Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Juin-juillet 2022

Catalogue 406

 

 

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Sommaire

 

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.             ALMANACH HACHETTE. Petite encyclopédie populaire de la vie pratique.  Hachette,  1893-1971, 59 vol. in-12,   400 à 540 pp chacun jusqu'à la fin des années 1930, 300 pp chacun à partir de 1946, nombreux dessins, figures, gravures, photos (à partir de la fin des années 1930), cartes (parfois en 2 couleurs), publicités, brochés, couv. illustrées (46), en cartonnage illustré de l'éditeur (11) ou en reliure toile chagrinée de l'éditeur (2), 2 dos scotchés, déchirure sur une page de l'édition 1926, bon état. Bel ensemble, pas facile à rassembler. Port réel en cas d'expédition

            600

Tête de collection complète de 1894 à 1938, puis les années 1940, 1946 à 1956, 1967 et 1971. Cette Petite encyclopédie populaire de la vie pratique, fourmillant de renseignements en tous genres, historiques, médicaux, culinaires, etc., eut une longévité remarquable. Elle a été publiée de 1894 à 1972 et en 1975 (soit 80 volumes). Les éditions 1916 à 1919 sont en grande partie consacrées à la guerre (220 pp sur 432 en 1916, 200 pp sur 432 en 1917 et 1918, 156 pp sur 252 en 1919). On joint "l'Almanach Hachette 1988" (Hachette, Bookmaker, 1987, in-8°, 311 pp), présenté par Jean-Loup Chifflet, qui est en fait un "best of", reproduction en fac-similé des articles les plus extraordinaires parus dans les Almanachs publiés entre 1894 et 1954, et qui aura cinq éditions consécutives entre 1987 et 1991. — "Lorsqu'en 1894 l'Almanach Hachette fait sa première apparition, on est loin de se douter que pendant une soixantaine d'années ce petit livre bleu va organiser, rythmer et enchanter la vie quotidienne des Français. Il existe en effet peu d'ouvrages qui, sous un aussi faible volume, aient été tout à la fois calendrier, agenda, dictionnaire, encyclopédie pratique, ménagère, médicale, religieuse, manuel d'histoire, de géographie et de sciences naturelles, magazine sportif ou économique, guide de loisirs, et bien d'autres choses encore. Est-ce une raison suffisante pour l'extirper de sa poussière et le lire encore ? Il est vrai que les illustrations et les mises en pages ne laisseront aucun esthète indifférent et que l'intérêt pour la mémoire collective d'une nation peut justifier l'envie de sortir ces milliers de pages de l'oubli, mais une démarche aussi passéiste n'est-elle pas un peu bizarre ? Bizarre ? Vous avez dit bizarre ? Le mot est lâché. Qui dit bizarre dit aussi insolite, curieux, remarquable, rare, original, étonnant, surprenant, inattendu, étrange, incroyable... Pardonnez-moi mon lyrisme, mais je suis un « Almaniaque ». J'ai ressenti les premiers symptômes de ce mal il y a longtemps, à l'aube blafarde d'un jour de chine dans l'univers impitoyable de la brocante. Le faisceau glauque de ma torche électrique guidait ma main d'une page à l'autre, et la découverte de chaque feuillet déclenchait en moi une excitation grandissante. C'est ainsi que j'ai appris ce jour-là qu'un verre de bordeaux peut tuer un enfant de 10 ans, que les porteurs de grandes oreilles sont des naïfs, que le cèpe a une durée de vie de 15 jours alors que le rossignol peut vivre 12 ans, qu'il ne faut pas mettre de ceinture ni prendre le chemin de fer si l'on veut vivre 100 ans et que, à l'intérieur de ces 100 ans, 5 ans sont consacrés à la marche et 24 au sommeil. Je découvrais enfin qu'en 1909 il y avait en Bretagne 13 maris possibles pour une seule femme alors qu'en Alsace il n'y avait que deux tiers d'homme (sic) pour une candidate au mariage. Ainsi, des dizaines d'années avant l'explosion des médias et la pénétration du petit écran et des magazines de tout poil dans les foyers, les rédacteurs des Almanach Hachette, tour à tour éditorialistes, météorologistes, historiens, jardiniers, astrologues, économistes ou musiciens réussissaient, avec une imagination hors du commun, à dispenser une information vivante et insolite et, surtout, étonnante." (Jean-Loup Chifflet)

2.                  AMBELAIN (Robert). La Franc-maçonnerie oubliée, 1352-1688-1720.  Laffont,  1985, gr. in-8°,  250 pp, 10 illustrations, broché, bon état, envoi a.s. à Ludmila Tcherina

            30

La franc-maçonnerie française est surtout connue par les activités extérieures politiques de certaines formations. Cependant, il existe en France d'importantes obédiences traditionalistes où toute discussion, politique ou religieuse, est formellement interdite, où les rituels et les usages anciens sont intégralement respectés, et qui représentent l'ancien courant, authentiquement maçonnique, venu des corporations de bâtisseurs de l'ancien monde. Malheureusement, elles font moins de bruit que les autres... Mais que sait-on de celles-là ? Et, de même, que sait-on de l'aristocratique franc-maçonnerie militaire du XVIIe siècle à Saint-Germain-en-Laye, qui précéda l'actuelle Grande Loge d'Angleterre et fût à l'origine de la maçonnerie française ? Robert Ambelain apporte la réponse à toutes ces questions, en nous révélant l'étrange origine occulte revendiquée par l'Ordre maçonnique tout entier, les rites secrets des maîtres d'œuvre médiévaux, la présence effective (niée jusqu'à ce jour !) de femmes artistes au sein des corporations de bâtisseurs, et le carrefour de l'histoire où, en 1723, à Londres, la franc-maçonnerie anglaise prit une nouvelle direction et perdit son âme séculaire par l'irrégularité maçonnique de ses fondateurs... Un ensemble de révélations où, comme à son habitude, l'auteur ne ménage personne.

3.                  ARDANT (Gabriel). Histoire de l'Impôt. Livre I :De l'Antiquité au XVIIe siècle.  Fayard,  1971, in-8°,  634 pp, reliure éditeur, bon état (Les Grandes études historiques) (ouvrage couronné par l'Académie française), envoi a.s.

            25

Tome I seul (sur 2). — L'impôt est une technique, une des techniques de la vie en société, mais son histoire est tout autre chose que l'énumération des divers procédés inventés par les gouvernements pour s'approprier les ressources des contribuables. L'histoire de l'impôt est intimement liée à l'histoire générale, à l'histoire économique, certes, mais aussi à l'histoire politique. Cet ouvrage – dont le deuxième volume sera consacré aux XVIIIe, XIXe et XXe siècle – est donc l'histoire de l'institution qui a, peut-être, le plus marqué la vie de l'État et la condition humaine. Ainsi, cette grande opération financière que fut, pour des raisons fiscales, la libération des serfs en Europe Occidentale au Moyen-Âge ou la reconstitution du servage en Russie. L'impôt a souvent été le motif ou l'occasion d'émeutes, de révoltes, ou de mouvements sociaux, la cause de grandes révolutions ou ce guerre d'indépendance. Le souci de lever les taxes est à l'origine de nos structures centralisées, – car nous avons hérité de l'administration napoléonienne, qui n'a fait – elle-même – que systématiser la construction édifiée par la royauté du XIVe au XVIIIe siècle. Qu'on se souvienne des efforts accomplis par un Richelieu, un Pierre le Grand, en Russie et bien d'autres, pour construire des États modernes sur des sociétés agraires inaptes à subir leurs prélèvements. L'histoire de l'impôt est donc celle des sociétés, vue au travers de ce qui leur a permis de s'affranchir du régime de pillage comme du système hiérarchisé de prestations de biens et de services, pour arriver à la lente construction des États actuels. En montrant dans cet ouvrage l'incidence constante de l'impôt sur les événements politiques et économiques, l'auteur projette un éclairage nouveau sur bien des problèmes...

4.                  [Bible du Centenaire]. Le Nouveau Testament. Traduction nouvelle d'après les meilleurs textes avec introduction et notes, sous la direction de Maurice Goguel et Henri Monnier.  Payot,  1929, in-4°,  (10)-440 pp, texte sur 2 colonnes, notes, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titre doré (rel. de l'époque), bon état, ex-libris Gabriel Puaux

            100

"L'éditeur parisien Payot a publié la traduction complète du Nouveau Testament de la Bible dite du Centenaire (de la Société biblique de Paris) ; elle est faite d'après le texte grec original par des traducteurs différents, et accompagnée de tout l'appareil scientifique (notes critiques, historiques, philologiques, archéologiques, géographiques, etc.). Elle est remarquable par le soin qu'elle apporte à la distinction des époques, des rédactions, à l'examen de l'authenticité des textes, des variantes que ceux-ci présentent." (Revue de l'histoire des religions, 1930) —  "Cette publication est un événement. C'est pour la première fois que le Nouveau Testament est publié, non par les soins d'une Eglise ou d'une Société biblique, mais par un éditeur, dans les mêmes conditions que n'importe quel autre livre. Cette innovation prouve que, grâce aux progrès, à la diffusion et à la vulgarisation des études religieuses et spécialement des études bibliques, il existe un public qui s'intéresse aux livres sacrés des chrétiens, non pour y puiser un aliment de sa foi, mais comme à un document précieux, source de la pensée religieuse la plus haute qui soit et charte de la société religieuse qui l'emporte en influence et en puissance sur toutes les autres. Il fut une époque où l'étude de la religion chrétienne et de la Bible était considérée ou comme interdite aux profanes ou comme indigne d'esprits affranchis de la tutelle de l'Eglise. Les temps ont changé : Les études religieuses et spécialement celle de la littérature chrétienne primitive ont fait leur rentrée dans le cercle des préoccupations intellectuelles générales, bientôt il ne sera pas plus permis à un homme cultivé d'ignorer la littérature classique du christianisme que n'importe quelle autre littérature classique, le Nouveau Testament sera jugé digne de l'attention de tous les gens instruits aussi bien que Shakespeare, Racine et Goethe... Avant de parler de l'ouvrage, disons d'abord un mot des auteurs. La direction générale a été confiée à MM. Maurice Goguel et Henri Monnier. La Société biblique de Paris n'aurait pas pu faire un meilleur choix. Ces deux savants ont assuré l'unité de l'ouvrage avec la haute compétence que tout le monde leur reconnaît, on leur doit, en outre la traduction et de l'explication de la plupart des livres du recueil..." (Eugène Ehrhardt, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1929)

5.                  BOUILLET (M.-N.). Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, contenant l'Histoire proprement dite, la Biographie universelle, la Mythologie, la Géographie ancienne et moderne. 8e édition augmentée d'un nouveau supplément.  P., Hachette,  1851, fort gr. in-8°,  viii-1924-92 pp, texte imprimé sur 2 colonnes, reliure demi-veau glacé noir, dos lisse avec titres, fleurons et doubles filets dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, un mors fendu, plats frottés, qqs pâles rousseurs, bon exemplaire

            60

La huitième édition de ce fameux et utile dictionnaire (la première édition date de 1842, la 34e et dernière est parue en 1914). — "Ce dictionnaire, publié pour la première fois il y a douze ans, vient d'atteindre sa dixième édition. Un tel succès s'explique par la haute utilité d'un semblable ouvrage, où se trouvent condensées, en un seul volume, toutes les notions historiques et géographiques indispensables à l'homme d'étude et intéressantes pour l'homme du monde. Depuis la première publication, l'auteur n'a cessé de revoir, de corriger, d'améliorer son livre. Le Supplément surtout a été plusieurs fois entièrement refondu : ce Supplément contient une notice sur tous les personnages importants, soit dans la politique, soit dans les lettres, soit dans les arts, qui sont morts depuis la première édition, et qui n'avaient pu prendre place dans le corps de l'ouvrage : c'est une sorte de galerie contemporaine ; il n'y manque que les hommes vivants, et dont le nom n'appartient pas encore à l'histoire." (H. Venant, Revue bibliographique et critique de droit français et étranger, 1856)

6.                  BRINNIN (John Malcolm) et Kenneth GAULIN. Transatlantiques. Style et luxe en mer.  Laffont,  1989, in-4° carré (32 x 30),  232 pp, traduit de l'américain (“Grand Luxe: The Transatlantic Style”), 275 illustrations dans le texte et à pleine page, la plupart en couleurs, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            60

Très beau livre, bien documenté, sur la période faste de l'histoire des paquebots de luxe. Une attention spéciale est apportée à l'architecture intérieure des transatlantiques. — "Ce livre s’adresse tout autant à l'architecte, au décorateur, au collectionneur d'affiches, et à l'amateur d'histoire. La saga de ces incroyables palais flottants qui marquèrent l'apogée et tout autant la décadence de toute une époque, ne peut-être ici mieux racontée, ni mieux  illustrée. Entre l'affiche qui invite aux grands voyages et la splendeur outrancière des vastes salons de la Cunard ou de la French Line, aucune duperie publicitaire : du Luxus allemand à l'Empress of Britain canadien dont la blancheur immaculée narguait la grisaille du port de Montréal, tout y est comme si vous y étiez, pour partager en tournant ces pages ce qui constitue, en passant, la fin grandiose de la Révolution industrielle. Après ce triomphe, la vapeur ne servira plus qu'à faire de la nouvelle cuisine..." (Jean-V. Dufresne, Le Devoir, 2 déc. 1989)

7.                  BURGUIÈRE (André) et Jacques REVEL (dir.). Histoire de la France. 1. L'espace français. Sous la direction de Jacques Revel.  Seuil,  1989, gr. in-8°,  670 pp, cartes et graphiques, notes, biblio, index, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

1. La formation de l'espace français (Daniel Nordman et Jacques Revel) – 2. Le paysage humain (Patrice Bourdelais) – 3. Les espaces du capital (Louis Bergeron) – 4. Les ressources culturelles (Dominique Julia et Daniel Milo) – 5. L'aménagement du territoire (XVIIIe-XXe siècle) (Marcel Roncayolo). — "Une Histoire de la France qui s'attache à écrire autrement l'histoire nationale. On ne trouvera pas ici un récit continu de l'évolution politique, économique, sociale et culturelle de la France. Dans leur programme de recherche, les auteurs posent l'histoire nationale comme un problème et non comme un genre. Du traité de Verdun à nos jours, il s'agit bien de s'interroger sur la France comme construction et non comme un cadre a priori de l'enquête historique..." (Jean-Frédéric Schaub, Annales ESC, 1992)

8.                  BURGUIÈRE (André) et Jacques REVEL (dir.). Histoire de la France. 2 : L'Etat et les pouvoirs. Sous la direction de Jacques Le Goff.  Seuil,  1989, gr. in-8°,  654 pp, 123 gravures et cartes, notes, biblio, index, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

La France monarchique : 1. Le Moyen Age (Jacques Le Goff) – 2. Un Etat des temps modernes ? (Robert Descimon et Alain Guéry) – La France contemporaine : 1. Les Français et le pouvoir politique (de 1789 à nos jours) (Pierre Lévêque) – 2. Etat et société.(du XIXe siècle à nos jours) (Pierre Rosanvallon). — "Une Histoire de la France qui s'attache à écrire autrement l'histoire nationale. On ne trouvera pas ici un récit continu de l'évolution politique, économique, sociale et culturelle de la France. Dans leur programme de recherche, les auteurs posent l'histoire nationale comme un problème et non comme un genre. Du traité de Verdun à nos jours, il s'agit bien de s'interroger sur la France comme construction et non comme un cadre a priori de l'enquête historique..." (Jean-Frédéric Schaub, Annales ESC, 1992)

9.                  BURGUIÈRE (André) et Jacques REVEL (dir.). Histoire de la France. 3 : L'Etat et les conflits. Sous la direction de Jacques Julliard.  Seuil,  1990, gr. in-8°,  670 pp, 140 illustrations, notes, biblio, index, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s. de Jacques Revel

            40

1. Révoltes et contestations d'Ancien Régime (Christian Jouhaud) – 2. Du dissentiment religieux au dissentiment politique : cathares, protestants, jansénistes (Solange Deyon) – 3. L'imbroglio révolutionnaire : conflits et consensus (Jean-Pierre Hirsch) – 4. Le conflit politique (Jacques Julliard) – 5. Le conflit social (Patrick Fridenson) – 6. Les minorités périphériques : intégration et conflits (Emmanuel Le Roy Ladurie). — "Une Histoire de la France qui s'attache à écrire autrement l'histoire nationale. On ne trouvera pas ici un récit continu de l'évolution politique, économique, sociale et culturelle de la France. Dans leur programme de recherche, les auteurs posent l'histoire nationale comme un problème et non comme un genre. Du traité de Verdun à nos jours, il s'agit bien de s'interroger sur la France comme construction et non comme un cadre a priori de l'enquête historique..." (Jean-Frédéric Schaub, Annales ESC, 1992)

10.              CHAUVIRÉ (Roger). L'Epopée irlandaise, 1 : Le Cycle de la Branche Rouge.  Rennes, Terre de Brume,  1995, in-8°,  258 pp, une carte, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Celte)

            20

Dans ce premier volume de l'Epopée Irlandaise, nous découvrons un monde étrange et reculé, emprunt de bruit et de fureur : c'est le monde celtique primitif, régi par la règle stricte des lois tribales, où tout n'est que titanesque combats, furieuses courses de chars et merveilleux banquets. il y plane la présence du héros celtique plein d'ardeur guerrière, sujet aux métamorphoses fantastiques et que seuls arrêtent les interdits magiques. Dans le Cycle de la Branche Rouge, ce héros mythique est Cûchulainn, fils du dieu Lug et champion d'Ulster. Son destin unique le conduira à une existence sacrificielle et hors du commun.

11.              CHAUVIRÉ (Roger). L'Epopée irlandaise. 2 : Le Cycle de Finn (Contes Ossianiques).  Rennes, Terre de Brume,  1995, in-8°,  354 pp, un fac-similé et une carte, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Celte)

            20

Après Le Cycle de la Branche Rouge et son héros Cûchulainn, c'est au Cycle de Finn que s'est attaché Roger Chauviré. Finn, descendant du dieu Nuadh à la Main-d'Argent, règne en maître et capitaine, du haut de sa forteresse d'Alvainn, sur les Fiana, ordre militaire garant de la paix du royaume d'Irlande. Dès lors, tout n'est que prétexte à l'aventure ; à chaque instant, l'amitié, l'honneur, l'amour ou bien encore les injonctions magiques entraînent Finn et les Fiana dans d'étranges contrées au milieu de périls surnaturels. Depuis les sîdh hantés par les fils de Dana, en passant par le Pays de l'Eternelle Jeunesse pour finir au Paradis des Chrétiens, la vie des Fiana ne peut se concevoir sans gloire ni aventures. C'est à la rencontre de ces hommes, de ces héros des temps anciens, et du monde celtique primitif où la coupure entre l'homme et les dieux n'était pas encore consommée, que nous entraîne Roger Chauviré dans cette deuxième partie de L'Epopée irlandaise.

12.              CLAVERY (Edouard). L'Art des Estampes japonaises en couleurs, 1680-1935. Aperçu historique et critique.  Neuilly et Paris, Le Génie français et les Presses modernes,  1935, in-12,  170 pp, biblio, broché, qqs rares marques au stylo en marges, bon état. Edition originale numérotée, envoi a.s.

            60

Tirage total à 610 exemplaires, tous numérotés, celui-ci un des 600 ex. sur Bouffant Alfa, prière d'insérer joint, correction de l'auteur à la plume en marge de la page 66 (manque d'une ligne), bel envoi a.s. à l'historien de la Révolution Louis Jacob (nom gratté). On joint un fascicule de 8 pp : « Quelques témoignages reçus par M. Ed. Clavery à propos de son essai "L'Art des Estampes japonaises en couleurs" » (avril 1935).

13.              Collectif – SCHUMANN (Noël)(dir.). Histoire illustrée de la Femme.  P., Editions Lidis,  1965, 3 vol. in-4°,  287, 285 et 285 pp, préface d'André Maurois, très nombreuses illustrations sur 351 planches hors texte (288 en noir et 63 en couleurs), reliures pleine toile bordeaux de l'éditeur, dos lisses avec titres dorés, décor doré aux 1er plats, sous emboîtage cartonné, bon état

            60

Tome 1 : La femme dans l'Histoire, par Geneviève Tabouis. Tome 2 : La femme dans la société, par Margaret Mead, Hélène Deutsch, Henri Perruchot, Micheline Morin, Dorothea Waley-Singer, Paul Lorenz. Tome 3 : La femme aujourd'hui, par Clifford Adams, Helena Rubinstein, Claude Pasteur, Geneviève Dormann, etc.

14.              Collectif. Contes et Légendes de Brocéliande.  Rennes, Terre de Brume,  2002, in-8°,  261 pp, annexe "Brocéliande" par Anatole Le Braz, notices biographiques des auteurs, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Celte)

            20

"Brocéliande" est un nom qui résonne au fond de l'imagination de tous les fous de merveilleux. Si cette forêt magique abrite les légendes qui évoquent le monde arthurien comme celles de "Merlin et Viviane", de "la Dame de la Fontaine" ou du "Val sans Retour", elle regorge également d'histoires, de contes et de traditions qui lui sont propres et qui restaient jusqu'à présent quasi inconnus. C'est l'ambition de ce livre que de regrouper pour la première fois tous ces textes épars, voire jamais publiés. Des anciens conteurs comme Adolphe Orain, Émile Souvestre, Ernest Du Laurens de La Barre, François Cadic ou Anatole Le Braz - dont on découvrira ici un texte totalement inédit - à ceux d'aujourd'hui comme Xavier Lesèche ou Patrick Le Brun, Contes et légendes de Brocéliande ne pourra être qu'une découverte et un enchantement pour tous ceux qui croyaient connaître l'Antique forêt !

15.              Collectif. Le Temps des Gares.  P., Centre Georges Pompidou,  1978, gr. in-8° carré (20 x 21),  159 pp, environ 300 photographies, cartes, plans, affiches, peintures, en noir dans le texte et sur 40 planches en couleurs hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Catalogue d'exposition consacré à la gare ferroviaire comme lieu révélateur de la société industrielle, de 1830 à nos jours. La gare est une tour de Babel des temps modernes. Ce sont les fondations et les multiples niveaux, anciens et récents, réels et imaginaires de cette tour à la fois en ruine et en chantier, familière et méconnue qui sont explorés. (...) Depuis un siècle et demi, les gares inspirent les écrivains, poètes, peintres, cinéastes... Elles sont à la fois les « volcans de la vie » (Malevitch), les « cathédrales de l’humanité nouvelle » (Th. Gautier), « l’image simultanée du merveilleux et du tragique de l’ère moderne » (Proust). Elles ont suscité et suscitent un foisonnement d’expressions plastiques : des impressionnistes aux futuristes, des expressionnistes aux surréalistes jusqu’aux mouvements actuels des peintres conceptuels ou de la nouvelle figuration. Elles ont aussi investi l’art populaire : affiches, jeux de société, jouets, images d’épinal, caricatures, vaisselles, cartes postales, patchworks, objets divers en forme de gares... Issue de la Révolution industrielle, la gare illustre de façon exemplaire durant 150 ans les fluctuations des sociétés occidentales. Elle est le révélateur des mythes et des réalités de notre temps. Elle a métamorphosé notre environnement, notre relation avec les milieux naturel, social et culturel. — "Comme tout lieu public, la gare n'est pas seulement un microcosme social et un témoignage architectural, elle apparaît aussi comme un foyer aux puissants contrastes dont l'érotisme, les fantasmes et le rêve, la folie, la pauvreté et les confrontations de classes ne sont pas absents. C'est un endroit symptomatique où s'exercent des contraintes et des interdits de même que des formes de manipulation par le pouvoir au travers de son architecture (gare mussolinienne de Venise) et de son usage possible (accueil d'hommes d'État étrangers, signatures d'accords internationaux dans des wagons)." (Esprit, n° 26, Février 1979)

16.              COURTHON (Pierre). Le Romantisme.  Genève, Albert Skira,  1961, in-12 carré (17 x 18),  138 pp, 58 reproductions contrecollées en couleurs, notes, biblio, index des noms, reliure toile écrue de l'éditeur, jaquette illustrée, étui carton, bon état (Coll. Le Goût de notre temps). Edition originale

            25

Nous présentons dans cet ouvrage le romantisme pictural. Cette révolution décisive de la sensibilité moderne, qui s'épanouit jusqu'au milieu du XIXe siècle, s'étend des brumes shakespeariennes de l'Ecosse aux luminosités de l'Algérie et du Maroc, somptueusement recréées par la palette de Delacroix, magicien de la couleur.

17.              DE VISSCHER (Charles). Théories et réalités en Droit international public.  P., Pedone,  1970, gr. in-8°,  450 pp, 4e édition revue et augmentée, reliure pleine toile bleu marine de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, qqs rares soulignures crayon, bon état

            80

"Un important ouvrage sur la crise qui affecte les rapports du droit et de la science politique. C'est un fait que les spécialistes du droit international et ceux des relations internationales travaillent le plus souvent chacun de leur côté sans chercher à se comprendre. L'éminent juriste qu'est M. Ch. de Visscher a voulu montrer ici que ces deux séries de recherches doivent marcher de pair sans pour autant se confondre. Au cours de la première partie de son ouvrage (livres I et II), pleine d'aperçus suggestifs, il analyse, dans la double perspective historique et logique, le problème des rapports entre le droit et le pouvoir dans la sphère des rapports internationaux. Cette étude permet de faire ressortir le rôle primordial du facteur politique dans les relations entre les Etats et d'éclairer, par contraste, les artifices de la plupart des théories forgées dans le but de construire une science juridique internationale. La seconde partie (livres III et IV) constitue une revue des principaux problèmes du droit international (statut de l'Etat, sources du droit, règlement des conflits) envisagés sous l'angle des rapports de force qu'ils expriment. La démonstration ainsi apportée vérifie pleinement les conclusions de la première partie. Un livre aussi riche ne se résume pas..." (Marcel Merle, Revue française de science politique) — "Comme celle du droit interne, l'étude du droit international se renouvelle au contact des méthodes sociologiques et du développement de la science politique. Certes, il ne s'agit point d'un phénomène absolument nouveau : toute l'œuvre de Georges Scelle en témoigne. La nouveauté réside plutôt dans l'ampleur du mouvement. Le titre même du livre de M. Charles de Visscher est très symptomatique à cet égard, en même temps que la volonté manifestée par ce juriste éminent, parvenu au sommet de sa carrière, de confronter systématiquement les principes normatifs avec les phénomènes politiques qu'ils recouvrent. Toute la deuxième partie du livre, où sont étudiés les conflits – et les accords – entre le droit et le fait, constitue ainsi un excellent tableau d'ensemble de l'évolution du droit international contemporain : la haute compétence de l'ancien juge de la Cour internationale de justice, son esprit essentiellement positif et sa science juridique lui permettent de dresser une synthèse exhaustive..." (Maurice Duverger, Le Monde)

18.              DOTTIN (Georges). Contes et Légendes d'Irlande.  Rennes, Terre de Brume,  2002, in-8°,  311 pp, traduits du gaélique, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Celte)

            20

C'est à un monde étrange et merveilleux que nous convie Georges Dottin dans ces "Contes et Légendes d'Irlande". Un monde peuplé de "leprechauns", de fées, de géants et de nains, de filles de rois et d'animaux fabuleux... Directement traduits du gaélique, ces contes reflètent à la fois, par leur rusticité et leur étrangeté, toute la puissance de la mythologie de l'Irlande celtique et l'essence de ce monde primitif à jamais disparu. Ils sont à eux seuls une clef majeure pour la compréhension de ce que pouvait être la vision celtique du monde bien avant l'arrivée du christianisme. Les "Contes et Légendes d'Irlande" restent un ouvrage indispensable à la connaissance des fondements culturels de la verte Érin.

19.              DUCATEL (Paul). Histoire de la IIIe République vue à travers l'imagerie populaire et la presse satirique. Tome I : Histoire de la Commune et du Siège de Paris (1870-1871).  P., Jean Grassin,  1973, in-4°,  224 pp, plus de 1170 gravures dont 11 sur 8 pl. en couleurs hors texte, annexes, index, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, sans la jaquette, bon état, envoi a.s.

            50

Voici pour la première fois un livre qui donne au lecteur une vue complète de l'Imagerie Populaire pendant la Commune et le Siège de Paris. Cet ouvrage, reproduisant 1170 gravures d'époque, nous donne le tiers de toute la production d'alors. Nous saisissons mieux sur le vif le pourquoi et le comment de ce martyre de Paris. (L'Editeur)

20.              DUCATEL (Paul). Histoire de la IIIe République vue à travers l'imagerie populaire et la presse satirique. Tome II : Naissance de la République (1871-1890).  P., Jean Grassin,  1975, in-4°,  221 pp, 1262 gravures dont 8 pl. en couleurs hors texte, reliure pleine toile blanche de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, jaquette illustrée, bon état

            50

L'incomparable intérêt de cet album provient du fait que dans ces dessins au trait, dans ces caricatures illustrant des légendes sarcastiques, on retrouve, outre du talent et de l'esprit, des attestations de témoins oculaires.  C'est un grand service que Paul Ducatel aura rendu à l'histoire en nous livrant cette collection sans prix de témoignage concret. (L'Editeur)

21.              DUCATEL (Paul). Histoire de la IIIe République vue à travers l'imagerie populaire et la presse satirique. Tome III : La Belle Epoque (1891-1910).  P., Jean Grassin,  1976, in-4°,  223 pp, 1298 gravures dont 8 pl. en couleurs hors texte, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

            50

"L'auteur nous avait déjà donné, dans les deux premiers volumes, une excellente étude  iconographique des débuts de la IIIe République. La période qu'il étudie ici, recouvrant les années 1891-1910, est particulièrement riche pour le caricaturiste, qui trouve, dans la liberté de la presse, les moyens de s'exprimer à travers d'innombrables petits journaux, parfois éphémères, mais qui tendent aussi à devenir de véritables institutions : L'Assiette au beurre, Le Charivari, La Caricature, Le Grelot, Le Triboulet. Il s'y ajoute les suppléments illustrés des grands quotidiens : le Gil Blas, Le Figaro, La Libre parole, Le Petit journal, Le Petit parisien, vendus chaque fin de semaine, aujourd'hui très difficiles à trouver, ou bien conservés en mauvais état en raison de la mauvaise qualité de leur papier. Certains événements historiques ont excité la verve des dessinateurs : l'Affaire Dreyfus, certes, qui a inspiré Forain et Willette, mais aussi les « chéquards » de Panama, les luttes religieuses, et cette mine inépuisable que constitue le Palais Bourbon. Caricaturistes de droite, caricaturistes de gauche, anarchistes, anti-allemands, anti-anglais, anti-russes, les dessinateurs sont rarement poursuivis en justice et, lorsqu'ils le sont, les autorités sont indulgentes à leur égard. L'auteur suit un plan chronologique qui, ici, s'imposait, car il permet, à partir d'un texte de liaison très clair, de comprendre à quoi se rapportent les six illustrations par page, qui forment une véritable encyclopédie de la IIIe République par l'image. Souhaitons seulement que, l'ouvrage terminé, figurent une table des journaux et une des illustrateurs, qui complèteraient ainsi un ensemble iconographique de premier ordre." (Jean Wattelet, Bulletin des bibliothèques de France, 1978)

22.              DUCATEL (Paul). Histoire de la IIIe République vue à travers l'imagerie populaire et la presse satirique. Tome IV : La Grande Guerre (1911-1923).  P., Jean Grassin,  1978, in-4°,  221 pp, 1287 gravures dont 9 sur 8 pl. en couleurs hors texte, reliure pleine toile blanche de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, jaquette illustrée, bon état, envoi a.s.

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"Ce nouveau volume conduit le lecteur de 1911 à 1923, à travers la presse satirique parue au cours de la guerre de 1914-1918. Réalisée avec le même soin que les ouvrages précédents, cette série tend à former un véritable corpus de l'iconographie politique de la IIIe République. Dès 1911, on perçoit l'évolution des esprits : les scandales d'un régime bon enfant, les luttes intestines, les « têtes de Turcs » que sont les parlementaires, laissent peu à peu la place à la caricature féroce dirigée contre l'Allemagne. L'esprit de revanche s'affirme, les dessins anti-anglais du début du siècle disparaissent, l'amitié franco-russe est exaltée. On est loin des caricatures, joyeusement « anti-tout », de L'Assiette au beurre ou des poétiques Pierrots chers à Willette. Peu après la déclaration de guerre, de nouveaux titres apparaissent : Le Canard enchaîné, La Baïonnette puis Aux écoutes et Le Crapouillot, pendant que le vieux Rire devient Le Rire rouge. Les dessinateurs : Forain, Léandre, Radiguet – le père de l'écrivain –, Huart, Abel Faivre, Albert Guillaume, Georges Scott puis ceux du Canard : Gassier, Sem, Sennep, exaltent le sacrifice des soldats et ridiculisent Guillaume II. Ajoutons que le même genre de dessins, anti-français cette fois, se trouve dans la presse satirique allemande et autrichienne avec la même violence. Un seul grand artiste émerge de ce conformisme de commande : Forain, dont les dessins, parus dans Le Figaro, atteignent à l'œuvre d'art. Les journaux publiés par les mobilisés, « la presse des tranchées », imprimés sur du papier de fortune, illustrés avec plus de bonne volonté que de réel talent, contribuent sinon à entretenir le moral, comme on disait alors, du moins à distraire leurs rédacteurs, leurs dessinateurs et leurs lecteurs. En novembre 1918, les caricaturistes célèbrent la délivrance de l'Alsace, et Le Pélerin du 29 décembre montre « le Noël d'Alsace réunissant le poilu et la jeune Alsacienne dans la paix du foyer retrouvée ». Après la guerre, c'est toujours la politique internationale qui l'emporte sur les préoccupations du moment, mais déjà s'annonce une période de troubles : le 27 octobre 1923, Le Rire publie une caricature d'Hitler." (Jean Wattelet, Bulletin des bibliothèques de France, 1979)

23.              DUCHÉ (Jean). L'Histoire de France racontée à Juliette.  Amiot-Dumont,  1954, in-8°,  430 pp, édition revue et augmentée, broché, jaquette illustrée  par Peynet, bon état

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Et si l'histoire de France n'était pas un récit austère, hérissé de dates et de pompes ? Et si l'ordonnance des repas, le spectacle des rues en disaient plus long que les testaments politiques ? Et si la France, loin d'être une abstraction, était une personne vivante, au destin aussi passionnant que celui d'une héroïne de roman ? Un reporter allègre et spirituel, Cronosse, qui se rit du temps – il ne vieillit que d'un an par siècle –, qui a tout vu, tout entendu, vous conduit à la découverte de cette France inconnue, depuis son enfance, où il fut camarade d'école de Vercingétorix, jusqu'à son adolescence épanouie dans les voluptés de la Renaissance. Et chemin faisant, « comme si vous y étiez », voici les bains de Charlemagne, les bâtisseurs de Saint-Denis, la garde-robe d'Agnès Sorel, le tourbillon de la Fête des Fous, les débuts en poésie d'un certain François Villon... Une chronique divertissante, en même temps que rigoureusement documentée, telle est la gageure tenue par Jean Duché.

24.              DUKE (Vernon). Listen Here ! A critical essay on music depreciation.  New York, Ivan Obolensky,  1963, in-8°,  406 pp, 2 index, reliure toile rouge de l'éditeur (très lég. défraîchie), titres en noir au dos, sans la jaquette, bon état. Edition originale. Texte en anglais, envoi a.s. de l'auteur en russe

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Un ouvrage polémique. Caustique, spirituel et parfois carrément malveillant, "Listen Here" est le cri d'un homme qui connaît bien la scène musicale américaine vers 1960. Le livre contient en particulier un chapitre venimeux de 40 pages intitulé "La déification de Stravinsky". Par Vernon Duke (1903-1969), compositeur et lyriciste d'origine russe, naturalisé américain, né Vladimir Alexandrovitch Dukelsky.

25.              FELICE (Philippe de). Foules en délire, extases collectives. Essai sur quelques formes inférieures de la mystique.  Albin Michel,  1947, in-8°,  401 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état

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Important ouvrage consacré à l'étude comparative de certaines des principales méthodes de la mystique. — "En publiant cet important ouvrage, M. le doyen de Felice a voulu définir et étudier les causes, les développements, les effets de ce « dépassement de soi » qui constitue la mystique. Par ce dernier mot, il faut entendre l'ensemble des moyens dont les humains se servent pour répondre au besoin fondamental qu'ils éprouvent de se hausser au-dessus d'eux-mêmes, de se mettre en contact immédiat avec une entité supérieure quelconque, définie après coup par des systèmes religieux ou philosophiques. Parmi les peuplades les plus primitives comme chez les peuples estimés les plus civilisés, on retrouve le même ensemble d'états psycho-physiologiques dans lesquels M. le doyen de Félice discerne « l'un des éléments essentiels de la plupart des religions ». (...) Ce trop bref résumé ne montre que bien imparfaitement l'intérêt, l'exceptionnelle richesse et la profondeur de l'ouvrage. Etayé par de nombreuses références, choisies avec érudition et discernement, complété par des tables et un index, il constitue un parfait instrument de travail, ainsi que la plus passionnante des lectures." (Roger-Armand Weigert, Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, 1948)

26.              FLORIOT (René). Les Erreurs judiciaires.  Flammarion,  1968, in-8°,  333 pp, broché, tranche lég. salie, bon état

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La justice est aveugle, dit-on, et Me Floriot est, mieux que n'importe quel autre avocat d'Assises, à même de nous le démontrer. Il passe en revue les grandes erreurs judiciaires qui ont défrayé la chronique : le courrier de Lyon, l'affaire Dreyfus, le cas Dominici, etc. Mais surtout il démonte les mécanismes des erreurs, au hasard des affaires qu'il a plaidées, erreurs qui ont pu être rectifiées à temps mais qui, sans cela, auraient entraîné la condamnation d'innocents. Témoins de parti pris, expertises mal conduites, aveux arrachés, fausses accusations : autant de possibilités d'erreurs judiciaires qui nous menacent tous. Le livre de Me Floriot, tout en se dévorant comme le meilleur des romans policiers, est une mise en garde qu'il faut avoir lue. — "L'erreur judiciaire a de tous temps préoccupé les hommes. C'est même lorsqu'elle se produit, ou du moins se subodore, que se créent les mouvements d'opinion à partir desquels sont réclamées et quelquefois obtenues des réformes. Cependant, l'image qui en est communément faite résulte de quelques exemples à partir desquels on voit un innocent condamné. Dans le livre qu'il vient de consacrer au sujet, Me René Floriot a voulu être plus ambitieux. Certes, il lui a plu de raconter par le menu certaines erreurs retentissantes et reconnues comme telles par la justice, et c'est sans lassitude qu'on lit ses analyses de l'affaire Dreyfus ou de l'affaire du docker Jean Deshays. C'est avec le même intérêt qu'on suit ce logicien quand il replaide pour le lecteur de 1968 le "dossier" Lesurques, déjà tant de fois abordé, tourné et retourné par les historiens qui se sont penchés sur la célèbre affaire du "Courrier de Lyon", ou qu'il reprend les mystères contemporains de l'affaire Dominici. Mais ces brillants morceaux ne sont là que pour illustrer un ouvrage qui se propose d'analyser d'une manière beaucoup plus vaste les principales causes de l'erreur judiciaire. Car, pour Me Floriot, l'erreur judiciaire peut "frapper aveuglément les puissants et les humbles". C'est avec raison qu'il la voit non seulement en matière pénale mais aussi en matière civile, à commencer par la perte d'un divorce qui aurait pu être légitimement gagné, l'attribution de dommages et intérêts insuffisants. Et, non sans malice, il écrit : "Il y a en France deux degrés de juridiction, le tribunal et la cour, qui jugent l'un après l'autre le même procès. Or la cour d'appel infirme une fois sur quatre ce qu'ont décidé les juges du premier degré... Dès lors, une conclusion s'impose : la justice se trompe soit provisoirement, ce qui est un moindre mal, soif définitivement, ce qui est infiniment plus grave, une fois sur quatre."..." (Jean-Marc Théolleyre , Le Monde, 20 avril 1968)

27.              FONTANILLE (Jacques). Le Savoir partagé. Sémiotique et théorie de la connaissance chez Marcel Proust.  P.-Amsterdam, Editions Hadès-Benjamins,  1987, in-8°,  227 pp, notes, biblio, broché, bon état (Coll. Actes sémiotiques)

            40

Une analyse systématique et détaillée des fines stratégies du secret et du désir de savoir à l’œuvre entre les protagonistes de "A la recherche du temps perdu", conduite à la lumière de la théorie sémiotique, et qui dévoile, à travers le texte de Proust, la présence implicite d’une théorie et d’une esthétique de la connaissance. La perspective adoptée, qui conduit à récuser toute coupure radicale entre discours littéraire et discours scientifique, apporte une contribution originale à la réflexion sure les problèmes généraux de l’épistémologie des discours.

28.              FRANGULIS (A.-F.)(dir.). Dictionnaire diplomatique.  P., Académie Diplomatique Internationale,  s.d. (1933-2-1954), 5 forts vol. in-4°,   de 1200 à 1300 pages chacun, texte sur 2 colonnes, reliures percaline bordeaux de l'éditeur, bon état. Rare

            600

Dictionnaire diplomatique comprenant les biographies des diplomates, du Moyen Age à nos jours, constituant un Traité d'Histoire diplomatique sur six siècles, réalisé avec la collaboration de 27 chefs d'Etats, 47 (puis 49) ministres des Affaires étrangères et 512 ambassadeurs et ministres plénipotentiaires représentant 73 pays, et comprenant toutes les questions relatives à la diplomatie, leur documentation, leur bibliographie et, en annexe, les tableaux complets des principaux traités multilatéraux conclus par tous les Etats du monde. Les 2 premiers volumes ont été publiés en 1933, le troisième en 1937, le quatrième en 1948 et le cinquième en 1954. Le tome IV est consacré aux événements diplomatiques allant de la veille de la deuxième guerre mondiale à 1947. Le tome V est un volume hors série : il donne la biographie des diplomates du Moyen Age à nos jours. Chaque volume de l’ouvrage compte douze cents à treize cents pages ; les articles sont signés de personnalités connues pour leur compétence ; ils sont suivis d’une documentation complète comprenant le texte des traités et conventions ou des déclarations officielles relatives aux sujets étudiés. Le lecteur y trouvera également la liste intégrale des traités signés par les différents Etats, la date de leur entrée en vigueur et de leur enregistrement. Une bibliographie méthodique de tous les livres et articles parus sur la question examinée complète utilement cette documentation. — "Il n'est pas trop tard pour parler de cette publication, bien que ses deux volumes de base (A-L et M-Z) aient paru vers 1932, alors que le cinquième vient seulement de voir le jour. Elle est, en effet, constamment tenue à jour grâce aux inlassables et vigilants soins de M. A.-F. Frangulis, diplomate averti, à qui on doit l'idée de créer cet ouvrage dès que, en 1926, fut inaugurée l'Académie elle-même... Il faut en parler aussi pour mieux le faire connaître ailleurs que dans le seul cercle, plutôt fermé, de la diplomatie internationale. Nous vivons à une époque où règne une extrême confusion de notions et de principes qui régissent le droit des gens et les relations diplomatiques, et on éprouve plus que jamais le besoin de s'appuyer, en matière internationale, sur un corps de doctrine dont la charpente suit le rythme d'adaptation aux conditions nouvelles, sans pour autant oublier les règles fondamentales de droit. Ce corps de doctrine, l'Académie diplomatique internationale nous le présente dans son Dictionnaire, périodiquement révisé. Il ne peut être question de retracer ici le sommaire du Dictionnaire. Il faudrait évoquer tous les principes de droit, depuis l' “arbitrage” jusqu'à “uti possidetis”, en passant par les ”droits internationaux de l'homme”, etc... A côté de la doctrine, le Dictionnaire contient tous les traités et accords qu'il ne faut pas ignorer. Viennent ensuite de nombreux articles sur les grands problèmes internationaux (celui du Pacifique ; l'Union Européenne ; le panaméricanisme et Monroe ; le fascisme – par B. Mussolini). A leur tour sont étudiées diverses organisations internationales (la Cour permanente de justice internationale; la SDN, l'ONU, le BIT, le FMI... et tant d'autres). On consultera, enfin, le Dictionnaire sur l'histoire et le statut international de presque tous les pays du monde. Quant au dernier, le cinquième volume paru, il est dédié à des biographies des sommités diplomatiques des différents pays." (Politique étrangère, 1955) — "... Ces volumes dressent un tableau des différents gouvernements. On voit passer en revue les caractéristiques nationales, géographiques et techniques de ces Etats, leur origine et leur histoire, leurs institutions. Mais ces Etats sont aussi, et surtout, montrés selon leurs relations extérieures. La position qu'ils occupent dans le monde, leurs croyances, leurs tendances et leurs aspirations en matière de politique étrangère, les difficultés et les conflits dans lesquels ils se trouvent impliqués, sont étudiés avec soin. En un mot, leurs personnalités diplomatiques sont retracées à travers l'histoire et dans le présent, en suivant un ordre alphabétique. Il est malheureusement impossible de citer tous les exposés remarquables de ces volumes et leurs éminents auteurs, et il est inutile d'insister sur la valeur de ces volumes pour les diplomates, les consuls, leurs chancelleries et leurs gouvernements, ainsi que pour tous les organismes qui ont un œil sur la politique étrangère. Mais l'ouvrage est également d'une valeur incontestable pour ceux qui se consacrent à la science pure du droit international dans la mesure où il existe une science pure en la matière." (Robert Redslob, The American Journal of International Law, 1949) — Compte-tenu du poids de l'ensemble, nous serons amenés à demander des frais d'envoi un peu plus importants en cas d'expédition.

29.              GIRAUDOUX (Jean). La Française et la France.  Gallimard,  1951, in-12,  249 pp, broché, non coupé, bon état (Coll. Blanche). Edition originale (22 janvier 1951), ex. du SP, prière d'insérer joint

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Dès 1934, Giraudoux se préoccupait de la position de la femme dans la société française. C'est de 1934, en effet, que date le premier chapitre de cet essai, et on admirera la justesse de vues et la compréhension de données du monde moderne de celui qui, plus tard, devait être, comme Commissaire général, le premier chef de l'Information française. Giraudoux croit à « la possibilité d'une relève provisoire du Français par la Française, relève indispensable ». Tous les aspects du rôle que la femme est appelée à jouer en France, tous les postes auxquels elle a eu un accès par la suite, Giraudoux les décrit ou les prévoit avec la pénétration qu'on lui connaît. À chaque instant on retrouve un Giraudoux familier qui, ayant l'air d'effleurer les problèmes, les approfondit de façon à la fois brillante et pénétrante. Dans le dernier chapitre, écrit en 1940, pendant la drôle de guerre, Giraudoux décrit le monde de la machine, de la politique et de la violence avec un vérité dont le ton s'élève malgré l'élégance et l'ironie subtile, à la vision et à la prophétie. — En réussissant le concours d’admission dans les carrières diplomatiques et consulaires en 1930, Suzanne Borel (future épouse de Georges Bidault) ouvre une porte permettant l’entrée des femmes au Quai d’Orsay, mais elle ne peut guère aller plus loin. Giraudoux raconte comment et pourquoi Suzanne Borel (« Mlle X… » sous sa plume) se vit interdire les postes extérieurs...

30.              GOODY (Jack). Cuisines, cuisine et classes.  P., Centre Georges Pompidou,  1984, in-12,  405 pp, traduit de l'anglais, annexes, biblio, index, broché, bon état

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"Dès le premier chapitre, « Intentions et remarques », Jack Goody éclaire le lecteur : « La question qui sous-tend cet essai peut être formulée en peu de mots : pourquoi les cultures traditionnelles africaines n'ont-elles pratiquement pas de cuisine différenciée, même dans les grands États qui ont des structures politiques différenciées ? Quelles sont les conditions requises pour l'apparition d'une 'grande' et d'une 'petite' cuisine ? » (p. 14). Afin de répondre à cette double interrogation, l'auteur entreprend une vaste étude comparative entre les « cuisines » de deux populations africaines, les Lo Dagaa et les Gonja, du Nord du Ghana, et celles de sociétés « eurasiennes » telles l'Egypte ancienne, l'Antiquité gréco-romaine, la Chine, l'Inde, le Moyen-Orient et l'Europe occidentale (chap. 3 et 4). A cette ambitieuse comparaison il adjoint un chapitre fort bien documenté (chap. 5) sur l'histoire de l'alimentation industrielle, conduisant à un chapitre 6 consacré à 1'« ordre mondial » dans le domaine alimentaire, lui-même suivi d'un dernier chapitre reprenant les hypothèses de base de l'ouvrage et intitulé « La cuisine et l'économie domestique ». Pour Goody, sociétés africaines et sociétés eurasiennes se distinguent sur deux points essentiels : alors que les premières, dites hiératiques, sont de tradition orale et disposent de moyens et d'outils de production limités, les secondes, appelées hiérarchiques, pratiquent des « formes d'agriculture intensive, utilisant l'énergie animale par le biais de la charrue et assurent la régulation de l'eau par les techniques d'irrigation [...] elles emploient l'écriture à toutes sortes de fins, économiques, administratives, littéraires et pratiques » (p. 166). Naturellement, les habitudes alimentaires et les expressions culinaires de ces deux types de sociétés sont totalement différentes..." (Françoise Sabban, L'Homme, 1987)

31.              GRUZINSKI (Serge) et Gilles Mermet. L'Aigle et la Sibylle. Fresques indiennes du Mexique.  Imprimerie Nationale Editions,  1994, gr. in-4°,  196 pp, photographies de Gilles Mermet, une carte, notes, discographie, biblio, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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La conquête du Mexique aurait pu n'être qu'une entreprise militaire et destructrice des sociétés indiennes. Elle a aussi provoqué une invasion des formes et des styles européens qui fit découvrir la Renaissance aux peintres de l'ancien Mexique. Confrontés à cette nouvelle façon de voir le monde, ces peintres réalisèrent des fresques d'un intérêt exceptionnel, mêlant la maîtrise acquise avant la conquête espagnole aux procédés et aux images de l'Europe victorieuse. Couvrant les murs des églises et des monastères, ces fresques ouvrent un chapitre oublié, et donc inédit, de l'histoire de l'art...

32.              [Guides noirs] – ALLEAU (René). Guide de Fontainebleau mystérieux.  Editions Tchou-Princesse,  1977, in-8° oblong,  285 pp, 200 gravures, photos, cartes et plans dans le texte, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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Mystères d'une forêt et d'un chateau. — La tentation est grande de considérer René Alleau (1917-2013) comme un érudit égaré dans le monde fascinant de l'occulte et du mystérieux : parmi ses productions passées, on trouve plusieurs visites amusantes de châteaux hantés et de hameaux mystérieux, comme le "Guide de Fontainebleau mystérieux" ou le "Guide de Versailles mystérieux", et, en collaboration avec d'autres auteurs, diverses variations régionales sur le même thème obsédant. Mais il est en fait un chercheur sérieux sur la sociologie de l'occulte et l'ésotérisme et a été le principal contributeur des encyclopédies Larousse sur une variété de sujets magiques, de la franc-maçonnerie à la sorcellerie traditionnelle, ainsi que l'un des rédacteurs en chef de la "Bibliotheca Hermética", une publication majeure dans le domaine des études hermétiques commencée en 1969.

33.              [Guides noirs] – ALLEAU (René). Guide de Versailles mystérieux.  Editions Tchou-Princesse,  1977, in-8° oblong,  285 pp, nombreuses gravures dans le texte, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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Enigmes de la ville, origines du palais du Roi-Soleil, mystères du Château, secrets du Parc et des Jardins : le symbolisme hermétique du Château de Versailles. — Comme pour tous lieux mythiques, Versailles et son château ont généré des mystères, des légendes et des grandes affaires criminelles : des messes noires sous Louis XIV à l’Apparition de Marie-Antoinette dans les jardins du Trianon, d’une loge maçonnique sous Louis XV à la maison « hantée » de la Rue de la Paroisse ou de l’affaire de cannibalisme à Landru… Versailles ne cesse de nous surprendre. L’auteur évoque également les artistes et les messages secrets qu’ils nous ont laissé dans leurs œuvres, comme Mozart et sa Flûte enchantée ou le peintre Jacques Louis David et son serment du Jeu de Paume, l’histoire cachée de la Princesse de Lamballe, Vénérable Maîtresse de la Loge des 9 Sœurs…ou les prophéties de Campanella et sa Cité du Soleil… scientifiques, médecins, astrologues ou alchimistes, le château de Versailles regorge de symboles ésotériques. Enfin, le livre propose la découverte d’un parcours initiatique à travers les jardins du château, basée sur l’histoire, l’organisation symbolique et mythologique des statues, fontaines et allées des jardins et déjà évoqué par Louis XIV dans le texte qu’il rédigea : « La manière de montrer les Jardins de Versailles ».

34.              [Guides noirs] – ALLEAU (René)(dir.). Guide de la France mystérieuse.  Tchou, Editions Princesse,  1979, fort in-8° oblong,  clxviii-1023 pp, très nombreuses illustrations en noir dans le texte, cartes, reliure toile noire de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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S'ouvrant par une « galerie (alphabétique) du fantastique » ; cet ouvrage est un relevé, par ordre alphabétique des villes, des « traces d'anciens cultes et de tout le fantastique local », avec indication, pour chacune, des faits extraordinaires liés à la localité elle-même, à un de ses monuments, à un site des environs : faits historiques ou légendaires, légendes (êtres fantastiques), croyances, pratiques, fêtes. Avec itinéraires provinciaux. — Ouvrage réalisé avec le concours de Henri Dontenville, président de la Société de Mythologie Française et ses collaborateurs ; recherches par Jean-Paul Clébert, Jean Guilaine, Georges Poisson, Gwen Le Scouezec, etc. ; rédaction par François Caradec, Gérard Klein, Renaud Matignon, Sylvie de Nussac ; iconographie par Jean-Robert Masson et R.-J. Ségalat, collages par Roman Cieslewicz...

35.              [Guides noirs] – ALLEAU (René)(dir.). Guide de la Provence mystérieuse.  Editions Tchou-Princesse,  1980, fort in-8° oblong,  lxxx-588 pp, nombreuses gravures, photos, cartes et plans dans le texte, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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La Provence, cette région historique et culturelle était un ancien Etat indépendant et une ancienne province avant de disparaître à la Révolution française. Elle possède une histoire très riche et considérablement ancienne, comme en témoignent les vestiges des civilisations celtiques, celto-ligure, grecque et notamment romaine. Les traditions populaires, comme les légendes et les mythes, les danses et les fêtes, les costumes et les coutumes, sont minutieusement et fidèlement maintenues. Ce guide précieux vous propose un voyage magnifique au cœur des énigmes compagnonniques, du secret des herbes jalousement gardé par le berger provençal, et des « souffleurs » alchimistes. — "Après une vue d'ensemble des différentes croyances, coutumes, caractéristiques de la Provence, le guide fait revivre, illustrations à l'appui, chaque localité provençale à travers ses particularités (sites, monuments, traditions...) (classement par ordre alphabétique)." (Bibliographie d'ethnologie française 1965, Arts et traditions populaires, 1966)

36.              [Guides noirs] – BERTINO (Serge). Guide de la Mer mystérieuse, et Les côtes de France : neuf itinéraires insolites par Michel Melot.  Tchou, EMOM,  1970, fort in-8° oblong,  765 pp, nombreuses gravures, photos, cartes et plans dans le texte, index, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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"Dans la série des Guides noirs, voici plutôt un guide bleu... Terre d'eau, si l'on ose ainsi parler, et qui de son eau tire sa vie et son mystère. Le guide de M. Serge Bertino est donc aussi le plus ambitieux, et il le sait : rien que la mer de la terre entière, ce n'est rien de moins que l'aventure humaine, avec ses quêtes et ses conquêtes, ses dieux, ses mythes, ses légendes, avec les héros, les fées, les bêtes réelles ou fabuleuses... L'auteur a puisé dans cette richesse inépuisable ; il a bien fallu qu'il choisît, mais il a su retenir l'essentiel, dans un panorama séduisant et instructif. Avec lui, le lecteur naviguera et plongera, par toute l'étendue et la profondeur de la mer universelle, depuis l'instant où le ciel de la Genèse sépara les eaux d'entre les eaux. Les navigateurs et leurs périples y sont, bien entendu, évoqués, sans oublier Ulysse ; mais fidèle à son propos et à l'esprit de la collection, l'auteur nous guide d'abord parmi les terres englouties, les trésors sous-marins, le peuple des esprits et le monde légendaire, jusqu'à ces au-delà, bienheureux quelquefois et plus souvent tragiques, explorés par Edgar Poe, où la mer devient la mort. Entre Vénus naissant de l'écume et Andromède en proie au monstre, nous rencontrons des personnages plus proches et plus familiers du capitaine Nemo à Napoléon. À ce vaste périple tout intellectuel, légendaire et poétique, qui, dans la deuxième partie, devient plus géographique et historique, s'ajoute un guide pratique dû, celui-là, à M. Michel Melot, qui propose une navigation plutôt terrestre tout le long des côtes de France, en neuf "itinéraires insolites", du cap Gris-Nez à Menton et Aleria. L'iconographie est un des attraits de ce livre, qui n'a rien de vraiment noir et engage aux voyages les plus lointains, rares et aventureux – fussent-ils en chambre." (Yves Florenne, Le Monde, 1er août 1970)

37.              [Guides noirs] – BOUSSEL (Patrice). Guide de la Bourgogne et du Lyonnais mystérieux.  Editions Tchou-Princesse,  1978, fort in-8° oblong,  599 pp, nombreuses illustrations en noir dans le texte, biblio, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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La Bourgogne, région où « un démon peut à tout instant surgir, où les fées font la cuisine, où les lutins pansent les chevaux, où vole la vouivre, où des trésors sont cachés sous des pierres qui vivent à certaines dates » ! Un « Guide noir » pour nous ouvrir l'accès à cet univers hermétique.

38.              [Guides noirs] – CARADEC (François) et Jean-Robert MASSON (dir.). Guide de Paris mystérieux.  Tchou,  1966, in-8° oblong,  765 pp, très nombreuses gravures dans le texte, plan de Paris au XVIe siècle, index, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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Formidable guide du Paris mystérieux recensant histoire légendaire, énigmes préhistoriques, mythes et monuments païens, lieux sacrés et miracles chrétiens, les illuminés, mœurs et coutumes, bestiaire fantastique, créatures merveilleuses, diable, sorciers, fantômes, pierres étranges, paysages insolites, musées imaginaires, tragédies et faits bizarres, etc., par 19 auteurs dont Noël Arnaud, Patrice Boussel, François Caradec, Robert Giraud, Léo Malet, Pierre Mariel, Denis Roche, Jean Yonnet... — "Après avoir proposé plusieurs « itinéraires du Parisien mystérieux », l'ouvrage est constitué, dans sa partie centrale, par un « Guide alphabétique des rues de Paris » exhumant pour chacune des faits souvent peu connus, de leur histoire proche ou lointaine. Riche illustration, partiellement inédite. Noté au passage : couplets popululaires, fête du bœuf gras, coûtume de la mi-carême..." (Bibliographie d'ethnologie française 1966, Arts et traditions populaires, 1967) — « Paris est une sorte de puits perdu », écrivait Victor Hugo. « L’histoire de Paris a des couches d’alluvions, des alvéoles de syringe, des spirales de labyrinthe. Disséquer cette ruine à fond semble impossible. Une cave nettoyée met à jour une cave obstruée. Sous le rez-de-chaussée il y a une crypte, plus bas que la crypte une caverne, plus avant que la caverne un sépulcre, au-dessous du sépulcre le gouffre. Le gouffre, c’est l’inconnu celtique. » Aller en vagabond du côté de ce gouffre. Découvrir, au revers des lieux familiers, les « draperies noires et blanches » de l’étonnement. Dire l’insolite, le saugrenu, d’un très long, très surprenant rêve collectif. Telles sont les intentions de ce guide, tel est le but qu’il propose à ses lecteurs : descendre, pour le plaisir, l’escalier sans fin de tous les Paris. (L'Editeur)

39.              [Guides noirs] – D'ANGELIS (Gaston) et Don GIORGI. Guide de la Corse mystérieuse.  Tchou,  1968, in-8° oblong,  412 pp, nombreuses gravures, photos, cartes et plans dans le texte, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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Cette île, dont on dit qu'elle a été souvent conquise et jamais soumise, a été l'enjeu de multiples luttes d'influence en Europe : Ibères, Étrusques, Romains, Vandales, Sarrasins, Pisans, Aragonais, Génois, Français occupèrent la Corse. Les dieux de l'Olympe, les génies de l'islam, les saints, les diables et les sorciers du christianisme se sont donc succédé pour enrichir les contes et les récits fabuleux qui hantent la mémoire des insulaires. "De là le fantastique des légendes corses dont il semble qu'il soit en harmonie avec un décor naturel où l'homme apparaît dépassé. Dans ces montagnes propices aux embuscades et aux replis par des cheminements difficiles à repérer, devait naître toute une littérature folklorique faite de violence, de courage où un même défi est lancé à la mort et aux forces de l'au-delà". C'est cette Corse, toute de contrastes, rude et douce à la fois, étrange et méconnue que ce guide nous invite à découvrir, comme un voyage dans le temps.

40.              [Guides noirs] – DUHOURCAU (Bernard). Guide des Pyrénées mystérieuses.  Tchou,  1973, fort in-8° oblong,  653 pp, nombreuses illustrations en noir dans le texte, biblio, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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Du Pays basque à la Catalogne, les Pyrénées ont une histoire riche des influences méditerranéennes, maures et ibériques. La légende veut qu'elles soient nées d'une belle histoire d'amour entre Hercule et Pyrène, fille du puissant roi de Cerdagne. Se croyant abandonnée par Hercule, Pyrène s'enfuit dans la forêt et y disparut. À son retour, Hercule ensevelit le corps de sa bien-aimée en y entassant jour après jour d'énormes rochers d'une mer à l'autre. La nature fit le reste et ces montagnes furent appelées Pyrénées. Bernard Duhourcau nous entraîne à la découverte des dolmens habités par des êtres surnaturels ou chargés de puissance et de vertus fertilisantes, sur les traces de Roland à Roncevaux et dans les grottes glacées du cirque de Gavarnie. Fées, génies et lutins, sorciers, enchanteurs peuplent ces lieux qui ont inspiré la littérature romantique, sans oublier sur cette terre des dieux et des hommes, la place particulière de l'ours dans la mythologie pyrénéenne qui remonte à la nuit des temps.

41.              [Guides noirs] – LAURAS-POURRAT (Annette). Guide de l'Auvergne mystérieuse.  Editions Tchou-Princesse,  1976, fort in-8° oblong,  574 pp, nombreuses illustrations en noir dans le texte, biblio, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, pt mque sur la dernière garde (nom découpé), bon état (Coll. Les Guides noirs)

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Au coeur des mystères et des énigmes qui ont traversé les siècles depuis l'invasion romaine, dont la plus célèbre, la terrible Bête du Gévaudan n'a pas cessé, depuis 1764, de hanter l'imaginaire. A l'écart des sentiers battus des guides traditionnels, cet ouvrage propose de partir à la découverte de l'introuvable. Clé des champs et clé des songes, il invite le lecteur à rechercher contes et légendes, croyances et superstitions qui subsistent en dehors des itinéraires balisés, en ville comme dans les campagnes. L'Auvergne est double. "Fonts saintes", trésors de légendes, pierres qui virent, sorciers du canton, charmeurs de feu s'insèrent dans un univers agricole et mercantile, un univers on ne peut moins surnaturel, où les idées préconçues n'ont pas cours et où toutes les aventures terrestres sont permises s'il en résulte un honnête profit : premier sujet d'étonnement, premier contact avec le mystère de l'Auvergne.

42.              [Guides noirs] – LE SCOUËZEC (Gwenc'hlan). Guide de la Bretagne mystérieuse.  Editions Tchou-Princesse,  1976, fort in-8° oblong,  670 pp, abondamment illustré de 800 gravures et photos, 20 cartes et plans, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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"Après une vue d'ensemble du « mystère breton » (historique, linguistique, traditionnel) le guide fait revivre, illustrations à l'appui, chaque localité bretonne à travers ses particularités (sites, cultes, légendes et traditions...) (classement par ordre alphabétique)." (Bibliographie d'ethnologie française 1966, Arts et traditions populaires, 1967) — Table : Histoire légendaire ; Cultes primitifs ; Enigmes préhistoriques ; Mythes et monuments païens ; Lieux sacrés et miracles chrétiens ; Les illuminés ; Moeurs et coutumes ; Bestiaire fantastique ; Créatures merveilleuses ; Diables, sorciers, fantômes ; Lieux maudits et déserts ; Paysages insolites ; Grottes, souterrains, trésors ; Curiosités et collections étranges ; Tragédies et faits bizarres.

43.              [Guides noirs] – MASSON (Jean-Robert)(dir.). Guide du Val-de-Loire mystérieux.  Editions Tchou-Princesse,  1980, in-8° oblong,  670 pp, nombreuses gravures, photos, cartes et plans dans le texte, reliure toile noire de l'éditeur, vignette polychrome et titre doré au 1er plat, titre doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs)

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La Loire, naguère encombrée de coches d'eau, de sapines et de gabarres, dort d'un sommeil peuplé de rêves entre ses rives plantées de saules. Les mariniers ont disparu, mais le fleuve se souvient de ceux qui hantèrent jadis ces parages gouvernés par les génies des eaux. Partout ici, les traces d'un passé merveilleux s'offrent au regard de qui sait voir. Ne riez pas si un paysan vous dit avoir aperçu le fantôme de Foulque Nera, le « Faucon Noir », condamné à errer pour l'éternité en expiation de ses crimes commis contre les gens de Blois. Car le Diable lui-méme a ses fiefs dans la région, et mieux vaut connaître les chemins où il ne fait pas bon s'aventurer par les nuits sans lune. Les auteurs de ce guide n'ont pourtant pas hésité à s'y engager. Ils vous invitent à les suivre. —Le sourire d'un paysage est souvent trompeur. Le promeneur qui s'est aventuré dans ces bois semés d'étangs ignore que du fond de l'eau d'étranges créatures le guettent. S'il n'y prend garde (mais les paysans solognots qui savent qu'une légende ne ment jamais tout à fait sont là pour le rappeler à la prudence), il risque de s'égarer en quelque lieu enchanté où d'invisibles mains le saisiront qui ne le lâcheront plus. Et même si le château qu'il voit surgir au détour d'un sentier n'est pas né du caprice d'une fée mais simplement du bon plaisir d'un roi de France, il lui faudra compter avec le peuple de fantômes que de telles demeures ne manquent jamais d'abriter. Ce guide lui permettra au moins de déjouer leurs pièges et de ne rien ignorer des mystères qui échappent d'ordinaire au voyageur trop pressé. — "Répond au même désir de complétude que les ouvrages. précédents de la même collection. Effort pour illustrer avec originalité des paysages et des monuments déjà si souvent exploités." (Bibliographie d'ethnologie française 1968, Arts et traditions populaires, 1969)

44.              [Guides noirs] – MINVIELLE (Pierre). Guide de la France souterraine.  Tchou,  1970, fort in-8° oblong,  477 pp, nombreuses illustrations en noir dans le texte, index, reliure simili-cuir noir de l'éditeur, vignette polychrome et titre argenté et doré au 1er plat, titre argenté et doré au dos, bon état (Coll. Les Guides noirs) (Prix Martel)

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L'auteur, grand spécialiste des Pyrénées et des gouffres, dévoile les secrets des sites souterrains français (grottes, principaux gouffres, cavernes aménagées, souterrains-refuges), classés par région et présentés avec les légendes et anecdotes qui y sont attachés.

45.              HABASQUE (Guy). Le Cubisme.  Genève, Albert Skira,  1959, in-12 carré (17 x 18),  170 pp, étude biographique et critique, 71 reproductions contrecollées en couleurs, dates et concordances, biblio sommaire, index des noms, reliure toile écrue de l'éditeur, jaquette illustrée, étui carton, bon état (Coll. Le Goût de notre temps). Edition originale

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"Un sérieux petit aperçu..." (André Chastel, le Monde, 2 sept 1960)

46.              HYDE (Douglas). Contes gaéliques.  Editions du Rocher,  1996, gr. in-8°,  245 pp, traduit de l'irlandais par Georges Dottin, préface de Jean Markale, broché, couv. illustrée, tranche lég. piquée, bon état (Coll. Brocéliande)

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Les pays qui n'ont plus de légendes sont condamnés à mourir de froid. Jamais l'esprit n'a cessé de souffler sur les rives de la Liffey, de la Boyne et du Shannon, pas plus que dans les immenses tourbières du centre de cette île, dans les hautes montagnes du Kerry, dans les bruyères du Connemara ou sur les rivages battus par les flots d'un océan sans fin, à l'ouest du monde, là où finit la terre et où commence le pays de l'Éternelle Jeunesse. Les poètes, les conteurs et les harpistes qui parcourent clandestinement l'Irlande pendant les âges sombres de l'oppression appartenaient tous à une ligne sacrée. Les trente-huit contes recueillis au XIXe siècle par Douglas Hyde en témoignent. Ils « charment » au sens fort du terme. Les fées et les géants, les morts et les revenants, les fils de roi ou de pauvres sont les héros de ces histoires si spécifiques de l'âme irlandaise. — Douglas Hyde fut le premier président de la République d'Irlande. Georges Dottin était professeur de Celtique à l'Université de Rennes au début du XXe siècle.

47.              [JARDINS]. Le Bon Jardinier. Almanach pour l'année 1780 contenant une idée générale des quatre sortes de Jardins & les règles de la culture des Plantes, Arbres, Arbrisseaux d'utilité & d'ornement. Nouvelle édition, augmentée d'un Précis sur la culture des Ananas, & d'un nouveau Supplément, par M. de Grace, Amateur & Cultivateur ; Avec une introduction à la connoissance des Plantes, par M. Verdier, Instituteur & Médecin.  A Paris, chez Eugène Onfroy, Libraire, rue du Hurepoix, au Lys d'or,  1780, in-16 étroit,  xlviii-256 pp, reliure plein veau marbré, dos lisse orné de fleurons et encadrements dorés, pièce de titre, tranches marbrées (rel. de l'époque), reliure abîmée avec mques de cuir au dos et au 2e plat, coiffes manquantes, intérieur propre, état correct. Tel quel

            50

Célèbre almanach fondé en 1755 par Pons-Augustin Alletz qui le publia jusqu'en 1781. Thomas-François de Grace le continua jusqu'en 1796 ; puis il fut repris par Mordant-Delaunay. Véritable encyclopédie pratique du jardinage, le volume traite des jardins fruitier, potager, d'ornement et de fleurs.

48.              KASPI (André). Les Juifs américains.  Plon,  2008, in-8°,  322 pp, lectures recommandées, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Trop riches ? Trop influents ? Les Juifs américains décideraient des élections présidentielles, de la politique étrangère, des orientations culturelles. Ils feraient la pluie et le beau temps dans tous les secteurs de la vie économique. L'Amérique serait devenue juive. Elle obéirait aux ordres d'une infime minorité de ses citoyens. Ces idées reçues circulent à travers le monde, comme si elles étaient irréfutables. André Kaspi, qui scrute depuis des années la société américaine, répond aux questions que l'on pose sur les Juifs aux Etats-Unis. Sur une réalité complexe et mouvante, il jette le regard d'un historien. Il observe avec objectivité et honnêteté. Les réponses qu'il propose, il les fonde sur des exemples concrets et contemporains. Il invite ses lecteurs à la réflexion dans un climat de sérénité. Une manière de remettre en cause bien des préjugés. (4e de couv.)

49.              LACOSTE (Yves)(dir.). Dictionnaire de Géopolitique.  Flammarion,  1993, fort pt in-4°,  xi-1680 pp, plus de 1400 articles, plus de 230 cartes géopolitiques, tables et index de plus de 10.000 entrées, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            60

Au-delà des idéologies, la géopolitique est une façon de voir le monde. Ce Dictionnaire présente une conception globale de la géopolitique : géographie des rapports de force, des tensions, des enjeux territoriaux, des revendications. Selon l'auteur, un "dictionnaire est un outil de lutte contre les ignorances et celui-ci donne, pays par pays, une sorte de répertoire simplifié des griefs réciproques et des contentieux géopolitiques". On ne s'étonnera donc pas de la diversité des thèmes traités : articles par pays, par région du monde ; articles consacrés à des villes (Hong Kong), à des fleuves (Euphrate), à des ensembles (Europe, Tiers-monde), à des mouvements politiques, à des notions juridiques (État, droit de la mer), à des thèmes (drogue). Plus qu'un dictionnaire encyclopédique, c'est un outil de citoyenneté et d'information que propose Yves Lacoste, spécialiste en géopolitique : des clés qui permettent d'analyser les arguments en présence dans un conflit, de lutter contre les idées reçues. S'adressant à un large public et enrichi de nombreuses cartes, ce dictionnaire offre à chacun une réponse à un discours médiatique souvent confus. (Mattieu Reno)

50.              LACOUTURE (Jean). Jésuites. Une multibiographie. 1. Les Conquérants. 2. Les Revenants.  Seuil,  1991-1992, 2 vol. gr. in-8°,  511 et 572 pp, 64 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, chronologie et index dans chaque volume, brochés, couv. illustrées, bon état

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De la fondation de l'ordre par Ignace de Loyola en 1540 à sa suppression en 1773 par le pape Clément XIV, Jean Lacouture propose ici, avec “Les Conquérants”, le premier volet d'un diptyque multicolore que complétera l'évocation des “Revenants” de 1814 à nos jours. En quatorze séquences, il retrace les principaux épisodes de cette histoire prodigieuse et fait surtout revivre les acteurs d'une croisade inlassablement recommencée "pour une plus grande gloire de Dieu". – Avec “les Revenants”, deuxième volet des Jésuites, Jean Lacouture poursuit la multibiographie de ces "hommes en noir", compagnons et continuateurs d'Ignace de Loyola. Supprimée en 1773, la Compagnie de jésus renaît en 1814. Après avoir été pendant plus d'un demi-siècle, les "grenadiers" d'une Eglise immobile, les Jésuites se sont portés à l'avant-garde, et leurs audaces marquent de nouveau, en profondeur, l'histoire de notre civilisation.

51.              LE BRAZ (Anatole). Contes du soleil et de la brume.  Rennes, Terre de Brume,  2002, in-8°,  234 pp, préface de Dominique Besançon, 17 illustrations de Dudoret, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Celte)

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Célébré par tous pour son ouvrage "La Légende de la Mort en Basse-Bretagne", Anatole Le Braz est devenu le chantre d'une Bretagne du mystère et de la légende. Il nous offre, dans les "Contes du soleil et de la brume", une série d'histoires où est tapie l'ombre de l'Ankou et où rugit le souffle du Kornog. "Les Contes du soleil et de la brume" illustrent bien la richesse de la tradition orale en Bretagne, richesse à laquelle nul ne peut rester insensible. "Les Contes du soleil et de la brume" reste un ouvrage indispensable pour tous ceux qui se passionnent pour les récits traditionnels de la Bretagne. "Anatole Le Braz (1859-1926) reste sans doute, de tous les écrivains bretons sans exception, celui qui a le plus intimement pénétré tous les secrets de l'âme bretonne." Cette citation d'Anatole Rivoallan semble parfaitement définir la finesse d'écriture et de perception dont a fait preuve Anatole Le Braz à travers toute son œuvre. Romancier, poète, conteur, conférencier, il a su laisser la parole aux "grandes voix éternelles du vent, de la mer, de la forêt et de la légende." Dominique Besançon aime à dire qu'elle a rencontré Anatole Le Braz un beau jour de 1976 et que, depuis, elle ne l'a plus quitté. Elle lui a d'ailleurs consacré plusieurs travaux universitaires et de nombreuses publications depuis cette date.

52.              LE BRAZ (Anatole). Contes du vent et de la nuit.  Rennes, Terre de Brume,  1998, in-8°,  248 pp, textes inédits rassemblés et présentés par Dominique Besançon, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Celte)

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"Contes du vent et de la nuit", c'est avant tout une atmosphère, une sensation d'étrange, le sentiment angoissant que l'inconcevable va surgir du quotidien, la folie de la sagesse, la mort de la vie. Anatole Le Braz nous a déjà montré à quel point il savait sonder les tréfonds de l'âme bretonne, il nous en dévoile ici l'un des pans les plus obscurs : celui des passions. Il ne s'agit pas de ces passions bruyantes, étalées au grand jour. Non, celles-là sont sourdes, rentrées ; elles sont de celles qui couvent silencieusement mais vont jusqu'au bout : jusqu'à la folie ou la mort. Rien n'est nommé mais tout est dit : l'amour, la vengeance, le remords, le chagrin. Avec les "Contes du vent et de la nuit", inédits jusqu'à ce jour en librairie, nous découvrons qu'Anatole Le Braz était aussi un remarquable auteur de nouvelles fantastiques qui nous plonge avec délice dans “les immenses ténèbres hurlantes” du vent et de la nuit...

53.              LE DIBERDER (Yves). Contes de Korrigans. Bugul-noz, Groah & autres contes merveilleux. Textes traduits et présentés par Michel Oiry.  Rennes, Terre de Brume, Presses Universitaires de Rennes,  2001, in-8°,  288 pp, repères biographiques, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Bibliothèque Celte)

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Avec les korrigans, on ne sait jamais sur quel pied danser ! Et ce n'est pas seulement en raison de leur danse infernale, dans laquelle, la nuit, ils ont coutume de nous entraîner. Ni très méchants ni tout à fait bons, ils ont en réserve d'inépuisables facéties et malices. Stéphanie Guillaume connaît leurs histoires d'enfants volés, de bêtes mises en pièces, de sabbats à bride abattue. Grâce à la collecte effectuée par Yves Le Diberder au début du siècle, ces contes merveilleux sont aujourd'hui disponibles.

54.              LENORMAND (Louis Sébastien), Antide JANVIER et Désiré MAGNIER. Nouveau manuel complet de l'Horloger, comprenant la construction détaillée de l'Horlogerie ordinaire et de précision, de l'Horlogerie électrique, et en général, de toutes les machines propres à mesurer le temps ; à l'usage des fabricants et des amateurs.  P., Librairie encyclopédique de Roret,  1863, 2 vol. in-12,  (4)-464 pp, nouvelle édition entièrement refondue, accompagnée d'un Atlas de 12 grandes planches repliées montrant des mécanismes d’horlogerie gravées avec soin sur acier, catalogue de la Librairie encyclopédique de Roret in fine (36 pp), le Manuel et l'Atlas reliés ensemble en un volume plein cuir naturel marbré, dos lisse avec filets et palette dorée en queue, pièce de titre basane noire, un filet à froid encadrant les plats (rel. de l'époque), qqs planches de l'Atlas mal repliées, bon état (Coll. des Manuels-Roret). Exemplaire finement relié, très frais et sans rousseurs

            250

55.              LEROI-GOURHAN (André). Le Geste et la Parole. 1. Technique et langage.  Albin Michel,  1989, pt in-8°,  320 pp, 105 dessins de l'auteur avec légendes, notes, broché, couv. illustrée à rabats, état correct (Coll. Sciences d'aujourd'hui)

            20

Après les deux volumes d'Evolution et techniques (L'Homme et la Matière et Milieu et Techniques) qui donnaient le cadre systématique d'une étude générale des techniques, de la préhistoire au début de la période industrielle, André Leroi-Gourhan, dans “Le Geste et la Parole”, dont “Technique et Langage” est le premier volume, offre une synthèse sur le comportement matériel de l'homme. Partant des observations de la neuro-physiologie, il montre que l'emploi simultané de la main et de la face mûrit dans le comportement d'un nombre important d'espèces depuis les origines. L'évolution du corps et du cerveau et celle des manifestations techniques et esthétiques permettent de dégager une véritable "paléontologie du langage". La notion zoologique du territoire est ensuite exploitée pour définir l'économie des sociétés de chasseurs-ramasseurs, les modalités de l'apparition de l'élevage et de l'agriculture, puis l'enchaînement des conséquences techno-économiques qui conduit aux techniques du feu (céramique, métallurgie), à la formation des classes sociales et au développement du dispositif urbain. Technique, économie, langage se coordonnent ici depuis le plus lointain passé jusqu'à l'examen des chances biologiques de l'homme futur, dans la recherche d'une image totale du développement humain. — "L'un des mérites de cet ouvrage est de sortir le lecteur de la routine culturelle et de jeter sur l'homme, ses origines, et ses activités en tant qu'individu, puis en tant que groupe, de multiples faisceaux lumineux pour notre plus grand plaisir. On ne peut que féliciter A. Leroi-Gourhan pour cet ouvrage qui brille par l'originalité des idées, par un texte condensé mais audacieusement imagé, par des concepts qui bousculent les notions que nous avons reçues." (Jean Chavaillon, L'Homme, 1967)

56.              LÉVI-STRAUSS (Claude). Des Indiens et leur ethnographe.  Les Temps Modernes,  août 1955, in-8°,  50 pp, 4 planches hors texte, broché, bon état. Edition originale de ces « bonnes feuilles » de “Tristes Tropiques”

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N° 116 des “Temps Modernes”, la revue mensuelle dirigée par Jean-Paul Sartre. Suite à l'étude de Claude Lévi-Strauss (50 pp sur 192), on trouve des textes d'Aimé Césaire : Aux îles de tous les vents ; Henri Guillemin : Les origines de la Commune, Paris, août 1870 (I) ; Jean-Paul Sartre (Nekrassov (II) ; des Exposés de J.-L. Ferrier : Léger et la civilisation technicienne ; Elena de la Souchère : Dieu est-il antipéroniste ?, des Chroniques de Bernard Dort : Brecht ou un monde tel qu'il devient ; Raymond Borde et Etienne Chaumeton : Le film noir français ; des Notes sur le cinéma...

57.              LEYMARIE (Jean). L'Impressionnisme.  Genève, Albert Skira,  1959, 2 vol. in-12 carré (17 x 18),  117 et 137 pp, étude biographique et critique, 115 reproductions contrecollées en couleurs, dates et concordances, biblio, index des noms, reliures toile écrues de l'éditeur, jaquettes illustrées, étuis carton, pt accroc sans gravité au dos de la jaquette du tome II, bon état (Coll. Le Goût de notre temps)

            40

"Un délicieux petit ouvrage..." (André Chastel, le Monde, 21 avril 1955, à propos du premier volume)

58.              LEYMARIE (Jean). Le Fauvisme.  Genève, Albert Skira,  1959, in-12 carré (17 x 18),  163 pp, étude biographique et critique, 70 reproductions contrecollées en couleurs, dates et concordances, biblio, index des noms, reliure toile écrue de l'éditeur, jaquette illustrée, étui carton, bon état (Coll. Le Goût de notre temps). Edition originale

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"Avant d'être le rendez-vous exigu des actrices, des héros du jazz, des curieux et des touristes, Saint-Tropez a été le paradis caché des peintres. Après Saint-Tropez ce fut Collioure, où Matisse, travaillant en 1905 sous les yeux de Derain étonné, parvint enfin à une expression supérieure de cette peinture chaleureuse et dense qui allait s'appeler le "fauvisme". Sur son histoire, on ne pourrait avoir meilleur guide que le remarquable petit livre que Jean Leymarie vient de lui consacrer avec autant de pénétration que de savoir..." (André Chastel, le Monde, 21 août 1959)

59.              [Magie, prestidigitation] – MAJAX (Gérard). Les secrets des Tricheurs. L'art de gagner aux cartes.  Fernand Nathan,  1975, gr. in-8°,  155-(2) pp, 212 photographies de manipulations - cartes truquées - gadgets, etc., cartonnage illustré de l'éditeur, bon état. Edition originale enrichie d'un envoi a.s., prière d'insérer joint

            50

Gérard Majax nous dévoile dans cet ouvrage toutes les méthodes employées par les tricheurs aux cartes. Il nous présente tous les modèles de cartes truquées et l'art de s'en servir. Faux mélanges, sauts de coupes, filages, aiguilles d'or... Gérard Majax nous traduit le vocabulaire quotidien des tricheurs et nous révéle leurs fantastiques secrets. Des gadgets les plus simples aux appareils électroniques les plus sophistiqués, il nous expose avec humour et précision la panoplie la plus complète des tricheurs modernes.

60.              MALRAUX (André). Les Voix du Silence.  P., N.R.F.,  février 1952, pt in-4° (18 x 23),  657 pp, 428 illustrations en hélio, dans le texte et à pleine page et 15 planches en couleurs hors texte, index, reliure percaline grenat de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, jaquette illustrée (lég. défraîchie), bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade)

            50

D'abord publiés chez Skira en trois volumes, parus de 1947 à 1949, intitulés “Psychologie de l'art” – Le Musée imaginaire, La Création artistique, La Monnaie de l'absolu –, les grands textes sur l'art d'André Malraux (1901-1976), recomposés et retouchés, deviennent, en 1951, chez Gallimard, un imposant livre illustré divisé en quatre parties, “Les Voix du Silence”.

61.              MERCADER (Saülo). Art, Matière, Energie.  Imago,  1993, in-8°,  228 pp, préface de René Schérer, 15 illustrations, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, enrichie d'un envoi a.s. et d'un dessin original de l'auteur

            60

« Un credo du créateur. Rien ne me semble mieux convenir que ce titre de Paul Klee à cet écrit, à la fois autobiographique et théorique de Saülo Mercader. D'abord parce que Klee est désigné par lui, à maintes reprises, comme un de ses inspirateurs, et puis parce que l'idée maîtresse de Klee, la convergence, dans l'œuvre peinte, entre le geste humain et les forces qui animent le cosmos, est aussi la pensée directrice de Saülo. En une époque de désenchantement agressif, où l'on s'abandonne à la complainte nihiliste de la fin de l'art, où l'on s'interroge, de façon obsessionnelle, sur sa définition, Saülo Mercader apporte la certitude rayonnante d'une affirmation, d'une irréductible foi plastique. Que peindre, pourquoi peindre ? A ces refrains lancinants de ce que l'on nomme la postmodernité, cet ermite parisien oppose l'évidence d'une production sans faille depuis plus de trente ans, constamment renouvelée dans sa manière et dans ses thèmes. » (René Schérer) — Saülo Mercader est docteur en arts plastiques et peintre de renommée internationale.

62.              MICHAUX (Henri) - ZAO Wou-Ki. Pas de barbare en Asie ! Une rencontre, une amitié. Deux jeux d'écriture.  P., Galerie Thessa Herold,  1993, gr. in-8° (19 x 25),  (52) pp, 31 reproductions hors texte en noir et en couleurs et 3 portraits photos des artistes, textes d'Henri Michaux et de Zao Wou-Ki, liste des oeuvres, broché, bon état

            50

Catalogue (le premier d'une série Confrontation-Convergence), édité à l'occasion de l'exposition "Henri Michaux/Zao Wou-Ki" à la galerie Thessa Herold au mois d'octobre 1993.

63.              MINCES (Juliette). La Femme voilée. L'Islam au féminin.  Calmann-Lévy,  1990, in-8°,  235 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à Philippe Gildas

            25

"Comment la condition féminine dans le monde arabo-musulman a-t-elle pu si peu se modifier malgré les évolutions politiques et juridiques des dernières décennies, telle est la question essentielle que pose Juliette Minces dans son essai sur « l'Islam au féminin ». Confrontant avec aisance son expérience plus subjective de sociologue et d'anthropologue de terrain aux données juridiques objectives, elle développe ce qu'elle appelle sa démonstration avec une sérénité qui frappe d'autant plus que le sujet se prête le plus souvent à la violence et aux diatribes passionnées." (Jacques Hauser, Revue Européenne des Migrations Internationales, 1990) — Affaire des foulards, procès pour excision : autant d'événements dont s'empare l'actualité quand nulle réponse n'est trouvée à la grande question de l'intégration, dans les démocraties d'Europe occidentale, de populations élevées dans le respect du culte musulman. En ce qui concerne le statut des femmes dans le monde arabe musulman, il faut savoir d'une part distinguer les valeurs de l'islam des survivances archaïques de la tradition locale ou des excès rigoristes d'un fondamentalisme mystificateur, d'autre part déceler la connivence profonde entre la logique politique de l'asservissement et l'exigence religieuse de la loi coranique. L'essai de Juliette Minces permet d'y voir clair. Il dénonce l'utilisation qui a été faite d'une religion pour maintenir la domination de l'homme sur la femme et préserver artificiellement un ordre social devenu caduc. La législation islamique (Charia) et le "statut personnel" qui s'en inspire font de la femme un instrument permettant à l'homme de constituer ou d'accroître sa lignée, une pure fonction dans le groupe familial, un rôle à tenir dans le clan plutôt qu'un individu à reconnaître. Ce modèle est aujourd'hui en crise. Mais s'il est vrai que les sociétés du monde arabe, touchées dans leur fondement par l'immixion occidentale, se sont trop profondément modifiées pour être en mesure de revenir au mode de vie antérieur ; comme le réclament les "intégristes" par surenchère nationaliste ; il reste que les efforts de la femme pour s'extirper de la bâtardise sociale risqueraient d'entraîner un effondrement des bases familiales et patriarcales sur lesquelles reposent ces sociétés. La femme voilée cimente donc à la fois l'ordre social et conventionnel. Elle demeure la survivance d'une civilisation en transition où le dogmatisme de la tradition n'est plus acceptable et où le progressisme de l'émancipation ne l'est pas encore. (4e de couverture)

64.              MIQUEL (André). L'Islam et sa civilisation, VIIe-XXe siècle.  Armand Colin,  1977, gr. in-8° carré,  600 pp, seconde édition revue et mise à jour, 92 illustrations et 25 cartes dans le texte, 40 pl. de gravures et photos hors texte (8 en couleurs), biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. Destins du Monde)

            50

Ouvrage désormais classique, “L'Islam et sa civilisation” offre une lecture passionnante d'un espace, d'une culture et d'une histoire immenses. André Miquel se propose de saisir cette histoire globalement, et l'Islam comme un ensemble : un ensemble qui n'est finalement réductible à aucune de ses nations, à aucune de ses époques, mais un ensemble engagé à son tour dans un grand mouvement, celui du monde où il s'inscrit. Des origines jusqu'à nos jours, c'est ce monde qui est ici dépeint, dans toute sa diversité et toute sa complexité. Une étude précise des faits historiques, des courants culturels et religieux, des paysages géographiques et des structures matérielles de l'Islam. — "... Tout est neuf dans la conception de l'histoire musulmane qui sous-tend ce livre. Alors que l'Orient est traditionnellement privilégié par la littérature arabe et l'orientalisme, ici, l'Occident musulman a l'attention qu'il mérite. Élargissant encore l'horizon, André Miquel étudie l'Islam ottoman et les foyers d'islamisation plus tardive, Afrique Noire d'une part, monde malais d'autre part. Vitalité de l'Islam ; nouvelles conquêtes spirituelles quand les forces politiques et militaires déclinent; renouvellement de l'Islam sous le choc de l'impérialisme occidental : l'islam n'est donc pas présenté comme un monde inerte, une civilisation figée ou moribonde, mais bien au contraire comme une matière en fusion. Neuf, ce livre l'est aussi par la multiplication des éclairages auxquels l'auteur soumet le monde musulman. L'événementiel, les faits politiques et militaires, on les trouve, dans le corps de l'ouvrage, et aussi dans la suite des tableaux chronologiques présentés à la fin du volume, La description des sectes et des courants religieux, elle aussi, a sa place et ses schémas. Et s'il ne fournit pas toujours de réponses, André Miquel a le mérite de poser les questions et de formuler des hypothèses." (Lucette Valensi, Annales ESC)

65.              [Mode]. Mastermind Magazine # 01.  Pantin, Le Magazine Général,  2017, in-8°,  360 pp, nombreuses photos en noir et en couleurs, reliure cartonnée avec une photo contrecollée de l'éditeur, bon état. Texte en anglais — Compte tenu du poids du livre (2 kg), des frais d'envoi supplémentaires sont à prévoir en cas d'expédition

            35

360 pages sur papier glacé avec des photos sublimes de très longs textes écrits dans un style très soigné et des entretiens fleuves de personnalités. Un semestriel à la frontière du magazine et du beau livre, pensé en objet d'inspiration, de collection et de temps long. Des récits photographiques, des reportages, de la fiction, des entretiens fleuves... Mastermind se construit en une dizaine de chapitres abordant des thèmes, figures ou lieux de l’époque sur lesquels s'expriment des personnalités variées (Bruce Weber, Leila Slimani, Nicolas Ghesquière, etc.) — "Eminence grise du créateur Nicolas Ghesquière, la styliste Marie-Amélie Sauvé est l’une des figures-clés de la mode. Elle vient de lancer la revue « Mastermind », vitrine sur papier glacé de son travail et de ses inspirations." (Le Monde) — "Pour ceux qui gravitent dans l'univers du luxe, Marie-Amélie Sauvé constitue un être à part, une "demi-déesse" régnant sur les studios, les magazines, les tendances. La rédactrice française, parmi les plus influentes de la sphère du luxe – elle conseille Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton –, dévoile Mastermind, un magazine bi-annuel qui lui ressemble : cérébral, éclectique, exigeant. La papesse de la mode insiste sur les rubriques politiques (une interview d'Anne Sinclair ; une série photos de Washington par Stephen Shore…) ou société (la génération Z, la fascination pour les faits divers, etc.)." (Madame Figaro) — "Mastermind. C’est le mot (si évocateur) sur toutes les lèvres depuis l’annonce du lancement du bien nommé magazine de Marie-Amélie Sauvé. Journaliste émérite, styliste incontournable et complice de Nicolas Ghesquière, entre autres moult casquettes, MAS (comme on l’appelle) a secoué en février dernier le monde de la mode et de la presse spécialisée avec l’arrivée fracassante de sa revue semestrielle, entre l’anthologie et le beau-livre. Après avoir festoyé au Gramercy Hotel de New York, elle invitait chez Loulou à Paris collaborateurs et amis. À noter la présence de Léa Seydoux et des créateurs Pierre Hardy et Amélie Pichard, proches de la rédactrice, et qui complètent un prestigieux lot de personnalités que Marie-Amélie Sauvé a invité à participer à ce premier numéro : Bruce Weber, Xavier Dolan, Isabelle Huppert…" (Say Who) — "Il est rare de compter de belles et nouvelles publications dans la presse mode. Rares sont les titres qui s’inscrivent dans la durée, mais je vous ai trouvé une petite pépite qui vient tout juste de sortir et qui s’annonce déjà comme un magazine de prestige. Cela coulait de source que Marie-Amélie Sauvé allait créer une publication élégante dans la lignée de son travail. Le 9 février est donc paru Mastermind, qui est un bi-annuel, un bel objet avec un magnifique contenu, en abordant des thèmes comme la mode évidemment, mais également l’art et le design. MAS s’entoure des meilleures photographes comme Bruce Weber ou encore Steven Meisel et propose des interviews de Nicolas Ghesquière et d'Isabelle Huppert. Les jeunes acteurs de la série « Stranger Things » y font même une apparition." (Luxsure)

66.              [Mode]. Mastermind Magazine # 02.  Pantin, Le Magazine Général,  2017, in-8°,  352 pp, nombreuses photos en noir et en couleurs, reliure cartonnée avec une photo contrecollée de l'éditeur, bon état. Texte en anglais — Compte tenu du poids du livre (2,15 kg), des frais d'envoi supplémentaires sont à prévoir en cas d'expédition

            35

352 pages sur papier glacé avec des photos sublimes de très longs textes écrits dans un style très soigné et des entretiens fleuves de personnalités. Un semestriel à la frontière du magazine et du beau livre, pensé en objet d'inspiration, de collection et de temps long. Des récits photographiques, des reportages, de la fiction, des entretiens fleuves... Mastermind se construit en une dizaine de chapitres abordant des thèmes, figures ou lieux de l’époque sur lesquels s'expriment des personnalités variées (Marie NDiaye, William Eggleston, Dominique Gonzalez-Foerster, Barry Jenkins, etc.) — "Mastermind est né d'une rencontre. D’un côté, Marie-Amélie Sauvé, l’une des stylistes les plus respectées et influentes de l’industrie de la mode aujourd’hui. De l’autre, Brune Buonomano, directrice générale de BETC Luxe. Fortes de leurs expertises complémentaires, elles créent au sein des Magasins généraux, une nouvelle structure de presse : le Magazine Général, qui édite Mastermind. « Penser et fonder ce projet ensemble avec Marie-Amélie Sauvé était une évidence. Non seulement parce qu’elle est, comme nous, guidée par l’exigence créative et qu’au delà de tout, elle croit à la force des idées. Mais aussi parce qu'on avait l’envie, chacun dans nos domaines, de dépasser nos cœurs de métier et d’embrasser une lecture plus culturelle, plus sociétale du monde d’aujourd’hui.» commentent Brune Buonomano et Aurélie Boué, éditrices de Mastermind. Mastermind se veut un témoin de son époque, curieux et éclectique, un objet hybride et polyphonique, que l'on prends le temps de lire, de relire, d'arpenter au long cours. Mastermind est un semestriel à la frontière du magazine et du (très) beau livre, pensé en objet d'inspiration, de collection et de temps long. Il se tient donc à bonne distance de toute actualité périssable, et s'architecture en chapitres, une dizaine en tout, abordant des thèmes, des figures, des lieux, dont l'éternelle urgence s'impose à nous. Autant de sujets sur lesquels sont invités à s'exprimer des artistes, des auteurs, des scientifiques, des journalistes, sous la forme du récit photographique ou de l'entretien fleuve, du reportage comme de la série mode, ou encore de la fiction. Mastermind réunit ainsi quelques unes des plus grandes signatures photographiques contemporaines (Bruce Weber, Steven Meisel, Stephen Shore…), révèle de nouveaux talents, et donne la parole à des créateurs et sommités d’horizons aussi divers que William Eggleston, Hayao Miyazaki, Marie NDiaye, Anne Sinclair, Xavier Dolan, Benoit Hamon, Isabelle Huppert, Jeff Mills ou encore William Eggleston. Les disciplines s'y croisent, de la littérature au design, de la mode au monde des idées, de la scène au cinéma, pour faire par exemple dialoguer Pierre Hardy et Bob Wilson dans son deuxième numéro."

67.              MOIREAU (Fabrice) et Pierre Veilletet. Château d'Yquem. Original Watercolors : Fabrice Moireau, Texts : Pierre Veilletet.  S.l.n.n. (Château d'Yquem), P., impr. Bussière-Desgrandchamps,  2011, in-4° à l'italienne (31.5 x 24 cm),  (88) pp, non paginé, nombreuses aquarelles en couleurs, en feuilles sous emboitage, tiré à 400 ex. numérotés sur papier Plain White Savile Row (n° 98), très bon état. Les 13 pages de texte sont en anglais

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Superbes aquarelles de Fabrice Moireau illustrant tous les aspects du domaine d'Yquem : les bâtiments, la vigne, le travail des viticulteurs, les caves...

68.              PIEROBON (Frank) . Système et représentation. La déduction transcendantale des catégories dans la Critique de la raison pure.  Jérôme Millon,  1993, gr. in-8°,  288 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Krisis)

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Comment la pensée peut-elle échapper au langage de la représentation ? Pour Kant, en s'élevant au système schématisé au départ d'une Idée, c'est-à-dire à l'architectonique. Donc en concevant un schématisme des Idées, dont les éléments fondamentaux relèvent des déterminations transcendantales de la sensibilité, et qui se manifestent notamment à travers le thème de la chiralité. En passant de l'autre côté du discours kantien pour en relever la topique architectonique, l'auteur renouvelle en grande partie l'interprétation courante des formidables difficultés de la déduction et propose une représentation schématique et topologique de la table des catégories qui permet d'en déchiffrer enfin la genèse.

69.              POURRAT (Henri). L'Homme à la bêche. Histoire du paysan.  Flammarion,  1942, in-8°,  284 pp, broché, bon état (prix Muteau de l'Académie française 1941)

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Henri Pourrat retrace l'histoire des paysans, de la Genèse, à l'antiquité grecque et latine, et au Moyen-Age avec le système féodal, de la Renaissance jusqu'à la Révolution, de la Révolution jusqu'aux années 1930. Pourrat oppose deux conceptions de l'agriculture : l'une qui relève de la paysannerie, l'autre, de type industriel. Il prend à témoin le cas du Canada, qui héberge ces deux types d'agriculture : "On trouve à l'Est, sur les fermes, celle de la paysannerie française, d'esprit chrétien ; à l'Ouest, en pays de monoculture, celle des agriculteurs anglo-saxons, de mentalité industrielle. L'Ancien Monde et le Nouveau, la miche de pain et le dollar. Ici, on exploite pour s'enrichir. Là, on fait valoir pour vivre. Vivre, mais en trouvant dans ce travail des champs, dans cet accord avec la création même, une vitalité tellement bonne." Pour Henri Pourrat l'homme de la terre, le paysan est l'assise de l'humanité. — "Livre à tous égards réussi, qui mérite l'admiration pour la densité de sa poésie, aux visions si concrètes ; pour la rigueur de l'observation sociologique, si largement comparative ; pour la vérité de sa pensée, qui surpasse une logique pourtant vigoureuse ; pour la bienfaisance permanente et occasionnelle de son inspiration, qui fournit à notre pays comme au monde les plus sûres formules de salut. Lyrisme et positivité s'y concilient, comme deux façons en apparence contraires, au fond superposables, de faire concorder – par delà certain mécanisme intellectualiste – l'esprit humain et la nature. L'auteur se trouve ainsi bergsonien, lorsqu'il dénonce la fausseté, les malignités de la technique, lorsqu'il révère un élan vital universel, évolution créatrice, seul espoir – pourrait-il dire, lui aussi, de la morale « ouverte ». Et non moins stoïcien, puisque, pense-t-il, les plus angoissants problèmes se résoudraient, la France et l'humanité daignant ne plus se suicider, si nous nous conformions à la nature des choses (264). Puisse le talent de l'écrivain, ici autrement puissant qu'un « gendelettre », ne pas nuire, mais au contraire contribuer à l'influence rénovatrice autant que conservatrice, de cet ouvrage." (P. Masson-Oursel, Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, 1942)

70.              RENOUVIER (Charles). Uchronie (l'utopie dans l'histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne, tel qu'il n'a pas été, tel qu'il aurait pu être.  Fayard,  1988, in-8°,  472 pp, reliure cartonnée crème de l'éditeur, bon état (Corpus des Œuvres de philosophie en langue française). Réimpression de la seconde édition parue en 1876 (P., Bureau de la Critique philosophique) 

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Le terme "Uchronie" est composé des mots grecs "U" et "Chronos" signifiant respectivement "non" et "temps" ce qui peut se traduire par "un temps qui n'existe pas". C'est le terme qu'inventa le philosophe Charles Renouvier, en 1857, avec son ouvrage précurseur : "Uchronie : l'utopie dans l'Histoire". Il y entreprend rien moins que de réécrire l'Histoire en partant de l'hypothèse que le christianisme n'étant pas devenue religion d'état sous l'empereur Constantin, la face du monde s'en trouve changée dans la mesure où le monde s'évite les siècles d'obscurantisme, de répression et de tyrannie du catholicisme... Ou quand, au XIXe siècle, la philosophie flirte avec la science-fiction pour donner naissance à un genre littéraire qui connaîtra son heure de gloire un siècle plus tard. Un ouvrage capital à redécouvrir absolument...

71.              RENOY (Georges). Les Mémoires du Champagne.  Bruxelles, Rossel Edition,  1983, in-4°,  341 pp, très nombreuses illustrations, photos, affiches, étiquettes, en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Vous aimez le Champagne ? Vous aimerez ce livre. Parce qu'il est lui-même du champagne, pétillant d'une page à l'autre, tant sous la plume brillante de son auteur – un familier de la littérature documentaire – que sous la magie de l'image. Comment résister, en effet, au charme de ces vieux papiers, menus, cartes postales, prix-courants, vignettes publicitaires, affiches, étiquettes, qui surent si joliment vanter les mérites du Champagne d'arrière-grand-papa ? — "Le lecteur curieux se délectera du superbe ouvrage de G. Renoy." (François Guichard)

72.              RHODES (Daniel). La poterie : les Fours.  P., Dessain et Tolra,  1976, in-4°,  252 pp, traduit de l'anglais par François Soubeyran, 203 photos et figures, cartonnage illustré de l'éditeur (lég. abîmé avec pt mque au dos, sinon bon état)

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"De tous les arts, la céramique est celui qui utilise le plus directement la terre, l’eau, l’air et le feu, ces éléments considérés par les Anciens comme l’essence même de notre monde. Le feu en est la clef." (D. Rhodes). — Table : Historique des fours ; Conception et construction des fours ; Fonctionnement des fours.; Plans de fours.

73.              ROSSEL (André). 1er mai : 90 ans de lutte populaire dans le monde.  Editions de la Courtille,  1977, in-4°,  384 pp, 32 planches en couleurs hors texte et 220 illustrations, photos et fac-similés en noir dans le texte, reliure toile illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            40

Comment fut inventé le 1er mai. – Le monde 100 ans après la prise de la Bastille. – Les mouvements ouvriers en 1889. – Les luttes ouvrières 100 ans après la prise de la Bastille. – Est-on assez fort en 1889 pour réussir une manifestation internationale ? – Premier mai An 1. – Premier mai 1891 An II. – Le Premier mai dans le monde de 1892 à 1914. – 1914 : faillite de l'Internationale. – 1919 : est-ce la Révolution mondiale ? – Premier mai : jalon des combats de 1920 à 1939. – Universalité du Premier mai. — "De splendides reproductions d'affiches, de journaux, de tracts provenant du monde entier. Ne cherchons pas dans ce livre une histoire complète du Premier mai ; ne cherchons pas une analyse définitive des diverses situations nationales tout au long d'un récit de quatre-vingt-dix ans. Il s'agit d'un ouvrage chaleureux où le commentaire souvent s'efface devant le document. Regrettons toutefois un déséquilibre : les quarante dernières années tiennent en moins de quarante pages ! Le Premier mai, épisode le plus significatif des luttes ouvrières dans le monde, méritait ce beau livre." (Jacques Girault, Le Mouvement social, 1979)

74.              SAURAT (Denis). Histoire des Religions.  Denoël,  1938, in-8°,  415 pp, nouvelle édition, index, broché, bon état

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"Saurat n'a pas fourni un compendium pratique, il a fait quelque chose de différent. Il a placé les innombrables faits de l'histoire religieuse dans une certaine perspective et, par conséquent, il a clairement mis en évidence la question qui se pose à nous : Qu'est-ce que l'esprit religieux ? Saurat est fasciné par l'occultisme, les croyances ésotériques, la Kabbale, voire la théosophie. Cela relie le présent ouvrage à ses études les plus éclairantes sur Milton, Blake et Victor Hugo. Il conclut que, des deux motifs religieux essentiels, l'immortalité personnelle et l'existence de Dieu, le premier a perdu beaucoup de son attrait, le second reste un problème et un espoir. L'athéisme brut et le matérialisme pur et dur sont morts de façon assez sûre. La foi lui apparaît comme une oasis dans l'effroyable désert qui englobe nos âmes. Son ouvrage nous met au défi de sortir de notre complaisance paresseuse..." (AIbert Guerard. Stanford University, Books Abroad, 1938)

75.              SIMONIN (Louis). Histoire de la Terre. Origines et métamorphoses du globe.  P., Bibliothèque d'Éducation et de Récréation, J. Hetzel,  s.d. (1867), in-12,  (4)-269-(1) pp, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 faux-nerfs soulignés à froid, caissons à froid, titres et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats rel. de l'époque), bon état

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76.              SLITINE (Florence). Samson, génie de l'imitation.  P., Editions Charles Massin,  2002, in-4° (28,5 x 22 cm),  216 pp, préface de Tamara Préaud, 250 photographies et illustrations en noir et en  couleurs dans le texte et à pleine page, reliure percaline éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Une documentation exhaustive sur la fabrique Samson avec les marques et signatures, les dates, des fac-similés. — La maison Samson (1845-1980) fut sans doute la meilleure entreprise de reproduction de céramiques et d'émaux de son temps. La plus diversifiée puisqu'elle copia aussi bien des émaux champlevés que des émaux peints, des faïences, des terres cuites ou des porcelaines. Ses pièces, pour avoir abusé de nombreux amateurs, ont été longtemps redoutées et vilipendées. Elles sont actuellement redécouvertes pour leurs mérites décoratifs. Le fonds photographique "Samson", conserve aux Archives de la Manufacture Nationale de Sèvres, a permis la restitution de bon nombre d'attributions. Les pièces de Samson expriment tout le goût d'une époque, goût qui revient force aujourd'hui. Nous souhaitons qu'amateurs et professionnels partagent l'étonnement qui a été le nôtre, devant une fabrique qui n'a pas craint de se confronter aux réalisations les plus diverses et les plus délicates dans le domaine des arts du feu.

77.              SOUBLIN (Léopold). Cent ans de pêche à Terre-Neuve. I. 1815-1867. II. 1868-1897. III. 1898-1914.  Henri Veyrier,  1991, 3 vol. gr. in-8°,  (6)-1053 pp, pagination continue, préface de Michel Mollat du Jourdin, nombreuses photos, cartes et tableaux statistiques, tableau récapitulatif annuel des campagnes de pêche au départ de Fécamp, index des bateaux, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Kronos). Un précédent lecteur a rajouté des index manuscrits (très lisibles) des navires cités dans les tomes I et II

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Un siècle d'histoire maritime. Le récit, année par année, de l'aventure de la pêche à Terre-Neuve entre 1815 et 1914. Centré sur Fécamp, capitale mondiale de la morue durant cette époque, l'ouvrage ne néglige pourtant ni les armements dans les autres ports (Saint-Malo, Dunkerque), ni la pèche sur d'autres bancs (Islande). Il commence avec le départ de deux navires de petit tonnage qui, trois mois après Waterloo, se risquent vers Terre-Neuve, désertée depuis vingt ans à cause des guerres et du blocus. L'épilogue présente sobrement le bilan tragique de la Première guerre mondiale pour les marins et les bateaux fécampois. Entre les deux périodes, cent ans d'efforts, de luttes, de fortunes faites et défaites : la vie des hommes et de leurs entreprises. Des pages écrites par un armateur, un chef d'entreprise qui décrit aussi bien les aléas du marché que la peine des hommes. Les conséquences économiques de l'offre et de la demande, le prix des morues, les tonnages capturés et jusqu'au poids moyen des poissons au cours des années sont étudiés avec autant de minutie que le calvaire des mousses et les affres d'un équipage bloqué sur une banquise. Ces trois tomes, enrichis de nombreuses illustrations et de tableaux statistiques totalement inédits, séduiront les amoureux de l'aventure maritime et les amateurs d'études économiques. Ils raviront ceux qui y retrouveront leurs ancêtres dans les listes de capitaines et d'armateurs et donneront à chacun la nostalgie du souffle puissant de l'aventure humaine. — Léopold Soublin, né à Fécamp en 1904, sort de polytechnique à vingt ans et s’associe avec son père dans l’armement à la pêche et le saurissage du hareng. Président de la Fédération des armateurs de la pêche dès les années cinquante, il représente les armements morutiers dans les débats liés à la crise de la Grande Pêche. Il prend sa retraite en 1966 et se consacre alors à l’écriture d’ouvrages historiques et à l’enseignement du latin. Il meurt en 1993. — "Ce livre monumental est une “somme”, l'œuvre d'une vie." (M. Mollat du Jourdin)

78.              THÉÂTRE EN EUROPE. Théâtre en Europe, n° 8, octobre 1985. Le Mahabharata.  P, Éditions Beba,  1985, in-4°,  144 pp, texte sur 2 colonnes, très nombreuses photos de Gilles Abegg et Pablo Reinoso dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, pt déchirure sans mque au 2e plat, bon état

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Dans ce magnifique numéro consacré en grande partie â la création du Mahabharata de Peter Brook et de Jean-Claude Carrière, on peut lire un entretien avec Georges Dumézil sur le Mahabharata, un texte de Michael Billington qui situe cette épopée dans la démarche de Peter Brook, des textes des artisans et des acteurs sur leur travail. On peut également admirer 150 photos qui nous racontent le spectacle (avec des légendes en anglais et en français). Aussi : « Bernhard Minetti », acteur allemand (réflexions sur son métier et portrait par Rolf Michaelis) ; « Le tombeau de Jean Genet » (sur les différentes mises en scène du Balcon), par Jean-Bernard Moraly ; « Italo Svevo » , par Ginette Herry ; « Théâtre Ouvert » (créé par Lucien Attoun en 1971), des textes de Michel Vinaver, Monique Le Roux et Arlette Namiand. — "Pablo Reinoso, photographe de théâtre dans les années 80, mais surtout sculpteur et designer, est mandaté en 1985 par la revue “Théâtre en Europe” pour capturer les répétitions et représentations du Mahâbhârata, à la carrière de Boulbon : le spectacle retrace, avec une distribution internationale  l’épopée mythico-historique indienne racontant la grande guerre qui opposa les cinq frères Pāṇḍava à leurs cousins, les cent Kaurava. Jouant sur la présence de la falaise et le contraste des matériaux pour accentuer la ritualité de la représentation, ainsi que sur les vertus proprement dramatiques d’un lieu pour la première fois utilisé pour le théâtre, Pablo Reinoso fait transparaitre à travers son objectif une forme indienne qui semble descendue du ciel pour arriver dans les carrières d’Avignon, invitant les communautés à se rassembler au sein de l’ « Espace vide » cher à Peter Brook pour entendre ce poème immémorial et viscéralement scénique." (Maëlle Puéchoultres)

79.              TOVMASSIAN (Stépan). Problèmes philosophiques du travail et de la technique.  Moscou, Editions du Progrès,  1976, in-12,  287 pp, traduit du russe par Antoine Garcia, reliure toile éditeur, jaquette, qqs soulignures crayon, bon état

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Le livre de S. Tovmassian est consacré aux problèmes théoriques fondamentaux de l'évolution du travail et de la technique. On y trouvera une conception marxiste étendue de l'essence du travail et du rôle des moyens techniques dans le développement de la production ainsi que l'analyse des particularités essentielles de la révolution scientifique et technique de notre époque et la critique de certaines théories bourgeoises du travail, des lois du développement de la technique et de la société. L'auteur expose son point de vue sur de nombreux problèmes actuels de la théorie marxiste.

80.              TRIMBUR (Dominique) et Ran AARONSOHN (dir.). De Bonaparte à Balfour. La France, l'Europe occidentale et la Palestine, 1799-1917.  CNRS Editions,  2008, in-8°,  464 pp, 14 photos, 4 cartes, qqs tableaux, broché, couv. illustrée, bon état

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Expédition d'Egypte, réveil de la Palestine, rivalités entre grandes puissances, surenchère d'investissements, établissement de comptoirs, de missions religieuses, développement de programmes archéologiques, de réseaux hospitaliers... Sur fond d'Empire ottoman vieillissant, le regard de l'Occidental sur l'Orient se met à changer. De province reculée, elle devient un enjeu aussi original qu'unique de la diplomatie internationale. 20 études érudites par Esther Benbassa, Catherine Nicault, Jacques Thobie, etc., qui nous racontent avec talent cette mutation appelée à bouleverser la donne mondiale. Un livre passionnant sur la Palestine d'avant les Mandats.

81.              TRIMBUR (Dominique) et Ran AARONSOHN (dir.). De Balfour à Ben Gourion. Les puissances européennes et la Palestine, 1917-1948.  CNRS Editions,  2008, in-8°,  520 pp, 10 illustrations, 9 cartes, 2 plans, qqs tableaux, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La seconde partie de la grande épopée du Proche-Orient. Une somme réunissant les meilleurs spécialistes, par-delà tous les clivages partisans. 1917-1948. Bouleversement au Proche Orient, accélération de l'Histoire, ces trois décennies entraînent une profonde modification des données politiques, géopolitiques, ethniques, sociales, religieuses de la Palestine mandataire. Jusqu'au 14 mai 1948, naissance de l'État d'Israël, conséquence autant de la volonté des hommes que des stratégies internationales et d'une guerre mondiale. Cette période cruciale, dominée par la présence britannique, sur fond de prise de Jérusalem, voit l'émergence des nationalismes juif et arabe palestinien. "Avec l'avènement de l'État juif et le bouleversement qui en découle pour tout le Moyen-Orient, en parallèle à la constitution (ou non-constitution) de véritables entités arabes, l'implication des puissances européennes, sur le modèle qui prévalait depuis plus d'un siècle, n'est désormais plus d'actualité ", écrit Dominique Trimbur. Un livre indispensable pour mieux comprendre le temps présent.

82.              ZAIDMAN (Louise Bruit), Gabrielle Houbre, Christiane Klapisch-Zuber, Pauline Schmitt Pantel. Le corps des jeunes filles, de l'Antiquité à nos jours.  GLM/Perrin,  2001, in-8°,  327 pp, 8 pl. de gravures hors texte, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Au corps des jeunes filles, on demande d'abord la séduction de la beauté et de la grâce, mais aussi la virginité et la chasteté. Du "corps vu" au "corps imaginaire" ou rêvé en passant par le "corps social", ce livre se propose de montrer comment le corps virginal, objet de séduction et de violence, transforme la "nature féminine" en véritable enjeu, et cela dès l'Antiquité jusqu'aux plus récentes décisions politiques. La conquête de l'autonomie du corps de la jeune fille passe parfois par une affirmation ostentatoire qui oscille du nu au dénudé, mais elle s'accompagne aussi de doutes et de souffrances, dans un temps de confusion et de fragilité. Une tenace contradiction existe en effet entre l'idéalisation du corps féminin et la convoitise incessante dont il est l'objet : on le perçoit dans les romans grecs du début de l'ère chrétienne, par exemple, ainsi que dans la littérature des Lumières. Cette contradiction se lit aussi dans l'apprentissage violent du désir masculin : à l'exploitation politique du thème du viol des jeunes filles dans la France de la fin du Moyen Age répond d'une certaine façon le travail théorique autour des canons qui dessinent le modèle esthétique et spirituel de la jeune fille "nouvelle" dans l'Europe occidentale contemporaine. A une époque où le corps de la jeune fille est présenté comme une icône, ce livre en rétablit l'histoire tourmentée.

 

ANTIQUITÉ

 

83.              ALBERTINI (Eugène). L'Empire Romain.  Félix Alcan,  1929, in-8°,  462 pp, une carte dépliante hors texte, biblio, index, reliure toile bleue, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), bon état (Coll. Peuples et Civilisations)

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"Le livre de M. Albertini n'est ni une histoire détaillée des empereurs romains, ni un précis des institutions impériales romaines ; il vise à fixer dans ses traits caractéristiques et dans son évolution la période des quatre premiers siècles de notre ère. Rome, durant cette période, joue le rôle principal et est le centre du monde ; l'Etat romain « représente la forme la plus évoluée de société humaine qui soit alors réalisée ». (...) Toutes ces considérations, et d'autres que je suis obligé de passer sous silence, par exemple celles qui concernent le christianisme, M. Albertini les développe dans des chapitres très clairement ordonnés, écrits en une langue sobre et ferme. Son livre, qu'on a autant d'agrément que de profit à lire, est un tableau singulièrement instructif où ne sont pas seulement évoqués les divers princes, chacun avec sa physionomie propre et les tendances personnelles qu'il a fait prévaloir dans l'administration de l'empire, mais encore et surtout les forces contraires qui le travaillent... C'est bien là de l'histoire, et de la meilleure." (Alfred Merlin, Journal des savants, 1930)

84.              BRUNAUX (Jean-Louis). Nos ancêtres les Gaulois.  Seuil,  2008, gr. in-8°,  300 pp, biblio, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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Les aventures d'Astérix et les souvenirs des leçons d'histoire ont forgé dans nos esprits une image des Gaulois stéréotypée et contradictoire. Entre les guerriers indisciplinés et querelleurs, trop désunis pour résister à la conquête romaine de César, et les druides, prêtres et magiciens adeptes du sacrifice humain, il importait de rétablir la vérité. Jean-Louis Brunaux examine les principales idées reçues sur "nos ancêtres les Gaulois" : pour chacune, il recourt à une documentation précise, et nourrie par les récentes découvertes de l'archéologie. C'est une Gaule désormais libérée de tout préjugé et de toute erreur qui voit le jour. Mais la nouvelle image des Gaulois qui est ainsi offerte, plus proche de la réalité historique, n'en est pas moins fascinante.

85.              CERAM (C. W.). Le Secret des Hittites. Découverte d'un ancien empire.  Plon,  1955, in-8°,  vi-302 pp, traduit de l'allemand, 53 illustrations hors texte, 49 illustrations et une carte dans le texte, chronologie, biblio, index, reliure souple éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. D'un monde à l'autre)

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La découverte des Hittites à travers le récit de campagnes de fouilles en Anatolie au cours des années 1950. — "La renommée de C. W. Ceram, ou si l'on préfère de Κ. W. Marek, ne doit plus être proclamée depuis que des centaines de milliers d'exemplaires de ses "Götter, Gräber und Gelehrte" ont paru en plusieurs langues. Nous ne devons non plus présenter "Le secret des Hittites", dont les illustrations – dans le texte et hors-texte – sont aussi riches et nombreuses que dans les éditions en d'autres langues. Ce qui rend agréable les œuvres de Ceram, c'est que les photos diffèrent toujours en partie d'une édition à l'autre. Si on ajoute à un sujet passionnant et à un style captivant une présentation impeccable, on peut parler d'une réussite." (H. Leclercq, Revue belge de philologie et d'histoire)

86.              CHAMPAGNE (Louis). Vercingétorix.  Dalignan Editeur,  1946, in-8°,  139 pp, préface du général Legentilhomme, 14 illustrations (gravures sur bois) de Marileine Pette, 2 cartes, index des noms propres ceites et latins, broché, bon état

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Ouvrage de vulgarisation pour la jeunesse. L'auteur y traite de la Gaule et des Gaulois, des campagnes de César en Gaule, des insurrections gauloises, du siège d'Alésia et de la fin de Vercingétorix. Il fait se dérouler les évènements d'Alésia à Alise-Sainte-Reine sans la moindre objection ou interrogation. A noter la préface du gouverneur militaire de Paris, le Général Legentilhomme qui fait un parallèle entre la résistance de Vercingétorix et des Gaulois face à César et celle des Français face à Hitler. A noter aussi les belles gravures sur bois de Marileine Pette.

87.              CHAMPOLLION (Jean-François). Panthéon égyptien. Collection des personnages mythologiques de l'ancienne Egypte.  P., Inter-livres,  1994, in-4°,  (95) pp, non paginé, + 89 planches en couleurs hors texte par Léon Jean Joseph Dubois (1780-1846), dessinateur et lithographe, conservateur-adjoint de la section égyptienne et orientale du musée du Louvre, imprimé sur papier fort, reliure cartonnée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Réimpression soignée de l'édition de Paris, Firmin-Didot, 1823, du célèbre ouvrage de Champollion, avec la reproduction de la page de titre et du feuillet de souscription de l'édition originale. — "J'obtins alors, par l'étude attentive de tous les monuments égyptiens qu'il m'a été possible d'examiner, une série très étendue de noms propres hiéroglyphiques de divinités égyptiennes, et les manuscrits sur papyrus m'ont donné les formes hiératiques de ces mêmes noms. Cette recherche m'a fourni d'importantes notions sur le matériel du culte égyptien ; elle m'a conduit à déterminer le rang hiérarchique de chacun des personnages divins figurés sur les monumens de l'Égypte ; enfin je suis convaincu du peu de succès avec lequel on a jusqu'ici appliqué aux représentations des dieux, sculptées sur les temples ou peintes sur les caisses des momies, les noms de divinités égyptiennes que nous ont transmis les auteurs grecs et latins. Les résultats généraux de cette étude seront en partie consignés dans le recueil que je publie sous le titre Panthéon égyptien." (Champollion, Précis du système hiéroglyphique, 1824)

88.              DESROCHES NOBLECOURT (Christiane). Toutankhamon. Vie et mort d'un pharaon.  Hachette,  1966, pt in-8°,  214 pp, 132 illustrations en noir dans le texte, 28 pl. en couleurs hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Dans l'amoncellement des dynasties, des rois, des monuments et de colosses de l'ancienne Egypte, Toutankhamon n'était qu'une ombre sans gloire jusqu'à la fracassante découverte d'archéologues anglais : le 26 novembre 1922, ils forçaient le rempart qui, durant 3265 années, s'était opposé à l'intrusion des vivants dans la demeure de Toutankhamon : le pharaon quittait la légende pour entrer dans l'histoire. Christiane Desroches Noblecourt retrace les étapes de cette découverte et reconstitue la trame de l'existence de Toutankhamon. Nous revivons sa jeunesse, les fastes de son couronnement – il n'avait que neuf ans – et le suivons dans la splendeur de ses palais de Thèbes et de Louxor. Son règne fut éphémère : il mourut aux alentours de vingt ans. Des rites extraordinaires précèdent le « voyage d'éternité » du pharaon : la momification doit transformer le cadavre du roi en un dieu ; à sa portée, d'innombrables objets l'aideront à chasser les démons et à renaître à une existence nouvelle. La magie des rites et le fantastique arsenal funéraire ont rempli leur rôle : l'image de Toutankhamon peut être exposée aux lecteurs de ce livre ; et le texte de Christiane Desroches Noblecourt lui procure cette renaissance qu'il attendait au fond de la Vallée des Rois. — "Toutankhamon, mort à dix-huit ans, a régné sur l'Egypte neuf ans. Il a été enterré dans une tombe qui fut découverte, en 1922, par Carter, celui-ci travaillant pour le compte de Lord Carnarvon. Elle était pratiquement intacte, et la prestigieuse richesse de son mobilier funéraire a rendu célèbre le nom du jeune roi. Très rapidement s'est créée autour de lui une légende : on s'apitoya, d'abord, sur sa mort prématurée, puis, en se fondant sur les représentations des objets trouvés dans sa tombe, on se fit de sa courte vie une image touchante et un peu dramatique, et, enfin, à la mort de Carnarvon, survenue très peu de temps après la découverte de la tombe, on s'imagina que Toutankhamon avait « le mauvais œil », et on parla couramment de la vengeance du Pharaon. Tout cela n'est qu'invention et n'a d'importance que dans la mesure où cette invention a contribué à créer, en ajoutant à la célébrité du roi, l'image qu'on s'est faite de Toutankhamon..." (Jacques Vandier, Journal des Savants, 1967)

89.              EYDOUX (Henri-Paul). Hommes et dieux de la Gaule. Les récentes découvertes archéologiques.  Plon,  1961, pt in-8°,  329 pp, 59 figures et cartes in-texte et 45 photos hors texte, biblio, reliure souple de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. D'un monde à l'autre)

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"Ce livre fait suite aux deux volumes – Monuments et trésors de la Gaule et Lumières sur la Gaule – que j'ai publiés dans cette même collection. Son objet est semblable : présenter les grands chantiers de fouilles archéologiques, où s'écrivent tout  à la fois de véritables romans de la découverte et des pages inédites de notre histoire nationale. Bien qu'elle.soit la science d'un lointain passé, l'archéologie n'échappe pas à l'actualité. Je m'en suis tenu aux chantiers actuellement en cours ou aux découvertes toutes récentes." (Avant-propos)

90.              EYDOUX (Henri-Paul). Monuments et trésors de la Gaule. Les récentes découvertes archéologiques.  Plon,  1958, pt in-8°,  265 pp, préface de Jérôme Carcopino, 42 figures et cartes in-texte et 30 photos hors texte, biblio, reliure souple de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. D'un monde à l'autre)

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"Depuis une vingtaine d'années de nombreuses fouilles ont été entreprises en différents points de la France en vue de mettre au jour maints vestiges de la Gaule indépendante et de la Gaule romaine. En dépit des faibles ressources dont disposent les spécialistes de l'archéologie qui les dirigent, elles ont abouti à des découvertes parfois sensationnelles. Tel est le cas du cratère de bronze exhumé en Bourgogne, à Vix près de Châtillon-sur-Seine, sur lequel M. Jérôme Carcopino a naguère publié une belle étude dans La Revue . C'est aux principales de ces fouilles et à leurs découvertes que sont consacrés les chapitres du livre de M. Henri-Paul Eydoux. L'étude par laquelle il s'ouvre concerne le cratère de Vix trouvé dans une tombe remontant au 6e siècle avant l'ère chrétienne avec d'autres objets précieux. Les études qui suivent sont aussi vivantes et attachantes, qu'il s'agisse des trouvailles faites à Entremont, en Provence, là où s'élevait la capitale de la confédération Celto-Ligure des Salyens; des fouilles exécutées à Paris même dans le Palais des Thermes ; du grand ensemble exhumé à Bavai, dans le département du Nord, entre Valenciennes et Maubeuge, et qui fut un centre routier et stratégique important de la Gaule romaine ; des greniers souterrains d'Arles qui servaient de magasins généraux aux Romains pour les grains, etc. L'exposé de M. Henri-Paul Eydoux évoque mille ans de l'histoire de notre pays." (Revue des Deux Mondes, 1958)

91.              EYDOUX (Henri-Paul). Réalités et énigmes de l'archéologie.  Plon,  1964, pt in-8°,  380 pp, seconde édition augmentée, 143 illustrations in-texte et photos hors texte, biblio, reliure souple de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. D'un monde à l'autre)

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"Ce qui plaît dans les ouvrages d'H.-P. Eydoux, c'est qu'il s'attache toujours et partout, à dégager le fait humain du phénomène observé, à faire revivre l'homme dans ses activités, dans son milieu, dans son développement intellectuel et spirituel. Une courte phrase illustre et définit cette position : « L'archéologue ne saurait être seulement un homme de science ; il doit être aussi un humaniste, s'efforçant non seulement de reconstituer le passé, mais encore de le comprendre et de l'aimer. » Cela dit, cette seconde édition se relit avec plaisir, d'autant qu'elle est considérablement augmentée, en texte et en illustration. Parmi les découvertes récentes, les unes concernant des faits archéologiques importants mais assez limités, au sein d'un contexte ou d'un ensemble déjà connu : c'est le cas du Temple de Mythra à Londres, du dépôt de statues, certaines monumentales, au centre de l'agglomération du Pirée et également du trésor de vaisselle d'argent, d'une très grande richesse artistique, trouvé sur le site d'Augusta Rauracorum (Augst). D'autres concernent de grands ensembles archéologiques ; à ce point de vue, le site gallo-romain de Grand, en pays lorrain, impressionne par l'importance des documents (Grande Mosaïque, Amphithéâtre de 15.000 places, Sanctuaire d'Apollon Grannus) ; à ce dernier temple se rattache, selon toutes probabilités, un épisode capital de l'histoire antique, c'est la vision païenne qu'y eut, en 309 ou 310, l'empereur Constantin, en ce site de Grand, en ce « templum toto orbe pulcherrimum », vision d'un dieu suprême, Apollon. Et c'est deux ans plus tard, en 312, que l'empereur aura une vision nouvelle, qui le décidera à abandonner le culte d'Apollon pour celui du Christ. C'est dire l'intérêt que comporte l'étude du culte d'Apollon à Grand et la recherche du « sanctuaire le plus beau ». Ainsi à côté des réalités archéologiques, – et les moyens modernes et scientifiques permettent d'accroître le champ des prospections et la moisson des résultats, l'A. pose des problèmes non résolus et évoque des énigmes, se demande le pourquoi et le comment des choses ; et ce travail d'analyse et d'interprétation n'est pas un des moindres charmes ni un des moindres intérêt de l'Archéologie." (Revue archéologique du Centre de la France, 1964)

92.              EYDOUX (Henri-Paul). Résurrection de la Gaule. Les grandes fouilles archéologiques.  Plon,  1961, pt in-8°,  420 pp, 57 illustrations in-texte et 41 illustrations hors texte, biblio, reliure souple de l'éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état (Coll. D'un monde à l'autre)

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"Après Monuments et trésors de la Gaule, Lumières sur la Gaule, Hommes et dieux de la Gaule, voici un quatrième volume, de la main de H.-P. Eydoux, consacré à quelques grandes fouilles archéologiques en Gaule. Destinées en premier lieu au grand public, ces pages ne seront pas dédaignées par les spécialistes qui y trouveront des aperçus clairs et simplifiés, quoique basés sur une étude scientifique approfondie. Les lecteurs du nord de la Gaule s'intéresseront surtout aux chapitres consacrés à Auxerre ou à la prospection aérienne dans la région de Sens." (J. Mercenier, L'Antiquité Classique, 1961)

93.              FAURE (Paul). La Vie quotidienne en Grèce au temps de la guerre de Troie, 1250 av. J.-C.  Hachette,  1975, in-8°,  247 pp, biblio, broché, bon état

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Vers 1250 av. J.-C., dans la guerre et les souffrances, le peuple grec prend conscience de sa grandeur et de son unité. Il crée alors une brillante civilisation urbaine, celle des citadelles réputées imprenables. La richesse des classes dirigeantes repose essentiellement sur l'élevage des bovins, des chevaux et des moutons, ainsi que sur le travail, en grande partie imposé aux femmes, d'un stock énorme de laine et de lin, sur le trafic des huiles parfumées et des vins capiteux, sur le mercenariat. À la lumière des tablettes comptables que l'on déchiffre depuis 1952, on entrevoit que l'âge des héros, célébré par l'épopée, fut en réalité, celui de la résistance opposée par tout un prolétariat d'exploités à une administration tatillonne, l'âge aussi du soulèvement de quelques aventuriers. Le cheval de Troie cesse d'être un mythe pour devenir un symbole. — "Le moins qu'on puisse dire de cet ouvrage est qu'il fait le point sur l'ensemble des connaissances que nous possédons d'une grande civilisation, indirectement par le biais des textes poétiques, directement par les témoignages de l'archéologie. La difficulté d'une telle entreprise tient à l'impossibilité de fixer à « Homère » une époque précise, et l'historien en est bien conscient. On comprend dès lors que l'auteur fasse constamment appel au précieux témoignage de ces documents, pour faire revivre sous nos yeux tous les détails de la vie quotidienne d'une société dont les multiples aspects s'éclairent les uns par les autres. Cette présentation de la civilisation « pré-homérique » mérite d'être lue attentivement par tout étudiant adonné à la lecture des poèmes épiques et, en général, par tous ceux qui s'intéressent à une grande civilisation de l'âge du bronze dont la Grèce classique s'est tant inspirée dans sa religion, sa littérature et ses jeux." (André Wartelle, Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1977)

94.              GAUTHIER (Guy). Constantin, le triomphe de la croix.  France-Empire,  1999, gr. in-8°,  299 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Au début du IVe siècle, l’Empire romain décida d’éliminer une bonne fois pour toutes la religion chrétienne qui, venue de Judée, menaçait d’investir l’ensemble de la Romanité. Pendant près de dix ans, les empereurs Dioclétien, Maximien, Galère et Maximin II Daïa s’acharnèrent à détruire le christianisme par une persécution effroyable et jusqu’alors inégalée. Crucifixions, décapitations, noyades, lapidations, pendaisons, tortures de toutes sortes devaient éradiquer la pernicieuse doctrine. En 312, le miracle se produisit. Constantin, Auguste de la Gaule, décida de réunifier l’Empire en s’emparant d’abord de l’Italie. Peu de temps avant la décisive bataille du pont Milvius qui devait l’opposer à son rival le plus dangereux, l’empereur païen Maxence, Constantin vit un phénomène étrange dans le ciel. Il crut d’abord à une manifestation d’Apollon, le dieu protecteur de sa famille, mais fut bientôt persuadé que c’était le Christ qui, en réalité, soutenait son combat. Vainqueur au pont Milvius, Constantin entra dans Rome. Reconnaissant, il fit quérir le chef de la communauté chrétienne, le pape Miltiade, à peine sorti de la clandestinité des catacombes, et l’installa solennellement au palais impérial du Latran. L’aventure fabuleuse de l’Église catholique commençait.

95.              GOGUEL (Maurice). La Naissance du Christianisme. Jésus et les origines du christianisme.  Payot,  1946, in-8°,  607 pp, broché, qqs soulignures et annotations stylo pp. 7-34, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"M. Goguel décrit et explique ici comment est née une foi nouvelle en Jésus vainqueur de la mort et siégeant à la droite de Dieu, et comment cette foi s'est exprimée en une doctrine dont les formes, d'abord diverses, se sont peu à peu rapprochées et interpénétrées vers la fin du 1er siècle. L'immense labeur dont "la Naissance du christianisme" condense les résultats éveille avant tout le respect et l'admiration. Non seulement parce qu'il témoigne d'une rare conscience scientifique, mais encore parce qu'il révèle le dessein d'atteindre objectivement à la vérité. Sans rien refuser aux exigences de la méthode historique, M. Goguel n'oublie jamais qu'il traite d'un problème d'histoire religieuse, et la plus émouvante pour ses lecteurs. On ne trouvera pas dans son livre ces condamnations rapides, ce ton trop léger, au fond ce mépris dédaigneux de la foi, qui déparent souvent les travaux des Loisy et des Guignebert..." (Philippe H. Menoud, Revue de Théologie et de Philosophie, 1947) —  "Ce volume traite l'épanouissement du christianisme primitif dans son ensemble, à l'exception toutefois de toutes les questions concernant l'organisation et la théorie de l'Eglise, ainsi que la discipline et la morale. Celles-ci sont étudiées dans un autre livre intitulé "L'Eglise primitive" (Payot). L'auteur y traite d'abord la naissance et le développement de la foi en la résurrection de Jésus. Une 2e partie examine le judéo-christianisme. Une 3e la formation du pagano-christianismei, tandis que la 4e étudie « la stabilisation du christianisme » et « la formation de la doctrine ». Enfin (5e partie), l'auteur nous donne un aperçu très utile sur les « réactions provoquées par la prédication de l'Evangile ». Cette énumération montre la grande richesse de ce vaste ouvrage de synthèse, très substantiel. Ce qui frappe le lecteur, c'est la solidité de la documentation de l'auteur. Aucune opinion n'est avancée sans être précédée ou accompagnée d'un exposé forcément sommaire, mais suffisant, des problèmes de critique littéraire ou historique, dont elle donne ou présuppose la solution. D'autre part, sa haute impartialité ne se dément jamais. Le lecteur est toujours mis au courant des principales opinions (souvent fort divergentes de celles de l'auteur) des savants contemporains ou plus anciens. Ajoutons que, malgré le nombre considérable de références et de discussions critiques, cet ouvrage a réussi le tour de force de ne jamais fatiguer le lecteur et d'être toujours lisible dans le meilleur sens du terme." (J. Héring, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1948)

96.              GRIMAL (Pierre). La Civilisation romaine.  Arthaud,  1995, pt in-8°,  384 pp, 10 cartes et plans, biblio, index documentaire, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

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Edition brochée "semi-poche" reprenant le texte intégral du livre de Pierre Grimal (1960), mais sans les 229 illustrations en noir, les 10 planches couleurs et les tableaux chronologiques. — "La civilisation de Rome est-elle différente de la nôtre ? Nous en sommes les héritiers, mais connaissons-nous bien notre héritage ? Et que recouvre ce terme de civilisation ? Apparemment, un ensemble complexe de coutumes, de techniques, de règles sociales formulées et informulées, des goûts, un style ou des styles de vie, une manière pour les hommes de s'insérer dans le monde. Aspirations spirituelles et contraintes matérielles s'y affrontent. Dans certaines civilisations, le poids du passé paralyse les forces de vie. A Rome, ces deux forces s'équilibrent, du moins en fut-il ainsi pendant des siècles, où l'on voit se produire une création continue, sans reniement, qui a pour effet (et sans doute pour dessein) de donner à l'homme les moyens d'affirmer et de vivre sa dignité, sa liberté, au sein de la société. Les problèmes romains ne sont jamais très loin de ceux que connaît notre temps. Ils nous aident, sinon à résoudre ceux-ci, du moins à en prendre conscience. Avec ses lumières et ses ombres, ses vertus et ses vices (qu'une tradition méchante se plait à peindre sous les plus noires couleurs), Rome n'en reste pas moins l'un des grands moments de l'Humanité, l'un des plus inspirants et que nous ne saurions oublier sans mutiler le plus profond de notre être."

97.              GROSJEAN (Roger). La Corse avant l'histoire. Monuments et art de la civilisation mégalithique insulaire du début du IIIe à la fin du IIe millénaire avant notre ère.  Klincksieck,  1966, gr. in-8°,  96 pp, une carte, 58 photos, 12 figures, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état

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"Ce livre, d'une excellente qualité iconographique, montre la naissance, la progression, l'apogée et les raisons de la disparition de l'une des dernières grandes civilisations de la Préhistoire corse ; il s'agit de la civilisation mégalithique, – début du IIIe à la fin du IIe millénaire avant J.-C. – , qui a élevé dans l'île les nombreuses sépultures dolméniques, les menhirs, les alignements de menhirs et les très curieuses statues-menhirs uniques en leur genre. L'Auteur, chargé de recherches au C.N.R.S., Directeur du Centre de Préhistoire corse, élève de l'Abbé Breuil – , identifie les statues armées comme étant les représentations fidèles d'ennemis défunts, ceux de la “civilisation torréenne” qui envahit la Corse au cours de la seconde moitié du IIe millénaire. L'on assiste, particulièrement à Filitosa, à l'affrontement de deux entités : une civilisation mégalithique indigène, pastorale et artistique, et la civilisation torréenne, guerrière, qui détruisit la première avant d'élever ses propres monuments. Ces envahisseurs de la Corse entre 1500 et 1000 avant J.-C, navigateurs et constructeurs de monuments en appareil cyclopeen, le plus souvent de forme circulaire ou curviligne (d'où leur nom qui vient de “torre”, la tour) sont apparentés à d'autres peuples des Baléares et de Sardaigne. En fait, R. Gros jeun a poursuivi la détermination et l'identification plus loin : en effet, il n'existe qu'un peuple qui corresponde aux représentations des statues-menhirs armées de Corse, c'est l'un de ces « Peuples de la Mer » qui firent trembler l'Egypte entre le XIVe et le XIIe siècles avant J.-C, les « Shardanes » énigmatiques, mobiles et agressifs. La comparaison entre les représentations des statues-menhirs armées de Corse et les magnifiques bas-reliefs de Medinet-Habu retraçant le combat naval aux portes de l'Egypte vers 1190 avant J.-C, entre la flotte égyptienne et la coalition des Shardanes et des Philistins, est véritablement troublante, par l'identité presque absolue de l'armement offensif et défensif. En tout cas, les statues-menhirs de Corse représentent les premières statues réalistes, naturalistes et monumentales de l'Europe occidentale, puisque antérieures à la statuaire grecque et étrusque. La statuaire corse précéda de bien des siècles la statuaire archaïque classique." (Revue archéologique du Centre de la France, 1966)

98.              HAWASS (Zahi). Images silencieuses. Les femmes dans l'Égypte pharaonique.  Institut du Monde Arabe,  2005, in-4°,  208 pp, abondamment illustré en couleurs, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Epouse de Pharaon, Grande Epouse Royale ou Pharaonne… qui était la femme égyptienne, que savons-nous de sa vie ? Déesse, quel était son rôle dans le monde du divin ? C’est ce que le lecteur est invité à découvrir dans l'ouvrage du Dr Zahi Hawass. Au terme d’un impressionnant travail de recherche et de décryptage, rempli de vie et d’anecdotes inattendues, d’histoires parfois, de faits divers, d’intrigues, et de légendes cosmiques, l’auteur nous plonge dans un monde fascinant. Une promenade au coeur de la société pharaonique pour mettre en évidence le rôle joué de la femme dans l'Egypte antique. — Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition "Pharaon" présentée à l'Institut du Monde Arabe à Paris du 15 octobre 2004 au 10 avril 2005.

99.              HENRY (Victor). La Magie dans l'Inde antique.  P., Ernest Leroux,  s.d. (1909), in-12,  xxxix-286 pp, index, broché, bon état (Dorbon, 2024)

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"L'Inde possède un très antique livre de magie: c'est l'Atharva-Veda. La Samhitâ donne la collection des hymnes magiques, le Kauçikasutra fournit les renseignements nécessaires pour leur emploi. M. Henry, à qui on doit une remarquable traduction de sept livres de la Samhitâ, était mieux que personne en état de nous donner un exposé clair et complet de la magie védique. Après des notions générales sur la magie hindoue, l'auteur étudie les opérations magiques, classées, suivant leur but, en procédés divinatoires, charmes de longue vie et de prospérité, charmes sexuels, rites de la vie publique (paix et guerre), rites antidémoniaques, charmes curatifs, rites expiatoires, rites de magie noire. Il termine par d'ingénieuses considérations sur les rapports de la magie avec le mythe, la religion et la science. Deux index, l'un des textes cités, l'autre des matières, complètent cet excellent livre." (L. Finot, Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, 1904) — "Par la magie dans l'Inde antique, M. Henry entend celle qu'a pratiquée l'Inde védique, à l'exclusion de celle qu'on trouve plus ou moins associée à toutes les religions postérieures et exposée, elle aussi, dans une littérature de caractère sacré ; car nul peuple n'a étalé avec plus de complaisance ce curieux envers de la religion. Dans le culte védique même, l'auteur ne s'attache pas à relever tous les traits d'ordre magique qui en pénètrent la plupart des rites ; il s'en tient de préférence aux pratiques magiques proprement dites, qui nous ont été conservées surtout dans l'Atharvaveda et dans le Kauçikasutra. Mais, dans les limites ainsi tracées, il s'est appliqué à être complet, et il y a réussi dans un espace relativement restreint, en soumettant à une classification méthodique les données que les sources présentent à l'état confus. Je n'ai pas besoin d'ajouter que l'interprétation des sources, quoique dépourvue de tout appareil savant, offre les meilleures garanties. Nous avons ainsi, d'une des faces du culte védique, un tableau brillant et solide." (Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1903) — L'auteur, professeur à la Sorbonne, reprend ici une année de cours sur la magie en Inde. Même sans croire à la magie, chacun doit reconnaître qu'elle a tenu dans la constitution des sociétés primitives et dans le développement même de l'esprit humain un rôle très important. Après avoir donné quelques notions générales sur la magie Hindoue, l'auteur étudie l'art de la divination, les rites pratiqués et les charmes utilisés (charmes de prospérité, charmes sexuels). Il décrit chaque rite et chaque parole prononcée avec précision.

100.          MAYANI (Zacharie). Les Etrusques commencent à parler.  Arthaud,  1961, in-8°,  466 pp, 20 héliogravures hors texte, 80 dessins de l'auteur dans le texte, biblio, index, broché, jaquette illustrée lég. abîmée, bon état

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"La civilisation étrusque nous a livré un ensemble considérable de 9.000 inscriptions, sur lesquelles une trentaine de mots seulement avaient été déchiffrés ; mais l'on était resté jusqu'à présent dans l'ignorance, et de l'origine de ce peuple (oriental ou italique autochtone ?), et de la signification de sa langue... En fait, la reconstitution d'une langue oubliée depuis le début de notre ère demande, suivant l'expression de Mayani « une longue lutte, beaucoup de discernement et beaucoup de persévérance » ; en associant la méthode comparative et la méthode combinatoire, l'auteur a fait précisément preuve d'un tel discernement et a trouvé dans la langue albanaise la clé qui lui a permis d'interpréter de nombreuses inscriptions laissées par un des peuples les plus secrets de l'Antiquité. Ainsi se trouvent élucidés nombre de mots, qui apparaissent en harmonie avec la nature de la fresque ou de l'objet où ces mots sont inscrits; ils nous font pénétrer le milieu étrusque, aussi bien sur le marché que chez le médecin, le prêtre ou l'administrateur, et ils nous font comprendre le sens des paroles prononcées. Certes tout n'est pas devenu facile, mais le silence de la langue étrusque est désormais rompu, ce qui semblait mort est ramené doucement à la vie, tantôt avec une netteté stupéfiante, tantôt sous des aspects encore voilés et imprécis. La valeur d'un tel travail est considérable, tant il est vrai que, au fond, « l'archéologie est la reconstitution de la vie »." (Max Vauthey, Revue archéologique du Centre de la France, 1962)

101.          MONTET (Pierre). Vies des Pharaons illustres.  P., Editions Trismégiste,  1984, gr. in-8°,  236 pp, 19 photos, chronologie des pharaons, broché, couv. illustrée, bon état

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"... L’amour enthousiaste qu’il portait à l’Égypte et l’acharnement sur le terrain par lequel il fit sortir de terre les princes égyptisants de Byblos, les vestiges de Pi-Ramsès mêlés aux ruines de Tanis dont il retrouva des Pharaons peu connus ou inconnus, son attention aux singularités de la vie quotidienne, son refus exemplaire de répéter les idées reçues se retrouvent dans son dernier livre, enfin offert aux lecteurs de langue française qui entendront parler, bien sûr, des vedettes, Hatshepsout, Akhnaton, Toutankhamon et Ramsès II, mais aussi des exploits et des œuvres de pharaons moins connus mais aussi dignes d’intérêt." (Jean Yoyotte)

102.          NICOLET (Claude). Les Idées politiques à Rome sous la République.  Armand Colin,  1970, pt in-8°,  200 pp, chronologie, glossaire, biblio, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. U. Idées politiques)

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Comment les Romains concevaient-ils et jugeaient-ils leur gouvernement ? Dans ce régime fondé sur la parole, l'expression et la discussion d'idées politiques alimentaient d'incessants débats : d'où la richesse de cette étude, de Polybe à Cicéron.

103.          PHILON d'ALEXANDRIE. De Opificio mundi. Introduction, traduction et notes, précédé d'une introduction générale par Roger Arnaldez.  Editions du Cerf,  1961, in-12,  258 pp, texte grec ancien et traduction française en regard, broché, non coupé, bon état (Coll. Les Œuvres de Philon d'Alexandrie)

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"Les études du dernier demi-siècle ont révélé l'influence exceptionnellement importante des doctrines, des méthodes et du vocabulaire de Philon d'Alexandrie sur la théologie, l'exégèse et la » spiritualité » de nombreux Pères de l'Église. L'Introduction générale présente un Philon extrêmement ouvert à tout ce qui peut mettre en relief la valeur essentielle de la Loi : « Le problême posé par l'œuvre de Philon n'est pas celui de comprendre comment un pieux intellectuel a essayé d'accorder le judaïsme et l'hellénisme, comme s'il se fût agi de deux réalités bien arrêtées chacune en soi. Il est plutôt de comprendre comment Philon a mobilisé toutes les forces du judaïsme qui lui semblaient les plus vivantes et les mieux douées pour la pénétration dans le monde païen. A ses yeux, et en cela consiste sa prise de position fondamentale relativement aux diverses tendances juives, ce qui a valeur essentielle, c'est la Loi. Il a senti qu'elle était, dans son pur littéralisme, exposée à mourir ; aussi a-t-il entrepris de lui rendre vie en puisant à la fois dans tout ce que le judaïsme d'alors lui offrait de ressources vitales, et dans tout ce que l'hellénisme lui apportait de moyens d'expression et de diffusion. Ce dont il faut bien se pénétrer, c'est qu'il choisit aussi librement ses matériaux du côté juif que du côté grec. Il ne veut helléniser ni la Bible ni Israël. Il veut que le meilleur de ce qu'a produit le judaïsme à travers toutes ses sectes, et le meilleur de ce qu'a produit la Grèce à travers toutes ses écoles philosophiques concourent à l'épanouissement de la Loi mosaïque dans la pensée, dans les cœurs et dans l'univers » (p. 69)." (René Roques; Revue de l'histoire des religions, 1962)

104.          ROBERT (Jean-Noël). “Eo Romam”. Promenades dans la Rome antique.  Les Belles Lettres,  1980, in-8°,  260 pp, 8 pl. de photos et 7 cartes et plans hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Le monde romain)

            20

"II faut bien comprendre le but de cet ouvrage. Ce n'est pas une sorte de guide bleu, qui décrirait les monuments de la Rome antique. Il s'agit d'une initiation préalable à une visite de la ville éternelle, qui narre ses origines, son histoire, sa façon de penser et de vivre jadis, et qui enfin montre rapidement les principaux sites anciens, avec des photographies et des cartes à l'appui. Des textes d'auteurs latins interviennent très souvent. Le visiteur cultivé se trouvera donc familiarisé avec la République et l'Empire, quand il commencera son exploration. Sur le chapitre de la protohistoire, G. Dumézil pèse de tout son poids. Nous aimons cette importance accordée à la civilisation étrusque, qui apparaît de plus en plus sous la pioche et le grattoir des archéologues. Quant aux Romains eux-mêmes, on nous les révèle disciplinés, religieux et pratiques. Le portrait de Marcus Cornélius Rufus reprend les traits d'un heureux richard et fait quelque peu oublier le sort des esclaves que nous dépeignent d'autres pages. L'auteur rend service aux innombrables voyageurs, jeunes ou plus âgés, qui utilisent aussi leurs loisirs et leurs déplacements pour acquérir de nouvelles connaissances." (A. Wankenne, Revue belge de philologie et d'histoire, 1981)

105.          SÉNÈQUE. De la tranquillité de l'âme. Précédé d'un essai de Paul Veyne.  Rivages,  1988, in-12,  153 pp, traduit du latin par Colette Lazam, broché, bon état (Petite Bibliothèque Rivages)

            10

De la tranquillité de l'âme ne ressemble guère à un livre de philosophie tel que nous le concevons de nos jours. La tranquillité n'est pas un terme technique. Elle est un problème de vie spirituelle et mystique. Cette question est d'autant plus pertinente qu'elle s'adresse à l'individu ou au sujet qui ne compte plus que sur lui-même et sait qu'il ne peut pas se fier à une nature, à l'histoire ou à la vérité. Ce texte est précédé d'un long et brillant essai de Paul Veyne (58 pp).

106.          THIERRY (Amédée). Histoire des Gaulois depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'entière soumission de la Gaule à la domination romaine.  P., A. Sautelet et Cie, Alexandre Mesnier,  1828, 3 vol. in-8°,  lxxi-408, 414 et 515 pp, reliures demi-veau glacé havane, dos lisses avec titres dorés, filets dorés et fleurons à froid, tranches jaspées (rel. de l'époque), anciennes étiq. de bibl. au bas des dos, coiffes très  lég. frottées, bon état. Edition originale (Vicaire VII, 811), finement reliée et quasiment exempte de rousseurs, ce qui est rare

            250

Edition originale de cet ouvrage fondateur des études sur la Gaule, dédié par Amédée Thierry (1797-1873) à son frère Augustin. Par de longues descriptions teintées de romantisme épiques, il donne corps aux ancêtres et souligne la parenté entre les Gaulois et ses contemporains. « La nation trouve ses origines avec les Gaulois et Vercingétorix devient avec cet ouvrage le défenseur de l’indépendance de la Gaule. L'œuvre d’Amédée Thierry restera une référence pendant tout le XIXe siècle. » (Ch. Goudineau) — Un livre fondateur, puisque c'est lui qui « invente » en quelque sorte le personnage de Vercingétorix, un chef arverne dont Amédée Thierry fait le héros magnifique d'une saga tragique, celle du peuple gaulois résistant à l'opposant romain. Le livre en son temps sera un best-seller, qui vaudra un poste de professeur d'université à son auteur, avant que celui-ci n'entame une longue carrière de préfet puis de sénateur. Pendant des générations, il sera considéré comme un classique, l'un des premiers chapitres du roman fondateur de l'identité française. Aujourd'hui, il n'est plus lu que par quelques chercheurs qui s'en régalent entre initiés... (Catherine Golliau, Le Point, 3 oct. 2017)

107.          TOMPROPOULOS (Marie). Description complète d'Olympie.  Athènes, Cacoulidès,  s.d. (1960), in-12,  53 pp, + 30 pl. de photos hors texte, un plan et 2 figures, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            15

108.          VERTOT (René Aubert, seigneur et abbé de). Histoire des révolutions arrivées dans le gouvernement de la République romaine.  Besançon, Impr. de Charles Deis,  1829, 2 vol. in-12,  ix-458 et 420 pp, jolies reliures plein veau naturel marbré, dos lisses très ornés de fleurons et filets dorés, pièces de titres et de tomaison basane verte et carmin, tranches marbrées (rel. de l'époque), coins émoussés, bon état

            50

Après le grand succès de ses premiers livres, L’Histoire des révolutions du Portugal, de Suède, on assurait qu’il n’y avait pas de plus belle plume dans le royaume pour écrire l’histoire, de l’avis non seulement d’autres historiens, comme Bouhours, mais même de madame de Sévigné ; Vertot se lança dans son œuvre favorite : L’Histoire des révolutions romaines. Vertot n’ajouta rien à ce qui avait été écrit, ne fit pas de recherches particulières si ce n’est de compilation, et il conçut l’histoire romaine comme une grande tragédie, telle finalement qu’on la voyait à cette époque, et on saisit plus aisément dans cette œuvre que Vertot aimait essentiellement à peindre et raconter. — Vertot, dans son Histoire des révolutions arrivées dans le gouvernement de la République romaine (1719) appelle « révolution » tout changement, important ou non, survenu dans l’histoire politique de cet État. — "Son oeuvre favorite à laquelle il travaillait avec le plus de goût et de chaleur, c'était l'Histoire des révolutions de la république romaine. Il ne faisait pas de recherches nouvelles sur l'histoire de Rome. Il ne s'efforçait pas, comme on a fait au XIXe siècle, de découvrir à travers la couleur épique dont la poésie, les traditions, les historiens eux-mêmes ont revêtu les annales de la maîtresse du monde, quelles furent ses véritables origines, son état social, son gouvernement et ses lois aux diverses époques. Il prit pour véritable cette Rome telle que nos études classiques l'ont créée dans notre imagination. Il aimait à raconter et à peindre, l'histoire lui apparaissait sous son aspect dramatique, Il écrivit les révolutions de Rome comme Corneille composait ses tragédies et il prenait la chose si fort à coeur, qu'on le voyait fondre en larmes à l'Académie en lisant le discours de Veturia à Coriolan. Ainsi c'est surtout le talent du récit qu'il faut chercher dans son livre. Ces remarques ne sont donc pas une critique des histoires de l'abbé de Vertot. Il fut conforme à son temps. Encore aujourd'hui, la vérité de ses impressions, le naturel et la chaleur de son langage, l'honorable indépendance de ses jugements nous font concevoir les grands succès de l'abbé de Vertot et nous portent à les ratifier. Les Révolutions romaines lorsqu'elles parurent, en 1719, obtinrent un applaudissement général. Le succès ne fut pas moindre en Angleterre qu'en France. Lord Stanhope, ministre du roi George Ier d'Angleterre, écrivit à l'abbé de Vertot de la manière la plus flatteuse et s'adressa à lui comme à l'écrivain qui pourrait le mieux éclaircir les doutes qu'il avait sur la formation du sénat de Rome. La réponse donne peu de lumières sur cette question, mais une telle correspondance atteste la place que l'auteur avait prise dans le monde littéraire."

             

MOYEN AGE

 

             

109.          BOURASSIN (Emmanuel). La France anglaise, 1415-1453. Chronique d'une occupation.  Tallandier,  1981, in-8°,  320 pp, 16 pl. de gravures hors texte, une carte, un tableau généalogique, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française - Prix Monseigneur Marcel 1982)

            25

"Le travail d'E. Bourassin sur la France anglaise peut rendre des services et de surcroît sur l'histoire d'une région occupée par l'ennemi et sur laquelle nous savons peu : une fois éliminés des rapprochements trop faciles avec notre temps, un chauvinisme un peu anachronique, on aura sur la société paysanne, quelques fois par lettres de rémission interposées, d'utiles aperçus." (Robert Fossier, Revue Historique, 1984)

110.          BOURASSIN (Emmanuel). Les Chevaliers. Splendeur et crépuscule, 1302-1527.  Tallandier,  1995, in-8°,  240 pp, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Pourquoi l'institution chevaleresque, si antique que ses origines se perdaient dans la nuit des temps, pourquoi la chevalerie, si florissante au XIIe et au XIIIe siècles, au temps de Frédéric Barberousse, de Richard Coeur de Lion, puis de Saint-Louis, a-t-elle décliné durant les siècles suivants ? Elle scintillait comme l'Excalibur du roi Arthur : avec l'Eglise des cathédrales et des grands monastères, elle était le phare du Moyen Age à son apogée. (...) C'est cette splendeur puis ce crépuscule que nous raconte E. Bourassin avec une parfaite maîtrise et une verve qui trouve à s'exercer brillamment dans les récits de batailles, les joutes politiques et les sortilèges d'une fascinante histoire de décadence. — "Emmanuel Bourassin a eu la bonne idée de publier ce livre qui nous conte, chapitre après chapitre, et au fil des événements, la magnifique et pathétique histoire de l'apogée et du déclin de la chevalerie occidentale au cours des deux derniers siecles du Moyen Âge, en poussant une pointe jusqu'au premier quart du XVIe siècle. On y trouve Courtrai (1302), cette bataille dite des Éperons d'or, parce que les Flamands, y ayant défait les troupes françaises, leur avaient pris ces pièces de métal fixées au talon des cavaliers et avaient pour la première fois rabaissé la morgue de chevaliers trop sûrs d'eux et de leur supériorité, comme si la victoire sur des bourgeois et des gens du commun ne pouvait leur échapper. De cette prétention, les archers anglais n'allaient pas tarder à profiter, dès le début de la guerre de Cent ans, pour terrasser la lourde chevalerie française à Crécy (1346), Poitiers-Maupertuis (1356), Azincourt (1415)." (François Sarindar)

111.          CAHEN (Claude). L'Islam des origines au début de l'empire ottoman.  Hachette,  1995, in-8°,  416 pp, biblio, index, reliure cartonnée de l'éditeur, bon état

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1. Les Arabes avant l'Islam. 2. Mahomet. 3. La fondation de l'empire arabo-islamique. 4. La période omayyade (660-750). 5. L'évolution des esprits au milieu du VIIe siècle : la "révolution abbaside". 6. Le premier siècle abbaside. 7. L'élaboration d'une culture nouvelle. 8. Economie et société dans le monde musulman classique (jusqu'au XIe s.) 9. L'armée et les transformations politiques et sociales (milieu IXe s. - milieu Xe s.) 10. L'évolution des mouvements politico-religieux (milieu IXe s. - milieu Xe s.) 11. Morcellement politique et apogée culturel du monde musulman médiéval. 12. La culture musulmane du milieu du IXe au milieu du XIe siècle. 13. Du XIe au XIIIe siècle : les nouveaux empires, l'évolution sociale et culturelle. 14. Des Mongols aux Ottomans. — "Présentation aisée des origines et des grands siècles classiques de l'islam jusqu'au XVe siècle. À l'histoire politique et culturelle, I'auteur conjoint les facteurs économiques et fiscaux. En cernant les retards de l'orientalisme longtemps centré sur les problèmes de la langue et de l'idéologie, il s'efforce de promouvoir une histoire de l'Orient qui serait homothétique à celle de l'Occident, et contribuerait à combler leurs décalages érudits et humains. Bibliographie. Index." (Jean-Paul Charnay, Archives de sociologie des religions)

112.          CALMETTE (Joseph). Le Monde féodal.  PUF,  s.d. (1934), pt in-8°,  lii-490 pp, avant-propos de S. Charléty, biblio, index, reliure demi-basane acajou mordorée, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés, C. d'une bibl. de garnison, bon état (Coll. Clio)

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"Un excellent manuel... Le texte proprement dit est excellent. Il se répartit en 8 chapitres embrassant l'histoire du moyen âge, depuis les invasions jusqu'aux croisades : 1. Les Peuples et les États nouveaux (pp. 1-54), 2. Le vieil empire : Byzance (pp. 55-94), 3. Le nouvel empire : du renouveau carolingien au Saint Empire germanique (pp. 95-153), 4. Les nouvelles conditions politiques et sociales de l'Occident (pp. 154-210), 5. L'organisation de la chrétienté (pp. 211-253), 6. Les rapports du spirituel et du temporel (pp. 254-306), 7. France et Angleterre. La rivalité des Capétiens et des Anglo-Normands (pp. 307-370), 8. L'offensive chrétienne contre l'Islam (pp. 371-434). Le plan paraît judicieux. On a, avec raison à notre sens, adopté le cadre politique. On doit féliciter l'auteur d'avoir fixé l'attention sur des régions d'un haut intérêt historique, mais qui sont fréquemment négligées, telles notamment l'Espagne et les pays slaves." (Charles Verlinden, Revue belge de philologie et d'histoire, 1935)

113.          Collectif – ROSER (Sandrine) et autres. La sculpture du XVe siècle en Franche-Comté, de Jean sans Peur à Marguerite d'Autriche.  Amis des musées du Jura,  2007, gr. in-8°,  344 pp, 85 photos en couleurs à pleine page, 71 photos en noir et en couleurs dans le texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Il y a dans cette église (Saint-Hippolyte de Poligny) quelques morceaux qui paraissent dignes d'être remarqués ; (…...) Il y en a plusieurs autres que le défaut du goût avait fait déplacer, ou défigurer par un misérable enduit. L'estime que l'on en faisait est allée jusqu'à les regarder dignes du ciseau des plus grands maîtres." (François-Felix Chevalier, Mémoires historiques sur la ville et seignerie de Poligny, tome 1, Lons-le-Saunier, 1767). Ce constat peut être appliqué à une majeure partie de la sculpture franc-comtoise pour la période 1404-1530. Le patrimoine sculpté conservé dans les églises de l'ancien comté de Bourgogne est effectivement remarquable et pourtant fort méconnu de nos jours du grand public. Aussi, cette publication se propose d'en faire découvrir une des périodes les plus prestigieuses, par la somptuosité de l'art qui se manifesta au XVe siècle et au début du siècle suivant. Ce fut souvent grâce à de grands commanditaires, le duc-comte de Bourgogne Jean sans Peur en premier lieu, mais aussi Jean Chousat, gouverneur des finances ducales, Jean Langret, évêque de Bayeux, Amé de Chalon, abbé de Baume-les-Messieurs, Jean Chevrot, chef du conseil ducal, ou d'autres encore, que purent s'exprimer les artistes de ce temps. Dans la continuité des chefs-d'oeuvre de la collégiale Saint-Hippolyte de Poligny, des établissements religieux comme ceux de Château-Chalon, Baume-les-Messieurs, Dole et Salin-les-Bains mais également des chapelles privées et de simples paroissiales furent ornés à leur tour de sculptures de qualité. Les églises du Jura, et plus modestement du Doubs ainsi que de Haute-Sâone, conservent un ensemble statuaire remarquable dont la majeure partie relève de l'influence bourguignonne, et notamment des grands sculpteurs que furent Claus Sluter, Claus de Werve, Jean de La Huerta et Antoine le Moiturier. D'autres courants stylistiques, germaniques ou champenois, ont également marqué ce territoire de leur empreinte artistique. Au total, quatre-vingt cinq statues ou groupes sculptés sont répertoriés et étudiés dans ce catalogue, provenant d'une quarantaine d'églises ou institutions, certaines notices rendant compte des derniers résultats des recherches menées par des universitaires. Ce corpus illustre avec authenticité l'analyse de fonds mené par Sandrine Roser, historienne de l'art médiéval, visant à mettre en lumière la richesse et la diversité de cette statuaire à redécouvrir. — "Le Musée de Dole propose une ambitieuse manifestation consacrée à la sculpture en Franche-Comté. Cette région relevait, au XVe siècle, du même duché de Bourgogne et plusieurs centres furent particulièrement riches en œuvres, notamment Poligny et Baume-les-Messieurs. Claus Sluter, le fondateur de cette école bourguignonne, n’a pas laissé de sculptures en Franche-Comté. L’exposition commence donc avec son neveu Claus de Werve. Nous devrions d’ailleurs dire les expositions puisque, outre Dole, la ville de Poligny s’associe à la manifestation en exposant dans la Chapelle de la Congrégation, un second ensemble de statues provenant de la région. Le visiteur devra également se rendre à la Collégiale de la même ville, qui renferme in situ de nombreuses sculptures de la même époque. Il y a, en revanche, un seul catalogue, qui inclut toutes les œuvres en privilégiant une approche à peu près chronologique et par atelier. Ainsi, les sculptures attribuables avec une bonne probabilité à Claus de Werve lui-même font l’objet des premières notices..." (Didier Rykner, la Tribune de l'Art, 2007)

114.          DUBY (Georges). Guerriers et paysans. VIIe-XIIe siècle, premier essor de l'économie européenne.  Gallimard,  1973, in-8°,  308 pp, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Dans cet essai de synthèse, où une impeccable et discrète érudition nourrit une longue familiarité avec tous les aspects de l'histoire médiévale, Georges Duby a recherché, parmi ce que l'on peut connaître des conditions écologiques, démographiques, technologiques et des structures de la société, les facteurs du développement économique dont l'Europe occidentale fut le lieu entre le VIIe et la fin du XIIe siècle. Il ressort de cette vaste enquête sur le premier essor de l'économie occidentale que l'élan de croissance a été animé, essentiellement dans une première phase, par les activités militaires dont l'aristocratie tirait alors tous les profits, et qu'il le fut, dans une seconde phase, par le labeur des paysans que stimulait le pouvoir seigneurial. Tous les aspects de ce lent progrès sont ici analysés.

115.          DUBY (Georges). Le Moyen Age. De Hugues Capet à Jeanne d'Arc, 987-1460.  Hachette,  1988, in-4°,  357 pp, abondamment illustré en noir et en couleurs, 13 cartes et généalogies, chronologie, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée en couleurs, bon état (Coll. Histoire de France Hachette, 1)

            40

"Mon but est de montrer comment l'Etat émergea peu à peu de la féodalité. Evidemment, l'évolution politique prend place au sein d'un ensemble. Elle ne saurait être isolée. Aussi ai-je veillé attentivement à ce que demeurent présents à l'esprit tous les changements qui déterminent cette évolution et sur lesquels elle retentit (...). Je dois (...) avertir de deux partis que j'ai pris. Je n'ai pas hésité à m'arrêter à certains événements. La relation qu'on en a faite à l'époque projette une brusque lumière sur la conjoncture et sur les structures profondes : par l'événement nous touchons à la vie même. J'ai voulu d'autre part me tenir constamment au plus près des témoignages. Mon ambition est en effet de restituer autant qu'il est possible l'image que les hommes de ces temps lointains se faisaient de leur situation dans le monde. Ce monde, je cherche à l'entrevoir par leurs yeux." (G. Duby)

116.          DUFOURCQ (Charles-Emmanuel). La Vie quotidienne dans les ports méditerranéens au Moyen Age (Provence, Languedoc, Catalogne).  Hachette,  1975, in-8°,  245 pp, sources, biblio et notes, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Spécialiste des pays du Levant espagnol et des civilisations marchandes de l'Occident méditerranéen, auteur d'une thèse remarquée sur les "Relations entre l'Espagne catalane et le Maghreb aux XIVe et XVe siècles", Ch.-E. Dufourcq aborde ici des foyers de vie marchande très particuliers, longtemps négligés des historiens de l'économie médiévale, plus intéressés évidemment par les grandes républiques d'Italie. Cette frange littorale, de Marseille à Barcelone, a pourtant connu une activité maritime intense, originale ; ses ports ont participé d'une façon décisive à l'expansion du commerce occidental vers l'Orient au temps des Croisades et, surtout, vers les pays musulmans du Maghreb ; les hommes de Barcelone et de Majorque ont, sans conteste, ouvert bien des routes nouvelles dont d'autres ont tiré d'importants profits, passé le temps des aventuriers et des pionniers. Navigateurs avant tout, transporteurs pour d'autres parfois, pirates aussi, ces marins provençaux et catalans sillonnaient toutes les mers. Les hommes d'affaires des ports les plus actifs, ceux qui négligeaient la pêche et la course, armaient galées  et nefs pour de lointains commerces, ceux des laines, des draps, des toiles et du corail ; ils recevaient les épices d'Orient, le coton et les soieries, tous les objets de luxe que réclamait une aristocratie maîtresse de terres, de palais, de navires et d'industries." (Jacques Heers, Revue Historique, 1976)

117.          DUPARC (Pierre). Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d’Arc. Tome IV. Traduction établie et publiée par Pierre Duparc.  P., Klincksieck,  1986, gr. in-8°,  238 pp, broché, bon état

            30

Edités par la Société de l'Histoire de France, les tomes I et II du "Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc" contiennent le texte latin ; les tomes III et IV la traduction en français ; le tome V une étude du procès et de ses commentaires juridiques et une contribution historique à la biographie de Jeanne d'Arc, ainsi que les index. Ce tome IV comprend en particulier la traduction des enquêtes de 1456 faites à Orléans, Paris, Rouen et Lyon.

118.          DUPARC (Pierre). Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d’Arc. Tome V : Etude juridique des procès. Contribution à la biographie de Jeanne d’Arc.  P., Klincksieck,  1988, gr. in-8°,  xx-310 pp, sources, bibliographie, index, broché, bon état

            50

Les tomes I à IV du "Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc" contiennent le texte latin (tomes I-II) et la traduction en français (tomes III-IV), établis et publiés par P. Duparc.

119.          LASSUS (Jean). La Forteresse byzantine de Thamugadi. Fouilles à Timgad 1938-1956. I.  Editiond du CNRS,  1981, in-4°,  251 pp, 186 photos et plans, un grand plan d'ensemble de la forteresse dépliant hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Timgad ou Thamugadi, surnommée la « Pompéi de l'Afrique du Nord » est une cité antique située sur le territoire de la commune éponyme de Timgad, dans la wilaya de Batna dans la région des Aurès, au Nord-Est de l'Algérie. La forteresse de Thamugadi, construite par le général byzantin Solomon, que Jean Lassus présente dans ce volume, a été édifiée sur un grand sanctuaire romain, dédié aux dieux protecteurs d'une source, et embelli par Caracalla. A 250 mètres au sud de Timgad s'élève ce monument impressionnant, plus vaste et plus massif qu'aucun de ceux de la ville romaine. C'est une forteresse, qui mesure, hors tout, dans ses plus grandes dimensions, 120 m sur 80. Il s'agit d'une construction byzantine, construite, ou inaugurée, entre le 1er avril 539 et le 1er avril 540. Les fouilles du Fort byzantin et du sanctuaire de la source ont été entreprises en 1938 par Louis Leschi, directeur des Antiquités de l'Algérie...

120.          LÉVIS MIREPOIX (Duc de). Jeanne de France, fille de Louis XI. La Cendrillon des Valois.  Flammarion,  1943, in-12,  247 pp, broché, couv. illustrée, dos lég. abîmé, bon état

            20

"Quelle triste et émouvante histoire que celle de la bienheureuse Jeanne de France, fille cadette de Louis XI ! Peu de princesses menèrent une vie aussi méprisée, aussi effacée, que cette « Cendrillon capétienne » dont la disgrâce physique était cependant rachetée par des dons d'intelligence et de cœur qui eussent dû lui mériter un meilleur sort. Éloignée de la cour par son père, séparée de sa mère, l'enfant avait grandi, dans la solitude, au château de Linières, en Berri. Se sachant fiancée par le roi à son cousin Louis d'Orléans, elle avait pu espérer connaître un jour le bonheur. Aussi son humiliation et sa détresse furent-elles immenses lorsque, aussitôt après son mariage, elle se vit abandonnée par le jeune prince qui, engagé contre sa volonté la plus formelle dans une alliance qui lui répugnait, était bien décidé à faire reconnaître la nullité de son union dès que les circonstances le permettraient. Après comme avant le mariage, la jeune princesse vécut donc seule à Linières, où le duc d'Orléans ne faisait que de rares et brèves apparitions. La mort de Louis XI permit à sa fille de reparaître à la cour. Jeanne de France eut alors l'occasion de faire œuvre de diplomatie et d'intelligente bonté en manœuvrant entre « le pouvoir » représenté par Charles VIII et Anne de Beaujeu, et « l'opposition » qui avait à sa tête le duc d'Orléans. Malheureusement cette trêve fut courte et, dès l'avènement de Louis XII, Jeanne, qui n'avait même pas été invitée au sacre, comprit qu'elle ne serait jamais reine de France. L'un des premiers actes du nouveau roi fut, en effet, de solliciter du pape Alexandre VI l'ouverture d'un procès canonique. M. le duc de Lévis-Mirepoix s'étend assez longuement sur les diverses phases de ce procès, ainsi que sur les motifs invoqués en faveur de la nullité du mariage, motifs dont le principal, la violence imposée au duc d'Orléans, était suffisant à lui seul pour rendre aux deux parties leur liberté. On sait la suite de l'histoire : tandis que Louis XII épousait Anne de Bretagne, Jeanne de France se retirait dans le duché de Berri que le roi venait de lui donner en apanage et y fondait, à Bourges, l'ordre de l'Annonciade. Sa connaissance approfondie de l'époque et du milieu dans lesquels se meuvent ses personnages, son style élégant ont permis à l'auteur de faire de cette courte biographie une œuvre agréable qui sera appréciée du grand public." (Françoise Lehoux, Revue d'histoire de l'Église de France, 1944)

121.          MADARIAGA (Salvador de). Christophe Colomb.  Club du Livre d'Histoire,  1957, in-8°,  534 pp, traduit de l'anglais, 20 portraits, gravures et cartes hors texte, notes, imprimé sur offset blanc de luxe, reliure demi-basane carmin de l'éditeur, dos à 3 faux-nerfs, titres dorés, gardes illustrées, bon état

            25

"Il existe un grand nombre de livres sur Colomb. Mais le découvreur lui-même est resté un personnage fort mystérieux. Après quatre cents ans, on se demande toujours où et quand il est né et quel était son vrai nom ; des doutes subsistent sur les circonstances de son arrivée au Portugal, de son départ pour la Castille, sur ses relations avec le roi et la reine de ce pays. Sa langue, sa religion elles-mêmes posent des problèmes. Comment ce pauvre étranger réussit-il à réunir une flotte pour s'élancer sur l'océan inconnu, après avoir arraché au roi Ferdinand et à la reine Isabelle des promesses exorbitantes ? Comment, après avoir connu la plus haute gloire, fut-il contraint de revenir en Castille les fers aux pieds ? A ces questions répond Salvador de Madariaga dans l'œuvre capitale qu'il a publiée sur le génial aventurier et dont la vie s'explique, lui semble-t-il, par ses origines. Pour Salvador de Madariaga, en effet, Cristóbal Colón était un juif espagnol dont la famille avait émigré à Gênes à la fin du XIVe siècle. Bien d'autres points d'histoire encore obscurs sont éclaircis tout au long des pages de cette oeuvre. Plus prenante que bien des romans, cette biographie de Colomb s'adresse à tous les publics." (Hommes et mondes, 1952)

122.          MANTEUFFEL (Tadeusz). Naissance d'une hérésie : Les adeptes de la pauvreté volontaire au Moyen Age.  P. et La Haye, Mouton,  1970, gr. in-8°,  113 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

            25

L'auteur se propose d'étudier comment une attitude toute religieuse, et parfaitement orthodoxe dans son essence, l'adhésion volontaire à la pauvreté, débouche dans l'hérésie. Il s'appuie pour ce faire sur l'analyse des quelques étapes les plus significatives d'un mouvement qui ne cesse en réalité d'agiter l'Église médiévale surtout à partir du XIe siècle. — "L'ouvrage de T. Manteuffel, paru en Pologne dès 1963, se recommande par sa concision et sa clarté : en une centaine de pages souvent denses, l'A. passe en revue les divers mouvements religieux qui firent une place à la pauvreté volontaire entre le XIe et le XIV siècle. Certains demeurèrent dans l'orthodoxie, comme les patarins milanais ou les ermites de la France de l'Ouest dont Robert d'Arbrissel est le meilleur représentant ; d'autres glissèrent vers l'hérésie, comme Arnaud de Brescia ou les Vaudois. Avec saint François et l'ordre des frères mineurs, la pauvreté volontaire paraît trouver sa place dans l'Eglise et y obtenir un statut reconnu. Pourtant, dès le début du XIVe siècle, le divorce est consommé : après les condamnations de Fra Dolcino, des Spirituels et des béguins, les adeptes du refus de la propriété sont systématiquement persécutés et finissent souvent sur le bûcher." (André Vauchez, Archives de Sciences Sociales des Religions, 1971)

123.          PÖRTNER (Rudolf). La saga des Vikings.  Fayard,  1974, gr. in-8°,  420 pp, traduit de l'allemand, illustrations, 34 illustrations sur 20 pl. hors texte, 18 cartes et 10 figures dans le texte chronologie, biblio, reliure éditeur, jaquette illiustrée, bon état

            25

Bien écrit, bien documenté, cet ouvrage traite de tous les aspects importants, et déroutants de ces peuples, de leur cruauté et des conceptions mythologiques, des réalisations artistiques prodigieusement élaborées, qui s'inscrivent dans une spiritualité indissociable de la nature. Les relations familiales, la place de l'homme et de la femme dans la société, la notion d'amitié, figurent en bonne place, avec cette poésie étrange, ce goût particulier de l'emphase et des métaphores.

124.          ROD (Edouard). Dante.  P., Société française d'imprimerie et de librairie (ancienne Maison Lecène, Oudin et Cie),  s.d. (1891), in-8°,  237-(3) pp, 8 gravures hors texte, reliure demi-basane verte à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés de doubles filets dorés, auteur, titre et fleurons dorés, doubles filets dorés sur les plats, fer doré "Lycée Janson de Sailly" au 1er plat, tête dorée (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Nouvelle collection des classiques populaires)

            25

"On sait le plan excellent de ces volumes qui joignent à une étude biographique une analyse entremêlée de citations des œuvres les plus importantes d'un écrivain. Cette forme est la seule sous laquelle on puisse espérer donner à la majorité des jeunes garçons une idée un peu complète des principaux auteurs français ou étrangers ; et ils apprendront ainsi bien mieux à les connaître qu'en lisant les critiques littéraires les plus développées ou les plus délicates. Celles-ci viendront à leur heure quand l'esprit et le goût seront plus formés et que l'on aura lu les œuvres elles-mêmes. Le livre de M. Rod donne une analyse fidèle, complète et émue de la Divine Comédie, et il fournira à d'autres qu'aux écoliers l'occasion de faire connaissance avec l'ensemble de ce poème incomparable où survit l'âme même du moyen âge." (Gabriel Monod, Revue Historique, 1891)

125.          SCHNERB (Bertrand). L'Etat bourguignon, 1363-1477.  Perrin,  2003, gr. in-8°,  474 pp, une carte, tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Entre le milieu du XIVe et la fin du XVe siècle, les quatre ducs de Bourgogne de la Maison de Valois, Philippe le Hardi (1363-1404), Jean sans Peur (1404-1419), Philippe le Bon (1419-1467) et Charles le Téméraire (1467-1477) ont rassemblé sous leur autorité un vaste ensemble territorial, entre le royaume de France et l'Empire, s'étirant du duché de Bourgogne, au sud, jusqu'à la Hollande et à la Frise, au nord, en passant par la Flandre et l'Artois. Dans ce cadre, les ducs ont forgé, en un peu plus d'un siècle, des institutions spécifiques et un Etat original dont Dijon, Bruxelles, La Haye et Lille furent les "capitales administratives". Autour des ducs de Bourgogne se sont développées une Cour, une société, une culture, dont l'éclat et le prestige ont impressionné les contemporains. Sur le plan politique, les princes de la Maison de Bourgogne ont fondé une puissance qui, dans le cours du XVe siècle, s'est affirmée comme souveraine. Les ducs eux-mêmes ont été des acteurs essentiels de la grande politique européenne et sont intervenus dans des affaires aussi importantes que le conflit franco-anglais (la "guerre de Cent Ans") ou la croisade contre les Turcs. Les contemporains ont été frappés par la rapidité de l'effondrement de cette "puissance bourguignonne" à l'époque de Charles le Téméraire. L'échec final de ce prince, en 1477, conduisit à la ruine de l'Etat bourguignon, mais le mariage, la même année, de son unique héritière, Marie de Bourgogne, avec Maximilien de Habsbourg, ouvrit un nouveau chapitre de l'histoire européenne. Bertrand Schnerb nous donne la première synthèse sur le sujet parue en langue française depuis plus de vingt ans. S'appuyant sur des documents essentiels issus en partie de ses recherches personnelles, utilisant les travaux universitaires français et étrangers les plus récents, éclairant nombre de débats historiographiques, son ouvrage sera pour longtemps la référence.

126.          SOYEZ (Jean-Marc). Quand les Anglais vendangeaient l'Aquitaine. D'Aliénor à Jeanne d'Arc.  Fayard,  1978, in-8°,  254 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Deux mois après avoir été répudiée par Louis VII, Aliénor d’Aquitaine épouse Henri II Plantagenêt. L’année suivante, celui-ci devient roi d'Angleterre : l’Aquitaine est dans la corbeille du sacre. Donnée aux Anglais par une femme, la plus grande et la plus riche des provinces rentrera dans le royaume de France grâce à une autre femme : Jeanne d'Arc... trois siècles plus tard... Entre-temps, deux guerres de cent ans coupées de pauses. Du Guesclin, Talbot, le Prince Noir, Cuning qui fonda Pau, Stain, Dunois, La Hire, et tous les forts en lame de l'époque se battent pour l’Aquitaine. Convoitée par tous, l’Aquitaine connaît alors un essor économique sans précédent. L'Angleterre est pour elle un formidable marché : laine, fer, viande, pastel de Toulouse, blé mais surtout vin (à son apogée, le trafic est très supérieur à celui d'aujourd'hui). Ainsi, et pour longtemps, le bourgeois est anglophile et le noble vassal. La présence des vainqueurs de Crécy ou d'Azincourt est plus difficile à supporter pour le petit peuple qui parfois se révolte. Le sentiment national finira par s'imposer. Mobilisant au mois d'octobre contre le roi de France, le Prince Noir se voit répondre que s'il veut des soldats, il lui faut faire la guerre hors temps des vendanges, et nul ne se présentera sous sa bannière. En 1453, les soldats français rentreront dans Bordeaux, acclamés par le peuple et honnis par les commerçants qui perdent le fabuleux marché anglais.

127.          WISE (Terence). Medieval Warfare.  London, Osprey Publishing,  1976, in-8°,  xiii-258 pp, 242 photos, cartes, plans, dessins et figures, dont 181 figures héraldiques, sources, biblio, glossaire, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            30

"Wise entreprend de présenter une étude générale de la guerre en Europe à la fin du Moyen Age (1300-1500). Il aborde son sujet de manière thématique avec des chapitres sur le système féodal et l'organisation militaire, les armures, les armes, les tactiques, les châteaux, la guerre de siège et l'héraldique, ainsi que deux annexes intitulées "Modelling Medieval Soldiers" et "Wargaming in the Medieval Period". Il met l'accent sur les détails, en particulier ceux qui intéressent les “wargamers”, et son approche est efficace pour décrire les armes et les tactiques. Sa description des armures témoigne d'un réel savoir. L'ouvrage comporte un glossaire utile et un excellent index du texte et des illustrations." (John M. McCulloh, Military Affairs, 1977)

128.          WOLFF (Philippe). Les Origines linguistiques de l'Europe occidentale.  Hachette,  1971, pt in-8°,  256 pp, nombreuses illustrations et cartes en noir et en couleurs, biblio, index, broché, couv; illustrée, qqs marques au crayon en marges, bon état (Coll. L'Univers des connaissances)

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"Dans cet ouvrage d'une clarté limpide, le professeur Wolff entreprend une tâche redoutable et l'accomplit parfaitement. Il nous offre un exposé de l'histoire linguistique de l'Europe occidentale, c'est-à-dire des régions où sont parlées les langues romanes et germaniques, ceci depuis les origines jusqu'à la fin de l'époque médiévale ; mais son point de vue est celui d'un historien, non d'un spécialiste des langues. Voilà un domaine immense et complexe à couvrir dans un ouvrage relativement bref ; mais l'étudiant en histoire ou en linguistique diachronique bénéficiera d'une vue du sujet qui est vraiment européenne, en contraste avec des études plus courantes ou plus détaillées, qui ne traiteraient que d'une langue ou d'une famille linguistique. Assurément le grand mérite de ce livre réside dans la manière dont il coordonne des matériaux tirés de l'histoire politique, sociale ou culturelle avec les données linguistiques des idiomes régionaux, sociaux et littéraires..." (Charles R. Barrett, Cahiers de Civilisation Médiévale; 1973) — "Un ouvrage pionnier qui, par-delà le grand public auquel il s'adresse, forcera à s'interroger sur le bilinguisme médiéval et sur la place de la langue dans l'histoire des sociétés." (Annales ESC, 1972)

             

TEMPS MODERNES

 

             

129.          ADAM (Antoine). Les Libertins au XVIIe siècle. Textes choisis et présentés.  Buchet/Chastel,  1964, pt in-8°,  323 pp, broché, bon état (Coll. Le vrai savoir)

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L'histoire intellectuelle du XVIIe siècle ne s'explique pas si l'on ignore l'action multiple et secrète de ceux que l'on appelait les libertins. Ce sont eux qui ont résisté à l'esprit d'orthodoxie qui tendait alors à s'étendre. Chez les uns la révolte s'affirmait avec une sorte d'extravagance. D'autres enseignaient, avec toutes sortes de précautions d'ailleurs, l'indépendance de l'esprit. D'autres enfin proposaient une sagesse tout humaine et terrestre. Trop souvent on a parlé des uns et des autres sans faire entre eux les différences nécessaires, sans entrer dans les raisons qu'ils pouvaient avoir. La présente anthologie permettra aux lecteurs de les entendre eux-mêmes et directement, d'entrer dans leur pensée, de porter sur eux un jugement personnel et libre des partis pris habituels. (Antoine Adam)

130.          ALAZARD (Jean). La Venise de la Renaissance.  Hachette,  1956, in-8°,  254 pp, 21 gravures sur 16 pl. hors texte, une carte de la république de Venise au XVe siècle, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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« Trait d'union entre l'Orient et l'Occident, écrit M. Jean Alazard dans son avant-propos, Venise a une civilisation originale et raffinée qui s'est manifestée dans le génie de ses artistes comme dans l'habileté de ses dirigeants ou dans l'éclat des fêtes religieuses ou populaires. » Ses débuts furent modestes : elle naquit dans des îles où une population pauvre mais ingénieuse et entreprenante s'était réfugiée pour échapper aux invasions. Commerçants audacieux, marins énergiques et expérimentés, s'enrichissent peu à peu et Venise accrut sa puissance. M. Jean Alazard, en chapitres à la fois lumineux et nourris de faits, expose ces débuts et ces progrès de Venise ainsi que les luttes qu'elle eut à soutenir tant contre les Génois que contre les Ottomans. « Les anciennes îles de pêcheurs, écrit-il, formaient au début du XIIIe siècle, avec leurs nombreuses possessions en Méditerranée, un des Etats les plus puissants de l'Europe ». Au XVe siècle, Venise domine sur le nord-est de l'Italie, à Ravenne, en Istrie, sur les côtes de Dalmatie ; ses vaisseaux sillonnent la Méditerrannée et s'élancent dans l'Atlantique au long des côtes de l'Europe occidentale aussi bien que dans la mer Noire. En même temps qu'il retrace l'ascension de Venise M. Jean Alazard expose les principes de son gouvernement, république aristocratique, et sa structure sociale et économique. Et il évoque l'éclat de sa civilisation, où se manifeste l'influence de Byzance, mais quand même très originale : haute culture intellectuelle, humanisme, sciences, élégances, splendeurs de la vie mondaine, enfin admirable éclosion de tous les arts. Fait curieux, le grand essor artistique et intellectuel de la république adriatique coïncide avec le déclin de sa puissance maritime et commerciale et sa décadence internationale. Sur l'art vénitien des XVe et XVIe siècles illustré par les noms de Carpaccio et des Bellini, de Giorgione, Titien, Veronése, Tintoret, M. Jean Alazard, si familier avec l'histoire artistique d'Italie, a écrit de très belles pages. Du point de vue de l'art le XVIe siècle fut le grand siècle de Venise, à la fois par les magnifiques œuvres léguées à la postérité et par l'épanouissement d'une civilisation arrivée à la perfection." (Revue des Deux Mondes, 1957)

131.          ANTHONY (K.). La Reine Elizabeth, 1533-1603.  Genève, Cercle du Bibliophile,  1970, in-8°,  xvii-326 pp, traduit de l'anglais, préface de Jean Savant, avant-propos d'Yvonne Rosso, un portrait en frontispice et 29 gravures et cartes hors texte, dont 6 en couleurs, appendice historique in fine, reliure plein skivertex éditeur vert, dos lisse à caissons fleuronnés dorés, titres dorés, 1er plat décoré, bon état (Coll. Les Femmes célèbres)

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Excellente biographie de la dernière Tudor. — "Le livre de K. Anthony : 'La Reine Elisabeth', très sérieux, apporte sur la rivalité tragique de la 'Grande Bess' avec Marie Stuart une documentation nouvelle qui intéressera, en France comme en Angleterre, le public cultivé." (Octave Aubry)

132.          BERENCE (Fred). Lucrèce Borgia (1480-1519).  Genève, Cercle du Bibliophile,  1970, in-8°,  xiv-427 pp, préface de Martine Cadieu, avant-propos d'Yvonne Rosso, un portrait en frontispice et 20 gravures hors texte, dont 3 en couleurs, appendice historique in fine, reliure plein skivertex éditeur vert, dos lisse à caissons fleuronnés dorés, titres dorés, 1er plat décoré, bon état (Coll. Les Femmes célèbres)

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"La femme de la Renaissance la plus célèbre mais la moins connue." "Pour comprendre ce long drame, dit Bérence, qu'est la vie de Lucrèce Borgia, il faut connaître le milieu dans lequel elle est née et les intrigues dont elle fut le centre." Enfant chérie de l'étonnant pape Alexandre VI, sœur de César Borgia, dont la vie n'est qu'une succession de conspirations sanglantes, la triste carrière de Lucrèce commence très tôt par certains péchés innommables dont elle n'est nullement la plus grande pécheresse. À l'âge de 14 ans, la belle jeune fille blonde est mariée à Giovanni Sforza. Ce mariage est rapidement annulé, par l'intermédiaire du père et du frère de la jeune femme, sous prétexte que Sforza est impuissant. Très vite remariée, cette fois-ci à Alphonse d'Aragon, fils illégitime du roi Alphonse II, elle est choquée d'apprendre, peu après avoir donné naissance à son premier enfant, que son mari a été étranglé par son frère... Après un court veuvage, Lucrèce, alors âgée de 21 ans, épouse un troisième mari, Alphonse d'Este, ce qui fait d'elle la duchesse de Ferrare. Bérence soutient que sa liaison avec Pietro Bembo, homme d'église et grand écrivain, était plus ou moins platonique. Du début à la fin de sa vie, il estime que ses défauts sont dus principalement aux fautes des autres. Lorsqu'elle est relativement à l'abri des influences extérieures néfastes, il la dépeint comme une épouse loyale et une matrone consciencieuse et industrieuse... (Arnold Bleyberg, Books Abroad, 1938)

133.          BESSON (Maurice). Le général Comte de Boigne, 1751-1830.  Chambéry, Librairie Dardel,  1930, in-12,  80 pp, un portrait en frontispice et une gravure hors texte, biblio, broché, soulignures au crayon papier bleu, bon état

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La « bien merveilleuse histoire » de l'aventure indienne du comte de Boigne, où ce condottière peu scrupuleux édifia une fortune considérable. Charles-Benoît Le Borgne, sujet sarde, gagna aux Indes une petite fortune en commandant, monté sur un éléphant, à 30.000 cipayes ; il se fit comte, épousa Mademoiselle d'Osmont, et vieillit dans sa Savoie natale entouré du respect de tous.

134.          BÉTHOUART (Antoine). Le Prince Eugène de Savoie. Soldat, diplomate et mécène.  Perrin,  1975, in-8°,  464 pp, préface de Jean Orieux, 16 pl. de gravures hors texte, un tableau généalogique, biblio, reliure skivertex éditeur, bon état

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Eugène de Savoie (1663-1736), déçu dans ses ambitions par Louis XIV, offre alors ses services à Léopold, empereur d'Autriche. Il s'illustre dans le métier des armes, puis dans l'art de la diplomatie. Il sera ministre de la Guerre en 1700. Son intrépidité le rend célèbre. Dans toute l'Europe, le nom d'Eugène est synonyme de gloire. Richissime, populaire, esthète, il emploie ses quartiers d'hiver à faire construire, décorer et meubler de somptueux palais...

135.          BOILEAU (Nicolas, dit Boileau-Despréaux). Œuvres poétiques de Boileau Despréaux. Avec les notes de tous les commentateurs. Edition publiée par M. Aimé-Martin.  P., Charpentier,  1845, in-12,  xxiv-480 pp, reliure demi-veau glacé cerise, dos à 4 faux-nerfs pointillés soulignés à froid, titres dorés, filets à froid sur les plats, palettes en tête et en queue (rel. de l'époque), rousseurs et trace de mouillure claire ancienne, mais exemplaire fort bien relié, en bon état

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Nicolas Boileau sieur Despréaux, est un homme de lettres du Grand Siècle, né le 1er novembre 1636 à Paris et mort le 13 mars 1711 dans la même ville. Poète, traducteur, polémiste et théoricien de la littérature, il fut considéré en son temps et par la postérité comme le législateur ou le « Régent du Parnasse » pour son « intransigeance passionnée ». Admirateur et ami de Molière pendant dix ans, familier de Furetière et de Chapelle, il fut dans le dernier quart du siècle le confrère et l'interlocuteur privilégié de Racine.

136.          BRAUDEL (Fernand). Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle. Tome 2 : Les Jeux de l'échange.  Armand Colin,  1980, gr. in-8°,  600 pp, 129 illustrations, 29 cartes et graphiques, notes, index, reliure pleine toile de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Tome 2 seul (sur 3). – Le maître-livre de Fernand Braudel. Ce second volume, “Les Jeux de l'échange”, entre dans le mouvement de la vie économique. De bas en haut de l'échelle, sont énumérés les outils de l'échange : colportage, marchés, échoppes et boutiques, foires, bourses, banques. Autant d'étapes de l'épanouissement de l'économie de marché, confondu d'ordinaire avec celui du capitalisme. Fernand Braudel distingue et même oppose parfois les activités et les acteurs de l'économie de marché et du capitalisme, celle-là sous le signe de l'échange naturel et sous surprise, de la transparence et de la concurrence, celui-ci animé par la spéculation et les calculs savants d'un petit groupe d'initiés. Ce capitalisme se fonde sur la puissance et peut ainsi se réserver les secteurs privilégiés de l'accumulation, secteurs changeants au fil du temps : du XVe au XVIIIe siècle, non pas l'industrie, mais la banque et le négoce international.

137.          BRAUDEL (Fernand). La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II. Tome 2. (Thèse).  Armand Colin,  1982, in-8°,  628 pp, 16 illustrations hors texte, 14 cartes, tableaux et graphiques, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Tome 2 seul (sur 2). — "J'ai passionnément aimé la Méditerranée" : c'est par ces mots que F. Braudel ouvre son premier ouvrage sur le monde méditerranéen qui, traduit dans le monde entier, y a été salué comme "la plus grande œuvre historique de notre temps". Selon la conception originale de l'auteur, il se déroule sur des rythmes temporels différents. Il passe de la "longue durée", du temps presque immobile de la géographie et des civilisations, au temps lent des grands cycles économiques et sociaux, et enfin au temps très vif et bref des événements au quotidien...

138.          CAFFIN-CARCY (Odile). Marie-Madeleine Mercier, nourrice de Louis XV.  GLM/Perrin,  2002, in-8°,  201 pp, 77 illustrations en noir et en couleurs, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Les métiers de Versailles)

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Versailles, 15 février 1710. "C'est un prince", annonce le chirurgien Clément à Louis XIV. De ce jour, commence la carrière de Marie-Madeleine Mercier. Les contraintes de sa charge sont rigoureuses : interdiction de voir son mari pendant deux ans, obligation de conserver sa santé et de protéger celle du futur Louis XV. En décrivant la vie quotidienne de Mme Mercier, l'auteur apporte nombre d'informations sur les usages du temps – mesures d'hygiène et pratiques parfois étonnantes, présence du père à l'accouchement, changement de couches (ou "remuer") en public, vie monacale dans l' "hôtel des nourrices". Les récompenses sont à la mesure du sacrifice : louis d'or et bijoux à la percée de la première dent, don du mobilier et de la layette de l'enfant à son sevrage, titre de femme de chambre du prince jusqu'à son passage "aux hommes" à l'âge de sept ans. L'histoire de la nourrice royale est aussi celle de l'ascension sociale exceptionnelle d'une femme : Marie-Madeleine deviendra première femme de chambre de Marie Leszczynska, tandis que M. Mercier recevra la charge de contrôleur de la Maison de la Reine. Le récit d'Odile Caffin-Carcy nous introduit dans les lieux privés de Versailles, donne à comprendre les moments les plus intimes de l'éducation des princes et porte sur certains aspects méconnus de la Cour des éclairages inédits.

139.          CATHERINE II de Russie et GUSTAVE III de Suède. Catherine II et Gustave III : Une correspondance retrouvée. Texte établi et commenté par Gunnar von Proschwitz.  Stockholm, Nationalmuseum,  1998, gr. in-8°,  361 pp, 32 pl. de gravures et fac-similés en noir et en couleurs hors texte, 4 gravures dans le texte, sources manuscrites et imprimées, index, reliure bordeaux éditeur avec fac-similé doré des signatures de Gustave III et Catherine II aux 1er et 2e plats, jaquette, bon état

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Cette publication s'inscrit dans le cadre de l'exposition consacrée, à Stockholm et à Saint-Petersbourg, à Catherine II et à Gustave III..., et présente un choix de lettres (en français), largement inédites, qui couvre la période de 1771 à 1792, c'est à dire depuis l'avènement au trône de Gustave jusqu'à sa mort. Il est difficile d'imaginer deux personnages moins faits pour se comprendre et sympathiser que Catherine II et Gustave III. Tant ils étaient dissemblables. Ils cadrent ensemble "comme un rond dans un carré", dira l'Impératrice. Différence de caractère surtout, mais aussi d'âge et d'influence. En fait, on ne peut rêver tempéraments plus opposés. — "Quand enfin il fut projeté de présenter au Musée national de Suède une exposition sur Gustave III, le plus francophile des rois de Suède, et Catherine II, c'est à von Proschwitz qu'on trouva naturel de confier le soin d'éditer la correspondance entre les deux souverains, correspondance en français dont une partie se trouvait en Suède et l'autre en Russie ; ce dialogue au sommet, poursuivi sur plusieurs décennies par deux personnages aussi illustres, aussi différents l'un de l'autre, ne serait-ce que par l'âge, mais réunis par une même culture et une même humanité, reste l'une des belles découvertes de ces dernières années." (Jean Sgard, Dix-Huitième Siècle)

140.          CONDILLAC (Etienne Bonnot de). Traité des sensations. Traité des animaux. (1754).  Fayard,  1984, in-8°,  438 pp, reliure cartonnée crème de l'éditeur, bon état (Coll. Corpus des œuvres de philosophie en langue française)

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Elève des Jésuites de Lyon, puis du Séminaire de Paris, ordonné prêtre en 1740, Condillac (1714-1780) quitta très tôt le sacerdoce pour la vie mondaine des gens de lettres. De 1758 à 1767, il vit à Parme, précepteur de l’Infant, pour lequel il rédige un Cours d’études. De retour à Paris, il est élu à l’Académie française ; en 1759, il sera membre de l’Académie de Berlin, puis en 1776, de la Société Royale d’Agriculture d’Orléans. Déclinant l’offre du Dauphin qui souhaitait lui confier l’éducation de ses fils, il se retire chez sa nièce pour y préparer l’édition future – et posthume – de son oeuvre. Les contemporains apprécièrent le Traité des Systèmes plus que ceux qui suivirent : l’abbé Raynal le trouve « plus agréable et plus estimable » ; d’Alembert, à l’article Système de l’Encyclopédie, cite abondamment le premier chapitre. Par la suite, les Idéologues puis Auguste Comte en retiendront les leçons. Le Traité critique l’abstraction sous toutes ses formes, en analysant, non les contenus, mais les conditions logico-formelles du discours qui rendent la pensée systématique inacceptable : cela permet à l’auteur d’envelopper sous la même réfutation des doctrines aussi disparates que la métaphysique des idées innées et l’art divinatoire. Un bon système n’est pas une totalisation partant de principes a priori, mais la liaison d’une multiplicité de données à partir d’un phénomène bien choisi : celui de Newton montre en science le modèle optimal de la systématicité, paradigme à importer dans les autres disciplines, arts mécaniques, beaux-arts, éthique et politique. (Catalogue des Auteurs, CF) — "Le Traité des sensations est paru en 1754; le Traité des animaux en 1755. Nous publions les textes revus et corrigés par l'Auteur, figurant dans l'édition posthume des Œuvres de Condillac (1798) établie d'après les manuscrits autographes. Nous nous sommes contentés de moderniser la typographie." (Francine Markovits)

141.          CORDELIER (Jean). Madame de Maintenon.  Genève, Cercle du Bibliophile,  1970, in-8°,  xiii-591 pp, préface de Gilbert Sigaux, avant-propos d'Yvonne Rosso, un portrait en frontispice et 23 gravures hors texte, dont 3 en couleurs, appendice historique et bibliographie in fine, reliure plein skivertex éditeur vert, dos lisse à caissons fleuronnés dorés, titres dorés, 1er plat décoré, un mors en partie fendu, bon état (Coll. Les Femmes célèbres)

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"Madame de Maintenon (1635-1719) a eu d'excellents biographes, parmi lesquels Jean Cordelier est sans doute le plus redoutable, mais digne de foi. D'autres l'ont dénigrée, comme Saint-Simon, ou affabulée, comme Sainte-Beuve, ou auréolée, comme Mme de Genlis." (Constant Venesoen, 2011) — "Une belle et honnête biographie par Jean Cordelier, fin connaisseur de la littérature du XVIIe siècle." (Pierre-Eugène Leroy, Albineana, Cahiers d'Aubigné, 1999) — "Mme de Maintenon a donné à la seconde moitié du règne de Louis XIV une dignité à laquelle il n'eut pas atteint sans elle. En dépit de la réserve qu'elle s'imposait, elle exerça une influence profonde sur la maison du roi et par sa modération et son bon sens, contribua à donner à la monarchie la stabilité indispensable à sa puissance. Car Louis XIV, ayant hérité de Mazarin un système autocratique à la fois dangereusement extravagant et expansionniste, avait conduit à a nation à plusieurs reprises au bord de la ruine. Grâce en partie du moins, à Mme de Maintenon, de graves périls furent évités pour un temps..." (Yvonne Rosso) — Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, est la fondatrice de la Maison royale de Saint-Louis...

142.          DA VINHA (Mathieu). Les Valets de chambre de Louis XIV. (Thèse).  Perrin,  2004, gr. in-8°,  515 pp, préface de Yves-Marie Bercé, annexes, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Saint-Simon, qui les détestait, comparait les valets de Louis XIV à "ces puissants affranchis des empereurs romains, à qui le sénat et les grands de l'empire faisaient leur cour". A la fin du XVIIe siècle, on compte quatre Premiers valets de chambre et trente-deux valets de chambre ordinaires. Les historiens ne se sont guère intéressés à ces serviteurs royaux qui, seuls pourtant, ont le privilège d'entrer à tout moment dans les appartements du roi, de coucher dans la chambre même du maître, d'être auprès de lui dans toutes les circonstances de l'existence. Qui connaît les noms de Bontemps, Nyert, Blouin, La Porte, que même Colbert, Louvois et autres traitent avec ménagement ? La plupart d'entre eux ont servi quotidiennement le roi pendant plus de vingt ans, et leur fils après eux. Mathieu Da Vinha, à force de lecture de mémoires et d'archives, a reconstitué l'origine, l'itinéraire, l'ascension, l'enrichissement des valets de chambre. Il les décrit dans l'exercice de leurs fonctions, démonte leurs stratégies familiales, analyse la nature de leurs relations, très étroites, avec le roi. Voici la découverte d'un sous-continent inconnu du palais et de la cour de Versailles au Grand Siècle. — "Le beau sujet ! Il n'avait pourtant jamais été traité : voici un ouvrage qui offre tous les attraits de la nouveauté. Mathieu Da Vinha arrache les valets de chambre à l'anecdote pour les considérer en historien : qui et combien sont-ils, quel est leur statut, comment exercent-ils leurs charges ? L'auteur entend présenter une étude complète qu'il appuie sur des archives patiemment dépouillées, en particulier la série O des Archives nationales (la Maison du roi) et le minutier central des notaires parisiens. (...) La paradoxale nouveauté du sujet et la variété des informations livrées à la réflexion du lecteur feront de cet ouvrage une référence durable. La qualité des annexes y contribuera, qui mérite d'être soulignée : la première constitue une généalogie des quatre offices de Premiers valets ; la seconde, non seulement esquisse une prosopographie des valets de chambre, mais encore détaille les sources pertinentes et précise les années en charge ; la troisième, une généalogie des Bontemps, indique les titres et charges de chacun d'entre eux..." (Christophe Blanquie, Cahiers Saint-Simon, 2004) — Au nombre de quatre premiers et de trente-deux "ordinaires", les Valets de Chambre furent sans doute les Officiers commensaux les plus proches du Roi sous l'Ancien Régime. Appartenant à l'immense personnel domestique du Prince (et à la Maison étroite en particulier), ces hommes servant par quartier officiaient principalement aux lever et coucher du monarque. Ils s'inscrivaient dans une hiérarchie officielle contredite par la réalité du service. Bien loin de se limiter aux activités ancillaires, ceux-ci surent gagner au cours du XVIIe siècle la confiance du souverain et atteignirent une place inégalée jusqu'alors. Officiers de second rang, les premiers Valets de Chambre remporterent pourtant la bataille qui les opposaient à leurs supérieurs et chefs d'Offices – les premiers Gentilshommes de la Chambre – dans "l'amitié" royale. Originaires pour la plupart de la bourgeoisie, les titulaires de ces charges parvinrent à une noblesse qui, après avoir été alternativement héréditaire, ne fut plus que personnelle à la fin du siècle. Toutefois, leur Office leur conférant l'ensemble des privilèges du deuxième ordre, mais aussi grâce à une endogamie bien calculée et à un renfermement progressif du corps sur lui-même, cette accession collective à la noblesse n'était plus une priorité. Solidement ancrés dans la Maison du Roi par les survivances et l'acquisition d'autres charges, ces hommes ne quittèrent jamais réellement les rangs de l'aristocratie. Forts de l'intimité de leur maître (les premiers Valets couchaient au pied du lit royal), certains connurent une grande ascension. Des dynasties – qui prirent naissance sous Louis XIII – se retrouvent sous Louis XV, voire sous Louis XVI. Honneurs, titres et fortune couvrirent alors ces fidèles serviteurs de la monarchie. Plus que l'histoire d'un groupe commensal, cette étude se présente comme une vision nouvelle de la Cour, non plus à travers les mémorialistes, mais bien à travers des gens de "métiers", eux-mêmes courtisans.

143.          DASCHKOFF (Princesse). Mémoires de la princesse Daschkoff, dame d'honneur de Catherine II, impératrice de toutes les Russies. Edition présentée et annotée par Pascal Pontremoli.  Mercure de France,  1966, in-8°,  376 pp, notes, biblio, chronologie, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

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La princesse Daschkoff naquit en 1743, à Saint-Pétersbourg. En 1762, Catherine II montait sur le trône. Ce sera désormais l'époque des deux Catherine, et gageons que notre princesse fût restée la "grande" pour la postérité, si l'ombre immense de l'impératrice n'avait obscurci tout son siècle. La princesse Daschkoff connut à peu près tout – et tous – de son temps, et ses Mémoires sont le lieu de rencontre de la Cour de Russie et des têtes couronnées d'Europe, des savants et de Diderot, des académiciens dont elle fut la directrice, et des linguistes dont elle fut la collègue. C'est presque un roman. C'est que sa vie le fut : les temps s'y prêtaient et la stature exceptionnelle d'une femme qui fut savante, mondaine, philosophe, organisatrice et conteuse brillante et dont l'éclat n'eut pas à pâlir des lumières dont sa vie fut environnée. — "Une princesse russe au XVIIIe siècle, qui a le goût des sciences, des lettres et de l'action, qui aide Catherine II, la grande Catherine, à monter sur le trône, et qui est aussi une des amies de Diderot et du cardinal de Bernis, qui devient enfin « directeur » de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, voilà une curieuse et attachante figure. Ses mémoires sont dignes de l'idée qu'on se fait d'elle, rapides, alertes ; ils lui donnent sans doute un rôle plus grand que celui qu'elle joua, mais quels mémoires sont exempts de ce défaut ? Voilà en tout cas, un livre intéressant, voire passionnant. On ne reprochera à ce volume, qui prend fort bien sa place dans l'excellente collection « le Temps retrouvé », que le fait que le texte qui nous est proposé reproduit celui de la première édition française, celui de 1859. Or ce texte était traduit de l'anglais, car íes mémoires de la princesse furent d'abord édités en anglais, mais le manuscrit, conservé au British Museum est écrit en français. Pourquoi n'avoir pas été chercher le texte original ?" (Revue des Deux Mondes, 1967)

144.          DESCHANEL (Emile). Benjamin Franklin.  Hachette,  1900, in-8°,  190 pp, 4e édition, 14 gravures dont 6 à pleine page, appendice, cart. décoré de l'éditeur, tranches dorées, dos lég. frotté, bon état (Bibliothèque des Ecoles et des familles)

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Par Emile Deschanel (1819-1904), écrivain et hélléniste. Professeur de rhétorique puis de littérature française moderne, membre de l'Institut, député de la Seine (1876-1881), sénateur inamovible (1885-1904), professeur au Collège de France (chaire de "langue et littérature françaises modernes", 1881-1903) et père de Paul Deschanel, président de la République.

145.          DUCASSE (André). La Guerre des Camisards. La résistance huguenote sous Louis XIV.  Hachette,  1962, in-8°,  248 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"Sur la grande révolte des Camisards et sur Cavalier lui-même, des synthèses au moins honorables ont paru, la meilleure étant probablement celle d'A. Ducasse en 1962." (Pierre Goubert, Revue belge de philologie et d'histoire) — « Jamais il n'y eut de plus grands crimes suivis de plus horribles supplices ; et les deux partis, tantôt assassins, tantôt assassinés, invoquaient également le nom du Seigneur. » Voltaire attestait ainsi, dans le Supplément à l'Essai sur les mœurs, de l'importance que revêtit la guerre des Camisards. Dans l'histoire du protestantisme français, cet épisode apparaît comme une réaction violente de l'église réformée contre l'intolérance des autorités catholiques. A. D. ne présente pas un ouvrage exhaustif sur les événements qui se sont déroulés dans les Cévennes entre 1702 et 1710. Mais, il a le mérite de fournir une analyse cohérente des circonstances qui ont poussé un groupe de huguenots dotés d'une formation biblique et d'une grande ferveur à brûler des églises, à torturer leurs ennemis catholiques, et à s'opposer tant aux autorités civiles qu'aux autorités religieuses. Étaient-ils des saints, des fanatiques, des fous, ou des hérétiques menés par Satan ? A. D. voit en eux de simples croyants opprimés par le pouvoir et guidés par leur foi. (John-Frederick Logan, Dix-Huitième Siècle)

146.          ESCAMILLA-COLIN (Michèle). Crimes et châtiments dans l'Espagne inquisitoriale. Essai de typologie délictive et punitive sous le dernier Habsbourg et le premier Bourbon. (Thèse).  P., Berg International,  1992, 2 vol. gr. in-8°,  972 et 366 pp, préface de Pierre Chaunu, qqs documents en fac-similé, sources et biblio, index, brochés, couv. à rabats, sous emboîtage cartonné illustré de l'éditeur, bon état

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Une étude à travers les Archives Secrètes du Tribunal d'Inquisition d'Espagne où l'auteur, partant de l'étude d'une compilation de relations manuscrites d'autodafés particuliers, célébrés entre 1660-1730 par les tribunaux castillans, mesure les proportions relatives des délits représentés, le rapport précis entre la faute jugée et le châtiment infligé. Par ailleurs, grâce aux nombreuses et précieuses données de ces fiches signalétiques, il retrace le profil socio-professionnel et personnel des condamnés, en privilégiant le groupe des crypto-judaïsants, qui représentent plus de 70% de l'ensemble. Une importante documentation annexe, notamment la correspondance des tribunaux et les procès conservés, lui permet de reconstituer l'expérience vécue par le condamné en amont et en aval du procès de foi, de saisir le poids de ce «vécu inquisitorial» dans le destin individuel. S'éloignant d'une histoire institutionnelle glacée, l'auteur a choisi de se faire le porte-parole des tourments au quotidien des condamnés, en particulier dans la section consacrée aux châtiments et leur exécution, produisant une accumulation de témoignages et textes horrifiques qui répond à son souci d'une reconstitution exhaustive.

147.          FAŸ (Bernard). Louis XVI ou la fin d'un monde.  La Table Ronde,  1981, in-8°,  378 pp, préface de Ghislain de Diesbach, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le malheur de Louis XVI fut d'accéder au trône à une époque où il était impossible de l'occuper sans faire exactement l'inverse de ce que réclamaient les Français, tant il est vrai que ce que le peuple demande est rarement ce qu'il veut. Les Français étaient grisés du mot de " liberté", mais chaque liberté réelle que Louis XVI leur accordait cessait de leur plaire dès qu'ils en jouissaient et le joug, dont ils avaient tout loisir de se plaindre, leur devenait d'autant plus intolérable qu'il s'allégeait. "Sous ses prédécesseurs", remarquait Soulavie, un de ses sujets tardivement repentis, "le monarque était l'objet du culte des Français ; sous Louis XVI, les Français devinrent l'objet du culte du monarque." Ainsi l'amour, en changeant de camp, avait-il préludé au divorce entre le Roi et la nation. "Livre de justice et de réparation", écrivit Bernard Faÿ lorsque, voilà plus de vingt ans, il me dédicaça un exemplaire de Louis XVI ou la fin d'un monde que les Editions de la Table ronde ont l'excellente idée de rééditer. La modestie de Bernard Faÿ l'empêchait d'ajouter : "le meilleur livre sur Louis XVI". Il m'appartient de le dire aujourd'hui." (Ghislain de Diesbach, préface)

148.          FEBVRE (Lucien). Au coeur religieux du XVIe siècle.  SEVPEN,  1968, in-8°,  358 pp, 2e édition, broché, bon état

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"De tout autre que Lucien Febvre, prétendre atteindre le « cœur religieux » d'un siècle quelconque pourrait paraître présomptueux, mais de sa part une telle assurance ne prête pas à sourire. Il a eu le temps de rassembler, avant sa mort, de mettre au point ce nouveau recueil qui prend ainsi figure de testament spirituel. Doublement spirituel, portant sur les problèmes religieux du XVIe siècle qui occupèrent une telle place dans son œuvre, et à propos desquels il est impossible qu'il ne se soit pas livré lui-même plus qu'ailleurs. Nous retrouvons là des articles connus, illustres même (Le problème des causes de la Réforme), d'autres moins, ou même très peu connus (De Loisy à l'Érasmisme, Descartes un homme libre) ; beaucoup de comptes-rendus de livres. (...) Son souci obsédant de se placer au cœur des choses l'a amené à renouveler l'histoire religieuse, au moins du XVIe siècle. Il suffît de comparer ses “Causes de la Réforme”, à l'esprit dans lequel, au même temps, étaient rédigés la “Revue d'Histoire de l'Église de France” ou le “Bulletin de la Société d'Histoire du protestantisme français”, pour mesurer la valeur de son apport. La Réforme religieuse a eu des causes religieuses, et non pas même ecclésiastiques ; à fait religieux, explication religieuse ; à fait humain, explication psychologique ; au centre de l'Histoire, l'Homme. Voilà ce que Febvre n'a cessé de répéter ; et avec une telle force, la force du bon sens et de la vérité, qu'il est impossible, après lui, de traiter d'histoire religieuse comme avant..." (Henri Hours, Bibliothèque de l'École des chartes, 1958)

149.          FEYDEAU (Elisabeth de). Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette.  Perrin,  2004, in-8°,  230 pp, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Les métiers de Versailles)

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"Tous les ans changent les goûts ; Tous les jours nouveaux parfums pour tout ; Soyez donc chimiste..." on croirait ces bouts rimés écrits sur mesure pour Jean-Louis Fargeon, "le" parfumeur du XVIIIe siècle. Cet enfant des Lumières, né à Montpellier en 1748, rêve du soleil de Versailles et des fastes de la Cour qu'il découvre en lisant le récit de l'arrivée en France, puis du mariage de l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche avec Louis, dauphin du royaume de France. A Montpellier capitale de la parfumerie française, il a acquis un savoir-faire ; à Paris, il en fera un art. Installé dans le quartier du Roule, sa boutique devient le temple des élégantes, son laboratoire le repaire des savants et curieux. Ce n'est qu'une étape : Fargeon pense à Versailles. Il peut compter sur Mme Du Barry – sa cliente – et doit se méfier de la jalousie tenace de Marie-Antoinette à l'égard de la favorite. Il parviendra néanmoins à rencontrer la jeune reine à son Trianon. Il a auprès d'elle un atout majeur : le goût du naturel et les odeurs qu'il lui prépare sont telles qu'elles les souhaite, adaptées à son goût et à ses humeurs. Parfumeur de Marie-Antoinette, Fargeon sera aussi celui des Enfants de France, jusqu'au coup de tonnerre de 1789. Républicain, il demeurera pourtant attaché à la famille royale jusqu'à la fuite de Varennes, jusqu'à la prison du Temple... et son propre procès.

150.          FRANK (André) et Jean Chaumely. D'Eon, Chevalier et Chevalière. Sa confession inédite.  Amiot-Dumont,  1953, in-8°,  235 pp, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Présence de l'Histoire). Edition originale, un des 25 ex. numérotés sur Alfa Mousse (seul grand papier)

            40

151.          GOUBERT (Pierre). L'Ancien Régime. 1 : La société. – 2 : Les pouvoirs.  Armand Colin,  1973-1974, 2 vol. gr. in-8°,  232 et 262 pp, biblio, brochés, couv. illustrées à rabats, qqs rares annotations crayon, bon état (Coll. U)

            40

"Ce premier volume décrit la société d'Ancien Régime, entre 1600 et 1750, en négligeant les caractéristiques des différents règnes. Le résultat est des plus convaincants. Stimulant par son contenu, cet ouvrage est également des plus maniables. Des textes judicieusement choisis et des bibliographies sélectives illustrent ou complètent chaque chapitre." — "Dans ce second volume, G. étudie les aspects politiques et juridiques du régime en vigueur de 1600 à 1750, en s'opposant à l'opinion traditionnelle selon laquelle les résistances à l'action centralisatrice et « progressiste » de l'Etat ne reflétaient que des forces passéistes, condamnées par l'histoire. Allant du bas vers le haut, G. retrace le climat institutionnel de l'époque, en soulignant les contrastes entre les règles de l'administration royale et l'esprit de désobéissance ou de passivité de la population. Comme à l'accoutumée, chez G., de précieux extraits documentaires et des suggestions bibliographiques complètent chaque chapitre de ce livre, nourri et vigoureux." (J. Hecht, Population, 1970 et 1974)

152.          GREY (Ian). La Grande Catherine.  Genève, Cercle du Bibliophile,  1970, in-8°,  xix-298 pp, traduit de l'anglais, préface par Hubert Juin, avant-propos d'Yvonne Rosso, un portrait en frontispice et 23 gravures hors texte, dont 6 en couleurs, appendice historique et bibliographie in fine, reliure plein skivertex éditeur vert, dos lisse à caissons fleuronnés dorés, titres dorés, 1er plat décoré, bon état (Coll. Les Femmes célèbres)

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Quelle irrésistible ascension que celle de la petite princesse allemande Sophie d'Anhalt-Zerbst, née en 1726, et qui, à trente-six ans, accède au trône de Russie sous le nom de Catherine II ! — "La traduction française de l'ouvrage paru en anglais de Ian Grey nous apporte une honnête vulgarisation, qui fait une place convenable à l'œuvre législative de la souveraine et à la civilisation de la Russie sous son règne." (Revue des Études Slaves, 1967)

153.          GUTTON (Jean-Pierre). Domestiques et serviteurs dans la France de l'Ancien Régime.  Aubier,  1981, in-8°,  252 pp, 11 documents en annexe, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Historique)

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"Le monde des domestiques et des serviteurs, si vivement brossé par les auteurs comiques classiques, est en réalité fort mal connu. L'A. s'efforce de faire la synthèse des derniers travaux parus ou en cours, essentiellement en ce qui concerne les 17e et 18e siècles. Ce qui apparaît le plus nettement, c'est avant tout la diversité fondamentale des situations rencontrées. Un monde sépare les membres des «maisons » aristocratiques et l'ouvrier agricole, un autre le service des femmes de celui des hommes... La domesticité constitue un milieu particulier, mal à l'aise entre la médiocrité rurale dont elle est issue et l'aisance urbaine de la demeure où elle sert. C'est un «métissage social et culturel », une quasi anormalité considérée comme dangereuse et digne de surveillance (d'où les bureaux de placement) autant que d'éducation morale, le patron étant responsable du salut de ceux qu'il emploie et abrite sous son toit. Bien que déconsidérée dans l'ensemble, la condition domestique, par le mode de vie plus sûr (tant qu'on est en place, bien évidemment), par les privilèges qu'elle peut offrir (exemption de taille, du tirage au sort de la milice urbaine), par l'appât de gages qui deviennent de plus en plus réguliers, attire les ruraux." (Françoise Michaud-Fréjaville, Dix-Huitième Siècle, 1982) — "Le monde de la domesticité n'a, depuis la fin du XIXe siècle, guère inspiré une recherche historique par ailleurs si friande de marginalité et de déviance. Et pourtant, il s'agit là d'une couche sociale de première importance tant par les effectifs (sans doute près de 10 % de la population urbaine) que par le rôle social qu'elle joue et par l'image qu'elle nous renvoie d'une société dans son ensemble. J.-P. Gutton en donne l'explication : il n'est peut-être pas de catégorie sociale plus difficile à cerner eu raison de la multiplicité des emplois, des conditions et situations sociales que recouvre le vocable de « domesticité », mais aussi de leur évolution dans le temps. C'est dire que l'ouvrage se présente comme la difficile synthèse des recherches de l'auteur et des multiples travaux qui ont, à des degrés divers, envisagé la condition domestique. (...)  J.-P. Gutton fournit une première et suggestive synthèse sur un sujet finalement assez mal connu. On appréciera le fait que sur tel ou tel point (par exemple sur les relations villes-campagnes) il n'hésite pas à signaler les lacunes actuelles de la recherche, à suggérer des pistes dont certaines ne peuvent manquer d'être fructueuses, mais surtout à franchir, si nécessaire, la frontière chronologique de la Révolution pour faire comprendre les évolutions souvent encore inachevées au XVIIIe siècle. Loin de se contenter d'une approche seulement fonctionnelle de la domesticité, ce livre réussit, en s 'appuyant sur les travaux les plus récents, à restituer à la fois l'image sociale et l'univers mental de la domesticité." (Jacques Bottin, Bibliothèque de l'École des chartes, 1982)

154.          HENRY-BORDEAUX (Paule). Marie Stuart.  Genève, Cercle du Bibliophile,  1970, in-8°,  xviii-481 pp, préface de Hubert Juin, avant-propos d'Yvonne Rosso, un portrait en frontispice et 30 gravures hors texte, dont 4 en couleurs, appendice historique in fine, reliure plein skivertex éditeur vert, dos lisse à caissons fleuronnés dorés, titres dorés, 1er plat décoré, bon état (Coll. Les Femmes célèbres)

            20

"Un agréable ouvrage,  plaisant à lire, qui ne redoute pas de prendre Marie à sa naissance et de l'accompagner jusqu'à la sépulture de Peterborough. Thèse générale : Marie succombe parce qu'elle est catholique ; la lutte se déchaîne entre elle et Moray, son frère bâtard ; la tragédie est politique, religieuse, – non passionnelle. Sur le fond des choses, tout le monde est d'accord : que, sous les espèces de la chute ou du triomphe de Marie, ce soient Rome et Réforme qui se heurtent, ou encore, d'un point de vue autre, l'Espagne, la France, l'Angleterre, qui en doute ? Mais cela exclut-il l'importance du drame domestique ? Point du tout. C'est parce qu'elles imputent à Marie les charges d'homicide et d'adultère que les forces géantes à l'affût de Marie arrivent à la détruire. Par là, donc, l'affaire Darnley-Bothwell, et les responsabilités qu'on y suppose à Marie, reprennent, même pour la grande histoire, un intérêt capital. Mme Paule Henry-Bordeaux déclare Marie innocente du meurtre de Darnley, indifférente à Bothwell, acculée au mariage par le viol qu'elle aurait subi à Dunbar. C'est dire qu'elle accepte, en tous leurs termes, les explications – mieux : le plaidoyer – que la reine elle-même envoyait à la cour de France, un peu plus tard aux princes chrétiens. L'ouvrage témoigne d'une longue étude et d'une immense lecture sur le sujet. La bibliographie est copieuse." (Roger Chauviré, Revue Historique, 1939)

155.          [HOLBACH (Paul Henri Thiry, baron d')]. Le bon sens du curé J. Meslier, suivi de son testament.  P., Au Palais des Thermes de Julien,  1802, in-12,  380 pp, reliure demi-basane acajou, dos lisse orné (rel. de l'époque), dos et mors frotté, nombreuses rousseurs, bon état

            50

Nouvelle édition augmentée de ce bréviaire de l'athéisme moderne. La première édition parut en 1772. Dés 1791 cet écrit parut sous le nom du curé Jean Meslier qui n'en avait pas écrit un seul mot. Dans cette édition apparaissent des textes qui seront désormais reproduits dans les éditions ultérieures : préface de l'éditeur, correspondance entre d'Alembert et Voltaire au sujet de Jean Meslier, vie de J. Meslier d'après Voltaire, extrait du testament de J. Meslier, publié pour la première fois par Voltaire dans son Evangile de la raison (1764), et décret de la Convention en l'honneur de Meslier.

156.          JACOBY (Jean). Souvarov, 1730-1800.  Payot,  1935, in-8°,  352 pp, broché, couv. illustrée d'un portrait gravé de Souvarov, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

"L'excellente Bibliothèque historique de la maison d'édition Payot, où la Russie tient déjà une place importante, s'accroît d'une unité nouvelle qui contribuera heureusement à intéresser le grand public à une des périodes les plus curieuses de l'histoire russe en mettant en lumière la figure d'un grand soldat : Souvarov (1730-1800), par Jean Jacoby." (A. Mazon, Revue des Études Slaves, 1935)

157.          LACROIX (Abbé L.). Richelieu à Luçon. Sa jeunesse. Son épiscopat. (Thèse).  P., Victor Lecoffre,  s.d. (1898), in-12,  xv-329 pp, nouvelle édition, biblio, reliure demi-toile vermillon, dos lisse, pièce de titre basane noire, couv. et dos conservés, bon état

            50

"Nous annonçons la 2e édition d'un ouvrage dont nous avons déjà parlé avec éloge lors de son apparition : “Richelieu à Luçon” (Lecoffre), par l'abbé L. Lacroix. La 2e édition d'une thèse de doctorat est un fait trop rare pour qu'il n'y ait pas lieu de le signaler. Mais l'auteur connaît les conditions auxquelles est assujettie une publication historique ; il sait qu'après avoir apporté sa contribution à un travail commun, il verrait son œuvre dépassée par des livres plus récents et parfois plus bruyants, s'il ne la renouvelait pour les dépasser à leur tour. Il s'est aidé de M. Hanotaux, qu'il avait aidé. Il a emprunté certains détails à M. Fagniez. Il a complètement remanié (p. 52-61) et rendu parfaitement démonstratif le récit de la supercherie qui valut à Richelieu la dispense d'âge nécessaire à son ordination. On peut s'adresser en toute confiance à M. Lacroix quand on désire connaître Richelieu avant 1624." (Revue Historique, 1898) — "L'auteur a pu consulter les archives de la famille de Richelieu et a tiré de certaines pièces un très bon parti." (Maurice Pernot) — "On connaît le rôle joué par Mgr Lacroix, évêque de Tarentaise, au moment de la crise moderniste et de la Séparation : il démissionna après l'encyclique Pascendi et Briand (qui, selon Loisy, « lui avait plus d'obligations que le pape ») le fît nommer directeur près la Ve section de l'Ecole des Hautes-Etudes. En 1891, il avait présenté devant la Sorbonne ses thèses de doctorat : une « latine » sur la philosophie politique de La Mothe le Vayer et cette thèse française sur la jeunesse de Richelieu. Elle porte son âge, et des développements rhétoriques comblent parfois les lacunes de la documentation. Mais les biographes du cardinal ne sont guère revenus sur cette période et l'utilisent encore régulièrement." (Emile Goichot, Archives de Sciences Sociales des Religions, 1986)

158.          LA FERRIÈRE (Hector de). Amour mondain, amour mystique : Jeanne de Piennes, La jeunesse de Henri III, Anne de La Boderie.  Calmann-Lévy,  1899, in-12,  vi-325 pp, notes, reliure demi-basane aubergine, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bords des plats lég. frottés, bon état

            30

159.          LE DOUBLE (A.-F.). Rabelais anatomiste et physiologiste.  P., Ernest Leroux,  1899, gr. in-8°,  xiv-440 pp, préface de Mathias Duval, 32 fac-similés et 174 illustrations par Louis Danty-Collas, reliure demi-maroquin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. et dos conservés, bon état. Bel exemplaire

            100

"Si l'on en croit le docteur Le Double, Professeur d'Anatomie à l'Ecole de Médecine de Tours, dont l'ouvrage : "Rabelais, anatomiste et physiologiste", publié en 1899, est un panégyrique savant et remarquablement documenté de l'oeuvre scientifique de Rabelais, celui-ci fut un pionnier de l'anatomie à l'égal de Vésale, ainsi que de la chirurgie." (Emile Aron, Le Docteur François Rabelais, 1993) — Anatole-Félix Le Double (1848-1913) est un savant qui a cherché toute sa vie les clefs du mystère de l'évolution humaine. Il a a formulé « La loi de Le Double », considérée comme une transposition médicale des théories de Darwin. Il s'est passionné pour la préhistoire et pour la paléopathologie. Curieux d'esprit, A.-F. Le Double était aussi passionné de littérature et d'histoire. Il étudia l'œuvre de Rabelais et rédigea un ouvrage sur "Rabelais anatomiste et physiologiste"(1899) qui demeure une étude pionnière et une référence. Par son intérêt pour la médecine et la chirurgie à l'époque de la préhistoire, il est aussi l'un des premiers vulgarisateurs en langue française de la paléopathologie.

160.          MALO (Henri). Les Corsaires dunkerquois et Jean Bart. I. Des origines à 1662. – II. 1662 à 1702.  Mercure de France,  1913-1914, 2 vol. in-12,  461 et 517 pp, 17 gravures, liste des capitaines de mer de Dunkerque, reliures demi-toile rouge brique, dos lisses avec titres dorés, qqs rares et discrètes marques aiu crayon en marges, bon état. Exemplaire enrichi de 2 plans de Dunkerque (en 1662 et sous Louis XIV), de 3 gravures en photocopie et d'un index des noms de navires cités dans l'ouvrage, tous ces documents insérés avant reliure

            100

"Historien et romancier, ancien auditeur libre de l'École des chartes, M. Henri Malo a débuté par étudier les corsaires de Boulogne, son pays natal. Le présent ouvrage sur les corsaires dunkerquois a suivi. L'ouvrage de M. Henri Malo se recommande aux érudits par une abondante documentation : archives locales, Archives nationales, archives de Belgique, – car Dunkerque dépendit tour à tour des Pays-Bas espagnols et de la France, – l'auteur n'a rien négligé : il a été à Bruxelles, à Bruges, à Nieuport, à Furnes, à Gand, aussi bien qu'à Paris, Dunkerque, Bergues et Gravelines, ayant recours aux archives familiales pour compléter les relations officielles. Il a donc fait bonne et utile besogne. S'il remonte jusqu'au XIIIe siècle, c'est à partir du XVIe siècle surtout que l'ouvrage abonde en menus faits de prises et en détails sur l'organisation de la course. Qu'on lise, par exemple, les règlements maritimes de l'amiral Maximilien de Bourgogne : on verra quelles sévères précautions étaient prises contre l'incendie, l'ivrognerie, les défaillances des hommes de quart, etc. Le corps du premier volume est consacré à cette longue lutte, dite la guerre de quatre-vingts ans (1566-1643), où les Dunkerquois, restés fidèles à l'Espagne, tinrent tête aux Gueux de mer des Pays-Bas insurgés. Ce fut une lutte épique, où la bravoure fut égale des deux côtés ; plus d'une fois les capitaines se firent « voler en l'air » plutôt que de se rendre. M. Henri Malo apporte une importante contribution à l'histoire de l'Invincible Armada, dont une escadre partit, en 1588, des Flandres. Entre tous les corsaires de Dunkerque, je signalerai Michel Jacobsen, « le Renard de la mer », et Jean Jacobsen, dont on trouvera ici de beaux portraits, Jacques Colaert, capitaine du Chat-qui-agrippe, puis chef d'escadre, et Josse Pieters, « Jupiter », un de nos plus rudes adversaires durant la guerre de Trente ans... Un ouvrage des plus méritants et des plus solidement documentés." (Ch. de La Roncière, Bibliothèque de l'École des chartes)

161.          MARGUERITE de NAVARRE. L'Heptaméron. Préface d'Albert-Marie Schmidt. Vignettes d'époque et gravures de Jacques Androuet du Cerceau.  Club Français du Livre,  1962, in-8°,  xi-410-(20) pp, page de titre illustrée, 15 gravures sur 4 pl. hors texte, notes, glossaire, reliure demi-chagrin carmin, dos à 2 nerfs guillochés en tête et en queue, titres et fleuron dorés (rel. de l'époque), trace d'humidité ancienne sur la reliure, bon état. ‎Edition hors commerce numérotée

            30

Soeur de François Ier et grand-mère de Henri IV, Marguerite de Navarre a marqué la vie culturelle de la Renaissance française. Inachevé au moment de sa mort (1549), l'Heptaméron est un recueil de nouvelles inspiré du Décaméron de Boccace.

162.          MIGNET (François-Auguste). Histoire de Marie Stuart.  P., Charpentier,  1854, 2 vol. in-12,  vi-446 et 447 pp, 3e édition, notes, reliures demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), reliures défraîchies, état correct

            30

"L'année dernière, à pareille époque, je parlais dans cette revue d'une série d'articles insérés au Journal de Savans, dans lesquels M. Mignet, disais-je, prouvait admirablement, tout en nous laissant notre pitié, que les infortunes de Marie Stuart ont été méritées. Ces articles sont devenus une histoire en deux volumes. M. Mignet avait dû penser une première fois aux infortunes de Marie Stuart comme à un épisode de son Histoire de la Réformation. La belle publication des lettres de cette princesse par le prince Labanoff lui donna sujet d'y penser plus profondément, et lui fut une première occasion naturelle d'en parler. S'intéresser à demi à Marie Stuart n'est pas possible : tandis qu'il écrivait cette série d'articles détachés, la grâce opérait ; l'idée lui est venue de mettre la touchante figure dans un cadre plus approprié que le Journal des Savans, et c'est ainsi que du compte-rendu d'un recueil de lettres est sorti un des meilleurs ouvrages de notre temps, lequel n'est pas préparé, hélas, à en lire d'aussi bon. Ce livre a le mérite de toutes les productions de M. Mignet ; il est avant tout très bien fait. J'entend par là quelque chose de mieux qu'un bon livre..." (Nisard, Revue des Deux Mondes, 1851)

163.          NADAL (Jordi) et Emile GIRALT. La Population catalane de 1553 à 1717. L'immigration française et les autres facteurs de son développement.  SEVPEN,  1960, gr. in-8°,  xxiii-354 pp, avant-propos de Fernand Braudel, cartes et graphiques, biblio, broché, bon état (Ecole pratique des Hautes Etudes - VIe section. Démographie et Sociétés)

            70

"La population de la Catalogne a augmenté de 60 %, dans les 164 ans qui séparent le dénombrement de foyers de 1553 du recensement de 1717, mais l'Ouest de la principauté n'a pas suivi ce mouvement et la population y a, au contraire, bien diminué. Comme ces différences ne peuvent provenir du mouvement naturel, N. et G. avaient d'abord pensé que l'Ouest s'était vidé au profit de l'Est ; voyant qu'il n'en était rien, ils ont décidé de limiter leur étude à la partie en expansion ; l'immigration française y joue un rôle important ; à cette raison de l'étudier, s'est ajoutée la découverte de la liste d'immatriculation des Français résidant sur la côte catalane en 1637. Telle est, rapidement, l'origine de cet ouvrage consacré, surtout, à l'immigration des Français en Catalogne. Il se divise en quatre parties, deux de texte, une, très étoffée, de tableaux de données statistiques, et une de cartes et graphiques. Des deux parties de texte, la première intitulée « Le mouvement végétatif » comprend deux chapitres, l'un sur le mouvement des naissances, mariages et décès dans quelques localités dont le choix reste matière à discussion, l'autre sur les pestes. La seconde partie, « Les mouvements migratoires », se divise en dix chapitres : documents utilisés (liste de 1637, registres des malades de l'hôpital de la Santa Creu de Barcelone, registres de mariages, renseignements sur les confréries paroissiales), origine des immigrants, rythme chronologique des migrations, causes des mouvements migratoires, en France et en Catalogne, profession des immigrants français, immigration temporaire, immigration dans le reste de l'Espagne, autres mouvements migratoires, expulsion des Morisques. Cette deuxième partie qui domine déjà par le volume est aussi celle qui a, et de beaucoup, le plus d'intérêt. C'est elle qui fait de l'ouvrage de N. et G. une contribution originale et de grande valeur à la démographie historique." (Population, 1961) — "Nadal et Giralt dans leur thèse sur la population catalane de 1553 à 1717, pensent qu'outre les facteurs propres à la Catalogne (déclin économique, développement du bandolérisme, contacts avec le Levant et l'Afrique qui déterminent les « mals anys » avec leurs poussées de mortalité), la frontière commune avec le sud de la France où la guerre civile, les prises d'armes font rage aux XVIe et XVIIe siècles et facilitent la propagation des épidémies, multiplient les flambées épidémiques qui ravagent surtout le Roussillon." (A. Marcet, Malades et maladies en Roussillon à l'époque moderne, 1984)

164.          NEWTON (William Ritchey). La Petite Cour. Services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIIIe siècle.  Perrin,  2006, gr. in-8°,  662 pp, préface de Pierre Arizzoli-Clémentel, 32 plans et illustrations hors texte, 14 tableaux, documents consultés, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Le château de Versailles est un monde à lui seul : à côté du roi et de sa famille, du personnel politique et de la Cour, il est une immense population dont on ne savait rien jusqu'à présent : les services. Des valets de chambre aux cuisiniers, des blanchisseuses aux jardiniers, ils sont plusieurs milliers. Comment fonctionnent le service de la Bouche ou les garde-robes ? Dans quels bâtiments sont-ils installés, où les serviteurs habitent-ils ? Comment et par qui le château est-il entretenu, chauffé, ravitaillé ? Qui a une "maison" et qui doit se contenter d'une domesticité réduite ? Comment se nourrir ? Cette masse de personnel subordonné forme une part aussi importante de la population curiale que les nobles. Avec une incroyable minutie, William R. Newton, comme pour le premier volume de son étude, "L'Espace du roi", a examiné des centaines de cartons d'archives pour nous raconter cet envers de Versailles. Ce livre essentiel, étonnant, bâti selon un principe très original de présentation de nombreuses sources imprimées et pièces d'archives, constitue un apport fondamental à l'histoire de la vie de Cour et à l'histoire de l'architecture. Les chapitres conclusifs livrent une analyse sociologique – comment ce groupe fut affecté par les réformes de 1780 et 1787-1788, qui tentèrent de réduire les dépenses de la Cour –, ainsi qu'une réflexion sur les effets de ces réformes et le sort des membres de la "Petite Cour".

165.          NOLHAC (Pierre de). Ronsard et l'humanisme.  Champion,  1921, gr. in-8°,  xi-365 pp, 2 planches hors texte dont un portrait de Jean Dorat et un autographe de Ronsard, notes, index, reliure demi-maroquin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés, couv. et dos conservés, bon état (Bibliothèque de l'École des Hautes-Études, 227e fascicule). Bel exemplaire, enrichi d'un envoi a.s.

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"C'est presque toute l'histoire de l'humanisme français de 1540 à 1585 que cette étude sur Ronsard et l'humanisme, préparée par de patientes recherches et rédigée par un écrivain d'un sens artistique très sûr, qui discerne les vrais talents et laisse dans la pénombre les médiocres. Déjà les travaux de M. Laumonier avaient révélé combien l'influence de l'humanisme fut grande sur l'œuvre de Ronsard. Il ressort de la lecture du livre de M. de Nolhac que la biographie intellectuelle de notre poète est intimement liée à l'histoire de la culture gréco-latine en France dans les deux derniers tiers du XVIe siècle. Les meilleurs de nos humanistes ont participé à la formation de son goût, excité sa curiosité pour les livres antiques, soutenu ses efforts de réformateur de la poésie française, propagé sa renommée, entouré de leur sollicitude la retraite studieuse de ses dernières années..." (Jean Plattard, Revue du Seizième siècle, 1922) — "De cette vaste histoire de l'humanisme que M. Pierre de Nolhac méditait il y a quarante ans, voici le deuxième fragment. « Ronsard et l'humanisme » répond à la thèse soutenue en 1892 sur « Pétrarque et l'humanisme ». Après l'aube de la Renaissance italienne, le plein épanouissement de la Renaissance française. C'est l'originalité du livre de M. P. de Nolhac de déborder largement les cadres d'une monographie, de ressusciter un milieu en groupant autour de Ronsard les figures les plus eminentes de l'humanisme français et étranger. Celle de Jean Dorat domine toutes les autres pendant la période de formation du poète. (...) Cette esquisse à grands traits ne donne qu'une idée bien insuffisante de la valeur du livre de M. de Nolhac." (André Courtet, Bibliothèque de l'École des chartes, 1923)

166.          OBERKIRCH (Baronne d'). Mémoires sur la cour de Louis XVI et la société française avant 1789.  Mercure de France,  1989, in-8°,  556 pp, édition présentée et annotée par Suzanne Burkard, index, broché, couv. illustrée, tranche sup. salie, état correct (Coll. Le Temps retrouvé)

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L'aspect le plus original des Mémoires de la baronne d'Oberkirch réside sans doute dans le tableau fidèle qu'elle nous donne d'abord de la vie au XVIIIe siècle dans une province française au statut très particulier : l'Alsace, son pays natal. Elle nous raconte avec fraîcheur et esprit ses séjours à Strasbourg – le Strasbourg de Goethe et du cardinal de Rohan –, et ses visites à la cour de Montbéliard où la princesse Dorothée de Wurtemberg était son « amie de cœur ». C'est pour retrouver celle-ci, devenue grande-duchesse de Russie et qui faisait en France un voyage semi-officiel avec son époux, que madame d'Oberkirch se rend pour la première fois à Paris, en 1782. Elle rédige alors son journal qui est la partie la plus célèbre des Mémoires. Tous les historiens des mœurs avant la Révolution connaissent cette chronique savoureuse où défilent rois et princes, gens de lettres et magiciens, coiffeurs et modistes. Les anecdotes alternent avec les récits et les mots historiques...

167.          PIÉPAPE (Général de). Histoire des princes de Condé au XVIIIe siècle. Les trois premiers descendants du Grand Condé.  Plon,  1911, in-8°,  iii-413 pp, 3 portraits gravés hors texte, broché, bon état

            40

Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé (1643-1709), Louis III, duc de Bourbon-Condé (1668-1710) et Louis-Henri de Bourbon (M. le Duc) (1692-1740), de 1643 à 1743. — "Feu le duc d'Aumale n'avait pas poussé au delà du grand Condé l'histoire des princes de cette maison. Le général de Piépape a voulu continuer l'oeuvre de son illustre prédécesseur. Il retrace la vie (assez peu intéressante, sauf en ce qui touche M. le Duc) des « Condés de la décadence ». En appendice, quelques pièces extraites surtout des archives des Affaires étrangères et des archives de Dijon. La plus intéressante est la lettre de Fleury à M. le Duc, du 13 juin 1726. M. de Piépape accepte sans sourciller toutes les méchancetés de d'Argenson." (H. Hauser, Revue Historique, 1912)

168.          POLLITZER (Marcel). Frédéric II, disciple de Machiavel. D'après des documents d'archives inédits.  Nouvelles Editions Latines,  1966, in-8°,  396 pp, broché, couv. illustrée d'un portrait de Frédéric le Grand, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française), envoi a.s.

            25

"Frédéric II a fait l'objet de nombreuses biographies, dont la meilleure, de loin, est celle de Pierre Gaxotte, à qui ce livre est dédié. Marcel Pollitzer analyse ici avec minutie, fort de documents d'archives de notre ministère des Affaires étrangères, dont la plupart étaient inédits, le comportement du « despote éclairé » dès son avènement et pendant les guerres de Succession d'Autriche et de Sept Ans. L'auteur prussien de “l'Anti-Machiavel” fut, comme on pouvait le croire, un disciple accompli de l'Italien subtil. Son machiavélisme, dont il joua en maître, lui permit d'entraîner la France dans une guerre injustifiée, de conclure, la Sibérie une fois conquise, une paix séparée avec l'Autriche, puis de traiter avec l'Angleterre, ce qui entraîna, à Versailles, « le renversement des alliances ». Conduite par l'Angleterre au déclenchement d'une guerre, leurrée du vain espoir de porter un coup mortel au Hanovre, la France s'y épuisa au point d'ébranler sa propre monarchie, longtemps avant que la Révolution de 1789 lui eût donné le coup de grâce. L'appendice publiant tout ou partie des lettres de Louis XV, de Fleury, du marquis d'Argenson, des maréchaux de Broglie et de Noailles et des ambassadeurs des deux pays, illustre un récit mené avec aisance par l'historien." (Revue des Deux Mondes, 1967)

169.          PROSCHWITZ (Gunnar von). Gustave III par ses lettres.  Stockholm, Norstedts et P., Touzot,  1986, gr. in-8°,  428 pp, 30 pl. de documents hors texte (dont un frontispice et 16 planches en couleurs), 3 fac-similés dans le texte, sources, 2 index, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            60

"Pour le bicentenaire de l'Académie Royale de Suède, fondée par Gustave III en 1786, l'Académie suédoise a rendu à son fondateur un hommage exceptionnel ; la présente édition représente en effet un travail considérable, tant par l'établissement du texte et son annotation que par sa présentation matérielle et son iconographie. Le texte a été établi par G.v.P. avec le plus grand soin, à partir des manuscrits originaux retrouvés dans une trentaine de collections publiques ou privées. Une bonne partie de ces 150 lettres sont inédites ; les autres ont fait l'objet d'un véritable travail de restauration, l'écriture et l'orthographe de Gustave III étant proprement « extravagantes » (p. 19) ; on en verra la preuve dans la planche 26, qui offre en fac-similé huit pages de la main du roi. Aux lettres royales s'ajoutent une vingtaine de lettres de ses correspondants (Creutz, Scheffer, Beaumarchais, Marmontel, d'Alembert, Bernis, etc.). L'apparat critique, très riche en ce qui concerne l'histoire de Suède, la biographie du roi et son usage du français, rendra de grands services. Gustave III ayant laissé plusieurs milliers de lettres (p. 17), il ne pouvait s'agir ici que d'une anthologie ; mais on y trouvera bien, comme se le proposait G.v.P., un portrait du roi. Dans ses lettres à sa famille (et notamment à son frère Charles), à ses plus fidèles serviteurs (Creutz, Scheffer, Fersen) ou à ses amis les plus chers (le comte et la comtesse Bielke, les barons de Taube et d'Armfeldt, la comtesse de Boufflers), il révèle ses goûts, ses ambitions, ses soucis ; il s'abandonne, dans une conversation « à bâtons rompus », à ses enthousiasmes et à ses émotions. De 1757 à 1792, on voit ainsi se dérouler l'histoire d'un roi très humain : son apprentissage du pouvoir, ses échanges avec les philosophes, ses voyages, ses tentatives pour arracher la Suède à l'inertie, ses réactions devant le caractère « aussi atroce que fabuleux » de la Révolution (p. 326)." (Jean Sgard, Dix-Huitième Siècle, 1987)

170.          REDONDO (Augustin)(dir.). Autour des parentés en Espagne aux XVIe et XVIIe siècles. Histoire, mythe et littérature. Etudes réunies et présentées par A. Redondo.  Publications de la Sorbonne,  1987, gr. in-8°,  226 pp, notes et références, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Introduction par A. Redondo, suivie de 9 contributions en français centrés sur les relations amoureuses et les liens de parenté au Siècle d'Or, par Ricardo Saez, Inès Rada, Josette Riandière La Roche, François Delpech (Fragments hispaniques d'un discours incestueux, pp 77-128), Monique July, Françoise Vigier, Marie-Joëlle Tupet, Fernando Copello, Araceli Guillaume. Il s'agissait d'essayer d'atteindre le substrat de la société espagnole à travers certains de ses aspects fondamentaux, en étudiant les comportements amoureux et les rapports de parenté. — "Dans un ouvrage quelque peu ardu, des spécialistes de l'Histoire espagnole se sont efforcés de dégager les systèmes de représentation de la parenté du Siècle d'Or et les mentalités qui les sous-tendent. Ils ont utilisé pour cela autant les sources littéraires et linguistiques que les sources d'archives. Ils ont centré leurs recherches sur les relations amoureuses et les liens de parenté, se rattachant ainsi aux nombreuses études faites sur ces thèmes dans toute l'Europe. L'Espagne a connu une évolution historique étonnante : le délire statutaire de la pureté de sang. Ce pays, pourtant, fut durant les temps médiévaux terre de tolérance et de cohabitaiton entre des races diverses. A la Renaissance, une réaction vive, deja amorcée par l'antisémitisme du quatorzième siècle, se développa avec force. Certes, il faut reconnaitre que cet antisémitisme latent ne fut à aucun moment l'apanage exclusif de l'Espagne, mais il prit un aspect doctrinal rarement atteint ailleurs. Les couches populaires y furent les plus sensibles. Ainsi se créa une contre-noblesse, qui n'était rien d'autre qu'une noblesse populaire jalouse de ses origines vieilles-chrétiennes. L'étude des preuves à fournir par les candidats au sacerdoce de l'archidiocèse de Tolède, due à M. Saez, est assez éclairante. Elle démontre avec quelle rigueur étaient contrôlées les origines raciales (alors que la bâtardise etait mieux acceptée)..." (Roland Carron, Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, 1988)

171.          SCHLUMBERGER (Jean). Plaisir à Corneille (Promenade anthologique).  Gallimard,  1936, in-8°,  276 pp, reliure demi-basane mordorée à coins, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, couvertures et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

            25

"... Son livre qui connut un grand succès, “Plaisir à Corneille”, était beaucoup plus qu'un ouvrage d'histoire et de critique littéraire. Si l'on y trouve de pénétrantes analyses qui ont renouvelé l'étude de Corneille, on n'y sent pas moins une présence de l'âme cornélienne, une résurrection de tout ce que Corneille a donné pour toujours à la vie française, un merveilleux accord, en un mot, entre les nécessités profondes de la France d'aujourd'hui et certaines des richesses dont son patrimoine intellectuel et moral ne cesse de disposer. Sous l'aspect modeste d'un livre qui ne prétend qu'à être un chapitre de littérature bien lue et bien comprise. Jean Schlumberger nous lançait, quatre ans avant notre épreuve, le message qui pouvait le mieux nous rendre le sens de notre grandeur." (André Rousseaux, Le Figaro, 16 juin 1942)

172.          SOULANGE-BODIN (André). La Diplomatie de Louis XV et le Pacte de famille.  Perrin,  1894, in-12,   pièces justificatives, broché, très bon état

            40

"Ce n'est pas une histoire complète et détaillée de la conclusion de l'alliance franco-espagnole, dont les conséquences ont influé sur toute la politique extérieure de l'ancien régime, et même sur celle de la Révolution, qu'a voulu écrire M. Soulange-Bodin dans son étude. C'est sur les circonstances qui ont préparé et marqué la conclusion du Pacte de famille et sur les trois hommes qui, du côté français, ont pris à cet événement la part la plus marquante qu'il a porté son attention. Bernis pense au Pacte de famille, Choiseul le réalise, Nivernais lui fait produire ses premiers résultats ; de là les divisions très naturelles et très justes du volume. Ainsi composé avec justesse, le livre de M. Soulange-Bodin n'est pas moins remarquable au point de vue du fond et de la forme. L'auteur a dépouillé avec intelligence et méthode les archives des affaires étrangères ; il présente le résultat de ce dépouillement avec une élégante netteté. C'est, en un mot, un livre bien fait, mais il ne faut pas oublier en le lisant que le Pacte de famille ne devait produire tous ses heureux résultats qu'à longue échéance, et que ce n'est pas tant la politique de Choiseul que celle de Louis XVI et de Vergennes qui en a justifié complètement la conclusion." (Louis Farges, Revue Historique, 1894)

173.          TAVENEAUX (René). La Vie quotidienne des jansénistes aux XVIIe et XVIIIe siècles.  Hachette,  1985, in-8°,  301 pp, notes, chronologie, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"... Au sens aigu des nuances, au goût du concret, à la conscience de la complexité des choses, M. Taveneaux joint un don remarquable de synthèse, la sûreté du jugement, la clarté de l'expression et l'élégance de l'exposé. Ainsi a-t-on rarement si bien répondu, autant que possible, à la question inépuisable : qu'est-ce que le jansénisme ? On ne saurait trop recommander ce livre aux spécialistes comme aux profanes. C'est un des volumes les plus réussis de la collection." (Jean-Pierre Massaut, Revue belge de philologie et d'histoire) — "L'érudition, la clarté, une longue familiarité de ces modes de pensée, de mœurs, qui devaient obliger à parler plutôt au pluriel des jansénismes, que du jansénisme, donnent à ce livre une dimension socio-historique qui va très au-delà des exigences d'une telle collection. R. T. saisit la vie quotidienne dans une structure tantôt chronologique, tantôt thématique. Les cinq premiers chapitres permettent de réinsérer ces chrétiens ardents que furent les solitaires et leur maître Saint-Cyran, dans cet extraordinaire mouvement de renaissance religieuse, d'une catholicité désolée par les guerres de religion. En un ensemble riche de pittoresque et d'émotion, il sait manifester le respect pour ces vies ascétiques (voir les chap. VII et VIII : « Jansénisme et vie chrétienne », « Jansénisme et vie du monde ») sans masquer les réserves qu'inspireront peu à peu des comportements de tous temps suspects à l'Église : macérations extrêmes, cilices, plaques de fer hérissées de pointes qui déchirent les chairs, déjà exténuées par des jeûnes qui s'étendent à l'année entière. Doutes aussi quant à la validité des manifestations nées de ces délires collectifs qui, après la mort du diacre Pâris (1727), engendreront le culte de macabres reliques, des psychodrames sado-masochistes. R. T. n'a eu garde d'oublier l'îlot hollandais (chap. XI) dont l'influence s'est perpétuée si profondément. Une chronologie et une bibliographie sommaire, mais commode, des notes et références fort nombreuses pour chacun des 12 chapitres, rendent encore plus manifeste la valeur de cet ouvrage à notre avis bien supérieur à maints autres de la même collection." (P. Charbonnel, Dix-Huitième Siècle, 1976)

174.          THUASNE (Louis). Etudes sur Rabelais.  P., Emile Bouillon,  1904, in-12,  xiii-451 pp, appendices, reliure demi-maroquin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. et dos conservés, bon état (Bibliothèque littéraire de la Renaissance). Bel exemplaire

            100

Ce volume rassemble un certain nombre d'études de Louis Thuasne sur Rabelais (Les sources monastiques du roman de Rabelais, Rabelais et Érasme, Rabelais et Folengo, Rabelais et Francesco Colonna) ainsi que des notes ponctuelles sur tel ou tel aspect de l'œuvre (Note sur la rupture de Voulté avec Rabelais, Note sur le chapitre VI du livre II et sur l'« Epistre du Limousin de Pantagruel », Note sur un passage du chapitre XLVIII du livre IV de Pantagruel, Calvin et Rabelais). L'ouvrage est pourvu de deux appendices (p. 353-387) et d'une conclusion de synthèse. — "M. Thuasne commence par quelques considérations sur les sources monastiques de Rabelais. Il montre que Rabelais s'est inspiré des moines prêcheurs « sans que l'on puisse d'une façon précise, sauf de rares exceptions, désigner ceux d'entre eux qui lui ont servi de modèles. Si l'on prend le thème si fréquemment traité de la royauté, celui du pape et de l'église, on verra qu'entre Rabelais et ses devanciers il n'y a que des similitudes plus ou moins frappantes, mais peu ou pas d'emprunts dans l'acception stricte du mot. » M. Thuasne étudie surtout les emprunts faits par Rabelais à trois moines, comme l'auteur du Pantagruel, en rupture de froc, Érasme, Folengo, l'auteur du Baldo et de l'Orlandino, enfin Francesco Colonna, l'auteur fameux du Songe de Poliphile. (...) Avec la prodigieuse érudition qu'avait déjà prouvée l'édition de la correspondance de Robert Gaguin, M. Thuasne a rassemblé ici une grande quantité de textes qu'il est indispensable à tout bon rabelaisant de connaître." (V.-L. Bourrilly, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1905)

             

RÉVOLUTION

 

             

175.          [BARRETT, Jean-Jacques de]. De la Loi Naturelle, par M. ***.  P., Defer Demaisonneuve,  1790, 2 vol. in-8°,  iv-344 et 291 pp, culs-de-lampe, reliures plein veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison basane rouge et verte, coupes filetées, tranches rouges (rel. de l'époque), un mors faible, bon état. Edition originale (Barbier, 2, 1337)

            200

Jean-Jacques de Barrett (1717-1792) était d'origine écossaise, sa famille ayant suivi les Stuarts dans leur exil. Il fut nommé professeur de langue latine à l'École militaire en 1762 ; il en devint le directeur des études trois ans après. Franc-Maçon, il était troisième secrétaire de la Loge des Neuf Soeurs.

176.          BIZARDEL (Yvon). Les Américains à Paris pendant la Révolution.  Calmann-Lévy,  1972, in-8°,  291 pp, 8 pl. de gravures et documents hors texte, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française)

            25

Quel rôle ont joué les Américains dans la Révolution française ? Pour la première fois un historien raconte quelle fut l'attitude de la communauté américaine dans le Paris des années 1789-1799 ; On y découvre les intrigues diplomatiques du ministre plénipotentiaire Thomas Jefferson et de Gouverneur Morris, l'influence politique du pamphlétaire Thomas Paine, l'activité des négociants et celle, plus clandestine, des corsaires qui profitent de la guerre navale. La République, dès son avènement, essaie d'obtenir l'appui de George Washington pour reprendre la Louisiane aux Espagnols et reconquérir les positions françaises perdues sous Louis XV. En même temps la fuite de la noblesse vers le nouveau monde fait naître un véritable trafic des promoteurs qui vendent aux émigrés des lotissements sur l'Ohio. Dans ce Paris en fièvre, la politique se poursuit en intrigues amoureuses, comme celle de Gouverneur Morris avec la maîtresse de Talleyrand, Adélaïde de Flahaut. Les citoyens des Etats-Unis s'y marient d'autant plus facilement qu'ils profitent du divorce institué par les lois révolutionnaires. Les Américains à Paris ? Des citoyens pas comme les autres, qui jouent leur propre jeu dans la Révolution.

177.          BIZARDEL (Yvon). Des Américains chez les Charentais en 1796. John Trumbull, Joshua Barney, Nathaniel Sargent.  Chez l'Auteur, en dépôt à la Librairie historique Clavreuil,  1976, gr. in-12,  95 pp, une carte ancienne du pays d'Aunis, broché, bon état. Peu courant

            25

Un artiste marchand de cognac : John Trumbull. Joshua Barney, marin américain au service de la France. Les vicissitudes de la “Rosanna”.

178.          BIZARDEL (Yvon). Les Américains à Paris sous le règne de Louis XVI et la Révolution. Notices biographiques.  Chez l'Auteur,  1978, pt in-8°,  228 pp, une illustration sur double page (« Vue de Paris, prise de la maison ci-devant de Franklin », dessin à la plume de John Trumbull, daté de 1786), index, broché, couv. à rabats, bon état. Peu courant

            40

"Yvon Bizardel a eu l'excellente idée de publier un annuaire des Américains vivant à Paris à la fin de l'Ancien Régime et au début de la Révolution. II en a exclu des noms trop connus, tels Jefferson ou Franklin. On y trouve des indications biographiques précieuses pour des hommes d'affaires, marins, officiers... qui eurent Paris pour domicile, sans aucune prescience des épisodes révolutionnaires." (Claude Fohlen, Revue Historique, 1980)

179.          BIZARDEL (Yvon). Deux Yankees et trois demeures parisiennes. Château des Ternes, Hôtel de Créqui, Hôtel de la Ferté-Senneterre.  Chez l'Auteur, en dépôt à la Librairie historique Clavreuil,  1980, in-8°,  94 pp, 12 gravures et fac-similés hors texte, texte français suivi de la traduction anglaise par Harold King, broché, bon état. Peu courant

            30

180.          BREDIN (Jean-Denis). Sieyès. La clé de la Révolution française.  Editions de Fallois,  1988, fort in-8°,  611 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, état correct

            20

La clé qui ouvre la Révolution et qui la ferme ? Le 15 juin 1789 l'abbé Sieyès, député du Tiers Etat de Paris, appelle les Etats Généraux à se constituer en Assemblée nationale et à proclamer la souveraineté de la Nation. Ce jour-là, l'Ancien Régime a vécu. La Révolution est ouverte. Dix ans plus tard Sieyès, qui s'est rendu maître du Directoire, cherche une épée républicaine pour mettre fin à l'anarchie. Le général Bonaparte vient de rentrer d'Egypte. Le coup d'Etat du 18 Brumaire, leur oeuvre commune, ferme la Révolution... Mais ce Bonaparte était Napoléon. Ainsi Sieyès eut-il l'extraordinaire destin d'être l'initiateur de la Révolution en 1789, puis son liquidateur en 1799, de jouer un rôle essentiel du premier jour jusqu'au dernier. Mais s'il est la clé de la Révolution, c'est aussi qu'elle ne peut se comprendre sans lui. Les idées qu'elle a agitées, les instruments de pensée qu'elle nous a légués, les institutions dont nous nous servons encore ont été, pour la plupart, inventés ou théorisés par lui. Et sans doute fut-il le seul intellectuel qui ait joué un rôle décisif dans l'histoire révolutionnaire. Pourtant Sieyès est étrangement négligé par l'Histoire. C'est peut-être qu'il y occupe une place inconfortable : pour les uns prêtre renégat, régicide, devenu comte d'Empire, lui le grand pourfendeur des privilèges, pour les autres symbole du règne de la bourgeoisie, précurseur du gouvernement des notables au XIXe siècle, du gouvernement des classes moyennes au XXe... Son mystère aussi peut avoir découragé l'Histoire. Sa vie de prêtre avant la Révolution, sa vie dissimulée sous la Convention, ses complots, ses coups d'Etat, sa longue retraite gardent beaucoup de secrets. On ne sait rien ou presque de sa vie privée. Son physique même semble incertain. Venu au terme de sa vie, Sieyès refusa de se justifier, s'enfermant dans ce qu'il appelait son silence philosophique. « A quoi bon ! Notre oeuvre se suffit à elle-même. » Sieyès n'a pas voulu servir sa propre mémoire. Il s'est cru au-dessus de la postérité. Aurait-elle pris sa revanche ?

181.          BRICARD (Louis-Joseph). Journal du canonnier Bricard, 1792-1802, publié pour la première fois par ses petit-fils Alfred et Jules Bricard, avec introduction de Lorédan-Larchey.  P., Ch. Delagrave,  1891, in-12,  xliv-494 pp, reliure demi-toile carmin, dos lisse, titre doré et filets à froids, couv. conservées (rel. de l'époque), mention de 2e édition sur la couv. illustrée mais pas sur la page de titre, bon état

            60

"Ces célèbres souvenirs retracent presque toutes les campagnes de la Révolution jusqu'à l'expédition d'Egypte, qui termine la carrière militaire de Bricard par sa capture par les Anglais." (Fierro, 233) — "Célèbres souvenirs d'un soldat des armées de la Révolution. Bricard est nommé lieutenant de pontonniers sous Kléber en Egypte et c'est en cette qualité qu'il fait aux Anglais la remise des équipages et du matériel des ponts lors de la reddition des troupes françaises." (Tulard, 228)

182.          CARLYLE (Thomas). The French Révolution. A History.  London, Chapman & Hall,  1888, fort in-12,  342-412 pp, chronologie, index, reliure percaline bleue de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, bon état. Texte en anglais

            25

I. The Bastille ; II. The Constitution (la Constituante) ; III. The Guillotine. — Par Thomas Carlyle (1795-1881), écrivain, satiriste et historien écossais, dont les écrits eurent une très forte influence durant l'époque victorienne. — "Plusieurs études ont souligné la popularité et l'influence de la Révolution française de Thomas Carlyle. Paru pour la première fois en 1837, réédité à de nombreuses reprises, tiré à des dizaines de milliers d'exemplaires, ce récit a été la représentation dominante de la Révolution française en Grande-Bretagne pendant tout le XIXe siècle, et au-delà. L'ouvrage porte la marque du changement de perspective opéré pendant la décennie qui a précédé sa publication : le « souffle » de la Révolution y est rendu. Mais le peuple, la populace, y sont violents voire féroces, contribuant ainsi à entretenir un stéréotype britannique du XIXe siècle qui opposait le pacifisme du peuple anglais à la brutalité des Français. Et le jacobinisme est fustigé par une histoire dont le premier héros est Mirabeau." (Fabrice Bensimon, L'écho de la Révolution française dans la Grande-Bretagne du XIXe siècle, 2005)

183.          COSSERET (Paul). Montagnards et Girondins. Portraits historiques et littéraires.  Albin Michel,  s.d. (1897), gr. in-8°,  127 pp, préface de E. Lagrillière-Beauclerc, 15 portraits gravés sur bois hors texte, broché, bon état

            30

Chapitres sur Couthon, Robespierre, Saint-Just, Marat, Danton, Barrère, Anacharsis Cloots, Collot d'Herbois, Billaud-Varennes, Fabre d'Eglantine, Gonchon, Vergniaud, Guadet, Gensonné, Pétion, Dumouriez. Les 15 gravures sont des portraits finement gravés de tous ces révolutionnaires (sauf Gonchon). Dans cet ouvrage est restitué le discours de Pétion dans une séance du 11 avril 1793 où il répond à la fois avec dignité et adresse à l’accusation de Robespierre. Pétion s’en prend aussi à Marat. Ils échangent des invectives qui sont restituées dans ce texte.

184.          DAUDET (Léon). Sauveteurs et incendiaires.  Flammarion,  1941, in-12,  212 pp, broché, bon état

            25

"La Révolution française, intimement associée à la maçonnerie, est un essai de vie humaine en société sans l’idée de Dieu. Elle est un pari qui ne pouvait être que perdu, un pari que devait légitimer un massacre. Elle s’est incarnée dans deux hommes littéralement infernaux, Marat et Robespierre, et elle a abouti à Bonaparte. Laclos, l’auteur des “Liaisons dangereuses”, fut, en littérature, l’un des propagateurs de l’incendie révolutionnaire. Mais il ne fut pas le seul. Avant lui, il y avait eu Rousseau, chez lequel la folie avait pris la forme politique et qui écrivit le “Contrat social”, table posée de travers et sur laquelle rien ne pouvait tenir, car on partait de ce principe essentiellement faux, que l’homme est naturellement bon et que ce sont les lois qui le font méchant en le réglementant. L’homme est en fait le seul animal qui ait eu en lui l’instinct pervers de dominer, et d’esclavager son semblable et s’il s’agit de la femme, de tirer d’elle, par la force, à laquelle elle opposera la ruse, son assouvissement immédiat et brutal. Mallet du Pan raconte qu’en 1788, il vit à Paris, Marat soulever la foule, dont il était alors inconnu, en lui lisant à haute voix des passages du Contrat social. Ainsi la Révolution partant de la folie, aboutissait-elle naturellement au crime, et le glaive de la Justice, dans ses mains, devint la guillotine." (Léon Daudet) — "Une étude à la fois politique et littéraire puisqu’elle touche à l’influence politique du livre et du journal. Léon Daudet étudie en psychologue un aspect de la Révolution : le malaise moral du révolutionnaire qui fait de lui un “incendiaire”. Les êtres humains ne forment pas des blocs : le caractère incendiaire apparaît chez des hommes qui, sans le levain de la révolte déposé par de mauvaises lectures, seraient des personnes normales et utiles à la société. Daudet rapporte que Michelet a noté que les révolutionnaires qui livraient aux égorgeurs, pendant les massacres de septembre, prêtres, “ci-devant“ et bourgeois suspects, hésitaient parfois entre l’admiration, voire l’af fection pour leurs victimes, et la fureur sanguinaire. L’idéologie les faisait basculer dans la haine sociale. Léon Daudet nous montre des incendiaires et des esprits qui combattent les méfaits de la subversion, et pour souligner la complexité de notre nature, il analysera des caractères qui présentent les deux aspects..." (Gérard Baudin)

185.          GOUBERT (Pierre) et Michel DENIS. 1789. Les Français ont la parole. Cahiers de doléances des Etats Généraux, suivis d'un glossaire pratique de la langue de quatre-vingt-neuf.  Julliard,  1970, in-12,  268 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Archives)

            20

« Il existe  un monument précieux de la raison en France : ce sont les cahiers des trois ordres en 1789. Là se trouvent consignés, avec une connaissance profonde des choses, tous les besoins de la société » (Chateaubriand). Des dizaines de milliers de Cahiers, Pierre Goubert et Michel Denis ont extrait les passages les plus significatifs et les plus vivants. Ils y ont adjoint un vocabulaire pratique de la langue de Quatre-vingt neuf qui n'a nulle part ailleurs son équivalent.

186.          GUILHAUMOU (Jacques). La langue politique et la Révolution française.  Langage & Société n° 113,  2005, in-8°,  30 pp, biblio, broché, bon état

            10

Dans le numéro de la revue "Langage & Société" n° 113, septembre 2005, 168 pp, consacré à "Le politique en usages (XIVe-XIXe siècle)", sous la dir. de Olivier Bertrand et Jacques Guilhaumou. Autres études : Le vocabulaire politique aux XIVe et XVe siècles : constitution d'un lexique ou émergence d'une science ? (Olivier Bertrand) ; Quelques avatars du mot « politique » (XIVe -XVIIe siècles) (Marie-Luce Demonet) ; La graisse vorace. Petits mythes populaires au service des désignations sociopolitiques à la fin du 19e siècle (Maurice Tournier).

187.          JAURÈS (Jean). Histoire socialiste de la Révolution française. Edition revue et annotée par Albert Soboul, préface par Ernest Labrousse.  P., Editions Sociales,  1968-1973, 7 vol. in-8°,  1127, 760, 625, 560, 862, 544 et 184 pp, nombreuses gravures, texte sur 2 colonnes, biblio, index, reliures plein cuir bleu-nuit de l'éditeur, bon état

            180

Tome I : La Constituante ; II : La Législative ; III : La République ; IV : La Révolution et l'Europe ; V : La mort du roi et la chute de la Gironde ; VI : Le Gouvernement révolutionnaire ; VII : Index (par Françoise Brunel). — "... C'est Jaurès cependant qui le premier a voulu voir dans la Révolution française un phénomène social et donc d'origine économique. (...) Jaurès a publié de 1901 à 1903 les quatre volumes sous couverture rouge de son Histoire socialiste de la Révolution française : pour la première fois dans l'historiographie révolutionnaire, il exposait l'histoire de la Révolution en lui donnant franchement comme fondement les faits économiques et sociaux. Non que Jaurès ait méconnu l'importance du mouvement philosophique. Il n'en reste pas moins, et Jaurès le marque avec vigueur, que la Révolution fut l'aboutissement d'une longue évolution économique et sociale qui fit de la bourgeoisie la maîtresse du pouvoir et de l'économie. (...) Sûreté de la méthode, richesse de la documentation, impartialité merveilleuse, comme l'avait déjà souligné Aulard, belle ordonnance du récit : tels sont les traits que souligne également Mathiez. « C'était la première fois qu'une tentative aussi vaste, aussi hardie et aussi heureusement conduite dans l'ensemble était faite pour joindre au tableau des événements politiques le tableau des événements économiques qui les conditionnent et les expliquent »." (Albert Soboul, Annales historiques de la Révolution française, 1979)

188.          LA ROCHEFOUCAULD (François de). Souvenirs du 10 août 1792 et de l'armée de Bourbon. Publiés par Jean Marchand.  Calmann-Lévy,  1929, pt in-8°,  lix-245 pp, préface du Duc de La Rochefoucauld, un portrait en frontispice et un tableau généalogique dépliant hors texte, index, broché, bon état

            30

"Officier, La Rochefoucauld émigre seulement après le 10 août 1792 et rejoint l'armée de Bourbon. Il la quitte très vite pour rejoindre, via Bruxelles et Amsterdam, Londres où il se trouve dès novembre 1792. Il revient en France en 1800. Ses souvenirs se situent entre août et novembre 1792." (Fierro, 827)

189.          MATHIEZ (Albert). Autour de Danton.  Payot,  1926, in-8°,  284 pp, broché, bon état (Coll. Bibliothèque Historique)

            40

Le conventionnel Basire ; Fabre d'Eglantine ; Westermann ; Danton et le duc de Chartres ; Servan ; Delacroix ; Dumouriez ; Les frères Simon ; Choiseau ; La duchesse de Choiseul ; Courtois ; Guzman ; Perregaux ; etc. — "Dans le présent volume, M. Albert Mathiez, professeur à l'Université de Dijon, déroule sous nos yeux, avec la rigueur impitoyable d'un juge d'instruction, mais d'un juge d'instruction plein de tempérament, le dossier de Danton et de « sa bande ». Car, c'est bien d'une bande d'aventuriers qu'il s'agit. Voici comment M. Mathiez décrit le chef : « Ce fut un jouisseur insatiable qui s'enrichit en péchant en eau trouble, un révolutionnaire d'industrie qui reçut de l'argent de la Cour par l'intermédiaire de Talon. (...) Danton a essayé de soutirer deux millions à Pitt pour sauver Louis XVI. Il a été en rapports constants avec l'émigration... Il a protégé et fait chanter tour à tour les fournisseurs et les banquiers, comme il faisait contribuer la Cour et l'émigration. (...) Au conseil exécutif comme au Comité de Salut public, il a masqué une politique peureuse et défaitiste par les déclamations creuses d'un chauvinisme ronflant... (...) Chassé du gouvernement pour sa diplomatie secrète, pour ses intrigues royalistes et fédéralistes, pour ses liaisons suspectes avec les pires hommes d'affaires, il ne rêva dans la retraite qu'à sa vengeance. Il entrava sourdement et habilement l'œuvre du grand Comité de Salut Public. Il devint le chef occulte d'une opposition d'autant plus redoutable qu'elle était plus hypocrite et plus insaisissable. Il groupa autour de lui tous les mécontents : les royalistes en leur promettant la rentrée des émigrés et la Restauration, les fédéralistes en leur promettant l'amnistie, les commerçants et les industriels, les propriétaires en général, en s'engageant à détruire le maximum, les réglementations commerciales, les lois révolutionnaires , tous les suspects en faisant miroiter devant leurs yeux l'ouverture des prisons. La sentence du tribunal révolutionnaire cesse de nous paraître mystérieuse. Nous comprenons pourquoi la Convention thermidorienne refusera de réhabiliter Danton et sa bande... » (pp. 8-9). Le réquisitoire est terrible, comme on le voit. Et notons bien que toutes ces accusations, M. Mathiez les a déjà prouvées dans d'autres travaux. Aussi bien n'est-ce pas tant au chef de bande qu'est consacré le présent volume. C'est plutôt à une série de personnages de deuxième et même de troisième plan, comparses de Danton, tels que les conventionnels Basire, Delacroix, et Courtois, le poète manqué Fabre d'Églantine, les généraux Westermann et Dumouriez, le ministre de la guerre Servan, l'agent espagnol Guzman, qui furent les amis et les instruments de Danton, puis aux amis de ces amis, tels que le procureur ou avoué Milard. Et à côté des complices nous voyons également défiler devant la barre d'autres personnages, tels que le duc de Chartres (le futur Louis-Phïlippe), la duchesse de Choiseul et Gillet, l'accusateur public du tribunal révolutionnaire de Versailles, – témoins irrécusables des turpitudes de Danton. Voici enfin le fournisseur aux armées Choiseau et les banquiers Perregaux et Simon frères, qui eurent avec Danton et son groupe des relations d'affaires qui prouvent que pour eux, pas plus que pour leurs clients, l'argent n'avait d'odeur. Ce défilé laisse une impression de dégoût. Chez M. Mathiez ce sentiment se donne libre carrière. Oyez plutôt ces quelques lignes que nous trouvons à la p. 120. « C'est un fait que tout ce qu'il y avait d'équivoque et de taré dans le personnel révolutionnaire était attiré par un aimant, autour de la personne de Danton : le faussaire Fabre d'Églantine, perdu de dettes et de vices, le voleur Vilain d'Aubigny, l'abbé fournisseur d'Espagnac, autre voleur, mais des deniers publics, l'équivoque Basire, le capucin débridé Chabot, dont la conscience était tarifée, l'homme d'affaires politiques et financières Talon, le médecin délateur Latouche-Chef tel, le policier bandit Lalligant-Morrillon, le voleur Courtois, chassé du tribunal pour concussion... ; j'en passe et des meilleurs, toute la basse et haute pègre de la Révolution !... » Et cependant on se demande parfois si le ridicule ne l'emporte pas encore sur l'odieux. Ainsi, lorsque M. Mathiez nous rappelle que M. Aulard, le grand historien de la Révolution Française, tenait jadis Danton pour l'homme d'État incomparable, pur de toute souillure et de toute compromission, l'ardent patriote, le véritable sauveur de la patrie en danger (p. 281) ,on a plutôt envie de rire que de se fâcher. De tout cela il résulte que l'histoire de la Révolution française est encore à faire, et que si, après Aulard, il ne reste plus grand'chose de Taine, après Mathiez il pourrait bien ne plus subsister grand' chose d'Aulard." (Hubert Van Houtte, Revue belge de philologie et d'histoire, 1927) — "Les études qui se trouvent réunies dans ce recueil sont consacrées soit à divers épisodes de la vie de Danton, soit à des personnages qui ont vécu, pour la plupart, dans son entourage immédiat : Basire, Fabre d'Eglantine, Delacroix, Westerman, etc. Elles tendent, d'une manière générale, à démontrer que Danton fut loin d'être un homme d'Etat sincère et désintéressé, et elles éclairent d'un jour singulier l'histoire secrète de la Révolution...." (C. Richard, Revue du Nord, 1927)

190.          MATON DE LA VARENNE (Pierre-Anne-Louis de). Histoire particulière des évènements qui ont eu lieu en France, pendant les mois de juin, juillet, d’août et de septembre 1792, et qui ont opéré la chute du trône royal ; où l’on trouve, sur ces époques déplorables, des détails ignorés pour la plupart, et appuyés de preuves ; deux lettres secrètes et inédites de Louis XVI ; les ordres et les arrêtés des autorités publiques et des sections sur les meurtres de septembre ; les quittances des employés à ces exécutions sanglantes ; la liste alphabétique de toutes les victimes égorgées à Paris, Lyon, Orléans, Versailles et Meaux ; des notices et particularités sur la vie, les ouvrages et les derniers moments des principales, ainsi que sur les coupables condamnés, morts ou déportés, et sur d’autres personnages anciens et modernes, fameux et célèbres ; etc., etc.  P., Périsse et Compère, Léopold Collin,  1806, in-8°,  (4)-541 pp, reliure demi-veau glacé fauve, dos à 4 nerfs filetés soulignés de filets dorés, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), mors lég. abîmés (mais solides), coiffes abîmées, bon état. Peu courant

            180

Unique édition de cette relation extrêmement controversée des Massacres de Septembre : l’avocat et publiciste Maton de la Varenne (1761-1813) avait beau faire partie des détenus et n’avoir réchappé que de justesse aux exécutions, son témoignage excessif et imprécatoire a paru suspect dès sa sortie. — "L'Avertissement présente ce livre comme un fragment d'une Histoire de la décadence et de la chute du trône royal en France, qui n'a point paru. Sur Maton de la Varenne et les supercheries dont il ne s'était point fait scrupule, voir la polémique dans laquelle Barbier le convainquit d' imposture ; les pièces de ce procès littéraire ont été recueillies en tête des deux premières éditions du Dictionnaire des anonymes." (Tourneux I, 341)

191.          MAURIN (Albert). Galerie historique de la Révolution française (1787 à 1799).  Paris, P. Amic l'aîné,  1843, 3 vol. pt in-4°,  xvi-454, 474, 469-45 (table alphabétique et biographique) pp, illustré de 61 portraits lithographiés sur acier sous serpentes, reliures demi-chagrin carmin à coins, dos lisses avec titres, tomaisons et doubles filets dorés soulignés à froid, tranches jaspées (rel. de l'époque), coins inf. d'une vingtaine de feuillets abîmés au tome 2, qqs rousseurs éparses, sinon bon état

            90

192.          MONTGAILLARD (Jean-Gabriel-Maurice Rocques de). Mémoire concernant la trahison de Pichegru, dans les années 3, 4 et 5, rédigé en l'an 6 par M. de Montgaillard, et dont l'Original se trouve aux Archives du Gouvernement.  P., de l'Imprimerie de la République,  Germinal an XII (1804), in-8°,  159 pp, reliure demi-basane carmin, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, pièce de titre chagrin vert (rel. de l'époque), traces de salissures et coupes frottées en tête, marges sup. salies, sinon bon état. Edition originale

            80

Une des dernières impressions de l’Imprimerie de la République, en passe de devenir « impériale », tirée à 40.000 exemplaires et donnée sans l’aval de l’auteur et à son insu : il s’agit d’un mémoire remis en mars 1798 par Montgaillard, et contenant des lettres originales de Louis XVIII, de Condé, etc., adressées à Roberjot, alors ministre de la République à Hambourg. Ce Mémoire révélait la correspondance du Prétendant, futur Louis XVIII, et alors "comte de Lille", ainsi que du Prince de Condé et d'autres personnalités royalistes, avec le général Pichegru. Il fut livré à l'impression par Bonaparte, et d'abord publié en entier dans le Moniteur de germinal an XII (mars-avril 1804). C'est toujours sur ordre du Premier Consul qu'il en fut tiré une édition à part, qui fut largement diffusée à l'étranger (dont les Etats-Unis) pour les usages de la propagande napoléonienne...

193.          OZOUF (Mona). Varennes. La mort de la royauté. 21 juin 1791.  Gallimard,  2005, in-8°,  433 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Journées qui ont fait la France)

            20

L'équipée de Varennes ne figure pas dans le canon des "journées révolutionnaires" : ni foules anonymes en fureur, ni sang versé, ni exploits individuels, ni vaincus. À Varennes, un roi s'en est venu, un roi s'en est allé, avant de retrouver une capitale sans voix et une Assemblée nationale appliquée à gommer la portée de l'événement. Autant dire une journée blanche. Et pourtant, ce voyage apparemment sans conséquence fait basculer l'histoire révolutionnaire : il éteint dans les esprits et les cours l'image paternelle longtemps incarnée par Louis XVI ; met en scène le divorce entre la royauté et la nation ; ouvre inopinément un espace inédit à l'idée républicaine ; et, pour finir, projette la Révolution française dans l'inconnu. Le livre de Mona Ozouf reconstitue cette histoire à la fois énigmatique et rebattue. Il en éclaire les zones obscures, pénètre les intentions des acteurs et observe le démenti que leur inflige la fatalité ; avant d'interroger les lendemains politiques d'une crise qui contraint les révolutionnaires à "réviser" la Révolution. Réapparaissent ainsi des questions aujourd'hui encore irrésolues : y a-t-il une politique distincte du roi et de la reine ? Peut-on faire de Varennes l'origine de la Terreur ? Quelle figure de république voit-on se dessiner dans le chaos des passions du jour ? Ce moment tourmenté, écrit l'auteur, ouvre une vraie fracture dans l'histoire de France. Il allonge déjà sur le théâtre national l'ombre tragique de l'échafaud. Dix-huit mois avant la mort de Louis XVI, Varennes consomme l'extinction de la royauté.

194.          ROBESPIERRE (Maximilien). Ecrits présentés par Claude Mazauric.  Messidor/Editions Sociales,  1989, in-8°,  375 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Tous les sondages l'indiquent : pour les Français, Robespierre est la figure de proue de la Révolution. Mais, rançon de la gloire, sa mémoire demeure, deux siècles plus tard, l'enjeu de vigoureuses controverses. « Diable noir » pour les uns, « Incorruptible » pour les autres, qui est réellement Robespierre ? Pour la première fois, un choix commenté de ses écrits, au contraire d'une approche réductrice de son action, s'attache à restituer la pluralité des facettes de sa personnalité, dans le mouvement de sa vie et l'intégralité de sa pensée. Contre la « légende noire antirobespierriste » qu'il estime « encore largement dominante », Claude Mazauric, historien de tradition marxiste, se propose d'éclairer, à travers ses principaux textes, l'itinéraire d'un homme qui a exprimé, selon lui, « l'essence profondément démocratique, roturière, antiaristocratique » de la Révolution et voulu « faire de la politique une dimension de la morale ». (Le Monde, 2 juin 1989)

195.          ROLAND (Manon Phlipon, Madame). Mémoires de Madame Roland écrits durand sa captivité. Nouvelle édition revue et complétée sur les manuscrits autographes et accompagnée de notes et de pièces inédites par M. P. Faugère.  P., Librairie de L. Hachette et Cie,  1864, 2 vol. in-12,  xxiii-429 ett 360 pp, notes, appendices, reliures demi-chagrin acajou, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, têtes dorées (rel. de l'époque), dos lég. frottés, bon état

            80

196.          SOBOUL (Albert). La Ire République (1792-1804).  Calmann-Lévy,  1968, in-8°,  365 pp, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Naissance et mort...). Edition originale, ex. du SP

            25

"L'analyse par un spécialiste de la Révolution française des conditions qui ont provoqué la naissance, permis l'évolution puis causé la perte de la Première République montre qu'il s'agit beaucoup plus d'une évolution prévisible vers le pouvoir personnel que d'une mutation radicale de la société. Ce sont les guerres à l'intérieur et à l'extérieur et la crainte de la bourgeoisie à l'égard du pouvoir qui ont conduit au renforcement continuel de l'exécutif, mais c'est finalement la République de 1793 qui conservera une valeur d'exemple." (Revue française de science politique, 1968) — Par-delà l'épisode consulaire et son dénouement impérial, la Ière République s'assigne une place singulière dans l'histoire de la France contemporaine. Sans doute a-t-elle revêtu, de 1792 à 1804, des aspects contradictoires : encore doit-on souligner la continuité logique. L'évolution vers le pouvoir personnel était en germe depuis que la Révolution avait été lancée dans la guerre ; Robespierre l'avait prédit dès janvier 1792. La guerre étrangère et la guerre civile, se perpétuant, et la bourgeoisie rejetant le recours au peuple par crainte de la démocratie sociale, une nécessité inéluctable portait la République des notables au renforcement de l'exécutif. Mais, avec le recul du temps, combien cette dernière paraît éclipsée par la grandeur tragique de la République de l'an II : au regard de l'histoire, la Ière République demeure celle de 93. Malgré l'échec final, la tentative de l'an II a revêtu, depuis cent cinquante ans et plus, une valeur prophétique d'exemple. Fille des lumières, elle apparaît comme un immense effort pour organiser la nation sur des fondements plus rationnels et plus équitables. Mais ce serait mutiler l'histoire que d'oublier que l'enthousiasme et la foi présidèrent aussi à ce douloureux enfantement d'une société nouvelle : ils animaient les combattants du 10 août, ceux de Valmy, de Jemmapes et de Fleury. 93 demeure le symbole des luttes pour la liberté et pour l'indépendance. Ainsi s'explique que se maintient toujours vivant, dans la conscience des hommes de notre siècle, le souvenir de l'Indivisible. (rabat de la jaquette)

197.          STAËL (Germaine Necker de). De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, par Mad. la Baronne Staël de Holstein.  Lausanne, Jean Mourer, Hignou et Compagnie,  1796, in-8° (12,5 x 19,5 cm),  376-(2) pp, reliure demi-veau havane, dos lisse orné, tranches citron (rel. de l'époque), dos abîmé et frotté avec manques en tête et en queue, plats frottés, pt tache sans gravité en marge des 15 premiers feuillets (sans atteinte au texte), sinon intérieur très propre, frais et sans rousseurs. Edition originale rare

            250

Edition originale. L'ouvrage venait juste d'être publiée que Madame de Stael souhaita y apporter des modifications, ce qui entraîna pour l'éditeur 4 émissions différentes. Les deux premières émissions portent l'épigraphe latine Quaesivit reperta... dont l'une avec les passages cartonnés et l'autre non (la nôtre), quant aux deux autres emissions, elles portent l'épigraphe de Sénèque Inde ruentium et la dernière contient la mention Première partie, alors que nous savons que la deuxième partie projetée ne sera jamais écrite... Dans cette oeuvre qui fit date et déjà pré-Romantique, madame de Staël affirme l'impossibilité de séparer les sentiments des idées, thèse en opposition aux Lumières. Madame de Staël y invente surtout une nouvelle forme de critique morale, dont le XIXe siècle se servira. Madame de Staël présente ici une sorte de synthèse originale du dirigisme éclairé (façon Helvétius) et des valeurs du libéralisme tel que peut le définir un Constant.

198.          VIVENT (Jacques). Barras. Le "Roi" de la République, 1755-1829.  Hachette,  1937, pt in-8°,  250 pp, biblio, reliure demir-chagrin havane, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), dos lég. frotté, qqs rares marques au crayon en marges, bon état

            25

"... 60 pages à peine, sur 250, sont affectées à la période directoriale, la plus importante pourtant, puisque Barras lui a consacré les trois quarts de ses mémoires ! Par contre de longues pages racontent les relations de Barras avec les merveilleuses, avec Joséphine de Beauharnais, avec Madame Tallien et Madame de Staël. Pour expliquer la bienveillance dont Barras fut l'objet de la part du gouvernement de la Restauration, M. Jacques Vivent adopte la version très disculée de la substitution du Dauphin, au Temple, le 10 thermidor an II ; Barras aurait été le principal auteur de cette substitution. Quant aux prévarications de Barras, on les a, certes, exagérées, ce Directeur ne s'est pas enrichi illégalement plus que son collègue Reubell, ou que beaucoup d'autres grands fonctionnaires et généraux de la première République ; néanmoins il semble que M. Jacques Vivent exagère lorsqu'il affirme qu'on ne possède aucune preuve des prévarications de Barras... Que la fortune, accumulée par Barras sous le Directoire, se soil petit à petit amenuisée après 1800, il n'y a rien d'étonnant, et c'est ce qui explique l'intéressante lettre de Barras à Berthier en date de Rome, 5 août 1813 – curieux document inédit reproduit par M. J. Vivent – et l'inventaire effectué après la mort de Barras, le 5 février 1829. En attendant l'ouvrage solide et critique souhaité par les historiens, le livre de M. J. Vivent nous apporte une lecture facile et agréable." (Jacques Godechot, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1938)

199.          WALTER (Gérard). Babeuf et la conjuration des Egaux.  Payot,  1937, in-8°,  262 pp, 8 dessins et portraits, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            30

La conjuration des Egaux connaît un dénouement tragique le 27 mai 1797, avec l'exécution de son chef, Gracchus Babeuf', âgé de trente-six ans. Le Directoire a déjoué la tentative de prise de pouvoir que les conjurés préparaient dans l'ombre, depuis la fin de l'année 1795. La mort de Babeuf sur l'échafaud est un symbole : elle « éclaire d'une sinistre lueur le crépuscule de la Révolution française », écrit Gérard Walter.

             

1er EMPIRE

 

             

200.          AYMES (Jean-René). La Guerre d’indépendance espagnole (1808-1814).  Bordas,  1973, in-8°,  157 pp, 4 pl. de gravures hors texte, une carte, documents, notes, biblio, repères chronologiques, index, broché, bon état

            30

"Voici un excellent petit livre que l'on peut recommander non seulement aux étudiants mais aussi aux historiens et aux hispanisants de profession. Dans les limites étroites qui sont celles de la collection (moins de cent pages de texte, une soixantaine pour les documents, la chronologie, les index...) l'auteur a réussi à présenter l'ensemble des problèmes posés par la guerre d'indépendance espagnole dont la nouveauté déconcerta l'Europe. A une exception près toutefois, importante mais délibérée : les questions militaires, qu'il s'agisse des batailles en ligne, des sièges ou des actions de guerilla, ne sont pas traitées. Certes, les caractéristiques de la guerilla sont définies mais ses épisodes les plus spectaculaires sont passés sous silence. Ce parti-pris peut évidemment être discuté. A notre sens, et compte tenu de la place dont il disposait, l'auteur a eu raison de ne pas étudier en détail les opérations de guerre. Il aurait pu cependant rappeler en une page, pour la commodité de ses lecteurs, les grandes phases de la guerre que la carte de la page 8 ne suffit pas à suggérer. D'autre part la spécificité de cette guerre imposait semble-t-il qu'on décrive quelques-uns des combats les plus caractéristiques : deux ou trois actions de guerilla, les sièges de Saragosse et de Gerone par exemple. D'autant plus que deux des documents choisis seulement se réfèrent à ces réalités pourtant essentielles de la guerre. Cette réserve faite le livre n'appelle que des éloges. La première partie : « Préludes et incertitudes » décrit avec beaucoup d'habileté et même de talent la situation de 1808, signale, avec d'excellentes citations, les erreurs de l'opinion française à l'égard de l'Espagne d'alors, les appétits qu'elle suscite en Angleterre et en France ; ouvre le débat sur les origines des soulèvements décisifs (Aranjuez d'abord, puis les 2 et 3 mai) en jalonnant les pistes possibles ; souligne que le mouvement ne procède nullement d'une francophobie latente. Le ralliement autour des thèmes de la patrie, du roi et de la religion, qui va entraîner outre le peuple une bonne partie des « afrancesados culturels » s'est seulement trouvé facilité par la très mauvaise impression fournie par les troupes françaises dès leur entrée en Espagne. La deuxième partie : « Formes nouvelles de la lutte » montre que la guerre a concerné l'ensemble du pays, met en valeur le rôle directeur des moines, des curés de paroisse et des leaders populaires, les caractéristiques de la guerilla et ses théâtres préférés, (un peu trop rapidement à notre gré) et insiste à juste titre sur le fait que la guerilla n'a pas mis en cause l'ordre social. D'intéressantes pages sont consacrées à la littérature de combat d'une extraordinaire abondance, dont journaux et « folletos » sont l'expression la plus marquante. Quant à la troisième partie elle est sans doute plus attendue : il fallait bien faire la place qui leur revenait au gouvernement de Joseph, en constante perte de vitesse, à l'administration militaire, où le gouvernement intègre et « éclairé » de Suchet est justement distingué, au rôle des juntes rapidement prises en mains par les notables, enfin aux Cortés de Cadix. La conclusion est aussi réussie qu'elle est concise. Elle trace un bilan d'une rare justesse de ton et ouvre le champ, immense, des effets encore vivants de cette guerre." (Bartolomé Bennassar, Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 1975)

201.          CASTELOT (André). Joséphine.  Genève, Cercle du Bibliophile,  1970, in-8°,  xvi-592 pp, préface de Pierre Villoteau, avant-propos d'Yvonne Rosso, un portrait en frontispice et 28 gravures hors texte, dont 3 en couleurs, appendice historique et bibliographie in fine, reliure plein skivertex éditeur vert, dos lisse à caissons fleuronnés dorés, titres dorés, 1er plat décoré, bon état (Coll. Les Femmes célèbres)

            20

La Joséphine d'André Castelot reste la plus vivante des biographies qui aient été consacrées à la première impératrice des Français. Marie-Rose Tascher de la Pagerie, née à la Martinique en 1763, fut d'abord la malheureuse épouse du vicomte de Beauharnais avant de devenir en 1796 la générale Bonaparte et une égérie du Directoire. La délicieuse, aimable et insouciante créole cessa d'être infidèle à son mari quand celui-ci revint d'Egypte. Elle devint alors une auxiliaire efficace de sa marche au pouvoir, encore qu'elle eût aimé qu'il se contentât d'un consulat. "Bonaparte, je t'en prie, ne te fais pas roi", osa-t-elle lui dire. Elle devinait sans doute que, si elle devenait impératrice, son incapacité de donner un héritier à Napoléon la condamnait à terme. Elle n'évitera pas le divorce (1809) mais Napoléon était sincère quand il disait : "Incomparable Joséphine... C'est la femme que j'ai le plus aimée."

202.          CONSTANT (Benjamin). Œuvres complètes. Mémoires sur les Cent-Jours. Volume dirigé et texte établi par Kurt Kloocke. Introduction et notes par André Cabanis.  Tübingen, Max Niemeyer Verlag,  1993, gr. in-8°,  604 pp, 11 illustrations, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette, bon état (Œuvres XIV)

            100

Ce volume des "Œuvres Complètes de Benjamin Constant" qui marque le point de départ de cette important publication contient tout le dossier relatif aux "Cent-Jours", l'épisode sans doute le plus controversé de toute la carrière de l'homme politique. Après avoir tenu dans la presse des propos très durs sur Napoléon au moment où il remontait vers Paris, Constant se rallie à l'Empereur revenu au pouvoir et accepte de collaborer à la rédaction de l' "Acte Additionnel aux Constitutions de l'Empire". Au lendemain de Waterloo, il se sentira tenu de s'expliquer sur sa conduite et il entreprendra la rédaction de se qui paraîtra, en 1820-1822, sous le titre de "Mémoires sur les Cent-Jours". On trouvera dans le volume, qui a fait l'objet des soins de Kurt Kloocke, de l'Université de Tübingen et d'André Cabanis, de l'Université de Toulouse, tous les textes relatifs à cette oeuvres importante, y compris l'ensemble des brouillons laissés par Constant. — "Ce volume, premier né des Œuvres complètes, présente dans toutes ses facettes un ouvrage qui est à mi-chemin entre le témoignage d'un acteur situé en première ligne et la réflexion, les jugements d'un penseur politique et d'un homme d'État. Les “Mémoires...” ont paru en trois étapes durant la vie de B. C. : une première mouture émise au compte-gouttes dans la “Minerve française” des années 1819-20, une première édition à part entière en deux volumes (1820 et 1822), suivie de celle de 1829 qui est augmentée d'une importante introduction. Une seule édition entre cette dernière et la présente : celle d'O. Pozzo di Borgo (1961). La distance parcourue entre 1961 et 1993 est de taille, et l'édition Kloocke-Cabanis est deux fois aussi longue. Se fondant sur le texte de 1829, elle rassemble un volumineux dossier qui comprend une part importante d'inédits, l'essentiel provenant de fragments et de fiches datant de 1815-16 qui constituent la nébuleuse de l'ouvrage à venir. Cet ensemble est suivi d'un « carnet de notes » de plus de 100 p. où sont insérées de précieuses indications sur la méthode de travail et les intentions de l'auteur. Une note très brève pour une traduction anglaise (qui ne vit jamais le jour) et cinq documents en appendice complètent un dossier qui met en pleine lumière la trajectoire d'un texte majeur et complexe. L'apparat critique dans son ensemble est d'une grande richesse et contient un index des ouvrages et périodiques cités par B. C. Cet outil de travail indispensable aux études constantiennes est au-dessus de tout reproche." (B. Fink, Dix-Huitième Siècle, 1995)

203.          COPIN (Alfred). Talma et l'Empire.  Perrin,  1888, in-12,  396 pp, 2e édition, broché, bon état (Etudes dramatiques). Peu courant

            40

Etude de la carrière de Francois-Joseph Talma (1763-1826) sous l'Empire et de ses bonnes relations avec Napoléon. Seconde édition publiée un an après l'édition originale (1887). Tragédien, sociétaire de la Comédie française, Talma fut le fondateur du Théâtre français de la rue Richelieu (1791). Il est resté célèbre pour ses innovations théâtrales durant la Révolution française et le Premier Empire. — "L'auteur de “Talma et l'Empire”, M. Alfred Copin, s'est d'abord fait connaître par une “Histoire des Comédiens de la troupe de Molière” ; puis il s'est donné pour mission de peindre au vif la plus grande figure d'acteur qui ait jamais paru sur le théâtre : Talma. Bonaparte, qui eut le goût du spectacle, – avec des préférences marquées pour les réalités tragiques, – considérait Talma comme un bon ami et l'appelait ainsi dans la vie privée. M. Copin s'est attaché, dès les premiers chapitres de son livre, à nous montrer l'acteur et le conquérant sur le terrain commun du plaisir favori, c'est-à-dire au château de la Malmaison, où on avait élevé une jolie salle pouvant contenir environ deux cents spectateurs. Après nous avoir dit ce qu'il sait de ces séances intimes, soit à la Malmaison, soit à Saint-Cloud, M. Copin serre de plus près son sujet en nous contant la carrière publique de Talma, de 1799 à la fin de l'Empire. On devine que les détails curieux abondent en ces pages... (...) Un des points les plus intéressants du livre est le récit des démêlés du critique Geoffroy avec Talma. Ces démêlés, épistolaires au début, revêtirent un soir la forme odieuse d'une agression dont Geoffroy fut victime..." (Arthur Heulhard, Courrier de l'Art, 1887) — Alfred Copin (1853-1933), plus connu sous son pseudonyme d'Henry Lyonnet, était renommé pour ses études sur l'histoire du théâtre et plus particulièrement pour son “Dictionnaire des comédiens français”‎.

204.          DUMAS (Alexandre). Napoléon.  P., Au Plutarque français, Delloye,  1840, gr. in-8°,  410 pp, 11 portraits hors texte de Napoléon et des dignitaires de l'Empire gravés d'après Horace Vernet, Tony Johannot, Isabey, Jules Boilly, etc. (sur 12 : manque le frontispice), reliure demi-veau glacé carmin, dos lisse orné en long; pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), dos frotté, coiffe sup. arasée, accroc à la coiffe inf., une gravure dé-tachée, qqs rousseurs éparses, bon état

            60

Edition originale et premier tirage (Vicaire III, 350 ; Carteret III, 208).

205.          GORDEAUX (Paul). L'Epopée amoureuse de Napoléon.  Nice, Editions Alain Lefeuvre,  1978, in-8°,  290 pp, préface de Jean-Jacques Gautier, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"L'amour de la femme, je le crois nuisible à la société comme au bonheur individuel des homme. Ce serait un bienfait de la part d'une divinité protectrice que de nous en défaire et d'en délivrer le monde. " Cette profession de foi misogyne est signée : Lieutenant-Colonel Napoléon Buonaparte. Il est vrai que ce fringant officier venait d'absorber un breuvage empoisonné capable de tuer un boeuf ! Un boeuf, mais pas le futur Empereur des Français. Une maîtresse jalouse avait failli expédier ad patres notre petit caporal... Et c'est le même adversaire farouche du beau sexe qui collectionna les maîtresses, fut trompé autant qu'il trompa, s'évertua, pendant des années, à épouser n'importe qui...

206.          HENRI-ROBERT (Jacques). Dictionnaire des diplomates de Napoléon. Histoire et dictionnaire du corps diplomatique consulaire et impérial.  P., Henri Veyrier,  1990, gr. in-8°,  366 pp, texte sur 2 colonnes, une carte hors texte, biblio, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            40

Bonaparte, puis Napoléon choisirent pour parachever les actes glorieux de leurs bataillons un corps diplomatique à la mesure de leurs ambitions. Une synthèse complète traçant les contours historiques de cette armée de la paix, éclairée par une analyse pénétrante et vivante. — "L'étude du personnel diplomatique a été renouvelée par le Dictionnaire des diplomates de Napoléon, thèse de M. Jacques Henri-Robert préparée dans le cadre de la IVe Section de l'École pratique des hautes études." (Jean Tulard)

207.          HOUDECEK (François) et Chantal de LOTH. De l'empereur au roi. Correspondance d'Eugène de Roussy (1806-1830).  Nouveau Monde éditions/Fondation Napoléon,  2012, in-8°,  382 pp, préface d'Emmanuel de Waresquiel, annexes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon), envoi a.s.

            25

A travers les 159 lettres de cette correspondance familiale, datées de 1806 à 1830, nous suivons Eugène de Roussy, jeune noble cévenol, dans ses pérégrinations militaires de la Pologne à l'Italie en passant par l'Autriche. Ces lettres sont une plongée dans l'intimité de la Grande Armée où les exercices, la vie de caserne et la formation des conscrits tiennent plus de place que les charges héroïques. Avec les gendarmes d'ordonnance puis le 28e régiment de dragons, Eugène de Roussy fit toutes les campagnes de l'Empire et combattit notamment à Friedland, à Wagram et à la Moskova. Rallié à Louis XVIII contre Napoléon, il vécut les Cent-Jours dans les rangs des royalistes du Midi et participa aux troubles dans le Gard à l'été 1815. Après cette date, intégré dans la garde royale, il servit jusqu'en 1830 dans la proximité des souverains. Lors de la révolution de Juillet, il accompagna Charles X dans son voyage d'exil vers Cherbourg, dont il livre un témoignage inédit et plein de vérité. Sa correspondance est avant tout la mise en lumière du parcours social et politique d'un officier issu de la noblesse de province. Successivement au service de Napoléon Ier, Louis XVIII et Charles X, il a servi avec honneur tout en restant fidèle à ses idées royalistes et en s'engageant finalement pour la cause monarchique. A travers ses lettres, resurgit également tout un pan de la société de l'Empire : la noblesse d'Ancien Régime hésitant entre ralliement et attentisme.

208.          LA BEDOYÈRE (Comte Jean de) et André de MARICOURT. Georgine de Chastellux et Charles de La Bédoyère. Idylle et drame, 1790-1815.  Emile-Paul,  1924, in-8°,  iv-331 pp, 2 portraits gravés hors texte, lettres en appendices, reliure demi-maroquin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés, date dorée en queue, couv. conservées, bon état (Ouvrage couronné par l'Académie française). Bel exemplaire

            100

"MM. le comte de La Bedoyère et le baron André de Maricourt ont, d'après des archives de famille, écrit sur Charles de La Bedoyère, qui conduisit en 1815 son régiment à Napoléon et fut pour ce fait fusillé après Waterloo, un volume ou il y a beaucoup et même trop de détails d'intérêt privé ; mais ce travail a l'avantage de compléter et de préciser nos connaissances sur les rôles respectifs du gouvernement et de la société royaliste dans les premiers actes de la Terreur blanche ; à ce titre, il rendra service." (R. Guyot, Revue Historique, 1926) — "Ce livre a deux auteurs : le comte de La Bédoyère (petit-fils de celui dont on nous raconte la vie et la mort), qui nous ouvre ses archives de famille, et le baron André de Maricourt, déjà connu par des études historiques, à la fois charmantes et solides, dont plusieurs ont été couronnées par l'Académie française. « Idylle et Drame ». En novembre 1813, le colonel Charles de La Bédoyère épouse Georgine de Chastellux. C'est une union entre deux vieilles familles de vieille France, et c'est un mariage de conte de fées : lui, un charmant cavalier de vingt-sept ans ; elle, une très belle et timide jeune fille, avec tous les dons de l'esprit et du coeur. La politique faillit faire obstacle : les Chastellux étaient restés fidèles au souvenir de la monarchie déchue. On passa outre ; il était si bon, si loyal ! Et ce fut un ménage exquis. Voilà l'idylle. Le drame vient vite. On en connaît le dénouement. Le 15 août 1815, La Bédoyère est condamné à mort par le Conseil de guerre ; le 23 août, il tombe dans la plaine de Grenelle, frappé de balles françaises. Quel était son crime ? « Haute trahison et rébellion ». Colonel à Chambéry, chargé en mars 1815 de s'opposer à la marche de Napoléon sur Grenoble, il range ses bataillons sous les ordres de l'empereur à Vizille et rentre derrière lui dans Paris ! Etait-il coupable selon la loi ? Devant ses juges, dans la défense pleine de dignité, qu'il présenta lui-même, il n'en disconvenait pas. Et enfin, quels mobiles avaient pu le pousser à un acte si spontané et si grave ? Le fétichisme ? Nullement : il n'aimait pas Napoléon ! Une ambition vulgaire ? Tout ce qu'on sait de lui écarte cette hypothèse, et les ambitieux d'alors avaient bien meilleur jeu à changer de cocarde. Un patriotisme exaspéré, un patriotisme de vaincu, voilà le vrai, l'unique mobile. Il faut, pour comprendre, descendre dans les plis d'une conscience qui fut mise à la torture. Après l'entrée des Alliés à Paris, La Bédoyère démissionna. Il s'est bien battu sous Paris, il est accouru à Fontainebleau auprès de l'empereur abandonné de tous, l'empereur est parti, tout est fini : il faut déposer l'épée. Revenu chez lui, il trouve sa maison pleine de Prussiens arrogants, et sa belle-famille dans un délire de joie royaliste. La tendresse, la délicatesse de Mme de La Bédoyère n'empêchent pas que dans ce milieu, où avait toujours régné la concorde, il va se jouer une tragédie domestique. Démissionner ? L'entourage ne comprend pas : il faut que le jeune colonel se rallie et offre ses services au roi. Lui, il ne comprend pas le ralliement devant les baïonnettes étrangères. Déchirant conflit... Par faiblesse, – peut-être par amour, – La Bédoyère finit par céder : il se rallie. Les Chastellux le font envoyer colonel à Chambéry et pressent son départ, auquel le malheureux, père depuis peu de jours, ne se décidait pas. Il arrive à Chambéry à la fin de février le 1er mars, Napoléon débarquait au golfe Jouan... Dans sa défection aux devoirs que lui imposait son ralliement, il y eut chez La Bédoyère une part, si l'on veut, d'inconscience, une part de trouble de conscience et une part de fatalité, une fatalité bien étrangement aidée par les siens. Toutes les péripéties du drame sont racontées dans ce livre, et bien des points jusqu'ici inconnus sont mis en lumière grâce à des documents inédits, lettres de famille, carnets intimes..., confidences vénérables, que le lecteur doit accueillir avec respect, l'historien avec reconnaissance, car dans la gaieté des heures sereines comme dans la détresse des heures douloureuses, elles éclairent toute la psychologie d'une époque. – Mais quelle époque que celle où, comme on l'a dit alors, le difficile n'était pas de faire son devoir, mais de le connaître, – ou de le comprendre !" (Lucien Pinvert, Revue des études historiques, 1925)

209.          LENTZ (Thierry). Joseph Bonaparte.  Perrin,  2016, gr. in-8°,  717 pp, 12 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 2 cartes, notes, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Chateaubriand 2017), envoi a.s.

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Joseph Bonaparte (1768-1844) a joué un rôle considérable pendant la Révolution puis sous le gouvernement de son frère cadet, Napoléon. Un simple survol des fonctions qu'il occupa durant ce quart de siècle suffit à en prendre la mesure : président du district d'Ajaccio, commissaire des guerres, ambassadeur, député, conseiller d'État, sénateur, grand électeur de l'Empire, roi de Naples, roi d'Espagne, lieutenant général de l'empereur en 1814, président du Conseil des ministres durant les Cent-jours. Son rôle politique actif fut donc de premier plan, marqué par une relation très particulière avec Napoléon dont il fut peut-être le seul ami. Après 1815, sa position ne fut pas non plus secondaire, malgré son départ d'Europe pour un long exil de près de 25 ans aux Etats-Unis où il devint un personnage très en vue, jusque dans les milieux officiels. Il demeura de plus une sorte de régent moral pour le compte du roi de Rome puis, après la mort de celui-ci (1832), devint prétendant au trône impérial. L'âge venant, il se raidit dans cette position et se heurta à son neveu Louis-Napoléon, le futur Napoléon III. Inhumé à Florence après sa mort dans cette ville, en 1844, il rejoignit son frère sous le dôme des Invalides en 1862.

210.          NAPOLÉON. Pensées pour l'action, recueillies et présentées par Edouard Driault.  PUF,  1943, in-8°,  xx-221 pp, index, broché, bon état

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Un des derniers ouvrages d'Édouard Driault (1864-1947), fondateur de la revue et de l’Institut d’études napoléoniennes, spécialiste de l’Empire et de la Question d’Orient. Dans l'esprit de Driault, ce recueil de citations de l’Empereur était destiné à aider la France à trouver des solutions durant les heures sombres de l’Occupation. — Table : Les Premières années (1791-1799) ; Le Consulat (1799-1804) ; L'Empire de 1804 à 1807 ; Le grand Empire (1808-1811) ; Dans les désastres (1812-1815) ; De Sainte-Hélène (1815-1821).

211.          ORNANO (Comte d'). Marie Walewska, « l'épouse polonaise » de Napoléon.  Hachette,  1938, in-8°,  254 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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La véritable Marie Walewska d'après les documents recueillis par son arrière-petit-fils. — "Intéressante aussi est l'étude de M. le comte d'Ornano sur Mme Walewska, parce qu'il y a utilisé les lettres et les notes de l'intéressée qui sont conservées dans les archives de la famille, au château de la Branchoire, en Touraine. Mme Walewska épousa, en effet, en 1816, le lieutenant général d'Ornano, en eut un fils et mourut peu après en décembre 1817..." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1939)

212.          PALLUEL (André). Dictionnaire de l'Empereur.  Plon,  1969, fort in-8°,  1165 pp, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Peu courant

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La correspondance de Napoléon classée par thèmes. — "Athéisme, Banque de France, Censure, Décorations, Enseignement, Fouché, Gendarmerie, Héroïsme, Intendance, Jeunesse, Liberté, Marseillaise, Nation, Ordre public, papier-monnaie, rente, Sciences, Théâtres... Tous les sujets abordés par Napoléon dans son énorme correspondance ont été recensés, confrontés, classés pour composer cet extraordinaire Dictionnaire des idées napoléoniennes : plus complet qu'aucun autre ouvrage du même genre, c'est à la fois un instrument de travail pour l'amateur d'histoire et un répertoire inépuisable pour le curieux qui croit bien connaître le premier Empire et qui découvre là des formules méconnues. La personnalité de l'Empereur, les conceptions politiques et sociales, son imagination se révèlent dans ce dictionnaire à chaque page." — "André Palluel a établi un “Dictionnaire de l’Empereur”, qui donne en face de chaque mot-clé (hommes, lieux, institutions) un jugement de Napoléon extrait le plus souvent de sa correspondance." (Jean Tulard) — "Pour le bicentenaire de la naissance de Napoléon en 1969, André Palluel livre au public un "Dictionnaire de l'Empereur" où il range par mots clefs les lettres ou extraits de lettres de Napoléon. A défaut d'un index couvrant l'ensemble de la "Correspondance", son ouvrage est devenu un très utile instrument de travail." (Jean  Tulard)

213.          RÉTIF DE LA BRETONNE (Le Commandant et son fils Georges). La Vérité sur le lit de mort de Napoléon.  Monte-Carlo, Editions Regain,  1960, pt in-8°,  338 pp, préface de Me Isorni, 109 illustrations hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, non coupé, bon état, envoi a.s. de Georges Rétif de la Bretonne. Peu courant

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Un morceau d'une page de la table des illustrations (pp. 331-332, légendes des ill. 96 à 98) a été découpé et quelques planches d'illustrations ont été retirées par un précédent propriétaire (pas un lecteur, puisque le livre est non coupé) : manque 19 gravures sur 109 (les illustrations 47 à 52, 79 à 84, 89 à 91, 98 à 101).

214.          SÉGUR (Comte Philippe de). Du Rhin à Fontainebleau. Mémoires [de 1813 à 1815] du Général Comte de Ségur (Aide de camp de Napoléon), de l'Académie française.  Nelson,  s.d. (v. 1913), in-12,  508 pp, reliure percaline crème décorée de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

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A la tête d'un corps de volontaires, le comte Philippe de Ségur doit surveiller le front du Rhin durant l'hiver 1813-1814. Dans ce troisième tome de ses Mémoires, il relate la retraite d'une armée française totalement désorganisée, dont la dislocation entraîne celle de l'Empire. Le retour de Napoléon parmi ses troupes redonne du souffle à la campagne, réchauffe le coeur de ses soldats, comme de la population. Ségur mène ici deux récits de front : l'histoire de sa propre vie, et celle du destin de Napoléon.

215.          SERIEYX (William). Drouot et Napoléon. Vie héroïque et sublime du général Drouot.  Tallandier,  1929, in-8°,  xvi-278 pp, préface du général Weygand, 16 pl. de gravures en héliogravure hors texte, reliure demi-basane fauve mordorée à coins vernie, dos lisse orné en long, pièce de titre chagrin vert, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), reliure lég. salie, bon état (Coll. Bibliothèque "Historia") (Ouvrage couronné par l'Académie française)

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"Un beau livre de science et de foi, qui apporte ainsi sa contribution même à la grande histoire. Première partie : La vie héroïque et sublime du Général Drouot. Son examen avec Laplace ; Le rôle de Drouot à Wagram, à la Moskowa, dans la retraite de Russie, à Dresde où il dirigea les coups de canon qui tuèrent Moreau, à Hanau où il perça les Bavarois d'une trouée de mitraille. Le chef, le citoyen : fidèle à toutes ses convictions, sûr des convictions républicaines de Napoléon qu'il eût voulu suivre à Sainte-Hélène ; Le savant, qui prit une part éminente aux travaux de l'Académie Stanislas ; Le chrétien qui finit ses jours dans un état d'âme franciscain. Deuxième partie : Drouot et Napoléon ; leur collaboration dans l'organisation et le maniement des grandes masses d'artillerie ; mais surtout  leur amitié vraie, parce que, comme a dit Lacordaire, il avait senti le cœur de l'homme à travers l'éclat du prince et l'orgueil du conquérant." (Edouard Driault, Revue des études napoléoniennes, 1932)

216.          THIERS (Adolphe). Histoire du Consulat et de l'Empire.  Laffont, Club Français du Livre,  1972, gr. in-8°,  xxv-695 pp, introduction de Raoul Girardet (13 pp), un frontispice en couleurs, nombreuses gravures dans le texte et à pleine page, 3 cartes dépliantes en couleurs hors texte (l'Europe napoléonienne, Trafalgar, Austerlitz), généalogie, chronologie, reliure simili-cuir carmin de l'éditeur, dos à 5 faux-nerfs filetés orné de caissons dorés, pièces de collection et de titre basane noire, tête dorée, bon état (Coll. Les Grands Monuments de l'Histoire, sous la dir. de Pierre Gaxotte)

            30

Edition abrégée et présentée par Raoul Girardet.

217.          TONE (William Theobald Wolfe). Récits de mes souvenirs et campagnes dans l'armée française. Edité par Stéphane Le Couëdic.  La Vouivre,  1997, in-8° carré,  viii-109 pp, traduction revue et augmentée sur l’original pour les souvenirs, suivi de divers documents sur la famille Tone (première traduction française), 4 cartes et une gravure dans le texte, texte sur 2 colonnes, index, broché, couv. à rabats, bon état

            25

Fils du célèbre héros irlandais, Tone raconte son enfance sous l’Empire et sa carrière militaire (1813-1815). Blessé à Leipzig il est assiégé dans Erfurt et nous livre un témoignage précieux sur la vie dans ces places fortes. Erfurt sera la dernière à se rendre longtemps après l’abdication de Napoléon le 14 avril 1814 ! (traduction revue et augmentée sur l’original). — Sa mère nous conte le récit de son entrevue avec Napoléon, sollicitant une protection pour son fils, et la vie à la cour de Saint-Cloud (p. 79-101).

218.          ZINS (Ronald). 1814 : L'armée de Lyon, ultime espoir de Napoléon.  Massieux, Editions Horace Cardon,  1998, in-8°,  351 pp, préface de Jean Tulard, 23 cartes, gravures et portraits sur 16 pl. hors texte, annexes documentaires (correspondance militaire, ordres, organigramme des unités, etc.), notes, sources, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            50

Dans le grand plan stratégique de Napoléon en 1814, c’est l’Armée de Lyon qui doit décider de la victoire sur les Alliés. De tout le Midi, de Catalogne et d’Italie les renforts affluent pour créer une importante force armée à Lyon et à Grenoble, les deux grandes villes militaires des Alpes du Nord. A la tête de l’Armée de Lyon le maréchal Augereau doit marcher sur les lignes arrières des coalisés qui combattent l’Empereur en Champagne. Après plusieurs combats victorieux Augereau mène ses troupes sous les murs de Genève et jusqu'à Poligny. Mais les Autrichiens réagissent face à cette menace et forment une armée forte de 60.000 hommes qui descend sur Lyon. Augereau est contraint à un repli précipité et livre les batailles de Mâcon et de Saint-Georges de Reneins pour protéger Lyon. Le 20 mars 1814, il perd la bataille de Limonest ou 80.000 combattants s'affrontent pour la possession de Lyon. C'est plus qu'à Montmirail, Montereau ou Craonne ! Augereau pouvait-il mener à bien sa mission de marche sur le flanc de l'ennemi ? A-t-il trahi Napoléon ? Et que vient faire Fouché dans cette affaire ? Ronald Zins, historien du Premier et du Second Empire, nous dévoile une partie méconnue et passionnante de la campagne de 1814.

             

De 1815 à 1914

 

             

219.          ARSAC (Joanni d'). Mémorial du siège de Paris.  P., Librairie de Saint-Sulpice, F. Curot éditeur,  1871, fort in-12,  xii-724 pp, mention de cinquième édition, une grande carte repliée en couleurs "pour suivre les opérations du siège de Paris, avec l'indication des Secteurs", reliure demi-basane aubergine, dos lisse avec titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            70

Ouvrage très hostile à la Commune, qui est pour l'auteur « un cortège de crimes et de scandales ». (Del Bo p. 87)

220.          BARBIER (Patrick). La Malibran. Reine de l'opéra romantique.  Pygmalion,  2005, in-8°,  283 pp, 8 pl. de gravures hors texte, notes, biblio, index, broché, cxouv. illustrée, bon état

            20

Alors que prend fin le long règne des castrats à l'opéra, le romantisme naissant consacre un nouveau mythe, celui de la diva, sublime sur la scène, généreuse dans sa vie privée, source d'adulation partout où elle passe. Plus que toute autre femme de son temps, Maria Malibran (1808-1836) est sans conteste cette première grande diva de l'histoire, incarnant une figure de légende qu'on ne retrouvera peut-être pas avant Maria Callas. Née à Paris de parents espagnols, mariée à un Français aux Etats-Unis et interprète inégalée de l'opéra romantique italien, la cantatrice fascine ses contemporains par sa voix inouïe, son rapport très particulier à la scène et au public, son amitié avec les plus grands poètes et musiciens de son temps (Lamartine, Musset, Rossini, Bellini...), mais aussi par un inépuisable tempérament sportif. Après avoir accumulé les triomphes et connu une grande histoire d'amour avec le violoniste Charles de Bériot, elle meurt des suites d'une chute de cheval, à l'âge de 28 ans. De Londres à Manhattan, des salons parisiens aux démonstrations enthousiastes du public, à la Fenice de Venise ou à la Scala de Milan, Patrick Barbier, grâce à des recherches approfondies et de surprenantes anecdotes, corrige certaines erreurs tenaces et nous entraîne dans l'univers romantique d'une femme exceptionnelle dont la mort prématurée a bouleversé l'Europe de son temps.

221.          BESSON (Anne). Le Séjour de Flaubert en Algérie.  P.,  1968, in-8°,  49 pp, 17 gravures, une carte et un plan sur 12 pl. hors texte, notes, biblio, broché, bon état (Extrait des Amis de Flaubert, Bulletin n° 32, Mai 1968)

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"Mme Besson, comme son mari, ont été longtemps professeurs à Constantine. Elle m’écrivait en février 1967 : « J’étais à Constantine l’année dernière, lorsque je tombai par hasard sur les notes de voyage à Carthage de Flaubert. Une curiosité en suscitant une autre, de guides en annuaires et de vieux albums en récits de voyages, j’ai essayé de revivre le séjour en Algérie de l’auteur de « Salammbô ». Il en est résulté un essai d’une soixantaine de pages dactylographiées… Pensez-vous qu’il puisse offrir quelque intérêt en l’état actuel des études flaubertistes ? ». Nous avons retenu sans hésitation son manuscrit et nous le publions aujourd’hui, certains que tous nos lecteurs se réjouiront de sa publication et de cet apport, sans doute définitif, sur Flaubert en Algérie. Et maintenant, souhaitons que quelqu’un, touché par la grâce flaubertienne, nous adresse un jour un aussi bon article sur Flaubert en Tunisie. L’exemple peut être parfois contagieux." (André Dubuc, Les Amis de Flaubert, Bulletin n° 32, Mai 1968)

222.          CASTILLON DU PERRON (Marguerite). La Princesse Mathilde. Un règne féminin sous le Second Empire.  Amiot-Dumont,  1953, in-8°,  310 pp, préface d'Adrien Dansette, sources, 3 tableaux généalogiques hors texte, biblio, broché, bon état

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Biographie de Mathilde-Létizia Wilhelmine Bonaparte, dite « la princesse Mathilde » (1820-1904) — "L'ouvrage de Marguerite Castillon du Perron sur la princesse Mathilde est agréablement écrit. II a le mérite d'apporter de l'inédit, tiré surtout des Papiers Primoli. On éprouve dès lors un plaisir constant à revivre cette vie manquée dès qu'il s'agit de l'amour, mieux réussie dès qu'il s'agit de l'amitié. La princesse a su être elle-même, indépendante et libre, sauf quand il s'agissait du culte napoléonien. Très substantielle préface de M. Adrien Dansette." (Pierre Guiral, Revue Historique)

223.          CHALIAPINE (Fiodor). Pages de ma vie.  Plon,  1927, in-12,  256 pp, traduit du russe par H. Pernot, un portrait photographique de Fiodor Chaliapine en frontispice, broché, bon état

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Mémoires d'enfance et de jeunesse (jusqu'en 1899) du chanteur d'opéra et acteur russe Fiodor Ivanovitch Chaliapine (1873-1938). Il fut autorisé à quitter l'URSS le 31 mars 1922 pour une tournée à l'étranger en dépit des objections de la Tcheka. Il choisit alors de ne pas retourner en URSS. — "Féodor Chaliapine racontait volontiers des traits de son enfance et de sa jeunesse. Il a bien fait de les réunir en un récit méthodique, sous le modeste titre : « Pages de ma vie ». Non seulement la lecture en est particulièrement attachante et éveille d'autant plus de sympathie que la forme en est d'une parfaite simplicité, d'une belle humeur charmante, d'un détachement même qui surprend (le récit s'arrête à l'aube de la carrière de l'artiste et en laisse à peine pressentir le magnifique essor), mais on le sent tout de suite indispensable, désormais, pour bien comprendre la nature essentiellement originale, et même géniale, dans le sens strict du mot, de cet extraordinaire évocateur dramatique. Nul tragédien, nul comédien lyrique, à notre époque, n'est monté si haut mais nul aussi, sans doute, n'est parti de plus bas. On n'imagine pas par quelle vie de misère, d'absolu dénuement, de déceptions aussi et de dégoûts, Chaliapine a dû passer, avant de pouvoir, décidément, tirer parti de son seul et unique bien sur cette terre : sa voix – que l'on est stupéfait de voir survivre à tant d'aventures !" (Henri de Curzon, Le Ménestrel, 1927) — "Etant encore en Russie, Chaliapine écrivit le récit de ses mémoires et en confia le manuscrit à un ami, habitant Moscou. Mais le gouvernement des Soviets trouva le moyen de s'en emparer et de le publier, en s'octroyant bien entendu, la totalité des droits d'auteur. L'artiste eut, il y a quelque temps, la surprise de découvrir, dans la vitrine d'un libraire parisien, son oeuvre, portant ce titre « Pages de ma vie ». Il lui fallut, pour la lire, l'acquérir de ses propres deniers. Ce qui prouve bien qu'en Russie, personne n'est maître de sa vie réelle, ni même écrite..." (Le Figaro, 1930) — "Le chanteur russe Chaliapine a gagné devant le tribunal de commerce de la Seine le procès qu'il avait intenté au gouvernement des Soviets pour avoir publié sans autorisation ses mémoires inachevés et intimes. Le tribunal a condamné les Soviets, en la personne du directeur de la représentation commerciale, à 10,000 fr. de dommages-intérêts, aux frais du procès et à la confiscation des mémoires de Chaliapine." (L'Impartial, 1931) — "Justice - Chaliapine gagne son procès intenté aux Soviets : La première Chambre de la Cour d'appel vient de rendre son jugement dans le procès intenté par le chanteur Chaliapine au gouvernement des Soviets. En 1926. une maison d'édition soviétique avait publié, à Moscou, sans autorisation de M. Chaliapine, les Mémoires de l'artiste, sous le titre « Pages de ma vie ». Chaliapine protesta, puis assigna la représentation commerciale des Soviets à Paris, solidairement avec une librairie de la capitale, en paiement de 2 millions de dommages-intérêts. Le tribunal de commerce de la Seine a condamné la représentation commerciale à 10,000 francs et la Société d'édition à 1 franc de dommages-intérêts." (La Croix, 1932)

224.          CHARBONNIER (Jacques). Un grand préfet du Second Empire : Denis Gavini.  Bernard Giovanangeli,  1995, in-8°,  358 pp, 4 pl. de documents hors texte, sources et biblio, broché, couv. illustrée, pt trace d'humidité ancienne au dos, bon état

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Elu en 1849 député républicain de la Corse à l'Assemblée législative, rallié au bonapartisme quelques mois plus tard, Denis Gavini, devenu préfet impérial, a réalisé l'intégration administrative du comté de Nice à la France avant d'entreprendre, en 1871, une nouvelle carrière politique en Corse.

225.          CLEMENCEAU (Georges). L'iniquité. L'affaire Dreyfus.  Mémoire du Livre,  2001, fort in-8°,  586 pp, introduction de Michel Drouin, broché, couv. illustrée, bon état

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"Je n'ai point le mérite d'avoir, dès le premier jour, pressenti l'iniquité. J'ai cru à la culpabilité de Dreyfus..." — "Il faut lire ce livre ; il faut le relire ; il faut se pénétrer de lui. C'est plus que de la polémique, c'est de l'histoire, de la forte et tragique histoire... Bien qu'écrit au jour le jour, selon l'accident de l'heure, et le coup de théâtre de la journée, il a, par la pensée directrice qui l'anime, par l'esprit philosophique qui en relie, l'une à l'autre, les feuilles éparses, une valeur d'unité, une ampleur de synthèse qui étonne, qui passionne et qu'on admire... L'iniquité !... Oui, oui ! C'est bien elle, toute nue et sans fard, qui a pris possession de la vie, de toute la vie, de la vie politique, de la vie judiciaire, de la vie sociale !... Elle est partout. Jamais elle n'avait montré, aussi effrontément, avec une telle impudence, dans une si sanglante lumière, sa face détestée de ténèbres et de crimes. " (Octave Mirbeau, L'Aurore, 2 février 1899) — "C'est l'histoire journalière d'un grand esprit, d'un esprit dont la certitude lente avança d'un pas chaque jour, qui du même mouvement développa sa conviction, son action et sa pensée. Je crois qu'ils dureront, ces courts articles de L'Aurore, ces courts articles de cent lignes qui, dans l'automne d'une année tragique, tranquilles, forts et sûrs, maintenaient chaque jour une nouvelle prise sur le mensonge et l'obscurité." (Léon Blum, La Revue blanche, 1901) — Cette nouvelle édition de “L'Iniquité”, établie par Michel Drouin, enrichie de huit articles non retenus par l'auteur et parus dans “La Dépêche”, est la première réédition de ce livre depuis plus d'un siècle.

226.          Collectif – DION (Marie-Pierre)(dir.). El vie est bell' ! Les « concerts » de Jules Mousseron.  Somogy éditions d'art,  2005, in-8°,  111 pp, 45 illustrations en noir et en couleurs, notices détaillées, repères biographiques, biblio succincte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. (RE)Découvertes)

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D'estaminets en théâtres, de kermesses en défilés, de soirées bachiques en cérémonies officielles, cette monographie retrace l'itinéraire du "poète-mineur" Jules Mousseron (1868-1943), ouvrier, autodidacte, écrivain, auteur patoisant et homme de scène, créateur de Zeph Cafougnette. Dès l'âge de douze ans et pendant quarante-six années, Jules Mousseron remonta du fond, avec les berlines de charbon, des provisions de gaîté. Manuscrits et lettres, chansons et livrets imprimés, almanachs et journaux, affiches, programmes, objets publicitaires, photographies sont autant de témoignages du rayonnement particulier du chantre des mineurs du Pays noir. À travers le patois, la poésie, la sociabilité des mineurs ou encore le cercle des artistes autour de Mousseron, se dessine peu à peu le portrait d'un personnage sensible et savoureux. Dans son langage "rouchi", rugueux mais parfaitement rythmé, sa voix chaude et bien timbrée nous conte encore ses textes graves et ses histoires drôles, ses poèmes pleins d'émotion et de verve. — Catalogue édité à l'occasion de l'exposition « El vie est bell' ! Les « concerts » de Jules Mousseron » à la Bibliothèque municipale de Valenciennes.

227.          Conseil de Guerre de Rennes. Le procès Dreyfus devant le Conseil de guerre de Rennes (7 août-9 septembre 1899). Compte-rendu sténographique in extenso. Tome troisième.  P.-V. Stock,  1900, in-8°,  826 pp, reliure demi-percaline chocolat de l'époque abîmée, mors fendus, intérieur propre, état correct

            25

Tome III seul (sur 3).

228.          DAUDET (Léon). Salons et journaux.  Grasset,  1932, in-12,  272 pp, broché, bon état

            25

Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux de 1880 à 1905 qui mêlent admirablement la satire, l'ironie et la tendresse. : le salon de Mme de Loynes, le journal Le Gaulois, le salon de Mme Bulteau, le restaurant Weber...

229.          DESCOUVEMONT (Pierre) et Helmut NILS LOOSE. Sainte Thérèse de Lisieux. La vie en images.  Editions du Cerf, Orphelins Apprentis d'Auteuil, Novalis,  1995, gr. in-4° (25 x 32),  520 pp, présentation de Daniel Leprince, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs dans le texte et à pleine page, biblio, index, reliure cartonnée illustrée en couleurs de l'éditeur, bon état

            50

Prêtre du diocèse de Cambrai, l’abbé Pierre Descouvemont a publié neuf ouvrages sur Thérèse de Lisieux, notamment ce livre d’art qui présente, avec plus de 1500 photographies, son environnement culturel et iconographique. Ce livre bien différent de l’album “Thérèse et Lisieux” paru en 1991 qui présentait déjà 600 documents photographiques sur la vie et l’environnement de la sainte. Ce nouveau livre-album contient lui 900 autres illustrations, c’est-à-dire la quasi-totalité des images, des tableaux, des statues et des vitraux que sainte Thérèse a contemplés. Cependant, il n’est pas le simple complément du précédent. Il obéit à une toute autre logique : les images sont regroupées par thème en cinq parties, et commentées. En effet, on ne peut bien comprendre ces images qu’en les replaçant dans le contexte historique où elles ont vu le jour. Sainte Thérèse avait en effet à sa disposition toute une série de splendides petites images. Elle les a collectionnées avec autant de soin que les feuilles de calendrier sur lesquelles elle découvrait des citations intéressantes de saints, constituant ainsi, avant l’heure, son fichier personnel de théologie spirituelle. Toutes ces images, nous avons la chance de les connaître. Après sa mort, ses soeurs les ont en effet conservées avec soin, notant précisément celles qui avaient sa préférence et les raisons qu’elle en donnait. En résumé, voilà un superbe ouvrage en édition luxueuse entièrement consacré à la vie de sainte Thérèse et aux images qu’elle aimait tant... Images merveilleusement reproduites ici à l’identique, en couleurs, sur beau papier couché. Plusieurs index font de ce livre un véritable outil de piété. — Première partie : Thérèse Martin ; II : Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face ; III : L'enfant bien-aimée du ciel ; IV : La petite Thérèse ; Epilogue : L'hommage et la prière à sainte Thérèse. Index onomastique, Index thématique, Références et bibliographie. — Une étude très complète sur la représentation de Sainte Thérèse de Lisieux à travers les images pieuses, les photographies, les gravures, les documents...

230.          DEZAMY (Théodore). Code de la Communauté.  P., EDHIS,  1967, in-8°,  (6)-292 pp, un plan dépliant, broché, bon état. Réimpression de l’édition originale publiée à Paris, chez l’auteur, en 1843, avec la grande planche dépliante représentant un Palais Communal. Tirage limité à 500 ex. numérotés

            50

Oeuvre majeure de Théodore Dezamy, un des premiers théoriciens communistes de tendance néo-babouviste. Il fut le secrétaire de Cabet, l’organisateur du banquet communiste de Belleville et le grand artisan de la pénétration des idées communistes dans la classe ouvrière. Dans cet ouvrage il décrit un « phalanstère communiste » qui respire le matérialisme du XVIIIe siècle.

231.          DREYFUS (Robert). La République de Monsieur Thiers (1871-1873).  Gallimard,  1930, in-12,  353 pp, broché, état correct (Coll. Sous la Troisième), envoi a.s.

            25

"Cet ouvrage ne mérite que des éloges. Sans faire montre d'érudition, l'auteur connaît admirablement cette histoire et l'expose avec talent. Il a été séduit par son héros, par ce vieillard actif, ambitieux, éloquent, capable de tout comprendre et de tout diriger ; mais cette séduction ne l'empêche pas de signaler malicieusement les ruses de Thiers, ses accès de vanité parfois puérile, ses faux-fuyants. En même temps, il admire l'habileté avec laquelle le vieux pilote évolue au milieu des écueils de la politique; il admire surtout le labeur colossal qui aboutit à la libération du territoire. Le seul reproche qu'on pourrait faire à l'auteur est d'avoir un peu trop négligé la France, la province, pour ne voir que Thiers et l'Assemblée nationale." (Georges Weill, La Quinzaine critique des livres et des revues, 1930)

232.          DREYFUS (Robert). Monsieur Thiers contre l'Empire, la guerre, la Commune, 1869-1871.  Grasset,  1928, in-8°,  351 pp, notes bibliographiques, broché, état correct

            20

"... L'effondrement de Gambetta marqua l'ascension de Thiers au pouvoir suprême. Il fit de son mieux pour obtenir des Allemands les conditions les moins draconiennes, mais à Paris les protestations étaient vives, les passions patriotiques ou révolutionnaires étaient singulièrement surexcitées ; l'entrée des Prussiens à Paris par l'Arc de Triomphe et les Champs-Elysées porta l'irritation à son comble : ce fut l'une des causes et le prétexte de l'Insurrection de la Commune. Après avoir combattu l'Empire, après avoir déconseillé la guerre, Thiers allait être appelé à entreprendre une lutte civile d'une ampleur formidable. M. Robert Dreyfus expose fort bien les phases de cette guerre sanglante, tragiquement faite, sous les regards narquois des troupes prussiennes, et suivie d'une implacable répression..." (Revue des questions historiques, 1929) — "Ouvrage racontant l'action de Thiers pendant les derniers mois de l'Empire et pendant la guerre. Ce n'est pas un panégyrique, ce n'est pas non plus une attaque, c'est une étude impartiale et précise sur le rôle de cet homme d'État, sur son action et ses erreurs." (Revue militaire française, 1929)

233.          DUFRESNE (Claude). Trois Grâces de la Belle Epoque.  Bartillat ,  2003, in-8°,  296 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Trois femmes règnent sur la Belle Epoque, son faste et ses plaisirs. Ces "Trois Grâces", dont la renommée est parvenue jusqu'à nous, sont Liane de Pougy, la belle Otero et Emilienne d'Alençon. Claude Dufresne raconte leurs aventures, leurs amours, leurs passions. Liane de Pougy, la première, élevée dans un couvent, se maria à l'âge de seize ans, monta à Paris et quitta vite son mari. Sa beauté exceptionnelle en fit la maîtresse d'hommes riches et célèbres. Après vingt ans de vie effrénée, elle épouse le prince Ghika avant de finir sa vie comme religieuse. La Belle Otero, la seconde, d'origine espagnole, a commencé sa carrière à l'âge de douze ans dans les music-halls parisiens. Vite devenue célèbre pour ses liaisons avec les rois, les princes ou les écrivains comme D'Annunzio, elle dansait les seins recouverts de bijoux... Emilienne d'Alençon, enfin, connut une ascension sociale rapide et devint étoile des Folies-Bergère. Elle fut la première à quitter ce monde au terme d'une vie tumultueuse. Ces trois égéries ont incarné le triomphe de la femme, sa puissance sur la raison des hommes. Sans elles, la Belle Epoque ne porterait pas son nom.

234.          DUPLAY (Maurice). Le Général Boulanger. La dictature ou l'amour.  Les Editions Nationales,  1936, in-12,  220 pp, 6 gravures hors texte, imprimé sur vélin, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire inconnue) (Prix Montyon 1937 de l'Académie française)

            20

Par Maurice Duplay (1880-1978), romancier et ami de Marcel Proust.

235.          DUPUY (Micheline). Un homme, un journal. Jean Dupuy, 1844-1919, directeur du "Petit Parisien".  Hachette,  1959, in-8°,  240 pp, préface de Jacques Chastenet, sources et biblio, index, broché, jaquette illustrée (lég. salie), bon état

            25

"Cette biographie bien documentée éclaire l'ascension du Petit Parisien (qui tirait en 1915 à deux millions d'exemplaires) et le rôle de son directeur Jean Dupuy qui est un type très caractéristique de républicain modéré. Précisions intéressantes sur les relations de Dupuy avec l'ambassadeur d'Allemagne au moment du départ de Delcassé." (Revue française de science politique, 1960) — "Petite-fille de Jean Dupuy, Mme Micheline Dupuy retrace dans ce livre alerte et d'une lecture agréable la vie d'un homme et celle d'un journal, dont son nom est inséparable : le "Petit Parisien". Encore qu'il ait joué ce qu'il est convenu d'appeler un rôle politique puisqu'il fut parlementaire et ministre, c'est ailleurs, dans son bureau directorial, que Jean Dupuy exerça pleinement une puissance qui, pour ne point s'étaler au grand jour et s'enveloppant de discrétion et de réserve, n'en était, peut-être que plus assurée. Sa carrière sans tapage ni début fulgurant, est assez étonnante : Jean Dupuy était déjà, à trente ans, un homme important dans le monde des affaires. Il allait devenir un personnage du régime. On suit dans le récit, égayé d'anecdotes souvent fort drôles, de Mme Micheline Dupuy les étapes de cette existence..." (Le Monde, 4 jan. 1960)

236.          DUTRAIT-CROZON (Henri). Précis de l'Affaire Dreyfus. Avec un répertoire analytique.  P., Nouvelle Librairie Nationale,  1909, in-12,  xvi-812 pp, reliure souple basane vert bouteille de l'éditeur, dos lisse avec titre doré, auteur et titre dorés au 1er plat, imprimé sur papier bible, dos uniformément passé, un accroc au 1er plat, bon état. Edition originale

            40

Henri Dutrait-Crozon est le pseudonyme des colonels Frédéric Delebecque et Georges Larpent, deux militants de l'Action Française et collaborateurs de la Revue d'Action Française (qui deviendra L'Action Française sous la direction de Charles Maurras en 1908). Le nom de Dutrait-Crozon reste attaché à la publication d'un Précis de l’affaire Dreyfus dont l'influence fut considérable dans les milieux nationalistes et antidreyfusards au tournant du siècle. Il s'agit d'un ouvrage qui se présente comme une étude de caractère scientifique autant par sa description minutieuse des faits, par ses nombreuses citations, sa bibliographie abondante que par son ampleur et son index analytique. Répondant habilement aux critères d'un ouvrage académique et didactique, le Précis est pourtant un vaste plaidoyer antidreyfusard. Les faits sont orientés de manière à culpabiliser l'accusé, à faire du colonel Henry un martyr, à donner raison aux défenseurs des valeurs traditionnelles et militaires et à légitimer l'antisémitisme (en particulier par la réfutation de la monumentale "Histoire de l'affaire Dreyfus" en 7 volumes de l'avocat et journaliste israélite Joseph Reinach). Malgré l'issue de l'affaire Dreyfus, c'est-à-dire de la démonstration de l'innocence du capitaine et de sa réhabilitation, les Dutrait-Crozon rééditeront leur ouvrage à plusieurs reprises et poursuivent leur propagande antidreyfusarde à travers diverses publications, ne ménageant pas leurs propos antisémites et leurs attaques personnelles. Fidèles au programme de l'Action française, Delebecque et Larpent publieront également des ouvrages polémiques contre les institutions républicaines et se joindront à Maurras dans 'Si le coup de force est possible' (1910) pour discuter la possibilité d'un coup d'Etat monarchiste. Comme le faisait remarquer Pierre Vidal-Naquet, le Précis apparaît aujourd'hui comme un ouvrage précurseur du révisionnisme historique ou négationnisme, selon le terme consacré par l'historien Henry Rousso. La rhétorique négationniste et les stratégies de détournement des faits à des fins idéologiques s'y trouvent déjà à l’œuvre. Comme pour la plupart des membres de la première génération de l'Action française, l'attitude de déni des Dutrait-Crozon est largement issue du ressentiment et du mécontentement suscité par l'échec de plusieurs années de militantisme antidreyfusiste. En tant que militaires, Delebecque et Larpent étaient particulièrement touchés par cette crise et leur ouvrage en porte la trace. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Georges Larpent devint partisan d'une collaboration active avec l'occupant nazi, et rejoignit la Ligue française (collaborationniste). Frédéric Delebecque était mort le 9 avril 1940.

237.          EHRHARDT (André). A travers l'Affaire Dreyfus : Henry et Valcarlos.  Klincksieck,  1977, gr. in-8°,  213 pp, annexes, broché, couv. illustrée, surlignures stabilo, sinon bon état

            20

"Essayer de montrer comment Henry, l'ancien sous-officier à la stature puissante, devenu commandant et colonel, le paysan ignorant des langues étrangères entré au Service des renseignements, auteur d'un faux sur lequel se casseront les dents généraux et ministres, et qui, sans même le lui dire, utilise un pauvre grand d'Espagne sans grand esprit, abuse de son amitié, le fait passer pour un sycophante, et, ayant lui-même disparu, le laisse déconsidéré, séparé de tout ce qu'il aime, devant une vie abrégée, a semblé pouvoir constituer un travail se suffisant à lui-même, tout en ouvrant quelques vues nouvelles sur l'Affaire." (Préface)

238.          ENCREVÉ (André). L'expérience et la foi. Pensée et vie religieuse des huguenots au XIXe siècle.  Genève, Labor & Fides,  2001, gr. in-8°,  424 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire et societé)

            20

Le XIXe siècle est une période marquante pour la théologie chrétienne, notamment protestante. L'urbanisation, la révolution industrielle et le progrès des connaissances scientifiques défient en effet des conceptions religieuses héritées d'une histoire antérieure qui n'a jamais auparavant connu d'accélérations aussi brutales qu'au XIXe siècle. Cet ouvrage étudie les mutations que le protestantisme français a connues au cours de cette période si mouvementée. Fondamentalement, comment pouvait-on rester chrétien dans un monde changeant aussi rapidement ? Pour les protestants français, un grand travail sur la doctrine s'est réalisé à cette époque sous l'influence marquante de l'Allemagne et au gré des débats très aigus entre traditionalistes et libéraux.

239.          FAURE (Alain). Champollion. Le savant déchiffré.  Fayard,  2004, fort in-8°,  863 pp, 12 pl. de gravures hors texte, notes, annexe, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, pt accroc en haut du dos, bon état

            30

Oeuvre d'historien, ce livre se lit comme un roman. Le lecteur est entraîné sur les pas de Champollion, erre comme lui dans l'aventure du déchiffrement des hiéroglyphes ; il a les yeux de Champollion sur le monde, partage ses rêves, ses doutes et les affres de sa santé précaire, sillonne des contrées lointaines en sa compagnie, réagit aux attaques des jaloux qui lui contestent la gloire de sa découverte. Cette somme révèle des épisodes jusqu'ici inconnus de la vie du savant, notamment les années passées à Grenoble où les guerres napoléoniennes et la Restauration eurent un fort retentissement. Champollion ne fut pas seulement un savant hors de pair ; de l'avis de ses contemporains, il avait aussi une « belle âme ». Fidèle en amitié et en amour, il se passionna pour l'éducation des enfants. Intègre dans des temps troublés, il fit toujours preuve d'un patriotisme ardent. Avec l'aide d'un frère admirable – Champollion-Figeac –, il se construisit en même temps que la France des temps nouveaux. Champollion ressort de ce livre démystifié mais plus extraordinaire encore, attachant et étrangement moderne. Sa vie est celle d'un génie précoce, poussé par sa famille et ses maîtres, reconnu contre vents et marées. Sans fortune, inquiet de son avenir personnel, malheureux dans sa vie sentimentale, en butte à un pouvoir qui lui retira plusieurs fois son emploi, il n'abandonna jamais son rêve égyptien et réussit face à des rivaux plus favorisés que lui. Il fut bien l'enfant prodige de l'égyptologie.

240.          FEUILHADE de CHAUVIN (Tanneguy de). La Justice et la Politique. Histoire d'un magistrat français au début de la démocratie parlementaire.  Presses de Valmy,  1997, in-8°,  281 pp, préface de Jean-Marc Varaut, un portrait en frontispice et une planche hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (ouvrage couronnée par l'Académie des Sciences Morales et Politiques, Prix Adrien Duvand 2000)

            30

Ce livre, témoignage exceptionnel d'une carrière de magistrat à cette époque sensible que fut la première moitié du 19e siècle, vient confirmer le trouble, les polémiques et les difficiles relations qui ont toujours régnées entre le pouvoir exécutif et le "pouvoir judiciaire". André de Feuilhade de Chauvin, magistrat du Parquet, monarchiste de coeur mais libéral de raison, s'efforça sans relâche, malgré les pressions et les intrigues diverses de conjuger ses convictions et sa rigueur personnelles avec un loyalisme sans faille à l'égard des régimes établis. Un document précieux et authentique.

241.          FLORIOT (René). Deux femmes en cour d'assises : Madame Steinheil et Madame Caillaux.  Hachette,  1966, pt in-8°,  178 pp, broché, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)

            25

Deux procès passionnants, racontés par un maître du barreau. Avec la précision de l’historien et le sens dramatique du grand avocat d’Assises, l’auteur nous présente ses personnages et les fait vivre devant nous. Mme Steinheil, aventurière, femme de toute petite vertu aux aventures innombrables, dont une avec un Président de la République, et qui va se trouver brusquement accusée d’un double crime horrible : le meurtre de sa mère et de son mari. Mme Caillaux, la grande bourgeoise irréprochable, mêlée malgré elle aux passions politiques, et qui dans un geste aussi odieux qu’absurde, va abattre le directeur du "Figaro". Et c’est le récit de ces deux procès. L’auteur nous prend par la main pour nous montrer ce qu’il connaît bien : les coulisses de la Cour d’Assises, les surprises de l’audience, les témoignages inattendus, la maladresse des uns, l’habileté des autres, tous ces éléments imprévisibles qui conduisent souvent à un verdict déroutant.

242.          FOUQUES DUPARC (J.). Le Troisième Richelieu. Libérateur du territoire en 1815.  Lyon, Lardanchet,  1943, in-8°,  259 pp, un portrait du duc de Richelieu en frontispice, appendices, biblio, broché, bon état

            25

"Un ouvrage sur l'homme qui, après Talleyrand, de septembre 1815 à l'automne 1821, a dirigé la politique française. Le "troisième Richelieu", descendant du grand cardinal et petit-fils d'un éminent maréchal du même nom, a dû, après la défaite de la France et la fin du règne de Napoléon, résoudre une tâche aussi difficile et ingrate à l'intérieur qu'à l'extérieur. Avec une grande habileté, une modération d'homme d'Etat et une grande fiabilité, il a fait sortir son pays d'une époque de profonde humiliation et de faiblesse. Il s'agit d'un livre qui mérite d'être lu à l'heure actuelle. Construit sur une étude approfondie des sources, doté d'une riche bibliographie, écrit de manière intéressante et vivante, l'ouvrage de l'auteur sera une source d'inspiration précieuse pour tous ceux qui s'intéressent aux questions historiques." (Die Friedens-Warte, Vol. 41, No. 2/3, 1941) — Par Jacques Fouques Duparc (1897-1966), diplomate, ambassadeur à Rome, Chef de cabinet de Léon Blum en 1946.

243.          FROMENTIN (Eugène). Les Maîtres d'autrefois. Belgique, Hollande.  Plon-Nourrit,  1908, in-12,  448 pp, 17e édition, reliure demi-basane brune dos lisse orné en long, titres et encadrement dorés, tête dorée (rel. de l'époque), dos uniformément passé, pt épidermures au 2e plat, bon état

            25

"En 1875, Eugène Fromentin avait produit à peu près toute son œuvre peinte. Il avait publié son “Été dans le Sahara”, puis son “Année dans le Sahel”, et enfin son roman de “Dominique”. Depuis 1862, absorbé dans son travail de peinture, il n'avait rien écrit. Il se contentait de prendre des notes qu'il se réservait de rédiger plus tard. A mesure qu'il mûrissait ses idées sur l'art, il ressentait un plus ardent désir de les exprimer. Sur les instances d'Armand du Mesnil, son meilleur ami et l'oncle de sa femme, il se décide enfin à débuter par l'étude d'une école qu'il sent et qu'il connaît à merveille, qu'il chérit entre toutes. Il part au commencement de juillet 1875, seul, pour la Belgique et la Hollande. Il en parcourra les musées et les églises avec une étonnante rapidité, en moins d'un mois. Tous les jours, il trouvera le temps de prendre des notes et d'écrire à sa femme, demeurée à Paris. De ce voyage sortiront les “Maîtres d'autrefois”. A peine descendu de chemin de fer à Bruxelles, le voyageur se plonge dans l'histoire des Pays-Bas..." (Pierre Blanchon [Jacques-André Mérys], Revue des Deux Mondes, 1908)

244.          GALZY (Jeanne). George Sand.  Genève, Cercle du Bibliophile,  1970, in-8°,  xiii-337 pp, préface de Gilbert Sigaux, avant-propos d'Yvonne Rosso, un portrait en frontispice et 37 gravures hors texte, dont 6 en couleurs, appendice historique et bibliographie in fine, reliure plein skivertex éditeur vert, dos lisse à caissons fleuronnés dorés, titres dorés, 1er plat décoré, pt accroc sans gravité au dos, bon état (Coll. Les Femmes célèbres)

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"Voici un livre consacré à George Sand qui devra être mis en bonne place parmi tous ceux qui ont été écrits sur la célèbre romancière du XIXe siècle. En effet, si les biographes de George Sand sont fort nombreux, on doit reconnaître que la plupart ont fait une place assez mince, dans sa vie intime, au métier et à la passion du métier. Pour Mme Galzy, George Sand s'est libérée par l'écriture, et ses héros doivent être considérés comme ses doubles, plus vrais qu'elle-même, et qui, au delà des limites du vécu, exprimeraient son essence. Ainsi, Indiana, Lélia, Thérèse, Gabriel, Lucrezia Floriani, Consuelo seraient autant de visages de George Sand, plus exacts que tous ceux que la petite histoire nous a laissés. C'est là une théorie extrêmement intéressante qui renouvelle le sujet. Bien que l'ouvrage de Jeanne Galzy soit étayé sur une documentation précise, il se lit comme le plus attachant des plus romanesques romans." (B. Simiot, Hommes et mondes, 1950)

245.          GARROS (Louis). Alfred Dreyfus, « L'Affaire ».  Mame,  1970, pt in-8°,  185 pp, 14 pl. de portraits et fac-similés hors texte, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Dossiers ressuscités)

            20

246.          GÉRARD (Alice), Yvette KATAN, Pierre SALY, Hélène TROCMÉ. Villes et sociétés urbaines au XIXe siècle. France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Allemagne, Autriche.  Armand Colin,  1992, gr. in-8°,  373 pp, qqs illustrations, cartes, graphiques et tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état

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"Cet ouvrage, édité dans une collection universitaire et rédigé par des maîtres de conférence, se présente comme un recueil de documents (textes d'origines et de natures variées, tableaux, cartes, graphiques) évoquant les différents aspects des villes et des sociétés urbaines au XIXe siècle, en Europe occidentale et aux États-Unis. La grande diversité des thèmes abordés et des auteurs permet d'avoir un panorama assez large des transformations et des problèmes des villes, et de cerner la complexité des opinions des contemporains face au phénomène de l'urbanisation et aux problèmes sociaux qui lui sont liés..." (Population, 1993)

247.          GIFFARD (Pierre). L’Hôtellerie souterraine.  Félix Juven,  1906, in-12,  276 pp, reliure demi-basane carmin, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre dorés, couv. illustrée conservée (rel. de l'époque), étiq. de bibl. en queue, C. de bibl., bon état (Les Nuits de Mandchourie, I). Peu courant

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Cinq récits se passant en Mandchourie pendant la guerre russo-japonaise, racontés à l'auteur par des officiers étrangers présents à l'état-major du général Kouropatkine, commandant en chef des forces terrestres russes en Mandchourie. Pierre Giffard (1853-1922), grand reporter, était l'envoyé spécial du “Matin” en 1905 en Extrême-Orient pour couvrir cette guerre. — Table : Mademoiselle Chéron. L'Effroyable noce. Le Dîner interrompu. Les petits Chinois. Un conseil de guerre. — "Le grand reportage présente l’actualité, mais autrement que les dépêches d’agence. Non pas de manière anonyme, sèche et abstraite, mais de façon plus accessible, notamment à des lecteurs peu familiers des problèmes internationaux. Il fait appel à un sentiment d’identification au témoin, plus qu’à des connaissances géographiques ou à une culture politique. Composé de récits, signé par un journaliste dont le nom souvent est déjà connu, accompagné de remarques et de sentiments personnels, il se rapproche, dans sa forme, d’une lettre, ou encore des nouvelles que ces nouveaux lecteurs recueillent dans leur environnement immédiat, au café du quartier ou du village. (...) Les reporters envoient tantôt de courtes dépêches télégraphiques publiées le lendemain, tantôt de longues lettres qui mettent trois semaines à venir et dont la publication peut durer plusieurs jours. Celles-ci n’apprennent rien sur les opérations, connues déjà par les dépêches d’agences. Elles décrivent ce que voient les reporters qui sont sur place et donnent leurs réactions et leurs sentiments. Elles introduisent l’étrangeté de ces mondes lointains, le tragique et l’horreur des combats, elles construisent l’imaginaire qui colore d’émotions la lecture quotidienne des nouvelles anonymes. Ainsi, le grand reportage devient le nouvel appât quotidien et, sans le détrôner, concurrence le feuilleton, auquel il a emprunté la forme du récit. Quand “L’Éclair”, journal populaire proche du “Matin”, publie “Les Nuits de Mandchourie”, qui paraissent en Une du 4 juin au 17 août 1905, en guise et en place du feuilleton, un récit de Pierre Giffard sur la vie quotidienne qu’il a menée un an plus tôt, avec quelques confrères quand ils suivaient les opérations, l’identification est complète. Giffard fait volontiers dans le pittoresque et l’exotisme. Pendant un mois ses lettres au “Matin” décrivent son voyage au long cours par le Transsibérien, « les rails dans le désert », la triste monotonie de la plaine sibérienne où l’on ne voit « que de la neige et des poteaux télégraphiques », la conversation avec les officiers russes dont beaucoup parlent français, dans les wagons surchauffés par les poêles à bois portés au rouge. Après son arrivée à Kharbin, il donne les prix de son petit déjeuner, décrit le printemps et le dégel mandchou, le théâtre chinois de la ville. Il n’y a pas beaucoup de guerre dans les lettres de Pierre Giffard, il est vrai qu’il rentre fin mai, assuré de la victoire des Russes et laissant à Jean Rodes le soin de la raconter..." (Marc Martin, Les grands reporters français durant la guerre russo-japonaise, 2005)

248.          GILLE (Bertrand). Le Conseil général des Manufactures. (Inventaire analytique des procès-verbaux) 1810-1829. Table par Mme D. Ozanam.  SEVPEN,  1961, gr. in-8°,  xxvii-192 pp, index, broché, non coupé, bon état (Ecole pratique des hautes études. VIe section. Centre de recherches historiques. Affaires et gens d'affaires. 25)

            25

"Le 7 juin 1810, l'Empereur crée auprès du ministre de l'Intérieur un Conseil des Fabriques et Manufactures composé de soixante membres nommés par le ministre sur la proposition de l'Empereur. Celui-ci recherche l'appui des industriels pour lutter contre l'hégémonie économique de l'Angleterre, il estime que les bureaux du ministère de l'Intérieur sont très insuffisants pour l'éclairer sur les questions économiques, enfin des signes de crise apparaissent, l'avis des intéressés mérite d'être recueilli. Le Conseil est un organe consultatif destiné à renseigner le pouvoir en matière industrielle, mais il n'hérite d'aucune des attributions contentieuses du Bureau du Commerce de l'ancienne monarchie. Le Conseil, maintenu par la Restauration, est réorganisé en 1819, en 1825, en 1830 et en 1831. L'inventaire analytique des procès-verbaux que publie M. Gille permet de suivre les vicissitudes du recrutement du personnel et les préoccupations du Conseil au début du XIXe siècle. Hostile à tout rétablissement de l'organisation de l'Ancien Régime, favorable à une certaine police des manufactures, résolument protectionniste, intéressé par le problème des brevets, par la législation des faillites et par les problèmes douaniers, son activité décline sous la monarchie de juillet quand les industriels constituent les premiers grands syndicats patronaux dont l'influence politique est immédiatement plus marquée et plus efficace. Désormais les intérêts des industriels sont portés devant une Chambre Législative facilement acquise à leurs vues. On saura gré à M. Gille d'avoir mis cette ample documentation à la disposition des chercheurs et des historiens." (R. Besnier, Revue économique, 1964) — "Le Conseil général des manufactures fonctionna de 1810 à 1829. Organe consultatif, il avait pour mission de renseigner le pouvoir en matière industrielle et était appelé à donner des avis sur les projets de lois concernant les tarifs de douane, les licences, les permis d'exporter... Cet ouvrage, après une liste des membres du Conseil, contient un résumé analytique des procès-verbaux des séances avec référence aux dossiers d'archives." (Revue française de science politique, 1962)

249.          GILLÈS (Daniel). Tchékhov, ou le spectateur désenchanté.  Julliard,  1967, in-8°,  501 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Grand Prix de la Critique 1967)

            25

Il n'y a sans doute pas d'écrivain russe qui soit en France plus aimé et plus proche de notre sensibilité qu'Anton Tchékhov. Il n'y en a pas non plus dont la biographie ait été moins étudiée. Par la profonde connaissance de son sujet, l'exactitude du détail et la ferveur admirative qui l'a inspiré, l'ouvrage exhaustif de Daniel Gillès fait sans conteste figure de somme. Ainsi, pour la première fois, nous voici présenté Anton Tchékhov, tel qu'il fut dans sa vie et dans son oeuvre.

250.          GILLÈS (Daniel). Tolstoï.  Club des Editeurs,  1959, in-8°,  (54)-327-xxv pp, 44 gravures et photos sur 32 pl. hors texte sur papier crème, copieuse chronologie (47 pp), index biographique (17 pp), biblio, imprimé sur pur alfa d'Avignon et numéroté, reliure pleine toile carmin de l'éditeur avec photo de Tolstoï en médaillon, titres et encadrements dorés, gardes illustrées, rhodoïd, bon état (Coll. Hommes et faits de l'histoire)

            25

« Une biographie écrite comme elles le sont habituellement, passant sous silence tout le côté vicieux et coupable de ma vie, serait fausse, et si elle doit être écrite, l'entière vérité doit être dite... » Ainsi s'exprimait Léon Tolstoï, parlant de lui-même. En reprenant de fond en comble tous les matériaux biographiques sur Tolstoï, Daniel Gillès n'a pas voulu seulement parler, bien entendu, de la culpabilité tolstoïenne. Tolstoï a connu bien des défaillances, mais il est surtout un magnifique patriarche et un prodigieux exemple d'écrivain prométhéen, comme le fut Victor Hugo ou, dans un autre domaine, Beethoven. Ces géants, ces « phares » représentent une source d'inspiration intarissable... Le livre de Daniel Gillès apparaît comme un prodigieux tableau, ressuscitant toute une époque et montrant comment Tolstoï sut concilier le rôle écrasant d'écrivain de génie, d'homme exemplaire et de prophète inspiré.

251.          GILLOIS (Maurice Diamant-Berger, dit André). Galliffet, “le fusilleur de la Commune”.  France-Empire,  1985, gr. in-8°,  279 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Gaston de Galliffet – héros légendaire et personnage honni, né à Paris en 1830. Aristocrate et révolutionnaire, à la fois d'Artagnan et don Juan. Il s'est couvert de gloire à Sedan en 1870 et a été comblé d'honneurs. Il a cependant réussi à se mettre mal avec tout le monde : avec la gauche en réprimant durement la Commune ; avec la droite qui lui reprocha d'avoir servi la République et d'être devenu ministre de la Guerre – en 1899 et 1900 – en prenant parti pour Dreyfus.

252.          GISCARD d'ESTAING (Henri). D'Esterhazy à Dreyfus.  Plon,  1960, in-8°,  vi-180 pp, 6 portraits et 3 documents en fac-similé sur 8 pl. hors texte, broché, jaquette illustrée, bon état

            20

"L'auteur se propose de résoudre l'énigme posée par le Journal de l'affaire Dreyfus de Paléologue : le personnage important, dont Paléologue parle comme étant à l'origine des divulgations de secrets militaires, ne serait autre que le ministre de la Défense lui-même, le général Mercier ; celui-ci se serait servi d'Esterhazy pour communiquer aux Allemands de faux secrets, les empêchant ainsi de se mettre en chasse du véritable secret, celui du canon de 75. Après la découverte de l'affaire par les services de contre-espionnage français et l'accusation portée contre Dreyfus, le général Mercier aurait délibérément, par patriotisme, sacrifié l'honneur de l'infortuné capitaine, afin que sa manœuvre ne soit point dévoilée aux Allemands..." (Revue française de science politique, 1960)

253.          GLEYSES (Chantal). La Femme coupable. Petite histoire de l'épouse adultère au XIXe siècle.  Imago,  1994, in-8°,  252 pp, 3 illustrations, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Au XIXe siècle, la femme adultère s'impose aux écrivains avec la force d'une obsession. Des vertiges de la tentation au retour souvent repentant à la monotonie du foyer conjugal, toute une littérature met en scène les états d'âme et la vie cachée de l'épouse coupable. Recherchant les causes de cette fascination, et s'attachant plus particulièrement à l'époque de Maupassant, Chantal Gleyses montre la femme étroitement définie, limitée par la cellule familiale, et gardienne à son corps défendant, par son abnégation et sa vertu, de l'ordre bourgeois. Réprouvé d'un point de vue moral, l'adultère féminin – au contraire de l'adultère masculin, naturel et toléré – revêt toute la noirceur du péché, la violence de la subversion sociale. Réprobateurs bien-pensants ou cyniques libertins, romanciers et essayistes soupçonnent, épient, dénoncent l'épouse dans ses dévoiements, s'interrogent sur la faiblesse et la duplicité de la nature féminine. Au temps des premiers débats sur le divorce ou sur la contraception, nous voici dans l'alcôve, suivant le regard des hommes de lettres sur la sexualité et le désir d'émancipation des femmes.

254.          GRÈCE (Michel de). L'Impératrice des adieux.  Plon,  1999, in-8°,  403 pp, sources, broché, couv. illustrée, bon état

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Biographie de Charlotte, femme de Maximilien et impératrice du Mexique. — Le destin de Charlotte de Belgique commence comme un conte de fées : fille de Léopold Ier, petite-fille de Louis-Philippe, elle épouse par amour l'archiduc Maximilien d'Autriche en 1857. Quelques années plus tard, le couple princier devient empereur et impératrice du tout nouvel Empire mexicain. Accueillis triomphalement, Charlotte et Maximilien pourraient réussir dans ce pays immense et mystérieux. Mais l'aventure tourne à la catastrophe. Pour sauver l'homme qu'elle aime, Charlotte revient en hâte plaider sa cause auprès du pape, quand soudain, elle est prise d'un accès de folie en pleine audience. Comment alors, un demi-siècle durant, vécut-elle cloîtrée et inaccessible pour cause de démence ? Que devint son immense fortune étrangement disparue ? Fut-elle réellement empoisonnée ? Pour répondre à toutes ces questions, l'auteur a eu accès à des archives privées, jusqu'alors restées inexplorées. Les réponses qu'il a trouvées jettent une lueur bien inattendue sur la vie prodigieuse de l'impératrice Charlotte.

255.          GRENEST (Cdt. Eugène Sergent, dit). L'Armée de l'Est. Relation anecdotique de la campagne de 1870-1871 d'après de nombreux témoignages oculaires et de nouveaux documents. La Bourgonce, Dijon, Nuits, Villersexel, Héricourt, La Cluse.  P., Garnier Frères,  1895, in-4°,  viii-973 pp, 120 dessins en couleurs par L. Bombled, nombreuses cartes dans le texte et à pleine page, index, reliure demi-basane vert bouteille, dos lisse, titres et quintuples filets dorés (rel. de l'époque), bon état (ouvrage couronné par l'Académie française, Prix Monbinne 1895)

            60

Le 1er février 1871, l’Armée de l’Est baptisée les Bourbakis du nom de son général, battait en retraite au pied du Château de Joux devant l’ennemi prussien avant un passage vital en Suisse dans des conditions effroyables. — La Bourgonce, Rambervillers, Cussey, Dijon, Châtillon-sur-Seine, Autun, Nuits, Villersexel, Héricourt, Dijon, Fontenoy, La Cluse.— "L'Armée de l'Est, relation anecdotique de la campagne de 1870-71, faite d'après de nombreux témoignages oculaires et documents, est une œuvre encore pleine de souvenirs héroïques, de pages réconfortantes au milieu de toutes les scènes les plus cruelles de l'Année terrible, et c'est un memento qui contribuera à fortifier les plus nobles pensées." (Revue des Deux Mondes, 1895)

256.          GROTHE (Gerda). Le duc de Morny.  Fayard,  1967, in-8°,  375 pp, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, état correct

            20

Excellente biographie de Charles-Auguste-Louis-Joseph Demorny, fils d'une reine et d'un général, petit-fils d'une impératrice et d'un évêque, demi-frère d'un empereur et peut-être, descendant des Bourbons. — "L'auteur, une historienne allemande, a suivi avec la minutie d'un détective professionnel toutes les pistes qui pouvaient la conduire sur la trace de documents inédits. Les Archives nationales lui ont fourni les cartons du Grand Central, du Crédit Mobilier, des sessions du Corps législatif. Peu de temps auparavant les descendants madrilènes du duc de Morny avaient versé à l'Etat français la plupart des documents qui concernaient leur aïeul. Les Archives nationales avaient classé ces papiers sans les cataloguer. On remit à Gerda Grothe un grand carton épais qui contenait dix dossiers. Dès le premier coup d'oeil, elle fut convaincue qu'il y avait là des détails inédits sur la vie de Morny. Les Archives des affaires étrangères ont également éclairé plus d'un point obscur sur le rôle de Morny dans les relations franco-russes, les affaires du Mexique et de Suez. Les historiens du XIXe siècle et du début du XXe siècle n'ont évidemment pas bénéficié de la provende recueillie par Madame Gerda Grothe et ils ont eu bien des difficultés à trouver des sources et documents ou à s'approvisionner en faits précis..." (Thérèse Charles-Vallin, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1974)

257.          GUÉRIN (André). Il y a cent ans la République. On l'appela Marianne.  Hachette,  1973, gr. in-8°,  310 pp, broché, couv. à rabats, bon état. On joint une coupure de presse sur le livre (Roger Giron, Le Figaro)

            25

"Sans cesser d'être le bon journaliste que nous avons suivi depuis un demi-siècle, de « L'Œuvre » de Gustave Téry à « L'Aurore », André Guérin s'est fait historien au soir de sa vie. Le centenaire de la guerre de 1870 - la « folle guerre » – et celui de la Commune lui ont inspiré deux livres qui sont de vivants reportages dans le passé. On peut en dire autant d'un troisième qui vient de paraître : « Il y a cent ans la République », évocation des premières années de la Troisième République... Des anecdotes contées avec verve ; une masse de petits faits révélateurs comme en collectionnait M. Taine, après Stendhal ; de lestes croquis des principales vedettes : Thiers, Gambetta, les trois Jules : Ferry, Grévy, Simon, et un quatrième, Jules Guesde, Clemenceau, Boulanger..." (Roger Giron, Le Figaro)

258.          GUÉRIOT (Paul). La captivité de Napoléon III en Allemagne (septembre 1870 – mars 1871).  Perrin,  1926, in-8°,  284 pp, un portrait photographique de Napoléon III en 1870 en frontispice et 7 gravures et portraits hors texte, appendices, broché, couv. lég. salie, bon état

            30

"La captivité de Napoléon III à Willemshohe, près de Cassel, que M. Guériot nous décrit avec une sincérité aussi impartiale que touchante, fut douloureuse dans sa sombre dignité. L'auteur insiste, à plusieurs reprises sur la bonté du souverain qui fut, en effet, très grande. (...) Le double jeu de Bismarck auprès du gouvernement de la défense nationale et auprès du prisonnier au moment de la conclusion de la paix fournit à M. Guériot un des chapitres les plus prenants de son livre. Les conversations de Napoléon III avec les différents émissaires envoyés à ce sujet par le chancelier à Willemshohe sont tout à fait instructives..." (Em. Déborde de Montcorin, Revue des études historiques, 1928)

259.          HALÉVY (Daniel). Péguy et les Cahiers de la Quinzaine.  Grasset,  1941, in-12,  393 pp, broché, bon état

            25

"Ce livre offre un grand intérêt. (...) C'est à travers la vie de Péguy que nous pouvons apercevoir, grâce à M. Daniel Halévy, tout un pan de l'histoire de la IIIe République. A coup sûr, M. Daniel Halévy n'est pas tendre à l'égard de celle-ci, mais peu nous importe, et il nous suffit qu'il introduise honnêtement le témoignage de Péguy lui-même pour que nous lui sachions gré de son effort, en vue de faire revivre les milieux humains où a vécu son héros. La politicaillerie dont Péguy s'est dégagé et qui l'a fait souffrir dans son âme et dans son corps, les milieux universitaires, l'école de Georges Sorel, les mouvements littéraires personnifiés par Claudel et Romain Rolland, l'École normale du temps de Perrot et de Lucien Herr, la Sorbonne historique et sociologique, et, avant encore, le collège Sainte-Barbe et les milieux populaires d'Orléans, – comme, au terme du livre, et de la vie de Péguy, – l'attente de la guerre de 1914 et ses premières réalités, – jusqu'à la mort de Péguy, le 5 septembre 1914, tout cela défile dans le livre de M. Daniel Halévy, avec les précisions, les références, les discussions utiles. Ainsi ce livre, qui est l'hommage d'un admirateur et d'un ami, est aussi une contribution historique de premier ordre." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1943) — "La jeune floraison des Cahiers dura dix ans. De 1910 à 1914, il y aura Péguy et sa grandeur solitaire portée par les Cahiers, mais dressée plus haut qu’eux. De 1900 à 1910, il y eut les Cahiers, c’est-à-dire Péguy dans un entourage, en plein travail et entrain de jeunesse fraternelle. Après avoir quelques mois campé dans la chambre de Jérôme Tharaud, il transporta ses dossiers rue de la Sorbonne, dans une École de Journalisme qu’une agitée du dreyfusisme, Mme Dick May, avait installée là. Les Cahiers eurent une table, un espace réservé au premier étage. À côté des paperasses de Péguy, il y avait celles de Guieysse et de ses Pages libres. L’École de Dick May commença un voisinage qui dura longtemps. En octobre 1901, les Cahiers et les Pages libres, se déplaçant ensemble, s’installèrent, à vingt pas de l’École, dans une boutique dont une inscription rappelle aujourd’hui l’ancien emploi. La boutique, étroite et longue, fut divisée et cloisonnée. On ouvrait la porte : un couloir (plutôt un boyau) menait vers l’arrière boutique, où se tenait Guieysse : à gauche, une porte, et, franchie cette porte, il restait un petit espace qui était le domaine de Péguy. Sa boutique." (p. 102-103)

260.          HUGO (Victor). Napoléon le Petit, suivi de Histoire d'un Crime. Déposition d'un témoin. Edition illustrée par MM. J.-P. Laurens, E. Bayard, E. Morin, D. Vierge, Lix, Chifflart, etc.  P., Eugène Hugues,  1879, in-4°,  226-468 pp, portraits gravés de V. Hugo en 1851 et 1879 en frontispices, 34 gravures et 111 gravures (73 scènes et vues et 38 portraits), dans le texte et à pleine page, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titres et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), dos frotté avec pt épidermures, coiffe sup. arasée, coupes frottées, intérieur propre, frais et sans rousseurs, bon état

            50

"Réfugié à Bruxelles au sortir de la résistance armée contre le coup d'Etat de décembre 1851, qui lui avait fait mettre ses jours en danger, Victor Hugo compose en quelques semaines le plus éclatant pamphlet politique de toute l'histoire. "Je n'ai pas l'intention de faire un livre", écrivait-il alors, "je pousse un cri." Aussi brillant que profond et clairvoyant, Napoléon le Petit n'empêcha certes pas son antihéros de se maintenir encore au pouvoir pendant dix-huit ans, mais finit néanmoins par le mettre K-O., vaincu aux yeux de la postérité. Flamboyante manifestation du pouvoir des mots sur l'histoire lorsqu'ils donnent forme et langage à la conscience, cette lutte homérique permit en même temps à son auteur, qui n'était encore que le premier des poètes romantiques, de devenir lui-même. Véritable catéchisme républicain, propre à reprendre du service n'importe où et n'importe quand, mais plus indispensable que jamais en période électorale, Napoléon le Petit est un petit Prince à l'usage du peuple - tout l'inverse de celui de Machiavel." (Jean-Marc Hovasse) — Ce texte étonnant est à la fois daté, le personnel politique de l'époque a été un peu oublié, et étonnamment actuel, car les vices de la politique dénoncés par Hugo sont toujours d'actualité. Hugo se livre à un massacre en règle de Louis Napoléon Bonaparte qui a effectué son coup d'Etat moins d'un an auparavant. C'est un manuel éblouissant de morale politique et un magnifique éloge du débat démocratique. On y trouve également une esquisse surprenante de programme politique basé sur une sorte d'autogestion, assortie d'une violente accusation de la centralisation, de l'armée permanente, de la justice inamovible et de la religion subventionnée par l'État. Un véritable hymne au progrès. Et il est intéressant de se rappeler que ce discours est tenu, en 1853, par un homme qui, dix ans auparavant, était plus ou moins un soutien de la monarchie de Louis-Philippe !...

261.          [HUGO, Victor]. William Shakespeare.  P., Lacroix, Verboeckhoven et Cie,  1864, in-8°,  (4)-xvi, 17-572 pp, reliure demi-toile rouge, dos lisse avec titre doré et filets à froid, plats de papier marbré (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs en début d'ouvrage, coupes frottées, bon état. Edition originale

            120

« Tous les grands écrivains ont été romantiques de leur temps », écrivait Stendhal en 1824 dans son “Racine et Shakespeare”. Hugo, en 1864, reprend le flambeau du romantisme pour rendre à Shakespeare son plus vibrant hommage, fer de lance d'une nouvelle bataille romantique : combat engagé personnellement, depuis l'exil, contre tous les partisans du bon ordre et du bon goût, confortablement installés dans les institutions du Second Empire. Dernier grand manifeste du romantisme, le William Shakespeare est aussi une oeuvre philosophique et politique, synthèse de la réflexion sur l'engagement littéraire en faveur duquel Hugo n'a cessé de se prononcer. « Vivre, c'est être engagé » : tout le William Shakespeare développe et justifie cette conviction. — Edition originale, parue sans nom d'auteur, et rédigée par Victor Hugo pendant son exil pour servir de préface pour la nouvelle traduction de Shakespeare par son fils, Francois Victor-Hugo.

262.          JOANNY BONNETAIN (Jean Baptiste Benoît, avocat). De l'Humanité et de ses divers ordres de civilisation.  P., Gennequin aîné,  1844, gr. in-8°,  (22)-xix-609-(3) pp, troisième édition, jolie reliure demi-veau fauve, dos lisse orné en long (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état. Rare

            60

"Ce que nous voulons avant tout, c'est la foi de nos sublimes destinées, c'est l'élévation de la pensée vers sa patrie, c'est l'embrassement des vérités religieuses et sociales qui font la vie des peuples et des individus, c'est leur pratique constante, c'est la grandeur et la dignité de l'homme fait à l'image de Dieu, c'est l'harmonie des intelligences et des intérêts, c'est l union entre les classes, c'est l'exhaussement de niveau de chacun par tous, c'est la mise en pratique des principes de charité, de solidarité, de réversibilité, et de fraternité humaines. Ce que nous voudrions, c'est ce que Dieu veut, savoir : le règne simultané de l'ordre, de l'intelligence, du devoir, du bien-être et de la liberté, sans aucune acception de catégorie factice ; ce que nous voudrions, c'est l'alliance des peuples christianisés." — Ce volume est divisé en deux parties, dont l'une traite de l'homme en société, l'autre de la position philosophique de l'homme vis-à-vis de Dieu.

263.          KROPOTKINE (Pierre). Autour d'une vie. Mémoires.  Stock,  1971, fort in-12,  xv-545 pp, édition française de “Memoirs of a Revolutionist” révisée par l'auteur et traduite de l'anglais, préface de Georges Brandès, index, broché, bon état. Réimpression de l'édition de 1898

            25

Passionnants mémoires du révolutionnaire et anarchiste russe Pierre Kropotkine (1842-1921). Géographe, aristocrate, anarchiste russe, Pierre Kropotkine est le théoricien du communisme libertaire. Publiés en 1898, ses Mémoires se lisent comme un grand récit d'aventures, une traversée du 19e siècle ponctuée d'analyses lumineuses sur les courants sociaux et politiques, alors naissants, qui ont perduré jusqu'à nos jours. La mort précoce de sa mère, le sort des serfs, ses études au corps des Pages de Saint-Pétersbourg aiguisent très tôt sa sensibilité. Devenu officier au service du tsar, il sillonne et cartographie la Sibérie, avant de quitter l'armée et reprendre des études. Lors d'un voyage à Zurich, en 1871, il adhère à l'Association Internationale des Travailleurs, puis, en Russie, il milite au sein de cercles politiques, avant d'être arrêté et emprisonné. II s'évade et séjourne en Angleterre, Suisse, Belgique, France, régulièrement expulsé pour les idées anarchistes qu'il diffuse dans son journal Le Révolté. En 1882, il est emprisonné à Clairvaux, puis grâcié. Exilé à Londres, il revient en Russie juste avant la révolution d'octobre 1917, et déchante rapidement sur la nature autoritaire du régime bolchevik. II meurt en 1921.

264.          LE FAURE (Amédée). Histoire de la guerre franco-allemande, 1870-71. Illustrée de cartes et plans, de portraits, vues, épisodes de batailles, etc.  P., Garnier Frères,   1875, 2 vol. in-4°,  442 et 458 pp, 115 gravures et portraiits, 53 cartes et plans, reliures demi-basane carmin, dos à 4 nerfs guillochés soulignés à froid, titres, tomaisons et filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            80

"M. Amédée Le Faure était rédacteur au journal « La France », lorsque la guerre de 1870-71 éclata. II fit comme « reporter » une partie de la campagne. Après la paix de Francfort, il entreprit d'écrire l'histoire de la guerre, passa plusieurs années à recueillir des matériaux, les mit en oeuvre et publia, en 1875, en 2 volumes in-4°, ornés de portraits et de cartes, le résultat de son travail. Bien qu'incomplet sur certains points, en raison de la date de son apparition, l'ouvrage de A. Le Faure est d'une lecture intéressante ; l'exposé est sobre, impartial, et appuyé sur des documents de valeur." (Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1901)

265.          LEROY (Géraldi)(dir.). Les écrivains et l'affaire Dreyfus. Actes du colloque organisé par l'Université d'Orléans et le Centre Péguy les 29-30-31 octobre 1981.  PUF,  1983, gr. in-8°,  300 pp, broché, bon état

            45

29 études érudites par Roger Dadoun, Nelly Wilson, Michel Cadot, Marcel Thomas, Zeev Sternhell, Victor Nguyen, Jacques Julliard, Madeleine Rebérioux, Christophe Charle, etc., autour de Bernard Lazare, Lucien Herr, Péguy, Tchekhov, Suarès, Clemenceau, Valéry, Barrès, Maurras, etc. — "Plus de quatre-vingts ans ont passé. Loin d'être renvoyée aux oubliettes de l'histoire, l'affaire demeure. Non qu'il y ait aujourd'hui beaucoup de personnes pour mettre en doute l'innocence du capitaine. Mais les problèmes débattus pendant cette tourmente agitent encore notre fin de siècle. Ainsi s'explique le succès qu'a remporté le colloque international sur les écrivains et l'affaire Dreyfus, organisé par le centre Péguy d'Orléans et son directeur, Géraldi Leroy, avec le concours de l'Université, les 29, 30 et 31 octobre. Une trentaine de communications, dues entre autres à Jacques Julliard, Angelo Prontera, Madeleine Rebérioux, Zeev Sternhell, Marcel Thomas et Nelly Wilson, apportèrent de riches éclairages, avec une passion toujours contrôlée par le désir de comprendre. On vit défiler les grands noms attendus : Maurras, Jaurès, Clemenceau, Alain, France, et d'autres moins connus : Herr, Suarès, Trarieux. La figure de Barrès ne ressortit pas sans dommage d'un examen sévère de sa pensée politique, plus moderne que celle de Maurras en ce qu'elle est fondée sur une sociobiologie capable du pire. Sans que fût oublié le rôle capital de “J'accuse”, la célébration de Zola céda le pas à celle du véritable initiateur de l'affaire : Bernard Lazare. Des informations neuves mirent en lumière les attitudes contrastées d'un Valéry, antidreyfusard rationalisant l'injustifiable, et d'un Tchekhov, dreyfusard ami des droits de l'homme. Entre les deux, Romain Rolland, au-dessus de la mêlée, fit piètre figure. On tenta de définir la notion d'intellectuel telle qu'elle se forme à l'époque, et l'on montra comment le rationalisme dreyfusard se nourrit aussi de mythes. Proust et Péguy fournirent l'occasion, à travers la Recherche et Notre jeunesse, d'observer l'entrée du dreyfusisme dans la littérature. Les échos internationaux soulevés par l'affaire furent évoqués à travers la presse allemande, autrichienne, espagnole et italienne, le partage se faisant comme en France sur l'antisémitisme, le rôle de l'armée et la morale politique. La recherche la plus originale fut celle amorcée dans le champ féministe, où le clivage s'opère entre dreyfusistes (Séverine, Marguerite Durand, Clémence Royer) et antidreyfusardes (Gyp, Marie Maugeret, Marie Duclos) sans briser pourtant la notion toute neuve de "sororité"." (Jean Bastaire, Le Monde, 13 novembre 1981)

266.          LE TEXIER (Robert). Le Fol été du Fort Chabrol.  France-Empire,  1990, gr. in-8°,  278 pp, 8 pl. de gravures et documents hors texte, un plan, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Août 1899 : la IIIe République a bientôt 25 ans. Mais le régime parlementaire est depuis longtemps menacé : l'aventure boulangiste de 1886, le scandale de Panama de 1892, les attentats anarchistes de 1893. L'Affaire Dreyfus, en 1894, multiplie ses difficultés. Les opposants au régime – royalistes, bonapartistes, nationalistes de toutes tendances – se déchaînent. Parmi ceux-ci, la Ligue Antisémitique de Jules Guérin est particulièrement virulente. Aussi bien, le gouvernement Waldeck Rousseau, déjà alerté par le coup d'État manqué de Déroulède lors des funérailles du Président Félix Faure, en février 1899, va réagir contre cette inquiétante activité. Le 12 août 1899, il fait poursuivre les principaux agitateurs. Mais Jules Guérin échappe à l'arrestation. Avec une douzaine d'hommes armés, il se retranche rue de Chabrol à Paris dans les locaux de son journal, « l'Antijuif », également siège du Grand Occident de France, organisme de la Ligue Antisémitique de France. Pour éviter une effusion de sang, la police se contente d'isoler l'immeuble. Le siège du « Fort Chabrol » va durer 38 jours. C'est ce spectacle extravagant, cet incroyable défi semé de rebondissements rocambolesques que présente « Le fol été du Fort Chabrol ». À travers les rapports de police, les procédures judiciaires, les articles de journaux de l'époque et les témoignages des protagonistes, Robert Le Texier, Commissaire divisionnaire honoraire, ancien rédacteur en chef de la « Revue de la Police Nationale », mène une minutieuse enquête et reconstitue un épisode méconnu et haut en couleur de la petite histoire de France.

267.          LOMBARÈS (Michel de). L'Affaire Dreyfus.  Charles-Lavauzelle,  1985, gr. in-8°,  224 pp, 12 pl. de gravures et fac-similés hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, pt accroc au 1er plat, bon état

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Si Dreyfus est innocent, qui est coupable ?‎ ... L'affaire Dreyfus apparaît comme une lutte sournoise et implacable entre les services de renseignement qui savent et ne se démasquent jamais. Fausses informations, agents doubles, silences, couvertures, solidarité des hommes des « services », l'affaire Dreyfus  devient dans cet éclairage la première des grandes batailles de l'espionnage moderne... — "L'affaire Dreyfus a passionné la France et continue de passionner les historiens puisque trois quarts de siècle n'ont pas encore élucidé tous ses aspects. C'est dire l'intérêt de cet ouvrage, dont le sous-titre « la clef du mystère » – celle du fameux bordereau – indique la portée fondamentale. Spécialiste des enquêtes minutieuses sur certains points d'histoire mal élucidés (de l'analyse des batailles de Patay et d'Austerlitz à celle de l'échec de la fuite de Varennes) M. de Lombarès, auquel sa formation de polytechnicien et son expérience d'officier breveté d'Etat major ont donné le goût d'une recherche rigoureuse et une particulière connaissance des choses militaires reprend une à une les pièces du procès de 1894 et nous fait pénétrer pas à pas dans le dédale de cet imbroglio tragique qui finalement apparaît avoir été une affaire montée et entretenue par les services de renseignement : le bordereau n'était pas d'Esterhazy mais du S.R. allemand... Dix sept chapitres très vivants, solidement étayés et illustrés avec soin conduisent très logiquement à cette conclusion. Le poids d'une telle « révélation », résultat d'un nouvel et strict examen de faits et de documents déjà connus, est évident et on ne s'étonnera pas que cet ouvrage soit déjà en cours d'édition aux Etats-Unis." (La Revue administrative, 1972) — "En 1972. nous signalions ici la première édition de cet ouvrage novateur qui, réexaminant point par point les données concrètes de « l'Affaire », aboutissait à l'imputation du fameux bordereau au S.R. allemand. Depuis dix ans, cette explication a provoqué d'étonnantes révélations que la thèse de M. de Lombarès aura eu, directement ou indirectement, le mérite de susciter. C'est dire l'intérêt de cette réédition, substantiellement complétée illustrée de plusieurs documents (parmi lesquels la photographie du bordereau, la lettre déchirée), qui à défaut d'une certitude absolue paraît bien cette fois nous apporter la clé du mystère... La précision des faits, la clarté et l'enchaînement du récit font le prix de cette méticuleuse et sérieuse enquête." (La Revue administrative, 1985)

268.          LOTI (Pierre). Cette éternelle nostalgie. Journal intime, 1878-1911. Edition établie, présentée et annotée par Bruno Vercier, Alain Quella-Villéger et Guy Dugas.  La Table Ronde,  1997, gr. in-8°,  585 pp, notes, dictionnaire biographique des principales personnes citées, biblioi des œuvres de Pierre Loti, broché, couv. illustrée, bon état

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Toute sa vie Pierre Loti a tenu son journal. De cette oeuvre restée inédite sont nés la plupart de ses romans, d'Aziyadé à Ramuntcho. On retrouve dans cette épopée au quotidien le Loti de la légende : marin et voyageur, nomade et sédentaire parcourant la Bretagne, la Charente, le Pays basque, le Moyen-Orient, la Turquie, l'Inde et l'Asie. On découvre aussi un Loti plus inattendu : contrebandier quand il n'est pas académicien, joueur de pelote basque quand il n'est pas dramaturge acclamé, organisateur de fêtes costumées, décorant sa cabine des dépouilles de l'Empire chinois. Fils aimant, mari résigné, ami passionné, père attentif, amant infatigable, on n'en finit pas de recenser tous les rôles qu'il tient avec la même ardeur, le même talent. Lire le journal de Pierre Loti, c'est partager son sentiment contradictoire de la vie, le battement de coeur d'un être singulier, attachant, torturé, qui se livre sans pudeur ni détour, mais sans exhibitionnisme : le Loti de l'éternelle nostalgie.

269.          MONTBEL (Guillaume Isidore, comte de). Le Duc de Reichstadt. Notice sur la vie et la mort de ce prince rédigée à Vienne sur des documents authentiques.  P., J. Angé et Ve Le Normant,  1836, in-8°,  431 pp, un portrait gravé en frontispice et quatre planches repliées hors texte dont trois fac-similés (déchirure sans manque à l'un des fac-similés) et un plan des tombeaux des empereurs d'Allemagne, pièces justificatives, notes biographiques, reliure demi-veau glacé vert olive, dos lisse orné en long, palette dorée en queue, tranches jaspées (rel. de l'époque), défraîchi, manque un petit morceau au coin du 1er plat de la reliure, qqs rares rousseurs, état moyen

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La toute première biographie consacrée à l'Aiglon, le duc de Reichstadt (1811-1832), fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise, composée par le ministre Guillaume Isidore de Montbel (1787-1861), ancien ministre de Charles X réfugié à Vienne. L’ouvrage parut le 15 décembre 1832, soit à peine cinq mois après la mort du jeune duc. Il est illustré d’un beau portrait de ce dernier, gravé sur acier par Jean-François Pourvoyeur d’après le peintre miniaturiste autrichien Moritz-Michaël Daffinger (1790-1849). On y trouve également 4 planches dont les 3 premières proposent le fac-similé de 3 lettres du duc de Reichstadt adressées au capitaine Foresti, et la dernière le plan du caveau sépulcral de la famille impériale dans l’église des Capucins. Montbel avait été chargé par Metternich de composer cet ouvrage. Voir “Aus Metternich' s nachgelassenen Papieren”. Bd. V, s. 236.

270.          [PARADIS, Jacques-Henry]. Journal du siège, par un bourgeois de Paris, 1870-1871.  P., Dentu,  1872, fort in-12,  xviii-914 pp, reliure demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale. Bel exemplaire enrichi d'un envoi a.s. au journaliste Edmond Villetard

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De septembre 1870 à janvier 1871, Paris est encerclé par les Prussiens et leurs alliés. Cinq longs mois de siège sur lesquels nous possédons peu d'informations. Témoin privilégié, Jacques-Henry Paradis, simple bourgeois de Paris, livre un regard singulier et rare sur l'événement. À travers sa relation minutieuse des mouvements de troupes, des tensions politiques et diplomatiques et des restrictions de vivres de plus en plus drastiques, on ressent avec force tout le tragique de la situation, alors que le cri de Vive la Commune ! se fait de plus en plus menaçant. Aucun détail des réalités sordides du siège ne nous est épargné : incendies fréquents et ravageurs, multiplications des boucheries canines et félines, festins d'animaux du Jardin des Plantes. Mais on partage également la joie du départ des ballons-poste, l'arrivée des nouvelles par pigeons voyageurs... quand les Parisiens affamés ne les ont pas attrapés pour les manger. Son Journal témoigne des mois éprouvants qu’ont endurés les Parisiens avant l’éclatement de la révolte. « Les rats commencent, paraît-il, à être fort appréciés. La chasse est ouverte, et, hier matin, un véritable marché aux rongeurs se tenait sur la place de l’Hôtel de ville » écrit l’auteur. La capitale semble vivre une lente agonie : « On sent que chaque heure qui s’écoule emporte un lambeau, une parcelle de vie à cette pauvre ville ».

271.          PERRIN (Marie-Thérèse). Laberthonnière et ses amis. Louis Birot, Henri Bremond, Louis Canet, Edouard Le Roy... Dossiers de correspondance (1905-1916), présentés par Marie-Thérèse Perrin.  P., Beauchesne,  1975, in-8°,  313 pp, préface de Paul Poupard, index, broché, bon état

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"Depuis quelques années, on constate un regain d'attention pour la pensée de Lucien Laberthonnière. Il faut s'en réjouir, car cette œuvre est vraiment digne de l'intérêt qu'on lui porte. Les problèmes soulevés par les auteurs auxquels on a accolé l'équivoque étiquette de « moderniste » sont demeurés pour une large part et malgré certaines évolutions, nos problèmes. Laberthonnière, de par sa situation de directeur d'une revue largement ouverte (les Annales de Philosophie chrétienne), s'est trouvé à un point de rencontre des idées et des hommes. Les dossiers de correspondance publiés par Marie-Thérèse Perrin nous font précisément entrer dans ce milieu soucieux d'une présence du christianisme à la pensée moderne dans des domaines très différents les uns des autres. Les lettres présentées font percevoir de façon vivante les liens existant entre les Blondel, von Hugel, Laberthonnière, Bremond, Le Roy, Loisy, Fogazzaro, en même temps qu'elles nous montrent comment ces personnages se situaient les uns par rapport aux autres (l'ouvrage comporte des lettres provenant d'autres correspondants que ceux mentionnés dans le titre). Ainsi, on peut découvrir l'amitié réelle que Laberthonnière portait à É. Le Roy en même temps que ses nettes réserves sur certains aspects de sa pensée. Les matériaux publiés ici couvrent une période qui débute en 1896 avec l'arrivée de l'Oratorien à Paris et s'achève en 1916, soit trois ans après la condamnation de celui-ci ; ils sont organisés principalement autour des menaces d'intervention et des interventions du Magistère ecclésiastique vis-à-vis du « modernisme » et des « modernistes ». En bref, le mérite de cette publication est de mettre entre les mains de ceux qui s'intéressent à la crise moderniste des dossiers partiels mais utiles pour approcher des personnes et un climat. En ce qui concerne Laberthonnière, ce livre éclaire surtout la grandeur morale de l'homme et du chrétien qu'il fut." (Paul Scolas, Revue Théologique de Louvain, 1976)

272.          REINACH (Théodore). Histoire sommaire de l'affaire Dreyfus.  P., Ligue des Droits de l'Homme,  1924, in-12,  258 pp, chronologie, biblio, index, broché, bon état (Lispschutz, 340)

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Ce précis sommaire n’est pas comparable à la somme composée par Joseph Reinach, mais il tient une place honorable dans les initiations à l’Affaire.

273.          RÉMOND (René). La Vie politique en France depuis 1789. 1 : 1789-1848.  Armand Colin,  1971, gr. in-8°,  424 pp, 3e édition revue et mise à jour, 10 cartes et tableaux, biblio, cart. éditeur, qqs rares marques au crayon, bon état (Coll. U)

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"Un livre passionnant. A cause de sa trame : il fait revivre une période de soixante ans non par le détail des incidents, des dates, des anecdotes, mais par une sorte de reconstruction de l'essentiel : et, comme le veut le style de la collection, de nombreux textes placés en annexe des chapitres permettent de se rendre compte directement du langage de l'époque, à partir de discours ou de lois d'articles ou de chansons..." (Alfred Grosser, Revue française de science politique, 1966)

274.          RÉMUSAT (Charles de). Bacon, sa vie, son temps, sa philosophie et de son influence jusqu'à nos jours.  P., Didier,  1858, in-12,  xv-464 pp, seconde édition, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

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Par le comte de Rémusat (1797-1875), la première biographie en langue française du moine philosophe et alchimiste anglais (1214-1294), figure tutélaire de la méthode scientifique. En philosophie, Charles de Rémusat fut un spiritualiste de l'école de Victor Cousin. — Livre I. Sa vie. Ses expéditions en Espagne - Expédition d'Essex en Irlande - Avènement de Jacques Ier - Sa conduite à la chambre des communes - Première édition du Traité de l'avancement des sciences  - conflit avec E. Coke - Composition des Cogitata et visa - Publication du De sapientia veterum - Bacon Procureur général - Bacon ministre - Bacon après sa chute - Ecrits divers - Sa maladie et sa mort - Livre II. Analyse des ouvrages et de la philosophie de Bacon - Examen de la philosophie de Bacon - Histoire de la philosophie et de l'influence de Bacon - etc.

275.          RIMBAUD (Isabelle). Reliques. Rimbaud mourant. - Mon frère Arthur - Le dernier voyage de Rimbaud - Rimbaud catholique - Dans les remous de la bataille (passages censurés).  P., Mercure de France,  1921, in-12,  215 pp, mention de cinquième édition (mais année de l'édition originale), un portrait d'Isabelle Rimbaud en frontispice, reliure toile verte, 1er plat de couv. conservé, ex. numéroté dans la justification de tirage, pt tache au 2e plat de la reliure, bon état

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"Par Isabelle Rimbaud, sa soeur, qui a accompagné son frère jusqu’à la fin. Lecture bouleversante. Ainsi, après l’amputation de sa jambe, le séjour de Rimbaud chez sa famille. Il souffre beaucoup : « Il but des tisanes de pavot et vécut plusieurs jours dans un rêve réel très étrange. La sensibilité cérébrale ou nerveuse étant surexcitée, en l’état de veille les effets opiacés du remède se continuèrent, procurant au malade des sensations atténuées presque agréables extralucidant sa mémoire, provoquant chez lui l’impérieux besoin de confidence. » Isabelle Rimbaud, qui a été si critiquée de façon injuste, est ici un témoin capital : « Une nuit, se figurant ingambe et cherchant à saisir quelque vision imaginaire apparue, puis enfuie, réfugiée peut-être dans un angle de la chambre, il voulut descendre seul de son lit et poursuivre l’illusion. On accourut au bruit de la chute lourde de son grand corps, il était étendu complètement nu sur le tapis. » Lisez ce témoignage ultrasensible, c’est du corps même de Rimbaud qu’il s’agit, pas de son image." (Philippe Sollers)

276.          SENNETT (Richard). La Famille contre la Ville. Les classes moyennes de Chicago à l'ère industrielle, 1872-1890.  P., Editions Recherches,  1980, in-8°,  233 pp, traduit de l'américain, cartes, graphiques et tableaux, postface de Philippe Ariès, broché, couv. illustrée, un peu défraîchi, état correct

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Richard Sennett étudie les rapports réciproques entre la famille, la ville et la vie professionnelle dans la seconde moitié du XIXe siècle. L'auteur s'intéresse aux classes moyennes, dans leur normalité, et non à des groupes marginaux ou spécifiques. Il présente d'abord Union Park, un quartier élégant de Chicago où résident en 1850 de grandes familles bourgeoises ayant une vie sociale intense. Vers 1870, la métropole se transforme rapidement : l'industrie se développe, la population augmente et on observe un afflux de ce qu'on a l'habitude de désigner du terme vague de classe moyenne, des cols bleus et des cols blancs, des ouvriers spécialisés et des employés des grandes sociétés et de l'administration. C'est cette population qui fait l'objet d'une investigation approfondie. — « Richard Sennett pose le problème de l'adaptation de la famille à la pression économique et urbaine, et de sa réponse aux défis de l'industrialisation ou de l'urbanisation. Ou bien la famille y participe avec dynamisme et devient un réservoir d'agents actifs et entreprenants, ou au contraire elle se retire en marge de la société industrielle et de la ville pour devenir refuge ou oasis. » (extrait de la postface de Philippe Ariès)

277.          Société des études romantiques. Gérard de Nerval, les filles du feu, Aurélia, Soleil noir. Actes du colloque d'agrégation des 28 et 29 novembre 1997. Textes réunis par José-Luis Diaz.  SEDES,  1997, gr. in-8°,  238 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Collection Romantisme colloques)

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Plusieurs thématiques de Gérard de Nerval sont étudiées à travers plusieurs de ses oeuvres : la mémoire à l'oeuvre, le destin, le savoir et la mélancolie, la folie, l'amour erratique, le matériau psychotique et les errances narratives, les voies lumineuses de la religion, le retour des dieux ou le théâtre de la Renaissance, le crépuscule des dieux. 22 contributions.

278.          SUAREZ (Georges). Soixante années d'histoire française. Clemenceau. I. Dans la mêlée. – II. Dans l'action.  Editions de France,  1932, 2 vol. in-8°,  275 et 351 pp, 32 pl. de gravures et photos hors texte, index des noms cités dans chaque volume, brochés, bon état

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Nouvelle édition de "La Vie orgueilleuse de Clemenceau" revue, corrigée et augmentée. Cette copieuse biographie présente non seulement un portrait de Clemenceau, mais aussi le tableau d'une époque.

279.          SUE (Eugène). Le Juif errant. Edition illustrée par Gavarni.  Paris, sans nom [Maresq], 15 rue Guénégaud (près la Monnaie),  1850, in-4°,  1f.-344 pp, 91 dessins de Gavarni gravés par Lavieille, texte sur 2 colonnes, reliure demi-basane noire, dos lisse à triples filets dorés soulignés à froid, pièce de titre basane noire (rel. de l'époque), coiffe sup. manquante, dos lég. frotté, mors frottés, coins émoussés, intérieur frais et sans rousseurs, état correct (Coll. Œuvres illustrées d'Eugène Sue)

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Edition identique à celle contenue dans le tome 3 des Œuvres illustrées d'Eugène Sue (sauf pour la page de titre illustrée), publiée par Maresq, qui, pour l'illustration, a réutilisé une partie des bois de l'édition Paulin de 1845 (Witkowski 136). — “Le Juif errant” est un roman d’Eugène Sue publié en feuilleton dans “Le Constitutionnel” du 25 juin 1844 au 26 août 1845 puis en volume de 1844 à 1845 chez Paulin à Paris. Ce livre est l'un des plus grands succès de librairie du XIXe siècle, le second de Sue après “Les Mystères de Paris”. Le titre du “Juif errant” est cependant trompeur puisqu’il ne constitue pas le sujet du roman. Celui-ci n’est, à proprement parler, que la puissance tutélaire qui, aidé de son homologue féminin, Hérodiade, s’efforce d’être l'ange gardien des héritiers, qui sont en outre les derniers descendants d’un protestant que la Compagnie de Jésus avait acculé au suicide. Relatant les intrigues menées par les Jésuites pour s’emparer de ce fabuleux héritage, le roman, qui se termine sur la fin des souffrances du Juif errant et d’Hérodiade, est, entre autres, un réquisitoire contre le fanatisme et l’intolérance religieuse. Publié à l’époque du débat autour de l’enseignement secondaire, il suscita une véritable « jésuitophobie ». Avec ce roman de 800 pages, le nombre des abonnés du “Constitutionnel” passa de 3.600 à 23.600.

280.          TALLEYRAND-PÉRIGORD (Alexandre-Edmond de, Duc de Dino). Souvenirs de la Guerre de Lombardie pendant les années 1848 et 1849.  P., Librairie Militaire de J. Dumaine,  1851, in-8°,  (4)-338-(1) pp, reliure plein veau moucheté, dos lisse orné en long, pièce de titre basane verte,encadrement doré sur les plats, tranches marbrées (rel. de l'époque), reliure défraîchie, dos frotté, 2e plat sali, coiffes arasées, coins émoussés, intérieur propre et sans rousseurs, état correct. Edition originale

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Souvenir d'un témoin oculaire, capitaine d'état-major du roi de Sardaigne Charles-Albert en 1849 pendant la guerre contre l'Autriche. ‎— La formation de l'Italie moderne aboutira en 1860, mais passera par le départ des Autrichiens de l'Italie du Nord. Charles-Albert avec les seules forces italiennes, espère vaincre les Autrichiens qui possèdent la Lombardie et la Vénétie depuis le Congrès de Vienne. Le 24 mars 1848, Charles-Albert, poussé par l'opinion turinoise électrisée, annonçait aux peuples de Lombardie et de Vénétie leur prochaine délivrance par les armes piémontaises : Milan répondit par un acte qui incorporait par 561,000 voix contre 68, la Lombardie au Piémont, et aux troupes de Charles-Albert se joignirent des corps de réguliers et de volontaires venus de toutes les parties de l'Italie. En mars 1848, les Milanais se soulèvent contre le gouvernement des Habsbourg et, après cinq jours d'intenses combats de rue, forcent le maréchal autrichien Radetzky et ses troupes à évacuer la ville. Les troupes piémontaises et des volontaires savoyards pénètrent en Lombardie le 25 mars 1848, pour l'affranchir du joug de l'Autriche... Les succès obtenus par la cause italienne aux mois d'avril et de mai ne se maintinrent malheureusement pas, et, dès le 5 août, les Autrichiens rentraient à Milan... Le 12 mars 1849, Charles-Albert rompait l'armistice signé après Custozza, mais, cette fois dépourvu du concours des autres Etats italiens, il se heurta à l'armée autrichienne, et Novare (23 mars 1849) fut le premier des désastres d'une série qui compte la prise de Rome en juillet et la chute de Venise en août.... Charles-Albert, forcé de signer la paix avec l'Autriche (6 août), constatant la faillite de ses engagements patriotiques, crut devoir abdiquer et alla mourir à l'étranger. C'est son successeur Victor-Emmanuel II qui devait réaliser ses espoirs avec l'appui de la France et de la Prusse... — Alexandre-Edmond de Talleyrand-Périgord, duc de Dino, naît à Paris en 1813. Il est le second fils d'Edmond de Talleyrand-Périgord, duc de Dino et de sa célèbre épouse Dorothée, née princesse de Courlande. Donc, l'un des petits-neveux de Talleyrand. L'empereur de Russie, Alexandre 1er, est son illustre parrain. Attiré par la Marine, il devient lieutenant de frégate le 1er janvier 1833 mais démissionne en 1835. Il devient duc de Dino du chef de son père Edmond, à la mort de son grand-père Archambaud, en avril 1838 et, par courtoisie, marquis de Talleyrand. En 1839, il convole à Cellettes (Loir-et-Cher) avec Valentine de Sainte-Aldegonde, dont la mère est propriétaire du château de Beauregard. On retrouve Alexandre, engagé comme officier d'état-major à la suite de l'armée sarde, en 1848. Capitaine au 1er régiment de la Légion étrangère en 1855, il participera à la campagne de Crimée et assistera au siège de Sébastopol. Il était veuf depuis trois ans, lorsqu'il mourut à Florence, en 1894.

281.          VERMEIL (Edmond). L'Empire allemand, 1871-1900.  De Boccard,  1926, in-8°,  xxiii-262 pp, biblio, broché, couv. lég. salie, soulignures crayon sur les 23 pp de l'introduction, état correct (Histoire du monde, publiée sous la direction de M.E. Cavaignac. Tome XII bis)

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"Le volume écrit par M. Vermeil est découpé en trois parties : De la paix de Francfort au Congrès de Berlin, de la Triplice à l'Alliance franco-russe, de l'alliance franco-russe aux débuts de l'antagonisme anglo-allemand. L'auteur n'a pas oublié de signaler les problèmes intérieurs qui se sont posés en Allemagne, au lendemain de la proclamation de l'Empire, les difficultés économiques et sociales que Bismarck essaya de résoudre, etc. C'est même là que l'on trouvera peut- être les pages les plus neuves, les plus fortes du livre. (...) Toutefois, ce n'est pas aux questions de politique intérieure que M. Vermeil a accordé la première place. Il a plutôt insisté sur l'aspect européen, international de son sujet, sur les mouvements nationaux en Autriche-Hongrie et dans les pays balkaniques ; sur l'alliance des trois empereurs ; sur la guerre d'Orient de 1877 ; sur les traités de San Stefano et de Berlin ; sur la formation et l'apogée de la Triplice ; sur la préparation et la conclusion de l'alliance franco-russe; sur la position de l'Angleterre, vers 1900, entre le groupe des puissances centrales et le groupe franco-russe... En achevant cet exposé toujours net, animé et lumineux, en dépit de la complexité des questions, étudiées, M. Vermeil le résume en quelques pages où abondent les vues originales." (Léon Leclêre, Revue belge de philologie et d'histoire, 1928)

282.          WITTE (Comte Serge). Mémoires.  Le Cherche Midi,  2010, in-8°,  422 pp, traduction de François Rousseau, index, broché, couv. illustrée d'une photo de Sergueï Ioulievitch Witte, bon état

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Mémoires du comte Witte (1849-1915), l'un des plus grands commis de l'Etat russe et assurément l'un de ses plus actifs modernisateurs. Tour à tour ministre des Transports, ministre des Finances, artisan de la paix avec le Japon, père du parlementarisme russe, Witte a puissamment marqué de sa volonté et de son intelligence le tournant du XXe siècle. Un livre passionnant sur les arcanes des diplomaties européenne, américaine et asiatique d'avant 1914, un éclairage de première main sur l'incroyable essor industriel et financier de la Russie de l'époque, enfin un témoignage profondément humain sur les limites de l'ambition politique.

283.          WORONOFF (Michel)(dir.). La Séparation en province.  Akadémos,  2005, in-8°,  285 pp, préface de Pierre Messmer, qqs photos dans le texte et 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce livre réunit les actes du colloque des 4 et 5 novembre 2005, sur le thème : « la Séparation en province ». La commémoration du centenaire de la Séparation ne pouvait raisonnablement séparer l'histoire nationale de l'histoire locale. Les hommes politiques qui ont élaboré la loi de 1905 étaient bien conscients que le sort de la grande réforme se jouerait in fine, en province. Les mêmes questions que chacun se posait en 1905 ont guidé les vingt-deux acteurs de ce livre en 2005 : suffit-il de voter une loi à Paris, dans l'enchevêtrement des enjeux politiques et des intérêts de partis, pour que la séparation des Eglises et de l'Etat soit acceptée par la population ? La loi risque-t-elle d'amener la France au bord de la guerre civile ? En suivant, grâces aux sources locales, les répercussions en province des longs débats de la Séparation, puis en évaluant les tensions qui ont accompagné l'application de la loi – notamment les fameux Inventaires –, les études réunies dans ce recueil permettent de mieux comprendre la portée réelle de la loi de 1905 sur la société française.

             

De 1914 à nos jours

 

             

284.          ALIS (Bernard). Deux drames de l'Algérie française, vus par les Anglo-Saxons. Sétif, 8 mai 1945 – Alger, rue d’Isly, 26 mars 1962.  [Châtillon], B.A.T.,  2006, in-8°,  101 pp, un plan, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Événements majeurs, parmi ceux qui ont bouleversé la France, et qui l'ont amenée, bon gré, mal gré, à un statut définitif de l'Algérie. Fin des certitudes pour les uns, confirmation des inquiétudes pour les autres. Ces traductions paraissent au moment où controverses et polémiques surviennent sur le rôle de la France dans la colonisation, ou à propos de l'esclavage, quoique ici, en cette dernière occurrence, la balle ne soit pas précisément de son côté. Ces rapports des officiers de renseignements américains de l'OSS, puis de la presse anglo-saxonne, n'ont pas été faussés dans leur impartialité et leur objectivité, par des réflexes franco-français, avec leur vision propre d'observateurs étrangers. Par contre, ils reproduisent fidèlement les rapports officiels français, alors que la censure immédiate, puis le classement secret-défense des archives françaises, empêchait toute vision équitable et sereine pour des dizaines d'années. C'est un récit passionnant qui tient en haleine tout le long de l'action, mais aussi un rappel douloureux, mais espérons apaisé, pour ceux qui ont subi cette tragédie. — "Bernard Alis publie les documents qu’il avait communiqués à Francine Dessaigne quand elle écrivait ses ouvrages sur le 8 mai à Sétif et le 26 juillet rue d’Isly. Les articles des journaux anglais et américains sur la fusillade du 26 avril présentent des vues contradictoires. Ils observent à la fois la retenue des musulmans et les premiers enlèvements d’Européens. Le Daily Express estime que les accords d’Evian sont la meilleure garantie obtenue par une minorité, mais qu’ils sont inadaptés au cas des musulmans fidèles à la France ; le terrorisme musulman est attribué au MNA, qui serait en accord avec l’OAS. Rue d’Isly, le Times fait état d’une pétarade de coups de feu tirés des balcons par des civils. S’agissant de Sétif-Guelma, les rapports de l’OSS et du JICA britannique montrent une certaine méconnaissance des lieux géographiques (Kennata, Tekenna, Teber, oued Renati, aérodrome d’Alma). Ils font état de villages totalement détruits et de répressions massives dans des localités où elles ont été limitées (Ain Abessa, Zeraia, Ain M’lila, Bougie, el Achir). On a donc certains doutes sur la qualité des sources. Le chiffre estimé de 17.000 morts est malheureusement repris par des historiens algériens. Le lieutenant W.A. Smith cite en revanche l’estimation du général Tubert de 3 à 4.000 tués ; le major Rice fait le décompte de 300 sorties aériennes et note que les bombardements n’ont produit aucun entonnoir de bombe visible ; 100 B26 ont transféré à Alger 1.200 FFI de la région de Cognac ; Rice ignore cependant que ces hommes ont refusé d’être engagés dans les opérations de rétablissement de l’ordre." (Maurice Faivre)

285.          ALMEIDA (Fabrice d'). La Vie mondaine sous le nazisme.  Perrin,  2005, gr. in-8°,  418 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, état correct, envoi a.s.

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Ce livre constitue la première étude systématique sur les rapports entre la haute société allemande et les nazis. Les archives inédites, les carnets privés et les documents diplomatiques montrent comment les gens du beau monde se livrent à une course du zèle auprès de Hitler, comment les anciennes élites – à commencer par les fils du Kaiser – festoient en compagnie de parvenus et de quelle manière acteurs, aristocrates, technocrates de la SS, diplomates forment une étrange cour. De l'ascension de Hitler à sa chute, Fabrice d'Almeida brosse la fresque fascinante et dérangeante d'un groupe dont rien, ni la guerre, ni le pillage de l'Europe, ni les exterminations, ne vient troubler le cynisme et les loisirs – de la chasse aux régates, de l'opéra aux bals, des dîners au tennis.

286.          BERBEROVA (Nina). L'Affaire Kravtchenko.  Arles, Actes Sud,  1990, in-8° oblong,  289 pp, traduit du russe, broché, couv. illustrée, bon état

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Quand s'ouvre le procès Kravtchenko contre les Lettres françaises, le 24 janvier 1949, il apparaît tout de suite que ce procès en diffamation va tourner au procès du régime soviétique et que la question de fond qui est posée là est celle de l'existence de camps de concentration en URSS. Les Lettres françaises appellent des témoins prestigieux qui affirment sous serment qu'il n'y en a pas et qu'il ne saurait y en avoir. On n'a encore entendu parler ni d'Une journée d'Ivan Denissovitch, ni de Soljenitsyne, ni du mot "goulag". Kravtchenko, lui, a fait venir des victimes, des "personnes déplacées". Et parmi ces témoins, une femme, Margarete Buber-Neumann dont le témoignage produit un effet considérable. Nina Berberova (qui passe sa dernière année en France) se trouve sur les bancs de la presse. Elle a compris ce qui se joue dans ces débats : non pas le sort de Kravtchenko, auquel elle ne s'intéresse guère, mais... la vérité. Sa stupeur d'émigrée consternée par l'aveuglement des témoins de la défense, sa révolte contre le prestige usurpé d'un pouvoir criminel, et sa détermination à saisir l'occasion du procès pour contribuer, si peu que ce soit, à l'émancipation de l'opinion occidentale, lui inspirent des portraits, de petits commentaires incrustés dans le compte rendu, parfois simplement des sous-titres – mais ils sont acérés comme des fléchettes d'acier. Aujourd'hui, nous lisons ce document sans étonnement peut-être, mais avec un effroi considérable. C'est cela, l'effet Berberova : la rigueur du compte rendu, l'acuité du regard, la nécessité de la justice et l'efficacité du style. (Hubert Nyssen) — Née en 1901, exilée en France dans les années vingt avec son premier compagnon, le poète Khodassevitch, puis aux Etats-Unis où elle a pris la nationalité américaine, Nina Berberova est morte à Philadelphie en 1993.

287.          BERGLAR (Peter). L'Opus Dei et son fondateur Josémaria Escriva.  Editions Mame,  1992, gr. in-8°,  347 pp, traduit de l'allemand, notes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La béatification de Mgr Josemaria Escriva, le 17 mai 1992, a attiré l'attention sur sa personnalité et sur l'institution qu'il a fondée en 1928, l'Opus Dei, érigée en prélature personnelle par Jean Paul II en 1982. Peter Berglar a voulu éclairer de l'intérieur la vie et l'oeuvre de Mgr Escriva, après avoir étudié pendant plusieurs années ses écrits, y compris les inédits, consulté les archives qui ont été constituées à son sujet, et s'être entretenu avec des témoins de la vie du fondateur. Il s'agit donc là d'un véritable essai sur l'Opus Dei, esquissé à partir de la biographie du fondateur.

288.          BESANÇON (Julien). Les Murs ont la parole. Journal mural Mai 68. Sorbonne, Odéon, Nanterre, etc... Citations recueillies par Julien Besançon.  Tchou,  1968, in-16 à l'italienne (18 x 10.5),  180 pp, broché, bon état. Edition originale (achevé d'imprimer du 20 juin 1968)

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"Cette fois c'était aussi au temps des cerises. La commune de Paris allait être centenaire. On lavait toujours les façades. Les murs disponibles portaient le blanc des uniformités sans âge ; seule ou presque, la Sorbonne restait noire. La rue, la rue alors ne voulait dire qu'embouteillages. "Défense d'Afficher " n'était pas encore un poème mais une loi d'un autre siècle. L'un des premiers, qui dynamita la bombe de peinture, a pulvérisé en rouge "Interdit d'interdire" : c'était attaquer la forteresse au badigeon et, en coloriant le mur, vouloir faire tomber les murs." Dans ce recueil, Julien Besançon redonne la parole à ce qu'il appelle un "monument éphémère d'un printemps". Dans une France que certains pensaient assoupie, les événements de Mai 68 ont surpris par les profondes remises en cause qu'ils ont révélées. Ces graffitis aujourd'hui en grande partie effacés, offrent un témoignage unique de l'imagination et de la liberté de ton de ses protagonistes.

289.          BESSEIGE (Henri). Herriot parmi nous.  P., Magnard,  1960, in-8°,  391 pp, préface de Emile Bollaert, 45 photos et 2 caricatures, broché, couv. illustrée, bon état, signé par l'auteur (ouvrage couronné par l'Académie française, prix Broquette-Gonin 1961)

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Une biographie d’Édouard Herriot, un « livre de bonne foi », où Henri Besseige (1887-1967) rend hommage au politique (qu’il avait connu durant sa carrière dans l’Education nationale) et à l’homme de lettres. — "Cette biographie anecdotique et quelque peu hagiographique rendra service à ceux qui s'intéressent à un homme dont la carrière parut longtemps s'identifier à l'histoire du radicalisme français." (Revue française de science politique, 1961) — "Un homme qui servit tout à la fois une ville, son pays, la liberté." (Jean Rostand)

290.          BOISDEFFRE (Pierre de). André Malraux. La mort et l'histoire.  Editions du Rocher,  1996, in-8°,  263 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes (chronologie, généalogie, biblio...), broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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Ni biographie, ni commentaire critique de l'œuvre, l'essai de Pierre de Boisdeffre est un portrait qui s'articule autour de deux idées-forces : la vie vécue comme combat permanent contre la mort, et la quête passionnée de l'immortalité. On y trouve de multiples vues, jusqu'ici peu connues, sur l'homme privé, sa relation avec la politique et avec "les hommes de l'histoire", sa vie conjugale ou extra-conjugale, son vrai rapport avec le communisme, puis avec le gaullisme. Mais aussi une analyse, qui n'avait guère tenté la critique, des convictions profondes de Malraux, de ses réflexions métaphysiques et de son sens religieux. L'ensemble est illustré de nombreuses photos, souvent inédites. Un livre qui, certes, n'a rien d'hagiographique et qui, pour beaucoup, sera une révélation...

291.          BONNY (Jacques). Mon père, l'inspecteur Bonny.  Laffont,  1975, gr. in-8°,  279 pp, récit recueilli par Pierre Démaret et Christian Plume, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le livre du fils de l'inspecteur Bonny sur son père, ancien policier vedette de l'affaire Prince, devenu le triste associé de Lafont et l'un des dirigeants de la "Gestapo française" de la rue Lauriston pendant l'Occupation... — Le seul nom de l’inspecteur Bonny et les mots de « rue Lauriston », de sinistre mémoire sous l’Occupation, qui l’accompagnent encore presque inévitablement en écho, inciteront sans doute certains esprits à s’interroger : pourquoi ce livre ? Pour réhabiliter Bonny ? À quoi bon réveiller les ombres d’une cause entendue, jugée, sanctionnée par le peloton d’exécution ? Mais justement tel n’est pas l’objet de l’ouvrage. Si celui-ci a un mérite, c’est de n’avoir pas hésité à saisir la vérité, même la plus cruelle, à bras-le-corps, à refuser de nier les évidences. Car le but était au contraire de mettre le doigt sur les plaies, de monter un cas exemplaire – dans le sens de l’exemple à ne pas suivre. Voir comment un homme, par un mélange d’ambition et de conviction, peut mettre le doigt dans l’engrenage de la politique, jusqu’à admettre (il l’a avoué à son fils avant de mourir) de supprimer, au nom de la raison d’État et sur ordre supérieur, le fameux Conseiller Prince de l’Affaire Stavisky ; puis voir comment, par quels étranges chemins du hasard et de la faiblesse humaine, ce même homme se retrouve entraîné dans la collaboration et le reniement de tout un passé d’actes et d’idées (sans une panne d’auto dans la débâcle de 1940, Bonny se fut retrouvé à Londres ou à Alger parmi les tout premiers, au lieu de la rue Lauriston) – il y a là une leçon qui, à travers l’analyse en profondeur d’un cas extrême, jette un jour cru et singulier sur les quinze années (1930-1945) les plus troubles de l’histoire de France contemporaine. Et que ce soit le fils de Pierre Bonny qui ait voulu mener lui-même l’enquête sur son père, dans cet esprit d’objectivité clinique et malgré tout ce que pouvait avoir de douloureux pour lui cette autopsie morale, ne fait que rendre encore plus aigu et déchirant l’accent de vérité du livre. (4e de couverture)

292.          BROCHE (François). L'assassinat de Lemaigre-Dubreuil. Casablanca, le 11 juin 1955.  Balland,  1977, in-8°,  220 pp, organigramme du lobby marocain, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Crimes politiques)

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"En 1955, Jacques Lemaigre-Dubreuil menait encore son entreprise, les huiles Lesieur et Fils, gérait un portefeuille d’actions considérable. Un nanti. Sur la brèche en affaires depuis 1931, il fut aussi de ceux qui pesèrent sur l’histoire. Cette année-là, il était entré dans sa soixante et unième année, aurait pu freiner son train, s’octroyer des loisirs. La fraîcheur de ses capacités intellectuelles et physiques lui laissaient espérer une longue vie. Il venait pourtant de racheter un journal, Maroc-Presse, propriété jusqu’alors de Jean Walter, à Casablanca. Il voulait utiliser ce quotidien pour proposer un modus vivendi au peuple chérifien, toujours sous protectorat, tenté par les sirènes indépendantistes ; développer ensuite une entente durable avec lui. En somme un programme en apparence libéral..." (Pierre Accoce, Ces assassins qui ont voulu changer l'Histoire, 1999) — Lemaigre-Dubreuil  a vraisemblablement été assassiné par un groupe terroriste – sans doute la Main Rouge, bien que la justice n'ait jamais conclu sur ce point.

293.          BROUÉ (Pierre). Rakovsky ou la Révolution dans tous les pays.  Fayard,  1996, in-8°,  459 pp, chronologie, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

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S'il est un homme à qui s'applique vraiment le qualificatif d'internationaliste, c'est bien Khristian Georgiévitch Rakovsky (1873-1941), membre des bureaux de la IIe puis de la IIIe Internationale et qui voulait ne "connaître aucun pays, si ce n'est le pays du prolétariat international". "Génial gosse de riches" né bulgare et devenu roumain par un accident de l'histoire, russe d'adoption et francophile, étudiant à Paris et à Montpellier, ami de Guesde et Jaurès comme de Plékhanov, Liebknecht et Rosa Luxemburg, compagnon d'armes des hommes d'Octobre 17 (en particulier de Lénine et de Trotsky), président du Conseil des commissaires du peuple (chef d'Etat) de l'Ukraine, ce polyglotte raffiné lié à des gens aussi divers qu'Anatole de Monzie ou Panaït Istrati mit au service de la Révolution une étourdissante palette de talents, de compétences et de séduction : médecin et juriste, journaliste, orateur et propagandiste (c'est lui qui fit de l'affaire du Potemkine un épisode légendaire), historien (il travailla sur la Révolution française et la Commune et rédigea plusieurs biographies), chef de guerre (il dirigea l'offensive bolchevique en Roumanie en 1918), diplomate (il fut, en autres fonctions, le premier ambassadeur de la Russie soviétique à Paris), il suscitait des amitiés (Trotsky), des admirations (Lénine) et des amours passionnées, mais aussi - revers de la médaille - des haines implacables. Comment Staline, qui était à peu près son contraire en tout et avait acquis une culture théorique et politique rudimentaire, aurait-il pu le supporter, après avoir réglé leur compte à Kamenev et Zinoviev, puis expulsé Trotsky? Comment après avoir plongé le pays dans la terreur, aurait-il laissé parler et agir un homme devenu chef de l'opposition de gauche? Celui-ci chercha pourtant à sauver l'essentiel en allant jusqu'aux limites (et même au-delà) des concessions possibles. Il fut arrêté en janvier 1937, jugé comme on l'imagine, déporté, libéré juste le temps de lâcher Trotsky et finalement exécuté en novembre 1941 (beaucoup plus tard qu'on ne l'a dit). Connaisseur entre tous de la Russie révolutionnaire et biographe de Trotsky, Pierre Broué dépeint, grâce aux archives aujourd'hui ouvertes en ex-URSS, un acteur de premier plan, objet d'une haine posthume quasi universelle et qui a durablement nui à l'intelligence de plusieurs épisodes capitaux de l'histoire soviétique et européenne.

294.          CARRÉRAS (Fernand). L'Accord FLN-OAS. Des négociations secrètes au cessez-le-feu.  Laffont,  1967, in-8°,  250 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. L'histoire que nous vivons), envoi a.s.

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"Récit sans prétention, et qu'on peut croire fidèle, des étonnantes négociations qui se déroulent du 20 avril 1962, date de l'arrestation du général Salan, au 25 juin, où le colonel Dufour ordonne de cesser les attentats à Oran. A aucun moment, ces négociations ne prennent la forme d'un dialogue F.L.N.-O.A.S. : pour l'essentiel, elles mettent en scène des « marginaux » (J. Chevallier, A. Fares, J.-J. Susini lui-même) animés de grandes illusions sur les possibilités d'une réconciliation des deux communautés d'Algérie." (Revue française de science politique, 1968)

295.          CHALMIN (Philippe) et Yves JÉGOUREL (dir;). Les Marchés mondiaux. CyclOpe 2019. Les illusions perdues.  Economica,  2019, pt in-4°,  xxi-845 pp, nombreux tableaux, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Prix éditeur 139 €)

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En quelques mois, l'euphorie a cédé la place à l'anxiété : anxiété face au ralentissement de la croissance économique mondiale, face à la crise de certaines économies émergentes, face aux doutes à propos de la Chine ou de l'Inde. Anxiété aussi face aux incertitudes géopolitiques et commerciales, face à cette nouvelle logique de conflits dans laquelle se sont engagés les Etats-Unis de Donald Trump. Anxiété, doutes aussi quant au désordre d'une mondialisation sans gouvernance si ce n'est celle des rapports de force. C'est bien le temps des "Illusions perdues", pour reprendre le titre de l'oeuvre de Balzac, qui résume bien la problématique du rapport Cyclope 2019 et que le lecteur retrouvera au fil des analyses consacrées aux grands marchés de la planète, au monde des commodités au sens le plus large qui reste une des meilleures clés de lecture des tensions géopolitiques mondiales. Rédigé depuis 1986 par une équipe d'une soixantaine d'experts sous la direction de Philippe Chalmin (Université de Paris-Dauphine) et d'Yves Jégourel (Université de Bordeaux), publié en français, anglais et chinois, Cyclope (rapport sur les Cycles et les Orientations des Produits et des Echanges) propose une vision exhaustive des marchés mondiaux, de l'ananas au zirconium, de l'art au marché du sport !

296.          CHAMPEY (Bernard). Mon Romans, ma Chine.  Editions du Courant d'Air,  2005, in-8°,  391 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edité et imprimé en Chine

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Roman (assez autobiographique) de Bernard Champey (1952-2021), né à Romans dans la Drôme et Toulousain d'adoption, ex-champion du monde et inlassable propagateur de la boule (lyonnaise, raffa volo ou pétanque) autour du globe, de Toulouse jusqu'en Chine ; ami de Jean Ferrat, Claude Sicre et Claude Nougaro.

297.          CHASTENET (Jacques). Le Drame final, 1938-1940.  Hachette,  1963, in-8°,  347  pp, cartes, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état (Histoire de la Troisième République. VII)

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"Le volume débute au lendemain de la signature des accords de Munich. Ceux-ci auraient pu, semble-t-il, contenter Hitler ; or la reculade des puissances ne fit qu'encourager le Führer à de nouvelles incursions dans des pays voisins de l'Allemagne nazie. L'affaire de Dantzig, l'invasion de la Pologne, la drôle de guerre, l'invasion de la France, l'appel du 18 juin, l'alliance Hitler-Staline, la fin de la IIIe République sont traités ici du point de vue politique, diplomatique et militaire avec un art propre à rendre vivants les êtres et à faire comprendre les mobiles secrets qui les ont fait agir. Cette histoire d'hier est évoquée de manière claire, lucide et complète. On lit les chapitres de M. Jacques Chastenet avec un intérêt soutenu ; on y découvre des dessous restés jusqu'ici ignorés. Et les problèmes les plus complexes sont résolus avec un brio d'exposition qui tient le lecteur haletant jusqu'aux ultimes pages de ce magistral ouvrage." (Revue des Deux Mondes, 1963) — "Ce dernier tome d'une oeuvre magistrale expose avec objectivité et clarté les origines de la guerre de 1939 et les événements dramatiques qui ont abouti au « suicide » de la Troisième République, le 10 juillet 1940. Le volume s'achève par un Epilogue de 25 pages qui résume toute l'histoire du régime. On y trouvera des vues synthétiques fort intéressantes sur les conséquences de la politique anticléricale des années 1900 et sur l'évolution qui a suivi, marquée par le déclin du positivisme, le succès de la philosophie bergsonienne et l'extension des mouvements de démocratie chrétienne." (Revue d'histoire de l'Église de France, 1964)

298.          COHEN (Denis) et Valère STARASELSKI. 1909-2009. Un siècle de “Vie ouvrière”.  Le Cherche Midi,  2009, in-4°,  176 pp, préface de Bernard Thibault, nombreuses illustrations et photos, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, qqs annotations stylo sur 7 pages, bon état, envoi a.s. des 2 auteurs

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Un beau livre relatant l'histoire sociale, économique, politique et culturelle de 1909 à 2009, à travers cent ans de publication de “La Vie ouvrière”. Cent ans de « version originale » sur le monde du travail en France et dans le monde, dans un journal fondé en 1909 par un groupe de syndicalistes animé par Pierre Monatte, Alphonse Merrheim et Alfred Rosmer. A l'origine, une idée simple : doter le syndicalisme d'une « coopérative intellectuelle », une revue d'action rendant service aux militants au cours de leurs luttes. “La Vie ouvrière”, histoire singulière d'un journal syndical dans l'histoire singulière du mouvement social français. Petite revue théorique de quelques centaines d'abonnés, elle se fait clandestine sous l'occupation nazie, puis devient l'hebdomadaire de masse du monde du travail, dépassant le tirage de “Paris Match” dans les années 1960. Aujourd'hui s'élabore une nouvelle formule, dans un paysage médiatique transformé, pour contribuer à façonner le syndicalisme du XXIe siècle. Dirigée tout au long de son histoire par des leaders syndicaux, Gaston Monmousseau, Benoît Frachon, Henri Krasucki, Louis Viannet, François Duteil, aujourd'hui Alain Guinot, La VO ne laisse personne indifférent. Jamais neutre, souvent « poil à gratter », “La Vie ouvrière” est partie intégrante du patrimoine du monde du travail, de ses combats, de ses espoirs. Un ouvrage exceptionnel comportant plus de 700 illustrations, photographies et témoignages. — "Souvent les ouvrages commémoratifs sont rébarbatifs. Il n'en est rien avec le très beau livre “Un siècle de Vie ouvrière” qui arbore, en couverture, une photo de Willy Ronis, qui vient de disparaître. C'est du bel ouvrage ! Avec 700 illustrations, d'innombrables "unes", une multitude d'instantanés qui parlent autant de vie syndicale que de vie quotidienne, des éclairages de l'historien Michel Dreyfus, il offre ce qu'Alain Guinot, directeur de la NVO, appelle "un condensé de l'histoire de la CGT". Et quelle histoire ! Le 5 octobre 1909, quand le syndicaliste révolutionnaire Pierre Monatte fonde “La Vie ouvrière”, le bimensuel veut "donner à l'ouvrier la science de son malheur". Comme le note Bernard Thibault dans sa préface, même s'il "fut un combattant incessant de l'unité syndicale", c'est alors le journal d'une tendance. Après la scission de 1921, la "VO" devient même le journal de la CGT-U et fait écho à ses colères. Pendant plus d'un demi-siècle, la "VO" manie le parler dru des syndicalistes révolutionnaires. Les exemples fourmillent. "Tous nous proclamons nettement antiparlementaires" (1909). "Le mouvement révolutionnaire peut avoir des syncopes, il ne meurt jamais" (1924). "L'enfant d'Octobre" (1917) a 11 ans, "c'est lui qui délivrera la terre de la vermine capitaliste" (1928). C'est l'époque où la CGT-U veut "travailler en accord étroit avec le Parti communiste, seul parti du prolétariat de la lutte des classes révolutionnaires". L'ouvrage présente des pages poignantes sur les combats des "VO de la nuit", dans la clandestinité de la guerre. Lors de la scission de 1947, qui donna naissance à FO, la "VO" proclame que "la CGT est un bloc sur lequel on se casse les reins". Longtemps, la langue de bois fait florès, mais il y a de l'humour (parfois involontaire) entre les lignes. En 1913, Monatte récuse une collaboratrice "simplement féministe, sans le moindre grain d'esprit ouvrier". En 1957, la "VO" doit rectifier un texte officiel qu'elle a écorné, en précisant que le rédacteur a fait l'objet d'une "sanction sévère". En 1962, elle assure qu'"on travaille plus et on gagne moins"... En 1963, elle remercie Johnny Hallyday, qui a remis une "belle enveloppe" à des mineurs en grève. Discret sur le congrès de 1978, celui d'une ouverture qui tourna court, le livre démontre que la "VO" a anticipé des évolutions du syndicalisme, en ouvrant les fenêtres sur la société. Journal officiel de la CGT, elle a su aussi s'évader pour jouer un rôle de capteur." (Michel Noblecourt, Le Monde, 17 sept. 2009)

299.          COURSIER (Henri). Une Europe d'avant-guerre. Choses vues 1923-1926.  Etampes, Clovis,  1998, in-8°,  205 pp, présentation et notes de Philippe Pévost, 35 illustrations, annexes, 3 index, broché, couv. illustrée, bon état

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Jeune diplomate français, Henri Coursier a l'occasion de voyager entre 1923 et 1926, soit pour son agrément et son instruction, soit en raison de missions officielles. Mais un heureux hasard veut qu'il se rende dans certains pays au moment précis où des événements historiques d'une importance extrême sont en train de s'y dérouler. C'est l'Allemagne plongée dans un chaos financier sciemment provoqué afin d'échapper aux réparations de guerre. C'est l'Union Soviétique, exsangue après la guerre civile et les grandes famines, engagée dans la "Nouvelle Politique Économique", la N.E.P. C'est encore l'Angleterre en proie à la grève générale, ou l'Irlande tout récemment indépendante cherchant son destin. C'est enfin la Turquie rêvant de passer en quelques années, avec Kemal Atatürk, d'un pays pauvre croupissant dans l'obscurantisme musulman à un État moderne et prospère. Henri Coursier, après une carrière dans la diplomatie française, deviendra chef du service juridique du Comité International de la Croix-Rouge. Les récits de ses voyages de jeunesse, rédigés à l'époque, nous transmettent le témoignage direct d'un homme ouvert, curieux et cultivé.

300.          CRISENOY (Chantal de). Lénine face aux moujiks.  Seuil,  1978, in-8°,  379 pp, 4 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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Ce livre retrace l'ensemble du parcours intellectuel et politique de Lénine, en s'attachant particulièrement à ses analyses sur (et sa stratégie vis-à-vis de) la paysannerie. La démonstration est implacable : le dirigeant bolchevik a réussi le tour de force de conduire une révolution au nom du peuple, mais contre la composante de loin la plus nombreuse du peuple russe, les paysans. De Crisenoy montre combien il les méprisait et ne souhaitait qu'une chose, leur disparition, parce qu'ils constituaient un obstacle à l'essor du capitalisme et au fumeux projet de société industrielle communiste.

301.          DAUDET (Léon). La Vie orageuse de Clemenceau.  Albin Michel,  1938, in-12,  315 pp, reliure demi-basane réglisse, dos à 5 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

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Léon Daudet (1867-1942) fut un redoutable polygraphe. À ses cent vingt-sept œuvres (romans, essais, pamphlets, recueils d’articles), il faut ajouter plus de quarante préfaces et contributions à des ouvrages collectifs. Parmi les livres qui emportent l’enthousiaste préférence de Francis Bergeron, biographe de Daudet (F. Bergeron, “Léon Daudet”, Editions Pardès, coll. «Qui suis-je ?», 2007, 128 p), citons : “Paris vécu”, l’incontournable “Stupide XIXe siècle” (1922), “La vie orageuse de Clemenceau” (1938), car Léon Daudet vénérait Le « Tigre », “Panorama de la IIIe République” (1936), “Charles Maurras et son temps” (1928), et les romans historiques de 1896 et 1933 mettant en scène les personnages de Shakespeare et Rabelais.

302.          DAUDET (Léon). Les Nouveaux Chatiments. Raymond Poincaré, Aristide Briand, Louis Barthou. Dessins de Sennep.  P., Editions du Capitole,  1931, in-12,  298 pp, illustré, broché, bon état

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Aux trois  ministres du plus infâme régime, Poincaré, Briand et Barthou, ave mon absolu mépris et l'assurande de mon vif dégoût." (Léon Daudet) — Le Nain de Lorraine : Raymond Poincaré – Le Voyou de passage : Aristide Briand – Le Garde des Seaux : Louis Barthou. — Journaliste et homme politique (1867-1942), monarchiste orienté à l'extrême-droite, Léon Daudet fut l'une des principales figures politiques de l'Action française et l'un des collaborateurs les plus connus du journal du mouvement. Ecrivain passionné et pamphlétaire prodigieux, il a beaucoup écrit. La bibliographie de ses oeuvres est énorme : plus de 300 notices sur le catalogue de la BNF. Il reste aujourd'hui son oeuvre de mémorialiste, six volumes de « choses vues » de 1880 à 1921, « prodigieux souvenirs », selon Marcel Proust qui ajoutait : « Les ressemblances entre Saint-Simon et Léon Daudet sont nombreuses : la plus profonde me semble l'alternance, et l'égale réussite, des portraits magnifiquement atroces et des portraits doux, vénérants, nobles.

303.          DAUDET (Léon). Vingt-neuf mois d'exil.  Grasset,  1929, in-12,  294 pp, broché, bon état. Edition originale, un des 570 ex. numérotés sur alfa satiné Outhenin-Chalandre

            30

Léon Daudet a composé neuf volumes de mémoires – « prodigieux souvenirs », disait Proust, le comparant ni plus ni moins à Saint-Simon. Dans ce volume, à la suite d'une condamnation (liée à la cause de la mort de son fils) et d'une évasion rocambolesque, Léon Daudet s'est exilé à Bruxelles, il raconte ses souvenirs avec un peu de mal du pays. — "... Une sensualité et une sensibilité d'une finesse et d'une profondeur proustiennes s'expriment avec une vigueur, un abandon à la Montaigne, dans les évocations des plages et des baigneuses de Belgique, des paysages britanniques de Vingt-neuf mois d'exil... Tout est senti chez Daudet." (Frédéric Verger, Revue des Deux Mondes, 2016)

304.          DE MAN (Henri). Après coup. (Mémoires).  Bruxelles-Paris, Editions de la Toison d'Or,  1941, in-8°,  323 pp, une photo de l'auteur hors texte, broché, qqs rousseurs, qqs rares soulignures crayon, bon état

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Souvenirs d'Henri De Man (1885-1953), socialiste germanophile, dirigeant du Parti ouvrier belge (POB), il devint l'un des théoriciens en vue du planisme et du néo-socialisme durant la dépression des années 1930. Sur le plan tactique, marqué par l’écrasement des sociaux-démocrates allemands par Hitler, qu'il attribue à la défection des classes moyennes vers le NSDAP, de Man pense nécessaire de s'orienter sur un rapprochement avec des partis libéraux dans l’intention de les détourner du fascisme. Ses thèses trouvent écho auprès des socialistes réformateurs, dont notamment Marcel Déat, bientôt en rupture avec la SFIO de Léon Blum qu'il estime trop à gauche, et René Belin, dirigeant de la tendance anticommuniste de la CGT, qui deviendront les deux principales personnalités de la « collaboration de gauche ». Pendant les premiers mois de l'Occupation, il est le principal conseiller de Léopold III et de la reine mère. Les trois estiment que l’Ordre nouveau est la meilleure manière de restaurer la paix et la justice sociale. De Man, président du POB depuis 1939, publie le 28 juin 1940 "Le Manifeste aux membres du POB", dans lequel il décrète la fin du parti et la collaboration. En mars 1941, Henri De Man fait paraître ses mémoires aux Éditions de la Toison d’or, créées par ses amis Didier, actifs germanophiles à Bruxelles dans les années 1930, sous le titre "Après-coup". Condamné en 1946 par un tribunal militaire belge, il vivra en exil en Suisse jusqu'à son décès.

305.          DELAHOCHE (Jacques). Images de guerre, efforts de paix. Souvenirs et anecdotes, 1889-1954.  Dinard, chez l'auteur,  1954, in-12,  204 pp, 4 pl. de photos hors texte, broché, couv. salie, bon état. Peu courant. Edition originale, un des 1000 ex. numérotés sur vélin d'alfa, envoi a.s.

            25

Souvenirs de Jacques Delahoche (1889-1977), le président de la CIAMAC (Conférence internationale des associations de mutilés de guerre et anciens combattants), qui déclarait en 1937 : « Notre pacifisme est d'origine patriotique ». — La Belle Epoque ; La guerre de 1914 ; On repart à zéro ; La CIAMAC ; A travers l'Europe ; La guerre de 1940 ; Le Ministère de l'Intérieur en septembre 1944 avec Adrien Tixier et René Cassin ; A la poursuite de la Paix.

306.          DESANTI (Dominique). La femme au temps des Années Folles.  Stock/Laurence Pernoud,  1984, gr. in-8°,  373 pp, 32 pl. de photos et documents hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La femme au sortir de la Grande Guerre, c'est d'abord des figures mythiques, légendaires : Mistinguett et Marie Curie, Colette et Rosa Luxemburg. C'est aussi la Garçonne, héroïne très libérée du roman de Victor Margueritte, qui fera scandale. Mais au-delà de la légende, ce sont aussi des femmes réelles. Parce que durant quatre ans elles ont conduit les tramways, fait tourner les usines, dirigé le foyer familial, elles ne seront plus jamais ce qu'elles étaient. Elles revendiquent le droit de vote, affirment leur indépendance, exigent et accomplissent une première émancipation. C'est cette aventure collective que raconte ici Dominique Desanti, dans un vaste tableau des faits, des moeurs, des personnalités, où revit une époque bouillonnante et étincelante.

307.          DIAMANT-BERGER (Henri). Il était une fois le cinéma...  Jean-Claude Simoën,  1977, gr. in-8°,  246 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv; illustrée, bon état

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"Henri Diamant-Berger fait partie de ces figures de l’histoire du cinéma dont on peut précisément dire qu’ils sont « nés avec le cinéma ». Né en effet en 1895, il a connu une trajectoire étroitement associée à l’histoire du septième art. Diamant-Berger a beaucoup écrit, avec intelligence et de façon précoce, sur le cinéma. La parution de ses Mémoires intervint quelques années après sa mort, sous le titre “Il était une fois le cinéma” (1977). Ce texte dense nous fait suivre non seulement les étapes d’une carrière personnelle particulièrement riche, mais nous introduit à l’histoire même du cinéma français auquel cette carrière a largement imprimé sa marque. On peut dire que Diamant-Berger, d’une certaine manière, a incarné l’histoire du cinéma français, en développant des projets ambitieux, en construisant des studios, en contribuant au redressement du cinéma français après deux conflits mondiaux, en facilitant l’émergence de talents. Au long de sa carrière, on voit passer, au générique de ses films, des noms qui, par la suite, façonneront le visage du cinéma français. Diamant-Berger, en effet, donna leur chance à un metteur en scène débutant (René Clair), à un assistant décorateur (Autant-Lara), à un jeune dialoguiste (Clouzot) et à un premier assistant prometteur (Bresson)." (Michel Denis)

308.          DONET-VINCENT (Danielle). La Fin du bagne (1923-1953).  Rennes, Ouest-France,  1992, in-8°,  191 pp, 16 pl. de photos hors texte, notes, lexique, une carte, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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"En 1930, le salutiste Charles Péan publiait son premier ouvrage “Terre de bagne”. Le livre de Danielle Donet-Vincent bénéficie du témoignage oral et des archives (notes et photographies) de cet acteur important des dernières années du bagne de Guyane qui fut nommé, en 1935, membre du Comité consultatif pour la réforme du bagne au ministère des Colonies et, en 1936, membre de la Commission interministérielle pour la suppression du bagne. Le livre décrit les trente dernières années de cet établissement : de 1923, date du premier article accusateur d'Albert Londres, à 1953, année du retour des derniers condamnés en cours de peine et des membres de l'administration pénitentiaire. L'auteur distingue le temps de la dénonciation, puis celui de la suppression et enfin celui de la disparition. Une rigoureuse étude des articles de presse et des ouvrages publiés sur le bagne de 1923 à 1938 permet de mieux comprendre l'engouement de l'opinion pour le bagne. D. Donet-Vincent distingue heureusement au sein de cette profusion éditoriale les écrits privilégiant le sensationnel de ceux dénonçant les conditions de vie lamentables dans les camps. Le ministère des Colonies et le ministère de la Justice créèrent des commissions pour envisager une réforme de la transportation. Les campagnes de presse d'Albert Londres sont mieux connues que l'action de l'Armée du Salut, en France et en Guyane. Là réside, à nos yeux, l'intérêt essentiel du livre. Les missions de Charles Péan, ses ouvrages et ses conférences, les actions concrètes de la congrégation salutiste pour venir en aide aux bagnards, le foyer et le restaurant de Cayenne ou encore le centre d'assistance par le travail pour les libérés sont minutieusement décrits. Les derniers temps du bagne pendant la guerre sont mieux connus. L'auteur revient sur les causes de l'importante mortalité parmi les transportés et souligne la responsabilité de l'administration pénitentiaire. Enfin D. Donet-Vincent évoque la liquidation du bagne et le rôle de l'Armée du Salut dans le rapatriement des condamnés et libérés. Grâce à cet ouvrage, on perçoit mieux les raisons de la lente extinction d'une forme de pénalité qui élimina pendant près d'un siècle du territoire métropolitain ceux que l'on avait renoncé à amender au sein de l'univers carcéral." (Jean-Claude Vimont, Annales, 1996)

309.          DUTHOO (Eric). Un balcon sur le monde. Souvenirs de quarante années de montgolfière et de ballon à gaz.  Editions de La Lettre Active,  2018, gr. in-8°,  323 pp, 85 illustrations et photos en noir et en couleurs dans le texte, glossaire, biblio, reliure illustrée de l'éditeur, bon état

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"La montgolfière a son historien. Il ne se voit pas ainsi mais pourtant, en racontant ses souvenirs de quarante ans de pratique de la montgolfière, Eric Duthoo brosse le portrait d'une petite page d'histoire du ciel tourangeau et d'une grande page d'histoires d'aéronautes. Comme toujours en Touraine, le lecteur croise dans ce livre de grands noms : Malcom Forbes, Calder, Ménie Grégoire, Bertrand Picard, et même le prince de Ligne, et survole de magnifiques lieux. Nul n'était mieux placé que Eric Duthoo pour tout raconter : il se trouve lui-même à l'origne de ce redécollage en Touraine. La passion de sa vie, avec l'art..." (Raphaël Chambriard)

310.          ELSON (Robert T.). Les Années d'illusion.  Time-Life Books,  1979, in-4°,  216 pp, traduit de l'anglais, très nombreuses photographies en noir et en couleurs, cartes, biblio, index, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. La Deuxième Guerre mondiale)

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En Allemagne, les années 1920 à 1933 furent une période de libertinage et d'insouciance pour certains privilégiés, de disette et de misère pour la majorité du peuple. La montée du nazisme en Allemagne et du fascisme en Italie, la révolution russe, l'invasion de la Chine par le Japon, la guerre d'Espagne, l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie, l'immobilisme de la France, de l'Angleterre et des Etats-Unis, l'inefficacité de la Société des Nations, autant d'éléments qui menèrent à la guerre...

311.          FALIGOT (Roger) et Rémi KAUFFER. Le Croissant et la croix gammée. Les secrets de l'alliance entre l'Islam et le nazisme d'Hitler à nos jours.  Albin Michel,  1990, gr. in-8°,  308 pp, 12 pl. de photos hors texte, notes, une carte et 6 tableaux, index, broché, bon état

            30

Ce livre est un événement. Ce qu'il révèle a été soigneusement occulté depuis un demi-siècle: l'alliance entre extrémistes islamiques, militants nationalistes arabes, diplomates et agents secrets nazis. Cette alliance, Roger Faligot et Rémi Kauffer en ont assemblé les preuves après des années de recherches. De leur enquête resulte un document où se succèdent les revélations, notamment : – L'incroyable obstination des hommes qui ont mené la politique arabe d'Hitler puis celle de l'après guerre dans les deux Allemagnes. – La naissance du mouvement national palestinien à l'ombre du Grand Mufti de Jérusalem et de ses alliés nazis. – La vérité sur les rapports entre le futur président tunisien Bourguiba et les puissances de l'Axe. – Ce qu'étaient la Légion nord-africaine, les SS musulmans ; le rôle de l'Union des travailleurs nord-africains : l'alliance de certains nationalistes du Maghreb avec les services spéciaux d'Hitler. – Les criminels de guerre allemands au service de Nasser. – L'action d'Ytzhak Shamir dans la « traque» des chefs nazis en fuite. – Les coulisses du FLN et de l'Algérie de Ben Bella. – L'étrange aventure du banquier suisse François Genoud. – La véritable histoire d'Aloïs Brunner, bourreau de Drancy et protégé du leader syrien Hafez el-Assad.

312.          FEIGL (Erich). Zita de Habsbourg. Mémoires d'un empire disparu.  P., Critérion,  1991, fort in-8°,  454 pp, préface de François Fejtö, 16 pl. de photos hors texte, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

« Le présent récit est l'histoire dont j'ai été le témoin direct ou, pour les événements antérieurs, l'histoire que m'a transmise ma famille. » Ainsi commence l'impératrice Zita, lorsqu'elle confie ses souvenirs à Erich Feigl. Quelle vie haute en couleur pour cette princesse Bourbon-Parme devenue Habsbourg par son mariage, mais qui fut surtout européenne ! Ses racines et l'histoire souvent douloureuse de sa famille lui feront éprouver très tôt la stupidité des nationalismes et la fragilité du pouvoir. Elle n'en seconde pas moins avec ardeur son époux, l'archiduc Charles et futur empereur : à ses côtés elle parcourra l'empire jusqu'au fin fond de la Galicie, partageant la vie – peu confortable – de garnison. Pendant la Première Guerre, ses visites au front et dans les hôpitaux lui montreront de près la misère des soldats et du peuple : « Ce fut un enfer de feu roulant, de faim et de rats, de rats affreux et effrayants, se souvient-elle horrifiée... Il était évident que nous devions conclure la paix. Etait-ce si difficile à comprendre ? » La destruction de l'empire, les vaines tentatives de restauration, l'exil à Madère puis la mort de l'empereur : autant d'épreuves que dut affronter avec foi et courage cette incontestable grande dame. Infatigablement, elle lutta – pour survivre d'abord, seule avec ses huit enfants – puis pour assurer un avenir à l'Autriche, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, aux USA, par la rencontre de Roosevelt, en collaboration avec ses fils Otto, Robert et Félix, tandis que deux autres de ses fils ouvraient un maquis dans le Tyrol occupé et que son frère Xavier était déporté à Dachau. En guise de remerciements, dès la libération de l'Autriche en 1945, les socialistes revenus au pouvoir remirent en vigueur la loi d'exil frappant les Habsbourg... Elle avait été levée par Schuschnig et Dolfuss et promptement rétablie par les nazis après 1938. Elle reverra enfin sa patrie en 1982 ; lors de ses différents voyages et de ses obsèques grandioses en 1989, les foules lui réservent une réception triomphale. Pourquoi ? Peut-être ont-elles pensé que le monde formaliste, suranné et honnête de l'impératrice n'était pas aussi ridicule et injuste qu'on le leur avait dit. A l'Europe de demain, condamnée à s'unir ou à périr, la vieille Autriche-Hongrie, tuée par des aveugles, n'aurait-elle pas un ou deux conseils à donner ?

313.          FERRANDI (Jean). 600 jours avec Salan et l'OAS.  Fayard,  1969, in-8°,  342 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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C'est en compagnie de Jean Ferrandi, son ancien officier d'Etat-Major, que Salan s'était enfui en Espagne en décembre 1960. C'est en sa compagnie qu'il s'était envolé de Madrid pour Alger, en avril 1961, pour y prendre la tête du putsch qui venait d'éclater. Jean Ferrandi fut arrêté en même temps que le général Salan à Alger, en avril 1962, dans leur commun refuge clandestin. Voici le “Journal de marche” que l'auteur a tenu au cours des dix-huit mois tragiques passés auprès de Salan...

314.          FERRO (Marc). La Vérité sur la tragédie des Romanov.  Tallandier,  2012, pt in-8°,  224 pp, 4 pl. de photos hors texte, une carte, 9 documents, chronologie, généalogie, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

“La tsarine et les archiduchesses ont survécu” — Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans l'Oural, le tsar Nicolas II, sa femme et leurs enfants, Olga (22 ans),Tatiana (21 ans), Marie (19 ans), Anastasia (17 ans), et Alexis, le tsarévitch (13 ans), sont exécutés par les bolcheviks. Cette version officielle, Marc Ferro n'y a jamais cru. Documents à l'appui, avec la rigueur du grand historien, il remet en cause l'assassinat des Romanov. Des juges ou des témoins morts subitement ou exécutés, des documents tronqués, des pièces du dossier d'instruction subtilisées, des tests ADN controversés, le mettent sur la piste d'une hypothèse inavouable et sacrilège: les filles et la tsarine ont été sauvées grâce à un accord secret conclu entre les bolcheviks et les Allemands. Elles se sont tues pour ne pas ébruiter leur sauvetage. Seul le sort du tsarévitch, Alexis, reste inconnu, faute de sources. Dans un récit palpitant, Marc Ferro bat en brèche un véritable tabou de l'histoire et fait la lumière sur un des plus grands mystères du XXe siècle. (4e de couverture)

315.          FONVIEILLE-ALQUIER (François). La Grande peur de l'après-guerre, 1946-1953.  Laffont,  1973, gr. in-8°,  419 pp, 24 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée à rabats, lég. défraîchi, bon état (Coll. L'Histoire que nous vivons)

            20

"Le sujet du livre est la guerre froide, et on trouve un peu de tout dans le recueil de François Fonvieille-Alquier, aussi bien dans l’ordre que le désordre : des anecdotes, des évocations d’incidents politiques majeurs, des croquis de personnalités, des opinions subjectives sur les hommes et sur les événements, des prophéties, des leçons de morale... et d’excellentes photographies. Au fond une sorte d’album du récent passé qui n’est pas du tout ennuyeux à feuilleter parce que l’auteur sait raconter, qu’il a beaucoup de vivacité et de verve dans ses jugements et qu’il est toujours amusant de confronter ses propres souvenirs avec ceux d’autres témoins." (André Nolde, Revue Défense Nationale, 1974)

316.          FROSSARD (André). Ah Ça Ira n° 7 : Plainte en faux.  Grasset,  mars 1966, in-8° oblong (10,5 x 27),  40 pp, texte et illustrations d'André Frossard, broché, agrafé, bon état

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Un des dix "libelles" d'André Frossard, où il n'épargne personne.

317.          GALLO (Max). L'Oubli est la ruse du diable. Mémoires.  XO Editions,  2012, gr. in-8°,  398 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            15

Ma machine à écrire était posée sur une caisse. Je m'asseyais à même le sol, jambes écartées, serrant la caisse entre mes cuisses. Dans le cime de la lumière que diffusait l'abat-jour d'opaline verte, je ne voyais plus que le clavier, mes doigts et ces phrases qui, alignées, régulières, me semblaient dictées par une voix qui naissait dans ma poitrine et emplissait nia bouche d'une salive âcre. Ces mots, collés l'un à l'autre, allaient devenir des essais, des livres. Je le savais, je le voulais, c'était ça mon vrai destin. Ma "première vie" n'était qu'une apparence. Un jour, je n'aurais plus à donner le change, à apprendre à faire fonctionner une fraiseuse, à ajuster une queue d'aronde, à subir les sarcasmes d'un professeur d'atelier qui m'accusait de n'être qu'un "bon à rien", un "flemmard", un "prétentieux" qui avec ses grands airs n'était même pas capable de limer en tenant son outil à quarante-cinq degrés. Je serais libre." (Max Gallo) — Pour la première fois, le célèbre historien se livre au travers d’une autobiographie exceptionnelle. Elle se lit comme un roman, un roman d’initiation. Livre d’histoire, témoignage d’un destin, Max Gallo nous dévoile ici sa vie, ses drames et cette conviction que « Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus. L’oubli est la ruse du diable.

318.          GAULT (Jean-Pierre). Histoire d'une fidélité. Témoignage chrétien, 1944-1956. (Thèse).  P., Editions Témoignage chrétien,  s.d. (1963), gr. in-8°,  413 pp, préface de Pierre Chaillet, S.J., postface de Georges Montaron, 16 pl. de photos et documents hors texte, cartes, annexes, biblio, index, broché, bon état, envoi a.s. à Jean-Marie Domenach

            60

"En intitulant « Histoire d'une fidélité » la thèse sur “Témoignage chrétien 1944-1956” que Jean-Pierre Gault a présentée en 1961 à la Fondation nationale des sciences politiques, les Editions Témoignage chrétien mettent l'accent sur l'objet même de cette thèse : ce que J.-P Gault entend rechercher, analyser et prouver, en effet, c'est la fidélité que T.C. a gardée, pendant ces dix années, à son double souci d'ouverture à toutes les difficultés du monde moderne et de conformité à la doctrine de l'Eglise catholique. Accompagnant cette thèse principale, tout au long de quatre cents pages minutieuses et serrées, se développe en contrepoint une thèse complémentaire : l'affirmation que cette double fidélité n'est, en fin de compte, que l'expression d'une fidélité plus profonde de Témoignage chrétien à lui-même, à l'esprit de ses origines. C'est pourquoi J.-P Gault fait précéder son étude des prises de position de T.C. face aux événements des années 1944-1956, d'une analyse des thèmes développés dans le T.C. clandestin (chap. II)... (...) Cet ouvrage est aussi le portrait d'un journal, avec ses caractéristiques propres, son originalité par rapport aux autres journaux catholiques et publications de gauche non communistes. L'analyse idéologique est en effet complétée, ici, par une étude psychologique et sociologique des responsables et des collaborateurs de T.C., de son public et de ses adversaires... (...) J.-P. Gault appuie son étude sur une documentation importante : non content de dépouiller les archives du T.C. clandestin, la collection complète des cahiers et celle de l'hebdomadaire depuis 1944, il a tenu à consulter simultanément d'autres journaux catholiques tels que La Croix, La France catholique et L'Homme nouveau, ainsi que des publications telles que L'Express et France-Observateur. Surtout, il s'est imprégné longuement de l'atmosphère du journal par des contacts fréquents avec des militants, des entrevues nombreuses avec les principaux responsables. Il résulte de tout cela une thèse touffue, sérieuse, parfois austère mais toujours agréable à lire parce que vivante." (Marie-Thérèse Lancelot, Revue française de science politique, 1965)

319.          GEORGES (Bernard), Denise TINTANT, Marie-Anne RENAULD. Léon Jouhaux dans le mouvement syndical français.  PUF,  1979, in-8°,  486 pp, 4 pl. hors texte (4 photos et 4 caricatures), sources et biblio, index, broché, bon état, envoi a.s. des 3 auteurs à Jean Mathiex

            40

"Cet ouvrage vient compléter celui écrit par les mêmes auteurs en 1962 : "Léon Jouhaux, cinquante ans de syndicalisme, tome l : Des origines à 1921". II couvre la période de 1921 à la mort de Jouhaux (1954). En dépit des difficultés (les archives CGT d'avant 1940 semblent introuvables, les documents et notes des archives Jouhaux sont maigres), ce travail a été étayé sur des sources diversifiées : les archives de Jouhaux, ses écrits, ses articles de journaux, ses interventions dans les instances syndicales, d'une part, mais aussi des entretiens avec les collaborateurs et témoins de l'action de Jouhaux. Ces sources alimentent également les 38 annexes qui contribuent à faire de ce volume une référence indispensable. (...) L'action de Jouhaux est décrite au travers des phases de scission et de réunification du mouvement syndical qui ont scandé cette periode : scission de 1921, Front populaire et réunification de 1936, scission de 1939, brève unité de 1945 et scission de 1947. La méthode d'exposition est avant tout chronologique. Ceci donne un récit riche de détails. (...) L'histoire des événements de 1939-1940 comporte de nombreux éléments inédits qui renouvellent notre compréhension de la periode. (...) De l'ouvrage on peut dégager l'évidence d'une rupture totale entre la pratique de Jouhaux après 1921 et les doctrines anarcho-syndicalistes auxquelles il s'était rattaché avant 1914. Ce qui domine désormais, c'est le syndicalisme de négociation, les relations avec l'Etat, I'appel à l'Etat pour des réformes sociales, la création d'institutions et de commissions multiples d'étude et de concertation. Le « Plan de la CGT » de 1935 concentre certaines idées essentielles face à la crise : grands travaux, nationalisations, économie mixte, Conseil économique et social, conventions collectives patronat-syndicats..." (Nadia Jennawi-Le Yaouanc, Le Mouvement social, 1986)

320.          GILLIARD (Pierre) et Constantin SAVITCH. La fausse Anastasie. Histoire d'une prétendue grande-duchesse de Russie.  Payot,  1929, in-8°,  216 pp, 43 photos sur 24 planches hors texte, 4 clichés dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

            50

"... La légende prend racine. Elle se nourrit d'illusions généreuses, d'aveuglement mystique et, aussi, il faut bien le dire, d'ambitions aigries... On a bien essayé d'enrayer cette poussée. M. Gilliard, dans ses lumineux articles, a déboulonné, pièce par pièce, le mécanisme primitif de la légende ; quinze grands-ducs et grandes-duchesses, princes et princesses du sang impérial de Russie, ont publié dans les journaux une déclaration en ce sens. En vain. Les partisans de Mme Tchaïkovsky répondent par un livre : “Anastasie ?” où ils insistent sur toutes leurs erreurs, toutes leurs contradictions, toutes leurs illusions. MM. Gilliard et Savitch peuvent essayer de démasquer ces erreurs dans leur ouvrage “La Fausse Anastasie”, ils peuvent amonceler toutes les preuves possibles, on sent que la question a quitté le terrain impartial de l'histoire pour glisser dans la politique, d'où elle ne sortira plus..." (Jean Jacoby, Le Figaro, 11 mai 1929) — Pierre Gilliard avait été le précepteur du tsarévitch Alexis.

321.          GILLIARD (Pierre). Le Tragique destin de Nicolas II et de sa famille. Treize années à la cour de Russie (Péterhof, septembre 1905 - Ekaterinbourg, mai 1918).  Payot,  1938, in-8°,  256 pp, 59 photos hors texte, 3 fac-similés, 2 cartes et 3 plans dans le texte, broché, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre)

            50

Arrivé en Russie en pleine révolution de 1905 et reparti en pleine guerre civile, le Suisse Pierre Gilliard (1879-1962) partagea durant plusieurs années le quotidien de Nicolas II, de son épouse Alexandra, de leurs quatre filles et de leur fils hémophile, dont il devint officiellement le précepteur en 1913. Ce fin observateur qui photographiait volontiers la famille impériale et développa une pédagogie originale avec le tsarévitch Alexis n'en déplorait pas moins les erreurs de l'autocratie et l'influence de Raspoutine, mais il redoutait que la chute du tsarisme ne précipite le pays dans une sanglante anarchie. La tourmente de l'histoire renforça ses liens avec les Romanov : après avoir partagé volontairement leur captivité, il fut séparé d'eux moins d'un mois avant leur exécution. Il eut bien du mal à regagner la Suisse avec la gouvernante des filles du tsar, Alexandra Tegleva, qu'il épousa. Il s'employa ensuite à dénoncer l'imposture de la fausse Anastasia de Berlin. Témoignage historique de première importance, ce compte à rebours tragique se lit comme un roman.

322.          GLUCKSMANN (André). Stratégie et révolution en France 1968.  Christian Bourgois,  1968, in-8°,  128 pp, broché, couv. à rabats, très bon état. Edition originale (la page de titre indique : Stratégie de la Révolution. Introduction)

            20

L’analyse de l’échec de Mai 68 par faute d’une force organisée.

323.          GOLDSCHMIDT (Bertrand). Pionniers de l'Atome.  Stock,  1987, gr. in-8°,  484 pp, 8 pl. de photos hors texte, annexes, index, broché, bon état, envoi a.s.

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L'aventure nucléaire française de 1933 à 1953. — "C'est la genèse de l'arme atomique que relate ici l'un de ceux qui ont contribué à sa création. Commencée dans le laboratoire rudimentaire des Curie au début du siècle, cette aventure s'est poursuivie dans d'autres lieux de recherche, en France, mais aussi à travers une Europe où l'information scientifique circulait librement, de Cambridge à Berlin, de Copenhague à Rome. Bertrand Goldschmidt nous décrit ici avec une rigueur et une précision toutes scientifiques, mais non dénuées d'humour, la préhistoire de l'arme nucléaire que dominent quelques grandes silhouettes de savants : Irène et Frédéric Joliot-Curie, Hans Halban et Lew Kowalski, qui entreprirent de poursuivre en Angleterre, en 1940, les travaux commencés à Paris auprès des premiers. La Seconde Guerre mondiale allait en effet marquer de manière irréversible la recherche sur l'atome : elle allait passer du stade de recherche menée dans une communauté de laboratoires à celui d'études de plus en plus secrètes et destinées à des fins militaires. L'auteur nous dévoile les rivalités farouches qui opposèrent les équipes de recherche américaine, canadienne et anglaise dans cette course à la découverte. Il faisait luimême partie du noyau de savants qui ont perpétué le rôle de la France, d'abord en Angleterre, puis aux Etats-Unis et au Canada, dans la mise au point d'une pile atomique. Il a suivi de près les avatars de l'alliance anglo-américaine, quand il n'était pas lui-même au centre de désaccords entre militaires et savants des deux pays. Les enjeux de ce qui allait devenir la non-prolifération nucléaire sont ainsi apparus avec le concept même d'arme atomique ; la bombe nucléaire était conçue comme symbole de puissance absolue, et devenait donc par là même objet de convoitise pour un nombre croissant de pays. De plus, tout pays ayant réussi à maîtriser les applications de l'énergie atomique a toujours été persuadé qu'il contribuait à la stabilité des relations internationales en ne communiquant pas les secrets de cette maîtrise. La défiance entre Alliés à ce sujet a atteint des sommets inégalés pendant la guerre et le général de Gaulle ne doit qu'à une indiscrétion audacieuse de trois jeunes scientifiques, dont l'auteur, d'avoir su ce qui se préparait dans les laboratoires américains. Ce livre est à la fois le récit d'une grande aventure scientifique, un document d'une passionnante précision sur une face cachée des relations entre Alliés pendant la guerre, mais aussi l'histoire d'un savant qui fut présent lors des grands moments de la course à l'atome, en France comme dans les pays anglo-saxons." (Isabelle Cordonnier, Politique étrangère, 1988)

324.          GORKIN (Julian). L'Assassinat de Trotsky.  Julliard,  1970, in-8°,  318 pp, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Après l'échec d'un premier attentat contre lui, Léon Trotsky, en exil au Mexique, accusait Joseph Staline d'être son agresseur par l'intermédiaire de la Guépéou. Trois mois plus tard il était assassiné à coups de piolet dans sa forteresse de Mexico. Julian Gorkin a rouvert le dossier de ce qui fut l'un des plus grands assassinats politiques du XXe siècle. Outre sa propre expérience de communiste et de révolutionnaire, il prit une part active à l'enquête sur l'assassinat de Léon Trotsky et, après avoir identifié l'assassin et ses chefs, il parvint à conserver les mille deux cents documents officiels de l'investigation. Son livre éclaire singulièrement cette affaire demeurée obscure malgré les nombreuses publications qui lui ont été consacrées. Cette analyse d'un meurtre nous révèle les activités mexicaines et les méthodes de la Guépéou, et met en lumière la responsabilité directe de Joseph Staline dans l'assassinat du dernier compagnon de Lénine.

325.          GUILLAUME (Marcel). Mes grandes enquêtes criminelles. De la bande à Bonnot à l'affaire Stavisky. Mémoires.  P., Editions des Equateurs,  2005, in-8°,  401 pp, édition présentée et annotée par Laurent Joly, broché, couv. illustrée, bon état

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Dernier grand représentant des flics de la "vieille école", Marcel Guillaume fut le policier le plus célèbre de l'entre-deux guerres. Georges Simenon alla l'interviewer à plusieurs reprises pour composer à son image le personnage de Maigret. Inédites sous forme de livre, les Grandes enquêtes du commissaire Guillaume constituent des mémoires passionnants. En fin psychologue, dans un style haletant, il raconte sa traque de la bande à Bonnot, les crimes passionnels et crapuleux de son temps, sonde l'âme mystérieuse de Landru – le seul meurtrier qui parvint à lui faire baisser les yeux –, confesse Violette Nozières et l'assassin fou du Président Doumer, dévoile les secrets de l'affaire Stavisky. Le commissaire Marcel Guillaume n'hésite pas à faire part de ses états d'âme, doutes et convictions. Il invite le lecteur à participer à ses enquêtes et apporte un soin particulier à décrire l'ambiance des interrogatoires dans son bureau du 326, quai des Orfèvres. Une atmosphère digne des meilleurs Maigret !

326.          GUILLERMAZ (Jacques). Une vie pour la Chine. Mémoires 1937-1989.  Laffont,  1989, gr. in-8°,  450 pp, 16 pl. de photos hors texte, 11 cartes, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, prière d'insérer joint (Prix Auguste Pavie 1990, décerné par l'Académie des Sciences d'outre-mer)

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Qui, mieux que Jacques Guillermaz, pouvait nous conter en direct l'histoire de la Chine et ses avatars depuis une soixantaine d'années ? Ayant connu trois Chine, celle des "seigneurs de la guerre", celle du gouvernement national du Kuomintang, sept ans en guerre contre le Japon, celle des communistes qui triomphent en 1949 et prétendent créer un homme nouveau, il se fait le porte-parole des événements qui bouleversèrent le pays. Sinologue réputé, historien reconnu du Parti communiste chinois, universitaire, Jacques Guillermaz raconte pour la première fois cette Chine qu'il a connue et aimée, et jamais vraiment quittée, ces hommes, de Chiang Kai-Shek à Chou En-Laï en passant par Mao Tse-Tung qu'il a rencontrés, ces villes qu'il a habitées. Sa carrière politique, militaire et diplomatique a fait de lui le témoin privilégié du destin tourmenté d'une civilisation "inclassable", selon le mot de Paul Valéry. L'ouvrage en recueille ici les mémoires. —  "Voilà un ouvrage plein de charme, doué de qualités uniques, et propre à intéresser plusieurs types de lecteurs. Sorti de Saint-Cyr en 1932, arrivé à Pékin en 1937 comme étudiant en langues et attaché militaire adjoint, le général Guillermaz aura passé en tout une quinzaine d'années directement au contact de la Chine et de ses habitants ; il peut, à ce titre, se prévaloir d'une expérience incomparable de résident et de voyageur, tant avant qu'après l'arrivée des communistes au pouvoir. Son installation dans l'ancienne capitale en compagnie de sa femme et de sa fille intervient juste à temps pour le faire assister aux débuts de l'invasion japonaise, en juillet 1937. En l'absence d'attaché militaire en titre, Guillermaz est pratiquement seul à rendre compte de la guerre depuis le milieu de 1938 jusqu'à son transfert à Chongqing en 1941. Il passe deux ans à Chongqing avant de rejoindre la France libre à Alger et de participer à la reconquête du midi de la France à la tête d'une compagnie et d'un bataillon. Ce spécialiste aux compétences démontrées dans les fonctions d'attaché militaire ne devait bien entendu pas tarder à être renvoyé en Chine. Il va y observer cinq années durant les progrès communistes dans la guerre civile. Il réside environ un an et demi à Nankin après 1949, ce qui lui donne l'occasion de vivre la prise en main d'une grande ville par le nouveau pouvoir. Après six mois passés à Hong Kong en 1951, il est stationné à Bangkok pour quatre ans (1952-1956), d'où il peut suivre de près la déroute progressive des Français en Indochine. Il est présent à la conférence de Genève en 1954, dont les participants tentent de résoudre la question vietnamienne, et on le retrouve plus tard dans les réunions de l'Organisation du Traité de l'Asie du Sud-Est (OTASE) et dans les négociations de 1961-1962 sur le Laos. Ainsi donc, après avoir été le témoin immédiat des bouleversements en Chine pendant les années où l'armée française connaissait la défaite en Europe avant de se reconstituer et de rentrer en scène sous l'égide du mouvement gaulliste, Jacques Guillermaz aura été le témoin quasi immédiat du retrait de cette même armée en Indochine. Au moment de la reconnaissance diplomatique de la Chine par de Gaulle, il peut se vanter d'avoir tenu pour ses supérieurs hiérarchiques la chronique de la montée et de la chute des empires dans la plus grande partie de l'Asie orientale. À cette longue expérience va s'ajouter un séjour de deux ans à Pékin (1964-1966), auquel les premiers épisodes de la Révolution culturelle coupent court. On ne s'avancera guère en affirmant qu'aucun autre citoyen d'une nation occi¬ dentale n'a autant vu et étudié de l'histoire de la Chine pendant les trente années qui s'étendent de 1937 à 1967. Ce parcours que j'ai évoqué en le comprimant beaucoup est la plus belle référence de celui qui a aussi été un grand historien de la révolution chinoise. Au milieu de toutes ces activités le général Guillermaz trouve en effet le temps de passer, en 1957, son diplôme de chinois à l'École des Langues Orientales ; dès 1968 il publie son Histoire du Parti communiste chinois, 1921-1949 , qui connaîtra une seconde édition en deux volumes en 1975 ; et en 1972 paraît Le Parti communiste chinois au pouvoir, 1949-1972 , dont la seconde édition, également en deux volumes, est de 1979. En dépit des travaux qui ont depuis modifié ou complété certaines parties de son récit, le « Guillermaz » demeure un ouvrage fondamental sur le sujet. L'un des grands intérêts d'Une vie pour la Chine réside dans les brefs croquis donnés par l'auteur des innombrables personnalités qu'un attaché militaire était amené à rencontrer, et, plus encore, dans les descriptions frappantes et concises des multiples endroits où il est passé, ne fût-ce qu'une seule fois, au cours d'une carrière incroyablement active. Voilà un des meilleurs livres de voyage que je connaisse sur la Chine, à commencer par le vieux Pékin..." (John K. Fairbank, Etudes chinoises, 1990)

327.          HAJEK (Jiri). Dix ans après. Prague 1968-1978.  Seuil,  1978, in-8°,  204 pp, traduction par Cl. Durand, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Combats)

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Dix ans après l'éclosion du "printemps de Prague", malgré bien des commentaires et des témoignages fragmentaires, on sait encore relativement peu de choses de la surprenante naissance, du développement rapide mais inégal, puis de l'anéantissement brutal de l'expérience de renouveau démocratique qui vit le jour en Tchécoslovaquie sous le nom de "socialisme à visage humain" et fut réduite à néant sous prétexte de "normalisation". On a encore moins fini d'évaluer toutes les conséquences de l'intervention des armées des "Cinq" du pacte de Varsovie sur les relations internationales dans leur ensemble – les rapports Est-Ouest, la signification de la "détente", la crédibilité des engagements souscrits à Helsinski – et à l'intérieur du mouvement communiste, sur les relations sino-soviétiques et l'apparition de la thèse du "social-impérialisme", sur l'attitude critique des partis occidentaux, et la naissance de "l'euro-communisme", sur le développement de l'esprit de résistance et des tendances démocratiques en Europe de l'Est. Voici la première analyse historique complète de ces événements... Par Jiří Hájek (1913-1993), ancien ministre de Dubcek.

328.          HAMON (Hervé) et Patrick ROTMAN. Les Porteurs de valises. La résistance française à la guerre d'Algérie.  Albin Michel,  1979, gr. in-8°,  434 pp, chronologie, repères biographiques, sources, index des noms, broché, couv. illustrée, bon état

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Février 1960. Guerre d'Algérie, an VI. Les premières pages des quotidiens s'illustrent des portraits de femmes et d'hommes accusés d'aider le FLN. L'accusation est fondée, et plus encore qu'on ne le devine : depuis trois années, des réseaux clandestins fonctionnent. Autour du philosophe Francis Jeanson et du communiste Henri Curiel, des groupes se sont organisés. Hébergement des responsables algériens, passages de frontières, transport des fonds collectés au sein de l'émigration algérienne, imprimeries secrètes constituent le plus courant de leurs activités. Une passionnante enquête, des dizaines et des dizaines d'interviews, quatre cents heures d'enregistrement, des kilos d'archives privées ont permis à Hervé Hamon et Patrick Rotman de retracer cette histoire totalement inédite. Page après page, les révélations se succèdent : rencontres confidentielles entre la direction du PCF et Francis Jeanson, filières internationales de faux papiers, de fausse monnaie et de vraies armes, évasions à ce jour inexpliquées... Mais ce livre n'est pas seulement un livre d'aventures. L'évocation de ces militants qui ont choisi l'illégalité pour « faire la guerre à la guerre coloniale » c'est le dilemme de la gauche française face au drame algérien. Emancipation du Tiers Monde, violence et terrorisme, justice et libertés, communisme et gauchisme, révolte de la jeunesse, mobilisation des chrétiens, intervention des femmes, le débat n'est pas clos. Les « porteurs de valises » – communistes, catholiques, trotskistes, libertaires, militants en quête d'une nouvelle gauche – nous interrogent également sur le présent. — "Un livre passionnant, bourré de révélations et de documents inédits." (Bernard Alliot, Le Monde) – "Une grande honnêteté. Ceux qui n'ont pas connu les évènements d'Algérie apprendront ici ce qui n'a jamais été publié." (Paul-Marie de la Gorce, Le Figaro) – "Documentation exceptionnelle, enquête minutieuse... une exceptionnelle réussite dans l'investigation historique... Ce livre peut être lu comme un roman d'aventures." (Jean-Louis Péninou, Libération) – "Un livre passionnant qui ouvre un dossier dont la censure et la prudence avaient caviardé bien des pages." (Dominique Jamet, L'Aurore) – "A notre sens, ils (les auteurs) donnent... une image fidèle et véridique de l'état des relations entre le Front de libération nationale, dirigeant la lutte pour la reconquête de l'indépendance, et les divers partis de la gauche française." (R.C., El Moudjahid, 29-12-1979)

329.          HAUSHOFER (Karl). De la géopolitique.  Fayard,   1986, gr. in-8°,  268 pp, préface de Jean Klein, introduction de Hans-Adolf Jacobsen, broché, 2e plat de couv. lég. défraîchi, bon état (Coll. Géopolitiques et stratégies)

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Après une éclipse de plusieurs décennies, la géopolitique retient à nouveau l'attention du monde occidental. A l'âge nucléaire, on avait été enclin à négliger le rôle du facteur géographique dans la définition et la mise en oeuvre des politiques de sécurité. Aujourd'hui, la culture stratégique a changé : la stratégie de dissuasion ne se réduit pas à une équation mathématique mais demeure conditionnée par la géographie comme l'attestent par exemple les débats sur le "couplage" de la sécurité des États-Unis et de l'Europe ou la fonction symbolique des analyses sur "le pacifisme à l'Ouest, les missiles à l'Est". Il était donc nécessaire autant que pertinent de livrer aux lecteurs de langue française les textes fondateurs de Karl Haushofer qui appelait à ce qu'au cours des affaires mondiales on appliquât l'analyse combinée de la géographie militaire, de l'histoire de la guerre, de la psychologie des peuples et de la géographie politique.

330.          JEANNENEY (Jean-Noël). Leçon d'histoire pour une gauche au pouvoir. La faillite du Cartel, 1924-1926.  Seuil,  1977, in-8°,  151 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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"Un épisode trop oublié, mais très riche d'enseignement : le Cartel des gauches de 1924-1926." — "J.-N Jeanneney est un historien qu'une thèse récente sur François de Wendel a mis au rang des spécialistes les plus qualifiés de l'histoire de l'entre-deux-guerres, et notamment de ses aspects économiques et financiers. Cette étude des deux années pendant lesquelles le gouvernement de gauche (radical à soutien socialiste) présidé par Edouard Herriot s'est empêtré dans la crise du franc est donc parfaitement informée, très claire, elle se lit agréablement, et rendra de grands services. À une réserve près, peut-être. L'ouvrage met l'accent sur ce qui a mené le Cartel à la défaite, c'est-à-dire sur l'économie. Aussi est-il très sévère pour Edouard Herriot qui s'est montré, en cette matière, d'une inculture et d'un amateurisme également déplorables. Le mérite d'Herriot était ailleurs, il était dans l'authenticité et dans la fermeté du rappel des principes d'éthique générale et de politique pure : démocratie, laïcité, paix, droit international, etc. Or ceci est évidemment un peu minimisé dans l'ouvrage." (M. Agulhon, Annales ESC, 1979)

331.          KERENSKI (Alexandre). La Vérité sur le massacre des Romanov.  Payot,  1936, in-8°,  273 pp, préface de Sir Bernard Parès, broché, couv. illustrée, bon état (Bibliothèque historique)

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Une vue d'ensemble, fortement documentée, sur la famille impériale pendant la première année de la révolution.

332.          LIOU CHAO-TCHI. Pour être un bon communiste.  Editions Sociales,  1955, in-12,  117 pp, traduit par Paul Jamati, broché, bon état. Edition originale en français, prière d'insérer joint

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Le cours de Liou Chao-Chi, le « Khrouchtchev chinois », consacré à la formation politique des cadres centraux de Yénan. — "Traduction de l'ouvrage de Liu Shao-qi, “Sur le perfectionnement de soi des membres du parti communiste”, plus connu sous le titre de “Pour être un bon communiste”. Indépendamment du rôle que la critique de ce manuel de morale marxiste joua pendant la Révolution Culturelle, il reste sans doute un des documents les plus originaux du communisme chinois. Sa publication doit donc être accueillie favorablement. Mais il convient de souligner que les éditions en langue étrangère de ce livre n'ont jamais compris que les deux premières parties du texte de Liu Shao-qi. La troisième partie, qui traite du problème du perfectionnement de soi des communistes sur le plan organisationnel et sur le plan de la discipline, a toujours été strictement réservée à l'usage interne du Parti." (Revue française de science politique)

333.          MACLEAN (Fitzroy). Il était neuf espions.  Tallandier,  1979, in-8°,  509 pp, 28 photos sur 16 pl. hors texte, biblio sommaire, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Fitzroy Maclean s'est, au cours de son existence, frotté à de nombreux maîtres de l'espionnage de nationalités et d'idéologies différentes à l'occasion de ses aventures au Turkestan, en Iran, dans les Balkans et le désert de Libye. Dans cet ouvrage, il raconte avec brio neuf histoires vraies d'espionnage : Mata-Hari, Alfred Redl, Yevno Azef, Richard Sorge, Elyeza Bazna, Kim Philby, Gordon Lonsdale, le major Martin, Oleg Penkovski.

334.          MALLAC (Guy de). Boris Pasternak. His Life and Art.  Norman, Oklahoma, University of Oklahoma Press,  1981, gr. in-8°,  xxv-450 pp, préface de Rimvydas Silbajoris, 106 illustrations, notes, biblio, index, reliure demi-toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

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Une biographie copieuse et détaillée du poète et romancier russe, prix Nobel de littérature, qui examine ses conflits avec le gouvernement soviétique et évalue sa place dans la littérature mondiale.

335.          MARTINET (Gilles). La Conquête des pouvoirs.  Seuil,  1968, in-8°,  190 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire immédiate)

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Barricades de mai, printemps de Prague : l'année 1968 restera celle des ardentes mises en question – de la société de consommation ici, du socialisme autoritaire là-bas. Dans cette double explosion, faut-il voir le prodrome d'une révolution intégrant socialisme et démocratie ? Se gardant avec soin des mystifications et des illusions commodes, l'auteur ne cache pas qu'un tel type de régime n'a jamais existé, hormis dans les courtes phases de transition où les masses et leurs leaders communient dans l'enthousiasme des grands ébranlements sociaux. Mais il recherche avec soin, de l'échec des journées de mai aux déboires de l'autogestion yougoslave, les contradictions qui entravent et les expériences qui peuvent servir à fonder une théorie et une pratique socialistes. Observateur attentif des sociétés de l'Europe de l'est, responsable politique mêlé à tous les débats de la vie publique occidentale, Gilles Martinet fonde son étude sur une comparaison permanente entre les expériences et les crises de l'Est et de l'Ouest. Car les clés de la démocratie socialiste sont à chercher à Paris comme à Prague. — "A la lumière de la crise de mai et du printemps de Prague, G. M. s'interroge sur les conditions de réalisation du socialisme démocratique en France et pose les principes de la démocratie socialiste « à inventer » : la reconnaissance du double caractère de la propriété collective, la détermination démocratique des objectifs du plan, la participation des travailleurs à la gestion des entreprises, le respect du pluralisme politique. Le chapitre consacré aux racines idéologiques du mouvement de mai, aux courants doctrinaux de la gauche marginale est clair et intéressant." (Revue française de science politique, 1969)

336.          MAURIAC (Jean). Mort du général de Gaulle.  Grasset,  1972, pt in-8°,  183 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, couv. conservée, bon état

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