Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Octobre 2022

Catalogue 407

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  AMALVI (Christian)(dir.). Dictionnaire biographique des historiens français et francophones. De Grégoire de Tours à Georges Duby.  P., La Boutique de l'Histoire,  2004, gr. in-8°,  xxvi-366 pp, 350 notices biographiques, biblio, index, broché, bon état

            25

Dans tous les domaines de l'art et de la culture, le grand public dispose aujourd'hui d'excellents dictionnaires rédigés par les meilleurs experts : dictionnaires des écrivains, des philosophes, des architectes, des peintres, des sculpteurs, des compositeurs, des cinéastes, des acteurs, etc. En revanche, il n'existait pas encore, du moins en langue française, de répertoire collectif des historiens français et francophones. Par une sorte d'étrange paradoxe, ceux qui depuis environ quinze siècles écrivent l'histoire des autres en sont injustement dépourvus. Précisément en ce domaine-là, pourquoi les cordonniers seraient-ils condamnés à être les plus mal chaussés ? Certes, il est aisé de retrouver dans les grandes encyclopédies et les ouvrages spécialisés les traces bio-bibliographiques de grands auteurs – Montesquieu, Voltaire, Lamartine et Tocqueville, par exemple – qui furent aussi de brillants historiens, et celles d'historiens célèbres, reconnus pour leurs dons littéraires : Michelet, Marc Bloch, Lucien Febvre, Fernand Braudel, Georges Duby entre autres. Cependant ces noms représentent de grands arbres, dont les abondantes frondaisons cachent une profonde futaie peuplée d'essences rares – des chroniqueurs du Moyen Age aux chercheurs contemporains en passant par les humanistes, les Antiquaires, les prophètes romantiques, les érudits, sans oublier de talentueux vulgarisateurs (hommes politiques et journalistes notamment) – qui méritaient d'être identifiées par le grand public. Pour dresser une carte topographique inédite de ce Territoire des historiens, aussi représentative que possible de toutes les manières de Faire de l'histoire dans la très longue durée, Christian Amalvi a eu recours au talent des meilleurs spécialistes choisis parmi les universitaires (du collège d'enseignement secondaire au Collège de France) et les chartistes. Ensemble, ils proposent rétrospectivement à tous ceux qui ont le goût de l'histoire une sorte de Lieu de mémoire riche de près de 350 notices biographiques d'historiennes et d'historiens français et francophones, appartenant à toutes les écoles de Clio, dont les parcours contrastés s'échelonnent des Temps mérovingiens au troisième millénaire, soit une histoire culturelle sans fin.

2.                  AUGÉ (Paul)(dir.). Grand Mémento encyclopédique Larousse.  P., Larousse,  1936-1937, 2 vol. in-4°,  1048 et 1095 pp, 6410 gravures et cartes dans le texte, 126 planches hors texte (41 en couleurs), index, reliures demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres, doubles filets et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passés, bon état

            80

En 1936 (tome 1) et 1937 (tome 2) sort le « Grand Mémento encyclopédique Larousse », en deux volumes, qui se veut un « exposé systématique et méthodique » du savoir encyclopédique, complémentaire au procédé d'exposition alphabétique des autres dictionnaires encyclopédiques Larousse. Les différents chapitres sont signés par plus de 150 collaborateurs, généralement universitaires.

"UN OUVRAGE TEL QU'IL N'EN AVAIT PAS ENCORE ÉTÉ FAIT. Tout le savoir de notre temps, toutes les sciences, le géographie du monde entier, l'histoire de tous les peuples, la littérature et les arts de tous les pays, le droit, les connaissances pratiques, etc., mis à la portée de tous sous la forme la plus accessible, la plus attrayante, la plus moderne, une série de grands traités signés de 150 savants, établis d'après les données les plus nouvelles et illustrés de milliers de gravures et d'une profusion de planches et cartes en noir et en couleurs. Aussi documenté, aussi utile que le « Dictionnaire Larousse », le « Grand Mémento encyclopédique Larousse » présente dans l'ordre méthodique tout l'ensemble des connaissances humaines que ce dernier présente dans l'ordre alphabétique. Vient de paraître le Tome Ier qui étudie successivement : la Géographie de la France et du monde entier (géographie physique, humaine, économique, etc.), traité de la façon la plus intéressante et la plus nouvelle, avec de nombreuse cartes en noir et en couleurs absolument à jour. – L'Histoire de la France et de toutes les nations du monde (70 nations), des origines à nos jours. (Cette seule partie représente environ 50.000 lignes. soit la matière d'une quantité de volumes de format courant). – Les Religions et la Mythologie. – La Philosophie : Les phases de la pensée philosophique, explication de tous les systèmes, psychologie, esthétique, morale, sociologie, logique, etc. – Le Droit et l'Economie politique. – La Grammaire et la rhétorique : Grammaire historique, grammaire usuelle, Style, etc. – La Littérature : Littératures anciennes, Littérature française jusqu'aux écrivains contemporains, Les littératures de tous les pays étrangers jusqu'aux productions actuelles. – Les Beaux-Arts : L'art antique. Les arts dans tous les pays jusqu'à nos jours, avec un nombre considérable de reproductions en noir et en couleurs. Histoire de la musique. Un splendide volume de 1100 pages (format 21x30 cm), 2 210 gravures photographiques et 68 hors texte en noir et en couleur. – Le Tome II (Sciences, connaissances pratiques, sports) paraîtra fin 1937." (L'Editeur)

"Plus de 15.000 souscripteurs en quelques semaines. Un immense succès et qui grandit de jour en jour ! Le « Grand Mémento encyclopédique Larousse » est, en effet, un ouvrage absolument nouveau et grâce auquel tout le monde peurra désormais, d'une façon méthodique, intéressante et attrayante, acquérir une instruction très étendue, une véritable instruction moderne, avec tous les avantages qui en découlent dans la vie d'aujourd'hui, compléter et renouveler ses connaissances. se mettre au courant de tout ce qu'on doit savoir à notre époque." (L'Ouest-Eclair, 6 février 1936) — "Présenter méthodiquement en deux volumes, sous une forme claire et attrayante toutes les connaissances humaines, c'était, semble-t-il, une gageure : cette gageure, le « Grand Mémento encyclopédique Larousse » l'a tenue. Avec ce nouvel ouvrage, qui séduit véritablement tous ceux qui le voient, on aura sous la main, commodément réunis en deux magnifiques volumes, non pas des résumés, mais de grands traités de toutes les sciences, des littératures de tous les pays, des arts du monde entier, etc. Et ces traités, entièrement originaux, savants et accessibles à la fois, sont signés de plus de 150 collaborateurs de haute valeur, membres de l'Institut, professeurs des grandes Ecoles et des Universités, conservateurs de musées, etc. Ils sont au courant des dernières théories, des faits les plus récents, et illustrés de milliers de gravures photographiques et de belles planches en noir et en couleurs." (Le Figaro, 4 février 1938)

— Compte-tenu du poids des 2 tomes (8 kg environ), nous serons amenés à demander des frais d'envoi légérement plus élevés en cas d'expédition.

3.                  BAEYENS (André) et Serge BELLANGER. The French-American Chamber of Commerce Centennial, 1896-1996.  New York, French-American Chamber of Commerce,  1996, gr. in-8° carré,  189 pp, 80 gravures et photos en noir et en couleur, reliure simili-cuir bleu-nuit de l'éditeur avec titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, ex-dono manuscrit, bon état. Texte en anglais

            30

Une histoire de la Chambre de commerce franco-américaine écrite à l'occasion du centenaire du groupe en 1996. Illustré par des photographies d'époque, des documents, etc.

4.                  BAROJA (Julio Caro). Le Carnaval.  Gallimard,  1979, in-8°,  417 pp, traduit de l'espagnol, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

            35

Au fil des siècles jusqu'à nos jours, le Carnaval reflète l'enracinement, en milieu paysan aussi bien qu'urbain, de vieux rites populaires. Le folkloriste et ethnologue Julio Caro Baroja en donne une description minutieuse et très colorée, centrée sur ses diverses manifestations dans la péninsule ibérique. Son livre, résultat de trente ans d'enquête sur le terrain, constitue une somme sans équivalent en la matière. L'auteur étudie essentiellement le Carnaval en fonction du temps. Il montre les rapports qu'il entretient avec les fêtes situées au coeur de l'hiver et le couple antithétique que, dans les sociétés chrétiennes traditionnelles, il forme avec le Carême. Si diverses qu'en soient les cérémonies, elles présentent des traits communs, notamment l'inversion de l'ordre social au profit d'un ordre provisoire grotesque, placé sous l'autorité d'un roi de la fête. Moins soucieux d'origines problématiques que d'environnements sociaux réels, Caro Baroja s'attache à ce qu'il a encore connu dans son pays à une date récente : le Carnaval dans son fonctionnement bigarré, ses chansons, ses cortèges et ses costumes – le Carnaval vivant.

"Enfin la traduction d'une des œuvres majeures du grand ethnologue espagnol. Malgré le refus des doctrines, une thèse : les coutumes du carnaval sont des phénomènes de très longue durée et de continuité de l'époque païenne au christianisme d'hier et d'aujourd'hui. On ne peut à leur sujet parler ni de « survivances » ni de « changement de signification »." (Le Choix des Annales, Annales ESC, 1980)

5.                  BARRÈS (Maurice). L'Œuvre de Maurice Barrès annotée par Philippe Barrès.  P., Au Club de l'Honnête Homme,  1965-1969, 20 vol. in-8°,   annotés par Philippe Barrès, 12 préfaces par des signatures prestigieuses : François Mauriac (1), Aragon (2), André Maurois (3 et 4), Thierry Maulnier (5), Maurice Genevoix (6), Gérard Bauër (7), Pierre Guillain de Bénouville (8), Julien Cain (9), Jean Schneider (10), Henry de Montherlant (11), Jean Dutourd (12), Marcel Jouhandeau (13, préface à "Mes cahiers", qui occupent les tomes 13 à 20), appendices et iconographie (14 pl. de photos hors texte dans les tomes 1 et 2), maquette de Massin, reliures pleine basane noisette, dos lisses ornés de fers dorés, filet doré encadrant les plats, 1er plats frappés d'une couronne de laurier dorée, têtes dorées, rhodoïds, qqs tranches lég. salies, bon état

            450

Première édition reliée et illustrée. Edition originale collective, un des 350 exemplaires numérotés sur Chiffon du Marais, tirage de tête avec 100 autres Chiffon du Marais hors commerce. L'édition de référence des livres de l'auteur, pas si courante.

"Croyez bien que c’est vraiment avec plaisir que je parlerais de Barrès dans “Marie Claire”, j’ai fait essentiellement sa connaissance lorsque j’ai écrit ma “Vie de Jean Jaurès”, et j’ai la plus grande admiration pour lui. J’estime que “Colette Baudoche” est un chef d’œuvre, d’une économie de style extraordinaire ; j’ai été très frappée par l’usage extrêmement discret qu’il fait des adjectifs. Et ce style nu reste profondément émouvant..." (Marcelle Auclair, lettre adressée aux Éditions du Club de l’Honnête Homme, 26 novembre 1965)

6.                  BELAUBRE (Jean) et Bruno COLLIN. Les Monnaies de France. Histoire d'un peuple.  Perrin,  1992, in-4°,  208 pp, 230 illustrations en noir et en couleurs, glossaire, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

Il n'existait avant celui-ci aucun ouvrage français "grand public" sur l'histoire de nos monnaies. On ne trouvait, dans le commerce spécialisé, que des monographies érudites, des catalogues scientifiques ou des "argus" pour collectionneurs. La carence de l'édition française était totale en ce qui concerne les ouvrages de vulgarisation intelligente. L'objectif était de combler une lacune et de faire connaître les monnaies du sol de France, depuis l'avènement de la monarchie capétienne jusqu'à l'instauration du franc germinal. La monnaie est un miroir à plusieurs faces, reflétant à la fois l'évolution artistique, culturelle, économique, financière ou politique d'un pays. D'où le sous-titre de l'album. Pour retenir l'intérêt non seulement des numismates, mais des amateurs d'art et d'histoire, on a privilégié une iconographie aussi riche et représentative que possible. Issues des collections encore inédites de l'Administration des Monnaies et Médailles, les monnaies n'occupent qu'une partie des 230 illustrations. En regard des monnaies figure systématiquement une belle iconographie représentant la vie des Français à l'époque correspondante.

7.                  [Bible] – CRAMPON (Augustin)(éd.). La Sainte Bible, du chanoine Crampon. L’Ancien Testament, traduction révisée par J. Bonsirven, et le Nouveau Testament, traduction nouvelle par A. Tricot.  Monte-Carlo, André Sauret,  1965, fort in-4°,  1027-267 pp, texte sur 2 colonnes, un portrait du pape Paul VI, 88 planches en couleurs de reproductions d'œuvres inspirées des principaux épisodes bibliques, 11 cartes en couleurs et 2 plans hors texte, reliure éditeur plein chagrin carmin, dos à 4 faux-nerfs avec titre et motifs dorés, armoiries pontificales dorées au 1er plat, tranches dorées, 1er plat lég. gauchi, bon état

            50

"Cette nouvelle édition de la Bible de Crampon fait le plus grand honneur à la science biblique catholique. Elle s’inscrit parmi les nombreux signes du renouveau biblique au sein de l’Eglise romaine. Elle se caractérise par une traduction très stricte du texte original en même temps que sa perfection littéraire. Introduction, cartes et notes témoignent d’un souci très marqué d’initier le lecteur à toutes les découvertes récentes. Il ne saurait être question de relever ici toutes les corrections apportées à l’ancienne Bible de Crampon, ni toutes les innovations heureuses qui distinguent cette version des éditions courantes. Disons seulement qu’un effort considérable a été fait pour rendre au texte hébraïque sa saveur concrète." (Roger Mehl, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1953) — Compte-tenu du poids du volume (4 kg), nous serons amenés à demander des frais d'envoi légérement plus élevés en cas d'expédition

8.                  BOILEAU (Nicolas) et Audibert Ramatuelle fils. Barême général, ou les Comptes faits de tout ce qui concerne les nouveaux poids, mesures et monnoies de la France, précédé d'une instruction genérale ... et suivi d'un vocabulaire métrologique universel ...  P., impr. de Cussac,  1803, in-8°,  lxxvi-398 pp, reliure demi-basane brune, dos lisse orné de filets guillochés dorés, pièce de titre basane havane (rel. de l'époque), mors lég. frottés, plats et coupes frottés, coins émoussés, intérieur propre et frais, bon exemplaire

            100

9.                  BONIN (Hubert). Le monde des banquiers français au XXe siècle.  Bruxelles, Editions Complexe,  2000, pt in-8°,  311 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            20

Fort de son énorme collecte de données sur l'histoire des entreprises bancaires et financières françaises au XXe siècle et des multiples contacts dans les banques actuelles, Hubert Bonin présente une analyse précise, avec des thématiques sur les compétences, les savoir-faire, la carrière et les mentalités des banquiers français, de tout niveau hiérarchique. Pour chaque type de grand métier, il scrute les mutations d'une révolution bancaire à l'autre, les constantes, les remises en cause : ce livre n'est donc ni une chronique ni une histoire bancaire linéaire, mais une évaluation des forces et des faiblesses d'un groupe de professionnels. Loin d'être seulement une histoire économique et sociale, l'auteur nous offre une histoire "incarnée", avec des "vedettes", de grands banquiers ou des cas représentatifs du personnel moyen qui constitue l'armature de l'entreprise bancaire. A l'heure où le secteur bancaire s'européanise et se mondialise, un bilan des acquis de l'Histoire est utile – en complément des traités d'économie bancaire.

10.              BRAUDEL (Fernand) et Ernest LABROUSSE (dir.). Histoire économique et sociale de la France.  PUF,  1970-1982, 7 forts vol. gr. in-8° carré,  1035, 779, 1071 et 1837 pp, 184 planches de gravures hors texte reproduites en héliogravure, 327 figures, bibliographie dans chaque volume, reliures toile éditeur, jaquettes illustrées, sous étuis carton, très bon état

            300

Série presque complète : 7 volumes sur 8 – manque le deuxième volume du tome IV (Le temps des guerres mondiales et de la grande crise, 1914-1950).

Détail : Tome I (2 volumes) : De 1450 à 1660. Premier volume : L'Etat et la ville (Pierre Chaunu et Richard Gascon). Second volume : Paysannerie et croissance (Emmanuel Le Roy Ladurie et Michel Morineau). Tome II : Des derniers temps de l'âge seigneurial aux préludes de l'âge industriel (1660-1789) (Ernest Labrousse, Pierre Léon, Pierre Goubert, Jean Bouvier, Charles Carrière, Paul Harsin). Tome III (2 volumes) : L'avènement de l'ère industrielle (1789 - années 1880) (Pierre Léon, Maurice Lévy-Leboyer, André Armengaud, André Broder, Jean Bruhat, Adeline Daumard, Ernest Labrousse, Robert Laurent, Albert Soboul). Tome IV : Premier volume. Panoramas de l'ère industrielle (années 1880-années 1970). Ambiguïtés des débuts et croissance effective (années 1880-1914). Troisième volume. Années 1950 à nos jours. Conclusions générales. Index thématique général (Jean Bouvier, André Armengaud, Pierre Barral, François Caron, Adeline Daumard, René Girault, Christian Gras, Michelle Perrot, Claude Willard. Conclusions générales par Fernand Braudel, Ernest Labrousse, Jean Bouvier).

La plus récente Histoire générale de l'économie et de la société françaises, couvrant la période comprise entre le Moyen Age et 1914, fut écrite avant 1936. Depuis, les sciences économiques et historiques se sont profondément transformées. D'autres sciences sociales ont pris leur plein essor. D'où le renouveau de l'histoire économique et sociale, dans un ensemble très enrichi de thèmes et de méthodes. Le présent ouvrage est sorti de ces nouveaux courants. Les huit volumes de l' “Histoire économique et sociale de la France” vont de l'âge seigneurial à l'âge industriel dans ses dernières versions. Ils retracent l'histoire du relatif déclin agraire et de la montée des trafics, du capitalisme industriel ou bancaire sous leurs formes successives. Ils esquissent les conjonctures diverses et les croissances. Ils étudient les relations réciproques d'une économie et d'une société, d'une société et de son Etat. L'ensemble dessine une ferme courbe de cinq siècles d'histoire, qui aboutit à l'homme d'aujourd'hui. L'œuvre se veut à la fois traditionnelle et nouvelle. Elle affirme son souci primordial de la source. A côté du fait économique et social, elle recherche l'éventuel contexte politique et personnel. Mais surtout elle pose à des sources neuves ou exploitées par des procédés nouveaux, des questions nouvelles.

11.              BRAUDEL (Fernand)(dir.). La Méditerranée. I. L'Espace et l'histoire. II. Les Hommes et l'héritage.  P., Arts et Métiers Graphiques,  1986, in-folio,  463 pp, 786 illustrations dont 513 en couleurs, 9 cartes, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            80

Table : La terre (Fernand Braudel) ; La mer (Fernand Braudel) ; L'aube (Fernand Braudel) ; Rome (Filippo Coarelli) ; L'histoire (Fernand Braudel) ; Espaces (Maurice Aymard) ; Un seul Dieu (Roger Arnaldez) ; Le mirage romain (Jean Gaudemet) ; La famille (Piergiorgio Solinas) ; Migrations (Maurice Aymard) ; Venise (Fernand Braudel) ; L'héritage (Georges Duby).

"Qu'est-ce que la Méditerranée ? Mille choses à la fois, non pas un paysage, mais d’innombrables paysages, non pas une mer, mais une succession de mers, non pas une civilisation, mais des civilisations entassées les unes sur les autres. Voyager en Méditerranée, c’est trouver le monde romain au Liban, la préhistoire en Sardaigne, les villes grecques en Sicile, la présence arabe en Espagne, l’Islam turc en Yougoslavie. C'est plonger au plus profond des siècles, jusqu'aux constructions mégalithiques de Malte ou jusqu'aux pyramides d'Egypte. C'est rencontrer de très vieilles choses, encore vivantes, qui côtoient l'ultra-moderne : à côté de Venise, faussement immobile, la lourde agglomération industrielle de Mestre ; à côté de la barque du pêcheur, qui est encore celle d'Ulysse, le chalutier dévastateur des fonds marins ou les énormes pétrolières. C’est tout à la fois, s’immerger dans l’archaïsme des mondes insulaires et s’étonner devant l’extrême jeunesse de très vieilles villes ouvertes à tous les vents de la culture et des profits qui depuis des siècles, surveillent et mangent la mer..." (Fernand Braudel, préface)

12.              BROGLIE (Gabriel de). L'Orléanisme. La ressource libérale de la France.  Perrin,  1980, gr. in-8°,  415 pp, biblio, index, broché, bon état

            25

L'Orléanisme n'est pas l'histoire des d'Orléans. L'auteur le définit comme « la tendance libérale de la politique française incarnée dans la branche cadette de la famille royale ». Gaston d'Orléans et Louis XIII, Monsieur et Louis XIV, le Régent entre Louis XIV et Louis XV, Philippe Égalité et Louis XVI, Louis-Philippe face à Louis XVIII et Charles X, les descendants de Louis-Philippe et le comte de Chambord : de la succession de ces duels singuliers surgit une explication des affrontements de notre histoire. Deux cent quarante ans, une foule de personnages évoqués, des dizaines de portraits, la biographie des d'Orléans, les épisodes célèbres de l'histoire de France du XVIIe au XIXe siècle, une abondance de décors, les affinités politiques dans les querelles littéraires, le mouvement des idées, de l'art et des innovations sociales, l'opposition des doctrines, le tableau des enjeux dynastiques et politiques, telles sont les multiples facettes de ce livre original, écrit avec rigueur et nuances. Michelet a dit : « L'orléanisme est la ressource libérale de la France. » On devine qu'une telle perspective possède des prolongements actuels. Gabriel de Broglie avait plus d'un titre à mettre en lumière le passé et le présent dans ce grand essai historique et politique où l'attrait du récit se mêle au débat d'idées le plus élevé.

13.              CENDRARS (Blaise). Hollywood : La Mecque du Cinéma.  Grasset,  2001, pt in-8°,  212 pp, avec 26 dessins pris sur le vif par Jean Guérin, broché, bon état

            25

"Dans Paris-Soir paraît à partir du dimanche 31 mai 1936 le reportage de Cendrars sur « Hollywood 1936 », annoncé comme suit : "Nous commençons aujourd’hui un grand reportage du célèbre écrivain Blaise Cendrars : Hollywood 1936. Dans le voyage qu’il vient de faire à Hollywood, pour les lecteurs de Paris-Soir, il a pu déchiffrer les secrets les plus profondément cachés de la cité des mirages, sans avoir besoin d’employer la ruse ou l’effraction : il les a devinés par sympathie, par amour. Gloire coûteuse des étoiles, désespoirs des figurants, drames inconnus, jalousie meurtrière, intrigues, passions des reines et des princesses de l’écran, Cendrars a tout compris, tout amené au grand jour. Ce sont ces confidences singulières, ces aveux brûlants que vous lirez à partir d’aujourd’hui." Cendras sera aidé dans son travail de journaliste par Jean Guérin qu’il avait connu adolescent et qu’il avait retrouvé à Hollywood. Portraitiste apprécié des vedettes, celui-ci lui ouvrit les portes de la « cité interdite » et l’initia à maint secret du monde cinématographique. Sur les pas de Cendrars ou le guidant, il fit des croquis dont un seul parut avec l’annonce du reportage dans Paris-Soir, et vingt-neuf illustrèrent le livre." (Michel Décaudin).

Cendrars disait écrire de la "poésie documentaire", Hollywood (1936) est un reportage plein de poésie. Ces lieux et ces êtres qui paraissent si simples et si naturels à l'époque où il l'écrivait, grands studios, stars, sont aujourd'hui devenus des mythes. Regardez la MGM, écoutez Marlène Dietrich : c'est toujours Cendrars et son enthousiasme qui nous parlent.

14.              CHAMBARD (Dr. Ernest). Les Morphinomanes. Etude clinique, médico-légale et thérapeutique.  P., Rueff et Cie,  s.d. (1893), gr. in-12,  xii-274-(8) pp, index des auteurs cités, catalogue publicitaire in fine, reliure basane souple de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, tête dorée, 1er plat de couv. abîmé, trace de mouillure angulaire sur les premiers feuillets, état moyen (Coll. Bibliothèque médicale Charcot-Debove). Edition originale

            50

Etiologie de la morphinomanie ; symptomatologie de la morphinomanie (état de satisfaction et de besoin) ; complications, médecine légale, traitement et pronostic de la morphinomanie. A la fin, très importante bibliographie. "La Belle époque de l'opium" (La Différence, 1984) cite trois fois Chambard en indiquant notamment qu'il fut un des défenseurs de la méthode lente de désintoxication (p. 87).

15.              Collectif. Paris charitable, bienfaisant et social, publié par l'Office central des œuvres de bienfaisance, reconnu d'utilité publique. Nouvelle édition.  Plon,  1926, fort in-12 (12 × 19),  xxi-1269 pp, une partie sur les Lois sociales et ouvrières (pp. 1063-1128), index, reliure percaline verte de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état. Peu courant

            50

"Cette liste imposante de toutes les œuvres charitables de Paris et de sa banlieue, ainsi groupées selon leur objet (bienfaisance, maternité, premier âge, enfants et orphelins, vieillards, incurables ; hopitaux, œuvres d'assistance aux étrangers, etc.) peut servir d'« indicateur » et de « guide » pour les gens de cœur qui cherchent à combattre la misère et la maladie dans cet énorme champ de détresse qu'est souvent une grande ville et la capitale d'un grand pays. Elle permet de connaître toutes les ressources charitables – publiques et privées – de Paris, et ainsi les moyens d'en tirer parti. On y voit une grande diversité d'œuvres et associations qui font bien augurer de l'esprit humanitaire de chacun, car ici il s'agit d'adapter les vieilles maximes d'amour à l'urgence des besoins successifs ; c'est pourquoi, aujourd'hui comme hier, Paris accueille tous les malheureux, tous les anormaux, tous les incurables, et se penche sur toutes les misères. Mais des orientations nouvelles répondent à des nécessités nouvelles : la situation des femmes a changé depuis la guerre, un grand nombre d'organismes d'entr'aide se créent en leur faveur, et l'on voit dans cette Edition – ce qui n'était pas le cas dans les précédentes – une liste de caisses de compensation pour allocations familiales ; les connaissances médicales se sont accrues, et la charité parisienne prête un concours vigilant et assidu aux méthodes nouvelles et à leurs essais de discipline préventive. A côté des associations de la Croix-Rouge française, il y a des groupements pour la lutte contre le cancer, des visiteuses d'hygiène sociale ; les dispensaires d'hygiène prennent une importance toujours plus grande, le nombre des préventoriums et des sanatoriums antituberculeux va croissant... De nouvelles œuvres viennent sans cesse s'ajouter aux précédentes ; elles étaient 176 il y a un siècle, elles sont 9.547 maintenant. C'est pourquoi nous pouvons dire avec M. Georges Goyau : « En fermant ce recueil, on a l'impression bien nette que la charité ne piétine pas, que la charité est en marche »." (International Review of the Red Cross, sept. 1926)

L’Office central des œuvres de bienfaisance a été créé en 1892 sous le patronage d’aristocrates légitimistes comme le marquis de Vogüé, mais aussi de libéraux comme Anatole Leroy-Beaulieu et avec l’appui de la Société d’économie sociale, qui était composite en matière politique et neutre en matière religieuse. Deux tâches principales étaient au programme de l’Office : un répertoire central des institutions charitables, un autre des « solliciteurs » qui s’adressent à elles. L’enquête sur les œuvres, immédiatement entreprise, aboutit en 1896 à "La France charitable et prévoyante" (91 fascicules) qui traitait de la province, et en 1897 à "Paris charitable et prévoyant" (644 pp) qui traitait du département de la Seine. Une deuxième édition mise à jour du "Paris charitable" parut en 1904 (746 pp), puis une nouvelle édition en 1912 (824 pp). Elle écartait cette fois les œuvres de prévoyance, mais s’étendait à la banlieue de Paris, répertoriant environ 5000 œuvres, contre 3775 en 1904. À la différence des éditions précédentes, le format et le prix étaient conçus pour une large diffusion. Un "Paris charitable pendant la guerre" (4 fascicules) parut entre 1915 et 1918, puis trois nouvelles éditions du "Paris charitable, bienfaisant et social" en 1921 (1079 pp), 1926 (1269 pp) et 1936 (1700 pp).

16.              DANINOS (Pierre) et Doré OGRIZEK. Savoir-vivre international. Code de la susceptibilité et ses bons usages à travers le monde.  P., Odé,  1951, fort in-12,  511 pp, nombreuses illustrations et cartes dans le texte en couleurs, cart. éditeur avec titres dorés au 1er plat et au dos, gardes illustrées en couleurs, jaquette illustrée en couleurs, bon état (Coll. Le monde en couleurs)

            30

L'explication humoristique des usages, des zones de susceptibilité du globe, des récifs de la conversation, des abysses du silence, des tabous du geste et de la parole de tous les peuples du monde. — « Qu’y a-t-il de plus utile pour un adolescent épris d’aventure et prêt à s’élancer sur les routes du monde : savoir que le débit de l’Amazone est de 120.000 m3 à la seconde, ou bien que, sous peine d’être considéré comme un goujat, on ne se promène pas avec un casque colonial à Rio de Janeiro ? (...) Savoir que la superficie de l’Égypte est de 994.287 km2, ou bien que l’on n’y doit jamais prendre de la main gauche un objet qui vous est tendu ? »

Pierre Daninos rédige la préface et le chapitre consacré au Brésil pour ce traité de savoir-vivre international qui vous apprend, par exemple : qu’il ne faut jamais au Vietnam serrer la main d’une femme ou regarder son interlocuteur en face ; qu‘il faut absolument éviter de toucher le chapeau, le turban, les cheveux, le visage d’un Indonésien ; qu’on se jette de l’eau à la figure en Pologne pour célébrer Pâques ; qu’en Polynésie, il est très difficile de résister aux avances des vahinées. — Textes de Jacques de Lacretelle, André Maurois, Jules Romains, Gérard Bauer, Maurice Bedel, André Beucler, Ventura Garcia Calderon, Marc Chadourne, Jacques Deval, Jean Fayard, Jean-Jacques Gautier, Renée et Pierre Gosset, Henri de Monfreid, Paul Morand, Paul Mousset, Jacques Perret, Gontran de Poncins, Henri Queffelec. James de Coquet, A. T'Serstevens, L. Bodard, Merry Bromberger, R. Chauviré, R. Escarpit, H. Lhote, Odette Pannetier, etc. Illustrations de Ben, Belvès, Beuville, de Lavererie, Liozu et Henri Monier.

17.              DAUMAS (Maurice)(dir.). Histoire générale des techniques.  PUF,  1962-1979, 5 forts vol. gr. in-8° carré,  xvi-652, xix-750, xxiv-884, xxviii-754 et xi-599 pp, 1679 figures et tableaux, 192 planches de photos hors texte en héliogravure, biblio, index des noms et index des matières, reliures toile décorées de l'éditeur, jaquettes illustrées, sous étuis carton, très bon état

            300

Complet. — Tome I : Les origines de la civilisation technique. Tome II : Les premières étapes du machinisme. Tome III : L'expansion du machinisme. Tomes IV et V : Les techniques de la civilisation industrielle (T. IV : Energie et matériaux. T. V : Transformation. Communication. Facteur humain).

"Il n'existait jusqu'à présent aucune véritable histoire générale des techniques en français. Celle qu'inaugure ce premier volume apporte une information d'ensemble présentée par des auteurs qualifiés. Conçue selon les mêmes principes et avec le même soin, la même clarté, le même sérieux que l'Histoire générale des sciences, cette Histoire générale des techniques constitue un ouvrage d'initiation et de culture qui rendra service à de très diverses catégories de lecteurs. Dans le présent ouvrage, le terme technique est entendu dans le sens restreint d'activités portant sur les matériaux et produits naturels et visant une utilité pratique. De la technique ainsi entendue dans ce sens restreint, il est exact de dire, avec M. Daumas, que, jusqu'au début du XIXe siècle, elle s'est développée dans une indépendance à peu près complète de la science. L'ouvrage débute par une magistrale préface de M. Daumas, qui pose avec profondeur le problème d'ensemble de l'évolution de la technique. André Leroi-Gourhan, Daniel Faucher, André Haudricourt traitent ensuite des sociétés primitives. Les exposés suivants sont consacrés à l'Antiquité méditerranéenne, l'Asie du Sud et extrême-orientale, l'Islam et Byzance, l'Amérique précolombienne. L'ouvrage s'achève par un remarquable exposé de Bertrand Gille sur la technique dans le Moyen Occidental du Ve siècle à 1350. C'est sans doute dans ce chapitre que se manifeste le plus le souci d'une présentation des techniques fondamentales, qui commandent les techniques plus particulières et plus complexes. Se basant en grande partie sur ses propres travaux, M. Gille évoque successivement les transports, l'énergie et le machinisme, l'assemblage, l'organisation de l'espace." (F. Russo, Revue d'histoire des sciences, 1965)

"L'Histoire générale des techniques, dont la publication a commencé en France depuis quelques années, constituera, lorsqu'elle sera achevée, le plus important ouvrage en langue française consacré à cette discipline, et sera probablement le second ouvrage dans la littérature mondiale contemporaine après A History of Technology dont la publication en Angleterre, en cinq volumes, s'est achevée en 1958. L'ouvrage français sera complet après la publication attendue du quatrième et dernier tome dont le titre annoncé sera La civilisation industrielle." (J.-A. Melderen, Revue d'histoire des sciences, 1971)

18.              [Droit] – RIVIÈRE (H. F.), Faustin HÉLIE et Paul PONT. Codes français et lois usuelles, décrets, ordonnances et avis du Conseil d'Etat qui les complètent ou les modifient, conformes aux textes officiels avec une conférence des articles basée principalement sur la jurisprudence, annotés des arrêts de la Cour de Cassation et des circulaires ministérielles.  P., Marescq aîné,  1881, fort in-16,  vi-(2)-398-254-82-180-30-179-41-159-10-47-73-29-700-24-63 pp, table de concordance, table alphabétique, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 faux-nerfs, titres et fleurons dorés, caissons à froid (rel. de l'éditeur), bon état

            30

Les “Codes français et lois usuelles” de Rivière et Hélie constituent le plus prestigieux des recueils de textes de la fin du XIXe siècle. Outre une présentation très exhaustive des textes, ils contiennent en effet une table des matières extrêmement riche ainsi qu’un appareil de notes présentant la jurisprudence de manière synthétique.

19.              DRUILHE (Paule). Histoire de la musique.  Hachette,  1960, in-12,  157 pp, 34 illustrations, biblio sommaire, discographie, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            20

L'antiquité ; Le moyen âge ; La renaissance ; L'art classique ; La musique en France sous la Révolution et l'Empire ; Le romantisme ; L'art contemporain.

20.              DUFOURCQ (Norbert)(dir.). La Musique des origines à nos jours. Ouvrage publié en collaboration sous la direction de Norbert Dufourcq.  Larousse,  1946, in-4°,  xiv-592 pp, préface de Claude Delvincourt, 800 gravures, 6 hors texte en couleurs, glossaire des termes techniques, index, reliure demi-toile verte à coins, dos lisse avec titres et fleuron dorés (rel. de l'époque), bon état

            30

"Avec quelque 800 belles illustrations, cet ouvrage imposant, excellemment édité et d'une belle présentation, est une contribution majeure et indispensable à la discipline, tant comme ouvrage de référence fiable pour le spécialiste que comme initiation agréable pour le simple lecteur profane. Cinq grandes sections traitent des données générales, des compositeurs, des œuvres et des tendances. On y trouve également de riches informations sur les aspects plus techniques de la musique..." (Books Abroad)

21.              DUPAQUIER (Jacques)(dir.). Histoire de la Population française. 1. Des origines à la Renaissance.  PUF,  1988, fort gr. in-8° carré,  xxi-565 pp, 82 illustrations sur 48 planches hors texte, 69 cartes et graphiques, 7 tableaux, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            50

Ce premier volume va de la Préhistoire à la Renaissance. L'étape décisive du peuplement de notre pays a été la fin du néolithique : alors, le nombre des hommes qui vivaient dans le cadre des frontières actuelles est passé de 100.000 au plus à 4 millions au moins. Quand César a occupé la Gaule, il y a trouvé une population paysanne fortement enracinée, dans laquelle se sont fondus successivement les maigres contingents des envahisseurs. C'est pourtant à l'époque romaine qu'il faut rapporter l'organisation du réseau urbain, dans ses grandes lignes ; et à l'époque barbare celui du maillage paroissial. Passée la grande crise des IXe et Xe siècles, l'essor reprend : il vivait sans doute 20 millions d'habitants sur le territoire actuel au début du XIVe siècle.

"Les catégories modernes de la démographie étaient presque entièrement absentes de l'univers mental de nos ancêtres. Ils naissaient, ils aimaient, ils engendraient, ils mouraient. L'idée ne pouvait leur venir que ces événements, qui formaient la trame de leurs humbles vies, seraient un jour objet de science, ni même qu'on les comptabiliserait. Ces gens insérés dans un réseau de relations familiales et sociales très hiérarchisé, où les notions de maître et d'esclave, de noble et de routurier, introduisaient des clivages fondamentaux, n'avaient même pas conscience de former une population – le mot lui-même n'entrera dans l'usage qu'au XVIIIe siècle." (Jacques Dupâquier) — Par R.-H. Bautier, Jean-Noël Biraben, Henri Dubois, Jacques Dupâquier, Robert Etienne, Arlette Higounet-Nadal, Christiane Klapisch-Zuber, Charles et Luce Piétri.

22.              DUPAQUIER (Jacques)(dir.). Histoire de la Population française. 2. De la Renaissance à 1789.  PUF,  1988, fort gr. in-8° carré,  601 pp, 77 illustrations sur 48 planches hors texte, 104 cartes et graphiques, notes et biblio, postface par Pierre Chaunu, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            50

"Ce deuxième tome de l'Histoire de la population française couvre la période de prédilection de l'école de démographie historique, celle où elle a obtenu ses résultats les plus spectaculaires ; c'est dire l'importance de ce volume. Au premier abord, il apparaît comme un bilan, celui de plusieurs décennies de recherches systématiques sur les registres paroissiaux. Celles-ci, initiées par les historiens, élargies par la rencontre et la collaboration de démographes, rassemblant des chercheurs de plus en plus séduits, donc de plus en plus nombreux, bénéficièrent ces dernières années des réflexions de J. Dupâquier qui, consciemment, méthodiquement aussi bien au niveau des techniques que des concepts, tenta de maîtriser l'énorme masse d'informations et d'en donner une interprétation largement compréhensive. Le livre présent reflète tout à la fois cet immense effort collectif et cet essai de vision personnelle. (...) Ce volume compte une autre innovation particulièrement heureuse, celle de présenter en contrepoint final la perception qu'ont eue de cette population et de son évolution, les économistes et les philosophes du temps. Il ne peut être ici question de résumer, ne serait- ce que succinctement, les analyses de J.-C Perrot. (...) C'est dire combien ce livre est important et pour l'histoire démographique et pour la recherche en général." (Hugues Neveux, Annales, 1989)

Table : Les sources et les institutions (Guy Cabourdin et Jacques Dupâquier) ; Le peuplement (Jacques Dupâquier et Bernard Lepetit) ; Mobilité et migrations (Jean-Pierre Poussou) ; Le mouvement de la population (Jean-Noël Biraben, Didier Blanchet et Alain Blum) ; Les crises démographiques (Guy Cabourdin, Jean-Noël Biraben et Alain Blum) ; La mortalité (Alain Bideau, Jacques Dupâquier) ; Le mariage et la famille (François Lebrun et Antoinette Fauve-Chamoux) ; La fécondité (Alain Bideau, Jean-Pierre Bardet) ; L'autorégulation de la popilation française : XVIe-XVIIIe siècle (Jacques Dupâquier) ; Croissance et déstabilisation (Jean-Yves Grenier/ Jacques Dupâquier) ; Les économistes, les philosophes et la population (Jean-Claude Perrot).

23.              EYDOUX (Henri-Paul). Cités mortes et lieux maudits de France.  Plon,  1963, in-8°,  241 pp, 30 illustrations in-texte et 15 illustrations hors texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Ce nouveau volume de notre confrère Henri-Paul Eydoux est consacré à un certain nombre de villes et de châteaux détruits depuis le Moyen Age : Thérouanne, rasée par ordre de Charles-Quint ; La Mothe, bastion de l'indépendance lorraine pendant la guerre de Trente ans ; Maguelonne, dont la cathédrale demeure seule, comme un témoin grandiose de la cité épiscopale qui s'était élevée dans la lagune languedocienne ; l'extraordinaire ruine du château de Montségur, sur l'Ariège, dernier refuge des Cathares ; Coucy ; les villages du Lubéron, Saint-Guilhem-le-Désert. « Ce sont là quelques exemples, au milieu de beaucoup d'autres victimes du pouvoir royal, de Richelieu et de Mazarin, des ravages des guerres, des razzias des brigands et de la « Bande noire », surtout des jacqueries et des révolutions, et des guerres de religion : châteaux et manoirs envahis par les ronces, cités désertes, églises et abbayes dont on ne retrouve qu'à peine les traces. Hélas, les ruines elles-mêmes ont péri ! » Toutes ces histoires, appuyées sur des sources sûres, sont rapportées d'un style alerte et évocateur. H.-P. Eydoux fait revivre pour nous quelques-uns des épisodes les plus dramatiques et les plus pénibles du Passé." (Marcel Aubert, Bulletin Monumental, 1960)

24.              FEBVRE (Lucien). Combats pour l'Histoire.  Armand Colin,  1953, in-8°,  x-458 pp, biblio, notice biographique, index, broché, bon état. Edition originale

            40

Combats pour l'Histoire” est un recueil de trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 où Lucien Febvre développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire, suivi de onze portraits des grands intellectuels des années 30. Un classique.

"Je définis volontier l'Histoire comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. Et j'ajoute : recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent. Et, d'autre part, je dis les hommes. Les hommes, seuls objets de l'Histoire, d'une histoire qui s'inscrit dans le groupe des disciplines humaines de tous les ordres et de tous les degrés, à côté de l'anthropologie, de la psychologie, de la linguistique, etc., d'une histoire qui ne s'intéresse pas à je ne sais quel homme abstrait, éternel, immuable en son fond et perpétuellement identique à lui-même, mais aux hommes toujours saisis dans le cadre des sociétés, dont ils sont membres, aux hommes membres de ces sociétés, à une époque bien déterminée de leur développement, aux hommes dotés de fonctions multiples, d'activités diverses, de préoccupations et d'aptitudes variées, qui toutes se mêlent, se heurtent, se contrarient et finissent par conclure entre elles une paix de compromis, un modus vivendi qui s'appelle la Vie."

25.              FEBVRE (Lucien). La Terre et l'évolution humaine. Introduction géographique à l'Histoire. Par Lucien Febvre, avec le concours de Lionel Bataillon.  P., Renaissance du Livre,  1922, in-8°,  xxvi-471 pp, 7 figures, biblio, index, reliure demi-chagrin noir à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), mors frottés, bon état (Coll. l'Evolution de l'Humanité). Edition originale

            40

Ce livre n'est pas un livre d'histoire, mais un événement historique : il se place au centre du grand tournant méthodologique du début du XXe siècle concernant le problème des rapports entre la géographie, la sociologie et l'histoire. Lucien Febvre établit un dialogue, d'abord sur les mérites et sur les erreurs des grands géographes et des grands sociologues du début du XXe siècle, auxquels on cherche à faire entendre raison. Dialogue sur les climats, leurs modifications, leur importance ; sur les montagnes, les plaines et les plateaux, qui sont des réalités moins simples qu'il ne paraît, sur les îles, les oasis, les « paysages ». Dialogue sur les moeurs des chasseurs, pêcheurs, pasteurs, cultivateurs, – sur les nomades et les sédentaires. Sur les États, les frontières « naturelles », les routes, les villes... Lucien Febvre établit un travail d'orientation, de réflexion critique sur l'énorme question des rapports du sol et des sociétés humaines, en transposant le problème dans le temps, pour se demander quelles déterminations – ou quelles prédéterminations – la terre habitable impose en ses diverses parties à l'Histoire. Toute la vie des hommes, toute l'activité multiple des hommes, des groupes humains, des sociétés humaines se trouve étudiée méthodiquement, rationnellement, en fonction du milieu géographique.

26.               

 

27.              FOURQUET (François). Les Comptes de la puissance. Histoire de la comptabilité nationale et du plan.  Editions Recherches, « Encres »,  1980, in-8°,  462 pp, annexes, biblio, notices biographiques, 2 index, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état

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Jusqu'à la guerre, l'économie française est dominée par un empirisme ignorant et un libéralisme de bon aloi mais de mauvais effet sur la santé économique de la France. La libération ouvre la voie du pouvoir àune nouvelle génération de hauts fonctionnaires née, certes, de la Résistance, mais qui profite aussi, par des filières personnes, de l'expérience dirigiste du gouvernement de Vichy. Cette génération milite pour une nouvelle responsabilité économique de l'État ; elle tente aussi, inspirée par une sorte de Saint-simonisme, de donner un second souffle aux entreprises privées autrefois timorées. Mais sa réussite principale reste limitée au ministère des Finances où, d'abord sur un strapontin, elle finit par conquérir le centre du pouvoir. Des figures politiques aussi différentes que Valéry Giscard d'Estaing et Michel Rocard sont marquées par son influence. « Calculer la puissance » : c'est-à-dire non seulement compter le bilan des équilibres passés, mais aussi faire un calcul sur la puissance future de la nation, prévoir la croissance maximale de ses ressources. Pourquoi faire ? Question à laquelle les auteurs apportent plusieurs réponses. Car cette histoire n'est pas écrite comme une thèse savante : elle est racontée par les acteurs eux-mêmes sous la forme d un récit collectif composé à partir d'entretiens. On voit se dégager ainsi la relation intime entre la vie effervescente et passionnelle d'un petit groupe humain, les grands courants politiques et militants de la IVe et Ve République, et enfin les dimensions macro-sociales de la lente montée des pouvoirs de l'administration.

Entretiens avec Claude Alphandéry, Henri Aujac, Jean Bénard, Louis-Pierre Blanc, François Bloch-Lainé, Jean Denizet, René Froment, Pierre Gavanier, Claude Gruson, Etienne Hirsch, Edmond Malinvaud, Jean Marczewski, Pierre Massé, Jacques Mayer, Pierre Mendès-France, René Mercier, Simon Nora, François Perroux, Charles Prou, Jean Ripert, Michel Rocard, Jean Saint-Geours, Jean Sérisé, Pierre Uri, André Vanoli, André Vincent, recueillis et présentés par François Fourquet. — "C'est lumineux... Fourquet a inséré tout ce passionnant travail dans une perspective économique très forte : celle de l'analyse des rapports entre le pouvoir et le savoir sur la société. Un livre important." (Pierre Rosanvallon)

"Ce livre est, à proprement parler, exemplaire. Je veux dire par là qu'il devrait être pris comme exemple, comme modèle, pour les ouvrages visant à retracer une réflexion collective sur les grands problèmes de notre temps. La formule employée par François Fourquet consiste à interviewer un certain nombre d'auteurs (ceux qui, en France, ont créé le système de comptabilité nationale). Mais, au lieu d'aligner ensuite ces interviews (formule que l'on trouve, par exemple, dans les plats ouvrages d'Harris et Sédouy), il crée un véritable récit à plusieurs voix, en découpant, regroupant les propos par thèmes, en créant des conversations, voire même de vives controverses – imaginaires ou réelles, certains auteurs ayant effectivement été appelés à réagir, ex post, sur tel ou tel propos de leurs collègues. Le discours collectif des principaux pionniers de la comptabilité nationale française (Claude Gruson, Jacques Mayer, Simon Nora, etc.), devient alors extraordinairement vivant, et l'analyse de l'élaboration d'une technique, finalement très aride, se transforme en un passionnant reportage..." (Eliane Betout-Mossé, Revue économique, 1981)

28.              GARRISSON-ESTÈBE (Janine). L'Homme protestant.  Hachette,  1980, in-8°,  254 pp, 6 cartes, notes, sources et biblio, broché, bon état (Coll. Le Temps et les hommes)

            25

"Rarement un "emballage" modeste aura renfermé tant de richesse d'analyse, de notations subtiles et de remises en perspective opportunes. De la persécution des gens de la "religion prétendument réformée" aux XVIe et XVIIe siècles à leur pratique politique, sociale, familiale et scolaire aux XIXe et XXe siècles, cette spectrographie d'une communauté [...] nous révéle, en quelques belles pages, les éléments d'une mentalité moulée par l'histoire et la religion, et l'affirmation d'une spécificité enfin restituée dans ses vraies dimensions." (L'Histoire)

29.              GROUSSET (René). Bilan de l'Histoire.  Plon,  1948, pt in-8°,  320 pp, broché, papier jauni, état correct

            20

"Ce livre, peut-être un des chefs-d'oeuvre de la pensée historique en France, permet de résoudre ou plutôt dispense de poser bien des problèmes d'école qui agitent aujourd'hui les adeptes de Clio. L'histoire doit-elle être événementielle ou doit-elle ne l'être pas ? Il y a ainsi des historiens, aujourd'hui, pour raconter la croisade sans parler de saint Bernard ou pour narrer la bataille de Waterloo en mettant un "sens interdit" sur le chemin creux d'Ohain… René Grousset, lui, n'était pas de cette encre-là. C'est un merveilleux historien, d'un immense talent, je dirais presque de génie : événementiel qui sait dominer l'événement et le situer dans son cadre d'ordre historique et cosmique. Son livre se lit avec passion. Moraliste de l'histoire en même temps que merveilleux narrateur des événements, René Grousset rédige ici une sorte de "Discours sur l'histoire universelle" pour notre temps." (Robert Aron)

"Une information étendue et substantielle, une pensée aussi riche que nuancée, un jugement sûr, une grande délicatesse de sentiment, un style coloré et vivant qui excelle à mettre en lumière les éléments essentiels d'une large fresque et à faire surgir des détails toutes sortes de vues d'ensemble puissantes et animées, tels sont les incontestables mérites de ce beau livre qui atteste chez son auteur des dons de synthèse vraiment hors pair. On ne saurait analyser un pareil travail qui, en trois cents pages, englobe en quelque sorte l'histoire universelle, ni même noter tous les « faits culminants » discernés par M. René Grousset dans son « survol de l'histoire en hauteur » suivant la pittoresque expression dont il se sert pour caractériser son livre..." (Augustin Fliche)

30.              IVANOFF (Michaël). ‎L'Alchimie Spirituelle.  P., Editions Izgrev,  1947, in-8°,  257 pp, préface du Maha Chohan, une photo de Frère Michaël, 6 pl. en couleurs hors texte, figures en noir dans le texte, broché, bon état (Coll. de l'Ecole divine)

            25

3ème série de conférences improvisées par l'auteur, sténographiées et publiées par un groupe de disciples. "Ceux qui aiment approfondir trouveront ici une clé de quantité de grands mystères cabalistiques, alchimiques et astrologiques. Après que l'Eternel eut établi les quatre points cardinaux : le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest, Il fit les quatre éléments : le feu et l'air, l'eau et la terre, par lesquels toutes choses ont été créées. Il les distribua comme suit : le feu qui est chaud et sec prit place au Nord, froid et humide. L'eau, froide et humide fut placée au Sud qui est chaud et sec. L'air chaud et humide prit place à l'Est qui est comme lui et il servit de lien entre le feu et l'eau, attirant en lui la chaleur du feu et l'humidité de l'eau .. La terre, froide et humide, fut placée à l'Ouest qui lui ressemble. Elle servit également de lien entre le feu et l'eau et équilibra l'air de l'Est. Comme elle se trouve située au-dessous de l'eau, de l'air et du feu, elle reçut la force de chacun des trois éléments et elle fut ainsi capable de nourrir tous les êtres..."

31.              LE ROY LADURIE (Emmanuel). Le Territoire de l'historien.  Gallimard,  1973-1978, 2 vol. in-8°,  542 et 449 pp, brochés, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

            40

"L'ouvrage ne souffre d'aucune monotonie, malgré son niveau hautement scientifique. Il offre l'image même de la vie. Les contributions qu'il réunit appartiennent à des genres assez divers : on y rencontre de simples comptes rendus (ex. « Clio en enfer », p. 408, à propos des sorcières) mais surtout des recherches originales. Un ensemble fort cohérent, réparti en quatre séries pour le tome I : 1. Rôle (nouveau) du quantitatif et de l'ordinateur en histoire. 2. Histoire rurale, de la fin du Moyen Age à 1800. 3. Démographie historique. 4. Le climat et son rôle dans l'histoire des hommes ; 3 séries pour le tome II : 1. Le corps. 2. Les champs . 3. Les systèmes sociaux. On devine la richesse de semblables recherches. Et l'on peut être assuré que l'intérêt du lecteur ne faiblirait jamais." (Jean Lhomme, Revue économique)

32.              MARSEILLE (Jacques). L'argent des Français. Les chiffres et les mythes.  Perrin,  2009, gr. in-8°,  394 pp, notes, annexes, broché, bon état

            20

En un siècle, les Français ont vu leur pouvoir d'achat multiplié par dix et leur temps de travail divisé par deux. Problème : les Français n'y croient pas. Pour démêler le vrai du faux, Jacques Marseille a repris la totalité des données disponibles depuis deux cents ans. Il a reconstitué des trajectoires individuelles, mesuré les progrès, identifié qui paye, gagne et dépense quoi et où. Un panorama historique, régional et social sans précédent qui permet de comprendre les relations d'amour-haine qu'entretiennent les Français avec l'argent.

33.              MENIER (M.-A.), E. TAILLEMITE et G. de FORGES. Inventaire des archives coloniales : Louisiane. Correspondance à l'arrivée en provenance de la Louisiane. Tome II (articles C.13A 38 à 54, C.13B 1, C.13C 1 à 5). (1675-1819).  P., Archives nationales,  1983, in-8°,  280 pp, paginé 485-776, 3 pl. en couleurs hors texte, index des tomes I et II, reliure percaline bordeaux de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, discrets C. de bibl., bon état

            30

Inventaire analytique complet par Marie-Antoinette Menier, Etienne Taillemite et Gilberte de Forges. — "Les affaires coloniales furent administrées, comme on le sait, jusqu'à la fin du XIXe siècle par le Ministère de la Marine. Les archives du Bureau des Colonies, créé en 1710, suivirent donc les tribulations de celles de ce ministère. La série C est constituée par la correspondance à l'arrivée, reçue par le secrétaire d'État, en provenance des colonies. On n'y trouve bien entendu pas seulement de la correspondance au sens strict mais aussi de nombreuses pièces jointes : mémoires divers sur les sujets les plus variés, instructions, procès-verbaux de séances des Conseils supérieurs ou des assemblées locales, minutes de lettres au départ, recueils de jurisprudence, recensements, procédures en justice, concessions de terres, ordonnances des gouverneurs et intendants, documents financiers, états de dépenses, états de matériel et d'approvisionnement, documents économiques, états de nègres introduits dans les colonies, états du mouvement maritime et du commerce des ports coloniaux, lettres de particuliers. On y trouve également des actes notariés (inventaires après décès, contrats de mariage, actes d'achats ou de ventes d'immeubles etc...)." (Etienne Taillemite)

34.              MORAZÉ (Charles). La France Bourgeoise, XVIIIe-XXe siècles.  Armand Colin,  1952, in-8°,  xi-220 pp, 3e édition, préface de Lucien Febvre, 13 graphiques, broché, bon état (Coll. Economies, sociétés, civilisations)

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"Dans un livre publié en 1946 sous le titre « la France Bourgeoise » Ch. Morazé se propose de dégager les traits fondamentaux de l'évolution française du XVIIIe au XXe siècle. Historien appartenant à l'équipe de chercheurs des Annales d'Histoire économique et sociale, animée par M. Lucien Febvre, il demeure fidèle à la méthode qu'il a définie dans son « Introduction à l'Histoire économique ». Utilisant les données de la statistique : courbes de mortalité et de reproduction, courbes de consommation, courbes de répartition des fortunes, il se place successivement au point de vue du nombre, de la qualité, de la valeur. Il consacre un chapitre aux problèmes démographiques, un à l'évolution physique, un à l'évolution mentale, un à l'évolution sociale, un à la notion contemporaine de l'Etat, le dernier aux perspectives du XXe siècle, et n'hésite pas à poursuivre ses investigations en plongeant dans le passé jusqu'au XVIe, et parfois au delà pour mieux éclairer la structure de « la France Bourgeoise ». (...) Nous rendons hommage à la modestie de l'auteur qui s'est interdit jusque dans ces dernières pages de dépasser les faits bien établis et s'est borné à tâcher de retrouver les « grandes articulations » du siècle. Des vues très originales et très profondes sur les modifications dans les conditions de vie matérielle de l'homme, sur la montée des différentes couches de bourgeoisie depuis le Moyen Age, sur la transformation de la notion d'Etat..." (Paul Kahn, Cahiers Internationaux de Sociologie, Vol. 3, 1947)

35.              MOURRE (Michel). Le Petit Mourre. Dictionnaire de l'Histoire.  Bordas,  1994, fort pt in-4°,  (8)-991-xvi pp, 68 pl. de cartes et illustrations en couleurs, reliure toile beeige de l'éditeur avec titres en brun au 1er plat et au dos, sans la jaquette, 2e plat lég. sali, bon état

            25

Quant on parle du "Petit" Mourre, c'est en référence au "Dictionnaire encyclopédique d’histoire" de Mourre en 8 volumes, surtout utile qu'aux professionnels (enseignants ou étudiants en histoire, historiens). Le "petit" (991 pages !) est déjà un" énorme" dictionnaire d'une richesse affolante, où chacun y trouvera son content.. Il réunit en un seul volume les grands noms, les grands mots de l'histoire. Les articles constituent autant de points de repères pour circuler dans l'histoire humaine : les événements, les lieux et le cadre des faits. "Le Petit Mourre" devint très vite un outil de référence pour tous les amateurs d’Histoire. Feuilleter le Petit Mourre est dangereux : vous allez tomber sur une entrée qui vous intéresse (un nom, un thème, une période...), que vous allez lire ; puis cet article va vous renvoyer vers une autre entrée, que vous allez lire, qui va... etc.

36.              NEF (John U.). La Naissance de la civilisation industrielle et le monde contemporain.  Armand Colin,   1954, in-8°,  249 pp, une gravure en frontispice, broché, bon état (Coll. Economies - Sociétés - Civilisations)

            25

"Ouvrage tiré d'une série de conférences prononcées en 1953 au Collège de France. J. Nef prend le contrepied de nombreux auteurs marxistes et non marxistes qui attribuent la naissance de la civilisation industrielle au capitalisme. Selon lui cette naissance est due à l'apparition, à partir du XVIe siècle, d'un esprit “quantitatif” qui tend à remplacer l'esprit “qualitatif”, tant dans le domaine de la pensée que dans celui de la vie pratique." (Revue française de science politique, 1955)

37.              PARIAS (L.-H.)(dir.). Histoire du Peuple français.  Nouvelle Librairie de France,  1968, 4 vol. gr. in-8°,  379, 384, 379 et 412 pp, très riche iconographie dans le texte et hors texte : 56 planches de gravures hors texte, 44 planches hors texte en couleurs, 41 cartes et plans, nombreuses illustrations dans le texte, biblio, imprimé sur vélin supérieur, reliures vélin crème décorées de l'éditeur, bon état

            100

I : Des origines au Moyen Age (Ier siècle avant J.-C.-1380), par Régine Pernoud. – II : De Jeanne d'Arc à Louis XIV (1380-1715), par Edmond Pognon. – III : De la Régence aux trois révolutions (1715-1848), par Pierre Lafue. – IV : De 1848 à nos jours, par Georges Duveau.

"Quelle satisfaction pour l'esprit, quelle jouissance aussi pour la sensibilité de trouver sous la plume de M. Duveau une présentation nouvelle de notre histoire nationale ! Nous croyions connaître ses secrets, et voilà qu'on nous en propose une vision toute neuve. La société française revit tout entière à travers ces pages, ranimée, ressuscitée par un homme qui sait tout d'elle, de sa complexité, de son évolution ! Une immense culture historique, vivifiée, fécondée par une sensibilité profonde, nous donne le panorama de cette histoire de la nation française dont on rêvait sans trop y croire. L'étude s'ordonne autour de deux moments tenus pour décisifs, 1848 et la Commune. On admirera sans réserve la richesse d'une méthode qui combine le portrait individuel et le portrait collectif, mêle les personnages historiques et les héros de roman, plus vrais quelquefois, plus représentatifs que des êtres réels, prête une âme aux villes, écoute les confidences de chaque quartier de Paris, sait apprécier d'un mot la moralité d'une époque. Les professions, les cités, les classes revivent toutes avec leurs préoccupations, leur tour d'esprit, leur tendance politique. Aucune analyse ne peut donner une idée juste de la richesse humaine de cet ouvrage où revivent un nombre considérable de personnalités, des hommes politiques aux militants syndicalistes, parisiens comme provinciaux, qui présente une galerie de tous les types sociaux, rend à chaque époque sa tonalité profonde et donne par-dessus tout le sens de la diversité et du relief. Comme on souhaiterait faire lire pareil ouvrage à tous les Français : à ceux qui croient connaître leur histoire, il en révélerait le sens profond, aux autres il en apprendrait l'amour." (René Rémond, Revue française de science politique, 1955, à propos du tome IV)

38.              [Porcelaine] – Collectif. Mélanges en souvenir d'Elisalex d'Albis, 1939-1998.  S.l.n.n. (privately printed, Sèvres, Société des Amis du Musée National de Céramique),  1999, in-8°,  171 pp, une photo d'Elisalex d'Albis et 24 pl. d'illustrations (16 en couleurs), broché, couv. à rabats, bon état

            40

Avant-propos de Fance Spencer Franck suivi de 26 études par des historiens et connaisseurs de l'art céramique : Antoinette Hallé, Rosalind Savill, Christina Nelson, William Sargent, Bernard Dragesco, Adrian Sassoon, Letitia Roberts, Jeffrey Munger, John Whitehead, Tamara Préaud, Bernard Chevallier, Anne Lajoix, Clare Le Corbeiller, etc.

39.              PORTIER-KALTENBACH (Clémentine). Grands Zhéros de l'histoire de France. Ils firent parler d'eux, non pour le meilleur mais pour le pire !  JC Lattès,  2010, in-8°,  302 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Portraits de personnalités oubliées ou décriées de l'histoire française qui ont été rendues à tort ou raison responsables de défaites militaires, qui ont déçu les espoirs placés en elles, qui ont fait obstacle à l'action de grands hommes, etc. Le vice-amiral Villeneuve prétendit que ses marins avaient la colique pour fuir le combat (résultat : Trafalgar...). Le Prince de Soubise, qui fit décimer ses troupes en deux heures face à celles du roi de Prusse, deux fois moins nombreuses. Le capitaine de frégate Cahumareys, qui fit échouer son vaisseau La Méduse par temps calme et marée haute avant d'abandonner ses 140 marins sur un radeau dont on connaît la destinée... Un palmarès d'une vingtaine d'anti-héros épinglés avec humour et érudition.

40.              RÉAU (Louis). Histoire du vandalisme. Les monuments détruits de l'Art français. Tome II : XIXe et XXe siècles.  Hachette,  1959, gr. in-4°,  342 pp, 67 illustrations dans le texte, 2 index, reliure pleine toile écrue de l'éditeur, bon état (Coll. Bibliothèque des Guides Bleus)

            30

Tome II seul (sur 2) — Edition originale de cet ouvrage fondamental, richement illustré, grand classique sur l'histoire du vandalisme en France. L'auteur brosse un tableau effrayant des destructions commises contre notre patrimoine historique et artistique.

"Sur un sujet malheureusement bien connu, mais qui n'avait guère été traité dans son ensemble, M. Louis Réau vient d'écrire deux volumes, bourrés de faits, où il s'efforce de partager le plus équitablement possible la responsabilité des uns et des autres dans le désastre commun. (...) Vandalisme du XIXe siècle, qui laisse tomber en ruines et détruit tant de monuments, de maisons et de châteaux, d'églises et de chapelles, que l'on ne pouvait entretenir, faute d'argent, faute aussi d'une administration suffisamment forte et organisée pour empêcher les destructions ou arrêter des reconstructions regrettables. Vandalisme des révolutions, vandalisme des guerres – les deux guerres mondiales – vandalisme aussi de certains constructeurs trop portés à des restaurations hâtives et douteuses ou à des découpages inconsidérés de nos vieilles cités... Au cours de ce grand travail, M. Réau s'est efforcé non seulement de dénombrer les pertes de monuments souvent de premier ordre, mais d'en restituer, grâce à des descriptions anciennes, à des dessins, tableaux, gravures, l'aspect général et les caractères principaux, et de nous montrer ce que furent ces monuments aujourd'hui détruits et parfois oubliés et ce qu'ils apportent à la connaissance de l'histoire de l'art, en rétablissant les chaînons indispensables à la compréhension de l'évolution de l'architecture et des autres arts. L'ouvrage est fort bien présenté – et même luxueusement – par la maison Hachette." (Marcel Aubert, Bulletin Monumental, 1960)

41.              REGGIANI (Christelle). Eloquence du roman. Rhétorique, littérature et politique aux XIXe et XXe siècles.  Genève, Droz,  2007, in-8°,  230 pp, notes, biblio, index, broché, bon état (Coll. Histoire des idées et critique littéraire)

            30

"C'est sous un angle inhabituel, celui de l'éloquence, art par excellence depuis l'Antiquité de la "parole publique persuasive" (8) que cette étude aborde le genre romanesque de ces deux derniers siècles, en gros de Madame de Staël à des écrivains contemporains comme Eric Chevillard et Lydie Salvayre... Dans un parcours non chronologique, les ouvrages passés en revue sont divers et variés, d'Hugo, Vallès, Zola, Malraux, Martin du Gard, Aragon, Queneau, Céline et Proust traités ensemble (137-48) jusqu'a d'autres romanciers actuels comme Jean Lahougue, Jacques Roubaud, Pascal Quignard, avec une prédilection dès le prologue (7-10) pour l'oeuvre de Georges Perec (63-77). Christelle Reggiani propose une "histoire formelle de la littérature de ses formes sémiotiques" (11) dans la lignée de Barthes qui préconisait dans Le Degré zero de l'ecriture, plutot qu'une histoire de la langue ou des styles, une autre histoire des "Signes de la Littérature"..." (Michel Sirvent, The French Review, 2009)

42.              RÉMOND (René). Les Droites en France.  Aubier,  1985, in-8°,  544 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Historique)

            30

Il n'y a pas, en France, une droite, mais trois : droites légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Enoncée par René Rémond en 1954 dans “La Droite en France”, cette distinction est devenue classique, et le titre du présent ouvrage prend acte de cette acceptation. Mais, depuis, la France a changé ; les familles politiques aussi. La distinction est-elle encore valable ? La division droite-gauche elle-même a-t-elle encore un sens ? Qu'en est-il de l'extrême droite ? Comment se situe le gaullisme par rapport à ces trois traditions ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles, dans cette étude qui se prolonge jusqu'au lendemain des présidentielles de 1981, René Rémond s'attache à répondre. Loin d'être périmée par l'actualité, sa thèse éclaire en fait le sens des événements les plus récents : en retour, leur déchiffrement projette une lumière nouvelle sur les périodes plus lointaines : l'historien est conduit à faire une lecture neuve du bonapartisme, du boulangisme et des ligues. En outre, tout un chapitre a été consacré au fascisme français et à l'examen des causes de sa faible pénétration. — "La première édition de ce livre date de 1953. Une seconde, augmentée, avait paru en 1963, suivie, en 1968, par une troisième, elle aussi actualisée, présentée en deux volumes. Cette quatrième édition ne fera pas double emploi avec les précédentes : rédigée au tournant de l'élection présidentielle du 10 mai 1981, elle intègre trente ans d'une histoire chargée à son modèle d'analyse, elle utilise les nombreux travaux produits dans cette période, elle explique avec les objections faites à sa thèse. Il en résulte un livre renouvelé, jusque dans son titre passé du singulier au pluriel, mais fidèle à son interprétation première. On y trouvera, en particulier, un premier chapitre inédit (A la recherche de la droite), fondamental, la seconde partie de l'ouvrage profondément retravaillée (à partir du chapitre X et des années 1930) ou nouvellement rédigée (depuis 1968), un dossier final (points de vue et problèmes, documents, bibliographie) doublé par rapport à la première édition." (Emile Poulat, Archives des sciences sociales des religions). — "René Rémond réédite pour la quatrième fois un ouvrage devenu classique. On connaît la thèse: elle a même été si bien adoptée qu'aujourd'hui on risquerait d'oublier ce qu'en son temps elle avait apporté de nouveau. C'était en 1954. Après l'effondrement de la Libération, la droite refaisait surface. Et tout le monde de s'interroger sur le retour d'une force qui avait paru condamnée par l'Histoire. Il n'y a pas une droite répondait René Rémond, mais au moins trois droites. Pas plus que la gauche, la droite n'est une. Plus près de la réalité, le pluriel clarifiait le débat en y introduisant une note historique. Il orientait vers une connaissance qui permettait d'apprivoiser ce passé qui recommençait à gouverner le présent, sans même parler de l'avenir. Et il faut le reconnaître, l'avenir a été exceptionnellement clément pour la thèse de René Rémond à qui il a permis de constater in vivo les résultats de ce qui n'était, en 1954, qu'une hypothèse de laboratoire. Chacune à son tour, les vieilles droites nées au cours de la première partie du XIXe siècle allaient retrouver un point d'ancrage et, à ce contact, rajeunir leur vieux tempérament. La droite ultra s'incarnera successivement dans le nationalisme d'Outre-Mer et dans l'intégrisme religieux. La droite bonapartiste trouvera une extraordinaire revanche dans le gaullisme, comme la droite orléaniste ressuscitera dans le giscardisme. Bien sûr, filiation ne dit pas identité. Le contexte a changé. Les hommes sont toujours différents: le général de Gaulle n'a été ni Bonaparte ni Boulanger. C'est là une évidence. Mais si l'on regarde du côté des forces qui les ont soutenus, les ressemblances sont très fortes." (Odile Rudelle, Revue française de science politique)

43.              ROPKE (Wilhelm). Au-delà de l'offre et de la demande. Présenté par Patricia Commun.  Les Belles Lettres,  2009, in-8°,  366  pp, chronologie de Wilhelm Röpke (1899-1966), index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque classique de la liberté)

            30

Le titre ne doit pas tromper : dans la perspective de Wilhelm Röpke (1899-1966), l'un des chefs de file de l'influente école allemande de l'« ordo-libéralisme » pendant les années 1935-1965, aller « au-delà de l'offre et de la demande » ne revient pas à dépasser et encore moins répudier l'économie de marché, mais à la réintégrer dans un lien social et un ordre moral aux connotations parfois très conservatrices. Et s'il récuse le laissez-faire utilitariste, l'auteur ne ménage pas davantage ses critiques à l'encontre de Keynes et surtout de l'Etat providence et du « socialisme fiscal » - accusés de conduire à un collectivisme liberticide et ruineux. Donnant accès à la pensée parvenue à pleine maturation d'un néolibéral « social », cette réédition de la traduction de "Jensseits von Angebot un Nachfrage" (1958), jamais republiée depuis 1961, vient d'autant plus à son heure qu'elle éclaire le sens originel de l'idée d'« économie sociale de marché » (dont Röpke fut, avec Walter Eucken et Ludwig Erhard, le promoteur intellectuel) convoquée dans les récents débats sur la Constitution européenne puis ceux relatifs à la crise économique commencée en 2008. (4e de couv.)

44.              [SCHONGAUER] – Collectif. Der hübsche Martin. Kupferstiche und Zeichnungen von Martin Schongauer (ca. 1450-1491).  Colmar, Unterlinden Museum,  1991, in-4°,  499 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, dont une partie catalogue présentant 51 dessins et 116 gravures à pleine page avec notices, biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état. Texte en allemand

            40

Impressionnante monographie de 500 pages du peintre et graveur alsacien Martin Schongauer (1450-1491), le maître oublié de Colmar. Schongauer, appelé le « Beau Martin », est un artiste colmarien de la fin du 15e siècle, connu pour ses gravures au burin sur cuivre. Cette grande rétrospective (la première) présente ses dessins et les 116 gravures qui lui sont attribuées. Catalogue par Albert Châtelet, Emmanuel Starcky et Pantxika Béguerie de l'exposition du Musée d´Unterlinden de Colmar (13 septembre au 1er décembre 1991) consacrée à l'oeuvre de Martin Schongauer. Ce catalogue présente 51 dessins, 116 gravures et les débuts de la gravure sur cuivre.

45.              SEGUIN (Philippe). Deux cent quarante dans un fauteuil. La saga des présidents de l'Assemblée Nationale.  Seuil,  1995, fort in-8°,  1087 pp, 45 portraits (gravures et photos) sur 12 planches hors texte, index des noms propres, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Un curieux livre qui tient à la fois du dictionnaire d'hommes politiques et d'un guide des évolutions historiques de la République française. Constitué de courtes notices historiques sur les présidents de l'Assemblée, on y suit en filigrane l'évolution constitutionnelle, historique et sociale. Les premières biographies de présidents de l'Assemblée pendant la Révolution française sont passionnantes, car, du fait d'un système de rotation du poste, ce sont tous ceux qui ont participé à la Révolution, noms connus comme anonymes qui défilent...

46.              SERRA (David), Mercedes Taravilla, Iván Serra. Más de uno. Fine Tribal Art.  Barcelona, Galería David Serra - Fine Tribal Art,  2018, in-4°,  97 pp, 53 photos en couleurs à pleine page, biblio, cart. illustré de l'éditeur, dos toilé, bon état. Texte en anglais, espagnol et français

            30

Superbe catalogue d'art africain présentant une sélection d'œuvres illustrant le concept humain de la vie au sein d’un groupe, réalisé par la galerie David Serra – Fine Tribal Art à l'occasion du salon "Parcours des mondes" qui s'est tenu à Paris en septembre 2018.

47.              TALMY (Robert). Histoire du Mouvement familial en France, 1896-1939. (Thèse).  Aubenas, chez l'Auteur,  1962, 2 vol. gr. in-8° carré,  309 et 280 pp, biblio, index, brochés, pt découpure sans gravité sur la page de titre du tome II, bon état

            80

"Fondée en 1896, par le Dr Bertillon, l'Alliance nationale pour l'accroissement de la population se proposait, comme son nom l'indique, de mener une active propagande contre la dénatalité. Aux arguments démographiques de l'Alliance, se joignent, à partir de 1908, les revendications de la ligue des familles nombreuses, fondée en 1908 par le capitaine Maire. La première mesure en faveur des familles nombreuses intervient en juillet 1914; sous forme d'un dégrèvement de l'impôt général sur le revenu. Les deux mouvements, nataliste et familial, évoluent de manière différente entre les deux guerres, et c'est à nouveau à la veille du conflit qu'intervient le décret-loi de juillet 1939, dit « Code de la famille ». Le nom d'Adolphe Landry reste attaché à la politique ainsi inaugurée et qui a été poursuivie, avec une remarquable continuité, par tous les gouvernements successifs. Pour T., la reprise de la natalité apparaît comme l'aboutissement de l'effort mené avec ténacité par un petit nombre d'hommes, inspirés par un haut idéal moral et patriotique... Ample et minutieuse documentation." (A. G., Population, 1963)

48.              TATON (René)(dir.). Histoire générale des sciences.  PUF,  1961-1969, 4 forts vol. gr. in-8° carré,  viii-724,viii-873,viii-755 et viii-1080 pp, 208 planches de gravures et photos hors texte, 137 figures et tableaux, biblio, index des noms et des notions, reliures toile décorées de l'éditeur, jaquettes illustrées, sous étuis carton, bon état

            250

Complet. — Tome I : La science antique et médiévale (des origines à 1450). Tome II : La science moderne (De 1450 à 1800). Tome III.1 : La science contemporaine, vol. 1 - Le XIXe siècle. Tome III.2 : La science contemporaine, vol. 2 - Le XXe siècle. Les tomes I et II sont des exemplaires de la deuxième édition, refondue et augmentée (97 pages de plus dans le tome I, 73 pages de plus dans le tome II).

Pour l'historien des sciences, cette somme restera un ouvrage de référence de premier ordre pour tout ce qui a trait à la vie intense et mouvementée de la recherche scientifique aux siècles passés. Très précieuse documentation. — "Ce n'est pas un mince mérite que d'offrir, pour la première fois, au public de langue française, un instrument d'information et de culture où rien n'est sacrifié du passé de la science humaine, où la science indienne et chinoise, la science hébraïque, la science américaine précolombienne ont leur place au même titre que la science égyptienne et la science grecque, au même titre et au même niveau d'intérêt. Sous ce rapport, un tel tableau, à la fois aussi largement ouvert et aussi soigneusement coordonné dans ses détails, où le lecteur attentif peut prendre le goût et les moyens de rapprochements qu'on ne lui propose pas tout faits, est probablement sans équivalent. Les documents d'utilité générale, illustrations, index des noms, index des matières, représentent le fruit d'un travail considérable dont il est juste d'attribuer le mérite à celui qui en eut la responsabilité, à M. René Taton." (G. Canguilhem, Revue Historique, 1959)

"Il n'existait pas d'ouvrage qui permît au lecteur français de prendre facilement de l'histoire des sciences une vue complète, précise et conforme à l'état des recherches récentes. Point n'est besoin d'insister sur l'intérêt de ce livre. J'attirerai seulement l'attention sur les pages consacrées par G. Beaujouan à l'Occident chrétien et que je suis plus capable de juger. La liaison est là fort bien établie entre les destinées du savoir et celles du milieu général, et j'ai apprécié en particulier l'effort mené pour définir exactement les rapports entre les connaissances scientifiques et les techniques." (Georges Duby, Revue d'histoire économique et sociale, 1958)

49.              THIERRY (Augustin). Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du Tiers Etat, suivi de deux fragments du Recueil des monuments inédits de cette histoire.  P., Garnier frères,  s.d. (v. 1860), in-8°,  428 pp, nouvelle édition revue avec le plus grand soin, pièces justificatives, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés, auteur, titre et caissons ornés dorés, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire finement relié à l'époque

            60

"Ce volume se compose de trois morceaux distincts. Le plus considérable sert d'introduction générale au recueil. M. Augustin Thierry y a tracé à grands traits l'histoire de la formation et des progrès du tiers état, c'est-à-dire de la nation française tout entière, moins la noblesse et le clergé. Il lui a donc fallu passer en revue presque tous les événements de notre histoire. Car il n'en est, pour ainsi dire, aucun qui n'ait exercé une influence plus ou moins marquée sur le développement de ce que nous appelons le tiers état. L'établissement des barbares dans les Gaules, la transformation de l'esclavage antique, l'origine des communes, l'affranchissement des serfs, le progrès de la puissance royale, l'influence des légistes, le caractère des troubles qui agitèrent la France du quatorzième au dix-septième siècle, le rôle des états généraux, l'action des différents rois, celle des principaux ministres et du parlement : tels sont les points qui ont particulièrement fixé l'attention du célèbre historien. L'espace dans lequel il s'est resserré ne lui permettait guère d'entrer dans les détails. Cependant, pour les cinq derniers siècles de notre histoire, il a fait ressortir beaucoup de faits nouveaux ou dont l'importance avait été méconnue. Nous devons surtout signaler les pages consacrées aux différentes tenues d'états généraux, à la Ligue, à la Fronde, et à la politique tant extérieure qu'intérieure de Louis XI, Louis XII, François Ier, l'Hôpital , Henri IV, Sully , Richelieu , Colbert et Louis XIV. L'art qu'il a mis à grouper les faits, le goût dont il a fait preuve dans le choix des détails, et avant tout l'unité qu'il a su donner à un sujet aussi complexe, font de l'essai sur la formation et les progrès du tiers état un ouvrage aussi intéressant qu'instructif. (...) Découragé par « la catastrophe de février 1848 », M. Thierry n'a pas conduit son histoire au delà du règne de Louis XIV. Tous ses lecteurs regretteront une détermination qui les prive de plusieurs chapitres intéressants. (...) Le morceau qui fait suite à l'essai sur l'histoire du tiers état est un Tableau de l'ancienne France municipale. L'auteur, divisant la France en cinq régions, examine quels furent dans chacune d'elles les caractères des institutions municipales , et s'attache surtout à faire ressortir la différence des constitutions du Midi, où les magistrats ont le titre de consuls, et des constitutions du Nord , où l'on voit les communes organisées par association et par assurance mutuelle des citoyens sous la garantie du serment. (...) Sous le titre de Monographie de la constitution communale d'Amiens, M. Thierry fait l'histoire de cette cite depuis l'époque romaine jusqu'à la fin du douzième siècle. Il raconte l'établissement de la commune, et commente les principales dispositions des chartes de cette cité. Le volume se termine par trois appendices ; ce sont : 1) le plan d'une collection générale des monuments inédits de l'histoire du tiers état ; 2) les listes des députés du tiers état aux états généraux de 1484, 1560, 1576, 1588, 1593 et 1614 ; 3) le cahier du village de Blaigny pour les états généraux de 1576. (...) Nulle part ailleurs l'auteur n'a peut-être déployé au tant de talent dans l'exposition et l'enchaînement des faits..." (Léopold Delisle, Bibliothèque de l'école des chartes, 1853)

50.              TOURAULT (Philippe). Initiation à l'histoire de l'Eglise.  Perrin,  1996, in-8°,  385 pp, chronologie, liste des papes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Partant d'une gigantesque documentation couvrant deux millénaires, Philippe Tourault est parvenu à écrire une histoire de l'Eglise concise et didactique. Elle s'adresse en priorité à tous ceux qui cherchent à connaître l'essentiel de l'évolution d'une institution et d'un dogme qui ont fondé et modelé notre histoire. Suivant une chronologie rigoureuse, l'ouvrage présente clairement l'alternance de gloire et de vicissitudes qu'a connue l'Eglise et la religion catholiques de Jésus à Jean-Paul II. Après avoir étudié les balbutiements et les persécutions de l'Eglise primitive, sa reconnaissance officielle par l'empire romain (313), le concile de Nicée fixant les grands principes de la doctrine chrétienne (325) et l'âge d'or des "Pères de l'Eglise" (IVe-Ve siècle), l'auteur traite du Moyen Age : alliance des Francs et de la papauté, illustrée par le couronnement de Charlemagne, apogée du catholicisme médiéval (Xie-XIIIe siècle), époque anarchique des papes d'Avignon, du grand schisme et de la crise conciliaire (XIVe-XVe siècles). Abordant l'époque moderne, Philippe Tourault analyse la menace protestante, la Contre-Réforme et le renouveau de l'Eglise (XVIe-XVIIe siècles), les malheurs du pape et du clergé que leur importance, leur rôle social et leurs biens livrent aux attaques des philosophes et des révolutionnaires (XVIIIe-début XIXe siècle). Enfin sont relatées, à l'époque contemporaine, la restauration spirituelle et la rigueur doctrinale (1815-1914) face à l'anticléricalisme ou aux courants modernistes, les hésitations des papes entre tradition et modernité, qui ont conduit à "l'aggiornamento" de Vatican II. L'initiation à l'histoire de l'Eglise se termine sur la question lancinante, fondamentale, qui aura torturé Paul VI et Jean-Paul II : comment concilier le respect des articles intangibles de la foi catholique et l'adaptation à l'évolution de la science et des moeurs ?

51.              VILAR (Pierre). Or et monnaie dans l'histoire, 1450-1920.  Flammarion,  1978, in-12,  439 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Champs)

            15

"Ce livre, pour l'essentiel, correspond au célèbre cours « polycopié » de Pierre Vilar relatif à l'histoire monétaire. La présentation est un peu scolaire ; la bibliographie est hélas sacrifiée, du fait des exigences d'un « livre de poche ». Le propos de l'auteur est éblouissant, par la richesse de l'information, par la clarté, par la pertinence des pensées." (Annales ESC, Le Choix des Annales, 1975)

52.              WHITEHOUSE (David and Ruth). Archaeological Atlas of the World.  Thames and Huston,  1975, gr. in-8°,  272 pp, avec 103 cartes en 2 couleurs dessinées par John Woodcock and Shalom Schotten, index, broché, bon état. Texte en anglais

            20

"Cet atlas, qui contient 103 cartes indiquant quelque 5 000 sites pré- et protohistoriques, depuis les premiers hommes jusqu'aux premières civilisations, sera sans aucun doute utile aux étudiants et aux profanes intéressés. Chaque carte est accompagnée d'un bref commentaire et de références à quelques sources. Les auteurs sont des spécialistes reconnus et l'ouvrage est bien informé et à jour. Malheureusement, comme c'est souvent le cas dans les livres d'archéologues européens, le Nouveau Monde n'est abordé qu'en 25 pages. Les îles du Pacifique sont encore plus mal loties. L'intérêt principal de ce volume sera pour ceux qui s'intéressent à l'archéologie en Europe, au Moyen-Orient et en Inde." (Chester S. Chard, American Scientist, 1976)

53.              ZIMMERMANN (Johann Georg). Traité de la dyssenterie.  P., chez Theophile Barrois le jeune,  1787, in-12,  xlviii-409-(1) pp, traduit de l'allemand. Nouvelle édition, revue & corrigée par le traducteur, reliure basane naturelle marbrée, dos à 5 nerfs orné de filets dorés, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), dos frotté, coiffes arasées, coupes frottées, infime travail de vers n'affectant pas la lecture sur qqs feuillets, bon état

            80

Seconde édition française, traduction par Le Febvre de Villebrune de “Von der Ruhr unter dem Volke im Jahr 1765”, la description classique par le célèbre médecin suisse-allemand de l'épidémie suisse de 1765. C'est l'ouvrage qui rendit Zimmermann célèbre au-delà des frontières de la Suisse. "Contains the first description of bacillary dysentery, and it remined an authority on the diseases for several decades after its publications" (HOH, 324).  Johann Georg Zimmermann (1728-1795) est né à Brugg (Argovie). Il étudie la médecine à Göttingen, où il fut l'élève d'Albrecht von Haller. Dans cet ouvrage, la première monographie importante sur la dysenterie bacillaire, de nombreux passages concernent la nourriture et la boisson.

"Cette admirable monographie est tant au dessus de l'éloge, que l'on craindrait de l'entreprendre ; on remarque seulement que jamais peut être la lecture approfondie d'un livre ou l'on établit, sur l'autorité des médecins de tous les âges, les distinctions cliniques les plus marquées, ne fut peut être jamais plus nécessaire que dans un temps où beaucoup de médecins pensent qu'une dysenterie est toujours une inflammation, et qu'elle réclame dans tous les cas les antiphlogistiques." (catalogue de l'Editeur)

 

ANTIQUITÉ

 

54.              BLOCH (Gustave). Les Origines du sénat romain. Recherches sur la formation et la dissolution du sénat patricien. (Thèse).  P., Ernest Thorin,  1883, in-8°,  vii-334 pp, notes, appendices, broché, dos abîmé recollé, intérieur propre, état correct (Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome). Edition originale

            50

Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et ancien membre de l'Ecole française de Rome, chargé d'un cours d'antiquités grecques et latines à la faculté des lettres de l'université de Lyon, Gustave Bloch (1848-1923) soutint en Sorbonne une brillante thèse de doctorat sur « Les origines du sénat romain ». Dans cet opus magnum (publié à Paris chez Ernest Thorin en 1883), il avait enquêté sur l'obscure période des premiers siècles de la Ville, s'intéressant au sénat patricien – assemblée sociologiquement restreinte et politiquement souveraine. Gustave Bloch est le père de l'historien médiéviste Marc Bloch, co-fondateur avec Lucien Febvre de l'École des Annales.

"Deux mots résument la thèse que défend M. Bloch. Pour lui le sénat romain fut exclusivement patricien pendant toute la période royale, et môme quelque temps après. Cette opinion n'est pas nouvelle assurément; mais, comme elle a été plus d'une fois contestée, et par des hommes de poids, il n'était pas superflu de la reprendre. M. Bloch en a jugé ainsi, et il a eu le grand mérite de l'asseoir sur des arguments beaucoup plus solides qu'auparavant. (...) M. Bloch a écrit un livre de grande valeur. Il y traite d'un des problèmes les plus obscurs de l'histoire romaine, et il élude si peu les difficultés qu'on l'accusera peut-être de les exagérer. Il répand la lumière sur une foule de points de détail, et il apporte des arguments décisifs sinon à l'appui de tout son système, du moins en faveur d'une opinion qui désormais est acquise. A l'avenir, on n'aura qu'à répéter en bien des cas ce qu'il a dit, et, même pour le reste, il faudra tenir sérieusement compte de ses discussions." (Paul Guiraud, Revue Archéologique, 1884)

55.              CARCOPINO (Jérôme). Les étapes de l'impérialisme romain.  Hachette,  1961, in-8°,  272 pp, 15 illustrations et une carte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Sur les pas des légionnaires, la Pax Romana. — « Le peuple romain est le premier qui ait revendiqué comme une mission providentielle le droit de commander à tous les autres peuples. » L'auteur retrace ici les grandes étapes de cet impérialisme qui, depuis Scipion l'Africain, avait engagé Rome dans le terrible engrenage : guerres, conquêtes, pillages... Il appartint à Jules César de rénover l'impérialisme romain et de le justifier en offrant à tous les sujets la réconciliation dans la paix romaine. Ses successeurs poursuivirent cette politique...

"Cette passionnante histoire de Rome et de son destin est évoquée et avec quelle maîtrise par M. Jérôme Carcopino dans son livre Les étapes de l'Impérialisme romain, où se trouvent groupées des études qui, par leur importance, leur originalité et leur solidité, devraient être mises davantage à la portée d'un public élargi. Le lecteur est entraîné par la clarté vivante, l'abondance minutieuse des arguments et des preuves, par ce ton général qui emporte la conviction et qui fait de M. Jérôme Carcopino non seulement un grand savant mais un grand écrivain. (...) Le chapitre où M. Jérôme Carcopino établit qu'Annibal fut en quelque sorte responsable de l'impérialisme romain est de la plus haute importance..." (Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1961)

"Depuis l'apparition du terme « impérialisme » à la fin du XIXe siècle, on s'interroge sur la nature universelle de son concept et sur son rapport avec les guerres et les conquêtes, des réalités de tous les temps. En fait, le phénomène d'expansion territoriale est une réalité constante de l'histoire, un comportement commun des peuples dès la plus haute Antiquité, bien qu'il ait revêtu des formes diverses. Cependant, il a surtout préoccupé l'historiographie au moment où il s'était renouvelé d'une façon massive avec les empires européens du XIXe siècle. C'est alors que fut introduit le terme « impérialisme », dérivé du mot latin impérium... Pour J. Carcopino, l'impérialisme débute avec la deuxième guerre punique, tout simplement parce que Polybe identifie le dessein romain de conquête universelle à partir de cette date." (Ella Hermon, Qu'est-ce que « l'impérialisme romain » pendant la République ?, 1984)

56.              CARCOPINO (Jérôme). Sylla ou la monarchie manquée. Nouvelle édition revue et augmentée.  P., L'Artisan du Livre,  1947, pt in-8°,  245 pp, un tableau généalogique dépliant hors texte (famille des Caecilii Metelli), broché, soulignures crayon, bon état

            25

"Sylla, selon l'opinion commune, fut un conservateur, ou pour mieux dire un réactionnaire, qui après avoir rendu à la noblesse, par une constitution aristocratique, la puissance qu'elle avait perdue, abandonna la dictature, dès qu'il jugea son oeuvre accomplie, pour terminer ses jours dans la retraite. M. Carcopino s'est convaincu que cette conception est fausse, Sylla travailla à son propre profit : il ne servit pas la noblesse, il s'en servit, il ne voulut pas restaurer l'oligarchie mais fonder la monarchie. (...) Cette thèse est exposée par l'auteur avec ce talent d'écrivain, avec cette érudition précise et ingénieuse qui donnent tant d'attrait et tant de prix à ses ouvrages. Il excelle à conduire le lecteur de déduction en déduction jusqu'au but qu'il veut atteindre et son éloquence force la conviction. Certainement la figure de Sylla, restée énigmatique jusqu'ici, est éclairée d'un jour nouveau, qui lui prête un relief singulier..." (Fr. Cumont, Revue belge de philologie et d'histoire)

57.              CARCOPINO (Jérôme). Virgile et le mystère de la IVe Eglogue.  P., L'Artisan du Livre,  1930, in-12,  220 pp, index, broché, bon état

            25

Un livre bien écrit et supérieurement informé... (Léon Herrmann, Revue belge de philologie et d'histoire, 1930) — La quatrième Eglogue de Virgile est sans cesse accablée d'une « littérature » scientifique abondante... M. Carcopino a entrepris, après une savoureuse traduction de l'Eglogue, de l'expliquer comme « intelligible pour ses contemporains », sans en exclure le mysticisme, mais le mysticisme considéré comme « un fait évident et positif », non « en dehors du temps et de l'espace », en « un cadre imaginaire » et paré de « couleurs anachroniques ». Si donc l'auteur semble, en traitant d'abord de la Mystique, puis de l'Histoire, considérer successivement deux réalités distinctes, nul n'y devra voir autre chose qu'un artifice d'exposition : des deux parts nous ne trouverons que des faits historiques qui s'étayent en chaque partie et de l'une à l'autre, pour aboutir à une conclusion homogène sur la vérité de l'Eglogue... (Jean Bayet, Journal des savants, 1930)

58.              CHATELET (François). Périclès.  Club Français du Livre,  1960, in-8°,  309 pp, 8 illustrations, chronologie, biblio, reliure toile brique décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Portraits de l'Histoire)

            20

"Cet ouvrage mérite de grands éloges. D'abord, l'auteur a eu la très heureuse idée de ne pas borner sa tâche à décrire la personnalité et l'activité de Périclès : il s'applique longuement à bien définir le milieu politique, social, économique et intellectuel dans lequel s'est formé l'illustre dirigeant de la démocratie athénienne ; en outre, les trois parties du livre – dont les deux dernières seules étudient la carrière du fils de Xanthippos – témoignent de nombreuses et sérieuses lectures et renferment maintes indications et remarques exactes et judicieuses, qui s'accordent généralement aux données des sources les moins suspectes et aux conclusions des travaux modernes les plus solides et les plus justement estimés. A la fois substantiel et clair, souvent pittoresque, l'ouvrage se lit fort aisément et avec un plaisir qui ne subit nulle éclipse." (Paul Cloché, Revue Historique, 1962)

59.              DANIÉLOU (Jean). Les Symboles chrétiens primitifs.  Editions du Seuil,  1963, in-8°,  157 pp, 3 pl. de photos hors texte, notes, biblio, broché, couv. lég. poussièreuse, bon état

            20

La charrue, la couronne, le char, l’étoile, le poisson, la palme : de nombreux symboles chrétiens sont oubliés ou incompris. Sait-on que la Croix est apparue à l’origine non comme une allusion à la Passion du Christ, mais comme une désignation de sa Gloire divine ? Ou encore que les douze Apôtres ont été assimilés au symbolisme du zodiaque ? Ces symboles ont eu une considérable importance théologique et spirituelle dans les premières communautés chrétiennes, encore très liées à des milieux juifs. Spécialiste de ce « judéo-christianisme primitif », le père Jean Daniélou explicite ici l’origine, le contexte culturel, le sens spirituel de ces images et de ces signes légués par le christianisme antique, qui sont aussi des images et des signes religieux universels.

60.              EYDOUX (Henri-Paul). La France antique.  Plon,  1969, in-4°,  320 pp, 364 gravures, 6 pl. hors texte en couleurs, biblio, chronologie, répertoire des sites, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            50

La France gauloise et gallo-romaine. — "Bien préparé par une belle série qui a connu une large diffusion (Monuments et trésors de la Gaule, Cités mortes et lieux maudits de France, Lumières sur la Gaule, Hommes et dieux de la Gaule, Résurrection de la Gaule), l'auteur présente ici une synthèse, qui, centrée sur la Gaule romanisée tout en évoquant la Gaule indépendante, s'attache à la civilisation et à la vie familière, notamment à partir des données archéologiques, fort bien connues et exploitées. Après trois chapitres montrant l'originalité du pays, spécialement en matière artistique (les sculptures des hauts lieux de Provence) et situant les derniers remparts de l'indépendance que furent les oppida, H.-P. Eydoux analyse les éléments d'une romanisation sans contrainte (cette idée maîtresse nous paraît très exacte) : la religion, la langue, le métier des armes, l'urbanisme, en particulier les monuments des eaux. Il poursuit ce tableau de la vie quotidienne par des chapitres, bien équilibrés, aux sous-titres piquants ou suggestifs, sur les transports et les voyages, les spectacles, la démographie, la vie familiale et sentimentale, le costume, l’alimentation, l’agriculture (avec un chapitre original sur les animaux), les arts et les métiers, les industries (parmi lesquelles la céramique occupe le premier rang) et le commerce. Les deux dernières études sur l’art et la religion soulignent fort bien l'originalité de la civilisation gallo-romaine qui a su repenser les modèles romains. On retrouve ici les qualités connues de l’auteur : enthousiasme communicatif pour nos antiquités nationales, tempéré par une solide objectivité scientifique, art du récit, curiosité toujours en éveil qui met en relief les questions ouvertes à la recherche. À côté de la bonne orientation bibliographique, le mémento chronologique et le répertoire des sites seront utiles. Surtout, l'illustration qui réunit commodément pour la première fois un grand nombre d’œuvres souvent peu connues, est de premier ordre : recourant à des documents de toute la Celtique, elle met justement l’accent sur l’art populaire." (R. Chevallier, Latomus, 1962)

61.              GAGÉ (Jean). La montée des Sassanides et l'heure de Palmyre (IIIe siècle).  Albin Michel,  1964, in-8°,  398 pp, une planche en couleurs, chronologie, biblio, reliure toile carmin de l'éditeur, titres blancs et vignette contrecollée au 1er plat, rhodoïd, signet, bon état (Coll. Le Mémorial des Siècles)

            30

"L'ouvrage s'ouvre par un très substantiel exposé de l'auteur (p. 67-153) où l'accent est mis sur les points de contact entre Perses et Romains à l'époque en cause et antérieurement. La montée des Sassanides, c'est assurément la succession des victoires rapides, brillantes, qui ont permis à Ardashir Ier et à Shâhpuhr Ier, son fils et successeur, de se tailler, à partir de leur Perside natale, un empire s'étendant de l'Euphrate à l'Inde. Mais c'est aussi la restauration et la promotion officielle du mazdéisme, héritage religieux des Achéménides, qui n'avait rencontré le plus souvent, auprès des grands rois arsacides, qu'indifférence ou dédain ; c'est la constitution du corps des mages, dépositaire de la saine doctrine, en Église d'État sous l'impulsion de Kartir. C'est encore la fondation dans la partie occidentale de l'Empire, d'une religion nouvelle, le manichéisme, tributaire à la fois du christianisme et du mazdéisme, qui devait exercer un singulier attrait sur Shâhpuhr Ier lui-même avant d'être l'objet d'une sanglante répression sous les règnes suivants. M. J. Gagé a prêté à ces différents aspects religieux du IIIe siècle sassanide toute l'attention que lui permettaient les exigences de la collection. Il a reproduit l'inscription du mage Kartir à la « Ka'ba de Zoroastre » — monument capital pour l'histoire de la fondation de l'Église mazdéenne. Les faits manichéens sont illustrés par quelques textes appropriés (Paroles de Mani et témoignages sur sa « Passion »)." (M.-L. Chaumont, Revue de l'histoire des religions, 1966)

"... Après une chronologie de la période sassanide (de 208 à 651 ap. J.-C), le lecteur trouve les textes fondamentaux : Ammien Marcellin, ceux des chroniqueurs arabes et persans : Tha'alibi, Tabari, Firdousi et surtout la célèbre inscription de Sapor Ier, publiée par le regretté André Maricq. D'autres textes se rapportent à Palmyre et à ses deux grandes figures : Odeïnat, Zénobie, comme au récit de sa conquête par l'empereur Aurélien. Bien qu'il soit antérieur par sa date (137 ap. J.-C.) à la période considérée, on est heureux d'avoir aussi en ce recueil une traduction du célèbre « Tarif », commenté naguère par D. Schlumberger. Un aperçu bibliographique, achève ce volume où les grandes synthèses vont de pair avec une très grande précision dans la narration des faits." (André Parrot, Syria, 1965)

62.              LAUER (Jean-Philippe), Claudine Le Tourneur d'Ison. Je suis né en Egypte il y a 4700 ans.  Albin Michel,  2000, in-8°,  267 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Quand je suis arrivé en 1926, l'Egypte était le royaume du sable, de l'immobilité et du mystère. Poser le pied dans ce pays fabuleux, au temps de l'inondation et sous cette si belle lumière, tenait du rêve. Mon premier voyage restera à tout jamais le souvenir le plus éblouissant de ma vie. Jeune homme, jamais je n'aurais soupçonné que je viendrais en Egypte et que s'y dérouleraient soixante-quatorze ans de ma vie ! J'ignore à quoi attribuer cette suite de coïncidences qui mit mes pas dans ceux d'Imhotep, l'un des plus fabuleux architectes de l'humanité, qui vécut en 2700 avant notre ère et du roi Djoser, grand pharaon qui en son temps bouleversa bien des traditions. Toujours est-il que là était ma destinée et que je l'ai suivie sans l'ombre d'une hésitation. (Jean-Philippe Lauer)

63.              MARTIGNY (Joseph-Alexandre, abbé). Dictionnaire des antiquités chrétiennes, contenant le résumé de tout ce qu'il est essentiel de connaître sur les origines chrétiennes jusqu'au moyen âge exclusivement, par M. l'abbé Martigny, chanoine de Belley. Nouvelle édition, revue, modifiée, considérablement augmentée, et enrichie de 675 gravures dans le texte.  Librairie Hachette et Cie,  1877, in-4°,  xxv-830 pp, 675 gravures dans le texte (la première édition de 1865 n'en contenait que 270), texte sur 2 colonnes, reliure demi-chagrin brun havane, dos à 5 faux-nerfs soulignés à froid, titres dorés et caissons à froid, plats de percaline aubergine avec encadrements à froid, fer doré du Lycée de Montauban au 1er plat (rel. de l'époque), dos et plats lég. frottés, trace d'humidité ancienne en marges (sans atteinte au texte), qqs rousseurs, bon état

            80

Importante étude sur les moeurs, les coutumes, les monuments, les vêtements et les meubles.

"L'ouvrage de M. Martigny donne largement satisfaction à la curiosité pour tout ce qui touche les premiers siècles chrétiens : il embrasse l'archéologie dans le sens le plus étendu, l'architecture, l'iconographie, le costume ecclésiastique, les mœurs et usages, la hiérarchie ecclésiastique, sans s'écarter de son objet qui est l'étude et l'explication des monuments figurés. La forme de dictionnaire, qui a été imposée à l'auteur, a des inconvénients qu'il a été le premier à reconnaître, et auxquels il a remédié en plaçant à la fin de son livre une table méthodique des matières. Un des articles les plus intéressants et les plus développés est celui qui est consacré aux Catacombes ; les découvertes les plus récentes y sont consignées : elles ont une très grande importance à la fois pour l'archéologie et au point de vue religieux. (...) Pour finir, M. Martigny a fait une œuvre utile, qui l'honore comme prêtre et comme archéologue." (E. Boutaric, Bibliothèque de l'École des chartes, 1866)

"Nous n'avons plus à apprécier ici le mérite de l'ouvrage de M. l'abbé Martigny ; la science de l'auteur a été louée et sa méthode a été discutée lors de la mise en vente de la première édition, en 1865 ; la rapidité avec laquelle s'est épuisée cette première édition suffirait, d'ailleurs, à montrer combien l'ouvrage répondait à un besoin réel et quels en étaient les sérieux mérites. Encouragé par le succès, M. Martigny a entrepris une revision approfondie de son livre ; il a voulu non seulement y faire entrer, en leur lieu et place, les découvertes récentes, mais encore profiter des critiques qui lui avaient été adressées et de ses propres réflexions pour combler tout ce qu'il pouvait y avoir de lacunes dans son œuvre, pour ajouter partout quelques faits et quelques rapprochements : ce qui distingue cette seconde édition de la première est en fait un livre tout à fait nouveau. Nous n'indiquerons pas – le relevé en serait trop long – les articles qui ont reçu des développements qui les font bien autrement instructifs et complets ; nous ne donnerons pas non plus la liste des articles qui sont tout à fait nouveaux ; pour montrer que la première édition ne peut tenir lieu de la seconde, il nous suffira de rappeler que le nombre des gravures dépasse ici de quatre cents et plus celui de la première édition." (Revue Archéologique, 1879) — Titre complet : Dictionnaire des antiquités chrétiennes contenant le résumé de tout ce qu'il est essentiel de connaître sur les origines chrétiennes jusqu'au moyen âge exclusivement : – I. Etude des moeurs et coutumes des premiers chrétiens. 1) Vertus, travaux, professions, luttes, épreuves, vicissitudes diverses pendant les six premiers siècles. 2) Culte, liturgie, hiérarchie, discipline, symbolisme. 3) Institutions relatives à la vie cléricale, religieuse, monastique, à l'assistance fraternelle, à l'instruction : prédication, écoles, bibliothèques, etc. – II. Etude des monuments figurés. 1) Architecture : son origine et ses premiers essais dans les catacombes, églises souterraines, cryptes, cubicula, etc. Architecture en plein air : oratoires, basiliques, baptistères,etc. Monuments funéraires : cimetières, loculi, sarcophages, etc. 2) Iconographie : Antiquité et culte des images ; explication archéologique et morale de tous les sujets historiques et symboliques retracés par les arts d'imitation dans les monuments de toute sorte, etc. 3) Epigraphie : notions générales, caractères spéciaux des inscriptions chrétiennes, leur application à l'apologétique catholique. 4) Numismatique : énumération des signes de christianisme graduellement introduits dans la monnaie publique depuis le quatrième siècle jusqu'à la chute de l'empire d'Orient. – III. Vêtements et meubles. 1) Vêtement des apôtres et des premiers chrétiens ; vêtements des clercs dans la vie privée, dans les fonctions sacrées : articles spéciaux sur chacun de ces vêtements. 2) Meubles, instruments, ustensiles divers pour l'usage de la liturgie, pour la vie commune, etc.

64.              NICOLET (Claude). Rome et la conquête du monde méditerranéen (264-27 avant J.-C.). Tome 1 : Les structures de l'Italie romaine. Tome 2 : Genèse d'un empire.  PUF,  1977-1978, 2 vol. pt in-8°,  940 pp, pagination continue, 3 tableaux, une carte, biblio, brochés, couv. illustrées, décharges de scotch sur les gardes du tome 2, qqs soulignures crayon sur 35 pp de la conclusion au tome 2, bon état (Coll. Nouvelle Clio), sympathique envoi a.s. à un collègue historien de l'Antiquité au tome 1

            50

Tome 1 : Rome est une cité qui a conquis un empire. Mais elle n'a pu le faire qu'en établissant d'abord son hégémonie sur l'Italie, dont les peuples soumis ou "alliés" lui ont fourni, sans réserve, les hommes et les ressources, et qu'elle a, inversement, conduits vers une relative unité par la romanisation. Ce livre envisage les "structures" de cette Italie romaine : d'abord la terre et les hommes, les productions et les échanges. Puis son intégration progressive dans la cité romaine, qui formait un système de répartition des charges et des avantages autour duquel s'organisait la société. Finances, armées, institutions sont tour à tour envisagées dans leurs développements concrets, et bientôt dans leurs dérèglements qui, par l'explosion des guerres civiles, devaient aboutir à la fin de la "libre République" et au pouvoir d'un seul.

 Tome 2 : L'Empire romain, comme on sait, s'est formé sous la République. Mais la domination romaine, dans chacune des régions où elle s'est établie, succédait à une longue histoire. C'est pourquoi on a adopté pour ce second volume un plan géographique qui fait porter l'éclairage sur les peuples divers qui, les uns après les autres, pour leur malheur ou leur bonheur, entraient en contact avec Rome, ses soldats, ses généraux, ses collecteurs d'impôts, ses colons ou ses usuriers, ses arpenteurs et ses juges. Successivement donc : Carthage, l'Afrique, la péninsule ibérique, le monde celtique, le monde grec et l'Orient hellénisé, les Juifs. Une histoire de ce type, délibérément polycentriste, exigeait la collaboration de plusieurs spécialistes. Mais on a esquissé aussi, en conclusion, une synthèse sur "l'impérialisme" romain.

65.              RONCHAUD (Louis de). Phidias, sa vie et ses ouvrages.  P., Gide,  1861, in-8°,  xv-410-(1) pp, notes, index, jolie reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs pointillés, titre et caissons fleuronnés dorés (rel. de l'époque), bon état

            80

Par l'historien et homme de lettres Louis François Nicod de Ronchaud (1816-1887). Il débuta par des recueils de poésies, puis collabora à plusieurs revues, dont la Revue de Paris et la Gazette des beaux-arts. Chevalier servant de la comtesse d'Agoult, il était très lié avec Vigny, Sainte-Beuve, Lamennais, George Sand, et surtout avec le baron d'Eckstein et Lamartine, dont il partageait les attaches jurassiennes et la ligne politique et dont il fut l'exécuteur testamentaire.

"L'art grec est un thème inépuisable sur lequel s'exercent et s'exerceront encore longtemps les esprits enthousiastes aussi bien que les critiques. Et dans cet état, les œuvres de Phidias auront toujours le privilège de passionner davantage, car il est permis d'affirmer qu'elles demeurent le nec plus ultra du génie plastique. Mais pour apprécier convenablement les chefs-d'œuvre du grand sculpteur athénien, il ne suffit pas d'être esthéticien, il faut encore être antiquaire ; il ne suffit pas d'être antiquaire, il faut aussi être esthéticien. Cette heureuse alliance du goût et de la pratique des monuments, M. Louis de Ronchaud a cherché à la réaliser dans ce livre. C'est une étude consciencieuse et complète de l'art grec dans sa plus magnifique expansion ; c'est une histoire de Phidias et de son école faite par les monuments, où la connaissance des auteurs anciens vient en aide à l'intelligence des fragments que nous avons conservés. L'auteur reprend plusieurs questions qui ont été fort agitées dans ces derniers temps ; il fait aussi bien la biographie de Phidias et la description de son œuvre que l'histoire des travaux archéologiques dont cet œuvre a été l'objet. On sent, en étudiant son livre, qu'il a creusé le sujet, et dans un simple volume, il résume des travaux étendus, qu'il analyse et discute en homme compétent et en appréciateur impartial. L'art antique n'était pas séparé de la religion, dont il était la forme vivante, comme la poésie en était le langage ; l'auteur l'a compris, et, en exposant les travaux de Phidias, il prend soin de nettement caractériser les idées mythologiques qui l'inspiraient." (Revue Archéologique, 1861)

66.              WESTERMANN (Claus). Mille ans et un jour. L'histoire d'Israël miroir de notre temps.  Editions du Cerf,  1975, pt in-8°,  358 pp, traduit de l'allemand, index des thèmes, index des références bibliques, broché, jaquette illustrée (la jaquette présente un autre titre : "L'histoire religieuse d'Israël" avec "mille ans et un jour" en sous-titre), bon état (Coll. Lire la Bible)

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Ce livre est un grand classique de l'histoire biblique. L'auteur propose d'une manière très accessible une initiation aux grandes étapes de l'histoire du Peuple de Dieu. Il apporte à chacun la culture indispensable à la compréhension de nombreux textes bibliques.

67.              ZIVIE-COCHE (Christiane). Sphinx ! le Père la terreur. Histoire d'une statue.  Editions Noêsis,  1997, in-8° carré,  160 pp, 18 photos (7 en couleurs), un plan et une carte, biblio commentée, index, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

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Le Sphinx de Gizeh. "La tête colossale émergeait seule des sables, au sud-est de la pyramide de Chéphren. Cette tête dont on devinait qu'elle reposait sur un corps totalement enfoui prit le nom de Balhouba en copte, qui devint Abu'l Hôl en arabe, traduit par le Père la terreur, surnom qui le poursuit encore aujourd'hui."

Titulaire de la Direction d'études « Religion de l'Égypte ancienne » à la Section des Sciences religieuses de l'École pratique des hautes études, à Paris, de 1991 à 2015, Christiane Zivie-Coche a marqué de son empreinte les études égyptologiques en ce domaine et formé plusieurs générations d'égyptologues. Également active sur le terrain, de Louqsor à Tanis, en passant par la région memphite, elle a publié des études fondamentales sur des sujets aussi variés que Giza au second et au premier millénaires av. J.-C. ou les théologies thébaines tardives, pour n'en citer que quelques-uns.

 

MOYEN AGE

 

68.              AUBÉ (Pierre). Les Empires normands d'Orient, XIe-XIIIe siècle. La Sicile, Constantinople, les Croisades.  Tallandier,  1983, gr. in-8°,  388 pp, biblio, 2 tableaux généalogiques, 2 cartes, tableau chronologique, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Cet ouvrage est le récit de l'épopée d'aventuriers bâtisseurs d'empires, de seigneurs du Cotentin mettant en déroute les puissantes armées de vénérables Etats ; c'est l'histoire d'hommes qui s'appelaient Guiscard (le Rusé) ou Bras de Fer ; c'est l'ascension d'une famille de petite origine bientôt alliée aux plus grandes dynasties du monde ; c'est Le choc fécond entre l'Occident à peine sorti d'une longue torpeur et l'Orient aux mille fascinations, héritier vivant de civilisations anciennes et raffinées, terre d'Islam et terre de Byzance. L'action se passe aux XIe, XIIe, XIIIe siècles. La foi, la soif de richesse, l'appétit du pouvoir, le courage, l'azur du ciel sont les passions qui animent les héros de cette fabuleuse aventure, ces Nordmen francisés partis conquérir les rives de la Méditerranée, qui sont devenus prince d'Antioche, rois de Naples et de Sicile.

69.              AUBERT (Marcel), Marcel POBÉ et Joseph GANTNER. L'Art monumental roman en France.  Editions Braun et Cie,  1964, gr. in-4°,  84 pp, 84 pages de texte suivies de 271 photos de Jean Roubier hors texte reproduites en héliogravure, reliure toile écrue décorée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

Ce livre offre une présentation luxueuse. Les photos sont proprement admirables et révèlent des détails d'œuvres peu connues, même des spécialistes. Des textes de synthèse sérieux et documentés (une cinquantaine de pages) et un commentaire précis des illustrations.

70.              BOTTINEAU (Yves). Les Chemins de Saint-Jacques.  Arthaud,  1964, in-8°,  406 pp, 204 illustrations en héliogravure, biblio, broché, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état. Bien complet de la carte volante hors texte des chemins de Saint-Jacques

            25

"L'excellent livre de Yves Bottineau est un remarquable « état des questions » à propos du saint et de son pèlerinage, que l'auteur présente au lecteur d'une plume claire parmi des problèmes complexes. Des chapitres bien conçus rassemblent d'abord ce que l'on sait des origines du culte de saint Jacques en Occident, de la diffusion de sa légende, de l'origine de la grande pérégrination occidentale. 60 pages sur quelque 400 sont ensuite consacrées aux « chemins de Saint- Jacques » proprement dits : les quatre traditionnels en France et le « camino francés » en Espagne. La deuxième partie s'efforce avec succès de faire le point de l'apport des pérégrinations jacobéennes dans l'histoire de la littérature et de l'art en Occident, en poussant cette analyse jusqu'à traiter d'un sujet peut-être moins répandu, celui de l'émaillerie champlevée. D'alertes notes personnelles sur certaines des plus célèbres étapes jacobites en France et en Espagne complètent avec bonheur ce livre, fort bien illustré, le meilleur sans doute qu'on pouvait écrire au stade où nous en sommes des recherches en France." (René de La Coste-Messelière, Bibliothèque de l'école des chartes, 1965)

71.              CALI (François). L'Ordre cistercien, d'après les trois sœurs provençales, Sénanque, Silvacane, Le Thoronet.  Arthaud,  1972, in-4°,  230 pp, 87 héliogravures hors texte, 12 plans et 2 dessins, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Est-il architecture sacrée plus actuelle que celle de ces monastères élevés au XIIe siècle par des hommes qui fuyaient le tumulte des villes pour trouver en forêt la solitude, le silence, l'eau, la pierre, la lumière ? Engendré par l'espace naturel et surnaturel, "l'environnement" géographique et mystique du Désert, déterminé par un "cadre de vie", la règle de saint Benoît, le monastère cistercien est exemplaire de ce qu'on appelle aujourd'hui une architecture fonctionnelle. Instrument agricole et instrument liturgique, instrument de prière, l'architecture cistercienne articule, structure, dans un ordre rigoureux, autour du cloître, ses différents bâtiments en fonction de leur utilisation d'heure en heure canoniale, au rythme solaire de l'office divin. C'est ce mouvement de l'ombre et de la lumière, informant l'architecture du lever au coucher du soleil et de l'hiver à l'été, que les photographies de ce livre ont saisi, en relevant pas à pas les lieux réguliers parcourus par le moine du XIIe siècle dans sa vie quotidienne, de Matines à Complies. Mis en regard des photographies, des textes du XIIe siècle permettent de suivre en même temps le mouvement intérieur de la méditation et de la contemplation cisterciennes d'une Lumière dont Bernard de Clairvaux disait qu'elle s'incarnait dans l'Ombre et dans la Pierre... De toutes les architectures de Cîteaux, aucune n'était plus favorable à cette démonstration que celle des "trois sœurs provençales", Sénanque, Silvacane et Le Thoronet.

"M. Cali nous donne un Ordre cistercien. C'est pour lui l'occasion, en s'appuyant sur une illustration magnifique, de mettre en évidence les idées-forces qui donnent à cette architecture l'ordre intellectuel et la cohérence. Dans l'« ordre » de l'architecture cistercienne, tout est rigueur et refus de l'artifice. En fait, le livre de M. Cali ne se présente pas comme une analyse stylistique, mais comme une réflexion le plus souvent originale, parfois lyrique, à propos du phénomène cistercien. Les admirables photos des « trois sœurs » provençales sont accompagnées de textes anciens, presque tous empruntés aux œuvres de saint Bernard. La part de M. Cali, c'est l'introduction intitulée « L'ordre du désert ». Pour lui Cîteaux, face à l'embourgeoisement des moines bénédictins, fut la mise en ordre de la tentation du désert qui est vieille comme le monde. Le désert fut pour les moines cisterciens une façon de vivre et de prier et les raisons économiques qui imposèrent le choix du site furent, pour chaque fondation, transfigurées par les raisons mystiques et spirituelles. Et tout fut organisé par les Cisterciens, non seulement en vue de l'exploitation agricole qui était la fin temporelle de l'abbaye, mais pour que l'architecture fût humblement soumise au site et que rien ne vînt troubler la voix qui crie dans le désert. La lumière même fut pour les moines de Cîteaux « un bien dont il faut ménager la joie » et leurs églises furent le lieu du recueillement et du silence dans une obscurité relative. (...)  Ce livre n'est pas un livre d'archéologie – encore que les commentaires des illustrations se placent sur le terrain de l'explication des formes de l'architecture. Il vise bien plutôt à pénétrer jusqu'au cœur du phénomène humain que fut l'ascèse cistercienne vécue, au moins au début, dans le cadre de bâtiments qui étaient non seulement parfaitement adaptés à la vie paysanne, mais exprimaient par tous leurs aspects l'essentiel d'une recherche de Dieu par le retour à l'authenticité et la contestation de la civilisation urbaine." (Francis Salet, Bulletin Monumental, 1972)

72.              CALMETTE (Joseph). Atlas historique. II : Le Moyen Age.  PUF,  1959, gr. in-8° carré (17 x 22),  18 pp, + 24 cartes dépliantes hors texte, biblio remaniée et mise à jour, broché, jaquette, un peu défraîchi, trace de mouillure au dos, intérieur propre, état correct

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Les cartes sont précédées d'une bibliographie qui rendra les plus grands services ; elle renseigne de nombreux atlas et ouvrages de géographie historique ou encore des études de caractère plus général.

"Il convient de féliciter M. Calmette et ses collaborateurs, MM. R. Grousset et J.-J. Gruber, d'avoir voulu combler une lacune depuis longtemps déplorée dans l'étude de la géographie historique, et d'avoir, selon les termes de leur introduction, « permis aux étudiants et à tous ceux qu'intéresse l'histoire du moyen âge de se reconnaître à travers les ouvrages généraux qu'ils sont appelés à consulter ». Le meilleur guide existant jusqu'alors, l'Atlas historique de Longnon, est introuvable et s'arrête à 1380 ; depuis lors, en France, sauf les cartes de format réduit et forcément sommaires des atlas Vidal La Blache et Schrader, rien n'a été publié. Les vingt-quatre cartes de l'atlas de M. Calmette comblent cette lacune, et d'autant plus heureusement qu'un certain nombre sont relatives à des régions, à des découvertes, à des voies économiques et commerciales pour lesquelles il n'existait pour ainsi dire rien ; ce sont les n°s XVII à XXIV, et plus particulièrement les cartes consacrées à l'essor Atlantique, à l'Asie, et les cartes archéologique et économique de l'Europe au moyen âge." (Bibliothèque de l'École des chartes, 1937)

73.              CHAMPION (Pierre). Le Roi Louis XI.  Flammarion,  1936, gr. in-12,  306 pp, une carte, généalogie des Valois, biblio, broché, bon état (Coll. "L'Histoire"). Edition originale, un des 350 ex. numérotés sur papier alfa

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"On sait l'admiration que M. Pierre Champion a vouée de longue date à la personne et à la politique de Louis XI. Aux deux savants volumes qu'il lui a consacrés en 1927, il en ajoute un troisième, vue d'ensemble plus rapide et destinée à un public plus large. Ses sentiments n'ont point changé depuis dix ans ; exprimés sous une forme plus concise, ils n'en prennent que plus de force. En une cinquantaine de brefs chapitres, il retrace les étapes de la vie et du règne, décrit l'entourage du souverain, apprécie les résultats de son effort. La connaissance parfaite qu'il a de l'époque lui permet de choisir à bon escient tout ce qui peut être allégué en faveur de Louis et d'estomper, voire de taire, le reste. De ce plaidoyer, dont nul ne peut contester ni la sincérité ni l'habileté, hâtons-nous de dire qu'on tirera toujours profit de la lecture de ce petit livre." (Edouard Perroy, Revue Historique, 1938)

74.              CONTAMINE (Philippe). Azincourt.  Julliard,  1964, in-12,  195 pp, 8 pl. de gravures et cartes hors texte, glossaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

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Azincourt, le 25 octobre 1415, en Picardie : inébranlables sur leurs positions défensives, les Anglais accablent de leur tir la chevalerie démontée. Victoire de l'archer anglais sur le chevalier français, victoire du soldat libre et léger sur la montagne d'hommes et de chevaux confondus : Azincourt, pourquoi ? Dès la fin du Moyen Age, la France était en retard d'une guerre, triste France du roi fou et des routiers pillards que racontent chroniques et complaintes, mandements et lettres de remission, à l'époque où la vie avait « l'odeur du sang et des roses ».

75.              COUGET (Henri). Jeanne d'Arc devant Paris.  Editions Spes,  1925, in-12,  180 pp, 22 gravures, plans et cartes sur 18 pl. hors texte, note sur l'artillerie de 1425 à 1450, broché, qqs rares annotations crayon, bon état

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"Comment Jeanne d'Arc échoua-t-elle devant Paris, comment Paris se comporta-t-il à l'égard de Jeanne, telles sont les deux questions que M. le chanoine Couget, curé de Saint-Roch, s'est posées et auxquelles il a voulu répondre. On lit avec beaucoup de plaisir les pages où l'auteur, par une utilisation très judicieuse des sources, a retracé les péripéties de la démonstration militaire faite par l'armée royale devant Paris, le 8 septembre 1429, et l'échec qui s'en suivit, parce que tout un parti et le roi lui-même étaient opposés à l'opération. Dès le 28 août, en. effet, une trêve avait été signée entre Charles VII et le duc de Bourgogne, par laquelle le roi s'interdisait d'attaquer Paris jusqu'à Noël. La diplomatie avait travaillé en sourdine contre les idées si simples et si claires de Jeanne. Quant aux sentiments des Parisiens, malgré que le roi eut encore des partisans dans la ville, ils étaient dans l'ensemble nettement hostiles à la Pucelle. Les chanoines de Notre-Dame, le Parlement, FUniversité, s'unissaient, à son égard, sincèrement ou par politique, dans une même réprobation. Le 4 juillet 1431, le bon peuple de Paris dut entendre à Saint- Martin des Champs, avec la promulgation de la condamnation, un long sermon du Grand Inquisiteur, dans lequel la vie et les actions de Jeanne étaient représentées comme une suite ininterrompue de machinations diaboliques." (L. Royer, Revue d'histoire de l'Église de France, 1926)

76.              DAVID-DARNAC (Maurice). Le Dossier de Jehanne.  Jean-Jacques Pauvert,  1968, in-8°,  413 pp, 24 pl. de gravures hors texte, 2 index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Le visage de Jehanne a été enseveli sous les images d'Épinal et les statues de Saint-Sulpice. Dès qu'on essaye d'atteindre une vérité plus humaine, on s'aperçoit que tout ce que nous savons est ambigu : les vieux textes ont de grands creux d'ombre, et peu de choses sont compréhensibles dans la vie de Jehanne, si on se borne à la considérer comme la bergère sans culture qu'on nous a apprise..." — Maurice David-Darnac (1913-1983) est principalement connu pour ses œuvres historiques sur Jeanne d'Arc, dans lesquelles il défend la thèse de la « survivance » johannique. Il combine ici la thèse de la bâtardise (la Pucelle ne serait pas née dans une famille de paysans de Domrémy mais serait une princesse bâtarde, fille du duc Louis d'Orléans et de la reine Isabeau de Bavière) et celle de la survie après 1431, date du bûcher de Rouen.

77.              DEMIANS D'ARCHIMBAUD (Gabrielle). Les Fouilles de Rougiers (Var). Contribution à l'archéologie de l'habitat rural médiéval en pays méditerranéen.  P., Editions du CNRS,  1980, in-4°,  724 pp, 520 illustrations (dessins et photographies), notes, index bibliographique, broché, couv. illustrée, bon état

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Désertion d'une région et naissance d'un site : Rougiers, les habitats et leurs occupants. – Fouilles : le château et la basse-cour, le village et ses constructions complémentaires. – Techniques de construction et d'aménagement. – Les monnaies, les différentes catégories de céramiques. – La flore, la faune, l'alimentation et l'élevage. – L'armement, l'outillage et la vie quotidienne, le verre.

"Voici enfin la première vraie grande monographie villageoise de l'archéologie médiévale française. Commencée dans des conditions difficiles en 1961, poursuivie durant quelques quinze ans sur le terrain et en laboratoire, la fouille de Rougiers, après la soutenance de thèse de doctorat d'État de G. Démians d'Archimbaud, aboutit à une importante publication tant en qualité qu'en quantité. L'importance de la fouille nécessitait cette monographie exhaustive : sites caractéristiques de l'habitat rural de Haute-Provence, le château et le village de Rougiers, étendus sur plus de 4 500 mètres carrés habitables, ont été étudiés sur plus de la moitié de leur superficie. Les renseignements ainsi collectés sur le château lui-même, l'organisation de l'habitat, l'évolution de celui-ci (très précisément cerné grâce à une étude stratigraphique fine), le mobilier nombreux, varié et bien situé dans le temps, représentent un apport considérable et novateur à notre connaissance de la culture matérielle de la fin du XIIe au début du XVe siècle. L'ouvrage s'articule en quatre grandes parties. La première, intitulée « Désertion et villages désertés » (jusqu'à la p. 75), regroupe les sources non archéologiques sur Rougiers, avec un chapitre consacré à la généalogie des possesseurs de Rougiers. La seconde partie (« Fouilles et organisation architecturale », p. 77-243), présente de façon très précise les différentes structures fouillées depuis les habitats pré-romains jusqu'à l'abandon du village, au XVe siècle. Le texte, très descriptif, est accompagné d'une documentation exhaustive sur tous les secteurs fouillés : plans, coupes stratigraphiques, photographies de fouilles et d'architecture, tableaux, diagrammes... Cette partie fournit des renseignements essentiels quant à l'architecture et l'habitat, en particulier dans le remarquable chapitre 7 sur les techniques de construction et d'aménagement.  Les troisième et quatrième parties sont consacrées au mobilier archéologique (troisième partie : « Chronologie, monnaie et céramique » ; quatrième partie : « Mobilier et activités quotidiennes »). Le chapitre consacré à la céramique est essentiel et fondera pour longtemps les études céramologiques méditerranéennes, tant sur le plan typologique que chronologique. Les études suivantes qui traitent, objet par objet, des autres séries mobilières, sont, malgré un trop court chapitre sur la faune et la flore, tout aussi remarquables, en particulier celle de la verrerie, partiellement fabriquée à Rougiers. Nous nous trouvons, avec cet ensemble, en présence d'un travail cohérent et quasi complet dont l'apport à nos connaissances historiques est considérable dans le domaine de l'habitat, des fortifications rurales et des objets de la vie quotidienne." (Pierre-Jean Trombetta, Bulletin Monumental, 1984)

78.              DOEHAERD (Renée). Le Haut Moyen Age occidental. Economies et sociétés.  PUF,  1971, pt in-8°,  380 pp, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Nouvelle Clio)

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L'Economie des temps carolingiens. Excellent ouvrage. "Notre objectif est de nous représenter cette partie de l’Europe qui, après avoir connu pendant des siècles l’impact de la civilisation romaine, a passé par étapes sous le contrôle de la monarchie franque, du point de vue de sa vie matérielle, entre le Ve et le XIe siècle."

79.              DUBY (Georges). Le Temps des cathédrales. L'art et la société, 980-1420.  Gallimard,  1980, in-8°,  379 pp, 32 pl. de gravures hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

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Devant le trésor de Saint-Denis ou les vitraux de Chartres, les fresques de Giotto ou les palais florentins, qui ne s'est interrogé sur les conditions sociales et les représentations mentales qui ont environné et inspiré le geste de leurs créateurs ? Cette vaste sociologie de la création artistique, chef d'œuvre d'un grand historien doublé d'un écrivain, replace l'ensemble des hautes productions de l'Occident médiéval dans le mouvement général de la civilisation. Elle offre des clés pour pénétrer cet univers de formes complexe et fascinant. Georges Duby montre donc comment, au XIe siècle, ce que nous avons appelé la féodalité transféra des mains des rois à celles des moines le gouvernement de la production artistique ; comment, cent ans plus tard, la renaissance urbaine établit la cathédrale au foyer des innovations majeures ; comment, au XIVe siècle, l'initiative du grand art revint aux princes et s'ouvrit aux valeurs profanes. Le temps des cathédrales est ainsi encadré, entre celui des monastères et celui des palais. L'influence de cet essai n'a cessé d'être déterminante aux avant-postes de la recherche historique...

80.              DUBY (Georges). Les trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme.  Gallimard,  1979, in-8°,  428 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Pour se situer eux-mêmes et pour situer les autres dans la complexité des relations sociales, les hommes se réfèrent à des schémas classificatoires simples qui constituent l'armature maîtresse d'une formation idéologique. Ces figures imaginaires s'accordent au concret des rapports de société. Elles tendent évidemment à fixer ceux-ci. Encore doivent-elles s'ajuster à l'inéluctable évolution de ces rapports. L'une de ces figures a tenu dans l'histoire française un rôle déterminant puisqu'elle a fini par prendre corps dans des institutions et que l' "Ancien Régime" s'est construit sur elle : c'est l'image d'une société où les hommes se répartiraient en trois ordres hiérarchisés, ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent. Se gardant bien de l'isoler du système global où il s'insère, Georges Duby s'efforce de comprendre pourquoi le schéma trifonctionnel, porté par le mouvement d'ensemble de l'économie, de l'organisation politique et de la culture, parvint à s'imposer dans le nord de la France durant le XIe et le XIIe siècle. Il fait apparaître ainsi la manière dont la société féodale s'est elle-même pensée. Ce livre très personnel marque un tournant décisif dans l'orientation de la recherche et de l'écriture historiques. L'éminent médiéviste a l'art d'associer ses lecteurs, sans jamais les dérouter, aux démarches de l'érudition.

81.              ÉNIM (Pierre). La Sublime Epopée de Jeanne d'Arc - son Vème centenaire 1429-31 - 1929-31.  P., Eugène Figuière,  s.d. (1932), in-12,  220 pp, broché, bon état

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L'histoire de Jeanne d'Arc mise en vers par un conseiller à la Cour d'appel de Pondichéry. Pierre Énim est le pseudonyme du Guadeloupéen Daniel Lasocki, né en 1876 à Pointe-à-Pitre, qui s'ajoute ainsi à la longue liste de ceux qui ont rimé la grande épopée de la petite Lorraine de Domrémy. Une curiosité.

82.              ESSAD BEY (Mohammed). Mahomet, 571-632.  Payot,  1956, in-8°,  264 pp, préface de E. F. Gautier, traduit par Jacques Marty et le commandant Lepage, broché, couv. illustrée, très bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Par Lev Nussinbaum, alias Essad Bey (1905-1942), fils d’un baron juif du pétrole, et d’une mère bolchévique, d’origine russe. Originaire du Caucase, converti à l’islam, il fuit en Allemagne peu après la révolution d’Octobre. A Berlin il fréquente les milieux intellectuels et les cercles artistiques, ailleurs il est invité dans les réceptions arabes. Essad Bey est un écrivain reconnu, ses biograhies sur Staline (1931) Mahomet (1932), Nicolas II (1935) et Lénine (1937) connaitront des succès internationaux.

83.              FAVIER (Jean). La guerre de Cent Ans.  Fayard,  1980, fort in-8°,  678 pp, 16 pl. de gravures hors texte, généalogies, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Fallait-il écrire l'histoire d'une guerre ? Jean Favier montre que ce conflit n'est pas seulement un phénomène en soi mais exprime les mouvements profonds qui animent la société médiévale : par-delà les batailles, où il arrive que le sort d'un royaume se joue en quelques heures, la guerre devient un facteur déterminant des infléchissements de l'histoire dès lors que le noble et le clerc, le bourgeois et le paysan pensent et se comportent en fonction de cette guerre. La guerre de Cent Ans a été le lot commun des individus comme des groupes humains, celui des féodaux encore pris dans leurs fidélités contractuelles, celui des officiers royaux découvrant le service de l'Etat à mesure qu'ils le conçoivent, celui de maîtres de l'Université que leurs engagements intellectuels mènent à des conflits qui n'étaient point les leurs. En un étonnant contrepoint, Jean Favier fait jouer les thèmes divers qui s'appellent le nationalisme naissant, la réforme de l'Etat ou encore l'unité de l'Eglise.

84.              FAVIER (Jean). Louis XI.  Fayard,  2001, fort in-8°,  1019 pp, 12 pl. hors texte en couleurs, 9 cartes, 4 tableaux généalogiques, sources et travaux, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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On a souvent écrit sur Louis XI. Mais, depuis cinquante ans, de nouveaux documents sont apparus et les travaux se sont multipliés, souvent liés à l'élargissement du regard des historiens sur les structures politiques, juridiques et financières comme sur les relations du politique et de l'économique. Le temps semblait venu de faire le point. L'imagerie romantique a ancré le souvenir de l'homme au chapeau constellé de médailles pieuses, du captif de Péronne, du visiteur cynique de ses prisonniers en cage, du démolisseur de l'état bourguignon. On connaît l'enfance difficile du fils du "roi de Bourges", et la dramatique impatience d'un héritier qui se lasse d'attendre le pouvoir. Le portrait a de longtemps été fait du roi sournois qui se déguise en bourgeois pour écouter aux carrefours. On ne saurait nier les ombres, qui sont celles du temps. Louis XI n'a inventé ni la cruauté ni la duplicité. Il précède de peu Machiavel et annonce Richelieu. Car, si les moyens sont ceux du temps, les objectifs sont étonnamment modernes. Il faut assurer l'indépendance, politique aussi bien qu'économique, de la France en Europe, et affermir la souveraineté du pouvoir royal et la force de l'État face à la haute féodalité. L'homme est stupéfiant, aussi bavard que méfiant, ne cessant de dicter des lettres que pour entretenir des ambassadeurs et aussi pour traquer le cerf et le sanglier. Informé de tout, il prend lui-même les grandes comme les petites décisions. Il ne cesse de faire la guerre, ou de financer pour que les autres la fassent, et de rêver d'une paix qu'à la fin il réalise aussi bien en France qu'en Italie. Il n'aura voulu qu'être le premier serviteur de la Couronne. Faire son métier de roi.

85.              FORNAIRON (Ernest). Le Mystère cathare.  Flammarion,  1964, in-8°,  234 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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L’auteur s’est efforcé au cours de cette étude qui résume le travail de longues années de recherches et de méditations, de présenter le Catharisme et l’histoire de la Croisade contre les Albigeois sous un aspect particulièrement objectif, dépouillé de ce romantisme légendaire qui a trop souvent défiguré ou rabaissé cette tentative de haute spiritualité que son caractère quasi surhumain ne pouvait vouer qu’à l’échec, même en dehors de toutes les sentences d’excommunication et des mesures de répression. La “Sainte Hérésie” c’est ainsi qu’Ernest Fornairon qualifie volontiers la religion des Cathares, telle qu’elle apparaît d’après le nombre très réduit de documents valables qui nous sont parvenus. Cette absence d’informations complètes et précises a permis depuis le milieu du XIXe siècle à la plupart des historiens du Catharisme de prendre les positions les plus diverses et souvent les plus opposées, chacun essayant de faire des Cathares les pionniers de l’idéologie qui lui convenait le mieux. On s’est plu à voir dans les “Parfaits” des précurseurs, tour à tour, de la Réforme, du Jansénisme, de l’Encyclopédie, voire ceux du saint-simonisme, de l’anarchie ou du marxisme. La vérité, autant qu’il est possible de la supposer, est à la fois plus simple et plus nuancée, et il convient de voir uniquement chez les “Parfaits” un effort incessant d’élévation morale, un élan vers la pureté, le détachement total de la matière, et la quête de Dieu avec la conviction de sa miséricorde infinie et l’espérance d’acquérir par une patiente résolution de chaque heure une âme digne de devenir la maison de Dieu ; bref une marche constante vers la Lumière. L’étude de ce perfectionnement ne pouvait se faire uniquement qu’en se plaçant le plus près possible de l’esprit du Moyen Age, de cette époque qui est tout le contraire des temps barbares et obscurs que l’imagination des historiens et des romanciers s’est longtemps amusée à décrire. Quant à l’histoire même de la Croisade, si souvent racontée, l’auteur s’est attardé seulement sur quelques événements principaux et définitifs et sur les personnages essentiels, l’hérésie pouvant être considérée comme irrévocablement vaincue et jugulée après la défaite de Muret ; les longues années qui s’écoulèrent jusqu’à la reddition de Montségur n’étant plus désormais pour les provinces méridionales qu’une lente agonie projetée sur la toile de fond d’un Catharisme déjà largement effiloché et en lambeaux. Ajoutons que ces pages – en dépit de l’austérité du sujet – sont d’un style vivant et évocateur qui rend leur lecture passionnante. Une bibliographie comprenant plus de deux cents titres complète excellemment ce travail, indispensable pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la France au Moyen Age.

86.              GRANDEAU (Yann). Jeanne insultée. Procès en diffamation.  Albin Michel,  1973, in-8°,  330 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"La bibliographie de l'histoire de Jeanne d'Arc est encombrée d'une série de publications « non conformistes », s'opposant à la thèse « orthodoxe » de la naissance de la Pucelle dans une famille de paysans de Domrémy et voulant en faire une princesse bâtarde, fille du duc Louis d'Orléans et de la reine Isabeau de Bavière. On imagine aisément le type d'arguments sur quoi se fonde cette proposition qui, développée avec un grain d'humour, aurait pu être le prétexte d'un livre amusant, mais qui, ressassée depuis 1960 par une dizaine de publications se prenant très au sérieux, finit par être lassante et même exaspérante pour quiconque souffre de la méconnaissance dans le public des méthodes et des résultats de l'histoire scientifique au profit des élucubrations des faux historiens de l'histoire romancée et de la « petite histoire ». Aussi cet échafaudage loufoque n'a-t-il pas manqué de susciter des réfutations nombreuses et l'on se souviendra encore sans doute du calembour peu heureux, titre du dernier livre sur ce sujet de Mlle Régine Pernoud, "Jeanne devant les Cauchons". C'est également l'objet du présent livre de M. Yann Grandeau mais la réfutation est ici plus largement développée. L'auteur a choisi, ainsi qu'il le dit, de « jouer le jeu », d'examiner sérieusement et soigneusement un par un les arguments des tenants de la bâtardise et d'en vérifier le bien fondé. Ceci aboutit à une démolition pierre par pierre qui dure trois cents pages. Chaque « preuve » est analysée, le raisonnement décortiqué, les constructions illogiques démontées, les contradictions mises en évidence, les prémisses fausses dénoncées de même que les mauvaises traductions, les citations tronquées ou déformées et les précisions purement inventées. Travail systématique et qui parfois laisse le lecteur pantois devant la niaiserie ou la bêtise, et quelquefois aussi la flagrante malhonnêteté, qui se cachent derrière les affirmations péremptoires mais difficilement vérifiables par le profane des écrivains « dissidents »." (D. Henry, Revue belge de philologie et d'histoire, 1975)

87.              GRÉGOIRE Ier. Les Dialogues de S. Grégoire le Grand, ou Traits intéressants sur les vertus et les miracles de plusieurs saints d'Italie. Traduction nouvelle précédée d'une introduction et accompagnée de notes considérables par M. l'abbé Henry.  Tours, A. Mame et Cie,  1855, in-12,  viii-292 pp, une gravure en frontispice, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs filetés, titre et caissons ornés dorés, plats estampés à froid avec encadrement doré, coupes filetées, tranches marbrées (rel. de l'époque), bon état

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Grégoire Ier dit Grégoire le Grand est le 64e pape de l'Eglise catholique. Il est l'auteur d'œuvres patristiques majeures qui ont marqué et marquent toujours l'histoire de l'Église. Né vers 540, il est élu pape en 590 et décède le 12 mars 604. Docteur de l'Église, il est l'un des quatre Pères de l'Église d'Occident, avec saint Ambroise, saint Augustin et saint Jérôme. Son influence durant le Moyen Âge fut considérable. Grégoire a laissé de nombreux écrits, dans divers domaines : un grand nombre de lettres (environ 800), des commentaires et d'homélies sur la Parole, et quelques autres écrits. Il est spécialement connu pour être l'auteur des "Dialogues". Il nous y rapporte en son livre II les seules informations biographiques que nous ayons sur saint Benoît, fondateur de la vie bénédictine et figure majeure du monachisme occidental.

88.              GROUSSET (René). L'Empire du Levant. Histoire de la question d'Orient.  Payot,  1979, in-8°,  648 pp, 21 cartes, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"R. Grousset prend l'Europe comme un tout et étudie exclusivement ses rapports politiques avec l'Asie, qui constituent la Question d'Orient. Arrêtant son exposé à la conquête ottomane, il étudie les solutions que reçut la Question d'Orient au Moyen Age : 1) La solution gréco-romaine (il a bien caractérisé la politique philhellène de Rome, inspirée de celle des Séleucides, qui avaient abandonné les pays inassimilables, comme l'Iran). - 2) La solution byzantine (la conversion de Constantin au christianisme, au même moment la renaissance de la religion zoroastrienne en Perse, au VIIe siècle la propagation de l'islam transforment la Question d'Orient en guerre religieuse. Par ses victoires sur les Arabes et les échecs de ceux-ci devant Constantinople en 677 et en 718, Byzance est le rempart de la chrétienté occidentale, alors en pleine anarchie). - 3) La solution franque (la croisade a pour conséquence là colonisation de la Syrie et, au XIIIe siècle, celle de Constantinople et de la Grèce, avec prédominance des éléments français et italiens, mais les discordes et la faiblesse numérique des conquérants rendent leurs établissements éphémères). - 4) La solution turque et, en fin de compte, ottomane, qui finit au XVIe siècle par dépasser largement le domaine byzantin par la conquête de la Hongrie, mais trouve ses limites devant Vienne et Malte, et à la bataille de Lépante en 1571. On remarquera que, dans cette longue enquête, sur 648 pages que comprend le volume, l'histoire de l'Orient latin en occupe à elle seule 407, soit les deux tiers. Il semble d'abord que cette nouvelle étude fasse double emploi avec celle que R. Grousset a donnée dans le tome IX de l'Histoire du Moyen Age de la collection Glotz. En réalité, il n'en est rien. Non seulement le plan est très différent, mais le développement est beaucoup plus riche. Ici, sans s'astreindre à présenter les événements dans leur ordre chronologique, R. Grousset passe en revue chacune des colonies franques en prenant les faits et en les développant jusqu'à la ruine de ces établissements. Il constitue ainsi de précieuses monographies sur le royaume de Jérusalem et des principautés syriennes, sur le royaume de Chypre, sur la Petite-Arménie cilicienne, sur la Romanie franque, la principauté de Morée, l'empire colonial des Vénitiens et des Génois, les Chevaliers de Rhodes. L'histoire chronologique des dynasties et des gouvernements est toujours suivie d'un aperçu des institutions, de la vie intérieure, des rapports avec les églises romaine, grecque, dissidentes, du développement économique, intellectuel, artistique. Cette simple énumération montre les grands services que rendra ce nouveau livre, qui complète les magnifiques ouvrages de R. Grousset sur l'Extrême-Orient et sur les Croisades. On y trouve un grand nombre d'aperçus nouveaux et de renseignements qu'il est parfois difficile de découvrir dans les ouvrages de synthèse comme celui-ci. C'est ainsi qu'une place très grande est faite à l'histoire de l'Arménie depuis sa conversion au christianisme, événement d'une portée considérable qui la fait pencher du côté de Constantinople dans le duel irano-byzantin, mais que l'intolérance religieuse de l'Eglise orthodoxe et des empereurs oblige périodiquement à se soumettre aux Infidèles, Perses d'abord, Arabes ensuite. R. Grousset a montré, après J. Laurent, les causes et les effets de ces oscillations continuelles, ainsi que les résultats néfastes de la politique cauteleuse de Byzance, qui dépossède les dynastes arméniens de leurs territoires qu'elle ne peut défendre contre les Turcs. On lira avec intérêt l'étude sur les origines de la Petite-Arménie et le tableau remarquable de l'Etat de Philarète, qui a jeté les fondements territoriaux et tracé la ligne politique du futur royaume des Roupénides et des Héthouniens. Des détails pleins d'intérêt sont donnés sur les familles de la noblesse française établies en Terre-Sainte et à Chypre, en particulier sur les lbelin, véritables rois sans couronne. Parmi les faits peu connus, citons le tableau de la réhellénisation de Chypre au XVe siècle, grâce à Hélène Paléologue, épouse de Jean II (1432-1458), qui accueillit les réfugiés grecs après la prise de Constantinople et favorisa l'Eglise orthodoxe. De même, un portrait magistral est tracé de l'usurpateur du trône des Lusignan, Jacques l'Archevêque, qui, par son audace et son manque de scrupules, rappelle César Borgia, mais qui sut rétablir l'ordre, la prospérité et l'indépendance du royaume. Très mal connue aussi était la lutte héroïque soutenue contre les Seldjoukides de Perse par les Géorgiens entre 1072 et 1210. (...) Le livre de R. Grousset est une remarquable synthèse, jamais entreprise jusqu'ici, mais se présente comme une histoire des fondations coloniales de l'Occident." (Louis Bréhier, Revue historique, 1947)

89.              [Islande]. Quatre sagas légendaires d'Islande. Présentées, traduites et annotées par Asdis Rosa Magnusdottir.  Grenoble, UGA Editions,  2022, in-8°,  244 pp, biblio, sélection bibliographique des sagas islandaises, broché, couv. illustrée, bon état. Edition bilingue français-islandais

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L'activité littéraire en Islande médiévale fut extraordinaire. En témoignent notamment les célèbres sagas des Islandais, mais aussi d'autres catégories de sagas moins connues à l'étranger comme les sagas de chevaliers, en partie traduites ou adaptées de chansons de geste et de romans français, et les sagas légendaires. Celles-ci mettent en scène des héros du Nord dont les aventures se déroulent dans un passé lointain et un univers plus fictif que réel. Puisant dans les mythes et dans le folklore, les quatre textes ici présentés et traduits appartiennent à cette dernière catégorie : le Dit de Thorstein le Colosse-de-la-Ferme, le Dit de Helgi Fils de Thorir, la Saga de Sturlaug l'Industrieux, et la Saga d'Egil le Manchot et D'Asmund Tueur-de-Guerriers-Fauves. Rédigés entre le XIIIe et le XIVe siècle, ces textes s'adressent aujourd'hui, non seulement aux spécialistes mais aussi à tout amateur de légendes, curieux de découvrir le monde imaginaire des Islandais de cette époque. Nouvelle édition revue et augmentée par rapport à celle de 2002.

90.              JACOBY (Jean). Scènes de la vie de Jeanne d'Arc. Son portrait, son instruction, ses toilettes, ses amis, ses habitudes, sa vie privée.  Mercure de France,  1941, in-12,  256 pp, broché, bon état

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Jacoby s'oppose à la thèse « orthodoxe » de la naissance de la Pucelle dans une famille de paysans de Domrémy et veut en faire une princesse bâtarde, fille du duc Louis d'Orléans et de la reine Isabeau de Bavière.

91.              LATOUCHE (Robert). Le film de l'histoire médiévale en France (843-1328).  Arthaud,  1959, in-8°,  412 pp, 180 héliogravures, cartes et plans, notes, tableaux généalogiques, broché, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

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"La période envisagée dans cet ouvrage d'une si belle présentation s'étend entre le traité de Verdun (843), et la guerre de Cent ans (1238), période capitale de notre histoire, puisque c'est durant ces cinq siècles que s'est créée la France. M. Robert Latouche, spécialiste du Moyen Age et membre de la Commission d'Histoire du CNRS, s'attache plus aux résultats des événements qu'à leur succession dans le temps. Enfin il accorde plus d'importance à certains « moments » de cette succession, à certains tableaux d'ensemble, d'une importance indéniable. Par exemple : « Dissolution de l'empire carolingien », « La Société au Xe siècle », « Les Terreurs de l'an mille », « Les Premiers Capétiens », « La Révolution communale », etc... Ainsi sont évitées la sécheresse aride des « résumés », les « considérations » trop étendues ; et l'attention du lecteur se concentre sur tels chapitres à la fois vivants et frappants. Une illustration remarquablement choisie dans des documents du temps ajoute à cette impression de vie." (Revue des Deux Mondes, 1959)

92.              LE GOFF (Jacques). La naissance du Purgatoire.  Gallimard,  1981, in-8°,  509 pp, 4 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Dès les premiers siècles, les chrétiens ont cru confusément en la possibilité de racheter certains péchés après la mort. Mais dans le système dualiste de l'au-delà, entre Enfer et Paradis, il n'y avait pas de lieu pour l'accomplissement des peines purgatoires. Il fallut attendre la fin du XIIe siècle pour qu'apparaisse le mot Purgatoire, pour que le Purgatoire devienne un troisième lieu de l'au-delà dans une nouvelle géographie de l'autre monde. Le Purgatoire s'inscrit dans une révolution mentale et sociale qui remplace les systèmes dualistes par des systèmes faisant intervenir la notion d'intermédiaire et qui arithmétisent la vie spirituelle. Ce Purgatoire, c'est aussi le triomphe du jugement individuel au sein des nouvelles relations entre les vivants et les morts. Cette enquête suit les avatars de la naissance du Purgatoire de l'Antiquité à La Divine Comédie de Dante. Cette naissance est un des grands épisodes de l'histoire spirituelle et sociale de l'Occident.

93.              LE GOFF (Jacques). Pour un autre Moyen Age. Temps, travail et culture en Occident : 18 essais.  Gallimard,  1977, in-8°,  424 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Un autre Moyen Age, c'est d'abord celui qui, sans anachronisme, nous restitue quelques clés de nos origines : aux réalités dont s'est enrichie notre mythologie – la faim, la forêt, l'errance, la pauvreté, la mendicité, la lèpre, la peste, le péché, la domination des puissants et des riches sur les faibles et les pauvres –, il allie ces créations dont nous vivons toujours : la cité, la nation, l'Etat, l'université, le moulin, la machine, l'heure et l'horloge, le livre, la fourchette, le linge, la personne, la conscience et finalement la révolution. Un autre Moyen Age, c'est ensuite et surtout le champ privilégié des expériences de l'histoire nouvelle : histoire du quotidien, du temps long, histoire des profondeurs et de l'imaginaire. Un Moyen Age où les hommes vivent dans les temps divers qui rythment leur existence : temps de l'Eglise, temps du marchand, temps du travail. Un Moyen Age où les hommes travaillent dans des conditions économiques et technologiques qui leur apprennent à maîtriser lentement la nature tout en approfondissant le fossé entre travail manuel et intellectuel. Un Moyen Age où la culture évolue entre les raffinements scolastiques des universités, pépinières d'une nouvelle élite, et les rapports complexes entre la culture savante de la caste ecclésiastique et la culture populaire contre laquelle les clercs mènent une lutte multiforme. Ce trajet à travers ces trois domaines essentiels de l'histoire, le temps, le travail, la culture, conduit Jacques Le Goff, un des maîtres de l'histoire nouvelle, au seuil d'une enquête où s'allient l'histoire et l'ethnologie, où le Moyen Age devient le foyer d'une anthropologie historique de l'Occident.

94.              LONGNON (Auguste). La formation de l'unité française. Leçons professées au Collège de France en 1889-1890, publiées par H.-François Delaborde, avec préface par Camille Jullian.  Picard,  1969, in-8°,  xiii-460 pp, index, broché, bon état. Réimpression de l'édition de 1922

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"On connaît l'exceptionnel mérite des travaux d'Auguste Longnon dans le domaine de la toponymie et de la géographie historique; cet autodidacte a été un précurseur et un chef d'école. Mais une mort prématurée ne lui a pas permis de mettre au jour tous les résultats de ses immenses recherches. Il faut savoir gré à M. H.-François Delaborde de l'acte pieux qu'il a accompli en publiant, d'après les papiers de Longnon et ses notes personnelles, éclairées par des entretiens intimes, le cours professé au Collège de France par son ancien maître, en 1889-1890, sur la formation de l'unité française. Il en a respecté la forme et a réparti en vingt-deux leçons toute l'histoire de la constitution territoriale de notre pays, depuis l'avènement des Capétiens jusqu'en 1870. Mais, alors que dix-huit leçons ont paru nécessaires pour conduire l'auditeur, pas à pas, du Xe au XVIe siècle, quatre ont suffi pour parcourir à grandes enjambées les derniers siècles de notre histoire. Longnon a ainsi nettement marqué sa prédilection pour l'histoire médiévale qui, à condition d'être suivie dans ses moindres détails, fournit vraiment la clé de l'évolution postérieure. L'éditeur a conservé le langage du maître, précis, direct et parfois soulevé par un patriotisme ardent et réfléchi. Enfin M. H.-François Delaborde a pris la peine de dresser une table des matières très détaillée – elle occupe près de 100 pages – et qui n'est pas seulement un index des noms de personnes et de lieux. Les historiens des institutions, qui ne sont pas gâtés d'ordinaire par les faiseurs de tables, lui en sauront tout particulièrement gré. Nous voici donc munis d'un manuel parfait de géographie historique, qui dispensera de bien des recherches dans les chroniques et les généalogies." (Olivier Martin, Revue historique de droit français et étranger, 1924)

"M. Delaborde nous donne à la librairie Picard en un beau volume, muni d'un copieux index de plus de quatre-vingts pages, le texte soigneusement revu des leçons professées par l'érudit Auguste Longnon en 1889-1890, pour ses débuts au Collège de France, sur les variations de nos frontières et les transformations de la carte politique de notre pays depuis Hugue Capet jusqu'au traité de Francfort. Et, bien que M. Delaborde se soit interdit, en règle générale, de rien changer d'essentiel à l'exposé du maître et qu'il n'ait, par suite, pas tenu compte des travaux parus depuis plus de trente ans, la science d'A. Longnon était si exacte et si sûre que bien rares sont les pages auxquelles on serait tenté aujourd'hui d'apporter de menues retouches. Le volume comprend vingt-deux « leçons ». D'un bout à l'autre, on retrouve la solide érudition d'A. Longnon, son goût du détail précis, qui fait de ce livre un répertoire de premier ordre, dont il eût été vraiment dommage que nous fussions privés." (Louis Halphen, Bibliothèque de l'École des chartes, 1922)

"Les amis de l'historien Auguste Longnon, qui par son enseignement et par ses travaux, fit tant progresser les études de géographie historique, ont réuni dans ce volume les leçons qu'il professa au Collège de France en 1889-1890. Ce livre est une synthèse de notre histoire nationale des douze siècles qui nous précèdent, écrite en fonction d'une préoccupation dominante : montrer comment, à travers une si longue durée, s'est formé, peu à peu, le territoire français et l'unité de la nation. C'est surtout sur les siècles de la monarchie féodale que Longnon a fait porter ses études, ce qui était assez naturel chez un médiéviste ; les développements consacrés au XVIIIe siècle et à la Révolution sont un peu écourtés. Mais on ne lira pas sans un grand respect pour ce travail de documentation et pour l'effort de condensation qu'elle révèle cette puissante étude ; l'auteur a su, d'une manière très vivante, restituer les vicissitudes de l'unité nationale, faite, défaite et refaite à travers les successions, les mariages, les constitutions ou les reprises d'apanages, les contrats de pariage, les fondations de villes, les traités, les alliances et les guerres. Il faut louer M. F. Delaborde, l'éditeur de cet ouvrage, non seulement de l'avoir donné au public, mais encore de l'avoir pourvu d'un index qui est un vrai monument de travail consciencieux et précis et qui double la valeur d'un tel livre, en en rendant l'usage extrêmement aisé." (Revue d'histoire économique et sociale, 1923)

"Il faut savoir gré au comte Delaborde d'avoir recueilli et publié le texte des leçons que Longnon professa jadis au Collège de France sur l'histoire territoriale de la monarchie française. C'est le seul guide dont nous disposons pour nous orienter dans une matière aussi essentielle et aussi complexe. (...) Un excellent index dû au comte Delaborde facilite considérablement l'utilisation du volume. Cet ouvrage est au nombre de ceux dont un médiéviste ne saurait désormais se passer." (François-L. Ganshof, Revue belge de philologie et d'histoire, 1925)

"Ce livre est un résumé de la politique extérieure de la France pendant neuf siècles. Il met en relief l'admirable unité de vue qui anima tous les représentants au pouvoir d'une incomparable dynastie. C'est l'œuvre d'un sagace érudit qui fait montre d'une prestigieuse souplesse dans le maniement des généalogies princières, des testaments et hérédités, des traités et transactions, de ces échevaux inextricables de seigneuries issues de la féodalité. L'air et la lumière passent à travers cette forêt. Ce monument sera désormais un guide sûr et indispensable. Un répertoire des noms de lieux et de personnes, qui ne comprend pas moins de quatre-vingt pages en deux colonnes, dû à la patience et au dévouement de M. H.-François Delaborde, rend des plus aisées la consultation de ce livre si dense, si bourré de faits, de dates et de choses." (L. de Lacger, Revue d'histoire de l'Église de France, 1924)

95.              [Marco Polo]. Le Livre de Marco Polo ou le Devisement du Monde. Texte intégral, mis en français moderne et commenté par A. t'Serstevens.  Albin Michel,  1957, in-8°,  347 pp, nombreux bois gravés dans le texte et 16 pl. de gravures hors texte, une carte, tiré sur papier alfa cellunaf, broché, couv. illustrée, bon état

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Récit des voyages de Marco Polo, dicté, en 1299, par l'auteur à Rusticien de Pise, qui le rédigea en franco-italien.

"Ce qui fait le rare mérite de Marco Polo, parmi tant d'autres voyageurs, connus ou inconnus, qui l'ont précédé, accompagné ou suivi, vient de ses qualités personneIIes, de son organisation cérébrale. Stimulé par une curiosité insatiable, il avait le don de tout voir, de tout retenir et de savoir mettre en ordre tout ce qu'il avait vu et retenu. Pendant vingt-quatre ans, il a parcouru l'Asie en tous sens, et il n'a cessé de butiner. Il étudiait non seulement les hommes, du despote au plus humble manouvrier, des institutions politiques aux croyances religieuses, non seulement les villes, leurs monuments et leurs industries, mais aussi les paysages, la végétation, les productions naturelles, jusqu'au sous-sol et sa minéralogie. Rien ne lui échappe de cet immense continent où s'enchevêtrent les races, les confessions et Ies langages ; de ce riche terreau où mûrissent des fruits inconnus et les épices, girofle, poivre, gingembre, qui ont fait rêver les conquistadores ; de ces couches profondes qui recèlent des richesses incalculables : l'or, l'argent, les pierreries, le charbon, le pétrole et l'amiante. Le Devisement du Monde est donc un document inappréciable sur l'Asie du XIIIe siècle, un tableau sincère et saisissant de ces contrées jusque-là enfermées dans un tel mystère que les géographes du temps n'en parlaient que comme de déserts sans fin à peine habités par des cannibales. Grâce à Marco Polo, à son expérience, à sa curiosité, à son bon sens, à son honnêteté, ces régions de l'espace et du temps se sont animées d'une vie prodigieuse, nous offrant aujourd'hui le spectacle d'une humanité luxuriante dans des paysages étendus comme des fresques et précis comme des miniatures." (A. t'Serstevens)

96.              MARKALE (Jean). Le roi Arthur et la société celtique.  Payot,  1976, fort in-8°,  431 pp, biblio sommaire, broché, état correct (Coll. Le Regard de l'Histoire). Edition originale, prière d'insérer joint

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"Ce volume est une somme très utile qui fait le point de la question, à partir notamment des livres de Chambers et de Loomis, sans négliger un recours fréquent aux sources originales. La part de l'auteur est considérable dans l'agencement du récit, dans de nombreuses suggestions intéressantes, dans la clarté d'un exposé rédigé dans un style alerte et animé. Il ne faut pas y chercher une étude sur la ou plutôt les sociétés celtiques, mais une mise au point des recherches sur Arthur personnage de l'histoire et Arthur personnage de la littérature. Ce dernier est placé au premier rang dans l'ouvrage, et la majeure partie de l'étude lui est consacrée. Ceci paraît légitime car la part des légendes dépasse largement celle de l'histoire quand il s'agit d'un tel héros, qui a peu à peu amalgamé sous son nom des mythes ou des récits qui à l'origine avaient comme personnage central d'autres héros humains ou même divins. L'essai de reconstitution de la saga primitive d'Arthur (p. 305-347) est intéressant comme essai de mise en ordre. Il est d'ailleurs présenté avec une grande prudence. On trouve dans ce livre, bien groupées, des données généralement très éparses et par là même il rendra service en ouvrant la voie à de nouvelles recherches. Le mérite principal de ce livre est d'être le seul manuel commode écrit en français sur le personnage d'Arthur. C'est un travail d'une grande ampleur et qui demeure cependant clair et maniable." (Léon Fleuriot, Romania, 1977) — "Le livre de J. Markale vient combler un vide de la bibliographie française. (...) La première partie comporte une excellente présentation des textes littéraires : et c'est là, dans sa parfaite connaissance du corpus arthurien que Jean Markale se révèle le mieux. La seconde partie est remarquable, et, à elle seule, rend nécessaire la lecture de ce livre. Elle vise à nous présenter la place du roi Arthur dans la société celtique ; et le lecteur historien aura sans doute intérêt à commencer par le long chapitre intitulé "La saga primitive d'Arthur" (pp. 305-347) qui, en combinant divers épisodes empruntés à toute une série de textes, offre un précieux montage de la première version que l'on puisse deviner de la saga arthurienne. Mais c'est en démontant les différentes strates du savoir (les historiens du Haut Moyen Age – Gildas, etc. –, le rôle de Glastonbury, l'Arthur mythique, l'Arthur historique, etc.) qui se sont accumulées comme pour mieux travestir l'Arthur celtique que l'on peut arriver à un tel résultat. Le livre de Jean Markale est peut-être inégal, il n'empêche que sa seconde partie justifie qu'on lui accorde une place importante." (Jean-Philippe Genet, Annales, 1978)

97.               

           

98.              MOLLAT (Michel). La Vie quotidienne des gens de mer en Atlantique (IXe - XVIe siècle).  Hachette,  1983, in-8°,  261 pp, biblio, broché, couv. illustrée, C. de bibl., bon état

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"L'auteur se propose d'étudier le comportement des gens de mer vivant sur la côte atlantique, celle de la Manche et de la mer du Nord, le Ponant, du IXe au XVIe siècle. A l'origine, les côtes n'étaient guère peuplées, la mer apparaissant comme un obstacle effrayant : c'est d'elle que vient l'ennemi et elle-même se dresse devant ceux qui voudraient l'affronter. Seuls, dans des îles, des ermites se retirèrent ; parfois avec un disciple. La restauration de la vie maritime se fit dans le cadre de la seigneurie, une fois passés les grands périls. Sans assurance de protection, le retour des habitants sur les côtes, l'exploitation des ressources du rivage, le commerce, la pêche, n'eurent pas été possible. Les établissements ecclésiastiques jouèrent un grand rôle. A la longue, la société tout entière eut besoin de la pêche maritime à cause des jeûnes fréquents recommandés par l'Église. Les polders furent entretenus et défendus par des digues. Au service du guet fut astreinte la population du rivage. Les formes fiscales furent accentuées, le temps aidant. La tendance à se serrer les coudes joua un grand rôle pour les gens de la côte et de la mer ; elle se manifeste de bonne heure en Flandre, d'abord, puis en Normandie ; les gens de mer du Sud-Ouest attendirent le XVe siècle pour faire parler d'eux. Tout un droit maritime s'élabora, dû à l'initiative privée des communautés des gens de mer du Ponant. Le marin n'est pas considéré comme vagabond en terre étrangère ; il n'est jamais un errant, un isolé ni un déraciné car l'équipage auquel il appartient le tient en compagnie, une compagnie la plupart du temps issue de son milieu naturel. Pour le terrien, le marin est un être bizarre, à la fois ouvert sur le monde et attaché aux traditions locales." (André Delcourt, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1986)

99.              MUSSET (Lucien). Nordica et Normannica. Recueil d'études sur la Scandinavie ancienne et médiévale, les expéditions des Vikings et la fondation de la Normandie.  Société des études nordiques,  1997, in-8°,  xx-500 pp, préface de Michel Fleury, introduction de François-Xavier Dillmann, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"La lecture de ce recueil de près de cinq cents pages laisse des impressions très durables. Les études de l'auteur ont permis au lecteur de pénétrer fort avant dans des domaines qu'on aurait pu croire réservés aux spécialistes. Quoique très savants, mais sans sécheresse, les trente-deux articles réunis ici sont pleins de vie et riches de perspectives sur le devenir des civilisations, l'établissement et la chute des empires, la barbarie et la civilité et, enfin, sur la combinaison de ces forces obscures qui mènent le monde et qui est à proprement parler l'Histoire, forces supérieures aux volontés individuelles qui n'en sont que les vecteurs. On peut aussi considérer l'ensemble de ces études comme des morceaux détachés d'une histoire des Normands depuis leur origine Scandinave jusqu'au milieu du XIe siècle, époque de la consolidation des Etats qu'ils avaient durablement fondés. Ce ne sont là que quelques aspects de ce qu'on lira dans le recueil de M. Musset et je crois pouvoir dire qu'il faut peut-être remonter jusqu'aux travaux de G.-B. Depping, composés vers 1820, pour trouver un livre aussi documenté et aussi profond sur une matière aussi large." (Gérard Hurpin, Études Normandes, 2000)

100.          OSTROGORSKY (Georges). Histoire de l'Etat byzantin.  Payot,  1969, fort in-8°,  649 pp, traduction française de J. Gouillard enrichie de nombreuses additions par l'auteur, préface de Paul Lemerle, 8 cartes, liste des souverains, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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La synthèse de référence sur le sujet. L'auteur fait commencer son livre avec la christianisation des structures de l'Empire romain, dès la seconde moitié de IVe siècle. Il s'achève avec la chute de Constantinople (1453) et celle d'Athènes (1460). Haute époque, crise iconoclaste, lutte contre l'islam, apogée byzantine, noblesse militaire, domination latine et restauration et enfin déclin et chute de l'empire : G. Ostrogorsky analyse toutes ces séquences longues avec recul, hauteur de vue et un sens très précis des réalités historiques. Le livre est accompagnée de nombreuses cartes. Les annexes compilent arbres généalogiques et listes de souverains et aident efficacement à suivre l'histoire complexe de l'état byzantin.

"Il ne s'agit pas dans ce livre, le titre l'indique suffisamment, d'une histoire générale de l'empire byzantin, mais du développement de l'état byzantin à travers les vicissitudes de son histoire. Ce n'est pas non plus une simple histoire des institutions. L'auteur a voulu écrire exclusivement l'histoire politique et sociale de Byzance. Par contre il trouve dans les variations de sa politique intérieure l'explication de la durée de l'Empire, de sa grandeur, de sa déchéance, de sa chute. Cette méthode qui consiste à montrer les réactions des institutions sur les événements est loin d'être nouvelle, mais elle a été appliquée dans cet ouvrage avec une rigueur et une maîtrise qui lui donnent son originalité et sa valeur. Le livre ne s'en présente pas moins comme un manuel scientifique avec les renseignements précieux qui en feront un excellent instrument de travail : une introduction, précédée d'une bibliographie, sur le développement des études byzantines ; une étude critique des sources précédant chacun des huit chapitres qui correspondent aux principales périodes de l'histoire byzantine ; une bibliographie d'études modernes bien choisies ; enfin des cartes d'une lecture facile. Tout cela est bien compris et sera très utile, mais ce n'est que l'un des moindres mérites du livre, qui vaut surtout par les qualités qu'il manifeste; brièveté, concision, netteté, formules heureuses peignant en quelques traits un personnage ou résumant une situation..." (Louis Bréhier, Journal des Savants)

"Cet ouvrage, désormais classique, a paru pour la première fois en 1940. L'édition actuelle est enrichie par rapport aux précédentes de tous les apports de la byzantinologie depuis trente ans. Un premier chapitre consacré au développement des études byzantines fait d'ailleurs le bilan de ces apports. Chaque chapitre est précédé d'une vaste introduction consacrée aux problèmes des sources. G. O. étudie ici à la fois l'histoire de Byzance, les institutions et le monde à l'époque byzantine. Cet ouvrage érudit, fondamental pour les spécialistes, ne pourra pas laisser indifférent..." (Revue française de science politique, 1970)

101.          OURSEL (Raymond). Les pèlerins du Moyen Age. Les hommes, les chemins, les sanctuaires.  Fayard,  1963, in-8° carré,  214 pp, 73 gravures et photos, 3 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Résurrection du passé)

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"Après une rapide description des premiers pèlerinages chrétiens, l'auteur décrit les conditions sociales et spirituelles des pèlerinages médiévaux et, à partir du célèbre Guide du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, il traite la question des relations entre ce pèlerinage et l'art roman..." (Paul Rousset, Cahiers de civilisation médiévale)

102.          PÈNE (J.-L.). La Conquête du Languedoc. Essai de critique et d'histoire.  Chez l'auteur et Nice, impr. Gimello,  1957, gr. in-8°,  vii-335 pp, broché, bon état, envoi a.s.

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Il est heureux qu'il y ait encore des amateurs, au vrai sens du terme, pour cultiver de grands sujets historiques. Il faut savoir gré à l'auteur d'avoir essayé de l'aborder avec sérénité et de s'être gardé de ce néocatharisme, sans doute intéressant comme attitude spirituelle, mais irritant dans son attitude historique, qui est de mode dans la littérature méridionaliste. « La conquête du Languedoc » est un livre à thèses. La thèse principale est que l'importance numérique de l'hérésie albigeoise a été grossie arbitrairement, avant et après la croisade, pour justifier l'opération de conquête. La densité de l'albigéisme était très faible, pense l'auteur ; au XIIe siècle, on ne peut citer que des foyers isolés ; au début du XIIIe, on parle dans les conciles provinciaux de « plusieurs » hérétiques ; la liste des hérétiques de Béziers massacrés en 1209 ne comprend que 222 noms ; au milieu du XIIIe siècle, les groupes pourchassés par l'Inquisition ne dépassent pas la centaine. On ne saurait, estime-t-il, dans ces conditions, admettre une relation « réelle » de cause à effet entre l'hérésie et la guerre albigeoise. Les princes méridionaux, Raimond VI en tête, ont été accusés d'hérésie quoiqu'Innocent III ait retiré lui-même cette accusation contre le comte de Toulouse ; c'était le prétexte nécessaire pour justifier leur spoliation. Mais sur cette thèse s'en greffe une seconde, plus curieuse : la collusion d'un groupe de Cisterciens, de Simon de Montfort et du roi de France pour, en quelque sorte, forcer la décision du pape. M. Pène a raison de voir dans Arnaud Amalric un des principaux promoteurs du drame, sinon le principal. C'est bien un personnage de haute ambition dont les machinations avec Foulques de Marseille, Guy des Vaux-de-Cernay et d'autres de ses créatures ont été animées par des fins très temporelles. Arnaud et ses amis ont été attentifs, pour réussir, à jouer la carte capétienne et favorisèrent l'intervention de Simon de Montfort qui ne fut, en somme, de son coté, que l'exécuteur des desseins de la royauté. Mais pour forcer la main au pape, il fallait un acte irréparable : ce fut l'assassinat du légat, Pierre de Castelnau. Or, st l'accusation de complicité a été lancée, avec insistance, et pour cause, contre le comte de Toulouse, l'assassin véritable n'a jamais été identifié : qui donc a armé le bras de celui-ci, sinon ceux qui avaient un intérêt au déchaînement de la « croisade » spoliatrice, suggère la lecture de M. Pène qui semble, sur ce point, n'avoir pas osé plus clairement aller jusqu'au bout de aon raisonnement. Le récit des événements et un long épilogue n'apportent ensuite qu'une mise au point et des considérations assez générales sur la fin du particularisme méridional. Mais qu'on ne s'y trompe pas, les chapitres liminaires de cette « thèse » ne sauront rester indifférents. On ne pourra jamais, bien sûr, chiffrer avec exactitude la densité de l'hérésie ; mais, sans doute, avec notre auteur, faut-il revenir à l'opinion d'Auguste Molinier qui estimait que ses partisans ne formaient, en Languedoc, qu'une « infime minorité » ; en tout cas, c'est dans cette voie qu'il faut réorienter cette étude. Les exagérations des auteurs contemporains n'ont été que propagande intéressée. Quant au rôle tortueux d'Arnaud Amalric et de ses séides, même s'il se présente un peu, à la lecture, sous un jour de roman policier, on ne saurait non plus négliger d'y chercher la charnière des événements de 1208-1209... (Ch. Higounet, Annales du Midi, 1958)

103.          PLATT (Colin). Atlas de l'homme médiéval.  Seuil,  1981, in-4°,  256 pp, 500 illustrations et cartes en noir et en couleurs (photos, gravures, estampes, tableaux, miniatures, dessins, cartes et tableaux), index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Il s'agit de la version française de “The Atlas of medieval man”, London, Macmillan, 1979. Pour tenter de donner une image synchronique des sociétés humaines pendant cinq siècles de leur histoire et dans le monde entier, il fallait beaucoup d'audace sinon de témérité ; on conçoit que le projet ait séduit Colin Platt qui fut l'un des créateurs et demeure l'un des principaux animateurs de la brillante et ambitieuse revue “World's Archaeology”. L'auteur a choisi pour point de départ l'an mil et pour terme final l'an 1500. (...) L'ouvrage est illustré de quelque cinq cents images judicieusement choisies ; les figures en couleur, présentées assez souvent en pleine page, sont vraiment somptueuses. D'un aussi riche rassemblement de données historiques, sociologiques et archéologiques jaillissent des thèmes de réflexion et de recherche que l'auteur suggère çà et là. Bref, la lecture de ce bel Atlas de l'homme médiéval est aussi enrichissante que stimulante." (Michel de Bouard, Archéologie médiévale, 1982)

104.          [Saint François d'Assise]. Les Fioretti de saint François. Introduction et traduction d'Omer Englebert.  Club du meilleur livre,  1957, in-8°,  (26)-388 pp, 18 gravures extraites d'une Vie de Saint François d'après la Légende de Saint Bonaventure publiée à Paris en 1624 (16 dépliantes hors texte et 2 sur les gardes), notes, ouvrages cités, imprimé sur offset Condat, reliure pleine toile havane avec une illustration gravée contrecollée au 1er plat, rhodoïd, bon état (maquette Jeanine Fricker), bon état. Très belle réalisation

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Les Fioretti sont un recueil d'histoires légendaires, réunies par les franciscains du XIVe siècle, sur Saint François d'Assise et ses premiers compagnons. A juste titre célèbre pour sa fraîcheur, sa saveur, son humour, ce florilège rassemble vraiment, sinon les paroles et les gestes de saint François, du moins son "esprit", l'esprit franciscain. Outre Les Fioretti, l'ouvrage contient : Les Considérations sur les stigmates, qui racontent la stigmatisation de Saint François et ses suites; la Vie du frère Genièvre (ou Junipère), particulièrement "baroque" à nos yeux (Rossellini s'en est inspiré pour son film sur Saint François d'Assise) ; - La Vie et les Propos du frère Egide (Gilles) ; enfin des Chapitres additionnels, récits divers sur les premiers franciscains.

105.          SCHELLE (Klaus). Charles le Téméraire. La Bourgogne entre les lys de France et l'aigle de l'Empire.  Fayard,  1979, fort in-8°,  485 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Entre 1361 et 1477, quatre générations de ducs de Bourgogne vont tenter de reconstituer l'ancien royaume de Lotharingie : Philippe le Hardi, rendu puissant par son mariage avec Marguerite de Flandres ; Jean sans Peur, dont l'assassinat par des Armagnacs consacrera la rupture avec la maison de France ; Philippe le Bon, grand-duc d'Occident, fondateur de l'ordre de la Toison d'Or, qui, au traité d'Arras en 1435, arrachera au roi de France la Picardie et les principales villes de la Somme ; Charles le Téméraire, enfin, qui, obsédé par le désir de transformer son duché en royaume, dilapidera le sang de ses hommes, l'or de ses coffres, et en trois batailles perdues (Grandson, Morat, Nancy) mènera la maison de Bourgogne à sa ruine. De ce prince, que la postérité a principalement jugé à travers ses démêlés - en fait un duel à mort - avec son cousin Louis XI, Klaus Schelle a brossé un portrait nuancé. Certes, il décrit les fastes de la cour de Bourgogne (festins au cours desquels on servait des pâtés d'où jaillissaient des musiciens, une naine, un géant, cérémonies qui éblouirent les contemporains les plus blasés), les spectaculaires campagnes guerrières du duc, mais, surtout, il s'attache à saisir une époque dans sa complexité : ainsi le "carrousel européen", pertinente analyse des intrigues quasi inextricables de la politique du temps ; ainsi le chapitre consacré à Jacqueline de Bavière, récit d'une destinée colorée ; ainsi la comparaison entre les moeurs guerrières des Suisses et celles des Lombards...

106.          SCHLUMBERGER (Gustave). Byzance et Croisades. Pages médiévales.  P., Geuthner,  1927, gr. in-8° carré,  367 pp, 24 planches hors texte, broché, bon état

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"Ce livre, le dernier qu'ait publié l'illustre érudit qu'était M. Schlumberger, est un recueil d'articles donnés à diverses revues, dont quelques-unes difficilement accessibles, et qui portent sur des épisodes caractéristiques de l'histoire de Byzance et de celle des croisades, narrés avec tout le charme et l'érudition, faite de la connaissance sérieuse des sources de toute nature, dont M. Schlumberger avait le secret. On relira avec un extrême plaisir ces narrations sobrement écrites de faits et de détails pittoresques qui sont une évocation vivante du passé et ont tant fait pour mettre le grand public en contact avec l'histoire byzantine." (Louis Bréhier, Journal des savants, 1929)

107.          THIERRY (Augustin). Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, de ses causes et de ses suites jusqu'à nos jours, en Angleterre, en Ecosse, en Irlande et sur le continent.  P., Garnier frères,  s.d. (v. 1860), 2 vol. gr. in-8°,  576 et 538 pp, nouvelle édition revue avec le plus grand soin, pièces justificatives, reliures demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés, auteur, titre, tomaisons et caissons ornés dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire finement relié à l'époque

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Edition définitive de cet ouvrage, paru pour la première fois en 1825, remanié par l'auteur en 1830 et retouché jusqu'à la veille de sa mort, en 1856. En s'appuyant sur sa maîtrise de la langue anglaise et sur les chroniques éditées de part et d'autre de la Manche, l'historien traite de l'histoire d'Angleterre et des Plantagenêt entre le débarquement des Danois en Angleterre (787) et l'exécution de William Fitz-Osbert dit Longue-Barbe ou Longbeard (1196) sous le règne de Richard Ier d'Angleterre dit Coeur de Lion, ainsi que de la formation du duché de Normandie lié au Royaume d'Angleterre jusqu'en 1204. — "Incontestable chef-d'œuvre d'Augustin Thierry, par l'ampleur souvent épique de la narration, par la variété et la solidité des matériaux employés." (Philippe Contamine, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1995).

108.          THIERRY (Augustin). Récits des temps mérovingiens, précédés de Considérations sur l'Histoire de France.  P., Garnier frères,  1878, 2 vol. in-12,  403 et 385 pp, nouvelle édition revue avec le plus grand soin, pièces justificatives, brochés, bon état

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Dans ce travail, Augustin Thierry a cherché à peindre, par le développement d'une suite d'épisodes choisis, les principales scènes de la vie politique et civile des hommes du VIe siècle : Les quatres fils de Chlother Ier – Leur caractère – Leurs mariages – Histoire de Galeswinthe (561-568) ; Suites du meurtre de Galeswinthe – Guerre civile – Mort de Sighebert (568-575) ; Histoire de Merowig, second fils du roi Hilperik (575-578) ; Histoire de Praetextatus, évêque de Rouen (577-586) ; Histoire de Leudaste, comte de Tours – Le poète Venantius Fortunatus – Le monastère de Radegonde, à Poitiers (579-581) ; Hilperik théologien – Le juif Priscus – Suite et fin de l'histoire de Leudaste (580-583) ; Révolte des citoyens de Limoges – Grande épidémie – Douleur maternelle de Fredegonde – Histoire de Chlodowig, troisième fils du roi Hilperik (580).

109.          VERNET (André). Le « Tragicum argumentum de miserabili statu regni Francie » de François de Monte-Belluna (1357).  S.l.n.n.,  1964, gr. in-8°,  60 pp, paginé de 103 à 163, broché, couv. défraîchie, bon état. Extrait de l'Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, années 1962-1963. Avec un envoi a.s. d'André Vernet à un confrère historien

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Le « Tragicum argumentum de miserabili statu regni Francie » fut écrit après le désastre de Poitiers (19 septembre 1356), où périt l'élite de l'armée royale française. Une des plus grandes défaites de l'histoire de France, où le roi de France lui-même, Jean Le Bon, fut fait prisonnier par les Anglais . Pour l'auteur, la France vit une tragédie dont le roi n'est pas la cause. La "déconfiture" est un jugement de Dieu. Le royaume de France est puni à cause de ses péchés ; tout le monde est responsable : les nobles qui mènent une vie relâchée et s'adonnent au luxe, le clergé pourri de vices, et le peuple blasphémateur et vicieux également...

 

TEMPS MODERNES

 

110.          ALAZARD (Jean). L'abbé Luigi Strozzi, correspondant artistique de Mazarin, de Colbert, de Louvois et de La Teulière. Contribution à l'étude des relations artistiques entre la France et l'Italie au XVIIe siècle. (Thèse complémentaire).  P., Librairie ancienne Edouard Champion,  1924, in-8°,  163 pp, biblio, index, broché, bon état (Bibliothèque de l'Institut français de Florence, 1re série, tome VIII)

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"Dans deux volumes sur les arts sous Louis XIII et Louis XIV, M. Henry Lemonnier a montré tout ce que l'art français du XVIIe siècle doit à l'Italie. L'influence de ce pays se manifeste non seulement dans la technique et l'inspiration des peintres, mais encore dans l'administration des Beaux-Arts, dans ce qu'Ernest Lavisse a heureusement appelé "le gouvernement de l'Intelligence". Pour préciser cette part d'italianisme, des lettres de Mazarin, de Colbert, de Louvois et de La Teulière ne peuvent qu'être précieuses. L'intérêt de celles que nous publions vient en partie de la qualité de celui qui les reçoit. En effet, l'abbé Luigi Strozzi, le destinataire, était une personnalité très en vue de la Cour de Toscane. Il appartenait à une des plus illustres familles de Florence, qui avait déjà donné à la France des serviteurs de marque ; et sa fonction de Résident de France auprès du Grand Duc devait l'amener à jouer un rôle important dans les relations entre les deux pays." (Jean Alazard) — "Frère de l'érudit Carlo Strozzi, l'abbé Luigi Strozzi représenta la France auprès du grand-duc de Toscane de 1654 à 1689; il fut le correspondant de Mazarin, de Colbert et d'autres grands personnages. Ses lettres, conservées au quai d'Orsay, et les réponses qui sont à l'Archivio di Stato de Florence, contiennent des passages assez nombreux qui intéressent l'histoire de l'art et les acquisitions faites pour Louis XIV. Ces passages ont été publiés et commentés avec soin par M. Alazard." (Salomon Reinach, Revue Archéologique, 1925)

111.          ANDRIEUX (Maurice). La vie quotidienne dans la Rome pontificale au XVIIIe siècle.  Hachette,  1962, in-8°,  271 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Toute l'Europe est agitée par les idées philosophiques, annonciatrices de révolutions, et pourtant, dans la Rome pontificale du XVIIIe siècle que nous révèle Maurice Andrieux, le temps semble s'être arrêté. Ne rien changer, ne rien déranger y est le mot d'ordre que tous, du pape jusqu'au dernier de ses sujets, s'emploient à faire respecter. Le moindre changement pourrait troubler la quiétude et la douceur de la vie qui sont incomparables dans ce pays plein de paradoxes où, selon un contemporain, "tout le monde commande et personne n'obéit, et pourtant les choses vont passablement"...

112.          BAILYN (Bernard). The Ideological Origins of American Revolution.  Cambridge (Mass.), The Belknap Press of Harvard University Press,  1980, in-8°,  xiv-335 pp, index, broché, bon état. Texte en anglais

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"Utilisant les brochures et pamphlets de l'époque, B. B. dégage tout d'abord dans cet ouvrage d'une grande originalité les sources de la pensée révolutionnaire américaine. Puis il montre comment, durant les décennies qui précédèrent la guerre d'indépendance, l'attitude de la métropole vis- à-vis de ses colonies renforça chez les chefs révolutionnaires la conviction selon laquelle ils devaient lutter contre une conspiration visant à les priver de leur liberté. Enfin, il rappelle les principaux problèmes que la jeune République dut s'attacher à résoudre et les solutions qu'elle leur apporta." (Revue française de science politique, 1968)

113.          BASCHET (Armand). Le Duc de Saint-Simon. Son cabinet et l'historique de ses manuscrits, d'après des documents authentiques et entièrement inédits.  Plon et Cie,  1874, gr. in-8°,  xlviii-520 pp, un frontispice gravé à l'eau-forte par J. Mollard, index analytique, reliure toile écrue, dos lisse, pièce de titre chagrin vermillon, couv. conservées, bon état. Exemplaire très frais à grandes marges. Edition originale

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Excellente étude, incontournable sur le sujet. — "Ce petit Duc « à l'œil perçant », qui a tant écrit pour l’histoire des autres, échappe à la sienne propre, par bien des côtés. C'est le charme et l'attrait de ceux qui l’admirent de devoir rechercher, pour les réunir et en faire emploi, les matériaux utiles à une histoire de sa vie, tant privée que publique. Je lui ai dû les plus belles heures de mes lectures. Des circonstances fortuites, plutôt qu'un projet médité, m'ont amené à lui pouvoir payer mon tribut de reconnaissance par ce travail littéraire tout entier consacré à ses affaires, à ce qui fut son bien, son intérieur, ses domaines, et surtout et plus que tout, à ce que furent ses livres, ses manuscrits et ses papiers. Ces derniers, – les manuscrits et les Papiers, – ont eu des aventures. Je m'en fais le narrateur. Rien de plus. Mais en raison de l’incertain, de l'inconnu même où le plus grand nombre des manuscrits, sauf celui des Mémoires, sont restés jusqu'à ce jour, j'ai cet espoir de répondre, par le résultat de mes recherches alertes et par le piquant de mes rencontres heureuses, à tout l'intérêt que le titre de ce volume ne manquera pas de faire naître dans l'esprit des curieux..." (Préface)

114.          BEDOS-REZAK (Brigitte). Anne de Montmorency, seigneur de la Renaissance.  Publisud,  1990, in-8°,  416 pp, préface d'Alain Erlande-Brandenburg, 31 pl. de gravures et photos hors texte, 7 tableaux généalogiques, un croquis et une carte, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Intrigues gouvernementales et auliques, politiques religieuses, expéditions militaires, développements artistiques et intellectuels, rares sont en cette première moitié du XVIe siècle les domaines demeurés étrangers à l'activité du connétable Anne de Montmorency (1493-1567). Personnage clef de son époque, Montmorency l'est à l'actif comme au passif. A l'actif, car il contribua à fabriquer l'histoire de son temps ; au passif, car il est, de façon exemplaire, produit de son temps en ce qu'il n'échappa à aucune des contradictions animant la difficile genèse de l'Etat moderne. Homme d'Etat, le connétable remplit ses fonctions ministérielles avec la mentalité médiévale d'un grand officier de la couronne. Homme de guerre, il lui arrive de sacrifier les techniques de stratégie moderne au code suranné de l'éthique chevaleresque. Chef de famille d'une grande loyauté, il pratique une politique lignagière qui le met en contradiction avec ses prises de position religieuses. Homme de culture, il rayonne : Ecouen et Chantilly font à sa renommée un cortège sans cesse triomphal.

115.          BÉLY (Lucien)(dir.). Dictionnaire de l'Ancien Régime. Royaume de France, XVIe-XVIIIe siècle.  PUF,  1996, fort gr. in-8°,  xv-1384 pp, index thématique, index des noms : personnes et lieux, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale

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D'Abbayes à Versailles, de Cahiers de doléances à Jansénisme, de Code noir à Mazarinades, de Raison d'Etat à Système de Law, de Despotisme éclairé à Flibustiers, d'Edit de Nantes à Loi salique, ce dictionnaire reconstitue la mosaïque juridique, politique, morale, sociale et religieuse de l'Ancien Régime qui naquit le jour, ou plutôt la nuit du 4 août 1789, au moment même où il disparaissait. L'originalité principale de ce dictionnaire est de considérer l'Ancien Régime comme un monde en soi qu'il convient de connaître et de comprendre dans une perspective historique : il se dessine à la Renaissance, se consolide avec l'absolutisme et se transforme sous l'influence des Lumières. Ce dictionnaire de culture et d'érudition se veut ainsi un plan-relief alphabétique élaboré dans la longue durée.

Publié sous la direction de Lucien Bély. Conseil scientifique : Michel Antoine, Bernard Barbiche, Yves-Marie Bercé, Jean Chagniot, Jean-Pierre Gutton, Jean Imbert, Jean Jacquart, Bruno Neveu, Marc Perrichet, Jean-Pierre Poussou, Daniel Roche, Bernard Roussel. — "Le Dictionnaire de l'Ancien Régime, présenté par Lucien Bély et ses collaborateurs, offre un vaste panorama sur trois siècles d'histoire. Riche de 907 articles, l'ouvrage est un instrument de travail centré sur la France, mais qui n'exclue pas les références aux pays étrangers influencés par le modèle français, ni n'oublie les grands personnages qui ont marqué l'histoire. Tout est fait pour comprendre la monarchie française, ses institutions et ses structures sociales. Un tableau complet du royaume est brossé notamment par l'étude de la vie quotidienne. L'ouvrage repose sur des articles clairs suivis d'une bibliographie adaptée et de renvois pour compléter la lecture. La recherche est facilitée par des index par thèmes, noms de personnes et de lieux. Une référence pour comprendre la complexité de la France de l'Ancien Régime." (Loïs Klein)

116.          BONSAL (Stephen). Soldats de la Liberté.  Tallandier,  1952, pt in-8°,  345 pp, traduit de l'anglais (“When the French Were Here. A Narrative of the Sojourn of the French Forces in America, and Their Contribution to the Yorktown Campaign”), broché, bon état

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"L'idée de ce livre était de suivre l'itinéraire, de la baie de Narragansett à Yorktown, des troupes françaises du général Rochambeau qui ont aidé les colonies américaines à obtenir leur indépendance. Basé en grande partie sur les journaux intimes et les lettres des officiers français qui ont participé aux campagnes, le livre donne non seulement des comptes rendus de première main des manœuvres militaires, mais raconte aussi beaucoup sur les us et coutumes des Américains de cette époque. Claude Blanchard, commissaire en chef des forces françaises, écrit qu'il a assisté à un dîner à Newport où une tortue géante pesant entre trois et quatre cents livres, qui avait été amenée des Antilles, constituait le plat principal. Au banquet, selon Blanchard, les hommes étaient tous assis d'un côté de la table et les femmes de l'autre. La danse qui s'ensuit ne plaît pas au Français, car il trouve que les Américains "tendent et allongent les bras d'une façon qui est loin d'être agréable." (...) Marchant vers le sud depuis New York pour rejoindre les forces navales de l'amiral de Grasse opérant dans la baie de Chesapeake, les troupes françaises traversent Philadelphie en portant des manteaux aux parements roses et des bonnets de grenadiers aux plumes blanches et roses. Pas étonnant que les dames de Philadelphie aient été frappées d'étonnement. Puis direction Yorktown et la victoire, suivie d'un bal donné par le général Rochambeau à Williamsburg... Après avoir terminé ce livre délicieusement écrit, le lecteur ne peut s'empêcher de penser que le général Rochambeau a joué un rôle beaucoup plus important dans la Révolution américaine que son jeune contemporain, Lafayette..." (Raphael Semmes, Maryland Historical Magazine, dec. 1945)

117.          BOSWELL (James). Les Papiers de Boswell. Boswell veut se marier, 1766-1769.  Hachette,  1959, in-8°,  406 pp, traduit de l'anglais, préface de René Lalou, notes, broché, jaquette, bon état

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"James Boswell, écrivain anglais du XVIIIe siècle, né à Edimbourg en 1740 et dont le père était un haut magistrat d'Ecosse, a bénéficié d'un renouveau de célébrité à la suite de la découverte, il y a vingt cinq ans, de ses « Papiers », lettres et journal intime. Deux volumes, tirés de ces papiers, ont déjà paru en France (Hachette) ; “Amours à Londres” (1762-1763) et “Boswell chez les princes” (voyages en Europe, les cours allemandes, Voltaire, J.-J. Rousseau, 1764). Ce troisième volume est consacré aux années 1766-1769. M. René Lalou, dans une substantielle et élégante préface, retrace l'existence des plus curieuses de Boswell durant cette période. Boswell, qui se destinait primitivement à l'armée, avait poursuivi à Edimbourg et en Hollande ses études de droit et était devenu avocat ; c'est ainsi qu'il sera amené à avoir pour client le Corse Paoli. Sa vie se partage entre Edimbourg et Londres où il retrouve les écrivains en renom de son temps. On en connaît le détail par les lettres de Boswell adressées à Temple, son camarade d'études et son ami intime, qui deviendra pasteur, et par les pages sauvées de son Journal. Cet avocat songe beaucoup aux femmes tout en s'enivrant parfois, ce qui l'entraîne dans des aventures imprudentes et peu recommandables ; il entretient des liaisons éphémères et ne manque pas de s'étendre longuement sur les unes et les autres, ce qui ne l'empêche pas de songer au mariage. Il est d'un caractère à s'enflammer facilement, aussi le voit-on successivement éperdument amoureux d'une jeune servante, fille d'un jardinier, mais supérieure à sa condition par son esprit et ses manières, de Belle de Zuylen, Hollandaise qui deiendra Mme de Charrière, de miss Boisville, de miss Catherine Blair, de Marie- Anne Boyd, jeune et belle Irlandaise, enfin de sa propre cousine, miss Margaret Mongomerie. Après s'être plus ou moins fiancé avec l'une ou l'autre, c'est Margaret que finalement il épousera. Dans ces « Papiers », où Boswell ne dissimule rien de lui-même, revivent les mœurs de l'Angleterre du XVIIIe siècle." (Revue des Deux Mondes, 1959)

118.          BUISSON (Albert). Michel de L'Hospital (1503-1573).  Hachette,  1950, in-8°,  270 pp, 16 gravures hors texte, biblio et notes complémentaires, broché, couv. illustrée, bon état

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"Dans ce volume, d'une belle présentation, illustré de portraits, M. Buisson trace la carrière de L'Hospital et met au point la perspective de son attitude, parfois mal interprétée. Pour bien des Catholiques contemporains (Philippe II, le cardinal de Lorraine etc...), c'était un huguenot déguisé (sa femme était d'ailleurs, ouvertement protestante) ; tels Réformés d'alors le jugent au contraire, trop catholique. Le XVIIIe siècle en fait « un des saints de la tolérance philosophique ». Un historien contemporain réduit l'homme d'Etat au rôle de haut fonctionnaire, docile aux initiatives de Catherine de Médicis. M. Buisson rectifie ces thèses, reprend le sujet en s'appuyant sur une abondante bibliographie et nous rend en somme l'image traditionnelle du bon chancelier, profondément patriote, chrétien ferme et large à la fois. L'élément le plus original du livre est la mise au premier plan du parfait humaniste et du chrétien évangélique, selon la pré-Réforme, qu'a été Michel de L'Hospital..." (A. Paul, Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, 1951) — "Après tout ce qui a été écrit, depuis trois siècles et demi, sur le célèbre Chancelier, le sujet semblait difficile à renouveler. M. Albert Buisson a cependant réussi cette gageure. Tant par la documentation impartiale et minutieuse que par le luxe de l'édition, son ouvrage surclasse incontestablement les précédents. Il est vrai qu'il représente le fruit de quinze années de recherches et de travail personnels. Jusqu'ici les biographes étaient attirés dès l'abord par l'œuvre politique considérable de leur personnage..." (A. Lefas, Revue historique de droit français et étranger, 1950)

119.          CARCOPINO (Jérôme). Une terre normande à la veille de la Révolution. Verneuil.  PUF,  1967, in-12,  xii-68 pp, annexe, appendice, broché, couv. illustrée, soulignures stylo sur 4 pages, bon état. On joint 4 coupures de presse sur la mort de Jérôme Carcopino

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"Analyse d'un document un peu antérieur à la révolution française, découvert dans les registres de l'impôt du vingtième, à Verneuil (Eure). Il indique quels étaient les rendements (physiques) des terres emblavées, quelles étaient les méthodes de production, dans cette région fertile et proche de la capitale, comment s'établissait le prix de revient d'une culture et combien étaient payés les ouvriers qui effectuaient les labours, le battage et le fauchage. L'auteur rapproche ces renseignements de ce qui se passe aujourd'hui et constate deux changements fondamentaux : 1) La composition du prix de revient est différente. La main-d'œuvre représentait autrefois la quasi-totalité des dépenses, elle n'atteint aujourd'hui que le quart. – 2) Le taux de salaire a été multiplié par 2,2 entre 1778 (date du document) et 1906 (première étude de J. C), et encore par 4 entre 1906 et 1966 (nouvelle étude). L'auteur établit soigneusement la véracité du document, de même qu'il convertit les mesures physiques d'autrefois et suppute les changements du pouvoir d'achat de la monnaie. C'est un modèle de critique historique et un apport précieux à l'histoire économique du XVIIIe siècle." (Jean Valarché, Revue d'économie politique, 1969)

"Il s’agit d’un « petit travail sans prétention » publié en 1906 et aujourd’hui à nouveau édité avec un appendice. Partant d’un document découvert dans les registres de l’impôt du vingtième pour l’élection de Verneuil et emprunté au rôle de la paroisse de Gauville, pour l’année 1778, l’auteur avait démontré que le salaire d’un ouvrier agricole avait augmenté de 2,22 fois de 1778 à 1906, tandis que dans le même temps le bénéfice du propriétaire qui « faisait faire sa terre à l’argent » s’accroissait de 1,9 fois. Posant que la valeur réelle d’un franc 1906 est trois francs 1966, et établissant le compte d’exploitation d’un hectare, D. Bertier conclut que de 1906 à 1966 le salaire d’un ouvrier agricole a été multiplié par 4, alors que l’exploitant gagne en 1966 1,5 fois plus qu’en 1906. Ce petit volume permet d’utiles comparaisons entre 1778, 1906 et 1966. A la fin de l’Ancien Régime à Verneuil, la culture présentait encore un caractère extensif : assolement triennal fondé sur la jachère, insuffisance des engrais, absence de blé-froment, techniques traditionnelles (sciage du blé, absence de meules, battage au fléau en grange). De 1906 à 1966, le progrès a porté sur les engrais, qui en 1906 ne représentaient que 10 % des dépenses, – l’assolement, qui en 1906 comprenait encore une année de demi-jachère sur quatre (le guêret), – le machinisme qui n’existait pas, – le remembrement. Aujourd’hui, le tiers du coût de production représente les engrais et le quart celui de l’amortissement du matériel. En 1778, la main-d’œuvre absorbait la totalité de la dépense, et encore la quasi-totalité à 10 % près en 1906. Ainsi se mesure sur un exemple précis l’accélération de l’histoire." (Albert Soboul, Annales historiques de la Révolution française, 1968)

120.          CASTELOT (André). Madame de Maintenon.  Perrin,  1996, in-8°,  312 pp, 8 pl. de gravures hors texte, sources, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Si l'on excepte "L'Allée du Roi", ces mémoires imaginaires admirablement écrits et imaginés par Françoise Chandernagor à partir d'une solide documentation, il n'y avait pas eu depuis longtemps de biographie de Mme de Maintenon. Et pourtant, quel destin extraordinaire que celui de Françoise d'Aubigné qui, née à Niort en 1635 dans la prison où était incarcéré son mauvais sujet de père, mariée à dix-sept ans au poète Scarron, quadragénaire contrefait et paralytique mais spirituel, épousa secrètement Louis XIV en 1683. A défaut de plaisir et de bonheur, le mariage incongru avec Scarron lui valut d'attirer l'attention des personnages importants qui fréquentaient son salon. Belle, intelligente, fine et vertueuse (malgré une aventure fugace avec Villarceaux et une amitié peut-être saphique avec Ninon de Lenclos), elle s'y fit des relations qui l'introduisirent à la Cour. Gouvernante des enfants du roi et de Mme de Montespan, elle vit de plus en plus souvent Louis XIV qui apprécia d'abord son dévouement, sa dignité et son sérieux, puis la désira d'autant plus qu'elle ne se jeta pas dans son lit. La chute de Mme Montespan allait la consacrer. Le mariage secret du "plus grand roi du monde" (quarante-cinq ans) et de la veuve Scarron (quarante-huit ans), créée marquise de Maintenon, était un événement si incroyable que certains refusèrent d'admettre la rumeur qui se répandit vite. Si la duchesse d'Orléans déclara méchamment et injustement : "La guenon n'a jamais pu pardonner au Roi de ne l'avoir pas déclarée reine", il reste qu'elle sera "Madame Louis XIV" pendant trente-deux ans, un peu plus longtemps que ne le fut Marie-Thérèse... et que Sa Majesté l'honora avec une assiduité et une constance dont la première épouse n'avait pas bénéficié. André Castelot se fonde essentiellement sur les témoignages des contemporains et sur la nombreuse correspondance de Mme de Maintenon pour conter son histoire et tenter de déterminer son influence qui semble avoir pesé plus sur la vie de la cour que sur la politique.

121.          CAZAUX (Yves). Henri IV ou la grande victoire.  Albin Michel,  1977, gr. in-8°,  488 pp, une carte, chronologie, généalogies, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats (bords lég. frottés), bon état

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Henri IV de 1584 à 1595. — Une somme irremplaçable sur le règne, court et difficile, contesté de son vivant puis glorifié jusqu'à l'absurde, de celui qui fut l'un des rois les plus énigmatiques et les plus attachants des temps modernes.

 "L'auteur étudie la période de la montée du roi de Navarre vers le pouvoir et de la conquête du royaume par Henri IV (1584-1595). Son livre s'appuie sur : une importante bibliographie bien exploitée, les sources originales ainsi que les travaux récents. L'époque de la fin des guerres du XVIe siècle est l'une des plus compliquée de notre histoire, par les antagonismes religieux, politiques, sociaux et personnels ; par les interventions étrangères ; par les intrigues machiavéliennes qui provoquent les divisions, non seulement entre les camps opposés, mais tout autant à l'intérieur d'entre eux, où se heurtent les ambitions rivales. Période confuse, donc, que l'auteur présente avec talent et clarté, sans omettre de replacer l'histoire politique, diplomatique et militaire en son cadre social et culturel. La misère du peuple ; la politique changeante de la papauté ; le rôle, dans le salut de la France, du patriotisme de la robe gallicane et de la xénophobie de la bourgeoisie parisienne sont particulièrement bien évoqués. M. Cazaux développe une pensée originale sur de nombreux points. Il insiste notamment sur le rôle du néo-platonisme et de l'hermétisme dans la formation intellectuelle de Henri IV et de son entourage familial. Il estime que Henri III fut toujours enclin à favoriser son cousin et beau-frère. (...) La conclusion de l'auteur est forte et appelle la réflexion. La grande victoire c'est la victoire de Henri IV sur lui-même ; sa clémence envers ses ennemis qui, eux, ne désarmèrent pas, parce qu'ils estimaient, et c'est l'opinion de M. Cazaux lui-même, qu'il avait changé d'Eglise sans changer de foi. L'ouvrage est tout à fait recommandable par le caractère sérieux de sa documentation et l'intérêt du récit qui le rend accessible à tout public cultivé." (H. Dubief, Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, 1980)

122.          CHOISEUL (Etienne François, duc de). Mémoires du duc de Choiseul. Préface et textes de liaison de Jean-Pierre Giucciardi. Notes de Philippe Bonnet.  Mercure de France,  1983, in-8°,  334 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

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Celui qui naquit le 28 juin 1719, s'engagea à vingt ans dans l'armée, devint maréchal de camp, ambassadeur à Rome et à Vienne, puis, toujours assisté des bons soins de sa tendre amie la marquise de Pompadour, occupa pendant douze ans les postes clés du secrétariat d'État des Affaires étrangères, de la Guerre et de la Marine, qui négocia l'acquisition de la Corse et la conclusion du pacte de famille, écrivait à Voltaire en pleine guerre de Sept Ans : "J'aime mon plaisir à la folie ; j'ai une très belle et très commode maison à Paris ; ma femme a beaucoup d'esprit ; ce qui est fort extraordinaire, elle ne me fait pas cocu ; ma famille et ma société me sont agréables infiniment... On a dit que j'avais des maîtresses passables, je les trouve, moi, délicieuses dites-moi, je vous prie, quand les soldats du roi de Prusse auraient douze pieds, ce que leur maître peut faire à cela ?" Les lettres et les pièces justificatives qui forment les Mémoires du duc de Choiseul jettent sur ce personnage hors du commun, sur la politique de son temps, sur ses relations avec Louis XV, sur la cour de Versailles, des jours passionnants et des éclats d'une dureté saisissante.

123.          CHOUPPES (Aymar, marquis de). Mémoires du marquis de Chouppes, lieutenant général des armées du Roi, suivis des Mémoires du duc de Navailles et de La Valette, pair et maréchal de France et gouverneur de Monseigneur le duc de Chartres (1630-1682) ; revus, annotés et accompagnés de pièces justificatives inédites par M. C. Moreau.  P., J. Techener,  1861, in-8°,  xxvii-278-233 pp, index, broché, bon état

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La meilleure édition de ces mémoires. Chouppes, mort en 1673, était le commandant de l'Artillerie de France. "Ses mémoires sont très importants au point de vue militaire parce qu’ils nous retracent les divers épisodes des campagnes et parce qu’Aymar de Chouppes a été l’un des premiers commandants de l’artillerie en France. Ils sont utiles à la fois pour la fin du règne de Louis XIII et pour l’histoire militaire de la Fronde." (Bourgeois et André, II, 747).

124.          DARMON (Pierre). Le Mythe de la procréation à l'âge baroque.  Jean-Jacques Pauvert,  1977, gr. in-8°,  283 pp, 59 gravures dans le texte, biographies de quelques médécins et savants in fine, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"Dans ce livre passionnant Darmon nous fait traverser toute cette époque des premières découvertes sur la procréation, à la lumière des questions saugrenues, des hypothèses parfois fort pertinentes et des explications aux accents poétiques ou relevant d'un pur fanatisme religieux. Ainsi, pour répondre à la question, « les femmes peuvent-elles procréer sans hommes ? », on édifiera toute une argumentation religieuse sur la copulation avec le diable, ce qui amènera des millions de femmes, considérées comme sorcières, au bûcher. Ce sont aussi les explications religieuses et morales qui pendant des siècles justifient la majorité des cas de malformation, de mutilations et de monstruosité, choses qui dépendent évidemment des femmes ! Extrêmement intéressants, les chapitres sur l'obstétrique et l'accouchement baroque méritent d'être lus. Bref, Le mythe de la procréation à l'âge baroque est un excellent outil de travail pour toutes les femmes intéressées à approfondir ces questions." (Louise Vandelac, Les cahiers du GRIF, 1977)

125.          DARNTON (Robert). La fin des Lumières. Le mesmérisme et la Révolution.  Perrin,  1984, in-8°,  220 pp, 16 pl. de gravures hors texte, qqs fac-similés, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Au début de 1778, un médecin viennois, Franz-Anton Mesmer, arrive à Paris où il expose une théorie quelque peu exotique : selon lui, l'univers baigne dans un fluide qui est source de phénomènes comme la chaleur, la lumière, l'électricité et le magnétisme, mais c'est son application à la médecine dont Mesmer fait valoir l'importance. Pour rétablir la santé et l'harmonie de l'homme avec la nature, il entreprend alors d'étranges séances de guérison qui vont être à l'origine d'un engouement extraordinaire. Bientôt le mesmérisme devient, entre les mains d'hommes comme Nicolas Bergasse et Jacques-Pierre Brissot, une théorie politique camouflée, proche de celle de Rousseau. En montrant les rapports du mesmérisme avec la pensée politique et les notions scientifiques de l'époque, Robert Darnton apporte, dans cet ouvrage, une contribution décisive à l'étude de la diffusion des idées dans la société française de la fin du XVIIIe siècle.

126.          DECHENE (Louise). Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle. (Thèse).  Plon,  1974, fort in-8°,  588 pp, 7 cartes, tableaux, graphiques, sources et biblio, couv. illustrée, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Civilisations et mentalités). Thèse de doctorat, sous la direction de Robert Mandrou (Prix du Gouverneur général et Prix François-Xavier-Garneau)

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"De la splendeur du Grand Roi, de la méthodique organisation colbertique, du génie des grands capitaines, des gouverneurs et des intendants, des aventures enlacées du coureurs des bois, du missionnaire et du "sauvage" (comme on disait là-bas), on ne trouvera dans ce livre neuf aucune reprise, admirative, cocardière ou nostalgique. Louise Dechêne s'installe tranquillement, dans le temps qu'a vécu le Grand Roi, qui l'était aussi de la Nouvelle-France, au cœur de cette "île" de Montréal cernée par l'immense Saint-Laurent : un fortin avec ses marchands, ses soldats et ses prêtres, des fermes sur les "côtes", quelques groupes languissants et instables d'Indiens. Ce qui l'intéresse, ce sont les gens venus de si loin : d'où ils venaient et pourquoi, comme ils ont vécu, travaillé, enfanté, prié, pensé. Mille à la mort de Colbert ; quatre mille à la mort de Louis XIV. Sortis de cette écharpe de pays, qui va de Dieppe à Bordeaux. Normands, Angevins, Poitevins et gens d'Aunis surtout, solides cadets chassés par le manque de terre et une pauvreté qui n'était pas vraiment le dénuement, médiocrement qualifiés, "engagés" le plus souvent et en somme demi-esclaves, des soldats aussi, plus des femmes, surtout parisiennes, qu'il a bien fallu leur dépêcher, et qui ne sortaient pas toutes des meilleurs couvents. L'éloignement indicible et aujourd'hui incompréhensible, les rigueurs inattendues d'un climat excessif, des horizons illimités, un travail également illimité. Pour les mieux placés, les plus avisés ou les plus résistants, la fourrure est l'essentiel : son ramassage après des courses insensées, des négociations dures et généralement illégales (l'eau-de-vie...), un risque de non-retour, un risque égal d'être volé par le marchand montréalais, le négociant québécois, l'armateur rochelais bien placé en bout de circuit..." (Pierre Goubert, Le Monde, 1er nov. 1974)

La thèse de doctorat de Louise Dechêne, publiée sous le titre "Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle" a marqué un tournant dans la pratique de l’histoire de l’Amérique française. C'est une tentative réussie pour rendre intelligible une société coloniale. Jusque là, la vie canadienne semblait tellement assujettie à l'arbitraire : celui de l'Ancien Régime ou celui d'archétypes (les coureurs de bois, etc), que l'historiographie avait de la difficulté à y voir une véritable société. Ce livre a marqué le début d'une phase nouvelle dans l'étude de l'histoire du Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles. — Louise Dechêne (1928-2000) est une historienne québécoise de renom. Professeure à l’Université de Montréal et à l’Université d’Ottawa puis, pendant près de deux décennies, à l’Université McGill, elle est l’auteur de plusieurs études historiques marquantes.

127.          DU BOSQ de BEAUMONT (G.) et M. BERNOS. La Cour des Stuarts à Saint-Germain-en-Laye, 1689-1718.  Emile-Paul,  1912, in-8°,  xii-400 pp, 6 gravures hors texte, index, broché, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française, prix Thiers 1913)

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"Intéressante histoire des émigrés anglais en France à la suite de la révolution de 1688. Cette période de notre vie nationale est tellement mêlée aux événements d'Angleterre, qu'on peut considérer le présent volume comme un chapitre – et l'un des plus attrayants – de nos propres annales. Nous attirerons spécialement l'attention de nos lecteurs sur le chapitre VI, consacré tout entier à la vie mystique de celui qui fut Jacques II et qui devait mourir sans regagner son trône." (La Croix, 24 juillet 1912)

"MM. du Boscq de Beaumont et Bernos, viennent de conter un des épisodes les plus intéressants et les plus dramatiques de la chronique de Saint-Germain en faisant le récit des trente années durant lesquelles les Stuart y tinrent leur cour. On se rappelait que Jacques II  avait jadis vaillamment combattu pour la France, aux côtés de Condé, de Turenne et de Catinat. A la vérité, nul ne reconnaissait le brillant soldat d'autrefois dans ce quinquagénaire fatigué et dévot qui portait mal l'épée, enfonçait jusqu'au nez son grand chapeau, et s'exprimait sur ses infortunes avec une désobligeante volubilité.« II a bien du courage, écrivait Mme de Sévigné. Il est bon homme. » Comment ce « bon homme », de malchance en maladresse, perdit l'espoir de jamais reconquérir sa couronne, comment s'éclaircirent peu à peu les rangs de ses partisans, comment les revers de Louis XIV entraînèrent le désastre définitif de la cause jacobite, c'est une histoire très lamentable et très dramatique : elle fait le sujet du livre de MM. du Boscq de Beaumont et Bernos." (Journal des débats politiques et littéraires, 9 août 1912)

128.          FAURE (Edgar). La Banqueroute de Law. 17 juillet 1720.  Gallimard,  1977, fort in-8°,  (6)-742 pp, 31 gravures hors texte, chronologie, biblio, index, broché, rhodoïd, bande éditeur conservée, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France),  envoi a.s. à  l'écrivain de science-fiction et de romans policiers Gilles-Maurice Dumoulin, dit Vic St Val

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"Edgar Faure vient de publier une stimulante histoire du « Système ». Certes l'émeute de la rue Vivienne ne mérite pas d'être inscrite parmi les grands événements de l'histoire, mais c'est la date que l'on peut assigner à l'échec de la nouvelle monnaie. A partir de ce jour, la banque mettant fin à la convertibilité de ses billets, commencèrent le déclin et l'agonie d'une entreprise à laquelle la démission du Contrôle général, le 9 décembre, puis la fuite, mirent fin quelques mois plus tard. Notre connaissance de l'expérience de Law, en dépit de plusieurs centaines de mémoires et de monographies, en dépit des oeuvres majeures de Forbonnais (1758), de Levasseur (1854) et Luthy (1959), demeure imparfaite et confuse. E. Faure nous apporte non seulement une heureuse synthèse, mais encore toute une série d'aperçus nouveaux, d'hypothèses pertinentes et de résultats inédits. (...) Ajoutons que la bibliographie critique qui figure en fin de volume et qui est due à P. Harsin, un des meilleurs connaisseurs de l'histoire des finances et des doctrines économiques, contribue aussi au plaisir, à l'intérêt de la lecture et de la découverte." (Pierre Deyon, Annales ESC, 1979)

129.          GIONO (Jean). Le Désastre de Pavie. 24 février 1525.  Gallimard,  1963, in-8°,  xxxvi-364 pp, 32 pl. de gravures hors texte, cartes, chronologie, biblio, index, broché, bande éditeur conservée, bon état (Coll. Trente journées qui ont fait la France)

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Le désastre de Pavie, c’est l’occasion inespéré pour un romancier de raconter une histoire vraie qui est en soi totalement romanesque. D’entrée, les personnages sont campés : un beau roi, séducteur, dont l’appétit de vivre n’a d’égal que l’ambition d’être le prince des Arts et des Lettres, au point qu’il vient juste d’imposer le français d’Île-de-France comme la langue administrative et officielle du royaume et qui se cache pas qu’il est fasciné par la Renaissance italienne qu’il vient de découvrir de l’autre côté des Alpes ; en face, un personnage sombre, voire sinistre, obsédé par son salut au point, dans quelques années de renoncer à son formidable trône et pouvoir sur l’Allemagne, l’Autriche, les Flandres, l’Espagne et le Nouveau-Monde pour se retirer vivre de macérations dans un couvent. Une bataille en décidera autrement, le roi de France sera déporté à Madrid, devra jurer la paix puis se parjurer, une fois libéré. Giono n’a pas à forcer son talent pour narrer cet incroyable scénario. Il en restera l’essentiel : pour des siècles, une politique étrangère qui aura pour seul objectif l’abaissement de la maison d’Autriche.

130.          GLEIZES (Henri). Thierry de Ville d'Avray (1732-1792), premier maire de Versailles : Faire fortune à la cour sous l'Ancien Régime.  Tallandier,  1988, in-8°,  216 pp, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment réussir à la cour en suscitant les "bontés" du roi ? Au XVIIIe siècle, les rapports à base de paternalisme que le roi et la reine entretiennent avec leurs domestiques, ont été quelquefois à l'origine de fortunes fulgurantes. De 1760 à 1789, l'ascension sociale de Marc-Antoine Thierry, fils d'un simple huissier de la chambre, fait figure de véritable parcours du combattant aux embuches redoutables, dans un dédale d'intrigues, de jalousies, de services donnés et rendus. Une fois premier valet de chambre de Louis XVI, tout devient possible. La fréquentation quotidienne du roi, d'abord banale, se fait plus intime : confidences, suggestions, recommandations... La fortune est là ; pension, croupes sur la ferme générale, cadeaux du roi rapidement négociés au prix fort, tel ce terrain dit du "chien vert" donné par Monsieur en 1776 et revendu au roi pour 220 000 livres. Un monde de passe-droits, d'abus et de privilèges contre lesquels se heurteront en vain plusieurs contrôleurs des finances et non des moindres : Turgot, Necker. Surintendant des cabinets du roi, commissaire général de la Maison chargé du garde-meuble et des joyaux, en 1789, Marc-Antoine Thierry, seigneur et baron de Ville d'Avray, maire de Versailles, a de quoi être satisfait. Les 3000 livres de pension accordés en 1760 ont fait des petits : 1 million 700 000 livres de biens, terres et châteaux. Les grands seigneurs sont ses amis, ses filles "convenablement" mariées. La Révolution emporte la cour comme la ville. Thierry meurt d'un coup de pique en septembre 1792...

131.          GOUBERT (Pierre). Mazarin.  Fayard,  1990, in-8°,  572 pp, sources et biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Mazarin (1602-1661) ne fut pas seulement l'inquiétant arriviste à l'accent italien qui profita de la Régence d'Anne d'Autriche durant l'enfance de Louis XIV que nous a légué une certaine légende, ni non plus la cible des mazarinades durant la Fronde. Il fut aussi, comme le souligne ce livre, un très grand premier ministre, parachevant l'oeuvre de Richelieu, qui avait été son protecteur et le désigna comme son successeur. On lui doit d'avoir achevé la guerre avec l'Espagne et avec l'Empire, la réunion au royaume de l'Alsace, de l'Artois, du Roussillon, de la Cerdagne et du sud du Luxembourg. Il sut aussi s'entourer de ministres remarquables Fouquet, Le Tellier, Colbert qui formeront l'armature de la haute administration de Louis XIV. Bref, il prépara le règne exceptionnel de ce dernier. Il n'y eut pas ainsi un seul "grand cardinal" mais bien deux, et cette biographie menée de main de maître par le grand historien qu'est Pierre Goubert le rappelle avec éclat.

132.          GRUSSI (Olivier). La Vie quotidienne des joueurs sous l'Ancien Régime à Paris et à la cour.  Hachette,  1985, in-8°,  257 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Ouvrage issu de la thèse de doctorat de troisième cycle d'histoire intitulée « Les jeux d’argent à Paris et à la Cour de 1667 à 1789 », soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne en 1985. — Le classicisme et l'ordre louisquatorzien, la raison et l'harmonie des Lumières ? Façade que tout cela : la France d'Ancien Régime était folle, folle de jeu. De l'avènement du Roi-Soleil à la Révolution, ce ne fut qu'angoisse, et fièvre autour de cartes, de dés et de petites boules numérotées ! Mme de Montespan perdait en une nuit plus de trois millions de livres à la bassette, le brelan engloutissait dans les cabarets les maigres salaires des artisans, les vertueux parlementaires étaient eux-mêmes les plus fidèles piliers des jeux clandestins de pharaon, et tous en oubliaient à la fois leur métier, leur famille et leur religion... Le jeu délassait les uns, distrayait les autres, mais il provoquait aussi des drames : les ruines, les suicides et les crimes ne se comptaient plus. Fascination morbide de la déesse Fortune, mais aussi réflexe anti-étatique qui opposa tout le monde du jeu à la police qui s'acharna contre les jeux de hasard, les maisons de jeu clandestines et l'inquiétante population de tricheurs professionnels qui hantait ces milieux. Mais la guerre était perdue d'avance, car l'État, dont l'idéologie très chrétienne condamnait pourtant violemment le jeu, ne semble pas vraiment avoir eu l'intention d'en venir à bout : il constituait certes une grave source de désordre, mais aussi une soupape de sureté idéale dans une société d'ordre, et d'ordres, trop bien réglée.

133.          LAPIE (Pierre-Olivier). Cromwell.  Flammarion,  1949, in-8°,  281 pp, chronologie, biblio, broché, bon état

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"Une remarquable biographie de Cromwell." (Jacques de Maupéou)

Dans ses entretiens avec Marc Heurgon, Jacques Le Goff raconte que c'est lui qui a rédigé une bonne partie de l'ouvrage : "... Avant de partir en Tchécoslovaquie, j'avais pris contact avec Victor-Lucien Tapié, professeur à la Sorbonne et grand spécialiste de l'histoire tchèque. Il avait été pour moi d'une extrême gentillesse... Or, Victor-Lucien Tapié avait un cousin qui, socialiste à l'époque, était ministre de l'Éducation nationale. C'était Pierre-Olivier Lapie, qui est mort récemment, à plus de quatre-vingt-dix ans. Notre ministre était à la recherche d'un nègre pour lui écrire un livre sur Cromwell, qui, espérait-il, lui ouvrirait les portes de l'Académie française. Je me suis plongé dans la littérature sur Cromwell et j'ai rédigé une bonne partie du livre de Lapie. Je n'ai pas aimé Cromwell, mais Lapie était sympathique." ("Une vie pour l'histoire", 1996)

134.          LA VARENDE (Jean de). Suffren et ses ennemis.  Flammarion,  1967, in-8°,  314 pp, 8 croquis de l'auteur, broché, couv. illustrée, bon état

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Un ouvrage où La Varende, rapportant des traditions familiales, se fait l’écho du milieu de la marine du XIXe siècle où Suffren était tout autant haï qu’admiré. L'écrivain rapporte de nombreuses anecdotes, plein de verve quand il évoque celui qu’on appelait parfois le « gros calfat ».

135.          LUBERSAC (Jean Baptiste Joseph de, évêque de Chartres). Supplementum Breviarii Carnotensi, illustrissimi et reverendissimi in Christo Patris.  Parisiis, Cl. Simon,  1782, in-12,  210-(2) pp, qqs figures gravées en culs-de-lampe, reliure plein veau marbré, dos lisse richement orné, pièce de titre basane carmin, encadrement doré sur les plats, tranches dorées, coupes guillochées (rel. de l'époque), mors lég. abîmés, coiffe inf. arasée, bon état

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La carrière épiscopale de Jean-Baptiste-Joseph de Lubersac (1740-1822) commence avec sa nomination à l'évêché de Tréguier en 1775. En 1780, il est transféré au diocèse de Chartres. Il fait publier un nouveau bréviaire et missel, inspiré des livres liturgiques parisiens. Il fait venir de Tréguier l'abbé Sieyès, qu'il nomme chanoine, chancelier et grand vicaire. Il est élu député du clergé du bailliage de Chartres aux états généraux (1789). Il est l'un des promoteurs de la fusion des trois ordres et de l'abolition des privilèges. Puis, opposé aux décrets religieux de la Constituante, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé (1790). Il émigre alors en Angleterre puis à Hildesheim en Allemagne. A son retour en France, il résigne son siège. Après le Concordat de 1801, il refuse un siège épiscopal afin de n'être pas contraint de nommer des prêtres constitutionnels. Bonaparte le nomme chanoine de Saint-Denis lors de la formation de ce chapitre. En raison de son âge, il refuse de retrouver son ancien siège de Chartres, que Louis XVIII lui propose en 1817.

136.          MAURIAC (François). La vie de Jean Racine.  Plon,  1928, in-12,  255 pp, reliure demi-toile citron (lég. salie), pièce de titre basane abricot, couv. et dos conservés, bon état (Le Roman des grandes existences). Edition originale, un des 1150 ex. numérotés sur papier pur fil Lafuma (n° 1032)

            25

« Parce qu'avec ce maître choisi [je me sens] accordé », Mauriac explique ainsi qu'« entre mille autres », il ait entrepris cette biographie. Mieux vaudrait dire: cet essai. Les événements tiennent peu de place, les oeuvres poétiques et théâtrales sont sollicitées, surtout Phèdre, dont il réhabilite l'héroïne. Mais c'est à l'histoire d'une âme qu'il s'attache, du péché à la conversion, l'âme racinienne à l'image de la sienne, saisie alors en plein drame. Mauriac connaît, lui aussi, « les moments où tout se ligue contre Dieu », l'acharnement des dévots. Il partage la vulnérabilité de l'auteur janséniste. Tous deux se comptent parmi « ces âmes troublées propres à créer des oeuvres vivantes ».

137.          MONGRÉDIEN (Georges). Cyrano de Bergerac.  Berger-Levrault,  1964, pt in-8°,  228 pp, 21 gravures, biblio, reliure toile rouge de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            20

"Nous offrons au lecteur un Cyrano authentique, qui ne tend nullement à faire oublier celui du poète, mais à permettre aux curieux de comparer l'histoire et la légende."

"Un livre bien fait pour intéresser les spectateurs et satisfaire la curiosité des érudits. (...) M. Georges Mongrédien, dont nul n'ignore la connaissance particulièrement étendue des événements et des personnalités du Grand Siècle, a pris à cœur de reconstituer une vie authentique et aussi complète que possible du véritable Cyrano, Parisien du quartier des Halles et homme de grand savoir. Cette biographie permet de préciser les libertés prises avec Clio par Rostand ; mais, elle énumère aussi les sources utilisées par le poète et décèle chez lui une connaissance approfondie des textes de l'époque. (...) Cette vie réelle de Cyrano, est, grâce à la science et à l'art de M. Mongrédien, presqu'aussi attrayante et entraînante que le chef-d'œuvre de Rostand." (A. Gavoty, Revue des Deux Mondes, 1964)

Si Théophile Gautier l'a réhabilité, et qu'il fut ensuite rendu célèbre par Edmond Rostand aux quatre coins de la planète , Cyrano de Bergerac a bel et bien existé. Mais qui était cet écrivain méconnu ? Georges Mongrédien nous présente l'homme, sa famille, son milieu, son temps, en se fondant sur des témoignages de contemporain et des documents d'archives.

138.          MUCHEMBLED (Robert). La Sorcière au village (XVe - XVIIIe siècle).  Julliard/Gallimard,  1979, in-12,  241 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Archives)

            20

"D'où date la sorcière ? Je dis sans hésiter : des temps du désespoir." Consolatrice et révoltée pour Michelet, servante du diable pour la tradition démonologique, la sorcière fascine l'Occident depuis cinq siècles. C'est une autre approche qu'en propose Robert Muchembled, en replaçant la sorcellerie dans la culture traditionnelle. Acceptée au village, elle y a longtemps assuré, face aux malheurs des temps, une économie du surnaturel. Pourchassée, elle manifeste encore, contre elle, la cohésion du groupe. Exorcisée par les triomphes de la raison, peut-elle disparaître de nos campagnes ?

139.          NEWTON (William Ritchey). L'espace du roi. La Cour de France au château de Versailles, 1682-1789.  Fayard,  2000, gr. in-8°,  588 pp, préface de Jean-Pierre Babelon, 32 pl. de plans hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            45

En établissant sa résidence et le siège de son gouvernement hors de Paris, Louis XIV se trouva contraint de loger sa Cour avec ses dignitaires et ses officiers. Un siècle durant, le palais abrita ainsi plusieurs milliers de personnes entassées vaille que vaille dans quelque 350 appartements. Dès lors, l'histoire de la Cour n'est pas seulement celle de l'observance de rites figés mais aussi celle d'incessantes demandes d'attribution de logements, de travaux et de transformations perpétuels. Au prix d'une érudition époustouflante, en voici la chronique enfin dressée sur plus d'un siècle par l'un de ces Américains amoureux de Versailles. Non seulement elle renouvelle en profondeur l'histoire monumentale du palais, mais encore et surtout elle permet de voir se succéder – en particulier au fil d'un copieux index-dictionnaire de la Cour – dans les lieux trois ou quatre générations d'occupants, héros de mille et une anecdotes. Elle revient à écrire l'histoire politique des règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI à travers les hauts et les bas des familles et des coteries qui ont – durablement ou pour un temps – tenu le haut du pavé auprès du monarque. Cette très originale recherche apporte à la connaissance de l'Ancien Régime une contribution décisive.

140.          PASCAL (Pierre). La Révolte de Pougatchëv.  Julliard,  1971, in-12,  274 pp, 16 pl. de gravures hors texte, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            20

Dans la Russie de Catherine II, l'impératrice philosophe, les aventures d'un imposteur : Emilien Pougatchëv, le faux tsar, prend la tête des peuples de la steppe, entre la Volga et l'Oural, jaloux de leur autonomie, impatients du joug russe. A travers les chroniques, les pièces de l'instruction et du procès, les actes de la répression, Pierre Pascal retrace ce que fut, jusqu'à sa fin cruelle, cette épopée ambiguë aux marges de l'Europe des Lumières. — "Sous la forme narquoise et modeste d'une chronique, Pierre Pascal nous donne le tableau le plus pénétrant de la Russie des confins et de la révolte « à la russe ». Livre unique, le meilleur sur le sujet dans aucune langue, plein de poésie et de profondeur, avec la royale simplicité des grands maîtres au soir de leur vie." (Annales ESC, 1971)

141.          PERRAULT (Gilles). Le Secret du Roi. 1. La Passion polonaise. 2. L'Ombre de la Bastille. 3. La Revanche américaine.  Fayard,  1992-1996, 3 vol. gr. in-8°,  584, 538 et 562 pp, 4 cartes dont 2 en couleurs, biblio et index dans chaque volume, brochés, couv. illustrées, bon état (prix Médicis-Essai 1993)

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Les "services secrets" de Louis XV.

1. Trente ans durant, de par la volonté de Louis XV, un service secret fonctionna à l’insu des ministres et de la cour. Son objectif ? Asseoir un Français sur le trône de Pologne et organiser un débarquement sur les côtes anglaises. Techniquement, ce "Secret du Roi" fait entrer la France dans l’ère du renseignement moderne : réseau nombreux, strictement cloisonné, à vocation européenne, poursuivant des objectifs à long terme. La chronique mouvementée du Secret est facile à reconstituer car tout était écrit (ordres de Louis XV, rapports des agents...), et les archives nous sont parvenues presque intactes. Enquêteur passionné et rigoureux, Gilles Perrault fait revivre les figures de ces hommes de l’ombre – Vergennes, d’Eon, Breteuil, Beaumarchais, Broglie, Dumouriez…– qui tentèrent, en s’y brisant le plus souvent, de modifier le cours de l’Histoire.

2. Le jeune chevalier d'Eon menace de trahir au profit des Anglais, la comtesse du Barry, maîtresse du roi, s'ingénie à entraver l'action de cette organisation qui échappe à son contrôle. Et certains de ces hommes qui en savent trop feront bientôt connaissance avec l'ombre de la Bastille...

3. A son avènement en 1774, l'un des premiers actes de Louis XVI est de dissoudre le "Secret", fondé dix-huit ans plus tôt par son grand-père Louis XV. Mais le service disparu, ses agents demeurent, et ils n'entendent pas renoncer à jouer leur partie dans les grands événements du monde. Or l'Amérique bouge. Les Insurgents bravent la tutelle anglaise, et le numéro un du Secret, Charles de Broglie, conçoit le projet de leur venir en aide. C'est cette entreprise clandestine, à la fois raisonnée et folle, méthodique et démesurée... Entrent en scène Beaumarchais, Dumouriez, le fantasque chevalier d'Eon, et enfin La Fayette, jeune aristocrate sans grand relief à qui Broglie va forger un extraordinaire destin... Autour d'eux, toutes les grandes figures du temps, de Turgot et Vergennes à Benjamin Franklin, sans oublier Louis XVI et Marie-Antoinette, peu à peu dépossédés, au milieu de la cour de Versailles, d'un siècle qui leur échappe...

142.          ROCHAMBEAU (Marquis de). Lettres d'Antoine de Bourbon et de Jehanne d'Albret, publiées pour la Société de l'Histoire de France, par le Mis de Rochambeau.  P., Renouard,  1877, gr. in-8°,  xl-417 pp, index, reliure demi-maroquin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres, fleurons et date dorés, tranche sup. dorée, bon état. Bel exemplaire, finement relié et sans les habituelles rousseurs

            180

Plus de deux cents lettres inédites (239 exactement), comprises entre les années 1538 et 1572, tirées des archives ou bibliothèques de France, d'Angleterre et de Russie, les unes intimes, nous initiant aux mœurs privées du XVIe siècle, les autres politiques, relatives aux guerres avec Charles-Quint ou aux guerres de religion.

"En 1877, le marquis de Rochambeau a fait paraître 239 Lettres d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, dont environ 150 du roi de Navarre, suivies en annexe de la référence de toutes les lettres du roi et de la reine connues de lui mais non intégrées à son édition. Seulement 12 avaient été publiées auparavant, dont 7 dans le recueil tiré des papiers de De L'Aubespine (Négociations, lettres et pièces diverses relatives au règne de François II, 1841). L'ouvrage de Rochambeau répond tout à fait aux exigences scientifiques :l'éditeur a puisé dans des fonds très divers, de la Bibliothèque nationale au British Museum en passant par la Bibliothèque impériale de Saint-Petersbourg et par les archives départementales ou privées. Il respecte l'orthographe d'origine, indique les lettres autographes. Les correspondants du roi sont variés et de première importance : Henri II, le connétable de Montmorency, le duc de Guise, par exemple, en font partie. De plus, la proportion de lettres à Jeanne d'Albret est conséquente, ce qui augmente encore pour nous l'intérêt de cette édition : il est très rare d'avoir accès ainsi à une correspondance intime entre époux. (...) Devenu roi de Navarre avec l'accord de sa femme Jeanne d'Albret, Antoine de Bourbon (1518-1562) est un prince du sang qui a passé beaucoup de temps à la Cour de France, et a joué, avec son frère le prince de Condé, un rôle non négligeable dans les premiers troubles, en prétendant à la régence de France contre Catherine de Médicis. Seuls deux historiens du XIXe siècle semblent s'être attachés à ce personnage, et encore est-ce pour l'étudier en parallèle avec sa brillante épouse. Achille de Rochambeau a mis au jour les Lettres d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret (1877). Alphonse de Ruble a publié une biographie en quatre volumes (Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret, 1886). Par la suite, nous n'avons repéré aucun autre travail portant spécifiquement sur lui." (Chloé Pardanaud-Landriot, Plumes royales, 2012)

143.          ROMAN (Alain). Saint-Malo au temps des négriers.  Karthala,  2001, gr. in-8°,  357 pp, préface de Jean Delumeau, 12 pl. de photos hors texte, 38 tableaux, cartes, encadrés et illustrations, annexes, glossaire, index des navires, index des hommes de la traite, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Michelet opposait Saint-Malo, la ville des corsaires, à Nantes, celle des négriers. Cette image, simpliste et flatteuse, avait de quoi satisfaire l'historiographie malouine, plus soucieuse de célébration que de précision. La réalité est pourtant incontournable : en cent cinquante ans, Saint-Malo a vu partir environ 250 expéditions de traite qui ont assuré le transport de près de 80 000 captifs africains. Cette réalité situe la patrie de Surcouf à la cinquième place des ports négriers français et la véritable question qui se pose à l'historien c'est justement de savoir pourquoi ce rang est si modeste. Et peut-on accepter ce jugement de Roger Vercel, fin connaisseur de l'âme malouine, qui affirmait dès 1948 : "Saint-Malo a vendu du bois d'ébène, avec le seul regret de n'en point vendre davantage" ? Une expédition négrière est une opération longue, complexe et coûteuse. S'appuyant sur une documentation abondante et, en grande partie inédite. Alain Roman en décrit les rouages. Avec lui nous rencontrons les armateurs qui rassemblent le capital et achètent les cargaisons nécessaires dans l'Europe entière. Au pied des remparts de la ville nous suivons les préparatifs : recrutement des équipages et des capitaines, aménagement des navires, embarquement des marchandises. Nous accompagnons le capitaine Ohier de Grandpré sur les côtes d'Afrique où il achète ses captifs avant de leur faire traverser l'Atlantique. Un pan inconnu de l'histoire de Saint-Malo est enfin dévoilé. Qui a participé au commerce négrier ? Ce trafic pouvait-il rapporter gros ? Pouvait-on être à la fois corsaire et négrier ? Quelle fut la position des Malouins dans le débat sur l'abolition de l'esclavage et la suppression de la traite ? Voici quelques questions, parmi d'autres, auxquelles l'auteur apporte des réponses dans un livre que Jean Delumeau, professeur au Collège de France, qualifie de "solide et vrai".

144.          ROY (Bernard). Le bailli de Suffren.  Baudinière,  s.d. (1942), in-12,  95 pp, broché, bon état

            15

Par Bernard Roy (1888-1953), peintre du département de la Marine, homme de lettres, conservateur du Musée des Salorges (1924-1953) et du Musée Dobrée à Nantes.

145.          SADE (Donatien Alphonse François de). Correspondance inédite du Marquis de Sade, de ses proches et de ses familiers publiée avec une introduction des annales et des notes par Paul Bourdin. Histoire d'une famille noble sous le régne de Louis XVI et pendant la Révolution.  Librairie de France,  1929, gr. in-8° carré,  xlix-450 pp, broché, bon état. Edition originale, ex. numéroté sur alfa Navarre

            100

En 1929, Paul Bourdin est le premier à publier – avec une introduction, des annales et des notes – l’importante Correspondance inédite du marquis de Sade, de ses proches et de ses familiers, conservée par le notaire d'Apt Gaufridy, régisseur des biens des Sade en Provence pendant vingt-six ans et homme de confiance du marquis, de Mme de Sade et de Mme de Montreuil. Ces lettres donnent l’histoire presque journalière de sa famille de 1774 à 1800. Sans ces lettres, aujourd’hui disparues, dont les vers commençaient à faire « de la dentelle » et qui donnent l’histoire presque journalière de sa famille depuis le début de 1774 jusqu’en 1800, les grandes biographies de Sade n’auraient pu être aussi complètes.

"Oui, je suis libertin, j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier." (Lettre à Mme de Sade, écrite à Vincennes le 20 février 1781)

146.          SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, Duc de). Mémoires complets et authentiques de Louis de Saint-Simon, duc et pair de France, sur le siècle de Louis XIV et la Régence d'après le manuscrit original entièrement écrit de la main de l'auteur. Texte collationné et annoté par Adolphe Chéruel.  P., Jean de Bonnot,  1965-1967, 22 vol. in-8°,   planches et portraits hors texte, tableaux généalogiques, impression sur papier chiffon, reliure éditeur plein cuir carmin, fers dorés sur les plats (reliure dite "au soleil naissant" conçue pour la naissance de Louis, Dauphin de France), têtes dorées, signets, qqs coiffes lég. abîmées, un mors fendu sur 8 cm au tome 20, bon état

            250

Bien complet des 20 volumes des "Mémoires", plus les 2 volumes de supplément : "Parallèle des trois premiers rois Bourbons" (436 p) et "Pièces diverses" (502 pp).

"Si, sur la valeur historique de ces mémoires, des réserves sont indispensables, l'oeuvre de Saint-Simon n'en reste pas moins un monument impérissable de la littérature française. Là seulement on trouve des portraits qui sont de véritables chefs-d'oeuvre, comparables à ceux que Retz a insérés dans ses mémoires, et généralement supérieurs à ceux-ci : les scènes de cour, quelques épisodes sont reproduits avec un relief saisissant et à peine grossi. Les négligences, les répétitions, l'oubli des règles, loin de nuire à ce style personnel, lui donne une variété, une allure, une couleur, qui en font quelque chose d'unique et de merveilleux." (Bourgeois et André, II-893) — Compte-tenu du poids de l'ensemble (17 kg), nous serons amenés à demander des frais d'envoi légérement plus élevés en cas d'expédition.

147.          SCHAMA (Simon). L'Embarras de richesses. La culture hollandaise au Siècle d'Or.  Gallimard,  1991, fort gr. in-8°,  869 pp, traduit de l'anglais, 314 illustrations hors texte, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque illustrée des Histoires)

            50

S. Schama établit la reconstruction d'une géographie morale de l'esprit hollandais, entre la peur du déluge et l'espoir du salut, entre l'attirance pour le monde extérieur et l'attachement au foyer, entre l'assouvissement de l'appétit et son déni, entre l'exaltation de la richesse et la perdition dans sa surabondance.

148.          STIRLING TAYLOR (G. R.). Olivier Cromwell, 1599-1658.  Payot,  1934, in-8°,  302 pp, traduit de l'anglais, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

"L'auteur a su, sous une forme vivante et animée, retracer l'ascension incroyable de ce petit hobereau à la fois mystique et réaliste qui finit par jouir de plus d'autorité qu'aucun personnage de l'histoire d'Angleterre depuis Jean Sans Terre jusqu'à nos jours..." (G.-M. Drucker, Avant-propos)

149.          TRAHARD (Pierre). Les Maîtres de la sensibilité française au XVIIIe siècle (1715-1789).  P., Boivin et Cie,  1931-1933, 4 vol. in-8°,  289, 336, 319 et 355 pp, 23 pl. de gravures du temps hors texte, importante biblio, brochés, bon état (Cabeen, 832 sq.)

            120

Première édition de cette étude recherchée sur la sensibilité chez Marivaux, Voltaire, Diderot, Duclos, Rousseau, Restif de La Bretonne, etc.

"...L'auteur distingue trois périodes dans cet acheminement de la sensibilité vers le romantisme : une période un peu laborieuse d'initiation (1720-1740) avec Marivaux, Prévost et Voltaire ; une période d'éclat (1740-1770) avec Diderot, Jean-Jacques et, à l'arrière-plan, Nivelle de la Chaussée, Vauvenargues, Duclos, Mlle de Lespinasse ; une période enfin de déviation (1770-1789) « où la sensibilité tombe dans la sensiblerie avec Bernardin de Saint-Pierre, dans la sensualité avec Restif de la Bretonne et Choderlos de Laclos » (t. I, p. 20)..." (Joseph Hanse, Revue belge de philologie et d'histoire)

150.          TRINTZIUS (René). John Law et la naissance du dirigisme.  SFELT,  1950, in-8°,  301 pp, une gravure en frontispice, note bibliographique, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Présence de histoire), envoi a.s.

            30

La vie et les idées de John Law. Une large partie de l'ouvrage (p. 183- 295) est consacrée à la reproduction de certains fragments des écrits de Law.

John Law, financier écossais (Édimbourg 1671-Venise 1729). Ce fils d’un orfèvre écossais ressemble à un banquier du grand siècle auquel un Casanova aurait prêté sa séduction. De son père et du monde des manieurs d’argent enrichis par l’escompte et l’échange, il tient la passion des questions monétaires. Son esprit agile excelle très tôt à l’analyse des mécanismes bancaires. Par sa mère, il touche à l’aristocratie : beau, il sait aussi charmer ; ami du plaisir, il garde la tête froide au milieu des fêtes les plus folles. Il est joueur et c’est pour lui une manière de duel. Il sait aussi tirer l’épée : la mort d’un de ses adversaires lui vaut à vingt-quatre ans de connaître les prisons du Royaume-Uni. Son évasion est trop aisée pour ne pas avoir été facilitée. Désormais, il court l’Europe. Il va à Amsterdam, à Paris, à Venise, à Gênes et à Naples. En Hollande, il apprend la finance, en Italie les tripots ; partout, il côtoie les princes et fuit devant leur police. Il en est de même en France, où sa trop grande expérience des cartes le rend suspect. Expulsé, il revient en 1716. C’est l’époque de la Régence ; le duc d'Orléans est attiré par le personnage ; il le laisse appliquer ses idées, la France devient militante du « système ». Le royaume se débat dans une crise financière. Law propose une solution simple et rapide. L’État est riche si le pays est prospère ; ce dernier le devient si la monnaie est suffisamment abondante. Le stock de monnaie métallique détenu par les habitants du royaume peut s’accroître d’un coup : il suffit de transformer les espèces sonnantes et trébuchantes en monnaie de papier, car « la circulation du papier-monnaie étant trois fois plus rapide que celle de l’or et de l’argent, c’est comme s’il y avait en réalité trois fois plus de moyens d'échanges ». Une banque protégée par l’État drainera le métal et refoulera dans le public la monnaie fiduciaire. Négociants et fabricants trouveront le crédit nécessaire à la multiplication de leurs entreprises. C’est encore le crédit qui permettra l’édification d’une compagnie de commerce par actions. Celle-ci pourra être associée à la banque. Elle monopolisera le commerce extérieur, accroîtra l’exploitation coloniale et suscitera de nouvelles richesses. L'État est d’emblée déchargé du souci de ses dettes puisqu’une part des actions de la banque peut être souscrite en billets d’État. À long terme, la banque peut se substituer à lui pour la rentrée d’impôts, qui seront mieux prélevés sans que l’État en soit lésé. En trois ans, l’idée prend corps. Le 2 mai 1716, Law crée une banque de dépôt et d’escompte ; elle devient banque d’émission, les billets au porteur sont à tout moment convertibles en monnaie métallique. À partir du 10 avril 1717, on peut s’en servir pour payer ses impôts. Le 4 décembre 1718, elle est banque royale, l’État détenant seul les actions. L’année suivante, la Compagnie d'Occident, créée en 1717 et chargée de l’expansion de la Louisiane, absorbe les compagnies du Sénégal, de Chine, des Indes orientales et de la mer du Sud. Elle prend le titre de Compagnie des Indes. Elle est associée à la banque. C’est l’apogée du système : Law a le monopole des monnaies et il est le fermier général des impôts. En 1720, il est contrôleur général des finances. Il cultive l’enthousiasme du public ; la spéculation est un moyen d’absorber rapidement la dette de l’État et d’augmenter le capital de la compagnie. Dès lors, le péril le guette : les gros bénéfices promis ne peuvent être donnés qu'avec le temps, et encore seront-ils proportionnés au capital réellement investi ; or, les agioteurs de la rue Quincampoix ont fait monter les actions de 500 à 18 000 livres. Qu’adviendra-t-il lorsque les porteurs toucheront des dividendes jugés trop maigres ? Qu’adviendra-t-1l lorsque, gagnés par la méfiance vite transformée en panique, les détenteurs de billets de banque demanderont, puisqu'il n’y a pas cours forcé, des espèces métalliques ? La réponse est imaginée par les ennemis de Law. Ils sont nombreux. Tous sont des parasites que le système social et politique entretient. Il y a l’aristocratie. Certains de ses membres jouent avec Law ; le plus grand nombre est effrayé par ses projets d’un impôt foncier unique reposant sur le revenu de la terre. Il y a ceux qui participent à la ferme de l’impôt et qui se voient dépouillés de leur moyen d’oisiveté ; Il y a leurs multiples frelons, les banquiers, tels les frères Pâris. Les uns et les autres se partagent la tâche ; les parlementaires, au grand jour, attaquent sur le plan du droit ; les financiers et leurs séides, de manière plus couverte : après avoir fondé une compagnie rivale pour retenir le plus possible les capitaux, ils poussent les gros actionnaires de Law à la réalisation. C’est en voitures que le prince de Conti ou le duc de Bourbon viendront en quelques heures chercher leurs millions. Dès lors, c’est l’effondrement. Law se bat avec ténacité. Il achète les actions pour maintenir les cours ; il ruine ainsi sa banque et obtient alors l’interdiction de la monnaie d’or. Les actions continuant à être bradées, il fait intervenir la police, qui ferme la rue Quincampoix. On se tue pour vendre ses papiers ; il organise des défilés publicitaires pour ses entreprises coloniales. Au milieu d’un monde où le plus rustre est souvent du plus haut lignage, il découvre la grandeur ou la naïveté de ces bretteurs qui font face. Il était millonnaire à son arrivée à Paris, il meurt à Venise en 1729, sans une livre. De nos jours encore, les historiens s’interrogent : génial précurseur ou bon élève des mercantilistes du XVII s. ? Homme de son temps, il apparaît, au travers d’écrits d’ailleurs contradictoires comme Les Considérations sur le numéraire et le commerce (1705) ou le Projet de banque d'État (1715), à l’image d’un mercantiliste. S’il croit que ce qui institue la puissance et la richesse d’une nation « c’est une population nombreuse et des magasins pleins de marchandises étrangères », il affirme aussi que le commerce et le nombre des peuples dépendent de la quantité et de la conduite des monnaies. Mais il repense la notion même de monnaie, et approche de celle de la « monnaie-marchandise » à la fluctuante valeur. Il affirme qu’elle n’est qu’un signe : elle n’est pas « la valeur pour laquelle les marchandises sont échangées mais la valeur par laquelle les marchandises sont échangées ». Son dirigisme monétaire et sa confiance en la valeur créatrice du crédit en font un moderne. Paradoxalement, pourtant, son expérience aura retardé en France l’accoutumance du crédit. En dépit de la profonde crise morale que le système révèle, la France du Régent lui est redevable. Il a allégé la dette de l’État ainsi que celle de certains groupes sociaux, telle la paysannerie. Il a suscité en Amérique le développement de la Louisiane et la création de La Nouvelle-Orléans (1718) : les ports de Nantes, de Bordeaux et surtout de Lorient en bénéficièrent pour tout le siècle. (J.-P. B., Grande Encyclopédie Larousse, 1971)

151.          VIDAL (Daniel). Miracles et convulsions jansénistes au XVIIIe siècle. Le mal et sa connaissance.  PUF,  1987, in-8°,  400 pp, broché, couv. illustrée à rabats, manque la page de faux-titre, bon état

            40

Daniel Vidal consacre cet ouvrage au cas de ceux qu'on a appelés les «convulsionnaires de St. Médard ». Le Jansénisme condamné et persécuté se prolonge et s'exprime par d'étranges maux et soubresauts tout au long du 18e siècle, versant ténébreux du siècle des Lumières. Certains lieux prédisposent à des manifestations exceptionnelles, comme le tombeau du diacre Paris, mort jeune en ascète (1727). Les narrations admiratives ou polémiques de ces événements, de ces guérisons miraculeuses, de ces transes, de ces interrogatoires ne manquent pas. L'auteur a eu accès à des sources nombreuses, y compris manuscrites. Après avoir réuni ce qui en est dit, l'auteur essaie d'analyser le sens qui s'exprime dans ce dire.

"Entre le jansénisme du XVIIe siècle et les convulsionnaires du XVIIIe siècle, Daniel Vidal trace une ligne qu'il prolonge jusqu'à la Révolution." (Jacques Le Brun, Annales ESC, 1989)

152.          ZELLER (Gaston). Les institutions de la France au XVIe siècle.  PUF,  1948, pt in-8°,  xii-404 pp, index, broché, bon état

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"Cet essai d'ensemble est véritablement le premier du genre qu'on ait consacré à un siècle regrettablement négligé jusqu'ici. Nous ne disposions auparavant que de traités rédigés au XVIIIe siècle ou de dictionnaires modernes écrits par des historiens qui, décrivant les institutions dans leur forme de l'Ancien Régime proprement dit (XVIIe et XVIIIe siècles), nous suggéraient des conceptions ou vues souvent très fausses sur cette époque de transformation, d'élaboration et d'instabilité qu'est le siècle où l'absolutisme apparaît, puis chancelle, où la Renaissance et la Réforme bouleversent les idées et suscitent des essais nouveaux en tous les domaines de la vie publique, où la grande crise sociale, politique et morale, des Guerres de religion ouvre le champ à beaucoup de « modernités » que le XVIIe siècle résorbera. Le XVIe siècle, au point de vue des institutions françaises, n'est pas seulement une ère de transition entre Moyen Age et âge de la monarchie classique, c'est une unité chronolologique originale qui, avec ses échappées sur le terrain des doctrines révolutionnaires et sur les pays étrangers nouvellement devenus familiers (Italie et Allemagne), offre toutes sortes de traits qui lui sont propres..." (Henri Drouot, Revue d'histoire de l'Église de France, 1949)

 

RÉVOLUTION

 

153.          AULARD (F.-A.). Danton.  P., Librairie d'éducation nationale,  s.d. (1904), pt in-8°,  110 pp, 13e édition, un portrait de Danton en frontispice et 8 gravures et portraits (Mme Roland, Robespierre...) dans le texte et à pleine page, reliure toile rouge à coins à la bradel, dos lisse avec pièce de titre chagrin noir, qqs taches sur les 5 premiers feuillets, bon état (Collection Picard. Bibliothèque d'éducation nationale. Les grands Français)

            30

"Voici quelque chose de nouveau, et le fait, à lui seul, mériterait qu’on le signalât : un éditeur a osé placer dans une collection de « Grands Français » l’un des hommes de la Révolution, et non pas un de ceux que la gloire militaire a fait en quelque sorte absoudre, aux yeux d’un certain public, du crime d’avoir été jacobin, comme un Hoche, un Marceau ; mais un des tribuns de la Convention, un régicide, celui-là dont la voix, dans les grandes journées de 1792 et 1793, retentit comme la voix môme du peuple irrité. Danton, qui va avoir sa statue à Paris, obtient en même temps droit de cité dans le « Plutarque » français des écoles primaires. Le petit livre où M. Aulard présente à ses jeunes lecteurs l’énergique figure du grand conventionnel se lit avec intérêt d’un bout à l’autre. Les premiers chapitres sont consacrés à l’enfance et à l’éducation de Danton, à ses débuts comme avocat, à une analyse de son caractère. Ce sont ces pages qui nous apprennent le plus de choses nouvelles et inattendues. Au lieu du Danton brutal, grossier, ignorant et débauché de la légende, nous y voyons d’abord un écolier studieux, brillant élève de rhétorique, grand lecteur de Tite-Live, et écrivant de remarquables discours français ; mais aussi un esprit indépendant, que révoltait l’injustice et qu’au collège déjà on appelait le républicain. Puis un fils tendre et généreux, un époux fidèle, chérissant sa femme, et ne connaissant d’autres joies que celles de la famille. A vingt-huit ans, Danton est un avocat distingué, en possession d’une charge qui lui rapportait vingt-cinq mille livres par an ; ses études classiques avaient été assez solides pour qu’il fût en état, comme il dut le faire en 1787, d’improviser un discours latin... (...) Dans le chapitre consacré au caractère de Danton, M. Aulard insiste sur ce trait qui donne au fougueux tribun une physionomie-à part au milieu de tant d’hommes emportés par des passions presque toujours haineuses : c’est qu’il ne savait pas haïr. Une générosité débordante le poussait à tendre sans cesse la main à ses adversaires, à ceux qui l’insultaient le plus grièvement : il ne voyait en tout que l’intérêt de la patrie. Peut-être M. Aulard, en retraçant ensuite les actes de Danton comme ministre et comme représentant du peuple, est-il trop préoccupé du soin d’écarter de son héros toute part de responsabilité dans ce qu’on appelle les « massacres de septembre ». Pourquoi vouloir se montrer, sur ce point, plus soigneux de la réputation du révolutionnaire qu’il ne l'était lui-même ? Dans son discours du 10 mars 1793, Danton rappelle qu’en septembre il avait dit à ses collègues du ministère : « Que m’importe d’être appelé buveur de sang ! Que la France soit libre et que mon nom soit flétri ! » En septembre 1792, il y eut chez les Parisiens, à la nouvelle de l’approche du roi de Prusse et de la reddition de Longwy, un accès de rage qui ne s’explique que trop : le peuple courut aux prisons ; l’Assemblée et le ministère laissèrent faire : tous, Girondins et Montagnards, furent complices avoués ou involontaires des sanglantes représailles qui s’exercèrent dans ces terribles journées. La seconde partie du volume est consacrée à la reproduction d’un certain nombre de discours de Danton. Il y a là, à côté de morceaux devenus en quelque sorte classiques, comme la célèbre harangue du 2 septembre, des pages moins connues, et qui méritaient d’être mises en lumière. (...) En félicitant M. Aulard d’avoir voulu que la jeunesse française possédât un portrait ressemblant de Danton, et de s’être si bien acquitté de sa tâche, il nous reste à exprimer le vœu que d’autres noms de la même époque viennent prendre place à côté de celui-là dans la galerie des Grands Français." (Revue pédagogique, 1888)

154.          BERNOYER (François). Avec Bonaparte en Egypte et en Syrie (1798-1800). Dix-neuf lettres inédites de François Bernoyer, chef de l'atelier d'habillement de l'armée d'Orient, retrouvées et présentées par Christian Tortel.  Editions Curandera,  1981, in-8°,  188 pp, 10 planches hors texte (2 en couleurs, dont le frontispice), 3 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"On lit ce livre comme un merveilleux roman d'aventures. Et ce roman est vrai. Avec simplicité, mais dans un style qui ne manque pas d'élégance, François Bernoyer nous dit ce qu'il a vu au cours de cette folle expédition d'Egypte, faite sur proposition du général Bonaparte, qu'il admire sans l'approuver, et sur l'ordre du Directoire, désireux d'éloigner un homme trop populaire. Cette flotte portant une armée sur une mer sillonnée par les escadres anglaises a eu beaucoup de chance. Elle n'a pas rencontré l'ennemi. Elle s'est emparée, au passage, de Malte, que les chevaliers n'ont même pas défendue et qui est désormais incorporée à la République française, avec une garde nationale équipée par les Français. Ceux-ci pourtant ont un peu inquiété la population, à cause de l'indiscipline de soldats qui ont pillé un couvent et violé les religieuses – sauf une, la plus jeune et la plus jolie, précisément la supérieure, que Bernoyer a protégée, séduite, et avec qui il a passé une belle nuit d'amour. Le débarquement à Alexandrie s'est fait sans grandes difficultés. Notre épistolier s'émerveille des ruines antiques magnifiques juxtaposées à de misérables maisons égyptiennes. Pour ce républicain, cette décadence est l'effet inévitable d'un gouvernement fondé sur le despotisme. Il déteste les rois et le clergé et ne s'imagine pas que Bonaparte puisse devenir un despote comme les autres, car il admire le génie de ce soldat de la Révolution. Cependant ledit grand chef n'a rien prévu pour donner à boire à son armée quand il l'engage dans le désert. Le quartier général souffre cruellement de la soif et est harcelé par les cavaliers arabes. Car la population, insensible aux proclamations, se dresse contre l'envahisseur, et Bernoyer trouve sur sa route les 62 cadavres du détachement des équipages, affreusement mutilés. Bonaparte, lui, est insensible. Quand on rencontre un village abandonné par la population effrayée, on le brûle. Contre les mameluks c'est une lutte terrible. Nos soldats sont épuisés, mais l'artillerie disperse les cavaliers ennemis ; et Bonaparte s'installe au Caire, où il mène une vie de pacha. Irrité d'entendre des milliers de chiens qui, le soir, hurlent sur la grande place, il les fait tous tuer. Cependant l'armée continue de souffrir, étant mal équipée et décimée par les maladies. Il faut s'adapter à ce pays chaud. C'est pourquoi Bonaparte charge Bernoyer de dessiner et de faire confectionner de nouveaux uniformes. Bernoyer a assisté à la révolte du Caire en octobre 1798 et en fait un tableau émouvant. Après des batailles de rues et le siège de la Grande Mosquée, Bonaparte fait trancher la tête à 2 000 Turcs. Ensuite la vie des officiers français devient douce : on va au théâtre, on danse presque tous les soir avec des Françaises du Caire. On se procure des jeunes filles vendues par leurs parents. Au besoin on va au marché acheter une esclave. Bernoyer en découvre une très belle, mais se la fait enlever par Eugène de Beauharnais. Alors il s'adresse à un père capucin, qui fait le trafic des chrétiennes. Cet officier, qui écrit des lettres enflammées à sa douce épouse restée en France, dévoile à son cousin tous les détails de sa vie amoureuse. L'exemple vient de haut. Bonaparte a enlevé à son mari une fort jolie brune, Madame de Champ, femme d'un adjudant général. Les soldats ne partagent pas ces plaisirs. Ils grognent, accusent les savants d'être responsables de cette déplorable expédition. Des troupes isolées sont massacrées par les indigènes fanatisés. On vit dans une perpétuelle inquiétude. Il y a de nombreux cas d'insurbordination. Quand Bonaparte décide d'aller conquérir la Syrie, malgré l'avis de ses généraux, la situation devient angoissante. A Jaffa les Français tuent tous les hommes et se disputent les femmes, jusqu'au moment où Bonaparte, pour mettre fin au désordre, fait fusiller toutes les prisonnières. A Saint-Jean-d'Acre enfin, c'est l'échec, par suite de la vigoureuse résistance des Turcs et des Anglais, des ravages causés par la peste et du manque de munitions. Malgré la victoire du Mont Thabor, il faut battre en retraite, et Bernoyer nous révèle des scènes atroces. Comme on est obligé d'abandonner les soldats malades, le médecin-chef Desgenettes, pour leur éviter d'être torturés par les Turcs, leur donne une boisson à base d'opium qui les endort pour toujours. Grâce à ces lettres de Bernoyer, trouvées par l'un de ses descendants, nous voyons bien maintenant l'envers du décor. On ne saurait trop recommander la lecture de ces lettres passionnantes." (Marcel Emerit, Revue française d'histoire d'outre-mer)

155.          BOUINEAU (Jacques). Les Toges du pouvoir, ou la Révolution de droit antique, 1789-1799. (Thèse).  Toulouse, Association des Publications de l'Université de Toulouse-Le Mirail, Editions Eché,  1986, gr. in-8°,  xlviii-548 pp, préfaces de Jacques Godechot et Romuald Szramkiewicz, 41 illustrations, biblio, notes, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            80

"Les hommes de la Révolution ont aimé à parer leurs héros et leurs allégories de 'togae' et de 'pallia' : par une abondante iconographie, J. B. met sous les yeux de son lecteur ce phénomène de la réminiscence antique, qu'il étudie dans "Les toges du pouvoir", ouvrage issu d'une thèse d'Etat soutenue en 1984 (Paris-I, directeur : R. Szramkiewics). Sa double formation d'historien et de juriste l'amène à développer sa recherche selon deux axes : il se livre dans un premier temps à une analyse historique des allusions à l'antiquité dans le discours révolutionnaire, puis examine dans une seconde partie ce que doit la législation révolutionnaire au droit antique. Chacune des deux études se fonde sur des textes précis de la période 1789 à 1799 : pour la première, J.B. a dépouillé les Archives parlementaires et le Moniteur, pour la seconde, il se réfère aux projets et textes de constitutions et de lois..." (Agnès Moreau, Mots. Les langages du politique, 1988) — "On ne peut comprendre la Révolution française si on ignore l'influence que l'Antiquité eut sur elle. Le livre de Jacques Bouineau comble heureusement une lacune de l'historiographie française." (Jacques Godechot) — "La première réponse sérieuse à une question passionnante ; la République romaine de l'Antiquité a-t-elle été un modèle de la Révolution française ?" (Maurice Duverger)

156.          BUISSON (Henry). Le Crime de Charlotte Corday.  Editions Marcel Puget,  1953, in-8°,  334 pp, préface de Armand Ziwès, 15 gravures, photos et fac-similés hors texte, broché, couv. lég. salie, bon état (Crimes célèbres, crimes oubliés, II)

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"Les Archives de la Police livrent leurs secrets." — 1. Ravaillac, régicide : l'énigme historique "Ravaillac avait-il des complices ?" est résolue. 2. Procès d'animaux : une page curieuse de la Justice criminelle d'autrefois. 3. Friponneries de juges – Réhabilitation d'un innocent : où Louis XIV répare une erreur judiciaire. 4. L'attentat de Damiens : l'obsession morbide de Damiens et les incidences judiciaires, religieuses et politiques du coup de couteau. 5. Charlotte Corday : l'héroïne pour qui "le crime fait la honte et non pas l'échafaud", face à face avec un Marat inconnu. 6. Des crimes de la Terreur à la chute de Robespierre : un bilan de cette sombre période. Qui a galvanisé la résistance contre le tyran ? 7. Une curieuse affaire de parricide : Qui a tué Sébastien Perrin, fermier de Bellecombe ?

157.          DEFRANCE (Eugène). Charlotte Corday et la mort de Marat. Documents inédits sur l'histoire de la Terreur, tirés des Archives Nationales de la Bibliothèque de la Ville de Paris, et notamment des bibliothèques municipales de Caen et d'Alençon.  Mercure de France,  1909, in-12,  440 pp, un portrait de Charlotte Corday en frontispice, qqs gravures et fac-similés, généalogie, reliure demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs souligés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Peu courant

            60

Edition originale – sous reliure du temps parfaitement établie – de cette précieuse monographie. Emportés par les assauts de la Commune et des députés prônant l'exagération révolutionnaire, les Girondins proscrits et fugitifs trouvèrent refuge pour certains dans la région de Caen, dans le Calvados. Ils y organisèrent des réunions politiques auxquelles Charlotte Corday assista à plusieurs reprises et eut en ce cadre l'explication des circonstances qui préludèrent aux journées d’émeute des 31 mai et 2 juin 1793 perpétrés par la Commune contre la Convention qui fut en effet prise en otage par l'armée révolutionnaire. Indignée, elle se persuada que, dès lors, elle pouvait s'affranchir des règles du bon droit, et elle décida, non sans angoisse, de répondre à l'illégalité par l'illégalité. Marat qui, depuis son acquittement au Tribunal révolutionnaire, diffamait les Girondins et réécrivait sans cesse l'histoire, symbolisa à ses yeux l'injustice et le mensonge. Il devint sa cible... Depuis sa mort, Charlotte Corday est devenue une figure célèbre de la période révolutionnaire. Figure controversée : héroïne tyrannicide pour les uns, celle que Lamartine surnommera « l'ange de l'assassinat » n'est pour les autres qu'une fanatique. Eugène Defrance écrit de Charlotte Corday : « Être patriote, c’est aimer son pays jusqu’à l’abnégation absolue de sa personnalité. Or, elle sent qu'elle est capable de l’aimer jusqu’au crime ». Son geste ne parvint pas à sauver les Girondins – ceux-ci furent par la suite éliminés par les Montagnards, partisans de la Terreur, au nom du « salut public ».

158.          DELÉCLUZE (E.-J.). Louis David, son école et son temps. Souvenirs.  Macula,  1983, in-8°,  xxii-516 pp, édition de 1855, préfacée et annotée par Jean-Pierre Mouilleseaux, 16 pl. de gravures hors texte, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

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David domine de sa stature colossale un demi-siècle d'art français. Chef de file du néoclassicisme, il s'impose à la fois par une carrière jalonnée de chefs-d'œuvre, par son enseignement (cinq cents élèves, dont Gros, Girodet, Gérard, Ingres) et par son engagement politique (élu député, il siège avec la Montagne, vote la mort du roi, devient le grand imagier de l'Empire, et finit sa vie en exil, banni par les Bourbons). De ce destin, Delécluze est le témoin fasciné et méticuleux. Entré dans l'atelier de David au moment où celui-ci prépare les Sabines, il se destine à la peinture d'histoire, bifurque vers les Lettres, et devient le critique tout-puissant du Journal des Débats. Ses souvenirs forment un précieux tableau de l'atelier : propos du maître, séances de correction, conversations avec Gros ou Girodet. Nous voyons Napoléon s'impatienter pendant la pose... L'ouvrage s'ouvre par un « reportage » à la Convention quand David, « pâle, en sueur », sauve de justesse sa tête après Thermidor. Un document vivant et passionné sur le rayonnement d'un artiste et de son école.

Entré à seize ans dans l’atelier de David, Étienne-Jean Delécluze (1781-1863) nous offre avec ce livre de souvenirs un document exceptionnel sur l’enseignement du maître et sur sa personnalité. L’aventure commence en 1797, au lendemain de la Révolution : le peintre y a pris part, a mis son art au service des nouveaux idéaux, puis bientôt il se ralliera à Bonaparte. C’est donc en témoin direct que Delécluze assiste à cette évolution idéologique, qu’il commente jusqu’à l’exil de David en 1815 à Bruxelles. L’ouvrage, paru en 1855, est passionnant aussi en raison de la multitude de détails vécus : notations sur les pittoresques « rapins » du Louvre, évocation des doutes personnels de David ou de sa manière bienveillante de guider ses élèves – il en eut près de cinq cents – sans jamais les brider. De ses classes sortiront ainsi de grands artistes comme Gros, Girodet ou Ingres, dont la carrière est ici retracée. Ayant renoncé à peindre pour devenir chroniqueur, Delécluze témoigne ainsi brillamment de l’extraordinaire effervescence du monde des arts au début du XIXe siècle, qui passe du néoclassicisme à ce que l’on a nommé le romantisme.

159.          DESMOULINS (Camille). Le Vieux Cordelier. Edition établie et présentée par Pierre Pachet.  Belin,  1987, in-8°,  153 pp, précédé de "Camille Desmoulins" par Jules Michelet, 2 fac-similés, annexes, broché, bon état (Coll. Littérature et politique, dirigée par Claude Lefort)

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En décembre 1793, en pleine Terreur, le Jacobin Camille Desmoulins, qui avait accompagné la radicalisation de la révolution, entreprend désormais de penser ce que serait une politique révolutionnaire soucieuse de la liberté des individus. Tel est le contenu des six numéros du Vieux Cordelier, publiés de son vivant. S'y ajoute ici le n° 7, qui ne parut pas : Desmoulins fut guillotiné en avril 1794. Ce fameux périodique, dirigé contre les extrémistes hébertistes, qui parut du 25 novembre 1793 au 24 janvier 1794, quoique de peu d'ampleur quant au nombre de numéros, forme un monument dans l'histoire de la Révolution : organe de la faction des "Indulgents", il retentit d'apostrophes célèbres contre le système de la Terreur : "Aimeriez-vous cette déesse altérée de sang, dont le grand prêtre Hébert, Momoro et leurs pareils, osent demander que le Temple se construise comme celui du Mexique, des ossemens de trois millions de citoyens, et disent sans cesse aux Jacobins, à la Commune, aux Cordeliers, ce que disoient les prêtres espagnols à Montésume : Les dieux ont soif ?" (lettre VII)

"Camille Desmoulins est l’écrivain le plus remarquable de la Révolution, un des plus spirituels de notre langue." (Thiers)

En décembre 1793, en pleine Terreur, après la loi des suspects, le jacobin Camille Desmoulins reprend la plume. Il a jusqu`alors, et depuis le début, accompagné et souvent précédé le mouvement de radicalisation qui emporte les révolutionnaires. A présent, il entreprend de s`y opposer ; tirant la leçon des événements, s`inspirant de Tacite et de Machiavel, il essaie de penser ce que serait une politique révolutionnaire soucieuse de la liberté des individus. Tel est le contenu des six numéros du Vieux Cordelier publiés de son vivant. S`y ajoute le n° 7, aujourd`hui publié dans une édition scrupuleusement conforme aux manuscrits de Desmoulins, et qui ne put paraître alors, à cause de l`arrestation par les hommes de Robespierre de l`imprimeur du journal, puis de Desmoulins lui-même, exécuté avec le groupe des Dantonistes en avril 1794. Republier cet appel véhément et argumenté en faveur de la liberté, se veut une invitation non pas à réhabiliter tel ou tel acteur politique, telle ou telle orientation, mais à retrouver l`inspiration de la pensée politique quand elle doit, face à l`urgence la plus pressante, inventer sa démarche et trouver sa voix. Le volume comporte, outre une édition nouvelle du Vieux Cordelier, établie par Pierre Pachet, et accompagnée d`une introduction et d`index facilitant la lecture, le texte consacré à Desmoulins par Michelet, dans son Histoire de la Révolution française. (L'Editeur)

"P. Pachet, en nous proposant une nouvelle édition du Vieux Cordelier, répond à une exigence éditoriale. L'avant-dernière édition, publiée en 1936 par Henri Calvet, est devenue introuvable. Après avoir consulté de manière approfondie les manuscrits du Vieux Cordelier, conservés à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, et les copies des feuillets manquants découvertes en 1834, P. P. a établi cette édition avec la plus extrême rigueur. Nous pouvons tout particulièrement apprécier, grâce à une différence de caractères typographiques, la portée critique, à l'égard des Montagnards, des textes écrits pour le numéro 7 du Vieux Cordelier que C. D. n'a pu publier de son vivant." (Jacques Guilhaumou, Dix-Huitième Siècle, 1988)

160.          GABRIEL (Charles Nicolas). Louis XVI, le marquis de Bouillé et Varennes. Episode de la Révolution française (juin 1791)‎.  P., Auguste Ghio et Verdun, impr. Renvé-Lallemant,  1874, in-8°,  412-(1) pp, broché, couv. imprimée, pt réparation en haut du dos, bon état. Rare

            100

Remarquable ouvrage, fort rare, de l'abbé Charles-Nicolas Gabriel (1826-1894), historien meusien.

161.          GIRAULT de COURSAC (Paul et Pierrette). Enquête sur le procès du roi Louis XVI.  La Table Ronde,  1982, fort in-8°,  660 pp, 12 pl. de gravures et fac-similés hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

"Ce gros ouvrage est destiné à démontrer que Louis XVI n'était pas coupable des « crimes » dont la Convention l'a accusé. Il est divisé en trois parties. La première (132 pages) expose dans quelles conditions le procès a été introduit. La deuxième, la plus longue (457 pages) réfute, un à un, tous les chefs d'accusation énoncés contre le roi. La troisième, très courte (61 pages) est consacrée au jugement du roi et à l'examen critique des séries de votes à la suite desquels la condamnation a été acquise." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1983)

"Louis XVI a-t-il réellement été coupable de ce dont il était accusé? Les auteurs de ce fort volume ont repris point par point l'accusation à travers l'histoire de la Révolution, des Etats généraux à la chute des Tuileries. Ils montrent l'iniquité de certaines accusations, l'élimination des témoins à décharge, la disparition de documents prouvant la bonne foi de l'accusé. Sans doute certaines de leurs affirmations et de leurs thèses surprendront ! Elles pourront être discutées, mais les conclusions des auteurs intéressent ceux qui se passionnent à propos de la fin de l'ancien Régime." (Lectures n° 14, juillet-août 1983)

162.          GODECHOT (Jacques). La Contre-Révolution, 1789-1804. Doctrine et action.  PUF,  1961, in-8°,  426 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'étude de M. le doyen J. Godechot est la première consacrée systématiquement à l'étude des doctrines et aussi de l'action des contre-révolutionnaires eu replaçant les idées et les faits dans l'ensemble de la pensée politique et des luttes eu Europe. Elle apporte en conséquence, à côté de nombreux rapprochements singulièrement suggestifs, bien des faits nouveaux et un éclairage différent de ceux déjà connus. La première partie de l'ouvrage est occupée par l'étude des doctrines les plus variées d'ailleurs, qui se réclamaient également de la nécessité d'une lutte contre les idées mises en honneur par les révolutionnaires au pouvoir. Les doctrines purement conservatrices, basées sur des traditions d'ailleurs imprécises, et parfois contradictoires, prêtées à une monarchie ramenée à une pureté primitive aux définitions variables, celles qui reposaient sur les droits de conquête des anciens Francs considérés comme les ancêtres de la noblesse, celles qui faisaient au contraire leur part à un modernisme relatif eu faisant du roi un despote éclairé et celles qui se contentaient de rêver pour lui du rôle d'un Louis XIV théorique, sont ainsi évoquées à tour de rôle. Ensuite sont rappelées les doctrines apparues pendant la Révolution, aussi bien celles des membres les plus à droite de l'Assemblée constituante que celles échafaudées en émigration par des théoriciens variés qui tenaient plus ou moins compte dans leurs projets de certaines des innovations introduites, parfois fortuitement, dans la structure politique ou administrative. Cependant, à côté des penseurs français, dont le plus original est assurément Chateaubriand, M. Godechot fait une large place aux. étrangers, aussi bien Burke dont il retrouve les facteurs d'évolution idéologique, et les sources d'information, que Herder qui préconisait dès avant la réunion des États généraux une conception de l'état basé sur un Volksgeist irrationnel, justifiant les divergences des coutumes et niant la possibilité de lois rationnelles pour l'ensemble de l'humanité. La seconde partie retrace les étapes et les vicissitudes de l'action des contre-révolutionnaires depuis les premiers rassemblements plus ou moins tumultueux des Pays-Bas ou de Rhénanie ou encore du Piémont avant le début des hostilités jusqu'aux tentatives de soulèvement intérieures, du camp de Jalès aux manifestations ultimes de la chouannerie en passant par les troubles fédéralistes et les guerres de l'Ouest. Toutefois, sur ce point les rapprochements faits par l'auteur sont particulièrement intéressants, ces actions en France se combinaient avec des mouvements dans les pays voisins récemment annexés, le plus souvent sous l'influence du clergé que les mesures de sécularisation privaient de ressources considérables et d'une influence politique certaine, dans les États italiens, les Cantons suisses, la Rhénanie ou les anciens Pays-Bas autrichiens. L'évocation du « grand assaut contre-révolutionnaire » de 1799 est, de ce point de vue, des plus intéressantes ; naturellement, de tels mouvements supposaient l'existence de courants variés, plus ou moins coordonnés dans une action clandestine d'efficacité variable. L'ouvrage apporte, en particulier, des mises au point très neuves sur la structure et le fonctionnement des réseaux royalistes, entre autres sur d'Antraigues, ainsi que sur les infiltrations royalistes dans les cadres de l'armée avant et après Pichegru. Mais la lassitude, survenant après tant d'années d'efforts et d'échecs, allait permettre à l'Empire, dont la brutalité sur ce point fut remarquable, d'atténuer sérieusement l'action directe des contre-révolutionnaires, qui devaient en fin de compte triompher en 1814, mais avec l'appui des armées étrangères comme ils l'avaient escompté dès 1792. Et c'est assez dire l'importance et la nouveauté de cet ouvrage qui insère les vicissitudes d'un secteur de l'opinion française dans le cadre plus ample de l'Europe pendant les crises révolutionnaires." (Jean Vidalenc, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1962)

"Nous ne disposions jusqu'à présent d'aucun ouvrage d'ensemble sur la contre-révolution. Le livre de L. Madelin, “La Contre-révolution sous la Révolution” (1935), est faible. Celui d'E. Vingtrinier, “La Contre-révolution” (1924), solidement documenté, ne porte que sur les deux premières années de la Révolution : il s'arrête à mars 1791. L'ouvrage de J. Godechot s'attache à l'ensemble du problème : aspects à la fois idéologiques et politiques, en France comme dans le reste de l'Europe, et pour toute la période révolutionnaire entendue jusqu'en 1804. C'est dire l'importance de ce travail et les services qu'à plus d'un titre il est appelé à rendre..." (Albert Soboul, Revue belge de philologie et d'histoire, 1963)

163.          GUILLEMIN (Henri). Robespierre. Politique et mystique.  Seuil,  1987, gr. in-8°,  422 pp, références, broché, couv. illustrée très lég. abîmée, bon état

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"Henri Guillemin, toujours égal à lui-même, nous offre une biographie combattante et minutieuse de Maximilien Robespierre. Rapide sur la jeunesse arrageoise et collégienne, sobre mais nette sur l'action à la Constituante, la démonstration est étoffée, érudite et détaillée sur « Robespierre à la Convention » de la page 141 à la page 345. Face aux inlassables détracteurs de la mémoire de l'Incorruptible dont Henri Guillemin rappelle qu'ils puissent tous à la même source thermidorienne, l'auteur plaide avec véhémence pour la sincérité absolue de Maximilien, sa fidélité invariable aux principes originaires de 1789 et pour son humanité malgré la dureté des temps et la rudesse de la tâche. En passant, Guillemin égratigne ou dénonce l'égoïsme des uns, l'hypocrisie des autres et la lâcheté des « rhéteurs » au service du prétendu « libéralisme » qui font pénitence avec la souffrance des autres, celle des petites gens et des opprimés de la société de classe..." (Claude Mazauric, Annales historiques de la Révolution française, 1988)

164.          HADENGUE (Antoine). Les Gardes Rouges de l'An II. L'armée révolutionnaire et le parti hébertiste, d'après des documents inédits.  Plon,  1930, pt in-8°,  ix-270 pp, préface de Louis Madelin, sources et biblio, broché, bon état

            25

"L'ouvrage traite de « l'armée révolutionnaire » levée en 93 contre les aristocrates de l'intérieur, et devenue l'instrument de l'hébertisme. C'est un pamphlet à la fois antirévolutionnaire et anticommuniste. L'anachronisme du titre indique la thèse : l'hébertisme, c'est la préfiguration, déjà hideuse, du collectivisme marxiste athée. Au demeurant, une galerie de portraits gesticulatoires, troussés avec talent, où on retrouve tous les poncifs de l'historiographie contre-révolutionnaire." (R. Barny)

165.          HUE (François). Dernières années du règne et de la vie de Louis XVI, par François Hue, l'un des Officiers de la Chambre du Roi, appelé par ce prince, après la journée du 10 août, à l'honneur de rester auprès de lui et de la famille royale.  P., Imprimerie Royale,  1814, fort in-8°,  xiv-592 pp, beau portrait gravé du roi Louis XVI en frontispice sous serpente, par Schiavonetti, d’après la composition de François Hüe lui-même, reliure papier marbré à la bradel, dos lisse, pièce de titre basane ocre et filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire sans rousseurs

            300

Première édition française, après la très rare édition originale à l'adresse de Londres parue en 1806.

Les mémoires du premier valet de chambre du roi. “Au service du dauphin à partir de 1787, Hüe raconte sa vie auprès de la famille royale, notamment le 10 août 1792, l’incarcération au Temple. Libéré en septembre 1794, il accompagne Mme Royale à Vienne, puis vécut en exil à Mittau, Varsovie, Londres, Hambourg, et ne revint qu’avec Louis XVIII en 1814. Son récit du 10 août et du séjour au Temple est très intéressant.” (Fierro, 718). Témoignage de premier ordre émanant d'un des officiers de la Chambre du Roi appellé à rester à son service après le 10 août, l'ouvrage remporta un grand succès, substituant définitivement à l’image du Louis XVI pusillanime, haï par les émigrés et méprisé par ses frères, celle du roi-martyr au courage stoïque qui triomphera sous la Restauration.

166.          LACHOUQUE (Henry). Aux armes, citoyens ! Les soldats de la Révolution.  Perrin,  1969, in-8°,  585 pp, 16 pl. de gravures et 5 cartes hors texte, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s. à Louis-Henri Parias

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"Il n'est personne s'intéressant tant soit peu à la Révolution et à l'Empire qui ne connaisse au moins un ouvrage du commandant Henry Lachouque. Avec sa précision, avec sa minutie d'historien sérieux et probe il analyse, commente des batailles de la République, nous en fait vivre les péripéties avec un tel réalisme qu'on croirait participer à l'action. L'Argonne, Valmy, Jemappes, Fleurus... on suit le mouvement des armées sur les cartes qui illustrent le livre. Avant d'entrer dans l'épopée le lecteur est invité à s'initier à l'organisation de l'armée afin de comprendre et la raison des échecs et la mentalité du soldat... Des belles troupes royales l'anarchie galopante de la Révolution a fait un ramassis d'indisciplinés incapables de se battre, mal habillés, en guenilles souvent, sans souliers, sans cartouches, sans vivres, parce que les munitionnaires trafiquent sur leurs dos et s'enrichissent de leur misère. Sous la pression incoercible des événements, puis de l'invasion, la discipline et l'ordre s'imposent de nouveau ; mais il manque un chef. Ce sera Bonaparte. A la cohue excédée de désespoir il donnera un idéal, insufflera le courage. Naîtra alors la Grande Armée." (Revue des Deux Mondes, 1969)

167.          LA FUYE (Maurice de) et Emile GUÉRET. Rouget de Lisle inconnu.  Hachette,  1943, in-12,  288 pp, 4 pp. de fac-similés, broché, papier lég. jauni, bon état

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"On a beaucoup écrit sur l'immortel auteur de la Marseillaise, et l'on oublie trop volontiers aujourd'hui que le Chant de guerre pour l'armée du Rhin, dédié au maréchal Lukner, en 1792, fut écrit, paroles et musique, par un officier, dont les intentions n'étaient nullement républicaines, puisqu'il refusa de trahir le serment de fidélité qui le liait à la cause de Louis XVI. Combien s'imaginent que l'ancien capitaine de génie avait voulu répondre aux voeux de la Révolution naissante, en écrivant l'hymne demeuré célèbre et national ! Or l'ami de Dietrich fut toujours royaliste fervent, en dépit du service qu'il prit dans l'armée des Ardennes. Robespierre le savait bien et le poursuivit de sa haine en le faisant arrêter comme suspect pendant la Terreur. Bonaparte ne s'y trompa point non plus, car il connaissait les hommes et lisait dans leur âme. C'est ce qui explique son peu d'empressement à sauver de la misère, lorsqu'il fut nommé Premier Consul puis Empereur, celui qui avait chanté le 9 Thermidor." (Martial Teneo, Le Monde artiste)

168.          LA TOUR DU PIN (Henriette-Lucie Dillon, marquise de). Mémoires de la marquise de La Tour du Pin. Journal d'une femme de cinquante ans (1778-1815), suivis d'extraits inédits de sa Correspondance (1815-1846). Présentés par son descendant le comte Christian de Liedekerke Beaufort.  Mercure de France,  1983, in-8°,  489 pp, 8 gravures et portraits, notes, 2 généalogies, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

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Née en 1770, appartenant à la noblesse la plus ancienne, Henriette-Lucy Dillon épouse en 1787 le comte de Gouvernet qui deviendra marquis de La Tour du Pin en 1825. Grâce au dévouement de la future Madame Tallien, la comtesse de Gouvernet échappe à la Terreur, s'embarque à Bordeaux pour l'Amérique avec sa famille. Son journal apporte quantité d'informations, de scènes et de portraits sur la fin de l'ancien régime, la Révolution, la vie sous le Consulat et l'Empire. Des pages très singulières et amusantes relatent l'exil en Amérique, où Henriette-Lucy, s'écartant de la vie mondaine des autres émigrés, se fait fermière, marque à ses armes ses mottes de beurre, se lie d'amitié avec les Indiens. Les Mémoires de la marquise de La Tour du Pin s'arrêtent en 1815. Afin de couvrir la période comprise entre 1815 et la mort de l'auteur (1853), Christian de Liedekerke Beaufort publie ici des pages de la Correspondance de la marquise avec ses amis, comme par exemple la comtesse de La Rochejacquelein et Madame de Staël.

169.          [Procès de Louis XVI]. Essai rapide d'Antoine Girard, citoyen de Narbonne, député du département de l'Aude à la Convention Nationale, sur le Procès de Louis Capet (1792) – Discours d'Antoine Gérard, citoyen de Narbonne, député du département de l'Aude, prononcé le 17 janvier 1793... – Opinion du citoyen L. B. Guyton, député du département de la Côte-d'Or, dans l'affaire de Louis Capet, dernier Roi des Français (enregistré le 8 février 1793).  P., de l'Imprimerie Nationale,  1792-1793, 3 vol. in-8°,  7, 3 et 27 pp, 3 brochures imprimées par ordre de la Convention Nationale, reliées ensemble en un volume toile rouge à la bradel, dos lisse avec titre (Louis XVI) et filets dorés (rel. moderne), traces d'humidité sur les plats,  état correct (Martin & Walter, 14908 et 16284 pour la 1ère et 3ème brochure)

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Antoine Marie Anne Girard est né le 7 décembre 1753 à Narbonne (Aude) et décédé le 7 août 1818 au même lieu. Officier municipal à Narbonne, il est député de l'Aude à la Convention, il vote la mort de Louis XVI, mais avec le sursis. Il passe le 4 brumaire an IV au Conseil des Anciens et en sort en mai 1797.

170.          SHEARING (Joseph). Charlotte Corday (1768-1793), Jean-Paul Marat, Jean Adam Lux : trois disciples de Jean-Jacques Rousseau.  Payot,  1938, in-8°,  277-(10) pp, traduit de l'anglais, fac-similés de lettres, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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Biographie de celle que Lamartine a appelée « l'Ange de l'assassinat ». Joseph Shearing est le pseudonyme de Marjorie Bowen (1885-1952).

171.          SOBOUL (Albert). Le Procès de Louis XVI.  Julliard,  1966, in-12,  271 pp, 16 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

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Peut-on régner innocemment ? Par quel malaise, par quel trouble de la conscience nationale ce procès, dont pas une pièce ne manque, dormait-il au complet dans les pieux catalogues et les répertoires silencieux ? Vouliez-vous une Révolution sans Révolution ? interroge Robespierre. Juger un roi comme un citoyen, s'exclame Saint-Just, ce mot étonnera la postérité froide ! Devant elle A. Soboul pour la première fois met en scène, à l'heure du choix décisif, les Conventionnels régicides.

172.          SOBOUL (Albert). Les Sans-culottes parisiens en l'an II. Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire (1793-1794).  Seuil,  1968, in-12,  256 pp, 2 plans des sections de Paris, broché, 1er plat lég. passé, bon état (Coll. Points politique). Seconde partie de la thèse de doctorat de l'auteur

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Les sans-culottes : 1793. A l'apogée de la grande Révolution menacée, les sans-culottes entrent en scène : la Terreur est à l'ordre du jour, c'est le règne de la Sainte-Pique. Traversé de contradictions, le mouvement populaire n'en exprime pas moins des aspirations sociales et politiques spécifiques qui ne pouvaient manquer de heurter la bourgeoisie possédante : égalité des jouissances, droit au travail, à l'instruction, exercice plein et entier de la souveraineté populaire.

"Reprise en livre de poche d'une partie de la thèse d'A. S. publiée en 1958 et consacrée à l'histoire de ce mouvement populaire parisien que fut la « sans-culotterie ». Ici l'événement cède le pas : c'est à la composition sociologique de la sans-culotterie, aux aspirations sociales, aux mentalités, aux idées politiques, aux types de comportements, aux formes d'organisation, à la vie quotidienne des sans-culottes que s'intéresse A. S. Un chapitre final tente de dresser le bilan du mouvement populaire de l'an II." (Revue française de science politique, 1969)

"L'œuvre majeure d'Albert Soboul restera sa thèse soutenue et publiée en 1957 sur les sans-culottes parisiens en l'an II et l'analyse de ce petit peuple parisien qui a été pendant environ deux années, de la chute de la monarchie à celle de Robespierre, le principal acteur collectif de la Révolution. Donc une grande page d'histoire sociale au service d'une histoire politique bien connue et pourtant quelque peu renouvelée. On retiendra de ce grand livre l'analyse de la composition de classe de la sans-culotterie (le monde de l'échoppe et de la boutique, un amalgame de petits patrons, d'artisans et de leurs compagnons), l'étude fouillée, sensible, pittoresque de son comportement et de ses rites (et il y a des pages qui préfigurent ce qui allait devenir un peu plus tard sous d'autres plumes et en d'autres maisons l'histoire des mentalités collectives), enfin l'histoire dramatique du conflit grandissant entre le mouvement populaire des sans-culottes, son  dynamisme, son autonomie et l'appareil d'Etat jacobin." (Maurice Agulhon, Annales historiques de la Révolution française, 1982)

173.          SOREL (Albert). L'Europe et la Révolution française.  Plon-Nourrit et Cie,  1891-1904, 7 vol. in-8°,  562, 574, 556, 492, 499, 527 et 606-120 pp, reliures demi-chagrin chocolat à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), avec relié à la suite du septième volume : Discours prononcés le 29 mars 1905 à la fête donnée en l'honneur de M. Albert Sorel à l'occasion de l'achèvement de son ouvrage (Plon-Nourrit et Cie, 1905, 120 pp), dos uniformément passés et lég. frottés, qqs rousseurs, bon état

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Détail : I. Les Mœurs politiques et les traditions. – II. La Chute de la royauté. – III. La Guerre aux rois, 1792-1793. – IV. Les Limites naturelles, 1794-1795. – V. Bonaparte et le Directoire, 1795-1799. – VI. La Trêve, Lunéville et Amiens, 1800-1805. – VII. Le Blocus continental, le grand Empire, 1806-1812. – Discours prononcés le 29 mars 1905 à la fête donnée en l'honneur de M. Albert Sorel à l'occasion de l'achèvement de son ouvrage (une héliogravure hors texte, ex. nominatif sur papier fort pour Monsieur Gabriel Puaux, signé par Albert Sorel). MANQUE le tome VIII. La Coalition, les Traités de 1815 (1812-1815).

Diplomate, professeur à l'Ecole libre des Sciences politiques, Sorel est le fondateur de l'histoire diplomatique en France. Son enseignement fit de lui l'un des maîtres à penser de la majorité des diplomates français. Dans son maître livre, il présente d'abord un panorama de l'Europe et des relations entre les Etats avant la Révolution. Il étudie ensuite les réactions des puissances européennes face à l'éruption révolutionnaire. Puis avec l'apparition de Bonaparte, Sorel conduit son lecteur dans la compagnie de Napoléon et de ses diplomates, confrontés aux coalitions successives des Etats de l'Europe.

174.          TRAHARD (Pierre). La Sensibilité révolutionnaire (1789-1794).  P., Boivin & Cie,  1936, in-8°,  283 pp, 6 gravures hors texte sous serpentes, notes, biblio, imprimé sur alfa, broché, qqs rares rousseurs, bon état

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"Après avoir consacré quatre volumes aux « maîtres de la sensibilité française au XVIIIe siècle », M. Trahard a étudié, du même point de vue, la période révolutionnaire. L'ouvrage débute par une analyse de « l'esprit révolutionnaire » qui se révèle complexe et manifeste en tous cas le dualisme qui se retrouve dans tous les domaines qu'abondent la pensée et l'action de l'homme : le révolutionnaire est idéaliste et réaliste, intellectualiste et sensible ; il est soucieux des droits de l'individu et, tout autant, de ceux de la communauté nationale jusqu'à l'apparition des troubles et surtout jusqu'à la guerre, il a concilié comme il a pu les termes contradictoires et incliné vers l'un ou vers l'autre, selon son tempérament et les circonstances, comme les hommes de tous les temps. Comme il n'avait nullement prévu la révolution, en dépit de quelques outrances verbales, il était « sensible » en 1789 avec tous ses contemporains : c'était l'air du temps. Mais avec l'apparition des grands périls, il a fallu choisir, tout au moins, entre l'individu et la communauté révolutionnaire, se raidir contre la sensibilité – et la terreur indique assez comment une partie des révolutionnaires a décidé. Mais la sensibilité n'a jamais perdu complètement sa prise sur les plus résolus et M. Trahard en suit les manifestations dans le domaine de la famille et de l'amitié, dans le culte de la nature et la question religieuse, dans l'éloquence et dans l'esthétique. L'ouvrage est conçu sur le plan historique et s'attache essentiellement à la période de 1789 à 1794." (G. Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, 1938)

 

1er EMPIRE

 

175.          AUBRY (Octave). Le Roi de Rome.  Fayard,  1941, in-12,  474 pp, biblio, reliure demi-basane rouge, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. conservée (rel. de l'époque), dos frotté, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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"Pour écrire cette biographie M. Aubry a consulté à Paris et plus encore à Vienne les documents d'archives qui permettent de suivre au jour le jour la vie du fils de Napoléon. Son dépouillement des imprimés n'est pas moins consciencieux. Ainsi documenté, il a écrit une biographie pleine de détails infimes qu'il a rendus vivants en les groupant avec soin, et en recherchant la note réaliste. On le lit comme un roman, mais les notes trop rares et les références discrètement insérées dans le récit montrent qu'il s'agit d'histoire bien présentée mais non romancée. C'est le meilleur livre sur le roi de Rome et c'est une curieuse étude sur l'histoire des moeurs et de la société." (P. de Monsabert, Revue Mabillon, 1933)

176.          BAINVILLE (Jacques). Napoléon.  Fayard,  1941, in-12,  592 pp, biblio, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, auteur, titre et aigle napoléonien dorés, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. frotté, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Aux yeux de Jacques Bainville, l'empereur est un héros marqué par la fatalité, victime d'une logique implacable qui le condamne par avance. Son portrait saisissant, écrit dans un style inimitable, fluide et élégant, est aussi l'oeuvre d'un moraliste. Jacques Bainville admirait sincèrement Napoléon, héros au sens moderne et artiste incomparable, mais il était aussi convaincu que "sauf pour la gloire, sauf pour l'art", il eût probablement mieux valu "qu'il n'eût pas existé". Car l'histoire de Napoléon est aussi une tragédie, individuelle et collective. Il ne peut que condamner la démesure impériale et le chaos engendré par les guerres napoléoniennes : "son génie a prolongé, à grands frais, une partie perdue d'avance." La rencontre de Bainville avec Napoléon Bonaparte nous offre un tête-à-tête fascinant. Son portrait de Napoléon reste criant de vérité, pour son génie comme pour ses dérives. Publiée en 1931, cette biographie est toujours reconnue par les historiens pour le sérieux de ses sources et la qualité de son écriture. Elle est devenue un classique.

177.          BLANC (Olivier). L'éminence grise de Napoléon. Regnaud de Saint-Jean d'Angély.  Pygmalion,  2002, gr. in-8°,  328 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Sans Michel Regnaud de Saint-Jean d'Angély, l'histoire de Napoléon se serait probablement écrite autrement. En effet, cet habile avocat, député de la Révolution et administrateur éclairé, qui échappa de justesse à la guillotine, joua un rôle capital d'éminence grise aux grandes heures du Consulat et de l'Empire. Des campagnes d'Italie où il rencontra le général Bonaparte pour la première fois aux préparatifs du 18 brumaire, du couronnement en grande pompe à Notre-Dame de Paris jusqu'aux Cent-Jours, il conserva un crédit inentamé, exerçant une influence modératrice et libérale sur le nouveau maître de l'Europe qu'il avait soutenu dans sa conquête du pouvoir. Il entra au Conseil d'Etat et consacra toute son énergie à y défendre les acquis démocratiques de la Révolution dans de nombreux tête-à-tête avec l'empereur et dans les discussions d'ordre législatif. Sa vie est donc l'histoire d'une fidélité exemplaire, qui le conduisit, à la chute de l'Empire, sur les chemins de l'exil en Amérique, en Allemagne et en Belgique. Elle est aussi l'histoire d'un amour indéfectible pour sa femme, la très belle Laure de Bonneuil, immortalisée par le peintre Gérard. Celle-ci tint l'un des salons les plus brillants de la capitale. Proscrite avec son mari, elle lui survécut pendant plus de trente ans et perpétua inlassablement la légende napoléonienne. S'appuyant sur d'innombrables sources inédites, tant publiques que privées, Olivier Blanc retrace avec éclat le destin méconnu d'un caractère d'exception.

178.          CRAPOUILLOT (Le). Napoléon, cet inconnu.  P., Le Crapouillot,  1969, in-4°,  116 pp, 86 gravures et photos, broché, couv. illustrée, bon état (Le Crapouillot. Nouvelle série, n° 8)

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Par Jean Bourdier, Patrice Boussel, Pierre Dominique, Dr. Gaston Ferdière, Henri Guillemin, Louis Madelin, Patrick Ravignant, Romi, Cécil Saint-Laurent, Jean Savant, un Hors série abondamment illustré du Crapouillot, paru à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Napoléon, qui cherche à « mettre en lumière ses aspects insolites, peu connus, oubliés – volontairement ou involontairement – afin de le montrer tel qu'il fut, débarassé des ornements trop clinquants dont ses partisans l'ont paré, autant que de la boue dont ses ennemis l'ont barbouillé. » (Romi).

 Sommaire : Un grand complexé ou Napoléon vu par un psychiatre (Dr Gaston Ferdière) ; On l’appelait Le Grand Macchinatore ou Napoléon et l’argent (Jean Savant) ; Le petit homme rouge ou Napoléon superstitieux (Patrice Boussel) ; Le calendrier de la gloire ou comment Bonaparte a fait Napoléon (Romi) ; Le repos du guerrier ou Napoléon et les femmes (Patrick Ravignant) ; La légende du grognard ou Napoléon et l’armée (Patrice Boussel) ; Petit chacal ou petit génie ? Ou comment on écrit l’histoire (comparaison savoureuse de deux récits de la jeunesse de Bonaparte. L'un extrait de « La jeunesse de Bonaparte » de Louis Madelin, fervent admirateur de Napoléon. L'autre signé Henri Guillemin, « entrepreneur de démolition de gloires en tout genre », tiré de « Napoléon tel quel ») ; Le tambour de brumaire ou Napoléon et le pouvoir politique (Pierre Dominique) ; Bobards et fausses nouvelles ou Napoléon immortel ; Grandeurs et servitudes de l’occupation ou l’Europe sous Napoléon (Cécil Saint-Laurent) ; Théâtre, cinéma et littérature ou ceux qui se prennent pour Napoléon (Jean Bourdier) ; La gadgeterie impériale ou Napoléon, c’est toujours payant (Romi).

179.          DANSETTE (Adrien))(prés. par). Napoléon : Vues politiques.  Fayard,  1939, in-12,  xxi-433 pp, avant-propos de Adrien Dansette, broché, bon état (Coll. Les Grandes études politiques et sociales)

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"M. Dansette, historien averti, a su découper dans l'oeuvre de l'empereur, dans celles des témoins de son règne des pages bien choisies, nombreuses, et ingénieusement articulées en livres et chapitres : sentiments et idées de jeunesse (rousseauisme et jacobinisme ; doctrine impériale, vues sur le passé, dictature, pouvoir exécutif, législatif, judiciaire, la famille, la religion, l'aristocratie, l'instruction publique, l'économie nationale, la question juive, l'armée, la guerre, la politique extérieure, vues d'avenir, pensées de l'homme dEtat ; l'homme et sa destinée). Une des caractéristiques psychologiques du personnage, c'est son extraordinaire dynamisme, c'est son opportunisme réaliste et réalisateur, traversé au surcroît par des rêveries d'un romantisme ou d'un romanesque étonnant. Les douze pages d'introduction de M. Dansette sont d'ailleurs pleines de saines observations critiques. II y explique avec finesse comment se concilient les contradictions apparentes des pensées napoléoniennes." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1943)

"Un volume dû au patient et sagace labeur de M. A. Dansette, qui l'a fait précéder d'un avant-propos où sont exposés le sens et le but de l'oeuvre. L'éditeur de ces pages a voulu classer et présenter dans un ordre logique les vues politiques et sociales de Napoléon. Ce n'était pas une mince besogne que de glaner ces idées dans les documents les plus divers et de les ordonner avec méthode. Louons M. A, Dansette d'y avoir réussi et de nous présenter, dans une série de chapitres, très heureusement subdivisés, la pensée de Napoléon qui, dans tous les domaines où elle eut à s'exercer, se révéla comme celle d'un homme formé à l'école des maîtres du XVIIIe siècle, de l'héritier botté et couronné de la Révolution française." (B. Combes de Patris, Revue des études historiques, 1939)

180.          DUPONT (Marcel). Napoléon et ses grognards.  Hachette,  1947, pt in-8°,  256 pp, biblio, cart. papier crème à bandes carmin de l'éditeur, bon état

            25

"Un livre entraînant comme une charge..." — Table : Les grognards ; Les hommes, le chef ; La guerre ; La campagne d'Austerlitz ; D'Iéna à Tilsitt ; L'enfer d'Espagne ; La dernière guerre victorieuse ; Le gouffre russe ; Le dernier sursaut. Les "Marie-Louise" ; Vive l'Empereur !

181.          FAIRON ( Emile) and Henri HEUSE. Lettres de Grognards. Edition illustrée et commentée par Emile Fairon et Henri Heuse.  Liège-Paris, Bénard, Courville,  1936, in-4°,  xvi-416 pp, préface de Louis Madelin, 11 illustrations dans le texte, 15 planches d'uniformes en couleurs et 3 fac-similés hors texte, index, reliure demi-chagrin vert à bandes, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, plats et gardes de papier vert semé d'abeilles impériales dorées, une gravure en couleurs encadrée et bordée de chagrin vert au centre du 1er plat, plats de couv. conservées (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire

            250

Très intéressante publication : près de douze cents lettres de soldats wallons de la Grande Armée, publiées et commentées, classée par campagnes.

"Les documents d'origine privée ont une très grande valeur en histoire. Souvent ils manquent d'objectivité, mais ils nous permettent de nous rendre compte de la mentalité de leurs auteurs, et nous montrent comment les contemporains étaient influencés par les événements et comment ils les appréciaient. Le présent ouvrage permet de reconstituer la psychologie des soldats du département de l'Ourthe, qui ont combattu pour la première république et le premier Empire français, sur tous les champs de bataille de l'Europe. Ces lettres de soldats ont été conservées dans les dossiers de l'administration. D'après les lois de la conscription, chaque classe de conscrits était divisée en plusieurs levées, appelées successivement sous les armes. Les conscrits qui avaient déjà un frère sous les armes, n'étaient appelés qu'avec la dernière levée de la classe. Pour jouir de cette faveur, ils devaient produire un certificat de l'unité où leur frère effectuait son service, pour prouver que ce dernier était encore présent au corps. Ce certificat ne pouvait dater de plus de six mois. Par suite de la dispersion des régiments à travers toute l'Europe et jusqu'en Amérique centrale, il était parfois fort difficile de se procurer ce certificat. Le conseil de recrutement du département de l'Ourthe acceptait, à la place du certificat, les lettres que les soldats avaient envoyées à leur famille. En Belgique, c'est seulement dans les archives des départements de l'Ourthe et de la Lys, que les lettres de soldats ont été conservées. Les Archives de l'État à Liège possèdent 1.183 lettres de soldats, qui ont servi de base à la présente édition. Les auteurs ont encore trouvé d'autres lettres et des carnets de notes conservés dans des archives familiales, ou qui avaient fait l'objet de publications antérieures. L'ouvrage débute par un aperçu de la conscription dans le département de l'Ourthe. Les autres chapitres sont consacrés à la vie des conscrits en France, pendant les campagnes de Marengo à Wagram, en Italie, en Espagne et Portugal, en Hollande, aux prisonniers en Angleterre, à l'occupation de l'Allemagne et la campagne de Russie, et à la campagne de 1813 en Allemagne. Ce qui nous frappe, ce sont les déplacements à grande distance de ces soldats. Dans une note d'un fantassin qui a servi de 1807 à 1814, nous apprenons qu'il a passé successivement de Liège à Brisach, Berlin, Tilsit, Dantzig, la Silésie, Francfort-sur-Oder, Dantzig, Vienne en Autriche, Cherbourg, Brest, Bordeaux, Bayonne, Burgos, Madrid, Saragosse, Valence, Cadix, Carthagène, Malaga, Toulouse et l'Alsace. Ils avaient aussi d'énormes pertes ; entrés en Espagne avec deux bataillons (1200 hommes), ils étaient réduits après deux ans et demi à deux petites compagnies (150 hommes). Le livre se termine par un chapitre des plus intéressants sur la psychologie du grognard. Soldats forcés, les conscrits s'adaptaient rapidement et étaient plein d'enthousiasme pour l'Empereur qu'ils adoraient. Sauf aux heures de danger, ils étaient indisciplinés. Ils tenaient beaucoup à leurs officiers qui montraient une grande sollicitude pour eux, mais ils gardaient leur franc parler. Les beautés de la nature les laissaient indifférents, mais ils observaient les costumes, les habitudes et les cultures. Ils appréciaient surtout les facilités de vie qu'ils trouvaient dans un pays, et ils ne se faisaient aucun remords de voler et d'exploiter les habitants des pays par où ils passaient. Ils s'exaspéraient de la longue durée de leur service, car chaque fois qu'ils espéraient être renvoyés chez eux à la fin d'une campagne, une nouvelle guerre éclatait. Malgré la nostalgie qu'ils éprouvaient souvent, ils étaient heureux d'être soldats, parce qu'ils voyaient tant de choses neuves dans les pays où ils passaient. Ils gardaient d'ordinaire un amour filial à leur famille et voulaient être tenus au courant de ce qui se passait chez eux. Presque tous étaient de fervents catholiques ; chaque fois qu'ils en avaient l'occasion, ils assistaient à la messe, et ils demandaient des prières à leur famille. Ceux qui avaient déjà une fiancée au pays lui restaient fidèles, les rares mariés s'alarmaient de la détresse dans laquelle ils laissaient leur famille. Quelques-uns eurent de courtes liaisons avec des étrangères, mais ils en parlaient avec beaucoup de réserve. Beaucoup étaient illettrés et faisaient écrire leurs lettres par des camarades. Parmi ces illettrés, plusieurs ont appris à lire et à écrire à l'armée. Ils se plaignaient surtout de ne pas recevoir de solde, presque dans chaque lettre ils demandaient de l'argent. Leur habillement était déduit de la solde, et il arrivait souvent qu'on retenait les arriérés pour l'habillement, de l'argent que les familles envoyaient aux soldats. Le service sanitaire était mal organisé et la plupart des blessés mourraient dans les hôpitaux, « de fièvre », comme le disent laconiquement la grande majorité des extraits mortuaires. Dans les hôpitaux, la misère était très grande. Souvent des conscrits d'une santé chancelante étaient envoyés aux régiments et mouraient en route, d'autres encore malades durent reprendre service alors qu'ils auraient dû être réformés. Les conscrits étaient d'ordinaire très courageux et ne craignaient pas la mort ; mais les brigands d'Espagne leur faisaient peur. L'objet principal de leurs plaintes étaient les marches forcées épuisantes d'un coin de l'Europe vers l'autre. Les régiments de la Garde vont de Moravie à Séville, puis d'Espagne à Moscou ; d'autres vont de l'Illyrie en Russie. Presque tous voulaient passer pour de bons soldats, dignes de l'Empereur qu'ils admiraient. A la fin du livre, les auteurs donnent la liste des soldats, chevaliers de la Légion d'Honneur, originaires du département de rOurthe. En annexe, il y a de la main du colonel Β. Ε. M. Thomas, une note critique sur les uniformes représentés dans les lettres et qui illustrent l'ouvrage. Le livre est pourvu de tables des régiments cités, des noms de personnes et des noms de lieux. Les quelques notes qui précèdent donnent une idée fort incomplète du riche contenu de ce beau livre, qui est d'une lecture captivante. Dans leur récit, les auteurs ont intercalé de nombreux extraits des lettres les plus intéressantes. L'imprimeur en a fait un véritable ouvrage de luxe." (Jos. De Smet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1938)

"Aux Archives d'État de Liège, MM. Emile Fairon et Henri Heuse ont retrouvé 1,183 lettres de conscrits du département de l'Ourthe, déposées par leurs parents pour attester leur présence au corps. Ils remettaient naturellement les plus récentes, en sorte que les années antérieures à Wagram sont peu représentées. Les éditeurs n'ont pas publié in extenso ces documents, et c'était, en effet, inutile. Ils en ont donné des extraits pour illustrer leur livre qui étudie méthodiquement la conscription, l'acheminement des recrues et la vie de garnison, les campagnes, la vie des prisonniers (surtout en Espagne), la psychologie des soldats. Le département a donné, de 1798 à 1814, 22,000 conscrits, dont 5,095 au moins sont morts ; la Belgique, 175,000, dont 50,000 ne sont pas revenus. Les maladies tiennent une part énorme dans ces ravages. La loi a été assez bien obéie, quoique la résistance passive soit sensible, surtout quand il s'agissait de rappels de classes. Il est visible aussi que l'absence de nouvelles aggravait la condition du conscrit et la douleur de sa famille. Ces soldats paraissent attachés à leurs parents et à leur village, pieux, préoccupés naturellement par la vie matérielle et surtout la solde, loyaux, mais longtemps indifférents au sort de l'Empire et à Napoléon. Peu à peu, cependant, il devient constant qu'ils sont en voie d'assimilation. Quant à leurs sentiments à l'égard du métier militaire et de la guerre, ils varient, cela va de soi, avec leur tempérament. Les uns cèdent à l'attrait de la nouveauté et de l'aventure ; certains jugent plus agréable d'être soldat que de travailler comme ouvrier pour un salaire misérable et ne sont pas insensibles aux bombances que procure le pillage (« on est très bien dans les pays qui se révoltent », p. 376) ; d'autres, au contraire, expriment des regrets et adressent des adieux déchirants. Le volume de MM. Fairon et Heuse est magnifique et remarquablement illustré." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1939)

182.          HOUSSAYE (Henry). 1814.  Perrin,  1896, fort in-12,  viii-651 pp, 24e édition revue et augmentée, notes, une carte dépliante hors texte in fine, reliure demi-chagrin vert empire, dos lisse orné en long, titres, motifs floraux et aigle napoléonien dorés, tête mouchetée (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état, exemplaire très bien relié

            50

La campagne de France. — Janvier 1814. La Grande Armée, durement éprouvée par le revers de Leipzig le 19 octobre, doit abandonner le théâtre d'opérations allemand pour défendre son territoire national. Acculé et pourchassé par les Prussiens et Russes de Blücher, les Suédois de Bernadotte et les Autrichiens de Schwarzenberg, l'Empereur doit recomposer, à partir des débris de Leipzig, une armée capable de lui apporter la victoire finale. La campagne qu'il s'apprête à livrer sera son chef d'oeuvre militaire. Accourant sur tous les fronts, il prend les armées coalisées à revers par des actions éclairs avec une justesse stupéfiante, si bien qu'aujourd'hui encore, la campagne de France est un cas d'école enseigné dans les académies militaires du monde entier. Publié pour la première fois en 1888, “1814” de Henry Houssaye (1848-1911) est un grand classique de l'histoire napoléonienne. Le style de l'auteur, à la fois littéraire et d'une redoutable précision, nous emporte au coeur de l'action, nous immerge dans les méandres politiques de cet épisode fondamental de l'Histoire de France.

183.          LABAUME (Eugène). Relation circonstanciée de la campagne de Russie en 1812 ; Orné des plans de la bataille de la Moskwa, du combat de Malo-Jaroslavetz, et d'un état sommaire des forces de l'armée française pendant cette campagne. Quatrième édition corrigée et augmentée d'après les renseignemens les plus authentiques.  P., Panckoucke, Magimel,  février 1815, in-8°,  viii-454 pp, un grand plan dépliant gravé de la bataille de la Moscowa hors texte, reliure demi-veau clacé acajou, dos lisse avec titre, large fleuron et quadruples filets dorés, fleurons à froid, palette en queue, tranches marbrées (rel. de l'époque), bon état. Manque un plan (le combat de Malo-Jaroslavetz)

            120

Par Eugène Labaume, capitaine au corps royal des ingénieurs-géographes, officier d'ordonnance du prince Eugène. —"Point de vue d'un témoin oculaire qui a pris des notes en utilisant comme encre de la poudre à canon délayée dans la neige fondue. Ces souvenirs doivent sans doute à leur hostilité à l'égard de Napoléon, leur énorme succès sous la Restauration."(Tulard, 787)

184.          [LAMOTHE-LANGON, Etienne-Léon]. Mémoires et souvenirs d'une femme de qualité sur le Consulat et l'Empire. Edition présentée et annotée par Ghislain de Diesbach.  Mercure de France,  1966, in-8°,  394 pp, notes, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            25

Pour être femme de qualité, on n'en est pas moins femme : l'auteur de ces Mémoires a beau garder l'anonymat, elle ne peut s'empêcher de nous laisser entendre qu'elle est à la fois l'une et l'autre : élégante, jeune, jolie et désirable. D'excellente maison, comme on disait alors. Ancienne exilée de surcroît, ce qui lui confère les prestiges du malheur et du droit, dont elle use, de parler sans ménagements de tout et de tous. Il ne lui manque qu'une qualité : l'existence. Qu'importe : ces conventions commodes permettent à un auteur devenu aujourd'hui, injustement, fort obscur, de dessiner un portrait féroce de cette cour de parvenus qu'est pour lui l'entourage de Bonaparte. Il est partial, indiscret, et raconte dans le détail cette cour et cet univers auxquels s'est ralliée son héroïne imaginaire, qui l'irritent et qui le fascinent. Il est donc fort bien informé, ce qui, grâces lui en soient rendues, nous permet de l'être après lui.

"Cette femme de qualité exista-t-elle ? Ses mémoires sont dus à la plume inlassable d'un romancier, Lamothe-Langon. Mais peut-être se servit-il des papiers, des notes, des lettres de la comtesse du Cayla, pour qui Louis XVIII eut une tendre amitié. Le goût des mémoires était si grand qu'on en inventa, au besoin... La « femme de qualité », jeune, belle élégante, royaliste mais qui ne boude pas les Tuileries, rapporte mille anecdotes sur le passage de la République à l'Empire, la reconstitution d'une cour. La figure du Premier Consul est évoquée avec habileté, et les silhouettes de Joséphine, de Pauline Bonaparte, de Mme de Staël, de Talleyrand, composent un tableau très vif de cette époque de transition. C'est l'histoire vue de ces coulisses que sont les salons, et l'effet est d'un charme assuré." (Revue des Deux Mondes, 1967)

185.          MADELIN (Louis). Le Consulat.  Hachette,  1945, in-8°,  365 pp, une carte, notes et références, reliure demi-basane noire, dos lisse orné en long, titres et encadrement dorés, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), coiffe sup. lég. épidermée, bon état (Histoire du Consulat et de l'Empire, IV)

            25

"La victoire de Marengo devait être le point de départ d'une nouvelle période dans la prestigieuse carrière de Bonaparte, mais il ne dut pas seulement sa popularité à ses succès militaires, on admirait l'énergie avec laquelle il faisait sortir la France de l'anarchie dans laquelle le Directoire l'avait plongée. M. Madelin analyse, avec sa clarté habituelle, les procédés auxquels il eut recours pour rétablir l'ordre, pour réconcilier les partis, pour réorganiser les finances, pour créer une administration, et remettre en marche le travail national..." (Georges Blondel, Revue des études historiques, 1939)

"Cette œuvre magistrale du célèbre historien forme le plus important ouvrage qui ait été publié sur cette grande époque de notre histoire. Elle éclipse de très loin les ouvrages analogues précédemment parus, et constitue pour cette période un monument définitif dont la valeur ne saurait être égalée." (L'Editeur)

186.          MADELIN (Louis). L'Affaire d'Espagne, 1807-1809.  Hachette,  1943, in-8°,  333 pp, notes et références, reliure demi-basane noire, dos lisse orné en long, titres et encadrement dorés, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), coiffe sup. épidermée, bon état (Histoire du Consulat et de l'Empire, VII)

            25

La guerre d’Espagne fut une « sale » guerre, une guerre sans gloire. Napoléon y perdit un prestige consacré à Tilsit en juillet 1807. Stendhal qui admirait l’Empereur écrit en 1818 : « La guerre d’Espagne marque à la fois l’époque de la décadence de la puissance de Napoléon et l’époque de la décadence de son génie. La prospérité avait graduellement changé et vicié son caractère. » L’historien Louis Madelin, également fervent admirateur, concluait sur l’affaire d’Espagne, dans son "Histoire du Consulat et de l’Empire", avec ce mot : « Ce fut donc un crime, et, par surcroît, ce fut une faute. »

"Cette œuvre magistrale du célèbre historien forme le plus important ouvrage qui ait été publié sur cette grande époque de notre histoire. Elle éclipse de très loin les ouvrages analogues précédemment parus, et constitue pour cette période un monument définitif dont la valeur ne saurait être égalée." (L'Editeur)

187.          MADELIN (Louis). L'Apogée de l'Empire, 1809-1810.  Hachette,  1945, in-8°,  301 pp, 2 cartes, notes et références, reliure demi-basane noire, dos lisse orné en long, titres et encadrement dorés, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), coiffe sup. épidermée, bon état (Histoire du Consulat et de l'Empire, VIII)

            25

"... Une impression générale pourrait être dégagée de ce volume : c'est que, après les deux fautes capitales : l'usurpation de l'Espagne et la rupture avec le Saint-Siège, le principal ennemi de Napoléon, ç'a été sa bonté, ou si l'on veut sa faiblesse : à l'égard de ses frères, dont l'élévation injustifiée a été le poids mort du génie impérial ; à l'égard de Joséphine et de Marie-Louise; à l'égard du faux allié Alexandre; à l'égard surtout du plus dangereux intrigant Fouché et du traître le plus cynique Talleyrand ; cependant déjà Metternich profite de sa situation d'ambassadeur privilégié pour tisser les fils de la conjuration autour du colosse trop confiant, qui, au milieu de tous ces complots, fait trop souvent figure de dupe." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1945)

"Cette œuvre magistrale du célèbre historien forme le plus important ouvrage qui ait été publié sur cette grande époque de notre histoire. Elle éclipse de très loin les ouvrages analogues précédemment parus, et constitue pour cette période un monument définitif dont la valeur ne saurait être égalée." (L'Editeur)

188.          MADELIN (Louis). La Crise de l'Empire, 1810-1811.  Hachette,  1945, in-8°,  348 pp, notes et références, reliure demi-basane noire, dos lisse orné en long, titres et encadrement dorés, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), bon état (Histoire du Consulat et de l'Empire, IX)

            25

"L'auteur se propose, en 317 pages de texte et dix-huit chapitres, de raconter l'histoire de l'Empire, depuis le lendemain du mariage avec Marie-Louise jusqu'à la veille de la naissance du roi de Rome. Pour les affaires d'Espagne seulement, il pousse le récit jusqu'à la victoire stérile de Masséna à Fuentes de Onoro (3 juin 1811). Les opérations militaires en Espagne sont scindées en plusieurs chapitres épars : X, XI, XIII et XVI. De même les craquements successifs de l'alliance russe. M. Madelin, après Vandal et Sorel, fait peser péremptoirement sur Alexandre la responsabilité de la rupture, que Thiers imputait surtout à Napoléon (chapitres VIII, XIV, XVII et XVIII). Les sept premiers chapitres sont centrés sur la disgrâce de Fouché..." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1946)

"Cette œuvre magistrale du célèbre historien forme le plus important ouvrage qui ait été publié sur cette grande époque de notre histoire. Elle éclipse de très loin les ouvrages analogues précédemment parus, et constitue pour cette période un monument définitif dont la valeur ne saurait être égalée." (L'Editeur)

189.          MADELIN (Louis). L'Empire de Napoléon.  Hachette,  1946, in-8°,  421 pp, notes et références, reliure demi-basane noire, dos lisse orné en long, titres et encadrement dorés, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), coiffe lég. frottées, bon état (Histoire du Consulat et de l'Empire, X)

            25

"Ce titre : l'Empire de Napoléon, donné au dixième volume d'une Histoire du Consulat et de l'Empire, ne saurait être une indication même vague de son contenu. On y trouvera des épisodes réunis d'un lien assez lâche : d'abord la répercussion sur la famille impériale de la naissance d'un héritier (p. 1 à 34); ce fils portant le titre de Roi de Rome, c'est l'occasion d'exposer enfin le conflit entre le Pape et l'Empereur (p. 35 à 145) ; puis, c'est l'évolution du caractère et de la santé de Napoléon, jointe à la lassitude des maréchaux et des hauts fonctionnaires (p. 146 à 240) ; enfin le tableau sommaire à vol d'oiseau de « l'Europe napoléonienne », arrêté à peu près vers la fin de 1811 (p. 241 à 364). Les huit chapitres consacrés aux questions religieuses (III â X), plus encore que les autres peut-être, donnent l'impression d'une série de conférences claires, vivantes, attrayantes... La lecture et la documentation de M. Madelin sont immenses. On ne saurait lui reprocher d'avoir négligé les travaux tout 'récents, et d'importance capitale..." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1947)

"Cette œuvre magistrale du célèbre historien forme le plus important ouvrage qui ait été publié sur cette grande époque de notre histoire. Elle éclipse de très loin les ouvrages analogues précédemment parus, et constitue pour cette période un monument définitif dont la valeur ne saurait être égalée." (L'Editeur)

190.          [MAXWELL, William Hamilton]. The Victories of Wellington and the British Armies.  London, Henry G. Bohn,  1852, in-12,  vi-528 pp, new edition completed to the present time, une gravure en frontispice et 4 planches de portraits gravés hors texte, notes, index, reliure demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres (“Wellington. Victoires et campagnes”) et aigle napoléonien dorés, bon état. Texte en anglais

            80

L'expédition d'Egypte, la guerre d’Espagne (ou guerre de la Péninsule) de 1807 à 1813, la bataille d'Orthez (1814), la bataille des Quatre Bras, Waterloo. Le dernier chapitre (pp 455-492) est consacré aux campagnes dans l'Inde de 1838 à 1846 contre les Afghans, les Biluchis et les Sikhs.

191.          PÉLISSIER (Léon-G.). Le Portefeuille de la Comtesse d’Albany (1806-1824). Matériaux pour servir à l'histoire d'une femme et d'une société. Lettres mises en ordre et publiées avec un portrait par Léon-G. Pélissier.  P., Fontemoing,  1902, fort in-8°,  xxviii-726 pp, un portrait de la comtesse d'Albany en frontispice, table chronologique des lettres, index, reliure toile carmin, dos lisse avec titres dorés, couv. conservées, bon état

            60

"Ce gros livre contient des lettres adressées à la comtesse d’Albany de 1806 à 1824, c'est-a-dire jusqu'à sa mort. Veuve de Charles-Édouard Stuart, puis d’Alfieri, elle vivait à Florence, en la société de Fabre, un peintre originaire de Montpellier, qui, mort après elle, a légué les papiers de la comtesse et les siens à la bibliothèque de sa ville natale. Ce livre est un beau livre de plus de 700 pages très compactes ; les lettres sont minutieusement numérotées de 1 à 359, par ordre chronologique, et elles sont suivies d’une table chronologique, d’une table alphabétique des correspondants, d’un index alphabétique des noms propres. Avant 1814, il n’y a presque rien à recueillir, et cela même est un signe des temps, d’ailleurs déjà noté, que le service du cabinet noir, était bien fait par la police de Napoléon : « Je ne vous dirai point de nouvelles, écrit Mme de Mailly de Coislin, pour deux bonnes raisons, l’une que l’on nous en dit point (sic), l’autre qu’il ne fait pas bon d’en imaginer » (p. 155). Cependant, Mme de Souza nous fait partager ses émotions pendant les campagnes de son fils, Charles de Flahault, dit Néné, en Russie et Allemagne en 1812 et 1813. Elle est presque seule, avec la bonne douairière Mme de Maltzam, à ne pas détester Napoléon, « l’ogre toujours insatiable de chair humaine » (p. 235). La plupart des correspondants de Mme d’Albany sont, en effet des ennemis de la Révolution, où ils ne voient qu’anarchie et désordre. En 1814, à la chute de l’ogre, ce fut l’avènement de la liberté d’écrire. (...) La France s’habituait lentement au gouvernement des Bourbons. On s’intéressait quelques jours, dans l’entourage de Mme d’Albany, à la conspiration de l’avocat Didier ; on le blâmait, d’ailleurs, sévèrement ; car les amis de la comtesse étaient presque tous légitimistes, nourrissaient peu de sympathies pour le duc d'Orléans (p. 307). Ils notaient bien avec quelque surprise la rapidité avec laquelle la jeune veuve du duc de Berry se consolait. Cela ne les empêchait pas de prendre beaucoup d’intérêt à l’expédition française en Espagne en 1823 : « Voilà une nouvelle gifle à l’Europe, écrivait le prince de Cardito (p. 603), et voilà la France de nouveau prépondérante. » Il exagérait. Mais on exagérait tout en ces premiers temps du romantisme. Tout de même, les étrangers demeurèrent étonnés du relèvement de la France si peu d’années après Waterloo ; ils la voyaient heureuse et relativement tranquille pendant que tout le reste de l’Europe était agité de désordres variés. S'il fallait essayer de noter le caractère commun à ces très nombreux et différents personnages, il faudrait voir en eux quelques-uns des derniers représentants des salons du XVIIIe siècle ; leur éducation, leurs sentiments, leur culture intellectuelle, sont de l’ancien régime." (J.-E. Driault, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1904)

192.          REGENBOGEN (Lucian). Napoléon a dit. Aphorismes, citations et opinions.  Les Belles Lettres,  1996, gr. in-8°,  454 pp, préface  par Jean Tulard, avant-propos par Zwi Yavetz, biblio, index, reliure toile vert empire, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état

            30

Lucian Regenbogen offre au lecteur, avec cet inattendu Napoléon par lui-même, bien plus qu'une énième biographie de l'Empereur : une source historique, un roman d'action et une étude psychologique tout à la fois. Que Napoléon parle de lui-même et de son entourage, de ses contemporains amis ou ennemis, fidèles ou traîtres, des hommes illustres et des grands événements du passé, ou enfin des sentiments humains et de la politique, il se révèle être un véritable génie du verbe – un inépuisable bonheur de lecture et une découverte totale. — Table : Aphorismes (chapitres sur la politique, les collaborateurs, l'armée, la France, les femmes, la famille, lui-même, les autres nations, la culture, la noblesse et la Monarchie, la religion, réflexions) ; Citations ; Opinions.

193.          SAINT-NEXANT DE GAGEMON (Charles de). Des événements qui ont amené la fin du règne de Napoléon Ier.  P., Henri Plon,  1863, in-8°,  516 pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs guillochés et soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état. Rare

            250

"Grand capitaine, grand législateur, grand écrivain, grand administrateur et organisateur, il [Napoléon Ier] se signala encore plus (...) par une bonté de cœur et une abnégation sans exemple. Si la chute de ce géant, assurément le plus grand homme de l’ère chrétienne, fut épouvantable pour lui et désastreuse pour la France (...) c’est que cinq immenses défauts furent en même temps le partage de ce mortel si extraordinaire. Son ambition fut insatiable et démesurée ; son orgueil fut prodigieux et incommensurable ; son caractère fut impétueusement emporté ; sa faiblesse à l’égard de sa famille fut déplorable ; il ne posséda pas la connaissance des hommes." (extrait de la Préface) — "Souvenirs partant de la mort du duc d’Enghien jusqu’à Waterloo, se terminant avec la Chambre de 1815. Important chapitre sur le Blocus continental." (Davois, III, 159)

 

De 1815 à 1914

 

194.          BARBIER (Patrick). La Vie quotidienne à l'Opéra au temps de Rossini et de Balzac. Paris 1800-1850.  Hachette,  1987, in-8°,  295 pp, pt lexique, notes, bibliographie, broché, couv. illustrée, bon état

            25

La première moitié du XIXe siècle voit Paris accéder au rang de capitale de l’art lyrique : compositeurs et chanteurs étrangers affluent vers les grandes scènes de l’Opéra et du Théâtre italien. Des tragédies lyriques aux grands drames italiens, des oeuvres de circonstance aux désopilantes parodies de grands opéras, cette vie quotidienne nous fait côtoyer Rossini et Berlioz, le castrat Crescentini et la Malibran. Les grands triomphes de la scène et les petites anecdotes des coulisses ; l’émotion du public aux soirs de « premières » et l’organisation méthodique de la « claque » ; les vrais fanatiques de musique italienne et les faux opéras de propagande politique : autant de versants - authentiques et factices - de la vie musicale à ses heures de gloire dans une société élégante que ses divertissements conduisent des Tuileries à l’Opéra et du boulevard des Italiens aux salons aristocratiques.

195.          BAUMONT (Maurice). L'échiquier de Metz. Empire ou République ? 1870.  Hachette,   1971, in-8°,  350 pp, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

"Evoquant le drame qui va faire du maréchal Achille Bazaine « le livreur de Metz », ce livre repose essentiellement sur les archives prussiennes et sur les archives du château de Chantilly. Membre de l'Institut et conservateur du musée Condé, l'auteur a eu accès à une dizaine de grands cartons scellés par le duc d'Aumale et président du Conseil de guerre qui a, le même jour de décembre 1873, condamné à mort Bazaine et demandé sa grâce au président de la République Mac Mahon..." (Revue des Deux Mondes, 1972)

"On sait que l'attitude de Bazaine à Metz continue d'intéresser les historiens. Il faut surtout lire Maurice Baumont, "L'Échiquier de Metz. Empire ou république ? 1870". M. Baumont a pu utiliser les papiers du duc d'Aumale à Chantilly." (Marcel Emerit, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1974)

196.          BÉCHU (Jean-Pierre). La Belle Epoque et son envers. Quand la caricature écrit l'histoire.  Monte-Carlo, Editions André Sauret,  1980, gr. in-4°,  180 pp, préface de Michel Mélot, 162 dessins, dont 48 en couleurs, dans le texte et à pleine page, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

La condition ouvrière. La condition féminine. L'alcoolisme. Justice et répression. La bourgeoisie. Les idéologies. L'Affaire Dreyfus. Sciences et techniques. La politique des Etats. La colonisation. La Chine et l'Occident. Vers la révolution russe. Intervention en Chine. En Europe.

197.          BIRNBAUM (Pierre)(dir.). La France de l'Affaire Dreyfus.  Gallimard,  1994, in-8°,  594 pp, index, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

            30

De l'Affaire elle-même, on sait tout, ou presque : l'imbroglio politico-judiciaire, la dimension antisémite et antirépublicaine, la portée idéologique. D'excellents ouvrages ont dégagé le rôle des acteurs, petits et grands, volontaires ou involontaires, dans la fabrication de ce drame national. Ce qu'en revanche on connaît beaucoup moins, derrière les tréteaux du grand opéra, c'est le véritable impact de l'Affaire dans la France des profondeurs et des réalités sociales, mis à part les «intellectuels» qui ont trouvé là leur naissance officielle. En quoi le paysage politique a-t-il été bouleversé ? Quels affrontements internes au sein des institutions d'État, police, armée, magistrature ou corps préfectoral ? Quelles retombées dans les milieux aristocratiques, patronaux, ouvriers ? Quels clivages chez les catholiques, les protestants, les juifs eux-mêmes ? L'approche est ici modeste, et pourtant neuve et décisive : un ensemble de plongées ponctuelles à partir d'une moisson d'archives et de travaux le plus souvent inédits, destinées à renouveler la connaissance historique de ce moment crucial qui pèse encore sur les comportements politiques et sous-tend peut-être toujours des interprétations antagonistes de la nation.

198.          BOUNIOL (Bathild‎). Je Politique ! Scènes, récits, portraits‎.  P., Martin-Beaupré frères,  1864, in-12,  500 pp, reliure demi-chagrin havane, dos lisse avec titres dorés, filets à froid encadrés de filets dorés (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état. Peu courant

            30

"Dans notre volume : “Je Politique”, se trouve une Étude développée sur Berryer que nous avons eu maintes fois, comme journaliste, l’occasion d’entendre dans nos assemblées politiques. Du reste, il fallait l’entendre plutôt que le lire, car l’originalité de la forme manquait un peu à sa phrase trop facilement faite, alors qu’elle n’était plus soutenue par l’accent fiévreux de la voix et la fougue du geste." (B. Bouniol)

199.          CASSOU (Jean). Quarante-huit.  Gallimard,  1939, in-8°,  253 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Anatomie des Révolutions)

            25

Un essai très original dans lequel "le crayon de Daumier relaie toujours l'apostrophe de Lammenais ou le témoignage triste de Daniel Stern" (Maurice Agulhon).

"L'ouvrage de Cassou a le grand mérite de stimuler la discussion, et les réserves que j'ai été amené à faire ne sauraient entamer mon admiration. Cassou utilise deux tons, le ton « garde national épique » de Victor Hugo, le ton aigu, sobre et moderne de Baudelaire : de là notre joie profonde en lisant et en relisant ce livre où, pour parler comme Proust, style et matière adhèrent de façon quasi parfaite." (Georges Duveau)

200.          [CONSTANT, Benjamin] – CORDEY (Pierre) et Jean-Luc SEYLAZ (dir.). Benjamin Constant. Actes du congrès Benjamin Constant de Lausanne (octobre 1967).  Genève, Droz,  1968, gr. in-8°,  227 pp, index, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv; conservées (rel. de l'époque), bon état

            40

Toutes les positions prises par Benjamin Constant en matière politique et sociale eurent ce point commun que ce furent des positions novatrices, hardies, des positions d’homme de progrès. Pour être un homme de progrès, il faut croire à ce progrès, il faut croire le progrès possible. Or, tout le système philosophique de Constant postule ce progrès, en dépit de fréquents et très naturels accès de pessimisme. — 24 études par P. Bastid, J. Baelen, C.P. Courtney, O. Pozzo Di Borgo, E. Harpaz, L. Neppi Modona, V. Del Litto, E. Coen, J. Guillon, P. Bommoure, J.-R. Derré, F.P. Bowman, P. Deguise, la comtesse Jean de Pange, F. Ley, D. Berthoud, W. Pabst, G. Poulet, A. Fairlie, P. Delbouille, A. Pizzorusso, S. Balayé, R. Le Grand Roy et Mme Ullrichova.

201.          DESJOYEAUX (Claude-Noël). La Fusion monarchique, 1848-1873, d'après des sources inédites.  Plon,  1913, in-8°,  iii-482 pp, index, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            50

Par Claude-Noël Desjoyeaux (1886-1923), « Un exposé des négociations qui ont abouti à la réconciliation des deux branches de la Maison de France (Comte de Chambord et Comte de Paris), et qui devaient servir de préface à la restauration de la monarchie ». L'auteur a eu la bonne fortune de pouvoir puiser dans les mémoires, notes et correspondances du comte de Sugny, dans les archives privées du comte d'Haussonville, du duc de Broglie, du duc d'Audiffret-Pasquier, du comte de Chabannes La Palice, du vicomte de Meaux, du marquis; de Beauvoir, pour ne citer que les principaux. "M. Desjoyeaux a été peu connu du grand public ; il est mort trop jeune et au moment où il allait donner le résultat de longues années d'études et de recherches. Ceux qui ont eu le bonheur de l'approcher savent de quelles qualités à la fois éminentes et aimables il était doué. C'était un érudit, mais un érudit de grand style, tout plein d'idées et d'aperçus. (...) Il s'était fait connaître d'abord par un article sur la question du drapeau qui n'avait été que le prélude d'une grande étude, la seule qu'il lui ait été donné de faire paraître en un volume : La Fusion monarchique, d'après des sources inédites ; ouvrage dont un juge aussi compétent que M. le comte d'Haussonville avait pu dire qu'il était l'exactitude même et que l'auteur avait pesé avec la conscience la plus scrupuleuse les témoignages aussi nombreux que divers des contemporains." (A. Baudrillart, 1924)

202.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). La France de la “Belle Epoque”. La France et les Français 1900-1914.  Editions Richelieu,  1972, gr. in-8°,  414 pp, 32 planches en couleurs hors texte et nombreuses gravures et photos en noir dans le texte, biblio, index, reliure simili-cuir havane décorée de l'éditeur, bon état (Coll. L'Univers contemporain)

            30

"Illustrations et documents d'époque à l'appui, J.-B. D. raconte, reconstitue, explique, crise après crise, année après année, la longue série d'événements qui vont insensiblement amener la France à la rupture d'août 1914. Il montre que la « Belle Epoque » ne l'était que pour une minorité de privilégiés et que la très grande masse du peuple – ouvriers et paysans – vivait dans des conditions très dures. L'instabilité du régime ne permettait pas la définition et la mise en oeuvre d'une véritable politique sociale. L'esprit « revanchard » des Français, l'impérialisme des Allemands expliquent la marche des deux peuples vers une guerre que personne au fond ne souhaitait vraiment. L'ouvrage permet de saisir et de comprendre la période qui précède le moment où l'histoire va basculer et entraver pour un demi-siècle le redressement économique dans lequel s'engageait la France. Une remarquable iconographie est ici au service d'un texte de grande qualité." (Revue française de science politique, 1975)

203.          EL GAMMAL (Jean). Politique et poids du passé dans la France « fin de siècle ». (Thèse).  Limoges, Presses universitaires de Limoges (PULIM),  1999, pt in-4°,  789 pp, 9 cartes, notes, sources et biblio, index, broché, bon état

            80

Thèse d'État soutenue en 1990 à l'université Paris X Nanterre sous la direction de Philippe Vigier.

Dans cet ouvrage sont étudiées les permanences historiques et les principales représentations du passé dans le monde politique et parlementaire français à la fin du XIXe siècle. La présence des "hommes du passé", le rôle des anniversaires et des commémorations, les rapports entre histoires régionales et histoire nationale, les considérations et les enjeux politiques liés au passé sont abordés au travers d'un ensemble de sources et de documents très variés.

"Jean El Gammal envisage le « poids du passé » dans les discours et écrits, d'avril 1889 à décembre 1900, des hommes politiques, au nombre de 1922, en excluant ceux qui n'avaient siégé que moins d'une année. Il a utilisé comme sources les archives, les débats parlementaires, les différents dictionnaires de députés et sénateurs ou du mouvement ouvrier, les ouvrages et les articles dans lesquels ses héros se sont exprimés. Il est facile de supposer que les royalistes feront plutôt référence à l'Ancien Régime, les bonapartistes aux Empires ou les républicains à 1789 et 1848, mais l'analyse de l'auteur est fine et apporte bien des nuances..." (Isabel Boussard, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 2000)

204.          FOURIER (Charles). Théorie des quatre mouvements et des destinées générales. Nouvelle édition corrigée et augmentée du Nouveau Monde amoureux (Extraits) publié pour la première fois, d'articles et de documents également inédits, d'une importante introduction par Madame S. Debout et d'une notice biographique sur l'auteur.  P., Jean-Jacques Pauvert,  1967, pt in-4°,  405 pp, un portrait de Fourier en frontispice, annexes, biblio, glossaire, index, reliure toile havane de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, bon état

            40

La Théorie des quatre mouvements éditée pour la première fois en 1808 et remaniée jusqu'à l'édition définitive de 1841, est l'ouvrage premier et fondamental dans lequel Fourier déclare ses objectifs pour un gouvernement et une économie mondiale régis par l'Attraction Passionnée (« sur les ruines des sciences incertaines s'élève la théorie de l'Harmonie universelle »), seule possibilité pour transformer la société, « remédier au plus scandaleux des désordres sociaux, à la pauvreté » ; contre les morales et les idéologies qui prêchent pauvreté et médiocrité, il défend l'opulence pour tous, le luxe, la gourmandise et la volupté ; seule l'émancipation de la femme, libérée de la servitude du mariage et par conséquent la libération de l'enfant des principes oiseux de l'obéissance, pourra permettre la réalisation de cette transformation. Les trois ennemis naturels des passions et de l'harmonie sont, dit-il, l'uniformité, la tiédeur et la médiocrité : « l'équilibre des passions ne peut s'établir que par un choc régulier des contraires ».

"Cette édition de la “Théorie des quatre mouvements” est particulièrement précieuse : outre l'extraordinaire “Nouveau monde amoureux”, une série d'articles (parfois politiques) et de lettres, une bibliographie et un glossaire en font la plus parfaite des initiations au plus actuel des socialistes français." (Revue française de science politique, 1970)

205.          GAILLARD (Léopold de). Les Etapes de l'opinion, 1871-1872.  P., Didier et Cie,  1873, in-12,  xx-440 pp, broché, qqs rousseurs, bon état

            40

Peu commun ouvrage par Léopold de Gaillard (1820-1893), journaliste, avocat, conseiller d’Etat de la Troisième République naissante.

206.          GIROUD (Françoise). Alma Mahler ou l'art d'être aimée.  Laffont,  1988, in-8°,  260 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Elle était une fois)

            15

"La légende d'Alma Mahler est tenace. On aimerait toujours se la figurer telle qu'elle était à quinze ans, svelte et irrévérencieuse, fustigeant les faiblesses amoureuses de sa mère, lisant Nietzsche dans les jardins de Vienne. On aimerait oublier l'image de la veuve replète qui, dans son appartement de New-York, divaguait sur sa passion insensée pour les "petits juifs du genre de Mahler", expurgeait la correspondance de ses fameux amants et maris, biffait dans son propre Journal les passages qui risquaient de ternir son auréole. Séductrice à quinze ans, reine déchue à cinquante : Alma Mahler avait beau maquiller sa destinée, s'établir dans son rôle de salonnière vieillissante, elle ne parvenait pas à nous faire oublier qu'à la fin de sa vie on la voyait souvent arpenter les rues de New-York, les dialogues de Platon dans une poche, un flacon de Bénédictine dans l'autre. Dans son autobiographie, "Ma vie", Alma Mahler avait légué à la postérité quelques fragments qui devaient contribuer à sa mythologie ; mais çà et là perçait une note de mélancolie et d'amertume, comme l'aveu d'un échec. C'est cette fêlure, ce ratage qu'a cru déceler Françoise Giroud dans l'existence de la trop glorieuse Alma. La plus célèbre veuve de Vienne nous apparait dans une pose moins avantageuse. Grâce à cette biographie, écrite dans un style allègre, mi-moqueur, mi-sympathique, les adorateurs d'Alma Mahler la découvriront moins inaccessible, ses ennemis moins arrogante." (Le Monde, 15 janvier 1988)

207.          GIROUD (Françoise). Jenny Marx ou la femme du diable.  Laffont,  1992, in-8°,  249 pp, 8 pl. de gravures hors texte, repères chronologiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Elle était une fois)

            15

Jenny von Westphalen a été pendant trente-deux ans l’épouse du Diable, c’est-à-dire de Karl Marx. Étrange combinaison que celle d’une aristocrate prussienne et d’un révolutionnaire impécunieux, ébloui d’avoir été choisi pour mari. Intelligente, belle, altière, étroitement associée au travail de son mari, Jenny a vécu avec lui une authentique histoire d’amour, à travers les péripéties d’une existence tumultueuse marquée par l’exil et, parfois, la misère. C’est un beau visage de femme qui se profile derrière un redoutable visage d’homme.

208.          GOURDON (Edouard). Les Faucheurs de nuit. Joueurs et joueuses.  P., Librairie Nouvelle, Bourdilliat et Cie,  1860, in-12,  iii-282 pp, reliure demi-percaline verte, dos lisse avec titres dorés, plats de couv. conservés (rel. de l'époque), ex-libris Bibliothèque du Franc-Port, coiffe sup. lég. frottée, bon état. Edition originale. Peu courant

            60

Texte recherché sur le jeu au XIXe siècle.

"On commence par être dupe ; On finit par être fripon." C'est sous l'influence de cette idée que M. Gourdon a écrit “les Faucheurs de nuit”. Ce livre n'est autre chose que l'historique complet du jeu, la physiologie des tripots et autres lieux analogues où l'on rencontre les gens à moralité suspecte. Le but de ce livre est généreux, moral, et ne peut qu'honorer le nom qui le signe ; la forme en est heureuse, variée, semée d'anecdotes, et écrite dans un style qui n'en est pas moins pur pour ne pas être des plus colorés. (Ch. Revert, Revue fantaisiste, 1861)

"Pourquoi ne pas le dire ? la passion du jeu fait encore aujourd'hui de nombreuses victimes. Le jeu est entré dans nos mœurs et il y est resté. Le joueur qui apportait autrefois son argent à Frascati ou au Cent-Treize, le perd maintenant dans les cercles, dans les parties montées et dans les tripots clandestins. (...) En été, il voyage à l'étranger et il alimente des établissements qui s'enrichissent à ses dépens. Revenu à Paris, il joue encore, parce que la passion du jeu est la plus exigeante de toutes les passions. (...) Les joueurs eux-mêmes ne se trompent pas sur le caractère misérable et pour ainsi dire honteux de cette passion. Tous reconnaissent qu'elle est au moins un travers de leur esprit, et beaucoup maudissent le jour où, pour la première fois, ils ont mis un enjeu sur une carte..." (pp. 3-4)

Par Edouard Gourdon (1820-1869). "Collaborateur de plusieurs journaux de province, puis de Paris, il reçut après le coup d'Etat du 2 décembre 1851 la mission d'organiser en province un service de journaux dévoués à l'Empire, et fut ensuite nommé chef de section pour la presse au ministère de l'intérieur. On a de lui : Physiologie de l'omnibus (1841) ; Physiologie du bois de Boulogne (1841) ; Paris la nuit (1842) ; Laura (1843) ; Histoire du Congrès de Paris (1857) ; Louise (1859) ; les Faucheurs de nuit (1860) ; Chacun la sienne (1864) ; Paris au bois (1862) ; Physiologie de la vie conjugale (1842), sous le pseudonyme d'Arthur de Saint-Luc, etc." (Berthelot, La Grande encyclopédie, t. 19)

209.          GUIN (Yannick). Le mouvement ouvrier nantais. Essai sur le syndicalisme d'action directe à Nantes et à Saint-Nazaire.  Maspero,  1976, in-8°,  409 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Textes à l'appui)

            30

"Y. G. retrace l'histoire du mouvement ouvrier nantais de 1789 à 1920. Son propos n'est pas de retrouver au niveau local ce qui est trop souvent décrit au niveau national du point de vue des doctrines ou des organisations. II entend saisir la lutte des classes réelle avec ses échecs, ses tâtonnements. La conclusion relie le présent au passé et oppose l'action directe aux élections, « piège dans lequel se trouve placée la classe ouvrière » (p. 395)." (Revue française de science politique, 1976)

210.          [HUGO, Victor] – Catalogue d'exposition. La Gloire de Victor Hugo. Sous la direction de Pierre Georgel.  P., Réunion des Musées Nationaux,  1985, fort in-4° (22 x 28 cm),  816 pp, plus de 1000 illustrations en noir et sur des planches en couleurs (gravures, documents, caricatures, affiches, photographies, dessins), graphiques, liste (Les musiciens inspirés par Victor Hugo et leurs oeuvres, liste alphabétique), index des noms d'artistes, broché, couv. illustrée en couleurs, bon état

            50

Monumental catalogue d'exposition de 933 numéros (Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 1er octobre 1985 - 6 janvier 1986) présentant un survol fascinant et exhaustif de l'influence gigantesque qu'a eu Victor Hugo sur son siècle et le suivant : la "figure" de Victor Hugo ; la lecture ; "Victor Hugo illustré" ; la musique, la scène, le cinéma.

"L'exposition la Gloire de Victor Hugo qui se tient actuellement à Paris dans les Galeries Nationales du Grand Palais, jusqu'au 6 janvier 1986 est par excellence un « lieu de mémoire », comme le souligne Pierre Georgel dans son introduction au catalogue. Celui-ci, à la fois guide et prolongement de l'exposition suit son plan : la « figure » de Hugo, la « lecture », « Victor Hugo illustré », « La musique, la scène, le cinéma ». Dans chaque série, des études complètent l'inventaire des documents, très souvent inédits, présentés et mesurent le poids symbolique de Hugo dans « son » siècle et le nôtre." (Isabelle Tournier, Romantisme, 1985) — Compte-tenu du poids du livre (3.38 kg), nous serons amenés à demander des frais d'envoi légérement plus élevés en cas d'expédition.

211.          KISSINGER (Henry A.). Le Chemin de la paix.  Denoël,  1972, in-8°,  441 pp, traduit de l'américain, une carte de l'Europe en 1815, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'équilibre des Puissances entre 1812 et 1822. Une magistrale leçon d'histoire qui s'étend de la fin des guerres napoléoniennes à l'instauration, au Congrès de Vienne, d'un nouvel ordre européen. Traduction française de "A World Restored. Metternich, Castlereagh and the Problems of Peace 1812-1822".

212.          LA HODDE (Lucien de). Histoire des Sociétés secrètes et du Parti républicain de 1830 à 1848. Louis-Philippe et la Révolution de Février. Portraits, scènes de conspiration, faits inconnus.  P., Julien, Lanier et Cie,  1850, in-8°,  x-511 pp, reliure demi-basane carmin, dos lisse avec titre et doubles filets dorés (rel. de l''époque), qqs rousseurs éparses, bon état

            150

Intéressants souvenirs sur la police secrète : Les Bohêmes. – Les Bandits. – La Charbonnerie. – Tableau des Sociétés populaires. – Ordre de bataille des Sociétés secrètes. – Tribunal secret. – Détails secrets, etc.. Lucien Delahodde (1818-1865), d'abord journaliste, devint un des principaux meneurs des sociétés républicaines sous la Monarchie de Juillet, en même temps qu'un  espion infiltré dans les sociétés secrètes. Dans cette étude intéressante quoique partiale sur le milieu des opposants à Louis Philippe, il distingue dans la capitale pas moins de huit corps d’émeutes : les étudiants, les « impuissants » (en fait les individus frustrés de réussite sociale), les « bohèmes », les ouvriers, les « gobes-mouche », les mécontents, les réfugiés politiques, les bandits. (Jean-Noël Tardy)

"Ouvrage très documenté d'un « mouchard » que V. Hugo stigmatise dans ses « Misérables ». Engagé dans toutes les conspirations qui avaient lieu sous Louis-Philippe, il s'installe à la Préfecture de Police, comme secrétaire général, auprès de Caussidière. Celui-ci trouve dans les papiers de son prédécesseur des rapports sur lui et ses amis dont de La Hodde fut obligé de reconnaître la paternité. Mis en demeure de se suicider, de La Hodde refusa et fut incarcéré à la Conciergerie." (Dorbon, Bibliotheca Esoterica, 2441)

"Souvenirs fort intéressants d'un agent de la police secrète, si l'on en croit Victor Hugo, qui consacre à ce personnage dans les Misérables une longue note." (Caillet, Manuel bibliographiques des sciences occultes, 5990)

213.          LAVISSE (Ernest)(dir.). Histoire de France contemporaine, depuis la Révolution jusqu'à la paix de 1919. Tome 6 : La Révolution de 1848 - Le Second Empire (1848-1859). Par Charles Seignobos.  Hachette,  1921, gr. in-8° carré,  426 pp, 20 pl. de gravures hors texte, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (pas de tomaison), couv. conservées (rel. de l'époque), bon état, ex-libris Gabriel Puaux

            40

"Grâce à son admirable ténacité et à l'énergie de ses éminents collaborateurs, Ernest Lavisse eut la joie d'achever, à la veille de mourir, la grande histoire de France, dont il avait entrepris l'édification depuis vingt cinq ans. Les neuf volumes dont le dernier est paru il y a déjà plus de deux ans embrassent la période qui va du début de la grande Révolution à la fin de la grande guerre et nous apportent le travail d'ensemble le plus complet, le plus informé et le plus vivant qui existe actuellement. Il faut louer tout d'abord la présentation extérieure des volumes, qui fait honneur à la librairie française. Imprimé sur papier vergé et mat, dans un caractère très lisible, ils ont aussi bon aspect qu'on peut le souhaiter. Le texte s'accompagne de très nombreux sous-titres, en « manchette extérieure », qui n'en rompent point la continuité, mais permettent cependant de retrouver aisément les passages qu'on veut relire. Les illustrations, assez nombreuses, tout en restant un simple accessoire du texte et sans jamais encombrer, sont heureusement choisies : portraits, reproduction de documents, elles complètent les descriptions des milieux ou le récit des faits en introduisant un reflet animé d'une époque dans les pages du livre. Chaque volume a été confié à un historien spécialiste. (...) L'abolition de l'esclavage ne fut qu'une des manifestations, parmi tant d'autres, de l'idéalisme de 48. C'est M. Seignobos, qui les présente (t. VI). Il commence par un remarquable exposé de l'esprit public à la fin de la monarchie de juillet, complété par un inventaire de la situation économique ; le mécontentement causé par la fiscalité (l'impôt des 45 centimes), la puissance accrue de la presse, délivrée du timbre et du cautionnement, sur l'opinion, et d'autres facteurs nous apparaissent à l'œuvre dans les mouvements révolutionnaires de ces années troubles, dont les événements sont relatés avec maîtrise. Nous signalerons encore, dans ce volume, un très curieux chapitre sur la géographie politique de la France en 1850 et enfin les pages excellentes où se trouvent décrites la condition des classes sociales, la vie de la population active, les améliorations apportées au cours du Second Empire au sort des ouvriers. Un volume presqu'entièrement rempli par l'étude de la vie économique et sociale de la période 1848-1870." (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale, 1925)

214.          LAVISSE (Ernest)(dir.). Histoire de France contemporaine, depuis la Révolution jusqu'à la paix de 1919. Tome 7 : Le déclin de l'Empire et l'établissement de la IIIe République (1859-1875). Par Charles Seignobos.  Hachette,  1921, gr. in-8° carré,  426 pp, 20 pl. de gravures hors texte, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (pas de tomaison), couv. conservées (rel. de l'époque), bon état, ex-libris Gabriel Puaux. On joint une communication de Jacques Desmarest sur l'état économique de la France à la fin du Second Empire (Académie des Sciences morales et politiques, séance du 22 mai 1967, 4 feuillets tapuscrits)

            40

"Ce volume (t. VII) est presque uniquement consacré à l'Histoire politique du règne de Napoléon III. Les intrigues diplomatiques de l'empereur, ses guerres, les vicissitudes de sa politique intérieure, sont traitées dans des chapitres où l'on admire avec quelle aisance l'auteur synthétise une masse énorme de documents et « situe » dans leur véritable et vivante perspective, les hommes et les événements." (Roger Picard, Revue d'histoire économique et sociale, 1925)

215.          LEDRÉ (Charles). La Presse à l'assaut de la Monarchie, 1815-1848.  Armand Colin,  1960, in-12,  270 pp, 58 illustrations, sources et biblio, broché, bon état (Coll. Kiosque. Les faits, la presse, l'opinion)

            20

"L'ouvrage se présente comme un tableau de l'ensemble de la presse française, retraçant ses prises de position à chaque événement important. Le choix est très vaste, allant des journaux royalistes aux républicains, sans négliger L'Atelier rédigé par des ouvriers ; sont également cités divers périodiques et brochures, ainsi que les journaux de province. A noter d'intéressantes précisions sur les tirages et la composition de quelques rédactions parisiennes ainsi que de nombreux exemples des mesures restrictives prises par le gouvernements et des efforts des journaux pour les tourner." (Revue française de science politique, 1963)

216.          LÉONARD (Jacques). La France médicale au XIXe siècle.  Gallimard,  1978, in-12,  287 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            20

A travers le XIXe siècle, la société française se médicalise. La santé et l'hygiène deviennent des préoccupations publiques. La profession médicale se codifie : elle se donne des lois, une organisation, un rituel ; elle dénonce les concurrences illégales. Entre médecins et malades, une sociabilité nouvelle se définit. Témoignages et règlements, papiers privés et rapports, enquêtes et panégyriques relatent l'ascension sociale d'une profession profondément différenciée et pourtant rassemblée autour des mêmes valeurs : l'optimisme scientiste et la mission sociale ; les avantages de l'exercice libéral et les privilèges d'une magistrature ; la respectabilité et la reconnaissance d'une notoriété.

"L'auteur a consacré l'essentiel de sa recherche à l'histoire sociale de la médecine : il a publié précédemment “Les officiers de santé de la marine”, “La vie quotidienne du médecin de province au XIXe siècle” et une thèse sur “Les médecins de l'Ouest au XIXe siècle”. Dans cet ouvrage, il rassemble et présente des textes recueillis dans des papiers privés et des archives, qui donnent une bonne idée de la situation et de l'évolution de la profession médicale entre 1800 et 1900. La médecine s'organise ; elle défend son identité en face de la concurrence illégale des charlatans, sa qualité par rapport aux officiers de santé ; elle détermine les champs respectifs des praticiens et des chirurgiens. Surtout, elle se pose dans la société, elle la médicalise, elle influence l'éducation, les mentalités, la politique, promeut l'hygiène et la prévention, et ses membres font de plus en plus figure de notables. Certes, elle poursuit sa progression scientifique avec Bichat, Laennec, Claude Bernard,  Pasteur, Koch... Mais on est loin encore de la médecine que nous connaissons actuellement et, à lire ces documents, on mesure l'importance des mutations qui se sont opérées dans le domaine de la santé." (Pierre Frison, Etudes, 1979)

217.          MAROUCK (Victor). Juin 1848. Les Grandes dates du socialisme.  P., Librairie du Progrès [Maurice Lachâtre],  1880, in-12,  176 pp, reliure demi-basane carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos frotté et épidermé, bon état. Edition originale

            120

Cette « belle étude sur les journées de juin 1848 » (Jean Jaurès) a d'abord été publiée dans l'hebdomadaire "l’Égalité", le journal de Jules Guesde. Victor Marouck, mort en 1889, avait lutté contre le Second Empire, avant de devenir après la Commune un des premiers militants du socialisme nouveau, tournant le dos à la tradition du fouriérisme, et s'inspirant de doctrines allemandes. En 1877, il entra à la rédaction de "l'Egalité". Dans ce livre, publié en 1880, Marouck retrace les causes immédiates de l’émeute parisienne et fait le récit de son déroulement et de sa répression notamment en relatant le parcours de quelques-unes de ses nombreuses victimes. Dans son analyse de l'insurrection sociale de juin 1848, il refait, après bien d'autres, le récit du "Printemps de la fraternité", comme on a dit, mais en établissant de nombreux liens avec les événements, encore proches, de 1871. Il justifie le choix de l'aube de la Seconde République en ces termes : "De nombreux rapprochements seraient faciles à établir entre les journées de Juin 1848 et les journées de Mai 1871. Mais, à cet endroit, la plus grande réserve nous est commandée. Dire tout ce que nous pensons de mai 1871 est impossible. Les vainqueurs ne le permettraient pas".

218.          MAYEUR (Jean-Marie). Un prêtre démocrate, l'abbé Lemire, 1853-1928. (Thèse).  Tournai, Casterman,  1968, fort pt in-8°,  698 pp, 16 cartes, biblio, 2 index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Religion et sociétés), envoi a.s.

            100

"Député de la Flandre rurale de 1893 à 1928, l'abbé Lemire fut de son vivant l'une des personnalités les plus populaires et les plus contestées du catholicisme français. Accusé par les uns d'être un démagogue et un révolté, dépeint par les autres comme un prêtre près du peuple ayant une nouvelle conception du sacerdoce, l'abbé Lemire ne peut cependant pas être séparé de son temps ni de son milieu. A travers une biographie qui éclaire la psychologie d'un homme, c'est en fait l'histoire des luttes politiques, sociales et religieuses qu'étudie J.-M. M. Ce que les lecteurs découvrent, ce sont les aspirations et les problèmes d'une époque capitale dans l'histoire du catholicisme français : le « ralliement », l'existence de « catholiques républicains », la séparation de l'Eglise et de l'Etat, le développement d'une démocratie chrétienne." (Revue française de science politique, 1970)

"L'histoire des mentalités religieuses compte avec la publication de la thèse de J.-M. Mayeur un volume exemplaire." (Gérard Cholvy, Archives des sciences sociales des religions, 1969) — "L'un des apports majeurs de cette thèse est de faire mieux comprendre la force, même dans les pays de chrétienté, de ces courants populaires républicains qui sont l'une des clés de l'histoire contemporaine de l'Eglise de France. Un deuxième apport non moins considérable concerne l'histoire de la seconde démocratie chrétienne : les influences belges reçues à son origine, ses caractères, sa diffusion en Italie sont exactement rapportés ici. Mais surtout elle est présentée avec force comme un « rameau de l'arbre traditionnaliste ». L'opposition, trop facilement reçue, entre un catholicisme social, démocrate et un catholicisme intransigeant est démentie. A près d'un siècle de distance, l'analogie est frappante, à cet égard, entre l'itinéraire personnel de Lemire et celui de Lamennais." (Jacques Gadille, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1969)

219.          MIQUEL (Jacques) et Aurélien PIERRE (dir.). L'affaire Fualdès. Le sang et la rumeur.  Editions du Rouergue, Musée Fenaille,  2017, in-4°,  256 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état

            25

Le meurtre de Fualdès, ancien procureur impérial de l'Aveyron, le 19 mars 1817, est l'une des plus célèbres affaires criminelles du dix-neuvième siècle. Formidable fiasco policier et judiciaire, elle a vu la naissance de la presse à sensation, des reporters dépêchés sur place faisant partager à la France puis à l'Europe entière, et jusqu'aux États-Unis, le feuilleton des évènements. Ce livre écrit par des historiens nous montre comment l'opinion s'emparant du fait divers sécrète une mythologie du crime. — Au matin du 20 mars 1817, le corps du procureur Antoine Bernardin Fualdès était retrouvé égorgé dans l’Aveyron. Une extraordinaire affaire commençait, retentissant fiasco policier et judiciaire sur lequel se sont penchées plusieurs générations d’historiens, de chercheurs et de criminologues. Deux cents ans après les faits, le musée Fenaille revient sur l’incroyable feuilleton qui passionna la France et toute l’Europe. Dans un pays usé par les guerres napoléoniennes, agité par des complots et des conspirations, l’affaire Fualdès agit comme un révélateur. Elle annonce le mariage entre la presse écrite et les chroniques judiciaires, le crime et les récits populaires, l’encre et le sang. En fait foi la profusion d’images produites : lithographies et estampes sont publiées par dizaines. La riche iconographie rassemblée dans ce livre témoigne de la postérité de l’affaire dans la culture populaire mais nous rappelle aussi que de grands artistes tels que Théodore Géricault s’emparèrent du sujet. Quant aux chansonniers, ils propagèrent une complainte qui sera fredonnée jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle. Guidé tour à tour par le regard de différents historiens : Frédéric Chauvaud, Jean-Michel Cosson, Diane Joy, Dominique Kalifa, Jacques Miquel, Aurélien Pierre et Jean-Noël Tardy, le lecteur est invité à pénétrer les arcanes d’une chronique judiciaire dont nul ne saura sans doute jamais le fin mot. Récit collectif totalement fantasmé, l’affaire Fualdès nous rappelle comment, l’opinion s’emparant du fait divers, s’invente une mythologie du crime.

220.          MOREL (A.). Napoléon III, sa vie, ses œuvres et ses opinions.  P., Armand Le Chevalier,  1870, in-12,  xii-396-(2)-10 pp, extrait du catalogue de l'éditeur in fine, reliure demi-basane vermillon, dos lisse, titres et filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            40

Par l'historien républicain Auguste Morel (1820-1874), ancien élève de l’École normale et ami d'Emile Zola. A. Morel débuta dans le journalisme au “National”. Proscrit comme républicain après le 2 Décembre, il vécut pendant plusieurs années à Liège ; de retour en France, il collabora à “La Réforme littéraire”, au “Temps” et au “Réveil”.

221.          MOSER (Françoise). Marie Dorval. Avant-propos de Henri Guillemin.  Plon,  1947, in-12,  ii-248 pp, 4 gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, bande éditeur conservée : “Reine des passions” (Alfred de Vigny)

            25

Biographie de Marie Dorval, née Marie Amélie Thomase Delaunay (1798-1849), une des plus grandes comédiennes du XIXe siècle. Ses succès au théâtre et sa vie sentimentale bien remplie contribueront à en faire un mythe. En 1827, elle connaît le succès dans la pièce "Trente ans, ou la vie d’un joueur" de Victor Ducange et Prosper Goubaux où elle a pour partenaire le célèbre acteur Frédérick Lemaître. En 1832, elle devient la maîtresse d’Alfred de Vigny (liaison tumultueuse puisque le poète fera suivre sa maîtresse par le détective Vidocq) qui, avec Victor Hugo, la fera entrer au Théâtre-Français en février 1834. Le nom de Marie Dorval se rattache à la révolution dramatique de l’école romantique. Son jeu, où l’art disparaît sous le naturel de la sensibilité et sous les élans de la passion, s’adapte parfaitement à la nouvelle littérature. À la majesté classique, elle substitue, elle aussi, la violence des effets. En janvier 1833, elle se lie d'amitié, après avoir reçu une lettre admirative sur l’une de ses représentations, avec George Sand dont elle joue la pièce "Cosima" à la Comédie française...

222.          OLLIVIER (Emile). Journal 1846-1869. Tome I (1846-1860). Texte choisi et annoté par Theodore Zeldin et Anne Troisier de Diaz.  Julliard,  1961, pt in-8°,  xli-474 pp, préface de Raymond Dumay, 2 portraits hors texte, index, brochés, bon état

            30

Tome I seul (sur 2). — Témoignage essentiel sur la vie politique sous le Second Empire, notamment pour le parti républicain et l'Empire libéral. Emile Ollivier commença à tenir son journal dès l'âge de 21 ans. Il y raconte ses débuts dans la vie politique, son existence, les difficultés rencontrées, ses espoirs... — "Ce Journal est avant tout le récit d'un ralliement. Comment un républicain de 1848, fils d'un proscrit du 2 décembre, se rallie à l'Empire libéral et devient ministre de Napoléon III." (Revue française de science politique, 1963)

223.          PETITFILS (Jean-Christian). La Vie quotidienne des communautés utopistes au XIXe siècle.  Hachette,  1982, in-8°,  319 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Créer la cité harmonieuse et parfaite où tous les hommes pourraient vivre dans une idyllique fraternité a toujours été le grand rêve des théoriciens de l'utopie : Platon, Thomas More, Campanella ou Saint-Simon... Les uns préconisaient un communisme de caserne, d'autres un socialisme autogestionnaire, d'autres encore l'anarchie. Au XIXe siècle, devant la misère née de la révolution industrielle, des milliers d'hommes décidèrent de réaliser ce rêve en créant de petites colonies appelées, selon eux à essaimer rapidement par la contagion de l'exemple. Partisans d'Owen, de Fourier, de Cabet et autres prophètes utopistes édifièrent ainsi en Europe, mais surtout en Amérique, terre de pionniers, plusieurs dizaines de communautés, ancêtres de nos "communes" hippies. Commencées dans l'enthousiasme, ces expériences s'achevèrent le plus souvent dans d'affreuses convulsions...

224.          [Photographie] - MIQUEL (Pierre). Le Second Empire.  P., André Barret,  1979, in-4°,  222 pp, notes d'Antoine Longuépée, reliure skivertex carmin orné d'une photographie de Napoléon III au 1er plat, bon état (Coll. Trésors de la Photographie)

            40

Texte de Pierre Miquel (44 pp) suivie de 325 photographies de l'époque, distribuées en 7 parties, chacune présentée en 2 pages par Antoine Longuépée. 1. La cour et la vie politique. 2. L'armée et les guerres. 3; Paris et son nouveau visage. 4. La société bourgeoise. 5. La vie ouvrière et paysanne. 6. L'aventure industrielle et coloniale. 7. Les arts et les lettres, le goût de l'époque.

225.          SCHOTTLER (Peter). Naissance des Bourses du travail. Un appareil idéologique d'Etat à la fin du XIXe siècle. (Thèse).  PUF,  1985, in-8°,  294 pp, cartes et tableaux, sources et biblio, index, broché, bon état, ex. du SP

            70

"Si le rôle décisif des Bourses du travail dans la formation et I'essor du syndicalisme francais a été à maintes reprises souligné, leur évolution concrète n'avait jusqu'ici pas retenu toute I'attention méritée de la part des historiens. La thèse de Peter Schottler que les PUF ont fort à propos traduite de I'allemand (la traduction est de Jean-Pierre Lefebvre et de I'auteur) vient combler cette lacune et constitue une importante contribution à I'histoire du syndicalisme francais au XIXe siècle (soulignons ici la très grande richesse de I'appareil critique qui représente plus du tiers de l'ouvrage et contient de nombreuses données chiffrées jusqu'alors inédites). (...) Il s'agit là d'un ouvrage essentiel à la connaissance du mouvement ouvrier francais du XIXe siecle et qui fera référence." (Danielle Tartakowsky, Le Mouvement Social, 1987)

226.          SELDEN (Camille). Daniel Vlady. Histoire d'un musicien.  P., Charpentier,  1862, in-12,  (4)-318 pp, reliure demi-basane bleu-nuit, dos lisse avec titres, filets pointillés et dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

            40

"... Quant à "Daniel Vlady" c'est tout simplement un chef d'œuvre, et ce chef d'œuvre a été publié en 1862, et trois années se sont écoulées, et personne ne le connait... C'est pourtant un véritable livre, fortement conçu, largement exécuté, plein d'une observation toujours fine, spirituelle et profonde. C'est l'analyse délicate et vraie des passions, des joies et des douleurs d'un artiste, autour duquel se groupent des figures secondaires destinées à le mettre en relief et pourtant assez vigoureusement esquissées pour intéresser et plaire. Le héros et son rival, Razumoff, ont été, dit-on, peints d'après nature, et il serait assurément curieux de connaître les originaux, mais, sans même tenir compte de cet attrait, il faut recommander le livre à tous ceux qui aiment les beaux romans, bien pensés et bien écrits. Notez bien ce nom de Camille Selden : il ne faudrait pas bien des volumes comme "Daniel Vlady" pour le rendre célèbre entre tous, car le mérite finit toujours par triompher de l'indifférence, et l'on peut méconnaître quelque temps un chef d'œuvre, mais non le condamner à l'oubli." (Victor Chauvin, Revue de l'instruction publique de la littérature et des sciences, 5 janvier 1865)

Femme de lettres, Camille Selden (Elise de Krinitz, dite) s'entoura toute sa vie d'une aura de mystère, notamment quant à ses origines : née au début des années 1830 en Souabe, en Prusse ou en Hongrie, dans une famille modeste, elle aurait été adoptée très tôt par les Krimitz, avant de venir vivre, enfant, à Paris. Très jeune, elle devient la secrétaire, la lectrice, et l'amie d'Heinrich Heine, alors très malade. Cette relation étroite est ponctuée d'un échange de lettres et de poèmes dédiés à « la Mouche », surnom que lui avait donné le poète. Bien plus tard, en 1884 (Heine est mort en 1866), elle publiera le récit de cette amitié teintée de passion. C. Selden a également connu Taine dont elle possédait 400 lettres, et à qui elle a sans doute été fiancée. Il l'a encouragée à écrire et l'a soutenue par ses contacts dans les revues, et par les comptes rendus toujours élogieux de ses livres. S'étant choisi un nom de plume ambigu, C. Selden a été perçue comme un auteur masculin. Entre 1861 et 1886, elle publie une soixantaine d'articles, de notes de voyages, d'historiettes, dans des revues telles que La Vie parisienne, La Revue nationale et étrangère, La Revue des deux mondes, La Revue moderne, La Nouvelle Revue et La Revue germanique. Elle fait également paraître plusieurs recueils d'articles, comme "L'Esprit des femmes de notre temps" (textes sur Charlotte Brontë, Rahel Varnhagen, Eugénie de Guérin), ou "Portraits de femmes" (sur Mme de Maintenon, Lady Montagu, Madame Vigée Le Brun, Elisabeth Browning, entre autres). "Daniel Vlady, Histoire d'un musicien", roman d'artiste sur le génie musical, a été rapproché du "Jean-Christophe" de Romain Rolland. Grâce à sa parfaite connaissance de l'Allemagne et de la France, elle fut une interprète lucide de ces deux cultures. Malgré un accueil critique assez positif, ses autres publications n'ont cependant pas eu le retentissement de son livre de souvenirs, "Les Derniers Jours d'Henri Heine". Son destin est somme toute paradoxal : indépendante, jamais mariée, à cheval entre deux cultures, mais toujours un peu en marge d'une franche réussite littéraire, elle est surtout devenue un personnage familier de la critique heinéenne. (Sarah Juliette Sasson, Le Dictionnaire universel des créatrices, 2013)

Par l'écrivain allemand de langue française, Camille Selden (Elisa de Krinitz, 1828-1896). "Daniel Vlady" (1862) raconte la vie d'un pianiste allemand qui quitte son maître de musique et celle qu'il aime pour faire carrière avant que les jalousies que suscitent son orgueil et la qualité de son jeu le conduisent à renoncer, ses oeuvres finissant par être appréciées au moment où il décide de se consacrer à l'éducation d'un enfant auquel il veut éviter de tomber dans les mêmes erreurs que lui. L'intrigue de Selden suit ainsi le cours d'années d'apprentissage qui rappellent d'autant mieux celles de "Wilhelm Meister" que l'ouvrage se conclut sur l'association d'un renoncement artistique et d'une reconnaissance de paternité. Taine souligne que l'intérêt du roman tient autant au récit d'une entrée dans la vie qu'à la manière dont elle est narrée : « (l'auteur) n'a pas choisi un héros sympathique, (...) il ne l'approuve qu'en partie, il le blâme souvent, il fait peser lourdement sur lui le poids de ses fautes ; il le corrige ». Poursuivant sa lecture, il affirme qu'un tel roman répond à un besoin de héros « positifs » et « critiques » dans lesquels les « jeunes hommes qui tiennent (...) le haut du pavé » peuvent se reconnaître : "Daniel Vlady" est lu comme un roman d'éducation en même temps que le roman d'éducation est conçu comme une forme d'écriture utile à la jeune bourgeoisie. (Denis Pernot, Le Roman de socialisation en France, 1998)

227.          TAPIÉ (Victor-L.). Les Nationalités slaves d'Autriche-Hongrie de 1850 à 1914.  CDU,  1962, in-4°,  ii-107 pp, texte dactylographié, broché, bon état (Coll. Les Cours de Sorbonne)

            30

228.          WEBER (Eugen). Satan franc-maçon. La mystification de Léo Taxil.  Julliard,  1964, in-12,  236 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

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L'affaire Diana Vaughan montée par Léo Taxil, un mystificateur de génie.

A une époque où le spiritisme et le sensationnel font recette, le journaliste Léo Taxil s'est spécialisé dans la dénonciation la plus délirante de la franc-maçonnerie. Et avec quel succès ! Cet ancien anticlérical y gagne même la sympathie du pape, avant de dévoiler lui-même, après douze ans, que son action relevait d'une « phénoménale mystification ». L'affaire Taxil illustre à merveille la lutte que se livrent, à la fin du XIXe siècle, francs-maçons et catholiques français. Au centre de l'intrigue, ce journaliste qui cultive le scandale et la mystification : Léo Taxil, avide de publicité et de succès de librairie, résolu à exploiter la vogue de l'occultisme, qui déferle sur l'Europe entre 1870 et 1900.

Gabriel-Antoine Jogand-Pagès (1854-1907), connu sous le nom de plume de Léo Taxil comme auteur d’ouvrages d’un anti-cléricalisme outré et ordurier, se déclare en 1885 converti de la franc-maçonnerie au catholicisme. Il commence à produire des ouvrages anti-maçonniques qui ne disent rien de très nouveau, jusqu’à ce que – après la parution en 1891 du roman “Là-bas” de Joris-Karl Huysmans, qui avait mis le satanisme à la mode –, un associé de Taxil, le Dr Charles Hacks (« Dr Bataille ») et Taxil lui-même commencent en 1892 à livrer à un public de plus en plus étonné les secrets du satanisme maçonnique. Derrière la franc-maçonnerie, on apprend qu’il y a le « Palladisme » luciférien, jadis dirigé par le franc-maçon américain Albert Pike (1809-1891) et aujourd’hui par le grand maître italien Adriano Lemmi (1822-1896), contre lequel une révolte est pourtant en cours. En effet, une grande querelle divise la « haute maçonnerie » (qui compte, bien entendu, aussi bien des femmes que des hommes) entre les partisans de deux grandes prêtresses lucifériennes : l’une odieuse, Sophia Walder, l’autre somme tout sympathique, Diana Vaughan. Pour les lecteurs de Taxil et de Bataille, l’happy ending de la conversion de Diana Vaughan au catholicisme n’est donc pas vraiment surprenant. Diana (sans jamais paraître en public, bien qu’elle se manifeste à quelques personnes en privé) commence à son tour à publier des ouvrages anti-maçonniques, qui contiennent sur le satanisme des particularités tellement bizarres que des anti-maçons catholiques s’en inquiètent et se mettent à douter. Après que le Dr Hacks-Bataille ait confessé qu’il s’agissait bien d’une mystification, Léo Taxil annonce que Diana va finalement se montrer le 19 avril 1897. Ce soir-là, à la Salle de la Société de Géographie, c’est Taxil qui paraît pour confirmer qu’il s’agit en effet d’une mystification : il a voulu montrer la crédulité des catholiques, avec la complicité du Dr Hacks et d’une dactylo d’origine quelque peu américaine, qui a joué le rôle de Diana Vaughan dans les rares occasions où il a fallu la montrer à quelques personnes. L’affaire fait grand bruit, car le Pape lui-même avait reçu Taxil... L’auteur a effectué des recherches aux archives de la préfecture de police pour avoir des documents sur Léo Taxil.

229.          ZELLER (André). Les Hommes de la Commune, 1871.  Cercle du Nouveau Livre d'Histoire,  1969, in-8°,  347 pp, annexes, notes, sources, biblio, reliure toile éditeur avec une vignette illustrée au 1er plat, rhodoïd, bon état

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"Le général André Zeller retrace l'histoire des événements sanglants, tragiques, qui se passèrent entre le 18 mars et le 28 mai 1871 d'après les documents qu'il a consultés. Il s'attache à suivre pas à pas les actes divers du drame après en avoir rappelé les prodromes. De Thiers, l'auteur plante la silhouette et l'appelle « le vieillard providentiel ». Si l'on veut. Tout dépend de quel point de vue on considère les choses ! N'oublions pas que le bonhomme Thiers eut un mot atroce après la Commune : « En voilà pour cinquante ans des revendications ouvrières ! » Ce bourgeois préfigurait Staline qui entendait « faire l'unanimité dans la mort. » Evidemment, l'anarchie fut vaincue, l'Internationale, tenue pour la grande responsable de la Commune, mise en échec. Mais la leçon ne fut point comprise et, pour employer cette comparaison de Jacques Bainville en une autre circonstance, on s'assit sur le couvercle de la marmite qui bouillait. On éteignit le feu qui la maintenait en ébulition par une répression sommaire : 17 000 victimes selon le général Appert, chargé par Thiers de diriger « les opérations de la justice militaire. » Retenons que la Commune se montra anticléricale. L'opportunisme empressé d'un certain nombre de prêtres et prélats depuis 1848 ne fut pas étranger à cette prévention attisée par l'antireligion des penseurs socialistes, Proudhon y compris. La haine de la soutane et de l'Eglise conduisit à des scènes dignes de 1793 ; celle de la monarchie à l'incendie des Tuileries. Si les faiblesses, les égoïsmes, l'inexpérience des communards causèrent l'échec de la révolution, ils servirent d'enseignement à Lénine pour préparer sa Révolution d'Octobre..." (Revue des Deux Mondes, 1969)

"Ecrit à la prison de Tulle par le général Zeller, le rebelle de la guerre d'Algérie. Une véritable surprise que cette « compréhension » d'un militaire pour l'insurrection..." (Le Quillec, 4814)

"Une heureuse surprise." (Henri Guillemin, dans le numéro de la revue « Europe » sur la Commune de Paris)

André Zeller, né le 1er janvier 1898 à Besançon et mort à Paris le 18 septembre 1979, est l'un des quatre généraux organisateurs du putsch des généraux à Alger (Algérie française) en 1961. Il fut condamné à quinze ans de détention criminelle, mais bénéficia d'une amnistie en 1968.

230.          ZIMMERMANN (Eléonore M.). Magies de Verlaine. Etude de l'évolution poétique de Paul Verlaine.  Genève-Paris, Slatkine,  1981, gr. in-8°,  350 pp, 2e édition, chronologie de Verlaine, index des noms, index des poèmes cités, biblio critique choisie, broché, bon état

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"Depuis la parution du "Vrai Verlaine" d'Antoine Adam, il y a une trentaine d'années, ce poète aimé et maudit a retrouvé la faveur et la saveur des chercheurs français et anglo-saxons. Le professeur Zimmermann, qui enseigne à l'université de Rochester, a fourni un travail critique impressionnant. Son étude a réalisé l'impossible : une présentation objective du poète lyrique le plus subjectif de tous. Le système suivi est à la fois thématique et chronologique (le cycle Mathilde suit judicieusement le cycle Rimbaud). Les dix chapitres très complets permettent au lecteur de comprendre l'évolution de Verlaine à travers l'œuvre et la vie du poète. Malgré une quantité impressionnante de recherches érudites, le livre de Mlle Zimmermann constitue une lecture fascinante. Il est passionnant de découvrir que ce génie hanté, déchiré entre "Sagesse" et "Amour", a acquis une technique unique et si poétiquement parfaite qu'elle permet de réaliser un "summum bonum" sous forme de vers. Le livre évite à juste titre d'aborder les aspects les plus scabreux de Verlaine : "Femmes" et "Hombres" ne sont pas traités ici, et il n'y a pas non plus de références à certains poèmes de Verlaine que l'Edition de la Pleiade qualifie de "délibérément obscènes". Le long chapitre final "Vision de Verlaine - paysages et monde extérieur" est, à mon avis, particulièrement réussi. Mlle Zimmermann y suit les "yeux précoces" du poète dans l'explication de plusieurs sonnets et "Ariettes oubliées". Rarement ces natures mortes d'ambiance ont été aussi bien analysées." (Paul A. Mankin, Univ. of Massachusetts, Books Abroad, 1968)

 

De 1914 à nos jours

 

231.          ARLACCHI (Pino). Les Hommes du déshonneur. La stupéfiante confession du repenti Antonino Calderone.  Albin Michel,  1992, in-8°,  343 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Cette terrible confession a plongé l'Italie dans la stupeur. En raison de la position de Calderone, l'un des chefs de la mafia de Catane, arrêté à Nice en 1986, ces pages, d'une rare brutalité, constituent un témoignage unique sur la Cosa Nostra. Les révélations capitales qui s'y trouvent ont permis à la police italienne de procéder à plus de 250 arrestations. En échange de sa liberté, Antonino Calderone a accepté de raconter la vie de la mafia sicilienne au jour le jour. Il explique ainsi par le menu comment on devient « homme d'honneur », décrit la Cosa Nostra avec ses rites, son code, sa hiérarchie, dévoile ses liens avec le monde politique et judiciaire, passe froidement en revue les méthodes et la logique des assassinats, y compris ceux des enfants. Le tableau est effrayant : c'est celui d'un univers fondamentalement archaïque, régi par la terreur et la vengeance.

232.          BARRÉ (Jean-Luc). Le Seigneur-Chat. Philippe Berthelot, 1866-1934.  Plon,  1988, in-8°,  435 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à Paul-Marie de La Gorce

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Le portrait de Philippe Berthelot, un des hommes les plus influents de la IIIe République, qualifié de "paradoxe à la fois scandaleux et magnifique" par son ami et protégé Paul Claudel. Celui qui fut le très puissant et anticonformiste secrétaire général du ministère des Affaires étrangères reste l'une des figures les plus fascinantes et controversées de l'entre-deux-guerres. Par-delà le personnage lui-même, séduisant et manipulateur, et sa destinée souvent rocambolesque, c'est l'influence réelle de Berthelot sur l'histoire politique et littéraire que révèle Jean-Luc Barré. Il montre le rôle majeur que ce diplomate hors normes joua dans l'ombre aux côtés d'Aristide Briand durant la Grande Guerre, ses vaines tentatives pour construire au lendemain de l'Armistice une paix durable avec l'Allemagne, son engagement lucide et inlassable jusqu'au début des années 30. Dans le même temps, ce stendhalien soutient sans relâche, au nom d'une certaine idée de la diplomatie, l'ascension au Quai d'Orsay de Paul Claudel, Paul Morand ou Jean Giraudoux. Pour Berthelot, en effet, le service de l'Etat est avant tout une aventure supérieure.

"Le plus rude des obstacles qu'a dû affronter le premier biographe de Philippe Berthelot résidait certainement dans la trop grande richesse et la surcharge romanesque qu'imposait tout de suite son personnage, fils de Marcellin Berthelot, devenu le « père Joseph » de la diplomatie française en amont et en aval de la première guerre mondiale, toujours entouré d'une pléiade d'amitiés littéraires (Barrés, Claudel, Giraudoux, Morand, Cocteau, Colette). Le mérite de J.-L. Barré est de resituer un itinéraire par touches sensibles, à une distance mesurée du personnage." (Nicolas Roussellier, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1989)

233.          BASSET (Pierre). La Troisième République. Une République qui n'a pas su se faire aimer, 1870-1940.  Saint-Germain-en-Laye, In Octavo Editions,  2003, gr. in-8°,  528 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Pierre Basset nous fait parcourir l'étonnante galerie de portraits de la IIIéme République.  Il soutient que la République est divisée en deux camps : le courant républicain était hostile à l'Église et aux ralliés tandis que le courant monarchiste était affecté par la crise du Panama et opposé à la séparation de l'Église et de l'État. Il présente les différents troubles qu'elle a connus notamment l'assassinat de S. Carnot, l'affaire Dreyfus ou les guerres.

234.          BRACHER (Karl Dietrich). La Dictature allemande. Naissance, structure et conséquences du national-socialisme.  Toulouse, Privat,  1986, in-8° carré,  681 pp, traduit de l'allemand, préface d'Alfred Grosser, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état

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"Professeur à l'Université de Bonn, né en 1922, l'auteur se classe incontestablement parmi les meilleurs connaisseurs de la République de Weimar, du IIIe Reich et des systèmes totalitaires. L'œuvre de cet historien, qui travaille aussi en politologue et en sociologue, est importante. Après avoir souvent regretté que « le livre explicatif le plus intelligent et le plus complet » sur le IIIe Reich demeure inconnu en France, Alfred Grosser a finalement suscité l'intérêt d'un éditeur toulousain qui s'est substitué aux éditeurs parisiens défaillants. Le livre dresse un bilan détaillé des origines, des réalités et des conséquences du IIIe Reich. Il présente très clairement les débuts du mouvement national-socialiste en Bavière, puis la période difficile des années 1924-1928 et la percée du NSDAP au début des années 1930. Après la description du système du IIIe Reich et des grandes orientations de la politique extérieure, il examine méthodiquement les conditions de la mobilisation populaire autour du Führer et également la résistance antihitlérienne pour étudier ensuite l'évolution de la dictature pendant la guerre. Karl-Dietrich Bracher offre ainsi une histoire globale du national-socialisme, très éclairante sur les origines de ce dernier, son évolution et ses répercussions. Il fait bien ressortir que les conceptions autoritaires de l'Etat et de la politique avaient, aux XIXe et XXe siècles, bloqué le développement de structures et de comportements démocratiques, préparant la montée de la dictature." (Henri Ménudier, Revue française de science politique, 1987)

235.          CARLIER (Claude). Marcel Dassault. La légende d'un siècle.  Perrin,  1991, fort et gr. in-8°,  563 pp, 31 photos sur 16 pl. hors texte, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, trace de pli au 1er plat, bon état

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Que sait-on vraiment de Marcel Dassault, de la construction de son empire, de ses réussites, de ses échecs ou de sa vie intime ? Si peu... Certes, tout le monde connaissait son hebdomadaire Jours de France - Marcel Dassault en était le rédacteur en chef. Il était producteur de cinéma : qui n'a pas vu La Boum, La Gifle, Carmen, Borsalino, L'As des As, etc. ? Nul n'ignore que c'était aussi un homme politique, sénateur, député, doyen d'âge de l'Assemblée nationale, en relation avec Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac. On sait moins qu'il s'investit aussi bien dans l'architecture, la banque, la Bourse, les médicaments, les motocyclettes et même le vin de Saint-Emilion. On connaît mal les diverses affaires qui ont émaillé sa vie, ses relations avec le pouvoir, le financement des partis politiques, les problèmes posés par sa succession. On oublie que Marcel Dassault, c'est soixante-dix ans de présence dans l'aviation, cas unique dans le monde. Né en 1892, soldat pendant la Première Guerre mondiale, il conçoit l'hélice qui équipe en 1916 l'avion de l'as Georges Guynemer. Constructeur célèbre de l'entre-deux-guerres, premier patron à avoir accordé des congés payés avant le Front populaire, il est arrêté en 1940, emprisonné par Vichy, déporté à Buchenwald, alors qu'il se nomme encore Marcel Bloch. C'est à son retour qu'il prend le nom de Dassault, et que, à l'âge de soixante ans, il se fait baptiser. Créateur des célèbres Mirage vendus dans le monde entier, des avions qui équipent la force nucléaire et la Patrouille de France, du Rafale, des avions d'affaires Falcon achetés par les présidents, les souverains, les milliardaires et les grands industriels, il a suscité admiration, envie et polémique. Une vie si fertile a nécessité plusieurs années de recherche sur l'homme, sa famille, ses relations, son entourage, ses réalisations. Grâce aux archives personnelles de Marcel Dassault, qu'il est le seul à avoir consultées, aux interviews de membres de sa famille, de collaborateurs, d'amis et d'adversaires, de personnalités politiques, de la banque, de la presse, du cinéma, Claude Carlier montre les multiples facettes, inattendues et contrastées, de ce personnage extraordinaire.

236.          CHANTAL (Suzanne). Le Ciné-monde.  Grasset,  1977, in-8°,  382 pp, 8 pl. de photos hors texte, index des noms, index des films, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            30

Suzanne Chantal, rédactrice en chef de "Cinémonde" à 22 ans, a connu, entre 1930 et 1940, tous les gens qui ont compté dans la grande époque du cinéma : de Greta Garbo à Gaby Morlay, de Raimu à Charles Boyer, de Marlène Dietrich à Katharine Hepburn. Amie de Jean Renoir et de Marcel Carné, elle nous fait revivre un monde qui avait ses stars, ses idoles. Elle nous raconte comment Gide a joué le rôle de figurant, comment se comportait André Malraux pendant le tournage de "l'Espoir". Dans ce livre, à travers les réalités vécues, on découvre, en ombre portée sur l'écran élargi de la France, ce qu'étaient la chance, le succès, la menace, l'échec, le courage et en général, la condition féminine... Un récit passionnant sur un monde fascinant, plein d'anecdotes...

237.          COTTAZ (Maurice). Les Procès du putsch d'Alger et du complot de Paris. Déclarations des accusés, dépositions des témoins, réquisitoire, plaidoiries, cités ou analysés par Maurice Cottaz.  Nouvelles Editions Latines,  1962, in-8°,  250 pp, textes officiels recueillis par M. Cottaz, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Un document  sur la répression de l'O.A.S. La fin de la guerre d'Algérie à été marquée par "la révolte des centurions" concrétisée par le putsch d'Alger en avril 1961 et par le Complot de Paris. Cet ouvrage donne les grandes lignes des audiences de ces deux procès qui ont vu défiler dans le box des accusés plus de cent trente officiers et civils impliqués.

238.          DANIEL (Jean). De Gaulle et l'Algérie. La tragédie, le héros et le témoin.  Seuil,  1986, gr. in-8°,  280 pp, avant-propos de Jean Lacouture, repères chronologiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Un quart de siècle après l'événement, à la demande de ses amis des Editions du Seuil, Jean Daniel nous tend ce miroir où s'inscrit le grand dialogue entre de Gaulle et l'Algérie. On permettra peut-être à un biographe du Général, qui vient d'étudier ce dossier avec le recul du temps et l'apport d'une riche historiographie, de saluer ici un exemple peu banal de lucidité immédiate. D'innombrables documents ont été publiés depuis lors. Beaucoup d'acteurs ont témoigné. Et plusieurs très bons livres ont paru sur la question. Nous en savons davantage. Mais, vingt-cinq ans plus tard, le tableau du journaliste garde sa fraîcheur et son éclat. Avec la force irrésistible de la perception immédiate, de ce qui a été vu, senti, souffert." (Jean Lacouture)

Passionnément lié, comme Camus qui fut son ami, à l'Algérie, interlocuteur privilégié à Paris, Tunis et Alger des protagonistes du drame, Jean Daniel en fut l'un des témoins les plus exigeants et les mieux informés. C'était alors dans l'Express de Françoise Giroud, Pierre Viansson-Ponté, Jean-Jacques Servan-Schreiber, celui du "Bloc-notes" de François Mauriac, proche de Camus et de Pierre Mendès France, que l'on pouvait lire chaque semaine ses reportages. Précédé d'une réflexion personnelle qu'autorise aujourd'hui le recul du temps, le choix de textes qu'on trouvera ici reconstitue avec éclat ce que Jean Daniel appelle l' "impétueux corps à corps du Général avec l'Algérie".

239.          DAVYDOVA (Vera Alexandrovna) et Léonard GENDLIN. J'ai été la maîtresse de Staline.  Genève, Télédition,  1985, gr. in-8°,  249 pp, 14 photos pleine page, une carte, broché, couv. illustrée lég. abîmée, ex-dono manuscrit sur une garde, bon état

            25

Souvenirs de Vera Alexandrovna Davydova, première chanteuse étoile du Bolchoï dans les années trente, qui a été pendant dix-neuf ans la maîtresse de Joseph Staline (de 1932 à 1952) avant de tomber en disgrâce, rédigés par Léonard Gendlin avec la collaboration de la chanteuse. En 1932, Davydova, alors mariée, s’est vu remettre une note lors d’une réception au Kremlin. Il était écrit qu'un chauffeur l'attendait près de là. Davydova s'est rendue donc à la mystérieuse réunion. Elle a alors été emmenée chez Staline. Après un café serré, celui-ci l'a invitée dans une pièce avec un grand canapé bas. Il a demandé s'il pouvait éteindre la lumière car c'était mieux pour la conversation et, sans attendre de réponse, s'est exécuté. Lors de réunions ultérieures, il pouvait simplement dire : « Camarade Davydova, déshabillez-vous ! ». « Comment aurais-je pu résister, refuser ? À tout instant, ma carrière pouvait se terminer ou ils auraient pu me détruire physiquement », raisonnait-elle alors. Au cours de sa relation avec Staline, Davydova a reçu un appartement de trois pièces à Moscou et est devenue trois fois la lauréate du prix Staline.

240.          DELPEY (Roger). La Manipulation.  P., Jacques Grancher,  1981, in-8°,  346 pp, 16 pl. de photos hors texte, cartes, documents en annexe, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Roger Delpey, qui a rencontré Bokassa dans le cadre de l’affaire des massacres de 1979, publia par la suite une abondante littérature antigiscardienne. L’affaire des diamants et son arrestation font l’objet de "La Manipulation".

"Redouté par le pouvoir, cet ouvrage, intitulé " la Manipulation ", centré sur les relations publiques et privées entre l'actuel chef de l'État et Jean-Bedel Bokassa est un témoignage intéressant sur les tenants et les aboutissants de la politique française en Centrafrique." (Le Monde)

"Aussi décevant qu'il fut attendu, cet ouvrage a revêtu quelque importance dans dans la vie politique française. Mais la complaisance dont l'auteur fait montre à l'endroit de Jean-Bedel Bokassa le rend à peu près inutilisable pour tout analyste sérieux. Bien loin de mener une enquête impartiale sur les événements de Bangui ou les relations franco-centrafricaines, R.D paraît plutôt soucieux de fournir des arguments à l'empereur déchu ; dès lors on ne sait plus quelle est la part de la "désinformation". Restent quelques pages inédites sur la "petite histoire" de la chute de J.-B Bokassa." (Revue française de science politique, 1981)

241.          FAUX (Emmanuel), Thomas LEGRAND, Gilles PEREZ. La Main droite de Dieu. Enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite.  Seuil,  1994, in-8°,  264 pp, notes, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

« Je vois bien le cheminement de vos questions. Vous instruisez mon procès. Je serai dans un tribunal, on ne me poserait pas de questions différentes. Mais c’est votre droit, vous êtes libres ! – Monsieur le président, nous souhaiterions que vous nous aidiez à lever les ambiguïtés concernant votre passé. Acceptez notre démarche comme celle de trois journalistes de trente ans qui se sont assigné un devoir de mémoire... Il s’agit d’essayer de comprendre et d’éclairer par votre parcours certains de vos choix. » Pourquoi François Mitterrand a-t-il favorisé la percée du Front national ? Pourquoi a-t-il tenu à faire déposer, chaque année, une gerbe sur la tombe de Pétain ? Pourquoi a-t-il pardonné aux généraux putschistes d’Algérie ? Pourquoi a-t-il conservé d’anciennes amitiés vichyssoises ? Les réponses à ces questions, il faut les chercher en fouillant un demi-siècle d’histoire occultée, en explorant les relations entretenue depuis sa jeunesse par François Mitterrand avec des personnages marqués à l’extrême droite. Un an d’enquête, près de cent cinquante entretiens, l’étude de documents oubliés, parfois inédits, ont permis de mettre au jour des faits irréfutables. Derrière l’amnistie des généraux, le jeu ambigu avec le Pen et les couronnes par le Maréchal, on retrouve toujours « la main droite de Dieu ».

242.          FIGUERAS (André). L'Affaire du bazooka. 1957 : Qui a voulu tuer Salan ?  La Table Ronde,  1970, gr. in-8°,  208 pp, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Charles De Gaulle voulait à tout prix revenir au pouvoir « par tous les moyens, y compris les moyens légaux », avait-il déclaré au cours d'une retentissante conférence de presse. Comme ces moyens légaux n'étaient pas à sa portée, il avait fait pressentir le général Salan, commandant en chef en Algérie, aux fins d'organiser un putsch. Salan, qui passait pour républicain, avait refusé sèchement. Dès lors, il s'agissait de « faire sauter l'obstacle Salan », comme on avait éliminé « l'obstacle Darlan ». Mal monté, le coup rata. Alors, De Gaulle en fit monter un autre par ses complices du FLN, et le 13 mai eut lieu quand même. Ayant eu accès aux meilleurs documents, et recueilli les plus hauts témoignages, André Figueras a construit un récit passionnant de ce dramatique épisode.

"Le 16 janvier 1957, une roquette tuait en plein Alger, au siège de la Xe région militaire, le commandant Rodier, proche collaborateur du général Salan. C'est celui-ci qui était visé. On crut d'abord à un attentat FLN mais il fallut vite se rendre à l'évidence : les auteurs étaient des contre-révolutionnaires. On les arrêta, ils furent même jugés, mais sans qu'une grande clarté soit faite sur l'ensemble de cette histoire étrange. Depuis, il s'est passé beaucoup de choses, et l'affaire du bazooka n'avait guère tenté les historiens. M. Figueras, la retrace dans ce livre avec une redoutable clarté d'élocution. Qui manœuvrait les conjurés ? Qui avait intérêt à des troubles en Algérie, à un possible changement de régime en France ? Les réponses que donne l'auteur sont, répétons-le, très claires. Il ne prétend pas tout élucider, puisque aussi bien les principaux témoins ont donné des faits des versions très opposées. Mais il apporte des documents, des présomptions qu'on ne peut négliger." (Revue des Deux Mondes, 1970)

243.          GARNIER (Christine). Vacances avec Salazar.  Grasset,  1952, pt in-8°,  251 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Afin d’asseoir l’idéologie de l’Etat Nouveau, le Secrétariat à la Propagande, sous l’égide en particulier de son célèbre directeur, António Ferro, se charge de l’enrobage de l’action politique et idéologique très marquée de Salazar grâce à la publication de nombreux ouvrages dont la rédaction est confiée à des écrivains connus. En France, Paul Maurras, Paul Valéry et Henri Massis, par exemple, produiront quelques récits dithyrambiques à la gloire du régime salazariste. En 1952, la journaliste française Christine Garnier, au demeurant maîtresse de Salazar, écrit un récit hagiographique, “Vacances avec Salazar”, qui met en scène ce « dictateur malgré lui », sous la figure paternaliste d’un chef entièrement dévoué à sa patrie... (Marc Gruas)

244.          GIDE (André). Retour de l'U.R.S.S.  Gallimard,  1936, in-12,  125 pp, mention de 14e édition, achevé d'imprimer du 5 novembre 1936, broché, couv. salie, état correct

            15

Depuis 1930, André Gide est un des maîtres à penser et une figure de proue de la gauche. Il collabore aux divers hebdomadaires favorables au Front populaire (notamment le Marianne d'Emmanuel Berl et Vendredi). En mai 1936, Gide se rend en URSS, accompagné par Eugène Dabit, Louis Guilloux, Jef Last, Jacques Schiffrin et André Herbart. Après Moscou où Gide assiste aux funérailles de Maxime Gorki – une célèbre photographie le montre non loin de Staline en train de lire une déclaration – s’ensuit un petit périple à travers le pays jusqu’en septembre : délai suffisant à Gide pour rédiger son pamphlet. Jacques Schiffrin, premier lecteur du manuscrit, pressent les conséquences que risque d'avoir, en pleine guerre d'Espagne, le revirement gidien. Le texte est transmis à Pierre Herbart, qui part à Barcelone avec les épreuves pour rencontrer André Malraux et questionner avec lui la pertinence d’une publication – terrible pour l’URSS – en ces temps de guerre. Louis Aragon ayant, semble-t-il, prévenu les autorités soviétiques de la sortie imminente du livre, Herbart est arrêté, menacé de mort et ne doit sa libération qu’à l’intervention d’André Malraux. André Chamson et Jean Guéhenno acceptent de publier la préface dans Vendredi, et la polémique débute, la cassure s’aggravant sur la question de la Guerre d’Espagne : André Gide soutient naturellement le gouvernement républicain mais prenant, contre les communistes, la défense des anarchistes et trotskystes du POUM. Dans Europe du 15 janvier 1937, Georges Friedmann oppose sa “connaissance approfondie de l'URSS" à celle de Gide qu'il juge "partielle", on conteste la valeur d'exemple des témoignages cités par Gide, ses chiffres, même si Friedman reconnaît : "[ne pas] approuve[r] tout ce que j'ai vu en Union soviétique." Il conclut en s'adressant à Gide : "Nous sommes quelques-uns à penser que votre petit livre n'a fait que "blesser", sans être capable de "guérir". Mais mieux vaut prévenir que..." (Walden)

245.          GRUSON (Claude). Programmer l'espérance. Conversations avec Philippe Dominique.  Stock,  1976, in-8°,  324 pp, broché, qqs rares marques au stylo en marge, bon état, envoi a.s. à Alfred Fabre-Luce

            20

"Grand commis, banquier, économiste et théologien, C. G. est tout cela ; mais le politiste retiendra moins de ces entretiens les réflexions évangéliques de l'auteur et même sa vision de la démocratie que l'histoire de ses trente ans de service public. A travers sa carrière sont retracés le développement de l'INSEE, la naissance de la comptabilité nationale, celle de la direction de la prévision et les avatars de la planification, mais aussi – et ce n'est pas le moins intéressant de l'ouvrage – les rapports entre la haute administration et le pouvoir politique." (Revue française de science politique, 1976)

246.          HERVÉ (Gustave). C'est Pétain qu'il nous faut !  Editions de "La Victoire",  1936, in-12,  71 pp, broché, couv. illustrée, dos abîmé, état correct

            20

"Répandez cette "plaquette Pétain" à doses massives ! Notre expérience de la propagande nous permet de vous certifier que 4 millions de ces plaquettes répandues aux bons endroits, créeront avant six mois, avant trois mois, le courant en faveur du ralliement national derrière le Maréchal, un courant irrésistible."

Gustave Hervé est un des personnages les plus originaux et passionnants de la IIIe République. Né à Brest en 1871 et mort à Paris en 1944, il démarre sa carrière de professeur d'histoire et de propagandiste dans l'Yonne, en 1900, sous le pseudonyme de "Sans Patrie". Révoqué de l'enseignement, devenu avocat et radié du barreau de Paris pour raisons politiques, il est le leader incontesté des antimilitaristes et des antipatriotes au sein de la SFIO et fonde en 1906 un célèbre hebdomadaire révolutionnaire, "La Guerre sociale". Ses articles incendiaires contre l'armée et la police lui valent plusieurs condamnations à de lourdes peines de prison et un sobriquet glorieux : "L'Enfermé". Pourtant, dès le début de la Grande Guerre, en juillet 1914, ce socialiste insurrectionnel devient un propagandiste acharné de la cause patriotique. Dès lors, il glisse peu à peu vers un socialisme national qui le place aux avant-postes des droites extrêmes dès les années vingt. Admirateur du fascisme italien et du national-socialisme allemand, c'est lui qui lance dès 1935 le slogan "C'est Pétain qu'il nous faut". Il deviendra un des plus fervents soutiens du maréchal, avec lequel, pourtant, jamais à court de volte-faces paradoxales, il prendra ses distances dès 1940. Journaliste talentueux et provocateur imprévisible, il s'est attiré tout au long de sa vie les admirations les plus fidèles et les haines les plus féroces. Sa plume trempée dans le vitriol, son génie de la propagande en font un des créateurs de la presse moderne. Quant à sa trajectoire singulière, elle est l'incarnation exemplaire de la complexité politique de la première moitié de notre siècle. (Gilles Heuré)

247.          JAFFRÉ (Yves-Frédéric). Le Procès du Petit-Clamart. Exposé des faits, Déclarations, Dépositions, Débats, Plaidoiries.  Nouvelles Editions Latines,  1963, in-8°,  641 pp, 9 photos sur 4 pl. hors texte, un plan du lieu de l'attentat, un plan du quartier de la fusillade de la rue d'Isly, broché, bon état

            30

248.          LAUTIER (Eugène). Choses vécues.  Editions de France,  1937, gr. in-8° carré,  414 pp, écrits réunis par Paul Lombard, un portrait photographique de l'auteur en frontispice, index des noms cités, broché, couv. lég. salie, bon état. Peu courant

            45

Eugène Lautier (1867-1935), journaliste au “Temps” (1885-1907) puis au “Figaro”, devint en 1919 rédacteur en chef de “L'Homme libre” de Clemenceau. Laïc, anti-catholique, anti-communiste, franc-maçon notoire, il fut un personnage central de la IIIe République triomphante. Il était issu d'une famille aisé s'occupant de politique : Son grand-père avait été maire sous le règne de Louis-Philippe et son père, avocat, avait été un des chefs du Parti républicain dans l'Hérault à la fin de l'Empire et au début de la République. Après des études de droit à Paris, il débuta sa vie professionnelle comme journaliste. Il fut également député de la Guyane de 1924 à 1932, et se battit deux fois en duel (contre Willy et contre Clemenceau, pour une affaire de femme). — Table : Portraits politiques et littéraires [Clemenceau, Aristide Briand, Caillaux, Marcel Sembat, le père Méline, Foch, Joffre, Léon Daudet, Barrès, Anatole France, Maurras, Henri Rochefort, Herriot, André Maginot] ; Souvenirs [l'assassinat du roi Alexandre, notes sur l'Italie, Bayreuth, capital du IIIe Reich, Delcassé et Guillaume II, Alphonse XIII, l'enlèvement de Koutiepoff] ; L'éternelle Allemagne [l'Allemagne de Weimar] ; Le prestige français ; Scènes de la vie parlementaire [les dessous de l'élection de Paul Deschanel, etc.] ; La politique et l'histoire ; Chroniques ; Discours [sur Mistral, Rostand, Jeanne d'Arc, Courteline, etc.]

249.          LE FOL (Gérard). Lettre d'un solitaire sur l'affaire de l'Action Française et autres sujets.  Rome, aux dépens d'un Amateur,  1927, in-16,  (28) pp, typographie en 2 couleurs, non paginé, broché, couv. rempliée, bon état. Tiré seulement à 175 exemplaires sur papier de Montval à la cuve tous numérotés, celui-ci n° 19. Imprimé sur les presses de Marcel Seheur. Peu courant

            40

Gérard Le Fol était le pseudonyme du comte René Philipon (1869-1936), grand officier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre, rentier, occultiste, entomologiste, propriétaire du château de Vert-Cœur à Milon-la-Chapelle. Cette identification semble n'avoir jamais été divulguée avant la vente à Drouot de sa Bibliothèque en décembre 2014. Son château sera le rendez-vous du Tout-Paris pendant une quinzaine d'années, et constituera alors le lieu le plus en vue de la vallée de Chevreuse. Il reçoit dans son salon littéraire, entre autres, Jean Cocteau, le philosophe Jacques Maritain, Paul Valéry, Marcel Proust, Willy le mari de Colette, Supervielle, le peintre Angel Zarraga...

250.          LOOS (Adolf). Paroles dans le vide (1897-1900). Chroniques écrites à l'occasion de l'exposition viennoise du jubilé (1898). Autres chroniques des années 1897-1900. – Malgré tout (1900-1930).  P., Ivréa,  1994, gr. in-8°,  335 pp, traduit de l'allemand, 8 pl. de photos hors texte, notice bibliographique, broché, couv. à rabats, pt tache sur la tranche et en marge des 4 derniers feuillets, bon état

            20

Adolf Loos (1870-1933), viennois, architecte. Parmi ses œuvres : à Vienne, le café Museum (1899), le Kärtner Bar (1907), l'immeuble de la place Saint-Michel (1910); à Paris, la maison Tristan Tzara (1926); à Prague, la maison du docteur Müller (1930). Dès 1897, il polémique contre le style "fin de siècle", s'élève contre la tyrannie de l'ornement, en souligne le ridicule, plaide pour la sobriété et l'utilisation de matériaux bruts dans la construction. Plus tard, il défendra les mêmes idées dans "Malgré tout", et fera scandale lors d'une conférence où il prétendra établir un lien entre "Ornement et Crime". Isolé, il fut en butte à une véritable conspiration de l'establishment qui fit tout pour le réduire au silence. Adolf Loos aimait à dire: "il est notoire que je ne classe pas les architectes parmi les êtres humains." La société moderne a largement confirmé ce jugement.

251.          MANDRIN (Jacques). L'Enarchie ou les mandarins de la société bourgeoise.  La Table Ronde,  1980, pt in-8°,  169 pp, broché, bon état (Coll. Les Brûlots – La Table Ronde de combat)

            20

En 1967, un brûlot intitulé «L'énarchie, ou les mandarins de la société bourgeoise», publié sous le pseudonyme de Jacques Mandrin (alias Jean-Pierre Chevènement, Dominique Mochane et Alain Gomez), s'attaquait au modèle de l'Ecole nationale d'administration (ENA). Depuis lors, l'énarchie s'est installée dans tous les rouages de la vie administrative, politique et économique française...

252.          MASSU (Général). Baden 68. Souvenirs d'une fidélité gaulliste.  Plon,  1983, in-8°,  153 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, pt trace d'humidité ancienne en marge inf., bon état

            25

Après avoir précisé quelles sont les circonstances qui l'amènent à sortir de sa réserve, le général Massu situe l'entrevue de Baden dans son contexte de l'époque et, ayant fait le récit de ses relations privilégiées avec le général de Gaulle, raconte en détail la journée du 29 mai 1968 à Baden et ce qui s'est exactement passé, entre de Gaulle et lui, de 15h15 à 16h45.

253.          MAURIAC (François). Commencements d'une vie.  Grasset,  1932, in-12,  xiv-129 pp, reliure demi-toile citron (lég. salie), pièce de titre basane abricot, couv. et dos conservés, bon état. Edition originale sur papier ordinaire. Mention fictive de 12e édition en 4e de couverture, mais bon achevé d'imprimer 15 juin 1932

            20

Un récit autobiographique publié en 1932 dans lequel Mauriac fait le récit rétrospectif de son histoire mais aussi écrit un témoignage de toute une époque et une société.

254.          MAURIAC (François). Journal. Tomes I à III.  Grasset,  1937-1940, 3 vol. in-12,  226, 232 et 218 pp, reliures demi-toile citron, pièces de titre basane abricot, couv. conservées, dos lég. salis, bon état

            50

Lorsque Mauriac publie chez Grasset en 1934 son “Journal”, il retient environ la moitié de la soixantaine de textes qu’il a publié dans la presse au cours des années 1932 et 1933. Il s’agit là de la première pierre d’une partie importante et remarquée de son œuvre. Elle sera en effet suivie de quatre autres volumes du “Journal” (1937, 1940, 1950, 1953), puis de deux autres entreprises d’envergure, “Mémoires intérieurs” (1959) et “Nouveaux Mémoires intérieurs” (1965) et, enfin, des cinq volumes du “Bloc-notes” (1958, 1961, 1968, 1970, 1971). Le choix du titre, Journal, a évidemment une grande importance, puisque, jouant sur le mot, il renvoie non seulement à l’origine journalistique de ces textes – origine rappelée dans l’« avertissement », lorsqu’il évoque un « recueil d’articles », mais gommée ensuite par l’absence d’indication des sources des textes –, mais aussi bien sûr à la tradition du journal intime, transformée dans ce même « avertissement » en « journal à demi-intime ». Cette impression est renforcée par le titre du premier texte repris, « Le premier de l’an », qui donne en effet au lecteur le sentiment d’entrer dans une publication qui relève de la chronique. Ainsi, à partir d’une collection de textes indépendants et dispersés, François Mauriac construit une œuvre qui s’intitule “Journal” et prendra sa place dans sa bibliographie, s’intégrera dans ses Œuvres complètes... (Philippe Baudorre et Jessica de Bideran, “Mauriac en une, Mauriac en livre, Mauriac en ligne. Réflexion sur les dispositifs éditoriaux”)

255.          MAURIAC (François). Le Désert de l'amour.  Grasset,  1925, in-12,  260 pp, manque la page de faux-titre, reliure demi-toile citron (lég. salie), pièce de titre basane abricot, couv. et dos conservés, dos lég. sali, bon état (Coll. Les Cahiers verts). Edition originale, un des 6600 ex. numérotés sur vergé bouffant

            20

Le Désert de l'amour, grand prix du roman de l'Académie française, évoque la passion amoureuse qu'un père et son fils ont pour une femme entretenue, Maria Cross, fille d'instituteur, intellectuelle indolente, contre-exemple de l'épouse conventionnelle. Le roman est un regard croisé que les membres d'une famille bourgeoise bordelaise portent sur l'existence attrayante parce que fuyante de cette femme, objet de passions...

256.          MAURIAC (François). Le Nœud de vipères.  Grasset,  1932, in-12,  311 pp, reliure demi-toile citron (lég. salie), pièce de titre basane abricot, couv. conservées, bon état

            20

Vieil avare qui veut se venger des siens en les déshéritant, Louis se justifie dans une sorte de confession qu'il destine à sa femme : elle le précède dans la mort. Dépossédé de sa haine et détaché de ses biens, cet anti-clérical sera touché par la lumière in articulo mortis. Chronique d'une famille bordelaise entre l'affaire Dreyfus et le krach de Wall Street, Le Nœud de vipères offre les coups de théâtre, les surprises d'un vrai roman. La satire et la poésie y coexistent miraculeusement. C'est le chef-d'œuvre de Mauriac, et l'un des grands romans du siècle.

257.          MAURIAC (François). Thérèse Desqueyroux.  Grasset,  1927, in-12,  241 pp, reliure demi-toile citron (lég. salie), pièce de titre basane abricot, couv. et dos conservés, bon état. Edition originale, un des 1680 ex. numérotés sur papier Alfa satiné français (n° 1601)

            20

Falsifiant des ordonnances, Thérèse a tenté d'empoisonner Bernard, son mari, un homme respectable mais froid, buté. Pour préserver sa famille du scandale, ce dernier a déposé en faveur de sa femme ; Thérèse a obtenu un non-lieu. Sur le chemin qui la ramène du tribunal vers son mari, la jeune femme fait défiler sa vie, les blessures qui l'ont poussée à commettre ce crime démoniaque. Peut-être la plus belle, la plus violente prière romanesque de Mauriac.

258.          MAURRAS (Charles). Kiel et Tanger, 1895-1905. La République française devant l'Europe.  Nouvelle Librairie Nationale,  1914, in-12,  cxviii-432 pp, nouvelle édition revue augmentée d'une préface : De 1905 à 1913, et de nombreux appendices, reliure demi-basane acajou mordorée à coins, pièces d'auteur et de titre basane havane, couv. conservée (rel. de l'époque), dos abîmé, un mors en partie fendu, intérieur propre et frais, état correct, ex-libris Gabriel Puaux

            25

"... Quant à “Kiel et Tanger”, incontestable chef-d'oeuvre de lucidité géostratégique, il contient depuis 1905 les principes qui semblent avoir triomphé dans la Constitution de la Ve République : n'y est-il pas démontré, entre autres, qu'une démocratie ne peut avoir de politique extérieure puisque les raisons du dedans y commandent toute action au-dehors ?" (Jean-Paul Enthoven, Faut-il relire Maurras ?, Le Point, 2011)

259.          MAZAURIC (Lucie). « Vive le Front Populaire ». Avec André Chamson, 1934-1939.  Plon,  1976, in-8°,  222 pp, cart. éditeur lég. défraîchi, jaquette illustrée, bon état

            25

Deuxième volume (sur 3) des mémoires de Lucie Mazauric (Avec André Chamson **)

"L'affaire Stavisky, le 6 février, le 12 février, Vendredi, le Front populaire la guerre d'Espagne. Munich, la deuxième Grande Guerre. C’est vraiment trop en six ans ! Comment pouvons-nous être encore vivants après tant d'épreuves ? Je ne sais plus si j'ai réalisé mon propos qui était de montrer comment un couple ou un écrivain tient la barre, peut tant bien que mal se frayer un chemin à travers tous ces drames. Vivre presque normalement dans un univers aussi menacé, comment cet écrivain, pacifiste autant que l’on peut l’être, père spirituel de l'objecteur Roux le Bandit s'est trouvé lui-même contraint à devenir un guerrier... Il faut que les puissances de vie soient bien fortes pour résister à tant de chances mauvaises... Reprenons, en la méditant, la petite phrase de Pasternak : « La vie est toujours plus généreuse... et surtout plus légère... ! » Aujourd'hui, après tant d'épreuves partagées avec André Chamson pas plus que lui je ne renie ce que j'ai pensé, ce que j'ai souhaité au temps du Front populaire ! Mais je ne voudrais plus revivre dans un monde manichéen. De nature plutôt partisane, dure à convaincre, mais obstinée quand j'ai choisi, inclinée pourtant vers la tolérance, peut-être à cause de mes origines protestantes qui m'ont fait haïr viscéralement la persécution, j'ai besoin de tous mes amis. J'en ai dans tous les camps. Je ne veux plus en perdre un seul..." (L. M.)

260.          MENDÈS-FRANCE (Pierre). La Vérité guidait leurs pas.  Gallimard,  1976, in-8°,  258 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Témoins)

            20

Préface de 36 pages sur “L'homme d'Etat et le pouvoir ” suivi des portraits des grands républicains qui ont fait la France moderne. – I. Les ancêtres : Jules Ferry, Emile Zola, Jean Jaurès – II. Le risque : Joseph Caillaux, Albert Dalimier, Aristide Briand, Edouard Herriot, Pierre Viénot – III. La tourmente : Léon Blum, Winston Churchill, Charles de Gaulle – IV. La fidélité : Georges Gombault, Hubert Beuve-Méry, Georges Boris.

261.          MONTARD (Charlotte). Quatre ans à l'Action Française. Ce que j'ai vu et entendu.  Neuilly, Editions Lori,  1931, in-12,  252 pp, broché, mque le 2e plat et le haut du dos, état correct

            20

Charlotte Montard, née Charlotte Binet (1889-1960), est une téléphoniste des P.T.T. engagée à l'Action française durant l'entre-deux-guerres. En 1912, elle se marie à Eugène Gaston Montard, herboriste, délégué des Camelots du Roi de Neuilly. Téléphoniste au central d'Auteuil dans les P.T.T., elle surveille les conversations téléphoniques de Louis Malvy, député du Lot, en se branchant sur sa ligne. Démasquée, elle est renvoyée et immédiatement embauchée par l'Action française où elle poursuit ses écoutes de plusieurs personnalités politiques. Elle rapporte minutieusement les conversations à Pierre Lecœur, chef des Camelots du Roi. En 1927, elle organise un canular téléphonique pour faire évader Léon Daudet et Joseph Delest de la prison de la Santé. Les deux hommes furent libérés et une équipe de Camelots du Roi se chargea de les exfiltrer en Belgique. Le directeur de la prison fut suspendu... Charlotte Montard quitta l'Action française en 1929 et dans la lignée de Louis Dimier et de son ouvrage "Vingt ans d'Action française", elle publia "Quatre ans d'Action française" en 1931. Dans ce livre, elle n'hésite pas à régler ses comptes et livre un portrait à charge de Maurras en le décrivant comme « un vieillard manœuvré par ses hommes, en proie à des colères infantiles, plus navrant que terrible ». Elle accuse l'Action française « d'impuissance, de faiblesse et de connivence maquillée avec le régime républicain ».

262.          NADEAU (Maurice). Journal en public.  Maurice Nadeau,  2006, gr. in-8°,  317 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, enrichie d'un envoi a.s. et d'une lettre a.s (un petit mot signé Maurice avec un faire-part de remerciement à l'occasion du décès de sa femme Marthe)

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Depuis bientôt une dizaine d'années Maurice Nadeau tient dans “La Quinzaine littéraire” un « Journal en public ». Chronique remarquée, où il rend compte de ses lectures, commente événements littéraires ou éditoriaux, évoque de grands auteurs du passé, signale des écrivains du présent. Parle à l'occasion de lui-même, de ses maîtres et amis, vivants ou disparus. Parfois aussi, du temps qui passe, selon ses humeurs ou convictions. Un choix de pages les mieux venues de ce « Journal en public » fait revivre l'actualité culturelle de ces dernières années telle que l'a observée et ressentie le directeur d'un périodique estimé qui est aussi critique et éditeur.

263.          PEYREFITTE (Alain). Rue d'Ulm. Chroniques de la vie normalienne.  Flammarion,  1963, in-12,  411 pp, introduction de Georges Pompidou, lexique de la langue normalienne, broché, bon état

            20

"En 1946, à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de l'École normale – supérieure, bien entendu ! – M. Alain Peyrefitte, élève de seconde année en qui s'éveillait déjà le démon d'un futur ministre de l'information, publiait, sous le titre "Rue d'Ulm", un assez fort volume, composé d'un florilège de textes écrits par des normaliens, ou sur eux, et qui devait offrir une image honnête de la célèbre maison, de son histoire, de ses mœurs, de ses rites, de son langage, de son esprit et de son mystère. Formé de témoignages qui venaient parfois des adversaires, ce livre, qui donnait la parole à Sainte-Beuve et à Michelet, aussi bien qu'à Émile Zola et Roger Martin du Gard, et qui, parmi ceux de la famille, interrogeait également les grands ancêtres, Taine ou Sarcey, et les jeunes hommes des années 30 et 40, ne pouvait prétendre à l'unité ni même à l'objectivité, et c'est dans la confusion même de ces voix qu'il fallait retrouver la constance de certains thèmes et la dominante d'un certain accent. Voici, aujourd'hui, ce "Rue d'Ulm" rajeuni, coupé de cent pages et accru d'autant, enrichi de notes et orné d'une introduction signée par M. Georges Pompidou : il ne fallait pas moins que le premier ministre, "archicube" de la promotion 1931, pour présenter l'ouvrage de son brillant "conscrit"..." (Pierre-Henri Simon, Le Monde, 26 février 1964)

264.           

           

265.          PONTY (Janine). Polonais méconnus. Histoire des travailleurs immigrés en France dans l'entre-deux-guerres. (Thèse).  Publications de la Sorbonne,  1988, gr. in-8°,  xx-474 pp, préface de J.-B. Duroselle, 16 pl. de photos hors texte, 29 schémas et cartes, sources et biblio, index, broché, bon état, envoi a.s.

            60

Il ne s'agit pas de tous les Polonais en France mais de la catégorie la plus nombreuse : ceux qui, recrutés à l'appel du patronat français, reçurent le statut de "travailleurs étrangers". Après la conclusion d'une convention franco-polonaise d'émigration en 1919, c'est par centaines de milliers que des paysans pauvres, des chômeurs et des mineurs de Westphalie acceptèrent de signer un contrat de travail. Cet ouvrage s'appuie sur des archives et des témoignages recueillis auprès des immigrés eux-mêmes. Il cherche, d'une part à préciser les conditions du recrutement et du voyage vers la France, la vie dans les mines, l'industrie et l'agriculture avec un point d'ancrage prioritaire, mais non exclusif en Nord-Pas-de-Calais. D'autre part, il analyse l'effort accompli par les intéressés pour préserver leur langue et leur culture nationales, les tentatives du gouvernement de Varsovie pour encadrer la communauté polonaise à l'étranger, les effets dramatiques de la grande crise économique, la courte embellie du Front populaire assortie d'une soudaine syndicalisation, puis le repli sur soi à la veille de la guerre de la part d'ouvriers dont l'intégration aux valeurs françaises n'est encore qu'à peine amorcée à cette date.

266.          QUINONERO (Frédéric). Les années 60. Rêves et révolutions.  Editions Didier Carpentier,  2009, in-4°,  238 pp, très nombreuses photos en noir et en couleurs, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Flamboyantes années 60 ! Inventives, allègres, colorées, mais aussi rigoristes, violentes, sombres. De feu et de sang. De guerre et de paix. De rires et de larmes. Armées et désarmées. Tout en paradoxes. Cet ouvrage se présente comme la biographie "enchantée" d'une génération qui, de la guerre d'Algérie à Mai 68, du déferlement du rock'n'roll à la conquête spatiale, de l'explosion de la jeunesse à la libération des moeurs, entra dans l'ère de la consommation tout en exprimant une certaine idée de liberté, d'insouciance, de modernité. La chanson sert de fil conducteur au récit. Brassens, Brel, Ferrat, Ferré, Bécaud, Piaf, Barbara côtoient Hallyday, Cloclo, Anthony, Adamo, Vartan, Hardy, Sheila, puis la période "post-yé-yé" emmenée par Polnareff, Dutronc, Clerc... On retrouve également, au fil des pages, les grands artistes internationaux, chanteurs et groupes, qui ont parallèlement accompagné les grands bouleversements idéologiques et sociaux de l'époque, exerçant une influence notoire sur l'évolution de la musique en général et de la chanson française en particulier. De nombreuses photographies et documents, très colorés, redonnent vie à ces années lumière.

267.          RICHARD (Lionel). La Vie quotidienne sous la République de Weimar (1919-1933).  Hachette,  1983, in-8°,  322 pp, chronologie, biographies, biblio, broché, couv. illustrée, trace de pli au 1er plat, bon état

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Qu'est-ce que la République de Weimar ? C'est d'abord l'Allemagne affaiblie, humiliée, qui sort de la Première Guerre mondiale. Après des soulèvements révolutionnaires systématiquement écrasés, la première démocratie parlementaire de l'histoire allemande est mise en place. Une démocratie qui a du mal à se maintenir et qui ne durera que quatorze ans. L'arrivée au pouvoir des nazis marque sa fin. Dans tous les domaines, cette brève période a connu des contradictions et des oppositions d'une extrême violence. Les mentalités anciennes, formées par le régime impérial, étaient peu disposées, en effet, à se plier aux idées nouvelles. Par ailleurs, les conflits ne pouvaient qu'être favorisés par les conditions matérielles dans lesquelles furent amenés à vivre la plupart des Allemands. L'originalité de la République de Weimar est d'avoir engendré, peut-être par le jeu des rivalités intenses qui s'y manifestaient, des expériences de toutes sortes, aussi bien dans les arts que dans la vie communautaire quotidienne. Le Bauhaus, par exemple, continuellement attaqué, n'en invente pas moins une architecture, des objets courants, des formes qui se sont imposés à notre environnement d'aujourd'hui. L'ambition de ce livre est de retracer l'atmosphère de cette époque, restée étonnamment moderne.

268.          ROBRIEUX (Philippe). Maurice Thorez. Vie secrète et vie publique.  Fayard,  1975, fort in-8°,  660 pp, sources et biblio, annexes biographiques, broché, couv. illustrée à rabats, état correct

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"Le livre de Ph. Robrieux vaut à coup sûr beaucoup mieux que le succès que lui a fait la presse sensation alléchée par le parfum de scandale... Il est vrai que dans le cas de M. Thorez, la distance entre le personnage réel et l'image mythique qui en fut progressivement construite est énorme : la plupart des fragments biographiques qui furent utilisés pour forger la figure légendaire de Thorez ont été inventés ou remaniés et les hautes qualités prêtées au Secrétaire général sont le plus souvent démesurément grossies ou franchement imaginaires. Lorsque Ph. Robrieux montre que Thorez n'était pas le fils d'un mineur, qu'il ne fut jamais lui-même mineur, qu'il n'était pas l'auteur du livre qu'il signa, que ses décisions politiques les plus importantes lui furent en réalité soufflées par le Slovaque Fried et que cet homme qui tranchait péremptoirement des problèmes théoriques ne connaissait guère le marxisme qu'a travers la vulgate du Komintern, il s'agit de bien autre chose que de petite histoire. (...) toutes les critiques resteront minces au regard de l'ampleur des informations qu'il apporte sur son personnage et sur la manière de fonctionner de l'univers totalitaire qui l'avait façonné." (Pierre Souyri, Annales ESC, 1978)

269.          ROCHET (Jean). Cinq ans à la tête de la DST, 1967-1972. La mission impossible.  Plon,  1985, gr. in-8°,  339 pp, annexes, broché, bon état

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Témoignage du préfet Jean Rochet (1921-2010), à la tête de la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) pendant cinq ans (1967-1972). Licencié en droit, Jean Rochet avait entamé une carrière dans l'administration à la Libération. Après avoir été collaborateur de plusieurs ministres de la IVe République, il était entré dans la carrière préfectorale en 1954 comme sous-préfet. Préfet de la Nièvre en avril 1966, il avait été nommé directeur de la surveillance du territoire le 1er août 1967. A ce poste pendant cinq ans, jusqu'au 30 octobre 1972, Jean Rochet avait tenté de s'opposer aux réseaux d'espionnage de l'Union soviétique en France. Dans ce livre publié en 1985, Jean Rochet raconte son combat contre les services secrets étrangers mais aussi contre les autorités françaises qui, selon lui, avaient refusé d'accorder les moyens qu'il demandait pour la DST. Il écrit notamment : "La France est menacée d'être prise dans les mâchoires d'une énorme tenaille dont l'un des bras est constitué par le KGB soviétique et l'autre par l'appareil du PCF". Un procès en diffamation l'avait opposé en 1972 à Paris à Léopold Trepper, chef du réseau de "L'Orchestre rouge" durant la seconde guerre mondiale. M. Rochet avait accusé, dans une lettre publiée par le Monde, M. Trepper d'avoir trahi ses camarades de résistance après son arrestation par les Allemands. (Le Figaro)

270.          ROUSSEL (Eric). Valéry Giscard d'Estaing.  Les Editions de l'Observatoire,  2020, gr. in-8°,  575 pp, 16 pl. de photos hors texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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En juin 1974, Valéry Giscard d'Estaing, longtemps ministre des Finances du général de Gaulle et de Georges Pompidou, entrait à l'Elysée. Elu sur sa seule image, sans le soutien d'un parti fort, celui qui était alors, à 48 ans, le plus jeune président de l'Histoire de la République, n'allait pas tarder à surprendre. Le début de son septennat fut marqué par des réformes de société fondamentales : dépénalisation de l'avortement, abaissement de la majorité à 18 ans, assouplissement de la procédure de divorce, promotion des femmes. La France n'avait pas connu de tels changements depuis la Libération. Puis vint le temps des difficultés : second choc pétrolier, résistances d'une grande partie de la majorité. Autant de facteurs qui expliquent la victoire, en mai 1981, de François Mitterrand sur le représentant de la tradition libérale. Presque un demi-siècle après le scrutin de 1974, Valéry Giscard d'Estaing s'est longuement confié à Eric Roussel et lui a ouvert ses archives. D'où le caractère singulier de cet ouvrage qui, bénéficiant d'autres témoignages (dont celui de Henry Kissinger) et de l'accès à de nombreux documents en France et à l'étranger, cerne la personnalité complexe d'un traditionaliste réformiste, artisan d'une mutation profonde de la société française.

271.          ROUSTAN (Mario). 17 mois rue de Grenelle.  P., Fernand Nathan,  1932, in-12,  320 pp, broché, cachet "Hommage de l'éditeur", bon état

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"Marius, dit Mario, Roustan (1870-1942), agrégé de lettres, a le profil typique de la méritocratie républicaine. Radical-socialiste, il est sénateur de l’Hérault de 1920 à 1941. Il a été ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du 27 janvier 1931 au 3 juin 1932 dans les gouvernements Pierre Laval et André Tardieu, puis ministre de l'Éducation nationale du 1er juin 1935 au 24 janvier 1936 dans les gouvernements Fernand Bouisson et Pierre Laval. De son passage au ministère, il a laissé deux ouvrages pour éclairer son action au début des années 1930 : “Dix sept mois rue de Grenelle” et “Problèmes de l’éducation nationale” (Melottée, 1932, 246 pp). Il a également publié un recueil de ses discours lors de son mandat de 1935 : “Étapes sur la route” (Lemerre, 1937, 183 pp). Il est l’auteur de très nombreux ouvrages scolaires de lettres et de philosophie. En 1935, il analyse le processus usurpateur de “Mein Kampf” et écrit son dernier livre : “Hitler éducateur” (Nathan, 1935, 203 pp)." (Hélène Serre)

272.          SALOMON (Michel). Méditerranée rouge. Un nouvel empire soviétique ?  Laffont,  1970, in-8°,  399 pp, 16 pl. de photos hors texte, 3 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état  (Coll. L'Histoire que nous vivons)

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"En sous-titrant son livre (qui tient à la fois du reportage et de l'essai géopolitique) « un nouvel Empire soviétique ? » Michel Salomon entend démontrer ce qu'il annonce dès la préface en présentant un rapport destiné aux diplomates soviétiques du Moyen-Orient et appelé le rapport Vinogradov. Ce rapport détaille une politique systématique d'implantation de l'URSS en Méditerranée avec des modalités qui rappellent l'action des anciennes puissances coloniales, le but ultime étant un empire méditerranéen rouge qui aurait comblé d'aise les anciens tsars. Cet impérialisme, Michel Salomon l'étudié dans tous les domaines. Il démontre fort justement que la flotte soviétique n'égale ni en nombre ni en puissance les navires de la VIe flotte et de l'OTAN. Mais il y a plus sérieux et en particulier la colonisation technique, politique, économique du Moyen-Orient et surtout de l'Egypte. Et au-delà de ce fait spectaculaire, toute l'implantation soviétique du golfe Persique au Maghreb. Les Arabes sont-ils si aveugles devant ce nouvel impérialisme colonial ? Michel Salomon pense qu'à terme, les Russes subiront le même échec que les Occidentaux. Mais pour l'instant cette politique réussit à cause de la position anti-israélienne de l'URSS et des envois d'armes considérables et ruineux qui satisfont ce que l'auteur dénomme le nationalisme « magique » et la xénophobie profonde d'un monde arabe « bloqué » dans ses rêves et ses rancœurs. En attendant, les alliés soviétiques deviennent des protecteurs en espérant demain être les maîtres. Cela leur coûte cher mais il y a les contreparties économiques comme la fourniture à peu près totale du coton égyptien à l'URSS et autres trocs aussi avantageux pour le « Grand Frère » rouge. Depuis le lâchage d'Israël en 1949 (il y a un excellent chapitre sur les rapports d'abord cordiaux puis empoisonnés du sionisme et du soviétisme), les Russes misent chaque fois plus gros sur des alliés instables ou anarchiques en espérant la victoire définitive mais sans vouloir payer le prix d'un troisième conflit mondial avec les Américains. Pendant ce temps les problèmes intérieurs de l'Egypte, de la Syrie, de l'Irak et autres ne peuvent que s'aggraver, favorisant une infiltration discrète mais méthodique de communistes locaux dans les rouages des Etats, ce qui n'empêchent pas les chocs en retour et les purges sanglantes anti-communistes (exemple l'Irak et l'Egypte). Tant pis pour ces « camarades sacrifiés » par ordre de Moscou... En conclusion, Michel Salomon, dont on a plaisir à retrouver ici les qualités de style et de synthèse, dresse un tableau des forces militaires en présence autour de la Mer Intérieure. La bibliographie abondante s'appuie sur les ouvrages des meilleurs spécialistes surtout anglais des problèmes du Moyen-Orient." (Revue des Deux Mondes, 1971)

273.          SIRINELLI (Jean-François). Génération intellectuelle. Khâgneux et Normaliens dans l'entre-deux-guerres. (Thèse).  Fayard,  1988, gr. in-8°,  721 pp, annexes, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Thèse sous la direction de René Rémond soutenue en 1986 ("Khâgneux et normaliens des années vingt : histoire politique d'une génération d'intellectuels, 1919-1945").

Claude Lévi-Strauss, Georges Canguilhem, René Maheu, Paul Nizan, Georges Friedmann, Raymond Aron, Georges Lefranc, Jean-Paul Sartre : vivants ou morts, tous ont marqué la vie intellectuelle depuis 1945, à des degrés divers et selon des voies divergentes. Une trop abondante littérature a ressassé l'exposé de leurs idées, la variété de leurs opinions, la diversité de leurs engagements. Jean-François Sirinelli, en une démarche originale qui déjà fait date dans l'historiographie contemporaine, a, le premier, rattaché les fils de ces destins individuels à la trame collective de leur génération. Les classes d'âge nées vers 1905, adolescentes à l'ombre du premier conflit mondial, s'éveillèrent à la politique dans les années 1920, réagirent de différentes manières à la montée des périls, s'enrôlèrent – ou s'abstinrent – durant la Seconde Guerre mondiale, et certains de leurs représentants qui n'étaient morts ni au champ d'honneur de la Résistance ni devant les pelotons d'exécution de l'Epuration, arguèrent, passé 1945, que l'engagement était consubstantiel à la qualité d'intellectuel. Ce trajet collectif, des dizaines d'itinéraires l'ont tissé à travers des réseaux ou des institutions de sociabilité : cette génération fera ses grands choix – tels le pacifisme ou l'antifascisme – notamment parce que, étudiants en khâgne (classe préparatoire littéraire), à l'Ecole normale supérieure ou à l'Université, certains se seraient proclamés les élèves d'Alain, le maître éveilleur de conscience, d'autres auraient milité en faveur du "Bloc des Gauches" du lycée Louis le Grand, créant ainsi des solidarités qui perdureront jusqu'à l'Occupation, puis au-delà. L'étude pionnière de la constitution des groupes composites qui définirent cette génération intellectuelle et de leurs mécanismes internes permet de comprendre enfin la page d'histoire qu'écrivirent, il n'y a guère, tant les théoriciens de l'engagement permanent que les praticiens de l'intervention raisonnée par temps de crises.

274.          SMITH (Walter Bedell). Trois années à Moscou, 1946-1949.  Plon,  1950, in-8°,  348 pp, traduit de l'anglais, broché, bon état

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Par l'ambassadeur américain à Moscou.

"Être l'ambassadeur d'une puissance capitaliste à Moscou ce n'est pas très agréable, mais y représenter les États-Unis c'est un métier franchement pénible. Le général Bedell-Smith en a fait de 1946 à 1949 la triste expérience. La colonie étrangère de la capitale soviétique vit dans une espèce de ghetto moral sous la surveillance constante de la police, sans pouvoir établir de contacts humains avec les Russes. Les ambassadeurs des grandes puissances occidentales sont entourés d'une atmosphère de méfiance, et leurs relations avec les hauts fonctionnaires du régime sont toujours officielles et compassées. Les citoyens soviétiques qui osent assister aux réceptions diplomatiques sont rares. Spaso House, la résidence de l'ambassadeur des États-Unis, les effraie particulièrement : pour la fête nationale américaine du 4 juillet 1947 le général Bedell-Smith avait invité trois cents personnes, mais vingt-cinq seulement répondirent à son appel... L'ambassadeur se plaint souvent dans ses souvenirs de cette attitude des Russes. "Une barrière nous séparait toujours", écrit-il à propos du maréchal Joukov et de son adjoint Sokolovski. Quant à ses collaborateurs "ils étaient tous suspects"..." (André Pierre, Le Monde, 27 déc 1950)

"Le livre de Walter Bedell Smith est d’un intérêt puissant. Ce général fut un diplomate extrêmement avisé et aussi bien informé que le permit l’étroitesse du cercle où le confina la politique soviétique. Il est en même temps un observateur plein de finesse. Nous voyons revivre sous sa plume la vie quotidienne de Moscou et tous les aspects de la politique soviétique, celle du Kremlin comme du Politburo. L’auteur a participé à toutes les conférences et discussions qui se sont déroulées dans la capitale de l’URSS pendant ses fonctions. Il parvient, d’ailleurs, peu à peu à une vue d’ensemble sur la Russie d’aujourd’hui, où se combinent l’impérialisme grand-russien et l’idéologie communiste..." (Edmond Delage, Revue Défense Nationale, 1951)

"Pour la période d'après-guerre, l'on dispose des mémoires solides et relativement objectifs de deux militaires ayant rempli les fonctions d'ambassadeur à Moscou : les généraux Catroux et Bedell Smith." (Evolution récente de I'URSS; Etat des travaux, Revue française de science politique, 1956)

275.          THEIS (Laurent) et Philippe RATTE. La Guerre d'Algérie ou le temps des méprises, avec le témoignage de 15 personnalités.  P., Mame,  1974, gr. in-8°,  303 pp, notices biographiques, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Ce drame revit ici grâce aux témoignages de quinze personnalités ayant connu de près la guerre d’Algérie : Hubert Beuve-Méry, Claude Bourdet, Jacques Coup de Fréjac, Robert Delavignette, Edouard Depreux, Michel Gorlin, André Jacomet, André Mandouze, Georges Ras, Alain de Sérigny, Jacques Soustelle, Paul Teitgen, Bernard Tricot, Roger Trinquier, Pierre Vidal-Naquet. Ces témoignages constituent un document exceptionnel  pour l’intelligence de cette période. Une autre histoire de la Guerre d'Algérie par le biais d'une nouvelle approche d'événements trop bien et si mal connus.

276.          TSUR (Jacob). Prière du matin. L'aube de l'Etat d'Israël.  Plon,  1967, in-8°,  370 pp, cart. éditeur, jaquette, bon état

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"Aucun de ceux qui l'ont connu lorsque, de 1953 à 1959, il représentait Israël à Paris n'a oublié l'attachante personnalité de M. Jacob Tsur. On la retrouve tout entière dans cet ouvrage dans lequel il évoque, à travers les souvenirs de sa propre vie, la préhistoire de l'État juif : même mélange de rondeur et de finesse, de culture et de simplicité, et par-dessus tout un grand amour de la vie, une rare aptitude à la trouver belle. Et comme il a traduit lui-même son livre de l'hébreu, on perçoit sous la plume comme un écho de ses intonations chaleureuses. Comme tant d'autres Israéliens d'aujourd'hui, M. Tsur naquit en Pologne dans un monde qui "respirait la quiétude et le calme". Puis la guerre vint, prélude à bien des pérégrinations. L'auteur évoque le départ de sa famille pour Moscou, ses tribulations à travers la guerre civile, son installation en Galilée, en 1921, ses études dans une Jérusalem encore somnolente, où l'eau courante était aussi ignorée que l'électricité, et, bien entendu la radio, dotée d'un charme ensorcelant. Si d'ailleurs l'époque était "calme" et les réalisations "modestes", écrit joliment l'ancien ambassadeur, les "discussions" – péché mignon des Méditerranéens – "allaient bon train" ; elles portaient notamment – déjà – sur les rapports des Ashkenazim et des Sephardim, les deux grands rameaux du peuple juif. La politique n'était pas encore venue troubler ce petit monde dont l'auteur garde une évidente nostalgie. C'est à Florence, où il fréquente l'université, que M. Tsur découvre à la fois le fascisme, le sionisme et l'antisémitisme. Il fait ensuite ses premières armes de journaliste au bulletin du conseil municipal, avant de partir pour Paris, où, tout en poursuivant ses études, il devient le maître-Jacques du journal sioniste Haolam, ce qui lui permet, puisque la même imprimerie était utilisée par les organes de l'émigration russe, de faire la connaissance de Kerensky et de Milioukov. Il fait aussi, un soir de rafle, celle de la police française. Le livre s'achève sur de belles pages, d'une sobre émotion, consacrées à la mort à peu de distance de sa mère et de son père..." (André Fontaine, Le Monde, 5 avril 1967)

277.          TURPIN (Frédéric). De Gaulle, les gaullistes et l'Indochine, 1940-1956. (Thèse).  Les Indes savantes,  2005, gr. in-8°,  666 pp, documents en annexes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La défaite de la France en 1940 entraîne l'Indochine française dans la spirale de la guerre. Le 9 mars 1945, les Japonais mettent définitivement un terme à ce qui reste de la souveraineté française, ouvrant bientôt la porte à l'indépendance du Vietnam, sous l'égide du Viet-Minh. Durant ces temps troublés, le général de Gaulle et ses collaborateurs (en particulier l'amiral Thierry d'Argenlieu et le général Leclerc) préparent et réalisent le retour de la France dans la péninsule Indochinoise. Il en va de l'avenir même de la France car pour redevenir une puissance mondiale, il lui faut récupérer son "balcon sur le Pacifique". Cette tentative de reprise en main d'un autre temps aboutit finalement à la première guerre d'Indochine. A partir de 1947, le général de Gaulle, devenu chef du Rassemblement du Peuple Français, et ses compagnons, mènent une lutte sans merci contre la IVe République. Dans leur souci de dénigrement systématique du régime en place, ils utilisent le conflit indochinois comme un exemple de son "incurie criminelle" tandis que les solutions avancées par le Rassemblement en matière d'évolution politique des territoires d'outre-mer ne brillent pas par leur libéralisme. Le mythe de la puissance par l'empire connaît alors une belle arrière-saison au sein du mouvement gaulliste. Ce n'est qu'à partir de 1953, lorsque la détente internationale se dessine, que le général de Gaulle et les gaullistes commencent à évoluer vers l'idée de sortie négociée d'une guerre désormais sans commune mesure avec les sacrifices exigés.

278.          ZIEGLER (Gilette). J’étais au P.S.F.  Les Editeurs Français Réunis,  1950, in-12,  241 pp, présentation par Pierre Abraham, broché, manque la page de faux-titre, bon état

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Archiviste-paléographe, historienne, romancière et journaliste ; rédactrice d'un journal clandestin, sous l'occupation (Basses-Alpes) ; après la libération chroniqueuse à Nice, puis à Paris, Gilette Ziegler (1904-1981) effectua de grands reportages, notamment en Corée (1951). Dans son roman de 1950, “J'étais au PSF”, d'une plume alerte et sympathique, dans un style simple et attachant, Gilette Ziegler décrit comment un partisan dévoué de La Rocque a progressivement développé des sympathies pour le communisme. L’histoire débute en 1934 et trouve son terme en 1944.

 

1ère GUERRE MONDIALE

 

279.          BECKER (Jean-Jacques). Les Français dans la Grande Guerre.  Laffont,  1980, in-8°,  317 pp, 8 pl. d'illustrations et photos hors texte, tableaux, sources et biblio, annexes, broché, couv. illustrée, état correct

            25

"L'auteur prolonge ici l'enquête amorcée par sa thèse “1914, comment les Français sont entrés dans la guerre”. S'il fait quelques allusions aux militaires, il concentre son attention sur le moral des civils dans l'épreuve : question moins connue que l'évolution des conditions concrètes de l'existence. On ne peut saisir l'opinion comme en temps de paix, par l'élection ou par la presse, mais il existe d'abondantes sources : rapports des préfets de police, observations des notes des commissions de contrôle postal, documents privés. Leur ampleur même contraint à des sondages, effectués avec le souci de varier les échantillons (Paris, Le Creusot, où on dispose d'un journal tenu par le secrétaire en chef de la mairie, les Côtes-du-Nord, la Charente, la Loire...). Le bilan est présenté avec un remarquable sens de la mesure, dans un livre fermement construit, nuancé par une sensibilité comprehensive, d'une sûre maîtrise, auquel on se référera désormais." (Pierre Barral, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1983)

280.          DEDIJER (Vladimir). La route de Sarajevo.  Gallimard,  1969, in-8°,  482 pp, traduit de l'anglais, 16 photos sur 8 pl. hors texte, une carte et 2 plans, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Suite des temps)

            30

L'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand, héritier présomptif de l'Empire austro-hongrois, le 28 juin 1914, en visite officielle à Sarajevo, capitale de la Bosnie, va précipiter l'Europe dans la guerre. S'agit-il d'un attentat isolé ? Quel est le rôle des services secrets des puissances ? Qui avait poussé le jeune étudiant bosniaque Gavrilo Princip à ce geste de désespoir aux conséquences incalculables ? Sur la route de Sarajevo, derrière le lycéen chargé de bombes, se pressent peu à peu d'autres groupes révolutionnaires, des ombres plus illustres et bientôt c'est un monde qui revit : société arriérée, coloniale, esclavagiste même, au territoire longtemps morcelé, travaillée par de sourdes aspirations à la liberté, à l'indépendance, à l'unité nationale ; Slaves du Sud dont la rebellion de type primitif – qui n'est pas sans évoquer les mouvements d'émancipation coloniaux – va fournir en Autriche, au parti de la guerre, le prétexte attendu pour étendre vers le sud le pouvoir des Habsbourg. Vladimir Dedijer, ancien officier des partisans qui chassèrent les nazis de Yougoslavie, journaliste dont la biographie de Tito a connu un succès mondial, historien et directeur de la publication des documents diplomatiques serbes, éclaire tout un arrière-plan balkanique que l'histoire des origines de la guerre avait jusqu'ici laissé dans l'ombre.

281.          DELHOMME (Patrice). Les Grenades françaises 1914-1918.  Saint-Maur-des-Fossés, Editions Patrice Delhomme,  2013, in-8°,  146 pp, 93 gravures et figures, sources, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            20

Les grenades françaises sont destinées à la lutte à l'intérieur des tranchées. Elles agissent avant tout sur le moral du combattant, car dotées d'un faible effet destructeur. L'engin est composé de deux calottes de fer blanc embouties serties ensembles et soudées à l'étain. Le col est destiné à recevoir le bouchon allumeur. Le poids total de la grenade est de 250 grammes. Initialement elle est équipée d'un allumeur à percussion, constitué par un corps tubulaire en plomb moulé contenant un morceau de cordeau bickford, permettant d'obtenir un retard de 5 secondes. Le principal défaut de ce système et que si le bouchon n'est pas percuté d'une façon parfaitement verticale, l'allumage ne se produit pas et la grenade devient inutilisable, voire se déclenche sur l'artificier. Pour soulager le fantassin, rapidement est développé le bouchon allumeur automatique. Il s'agit du système dit de "goupille". Les grenades étant transportées dans les musettes en vrac, il arriva fréquemment que le levier d'une grenade se prenne dans l'anneau d'une autre et que les mouvements du combattant finissent par provoquer l'arrachement de la goupille. Principalement représenté par la grenade F1 et la grenade citron "Foug" de modèle 1916. Cette forme de fruit quadrillé est donné à la grenade, pour permettre une fragmentation régulière des éclats. Les soldats utilisent également des grenades dites "percutantes" qui tel les obus "percutants", explosent à l'impact. D'autres grenades sont dites "à parachute" qui disposent d'un système de sécurité constitué par une cordelette de 7 mètres que le fantassin passe autour du poignet et qui libère le percuteur lorsqu'elle est tendue. La moitié supérieure de la tête explosive lestée de shrapnells et la jupe de toile permettent une chute de l'engin explosif sur la tête de l'ennemi. Les fantassins utilisent également des grenades fumigènes et incendiaires provoquant des brûlures importantes. Lorsque la rupture des communications ou la proximité des adversaires ne permettent pas à l'artillerie d'intervenir, il parait intéressant d'utiliser le fusil pour lancer des projectiles explosifs, afin de doter le fantassin d'une puissance de feu similaire à une petite artillerie. Lorsqu'à la fin de 1914, les opérations prennent le visage d'une guerre de siège la grenade à fusil, par sa portée et son angle de chute apparait comme une arme bien adaptée à la situation. (Mathieu Duvnjak, La prise en charge des blessés de la face lors de la Grande Guerre, 2018)

282.          DOUDEAUVILLE (Armand François Jules Marie de La Rochefoucauld, duc de). Au service de la France, père et fils. Journal de la Campagne 1914-1919.  Emile-Paul Frères,  1921, in-12,  333 pp, broché, soulignures et annotations crayon, état correct

            25

Campagne de France. – Armée d'Orient. – Service des courriers extérieurs. — "M. Armand de la Rochefoucauld, duc de Doudeauville, et son fils Sosthène viennent d'ajouter à l'histoire une page plus glorieuse encore, par leur brillante conduite pendant la grande guerre, par des actes de superbe bravoure, racontés avec une modeste simplicité dans un livre récent « Au Service de la France, Père et Fils », qui prouve que les la Rochefoucauld de notre temps manient aussi bien la plume que l'épée." (Revue historique et archéologique du Maine, 1922)

283.          KLUCK (Alexander von, colonel-général). La Marche sur Paris (1914).  Payot,  1922, in-8°,  188 pp, traduit de l'allemand, préface du général Debeney, 2 croquis dans le texte (combats près de Mons, combats de Solesmes, Le Cateau) et 5 cartes hors texte, ordre de bataille de la 1ère Armée en août 1914, index des localités et des personnes, sources, broché, bon état (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale)

            30

Le général von Kluck était à la tête de la première armée en 1914 lors de la marche allemande sur Paris qu'il dirigeait. Il s'était flatté d'écraser Joffre. Mais ses forces, qui se trouvaient à l'extrémité de l'aile marchante de celle de von Schlieffen, furent annihilées par l'inertie et les hésitations de de Moltke et, arrivées devant Senlis, durent s'infléchir et abandonner la direction de Paris. Ce fut alors la Marne et la bousculade sous la pression des troupes de Galliéni. Von Kluck dut battre en retraite et se retrancher derrière l'Aisne où, blessé dans une tranchée par un éclat d'obus, il résigna son commandement. Il avait alors près de 70 ans et venait de perdre un de ses fils, tué dans les Flandres. En 1920, von Kluck a publié ce livre, “la Marche sur Paris”, sur son retentissant échec sur la Marne.

284.          MAUFRAIS (Louis). J'étais médecin dans les tranchées, 2 août 1914 - 14 juillet 1919.  Laffont,  2008, gr. in-8°,  332 pp, présenté par Martine Veillet, préface de Marc Ferro, 58 photos et 5 cartes dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Août 1914. Louis Maufrais, étudiant en médecine, pense présenter l'internat quand la guerre éclate. Le jeune homme rejoint le front, découvre les tranchées. Il va y rester quatre ans. Quatre ans pendant lesquels il côtoie la mort les pieds dans la boue et les mains dans le sang, jour et nuit enterré au fond de postes de secours secoués par le souffle des obus. Quand il a un moment de repos, il prend des notes, photographie, pour raconter la souffrance, celle de ses camarades, la sienne, mais aussi l'amitié, le burlesque, l'absurde... Comment un témoignage d'une importance exceptionnelle a été sauvé de l'oubli. Le 5 décembre 1977, s'éteint un vieux médecin de famille. Dans l'héritage qu'il laisse à ses enfants, il y a des photos, beaucoup de photos, et une boîte à chaussures. Dans la boîte, seize cassettes enregistrées par Louis Maufrais peu avant de mourir; devenu aveugle et incapable d'écrire, il avait peur que son témoignage disparaisse avec lui. Mais le temps passe encore, et les cassettes restent rangées au fond d'un placard. Vingt-cinq ans d'oubli. Jusqu'à ce jour de 2001 où sa petite-fille, Martine Veillet, les trouve, les écoute... Il lui faudra cinq années d'enquête pour décrypter la voix de son grand-père, vérifier les dates, les lieux, retrouver dans les archives les noms qu'il cite. — "Un texte hallucinant. Un témoignage unique." (Marc Ferro)

285.          PÉRICARD (Jacques). Verdun. Histoire des combats qui se sont livrés de 1914 à 1918 sur les rives de la Meuse.  Librairie de France,  1933, in-4°,  (8)-534 pp, environ 700 photos, documents, cartes et plans dans le texte et hors texte, croquis et cartes dépliantes hors texte en couleurs, bien complet de la grande carte dépliante hors texte couleurs en fin de volume, reliure peine percaline bleue, 1er plat historié (phare de l'ossuaire de Douaumont éclairant une batterie de canons de 75, rais de lumière du phare et étoiles dorés), titre doré, dos lisse orné de chevrons à froid, titres dorés, tête rouge (rel. de l'éditeur), bon état. Edition originale

            250

L'histoire des combats qui se sont livrés en 1916 sur les deux rives de la Meuse. Ouvrage exceptionnel, réalisé avec la collaboration de plusieurs milliers d'anciens combattants. Adjudant au 95e RI pendant le conflit, Péricard a réalisé ici un travail de fourmi en donnant la parole à une multitude de combattants français ayant combattu entre 1914 et 1918 sur ce fameux champ de bataille (englobant les Hauts de Meuse). C'est donc une chronologie jour par jour, parfois heure par heure, des combats, truffée de centaines de témoignages d'acteurs de différentes armes et différents grades, et émaillées de cartes de secteur détaillées et de photos parfois morbides. L'ouvrage le plus exhaustif sur les combats de Verdun, indispensable pour qui veut revivre cette période en ce lieu maudit. Pas si courant, car l'ouvrage fut interdit en 1940 par les autorités allemandes d'occupation et de nombreux exemplaires détruits pendant la guerre.

286.          WEGERER (Alfred von). Réfutation de la Thèse de Versailles sur les responsabilités de la guerre.  P., Marcel Rivière,  1933, in-8°,  xvi-334 pp, traduction française, préface de Georges Demartial, 8 pl. de photos hors texte, broché, bon état. Peu courant

            50

"Cet ouvrage de M. A. von Wegerer, qui dirige la propagande officielle allemande sur les responsabilités de la guerre, suit pas à pas les textes diplomatiques de 1919, de façon plus juridique qu'historique. L'auteur, en admettant (p. 218) que le conflit austro-serbe était – normalement – gros de risques, si l'intégrité serbe était menacée, fait une honnête concession ; de notre côté, on est sans doute disposé à reconnaître que, la responsabilité serbe étant en quelque manière engagée dans l'attentat du 28 juin, une « leçon » (saisie provisoire d'un gage ?) pouvait être infligée à la Serbie – qui eût mis à pénible épreuve la Triple Entente. Le débat est donc circonscrit ; l'auteur cherche à prouver que cette intégrité n'était pas menacée. Peut-on opposer un texte, rédigé 15 ans après les faits, au témoignage de l'ambassadeur allemand, sortant d'entretenir le ministre autrichien ? Peut-on discerner une promesse dans les vagues paroles de ce ministre à l'ambassadeur russe, le 24 juillet ? A. von Wegerer conclut du grand texte allemand n° 323 du recueil Kautzky, que l'Allemagne, le 27, ne croyait pas même à une guerre austro-serbe, alors que ce texte envisage les moyens – s'il y a guerre mondiale – de détourner de l'Allemagne la responsabilité. Certains chapitres traitent de divers points de l'avant-guerre : le nationalisme français – dont Kiderlen, le ministre allemand, disait à un Autrichien, en avril 1912, que l'antimilitarisme croissant obligeait le gouvernement à le soutenir, « mais il ne faut pas le dire trop haut »..." (A. Lajusan, Revue d’Histoire moderne, 1933)

 

2ème GUERRE MONDIALE

 

287.          AMBROSE (Stephen E.). Pegasus Bridge. 6 Juin 1944.  Bénouville, Editions Arlette Gondrée,  1987, in-8°,  224 pp, traduction française Arlette Gondrée Pritchett, 8 pl. de photos hors texte, photos et documents dans le texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Aux premières heures du matin du 6 juin 1944, un petit détachement de troupes aéroportées britanniques prend d'assaut les forces de défense allemandes et ouvre la voie à l'invasion de l'Europe par les Alliés. Pegasus Bridge fut le premier engagement du jour J, le point tournant de la Seconde Guerre mondiale. Ce récit captivant  fait revivre une mission audacieuse si cruciale que, si elle avait échoué, toute l'invasion de la Normandie aurait pu échouer. Ambrose retrace chaque étape des préparatifs pendant de nombreux mois jusqu'à l'excitation minute par minute des affrontements au corps à corps sur le pont.

288.          ARMSTRONG (Anne). Capitulation sans conditions.  Presses de la Cité,  1963, in-8°,  281 pp, traduit de l'anglais (Unconditional Surrender: The Impact of the Casablanca Policy Upon World War II. Rutgers University Press, 1961), cart. éditeur, jaquette illustrée lég. abîmée, bon état

            25

Le 24 janvier 1943, vers midi, à l'issue de la conférence de Casablanca, le président Roosevelt déclara devant les correspondants de guerre que le Premier ministre britannique W. Churchill et lui-même étaient « résolus à n'accepter qu'une capitulation sans conditions de la part de l'Allemagne, du Japon et de l'Italie ». Cette exigence devait désormais dominer jusqu'à la fin des hostilités les rapports des Alliés avec leurs ennemis et était destinée à avoir sur le monde de l'après-guerre des répercussions dont les conséquences sont aujourd'hui encore difficilement mesurables. C'est à l'examen sous tous ses aspects de cette décision capitale qu'est consacré le présent ouvrage...

289.          BEEVOR (Antony). D-Day et la bataille de Normandie.  Calmann-Lévy,  2009, gr. in-8°,  638 pp, 42 photos sur 24 pl. hors texte, 16 cartes, glossaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le Débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944, passe à juste titre pour un des grands tournants de la Seconde Guerre mondiale – à tel point que dans l'esprit de beaucoup de Français le reste de la guerre ne fut qu'une formalité. Or, il n'en est rien. Si le Débarquement fut un de ces moments où se forgent les légendes, la bataille qui s'ensuivit, connue sous le nom de bataille de Normandie, fut autrement plus longue, difficile, émaillée d'atrocités – et décisive. En effet, une défaite alliée aurait eu des conséquences géopolitiques majeures pour l'Europe, car rien alors n'aurait pu empêcher l'Armée rouge de pousser jusqu'à l'Atlantique. Or, Antony Beevor révèle, pour la première fois, à quel point le désordre, l'improvisation, les erreurs stratégiques et tactiques, l'impréparation de leurs troupes faillirent coûter leur victoire aux Alliés. Seule leur écrasante supériorité aérienne leur permit de l'emporter – mais à quel prix, notamment en vies civiles françaises et en morts accidentelles dans leurs propres rangs ! “D-Day et la bataille de Normandie” est le premier livre d'«historical narrative» à l'anglo-saxonne sur ces trois mois de guerre totale publié en France depuis “Le Jour le plus long”, de Cornelius Ryan, qui date de 1959. Antony Beevor a pu consulter des archives rendues publiques aux Etats-Unis et en Angleterre en vertu des délais de prescription, mais aussi des documents inédits allemands, français et canadiens, et retrouver nombre d'enregistrements originaux, dont les "débriefings" des soldats américains enregistrés à chaud par le service d'information des armées, ce qui lui a permis de croiser les témoignages et d'approcher au plus près le vécu des combattants sur le terrain. C'est à une reconstitution entièrement nouvelle et à rebours des mythes dominants qu'il nous convie, en maniant comme lui seul sait le faire le «zoom» : tantôt au plus près de l'action pour montrer, tantôt avec du recul pour expliquer.

290.          BRADLEY (Omar N.). Histoire d'un soldat.  Gallimard,  1952, in-8°,  532 pp, traduit de l'américain par Boris Vian, 55 cartes, en appendice : ordre de bataille de la 12e Armée, broché, couv. illustrée, dos uniformément passé, bon état. Peu courant

            70

Souvenirs de guerre du général américain Omar Bradley, qui avait pris Bizerte (mai 43), débarqué en juin 44 à la tête de la 1ère armée américaine, et reçu en août 1944 le commandement du 12e groupe d'armées, avec qui il alla jusqu'à l'Elbe. Ces mémoires couvrent la période de fin 1942 au 8 mai 1945 : Tunisie, Sicile, préparation de l'opération Overlord et débarquement en Normandie, libération de Paris. Le Rhin et l'Elbe.

"Écrits avec une grande franchise et une liberté d'expression, qui parfois n'est pas sans quelque brutalité, ces souvenirs apportent à l'histoire des renseignements et des jugements précieux sur les conceptions et les décisions du Haut Commandement Allié de 1943 à 1945, sur les généraux et les états-majors américains, sur leurs rapports avec les Britanniques, et notamment sur les relations entre Bradley et Montgomery. Toutefois, le livre ne veut être qu'un témoignage. L'ouvrage n'en est pas moins, pour la connaissance de la seconde guerre mondiale, l'un des plus importants qui aient été publiés." (Général Lestien, Revue historique, 1953)

"L'histoire du général Bradley, c'est aussi l'histoire de la guerre en Europe, et nul n'était plus compétent pour la conter, que ce chef adoré de ses troupes, ce technicien, un des plus brillants des temps modernes. On apprendra ici comment la guerre a été conduite, et comment ont été prises des décisions stratégiques d'une importance primordiale. Surtout on trouvera un jugement profond des officiers et des hommes que leur destin appela à livrer la deuxième guerre mondiale contre le fascisme. Des personnalités aussi différentes que le Maréchal Montgomery et le général Patton apparaissent en pleine lumière ; l'auteur ne les analyse pas seulement en tant que militaires, mais aussi en tant qu'hommes. Quelle est la véritable nature de chefs tels que Montgomery et Patton ? Quels sont les problèmes que pose le commandement de la plus puissante armée qui ait jamais été rassemblée ? Comment furent combinée et dirigée la plus formidable invasion de tous les temps ? De quelle façon choisit-on les généraux ? Pourquoi les uns reçoivent-ils de l'avancement, alors que les autres sont limogés ? Quelles leçons peut-on tirer de la deuxième guerre mondiale ? Les mémoires du général Bradley répondent à toutes ces questions et à bien d'autres, avec une honnêteté et une pénétration remarquables. On entrevoit, en les lisant, les responsabilités terribles qui accompagnent un commandement en chef, et l'on comprend aussi pourquoi le général Omar Bradley est considéré aujourd'hui comme le premier soldat des États-Unis." (L'Editeur)

On a raconté – c'est Boris Vian lui-même qui en avait fait courir le bruit, mais c'est faux ! – que le traducteur avait parsemé son texte d'inepties, par antimilitarisme.

291.          BRISSAUD (André). Canaris. Le « petit amiral », prince de l'espionnage allemand (1887-1945).  Perrin,  1970, fort in-8°,  728 pp, 16 pl. de photos hors texte, sources, cart. éditeur, jaquette illustrée lég. abîmée, bon état

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« Homme de droite, nostalgique de l'ordre et de la discipline, l'amiral Canaris était bien représentatif de la caste militaire prussienne. Fasciné par Hitler, mais rétif à l'idéologie nazie, il a dirigé pendant environ dix ans les services de renseignements de l'armée jusqu'à ce qu'il prenne contact avec ses homologues anglais et américains pour éviter le pire. André Brissaud, grand connaisseur de cette période de l'histoire, nous fait découvrir cette personnalité complexe, intelligente, secrète, rusée, qui a une vision romanesque de l'espionnage. Toute l'histoire secrète de la seconde guerre mondiale défile sous nos yeux au fil des pages toutes aussi passionnantes les une que les autres ». L'auteur a eu accès aux archives de l'Abwehr pour écrire ce livre.

"... Mieux vaut sans doute renoncer aux délices du sensationnel et relire sur Canaris les ouvrages de Höhne, de Mueller, et la remarquable biographie d'André Brissaud." (François Kersaudy, à propos de la biographie récente de Canaris par Eric Kerjean)

292.          CASSIN (René). Les Hommes partis de rien, le réveil de la France abattue (1940-41).  Plon,  1974, in-8°,  490 pp, 32 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Dans ce livre, publié un an avant sa mort, à l'âge de quatre vingt huit ans, René Cassin prend le relais de ses mémoires publiés en 1972 sous le titre «La Pensée et l'Action ». Persuadé, dès le 19 juin 1940, que c'est à Londres que la lutte devait se poursuivre, celui qui fut durant deux ans le plus proche collaborateur du Général raconte les deux premières années de la France libre. Son récit n'affecte ni la rigueur classique des «Mémoires » de de Gaulle, ni la fièvre des livres de guerre, ni même l'implacable érudition d'un Paxton. René Cassin, qui n'eut jamais à justifier ni à prouver, présente un journal simple, chronologique, dont il a quand même soigneusement revu les détails, mais où se mêlent habilement les anecdotes de la vie à Londres, les exposés sur son action politique et des vues générales sur la conduite de la guerre. Sachant à peine l'anglais, sans ressources sauf celles de son énergie et de ses relations avec quelques hommes d'Etat européens, René Cassin fut ce juriste qui réussit à donner à la France libre des bases juridiques solides : son livre relate, pour la première fois, textes à l'appui, les étapes institutionnelles du gouvernement de Londres, le développement de ses forces armées et l'évolution de sa politique internationale, au moins jusqu'à la fin de 194I, peu après la suppression du secrétariat du Conseil de défense dont il avait été l'unique titulaire. On ne trouvera ici que peu de révélations capitales, mais un panorama précis des premiers combats juridiques, diplomatiques et militaires qui permirent à la France combattante de retrouver sa place parmi les Alliés et que complète, à la fin du livre, une série de textes officiels. Rendant à chacun la place qui lui est due, René Cassin retrace les difficultés de la vie quotidienne à Londres, le « blitz  », les intrigues, les complots de sérail et les crises – en particulier l'affaire de Syrie – , dont il fut le témoin. Pas de jugement sur de Gaulle sauf plusieurs remarques incisives sur sa manière de consulter et de décider, avec une ou deux allusions à son caractère ombrageux... Aussi éloigné du sensationnel que pouvait l'être lui-même le président Cassin, son livre, sincère et vivant, reste l'une des contributions les plus utiles à cette histoire mal connue de ces « hommes partis de rien » qui gagnèrent le pari le plus difficile de la guerre. Il rendra en outre de grands services aux spécialistes de l'histoire contemporaine qui y trouveront les documents indispensables à l'étude des institutions du gouvernement de Londres et, sur certains points, les prémisses de quelques-uns des « grands projets » de la politique de la Ve République." (Georges Weill, Gazette des archives, 1976)

"Le 19 juin 1940, sans avoir entendu l’appel, simplement sur ce qu’on lui en a dit, le professeur René Cassin prépare dans l’heure son départ pour Londres. Voyage alors incommode et risqué : il lui faudra dix jours pour se présenter au général de Gaulle, dont les premiers mots seront : « Vous tombez à pic ! » La veille au soir, Churchill avait déclaré au premier des Français libres : « Vous êtes seul. Eh bien ! je vous reconnais tout seul. » Au-delà de ce mot romantique et d’un humour généreux, restait à établir, sur des bases juridiques solides, le projet d’accord politique tel que de Gaulle le concevait. Il lui manquait un homme : il arrivait. Mais celui-là était non seulement un juriste éminent, mais encore il avait des principes inflexibles, et il entendait s’assurer qu’il pouvait être lui-même d’accord sur l’esprit dudit projet : « Nous sommes bien, non une légion, mais des alliés, reconstituant l’armée française et visant à maintenir l’unité de la France ? » –  « Nous sommes la France. » – « Telle fut, écrit Cassin, la réponse du général, décisive dans sa simplicité, et avec laquelle je me sentais en communion »..." (Yves Florenne, Le Monde diplomatique)

293.          CLERMONT (Julien). L'Homme qu'il fallait tuer : Pierre Laval.  P., Les Actes des Apôtres, Charles de Jonquières éditeur,  1949, in-8°,  344-xxviii pp, préface empruntée à Voltaire, biblio, index, broché, qqs feuillets lég. défraîchis in fine, déchirure sans manque à un feuillet (p. xvii-xviii), sinon bon état. Edition originale sur papier d'édition

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Sous le pseudonyme de Julien Clermont, les souvenirs d'auto-justification de Georges Hilaire, secrétaire général à l’Administration du Ministère de l’Intérieur, puis aux Beaux-Arts sous le gouvernement Laval. À la fin de la guerre, il se refugiera en Suisse. Le 7 mars 1947, la Haute Cour le condamne, par contumace, à cinq ans de prison, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens. Il est relaxé le 25 janvier 1955. Le livre est une tentative de réhabilitation de Laval et un plaidoyer en faveur de sa politique.

294.          Collectif – [Christian Girard, Jacques de Guillebon, Philippe Duplay]. Le général Leclerc vu par ses compagnons de combat.  P., Alsatia,  1948, gr. in-8°,  366 pp, préface de Madame Leclerc de Hauteclocque, un portrait de Leclerc en frontispice et 91 photos reproduites en héliogravure sur 47 pl. hors texte, 4 grandes cartes dépliantes hors texte, broché, bon état

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Trois auteurs, en conservant l'anonymat, ont voulu « vaincre leur modestie pour retracer l'effort de chacun derrière son chef », ainsi que l'écrit Madame Leclerc de Hauteclocque dans sa préface ; ces compagnons d'armes du général sont le capitaine Girard, en collaboration avec le général de Guillebon et le général Duplay. — "Le livre que ses compagnons de combat ont consacré au général Leclerc et qui est préfacé par Mme Leclerc de Hautecloque est un travail d’équipe. Avec une modestie qui les honore, les collaborateurs directs du chef lui ont élevé un beau monument, à commencer par la présentation : l’ouvrage est orné d’un très grand nombre des photographies et de croquis. Il est réparti en trois livres principaux : « l’essor » qui donne, en 60 pages, une histoire complète de l’enfance et de la formation du futur grand chef ; la « légende », où sont narrées dans tous leurs détails et en un très beau style l’épopée africaine, depuis le Cameroun jusqu’à la Tunisie en passant par Koufra, le Fezzan 42 « galop d’entraînement », et la campagne du Fezzan 43. Dans le livre II, le souvenir de la libération tient une place très importante avec son prélude, les veillées d’armes en Angleterre, son « allegro », où le général impose son rythme à la 2e DB en Normandie, son « largo », où est évoquée la libération de Paris et son « scherzo » ; à travers la Lorraine et les Vosges, où le général amplifie l’élan de ses blindés jusqu’à Strasbourg ; enfin, son « finale » à Berchtesgaden où quatre années d’efforts se voient récompensées par la victoire. Enfin, le livre III dépeint les derniers efforts déployés par Leclerc au service de la grande œuvre française en Indochine, au Cambodge et pour l’organisation de la défense de l’Afrique du Nord. Livre essentiel, bourré de notations précises et éclairé par de nombreuses touches pittoresques, indispensables à qui voudra pénétrer la psychologie de ce paladin moderne." (Revue Défense Nationale, 1948) — Table : I. L'essor. – II. La légende : L'Afrique, tremplin de la victoire - La symphonie de la Libération. – III. Au service de la grandeur française : L'Indochine, mission urgente.

295.          COMMEAU-DEMIDOFF (Irène). Participation de l'URSS à la victoire sur le nazisme (1941-1945). Quelques pages peu connues.  Association Centre de Langue et Culture Russe,  2015, in-8°,  119 pp, 9 illustrations en noir et en couleurs, 5 cartes en couleurs, chronologie de la guerre à l'Est, biblio, broché, couv; illustrée, bon état

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296.          COQUART (Elizabeth). La France des G.I's. Histoire d'un amour déçu.  Albin Michel,  2003, gr. in-8°,  252 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, pt trace de choc sur un coin, bon état, envoi a.s. à  l'écrivain de romans populaires Gilles-Maurice Dumoulin, qui travaillait en 1945 au camp Philip Morris du Havre et qui est cité dans l'ouvrage (p. 146-148)

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"Après une évocation vivante de ce que fut le 6 juin 1944 pour les habitants de Saint-Sauveur-le-Vicomte près de Sainte-Mère-Eglise, nous suivons les troupes américaines "tombées du ciel" qui bataillent vaillamment contre les Allemands mais se méfient de la population terrorisée. L'hiver 1945 est rude et les gens souffrent de sous-alimentation. Très vite un malaise s'installe, conforté par la profusion de vivres dont regorge l'armée de libération. Les G.I's. se comportent bientôt en conquérants. L'hostilité latente devient franche. L'apparition de billets verts destinés à supplanter notre franc est mal perçue et le paysan normand se contente de les utiliser uniquement pour payer ses impôts. Des camps-cigarettes se construisent en un temps record autour du Havre et la ville est envahie par des soldats « dévoyés ». Bagarres, vols et viols s'intensifient. Le Havre est alors le principal port de débarquement et de rapatriement américain (3 675 000 G.I's. y passeront). A ce désarroi, s'ajoute, dès mars 1946, le départ par Le Havre de 6000 jeunes femmes françaises, allant rejoindre leurs époux. Toutes ne seront pas attendues... Ce livre très sombre est complété par une utile bibliographie." (Jacqueline Lecarpentier, Études Normandes, 2004)

297.          CRÉMIEUX-BRILHAC (Jean-Louis)(dir.). « Ici Londres... Les voix de la Liberté », 1940-1944.  La Documentation française,  1975-1976, 5 vol. in-4°,  352, 267, 224, 267 et 254 pp, avant propos de Jean Marin, Georges Bidault, général Dejussieu-Pontcarral, Madeleine Braun et Maurice Schumann, nombreuses illustrations, index, tables des émissions, tables des