Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Catalogue 384 – Mars 2019

 

 

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Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  Actes des entretiens du patrimoine – DEBRAY (Régis)( dir). L'abus monumental ? Editions du Patrimoine/Fayard, 1999, gr. in-8°, 439 pp, 24 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Cet ouvrage rassemble les textes des interventions prononcées lors des Entretiens du Patrimoine qui se sont déroulés en novembre 1998 au Théâtre national de Chaillot, sous la présidence de Régis Debray. Au cours de ce colloque, les participants étaient invités à s'interroger sur le mot et la notion de "monument". N'assiste-t-on pas en effet, aujourd'hui, à une extension du "monumental", confondu avec le patrimonial, et qui modifierait le sens de la "monumentalité" dans l'acception traditionnelle du terme ? Le triomphe des Annales, la prise en compte de l'histoire comme une histoire des comportements et de l'immatérialité, et non plus comme une histoire des événements et des monuments, ne conduisent-ils pas à une banalisation de la notion du patrimoine ? Tout peut-il être protégé au titre des monuments historiques : une cabane de pêcheur, un standard téléphonique, une locomotive... ? La fin des épopées et des héros a entraîné la disparition des sujets à "monumentaliser". La monumentalité pourrait n'être plus qu'un hommage à nous-mêmes, une minéralisation de la mémoire. Conçus à l'origine pour débattre des questions essentiellement techniques, les Entretiens du Patrimoine sont désormais l'occasion et le lieu d'une réflexion théorique et doctrinale sur le rôle du patrimoine dans notre société. Ces journées associent aux spécialistes français et étrangers de nombreuses personnalités qui, par leur point de vue et dans des domaines aussi divers que l'histoire, la philosophie, la sociologie, l'architecture..., contribuent largement à enrichir les débats.

2.                  Actes des entretiens du patrimoine – LOYER (François)( dir). Ville d'hier, ville d'aujourd'hui en Europe. Editions du Patrimoine/Fayard, 2001, gr. in-8°, 506 pp, 24 pl. hors texte de figures, plans, gravures et photos, broché, couv. illustrée, bon état

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"Après Pierre Nora, François Furet, Jacques Le Goff et Régis Debray, c’est à François Loyer qu’est revenue la présidence des cinquièmes Entretiens du Patrimoine, dont les actes viennent de paraître. Les historiens se tourneront d’abord vers les contributions de Jean-Yves Mollier, « L’historien et la ville » (p. 49-62) – où l’ego-histoire se mêle au bilan historiographique –, de John Merriman, « Le rôle de l’histoire dans la fabrication du patrimoine » (p. 85-93), et surtout d’Antoine Picon, « Entre historicisme et modernité : la conception de la ville au 19e siècle » (p. 343-355)." (Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2002)

3.                  ALBERTINI (Georges). Cent ans Boulevard Haussmann. MM. Worms et Cie. P., Worms et Cie, 1978, pt in-4°, 80 pp, 38 gravures et photos, un dessin du 45 bd Haussmann, reliure éditeur, bon état. Edition originale numérotée sur papier ivoire Arjomari Prioux

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Table : Avant-Propos. – I. La Maison Worms de 1848 à 1914 : Du négoce de charbon, à l'armement maritime. – II. La Maison Worms depuis 1914 : Le commerce des combustibles ; La construction navale (1916-1966) ; Les transports maritimes et terrestres ; Des Services Bancaires de 1928 à la Banque Worms d'aujourd'hui ; Les Assurances depuis 1938. – III. La Maison Worms aujourd'hui : Les leçons du passé et l'action d'aujourd'hui. — "Ce bref rappel historique est motivé par plusieurs anniversaires. La Maison Worms, née il y a 130 ans, occupe ses locaux actuels à Paris, 45, boulevard Haussmann, depuis 100 ans. La Banque a eu 50 ans en 1978. Et la Maison est présente dans le secteur de l'assurance depuis 40 ans. Ces divers anniversaires sont l'occasion de montrer que la continuité est l'une de ses caractéristiques principales. Société de personnes depuis 1848, elle l'est encore, et l'une des rares à l'être. Si elle a pu le rester, c'est que ses fondateurs et leurs héritiers ont su lui conserver cette originalité exceptionnelle, tout en permettant l'accès aux plus hautes responsabilités d'hommes recrutés par eux, et qui se sont parfaitement intégrés à la Maison. En 130 ans, quatre hommes y ont exercé les responsabilités principales : Hypolite Worms, le fondateur, Henri Goudchaux, son neveu, Hypolite Worms, son petit-fils, et Raymond Meynial, le disciple du précédent. Maison de négoce de charbon à l'origine, la Maison Worms est rapidement devenue une Maison d'armement maritime, tout en sachant passer plus tard du charbon au pétrole et au gaz. Elle a exploité pendant cinquante ans un chantier de constructions navales. Enfin, dans le dernier demi-siècle, elle a créé une importante banque d'affaires et de dépôts, tout en se taillant une place de premier plan dans le secteur des assurances. Cette extension continue et cette diversification ont assuré son équilibre et expliquent sa réussite." (Avant-Propos)

4.                  ALLEN (Edward). Stone Shelters. Cambridge, Massachusetts, M.I.T. Press, 1971, viii-210 pp, 150 photos, cartes et figures, dans le texte et à pleine page, notes, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

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Relevés architecturaux et analyse des différents types de constructions traditionnelles en pierre dans la partie Est de l'Italie du sud, la Murgia di Trulli (villages de Massafra, Alberobello, Cisternino). Edward Allen, dans cet ouvrage, a grandement contribué à faire connaître l'architecture de pierre sèche des Pouilles de l'Italie du Sud. : "Les 'trulli' furent à l'origine construits par des bergers et des fermiers avec les pierres retirées de leurs champs. Mais, ce type de construction devenant plus évolué, en particulier lors de l'essor qu'il connut à la suite de la loi interdisant l'usage du mortier, les 'trullisti', bâtisseurs spécialistes des 'trulli', assumèrent la construction de ce type d'abri dans la Murgie, faisant de l'édification des 'trulli' un métier de haute technicité". — Le trullo (pluriel trulli) représente une forme typique de construction rurale de la Murgia dei Trulli (Murgie des trulli), plateau situé entre les villes de Bari, Brindisi et Tarente dans la région des Pouilles en Italie du Sud. — "Stone Shelters is an unusual and beautiful book. Its subject, the use made by man of the environment found in Apulia, the south-eastern region of Italy, makes it a book of unusual interest to the geographer. But this book appeals to the architect and the historian, too, and it should be required reading for anyone, tourist or scholar, who wishes to explore that seemingly remote and truly beautiful land of open vistas, rolling hills, and whitewashed towns brilliant under the Mediterranean sun, that is Apulia..." (George Kish, Annals of the Association of American Geographers, 1971)

5.                  [Atlas] – ARDAGH (John) avec la collaboration de Colin Jones. Atlas de la France. P., Editions du Fanal, 1992, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, 50 cartes en couleurs, 385 illustrations, dont 345 en couleurs, tableau chronologique, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

I. Le contexte géographique. – II. Histoire de France. – III. La France de nos jours. – IV. Portrait de la France régionale. — Tout au long de l'ouvrage, des cartes viennent éclairer et illustrer le texte, faisant mieux comprendre ce qu'a été l'histoire de la France et ce que représente, encore aujourd'hui, la valeur de ses régions. Cet ouvrage, qui se veut une référence, contient une chronologie, des généalogies dynastiques, une bibliographie, une filmographie, un index de noms géographiques et un index général.

6.                  [Atlas] – BAINES (John) et Jaromir MALEK. Atlas de l'Egypte ancienne. P., Editions du Fanal, 1986, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, 36 cartes en couleurs, environ 450 illustrations en couleurs, glossaire, tableau chronologique, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

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"Comment découvrir l'Égypte sans connaître son prestigieux passé ? Le livre des deux égyptologues Jaromir Malek et John Baines, Atlas de l'Égypte ancienne a pour but de présenter dans un langage dénué de termes techniques, l'une des plus anciennes et des plus grandes civilisations de l'Humanité. C'est un ouvrage de vulgarisation qui s'adresse à divers publics, avertis ou non. Il se compose de trois parties que l'on peut aborder indépendamment les unes des autres. Cet atlas présente les plus importants sites de l'Antiquité et les fait découvrir dans leur contexte historique et culturel. Une place importante est également donnée à la civilisation de l'époque pharaonique. Ainsi, le lecteur est invité à descendre le Nil, d'Assouan au Delta, tout en faisant un détour par la Nubie et les Oasis. Au fil du voyage, il pénètre au travers de l'histoire, de l'art, et de la vie quotidienne au temps des pharaons. Il est important de noter que cet ouvrage indique de nombreux sites ignorés par les circuits traditionnels offerts aux touristes. Par ailleurs, cet atlas s'agrémente de nombreuses photographies en couleurs et dessins de sites existants. Un glossaire facilite la compréhension des termes spécialisés." (Christiane Maze, Bulletin des bibliothèques de France)

7.                  [Atlas] – BLACK (Christopher F.), Mark GREENGRASS, David HOWARTH et alii. Atlas de la Renaissance. P., Editions du Fanal, 1993, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, 42 cartes en couleurs, plus de 250 illustrations en couleurs, chronologie, glossaire, biblio, répertoire géographique, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

8.                  [Atlas] – BLUNDEN (C.) et M. ELVIN. Atlas de la Chine. Adaptation de Pierre-Etienne Will. P., Editions du Fanal, 1987, in-4°, 239 pp, traduit de l'anglais, 58 cartes en couleurs, 365 illustrations en noir et en couleurs, tableau chronologique, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée (dos de la jaquette uniformément passé), bon état

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Le livre décrit dans une première partie l'espace géographique et démographique, puis les racines de la civilisation (la Chine du néolithique, les arts de l'Age du Bronze, l'armée souterraine des Qin, le Grand Canal des Song, etc). Enfin une partie plus culturelle décrit les origines de la langue et de l'écriture, les traditions poétiques, la philosophie, la religion, les mathématiques, la cuisine, la musique, etc.

9.                  [Atlas] – CHADWICK (Henry) et G. R. EVANS. Atlas du Christianisme. P., Editions du Fanal, 1988, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, 42 cartes en couleurs, 302 illustrations dont 239 en couleurs, tableau chronologique, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

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"Ecrit par deux théologiens et historiens anglicans, cet ouvrage ne mérite son nom d'atlas que par l'abondance des cartes et le souci de situer la diffusion des diverses formes du christianisme à chaque époque. Il s'agit en fait d'une histoire générale du christianisme en trois grandes parties jusqu'au VIe siecle et au statut de religion dominante de l'Europe, de 500 à 1500 la chrétienté médiévale, et de 1500 à nos jours l'entrée dans le monde moderne où l'Eglise est confrontée au processus de sécularisation. Des pages spéciales sur les icônes et l'iconoclasme, les pèlerinages, les nouveaux mouvements religieux aux USA.... atténuent ce que la thèse principale pourrait avoir de trop schématique." (Françoise Lautman, Archives de sciences sociales des religions, 1988) — "Cet ouvrage ne présente pas seulement l'état actuel du christianisme, mais son histoire, surtout ce qu'on peut appeler son histoire externe. On y évoque plus les faits et leurs tenants et aboutissants dans les conditions de la société que leur inspiration théologique ou spirituelle. La dernière partie « Le monde chrétien aujourd'hui » (p. 196-225) est une synthèse qui semble fort bien réussie. L'ensemble est construit avec le souci manifeste de ne pas s'enfermer dans une école, ce qui permet une vue très encyclopédique. Le volume retient surtout l'attention par ses cartes suggestives, son iconographie abondante et de qualité." (R. Guelluy, Revue Théologique de Louvain, 1988)

10.              [Atlas] – COE (Michael), Dean SNOW et Elizabeth BENSON. Atlas de l'Amérique précolombienne. P., Editions du Fanal, 1988, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, 56 cartes en couleurs, 329 illustrations dont 233 en couleurs, chronologie, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

L'ouvrage se divise en six parties. La première (Le Nouveau Monde) traite de la géographie de l'Amérique, du choc subi par les populations locales à l'arrivée des Européens et de l'intérêt croissant manifesté par ces derniers pour ce qu'ils découvraient. - La deuxième partie (Les Premiers Américains) retrace le peuplement du continent depuis les premières migrations à travers la "Béringie" jusqu'à la fin de la dernière période glaciaire. Les troisième, quatrième et cinquième parties (consacrées respectivement à l'Amérique du Nord, à la Méso-Amérique et à l'Amérique du Sud) traitent des principales cultures indigènes qui se développèrent après que les divers groupes paléoindiens se furent adaptés aux nouvelles conditions locales. Il s'agit entre autres des cultures des Esquimaux de l'Arctique, des Adena des forêts de l'Est, des Mayas et des Aztèques de la Méso-Amérique, des Muisca de Colombie et des Incas du Pérou. Dans la sixième partie (L'héritage vivant), on verra sous quelles formes se perpétue de nos jours l'héritage précolombien, les anciennes croyances et pratiques s'étant maintenues intactes par endroits ou ayant affecté les mœurs contemporaines, notamment dans le domaine de la religion. Cet atlas réunit cartes, dessins et plus de 250 photos, accompagnés d'un texte, de légendes ainsi que de notices concernant certains sites ou thèmes.

11.              [Atlas] – CORNELL (T.) et J. MATTHEWS. Atlas du Monde Romain. P., Editions du Fanal, 1987, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, introduction de Pierre Grimal, 62 cartes en couleurs, 470 illustrations dont 257 en couleurs, chronologie, biblio, index géographique détaillé, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

12.              [Atlas] – LANGE (Nicholas de). Atlas du Monde Juif. P., Editions du Fanal, 1987, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, 59 cartes en couleurs, 438 illustrations dont 183 en couleurs, glossaire, chronologie, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

L'histoire des Juifs est le récit de la survie d'un peuple ancien, longtemps privé de sa terre, mais possédant à un haut degré le sens d'une continuité nationale ; un peuple qui, malgré les persécutions, les massacres et l'exil, a conservé son idendité et sa fierté. Traumatisés par les événements de la première moitié de notre siècle, les Juifs ont fait l'admiration du monde entier par leur acharnement à rassembler les débris épars de leur culture et à faire vivre le nouvel Etat d'Israël. Cet atlas, le premier du genre, retrace leur histoire sur trois plans parallèles. La première partie "Le contexte historique" raconte comment le peuple juif a survécu de l'Antiquité à nos jours et décrit ses migrations et les vicissitudes de son existence. Le texte s'articule sur une série de cartes du monde qui indiquent la répartition des communautés juives, leur importance numérique et leur degré d'autonomie. Des séquences illustrées sont consacrées à la Genizah du Caire, au royaume d'Hérode et à l'âge d'or d'Amsterdam. La deuxième partie "Le contexte culturel" couvre divers aspects de la culture et de la religion juives et montre les variations de la vie juive selon les époques et les pays. Des articles spéciaux, puisant dans la richesse de la culture juive, traitent d'une question souvent débattue – Qui est juif ? –, de l'antique commandement "Pas d'images taillées" et d'autres sujets tels que le calendrier juif, l'architecture des synagogues et la Bible. La troisième partie "Le monde juif aujourd'hui", somme des deux précédentes, présente à l'aide de textes, de cartes et d'illustrations, une vue d'ensemble sur la place des Juifs dans le monde actuel. L'image est souvent peu encourageante et la place est parfois vide, mais, çà et là, on voit poindre un rayon d'espoir concernant le maintien ou la renaissance d'une vie juive. Les communautés cosmopolites de New York, Paris et Jérusalem sont traitées à part. Avec sa chronologie, son glossaire, sa bibliographie, son index géographique et son index général, cet ouvrage constitue une excellente introduction au monde juif, à l'usage des Juifs comme des non-Juifs.

13.              [Atlas] – LEVI (Peter). Atlas du Monde Grec. P., Editions du Fanal, 1991, in-4°, 239 pp, traduit de l'anglais, 87 cartes en couleurs, 441 illustrations dont 326 en couleurs, glossaire, tableau chronologique, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

14.              [Atlas] – MATTHEW (Donald). Atlas du Moyen Age. P., Editions du Fanal, 1986, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, avant-propos de Philippe Brochard, 64 cartes en couleurs, 290 illustrations en couleurs, glossaire, chronologie, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            25

Superbe ouvrage. Une des meilleures introductions à la découverte du Moyen Age.

15.              [Atlas] – MILNER-GULLAND (Robin) avec la collaboration de Nikolai Dejevsky. Atlas de la Russie. P., Editions du Fanal, 1990, in-4°, 240 pp, traduit de l'anglais, 46 cartes en couleurs, 295 illustrations dont 214 en couleurs, chronologie, biblio, glossaire, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            40

"Conçu et réalisé en 1988-89, ce splendide ouvrage est centré sur les aspects géographiques et historiques du pays étudié. La première partie, concise, étayée de cartes, est une approche du milieu naturel et du peuplement. Plus dense, la deuxième partie couvre mille ans d'histoire, des origines à nos jours, en privilégiant quelques dates clés et des personnalités remarquables. Ce parcours historique donne également l'occasion de découvrir de découvrir de multiples expressions artistiques (littérature, théâtre, musique, peinture) à travers des portraits documentés et illustrés. Enfin, la dernière partie passe rapidement en revue chacune des quinze républiques de l'Union, éclairant leur identité ethnique et culturelle au moment où le réveil des nationalités devient inéluctable. Tableau chronologique et glossaire, bibliographie (anglaise) et index rehaussent encore ce volume doté d'une iconographie et d'une cartographie remarquable. Signalons aussi, car c'est moins fréquent, l'excellente qualité du texte." (Lectures n° 64, 1991)

16.              [Atlas] – MURRAY (Jocelyn)( dir). Atlas des Civilisations africaines. Préface de Léopold Sédar Senghor. P., Editions du Fanal, 1987, in-4°, 239 pp, traduit de l'anglais, 96 cartes en couleurs sur les 55 états africains, 333 illustrations dont 248 en couleurs, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            40

"Ce beau livre est l'adaptation française du Cultural Atlas of Africa, rédigé sous la direction de Jocelyn Murray de l'Institut international africain de Londres et publié par les éditions Equinox d'Oxford, en 1981. Il est composé de trois parties. La première, courte, sur l'environnement physique, la géographie ; la seconde, sur l'environnement culturel, traitant des langues, des religions, de la préhistoire et de l'histoire, de l'architecture de l'art, de la musique et de la danse, de l'éducation enfin ; la troisième – à mi-parcours – présente une série de notices sur chacune des cinquante-cinq entités politiques constituant l'Afrique et ses îles, regroupées en huit ensembles régionaux. Pour répondre à la notion d'atlas, le tiers de l'ouvrage est consacré aux cartes : les premières, thématiques, intéressent l'ensemble de l'Afrique ; celles de la troisième partie concernent chacune des régions vues plutôt sous l'angle physique, les autres, pour chacun des États et à plus grande échelle, sous l'angle des ressources naturelles et de leur mise en valeur. Une illustration très en couleurs et de bonne qualité (plus de 300 photos) rend l'ensemble très vivant ; la bibliographie (plus de 400 titres) et deux index achèvent d'en faire un ouvrage de base – en particulier l'index géographique de près de 3000 toponymes avec leurs coordonnées et les renvois aux pages correspondantes." (Gérard Brasseur, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1986)

17.              [Atlas] – ROAF (Michael). Atlas de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien. P., Editions du Fanal, 1991, in-4°, 237 pp, traduit de l'anglais, 53 cartes en couleurs, 468 illustrations dont 342 en couleurs, chronologie, glossaire, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            60

La Mésopotamie a été qualifiée, avec raison, de "berceau de la civilisation". Située entre le Tigre et l'Euphrate et s'étendant sur les territoires actuels de la Syrie et de l'Iraq, c'est dans cette région du monde que furent établis les fondements du développement social et du progrès humain. L'atlas relate l'histoire des développements culturels, technologiques, politiques et économiques des différents peuples, races et tribus qui occupèrent le Proche-Orient pendant près de 12.000 ans. L'ouvrage évoque les premiers nomades, la rivalité des cités-états, l'émergence de Babylone et de l'Assyrie, et culmine avec le puissant empire perse de Darius et sa destruction par Alexandre le Grand en 330 av. J.C. Presque toute notre connaissance de cette époque est fondée sur les découvertes archéologiques. Celles-ci sont donc traitées en detail. Le texte, clair et destiné au non spécialiste, est accompagné de nombreuses cartes explicatives et d'illustrations en couleurs. Tous les sites majeurs sont repris en rubriques, illustrés par des plans, des dessins et des photographies. Un large éventail de rubriques thématiques est également présenté au lecteur. On y trouvera notament le Cimetière Royal d'Ur , les ziggurats et les contributions des Babyloniens aux sciences et aux mathématiques. L'ouvrage comporte un glossaire des termes techniques ainsi que des outils de réference, sous la forme de tableaux chronologiques, d'une bibliographie, d'un répertoire géographique et d'un index.

18.              [Atlas] – ROBINSON (Francis). Atlas du Monde islamique depuis 1500. P., Editions du Fanal, 1987, in-4°, 238 pp, traduit de l'anglais, 53 cartes en couleurs, 302 illustrations dont 192 en couleurs, glossaire, chronologie, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

19.              [Atlas] – ROGERSON (John). Nouvel Atlas de la Bible. P., Editions du Fanal, 1987, in-4°, 237 pp, traduit de l'anglais, 43 cartes en couleurs, 27 plans et schémas, plus de 350 illustrations dont 285 en couleurs, avec légendes, chronologie, biblio, index, reliure toile havane de l'éditeur, gardes illustrées, jaquette illustrée, bon état

            30

"La plupart des atlas bibliques sont surtout «historiques», en ce sens que la distribution des cartes et illustrations est organisée principalement en fonction de la chronologie des événements et situations qui ont marqué la vie du peuple d'Israël et le christianisme naissant. Sans omettre totalement cette perspective, l'atlas de J. Rogerson peut être dit «géographique» en tant qu'il s'attache davantage à la présentation régionale des sites qui ont été le cadre des épisodes et évocations bibliques. (...) La fréquentation de cet atlas ne demande pas une formation exégétique préalable ; elle sera particulièrement profitable aux professeurs et aux étudiants. Ajoutons que, par la qualité de sa présentation et la richesse des illustrations, cet ouvrage peut honorer la bibliothèque de l'homme cultivé." (J. Ponthot , Revue Théologique de Louvain, 1987)

20.              AUBIER (Dominique). Victoire pour Don Quichotte ! Les sources hébraïques et araméennes de Don Quichotte. Editions M.L.L - La Bouche du Pel, 2015, in-8°, 345 pp, 13 pp. de fac-similés, broché, couv. illustrée, bon état. Ouvrage posthume de Dominique Aubier (1922-2014), avec un envoi a.s. de son éditeur à un académicien

            40

Dans ce livre, Dominique Aubier identifie les références araméennes (Zohar) de Cervantès et les passerelles entre le castillan ancien et l'hébreu. Elle réalise en détail l'étude de la Préface, des Poèmes, de la Dédicace et des premiers chapitres de Don Quichotte, d'après les éditions originales de 1605, 1608 et 1610. Il s'agit de l'exégèse du Quichotte, où l'auteur présente les corrélations existant entre le texte original de Cervantès et l'hébreu (araméen) du Zohar, le célèbre ouvrage du kabbaliste Moïse Shem Tob de Léon qui a servi de référent symboliste à Cervantès. Ce livre est la suite de “Don Quichotte prophète d'Israël” (éditions Ivréa, 2013). C'est l'étude du langage de Cervantès et son décryptage révélant de manière définitive et irréfutable la connexion hébraïque et zoharique du Quichotte. Dominique Aubier a fait là un travail minutieux, scientifique, de linguiste hors pair. Mais surtout, un travail d'initiée dépassant de loin ce que la simple philologie ou sémantique pourraient inspirer. Elle reprend le texte original du Quichotte et ligne après ligne, mot après mot, passant du castillan à la traduction française, elle envoie l'attention du lecteur vers le référentiel hébreu. Une éblouissante performance. Cervantès en personne, par la mémoire transgénérationnelle, lui aurait-il dévoilé ses secrets ? Son texte est construit sur trois niveaux : 1. le texte original de Cervantès ; 2. la traduction ; 3. le renvoi au Zohar et reconduction aux passages de la Torah concernés. En quatrième niveau, il ressort un faisceau d'une puissance remarquable : la rigueur intellectuelle de la recherche est telle que l'esprit du lecteur se trouve subjugué par l'épaisseur tridimensionnelle de l'ouvrage. Cet ouvrage est destiné aux Amis de Don Quichotte.

21.              BARBIER (Frédéric). Bibliographie de l'histoire de France. Masson, 1986, gr. in-8°, 283 pp, index, broché, dos et bord gauche du 1er plat uniformément passés, bon état

            30

"L'ouvrage est ordonné en quatre parties selon un plan pragmatique, qui conduit du général au particulier (Bibliographie générale, Bibliographie de l'histoire générale, Bibliographie générale de l'histoire de France, Quelques domaines spécialisés). On y trouve, outre la liste des principaux usuels, toutes indications utiles pour amorcer une recherche, identifier avec précision les sources manuscrites et imprimées disponibles, résoudre des problèmes ponctuels tels que l'identification d'un personnage ou d'un lieu, aborder la plupart des domaines spécifiques du « territoire de l'historien ». Souhaitons à ce manuel, le premier du genre qui soit publié en France depuis la fin du XIXe siècle, le succès qu'il mérite." (Bernard Barbiche, Bibliothèque de l'école des chartes, 1987)

22.              BERTHIER (J.) et C. LAUVERNIER. Tableaux d'histoire générale. Présentation synchronique des principaux événements contemporains à travers les siècles : Politique, Religions, Philosophies, Lettres, Arts, Sciences, Découvertes, Inventions, Institutions. P., Société Mercasia, 1930, gr. in-4°, introduction de M. Emile Picard, non paginé, 43 tableaux à double page montés sur onglets, 7 pages d'index, reliure pleine percaline brique de l'éditeur, dos lisse avec titre doré en long, rectangle doré avec le titre à l'intérieur au 1er plat (reliure très lég. salie), bon état

            60

"Les Tableaux d'histoire générale (présentation synchronique des principaux événements contemporains à travers les siècles), de J. Berthier et C. Lauvernier (Paris, 1930 , gr. in-4°, viii pages + 43 tableaux in-folio + 10 pages), répondent au penchant du grand public pour les résumés synoptiques, mais ils n'en sont pas moins appelés à rendre service aux chercheurs, aussi bien en faisant ressortir le synchronisme des faits qu'en donnant la mesure, par leurs lacunes mêmes ou leurs inexactitudes, de l'intérêt qu'attache à ces faits le Français moyen." (Revue des études slaves, 1934)

23.              BONIN (Hubert). L'argent en France depuis 1880. Banquiers, financiers, épargnants dans la vie économique et politique. Masson, 1989, gr. in-8°, 302 pp, graphiques, bibliographie par chapitre, index, broché, bon état (Coll. Un Siècle d'Histoire)

            25

"Le plan de l'ouvrage est équilibré en quatre parties : les étapes du système bancaire ; les fonctions bancaires ; l'argent « en question » (Bourse, financiers et managers) ; les polémiques sur l'argent (de la littérature à la vie politique). Le sommaire laisse deviner l'ampleur de cette synthèse qui comporte plusieurs ouvrages en un seul. Contrairement à l'indication du titre, de nombreux développements portent sur le début du 19e et même au-delà. La présentation s'étend au printemps 1989 dont les événements financiers sont décrits avec précision. Parmi les grandes questions abordées par cet ouvrage foisonnant, l'auteur sait montrer de façon convaincante les limites du contrôle financier sur les groupes industriels..." (Philippe Mioche, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1990)

24.              BRILLANT (Maurice) et René AIGRAIN ( dir). Histoire des religions. Bloud et Gay, 1953-[1957], 5 vol. gr. in-8°, 308, 280, 443, 384 et 386 pp, biblio, brochés, couv. lég. défraîchies, bon état. Rare complet des cinq volumes

            150

Tome 1 : Introduction (M. Brillant) ; La place de la religion parmi les disciplines de l'esprit (J. Wilbois) ; Quelques éléments communs aux formes inférieures de la religion (M. Leenhardt) ; Aperçu historique sur l'histoire des religions (Mgr A. Bros) ; La méthode en histoire des religions (Mgr A. Bros) ; Religions de la préhistoire (P. Wernert) ; Religions des primitifs (P. Gordon, J. Poirier, P. O'Reilly) ; Tome 2 : La religion dans la Chine antique (R. des Rotours) ; Les religions du Japon (A. Hauchecorne) ; Les religions de l'Inde (P. Masson-Oursel) ; La religion de l'Iran (A. Carnoy) ; Tome 3 : La religion égyptienne (E. Drioton) ; Les religions pré-helléniques (P. Demargne) ; Les religions de la Grèce antique (E. des Places) ; La religion romaine (P. Fabre) ; Tome 4 ; Les religions asianiques (M. Rutten) ; Palmyréniens, Nabatéens et Arabes du Nord avant l'Islam (J. Starcky) ; La religion suméro-akkadienne (R. Largement) ; La religion cananéenne (R. Largement) ; La religion sud-arabe pré-islamique (A. Jamme) ; La religion d'Israël (A. Vincent) ; Tome 5 : Les religions du Mexique (J. Soustelle et R. Aigrain) ; La religion dans l'Empire des Incas (L. Baudin) ; La religion des anciens Slaves (P. Pascal) ; Les religions des Celtes (P.-M. Duval) ; Les Germains (M. Boucher) ; L'Islam (A. Vincent) ; Le Judaïsme (A. Vincent) ; Naissance et mort des religions (J. Folliet) ; Evolution de la religion (J. Goetz).

25.              CABAUD (Michel) et Robald HUBSCHER. 1900. La Française au quotidien. Armand Colin, 1985, in-4° carré, 204 pp, nombreuses reproductions des cartes postales anciennes, broché, couv. illustrée, bon état

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"La mode est à la carte postale ancienne et à ses collectionneurs. Un livre récent a tenté une esquisse de son développement. D'autres ouvrages ont sélectionné les cartes anciennes par régions. Voici venu le temps des études thématiques. Deux auteurs cherchent ici à retrouver, par ce biais documentaire, une image de la femme à la Belle Epoque. Ce sont des femmes laborieuses que nous présente cet ouvrage : paysannes surtout, mais aussi ouvrières, commerçantes, et, à un moindre degré car leurs métiers sont moins photogéniques, femmes d'un tertiaire récent. Le regard que pose le photographe sur les paysannes est celui du folkloriste face à un monde archaïque qui privilégie les métiers (la dentellière), les travaux (le filage) et les costumes du passé, les régions les plus attardées (Bretagne et régions montagneuses). Mais la carte peut ainsi saisir la réalité sans apprêt : femmes maniant le fléau, taillant la vigne, femmes récoltant les pommes de terre, les fraises, femmes triant et emballant fruits et escargots, etc. La réalité de la vie ouvrière, les bas salaires et les longues journées de travail ne peuvent apparaître mais certaines postures – celles des polisseuses en coutellerie par exemple – sont criantes de vérité, et le cadre de travail peut être révélateur. Il en est de même des commerçantes, même si la marchande ambulante âgée, donc pittoresque, est surreprésentée. Mais la satisfaction replète des poissonnières témoigne d'une certaine réussite sociale féminine. Plus décevantes sont les cartes concernant les institutrices ou les infirmières : elles renseignent plus sur les écoliers ou les pouponnières que sur les métiers féminins. Le commentaire, au fait des derniers travaux sur les professions féminines, guide le lecteur. Il souligne bien les limites de ces documents ethnographiques : cartes composées plus que saisies sur le vif, vision passéiste du monde rural. Il aurait pu même ouvrir d'autres pistes de lecture à l'observateur car des indications sur le vêtement, les enfants, la propreté transparaissent dans ces photographies." (Anne-Marie Sohn, Annales ESC, 1987)

26.              CARNY (Lucien), Raoul VERGEZ (Raoul), Gérard de CRANCÉ ( dir). Les Compagnons en France et en Europe. Eyrein (Corrèze), Nouvelle Edition Roger Garry & Cie, 1973, 3 vol. in-4°, 544, 538 et 539 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, dans le texte et à pleine page, reliures simili-cuir bordeaux de l'éditeur, titres dorés aux 1er plats et aux dos, bon état (Coll. Connaissance des Hommes)

            120

Recueil d'études, de témoignages et de documents sur le compagnonnage. Textes de très nombreux auteurs, écrivains, historiens et compagnons. — "Journaliste et écrivain, Lucien Carny est à classer parmi les rares spécialistes du Compagnonnage. Il fut le véritable maître d'oeuvre de l'encyclopédie “Les Compagnons en France et en Europe” (Ed. Garry). Nous lui devons de nombreux articles et recherches sur le Compagnonnage des temps passés. Collaborateur de la revue “Atlantis”, il assura la direction et la réalisation de plusieurs numéros spéciaux consacrés au Compagnonnage. Grâce à Lucien Carny, “Le Devoir des Compagnons Blanchers-Chamoiseurs Réunis”, écrit par J.-F. Piron, fut réédité en 1980 (Gutenberg reprints)." (François Icher, “Dictionnaire du compagnonnage”, 1992)

27.              CARON (Michel) et Serge HUTIN. Les Alchimistes. Seuil, 1959, in-12, 189 pp, nombreuses gravures, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Temps qui court)

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"Voici, sur un sujet, réputé abscons, un petit livre fort bien fait. Il commence par l'étrange histoire de Nicolas Flamel, le légendaire alchimiste parisien qui, au XIVe siècle, fit édifier à ses frais le portail de Saint-Jacques-la-Boucherie, conservé sous le nom de Tour Saint-Jacques, et il évoque à la suite de celui-ci la figure des plus célèbres alchimistes, jusqu'à l'actuel et mystérieux Fulcanelli. Puis les auteurs décrivent le laboratoire de l'alchimiste, son matériel, son travail tout entier voué à la réalisation du Grand Œuvre. Remontant les siècles, ils retracent ensuite à grands traits l'histoire ancienne de l'alchimie, en Chine, dans l'Inde, en Grèce, chez les Arabes et. dans le Moyen Age occidental. Une dernière. partie est consacrée à l'ésotérisme alchimique, notamment au langage, symbolique dans lequel sont rédigés les traités alchimiques. Une idée essentielle est bien mise en évidence, à savoir que « les opérations du Grand Œuvre désignent à la fois des phénomènes matériels et des transformations spirituelles » (p. 147). L'alchimie est en réalité, du moins pour le véritable adepte, sinon pour le vulgaire « souffleur »,une gnose qui, à travers les étapes de la transmutation des métaux, tend vers la transformation spirituelle et l'illumination. De nombreux textes sont cités ou analysés et, surtout, un choix, très abondant de gravures donne à ce livre une réelle valeur documentaire." (A. Guillaumont, Revue de l'histoire des religions, 1960)

28.              CHAGNOLLAUD (Dominique). Le Premier des Ordres. Les hauts fonctionnaires, XVIIIe-XXe siècle. Fayard, 1991, gr. in-8°, 399 pp, notes, biblio, annexes, broché, couv. illustrée, bon état

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Ouvrage issu de thèse. — Par-delà les changements de régime, l'Etat connaît en France une pérennité et une stabilité qui s'expliquent largement par la permanence d'un groupe énigmatique aux contours parfois flous, dont l'existence constitue un mythe typiquement français : les hauts fonctionnaires. Cette enquête éclaire maintes facettes de la construction, du XVIIIe siècle, jusqu'à nos jours, de la puissance publique, comme la genèse des corps de l'Etat, les épurations – notamment sous Vichy –, la création de l'ENA, mais aussi des débats aux résonances actuelles comme le "pantouflage" ou la "politisation" de la haute administration. Des maîtres des requêtes de la monarchie aux énarques républicains, cette histoire – qui s'écarte de la sociologie de la "reproduction" – retrace, en redonnant toute sa place au politique, les étapes de l'émergence d'un groupe devenu au fil des années un véritable "ordre".

29.              CHERVEL (André). Histoire de l'Agrégation. Contribution à l'histoire de la culture scolaire. INRP, Editions Kimé, 1993, in-8°, 289 pp, annexes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Sens de l’histoire). On joint un article de presse sur le livre (Gérard Courtois, “Le Monde”)

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Apparu en 1766, sous Louis XV, rétabli après la Révolution dans les années les plus noires du règne de Louis XVIII, le concours d'agrégation, marqué du sceau de l'élitisme et de la culture la plus traditionnelle, semblait ne pas devoir survivre aux évolutions démocratiques et modernistes des XIXe et XXe siècles. Il réussit cependant s'adapter et à assumer toutes les tâches nouvelles qui s'imposent à l'Instruction publique, puis à l'Education nationale. C'est en grande partie autour de lui que s'opère l'évolution des disciplines enseignées. Caractéristique du système d'enseignement français, le concours d'agrégation peut-être considéré comme l'une des pièces importantes de la « spécificité française ». — "Jusqu'ici, on soupçonnait bien l'agrégation d'être une institution typiquement nationale, ayant quelque affinité profonde avec la spécificité de notre système d'enseignement secondaire. Le grand mérite du dernier livre d'A. Chervel est d'en apporter la démonstration précise et rigoureuse. Celui-ci ne se contente pas en effet de retracer l'histoire institutionnelle – en elle-même fort passionnante, car complètement inédite – de ce prestigieux concours en ses multiples dimensions : extension des matières concernées, évolution quantitative des candidats et des lauréats, modalités des épreuves, fonctionnement des jurys etc. Il s'efforce aussi de comprendre les raisons profondes de sa longévité ainsi que son rôle structurant dans la formation du corps enseignant et dans l'évolution de la culture scolaire. En somme l'agrégation est prise ici comme une sorte d'analyseur, et une telle démarche, qui remet sans cesse les données en perspective, s'avère particulièrement féconde..." (Jean-Paul Martin, Recherche et Formation, 1994) — "Peu connu du grand public, André Chervel est un de nos excellents spécialistes d'histoire culturelle. Agrégé de grammaire, il a poursuivi des recherches de linguistique, qui l'ont conduit à étudier, à travers l'histoire de la grammaire scolaire, les enseignements littéraires en général, et l'école du xixe s. en particulier. Il publie aujourd'hui un ouvrage important sur une institution centrale de notre système des « hautes études », l'agrégation..." (Pierre Albertini, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1995)

30.              CHERVEL (André). Histoire de l'enseignement du français du XVIIe au XXe siècle. P., Retz, 2006, fort in-8°, 832 pp, index, reliure éditeur, bon état

            25

L'ouvrage reprend, développe et synthétise l'essentiel des recherches menées par l'auteur depuis quarante ans sur l'histoire de l'enseignement du français. Appuyé sur une abondante documentation d'archive, il montre comment, depuis le XVIe siècle, maîtres d'école, frères des écoles chrétiennes, régents, professeurs, religieuses enseignantes, précepteurs, maîtres de langue ont multiplié les tentatives et les expériences pour faire passer le message qu'ils avaient à délivrer. Ce sont eux qui ont imaginé, modifié en fonction des circonstances, amélioré, en un mot créé les différentes didactiques qui s'avéraient indispensables à ces différents apprentissages et à ces formations auxquelles nous avons tous nous-mêmes été confrontés : de l'orthographe à la dissertation en passant par la langue, la grammaire et la prononciation, les œuvres littéraires classiques, les techniques d'explication des textes, la reformulation et la réduction de texte, la composition française enfin. Mais les disciplines, notamment la plus fondamentale d'entre elles qui est le "français", ne se contentent pas de reproduire à l'identique dans les populations d'élèves le savoir de leurs maîtres. On montre ainsi que l'orthographe française contemporaine est en grande partie une "invention" de l'école ; que la prononciation française a été passablement affectée par les enseignements scolaires ; que l'école a joué un rôle essentiel dans la façon d'écrire des Français, en particulier en inventant de nouveaux modes d'écriture, et ainsi de suite. Tout ce qui passe à travers les rouages des didactiques en ressort plus ou moins transformé. Les disciplines ont une fonction créative, innovante, dont le rôle n'a pas été suffisamment souligné jusqu'ici. L'histoire de l'enseignement du français est donc une pièce importante de l'histoire de la culture française.

31.              CORDELLIER (Serge)( dir). Le Dictionnaire historique et géopolitique du 20e siècle. La Découverte, 2005, fort gr. in-8°, 831 pp, troisième édition augmentée d'une centaine de notices et d'une chronologie comportant 1000 entrées, texte sur 2 colonnes, 35 pages d'index, reliure souple illuustrée de l'éditeur, signet, bon état

            25

Croisant les plus récentes interprétations en matière d'histoire politique, économique et diplomatique, ce livre propose, à la manière d'une encyclopédie résolument sélective et hiérarchisée (1.500 entrées rédigées par près de 200 spécialistes), une lecture critique sans équivalent des bouleversements de ce siècle : les deux guerres mondiales, le communisme, les fascismes, la fin des empires coloniaux et le développement des nations du tiers monde, la conquête des libertés, la Guerre froide et la course aux armements, la construction européenne et la mondialisation... Il tient le pari de superposer l'analyse des événements, la présentation des acteurs historiques et des institutions et l'explication rigoureuse et pédagogique de très nombreuses théories et doctrines. Ainsi les grands mouvements qui ont animé cette période se donnent-ils à lire à travers des articles hiérarchisés et «croisés» à l'aide d'un système très pratique de renvois. Ce dispositif se nourrit d'articles consacrés : – à tous les pays du monde et à de nombreux territoires et peuples, – aux conflits, grandes crises, traités et conventions, – aux grandes organisations internationales et régionales, – aux lieux de mémoire (Amritsar, Auschwitz, Gdansk-Dantzig, Halabdja, Hiroshima, Jérusalem, Prague, Sarajevo, Sétif-Guelma...), – aux grandes figures du siècle (dirigeants, révolutionnaires, dissidents et résistants, syndicalistes, féministes...), – aux concepts et doctrines dans les domaines politique, idéologique, économique et social, diplomatique et stratégique. Un ouvrage de référence rigoureux et accessible, simple sans être simplificateur.

32.              CRAPUCHET (Simone). Protestantisme et écoles de soins infirmiers : la traversée du siècle, de la IIIe à la Ve République. Montpellier, Les Presses du Languedoc, 1996, gr. in-8°, 254 pp, préface de André Encrevé, 22 photos et 3 documents sur 11 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            30

"Ce livre est l'oeuvre à la fois d'une praticienne (études à l'école Florence Nightingale), d'une historienne (doctorat à la Sorbonne) et d'une sociologue qui a travaillé dans les organismes internationaux, ce qui explique ses différentes approches et sa richesse. La préface d'André Encrevé pose avec rigueur ses objectifs. Il montre comment les protestants, favorables à une société laïcisée, vont s'intéresser aux hôpitaux pour des raisons philosophiques, comme une conséquence du sacerdoce universel où chacun doit exercer le ministère pour lequel il est appelé, et pour des raisons pratiques puisque, en France notamment, les religieuses catholiques sont les seules soignantes et que trop souvent pour elles la préparation des âmes (et donc la conversion) l'emporte sur les soins à donner aux corps souffrants. Les protestants vont donc d'abord vouloir créer des maisons de santé qui leur soient propres, puis former un personnel laïque et qualifié pour accompagner les progrès scientifiques que connaît la médecine à la fin du XIXe siècle. Il y a six maisons de santé protestantes : Bordeaux, Courbevoie, Lille, Nîmes, Reuilly et Strasbourg. Certaines ont plus de cent cinquante ans. Elles ont contribué à la formation de ce personnel infirmier qualifié. Les carences de l'hygiène en France au début du XXe siècle exigent un travail de prévention et de lutte contre les fléaux sociaux. L'infirmière-visiteuse d'hygiène sociale est une figure importante du premier XXe siècle." (Gabrielle Cadier-Rey, Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, 1997)

33.              DAHAN-DALMEDICO (Amy) et Jeanne PEIFFER. Routes et dédales. Une histoire des mathématiques. Paris-Montréal, Editions Etudes Vivantes, 1982, in-8°, 284 pp, préface de Jean-Toussaint Desanti, nombreuses figures, glossaire, brève biblio, index, broché, couv. illustrée lég. salie, qqs marques au crayon en marges, état correct

            20

L'histoire des mathématiques est celle des conjectures, des hésitations, des impasses, des modèles concurrents, des intuitions fulgurantes, des synthèses théoriques... La naissance et le développement de l'activité mathématique sont ici replacés dans leur contexte historique et leur environnement culturel, économique et institutionnel. Le cadre est ainsi fixé pour l'étude précise de différents thèmes: équations, espace, limite, fonctions, lois, opérations; notions fondamentales auxquelles tout élève, étudiant enseignant est confronté. Les mathématiques ne se présentent pas, ici, comme un corps figé d'axiomes, théorèmes, lemmes et corollaires; elles tissent une toile en devenir qui suscite bien des curiosités.

34.              DEN BOER (Pim) et William FRIJHOFF ( dir). Lieux de mémoire et identités nationales. La France et les Pays-Bas. Amsterdam, Amsterdam University Press, 1993, gr. in-8°, viii-284 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            35

"Popularisée par P. Nora, la notion historique de « lieux de mémoire » peut se transposer au-delà des frontières et s'appliquer à l'identité européenne elle-même. Les actes du colloque interdisciplinaire franco-néerlandais publiés dans ce volume permettent de confronter l'identité nationale de la France à celle des Pays-Bas, nations d'origine et de structures différentes. Dans la première partie, consacrée à l'histoire comparée des lieux de mémoire en France et aux Pays-Bas, les auteurs analysent le rôle du christianisme romain et grec dans l'histoire européenne, celui de la ville comme composante historique de la mémoire collective, la place tenue par la Révolution française dans l'esprit des élites politiques, l'origine des fêtes nationales en France et aux Pays-Bas dans les années 1880. La seconde partie étudie comment, dans les deux pays, les identités nationales se manifestent dans les lettres et les arts. Plusieurs exemples historiques d'invention des traditions en France et aux Pays-Bas sont passés en revue dans une troisième partie, tandis que la dernière partie se consacre à l'influence des conflits et des guerres de la période contemporaine sur la formation des identités nationales." (Revue française de science politique, 1995)

35.              DEVILLE (Joan), François Bertin, Pascal Courault. Le Feu Sacré. La grande histoire des sapeurs-pompiers. Rennes, Editions Ouest-France, 2001, in-4° carré, 144 pp, 400 gravures et photos, la plupart en couleurs, biblio, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Joan Deville aborde en spécialiste reconnu de la profession tous les aspects du sapeur-pompier en nous racontant son histoire aussi ancienne que le Feu. Des origines à nos jours, richement illustré et rythmé par Pascal Courault et François Bertin, "Le Feu Sacré" raconte la grande – et la petite – histoire du sapeur-pompier français. Les 144 pages grand format de ce très beau livre de référence présentent plus de 400 illustrations inédites. L'ouvrage idéal pour mieux connaître l'histoire et le quotidien de ces 230.000 hommes et femmes qui ont le "Feu sacré".

36.              DUBIEF (Henri) et Jacques POUJOL ( dir). La France Protestante. Histoire et lieux de mémoire. Max Chaleil, 1992, gr. in-8°, 446 pp, plus de 300 illustrations en noir et en couleurs (cartes, gravures, fac-similés, photos, portraits anciens et modernes), biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            30

Un panorama historique du protestantisme français, aussi bien luthérien que réformé, baptiste, évangélique... : les meilleurs historiens sur cinq siècles d'histoire (Marianne Carbonnier pour le XVIe, Elisabeth Labrousse pour le XVIIe, Daniel Robert pour le XVIIIe, Albert Encrevé pour le XIXe, Jean Baubérot pour le XXe), les différentes régions, des itinéraires de découverte des lieux qui gardent l'empreinte de l'identité et de la mémoire huguenote.

37.              DUNETON (Claude). La Puce à l'oreille. Les expressions imagées et leur histoire. Edition nouvelle entièrement refondue. Balland, 2001, gr. in-8°, 777 pp, biblio, index des expressions, cart. illustré de l'éditeur, bon état, bande éditeur conservée

            25

Qui irait soupçonner que “mener une vie de bâton de chaise”, sous son apparence bon enfant, cache probablement une gauloiserie des plus vertes ? Ou qu' “avoir la puce à l'oreille” eut pendant des siècles un sens uniquement érotique ? Que “casser la graine” est parti d'une plaisanterie de vignerons, que le rapprochement “des vessies et des lanternes” (qu'il ne faut pas confondre !) remonte à l'époque romaine ?... L'histoire des expressions est une véritable boîte à surprises. Après vingt-cinq années de recherches et de publications diverses sur le sujet – parmi les plus récentes dans la rubrique “Le plaisir des mots” du Figaro littéraire – Claude Duneton, auteur du “Bouquet des expressions imagées” (Ed. du Seuil), dévoile ici les doubles fonds des images qui parlent.

38.              DURRELL (Lawrence). Justine – Balthazar – Mountolive – Cléa. (Le Quatuor d'Alexandrie). P., Buchet/Chastel, Corrêa, 1960, 4 vol. in-8°, 278, 295, 411 et 359 pp, traduits de l'anglais par Roger Giroux, reliures demi-basane maroquinée fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés, couvertures jaunes orangées imprimées et dos conservés, tranches sup. mouchetées (rel. signée Houdart), très bon état (Coll. Le Chemin de la vie). Bel exemplaire

            300

Le Quatuor d'Alexandrie, la tétralogie de Lawrence Durrell – Justine; Balthazar ; Mountolive et Clea – exalte le mythe d'une Alexandrie cosmopolite, licencieuse, excentrique et capitale de la connaissance. Livre culte depuis un demi-siècle, il est devenu la grande inscription littéraire moderne de la légende alexandrine. C'est l'immédiate avant-guerre, Justine, une jeune aventurière juive, d'une beauté ravageuse, épouse le richissime banquier copte, Nessim Hosnani. Ils forment un couple étrange et inquiétant autour duquel se nouent intrigues politiques et tragédies amoureuses. Servie par une écriture virtuose, l'œuvre tient autant du grand roman populaire que de la tragédie antique. Lawrence Durrell (1912-1990) composa cette œuvre magistrale aux facettes multiples entre 1957 et 1960. Les quatre livres présentent plusieurs perspectives différentes sur un même ensemble d'événements et de personnages, situé à Alexandrie avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

39.              ENCKELL (Pierre) et Pierre RÉZEAU. Dictionnaire des onomatopées. PUF, 2002, gr. in-8°, 581 pp, préface de Jean-Paul Resweber, texte sur 2 colonnes, importante biblio, index des onomatopées, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Contrairement à ce qu'on pourrait croire, un oiseau qui chante ne dit ni cui-cui, ni piou-piou ; de même, personne ne prononce atchoum en éternuant, et bien peu d'objets crient badaboum lorsqu'ils tombent avec fracas. Mais c'est ainsi que ces bruits sont perçus et transcrits en français. Comme le sont berk, bong, crac, hi hi, miaou, patatras, pinpon, plouf, schlak, tic-tac, vlan, vroum vroum et des centaines d'autres onomatopées qui apparaissent dans les textes les plus variés. Je fais constamment " chchch ", écrit Jean-Paul Sartre ; Greu, greu, greu, rrrrrrrrwaaaa, gronde Brigitte Bardot ; tandis que Philippe Sollers s'exclame : Et ka-blum, slorch, glub, gulp, blub, splork ! Un président de la République a même déclaré que les accusations portées contre lui faisaient pschitt. Bien qu'ils soient couramment utilisés, ces mots sont pour la plupart traités avec désinvolture, sinon ignorés par les dictionnaires et les grammaires. Ce sont pourtant bien des mots, qui rendent compte de réalités précises, mais dont l'inventaire n'avait jamais été effectué par quiconque. Avec plaisir, passion et exactitude, les auteurs de ce dictionnaire en ont repéré les apparitions dans des milliers d'ouvrages anciens et modernes, pour les classer et les analyser selon les meilleures normes lexicographiques. De ah à zzz, leurs origines lointaines y sont déterminées, leurs emplois actuels définis, leurs sens divers classés et illustrés par une multitude d'exemples où Balzac et Claudel côtoient Gainsbourg et San Antonio. Une savoureuse anthologie onomatopéique s'ajoute au répertoire. Les amateurs de Scrabble et de bandes dessinées y trouveront sans doute leur compte, mais au-delà de ces cas particuliers, c'est tout un pan méconnu de notre langue qui est révélé par cet ouvrage unique en son genre.

40.              FABRE (J.-H.). La Terre. Lectures et leçons pour tous sur la physique du globe. Delagrave, 1924, in-12, 288 pp, 12e édition, 16 planches hors texte, 26 figures dans le texte, reliure demi-toile chamois, dos lisse, pièce de titre basane verte (rel. de l'époque), reliure lég. salie, pièce de titre et coupes frottés, bon état

            30

Par Jean-Henri Fabre (1823-1915), docteur ès sciences, membre correspondant de l'Institut (Académie des sciences).

41.              FLOHIC – Paul Charbon, Patrick Marchand, Pascal Rabier, Benoît Oger. Le Patrimoine de La Poste. Charenton, Flohic Editions, 1996, gr. in-8°, 480 pp, préface d'André Darrigrand, environ 2000 notices et 2000 gravures et photographies en noir et en couleurs dans le texte, biblio, cartonnage souple illustré de l'éditeur, bon état

            40

“Le Patrimoine de La Poste” recense pour la première fois les éléments patrimoniaux d'une grande entreprise française de service public. Fruit d'un inventaire systématique, l'ouvrage dévoile les documents d'archives, les architectures (relais, centres de tri, bureaux de poste, etc.), les véhicules, les objets quotidiens (sacoches, costumes, etc.), les machines et les outils liés au traitement du courrier (timbres, cachets, flammes, etc.), les produits de l'épargne et des services financiers, les structures internes propres à la formation, aux régimes de protection, ou bien encore les collections des principaux musées postaux, autant de témoins qui se font l'écho de la culture de l'entreprise. En retraçant l'évolution des services postaux, cet ouvrage met en lumière le caractère omniprésent de l'entreprise dans le paysage rural et urbain et surtout dans l'esprit de chacun. — Table : Du cri à l'écrit ; Des messagers à la poste aux chevaux ; Naissance de la poste aux lettres ; Les postes sous le régime des fermes ; De la ferme générale des Postes à la création du ministère des Postes et des Télégraphes ; De la Poste aux PTT, 1878-1918 ; L'aviation postale ; La poste d'outre-mer ; Des années folles à la fin de la Seconde Guerre mondiale, 1918-1945 ; La fabrication du timbre-poste ; La poste et les Trente Glorieuses, 1945-1970 ; Les timbres-postes ; La poste contemporaine ; Les musées de la Poste.

42.              GIRAUDOUX (Jean). La Française et la France. Gallimard, 1951, in-12, 249 pp, broché, papier lég. jauni, bon état (Coll. Blanche). Edition originale (22 janvier 1951), ex. du SP

            25

Dès 1934, Giraudoux se préoccupait de la position de la femme dans la société française. C'est de 1934, en effet, que date le premier chapitre de cet essai, et on admirera la justesse de vues et la compréhension de données du monde moderne de celui qui, plus tard, devait être, comme Commissaire général, le premier chef de l'Information française. Giraudoux croit à « la possibilité d'une relève provisoire du Français par la Française, relève indispensable ». Tous les aspects du rôle que la femme est appelée à jouer en France, tous les postes auxquels elle a eu un accès par la suite, Giraudoux les décrit ou les prévoit avec la pénétration qu'on lui connaît. À chaque instant on retrouve un Giraudoux familier qui, ayant l'air d'effleurer les problèmes, les approfondit de façon à la fois brillante et pénétrante. Dans le dernier chapitre, écrit en 1940, pendant la drôle de guerre, Giraudoux décrit le monde de la machine, de la politique et de la violence avec un vérité dont le ton s'élève malgré l'élégance et l'ironie subtile, à la vision et à la prophétie. — En réussissant le concours d’admission dans les carrières diplomatiques et consulaires en 1930, Suzanne Borel (future épouse de Georges Bidault) ouvre une porte permettant l’entrée des femmes au Quai d’Orsay, mais elle ne peut guère aller plus loin. Giraudoux raconte comment et pourquoi Suzanne Borel (« Mlle X… » sous sa plume) se vit interdire les postes extérieurs...

43.              LACHIVER (Marcel). Vins, vignes et vignerons. Histoire du vignoble français. Fayard, 1988, gr. in-8°, 712 pp, 42 cartes et illustrations, 18 tableaux, importante bibliographie, index des noms de cépages et des types de vins, index géographique, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Comment sont nés nos vignobles de qualité, comment, tour à tour, les conditions humaines, politiques, physiques ont servi ou desservi des crus illustres ou oubliés, comment le vin aristocratique est devenu le vin populaire c'est toute la civilisation du vin et de ses artisans que retrace ce livre, une longue histoire au cours de laquelle le génie de l'homme mais aussi les sols, les pentes, le climat et les cépages ont lentement élaboré les vins que nous connaissons. Blanc ou clairet, rouge quelquefois, le vin a longtemps été considéré à la fois comme un aliment et un tonique et, dès le Moyen Age, la vigne est présente dans toute la France. Mais ces vins, qui restent un produit de luxe, sont fragiles et ne vieillissent que rarement. Peu à peu la viticulture produit des vins épais et grossiers, car les humbles, eux, veulent des vins colorés, ceux qui donnent des forces. Les grands vins ne prennent naissance que vers la fin du XVIIè siècle, grâce aux nouvelles techniques de vinification et de conservation. Le vin de Champagne mousseux, le bordeaux puis le bourgogne attirent les consommateurs raffinés des Lumières, tout comme les Anglais et les Hollandais. Le XIXè siècle voit triompher les grands crus le classement de 1855 officialise les meilleurs clos et les meilleurs terroirs. Dans la France de 1875, le vin a gagné toutes les tables. Mais les fléaux qui s'abattent sur le vignoble, notamment le phylloxera, et les impératifs du monde moderne entraînent un remodelage complet du vignoble la production s'accroît, souvent au détriment de la qualité. La révolte des vignerons du Languedoc, la grande crise des années 1930 obligent les pouvoirs publics à intervenir et en 1935 sont créées les « appellations d'origine contrôlées ». Que sera demain ? A l'heure où se multiplient les boissons standardisées, le vin doit demeurer l'expression d'un terroir et la vigne rester présente là où des dizaines de générations de vignerons, grâce à leur sens de l'observation, à leur savoir, à leurs efforts, lui ont fait un berceau naturel.

44.              LACOSTE (Yves)( dir). Dictionnaire de Géopolitique. Flammarion, 1993, fort pt in-4°, xi-1680 pp, plus de 1400 articles, plus de 230 cartes géopolitiques, tables et index de plus de 10.000 entrées, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            70

Pour mieux comprendre les conflits qui agitent notre planète, qu'il s'agisse de la guerre en Bosnie-Herzégovine, des mouvements islamistes et hindouistes ou des problèmes comme ceux de l'immigration ou de la régionalisation, la géopolitique propose une méthode d'analyse efficace qui associe l'étude des enjeux actuels à la recherche de causes anciennes ou récentes. Pour mieux comprendre la géopolitique, il faut envisager à la fois des territoires et des idées, car les rivalités de pouvoirs mettent en œuvre des représentations contradictoires : à tort ou à raison, chaque protagoniste a sa façon de voir les choses. C'est pourquoi ce dictionnaire, le premier de ce nouveau savoir, présente l'analyse des situations comme celle des idées géopolitiques : – Dictionnaire des situations et des problèmes géopolitiques avec des articles consacrés à tous les Etats et à leurs grandes subdivisions territoriales, mais également aux grands ensembles géopolitiques (le Moyen-Orient, le monde musulman, les Méditerranées, l'Occident, etc.) ; – Dictionnaire des idées et des termes utilisés de façon contradictoire dans les raisonnements géopolitiques : techniques (droit international, droit de la mer), ou encore grandes idées-forces comme nation, Etat, région, intégration, etc. – Durant des décennies, il n'a été question que d'idéologies. La géopolitique est aujourd'hui une autre façon de voir le monde. Cet ouvrage a été rédigé sous la direction de Yves Lacoste par quarante-six spécialistes du monde entier : Préambule : la notion de géopolitique. Plus de 1.400 articles. Plus de 230 cartes géopolitiques. Tables et index de plus de 10.000 entrées.

45.              LAUNAY (Jacques de) et Emile LOUSSE ( dir). Dictionnaire biographique d'Histoire contemporaine, 1776-1973. Genève, Edito-Service, 1973, in-8°, 426 pp, préface de Maurice Baumont, texte sur 2 colonnes, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, plats et dos ornés, signet, bon état (Coll. Histoire secrète de notre temps)

            25

Ouvrage publié sous les auspices de la Commission internationale pour l'Enseigement de l'Histoire et sous la direction de Emile Lousse et Jacques de Launay.

46.              LE BRIS (Michel). L'Homme aux semelles de vent. Grasset, 1977, in-8°, 285 pp, broché, jaquette illustrée (pelliculage de la jaquette très lég. décollé), qqs rares marques au stylo sur 7 pages, bon état (Coll. Figures). Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers), envoi a.s.

            25

"Nous irons quelque jour, par-delà l'horizon, à la recherche de nos Mondes." Que serait un voyage sans le livre qui l'avive et en prolonge la trace – sans le bruissement de tous ces livres que nous lûmes avant de prendre la route ? Samarcande, Trébizonde, tant de mots, dès l'enfance, qui nous furent comme des portes, tant de récits, tant de légendes ! A sa parution, en 1977, “L'Homme aux semelles de vent” fut salué comme un livre en rupture avec les idéologies du temps. Mais il était bien plus que cela : l'annonce d'un grand retour de la fiction, le premier manifeste pour une "littérature aventureuse". Écrivain, critique littéraire, Michel Le Bris est le fondateur du festival "Étonnants Voyageurs" de Saint-Malo.

47.              LE BRIS (Michel). Le Paradis perdu. Grasset, 1981, gr. in-8°, 369 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Figures). Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

            25

"Poètes, éveilleurs d'âmes, souffleurs de vent, derniers baladins, peut-être, du monde occidental, au bord du précipice, dans cette agonie insupportable de la raison politique, quand la société peu à peu se défait, il nous reste cela : ranimer sans cesse la parole des hommes, qui ne fut jamais aussi menacée." Une fantastique plongée dans les soubassements de notre culture, entre Lumières et Romantisme, au carrefour de nos épouvantes et de nos rêves, vers cette chambre obscure où se jouent nos goûts et nos dégoûts, se tisse notre présence au monde, se structure notre regard. Notre modernité ici restituée comme une vaste saga, dans ce qui la lie et l'oppose aux voix multiples des dissidences, à l'éternelle protestation des humiliés de la puissance, au défi de tous les vulnérables, pour la chance, peut-être, d'enfin délivrer l'Occident du cauchemar qui, depuis longtemps, le hante. Une réinterprétation radicale des enjeux du romantisme. Dissidence et littérature, saisies à l'instant de leur commune naissance : ici s'annonce la fin de cet Age Théorique qu'un jour nous dirons celui de l'Homme mort – et, le Paradis perdu retrouvé, commence l'Age de la Fiction...

48.              LÉVY (Albert). La Légende des Mois. Hachette, 1891, in-8°, 191 pp, 4e édition, une planche en frontispice (La fête des vignerons à Vevey) et 56 gravures dans le texte et à pleine page, cart. pleine toile carmin de l'éditeur, plats ornés, bon état (Bibliothèque des écoles et des familles)

            25

Table : Première partie : Saturne, dieu du temps – La légende du Soleil – La légende des saisons – La légende de l'année – La légende des jours et des heures – La légende de la Lune – Les fêtes mobiles. — Deuxième partie : Les légendes de janvier, février, mars, avril mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre. — La legende des mois a trait aux plaisirs, aux usages du temps et aux travaux de l'année. — Par Albert Lévy, physicien titulaire à l'Observatoire de Montsouris, né à Paris en 1844. Il a aussi publié la première édition du « Cours élémentaire d'astronomie » de Ch. Delaunay.

49.              LOUIS (Patrice). Toutes les suédoises s'appellent Ingrid. Les étrangers et leurs mots dans la langue française. Arléa, 2004, gr. in-8°, 294 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Par valises entières, nous accueillons chez nous les mots venus d'ailleurs, et ces apports fructueux apportent à la langue française des nuances, des spécificités qui lui étaient bien souvent inconnues. Le monde s'invite chez nous à travers les mots que nous lui avons empruntés. Que devons-nous, et à qui ? N'en déplaise aux frileux, qui ne voient le français que comme une citadelle assiégée, l'apport est varié, riche et le plus souvent savoureux. Même si, à la richesse du vocabulaire accouru de toute la planète, se mêle parfois la honte devant les épithètes dont on affuble les populations venues avec lui. Dans “toutes les Suédoises s'appellent Ingrid”, Patrice Louis recense les contributions de chaque pays à l'enrichissement de la langue française, par thèmes, de la vie sociale à la vie privée, en passant par les règnes – minéral, végétal, animal –, les particularismes culturels, les comportements humains, les habitudes alimentaires, les métiers et les loisirs... Et pour parfaire ce tour du monde, le livre se termine par un répertoire d'expressions latines d'usage courant aujourd'hui encore. Après “Du bruit dans Landerneau”, “Les deux font la paire” et “C'est beau, mais c'est faux”, Patrice Louis poursuit son cheminement, à la fois ludique, enchanteur et érudit, sur les singularités de la langue française.

50.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. Histoire contemporaine (De 1815 à nos jours). Hachette, 1935, in-12, vi-718 pp, 191 gravures, 50 cartes et plans, cart. éditeur lég. défraîchi, dos frotté, état correct (Cours complet d'Histoire, 3e année. Ecoles Normales, brevet supérieur). Ouvrage conforme aux programmes officiels du 18 août 1920

            25

Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle

51.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. Histoire moderne, de la Renaissance à 1815. Hachette, 1934, in-12, 668 pp, 222 gravures, 26 cartes et plans, cart. éditeur lég. défraîchi, bon état (Cours complet d'Histoire, 2e année. Ecoles Normales, brevet supérieur)

            25

Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle

52.              MEULEAU (Marc). Des Pionniers en Extrême-Orient. Histoire de la Banque de l'Indochine, 1875-1975. Fayard, 1990, fort gr. in-8°, 646 pp, préfaces de Maurice Lévy-Leboyer et d'Antoine Jeancourt-Galignani, 8 pl. de photos hors texte, 6 cartes, notes, index. Edition originale reliée pleine toile noire, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée (rel. de l'éditeur) et tirée à 100 ex. numérotés sur papier offset Corot des Papeteries de Navarre réservés aux amis de la Banque Indosuez (seul grand papier), bon état. L'édition courante (épuisée) est brochée

            80

Certes, ce livre parle de finances et de financiers – et d'économie bien sûr –, mais c'est aussi une aventure étonnante qu'il raconte : celle de pionniers d'un grand dévouement, celle d'hommes dont l'audace a permis à la France d'écrire une page d'histoire coloniale qu'elle peut revendiquer sans honte, voire avec fierté. Seul de son espèce, l'établissement qui fut connu durant un siècle sous le nom de Banque de l'Indochine a reçu de l'Etat le privilège de battre monnaie en Cochinchine et dans les comptoirs français de l'Inde – c'est même essentiellement pour cela qu'il a été créé. On comprend aisément que ses activités de banque commerciale s'en soient trouvées grandement facilitées en Extrême-Orient. En développement rapide, la Banque de l'Indochine s'aventura ensuite en Chine, où elle fit pénétrer le capital français, puis dans le Pacifique et en Afrique... Implantée dans des colonies qui manquaient cruellement de fonds, c'est elle qui assura l'essentiel de la mise en valeur de contrées aussi diverses que l'Indochine, la Nouvelle-Calédonie, Djibouti. De 1929 à 1939, en dépit de la Grande Dépression, elle tint littéralement l'Indochine à bout de bras – en retour, elle retirait de sa position de substantiels profits. Mais la guerre, l'occupation par les Japonais puis la lutte du Vietminh et la défaite française devaient la contraindre à une douloureuse et difficile reconversion. En 1975, elle fusionna avec la Banque de Suez et de l'Union des Mines, filiale de la Compagnie financière de Suez, pour devenir la Banque Indosuez, laquelle demeure fidèle à cette tradition de présence outre-mer (mais c'est là une autre histoire). Lorsqu'il relate – à l'aide d'une documentation inédite provenant des archives de l'établissement – les réalisations concrètes d'une institution financière, lorsqu'il dépeint la vie d'hommes de caractère et d'intelligence, lorsqu'il met en évidence le poids des facteurs économiques et/ou financiers dans la vie des individus et des nations, l'historien enrichit et modifie en profondeur l'intelligence de phénomènes et d'événements tenus pour strictement politiques. Il administre la preuve, s'il en était encore besoin, que l'histoire est totale.

53.              [MONTHERLANT]. Montherlant homme de théâtre. Monographie établie par Sylvie Chevalley. Textes de Jacques de Laprade, Gabriel Matzneff, Henri Perruchot, Pierre Quéméneur. P., La Comédie-Française, 1970, in-12, 56 pp, 8 pl. de photos hors texte, une page de fac-similé, index biographique, broché, bon état

            15

54.              MORAND (Paul). Le Visiteur du soir, suivi de quarante-cinq lettres inédites de Marcel Proust. Genève, La Palatine, 1949, in-12, 133 pp, 5 pl. de photos hors texte, dont le frontispice (Paul Morand en uniforme diplomatique (1916), Paul Morand vers 1918, Céleste Albaret, et deux photos de la princesse Soutzo), broché, couv. crème rempliée, non coupé, très bon état. Edition originale sur papier d'édition après les très rares 90 exemplaires sur pur fil

            150

Souvenirs d'un ami intime, suivis de 45 lettres inédites de Marcel Proust à Paul Morand et à la princesse Soutzo, la future Hélène Morand. — "C’est Bertrand de Fénelon, diplomate comme Morand, de passage à Londres vers le front où il allait périr, qui parla de Proust à Morand à l’automne de 1914 et lui recommanda la lecture de “Du côté de chez Swann”. C’est ensuite Henri Bardac, blessé à la bataille de la Marne, attaché bénévole à l’ambassade de France à Londres, qui lui fit connaître Proust. Bardac l’avait entendu dire de Swann : « C’est rudement plus fort que Flaubert. » Âgé, Morand restera fier de ce mot qui lui servit d’introduction auprès de l’écrivain. Bardac le rapporta en effet à Proust, lequel réveilla un soir Morand, qui logeait chez Bardac à Paris, en sonnant à la porte à onze heures et demie. Trente ans plus tard, Morand, donnera un récit fabuleux de cette rencontre, dans “Le Visiteur du soir”. Seule la date en reste vague : elle eut vraisemblablement lieu à la fin d’août ou au début de septembre 1915. « Ainsi débuta une amitié qui devait durer, écrira Morand dans “Le Visiteur du soir”, malgré mes longs et fréquents séjours à l’étranger – ou grâce à eux – jusqu’à cette nuit, celle-là, si triste, sinistre, où, dans le salon de la rue Hamelin, je veillai la dépouille de Marcel. » Morand parle d’une amitié, mais la suite de la phrase est plus ambiguë, suggérant que si cette amitié put se perpétuer, ce fut grâce à l’absence autant qu’à la présence. Ce fut donc une amitié difficile, compliquée. Toutes les amitiés de Proust le furent probablement..." (Antoine Compagnon)

55.              MURARD (Lion) et François FOURQUET ( dir). Histoire de la psychiatrie de secteur ou le secteur impossible ? Fontenay-sous-Bois, Recherches, 1975, in-8°, 612 pp, dessins de Misha Garrigue, broché, couv. illustrée, bon état (Recherches n° 17 (double), mars 1975)

            30

Ont participé à ce numéro : Aujaleu, Baillon, Bailly-Salin, Bellini, Bonnafé, Daumézon, Guattari, Hazemann, Laurenceau, Mamelet, Mignot, Oury, Paumelle, Rappart, Sabourin, Sivadon, Torrubia, Tosquelles, Vaille. — Cette « histoire de la psychiatrie de secteur », publiée dans la revue “Recherches”, animée par Félix Guattari, porte comme sous-titre « Le secteur impossible ». À la suite des psychiatres qu’ils ont interrogés, les auteurs suggèrent que si la sectorisation était devenue la politique des gouvernements successifs en matière de santé mentale, une authentique psychiatrie de secteur n’existe pas encore réellement sur le terrain et n’existera peut-être jamais...

56.              NICOLESCU (Basarab). La Science, le sens et l’évolution. Essai sur Jakob Boehme, suivi d'un choix de textes. Editions du Félin, 1988, in-8°, 265 pp, préface d'Antoine Faivre, 12 pl. de gravures hors texte, 16 gravures, un portrait et un fac-similé dans le texte, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            40

Pour Hegel, Jakob Boehme était "le premier philosophe allemand". Né en 1575, mort en 1624, il composera une vingtaine d'ouvrages sans pouvoir les faire connaître. Le premier d'entre eux l'ayant fait condamner comme hérétique et emprisonner, il ne put obtenir sa liberté qu'à la condition de renoncer a écrire. Rien de surprenant à cette condamnation. Comme Galilée, Jakob Boehme avait raison trop tôt. Sa pensée, proche par certains aspects de celle de Teilhard de Chardin, annonçait la vision du monde née des découvertes de la physique contemporaine. On comprend que Basarab Nicolescu, docteur ès sciences physiques, physicien-théoricien au CNRS, ait été fasciné par la pensée du philosophe allemand. Il y trouve l'occasion de plaider pour le rapprochement de la science et des traditions religieuses et pour une approche transdisciplinaire des connaissances de notre temps, condition nécessaire, selon lui, une nouvelle Renaissance.

57.              PLONCARD d'ASSAC (Jacques). Le Secret des Francs-Maçons. Chiré en Montreuil, Editions de Chiré, 1992, in-8°, 267 pp, 3e édition, broché, couv. à rabats, bon état

            40

« Il y a deux histoires, disait Balzac : l'histoire officielle, menteuse, qu'on enseigne... puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements, une histoire honteuse. » Depuis deux siècles, une société secrète, la Franc-Maçonnerie, joue dans les coulisses de l'histoire un rôle occulte. Qui est-elle ? Que veut-elle ? Jacques Ploncard d'Assac apporte la réponse documentée et claire d'un historien." (4e de couverture) — Table : Londres, février 1717 ; Des mécaniques à tirades ; Le « siècle des Lumières » ; Des sociétés secrètes ; Un clergé fin de siècle ; Un cordon pour chaque vanité ; L'occultisme ; Les Illuminés de Bavière ; L'initiation ; Pourquoi se fait-on franc-maçon ? ; L'Eglise et la Franc-Maçonnerie ; La conjuration des Maîtres.

58.              POUPARD (Paul)( dir). Dictionnaire des Religions. PUF, 1984, fort gr. in-8°, xiv-1830 pp, liste des articles traités, complément bibliographique, reliure pleine toile bleue de l'éditeur, dos lisse avec titre en blanc, sans la jaquette, sous coffret cartonné imprimé d'édition

            60

Epuisé. — Un ouvrage de référence sur la science des religions. : 150 spécialistes réunis autour de Paul Poupard et de ses collaborateurs, Jacques Vidal, Julien Ries, Edouard Cothenet, Yves Marchasson, Michel Delahoutre, illustrent, à travers les 1.500 entrées du “Dictionnaire des Religions”, cette prodigieuse quête religieuse des hommes de tous les temps et de toutes les cultures. Histoire, ethnologie, anthropologie et théologie, histoire et science des religions, religions anciennes et actuelles : les expressions de la religion sont multiples. Ce dictionnaire les présente sous forme de grands articles et de brèves monographies, par ordre alphabétique et sous forme de lexique.

59.              ROUJON (Henry). Dames d'autrefois. Hachette, 1911, in-12, 304 pp, index, broché, couv. lég. défraîchie, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers). On joint une lettre a.s. de l'auteur (au poète et critique Fernand Gregh, mais ce n'est pas précisé sur la lettre), à en-tête de l'Institut de France et datée de 1904, où il évoque Victor Hugo

            40

Portraits de dames d'autrefois, de Héloïse à Delphine Gay, par Joseph Henry Roujon (1853-1914), haut fonctionnaire, essayiste et romancier. Il fut le secrétaire de Jules Ferry, puis le directeur des Beaux-Arts en 1891. En 1899, il est élu membre libre de l’Académie des beaux-arts, dont il devient secrétaire perpétuel en 1903. Il est élu membre de l’Académie française en 1911. — "Ce volume n'est qu'un recueil d'articles ; mais ces articles ne sont pas seulement d'une forme exquise, ce sont aussi des morceaux d'histoire ou de critique littéraire brillants et solides tout ensemble, nourris par l'étude et la réflexion de toute une vie. L'histoire occupe une large place dans la galerie de portraits de “Dames d'autrefois” que nous offre aujourd'hui M. Roujon. D'Héloïse à Dorothée de Courlande en passant par Éléonore d'Este, la reine Margot, Marie de Médicis, Christine de Suède, Mme Guyon, la reine Caroline, Mme Dubarry, Mme Roland, Lady Hamilton, Mme de Staël, nous trouvons dans ces pages, non seulement les pastels les plus délicats et les plus spirituels, mais l'intelligence la plus pénétrante des époques et des caractères." (G. Monod, Revue Historique, 1911)

60.              ROUSSEAU (Jean-Jacques). Lettres sur la botanique. Club des Libraires de France, 1962, pt in-8°, xxxv-305 pp, 8 planches hors texte de reproductions contrecollées en couleurs, reliure toile blanche à rayures brunes de l'éditeur décorée d'une vignette (silhouette de Rousseau), rhodoïd, ex. tiré sur vélin blanc et numéroté, bon état

            40

Les lettres botaniques de Jean-Jacques Rousseau adressées à Madame Delessert, à la duchesse de Portland, à MM. Liotard, du Peyrou, Clappier, Gouan, de La Tourette, de Malesherbes et Linné, présentées par Bernard Gagnebin, suivies du “Fragment de dictionnaire des termes en usage en botanique” préfacé et annoté par Ernest J. Bonnot, avec huit pages d'herbier reproduites en couleurs. — "Philosophe, éducateur, politicien, compositeur, ... promeneur solitaire, J.-J. Rousseau était aussi botaniste. Sa vie durant et avec un entrain et une activité variables, il s'adonna à cette étude de la nature qui le détournait de ses angoisses et de ses obsessions. Il était en relation avec d'excellents naturalistes de son époque, tels Gouan, de La Tourette, et même avec Linné : la correspondance qu'il entretint avec eux montre que ses connaissances scientifiques étaient loin d'être négligeables. A d'autres correspondants, amateurs ou simples curieux de la nature comme sa cousine Mme Delessert de Lyon, la duchesse de Portland, M. Du Peyrou, le Dr Pierre Clappier, etc., il adressait des plantes et parfois même de véritables cours de botanique très bien menés et fort concrets, qui font l'objet de ses lettres. On trouve aussi dans celles-ci des relations d'excursions (comme celle, d'ailleurs peu agréable, qu'il fit au Mont-Pilat !). Les pages d'introduction de B. Gagnebin, spécialiste de Rousseau, sont la biographie souvent émouvante de Jean-Jacques botaniste. Cet homme universel avait aussi le projet de publier un “Dictionnaire de Botanique”, mais cette œuvre se limita aux termes les plus courants. Les définitions y sont données avec un sens critique que beaucoup de scientifiques actuels seront étonnés de découvrir sous la plume d'un littéraire. Qu'on lise, par exemple, sa longue définition de la « Fleur » ; elle est remarquable de rigueur et de précision. Les commentaires (par notre sociétaire E.-J. Bonnot, membre du Groupe de Roanne) ont pour but de montrer comment, depuis le XVIIIe siècle, les mots définis par Rousseau ont vécu : bien peu nous sont parvenus avec leur sens d'alors ; beaucoup se sont spécialisés et sont l'image de faits plus clairs, plus précis, ayant bénéficié de techniques nouvelles d'observation ; beaucoup sont tombés en désuétude mais certains ont fait fortune parce qu'ils représentaient des données fondamentales pour la compréhension du monde végétal ; d'autres encore se sont conservés intacts grâce à l'utilisation qu'on en a faite dans la nomenclature binominale. L'ouvrage, très bien présenté, est agrémenté de photographies hors texte de planches de l'Herbier de Rousseau : Daucus carota, Alchemilla alpina, etc., Mousses diverses (Mnium undulatum, Hypnum splendens...). Bref, c'est un aspect du travail et de la personnalité du philosophe qui méritait d'être connu, car il constitue une page non dénuée de charme et d'intérêt dans l'histoire des sciences de la Nature !" (Publications de la Société Linnéenne de Lyon, 1963)

61.              RUTHER (Roseline). Les Bijoux... Ce monde rayonnant de métal et de pierre. Fayard, 1971, gr. in-8°, 190 pp, 24 pl. de photos hors texte (8 en couleurs), sources, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée (très lég. abîmée), bon état

            25

"Jusqu'à présent, le bijou avait surtout fait l'objet d'albums qui en retraçaient l'histoire soit à travers les siècles, soit à une époque donnée. Cet ouvrage est le premier à traiter de sa signification et de son rôle, tant dans le présent et l'avenir que dans le passé. Dégageant à travers les civilisations anciennes le sens sacral du bijou, l'auteur décèle, dans les tendances nouvelles de la joaillerie, un surprenant retour aux sources. En témoigne le goût de la jeune génération pour des bijoux qui ne soient plus seulement des parures, mais des ornements symboliques, rituels, et parfois érotiques. Dessinatrice de bijoux, de grand talent, Roseline Ruther a mis à profit son expérience pour nous faire entrer dans les salons mais aussi les ateliers et coulisses de ce monde fermé, encore artisanal, où certaines techniques n'ont pas bougé depuis 4.000 ans. En même temps qu'un historique passionnant, son livre nous offre un véritable reportage sur la bijouterie-joaillerie moderne..." — Table : Préface. 1. Le bijou à l'état pur. 2. Le vêtement de bijoux. 3. Création et construction d'un bijou. 4. Le masque simple. 5. La Femme absolue et les bijoux. 6. Le "Temps" en joaillerie. 7. Du diamant et des pierres nobles. 8. Cette désacralisation, cette dépoétisation. 9. Le retour. Sources. Index.

62.              SERRES (Michel)( dir). Eléments d'histoire des sciences. Larousse, 1997, fort in-8°, 890 pp, figures, chronologie, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. In Extenso), bande éditeur conservée

            30

Des tablettes d'argile babyloniennes à l'invention de l'ordinateur, les Elements d'histoire des sciences introduisent en 22 chapitres qui sont autant de carrefours de réflexion : aux grandes interrogations (où et quand la science apparaît-elle ? Comment estimer la connaissance ?...) ; à la pensée des grands savants (Archimède, Galilée, Descartes, Darwin, Lavoisier, Mendel, Pasteur...) ; aux notions fondamentales (la réfraction, l'hérédité, l'évolution de la Terre, les vaccinations, la relativité... ). L'ouvrage est complété par une chronologie et un index.

63.              STAUBEN (Daniel). Scènes de la vie Juive en Alsace. P., Michel Lévy Frères, 1860, in-12, v-296 pp, reliure demi-basane carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

            100

"Les Scènes de la vie Juive en Alsace ont paru tout d'abord et à d'assez longs intervalles (de 1857 à 1859), dans la “Revue des Deux-Mondes”. Nous les réunissons aujourd'hui dans ce petit volume. (...) Je me demandai pourquoi, après tout, en ma qualité d'Alsacien et d'Israélite, né et élevé au village, je n'essaierais pas d'initier le lecteur profane à cette vie si peu connue et si digne de l'être. Aidé de nos souvenirs d'enfance comme aussi des impressions résultant de quelques récentes excursions au pays, nous nous mîmes à esquisser les scènes qu'on va lire. On y verra les Juifs de l'Alsace dans les principales phases de la vie de famille et de la vie religieuse, au foyer et dans la synagogue. On fera connaissance avec leurs habitudes, leurs traditions, leurs légendes, leurs fêtes, leurs moeurs et leurs caractères. Nous avons cherché à dépeindre de notre mieux cette sorte “d'antiquité judaïque” contemporaine prête, hélas ! à disparaître; car au train dont va le siècle, le progrès et les chemins de fer aidant- quelques années encore, et il ne restera plus vestige de ces moeurs primitives. Déjà, en plus d'un endroit, elles s'effacent comme tout ce qui vieillit. Hâtons-nous donc d'en consigner bien vite les traits les plus caractéristiques." (Avertissement, février 1860)

64.              [Théâtre] – BRECHT (Bertolt). Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny. Opéra en trois actes. Adaptation française de Jean-Claude Hémery et Geneviève Serreau. P., Théâtre National Populaire, 1966, in-12, 90 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

65.              [Théâtre] – BRECHT (Bertolt). La Mère. Vie de la révolutionnaire Pélagie Vlassova de Tver (d'après le roman de Maxime Gorki). Texte français de Maurice Regnaut et André Steiger. P., L'Arche, Théâtre National Populaire, 1968, in-12, 100 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

66.              [Théâtre] – BRECHT (Bertolt). La Résistible Ascension d'Arturo Ui. Parabole dramatique. Texte français d'Armand Jacob. P., L'Arche, Théâtre National Populaire, 1969, in-12, 156 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

67.              [Théâtre] – BRECHT (Bertolt). La Résistible Ascension d'Arturo Ui. Parabole dramatique. Texte français d'Armand Jacob. P., Théâtre National Populaire, 1961, in-12, 64 pp, 62 photos du spectacle par Sabine Weiss et Agnès Varda (photos de Jean Vilar, Georges Wilson, Charles Denner, etc.), broché, couv. illustrée par Siné, bon état

            15

68.              [Théâtre] – BRECHT (Bertolt). Maitre Puntila et son valet Matti. Texte français de Michel Cadot. P., L'Arche, Théâtre National Populaire, 1964, in-12, 113 pp, broché, bon état (Coll. du TNP). Avec le petit cahier d'information in-16 de 16 pp, distribué gratuitement par les ouvreuses

            12

Texte de la pièce au théatre du Palais de Chaillot le 14 novembre 1964 dans une mise en scène de Georges Wilson. Edition originale de la traduction.

69.              [Théâtre] – CLAUDEL (Paul). La Ville. (Seconde version). P., Théâtre National Populaire, 1955, in-12, 78 pp, 15 pl. hors texte de photos du spectacle par Agnès Varda (Maria Casarès, Alain Cuny, Jean Vilar), broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

70.              [Théâtre] – CORNEILLE (Pierre). L'Illusion comique. P., Théâtre National Populaire, 1965, in-12, 80 pp, broché, bon état (Coll. du TNP). Avec une feuille volante recto-verso présentant les photos des 12 interprètes de “L'Illusion comique” (Bruno Balp, Loleh Bellon, Victor Lanoux, Jean Laugier, Françoise Le Bail, Gérard Lorin, Jean Martinelli, Mario Pilar, Lucien Raimbourg, Robert Rimbaud, Georges Riquier, Georges Wilson)

            12

71.              [Théâtre] – CORNEILLE (Pierre). Nicomède. P., Théâtre National Populaire, 1964, in-12, 78 pp, 20 pl. de photos du spectacle hors texte (Laurent Terzieff, Judith Magre, Jacques François, Françoise Favier, Roger Mollien...), broché, bon état (Coll. du TNP). Avec le petit cahier d'information in-16 de 16 pp, distribué gratuitement par les ouvreuses

            12

72.              [Théâtre] – EURIPIDE. Les Troyennes. Adaptation de Jean-Paul Sartre. P., Théâtre National Populaire, 1965, in-12, 78 pp, 16 pl. de photos du spectacle hors texte (Judith Magre, Jean Martinelli, Bruno Balp, Françoise Le Bail, Natalie Nerval, Françoise Brion...), broché, bon état (Coll. du TNP). On joint 2 tickets du Théâtre National du Palais de Chaillot pour le spectacle

            12

73.              [Théâtre] – GIRAUDOUX (Jean). La Folle de Chaillot. P., Théâtre National Populaire, 1965, in-12, 107 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

74.              [Théâtre] – MICHEL (Georges). L'Agression. P., Théâtre National Populaire, 1967, in-12, 137 pp, 16 pl. de photos du spectacle hors texte (Michèle Simonnet, Jean-Claude Charnay...), broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

75.              [Théâtre] – O'CASEY (Sean). Poussière pourpre. Texte français de Jacqueline Autrusseau et Maurice Goldring. P., Théâtre National Populaire, 1966, in-12, 114 pp, broché, bon état (Coll. du TNP). Avec une feuille volante recto-verso présentant les photos des 14 interprètes de “Poussière pourpre” et le petit cahier d'information in-16 de 16 pp, distribué gratuitement par les ouvreuses

            12

76.              [Théâtre] – OSBORNE (John). Luther. 3 actes adaptés par Pol Quentin. P., Théâtre National Populaire, 1964, in-12, 86 pp, 16 pl. de photos du spectacle hors texte (Pierre Vaneck, Georges Wilson, Jean Martinelli...), broché, bon état (Coll. du TNP). Avec le petit cahier d'information in-16 de 16 pp, distribué gratuitement par les ouvreuses. On joint un ticket du Théâtre National du Palais de Chaillot pour le spectacle

            12

77.              [Théâtre] – SARTRE (Jean-Paul). Le Diable et le Bon Dieu. P., Théâtre National Populaire, 1968, in-12, 186 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

78.              [Théâtre] – SHAKESPEARE. Le Roi Lear. Texte français de Maurice Clavel. P., Théâtre National Populaire, 1967, in-12, 155 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

79.              [Théâtre] – SHAKESPEARE. Roméo et Juliette. Texte français de Jacques Copeau et Suzanne Bing. P., Théâtre National Populaire, 1968, in-12, 124 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

80.              [Théâtre] – WALSER (Martin). Chêne et lapins angoras. Chronique dramatique. Texte français de Gilbert Badia. P., Théâtre National Populaire, 1968, in-12, 108 pp, broché, bon état (Coll. du TNP)

            12

81.              VEITH (Ilza). Histoire de l'hystérie. Seghers, 1976, pt in-8°, 286 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, gravures et figures dans le texte, broché, état correct

            25

"Cette publication est la traduction de “Hysteria, The History of a Disease” (University of Chicago Press, 1965). Psychiatre et historienne, l'auteur entreprend de retracer l'évolution des formes prises par l'hystérie, des idées sur ses causes et des thérapeutiques employées pour la guérir ; en fait, l'auteur oscille entre l'étude des phénomènes que nos catégories modernes classent comme hystériques et celle des troubles rapportés traditionnellement à l'agitation de l'utérus. La période considérée va de l'Egypte ancienne (1900 avant J.-C.) à Freud... (...) L'ouvrage reste fort intéressant pour la sociologie médicale et la sociologie religieuse. On voit s'articuler les représentations et pratiques relatives à l'hystérie sur le type de rationalité propre à chaque société. Ainsi, l'image d'un utérus se déplaçant dans l'organisme est attestée en Egypte il y a près de 4.000 ans, traverse la Grèce classique et hantera pendant longtemps la médecine occidentale. (...) Ce travail constitue un important dossier sur une question « médico-religieuse » extrêmement révélatrice des obstacles et des étapes à travers lesquels s'est constituée une approche scientifique de la santé mentale." (Jacques Maître, Archives des sciences sociales des religions, 1974)

82.              VIDAL de LA BLACHE (P.) et L. GALLOIS ( dir). Géographie universelle. Armand Colin, 1927-1948, 15 tomes en 23 vol. in-4°, 1274 planches de photographies hors texte, 22 cartes en couleurs hors texte, 1691 cartes et figures, bibliographies, index, reliures demi-toile bleu nuit, dos lisses avec titre et tomaisons dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état. Rare complet, la publication s'étant échelonnée entre 1927 et 1948

            700

Paul Vidal de La Blache (1845-1918) conçoit une “Géographie universelle” en répartissant le monde entre ses élèves. Mais c'est Lucien Gallois (1857-1941) qui applique le projet et le dirige après la mort de Vidal en 1918. Vidal et Gallois s'entourent d'une équipe en laissant chaque tome sous la responsabilité d'un spécialiste de la région étudiée. La publication chez Armand Colin s'échelonne alors entre 1927 et 1948. Composé de 15 tomes régionaux (dont certains en 2 volumes, ce qui fait un total de 23 volumes), ce nouvel ensemble est un monumental et minutieux état du monde entre 1927 et 1939. Tous les volumes sont parus entre 1927 et 1939, sauf ceux concernant la France, publiés en 1942, 1946 et 1948, mais rédigés avant la guerre. C'est donc l'état de la France en 1939 qui est décrit dans ces volumes. — Détail : Tome I : Les Iles Britanniques, par A. Demangeon (viii-320 pp, 56 pl. de photos hors texte, 80 cartes et figures). – Tome II : Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, par A. Demangeon (250 pp, 40 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 53 cartes et figures). – Tome III : Etats scandinaves (Suède, Norvège, Danemark), Régions polaires boréales, par Maurice Zimmermann (328 pp, 56 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 66 cartes et figures). – Tome IV : Europe centrale, par Emmanuel de Martonne (2 volumes, 845 pp, 136 pl. de photos hors texte, 4 cartes hors texte en couleurs, 187 cartes et figures - vol. 1 : Généralités, Allemagne, vol. 2 : Suisse, Autriche, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne, Roumanie). – Tome V : Russie d'Europe et d'Asie, par Pierre Camena d'Almeida (355 pp, 64 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 76 cartes et figures). – Tome VI : La France (3 volumes : vol. 1 : France physique, par Emmanuel de Martonne (463 pp, 64 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 163 cartes et figures), vol. 2 et 3 : France économique et humaine, par Albert Demangeon (899 pp, 128 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 274 cartes et figures). – Tome VII : Méditerranées, Péninsules méditerranéennes, par Max. Sorre et Jules Sion (2 volumes, 597 pp, 104 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 150 cartes et figures - vol. 1 : Généralités, Espagne, Portugal, vol. 2 : Italie, Pays balkaniques). – Tome VIII : Asie occidentale, Haute Asie, par R. Blanchard et F. Grenard (394 pp, 64 pl. de photos hors texte, 2 cartes hors texte en couleurs, 59 cartes et figures). – Tome IX : Asie des Moussons, par Jules Sion (2 volumes, 548 pp, 96 pl. de photos hors texte, 2 cartes hors texte en couleurs, 88 cartes et figures - vol. 1 : Généralités, Chine, Japon, vol. 2 : Inde, Indochine, Insulinde). – Tome X : Océanie, Régions polaires australes, par Paul Privat-Deschanel et Maurice Zimmermann (368 pp, 64 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 72 cartes et figures). – Tome XI : Afrique septentrionale et occidentale, par Augustin Bernard (2 volumes, 529 pp, 96 pl. de photos hors texte, 2 cartes hors texte en couleurs, 131 cartes et figures - vol. 1 : Généralités, Afrique du Nord, vol. 2 : Sahara, Afrique occidentale). – Tome XII : Afrique équatoriale, orientale et australe, par Fernand Maurette (398 pp, 64 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 105 cartes et figures). – Tome XIII : Amérique septentrionale, par Henri Baulig (2 volumes, 639 pp, 112 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 130 cartes et figures - vol. 1 : Généralités, Canada, vol. 2 : Etats-Unis). – Tome XIV : Mexique et Amérique centrale, par Max. Sorre (234 pp, 48 pl. de photos hors texte, une carte hors texte en couleurs, 48 cartes et figures). – Tome XV : Amérique du Sud, par Pierre Denis (2 volumes, 479 pp, 82 pl. de photos hors texte, 2 cartes hors texte en couleurs, 89 cartes et figures).

83.              VIGNE (Paul). L'Oeuvre scientifique de Auguste Lumière dans le domaine de la biologie et de la médecine. Lyon, Imprimerie Léon Sézanne, 1938, in-8°, 115 pp, 3e édition, un portrait photo en frontispice, 3 pl. de photos et 3 pl. de plans hors texte, biblio, broché, bon état

            40

L'association du nom des frères Lumière au développement du cinématographe ne doit pas faire oublier qu'Auguste Lumière (1862-1954) fut avant tout un biologiste de renom. Abandonnant dès 1895 à son frère Louis la nouvelle invention, il créa un laboratoire de physiologie expérimentale et de pharmacodynamique pour orienter ses découvertes vers la médecine expérimentale. Ce seront les Laboratoires Lumière, à Lyon, dirigés par lui-même jusqu'au 25 octobre 1940, date à laquelle il passa la présidence de son entreprise à son fils, tout en continuant ses recherches jusqu'à sa mort.

84.              WISMES (Armel de). Ainsi vivaient les Français, des Croisades à la Troisième République, d'après les archives d'une très ancienne famille. Editions Albatros, 1978, gr. in-8° carré, 483 pp, texte sur 2 colonnes, 260 gravures, photos et documents dans le texte et à pleine page (les documents proviennent en grande partie de la collection personnelle du baron de Wismes), un tableau généalogique (famille Babou), reliure simili-cuir fauve de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état

            30

Un livre sur la vie des français à travers l'histoire. Le baron Armel de Wismes, originaire de Nantes, historien, appartient à l'une des plus anciennes familles d'Artois, fixée ensuite à Paris et en Bretagne par des alliances bretonnes. Un album de famille des Francais très documenté. Les archives de la maison de Blocquel de Wismes ont servi à composer cet ouvrage, elle étaient conservées depuis le Moyen Age et figurent parmis les plus belles de France. Ce livre est un document saisissant : la vie quotidienne des français pendant huit siècles. Des dizaines de contrats de mariage, de testaments, de livre de comptes, d'inventaires, de décorations, de brevets, de baux, de lettres d'amour, d'invitations etc. Des faits, des textes réels, vous montrent comment vous auriez vécu si vous aviez été vivant à toutes ces époques... — Table : Moyen Age, jeunesse d'un peuple – Les croisades et la naissance de l'héraldisme – La vraie et la fausse noblesse – La chevalerie et l'amour courtois – Les hommes d'armes – Les seigneurs et les paysans – Les moines – Couvents et abbesses – Les villes. La vie quotidienne. Les testaments – Déjà la crise financière. Quand François Ier avait besoin d'argent – La cape et l'épée. La clémence du roi – La patrie mouvante : Français ou Espagnols au hasard des années – La guerre civile – Les chevaliers de l'ordre de St-Jean-de-Jérusalem, de Rhodes et de Malte – Le ménage d'un manoir – “Logis” d'autrefois et maisons des champs – Les domestiques – Les grands bourgeois et les finances – Une nouvelle source de richesse bourgeoise : la traite des noirs – Le roi absolu, les états provinciaux. La cour avec ses chevaliers et ses pages – Un homme du grand siècle nous raconte sa vie – La marine, le "Grand Corps" et les corsaires – Une expédition coloniale vers les îles de l'Est – La médecine – Ambassades et missions secrètes. La véritable et prodigieuse histoire du chevalier d'Eon – L'éducation des filles, le mariage et l'amour – La vie mondaine. Les salons au temps du “despotisme éclairé” – Mœurs policières, voleurs, mendiants au XVIIIe siècle – La guerre en dentelles – Témoins de la Révolution. La Terreur à Paris et en province – Quand la vie reprend. La société sous le Directoire, le Consulat et l'Empire – Les soldats de Napoléon – Et la nouvelle marine ? – Bonapartistes et royalistes aux derniers jours de l'Empire – L'occupation prussienne et la résistance – Le monde moderne va naître. Aristocrates, bourgeois et ouvriers sous la Restauration, la Monarchie de Juillet et le second Empire. Les débuts de la vapeur – Ainsi furent nos grands-parents. Vie studieuse d'un érudit. Les premiers bains de mer. La guerre de 1870 et la fin du siècle.

ANTIQUITÉ

 

85.              ALFARIC (Prosper). Les Origines sociales du christianisme. P., Les Cahiers Rationalistes, 1947, in-8°, 24 pp, broché, bon état

            15

Conférence donnée à la Sorbonne le mardi 17 décembre 1946 : les Sadducéens, les Pharisiens, les Zélotes, les Esséniens.

86.              CHARLES-PICARD (Gilbert et Colette). La Vie quotidienne à Carthage au temps d'Hannibal. IIIe siècle avant Jésus-Christ. Hachette, 1958, in-8°, 272 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Le titre de cet ouvrage est un prétexte, comme il arrive dans des collections de ce genre. La vie quotidienne proprement dite de la grande cité de l'Afrique antique est traitée dans un chapitre qui n'est ni le plus riche, ni le plus attachant ; pour le reste et pour l'essentiel, le livre est une évocation d'ensemble de l'histoire et de la civilisation de Carthage. On ne s'en plaindra pas ; les deux auteurs, qui sont connus déjà par d'autres études sur le monde punique, étaient mieux placés que quiconque pour écrire la présente mise au point. Une mise au point dont l'utilité était incontestable en un domaine trop peu fréquenté par les historiens et qui se signale par une documentation des plus riches et des plus suggestives : la familiarité des auteurs avec le pays donne du prix à maintes de leurs remarques. On saura donc désormais où s'adresser pour se renseigner rapidement et sûrement sur les aspects, petits ou grands, de la vie carthaginoise. Le livre est l'œuvre d'historiens qui, de la masse des détails qui leur sont connus, s'élèvent aisément aux problèmes plus vastes et prennent courageusement parti aussi..." (E. Will, Syria, 1960)

87.              Collectif. La Ville de Rome sous le Haut-Empire. Nouvelles connaissances, nouvelles réflexions. Presses Universitaires du Mirail , Pallas 55., 2001, gr. in-8°, 327 pp, 36 cartes et plans, 3 photos, biblio, broché, bon état

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En mai 2001 s’est tenu dans la capitale italienne un important colloque organisé par l’Ecole Française de Rome et la Société des professeurs d’histoire ancienne de l’Université. Consacré à la ville de Rome aux deux premiers siècles de notre ère, ce colloque a réuni, pendant quatre jours, les grands spécialistes de la cité antique, afin de mettre à jour les connaissances historiographiques et archéologiques sur l’Urbs. Ce sont les actes de cette manifestation qui sont publiés ici. Les divers articles ici publiés présentent leurs conclusions sur ces aspects nombreux d’une ville dont on s’accorde à dire qu’elle abrita durant cette période entre 800.000 et 1,2 millions d’habitants. Mégalopole inégalée, Rome pose au chercheur de multiples questions quant à ses infrastructures politiques, économiques et sociales. Parmi les grands spécialistes ayant contribué au colloque, citons Filippo Coarelli, auteur du fameux Guide archéologique de Rome, qui présente ici une étude sur les Saepta Iulia, édifice du Champ de Mars destiné au vote. Pierre Gros, auteur d’une somme archéologique non moins fameuse, explique quant à lui à quel point les grands édifices religieux et publics étaient aussi les sièges d’administrations dignes de nos bureaucraties modernes. Par-delà leur splendeur marmoréenne, ces bâtiments impériaux renfermaient très souvent des archives importantes, des tribunaux et des bureaux nécessaires au bon fonctionnement d’une cité de la taille de Rome. La gestion d’une ville suppose également l’existence de corps militaires pour son contrôle, cohortes vigiles et urbaines créées sous Auguste et progressivement améliorées, conformément au pragmatisme romain, comme l’explique Robert Sablayrolles. La question épineuse de l’approvisionnement de la ville en blé, vin, huile et poisson notamment, est abordée par Antoinette Hesnard. La Rome économique des horrea, des marchés, des ports et de l’artisanat est traitée de façon éclairante par Jean-Paul Morel, Fausto Zevi et Jean Andreau. Ces articles permettent de relativiser l’image fort répandue d’une ville omnivore et fainéante. Si Rome absorbe d’énormes quantités de produits venus de tout l’Empire, elle est aussi un centre économique dont il ne faut pas minimiser l’importance. Ces éclairages économiques et sociaux, passionnants, donnent à une ville souvent réduite aux temples, aux jeux et aux caprices impériaux la chair qui lui manquait. La Rome politique n’est pas oubliée pour autant et c’est le grand mérite des articles de Stéphane Benoist, Manuel Royo ou Gilles Sauron que de présenter les changements idéologiques et politiques qui, de l’époque tardo-républicaine au dernier Antonin, ont également marqué la ville dans son marbre. Ce recueil d’articles mérite par conséquent une lecture attentive. Agrémenté de cartes, de croquis parlants et d’une impressionnante bibliographie pour chaque article, il aide à comprendre un peu mieux le fonctionnement d’une véritable mégalopole antique. (Thomas Roman, Parutions.com, 2002)

88.              FAURE (Paul). La Vie quotidienne des colons grecs de la mer Noire à l'Atlantique au siècle de Pythagore (VIe siècle avant J.-C.). Hachette, 1978, fort in-8°, 437 pp, cartes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le VIe siècle constitue l'époque de la plus grande expansion coloniale hellénique. Il est aussi une période particulièrement riche en innovations, en recherches. Cette mise en place progressive des acquisitions nouvelles de la pensée et de la technique dans un monde hellénique élargi aux dimensions de la Méditerranée, de l'Atlantique à la mer Noire, Paul Faure la décrit avec un sens profond de la réalité humaine et matérielle. Pour éviter le caractère disparate de l'information, les redites ou une trop grande généralisation, l'auteur, dans un souci légitime de clarté et de compréhension, groupe la vingtaine de cités coloniales relativement bien connues sous un nombre restreint de rubriques : les Dardanelles et la mer Noire, Chypre et les côtes voisines, l'Egypte et la Cyrénaïque, l'Espagne, la Gaule et l'Italie du Nord, la Sicile, la Grande Grèce. Dans chacune, l'accent est mis sur quelques types d'activités particulières..." (Georges Raepsaet, L'antiquité classique, 1980)

89.              FAURE (Paul). La Vie quotidienne en Grèce au temps de la guerre de Troie, 1250 av. J.-C. Hachette, 1975, in-8°, 247 pp, biblio, broché, bon état

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Vers 1250 av. J.-C., dans la guerre et les souffrances, le peuple grec prend conscience de sa grandeur et de son unité. Il crée alors une brillante civilisation urbaine, celle des citadelles réputées imprenables. La richesse des classes dirigeantes repose essentiellement sur l'élevage des bovins, des chevaux et des moutons, ainsi que sur le travail, en grande partie imposé aux femmes, d'un stock énorme de laine et de lin, sur le trafic des huiles parfumées et des vins capiteux, sur le mercenariat. À la lumière des tablettes comptables que l'on déchiffre depuis 1952, on entrevoit que l'âge des héros, célébré par l'épopée, fut en réalité, celui de la résistance opposée par tout un prolétariat d'exploités à une administration tatillonne, l'âge aussi du soulèvement de quelques aventuriers. Le cheval de Troie cesse d'être un mythe pour devenir un symbole. — "Le moins qu on puisse dire de cet ouvrage est qu'il fait le point sur l'ensemble des connaissances que nous possédons d'une grande civilisation, indirectement par le biais des textes poétiques, directement par les témoignages de l'archéologie. La difficulté d'une telle entreprise tient à l'impossibilité de fixer à « Homère » une époque précise, et l'historien en est bien conscient. On comprend dès lors que l'auteur fasse constamment appel au précieux témoignage de ces documents, pour faire revivre sous nos yeux tous les détails de la vie quotidienne d'une société dont les multiples aspects s'éclairent les uns par les autres. Cette présentation de la civilisation « pré-homérique » mérite d'être lue attentivement par tout étudiant adonné à la lecture des poèmes épiques et, en général, par tous ceux qui s'intéressent à une grande civilisation de l'âge du bronze dont la Grèce classique s'est tant inspirée dans sa religion, sa littérature et ses jeux." (André Wartelle, Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1977)

90.              HADAS-LEBEL (Mireille). Flavius Josèphe. Le Juif de Rome. Fayard, 1989, in-8°, 298 pp, 5 cartes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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Notre siècle connaît-il encore Flavius Josèphe, ce prêtre né à Jérusalem qui, il y a près de deux mille ans, fut au centre de l'affrontement entre le monde juif et le monde romain ? Un homme au destin exceptionnel: après avoir été l'un des chefs de la grande révolte des Juifs contre Rome en 66, il prédit l'empire à Vespasien, se retrouva trois ans plus tard aux côtés de Titus sous les remparts de sa ville natale assiégée et finit ses jours à Rome auprès de ses protecteurs impériaux qui lui donnèrent un nouveau nom, Flavius. Fut-il un traître ? Fut-il un sage ? Josèphe est en tout cas le meilleur témoin de ce temps qui vit naître le christianisme, un grand historien sans lequel certaines des pages les plus dramatiques de l'histoire, l'incendie du Temple de Jérusalem, la chute de Massada, seraient aujourd'hui inconnues.

91.              HORACE. Oeuvres complètes d'Horace. Traduites en françois par Charles Batteux. Edition augmentée d'un commentaire par N. L. Achaintre. P., chez Dalibon, 1823, 3 vol. in-8°, xci-402, 459 et 506 pp, un frontispice au tome III, reliures demi-veau glacé havane à coins, dos à faux nerfs guillochés, fleurons et palettes à froid, palettes dorées en tête et en queue, pièces de titre et de tomaison chagrin noir, tranches marbrées (rel. de l'époque), rousseurs éparses, bon état. Exemplaire très bien relié. Texte latin avec traduction française en regard

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Issu d’une famille modeste (son père était un affranchi), Horace est né en 65 à Venouse, dans le sud de l’Italie où il passe sa jeunesse avant de venir à Rome qu’il est contraint de quitter après des déboires politiques. Mais la vraie vie, la vie littéraire, débute pour Horace en 45 à Athènes lorsque le poète y découvre les vers d’Homère et la pensée de Platon. Un deuxième événement, la rencontre avec Mécène, achève la formation intellectuelle du jeune poète. Sous son égide, Horace accède au cercle très fermé des protégés d’Auguste… et des plus grands poètes latins. Si Horace est resté célèbre surtout pour ses Satires, les Odes et Epodes, n’en contiennent pas moins des chefs-d’œuvre, tel le Carmen Saeculare, le Chant Séculaire, écrit et prononcé en 17 lors des célébrations à la gloire de l’empereur Auguste.

92.              KOJÈVE (Alexandre). Essai d'une histoire raisonnée de la philosophie païenne. Tome III : La Philosophie hellénistique - Les Néo-platoniciens. Gallimard, 1973, in-8°, 532 pp, notes, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque des idées). Edition originale

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En proposant une histoire de la philosophie pré-chrétienne, de Thalès aux néo-platoniciens, Kojève développe en fait une réflexion sur la philosophie elle-même, et il jette les bases d'une reconstruction générale et systématique des discours philosophiques. Il affirme de manière provocatrice, d'une part que la philosophie, en tant que discours systématique, s'est achevée avec le Système du Savoir de Hegel, d'autre part qu'il est donc possible de représenter logiquement un développement cohérent (du point de vue historique également) de tous les discours philosophiques décisifs. Il faut donc d'abord les présenter en fonction de la place logique qu'ils occupent, Thalès, Parménide, Héraclite, Socrate, Platon, Aristote, les Sceptiques, les Stoïciens, Plotin et Proclus. Kojève entend donc reconstituer un système, ce qui implique la tâche considérable d'analyser la naissance de la philosophie et ses premiers développements – dans le détail conceptuel de leurs démarches et de leurs discussions – tout en ne cessant d'analyser la singularité du discours philosophique. L'axe général de cette histoire systématique obéit à un moteur essentiel : la tension entre le Concept et le Temps, présente dès l'origine du discours philosophique dont le but est de "résoudre" cette tension dans un système. Cette histoire philosophique de la philosophie est, au XXe siècle, unique en son genre.

93.              LORAUX (Nicole). Les expériences de Tirésias. Le féminin et l'homme grec . Gallimard, 1990, in-8°, 400 pp, broché, bon état (Coll. NRF Essais)

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D'abord, les historiens crurent au « miracle grec », mirage d'une civilisation de lumière crue, de philosophie abstraite, de figuration géométrique. Puis ils découvrirent une Grèce contrastée, travaillée par la polarité, par les oppositions de la culture et de la nature, de la Cité et de la barbarie, de l'homme-citoyen et de la femme mineure. Vient aujourd'hui, avec Nicole Loraux, l'heure d'une Grèce troublée, en demi-teinte, où ne préside plus seulement l'exclusion, mais où agissent l'échange et l'ambivalence. Car il ne suffit pas d'écouter le discours officiel de la Cité sur le héros viril, sans corps ni reproches, prêt à mourir superbement pour la communauté des citoyens. Il faut entendre ce que dit l'épopée, qui, depuis Homère, forme les esprits et éduque la jeunesse avec des représentations concurrentes. Ici, l'identité de l'homme ne s'oppose plus à celle de la femme, elle y puise : le guerrier est plus viril d'abriter en soi la féminité, le héros est plus valeureux d'avoir un jour, tel Achille, eu peur et pleuré. Il n'est bientôt jusqu'à la philosophie qui ne fasse, avec Platon, la part de la femme dans l'homme, puisqu'il faut bien accoucher de la vérité ou triompher, dans la contemplation du Bien, des affolements de l'âme. À cette fascination de la Grèce pour l'Autre féminin, la Cité mit toujours bon ordre, réduisant le mixte de l'homme et l'emprunt fait à la femme par le rejet, l'oubli et la représentation abstraite et sans faille de ses figures éponymes : le guerrier, le citoyen, le philosophe...

94.              REGNAULT (Lucien). La Vie quotidienne des Pères du désert en Egypte au IVe siècle. Hachette, 1990, in-8°, 321 pp, biblio, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

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A la fin du IVe siècle, sur les bords du Nil, se déroule une épopée extraordinaire : les uns après les autres, des hommes quittent les régions fertiles et peuplées du delta pour s'enfoncer toujours plus loin dans le désert. Fondateurs de l'érémitisme chrétien, ces héros de l'ascèse et de la vertu ont atteint une célébrité hors du commun tant par leur mode de vie que par leurs sentences (ou apophtegmes) traduites dans toutes les langues et diffusées dans toute la Chrétienté. Dépouillement, silence, contemplation, prière, tel est le programme de ces moines auxquels le désert ne manque pas de tendre de nombreux pièges. Car il ne suffit pas de s'isoler pour rencontrer Dieu. Au terme d'un séjour de deux ans en Egypte sur les lieux même où ont vécu les Pères et après avoir rassemblé les paroles et les actions des premiers anachorètes égyptiens, le père Regnault a pu reconstituer de manière très suggestive l'existence de ces hommes exceptionnels.

95.              RENAN (Ernest). Marc-Aurèle et la fin du monde antique. Calmann-Lévy, s.d. (1939), in-8°, vi-648 pp, reliure demi-chagrin chocolat, dos à 5 nerfs soulignés en relief, titres et fleuron dorés (rel. de l'époque), dos très lég. frotté, bon état (Histoire des origines du christianisme, VII)

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"... Renan ? Il est historien. Son christianisme, il l'a vécu. Il ne le dévitalise pas en faisant abstraction de ce qui le concerne. Il sait par quoi il prend les âmes, il sait par quoi il conduit d'autres âmes à se déprendre de lui. Il le dit, avec une finesse, à la fois, une maîtrise de style et une pénétration singulières. Voyez par exemple, au chapitre XXVIII du Marc Aurèle, cette vue d'ensemble sur l'évolution du christianisme, tel qu'il existait vers l'an 180, vers le christianisme du IVe et du Ve siècle, celui du moyen âge, celui du second Empire – et dites si tout cela est mort, ou vivant, périmé ou toujours jeune ? Tout cela, je veux dire cette grande et large fresque, brossée avec tant d'apparente facilité, mais par un homme qui peut improviser : il a tant et tant préparé cette improvisation. (...) L'art avec lequel Renan dresse ce bilan à la date de 180, en évoquant à la fois le passé et l'avenir, est proprement incomparable. Ce sont de grandes lectures...." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1952)

96.              SULPICE SÉVÈRE – André LAVERTUJON. Martin de Tours. Tirage à part du texte latin et de la traduction française des “Opuscules sur Saint-Martin” tels qu'on les lit au tome III du “Sulpice Sévère” d'André Lavertujon. Bordeaux, Imp. Gounouilhou, s.d. (1899), gr. in-8° carré, (4)-93 pp, texte latin avec traduction française en regard et notes érudites, broché, couv. rempliée salie, état correct. Tiré à part dédié par André Lavertujon (1827-1914) à sa filleule Adrienne morte à 25 ans et tiré seulement à 25 exemplaires numérotés sur papier vergé. Cette traduction savante de la “Vie de saint Martin” et des trois Lettres, est indiquée comme provenant du tome III de “La Chronique de Sulpice Sévère. Texte critique, traduction et commentaire”, lequel n'est finalement jamais paru (seuls les 2 premiers tomes ont été publiés en 1896 et 1899). Très rare

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Un texte fort court, mais qui présente un intérêt exceptionnel pour l'histoire de l'Église gallo-romaine. Le renom de saint Martin, le saint le plus populaire du Moyen Age (316-397), tient essentiellement à ce fascicule de propagande. Né en Aquitaine vers 360, Sulpice Sévère fut d'abord avocat, avant de s'attacher à saint Martin de Tours ; cet avocat méridional, avide de brio littéraire, excessif dans ses jugements, facétieux, caustique, rancunier, chez qui l'on perçoit « une redoutable étoffe d'intégriste » (Jacques Fontaine), se réjouissait de mettre en valeur l'aspect militant de Martin de Tours, officier converti à l'ascétisme, puis abbé et évêque destructeur des cultes païens. Cette biographie a inspiré d’innombrables chrétiens, de Clovis à Saint Louis, de sainte Geneviève à Catherine de Sienne, sans oublier saint François d’Assise. Soldat de l’empereur, Martin est devenu serviteur du Christ dans la vie monastique, et serviteur de ses frères dans l’épiscopat.

97.              TERNES (Charles-Marie). La Vie quotidienne en Rhénanie à l'époque romaine (Ier au IVe siècle). Hachette, 1972, in-8°, 339 pp, 41 illustrations et plans, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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"C'est avec tout le dynamisme joyeux qui le caractérise, allié à un souci très consciencieux de l'analyse la plus poussée, que le jeune et sympathique savant luxembourgeois aborde son sujet. La science allemande de ces dernières années, et particulièrement l'archéologie a fait progresser la connaissance de la Germanie antique : ce livre, où les textes sont revus sous un jour nouveau, présente un bilan, provisoire certes, mais déjà très riche, destiné au public français. Il s'agit donc avant tout de dégager l'originalité propre de ces provinces : aussi, dans chaque chapitre, l'auteur essaie-t-il de voir comment la romanisation s'est superposée au substrat protohistorique sans toujours être complètement assimilée. L'étude du réseau routier débute par la recherche des « voies de l'ambre », pistes anciennes qui forment l'armature primaire de la voierie antique. Fondée sur l'archéologie et la toponymie, une analyse très minutieuse et très technique de la structure des ponts et des voies montre que ces dernières ont surtout été créées pour des raisons militaires qui, plus qu'ailleurs, ont conditionné l'implantation romaine. (...) Un livre vivant, bien conduit et illustré autant que le permet la collection qui rendra de grands services et, sur bien des points, ouvrira de nouvelles perspectives." (Louis Foucher, Revue belge de philologie et d'histoire, 1975)

MOYEN AGE

 

98.              Anonyme – CINGRIA (Charles-Albert). Le Novellino. Les cent nouvelles antiques ou le livre du beau parler gentil. Traduit, présenté et enrichi de gloses par Charles-Albert Cingria. Club des Libraires de France, 1955, in-8°, 209 pp, 30 gravures sur bois hors texte tirées du Novellino de Masuccio Salernitano (Venise 1503), tirage numéroté sur papier alfa d'Avignon, reliure pleine toile rouge décorée de l'éditeur, titre et motif frappés or, signet, rhodoïd, bon état (Coll. Livres de toujours). Edition originale de la traduction en français par Cingria

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Cette première traduction française du Novellino devait paraître aux Editions des Portes de France en 1946. La mort de Charles-Albert Cingria interrompit ce projet et c'est finalement aux Libraires Associés que revient l'honneur de publier l'édition originale d'un texte qui restera comme l'exceptionnelle rencontre d'un grand tempérament d'artiste et d'une verdeur populaire de haute tradition. Les premières éditions italiennes du Novellino ayant paru sans illustrations, nous avons suivi ce qui est déjà une tradition des Libraires Associés : accompagner un texte d'images du temps qui remettent le lecteur dans l'atmosphère, sans reproduire précisément tel ou tel épisode du récit.

99.              Anonyme. Les Mille et Une Nuits. Contes arabes traduits par Antoine Galland. P., Jean de Bonnot, 1972, 4 vol. in-8°, 475, 487, 504 et 526 pp, environ 40 planches de gravures hors texte, reliures plein cuir bleu de l'éditeur, décor oriental doré au dos et sur les plats, têtes dorées, signet, imprimés sur papier vergé filigrané, bon état

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Les 4 premiers volumes (sur 6). — "Les Mille et une Nuits ! Qui peut se lasser du récit "d'Ali Baba et des 40 voleurs", de "Sindbad le Marin", du "Voleur de Bagdad" et de toutes les merveilleuses histoires que la ravissante princesse Schéhérazade, pour ne pas mourir, égrène, nuit après nuit, au prince jaloux qui la tuera dès que sa jolie bouche s'arrêtera de parler ? La traduction qui fit découvrir la richesse fabuleuse de ces récits datant de l’âge d’or de l’Islam au Siècle des Lumières est restituée intégralement : Sindbad et Aladin croisent Ali Baba et d’autres héros d’une fresque brillante et palpitante dédiée à l’audace et à l’intelligence. Chaque page de cette traduction des contes des "Mille et une Nuits", imprimée en noir et or, est enchâssée dans un motif arabe du Xe siècle mettant en valeur les textes rassemblés par l’érudit que fût Antoine Galland. Les arabesques dorées soulignent, avec le raffinement extrême de la reliure bleue, le soin apporté à cette édition de très belle façon : les six tomes des contes sont présentés dans l’écrin de rêve qui correspond aux attentes les plus exigeantes." (L'éditeur)

100.          AUBÉ (Pierre). Les Empires normands d'Orient, XIe-XIIIe siècle. La Sicile, Constantinople, les Croisades. Tallandier, 1985, gr. in-8°, 388 pp, biblio, 2 tableaux généalogiques, 2 cartes, tableau chronologique, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Cet ouvrage est le récit de l'épopée d'aventuriers bâtisseurs d'empires, de seigneurs du Cotentin mettant en déroute les puissantes armées de vénérables Etats ; c'est l'histoire d'hommes qui s'appelaient Guiscard (le Rusé) ou Bras de Fer ; c'est l'ascension d'une famille de petite origine bientôt alliée aux plus grandes dynasties du monde ; c'est Le choc fécond entre l'Occident à peine sorti d'une longue torpeur et l'Orient aux mille fascinations, héritier vivant de civilisations anciennes et raffinées, terre d'Islam et terre de Byzance. L'action se passe aux XIe, XIIe, XIIIe siècles. La foi, la soif de richesse, l'appétit du pouvoir, le courage, l'azur du ciel sont les passions qui animent les héros de cette fabuleuse aventure, ces Nordmen francisés partis conquérir les rives de la Méditerranée, qui sont devenus prince d'Antioche, rois de Naples et de Sicile.

101.          BAILLY (Auguste). Byzance. Fayard, 1948, in-12, 442 pp, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, couv. conservées (rel. de l'époque), papier jauni, bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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I. L'ascension : Les origines de Byzance, L'âge d'or. Justinien et Théodora, L'Empire sous les successeurs de Justinien, La Dynastie isaurienne et l'iconoclasme. – II. L'apogée. La dynastie macédonienne (867-1081) – III. Byzance et l'Occident : L'Empire au mains de la féodalité militaire (Les Comnènes, 1081-1185), La Course aux abîmes, Les derniers sursauts. Les Paléologues. — "Saviez-vous que Ia puissance de Byzance a été due pendant très longtemps à ce que ses guerriers étaient seuls à connaître le secret du « feu grégeois » ? Vous trouverez bien d'autres choses étonnantes dans ce livre magnifique." (Le Figaro, 4 mars 1939)

102.          CASTRIES (Duc de). La Conquête de la Terre sainte par les Croisés. Albin Michel, 1973, in-8°, 496 pp, une pl. hors texte en couleurs, 3 cartes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Le Mémorial des siècles)

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"Le duc de Castries, de l'Académie française, a essayé d'esquisser une vue d'ensemble de l'histoire des croisades (pp. 31-176), à laquelle il a ajouté les chronologies du XIIe siècle (pp. 17-29) et des croisades (pp. 177-191), et en traduction française les documents suivants : le discours du pape Urbain II selon la version de Robert Moine (pp. 193-206), un extrait de l'AIexiade d'Anne Comnène (pp. 207-232), un extrait de Robert Moine sur la prise et le sac d'Antioche (pp. 233-302), la relation sur la prise et le sac de Jérusalem par Guillaume de Tyr (pp. 303-339), un extrait de Nicétas Choniate sur le sac de Constantinople (pp. 341-350), l'histoire de la croisade de Louis VII par Odon de Deuil (pp. 351-439) et en appendice quelques extraits d'historiens arabes (pp. 441-483 : Abulfeda sur Zengui ; Boha-Eddin sur Nour-Eddin ; Ibn Alatir sur Borsaki et Kémal-Eddin sur Saladin). – Le duc de Castries présente un récit impartial de l'histoire politique des croisades et des états francs du Levant, tout en excluant cependant les aspects culturels et socio-économiques (pour lesquels il renvoie à Runciman), et les aspects religieux proprement dits. En somme, il s'agit d'un aperçu des croisades, agréable à lire et utile pour le grand public, qui trouvera dans ce récit non seulement l'histoire des croisades et du royaume franc, mais aussi une utile sélection de textes historiques, illustrant de façon plus vivante encore ces événements dramatiques du passé européen." (Benjamin Hendrickx, Revue belge de philologie et d'histoire, 1977)

103.          COHEN (Gustave). Recueil de farces françaises inédites du XVe siècle. Publiées pour la première fois avec une introduction, des notes, des indices et un glossaire. Genève, Slatkine Reprints, 1974, in-8°, xxxii-459 pp, introduction, notes, glossaire des mots rares ou difficiles, 4 index, reliure simili-cuir bordeaux de l'éditeur, bon état. (Réimpression de l'édition de Cambridge, 1949)

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"L'histoire des sociétés trouve à glaner dans le précieux “Recueil de farces françaises inédites du XVe siècle” de M. Cohen. Composées dans les milieux de l'Université de Paris et des clercs de la basoche, récitées ou chantées devant un public qui n'était pas seulement formé d'étudiants et d'hommes de loi, elles sont croustillantes et gaillardes. Les cocus y tiennent une place d'honneur, devant les ivrognes et les sots – qui se rencontrent parfois dans les mêmes personnages, – devant aussi les pédants et les vantards. Certains types comiques n'annonçent pas seulement un genre appelé à fleurir dans les farces italiennes du XVIe siècle, mais des caractères, des « types qui anticipent ceux du XVIIe siècle,... et probablement les engendrent »." (Robert Boutruche, Revue Historique, 1955)

104.          GILLET (Louis). Histoire artistique des Ordres mendiants. L'art religieux du XIIIe au XVIIe siècles. Flammarion, 1939, in-12, 260 pp, broché, bon état (Coll. L'Histoire et les hommes). On joint une lettre a.s. de Louis Gillet à Fernand Gregh (Arcachon, janvier 1906)

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"L'intérêt de Louis Gillet pour l'art médiéval a des racines profondes. Les cours du médiéviste Joseph Bédier qu'il suivait à l'École normale supérieure lui ont donné le goût de la civilisation médiévale dès 1895. En 1912, il est déjà l'auteur d'un livre sur “l'Histoire artistique des ordres mendiants”. Cet essai, peut-être le plus important de sa carrière, décrit l'évolution de l'art des ordres mendiants depuis le XIIIe siècle jusqu'au XVe siècle, tout en faisant l'apologie de l'art et du peuple chrétien du Moyen Âge. On peut y lire des réflexions sur la sincérité et la foi infinie des hommes du Moyen Âge. « Grâce à l'art, écrit Louis Gillet, on peut croire que la somme du bien, dans ce triste univers, l'emporte sur celle du mal. Tandis qu'une poignée d'ambitieux bouleverse le monde et l'emplit de violences, de désastres et de crimes, l'immense peuple chrétien n'est occupé au Moyen Âge que des objets simples et invariables. Il ne songe qu'à cultiver ses rapports avec l'infini »." (Jocelyne Rotily, “Bernard Berenson et les historiens d'art français des années 1920-1940”, 1985) — « Si le livre de Thode sur les Origines de la Renaissance est le point de départ de cette esquisse, celui de M. Mâle sur l'art de la fin du moyen âge l'a seul rendue possible ». Il faut savoir gré à. l'auteur de payer ainsi, dès le début de son brillant essai, une double dette de gratitude. Ce volume se compose de dix leçons professées sous les auspices de la Société de Saint-Jean pour la propagation de l'art religieux : I. L'âme religieuse au XIIIe siècle ; S. François et S. Dominique. II. Les Églises des Mendiants, la basilique d'Assise. III. Giotto et les fresques d'Assise. IV. La vie de Jésus et la vie des saints en images ; la Légende dorée. V. Le miroir théologique et le miroir moral; la chapelle des Espagnols et le Campo Santo de Pise. VI. L'avènement du pathétique : mystères et danses macabres ; l'Ars moriendi et la tristesse du moyen âge finissant. VII. Confréries, dévotions nouvelles, les cinq plaies : les saints protecteurs ; le rosaire. VIII. Le couvent de S. Marc à Florence ; Fra Angelico, Savonarole ; les prophéties de la Sibylle. IX. La fin de la Renaissance et la Renaissance catholique. X. Les derniers chefs-d'oeuvre franciscains ; Rubens, Greco, Murillo..." (Salomon Reinach, Revue Archéologique)

105.          MAALOUF (Amin). Les Croisades vues par les Arabes. JC Lattès, 1983, in-8°, 301 pp, 2 cartes, notes, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, envoi a.s.

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Juillet 1096 : en partant pour les croisades, ces preux chevaliers avaient bonne conscience : ils portaient leur croix sur le dos et la divine parole en Orient. L'Orient, c'était la terre promise, c'est-à-dire la terre des épices, de l'or et des soieries. La terre qu'on peut piller, brûler, violer. Et ils pillèrent la terre, violèrent les femmes, massacrèrent les hommes, firent rôtir les enfants, au nom de la chrétienté. Ces barbares furent combattus tout aussi férocement du côté de l'Islam, où se trouvaient la civilisation la plus avancée du monde, mais aussi les rivalités de la "torpeur du monde arabe". Et Jérusalem, Damas, Beyrouth, villes saintes, villes maudites, villes martyres, connurent l'enfer... — "Chaque fois que nous évoquons les croisades, c'est à travers les récits des croisés. Mais il y a aussi ceux qui ont été envahis par les croisés, et qui étaient les habitants de ces territoires. Justement, Amin Maalouf publie chez Jean-Claude Lattès Les croisades vues par les arabes. Voilà l'autre bout de la lorgnette ! Il faut bien constater que les versions orientales et occidentales ne coïncident guère. Nous avons, nous, écrit notre propre vision ; pendant ce temps, ils ont écrit la leur. C'est pourquoi cette nouvelle histoire des croisades ne ressemble à aucune autre". (Alain Decaux) ; "Un ouvrage remarquable qui complète plus qu'il ne contredit celui de René Grousset". (Eugène Mannoni, Le Point) ; "Amin Maalouf a écrit une histoire attachante, agréable à lire, qui constitue une image renversée de ces contes de fées que sont pour nous les croisades". (The New Yorker) ; "Les croisades vues par les Arabes nous offres une perspective inhabituelle de la confrontation entre l'Europe occidentale chrétienne et le Moyen-Orient musulman". (The Economist)

106.          MAHN-LOT (Marianne)(prés. par). Les plus belles lettres de Christophe Colomb. Calmann-Lévy, 1961, in-12, 155 pp, préface de M. Mahn-Lot, aperçu chronologique, 4 pl. de gravures hors texte, broché, bon état

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"Un bref recueil de lettres, remarquablement choisies, traduites, annotées d'une manière exemplaire. Mme Mahn-Lot a un beau talent d'écrivain, qu'elle met généreusement au service de Christophe Colomb épistolier, dans une traduction élégante, fidèle, originale. Les parties les plus percutantes du texte sont seules conservées. Saluons au fil d'une relecture, le peuple nu (les Arawaks du premier voyage). « Ils sont aussi nus que le jour où leur mère les enfanta ; de même les femmes... », le cri plus émerveillé que scandalisé que Lucien Febvre aimait à rappeler, parce que lourd de signification et plus encore de promesses, l'obsession de l'or et le curieux témoignage (le 25 décembre 1492 au soir, p. 33) où l'on voit Colomb apporter, tout compte fait, la première pierre à la légende du bon sauvage : « Le Roi et tout son peuple pleuraient durement (après le naufrage de la Santa Maria). Ce sont gens tout amour et je certifie Vos Altesses que dans le Monde entier il n'y a pas gens meilleurs ni meilleur pays. Ils aiment leur prochain comme eux-mêmes ; ils ont un parler des plus doux, et sourient toujours ». Voilà pour les Arawaks de la côte Nord de Saint-Domingue cousins germains d'autres Arawaks, ceux de Guanahani, que Colomb, le 14 octobre, proposait de réduire en esclavage en raison de leur douceur..." (Pierre Chaunu, Annales ESC, 1963)

107.          MOULIN (Léo). La Vie quotidienne des religieux au Moyen Age, Xe-XVe siècle. Hachette, 1978, in-8°, 378 pp, 2 cartes, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Du monde prodigieusement vivant des religieux qui, pendant des siècles, anima et façonna le Moyen Age européen, la plupart de nos contemporains ne connaissent que quelques traits. Mais que savent-ils de la vie quotidienne de ces hommes, à tant d'égards si proches de nous, et si éloignés ? Que savent-ils de ce qu'ils mangeaient ? De leur façon de dormir ? De se préparer à la mort ? Rien, ou peu s'en faut. Et pourtant les religieux continuent à exercer une curieuse fascination sur les hommes d'aujourd'hui. A travers mille petits faits puisés aux sources les plus diverses : chroniques et coutumiers, écrits des fondateurs et vie des saints, sans négliger les travaux les plus récents, Léo Moulin a voulu mettre en lumière le Grand Projet qui animait ces hommes de feu, de fer et de foi. Ces hommes qui, dans le sillage de Saint Benoît, et comme lui, furent, à bien des égards, les pères de l'Europe. — Docteur ès lettres de l'Université de Bologne, docteur en philosophie et lettres de l'Université de Bruxelles, Léo Moulin (1906-1996), a été professeur émérite au Collège d'Europe, à Bruges. Ancien président de l'Institut belge de Sciences politiques, il fut membre du comité exécutif de l'Institut international de Philosophie politique. Sociologue, historien, politologue, Léo Moulin est considéré comme l'un des meilleurs connaisseurs des problèmes de la vie religieuse.

108.          NELLI (René). Les Cathares ou l'éternel combat. Grasset, 1972, in-8° oblong, 287 pp, 8 gravures, biblio, glossaire des principaux termes du catharisme, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes, sous la direction de Louis Pauwels)

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Cet essai de René Nelli s'inspire d'un propos tout nouveau. Il s'agit pour le spécialiste du catharisme de replacer une petite hérésie du XIIIe siècle dans le grand courant philosophique anti-romain, qui n'a jamais cessé de se manifester en Europe, du Moyen Age jusqu'à nos jours. Le catharisme n'est pas seulement inséparable du manichéisme ancien et du bogomilisme, il a aussi partie liée avec tous les dualismes qui luttent à la fois contre une société injuste et absurde et contre l'ordre métaphysique traditionnel sur lequel elle prétend se fonder. L'étude des doctrines qui ont fait leur apparition, en France et en Italie, tout de suite après l'extinction du catharisme occitan, et de leurs prolongements jusqu'au XVIIIe siècle, conduit aux mouvements dualistes européens d'aujourd'hui : la gnose reconstituée par René Guénon en 1909, l'anthroposophie de Rudolf Steiner, le néo-catharisme de Déodat Roché et le pseudo-catharisme nazi suscité par Otto Rahn. Bien que ce livre soit destiné au grand public cultivé, il n'en verse pas moins au dossier de l'hérésie des éléments neufs et de première main... — "Dans une série destinée au grand public et consacrée à l'« Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes », il était impossible que ne figure pas en France un livre sur les cathares, et il est naturel que l'auteur en ait été René Nelli, défenseur convaincu – et ce n'est pas d'aujourd'hui – de la thèse selon laquelle les cathares ne constituent qu'un épisode d'un aspect, autrement long et compliqué, de la culture européenne, celui du dualisme, qui s'étend depuis Mani et le manichéisme jusqu'à nos jours. Par amour pour cette thèse, comme aussi bien pour répondre aux exigences du grand public, R. Nelli a engagé tout l'effort de sa vaste culture, allant de l'histoire religieuse à l'histoire littéraire, à mettre en évidence la continuité, ainsi que la consistance spirituelle du dualisme ; mais il se trouve également contraint à traiter avec désinvolture et de manière souvent approximative les faits historiques..." (Raoul Manselli, Cahiers de civilisation médiévale, 1974)

109.          NICOL (Donald M.). Les derniers siècles de Byzance, 1261-1453. Les Belles Lettres, 2005, in-8°, 530 pp, traduit de l'anglais, un tableau généalogique, 2 cartes, notes, glossaire, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état

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L'empire byzantin est le nom donné par les historiens à la partie orientale de l'empire romain qui, au contraire de la partie occidentale, parvint au Ve siècle à contenir la poussée des barbares. Il se développa autour de Constantinople pour devenir au Xe et XIe siècles la plus grande puissance du monde chrétien et la plus civilisée. Mais sa richesse suscita la convoitise des hommes de la quatrième croisade qui, oublieux de leur mission initiale, s'emparèrent de sa capitale en 1204 et se partagèrent une grande partie de ses territoires. L’empire byzantin se reconstitua cependant après la reconquête de Constantinople par Michel Paléologue en 1261, mais il ne se releva jamais du coup qu’il avait reçu. Ce livre raconte l’histoire de l’empire restauré, de 1261 jusqu’à sa conquête par les Turcs Ottomans en 1453. Il décrit les combats qu’il fut amené à livrer contre les Chrétiens d’Occident désireux de rétablir leur domination à Constantinople, contre le mercantilisme des républiques italiennes, contre les colonisateurs francs, génois et vénitiens qui continuèrent d’occuper des îles de la Grèce et de la Mer Egée, contre la puissance montante des Turcs en Asie mineure, contre l’expansion serbe dans les Balkans, tandis que les grandes familles se livraient à des querelles suicidaires pour la possession du trône. L’empire byzantin, affaibli et meurtri, manifesta pourtant au XIVe siècle une remarquable vitalité tant au point de vue culturel que religieux, mais l’institution qu’il représentait se désagrégea lentement, cependant que les Turcs s’emparaient de ses provinces d’Asie mineure, puis de celles d’Europe et enfin de sa capitale.

110.          PERNOUD (Régine). Héloïse et Abélard. Albin Michel, 1970, in-8°, 298 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, dos lég. sali, bon état

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Héloïse et Abélard : deux noms bien et mal connus ; en réalité, une « très haute histoire d'amour », vécue au siècle de Tristan et Iseut. Cette page d'« amours célèbres » qui fut quelque peu travestie au XVIIIe siècle et romancée au XIXe nous apparaît aujourd'hui dans sa vérité, à travers une correspondance dont l'authenticité est désormais reconnue, avec des accents étonnamment modernes ; c'est l'échange entre deux êtres séparés par la vie, engagés malgré eux dans une voie de renoncement et qu'une dialectique passionnée amène, l'un par l'autre, à la sainteté. Pour toile de fond : l'Université de Paris, ou plutôt, ses prémisses, frayant sa voie parmi les vignobles de la Montagne Sainte-Geneviève, l'art roman dans son plein épanouissement, avec déjà ces recherches vers l'« architecture raisonnée » et la voûte gothique, l'essor de la logique qui donnera leur structure aux grandes sommes médiévales. Dialectique du couple, affrontement de la passion et de la philosophie, de la foi et de la raison, et, pour finir, triomphe d'un amour au-dessus de l'amour, sont ici évoqués avec les confidences mêmes laissées par les acteurs de ce grand drame humain à deux personnages. — "L'auteur s'attache à pénétrer et faire comprendre les sentiments de ses personnages ; d'Héloïse notamment, mais aussi bien d' Abélard, dont l'évolution et l'enrichissement de la personnalité sont précisément décrits et analysés. Discrètement, mais efficacement, en des points bien choisis, des anecdotes et des citations littéraires, poétiques surtout, reconstituent pour le lecteur moderne l'atmosphère affective et culturelle dans laquelle se mouvaient ces esprits actifs. Cela est essentiel pour la reconstruction de leur aventure personnelle, et contribue grandement à donner à ce livre la saveur et la solidité historiques du vécu, qui en font l'intérêt principal. C'est une très bonne évocation d'Héloïse et d' Abélard, de leur milieu, de leur époque, et même à qui pense bien les connaître sa lecture apportera quelque chose de neuf, de vif à respirer." (Jean Jolivet, Cahiers de civilisation médiévale, 1974)

111.          TOURAULT (Philippe). Les ducs et duchesses de Bretagne, Xe-XVIe siècle. Perrin, 2009, in-12, 262 pp, 10 tableaux généalogiques, liste des ducs et duchesses de Bretagne, biblio, index, broché,couv. illustrée, bon état

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Cet ouvrage montre comment, en 936, est né le duché en plein coeur des invasions vikings, comment les grandes familles comtales bretonnes se le sont disputé et ont fini par le posséder les unes après les autres, du Xe au XIIe siècle. Vers 1150, la Bretagne devient un enjeu géostratégique. Les Plantagenêts d'Angleterre puis les Capétiens de France y mettent des ducs de leur famille pour mieux la dominer. Paradoxalement, les ducs imposés par les uns et par les autres prennent rapidement leur autonomie envers les deux nations rivales. Les ducs d'origine française créent même, du début du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle, une vraie puissance bretonne indépendante et mettent en place des structures de gouvernement efficaces. A tel point que l'on peut parler d'un véritable Etat breton, des années 1360 aux années 1460, même en pleine guerre de Cent Ans. La force de la Bretagne attire les convoitises. Les rois de France veulent la posséder. Ils parviendront à leurs fins en 1532, après plus de soixante ans de lutte, ce qui prouve la solidité intérieure et extérieure du grand duché. En analysant les fondements du pouvoir ducal, Philippe Tourault livre ici une étude novatrice sur l'Armorique médiévale.

112.          VILLON (François). Œuvres de Maistre François Villon. Illustrations dessinées et gravées par Emile Bernard. P., Jean de Bonnot, 1969, in-8°, 440 pp, très nombreuses gravures, reliure plein cuir doré de l'éditeur, dos orné de caissons dorés, pièces d'auteur et de titre basane bordeaux, décor frappé à froid sur les plats, tête dorée, signet, imprimé avec de l'encre mélangée de poudre d'or sur papier vergé filigrané, bon état

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Villon, dont l'oeuvre tient tout entière en un peu plus de 2 000 vers, est considéré depuis l'époque romantique comme l'un des plus grands poètes français. Il en est, certainement, l'un des plus profonds et des plus ambigus, mêlant, dans une poétique remarquablement maîtrisée, le grave et l'ironique, le sérieux et la grossièreté pour traiter de l'amour, de la mort et de la misère humaine.

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

113.          ARIÈS (Philippe). L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime. Seuil, 1973, fort in-8°, xx-502 pp, 26 gravures hors texte, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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Philippe Ariès (1914-1984) s'est imposé par quelques ouvrages devenus des classiques de ce qu'on appelle l' « histoire des mentalités », et qu'on pourrait appeler ici l'histoire des sentiments profonds et secrets qui, à la limite du biologique et du sociologique, commandent la vie quotidienne des hommes. — L'objet de cet ouvrage – qui est devenu un classique de notre historiographie – est d'approcher les sentiments anciens l'égard de l'enfance et de la vie familiale, à travers l'existence quotidienne, du Moyen Age au XVllle siècle, et de montrer, chemin faisant, à quel point le sentiment de la famille est un sentiment “moderne” qui n'a pu se développer qu'aux dépens de la société. La découverte de l'enfance est, en effet, récente. Dans la succession des âges, l'enfance était jadis comme “télescopée”. Partant, si la famille existait comme réalité, elle n'était pas considérée en tant que valeur morale et sentimentale. Mais voici que, peu à peu, on répugne à mélanger les enfants aux adultes; un nouveau sentiment familial apparaît alors qui s'organise autour des enfants et de leur éducation. Les contemporains n'ont pu percevoir un changement aussi lent : c'est de biais que l'auteur l'a saisi, grâce à l'iconographie, à l'histoire des jeux et de l'éducation... Ainsi, la famille s'est transformée profondément dans la mesure où elle a modifié ses relations internes avec l'enfant. Ce livre replace cette métamorphose de la famille dans l'ensemble de l'histoire sociale de l'Ancien Régime, tout en opposant à grands traits les caractères de cette société à ceux de notre temps. — "À ce procès de la famille, ou pour être plus exact, à l'enquête que notre temps poursuit sur la famille et l'enfance, le livre de Philippe Ariès apporte une contribution capitale." (Claude Mettra, Les Nouvelles littéraires) – "La leçon de ce livre est immense pour nous Occidentaux scolarisés, familiarisés, œdipianisés. Comme tous les livres d'histoire qui s'enfoncent à cette profondeur dans ce qui constitue notre archéologie, il nous dote d'un savoir comparatif déterminant, il nous permet de penser vraiment que tout n'a pas toujours été pareil." (Raymond Bellour, Le Magazine littéraire) – "Un livre étonnant, le seul à vrai dire qui propose une approche historique de l'enfance, un travail monumental qu'il faut connaître si l'on ne veut pas rester un imbécile." (Jean-Michel Damian, Politique hebdo).

114.          ARNAULD (Angélique). Relation de captivité d'Angélique de Saint-Jean Arnauld d'Andilly, avec une introduction de Louis Cognet. Gallimard, 1954, in-12, 302 pp, notes, broché, bon état. Exemplaire du service de presse avec le papier un peu jauni (comme toujours)

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"Une publication de premier ordre : le récit de captivité d'Angélique de Saint-Jean – jamais édité depuis le XVIIIe siècle. C'est un des meilleurs écrits jansénistes : il mérite sans nul doute de figurer sur nos rayons aux côtés de la Fréquente Communion, des Provinciales, de l'Abrégé de Jean Racine, de Sainte-Beuve, bien avant les Minores, genre du Fossé, Mémoires sur les MM. de Port-Royal ; je dirais même que, pour faire comprendre aujourd'hui, au XXe siècle, la profondeur du drame qui s'est joué autour de Port-Royal dans la dizaine d'années qui va de 1657 à 1668, la Relation d'Angélique de Saint-Jean est à mettre au premier rang." (Robert Mandrou, Annales ESC, 1955) — « Port-Royal, c'est d'abord une histoire de femmes. Les hommes emboîtent le pas à leur soeur, à leur mère, à leurs anciennes amours. Voyez la résistante Mère Angélique face à l'archevêque de Paris. Privée de sacrements, condamnée à un enfermement qui va durer dix mois, elle affiche dans cette Relation de captivité, rédigée entre juillet et novembre 1665, une magnifique fierté de persécutée. Défiant la crise de la conscience occidentale, sa révolte est l'amorce d'une nouvelle manière de croire, éprouvée plus tard par Kierkegaard, Dostoïevski et Bernanos. » (Sébastien Lapaque) — "L'abbé L. Cognet est bien connu par des études extrêmement neuves sur la spiritualité du XVIIe siècle, par des monographies et par des éditions de textes port-royalistes. Il nous offre maintenant la plus importante des relations de captivité des religieuses, celle de la M. Angélique de Saint-Jean, enfermée chez les Annonciades ou Filles bleues du 26 août 1664 au 2 juillet 1665. Achevé le 28 novembre 1665, ce récit fut publié par les soins du P. Quesnel (1711, 1724), mais non sans corrections. On doit donc se réjouir de voir ici reproduit avec exactitude un manuscrit du XVIIe siècle que Mlle de Thémericourt avait collationné sur l'original, et cela d'autant plus que M. Cognet l'accompagne d'une annotation concise, précise et exacte, ainsi que d'une Introduction." (Jean Orcibal, Revue d'histoire de l'Église de France, 1955) — "Fille de Robert Arnauld d'Andilly et nièce d'Angélique Arnauld, réformatrice de l'abbaye de Port-Royal des Champs, Angélique de Saint Jean (1624-1684) est l'une des grandes figures féminines du jansénisme, qui en compta de nombreuses. "Elle avait été mise à Port-Royal auprès de ses tantes Angélique et Agnès, dès l'âge de 6 ans. Elle s'était considérée dès l'enfance comme déjà en religion et n'étant plus du monde", raconte Sainte-Beuve dans son Port-Royal. Au cours de l'été 1664, elle est victime et témoin, avec d'autres religieuses, de l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire de l'ordre. Onze ans plus tôt, le pape Innocent X avait condamné cinq propositions hérétiques de l'Augustinus de Cornelius Jansen, texte fondateur du jansénisme. Une querelle théologique et politique s'ensuivit. Vingt religieuses refusèrent la signature du Formulaire d'allégeance au pouvoir pontifical et au roi. Le 26 août, l'archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, se rend à Port-Royal et annonce aux réfractaires leur relégation dans différents monastères. Angélique de Saint Jean est recluse au couvent des Annonciades durant un an et privée des sacrements. Plusieurs relations de cette captivité seront rédigées. Celle de sœur Angélique ne sera publiée qu'en 1711, vingt-sept ans après la mort de la religieuse. En 1954, tandis qu'une édition moderne du texte due à Louis Cognet paraît chez Gallimard, avec une ponctuation et une division en chapitres modernisées et des notes historiques, Henry de Montherlant tire de l'épisode sa pièce Port-Royal." (Patrick Kéchichian, Le Monde)

115.          AUBERT (Gauthier). Révoltes et répressions dans la France moderne. Armand Colin, 2015, gr. in-8°, 239 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. U)

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La France des XVIe-XVIIIe siècles est marquée par des périodes de rébellions et de révoltes, qui culminent avec la Révolution. Cet ouvrage constitue le premier manuel exclusivement consacré au fait rébellionnaire et ouvre un champ d'étude et de réflexion sur ce phénomène essentiel, au coeur de l'histoire politique de la France à l'époque moderne. Outre l'étude de la mise en place de l'absolutisme et ses implications sociales et culturelles, il établit les jalons d'une histoire du maintien de l'ordre et de la répression, en mettant en lumière ses traits originaux comme l'importance des processus de médiation, longtemps occultés. Dans un premier temps, l'ouvrage déroule, sur trois siècles, la trame événementielle des mouvements de révolte, populaires comme nobiliaires, en présentant le contexte, les acteurs et les réponses du pouvoir. Puis il se consacre aux approches transversales et au décryptage de ces épisodes : quels sont les mots, les modalités, les temps et les lieux, les figures de la révolte ? Quelles sont les formes de règlement, pacifique ou violent, de ces épisodes par les autorités ?

116.          BERTRAND (Louis). Louis XIV. Fayard, 1944, in-12, 412 pp, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque signée P. Mage, Lille), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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"... M. Louis Bertrand nous fait assister au spectacle des efforts dans lesquels se dépense inlassablement l'énergie du Grand Roi, à travers les faiblesses inséparables de la nature humaine. Mais cherchez, dans un Atlas historique, d'abord la carte de la France en 1661, date où il commence à gouverner seul, puis celle de cette même France en 1715, et comparez les frontières. Comparez aussi l'anarchie intellectuelle de l'époque de Louis XIII et l'incomparable équilibre de la pensée française durant toute la seconde moitié du dix-septième siècle. Vous conclurez, comme l'auteur, que le Roi qui obtint ces réussites fut un merveilleux ouvrier de la grandeur nationale... Remercions M. Louis Bertrand de nous apporter cette leçon avec son beau livre qui se trouve ainsi être, en même temps, une courageuse et, salubre action civique." (Paul Bourget, de l'Académie française)

117.          BLUCHE (François). Louis XV. France Loisirs, 2001, in-8°, 298 pp, 8 pl. en couleurs hors texte, chronologie, glossaire, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Etrange figure que celle du successeur de Louis XIV ! Louis XV était beau, séduisant, ouvert et cultivé. Son royaume était fertile, riche, paisible, instruit. On admirait ses institutions, ses savants, ses artistes, ses écrivains, ses salons, ses ponts et ses routes... Mais ce bonheur et ce rayonnement étaient-ils le fait du Prince ? Monarque lucide, il répugnait à gouverner. Non dépourvu de finesse, il ne possédait ni l'intelligence de son temps, ni la volonté de lui imposer sa marque. Manquant de fermeté et de constance, il laissa, comme malgré lui, se déliter un magnifique régime hérité du Grand Siècle. À l'écart de la louange comme de l'opprobre, le portrait d'un Louis XV méconnu et la philosophie d'un règne multiforme dans une France modèle de l'Europe des Lumières. François Bluche éclaire l'évolution d'une monarchie qui, à travers l'Europe, servit de modèle au "despotisme éclairé".

118.          BROQUA (Joseph, comte de). Le Maréchal de Monluc, sa famille et son temps. P., Champion, 1924, gr. in-8° carré, xvii-312 pp, 8 planches hors texte sous serpentes, dont le frontispice, biblio, broché, bon état. Edition originale (Saffroy, III, 46085)

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Biographie de Blaise de Monluc (1501-1577), maréchal de France en 1575 et lieutenant général de Guyenne. — "En inscrivant le nom de Monluc en tête de ces pages, il n'est pas inutile de jeter un coup d'oeil sur la Gascogne où il naquit notre héros, digne héritier d'une race militaire qui ne fut pas sans éclat dans le passé de sa province. Il y a dans cette étude plus d'actualité qu'on ne semble le croire, car Monluc, dont le caractère a été si étrangement défiguré, peut être considéré comme le prototype du soldat, épris de discipline, d'honneur et de subordination. Notre grandeur nationale est l'oeuvre des anciens soldats de France et les plus vaillants sont sortis de ce coin Gallo-Romain que les Pyrénées, l'Océan et la Garonne enserrent dans le cadre merveilleux de leurs vallées majestueuses et de leurs flots écumants. Avant Monluc, les Foix, les Armagnac, les Lomagne, les Albret, les Durfort, les Beauville, les Montpezat, les Fumel, les Astarac, les Galard ; avec Monluc et après lui, les Maisons de Gontaut-Biron, de Caumont, de Lartigue, de Roquelaure, de Bellegarde, de Comminges, de Montesquiou, de Pardailhan, de Gassion, d'Esparbès, de Fimarcon, de Puysségur, de Navailles, de Balaguier, d'Estrades, donnnent à la France des maréchaux, des officiers généraux, des ministres, qui sont l'honneur de la Gascogne..."

119.          CHASTENET (Jacques). Elisabeth Ière. Fayard, 1953, in-12, 404 pp, notice bibliographique, index, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

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Bonne biographie de Elisabeth 1ère (1533-1603), reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à sa mort. Élisabeth était la fille du roi Henri VIII d'Angleterre mais sa mère Anne Boleyn fut exécutée trois ans après sa naissance et elle perdit son titre de princesse. Son demi-frère Édouard VI nomma comme héritière sa cousine Jeanne Grey, ce qui écarta Élisabeth et sa demi-sœur catholique, Marie, de la succession au trône même si cela contrevenait à la législation. Le testament d'Edouard VI fut néanmoins ignoré, et Marie devint reine en 1553 et Jeanne Grey fut exécutée. Élisabeth lui succéda cinq ans plus tard après avoir passé près d'un an en prison en raison de son soutien supposé aux rebelles protestants... — "Aprés son définitif “William Pitt” et son “Siécle de Victoria”, qui nous avaient prouvé à quel point sa connaissance des faits, des visages et des coeurs anglais était profonde, M. Jacques Chastenet nous propose aujourd’hui une “Elisabeth Ière”, qui paraît renouveler un des sujets les plus passionnants que nous offre l'histoire. Une abondante littérature a été consacrée à la fameuse fille de Henri VIII et d’Anne de Boleyn, mais je ne connais pas d’ouvrages francais où la psychologie de cet étrange personnage soit étudiée avec plus de pénétration. Ici, nous entrons non seulement dans les secrets les plus complexes d'Elisabeth Ière, mais nous assistons aussi à la naissance de l'Angleterre moderne. Cette naissance a été due à la volonté terrible d’une reine qui sacrifiait tout à la grandeur de son pays. Violente, hystérique, enjouée, avare, refoulée, vindicative, amoureuse, prudente ?... Elle fut surtout reine et construisit son royaume avec une ténacité à la fois rusée et brutale qu’on ne retrouve guére que chez notre Louis XI. Jacques Chastenet explique la mort de Marie Stuart par la volonté d'en finir une fois pour toutes avec une ennemie acharnée et redoutable que la légende a poétisée mais qui n’en voulait pas moins à la vie d’Elisabeth. Il faut lire cet ouvrage. C’est une fresque d’histoire au milieu de laquelle un écrivain a campé un personnage prodigieux qu’il nous présente sous un éclairage tout neuf." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, mai 1953)

120.          COUSIN (Victor). La Jeunesse de Madame de Longueville. Etudes sur les femmes illustres et la société du XVIIe siècle. Suivi de Madame de Longueville pendant la Fronde. P., Didier et Cie, 1872 et 1867, 2 vol. in-12, xvi-588 et viii-490 pp, mentions de 8e et 3e édition, appendices, reliures demi-chagrin bleu-nuit, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs pâles rousseurs éparses, bon état

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Madame de Longueville (1619-1679), soeur des princes de Condé et de Conti. — Anne-Geneviève de Bourbon naît le 27 août 1619 à la prison de Vincennes. Sa mère, Charlotte-Marguerite de Montmorency est venue y rejoindre son père, Henri II de Bourbon, prince de Condé, incarcéré à la suite des complots dont il a été l’auteur sous la régence de Marie de Médicis. Anne-Geneviève a deux frères : Henri, duc d’Enghien, le futur Grand Condé, né en 1621, et Armand, prince de Conti, né en 1629. La jeune duchesse passe les premières années de sa vie au sein du cercle familial. Elle bénéficie d’une éducation soignée sous la houlette de précepteurs jésuites. Durant son adolescence, elle est influencée par les carmélites de la rue Saint-Jacques dans le sens de la dévotion et du mysticisme mais la fréquentation de l’hôtel de Rambouillet, dont elle devient rapidement l'égérie, flatte son orgueil. Anne-Geneviève de Bourbon doit épouser en 1642 le duc de Longueville. De toute évidence, cette union ne lui est guère agréable : non seulement le duc est de moindre noblesse que la sienne, mais en plus il est de vingt-quatre ans son aîné et n’a aucun goût pour les mondanités. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le climat conjugal soit mauvais. La duchesse de Longueville fréquente peu son époux. Deux ans après son mariage, elle se rapproche du prince de Marsillac, futur duc de la Rochefoucauld (et auteur des fameuses Maximes), puis devient sa maîtresse. Victor Cousin explique son ralliement au parti frondeur par la relation qui unit la duchesse au prince de Marsillac, mal satisfait de la régente et désireux d’entrer dans la Fronde pour obtenir la récompense des services rendus... (Sophie Vergnes)

121.          CROIX (Alain). Cultures et religion en Bretagne aux 16e et 17e siècles. Rennes, Apogée, Presses Universitaires de Rennes, 1995, gr. in-8°, 332 pp, annexe, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Pourquoi l'idéologie chrétienne a marqué tous les aspects de la vie en Bretagne ? Pourquoi les comportements autrefois largement répandus en France ont pu se maintenir si fortement et si longtemps en Bretagne ? Voici, entre autres, les questions qui ont présidées à la thèse d'Alain Croix. Il s'agit ici de la réédition de la partie la plus neuve de ce « classique » désormais introuvable. Ce livre montre l'importance des liens entre cultures et religion pour comprendre la Bretagne d'hier... et d'aujourd'hui.

122.          DARMON (Pierre). Mythologie de la femme dans l'Ancienne France, XVIe-XVIIIe siècle. Seuil, 1983, in-8°, 222 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Selon Pierre Darmon, la guerre des sexes « style baroque » se distingue par une férocité anormale. Ce livre, bien documenté, intéressant, même amusant à lire, nous offre une critique de la culture bourgeoise, à travers le débat sur la sexualité aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il initie ses lecteurs au discours misogyne des hommes sur la femme et sur la sexualité, et présente également ses adversaires, ces « hommes-féministes » avant la lettre qui ont fait célébrer la femme et ses qualités en la défendant. Il ne manque que les voix des femmes... En ce qui concerne le XVIIIe siècle Darmon insiste sur la domestication, la pacification de la femme et de la sexualité par le langage érudit et scientifique des Lumières bourgeoises, tel que l'exprime le docteur Pierre Roussel, auteur du “Système physique et moral de la femme” (1775). Il caractérise la production de ces écrivains de « féminisme paternaliste », qui régit les femmes par l'éloge, et en même temps les circonscrit toutes dans un rôle très délimité (selon lui) : celui d'épouse et de mère. Cette « colonisation » de la femme prépare le chemin pour son impuissance légale institutionalisée dans le code Napoléon..." (Karen Offen. Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1984) — "L’homme est un loup pour l’homme, dit la sagesse des nations. Et la femme, donc ? Quand on ne veut suivre des près le discours que l’homme tient sur la femme, rien que depuis la Renaissance, on est frappé par la haute dose d’agressivité et de peur masculines qu’il révèle. C’est cette histoire de la misogynie, depuis la plus virulente, la plus violente et la plus paillarde, jusqu’à la subtile, la plus paternaliste et la plus féministe d’apparence, que Pierre Darmon nous retrace. La femme a toujours représenté pour l’homme un mélange de séduction et de danger. Ce qui a varié, et qui est ici relaté, c’est la manière de dire l’ "infériorité" de la femme, pour mieux la rendre réelle dans les mœurs et dans la loi." (4e de couverture)

123.          DELUMEAU (Jean). Les Sciences au XVIIIe siècle de 1750 à 1789, spécialement en France. Faculté des lettres et des sciences humaines de Rennes, 1962, 2 vol. in-4°, 74-10 pp, texte dactylographié, brochés, qqs rares soulignures stylo, état correct (Cours d'agrégation 1962-1963)

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Les 10 dernières pages traitent de la révolution en chimie (Stahl, Lavoisier).

124.          ERLANGER (Philippe). Gabrielle d'Estrées, femme fatale. P., Jean Dullis, 1975, gr. in-8°, 260 pp, broché, couv. illustrée à rabats, une garde salie, bon état

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Gabrielle d'Estrées (1573-1599) "fut un enfant à l'esprit d'oiseau, uniquement créé pour l'amour, qui, faillit régner sur la France, et lui être fatale". Ainsi Philippe Erlanger achève-t-il la biographie de celle qui fit tourner la tête d'Henri IV en pleine guerre de Religion et accompagne l'ascension du monarque. Le peuple parle de la putain du roi, les prédicateurs dénoncent l'adultère royal, la Cour se plaint de l'ambition frénétique de la famille d'Estrées. Sully s'inquiète d'une mésalliance qui ruinerait ses calculs diplomatiques ; peu importe, Gabrielle gouverne le corps et le cœur d'Henri IV. En juin 1594, elle lui donne même un premier fils, César de Vendôme, alors qu'on n'avait pas vu de naissance d'un "Dauphin" depuis cinquante ans. Entre les négociations de l'Edit de Nantes avec les protestants, la guerre avec l'Espagne, les alliances sans cesse défaites avec l'Italie, se joue une partie terrible de cinq ans. Gabrielle y démontre une ténacité et une habileté telles quelle se voit presque reine, jusqu'à cette mort brutale qui l'a fait entrer dans la légende des grandes courtisanes.

125.          FEJTÖ (François). Un Habsbourg révolutionnaire : Joseph II. Portrait d'un despote éclairé. Plon, 1953, in-8°, 356 pp, 8 gravures hors texte et une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

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Le portrait de celui qui fut par excellence le souverain des Lumières. Joseph II (1741-1790), roi de Hongrie, d'Autriche et des Romains à vingt-trois ans en 1764, élu empereur d'Allemagne l'année suivante, visite ses Etats, puis l'Italie, la Prusse, la Russie et surtout Paris en 1777. En compagnie de sa soeur Marie-Antoinette, il découvre la cour la plus brillante de l'époque. C'est là qu'il définit les principes de son action politique : le despotisme éclairé. Durant son règne, il abolit le servage et met en chantier une réforme fiscale. Il promulgue un édit de tolérance, instaure le mariage civil, cantonne l'autorité du pape au dogme, sécularise la moitié des couvents et assure aux juifs une paix religieuse et sociale. Menacé par la Prusse et l'Empire ottoman, il tient son empire par la force de sa poigne et le conduit, jusqu'à sa mort en 1790, à être le seul concurrent – pacifique –de la France, laissant un héritage riche et contrasté. Une biographie magistrale.

126.          GOUBERT (Pierre). L'Ancien Régime. Tome 1 : La société. Tome 2 : Les pouvoirs. Armand Colin, 1973-1974, 2 vol. gr. in-8°, 232 et 262 pp, biblio, brochés, couv. illustrées à rabats, dos uniformément passés, bon état (Coll. U)

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"Ce premier volume décrit la société d'Ancien Régime, entre 1600 et 1750, en négligeant les caractéristiques des différents règnes. Un second volume sera consacré à l'Etat. Le résultat est des plus convaincants. Essayant, dans le premier chapitre, de définir l'Ancien Régime selon les Constituants (qui condamnaient une société et ses lois, mais non la monarchie, ni la foi) et les paysans, qui l'identifiaient au pouvoir des seigneurs, G. constate que le propre de l'Ancien Régime, c'est la confusion, « un magma de choses habituellement séculaires, parfois millénaires », qu'il s'agit d'éclairer. Essentiellement rurale, la société est coulée dans des cadres démographiques, économiques, juridiques et mentaux, analysés tour à tour. La France est le royaume le plus peuplé et le plus dense d'Europe, malgré les catastrophes qui, jusqu'en 1710 surtout, le ravagent de temps à autre. Ce milieu est stable, sédentaire, enraciné. Prédominance de l'économie agricole sur l'économie industrielle. L'industrie, qui joue un rôle second, aurait pourtant permis à l'économie française de « décoller », vers la fin du siècle, sans la Révolution. Des moyens de transports imparfaits, un lourd système monétaire, n'empêchent pas cette société rurale d'être nombreuse et plantureuse. Sont ensuite examinés les cadres et les éléments de cette société, basée sur l'exploitation agricole, et sur la rente foncière (ecclésiastique, seigneuriale, royale, etc.), malheureusement peu réinvestie dans l'agriculture, puis la noblesse ancienne et « moderne », les bourgeois et « les bourgeoisies », les villes et la société urbaine. Vient enfin l'étude, si difficile et passionnante, des mentalités et des cultures ; les mentalités magiques du temps favorisaient la tranquillité des groupes dominants. Des conflits dressent alors les campagnes contre les villes, la province contre Paris, la minorité éclairée et avide de liberté contre le despotisme de l'Église et de l'État, et peut-être la nouvelle génération contre l'ancienne. En conclusion, on ne peut plus réduire la Révolution à la victoire de la bourgeoisie capitaliste montante sur l'aristocratie féodaliste ; la réalité beaucoup plus nuancée et complexe, demande, pour être mieux connue, le travail d'équipes multidisciplinaires acharnées à percer le secret des témoignages contemporains. Stimulant par son contenu, cet ouvrage est également des plus maniables. Des textes judicieusement choisis et des bibliographies sélectives illustrent ou complètent chaque chapitre." — "Dans ce manuel, qui suit le tome I, consacré à l'Ancien Régime, G. étudie les aspects politiques et juridiques du régime en vigueur de 1600 à 1750, en s'opposant à l'opinion traditionnelle selon laquelle les résistances à l'action centralisatrice et « progressiste » de l'Etat ne reflétaient que des forces passéistes, condamnées par l'histoire. Allant du bas vers le haut, G. retrace le climat institutionnel de l'époque, en soulignant les contrastes entre les règles de l'administration royale et l'esprit de désobéissance ou de passivité de la population. Il confronte ensuite les organismes étatiques aux sociétés vivantes et aux grands corps, ainsi qu'au petit peuple, sans cesse dressé contre la fiscalité; il décrit l'imbroglio administratif que représentait la justice, et le fléau qu'était alors la guerre. G. étudie enfin la place tenue par une Eglise intimement liée à l'Etat. A partir de 1750, divorce entre une société en pleine mutation et un Etat sclérosé. Vers la fin de l'Ancien Régime, on bute partout sur le problème de la montée des jeunes. La mort recule, la population bouge, l'augmentation des naissances illégitimes et des conceptions prénuptiales, l'extension de la prévention des naissances témoignent d'un changement considérable. L'économie prend une allure expansionniste. Avec les nouvelles techniques apparaissent les prodromes de la révolution industrielle, mais la prédominance agricole se maintient. L'écart entre dominants et dominés se creuse, la bourgeoisie urbaine s'introduisant chez les dominants. Et pourtant ce régime aboli survit encore parmi nous, dans maintes conceptions et institutions, ne serait-ce que par la centralisation : sur ce point, « l'Ancien Régime ne survit pas, il triomphe ». Comme à l'accoutumée, chez G., de précieux extraits documentaires et des suggestions bibliographiques complètent chaque chapitre de ce livre, nourri et vigoureux." (J. Hecht, Population, 1970 et 1974)

127.          HAUSER (Henri). La Pensée et l'action économiques du Cardinal de Richelieu. PUF, 1944, in-8°, 194 pp, broché, bon état

            30

La psychologie économique de Richelieu ; Richelieu, ministre du Commerce de la Marine ; L'Assemblée des Notables de 1626-1627 ; Le commerce du Levant ; Le « grand dessein » de Richelieu ; Le commerce transocéanique ; Le travail et la production ; Commerce intérieur, circulation, finances. — "... Le livre sur “La pensée et l'action économique du cardinal de Richelieu”, lentement préparé, depuis longtemps annoncé, nourri de recherches personnelles et de doctrine, et qui fut le dernier ouvrage d'Henri Hauser, enrichissait de données inattendues cette histoire moderne du capitalisme français qu'il avait si patiemment défrichée. Ces pages précises et neuves marquaient la continuité et, malheureusement aussi, le terme de son labeur..." (A. Renaudet, “Henri Hauser (1866-1946)”, Revue Historique, 1946)

128.          HÉRITIER (Jean). Catherine de Médicis. Fayard, 1940, in-12, 731 pp, sources et biblio, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale imprimée sur alfa

            25

Remarquable étude, avec une très ample bibliographie. — "Une œuvre, non d'un simple vulgarisateur de seconde main, mais d'un historien méthodique. M. Héritier a voulu écrire, non une biographie stricte comme feu J.-H. Mariéjol, ni une histoire du temps de Catherine de Médicis, mais une « synthèse » de la vie et des actions de son personnage, qu'il s'est efforcé de replacer dans son siècle et qu'il s'interdit d'expliquer à l'aide d'autre chose que les idées, la mentalité de ce siècle. En fait, les 731 pages de cette « synthèse » contiennent bien des analyses, ou des contributions analytiques. On ne s'en plaindra pas, car ces morceaux sont sérieux, généralement bien informés, même lorsqu'il s'agit des relations du gouvernement de Paris avec Elizabeth d'Angleterre et du projet de mariage de François, duc d'Anjou, même lorsqu'il s'agit de l'affaire de Portugal et des négociations compliquées menées par Catherine avec son gendre de l'Escorial. Il a annexé à son travail une copieuse Orientation bibliographique (39 pages). Cette « orientation » est en réalité un aperçu fort ample sur l'ensemble des sources et de la bibliographie concernant non seulement Catherine de Médicis, mais bien l'histoire générale et particulière de toute la période française 1560-1589. On y relèvera peu de lacunes. Le volume est de lecture attachante. Une Catherine de Médicis femme, mère et « gouvernante », un peu systématique, très vivante cependant, se dessine clairement devant l'esprit du lecteur. M. Héritier atteint donc son objet et son gros ouvrage se classera certainement à un bon rang dans la collection à laquelle il l'a donné." (H. Drouot, Revue d'histoire de l'Église de France, 1941) — "Par une singulière coïncidence le livre de M. Jean Héritier, qui évoque la période du plus grand déchirement français – les guerres de Religion – jusqu’en 1940, parut précisément en 1940 et fut presque aussitôt épuisé. Son livre apparaît comme un tableau fort complet, disposé dans les perspectives les plus variées autour d’un portrait très approfondi : celui du personnage central, qui anime et domine toute la peinture. Que ce personnage soit une femme contribue sans doute à donner à ce récit, d’une stricte rigueur historique, son caractère émouvant, pathétique. La formule consacrée n’est certes pas de complaisance ici : cela se lit comme un roman, et le plus passionnant des romans. Nulle femme pourtant ne fut moins romanesque que Catherine de Médicis, au sens où on l’entend des héroïnes féminines, puisque son biographe peut dire d’elle qu’elle n’avait jamais eu d’aventure amoureuse. Sa seule passion de femme, mais violente et de grandes conséquences politiques, fut le sentiment maternel. Il faut noter aussi un attachement conjugal réel, solide, mais trop dénoué ; le destin fit de Catherine non une épouse, mais une mère royale, et plus véritablement : un roi..." (Yves Florenne, Le Monde diplomatique, 1960)

129.          HUME, ROUSSEAU, VOLTAIRE, D'ALEMBERT, etc. Réunion de 3 ouvrages : 1. Monsieur de Voltaire peint par lui-même ou Lettres de cet écrivain, dans lesquelles on verra l'histoire de sa vie, de ses ouvrages, de ses querelles, de ses correspondances, & les principaux traits de son caractère, avec un grand nombre d'anecdotes, de remarques et de jugements littéraires. Première et seconde partie. A Lausanne, par la Compagnie des Librairies, 1767, iv-212 et 70 pp. – 2. Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau, avec les pièces justificatives. A Londres, 1766, xiv-127 pp. – 3. VOLTAIRE. Le Docteur Pansophe, ou Lettres de Monsieur de Voltaire. A Londres, 1766, 46 pp [contenant la Lettre de monsieur de Voltaire à monsieur Hume et la Justification de J.J. Rousseau dans la contestation qui lui est survenue avec M. Hume]. Lausanne et Londres, 1766-1767, in-12, reliure plein veau marbré, dos lisse, triple filets et caissons dorés ornés, pièce de titre basane bordeaux, tranches rouges (rel. de l'époque), dos et plats frottés, coiffes abîmées, état correct

            250

Intéressant recueil réunissant deux des principaux ouvrages publiés autour de la rupture de Hume et de Rousseau. Ce dernier, poursuivi par la censure sur le continent, était venu s'installer en Angleterre à l'invitation du célèbre philosophe écossais mais la discorde n'avait pas tardé à naître entre les deux hommes. – 1. Edition restée inconnue à Bengesco, de cette compilation des lettres publiée du vivant de l’auteur, due sans doute à Angliviel de la Beaumelle, et qui selon Grimm "a fait mourir de rire, et qu'on ne prend pas plus mauvaise opinion de l'homme illustre pour lequel le compilateur non illustre a voulu témoigner de l'aversion". – 2. Edition originale, publiée en français par Suard d'après le manuscrit anglais de Hume. L'édition anglaise "retraduite" du français, parut quelques mois plus tard. Cet ouvrage de Hume contient la version du philosophe écossais sur sa brouille avec Rousseau. Le 9 janvier 1766, par un temps glacial, deux des intellectuels les plus importants du siècle s’embarquent ensemble à Calais pour l’Angleterre : Jean-Jacques Rousseau et David Hume. Le philosophe écossais a décidé de prendre Jean-Jacques, persécuté, sous sa protection. Depuis plus de trois ans Rousseau est en effet en exil, après que son Émile ait été par jugement lacéré et brûlé sur les marches du Palais de Justice de Paris. David Hume n’a alors en France presque que des amis, Jean-Jacques presque que des ennemis. Le 21 mai de l’année suivante, hagard, au bord de la folie, Rousseau fuit l’Angleterre après une folle querelle, venimeuse, acharnée, avec le « bon David ». Que s’est-il passé ? Tout Paris bruit des éclats de la querelle. Hume décide, sous la pression des philosophes français, de rédiger un compte-rendu de cette pénible affaire, intitulé Exposé succinct de la contestation qui s’est élevée entre M. Hume et M. Rousseau, avec les pièces justificatives. Il paraît à Paris au cours de l’automne 1766. D’Alembert en a supervisé la traduction. Deux mois plus tard, il est publié en Anglais à Londres, prétendument « traduit du français ». Entre les deux éditions, Hume a rajouté des notes, en a supprimé d’autres. Au-delà de l’anecdote, qui a son importance, ce petit livre éclaire la vie quotidienne et le comportement de deux des génies de ce XVIIIe siècle européen qui en compta beaucoup. S’attacher profondément à leurs œuvres nourrit la curiosité envers les hommes qui les ont créées. Lorsqu’il s’agit de Hume et de Rousseau, rien à leur sujet ne peut nous être indifférent. – 3. Edition originale. Ayant appris la rupture survenue entre Rousseau et son protecteur, le grand philosophe écossais David Hume, Voltaire écrit à ce dernier le 24 octobre 1766 pour lui relater ses propres démêlés avec le Citoyen de Genève. Le pamphlet se termine sur une Lettre de M. de Voltaire au docteur Jean-Jacques Pansophe, texte dont Voltaire nia la paternité, inventaire cumulé des exemples démonstratifs de l’absence de bonne foi, de bon sens et de modestie chez Jean-Jacques... Bien que Voltaire ait toujours nié être l'auteur du pamphlet, ses contemporains furent unanimes à le lui attribuer, de même que les bibliographes.

130.          LACOUR-GAYET (G.). L'éducation politique de Louis XIV. Hachette, 1923, pt in-8°, (8)-358 pp, seconde édition, reliure demi-percaline bleue, dos lisse, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

"On connaît l'excellent ouvrage de M. Lacour-Gayet, qui ne se borne pas à étudier l'éducation politique du Grand Roi, mais qui contient aussi les plus précieuses indications sur les idées politiques du XVIIe siècle. Le livre II est particulièrement intéressant : il comprend d'excellents chapitres sur le droit divin des rois, sur la doctrine du pouvoir absolu dans la seconde moitié du siècle, et il montre que c'est le principe de l'autorité souveraine – quelle que soit la forme du gouvernement – qui s'est imposée à tous les penseurs, à Spinoza comme à Hobbes, jusqu'au moment où l'on commence à réagir contre l'absolutisme." (H. Sée, Annales de Bretagne, 1924)

131.          LAFUE (Pierre). Louis XV. La victoire de l'unité monarchique. Hachette, 1952, pt in-8°, 315 pp, biblio, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, couv. illustrée conservés (rel. de l'époque), bon état

            25

"Pierre Lafue a publié en 1952 un ouvrage intitulé “Louis XV ou la victoire de l'unité monarchique” qui est moins une biographie qu'un plaidoyer habile destiné à démontrer que le roi a lutté pendant toute sa vie pour restaurer l'autorité de la Couronne... et n'y est parvenu qu'à l'extrême fin de son existence, en 1770..." (Jacques Levron, “Louis le Bien-aimé”, 1965)

132.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). Le Voyage de Thomas Platter, 1595-1599. Le siècle des Platter II. GLM/Fayard, 2000, gr. in-8°, 703 pp, 12 pl. de gravures hors texte, 4 cartes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

On n'a pas oublié l'extraordinaire réussite sociale et intellectuelle de Thomas Platter (dit le Vieux, 1499-1582), mendiant et berger des montagnes suisses devenu imprimeur et professeur, notable de la ville de Bâle, non plus que celle de son fils Felix (1536-1614), étudiant à Montpellier, grand médecin et collectionneur. Emmanuel Le Roy Ladurie a conté leurs aventures et leurs pérégrinations dans “Le Mendiant et le Professeur”. À son tour, le même Felix offre un demi-siècle plus tard à son jeune frère Thomas (1574-1628) de semblables études à Montpellier et un voyage d'initiation dans le sud et l'ouest de la France, le nord de l'Espagne (ainsi que les Pays-Bas et l'Angleterre), comme lui-même l'avait fait et raconté au temps du roi Henri II. Thomas II Platter a reçu une éducation soignée et une véritable culture ; tout au long de son itinéraire, le futur médecin, excellent latiniste et bon connaisseur des Écritures, se tourne avec un égal intérêt vers l'histoire et les lettres, vers la botanique et les monuments, vers le droit et la toponymie, vers les paysages et l'économie tant rurale qu'urbaine ; les hommes, avec leurs coutumes et leurs usages particuliers d'un lieu à un autre, le passionnent plus encore. Réformé et fier de l'être, citoyen de l'une des citadelles du protestantisme européen, il est d'une ouverture d'esprit surprenante pour son époque : sa modération envers les "papistes", son admiration (feutrée) pour les collèges jésuites et sa bienveillance pour les façons de vivre des Juifs d'Avignon, sa francophilie (presque constante), son regard quasi ethnologique sur les populations rencontrées, bref son absence générale de préjugés donnent au texte qu'il rédigera quelques années plus tard une liberté de ton unique ; il réunit aussi une considérable somme d'informations et d'observations sur la France d'Henri IV (les ruines morales et matérielles de trente ans de guerres religieuses et civiles sont bien visibles). La relation du périple est d'une richesse, d'une finesse et d'une saveur telles qu'Emmanuel Le Roy Ladurie a cette fois préféré donner la parole à son héros au moyen de la traduction intégrale du texte du voyage en France du Sud et en Catalogne (traduction effectuée en commun avec Francine-Dominique Liechtenhan). En incomparable spécialiste des sociétés méridionales et en analyste de l'Etat moderne, il introduit cette oeuvre et l'éclaire de notes et de commentaires abondants où trouvent à s'exercer ses talents d'historien à l'universelle curiosité. La biographie de Thomas le Vieux et celle de Felix, le récit de Thomas le jeune forment un panorama sans équivalent sur tout le XVIe et les débuts du XVIIe siècle en France et en Europe – ce second volume le prouve à l'envi –, et c'est à bon droit que l'on peut parler de « siècle des Platter », pour désigner les accomplissements de cette illustre famille bâloise.

133.          LORRIS (Pierre-Georges). Un agitateur au XVIIe siècle, le cardinal de Retz. Albin Michel, 1956, in-8°, 411 pp, biblio, généalogie, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Bon connaisseur des mémoires de Retz, séduit par les destinées audacieuses, M. P.-G. Lorris évoque avec verve son personnage. Il veut en rendre sympathiques la tenace énergie et l'ambition, dont il nous ne livre pas tout le secret. Agitation, en effet, plutôt qu'action, toute cette carrière du cardinal qui finit par paraître bien décevante, à la mesure de celles de Mazarin ou de Talleyrand. Les causes auxquelles il s'attacha manquaient-elles d'avenir ou le cardinal, tout intelligent et subtil qu'il fût, manquait-il d'envergure ?" (Victor-L. Tapié, Revue Historique, 1957) — "Il est trop certain que, littérairement, Saint-Simon porte dommage à Retz. Deux grands personnages, mais de quelle grandeur différente ! Le duc reste puissant et sincère, même dans le faux ; le cardinal donne l'impression de la ruse et du mensonge, même quand il est droit et peut-être vrai. Ce beau livre de M. Pierre-Georges Lorris met les choses au point. C'est l'oeuvre d'une historien et d'un homme de goût. Retz y apparaît ce qu'il a été effectivement, ou dû être : le plus singulier des ecclésiastiques, et assez intelligent pour être bon théologien, homme d'intrigue plus que de parti et politique de détail, sans rien de l'envergure d'un Richelieu ou de la profondeur de dessein de son vieil ennemi Mazarin. Mais que tout cela ne le diminue pas ! C'est qu'il sauve tout par son esprit. Historiquement, Retz, c'est la Fronde – une guerre de factions qui ne fut pas toujours pour rire – et sa politique, une politique de faction, assez poussée encore pour que des connaisseurs comme Talleyrand et notre Caillaux l'aient appréciée. Mais Retz, pourtant, est quelque chose de plus, un moraliste, le peintre d'un temps et de quelques âmes, dont la sienne..." (Hommes et mondes, 1956) — "Une étude captivante... véritable roman d'aventures." (Alain Palante, France Catholique, 1956)

134.          MENTION (Léon). Documents relatifs aux rapports du Clergé avec la Royauté de 1682 à 1789. Genève, Slatkine-Mégariotis, 1976, 2 vol. in-8°, v-186 et 270 pp, les 2 tomes en un volume en reliure simili-cuir bleu-nuit de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés en long, bon état (Réimpression sur bon papier de l'édition de Paris, 1893-1903)

            50

1. 1682-1705 : La Régale (les libertés de l'Eglise gallicane). L'affaire des Franchises. L'Edit de 1695. L'affaire des “Maximes des Saints”. Le Jansénisme en 1705. – 2. 1705-1789 : La Bulle Unigénitus. Le Parlement. Les Jansénistes et le Clergé. Le Clergé et le Fisc. La suppression des Jésuites. — "M. Mention, suivant le même plan que dans son premier volume, s'est proposé de choisir les textes les plus significatifs. Les trente textes ainsi publiés portent sur les questions suivantes : 1) Le Jansénisme. Bulle Unigenitus avec ses annexes (lettre du Clergé au Pape acceptant la Bulle, Lettres Patentes du Roi pour demander l'enregistrement). Déclarations royales de 1720 et 1730 pour terminer les disputes, imposer le silence, défendre l'impression des ouvrages contre la Bulle et l'appel au Concile. Ordonnances de 1732 et 1733 pour mettre fin à l'agitation des Convulsionnaires. Arrêt du Parlement de 1731 et remontrances de 1733 où s'expriment ses prétentions en matière religieuse. Remontrances du Clergé de 1755 et 1760 pour protester contre ces prétentions. – 2). Le Clergé et le fisc. Edit de 1749 sur les biens de mainmorte et principales pièces relatives au conflit de 1750 entre le Roi et l'Assemblée du Clergé à propos des biens du Clergé et de la gratuité de ses dons. – 3). Suppression des Jésuites. Arrêt du Parlement de 1762, qui constitue une véritable encyclopédie des ouvrages ayant trait à l'affaire. Plaidoyer du Clergé en faveur des Jésuites (1762). Arrêt de 1764 réglant la condition civile des Jésuites en France. Bref de 1773 portant suppression de l'ordre. On voit par cette énumération que M. Mention a réussi à choisir parmi d'innombrables textes ceux qui pouvaient le mieux donner l'idée de la gravité des conflits et des prétentions de la Royauté, du Parlement et du Clergé. Ces textes sont édités avec soin ; ils sont accompagnés d'extraits d'autres textes qui leur servent de commentaire, et les notes sont, en général, aussi justes que concises." (Albert Cans, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1903, à propos du tome 2)

135.          MONGEZ (Antoine). Histoire de la reine Marguerite de Valois, première femme du roi Henri IV. P., Ruault, 1777, in-8°, (8)-422-(2) pp, reliure plein veau brun marbré, dos lisse à caissons orné de fleurons, pièce de titre basane noire, triples filets encadrant les plats, coupes filetées, tranches marbrées (rel. de l'époque), bon état

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Edition originale du premier ouvrage du chanoine Mongez (1747-1835), archéologue et historien à la carrière politique agitée. C'est la première biographie de Marguerite de Valois, dite la reine Margot, qui aura aura attendu 1777 pour qu'un historien daigne s'intéresser à sa vie sulfureuse. D'une grande clarté, elle est le premier signe d'un intérêt moderne pour la reine Marguerite, qui connut les développements romanesques que l'on sait au XIXe siècle. (Cioranescu, XVIII, 45 971).

136.          MOUSNIER (Roland). La Dîme de Vauban. CDU, 1969, in-4°, 88 pp, texte dactylographié, broché, qqs rares marques au stylo en marges, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne)

            25

Roland Mousnier se demande si l'auteur de la Dîme royale n'est pas « un ancêtre [...] de tous ceux qui ont cru détenir la justice et le bien des peuples et qui ont voulu les réaliser, au besoin contre la volonté des peuples, par voie d'autorité ». Bien qu'il fasse de graves réserves sur la modernité de Vauban, il qualifie de révolutionnaires les maximes sur lesquelles il fondait son impôt de quotité.

137.          MOUSNIER (Roland). La Société française de 1770 à 1789. I. CDU, 1970, in-4°, 193 pp, texte dactylographié, broché, qqs soulignures stylo, bon état (Coll. Les cours de Sorbonne - Agrégation)

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1er fascicule seul (sur 2) : Les problèmes du clergé dans la société de l'Ancien Régime de 1770 à 1789. – L'ordre de la Noblesse.

138.          NOELL (Henry). Henri II et la naissance de la société moderne. P., La Nouvelle Edition, 1944, in-12, 336 pp, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque signée P. Mage, Lille), bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)

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Une grande synthèse de ce règne trop négligé. — "Certains rois et reines ont été longtemps délaissés. Henri II n'a pas soulevé l'enthousiasme des historiens au XXe siècle. Il n'a pourtant pas été complètement négligé sous l'Ancien Régime : Mme de La Fayette a pour toujours associé son image à celle d'une cour brillante et aux amours de la Princesse de Clèves, tandis qu'Antoine Varillas a écrit une “Histoire de Henri second” (1692), relayée par Claude François Lambert au siècle suivant (“Histoire et règne de Henri II”, 1755). Mais un seul érudit, Edouard de La Barre-Duparcq, a poursuivi l'entreprise au XIXe siècle (“Histoire de Henri II”, 1887), pendant que Charles Marchand faisait l'effort de retourner aux sources (“Documents pour l’histoire du règne de Henri II”, 1893). Ces documents n'ont guère inspiré qu'Henry Noell (“Henri II et la naissance de la société moderne”, 1944)." (Chloé Pardanaud-Landriot, 2012)

139.          QUINAULT (Philippe). Théâtre choisi. Nouvelle édition précédée d'une notice biographique par M. Victor Fournel et illustré de quatre gravures coloriées. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1882, in-12, xxviii-475 pp, 4 belles gravures sous serpente, dessinées par M. Henri Allouard, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            60

Philippe Quinault (1635-1688) n’avait que dix-huit ans lorsqu’on joua à l’hôtel de Bourgogne sa première comédie, les Rivales, en cinq actes (1653). Tristan la lut, comme de lui, aux acteurs, qui lui en offrirent cent écus. Quand ils connurent l’âge de l’auteur, ils retirèrent leur proposition, mais ils consentirent à accorder le neuvième de la recette, tous frais déduits. Ce fut l’origine de la « part d’auteur ». La pièce réussit, et Quinault donna l’année suivante deux comédies et une tragi-comédie. Le succès de la tragédie d’Agrippa ou le faux Tibérinus (1660), et surtout celui de la tragédie d’Astrate (1663), ainsi que de la comédie intitulée la Mère coquette (1665), établirent sa réputation. Le roi lui fit une pension de deux mille livres. L’Académie française l’admit en 1670. Il devint aussi membre de l’Académie des inscriptions en 1674. C’est seulement en 1671 que Quinault débuta dans le genre qui devait l’illustrer, par les intermèdes de Psyché. À partir de cette époque jusqu’en 1686, il fut le collaborateur de Lully à la demande de qui il écrivit plusieurs livrets d'opéra créant avec celui-ci le genre spécifiquement français de la tragédie lyrique. Cette collaboration ne fut interrompue que pendant deux ans (1677-1678), Madame de Montespan humiliée d'avoir été comparée à la jalouse Junon dans l'opéra Isis, obtint du Roi la mise à l'écart temporaire du librettiste. Quinault, arrivé au moment exact où l’opéra devenait à la mode hors d’Italie, n’a pas peu contribué à l’établir définitivement comme genre artistique européen. Lully lui payait quatre mille livres pour chaque pièce, disant que Quinault était « le seul qui pût l’accommoder, et qui sût aussi bien varier les mesures et les rimes dans la poésie, qu’il savait lui-même varier les tours et les cadences en musique. » Le poète sut sans doute plier ses vers aux caprices du musicien et les transformer suivant les besoins de la mélodie, ce à quoi La Fontaine faisait allusion, lorsque, s’étant décidé à écrire un opéra pour Lully, il dit de ce dernier : « Bref, il m’enquinauda. » Après la mort de Lully en 1687, Quinault, pris de scrupules religieux, renonça au théâtre et se livra à la composition d’un poème intitulé l’Hérésie détruite, qu’il n’eut pas le temps d’achever... — "Le plus inimitable, le plus concis peut être de nos poètes et l'un de ceux qui s'exprimèrent avec le plus de pureté comme avec le plus de grâce." (Voltaire)

140.          RETZ (Jean François Paul de Gondi, Cardinal de). Mémoires, contenant ce qui s'est passé de remarquable en France pendant les premieres années du règne de Louis XIV. Nouvelle édition exactement revue et corrigée. Genève, Fabry et Barillot, 1779, 4 vol. pt in-8°, xx-556, 547, 475 et 496 pp, table, brochés, sous couvertures d'attente en papier fantaisie de l'époque, non rognés, dos lég. abîmés, état correct

            200

Autrefois, ce n'était pas comme maintenant ; les premiers ministres manqués faisaient de grands mémorialistes, et même de grands écrivains tout court : Retz, Saint-Simon, Chateaubriand. Retz a d'ailleurs été cardinal-archevêque de Paris, et l'un des principaux meneurs de la Fronde. Ses Mémoires, qu'il rédige à plus de soixante ans, vers 1675-1676, à la demande de ses amis (dont Madame de Sévigné), sont l'autobiographie d'un homme politique en pleine guerre civile. Il prend sa revanche sur les déboires d'une existence "agitée par tant d'aventures différentes". Il en revit les grandes étapes en une sorte de rêve éveillé. L'allégresse du récit, l'évocation colorée des événements, la pénétration psychologique, par-dessus tout, le style varié, drôle, parfois méchant, en font un texte majeur de notre littérature et un modèle pour la pensée et pour l'action.

141.          SARRAZIN - RETZ - BESSÉ - RULHIÈRES - FLORIAN. Petits chefs-d'oeuvre historiques. La Conspiration de Walstein, par Sarrazin. – La Conjuration de Fiesque, par le cardinal de Retz. – Relation des campagnes de Rocroy et de Fribourg, par Henri de Bessé. – Histoire de la révolution de Russie en 1762, par Rulhières. – Précis de l'histoire des Maures en Espagne, par Florian. Précédés d'une introduction et de notices historiques par M. Antoine de Latour. P., Firmin-Didot, 1846, in-12, 383 pp, reliure plein chagrin brun foncé, dos lisse avec titre doré et caissons à froid, encadrement doré sur le pourtour des plats, fer doré du Lycée de Dijon au 1er plat, tranches dorées, bon état

            50

Antoine de Latour a également publié un second volume contenant la “Conjuration des Espagnols contre Venise”, par l'abbé de Saint-Réal, et“l'Histoire des révolutions du Portugal” et “l'Histoire des révolutions de Suède”, par l'abbé de Vertot. — "Nous croyons que l'on ne saurait sans injustice relèguer au fond des bibliothèques les travaux sérieux de Saint-Réal, de Vertot, de Rulhières, et de quelques autres encore, trop négligés aujourd'hui. Le but de M. A. de Latour a été de « rechercher un certain nombre d'ouvrages très courts, dont les uns deviennent chaque jour plus rares et moins connus, et dont les autres veulent être détachés des collections volumineuses, exposés, la plupart, à suivre dans l'oubli ces collections qu'on ne lit plus guère, si on ne prenait soin de les en séparer ; rassembler sous un titre commun ces perles de l'histoire, en faire connaître les auteurs, tel est notre dessein. » (...) Les “Petits chefs-d'oeuvre historiques” offrent plus d'une sorte d'intérêt. La “Conjuration de Fiesque”, écrite par un jeune homme de dix-sept ans, qui devait être le cardinal de Retz, nous rappelle les paroles prononcées par Richelieu quant il lut cet essai d'un génie précoce : « Voilà dit-il, un dangereux esprit ! » Il avait deviné, dans le jeune et élégant abbé, le conspirateur futur. Pour nous, c'est avec un singulier sentiment de surprise que nous reconnaissons, dans la brillante figure du comte Jean-Louis de Fiesque, le portrait tracé à l'avance du coadjuteur de Paris. La relation des campagnes de Rocroy et de Fribourg nous fait assister à la partie la plus glorieuse de cette époque singulière, dont le nom du cardinal de Retz éveille dans notre pensée tous les souvenirs. Nous approchons de la Fronde. Mais la guerre civile n'a pas encore éclaté. Condé sert la France, et il la sert avec la puissance de son génie. On aime à entendre de la bouche d'un témoin simple et naïf, d'un pur et sage écrivain, les circonstances de ces campagnes, dont l'éloquence de Bossuet a peint à grands traits le magnifique tableau. C'est encore un témoin oculaire qui nous raconte la “Révolution de Russie” en 1762. De Henri de Bessé à Rulhières, la distance est grande, et la transition subite. L'écrivain du XVIIIe siècle n'a pas la sage simplicité qui recommande l'historien des campagnes de Rocroy et de Fribourg, mais il se distingue par une brillante et spirituelle vivacité. Placées entre les “Campagnes de Rocroy et de Fribourg”, et le “Précis de l'histoire des Maures en Espagne” , les anecdotes sur la cour de Pierre III, sur les amours et les intrigues de Catherine II, ressortent singulièrement en cette grave et sérieuse compagnie de Bessé et de Florian..." (Nouvelle Revue encyclopédique, 1847)

RÉVOLUTION

 

142.          BILLARD (Dr Max). Les femmes enceintes devant le Tribunal révolutionnaire. D'après des documents inédits. Perrin, 1911, in-8°, 229 pp, 6 gravures hors texte (dont le frontispice), broché, pt manque angulaire au 1er plat, bon état

            50

"Auteur d'ouvrages consciencieux, M. le Dr Max Billard a choisi comme sujet de son dernier volume : Les femmes enceintes devant le tribunal révolutionnaire. On sait que les femmes enceintes condamnées échappaient au moins temporairement à la guillotine, que beaucoup invoquèrent cette situation pour retarder le fatal dénouement et tâcher de s'y soustraire, que quelques-unes même n'hésitèrent pas à abdiquer tout sentiment pour essayer de la justifier. Nombre de faits de cette nature ont été déjà cités incidemment dans les ouvrages relatifs à la Révolution et, spécialement, au tribunal révolutionnaire. M. le Dr Billard les a repris, précisés ; il en a ajouté beaucoup d'autres, pour en former un ensemble qui ne manque pas d'intérêt, on doit le reconnaître, et qu'il a fort bien exposé. Mais l'histoire même ne doit-elle pas garder une certaine pudeur, et la meilleure façon dont elle pourrait honorer d'infortunées victimes, alors qu'on connaît assez d'infamies commises à cette sinistre époque, ne serait-elle pas de laisser dans un oubli respectueux leurs effroyables angoisses ou leurs défaillances dignes d'une profonde pitié ?" (Revue des études historiques, 1911)

143.          CASTELOT (André). Madame Royale. Rombaldi, Cercle du Bibliophile, 1968, pt in-8°, 252 pp, 17 gravures et une photo de l'auteur, avec un entretien inédit avec l'auteur en avant-propos, tiré sur papier spécial Moulin de Pradelle, reliure percaline blanche illustrée de l'éditeur (le décor de la reliure représente Madame Royale et de dauphin Louis XVII, par Mme Vigée-Lebrun), rhodoïd (lég. abîmé), bon état

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Née en 1778 sous les ors de Versailles, Marie-Thérèse Charlotte meurt en 1851 dans la solitude de l'exil, à Frohsdorf. Cette petite-fille d'empereur, fille, soeur, femme et belle-fille de rois, présente la particularité historique sans équivalent d'avoir connu trois règnes, deux républiques et deux empires. Elle est à la fois le trait d'union entre la France d'Ancien Régime et la démocratie qui s'esquisse; le témoin privilégié d'une France en ruine, celle de la Cour, des familles décimées par la Terreur; la chroniqueuse du malheur de l'exil et des espoirs déçus de royauté lorsqu'en 1830, son mari, le fils de Charles X, devient roi l'espace de quelques heures après l'abdication de son père. Madame Royale, c'est une destinée effroyable et grandiose, digne d'inspirer la plume des plus grands écrivains romantiques qui, à la suite de Chateaubriand, en firent l'ange funèbre de ces temps aventureux. Mais, par son inlassable activité politique, par sa volonté de rétablir les Bourbons contre le vent et les marées de l'histoire, elle représente aussi l'un des acteurs majeurs du long drame qui bouleverse l'Europe pendant soixante ans.

144.          CLÉRY (Jean Baptiste Cant Hanet, dit) / Raymond de SÈZE. Journal de J. B. Clery, valet de chambre du roi, relatant la captivité de Louis XVI, roi de France. Suivi de la défense de Louis prononcée par le citoyen Desèze devant la Convention Nationale. P., Jean de Bonnot, 1966, in-8°, 241-52 pp, 70 planches de gravures du temps et un plan hors texte, reliure plein cuir carmin de l'éditeur, dos orné de caissons dorés, double encadrement et initiales JBC dorés frappés sur les plats, tête dorée, signet, imprimé sur papier vergé filigrané, bon état

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Réimpression de l'édition de Londres, 1798, pour le Journal de Cléry. Raymond de Sèze prononça avec courage la défense du roi devant la Convention le 26 décembre 1792, Il fut l'un des avocats de Louis XVI pendant son procès en 1793, et fut par la suite arrêté comme suspect.

145.          CORNETTE (Joël). Un Révolutionnaire ordinaire. Benoît Lacombe, négociant, 1759-1819. (Thèse). Seyssel, Champ Vallon, 1986, gr. in-8°, 430 pp, avant-propos d'Emmanuel Le Roy Ladurie, qqs gravures et cartes, annexes, sources et biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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En 1783, à vingt-trois ans, un jeune commissionnaire découvre sur les pavés du quai des Chartrons, à Bordeaux, l'âpreté des hommes de marchandise et de profit confrontés à une "crise sans pareille". En 1793, à trente-trois ans, un révolutionnaire ardent dirige les débats orageux de la section des "sans-culottes à picques" de Gaillac. En 1805, à quarante-cinq ans, un propagandiste zélé et provisoire de la cause impériale vibre aux glorieuses victoires de l' "aigle" contre la "perfide Albion". En 1816, à cinquante-six ans, un notable mélancolique, infiniment dévoué au trône et à l'autel, visite en calèche ses parcelles "réparties quasi dans tout le vignoble", en ruminant le passé, le sommeil agité par les images du temps où "planait le couteau tranchant de la Révolution". Le même homme. Joël Cornette analyse 3890 lettres, 500 actes notariés, les archives révolutionnaires et construit une exemplaire biographie : celle d'un homme sans qualités. Un roman "vrai", l'itinéraire d'un inconnu, prototype des "masses de granit" que sont les "100.000 notables", vainqueurs de la Révolution.

146.          FOURCY (Ambroise). Histoire de l'Ecole polytechnique. Introduction et annexes par Jean Dhombres. Belin, 1987, in-8°, 198-viii-516 pp, importante biblio, index, index biographique, broché, couv. illustrée, bon état (Librairie du Bicentenaire de la Révolution française)

            40

Reproduction de l'édition unique de 1828 (516 p.), précédée d'une introduction (69 p.) et suivie d'annexes dues à Jean Dhombres (principalement : notes (36 p.), bibliographie (30 p.), notes biographiques (50 p.)). — "Ambroise Louis Fourcy-Gauduin, né en 1778, d'abord militaire, fut ensuite à l'Ecole polytechnique, en 1816, sous-inspecteur pour les études ; puis, en 1818, bibliothécaire, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1842. L'Histoire de l'Ecole polytechnique reproduite ici, dont il ne restait que de rares exemplaires, mérite une attention particulière par sa richesse, son intelligence, la qualité de l'exposé et son objectivité, du moins jusqu'en 1816, car, à la Restauration, l'auteur ne jouissait plus, bien évidemment, d'une pleine liberté d'expression. Il existe certes déjà de nombreuses histoires de l'Ecole polytechnique. Elles sont de valeur inégale et certaines ont une fâcheuse propension au panégyrique. Mais, pour la période allant de la création de l'Ecole en 1794 à 1828, surtout jusqu'à la chute de l'Empire, aucune n'égale l'histoire de Fourcy... L'intérêt de cette publication se double des importants compléments de Jean Dhombres. Tant ses notes que son introduction éclairent le récit de Fourcy, le complètent et, parfois, le rectifient..." (François Russo, Revue d'histoire des sciences, 1989)

147.          GARNIER (Jean-Paul). Barras, le roi du Directoire. Perrin, 1970, in-8°, 414 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex carmin de l'éditeur, gardes illustrées, bon état

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Excellente biographie d’un aristocrate – politicien « roué » du XVIIIe siècle, égaré dans les intrigues et les drames de la Révolution, et qui fut le vainqueur du 9 thermidor et le vaincu du 18 brumaire. A noter une trentaine de pages relatives à l’affaire Louis XVII. L’auteur raconte et commente les nombreux incidents relatifs à l’évasion, réelle ou supposée, du prisonnier du Temple : le remplacement du cordonnier Simon comme « précepteur du fils du tyran » ; les visites de Robespierre au Temple ; les bruits (répandus notamment par Barrère et Cambacérès) d’épousailles entre l’Incorruptible et Madame Royale (sœur du Dauphin) ; le rôle joué dans la préparation du 9 thermidor par le banquier Petitval, dépositaire (par l’intermédiaire de Malesherbes) de certaines consignes de Louis XVI ; le remue-ménage qui se produisit dans la prison pendant la nuit du 9 au 10 thermidor ; la visite au Temple, au petit matin du 10, de Barras qui trouve le Dauphin en mauvais état et Madame Royale debout et habilitée comme prête pour le départ ; l’installation de nouveaux gardiens, dont le chef Laurent (un Martiniquais, donc un compatriote de Joséphine Beauharnais) semble bien avoir soupçonné qu’un enfant inconnu aurait été substitué au Dauphin ; le refus obstiné (malgré l’adoucissement considérable des conditions de leur captivité) de mettre en présence l’un de l’autre le frère et la sœur emprisonnés ; les incidences de toutes ces affaires sur la politique internationale et sur la guerre de Vendée ; la proclamation officielle, le 8 juin 1795, de la mort de l’orphelin du Temple ; etc.

148.          L'HOSTIS (François). Comment devenait-on soldat dans l'Orne ? 1789-1815. Le Pays bas-normand, 1989, gr. in-8°, 120 pp, 13 gravures et fac-similés, dont 3 portraits, 2 cartes, tableaux, biblio, sources, broché, couv. illustrée, bon état

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149.          LA FUYE (Maurice de) et Emile GUÉRET. Rouget de Lisle inconnu. Hachette, 1943, in-12, 288 pp, 4 pp. de fac-similés, broché, papier lég. jauni, bon état

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"On a beaucoup écrit sur l'immortel auteur de la Marseillaise, et l'on oublie trop volontiers aujourd'hui que le Chant de guerre pour l'armée du Rhin, dédié au maréchal Lukner, en 1792, fut écrit, paroles et musique, par un officier, dont les intentions n'étaient nullement républicaines, puisqu'il refusa de trahir le serment de fidélité qui le liait à la cause de Louis XVI. Combien s'imaginent que l'ancien capitaine de génie avait voulu répondre aux voeux de la Révolution naissante, en écrivant l'hymne demeuré célèbre et national ! Or l'ami de Dietrich fut toujours royaliste fervent, en dépit du service qu'il prit dans l'armée des Ardennes. Robespierre le savait bien et le poursuivit de sa haine en le faisant arrêter comme suspect pendant la Terreur. Bonaparte ne s'y trompa point non plus, car il connaissait les hommes et lisait dans leur âme. C'est ce qui explique son peu d'empressement à sauver de la misère, lorsqu'il fut nommé Premier Consul puis Empereur, celui qui avait chanté le 9 Thermidor." (Martial Teneo, Le Monde artiste)

150.          LE CORBEILLER (Armand). Charles Sepher, Suisse de Saint-Eustache et Général de division. Firmin-Didot, 1930, in-8°, vi-269 pp, préface de G. Lenotre, 8 pl. de gravures hors texte, un fac-similé, biblio, broché, bon état

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Amusante biographie d'un suisse de Saint-Eustache dont les convictions républicaines firent la fortune : il devint chef de bataillon de la garde nationale, puis commandant de l'armée des Côtes de Cherbourg, qui n'a joué aucun rôle dans l'histoire révolutionnaire. — "Tailleur d'habits à Paris, Charles Sepher (1753-1836) devient suisse de l'église Saint-Eustache en 1783. Il sert dans la Garde nationale de 1789 à 1793. Il devient ensuite commandant en chef de l'armée de l'Eure chargée de combattre le fédéralisme dans ce département, puis est nommé général de division, commandant en chef de l'armée des Côtes de Cherbourg. Placé sous les ordres du général en chef de l'armée de l'Ouest, il est relevé de ses fonctions en décembre 1793." (Six II, 447) — "En nous retraçant la vie de ce singulier personnage, qui débuta comme dragon, fut ensuite tailleur, puis suisse à l'église de Saint-Eustache et devint presque subitement général de division, M. Armand Le Corbeiller nous fait toucher du doigt la folie de nos révolutionnaires quand ils estimaient les convictions politiques suffisantes pour conférer à un individu tous les talents nécessaires. Sepher n'était probablement pas un méchant homme, il avait une magnifique prestance, il représentait bien dans les cérémonies publiques et, dans son échoppe, il raccommodait bien les fonds de culotte : c'était certainement des qualités insuffisantes pour en faire un chef de bataillon de la garde nationale et immédiatement après, sans transition, sans préparation aucune, pour lui confier le commandement d'une armée. Rien d'étonnant que, sous ses ordres, cette armée des Côtes de Cherbourg ait joué un rôle si effacé qu'on put se demander, à un moment donné, si ce corps fantôme existait vraiment. Véritable fantoche revêtu d'un uniforme, Sepher peut être classé parmi ces généraux en baudruche, les Parein, les Ronsin, les Rossignol. les Santerre, qui ne durent leurs étoiles qu'à leurs professions de foi républicaines et se montrèrent toujours inférieurs à leurs tâches. Ces fiers-à-bras, bons pour lancer de grandes proclamations et pour godailler ferme au milieu des exécutions, n'eurent heureusement à exercer leurs commandements que dans les départements de l'ouest et non sur nos frontières. Dans ce volume, admirablement présenté par la maison Firmin-Didot, M. Le Corbeiller décrit très bien la mentalité de ce personnage, jusqu'ici peu connu, si peu connu qu'on s'étonne même que l'auteur ait pu retrouver sur lui tant de détails. C'est une bonne contribution à l'histoire de nos troubles intérieurs pendant la Révolution." (Ernest d'Hauterive, Revue des Etudes historiques, 1930)

151.          REBOUX (Paul). La Vie amoureuse de Madame Tallien. Flammarion, 1928, in-12, 201 pp, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. “Leurs amours”), envoi a.s. à André Billy. On joint un billet a.s. recto-verso non daté de Reboux où il demande à son ami d'intercéder en sa faveur auprès de l'éditeur Ollendorf qui ne lui a pas répondu

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Thérésia Cabarrus (1773-1835), épouse d'un marquis d'assez fraîche date et fille d'un banquier espagnol comte de plus fraîche date encore (1789), compagne de Tallien venu contrôler Bordeaux au nom de la politique du Comité de Salut public, puis maîtresse du banquier Ouvrard et merveilleuse en vue avant de finir princesse de Chimay. — "C'est un portrait de pied en cap, et très vivant, que M. Paul Reboux a peint dans sa “Vie amoureuse de Mme Tallien”. Avec adresse, avec grâce, avec ironie parfois, il évoque la vie romanesque de Thérésina Cabarrus, son enfance de fillette gâtée, son mariage à quatorze ans et demi, son séjour dans les prisons de Bordeaux, ou Tallien vient la délivrer pour l'associer à sa fortune, ses triomphes à Paris, comme reine des Merveilleuses, enfin, après les journées pathétiques de la Révolution, sa paisible ei habile retraite – elle a trente ans et sept enfants – auprès d'un troisième mari. le prince de Caraman-Chimay, à qui elle donne encore trois fils et une fille... Vie faite de contrastes, où le sourire ne la quitta jamais, même à son heure dernière, quand elle expira en murmurant : « Tout une fin... Les plaisirs sont bien peu de chose...» (Le Figaro, 29 décembre 1928)

152.          ROBIQUET (Jean). La Vie quotidienne au temps de la Révolution. Hachette, 1955, in-8°, 256 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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"Dans son dernier livre sur la “Vie quotidienne au temps de la Révolution”, M. Jean Robiquet rappelle, d'après Sébastien Mercier, que, à la Convention, durant la séance même où l'on votait la mort du Roi, des dames, au fond de la salle, mangeaient des glaces, des oranges, buvaient des liqueurs, « dans le plus charmant négligé... » (Le Figaro, 19 janvier 1939) — "Malgré les charettes et la guillotine, amours, mariages, trafics, plaisirs, tout le train-train journalier." — Par Jean Robiquet (1874-1960), historien et critique d’art, conservateur du musée Carnavalet.

153.          SAUCEROTTE (Docteur Constant). Les Médecins pendant La Révolution. Editions Louis Pariente, 1989, gr. in-4°, 250 pp, un frontispice et 104 dessins, portraits, gravures et fac-similés, index, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, dos lisse, titres et caissons révolutionnaires dorés, symboles révolutionnaires et encadrement doré au 1er plat, tranches dorées, pt accrocs au dos, un mors lég. abîmé, bon état

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Nouvelle édition commentée et augmentée par Liliane Pariente et Philippe Deville, enrichie de dessins de Christian Michaut et Jean-Pierre Merlin. Première réimpression complétée de quelques précisions. — "Comme tout le monde, Louis Pariente a sacrifié à la commémoration de la Révolution de 89. A sa façon, naturellement. L'idée lui est venue de reproduire en fac-similé le livre du Dr Constant Saucerotte “Les médecins pendant la Révolution” paru en 1887. L'ouvrage n'était pas de toute fiabilité – l'auteur, par exemple, gratifie Vauquelin du titre de médecin ? Qu'à cela ne tienne : on en complétera le texte par toutes les notes qu'il faudra et que Liliane Pariente et Philippe Deville rédigeront avec soin et compétence. Dépourvu d'illustration, il manquait d'attrait pour les lecteurs d'aujourd'hui habitués à voir autant qu'à lire ? Qu'à cela ne tienne : on y insérera de nombreuses reproductions et on mettra à contribution le talent de dessinateurs pour y ajouter un surcroît d'illustration. Ainsi naquit un beau volume de 34 x 25 cm relié en fibres de cuir, aux tranches dorées, qui joint au texte de Saucerotte, outre une multitude de fac-similés et dessins, une préface, d'innombrables notes atteignant parfois aux dimensions de la monographie, et jusqu'à une chronologie complète de la Révolution. Dûment muni d'un index nominum, il devient ainsi un ouvrage de référence sans cesser d'être un livre d'agrément." (Pierre Julien, Revue d'Histoire de la Pharmacie, 1990) — Table : Préface ; L'année 1789 ; Sentiments dans lesquels la Révolution trouvait les médecins à son début ; Les médecins dans les Assemblées Nationales ; Les médecins en dehors des fonctions politiques ; Les médecins pendant la Terreur ; Après la Convention ; Les intérêts professionnels en face de la Révolution ; Index abrégé des médecis, chirurgiens, pharmaciens et des « savants ».

154.          VIGUERIE (Jean de). Le Sacrifice du soir. Vie et mort de Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI. Editions du Cerf, 2010, gr. in-8°, 188 pp, 8 pl. de documents en couleurs hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, nombreuses soulignures stylo, bon état

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Orpheline à l'âge de trois ans, Madame Elisabeth, la petite soeur de Louis XVI, la dernière de la famille, bénéficie pourtant d'une instruction complète. Sportive, passionnée d'équitation, excellente en mathématiques et en dessin, vive, active et rapide, elle étonne son entourage par la diversité de ses talents et la fermeté de son caractère. Avec sa maison princière et ses amies, elle forme une petite cour au milieu de la cour, y faisant régner la piété et la paix. Elle ne se marie pas, n'entre pas au couvent. Sa vocation est de rester avec les siens, le roi, la reine et leurs enfants. Dans les dernières années de l'Ancien Régime, comme avertie de la tragédie, elle se prépare pour les secourir. A partir de 1789, elle les assiste et les réconforte. Refusant de les abandonner, elle quitte avec eux Versailles pour les Tuileries, et les Tuileries pour la prison du Temple. Après le roi et la reine, elle est guillotinée. Le régime ne peut pas l'épargner. Elle est son ennemie. Elle a toujours vu dans la Révolution un mensonge et une illusion. Elle a toujours déploré la faiblesse de son frère, et n'a jamais pu y remédier. Ange consolateur, grande figure de la résistance spirituelle à la persécution antichrétienne, elle est aussi l'exhortatrice. Elle encourage ses amies à la perfection chrétienne. Dans la voiture du retour de Varennes, elle convertit Barnave à la cause du roi. Sur le chemin de l'échafaud, elle exhorte à la mort ses compagnons de supplice. Puis elle quitte ce monde sans regret, tout à l'espérance de se "retrouver dans le sein de Dieu" avec sa "famille".

PREMIER EMPIRE

 

155.          CHASTENET (Jacques). Godoï Prince de la Paix. Fayard, 1943, in-12, 304 pp, 4 pl. de gravures hors texte, biblio, chronologie, broché, bon état. Edition originale sur papier courant, envoi a.s.

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"Godoï ou Godoy ? L'auteur de ce livre préfère la première orthographe, quoique la moins usitée, pour fixer, nous dit-il, la prononciation, « comme faisaient la plupart des Français contemporains du prince de la Paix... ». Toute l'existence du fameux “valido” n'a été – comme on l'a remarqué maintes fois – qu'un véritable roman. « Godoï – écrit M. J. Chastenet – peut paraître en soi un assez médiocre héros. Il n'en a pas moins, pendant seize années – sauf une brève interruption – gouverné à peu près domestiquement l'Espagne et la plus grande partie de l'Amérique ; il a excité la curiosité, sinon l'admiration, de Napoléon et il n'a pas laissé d'exercer une action sur le cours d'événements considérables... » On sait que la postérité n'a pas été particulièrement tendre envers le favori de Charles IV, l'amant de la reine Marie-Louise, ses deux acolytes de la lamentable « Trinité ». Pourtant, les Espagnols, qui, de son vivant, n'avaient eu, en général, que mépris et haine pour le “choricero” (ce sobriquet injurieux provenait de ce qu'il était originaire de Badajoz, au saucisson réputé), furent les premiers à tenter sa réhabilitation. (...) Lorsqu'on cherche à juger le rôle politique de Manuel Godoï, d'après ses résultats, et en premier lieu sur le plan international, il ne faut pas oublier, cependant, à quel terrible partenaire il avait affaire, et l'on peut se demander si, dans des conjonctures aussi tragiques, quelqu'un d'autre eût mieux réussi. (...) Tout le livre n'est (et c'est ce qui en fait le grand attrait), qu'une suite de tableaux, parmi lesquels, sans parler des multiples incidents mi-comiques, mi-tragiques qui illustrent la vie du héros principal, on retiendra particulièrement la description de la société espagnole à la fin du XVIIIe siècle (chapitre II, « L'Espagne de Goya ») et l'évolution des « Indes occidentales » vers l'autonomie (chap. VIII, « L'aube d'un monde moderne »)." (Angel Marvaud, Bulletin hispanique, 1944)

156.          CHASTENET (Jacques). Wellington, 1769-1852. Fayard, 1945, in-12, 365 pp, 2 cartes (guerre d'Espagne et Waterloo), biblio, index, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque signée P. Mage, Lille), papier lég. jauni, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale sur papier courant

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"Les études sur la vie et l'œuvre du « Duc de Fer » ne manquent pas. Qu'il suffise de rappeler celles de Maurel (1853), Gleig (1858), Hooper (1889), Maxwell (1899), Moriss (1904) et Wellesley (1938). Mais nous n'avions à notre disposition aucune étude d'ensemble en langue française. M. Jacques Chastenet vient de combler cette lacune. L'auteur des biographies de Godoï et de William Pitt – ce dernier ouvrage couronné du Prix Thérouanne – a consacré un fort bon travail à celui qui, d'abord modeste Arthur Wesley, termina ses jours en qualité de duc de Wellington, après avoir vaincu les Mahrattes, terrassé Napoléon et « donné le ton » à l'Angleterre de la première moitié du XIXe siècle. Outre qu'il évoque très agréablement la vie du vainqueur de Waterloo, l'ouvrage de M. Chastenet fournit aussi de très vivants tableaux des pays où Wellington a joué un rôle important. Nous songeons surtout à l'évocation de l'Inde à la fin du XVIIIe siècle et à celle de l'Angleterre après Waterloo. En somme, un livre solidement pensé, bien composé, joliment écrit et doté d'un excellent aperçu bibliographique ainsi que d'un fort utile index alphabétique." (Marcel Walraet, Revue belge de philologie et d'histoire, 1946)

157.          DELANDINE de SAINT-ESPRIT (Jérôme). Le Panache d'Henri IV, ou Les Phalanges royales en 1815 ; avec figures. P., Adrien Egron, mars 1817, 2 vol. in-8°, (6)-xiv-(2)-376 et (6)-384 pp, avec deux frontispices gravés par Blanchard fils d'après Chasselat sous serpentes, reliures demi-basane chagrinée havane, dos lisses avec titres, tomaisons et triples filets dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), un accroc au 1er plat du tome 2, bon état. Exemplaire frais et sans rousseurs. Rare

            350

Unique édition de cet excellent tableau des résistances royalistes contre le retour de Napoléon de l'Île d'Elbe en 1815. Il s'agit également de Mémoires, dans la mesure où l'auteur combattit aux côtés du Duc d'Angoulême dans le sud de la France. Sous sa plume, la France se hérisse en mars 1815 de quantités d'« armées royales » (armée royale du Midi, armée royale du Centre, de l'Est, etc.), dénominations quand même un peu pompeuses pour des corps improvisés à la hâte, et qui se retrouvèrent vite sans appui des troupes régulières ralliées dans leur majorité au revenant . Mais on était en 1817, et il fallait construire une légende des lys qui fît oublier le gênant intermède des Cent-Jours. L'avocat lyonnais Jérôme Delandine de Saint-Esprit (1787-1855) joua un rôle certain dans cette aventure : se trouvant à Paris le 7 mars 1815, il fut l'un des premiers à s'inscrire sur la liste des volontaires contre l'Usurpateur ouverte par le prince de Poix ; c'est lui qui eut l'idée de recruter des volontaires, appelés « Chasseurs d'Henri IV » ; c'est encore lui qui rejoignit le duc d'Angoulême vaincu et détenu à Pont-Saint-Esprit, dans l'idée de le faire évader ; c'est toujours lui qui organisa des compagnies royalistes secrètes en mai et juin 1815, lesquelles réussirent à prendre les bourgs du Forez (Feurs, Montbrison, Panissière), bien avant l'annonce de Waterloo. (Davois I, 181 ; Absent de Tulard comme de Bertier)

158.          DUMONCEAU (Général comte François). Mémoires, 1790-1830. Publiés d'après le manuscrit original par Jean Puraye. Tome II : 1812-1813. Bruxelles, Brepols, 1960, in-8°, 417 pp, 17 gravures et fac-similés sur 16 pl. hors texte, 2 cartes, reliure pleine toile brique de l'éditeur, gardes illustrées, rhodoïd imprimé, bon état. Edition originale

            40

Tome II seul (sur 3). — "Le tome II narre avec des détails peu connus les campagnes de Russie et d'Allemagne. Important appareil critique." (Tulard, 467) — Le tome I s'arrête en 1811 ; le troisième volume va de 1814 jusqu'en 1830.

159.          GIROD de l'AIN (Gabriel). Bernadotte, chef de guerre et chef d'Etat. Perrin, 1968, fort in-8°, 665 pp, 16 pl. de gravures et documents hors texte, cartonnage éditeur, sans la jaquette, bon état

            25

Le portrait de Bernadotte figure au Musée de Versailles parmi les grands hommes de notre histoire ; son nom est inscrit sur les parois de l’Arc de Triomphe ; les Suédois – qu’il gouverna pendant 34 ans sous le nom de Charles-Jean – le considèrent comme un de leurs meilleurs souverains et l’un des plus efficaces. Néanmoins, par suite des calomnies répandues sur lui par les mémorialistes napoléoniens, et en raisons des anecdotes inexactes propagées par des vaudevilles ou des films, la personnalité réelle de Bernadotte est généralement méconnue des Français. Utilisant une documentation pour une bonne part inédite, G. Girod de l'Ain, apparenté par les Clary à la famille de Bernadotte, retrace les étapes de la surprenante carrière de ce béarnais qui, engagé volontaire sous Louis XVI, devenu général sous la Révolution, ambassadeur à Vienne et ministre de la Guerre sous le Directoire, général en chef de l’armée de l’Ouest sous le Consulat, maréchal, chef de corps et gouverneur de provinces allemandes sous l'Empire, fut élu prince de Suède en 1810, avec l'autorisation mais contre le gré de Napoléon, s'allia aux ennemis de ce dernier en 1813, réunit la Norvège à la Suède en 1814, monta en 1818 sur les trônes de ces deux pays et régna paisiblement jusqu'à sa mort en 1844... — "Excellente biographie." (Bertier de Sauvigny)

160.          MAMELUCK ALI (Louis-Etienne Saint-Denis, dit le Mameluck Ali). Souvenirs sur l'empereur Napoléon. Présentés par Christophe Bourachot. Arléa, 2002, in-8°, 304 pp, une gravure en frontispice, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Ali a participé à l'expédition de Russie et accompagné Napoléon à l'île d'Elbe, mais son témoignage est surtout précieux pour Sainte-Hélène." (Tulard, 13). — Entré en 1806 au service de Napoléon, Louis-Etienne Saint-Denis (né à Versailles en 1788) passe en décembre 1811 au service intérieur comme "second mameluck". C'est par la volonté de l'Empereur qu'il s'appellera désormais Ali. Faux mameluck mais vrai témoin, toujours dans l'entourage immédiat de son maître, Ali note tout par le menu, depuis la campagne de Russie jusqu'à la mort de l'Empereur – en passant par le premier exil à l'île d'Elbe, la défaite des armées françaises à Waterloo et l'embarquement pour Sainte-Hélène. Comme l'a écrit Jean-Paul Kauffmann : "Ali est la mémoire visuelle de la captivité." Publiés pour la première fois en 1926 et jamais réédités depuis, les "Souvenirs" du Mameluck Ali sur l'Empereur Napoléon constituent un témoignage unique sur l'homme qui a marqué l'Histoire à tout jamais.

161.          ORIEUX (Jean). Talleyrand ou le sphinx incompris. Flammarion, 1979, fort in-8°, 858 pp, 8 pl. de gravures hors texte, chronologie, généalogie, biblio, index, reliure pleine toile bordeaux de l'éditeur, titres blancs et dorés au 1er plat et au dos, bon état

            30

Qui était Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1734-1838), celui qui fut évêque d'Autun à trente-quatre ans, qui devint chef du clergé constitutionnel sous la Révolution, que l'on retrouve en 1793 sur la liste des émigrés ? Qui était cet homme qui fut ensuite ministre des Relations extérieures sous le Directoire, le Consulat et l'Empire, qui devint Président du Gouvernement provisoire puis ministre des Affaires étrangères sous la Restauration, pour finir ambassadeur à Londres sous le règne de Louis-Philippe ? Talleyrand est à coup sûr le fils de plusieurs époques et même de plusieurs mondes. A travers les cataclysmes de l'histoire, il a été l'irremplaçable véhicule des grandeurs, des vies, des élégances et du charme du passé. Il a été infidèle à ce qui paraissait éphémère dans le monde issu de la Révolution, les hommes politiques, les régimes bâclés, leur éloquence et leurs sentiments. En revanche, il a été fidèle à ce qui transcende les individus : la Civilisation et la France en étaient pour lui l'incarnation. On lui a reproché sa démarche, celle de son pied bot et celle de sa conduite, on a dénoncé son cynisme, son opportunisme... Mais peu importe les qualificatifs et les jugements, la curiosité passionnée dont s'inspire cet homme est inextinguible : il appartient à une race dont la carrière n'a pas de fin et dont la sagesse, fardée de vices, vieille comme le monde, durera autant que lui.

162.          PICARD (Louis-Benoît). Théâtre choisi. Nouvelle édition précédée d'une notice biographique par M. Edouard Fournier et illustré de quatre dessins en couleurs par MM. Gilbert et Allouard. P., Laplace, Sanchez et Cie, 1881, in-12, xx-471 pp, 4 belles gravures coloriées sous serpentes, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs pointillés soulignés à froid, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

            60

Fils d’un avocat et neveu d’un médecin, Picard (1769-1828) refusa de suivre la carrière du barreau ainsi que celle de la médecine, pour se livrer au théâtre. A l’âge de vingt ans, il fit représenter, en collaboration avec Joseph Fiévée le Badinage dangereux, au théâtre de Monsieur. La première de ses œuvres signalée par la critique est une comédie intitulée Médiocre et rampant, ou le moyen de parvenir , qui fut représentée en 1797. Cette même année, il se fit acteur et joua sur divers théâtres. En 1801, il devint chef de troupe, obtint le privilège du théâtre Louvois, et produisit avec activité des œuvres dans lesquelles il jouait lui-même sur la scène dont il était directeur, ce qui le fit comparer à Molière. L’Opera-Buffa, dont les représentations avaient lieu trois fois par semaine dans la même salle, fut placé en 1804 sous sa direction. En 1807, il quitta l’état de comédien et entra à l’Académie française. À la fin de la même année, sa troupe ayant fusionné avec celle des Comédiens-Italiens, l’administration de l’Académie impériale de musique lui fut confiée jusqu’en 1816. En 1816, il prit la direction de l’Odéon et, après que ce théâtre eut été détruit par un incendie en mars 1818, il obtint de transporter sa troupe à la salle Favart. Le 6 janvier 1820, il ouvrit la nouvelle salle de l’Odéon et quitta la direction en 1821. Le succès de Picard auprès de ses contemporains est dû à son naturel, sa franche gaieté, son talent de l’observation, l’art de faire saisir les ridicules et de développer une donnée scénique.

163.          SÉGUR (Philippe, général comte de). Histoire de Napoléon et de la Grande-Armée pendant l'année 1812. P. et Bruxelles, Baudouin Frères, 1825, 2 vol. in-8°, 435 et 477-(1) pp, 4e édition, 7 gravures et portraits hos texte, dont 2 en frontispice, une grande carte dépliante de l'Empire de Russie hors texte, reliures demi-veau glacé fauve, dos à 4 larges nerfs filetés et soulignés à froid, fleurons à froid et palette dorée en queue, pièces d'auteur et de tomaison basane noire, tranches marbrées (rel. de l'époque signée Thouvenin), mors lég. frottés, rousseurs éparses, bon état

            250

"Devenu aide de camp de Napoléon sous l'Empire puis attaché à la cour de Joseph, Ségur a laissé d'attachants mémoires. ... Mais Ségur est surtout célèbre pour son Histoire de “Napoléon et de la Grande Armée en 1812” (1824)." (Tulard, 1331). Malgré le rôle peu flatteur qu'il accorde à Napoléon, cet ouvrage eut l'immense mérite d'être le premier à vulgariser les événements de la campagne de Russie, jusqu'alors peu connus du grand public. Seules en effet, quelques relations très anecdotiques avaient été publiées en France. Ses prises de position lui valurent en revanche de nombreuses polémiques avec d'anciens camarades de combat (Gourgaud, Rogniat, etc.). Philippe de Ségur (1780-1873) était le fils du général Louis-Philippe de Ségur. A propos de son ouvrage sur “Napoléon et la Grande Armée en 1812”, il eut avec Gourgaud un duel en 1825, où il fut blessé.

164.          TARLÉ (Evguéni). Napoléon. Moscou, Editions du Progrès, 1957, 2 vol. in-12, 371 et 294 pp, 4e édition, traduit du russe par Jean Champenois, un chapitre sur l'historiographie napoléonienne, index, brochés, bon état

            20

L'œuvre du professeur Tarlé, qui est une biographie complète de Napoléon, a une valeur considérable à deux points de vue. L'auteur est un spécialiste dans la question du "système continental" et l'exposé qu'il en fait est très clair. Puis, en tant que Russe, il utilise des sources difficilement accessibles aux historiens de cette période. Cela lui permet d'expliquer réellement la politique de la Russie et d'étudier le côté russe de la Campagne de 1812 d'une manière plus exacte que la plupart des historiens français et anglais.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

165.          ANDREU (Pierre). Notre maître M. Sorel. Grasset, 1953, in-12, 338 pp, préface de Daniel Halévy, 4 planches hors texte de portraits (photos de Georges Sorel à 17 ans, à Polytechnique en 1865, en 1905, et de Mme Sorel), annexes, broché, bon état.. Edition originale (il n'y a eu que 40 ex. sur alfa en grand papier)

            30

"Cette biographie de Georges Sorel est surtout une histoire de ses idées, de leur formation, de leur évolution. Elle insiste sur l'amour de la vérité et sur l'extraordinaire liberté d'esprit d'un penseur qui écrivait lui-même : « La multiplicité des opinions que j'ai successivement adoptées ne manquera pas d'attirer l'attention des métaphysiciens, qui y trouveront la manifestation particulièrement frappante de la liberté dont jouit l'esprit quand il raisonne sur les choses produites par l'Histoire ». Aussi sut-il éveiller bien des esprits, tout en restant toujours éloigné des écoles et des partis. Un certain nombre de textes et de documents sont donnés en annexes." (Revue française de science politique, 1954)

166.          [ATLAS de la Campagne d'Italie]. Campagne de l'Empereur Napoléon III en Italie – 1859. Rédigée au Dépôt de la Guerre d'après les documents officiels, étant directeur le général Blondel sous le ministère de son Excellence le maréchal comte Randon, 1860-1861. P., Imprimerie Impériale, 1862, un vol. in-4° de texte et 2 atlas in-folio, 385 pp, un volume de texte (format in-4° soit 37 x 29, avec 6 tableaux dépliants in fine) et deux Atlas (format in-folio, soit 57 x 45) des marches (69 cartes en couleurs, dont une dépliante) et des batailles (24 cartes en couleurs, certaines dépliantes), cartonnages demi-toile imprimés de l'éditeur, trace de mouillure ancienne au 1er plat et et en marge des 40 premiers feuillets du volume de texte, pt mque de papier au 1er plat, cartonnages lég. salis pour les atlas, bon exemplaire. Très rare

            1800

Randon fut ministre de la guerre de Napoléon III. — Palestro, Novara, Turbigo, Pontenuovo, Buffalora, Magenta, Pavie, Milan, Melegnano, Livourne, Bobbio, Vaprio, Lonato, Castiglione, Piacenza, Brescia, Castelgoffredo, Medole, Rebecco, Madonna della Scoperta, Solferino, San Martino, Cavriana, Guidizzolo, Pozzolengo, Peschiera, Verona, Bormio, Tirano, Custoza, Pastrengo, Castelnuovo, Valeggio, Villafranca, etc.

167.          AUBRY (Octave). Le Second Empire. Fayard, 1938, fort in-12, 697 pp, biblio, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

"L'ouvrage de M. Aubry sur le Second Empire se lit avec le plus grand agrément et peut être tenu pour une bonne mise au point, à l'usage des honnêtes gens, des recherches faites sur cette période. Tous ceux qui aiment les aspects psychologiques de l'histoire sauront gré à l'auteur de ces portraits, tracés d'un crayon alerte et original, qui font revivre les hommes petits et grands (M. Aubry pense qu'il y en eut peu de réellement grands dans le personnel du Second Empire), et disent mieux que de longues démonstrations leur influence sur le cours des événements..." (André Latreille, Revue d'histoire de l'Église de France, 1939) — L'auteur juge « sereinement » le Second Empire dans ce bon ouvrage, où Napoléon III, en dépit de ses « erreurs propres » et du « caprice du sort » qui furent causes de son échec, est décrit comme un « précurseur » des « grands Européens », ayant accompli, pas si mal que cela près tout, sa « tâche française ». Une réhabilitation du régime impérial qui tend à faire de Napoléon III un monarque moderne, un anti-Bismarck, précurseur de l'Europe des nations...

168.          BARBEY d'AUREVILLY (Jules). Goethe et Diderot. Iconoclaste. P., Alphonse Lemerre, 1913, in-12, xxiv-278 pp, broché, bon état

            40

Il peut paraître incongru de voir réunis Goethe et Diderot en un même essai. Cependant, pour Barbey d'Aurevilly, ils sont "des esprits de nature identique", et d'une nature qui n'était guère à son goût... Au fur et à mesure de la parution des volumes de leurs Oeuvres complètes, Barbey d'Aurevilly en a rendu compte dans la presse de son temps et a dit tout le mal qu'il en pensait. Ce volume est la réunion de ses articles, remaniés et harmonisés. Du mal des écrits de Goethe et Diderot autant que de leur personnalité, car Barbey d'Aurevilly ne s'est pas contenté de dégager ce qu'il considérait comme les faiblesses littéraires de ces écrivains, il les a aussi considérés "tels qu'ils étaient" d'après lui montrant par là combien leur gloire était surfaite, surestimée, en un mot : illégitime. Successivement, il aborde tous les champs de leurs oeuvres : poésie, roman, théâtre, philosophie, et même jusqu'à leur correspondance. Rien n'échappe à la sévérité du critique. Barbey d'Aurevilly n'est pas toujours juste, c'est vrai, et certains de ses arguments ont vieilli, certes, mais le plaisir de cette verve pamphlétaire, qui mêle la soude caustique à l'analyse littéraire, la critique à l'ironie comique, reste intact.

169.          BARBEY d'AUREVILLY (Jules). L'Esprit de J. Barbey d'Aurevilly. Dictionnaire de pensées, traits, portraits et jugements tirés de son oeuvre critique. Mercure de France, 1908, in-12, 354 pp, belle préface d'Octave Uzanne (21 pp), index, numéroté (n° 534), broché, dos lég. abîmé, qqs marques au crayon en marges, état correct. Edition originale

            30

170.          BARBEY d'AUREVILLY (Jules). Les Ridicules du temps. P., Rouveyre et Blond, 1883, in-12, iv-294 pp, mention de quatrième édition, année de l’édition originale, broché, dos factice, trace de mouillure ancienne et qqs salissures sur les premiers feuillets, état correct

            30

Jules Barbey d'Aurevilly (1808-1889) est l'un des maîtres du genre pamphlétaire de notre littérature. “Les Ridicules du temps” reprend des chroniques que Barbey d'Aurevilly donna dans la presse, et notamment dans la revue satirique “Le Nain jaune”, entre 1863 et 1866. On le voit moquer rudement ici les travers du monde littéraire, et son humour parfois féroce est servi par une langue remarquablement efficace... Avec un chapitre sur les Bas-bleus, ces femmes se préoccupant d'affaires qui auraient dû selon lui rester étrangères à leur sexe comme les sciences et la littérature...

171.          BARBEY d'AUREVILLY (Jules). Mémoires historiques et littéraires. P., Alphonse Lemerre, 1893, in-12, 364 pp, broché, dos fendu, bon état (Les oeuvres et les hommes). Edition originale au format in-12

            40

Edition originale posthume. C'est en 1860 que Barbey d'Aurevilly entreprit de réunir l'ensemble de ses articles critiques qu'il avait livré à divers journaux dont le "Pays", le "Réveil", la "Revue du monde catholique", etc. Il créa ainsi "Les œuvres et les hommes" divisé en quatre séries et comprenant près de trente volumes. Barbey d'Aurevilly supervisa la publication jusqu'à sa mort en 1889, puis fut relayé par Louise Read.

172.          BARBEY d'AUREVILLY (Jules). Poésie et poètes. P., Alphonse Lemerre, 1906, in-12, 325 pp, mention de 3e édition au 1er plat (mais pas sur la page de titre), broché, dos fendu recollé consolidé avec du scotch, bon état. Edition originale posthume

            25

Edition originale posthume. C'est en 1860 que Barbey d'Aurevilly entreprit de réunir l'ensemble de ses articles critiques qu'il avait livré à divers journaux dont le "Pays", le "Réveil", la "Revue du monde catholique", etc. Il créa ainsi "Les œuvres et les hommes" divisé en quatre séries et comprenant près de trente volumes. Barbey d'Aurevilly supervisa la publication jusqu'à sa mort en 1889, puis fut relayé par Louise Read.

173.          BARBEY d'AUREVILLY (Jules). Premier Memorandum, 1836-1838. P., Alphonse Lemerre, 1900, in-12, 284 pp, reliure demi-basane havane, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, traces de mouillure ancienne, état correct. Peu courant

            25

"Je suis radical, mais non démocratique. – La démocratie est la souveraineté de l'ignoble. - On peut m'en croire, moi qui l'ai aimée et dont l'amour a été tué par le dégoût." (25 septembre 1836, p. 28) — "Chez Barbey d’Aurevilly, avant l’élégantologiste, il y a un élégant. Dans le Premier Memorandum se lit au fil des jours, comme la notation d’un rite : Habillé. Dîné, rasé, coiffé, habillé. Habillé (et non couvert ou vêtu) pour aller dîner en ville, accompagner la marquise du Vallon au théâtre, ou simplement aller s’accouder à la rampe du café Tortoni. Habiller va avec boucler, papilloter, corser et lacer ; le mot toilette revient à chaque page : fait toilette, une pimpante toilette, la plus compliquée toilette, une toilette enragée, ou un bout, un brin de toilette. Il trouve cette dernière expression particulièrement gracieuse “comme tout ce qui rapproche une idée de civilisation d’une image naturelle”..." (Rose Fortassier, Deux dandys et leur mundus muliebris, 1998)

174.          BARBEY d'AUREVILLY (Jules). Victor Hugo. P., Editions G. Crès et Cie, 1922, in-12, xii-285 pp, reliure demi-basane havane, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, papier jauni, bon état

            25

« Hugo, cet empereur de notre décadence littéraire ».

175.          BOURELLY (Général). La guerre de 1870-1871 et le Traité de Francfort, d'après les derniers documents. Perrin, 1912, in-12, vii-220 pp, broché, bon état

            30

"L'éminent écrivain militaire qu'est le général Bourelly, ancien directeur des études à Saint-Cyr, a résumé, dans une série d'articles parus dans un grand quotidien, toutes les péripéties de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Il s'est appuyé sur les derniers documents connus et a ainsi fait une oeuvre fort utile de vulgarisation. Ces articles viennent d'être réunis en volume, et, comme complément, l'auteur les a fait suivre d'un exposé des stipulations principales du traité de Francfort et d'un récit des phases de l'évacuation du territoire jusqu'à sa libération définitive." (Revue des Questions historiques, 1913)

176.          CHALON (Jean). Chère Georges Sand. Flammarion, 1991, in-8°, 475 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies Flammarion)

            25

George Sand n'est que passions multiples et contradictoires : passion du travail et passion du plaisir qu'elle nomme pudiquement "un embrasement céleste". Passion pour son fils, Maurice, et passion pour ses amants qu'elle considère comme autant d'enfants. Passion pour la liberté et passion pour l'esclavage. Passion des voyages qui l'entraînent en Italie ou en Espagne, et passion pour son refuge de Nohant. Passion pour les idées et pour les hommes, et, parfois, pour les femmes, quand cette femme, comme une Marie Dorval, incarne en sa personne le théâtre romantique. Séduisante comme Natalie Barney, intrépide comme Alexandra David-Néel, cousine par alliance de ma chère Marie-Antoinette, George Sand avait tout pour me devenir également chère, et elle l'est devenue depuis que j'ai lu, en 1964, le premier volume de sa Correspondance éditée par Georges Lubin. Vingt-quatre ont suivi, et, de ces lettres, naissent des évidences qui détruisent bien des légendes ! ...

177.          CHASTENET (Jacques). Le Siècle de Victoria. Fayard, 1947, in-12, 380 pp, cartes, chronologie, biblio, index, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque signée P. Mage, Lille), bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale sur papier courant

            25

"Jacques Chastenet, dont on a gardé précieusement, dans un des meilleurs rayons de sa bibliothèque, le “William Pitt” et le “Wellington”, publie aujourd'hui un “Siècle de Victoria” qui le sacre définitivement comme un des meilleurs spécialistes de l'Angleterre moderne. Pour Chastenet, le XIXe siècle apparaît comme un siècle de prépondérance britannique : pendant cette période, affirme-t-il, c'est la Grande-Bretagne qui a donné le ton dominant à la civilisation. D'où le titre de son livre. On lira avec passion la magnifique aventure nationale des Melbourne, des Peel, des Palmerston, des Russell, des Gladstone, des Disraeli, des Salisbury, étonnante équipe qui, groupée autour de sa souveraine, ne poursuivra qu'un but en dépit des contradictions apparentes : la création, la sécurité, la grandeur de l'Empire. On lira d'autant plus volontiers ce livre qu'il est écrit par un historien dont l'érudition et le sens psychologique, politique et diplomatique se doublent des plus brillantes qualités qu'on peut réclamer d'un homme de lettres." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, 1947)

178.          CHATEAUBRIAND (Céleste Buisson de Lavigne, Comtesse de). Mémoires de Madame de Chateaubriand. Cahier rouge et cahier vert. Introduction et notes de Jean-Paul Clément. Perrin, 1990, in-8°, 266 pp, notes et éclaircissements, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (coll. L'Histoire en mémoires)

            25

Ces cahiers permettent de découvrir Madame de Chateaubriand, née Céleste de Lavigne, épousée à l'âge de 17 ans et restée dans l'ombre de son mari. Une figure aux multiples facettes, tantôt douce, tantôt sèche, fanatique ou dévote ... — Ecrits par Mme de Chateaubriand pour servir aux futurs “Mémoires d'outre-tombe” qui s'en sont souvent inspirés, ces cahiers, dont la dernière publication remonte à 1908, sont accompagnés d'un appareil de cinq cents notes établi par Jean-Paul Clément, directeur de la Vallée-aux-Loups. Remarquablement informées, ces notes constituent par elles-mêmes un apport de qualité. En 1792, François-René de Chateaubriand, « l'homme couvert de femmes », pour reprendre le titre d'un roman, épouse « par distraction », puis l'oublie pendant plus de dix ans, Céleste de Lavigne, bretonne comme lui, jeune comme lui : elle a dix-sept ans, il en a vingt-quatre. Souvent délaissée pour les « Madames », elle n'en jouera pas moins, à partir de 1805, un rôle considérable auprès de son mari, présidera aux destinées de la Vallée-aux-Loups puis à celles de l'Infirmerie Marie-Thérèse, l'encouragera dans ses projets politiques, suivra de très près ses écrits et vouera aux gémonies tous ceux, sans exception, qui lui font une ombre quelconque. Dévote confite en prières ou ambitieuse fanatique, femme politique ou d'intérieur, tendre ou sèche, autant de facettes suggérées dans ses Cahiers, écrits de 1830 à 1833. Avec eux, les “Mémoires d'outre-tombe” ne sont jamais loin. Plus rapides, plus concis, plus virulents aussi, ils en sont un peu le contrepoint. D'un texte à l'autre, les nuances comme les ressemblances fascinent et rendent mieux compte de la communauté d'idées, des influences réciproques qui existaient entre l'écrivain et cette épouse qui, au fond, ne cessera jamais de l'admirer.

179.          CORPECHOT (Lucien). Souvenirs d'un journaliste. 2. Barrès – Bourget. Plon, 1936, in-12, 282 pp, broché, bon état

            25

Tome 2 (sur 3) des mémoires de ce célèbre plumitif de la Belle Epoque et des années folles, qui fut rédacteur en chef au Figaro, au Gaulois et à l’Écho de Paris. Lié à Maurice Barrès, Paul Bourget, Charles Maurras, ami de Gyp, dont il fréquentait le salon, il a collaboré à de nombreux journaux, sous son nom ou sous le pseudonyme de « Curtius ». — Table : Maurice Barrès ; Comment travaillait Barrès ; Barrès journaliste ; A la chambre des députés ; Après la guerre. – Bourget chez lui ; Formation d'un grand esprit ; Le psychologue errant ; La critique des moeurs ; L'épreuve des dernières années. — Maurice Barrès, venu du dandysme et du « Culte du Moi », est, au seuil du premier conflit mondial, l’un des champions traditionalistes du moment. "Décembre 1906, mars 1913 ; six ans durant lesquels le député du Ier arrondissement [Maurice Barrès] a vécu l’esprit tendu vers ces hauts problèmes et dans un climat de spiritualité catholique. On ne respire pas en vain dans une telle atmosphère. Peu de personnes ont pu se rendre compte de l’évolution qui se produisit alors dans l’esprit de Barrès. J’ai dit à quel point il avait la pudeur de ses sentiments. Il déclara un jour qu’il était du Christ." (p. 97)

180.          DES CARS (Jean). Sur les pas de Sissi. Photographies de Jérôme da Cunha. Perrin, 1998, in-4°, 128 pp, nombreuses photos et documents en couleurs, reliure simili-cuir fauve de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Sissi n'a cessé de fasciner et d'intriguer les peuples, les poètes, les historiens, les médecins et les cinéastes. Et pourtant, malgré une abondante littérature plus ou moins rigoureuse sur ce sujet, il restait encore des zones d'ombre dans la connaissance de sa personnalité complexe, souvent attachante, parfois exaspérante. Ces pages oubliées ou inconnues de la vie d'une souveraine qui se voulait marginale et non conformiste, les voici dans leur splendeur. Au terme d'une longue et minutieuse enquête, Jean des Cars nous entraîne Sur les pas de Sissi, en compagnie du photographe Jérôme da Cunha. Nous visitons les Alpes lumineuses aux lacs d'émeraude et aux forêts profondes, l'Autriche impériale des Habsbourg, la Hongrie, la Suisse où devait s'accomplir sa destinée sous les coups d'un anarchiste et certains coins de France qui abritèrent quelques escapades de l'épouse de François-Joseph. Sans oublier le royaume des lies ensoleillées où Sissi, qui fuyait les contraintes du monde et du protocole, croyait pouvoir se réfugier. Ce livre propose des informations exceptionnelles et des images magnifiques, obtenues grâce à l'appui des descendants de l'impératrice, mais aussi des musées et organismes d'Etat ou municipaux. Héritiers ou détenteurs privés ou publics, ils ont accepté de dévoiler des trésors parfois inaccessibles. Palais lambrissés de Vienne et de Budapest, chalets isolés, villas de famille, coffrets à bijoux, albums de photos journaux intimes, wagon-salon de cette éternelle voyageuse, se sont ouverts, livrant, révélant, expliquant, illustrant la vie tourbillonnante d'Elisabeth d'Autriche. A la fois recherche historique ciblée autour d'un personnage qui incarne les contradictions fin de siècle et reportage précis sur les lieux mêmes de son existence agitée, ce livre est sans précédent. Il nous relate une opérette achevée en tragédie, combinant la plume d'un spécialiste reconnu et une admirable illustration.

181.          DESCAVES (Lucien). Deux amis. J.-K. Huysmans et l'abbé Mugnier. Documents inédits. Plon, 1946, in-12, 166 pp, broché, papier jauni comme toujours, bon état (Coll. “L'Abeille”), prière d'insérer joint. On joint une carte de visite a.s. de Lucien Descaves

            30

"M. Lucien Descaves a été l'ami de Huysmans et de l'abbé Mugnier et ce dernier, décédé en 1944, lui a légué les lettres qu'il avait reçues de l'auteur d' “En route”. Lettres et souvenirs lui ont permis d'écrire cet aimable petit volume, où revit non seulement l'amitié qui lia Huysmans à son directeur de conscience, mais aussi celle de Lucien Descaves pour l'un et pour l'autre. L'histoire littéraire retiendra cet essai qui apporte, grâce à ses documents inédits, une relation plus personnelle des étapes spirituelles parcourues par le converti de la Trappe et par l'oblat de Ligugé et une première esquisse, particulièrement précieuse par son témoignage direct, de là vie et de la personnalité si curieuse de l' « aumônier des Lettres »." (R. Limouzin-Lamothe, Revue d'histoire de l'Église de France, 1947)

182.          GUIZOT (François). Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps. P., Michel Lévy, 1829-1870, 8 vol. in-8°, 483, 521, 507, 582, 521, 532, 546 et 634 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, filet doré sur les plats, têtes dorées (rel. de l'époque), dos très lég. frottés, traces d'humidité ancienne avec qqs salissures au tome 3, qqs rares rousseurs, bon état

            250

Mémoires incontournables pour l'histoire de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Nombreuses pièces justificatives à la fin de chaque volume. — "Texte capital pour l'histoire politique du XIXe siècle." (Tulard, 677) – "Mémoires publiés du vivant de Guizot. Le premier chapitre est consacré à la jeunesse de l'homme d'état. Quelques détails sur l'Université impériale ... Mais les mémoires commencent réellement avec l'entrée de Guizot dans la vie publique en 1814. Deux chapitres importants sur la première Restauration et les Cent-Jours." (Bertier, 508) – Ces Mémoires ont été publiés du vivant de Guizot, et il s'attache à retracer plutôt l'histoire des années 1815-1848 qu'à se mettre en scène. – "Son témoignage, écrit avec élégance pour les personnes, recul pour les événements et minutie pour les faits, est capital pour l'histoire du temps. Il illustre la volonté politique des doctrinaires de terminer la Révolution par l'avènement d'une monarchie constitutionnelle assise sur les classes moyennes, fondée sur l'équilibre des pouvoirs et le respect des libertés individuelles héritées de 1789." (Benoit Yvert, Politique libérale).

183.          HABENECK (Charles). Les Régiments martyrs. Sedan-Paris. P., Pagnerre, 1871, in-12, (8)-193 pp, broché, qqs rousseurs éparses, bon état. Edition originale (Palat, 190)

            45

Une ambulance prisonnière. – Le 88e de Ligne. – Le 5e Cuirassier. – L'inconnu – L'infanterie de marine à Bazeilles. – Le camp de Glaire. – Le 18e régiment de Paris à Buzenval. – Répartitions des bataillons de la garde nationale par arrondissements. – Formation des régiments de marche. – Tués et blessés du 18e régiment. — Par Charles Habeneck (1836-1879), rédacteur de la Cloche et faisant partie du 116e bataillon de guerre, qui fait ici le récit de sa participation à la Guerre franco-prussienne de 1870, au cours de laquelle il s'engagea comme infirmier au près de la section française de la Croix Rouge, et fut le témoin de la bataille de Sedan et du Siège de Paris. — Contient le "Rapport sur la bataille de Bazeilles" du commandant Lambert pp. 96 à 105.

184.          HALÉVY (Daniel). Péguy et les Cahiers de la Quinzaine. Grasset, 1941, in-12, 393 pp, broché, couv. lég. salie, papier jauni, état correct

            25

"Ce livre offre un grand intérêt au regard de l'histoire de la IIIe République. (...) Ce qui parait le plus extraordinaire dans la vie de Péguy, c'est précisément l'effort tenté par tant de cénacles de la bourgeoisie de s'annexer, en quelque sorte, le fils de la rempailleuse de chaises du faubourg orléanais, l'homme que je revois toujours, à travers tant d'années, le corps enveloppé dans sa longue cape, les lourds souliers aux pieds, la tête osseuse, avec la barbe frisottante et des yeux magnifiques d'audace et de candeur maligne. C'est à travers cet homme, – cet homme petit par la taille, dont le talent est peut-être plus discutable que ne pense M. Daniel Halévy, mais dont la force de volonté fut extraordinaire, – c'est à travers lui que nous pouvons apercevoir, grâce à M. Daniel Halévy, tout un pan de l'histoire de la IIIe République. A coup sûr, M. Daniel Halévy n'est pas tendre à l'égard de celle-ci, mais peu nous importe, et il nous suffit qu'il introduise honnêtement le témoignage de Péguy lui-même pour que nous lui sachions gré de son effort, en vue de faire revivre les milieux humains où a vécu son héros. La politicaillerie dont Péguy s'est dégagé et qui l'a fait souffrir dans son âme et dans son corps, les milieux universitaires, l'école, – si l'on peut dire, – de Georges Sorel, les mouvements littéraires personnifiés par MM. P. Claudel et Romain Rolland, l'École normale du temps de Perrot et de Lucien Herr, la Sorbonne historique et sociologique, et, avant encore, le collège Sainte-Barbe et les milieux populaires d'Orléans, – comme, au terme du livre, et de la vie de Péguy, – Ï'attente de la guerre de 1914 et ses premières réalités, – jusqu'à la mort de Péguy, le 5 septembre 1914, tout cela défile dans le livre de M. Daniel Halévy, avec les précisions, les références, les discussions utiles. Ainsi ce livre, qui est l'hommage d'un admirateur et d'un ami, est aussi une contribution historique de premier ordre." (Georges Bourgin, Revue Historique, 1943) — "La jeune floraison des Cahiers dura dix ans. De 1910 à 1914, il y aura Péguy et sa grandeur solitaire portée par les Cahiers, mais dressée plus haut qu’eux. De 1900 à 1910, il y eut les Cahiers, c’est-à-dire Péguy dans un entourage, en plein travail et entrain de jeunesse fraternelle. Après avoir quelques mois campé dans la chambre de Jérôme Tharaud, il transporta ses dossiers rue de la Sorbonne, dans une École de Journalisme qu’une agitée du dreyfusisme, Mme Dick May, avait installée là. Les Cahiers eurent une table, un espace réservé au premier étage. À côté des paperasses de Péguy, il y avait celles de Guieysse et de ses Pages libres. L’École de Dick May commença un voisinage qui dura longtemps. En octobre 1901, les Cahiers et les Pages libres, se déplaçant ensemble, s’installèrent, à vingt pas de l’École, dans une boutique dont une inscription rappelle aujourd’hui l’ancien emploi. La boutique, étroite et longue, fut divisée et cloisonnée. On ouvrait la porte : un couloir (plutôt un boyau) menait vers l’arrière boutique, où se tenait Guieysse : à gauche, une porte, et, franchie cette porte, il restait un petit espace qui était le domaine de Péguy. Sa boutique." (p. 102-103)

185.          HOCHE (Jules). Bismarck intime. Ouvrage illustré de très nombreuses gravures d'après des originaux et des documents photographiques. P., Félix Juven, s.d. (1898), pt in-8°, xvi-256 pp, une photo de Bismarck et ses chiens en frontispice, 73 photos, gravures et caricatures de l'époque dans le texte et hors texte, reliure pleine percaline chocolat, dos lisse avec titres et doubles filets dorés, encadrement à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            50

"La bibliographie bismarckienne vient de s'enrichir encore d'un nouveau volume qui mérite d'être signalé, parce qu'il se distingue notablement de la plupart des ouvrages écrits sur ce sujet. Presque tous, jusqu'ici, étaient inspirés par une passion violente et procédaient, suivant qu'ils avaient paru en deçà ou au delà des Vosges, d'un parti pris d'admiration ou de dénigrement. Le Bismarck intime, de M. Jules Hoche, est un livre résolument sincère et strictement impartial. Bien que son auteur soit originaire des provinces annexées et que ce soit dans Strasbourg assiégé qu'il ait appris tout enfant le nom du chancelier de fer, il s'est efforcé d'écrire cette étude d'histoire contemporaine avec le même esprit critique que s'il se fût agi d'un personnage quelconque du passé. Le livre de M. Hoche présente encore une autre particularité. Les détails inédits, les illustrations curieuses y abondent, et ce n'est pas cependant un simple recueil d'anecdotes..." (Journal des débats politiques et littéraires, 1898)

186.          HUGO (Victor). Les Misérables. Deuxième partie : Cosette. P., Pagnerre, 1862, 2 vol. gr. in-8°, 358 et 318 pp, mentions de 4e édition, pages de titre imprimées en rouge et noir, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane carmin, dos lisse avec filets guillochés soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison basane noire, roulette dorée en queue (rel. de l'époque), dos et coupes frottés, un coin du 2e plat manquant, intérieur propre et sans rousseurs, état correct

            30

Tomes III et IV (sur 10) de l'édition originale parisienne parue trois jours après celle de Bruxelles. Fausses mentions de quatrième édition

 

187.          HUGO (Victor). Les Misérables. Quatrième partie : L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis. P., Pagnerre, 1862, 2 vol. gr. in-8°, 432 et 399 pp, mentions de 4e édition, pages de titre imprimées en rouge et noir, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane carmin, dos lisse avec filets guillochés soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison basane noire, roulette dorée en queue (rel. de l'époque), dos et coupes frottés, légère salissure au dos de la page de titre sinon intérieur propre et sans rousseurs, état correct

            30

Tomes VII et VIII (sur 10) de l'édition originale parisienne parue trois jours après celle de Bruxelles. Fausses mentions de quatrième édition

 

188.          HUGO (Victor). Les Misérables. Cinquième partie : Jean Valjean. P., Pagnerre, 1862, 2 vol. gr. in-8°, 400 et 311 pp, mentions de 3e édition, pages de titre imprimées en rouge et noir, les 2 tomes reliés ensemble en un volume demi-basane carmin, dos lisse avec filets guillochés soulignés à froid, pièces de titre et de tomaison basane noire, roulette dorée en queue (rel. de l'époque), dos et coupes frottés, exempt de rousseurs, état correct

            30

Tomes IX et X (sur 10) de l'édition originale parisienne parue trois jours après celle de Bruxelles. Fausses mentions de troisième édition. — "Afin de faire un point sur les divers jugements des bibliographes : Alors que Vicaire signale que l'édition française est la véritable originale, Clouzot affirmant que les deux sont originales, on doit préciser que l'édition belge est parue trois jours avant (le 31 mars pour Bruxelles et le 3 avril pour Paris), mais la vérité ne tient pas à une histoire de date. Lacroix est l'éditeur de Hugo, Pagnerre n'en est que le dépositaire à Paris, ce qui explique la présence du nom de Lacroix derrière le faux-titre. On sait en outre que l'oeuvre devait paraître dans toutes les grandes capitales en même temps, ce qui arriva à quelques jours près. Pour la question des mentions : pour des raisons de coût il a été procédé à un seul tirage, certains avec des mentions, d'autres pas, afin de les distribuer au cours de l'année comme si chaque fois, il s'agissait de nouvelles éditions. On comprend Clouzot disant qu'une édition sans mention est plus désirable, car elle parait avoir été antérieure, mais dans les faits, et pour vendre, quand les pages de titre sans mention ont été épuisées on a vendu dans le désordre ces pages de titres avec mention ou non, et on a composé très souvent des exemplaires portant différentes mentions. Il est cependant vrai que les exemplaires sans mention furent les premiers mis en vente, et que les éditions avec mention possèdent des pages de titre en rouge et noir, pour les faire paraître comme des nouvelles éditions." (Le Feu Follet)

189.          HUYSMANS (J.-K.). Là-Bas. P., P.-V. Stock, 1905, in-12, 441 pp, 24e édition, broché, bon état. La page de titre indique 1905, la couverture 1906

            30

Les milieux satanistes de la fin du XIXe siècle. Huysmans est passionné par la démonologie et le surnaturel. Dans ce roman, Gilles de Rais mène le bal par l'intermédiaire d'un historien, Durtal, assoiffé de surnaturel et dont l'initiation sera faite par l'épouse hystérique et perverse d'un grand écrivain catholique. Messes noires et invocations sataniques s'ensuivent, qu'organise un prêtre excommunié, le chanoine Docre, qui s'est fait tracer sur la plante des pieds l'image de la croix afin de pouvoir la piétiner constamment et dont les plus innocents plaisirs sont de nourrir les souris blanches avec des hosties consacrées. Dans ce monde du sabbat et du blasphème, la raison ne survit que réfugiée dans une tour de Saint-Sulpice, où la femme du sonneur de cloches mitonne à l'intention des rares rescapés de divins pot-au-feu. Avec “Là-bas”, publié en 1891, J.-K. Huysmans (1848-1907) rompt avec le naturalisme, mouvement littéraire dans lequel il s'inscrivait depuis quinze ans et qui avait fait de lui, aux côtés d'Henri Céard, Léon Hennique et Guy de Maupassant, le compagnon de route d'Émile Zola.

190.          JACQUES (Jean). Berthelot. Autopsie d'un mythe. Belin, 1987, in-8°, 287 pp, préface de Jean Dhombres, 51 portraits, gravures et fac-similés, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, soulignures stylo et surlignures stabilo sur 4 pp. de la chronologie et 1 p. de l'index, bon état (Coll. Un savant, une époque)

            25

"Pontife de la science s'il en eut un, ce fut bien le chimiste Marcelin Berthelot (1827-1907). Il accumula les titres, les chaires, les responsabilités, renforçant sa position scientifique par une carrière politique. Par là, il devenait un symbole de la République et de ses luttes. Funérailles nationales, inhumation au Panthéon, centenaire de sa naissance en 1927 (il en reste la Maison de la Chimie), dithyrambes extraordinaires. R. Poincaré, ministre de l'Instruction Publique, aux funérailles : « On imaginait une entité mythologique qu'on appelait la force vitale... D'un geste de géant, Berthelot chasse toutes ces chimères... Il réalise des synthèses devant lesquelles reculait la science épouvantée ». (...) Alors héros républicain ou fausse gloire ? J.J démythologise hardiment : la France a payé cher la dictature rétrograde de son grand savant. Dossier fourni d'un éreintement en règle, où se discerne « un caractère comme on en rencontre peu ». Berthelot s'est opposé en particulier à Pasteur et à Duhem, dont il partageait pourtant l'antiatomisme. Il a incamé le scientisme d'une époque pour qui « le monde est aujourd'hui sans mystère ». Grand ami de Renan, il a symbolisé avec lui l'esprit irréligieux et antichrétien de la science nouvelle, alors qu'il attendra les dernières années de sa vie pour rallier la libre-pensée anticléricale. Ce petit livre suit sa ligne et atteint son but. Il restitue bien le climat du temps, politique et scientifique." (Emile Poulat, Archives de sciences sociales des religions, 1989)

191.          LAUNAY (Jacques de). Les Grandes controverses de l'Histoire moderne, 1789-1914. Genève, Edito-Service, 1974, in-8°, 286 pp, 2e édition revue et corrigée, 36 pl. de gravures hors texte (iconographie réunie par Nicolas Bouvier), sources, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, plats et dos ornés, signet, bon état (Coll. Histoire secrète de notre temps)

            20

"Le présent ouvrage a été conçu et réalisé après consultation systématique de 293 titres concernant la période étudiée. Cette analyse en profondeur a fait l'objet d'un pointage sur les éditions en langue originale et d'un report sur cartes perforées IBM. Les témoignages originaux ont ainsi été dégagés d'une littérature abondante, puis comparés et critiqués selon les techniques traditionnelles. Ce travail a duré quatre ans et a nécessité de nombreux voyages et enquêtes complémentaires. Il n'a pu être réalisé que grâce au concours de la Fondation Gulbenkian et de la Fondation européenne de la Culture." — Première partie : 1789-1815 ; 2ème partie : 1815-1848 ; 3ème partie : 1858-1870 ; 4ème partie : 1864-1904 ; 5ème partie : 1904-1914.

192.          LUCAS-DUBRETON (J.). Louis-Philippe. Fayard, 1948, fort in-12, 702 pp, biblio, reliure demi-toile chagrinée chocolat, dos lisse avec titres dorés et filets à froid, couv. conservée (rel. de l'époque), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            25

"Spécialiste éminent de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, M. J. Lucas-Dubreton a la chance d'avoir réalisé, en ce Louis-Philippe, un authentique chef-d'œuvre. La sûreté documentaire n'y a d'égal que l'art d'exposer, le charme du récit, sa verve, sa vie souple et nuancée. Psychologue et peintre tout ensemble, l'auteur a su projeter une vive lumière sur ce qui demeure l'essentiel du bienfait de Louis-Philippe : son amour raisonnable de la paix, sa volonté lucide et ferme de la maintenir, non à tout prix, mais dans l'honneur. La principale cause de la chute de la Monarchie de Juillet fut la rancune que les bellicistes conservèrent de la défaite que leur avait infligée Louis-Philippe. 1848 n'est pas qu'une explosion d'absurde mysticisme démocratique. La Révolution de Février est surtout la revanche du romantisme guerrier. Celui-ci exploita, de la manière la plus perfide, les fautes en politique intérieure du Roi vieilli et de Guizot, théoricien ennemi des mouvantes nécessites du réel. Un peuple ignorant laissa faire... Le livre admirable, profond et puissant de M. J. Lucas-Dubreton constitue la meilleure leçon de politique expérimentale, donnée par le plus impartial et le plus informé des historiens." (Jean Héritier, Le Pays réel, 1939)

193.          MAILLÉ (Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil, duchesse de). Souvenirs des deux Restaurations. Journal inédit présenté par Xavier de La Fournière. Perrin, 1984, in-8°, (8)-435 pp, 16 pl. de gravures hors texte, index, reliure skivertex éditeur, bon état

            30

Les cahiers de souvenirs de la duchesse, née Le Bascle d'Argenteuil (1787-1851). En premier lieu une introduction rajoutée qui traite des événements de 1814 à 1823 (pp. 1-63). Ensuite un journal proprement dit, tenu à jour de 1823 à 1830. Cette seconde partie est la plus vivante car la duchesse de Maillé a l'oeil d'un véritable reporter, cédant à l'impression du moment à mesure que les événements ou les hommes lui passent devant les yeux. Cela va du potin de la commère au grand reportage (funérailles de Louis XVIII, sacre de Charles X, Révolution de 1830). La duchesse a tout vu, tout entendu de ce qu'elle rapporte. Un document de première main sur une époque charnière. — "Les souvenirs de la duchesse concernent essentiellement la vie à la cour, l'entourage de Charles X, accessoirement la vie politique. Elle manifeste une vive hostilité à Polignac et à sa politique." (Bertier, 669).

194.          MARTIN DES PALLIÈRES (Général Charles ). Orléans. Campagne de 1870-1871. Plon, 1872, in-8°, 444 pp, 2 fac-similés hors texte, 3 cartes dépliantes en couleurs in fine (pt déchirure sans manque à une carte), reliure demi-veau glacé naturel, dos lisse à filets dorés, palette en queue, pièce de titre basane havane (rel. de l'époque), C. de bibl., rousseurs éparses, un mors fendu sur 3 cm, bon état. Edition originale

            90

Récit de la guerre franco-prussienne et ouvrage dirigé contre la dictature de Gambetta pendant la Défense nationale, décrivant les opérations du 15e corps d'armée (Armée de la Loire) par le général Charles Martin des Pallières (1823-1876), commandant en chef du 15e corps, puis député de la Gironde à l'Assemblée nationale de 1871 à 1876. Avec une carte générale des opérations du XVe corps autour d'Orléans, un croquis du combat de Chilleurs-aux-Bois du 3 octobre 1870 et une carte de la défense d'Orléans.

195.          OLLIVIER (Emile). L'Expédition du Mexique. P., Nelson, s.d. (1922), in-12, 379 pp, 2 cartes en 3 couleurs hors texte (expédition du Mexique et Siège de Puebla), reliure percaline crème décorée de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

            25

Histoire de l'expédition française au Mexique de 1861 à 1866. Récit extrait de l'« Empire Libéral ».

196.          ORMESSON (Wladimir d'). Enfances diplomatiques. Saint-Petersbourg, Copenhague, Lisbonne, Athènes, Bruxelles. Hachette, 1932, in-12, 256 pp, broché, bon état

            30

Délicieux souvenirs d'enfance d'un fils de diplomate. — "... Comment n'aurait-on pas de larges horizons et les connaissances les plus variées sur notre monde contemporain lorsque, dès qu'on a pu comprendre, on a recueilli de la bouche de son père des souvenirs sur la Russie tsariste, la cour de Danemark où autour du roi Christian IX, « l'aïeul de l'Europe », se réunissaient périodiquement ses filles et, ses gendres, les souverains de Russie, d'Angleterre et de Grèce. (...) Ces souvenirs rétrospectifs de son enfance ont permis à M. d'Ormesson d'esquisser de nombreux portraits de personnages historiques ou anecdotiques : ceux de la princesse Waldemar de Danemark, fille du duc de Chartres ; de la reine Amélie de Portugal, fille du comte de Paris : du roi Georges de Grèce, de la reine Olga et de leur fils le roi Constantin qui fut détrôné par les alliés ; du roi Léopold II de Belgique et du prince Victor-Napoléon, son gendre. Sur certains d'entre eux, il porte un jugement assez indépendant de l'opinion publique... (...) Ce long article sur un livre qui n'est pas excessivement volumineux, n'est-ce pas la preuve tangible de la richesse de son contenu, de l'intérêt des pensées qui y sont développées et du profit que l'on doit en tirer en faisant, ce qui ne nuit jamais, une fort agréable lecture ?" (Jean Guiraud, La Croix, 18 sept. 1932)

197.          PALÉOLOGUE (Maurice). Journal de l'affaire Dreyfus. L'affaire Dreyfus et le Quai d'Orsay, 1894-1899. Plon, 1955, in-8°, iv-271 pp, broché, papier lég. jauni, bon état

            25

"La publication posthume de ce journal présente un grand intérêt historique, car Maurice Paléologue était chargé au Quai d'Orsay de suivre l'affaire Dreyfus et il était en constants rapports avec les officiers du Service de renseignements. II se déclare certain que de 1886 à 1896 plusieurs officiers français ont alimenté l'ambassade d'Allemagne en documents confidentiels et il met en cause en termes voilés (pp. 156-159) un « officier d'un très haut grade » qui aurait occupé « durant plusieurs années des fonctions importantes au ministère de la Guerre ». Ces révélations tardives seraient évidemment plus probantes si elles étaient plus précises et surtout si les convictions intimes de M. P. l'avaient parfois amené à se départir de la réserve diplomatique qui constitue la règle constante de son attitude. Le journal de Maurice Paléologue est le journal d'un parfait fonctionnaire ; il constitue un excellent – et parfois bien involontairement cruel – tableau du Quai d'Orsay à la fin du siècle dernier. Ce n'est pas le moindre intérêt de ce livre." (Revue française de science politique, 1956) — "Grand commis au Ministère des Affaires étrangères, Maurice Paléologue a connu, pendant sa carrière, beaucoup de secrets d'Etat. Il a vécu au plus près les péripéties shakespeariennes de l'Affaire Dreyfus et en a tenu un journal quotidien, que les Editions Plon nous font connaître. Les contemporains de cette « affaire », dont certains aspects demeurent encore troubles, liront avec passion ces pages, qui sont celles d'un grand mémorialiste. Les autres n'auront pas à superposer leurs propres souvenirs aux faits racontés par Paléologue, mais ils y ramasseront une ample moisson de faits dramatiques. Là, l'histoire est un roman quotidien avec, pour fond de décor, les coulisses des Affaires étrangères, de l'Etat-Major et du 2e Bureau." (Bernard Simiot, Hommes et mondes, 1956)

198.          PIGEARD-MICAULT (Natalie). Charles-Adolphe Wurtz. Un savant dans la tourmente. Entre bouleversements politiques et revendications féministes. P., Hermann, 2011, in-8°, 170 pp, préface de Bernadette Bensaude-Vincent, 17 portraits et 25 gravures, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire des sciences). Ouvrage issu de thèse

            25

Comment Charles-Adolphe Wurtz, chimiste reconnu, est-il devenu doyen de la Faculté de médecine de Paris entre 1866 et 1876 ? C'est à ses côtés que l'on pénètre au coeur d'une époque passionnante, que ce soit par ses bouleversements politiques, de l'Empire à la République, ou par les luttes de pouvoir, précisément documentées, entre un clergé dénonçant un enseignement considéré comme trop matérialiste et une Faculté reflétant l'évolution des théories scientifiques. Une autre lutte, celle des femmes pour l'accès à l'enseignement supérieur et à la profession de médecin, est également relatée, parallèlement à une description de l'impact sur la société des événements majeurs de cette période : la guerre de 1870, la Commune de Paris, la mise en place d'un gouvernement instable et d'un régime sans Constitution. C'est l'histoire d'un engagement discret mais pourtant réel et efficace qui est retranscrite dans cet ouvrage. De l'entrée du corps féminin à la Faculté à sa contribution à la chimie atomiste, Wurtz est ici reconnu comme un personnage incontournable d'une période qui a marqué un tournant dans notre histoire.

199.          RENARD (Georges). Le Régime socialiste. Principes de son organisation politique et économique. Félix Alcan, 1921, in-12, ii-208 pp, 7e édition, broché, couv. lég. abîmée, bon état (Bibliothèque de philosophie contemporaine)

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"Dans le “Régime socialiste”, Georges Renard se livre à un très méritoire effort pour sortir des nuages où tant de systèmes socialistes demeurent. Il travaille à faire descendre son idéal du ciel sur la terre. Il indique les voies où il conviendrait de s'engager tant dans l'ordre politique que dans l'ordre économique, non seulement pour bien défendre les intérêts communs à tous, mais pour réserver aux individus le plus possible de liberté effective. Georges Renard dessine ainsi la figure d'un «socialisme libéral », qui a attiré vers lui beaucoup de jeunes intellectuels. Pour réaliser ce socialisme, il est bien loin de compter sur des forces mécaniques. En dépit des progrès du matérialisme historique et de toutes les forces de «réalisme », Georges Renard affirme le prix supérieur des forces morales. Et c'est pourquoi il se retourne avec tant de prédilection vers les heures dorées de 1848..." (Célestin Bouglé, 1930) — Collaborateur de Durkheim, Georges Renard participa à la Commune de Paris puis devint l'une des personnalités de premier plan du parti socialiste. (Stammhammer II, 274)

200.          RENOIR (Jean). Renoir. Hachette, 1962, in-8°, 457 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale (il n'est pas mentionné de grands papiers)

            30

La vie d'un des plus grands peintres racontée par un des plus grands cinéastes. Il est vrai que l'un était le père de l'autre, et que Jean Renoir est né au "château des Brouillards", sur la butte Montmartre, à deux pas du Moulin de la Galette immortalisé par un tableau de Pierre-Auguste. En 1915, Jean Renoir, blessé de guerre, entame une série de conversations à bâtons rompus avec son vieux père Pierre-Auguste. Le peintre égrène ses souvenirs au gré de sa mémoire, souvenirs dont le cinéaste transcrit avec succès l'esprit. D'où le grand plaisir que l'on éprouve à la lecture de ce texte (émaillé de savoureuses anecdotes) faisant revivre le peintre (caractère bien trempé, parler franc, malicieux, opinions tranchées sur le monde ''moderne'', inlassable curieux heureux de vivre, fidèle en amitié, modeste). Le texte reconstitue un monde perdu (le Paris disparu de l'enfance et de la jeunesse du peintre), fait revivre parents et amis (la liste est longue et prestigieuse), la glorieuse épopée de l'Impressionnisme, sans oublier la restitution de la pensée et de l'oeuvre du maître, personnage véritablement hors du commun. On sent, à travers le regard souvent amusé du fils, toute la tendresse et le respect pour son père (sans oublier sa mère), une certaine nostalgie d'une époque révolue...

201.          ROUSSET (Camille). Histoire de la guerre de Crimée. Hachette, 1894, 2 vol. in-12, xii-388 et 404 pp, 3e édition, reliures demi-chagrin bordeaux, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres, tomaison et fleurons dorés, nom du lycée Saint-Louis doré en queue, tranches mouchetées (rel. de l'époque), bon état

            150

" (...) Nous avons loué bien des qualités dans les divers ouvrages de M. Camille Rousset, pénétration, impartialité, connaissance technique de tout ce qui intéresse notre organisation militaire ; nous ne fermerons pas l’Histoire de la guerre de Crimée sans féliciter particulièrement l’auteur de sa rectitude intellectuelle et de sa dignité patriotique." (Saint-René Taillandier, Revue des Deux Mondes, 1878)

202.          ROUSSET (Lt-Colonel Léonce). Histoire générale de la guerre franco-allemande (1870-1871). P., Librairie Illustrée, Jules Tallandier, s.d. (1910-1912), 2 vol. in-4°, 508-xvi et 492-x pp, 62 tableaux, portraits et panoramas hors texte, plus de 500 tableaux et compositions, 217 portraits, plus de 500 documents et photos, 65 cartes et plans, pièces justificatives, reliure demi-chagrin bordeaux, dos lisses ornés, plats percaline bordeaux décorés de fers dorés, tranches rouges (reliure de l'éditeur), bon état

            180

"Le détail des opérations militaires dans la guerre contre l'Allemagne est donné d'après un bon plan et avec une précision remarquable. Le commandant Rousset a entrepris le récit complet de ce qu'il appelle « la seconde campagne de France » : les mouvements des armées jusqu'au 15 août ; les batailles sous Metz, Sedan, le blocus et la reddition de la grande place de guerre lorraine ; le siège de Paris ; l'armée du Nord et celle de l'Est. Le récit, puisé aux meilleures sources, est d'une grande clarté. Il fait une place plus grande que celui de M. Lehautcourt aux événements politiques et aux négociations qui ont influé sur la guerre ; il critique aussi davantage, mais en se maintenant strictement sur le terrain militaire. A ce point de vue, son ouvrage est à lire et à méditer, car il contient des leçons que tout le monde, et surtout les grands chefs, devraient avoir toujours présentes à l'esprit." (Ch. Bémont, Revue Historique)

203.          ROY (J.-J.-E.). Histoire du siège et de la prise de Sébastopol. Précédée d'une notice historique sur la Crimée et sur les causes et les principaux événements de la Guerre d'Orient. Tours, Ad. Mame et Cie, 1856, in-8°, 235 pp, une gravure sous serpente en frontispice, broché, couv. imprimée, bon état

            40

Lors de la guerre de Crimée, le siège de Sébastopol par les troupes alliées commença en octobre 1854 et ne se termina que le 8 septembre 1855 avec la chute du fort de Malakoff, au prix de pertes considérables de part et d'autre. Pour le seul 8 septembre et pour les seules forces françaises, le général Pélissier dresse l'inventaire détaillé suivant : « Nos pertes, dans cette journée, sont de cinq généraux tués, quatre blessés et six contusionnés ; vingt-quatre officiers supérieurs tués, vingt blessés et deux disparus ; cent seize officiers subalternes tués, deux cent vingt-quatre blessés, huit disparus ; et quatorze cent quatre-vingt-neuf sous-officiers et soldats tués, quatre mille deux cent cinquante-neuf blessés, et quatorze cents disparus ; total : sept mille cinq cent cinquante-un. Ces pertes sont nombreuses ; beaucoup d'entre elles sont regrettables, mais elles sont moins grandes encore que je ne pouvais le craindre. Tout le monde, depuis le général jusqu'au soldat, a fait glorieusement son devoir, et l'armée a bien mérité de la patrie... » (p. 227). La ville de Sébastopol ainsi conquise n'était plus qu'un amas de ruines désertes, incendiées par les Russes. Ils avaient sabordé la flotte et avaient détruit ou emporté tout ce qu'ils pouvaient, avant d'évacuer la ville. Cependant, à Paris, on pavoisa...

204.          SAND (George). Œuvres autobiographiques. Texte établi, présenté et annoté par Georges Lubin. Gallimard, 1978, 2 forts vol. in-12, 1536 et 1648 pp, reliures plein cuir souple de l'éditeur, dos lisses ornés de filets dorés, jaquettes illustrées, rhodoïds, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)

            70

Tome I : Histoire de ma vie (1800-1822) – Tome II : Histoire de ma vie (1822-1832) – Lettres d'un voyageur – Un hiver à Majorque – Journal intime destiné à Musset – etc. — "Il y a beaucoup à cueillir dans cette œuvre trop longtemps négligée. Les pages de synthèse dans lesquelles George Sand brosse à grands traits le visage et les transformations de son siècle sont pleines d'aperçus profonds et dignes d'un historien. L'évocation des guerres de la Révolution et de l'Empire, la peinture de la vie des camps, où s'intercalent en contraste les croquis amusants des intrigues de la Cour et des salons, nous conduisent de Cologne à Marengo, du camp de Boulogne à Austerlitz, dans une odeur de poudre et un cliquetis de sabres qui restituent à merveille l'atmosphère de ces temps héroïques, où toute l'Europe vibrait du galop de nos armées. On voit à nu l'évolution d'une jeune âme, au moment où l'adolescence se pose tant de questions, oscillant entre la foi et le doute, cherchant désespérément et n'obtenant pas de réponse ; et peut-être ne trouvera-t-on nulle part de plus pénétrante description clinique du mal du siècle. Tout cela se mêle de tableaux délicieux, d'anecdotes charmantes, de portraits vivants et pittoresques, malicieux parfois, le tout dans un certain désordre dont on peut discuter s'il est l'effet ou la cause de l'art. Les pages sur Nohant, sur les romans entre quatre chaises, et les promenades à Chaillot, les chapitres sur la vie au couvent des Anglaises, le récit de la voiture perdue dans la brande, au chant des grenouilles : autant de morceaux qui ne s'oublient pas quand on les a lus une fois." (Georges Lubin)

205.          SARCEY (Francisque). Le Siège de Paris. Impressions et souvenirs. Edition illustrée par Bertall. P., Lachaud, 1871, gr. in-8°, 303 pp, 15 gravures à pleine page, reliure demi-toile chagrinée bordeaux à coins, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés, 1er plat illustré par Bertall conservé (rel. de l'époque), mors et coiffes frottés, qqs rares rousseurs, bon état

            50

Le quotidien des Parisiens durant le siège raconté par le journaliste Francisque Sarcey, alors enrôlé dans la garde nationale (pendant la Commune, il rejoint finalement le parti des Versaillais). Il subit le siège avec une bravoure pleine de bonne humeur. C'est un chroniqueur qui raconte tout ce qu'il voit. Il raconte la famine, la misère, mais aussi les moments heureux ou drôles, comme par exemple ses gardes aux fortifications. L'auteur achève son livre le 12 février 1871 en confiant ses craintes quant au déclenchement d'une guerre civile... — "Francisque Sarcey a l'un des maîtres du journalisme français dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Il a fait les délices de deux générations de Parisiens par son esprit endiablé assaisonné de bon sens, par sa fine malice gauloise, mêlée de bonhomie. Le sujet du livre ne permettait pas, hélas ! à Sarcey de répandre sa verve inépuisablement féconde en saillies. Le récit des malheurs de la guerre de 1870 et des horreurs du Siège de Paris exigeait une sincérité absolue et la seule préoccupation de dire la vérité. C'est ce souci de la vérité autant que la vivacité entraînante de la narration, qui donne sa valeur au livre. L'auteur s'est contenté de raconter tout simplement, avec une émotion contenue et d'autant plus impressionnante, les péripéties tragiques du siège. Sans récriminations et sans rhétorique, il rappelle les fautes et les crimes. Déposition d'un témoin oculaire, ce livre restera un des documents les plus saisissants de l'Année terrible."

20e SIÈCLE

 

206.          ALVAREZ del VAYO (Julio). Les Batailles de la liberté. Mémoires d'un optimiste. Maspero, 1963, in-8°, 318 pp, traduit de l'espagnol, index, broché, couv. illustrée à rabats (lég. frottée), bon état (Coll. Cahiers libres)

            30

"Les hommes qui ont dépassé la quarantaine, ceux pour qui la Guerre d’Espagne fut un moment décisif de leur prise de conscience ou une période de grands engagements, connaissent bien le nom de celui qui pendant trois ans prêcha inlassablement à la tribune de la Société des Nations les droits de son gouvernement et de son peuple bafoués par la couardise de la non-intervention. Ils sont nombreux aussi qui ont fait la connaissance de l’ancien ministre des Affaires étrangères de la République espagnole en voyant le film “Mourir à Madrid”. Les souvenirs de la longue vie, enrichie par les expériences les plus diverses, de Julio Álvarez del Vayo paraissent maintenant en français sous le titre de “Batailles de la liberté”. Ce sont des mémoires de journaliste, de diplomate et d’homme d’action. Le journaliste écrit des reportages sur l’Allemagne de 1914, sur les conférences internationales de la première après-guerre, sur l’Espagne aux temps de la monarchie. L’homme politique parle des conspirations républicaines en 1930, de la révolution des Asturies en 1934. Devenu homme d’état, il connaît ensuite les réunions du gouvernement espagnol pendant la guerre, ses rapports avec les ambassadeurs des grandes puissances européennes... La première partie du livre contient des témoignages inestimables sur l’Allemagne de 1913 à 1920, sur un émigré russe en Suisse appelé Lénine, sur Rosa Luxembourg, sur Walter Rathenau. Les passages sur la conférence de Gênes et l’accord de Rapallo en 1922 sont particulièrement intéressants. Ces souvenirs s’entremêlent avec ceux sur l’Espagne déchirée par la violence des luttes politiques et syndicales, précipitée dans la dictature de Primo de Rivera à la suite des défaites de son armée au Maroc. Le lecteur qui veut connaître le « dessous des cartes » aimera particulièrement le récit vécu des mouvements révolutionnaires de 1930 et 1934, les souvenirs de la proclamation de la République en avril 1931. Mais c’est à partir du triomphe électoral du Front Populaire en 1936, et du climat de pré-guerre qui annonçait le soulèvement militaire que le récit monte de ton. Le point de vue d’Álvarez del Vayo sur l’agression dont fut victime la République espagnole, sa réfutation de certaines légendes essayant de présenter le soulèvement comme un acte « préventif » ont été confirmés dernièrement d’une manière éclatante et documentée par le livre de Herbert Southworth, “Le mythe de la croisade de Franco”, la meilleure étude bibliographique à cette date sur la Guerre d’Espagne. Bien entendu, la politique étrangère de la République espagnole entre 1936 et 1939 donne lieu à un des chapitres les plus riches. Álvarez del Vayo ne répète pas l’histoire de la non-intervention, étudiée déjà par Hugh Thomas, et Broué et Témime. Par contre il explique certains aspects, beaucoup moins connus, de la politique de son gouvernement, notamment le mémorandum adressé par le gouvernement espagnol à ceux de la France et de la Grande-Bretagne le 9 février 1937, dans lequel on promettait « une collaboration active avec la France et le Royaume Uni », en échange du rembarquement effectif de tous les étrangers sans exception qui participaient à la lutte intérieure en Espagne. Il en est de même pour l’offre faite à l’Angleterre, après Munich, d’accepter totalement la collaboration anglo-italienne dans la Méditerranée (politique d’entente Chamberlain-Mussolini) si l’Italie cessait son intervention en Espagne. Est évoquée aussi la position du gouvernement Negrín, qui demandait seulement pour arrêter les hostilités après la chute de Barcelone qu’il n’y ait pas de représailles. Le coup d’état du colonel Casado – représentant l’esprit « munichois » au sein des républicains espagnols – et les derniers instants du gouvernement républicain, sont également évoqués et commentés..." (Manuel Tuñón De Lara, revue Esprit, 1964)

207.          AMANRICH (Vice-Amiral)(de l'aéronautique navale). Une Française, Maryse Bastié. Editions Baudinière, 1953, in-8°, 269 pp, 41 photos sur 24 planches hors texte, broché, couv. illustrée lég. abîmée avec pt mque en coin, bon état

            20

Biographie de la grande aviatrice Maryse Bastié, née Marie-Louise Bombec, gloire du sport, née le 27 février 1898, à Limoges et morte le 6 juillet 1952 à Bron. Elle fut la première aviatrice française à accrocher de nombreux records à son palmarès. Ses exploits furent très rapidement médiatisés. Nombre d'établissements scolaires, théâtres, rues et avenues portent aujourd'hui son nom.

208.          ANSON (Robert Sam). George McGovern. Buchet/Chastel, 1972, in-8°, 356 pp, traduit de l'américain (“McGovern : A Biography”), préface de Pierre Salinger, broché, bon état

            20

George Stanley McGovern (1922-2012) est un homme politique américain. Il fut membre du congrès des Etats-Unis, sénateur et candidat malheureux du Parti démocrate contre Richard Nixon à l'élection présidentielle américaine de 1972. Sa défaite est une des plus larges de l'histoire des États-Unis, avec seulement 38 % des voix contre 61 % à Nixon et 17 voix sur les 538 du Collège électoral. On se souvient surtout de McGovern pour son opposition à la guerre du Viêt Nam.

209.          BERSTEIN (Serge) et Pierre MILZA. Histoire de la France au XXe siècle. Bruxelles, Complexe, 1995, fort in-8°, 1407 pp, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliotheque Complexe)

            30

La publication en un volume unique des cinq tomes composant l' “Histoire de la France au XXe siècle” met un terme à l'entreprise de Serge Bertein et Pierre Milza, qui en 1.400 pages donnent toutes les clefs nécessaires à la compréhension de l'histoire de ce pays depuis la fin du siècle dernier, et permet de mettre en perspective les éléments qui ont construit les équilibres sur lesquels s'appuie aujourd'hui l'organisation de la France. La seule chronique des événements politiques, pour indispensable qu'elle soit, ne suffit pas à rendre compte de l'histoire d'un pays. Une large place est donc faite dans cet ouvrage à l'évolution des structures et au poids de la conjoncture économique, à l'étude de la société dans ses systèmes de valeurs et de représentations, à la culture envisagée comme la résultante des conditions dans lesquelles vit la société. L'histoire nationale est systématiquement rapportée aux données internationales, par l'étude de l'action et du rôle de la France au cours d'un siècle qui a vu changer son statut à l'échelle mondiale. A travers les aléas de la vie politique, deux guerres mondiales, deux crises économiques et quatre régimes, c'est toute l'aventure de la modernisation de la France issue du XIXe siècle que mettent en scène les auteurs. — "Ce qu'on appellera, désormais, le Berstein-Milza est bien une somme et pour tous publics, là n'est pas le moindre de leurs mérites." (N. Carré de Malberg, Vingtième siècle, revue d'histoire) – "La dialectique de la modernisation et de la cohésion nationale est au cœur de l' “Histoire de la France au XXe siècle” de S. Berstein et P. Milza, qui fait le point d'une documentation himalayesque." (Lire)

210.          BRAGARD (Maurice). Passé simple. Chez l'Auteur, s.d. (1984), in-8°, 299 pp, 16 photos dans le texte, broché, bon état, avec un envoi de l'auteur. Rare

            25

Autobiographie. L'auteur a travaillé 42 ans au Paris Mutuel Urbain (PMU), puis au Paris Mutuel Hippodrome (PMH), de 1931 à 1973. Il raconte de nombreuses anecdotes sur son métier, pendant et après la guerre, le milieu des joueurs..., et sur ses voyages (Suède, Union soviétique...). Table : Mes racines. Les arcanes de la Bourse. Intermède militaire (1929). Les années trente. Le milieu des Courses. Drôle de guerre. Comment améliorer l'ordinaire. Comptabilité tous azimuts. De curieux personnages. Faune et flore des Courses. Mandataire accrédité. Des joueurs de haute volée. Place aux loisirs ! Les folles nuits de Moscou et les secrets du yogi. Epilogue.

211.          BRANCA (Eric). Les entretiens oubliés d'Hitler, 1923-1940. « On m'insulte en répétant que je veux faire la guerre ». Perrin, 2019, in-8°, 301 pp, repères chronologiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. à un académicien

            20

Depuis son émergence politique, en 1923, jusqu'à la défaite de la France, en 1940, Hitler a utilisé la presse démocratique comme nul autre dictateur ne l'avait fait avant lui. Complétant et souvent corrigeant ses innombrables discours, il accorda des entretiens à des journalistes triés sur le volet afin d'endormir les opinions publiques occidentales sur la réalité de ses desseins et le caractère impitoyable de leur mise en oeuvre. Malgré les centaines de milliers de pages consacrées au Führer depuis plus de soixante-dix ans, ces interviews, accordées aux plus grands correspondants américains, britanniques et français de l'époque, n'ont pourtant jamais fait l'objet de la moindre publication, si ce n'est parle biais d'une poignée de citations. Elles sont pourtant essentielles, à la fois par ce qu'elles disent et par ce qu'elles dissimulent. Les voici publiées pour la première fois. Eric Branca a choisi les seize plus significatives, il les a fidèlement traduites, soigneusement présentées et annotées. Enfin, il a rédigé un important chapitre introductif intitulé "Hitler et la presse étrangère. Histoire d'une fascination" qui en dit long sur l'emprise exercée par le Führer sur les démocraties à partir de son avènement. Une édifiante "préhistoire" de la Collaboration.

212.          BRAY (Mark). L'antifascisme. Son passé, son présent et son avenir. Montréal (Québec), Lux Editeur, 2018, in-8° oblong, 364 pp, traduit de l'anglais, préface de Sébastien Fontenelle, biblio, notes et références, broché, couv. illustrée, bon état

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Un inquiétant bruit de bottes résonne à nouveau partout en Europe et en Amérique, marquant la fin d'une période de latence que d'aucuns ont interprétée comme une victoire contre le fascisme. Héritiers de la résistance contre Mussolini et Hitler pendant les années 1920 et 1930, les antifascistes, eux, n'ont jamais baissé la garde et ont bâti une longue tradition de lutte contre l'extrême droite que chacun d'entre nous gagnerait à mieux connaître aujourd'hui. Dans cette captivante enquête, Mark Bray donné un aperçu unique de l'intérieur de ce mouvement et écrit une histoire transnationale de l'antifascisme depuis la Seconde Guerre mondiale. Rédigé à partir d'entretiens menés avec des antifascistes du monde entier, “L'antifascisme. Son passé, son présent et son avenir” dresse la liste des tactiques adoptées par le mouvement et en analyse la philosophie. Il en résulte un éclairant portrait de cette résistance méconnue, souvent mythifiée, qui lutte sans relâche contre le péril brun.

213.          BRISSAUD (André). Histoire du service secret nazi. Plon, 1972, gr. in-8°, 392 pp, 80 photos sur 24 pl. hors texte, chronologie, biblio, broché, bon état

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"André Brissaud affirme avoir basé son travail sur les échanges qu'il eut avec Schellenberg en Italie en 1952. Avant de mourir, l'ancien chef des services secrets nazis aurait accepté de confier ce qu'il savait à Brissaud. Le compte-rendu formel de son enquête est un récit très vivant qui tire parfois vers le genre docu-fiction avec ses passages dialogués reconstitués. Si on excepte cette réserve, il est intéressant de découvrir de l'intérieur grâce aux éléments racontés par Schellenberg, les manipulations, escroqueries, provocations et meurtres pratiqués par les gangsters intellectuels de la SS dirigés par Heydrich pour contrôler le pays et agir clandestinement afin de mettre en place la politique étrangère agressive et bientôt guerrière de son Führer. Le SD est véritablement né lors de la purge de la SA en 1934 et son sinistre apogée se situe quand il parvint à chapeauter l'Abwehr en 1944, Canaris l'éternel rival ayant été discrédité avant d'être enfermé et finalement exécuté dans les derniers jours du IIIe Reich, le 9 avril 1945. Le récit s'achève sur l'affaire de l'attentat dans la brasserie de Munich. L'auteur s'est donc concentré sur les années d'avant-guerre jusqu'à l'agression contre la Pologne pour décrire la montée en puissance du SD et la lutte constante qui opposa les dignitaires du régime hitlérien entre eux pour contrôler les services secrets de l'Etat nazi." (René Claude, 2015) — "Propos prétendument recueillis par un journaliste sur la base de ses entretiens avec Walter Schellenberg, soigné en Suisse après la guerre alors qu'il était hébergé chez le Dr Lang à la demande du brigadier Roger Masson, chef des services secrets suisses. Ce document fut plus probablement établi par Sven Hinnen, le garde du corps de Walter Schellenberg, mis à sa disposition par Masson. Ce Sven Hinnen essaya sans succès de vendre les notes prises au chevet du malade à des éditeurs américains, malgré l'interdiction de Walter Schellenberg qui préparait la publication de ses mémoires (traces dans les archives américaines NARA dans l'état du Maryland). La disparition de ces notes, le suicide inexpliqué en 1953 de Sven Hinnen et la façon peu plausible dont André Brissaud prétend avoir rencontré Schellenberg permettent de soupçonner que ce livre est en fait celui reproduisant les notes du garde du corps." (wikipedia)

214.          BRISSON (Pierre). Autre temps. Gallimard, 1949, in-12, 230 pp, broché, bon état (Coll. Blanche). Edition originale, un des 33 ex. numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre

            70

On sait que Pierre Brisson est le fils d'Adolphe Brisson, le célèbre critique dramatique du “Temps” et le fondateur des “Annales politiques et littéraires”, et d'Yvonne Sarcey, l'animatrice des “Conférences des Annales”. On imagine aussitôt quelle passionnante société d'écrivains, de journalistes, de comédiens et d'hommes politiques – ceux tout au moins de ces derniers qui s'intéressaient aux Lettres – gravitait autour de cette famille, même si l'on ignore à quel point elle poussait le génie de l'hospitalité et de l'amitié désintéressée. Ce sont ses souvenirs d'enfance, d'adolescence et de première jeunesse – de 1910 à 1925 – qu'évoque ici Pierre Brisson. Avec humour, avec attendrissement, il raconte les « matinées » (ainsi appelait-on alors ce qu'on nomme aujourd'hui cocktail) et les « soirées » de la rue Saint-Lazare et de la campagne, où toutes les célébrités d'alors défilaient devant ses yeux parfois éblouis. Livre de souvenirs, certes, mais aussi excellent témoignage d'une époque charmante. “Autre temps” est encore le récit de la découverte du monde et des valeurs littéraires par celui qui deviendra le tout-puissant patron du “Figaro”.

215.          BRISSON (Pierre). Vingt ans de «Figaro», 1938-1958. Gallimard, 1959, in-12, 273 pp, index, broché, bon état

            25

216.          Le même, auquel on joint une carte a.s. imprimée « Pierre Brisson, directeur du “Figaro” » à Fernand Gregh, où P. B. déplore devoir lui retourner des poèmes proposés au “Figaro” « en attendant des jours meilleurs » (10 lignes)

            40

“Le Figaro” est une vieille et célèbre maison. Pierre Brisson a réuni ici un certain nombre de textes signés de lui qui jalonnent et, pour ainsi dire, balisent la vie du journal de 1938 à 1958. Tous ces articles, éditoriaux, manifestes, allocutions familières témoignent chez leur auteur d'une grande continuité de caractère. Pierre Brisson, homme libre, ne cesse de défendre la liberté. En mars 1938, titulaire de la chronique dramatique, il consacre son feuilleton à l'Autriche, qui vient d'être envahie par les nazis. Ce saut inattendu hors de sa rubrique sous le coup de l'indignation le peint. “Le Figaro” sous l'Occupation, son sabordage, sa reparution, la victoire, la fondation du “Figaro littéraire”, telles sont quelques-unes des étapes essentielles de ces vingt ans d'histoire. Ce qui rend particulièrement intéressantes ces aventures, c'est qu'elles sont intimement liées à la vie de la nation, qu'elles la reflètent. On lira aussi, non sans émotion, la série de brefs éditoriaux par lesquels, tant sur la C.E.D. que sur l'anticommunisme, la situation française dix ans après la Libération, l'agonie et la mort de la IVe République, Pierre Brisson marque les étapes d'un drame. — "Trois parties dans ce recueil de textes écrits entre 1938 et 1958 par le directeur du Figaro : 1 ) des textes illustrant la ligne politique du journal ; 2) des portraits de ses principaux collaborateurs, sous le titre « Le coin de la famille » ; 3) des « hommages et adieux » (Colette, Léon-Paul Fargue, Henri Béraud, etc.) P. B., dont on connaît la ferme attitude en novembre 1942, a tenu à reproduire les textes de mai 1958 qui attestent les réserves du Figaro après le « coup d'Alger » et la première déclaration du général de Gaulle." (Revue française de science politique, 1960)

217.          BRUNETEAU (Bernard). Le totalitarisme. Origines d'un concept, genèse d'un débat, 1930-1942. Editions du Cerf, 2010, in-8°, 491 pp, broché, couv. illustrée, premiers feuillets lég. gondolés, bon état (Coll. Politique)

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Le totalitarisme a dominé et écrasé une bonne partie du XXe siècle. Qualifiant une forme de pouvoir "total", le mot désigne aussi un concept (l'idéal-type dudit pouvoir) et une théorie (une catégorie de régime opposé à la démocratie). Utilisé de façon polémique au temps de la Guerre froide, il a constitué un enjeu politique majeur et, aujourd'hui encore, son usage semble sacrilège pour ceux qui refusent tout parallèle entre l'Allemagne nazie et l'URSS stalinienne, entre une idéologie raciste et une utopie universaliste, même dévoyée. Dans cette anthologie, sont présentés plus de cinquante textes souvent inédits ou oubliés. Ils mettent en lumière l'historicité d'un concept qui, en réalité, doit peu aux affrontements de la Guerre froide. En effet, c'est "à chaud", dans les années 1930, en plein développement du communisme en URSS, du fascisme en Italie, puis du nazisme en Allemagne, que les premières perspectives comparatistes apparurent. Bien avant les analyses canoniques d'Hannah Arendt, des philosophes, des juristes, des historiens et des économistes, européens et américains, ont précisé les mécanismes idéologiques et les structures de pouvoir présidant à une convergence entre les trois régimes. Lieu commun de la réflexion politique dans l'avant-guerre, le totalitarisme est alors au coeur d'un renouvellement des questionnements sur la démocratie, sur sa refondation philosophique, sur la protection que peut lui assurer la loi. Et pour ceux qui définissent une nouvelle catégorie de dictature, fondamentalement différente des formes traditionnelles, le combat contre elle va bien au-delà du seul antifascisme.

218.          BUIS (Georges). Les Fanfares perdues. Entretiens avec Jean Lacouture. Seuil, 1975, in-8°, 279 pp, broché, couv. illustrée d'un portrait de G. Buis, bon état

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« Au fil du dialogue, je porte témoignage sur une trentaine d'années exceptionnelles, celles de la mutation non seulement d'une civilisation mais du monde. Je n'ignore pas que le mot « mutation » implique la notion d'instantanéité. Aussi bien, dans l'histoire d'un peuple et de notre planète, trente ans, c'est un instantané. Je vois dans ce raccourci une justification à ce que chaque témoin apporte sa contribution à l'approche du phénomène. Non pas à son aspect événementiel mais à la façon dont il a été perçu, reçu, par certains individus. Un trajet à travers les événements ; sous la peau de l'événement. Il ne s'agit pas de moi, Georges Buis, mais de ce qu'un certain type de bourgeois, d'officier, de Français, a pu ressentir dans les cahots du parcours qui a été le sien dans le temps peu banal qu'il lui a été donné de vivre. » Donné, ce temps ? Ou arraché au plus fort de la mêlée, comme le ballon de rugby de sa jeunesse ? Une vie comme celle-là, brûlée à tous les feux du combat, brûlée aussi par les exigences de la lucidité, est une conquête perpétuelle. Georges Buis aurait pu n'être qu'un d'Artagnan républicain qui, passée l'heure de l'action, médite passionnément sur les moyens de paralyser la guerre. Il s'est aussi voulu écrivain. Que le premier homme à entrer à Berchtesgaden abandonné par Hitler soit aussi l'auteur de “la Grotte” n'est pas une des moindres merveilles de cette vie innombrable.

219.          CARDINAL (Linda) et Pascale DEVETTE ( dir). Autour de Chantal Mouffe : Le politique en conflit. Ottawa (Canada), Invenire, 2015, in-8°, 224 pp, broché, bon état (Coll. Métagouvernance collaborative)

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Cet ouvrage se veut une introduction à l'oeuvre de Chantal Mouffe et en particulier à sa compréhension du politique. Les notions clés de démocratie radicale et de politique agonistique sont examinées. On éclaire l'oeuvre de Mouffe par le contraste avec celles de Camus, Lefort, Rawls et Dewey. — Chantal Mouffe est une figure majeure dans l’analyse du politique contemporain. Elle rejette les simplismes de l’économisme et de la lutte des classes comme seuls mécanismes déterminants dans les antagonismes au cœur de la société, et défend la nécessité d’une démocratie radicale et du pluralisme agonistique afin de permettre à tous les antagonismes de s’exprimer au sein de l’espace politique. L’objectif principal de cet ouvrage est d’ouvrir un espace de dialogue sur son œuvre, et en particulier sur sa compréhension du politique. Les concepts de démocratie radicale et de politique agonistique sont des notions clés dans ses analyses. On voudra comprendre comment ils peuvent nous aider à repenser le politique dans la conjoncture actuelle. La première partie de l’ouvrage porte sur les grands thèmes traités dans les travaux de Mouffe, et sur certains de ses concepts clés et de ses postulats de base. La seconde partie utilise un procédé cher à Chantal Mouffe – la mise en dialogue avec divers auteurs – pour éclairer son œuvre par le contraste avec Albert Camus, Claude Lefort, John Rawls, et John Dewey, parmi d’autres. La troisième partie s’inspire de la pensée de Chantal Mouffe pour examiner l’expérience de certains pays d’Amérique latine qui ont criminalisé l’action collective au nom de la démocratie. Pour conclure, un texte de Chantal Mouffe illustre ses préoccupations actuelles, et dévoile le rôle central de la notion d’agonisme pour l’avènement d’une pratique pleinement démocratique du politique. Une riche introduction à la pensée de Chantal Mouffe.

220.          CHENEVIER (Charles, sous-directeur honoraire de la Sûreté Nationale). De la Combe aux fées à Lurs. Souvenirs et révélations. Flammarion, 1962, in-12, 234 pp, broché, bon état

            25

Ses succès retentissants et répétés dans la lutte contre les malfaiteurs ont valu depuis longtemps au commissaire Chenevier une juste notoriété. Les présents mémoires nous montrent ce que furent ses rapports – de chasseur de gibier – avec quelques-uns des bandits les plus redoutables de ces trente dernières années : avec René Girier, dit René la Canne, roi de l'évasion et Frégoli du banditisme ; avec Abel Danos, plusieurs fois meurtrier et qui finit sur l'échafaud ; avec Emile Buisson l'insaisissable, impitoyable tueur qui ne commit vraisemblablement pas moins d'une vingtaine d'assassinats. Outre ces inquiétantes figures de vedettes de la criminalité, le commissaire évoque ici toutes les grandes énigmes qu'il eut à résoudre au cours de sa carrière de policier : l'assassinat de la comtesse de Chenoves ; celui de l'ex-agent soviétique Ignace Reiss ; l'affaire Prince ; l'assassinat de Max Dormoy ; le vol des bijoux de la Begum ; et enfin, le meurtre de la famille Drummond, l'horrible crime de Lurs. Humain et psychologue, Charles Chenevier est un conteur-né. Aussi le récit de ses enquêtes et de ses aventures présente-t-il un attrait assez exceptionnel dans ce genre de souvenirs.

221.          CHEVALIER (Jean). La Politique du Vatican. P., Culture, Art, Loisirs, 1968, pt in-8° carré, 310 pp, reliure skivertex bleu de l'éditeur, dos à 4 faux-nerfs, titres dorés, bon état (Coll. Bibliothèque de culture historique)

            20

"Trente ans de diplomatie pontificale (1939-1969), « survolés » avec le souci de l'objectivité allié à une compréhension de l'intérieur. En fait, il s'agit de trois coupes : la guerre, la paix, la révolution. La guerre, c'est le conflit mondial 39-45, étudié avant tout d'après les documents du Saint-Siège et la polémique sur les Juifs. De là, on passe directement au tournant opéré par Vatican II, puis aux problèmes soulevés pour l'Eglise par l'Amérique latine. L'essentiel, au regard de l'auteur, ancien professeur à l'Université catholique de Fribourg, puis haut fonctionnaire à l'Unesco, c'est de souligner le chemin parcouru en un temps très court..." (Emile Poulat, Archives de Sciences sociales des religions, 1970)

222.          COCTEAU (Jean). Portraits-souvenir, 1900-1914. Illustrés par l'auteur. Grasset, 1935, in-12, 249 pp, nombreux dessins de l'auteur, broché, couv. rempliée, bon état (Coll. "Pour mon plaisir"). Edition originale, un des 960 exemplaires numérotés sur Alfax Navarre

            60

Spectateur et acteur du Paris littéraire, artistique et mondain d'avant 1914, Cocteau, dans Portraits-souvenir, nous livre la "belle époque" de sa jeunesse vue par un poète doublé d'un caricaturiste. Catulle Mendès, Mistinguett, les clowns Footit et Chocolat, l'impératrice Eugénie, autant de figures mythiques de 1900, dont Cocteau a su saisir le profil le plus rare et fixer un portrait inoubliable.

223.          Collectif, sous la direction d’Anne de Chefdebien, assistée de Nicolas Botta-Kouznetzoff. De Gaulle et le Mérite, création d’un ordre républicain. HM Editions, Musée de la Légion d'Honneur, 2013, in-4°, 112 pp, nombreuses photos et documents en noir et en couleurs, tableaux, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

Un ouvrage de référence, retraçant étape après étape la création du second ordre national français. « De Gaulle et le Mérite, création d’un ordre républicain » permet de découvrir les coulisses de la fondation du second ordre national, pilier d’une large réforme du système de décorations françaises voulue par le général de Gaulle dans une France en pleine modernisation. Cinq ans après la fondation de la République, le général veut créer une forme d’adhésion à l’esprit de celle-ci mais aussi de la patrie. L’ordre national du Mérite devait s’imposer comme une reconnaissance de la France dans toutes ses dimensions, une invitation aux citoyens à donner le meilleur d’eux-mêmes. — L’ouvrage retrace étape après étape la création du second ordre national français conçu comme le pilier de la réforme du système de récompenses mis en chantier par la grande chancellerie de la Légion d’honneur avec l’appui du général de Gaulle. Sur la base de documents originaux et inédits sont racontées la genèse du projet, sa mise en œuvre, ainsi que l’élaboration minutieuse des textes définitifs établis en étroite collaboration avec la présidence de la République et Matignon. Le rôle primordial du général de Gaulle et son implication personnelle dans le projet et la rédaction des textes fondateurs sont particulièrement mis en lumière. Une étude sociologique comparée de la première promotion et de la plus récente permet de dessiner le visage sociétal de l’Ordre et de comprendre son rôle et ses spécificités. Ce livre est également l’occasion d’étudier l’ensemble des ordres spécialisés existants sous la IVe République et de déterminer comment fut définitivement fixé leur sort à la naissance du nouvel ordre national. La création de l’insigne fait en outre l’objet d’une étude complète des premiers projets à leur modification de dernière minute, ainsi que les techniques de fabrication et les différents types de décorations qui peuvent aujourd’hui être déjà collectionnés.

224.          COSTON (Henry)( dir). Dictionnaire de la Politique française. Tome IV. Publications Henry Coston, 1982, fort gr. in-8°, 735 pp, nombreux documents et photos dans le texte, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état

            60

Très souvent pillé, mais rarement cité, le monumental “Dictionnaire de la Politique française” a été réalisé et publié à compte d'auteur par Henry Coston (1910-2001), figure de l'extrême droite antisémite française, au cours de la période 1967-1982. Il comporte 4 tomes, soit plus de 3.300 pages et près de 12.500 notices. Si certaines notices se retrouvent dans divers tomes, c'est qu'elles complétent ou précisent les informations antérieurement données. Ces 4 ouvrages présentent une documentation très importante sur les principaux acteurs (revues, mouvements, partis, idéologies, clubs, loges maçonniques) des droites et des gauches françaises depuis le XIXe siècle jusqu'à 1982 (les écrivains, les hommes politiques, les partis, les journaux et leurs commanditaires, les journalistes, les revues, les groupes, les clubs...). Dans chaque tome, les notices sont classées par ordre alphabétique. — "Un ouvrage indispensable à l'historien, à condition de l'utiliser avec précaution (...). Parfois cité, souvent pillé, le “Dictionnaire de la Politique française” est en effet une mine d'information sur la presse et les mouvements politiques, les journalistes et les politiciens de l'entre-deux-guerres et l'Occupation." (Pierre Assouline, L'Histoire, n° 148, octobre 1991) — "Les quatre volumes de son “Dictionnaire de la Politique française” constituent – pourvu qu'on prenne soin d'en vérifier les références, lesquelles d'ailleurs sont assez souvent exactes – une source non négligeable de renseignements." (Simon Epstein, “Les Dreyfusards sous l'Occupation”, 2001)

225.          DAVEZIES (Robert). Un temps pour la guerre. L'Age d'Homme, 2002, in-8°, 129 pp, broché, bon état, envoi a.s.

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Dernier livre de l'auteur (1923-2007), prêtre et ardent militant de la cause algérienne. Robert Davezies rappelle dans “Un temps pour la guerre” l'engagement des prêtres ouvriers de la Mission de France aux côtés du FLN. Lors de son procès, il écrit au président du tribunal que " la guerre d'Indochine, maintenant la guerre d'Algérie, sont des guerres de peuples conquis, humiliés, exploités, qui ont lutté et luttent pour être libres ". Il ajoute qu'il ne peut regretter d'avoir soutenu les militants de ce peuple. Robert Davezies, dont il faut saluer le courage, sera condamné par contumace à dix ans de prison. Le livre se conclut par la justification de l'action des réseaux d'aide au FLN. — "Prêtre et militant contre la guerre d'Algérie, Robert Davezies fait partie de ces chrétiens qui se sont engagés corps et âme dans le combat anticolonial jusqu'à fonder, avec le philosophe Francis Jeanson, des réseaux de soutien aux activistes du FLN algérien à la fin des années 1950. L'abbé Davezies fut, au sein du réseau Jeanson, selon le mot de Sartre, un "porteur de valises" au profit de militants du FLN dont il assura le convoyage illégal entre l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse et la France. Accusé, en 1958, d'avoir infiltré en France les membres d'un commando de nationalistes algériens chargé d'assassiner - sans succès - le ministre de l'information et ancien gouverneur général d'Algérie, Jacques Soustelle, il est recherché par la direction de la surveillance du territoire (DST), mais parvient à fuir en Allemagne. Il poursuit son aide au FLN dans le réseau d'un militant communiste juif égyptien, Henri Curiel, et participe à la naissance d'une structure d'accueil de déserteurs et d'insoumis français en Suisse, Jeune Résistance. Condamné une première fois par contumace en avril 1960 par le Tribunal permanent des forces armées (TPFA) de Paris, notamment pour atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat, à dix ans de réclusion et vingt ans d'interdiction de séjour, il est finalement arrêté à Lyon en janvier 1961. Un an plus tard, le TPFA atténue sa responsabilité dans l'attentat raté contre Soustelle – les accords d'Evian mettant un terme à la guerre d'Algérie seront signés en mars 1962 – et le condamne à trois ans de prison. Il bénéficie d'une suspension de peine pour raisons de santé en juillet 1962..." (Olivier Biffaud, Le Monde, 8 janvier 2008)

226.          DAVYDOFF (Alexandre). Images russes. Souvenirs. Lausanne, L'Age d'homme, 1984, in-8°, 299 pp, préface de Marc Raeff, 32 pl. de photos hors texte, index, broché, bon état

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Alexandre Vassilievitch Davydoff, arrière-petit-fils des décembristes Vassili Davydoff et Serge Troubetskoï, naquit à Tambov en 1881 et mourut à New-York en 1955. Il fit ses études au lycée de Moscou puis à la faculté de droit de Saint Pétersbourg. Engagé volontaire lors du conflit russo-japonais de 1904-1905, il fut décoré de la croix de Saint Georges. Sa carrière débuta au ministère des Finances qui le chargea rapidement d'une mission d'information en Allemagne pour y étudier le système bancaire. La famille Davydoff possédait de nombreuses propriétés en Russie dont Kamenka en Ukraine, maintes fois célébrée par Pouchkine et plus tard par Tchaïkovski qui y firent, l'un et l'autre de fréquents séjours, et Sably en Crimée, domaine qu'Alexandre Vassilievitch administra jusqu'en janvier 1918. Au cours de la Première Guerre mondiale Alexandre Vassilievitch travailla activement à la Croix-Rouge. Au lendemain de la prise du pouvoir par les Bolcheviks, il fut l'un des rédacteurs du journal « la Voix de Tauride » publié à Simferopol. Arrivé à Paris en 1920, il dirigea le journal « la Renaissance » et participa à la vie littéraire et artistique de l'émigration russe, aidé en cela par son épouse Olga Iakovlevna, femme d'une grande culture et musicienne de talent. Installé aux Etats-Unis en 1947 Alexandre Vassilievitch collabora à diverses revues ainsi qu'à plusieurs émissions de la « Voix de l'Amérique », et entreprit de rédiger ses Mémoires qu'il n'eut malheureusement pas le temps d'achever.

227.          DELORME (Marie-Laure). De bons élèves. L'Ecole normale supérieure vue de l'intérieur. Stock, 2015, in-8°, 314 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Ils ont le goût de la liberté. Une seule voie pour l'atteindre : les études. Ils ont intégré l'Ecole normale supérieure et, très vite, ont déjà un destin. Ils racontent leurs espoirs, leurs angoisses, leurs obsessions et leurs fiertés. Lila Azam Zanganeh est romancière. Pianiste et compositeur, Karol Beffa a dirigé la chaire de création artistique du Collège de France. Tristan Garcia est philosophe et romancier. Sarah Gensburger est sociologue au CNRS. Maître de conférences à la Sorbonne, Adrien Goetz est historien de l'art et écrivain. Marielle Macé est professeur de littérature et directrice de recherches au CNRS. Bruno Le Maire a intégré l'ENS et l'ENA avant de devenir homme politique. Xavier Leroy dirige un des meilleurs laboratoires d'infomatique français. Le physicien Frédéric Mazzella a fondé la start-up BlaBlaCar. Philosophe et ancienne championne de tennis, Géraldine Muhlmann est journaliste. Constance Rivière a été directrice adjointe du cabinet de François Hollande. Laure Saint-Raymond, mathématicienne, a été élue à l'Académie des sciences. Cette excellence si éclectique, c'est une école unique en son genre qui sait l'accueillir. Chaque normalien porte en lui la question de la culture et de la transmission. Leur parcours scolaire est un précipité de vie : ils tombent et se relèvent aussitôt. L'époque est au divertissement, au présent compulsif, à l'avoir, eux incarnent l'effort, le temps long, le savoir. Et si les bons élèves d'aujourd'hui étaient plus subversifs qu'on ne le croit ?

228.          DONOVAN (James). L'Affaire Abel. Fayard, 1965, pt in-8°, 292 pp, traduit et adapté de l'américain par Maître Daniel Bécourt, préface de Constantin Melnik, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Guerre secrète). Edition originale française

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Le 21 juin 1957, après neuf ans de vie clandestine aux Etats-Unis, le colonel Rudolf Abel est cueilli par le FBI dans un hôtel de Brooklyn. En pleine guerre froide, l'arrestation d'un espion soviétique sur le sol américain fait grand bruit. Son procès, en octobre de la même année, déchaîne les passions. Abel pourra-t-il échapper à la peine de mort ? James B. Donovan, ancien officier de l'OSS, l'agence de renseignement devenue la CIA, est désigné pour défendre Abel – une mission impopulaire qu'il accepte cependant. L'avocat va tout faire pour que son client se voie offrir un procès loyal et lui éviter la chaise électrique. Après tout, ne pourrait-il un jour servir de monnaie d'échange si un soldat américain de haut rang était capturé par les Soviétiques ? Donovan entraîne le lecteur dans les coulisses du procès et des tractations, souvent tendues, qu'il mena avec Moscou pour aboutir à l'échange le plus célèbre de la guerre froide, contre le pilote américain de l'U.2, Francis Powers, intervenu sur le pont reliant Berlin-Ouest à Potsdam. Un document clé sur les guerres entre services secrets pendant la guerre froide.

229.          DOUGLASS (James W.). JFK et l'Indicible. Pourquoi Kennedy a été assassiné... Editions Demi-Lune, 2013, in-8°, 654 pp, traduit de l'américain, annexes, notes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Résistances)

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Au plus fort de la guerre froide, JFK fut à deux doigts de commettre le plus grand crime possible contre l'humanité : déclencher un conflit nucléaire. Horrifié par cette perspective, Kennedy s'est graduellement éloigné de ses convictions premières pour s'engager dans l'établissement d'une paix durable. Mais ce changement d'orientation constituait une menace directe pour les autorités militaires et les agences de renseignement, résolues à gagner la guerre froide, à n'importe quel prix. Convaincues que Kennedy agissait à l'encontre de leurs intérêts, ces forces obscures, "indicibles", le considérèrent comme un traître dangereux, projetèrent son assassinat et en organisèrent la dissimulation. L'auteur nous introduit dans le bureau ovale de la Maison Blanche lors des journées intenses de la crise des missiles cubains, nous invite à suivre l'étrange parcours de Lee Harvey Oswald et de ses manipulateurs cachés, et nous transporte sur l'avenue sinueuse de Dallas où la limousine du Président était attendue. Documents à l'appui, l'auteur démontre de façon convaincante la présence de ces forces obscures à l'oeuvre, déplaçant les personnages tels des pièces sur un échiquier pour réaliser leur funeste projet. Le livre de James Douglass a tout d'un thriller politique dont les enjeux sont considérables. Une relecture stupéfiante de l'assassinat de JFK et sa signification aujourd'hui. — "Le meilleur récit que j’ai lu sur cette tragédie et ses conséquences (...) Mais ne me croyez pas sur parole : lisez ce livre extraordinaire et tirez-en vos propres conclusions." (Oliver Stone, réalisateur du film JFK, en 1991, d'après l'enquête du procureur Jim Garrison) — "Douglass nous conte brillamment le récit, inhabituel et cependant tout à fait convaincant, de la série de décisions prises par John F. Kennedy – à l’opposé de sa position initiale en faveur de la guerre froide – et qui le firent secrètement détester des tenants d’une ligne dure parmi les Chefs d’état-major et la CIA. Cette haine et ce désaveu ont-ils directement mené à l’assassinat du Président, comme Douglass le suggère ? Même les lecteurs qui ne seront pas totalement convaincus par la démonstration de l’auteur ne s’en sentiront pas moins résolus, peut-être pour la première fois – comme ce fut mon cas –, à militer pour une nouvelle enquête criminelle officielle. A la lumière des événements récents, il est urgent que soit révélé ce qu’une telle enquête pourrait nous apprendre sur la façon dont notre pays est gouverné – par qui, et pour quels intérêts." (Daniel Ellsberg, « l’homme qui fit tomber Nixon », auteur de “Secrets: A Memoir of Vietnam and the Pentagon Papers”)

230.          DRONNE (Raymond). Vie et mort d'un empire. La décolonisation. France-Empire, 1989, in-8°, 419 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Tour à tour administrateur en Afrique noire avant 1939, soldat pendant toute la Seconde Guerre mondiale (avec Leclerc au Tchad, en Libye, en Tunisie, puis en France et en Allemagne, enfin en Indochine), homme politique, sénateur et député, par la suite, Raymond Dronne a vécu les étapes de ce qu'on appelle la décolonisation : depuis les dernières années de l'Empire jusqu'à l'effondrement en passant par les étapes intermédiaires de l'Union Française et de l'éphémère Communauté. Dans ce livre, il en retrace l'histoire, une histoire récente et frémissante, un récit agrémenté d'anecdotes et de souvenirs, une évocation passionnée, sans ménagements, non conformiste, un document de vérité, qui bouscule beaucoup d'idées admises...

231.          FREREJEAN (Alain). C'était Georges Pompidou. Fayard, 2011, gr. in-8°, 460 pp, 8 pl. de photos hors texte, notes, sources et biblio, repères chronologiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Georges Pompidou a eu "deux vies". Jusqu'à l'âge de la maturité, cet enfant du Cantal, né le 5 juillet 1911, a incarné la méritocratie républicaine : la rue d'Ulm, le Conseil d'Etat, la grande banque d'affaires. Il a fallu une rencontre tardive avec le général de Gaulle pour qu'en 1958, Georges Pompidou soit un des hommes de l'ombre de la nouvelle Ve République et prenne goût au pouvoir. Sa "seconde vie" a duré à peine plus d'une décennie ; mais ces années-là restent dans la mémoire des Français comme une "Belle époque", la seule qu'ait connue la France depuis soixante ans. Alain Frerejan avait déjà exploré les arcanes de cet homme et de sa politique ; mais à l'occasion du centenaire Pompidou, de nouveaux témoignages et documents – notamment sur Mai-68, l'affaire Touvier, les cas Buffet-Bontemps et la stratégie nucléaire civile – lui ont permis de livrer une version enrichie d'un ouvrage de référence, traduit jusqu'en Chine.

232.          FROSSARD (L.-O.). 1939, année cruciale. Editions de "La Concorde", 1939, in-12, 220 pp, broché, bon état

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Par Ludovic-Oscar Frossard (1889-1946). « Socialiste indépendant » en 1936, plusieurs fois ministre, dont en 1938 ministre d'État, chargé des services de la Présidence du Conseil, du 4e cabinet Chautemps, puis ministre de l’Information du 2e cabinet Blum (mars-avril 1938) et enfin ministre des Travaux publics du 3e cabinet Daladier (avril-août 1938). Il démissionne alors pour protester contre le « virage à droite » du gouvernement sur les quarante heures, il était l'un des critiques les plus acerbes du gouvernement de Daladier. Guy Rossi-Landi (“La drôle de guerre, la vie politique en France, 2 septembre 1939-10 mai 1940”, 1971), indique que Frossard avait de fortes ambitions ministérielles et était en partie responsable des rumeurs de remaniements contre le gouvernement de Daladier.

233.          FULIGNI (Bruno). Dieu au Parlement. Presses de la Cité, 2015, in-8°, 230 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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C'est au moment où la démocratie est attaquée par les fanatismes de tout bord qu'il est important de rappeler comment elle se construit au jour le jour. Bruno Fuligni, rédacteur à l'Assemblée des comptes rendus parlementaires, est particulièrement bien placé pour rechercher et réunir les textes qui en témoignent. On y découvre la violence du débat mais aussi sa profondeur. Complaintes, diatribes, ironie, insultes, larmes, poésie, prière... Hugo, Gambetta, Clemenceau, Jaurès, Barrès, Malraux... tous les genres oratoires et tous les grands noms défilent à la tribune pour le plus grand bonheur du lecteur, qui peut revivre ainsi en direct la naissance difficile de ce qui est aujourd'hui le point d'appui le plus solide de la culture française. La dernière page du livre refermée, la conclusion s'impose : si la laïcité ne s'est pas faite en un jour, Marianne ne peut que s'en féliciter.

234.          GASCOYNE (David). Journal de Paris et d'ailleurs, 1936-1942. Flammarion, 1983, in-8°, 420 pp, traduit de l'anglais et présenté par Christine Jordis, préface de Lawrence Durrell, broché, bon état (Coll. Bibliothèque anglaise). Edition originale de la traduction française

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"... « Depuis deux ans maintenant, je suis parfaitement conscient de l'insuffisance du communisme en tant que solution au grand problème contemporain ; mais je n'ai jamais douté que cette solution fût pourtant infiniment préférable à toutes celles qu'on a avancées jusqu'à présent. » Communiste par défaut, Gascoyne l'est encore, à l'époque, par effort. Il s'agit pour lui de contrarier sa propre nature, de fortifier l'individu inconstant et désorienté qu'il se sent être. Son usage médical du marxisme se combine à la pratique de la psychanalyse. Le poète a pour analyste l'épouse de Pierre-Jean Jouve dont il admire par ailleurs le “Kyrie”. Surréaliste, il l'est comme aucun autre Anglais, errant dans les nuits de Paris à la poursuite d'une insaisissable Nadja, même si l'explosante fixe féminine l'attire moins que la moustache de Saint Loup. Ainsi, de salon en aube blanche, de déception amoureuse en lecture de Kierkegaard, de Gertrude Stein en Alice Toklas, des pentes enneigées de Rochebrune aux traversées de la Manche, nous pourrions croire côtoyer un Anglais définitivement échappé à l'enchantement britannique. Pourtant, ce Journal (remarquablement traduit par Christine Jordis) ressemble à une quête du Graal désespérée. David boit à toutes les coupes, trempe les lèvres dans tous les calices, passe de lit en lie dans un appétit de rencontres, de contacts, dont l'énergique juxtaposition paraît contredire l'aveu non moins réitéré d'angoisses insondables. Un Anglais, dirait-on, se comporte en Américain à Paris par marxisme et psychanalyse interposés. Tel quel, ce document vient confirmer ce que l'on savait des rapports de la littérature et de la politique anglaises entre les années 30 et 40. L'actualité d'ailleurs éclaire cette suite d'aveux, désaveux, hésitations et reprises à la lumière impitoyable et blanche d'Orwell. Le contraste entre les styles et les destins est saisissant. Mais outre que le livre de Gascoyne nous donne, par l'anecdote et l'exemple, un constat lucide d'échec de toute une génération d'intellectuels anglais à se vouloir internationaux, il nous réserve çà et là de merveilleuses surprises : quelques explosions silencieuses d'images. Nous sommes alors dans l'enchantement de Powys, la matière vive et lumineuse du plus secret de la langue britannique, cette harmonie subtile des nuits et des jours." (Jacques Darras, revue Esprit, 1984)

235.          GUÉNA (Yves). Mémoire d'Outre-Gaulle. Souvenirs. Flammarion, 2010, gr. in-8°, 314 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Yves Guéna est l'une des figures de la Ve République, l'un de ces grands du gaullisme engagés dès le plus jeune âge dans de combat pour une France qui ne plie pas. Parti en Angleterre dès le 19 juin 1940, à 18 ans, engagé dans les Forces françaises libres, ce Breton débarque en 1944 avec la 2e DB et se voit grièvement blessé en Normandie. Devenu ensuite énarque, maître des requêtes au Conseil d'Etat, c'est l'un des hommes qui a travaillé, avec un petit groupe informel, sous le contrôle du général de Gaulle à la rédaction de la Constitution de 1958. En 1959, il devient directeur adjoint de cabinet de Michel Debré, lui-même Premier ministre. Sa vie, ensuite, passe par des missions en Afrique et de nombreuses fonctions ministérielles : aux Postes et à la Télécommunication, à l'information, aux Transports... Sans oublier de multiples activités au sein de l'UDR et du RPR. Elu de Périgueux, député et sénateur, cet expert de la vie politique livre donc ici ses Mémoires. Il raconte avec esprit et anecdotes aussi bien les batailles électorales, sa passion pour l'oeuvre du général de Gaulle, les conseils de ministres sous Georges Pompidou, le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, les années Jacques Chirac, ses activités de ministre... que la suite : les présidences du Conseil constitutionnel et de l'Institut du monde arabe. Autant de fonctions qu'il a exercées dans le souvenir du général de Gaulle, comme l'illustre le titre du présent ouvrage où il cisèle d'une plume alerte le récit de quarante ans d'engagement au service de la France. Un témoignage pour l'histoire.

236.          GUITTON (Jean). Nouvel art de penser. Aix, Impr. des Croix Provençales, 1941, in-8°, 117 pp, broché, bon état. Edition originale de ce texte qui sera réédité en 1946 chez Aubier

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"L'auteur considère l'art de penser, en moraliste, comme une partie de l'art de vivre ; il désire éveiller les dispositions qui font naître la pensée et l'orientent dans la voie droite. Pour qu'il se mette à penser, un esprit doit être tiré de l'incuriosité et de l'indifférence blasée ; c'est pourquoi un premier chapitre sera consacré à faire naître ou renaître l'étonnement. L'esprit devra aboutir à l'invention et au jugement : l'invention mettra en œuvre l'imagination ou simplement la faculté de combiner les idées ; le jugement aura à conclure et à systématiser. Entre deux, il y aura place pour trois ordres d'opérations consistant à « élire », à « distinguer », à « contredire ». Elire : faire un choix, même dans les lectures ; ce choix qui ne doit pas dégénérer en étroitesse d'esprit, fera l'unité d'une pensée. Savoir distinguer ; des mots comme « raison », « nature », « amour », « habitude » prêtent à l'équivoque ; celui qui sait distinguer leurs sens a, de ce fait déjà, su se créer une philosophie. Enfin contredire, en ce sens qu'une pensée vivante est un perpétuel dialogue avec un contradicteur, une discussion avec l'étranger ou avec soi ; le paradoxe, l'ironie, l'humour, la dialectique sont autant de manifestations d'une lutte intime dans la pensée. Guitton a voulu, selon la bonne tradition classique, énoncer des conseils valables pour chacun et cependant donner au dialogue un caractère personnel et intime ; c'est pourquoi il a eu soin d'adresser à une personne déterminée des propos que chacun adaptera à soi. L'interlocutrice à laquelle il dédie son écrit s'appelle Irène. (...) L'art de penser de M. Guitton ne se sépare pas nettement d'un art de bien lire les beaux livres et de goûter les belles choses ; ce n'est pas un art de créer, mais un art de bien comprendre." (Robert Feys, Revue Philosophique de Louvain, 1947)

237.          HARGREAVES (Alec). Immigration, 'Race' and Ethnicity in Contemporary France. London & New York, Routledge, 1995, in-8°, xix-267 pp, 28 tableaux, chronologie, notes, biblio, index, broché, bon état. Texte en anglais

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"Alec G. Hargreaves enseigne les « études françaises » à l'Université de Loughbourough et c'est un spécialiste de l'immigration maghrébine. Il est un observateur bienveillant et attentif mais qui bénéficie d'un certain recul critique. Il peut ainsi faire le va-et-vient entre les faits et les termes utilisés pour les désigner, en France et au Royaume-Uni. Le titre de son ouvrage est à cet égard trop modeste : Ce n'est pas seulement un point de vue britannique sur l'immigration en France (ce qui est déjà beaucoup), c'est surtout une confrontation et une mise en perspective critique des conceptualisations et des catégorisations en usage des deux côtés de la Manche. Ainsi l'auteur met en évidence les points aveugles de nombreux chercheurs, prisonniers de schémas théoriques inconscients et qui deviennent des oeillères. (...) Après une présentation générale remarquable (chap. 1 ), la première partie synthétise de façon claire et très construite un ensemble impressionnant de travaux portant sur la situation des populations d'origine étrangère en France : l'emploi, le chômage et, plus globalement, la situation économique (chap. 2). L'auteur examine ensuite des dimensions politico-culturelles : la participation aux élections, la pratique de la langue, le mariage et la religion, etc. (chap. 3). La deuxième partie se centre sur les réactions de la société française devant cette présence « étrangère » en son sein. L' immigré devient un « analyseur » de la société française. Hargreaves analyse d'abord les débats qui touchent à l'identité de la France (chap. 4) : les réformes du droit de la nationalité (jusqu'aux lois dites Pasqua et Méhaignerie de 1993, puisque l'ouvrage est publié en 1995) et le refus du droit de vote aux étrangers « extra-communautaires ». Il analyse ensuite avec beaucoup de finesse les politiques concrètes mises en oeuvre par les pouvoirs publics et il montre les ambiguïtés et les contradictions des actions financées par le Fonds d'Action Sociale (FAS), dans les zones d' éducation prioritaires et la politique de la ville notamment (chap. 5)..." (Maurice Blanc, Revue Européenne des Migrations Internationales, 2000)

238.          HENKINE (Cyrille). L'Espionnage soviétique : le cas Rudolf Abel. Fayard, 1981, gr. in-8°, 371 pp, préface de Alexandre Zinoviev, 4 pl. de photos et documents hors texte, broché, bon état

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Voici une remarquable étude sociologique des milieux du renseignement soviétique et « la première tentative sérieuse, écrit dans sa préface Alexandre Zinoviev, pour décrire les manifestations extérieures de l'espionnage soviétique en direction de l'Ouest ». Le centre principal en est la biographie de « Rudolf Abel », qui s'appelait en réalité William Fischer, citoyen britannique d'origine allemande, né en URSS. Tout en éclairant de manière tout à fait neuve la biographie du célèbre espion (les documents soviétiques, tout comme le témoignage de son avocat américain Donovan, sont un tissu de contre-vérités), Henkine permet de mieux connaître de l'intérieur les milieux du renseignement, montre les rapports entre pouvoir politique et pouvoir policier et l'importance de ce dernier. « Ce livre est aussi passionnant que le plus entraînant des romans d'aventures », ajoute Alexandre Zinoviev, pour qui le cas Abel est le produit exemplaire d'un système. — Cyrille Henkine est né en 1916 en Russie. Il a huit ans lorsque toute sa famille émigré à Paris. Études à la Sorbonne. Dès la fin des années 30, il milite pour le communisme et l'URSS. Participe à la guerre d'Espagne. Enseigne le français aux USA. En 1941, toute sa famille retourne en URSS. L'auteur est alors recruté par les services spéciaux, où il fait la connaissance du pseudo Abel. Il travaille ensuite aux programmes radio en français de Radio Moscou. Il a des contacts permanents avec « Abel » (qui meurt en 1977 du cancer). Nouvelle émigration en 1973, par la filière israélienne. Depuis 1975, il est, à Munich, commentateur politique de « Radio-Liberté ».

239.          IONS (Edmund). Woodrow Wilson. Au service de la démocratie. Lausanne, Editions Rencontre, 1972, in-8°, 127 pp, 78 illustrations et photos en noir et en couleurs, une carte et 5 tableaux, chronologie, index, biblio, cart. illustré de l'éditeur, bon état (Coll. Dossiers du XXe siècle)

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La voie tracée par Théodore Roosevelt fut reprise par le président démocrate Woodrow Wilson. Il semblait désormais impossible que l'Amérique se tienne à l'écart de l'histoire du monde. Son engagement militaire aux côtés des Alliés durant la première guerre mondiale représenta à ce titre une révolution inouie dans la mentalité américaine. Pourtant, la réaction fut brutale. Une opposition violente se déchaîna contre Woodrow Wilson et l'empêcha de sceller définitivement le pacte de l'Amérique avec le monde : Woodrow Wilson, le promoteur de la Société des Nations, vit finalement l'oeuvre de sa vie s'écrouler sous les coups de boutoir du nationalisme étroit de ses adversaires politiques...

240.          ISRAEL (Gérard). Le Dernier Jour de l'Algérie française. 1er juillet 1962. Laffont, 1972, gr. in-8°, 326 pp, 16 pl. de photos hors texte, une carte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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"Le 1er juillet 1962 « les habitants de l'Algérie s'autodéterminent ». Et l'Algérie cesse d'être française. Appuyée sur de multiples témoignages, l'histoire de cette fin d'un monde embrasse la plupart des événements survenus au printemps et au début de l'été 1962, c'est-à-dire des accords d'Évian au retour de Ben Bella à Alger. Car « Ce jour-là » n'est en fait que l'aboutissement d'une chaîne d'événements prévus ou imprévus. Le grand mérite de G. Israel est d'avoir saisi cet enchaînement, dénoué des liens subtils, campé des personnages de premier plan (Susini, le président Farès, le général Katz, Christian Fouchet, Jacques Chevallier...) sans oublier la foule, ces masses émotives de Français et de Musulmans. Histoire de la grande peur des Pieds-Noirs, histoire du refus OAS, histoire de la revanche des Algériens, ce récit apporte de surcroît des témoignages inédits sur quelques moments tragiques entre tous : les négociations OAS-FLN par exemple, ou bien l'épouvantable massacre des Européens d'Oran le 5 juillet. En complément de tant d'ouvrages sur la guerre d'Algérie la lecture de ce reportage n'est donc pas inutile." (Louis Comby, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1973)

241.          KAHN (Gilbert) et Pierre JUILLET. Paris a brûlé. Photos de Pierre Juillet, Christian Joubert, Michel Hermans. Texte de Gilbert Kahn. P., Del Duca, Editions Mondiales, 1968, in-4°, 80 pp, 160 photographies par Pierre Juillet, Christian Joubert et Michel Hermans, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

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Edition originale de ce recueil de photos paru un mois après les évènements de mai 68 qui firent trembler la capitale. Commentaires de Gilbert Kahn et nombreuses images en noir de Pierre Juillet, Christian Joubert et Michel Hermans.

242.          KERSAUDY (François). Le Monde selon De Gaulle. Le Général redécouvert... Tallandier, 2018, in-8°, 522 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Il y a dans le monde presque autant d'ouvrages sur Charles de Gaulle que sur Napoléon ; et pourtant, le Général reste une énigme pour la plupart de ses compatriotes. Quel meilleur moyen de le redécouvrir que de le laisser parler ? Bien sûr, comme pour la plupart des grands personnages de l'histoire contemporaine, le flot des paroles et des écrits du général de Gaulle est si abondant qu'un voyage accompagné s'impose. Il permet de séparer l'essentiel de l'accessoire, de replacer ses propos dans leur contexte, puis d'en commenter la pertinence et la portée. Les citations sont ordonnées par thèmes, et l'ordre chronologique dans chaque chapitre donnera au lecteur la possibilité de suivre l'évolution des réflexions gaulliennes sur plusieurs décennies. Qu'il s'agisse de son autoportrait, de ses prophéties, de l'Etat, de la France libre, de Vichy, de Churchill, de Staline, de Roosevelt, de l'Allemagne, de l'Union soviétique, de l'Angleterre, des Etats-Unis, du parti communiste, de l'Algérie, des politiciens ou de l'humour, les déclarations publiques et les confidences privées de ce personnage d'exception ménageront bien des surprises... "Le plus difficile est de rester réaliste quand on a un idéal, et de garder son idéal quand on voit les réalités." – "Savez-vous qu'au fond, je suis un timide ?" – "Au début, je n'étais pas très gaulliste. Mais petit à petit, en me regardant faire, je le suis devenu..." – "Il arrive souvent que les intérêts des Français, ou ce qu'ils croient tel, ne coïncident pas avec ceux de la France."

243.          KERSAUDY (François). Les Secrets du IIIe Reich. Perrin, 2013, in-8°, 320 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Le but de cet ouvrage n'est pas de faire table rase de tout ce qui s'est écrit jusqu'à présent, ou d'apporter au lecteur des révélations aussi sensationnelles qu'invérifiables. Il est plutôt de revisiter certains épisodes mystérieux de l'évolution du IIIe Reich, en faisant à l'occasion de chaque récit la part de ce qui est avéré, de ce qui est douteux et de ce qui est purement fictif. Pourquoi Hitler a-t-il multiplié les efforts – et les cadavres – pour dissimuler ses origines ? Quel est le secret de l'envoûtement exercé sur les foules par cet artiste peintre au physique ingrat et au discours haineux ? Comment le régime national-socialiste a-t-il pu survivre pendant douze ans, alors que tous ses dirigeants ne cessaient de se combattre ? Que s'est-il vraiment produit durant la Nuit des longs couteaux ? Quelle est la vérité sur l'affaire Rudolf Hess, qui a donné lieu à tant de publications fantaisistes ? Quelle était la nature exacte des relations d'Hitler avec les femmes ? L'amiral Canaris était-il un traître ou un héros ? Qu'y a-t-il de vrai dans les informations contradictoires publiées sur la santé d'Hitler, au vu des notes prises par ses médecins ? Le pari fait par l'auteur est que, sur tous ces sujets, les lecteurs trouveront la réalité plus passionnante que n'importe quelle fiction. — Pourquoi Hitler a-t-il multiplié les efforts – et les cadavres – pour dissimuler ses origines ? Quelle est la vérité sur l’affaire Rudolf Hess, qui a donné lieu à tant de publications fantaisistes? Quelle était la nature exacte des relations du Führer avec les femmes ? Que s’est-il vraiment produit durant la Nuit des longs couteaux ? Le pari fait par l’auteur est que, sur tous ces sujets, les lecteurs trouveront la réalité plus passionnante que n’importe quelle fiction.

244.          LACORNE (Denis). Les Notables Rouges. La construction municipale de l'union de la gauche. Presses de la FNSP, 1980, gr. in-8°, 255 pp, qqs graphiques, notes, broché, bon état

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C'est dans les municipalités de gauche que la stratégie d'union a été véritablement négociée, aménagée, transformée, et bien souvent réalisée par l'action coordonnée des élus locaux, des candidats et des militants du Parti socialiste et du Parti communiste français. Partant d'une analyse minutieuse des jeux unitaires et des relations de pouvoir mis en œuvre par les stratégies municipales des deux partis, à la veille des élections de 1971 et de 1977, l'auteur s'efforce d'en répertorier les variations et d'en relever les structures fondamentales. Faisant appel aux méthodes de la sociologie des organisations, il contribue à remettre en cause un certain nombre de présupposés et de généralisations théoriques dérivés, entre autres, de la tradition wébérienne. Qu'il soit socialiste ou communiste, l'élu local accepte rarement de jouer le rôle d'un simple agent d'exécution. Il dispose, en fait, de suffisamment de pouvoir pour assouplir ou même violer impunément la ligne de son parti. Cependant, le comportement peu orthodoxe de l'élu n'est pas un acte de rébellion : il résulte d'une négociation complexe entre une périphérie qui cherche à affirmer son autonomie et un centre qui accepte d'aménager sa ligne, pour peu que ses enjeux fondamentaux soient respectés. — "Le problème des contradictions au sein des partis de gauche est particulièrement bien illustré par le livre de Denis Lacorne sur les notables rouges. Fruit d'un travail sociologique sérieux, ce livre illustre les apports et les limites de la sociologie des organisations pour l'étude des partis politiques, organisations spécifiques de conquête du pouvoir. En effet, le cadre théorique du livre est constitué par les théories classiques et récentes de la sociologie des organisations et des bureaucraties, que l'auteur résume clairement et auxquelles il se réfère. La démarche empirique s'appuie sur une centaine d'interviews d'élus socialistes et communistes effectuées lors des élections municipales de 1971 et 1977, et sur l'analyse de textes politiques : journaux, déclarations, programmes, etc. Jusqu'à présent en France, l'étude des partis de gauche n'avait pas été faite dans une perspective organisationnelle, ce qui motive la recherche de Denis Lacorne sur ces partis et leurs antennes locales. (...) En bref, le livre de Denis Lacorne constitue un instrument de travail précieux par la clarté de ses exposés théoriques et la qualité des nombreuses notes et références. Il présente une description originale des élus locaux de gauche. Il fait une contribution décisive à l'étude des rapports centre- périphérie à l'intérieur des organisations partisanes." (Jeanne Becquart-Leclercq, Revue française de science politique, 1981)

245.          LAUNAY (Jacques de) et Roger GHEYSENS. Histoire de la guerre psychologique et secrète, 1939-1963. Genève, Edito-Service, 1974, in-8°, 395 pp, 32 pl. de photos hors texte (iconographie réunie par Nicolas Bouvier), biblio, index, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, plats et dos ornés, signet, bon état (Coll. Histoire secrète de notre temps)

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Première partie. L'espionnage : La seconde guerre mondiale. La guerre froide. – 2ème partie. La guerre psychologique : La seconde guerre mondiale. La guerre froide.

246.          LAUNAY (Jacques de). Les Grandes controverses du temps présent, 1945-1965. Genève, Edito-Service, 1974, in-8°, 545 pp, 5e édition revue et complétée, préface de Vittorio Pons, 32 pl. de photos hors texte (iconographie réunie par Nicolas Bouvier), reliure simili-cuir havane de l'éditeur, plats et dos ornés, signet, bon état (Coll. Histoire secrète de notre temps)

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La Guerre froide et la décolonisation : l'affaire de Suez, celle des missiles soviétiques à Cuba, les guerres de Corée et d'Indochine, l'assassinat de Kennedy à Dallas, l'indépendance du Maghreb, la guerre d'Algérie, les troubles au Katanga, le Congo unitaire, etc. — "Extrême clarté, absence totale de parti-pris et de passion politique. Quand on en vient à la dernière page, on éprouve un sentiment qui ressemble à de la sécurité. On se dit que les conclusions de J. de Launay sont, dans l'état actuel de la documentation, indiscutablement les plus sûres. Un historien peut-il souhaiter un autre éloge ?" (Alain Decaux, “Histoire pour tous”, juin 1967)

247.          LAUNAY (Jacques de). Les Morts mystérieuses de l'Histoire contemporaine. Genève, Edito-Service, 1973, in-8°, 235 pp, nouvelle édition revue et corrigée, introduction de Maurice Schumann, 24 pl. de gravures hors texte, chronologie, index, annexe, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, plats et dos ornés, signet, bon état (Coll. Histoire secrète de notre temps)

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I. Warren G. Harding. II. Ivar Kreuger. III. Bela Kun.IV. Boris de Bulgarie. V. Jan Masaryk. VI. Sepan Bandera. VII. Dag Hammarskjöld. VIII. Enrico Mattei. IX. Hendrik Verwoerd. X. Ernesto “Che” Guevara. XI. Harold Holt. XII. Gian Giacomo Feltrinelli.

248.          LEBOVICS (Herman). True France: The Wars over Cultural Identity, 1900-1945. Ithaca, Cornell University Press, 1992, gr. in-8°, xix-221 pp, 24 illustrations, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Texte en anglais

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Cette étude aborde plusieurs aspects de l'identité de la France : le rôle de l'Ecole conservatrice en anthropologie ; les transformations du discours colonial en Indochine ; la politique culturelle de la IIIe République et du gouvernement de Vichy, analysée notamment à partir de l'Exposition coloniale de 1931 et de la création du Musée des arts et traditions populaires. — "Convaincu que la politique n'est que l'un des aspects de la culture, grâce à son excellente connaissance des travaux d'historiens et à son goût de l'archive, l'auteur amène à comprendre le projet politique de construction d'une « vraie France », élaboré par le colonialisme républicain à l'aube du XXe siècle, représenté par l'Exposition coloniale de 1931 et finalement enterré avec le régime de Vichy qui tenta d'en faire l'axe majeur de sa politique. Cette idéologie prétendait faire de la France un village, en même temps qu'une communauté respectueuse des différences régionales qu'il lui arriva même de cultiver. En terre de « vraie France », celle de la « plus grande France », devait régner le régime d'une double identité : l'origine géographique, provinciale ou coloniale, et l'appartenance nationale. Tel fut Maurras, blotti dans sa Provence natale, tel fut aussi le message délivré par l'Exposition de 1931, où tout se passa comme si les colonies venaient se fédérer autour du lac Daumesnil, en plein coeur du bois de Vincennes. Parfois portée par les sciences sociales en voie d'élaboration et, plus précisément, par l'un des courants de l'ethnologie française liée à une anthropologie raciste, ce courant culturel et politique s'opposa à une autre interprétation de la nation que la gauche incarna davantage. On sait que les surréalistes, soutenus par les communistes, furent en 1931 à l'origine d'une contre-exposition coloniale. S'y trouvaient dénoncés tous les grands mythes de l'impérialisme français. La gauche politique et culturelle fut aussi à l'origine d'entreprises plus positives dans lesquelles se laisse lire une autre conception de la nation. (...) Herman Lebovics a justement établi le lien qui existe entre les vastes chantiers intellectuels marquant la première moitié du XXe siècle et les formulations politiques auxquelles elles peuvent répondre..." (Christophe Prochasson, Annales, Sciences Sociales, 1994)

249.          LONDON (Géo). Quand la Justice s'occupe d'amour. Illustrations de G. Pavis. Editions de France, 1936, in-12, 262 pp, 95 illustrations “légères” dans le texte et à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état

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Pittoresques chroniques judiciaires par Geo London, grand chroniqueur judiciaire de l’entre-deux-guerres. Geo London préfère les histoires qui font sourire ou déclenchent un rire amusé. En 1938, il rassemble une quarantaine de ses chroniques sous le titre “Quand la Justice s'occupe d'amour”, illustrées par G. Pavis.— "Pour nombre de journalistes « les plus belles histoires sont décidément celles qu’on n’invente pas » et celles dévolues aux juridictions chargées de réprimer les délits sont tragi-comiques. Les titulaires de la rubrique des tribunaux des grands journaux ne délaissent pas les « petites affaires » de la correctionnelle. Geo London s’est fait une spécialité des histoires en rose. (...) Il convient de souligner que nombre de plaisanteries, de calembours ou de bons mots correspondent à l’esprit d’une époque volontiers misogyne, se raillant de la beauté des femmes et de leur caractère inconstant et sensuel. Les procès correctionnels sont une façon de percer les secrets d’alcôve, de suivre des couples et de révéler des pratiques que tout le monde ignorait avant l’audience. Les « petits procès » ont de multiples fonctions. Ils contribuent à poursuivre la tradition des tribunaux comiques ; ils donnent à des affaires, dont la sanction peut être lourde, les apparences de la légèreté ; ils sont aussi l’illustration des changements du lien social et des relations entre les sexes. Comme il s’avère souvent difficile de démêler ce qui ressort de la contrainte, de la préméditation, des circonstances, du milieu social, des ressorts psychologiques, le tribunalier préfère évacuer ces difficultés et restituer les audiences sur le mode la plaisanterie ou de l’humour grivois." (Frédéric Chauvaud, “Petites affaires et procès pittoresques. Les tribunaliers et « la correctionnelle » de 1880 à 1940”, 2010)

250.          LYNCH (Edouard). Insurrections paysannes. De la terre à la rue. Usages de la violence au XXe siècle. Vendémiaire, 2019, in-8°, 444 pp, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Jusqu'en 1931, la population rurale était majoritaire en France. La seconde révolution agricole a ensuite soumis les agriculteurs à une constante pression modernisatrice, dans une société de plus en plus ouverte sur l'Europe et sur le monde, de plus en plus centrée sur l'activité des villes et des industries. Face à cette inexorable marginalisation, la profession a su élaborer des modes de protestation spécifiques, essentiellement axés sur les mobilisations collectives et le recours à l'action directe. C'est la construction de ce modèle original de la manifestation paysanne qu'Edouard Lynch analyse ici, depuis la révolte de 1907 jusqu'aux nouveaux enjeux de l'agriculture, en passant par la tentation fascisante des années 1930, l'activisme des jeunes modernisateurs des années 1960, et mai 68. Défilés, assauts contre des bâtiments officiels, barrages de routes, destruction de denrées : à chaque fois, il s'agit tout autant d'occuper l'espace public et médiatique que d'user de violence contre les biens, dans le cadre d'une relation ambivalente avec l'Etat, les forces politiques et l'opinion. Des buts, des stratégies, des techniques dont les modalités résonnent au plus près des mouvements sociaux d'aujourd'hui.

251.          MARION (Pierre). Le Pouvoir sans visage. Le complexe militaro-industriel. Calmann-Lévy, 1990, in-8°, 268 pp, annexes, biblio, broché, bon état

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De la diplomatie aux services secrets, du lobby nucléaire au commerce des armes, Pierre Marion, ancien patron des services secrets, retrace la constitution des réseaux d'influences occultes du complexe militaro-industriel français. — Alors que l'évolution de la politique internationale, et des rapports de force dans le monde, remet partiellement en cause la course aux armements, Pierre Marion lève le voile sur le complexe militaro-industriel français. Sous la pression de ce clan, nous dépenserons 2000 milliards de francs d'ici la fin du siècle en seuls équipements militaires, pour des armements (chars Leclerc, porte-avions, missiles Hadès...), qui seront probablement obsolètes en l'an 2000. Cette emprise d'un groupe élitiste sur les choix stratégiques et technologiques, n'est pas acceptable. Ce complexe étend ses ramifications dans des entreprises (Dassault, Aérospatiale, Thomson...), l'appareil d'État, et s'appuie sur la haute hiérarchie militaire. Son histoire montre comment il a, constamment, prôné le recours aux armes, et imposé ses vues aux gouvernements successifs : que ce soit dans la constitution de l'empire colonial français, dans la volonté revancharde qui conduisit au massacre de la Première Guerre mondiale et à la débâcle de la Deuxième, jusqu'aux soubresauts de la décolonisation, et aux interventions récentes en Afrique et au Moyen-Orient. De la diplomatie aux services secrets, du lobby nucléaire au commerce des armes, Pierre Marion retrace la constitution de ces réseaux d'influences occultes. Il dénonce, sans concession, les visées idéologiques et financières de cette nouvelle stratocratie, qui hypothèque le devenir de la France au bénéfice d'intérêts privés. — Pierre Marion, polytechnicien, est l'ancien patron des services secrets français.

252.          MARQUISET (Jean). Le Journal d'un Juge. Editions du Scorpion, 1958, pt in-8°, 253 pp, avant-propos de Me Maurice Garçon, broché, sans la jaquette, bon état, envoi a.s.

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Souvenirs de Jean Marquiset (1885-1984), juriste et historien. Avocat à Laon, puis magistrat ; Vice-président honoraire au Tribunal de grande instance de Paris.

253.          MARSAUD de LABOUYGUE (Richard-Alain) et Jean-Côme TIHY. Charles de Gaulle, le dernier capétien. L'unité d'un peuple. Versailles, VA Editions, 2018, in-8°, 196 pp, 10 photos, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Pour la première fois, ce livre envisage de replacer le moment gaullien (1958-1969) dans l’histoire longue de l’héritage capétien. Il dépasse en effet une vision souvent trop courte et cloisonnée de l’histoire. Dans la pensée des auteurs, la Révolution française de 1789 n’a pas mis un terme à la monarchie française, mais a tout simplement introduit une parenthèse d’instabilité politique délégitimant l’autorité et la légitimité du monarque, figure de l’État. À l’opposé des théories maurassiennes et républicanistes, ils démontrent les similitudes du régime capétien et de la République gaullienne, jusqu’à penser celle-ci comme la fille mort-née, mais légitime de la monarchie française. À l’heure où la chose publique est trop souvent dévoyée par la communication et le marketing politique, les auteurs proposent une grille de lecture inédite de notre histoire nous permettant de mieux comprendre la période gaullienne à laquelle se réfère si souvent la classe politique.

254.          McGUINNESS (Brian). Wittgenstein. 1. Les années de jeunesse, 1889-1921. Seuil, 1991, gr. in-8°, 395 pp, traduit de l'anglais, 8 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Seul volume paru. — Un destin tragique a marqué la vie de celui qui est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands philosophes du XXe siècle. Né à Vienne, en 1889, au sein d'une famille richissime – son père était un magnat de la sidérurgie –, le jeune Ludwig Wittgenstein connaîtra les derniers feux de la monarchie austro-hongroise et les tourbillons de la vie intellectuelle et artistique de son temps, mais aussi les terribles drames que furent les suicides successifs de trois de ses frères, Hans en 1902, Rudi en 1903 et Kurt en 1918. Passionné depuis l'enfance par les machines, Ludwig fait des études d'ingénieur à Berlin, puis à Manchester où il se spécialise en aéronautique. En 1911, brusque virage, il décide de suivre les cours de Bertrand Russell, à Cambridge. C'est Russell qui, le premier, parlera de son génie. Une grave crise s'opère alors, à la fois existentielle et intellectuelle (mystique et folie ne sont pas loin), qui conduira Wittgenstein à rompre avec Russell (et son entourage de Cambridge) et à se frayer dans la solitude son propre chemin philosophique. Comme en témoignent ses carnets intimes, la guerre de 1914 -1918 est le tournant décisif de son existence. Paul, son dernier frère, pianiste de renommée internationale, est amputé du bras droit (c'est pour lui que Ravel composera son Concerto pour la main gauche). Ludwig, qui s'est engagé, se conduit héroïquement sur le front de l'Est, puis sur le front italien. Rentré à Vienne, après avoir été prisonnier, il renonce à sa fortune et à ses biens. Après la guerre, Wittgenstein publie, en 1921, le très célèbre “Tractatus logico-philosophicus” puis se retire comme instituteur dans un village de la montagne autrichienne. — Ainsi se clôt le premier tome de cette monumentale – et déjà classique – biographie, écrite par Brian McGuinness, traducteur de Wittgenstein et philosophe, qui enseigna lui-même, à Oxford, pendant trente-cinq ans. Le livre puise largement dans des sources inédites, notamment la correspondance, quasi journalière, de Russell avec Lady Ottoline Morrell. — "Le premier volume de la biographie de Wittgenstein écrite par McGuinness est paru en 1988. Il est à présent disponible en traduction française. L'ouvrage couvre la période qui s'étend de la naissance de Wittgenstein jusqu'à la publication du “Tractatus” en passant par l'enfance en Autriche, les études d'ingénieur, le séjour à Cambridge (et la rencontre avec Russell), la retraite en Norvège, la participation à la première guerre mondiale dans les troupes austro-hongroises, la captivité en Italie après la défaite et enfin les études d'instituteur qui suivirent son renoncement à la philosophie. Le travail de McGuinness est d'abord, par sa rigueur scientifique, celui d'un historien. Il a consulté une masse impressionnante de documents (notamment la correspondance de Russell), les a soumis à la critique afin de retracer de manière précise et détaillée ce que fut la vie de Wittgenstein durant ses années de jeunesse. Mais là n'est pas la seule qualité de l'ouvrage. Il met également très bien en lumière le cheminement philosophique tout à fait singulier d'un des plus grands penseurs de ce siècle. À travers la lecture des carnets intimes de Wittgenstein notamment, l'auteur révèle le lien intime qui unit ce cheminement philosophique à un cheminement existentiel tortueux. Celui-ci, marqué par une crise profonde, amena Wittgenstein à rompre avec Russell et avec la philosophie universitaire de Cambridge, pour se tourner vers ce que, faute d'un mot plus adéquat, on pourrait appeler la mystique..." (Hervé Pourtois, Revue Philosophique de Louvain, 1993)

255.          MEDVEDEV (Roy et Jaurès). Khrouchtchev. Les années de pouvoir. Maspero, 1977, in-8°, 220 pp, traduit du russe, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Cahiers libres)

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"Ce livre est le fruit d'un travail mené en commun, par-delà les frontières soviétiques, par les frères Medvedev, l'un exilé, l'autre à peine toléré en URSS. A cette originale et difficile collaboration on doit une double analyse, celle de l'intelligentsia soviétique, critique mais encore unie par une infinité de liens à la sensibilité de la société soviétique tout entière, et celle du monde extérieur où vit Jaurès Medvedev depuis plusieurs années. Khrouchtchev apparaît ici comme un novateur hardi, poussé par de remarquables intuitions, celles d'un homme mal préparé par son éducation fruste et un caractère trop impétueux et désordonné à un pouvoir immense. Partant de deux intuitions fondamentales et fondamentalement justes, la nécessité de réformer l'agriculture soviétique et d'ouvrir l'URSS au monde extérieur, Khrouchtchev a abouti à une crise économique très grave et à un aventurisme en politique extérieure qui a menacé la paix du monde et ouvert dans le monde communiste une faille qui ne se refermera plus. Pour les Medvedev, son histoire est une histoire de gloire – la déstalinisation, l'ouverture à l'intérieur et à l'extérieur –, mais aussi d'échecs innombrables – les chars soviétiques à Budapest, le conflit avec la Chine, Cuba, la course aux armements dans le Tiers-Monde. Leur conclusion implicite est que l'URSS ne sortira réellement de l'ornière stalinienne que par un retour au socialisme réel. Et ce retour exclut le pouvoir d'un homme de même qu'une excessive concentration du pouvoir." (Revue française de science politique, 1978)

256.          MOUSSEAU (Jacques). Le siècle de Paul-Louis Weiller, 1893-1993. As de la Grande Guerre, Pionnier de l'industrie aéronautique, Précurseur d'Air France, Financier international, Mécène des Arts. Stock, 1998, gr. in-8°, 588 pp, 24 pl. de photos hors texte, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            50

Héritier d'une grande famille du XIXe siècle qui s'était illustrée dans l'industrie, la finance et la politique, Paul-Louis Weiller a vécu plusieurs vies successives. Ingénieur de l'Ecole centrale, il est un héros de l'aviation pendant la guerre 1914-1918. Imposant l'utilisation de la photographie aérienne lors des vols de reconnaissance, il est plusieurs fois abattu avec son avion et blessé. Douze fois cité à l'ordre de l'armée, fait officier de la Légion d'honneur à vingt-cinq ans, il termine la guerre auprès du maréchal Foch et assiste à la signature du traité de Versailles comme aide de camp du chef des armées alliées. Patron d'industrie dès l'âge de vingt-neuf ans, de 1922 à 1940, Paul-Louis Weiller développe la plus importante entreprise européenne de construction de moteurs d'avion, Gnôme et Rhône, qui deviendra la SNECMA après sa nationalisation en 1945. Il crée des lignes aériennes qui seront regroupées par l'Etat en 1933 pour devenir Air France dont il sera un des premiers administrateurs. Arrêté en 1940 par le gouvernement de Vichy, il s'enfuit en Amérique du Nord où il contribue à l'action de la France libre. De retour en Europe après la guerre, il concentre son activité sur la finance internationale et le mécénat artistique. Il soutient la rénovation du château de Versailles, crée une compagnie de ballets, aide de nombreux artistes. Son objectif est de refaire de Paris la capitale de la culture. Cette action est couronnée en 1965 par son entrée à l'Académie des Beaux-Arts. Paul-Louis Weiller mène une intense vie mondaine entre les familles royales d'Europe, les hommes politiques, de Vincent Auriol à Georges Pompidou et Richard Nixon qui sont ses amis, les personnalités des arts, des lettres, du cinéma et de la scène. Il anime le dernier des salons parisiens, dans la tradition de ceux décrits par Marcel Proust.

257.          NIN (Anaïs). Journal. 1 : 1931-1934. – 2 : 1934-1939. – 3 : 1939-1944. – 4 : 1944-1947. Etabli et présenté par Gunther Stuhlmann. Stock, 1970-1972, 4 vol. in-8°, 385, 377, 396 et 283 pp, traduction de l'anglais de Marie-Claire Van der Elst relue, revue et corrigée par l'auteur, 36 pl. de photos hors texte, index, brochés, couv. roses illustrées de photos en médaillon, tranches lég. salies, bon état

            50

Le journal d'Anaïs Nin demeure un irremplaçable document sur l'univers intellectuel de la France et des Etats-Unis durant les années 1930-1950. — "Le journal est mon kif, mon haschish, ma pipe d'opium. Ma drogue et mon vice. Au lieu d'écrire un roman je m'allonge avec un stylo et ce cahier, et je rêve, je me laisse aller aux reflets brisés, je quitte la réalité pour les images et les rêves qu'elle projette... Ma drogue. Elle recouvre tout d'un voile de fumée, elle transforme tout à la manière de la nuit. Il faut que tout ce qui est matériel soit ainsi fondu dans le creuset de mon vice car, sinon, la rouille de la vie ralentirait mon rythme pour en faire un sanglot." (Anaïs Nin, Journal 1931-1934) — "Son journal compte parmi les œuvres vraiment grandes et vraiment enrichissantes de la littérature universelle." (Henry Miller)

258.          NIN (Anaïs). Vénus Erotica. Stock, 1980, in-8° étroit, 303 pp, traduction de l'américain, broché, couv. rose illustrée, dos uniformément passé, bon état

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Les lecteurs du tome III du célèbre Journal d'Anaïs Nin savent qu'en 1940, à l'instigation d'un mystérieux collectionneur, Henry Miller et Anaïs Nin écrivirent des « érotiques ». Longtemps, ces textes furent mis en sommeil. Depuis sa publication, ce livre n'a cessé de figurer sur la liste des best-sellers et la critique l'a accueilli avec enthousiasme, le trouvant particulièrement révélateur du talent romanesque d'Anaïs Nin.

259.          PALMIER (Jean-Michel). Les Ecrits politiques de Heidegger. L'Herne, 1968, in-8°, 346 pp, documents, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale

            30

L’erreur tragique que commit Heidegger en 1933, en croyant sincèrement que le chef du parti national-socialiste ouvrier allemand, Adolf Hitler, pouvait sauver l’Allemagne de sa misère et de sa détresse, a fait l’objet de nombreux commentaires. Par un examen rigoureux des documents et des archives nazies, cet ouvrage s’efforce de dissiper les malentendus habituels et d’établir le sens réel de ce “rectorat de 1933”, et la place qu’il occupe dans l’ensemble du “chemin de pensée” de Heidegger. Suivant pas à pas la formation de cette pensée, il est montré que seule une interrogation sur le stade ultime de la métaphysique occidentale et son achèvement dans la technique mondiale, rend compréhensible le sens que ce philosophe crut reconnaître au mouvement national-socialiste allemand. L’erreur politique de Heidegger, dont il n’est pas question de nier la gravité, ne nous apparaît en pleine lumière qu’avec l’élucidation des figures qui traversent l’horizon de cet achêvement, celle de Nietzsche, de Rainer Maria Rilke, de Trakl qui, tous tentèrent un même passage hors des déserts et de la nuit métaphysique de l’Occident.

260.          PICONNE (Paul)(ed.). The French New Right. New Right – New Left – New Paradigm ? New York, Telos, 1993, gr. in-8°, 308 pp, broché, bon état. Texte en anglais

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Numéro spécial de la revue “Telos”, n° 98-99, décembre 1993-mai 1994. — Table : Confronting the French New Right : Old Prejudices or a New Political Paradigm ? (Paul Piccone) – Left Vigilance in France (Frank Adler) – Discussion or inquisition ? The Case of Alain de Benoist (Pierre-André Taguieff) – The New Right in Europe (Mark Wegierski) – The Italian New Right (Franco Sacchi) – The idea of Empire (Alain de Benoist) – From Race fo Culture: The New Right's View of European Identity (Pierre-André Taguieff) – Alain de Benoist's Anti-Americanism (Paul Gottfried) – Documents.

261.          RENÉ LA CANNE (René Girier, dit), avec la collaboration de Jean-Claude Baillon. Tu peux pas savoir... P., Londreys, 1988, gr. in-8°, 502 pp, broché, couv. illustrée par Tardi, bon état. Edition originale

            25

René la Canne, Main blanche, le Bandit bien-aimé, le Prince des voleurs, sont quelques uns des surnoms donnés à René Girier par la presse de l'après-guerre lorsque, défiant toutes les polices de France, il défraye la chronique par l'audace, l'imagination et la précision avec lesquelles il imagine et exécute ses coups, sans effusion de sang. Capturé, il s'évade, onze fois, et échafaude avec son « gang des Tractions avant » de nouvelles opérations toujours plus spectaculaires : le train de l'or, la bijouterie Van Cleef & Arpels à Deauville, l'enlèvement de Rita Hayworth... Il aime les femmes et elles le lui rendent bien : Marinette d'abord la tendre et fidèle épouse qui partage les cavales et les parloirs de prison, et d'autres encore, qui jalonneront sa vie pour l'aider ou le perdre... Comme cette énigmatique visiteuse de prison, la princesse Charlotte de Monaco, qui succombera aux charmes du beau voyou. René Girier lève enfin le voile sur cette liaison toujours restée secrète. Trente ans après, l'auteur revient sur cette course effrénée, alternance de noir et de bleu, entre la prison et la liberté. Course désespérée aussi à la recherche d'une enfance meurtrie, que la rencontre providentielle avec un médecin lui a permis de redécouvrir et de comprendre, pour le décider enfin à gravir le versant d'une autre existence. Cette histoire authentique est racontée comme un roman tour à tour haletant, drôle et émouvant. Enfin, une prescription récente permet à René la Canne de dévoiler pour la première fois les dessous d'affaires jamais élucidées.

262.          RIBAUD (André) et MOISAN. La Cour, Chronique du Royaume – Le Roi, Chronique de la Cour. Julliard, 1962, 2 vol. in-8°, 212 et 223 pp, texte d'André Ribaud, nombreux dessins de Moisan, reliures pleine toile bleue de l’éditeur, dessins de Moisan en médaillon au 1er plat, rhodoïds (petites fentes), bon état

            50

Par Roger Fressoz, alias André Ribaud (1921-1999), ces célèbres chroniques imitées de Saint-Simon, moquant les premières années de la présidence du général de Gaulle, parues de 1958 à 1962 dans le “Canard enchaîné”. – « La France n'a plus de Parlement. La France n 'a plus de Gouvernement. Seuls comptent le roi et sa cour. » – Les dessinateurs, Roland Moisan (1907-1987) en tête, ont amplement contribué à populariser la formule imaginée par André Ribaud pour flétrir les moeurs de la Ve République. Voir par exemple son portrait de Michel Debré, alors Premier Ministre : « M. de Bré, qu'on appelait ordinairement M. le-Prince-qui-nous-gouverne, était un homme d'une taille médiocre, assez boudin de figure, l'œil enfoncé, la mine basse, le cheveu noir, fort garçon d'ordre, avec une sorte de raideur, pour qui des riens continuellement étaient des hydres, le propos moral et sentencieux, l'air plein de sévérité et à se faire craindre des plus humbles à proportion qu'il était lui-même plus bas devant le Roi (...) Il n'était au vrai qu'un cheval d'aucune race, prompt à tous les attelages, à être bâté de toute charge, à hâler n'importe quoi jusqu'à bout d'échine pourvu que le Roi, mais le Roi seul, lui fit sentir rudement le bridon et le fouet. M. le Prince était né sujet. » (“La Cour”). – Les auteurs ont publié un 3e volume (“Le Règne”) en 1967.

263.          SAINT MARC (Hélie de) avec Laurent Beccaria. Les Sentinelles du soir. Les Arènes, 1999, in-8°, 203 pp, broché, couv. illustrée, tranche salie, bon état

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"J'ai voulu rassembler tout ce qui, en moi, avait résisté au temps. Chacun avance avec quelques idées que le destin transforme et bouscule. Des certitudes nous quittent. D'autres mystères nous habitent. Après avoir vécu tout et le contraire de tout, certaines blessures brûlent encore comme si on les frottait de sel. Mais d'autres ombres, d'autres silhouettes, veillent en silence. Je les appelle les sentinelles du soir. Elles m'aident à vivre. Au Vietnam, à chaque saison, les paysans repiquent le riz. C'est en pensant à eux que nous avons écrit ce livre avec Laurent Beccaria. Ces pages n'ont de sens que si d'autres hommes et d'autres femmes trouvent parmi elles quelques graines pour les replanter ailleurs." — Résistant, déporté, officier de la Légion étrangère, Hélie de Saint Marc est un témoin des déchirures de l'Histoire récente de notre pays, de l'Occupation à la guerre d'Algérie, en passant par la grande passion indochinoise. Depuis la parution de ses mémoires, Les Champs de braises, prix Femina essai, il a donné plusieurs centaines de conférences en France et à l'étranger.

264.          SCHAAKE (Erich). Hitler et les femmes. Leur rôle dans l'ascension du Führer. Michel Lafon, 2012, in-8°, 254 pp, traduit de l'allemand, la page de titre indique “Les Femmes et Hitler”, 10 photos dans le texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Adolf Hitler n’a pas toujours été ce Führer à la personnalité charismatique qui savait électriser les foules pour mieux provoquer la haine. Il a également été un fils, un cousin énamouré, un jeune homme emprunté qui ne savait pas s’habiller. Pour la première fois, un journaliste allemand nous révèle le destin de ces femmes qui ont entouré, soutenu et parfois adulé Hitler. Sans elles, il n’aurait pas bénéficié de financements pour lancer ses campagnes politiques, ni de relais d’opinion pour imposer ses idées et accéder au pouvoir suprême. Certes, on connaît son idylle fatale avec Eva Braun, la fascination qu’il a exercée sur Winifred Wagner qui lui offrit le papier sur lequel il écrivit Mein Kampf en prison, ou sur Magda Goebbels qui sacrifia ses six enfants avant de se suicider. Mais qui sait qu’une jeune aristocrate anglaise était présente à ses côtés lorsqu’il annexa l’Autriche, et qu’il avait une petite amie française, qui donna naissance à un fils neuf mois après leur rencontre ?

265.          SOLJÉNITSYNE (Alexandre). Comment réaménager notre Russie ? Réflexions dans la mesure de mes forces. Fayard, 1990, in-8°, 118 pp, broché, bon état

            8

Soljénitsyne mène ici une réflexion globale sur l'Etat actuel de son pays et les désastres provoqués par plus de 70 ans de régime communiste. Il avance des propositions de découpage, de réunification et de réorganisation de l'URSS, et semble s'interroger à la fois sur l'avenir de la Russie comme « nation démocratique » et sur la conservation de l'identité nationale russe en tant que telle, qu'il dit menacée par un nationalisme grandissant et l'ouverture du pays à la civilisation occidentale.

266.          SOLJÉNITSYNE (Alexandre). L'Archipel du Goulag, 1918-1956. Essai d'investigation littéraire. Seuil, 1974-1976, 3 vol. gr. in-8°, 446, 510 et 473 pp, traduit du russe, 61 portraits et photos, 6 cartes, index biographique et index des noms géographiques, brochés, bon état

            75

Un livre de combat, qui a ébranlé les fondements du totalitarisme communiste et qui brûle encore les mains. Ecrit de 1958 à 1967 dans la clandestinité, par fragments dissimulés dans des endroits différents, il a été activement recherché, et finalement découvert et saisi par le KGB en septembre 1973. Aussitôt, le premier tome a été publié d'urgence en Occident, la pression de l'opinion publique des pays libres étant la seule force capable de sauver l'auteur et tous ceux qui l'avaient aidé. Arrêté en février 1974, Soljénitsyne fut inculpé de trahison, puis, par décret du Présidium du Soviet suprême, déchu de la nationalité soviétique et expulsé d'URSS. Jusqu'à sa publication partielle par la revue Novy mir en 1990, l'Archipel ne sera lu en URSS que clandestinement, par la partie la plus courageuse de l'intelligentsia. Mais, en Occident, il sera répandu à des millions d'exemplaires et provoquera une mise en cause radicale de l'idéologie communiste.

267.          SOLJÉNITSYNE (Alexandre). Le Chêne et le Veau. Esquisses de la vie littéraire. Seuil, 1968, gr. in-8°, 540 pp, traduit du russe par René Marichal, annexes, index bibliographique, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Un renne donne du front contre le chêne..." dit une locution proverbiale russe, qui explique le titre du livre. Commencés au plus fort de la répression post-kroutchévienne contre les mileux "dissidents", après la saisie des archives de Soljénitsyne et au lendemain du procès Siniavsky-Daniel, ces mémoires ne sont pas seulement une chronique de vingt ans de vie littéraire officielle et clandestine en URSS après Staline, mais se lisent comme le roman autobiographique de l'écrivain lui-même. Ils s'achèvent sur son arrestation et son banissement en 1974, sauvé par la publication de l'Archipel du Goulag.

268.          SOLJÉNITSYNE (Alexandre). Le Premier Cercle. Laffont, 1971, gr. in-8°, 576 pp, traduit du russe par Henri-Gabriel Kybarthi, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Ecrit en 1955-58, le Premier Cercle se déroule à l'intérieur d'une prison-laboratoire, comme celle où l'auteur séjourna. La plupart des personnages sont empruntés à la réalité, et on reconnaît la trame de la vie de Soljénitsyne. Le premier cercle, c'est celui de l'enfer dans la Divine Comédie, le cercle où se trouvent les sages de l'Antiquité qui n'ont pas péché, mais qui ne connaissent pas la révélation chrétienne. Les trois jours de l'action ont lieu dans l'espace restreint de la prison, mais avec des incursions dans le monde "libre" qui, en réalité, vit dans la peur ou bien dans le confinement volontaire, comme fait le Tyran, terré dans sa salle voûtée où il ne travaille que la nuit : Staline. Un fil central relie les deux univers, le carcéral et le monde de la peur extérieure, c'est le fil de l'arrestation du diplomate Volodine qui "trahit" son pays (il prévient une ambassade occidentale que l'URSS a eu accès, grâce à ses agents de l'Ouest, au secret de fabrication de l'arme atomique). Ce grand récit sur la fortification de l'âme en prison est surtout extraordinaire par la vaste respiration poétique et philosophique qui l'anime.

269.          SOLJÉNITSYNE (Alexandre). Les Invisibles. Fayard, 1992, gr. in-8°, 306 pp, traduit du russe, broché, bon état

            15

En 1975, après le formidable coup de tonnerre qu'a constitué la publication en Occident des trois volumes de “L'Archipel du Goulag”, Soljénitsyne publie un livre de mémoires, “Le Chêne et le Veau”, dans lequel il narre son combat solitaire (celui du jeune "veau" aux cornes tendres) contre l'Etat soviétique et le puissant KGB (le "chêne" inébranlable), un combat qu'il finira par remporter par la seule vertu de ses écrits au point qu'on s'accorde à reconnaître aujourd'hui leur rôle majeur dans l'ébranlement qui a conduit à la chute du communisme, à la dislocation de l'URSS et à la reconnaissance d'une Russie démocratique. Cependant, “Le Chêne et le Veau”, publié à l'époque du néo-stalinisme brejnévien, ne pouvait à l'évidence tout raconter sans mettre en danger certaines personnes : ce n'est que bien plus tard qu'il pourrait livrer le récit, accompagné des noms réels, de son existence d'écrivain clandestin, et exposer la manière dont ses oeuvres furent cachées, reproduites, mises en circulation par le "samizdat", expédiées à l'étranger, la façon aussi dont l'énorme documentation nécessaire lui était procurée, dont il trouvait à être hébergé pour écrire hors des persécutions, des filatures, des risques de rapt des manuscrits, etc. Ce sont ces chapitres inédits de ses mémoires qui sont publiés ici pour la première fois en Occident, dans ces “Invisibles” qui constituent un émouvant hommage aux dizaines d'inconnus, enfin sortis de l'anonymat, qui ont aidé le plus grand écrivain russe de ce siècle dans sa résistance victorieuse à la tyrannie.

270.          SOLJÉNITSYNE (Alexandre). Une journée d'Ivan Denissovitch . Julliard, 1968, in-8°, 279 pp, traduit du russe par Léon et André Robel et Maurice Decaillot, préface de Pierre Daix, broché, bon état

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Une journée d'Ivan Denissovitch, c'est celle du bagnard Ivan Denissovitch Choukhov, condamné à dix ans de camp de travail pour avoir été fait prisonnier au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le récit nous montre sa journée depuis le coup sur le rail suspendu dans la cour qui marque le lever, jusqu'au court répit du soir et au coucher, en passant par les longues procédures de comptage, la peur des fouilles, les bousculades au réfectoire, les travaux de maçonnerie par un froid terrible dans l'hiver kazakhe, les menues chances et malchances de la journée. Archétype du paysan russe moyen, Choukhov, homme humble et débrouillard en qui le bien fait encore son oeuvre, a su se libérer intérieurement et même vaincre la dépersonnalisation que ses maîtres auraient voulu lui imposer en lui donnant son matricule. Le talent propre à Soljénitsyne, son don de vision interne des hommes apparaissent ici d'emblée dans une complète réussite : ce chef-d'oeuvre à la structure classique restera dans toutes les anthologies du vingtième siècle comme le symbole littéraire de l'après-Staline.

271.          SPIRE (Antoine) et Jules Chancel ( dir). La Culture des camarades. D'Éluard à Pif le chien, où en est la culture communiste ? Autrement, 1986, gr. in-8°, 219 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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Un large inventaire de la pensée, des valeurs et du style communistes, de la Libération aux années quatre-vingt. — Maurice et Eluard, la Colombe de Picasso, on ne désespère pas Billancourt, Montand à Moscou... ah que la France était jolie quand prospérait la culture des camarades, immense et féconde illusion dans laquelle ont donné tant d'artistes et d'intellectuels ! Communistes ou non, beaucoup de Français ont été marqués par ce projet messianique et par ce réseau serré d'activités et de culture...

272.          STORA (Benjamin). 68, et après. Les héritages égarés. Stock, 2018, in-8°, 166 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Comment a-t-on pu atteindre un tel niveau de déliquescence, cinquante ans après, du "soleil" de 68 au crépuscule du PS ?" se demande Benjamin Stora. De cette question est né ce livre, écrit en témoin et historien. Stora appartient en effet à ce courant de l'après-68 qui, après s'être engagé dans l'extrême gauche trotskiste, est entré au Parti socialiste. Il revient sur cette histoire à travers la sienne : l'engagement révolutionnaire vécu comme une libération en arrivant d'Algérie, puis l'entrée au PS, en 1986, avec l'illusion d'y poursuivre les mêmes batailles politiques. Un drame familial l'éloignera finalement du militantisme. Benjamin Stora porte un regard lucide sur ce qu'il n'a pas toujours vu en temps et en heure : les erreurs ou les dérives de certains. Cet examen de parcours est ponctué de rencontres, avec Jospin, Cambadélis ou Mélenchon. Au-delà des souvenirs et des anecdotes surprenantes, ce livre offre une analyse éclairante sur la façon dont le Parti socialiste a d'abord "absorbé" les aspirations de 68 à changer la vie, avant de les étouffer. Pour finir lui-même à bout de souffle.

273.          TARR (Francis de). Henri Queuille en son temps (1884-1970). Biographie. La Table Ronde, 1995, gr. in-8°, 822 pp, 16 pl. de photos et documents hors texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

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"Le destin d'Henri Queuille est à bien des égards singulier. Sous la Troisième République, son destin de notable et sa réussite de parlementaire, qui en firent, durant l'entre-deux-guerre, un incontournable ministre de l'Agriculture, auraient pu s'achever, comme pour beaucoup de ses pairs radicaux, dans le naufrage d'un régime qu'il incarnait suffisamment pour être passé tout près de l'Elysée. Pourtant, sa carrière politique rebondit, grâce à sa participation à l'aventure de la France Libre, tout aussi réfléchie que distante. Et le régime trouva en lui un infatigable défenseur, le portant à plusieurs reprises à la présidence du Conseil, même si, à son grand dam, la consécration suprême se déroba une fois de plus. (...) L'immense entreprise que constitue cette biographie rigoureuse vient heureusement combler un vide, celui de la connaissance du parcours d'un homme politique de premier plan, étrangement disparu du panthéon des grands hommes d'un régime républicain dont il fut l'un des plus ardents défenseurs, dans la durée, mais aussi et surtout dans l'attachement à une incontestable droiture républicaine." (Edouard Lynch, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1997) — "Il fut, selon Pierre Viansson-Ponté, le recordman toutes catégories et sans challenger de la politique française". Henri Queuille est le héros modeste et tranquille de la IIIe et de la IVe République. Né en 1884 en Corrèze, ce médecin de campagne, indéfectiblement attaché à sa province qui lui apprit l'honnêteté et le respect de l'autre, conquiert le Paris politique et séduit la France profonde par son sens de l'Etat et de l'intérêt national. Nommé au gouvernement à trente-cinq ans, il détiendra surtout le portefeuille de l'Agriculture. En juin 1940, il ne votera pas les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il rejoindra le général de Gaulle à Londres et deviendra, en 1944, président par intérim du gouvernement provisoire à Alger. Sous la IVe République, il sauvera le régime du naufrage, sera trois fois président du Conseil et membre de tous les gouvernements de 1948 à 1954. Ce pape du radicalisme, partisan de la nuance, de la conciliation, du bon sens et du pragmatisme, est un maître intransigeant de la politique contemporaine. Il marquera et influencera François Mitterrand et Jacques Chirac, qui le considère comme le "plus illustre des Corréziens". Voici la vie remarquable d'un personnage du XXe siècle, qui incarne une certaine idée de la morale et de l'éthique dont devraient s'inspirer nos hommes politiques d'aujourd'hui.

274.          TERRENOIRE (Louis). De Gaulle en conseil des ministres. Journal et notes de Louis Terrenoire, porte-parole du gouvernement (février 1960-avril 1962). Révélations sur la fin du conflit algérien. Marigny, Editions Eurocibles, 2018, in-8°, 531 pp, écrits présentés par Hélène Boivin, préface d'Eric Roussel, 3 photos, notes, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment de Gaulle a-t-il pu, malgré le déchirement de l’opinion, conduire le pays à la décolonisation de l’Algérie en exigeant comme préalable absolu de passer par les urnes ? C’est cet exploit que l’on peut mieux cerner par ce livre présentant des documents inédits et de première main. Il retrace, dans l’intimité des confidences livrées par de Gaulle à son compagnon Louis Terrenoire, porte-parole du gouvernement, la progression du processus de paix. Chaque semaine, en effet, durant les vingt-six mois qui ont précédé les accords d’Evian, Louis Terrenoire consignait tout ce qui s’échangeait au Conseil des ministres. Plusieurs centaines de pages manuscrites : des annotations prises sur le vif qui ont d’autant plus d’intérêt qu’elles n’étaient pas destinées à être lues. A partir de ces notes, Louis Terrenoire rédigeait un journal plus personnel. Cet ouvrage éclairé par l’introduction et les annotations d’Hélène Boivin présente à la fois le journal et les notes in extenso prises pendant le Conseil. L’ensemble constitue un document d’une valeur historique exceptionnelle. En plus du processus de paix élaboré pour l’Algérie dans la confidentialité du Conseil des ministres, cette publication fournit un éclairage complémentaire sur la politique de la France de cette époque au regard des relations internationales (Europe, Cuba, Berlin, Congo) et des mutations économiques et sociales.

275.          TOURNOUX (J.-R.). L'Histoire secrète. La Cagoule - Le Front populaire - Vichy - Londres - Deuxième Bureau - L'Algérie française - L'O.A.S. Plon, 1962, in-8°, 396 pp, 12 illustrations dans le texte et 31 photos hors texte, documents et textes inédits, broché, bon état

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"L'ouvrage est passionnant." (Vincent Auriol) — "Un grand livre d'Histoire." (Georges Bonnet) — "Ce livre m'est très utile." (Pierre Mendès-France) — "Je crois peu à l'Histoire. Cette réserve, pourtant, tombe à la lecture de “L'Histoire secrète”. Nul ne pourra prétendre connaître cette période qui n'ait lu ce document de base." (Guy Mollet) — "J.-R. Tournoux nous enchaîne à son récit, en nous donnant la joie de comprendre des événements qui furent nos contemporains et que beaucoup d'entre nous avaient ignorés." (Paul Reynaud) — "Une contribution importante à l'Histoire de notre temps." (Jacques Chastenet)

276.          WEIL (Sylvie). Chez les Weil. André et Simone. Buchet/Chastel, 2009, in-8°, 269 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

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André Weil (1906-1998). Entré à l'École normale supérieure à seize ans, il enseigne en Europe et en Inde jusqu'en 1939. Participe à la fondation du groupe Nicolas Bourbaki qui bouleverse les mathématiques modernes. Professeur à Princeton à partir de 1958. – Simone Weil (1909-1943). Sa sœur cadette. Elève de l'ENS. Agrégée de philosophie en 1931. Syndicaliste révolutionnaire, quitte l'enseignement pour devenir ouvrière chez Renault. Rejoint la colonne Durruti pendant la guerre d'Espagne. Meurt de tuberculose et de désespoir à Londres. – Comment vivre aux côtés de pareils génies ? Sylvie Weil, dans ce qui est à la fois un exercice d'admiration et un exorcisme nécessaire, s'en explique avec de l'émotion et de l'humour. « Le génie était bicéphale. Mon père avait un double, un double féminin, un double mort, un double fantôme. Car, oui, en plus d'être une sainte, ma tante était un double de mon père à qui elle ressemblait comme une jumelle. Un double terrifiant pour moi, puisque je lui ressemblais tant. Je ressemblais au double de mon père. » Cette ressemblance physique troublante est le départ d'un récit qui mêle des souvenirs, des réflexions personnelles. Il en résulte une forte présence de ces deux figures intimidantes. Inadaptées l'une comme l'autre au monde réel, témoins et victimes de l'Histoire, elles méritaient d'être enfin réunies à égalité dans un livre juste, accessible, et chaleureux. Sylvie Weil est la fille d'André Weil et la nièce de Simone Weil. Elle a enseigné la littérature française dans plusieurs universités américaines. Ecrivain elle a publié des nouvelles et des romans.

277.          YACEF (Saadi). Souvenirs de la bataille d'Alger, décembre 1956-septembre 1957. Julliard, 1963, pt in-8°, 122 pp, broché, bon état

            25

Yacef Saâdi, né le 20 janvier 1928 à la Casbah (Alger), est un ancien combattant du FLN dont il était le chef de la zone autonome d'Alger lors de la bataille d'Alger en 1957. Dès 1962, il publiait ses “Souvenirs de la bataille d'Alger” auxquels répondit, en 1971, “La Vraie Bataille d'Alger” du général Massu. — "La « bataille d’Alger » a été ainsi nommée par l’un de ses principaux protagonistes, Yacef Saadi, dans ses “Souvenirs de la Bataille d'Alger” publiés à la fin de 1962, puis dans un film où il jouait son propre rôle, réalisé en 1968 par l’Italien Gillo Pontecorvo. Cette expression évoque avant tout l’affrontement qui opposa en 1957 la Dixième division parachutiste du général Massu et l’organisation clandestine de la Zone autonome d’Alger du FLN-ALN, ainsi que la torture employée par la première en réponse au terrorisme de la seconde." (Guy Pervillé, 2001)

278.          ZAK (Ludmila). Des Français dans la Révolution d'Octobre. Contribution à l'histoire du Groupe communiste français près le P.C. (b). R. Editions Sociales, 1976, in-8°, xi-269 pp, traduit du russe, préface de Georges Cogniot, 16 pl. de photos et documents hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"En août 1918 était fondé à Moscou un Groupe communiste français, section française du Parti bolchevik. A la fin de 1919, il comptait une vingtaine de membres. Une historienne soviétique a entrepris d'en retracer l'histoire. Elle y était préparée et motivée : le 20 juin 1941, deux jours avant l'attaque nazie, elle avait soutenu son diplôme sur Jeanne Labourbe, fondatrice du Groupe. L'ouvrage est le produit d'une recherche patiente des archives et des survivants. Il est centré sur l'héroïsme de J. Labourbe et animé d'un lyrisme militant..." (Emile Poulat, Archives de Sciences Sociales des Religions, 1979)

1ère GUERRE MONDIALE

 

279.          CHRISTIAN-FROGÉ (René). Les Croix de Guerre. Librairie de France, 1936, in-4°, iv-260 pp, 311 photos et portraits, 17 cartes et croquis dans le texte, 10 planches hors texte (2 en couleurs), index des combattants français et alliés cités, reliure peine percaline bleue, premier plat historié avec titre et Croix de guerre dorés, dos lisse orné de chevrons à froid, titres dorés, tête bordeaux (rel. de l'éditeur), coins lég. frottés, bon état

            90

René Christian-Frogé est né le 17 avril 1880. Après une carrière littéraire débutée dès 1908 dans la poésie, il est Membre fondateur en février 1919, et secrétaire général de l’Association des Ecrivains combattants, il dirige ainsi plusieurs publications dont « La Grande Guerre, vécue, racontée, illustrée par les combattants » chez Quillet en 1922. Il meurt en 1958. Norton-Cru précise son parcours de guerre. Mobilisé le 3 août 1914 comme caporal au 43ème colonial, il arrive au front le 10 et passe sergent dès le 7 septembre. Blessé le 27 à Chuignolles, dans la Somme, il est évacué pendant 3 mois. Il revient au front avec le grade de sous-lieutenant le 11 mars 1915. Blessé le 27 septembre près de Souchez, il est attaché au cabinet du Ministre de la Guerre mais, bien qu’inapte au service armé, retourne « au front », à l’état-major du 1er corps colonial le 3 novembre 1916. Intoxiqué par les gaz, il quitte cette fois-ci définitivement le front pour la Section d’Information du Ministère de la Guerre avec le grade de capitaine. (Crid 14-18)

280.          DUBAIL (Général) et Maréchal FAYOLLE. La Guerre racontée par nos généraux commandants de groupe d'armées. P., Librairie Schwarz, 1921, 3 vol. in-4°, 464 pp, très nombreuses planches hors texte en noir et en couleurs et gravures dans le texte : illustrations de Ch. Fouqueray et Lucien Jonas – hors-texte, aquarelles, en-têtes, culs-de-lampe, lettrines et ornements par Berne-Bellecour, Bonfils, Fremond, Fouqueray, Galanis, Jonas, Lebedeff, Raynolt – gravures sur bois par Aubert, Gasperini, Malcouronne, Schmaechtens – cartes et plans par Trinquier, reliures plein maroquin chocolat, le tome I en tirage courant avec auteurs, titre, dessin de casque et quintuple filet d'encadrement frappés à froid, gardes de papier moiré bronze, couv. illustrée conservée, dos uniformémént passé, tomes II et III en tirage de luxe avec titres et auteurs sur fond doré, quintuple filet d'encadrement doré et médaillon (profil de Poilu) en émail polychrome, dessiné par Jean Dunand et réalisé par Claessens, sur les premiers plats, gardes de papier moiré bronze, couv. illustrées conservées, bon état

            200

Tome 1 : de Liège à Verdun. – Tome 2 : de la Somme au Rhin. – Tome 3 : Les batailles de la délivrance. — Table : Les causes de la guerre ; Le prétexte ; Les effectifs et les forces en présence ; Opérations en Belgique ; Opérations en Alsace et en Lorraine ; Opérations en Woëvre ; Première bataille de Champagne ; Opération des Dardanelles ; Bataille de Verdun ; Bataille de la Somme ; Les armes à tir rapide ; L'artillerie ; La surprise ; Le front sur la Somme ; La guerre de tranchées ; La doctrine de la Somme ; Offensive franco-anglaise de 1917 ; Les allemands sont sur la Marne ; Résultats des trois offensives allemandes ; Situation générale au 1er septembre 1918 ; Concentration de toutes les forces alliées sur le front ; Préparatifs de la réduction de la poche de Montdidier ; Assaut final ; etc.

281.          DUMUR (Louis). Le Boucher de Verdun. (Roman). Albin Michel, 1921, in-12, 448 pp, reliure demi-percaline havane, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, pièce de titre basane brune (rel. de l'époque), pièce de titre frottée, pt tache au dos, papier lég. jauni, bon état

            25

"Après nous avoir conté la formidable ruée des armées allemandes sur Paris, M. Louis Dumur nous décrit leur furieuse poussée sur Verdun. Il est assez probable que les romanciers reprendront plus d'une fois ces deux thèmes épiques de la Grande Guerre que M. Louis Dumur a traités en deux vigoureux et beaux romans d'une rare puissance d'évocation et d'une rare exactitude de documentation. M. Dumur est un esprit sérieux et un écrivain réfléchi, et en ces deux oeuvres on sent qu'il ne hasarde rien qui ne soit conforme à la réalité la plus soigneusement vérifiée. Son Nach Paris et son Boucher de Verdun sont donc un double tableau peint, sinon d'après nature, du moins avec un consciencieux et probe souci de la vérité. Cette préoccupation de vérité et d'exactitude donne aux deux récits de M. Louis Dumur, à défaut d'une valeur de témoignage direct, une valeur historique certaine. Cependant, si M. Louis Dumur s'y montre historien, il n'en demeure pas moins romancier et, à ce titre, il a cherché le moyen de nous rendre aussi saisissants que possible les résultats de son enquête. Il s'agissait, en effet, de les animer et de les ordonner d'une manière vivante, et pour y parvenir, il a recouru à un artifice de composition qui consista à choisir pour « héros » de son livre un officier allemand. Ce héros ou, plus justement, ce personnage principal sera, dans le Boucher de Verdun, l'oberleutnant Hering. C'est lui qui sera le narrateur et c'est par lui et avec lui que nous pénétrerons dans les milieux militaires et sociaux allemands. C'est en sa compagnie que nous assisterons aux divers épisodes de la monstrueuse hécatombe où se brisa, sur l'autel héroïque et sacré de Verdun, le prodigieux et vain effort germanique. Partout où M. Dumur conduit son lieutenant Hering, que ce soit au quartier général de Stenay ou au grand quartier de Charleville, aux tranchées du Mort-Homme ou au fort de Douaumont, la présence du lieutenant Hering y est justifiée. Le hasard qui l'affecte à l'état-major du Kronprinz est un hasard possible. A ce point de vue, le roman de M. Dumur est fort bien construit. C'est une de ses qualités. Il en a d'autres. L'une est de nous offrir une étude psychologique très poussée et très plausible de l'officier allemand. Le Hering de M. Dumur en résume le mélange de sentimentalité et de brutalité, de platitude et d'orgueil, et cette étude M. Dumur l'a complétée par toute une hiérarchie de types militaires fort curieux que domine la figure extravagante et falote, sournoise et égoïste, cynique et couarde de l'étonnant « gigolo » à casquette plate, à longue jambes, à profil de belette qui, à son titre de kronprinz d'Allemagne, mérita d'ajouter le surnom de « Boucher de Verdun ». Cette figure, M. Dumur s'est plu à la dessiner sans lui donner pourtant une place exagérée. Ce qu'il a cherché surtout à nous rendre sensible, c'est la colère désappointée, la déception furieuse, l'étonnement haineux que l'héroïque et miraculeuse défense de Verdun suscita en ces âmes de reîtres orgueilleux et stupéfaits. Il faut lire dans le beau livre de M. Dumur le récit des préparatifs allemands contre la place et l'immense espoir qu'ils suscitaient d'une victoire définitive. Verdun pris, c'était la route de Paris ouverte. Mais quoi Verdun ne se laissait pas prendre En vain, les attaques succédaient aux attaques et toujours elles trouvaient devant elles l'invincible, l'inexplicable, la folle résistance française jusqu'au jour où reparaissaient sur les ruines informes du fort de Douaumont les vagues d'assaut du général Mangin. C'est sur cet épisode que se termine le récit du lieutenant Hering et que se clôt le livre de M. Louis Dumur. Il y montre de puissantes qualités de romancier et d'écrivain jointes à un consciencieux et ferme souci d'historien. Certains grands « tableaux », tels que celui de la reprise de Douaumont ou de l'orgie soldatesque de Charleville, maintes pages demeurent fixées dans la mémoire avec un relief et une couleur indélébiles. Le talent de M. Dumur me rappelle en plus d'un point celui de Zola, mais si M. Dumur donne pour suite à son Nach Paris et à son Boucher de Verdun une Débâcle, ce sera celle qui ramena sur le Rhin les hordes allemandes dont il nous a dit en deux beaux livres la ruée farouche et le gigantesque échec." (Le Figaro, 1921)

282.          Guides illustrés Michelin. Les Batailles de la Marne. I. L'Ourcq. Chantilly, Senlis, Meaux. – II. Les Marais de Saint-Gond. Coulommiers, Provins, Sézanne. – III. La trouée de Revigny. Châlons, Vitry-le-François, Bar-le-Duc. – IV. La deuxième bataille de la Marne. Clermont-Ferrand, Michelin, 1917-1920, 4 vol. in-8°, 120, 120, 112 et 128 pp, très nombreuses photos, plus de 80 cartes et croquis dans le texte, 7 cartes hors texte, index, les 4 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-basane bordeaux, dos lisse, titre doré (“Guerre 1914-1918 – Les batailles de la Marne”), fleurons dorés et filets à froid (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état (Coll. Guides illustrés Michelin des champs de bataille)

            80

Réunion de 4 Guides illustrés Michelin des champs de bataille sur les batailles de la Marne.

283.          Guides illustrés Michelin. Les Batailles de Picardie. I. Les Batailles de la Somme (1916-1917). – II. Les Batailles de Picardie. Amiens, Montdidier, Compiègne (mars-avril 1918). – III. St-Quentin-Cambrai. La Ligne Hindenburg. – IV. Arras, Lens, Douai, et les batailles d'Artois. – V. Noyon, Roye, Lassigny. Clermont-Ferrand, Michelin, 1920-1925, 5 vol. in-8°, 136, 128, 128, 128 et 64 pp, très nombreuses photos, 267 cartes et croquis dans le texte, index, les 5 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-basane bordeaux, dos lisse, titre doré (“Guerre 1914-1918 – Les batailles de Picardie”), fleurons dorés et filets à froid (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. épidermé, bon état (Coll. Guides illustrés Michelin des champs de bataille)

            80

Réunion de 5 Guides illustrés Michelin des champs de bataille sur les batailles de Picardie.

284.          Guides illustrés Michelin. Les Batailles des frontières. I et II. L'Alsace et les combats des Vosges (1914-1918). Vol. 1. Le Ballon d'Alsace, le Vieil-Armand, la route des Crêtes. – Vol. 2. Metzeral, le Linge, la Chipote. – III. Metz et la bataille de Morhange, 1914-1918. – IV. Nancy et le Grand Couronné, 1914-1918. Clermont-Ferrand, Michelin, 1919-1920, 4 vol. in-8°, 128, 128, 48 et 112 pp, très nombreuses photos, très nombreuses cartes et croquis dans le texte, index, les 4 ouvrages reliés ensemble en un volume demi-basane bordeaux, dos lisse, titre doré (“Guerre 1914-1918 – Les batailles des frontières”), fleurons dorés et filets à froid (rel. de l'époque), dos uniformément passé et lég. épidermé, bon état (Coll. Guides illustrés Michelin des champs de bataille)

            80

Réunion de 4 Guides illustrés Michelin des champs de bataille sur les batailles des frontières.

285.          LARROUY (Maurice). Les Vagabonds de la gloire. Campagne d'un croiseur dans l'Adriatique. Pointes-sèches de Paul-Louis Guilbert. P., Le Livre du Bibliophile, Georges Briffaut éditeur, 1930, in-4°, 208-(1) pp, 25 pointes-sèches originales en noir de Paul-Louis Guilbert, broché, sous couverture rempliée, bon état. Tirage limité à 350 exemplaires, un des 265 ex. sur vélin d'Arches, numérotés et signés par l'auteur et l'illustrateur, contenant l'état définitif des pointes-sèches

            150

Souvenirs de guerre sur les opérations des Dardanelles originellement publié sous le pseudonyme de René Milan en 1916 (prix Davaine 1915 ; prix de la Ligue maritime française 1916) — "Édition estimée" (Carteret IV, 232) — "Notes de patrouille maritime et de guerre par un officier du Waldeck-Rousseau, sur la rude campagne de surveillance menée par le Waldeck-Rousseau en Méditerranée, de septembre à novembre 1914. Ces tableaux de vie militaire à bord d'un croiseur de patrouille sont remarquables de couleur, de vie et de variété." (Revue Historique, 1916)

286.          LOTI (Pierre). Soldats bleus. Journal intime 1914-1918. La Table Ronde, 1998, gr. in-8°, 311 pp, édition établie, présentée et annotée par Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            25

Au début de la guerre de 1914, le capitaine de vaisseau Pierre Loti, écrivain célèbre, académicien, se bat auprès de l'État-Major pour être mobilisé et envoyé au front. Officier de liaison, il parcourt les zones de combats : le Nord, la Champagne, l'Alsace et le front italien. Il découvre les villes en ruines, les tranchées, les cimetières militaires, rencontre poilus et généraux, témoigne dans un style à la fois épique et précis. Il continue aussi à mener une vie sociale et mondaine dans les salons parisiens, voyage, négocie au plus haut niveau avec les Turcs et les Espagnols, rend visite au président de la République française et au roi des Belges. Mais, dès qu'il le peut, il retrouve la province, ses maisons de Rochefort et d'Hendaye où il s'adonne avec bonheur à son "éternelle nostalgie". La guerre lui permet d'éprouver à l'extrême des sentiments familiers, l'amour, la fuite du temps, l'angoisse de la séparation – son fils Samuel est lui aussi mobilisé – et la fascination de la mort. Ce journal intime est l'un des derniers documents encore inédits sur la guerre 14-18. C'est un monument littéraire au service de l'Histoire.

287.          MANTEY (Vice-Amiral E. von, directeur du Reichs-Marine-Archiv). Les Marins allemands au combat. 28 récits d'officiers ou d'hommes d'équipage de la Marine allemande ; [suivi de] REUTER (Vice-Amiral Ludwig von). Scapa Flow, tombeau de la flotte allemande. Payot, 1930 et 1928, 2 vol. in-8°, 412 et 159 pp, traduits de l'allemand, 10 photos sur 8 pl. hors texte ; 9 photos sur 8 pl. hors texte, les 2 ouvrages reliés ensemble en un fort volume demi-basane mordorée, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, nerfs et coiffes frottés, bon état (Coll. de Mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la Guerre mondiale)

            50

28 récits d’officiers ou d’hommes d’équipage de la marine allemande dont le récit du capitaine de corvette F. Lützow témoin du torpillage du Lusitania. Témoignage très intéressant. — Ludwig von Reuter (1869-1943) commandait la Hochseeflotte, flotte de haute mer de la Kaiserliche Marine (marine impériale allemande), lorsque celle-ci fut consignée à Scapa Flow, en Écosse, à la fin de la guerre. Le 21 juin 1919, il ordonna le sabordage de la flotte pour empêcher une saisie des navires par les Britanniques et un partage entre puissances alliées.

288.          PÉRICARD (Jacques). Verdun. Histoire des combats qui se sont livrés de 1914 à 1918 sur les rives de la Meuse. Librairie de France, 1934, in-4° (26 x 33 cm), (8)-534 pp, environ 700 photos, documents, cartes et plans dans le texte et hors texte, croquis et cartes dépliantes hors texte en couleurs,bien complet de la grande carte dépliante hors texte couleurs en fin de volume, reliure peine percaline bleue, premier plat historié (phare de l'ossuaire de Douaumont éclairant une batterie de canons de 75, rais de lumière du phare et étoiles dorés), titre doré, dos lisse orné de chevrons à froid, titres dorés, tête bordeaux (rel. de l'éditeur), bon état. Edition originale, ex. enrichi d'un envoi a.s.

            200

L'histoire des combats qui se sont livrés en 1916 sur les deux rives de la Meuse. Ouvrage exceptionnel, réalisé avec la collaboration de plusieurs milliers d'anciens combattants. Adjudant au 95 RI pendant le conflit, Péricard a réalisé ici un travail de fourmi en donnant la parole à une multitude de combattants français ayant combattu entre 1914 et 1918 sur ce fameux champ de bataille (englobant les Hauts de Meuse). C'est donc une chronologie jour par jour, parfois heure par heure, des combats, truffée de centaines de témoignages d'acteurs de différentes armes et différents grades, et émaillées de cartes de secteur détaillées et de photos parfois morbides. L'ouvrage le plus exhaustif sur les combats de Verdun, indispensable pour qui veut revivre cette période en ce lieu maudit. Pas si courant, car l'ouvrage fut interdit en 1940 par les autorités allemandes d'occupation et de nombreux exemplaires détruits pendant la guerre.

289.          TERRAINE (John). La bataille de Mons, 20-23 août 1914. Presses de la Cité, 1963, in-8°, 280 pp, traduit de l'anglais, 16 pl. de photos hors texte, 5 cartes, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

La bataille de Mons est un événement militaire majeur des 23 et 24 août 1914 qui voit s'affronter le Corps expéditionnaire britannique à la 1ère armée allemande du général von Kluck le 23 août 1914. Il s'agit du dernier affrontement de la bataille des Frontières, et le premier impliquant des troupes britanniques sur le sol européen depuis la guerre de Crimée en 1856. Le corps expéditionnaire britannique résiste toute la journée aux assauts allemands en leur infligeant de fortes pertes, il est cependant contraint d'effectuer une retraite du fait de la pression des troupes allemandes et du retrait de la 5e armée française sur son flanc droit. Cette retraite dure 15 jours jusqu'au 6 septembre, date à laquelle les troupes britanniques contre-attaquent lors de la première bataille de la Marne.

290.          TROUD (Jérôme). Charles Ier, empereur d'Autriche, roi de Hongrie. Plon, 1931, in-12, viii-244 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, bon état

            25

"Le volume de M. J. Troud sera lu avec un rare intérêt. Il apporte une contribution nouvelle à l'histoire de l'héritier de la couronne d'Autriche, qui devait mourir, jeune encore, dans un triste exil, après avoir été mêlé aux épisodes de la seconde partie de la guerre, avoir voulu conclure avec les Alliés une paix séparée, s'être vu dépossédé de ses droits et avoir, à deux reprises, vainement tenté de reconquérir son trône de Hongrie. Plus d'une page de cette œuvre très personnelle, sera discutée, car elle soulève des problèmes encore récents, mais l'information de l'auteur mérite que l'on porte quelque attention à ses commentaires et à ses conclusions." (Combes de Patris, Revue des études historiques, 1932)

291.          TUCHMAN (Barbara). Le Secret de la Grande Guerre. (The Zimmermann Telegram). Fayard, 1965, pt in-8°, 273 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. La Guerre secrète)

            25

1917. Aux quatre coins du globe, la guerre secrète fait rage. Le secret de la Grande Guerre, c'est le rôle qu'a joué l'espionnage dans la victoire alliée... Un bateau fantôme en Mer du Nord, une chasse à l'homme en Perse, un amiral astucieux et patient, un mystérieux bureau à Londres, un télégramme chiffré... — "L'auteur possède le rare mérite d'allier au ton vivant du roman la méticuleuse recherche de la vérité historique établie d'après les archives et documents les plus sûrs ; il arrive ainsi à renouveler un sujet connu." (Revue française de science politique) — "Un livre qui vous tiendra en haleine jusqu'à la dernière page." (Newsweek)

292.          VIVIANI (René). La Mission française en Amérique, 24 avril - 13 mai 1917. Flammarion, 1917, in-12, 264 pp, préface de Henri Bergson, une carte, broché, couv. lég. tachée, papier jauni, état correct. Edition originale (il n’est pas mentionné de grands papiers)

            25

Aujourd'hui parait le recueil des beaux discours prononces par M. René Viviani au cours de la mission triomphale qu'avec le maréchal Joffre il a remplie en Amérique au printemps dernier. M. Henri Bergson, de l'Académie française, se trouvait à New-York quand s'y déroulèrent les inoubliables manifestations dont les délégués de la France furent l'objet. Il a, pour ce volume, écrit une préface où il retrace ces journées en quelques traits puissants, et fait de la force oratoire de l'ancien président dn Conseil une analyse remarquable à laquelle nous empruntons ces lignes. "Partout où Joffre passait, écrit-il, c'était l'explosion formidable de sentiments qui étaient restés à l'état de tension depuis le commencement de la guerre. Partout où Viviani parlait, c'était l'enthousiasme d'une foule que son éloquence, transportait, qui évoquait l'œuvre accomplie par l'ancien président du Conseil pendant la première période de la guerre, et qui personnifiait en, lui la constance inébranlée de la nation française. Avec lui, avec Joffre, la France était là, la France qui s'était offerte en sacrifice pour la libération du monde et vers laquelle montait aujourd'hui, avec je ne sais quel parfum d'encens, la reconnaissance pieuse d'un grand peuple. Journées inoubliables ! Il faut avoir vécu ces heures privilégiées pour imaginer comment, dans l'humanité de demain, pourra s'allumer entre nations la même ferveur d'amour qu'entre des personnes..." (Le Figaro, 5 octobre 1917)

2ème GUERRE MONDIALE

 

293.          ABAUTRET (René). Dieppe, le sacrifice des Canadiens. 19 août 1942. Laffont, 1969, gr. in-8°, 250 pp, 12 pl. de photos hors texte, 6 cartes, annexes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

            30

808 morts, 558 blessés, 1536 prisonniers... Tel est le bilan de la journée de Dieppe. Première répétition des débarquements futurs ? Entreprise insensée et gratuite ? Ce livre répond et ressuscite la lutte de ces Canadiens héroïques qui se firent tuer sur le sol de France. — Pourquoi, ce jour de l’été 1942, Churchill et le Haut Commandement anglais décidèrent-ils de tenter ce débarquement de Dieppe qui fit couler beaucoup de sang et qui a fait couler, depuis, beaucoup d’encre ? Première répétition des débarquements futurs ? Démonstration pour satisfaire l’allié russe ?... C’est en reconstituant dans ses moindres détails l’opération du 19 août 1942 que René Abautret répond à ces questions, et à d’autres, de caractère tactique et technique. Nous assistons au déclenchement de l’engagement naval, nous remontons la vallée de la Saane derrière le pull-over à col roulé de Lord Lovat, nous suivons les Fusiliers Mont-Royal, nous pénétrons dans la ville en compagnie de Hickson, Hill, Dumais, Stapleton, et nous subissons le déchaînement de la riposte allemande, avant le tragique rembarquement. Ce livre redonne sa véritable place à ce premier acte du Jour J.

294.          AMBROSE (Stephen E.). Eisenhower. Flammarion, 1986, gr. in-8°, 609 pp, traduit de l'américain, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"Il faut se réjouir de la publication de cette grande bibliographie. Elle vient à bout, en effet, de deux clichés : celui du héros militaire, grand ordonnateur du débarquement, envers lequel toute critique relèverait du sacrilège et celui du Président dilettante, passant l'essentiel de son temps sur les terrains de golf et n'accordant qu'un intérêt distrait aux dossiers. De cette étude aussi passionnante que minutieuse, Eisenhower sort à la fois plus humain et plus grand." (Pierre Mélandri, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1987)

295.          BÉAL (Jacques). Leclerc. Vie et mort d'un croisé. Favre, 1988, gr. in-8°, 512 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"1941 . Serment de Koufra. Par lui , Leclerc entre dans la légende. C'est de Gaulle qui donne le branle. «Vous avez ramené la victoire sous les plis du drapeau. Je vous embrasse ». Paroles rares chez le Général. Jacques Béal analyse non sans finesse les rapports entre les deux hommes. De Gaulle est un stratège qui a une vue géopolitique du monde. Leclerc est le tacticien dont l'horizon, par la force des choses, est plus limité. Il n'empêche qu'en 1945 lorsqu'il s'agit de nommer un Haut Commissaire en Indochine, il eût peut-être été préférable de donner sa chance à Leclerc plutôt qu'à l'amiral d'Argenlieu mieux à sa place dans un couvent qu'à la tête d'un Corps expéditionnaire. Car pourquoi un baroudeur serait-il dénué de sens politique ? C'est la question que pose en fin de compte ce bon livre de Jacques BéaI." (Lectures n° 47, 1989)

296.          BEAUCORPS (Jean-Marie de). Soldat de plomb. Michalon, 1997, gr. in-8°, 305 pp, broché, bon état

            20

L'auteur était membre des Forces Françaises Libres et des services secrets alliés. Il raconte sa participation à la guerre, de la campagne de France aux Balkans en passant par le désert de Lybie et l'Egypte. — "Derrière les grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale s'était engagée une guerre de l'ombre, secrète, invisible. Membre des Forces Françaises Libres et des services secrets alliés, ce petit soldat de plomb fut non seulement un témoin privilégié de ces batailles invisibles mais y joua aussi un rôle déterminant. De la campagne de France aux Balkans en passant par le désert de Libye et l'Egypte, il raconte avec émotion ses coups d'éclat et les dessous d'une guerre absurde. Une guerre vécue comme un roman picaresque par un personnage hors du commun, hors norme et haut en couleur." (4e de couverture)

297.          BEKKER (Cajus). Mer maudite. Journal de guerre de la marine allemande. France-Empire, 1975, pt in-8°, 541 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

A partir des journaux de bord, des archives de la Kriegsmarine et avec le concours de centaines de marins de tous grades qui lui ont communiqué leurs souvenirs, Cajus Bekker a entrepris d'écrire l'histoire de la marine allemande pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ainsi éclate une vérité : les Allemands ont perdu cette guerre essentiellement sur mer...

298.          BIRD (Eugene K.). Rudolf Hess dévoile son mystère. Gallimard, 1975, in-8°, 286 pp, broché, bon état (Coll. l'Air du temps)

            30

Par le colonel Bird, commandant de la prison de Spandau, à Berlin-Ouest, qui discutait tous les jours avec son célèbre prisonnier : Hess est-il fou ? Hitler était-il secrètement d'accord avec sa fuite en Angleterre en 1940 ? Hess savait-il que Hitler allait attaquer l'URSS et a-t-il mis les Alliés au courant ? Etc.

299.          BREKER (Arno). Paris, Hitler et moi. Presses de la Cité, 1970, in-8°, 298 pp, 24 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            100

Sculpteur de Hitler ; L'Allemagne du IIIe Reich ; La guerre et l'occupation ; La débâcle ; Écrivains et artistes de France, mes amis. — "Arno Breker avait été chargé, en novembre 1938, de la décoration de la nouvelle Chancellerie. Cela lui valut de faire visiter Paris au Führer le 23 juin 1940 et de constater que le charme de la ville agissait sur cet homme épris d'architecture. Cela lui valut aussi de venir fréquemment en France seconder Abetz, d'y exposer à l'Orangerie, et d'essayer de créer une communauté artistique avec les artistes français qu'il avaient bien connus pendant ses années passées à Paris de 1925 à 1933..." (2e plat de la jaquette) — L'ouvrage présente, du point de vue de Breker, quelques-uns des événements qui l'ont conduit à devenir le "sculpteur officiel du IIIe Reich", puis le "sculpteur maudit" que l'on sait. L'ouvrage offre également toute une section consacrée aux "Écrivains et Artistes de France" riche de portraits pris sur le vif pour ainsi dire d'Alfred Cortot, Brancusi, Clader, Chardonne, Guitry, Maillol, etc.

300.          BRINON (Fernand de). Fernand de Brinon à ses amis (16 août 1885-15 avril 1947). Sans lieu ni nom, s.d. (1947), pt in-8°, 64 pp, broché, couv. rempliée, bon état

            60

Notes rédigées par l'auteur à la prison de Fresnes, datées du 20 mars 1947 et suivies d'Extraits de la sténographie judiciaire, audience de la Haute Cour de justice tenue à Versailles, le 4 mars 1947. Opuscule imprimé clandestinement après son exécution, publié à l'initiative de Simone Mittre (Simone Mittre, 1897-1980, fut la maîtresse de Fernand de Brinon et demeura sa secrétaire après qu'il se fut marié. Elle resta d'une exceptionnelle fidélité à sa mémoire, et effectua un important dépôt d'archives aux Archives nationales.) — Par Fernand de Brinon (1885-1947), avocat, journaliste et homme politique, rédacteur en chef du "Journal des débats" (1920-1932), qui créera le Comité France-Allemagne en 1935. Nommé ambassadeur de France auprès des Allemands le 5 novembre 1940, puis ministre du gouvernement de Vichy (délégué général du gouvernement dans les territoires occupés puis secrétaire d'Etat), il suit le gouvernement à Sigmaringen en août 1944. Arrêté en mai 1945, il comparaît devant la Haute Cour de justice de la République (4-6 mars 1947), il est condamné à mort et exécuté au Fort de Montrouge.

301.          BUISSON (Jean-Christophe). Héros trahi par les Alliés. Le général Mihailovic (1893-1946). Perrin, 1999, in-8°, 307 pp, 16 pl. de photos hors texte, 4 cartes, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le 17 juillet 1946, le général Draza Mihailovic est fusillé par les communistes yougoslaves au terme d'une parodie de procès. Avec sa mort disparaît le chef de la résistance monarchiste anti-allemande, dernier obstacle à la conquête de la Yougoslavie par Tito. Né en 1893 au coeur de la vieille Serbie, décoré à de multiples reprises durant les deux guerres balkaniques (1912-1913) et la Première Guerre mondiale, Mihailovic intègre ensuite l'état-major de l'armée yougoslave. Après un séjour de quelques mois en France, il est nommé attaché militaire à Sofia puis à Prague. Ses avertissements contre le danger allemand ne sont pas entendus : la Yougoslavie est balayée en quelques jours par l'offensive du IIIe Reich d'avril 1941. Refusant la défaite, il rejoint le plateau de Ravna Gora où il crée la première guérilla de résistance en Europe occupée. En quelques mois, des dizaines de milliers d'hommes se rangent derrière lui, pour une Yougoslavie libre et royale. Depuis Londres, le roi Pierre II le nomme ministre de la Guerre du gouvernement yougoslave en exil. Après l'entrée en résistance des partisans de Tito en juillet 1941 et l'échec d'une action commune contre l'ennemi nazi, les troupes de Mihailovic doivent combattre sur plusieurs fronts : contre les Allemands, contre les ustasi croates alliés de Hitler, enfin contre les communistes. D'abord considéré comme le héros du monde libre par les Alliés, « le Chouan de Serbie » est abandonné par ceux-ci après des tractations entre Churchill et Staline. Les titistes ne parviennent à s'emparer de lui qu'en mars 1946 alors qu'il est encore à la tête d'une armée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes. Draza Mihailovic fut autant victime de l'infiltration des services d'espionnage alliés par les agents communistes que par le cynisme et la lâcheté de l'Occident. Surtout, son destin tragique incarne celui de nombreux peuples européens, victimes successives de deux totalitarismes du XXe siècle.

302.          CALDER (Angus). L'Angleterre en guerre, 1939-1945. Gallimard, 1972, fort in-8°, 610 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

303.          CHATEAU (René). Le Cinéma français sous l'Occupation. Editions René Chateau, 1996, gr. in-4° (32,8 x 24,5), 528 pp, plus de 1000 documents reproduits en noir et en couleurs (affiches, photographies...), filmographie, table des illustrations, biblio, index, reliure pleine toile noire de l'éditeur, jaquette rempliée illustrée, bon état (Coll. La Mémoire du Cinéma français)

            200

Avec ce livre riche de près de 1000 documents exceptionnels, affiches, témoignages et photos rarissimes. René Chateau met en lumière la période la plus trouble et la plus contestée du cinéma français : les années 1940 à 1944. Pendant ces quatre ans où les Allemands occupent la France, dans une société qui applique, sous le signe de la francisque, les mots d'ordre du maréchal Pétain « Travail, Famille. Patrie », le cinéma français donne naissance, malgré la censure de Vichy, à des chefs-d'œuvre tels que Les Visiteurs du Soir, Les Enfants du Paradis, Le Corbeau, Les Inconnus dans la Maison, etc. Pour échapper à la triste réalité, la production française multiplie les adaptations littéraires dont Le Colonel Chabert, Vautrin, Le Père Goriot et Le Comte de Monte-Cristo, et les comédies, avec Fernandel, Arletty, Tino Rossi et Charles Trenet. Les nouveaux jeunes premiers, Jean Marais, Georges Marchal et Louis Jourdan, tiennent dans leurs bras les séduisantes Viviane Romance, Micheline Presle, Madeleine Sologne et Danielle Darrieux, la vedette n°l de la Continental. Avec ce livre exceptionnel, René Chateau vous propose de revivre toute l'actualité du cinéma français sous l'Occupation, sur les écrans, sur les plateaux, mais aussi dans les salons et à la « Propaganda-Staffel ». Cet ouvrage témoigne de ce que fut réellement le cinéma de cette époque et éclaire les relations, plus ou moins proches, de la profession avec les officiers du IIIe Reich et le gouvernement de Vichy. Après la libération, alors que certains acteurs et metteurs en scène subissent les foudres de l'Épuration, le cinéma reprend sa place et témoigne de la Résistance ou, beaucoup plus rare, de la collaboration et du marché noir. Un livre-témoignage sur l'un des épisodes les plus brûlants de l'histoire du XXe siècle.

304.          COSTELLO (John). Les dix jours qui ont sauvé l'Occident. Olivier Orban, 1991, fort gr. in-8°, 650 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Les tentatives de négociation de paix avec l'Angleterre menées par l'Allemagne du 10 mai au 4 septembre 1940.

305.          DAIX (Pierre). Les Lettres françaises. Jalons pour l'histoire d'un journal (1941-1972). Tallandier, 2004, in-8°, 250 pp, index, broché, bon état

            25

Supprimées en 1972 par le PCF, en raison de leur soutien aux intellectuels persécutés à l'Est, “Les Lettres françaises” sont revenues à l'actualité en 2002, quand “L'Humanité” fêta leur 60e anniversaire comme si de rien n'était. Au même moment, paraissait une biographie de Jacques Decour, leur fondateur fusillé par les nazis, où était dénié à Aragon son rôle de cheville ouvrière, en juillet 1941, dans la constitution de la première équipe du journal. Rédacteur en chef des “Lettres françaises” entre 1948 et 1972, Pierre Daix revient ici sur la naissance de ce journal clef du paysage intellectuel français de la Résistance et de l'après-guerre. Confrontant les archives, parfois tout juste publiées, aux témoignages, y compris ceux des dissidents du PCF, il reconstitue l'étendue de la crise que traversèrent les intellectuels communistes après l'abandon de l'antifascisme, suite au Pacte germano-soviétique de 1939. Il montre leur déchirement de juin 1940, quand l'Internationale communiste poussa à une reparution de “L'Humanité” sous contrôle nazi, contre quoi ils créèrent, pour exprimer leur résistance, “L'Université libre” et “La Pensée libre”. En contraste, il retrace l'itinéraire d'Aragon qui, sorti de l'enfer de Dunkerque, isolé en zone sud et coupé du PC, sut inventer une poésie nationale de contrebande que Jean Paulhan, le directeur de la NRF, lui permit de publier. Le dialogue que nouèrent les deux écrivains rendit possible, à l'été 1941, la coopération Decour-Paulhan dont sortirent “Les Lettres françaises” illégales, conçues comme porte-parole de toute la résistance intellectuelle. Ce qu'elles furent jusqu'à la Libération. En conclusion, l'auteur analyse en conclusion la crise que le journal connut pendant la guerre froide, ce qu'il appelle sa « renaissance morale », en 1962, à l'occasion de la parution d' “Une journée d'Ivan Denissovitch”, d'Alexandre Soljenitsyne, et enfin sa disparition dix ans plus tard

306.          DAVIS (Melton S.). Qui défend Rome ? Les 45 jours : 25 juillet - 8 septembre 1943. Hachette, 1972, fort in-8°, 558 pp, traduit de l'américain, index, reliure de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Le 24 juillet 1943, le grand conseil italien écarte Mussolini du pouvoir. Dès lors, du 24 juillet au 8 septembre, ce sont le chaos, le vide politique le plus vertigineux, la confusion la plus totale. C'est l'histoire de cette période fascinante que Melton Davis raconte jour par jour, heure par heure, dans ce livre. Les trahisons, les vengeances, les lâchetés, le double-jeu, les ordres les plus contradictoires foisonnent...

307.          DE GAULLE (Charles). Mémoires de guerre. Club Français des Bibliophiles, Plon, 1966, 3 vol. in-4°, 294, 360 et 372 pp, très nombreuses photos reproduites en héliogravures, planches de cartes et fac-similés hors texte, reliures pleine toile kaki imprimée de l'éditeur, complètes de leurs médaillons en cabochon sur les plats, gravés par Albert de Jaeger, grand prix de Rome (reliure de l'éditeur exécutée par Bonnet-Madin), gardes illustrées, rhodoïds, bon état

            120

Première édition illustrée réservée au Club français des Bibliophiles. Exemplaire nominatif. — Tome I : L'Appel, 1940-1942. Tome II : L'Unité, 1942-1944. Tome III : Le Salut, 1944-1946. — "Lorsqu'on a refermé ce volume, deux impressions se détachent d'abord et dominent toutes les autres : l'extrême beauté du style, et la science extraordinaire du récit qui de toute une série d'événements dans l'ensemble connus réussit à faire une palpitante aventure. Ces deux éléments sont d'ailleurs intimement mêlés, et le général de Gaulle, comme tout grand écrivain classique, n'utilise ni procédés ni artifices. Une étonnante sobriété, une précision absolue et exigeante dans le choix des termes, un sens de l'harmonie qui se retrouve dans la composition des phrases comme dans celle des chapitres, une majesté naturelle sans la moindre emphase, tout cela place d'emblée ce premier volume fort au-dessus, sur le plan littéraire, des autres mémoires d'hommes politiques ou de militaires français de la première ou de la seconde guerre mondiale. (...) Mais on ne saurait se borner à tirer de ce livre des émotions de caractère esthétique, ou à le lire comme un récit constamment poignant. Il nous apporte d'abord des renseignements historiques, et une interprétation des événements. Il nous donne ensuite sur la personnalité du général des renseignements extrêmement précieux, d'autant plus qu'ils proviennent d'un homme dont le moins qu'on puisse dire est qu'il se livre habituellement peu. (...) Dans ce livre, il y a plus de modestie qu'on ne l'eût cru à priori : « Je m'apparaissais à moi-même, seul et démuni de tout, comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendrait franchir à la nage [p. 67] ... Devant le vide effrayant du renoncement général, ma mission m'apparut, d'un seul coup, claire et terrible. En ce moment, le pire de son histoire, c'était à moi d'assumer la France ». Cette idée de mission, ce mélange de grandeur et de consciente humilité, donnent une allure déconcertante au personnage dans le jeu des événements ordinaires. Il était fait pour le drame..." (Jean-Baptiste Duroselle, Revue française de science politique, 1955)

308.          ERLANGER (Philippe). La France sans étoile. Souvenirs de l'avant-guerre et du temps de l'Occupation. Plon, 1974, in-8°, 356 pp, cart. éditeur, sans la jaquette, bon état

            20

Intéressant témoignage de Philippe Erlanger qui, en raison de ses origines juives, a vécu les années de guerre dans la clandestinité. Recherché, il s'est réfugié à Cannes, accueilli par son ami Henri Gendre. En 1974, il publie “La France sans étoile”, récit de ses années passées sur la Côte d'Azur durant le conflit. Il a été contraint de quitter Cannes en raison de la présence allemande dans la région, pour rejoindre le Sud-Ouest, traqué par les autorités d'occupation... Auteur de nombreux ouvrages historiques, l'auteur, né en 1903, dirigea pendant quarante ans le Service des Affaires étrangères chargé d'organiser les échanges artistiques internationaux et fonda le Festival International du Film de Cannes. En 1940, quand, du jour au lendemain, il devint victime de l'antisémitisme officiel, il avait de bonnes raisons de se croire semblable à ses compatriotes... "Confrontant à ses épreuves des souvenirs qui vont de l'Impératrice Eugénie à Edith Piaf et des palais nationaux au Bœuf sur le Toit, souriant parfois de ses malheurs comme de ses aventures, il raconte de quelle manière il parvint à survivre au temps de la fureur et de l'absurdité." (4e de couverture)

309.          FIGUERAS (André). Scandale de la Résistance. La Résistance mise à nu. Chez l'auteur, 1984, in-8°, 159 pp, 3e édition, broché, bon état

            20

La Résistance, qui aurait dû rester le royaume inviolable des purs, est devenue l'empire presque exclusif des salauds. Lorsque aujourd'hui, un homme ou une femme vous parle de la Résistance, fait étalage de ses certificats, et fait preuve, à ce sujet, d'une intransigeance encore toute fraîche, il y a 99 risques sur 100 pour qu'il s'agisse d'un affreux coquin ou d'une affreuse coquine. Toute une truanderie, toute une filouterie, toute une canaillerie, toute une gredinerie s'est organisée en société d'exploitation de la résistance des autres...

310.          FOUQUET (Jos). Ceux du 18 juin 1940. Pays de Douarnenez, Pays Bigouden, Cap Sizun. Ile de Sein, Chez l'Auteur, s.d. (2004), in-8°, 216 pp, 44 photos et fac-similés, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Jos Fouquet, premier adjoint au maire sur l'île de Sein, vient de faire paraître à compte d'auteur, un travail sur l'engagement pour la France Libre de nombreux habitants de l'Ouest-Cornouaille. « Ceux du 18 juin 1940 » raconte des histoires et recense les aventures des jeunes Capistes, Bigoudens et Douarnenistes, gens de mer par excellence, sur tous les fronts de la résistance maritime. Jos Fouquet élargit son propos au grand mouvement qui saisit les ports cornouaillais en 1940. Son ouvrage, illustré par des documents souvent inédits, confiés par des familles, est une compilation de petits textes où l'aventure des marins cornouaillais est replacée dans l'histoire générale de la Seconde Guerre mondiale et notamment les événements maritimes des forces navales françaises libres. Jos Fouquet a ainsi soigneusement recensé, tant que faire se peut, les acteurs locaux engagés sur les multiples navires ralliés à la France Libre, sur les mers du globe, au Sénégal, au Gabon, en Palestine ou en Syrie. Des dizaines de noms apparaissent au fil des pages avec parfois une photo, une histoire, une lettre personnelle. Il donne aussi de multiples détails techniques sur les unités navales. « Ils étaient jeunes, impétueux et généreux, ils ne voulaient pas croire en la défaite mais lorsque l'armée allemande arriva en Bretagne et fut à leur porte, dans leur port, ils serrèrent les poings, se rassemblèrent et partirent », écrit Jos Fouquet. « L'odyssée des pêcheurs sénans, des enfants du Cap-Sizun, de Douarnenez, du Pays bigouden, de Morgat et de Crozon a fait la fierté du Sud-Finistère. Leur engagement dans la France Libre fera d'eux les premiers compagnons du générale de Gaulle », rapporte-t-il." (Le Télégramme, 11 avril 2004 )

311.          FUCIK (Julius). Ecrit sous la potence. Editeurs Français Réunis, 1974, in-12, 185 pp, traduit du tchèque, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Étudiant à l'université de Prague en philosophie, lettres et histoire de l'art, Julius Fucík adhère à dix-huit ans au Parti communiste tchécoslovaque dès sa fondation en 1921. Journaliste de talent, il met toute son activité au service de son parti et de la glorification de l'Union soviétique, où il fait deux longs séjours et d'où il rapporte d'enthousiastes reportages ; l'un d'eux lui vaut la prison. Sous l'occupation hitlérienne, il est au premier rang de la lutte communiste clandestine ; lorsque le premier Comité central clandestin tombe dans les filets de la Gestapo, Fucík est l'un des organisateurs du nouveau centre qui se reconstitue. Il est arrêté à son tour par les nazis le 24 avril 1942, longuement soumis à la torture, gardé en prison à Pankrác (Prague) jusqu'en juin 1943, transféré en Allemagne, condamné à mort et exécuté à Berlin le 8 septembre 1943. Grâce à la complicité d'un gardien, Fucík avait pu trouver les moyens d'écrire durant sa longue incarcération à Pankrac. Les feuillets qu'il réussissait à griffonner étaient acheminés presque au jour le jour et transmis aux camarades. Ils seront publiés après la libération sous le titre “Écrit sous la potence”. Leur inévitable décousu empêche d'y voir un livre à proprement parler ; leur teneur inconditionnellement stalinienne semble déjà, après trente ans, appartenir à un autre âge. Et pourtant “Écrit sous la potence” demeure un des textes les plus héroïques et les plus lourds d'humanité du XXe siècle — un de ceux par lesquels les martyrs révolutionnaires et athées d'aujourd'hui donnent la réplique aux premiers martyrs chrétiens." (Jean Massin, Encyclopédia Universalis)

312.          GÉNIN (René). Itinéraire d'un méhariste. De la Mauritanie à l'Afrique Française Libre. Lettres présentées par Marie-Clotilde Génin-Jacquey. Saint-Maur, Editions Sépia, 2004, in-8°, 378 pp, fac-similé d'une lettre manuscrite du général de Gaulle en frontispice, 8 pl. de photos hors texte, 3 cartes, 6 fac-similés, biblio, 4 tableaux généalogiques sur un dépliant volant, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les premières lettres que propose ce volume sont adressées par René Génin à ses parents et à un de ses amis, François Costa de Beauregard. Elles évoquent la vie quotidienne d'un jeune officier méhariste dans le désert mauritanien, de 1927 à 1930. Celles qu'il écrit en 1939 et en 1940, à sa femme et à ses proches, témoignent de sa volonté de continuer le combat à tout prix. Sa décision est prise dès le 13 juin 1940, avant même l'appel du général de Gaulle. Après l'armistice, il quitte Vichy pour rallier la France Libre. Pour rejoindre l'Afrique équatoriale, où déjà se prépare la bataille de la Méditerranée, René Génin traverse le Sahara, descend le Niger en pirogue, puis gagne Brazzaville, Bangui et Khartoum. Il participera à la campagne d Erythrée et trouvera la mort en juin 1941 au cours de la douloureuse campagne de Syrie. Le lieutenant-colonel René Génin a été fait Compagnon de la Libération par décret du 30 mars 1944. Cette correspondance est accompagnée dune notice biographique établie par sa fille Marie-Clotilde Génin-Jacquey. Elle est suivie d'entretiens avec Renée Bédarida, historienne, Sophie Caratini, anthropologue, Alfred Grosser, professeur émérite, et Pierre Messmer, de l'Académie Française.

313.          GOUBLET (Juliette). Oder-Neisse 43. Les Cahiers de Soeur Gertrude, volontaire pour la relève. Aurillac, Editions du Centre, 1971, in-8°, 178 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, envoi a.s.

            35

Par Juliette Goublet, née en 1904, fausse religieuse, ancienne combattante de la guerre d'Espagne, auteur d'ouvrages « sulfureux », qui dénonce en 1941 un passeur et la nièce de De Gaulle à un membre de la Gestapo et adhère en 1942 aux Jeunes de l'Europe Nouvelle avant que son départ pour l'Allemagne ne fasse les titres des journaux parisiens au printemps 1943... Licenciée en droit et en philosophie, Juliette Goublet s’inscrit au barreau de Paris à 22 ans. Elle publie de nombreux ouvrages pour enfants et des manuels scolaires puis, dans les années 1930, elle collabore à différents périodiques. « De temps en temps (elle) part se purifier en pèlerinage, l’exaltation spirituelle alimente sa libido et elle multiplie les aventures. » Membre du tiers-ordre franciscain, avocate des pauvres, conférencière antifasciste, sympathisante communiste, elle participe à la défense des députés communistes en mars-avril 1940. En juin 1940 elle est membre de l’équipe qui lance “La France au travail”, journal qui stigmatise l’impérialisme anglais et défend le pacte germano-soviétique. En mars 1941 elle dénonce à la Gestapo une cousine du général de Gaulle. En 1942, elle vire de bord, s'affiche comme partisane de la collaboration franco-allemande et prend la tête de la section féminine des « Jeunes de l’Europe nouvelle », dépendant du Groupe Collaboration. Au printemps 1943, elle part travailler volontairement en Allemagne comme « ouvrier soudeur » dans la métallurgie. Condamnée en mars 1945 à cinq ans de travaux forcés et à la dégradation nationale vie, elle est libérée en 1947. Ce livre est la transcription autobiographique de son expérience allemande dans le cadre du STO.

314.          GUDERIAN (Général Heinz). A la tête des Panzers. Souvenirs d'un soldat. Plon, 1961, in-8°, xiv-446 pp, traduit de l'allemand, avant-propos du colonel de Cossé-Brissac, 37 cartes, cartonnage éditeur, jaquette (lég. défraîchie), bon état. Peu courant

            120

"Les Souvenirs de l'homme qui, dès le lendemain de la première guerre mondiale, se fit en Allemagne le propagandiste et le promoteur de l'Arme blindée, qui exerça une action déterminante dans la création et dans l'organisation de cette arme, qui, en France d'abord, puis au front oriental, commanda de grandes unités blindées de plus en plus importantes et obtint à leur tête des résultats parfois décisifs, constituent, évidemment, pour l'histoire militaire, un document essentiel. Mais c'est surtout en raison de la place qu'il tenait parmi les généraux allemands et de ses relations personnelles, tour à tour confiantes et tendues, avec Hitler que son témoignage retiendra l'attention des historiens. Ecrits sans le secours d'une documentation suffisante, ils comportent malheureusement des imprécisions, des lacunes plus ou moins volontaires... On y perçoit aussi trop souvent le souci d'une défense personnelle contre les accusations portées par des compatriotes qui lui ont reproché son attitude réticente, sinon même équivoque, lors des diverses tentatives esquissées contre Hitler, notamment lors de l'attentat du 20 juillet 1944, et ses protestations dénotent quelque gêne. De la la nécessite d'une certaine prudence dans l'utilisation de ce témoignage. Sous cette réserve, et sans parler du récit des opérations militaires, on y peut noter maintes indications très intéressantes..." (Général Lestien, Revue Historique, 1956)

315.          HOLMES (Richard). Seconde Guerre mondiale. Photographies. Sélection du Reader's Digest, 2001, in-4°, 400 pp, 500 photographies légendées, qqs-unes en couleurs, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Le conflit dévastateur qui, de 1939 à 1945, embrasa le monde, a été abondamment photographié par des professionnels ou ses amateurs. Ces documents sont d'authentiques témoignages sur l'atrocité des combats, les drames vécus par des millions de soldats et de civils, l'héroïsme et le sacrifice personnel de ces hommes et ces femmes qui ont vécu l'horreur de la guerre. Les photographies présentées dans ce livre ont été soigneusement sélectionnées pour donner une vue d'ensemble réaliste et claire du théâtre des opérations, année par année, front par front. Les synthèses sur les événements marquants de chaque période et les commentaires accompagnant les photographies offrent une lecture continue du déroulement des combats. A côté des images classiques, telles le retour du général MacArthur, aux Philippines ou le défilé des troupes allemandes sur la place de la Concorde, à Paris, des clichés pris "sur le vif" apportent un autre éclairage sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des reporters sont anonymes, photographes des armées alliées ou ennemies, soldats qui avaient emporté leur appareil sur le terrain. Certains sont cependant restés à la postérité, tels Cecil Beaton, Bill Brandt ou Robert Capa, lequel s'était déjà illustré par ses reportages sur la guerre civile espagnole. Photographies de guerre ou images de la vie quotidienne, nombre des documents présentés dans ce livre ont été rarement publiés, des dizaines d'entre eux sont inédits. Ils révèlent l'esprit d'une époque et retracent l'histoire d'un conflit sans précédent, mené sur tous les continents et sur tous les océans, un conflit qui marquera le monde entier, de génération en génération.

316.          HOYT (Edwin P.). Le “Raider-16”. Editions Maritimes et d'Outre-Mer, 1971, in-8°, 212 pp, traduit et adapté de l'anglais par le contre-amiral Pépin-Lehalleur, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Aux yeux des marins qui eurent l'occasion de contempler sa silhouette, lors de la seconde guerre mondiale, “Raider-16” apparaissait tantôt comme un cargo hollandais, tantôt sous l'aspect d'un croiseurs auxiliaire anglais, ou encore sous celui d'un cargo japonais ou russe. Sous le commandement d'un homme semblant sorti d'un autre siècle, le capitaine Rogge, excellent marin, imbu de traditions chevaleresques et de sens humain, “Raider-16” réalisa l'exploit inégalé de tenir la mer pendant 655 jours sans escale, traqué par de nombreux ennemis à qui il coula 22 navires. Ce livre retrace les péripéties passionnantes de cette croisière et les scrupules de conscience du capitaine Rogge lequel, hanté par le souvenir du fameux “Emden” de 1914, essaya de mener sa guerre de course de la manière la plus humaine possible, en dépit de difficultés presque insurmontables.

317.          KLUGE (Alexander). Stalingrad, description d'une bataille. Gallimard, 1966, in-8°, 287 pp, traduit de l'allemand, broché, bon état

            30

Stalingrad, la bataille où périrent trois cent mille soldats allemands, marque le début de l'effondrement du nazisme. On a souvent décrit cette bataille, mais personne ne l'a vue comme Alexander Kluge. Grâce à sa conception romanesque, il découvre un nouvel aspect et une nouvelle dimension de ce combat décisif. L'auteur a créé un nouveau genre romanesque : le roman document, où le réel et l'imaginaire se chevauchent et sont si étroitement mêlés que le lecteur finit par les confondre. Alexander Kluge s'est servi des communiqués officiels, des articles de journaux, des slogans de la propagande nazie pour montrer les faits. Il a fait le récit des événements au jour le jour, parfois heure par heure, du 10 novembre 1942 au 2 février 1943. Sans négliger les destins individuels, il donne une vue globale de cette bataille, une des plus tragiques de l'histoire de la dernière guerre.

318.          LA MAZIÈRE (Christian de). Le Rêveur casqué. Albatros, 1991, gr. in-8°, 315 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Mémoires d'un Français engagé volontaire dans la Waffen SS, ancien de la division Charlemagne, journaliste au Pays Libre de Pierre Clémenti, condamné à cinq ans de prison en 1946 (il séjourna à Fresnes, à Claivaux et au camp de la Vierge près d’Epinal), devenu après la guerre une figure de Saint-Germain-des-Prés, et célèbre pour son témoignage dans le film "Le Chagrin et la Pitié".

319.          LANGLOIS (Yves-Michel). Les Langlois. Une famille au service de la France du Second Empire à la Cinquième République. La vie des Langlois-Salomon dans la Résistance aux côtés des agents du SOE britannique (Special Operations Executive) de l'Exode à la Libération (1940 à 1945). L'Harmattan, 2018, in-8°, 209 pp, 250 photos et fac-similés, organigramme du SOE, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Mémoires du XXe siècle)

            15

Ce récit relate la vie de neuf membres d'une famille ayant marqué l'histoire de France. Il s'attarde plus particulièrement sur sept d'entre eux, engagés dans la Résistance aux côtés des agents du SOE britannique, de l'exode à la Libération, d'abord dans le réseau « Carte » puis dans le réseau « Jockey ». Cette famille française, dotée d'une grande ferveur patriotique, se dressa contre l'oppression nazie au nom de sa fidélité à la République et de son attachement à la souveraineté et à l'identité françaises.

320.          LAUNAY (Jacques de). Le Dossier de Vichy. Genève, Edito-Service, 1974, in-8°, 311 pp, lettre-préface de Georges Scapini, 30 pl. de photos hors texte (iconographie réunie par Nicolas Bouvier), références, biblio, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, plats et dos ornés, signet, bon état (Coll. Histoire secrète de notre temps)

            20

Non pas tout Vichy. Mais des conventions d'armistice à la Révolution nationale, de l'action constitutionnelle à la politique de collaboration, de la rupture franco-britannique aux rapports avec les Etats-Unis, une série de document parfois inédits, d'accès toujours difficile, et jamais regroupés sur plusieurs aspects fondamentaux du régime.

321.          LAUNAY (Jacques de). Les Derniers jours du fascisme en Europe. Genève, Edito-Service, 1974, in-8°, 404 pp, introduction d'André Gide, 32 pl. de photos hors texte (iconographie réunie par Nicolas Bouvier), biblio, index, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, plats et dos ornés, signet, bon état (Coll. Histoire secrète de notre temps)

            20

"Un compte rendu minutieux et solidement étayé de ce que fut la fin des régimes mussolinien, hitlérien et des autres fascismes européens. Si le récit se perd parfois dans des détails, il vaut surtout par l'abondance des documents cités qui rendent le livre vivant et très facile à lire." (Revue française de science politique, 1977)

322.          LE BRETON (Auguste). Deux sous d'amour. Vertiges du Nord/Carrère, 1986, fort in-8°, 671 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, tranche lég. salie, bon état

            30

Biographie du Milieu français sous l'Occupation allemande, par Auguste Le Breton, l'auteur de "Du rififi chez les hommes", de "Razzia sur la schnouff" et du "Clan des Siciliens". Avant la guerre, il fréquente la pègre. Là, il noue de solides amitiés avec les voyous de Saint-Ouen. Lorsque survient l'Occupation, il fait le bookmaker, possède des parts dans des tripots et des restaurants, affronte parfois les gangsters de la Gestapo française. À la Libération, on lui attribuera la Croix de Guerre. Il raconte cette période dans "Deux sous d'amour", un fabuleux récit romancé.

323.          MOLETTE (Charles). “En haine de l'Evangile”. Victimes du décret de persécution nazi du 3 décembre 1943 contre l'apostolat catholique français à l'œuvre parmi les travailleurs requis en Allemagne (1943-1945). Fayard, 1993, in-8°, 382 pp, 9 cartes, documents, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"L'enquête scientifique annoncée sur une page méconnue de notre histoire devient plaidoyer, pour que soient reconnus martyrs de la foi les prêtres et laïcs (une cinquantaine) à qui leur engagement dans l'action catholique clandestine en Allemagne a coûté la vie. Une documentation utile et des notations convaincantes dans ce dossier, mais aussi d'étranges silences ou raccourcis, un ton polémique et des raisonnements déconcertants pour l'historien." (Annales ESC, 1993) — Cette recherche historique, menée avec une grande rigueur, révèle enfin un épisode jusqu'alors presque inconnu. Il s'agit du décret de persécution nazi du 3 décembre 1943, et de ses dramatiques conséquences, contre l'apostolat catholique français au sein des travailleurs envoyés en Allemagne. Sans polémiquer, l'auteur relève au passage les complicités du régime de Vichy contre ces Français, mais aussi les soutiens apportés à leur apostolat par le clergé catholique allemand. C'est le récit de la vie au jour le jour, des persécutions et de la fin de nombre de ces victimes, fidèles jusqu'à la mort à leur "résistance spirituelle". En définitive, de la sobriété de cette étude se dégage la manifestation d'une grandeur qui brille et brûle "au zénith de l'humanité" car les humbles et les petits – qui revivent au fil de pages très documentées – emportent même notre émotion et notre admiration. Il n'est que justice de les voir enfin sortir de l'ombre. Que l'auteur soit remercié de nous avoir donné ce travail sobre et solide dont on admirera une fois encore l'étendue des recherches, la rigueur de la méthode et la qualité des analyses. — Mgr Charles Molette, né en 1918, a été chercheur au CNRS pendant quelque vingt-cinq ans. Sa grande thèse (Sorbonne, 1968) sur l'histoire de l'Association catholique de la Jeunesse française, ainsi que ses recherches sur les congrégations féminines, dans le domaine des archives, ont ouvert des voies neuves en France et à l'étranger. Ses publications, souvent couronnées par l'Institut, demeurent des ouvrages de référence et sont à l'origine de nombreuses initiatives. Son travail comme fondateur (1973) et président de l'association des Archivistes de l'Eglise de France a instillé dans le pays une impulsion décisive et lui a valu d'être nommé membre de la Commission pontificale pour la sauvegarde du patrimoine de l'Eglise. Mgr Molette a également mis sa compétence au service d'un Centre de recherches hautement spécialisé, la Société française d'études mariales, qu'il préside depuis 1974, ce qui lui a valu de devenir membre de l'Académie pontificale mariale internationale. Ses recherches et ses activités mettent en lumière le "fait de civilisation spécifique" que constituent les pages de l'histoire de l'Eglise qu'il étudie avec une rigueur scientifique très exigeante et, en même temps, en se refusant à tout dogmatisme comme à tout antidogmatisme préjudiciel. (4e de couverture)

324.          MONZIE (Anatole de). Ci-devant. Flammarion, 1941, in-12, 292 pp, broché, couv. piquée, bon état (Cardot-Bergeron 295)

            25

Journal et notes de la période de la crise tchèque à la débâcle (août 1938 - juillet 1940), par le premier ministre de l’Education nationale sous la IIIe République. Recommandé par la propagande allemande. — "Avec ces pages où II a, au jour le jour, noté ses souvenirs et inscrit ses impressions, M. de Monzie nous place d'emblée au cœur du drame que nous vivons actuellement. Avec lui nous pénétrons au Conseil des ministres et, depuis l'affaire tchèque, nous suivons le déroulement des diverses péripéties qui nous ont conduits à la guerre ; les principaux acteurs de la scène politique sont là, peints en tons crus, et même parfois cruels, car M. de Monzie laisse facilement percer ses sympathies et ses antipathies. Au demeurant, ce livre très intéressant, vivant, personnel, écrit avec tout le talent qu'apprécient les amis du maire de Cahors, ne saurait laisser personne indifférent. Certains jugements peuvent et doivent même être discutés. mais on n'en remercie pas moins son auteur de sa lucidité et de sa vigueur. Ce témoin, qui prend parfois l'accent d'un juge, fut, rappelons-le, ministre des Travaux publics, du 27 août 1938 au 5 juin 1940, dans les cabinets Daladier et Reynaud. De cet observatoire de choix, il a pu suivre les successives étapes de notre marche vers notre douloureux destin. Son livre est un témoignage..." (Jean Pélissier, La Croix, 1941)

325.          MOUCHOTTE (René). Les Carnets de René Mouchotte, Commandant de Groupe de chasse dans la Royal Air Force, Commandant du Groupe Alsace (1940-1945). Flammarion, 1950, in-8°, 258 pp, présentés par André Dezarrois, 16 pl. de photos et documents hors texte, reliure demi-toile verte, dos lisse avec titre et filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état

            20

C'est la mère de René Mouchotte qui, après la guerre, vint apporter à un éditeur de petits carnets bruns, crayonnés d'une écriture serrée sans ratures, de rapides croquis et le carnet de vol d'un des plus prestigieux pilotes de la France Libre. En juin 1940, quand d'autres acceptent l'armistice, René Mouchotte s'empare, sur le terrain d'Oran, par un exploit digne de nos anciens corsaires, de l'avion de son colonel, atterrit à Gibraltar et s'engage, l'un des tout premiers, dans la R.A.F. pendant la bataille de Londres. II révèle de si hautes qualités, de telles aptitudes au commandement, que les dirigeants de la chasse britannique en font rapidement un chef d'escadrille. Le Général de Gaulle lui donne, en 1942, à mettre sur pied le groupe Alsace. Il en fut l'animateur prestigieux, "un chef unique pour lequel on se ferait tuer, presque avec plaisir" a dît Clostermann qui débuta sous ses ordres. Emerveillés de ses dons de tacticien de l'air, de son génie de la manoeuvre des unités de chasse, les Britanniques lui confièrent la célèbre escadrille de Biggin Hill qu'il dirigeait au combat dans le ciel de France, quand il fut abattu, à la tête de vingt-quatre de ses pilotes, le 27 août 1943.

326.          NOLI (Jean). Le Choix. Souffrances et gloire de la marine française pendant la seconde guerre mondiale. Fayard, 1972, gr. in-8°, 444 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Une nation vaincue et terrassée qui possède toujours une Marine intacte, organisée et redoutable : telle est la situation paradoxale de la France au lendemain de l'armistice du 24 juin 1940. Du coup, la flotte française devient un enjeu capital. Pour les Britanniques, assiégés dans leur île, les navires français représentent une chance de survie. Pour les Allemands qui déferlent, les escadres françaises sont le moyen inespéré de maîtriser l'invincible Home Fleet. Alors, attaqués ou capturés par l'allié de la veille, menacés par l'ennemi vainqueur, les marins de France vont vivre la période la plus tragique et cruelle de leur histoire. Pour eux, l'heure du choix a sonné. Doivent-ils rester fidèles à l'amiral Darlan, le chef incontesté qui a promis à Churchill et à Hitler que ses bâtiments de guerre ne tomberaient jamais entre les mains des Allemands ou des Anglais ? Doivent-ils rejoindre le général de Gaulle, cet officier inconnu qui proclame, à Londres, la nécessité de poursuivre la lutte ? En ces journées de souffrance et de gloire, ce choix était un déchirement. Les uns, à bord des escadres de Vichy, respectueux de la discipline et de la hiérarchie, révoltés par l'agression anglaise de Mers el-Kébir, restent fidèles, même à contrecœur, au gouvernement Pétain. En un combat désespéré, ils ouvriront le feu sur les forces alliées et gaullistes qui viennent prendre pied en Afrique. Les autres, missionnaires de la croix de Lorraine, embarqués sur une poignée de corvettes et de sous-marins, se lancent, aux côtés des Anglais, dans une lutte implacable contre la Kriegsmarine, à un moment où les loups de l'amiral Doenitz sèment la terreur dans les convois et "font trembler l'océan". Ce sont les batailles des uns et des autres, leurs cas de conscience, les douloureux combats fratricides, les péripéties qui aboutiront à la réconciliation et à la participation, côte à côte, à la victoire que Jean Noli retrace – sans passion politique – à partir de témoignages des officiers et des matelots des deux camps.

327.          ROY (Alain). Le Cheval à bascule. Mémoires d'un agent double. Presses de la Cité, 1975, gr. in-8°, 314 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            25

"En 1944, j'étais rédacteur en chef des radios secrètes du IIIe Reich, sous les ordres de Goebbels. J'avais vingt-deux ans. Depuis cinq ans, je travaillais pour le compte des Services Secrets français. Ceci est mon histoire, telle que je l'ai vécue au jour le jour, sans fard et sans complaisance. J'ai été un cheval à bascule, un "W", comme on dit dans l'argot du métier, – l'un des "doubles" que les Services Secrets français ont envoyé de par le monde avec mission de se faire récupérer par l'Abwehr, c'est-à-dire les Services Secrets allemands. J'ai commencé ma mission en Espagne franquiste, à dix-sept ans. Je l'ai menée à bien au milieu de cinq ans de tourmente, vivant successivement l'apogée puis l'écroulement de l'empire nazi. Alors que d'autres avaient le privilège de combattre à visage découvert, j'ai dû sans cesse me dissimuler, mentir, me méfier de tout et de tout le monde, m'adapter immédiatement – pour survivre – à tous les milieux dans lesquels la guerre me plongeait. J'ai survécu – alors que la plupart des "doubles" envoyés en mission par mon Service n'en sont pas rentrés. C'est aussi en leur mémoire que je me décide enfin, aujourd'hui, à relater ce qu'on m'avait prié de taire jusqu'ici. C'est une histoire de peur, de mensonge et de sang. Je ne souhaite à personne de l'avoir vécue." (4e de couverture)

328.          RUSSELL (Lord, of Liverpool). Sous le signe de la croix gammée. Brève histoire des crimes de guerre nazis. Genève, Les Amis du Livre, 1955, in-8°, 331 pp, traduit de l'anglais (“The Scourge of the Swastika. A short history of Nazi war crimes”), 16 pl. de photos hors texte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'auteur fut un adjoint au Judge Advocate General (JAG) auprès de l'Armée britannique du Rhin à partir de juin 1946 et supervisa le procès de Hambourg. — Une "Brève histoire des crimes de guerre nazis", mais comme le dit Charles Furby (ancien Directeur général de la Justice de la zone française d'occupation en Allemagne et ex-délégué du Ministre de la Justice pour la recherche des crimes et criminels de guerre), dans son introduction, il est vrai que des tomes entiers n'auraient pas suffi à tout dire. Relation des faits et des situations et photos (atroces) in fine. Chapitres : Les instruments de la tyrannie hitlérienne ; Les mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre et les exécutions ; Les crimes de guerre en haute mer ; Les traitements infligés aux civils ; Le travail forcé ; Les camps de concentration ; La "solution définitive" de la question juive : Epilogue.

329.          SIMONOV (Constantin). Maïdanek, un camp d'extermination, suivi du Compte rendu de la Commission d'enquête polono-soviétique. Editions Sociales, s.d. (1945), pt in-8°, 40 pp, broché, agrafé, couv. illustrée par Joël, bon état

            20

Par Konstantin Mikha lovich Simonov, correspondant spécial du journal “l'Etoile Rouge” de Moscou.

330.          VAUGHAN (Hal). Dans le lit de l'ennemi. Coco Chanel sous l'Occupation. Albin Michel, 2012, in-8°, 374 pp, traduit de l'anglais, 72 photos dans le texte, 12 pp. de fac-similés en annexes, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Incarnation de l'élégance française, celle qui a révolutionné l'image de la femme et donné son nom à la plus prestigieuse maison de couture a laissé dans son sillage un parfum de scandale. Au-delà d'un certain antisémitisme dont elle ne se cachait pas, il manquait une pièce maîtresse au puzzle de sa vie. S'appuyant sur des archives enfin déclassifiées, l'auteur lève les ultimes zones d'ombre en révélant les preuves de la collaboration de Coco Chanel, recrutée par les services de renseignement allemands dès 1940. Cette biographie explosive, recréant à merveille l'atmosphère du Tout-Paris de l'époque, éclaire d'un jour nouveau la personnalité insaisissable d'une femme dont le génie provocateur n'a pas fini de fasciner.

331.          VIORST (Milton). Les Alliés ennemis. De Gaulle - Roosevelt. Denoël, 1967, in-8°, 356 pp, biblio, index, reliure demi-chagrin havane mordoré, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre basane verte, fleuron doré, couv. illustrée et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

            50

"C'est à rappeler les rapports orageux entre les U.S.A. et le général de Gaulle que s'est employé M. Milton Viorst." (Henri Michel) — Le 12 juin 1940, Churchill envoya au Président des Etats-Unis un message contenant cette phrase : « Reynaud est partisan de poursuivre la lutte et il a près de lui un jeune général, de Gaulle, qui croit que beaucoup peut être fait » Churchill a prétendu avoir vu en de Gaulle, dès cette époque, « l’homme du destin ». Mais ni alors ni à aucun moment des cinq années qu'allait encore durer la guerre, Roosevelt ne voulut reconnaître les qualités et l’autorité du général français. L’auteur de ce livre, journaliste américain et admirateur de de Gaulle, retrace ici, avec une étonnante objectivité, ces cinq années terribles pendant lesquelles le général français fut en conflit à peu près constant avec le Président des Etats-Unis. De la France en guerre à la débâcle de juin 1940 ; de Londres, où de Gaulle fonda le mouvement français de résistance, à la libération de l'Afrique du Nord ; du Comité d'Alger à la libération de la métropole puis à l’armistice, nous assistons au rude combat personnel que dut livrer de Gaulle pour arracher à la Maison Blanche la reconnaissance d’une France combattante puis d’une France victorieuse reprenant son rang de grande nation.

332.          WYNNE (Barry). No Drums... No Trumpets: The story of Mary Lindell. London, Arthur Barker, 1961, in-8°, 278 pp, une photo de Mary Lindell en frontispice et 23 photos sur 12 pl. hors texte, cart. éditeur, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état. Edition originale. Texte en anglais

            25

Biographie élogieuse de la responsable de la première chaîne d'évasion d'officiers et de soldats anglais en France occupée. — Mary Lindell, comtesse de Milleville (1895-1986) est un personnage controversé. Résistante pour les uns, elle serait pour d'autres une affabulatrice ou une agent double à la solde des Allemands. Elle nait dans le Comté de Surrey à Sutton, en Grande-Bretagne. Sa mère, Gertrude Colls, est issue d'une grande famille anglaise. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle participe à l'évacuation de trois pilotes alliés via le réseau d'évasion Pat O'Leary d'Albert Guérisse. Elle échappe à sa capture et se réfugie en Angleterre où elle aurait rejoint le MI9 avant de rentrer en France en 1942. Elle y aurait appris que la « comtesse de Milleville » serait activement recherchée et menacée de la peine de mort par l'occupant nazi. Elle aurait alors organisé une nouvelle ligne d'évasion sous le pseudonyme de Marie-Claire. En septembre 1944, elle est arrêtée et déportée au camp de Ravensbrück d'où elle est libérée en 1945 par la Croix-Rouge suédoise.

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

 

333.          DÉROULÈDE (Paul). Chants du Soldat. Calmann-Lévy, 1898, pt in-12, 128 pp, 147e édition, broché, pt mque à la couv., dos abîmé recollé, état correct (ouvrage couronné par l'Académie française)

            10

Premier recueil de poésie patriotique de Paul Déroulède, paru en 1872, qui eut un grand succès et connu de très nombreuse rééditions (celle-ci est de 1898 et est la "Cent quarante-septième édition"). L'auteur y chante la patrie, l'héroïsme des soldats, les malheurs de la guerre (celle de 1870) et la revanche sur les Prussiens. Ces poèmes "chantés" ont grandement nourri le nationalisme français de l'époque.

334.          DÉROULÈDE (Paul). Refrains militaires. Calmann-Lévy, 1889, pt in-12, 103 pp, 11e édition, broché, pt mques aux bords de la couv., bon état

            12

"Ah ! que la mort du brave est belle ! Qu’elle est belle / La mort du combattant qui meurt sans avoir fui !" (p. 55)

335.          FLEURY (Georges). Le Baroudeur. Les quatre guerres du général Delayen : 1940-1945, Indochine, Algérie, Tchad 1972-1978. Grasset, 1979, gr. in-8°, 428 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

De l'Alsace à l'Indochine, de l'Algérie au Tchad, les quatre guerres de Jean-Louis Delayen, le général aux douze commandos. – Blindés de reconnaissance fonçant vers le Rhin, flottilles de sampans se faufilant dans les nuits indochinoises derrière les lignes viets, commandos de faux fellaghas nomadisant dans les djebels ensanglantés d'Algérie : les quatre guerres du général Jean-Louis Delayen chantent la poignante épopée d'un soldat français qui n'a jamais été vaincu sur le terrain. Premier officier allié à atteindre le Rhin, spécialiste des commandos de ralliés en Indochine et en Algérie, considéré comme le maître par les Marines américains, promu général par Valéry Giscard d'Estaing pour son intervention décisive dans la guerre sans nom livrée secrètement pendant plus de sept ans au Tchad, Jean-Louis Delayen a choisi de confier à Georges Fleury, lui-même combattant d'élite des bérets verts de la Marine, toute la vérité sur le destin hors série qui a transformé un jeune officier pas comme les autres en un des plus prestigieux baroudeurs de notre temps.

336.          GUNSTON (Bill) et Mike SPICK. le Combat aérien moderne. Les avions, les tactiques et les armements employés dans la guerre aérienne moderne. Editions Atlas, 1989, in-4°, 224 pp, traduction et adaptation Patrick Facon, très nombreuses photos, dessins de Mark Holt, illustrations en couleurs (« Les avions et leurs armements ») de Kai Choi, Terry Hadler, Stephen Seymour, Mike Trim..., glossaire, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Tout ce qu'il convient de savoir en ce qui concerne les méthodes modernes de combat aérien. Appareils, manoeuvres, technologie du combat, tactiques du combat ; tous ces domaines font l'objet d'un texte passionnant enrichi de plusieurs centaines de photographies, planches, dessins, intégralement en couleurs.

337.          JACQUIN (Henri). La Guerre secrète en Indochine. Olivier Orban, 1979, in-8°, 252 pp, 12 pl. de photos hors texte, une carte, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

L'auteur a servi quinze années en Extrème-Orient à la Légion Etrangère. Pour le général Jacquin, l'avenir du Nord-Vietnam est inscrit dans l'Histoire. Son livre le démontre abondamment. Retraçant, avec le sérieux et le talent qu'on lui connaît, l'histoire « secrète » de l'Indochine des années 30 à 60. Henri Jacquin montre comment l'éviction de la France d'abord, l'enlisement américain ensuite, et pour finir l'antagonisme sino-vietnamien ne sont pas de spectaculaires hasards. « Le feu couvait sous la cendre » écrit-il, « entre les deux guerres mondiales ». La vie secrète d'Hô Chi Minh, l'intervention japonaise dans les années 40, l'activité des services secrets américains et russes, le rôle de certains hommes politiques en France, éclairent et expliquent de façon singulière et souvent étonnante les aspects cachés d'un conflit... Nommé chef du Deuxième Bureau en Indochine dès 1951, personne, sans doute, n'était mieux placé que le général Jacquin pour dévoiler les secrets d'une guerre qui a sonné le glas de tout l'Empire français en Extrême-Orient.

338.          Manuel du Gradé de cavalerie. Manuel du Gradé de Cavalerie. Unités motorisées et mécaniques – à l'usage des sous-officiers, brigadiers et élèves brigadiers. Charles-Lavauzelle & Cie, 1937, fort pt in-8°, xxi-1392 pp, nombreuses figures dans le texte et 3 planches hors texte dont deux dépliantes, reliure percaline violette imprimée de l'éditeur (lég. défraîchie), pt trace d'humidité ancienne au bas de qqs feuillets, bon état. Avec un petit additif de 30 pages sur le canon de 25mm S.A., modèle 1934 (1939)

            40

339.          PUJO (Bernard). Le Général Pujo et la naissance de l'Aviation française. Vincennes, Service Historique de l'Armée de l'Air, 1988, in-8°, 212 pp, préface du général d'armée aérienne Maurice Saint-Cricq, 9 photos hors texte, broché, bon état. Exemplaire d'épreuves sans la table des matières

            25

Biographie de Léon Pujo (1878-1964) par son fils. La jeunesse, 1878-1899. – Les premières armes, 1899-1914. – La Grande Guerre, 1914-1918. – Vers la création de l'armée de l'Air, 1919-1928. – La naissance de l'armée de l'Air, 1928-1936. – Les années sombres, 1936-1946. – Les années sereines, 1946-1964.

340.          SOLAR (Marek), Petr Dolezal and Vladimir Kos. AFV Photo Album Vol. 1. Armoured Fighting Vehicles on Czechoslovakian territory 1938-1968. Canfora, 2011, in-4°, 224 pp, 320 photos (7 en couleurs) et 30 illustrations en couleurs (profils), reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, texte bilingue en tchèque et en anglais, bon état

            70

By the end of the war in May 1945 thousands of vehicles passed Czechoslovakian territory and are here presented in 224 pages with over 300 photos. It is an amazing collection of German, Russian, U.S and British vehicles. The main part of the book (approx 70%) presents German and Russian vehicles on Czechoslovakian territory, May 1945. Panther, Pz. IV, Tiger II, Jagdpanzer IV, Hetzer, Grille, SPWs, Hummel, StuGs and many more German vehicles are covered. Russian vehicles include T-34, IS-2, SU-85/100, SU-76, ISU-152 as well as soft-skins. The book also contains a section on US vehicles such as Sherman, Hellcat, M8, M5. Furthermore, sections covering Czech pre-war and post-war vehicles and the Soviet 1968 invasion of Czechoslovakia is also included. The book ends with 30 colour profiles by Petr Stepánek. Hard back. Czech.

341.          VAN GEIRT (Jean-Pierre). La piste Ho Chi Minh. Cercle du Nouveau Livre d'Histoire, 1972, in-8°, 340 pp, 57 photos sur 26 planches hors texte, 6 cartes, chronologie, biblio, reliure pleine toile moutarde de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            25

La piste Ho Chi Minh. Ces quelques mots expliquent tout, excusent tout. On bombarde le Laos à cause de la piste Ho Chi Minh, on envahit le Cambodge parce que la piste Ho Chi Minh passe par là. Irait-elle en Thaïlande ? Tant pis pour la Thaïlande. Chaque sente, chaque layon, chaque ruisseau s’est vu baptiser piste Ho Chi Minh, route du front pour ceux qui depuis des années la traque. Car pour les Américains, la source de leurs malheurs provient surtout de cette piste insaisissable. Qu’est-elle cette piste qui a fait couler tant d’encre, pleuvoir tant de bombes, mourir tant de gens ? Qu’est-elle si ce n’est la guerre du Viêt-Nam ! — "Contrairement à beaucoup d'études sur la célèbre piste, ce travail consacre un long développement à la période française : La guerre d'Indochine (chap. IV), Les 55 jour de Dien Bien Phu (chap. V), Les prisonniers français (chap. VI), La piste du Laos (chap. VII)..." (Ruscio, La guerre "francaise" d'Indochine, 1945-54, p. 940)

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

 

342.          BERNARD (Marc). En hydravion au-dessus du Continent noir. Grasset, 1927, in-12, 197 pp, préface de Georges Leygues, 15 photos (au dessus du Congo, réception à Majunga, Gaya, Garoua) et une carte sur 9 planches hors texte, lettrines, broché, couv. illustrée d'un portrait photo de l'auteur, bon état

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Randonnée aérienne de Paris à Madaga