à consulter 15 journaux de marche et à dépouiller tous les ouvrages et articles qui se réfèrent à ces événements comparés, en raison de l'acharnement des combats, à la bataille de Stalingrad. Eddy Florentin a donné une suite (La poursuite. Opération Paddle) à son premier livre en décrivant les deux mouvements d'exploitation menés par les armées alliées après l'encerclement de la VIIe armée allemande en vue d'une opération analogue aux dépens du reste des troupes ennemies manoeuvrant en deçà de la vallée de la Seine. II s'agit de l'opération Paddle tendant par une progression accélérée de l'aile droite du dispositif allié constitué par le 15e corps U.S. de la IIIe armée américaine en direction de Mantes atteinte dès le 20 août, puis de la remontée le long de la rive gauche de la Seine par la 5e division blindée U.S. vers Louviers appuyée par le mouvement de la 1ère armée U.S. le 23 août, au centre et au nord par les 12e et 30e corps de la IIe armée britannique et par la 1ère armée canadienne en direction de la basse Seine. Cette fois encore l'auteur, pour l'historique de huit jours de poursuite, a recueilli et utilisé des centaines de témoignages et il met en évidence le concours des trentaines des Forces françaises de l'Interieur du département de l'Eure et le rôle important joué par la résistance vernonnaise, le 19 août, en détruisant le dernier pont sur la Seine utilisable par l'armée allemande en retraite. L'orchestration de tant de temoignages parfois confus était difficile ; il y a là pourtant une somme de renseignements dont les historiens militaires tireront grand parti." (Marcel Baudot, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale)

295.          FLORENTIN (Eddy). Le Havre 44 à feu et à sang. Sur des documents confiés à l'auteur par le Général Sir Evelyn H. Barker et par le Major-General Nigel W. Duncan et, au Havre, par François Poupel et Pierre Lefebvre. Presses de la Cité, 1976, fort in-8°, 543 pp, 32 pl. de photos hors texte, 7 cartes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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1000 tonnes de bombes par jour pendant douze jours déferlent sur 60.000 Havrais déjà sinistrés, terrés dans les cavés et les tunnels ; accablés par un destin qui persiste à les inscrire encore dans le camp allemand alors même que les forces alliées ont libéré la France, la Belgique, le Luxembourg et atteint les frontières de l’Allemagne. L’ordre d’Hitler est de « ne pas considérer les vies humaines » dans les poches allemandes maintenues sur les arrières des Alliés : la forteresse du Havre, derrière ses retranchements imités des citadelles du passé doit être défendue jusqu’au dernier homme, jusqu’à la dernière cartouche. Mais, après un siège de douze jours, qui fera de chaque Havrais un monument de courage, même sous les bombes vaines qui raseront la ville à 85%, un assaut "de main de maître" – opération Astonia – lancé par deux divisions d’infanterie et trois brigades blindées, aura raison, en moins de quarante-huit heures, d’une garnison fatiguée. Tout au long de ce récit inédit, l’auteur reste fidèle au ton qui lui a valu sa réputation d’historien de la Bataille de Normandie à travers ses quatre ouvrages précédents (Stalingrad en Normandie, La Poursuite-Opération Paddle, Der Ruckmarsch-La Retraite de Normandie) : n’accorder la parole qu’aux seuls acteurs ou témoins, à partir de documents de première main fournis par les officiers supérieurs qui conçurent l’opération et la menèrent à bien. Mais Le Havre accueille les soldats de l’espérance drapeaux en berne : pour les Havrais endeuillés par les bombardements des 5 et 6 septembre, le mot "libération" resterai à jamais dépourvu de signification. Au-delà de l’anecdote, le lecteur trouvera dans cet ouvrage la description détaillée de la seule opération militaire de la Deuxième Guerre mondiale qui ait consisté en l’assaut planifié d’un camp retranché, opération qui figure toujours au programme des enseignements de toutes les écoles de guerre, pour l’originalité des forces mises en jeu, pour sa conception et pour son déroulement précis comme un mécanisme d’horlogerie qu’aucun contretemps n’est venu perturber.

296.          GUTMAN (Israël)( dir). Dictionnaire des Justes de France. Edition établie par Lucien Lazare. Fayard, Yad Vashem, 2003, gr. in-8°, 596 pp, nombreuses photos, broché, couv. illustrée, bon état

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Le concept de "Juste des Nations" est emprunté à la littérature talmudique. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Le Mémorial Yad Vashem décerne ce titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, dans des circonstances telles qu'elles impliquaient des risques pouvant aller jusqu'au danger de mort, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre. Le nouveau porteur du titre de Juste des Nations est convié à une cérémonie où lui sont remis une médaille et un diplôme d'honneur. La cérémonie se déroule soit à Yad Vashem, soit, par les soins de la mission diplomatique d'Israël, dans le pays où réside le Juste. Les justes, ou leurs représentants, ont planté des arbres dans l'allée des justes sur le site du Mémorial Yad Vashem. Aujourd'hui, faute de place, le nom des Justes est gravé sur le Mur d'honneur édifié à cette fin dans le périmètre du Mémorial. Les sauveurs se comptent par milliers, même si l'on y inclut ceux qui restent inconnus, alors que des millions de Juifs auraient eu besoin d'aide sous l'occupation allemande. Jusqu'à la fin de l'année 1999, Yad Vashem a décerné le titre de Juste des Nations à plus de 17.000 personnes. Ce qui démontre de manière incontestable que, malgré la tragédie implacable qui a frappé le peuple juif, il s'est trouvé des hommes et des femmes qui ne sont pas restés passifs et ont pris des risques pour accomplir le précepte : "Aime ton prochain comme toi-même." Les Justes des Nations ont sauvé non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l'honneur de leurs compatriotes.

297.          HÉNOCQUE (Abbé G.). Les Antres de la Bête... Fresnes, Buchenwald, Dachau. G. Durassié, 1947, in-12, 250 pp, broché, bon état

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Restitué à partir de notes prises durant sa déportation, le récit de l'abbé Henocque est celui d'un ardent patriote, ancien combattant de la Grande Guerre. Il s'agit pour lui de prévenir la jeunesse afin "qu'elle ne se laisse pas illusionner et duper par la fourberie allemande". En effet, l'ancien aumônier militaire de Saint-Cyr, dorénavant à la retraite, n'hésite nullement à dénoncer l'Occupant dans ses prêches. C'est ainsi qu'à Enghein, il se fait applaudir par les paroissiens et les notoriétés réunies alors que « son coeur débordait d'indignation contre les Allemands ». Deux mois plus tard, le 1er août, il est convoqué rue des Saussaies, à Paris dans les bureaux de la Gestapo. Ne craignant nullement les représailles, l'abbé courageux s'y rend, n'hésitant pas à répliquer vertement au commandant qui l'interroge. Confiant dans la libération prochaine, l'abbé arrive à la prison de Fresnes « l'âme sereine » où mêlés aux prisonniers de droit commun, il encourage les uns et les autres à garder le moral. Protégé par l'abbé Stock, son séjour s'avère « monotone et tranquille », n'étant soumis à aucune corvée. Quinze jours plus tard, il est déporté dans des conditions dramatiques : en wagon, sans eau ni nourriture, entassés les uns sur les autres, il constate de nombreux morts à l'arrivée à Weimar. il continue néanmoins de s'indigner auprès des gardiens. Le vieil homme âgé de 74 ans subit comme les autres les affres de la déportation : dépouillé de tous ses attributs religieux, humilié de la mise à nu systématique, le manque de nourriture, le froid et la faim le tenaille en permanence. Envoyé en kommando alors que son âge l'en dispense, le prêtre n'hésite pas à refuser la tâche et est alors dispensé de corvée. Il occupe alors son temps dans l'activité religieuse qu'il détaille dans un chapitre entier, prêchant autour de lui. Son aura fait le reste : quelques centaines d'hommes s'agglutinent autour des prêtres. De même, l'abbé se dévoue entièrement aux plus faibles et aux mourants, soucieux de leur accorder les sacrements religieux à l'heure de la mort. Personnalité hors du commun, Il n'en reste pas moins particulièrement courageux, voir audacieux, devant ses geôliers. Régulièrement convoqué à « La Tour », où sont installés les officiers du camp, il est condamné à mort à plusieurs reprises. Il en réchappe par son argumentation, ses répliques audacieuses (alors qu'on lui annonce qu'il va être pendu : « Je vous remercie de cette bonne nouvelle. Vous recevez aimablement vos hôtes »). Sa verve ne manque pas de surprendre dans un tel régime de violence dont l'auteur semble échapper de façon quasi systématique. Il n'hésite pas non plus à braver tous les dangers. Ainsi, il se promit « de raconter partout les horreurs dont j'avais été et je serais témoin » (p. 112) et décide de visiter clandestinement la chambre à gaz et les fours crématoires en pleine activité ainsi que les « réserves » où s'accumulent les cadavres jetés pêle-mêle. Un chapitre est consacré aux personnalités les plus marquantes qu'il a rencontrées dans le camp de Buchenwald (dont certains ont écrit leur témoignages : Richet, Mazeaud), avant de partir, en janvier 1945, à Dachau où Himmler a ordonné le rassemblement des ecclésiastiques déportés. Si les conditions sont aussi dures, voir pire à Dachau le prêtre se sent néanmoins dans un entourage qui lui permet de vivre sa foi en toute quiétude. A la fin du mois de janvier, les prêtres disposant d'un autel sont autorités à organiser des cérémonies religieuses. « Dès lors notre vie de captif prit un tout autre caractère » (p. 175). A l'approche des Alliés, le camp s'anime et les gardiens se font plus nerveux. Si le 1er mai voit l'arrivée des Alliés dans les camps, troupes américaines puis françaises, les déportés attendent le 15 mai l'autorisation de sortir du camp. Bénéficiant sans doute d'une certaine notoriété, le prêtre est rapatrié en véhicule particulier par la Croix-Rouge, à Paris où il retrouve sa soeur quelques jours plus tard. (Françoise Passera, « Ecrits de Guerre et d’Occupation » EGO 1939-1945)

298.          HERACLÈS (Philippe) et Robert ARON. La Loi nazie en France, 1940-1944. Documents réunis par Philippe Héraclès. Préface et commentaires de Robert Aron. Guy Authier éditeur, 1974, in-8°, 348 pp, index, broché, bon état

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Les lois nazies que les Allemands imposaient au peuple français entre 1940 et 1944 étaient une insulte à la liberté. Toute l'horreur et l'intolérance du fascisme sont réunies dans ce livre.

299.          HUOT (Paul). J'avais 20 ans en 1943... Les Chantiers de Jeunesse ; Le maquis ; Le Commando de Cluny - 4e Bataillon de Choc (1ère Armée - Général de Lattre de Tassigny). Bayonne, Editions Jakin, 1996, in-8°, 217 pp, préface de Mme la Maréchal de Lattre de Tassigny, 40 photos et 15 illustrations dans le texte, 4 cartes, broché, bon état

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Avec un recul de plus d'un demi-siècle, Paul Huot nous apporte avec “J'avais vingt ans en 1943” un document authetique. D'abord appelé aux Chantiers de Jeunesse en Juillet 1943, puis maquisard en Saöne-et-Loire, dont il nous raconte l'émouvante épopée, enfin combattant au grand jour au sein de la Ière Armée (Commando de Cluny - 4ème Bataillon de Choc) jusqu'à la victoire de Mai 1945. Paul nous fait revivre une aventure personnelle et collective, dangeureuse et douloureuse. Sévèrement blessé aux avant-postes français de Thann dans les Vosges, la veille de la nuit de Noël 1944, Paul témoigne sans chercher à juger ou à édifier quiconque. Avec le temps écoulé, ce récit constitue pour les lecteurs qui «auraient 20 ans en 1996» un repère significatif et une référence désormais historique.

300.          JACKSON (W. G. F.). La Bataille d'Italie (1943-1945). Laffont, 1969, gr. in-8°, 363 pp, traduit de l'anglais, 12 pl. de photos hors texte, 58 croquis, 2 cartes, annexes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire que nous vivons)

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"L'auteur a participé lui-même à la campagne d'Italie, soit dans des états-majors, soit au commandement de la troupe : c'est un exécutant, qui connaît bien le terrain, et sait décrire l'action avec clarté. Il nous mène ainsi du débarquement en Sicile à la capitulation de 1945. Il est généralement bien informé et il présente le point de vue allemand aussi bien que celui des sphères dirigeantes alliées. Il apporte des jugements personnels souvent catégoriques sur cette campagne à propos de laquelle les polémiques ne manquent pas. Il ne cache pas son hostilité – classique à son niveau – à l'égard des grands états-majors, « ronds de cuir de Londres et de Washington » qui ne veulent pas voir les problèmes auxquels on se heurte lorsqu'on est plongé dans l'action. Il insiste sans ménagements sur toutes les erreurs qui ont marqué cette campagne mal menée, en montrant à la fois les illusions des Alliés qui sous-estimaient la force de résistance des Allemands et prenaient leurs désirs pour des réalités et l'incohérence de leur commandement qui, dès octobre 1943, n'avait plus, dit-il, ni plan ni objectif. Cette campagne, caractérisée par l'absence complète d'unité de vues entre Anglais et Américains, est menée sans idée directrice, jusqu'au moment où elle est réduite au rôle d'opération secondaire au profit de la campagne de France, au grand désespoir d'Alexander et de ses subordonnés. Chemin faisant, on relève quelques prises de position intéressantes : sur l'affaire du mont Cassin, où il dégage la responsabilité des Néo-Zélandais, qui n'ont fait qu'exécuter les ordres ; sur Anzio, où il prend la défense du général Lucas, habituellement accablé ; sur Kesselring, qui a fait preuve de sens tactique, mais était complètement dépourvu de sens stratégique. Au total, un livre qu'on peut lire et consulter avec fruit." (Jean-Marie d'Hoop, Revue historique, 1971)

301.          JOUKOV (Maréchal G.). Mémoires. Fayard, 1970, 2 vol. in-8°, 532 et 494 pp, traduit du russe, 12 cartes et plans, index, reliures percaline jaune de l'éditeur (lég. salies), bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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Tome I : Des années de jeunesse à la bataille de Moscou, 1896-1942. – Tome II : De Stalingrad à Berlin, 1942-1946. — "G. Joukov est né en 1896 d'une famille de paysans pauvres. Incorporé en 1915 dans un régiment de cavalerie, il est envoyé suivre un peloton d'élèves sous-offlciers, et c'est ainsi que les circonstances le dirigent vers une carrière militaire à laquelle, apparemment, rien ne le destinait. Après s'être battu, sans enthousiasme, nous dit-il, dans l'armée du tsar, il s'engage en 1918 dans l'Armée Rouge, prend part aux combats contre Koltchak et Denikine, et cela lui permet de devenir officier. Désormais, son avancement sera rapide. En 1937, il commande un corps de cavalerie ; en 1940, il est général d'armée et commande la région militaire de Kiev. En janvier 1941, il est chef d'état-major général, fonction qu'il perdra en juillet 1941 lorsqu'il annoncera à Staline qu'il faut abandonner Kiev. Mais il retrouvera la faveur du « commandant suprême » en août 1942, en devenant son adjoint, après avoir commandé divers fronts. Dès lors, il est associé à toutes les grandes décisions, et à la conduite de la guerre, qui le mènera jusqu'à la prise de Berlin et au Conseil interallié en Allemagne. Ses souvenirs couvrent toute cette tranche de vie. Mis à part les premiers chapitres, où est évoquée de façon attachante la vie dans un village russe, puis à Moscou avant 1914, ils portent essentiellement sur l'activité professionnelle de leur auteur. C'est une juxtaposition de récits, de souvenirs, parfois d'anecdotes, puis de réflexions personnelles, politiques ou militaires, qui ne va pas sans une certaine confusion, ni même parfois sans contradictions. L'ensemble est dominé, en effet, par une solide foi dans le Parti, le régime, et l'« homme soviétique », une exaltation tranquille et quelque peu naïve de l'URSS..." (J. M. d'Hoop, Revue historique, 1973)

302.          KARWEINA (Günter). La tragédie du PQ-17. France-Empire, 1965, in-8°, 299 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, cartes, broché, jaquette illustrée, bon état

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Le ravitaillement de l'URSS par les Alliés. — Pendant la dernière guerre mondiale, le ravitaillement de l'Union Soviétique en matériel militaire par les Alliés s'effectua surtout au moyen de convois qui traversaient l'Océan Glacial Arctique. Pour cela, il leur fallait passer à portée des forces navales, sous-marines et aériennes allemandes basées en Norvège septentrionale et affronter ainsi les plus graves dangers. L'histoire de ces convois vers la Russie abonde en pertes sévères et en péripéties dramatiques mais elle culmine avec “La tragédie du PQ-17”. Au cours de la traversée de celui-ci, l'Amirauté britannique crut devoir rappeler les forces navales qui le protégeaient et ordonner aux navires de commerce de se disperser. Dès lors, exposés sans défense aux attaques des sous-marins et des avions allemands, ceux-ci subirent un massacre. Sur 35 cargos appareillés d'Islande, 11 seulement atteignirent leur but. L'auteur a rassemblé tous les documents allemands et alliés sur cet épisode important de la guerre navale. Son récit, complet, détaillé et vivant, met en relief l'atrocité des combats dans l'Océan Glacial où la nature est encore plus cruelle que les hommes.

303.          LARMINAT (Edgard de). Chroniques irrévérencieuses. Plon, 1962, in-8°, 406 pp, 3 cartes, broché, bon état

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Le général de Larminat nous conte comment il a été mêlé de très près, parfois de manière déterminante, aux événements qui marquèrent l'acceptation de l'Armistice de 1940 par les troupes françaises du Moyen-Orient, et aussi, de manière plus positive, à la constitution de l'Afrique française libre en août 1940. Bien des évènements historiques, qui pesèrent leur poids, dans un sens ou dans l’autre, sont ainsi éclairés par un acteur direct. Puis, d'un bond, il passe à son commandement du front de l'Atlantique en 1944-45, estimant que les commandements subordonnés qu'il a exercés entre, tant au Levant, en Libye, Italie et Provence ne justifient pas une relation continue, se réservant d'en évoquer certains épisodes au fil de la plume. Ces « chroniques » ne constituent donc pas une « Histoire » de tels ou tels événements, ni des « Mémoires » au sens propre du terme. Elles apportent simplement un témoignage et des jugements sur des faits directement vécus. Nombre de personnages connus y sont évoqués, dont certains tiennent encore l'actualité. Elles sont écrites très librement, et l'auteur avoue qu'il s'y est beaucoup amusé. Elles ne plairont certes pas à tous ceux qui les liront, étant nettement « engagées », comme l'auteur lui-même, et celui-ci ne se souciant guère de ménager des susceptibilités, des légendes, des idées reçues, des situations acquises. Pour quoi elles sont dites « irrévérencieuses ».

304.          LE GOYET (Pierre). Le mystère Gamelin. Presses de la Cité, 1975, fort in-8°, 380 pp, 16 pl. de photos hors texte, 4 cartes, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée, bande éditeur conservée (“Le livre qu'on a voulu interdire”), bon état

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Le titre est bien choisi pour cette biographie du général Gamelin. Les notes et notations de ses supérieurs pour celui qui sera le généralissime pendant la Bataille de France sont plus qu’élogieuses, l’auteur en reproduit quelques unes. Puis c’est la chute brutale, l’incapacité à décider, à établir un plan solide, qui valent au général de sévères critiques de la part de tous. C’est là effectivement un mystère : comment celui qui était vu comme le plus grand, le plus intelligent, le plus cultivé des militaires a-t-il pu devenir un vilain petit canard totalement incapable ? Dithyrambique au départ, l'ouvrage rend rapidement responsable – ce qui est indubitablement vrai – Gamelin de la catastrophe de mai 1940. Que s’est-il donc passé ? Qu’est-ce qui a transformé le brillant diplomate, le stratège de génie, le plus haut modèle de la valeur militaire française en général indécis, roublard et pusillanime ? La charge du biographe, également militaire, se fait sabre au clair ! Gamelin est responsable de tout : de l’impréparation de l’armée, du manque de crédits, il n’a pas suffisamment insisté pour prévenir les politiques du danger...

305.          LIFTON (Betty Jean). Janusz Korczak. Le roi des enfants. Laffont, 1989, gr. in-8°, 404 pp, traduit de l'américain, 8 pl. de photos hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le Polonais Janus Korczak, écrivain et éducateur, est presque aussi connu en Europe qu'Anne Frank. Comme elle, il mourut dans l'holocauste et laissa un journal. C'est le 6 août 1942 que Korczak entre dans la légende, au début de la liquidation du ghetto de Varsovie par les nazis. Ce jour-là les S.S. l'obligent à regrouper les deux cents orphelins dont il s'occupe pour les emmener à Treblinka. Refusant de sauver sa vie comme il en aurait eu la possibilité, Korczak accompagnera les enfants jusque dans la mort. Homme hors du commun, Korczak n'est pas seulement un martyr. Il fut un grand éducateur qui traduisit dans ses oeuvres la pédagogie moderne et posa les bases d'une éducation fondée sur la confiance, l'autonomie et le respect des droits de chacun.

306.          MANVELL (Roger) et Heinrich FRAENKEL. Hermann Goering. Stock, 1963, in-8°, 421 pp, traduit de anglais, biblio, index, broché, bon état

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"Sans doute la meilleure biographie de Goering, la plus documentée et la plus réfléchie. Les auteurs se sont attachés à retracer sa vie et sa carrière de dirigeant du Parti Nazi d'abord de lieutenant d'Hitler ensuite, après la naissance du IIIe Reich. Sans négliger les événements extérieurs, ils ont essayé de comprendre cet étrange personnage en analysant minutieusement son caractère, ses habitudes (la morphinomanie n'en est pas une des moins révélatrices), sa carrière, les moyens employés pour parvenir au pouvoir et son comportement après y avoir accédé." (Revue française de science politique, 1964)

307.          MARSHALL (Général George C.). La Victoire en Europe et dans le Pacifique, 1er juillet 1943 au 30 juin 1945. Rapport biennal au secrétaire d’État à la guerre des U.S.A. Berger-Levrault, 1947, in-8°, xviii-200 pp, traduit de l'américain, tableaux des ordres de bataillle, broché, bon état (Coll. La Seconde Guerre mondiale : Histoire et souvenirs)

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308.          MEYER (Amiral Hubert). Entre marins. Rochefort, La Rochelle, Royan (1944-1945). Laffont, 1966, in-8°, 313 pp, 24 pl. de photos hors texte, annexes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. L'Histoire que nous vivons)

            30

Le témoignage de l'amiral Meyer sur le drame des Poches de l'Atlantique en Charente-Maritime. — "Monsieur le Commandant, j'ai donné des ordres afin que tout le personnel que je quitte vous obéisse comme a moi-même... Par cette phrase, l'amiral Schirlitz prend congé, le 8 mai 1945, du commandant Meyer, qui vient de recevoir la capitulation de la garnison allemande de La Rochelle. 18.000 hommes se rendent sans avoir fait sauter les installations portuaires de La Pallice. La Rochelle, après Rochefort, est sauvée pour la France et l'Europe. Mais Royan a été écrasée sous un tapis de bombes. Six mois plus tôt, le commandant Meyer avait reçu mission de s'interposer entre les F.F.I. mal armés, mais affamés de revanche, et les garnisons allemandes puissamment retranchées dans ces trois poches de l'Atlantique. (...) En dix mois de négociations serrées, deux marins face à face ont réussi à poser en pleine guerre les bases de la paix sans forfaire à l'honneur militaire..." — Hubert Meyer, né en 1899, est mort en 1978, la même année que son homologue allemand Schirllitz. Après guerre, il devient l'adjoint du comte Bernadotte en mission pour l'ONU en Palestine. Il sera maire de Royan de 1959 à1965.

309.          MONTFORT (Henri de). Le Massacre de Katyn. Crime russe ou crime allemand ? La Table Ronde, 1966, in-8°, 198 pp, 4 pl. de photos hors texte, annexes, biblio, broché, bon état

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"Parmi les publications parues précédemment – en français – sur cette affaire, deux surtout méritent toujours la plus grande attention du lecteur : le livre de Joseph Czapski et celui d'Henri de Montfort. (...) Henri de Monfort, homme d'une indulgence naturelle, dont on connaissait pourtant la passion de justice et de vérité, d'objectivité et d'exactitude, écrivit son étude en historien fidèle. Fruit de patientes recherches, publié à titre posthume, son ouvrage sur l'affaire de Katyn offre au lecteur un dossier des plus exhaustif." (Michel Borwicz, Annales ESC, 1972)

310.          MOON (Tom). This Grim And Savage Game: OSS and the Beginning of U.S. Covert Operations in World War II. Da Capo Press, 2000, in-8°, (10)-341 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

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This is a true story of daring and adventure during World War II – with such unexpected players as Marlene Dietrich, who took part in the "musical warfare," and Julia Child, whose duties were clerical but who nonetheless felt she was "saving the world." To quote Tom Moon: "Anything that could hurt the enemy and aid the Allies was fair game. The rules of warfare were to be abolished for this organization." "This organization" was the Office of Strategic Services (OSS), the precursor to the CIA, which President Franklin D. Roosevelt ordered into existence five months before the Japanese attack on Pearl Harbor in 1941. The eclectic group of specially skilled agents included scientists, professors, policemen, forgers, pickpockets-and a nineteen-year-old French-speaking draftee from Nebraska named Tom Moon. Their mission: to gather information and to carry out sabotage and guerrilla operations behind enemy lines any way they could, anywhere in the world. Here is a little-known but crucial aspect of the war effort, told as only an insider can.

311.          MYSYROWICZ (Ladislas). Autopsie d'une défaite. Origines de l'effondrement militaire français de 1940. (Thèse). Lausanne, L'Age d'Homme, 1973, in-8°, 385 pp, biblio, index, broché, bon état

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"Paru en 1973, chez un éditeur de Lausanne, ce livre écrit par un universitaire suisse est passé fort inaperçu en France. Et pourtant il mérite attention. Le sous-titre répond beaucoup mieux au contenu du livre que son titre. Il ne s‘agit pas d’étudier l’effondrement militaire français en 1940, mais d'en chercher les origines entre 1920 et 1939. L. Mysyrowicz en rend particulièrement responsable la pensée militaire française, A l’issue d’une analyse très fouillée de la littérature de l‘entre-deux-guerres : articles des revues militaires (Revue militaire française, Revue militaire générale, Revues d'armes), articles de revues civiles ou de journaux rédigés par des officiers, livres publiés et, bien sûr, les règlements et notices d'emploi. Cette analyse fait l'originalité et l'intérêt de ce livre qui met à la disposition du chercheur ou du lecteur curieux une mine d’indications bibliographiques et de citations très caractéristiques sur le plan de l’étude des mentalités. (...) Interessant, très sinueux dans son analyse, fourmillant de notations intéressantes, doté d'une très riche bibliographie, ce livre original manque peut-être d'un essai de synthèse en guise de conclusion." (J. Delmas, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1978)

312.          POZNANSKI (Renée). Être juif en France pendant la Seconde Guerre mondiale. GLM/Hachette, 1994, fort pt in-8°, 859 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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La plupart des études consacrées aux Juifs de France pendant la seconde Guerre mondiale privilégient la dimension politique : politique des Allemands, du gouvernement de Vichy ou politique des organisations s'appuyant sur des documents inédits (correspondances privées, journaux personnels, rapports d'organisations et textes administratifs), ce livre examine la vie quotidienne de la population juive. Soumis à l'obligation de recensement, renvoyés des professions qu'ils exercaient par le passé, dépouillés de leurs biens, les Juifs étaient alors condamnés à la marginalisation sociale et économique. Puis vint le temps de la traque et, pour nombre d'entre eux, celui de la déportation. Comment, dans ces conditions, les Juifs subvenaient-ils à leurs besoins ? En quoi leur destin se distinguait-il irréductiblement de celui des non-Juifs ? Quels furent leurs recours dans la société francaise et auprès des organisations juives ? Comment vivaient les Juifs internés dans les camps francais ? Qui choisissait, quand et dans quelles conditions, de se cacher sous une fausse identité ? Que savait-on. à cette époque, de la "destination inconnue" vers laquelle partaient les trains de la déportation ? Ces questions permettent à Renée Poznanski de redonner à l'existence des Juifs en France pendant la guerre une dimension humaine et, en écartant les dérives anachroniques, d'apporter un éclairage nouveau sur cette période tragique de l'histoire.

313.          RAPHAEL-LEYGUES (Jacques) et François FLOHIC. Darlan. Plon, 1986, in-8°, 282 pp, nombreux documents en annexes (34 pp), broché, couv. illustrée, bon état

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"La biographie que l'ambassadeur Raphaël-Leygues et l'amiral Flohic ont consacrée à l'amiral Darían n'a pas l'ambition d'être exhaustive – il y manque notamment le récit de l'assassinat, jugé sans doute trop connu pour être répété dans ce livre. Pas davantage celle d'être une explication des comportements contradictoires du personnage, qu'à vrai dire aucun des deux auteurs, l'un et l'autre gaullistes éminents, n'était prédisposé à admettre. Ceux-ci n'en ont que plus de mérite d'avoir été impartiaux. Ce qui est intéressant, ce sont les souvenirs et le jugement flatteur du petit-fils de Georges Leygues, qui fut de 1926 jusqu'à sa mort ministre de la Marine, après l'avoir été une première fois dix ans plus tôt, et dont l'amiral Darían fut le chef de cabinet. (...) L'ouvrage est également passionnant par les nombreux documents inédits tirés des archives personnelles de l'ambassadeur Raphaël-Leygues : lettres, notes et exposés de l'amiral, notamment un résumé des erreurs commises par Hitler, par l'Angleterre et par Vichy, auquel Darlan aurait dû ajouter la liste des fautes dont il se rendit lui-même coupable." (Jacques de Ricaumont, Revue des Deux Mondes, 1987)

314.          RITVAS (Grigori). Grégoire. P., Edition Spéciale, 1972, in-8°, 350 pp, traduit et adapté du yiddish par Henry Bulawko, 4 pl. de photos hors texte, 2 documents en annexe, broché, couv. illustrée, bon état

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"Juif, il endossa l'uniforme nazi. Lituanien, il combattit dans l'armée soviétique. Par trois fois, il s'évade des camps de la mort. Ce petit ferblantier nommé Grégoire finira la guerre comme capitaine dans la Résistance française." Le capitaine FFI Gregory Ritvas, juif lituanien transformé en « musulman tatar » et évadé de l'« Ostlegion » où il était chef d'une section de mitrailleuses, libérera la ville du Puy, le 18 juin 1944...

315.          ROBRIEUX (Philippe). L'Affaire Manouchian. Vie et mort d'un héros communiste. Fayard, 1986, in-8°, 434 pp, broché, une photo de Missak Manouchian en couverture, bon état

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C'étaient des résistants communistes, de jeunes combattants clandestins d'origine étrangère, juifs pour la plupart. A leur tête, l'Arménien Missak Manouchian. A l'automne de 1943, leur réseau est décapité. Arrêtés, beaucoup sont fusillés. Avant de mourir, Manouchian accuse “celui qui nous a trahis pour racheter sa peau..., ceux qui nous ont vendus.” Accusation longtemps passée sous silence par le P.C.F. qui, quarante ans plus tard, s'est efforcé de faire censurer à la télévision le film de Mosco, Des terroristes à la retraite, consacré aux témoignages des survivants, parmi lesquels celui de Mélinée Manouchian. Dans ce livre élaboré à partir d'archives aussi révélatrices qu'inexplorées, Philippe Robrieux raconte la trajectoire de Manouchian, puis ce que la direction du P.C.F. a voulu dissimuler de l'« affaire », et met en scène les grands “inconnus” de cette histoire : “hommes de marbre”, ombres aux multiples identités, aux doubles ou triples vies, rouages ou leviers de l'appareil secret stalinien. A l'aide de documents d'époque préservés de la destruction, l'auteur de la monumentale Histoire intérieure du Parti communiste fait surgir maints réseaux et personnages ténébreux, les manipulations de militants idéalistes, les accusations et lâchages calculés, les trahisons sur ordre, les montages visant à les dissimuler. Les faits établis, la tragédie reconstituée, viennent les conclusions, mûrement pensées et étayées : gageons qu'elles ne manqueront pas de rouvrir l'indispensable débat pour la vérité qu'ont jusqu'ici contribué à étouffer les maquilleurs de l'Histoire et leurs complices par complaisance ou omission. (4e de couverture)

316.          RUGE (Vice-Amiral Friedrich). La Guerre navale 1939-1945. Presses de la Cité, 1955, in-8°, 350 pp, traduit de l'allemand par R. Jouan (“Der Seekrieg 1939-1945”), 16 pl. de photos hors texte, 13 cartes et graphiques, index, imprimé sur Bouffant pur alfa Cellunaf, cart. éditeur, dos passé, sans la jaquette, bon état

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Histoire générale critique où la part de la marine allemande occupe une grande place. Les flottes et les doctrines en 1939, opérations en Occident (pp. 61-266). Cartes peu nombreuses mais excellentes. Statistiques, caractéristiques de navires et récits d'opérations.

317.          SAIRIGNÉ (Guillemette de). Mon illustre inconnu : enquête sur un père de légende. (Gabriel de Sairigné). Fayard, 1997, gr. in-8°, 326 pp, 12 pl. de photos hors texte, fac-similé d'une lettre du général de Gaulle, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Guillemette de Sairigné a perdu son père alors qu'elle n'avait pas un an. Gabriel de Sairigné, l'un des premiers Français libres, Compagnon de la Libération, héros de Bir Hakeim, est mort au combat en Indochine à 35 ans, lieutenant-colonel de la Légion étrangère. Ce livre est la plus singulière et bouleversante enquête qui se puisse concevoir : celle d'une journaliste chevronnée partant en Extrême-Orient, mais aussi dans les Vosges, dans sa Vendée natale, à Coëtquidan, sur les traces de son si jeune père, reconstituant sa fière et belle figure à l'aide d'un somptueux puzzle d'impressions, d'images, de lettres, d'extraits de carnets. Bien au-delà d'une biographie classique, “Mon illustre inconnu” est un témoignagne historique d'importance sur les motivations des tout premiers compagnons du général de Gaulle et les conditions de leur épopée. C'est aussi un roman de formation, retraçant la manière dont se constitue une personnalité d'exception, une histoire d'amour fou entre un homme et une femme que la mort après deux ans de mariage ne réussira jamais à séparer. Une confession à mi-voix, enfin, celle d'un enfant privée de père qui, le cœur battant, voit son héros préféré redevenir au fil de l'enquête un homme de chair et de sang.

318.          THIBAUT de MAISIÈRES (Gilbert). La Clef des champs. France-Empire, 1968, pt in-8°, 314 pp, préface de Rémy, 12 pl. de photos hors texte, 4 cartes et un plan, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Par le général Gilbert Thibaut de Maisières (1914-2001) qui s’évada cinq fois des prisons allemandes et se retrouva à Colditz. — "Thibaut de Maisières est un nom bien connu des anciens de l’Oflag II A (Prenzlau) où, aux appels, on s’enquérait spécialement de sa présence, vu son continuel désir de jouer la fille de l’air. Nous avons pris un réel plaisir au rappel de ses aventures mêlées à bien d’autres tentatives d’évasion. Il s’agit là d’une série de faits qui font honneur à l’esprit de résistance et au courage indéniable de nos camarades de captivité. Pour sa part, Thibaut de Maisières y mit un acharnement particulièrement sympathique, que ce fût à Prenzlau, à Colditz ou à Lübeck ou encore dans diverses prisons de passage. Et comme tout cela est conté avec simplicité et humour, ce livre d’aventures vécues est un vrai régal." (La Belgique Militaire, mars 1969)

319.          VULLIEZ (Commandant Albert). Mers El-Kébir. La rade au destin tourmenté. France-Empire, 1964, in-8°, 315 pp, 16 pl. de photos hors texte, 8 cartes, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

L'histoire de la rade des temps anciens jusqu'à 1960 avec les premiers débarquements espagnols du XVIe siècle, la pittoresque histoire des frères Barberousse, les efforts de Charles Quint contre les Turcs et bien sûr une grande partie de l'ouvrage sur la Seconde Guerre mondiale et l'agression britannique de 1940 (pp. 171-253)... En 1940, une partie de la flotte française ancrée à Mers El-Kébir était détruite par les Anglais afin qu’elle ne tombe pas aux mains des Allemands ou des Italiens. Les Anglais n’eurent aucune perte, mais il y eut du côté français 1297 marins tués... L'auteur a connu les principaux acteurs du drame du 3 juillet 1940.

320.          WATSON (Général John A.). Echec à Dakar. Septembre 1940. Laffont, 1968, in-8°, 286 pp, traduit de l'anglais, préface du Major général Sir Edward Spears, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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La tentative avortée du général de Gaulle de débarquer à Dakar, avec l'appui des forces britanniques, pour faire basculer le Maghreb et l'Afrique Occidentale dans le camp de la France Libre. — "Septembre 1940. La France abattue, à demi-occupée par l’armée allemande, va commencer son premier hiver sous le régime de Vichy. Seule, l’Angleterre tient encore debout face à Hitler, qui déchaîne la Blitz aérien contre elle. C’est alors que Churchill et de Gaulle conçoivent un plan qui peut bouleverser profondément le cours de la guerre. Jusque-là, seuls le Tchad, puis l’Afrique Equatoriale Française, se sont ralliés à l’appel du 18 juin. Tout le Maghreb et l’immense bloc de l’Afrique Occidentale demeurent dans l’obédience de Pétain. ...Et si, un beau matin, de Gaulle se présentait devant Dakar, appuyé par une imposante escadre anglaise ? Si, grâce à une action concertée avec ses partisans sur place, le plus grand port du Sénégal se ralliait à lui, faisant basculer à nouveau toute l’A.O.F. dans la guerre, ne serait-ce pas l’amorce du renversement des choses ? Alors une flotte anglaise prit la mer pour Dakar, emportant de Gaule et deux mille soldats français... Avec eux, le général Watson, chez qui le sens de l’honneur n’exclut pas un humour typiquement britannique, a vécu la tentative, puis l’échec de Dakar. En nous livrant ses souvenirs, vingt-cinq ans après, il redonne vie à une page d’histoire mal connue parce qu’elle s’est tournée à un moment où le monde était en proie à tant d’autres drames. Celui-ci, pourtant, mérite qu’on s’y arrête : il a failli briser l’élan du général de Gaulle et changer un projet audacieux en catastrophe irréparable. La sûreté de l’information et l’exactitude de la reconstitution ont obtenu à ce texte la caution des plus hautes autorités de la France libre." (4e de couverture)

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

321.          CADEAU (Ivan). Diên Biên Phu, 13 mars-7 mai 1954. Tallandier, 2013, pt in-8°, 207 pp, 5 cartes, notes, annexes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'histoire en batailles)

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Il y a près de soixante ans maintenant, l'armée française livrait, à Diên Biên Phu, la dernière bataille rangée de son histoire. Cinquante-six jours durant, des combats acharnés opposent les troupes de l'Union française aux soldats de l'armée populaire vietnamienne. Depuis lors, ces trois syllabes sont synonymes de courage et de sacrifice. Côté français, cette bataille perdue, qui se solde par la chute du camp retranché de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, précipite la fin de la guerre d'Indochine. Elle provoque aussi un réel traumatisme en même temps qu'une prise de conscience de l'opinion publique française, qui s'interroge sur les raisons qui ont conduit à l'anéantissement de 17 bataillons, parmi les meilleurs, et à la perte de 15 000 hommes - morts, blessés, prisonniers - commandés par le général de Castries. A l'appui d'archives et de témoignages inédits, Ivan Cadeau donne à voir une autre réalité de cet événement capital, notamment à travers la chasse aux responsables qui s'est ouverte dès 1955 et qui fait encore débat aujourd'hui. Il montre encore que, comme l'écrira le général Ely, "si par une chance inespérée, Diên Biên Phu n'était pas tombé, si seulement la place avait été dégagée par une intervention aérienne américaine, le choix fait par le général Navarre ne serait-il pas considéré encore aujourd'hui comme un trait de génie ?"

322.          CORVISIER (André). Les Français et l'armée sous Louis XIV. D'après les Mémoires des Intendants (1697-1698). Vincennes, Service historique de l'Armée de terre, 1975, pt in-8°, (4)-301 pp, une carte dépliante hors texte, texte dactylographié, broché, surlignures sur un feuillet, bon état

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"(...) La publication du professeur Corvisier nous transmet la substance même des renseignements fournis par les intendants sur les problèmes militaires. Renseignements dont on a établi à maintes reprises la valeur et la fiabilité, aux termes d'études de critique interne et externe appliquées aux mémoires en question, qui vont aboutir à une édition scientifique de ceux-ci entreprise par un groupe d'historiens français sous la direction des professeurs Trénard et Dumont, et dont nous avons déjà pu apprécier la portée grâce à l'édition récente que nous en a donnée le professeur Hasquin en ce qui concerne l'intendance du Hainaut. L'ouvrage recensé ici contribuera à une meilleure connaissance de l'évolution de l'armée française à la fin du XVIIe siècle, au moment où les réformes de Louvois et les constructions de Vauban l'ont placée à l'avant-plan, et où elle va servir de modèle aux autres. Publication de valeur par la richesse de son apport documentaire, et l'efficacité de la méthode qui a présidé à son élaboration et qui témoigne de ce que l'on peut attendre de recherches collectives menées sous une direction diligente et dans une perspective précise." (Cécile Douxchamps-Lefèvre, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1979)

323.          DELPEY (Roger). S.O.S Tonkin. Givors, André Martel, 1954, pt in-8°, 285 pp, 12 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, sans la jaquette, bon état (Soldats de la boue, 5).

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"L'auteur, ancien du CEFEO, de retour en France, publie cette série de récits romancés décrivant la vie quotidienne, les joies et les peines, les combats de ses camarades de combat. Son succès fut bref, mais foudroyant. Pour beaucoup d'anciens d'Indo, aujourd'hui encore, Roger Delpey reste le romancier du Corps expéditionnaire." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine 1945-54)

324.          FALL (Bernard). Indochine 1946-1962. Chronique d'une guerre révolutionnaire. Laffont, 1962, in-8°, 377 pp, 28 photos hors texte et 26 cartes dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Après avoir publié en 1960 dans les cahiers de la fondation une importante étude générale sur le Viet-Minh, B. F. présente ici un ouvrage d'histoire militaire. Après avoir retracé les étapes de la guerre d'Indochine et essayé, à l'intention du public américain, d'en tirer quelques leçons actuelles, l'auteur (qui a eu accès aux archives militaires françaises) tantôt raconte, dans le détail, des opérations comme celles de Vinh Yen, Mao Khê, Dien Bien Phu ou An Khê, tantôt, reprenant des notes écrites au jour le jour, aborde certains aspects particuliers de la guerre (l'attitude des femmes, celle des hommes, etc.), émaillant son récit de nombreuses anecdotes. D'excellentes cartes, dessinées par l'auteur, et deux fascicules de très bonnes photos agrémentent l'ouvrage, dont la traduction française fera revivre aux combattants d'Indochine bien des événements auxquels ils ont participé." (Revue française de science politique, 1962) — Traduction de "Street without Joy. Indochina at war, 1946-1954", 1961). Par un Français, ancien résistant ayant émigré aux Etats-Unis et devenu titulaire d'une chaire de Relations internationales de l'Université Howard de Washington, spécialiste du Sud-Est asiatique et de la guerre subversive. Il participa à des opérations militaires pendant la Guerre d'Indochine et la Guerre du Vietnam (où il sera tué par une mine anti-personnelle le 21 février 1967) et fut le premier civil à avoir accès aux archives des forces françaises d'Indochine. Cette étude historique est complétée par des extraits du Journal de l'auteur, écrit sur le vif lors de reportages. Un des chapitres est consacré aux combats au Laos, un autre à la "Rue sans Joie" (la portion de la Route Coloniale n° 1 entre Da Nang et Quang Tri), d'autres au destin tragique du Groupement Mobile 100 (G.M. 100), aux camps de prisonniers du Viet Minh, et à la Légion étrangère.

325.          JOURNOUD (Pierre) et Hugues TERTRAIS. Paroles de Dien Bien Phu. Les survivants témoignent. Tallandier, 2004, in-8°, 413 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Dien Bien Phu. 13 mars-8 mai 1954. Un printemps en enfer. Partis en Indochine avec la fougue et l'idéalisme de leurs vingt ans, plusieurs dizaines d'anciens combattants français témoignent, cinquante ans après, de ces 57 jours d'angoisse, de mort. Ils racontent le déluge d'obus, les tranchées emplies de cadavres, les blessés que l'on ne pouvait plus évacuer, les renforts parachutés en vain dans la fournaise ; enfin, la reddition du 7 mai, "l'assourdissant silence de la défaite", la captivité dont beaucoup de leurs camarades ne sont pas revenus, la faim et la maladie. Puis le difficile retour en France et le cauchemar des traumatisés de guerre.

326.          LACROIX (Paul). L'Armée depuis le Moyen Age jusqu'à la Révolution. Etude illustrée d'après les ouvrages de Paul Lacroix sur le Moyen Age, la Renaissance, le XVIIe et le XVIIe siècles. Ouvrage orné de 165 gravures et une chromolithographie. P., Firmin-Didot, 1887, pt in-4°, viii-288 pp, une chromolithographie en frontispice et 165 figures dans le texte, reliure demi-chagrin rouge, dos à 5 nerfs soulignés à froid orné de fleurons dorés, titres dorés, plats de percaline rouge,encadrements à froid sur les plats, fer doré du Collège Chaptal au 1er plat (rel. de l'époque), 2e plat taché, coiffes et nerfs lég. frottés, coins émoussés, qqs rousseurs, bon état

            50

Les grandes heures de la France en armes, des Gaulois aux Guerres en dentelles. Anecdotique et documenté à la fois. Paul Lacroix (1806-1884) est un polygraphe et érudit français. Menant de front la littérature facile et la littérature difficile, comme on disait alors, il composa d’un côté des romans et de l’autre des livres d’histoire, puis il mêla les deux genres dans plusieurs publications. Ses premiers romans eurent du succès et firent école, malgré les difficultés de lecture qu’offrait l’imitation du vieux langage. La parution de l’Histoire du XVIe siècle, remplie de recherches inédites, fut bien accueillie des esprits sérieux. Cette publication valut à l’auteur, à peine âgé de vingt-huit ans, la croix de la Légion d'honneur.

327.          LECKIE (Robert). La Guerre de Corée. Laffont, 1963, in-8°, 515 pp, traduit de l'anglais (“Conflict. The history of the Korean war 1950-1953”), 16 pl. de photos hors texte, 5 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'Histoire que nous vivons)

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"Histoire militaire de la guerre, précise et documentée, accompagnée d'une analyse de l'arrière-plan diplomatique. On y trouvera également d'intéressantes remarques sur l'opinion publique aux Etats-Unis et ses réactions pendant le conflit." (Revue française de science politique, 1964)

328.          SASSI (Jean). L'âme d'un guerrier. Carnets (1941-1961) du colonel Jean Sassi. Nimrod/Movie Planet, 2011, gr. in-8°, 328 pp, préface de Jean-Louis Tremblais, broché, couv. illustrée, bon état

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A travers la publication posthume de ses carnets de route, le colonel Sassi offre aujourd’hui un témoignage exceptionnel permettant de découvrir l’humanité d’un soldat inflexible, déterminé, mais qui vécu aussi des moments de doute, voire de désespoir, lorsqu’il se retrouva confronté à l’attente, à l'irrésolution ou à l’insanité du monde qui l’entourait. Dans un style littéraire violent et enlevé, depuis les tréfonds du désert saharien jusqu’à l’immensité de la jungle indochinoise ou du djébel algérien, Jean Sassi prouve une nouvelle fois que les plus grands des guerriers peuvent aussi se révéler les plus humains. Né en 1917, le colonel Jean Sassi, commandeur de la Légion d’honneur, fut décoré de treize titres de guerre, dont cinq étrangers. En 2008, quelques mois avant sa mort, il s’était confié au journaliste Jean-Louis Tremblais pour dévoiler dans l’ouvrage Opérations spéciales, 20 ans de guerres secrètes son extraordinaire parcours au sein des Jedburghs, de la Force 136, ou encore comme chef de maquis autochtones en Indochine. Spécialiste incontesté de la guerre contre-révolutionnaire et non orthodoxe, le colonel Sassi était ancien président d’honneur de l’Association nationale des anciens du 11e Choc.

329.          TCHEKHOFF (Claude). Le Péril et l'honneur. Aventures au service de la France. France-Empire, 2007, gr. in-8°, 237 pp, préface de Pierre Messmer, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Au moment même où un trop petit nombre d'entre nous ose déplorer l'individualisme forcené, le narcissisme comme l'esprit d'abandon et de facilité que cultive la société de consommation, lire le professeur Claude Tchekhoff est à la fois rafraîchissant et revigorant. Rafraîchissant, parce que l'ouvrage de cette universitaire patriote est en mesure de présenter aux plus jeunes une galerie des hommes illustres que n'aurait pas reniée Plutarque. C'est un fait que l'esprit de dévouement, pour être compris, a besoin d'incarnation. Cette dernière nous est fournie tout au long de ces pages où l'on nous parle d'abnégation, de courage et d'honneur. Revigorant, parce que les principaux acteurs de la société française de ce début du XXIe siècle semblent avoir besoin qu'on leur rappelle qu'elle a été capable de sécréter des hommes et des femmes courageux, disciplinés, et à l'idéal suffisamment élevé pour aller jusqu'au sacrifice suprême. Ils pourraient alors être amenés à penser que nous ne sommes pas aussi mauvais ou lâches que nous avons peur de l'être..." (Pierre Messmer) — "Préfacés par Pierre Messmer, vingt et un récits d’aventures au service de la France, de bravoure militaire et de dévouement à la Patrie sont présentés selon la chronologie des conflits : guerre mondiale 1939-1945, opérations en Extrême-Orient, guerre d’Algérie, Liban. Originale et attachante, cette anthologie du courage est bien davantage qu’un recueil de réactions purement anecdotiques ou une galerie de portraits de nos combattants. Claude Tchekhoff, mêlant adroitement biographie, récits et confidences, avec en filigrane sa propre vision des personnages, donne à l’image de chacun un relief qui le rapproche irrésistiblement du lecteur. Oeuvre d’une universitaire patriote, ce livre illustre de façon exemplaire combien, grâce au témoignage, la petite histoire peut enrichir la grande histoire." (Jean-Hubert Levame, L'Ecrivain Combattant, mars 2007)

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

330.          BORGÉ (Jacques) et Nicolas VIASNOFF. Archives de l'Algérie. Editions Michèle Trinckvel, 1996, in-4°, 219 pp, environ 150 photographies en noir dans le texte et à pleine page, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Archives de la France)

            30

A travers plus de cent cinquante photographies anciennes (prises entre 1890 et 1930) et des textes écrits vers la fin du XIXe siècle soigneusement sélectionnés, cet ouvrage vous fait pénétrer dans les arcanes de cet ancien territoire de la France d'outre-mer, un monde disparu dont beaucoup se souviennent encore avec nostalgie et un paradis exotique aux mille parfums inoubliables. Dans un petit guide pratique destiné aux candidats colons et publié à Paris en 1890, l'auteur expliquait qu'il y avait une place pour tout le monde... — Table : L'avenir ; L'islam ; L'Arabe ; Le Sud ; La femme ; Le colon.

331.          BORGÉ (Jacques) et Nicolas VIASNOFF. Archives de l'Indochine. Editions Michèle Trinckvel, 1995, in-4°, 220 pp, environ 150 photographies en noir dans le texte et à pleine page, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Archives de la France)

            40

A travers plus de cent cinquante photographies anciennes (prises entre 1890 et 1930) et des textes écrits vers la fin du XIXe siècle soigneusement sélectionnés, cet ouvrage vous fait pénétrer dans les arcanes d'un monde colonial disparu. — Table : Saïgon ; Le Corps expéditionnaire ; Les femmes ; Le tigre ; L'Indochine à Paris.

332.          BOURON (Commandant A.) . Chef de poste en Mauritanie. Limoges, P., Société des journaux et publications du Centre, 1946, 2 vol. pt in-8°, 220 et 183 pp, illustrations et cartes de Maurice Bouron, 4 cartes et 3 plans, brochés, couv. illustrées, bon état. Rare complet des deux volumes

            60

Très intéressants souvenirs du commandant Bouron, chef de poste à Aleg, dans la région du Brakna, à 250 km à l'est de Nouakchott, d'avril 1916 à mai 1917. Récit très détaillé, géographique, militaire et ethnographique. — "Perdus dans le Sahara mauritanien, des hommes de chez nous tiennent garnison dans de petits postes isolés semblables à des navires de pierrailles ancrés dans le sable. La vie y est rude, mais non monotone pour celui qui sait s'enthousiasmer pour les besognes quotidiennes d'un chef de poste et qui comprend le rôle magnifique que peut jouer un officier méhariste, tant sur le plan politique que sur le plan humain. Les jeunes Français liront donc les deux volumes où le commandant Bouron nous conte, sans littérature, les heures difficiles et belles qu'il passa, au cours d'une vie vouée à la grande idée coloniale, dans les sables mauritaniens. Ils y puiseront une belle leçon de courage et de désintéressement." (B. S., Hommes et mondes, 1947)

333.          CAIX (Robert de). Fachoda. La France et l'Angleterre. P., J. André, 1899, in-12, viii-321 pp, un portrait du commandant Marchand en frontispice, 3 cartes dépliantes in fine, biblio, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), annotations au crayon sur les 3 derniers feuillets, bon état

            80

En 1898, le commandant Marchand se lance dans une expédition périlleuse en direction du Haut Nil. Il occupe au nom de la France la petite bourgade de Fachoda qu'il rebaptise fort Saint-Louis. À cette époque, le Haut Soudan est sous la juridiction de l'Égypte et donc sous protectorat britannique. Les Anglais n'acceptent pas cette intrusion française et c'est la crise de Fachoda. En définitive, le gouvernement de la IIIe République française cède aux injonctions britanniques, ce qui est vécu en France comme une profonde humiliation. Par Robert de Caix de Saint-Aymour, l'un des chroniqueurs attitrés de l’organe principal du parti colonial.

334.          CHACK (Paul). Hoang-Tham, pirate. Editions de France, 1933, in-12, 269 pp, 4 cartes dessinées par l'auteur, reliure demi-basane fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid et fleurons dorés, pièce de titre basane carmin, plats de couv. illustrée d'un sceau chinois rouge représentant le cachet du Dê Tham conservés (rel. de l'époque), bon état

            40

L'histoire authentique, légèrement romancée, des Pavillons Noirs et de Hoang Hoa Tham, dit Dé Doc Tham ou Dé Tham, fameux "pirate" du Haut Yen-thé (Tonkin), qui lutta contre les Français de 1886 à 1912. Ouvrage écrit en grande partie à Hanoï.

335.          CHAUNU (Pierre). L'Amérique et les Amériques de la préhistoire à nos jours. Armand Colin, 1964, gr. in-8° carré, 470 pp, 32 planches de gravures et photos en noir et 8 planches en couleurs hors texte, 90 figures, 15 cartes, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, étui cartonné, bon état (Coll. Destins du Monde)

            50

"Historien, P. Chaunu ne craint pas, on le sait, les grandes entreprises. Il en a donné une nouvelle preuve en s'attaquant cette fois à un immense et difficile sujet : l'histoire de l'Amérique. Entendons, comme l'indique bien le titre, d'une Amérique saisie dans son unité aussi bien que dans sa diversité. (...) Pierre Chaunu nous a donné un beau livre, provocant, parfois irritant, mais qui force à réfléchir. Synthèse « prématurée », comme le confesse lui-même l'auteur ? Oui, dans la mesure eu les recherches sur lesquelles elle se fonde restent encore incomplètes. Mais il était important que les vrais problèmes fussent enfin posés dans une perspective d'ensemble. L'ouvrage de P. Chaunu est en tout cas, une étape de première importance sur la voie d'une histoire totale, sans cesse en cours d'achèvement." (Jean-Pierre Berthe, Annales ESC, 1966)

336.          CHESNEAUX (J.)( dir). Histoire de la Chine. 1. Des guerres de l'opium à la guerre franco-chinoise, 1840-1885. Par Jean Chesneaux et Marianne Bastid. Hatier, 1969, gr. in-8°, 224 pp, 4 cartes, biblio, glossaire des termes et noms chinois, index, broché, bon état (Coll. d'Histoire contemporaine)

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337.          CHESNEAUX (J.)( dir). Histoire de la Chine. 2. L'illusoire modernité, 1885-1921 : de la guerre franco-chinoise à la fondation du parti communiste chinois. Par Marianne Bastid, Marie-Claire Bergère et Jean Chesneaux. Hatier, 1972, gr. in-8°, 224 pp, 5 cartes, biblio, glossaire des termes et noms chinois, index, broché, bon état (Coll. d'Histoire contemporaine)

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338.          DESCOTES (Maurice). Aspects de la Tchécoslovaquie. Editions du Temps Présent, 1948, in-12, 288 pp, préface du général Béthouart, 2 cartes dépliantes hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Nations et civilisations du Temps présent)

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"Quand on a fini ce livre, on est renseigné. Avec un rare esprit de synthèse, M. Descotes nous donne une vision suffisante de l'histoire de la Tchécoslovaquie, de ses problèmes ethnique, politique, économique. Louons cet agrégé des lettres de ne pas s'en être tenu à une description esthétique et culturelle, et d'avoir su pénétrer la réalité d'un pays en homme du XXe siècle. La sympathie (d'ailleurs pleine de discernement) qu'il met dans son étude nous change de l'incompréhension stupide avec laquelle les milieux de la culture ou de la politique considèrent généralement en France les problèmes de l'Est européen. Autrement, aurait-on fait Munich, aurait-on imprimé tant de sottises sur le coup de Prague. D'abord, comprenons et aimons ce peuple intelligent et complexe, qui ne tient pas dans une formule politique." (J.-M. Domenach, Esprit, 1948)

339.          ETIEMBLE. Confucius. Club Français du Livre, 1956, in-8°, 314 pp, 23 estampes gravées par Helman reproduites à pleine page, chronologie sommaire, bibliographie critique, tiré sur papier offset sirène, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'histoire). Edition originale, numérotée. Bien complet du dépliant volant de cartes de la Chine

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Terminé en 1955, publié en 1956 au Club français du livre (quatre tirages entre cette date et 1980), repris en 1966 en poche dans la collection "Idées", ce Confucius se veut un bilan complet, que jalonnent les titres des trois parties : "L'héritage", "La gestion", "Le legs" (en Chine bien sûr, mais en Europe aussi, au Japon, en Corée). — "L'auteur, professeur à l'Université de Montpellier, se propose de nous donner une vue nouvelle et personnelle sur la vie et l'oeuvre de Confucius. L’essentiel de son travail consiste à « démystifier » Confucius et à détruire les légendes qui s’incrustent à la longue sur la vie de ce personnage illustre. L’ouvrage se compose de trois parties principales : « l’héritage, la gestion, et le legs », sans compter les appendices dont une bibliographie assez détaillée mais exclusivement occidentale. L'auteur s'est efforcé de remettre Confucius dans son temps et à sa vraie place. D'après lui, Confucius est avant tout un moraliste, un homme plein de bon sens. Ce moraliste est par surcroît doublé d’un sociologue averti qui ne croit d’ailleurs ni à Dieu ni aux démons... Pour ceux qui s’intéressent à la prétendue religion de Confucius, la lecture des chapitres « Conclusions sur Confucius » (pp. 122 et ss.) et « Conclusions sur le legs confucéen » est trés instructive, et les pages précitées sont souvent pleines de remarques pertinentes." (Nguyen Tran Huan, Archives de Sciences Sociales des Religions, 1956)

340.          GARNERAY (Louis). Marins de Surcouf. Voyages, aventures et combats. P., Editions de la Nouvelle France, 1954, in-8°, 272 pp, illustrations en couleurs de Timar, cart. éditeur, fragile jaquette illustrée conservée, bon état

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Souvenirs de la vie maritime de l'auteur, qui a couru les mers en compagnie des pires corsaires ennemis de l'Angleterre, dont Surcouf, et alors que la guerre sur l'eau fait rage entre la France et son plus mortel ennemi... Le récit “Voyages, aventures et combats” écrit par Louis Garneray et probablement révisé par Edouard Corbière, a été publié la première fois en feuilleton dans “La Patrie” durant l'été 1851, puis édité en livre dans les mois qui suivent.

341.          JAEGER (Gérard A.)( dir). Vues sur la piraterie, des origines à nos jours. Tallandier, 1992, in-8°, 458 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Approches)

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Acte de brigandage, entreprise économique ou moyen politique, la piraterie est multiple et, sous des aspects très différents, elle se manifeste à toutes les époques et sur tous les continents, bien loin du type classique du pirate cher aux romans d'aventures. Des Barbaresques au drame des “boat people”, des flibustiers aux terroristes et aux radios-pirates, c'est un véritable phénomène que les points de vue d'une trentaine de spécialistes explorent ici dans sa totalité. Mais ces “Vues sur la piraterie” – analyses, récits ou témoignages – mettent en jeu d'autres approches qui touchent à l'histoire des marginalités, des médias ou des pratiques illicites, sans oublier, bien sûr, celle d'une grande légende.

342.          JOYAUX (François). La Chine et le règlement du premier conflit d'Indochine, Genève 1954. (Thèse). Publications de la Sorbonne, 1979, gr. in-8°, 467 pp, préface de J.-B. Duroselle, 14 tableaux et une carte, chronologie, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs surlignures stabilo sur 27 pages, bon état

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La Chine et le règlement du premier conflit d’Indochine, Genève 1954, reconstitue et analyse avec minutie l’attitude de la République populaire de Chine lors du règlement de la guerre d’Indochine. L’accent est plus particulièrement mis sur sa position à la conférence de Genève, en avril-juillet 1954. C’est le premier ouvrage de fond écrit en France sur la politique extérieure de la Chine actuelle. C’est aussi le premier à s’appuyer sur des sources d’archives qui ne sont pas encore publiques. Étude d’une tranche d’histoire contemporaine, ce livre situe également la politique extérieure de la Chine socialiste par rapport à celle de la Chine impériale et républicaine, montrant ainsi la remarquable continuité qui les unit. C’est dire que cet ouvrage demeurera indispensable non seulement pour connaître ce que fut la politique chinoise en Indochine à l’ère de la « guerre froide », mais aussi pour comprendre ce qu’elle demeure indépendamment des régimes et notamment saisir quels objectifs elle vise aujourd’hui. — "Cette étude à la fois détaillée et synthétique de la politique étrangère chinoise à l'époque de la première conférence de Genève sur l'Indochine présente un double intérêt. Il s'agit tout d'abord de l'une des rares recherches de bonne qualité inspirées en France par l'évolution (pourtant combien heurtée et riche de sens) de la stratégie extérieure de Pékin. Les sources qu'elle utilise et la méthode d'interprétation qu'elle applique revêtent donc un intérêt méthodologique. En second lieu, dans la mesure où ils ont confirmé les analyses de l'auteur, les événements récents, et d'abord le conflit sino-vietnamien, confèrent à son ouvrage un intérêt très actuel..." (Jean-Luc Domenach, Revue française de science politique, 1979)

343.          LACOUTURE (Simonne). Cambodge. Photographies de l’auteur et de Claude Guioneaud. Lausanne, Editions Rencontre, 1963, pt in-4°, 248 pp, texte sur 2 colonnes, 75 photos sur 48 pl. hors texte, illustrations et gravures anciennes dans le texte, carte, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. Atlas des Voyages)

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"Ce livre de « choses vues », agréablement écrit et présenté, peut servir d'illustration à des études plus approfondies. Les vingt pages que S. L. consacre aux procédés de gouvernement du prince Norodom Sihanouk constituent à cet égard un témoignage non dépourvu d'intérêt." (Revue française de science politique, 1964)

344.          LÉVY (André). Nouvelles lettres édifiantes et curieuses d'Extrême-Occident par des voyageurs lettrés chinois à la Belle Epoque, 1866-1906, introduites, commentées et traduites. Seghers, 1986, gr. in-8°, 252 pp, 8 pl. de gravures hors texte, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Etonnants voyageurs)

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Cet ouvrage rassemble des récits de voyages véridiques, traduits directement du chinois classique et présentés par André Lévy avec un luxe de détails et d'érudition d'autant plus remarquable que les textes sur l'Europe en chinois sont extrêmement rares et succints. Pourtant, ces lettres dénotent une ouverture d'esprit, une curiosité et finalement une tolérance qui tranchent avec la rigidité des célèbres “Lettres édifiantes et curieuses de Chine par des missionnaires jésuites”, auxquelles le titre de ce livre adresse un malicieux clin d'oeil. Dans la délicieuse évocation d'une époque révolue on reconnaîtra les caractéristiques politiques, sociale, sexuelles, de notre civilisation ; mais le choix des observations, les jugements et réflexions nous en apprendront plus encore sur l'étonnant et indéchiffrable Empire du Milieu...

345.          MALO (Henri). A l'enseigne de la Petite Vache. Souvenirs, gestes et figures d'explorateurs. P., Editions de la Nouvelle France, 1946, in-8°, 247 pp, illustrations en couleurs de Jarach, cart. éditeur, fragile jaquette illustrée très lég. abîmée, bon état

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Au milieu du XIXe siècle, une Belge, Mademoiselle de Genève, fonda rue Mazarine, à Paris, une crémerie-café-restaurant, qui devait prendre pour nom : la Petite Vache. Située non loin de la Société de géographie, elle devint le rendez-vous des explorateurs et des géographes du monde entier. Ils s'y retrouvaient, avec des scientifiques, écrivains ou artistes de l'époque. Pourquoi ces modernes conquistadors se rassemblaient-ils dans l'arrière-salle étouffée et minuscule de cette gargote ? Ils s'y retrouvaient entre eux, sans gène, sans contraintes, côtoyant d'autres scientifiques, des écrivains ou des artistes qui les charmaient et les distrayaient, discutant de ces vastes projets où l'avenir de la France et de son empire colonial étaient en jeu. Ils se replongaient avec joie dans la société et dans une atmosphère intellectuelle qui leur faisait défaut, lorsqu'ils tutoyaient les régions hostiles, dans la solitude de la brousse africaine ou les jungles des tropiques. Savorgnan de Brazza ou Dutreuil de Rhins furent des habitués de la Petite Vache. Aussi, comment ne pas croire que c'est précisément à la Petite Vache que sommeillait la grandeur de l'Empire français ? Comment ne pas penser que c'est dans cette antichambre de l'honorable et prestigieuse Société de Géographie que les destins d'explorateurs se jouaient ?

346.          MONTEIL (Lieut.-Colonel P.-L.). De Saint-Louis à Tripoli par le lac Tchad. Voyage au travers du Soudan et du Sahara accompli pendant les années 1890-91-92. P., Félix Alcan, s.d. (1895), gr. in-4°, 2 ff.n.ch., x-462, 1 f.n.ch. pp, un portrait gravé de l'auteur en frontispice, 64 gravures dans le texte par Riou, certaines à pleine page, 15 cartes dans le texte et une carte repliée hors texte en couleurs, reliure demi-maroquin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filet à froid sur les plats, tête dorée, couvertures conservées (rel. de l'époque), dos lég. passé, coiffes et nerfs frottés, bon état. Edition originale

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Edition originale, ornée d'un portrait de l'auteur en frontispice, 64 gravures dans le texte par Riou, certaines à pleine page, 15 cartes dans le texte et une carte repliée hors texte en couleurs. Préfacé par le vicomte Melchior de Vogüé, l'ouvrage relate le voyage du lieutenant-colonel Monteil à travers le Sénégal, le Mali, le Niger, le Nigéria et la Libye. L'objectif de cette mission était de reconnaître les pays situés entre le Niger et le Tchad, en particulier la ligne Say-Barroua, qui délimitait arbitrairement les zones d'influence française et anglaise. À partir de Saint-Louis du Sénégal, l'expédition Monteil passa par Kayes, Kita, Bamako et Ségou Sikoro, traversa la boucle du Niger jusqu'à Say, puis gagna le Lac Tchad par Sokoto et Kano, avant de se diriger vers Tripoli. Monteil est ainsi le premier Français à se rendre au lac Tchad, et le premier Européen à y parvenir par l'Atlantique. Les illustrations ont été réalisées d'après les documents de l'auteur et les photographies du commandant Quiquandon. Bon exemplaire de cette importante relation (Numa Broc, Afrique, pp. 235-236).

347.          MOREAU (Jean-Pierre)(publié par). Un Flibustier français dans la mer des Antilles, 1618-1620. Manuscrit du début du XVIIe siècle présenté par Jean-Pierre Moreau. Seghers, 1990, in-8°, 316 pp, préface de Jean Meyer, cartes, glossaire français, glossaire caraïbe, biblio, index; broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Etonnants voyageurs)

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Il serait dommage que cet ouvrage n'attire l'attention que des amateurs d'odyssées maritimes même si ceux-ci ne peuvent qu'être comblés par un récit haut en couleurs, prodigue en drames, rebondissements et fracas, exhalant une forte odeur de poudre et d'épices. Ce manuscrit anonyme du début du XVIIe siècle, découvert à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras par Jean-Pierre Moreau, et édité par ses soins, se révèle en effet et à plus d'un titre d'un grand intérêt anthropologique. Il constitue le témoignage écrit le plus ancien dont nous disposions sur la société caraïbe des petites Antilles, antérieur de plus de vingt ans à celui du père Breton. Après un pitoyable échec dans la guerre de course sur les côtes brésiliennes, un groupe de flibustiers affamés atteint en avril 1619 les rivages de la Martinique et réside dix mois, accueilli et restauré par les indigènes en échange des produits de traite habituels, outils de fer et verroterie. Le chroniqueur, désoeuvré mais attentif, enregistre tout ce qu'il voit, soucieux du détail et le regard nullement troublé par le devoir pastoral qui affectera la vision des missionnaires des décennies suivantes. La « description de quelques sauvages des Indes » à laquelle est consacrée la moitié du manuscrit, rédigée après le retour en France du narrateur, s'organise un peu à la manière ethnographique classique : après un jugement synthétique sur le « naturel » des indigènes, sont présentées les ressources végétales et animales dont ils tirent leur subsistance, avec leurs appellations vernaculaires, les manières de les apprêter et les postures dans lesquelles elles sont consommées ; puis vient la description approfondie de ce qui, pour l'auteur, constitue la clé de voûte de l'organisation sociale caraïbe, le caouynage, grand festin et surtout libations qui attristeront tant le père Breton. L'enchaînement se fait sur les croyances et « superstitions », les jeux et les danses, les rites de mariage (avec une partie originale consacrée la sanction de l'adultère), l'intronisation des « capitaines » et enfin la guerre, le sort des captifs et la mort... Soulignons enfin la qualité du travail éditorial de Jean-Pierre Moreau : présentation éclairante, notes utiles, glossaire français indispensable et qui rend toute la saveur de la langue maritime de l'époque." (Christian Deverre, L'Homme, 1991) — "Pirates, commerçants, colonisateurs, ils sont un peu tout cela les hommes embarqués à Dieppe en 1618 sur quatre bateaux en direction des Antilles. Un voyage de plusieurs mois marqué par la maladie, la faim, la révolte, presque la mutinerie, les conduit en Martinique puis jusqu'aux côtes de la Floride et du Mexique, avant un retour piteux à Dieppe. Le récit de ces aventures nous est conté par un des participants resté anonyme et qui eût, tant pour son écriture que pour son témoignage, mérité la gloire.

348.          MUS (Paul) et John McALISTER Jr. Les Vietnamiens et leur révolution. Seuil, 1972, in-8°, 317 pp, avant-propos de Suzanne Mus, introductions de John McAlister Jr et de Serge Thion (qui a établi la présente édition et effectué les traductions), annexe, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. L'Histoire immédiate), envoi a.s. de Serge Thion

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Nouvelle édition, abrégée, commentée et complétée par John McAlister Jr. (ancien officier américain ayant servi comme conseiller de la Marine sur le Mékong, professeur à Princeton puis à Standford, ayant un point de vue très critique à l'égard de la politique vietnamienne de son pays) de "Viêt-Nam. Sociologie d'une guerre". Paul Mus (1902-1969), arrivé au Vietnam à l'âge de cinq ans, fait ses études d'orientaliste à Paris et est membre de l'Ecole Française d'Extrême-Orient de 1927 à 1946. Mobilisé, il combat sur la Loire en juin 1940. Il est ensuite envoyé en mission en Afrique par le régime de Vichy. Vers la fin de guerre, il est appelé à Pondichéry dans le dispositif allié qui prépare la reconquête de l'Asie orientale. En 1945, il est parachuté au Tonkin, envoyé par le général de Gaulle pour prendre contact avec la résistance locale. De 1945 à 1947, il est conseiller politique du général Leclerc puis chargé de missions auprès de l'amiral d'Argenlieu et du haut-commissaire Bollaert. Il est plusieurs fois l'interlocuteur d'Hô Chi Minh, notamment lors d'une entrevue capitale en avril 1947. Déçu par le rôle que les autorités françaises lui ont fait jouer (il dut notamment transmettre à Ho Chi Minh des propositions qu'il jugeait lui-même inacceptables), il renonce à toute activité officielle pour se consacrer à l'enseignement. Il est d'abord Directeur de l'Ecole Nationale de la France d'Outre-Mer. En 1946, il obtient la chaire des civilisations d'Extrême-Orient au Collège de France et, quelques années plus tard, il enseigne en outre à l'Université de Yale. En 1952, il publie un ouvrage remarquable "Viet-Nam, sociologie d'une guerre". Fin des années 50, il est conseiller du gouvernement de Gaulle pour l'Indochine.

349.          MUTEL (Jacques). Histoire du Japon. 1. La fin du shôgunat et le Japon de Meiji, 1853-1912. Hatier, 1970, in-8°, 224 pp, 3 schémas, glossaire, biblio, index, broché, bon état (Coll. d'Histoire contemporaine)

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Seul volume paru

350.          NAZAREVSKI (V. V.). Histoire de Moscou, depuis les origines jusqu'à nos jours. Payot, 1932, in-8°, 264 pp, 16 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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La fondation de Moscou et Iouri Dolgorouki ; Au temps des fils de Kalita : Simon le Superbe et Ivan II, Dimitri Donskoï ; Ivan III ; Le tsar Ivan IV ; Au temps de Boris Godounov ; Sous le règne de Mikhaïl Féodorovitch Romanov (1613-1645) ; Au temps de Féodor Alexeïevitch et de la régence de la tsarevna Sophie ; A l'époque de des réformes de Pierre le Grand ; Le passage de Napoléon - Moscou au XIXe siècle ; etc.

351.          OATES (Stephen B.). Lincoln. Fayard, 2009, in-8°, 570 pp, traduit de l'américain, notes et références, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le propos de Stephen B. Oates, dans cette première biographie exhaustive de Lincoln publiée en France, est de débarrasser celui qui demeure pour l'opinion le plus grand Président des Etats-Unis des oripeaux du mythe et de présenter un homme de chair avec ses qualités, certes, mais aussi avec ses défauts – et ceux-ci sont nombreux. Si tout au long de sa vie et de notre livre Lincoln reste l' "honnête Abraham", le personnage marmoréen de ses portraits ou de son monument de Washington se fissure par contre quelque peu et l'on voit apparaître un "self-made-in-man fier de ses succès professionnels et matériellement comblé, obsédé par la mort, qui éprouvait pour la folie une fascination morbide et souffrait de fréquents accès de mélancolie". L'homme est superstitieux, honteux de ses origines de petit pionnier (ses parents sont l'un et l'autre illettrés), totalement inculte dans sa jeunesse, et il bégaie. Mais, paradoxalement, certains de ses discours sont de véritables morceaux d'anthologie qui, d'ailleurs, pendant la guerre de sécession, provoquèrent de spectaculaires revirements de l'opinion, permettant ainsi au Président de faire prévaloir la politique qui devait aboutir à l'abolition de l'esclavage, puis à la réconciliation du Sud et du Nord – non sans convulsions, il est vrai. Ajoutons que l'auteur a puisé aux sources les plus diverses, et que toute la première partie du livre est une savoureuse peinture de la vie sur la "frontière" et dans le Middle West.

352.