Pages d’Histoire – Librairie Clio

8 rue Bréa – 75006 PARIS - France

Tél. : 33 (0)1 43 54 43 61.

E-Mail : clio.histoire@free.fr

Du lundi au vendredi de 10h à 19h, et le samedi de 15h à 19h

 

 

 

Catalogue 378 – Septembre 2018

 

 

Conditions de vente

 

- Expédition après règlement par Carte Bancaire (Eurocard, Mastercard, Visa) ou par Chèque sur une banque française.

Frais de port à ajouter au montant de votre commande quel que soit le nombre de livres commandés :

 

. Pour la France : 7 Euros

. Pour l’Europe et les DOM - TOM : 13 Euros

. Autres destinations : Port réel

 

Au-delà de dix jours, les livres réservés seront remis en vente

 

Sommaire

GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

RÉVOLUTION

PREMIER EMPIRE

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

20e SIÈCLE

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

HISTOIRE RÉGIONALE, RÉGIONALISME

PARIS

 

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  AMAT (Roman d'). La fin du Moyen Age et le seizième siècle (1328-1610). Hatier, 1934, gr. in-12, 670 pp, tableaux synchroniques, nombreuses gravures, 4 cartes dépliantes en couleurs hors texte, cart. éditeur, une garde recollée, bon état (Cours d'histoire H. Gaillard et Roman d'Amat)

            20

2.                  ANQUETIL (Jacques). Routes de la soie. Des déserts de l'Asie aux rives du monde occidental, vingt-deux siècles d'Histoire. JC Lattès, 1992, gr. in-8°, 406 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte, notes, tableaux chronologiques, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Alexandrie, Tyr, Charax, Ctésiphon, Kashgar, Tunhuang... le froid, la neige, le sable, les moussons,le vent. Pendant un millénaire la soie fut le bien le plus précieux, et pour en avoir longtemps gardé le secret, la Chine le pays le plus fabuleux de la terre. De l'Orient extrême aux rives de l'Atlantique, ce livre raconte vingt-deux siècle d'histoire, une histoire qui se confond avec celle de notre civilisation. Pour retrouver la route qu'a tissé le fil de soie, Jacques Anquetil a dressé des plans, dessiné des cartes, établi des tableaux chronologiques, découvert des légendes, recueilli les témoignages oraux ou écrits de tous ceux qui l'ont empruntée. Retour à la mémoire, en puissance de l'imaginaire, son livre apprend à déchiffrer le tissu comme un texte. Sans ces routes de la soie, sans cet axe d'"interprétation mutuelle entre les civilisations", nos cathédrales n'auraient peut-être pas su exalter avec autant de force la puissance du sacré et du symbole. — Jacques Anquetil, à l'origine tisserand, est devenu un historien du textile, expert international.

3.                  BERNAGE (Berthe). Nos lettres. Conseils et formules pour toutes les circonstances. Gautier-Languereau, 1930, in-12, 389 pp, reliure demi-toile bleue à coins, pièce de titre basane havane, bon état

            25

Table. 1ère partie : L'art d'écrire. La composition. La présentation de nos lettres. La carte de visite. le télégraphe. Le téléphone. La méthode pour classer le courrier. Renseignements sur le service postal. - 2e partie : Le mariage. Lettres préparant les fiançailles. L'enfance. Le deuil. La maladie. Les voyages. Les réceptions. Les fêtes et le nouvel an. Les relations mondaines. Les relations amicales et familiales. Lettres commerciales et lettres d'affaires. Les gens de maison, les employés. Le médecin. Lettres officielles et pétitions. Le clergé.

4.                  BERNARD (Andrée) et Martin PÉNET. La Miss. Mistinguett ou la légende du music-hall. Presses de la Cité, Omnibus, 2006, in-4°, 18 pp, préface de Philippe Sueur, 262 photos et documents en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Mistinguett, c'est une gamine hors norme, née à Enghien-les-Bains en 1875, qui rêvait de théâtre et de paillettes. C'est une voix aux accents canailles, presque éraillée, tour à tour dramatique, mélancolique, entraînante, ironique, dont Cocteau écrivait : "Les larmes me montent à entendre cette voix mise de longue date à l'école des cris de la rue, cette voix pour se plaindre..." C'est Mon homme, Ça, c'est Paris, Il m'a vue nue, C'est vrai – des chansons qui incarnent la gouaille et le charme de Paris. Mistinguett, c'est le mythe même du music-hall, avec ses plumes d'aigrettes, ses costumes fastueux, sa discipline, ses commérages, tout un monde d'amis, de partenaires, d'admirateurs. C'est une carrière d'artiste sans pareille, née dans les cafés-concerts du XIXe siècle et qui a traversé plus d'un demi-siècle, s'adaptant à toutes les modes et à tous les mouvements du temps. C'est un visage, une énergie et un regard dont le magnétisme perdure et nous touche encore à travers ces pages. Aujourd'hui, grâce au travail acharné de deux collectionneurs passionnés, photographies et documents pour la plupart inédits nous restituent, dans leur vérité et leur mystère, les fastes et la magie d'un destin d'exception.

5.                  BEZANÇON (Xavier). Les services publics en France : De la Révolution à la Première Guerre mondiale. Presses de l'Ecole nationale des Ponts et chaussées, 1998, 2 vol. gr. in-8°, 374 pp, nombreuses illustrations, biblio, annexes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état,  envoi a.s.

            40

Introduction générale. Notion de service public : modes de gestion et délégation. Les services locaux. Les infrastructures et les services publics nationaux. Les services régaliens.

6.                  BRÉHIER (Emile). Histoire de la Philosophie. II. XVIIe-XVIIIe siècles. Edition revue et mise à jour par Pierre-Maxime Schuhl et André-Louis Leroy. PUF, 1990, pt in-8°, 506-vi pp, broché, bon état

            20

"L'ouvrage de M. Brehier rendra de très grands services non seulement aux philosophes, mais encore aux historiens du XVIIIe siècle. D'abord parce qu'il replacera avec une grande précision les philosophes français dans le milieu général de la philosophie européenne qu'il n'est pas donné à tous de connaître directement. Et puis parce que cette analyse est extrêmement pénétrante et souvent, sur les points où je puis la juger, tout à fait neuve. En quelques pages, parfois en quelques lignes précises et lumineuses, elle apporte des aperçus qui n'ont jamais été exposés avec cette vigoureuse simplicité." (Daniel Mornet, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1931)

7.                  Catalogue d'exposition – CUISENIER (Jean)(dir.). Les Français et la table. P., Réunion des Musées Nationaux, 1985, in-8°, 509 pp, 8 pl. en couleurs et 264 illustrations en noir dans le texte, 465 numéros décrits avec notices érudites, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Catalogue de l'exposition organisée au Musée national des arts et traditions populaires, à Paris, du 20 novembre 1985 au 21 avril 1986. – Une histoire de la table à travers 465 objets décrits et reproduits en noir pour un bon nombre. – Table : Maigres repas et repas de maigre (par Zeev Gourarier, p. 29-58) ; Les variations des manières de table des Celtes à nos jours ((par Zeev Gourarier, Agnès Benoit, Olivier Meyer, Gabrielle Demians et Danièle Foy, Isabelle Maillard, etc., p. 59-418) ; Les repas exceptionnels (par Zeev Gourarier, p. 419-486).

8.                  CHEVÉ (Joëlle). L'Elysée au féminin, de la IIe à la Ve République. Entre devoir, pouvoir et désespoir. Editions du Rocher, 2017, gr. in-8°, 522 pp, 24 pl. d'illustrations et photos en noir et en couleurs hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, pt trace de choc en coin inf., bon état

            15

Alors que le débat sur le statut de l'épouse du président de la République ressurgit, l'historienne Joëlle Chevé retrace sur plus de deux siècles les destins exceptionnels des Premières dames. De Theresa Tallien, Joséphine Bonaparte, Elise Thiers ou Henriette Poincaré, à Brigitte Macron, en passant par Michelle Auriol, Germaine Coty, Yvonne de Gaulle ou Danielle Mitterrand. Une trentaine de portraits officiels et intimes dévoilent comment chacune a vécu ce redoutable honneur, entre nostalgies monarchiques, égalitarisme républicain, évolution de la condition féminine et violence médiatique. D'une plume vivante, qui mêle analyses historiques, anecdotes émouvantes ou tragiques et traits d'humour, Joëlle Chevé interroge l'avenir à la lumière du passé. La Première dame doit-elle s'en tenir à des rôles traditionnellement féminins : accompagner le Président, accueillir les hôtes de la République, représenter la haute couture française, s'investir dans l'humanitaire ? Peut-elle s'en inventer d'autres ? A-t-elle vocation à représenter plus spécifiquement les femmes ? Bref, à quoi sert-elle et doit-elle servir à quelque chose ? Autant de questions qui interrogent, en régime républicain, sur la notion même de "couple présidentiel".

9.                  Colloque de Cerisy. La lecture insistante. Autour de Jean Bollack. Sous la direction de Christoph König et Heinz Wismann. Albin Michel, 2011, gr. in-8°, 511 pp, table des auteurs, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Dans un temps où l'avenir de l'objet littéraire est devenu plus incertain que jamais, on est amené à se demander s'il existe des moyens adéquats et justes de traiter la matière écrite qui nous est parvenue. Les textes rassemblés dans ce volume, fruit d'une rencontre qui n'est ni fortuite ni convenue entre des chercheurs de disciplines diverses, témoignent d'une convergence de méthode. Il s'agit de l'herméneutique critique que Jean Bollack a été l'un des premiers à mettre en oeuvre dans le domaine de la philosophie antique. Contrairement à la lecture contextualiste, qui explique les oeuvres par les références aux réalités historiques, contrairement à une lecture structuraliste, qui n'interprète qu'en fonction d'un système textuel coupé de ses enracinements historiques, l'herméneutique critique cherche à montrer comment les oeuvres sont à la fois sources de sens et témoignages d'une histoire culturelle qu'elles permettent, en retour, de mieux comprendre. Brisant l'écran des lectures convenues et repoussant les frontières que l'usage a imposées, cette méthode permet au lecteur de revisiter des textes souvent très connus – la Genèse, Homère, le Coran, Pétrarque, Rilke, Rimbaud, notamment – sous un angle qui en rénove la réception. S'il est vrai que c'est au prix d'une lecture "insistante", transcendant l'immédiateté du sens apparent, que l'on accède aux multiples facettes d'un texte, il n'est pas étonnant que cette exploration s'ouvre aussi bien à la philologie, l'histoire, la psychanalyse, la linguistique qu'à la rhétorique.

10.              COON (Carleton S.). Histoire de l'homme. Du premier être humain à la culture primitive et au-delà. Calmann-Lévy, 1958, in-8°, 481 pp, traduit de l'américain par Noël Calef, dessins de Richard Albany, photographies de Reuben Goldberg, 16 pl. de photos hors texte, glossaire, reliure pleine toile écrue de l'éditeur (lég. piquée), titres sépia au 1er plat et au dos, bon état

            25

Par l'ethnologue et anthropologue Carleton Stevens Coon (1904-1981). En 1939, il soutint que rasé et habillé, un Néandertalien passerait inaperçu dans le métro de New York...

11.              DEMOULE (Jean-Paul) et Bernard STIEGLER (dir.). L'avenir du passé. Modernité de l'archéologie. La Découverte, 2008, in-8°, 250 pp, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s. de Jean-Paul Demoule

            20

Quels sont les apports de l'archéologie aux interrogations les plus récentes sur la trajectoire de l'humanité, son évolution biologique et cognitive, ses relations à l'environnement, l'histoire de ses techniques de production comme de destruction ? L'archéologie offre-t-elle des outils pour renouveler l'approche des notions de communauté et de territoire ? Peut-elle éclairer la réflexion sur les catégories de peuple et de nation ? Permet-elle de mieux appréhender les passions nationalistes et les intégrismes ? Quelle peut être la contribution de la connaissance des sociétés anciennes à la vie dans la Cité ? Comment se nouent les liens entre l'archéologie et les autres disciplines ?

12.              DONTENVILLE (Henri). Mythologie française. Payot, 1973, in-8°, 267 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Le Regard de l'histoire)

            30

"Le livre de M. Dontenville sur la “Mythologie française” (Paris, Payot) procède d'une excellente intention. L'auteur s'élève vigoureusement, dans son avant-propos, contre le fait que personne en France ne semble s'intéresser à ce qu'il nomme la mythologie française – et déplore les divisions d'ordre personnel qui ravagent le petit monde du folklore français. Sur quoi, entrant dans son propos, il se demande comment s'est formée une mythologie française – une mythologie spécifiquement française puisque, sans aller plus loin, le folklore britannique en ignore les principaux éléments. Puis, tour à tour, il s'intéresse aux personnages qui peuplent cette mythologie : Gargantua, l'Ogre et la fée Morgane, le Dragon aux noms multiples, aux légendes diverses, le cheval Bayart, Auberon, Mélusine et Galemelle, bien d'autres encore chemin faisant. Mais l'ambition de M. Dontenville n'est pas de réunir des légendes ; elle est d'expliquer. Et il y réussit souvent..." (Lucien Febvre, Annales, 1950) — Table : Comment s'est formée une mythologie « française » ; Au Royaume de Gargantua ; Gargan, aspect occidental du Dieu solaire ; L'Ogre et la Fée Morgue ; La Procession du Dragon ; Le Cheval Bayart ; Les Gobelins et l'introduction d'Auberon ; De Mélusine à Galemelle ; Résistance et survivance de Gargan-Gargantua.

13.              DRAAISMA (Douwe). Quand l'esprit s'égare. Seuil, 2014, gr. in-8°, 475 pp, traduit du néerlandais, préface de Jean-Didier Vincent, broché, jaquette illustrée, bon état

            20

Ce livre relate la découverte des maladies neurologiques les plus connues et raconte l'histoire personnelle de leurs découvreurs, comme autant d'aventures humaines. Qui étaient Alzheimer, Parkinson, Asperger ou Korsakoff ? Qui étaient Broca (le découvreur des aires du cerveau), Clérambault, ou Gilles de la Tourette (qui identifia l’étrange syndrome qui porte son nom) ? Comment eurent lieu leurs découvertes ? Quels étaient les premiers patients ? Et quelle a été la réception du milieu ? Comment le nom de ces chercheurs est-il devenu celui de ces maladies, et quelle est la différence entre la vision qu’on en avait à leur époque et celle d’aujourd'hui ? Comment notre compréhension du cerveau a-t-elle évolué ? Autant de questions auxquelles répond cette série de récits fascinants, écrits par un historien de la psychologie et de la neurologie, dans la lignée et la veine d’Oliver Sacks. — Douwe Draaisma est spécialiste de l'histoire de la psychologie et de la neurologie, professeur à l'université de Groningue (Pays-Bas). Il est l'auteur notamment de “Pourquoi la vie passe plus vite à mesure qu'on vieillit” (Flammarion, 2008), et “Une histoire de la mémoire” (Flammarion, 2010).

14.              DRAPER (John William). Histoire du développement intellectuel de l'Europe. Traduction de l'anglais par L. Aubert. Seule édition française autorisée. P., Librairie internationale A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1868-1869, 3 vol. in-8°, 390, 400 et 350 pp, reliures demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs, titres et caissons dorés, tranches marbrées (rel. de l'époque), dos et plats frottés, bon état

            120

Par John William Draper (1811-1882), scientifique, philosophe, médecin, chimiste, historien et photographe américain, né anglais. — " (...) Cette publication que je présente aujourd'hui doit être regardée comme le complément de mon ouvrage sur la Physiologie humaine, où j'ai traité l'homme comme individu. Dans celui-ci je le considère dans ses relations sociales. Le lecteur ne manquera point de reconnaître, je l'espère, que cette histoire du progrès des idées et des opinions est faite à un point de vue qui jusqu'ici a été à peu près entièrement négligé. Il y a deux méthodes pour traiter les questions philosophiques : la méthode littéraire et la méthode scientifique. Lorsque l'on traite un sujet par la première de ces méthodes, beaucoup de choses restent effacées, qui prennent une importance considérable lorsque l'on considère leurs rapports scientifiques. C'est la seconde méthode que j'ai adoptée. Le progrès social est aussi absolument gouverné par les lois naturelles que le développement du corps. La vie de l'individu est une miniature de la vie de la nation. La démonstration de ces propositions forme l'objet spécial de cet ouvrage..." (Préface)

15.              DURUY (Victor). Histoire de France. Nouvelle édition illustrée d'un grand nombre de gravures et de cartes géographiques. Hachette, 1860, 2 vol. in-12, xxviii-578 et 684 pp, très nombreuses gravures, 12 cartes en couleurs hors texte, tableaux généalogiques, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs pointillés, titres et caissons fleuronnés dorés, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état

            60

16.              EYDOUX (Henri-Paul). Monuments curieux et sites étranges. Perrin, 1974, in-8°, 365 pp, 72 illustrations dans le texte, biblio, reliure skivertex éditeur, rhodoïd, bon état

            25

La pile de Cinq-Mars ; Le castellum de Nîmes ; Les grottes de Jonas ; L'abbaye de Saint-Roman-l'Aiguille ; Le fort de Buoux ; l'église de Charroux ; L'octogone de Montmorillon ; l'église de Saint-Emilion ; Les bories de Provence ; Le château d'Hesdin ; Le phare de Cordouan ; Les catacombes de Paris ; Le désert de Retz, etc.

17.              GUIZOT (François). Histoire générale de la Civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire Romain jusqu'à la Révolution française (un volume) – Histoire de la civilisation en France depuis la chute de l'Empire Romain (4 volumes). P., Didier, 1846, 5 vol. in-12, xvi-404, 424, 408, 394 et 435 pp, nouvelle édition, reliures demi-chagrin vert bouteille, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, caissons à froid (rel. de l'époque), qqs rousseurs, un coin abîmé, bon état

            100

Originellement publiée en 1828-1832 et comprenant dès le départ les deux titres comme parties intégrantes, la série reproduit le cours de Guizot des années 1828-1830. Comme les autres ouvrages "historiques" de l'auteur, il s'agit bien plus d'une démonstration idéologique, cherchant à mettre en scène le mouvement des deux traits spécifiques qu'il attribue à la construction de la France : la centralisation en haut ; le libre examen en bas.

18.              JEGGLE (Utz) et Freddy RAPHAEL (dir.). D'une rive à l'autre. Rencontres ethnologiques franco-allemandes / Kleiner Grenzverkehr. Deutsch-Französische Kulturanalysen. P., Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1997, in-8°, xiv-304 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état. Texte en français et en allemand

            20

L'installation définitive dans un territoire signifie le repli et la clôture. Sauf si elle est remise en cause par des nécessités vitales ou l'appel du large. À l'opposé de ceux qui s'abritent derrière des barrières matérielles et mentales, et refusent de voir ébranler leurs certitudes, le rôdeur de frontières, le passeur et l'étranger n'hésitent pas à rompre avec le port d'attache pour aborder à l'autre rive. Certes, l'exil déchire et mutile ; mais pour ceux qui refusent de faire corps avec la terre maternelle, il est aussi dépouillement, injonction à jeter un regard neuf, deshabitué, sur les êtres et les choses. S'arracher à l'idôlatrie du terroir, franchir sa limite, passer le seuil !

19.              LAGARDE (A.) et L. MICHARD. XVIIe siècle. Les grands auteurs français du programme. Bordas, 1985, gr. in-8°, 448 pp, nombreuses illustrations en noir et en couleurs, cart. illustré de l'éditeur, bon état

            15

20.              LANGLOIS (Ch.-V.) et Ch. SEIGNOBOS. Introduction aux études historiques. Hachette, 1899, in-12, xviii-308 pp, 2e édition (la première est de 1898), reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            40

L' “Introduction aux études historiques” constitue le texte de référence de ce qu'on a appelé « l'école méthodique historique » française. Cet ouvrage cherche à définir les règles de la méthode historique afin de contribuer à asseoir la scientificité d'une discipline, l'histoire, dans le contexte de sa professionnalisation universitaire. Le texte affirme le primat des archives comme preuves et sources du récit historique, et revient sur les différentes étapes du travail sur archives, de la localisation à l'interprétation des documents. Tout à la fois loué et critiqué, ce texte reste d'une indéniable modernité et mérite de figurer sur les tables de chevet de tous les apprentis chercheurs en sciences sociales.

21.              LEFRANC (Georges). Les Expériences syndicales internationales des origines à nos jours. Aubier, 1952, fort in-12, 382 pp, texte et documents, index, broché, bon état (Coll. Histoire du travail et de la vie économique)

            20

"Ce livre a pour but d'étudier : – en premier lieu, les diverses Internationales syndicales : l'expérience pluraliste de 1919 à 1939, manquée d'après les uns ; à demi réussie d'après les autres ; et l'expérience unitaire de 1945-1949, dont tous reconnaissent l'échec. – en second lieu, les expériences nationales de portée internationale. Comme les Internationales syndicales, les grands mouvements syndicaux pèsent sur les mouvements mineurs ou les tirent à eux. Le fait est évident pour les syndicats britanniques, américains ou soviétiques..." (Avant-propos)

22.              [Littérature] – FRANCE (Anatole). Oeuvres complètes illustrées. Calmann-Lévy, 1925-1935, 25 pt vol. in-4°, planches hors texte et bandeaux par Edgar Chahine, Maxime Dethomas, Xavier Prinet, André Marty, Edy Legrand, Carlègle, Hermann-Paul, Georges Leroux, Émilien Dufour, Maxime Dethomas, Mirande, Bernard Naudin. Graveurs: Maggie Salcedo, J.-A. Hofmann, E. Gasparini, P. et A. Baudier, J. Malcouronne, Jean Vital-Prost, Roubille, Louis Caillaud, A. Latour, Emile Colin, Gabriel Belot, R. Dill, brochés, imprimés sur vélin du Marais, bon état. Belle édition illustrée, bien complète des 2 derniers volumes, regroupant des textes épars, parus deux ans après les autres

            400

Grandi parmi les livres, mais dans une famille où la culture n'allait pas de soi, Anatole France (1844-1924) a nourri de cette ambiguïté une oeuvre subtile, souriante et passionnée. Elle est traversée par des figures de femmes voluptueuses, Thaïs, la Thérèse du Lys Rouge. Elle porte un témoignage lucide sur son temps, si proche du nôtre, avec les romans dédiés à Panama, à l'affaire Dreyfus (Histoire contemporaine), et à la réflexion sur l'inhumanité du pouvoir (Les dieux ont soif). Les opinions d'Anatole France sur la crise de l'Occident ont de quoi nous toucher directement. Il est aussi cet écrivain narquois et tendre, à la langue très pure, qu'aimèrent Supervielle et Queneau. — Détail : 1) Alfred de Vigny : Etude. Poésies : Les Poèmes dorés. Idylles et légendes. Les Noces corinthiennes. – 2) Jocaste et le chat maigre. Le Crime de Sylvestre Bonnard. – 3) Les Désirs de Jean Servien. Le Livre de mon ami. – 4) Nos enfants. Balthasar. – 5) Thaïs. L'Etui de nacre. – 6) La Vie littéraire : 1ère et 2e séries. – 7) La Vie littéraire : 3e et 4e séries. – 8) La rôtisserie de la Reine pédauque. Les Opinions de Jérôme Coignard. – 9) Le Lys rouge. Le Jardin d'Épicure. – 10) Le Puits de Sainte Claire. Pierre Nozière. – 11) Histoire du mail. Le Mannequin d'osier. – 12) L'Anneau d'Améthyste. M. Bergeret à Paris. – 13) Clio. Histoire comique. Sur la pierre blanche. – 14) Crainquebille (Putois, Riquet et plusieurs autres récits profitables). Crainquebille (Comédie en trois tableaux). Le Mannequin d'osier (Comédie en quatre actes). Au petit bonheur (Comédie en un acte). – 15) Vie de Jeanne d'Arc, I. – 16) Vie de Jeanne d'Arc, II. – 17) Rabelais. Auguste Comte. Pierre Laffitte. – 18) L'île des pingouins. La Comédie de celui qui épousa une femme muette. – 19) Les contes de Jacques Tournebroche. Les sept femmes de la Barbe-Bleue. – 20) Les Dieux ont soif. – 21) Le Génie latin. Les Poèmes du souvenir. – 22) La Révolte des anges. – 23) Le Petit Pierre. La Vie en fleur. – 24) Pages d'histoire et de littérature, I. – 25) Pages d'histoire et de littérature, II.

23.              LORULOT (André). Sa Majesté l'Amour. Histoire universelle de l'Amour dans la nature, dans l'histoire, dans la société. Aux Editions de l'Idée Libre, 1938, gr. in-8°, 608 pp, un portrait de l'auteur en fonstispice (bois gravé par L. Moreau), illustrations dans le texte (parfois assez cocasses), notes, index bibliographique, broché, une vignette contrecollée au 1er plat, bon état

            40

Anarchiste individualiste, libre-penseur, anticlérical virulent, écrivain prolifique, André Lorulot (pseud. de André Roulot 1885-1963) professait les opinions en cours dans ce milieu : mépris pour les syndicats, simples « boîtes à cotisations », hostilité aux écoles laïques, pépinières de soldats fusilleurs d’ouvriers, les instituteurs étant considérés comme les « flics intellectuels de la classe capitaliste » (L’Anarchie, 2 décembre 1909), négation de la division de la société en classes, affirmation de l’individu et de la légitimité de son développement « intégral ». André Lorulot s'est préoccupé de la limitation des naissances (il est favorable au néo-malthusianisme, ce qu’il appelle avec d’autre la « Procréation consciente »). Il se penche très tôt sur la liberté sexuelle de la femme, qu’il juge « indispensable aux deux sexes » comme il le dira dans “L’Éducation sexuelle et amoureuse chez la femme” (1947). Il y a sans doute une nécessité à encourager la libération de la femme, car elle pouvait paraître « ennemie » de la libre pensée et de l’anarchisme en général, du fait de l’importance des traditions qui l’assomment. Dans cet ouvrage de 1938, il se risque à produire un gigantesque travail sur la primauté de l’amour et des passions. Il "ambitionne d'étudier l'Amour dans sa vérité complète sans reculer devant ses aspects les plus laids et les plus brutaux". Cette tonalité post-fouriériste et un peu hygiéniste apparaissait déjà dans son ouvrage de 1926 “La Véritable Éducation sexuelle. Bréviaire complet de la santé et du bonheur en amour”. (Michel Antony)

24.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. Révolution, Empire, première moitié du XIXe siècle. Hachette, 1948, in-12, 754 pp, 171 gravures et 38 cartes, index, cart. éditeur, bon état (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, Classe de Première)

            30

Edition augmentée d'un supplément (pp. 691-754) sur la période 1848-1852. Ecrit avec la collaboration de Charles-H. Pouthas. — Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

25.              [Manuels-Roret] – VILLARIT (P.). Art de se coiffer soi même, enseigné aux dames ; suivi du Manuel du Coiffeur, précédé de préceptes sur l'entretien, la beauté et la conservation de la chevelure. P., Léonce Laget, 1981, in-12, 230 pp, une planche dépliante hors texte, reliure percaline verte éditeur, dos lisse, pièce de titre basane vermillon, bon état. Réimpression de l'édition de Paris, 1828. Tirage limité à 500 exemplaires

            30

Avec des conseils aux Messieurs sur les soins qu'ils doivent prendre pour être bien coiffés, et pour entretenir leur chevelure en bon état ; des considérations sur les diverses maladies des cheveux, et sur les moyens d'y remédier ; des réflexions sur les perruques, faux toupets, touffes, nattes, etc. ; des recettes diverses, et des anecdotes sur tout ce qui a rapport à l'art de la coiffure. L'auteur était le coiffeur du roi et de la reine de Bavière, de la grande duchesse de Bade, de leurs cours, etc.

26.              MARIACHER (Giovanni). Cheminées de tous les temps et de tous les pays. P., Guy Le Prat, 1963, in-4°, 166 pp, traduit de l'italien, 300 illustrations photographiques en noir et 8 planches en couleurs hors texte, biblio, reliure toile verte éditeur, jaquette illustrée, imprimé sur papier couché, qqs pages lég. abîmées, état correct

            25

La cheminée rustique – La cheminée médiévale – La Renaissance – L'époque baroque – Le XIXe siècle – Les poêles.

27.              MARROU (Henri-Irénée). De la connaissance historique. Seuil, 1958, in-12, 299 pp, 3e édition revue et augmentée, un frontispice, notes, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            20

"Un livre capital." (Philippe Ariès) – "Il s'agit ici d'un essai qui est une manière de chef-d'œuvre. Sérieusement, je ne crois pas avoir rien lu d'aussi complet ni d'aussi précis sur le travail de l'historien ; et plus d'une page en va singulièrement loin dans le mystère de la connaissance de l'homme par l'homme." (Henri Rambaud) – "Un tel livre n'est pas seulement fort utile pour les étudiants d'histoire, il devrait être un maître-livre pour quiconque veut vraiment prendre conscience des problèmes historiques d'hier et d'aujourd'hui." (Michel Carrouges) – "Rarement une exploration en profondeur des possibilités de l'histoire avait été conduite aussi loin." (Marcel Brion)

28.              [Médecine] – Collectif. D'Hippocrate à Fleming. Les Princes de la médecine. Le Livre Contemporain, 1959, in-8°, 348 pp, préface de Georges Duhamel, cart éditeur, gardes illustrées, rhodoïd imprimé (lég. abîmé), bon état

            25

Hippocrate (par Marcel Sendrail) - Avicenne (André Soubiran) - Paracelse (Anne Argela) - Ambroise Paré (L. Diamant-Berger) - Jenner (Paul Ganière) - Hahnemann (Pierre Vannier) - Bichat (M. et G. Genty) - Dupuytren (Henri Mondor) - Laënnec (Roger Kervran) - Claude Bernard (Léon Binet) - Les anesthésistes (Marcel Fèvre) - Pavlov (Pierre Rentchnick) - Emile Roux (R. Dujarric de la Rivière) - Sigmund Freud (Georges Heuyer) - Fleming (Louis Schwartz).

29.              [Pléiade] – POLYBE. Histoire. Texte traduit du grec ancien, présenté et annoté par Denis Roussel. Gallimard, 1970, fort in-12, xlvi-1620 pp, avant-propos de Dom Vincent Thuillier, notes, 12 cartes hors texte, lexique des termes politiques, militaire, techniques, etc., index, reliure plein cuir doré à l'or fin de l'éditeur, demi-jaquette papier, rhodoïd, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade). Volume épuisé

            40

Qui est Polybe ? Il est, après Hérodote et Thucydide, le troisième des grands historiens grecs. Le premier avait présenté les guerres médiques ayant opposé les Grecs et les Barbares ; le second avait choisi de raconter la guerre entre les Péloponnésiens et les Athéniens ; au troisième s'impose le récit de la conquête romaine : non pas une grande guerre unique, mais toute une série de conflits livrés sur de multiples théâtres d'opérations. "Comment et grâce à quel gouvernement l'Etat romain a pu, chose sans précédent, étendre sa domination à presque toute la terre habitée et cela en moins de cinquante-trois ans ?" : telle est la question à laquelle Polybe se propose de répondre. La défaite de Pydna, en 168 avant notre ère, qui marque la victoire de Rome et la fin de la monarchie macédonienne, bouleverse sa vie. Envoyé à Rome, comme otage, il y reste dix-sept ans et devient un familier de la grande famille des Scipions. Passé de l'action à la réflexion, c'est à Rome qu'il devient historien, pour expliquer aux Grecs d'abord, mais aussi aux Romains ce qui s'est passé. Cette Histoire d'un vaincu est aussi, c'est là son intérêt majeur, la première histoire universelle. Comme il l'écrit : "L'originalité de mon sujet et ce qu'il y a de surprenant dans l'époque que nous venons de vivre résident justement en ceci : la Fortune a dirigé pour ainsi dire tous les événements dans une direction unique et elle a contraint toutes les affaires humaines à s'orienter vers un seul et même but. Aussi l'historien se doit-il, de son côté, de faire en sorte que ses lecteurs puissent embrasser d'un seul regard les ressorts qu'elle a partout fait jouer pour produire tous ces effets ensemble".

30.              PORTIER-KALTENBACH (Clémentine). Grands Zhéros de l'histoire de France. Ils firent parler d'eux, non pour le meilleur mais pour le pire ! JC Lattès, 2010, in-8°, 302 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Nous connaissons bien nos grands hommes ; mais connaissons-nous nos grands nuls, nos piteux, nos médiocres, tous ces losers que l'histoire tient pour responsables de nos fiascos ? Derrière Trafalgar, Waterloo, Sedan, ou le naufrage de La Méduse, il y eut toujours un ou plusieurs individus dont les noms furent en leur temps frappés d'opprobre, puis, pour certains d'entre eux, définitivement effacés de notre mémoire collective. Pourtant, ces personnages plus ou moins calamiteux ont joué un rôle dans notre histoire, quand bien même ce fut pour le pire ; ils méritaient donc d'être enfin tirés de l'oubli. Clémentine Portier-Kaltenbach nous livre son palmarès de ces grands "Zhéros" de l'histoire de France. Il rassemble entre autres : Des hommes providentiels qui déçurent tous les espoirs par faiblesse, bêtise ou lâcheté. Ceux qui ne furent pas à la hauteur de leur mission ou déclenchèrent des catastrophes et des défaites militaires par leur incompétence. Des individus qui, eux-mêmes assez peu doués, eurent le pouvoir de nuire à de vrais génies... Qui remportera la palme du plus grand raté de l'histoire de France ?

31.              RAMBAUD (Alfred). Histoire de la Civilisation française. Armand Colin, 1900-1901, 2 vol. in-12, viii-620 et 656 pp, index, reliures demi-chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs filetés soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passés et lég. frottés, coupes frottées, bon état

            60

Tome 1. Depuis les origines jusqu'à la Fronde. – Tome 2. Depuis la Fronde jusqu'à la Révolution. — "Alfred Rambaud rédiga plusieurs manuels de vulgarisation scolaire qui ont eu sur l'enseignement une influence salutaire ; l'on peut même dire qu'il a plus enseigné par le livre que par la parole. Il dirigea en 1886 la publication d'un recueil d'articles sur les colonies françaises : La France coloniale (in-8, 6e édition en 1893), puis donna, en 1887, son Histoire de la civilisation française (jusqu'à la Révolution, 2 vol. in-12), suivie de l'Histoire de la civilisation contemporaine en France (1888, in-18), qui sont des œuvres remarquables par la clarté et la faculté d'assimimilation dont l'auteur fait preuve..." (Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1905)

32.              SCHURÉ (Edouard). Les Grands Initiés. Esquisse de l'histoire secrète des religions. Rama, Krishna, Hermès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus. Perrin, 1920, fort in-8°, xxviii-554 pp, broché, dos brisé recollé, couv. lég. abîmée, état moyen

            15

Rama, Krishna, Hermès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus. Chacun représente l'une des grandes religions qui ont contribué à la constitution de l'humanité. Ils n'ont laissé aucun écrit, mais des disciples, des rites d'initiation, une légende. Edouard Schuré, dans ce livre devenu mythique, esquisse l'histoire secrète des religions. De l'initiation brahmanique aux mystères de l'Egypte, de la mission d'Israël à celle du Christ, du mythe d'Orphée aux mystères d'Eleusis, c'est à un voyage dans la tradition ésotérique la plus reculée que Edouard Schuré nous convie, là où science et religion se réconcilient à jamais. Un ouvrage paru en 1889, dont le succès ne s'est jamais démenti depuis cent vingt ans. La bible de l'ésotérisme. — "Les sages et les théosophes de l'Orient et de la Grèce savaient qu'on ne peut embrasser et équilibrer la Vérité sans une connaissance sommaire du monde physique, mais ils savaient aussi qu'elle réside avant tout en nous-mêmes, dans les principes intellectuels et dans la vie spirituelle de l'âme. Pour eux, l'âme était la seule, la divine réalité et la clef de l'univers. En ramassant leur volonté à son centre, en développant ses facultés latentes, ils atteignaient à ce foyer vivant qu'ils nommaient Dieu, dont la lumière fait comprendre les hommes et les êtres. Pour eux, ce que nous nommons le Progrès n'était que l'évolution dans le temps et dans l'espace de cette Cause centrale et de cette Fin dernière. Et vous croyez peut-être que ces théosophes furent de purs contemplatifs, des rêveurs impuissants, des fakirs perchés sur leurs colonnes ? Erreur, Le monde n'a pas connu de plus grands hommes d'action, dans le sens le plus fécond, le plus incalculable du mot. Ils brillent comme des étoiles de première grandeur dans le ciel des âmes. Ils s'appellent : Rama, Krishna, Bouddha, Zoroastre, Hermès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus, et ce furent de puissants mouleurs d'esprits, de formidables éveilleurs d'âmes, de salutaires organisateurs de sociétés. Ne vivant que pour leur idée, toujours prêts à mourir, et sachant que la mort pour la Vérité est l'action efficace et suprême, ils ont créé les sciences et les religions, par suite les lettres et les arts dont le suc nous nourrit encore et nous fait vivre." (Édouard Schuré)

33.              SEGALEN (Martine). Mari et femme dans la société paysanne. Flammarion, 1980, in-8°, 212 pp, 16 illustrations, biblio, broché, couv. à rabats, bon état (Bibliothèque d'ethnologie historique)

            25

« L'homme est indigne de l'être si de sa femme il n'est pas le maître.» « Un cheveu de femme tire plus que trente paires de bœufs. » Dans leur formulation raccourcie, ces deux proverbes résument la contradiction essentielle qui marque les relations entre mari et femme dans la société paysanne – autorité masculine, pouvoir féminin. L'ouvrage est consacré à son analyse, à travers l'étude de documents d'archives et d'enquêtes sur l'habitat rural, les observations directes, ainsi que l'examen de textes de folkloristes qui, observant la famille rurale du XIXe siècle, y voyaient l'archétype d'un modèle que la civilisation industrielle était en passe de détruire. En soulignant la variété des modèles familiaux, en démystifiant le discours des folkloristes, l'ouvrage permet aussi d'éclairer les clichés contemporains qui réfèrent la crise que connaîtrait la famille d'aujourd'hui au mythe d'une famille traditionnelle. Il souligne notamment l'ancienneté et l'importance du travail féminin qui conférait à la femme d'importantes responsabilités et un statut affirmé au sein du ménage agricole. L'analyse des rites, des tâches et des rôles, des espaces, des relations internes au ménage, ou entre le couple et la communauté, se prolonge par une approche dynamique de la famille rurale contemporaine, et notamment des difficultés qu'elle rencontre dans un système économique fortement bouleversé.

34.              Société française de minéralogie. René-Just Haüy, 1743-1822. Masson, 1945, in-8°, 348 pp, 15 pl. de gravures et portraits hors texte, broché, papier lég. jauni, bon état. Peu courant

            40

Contributions d'Alfred Lacroix (La vie et l'œuvre de l'abbé René-Just Haüy), Charles Mauguin (La structure des cristaux) et Jean Orcel (Haüy et la notion d'espèce en minéralogie). — L'abbé René Just Haüy (Haüy se prononce « A-U-I »), né le 28 février 1743 à Saint-Just-en-Chaussée dans l'Oise et mort le 3 juin 1822 à Paris, est un minéralogiste, fondateur, avec Jean-Baptiste Romé de L'Isle, de la cristallographie géométrique. Il refusera, durant la Révolution, de prêter serment à la Constitution. Privé de sa faible pension, il est arrêté comme prêtre réfractaire en août 1792. C'est grâce à l'action énergique de son élève, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, et des scientifiques de l'Académie comme du Jardin des plantes, qu'il sera extrait de sa prison, encore que R. J. Haüy refusât de la quitter au prétexte que d'autres prêtres y demeuraient prisonniers. Quelques jours plus tard, ceux-ci furent massacrés. Redevable, il prendra, sans succès – ni suite fâcheuse à cette époque – la défense d'Antoine Lavoisier. La Convention puis le Directoire lui confient différentes charges. Haüy devient notamment membre de la commission des poids et mesures (1793), puis professeur de physique à l'École normale de l'an III (1794), enfin conservateur des collections et professeur de cristallographie à l'École des mines (1795). Il entre à l'Institut de France la même année...

35.              TOUSSAINT-SAMAT (Maguelonne) et Mathias LAIR. Grande et Petite Histoire des cuisiniers de l’Antiquité à nos jours. Laffont, 1989, gr. in-8°, 372 pp, 110 illustrations, gravures et photos dans le texte et à pleine page, index, reliure éditeur, bon état

            40

Le nain Khnoumhotpou, grand cuisinier de l'Egypte antique, les archicuisiniers grecs, Apicius et les cuisiniers romains qui faisaient de leurs maîtres leurs esclaves, la vie secrète de Taillevent, l'art noble des queux médiévaux, les Menon, La Chapelle, et autres cuisiniers des Lumières, Carême, Escoffier, et, plus près de nous, Point ou Dumaine... La passionnante aventure, tour à tour grandiose et misérable, des cuisiniers à travers les siècles.

36.              TURMEL (Joseph). Histoire des dogmes. Rieder, 1931-1936, 6 vol. gr. in-8°, 467, 534, 510, 492, 579 et 569 pp, brochés, dos abîmé et traces de mouillure ancienne au tome II, manque le 2e plat de couv. du tome 5, traces de papier collant aux dos des tomes 5 et 6, sinon bon état. Edition originale. Très rare

            250

Né à Rennes, en 1859, Joseph Turmel grandit dans une famille misérable et pieuse. Ordonné au sacerdoce en 1882, puis professeur de théologie dogmatique au grand séminaire de Rennes, il perdit brutalement la foi, quelques années plus tard, en étudiant les Écritures. Il choisit néanmoins de rester nominalement prêtre. Pendant plusieurs décennies, dissimulé sous de nombreux pseudonymes, Joseph Turmel élabora en secret une œuvre savante, entièrement vouée à la destruction des dogmes catholiques. Démasqué, suspendu, puis excommunié en novembre 1930, le vieil homme continua toutefois à porter la soutane, à dire la messe chez lui à quelques fidèles et à travailler. Il bénéficia alors, jusqu’à sa mort le 5 février 1943, de l’amitié, du réconfort et de l’aide matérielle des militants de la Libre Pensée rennaise. — Tome I. Le péché originel. La rédemption ; II. La Trinité. L'incarnation. La Vierge Marie ; III. La Papauté ; IV. Le créationisme. Les anges. La vie d'outre-tombe. Canon et inspiration des Ecritures. La grâce sanctifiante ; V. La grâce actuelle. Les sacrements. Baptême. Confirmation. Eucharistie. Mariage ; VI. La pénitence. L'extrême-onction. L'ordre. Table alphabétique des six volumes.

37.              VIDALENC (Georges). La Classe ouvrière et le syndicalisme en France de 1789 à 1965. P., Confédération Force Ouvrière, 1969, in-8°, 508 pp, 63 gravures et photos, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, une gravure représentant un ouvrier en médaillon, bon état

            25

"Le dernier ouvrage de V. est un regard en arrière sur près de deux siècles d'histoire sociale, ponctués par de grandes dates : 1830, 1848, 1870, 1884, 1914, 1939. La conscience de classe naît au moment de l'industrialisation, tandis que décline le compagnonage. A la résignation sous le second Empire succède un constant effort d'émancipation, d'où l'échec du catholicisme social. La formation d'une élite syndicale, la méfiance à l'égard de l'Etat et du parlementarisme aboutissent à la Charte d'Amiens. Au début du XXe siècle, naît une conscience de classe et un syndicalisme chez les employés, tandis que la première guerre bouleverse le monde du travail ; en particulier, les femmes accèdent au syndicalisme. La révolution bolchevique exerce une grande influence et est à l'origine de la scission de 1921. L'analyse de la réunification au Congrès de Toulouse en 1936 met en évidence les germes de désunion, tandis que la forte poussée de syndicalisme au moment du Front Populaire, puis son recul, sont expliqués par l'impréparation des structures syndicales. La deuxième guerre, la Charte du travail, la Résistance et l'après-guerre font l'objet du dernier chapitre : la naissance de la CGT- FO résulte, selon V., de tout ce contexte, mais aussi d'une réaction de la base, après des années de difficultés internes et de pratiques anti-démocratiques. Cette vaste synthèse insiste sur la persistance de conditions de logement et de travail souvent désastreuses, facteurs non négligeables d'une forte conscience de classe. Enfin, de nombreuses citations montrent l'idée que se faisait la bourgeoisie de la classe ouvrière : on voit évoluer, au fil des décennies, l'opinion bourgeoise et l'attitude sur le problème de la paix sociale, puis sur la question syndicale." (Yves harbit, Population, 1973) — "Un panorama d'ensemble brossé par G. Vidalenc, mort le 2 novembre 1967. Historien et militant syndicaliste, animateur de l'Institut supérieur de la CGT de 1933 à 1939, créateur, après la scission de 1947, du Centre d'Education Force Ouvrière, G. Vidalenc était donc particulièrement qualifié pour écrire cette histoire du mouvement ouvrier et son récit est bien mené et vivant. Les étapes choisies sont classiques : 1830, 1848, 1871, 1884 puis les guerres et le livre rendra certainement grand service. Si une réédition est envisagée, on conseillera l'établissement d'un index, indispensable pour un. tel instrument de travail." (J. Maitron, Le Mouvement social, 1969)

38.              VILAR (Pierre). Or et monnaie dans l'histoire, 1450-1920. Flammarion, 1978, in-12, 439 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Champs)

            15

"Ce livre, pour l'essentiel, correspond au célèbre cours « polycopié » de Pierre Vilar relatif à l'histoire monétaire. La présentation est un peu scolaire ; la bibliographie est hélas sacrifiée, du fait des exigences d'un « livre de poche ». Le propos de l'auteur est éblouissant, par la richesse de l'information, par la clarté, par la pertinence des pensées." (Annales ESC, Le Choix des Annales, 1975)

39.              ZERI (Federico). Dans le jardin de l'art. Essai sur l'art, de l'Antiquité à nos jours. Rivages, 1991, gr. in-8°, 195 pp, traduit de l'italien, 85 illustrations en noir et en couleurs, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Des transformations de l'art romain tardif à l'étrange biographie de Tamara de Lempicka, Federico Zeri, soulève comme dans “Derrière l'image”, autant d'énigmes et de mystères échappant au regard du profane, avant de lui en donner la clef dans une série de chapitres animés de la même passion, du même souci de l'histoire et de cette liberté d'esprit qui sont l'apanage d'un très grand critique et historien d'art italien. – L'art antique, l'art occidental du XIIe au XXe siècle, les personnalités et les destins singuliers de notre époque (critiques, écrivains, actrices, collectionneurs, excentriques de tous ordres) constituent les trois pôles d'attraction des textes rassemblés dans le présent ouvrage. Articles, essais, écrits d'occasions, ils offrent un aperçu fascinant sur la profondeur de la culture et l'insatiable curiosité de Zeri, indifférent aux limites de genre et aux hiérarchies culturelles traditionnelles.

ANTIQUITÉ

 

40.              BALLABRIGA (Alain). Le Soleil et le Tartare. L'image mythique du monde en Grèce archaïque. P., EHESS, 1986, in-8°, 298 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Recherches d'histoire sociale)

            30

Pourquoi Héraclès dut-il passer par l'extrême-orient de l'horizon grec et faire le tour du monde avant d'atteindre le jardin des Hespérides à l'extrême-occident ? Comment Hélios, le dieu Soleil, qui semble parfois passer la nuit au pays des Hespérides, peut-il au matin briller à l'orient du monde ? Comment l'Univers peut-il être stable s'il est vrai qu'au-dessous des Enfers et du Tartare s'ouvre toujours le gouffre de l'Abîme primordial ? Pour répondre à ces questions fondamentales, et à quelques autres au passage, le présent ouvrage propose d'une certaine façon de suivre le Soleil dans ses courses d'est en ouest, aussi bien que dans ses stations solsticiales ou ses allées et venues entre un zénith et un nadir, à l'orée des ténèbres extérieures. L'enquête dégage et relie entre eux les éléments qui ont contribué à structurer l'imaginaire cosmologique des poètes-penseurs de l'archaïsme grec : l'interprétation des données géographiques ou cosmographiques aussi bien que les inquiétudes métaphysiques sur la nature, finie ou infinie, de l'univers. Ce n'est qu'en articulant ces éléments divers que l'on peut pleinement rendre compte du modèle d'univers qui sert de scène à l'histoire des dieux et des hommes.

41.              DELORME (Jean). La Grèce primitive et archaïque. Textes choisis et présentés. Armand Colin, 1969, in-12, 373 pp, 2 cartes, chronologie, glossaire, biblio, broché, bon état (Coll. U2)

            15

"L'auteur consacre un peu plus de cent pages à l'introduction historique. Celle-ci s'organise en cinq chapitres de longueur inégale : le monde grec de Mycènes à Homère ; les crises de la Grèce archaïque ; deux cités illustres, Sparte et Athènes ; naissance d'une civilisation ; les guerres mediques. Il s'agit d'un bon résumé de l'état actuel des connaissances, souvent confuses et lacunaires, sur une période de l'histoire grecque où les incertitudes et les hypothèses tiennent encore une place importante. Cette présentation historique est suivie de quatre-vingt-seize textes particulièrement bien choisis, d'une chronologie, d'un glossaire et d'une bibliographie. Il s'agit donc là d'une publication très précieuse pour pouvoir étudier les textes d'histoire grecque dans leur « version originale »." (Sylvain Payrau, Revue des Études anciennes, 1970)

42.              GUNDOLF (Friedrich). César. Histoire et légende. P., Rieder, 1933, in-8°, 305 pp, traduit de l'allemand, reliure demi-basane verte, dos à 5 nerfs pointillés, pièces d'auteur et de titre chagrin vert, 1er plat de couv. conservé (rel. de l'époque), dos uniformément passé, qqs rousseurs en début et fin de volume, bon état

            50

"La remarquable étude de F. Gundolf, César. Histoire et légende, traduite de l'allemand (1933), envisage l'image de César au fil des siècles, notamment chez les dramaturges." (Charles Mazouer, Dix-Huitième Siècle, 1986)

43.              HARMAND (Jacques). La Guerre antique, de Sumer à Rome. PUF, 1973, in-12, 208 pp, biblio, index, broché, bon état (Coll. Sup - L'historien)

            20

"Ce petit volume est d'un très grand intérêt. Voici brièvement résumée la structure de l'ouvrage. Deux parties bien distinctes : Pourquoi fait-on la guerre ? Comment fait-on la guerre ? Dans la première partie, sont successivement traités, les formes et les fondements de l'action : guerre étrangère, le fait religieux, le sentiment ludique, la volonté d'acquisition économique, loyalisme et patriotisme. Dans la seconde : les moyens (provenance des combattants), armement individuel, armes tactiques : infanterie, chars, cavalerie, marine, effectifs, logistique, commandement. Enfin, les procédés : techniques élémentaires, tactique, stratégie, genre de travaux, guérilla et contre-guérilla. On parle même de l'action psychologique, c'est dire que rien n'est négligé. Un « petit volume » parfois dense de matière et toujours source de réflexion." (André Parrot, Syria, 1974)

44.              JULLIAN (Camille). Histoire de la Gaule. Hachette, 1926-1929, 8 forts vol. gr. in-8°, 534, 557, 607, 622, 381, 558, 325 et 387 pp, reliures demi-basane fauve, dos lisses avec titres et tomaisons dorés et doubles filets à froid (rel. de l'époque), bon état

            450

Complet en 8 volumes. — I. Les Invasions gauloises et la Colonisation grecque ; II. La Gaule indépendante ; III. La Conquête romaine et les premières invasions germaniques ; IV. Le Gouvernement de Rome ; V. La Civilisation gallo-romaine. – Etat matériel ; VI. La Civilisation gallo-romaine. – Etat moral ; VII. Les Empereurs de Trèves. – I. Les Chefs ; VIII. Les Empereurs de Trèves. – II. La terre et les hommes. — Ouvrage faisant toujours autorité. "L'Histoire de la Gaule reste un témoignage historiographique magnifiquement entraînant sur l'esprit d'une époque et la part prise par l'auteur à la fabrique de la Nation." (Claude Nicolet)

45.              LERAT (Lucien). La Gaule romaine. Textes choisis et présentés. Armand Colin, 1977, in-12, 352 pp, notes, biblio, broché, bon état (Coll. U2)

            20

"Un recueil fourni de textes antiques choisis, traduits et annotés, forme la majeure partie du volume ; une synthèse du sujet avec renvoi aux sources permet de replacer celles-ci dans leur contexte historique. L'information de L. Lerat est large et prudente et les aspects les plus variés du monde gallo-romain sont ici envisagés : l'état de la Gaule indépendante, la conquête, l'histoire politique, l'administration, la vie économique et sociale, la « culture matérielle », les arts et les lettres, la religion et la « garde du Rhin ». Toutes les ressources de la littérature grecque et romaine sont mises à profit et une utilisation adéquate des inscriptions latines permet d'illustrer la vie quotidienne, commerciale (dédicaces de corporations professionnelles, par exemple) ou spirituelle." (Georges Raepsaet, L'Antiquité Classique, 1979)

46.              MARTIN (Jean-Pierre). La Rome ancienne, 753 avant J.-C. / 395 après J.-C. PUF, 1973, pt in-8°, 351 pp, 6 cartes et tableaux, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, trace de pli au 2e plat, bon état (Coll. Le Fil des Temps)

            20

"Brosser le tableau de l'histoire de Rome, de ses origines à sa chute, en quelques pages, à l'intention d'un lecteur cultivé mais non spécialiste est toujours une entreprise hasardeuse. Le petit ouvrage de Jean-Pierre Martin en est la réussite : il nous donne en effet un résumé de l'histoire romaine en évitant l'écueil du « jargon ». Les périodes de crise sont décrites avec beaucoup de clarté et les implications, les influences, les conséquences bien mises en valeur. La vie économique sociale et religieuse est esquissée avec tous ses aspects principaux. Ce manuel général est certes un des meilleurs dont on puisse disposer actuellement." (Marie-Thérèse Raepsaet-Charlier, L'Antiquité Classique, 1974) —"Cette “Rome ancienne” est un panorama inégalement détaillé, mais dans l'ensemble à peu près exact de l'évolution de Rome depuis les origines jusqu'à la mort de Théodose. L'exposé combine l'histoire événementielle avec celle des idées, des institutions et des affaires économiques." (Robert Turcan, Revue de l'histoire des religions, 1975)

47.              MILLOTTE (Jacques-Pierre). Précis de protohistoire européenne. Armand Colin, 1970, in-12, 314 pp, 53 pages d'illustrations hors texte, tableaux, cartes, biblio, broché, bon état (Coll. U2)

            20

"Ce volume, dense et compact, se divise en trois parties. La première rassemble les notions fondamentales de méthodologie et de typologie. La seconde définit typologiquement les différentes « civilisations », dans l'ordre chronologique et par régions. Les fossiles directeurs sont chaque fois indiqués soigneusement. Des cartes et des tableaux chronologiques permettent de fixer les idées. Enfin la troisième partie groupe une série d'aperçus globaux relatifs à l'économie, aux techniques, aux modes de vie, à la religion et à l'art. La dissociation de la matière entre ces deux dernières parties peut sans doute paraître antihistorique. En fait elle se justifie pleinement puisqu'il s'agit d'un « précis » où l'on a voulu mettre à bon droit l'accent sur la typologie. Le texte est suivi de cinquante pages de dessins documentaires : sans doute ces dessins sont-ils de petites dimensions mais ils restent très clairs et ils sont très nombreux. On appréciera l'indication systématique de l'échelle et, pour la céramique, celle du profil. Dans une matière immense et touffue, nous avons particulièrement apprécié l'ampleur et la qualité de l'information. L'exposé se signale par la sûreté, la netteté et la précision du raccourci. Jamais l'auteur ne cède à la tentation de mêler à cet état de la question des hypothèses personnelles : c'est le socle même de la connaissance des âges des Métaux européens que l'on a voulu dégager ici. Sur cette base, toutes les interprétations ultérieures pourront se développer et, dans la conclusion notamment, il est bien clair que l'auteur a les siennes, solides et judicieuses. Nous n'avons guère qu'un regret à formuler : l'absence d'un index en fin de volume." (Pierre-P. Bonenfant, L'Antiquité classique, 1971)

48.              [Pléiade] – PLUTARQUE. Les Vies des hommes illustres. Traduction du grec ancien par Jacques Amyot. Texte établi et annoté par Gérard Walter. Gallimard, 1967-1968, 2 vol. in-12, xxxii-1231 et 1314 pp, imprimés sur papier bible, introduction, notes, lexique, notes bibliographiques, reliures plein cuir souple de l'éditeur, dos lisses ornés de filets dorés, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)

            60

Contient : t. I : Thésée - Romulus - Lycurgue - Numa Pompilius - Solon - Publicola - Thémistocle - Camille - Périclès - Fabius Maximus - Alcibiade - Coriolan - Timoléon - Paul-Émile - Pélopidas - Marcellus - Aristide - Caton le Censeur - Philopémen - T. Q. Flaminius - Pyrrhus - Caius Marius - Lysandre - Sylla-Cimon - Lucullus - Comparaisons. – t. II : Nicias - Marcus Crassus - Sertorius - Eumène - Agésilas - Pompée - Alexandre le Grand - Jules César - Phocion - Caton d'Utique - Agis et Cléomène - Tibérius et Caius - Gracchus - Démosthène - Cicéron - Démétrius - Antoine - Artaxerce - Dion - Marcus Brutus - Aratus - Galba - Othon - Comparaisons.

49.              RENAN (Ernest). Marc-Aurèle et la fin du monde antique. P., Calmann-Lévy, 1883, in-8°, vi-648 pp, cinquième édition, reliure demi-chagrin vert bouteille, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état. Bon exemplaire sans rousseurs (Histoire des origines du christianisme, VII)

            50

"... Renan ? Il est historien. Son christianisme, il l'a vécu. Il ne le dévitalise pas en faisant abstraction de ce qui le concerne. Il sait par quoi il prend les âmes, il sait par quoi il conduit d'autres âmes à se déprendre de lui. Il le dit, avec une finesse, à la fois, une maîtrise de style et une pénétration singulières. Voyez par exemple, au chapitre XXVIII du Marc Aurèle, cette vue d'ensemble sur l'évolution du christianisme, tel qu'il existait vers l'an 180, vers le christianisme du IVe et du Ve siècle, celui du moyen âge, celui du second Empire – et dites si tout cela est mort, ou vivant, périmé ou toujours jeune ? Tout cela, je veux dire cette grande et large fresque, brossée avec tant d'apparente facilité, mais par un homme qui peut improviser : il a tant et tant préparé cette improvisation. (...) L'art avec lequel Renan dresse ce bilan à la date de 180, en évoquant à la fois le passé et l'avenir, est proprement incomparable. Ce sont de grandes lectures...." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1952)

50.              RICHARDOT (Philippe). Les erreurs stratégiques des Gaulois face à César. Economica, 2006, gr. in-8°, 184 pp, 2 cartes et 10 croquis, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Campagnes et stratégies)

            15

La guerre des Gaules est presque toujours vue du côté des Romains, car il n'y a pas eu de grands historiens gaulois pour rapporter l'événement. Qui plus est, la guerre des Gaules est vue du côté du conquérant romain, Jules César, auteur du seul grand récit sur le sujet, admirablement ramassé dans ses Commentaires. Même lorsque certains historiens contemporains essaient de prendre César en flagrant délit de désinformation, c'est toujours du côté romain qu'ils se placent, tant la conquête de la Gaule a, après deux millénaires, romanisé les descendants des fils de la Gaule vaincue. Le nom même de "Gaulois" est un jeu de mots latin qui signifie "Coq", déformé d'après le nom que se donnaient les Celtes de Gaule. L'image classique de César est celle d'un conquérant de marbre qui réalise un grand projet de civilisation sur un peuple aussi indiscipliné que divisé dont l'ardeur bravache vient se briser contre l'art des légions. Hors des poncifs et d'une analyse romanocentrique, cet ouvrage montre un César politicien qui mène une quasi guerre privée, sinon partisane pour financer sa carrière à Rome, voire pour échapper au tribunal. En face de lui, des Gaulois, certes divisés, dont la partie méridionale, déjà romanisée, choisit le camp de César. Des Gaulois, dont la communauté de culture apparaît malgré les clivages politiques aussi profonds entre tribus rivales qu'à l'intérieur d'elles-mêmes. Mais c'est une Gaule riche, en proie à une crise démographique et militaire qu'agresse César avec un cynisme implacable: une Gaule incapable de s'opposer aux migrations armées des Germains et des Helvètes, avant d'être écrasée par le conquérant romain. Si le résultat de la lutte est connu, les calculs des Gaulois, la valeur stratégique de leurs chefs, l'art militaire des peuples celto-germaniques, les opérations les moins avouables de César sont peu étudiées, Les Gaulois pouvaient-ils l'emporter ? César était-il un maître joueur d'échecs ou a-t-il vaincu sur les erreurs de stratégie des Celtes ?

51.              SALLES (Catherine). L'Antiquité romaine. Des origines à la chute de l'Empire. Larousse, 2000, in-8°, 595 pp, 4 cartes, chronologie, biographies, glossaire, biblio, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. In Extenso). Nouvelle édition augmentée d'une anthologie de 255 textes latins dans une traduction originale de l'auteur

            30

Rome est une source majeure de la civilisation, occidentale : les mythes, l'art, l'architecture, l'éloquence, la politique, le droit, la langue même, dont sont issues celles de plusieurs pays européens, demeurent dans nos mémoires. Des origines de la Cité à la chute de l'Empire, de Romulus, et Remus à saint Augustin, cet ouvrage fait découvrir l'histoire politique et militaire, mais aussi l'organisation économique et sociale, la vie quotidienne, les mœurs et la culture des Romains.

52.              SISSA (Giulia) et Marcel DETIENNE. La Vie quotidienne des dieux grecs. Hachette, 1989, in-8°, 302 pp, 16 pl. de photos hors texte, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Malgré l'histoire trépidante de ses batailles, la guerre de Troie échappe en réalité aux hommes : pour Homère, ce sont les dieux qui mènent le jeu et règlent leurs comptes. Ils y consacrent leurs journées. Aussi Giulia Sissa a-t-elle trouvé chez Homère, avec l'Iliade, matière à explorer le quotidien des dieux grecs: de quoi leur corps est-il fait et comment se nourrissent-ils ? Quelle est l'organisation de leur société ? Quelle vie mènent-ils dans l'Olympe et dans le monde des hommes ? Les dieux sont partagés : modèle rêvé de jouissance infinie mais aussi exemple édifiant d'engagement dans le monde. Amours, festins, querelles... Mais que désirent-ils vraiment ? Dans la seconde partie de ce livre, Marcel Detienne montre comment les citoyens entretiennent des relations quotidiennes avec les dieux et ce que deviennent les Olympiens, invités à venir résider chez les humains organisés en cité. Au coeur des rituels et de la vie sociale, les dieux restent présents dans les sacrifices, l'alimentation, les assemblées politiques, la guerre, la sexualité... Bref, les dieux sont indispensables à la cité, mais agissent-ils là vraiment en maîtres jaloux de mortels éphémères ? Ne seraient-ils pas plutôt – dans les premières démocraties en tout cas – assujettis, du moins soumis, aux décisions des hommes en leurs conseils et assemblées ?

53.              VAN EFFENTERRE (Henri). L'Âge grec, 550-270 av. J.C. Tallandier, 1973, pt in-8°, 407 pp, 160 photos dans le texte et à pleine page, 10 cartes, biblio, index, reliure pleine toile brique décorée de l'éditeur, rhodoïd, bon état (Coll. Histoire universelle)

            25

"Un excellent livre de synthèse qui présente près de trois siècles d'histoire universelle. Le propos n'est pas sans mérite : nous avons beaucoup trop tendance à imaginer des cloisons étanches entre les diverses aires de civilisation du monde antique ; il est bon parfois de prendre du recul pour mieux apercevoir les grands ensembles. Le fait majeur de cette période, c'est, comme l'indique le titre, la position centrale de l'hellénisme dans l'histoire des temps classiques. Si, du point de vue politique, les Grecs demeurent divisés et impuissants pendant les deux siècles qui précèdent la conquête macédonienne, ils sont les maîtres de la civilisation et de l'économie méditerranéennes. Grâce à Alexandre, ils s'emparent enfin de la prédominance politique qui avait été jusqu'alors l'apanage de la monarchie perse. Ce sont toutes les facettes, toutes les péripéties, toutes les manifestations de cette évolution qui nous sont décrites ou contées, sans que soient pour autant négligées l'histoire de l'Asie orientale et celle des débuts romains. Tous les apports les plus récents de la recherche historique sont intégrés au texte. Les illustrations sont choisies avec beaucoup de discernement et de bonheur." (Sylvain Payrau, Revue des Études anciennes, 1969)

54.              VILLENEUVE (Roland). Héliogabale. Le César fou. Pierre Amiot, 1957, in-8°, 201 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Appelé à assumer une dignité suprême à laquelle rien ne l'avait préparé, et assassiné dans la fleur de l'âge après quatre années d'un règne stupéfiant, l'empereur Héliogabale apparaît comme l'une des personnalités les plus fascinantes et les plus ambigües de la Rome décadente. Oscillant constamment entre le temple du Baal dont il voulait assurer le culte voluptueux, unique et primitif, et le lupanar où l'attiraient des débauches crapuleuses et perverses, il étonna un monde déjà saturé par les extravagances et les folies de ses maîtres. Son image, ternie et déformée par les historiens officiels, se trouve ici replacée dans le contexte d'une époque de transition : le IIIe siècle, célèbre par la lutte acharnée que se livraient pour la conquête des âmes les religions d'Isis, de Mithra et du Christ. Héliogabale c'est, bien entendu, le rejet des tabous sexuels, la dérision des coutumes ancestrales, l'imagination au pouvoir : mais c'est aussi la tentative d'un mystique chargé d'imposer, envers et contre tous, l'adoration universelle d'une pierre noire, symbole phallique et solaire de Baal. — "Sacrifices humains, ministres à verges d'âne, poissons nourris d'esclaves, batailles navales dans des lacs de vin... L'empereur Héliogabale avait de l'imagination. Dans la Rome du IIIe siècle après le Christ, être émigré n'était pas un inconvénient pour devenir empereur. Il était même bon d'être Syrien ou Maghrébin, si l'on avait quelque prétention au titre d'empereur de Rome. En l'an 217 après Jésus-Christ, le petit Varius Avitus Bassanius a treize ans. L'empereur s'appelle Macrin, un homme de cinquante-deux ans, né à Césarée en Afrique du Nord, aujourd'hui Cherchell en Algérie. Varius, aux cheveux blond fauve est le petit-fils du pape de l'époque, le grand prêtre de Baal ; Baal étant, sous la forme d'un énorme phallus en or, le dieu des latitudes proche-orientales. Ce début d'histoire se passe à Emèse, aujourd'hui Homs en Syrie. Le jeune Varius fait jouer de ses charmes devant ceux (les prétoriens qui s'appelaient déjà légionnaires) qui font et défont les têtes régnantes. Le jeune pubère, futur Héliogabale, est ainsi sacré sauveur et rédempteur par les faiseurs d'empire. La dignité impériale n'était donc pas qu'élective, mais surtout vénale. Le vieil empereur Macrin, l'assassin de l'empereur Caracalla, ne voulait faire qu'une bouchée de l'insolent prétendant Héliogabale, cet enfant stupide et débauché, porté à bout de bras par les lionnes de sa caste. Il envoie sur le terrain ses légions, ses Maures. Défaite rapide de Macrin qui finit décapité. La mère d'Héliogabale fait signer du nom de « César » et de « fils d'Antonin », son fils en lui faisant dire aux sénateurs romains : « Je suis l'égal d'Auguste et mon siècle sera digne du sien. Je vous promets une ère de paix et de prospérité. » Ce siècle allait durer quatre ans. Héliogabale commence par rejeter l'impériale toge romaine de laine pour n'envelopper son mince corps d'éphèbe que de la soie syrienne. Aussitôt, monté sur le trône, il fait tuer son père nourricier. Il renverse, souille les dieux tout-puissants de Rome et les remplace par le sien : Baal. Ce géant de plusieurs tonnes, incarné dans la Pierre noire phalloïde, il le transporte par voie de terre, à travers les Balkans, dans un cortège monumental, somptueux. L'enfant-roi entre en grande pompe à Rome à reculons. Nouveau Sardanapale, il fallait qu'il se fît femme, la grande prostituée de son maître divin. « Ce prince, dit Lampride son plus attentif historien latin, prêtait à la luxure toutes les cavités de son corps. » Les évêques de ce petit-pape empereur étaient les prêtres de Cybèle, mère de Jupiter. On les appelait les galles ; ils n'étaient autres que des eunuques, spécialistes de l'autocastration publique à grands coups de couteau ensanglanté. Ils formaient une corporation très fermée. Héliogabale était gourmand d'onobèles. Ce chef d'Etat passait son temps à draguer, à se faire recruter par ses ministres les champions onobèles de Rome et de l'Italie. Onobèle ? Onos, qui a donné, onagre, est l'âne en grec. Les baals-ânes, plus exactement les mâles dotés d'un vit de la grosseur de celui de l'âne. L'esclave Hiéroclès, que l'empereur aimait sucer, faillit, disent les historiens, devenir un autre César. C'était un ancien cocher, très bien monté, aux capiteux cheveux blonds. Héliogabale l'« épousa » et anoblit sa mère. Mais l'inconstante « épouse » impériale eut le coup de foudre pour Aurelius Zoticus, fils d'un cuisinier de Smyrne et athlète. Parce qu'il avait un sexe plus gros encore que celui de Hiéroclès, Héliogabale le nomma chambellan. Jaloux, Hiéroclès fait servir à son rival un breuvage contenant un anti-érectif. Ne pouvant plus bander dans le lit de l'empereur, le chambellan au vit d'âne fut disgracié et chassé de Rome. C'est l'historien moine byzantien Xiphilin qui narre l'affaire. Le divin Héliogabale, jaloux de la gloire de Messaline, s'habillait en femme, avec de longs cheveux postiches, se rendait dans les bouges à matelots et, les yeux peints, les joues fardées à la céruse, jouait aux cabaretières. Il faisait remplir les tavernes de jeunes gens les mieux montés qu'il aimait longuement détailler des yeux et des mains. Ce demi-César, à la différence de l'autre, le Jules des Gaules, ne pouvant être le mari de toutes les femmes, se contentait d'être la femme de tous les maris. Les talents des danseuses sacrées, des courtisanes n'avaient pas de secrets pour lui. Il ne se contentait pas de se prostituer à la manière des femmes, il tenait à ce que cela se sache. Certains historiens prétendent qu'il s'était fait couper les parties génitales, afin, après incision, d'avoir un deuxième pertuis à jouir, à la façon de Sporus qui devint « l'épouse » favorite de Néron. Mais cela paraît peu vraisemblable, sa religion machiste le lui interdisait et il attendait un héritier de son sang. Ce que les dictionnaires nomment pudiquement « les extravagances » d'Héliogabale, les historiens latins les racontent à la pelle. Il chasse les sénateurs du Sénat et les remplace par des femmes. Il choisit pour ministres les hommes porteurs de la plus grosse verge possible. Aussi voit-on au pouvoir impérial des cochers, cabaretiers, débardeurs et autres travailleurs manuels, en vertu du critère : gros bras, gros sexes. S'étant marié, il s'entoure, le jour de ses noces, de gaillards ivres qui l'incitent en chœur à tringler son épouse en public. Il va jusqu'à déflorer au vu de tous, suprême sacrilège, la vestale gardienne du feu sacré de Rome, façon de subvertir la religion romaine. Il fait flageller et châtrer à tour de bras les nobles, les dignitaires, les courtisans de sa cour, et, du haut des tours, il jette, avec toutes sortes de cadeaux pour le peuple, des sacs de sexes d'homme sanglants. Il n'était pas avare de fêtes fantastiques pour épater ses sujets qui préféraient encore le cirque au pain. Il fit donner des batailles navales dans des lacs creusés de main d'homme et emplis de vin... Héliogabale a fait de Rome un bordel universel : pervertir le peuple, subvertir tous les rouages du pouvoir, se servir de l'Etat comme un jouet et le casser pièce après pièce, telles étaient ses visées. Son dieu Baal dictait sa volonté mystique : que l'ombre phallique de ce dieu recouvre la capitale du monde. Enfant, à Emèse, le jeune prêtre de Baal avait été saturé de spectacles de sperme et de sang coulant sur l'autel de ce dieu assoiffé de sacrifices humains. On immolait des hécatombes de taureaux, de brebis, où les amphores de vin se mêlaient à l'hémoglobine. Et flots de sperme pour lier le tout. Les Romains qui refusaient de sodomiser ou de se faire sodomiser étaient immolés comme victimes dans le vacarme des tambours, des cymbales, des cris des sacrifiés. La vue du sang devait être certainement aphrodisiaque, puisque les prêtres de Cybèle se châtraient, dès le printemps venu, en public et en musique, avec un coutelas, se tailladaient le corps, se coupaient la langue avec leurs dents, puis couraient dans la ville, en exhibant à bout de bras leur sexe coupé. Le cannibalisme religieux, dans le monde sémite et gréco-romain, était de règle. La Bible ne mâche pas ses mots, quand elle décrit les sacrifices humains et, tout autour de la Méditerranée, le ventre insatiable du Minotaure avait bien fait des petits cannibales. Le poète Horace a mis en vers les hurlements des enfants au moment où on les égorgeait. Les festins commencés au Capitole se terminaient parfois au Palatin. Sa Majesté s'y rendait sur son char d'ivoire et d'or tiré par des femmes aux seins nus. Puis il descendait dans les lupanars où il s'amusait à épiler les courtisanes, dans les bouges où il sélectionnait les hommes à la poitrine velue, aux muscles saillants, aux gestes obscènes, aux odeurs fauves. En 222, des prétoriens, attisés par des égéries jalouses, le coincèrent entre deux vespasiennes. Réfugié dans les latrines voisines (les historiens ne s'accordent pas sur ce lieu), il y fut poignardé. Les latrines étant trop étroites pour contenir son corps, on le découpa. Finalement on jeta ses morceaux dans le Tibre, après les avoir promenés dans Rome, sous les huées d'une populace déchaînée, avec le corps décapité de sa mère qui l'avait fait porter au pouvoir. Ses compagnons furent, eux, empalés puis aussi découpés." (Jean-Yves Alt, 2015)

MOYEN AGE

 

55.              BERLIOZ (Jacques) et alii. Saint Bernard en Bourgogne, lieux et mémoire. Dijon, Les Éditions du bien public, 1990, gr. in-8°, 166 pp, 45 illustrations en noir et en couleurs, 2 cartes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

C'est en Bourgogne que saint Bernard est né ; il y grandit, y poursuit ses études ; il y est profondément enraciné ; il devient moine à Cîteaux. Devenu abbé de Clairvaux – en Champagne, mais si proche de la Bourgogne –, il parcourt toute la Chrétienté. Mais souvent il traverse la Bourgogne, s'y arrête : à Sens, en 1140, il affronte Abélard ; à Vézelay, en 1146, il prêche la Seconde Croisade. Après le tableau de la destinée de saint Bernard, c'est donc à sa présence en Bourgogne que s'attache cet ouvrage, richement illustré. Pour chaque "lieu de mémoire" (Fontaine, Châtillon-sur-Seine, Grancey, Cîteaux, Sens, Vézelay, Prâlon) est proposé un point historique complet. Avec des documents du temps, traduits et commentés, et des récits de voyageurs ou écrivains, du XVIIe siècle à nos jours. Ce livre présente aussi la légende (dorée ou noire) née autour de saint Bernard, son intervention dans le chant liturgique, les passions déchaînées autour de ses reliques, les tourmentes soulevées par la commémoration de sa mémoire. Le lecteur trouvera également la liste des objets d'art, conservés en Bourgogne, représentant l'abbé de Clairvaux, et des notices détaillées sur chacune des 21 abbayes cisterciennes bourguignonnes (Fontenay, La Bussière, La Ferté, Pontigny, etc.). — "Parmi les publications nombreuses qu'a suscitées le IXe centenaire de la naissance de saint Bernard, celle de Jacques Berlioz, avec la collaboration de Patrick Arabeyre, Marie-Françoise Cranga, Jacques Noël et Philippe Poirrier se distingue par son propos régional. De Fontaine-lès-Dijon à Sens, Cîteaux ou Vézelay, sans oublier Prâlon où le saint aurait fréquemment séjourné suivant une tradition locale, les auteurs passent en revue les sept principaux lieux de Bourgogne où s'est déployée l'activité multiforme du grand Cistercien, en panachant les mises au point éclairantes, les extraits traduits et commentés, les renvois aux sources archivistiques, bibliographiques, iconographiques et audio-visuelles et, bien sûr, les cartes, plans et illustrations de toutes sortes. Suivant la même méthode, la seconde partie examine ensuite les « postérités » de saint Bernard, depuis ses légendes, noire ou dorée, jusqu'à l'émiettement de ses reliques, son rôle dans le chant liturgique, ou encore les querelles politiques que soulevaient naguère à Dijon l'érection d'une statue, ou la pose d'une plaque de place en l'honneur de « Saint Bernard, orateur et homme d'Etat ». En somme, Saint Bernard en Bourgogne constitue une introduction exacte, claire et fort bien illustrée à l'histoire du grand Cistercien, et qui réjouira aussi bien les admirateurs de cet écrivain hors pair que les amoureux de la Bourgogne." (Dominique Poirel, Bibliothèque de l'École des chartes, 1994)

56.              BOUTHOUL (Betty). Le grand maître des Assassins. Armand Colin, 1936, pt in-8°, 231 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Ames et visages)

            25

Le Vieux de la Montagne est l'appellation commune donnée par les Francs au grand-maître de la secte des Assassins, Hassan ibn al-Sabbah, réfugié dans sa forteresse au sommet du piton rocheux d'Alamut... — "On connaît les exploits sanglants de cet Ordre des Assassins dont parlent les chroniques des Croisades et les relations de voyages de Marco Polo. Mme B. Bouthoul entreprend de conter dans ce livre fort documenté l'histoire de ces mystérieux aventuriers qui terrifièrent longtemps les princes d'Asie et hantèrent l'imagination des Occidentaux. Le merveilleux et le fantastique, dans ce récit d'histoire, semblent défier l'imagination et restent pourtant aussi vrais qu'invraisemblables. On lira comment par la force de son génie et le charme quasi magique de sa personnalité, avec la collaboration sournoise et souveraine du Haschich, Hassan-Sabbah groupa, vers la fin du XIe siècle, une petite armée de fanatiques qu'il installa dans un puissant château-fort de la Perse. On connaîtra les secrets de la puissance redoutée du « Vieux de la Montagne » dont la gloire fondée sur la politique du crime, n'a pas encore dépouillé sa sinistre auréole." (André Ferran, L'Archer [Toulouse], 1936)

57.              BRION (Marcel). Les Borgia. Le Pape et le Prince. Tallandier, 1979, in-8°, 328 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

Peu de lieux et de temps furent aussi dépravés que l'Italie de la fin du Quattrocento, et le Vatican n'a pas échappé à cette atmosphère générale de licence sexuelle, de népotisme et de concussion, de meurtres politiques ou privés. Les Borgia (les papes Calixte III et surtout Alexandre VI ainsi que César et Lucrèce, les enfants de ce dernier) ont éprouvé, davantage encore, peut-être, que leurs contemporains, les passions les plus violentes et les plus extravagantes. Et comme ils prêtaient le flanc aux reproches, leurs ennemis politiques (les principicules italiens qui acceptaient mal que des Espagnols s'avisent de les empêcher de s'entre dévorer) se sont laissé aller à la pire médisance, parfois à la calomnie pure et simple, grossissant, montant en épingle des comportements qu'ils admettaient chez d'autres. La critique a eu beau, depuis quelques décennies, faire la part du mélodrame et de la vérité historique, le seul nom des Borgia évoque encore l'inceste, l'orgie, le trafic d'indulgences, le poignard et le poison et tout ce qu'ils ont pu posséder de qualités (la hauteur de vues et l'habileté politique d'Alexandre, l'énergie et le courage de César, le charme et le raffinement de Lucrèce) a été comme occulté. Connaisseur sans pareil à la fois des choses de l'Italie et de celles de la Renaissance, Marcel Brion s'est attaché à replacer l'histoire de cette famille dans son temps : à moins de s'acharner à la juger à l'aune de notre morale du XXe siècle, elle ne mérite pas de rester éternellement dans "l'enfer" des historiens.

58.              DAILLIEZ (Laurent). Les Templiers, ces inconnus. Perrin/France Loisirs, 1977, in-8°, 405 pp, 16 pl. de photos et gravures hors texte, reliure skivertex éditeur, bon état

            20

Parmi les multiples ouvrages consacrés aux Templiers, celui de Laurent Dailliez est devenu un classique. L'histoire de l'ordre des Templiers a souvent été déformée ou obscurcie, depuis bientôt sept siècles, par le tissu de secrets, de mystères et de légendes dont tant d'auteurs l'ont enrobée, et au premier chef par les prétextes (hérésie, idolâtrie, sodomie) dont usa Philippe le Bel, avec la complicité du pape Clément V et des inquisiteurs, pour obtenir, au terme de sept ans de procès (1307-1314), la dissolution de l'ordre et la mort de tous ceux qui avaient refusé d'avouer. Laurent Dailliez a examiné et confronté quelque 14.500 documents d'origine pour restituer avec précision, clarté, rectitude, sans aucun parti pris, la véritable histoire de deux siècles de vie de ce prestigieux ordre religieux de chevalerie.

59.              DUBY (Georges). Le Moyen Age. 1. Adolescence de la chrétienté occidentale, 980-1140. – 2. L'Europe des cathédrales, 1140-1280. – 3. Fondements d'un nouvel humanisme, 1280-1440. Editions d'art Albert Skira, Flammarion, 1984, 3 vol. in-4°, 214, 221 et 220 pp, 375 illustrations en noir et en couleurs, index des noms cités, reliures demi-basane fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, couv. illustrées et dos conservés, bon état

            150

Seconde édition de la trilogie consacrée par Duby à l'art du moyen âge occidental. — " (...) Après avoir qualifié ses trois premiers itinéraires d'« universitaire », d'« aixois » et de « braudélien», G. Duby place le suivant « sous l'invocation d'Albert Skira ». Le hasard se présenta sous la forme d'un coup de téléphone d'Albert Skira, « une belle nuit » en 1958. Skira lui exposa un peu plus tard son projet en détail à Genève. Il s'agissait « de présenter en une suite de très beaux livres les relations de l'oeuvre d'art avec la société et la culture qui, d'âge en âge, l'avaient vu éclore, qui l'avaient reçue ou bien rejetée ». Il écrivit trois de ces volumes. Il les écrivit « dans la joie » : libéré « je pouvais écrire sur un autre ton, m'évader du petit monde universitaire où mon travail m'avait jusqu'alors à peu près confiné ». Ce furent “L'Europe des cathédrales (1140-1280)” et “Fondement d'un nouvel humanisme (1280-1440)”, publiés en 1966 et “Adolescence de la chrétienté occidentale (980-1140)”, édité l'année suivante. Il avait tenu à une périodisation brisant le carcan du siècle sans signification le plus souvent pour la culture et pour l'art..." (Jacques Le Goff, “Georges Duby (1919-1996)”, Cahiers de civilisation médiévale, 1997)

60.              FLORI (Jean). Chevaliers et chevalerie au Moyen Age. GLM/Hachette, 2000, in-8°, 307 pp, notes, biblio, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. La vie quotidienne)

            20

La chevalerie, c'est d'abord une image, celle des chevaliers du roi Arthur, ces nobles héros aux armures étincelantes, brandissant des bannières aux couleurs chatoyantes pour se jeter, la lance ou l'épée au poing, au secours de l'affligé, de la veuve et de l'orphelin. La réalité est plus complexe et l'évolution plus chaotique. Le mot "chevalier" est d'ailleurs ambigu, et plus encore la notion de "chevalerie". Son acception latine, la militia, désigne la force armée au service de l'État. Au Moyen Age, cette fonction publique s'est privatisée et ses caractères aristocratiques et militaires se sont accrus. C'est le renforcement de la cavalerie lourde qui lui donne son impulsion entre les IXe et XIe siècles. Mais il faut attendre le XIIe siècle pour que la chevalerie s'affirme, avec la généralisation de la charge à la lance couchée. Elle se donne alors un code déontologique, fondé sur l'honneur, qui va "humaniser" quelque peu les "lois de la guerre". Dans le même temps, l'Église tente de lui assigner une mission et une éthique conformes à sa cause. Ainsi, du XIe au XIIIe siècle, s'ébauchent les traits essentiels d'une chevalerie qui se mue peu à peu en confrérie d'élite de la noblesse.

61.              FOREVILLE (Raymonde). Latran I, II, III et Latran IV (1123, 1139, 1179 et 1215). P., Editions de l'Orante, 1965, in-8°, 445 pp, 8 pl. de gravures hors texte, liste des Pères conciliaires, chronologie, biblio, index, reliure toile bordeaux de l'éditeur, bon état (Histoire des conciles œcuméniques, 6)

            30

"Les quatre conciles du Latran tiennent une place importante dans l'histoire du droit et des institutions de l'Eglise ; et cependant ils étaient assez mal connus. Disons-de de suite : Mlle Foreville a écrit un excellent livre. En replaçant dans le contexte historique les quatre assemblées œcuméniques du Latran, elle rétrace les démêlés des pontifes romains avec les puissances séculières durant cette importante période, qui embrasse plus d'un siècle. La querelle des investitures touche à sa fin ; en revanche, les schismes causés par la double élection pontificale en 1130 et en 1159 ainsi que la lutte du Sacerdoce et de l'Empire enveniment la situation pendant plusieurs décennies. A ces difficultés s'ajoutent les abus à l'intérieur de l'Eglise, le problème des chrétientés orientales et des croisades, l'hérésie des Albigeois et bien d'autres maux dont l'Eglise romaine ressent les contre-coups et auxquels elle s'efforce de remédier. Les assemblées conciliaires que les papes convoquent au Latran en 1123, en 1139, en 1179 et en 1215 sont en corrélation avec les diverses crises nées des difficultés, externes et internes, dans lesquelles l'Eglise a été entraînée au cours de cette période. Mlle Foreville a su montrer les liens qui existent entre les quatre conciles et les multiples problèmes auxquels avaient à faire face les papes, notamment Calixte II († 1124), Innocent II († 1143), Alexandre III († 1181) et Innocent III († 1216). Aussi est-ce l'histoire complexe de la papauté durant plus d'un siècle qu'elle fait revivre à l'occasion des quatre conciles du Latran ; elle nous en présente un tableau dont certains traits sont étudiés jusque dans les détails. On est embarrassé pour dire ce qui, dans ce travail, est digne d'une attention particulière, car tout suscite l'intérêt du lecteur. (...) L'auteur mérite aussi des félicitations pour le minutieux choix des illustrations, qui agrémentent le volume, et l'excellent index qui en rend l'utilisation aisée et commode." (René Metz, Revue des Sciences religieuses, 1966)

62.              GLOTZ (G.)(dir.). Histoire du Moyen Age. Tome VIII : La civilisation occidentale au Moyen Age du XIe au milieu du XVe siècle. Par Henri Pirenne, Gustave Cohen, et Henri Focillon. PUF, 1941, fort gr. in-8°, 705 pp, biblio, index, broché, bon état

            40

"Voici que paraît une étude synthétique sur la civilisation du Moyen Age depuis le XIe siècle, marqué par la réforme grégorienne et un élan général de résurrection, jusqu'à la date fatidique que Mahomet II imposa aux historiens occidentaux en conquérant Constantinople (1453). Sous le terme de « civilisation » se rangent trois études dont chacune vaudrait de former un livre à elle seule. La première est consacrée au mouvement économique et social, la seconde au développement intellectuel, moral et littéraire, et la troisième à l'évolution des arts. (...) En résumé ce livre, riche de substance et qui forme une sorte de triptyque, concentre sur le Moyen Age des vues en partie nouvelles, toujours consciencieusement appuyées et qui, par le fait de leur réunion, gagneront en force éducative et en fécondité." (B.-A. Pocquet du Haut-Jussé, Revue d'histoire de l'Église de France, 1934)

63.              GUENÉE (Bernard) et Françoise LEHOUX. Les Entrées royales françaises de 1328 à 1515. P., CNRS, 1968, gr. in-8°, 366 pp, 5 planches hors texte, biblio, index, reliure pleine toile bleue décorée de l'éditeur, bon état (Sources d'Histoire médiévale publiées par l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes)

            120

"Ce nouveau recueil s'insère dans le cadre des recherches que Bernard Guenée a entreprises sur l'État en France dans les derniers siècles du Moyen Age. Ces divers travaux d'approche contribuent à renouveler l'histoire politique et l'histoire des institutions par une problématique que rajeunit et affine en même temps, la référence à l'histoire des mentalités collectives. Ce livre repose, en effet, sur la juste conviction, énoncée d'emblée, que « la puissance de la monarchie repose en partie sur l'armée et la bureaucratie. Mais soldats et fonctionnaires ne sont pas si nombreux qu'ils puissent imposer le Roi au pays malgré lui. Le secret de là cohésion de l'État doit être cherché dans les esprits ». Ce qui renvoie à une enquête non seulement sur le sentiment monarchique, mais sur l'art de l'aviver et de l'exploiter : c'est-à-dire à une étude des formes de la propagande monarchique. Parmi ces cérémonies royales « au cours desquelles le Roi apparaissait en personne dans une mise en scène minutieusement conçue pour imposer de lui-même et de son pouvoir une certaine image », les auteurs ont retenu celle qui marque l'entrée du Roi dans ses bonnes villes. Ces entrées ont fait l'objet de récits d'historiographes, mais aussi de délibérations des conseils des villes en vue d'organiser la réception du souverain, de mentions dans les comptabilités de ces localités, pour enregistrer par le menu les dépenses auxquelles cette cérémonie a donné lieu. Elles ont inspiré à des rhétoriciens engagés par les villes des poèmes et, de plus en plus, de véritables mystères représentés au cours de la cérémonie. C'est assez dire la richesse et la diversité du dossier que l'on peut rassembler autour de ce thème. Mais d'autres raisons militaient en faveur de ce choix. Et la pénétrante et suggestive introduction de Bernard Guenée les expose en une vingtaine de pages fort substantielles. Tout autant qu'une fête – et une fête qui s'enrichit et se renouvelle conformément au goût d'une époque friande de spectacle et amateur de théâtre – l'entrée royale est une liturgie processionnelle. (...) « L'entrée royale, commente Bernard Guenée, est... devenue à la fin du XVe siècle, un grand théâtre où le sentiment monarchique est de plus en plus exalté et la politique royale de mieux en mieux justifiée. » L'important dossier documentaire que les auteurs ont constitué sur un thème aussi riche comporte un abondant choix de textes, pour une large part inédits, et qui ne laissent dans l'ombre aucune province. Une riche bibliographie recense, par ailleurs, toute la littérature érudite publiée sur ce thème et souvent dispersée dans des revues régionales. Comme les précédents ouvrages de la collection, celui-ci comporte une illustration réduite mais très éclairante, assortie de commentaires brefs mais denses. Un précieux recueil." (Noël Coulet, Annales ESC, 1970)

64.              GUILLOU (André). La Civilisation byzantine. Arthaud, 1990, pt in-8°, 453 pp, 28 cartes et graphiques, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Grandes Civilisations)

            20

Edition brochée reprenant le texte intégral du livre d'André Guillou (1974), avec une bibliographie sélective et actualisée complétant celle d'origine, mais sans les 206 illustrations en noir et les 8 planches en couleurs.

65.              JACOB (Yves). Bertrand du Guesclin. Connétable de France. Tallandier, 1992, in-8°, 263 pp, chronologie, 2 tableaux généalogiques, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Figures de proue)

            25

Il était laid, trapu, analphabète et mal aimé de ses parents. Il avait l’humeur querelleuse, la passion des tournois, le goût des batailles. Il s’appelait Bertrand Du Guesclin, héros quasi légendaire, vainqueur des Anglais et futur connétable de France. Destin sans équivalent que celui de ce fils de modeste chevalier breton, tour à tour chef de bande dans la forêt de Brocéliande, capitaine souverain pour le duché de Normandie, duc de Trastamare et bientôt bras armé du roi Charles V. Destin qui triomphe en mai 1364 à la célèbre bataille de Cocherel et installe un nouveau monarque sur le trône de Castille à l’issue d’un périple espagnol qui tient de l’épopée. Destinée hors du commun de ce petit noble qui deviendra le premier personnage du royaume, après le roi, en recevant le titre de connétable de France. Oui, Bertrand Du Guesclin avait bien mérité d’être appelé de son vivant le dixième preux, comme avant lui Josué, César, le roi Arthur ou Charlemagne.

66.              MARKALE (Jean). Aliénor d'Aquitaine. Payot, 1979, in-8°, 243 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Le Regard de l'Histoire). Edition originale, ex. du SP,  envoi a.s. à Jean-François Chiappe

            25

Duchesse d'Aquitaine, comtesse de Poitou, reine de France, puis d'Angleterre, symbole de l'amour courtois (elle inspira les personnages d'Yseult, de Guénièvre et de Mélusine), Aliénor d'Aquitaine n'a survécu qu'à travers sa légende. Or, cette femme hors du commun, qui mourut à 82 ans, eut une réelle importance historique, non seulement d'un point de vue politique, mais aussi parce qu'elle influença profondément les mentalités et la société de son temps. Jean Markale analyse notamment les raisons qui ont conduit les générations successives à élaborer la légende d'Aliénor, reine des troubadours.

67.              NIEL (Fernand). Les Cathares de Montségur. Seghers, 1976, in-8°, 326 pp, nombreuses photos, gravures et plans dans le texte et hors texte, notes et références, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Quelle fut cette doctrine “hérétique” qui séduisit si rapidement un tel nombre de croyants, dans le peuple comme dans les châteaux d'Occitanie, au XIIe siècle?... Fernand Niel a été l'un des premiers à se pencher sur cette énigme. Il est allé, pour cela, interroger les ruines du haut lieu incontesté du catharisme : le formidable château qui s'élève sur le “Pog” de Montségur et où périrent par le feu – lors de la croisade des Albigeois – deux cents “parfaits” qui détenaient la clé de ce savoir. Pas à pas, s'appuyant sur une analyse fouillée du mystérieux plan du château et sur les archives de l'Inquisition, Fernand Niel lève le voile sur un pan de notre histoire resté dans l'ombre pendant des siècles.

68.              PACAUT (Marcel). La Théocratie. L'Eglise et le pouvoir au Moyen Age. Aubier, 1957, pt in-8°, 302 pp, documents en annexe, biblio, index, broché, bon état (Coll. Historique)

            45

« La théocratie est la doctrine selon laquelle l'Eglise détient la souveraineté dans les affaires temporelles. » Après avoir posé cette définition liminaire, M. Pacaut entreprend de retracer la genèse de cette doctrine, son essor, son âge d'or, puis son déclin. En sept chapitres, il étudie : les premières notions, le pape et l'empereur aux IXe et Xe siècles, la théorie grégorienne, les hésitations du XIIe siècle, les synthèses du XIIIe, le temps de Boniface VIII, la décadence. Un choix de textes et une bibliographie offrent sujets de méditation et de lecture. L'index des noms de personnes permet de reconstituer l'action, souvent multiple, des principaux personnages... (Gabriel Le Bras, Archives des sciences sociales des religions, 1957)

69.              PERNOUD (Régine). Aliénor d'Aquitaine. Albin Michel, 1978, in-8°, 301 pp, nouvelle édition, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La chronique scandaleuse s'est emparée très tôt du personnage d'Aliénor d'Aquitaine. Les Français ne lui auraient-ils pas gardé rancune d'avoir abandonné la couronne de France pour celle d'Angleterre ? Quoi qu'il en soit, la réputation fâcheuse qu'on lui a faite aura marqué, pour la postérité, une personnalité féminine hors pair. Admirablement attentive à son temps, toujours prête à faire face aux situations, si tragiques fussent-elles, elle se montra au cours d'une vie particulièrement mouvementée, capable d'organiser la défense d'une forteresse, d'administrer non seulement son duché, mais tout un royaume, de prévoir l'importance qu'allait prendre, au XIIIe siècle, la bourgeoisie des villes. En suivant pas à pas une vie romanesque s'il en fut, Régine Pernoud nous a donné avec Aliénor d'Aquitaine un livre remarquable qui a été couronné par le Grand Prix littéraire de la Ville de Bordeaux et par le prix Historia.

70.              PIRENNE (Henri). Histoire économique et sociale du Moyen Age. Edition revue et mise à jour avec une annexe bibliographique et critique par H. van Werveke. PUF, 1963, in-8°, xi-223 pp, biblio, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

            25

"Cette nouvelle édition de l'ouvrage fort apprécié de Henri Pirenne a été revue et mise à jour par Hans Van Werveke, professeur émérite à l'Université de Gand. C'est la première fois que la synthèse de l'histoire économique et sociale du Moyen Age paraît en volume séparé, du moins en langue française. Elle faisait partie du t. VIII de l' “Histoire du Moyen Age”, publiée sous la direction de Gustave Glotz, aux PUF en 1933, sous le titre “La Civilisation occidentale au Moyen Age, du XIe siècle au milieu du XVe siècle”. Marc Bloch a fait, en son temps, les éloges de cette œuvre (Annales d'Histoire économique et sociale, 7, 1935, pp. 79-80). De même, Lucien Febvre a souligné l'inestimable intérêt de la pensée de Pirenne (Annales ESC, 9, 1954, p. 145). Cette réédition se devait donc de mettre en valeur les recherches postérieures à 1933. Hans Van Werveke a jugé bon de publier le texte de Pirenne en rectifiant « un nombre infime d'erreurs, lapsus échappés à la correction d'épreuves » dont il donne la liste. Cette réédition apparaît comme un instrument de travail de premier ordre. "(G.-L. Trénard, Revue du Nord) — "Admirable synthèse d'histoire économique." (Marc Bloch)

71.              PIRENNE (Henri). Les Villes du Moyen Age. PUF, 1971, in-12, 172 pp, broché, bon état (Coll. Sup - L'historien)

            15

Premier ouvrage majeur du médiéviste belge Henri Pirenne, “Les villes du Moyen Age” demeure un classique de l'histoire européenne. Le rôle des agglomérations urbaines dans la renaissance du commerce international à partir du Xe siècle, dont elles sont tout à la fois tributaires et parties prenantes, est étudié dans une perspective globale embrassant les structures et les dynamiques sociales, économiques et politiques de l'Occident médiéval. L'émergence d'une élite citadine bourgeoise, et avec elle de nouvelles normes juridiques, fiscales et institutionnelles, est le prélude d'un changement de paradigme dans l'histoire des idées qui adviendra à la Renaissance. — "Il est bon que les historiens puissent se procurer pour une somme raisonnable les classiques de l'histoire et il faut donc remercier l'éditeur d'avoir réimprimé une des oeuvres les plus importantes du grand historien belge." (Cahiers de civilisation médiévale, 1972)

72.              SASSIER (Yves). Hugues Capet. Naissance d'une dynastie. Fayard, 1986, in-8°, 357 pp, 3 cartes, chronologie, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            20

En mai 987, le Carolingien Louis V meurt des suites d'un accident de chasse. Six semaines plus tard, l'accession au trône du duc des Francs, Hugues Capet, marque l'avènement d'une dynastie qui régnera pendant huit siècles sur la France. Le succès du "coup d'Etat" qui fait de Hugues Capet un roi n'est pas purement fortuit. Il tient aux bouleversements politiques et sociaux d'un Xe siècle volontiers décrit comme la période la plus sombre du Moyen Age. Il tient aussi à l'exceptionnelle réussite d'un lignage, celui des Robertiens, qui, en moins de deux générations, est parvenu à imposer sa primauté dans l'ordre politique franc. Enfin, il doit sans doute beaucoup à la personnalité d'un homme longtemps méconnu et maltraité par l'historiographie. Prince sur le déclin, Hugues Capet n'eut certes ni la vigueur d'un conquérant ni les moyens matériels de s'imposer comme un grand chef d'Etat. Dans ce royaume franc, déchiré depuis près d'un siècle par les luttes entre grands, théâtre de l'effondrement des structures carolingiennes, il se contenta de mériter sa royauté, de l'assumer avec dignité et mesure en tenant à distance ceux qui la menaçaient, et de la transmettre à sa descendance. Ce faisant, il en rehaussa l'éthique, la sauva du naufrage et prépara l'avenir.

73.              TESSIER (Jules). Etienne Marcel. P., Alcide Picard & Kaan, s.d. (v. 1890), gr. in-8°, 216 pp, 5e édition, 15 planches hors texte d'illustrations de Frédéric Massé, un plan de Paris en 1380, reliure demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats, fer de collège doré au 1er plat (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (Coll. Picard - Bibliothèque d'éducation nationale)

            30

"En 1886, J. Tessier a cherché à laver Etienne Marcel de l'accusation d'avoir voulu livrer Paris à Charles de Navarre ; il s'attache à prouver que le récit des Grandes chroniques n'est qu'une version officielle, et que la mort du prévôt fut ourdie par le régent, de concert avec quelques bourgeois hostiles à Marcel. Cette thèse a été vivement combattue par N. Valois ; d'où une polémique assez acrimonieuse que nous indiquons pour mémoire. De la thèse de Tessier, il reste tout au moins que le récit de Pierre d'Orgemont est un récit arrangé en vue de justifier le régent ; mais d'autre part on ne saurait nier, quelles qu'aient été les circonstances de la mort de Marcel, les relations assez louches de celui-ci avec les Anglais et avec le roi de Navarre." (Auguste Molinier, Sources, 3279)

74.              THIERRY (Augustin). Récits des temps mérovingiens, précédés de Considérations sur l'Histoire de France. P., Librairie de Paris, Firmin-Didot et Cie, s.d. (1890), 2 vol. in-12, 357 et 361 pp, pièces justificatives, reliures demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs orné de fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre basane noire et havane, têtes dorées (rel. de l'époque), dos lég. frottés, bon état

            60

L es Récits des temps mérovingiens (1840) comptent parmi les grandes oeuvres historiques du XIXe siècle. Augustin Thierry (1795-1856) étudia le règne des Mérovingiens au VIe siècle à la lumière du récit de Grégoire de Tours qu'il compléta par les chroniques du temps, les légendes, les poèmes, toutes sortes de documents alors inédits. Il fit revivre en une suite de scènes colorées ce passé barbare, puissant et méconnu. Grand livre des sources mérovingiennes de notre civilisation, ce recueil illustre les événements qui agitèrent les règnes des quatre fils de Clotaire Ier, Chilpéric, Sigebert, Gontran, Caribert qui se partagèrent la Gaule, et des reines fières ou infortunées : Frédegonde, Brunehaut et Galswinthe. Augustin Thierry fut considéré comme un novateur dans le mode de narration historique. Il faut rendre justice à son style, à l'extraordinaire adresse avec laquelle il sut tirer parti des chroniques anciennes, tout en conservant leur fraîcheur et en leur donnant la pureté d'accent d'une vieille légende.

75.              [Venise] – Collectif. Venise au temps des galères. Hachette, 1968, in-8°, 295 pp, 204 illustrations en noir dans le texte et à pleine page imprimées en héliogravure, 8 illustrations en couleurs contrecollées, 7 cartes et plans, chronologie, imprimé sur papier vergé, reliure skivertex bordeaux décorée de l'éditeur, bon état (Coll. Ages d'or et réalités)

            30

Ont collaboré a ce volume : Freddy Thiriet, Maurice Aymard, Alberto Tenenti, Jean Rudel, Ruggiero Romano, Ugo Tucci, André Rochon, Jacques Goimard. — "Dans ce beau livre, bien présenté, orné de très nombreuses illustrations documentaires, dont plusieurs hors texte en couleur et de nombreuses cartes explicatives, sont réunis huit chapitres dus à la collaboration de maîtres éminents des études sur le Moyen Age italien et la Pré-Renaissance, le tout consacré à la gloire de Venise, à son apogée, c'est-à-dire au temps des galères. C'est l'histoire extraordinaire puis merveilleuse des origines de la cité des lagunes, devenue rapidement un des centres les plus brillants de civilisation dans tous les domaines. Vocation maritime qui devait entraîner une humble bourgade, isolée et épargnée par les barbares envahisseurs, à la conquête de la Méditerranée centrale et orientale, à sa mainmise sur le commerce avec l'Asie, comme aussi à la création d'un important territoire dans l'Italie du Nord-Est. Les auteurs ont judicieusement choisi le titre de leur ouvrage, car ce sont les galères de Venise qui ont créé et défendu pendant des siècles son brillant empire. L'ouvrage s'arrête au moment où Venise fut à l'apogée de sa puissance. Dans les siècles qui suivirent, siècles de lent déclin, elle devait cependant rester le foyer incomparable d'une civilisation mère de tous les arts, qui nous séduit toujours, infiniment. Ce bel ouvrage écrit alternativement par des esprits de tempéraments différents et qui se complètent est une lecture agréable et enrichissante." (J. M., Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1969)

76.              VORAGINE (Jacques de). La Légende dorée des Saints de France du Moyen Age. Textes choisis, traduits et présentés par François Garnier. Société Nouvelle des Editions G.P., 1965, fort in-8°, 447 pp, 110 illustrations en noir et en couleurs (iconographie réunie et commentée par l'auteur), reliure toile écrue de l'éditeur, une gravure estampée au 1er plat, bon état

            20

La Légende dorée (Legenda aurea en latin) est un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, qui raconte la vie d'environ 150 saints ou groupes de saints, saintes et martyrs chrétiens, et, suivant les dates de l'année liturgique, certains événements de la vie du Christ et de la Vierge Marie. Pour le médiéviste Philippe Walter, une mythologie chrétienne s'est ainsi constituée, « construite sur les croyances païennes que le christianisme dut assimiler dans le but de les contrôler ». — "... Le titre même de “Légende dorée” peut faire illusion, laisser croire à quelque chose d'artificiel, de sentimental, de faussement mystique, à un conte de fée religieux... Certes, le merveilleux y est souvent féerique, mais l'inspiration de la foi est forte, voire violente. Voilà pourquoi certaines pages nous étonnent, choquent par l'outrance des scènes, la dureté du langage... ou leur naïveté. Les tableaux de la “Légende des Saints” ne sont pas une confiserie pour gourmets, mais la nourriture d'une société chevaleresque. Toucher les coeurs, fortifier les âmes, convaincre l'incrédule de sa folie, semer et enraciner la confiance en Dieu, voilà leur objet premier, que le titre ne laisse pas soupçonner..." (Introduction)

RENAISSANCE, ANCIEN RÉGIME

 

77.              BERGIN (Joseph). Pouvoir et fortune de Richelieu. Laffont, 1987, in-8°, 381 pp, traduit de l'anglais, préface de Pierre Goubert, généalogie, cartes, glossaire, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Hommes et l'Histoire)

            25

Un livre tout à fait original et solide qui apporte beaucoup de nouvelles perspectives sur le Cardinal-Ministre. Il révèle, à partir d'archives jusqu'alors inexploitées, les sources financières et territoriales de la puissance politique du cardinal. — "Le cardinal, on le sait maintenant, avait conquis la seconde fortune en terres, argent et offices de l'Ancien Régime (Mazarin bon premier, évidemment). Un livre qui restera comme la référence essentielle sur la question." (Le Choix des Annales, Annales ESC, 1988)

78.              BLUCHE (François). Le Despotisme éclairé. Fayard, 1968, in-8°, 380 pp, essai de chronologie, biblio, broché, couv. à rabats (lég. salie), bon état (Coll. Les Grandes études historiques)

            30

"Avant d'aborder le « despotisme éclairé » comme doctrine politique, François Bluche présente à ses lecteurs les monarques et les princes qui passent, selon l'opinion commune, pour les meilleurs représentants du système. Son exposé met bien en relief la physionomie de chacun des trois « Grands » Frédéric II, Joseph II, Catherine II, et les caractères distinctifs de leur gouvernement. Le réalisme du roi de Prusse, la dictature tatillonne de l'empereur d'Autriche, le cynisme de la souveraine russe qui se moque des « philosophes », ses naïfs thuriféraires : trois portraits très réussis et, croyons-nous, très fidèles. Aussi bien, toute l'Europe a eu ses souverains « éclairés ». L'auteur a consacré de bonnes pages au Portugal, à l'Espagne, au royaume de Naples, à Parme, à la Toscane, au Danemark et à la Suède. Il y a ainsi presque partout des ministres « philosophes » qui gouvernent au nom des « lumières ». Dans un chapitre final, l'auteur soumet à un examen critique cette monarchie « éclairée », dont les politiques et les physiocrates ont fait un système. Sa conclusion est sans indulgence..." (J. Lecler, Etudes, 1969)

79.              BOSSUET (Jacques-Bénigne). Recueil des oraisons funèbres, prononcées par feu Messire Jacques-Bénigne Bossuet, Evêque de Meaux. Nouvelle édition, revue avec soin et considérablement augmentée. P., Desaint et Saillant, 1762, in-12, (6)-clxv-(3)-445 pp, reliure plein veau raciné, dos à 5 nerfs guillochés, caissons ornés dorés, pièces de titre et d'auteur basane carmin, coupes filetées, tranches marbrées (rel. de l'époque), dos frotté, bon état

            100

Bossuet a composé sa première oraison funèbre à vingt-huit ans (1655). Il y en a eu dix, l'auteur a publié les six dernières, consacrées à de grands personnages, en 1689, à l'époque du plein épanouissement de sa personnalité. Ce genre a connu un immense développement (et n'est pas complètement mort). Il a ses règles : l'orchestration du deuil, expression de la douleur et déploration, en un temps où on aimait les émotions collectives. Puis l'éloge du défunt, cher à l'orateur comme à son public et la volonté d'instruire les fidèles dans l'art de bien mourir ; enfin, des questions d'actualité, parfois brûlantes. Si Bossuet triomphe dans ce genre, ce n'est pas seulement par la magie du style, mais aussi parce qu'il a affaire à des personnages de premier plan, qu'il a bien connus; sa douleur est personnelle; il ne cache pas son émotion. La mort, selon Bossuet, démasque tous les vices : ce qui compte, c'est l'immortalité.

80.              CAFFIN-CARCY (Odile). Marie-Madeleine Mercier, nourrice de Louis XV. Perrin, 2006, in-8°, 224 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Les métiers de Versailles),  envoi a.s.

            25

Versailles, 15 février 1710. "C'est un prince", annonce le chirurgien Clément à Louis XIV. De ce jour, commence la carrière de Marie-Madeleine Mercier. Les contraintes de sa charge sont rigoureuses : interdiction de voir son mari pendant deux ans, obligation de conserver sa santé et de protéger celle du futur Louis XV En décrivant la vie quotidienne de Mme Mercier, l'auteur apporte nombre d'informations sur les usages du temps – mesures d'hygiène et pratiques parfois étonnantes, présence du père à l'accouchement, changement de couches (ou "remuer") en public, vie monacale dans l' "hôtel des nourrices". Les récompenses sont à la mesure du sacrifice : louis d'or et bijoux à la percée de la première dent, don du mobilier et de la layette de l'enfant à son sevrage, titre de femme de chambre du prince jusqu'à son passage "aux hommes" à l'âge de sept ans. L'histoire de la nourrice royale est aussi celle de l'ascension sociale exceptionnelle d'une femme : Marie-Madeleine deviendra première femme de chambre de Marie Leszczynska, tandis que M. Mercier recevra la charge de contrôleur de la Maison de la Reine. Le récit d'Odile Caffin-Carcy nous introduit dans les lieux privés de Versailles, donne à comprendre les moments les plus intimes de l'éducation des princes et porte sur certains aspects méconnus de la Cour des éclairages inédits.

81.              CALMON-MAISON (Marquis). L'amiral d'Estaing, 1729-1794. Calmann-Lévy, 1910, gr. in-8°, 512 pp, un portrait en frontispice, index, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque signée Pierson), dos uniformément passé, pt trace de mouillure au coin des 2 premiers feuillets, un coin lég. abîmé, qqs rares rousseurs, bon état. Peu courant

            200

"Charles-Henri, né le 24 novembre 1729, était le fils de Charles-François, marquis de SaiIIans, de noblesse d'Auvergne, qui prit, à l'extinction de la branche ainée de sa famille, le titre de comte d'Estaing. Celui-ci fit ses études et son académie avec le Dauphin, fils de Louis XV. II acquit ainsi des droits à la faveur et à la bienveillance royales. Entré dans l'armée, il se distingua sous le maréchal de Saxe et parvint rapidement au grade de colonel. Il sollicita l'honneur de servir aux Indes sous Lally. Fait prisonnier sous Madras, il fut renvoyé àl'ile de France. Épiloguant sur les termes d'un cartel signé par les deux nations belligérantes, il se crut dégagé de sa parole et entreprit sa première campagne maritime. Ce premier incident est utile à retenir pour apprécier d'Estaing : plus d'Intelligence et d'ambition que de caractère. II avait, en tous cas, bien jugé de ses talents et de ses intérêts. Sa campagne dans le golfe Persique, la destruction des comptoirs anglais sur les côtes de Sumatra, montrèrent un chef énergique, décidé, audacieux et persévérant, mais dur et peu scrupuleux parfois sur les moyens. D'Estaing se révélait, mais n'était-il pas plutôt apte à la guerre de course qu'à la grande guerre ? La réputation qu'il s'était créée lui permit de pousser rapidement sa fortune. Lieutenant-général des armées navales en 1762, gouverneur des IIes-sous-Ie-Vent la même année, inspecteur général et commandant de la marine à Brest, il obtint encore pour lui la création d'une troisième charge de vice-amiral. Nommé au commandement de l'escadre de Toulon pour porter secours aux « Insurgents » américains, il se trouva en butte à l'hostilité de ses états-majors qui le considéraient comme un intrus dans la marine. D'Estaing sut se faire obéir. La traversée d'Amérique fut d'une longueur inusitée et, quand la flotte française parut dans la baie du Delaware, les Anglais, qu'elle devait surprendre, étaient partis. (...) La seconde partie de ses campagnes va se passer dans les mers des Antilles. Les Anglais enlèvent Sainte-Lucie, sous ses yeux. Si ses opérations à terre sont malheureuses, sur mer il ne sait pas agir et se retire trop vite, jugeant sa position comme dangereuse (décembre 1778). A la Grenade, le 6 juillet 1779, il livrera bataille à Byron. Surpris en désordre, la vaillance de ses vaisseaux met l'ennemi en mauvaise posture ; mais, de l'avis de ses contemporains et des écrivains professionnels de nos jours, il perdit l'occasion d'une victoire éclatante. Il eût fallu, selon le mot de Suffren, qu'il fût « aussi marin que brave ». Il échoua encore à Savannah, où il dirigeait les troupes de débarquement, y montrant une incontestable bravoure. Il faut donc reconnaître que, si d'Estaing avait de grandes qualités, décision, intelligence, énergie, le coup d'oeil et la science qui font le grand homme de mer lui manquaient. L'ensemble de sa carrière donne l'impression d'un mérite incomplet. La biographie du Mis Calmon-Maison est excellente, et on ne pourra pas la négliger si on veut étudier d'Estaing. Les pages consacrées à son rôle pendant la Révolution sont excellentes. Il n'y a qu'à louer l'art avec lequel son historien a su camper son personnage au milieu des événements. Dans le bouleversement qui se produit, il ne rêve encore qu'au moyen de se grandir. Le courtisan de Versailles devient le flatteur de la démagogie. Les déceptions de son ambition passée lui paraissent une excuse à son ingratitude. Ses flatteries obtiennent de l'Assemblée la possibilité de cumuler ses droits à l'avancement dans l'armée de terre, avec son service dans la marine. Il veut être maréchal de France ; vaine ambition ! Au procès de la Reine, il montrera « une attitude affectée d'impartialité »..." (A. Auzoux, Revue des Etudes historiques, 1910)

82.              CHALINE (Olivier). Le règne de Louis XIV. Flammarion, 2006, fort gr. in-8°, 808 pp, 16 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, qqs gravures et plans dans le texte, chronologie, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, qqs rares surlignures stabilo sur 5 pages, état correct

            20

"L'État, c'est moi", la médiocre intelligence du roi, le pouvoir malfaisant de Mme de Maintenon, l'or ruisselant à Versailles au détriment du reste du royaume, la domestication de la noblesse... la liste des lieux communs qui s'attachent au règne de Louis XIV semble infinie. Il y a du vrai, d'ailleurs, là-dedans, et aussi bien des sottises. Car en soixante-douze années de règne, de nombreux témoins ont été semés en chemin, qui n'ont pas bâti comme Saint-Simon une horlogerie magnifique mais parfois trompeuse. Écoutons-les, ces témoins, pour prendre la mesure du règne de Louis : cet humble curé qui, du fond de sa province, guette le passage de la cour sur la route des Flandres pour présenter une requête au roi ; cette favorite fatiguée de la vitalité d'un souverain aussi jouisseur qu'acharné au travail ; ce marin assoiffé de conquêtes à qui s'ouvre l'immensité du monde, des Indes à l'Amérique ; ce monarque Habsbourg inquiet ou jaloux des appétits français ; ce courtisan qui s'agace de piétiner dans la puanteur du chantier de Versailles, et pour qui le roi est proie autant qu'il est Soleil... Au fil de ce livre surgissent la personnalité exceptionnelle du roi et l'emprise grandissante de son État. Mais ce qui apparaît aussi, c'est que les Français surent à la fois en tirer profit, s'en protéger autant que possible, voire opposer des résistances trop sous-estimées. Nous avons oublié à quel point le règne de Louis XIV fut divers et souple – à mille lieues de l'absolutisme roide que nous imaginons.

83.              CHASTEL (André). Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique. Etudes sur la Renaissance et l'humanisme platonicien. (Thèse). PUF, 1961, pt in-4°, 580 pp, 96 planches hors texte, biblio, index, broché, jaquette illustrée, bon état. Edition originale

            90

Cet ouvrage embrasse l'ensemble des rapports de l'art florentin à la fin du XVe siècle avec les courants intellectuels de l'époque. Il offre la mise au point critique de toute une série de travaux qui, depuis un demi-siècle, ont renouvelé l'étude de cette grande période de l'histoire de l'art. André Chastel ne se contente pas de recourir aux notions habituelles comme le mécénat médicéen et l'épanouissement de la culture. Il examine les rapports de l'art et de l'humanisme dans une perspective définie par la crise des idées et des styles qui ont mûri la Renaissance. Un jour nouveau est projeté sur les initiatives et les incertitudes du milieu florentin – illustrées par Botticelli et Filippino Lippi –, la réaction de Savonarole, l'évolution originale de Léonard, et, après un cours intermède dominé par les maîtres ombriens, l'étonnant développement de Rome sous Jules II. Les aspirations du XVe siècle toscan, l'exemple de Léonard, de Michel-Ange et de Raphaël, les doctrines artistiques du XVIe siècle forment une histoire continue dont cette étude érudite et critique dégage méthodiquement les notions essentielles. — "Peut-on dégager une philosophie de l'art (au sens moderne) des travaux de l'humanisme toscan dans le dernier tiers du XVe siècle ? Que doit à celui-ci l'activité artistique de Florence au temps de Laurent ? (...) Avec ses rites, ses admirations, sa double vocation précoce pour l'autosatisfaction et l'autocritique, sa tendance au repliement, la Cité de Laurent donne parfois l'impression d'un monde clos, où les tempéraments s'exaltent et où les obsessions montent vite. La grâce boticellienne, la distance de Léonard, l'ardeur de Michel-Ange supposent quelque chose de fort et de singulier, qui concentre des énergies intellectuelles et morales, dans des conflits inhabituels. On a essayé d'en analyser ici quelques modalités au coeur de ce qu'on appelle la Renaissance." (Préface) — "... Qu'hommage soit rendu à un historien d'art qui nous apporte, pour une période aussi décisive que celle de la Renaissance, le fruit d'une immense érudition. Que, s'en défendant, il nous ait apporté la preuve de l'étroite liaison qui existe entre les destins de l'art et ceux de la politique de Florence, nous laisse espérer de sa part d'autres travaux où un sentiment aigu qu'il possède des valeurs individuelles de l'art, qui fait la qualité du texte tout au long de ses subtiles analyses, n'apparaîtra plus à l'auteur lui-même comme un empêchement à reconnaître explicitement la portée humaine – et historique – des valeurs communes. Car, en définitive, j'en suis bien d'accord avec lui, il n'y a de social et d'historique que ce qui est d'abord dans l'individuel." (P. Francastel, Annales ESC, 1961)

84.              CHIAPPE (Jean-François). Louis XV. Perrin, 1996, fort gr. in-8°, 598 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Roi de France à cinq ans, l'arrière-petit-fils de Louis XIV grandit sous la Régence de son oncle Philippe d'Orléans, dont Jean-François Chiappe fait un brillant portrait. Devenu majeur à treize ans (1723), il attendra encore plusieurs années avant de prendre les affaires en main. Grand monarque, intimidant parce qu'intimidé, il reste simple en son intérieur, pharaonique dès qu'est en cause Sa Majesté. Homme de guerre, il la déteste. Bien-Aimé de ses peuples, il encourt la vindicte des coteries religieuses et politiques. Victime de ses sens, il n'en est pas prisonnier. Son pire ennemi : lui-même. Doté d'un savoir prodigieux et servi par une mémoire hors du commun, il a le savoir-faire mais pas le faire-savoir. Nemrod infatigable, il invente la bureaucratie, mais tempérée comme le clavecin. Tenant de l'absolutisme, il ne le confond pas avec l'arbitraire. L'autorité en haut, les libertés en bas, il s'inscrit ainsi dans le droit fil de l'œuvre capétienne. Il pave les routes, jette des ponts, perce des canaux, multiplie par trois la vitesse en usage sous les règnes précédents. Sous son impulsion, la France change de visage. Il reconstruit Rennes, Bordeaux, Aix... Paris lui doit des églises et des palais. Roi des humbles, il se préoccupe d'améliorer l'agriculture, le sort des manœuvriers, des six corps de commerçants. Il bannit les mauvaises pratiques des financiers et en termine avec la persécution des réformés. Une seule pensée le guide : l'amour de ses peuples. Louis XV leur donne la gratuité de la justice, l'égalité devant l'impôt. Et s'il perd une partie de notre premier empire colonial, il agrandit le royaume (la Lorraine et la Corse). Néanmoins, à la fin de sa vie et pendant plus d'un siècle, il devint le Mal Aimé. Pourquoi ? La réponse apparaît simple. Il n'avait point assez défendu les Pères jésuites (et ils s'en souvenaient). Il s'était aliéné, par ses réformes, le Parlement, le clergé et les "esprits forts". Enfin, en s'alliant à la maison d'Autriche, il avait heurté l'opinion dont la sympathie allait à la Prusse. Résultat : on n'évoquait plus que ses petites amours et ses incomparables favorites, la marquise de Pompadour et la comtesse Du Barry, en mettant en cause leur influence. Louis XV fut longtemps au purgatoire, mais l'étude objective de son œuvre lui vaut d'en être sorti.

85.              CLOULAS (Ivan). Catherine de Médicis. Fayard, 1981, fort in-8°, 708 pp, 16 pl. d'illustrations hors texte, 4 tableaux généalogiques, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"C'était elle qui faisait tout, et le Roy ne tournait pas un oeuf qu'elle n'en fût avertie." (Pierre de l'Estoile) — "Une femme extraordinaire", "un grand roi" : c'est le jugement de Balzac sur Catherine de Médicis. Le destin de la triste orpheline italienne est prodigieux : fille de banquiers, nièce de pape, reine de France pendant douze ans, puis, sous le règne de ses trois fils, pendant trente ans, véritable maîtresse du pouvoir. L'époque ? Sang et or : huit guerres civiles, le massacre de la Saint-Barthélémy, le meurtre des Guise, une cour brillante, dames galantes et mignons, astrologues et magiciens... De toutes parts, un combat de Titans oppose catholiques et protestants, Rome et Genève, l'Espagne et l'Angleterre. Les rapports sociaux sont bouleversés et les relations économiques perturbées par l'arrivée en Europe des trésors d'Amérique. Catherine, dans cette crise multiforme, tente l'impossible : rétablir l'ordre, imposer la tolérance, réaliser la coexistence des religions et des partis. Elle parvient tout au plus - et c'est miracle - à maintenir la cohésion de l'Etat. Jamais souveraine ne fut plus proche de ses sujets, ni ceux-ci plus écoutés : états-généraux, assemblées, colloques se succèdent. Autour d'elle gravitent Ronsard, Ambroise Paré, Bernard Palissy, Germain Pilon, Philibert de Lorme. La politique n'éclipse pas la princesse amie du luxe et des bâtiments, la femme dévote et superstitieuse. Des centaines de voyages, près de sept mille lettres attestent l'activité, l'intuition, le savoir-faire de celle qui fut, en des temps tragiques, l'une des femmes exemplaires de l'histoire de France.

86.              CORTEQUISSE (Bruno). Madame Louis XIV. Marie-Thérèse d'Autriche. Perrin, 1992, gr. in-8°, 194 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Plus de trois cents ans après sa disparition, cette biographie de « Madame Louis XIV » est la première qui ait été consacrée à la reine du Grand Siècle. Il était temps que l'on raconte enfin l'épouse légitime après avoir tant écrit sur les maîtresses. Infante d' Espagne, offerte en mariage à Louis XIV lors de la conclusion de la paix des Pyrénées, Marie-Thérèse d'Autriche, « la meilleure femme du monde », selon la princesse Palatine, partagera durant un peu plus de vingt ans l'existence du Roi-Soleil. Union pleine de contrastes : lui le premier roi de la terre, elle créature effacée, humble, uniquement occupée du souci d'être agréable à son époux auquel elle donnera six enfants, dont un seul parviendra à l'âge adulte. Constamment trompée, vite résignée à son sort, elle s'accommodera avec une philosophie non dénuée d'humour de la présence de Mlle de la Vallière, de Mme de Montespan, puis de Mme de Maintenon, de combien d'autres encore... Incapable de rancœur ou d'une mauvaise action, glacée de terreur respectueuse devant Louis XIV, elle s'attirera la bienveillance de toute la Cour, gagnant la sympathie et les cœurs en se montrant attentive et complaisante à chacun. Entourée de quelques rares intimes, elle vivra isolée au milieu de la pompe versaillaise, plainte généralement, ne gagnant de Louis XIV qu'une tendresse reconnaissante. Lorsqu'elle mourut, le Roi eut ce mot qui résume tout : « C'est le seul chagrin qu'elle m'aura donné... »

87.              COULANGES (Pierre-Philippe-Emmanuel de). Mémoires de M. de Coulanges, suivis de Lettres inédites de Madame de Sévigné, de son fils, de l'abbé de Coulanges, d'Arnauld d'Andilly, d'Arnauld de Pomponne, de Jean de La Fontaine, et d'autres personnages du même siècle, publiés par M. de Monmerqué. P., J. J. Blaise, 1820, in-12, xi-624 pp, reliure demi-veau glacé, dos lisse avec titres, filets et fleurons dorés, palette dorée en queue (rel. de l'époque), bon état

            80

Pierre-Philippe-Emmanuel de Coulanges (1633-1716) est surtout connu par les Lettres de Mme de Sévigné, sa cousine ; c'était un gai luron, qui tournait tout en chansons. — "Cousin de Mme de Sévigné, auteur de chansons agréables, grand voyageur, maître des requêtes peu assidu, Coulanges représente l'homme aimable, trouvant la vie facile et n'ayant jamais la moindre humeur. Ces caractères se retrouvent dans les mémoires relatifs aux conclaves de 1689 et 1691 (élections des papes Alexandre VIII et Innocent XII). L'auteur était alors à Rome, aux côtés de l'ambassadeur français, le duc de Chaulnes : il a été particulièrement informé et il a, à son retour, rédigé ses souvenirs où le sérieux se mêle au plaisant..." (Bourgeois et André, II, 879)

88.              DARNTON (Robert). Le grand massacre des chats. Attitudes et croyances dans l'ancienne France. Laffont, 1985, gr. in-8°, 282 pp, traduit de l'américain, 6 gravures, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Un grand massacre de chats : d'après un témoin, voilà bien l'épisode le plus comique qui se soit jamais déroulé dans l'imprimerie de Jacques Vincent, rue Saint-Séverin à Paris. Qu'y avait-il pourtant de si drôle ? Pour quelles raisons un groupe d'artisans parisiens trouvait-il là un inoubliable sujet d'hilarité ? C'est ainsi que Robert Darnton entame son exploration des attitudes et des croyances dans la France du XVIIIe siècle. Avec passion, il nous fait revivre la façon dont les Français de l'âge des Lumières conçoivent le monde ; la façon dont les paysans, bourgeois, aristocrates ou philosophes pensent et ressentent leur environnement. Tout à la fois anthropologue et historien, Robert Darnton évoque avec sensibilité ce que représentent le surprenant ou l'habituel dans les mentalités françaises du XVIIIe siècle. Il est facile et sans doute rassurant d'imaginer que nos ancêtres pensaient comme nous le faisons aujourd'hui, abstraction faite des perruques et des jabots. C'est tout le mérite d'un livre comme celui-ci de nous aider à nous libérer d'un sentiment trompeur de familiarité avec le passé.

89.              DUHAMEL (Pierre). Le Grand Condé, ou l'orgueil. Perrin, 1981, in-8°, 337 pp, 16 pl. de gravures hors texte, généalogie de Louis II de Condé, reliure skivertex vert de l'éditeur, rhodoïd, bon état

            25

Il incarna la guerre et l'orgueil. Il s'inclinait seulement devant le roi, son cousin, haïssait les cardinaux-ministres mais trébucha dans la rébellion où Mazarin l'avait poussé...

90.              DURAND (Marie). Lettres de Marie Durand, 1711-1776. Prisonnière à la Tour de Constance de 1730 à 1768. Texte revu, annoté et présenté par Etienne Gamonnet. Montpellier, Presses du Languedoc, 1998, gr. in-8°, 174 pp, 2e édition revue et complétée, 24 pl. d'illustrations hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Si plusieurs biographies ou études sur Marie Durand ; l'héroïne populaire de la foi huguenote, ont, depuis un siècle, vu le jour, ses lettres n'ont, aussi surprenant que cela puisse paraître, jamais été éditées dans leur ensemble et leur intégralité. Cette correspondance, rassemblée et annotée par Etienne Gamonnet, comporte quarante-huit lettres et billets de remerciements qui s'étendent de 1734 à 1775, mais couvrent surtout la période 1751-1768. Elle nous révèle l'histoire, les souffrances et l'indomptable « résistance » de la prisonnière de la tour de Constance, mais aussi, et peut-être surtout, elle nous montre la personnalité profonde et attachante de cette Vivaroise qui, née et morte en Ardèche – au Bouchet de Pranles –, préféra vivre trente-huit ans en prison (1730-1768) plutôt que de renier sa foi. Une figure inoubliable qui ne cesse de fasciner protestants et visiteurs de la tour de Constance à Aigues-Mortes. Un ouvrage particulièrement précieux que les documents et la riche présentation d'Etienne Gamonnet rendent d'autant plus attachant.

91.              DURAND (Yves). La Société française au XVIIIe siècle. Institutions et société. P., SEDES, 1992, in-12, xvii-332 pp, bibliographie et choix de textes, broché, couv. illustrée, qqs rares marques au stylo en marges, bon état (Coll. Regards sur l'Histoire)

            25

"Une telle compilation sera utile, non seulement aux candidats aux concours, mais à tout historien de la France du dernier siècle de l'Ancien Régime. Tous les secteurs sont représentés, les hommes et l'espace, les institutions, les structures et les groupes sociaux, le cadre de vie et le décor, les activités économiques, l'éducation et la culture, les grands débats de société, la religion, les colonies, l'opinion publique. Quant aux textes, les grands classiques de la politique et de l'économie, Arthur Young, Turcot, Necker, Lemercier de La Rivière ou l'édit de Flagellation, ceux de la littérature, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Beaumarchais, Rétif de La Bretonne, Sébastien Mercier, Chateaubriand..., mais aussi des extraits des traités de Guyot et de Durand de Maillane, des mémoires de Mme Campan, de Mme d'Épinay, de Mme Cradock, de la baronne d'Oberkirch, des pages de Duclos, de Sénac de Meilhan et de Pidansat de Mairobert, des textes plus rares comme celui tiré de la Correspondance politique secrète parlant sans fard des (in)capacités sexuelles de Louis XVI ou cette lettre du commissaire Dubuisson au marquis de Caumont sur la vie littéraire en 1740, ou encore cette belle description d'Orléans en 1752 par Mignot de Montigny." (C. Michaud, Dix-Huitième Siècle, 1993)

92.              ERLANGER (Philippe). Cinq-Mars ou la passion et la fatalité. Perrin, s.d. (v. 1970), in-8°, 319 pp, 16 pl. de gravures hors texte, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, gardes illustrées, bon état

            25

Alfred de Vigny qui consacra à Cinq-Mars un livre plein de beautés, mais relevant surtout de l'imagination, disait : "L'historien dominera le siècle qu'il veut peindre, le romancier se transportera au coeur même de ce siècle." Philippe Erlanger, historien scrupuleux et lucide, apporte une fois encore un démenti à cette définition en se plaçant à la fois au-dessus des événements qu'il évoque et dans leurs profondeurs mystérieuses. Racontant la conspiration de Cinq-Mars, il a non seulement – et pour la première fois – démonté les rouages d'une des entreprises les plus étonnantes de l'Histoire, mais il a montré comment l'avenir de la France aurait pu en être changé, puis de quelles circonstances extraordinaires a dépendu un tel renversement. En même temps, il a sondé les esprits et les coeurs, et tracé des peintures magistrales des trois protagonistes du drame : Cinq-Mars, bel "enfant perdu", devenu à son corps défendant l'instrument de la fatalité ; Richelieu, au bord de la tombe, ne reculant devant rien pour sauver son oeuvre ; Louis XIII, enfin, grand souverain méconnu, déchiré entre ses passions et son devoir, vrai stoïcien de la monarchie dont l'auteur retrace l'image, hallucinante comme un tableau du Greco. Cette étude fondée sur des documents incontestables ramène le lecteur à une époque où, dans des convulsions toujours renaissantes, les Français troublés s'interrogeaient sur le destin de leur pays...

93.              ERLANGER (Philippe). Richelieu. 1. L'ambitieux. 2. Le révolutionnaire. 3. Le dictateur. Perrin, 1967-1970, 3 vol. in-8°, 343, 411 et 375 pp, 48 planches de gravures hors texte, reliures skivertex rouge de l'éditeur, rhodoïds, bon état

            50

Complet. — Tome 1. L'ambitieux. 2. Le révolutionnaire. 3. Le dictateur. — Sans rien cacher des côtés inquiétants du personnage, Philippe Erlanger brosse de Richelieu un superbe portrait qui finit par dissiper tous les partis pris : le Cardinal fut un singulier homme d'Eglise mais sans doute le plus grand homme d'Etat que la France ait jamais connu. Un classique de la biographie. — "Après Louis XIII, Buckingham, Cinq-Mars, Richelieu complète la série des biographies brillantes que P. E. a consacrées aux grandes figures historiques de la première moitié du XVIIe siècle. Si, dans ce premier tome, l'étude est centrée sur le caractère plein de contrastes du « grand cardinal », la présentation historique des événements (Etats généraux) n'est pas pour autant négligée." (Revue française de science politique, 1968)

94.              FEBVRE (Lucien). Philippe II et la Franche-Comté. Etude d'histoire politique, religieuse et sociale. Flammarion, 1970, in-12, 538 pp, préface par Fernand Braudel, index, broché, bon état (Coll. Science de l'histoire). Thèse abrégée

            15

Un siècle après sa soutenance, Philippe Il et la Franche-Comté apparaît comme la matrice de l'oeuvre d'un géant et d'une école. Dès les premières pages, Febvre emprunte aux sciences sociales nées avec le XXe siècle : sa géographie comtoise doit à Vidal de La Blache, son analyse des pratiques marchandes et des rapports contre les pouvoirs proches ou lointains montre une connaissance de la sociologie durkheimienne, ses réflexions sur la psychologie collective des Comtois du XVIe siècle – ses lointains "pays" – reflètent ses nombreuses conversations avec son ami Henri Wallon. Le tout forme pourtant un exemple de recherche historique, car Lucien Febvre se tient toujours à sa seule place d'historien : confrontation légitime avec d'autres approches, ambition anthropologique assumée, mais dans un temps, un siècle et des lieux précis. A la lecture de ce livre majeur, on comprend pourquoi vingt ans plus tard, et Marc Bloch aidant, Lucien Febvre se lancera dans l'aventure des Annales. Et surtout pourquoi, parmi la génération suivante, les plus grands – de Braudel à Le Roy Ladurie en passant par Goubert – ont pris modèle sur cette Franche-Comté.

95.              FERRAND (Anne). Lettres de la Présidente Ferrand au baron de Breteuil, suives de l'Histoire des amours de Cléante et de Bélise, et des poésies d'Antoine Ferrand, revues sur les éditions originales, augmentées des variantes, de nombreuses notes, d'un index, et précédées d'une notice bibliographique par Eugène Asse. P., Charpentier, 1880, pt in-8°, lxxxviii-336 pp, index, broché, qqs rares rousseurs, bon état (Coll. Lettres du XVIIe et du XVIIIe siècle),  envoi a.s. de Eugène Asse

            60

Première édition de cette correspondance qui court de 1680 à 1684. – Fille de Francesco Bellinzani, cette jeune personne que ses parents donnèrent en 1676 comme épouse à Michel Ferrand, fils d'Antoine Ferrand et son successeur dans sa charge de lieutenant du Châtelet puis président de la première Chambre des Requêtes. Elle se signala surtout par ses amours contrariées pour Louis-Nicolas Le Tonnelier de Breteuil. Elle en tira une fille illégitime, Michelle, et surtout un roman, “Histoire nouvelle des amours de la jeune Bélise et de Cléante”, qui parut en 1689.

96.              FRÊCHE (Georges et Geneviève). Les Prix des grains, des vins et des légumes à Toulouse (1486-1868). Extraits des mercuriales, suivis d'une bibliographie d'histoire des prix. PUF, 1967, gr. in-8°, vii-178 pp, préface de Robert Besnier, 16 graphiques, une figure et 3 cartes, broché, bon état

            30

"Une telle publication était fort souhaitable ; elle répond parfaitement à l'intérêt porté à l'histoire des prix depuis de longues années. Ces mercuriales toulousaines ainsi mises à la portée de tous les historiens de l'économie retiendront d'autant mieux l'attention qu'elles sont plus riches, plus étendues (cinq siècles pour les céréales, trois siècles pour le vin) que les précieuses mercuriales parisiennes déjà éditées, et d'une remarquable continuité. Ces archives posent en fait deux ordres de problèmes successivement, car pour en tirer un excellent instrument de travail, il faut trancher un certain nombre de questions (métrologie et surtout influences des variations monétaires) avant d'aborder l'analyse de l'évolution des prix en elle-même. Les éditeurs des mercuriales toulousaines le montrent dans une introduction complète et précise en justifiant leur méthode de présentation. Les auteurs sont amenés d'autre part, si l'analyse des séries de prix n'est pas leur but présent, à éclairer les conditions du marché à travers cette longue période historique et par là rencontrent d'autres problèmes fort importants : l'introduction du maïs dans la région du Sud-Ouest, le développement du commerce du blé et l'influence dans ce domaine de la construction du canal du Midi, le développement de la viticulture dans cette région à partir du XVIe siècle, etc. Cette large introduction aborde ainsi l'ensemble des problèmes alimentaires sous l'Ancien Régime à propos de l'évolution toulousaine. L'ouvrage témoigne enfin d'un louable effort de bibliographie qui pourra offrir un utile point de départ à ceux qu'intéressent les recherches d'histoire des prix." (Jean Hilaire, Revue économique, 1968)

97.              FRÊCHE (Georges) et Jean SUDREAU. Un Chancelier gallican : Daguesseau, et un Cardinal diplomate : François Joachim de Pierre de Bernis. PUF, 1969, gr. in-8°, vii-150 pp, préface de Jean Imbert, biblio, broché, bon état

            30

"Ces deux études reproduisent des textes pour les diplômes d'études supérieures de Sciences Politiques qui ont été soutenus devant la Faculté de Droit de Paris. Dans son travail sur le chancelier Daguesseau, M. Frêche s'est efforcé de dégager les grands thèmes de la doctrine politique du Chancelier. Au terme de sa réflexion il a pu conclure : Daguesseau s'impose comme l'un des principaux théoriciens du gallicanisme à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIIe siècle. Résultat important, comme on le voit, qui incitera les historiens à moins négliger un personnage jusqu'ici trop oublié. — M. Sudreau, quant à lui, a tracé un portrait très vivant du cardinal de Bernis et résumé les grandes idées qui l'animaient en matière d'ordre politique et social. A ses yeux « il préfigure le réactionnaire du XIXe siècle, celui qui lie la réforme de l'Ordre et celle de ses intérêts, qui veut unir les dépositaires de l'autorité dans un même refus de l'évolution ». Ce verdict un peu raide ne mériterait-il pas d'être nuancé ? En tous cas le mérite de M. Sudreau aura été d'attirer l'attention sur un personnage oublié lui aussi, comme Daguesseau, et qui cependant occupa une place importante dans la vie de la société du XVIIIe siècle : qu'on songe à ses goûts de bibliophile – qui ont permis à la Bibliothèque municipale de Toulouse de posséder un fonds d'ouvrages uniques – , ou à son rôle à la tête de l'ambassade romaine, aux heures dramatiques de la Révolution." (R. Darricau, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1970)

98.              GIL (Christiane). Renée de France. « Ce lys au milieu des épines ». Perrin, 1990, in-8°, 287 pp, tableaux généalogiques, repères chronologiques, biblio, index, reliure skivertex éditeur, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état

            25

Renée était la seconde fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne. La loi salique hissa sur le trône, à sa place, son beau-frère, sous le nom de François Ier... Elle était appelée à monter sur le trône de Bretagne, par la volonté de ses parents, surtout d’Anne sa mère. Elevée chez son beau-frère François Ier, à la cour de France, elle ignore tout de ce qu’elle est, de ce qu’elle doit devenir, et de sa fortune. Elle est dépouillée de tous ses biens, fiancée à des seigneurs de moins en moins importants et, in fine, mariée à un principicule italien, Hercule (Ercole) d’Este. Une mésalliance qui indigne toute l’Europe. Hercule n’a aucun moyen de réclamer l’héritage de sa femme, ni aucun moyen de combattre son très puissant beau-frère, ni aucune envie de l’affronter, car celui-ci n’en ferait qu’une bouchée. Devenue veuve, Renée rentre en France. Elle a compris les abominables malversations dont elle a été victime, et a l’audace – inouïe – d’intenter un procès à son neveu Charles IX, devenu roi de France.

99.              GIRAULT de COURSAC (Pierrette). L'Education d'un roi : Louis XVI. F.-X. de Guibert, 1995, gr. in-8°, 351 pp, 2e édition revue et augmentée, 8 pl. de portraits et fac-similés hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"L'enfant est le père de l'homme". Cette maxime rappelée par l'auteur est la meilleure introduction à ce livre capital, point de départ d'une recherche de plus de quarante ans aux résultats "révolutionnaires", sur Louis XVI, le règne et la Révolution. En effet, l'examen attentif des documents qui reposaient à la Bibliothèque Nationale, à l'Arsenal et aux Archives, concernant l'éducation du futur roi, oblige tout chercheur honnête à s'interroger : comment un enfant et un adolescent d'un caractère si ferme, voire même obstiné, élevé dans une haute idée de lui-même et si exceptionnellement doué dans toutes les disciplines, a-t-il pu passer si longtemps pour un faible, ignorant et timide ? Cette deuxième édition du livre paru en 1972 a été remaniée et augmentée de deux importants chapitres. L'auteur fait valoir les très sérieuses connaissances acquises par l'héritier du trône en droit, en histoire, en géographie, en langues vivantes, en sciences physiques et techniques, en art militaire, en marine, qui expliquent les grands succès du règne, à commencer par la guerre d'Amérique et la victoire sur l'Angleterre de 1783. Il montre aussi les liens affectifs très profonds qui, contrairement aux idées reçues, unissaient Louis XV et son petit-fils, l'intimité qui a subsisté entre eux jusqu'à la fin, et l'initiation politique du futur souverain par les soins de l'aïeul et du Directeur des Affaires Etrangères. Par-dessus tout, le lecteur découvre la solidité de la formation morale et spirituelle du futur Louis XVI, qui sort de son éducation avec un "corps de principes" très élevés et rigoureux, véritable code de conduite intellectuelle et morale, aux termes duquel il ne manquera jamais. Contrairement à l'idée qu'on s'en fait aujourd'hui, il était bien évident pour le futur Louis XVI, comme pour ses éducateurs, qu'il ne suffisait pas de naître (ou d'être élu ?) pour bien gouverner.

100.          GRELLET-DUMAZEAU (André). Les exilés de Bourges, 1753-1754. D'après des documents inédits et le journal anecdotique du président de Meinières. La société parlementaire au dix-huitième siècle. Plon, 1892, in-8°, 422 pp, un portrait en héliogravure par Carmontelle, gravé par Delafosse, représentant Durey de Meinières, Président de la seconde Chambre des requêtes du Palais, à cheval sur une chaise (1760), appendices, reliure demi-basane verte à coins, dos à 5 nerfs, titres dorés (rel. de l'époque), coins émoussés, qqs épidermures, bon état

            60

En 1753 l'antagonisme entre le roi et le parlement de la capitale prit une tournure de plus en plus vive. En avril, le haut tribunal s'était mit en grève judiciaire et s'était affirmé "défenseur naturel des lois fondamentales du royaume". Le roi exila les parlementaires, qui, très vite, eurent le soutien de leurs collègues de province... Anecdotes intéressantes sur les familles de Bourges. — "Le manuscrit KK 821 des Archives nationales, sorte de journal de l'exil du Parlement à Bourges en 1753, dont l'inspiration, sinon la rédaction, peut être attribuée avec vraisemblance au président de Meinières, le seul à peu près des vingt-neuf exilés qui y soit épargné, avait fourni à M. G.-D. la matière d'un curieux et amusant travail. L'auteur a analysé le document, tantôt procédant par citations, tantôt résumant brièvement des détails un peu prolixes ; il a fait précéder et suivre sa publication d'un résumé des événements qui amenèrent l'exil du Parlement et du rôle que jouèrent par la suite les membres les plus marquants de la colonie de Bourges. Son livre est d'une lecture agréable et facile ; les détails piquants y abondent, car le journal du président de Meinières n'est pas toujours tendre pour les exilés de Bourges ; bornée, mesquine, parfois scandaleuse, souvent ridicule, riche en livres, mais pauvre en savoir, très courageuse envers le ministère, parce que celui-ci est faible et divisé, mais subissant avec une étonnante docilité l'empire de quelques meneurs, telle le président nous montre cette société parlementaire ; et cela, avec d'autant plus d'autorité qu'au fond il voudrait nous la faire voir tout autrement et qu'il joint à une critique acérée des individus un panégyrique enthousiaste du corps tout entier..." (Revue Historique, 1893)

101.          GUERDAN (René). César Borgia, le “Prince” de Machiavel. Perrin, 1974, in-8°, 329 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 2 cartes, un plan, annexes, reliure skivertex éditeur, gardes illustrées, bon état

            25

"René Guerdan, dont le premier livre d'histoire « Vie, grandeur et misère de Byzance » méritait de retenir l'attention, vient d'écrire César Borgia ou le « Prince » de Machiavel ( Perrin). La vie des Borgia appartient à l'histoire de cet étonnant Quatrocento italien. Le destin de César Borgia devait s'y inscrire en lignes de sang et de feu. Dès la mort de son frère ainé, c'est lui qui dirige les destinées de sa famille et celles de l'Italie : sa famille vécut dans la pourpre, la magnificence, les arts, les complots et les meurtres. Les petits Etats italiens suivirent son rythme endiablé d'homme d'épée. Allié à Louis XII, il réduisit les turbulents tyranneaux de Romagne puis ceux de Toscane, jouant tour à tour de la force et de la ruse, des mensonges et des caresses. Il triomphera à Pérouse, Sienne et Florence. La mort subite d'Alexandre VI le laissa à la merci de son redoutable successeur, Julien della Rovere. Vaincu, captif, libéré, emprisonné de nouveau en Espagne, César Borgia s'en évada pour s'en aller périr dans ses combats de condottiere. Mais avec lui le grand dessein des Borgia, tenter de faire de l'Italie un grand Etat unifié qui fût le centre de la civilisation et le pivot de la politique européenne, acquit une ampleur qui dépassait l'homme. Ce fut cette même politique que poursuivit son adversaire le pape Jules II. Aussi les Italiens du Cincocento gardèrent-ils le souvenir de la haute figure de César Borgia, fabuleux condottiere et mécène, qui devait trente ans après sa mort servir de modèle à Machiavel pour son livre « Le Prince ». Etayé par de solides bases historiques, le livre de René Guerdan garde un ton anecdotique et vivant qui en rend la lecture fort agréable." (Jean Chélini, France-Forum, 1975)

102.          HAMILTON (Comte Antoine). Mémoires du chevalier de Grammont, précédés d'une notice sur la vie et les oeuvres d'Hamilton, par Auger. Suivis de la table des noms propres des mémoires de Grammont et d'un choix de ses épitres en vers et de la correspondance. P., Firmin Didot frères, 1857, in-12, xxxvi-454 pp, index, reliure demi-chagrin havane, dos à 5 petits nerfs soulignés à froid, titres et fleurons dorés, tranches mouchetées (rel. postérieure), bon état

            50

L'histoire amoureuse de la cour d'Angleterre sous le règne de Charles II. — Destiné à l'Église, Philibert, comte de Gramont (1621-1707) fut éduqué à Pau, mais il s'engagea dans l'armée du prince Thomas de Savoie-Carignan. Il servit ensuite sous les ordres de son demi-frère Antoine, maréchal de Gramont, et sous le prince de Condé. Il fut sévèrement compromis pendant la Fronde, et fut exilé en 1662 pour avoir courtisé Mlle de la Mothe-Houdancourt, une des maîtresses du roi. Il alla à Londres et trouva à la cour de Charles II une atmosphère propice à son goût pour l'intrigue, la galanterie et le plaisir. Il y épousa Élizabeth Hamilton sous la pression de ses deux frères : elle était considérée comme une grande beauté de la cour anglaise, mais cela ne dissuada pas Gramont de continuer ses exploits galants. Autorisé à retourner en France en 1664, il revint plusieurs fois en Angleterre pour plusieurs petites missions diplomatiques. Il fournit à quatre-vingt ans à son beau-frère Antoine Hamilton le matériau de ses Mémoires. Une fois écrites, il vendit le manuscrit pour 1500 francs. Fontenelle, censeur de la presse, refusa de laisser paraître un ouvrage où les défauts de Gramont étaient si crûment exposés, mais Gramont, pour ne pas perdre ses 1500 francs, appela lui-même le censeur et leva l'interdiction. Il mourut le 10 janvier 1707, et les Mémoires parurent six ans plus tard. Hamilton retrace le portrait de Gramont sans commentaire ni condamnation, si ce n'est par petites touches ironiques, et compose par là la plus plaisante description de la cour de Charles II.

103.          HENRY (Gilles). Louis XIII le Juste. France-Empire, 1998, gr. in-8°, 321 pp, 8 pl. de gravures hors texte, liste des villes et lieux-dit de France visités par Louis XIII, biblio, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

Louis XIII le Juste (1601-1643), second souverain bourbon en France, est moins médiatique que son père Henri IV ou que son fils Louis XIV : être secret et solitaire, il semble tenir le second rôle d'une tragédie dont Richelieu serait le maître. Traumatisé par l'assassinat de son père, méprisé par sa mère Marie de Médicis, il prend le pouvoir sur un coup d'Etat en éliminant Concini. Influencé par Luynes ou d'autres favoris, il fait Premier ministre le redoutable cardinal, l'homme rouge. Ensemble, ils se fixent trois objectifs pour notre Histoire : ruiner le parti huguenot et anéantir une opposition prête à renverser le pouvoir royal, rabaisser l'orgueil des Grands et du parlement, volontiers factieux, abaisser la maison d'Autriche, adversaire de la France depuis François Ier et de nouveau menaçante aux frontières. Le siège de La Rochelle et la journée des Dupes sont les moments forts de cette politique. Lorsque Louis XIII et Richelieu meurent à quelques mois d'intervalle, la guerre de Trente Ans se poursuit mais l'Artois, l'Alsace, le Roussillon sont conquis et les cabales de Monsieur matées. Certes, Anne d'Autriche a déçu le roi avec l'affaire Buckingham, la conspiration de Chalais et son comportement avec l'Espagne, mais elle retrouve sa place après le complot de Cinq-Mars, ayant donné naissance à un dauphin attendu pendant vingt-trois ans, elle sera régente. Louis XIII passe pour un homme effacé, mais avec Richelieu, il a centralisé le pouvoir politique de la France en montrant d'exceptionnelles qualités : son temps est celui de Descartes, Corneille, Malherbe, Pascal, Saint-Vincent-de-Paul et du style Louis XIII. Très pudique, réservé avec les femmes, ses "aventures" avec Louise de La Fayette, Marie de Hautefort ou divers favoris donnent à Louis XIII un comportement homosexuel nullement prouvé car ce "bourreau de soi-même" est avant tout un éternel voyageur, un chasseur invétéré et un infatigable soldat. Nous suivons ici, au jour le jour, la vie de cet homme de devoir.

104.          LA VARENDE (Jean de). Le Maréchal de Tourville et son temps. Flammarion, 1952, in-8°, 254 pp, illustré de dessins de l'auteur hors texte, broché, un portrait de Tourville en couv., bon état

            25

Présenté à l'âge de quatre ans dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte, Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville (1642-1701) mène très jeune plusieurs campagnes en mer Méditerranée contre les Turcs. En 1666, il intègre la Marine royale et est nommé capitaine de vaisseau l'année suivante. C'est pendant la guerre de Hollande que Tourville se distingue pour la première fois pendant la campagne de Sicile, aux batailles d'Alicudi, d'Agosta et de Palerme en 1676. La paix revenue, il commande une escadre de quatre vaisseaux, en 1679, lorsqu'il est pris dans une tempête au large de Belle-Isle. Son vaisseau Le Sans-Pareil coule et il ne doit sa survie qu'à l'intervention du chevalier de Coëtlogon. Promu lieutenant-général des armées navales en 1682, il est nommé vice-amiral du Levant en 1689, un an après la mort du « Grand Duquesne ». Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il se distingue à nouveau à plusieurs reprises au cap Béveziers en 1690, à la bataille de la Hougue en 1692 et l'année suivante lors de la prise du convoi de Smyrne. Fait maréchal de France, il se retire à la fin de la guerre. Il meurt à Paris en 1701, à l'âge de 59 ans. — Jean de La Varende, l’un des écrivains les plus renommés de l’entre-deux- guerres est à la fois le romancier normand du pays d’Ouche et le biographe des grands hommes de la mer comme Jean Bart, Surcouf... et Tourville. Originaire de Normandie, ayant passé une partie de son enfance à Rennes dans la maison de son grand-père, l’amiral de Langle, il y découvre les bateaux dont il réalisera de superbes maquettes et devient un visionnaire des combats maritimes. Ainsi dresse-t-il le portrait et devient-il le coloriste des faits et gestes d’un des plus grands marins de tous les temps : le Maréchal de Tourville...

105.          LEBEY (André). Le Connétable de Bourbon, 1490-1527. Perrin, 1904, in-8°, 448 pp, 2 pl. de portraits hors texte (dont le frontispice), broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            60

"Parmi les personnages qui vécurent autour de François ler, le connétable de Bourbon est certainement l'un de ceux dont l'existence fut le plus tourmentée. La grandeur de sa fortune, l'éclat de ses dignités, les questions de divers ordres que soulève son procès, sa trahison, sa campagne infructueuse en Provence et l'extraordinaire marche sur Rome, l'horreur tragique de sa fin préludant au sac de la Ville Eternelle, voilà de quoi exciter la curiosité érudite d'un psychologue et mettre à l'épreuve la diligence inlassable d'un historien : c'est un beau sujet, et vaste, et d'importance capitale." (V.-L. Bourrilly, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1904-1905)

106.          LECLERCQ (Henri). Dom Mabillon. Letouzey et Ané, 1953-1957, 2 vol. pt in-8°, 998 pp, pagination continue, notes, catalogue de la correspondance de Mabillon en appendice, brochés, bon état

            70

La meilleure biographie du moine bénédictin mauriste Jean Mabillon (1632-1707) par l'érudit Dom Henri Leclercq. Dans cette synthèse fort complète, on trouve les étapes essentielles de la vie du moine qui, "pauvre né de parents pauvres" et après sa jeunesse en Champagne et sa vocation religieuse, épanouit son immense talent lorsqu'il est enrôlé par Luc d'Achery, le bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l'un des premiers savants de la congrégation mauriste, pour publier notamment “Les Actes de la vie des saints bénédictins”. Bientôt il rédige “La Diplomatique”, et voyage en Italie, en Allemagne, en Lorraine, en Alsace. Leclercq retrace aussi l'engagement de Mabillon dans les débats religieux de son temps, la dispute avec Rancé, la querelle de l'Augustinisme, puis sa nomination à l'Académie des inscriptions et Belles Lettres, où l'érudition religieuse côtoie l'érudition laïque et lui passe le témoin. Un ouvrage de référence.

107.          LOUIS XIV. Manière de montrer les jardins de Versailles. P., Les Iles d'Or, 1951, gr. in-8°, 15-(36) pp, préface de Raoul Girardet (15 pp), 34 gravures dans le texte, broché, 1er plat illustré, bon état

            25

Plus qu'un véritable guide, c'est un itinéraire de promenade dans les jardins du château de Versailles que Louis XIV a fixé dans sa Manière de montrer les jardins de Versailles en 1704. Les historiens continuent de s'interroger quant à l’usage de ce "manuel", qui n’était pas destiné à la publication. Etait-il destiné à des réceptions officielles ? Pour les fontainiers afin qu'ils sachent quelles fontaines mettre en eaux ? Pour lui-même lorsque, perclus de goutte (maladie qui provoque d’intenses douleurs des articulations), il se faisait tirer dans une « roulette » ? Car la rédaction des manuscrits est assez tardive. Il en existe six versions qui s'échelonnent entre 1689 et 1705, conservées à la Bibliothèque nationale de France ; certaines écrites de la main même du Roi, d'autres par un de ses secrétaires et simplement corrigées par lui. L'itinéraire varie peu d'une version à l'autre et couvre environ 4 à 8 km, selon la destination. Si le promeneur se rend à la Ménagerie où à Trianon, le trajet s’allonge. Aujourd'hui, bien que les jardins aient subi quelques transformations depuis leur création, il est toujours possible de marcher dans les pas du Roi-Soleil. « On fera une pause pour voir le parterre du Midy, ou de là, en s’avançant sur la balustrade de l’Orangerie, d’où l’on verra le parterre des Orangers, et le Latone des Suisses » note-t-il. Le visiteur peut prendre le temps de découvrir tous les points de vue qu'offre chacune des étapes suivantes, dont certaines sont restées célèbres : le parterre d'Eau, l'Orangerie, le bassin de Latone, les bassins de Flore et de Cérès...

108.          MARIE-ANTOINETTE. Correspondance inédite de Marie-Antoinette, publiée sur les documents originaux par le comte Paul Vogt d'Hunolstein. P., Dentu, 1864, in-8°, iii-304 pp, reliure demi-basane havane, dos lisse avec tire et filets dorés, tranches mouchetées (rel. de l'époque), coupes abîmées, pt manque de cuir sur un mors, trace de mouillure ancienne, état correct

            80

Correspondance de 1770 à 1792. — "... Comme reine, comme femme, elle peut avoir ses faiblesses, ses troubles secrets, ses révoltes ; elle n’a point à s’humilier devant la mort, et s’il est une figure à laquelle le jour de l’histoire soit propice, qui ne souffre aucunement des divulgations les plus intimes, c’est celle-là. Elle se relève au contraire sous cette lumière nouvelle qui afflue aujourd’hui de toutes parts ; elle grandit dans cette correspondance que M. le comte d’Hunolstein livre à la curiosité contemporaine..." (Revue des Deux Mondes, 1865)

109.          MONGRÉDIEN (Georges). La vie quotidienne des comédiens au temps de Molière. Hachette, 1966, in-8°, 284 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Comment vivaient les comédiens du XVIIe siècle ? C'est ce que Georges Mongrédien nous décrit avec précision, en les replaçant d'abord dans a société de leur temps, puis dans leurs propres théâtres, Hôtel de Bourgogne, théâtre du Marais, Palais-Royal, Comédie-Française, Italiens, Opéra. Nous voyons ces artistes vivre dans les coulisses et à la scène régler tous les problèmes de la représentation théâtrale – décors, mise en scène, costumes –, évoluer dans leur vie familiale et professionnelle. A l'histoire des grands acteurs parisiens, Georges Mongrédien ajoute celle, plus pittoresque encore, des comédiens errants, que, grâce à des documents nouveaux, il a pu suivre dans leurs pérégrinations à travers la France et l' Europe entière. Ce livre, dû à un spécialiste, qui ne néglige pas l'anecdote, constitue un panorama très animé de la vie théâtrale en France au XVIIe siècle, depuis les premiers farceurs de l'Hôtel de Bourgogne jusqu'aux grands interprètes du théâtre classique.

110.          MURAT (Inès). Colbert. Fayard, 1980, in-8°, 456 pp, 16 pl. de documents hors texte, biblio, broché, couv. à rabats, bon état

            20

Les archives de Colbert, dont une partie était encore inédite à ce jour, concernent toute la politique française de Richelieu à la maturité du règne de Louis XIV. Pour la première fois, nous suivons pas à pas l'ascension de l'homme de confiance de Mazarin, devenu le principal ministre du Roi Soleil, l'artisan des réformes de fond du régime, le protagoniste d'un rêve économique, dont il supportera mal l'échec. Pour la première fois aussi, "l'affaire" Fouquet et celle des poisons nous apparaissent sans ambiguïté grâce à l'étude méthodique des papiers personnels de Colbert. Descendante de Colbert, Inès Murat a eu accès aux archives de sa famille.

111.          MURAT (Inès). Madame du Deffand, 1696-1780. La lettre et l'esprit. Perrin, 2003, in-8°, 330 pp, 8 pl. d'illustrations en noir et en couleurs hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

Qui, mieux que Marie de Vichy, devenue à vingt-deux ans marquise du Deffand, vérifia au long de son existence que la gloire est le deuil éclatant du bonheur ? Née en 1696 de noblesse bourguignonne, la jeune provinciale, à force de charme et d'esprit, commença de conquérir Paris en approchant de très près le Régent. Dans le salon qu'elle ouvre bientôt au couvent Saint-Joseph, elle accueille tout ce qui possède alors de l'intelligence et du talent. Dans la célèbre pièce couleur bouton d'or se pressent ainsi le duc de Lauzun et la duchesse de Luxembourg, Montesquieu, d'Alembert et Voltaire, qui lui voua une amitié durable. Mme du Deffand, son chat sur les genoux, parle un peu et avec piquant, écoute beaucoup, et surtout tient une correspondance d'une inimitable justesse d'expression. La vie mondaine et maîtrisée tourne au drame intime et poignant lorsque, en 1753, Marie du Deffand entre dans la nuit. Tandis que ses yeux n'entrevoient plus que des ombres, son coeur s'embrase pour Horace Walpole, de vingt ans son cadet, et la femme de tête et de raison connaît jusqu'à l'extrême le tourment d'une passion impossible. Alors, en elle, l'écrivain prend toute sa dimension d'humanité et les Lumières laissent place aux feux naissants de la sensibilité romantique.

112.          NEVEUX (Hugues). Vie et déclin d'une structure économique. Les grains du Cambrésis (fin du XIVe - début du XVIIe siècle). (Thèse). P.-La Haye, Mouton, 1980, gr. in-8°, xiii-443 pp, avant-propos d'Emmanuel Le Roy Ladurie, 8 pl. hors texte, 6 cartes, 33 graphiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Hugues Neveux tente de reconstituer les fluctuations de la production céréalière d’un petite région spécialisée dans les grains, à partir d’indices indirects (dîmes, arrérages, rabais) et de comprendre la structure économique qui engendre ces mouvements, son évolution et son déclin. Il aboutit ainsi à une étude sociale des gros fermiers. — "Ce livre illustre à merveille les avantages et les inconvénients de l'histoire sérielle. On y voit une exploitation approfondie d'une série de documents quantitatifs largement étalés sur l'échelle chronologique, mais ne donnant une vive lumière que sur une sujet restreint dans un cadre spatial limité. Dans le cas présent la recherche porte sur une partie des « grains du Cambrésis » désormais connus grâce à des échantillons sélectionnés, notamment des sources dîmières de quelques communautés religieuses cambrésiennes. L'auteur présente les fluctuations de la production céréalière, les facteurs de cette production, la vie et le déclin d'une structure économique. Les mouvements courts et longs, ces éléments caractéristiques d'une économie quantifiée et cyclique, liée à de grands marchés urbains, sont étudiés en deux étapes. L'auteur les examine d'abord à propos des variations de la production et il en reprend l'analyse dans la seconde partie : celle des facteurs. Les prix apparaissent alors. (...) Une recherche systématique, menée avec persévérance et méthode sur de riches séries comptables et cette description de la fermeture sur lui-même du marché cambrésien à l'époque moderne contrastant avec les progrès de son ouverture à l'exportation si nets pendant la majeure partie de la fin du Moyen Age." (Gérard Sivéry, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1983)

113.          PARÉ (Ambroise). Dix Livres de la Chirurgie avec le Magasin des Instrumens necessaires à icelle. Tchou, aux dépens du Cercle du Livre Précieux, 1964, in-12, (52)-234 feuillets-(2) pp, un portrait en frontispice, 158 gravures sur bois dans le texte, bandeaux, lettrines, reliure plein cuir chocolat de l'éditeur, dos lisse avec auteur et fleurons dorés, décor à encadrements dorés sur les plats, bon état (Coll. Monumenta medica). Réimpression de l'édition de Paris, Le Royer, 1564

            50

« Avec Dix livres de chirurgie…, Paré entend faire connaître tout ce que lui ont appris ses expériences de guerre ». L’ouvrage reprend la seconde édition du traité sur les plaies causées par les armes à feu, revue, corrigée et augmentée par l’auteur, notamment pour le « magasin des instruments » qu’il enrichit de plus de 60 pages ; il ajoute de surcroît trois chapitres entiers sur l’urologie. C’est dans ces Dix livres que le célèbre chirurgien décrit et promeut, pour la première fois, l’emploi de la ligature des artères pour les amputations, tout en proscrivant celui de la cautérisation. D’origine modeste, Ambroise Paré (1510-1590) mena la vie mouvementée de chirurgien militaire pendant trente ans, dans un premier temps en tant que simple apprenti chirurgien barbier avec l’armée d’Italie en 1537. Il gravit peu à peu les échelons et devint chirurgien de quatre rois de France : chirurgien ordinaire d’Henri II et de François II, puis premier chirurgien de Charles IX et de Henri IV. C’est à Charles IX que Paré dédie le présent ouvrage : à la suite de la dédicace se place un Discours s’adressant au monarque, dans lequel il réfute l’idée que les blessés du siège de Rouen périrent en grand nombre à cause de boulets ou de poudre empoisonnés et où il met en cause « l’intempérance » de l’air. Voulant faire oeuvre de pédagogie auprès des élèves chirurgiens, Paré soigna toujours la qualité de ses éditions et la réalisation de leurs gravures : en 1561, il s’adressait pour la première fois au libraire et graveur Jean Le Royer, fils de son ancien imprimeur, la veuve Jean de Brie ; les trois édition de Paré dues à Le Royer – l’Anatomie universelle du corps humain (1561), la Méthode curative des playes (1561) et les Dix livres de la chirurgie (1564) – sont considérées comme étant les plus belles et plus soignées.

114.          PETITFILS (Jean-Christian). Fouquet. Perrin, 1998, gr. in-8°, 607 pp, 8 pl. de gravures hors texte, 2 généalogies, annexes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Nicolas Fouquet (1615-1680), surintendant des Finances de Louis XIV, était un personnage plein de charme, fin et distingué, affable et complaisant, à l'intelligence aiguisée et aux multiples talents : juriste éminent, habile financier, diplomate avisé, ami fidèle, grand mécène, protecteur des artistes, des poètes et des écrivains (La Fontaine, Corneille, Madame de Sévigné...), grand bâtisseur (on lui doit l'éblouissant domaine de Vaux-le-Vicomte), en même temps que grand amoureux... Son rôle politique, souvent méconnu, a été capital dans la période difficile qui va de la fin de la Fronde à la mort de Mazarin. Usant de son crédit personnel, finançant l'effort de guerre, il sauva la monarchie de la faillite. Rongé par la chimère et l'ambition, rêvant de devenir un nouveau Richelieu, entretenant autour de lui un vaste réseau de créatures dévouées comme de belles et dangereuses espionnes, fortifiant pour son compte la citadelle de Belle-Île, ce fastueux ministre ne pouvait que se heurter à l'autorité naissante du jeune Louis XIV. Il fut accusé d'avoir puisé dans les caisses de l'Etat. Son arrestation par le fameux d'Artagnan, suivie de son procès retentissant, fut le début de la révolution royale. Fut-il réellement coupable ou victime de la jalousie de ses nombreux ennemis ? S'appuyant sur des recherches d'archives approfondies et des documents inédits, alliant la sûreté de la documentation à l'élégance du style, jamais ouvrage n'avait apporté un éclairage si nouveau sur ce personnage fascinant et son époque, celle de la France baroque, de sa foisonnante diversité, de sa richesse artistique, de ses grandeurs comme de ses incommensurables désordres.

115.          [Pléiade] – SAINTE-BEUVE (Charles-Augustin). Port-Royal. Texte présenté et annoté par Maxime Leroy. Gallimard, 1971-1987, 3 vol. in-12, 1292, 1308 et 1100 pp, imprimés sur papier bible, introductions, biblio, notes, index des notes, reliures plein cuir souple de l'éditeur, dos lisses ornés de filets dorés, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)

            100

Contient : t. I : Discours prononcé dans l'Académie de Lausanne à l'ouverture du cours sur Port-Royal (1837) - Origine et renaissance de Port-Royal (Livre I) - Le Port-Royal de M. de Saint-Cyran (Livre II) - Pascal (Livre III). – t. II : Pascal, suite (Livre III) - Écoles de Port-Royal (Livre IV) - La Seconde génération de Port-Royal (Livre V). – t. III : La Seconde génération de Port-Royal, suite (Livre V) - Le Port-Royal finissant (Livre VI) - Conclusion - Appendice. — Peu à peu, Sainte-Beuve (1804-1869) se relève du tort que lui a fait Proust et retrouve dans les lettres françaises la place qui fut la sienne : une des toutes premières. Compagnon de route des romantiques, il publie un excellent roman et des poèmes, dont Baudelaire saluera la modernité, avant de se consacrer à la critique pour en faire un genre littéraire à part entière. En août 1837 il va à Lausanne pour y donner une série de leçons sur Port-Royal qu'il élargira aux dimensions d'une vaste fresque, publiée entre 1840 et 1859. En effet, le mouvement de Port-Royal ne se limite pas à l'abbaye que Louis XIV a fini par faire raser, faute de pouvoir en réduire l'influence ; il comprend des écrivains, comme Pascal et Racine, des théologiens et des philosophes, comme Saint-Cyran et Arnauld, des hommes politiques et des femmes du monde, comme le prince de Conti et Mme de Sévigné. Il représente l'une des grandes traditions françaises de compréhension du christianisme, celle qui préfère saint Augustin à saint Thomas, Descartes à la scolastique, l'église gallicane au catholicisme de Rome. C'est l'opposition des jésuites et des jansénistes ; c'est l'opposition entre le baroque de Corneille et le classicisme de Racine. C'est enfin l'opposition à la monarchie absolue de Louis XIV, décidé à faire l'unité politique et religieuse du royaume contre tout esprit de fronde quel qu'il soit. Tous les écrivains de l'époque se sont confrontés aux idées de Port-Royal. Pour Sainte-Beuve, l'augustinisme est un révélateur qui lui permet de ressusciter le Grand Siècle. Les six livres de Port-Royal, publiés de 1840 à 1859, sont le développement et l'approfondissement du cours qu'a donné Sainte-Beuve à l'Académie de Lausanne durant l'année 1837-1838. Le livre premier retrace à grands traits l'histoire de Port-Royal de sa fondation, au début du XIIIe siècle, jusqu'à l'époque de Louis XIII, qui est celle des sueurs Arnauld et de saint François de Sales, mais aussi des débuts de Corneille et de Rotrou. Ainsi, d'emblée, Sainte-Beuve situe la problématique de Port-Royal dans le contexte des mouvements philosophiques, spirituels et littéraires du Grand Siècle. Le livre II est consacré au Port-Royal de Saint-Cyran et à la lente pénétration du jansénisme. Le livre III est une évocation précise et vivante du génie de Pascal, sommet de la culture classique. Le livre IV présente les Écoles de Port-Royal, leurs maîtres, leurs élèves, parmi lesquels Racine. Le livre V est celui de la seconde génération de Port-Royal, représentée par Arnauld et Nicole, les auteurs de la Logique et de la Grammaire de Port-Royal. C'est aussi l'époque des grandes persécutions qui aboutiront, au livre VI, à la fermeture et à la destruction de Port-Royal, événements qui sont contemporains des derniers chefs-d'oeuvre de Racine, Esther et Athalie. À travers le microcosme de Port-Royal, Sainte-Beuve brosse un tableau haut en couleur du XVIIe siècle dans toute son étendue. Un siècle où littérature et politique, philosophie et spiritualité sont étroitement liées. (Robert Kopp)

116.          [Pléiade] – SEVIGNÉ (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de). Correspondance. Tome II : juillet 1675-septembre 1680. Texte établi, présenté et annoté par Roger Duchêne. Gallimard, 1974, fort in-12, 1609 pp, imprimé sur papier bible, notes et choix de variantes, reliure plein cuir souple de l'éditeur, dos lisse orné de filets dorés, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)

            30

Tome II seul (sur 3). — "On ne peut contester à Marie de Rabutin Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696), le titre de plus célèbre épistolière de France. Ses lettres écrites d'un ton libre et d'un style inventif nous introduisent dans sa familiarité et dans celle de son siècle. Si les lettres à sa fille, Mme de Grignan, nous la montrent mère passionnément attentive, on ne peut négliger le rôle qu'elle joue de témoin, souvent spirituel et amusé – mais aussi depuis l'affaire Fouquet, parfois inquiet et réprobateur –, des petits et grands événements du règne de Louis XIV." (Jacques Prévot) — Mme de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, coulant de source, dont elle a su conserver, à l'intention de ses correspondants, la succulente spontanéité. Lettres de la ville, lettres de la cour, lettres de Bretagne, lettres au cousin Bussy. Lettres surtout à sa fille, les plus belles après le départ de Mme de Grignan pour la Provence où son mari était nommé lieutenant-général. «La passion parle là toute pure», comme aurait dit Alceste et comme le dira un personnage de Proust : «Ce que ressentait Mme de Sévigné pour sa fille peut prétendre beaucoup plus justement ressembler à la passion que Racine a dépeinte dans Andromaque ou dans Phèdre que les banales relations que le jeune Sévigné avait avec ses maîtresses.» Rares sont les textes du XVIIe siècle qui nous permettent d’effectuer une telle plongée au cœur de la sphère intime, associant les soucis du quotidien et le questionnement spirituel, les états d’âme et les états des lieux, les réalités du temps et les chimères de l’imaginaire. Lectrice infatigable, raffinée sans préciosité, savante sans pédanterie, Mme de Sévigné se montre ici d’une liberté de ton unique.

117.          RATHERY (E. J. B.). Le comte de Plélo, un gentilhomme français au dix-huitième siècle, guerrier, littérateur et diplomate, d'après des papiers de famille et les archives du ministère de la guerre et des affaires étrangères. Plon, 1876, in-8°, xxxi-300 pp, broché, dos fendu recollé, bon état

            50

"Le comte de Plélo n'est guère connu que par sa mort héroïque sous les murs de Dantzig en 1734. C'est en éditant les œuvres de d'Argenson que M. Rathery a fait sa connaissance. Peu à peu il a reconstitué ce portrait d'un homme de mérite qui a été mêlé, quoique toujours en seconde ligne, à tout le mouvement du siècle et qui peut servir de type pour toute une génération de nobles français. Il nous le montre, entraîné d'abord par l'exemple de ses jeunes amis, gaspillant une notable partie de sa fortune dans les folies d'usage ; puis se mariant et trouvant l'amour dans le mariage, si bien qu'on voit déjà percer dans ce gentilhomme, qui a vécu dans le premier tiers du XVIIIe siècle, la réforme morale qui en marquera la fin : par ce côté, Plélo appartient à ce groupe d'âmes sensibles et de coeurs généreux que nous connaissons déjà par la correspondance de la comtesse de Sabran et du chevalier de Boufflers ; on ne le croirait pas contemporain du maréchal de Richelieu et des derniers roués de la Régence..." (Revue Bleue, politique et littéraire, 1877)

118.          TIBERGHIEN (Frédéric). Versailles. Le chantier de Louis XIV, 1662-1715. Perrin, 2002, gr. in-8°, 378 pp, 32 pl. d'illustrations en couleurs, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

Versailles fut le plus grand chantier d'Europe au XVIe siècle : 53 années de travaux ; 36.000 hommes mobilisés ; des dizaines de milliers de tonnes de pierre, de marbre, de tuyaux de fonte ou de charbon employés ; des millions d'arbres prélevés dans les forêts ; 7.700.000 mètres cubes de retenues d'eau ; 120.000 mètres carrés de toitures... pour un montant de 100 millions de livres. Et un château finalement payé partiellement à crédit ! Ce livre raconte comment toutes les ressources de la France ont été mobilisées par une centaine d'hommes, Louis XIV en tête, pour orchestrer ce chantier et contribuer à la gloire du Roi-Soleil. Frédéric Tiberghien, maître des requêtes au Conseil d'Etat, a eu accès à des archives inédites. Il explique tout à la fois l'origine du projet, la vie quotidienne sur le chantier, les intrigues de pouvoir et les arrangements financiers qui ont jalonné la construction du château.

119.          TOUCHARD-LAFOSSE (G.). Chroniques de l'Œil-de-Boeuf sous Louis XIII, des petits appartements de la Cour et des salons de Paris, rassemblés par G. Touchard-Lafosse. Editions de la Renaissance, Club Géant Historique, 1967, in-8°, 486-(8) pp, reliure pleine basane bleue de l'éditeur, dos lisse orné, décor d'encadrements doré sur les plats, bon état. Edition numérotée imprimée sur papier bouffant de luxe des Papeteries Darblay

            30

Ces chroniques, qui vont de l'année 1624 à l'année 1642, ont l'originalité d'être très rigoureusement historiques et en même temps assez romancées. Elles sont savoureuses à cause de leur style et de leur côté piquant, à la manière des mémoires de Saint-Simon. En effet, l'Oeil de Boeuf a imaginé des dialogues vraisemblables et arrangé une série de mises en scène amusantes ajoutant quelques coups de pinceaux à tous les portraits.

120.          TROUSSON (Raymond). Jean-Jacques Rousseau. I. La marche à la gloire. Tallandier, 1988, gr. in-8°, 509 pp, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

De sa naissance en 1712, à la publication de la « Lettre à d’Alembert » en 1760, Raymond Trousson retrace dans cette première partie de sa biographie de Rousseau, les étapes de La marche à la gloire : fugue, conversion, errance et bohème ; de Genève à Paris en passant par Lyon et Turin, de Madame de Warens à Madame d’Houdetot, de Diderot à d’Alembert. Jusqu’en 1749, ses échecs ont été sa chance. Si on avait bien reçu son système de notation musicale, s’il avait pu percer dans la carrière diplomatique, si l’on avait applaudi ses Muses et admiré son Narcisse, l’appel de l’Académie de Dijon mettant au concours le sujet : « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer les mœurs ? » n’aurait rien réveillé en lui. Mais il n’a pas réussi, malgré ses efforts, pour se mettre au diapason du monde. Il peut donc affirmer la vertu et la pauvreté contre le luxe, le brillant et les faux-semblants. Tout ce qui précède son Discours sur les arts et les sciences ne comptera plus. Hugo a un mot pour cela : « Les bêtises que je faisais avant ma naissance ». Avec le Discours, Rousseau va pouvoir dire sa singularité, sa différence et crier au monde : Je suis Rousseau ! Grâce à sa réelle connaissance de l’homme comme de l’époque, ce siècle des lumières qu’il décrit en profondeur, l’auteur analyse en psychologue délicat les contradictions de l’homme et de son temps, de l’écrivain et de la vie. “Voici, disait Rousseau à propos des Confessions, le seul portrait d’homme peint exactement d’après nature et dans toute sa vérité.” Sur le « divin Jean-Jacques » complexe et complexé, contradictoire et sincère, innocent et coupable, Raymond Trousson signe ici un livre informé et vivant, véritable ouvrage de référence.

121.          VAISSIÈRE (Pierre de). Messieurs de Joyeuse (1560-1615). Portraits et documents inédits. Albin Michel, 1926, in-8°, 351 pp, 20 gravures, portraits et fac-similés hors texte, broché, bon état (Coll. Ames et visages d'autrefois)

            60

Anne de Joyeuse (1560-1587) est le plus représentatif des membres de la maison de Joyeuse : baron d'Arques, baron-héréditaire de Languedoc, vicomte puis duc de Joyeuse, amiral de France, il est l'un des mignons du roi Henri III. Il sera tué le 20 octobre 1587 à la bataille de Coutras (Gironde).

RÉVOLUTION

 

122.          ALMERAS (Henri d'). Marie-Antoinette et les pamphlets royalistes et révolutionnaires, avec une bibliographie de ces pamphlets. Les amoureux de la reine. P., La Librairie Mondiale, s.d. (1907), in-8°, 424 pp, 14 planches hors texte, notes, reliure demi-toile écrue à coins, dos lisse, pièce de titre papier (reliure un peu salie), qqs rousseurs et salissures, état correct. Edition originale. Rare

            50

"Il y eut pendant la période révolutionnaire abondance de pornographie politique attaquant au vitriol Marie-Antoinette, la cible favorite. Les échos des accusations dans la littérature pornographique de la fin du XVIIIe siècle associés aux interprétations de l'influence d'une telle représentation de la royauté font porter à la reine la responsabilité de la Révolution. On lira sur le sujet le travail de pionnier d'Henri d'Almeras publié au début du XXe siècle." (Viviane R. Gruder, Annales historiques de la Révolution française, 1997)

123.          AMSON (Daniel). Carnot. Perrin, 1992, in-8°, 398 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Tout le monde connaît le nom de Lazare Carnot. Mais la vie de ce Bourguignon (1753-1823) reste largement ignorée du grand public. On se souvient de l'Organisateur de la Victoire. On oublie – ou on ne sait pas – qu'il a servi tous les régimes. Le capitaine Carnot, décoré de la croix de Saint-Louis quelques semaines avant la chute de la monarchie, devint le collaborateur de Robespierre au Comité de Salut public, organisa la levée en masse et signa tous les ordres d'exécution jusqu'au 9 thermidor...

124.          BARTHOU (Louis). Danton. Albin Michel, 1932, in-8°, 445 pp, imprimé sur vélin supérieur, broché, dos bruni, qqs légères rousseurs, bon état (Coll. Les Grands révolutionnaires)

            25

"Le livre de M. Louis Barthou est un plaidoyer éloquent et habile en faveur de Danton. Mais trop souvent il se transforme en une attaque de Robespierre et de son plus ardent défenseur, Albert Mathiez. Ainsi, c'est le Danton classique, le Danton dont Mathiez disait que l'imagerie et la statuaire avait popularisé l'aspect en France après 1870, que nous dépeint M. Louis Barthou." (Jacques Godechot, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, 1933)

125.          BLANC (Olivier). La dernière lettre. Prisons et condamnés de la Révolution, 1793-1794. Laffont, 1984, gr. in-8°, 285 pp, préface de Michel Vovelle, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné place de la Révolution : la Terreur s’installe en France, féroce, implacable avec la loi des suspects du 17 septembre. Pendant plusieurs mois, Paris va vivre au rythme sinistre des charrettes qui se succèdent place de la Révolution ou place du Trône Renversé. Ceux qui sont ainsi conduits à l’échafaud n’ont souvent été jugés que quelques heures plus tôt par le Tribunal révolutionnaire. La dernière lettre est celle qu’ils trouvaient la force d’écrire à leurs proches dans ces derniers instants, mais qui était automatiquement interceptée par la bureaucratie révolutionnaire et n’atteignait jamais son destinataire. Éparpillées dans diverses séries des Archives nationales, ces lettres constituent un document exceptionnel aussi bien sur la vie quotidienne dans les prisons de la Terreur que sur la sensibilité collective de tous ces hommes et de toutes ces femmes face à la mort. À travers leurs lignes percent tour à tour résignation, courage, rancoeur, désespoir, peur : nous avons là une véritable palette des sentiments. L’émotion est derrière chaque phrase, chaque mot.

126.          BOISSEL (Thierry). Brillat-Savarin. Un chevalier candide (1755-1826). Presses de la Renaissance, 1989, gr. in-8°, 255 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Passé à la postérité pour son célèbre ouvrage de gastronomie, “Physiologie du goût” (1825), le nom de Brillat-Savarin reste attaché à une image de joyeux savoir-vivre. Mais sait-on que, derrière le jouisseur et le moraliste, se cachait un homme complexe, dont la vie fut des plus romanesques ? Né à Belley dans le Bugey, en 1755, Brillat-Savarin manifesta dès ses débuts de multiples talents : il fut tour à tour avocat, musicien, homme politique... En 1789, on le trouve député aux États généraux. En 1793, pour échapper à la Terreur, il s'enfuit en Suisse puis, via Rotterdam, en Amérique où il devient premier violon de l'Opéra de New York. De retour en France, tandis qu'il siège à la Cour de cassation, il fait la fête et développe sa science du bien manger. Sa réputation d'homme de goût grandit dans les salons. Il écrit des textes juridiques et d'économie politique, mais aussi des contes grivois... À sa mort, on vendra son Stradivarius pour une bouchée de pain. Puisée aux meilleures sources et élaborée à partir d'un travail d'archives original, cette biographie est – bien sûr ! – savoureuse.

127.          BOUILLÉ (François Claude Amour, marquis de). Mémoires du marquis de Bouillé, lieutenant-général des armées du Roi, chevalier de ses Ordres, gouverneur de Douai, membre des deux Assemblées des notables, et général en chef de l'armée de Meuse, Sarre et Moselle. Avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques par MM. Berville et Barrière. P., Baudouin Frères, 1823, in-8°, xx-440 pp, troisième édition, reliure demi-basane verte, dos lisse orné en long, titres dorés, palette dorée en queue (rel. de l'époque), bon état (Coll. des Mémoires relatifs à la Révolution française)

            120

"Bouillé (1739-1800) réprima la révolte de la garnison de Nancy en 1792, fut un des organisateurs malchanceux de Varennes, s'enfuit à Coblence après son échec et mourut à Londres. Ses souvenirs vont de 1783 à 1792 et tentent de justifier son action pendant la Révolution. A partir de 1821, les éditions sont pourvues de notes." (Fierro, 194).

128.          CHAMBRUN (René de). Les Prisons des La Fayette. Dix ans de courage et d'amour. Perrin, 1977, in-8°, 343 pp, 16 pl. de gravures hors texte, qqs documents en fac-similé dans le texte, reliure skivertex éditeur, bon état

            25

Les années de prisons de La Fayette de 1792 à 1799 (Wesel, Magdebour, Neisse et la forteresse d'Olmütz en Moravie avec son épouse).

129.          CHIMAY (Princesse de). Madame Tallien, royaliste et révolutionnaire. Plon, 1936, pt in-8°, 310 pp, 6 gravures hors texte et 2 fac-similés, broché, couv. illustrée, papier lég. jauni, qqs annotations, bon état

            25

"La vie de Thérésia Cabarrus qui, par son intelligence et sa beauté, devint la citoyenne Tallien puis la princesse de Chimay, est la plus éblouissante des aventures. L'actuelle princesse de Chimay retrace cette aventure, à l'aide de documents inédits puisés aux archives du château de Chimay, et, grâce au talent de la narratrice, la figure de « Notre-Dame de Thermidor » se dégage, en pleine lumière humaine, hors des légendes tendancieuses. La vie passionnelle de Mme Tallien ne fut qu'un épisode dans l'existence de cette femme, débordante d'activité et de générosité. Partout où elle passe, elle rayonne de beauté et d'ardeur juvénile, elle séduit, enchaîne et triomphe. Mais ces triomphes connaissent des lendemains douloureux et cette femme, après l'éclat des beaux jours, garde le secret d'être émouvante dans l'isolement de ses dernières heures. Son arrière-petite-fille trace le portrait de cette royaliste révolutionnaire avec une précision qui n'exclut ni la grâce ni le pittoresque." (André Ferran, L'Archer [Toulouse], 1936)

130.          COSTA de BEAUREGARD (Henri-Joseph, marquis). Le Roman d'un royaliste sous la Révolution. Souvenirs du comte de Virieu. Plon, 1892, in-8°, xvii-414 pp, portraits gravés du comte et de la comtesse de Virieu hors texte, reliure demi-maroquin noir, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés, filet à froid sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque signée Henri-Joseph Pierson), dos lég. frotté, bon état

            120

Biographie composée d'après les notes du comte Henry de Virieu et les souvenirs de sa fille. Noble dauphinois, libéral, Virieu fut député de la noblesse aux États-Généraux. Effrayé par les excès des patriotes, il rejoignit après la Constituante le camp de la contre-révolution, où il joua un rôle de premier plan en 1792 et 1793. Il se trouvait à Lyon lors de l'insurrection contre les Jacobins. A la tête d'une petite armée, il tenta de s'échapper de la ville dans la nuit du 8 au 9 octobre 1793. Intercepté, et anéanti par une armée républicaine, Virieu fut tué par un boulet de canon au cours du combat. — "Très intéressant pour l'histoire du rôle joué par les royalistes avant et pendant le siège de Lyon." (Charléty, Bibliographie critique de l'histoire de Lyon, 3273) — "Le royaliste dont il est ici question est cet ardent et chevaleresque comte de Virieu qui fut à la Constituante à la fois le défenseur passionné du trône et l'apôtre de la liberté de conscience, et qui mourut dans la sortie désespérée des derniers défenseurs de Lyon, laissant un fils destiné à être le confident et l'ami de Lamartine. La forme de son livre est colorée et vivante. Elle témoigne en outre d'une indiscutable bonne foi. L'auteur hait la Révolution, et c'est son droit, mais il la hait avec loyauté et franchise et parfois dit rudement la vérité à ses coreligionnaires..." (Louis Farges, Revue historique, 1892)

131.          DASTÉ (Louis). Marie-Antoinette et le complot maçonnique. P., La Renaissance française, 1910, in-12, 359 pp, biblio, broché, couv. factice sur laquelle le 1er plat de couv. original a été collé, état correct (Bibliothèque d'études des Sociétés secrètes). Rare,  envoi a.s.

            50

De 1774 à 1783, la Maçonnerie, sans relâche, couvre Marie-Antoinette avec la boue de ses pamphlets... — Louis Dasté est le pseudonyme du journaliste et militant nationaliste André Baron, spécialiste des « sociétés secrètes ». Proche de la Ligue de la patrie française (dirigée notamment par Jules Lemaître et François Coppée) puis de l'Action française, il a fondé plusieurs journaux antimaçonniques et antisémites avec l'ancien franc-maçon et militant royaliste Paul Copin-Albancelli. Baron est l'auteur de plusieurs pamphlets dénonçant l'action qu'il attribue à des sociétés secrètes dans l'armée française et l'État français de la Troisième République. Il signala les liens entre la maçonnerie et le martinisme inspiré de Louis-Claude de Saint-Martin et les illuminés de Bavière au cours de la Révolution française. Il dénonça la volonté de dictature des initiés en loge sur les profanes ainsi que la mainmise directe de la loge maçonnique “Les amis réunis” dans les crimes de la Terreur. Selon Baron, l'assassinat du roi Gustave III de Suède fut commandité par des francs-maçons, tout comme celui de Gabriel Syveton à la suite de l'affaire des fiches, un jour avant son procès pour la gifle sur le général francs-maçon Louis André... Céline, dans une note de “L’École des cadavres” (1938), se montre un admirateur inconditionnel : « Je ne saurais trop recommander la lecture du libre admirable de Dasté : “Marie-Antoinette et le complot maçonnique”. » — Le pamphlet de M. Louis Dasté, “Marie-Antoinette et le complot maçonnique”, n’a rien de commun avec l'histoire. Nous devons cependant le signaler parce qu‘il renferme quelques documents intéressants tirés des papiers de la maison du Roi aux archives nationales. On y voit le ministre Saint-Florentin écrire, le 2 septembre 1748, à l'intendant de Limoges de faire fermer les loges de Brives, mais sans éclat, « ces sortes de sociétés n’ayant aucun objet contraire à l’ordre public » (p. 20). On y voit encore, en 1776, le fougueux évêque de Quimper, Conen de Saint-Luc, cité en justice par le lieutenant criminel du présidial pour avoir à répondre des calomnies diffammatoires qu’il avail. lancées contre les francs-maçons du haut de la chaire (p. 28-35). L'archevêque de Tours, dans une letlre à l'archevêque de Toulouse, raillait le zèle intempestif déployé par son collègue de Quimper contre la maçonnerie et recommandait un franciscain franc-maçon pour le poste de provincial de son ordre (p. 35-36). On savait déjà que la maçonnerie avait au XVIIIe siècle de puissanls protecteurs dans les plus hautes sphéres de la société, même dans le clergé. Ces documents le con rment une fois de plus. (Albert Mathiez, Annales révolutionnaires, 1910)

132.          DEFRANCE (Eugène). Charlotte Corday et la mort de Marat. Documents inédits sur l'histoire de la Terreur, tirés des Archives Nationales de la Bibliothèque de la Ville de Paris, et notamment des bibliothèques municipales de Caen et d'Alençon. Mercure de France, 1909, in-12, 440 pp, un portrait de Charlotte Corday en frontispice, qqs gravures, généalogie, broché, bon état. Peu courant

            40

133.          DIESBACH (Ghislain de). Histoire de l'Emigration, 1789-1814. Grasset, 1975, gr. in-8°, 579 pp, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

De 1789 à 1814, 200.000 à 300.000 nobles, bourgeois, et ecclésiastiques ont été contraints de fuir la France de la Révolution et de l'Empire. Dépouillés de leurs biens, persécutés pour leur foi, menacés dans leur existence même, ces gens ne sont le plus souvent partis qu'à contrecœur, pleurant le pays qu'ils fuyaient et pleins de défiance à l'égard de celui qui les accueillait. Sans négliger l'histoire politique du mouvement et en puisant dans une masse considérable de souvenirs, Mémoires, lettres ou journaux intimes, Ghislain de Diesbach s'est attaché à la description de ces petites communautés françaises dispersées de Bruxelles à Coblence, de Naples à Pétersbourg, de Lisbonne à Philadelphie.

134.          DUBOIS (Raoul). 1789, la Révolution racontée aux enfants. P., Enfance heureuse, 1987, gr. in-8°, 229 pp, 16 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Citoyenne, Citoyen lecteur, Salut ! Voilà des années et des années que tu me demandes : Raconte-moi l'histoire de la Révolution, oui, avec un grand R, comme dans la bouche de beaucoup de Français. L'historien, lui, dit "La Révolution française" ; c'est sa façon de faire remarquer, au passage, qu'il y en a eu d'autres. C'est vrai. Mais celle de 1789, c'est la "nôtre", la "grande" et depuis deux siècles, elle commande un peu notre histoire...

135.          EBELING (J.-B.). L’histoire racontée par ses témoins. Le Directoire et la fin de la Révolution. Editions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, 1944, in-8° carré, 181 pp, 8 pl. de gravures hors texte, table alphabétique des auteurs avec leur biographie, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire racontée par ses témoins). Un des 80 ex. numérotés sur vélin à la cuve des Papeteries de Rives (seul grand papier)

            40

Extraits des Mémoires de Pasquier, Choudieu, Frénilly, Larevellière-Lepeaux, Moreau de Jonnès, Fricasse, Thiébault, Tercier, Marmont, Soult, Mme de Chastenay, Dufort de Cheverny, Miot de Mélito, Barbé-Marbois, Desvernois, Roederer, etc., recueillis par J.-B. Ebeling.

136.          ESCAICH (René). L'Affaire Louis XVII devant la Justice et devant l'Histoire. Avec de nombreuses illustrations inédites. Editions de Navarre, 1954, in-8°, 358 pp, un dessin inédit par Sabatier, 3 plans, une page de fac-similés de signatures, 6 pl. de gravures et fac-similés hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale,  envoi a.s., mais exemplaire avec 8 pages non imprimées (pp 322-323, 326-327, 330-331 et 334-335)

            20

"Avocat des héritiers de Naundorff lors du procès de 1954, Me Escaich a entrepris de faire le point, de peser à la balance de l’histoire la somme des connaissances acquises sur l’étrange horloger et l’affaire du Temple, sur les deux tombes où repose, non moins officiellement le duc de Normandie. Avec un soin méticuleux, un rare souci d'examen critique de toutes les pièces de son dossier, écartant, non souvent sans ironie les argumentations des naundorffistes systématiques, l'auteur démontre que l'hypothèse Naundorff n'est pas absurde en elle-même et il croit pouvoir affirmer qu'elle est vraisemblable. Le chapitre II est consacré à une intéressante bibliographie critique [pp 25-78]." (Parois, 373)

137.          ETEVENAUX (Jean). Fouché. Nantes, Nevers, Moulins, Lyon, Paris : itinéraires d'un révolutionnaire. Bourg-en-Bresse, La Taillanderie, 1990, gr. in-8°, 207 pp, 15 gravures et fac-similés, aperçu généalogique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Personnification d’une certaine police, dont il est l’organisateur à l’aube du XIXe siècle, Joseph Fouché figure aussi parmi les grands noms de la Révolution. Dans l’Ouest, dans le Centre, dans Rhône-Alpes et à Paris. Jean Etèvenaux a choisi de développer cet aspect, car Fouché porte très loin les théories et la pratique révolutionnaires. L’athéisme, le communisme, le terrorisme et le totalitarisme naissent sous ses pas, ce qui ne l’empêchera pas de devenir une vingtaine d’années plus tard ministre du Roi Très Chrétien. Né à côté de Nantes, professant d’abord à Niort, à Saumur, à Vendôme et à Arras, il va ensuite porter la bonne parole de la Révolution à Laval, à Rennes, à Nantes, à Troyes, à Dijon, à Nevers, à Clamecy, à La Charité, à Moulins et, enfin, à Lyon. Là, pendant près de cinq mois, il dirige d’une main de fer la ville qui perd son nom parce qu’elle a osé se révolter contre la Convention montagnarde. Son action s’exerce également à travers Albitte dans l’Ain et les Savoies. Par calcul politique, Fouché limite la répression (il y a tout de même 2000 morts). Il s’oppose alors à Robespierre, est rappelé à Paris et prépare avec une redoutable efficacité la chute de l’Incorruptible le IX thermidor. Il va aussi inspirer un temps Gracchus Babeuf avant de devenir l’un des très rares hommes d’État de l’entourage de Napoléon.

138.          FAŸ (Bernard). Louis XVI ou la fin d'un monde. La Table Ronde, 1981, in-8°, 378 pp, préface de Ghislain de Diesbach, 8 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"Le malheur de Louis XVI fut d'accéder au trône à une époque où il était impossible de l'occuper sans faire exactement l'inverse de ce que réclamaient les Français, tant il est vrai que ce que le peuple demande est rarement ce qu'il veut. Les Français étaient grisés du mot de " liberté", mais chaque liberté réelle que Louis XVI leur accordait cessait de leur plaire dès qu'ils en jouissaient et le joug, dont ils avaient tout loisir de se plaindre, leur devenait d'autant plus intolérable qu'il s'allégeait. "Sous ses prédécesseurs", remarquait Soulavie, un de ses sujets tardivement repentis, "le monarque était l'objet du culte des Français ; sous Louis XVI, les Français devinrent l'objet du culte du monarque." Ainsi l'amour, en changeant de camp, avait-il préludé au divorce entre le Roi et la nation. "Livre de justice et de réparation", écrivit Bernard Faÿ lorsque, voilà plus de vingt ans, il me dédicaça un exemplaire de Louis XVI ou la fin d'un monde que les Editions de la Table ronde ont l'excellente idée de rééditer. La modestie de Bernard Faÿ l'empêchait d'ajouter : "le meilleur livre sur Louis XVI". Il m'appartient de le dire aujourd'hui." (Ghislain de Diesbach, préface)

139.          FLEISCHMANN (Hector). Les Prisons de la Révolution, d'après les mémoires du temps et les lettres des guillotinés. P., Les Publications modernes, 1908, in-12, 186 pp, 50 illustrations de l'époque dans le texte, broché, couv. illustrée lég. abîmée, bon état

            30

"Rien de plus émouvant et de plus romanesque à la fois que l'histoire des prisons de Paris sous la Révolution. Vous qui cherchez le petit frisson de la peur, de l'angoisse, c’est ici, dans ces sombres et horri ques geôles de 1793 et 1794 qu’il faut venir le trouver. Là commencent et s’achévent des romans devenus de l'histoire, romans toujours nouveaux, toujours passionnés extraordinairement, et d’un dénouement presque toujours identique : la guillotine." (Introduction)

140.          FLEISCHMANN (Hector). Marat et sa maîtresse [Simone Évrard]. La vie intime et la mort de l'Ami du peuple, d'après des documents nouveaux et le témoignage des contemporains, avec illustrations, autographes, portraits et caricatures. P., Les Publications modernes, s.d. (1910), gr. in-12, 185 pp, nombreuses gravures et fac-similés dans le texte et à pleine page, reliure pleine toile brique, dos lisse avec titres en noir, bon état. Rare

            60

141.          FRÉNILLY (François-Auguste Fauveau, baron de). Souvenirs du Baron de Frénilly, Pair de France (1768-1828), publiés avec introduction et notes par Arthur Chuquet. Plon, 1909, in-8°, xix-560 pp, nouvelle édition ornée d'un portrait en héliogravure hors texte, index, broché, couv. lég. salie, bon état

            60

"Monarchiste ultra, admirateur de Charles X, mais très critique à l'égard de Louis XVI et de Louis XVIII, il manifeste une hostilité sans faille à la Révolution. Au 10 août, il fait partie des troupes qui protègent la retraite du roi vers l'Assemblée et le récit qu'il en fait est de premier ordre. Réfugié après les massacres de septembre à Loches, il n'émigre pas et décrit le mouvement révolutionnaire jusqu'au bout, de 1789 à 1800." (Fierro, 575) – "Les mémoires de Frénilly (1768-1828), nous donnent le point de vue d'un royaliste sur Napoléon. Ils évoquent la vie du Faubourg Saint-Honoré sous l'Empire : difficultés financières, salons parisiens, rapports avec les ralliés." (Tulard, 573) – "Esprit entier, le baron François-Auguste Fauveau de Frenilly (1768-1848) brosse des portraits pleins d'esprit et souvent très critiques de la cour et de la société de la Restauration. Son témoignage est intéressant et la franchise du personnage le préserve des semi-vérités." (Bertier, 438)

142.          HAMPSON (Norman). La Marine de l'An II. Mobilisation de la flotte de l'Océan, 1793-1794. P., Marcel Rivière, 1959, in-8°, 276 pp, 2 cartes, 2 dépliants, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            60

"L'histoire maritime de l'époque révolutionnaire est depuis longtemps injustement négligée par les historiens. Si on met à part le manuel sommaire de Johannès Tramond, il faut, pour trouver une étude sur la marine de la Révolution, remonter à la thèse de Lévy-Schneider (1901) ou aux travaux anciens de Troude (1867) ou de Jurieu de la Gravière (1847). Il est donc heureux qu'un historien, qui de surcroit est britannique et marin, double garantie d'impartialité et de compétence technique, ait repris la question en dépouillant de manière exhaustive les papiers de la Marine aux Archives nationales. Le livre de Norman Hampson est le bienvenu, il renouvelle largement l'histoire maritime française de l'an II, en montrant l'effort considérable que le Gouvernement révolutionnaire a fourni pour accroître sa puissance navale, et en nous donnant les résultats de cet effort." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1961)

143.          HERRIOT (Edouard). Lyon n'est plus. I. Jacobins et modérés. II. Le siège. III. La répression. IV. La réaction. Hachette, 1937-1940, 4 vol. in-12, 407, 515, 507 et 464 pp, 4 illustrations dont 3 frontispices hors texte, un plan, 2 cartes dépliantes hors texte en couleurs, reliures demi-toile verte, dos lisses avec titres dorés (rel. de l'époque), couv. conservées, bon état

            120

L'étude de référence sur Lyon et la région lyonnaise pendant la Révolution, depuis l'établissement de la République, au 21 septembre 1792, jusqu'au 14 pluviôse an VI (2 février 1798). Par l’étendue de la recherche, l’abondance, la variété des documents, la lecture de cet ouvrage, dépassant largement le cadre de l’histoire locale, est recommandée aux historiens et passionnés de la Révolution. — "C'est une grande oeuvre. Le président Herriot s'est proposé d'étudier « l'histoire tourmentée de Lyon et de la région lyonnaise » depuis l'établissement de la République jusqu'à l'avènement de Bonaparte. Sous, le titre de “Jacobins et modérés”, son premier volume retrace les luttes de partis à la fin de 1792 et jusqu'à l'insurrection anti-jacobine de mai 1793 ; le tome II décrit le soulèvement appelé (improprement pour Lyon) fédéraliste et la répression menée par la Convention jusqu'à l'écrasement de Lyon. Par l'étendue de la recherche, l'abondance, la variété et parfois, la rareté des documents, l'ouvrage se recommande d'emblée à l'attention des historiens de la Révolution. On appréciera particulièrement, croyons-nous, l'apport des archives de Chantilly et de certains dépôts étrangers ainsi que le large dépouillement des dépôts départementaux du sud-est de la France, qui ont permis de donner toute l'ampleur possible au tableau des déchirements de la France au milieu de 1793. Mais l'auteur ne saurait être seulement un érudit prodiguant les documents curieux : avec son expérience d'homme politique, avec sa connaissance de l'âme collective, il aime à analyser les réactions d'une ville, d'une assemblée, d'une nation, les variations de l'esprit public. Déjà le bon livre de Riffaterre, publié en 1912, avait prouvé le caractère municipal, antijacobin, antiparisien du mouvement lyonnais contre la Convention. Du livre de M. Herriot se dégage l'impression que les Lyonnais mirent une ténacité, une logique hélas chimérique, à poursuivre un rêve qui n'était point dépourvu de grandeur : opposer à la Convention montagnarde, à la dictature parisienne le droit, essentiellement républicain, de résistance à l'oppression, organiser « un mouvement dirigé contre les Jacobins, mais contenu dans les limites du programme républicain »." (André Latreille, Revue d'histoire de l'Eglise de France, 1939)

144.          HUNT (Lynn). Le Roman familial de la Révolution française. Albin Michel, 1995, in-8°, 262 pp, traduit de l'anglais, préface de Jacques Revel, 31 illustrations, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"N'est-il pas temps pour les historiens du politique de se tourner vers la face nocturne de la Révolution française ? De reconnaître quelle fut l'importance de l'imagination dans les esprits de 1789 ? Pour décrypter l'inconscient politique des révolutionnaires, l'auteur a mobilisé la notion freudienne de "roman familial" – cette dénégation par un individu de ses origines réelles au profit d'origines sociales plus valorisantes. À travers son analyse de plusieurs sources (romans, gravures, tableaux ou pamphlets), elle tente d'éclairer le passage d'une société d'Ancien Régime, qui reposait sur l'autorité paternelle, à la démocratie fondée sur la fraternité, en montrant combien le poids des relations familiales pesait sur l'imaginaire politique de la fin du XVIIIe. À cet égard, la désacralisation de la famille et de la figure du père, la caricature de la famille royale, la destruction de l'ordre familial, mais aussi le rétablissement de la morale familiale avec le mélodrame apparu sous le Directoire, attestent de la prégnance des modèles familiaux chez les Français qui tentaient d'initier une société nouvelle." — "Historienne brillante et remarquée de la “new cultural history”, Lynn Hunt explore depuis plusieurs années la culture politique révolutionnaire, à travers l'étude des représentations, et, sensible à la question du genre (gender), elle lui accorde une place de premier plan dans ses travaux. Dans ce livre, elle s'intéresse à la famille comme image du pouvoir. Si l'imaginaire politique de l'absolutisme monarchique est maintenant bien connu, rares sont les historiens à s'interroger sur son devenir pendant la Révolution." (Dominique Godineau, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1998)

145.          KORNGOLD (Ralph). Saint-Just. Grasset, 1937, in-8°, 257 pp, traduit de l'anglais, biblio, tiré sur alfax Navarre, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Cette biographie donne une bonne idée de ce que fût la vie de l’archange de la Mort, personnage très controversé et qui fait paraître Robespierre bien pâle à ses côtés. Tout comme l’incorruptible de la Révolution, ses visions de ce que devait être une République, proche du communisme voir de l’utopisme (tant que les hommes se refusent à croire puis à faire), l’on mené sur le chemin de l’intransigeance, même envers ses amis, contrairement à Robespierre. L’auteur le présente aussi comme celui qui aurait peut-être bloqué Bonaparte. Il donne même des pistes laissant penser que finalement les deux hommes étaient « identiques » : l’un, grand politique qui devînt bon général (Saint-Just en Alsace et en Belgique), et l’autre, grand général, qui devînt un excellent politique. Un personnage intègre et rêveur, qui envoya moins d’hommes à la mort qu’un Thiers, sous la Commune de Paris, et que bien de ses contemporains.

146.          LEFEBVRE (Georges). Le Directoire. Armand Colin, 1971, in-12, 184 pp, biblio, broché, pt déchirure au bas du 1er plat, état correct (Coll. U2)

            12

Une synthèse magistrale de l'historien Georges Lefebvre (1874-1959), qui illustre l'importance de celui qui a marqué l'historiographie de la période révolutionnaire. Après sa célèbre étude sur “La Grande Peur de 1789”, il poursuit son oeuvre avec les temps postrévolutionnaires. Georges Lefebvre renoue ici avec le récit historien érudit classique. Mais parce qu'il renouvelle vigoureusement la présentation de cette deuxième partie de la Révolution, trop souvent négligée, ce texte fondateur demeure toujours d'actualité.

147.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). La Guillotine et les exécuteurs des arrêts criminels pendant la Révolution, D'après des documents inédits tirés des Archives de l'Etat. Perrin, 1904, in-8°, 378 pp, un portrait du docteur Guillotin en frontispice et une gravure hors texte (la guillotine en l'an II), reliure demi-percaline carmin, dos lisse avec filet et fleuron dorés, pièce de titre percale beige, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

I. La haute justice sous l'Ancien Régime. – II. Les exécuteurs en province pendant la Terreur. – III. Les Sansons (1685-1847). – IV. La guillotine. – V. Le préjugé.

148.          MARAND-FOUQUET (Catherine). La Femme au temps de la Révolution. Stock, 1989, gr. in-8°, 417 pp, 61 gravures sur 32 pl. hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les clichés ont la vie dure, s'agissant de la Révolution, et particulièrement en ce qui concerne les femmes. Pour les uns, c'est le souvenir des tricoteuses, des dames de la Halle qui haranguent la foule, de quelques amazones hystériques. Pour les autres, suivant en cela Michelet, les femmes manipulées par les prêtres fournissent les gros des troupes de la Contre-Révolution – tandis que les patriotes tentaient de les affranchir. Sans parti pris, avec le souci permanent de déchiffrer les attitudes individuelles derrière des images trompeuses, Catherine Marand-Fouquet rétablit la vérité, et fait revivre pour nous toutes les femmes de ces dix années capitales. Celles qui tentèrent d'agir, aux premières heures de la Révolution, qui voulurent prendre la parole, écrire, manifester, mais que les conventionnels renvoyèrent au rôle d'épouse vertueuse qu'ils rêvaient pour elles. Les passionnées, d'un bord ou de l'autre, Théroigne de Méricourt ou Charlotte Corday ; celles qui survécurent, comme Madame Tallien, et celles qui moururent, comme Madame Roland et Marie-Antoinette, qui cristallisa sur elle toutes les haines. Il y eut aussi toutes celles qui subirent : fuyardes dans la Vendée ravagée par la guerre, femmes de prisonniers qui hantaient inlassablement les allées du pouvoir pour quémander la libération de leur époux, mères déchirées aux heures les plus noires de la Terreur, veuves de soldats de l'An II auxquelles la Patrie monnayait chichement sa reconnaissance. Parce qu'elles étaient en charge du foyer, ce sont les femmes qui éprouvèrent le plus durement les désordres et la pénurie. Aucune réflexion sur la Révolution ne pourra désormais ignorer l'apport de ce livre, et l'éclairage qu'il jette sur cette moitié de la société qu'on oublie trop souvent à l'heure des comptes : les femmes.

149.          POPKIN (Jeremy D.). Revolutionary News. The Press in France, 1789-1799. Durham et Londres, Duke University Press, 1990, in-8°, xx-216 pp, 6 gravures, notes bibliographiques, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

            25

"Voici une bonne synthèse concernant les journaux pendant la Révolution, par l'un des spécialistes américains de l'histoire de la presse. L'auteur montre d'abord le rôle essentiel qu'a joué la presse en plaçant sur la scène publique le débat politique. Rappelant que 140 nouveaux périodiques voient le jour à Paris pendant la seule année 1789, il souligne qu'en l'absence de partis politiques au sens moderne du terme, la presse a servi de relais indispensable et vital entre la nation et ses représentants. Car les journaux révolutionnaires sont politiques avant tout, et représentent, sauf pendant la période de la Terreur, un large éventail d'opinions : aucune assemblée n'osa remettre en cause le principe de la liberté de la presse, un des grands acquis de 1789, même si des lois tentèrent à diverses reprises de la limiter. Dans un intéressant chapitre consacré aux journalistes, aux éditeurs et aux lecteurs, l'auteur montre également que la période révolutionnaire se caractérise par une médiatisation du politique, conférant brutalement la célébrité à d'obscurs journalistes, multipliant les ateliers d'imprimerie et faisant tout à coup gagner beaucoup d'argent à ceux qui se mêlent d'écrire ou d'imprimer. Avec un chiffre approximatif de 300.000 exemplaires vendus quotidiennement à Paris pendant les années les plus fécondes, la Révolution française a inauguré une ère nouvelle où la presse, porte-parole de l'opinion publique, devenait un élément indispensable de la vie démocratique." (L. Andries, Dix-huitième Siècle, 1991)

150.          REICHER-SGRADI (Reuben). La Survie de Louis XVII. Jérôme Martineau, 1967, gr. in-8°, 179 pp, appendices pp. 149-177, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            25

"Ouvrage d'un naundorffiste convaincu." (Parois, 895) — On trouve en appendice d’intéressants textes comme celui intitulé « Les mèches de cheveux expertisées par le Dr. Locard ». — "Ne ratez surtout pas ce personnage, il est fabuleux ! Sur l'énigme de Louis XVII, plus de 4200 auteurs ont écrit. Mais aucun, certainement, n'avait l'étonnant, l'inquiétant, le stupéfiant mystère du dernier d'entre eux, M. Reicher-Sgradi. Sur son héros, Reicher-Sgradi, un petit homme brun, aux mains agiles et aux yeux sombres, est catégorique : il a survécu à son incarcération ; il est devenu le fameux Naundorf (en vieil allemand: «pas mauvais bourg», autrement dit : «bon bourg», autrement dit Bour(g)... bon !...) mort horloger et père de famille nombreuse à Delft, en Hollande, après avoir fait fortune grâce à l'invention de la bombe à shrapnell. Pour appuyer sa thèse, il cite des milliers d'anecdotes et de coïncidences qui ne peuvent pas en être ; il livre également 611 documents inédits qu'il a mis vingt ans à amasser à travers les bibliothèques et les chancelleries du monde entier. Avoir découvert 611 documents restés ignorés de ses 4200 confrères historiens qui se sont penchés sur cette énigme, est, en soi, un exploit exceptionnel. Mais s'il a pu le réaliser, c'est que M. Reicher-Sgradi est lui même un personnage extraordinaire. Il est roumain. Déporté, il est resté marqué par les sévices qu'il a subis durant cette période de sa vie, et c'est – paradoxe ! – à eux que nous devons qu'il soit devenu écrivain ; il souffre d'un mal chronique qui le prive pratiquement de sommeil. Et pour peupler ses heures d'insomnie, il écrit... Car si c'est sa vocation profonde, ce n'est que son second métier. En réalité il est « prévisionniste », c'est-à-dire que, spécialiste des problèmes agricoles, il étudie la conjoncture économique de certains pays pour en déduire leur proche avenir. Il serait peut-être ministre dans son pays natal, actuellement, si de graves divergences de vues avec ceux qui y détiennent le pouvoir ne l'avaient contraint à émigrer, il y a dix-huit ans, et à se fixer en France où il vit depuis. Mais il a conservé des «contacts» (impressionnants, sernble-t-il...) avec les pays de l'Est. Et les documents sur lesquels il base les études qu'il établit pour la FAO, la Banque Internationale, l'UNESCO, sur la rentabilité de tel ou tel pays en voie de développement, feraient parfois pâlir d'envie les spécialistes des meilleurs réseaux de renseignement du monde... Discret, aimable, souriant, disert, il est, au passage, devenu lui-même milliardaire et parle de son château du Médoc ou de sa propriété de Provence, comme un Parisien moyen de sa maison de campagne. Pour lui, tout cela ne semble qu'un jeu et les seules choses qui lui semblent vraiment sérieuses c'est de savoir si oui ou non Louis XVII était bien Naundorf, si Jeanne d'Arc a été brûlée à Rouen, ou si Martin Bormann est vivant... Ses vues sur le passé et ses explications de l'histoire sont surprenantes ; celles que lui inspire le présent ne le sont pas moins. Il se meut dans les ressorts occultes des puissances de ce monde avec « l'aisance d'un poisson dans l'eau » comme aurait dit Mao Tsé-toung d'un combattant de la révolution... Il explique, ainsi, par exemple, la politique étrangère du général de Gaulle « C'est le plus grand chef-d'oeuvre de Malraux. Celui-ci est, en effet, resté un pur marxiste, quoi qu'on en dise. Et il est parvenu à conditionner de Gaulle au point de lui faire faire de bonne foi la politique qui sert son idéal secret ! » Evidemment, ce n'est pas forcément vrai, il s'en faut. Mais avouez que c'est une idée qui donne à rêver pour une journée de vacances ! Et des idées de cette sorte, Reicher-Sgradi en a une à la minute..." (un journal suisse de 1967)

151.          ROBESPIERRE (Maximilien). Mémoires authentiques de Maximilien de Robespierre, ornés de son portrait, et de fac simile de son écriture extraits de ses mémoires. Bruxelles, H. Tarlier, 1830, 2 vol. in-12, xii-335 et 436 pp, un portrait en frontispice et une planche de fac similé, reliures demi-vélin à la bradel, dos lisses, pièces de titre chagrin carmin et filets dorés, couv. conservées (rel. postérieures), qqs rares rousseurs, bon état

            250

L'ouvrage, promis en 4 volumes, a été interrompu par la Révolution de Juillet. Tourneux indique que ces Mémoires ont été rédigés par Charles Reybaud, et désavoués par une lettre de Charlotte Robespierre dans une lettre adressée le 24 mai 1830 à « l'Universel » (Quérard VII, 564).

152.          SAINT BRIS (Gonzague). Desaix, le sultan de Bonaparte. Perrin, 1995, in-8°, 218 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Quelques heures avant de s'éteindre à Sainte-Hélène, c'est Desaix que Napoléon appelle sur son lit de mort. Desaix qui, à Marengo, avait sauvé son pouvoir naissant et qui, à Waterloo, aurait pu sauver son trône si le destin ne l'avait prématurément ravi à Bonaparte dont, peut-être, il fut le seul ami. La courte vie de Louis des Aix de Veygout, en effet (32 ans), étoile filante de la galaxie révolutionnaire, représente une prodigieuse aventure qui, des sanglants bivouacs de l'Armée du Rhin aux sables dorés de la Haute-Egypte, incarne pleinement le romantisme naissant de cette période charnière entre le XVIIIe et le XIXe siècle, où l'aventure et le rêve oriental transcendent l'histoire. Plus jeune général de l'armée républicaine, ce gentilhomme pauvre, devenu le double de Bonaparte, s'impose bientôt comme sa bonne étoile lorsque à ses côtés il débarque en Orient, et, seul, conquiert la Haute-Egypte avant de l'administrer avec tant d'humanité que les populations le surnomment le "Sultan juste". Soldat philosophe et protecteur de l'Institut, Desaix le méconu figure, plus qu'aucun homme de l'extraordinaire épopée napoléonienne, la jeunesse éternelle, généreuse et géniale. Et qui mieux que Gonzague Saint-Bris, défenseur et illustrateur du romantisme absolu, pouvait faire le récit de cette fulgurante odyssée, lui qui par un singulier caprice du hasard est l'arrière-arrière-arrière-petit neveu de son personnage ?

153.          SOBOUL (Albert). Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire en l'An II, 1793-1794. Flammarion, 1973, in-12, 508 pp, un tableau, 2 cartes et plans, broché, bon état (Coll. Science). Thèse abrégée

            20

"Reprise en livre de poche d'une partie de la thèse d'A. S. publiée en 1958 et consacrée à l'histoire de ce mouvement populaire parisien que fut la « sans-culotterie ». Ici l'événement cède le pas : c'est à la composition sociologique de la sans-culotterie, aux aspirations sociales, aux mentalités, aux idées politiques, aux types de comportements, aux formes d'organisation, à la vie quotidienne des sans-culottes que s'intéresse A. S. Un chapitre final tente de dresser le bilan du mouvement populaire de l'an II." (Revue française de science politique)

154.          SOBOUL (Albert). Problèmes paysans de la Révolution, 1789-1848. Etudes d'histoire révolutionnaire. Maspero, 1982, in-8°, 442 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Heureuse initiative que d'avoir rassemblé en un volume divers articles et contributions d'Albert Soboul sur le sujet évoqué par le titre. Certains sont déjà assez anciens ou se trouvent disséminés dans plusieurs revues et volumes de rapports de congrès. Cette confrontation a été pour l'auteur une occasion de redéfinir sa théorie et de compléter l'ensemble par quelques inédits. Élève entre autres de Georges Lefebvre, Albert Soboul est comme chacun sait un des spécialistes les plus représentatifs de l'histoire de la Révolution Française d'après la dernière guerre mondiale. Il y a consacré un nombre impressionnant de livres dont plusieurs destinés à un large public de lecteurs éclairés. C'est surtout “Les Sans-Culottes parisiens en l'an II” (1958) qui a largement contribué à une nouvelle interprétation – grâce à la mise en œuvre d'une documentation massive – marxiste de la lutte des classes à l'époque de Robespierre. Soboul n'a jamais caché son appartenance idéologique au PCF, ce qui lui a valu d'être contesté par des historiens plus à droite aussi bien que par des collègues plus « gauchistes ». Si on lui a parfois reproché un certain degré de sectarisme, peut-être surtout à cause de l'ardeur avec laquelle il défend ses vues, nul n'a pu sérieusement mettre en doute l'envergure et la fertilité de ses conceptions et son sincère désir d'en arriver à une interprétation aussi « objective » que possible. (...) Voilà de la matière à discussion. Il y a à prendre et à laisser dans cette « anthologie » sortie de la main d'un des plus grands connaisseurs de la Révolution et de ses effets au XIXe siècle." (J. Craeybeckx, Revue belge de philologie et d'histoire)

155.          SOLÉ (Robert). Bonaparte à la conquête de l'Egypte. Seuil, 2006, gr. in-8°, 362 pp, 32 pl. de gravures hors texte (dont 16 en couleurs), 8 cartes, chronologie, lexique, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

L'expédition française en Egypte a donné lieu depuis deux siècles à d'innombrables récits, études et commentaires. Depuis l'origine, en effet, elle enflamme littéralement l'imaginaire des Occidentaux. Dans l'esprit de Bonaparte, il s'agissait d'une triple conquête. Conquête militaire, d'abord, pour soustraire aux Anglais un pays riche et bien placé sur la route des Indes. Conquête politique, ensuite, pour rallier les Egyptiens et leur "apporter les Lumières". Conquête scientifique, enfin, pour étudier un pays fascinant, grâce à quelque 160 savants et artistes accompagnant 50 000 soldats et marins. L'expédition a-t-elle permis, comme on l'a longtemps affirmé, de réveiller l'Egypte et de l'introduire dans la modernité ? Ou faut-il la considérer, avec des historiens arabes contemporains, comme la première agression occidentale contre l'Orient musulman ? Ce fut en tout cas un choc violent entre deux cultures, aux conséquences incalculables. L'ample et passionnant récit de Robert Solé restitue cette expédition dans toutes ses dimensions - politique, militaire, culturelle et scientifique - en s'appuyant sur de nombreux témoignages directs et sur les études les plus récentes. Les grandes batailles (Aboukir, Pyramides, Saint-Jean-d'Acre...) et les révoltes contre l'occupant y alternent avec des scènes de la vie quotidienne, les explorations scientifiques, la découverte de la civilisation pharaonique et les étonnantes proclamations promusulmanes de Bonaparte qui n'hésite pas à se présenter comme un envoyé de Dieu...

156.          SOREL (Albert). L'Europe et la Révolution française. Plon, 1914-1922, 9 vol. gr. in-8°, 562, 574, 556, 492, 499, 527, 606, 520 et 140 pp, reliures demi-chagrin vermillon, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos passés et lég. tachés, bon état. Bien complet de l'index des noms propres cités dans les tomes I à VIII (même reliure, 140 pp), qui manque la plupart du temps

            350

I. Les moeurs politiques et les traditions. – II. La chute de la royauté. – III. La guerre aux rois, 1792-1793. – IV. Les limites naturelles, 1794-1795. – V. Bonaparte et le Directoire, 1795-1799. – VI. La trêve - Lunéville et Amiens, 1800-1805. – VII. Le blocus continental - Le grand Empire, 1806-1812. – VIII. La coalition, les traités de 1815 (1812-1815) ; Table alphabétique des noms propres. — Diplomate et historien, professeur à l'Ecole libre des Sciences politiques, Sorel (1842-1906) est le fondateur de l'histoire diplomatique en France. Après des études de droit, il effectue un long séjour en Allemagne, entre aux Affaires étrangères en 1866, est attaché à la délégation française en 1871 à Bordeaux et participe brillamment, dans la mesure où c'était possible, aux négociations avec les Prussiens vainqueurs. Il change ensuite de voie pour devenir secrétaire général du Sénat. Ses fonctions lui laissant du temps libre, il poursuit une oeuvre historique et littéraire. Il se consacre en particulier à l'histoire de la diplomatie et va travailler trente années à son ouvrage majeur, “L'Europe et la Révolution française”, en huit tomes. Il est élu en 1889 à l'Académie des Sciences morales et politiques, en 1893 à l'Académie française. Son enseignement fit de lui l'un des maîtres à penser de la majorité des diplomates français. Dans son maître livre, il présente d'abord un panorama de l'Europe et des relations entre les Etats avant la Révolution. Il étudie ensuite les réactions des puissances européennes face à l'éruption révolutionnaire. Puis avec l'apparition de Bonaparte, Sorel conduit son lecteur dans la compagnie de Napoléon et de ses diplomates, confrontés aux coalitions successives des Etats de l'Europe, jusqu'au congrès de Vienne et à la chute définitive de l'Empereur en 1815.

157.          TROUARD RIOLLE (Yvonne). Un complot contre-révolutionnaire en 1790. Le chevalier Jean-François Trouard de Riolle (1739-1806), seigneur du fief du même nom, Conseiller du Roi, Contrôleur général des marbres, chevalier de St-Louis, de St-Michel et du St Sépulcre de Jérusalem, dernier Maire royal de Pont-à-Mousson. Brain-sur-Longuenée, Chez l'Auteur, 1954, pt in-8°, 174 pp, 2 planches reproduisant des bustes en marbre du chevalier Trouard de Riolle et 3 planches doubles (2 fac-similés et un plan de Pont-à-Mousson en 1740) hors texte, un portrait à la plume du marquis de Favras dans le texte, broché, bon état

            25

Après avoir servi dans la Gendarmerie du roi jusqu'en 1758, Jean-François Trouard de Riolle se reconvertit, à la suite d'une blessure, dans le négoce du marbre. D'esprit opportuniste et entrepreneur, il a compris les enjeux de la politique marbrière de l'époque. Connaisseur des différents types de marbres et des besoins colossaux d'approvisionnement des grands chantiers français, il devient vers 1778, l'intermédiaire entre les exploitants carrerais et de grands commanditaires, tels qu'Elie de Beaumont, propriétaire du château de Canon près de Caen, et le comte de Provence pour l'embellissement du château de Brunoy. C'est également entre 1778 et 1780, qu'il obtient la propriété d'un ancien domaine des chanoines réguliers de Pont-à-Mousson et qu'il est élevé au rang de "chevalier" par lettres patentes de Louis XVI. L'année 1780 marque également un point d'orgue pour Trouard de Riolle désormais récompensé du titre de chevalier des ordres de saint Louis, de saint Michel et du saint Sépulcre de Jérusalem. Conseiller du roi, il est officiellement mandaté par le comte d'Angiviller, directeur général des Bâtiments, pour fournir et assurer le transport d'une importante livraison de marbres de Marseille jusqu'à Paris. Il apparait dans les archives comme un protagoniste capable d'endiguer la pénurie des marbres dans les stocks royaux à Paris. Cette dernière a pour fâcheuse conséquence le ralentissement de l'ambitieuse commande des Grands hommes de la France. Dans un contexte de tensions maritimes, de concurrence entre différents négociants et en raison d'une certaine légèreté de la part de Trouard, qui a voulu utiliser les canaux officiels de l'Etat pour son propre compte, l'affaire aboutit en 1782 à des surplus de dépenses et à un mécontentement patent de l'administration royale. Cette aventure nuit probablement à la réputation du téméraire "négociant-chevalier" qui se concentre alors sur ses obligations de maire de Pont-à-Mousson en se lançant dans la reconstruction de l'hôtel de ville en 1787. Fidèle au Roi, il démissionna de son rôle de maire dès 1789 et s'engagea corps et âme dans la Contre-Révolution. Il fut arrêté à Bourgoin (Isère) le 8 juillet 1790 alors qu'il se rendait à Turin auprès du comte d'Artois. Il émigra ensuite en Autriche et mourut en 1806 en Italie après avoir échappé de peu à la guillotine.

158.          VOVELLE (Michel). Ville et campagne au 18e siècle. Chartres et la Beauce. Editions Sociales, 1980, in-8°, 307 pp, préface d'Ernest Labrousse, cartes et tableaux, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Une ville qui tire toute sa substance de la campagne : les hommes, les graines mais surtout la rente. Mais cette cité dépendante est en réalité dominatrice, par l’emprise qu’elle manifeste sur le monde rural. Ce sont bien là des « problèmes nationaux d’histoire sociale » comme l’écrit Ernest Labrousse dans sa préface. — "Prenant comme exemple Chartres et la Beauce chartraine, l'auteur dans une première partie, étudie le rapport ville campagne dans les plaines de grande culture à la fin du XVIIIe siècle. C'est la structure foncière de l'Ancien Régime, son évolution sous la Révolution et à l'aube du XIXe siècle, qui intéresse l'auteur, dans ce pays beauceron peu connu à cet égard. Cela l'amènera à sa deuxième partie : « les bénéficiaires de la rente » où se trouve notamment la répartition des propriétaires par groupes sociaux. La ville dépendant de la campagne dans ses structures sociales, comme dans la formation de son capital et de son revenu, est bien le lieu de rassemblement de la classe propriétaire et de ceux qui gravitent autour d'elle. Pseudo-dépendance car la cité est, en réalité, dominatrice par l'emprise qu'elle manifeste sur le monde rural. A travers deux thèmes : la dépendance de la ville à l'égard de la campagne dans la formation de sa population et, celui de l'importance du capital et du revenu foncier dans ses structures économiques et sociales. Vovelle développe avec beaucoup de rigueur ses connaissances et témoigne d'un emploi judicieux des registres de déclarations successorales, des tables de successions acquittées et des autres sources de l'Enregistrement (sources indispensables à toute histoire sociale). Enfin, dans une troisième partie, Vovelle passe de l'autre côté de la barricade en se rendant à la campagne pour mesurer la place de la propriété bourgeoise urbaine et apprécier les réactions d'un monde rural qui, en 1792, s'est lancé à l'assaut des villes, quitte à se replier ensuite « sous les formes élémentaires de la rébellion primitive » (mendicité et brigandage)." (C. Lévy, Population, 1983)

159.          WALTER (Gérard). Marat. Albin Michel, 1933, in-8°, 446 pp, biblio, imprimé sur vélin supérieur, broché, bon état (Coll. Les Grands révolutionnaires)

            20

"Les biographies de Marat oscillent généralement entre deux extrêmes : fou sanguinaire et martyr de la liberté. J'avoue en toute franchise que je ne me sens guère le courage de prendre place sur cette balançoire. Il me semble pourtant qu'en proclamant qu'une situation révolutionnaire exigeait des solutions révolutionnaires, Marat ne s'écartait pas outre mesure de ce qu'il est convenu d'appeler la logique et le bon sens." (Gérard Walter)

PREMIER EMPIRE

 

160.          BAINVILLE (Jacques). Napoléon. Fayard, 1933, in-12, 592 pp, biblio, reliure demi-basane bleue mordorée, dos à 4 petits nerfs guillochés, fleuron et filets dorés, pièces de titre et de collection basane carmin, tête dorée (rel. de l'époque), coiffes lég. frottées, papier lég. jauni, bon état

            30

Aux yeux de Jacques Bainville, l'empereur est un héros marqué par la fatalité, victime d'une logique implacable qui le condamne par avance. Son portrait saisissant, écrit dans un style inimitable, fluide et élégant, est aussi l'oeuvre d'un moraliste. Jacques Bainville admirait sincèrement Napoléon, héros au sens moderne et artiste incomparable, mais il était aussi convaincu que "sauf pour la gloire, sauf pour l'art", il eût probablement mieux valu "qu'il n'eût pas existé". Car l'histoire de Napoléon est aussi une tragédie, individuelle et collective. Il ne peut que condamner la démesure impériale et le chaos engendré par les guerres napoléoniennes : "son génie a prolongé, à grands frais, une partie perdue d'avance." La rencontre de Bainville avec Napoléon Bonaparte nous offre un tête-à-tête fascinant. Son portrait de Napoléon reste criant de vérité, pour son génie comme pour ses dérives. Publiée en 1931, cette biographie est toujours reconnue par les historiens pour le sérieux de ses sources et la qualité de son écriture. Elle est devenue un classique.

161.          BALZAC (Honoré de). Lui... L'Empereur. Préface de Georges d'Esparbès. Introduction de Jean Bourguignon. Illustrations et ornementation de Jo Merry. P., Editions des Gemeaux, 1944, in-4°, 85 pp, 16 planches en couleurs hors texte (illustrations originales de Jo Merry), un bandeau et une lettrine en couleurs, en feuillets sous couverture rempliée, chemise cartonnée plein papier (un peu abîmée) et emboîtage plein papier de l'éditeur, bon état. Exemplaire nominatif non justifié sur vélin des Gémeaux

            150

Récit populaire, par un ancien soldat de la garde Impériale, Goguelat, qui conte aux paysans la légende de l'Empereur. — "Ce morceau de large éloquence et de vérité profonde est un pur chef-d'oeuvre. Dès sa parution, il eut un retentissement considérable, noté par Balzac lui-même. Le 1er août 1833, il écrit en effet à Madame Hanska : « L'Europe littéraire a cité la Vie de Napoléon racontée par un soldat de la Garde Impériale, dans une grange, à des paysans ». Et, après avoir signalé que vingt mille exemplaires de ce fragment ont été vendus, il ajoute : « Vous lirez un jour ce gigantesque morceau, qui fait pleurer les plus insensibles et que cent journaux ont reproduit. Des amis m'ont dit que, d'un bout à l'autre de la France, il y a eu un cri d'admiration... »..." (Introduction)

162.          BANC (Jean-Claude). Montalivet. L'homme de confiance de Napoléon. Nouveau Monde éditions, 2010, in-8°, 412 pp, préface de Jean Tulard, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon)

            20

Montalivet compte au nombre des rares ministres de Napoléon qui n'avait jamais fait l'objet de la moindre biographie. Il est pourtant, sans conteste, un de ceux qui l'ont fréquenté le plus longtemps puisqu'ils ont partagé, de 1785 à 1815, trente ans de succès et de désillusions. Ancien conseiller au parlement de Grenoble, préfet de la Manche et de Seine-et-Oise, directeur des Ponts et Chaussées, puis ministre de l'Intérieur et enfin intendant général de la Couronne, Jean-Pierre Bachasson de Montalivet a connu une carrière exceptionnelle. Jamais courtisan, toujours efficace et discret, il fut à la fois l'un des plus importants collaborateurs de Napoléon et l'un de ses partisans les plus dévoués. Puisant directement ses sources dans des archives souvent inédites, cet ouvrage retrace, au terme d'une véritable enquête policière, la vie aussi passionnante que méconnue de ce grand serviteur de l'Etat sur lequel Napoléon portera, à Sainte-Hélène, un jugement élogieux: "Honnête homme qui m'est demeuré, je crois, toujours tendrement attaché". Une fidèle amitié mêlée à un grand sens du devoir, qui nous transporte dans l'intimité de l'Empereur des Français.

163.          BÉNARDEAU (Christiane). Napoléon dans la littérature. Textes choisis et présentés. Nouveau Monde éditions/Fondation Napoléon, 2004, in-8°, 420 pp, broché, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon)

            25

Dès son époque et depuis sa mort, Napoléon a été étudié, adoré ou injurié par quantité d'écrivains, des plus grands aux plus modestes. Aucun autre personnage historique n'a ainsi marqué de son empreinte la littérature mondiale. Ce recueil de citations en donne pour la première fois un aperçu autour de plusieurs thèmes centraux : le personnage Napoléon, Napoléon et les peuples, les soldats, les grandes figures de l'époque et quelques événements majeurs. Toutes les périodes littéraires sont ici représentées, de Chateaubriand à Patrick Rambaud en passant par Balzac, Hugo et Malraux. Loin de se limiter à la littérature française, l'auteur montre l'impact du personnage dans les littératures russe (Dostoïevski, Pouchkine), anglaise (Thomas Hardy, Anthony Burgess...), polonaise, allemande, etc. Cet ouvrage n'est pas un cours d'histoire littéraire ou une encyclopédie mais une libre flânerie où l'on trouve mêlés roman, théâtre, poésie et même Série noire. Seul critère prédominant : qualité de l'expression écrite, belle ou émouvante, drôle ou polémique.

164.          BOURGOGNE (Adrien-Jean-Baptiste-François). Mémoires du sergent Bourgogne, 1812-1813, publiés d'après le manuscrit original par Paul Cottin. Livre Club du Libraire, 1961, in-8°, 364 pp, un portrait, 10 gravures en couleurs contrecollées hors texte, reliure toile verte éditeur avec une gravure contrecollée sur le 1er plat, gardes illustrées, rhodoïd, bon état. Bien complet des 2 cartes dépliantes volantes, qui manquent souvent

            30

Le 22 juin 1812 commence la campagne de Russie, l'une des plus mémorables des temps modernes. Une armée de 650.000 hommes se lance à la conquête d'un immense empire. Six mois plus tard, à peine en revint-il un sur dix. Adrien Bourgogne, sergent vélite de la Garde impériale, fut de ceux qui, à pied, parcoururent ces milliers de kilomètres et furent de tous les combats. Borodino, l'incendie de Moscou, la retraite et le passage de la Bérézina, il y était, et il raconte l'horreur à nu. Son témoignage, d'une extraordinaire intensité de vie, représente le point de vue du soldat sur cette épopée qui tourna au désastre. — "Quelle vie !" (Tulard, 208)

165.          BOURGOING (Baron de). Le Coeur de Marie-Louise, 1810-1821. 1. Marie Louise, Impératrice des Français. – 2. Marie-Louise, duchesse de Parme. Lettres et documents oubliés et inédits. Calmann-Lévy, 1938-1939, 2 vol. pt in-8°, viii-230 et 246 pp, 6 planches de portraits hors texte, brochés, bon état (Coll. Nouvelle collection historique)

            60

Rare complet des deux volumes. — "Le précédent ouvrage du baron de Bourgoing : “Marie-Louise, Impératrice des Français”, s'arrêtait au moment où Napoléon abdiquait a Fontainebleau. Dans l'ouvrage qui paraît aujourd'hui, l'excellent historien montre Marie-Louise décidée à rejoindre son mari, mais arrêtée dans ses projets par Metternich qui la fait venir à Rambouillet où elle rencontrera son père l'empereur François II. M. de Bourgoing, s'aidant de rapports de police, jusqu'ici inconnus, conte le séjour de Marie-Louise à Schönbrunn ; puis son voyage à Aix où elle devait prendre les eaux, pensant toujours se rendre à l'île d'Elbe. On finit par la persuader que pour conserver le duché de Parme à son fils, elle devait d'abord regagner Vienne où allait s'ouvrir le Congrès. C'est alors, qu'à l'occasion d'une excursion au Righi, Marie-Louise devint la maîtresse de Neipperg et c'est pourquoi aux Cent Jours, elle resta sourde aux appels de son mari." (Revue des Deux Mondes)

166.          BRANDA (Pierre). Napoléon et ses hommes. La Maison de l'empereur 1804-1815. Fayard, 2011, gr. in-8°, 574 pp, 35 tableaux, annexes, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Ce n'est pas seulement à coup de victoires militaires, avec une propagande très efficace et une police ultra-moderne, que Napoléon est devenu le souverain le plus puissant d'Europe au XIXe siècle. Contrairement aux monarques absolus de l'Ancien Régime, il comprit qu'il ne devait dépendre de personne pour ses ressources personnelles, pour sa protection, pour ses voyages, pour son logement. Mieux valait que la fidélité de son entourage dépende de lui plutôt que du seul Etat. Avec une très substantielle cassette échappant à tout contôle, et une nombreuse compétente et archi-dévouée équipe de personnes vouées à son service exclusif, il disposait, à l'intérieur de l'Etat, d'un outil dont lui seul pouvait et savait se servir. Cela explique qu'il ait si longtemps pu résister aux oppositions et aux revers qui ont accablé les dernières années du règne.

167.          BRUN (Maurice). Le banquier Laffitte, 1767-1844. Abbeville, F. Paillart, 1997, gr. in-8°, 436 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Petit teneur de livres qui arrivera jusqu'au poste de Président du Conseil, Jacques Laffitte fut souvent l'acteur et quelquefois l'instigateur de certains des événements les plus importants de l'histoire du XIXe siècle. Il fut aussi un des initiateurs du système bancaire que nous connaissons, et l'étude de son parcours permet de mieux comprendre certains aspects de l'économie libérale d'aujourd'hui.

168.          BUISSON (Henry). Fouché, duc d'Otrante. Le Pavillon, Roger Maria éditeur, 1968, fort in-12, 654 pp, avant-propos de Boris Pregel, préface de Jean Savant, un portrait en frontispice, 16 illustrations dont un fac-similé dépliant, notes et biblio, index, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. “Qui était”)

            30

On s'intéressera à Fouché aussi longtemps qu'on s'intéressera à la Révolution française, ce quart de siècle capital de la vie de l'humanité. Fouché est associé à cette émouvante et décisive période de bout en bout. A l'aube de la renaissance du peuple français, il est là. Enfin, il est encore là, en 1815, après l'ultime désastre, et il se trouve être le « chef de l'Etat ». Personnalité aux multiples facettes, Fouché passionnera les esprits durant des siècles et des siècles. Il savait quelle importance son nom conserverait dans l'Histoire, et il disait : « Je ne suis pas un roi, mais je suis plus illustre qu'aucun d'eux. » S'il avait voulu, le « coup » de Brumaire eût été fatal à Bonaparte et à ses complices. Il s'était montré, initialement, infiniment plus utile encore à Bonaparte, et par voie de conséquence. D'où ce fameux dialogue : Napoléon : Mais quoi ! il me semble pourtant que vous êtes un de ceux qui ont envoyé Louis XVI à l'échafaud ; Fouché : Oui, et c'est même le premier service que je vous ai rendu. — "Beaucoup de renseignements inconnus jusqu'alors." (Jean Tulard, “Joseph Fouché”, 1998)

169.          CASTELOT (André)(prés. par). Le drame de Sainte-Hélène. Perrin, s.d. (v. 1976), in-8°, 558 pp, 13 pl. de gravures et portraits hors texte, reliure skivertex vert bouteille de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, gardes illustrées, bon état

            20

Le 15 octobre 1815, l'œil vissé à sa lorgnette, Napoléon découvre l'éboulis de rochers volcaniques qui constitue son domaine. Trois mois auparavant, il a doublé le cap Ouessant et aperçu pour la dernière fois la terre de France. Pour celui qui a porté la couronne impériale, s'ouvre le " temps de la couronne d'épines ", entre un geôlier tatillon et acariâtre, sir Hudson Lowe, et une légende à forger avec la plume. Avec son talent habituel de conteur, André Castelot a rassemblé les mémoires et les souvenirs de tous les acteurs du drame de Sainte-Hélène, de Montholon et Las Cases en passant par Bertrand, Gourgaud et, bien sûr, les Britanniques Maitland et O'Hearn. Dans une sorte de tapisserie historique qui emprunte aux meilleures sources, on voit non seulement l'Empereur vivre au jour le jour dans le réduit de Langwood, mais on discerne les caractères de ce huis clos et les enjeux qu'il porte jusque dans la conscience politique des Français. André Castelot établit ainsi la chronique de la dernière bataille de Napoléon, celle qui le fait entrer dans la légende.

170.          CHASTENET (Geneviève). Marie-Louise. L'impératrice oubliée. Lattès, 1983, gr. in-8°, 344 pp, 2 tableaux généalogiques (les Bonaparte et la Maison Habsbourg-Autriche), biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Les historiens français ont le plus souvent méprisé voire maltraité Marie-Louise de Habsbourg Lorraine, petite-nièce de Marie-Antoinette, deuxième femme de Napoléon et mère du roi de Rome. Elle ne s'est jamais occupée de son fils, elle n'a pas tenté de rejoindre l'empereur déchu à l'île d'Elbe, elle s'est jetée au cou de ce raté de Neipperg, etc. Bobards et calomnies, nous dit G. Chastenet, belle fille du grand historien de la IIIe République et apparentée à Taine. Au contraire, Marie-Louise fut à la hauteur de son destin paradoxal. Enfant, elle avait dû fuir devant les troupes de "l'ogre corse" et voilà qu'à dix-huit ans, les jeux de la politique l'obligent à épouser Napoléon. Durant quatre ans, elle tint si bien son rôle à la Cour que l'empereur la nomma Régente. Autrichienne en France, Française en Autriche, après les Adieux de Fontainebleau, sa carrière "politique" s'achève. Sa vie de femme commence. G. Chastenet a écrit un portrait tout en nuance de ce personnage attachant. Une réhabilitation qui sera pour beaucoup une découverte.

171.          CHEVALLIER (Bernard) et Karine HUGUENAUD (dir.). Trésors de la Fondation Napoléon. Dans l'intimité de la Cour impériale. Nouveau Monde éditions, 2004, in-4°, 192 pp, 175 illustrations en couleurs, dans le texte et à pleine page, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La bibliothèque Napoléon)

            25

La collection de la Fondation Napoléon témoigne de l'histoire et de l'art sous les deux empires. Essentiellement composé des objets et œuvres légués en 1984 au monde napoléonien par Martial Lapeyre, collectionneur et mécène d'exception, enrichi depuis par d'importantes acquisitions, cet ensemble n'avait jamais été présenté au public jusqu'à l'exposition organisée au Musée Jacquemart-André, du 28 septembre 2004 au 3 avril 2005, dont ce livre constitue le catalogue. Ces objets exceptionnels, chefs d'œuvre du patrimoine nationa, sont présentés et photographiés dans ce livre-catalogue. Du faste de la Cour impériale à l'humble vie d'un exilé, c'est la fulgurante trajectoire de Napoléon que donne à voir cette collection unique. C'est aussi le goût d'une époque qui s'exprime à travers l'épanouissement des arts décoratifs dont une magnifique illustration nous est ici offerte. Les meilleurs spécialistes ont participé à la rédaction de l'ouvrage : Jean Tulard, Jean-Claude Lachnitt, Bernard Chevallier, Karine Huguenaud, Thierry Lentz, Jacques Jourquin, Michel Martineau, Sylvain Lavessière, Nicolas Sainte Fare Garnot, Claude Séguin, Christian Blondieau et Christian Benoît.

172.          DAMAS (Roger de). Mémoires du comte Roger de Damas, publiés et annotés par Jacques Rambaud. Plon, 1912-1914, 2 vol. in-8°, xxviii-487 et vi-511 pp, un portrait en couleurs sous serpente légendée, 2 portraits en noir, un fac-similé dépliant et une carte dépliante hors texte, index, brochés, couv. du tome 1 lég. piquée, bon état

            150

Tome I : Russie, Valmy et armée de Condé, Naples (1787-1806). – Tome II : Vienne de 1806 à 1814. Suivi de lettres inédites de Marie-Caroline, reine de Naples au comte Roger de Damas (1801-1814). — "Au service de la Russie en 1788, Roger de Damas retrouve Paris en décembre 1789 à l'occasion d'un congé. Ne reconnaissant plus la France où il avait grandi, il repart pour la Russie puis combat la Révolution dans les armées prussienne et de Condé avant de se réfugier à Naples en 1798, puis à Vienne. Ayant commencé à rédiger ses mémoires à partir de 1800, il consacre le premier volume à l'époque qui va de 1787 à 1806, racontant Valmy, les campagnes d'Allemagne, la résistance des armées napolitaines aux troupes du Directoire. Ses souvenirs témoignent de son intelligence et de sa lucidité ainsi que de l'admiration en tant que militaire qu'il vouait à Bonaparte tout en le combattant" (Fierro, 388). — "Emigré à Naples puis à Vienne de 1806 à 1814, le comte de Damas donne le point de vue des cours étrangères sur la politique méditerranéenne et orientale de Napoléon. Il rejoignit le comte d'Artois à Nancy au moment de la chute de l'Empire. Ses mémoires s'arrêtent en 1815" (Tulard, 388). — Document de premier ordre, "objectifs" et pourvus d'un remarquable appareil critique. Parmi les tous premiers mémoires à lire sur la période.

173.          DERIES (Léon). Le régime des Fiches sous le Premier Empire. P., Auguste Picard, 1926, gr. in-8°, 44 pp, broché, qqs marques au crayon en marges, état correct (Extrait de la “Revue des Etudes historiques”)

            20

"Dans cet article fort curieux, l'auteur expose le plan initial du régime des fiches tel qu'il fut créé en 1807 par Fouché, duc d'Otrante, ministre de la police générale. Pour se rendre compte dans chaque département, des éléments constitutifs de là population, le préfet dut fixer la proportion de propriétaires, négociants, gens de lois, prêtres, cultivateurs, artisans et indigents, avec pour chaque catégorie, des détails spéciaux correspondant aux parties d'un questionnaire fort bien conçu. Complété par les prescriptions de la circulaire du 10 juillet 1810, de Savary succédant un instant à Fouché, ce travail, véritable photographie des provinces de l'Empire Français, devait comprendre des fiches dont le ministère avait écrit un réel panégyrique. On se demande comment chaque préfet exécuta son travail ? M. Léon Déries y répond en montrant combien ces hauts fonctionnaires de l'époque se révèlent eux-mêmes dans leurs missives. Puis il entre dans le détail, en donnant quelques fiches touchant l'épiscopat, l'armée, la magistrature, les fils de famille, les couvents jusqu'aux mariages et à la situation des demoiselles à marier, etc. etc. Dans ces fiches, on relève celle de Jacoupy, évêque d'Agen, celle de Lacépède, académicien et grand chancelier de la légion d'honneur, celle des Narbonne et celles de bien d'autres agenais. Or, tous ces documents ont pu être conservés et existent aux archives nationales. Il est superflu d'en montrer l'intérêt rétrospectif. Il est réellement très curieux cet article de M. Léon Déries, sur la « Statistique morale et personnelle », sous le Premier Empire, statistique que nous appelerons avec un juste mépris le Régime des fiches, apprécié encore aujourd'hui par tant de mauvais citoyens et subi par tant d'autres des meilleurs." (Commandant Labouche, Revue de l'Agenais, 1926)

174.          DIESBACH (Ghislain de). Madame de Staël. Perrin, 1983, in-8°, 611 pp, 39 gravures sur 16 pl. hors texte, biblio, index, reliure skivertex bordeaux de l'éditeur, bon état (Bourse Goncourt de la biographie 1983)

            25

"Je dois dire que cette biographie de Madame de Staël est intéressante et agréable à lire. L'auteur s'est bien documenté dans l'immense correspondance de Germaine, dont une grande partie a été publiée. Dans son Avant-propos, l'auteur nous prévient qu'il s'est « proposé d'écrire une biographie réduite aux faits et gestes de Mme de Staël, à l'existence qu'elle a menée, sans se livrer à une exégèse de son œuvre, ni à l'étude de son influence, si déterminante sur les mouvements littéraires qui se sont inspirés d'elle, ou sur les conceptions politiques ou sociales du XIXe siècle ». (...) Tout ce qu'il écrit de Benjamin Constant me paraît fort juste. C'était un ambitieux cynique, dont on a du mal à comprendre qu'il ait aujourd'hui tant d'admirateurs..." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1983)

175.          GARNIER (Jacques). Austerlitz, 2 décembre 1805. Fayard, 2005, gr. in-8°, 458 pp, propos liminaire par Jean Tulard, 23 cartes, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, trace de pliure sur la couv., bon état

            20

De Tolstoï à Abel Gance, Austerlitz participe de la légende autant que de l'histoire. Le génie militaire de Napoléon y a donné toute sa mesure face à un ennemi double – autrichien et russe –, alors que l'issue victorieuse n'allait pas de soi. Au moyen des archives militaires et de récits des combattants (les sans-grade comme les illustres), Jacques Garnier raconte comment une armée rassemblée pour envahir l'Angleterre s'est portée en quelques semaines au cœur de l'Europe centrale et comment elle a été rejointe par d'autres troupes françaises stationnées en Italie. C'est ensuite jour par jour, puis heure par heure qu'il décrit les plans successifs des adversaires et qu'il évoque, cartes à l'appui, les combats – majeurs ou mineurs, tous ont leur importance – ayant précédé l'affrontement final du 2 décembre 1805. Les pertes françaises seront très faibles en comparaison de celles des Alliés, et la victoire aura instantanément des effets géopolitiques considérables : fin du Saint Empire romain germanique, rattachement de Venise au royaume d'Italie, installation de Napoléonides sur les trônes de Naples et de Hollande, etc. Éminent spécialiste des guerres napoléoniennes (il a rédigé les notices relatives aux campagnes et aux batailles du Dictionnaire Napoléon, dirigé par Jean Tulard), Jacques Garnier donne ici le fruit de nombreuses années de recherches documentaires.

176.          GAUBERT (Jean-Pierre). Las Cases. L'abeille de Napoléon. Portet-sur-Garonne, Loubatières, 2003, gr. in-8°, 370 pp, préface de Jean de Viguerie, un portrait gravé, 8 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Emmanuel, comte de Las Cases, est le grand chroniqueur d'une époque charnière de l'histoire de France. Recueillant de la bouche même de l'Empereur des propos couvrant l'ensemble de l'épopée napoléonienne, il en a tiré le Mémorial de Sainte-Hélène qui demeure une référence incontournable. Au-delà du témoignage sur les dernières années de Napoléon Ier, l'œuvre de Las Cases a largement contribué à forger la légende. Historien consciencieux et compagnon dévoué de l'Empereur dans les jours sombres, Las Cases connut la notoriété et les jugements sévères. C'est que le personnage est complexe. Ses motivations et son comportement en certaines circonstances quelque peu ambigus. Les interrogations ne manquent pas : en accompagnant l'Empereur en exil, a-t-il surtout répondu aux besoins de se mettre en valeur, de s'enrichir, d'écrire un "best-seller", ou bien a-t-il répondu à de nobles considération ? L'homme est passionnant, précisément en raison de ce qu'il est, et de l'originalité de son parcours. Cet ouvrage s'efforce, en suivant l'itinéraire d'Emmanuel de Las Cases depuis l'enfance, de cerner au plus près celui qui fut l'oreille et la plume de Napoléon.

177.          GODLEWSKI (Guy). Napoléon à l'île d'Elbe. 300 jours d'exil. Nouveau Monde éditions, 2003, in-8°, 258 pp, préface de Jean Tulard, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon)

            25

Réimpression de ce classique de l'histoire de Napoléon à l'île d'Elbe (mai 1814-février 1815), publié en 1961 et devenu un ouvrage de référence sur le sujet. — Pendant trois cents jours, de mai 1814 à février 1815, Napoléon régna sur un "royaume d'opérette" où l'avaient exilé les Alliés après la campagne de France. Là, à l'île d'Elbe, l'homme qui avait dominé et dirigé l'Europe se conduisit en souverain, réglant minutieusement le gouvernement de quelques kilomètres carrés et de quelques milliers de sujets. Et il s'ennuya beaucoup, si bien que, rapidement, les projets d'évasion et de retour en France furent à l'ordre du jour. Napoléon les accéléra lorsqu'il apparut que ses ennemis d'hier et le gouvernement de Louis XVIII ne respectaient pas leurs engagements (notamment financiers) à son égard et qu'on commençait à parler de son transfert vers une petite île de l'Atlantique sud, Sainte-Hélène. L'empereur décida donc de repartir à la conquête de son royaume dont il reprit le contact pour cent nouveaux jours. Ce sont tous ces aspects que Guy Godlewski a étudiés dans ce maître-livre dont Jean Tulard écrit dans sa préface que, plus de quarante ans après, "il n'a pris aucune ride et n'a d'ailleurs pas été remplacé".

178.          GOTTERI (Nicole). La mission de Lagarde, policier de l'Empereur, pendant la guerre d'Espagne (1809-1811). Edition des dépêches concernant la Péninsule ibérique. Publisud, 1991, in-8°, 421 pp, une carte, biblio, sources, index, reliure demi-maroquin noir à coins, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres et fleuron napoléonien dorés, tête dorée, couv. illustrée et dos conservés, bon état

            120

"N. Gotteri présente l'édition des dépêches expédiées par un commissaire général de police, Denis de Lagarde, au cours de la mission qu'il a effectuée entre le 13 avril 1809 et le 27 mai 1811 dans la péninsule ibérique. L'auteur de ces dépêches appartient à cette « armée de fonctionnaires [qui] expédiait régulièrement de tous les coins du grand Empire des informations » adressées tantôt directement à l'Empereur, tantôt à son ministre de la Police, en l'occurence Fouché puis Savary. Ces informations étaient d'ordre politique et militaire, rendaient compte de l'opinion publique des pays concernés et s'intéressaient aux activités financières et commerciales ; c'est dire l'étendue du domaine imparti aux investigations de ces “missi dominici” impériaux et l'intérêt des rapports qu'ils établissaient. Dans l'importante introduction d'une centaine de pages qui précède l'édition des textes, N. Gotteri a retracé la carrière du commissaire général Lagarde." (J. Charon-Bordas, Revue Historique, 1991)

179.          HORTENSE de BEAUHARNAIS. Mémoires de la Reine Hortense. Publiés par le prince Napoléon. Avec notes de Jean Hanoteau. Plon, 1927, 3 vol. in-8°, xix-369, 391 et 400 pp, 12 portraits et un fac-similé hors texte, biblio, index, reliures demi-maroquin fauve, dos lisses, titres dorés, bel exemplaire. un des 200 exemplaires sur pur fil Lafuma, à grandes marges (seul grand papier, avec 12 H.C.)

            350

"Ces mémoires de tout premier ordre sur Joséphine, les Tuileries, Louis Bonaparte en Hollande, l'exil, ont été écrits vers 1820. Leur authenticité est incontestable. L'appareil critique de Jean Hanoteau est remarquable." (Tulard, 707)

180.          HOUDECEK (François) et Chantal de LOTH. De l'empereur au roi. Correspondance d'Eugène de Roussy (1806-1830). Nouveau Monde éditions/Fondation Napoléon, 2012, in-8°, 382 pp, préface d'Emmanuel de Waresquiel, annexes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon),  envoi a.s.

            20

A travers les 159 lettres de cette correspondance familiale, datées de 1806 à 1830, nous suivons Eugène de Roussy, jeune noble cévenol, dans ses pérégrinations militaires de la Pologne à l'Italie en passant par l'Autriche. Ces lettres sont une plongée dans l'intimité de la Grande Armée où les exercices, la vie de caserne et la formation des conscrits tiennent plus de place que les charges héroïques. Avec les gendarmes d'ordonnance puis le 28e régiment de dragons, Eugène de Roussy fit toutes les campagnes de l'Empire et combattit notamment à Friedland, à Wagram et à la Moskova. Rallié à Louis XVIII contre Napoléon, il vécut les Cent-Jours dans les rangs des royalistes du Midi et participa aux troubles dans le Gard à l'été 1815. Après cette date, intégré dans la garde royale, il servit jusqu'en 1830 dans la proximité des souverains. Lors de la révolution de Juillet, il accompagna Charles X dans son voyage d'exil vers Cherbourg, dont il livre un témoignage inédit et plein de vérité. Sa correspondance est avant tout la mise en lumière du parcours social et politique d'un officier issu de la noblesse de province. Successivement au service de Napoléon Ier, Louis XVIII et Charles X, il a servi avec honneur tout en restant fidèle à ses idées royalistes et en s'engageant finalement pour la cause monarchique. A travers ses lettres, resurgit également tout un pan de la société de l'Empire : la noblesse d'Ancien Régime hésitant entre ralliement et attentisme.

181.          HOUSSAYE (Henry). 1814. – 1815. La première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent Jours. – 1815. Waterloo. – 1815. La seconde abdication, la Terreur blanche. Perrin, 1899-1907, 4 vol. in-8°, viii-653, ii-642, 512 et 602 pp, 4 cartes dépliantes hors texte, un portrait de l'auteur en frontispice, reliures demi-chagrin bordeaux, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, filet à froid sur les plats, têtes dorées, signets (rel. de l'époque), sous coffret plein papier marbré (même papier que les plats), bon état. Bel exemplaire très bien relié

            350

Complet en 4 volumes. — Histoire de la chute du Premier Empire d'après les documents originaux. Un ouvrage inouï où l'on suit, au jour le jour, parfois même d'heure en heure, le déroulement haletant des événements. Par son style alerte, sa précision éclairante du détail, sa minutie, son souffle dans l'évocation, sa documentation faramineuse et toujours édifiante, cette oeuvre donne l'impression d'être immergé au coeur de l'Histoire. C'est certainement un des plus brillants, des plus complets et des plus compréhensibles ouvrages sur la chute du Premier Empire. Après la guerre de 1870 (à laquelle il participe brillamment comme officier), Henry Houssaye (1848-1911) se consacre totalement à l'histoire militaire de Napoléon Ier et publie sur le sujet deux ouvrages définitifs : “1814” (en 1888), et “1815”, (en trois volumes). Il est élu à l'Académie française en 1894.

182.          JOURQUIN (Jacques). Dictionnaire des Maréchaux du Premier Empire. Dictionnaire analytique, statistique et comparé des vingt-six maréchaux. Tallandier et Institut Napoléon, 1986, in-8°, 172 pp, 28 gravures dans le texte et 4 pl. en couleurs (reproduction en couleurs des armoiries des maréchaux), broché, couv. illustrée, bon état

            20

Que faisaient-ils à leurs débuts ? Où et comment sont-ils morts ? Où sont-ils enterrés ? Quels titres de noblesse et quels sobriquets portaient-ils ? Ont-ils eu des descendants ? Qu'ont-ils écrit ? Où habitaient-ils ? Combien d'argent reçurent-ils de Napoléon ? Ce dictionnaire réunit pour la première fois, et selon un plan thématique original, un ensemble d'informations jamais rassemblées sur les vingt-six maréchaux du Premier Empire : état civil et origines ; états de services ; carrière d'officier général et maréchalat ; honneurs et décorations ; charges, fonctions et souverainetés ; Mémoires et correspondances ; demeures et filiations ; et jusqu'aux jugements de Napoléon sur chacun d'eux. Construit avec une méthode et une rigueur scientifiques, riche d'aperçus nouveaux par un emploi systématique des comparaisons et de la statistique, mais laissant leur part à l'exception et à l'anecdote significative, ce livre est devenu l'ouvrage de référence sur la caste la plus célèbre du personnel impérial.

183.          LA TOUR (Jean de). Duroc, Duc de Frioul, Grand Maréchal du Palais impérial (1772-1813). Nouveau Monde éditions/Fondation Napoléon, 2004, in-8°, 202 pp, préface de Jacques Jourquin, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon)

            25

Géraud Christophe Michel Duroc (1772-1813) est indissociable de l'aventure personnelle de Napoléon, dont il fut un des plus proches et des plus fidèles collaborateurs militaires, de l'armée d'Italie à sa mort tragique, le 22 mai 1813. De lui, le proscrit de Sainte-Hélène disait: "Son service était exact et régulier; ce n'était que lorsque ma journée était entièrement close et finie, quand je me reposais déjà, que la sienne commençait. Duroc était pur, moral, tout à fait désintéressé pour recevoir, extrêmement généreux pour donner." Ses fonctions de grand-maréchal du Palais, qu'il remplit avec exactitude et efficacité lors de toutes les campagnes de l'Empire, ne doivent pas faire oublier qu'il fut aussi un superbe combattant et un excellent diplomate. L'Empereur récompensa ces services par le titre de duc du Frioul. Par sa loyauté et ses compétences, Duroc est une des grandes figures de l'épopée.

184.          LEMAIRE (Dr Jean-François), Dr Paul FORNÈS, Dr Pascal KINTZ, Thierry LENTZ. Autour de « l'empoisonnement » de Napoléon. Nouveau Monde éditions, 2001, in-8°, 131 pp, avant-propos du baron Gourgaud, préface de Jean Tulard, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. La Bibliothèque Napoléon)

            25

Napoléon empoisonné ? La thèse, controversée, rencontre pourtant depuis quelque temps un succès inattendu dans la presse et auprès du public. Après en avoir souri, les historiens sont aujourd'hui amenés à répondre aux questions du public. Ce volume collectif, préfacé par Jean Tulard, permet de faire le point avec méthode et rigueur. Depuis une quarantaine d'années, la théorie de "l'empoisonnement" a connu de nombreuses versions et rebondissements. Le docteur Jean-François Lemaire en reconstitue l'histoire et établit une bibliographie critique détaillée. De leur côté, les docteurs Paul Fornès et Pascal Kintz, récemment cités à l'appui des thèses "empoisonnistes", ont accepté de publier ici leurs conclusions complètes, pour le premier sur une relecture de l'autopsie de Napoléon et, pour le second, sur l'analyse toxicologique des cheveux attribués à l'Empereur. Enfin, Thierry Lentz fait le point sur les certitudes et les doutes qui entourent les théories des tenants de la thèse de l'empoisonnement. Voici un ouvrage non-polémique qui présente enfin clairement toutes les pièces du dossier.

185.          LENTZ (Thierry). Joseph Bonaparte. Perrin, 2016, gr. in-8°, 717 pp, 12 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, 2 cartes, notes, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix Chateaubriand),  envoi a.s.

            25

Joseph Bonaparte (1768-1844) a joué un rôle considérable pendant la Révolution puis sous le gouvernement de son frère cadet, Napoléon. Un simple survol des fonctions qu'il occupa durant ce quart de siècle suffit à en prendre la mesure : président du district d'Ajaccio, commissaire des guerres, ambassadeur, député, conseiller d'État, sénateur, grand électeur de l'Empire, roi de Naples, roi d'Espagne, lieutenant général de l'empereur en 1814, président du Conseil des ministres durant les Cent-jours. Son rôle politique actif fut donc de premier plan, marqué par une relation très particulière avec Napoléon dont il fut peut-être le seul ami. Après 1815, sa position ne fut pas non plus secondaire, malgré son départ d'Europe pour un long exil de près de 25 ans aux Etats-Unis où il devint un personnage très en vue, jusque dans les milieux officiels. Il demeura de plus une sorte de régent moral pour le compte du roi de Rome puis, après la mort de celui-ci (1832), devint prétendant au trône impérial. L'âge venant, il se raidit dans cette position et se heurta à son neveu Louis-Napoléon, le futur Napoléon III. Inhumé à Florence après sa mort dans cette ville, en 1844, il rejoignit son frère sous le dôme des Invalides en 1862.

186.          LENTZ (Thierry). Savary. Le séide de Napoléon (1774-1833). Metz, Editions Serpenoise, 1993, in-8°, 320 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

”Si l’Empereur disait à Savary de vous tuer, il vous prendrait tendrement par la main et vous dirait : je suis au désespoir de vous envoyer dans l’autre monde, l’Empereur le veut ainsi”. Tel est le portrait du second ministre de la Police de Napoléon que dressa un de ses contemporains. Savary (1774-1833) participa aux guerres révolutionnaires et à l’aventure égyptienne avant de devenir l’aide de camp de Bonaparte. Il brûla alors les étapes, occupant d’importantes fonctions militaires et diplomatiques. A 36 ans, il succéda à Fouché au ministère de la Police générale. Il apparut toujours de son propre aveu, comme le ‘’séide” de Napoléon. Savary, duc de Rovigo, a en effet contribué à écrire certaines des pages les plus noires de l’histoire du Consulat et de l’Empire : exécution du duc d’Enghien, ‘’souricière” de Bayonne, répression en Espagne, arrestation et détention du pape... Au gouvernement, il fut un des artisans du durcissement du régime napoléonien à son apogée. Malgré l’affaire Malet, Napoléon lui conserva sa confiance pendant les Cents-Jours, ce qui valut à Savary un long et aventureux exil à la Restauration. Rentré sous la Monarchie de Juillet, il participa avec brutalité, à la ”pacification” de l'Algérie. Avec Savary, exécutant fidèle et dévoué, c’est souvent l'envers du décor de l’épopée napoléonienne qui est présentée dans cet ouvrage.

187.          LÉVY (Arthur). Napoléon intime. Plon, 1894, gr. in-8°, xii-656 pp, biblio, reliure demi-chagrin vert bouteille à coins, dos à 5 nerfs filetés et caissons dorés, titres dorés, filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), bel exemplaire

            120

« Napoléon ne fut ni un Dieu, ni un monstre, mais simplement – selon la célèbre formule classique qu'on peut lui appliquer – il était homme, et rien d'humain ne lui était étranger. Le haut sentiment familial, en effet, la bonté, La gratitude, la cordialité furent ses qualités essentielles. » Ainsi s'exprime M. Arthur-Lévy, dans la préface de son récent livre “Napoléon intime”. Ce récit est d'ailleurs fort agréable. L'auteur voit Napoléon en beau, un peu comme le voyait la reine Hortense. Ce grand homme était complexe : aujourd'hui aimable, demain dur et brutal, tyran de génie, mais tyran." (A. Aulard, La Révolution française : revue historique)

188.          MACÉ (Jacques). L'Honneur retrouvé du général de Montholon. De Napoléon Ier à Napoléon III. Editions Christian, 2000, gr. in-8°, 328 pp, préface de Jean Tulard, 8 pl. de gravures hors texte, biblio, généalogie, broché, couv. illustrée d'un portrait de Montholon en couleurs, bon état

            40

La carrière longue et mouvementée de Charles-Tristan de Montholon-Sémonville, qui passa six ans avec Napoléon à Sainte-Hélène, puis encore autant d'années en détention au fort de Ham avec le futur Napoléon III. L'auteur établit, arguments à l'appui, l'innocence du général de Montholon, qui avait été accusé d'avoir empoisonné l'Empereur.

189.          MARICOURT (Baron André de). Madame de Souza et sa famille. Les Marigny, les Flahaut, Auguste de Morny (1761-1836). P., Emile-Paul, 1907, in-8°, x-399 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-percaline bleue, pièce de titre basane carmin, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), bon état

            100

"A cheval sur deux siècles, mêlée, depuis son enfance, qui se rattache aux souvenirs de la cour de Louis XV, jusqu'aux années de sa vieillesse, dont la joie principale fut l'éducation de son petit-flls illégitime, le futur duc de Morny, aux sociétés les plus illustres et les plus curieuses, Mme de Souza, qui avait d'abord été Mlle Filleul et puis Mme de Flahaut, est par excellence une de ces figures de second plan dont la biographie constitue un lien naturel entre une foule d'épisodes ou de personnages caractéristiques et est éminemment propre à illustrer une époque. Mme de Souza fut intelligente, indulgente, assez bonne, très prudente et sagement égoïste. Ses qualités et ses défauts nouèrent autour d'elle un cercle de relations qu'accrurent ses maris et ses amants. Talleyrand, Hortense de Beauharnais et Louis-Philippe lui tinrent de près à des titres divers. Elle fut la mère de Charles de Flahaut, l'un des « lions » de l'Empire. D'autres célébrités aussi considérables, sinon davantage, furent de ses familiers. Elle écrivait des romans médiocres, mais dont la valeur, comme peinture de moeurs, est appréciable. Elle avait d'innombrables correspondants. Parfaitement au courant de la documentation de l'époque, M. de Maricourt a trouvé dans son entourage tous les éléments d'un récit copieux, souvent instructif et toujours amusant. Son volume ne pourra être negligé par aucun de ceux qui traiteront de la société du temps. Et combien de biographes auront au moins une note à consacrer à une dame qui connut tant de monde et de si près !" (André Lichtenberger, Revue Historique, 1908)

190.          MAURY (René). L'Assassin de Napoléon, ou le mystère de Sainte-Hélène. Albin Michel, 1994, in-8°, 315 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état,  envoi a.s.

            25

Parmi les hypothèses relatives à la mort de Napoléon à Saint-Hélène, en 1821, celle de l'assassinat a gagné du terrain depuis quelques années, l'analyse des cheveux de l'Empereur ayant, grâce aux méthodes modernes d'investigation, révélé une dose très élevée d'arsenic. Partant de travaux antérieurs, mais conduisant, de manière très méthodique, sa propre enquête, René Maury, professeur aux Universités de Montpellier, de Limerick et de Tokyo, désigne le comte de Monthonlon comme l'instigateur de l'empoisonnement avec la complicité probable d'une femme. Bénéficiant de sa présence permanente auprès du captif de Saint-Hélène, Montholon, affirme René Maury, commit, par vengeance mais surtout par intérêt, l'un des crimes les plus parfaits et les plus célèbres de l'Histoire. — "Les tenants de la thèse de l'assassinat de Napoléon à Sainte-Hélène ne désarment pas. (...) René Maury a obtenu du Musée d'Archéologie et d'Histoire de Lausanne quelques-uns des cheveux de l'empereur rapportés de Sainte-Hélène par son serviteur suisse Jean-Abraham Noverraz, qui les avait confiés au Musée cantonal vaudois. Il les a soumis à l'Ecole Polytechnique et à l'Institut de police scientifique de Lausanne, qui y ont décelé, par examen au spectromètre de masse, de fortes concentrations d'arsenic..." (Revue d'histoire de la pharmacie, 1995)

191.          OUDINOT (Marc). Le Maréchal Oudinot. Editions de Fallois, 2007, in-8°, 461 pp, préface de Jean Tulard, 16 pl. d'illustrations en noir et en couleurs, notes, fiches et tableaux documentaires, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            20

"C'est le Bayard de l'armée", dit Napoléon en présentant Oudinot au tsar de Russie. Du chevalier sans peur et sans reproche, il a la bravoure et le mépris du danger : 32 blessures. Prodigieux meneur d'hommes comme Ney ou Murat, remarquable tacticien comme Lannes ou Suchet, ce soldat fameux de la Révolution participe à toutes les campagnes de l'Empire sauf l'Espagne. Ses exploits à Wagram lui valent son bâton de maréchal et son titre de duc de Reggio. Et, pourtant, le maréchal Oudinot n'avait pas eu la biographie qu'il méritait. Peut-être parce que, fidèle à la République, il appartint aux généraux hostiles à la marche de Bonaparte vers le pouvoir absolu ? Peut-être aussi parce que, après l'Empire, sa loyauté à l'égard des Bourbons en fit la cible d'une campagne de dénigrement des bonapartistes ? Son respect de la légitimité politique, son patriotisme, son sens du devoir militaire ainsi que ses qualités "civiles" laissent entrevoir derrière le sabreur "criblé de blessures" une personnalité plus riche et plus complexe, que cet ouvrage met pour la première fois en lumière. Loin de se réduire à la seule biographie de celui qui fut tour à tour et pleinement général républicain, maréchal d'Empire et pair de France, cette suite de courts tableaux vifs et richement documentés fait aussi renaître à travers le portrait attachant du "grenadier Oudinot" un siècle tumultueux de l'histoire de France.

192.          QUINTIN (Danielle et Bernard). Dictionnaire des capitaines de vaisseau de Napoléon. P., SPM, 2003, in-8°, 427 pp, préface par Jacques-Olivier Boudon, texte sur 2 colonnes, sources, biblio, index, reliure simili-cuir carmin décorée de l'éditeur, bon état

            80

Un ouvrage de référence pour tous les chercheurs : consacré aux capitaines de vaisseaux de la Marine de l'Etat sous l'Empire, ce dictionnaire présente les éléments biographiques et de carrière de 194 officiers de marine, dont les noms sont le plus souvent oubliés de l'Histoire, en raison des revers que connût la Marine à cette époque. Tableaux des origines géographiques, des professions et des fonctions politiques, récompenses, titres de noblesse, sanctions, etc. : les notices sont précédées d'une fort utile étude prosopographique.

193.          RICOME (Jean-Baptiste). Journal d'un grognard de l'Empire. Présenté par Jacques Garnier. Presses du CNRS, 1988, in-8°, 155 pp, préface de Jean Tulard, 4 pl. d'uniformes hors texte, 6 illustrations dans le texte, 10 cartes et croquis, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            40

Ceux que Napoléon appelait les "Grognards" ont écrit leurs souvenirs, encore étonnés d’avoir survécu à tant d’épreuves. J.-B. Ricome, avec verve et simplicité, raconte ses multiples tribulations : sa mobilisation en 1808, ses premiers faits d’armes pour défendre les côtes méditerranéennes contre les Anglais dans la région de Barcelone, ses longues marches à travers l’Europe de l’Italie à Moscou (Ricome appartient à un régiment français de l’Armée d’Italie, commandée par le Prince Eugène de Beauharnais), ses combats et ses souffrances durant la terrible campagne de Russie en 1812. Il fut un des rares survivants non officiers survivants de son corps d’Armée à l’issue de l’épouvantable "Retraite" dans les plaines glacées de Russie en 1812. En 1813 il repartit en campagne, toujours dans les rangs de l’Armée d’Italie, et fut blessé au combat et capturé à l’automne 1813 près de la frontière autrichienne lorsque les troupes de l’Empereur d’Autriche, envahissant le Nord de l’Italie, se joignirent aux ennemis de Napoléon après la rupture de l’armistice de l’été 1813 en Saxe. En multipliant les détails pittoresques Ricome restitue exactement la vie quotidienne des hommes de troupe dans les armées de Napoléon. L’éminent historien de l’Empire, spécialiste des questions militaires, qu’est J. Garnier corrige les quelques erreurs, comble les omissions, confronte les souvenirs de Ricome à d’autres relations et à un descriptif rigoureux des opérations que le simple fantassin Ricome a vécu dans le rang, au "ras du sol". — "Le témoignage, souvent original, parfois de seconde main, au caractère toujours naïf d'un sergent de la Grande Armée sur les campagnes de 1812 et 1813. Un des seuls témoignage publié sur l'expédition maritime de 1809 pour ravitailler Barcelone. Mémoires émaillés de détails d'une grande saveur sur la vie quotidienne du soldat impérial." (Tulard, 1241)

194.          ROUX (Georges). Napoléon et le guêpier espagnol. Flammarion, 1970, in-8°, 248 pp, chronologie, sources, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Histoire)

            25

"Bref récit d'un épisode bien connu de la période napoléonienne, fondé sur des témoignages contemporains et sur quelques ouvrages modernes. L'auteur montre bien l'aveuglement de Napoléon Ier, mais quelle en est la cause ? La « déviation des Césars » est plutôt une formule qu'une véritable explication. La « hantise des Bourbons » approche davantage de la vérité, sans toutefois satisfaire entièrement. Et pourquoi cette persévérance dans l'erreur ? Par contraste le livre met en valeur non seulement la clairvoyance de Joseph, mais son courage à dire ce qui lui semblait (et qui était) la vérité. Personnage au demeurant très supérieur comme homme à Charles IV et à Ferdinand VII. M. Roux se montre équitable pour les joséfinos et ne cache pas la confusion, les querelles et la mauvaise organisation de la résistance. Elles expliquent, après les succès personnels de l'Empereur en 1808-1809, l'équilibre des forces qui caractérise les années 1809, 1810 et 1811. La fortune tourne en 1812 et 1813, années des Arapiles et de Vittoria. Mais dès le début de 1813, au reçu des nouvelles de Russie, Joseph avait pris la décision d'évacuer non seulement Madrid, mais toute l'Espagne : Vittoria ne pouvait que l'affermir dans ce dessein. Plus que le retour de Ferdinand VII à Madrid (13 mai 1814), le franchissement de la frontière française (2 septembre 1813) marque la fin de l'aventure espagnole." (Michel Eude, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1970)

195.          SOUHAM (Gérard). Général Souham, sur tous les champs de bataille de la Révolution et de l'Empire. Stock, 1990, gr. in-8°, 240 pp, préface de Michel Poniatowski ,8 pl. de gravures hors texte, biblio, couv. souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Le général Souham, personnage original et attachant, originaire de la Corrèze, est resté oublié de l'Histoire, sans doute en raison même des choix qu'il fit tout au long de sa carrière. L'auteur, grâce aux recherches qu'il a menées sur ce général dont il n'est toutefois pas le descendant – la descendance mâle s'étant éteinte au XIXe siècle – nous permet de suivre le vainqueur de Wellington, du duc d'York et de Blücher, qui commanda en chef l'armée du Portugal.

196.          THIRY (Jean). Cambacérès, archichancelier de l'Empire. Berger-Levrault, 1935, in-8°, 286 pp, un portrait en frontispice, biblio, index, broché, bon état

            30

"M. Jean Thiry a entrepris de raconter la vie de Cambacéres. Il l'a bien mis en scène sous son aspect mondain au temps de l’Empire, mais il laisse l’impression que son rôle fut plus considérable qu'on le peut admettre. C’était un homme trop prudent pour aller au delà d’une action molle et sans efficacité et ses traits distinctifs, l'aptitude aux palinodies, l'amour de l'argent et de la bonne chère, une vanité sans égale, ne réussissent pas à donner à sa physionomie un grand relief." (Georges Lefebvre, Revue Historique, 1939)

197.          TULARD (Jean). Le Mythe de Napoléon. Armand Colin, 1971, in-12, 237 pp, biblio, filmographie, index, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll U2)

            20

"Excellente synthèse d'un mythe inépuisable ; l'auteur montre successivement l'ogre, Prométhée, le demi-dieu ; le Napoléon de Monsieur Beyle, celui du Médecin de Campagne ; le Messie des Polonais (Towiansky, Mickiewicz, Wronski) ; le condottiere ; la victime de Tolstoï-Prokofief, Guerre et Paix ; enfin le mythe moderne. Anthologie, filmographie, discographie, voire chorégraphie (Serge Lifar)." (Littératures, 1972)

198.          TURQUAN (Joseph). Les Sœurs de Napoléon. I. Les princesses Elisa et Pauline. Tallandier, s.d. (1920), pt in-8°, viii-326 pp, 16 planches de gravures hors texte, reliure demi-percaline bleue, dos lisse avec titres et doubles-filets dorés (rel. de l'époque), papier lég. jauni, bon état

            30

"Les curieux et piquants volumes de Joseph Turquan sur la Générale Bonaparte, l'Impératrice Joséphine, les Sœurs de Napoléon et la Reine Hortense, sont particulièrement recherchés." (Le Temps, 5 août 1896)

199.          ZIESENISS (Charles-Otto). Le Congrès de Vienne et l'Europe des princes. Belfond, 1984, in-8°, 296 pp, index des ouvrages cités, index des personnes citées, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'épopée napoléonienne)

            25

Soumis au grandiose programme de redéfinir la carte de l'Europe après la chute de Napoléon, le Congrès de Vienne rassembla, de l'automne 1814 au printemps 1815, souverains et diplomates. Dès les premières semaines, les convoitises des vainqueurs de la France créèrent de telles difficultés aux négociateurs, que le vieux prince de Ligne put s'exclamer : Le Congrès ne marche pas, mais il danse ! En effet, on dansait beaucoup à Vienne. Valses et polonaises se succédaient, au cours de fêtes plus fastueuses ou plus divertissantes les unes que les autres, tandis que les aventures galantes des jolies femmes, et de quelques princes entreprenants, faisaient jaser la ville. D'un prodigieux foisonnement de personnages illustres, émergent les figures du tsar Alexandre de Russie, de l'empereur François d'Autriche, des rois de Prusse, de Danemark, de Bavière et de Wurtemberg, les travaux étant menés par les plénipotentiaires des grandes puissances, notamment Metternich, Castlereagh et Talleyrand. Ce dernier nous apparaît, ici, sous un aspect bien différent de celui qu'a popularisé sa légende. L'auteur – qui a eu accès à de nombreux documents inédits – fait revivre les plus riches et les plus secrètes heures du Congrès, dont il dresse l'exact bilan politique. L'oeuvre accomplie à Vienne était fragile. Aujourd'hui, l'Europe des Nations a fait oublier l'Europe des Princes.

19e SIÈCLE (de 1815 à 1914)

 

200.          ANDLER (Charles). Vie de Lucien Herr (1864-1926). Maspero, 1977, in-8°, 354 pp, présentation par Justinien Raymond, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Actes du peuple)

            30

En attendant une biographie désormais indispensable, la réédition du meilleur témoignage existant sur un personnage clé de l'histoire intellectuelle de la France contemporaine." (Le Choix des Annales, Annales ESC, 1977) — Parce que, délibérément, par une extraordinaire modestie, il a voulu rester toute sa vie dans l’ombre d’un poste des plus obscurs – bibliothécaire de l’Ecole normale supérieure – Lucien Herr, mort en 1926, demeure peu connu du public. Il est pourtant l’une des plus grandes figures du socialisme français, l’homme qui a le plus fait pour introduire le marxisme en France et qui a marqué profondément la pensée et l’action politiques de sa génération, à commencer par celles de Jaurès à qui il inspira le titre de son journal, “L’Humanité”. Ce livre, réédité aujourd’hui pour la première fois depuis sa parution en 1932, est à la fois une biographie et une analyse politique. Mais il est mieux que cela : il est le témoignage passionné de son meilleur ami, grand germaniste – traducteur du “Manifeste du parti communiste” –, Charles Andler, alsacien, normalien et socialiste comme lui : une sorte de dialogue poursuivi au-delà de la mort par un autre intellectuel militant. L’affection profonde qui les unissait avait résisté à des divergences politiques très profondes : s’ils avaient milité ensemble dans les grands combats – l’affaire Dreyfus, la défense de la théorie de la grève générale révolutionnaire –, leurs vues avaient divergé, avant 1914, sur les chances de sauver la paix grâce à l’action de la Deuxième Internationale et de la social-démocratie européenne ; comme Jaurès, comme Liebknecht et Rosa Luxemburg, Herr croyait dans la possibilité de faire face à la montée de la guerre. Dans son introduction, Justinien Raymond fait revivre l’amitié de ces deux hommes qui, engagés dès leur jeunesse dans le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, puis militants du Parti socialiste français : « Hommes de pensée, ils étaient aussi des hommes d’action. Ils ne se départiront jamais des serments de pureté militante faits dans leur noviciat socialiste. Jamais ils ne brigueront un poste quelconque. Ils aideront à toutes les tâches d’éducation populaire de l’école socialiste. Ils participeront jusque dans la rue à toutes les formes de luttes…

201.          BAROCHE (Mme Jules). Second Empire. Notes et souvenirs de seize années (1855 à 1871). P, Editions G. Crès et Cie, 1921, fort pt in-4°, xi-661 pp, préface de Frédéric Masson, reliure demi-percaline violette, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, pièce de titre chagrin noir, couv. et dos conservés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, papier lég. jauni, bon état. Exemplaire enrichi de 2 coupures de presse. Rare

            200

"Importants souvenirs de l'épouse de l'ancien ministre. Ils sont le précieux écho des récits faits par son mari qui la tenait informée de tous les détails de sa vie publique. De plus, ils contiennent de très nombreuses précisions sur la période." (Bourachot, 23) — "Voici un très intéressant témoignage sur le second Empire. J. Baroche, né en 1802, avocat à la Cour de Paris, fort en vue au barreau dès 1830, bâtonnier en 1846, député en 1847, compta dès l'origine, à la Chambre, parmi les membres de la gauche dynastique et les réformistes. C'est dire qu'il applaudit à la campagne des Banquets. Il demandait même la mise en accusation du ministère qui osait attenter à la liberté de réunion. En 1850, il était ministre ; mais, dans l'intervalle, sa conception de cette liberté et même de toutes les autres avait eu le temps de se transformer, car il soutenait mordicus la politique autoritaire du prince-président ; et l'on sait qu'il en fut récompensé, car il ne cessa d'être ministre qu'en 1869 : il fut tour à tour procureur général, ministre de l'Intérieur, ministre des Affaires étrangères, président du Conseil d'État, ministre de la Justice. Mme Baroche était née Céleste Letellier, d'une famille de Bourgogne. Elle ne paraît pas avoir joué un rôle proprement politique ; elle tint son rang et assista aux grands événements du régime ; elle est qualifiée pour les narrer. La plume est alerte, l'indulgence est grande, et assurément ces Souvenirs ne sont jamais ennuyeux. (...) Au point de vue politique, Mme Baroche est naturellement le reflet des opinions de son mari, et celui-ci n'est qu'un courtisan. Cependant, elle est femme de sens et pressent en 1859 les périls de la politique des nationalités au début de la guerre d'Italie. (...) En 1869 Baroche descend du pouvoir. Sans doute rédige-t-il encore avec Rouher le sénatus-consulte de mars 1870, mais il meurt sept mois plus tard, ayant eu son fils tué au combat du Bourget (30 octobre). Elle-même n'avait pas cru à la guerre et raillait les paroles prophétiques de Thiers au Corps législatif. Frappée dans ses deux plus chères affections, Mme Baroche arrête ici ses souvenirs, et c'est sa belle-fille, Mme Alphonse Baroche, qui les publie aujourd'hui, plus d'un demi-siècle après l'effondrement de l'Empire..." (Roger Lévy-Guenot, Revue Historique, 1923)

202.          BEAUVOIR (Roger de) [pseud. d'Achille Deville]. Il Pulcinella et L'Homme des madones. Paris, Naples, Rome. P., Abel Ledoux, 1834, in-8°, xiv-327 pp, un frontispice gravé sur bois signé Def (scène de la commedia dell'arte), reliure demi-basane havane, dos lisse avec titres et filets dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé, bon état. Edition originale. Rare

            100

Dans “Il Pulcinella”, Juliani veut venger la mort de sa soeur assassinée par un soldat autrichien ivre sous les yeux du comte de Flettenfeld qui, loin d'intervenir, a protégé le criminel de toute poursuite judiciaire. Pour dénoncer leur culpabilité, il reprend le procédé d'Hamlet : il écrit une pièce qui dénonce les coupables et invite toute la haute société, en particulier le comte de Flettenfeld, à la représentation, où ses vers dénonceront « le massacre encore chaud » de sa soeur Laura. Le public ne se méfie pas, la pièce à la représentation de laquelle la noblesse a été invitée étant dissimulée sous le titre de la Tyrannide d'Alfieri. Juliani aurait pu réussir un coup de maître, mais la représentation est brutalement interrompue...

203.          BECKER (Nancy). Imperial Triangle of Napoleon III, Empress Eugenie and the Intriguing Duke of Sesto : Love, Power and Revenge in Old Paris and Madrid. Denver, Colorado, Outskirts Press, 2011, gr. in-8°, xxviii-532 pp, 110 gravures et portraits, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état. Texte en anglais

            30

If you think you know Paris and Madrid, think again ! This is the book that unlocks the charm, romance, heartache and mysteries amidst the romantic gaslights and carriages of Paris and Madrid that preceded the First World War. After reading this incredible history, you will never think of either city in the same way ! Empress Eugénie to the Duke of Sesto: “If you’d only married me, we would have changed the world.” Ironically, their unrequited liaison produced international upheavals. The startling dramatic tumultuous relationship between the Duke and Eugénie as he first loved her sister, Paca, Duchess of Alba, and then married her sister-in-law, Sofia, Duchess of Morny, while Eugénie proved her love for him by urging that French troops occupy Cochinchina (Vietnam) and Mexico. By never marrying each other, Eugénie and the Duke of Sesto reshaped the world...

204.          BERNOT (Jacques). La fortune disparue du roi Louis-Philippe. Editions Lanore, 2008, gr. in-8°, 327 pp, chronologie, 3 tableaux généalogiques, état récapitulatif du sort des biens de la Maison d'Orléans (1661-2007), biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire)

            20

Lorsqu'en 1999 le comte de Paris s'éteint, ses héritiers constatent qu'il ne laisse qu'une quinzaine de millions d'euros. Qu'est-il advenu de la fortune de la Maison de France, ce pactole de deux cents millions d'euros qui devait sa miraculeuse reconstitution à l'âpreté au gain du roi Louis-Philippe ? Au terme d'une véritable enquête qui couvre plus de trois siècles, pièce par pièce, Jacques Bernot, juriste et historien, reconstitue le puzzle inattendu de cette fortune. II fouille les archives, entrouvre les coffres-forts des banques étrangères, inventorie chaque propriété, suit à la trace tableaux et objets d'art. Les fabuleuses collections de Monsieur, frère du roi, puis du Régent, les affaires louches de Philippe-Egalité, puis l'anéantissement de la Révolution ; les largesses de la Restauration, le prodigieux héritage "Penthièvre", les mises sous séquestre à la Révolution de 1848 et les ventes forcées sous le Second Empire, les restitutions inespérées de 1872, la générosité inlassable du duc d'Aumale, les dissipations des générations récentes : par un jeu inouï de fastes et de misères, d'accumulations et de déboires, cette fortune renaît de ses cendres puis disparaît à nouveau. Une saga financière sur fond de lys de France.

205.          BOIGNE (Eléonore Adèle d'Osmond, comtesse de). Mémoires de la comtesse de Boigne, née d'Osmond. Edition présentée et annotée par J.-C. Berchet. Mercure de France, 1982-1989, 2 vol. in-8°, 541 et 510 pp, notes, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Le Temps retrouvé)

            40

Tome I : Du règne de Louis XVI à 1820 ; Tome II : De 1820 à 1848. — Couvrant près de soixante-dix ans, les Mémoires de la comtesse de Boigne occupent une place à part dans la littérature de souvenirs, ne serait-ce que par la richesse de leur information et la qualité exceptionnelle de leur style. Document irremplaçable sur toute la période qui va des dernières années de l'Ancien Régime à la révolution de 1848, ces Mémoires ont fait de la comtesse de Boigne, depuis leur première publication en 1907, un personnage quasi mythique. Elle passe pour le caustique avocat du diable de tous les procès en canonisation de ses contemporains, la plus célèbre de ses victimes étant Chateaubriand. Ces Mémoires sont également l'oeuvre d'une extraordinaire psychologue, impitoyablement lucide, qui démonte les rouages d'une société qu'elle a si bien observée et dénonce sans relâche la bêtise de sa classe sociale. Proust, qui en fut l'un des premiers lecteurs, s'enthousiasma pour les Mémoires de la comtesse de Boigne dont il salua la publication et dont il s'inspira directement pour son oeuvre personnelle.

206.          BURNAND (Robert). La Vie quotidienne en France de 1870 à 1900. Hachette, 1949, in-8°, 305 pp, broché, couv. illustrée lég. salie, bon état

            20

"M. Robert Burnand égrène les souvenirs d'une époque heureuse dans ce volume. Tour à tour on voit défiler le parlement, la famille, la capitale et la province. On assiste aux réceptions de souverains venant de tous les points du monde : le Tsar de Russie, le roi Alphonse XIII et jusqu'au shah de Perse en 1899, qui « impressionna les parisiens par l'ampleur démesurée de ses moustaches et les parisiennes par le luxe de ses aigrettes et de ses uniformes de gala ; il était positivement brodé, surbrodé, cousu de diamants....» Ce sont aussi, brièvement évoquées, les grandes affaires de l'époque : le boulangisme, l'affaire Dreyfus, le mouvement anarchiste qui aboutit à Lyon, à l'assassinat du président Carnot, « le plus digne et le plus inoffensif des hommes tombait, victime d'excitations anonymes qui troublaient la cervelle d'un petit italien illettré nommé Caserio. Nos rapports avec « notre soeur latine » subirent une éclipse, ce qui n'était pas une nouveauté. Quant aux anarchistes, l'opinion presque unanime admit enfin qu'on ne pouvait plus, sans danger mortel, les laisser appliquer leurs théories de reprise individuelle, appuyées sur l'action directe. Le fracas des bombes s'éteignit et les vagabonds durent chercher d'autres façons de faire peur aux enfants ». Les jeunes liront avec un haussement d'épaules la manière étrange dont s'habillaient alors leurs pères, les plus âgés souriront en se rappelant par exemple la manière du gilet : c'était « chaque jour un gilet nouveau, soyeux, plucheux, brodé, pailleté, fleuri, sévère ou tendre, rude d'aspect ou doux au toucher ».... Ou encore celle du monocle : « Le monocle est tout-puissant, le monocle est roi. Un homme du monde, sans cet attribut, se sentirait incorrect, déshabillé, nu. C'est la marque de fabrique, l'estampille. Il est civil, aussi bien que militaire. Pas un jeune officier, surtout parmi les cavaliers, qui ne pare son orbite d'un disque ou d'un carreau de verre. Si bien vissé d'ailleurs que l'officier de cavalerie parfait doit pouvoir, sans que son monocle tombe, franchir les obstacles et même faire panache .... » Et l'on ferme le livre en retenant qu'un jeune parlementaire appelé pour la première fois au pouvoir demandait à son président du Conseil d'avoir égard à son inexpérience. Et celui-ci : « Je vais vous donner les Finances, c'est facile, de tout repos, il n'y a rien à faire... » Heureux temps !" (Louis Jacob, Revue du Nord, 1947)

207.          CASTELOT (André). La Féerie impériale. Le Second Empire vu par les témoins. Textes présentés par André Castelot. Perrin, 1973, in-8°, 489 pp, 14 pl. de photos et gravures hors texte, reliure skivertex vert bouteille de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, rhodoïd (colléà la reliure par le temps), bon état

            20

Un recueil de textes d'époque sur « La vie de plaisir » d'un certain Paris, gai et insouciant. – Première partie : Des premiers pas à l'apogée (1849-1860) ; Seconde partie : La vie parisienne jusqu'en 1870.

208.          CERF (Marcel). Edouard Moreau, l'âme du Comité central de la Commune. Denoël, 1971, pt in-8°, 320 pp, notices biographiques, biblio, index, broché, couv. très lég. salie, bon état (Coll. Dossiers des Lettres Nouvelles). Edition originale, ex. du SP. (Le Quillec II, 880)

            25

A l'occasion du centenaire de la Commune de 1871, Marcel Cerf a écrit une monographie de l'une des figures marquantes du Comité central de la Commune : Edouard Moreau de Bauvière. Il s'appuie sur une documentation inédite copieuse, en particulier le journal et la correspondance de Moreau. Moreau, de parents bourgeois, est élevé au Petit Séminaire d'où il sort à 16 ans, écoeuré par les punitions et la pauvreté de l'enseignement. La mort de ses parents lui laisse une confortable aisance et, tournant le dos à toute possibilité de « faire carrière », il s'en va monter à Londres une fabrique de fleurs artificielles. La guerre de 70 le rappelle en France, il se bat avec enthousiasme mais comprend rapidement que les pouvoirs en place ne cherchent qu'à pactiser avec Bismarck. Le 24 février 1871 nous le trouvons à l'Assemblée générale de la Garde Nationale, rédigeant la proposition (qui sera votée à l'unanimité) par laquelle les Gardes Nationaux s'engagent à se battre contre les Prussiens dès leur entrée dans Paris. Elu, pendant la Commune, au Comité central, Moreau se dépense avec ardeur dans les tâches les plus diverses : ravitaillement, guerre, administration. Tenace, efficace, Moreau est de ceux qui depuis le début se battent sans espoir, sachant qu'un Etat socialiste n'est pas encore possible en France, mais précisément ce courage sans illusion fait de lui une figure exemplaire de la Commune. Il mourra, fusillé sans jugement, lors d'une des hécatombes sanglantes de la caserne Lobau.

209.          CHASTENET (Jacques). La Vie quotidienne en Angleterre au début du règne de Victoria, 1837-1851. Hachette, 1961, in-8°, 300 pp, biblio, broché, couv. illustrée, qqs rousseurs, bon état

            25

20 juin 1837 : Victoria monte sur le trône d'Angleterre. – 1er mai 1851 : La reine inaugure la première Exposition Universelle. Ces deux dates limitent la « Early Victorian period », époque attachante qui a vu l'Angleterre se transformer radicalement sous le seul effet de l'industrialisation. À la « Old Merry England » se substitue une Angleterre manufacturière et bourgeoise qui va se débarrasser des entraves au commerce et remplacer ses « coaches » par les chemins de fer. L'esprit religieux et traditionaliste des Anglais pour qui l'ordre social établi – et d'ailleurs nullement étanche – et voulu par Dieu, leur permettra l'économie d'une révolution. Un contexte humain aussi riche a poussé M. Jacques Chastenet à s'attacher surtout à la vie des hommes de l'époque victorienne. Grands seigneurs déployant encore un faste royal, fermiers hauts en couleur et bons vivants, derniers témoins de la Vieille Angleterre, paysans souvent malheureux mais conformistes, prolétariat urbain entassé dans des taudis, et dont l'Opéra de Quat'sous ne donne qu'une image poétisée, bourgeois récemment enrichis et fleurant encore l'odeur du vernis d'un ameublement tout neuf, tous revivent avec leur grandeur et leurs préjugés, fidèles agissants d'un Dieu qui est un Dieu anglais et bon comptable, loyaux sujets d'une Reine qui incarne leur idéal : la respectabilité... — "... Dès sa jeunesse, l’Angleterre l’avait fasciné, aussi bien par les vicissitudes originales de son histoire que par ses institutions... De cet intérêt sont sortis, en 1946, une belle étude sur “Le Parlement d’Angleterre” ; puis, distribués sur vingt ans à partir de 1947, “Le siècle de Victoria”, “Elisabeth Ire”, “Winston Churchill”, “La vie quotidienne en Angleterre au début du règne de Victoria”, et, enfin en 1965, “L’Angleterre d’aujourd’hui”. À l’exception de deux, ces livres traitent donc de sujets anciens, où Chastenet rencontrait d’illustres prédécesseurs en langue anglaise, mais aussi en langue française, et même en langue allemande avec Emil Ludwig, tardif et sévère chevalier servant de Marie Stuart. Son service en est-il déprécié ? Certainement non. La reprise fréquente, presque périodique, des matières historiques les plus importantes est légitime et nécessaire. Une époque lointaine, une haute figure, analysée en 1920 ou analysée en 1950, n’ont ni même formule ni même saveur et les bons historiens ne s’y répètent pas plus que ne font les bons peintres quand ils se lèguent de siècle en siècle des scènes traditionnelles. La vaste expérience que Chastenet avait acquise des hommes publics, des mouvements économiques, des méthodes de la diplomatie, le mettaient à même de percevoir l’ossature des événements, ce plan sans finalité, ce bilan de données profondes dont les contemporains n’ont pas toujours conscience et qui pourtant décide du succès ou de la perte de leurs entreprises..." (Georges Dumézil, Discours de réception à l'Académie française, 14 juin 1979)

210.          Collectif. La Machine fin-de-siècle. CDU-SEDES, 1983, gr. in-8°, 126 pp, 6 illustrations dans le texte, broché, couv. illustrée, qqs soulignures crayon, bon état (Revue Romantisme n° 41, 1983)

            20

"Le registre métaphorique de la machine change : le champ lexical des enfers ou de la forge de Vulcain est abandonné au profit de celui du laboratoire. De fait, il y a deux âges de l’imaginaire de la machine au XIXe siècle : celui de la vapeur et celui de l’électricité." (F. Gaillard, présentation) — Table : Femmes et machines au XIXe siècle (M. Perrot) ; La machine officielle. Regard sur les murailles des édifices parisiens (P. Vaisse) ; “Les machines ne sont rien sans l'art”. De l'union des arts et de l'industrie, du comte de Laborde, et les réactions de la presse (G. Maag) ; Le diable dans sa boîte ou la machine à exploiter le sens (la photographie est-elle un art au milieu du XIXe siècle ?) (M. Frizot) ; Splendeurs et misères du théâtrophone (D. Laster) ; Machines de romans-feuilletons (M. Gillet) ; Les Monstres nouveaux (D. Compère) ; Les machines musicales de Jules Verne : esquisse pour une esthétique vernienne (Fr. Raymond) ; Zola : la machine en tous ses effets (G. Woollen) ; Le romancier et la machine : compte rendu de l'ouvrage de Jacques Noiray (F. Gaillard).

211.          D'ANGIO-BARROS (Agnès). Morny. Le théâtre du pouvoir. Belin, 2012, in-8°, 205 pp, 16 pl. d'illustrations en noir et en couleurs hors texte, sources et biblio, broché, couv. illustrée, qqs annotations crayon, bon état

            15

Fils de la reine Hortense et du comte de Flahaut, petit-fils de Talleyrand, Auguste de Morny n'a cessé d'arpenter la scène du pouvoir et les coulisses du théâtre. Dès sa prime jeunesse, il pratique les jeux de masque, en politique comme dans les bals costumés. Dandy, industriel, député, président du Corps législatif, il tire souvent les ficelles, non sans être lui-même manipulé par son demi-frère, l'empereur Napoléon III. Grand amateur de mises en scène, il en organise pour ses réceptions et se pique d'écrire de courtes pièces de musique et de théâtre sous le pseudonyme de M. de Saint-Rémy. Lui-même inspire des romanciers comme Honoré de Balzac et Alphonse Daudet. De sa vie, Morny fait un spectacle, où les affaires, la politique, les femmes et les chevaux défilent sans cesse comme à la parade. Cependant, il ne peut réussir à oublier le drame de sa vie : son éternel statut de fils illégitime, né des amours d'un comte et d'une reine.

212.          DAUDET (Alphonse). Souvenirs d'un homme de lettres. Illustrations de Bieler, Montégut, Myrbach et Rossi. Gravées par Ch. Guillaume. P., C. Marpon et E. Flammarion, s.d. (1888), in-12, 262 pp, 89 illustrations dans le texte, reliure demi-percaline carmin, pièce de titre basane noire, couv. conservées, tranche mouchetée (rel. de l'époque), bon état (Coll. Guillaume)

            80

Alphonse Daudet évoque, sur un ton parfois passionné, la genèse de deux de ses oeuvres (Numa Roumestan, Les Rois en exil), ses rencontres avec les écrivains (Edmond de Goncourt), les hommes politiques (Gambetta) et les acteurs et actrices (Déjazet) marquants de son époque, le siège de Paris pendant la guerre de 1870 et la Commune.

213.          DAUDET (Léon). L'Avant-Guerre. Etudes et documents sur l'espionnage juif-allemand en France depuis l'Affaire Dreyfus. Nouvelle Librairie Nationale, 1914, in-12, xvi-312 pp, broché, couv. lég. salie, état correct

            25

L'ouvrage explique « avec preuves et documents irréfutables, que l'invasion commerciale et industrielle allemande couvre un vaste réseau d'espionnage ». L'ouvrage est sous-tendu par un « antisémitisme délirant » et théorise un complot de l'« Anti-France » se situant dans la lignée de Drumont. (voir Laurent Joly, “Les débuts de l'Action française, 1899-1914, ou l'élaboration d'un nationalisme antisémite”, Revue historique, 2006)

214.          DECOUFLÉ (André). La Commune de Paris (1871). Révolution populaire et pouvoir révolutionnaire. Editions Cujas, 1969, in-8°, 316 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            35

"A. D. présente ici ce qu'il affirme, avec lucidité, ne pas être une histoire de la Commune, mais une réflexion sur le problème du pouvoir révolutionnaire, ses composantes et son destin. Il s'agit d'examiner les représentations mentales de la révolution. Il s'efforce de dégager la spontanéité populaire de la Commune de 1871. Disons, spontanément, qu'il n'entraîne pas toujours l'adhésion. Au passage, il règle leur compte aux historiens marxistes, bourgeois, etc., citant Sartre, Kropotkine, Merleau-Ponty, Victor Hugo ou Roland Barthes. La couverture de ce livre, dont on peut affirmer qu'il amènera le lecteur à se poser de nombreuses questions, est illustrée par la photo d'un pavé." (Revue française de science politique, 1970)

215.          DOMMANGET (Maurice). Paul Robin. Editions SUDEL, 1951, in-12, 48 pp, broché, biblio, bon état (Coll. Les grands éducateurs socialistes)

            15

"Dans la Collection “Les grands éducateurs socialistes”. Maurice Dommanget retrace la vie de Robin, élève de l'École normale supérieure, membre de la Première Internationale, apôtre de « l'éducation intégrale » qu'il pratiqua lui-même à Cempuis. Ce pédagogue d'esprit libertaire place au premier plan l'éducation physique, le travail manuel, la leçon de choses, l'« affranchissement des croyances extraterrestres », le développement de l'altruisme. Révoqué en 1894, à la suite d'une campagne de la presse cléricale et antisémite, il se voue à la propagande néo-malthusienne et eugéniste." (Robert Schnerb, Annales ESC, 1952)

216.          DUVEAU (Georges). La Vie ouvrière en France sous le Second Empire. (Thèse). Gallimard, 1946, fort in-8°, xix-605 pp, préface par Edouard Dolléans, biblio, index, broché, bon état

            60

"Un livre considérable qui traite d'un très grand sujet, plein de talent, et de vie, et d'intérêt, je vous le dis en toute assurance. Lisez-le. C'est un livre profond. Il est assis sur de fortes bases érudites : la bibliographie qui le précède (et qui rendra d'éminents services aux travailleurs) en témoigne. Et si la curiosité de l'auteur apparaît comme toujours et partout en éveil, ce n'est pas une de ces curiosités « touche à tout » d'amateur, qui ont le don d'agacer si prodigieusement les chercheurs. Georges Duveau se promène et nous promène de la fabrique au cabaret ; mais son étude du cabaret est (pour la première fois) solide, nourrie, exempte de prudhommerie et de déclamation, fondée en bonne et solide psychologie ouvrière : honnête, disons le mot..." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1948) — "Ouvrage d'histoire sociale détaillée, basé sur une série d'enquêtes menées dans toutes les professions industrielles et à travers toutes les régions de la France. Aspects psychologiques aussi bien qu'économiques. Etude des salaires et des prix de 1847 à 1871." (Hélène Bergues, Population, 1947)

217.          FERENCZI (Thomas). L'invention du journalisme en France. Naissance de la presse moderne à la fin du XIXe siècle. Plon, 1993, gr. in-8°, 277 pp, notes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

En 1892, Fernand Xau fonde “le Journal” qui, avec “le Petit journal”, “le Petit Parisien” et “le Matin”, devient l'un des quatre grands quotidiens à fort tirage de la presse française. Celle-ci, depuis quelques années déjà, est en plein renouvellement. Le reportage s'impose comme un genre noble, les enquêtes se multiplient, en bref, le journalisme se professionnalise en cette fin du XIXe siècle... — "L'auteur se propose de mettre en évidence les conditions de la « Naissance de la presse moderne à la fin du 19e siècle ». Sans négliger quelques éclairages sur la Monarchie de Juillet ou le Second empire, le propos se centre donc pour l'essentiel sur les trente premières années de la Troisième République. Le travail de T. Ferenczi repose sur une enquête très consistante qui mobilise en particulier les témoignages et mémoires des acteurs du monde journalistique en voie d'organisation. L'auteur s'emploie, non sans réussite, à reconstituer l'ambiance des salles de rédaction, à rendre intelligibles les relations d'associés-rivaux qui associent les protagonistes de la presse, à chercher les manifestations singulières d'un journalisme à la française. La lecture plonge le lecteur dans l'univers séduisant des duels à coups de chroniques et de billets, dans l'atmosphère enfumée et fiévreuse des salles de rédaction fin de siècle..." (Erik Neveu, Mots, 1993)

218.          FROMAGEOT (P.). Landrin, représentant du peuple à Versailles en 1848. Versailles, 1907, gr. in-8°, 23 pp, 2 planches hors texte (un portrait et un fac-similé), broché, bon état (Extrait de la “Revue de l'Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise”)

            20

Versaillais de naissance et d'origine, avocat célèbre en son temps, représentant du peuple en 1848, élu en Seine-et-Oise par 12.000 suffrages, commissaire du Gouvernement à Paris, secrétaire de l'Assemblée nationale, conseiller d'État, Landrin n'a pas eu seulement, dans sa ville natale, une popularité passagère ; il a joué à diverses reprises, notamment de 1848 à 1851, un véritable rôle historique, et cependant, aujourd'hui, son nom est presque oublié. Cette étude rappelle la vie publique et privée de Landrin qui fut à la fois le type accompli du républicain de 1848 et un adversaire résolu de l'anarchie ; elle constitue une excellente et précieuse biographie. (Revue des Études historiques, 1908)

219.          FURET (François). La Gauche et la Révolution française au milieu du XIXe siècle. Edgar Quinet et la question du Jacobinisme, 1865-1870. Textes présentés par Marina Valensise. Hachette, 1986, in-8°, 317 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Consacré pour l'essentiel au débat soulevé par la publication, en 1865 par Edgar Quinet de “La Révolution française”, ce livre met en évidence qu'il existe, en France, une tradition de lecture critique de la Révolution qui ne se réduit pas à l'opposition entre contre-révolutionnaires et héritiers des jacobins. En effet, Quinet non seulement condamne les excès de la Terreur, mais tente d'en donner une explication historico-politique conformément à sa grande intuition sur la révolution religieuse au XIXe siècle. Selon lui, la radicalité de la Révolution politique est le signe du « retard » français en matière de révolution religieuse : la Révolution a transposé dans l'ordre politique le dogmatisme et la résistance à l'esprit de liberté qui règnent dans le catholicisme. Un des ouvrages majeurs de François Furet, qui donne à la fois la clé de sa propre interprétation de la Révolution et réhabilite la tradition de la gauche libérale au XIXe siècle. L'essai de François Furet est suivi du dossier de la controverse, rassemblé par Marina Valensise.

220.          GÉRAUD (Edmond). Un témoin des deux Restaurations (Edmond Géraud). Fragments de journal intime, publiés par Charles Bigot. P., Marpon et Flammarion, s.d. (1892), in-12, 357 pp, un portrait en frontispice, reliure demi-basane fauve, dos à 5 nerfs filetés soulignés à froid et fleurons dorés, pièces d'auteur et de titre basane havane (rel. de l'époque), bon état

            80

"Ecrivain facile, bourgeois bordelais, Edmond Géraud a manifesté une grande hostilité à l'Empire, qui lui a valu quelques ennuis. Aussi se croit-il en droit d'obtenir des faveurs de la Restauration et vient-il à Paris en compagnie de son ami, Maine de Biran. Dès 1817, déçu, il est de retour à Bordeaux. Bigot a édité des fragments relatifs à la vie politique et sociale bordelaise." (Bertier de Sauvigny, 459)

221.          GÉRAUD (Léon). Les étapes d'un Chasseur à pied. Souvenirs de la 1ère armée de la Loire, 1870. P., Henri Aniéré, 1872, in-12, 276 pp, reliure demi-chagrin bleu, dos à 5 nerfs filetés orné de caissons dorés, pièce de titre basane fauve, 1er plat de couverture conservé (rel. de l'époque), bon état. Edition originale,  envoi a.s. Rare

            80

"Voici, en deux mots, le sens de ce petit volume. Un simple sous-officier, ancien soldat, rappelé au service militaire par la loi du 10 août 1970, raconte, au jour le jour, les événements dont il a été le témoin, depuis son retour sous les drapeaux, jusqu'à la fin de la guerre prussienne. Faits militaires ; esprit de l'armée ; attitude des populations, avec lesquelles il s'est trouvé en contact ; fautes de tout genre ; désordres de toute nature ; il a tout noté soigneusement, avec une vérité absolue ; et, avec le même soin, la même vérité, il reproduit tout aujourd'hui..." (Préface)

222.          GOLDSCHMIDT (Fernande). Nieuwerkerke, le bel Emilien. Prestigieux directeur du Louvre sous Napoléon III. Art International Publishers, 1997, in-8°, 200 pp, préface de Georges Poisson, 32 pl. de photos en couleurs hors texte, généalogies, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Oublié de nos jours, le comte de Nieuwerkerke, « le bel Emilien », le « beau batave » comme on l'appelait, fut cependant non seulement un sculpteur renommé (dont on peut voir les oeuvres en France et à l'étranger), mais aussi un haut commis du Second Empire, une grande figure parmi les Directeurs de musées. Pourtant, il n'a laissé comme souvenir que celui d'avoir été l'amant notoire de la Princesse Mathilde, cousine de Napoléon III, ainsi qu'une réputation de grand séducteur. Un personnage hors du commun... Ouvrage issu de la thèse de l'École du Louvre de l'auteur.

223.          HAHN (Pierre). Nos ancêtres les pervers. La vie des homosexuels sous le Second Empire. Choix de textes recueillis, présentés et annotés par Pierre Hahn. Olivier Orban, 1979, in-8°, 336 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

"La passion de la pédérastie, surtout lorsqu'elle a été contractée dans le jeune âge, abâtardit les natures les plus vigoureuses, effémine les caractères les mieux trempés et engendre la lâcheté. Elle éteint chez ceux qu'elle possède les sentiments les plus nobles, ceux du patriotisme et de la famille ; elle fait d'eux des êtres inutiles à la société." Ainsi s'exprime Félix Carlier, chef de la police des moeurs à Paris, dans les années 1850. Et le Dr Ambroise Tardieu, médecin-chef des hôpitaux, professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris, expert auprès des tribunaux, de surenchérir : "... Il est difficile de ne pas admettre chez les pédérastes une véritable perversion des facultés morales. A voir la dégradation profonde, la révoltante saleté des individus qui recherchent et qu'admettent près d'eux des hommes en apparence distingués par l'éducation et par la fortune, on serait le plus souvent tenté de croire que leur sens et leur raison sont altérés." C'est que nous sommes à l'apogée de l'empire de "Napoléon le petit". C'est le règne des grands bourgeois, des banquiers et d'un ordre moral strict sur lequel la Police, et bientôt la Médecine, sont chargée de veiller sans relâche. La répression de l'homosexualité devient alors l'obsession des autorités : incarcération, internement en hôpitaux psychiatriques, suicide, chantage, tel est le lot du "pédéraste" sous le Second Empire. Pierre Hahn, historien et pionnier du militantisme gay dans les années 1970, fait revivre pour nous cette époque charnière de l'histoire de l'homosexualité en France.

224.          HAMANN (Brigitte). Elisabeth d'Autriche. Fayard, 1997, in-8°, 611 pp, traduit de l'allemand, 2 généalogies, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, tranche lég. salie, bon état

            25

Impératrice d'Autriche-Hongrie, la monarchie la plus autoritaire et la plus compassé qui fût en Europe, elle haïssait l'Etiquette et se disait démocrate ; Bavaroise d'origine et autrichienne par son mariage avec François-Joseph, elle n'aimait que la Hongrie ; censée animer la Cour et rehausser l'éclat de Vienne, elle vivait le plus souvent à la campagne ou dans de lointains séjours méditérranéens. Elle ne manifesta qu'indifférence pour l'Empire (sauf quand il s'agissait de la Hongrie), fut une épouse distante et négligea son seul fils, le prince héritier Rodolphe, dont la mort dramatique ne la toucha pas plus que celle de plusieurs autres proches. Martyrisant son corps par d'extravagants régimes alimentaires et d'épuisants exercices de gymnastique afin d'être toujours plus belle, elle était insensible aux hommes et ne cherchait à plaire qu'à elle-même. Rarement personnage officiel aura autant revendiqué le droit de vivre sa vie – et le XIXe finissant fut peut-être la période de l'Histoires qui s'y prêtait le moins... – , et pourtant elle ne cultiva ni le plaisir ni le devoir. Intolérables furent ses frustrations, terrible fut sa solitude, bien peu réconfortantes furent les consolations que lui procurèrent les exercices de plein air et les milliers de vers gauchement imités de Heine qu'elle composait. Certes, voilà un destin pathétique, mais combien loin des clichés douceâtres complaisamment distillés depuis bientôt cent ans sur une femme prise à tort pour une héroïne romantique ! C'est grâce à une fantastique érudition – des milliers de lettres ont été dépouillées, des dizaines de journaux intimes consultés, des centaines de poèmes inédits analysés – que l'historienne autrichienne Brigitte Hamann est parvenue pour la première fois à faire le portrait véridique de la légendaire Sissi.

225.          HENRY (Natacha). Les Soeurs savantes. Marie Curie et Bronia Dluska, deux destins qui ont fait l'histoire. Vuibert, 2015, in-8°, 278 pp, références, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            15

Sans sa soeur aînée Bronia, Marie Curie serait restée gouvernante d'enfants. Elle n'aurait jamais gagné Paris pour s'inscrire à la Sorbonne, ni épousé Pierre Curie, sans doute pas découvert la radioactivité et encore moins obtenu deux prix Nobel. Sans Marie, Bronia Dluska ne serait pas devenue l'une des premières femmes médecins, elle n'aurait pas ouvert le meilleur sanatorium de Pologne ni dévoué autant d'énergie à ses engagements, côtoyant les esprits les plus brillants de son temps. Entre la Pologne et Paris, de 1867 à 1934, les deux femmes ont tout partagé, ambitions professionnelles, douleurs de l'histoire, joies et drames privés. Toujours présentes l'une pour l'autre, leur relation hors du commun est une formidable leçon de vie. Travailleuses acharnées, Bronia et Marie étaient intimement convaincues que le progrès scientifique apporterait le bonheur à leurs semblables. Mais pour elles la famille passait avant tout. C'est le portrait croisé de ces pionnières, aux destins indissociables, que raconte Natacha Henry pour la première fois.

226.          HERVÉ (Gustave). Mes crimes, ou onze ans de prison pour délits de presse. Modeste contribution à l'histoire de la liberté de la presse sous la 3e République. P., Editions de “La Guerre Sociale”, s.d. (1912), in-12, 382 pp, broché, couv. illustrée (salie), bon état. Edition originale, enrichie d'un  envoi a.s. On joint 2 coupures de presse sur Gustave Hervé

            60

Réunion des articles qui valurent des condamnations pour délit de presse à Gustave Hervé. Préface de l'auteur. (Maitron, XIII, 53). Gustave Hervé, exclu de l’enseignement pour son antimilitarisme et son antipatriotisme, créa “La Guerre Sociale”, un hebdomadaire qui attirait les syndicalistes et les anarchistes en marge de la SFIO.

227.          HUYSMANS (J.-K.). En Route. P., Tresse & Stock, 1895, in-12, 458 pp, reliure demi-basane carmin, dos lisse, titres et triples filets dorés (rel. de l'époque), bon état. Mention de deuxième édition sur la page de titre, mais année de l'originale

            40

Dans ce roman autobiographique, l'auteur conte l'histoire d'un écrivain et de son retour à la religion catholique. Admirateur du Moyen Âge, des cathédrales, de la peinture religieuse ancienne, Durtal, double littéraire de Huysmans, séjourne dans un couvent pour tenter de résoudre son drame de conscience. Roman de conversion, – et la conversion des artistes, de Claudel à Péguy ou Ghéon, au tournant du siècle est un phénomène de société –, celle-ci échoue. Roman de la vie spirituelle, de l'église et du couvent, il ouvre une voie originale, où triompheront Mauriac et Bernanos. Enfin, c'est, comme “À Rebours”, une grande rêverie narcissique, un monologue intérieur où luttent l'imaginaire érotique et la prière, l'esthétisme et l'ascétisme. Comme l'a dit l'auteur lui-même, il est tombé "comme un aérolithe".

228.          JACQUIER (Bernard). Le légitimisme dauphinois, 1830-1870. Grenoble, CRHESI, 1976, in-8°, 275 pp, biblio, index, broché, bon état

            45

"Pendant une bonne partie du XIXe siècle, le légitimisme a été un des courants majeurs de la vie politique française, mais comme il s'est trouvé irrésistiblement voué a l'étiolement et à l'échec, son emprise initiale a sans doute été sous-estimée par l'historiographie. Il peut paraître paradoxal de prétendre l'étudier dans une province notoirement hostile aux souvenirs de l'ancien régime, dans ce département de l'Isère, surtout, où plus de la moitié des propriétaires étaient possesseurs d'anciens biens nationaux. Cette sorte de gageure, M. Bernard Jacquier l'a tentée, et, croyons-nous, avec un signalé succès ; comme si la singularité du phénomène minoritaire avait justement permis de le mieux saisir. Dans une première partie sont étudiées les assises du légitimisme dans les différentes classes de la société, les différentes générations, les différentes localités ; et l'on considère la place que leur assure et la fortune et le rôle social des tenants de cette famille politique. L'analyse des composantes de l'idéologie met en évidence une fidélité sentimentale qui s'attache à la province, à la monarchie et finalement au catholicisme. Sur ce dernier plan, est longuement développé le cas exemplaire d'Albert du Boys, animateur, dans sa province, d'un catholicisme libéral et social. Dans la seconde partie du livre, on nous montre ce que fut le rôle politique des légitimistes dauphinois sous la Monarchie de Juillet, sous la deuxième République et sous le second Empire. Il apparaît qu'après avoir animé, sous Louis-Philippe, un secteur non négligeable d'opposition, brillammnent représentée à Grenoble par la spirituelle Gazette du Dauphiné, les royalistes se sont finalement laissés tirer par le jeu de la « pesanteur sociologique » vers ce grand parti de l'ordre qui apporta au second Empire l'adhésion de la majorité des notables de toutes origines. Cette étude est si fortement nourrie par des recherches dans les archives locales que l'on aurait mauvaise grâce de reprocher à l'auteur quelques omissions dans sa bibliographie." (G. de Bertier, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1977)

229.          LA FOURNIÈRE (Xavier de). Alexis de Tocqueville. Un monarchiste indépendant. Perrin, 1981, in-8°, ix-374 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, reliure skivertex éditeur, rhodoïd, bon état

            25

230.          LANDE (Lucien Louis). Souvenirs d'un soldat. Les fusiliers marins au siège de Paris. – Un invalide. – Le sergent Hoff. – La Hacienda de Camaron. Avec introduction sur L. Louis Lande par Emile Faguet. P., Société Française d'Imprimerie et de Librairie, s.d. (v. 1885), pt in-4°, 223 pp, nouvelle édition, un frontispice et 23 planches gravées hors texte, reliure demi-percaline vermillon à coins, dos lisse avec titres et caissons dorés, filets dorés sur les plats, tranches dorées, un mors lég. abîmé, dos lég. frotté, bon état

            40

Lucien Louis Lande (1847-1880) s'engagea en 1870 dans les fusiliers marins et pris part à la défense du fort d'Ivry et à de nombreux engagements, ce qui lui valut la médaille militaire. A 24 ans, il entra dans la "Revue des Deux Mondes" qui publia les textes de ce recueil ainsi que de nombre de ses articles particulièrement sur l'Espagne. "Les fusiliers marins au siège de Paris" parut dans la Revue le 15 juillet 1871 ; "Un invalide. Souvenirs de 1870 ", signé F. de G., parut le 15 avril 1872 et narre les malheurs d'un Caporal du 20ème Chasseurs à pied victime d'un accident de chemin de fer entre Amiens et Rouen et hospitalisé dans cette ville occupée par les Allemands ; "Le Sergent Hoff. Episode du Siège de Paris" , parut le 1er janvier 1873 et concerne un franc-tireur alsacien héros des Parisiens, qui devint, en récompense, gardien de l'Arc de Triomphe ; "La Hacienda de Camaron. Episode de la guerre du Mexique" parut le 15 juillet 1878 et est consacré au combat mené par la Légion étrangère à Camerone (Mexique) le 30 avril 1863, sur base de la narration faite à l'auteur par le Capitaine Maine, survivant de la bataille.

231.          LA VARENNE (Charles de). Lettres inédites du comte de Cavour au commandeur Urbain Rattazzi, traduites en français et précédées d'une étude sur le Piémont depuis 1848 et M. Rattazzi. P., Dentu, 1862, in-12, xv-271 pp, un portrait de M. Rattazzi gravé sur acier en frontispice sous serpente, broché, bon état

            40

Urbano Rattazzi (1808-1873) est un homme d'État du royaume de Sardaigne, appartenant à la gauche modérée de tendance anticléricale. Il est aussi un important artisan de l'unité italienne, et l'un des acteurs du Risorgimento, avec Giuseppe Mazzini, Giuseppe Garibaldi, Camillo Cavour et Victor-Emmanuel II de Savoie.

232.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Martin le visionnaire (1816-1834). Perrin, 1924, in-12, 271 pp, une planche hors texte, broché, dos lég. abîmé, bon état

            25

Haricotier au bourg de Gallardon près de Chartres, Thomas Martin (dit « Martin de Gallardon ») se dit témoin depuis 1816 d'une série d'apparitions : un homme, vêtu d'une redingote et d'un chapeau haut-de-forme, se présente à lui comme étant « L'Archange Raphaël, ange très célèbre auprès de Dieu ». Martin doit aller voir le roi et lui demander de remettre de l'ordre dans le pays, et de faire respecter le dimanche comme jour chômé pour honorer le Christ. Les visions de Martin sont d'inspiration ultraroyaliste: pour expier les fautes de la Révolution, le roi Louis XVIII doit faire reculer l'impiété grandissante et rétablir une monarchie stricte et inspirée constamment par la Foi.

233.          LEROY (Maxime). Les Techniques nouvelles du syndicalisme. P., Garnier Frères, 1921, in-12, x-209 pp, broché, couv. lég. salie, bon état (Bibliothèque d'information sociale, dirigée par C. Bouglé),  envoi a.s. à Léon Jouhaux

            50

Il convient ici de rappeler le sens de ce que Maxime Leroy appelait « les techniques nouvelles du syndicalisme » et que l'on peut avec lui résumer d'un mot : « faire sortir la réforme sociale non d'une doctrine économique préconçue, mais des faits eux-mêmes honnêtement inventoriés, décrits et interprétés ». (introduction, p. v)

234.          LOLIÉE (Frédéric). Le Roman d'une favorite. La comtesse de Castiglione (1840-1900). D'après sa correspondance intime inédite et les “Lettres des Princes”. Emile-Paul, 1925, in-8°, xii-360 pp, 18 pl. de gravures et 30 pp de fac-similés hors texte, index, broché, couv. illustrée, dos recollé, état correct

            40

"M. Frédéric Loliée a été assez heureux pour mettre la main sur une correspondance intime, absolument inédite, et sur les lettres des princes qui lui ont permis de reconstituer ce prodigieux roman, cette vie de la célèbre et très mal connue comtesse de Castiglione, surnommée « la Divine » pour sa beauté supra-humaine et qui, après avoir été la voix secrète, aux Tuileries, de la politique italienne, « la favorite », disait-on, de Napoléon III, la conseillère et l'amie des princes de la maison d'Orléans, termina, loin du monde, lasse de tout et de tous, son étrange aventure de rayonnement et de conquête. Il y a toujours eu dans la vie de cette femme étrange et belle, qui a pu dire, en exagérant un peu son rôle : « J'ai fait l'ltalie et sauvé la Papauté », de l'obscurité et du mystère, un mystère que le livre si captivant de M. Loliée n'éclaircit pas tout à fait, et c'est tant mieux : cette ombre qui plane autour d'elle rehausse encore le prestige de cette beauté souveraine, de cette femme faite pour l'amour et qui, ayant été très admirée, ne fut pas beaucoup aimée." (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Mouvement Littéraire, 1912)

235.          LOMBARÈS (Michel de). L'Affaire Dreyfus : la clef du mystère. Laffont, 1972, in-8°, 253 pp, 16 pl. de gravures et documents hors texte, index, broché, bon état (Coll. Les ombres de l'histoire)

            20

Si Dreyfus est innocent, qui est coupable ? ... L'affaire Dreyfus apparaît comme une lutte sournoise et implacable entre les services de renseignement qui savent et ne se démasquent jamais. Fausses informations, agents doubles, silences, couvertures, solidarité des hommes des « services », l'affaire Dreyfus devient dans cet éclairage la première des grandes batailles de l'espionnage moderne...

236.          LUCAS-DUBRETON (J.). Le Culte de Napoléon, 1815-1848. Albin Michel, 1959, fort in-8°, 468 pp, notes bibliographiques, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Avec la Seconde Restauration, le culte napoléonien se fait clandestin et trouve d’autres moyens d’expressions (gravures ambigües, cannes séditieuses). Les survivants de la Grande Armée, démobilisés, entretiennent partout le souvenir de l’Empereur et dès 1823, Las Casas donne une image exemplaire de Napoléon dans son Mémorial de Sainte-Hélène. Cinq ans plus tard, malgré la censure, Béranger présente dans Souvenirs du peuple un empereur proche du peuple et révéré de tous à l’égal d’un saint dont on conserve les reliques... — "J. Lucas-Dubreton vient d'écrire un ouvrage synthétique sur ce « culte de Napoléon » qui n'avait encore été l'objet que d'études partielles. Il y rattache les complots des années 1820 aussi bien que les pages consacrées à Napoléon par les grands écrivains du siècle, ou les premières tentatives du neveu pour s'emparer du pouvoir. Dans ce livre, J. Lucas-Dubreton a eu tendance à utiliser davantage les gravures ou les ouvrages de l'époque que les travaux contemporains. L'ouvrage rendra service et pourra servir de guide à des recherches régionales sur le culte de Napoléon." (Jacques Godechot, Revue Historique, 1962)

237.          MASSIS (Henri). Comment Émile Zola composait ses romans. D'après ses notes personnelles et inédites. P., Charpentier, 1906, in-12, xii-346 pp, broché, dos lég. sali recollé, bon état. Edition originale sur papier courant (il n'y a eu que 25 ex. numérotés sur Hollande). Rare

            60

Le diplôme de maîtrise d'Henri Massis (1886-1970), dirigé par Gustave Lanson. C'est la première étude détaillée de la méthode de Zola, basée sur l'examen des dossiers préparatoires des Rougon-Macquart et de l'Assommoir, et aussi le premier ouvrage de l'auteur, publié alors qu'il n'avait que 19 ans, qui lui permit de faire une entrée précoce dans le monde des lettres.

238.          MOUTOUH (Hugues). Ernest Psichari. L'aventure et la grâce. Editions du Rocher, 2007, in-8°, 343 pp, annexes, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

La vie brève et intense d'Ernest Psichari (1883-1914) est le condensé des passions, des désillusions et de l'espérance de la jeunesse intellectuelle du début du XXe siècle. Elevé dans un milieu progressiste et dreyfusard, petit-fils de Renan, ami intime de Charles Péguy et du philosophe Jacques Maritain, Ernest Psichari était indiscutablement destiné au socialisme et aux belles-lettres. Il devint en fait une icône pour la droite française de Barrès et de Maurras, un écrivain mystique converti au catholicisme dans les sables de la Mauritanie, un aventurier colonial et un héros adulé par toute une génération de Français, qui devait trouver la mort durant la Grande Guerre. “Le Voyage du Centurion”, “L'Appel des Armes”, ses livres les plus connus, parlent de la France, de l'Afrique, de la colonisation, de l'amour de Dieu et de la gloire militaire, du devoir et de ses servitudes. Mais à l'image de la vie romanesque de leur auteur, ils témoignent par-dessus tout de cet immense appétit d'aventure qui dévorait la jeunesse française d'alors. De Gaulle et bien d'autres ont reconnu leur dette vis-à-vis de celui qui mourut au champ d'honneur.

239.          NAJJAR (Alexandre). Le procureur de l'Empire : Ernest Pinard (1822-1909). L'homme qui persécuta Baudelaire, Flaubert, Sue... Balland, 2001, in-8°, 363 pp, 15 gravures et photos sur 4 pl. hors texte, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Toutes les fois qu’il est question de censure, le nom d’Ernest Pinard resurgit, symbole d’obscurantisme et de bêtise. Qui est donc ce fameux Pinard qui, au XIXe siècle, fut la cible de tous les pamphlétaires ? Que sait-on de ce procureur qui poursuivit Baudelaire et Flaubert, et vit son zèle récompensé par un portefeuille de ministre de l’Intérieur ? Avocat, et écrivain, Alexandre Najjar s’est penché sur le destin de cet homme singulier : son enfance, sa carrière de procureur, les procès célèbres de “Madame Bovary” et des “Fleurs du Mal”, son passage au Conseil d’Etat, son action hasardeuse au ministère de l’Intérieur, ses démêlés avec Eugène Sue, Emile Zola, Guy de Maupassant et Maxime du Camp, son acharnement contre la presse, son incarcération à la chute de l’Empire, ses relations avec Napoléon III et la famille impériale... — "Voilà une biographie à la fois inattendue, brillante et bienvenue. (...) Ernest Pinard, qui en est l'objet, fut un procureur soumis en tous points à l'ordre social de son temps, un ministre de l'Intérieur somme toute médiocre, et sa postérité, à vrai dire, n'avait jamais encore interpellé quiconque. (...) On eût été tenté de rejeter d'emblée le souvenir d'un homme qui eut pour titre de gloire – ou, à tout le moins, pour chemin vers la notoriété – de faire condamner Flaubert, Baudelaire et Eugène Sue, qui s'opposa à l'érection des statues de Baudin et de Voltaire, et eut maille à partir avec Zola. Excusez du peu ! (...) Au travers du destin d'un homme, on traverse une époque, les yeux et les oreilles aux aguets. On voit s'achever la monarchie de Juillet, avec ses fausses certitudes, s'édifier la Deuxième République, celle de toutes les ambiguïtés, vivre le Second Empire, avec ses contradictions si souvent fécondes, s'improviser la Troisième République avec l'entrelacis de ses arrière-pensées. Nul ne pourra plus écrire sur le Second Empire sans tenir compte de la contribution d'Alexandre Najjar." (Philippe Séguin)

240.          PERRUCHOT (Henri). La vie de Van Gogh. Hachette, 1955, pt in-8°, 394 pp, un portrait en frontispice, broché, bon état. On joint 4 coupures de presse concernant Van Gohg et Picasso

            25

"Ceci n’est pas une biographie romancée. J’y ai réduit autant qu’il se pouvait la part de l’imagination, qui, je ne l’ignore pas, existe cependant toujours peu ou prou dans les ouvrages de ce genre, eussent-ils été les plus sérieusement élaborés. J’ai patiemment recherché tout ce que l’on savait de Vincent Van Gogh, patiemment assemblé les éléments, importants ou mineurs, qui nous permettent de reconstituer sa vie. Sous chacun des détails de ce livre, il me serait, je crois, loisible d’indiquer une référence..." (Avertissement)

241.          [Pléiade] – MARX (Karl). Œuvres. Economie I. Edition établie par Maximilien Rubel. Gallimard, 1963, fort in-12, clxxvi-1818 pp, imprimé sur papier bible, traduit de l'allemand, préface de François Perroux, avertissement, chronologie, notes et variantes, index nominatif et bibliographique, index des idées, reliure plein cuir souple de l'éditeur, dos lisse orné de filets dorés, jaquette illustrée, rhodoïd, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)

            40

Contient : Misère de la philosophie - Discours sur le libre-échange - Le Manifeste communiste - Travail salarié et capital - Introduction générale à la critique de l'économie politique - Critique de l'économie politique - Adresse inaugurale et statuts de l'association internationale des travailleurs - Salaire, prix et plus-value - Le Capital, livre premier - Critique du programme du parti ouvrier allemand. Appendices : Deux lettres sur Proudhon - Revendications du Parti communiste en Allemagne - Résolutions du premier Congrès de l'A.I.T. - La nationalisation de la terre - Préfaces du «Manifeste communiste» - En marge de l'«Histoire critique de l'économie politique» d'Eugen Dühring - Enquête ouvrière - Considérants du programme du Parti ouvrier français. — "Marx (1818-1883) n'a cessé depuis un siècle d'être au cœur des luttes idéologiques du monde contemporain. Génie multiforme, il est à la fois le philosophe qui renverse la philosophie idéaliste de Hegel (La Sainte Famille, 1845), l'historien des révolutions (Les Luttes de classes en France, 1850), le pamphlétaire qui donne au prolétariat une doctrine, l'économiste du Capital et l'un des fondateurs de l'Internationale. Mais sous sa dispersion apparente, son œuvre n'a jamais qu'un seul but, la quête des contradictions de la société capitaliste et des moyens de leur résolution." (Françoise Mélonio)

242.          [Pléiade] – MAUPASSANT (Guy de). Contes et nouvelles. Tome I. Préface d'Armand Lanoux. Introduction de Louis Forestier. Texte établi et annoté par Louis Forestier. Gallimard, 1989, fort in-12, 1670 pp, imprimé sur papier bible, chronologie, notices, notes et variantes, reliure plein cuir souple de l'éditeur, dos lisse orné de filets dorés, demi-jaquette illustrée, rhodoïd, étui carton, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)

            40

Contes et nouvelles publiés entre 1875 et mars 1884. — "Maupassant (1850-1893) rêve d’abord de succès au théâtre et en poésie (Des vers, 1880). Il est disciple de Flaubert qui lui inculque l’exigence du style et l’encourage dans sa véritable voie : le récit court. Maupassant y triomphe avec Boule de suif (1880) que suivront de nombreux recueils (La Maison Tellier, Toine, Contes de la bécasse, Le Rosier de Mme Husson, etc.) Peintre de la Normandie et des mœurs parisiennes, il sait aussi s’aventurer vers les marges inquiétantes de la conscience et du fantastique (Le Horla). Ses romans (Une vie ; Bel-Ami, 1885) expriment une vision pessimiste et aiguë du monde, que confirme un grand talent pour la chronique, le journalisme et le reportage." (Louis Forestier)

243.          [Pléiade] – VALLÈS (Jules). Œuvres. Tome I : 1857-1870. Texte établi, présenté et annoté par Roger Bellet. Gallimard, 1975, fort in-12, lxv-1781 pp, imprimé sur papier bible, introduction, chronologie, biblio, avertissement, notices, notes et variantes, reliure plein cuir souple de l'éditeur, dos lisse orné de filets dorés, rhodoïd, étui cartonné illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque de la Pléiade)

            30

Contient : L'Argent (extraits) - Les Réfractaires - La Rue - Choix d'articles des années 1857-1870. — "Jules Vallès (1832-1885) a souffert presque toute sa vie du sentiment d'être un exclu. Dès l'enfance, ce sont les duretés et les ridicules de sa famille, l'oppression du système scolaire. Puis c'est l'ordre social, qui condamne à vivoter ce journaliste d'opposition. La Commune lui donne enfin le sentiment de connaître liberté et spontanéité. Ensuite, jusqu'en 1880, viennent l'exil et la misère. Pourtant le polémiste, porte-parole des inadaptés, devient alors un romancier fasciné par le dynamisme d'un Paris qui a réalisé brièvement ses rêves : c'est à Londres que Vallès a écrit la plus grande part de sa trilogie." (Marie-Claire Bancquart)

244.          PROUDHON (P.-J.). Lettres de Pierre Joseph Proudhon choisies et annotées par Daniel Halévy et Louis Guilloux. Avec une préface de Sainte-Beuve. Grasset, 1929, gr. in-12, 363 pp, un portrait de Proudhon par Daumier en frontispice, broché, qqs soulignures crayon, bon état (Coll. Les Ecrits). Edition originale imprimée sur vélin bouffant

            30

"La Correspondance de Proudhon, telle qu'elle fut publiée en 1875 par J.-A. Langlois, forme une masse de 14 volumes in-8°. Encore ces 14 volumes sont-ils loin de contenir toutes les lettres de Proudhon, qui écrivait volontiers. Et si l'on voulait aujourd'hui donner une Correspondance générale de l'auteur de “La Justice dans la Révolution et dans l'Église”, il faudrait, compte tenu des inédits repérés et des publications faites en dehors du recueil de 1875, beaucoup plus de 14 volumes pour en venir à bout. C'est assez dire que l'entreprise serait chimérique. Daniel Halévy et Louis Guilloux servent donc utilement la mémoire du grand polémiste bisontin, en publiant simplement un choix de lettres de Proudhon, enfermé dans les limites malheureusement un peu étroites d'un seul volume. Leur choix est guidé, du moins partiellement, par la préoccupation de reproduire les textes qui peuvent « le mieux donner une idée de la vie de Proudhon ». Un passage du livre de Sainte-Beuve sur Proudhon sert de préface à la publication. Elle sera pour beaucoup de nos contemporains une révélation. Rien de sympathique, rien d'attirant comme ces lettres. On y sent, on y trouve un homme." (Lucien Febvre, Annales, 1930)

245.          SIMON (Gustave). Chez Victor Hugo. Les Tables tournantes de Jersey. Procès-verbaux des séances, présentés et commentés par Gustave Simon. P., Louis Conard, 1923, in-12, 393 pp, fac similé d'un fragment de procès-verbal en frontispice, broché, bon état

            30

De 1853 à 1855, en exil à Jersey, Victor Hugo se livre quasi quotidiennement à des séances de spiritisme. Il discute avec les esprits les plus illustres, Jésus-Christ, Dante, Molière, Shakespeare, ou les formes les plus abstraites (l'Ombre du sépulcre, le Drame ou l'Idée). Les séances sont consignées sur des procès-verbaux qui serviront à établir “Le Livre des Tables” dont Hugo envisageait une publication posthume. — " (...) Ce n'est pas un livre scientifique. Nous ne songeons pas à interpréter, ni à discuter les controverses qui s'etablissent entre les hôtes de Jersey et les esprits qui se désignent. Ils s'en chargent eux-mêmes. Nous n'apportons que des documents ; ce sont des procès-verbaux recueillis par des hommes de bonne foi devant des témoins appartenant à toutes les opinions et à toutes les religions. Il ne faut se faire aucune illusion : ce livre provoquera les railleries et les sarcasmes des ennemis nés et impénitents de tout ce qui peut dépasser leur entendement. Il intéressera ceux qui se sont adonnés à l'étude des sciences métapsychiques, des sciences occultes spiritisme, magnétisme, les mots importent peu. Il encouragera ceux qui s'obstinent à poursuivre des expériences sans se laisser émouvoir par les suggestions et les insinuations des défenseurs de la routine, ou par les hostilités préconçues et systématiques des savants dont l'assurance, parfois ignorante, a été soumise à de si rudes épreuves et de si cruels démentis..." (Gustave Simon)

246.          SKINNER (Cornelia Otis). Madame Sarah Bernhardt. Fayard, 1968, in-8°, 287 pp, adaptation française de Philippe Jullian, 16 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

De ses voyages à travers le monde elle ramenait tout un bric à brac, sans parler d'une véritable ménagerie – léopards, singes, crocodiles et serpents. Mais ces longues randonnées qui l'ont menée de l'Amérique du Nord en Argentine et d'Athènes à Saint-Pétersbourg, étaient de vraies marches triomphales qui suscitaient des enthousiasmes délirants que de nos jours seules les idoles du sport et de la chanson suscitent pendant quelques brèves heures. Cornelia Otis-Skinner a su faire revivre la grande Sarah avec tous les prestiges de son art, son amour de la gloire, son sens de la publicité, ses caprices et ses passions. Son ouvrage est plein de vues pertinentes, d'anecdotes drôles et révélatrices.

247.          THUREAU-DANGIN (Paul). Histoire de la Monarchie de Juillet. Plon, 1911-1914, 7 vol. in-8°, viii-609, 448, 554, 489, 587, 431 et 537 pp, reliures demi-chagrin vermillon, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et tomaisons dorés, couv. conservées (rel. de l'époque), dos uniformément passés, bon état (Grand Prix Gobert, 1885 et 1886)

            300

Histoire monumentale, et irremplacée dans sa précision. (Vicaire VII, 839-840).

248.          VITRAC (Maurice). Philippe-Egalité et Monsieur Chiappini. Histoire d'une substitution. P., Daragon, 1907, in-12, 242 pp, un frontispice gravé et un fac-similé d'écriture hors texte, index, broché, 2e plat lég. sali, bon état (Coll. Les énigmes de l'Histoire). Edition originale, tirage limité à 755 exemplaires justifiés à la plume par l'éditeur, le notre n° 383, imprimé sur papier d'Ecosse

            40

"Ce pauvre Louis-Philippe eut encore, par-dessus le marché, maille à partir, après sa mort, avec les Naundorffistes, qui, s’ils ont octroyé à Naundorff le droit de porter le nom de Bourbon, ont refusé au fils de Philippe-Égalité le droit de porter le nom d’Orléans. Celui-ci ne serait autre que le fils d’un certain Chiappini, geôlier italien. Substitution d’enfants. Ce que c’est tout de même ! Le duc de Chartres (plus tard Philippe-Égalité) et la duchesse, voulant absolument un héritier mâle, auraient fait le troc d’une fille, au jour de la naissance, contre un autre enfant, un garçon, le fils du Chiappini en question, né vers le même temps. Cette fille, baptisée Marie-Stella Chiappini et devenue lady Newborough, aurait découvert le faux, et elle prétendit effectivement, – munie d’un jugement qui mentionnait bien le fait d’une substitution d’enfants, lequel semble avéré, mais sans nommer le moins du monde le duc de Chartres (et pour cause) comme le complice de Chiappini dans cette substitution, – elle prétendit, disons-nous, prendre, dans la maison d’Orléans, le rang que Louis-Philippe, vulgaire Chiappini (!), y usurpait. (...) M. Duquesne, parent des Naundorff, a publié, sous le pseudonyme de Paul Dumont, un ouvrage destiné à prouver le bon droit de Lady Newborough. C’est cet ouvrage que réfute M. Vitrac, en établissant, d’une part, qu’à la date de la substitution Chiappini, en Italie, le duc et la duchesse de Chartres se trouvaient en France, et, d’autre part, que le complice de Chiappini était un certain comte Battaglini." (Edmond Barthèlemy, Mercure de France, 1907)

249.          VUILLAUME (Maxime). Mes Cahiers rouges au temps de la Commune. Club Français du Livre, 1953, in-8°, (28)-467 pp, préface de Claude Roy, chronologie, qqs illustrations, un plan et qqs fac-similés, notes, bien complet du cahier d'illustrations volant (20 photos imprimées en sépia sur 8 pp), index, reliure toile jaune décorée de l'éditeur (lég. salie), bon état. Edition numérotée hors commerce imprimée sur papier offset sirène

            30

Recueil de 7 des 10 Cahiers écrits par Vuillaume, un des trois rédacteurs du journal « Le Père Duchesne ». — "Une des oeuvres majeures sur la Commune, à côté de l'histoire de Lissagaray. Ici pas de grande fresque, mais une série de tableaux très évocateurs de la réalité de la Commune, par un grand écrivain qui serait « depuis longtemps classique, s'il avait peint autre chose que la Commune » (Bernard Noël)." (Le Quillec, 4715). — "Une des sources les plus sûres de l'histoire de la Commune." (J. Bruhat). — Parus entre 1908 et 1914 dans les célèbres “Cahiers de la Quinzaine” de Charles Péguy, “Mes cahiers rouges” constituent un classique de la littérature communarde. Durant l'Année terrible (1871), leur auteur, Maxime Vuillaume, fut constamment aux premières loges, tantôt comme spectateur, le plus souvent comme protagoniste. Engagé volontaire dans la Garde nationale, il participe aux journées insurrectionnelles des 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871. À compter du mois de mars, c'est par la plume qu'il poursuit son combat, en fondant l'un des journaux les plus lus – et certainement le plus populaire – de la révolution communaliste : “Le Père Duchêne”. Au cours de la Semaine sanglante, enfin, il n'hésite pas à prendre les armes pour résister à l'assaillant versaillais. Rédigé dans un style franc et direct, “Mes Cahiers rouges” ressuscitent tout un pan de l'histoire de France, trop souvent négligé : l'opposition tumultueuse au Second Empire décadent, le siège de Paris, cette fraternelle utopie que fut la Commune de 1871, avec ses joies, son allégresse, ses désillusions et ses déboires. Des pages plus sombres également : la brutalité et la férocité de la répression, la proscription et son lot de souffrances, le retour des exilés et la nostalgie d'un espoir assassiné. Aux antipodes de la solennité, de l'emphase et du ton compassé qui caractérisent les traditionnels Mémoires, l'écriture incisive et alerte de Vuillaume conduit le lecteur à travers la ville révoltée, le fait sursauter quand claque un coup de feu, l'emplit d'effroi lorsqu'un communard est exécuté. Un livre vivant. Bien vivant.

250.          WAGENER (Françoise). Madame Récamier, 1777-1849. JC Lattès, 1986, gr. in-8°, 545 pp, 23 gravures sur 8 pl. hors texte, chronologie, biblio, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Née avant la Révolution et morte sous la présidence du futur Napoléon III, Juliette Récamier, la Belle des Belles, est la pure incarnation de l'intelligence et du charme féminins. Par sa beauté, son raffinement, son sens de l'amitié, elle sut, tout au long de sa vie, rassembler ce que l'Europe comptait de mérites politiques, artistiques, littéraires et faire de son salon un lieu d'échange d'une qualité inégalée. Riche, avenante, d'une élégance discrète, vouée au blanc, Juliette connaît très tôt la renommée. Mariée à 15 ans, sa relation purement affectueuse avec le banquier Récamier, dont elle apprendra qu'il est son père, fait d'elle une femme célébrée sinon heureuse. Elle règne sur le Paris consulaire mais, sous l'Empire, elle lutte inlassablement en faveur de ses amis opposants au régime, notamment Mme de Staël et Benjamin Constant. Elle ne faiblit jamais et sa fidélité aux proscrits lui voudra les rigueurs de l'exil. Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, son rayonnement s'étend sur la brillante société qui se retrouve chez elle, à l'Abbaye-aux-Bois. Elle encourage la création et favorise l'éclosion de la pépinière Romantique, sous l'égide de Chateaubriand, qu'elle a su s'attacher et avec lequel elle forme, pendant trente ans, un couple éblouissant, légendaire : il la fera entrer dans l'immortalité en lui consacrant des pages inoubliables des Mémoires d'outre-tombe. — "Celle qui fut la star de son temps méritait ce livre passionnant et peut-être définitif qui fait revivre toute une époque." (Jean d'Ormesson)

251.          WILLETTE (Luc). Le Coup d'Etat du 2 décembre 1851. La résistance républicaine au coup d'Etat. Aubier, 1982, pt in-8°, 224 pp, 35 gravures du temps, broché, couv. illustrée, qqs surlignures stabilo sur 8 des 17 premières pages, bon état (Coll. Floréal)

            20

Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte réussit sans coup férir un coup d'Etat. Les ouvriers regardent sans bouger le député Baudin mourir sur une barricade. Victor Hugo part à Guernesey écrir “Les Châtiments”. Sept millions de Français applaudissent le prince-président. Cela, c'est l'histoire officielle. Parfois on évoque – discrètement – la guerre sociale qui, depuis 1848, opposait le parti de l'Ordre à ces nouveaux sauvages, ces “Rouges” qu'il fallait abattre à tout prix, quitte à faire envahir la France par les cosaques, comme le suggérait Morny, le demi-frère de Louis-Napoléon. Parfois, l'on démontre – encore plus discrètement – les mécanismes de ce coup d'Etat : un modèle du genre, préparé et réussi comme un mauvais coup de grand style. Mais jamais on ne raconte la révolte de la province, qui se dresse contre l'Empire à venir aux cris de “Vive la Sociale” dans tout le Sud de la France. Une jacquerie ? Non. Une véritable révolution. Et tandis qu'à Paris l'archevêque chante le Te Deum à Notre-Dame devant le futur Napoléon III, ses généraux et sa cour de banquiers, en Provence flotte toujours le drapeau rouge...

20e SIÈCLE

 

252.          ALPHAND (Hervé). L'Etonnement d'être. Journal 1939-1973. Fayard, 1977, gr. in-8°, 614 pp, index, broché, couv. à rabats, bon état

            25

1939-1973 : un tiers de siècle dont Hervé Alphand est tantôt un acteur, tantôt un témoin. Il assiste impuissant et désespéré aux tentatives dérisoires des gouvernements vacillants de la Troisième République à la veille du deuxième conflit mondial, l’un des premiers, sinon le premier inspecteur des Finances à rallier la France Libre. Il est à Alger, à Washington, à Londres. Puis c’est le retour à Paris, l’immense effort de reconstruction, la naissance de l’Europe. Un an aux Nations unies, neuf d’ambassade aux Etats-Unis, au milieu des crises de Suez, de l’Algérie, de Cuba, de Berlin, du Vietnam, de l’OTAN et tant d’autres, sous les présidences successives d’Eisenhower, de Kennedy, de Johnson, sept ans de secrétariat général au Quai d’Orsay et de missions au Moyen-Orient, en URSS, en Inde, en Chine, en Algérie... Au-delà des révélations historiques, notamment sur la politique étrangère du général de Gaulle, des anecdotes et des portraits psychologiques, Hervé Alphand trace son autoportrait, celui de l’homme qui réagit devant ces évènements démesurés, étonné d’être ou simplement de regarder et d’entendre.

253.          BENNIGSEN (Alexandre) et Chantal LEMERCIER-QUELQUEJAY. Sultan Galiev, le père de la révolution tiers-mondiste. Fayard, 1986, in-8°, 305 pp, analyse critique des sources, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les Inconnus de l'histoire)

            40

"Que veulent les Musulmans révolutionnaires ? Alexandre Bennigsen et Chantal Lemercier-Quelquejay, tous deux islamologues et turcologues, ont les premiers redécouvert le rôle-clé joué dans l'émergence de leurs idées par un instituteur et journaliste tatar, Sultan Galiev, des débuts de la révolution d'Octobre à la fin de 1928, date de son élimination par Staline. Sultan Galiev est le père de la révolution tiers-mondiste, parce qu'il a élaboré la doctrine du "communisme national musulman", un socialisme réalisé par les travailleurs musulmans et non imposé par le prolétariat européen, impliquant aussi la décolonisation des territoires occupés par l'ancien empire tsariste. Si des dirigeants du Tiers-Monde comme Nasser, Ben Bella, Tan Malaka ou Khadafi ont reconnu en lui un précurseur, c'est qu'il fut l'un des inspirateurs de la révolution coloniale qui a embrasé l'Afrique et l'Asie. Calomnié ou "oublié" par l'historiographie soviétique (pour qui il fut un "Trotsky musulman") Sultan Galiev, révolté contre tous les impérialismes, est donc un peu le prophète des grandes luttes de libération d'aujourd'hui, de celle des combattants palestiniens à celle des Modjahidins Afghans. Au coeur de ces luttes, sa vie pose la question fondamentale de la coexistence du marxisme et de l'Islam. Les auteurs sont tous deux spécialistes de l'Union soviétique et des musulmans en Asie." (4e de couverture)

254.          BERTHEM-BONTOUX [pseudonyme de Berthe Bontoux]. Une ambassadrice de France. La Vicomtesse de Fontenay. Avignon, Maison Aubanel Père, 1949, in-8°, 510 pp, préface de Georges Lecomte. 47 gravures et portraits sur 20 planches hors texte, notes, broché, couv. illustrée, qqs rares annotations crayon, état correct

            30

Intéressante et peu courante biographie de Renée Pichon, vicomtesse de Fontenay (1870-1952), qui épousa en 1888 Joseph de Fontenay (1864-1946), diplomate à Séoul à la veille de la guerre russo-japonaise, en Albanie en 1914, en Serbie en 1917, avant d'être ambassadeur de France à Madrid (1923-1924) puis au Vatican (1928-1932). Madame Berthem-Bontoux rend hommage à Madame de Fontenay qui « pendant plus d'un demi-siècle, sut aider son mari à magnifier à l'étranger le vrai visage de la France ». — Table : Au Pays des Maisons Roses ; Les Valses de Vienne et la tragédie des Habsbourg ; Sous le signe de la Reine Draga ; Sur les Rives du Danube ; Le Tremplin des Ambassadeurs ; Madrid au temps d'Alphonse XIII ; L'Ambassadrice ; etc.

255.          BOISDEFFRE (Pierre de). Contre le vent majeur. Mémoires 1368-1968. Grasset, 1994, fort in-8°, 594 pp, 4 pl. de photos hors texte, index des noms cités, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Pierre de Boisdeffre descend, par son père, d'une famille de notables berrichons, les Néraud (Jules Néraud, dit Le Malgache, fut un grand ami de George Sand), et par sa mère du général de Boisdeffre, chef d'Etat-Major des armées au moment de l'Affaire Dreyfus et négociateur de l'alliance franco-russe. Enarque de la première génération, il poursuivit une carrière de haut fonctionnaire un peu atypique parce que, dès ses vingt ans, le jeune Boisdeffre était entré en littérature. Passé par l'Education nationale, les Beaux-Arts, les Affaires étrangères, l'ORTF, il terminera sa carrière de diplomate comme ambassadeur en Uruguay, en Colombie et auprès du Conseil de l'Europe à Strasbourg. Volontiers subversif et polémique, Boisdeffre raconte ses expériences professionnelles et littéraires avec une grande liberté de ton. Il n'hésite pas à égratigner. Et comme il a rencontré "tout le monde"... du général de Gaulle à Malraux, de Mauriac à Claudel, toute une France politique et littéraire des années 50 à 70 revit dans ce livre provisoirement arrêté à la grande fracture de Mai 1968.

256.          BONHEUR (Gaston). Charles de Gaulle. Biographie. Gallimard, 1958, in-12, 302 pp, broché, bon état. On joint une critique du livre par Paul Leriche, avec une photo imprimée du capitaine de Gaulle en 1918

            20

"Notre excellent confrère Gaston Bonheur avait écrit cette biographie en 1944 et l'avait publiée en 1946. Cette nouvelle édition relate donc en quelques chapitres additifs ce qui s'est passé dans la vie du général de Gaulle pendant ces quatorze dernières années. Un petit livre extrêmement vivant, écrit dans le meilleur style." (Paul Leriche, 1958)

257.          BONNET (Georges). Défense de la Paix. Fin d'une Europe. De Munich à la guerre. Genève, Editions du Cheval Ailé, 1948, in-8°, 433 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, bon état (Défense de la Paix, II)

            25

"Avec beaucoup de force et de conviction, G. B. retrace dans ses mémoires son combat pour la paix. Doit-on juger un homme à l'échec de sa politique ? Evitant les justifications reconstruites, G. B. présente un document historique sur la fin de la Troisième République." (Revue française de science politique) — "Ministre des Affaires étrangères d'avril 1938 à septembre 1939, M. Georges Bonnet présente avec une grande loyauté la politique extérieure de la France durant cette période critique. Il apporte ainsi une contribution essentielle à l'histoire des origines du deuxième conflit mondial. Plus que le récit d'un historien : ses souvenirs personnels sont appuyés et complétés par la documentation qu'il avait pu sauvegarder, alors que tant d'archives officielles disparaissaient." (Pierre Genevey, Politique étrangère)

258.          BRANCA (Eric) et Arnaud FOLCH. Histoire secrète de la droite. Cinquante ans d'intrigues et de coups tordus. Nouveau Monde éditions, 2012, in-12, 639 pp, biblio, notes, broché, couv. illustrée, bon état

            8

Qui était la « taupe » qui, en 1961-1962, renseignait l'OAS sur les projets du gouvernement ? Qui était l’archange Gabriel qui voulait « faire sauter » la Ve République en dévoilant les turpitudes du « gaullisme immobilier » ? Comment Giscard a-t-il, en quelques semaines, organisé son raid victorieux sur l’Élysée, et Chirac, en 1981, la défaite de l’homme qu’il avait porté au pouvoir ? Nul n’ignore plus que François Mitterrand a pris personnellement en main la promotion médiatique de Jean-Marie Le Pen à partir de 1982. Mais qui savait que leur complicité était allée jusqu’à leur faire partager, pendant plus de dix ans, le même homme de confiance ? Qui était le « corbeau » qui, en 1995-1996, renseignait le juge Halphen sur le financement du RPR ? Pourquoi Chirac a-t-il laissé, en 2004, Nicolas Sarkozy mettre la main sur l’UMP, créée deux ans plus tôt pour faire de Juppé son dauphin, et comment Sarkozy a-t-il exploité le CPE pour couper les ailes de Villepin, juste avant que l’ouragan Clearstream n’achève le travail ? Comment Sarkozy a-t-il réussi, en 2007, son OPA sur l’électorat de droite, avant de le laisser orphelin de ses rêves ? Année après année, Éric Branca et Arnaud Folch décrivent, en 50 chapitres, les coulisses de la droite française

259.          Collectif. Le Congrès des Amis de l'U.R.S.S. (Novembre 1927). P., Bureau d'Editions, s.d. (1927), in-12, 165 pp, broché, bon état. Peu courant

            25

En novembre 1927, à l’occasion du dixième anniversaire de la Révolution d’Octobre, les syndicats soviétiques organisent à Moscou le Congrès des Amis de l’URSS : 947 délégués venus de 43 pays y participent, dont 180 français. En juin 1928, ces délégués constituent « l’Association Française des Amis de l’URSS » (A.U.S.). Pendant la guerre 1939-1945, l’A.U.S. entrera dans la clandestinité, puis dans la résistance. En 1944, ses survivants seront à l’origine de la création de « France URSS ».

260.          DEBRAY (Régis). Journal d'un petit bourgeois entre deux feux et quatre murs. Seuil, 1976, in-8°, 170 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            20

"Peu de livres m'auront autant marqué que ces fragments rédigés en 1970 dans la prison bolivienne où Régis Debray expiait son enrôlement juvénile dans la cause révolutionnaire. Trente-quatre années plus tard, je relis ces pages avec le même précipité d'admiration (pour l'écrivain), de respect (pour le combattant) et d'incrédulité (pour le matérialisme, le marxisme, le progressisme, la révolution, etc.). Peu importe que la cause de Régis Debray n'ait jamais été la mienne (euphémisme). Peu importe que le tribunal de l'Histoire l'ait condamné sans appel, et à très juste titre. Reste qu'il faut discriminer (hors idéologie) ceux qui, au moins le temps d'un combat, auront misé leur vie sur autre chose que le confort de leur ego, et tous les autres. À cet égard, ce livre d'un bel écrivain français, plutôt classique dans sa texture, reste à mes yeux exemplaire." (Denis Tillinac) — Durant le premier semestre de 1970, à la faveur d’un putsch qui devait peu après favoriser sa libération de la geôle bolivienne de Camiri, Régis Debray connaît un régime de faveur : de quoi écrire et des livres. D’où ces libres réflexions de détenu extraites d’un journal qui s’élabore alors sur le mode du « toi-je » ou du « moi-tu » plutôt que sur celui du « moi-je ». D’interpellation plutôt que d’introspection. Mais dans un désert à mille lieues de l’Europe et entre quatre murs dont il faut faire une partie plus ou moins provisoire, dans un silence dont les mots sont la plaie, à une distance de toutes choses qui ne pare d’absolu que l’indispensable pour survivre. La prison : une minute de vérité prolongée sur des années. (4e de couverture)

261.          DECAUX (Alain). L'abdication. Perrin, 1995, gr. in-8°, 339 pp, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            25

L'abdication du roi Edward VIII, en décembre 1936, secoua le monde entier. La grande presse internationale se montra à l'affût de la moindre information sur ce cas unique : un roi préférant perdre son trône plutôt que de renoncer à la femme qu'il aimait. Ce qui fut publié à l'époque – et postérieurement – véhicula plus d'inexactitudes, voire d'inventions délibérées, que de réalités. La vérité se trouvait dans des archives qui demeurèrent secrètes pendant plus de quarante ans : celles de l'ancien roi d'Angleterre, devenu duc de Windsor. Alain Decaux fut le premier historien à être autorisé, dès 1977, à les explorer...

262.          DELABAYS (Joseph). La destinée tragique d'un monarque pacifique. L'Empereur-roi Charles d'Autriche-Hongrie (1887-1922). Cambrai, Editions Bonduelle, 1945, in-12, 252 pp, un portrait en frontispice et 4 pl. de photos hors texte, broché, bon état (Prix Montyon de l'Académie française 1947)

            25

Jacques Delabays raconte ici la vie extrêmement douloureuse de Charles 1er d’Autriche-Hongrie. Deux ans après son couronnement, le souverain devait mourir en exil, à 35 ans. L’empire s’était déjà effondré... — "Jacques Delabays raconte ici la vie extrêmement douloureuse de Charles 1er d'Autriche-Hongrie, commencée pourtant dans la joie. Deux ans après son couronnement, le souverain devrait mourir en exil, à l'âge de trente-cinq ans. L'empire s'était déjà effondré. Delabays résume comme suit la situation d'alors : "Néfaste, cette alliance-austro-allemande, elle le fut à l'Autriche-Hongrie. Sous son manteau, les Prussiens travaillèrent à désagréger ce conglomérat des nationalités formant la double monarchie des Habsbourg, dans l'espoir d'en recueillir les éléments germaniques et de dominer l'Europe centrale jusqu'aux Balkans." Inutile de rappeler en détail les événements qui précipitèrent la crise finale et forcèrent Charles à quitter le pays. Il tenta l'impossible pour mener l'Allemagne à faire une paix juste, songea même à négocier une paix séparée, pour le cas où Guillaume II n'accepterait pas ses vues. Les tentatives de paix échouèrent et la guerre se termina en novembre 1918 par la défaite de l'Allemagne et de ses alliés. A la suite de difficultés intérieures, Charles partait pour la Suisse avec sa famille, en mars 1919. Un mois plus tard, le parlement autrichien le déposait. Il essaya à deux reprises de reprendre les rênes, échoua et partit pour son dernier exil, à Madère. C'est là qu'il mourut le 1er avril 1922, d'un rhume qui dégénéra rapidement en broncho-pneumonie... L'impératrice Zita restait veuve avec sept enfants, dont l'ainé, l'archiduc-héritier Othon, n'avait pas neuf ans." (Harry Bernard)

263.          DIETRICH (Noah). Trente-deux ans avec l'extravagant Howard Hughes. Laffont, 1972, gr. in-8°, 344 pp, traduit de l'américain, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Vécu)

            20

Voici le vrai Howard Hughes. Il y a quelques mois, un auteur américain en mal de succès a forgé de faux mémoires. La presse, depuis, s'est évertuée à retrouver en vain Howard Hughes. Il est ici, dans ce livre. Howard Hughes l'extravagant, le fabuleux. Homme d'affaires, contrôlant des compagnies aériennes, des chaînes de radio et de télévision, des sociétés de productions de film ; Hughes, roi de Hollywood que l'on voit au bras des stars : Jane Russell, Katharine Hepburn, Bette Davis, Ginger Rogers, Ava Gardner ; pilote d'essai, fêté à New York comme un chef d'Etat, après avoir battu le record de vol autour du monde... Seul Noah Dietrich, qui fut pendant trente-deux ans, à ses côtés, le conseiller et le témoin quotidien, pouvait rendre compte de la vie de Howard Hughes. Son témoignage fait surgir un personnage de légende, un excentrique aux étranges lubies, fascinant comme un héros de film, incarnation du mythe du milliardaire américain...

264.          DUCHENNE (Albert). Détective privé. Laffont, 1977, in-8°, 218 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Un homme et son métier)

            25

Duchenne veut dénoncer l'image mythique entretenue par les médias et la littérature et proposer une image réaliste du métier de détective : "En vérité, je ne ressemble guère à ces héros de série noire que le destin promène de casinos en traquenards, à la poursuite de fabuleux trésors ou de beautés fatales..." (p. 9) — "Savoir ce qui se passe derrière les murs de l'apparence, déjouer les plans de ceux qui complotent le mal, retrouver des êtres enfuis sur les sentiers de la déroute morale et humaine, dépister les voleurs, empêcher que les secrets d'une invention soient dérobés et exploités ailleurs, autant de souhaits que chacun a fait au moins une fois. Les détectives privés, ces "flics de l'impossible", ces redresseurs de torts à qui l'on va se confier parce que la solitude n'est plus tenable, que l'angoisse se fait trop précise, exaucent quotidiennement ces souhaits. Albert Duchenne, directeur de la célèbre agence Dubly, soulève pour nous le voile qui recouvre ce métier de l'ombre, secret et mal connu parce que trop souvent romancé. Il raconte ce qu'est la vie quotidienne d'une agence, il révèle les coulisses et les arcanes de ce métier difficile, dangereux parfois, et qui se fait autant avec le coeur qu'avec la tête... et les jambes." (4e de couverture)

265.          DUVERGER (Maurice). La Monarchie républicaine, ou comment les démocraties se donnent des rois. Laffont, 1974, in-8°, 284 pp, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            20

"Ce livre témoigne du souci du professeur Duverger de ne pas réserver l'acquis de la science politique aux initiés mais d'offrir au plus grand nombre la possibilité de comprendre les mécanismes du pouvoir dans les démocraties industrielles de type occidental. Bien que l'ouvrage soit nourri de connaissances encyclopédiques et reflète la maîtrise de l'auteur dans l'analyse comparative des régimes politiques, il s'agit moins d'un manuel à l'usage des étudiants que d'un essai de pédagogie à l'adresse du citoyen." (Jean Klein, Politique étrangère, 1974 )

266.          EPSTEIN (Edward Jay). Intox. CIA-KGB. La guerre des mots. Stock, 1989, in-8°, 368 pp, traduit de l'américain, notes, index, broché, bon état

            20

L'auteur nous fait passer de l'autre côté du miroir pour démonter les mécanismes de la guerre des taupes qui a ruiné bien des carrières dans les services de renseignements, à l'Est comme à l'Ouest. Il étudie dans le détail cette guerre des mots que se livrent les agences de propagande des deux camps. Un document riche en révélations explosives...

267.          FABRE-LUCE (Alfred). L'Anniversaire. Fayard, 1971, in-8°, 216 pp, broché, couv. illustrée, bon état, bande éditeur conservée (“Une vie d'aventures dans une démocratie en crise”),  envoi a.s. à Roger Massip

            25

De Gaulle vu par Fabre-Luce, version définitive. — "Avec un recul de plus de trente ans maintenant, à une époque où la personne du général de Gaulle et son rôle historique ont été transfigurés, comme la mémoire le fait pour tous les grands personnages de l'histoire de France qui deviennent des figures de légende, le livre de Fabre-Luce, écrit par un témoin partial de tout son parcours historique, mérite cependant encore d'être lu. Il nous montre un « autre de Gaulle », bien éloigné de la mythologie actuelle. De la part d'un maréchaliste jusqu'en 1942, d'un contempteur des excès de l'épuration à la Libération, d'un adversaire résolu du « grand dessein » qui se retournait contre l'Europe, l'analyse du rôle historique du général de Gaulle ne pouvait être que fort critique..." (Daniel Garbe, “Alfred Fabre-Luce : Un non-conformiste dans le tumulte du XXe siècle”, 2009)

268.          FABRE-LUCE (Alfred). Le plus illustre des Français. Julliard, 1960, in-8°, 262 pp, broché, bon état, bande éditeur conservée (“En présence d'une aussi prodigieuse carrière, le jugement demeure partagé entre le blâme et l'admiration” - Charles de Gaulle sur Napoléon)

            20

"Un « portrait biographique » du chef de l'Etat que l'auteur accuse d'avoir toujours été mauvais prophète... La polémique ? Rien n'est plus rafraîchissant. Le portrait au picrate ? Contrairement à Goethe, nous ne pensons pas que le respect soit la première des vertus. Encore faut-il un minimum de cohérence, de rigueur intellectuelle et surtout d'originalité. Or le livre de Fabre-Luce n'est neuf que dans ses erreurs et ses outrances... C'est un livre plein d'aigreur et sans éclat. L'auteur, dit le prière d'insérer, « s'exprime en toute liberté comme les lois l'y autorisent ». Les lois du code, pas celles du bon goût et de la science historique." (Alfred Grosser, Revue française de science politique, 1961)

269.          FERRANDI (Jean). 600 jours avec Salan et l'OAS. Cercle du Nouveau Livre d'Histoire, 1969, in-8°, 328 pp, 54 photos sur 42 pl. hors texte, reliure pleine toile noire de l'éditeur avec une vignette au premier plat, bon état

            25

C'est en compagnie de Jean Ferrandi, son ancien officier d'Etat-Major, que Salan s'était enfui en Espagne en décembre 1960. C'est en sa compagnie qu'il s'était envolé de Madrid pour Alger, en avril 1961, pour y prendre la tête du putsch qui venait d'éclater. Jean Ferrandi fut arrêté en même temps que le général Salan à Alger, en avril 1962, dans leur commun refuge clandestin. Voici le “Journal de marche” que l'auteur a tenu au cours des dix-huit mois tragiques passés auprès de Salan...

270.          FRANCK (Nicolette). La Roumanie dans l'engrenage. Comment le royaume est devenu République Populaire (1944-1947). Bruxelles, Elsevier, 1977, in-8°, 269 pp, 16 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Par Nicolette Franck (1920-2012), journaliste, avocate infatigable de la liberté des peuples d'Europe centrale et orientale pendant la Guerre froide. Née le 21 juillet 1920 à Jassy, dans ce qui était alors le royaume de Roumanie, Nicoleta Apotecher était issue d'une famille d'avocats et de médecins. C'est grâce a l'élégance de son français qu'elle devait, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, faire la connaissance de son futur mari, Yves Cahen Franck, un jeune correspondant de guerre franco-luxembourgeois, dont elle était devenue traductrice-interprète. Avec la soviétisation rampante du pays, et les persécutions et exécutions qui visaient les cercles jugés trop favorables a l'Occident, vint le temps de l'exil forcé, et déchirant, vers l'Ouest ; elle ne devait ainsi jamais revoir son père. Avec Yves Cahen Franck, elle s'installa en 1954 à Genève, ville à laquelle elle voua une affection sincère et qu'elle ne devait plus quitter. Nicolette Franck devint l'une des proches du roi Michel 1er qui, établi à Versoix après son abdication forcée, était le plus illustre des exilés roumains en Suisse. Elle écrivit un ouvrage, “La Roumanie dans l’engrenage”, racontant la prise de pouvoir par les communistes en Roumanie avec l’aide de l’Union soviétique et visant aussi à défendre l’honneur du Roi Michel en montrant qu’il n’a jamais collaboré avec le dictateur pro-nazi Antonescu...

271.          GARCIA (Raphaël). Les Forgerons de Montataire, 1849-1989. Editions Eurocedres, 2017, in-4°, 220 pp, très nombreux documents et photos, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            18

140 ans de l'histoire vraie de la CGT des Forges de Montataire dans l'Oise, puis d'Usinor Montataire, par l'ancien secrétaire de la CGT d'Usinor Montataire. A partir de documents d'archives de 1936 à 1989, de PV de réunions, le lecteur est invité à un voyage à l'intérieur de cette CGT des Forgerons, de leurs pratiques syndicales, du goût du débat parfois rude, des luttes et de ce qu'ils appelaient le harcèlement revendicatif...

272.          GOYET (Bruno). Henri d'Orléans, comte de Paris (1908-1999). Le Prince impossible. Odile Jacob, 2001, gr. in-8°, 363 pp, 4 pl. de photos hors texte, 11 illustrations dans le texte, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le 5 juillet 1908, au château de Nouvion-en-Thiérache, naît Henri d'Orléans, fils du duc de Guise. L'avenir du jeune prince est assuré, puisque la fortune de sa maison représente le premier patrimoine national. Il n'appartient pourtant qu'à la branche cadette d'une dynastie qui prolifère. Comment deviendra-t-il le prétendant à la couronne de France ? Quelle a été son action politique avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale ? Comment a-t-il évolué ? Sur quelles structures s'est-il appuyé ? Bref, qu'est-ce qu'être prétendant au trône dans un pays profondément républicain ? — "... Tout s'est joué en 1940 : prince d'Orléans, Henri, modéré et légaliste, n'a rien saisi de la querelle de la légitimité. Il a au contraire cru que la guerre serait l'occasion d'un rôle « au-dessus des partis ». Il y perdra toute dignité dans un double jeu dérisoire entre Vichy et les Alliés, sans oublier les Allemands, puisqu'il fait silence sur la Syrie. Ce qui outrera Bernanos ou Charbonnières qui voulut jouer les intermédiaires. L'annulation de la loi d'exil et le retour en France de 1951 prennent alors une autre figure. Le « prince rouge » de 1936 est devenu un « technicien » apolitique, modernisateur à tendance mendésiste qui grâce à sa belle famille, devient héros de magazines dans une République à l'agonie, qui laisse les imaginaires rêver autour du vieux symbole. Car l'intérêt du livre de Goyet est là. Non pas dans le récit d'une vie ratée mais dans l'analyse d'un héritage que le prince a mieux réussi à faire fructifier comme héritier (1926-1940) que comme prétendant. Le système de Cour est ici démonté..." (Odile Rudelle, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2001)

273.          GUIRAL (Pierre) et Guy THUILLIER. La Vie quotidienne des professeurs de 1870 à 1940. Hachette, 1982, in-8°, 315 pp, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"La vie quotidienne des professeurs : riche matière s'il en est et où abondent les témoignages directs, mais délicate à traiter dans sa diversité. Comment on fait une classe, et comment on exerce le métier, comment vivaient les professeurs jusqu'en 1940. ce qu'ils pensaient, leur psychologie, l'enseignement privé, la religieuse enseignante, le piège pédagogique et l'envers du système, c'est dit d'une façon particulièrement mesurée, étayée par de fort nombreuses références à plus de 250 auteurs, enseignants et ex-enseignants (d'Alain à Simone Weil, en passant par Bellessort. Jeanne Galzy. Mère Maire du Sacré-Coeur. Péguy, etc.). Une excellente lecture !" (La Revue administrative, 1982)

274.          HERVET (Robert). La liberté coûtait cher à Cayenne. France-Empire, 1968, pt in-8°, 294 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Histoire de l'évasion de Christian Britone (Charles Brunier) alias "Johnny King", condamné au bagne de Cayenne. Après son évasion, il s'est enrôlé comme pilote de chasse dans l'escadrille du commando de la République du Mexique où il a prouvé par son courage et ses victoires le mérite d'une mise en liberté couronnée par ses différentes citations et décorations des nations alliées. Charles Brunier a passé 25 ans au bagne de Guyane à Saint-Laurent du Maroni et aux îles du Salut. — "C'est un homme à la destinée romanesque qui vient de mourir. Charles Brunier s'est éteint discrètement dans une clinique vendredi à l'âge de 106 ans. Ce vieil homme, pensionnaire d'une maison de retraite à Domont depuis 13 ans, était-il le vrai Papillon, le bagnard de Cayenne, rendu mondialement célèbre par un livre, puis par un film culte avec Steve McQueen et Dustin Hoffman ? Lui l'affirmait en tout cas, fort de nombreuses preuves, comme ce papillon tatoué sur l'épaule gauche et cette phalange coupée, mais célèbre surtout de la polémique née du livre, sorti en 1969, d'Henri Charrière que de nombreux historiens ont soupçonné d'avoir rassemblé plusieurs biographies de forçats pour créer un seul et unique personnage qui deviendra l'emblème du bagne. Charles Brunier, alias Johnny King lorsqu'il était à Cayenne, a eu une vie étonnante et trépidante. Né à Paris en 1901, il se signale dès l'âge de 17 ans en participant au sein de la marine à la campagne de Syrie. Il sauve la vie d'un officier, participe au sauvetage héroïque d'une unité et reçoit ensuite la croix de guerre. Un tour du monde plus tard, il revient en France et se fait engager comme garçon de ferme dans l'Aube. Il rencontre une prostituée, se bagarre violemment avec son souteneur qu'il blesse d'un coup de couteau. Cet amour maudit l'implique quelque temps plus tard dans le meurtre d'une vieille dame. Le 17 juillet 1923, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité et se retrouve au bagne de Cayenne en Guyane française. Il s'évadera plusieurs fois, se fait reprendre, mais finit par réussir son coup. La Seconde Guerre mondiale éclate et Charles Brunier s'engage dans l'aviation au sein du commando Mexique qui opère dans les Caraïbes où il chasse les sous-marins ennemis. Sa vie de soldat l'emmènera jusqu'en Afrique où il est décoré une nouvelle fois. Le 12 juin 1948, le président de la commission des grâces lui accorde la remise totale de sa peine. Rangé, il est embauché à Vincennes (Val-de-Marne) dans une fabrique de produits pharmaceutiques, puis s'installe dans une petite maison à Domont. Ses voisins ignorent tout de son passé. Pour eux, Johnny King est un paisible retraité qui occupe son temps à peaufiner ses maquettes de bateau. Le vieil homme ne fera plus parler de lui jusqu'en 2005 où le ministre du Tourisme, Léon Bertrand, lui rendra visite dans sa maison de retraite. Charles Brunier n'aura qu'un seul regret : il n'a jamais obtenu la réhabilitation qu'il avait demandée en 1967. Il voulait donner « un nom honnête » à la femme qu'il aimait. Il nous avait confié cette phrase en 2005, à l'occasion de ses 104 ans : « Bagnard j'étais, bagnard je resterais jusqu'à mon dernier souffle. » Vendredi dernier, c'est sans doute un des derniers forçats encore en vie qui s'est éteint." (Olivier Sureau, Le Parisien, 29 janvier 2007)

275.          KHROUCHTCHEV (Serguei). Khrouchtchev par Khrouchtchev. Texte établi par William Taubman. Plon, 1991, in-8°, 393 pp, broché, couv. illustrée, état correct

            20

Le portrait de Nikita Khrouchtchev par son fils Serguei. — De tous les dirigeants soviétiques qui se sont succédés depuis la révolution de 1917, Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev est sans doute celui que nous connaissons le mieux. Le livre de son fils Sergueï n'en est pas moins une révélation. Khrouchtchev est resté au pouvoir pendant environ dix ans (la durée exacte de son administration dépend de la date que l'on retient pour le moment où il a supplanté tous les autres candidats à la succession de Joseph Staline) : bien moins que le quart de siècle de Staline ou les dix-huit ans de Leonid Brejnev. Khrouchtchev était toutefois un orateur intarissable, contrairement au taciturne Staline et au bureaucrate programmé qu'était Brejnev. Et, contrairement à son prédécesseur et à son successeur immédiat, il nous a laissé des Mémoires. Du jour où il a été chassé du pouvoir, en octobre 1964, jusqu'à l'avènement de la glasnost et de la perestroïka, vingt ans plus tard, le nom de Khrouchtchev était officiellement tabou en Union soviétique. Ces dernières années, divers témoignages et autres textes le concernant ont toutefois commencé à paraître dans son pays. Il n'en reste pas moins que le témoignage de Sergueï Khrouchtchev est unique en son genre. Sergueï était le seul fils encore en vie. Il l'accompagnait dans ses fréquents voyages en Union soviétique et à l'étranger. C'était aussi le compagnon des promenades du soir, lorsque le chef d'État surmené essayait de se détendre, et un confident, dans la mesure où Khrouchtchev se confiait à quelqu'un, où à son épouse Nina Petrovna Khrouchtcheva. Nous connaissons de longue date les grandes lignes de la carrière de Nikita Khrouchtchev : sa stupéfiante ascension en Ukraine et à Moscou, sa dramatique campagne de déstalinisation, ses incessantes reformes dans tous les domaines de la politique soviétique ainsi que celles qu'il n'a pas pu, ou pas voulu, effectuer ; enfin, son éviction aussi soudaine qu'inattendue en 1964, suivie de l'abrogation de nombre de ses réformes. Ce que nous ignorions, ce que Khrouchtchev lui-même a délibérément omis de ses Mémoires (ou n'a pas eu le temps d'y inclure avant sa disparition, en 1971), c'est le drame personnel qu'il vivait, surtout durant les dernières années de son administration et après son éviction. Comment un homme qui avait réussi à survivre à Staline et à lui succéder a-t-il pu être exclu du jour au lendemain ? Comment ses réformes se sont-elles peu à peu effilochées ? Comment et pourquoi a-t-il perdu le contact ? Comment se peut-il qu'il n'ait jamais pris conscience du complot qui se tramait contre lui ? Quels étaient les mobiles des conspirateurs, comment ont-ils réussi leur coup ? Et comment cet homme qui disposait d'un pouvoir quasi absolu a-t-il réagi lorsque ce pouvoir lui a soudain été arraché ? Ce livre jette une lumière nouvelle sur ces questions, et sur bien d'autres. Sergueï Khrouchtchev a observé de près l'érosion de l'autorité de son père. Informé très tôt du complot tramé contre lui, il a essayé de l'en avertir. Par la suite, il a assisté son père lors de la rédaction de ses Mémoires; il a révisé plus de deux mille feuillets de transcriptions, les a cachés au KGB, et a aidé à les faire parvenir à l'étranger. Bien que nous en connaissions déjà le dénouement, le récit de Sergueï Khrouchtchev se lit comme un roman à suspense, dont les épisodes ne se limitent pas à la conspiration contre Khrouchtchev et au jeu de cache-cache avec le KGB au sujet des Mémoires ; il révèle aussi la bataille qu'il fallut livrer pour que son père obtienne des obsèques décentes, suivie d'une autre bataille pour lui ériger un monument funéraire, face à la résistance larvée des autorités ou à leur hostilité déclarée. En toile de fond, l'auteur fait l'émouvant récit de la dépression dans laquelle Khrouchtchev a sombré après 1964, et de sa lente et douloureuse reconquête d'une partie au moins de sa vigueur et de sa personnalité d'antan.

276.          KOCH (Stephen). La Fin de l'innocence. Les intellectuels d'Occident et la tentation stalinienne : trente ans de guerre secrète. Grasset, 1995, in-8°, viii-453 pp, 8 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Le communisme stalinien, au temps de sa toute-puissance, savait que, pour parfaire sa domination mondiale, il lui fallait recruter une armée clandestine et capable de mener le combat sur le front de la propagande. A cette fin, et dès le début des années 30, ses dirigeants confièrent à un homme de l’ombre, Willi Münzenberg, le soin d’orchestrer – de Londres à Paris, de Hollywood à Berlin – cette campagne de manipulation sans précédent... De Gide à Hemingway, de Dorothy Parker à Bertolt Brecht, de Dos Passos à Malraux, innombrables furent les illustres recrues de Willi Münzenberg... Jusqu’au milieu des années 60 , le système Münzenberg fonctionna avec une efficacité redoutable.

277.          KOHLER (Pierre) et Jean-René GERMAIN. Von Braun contre Korolev. Duel pour la conquête de l'espace. Plon, 1993, in-8°, 279 pp, annexes, chronologie, broché, couv. illustrée, bon état

            35

Les biographies entrecroisées de deux pionniers de l'exploration spatiale qui, dès l'adolescence, rêvaient d'atteindre la Lune : l'Allemand Werner von Braun, récupéré en 1945 par les Américains, et le Russe Sergueï Korolev, père du Spoutnik et du premier vol habité. — "... Longtemps, Korolev était resté dans l'ombre des soviets. Quand le comité Nobel chercha à récompenser le père des Spoutnik, il lui fut répondu qu'il s'agissait là d'une victoire du peuple soviétique tout entier. Korolev n'eut droit à la reconnaissance qu'après sa mort (1966) : ses cendres furent enchâssées dans le mur du Kremlin et on donna son nom à un cratère lunaire - il a quand même atteint la Lune. Von Braun, lui, mourra d'un cancer onze ans plus tard. En 1972, il avait démissionné de la Nasa, déçu. Dans les couloirs, témoigne Pierre Kohler, on ne le saluait plus. L'heure était à la navette, aux stations orbitales... Et lui, l'illuminé, replié dans sa science, il s'obstinait sur un projet dément : explorer la planète Mars. Il avait toujours vingt-cinq ans d'avance." (Dominique Simonnet, L'Express)

278.          KOPACSI (Sandor). Au nom de la classe ouvrière. Les mémoires du préfet de police de Budapest en 1956. Laffont, 1979, gr. in-8°, 347 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vécu)

            25

L’insurrection de Budapest racontée par le préfet de police de l’époque, un des rares survivants du procès de l’équipe gouvernementale d’Imre Nagy. — "Entre 1948 et l'insurrection du 23 octobre 1956, la Hongrie fut dirigée principalement par des intellectuels juifs. Fils d'un métallo social-démocrate de Diosgyör, simple « flic » à vingt-deux ans et, à vingt-huit, préfet de police de Budapest avec le grade de colonel, Sandor Kopâcsi ne se dissimule donc pas qu'il doit sa carrière au besoin qu'éprouvaient Rakosi et sa camarilla, par souci d'équilibre (à leur avantage), de favoriser la promotion de jeunes ouvriers et paysans « aryens » (p. 63) aux postes de brillants seconds. Privilégié du régime, il n'en aura jamais été qu'un exécutant, prudemment frondeur (pp. 101, 106, etc.), surtout après la mort de Staline, mais si solidement installé dans son rôle de subalterne et de nanti que l'insurrection le prend totalement au dépourvu. Son réflexe est de maintenir l'ordre, mais il n'en a pas les moyens (p. 139). Il affronte « le peuple », parlemente habilement, se fait ovationner (p. 171). Et de découvrir que c'est une « révolution merveilleuse » qui est en marche, et qu'à de rares exceptions près, elle est en train de préparer « les vrais soviets » (p. 173). D'un côté, donc, il fraternise ; mais, de l'autre, en bon préfet qu'il est toujours, il veille activement à la « normalisation » (mot dont il s'excuse, p. 198) et à l'organisation des « nouvelles forces de l'ordre » (p. 205). Du 30 octobre, date du recul militaire et diplomatique de Moscou et de son entrée au politburo sur la demande de Kadar (p. 181), au 4 novembre, jour de la contre-offensive de l'Armée Rouge, il aura vécu son chemin de Damas comme une danse de Saint-Guy, expliquant par son vieil antifascisme familial un stalinisme pratiquement inconditionnel, quoique assailli de « doutes », et, malgré les « pièges » qu'il subodore (p. 202), misant sur le « nouveau parti » ; il ignore que Kadar, nonobstant ses déclarations belliqueuses du 1er novembre, s'il a disparu le lendemain (p. 210), c'était pour monter dans les fourgons de l'Armée Rouge : « Son attitude reste pour moi une énigme » (p. 228). Sandor Kopâcsi s'est donc laissé porter par les événements. D'où la valeur – j'allais dire : la fraîcheur naïve – de beaucoup de ses dires. On lira les plus intéressants aux pages 234-337 : son arrestation par les Russes, le 5 novembre 1956 ; sa détention à la prison de la rue Ullöi ; son procès, au cours duquel il revoit Imre Nagy, dont il note pieusement les actes et paroles ; et comment son cas fut dissocié de ceux des principaux boucs émissaires (p. 307), à condition qu'il acceptât de plaider coupable, ce qu'il fit (p. 310), sous l'effet de médicaments psychotropes, dit-il (p. 309), mais aussi sur le conseil d'amis et avec, pensa-t-il, l'approbation d'Imre Nagy, dont, « au fond de lui même », il déplorait « un tout petit peu l'intransigeance » (p. 307). Le calvaire du « Vieux », pendu le 16 juin 1958 en même temps que son gendre Miklos Gimes et son ministre de la Guerre Pâl Maléter (p. 328), nous vaut, quoique de seconde main, des pages fortes. Après sept ans de prison, de réel courage, de retour sur soi. Sandor Kopâcsi est amnistié en 1963..." (Guy Turbet-Delof, Esprit, 1979)

279.          KOSTINE (Sergueï). Bonjour Farewell. La vérité sur la taupe française du KGB. Laffont, 1997, in-8°, 330 pp, 16 pl. de photos hors texte, plans, broché, couv. illustrée, bon état

            20

En juillet 1981, au sommet d'Ottawa, quelques semaines après la formation en France d'un gouvernement qui inquiète Washington à cause de ses quatre ministres communistes, François Mitterrand remet à Ronald Reagan un dossier qui le rassure tout à fait sur les véritables intentions de la France. C'est l'affaire Farewell, dont le président des Etats-Unis dira un plus tard que c'est l'une des plus grandes affaires d'espionnage du XXe siècle. Brillant étudiant dans une école technique de haut niveau, grand sportif, père de famille modèle, Vladimir Ippolitovitch Vetrov a le profil type du bon espion. Rapidement recruté par le KGB, il opère d'abord en France, avec brio, puis au Canada, avant d'être affecté à un poste d'analyste qui lui permet de faire le tour complet du renseignement technologique soviétique. Cependant, le zèle se transforme bientôt en frustration et, lassé de tout, y compris de sa vie personnelle, Vetrov décide de faire le saut : au printemps 1980, il contacte le contre-espionnage français, la DST. L'aventure commence. Vetrov devient Farewell. A la barbe du KGB tout-puissant, Farewell fournit aux Occidentaux la preuve que l'URSS n'ignore rien de leurs armes les plus sophistiquées ; il donne aussi les noms, pays par pays, des agents travaillant pour elle. Un jeu où la raison d'Etat l'emporte parfois sur la sécurité de la taupe... Mais ce n'est pas ce jeu qui perdra l'impulsif et incontrôlable Vetrov. L'impossible choix entre sa femme et Ludmila, sa maîtresse, l'amènera à commettre l'irréparable : en février 1982, il tente de tuer sa maîtresse et abat un témoin de la scène. Jugé et condamné à quinze ans de prison, il se retrouve au goulag, d'où il adresse des lettres attendrissantes à sa famille. C'est là que ses activités d'espionnage sont reconstituées par les têtes chercheuses du KGB. Désormais, c'est de nouveau à Moscou que va se jouer son destin...

280.          KRAVCHENKO (V.-A.). J'ai choisi la liberté ! La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique. Editions Self, 1947, in-8°, 638 pp, traduit de l'américain par Jean de Kerdéland, broché, état correct, enrichi d'un rare  envoi a.s. (“To Mr. and Mrs Léon ..., my best wishes. Viktor A. Kravchenko, 8.III.49”)

            60

"... Dans ce livre, qui a connu la plus large diffusion possible (on parle d'une vingtaine de traductions dans le monde à partir de l'édition originale en américain et de plus de 500.000 exemplaires vendus en France même) et qui a été l'objet d'une large « médiatisation » à l'occasion du procès auquel il a donné lieu au début de 1949, tout est dit sur la nature, le fonctionnement et les redoutables effets du système soviétique. L'information n'a pas été réellement contestée par l'intelligentsia non communiste (tout juste a-t-on pu dire que la présentation en était « romancée »...), mais tout a été fait pour qu'elle ne soit pas reconnue et qu'il n'y en ait pas d'usage. Il a fallu attendre le rapport Krouchtchev en 1956 et, six ans plus tard, “Une journée d'Ivan Denissovitch” de Soljénitsyne pour que, non seulement tombent les écailles, mais que les actes commencent à suivre. (...) Kravchenko, c'est d'abord un livre, un gros livre de plus de six cents pages, un livre fleuve. Sans doute son auteur n'est-il pas le premier à porter témoignage des aspects négatifs de la réalité à l'Est. Dès avant-guerre, des « voyageurs » ont été pris de remords (Gide, Céline) et des « exilés », plus tard, ont fait des révélations (Victor Serge, Arthur Koestler), sans parler de la connaissance quasi directe que l'on avait déjà des procès de Moscou. L'originalité et la force de “J'ai choisi la liberté” viennent de la nature et du niveau des responsabilités occupées par Kravchenko ; le caractère ou l'allure autobiographique du récit (en sous-titre : « La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique ») contribue aussi à son intérêt. En suivant les étapes de la vie et de la carrière d'un homme, le lecteur prend une connaissance concrète des problèmes et rentre dans l'intimité des interrogations et des tourments. Il est significatif que cette construction et cette écriture aient été prises comme telles et, comme telles, décriées, c'est-à-dire par là même où le texte risquait de faire mouche. (...) Kravchenko n'est pas de la génération qui a fait la révolution ; en revanche, il est de celle qui a été appelée à construire le socialisme. D'une certaine manière, il est le produit d'une société, d'un système qu'il contribue lui-même à produire. A ce titre, il constitue une sorte de cobaye actif : ce qu'il dit, il le donne à voir à partir de lui-même. Or, sur trois points essentiels, son apport est capital et n'a en aucune manière été démenti par les «découvertes» qui ont accompagné les décennies récentes : on peut même dire que le livre de Kravchenko est beaucoup plus précis et beaucoup plus percutant que la plupart de ceux qui sont parus ultérieurement. Ces trois points essentiels sont : la « dékoulakisation », les purges, le goulag." (Louis Bodin, "Autour de Kravchenko", Politix, 1992)

281.          MARION (Paul). Programme du Parti Populaire Français. Les Oeuvres françaises, 1938, in-12, 124 pp, broché, bon état,  envoi a.s.

            80

Paul Marion (1899-1954), ancien militant communiste, fut, avec Jacques Doriot, l'un des fondateurs en 1936 du Parti populaire français, d'inspiration fasciste au départ, mais de plus en plus ouvertement pro-nazie à partir de 1938. Cette même année 1938 marque d'ailleurs le début du reflux de cette formation, compromise par son antisémitisme de plus en plus virulent et l'alignement de ses positions sur celles du NSDAP. Marion démissionna d'ailleurs de la direction en 1938, à l'instar d'Alfed Fabre-Luce, de Bertrand de Jouvenel, de Pierre Pucheu, etc. Il ne réintégrera les rangs du parti qu'en janvier 1941, avant d'être nommé secrétaire général à l'information et à la propagande du gouvernement de Vichy (août 1941).

282.          MASSIGLI (René, ambassadeur de France). Une Comédie des erreurs (1943-1956). Souvenirs et réflexions sur une étape de la construction européenne. Plon, 1978, gr. in-8°, 540 pp, index, broché, bon état. Peu courant

            30

Mémoires de René Massigli (1888-1988), haut diplomate français, notamment commissaire aux Affaires étrangères de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale puis ambassadeur de France. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé d'histoire, René Massigli a connu une riche carrière dans la diplomatie française de la Première Guerre mondiale à 1956. Entre les deux guerres, il assiste à de nombreuses conférences internationales et se spécialise dans les questions de la Société des Nations. Il collabore avec Philippe Berthelot et Alexis Léger. Dans les années 1930, il se distingue au sein du ministère des Affaires étrangères par son opposition à l'apaisement face aux dictatures. Eloigné à la suite des accords de Munich, ambassadeur en Turquie en 1939–1940, mis en disponibilité par le gouvernement de Vichy, il rejoint la France libre au début de 1943 et devient commissaire aux Affaires étrangères, sous la recommandation de Jean Moulin, dans le Comité national français présidé par le général de Gaulle. De 1944 à 1954, ambassadeur à Londres, il prend position dans les débats sur la guerre froide et la construction européenne, prônant notamment le maintien d'une forte relation franco-britannique et hostile aux solutions d'Europe fédérale initiées par Jean Monnet. Il termine sa carrière comme secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

283.          MASSIS (Henri). La Guerre de Trente ans. Destin d'un âge : 1909-1939. Plon, 1940, in-8°, xi-290 pp, broché, couv. très lég. salie, bon état

            25

Par Henri Massis (1886-1970). Rédacteur en chef (1920-1936), puis directeur (1936-1944) de “La Revue universelle”, qu’il avait fondée avec Jacques Bainville, il s’éloigna de Bergson, dont il se considérait disciple, pour se rapprocher de Maurras, dont il devint dans l’entre-deux-guerres un compagnon de route, adhérant au « nationalisme intégral », sans toutefois jamais écrire dans “L’Action française”. Engagé aux côtés des intellectuels de droite, Henri Massis fut l’un des principaux rédacteurs du « Manifeste des intellectuels français pour la défense de l’Occident et la paix en Europe », publié en octobre 1935 en soutien à la politique d’expansion mussolinienne. Il se rallia, après la défaite de 40, au maréchal Pétain, et occupa un temps un poste de chargé de mission au secrétariat général de la Jeunesse. Son anticollaborationnisme certain lui valut cependant, après un mois d’internement administratif à la Libération, de ne pas être autrement inquiété... Penseur rigoureux, et même quelque peu rigide, Massis écrivain s'illustra surtout dans le genre de l'essai littéraire et politique ("Défense de l'Occident", 1927 ; "D'André Gide à Marcel Proust", 1948 ; "Maurras et notre temps", 1951). L'Académie française l'accueillit en son sein en 1960. Il publia encore "Barrès et nous" (1962) et des Mémoires : "Au long d'une vie" (1967).

284.          MELNIK (Constantin). De Gaulle, les services secrets et l'Algérie. Nouveau Monde éditions, 2010, in-8°, 464 pp, avant-propos d'Olivier Forcade, entretien avec Sébastien Laurent, postface de l'auteur, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Le général de Gaulle a-t-il utilisé avec "intelligence" les services secrets français, après son retour au pouvoir en 1958 ? La guerre d'Algérie aurait-elle pu être abrégée ? Le terrorisme de l'OAS aurait-il pu être neutralisé à temps ? Un acteur capital a suivi au quotidien cette tragédie. Conseiller pour la sécurité et le renseignement à Matignon de 1959 à 1962, Constantin Melnik était au coeur du secret d'Etat, désigné par la presse de cette époque comme "un des hommes les plus influents de France". Auteur de plusieurs récits romancés, il tombe aujourd'hui le masque, pour livrer toute sa vérité. Il raconte les exploits du SDECE infiltrant le FLN, les écoutes téléphoniques du président tunisien Bourguiba, les opérations du service " action ", mais aussi l'ouverture de négociations secrètes avec le FLN, bien avant les accords d'Evian. Gaulliste de raison, " débarqué " sans ménagement ni parachute en 1962, Constantin Melnik s'exprime sans langue de bois sur les ineffables " compagnons " du Général, un entourage qu'il décrit avec férocité comme versant, en temps de crise, dans la tragi-comédie. Mal entouré, dédaignant l'apport des " services ", l'ancien chef de la France libre aurait-il, en fin de compte, échoué en Algérie ? L'issue tardive du conflit algérien est-elle la face sombre du lumineux 18 juin ? Le témoignage de Constantin Melnik est pour la première fois soumis à la critique d'historiens, qui ont confronté son récit aux archives de Michel Debré (Olivier Forcade) et qui l'interrogent sans complaisance en s'appuyant sur des travaux universitaires récents (Sébastien Laurent). Jugement impitoyable sur le pouvoir en France, De Gaulle, les services secrets et l'Algérie est un ouvrage novateur, tant par sa forme historique, que par son contenu abrasif.

285.          MILLET (Raymond). Doriot et ses Compagnons. Plon, 1937, in-8°, 94 pp, broché, couv. illustrée, bon état. On joint un article de presse de l'époque : “Doriot vu de Genève” par Aldo Dami

            20

L'histoire de Jacques Doriot, de sa rupture avec le Parti communiste français et de la fondation du Parti populaire français.

286.          MITTERRAND (François). Aux frontières de l'Union française. Indochine–Tunisie. Lettre-préface de Pierre Mendès France. Julliard, 1953, in-12, 220 pp, annexes (écrits de l'auteur sur le sujet datant d'octobre 1951 à juin 1953), broché, pâles rousseurs au dos, bon état. Peu courant

            50

Edition originale du premier livre de François Mitterrand. — "L'auteur dénonce l'aveuglement de la politique gouvernementale dans l'Union francaise. Il veut sauver la présence française outre-mer, et pour cela demande de renoncer à l'engagement en Indochine qui "nuit à notre perspective africaine, la seule valable". Depuis 1946, nous avons consacré plus de 3000 milliards à la Guerre d'Indochine ; dans le même temps, 350 milliards au développement des départements d'Algérie ! Il faut mettre fin à cette guerre, qui risque de pourrir toute l'Union francaise." (Ruscio, La guerre "française" d'Indochine).

287.          MITTERRAND (François). Présence française et abandon. Plon, 1957, in-8°, 240 pp, broché, couv. lég. salie, sinon bon état (Coll. Tribune libre). Edition originale

            30

"En Indochine, en Tunisie, au Maroc, pour avoir voulu tout ignorer, les gouvernements successifs ont tout perdu. En Afrique noire, une politique consciente des réalités permet au contraire d'espérer l'avènement d'une communauté franco-africaine. Les enseignements de ces expériences sont-ils transposables en Algérie, et comment ? Les lecteurs de cet ouvrage lucide regretteront sans doute que F. M. ne l'indique pas." (Revue française de science politique, 1958)

288.          MITTERRAND (François). La Rose au poing. Flammarion, 1973, pt in-8°, 224 pp, broché, pt mque en coin de la page de faux-titre, bon état. Edition originale (il n'est pas annoncé de grand papier)

            25

La rose au poing, symbole du combat socialiste. Selon François Mitterrand, pour les hommes d'aujourd’hui, changer la vie est un impératif. Ils éprouvent le besoin d'échapper à la jungle des intérêts, au règne de l'argent, à toutes les formes d'exploitation pour maîtriser eux-mêmes leur destin. Le socialisme, qui veut rendre le citoyen responsable de la communauté politique et le travailleur responsable de la communauté économique, apporte une réponse conforme aux exigences de notre temps. Comme l'écrit François Mitterrand dans ce livre, "la société collectiviste a pour but de forger l'instrument de la liberté personnelle ou bien il y a maldonne". Cette présentation du programme commun de la gauche est une façon pour l'auteur de dire ce quu'il pense de la Ve République, comme de dévoiler les raisons de son combat. François Mitterrand s'impose ici comme un écrivain et aussi un leader pour tous les hommes de bonne volonté.

289.          MITTERRAND (François). La Paille et le grain. Chronique. Flammarion, 1975, in-8°, 301 pp, broché, bon état (Coll. La rose au poing). Edition originale sur papier d'édition (il n'y a eu que 30 ex. numérotés sur vélin d'alfa)

            12

Chronique qui couvre la période de 1971 à l'été 1974. Mitterrand y évoque les grandes questions politiques de l'époque, réfléchit, fixe ses idées à partir de ces notes. Il aborde le programme commun de la gauche et les questions d'unité, d'identité, les inégalités en particulier celles suscitées par la fiscalité, la guerre endémique au proche-Orient. Il dresse aussi à sa manière le portrait d'hommes politiques tels les présidents Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing ou celui de son ami le poète chilien Pablo Neruda.

290.          MITTERRAND (François). Ici et maintenant. Conversions avec Guy Claisse. Flammarion, 1980, in-8°, 309 pp, broché, bon état. Edition originale (il n'est pas annoncé de grand papier)

            15

"Etre d'accord avec soi-même, je ne connais pas meilleur bulletin de santé". Le François Mitterrand d'Ici et maintenant tient tout entier dans cette affirmation tranquille. Trois ans après la rupture de l'union de la gauche, à quelques mois d'une nouvelle élection présidentielle, il fournit ses clés pour comprendre, savoir où il en est et où il veut aller. "Je fais partie, dit-il, du paysage de la France". Il n'a pas l'intention d'en sortir. Document pour l'histoire, événement politique pour la rentrée, ce livre brosse le tableau de la France de l'Etat-Giscard et d'un monde malade du couple infernal dollar-pétrole. Reste à se battre, ici et maintenant, pour faire entrer l'air du dehors, maîtriser le progrès et vivre autrement. Une série de conversations avec Guy Claisse au cours de l'été 1980 a donné naissance à un texte auquel François Mitterrand a apporté, avec tout son talent d'écrivain, une haute qualité littéraire.

291.          MITTERRAND (François). Réflexions sur la politique extérieure de la France. Introduction à vingt-cinq discours (1951-1985). Fayard, 1986, in-8°, 441 pp, repères chronologiques, index, broché, bon état. état. Edition originale sur papier d'édition (il n'y a eu que 50 ex. numérotés sur Japon bambou)

            12

"La politique extérieure de la France s'ordonne autour de quelques idées simples : l'indépendance nationale, l'équilibre des blocs militaires dans le monde, la construction de l'Europe, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, le développement des pays pauvres. Les textes réunis dans ce livre en feront apparaître la trame et la raison des choix qu'elles ont inspirés. On y relèvera à la fois la trace continue du sillon, creusé par le destin bientôt millénaire de la plus ancienne nation d'Europe, et la marque particulière qu'imprime à la vie d'un peuple celui qui le conduit. J'ai rencontré sur ce terrain, depuis le premier jour, l'adhésion du plus grand nombre des Français. On sait pourtant que la place que notre pays occupe dans le monde est mieux reconnue à l'extérieur de nos frontières qu'au dedans. C'est une constante de notre Histoire. Certains de nos compatriotes qu'habite une passion singulière, se sentent Espagnols ou brûlent pour l'Angleterre en oubliant d'être Français. D'autres plantent leurs oriflammes et campent à jamais sur des lignes Maginot où se terre, pour survivre, une patrie imaginaire. Dédaignons les collaborateurs. Négligeons les moines ligueurs. J'attache, en revanche, de l'importance aux observations de mes censeurs quand je sens qu'ils cherchent, comme moi, en passant par d'autres chemins, comment le mieux servir l'intérêt national. Bref, mes contradicteurs, lorsqu'ils sont sérieux, m'intéressent. Ils me permettront cependant de leur dire que je les vois trop souvent chausser des verres grossissants pour isoler un fait de ceux qui le précèdent et de ceux qui le suivent, au point de se priver de toute vue d'ensemble. Je souhaite, par ces textes, les convaincre de l'unité d'une démarche qui exprime de bout en bout l'ambition que, d'instinct, de passion, de raison je nourris pour la France." (F.M.)

292.          MITTERRAND (François). Discours 1981-1995. P., Europolis, 1995, gr. in-8°, 563 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Esprit civique). Rare

            30

Ouvrage interdit. — "... Il est un autre ouvrage qu'escompte publier à brève échéance François Mitterrand : le recueil de tous les discours qu'il a consacrés, entre 1993 à 1995, aux diverses festivités du cinquantenaire de la Libération. Mais une piraterie éditoriale vient saboter l'idée d'une telle compilation. Jean-François Beau, directeur des mystérieuses éditions Europolis, écrit au Président pour lui annoncer la publication d'une partie de ses discours : cinquante-trois allocutions sélectionnées et commentées par Beau et Jean-Christophe Ulmer, un « consultant », 565 pages traversant les deux septennats de Mitterrand. « Ils écrivaient en substance : “Nous vous avons fait une surprise pour votre départ de l'Elysée”, raconte Jean Kahn. Le Président était fort mécontent. » Après un courrier signifiant son désir de rester maître de la publication de ses écrits, et constatant que l'ouvrage prévu est paru, Mitterrand s'en remet à Maître Georges Kiejman pour attaquer Europolis. Le mardi 23 mai, le tribunal de grande instance de Bobigny, sur requête de François Mitterrand, ordonne la saisie pour contrefaçon de l'ouvrage d'Europolis..." (Christophe Barbier, Les derniers jours de François Mitterrand, 2011)

293.          MITTERRAND (François) et Elie WIESEL. Mémoire à deux voix. Odile Jacob, 1995, in-8°, 217 pp, broché, bon état. Edition originale sur papier d'édition (il n'y a eu que 60 ex. numérotés sur vélin)

            12

"Lorsque le mandat s'achève, que l'œuvre s'accomplit, et qu'avec l'âge l'horizon se rapproche, le besoin naît, souvent, de rassembler des pensées éparses et de confier à l'écriture le soin d'ordonner sa vie. Arrivé là où j'en suis, j'éprouve, moi aussi, maintenant, la nécessité de dire, en quelques mots trop longtemps contenus, ce qui m'importe. Tel est l'objet de ce livre. C'est pourquoi j'ai entrepris avec Elie Wiesel ce travail de mémoire." (F. M.) — Le testament spirituel du président de la République, François Mitterrand, où il évoque notamment son enfance, ses maîtres, ses lectures et la période de Vichy. Des entretiens menés avec le prix Nobel de la paix Elie Wiesel, véritable bilan d'un demi-siècle de vie politique aux termes de deux septennats successifs.

294.          NAVILLE (Pierre). Trotsky vivant. Julliard, 1962, pt in-8°, 200 pp, 2 photos hors texte, broché, marques au crayon en marges, bon état (Coll. Dossiers des Lettres Nouvelles). Edition originale, exemplaire truffé de coupures de presse sur Trotsky

            20

C'est à Moscou, en 1927, que Pierre Naville rencontre pour la première fois Trotsky. Devenu l'un des principaux animateurs du groupe trotskyste français, il a l'occasion de le rencontrer ailleurs, à Prinkipo, à Copenhague, à Paris. Il est l'un des rares à avoir pris toute la mesure de l'homme, du théoricien, du chef de parti. Son admiration pour un homme hors du commun est évidente, elle n'est pas aveugle. C'est un partisan lucide qui raconte, découvre et révèle. Grâce à Pierre Naville, on voit mieux les raisons pour lesquelles la pensée et l'action passée de Léon Trotsky revêtent aujourd'hui une telle importance.

295.          OUDARD (Georges). La Vie mystérieuse et tragique de la dernière Tsarine. Editions de France, 1938, in-12, 245 pp, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale, ex. du SP

            25

Après une enfance heureuse et un mariage d'amour, cette princesse allemande va connaître de grands malheurs. L'hémophilie de son fils va pousser cette femme désespérée dans les filets de Raspoutine et ainsi précipiter la chute de l'Empire, la guerre contre l'Allemagne va la rendre impopulaire et la révolution d'Octobre va la conduire à une fin tragique. Ayant eu accès à des documents inédits, l'auteur retrace la vie d'Alexandra Feodorovna, l'épouse aimée du dernier Tsar de Russie, Nicolas II, de manière très vivante grâce à la reconstitution de dialogues qui « dans l'esprit et dans les termes (sont) d'une rigoureuse authenticité » (note de l'éditeur).

296.          PÉTREMENT (Simone). La vie de Simone Weil, avec des lettres et d'autres textes inédits de Simone Weil. Fayard, 1973, 2 vol. in-8°, 446 et 526 pp, 2 photos en frontispices et 36 pl. de photos hors texte, index, cartonnages éditeur, jaquettes illustrées, bon état

            60

Simone Weil est une philosophe, née à Paris le 3 février 1909 et morte à Ashford le 24 août 1943. Elle s'est notamment illustrée par ses multiples combats sociaux, allant jusqu'à travailler en usine pour décrire les conditions de travail des ouvriers. — Tome 1 : 1909-1934 : Famille et enfance (1909-1925) ; La rencontre avec Alain ; Préparation au concours de l'Ecole (1925-1928) ; L'Ecole (1928-1931) ; Le Puy (1931-1932) ; Voyage en Allemagne, Auxerre (1932-1933) ; Roanne (1933-1934) ; Fin d'une période. – Tome 2 : 1934-1943 : L'année d'usine (1934-1935) ; Bourges. Début du Front populaire (1935-1936) ; La guerre d'Espagne. Suite du Front populaire. Premier voyage en Italie (1936-1937) ; Saint-Quentin. Solesmes. Second voyage en Italie (1937-1938) ; L'expérience intérieure. Renonciation au pacifisme. Lectures (1938-1939) ; La première année de la guerre (1939-1940) ; Marseille, I (1940-1941) ; Marseille, II (1941-1942) ; New York (1942) ; Londres (1942-1943). Appendice.

297.          RICHARD (Lionel). Le Nazisme et la Culture. Editions Complexe, 1987, in-12, 385 pp, repères chronologiques, repères biographiques, filmographie, lexique, index, broché, couv. illustrée, qqs rares marques au crayon, bon état (Coll. Historiques)

            20

Dans cet ouvrage, Lionel Richard examine les conceptions culturelles des nazis et leurs conséquences, dans tous les domaines : littérature, peinture, architecture, musique, cinéma. Il montre aussi leurs incidences à l'étranger, en France notamment, ou leurs analogies avec les autres mouvements fascistes, principalement le fascisme italien. Un livre d'érudition fondé sur des recherches originales et, pour l'essentiel, sur une documentation de première main.

298.          RICHARD (Lionel). Nazisme et barbarie. Editions Complexe, 2006, gr. in-8°, 303 pp, notes et sources bibliographiques, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Questions à l'histoire)

            25

N'était-il pas possible de déceler, dès 1933, quelle serait la politique exterminatrice des nazis en Allemagne, voire en Europe ? L'antisémitisme allemand était-il alors si négligeable que ses capacités de nuire ne pouvaient être soupçonnées ? Les hauts dignitaires des Eglises ont-ils pris la juste mesure de ce qui arrivait ? De leur côté, les notabilités juives se sont-elles comportées avec toute la clairvoyance espérée ? Quelles personnalités, quels groupes sociaux ou professionnels n'ont pas été à la hauteur de ce qu'ils étaient censés représenter ? Dénonçant les lieux communs qui, sans preuves et sans analyse, abondent dans beaucoup trop d'ouvrages sur le Troisième Reich, Lionel Richard répond ici à ces questions essentielles à partir de recherches de première main, en se fondant sur les documents d'origine : brochures, discours, articles dans l'organe nazi Völkischer Beobachter. Ces documents, il les traduit et il en cite de larges extraits à l'appui de ses explications. Se défiant de toute généralisation abstraite et de tout commentaire d'ordre philosophique, se concentrant sur des aspects précis et peu traités du Troisième Reich (la stratégie des institutions chrétiennes, les organisations culturelles juives, l'antisémitisme par le cinéma, la mise en scène de l'illusion mensongère dans un camp comme celui de Thérésine), il montre comment la machinerie nazie a été mise en place et a fonctionné. Il ne se retranche pas, toutefois, derrière une prétendue neutralité scientifique. Il n'hésite pas à indiquer où sont à situer les responsabilités. D'un style vif, porté par une volonté de polémique avec les actuelles présentations bien-pensantes du Troisième Reich, ce livre unit salutairement l'érudition historique à la clarté de l'expression. Le système nazi n'en apparaît que mieux dans la réalité de son abomination.

299.          ROCHER (Jules). Lénine et le mouvement zimmerwaldien en France. P., Bureau d'Editions, 1934, in-12, 82 pp, broché, bon état (Coll. Histoire du mouvement ouvrier). Peu courant

            25

Qui se souvient aujourd'hui de Zimmerwald, petit village suisse, où en septembre 1915 se réunit la première conférence socialiste internationale depuis le début de la première guerre mondiale ? (...) Zimmerwald a été la première réponse d'ampleur internationale du prolétariat au carnage des champs de bataille, à l'immonde tuerie à laquelle le capital l'obligeait de participer. Il a symbolisé la protestation de tous les exploités contre la barbarie guerrière. Il a préparé la réponse révolutionnaire du prolétariat à la guerre en Russie et en Allemagne. Zimmerwald a relevé le drapeau de l'internationalisme traîné dans la boue de l'Union sacrée. Il a constitué la première étape du regroupement des révolutionnaires pour la IIIe Internationale.

300.          ROUYET (Octave). La Révolution russe et la fin des Tsars. Aubenas, Imprimerie Habauzit, chez l'auteur, 1940, in-12, 202 pp, une photo du Kremlin en frontispice, broché, couv. illustrée d'un portrait du Tsar Nicolas II, bon état. Edition originale,  envoi a.s. Rare

            50

De la classe 1911, Octave Rouyet fit toute la guerre de 1914-1918, en France, en Orient et la campagne de Russie, d'où il rapporta (en temps que témoin oculaire des principaux événements révolutionnaire de Moscou, Pétrograd, etc.) ce livre intéressant et fort bien documenté.

301.          SAINT MARC (Hélie de). Mémoires. Les Champs de braises. Perrin, 1995, in-8°, 342 pp, écrit en collaboration avec Laurent Beccaria, 28 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Un Destin : De Buchenwald au putsch d'Alger en passant par la grande passion indochinoise, Hélie de Saint Marc a vécu la plupart des tumultes et des contradictions de notre histoire contemporaine. – Un Homme : On a dit de lui qu'il portait sa vie dans son regard. Courageux et méditatif, tolérant et révolté, il déroute les analyses d'une seule pièce. – Une Volonté : Hélie de Saint Marc raconte ce qu'il a appris de l'existence. Il s'explique sur le courage, l'engagement, la fidélité, l'honneur, l'amour, la prison, la mort, le sens d'une trace humaine... – Une Mémoire : Les Champs de braises parlent de ces camps de déportés rendus à la rouille et au vent, du Vietnam palpitant et meurtri qu'Hélie de Saint Marc a tant aimé, ainsi que de ces années algériennes qui ont laissé, de chaque côté de la Méditerranée, un goût de cendres et d'inachevé. Ecrit en collaboration avec Laurent Beccaria, qui avait révélé au grand public la figure d'Hélie de Saint Marc par sa biographie parue en 1989, ce texte d'une grande puissance d'évocation a reçu le prix Femina Essai en 1996.

302.          SALAN (Raoul). Indochine rouge. Le message d'Hô Chi Minh. Presses de la Cité, 1975, in-8°, 189 pp, broché, couv. illustrée, une marque au stylo en marge sur une page, bon état

            25

Une étude de la tactique et de la stratégie militaires vietnamiennes, assortie d’une conclusion tonitruante. — "Ancien adjoint de Leclerc et de De Lattre, ancien commandant en chef du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, se vantant de l'amitié que lui a témoignée Ho Chi Minh en 1945-1946 (il faudrait en préciser les circonstances), R. S. tente d'analyser les raisons du succès communiste en Indochine non sans recourir éventuellement à des raisonnements simplistes ou de mauvaise foi (ainsi l'utilisation persistante du terme Vietminh à défaut de tout autre pour désigner la résistance vietnamienne au Sud comme au Nord). Les références à Mao et à certains textes vietnamiens (pas toujours utilisés à propos) visent surtout à effrayer le lecteur en lui montrant l'imminence du danger communiste. Ainsi Giap devient-il « l'artisan d'une stratégie agressive qui conduit tout droit à une troisième guerre mondiale », et R. S. termine sur cette sombre prophétie : « Nous serons communisés ! Et l'Amérique s'enfermera chez elle... »." (Revue française de science politique, 1977) — "Dans ce document d’une qualité incontestable, Raoul Salan tente de nous faire partager sa grande expérience des pays d’extrême Orient et de nous donner une explication vraie des évènements inquiétants qui viennent de s’y dérouler. En Indochine de 1924 à 1937, il fut successivement chef de poste dans le haut Tonkin, délégué administratif à Muong Sing dans le haut Laos, chef de la province du Haut Mékong à Ban Houei Sai, puis délégué à Dinh Lap, à la frontière des provinces chinoises du Kouang Si et du Kuang Toung. En 1945 et 1946, à Hanoi, il devint l’ami d’Hô Chi Minh, le familier de Dong et de Giap avec lesquels il eut de longues conversations. Adjoint de Leclerc, il alla en Chine pour obtenir le retrait des troupes chinoises du Tonkin puis, lors de la conférence de Fontainebleau accompagna Hô Chi Minh à Paris. Revenu au Tonkin, il conduisit les opérations en 1947 et 1948, devint l’adjoint de De Lattre en 1950 , puis commissaire de la république au Tonkin et en Cochinchine et commandant en chef en 1952 et 1953. Envoyé en mission à Saigon au cours de l’année 1954, il désapprouve les accords de Genève du mois de juillet et rentre en France après avoir libéré nos prisonniers des camps de la mort. Tout au long de ces années, il n’a cessé d’étudier le communisme indochinois, rassemblant des centaines de documents sur sa pensée, sa forme, ses méthodes, ses idéaux. Breveté de laotien et de siamois, il a vécu de longues années au Laos, aux confins de la Birmanie et de la Thaïlande, pays menacé de glisser à leur tour dans l’orbite soviétique cependant que Sihanouk, que Raoul Salan connaît bien, donne le Cambodge aux Khmers rouges. C’est un monde de 50 millions d’habitants qui a fait son « unité » dans le communisme…Déjà l’URSS jette les yeux vers la baie de Cam Ranh dont les USA ont fait la plus grande base d’Extrême Orient. Et tandis que le Monde libre ne cesse de discuter stérilement sur la construction d’une hypothétique Europe, le communisme étend de jours en jours sa domination et gagne à la partie... « Prenons garde ! », dit Raoul Salan."

303.          SAVREUX (Marcel). Le préfet, homme à tout faire de la République. Nice, Editions Alain Lefeuvre, 1977, gr. in-8°, 299 pp, préface de Jules Moch, 11 photos, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"Marcel Savreux, préfet de la Corse de 1952 à 1958, raconte dans cet ouvrage ses mémoires ; c'est prétexte à des pages très intéressantes sur l'institution du préfet, homme de l'État ou homme du gouvernement, et par là-même de la neutralité politique de l'administration. La première partie est un récit du putsch d'Ajaccio du 24 mai 1958. Principal témoin de ces événements qui en firent un prisonnier, Marcel Savreux ne fut jamais interrogé. Il explique ici comment une poignée d'hommes, bafouant l'autorité légale et soutenue par une formation militaire, a pu investir une préfecture et rallier au mouvement d'Alger un département dont la population restait étrangère à l'affaire. Le préfet, refusant de suivre les insurgés, fut relégué en résidence surveillée dans le chalet d'été des préfets de la Corse ; les autres fonctionnaires du corps préfectoral choisirent l'autre parti et assurèrent ainsi le succès du mouvement. (...) L'autre partie de cet ouvrage est consacrée à diverses situations parfaitement imprévisibles auxquelles a été confronté Marcel Savreux et qui démontrent comment le préfet est véritablement «l'homme à tout faire de la République ». Les six années que l'auteur a passées en Corse ont été particulièrement fertiles en événements : désigné par le président Coty comme plénipotentiaire, le préfet de la Corse négociera et signera en mai 1955 le traité franco-italien de la Maddalena sur les liaisons entre la Corse et la Sardaigne, premier exemple avant le marché commun de l'abaissement des frontières ; chargé en pleine nuit d'accueillir un grand personnage, le préfet recevra le sultan du Maroc, déposé le jour même, sans savoir qu'il s'agissait d'un prisonnier et non pas seulement d'un exilé, il partagera son appartement avec la famille impériale et nouera avec elle de solides liens d'amitié ; quant au récit du séjour privé de la reine d'Angleterre et du prince Philipp, il ne peut masquer sous des dehors ironiques le souci réel de la sécurité du couple royal. C'est un livre courageux, l'auteur n'ayant pas craint, à l'heure des élections, d'analyser le principe de neutralité de l'administration dans le combat politique ainsi que celle de l'armée. Sa connaissance de la Corse nous vaut une présentation objective et lucide des problèmes d'alors, par lesquels il tente d'éclairer l'évolution de l'île. Un récit vivant qui ne manque ni d'humour ni même de causticité et qui a le mérite de toucher un large public et de l'amener à s'interroger sur des sujets que seuls étudient habituellement historiens, politiques et juristes." (Marie-Claude Bartoli, La Gazette des archives, 1979)

304.          SUSINI (Jean-Jacques). Histoire de l'O.A.S. Tome I : Avril-septembre 1961. La Table Ronde, 1963, pt in-8°, 396 pp, broché, couv. à rabats, bon état. Edition originale.

            35

Tome I, seul paru. Le témoignage de l'un des principaux chefs et idéologue de l'O.A.S. – Le livre fut saisi en novembre 1963, chez l'éditeur et dans les librairies, pour "apologie du crime de meurtre". L'éditeur de Susini à La Table Ronde, Roland Laudenbach, écrivit immédiatement à un journaliste américain. "je ne pensais pas devoir vous informer que cet exemplaire devenait maintenant une rareté bibliophilique puisque le livre a fait l'objet d'une saisie policière ... Le destin du livre est maintenant remis à la presse étrangère et à l'édition étrangère."

305.          THOREZ (Maurice). Fils du peuple. Editions Sociales, 1949, in-12, 255 pp, 8 pl. de photos hors texte, une carte hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            20

“Fils du peuple” : C'est non seulement la vie de Maurice Thorez, enfant, adolescent, et ouvrier de la mine. C'est non seulement l'histoire des luttes du prolétariat français, contée avec force, émotion et clarté. “Fils du peuple” : C'est aussi l'histoire de la France, de la drôle de guerre, avec ses trahisons, et ses héros, permettant aux lecteurs d'avoir une juste appréciation des événements depuis 1940 jusqu'à nos jours. Maurice Thorez « offre ces pages à ses frères de travail, à ses compagnons de lutte, à tous ceux qui peinent, souffrent et espèrent ». — Le discours ouvriériste du PCF s’est notamment construit autour de la figure exemplaire de Maurice Thorez, « fils du peuple ». Publiée dès 1937, cette "autobiographie" de celui qui fut Secrétaire général du Parti communiste français de 1931 à sa mort en 1964 fut en fait rédigée dans sa première mouture par son secrétaire Eugène Schkaff dit Jean Fréville, aidé lui-même d'un "nègre" qui fit en fait l'essentiel du travail, un certain Vierzboloviez qui ne put s'empêcher de glisser dans le texte 16 mots se succédant dont les initiales donnaient "Fréville a écrit ce livre". Au fil de ses nombreuses éditions, “Fils du peuple” connut de multiples versions successives. "Ce livre, parce qu'il était officiel, obligeait son auteur à en modifier sans cesse les éditions et à mettre les anciennes au pilon, chaque fois qu'un important événement politique intervenait." (Auguste Lecoeur, "Le Parti Communiste Français et la Résistance", Plon, 1968, p. 47).

306.          VOLINE (Vsévold Mikhaïlovitch Eichenbaum, dit). La Révolution inconnue, 1917-1921. Documentation inédite sur la Révolution russe. P., Les Amis de Voline, 1947, in-8°, 696 pp, 2 portraits photo de Voline hors texte (en 1917 et en 1937), 2 cartes, broché, couv. illustrée gravée par J. Lébédeff, couv. lég. salie, papier lég. jauni comme toujours, bon état. Edition originale

            60

Cette Révolution inconnue est la Révolution russe ; non pas celle qui a été maintes fois traitée par des hommes politiques ou des écrivains patentés, mais celle qui fut ou négligée, ou adroitement voilée, ou même falsifiée : celle qu’on ignore. L’auteur a vécu la Révolution de 1917. Il y a activement participé. Et il désire en exposer et examiner, avec une parfaite objectivité, les faits authentiques. Tel est son seul souci. S’il ne l’avait pas, il n’aurait jamais songé à écrire ce livre. La Révolution inconnue lève le voile sur une révolution qui va faire tomber le trône des tsars, renverser le gouvernement provisoire et la bourgeoisie montante, faire trembler le nouveau pouvoir prétendument révolutionnaire qui finira par la dompter et, en cela, la détruire ; mais une révolution pourtant remplie de secrets, de controverses, de zones obscures riches en enseignements... l’histoire de la répression infligée aux mouvements anarchistes et aux révolutionnaires « dissidents » par le pouvoir bolchévique fraîchement installé, après la révolution d’octobre ; l’histoire des marins de Cronstadt et de l’armée insurrectionnelle d’Ukraine, deux mouvements populaires qui ont eu le tort de vouloir s’organiser indépendamment du pouvoir bolchéviste en place. Malgré leur défaite face à l’armée rouge, ces deux expériences antiautoritaire sont restées dans les mémoires comme étant le juste aboutissement de la Révolution russe, Révolution qui a malheureusement échoué dans les mains d’un pouvoir trop gourmand et trop éloigné des besoins du peuple. (...) Une documentation inédite – et cependant exceptionnellement édifiante – constitue la plus grande partie du présent volume. Sans exagérer ni se vanter, l'auteur ose avancer cette affirmation : celui qui n'a pas pris connaissance de cet ouvrage restera dans l'ignorance d'un nombre considérable de faits d'une portée capitale.

1ère GUERRE MONDIALE

 

307.          Anthologie des écrivains morts à la guerre (1914-1918). Anthologie des écrivains morts à la guerre (1914-1918). Publiée par l'Association des écrivains combattants. Amiens, Edgar Malfrère, 1924-1926, 5 forts vol. in-8°, xiv-747, xvi-786, xvi-820, xii-784 et xi-822 pp, brochés, bon état. Les notices nécrologiques sont assorties de quelques textes et d'une bibliographie des œuvres publiées

            150

Remarquable ensemble qui présente la biographie de plus de 550 écrivains français et étrangers victimes de la Première Guerre mondiale. Chaque texte est précédé d'une biographie de l'auteur, le plus souvent par un de ses amis, suivie d'une bibliographie et d'extraits de l'oeuvre. Ainsi, c'est André Billy qui présente Apollinaire, Jacques Rivière Alain-Fournier, Marcel Péguy et les frères Tharaud Charles Péguy... — Tome I (préface de Henry Malherbe) : 118 écrivains présentés dont Alain-Fournier (par Jacques Rivière), Georges Audibert (par Stanislas Fumet), Joseph Bertier (par Marc Leclerc), Capitaine Bruant (par Frédéric Bitton), Augustin Cochin (par Pierre Ladoué), etc. – Tome II (préface de José Germain) : 110 écrivains présentés dont Albert Bertrand-Mistral (par Frédéric Mistral), Henri de Boisanger (par Pierre Chanlaine), Joseph Déchelette (par Camille Jullian et Salomon Reinach), Paul Lintier (par Pierre Paraf), Ernest Psichari (par Henri Massis), etc. – Tome III (préface de Roland Dorgelès) : 97 écrivains présentés dont Maurice Bertrand (par Raoul Stéphan), Louis Champeaux (Georges Babet)(par Octave Bélliard), Louis de Clermont-Tonnerre (par Fr. de Clermont-Tonnerre), Jean de Foville (par Henry Peyre de Bétouzet), Charles Péguy (par Marcel Péguy et Jérôme et Jean Tharaud), etc. – Tome IV (préface de Claude Farrère) : 115 écrivains présentés dont Jean Bayet (par Raymond Escholier), Primice Catulle-Mendès (par Guillot de Saix), Emile Driant (par Carlos Larronde et Désiré Ferry), Louis Granier (par Paul Bonté), Adolphe Reinach (par Salomon Reinach), etc. – Tome V (préface de Pierre Benoît) : 112 écrivains présentés dont Claude Casimir-Périer (par (Jean Biarnais), etc.

308.          CHANLAINE (Pierre). Les Derniers Sabreurs. France-Empire, 1968, pt in-8°, 238 pp, broché, jaquette illustrée, bon état

            25

Sur la cavalerie. Les quarante premières pages concernent la guerre de 1870, Sedan et Reischoffen, les suivantes la Grande Guerre, avec en particulier la dernière charge de cavalerie sur le front d'Orient en septembre 1918.

309.          CHARTERIS (Brigadier-Général John). Le Maréchal Haig. Payot, 1930, in-8°, 450 pp, traduit de l'anglais par M. Dou-Desportes et le colonel Paul Dou, préface du général Debeney, 23 cartes et 5 photographies, broché, état correct (Coll. de mémoires, études et documents pour servir à l'histoire de la guerre mondiale),  envoi a.s. de M. Dou-Desportes au directeur du journal l'Ouest-Eclair

            30

Lors de la Première Guerre mondiale, le maréchal Haig fut à la tête du corps expéditionnaire britannique en France de 1915 jusqu'à l'armistice en 1918. A ce titre, il commanda lors de la bataille de la Somme, la bataille la plus meurtrière de l'histoire britannique, la troisième bataille d'Ypres et l'offensive finale des Cent-Jours. Il reste un des commandants les plus controversés de ce conflit. — "Compagnon d'armes du maréchal Haig, le général Charteris a écrit le panégyrique de son ancien chef. Toutes les pages de cet ouvrage respirent l'admiration pour ce loyal Ecossais et ce brave soldat. Il est certain que le maréchal Haig représente une belle figure de soldat britannique, à l'entendement un peu lent comme l'ont ses compatriotes des Highlands ; mais son panégyrique eût gagné à être, non pas moins sincère, mais plus vrai, moins partial envers ses anciens Alliés. Le général Charteris nous aime peut-être, mais il ne nous le montre guère ; sa confiance en nous est fort limitée, et on sent que, à son avis, c'est l'armée britannique qui a gagné la guerre, pour un peu nous dirions même, malgré l'armée française. (...) En ce qui concerne les relations entre Alliés, l'ouvrage, sans être hostile, témoigne d'un manque de confiance, parfois même fait preuve d'injustice vis-à-vis de nous. Les passages à relever à cet égard seraient nombreux ; bataille de la Marne et de l'Aisne en 1914, manoeuvre de la Somme, campagne de Picardie en 1918, etc. Evidemment l'accord n'a pas été toujours absolu entre Alliés, mais il est triste de penser que nous songeons surtout à nous reprocher nos défauts plutôt qu'à apprécier nos qualités et les services que nous nous sommes rendus. Mais le livre de Charteris est surtout une étude du maréchal Haig : il apparaît comme un chef et un stratège." (R. Villate, Revue d'histoire de la guerre mondiale, 1933)

310.          Collectif. Deuxième livre jaune fançais. Lille 1916. Extrait de la note adressée par le gouvernement de la République française aux gouvernements des Puissances neutres sur la conduite des autorités allemandes à l'égard des populations des départements français occupée par l'ennemi. Berger-Levrault, 1916, in-12, 132 pp, préface de Henri Welschinger, broché, bon état (Coll. Pages d'histoire)

            25

Parmi les documents officiels relatifs à la guerre actuelle, il faut donner une place importante – et c'est l'objet de cette publication – à la Note, adressée le 27 juillet 1916, par le Gouvernement de la République française aux gouvernements des puissances neutres. Cette Note, qui fait suite au Livre jaune de 1914, est consacrée à la conduite des autorités allemandes envers les populations du département du Nord et consitue à elle seule un terrible réquisitoire contre les fauteurs de violences exécrables. Le recueil dont on va lire ici les pièces capitales, contient le texte intégral de la Note et les principales pièces justificatives qui l'accompagnent. Il convient d'expliquer et de commenter, à l'aide de ces documents, les procédés inouïs qu'ont employés les Allemands contre les populations des villes de Lille, Roubaix et Tourcoing et des pays envahis...

311.          CORDONNIER (Général). Ai-je trahi Sarrail ? Les Etincelles, 1930, in-8°, 349 pp, une carte dépliante hors texte, broché, qqs rousseurs, couv. lég. salie, état correct

            25

Souvenirs justificatifs de l'ancien commandant de l'armée française d'Orient sur les opérations de l'armée française et sur le conflit qui l'a opposé au général Sarrail, commandant en chef des armées alliées en Orient. Après la guerre, les deux généraux s'opposeront violemment par articles de presse et livres interposés. Détails importants sur les opérations francaises vers Monastir.

312.          DJUVARA (Mircea). La Guerre roumaine, 1916-1918. Berger-Levrault, 1919, in-8°, xv-335 pp, préface d'Emile Boutroux, broché, couv. lég. défraîchie, dos abîmé et recollé, état correct. Edition originale rare

            60

"Cette étude a été écrite en Roumanie, en octobre 1918, sous l'occupation allemande. C'était, à cette date, plusieurs articles distincts. Il a fallu, depuis, ajouter un nouveau chapitre, relier le tout et le mettre au courant des derniers événements qui ont si heureusement scellé la victoire de la grande cause à laquelle la Roumanie s'est vouée sans restriction aucune. L'auteur a cru de son devoir d'être aussi objectif que possible à une époque où d'âpres passions et des souffrances intolérables agitaient l'âme du peuple roumain..." (Avant-propos)

313.          GRONDIJS (L.-H.). Les Allemands en Belgique. Louvain et Aerschot. Notes d'un témoin hollandais. Berger-Levrault, s.d. (1915), in-12, 123 pp, broché, C. de bibl, couv. lég. défraîchie, bon état (Coll. Pages d'Histoire, 1914-1915)

            25

Les atrocités allemandes en Belgique. — "L'auteur, ancien professeur à l'Institut technique de Dordrecht, a visité les principales villes de Belgique dans les derniers jours d'août : il était à Louvain même lors du sac de la ville et rapporte un grand nombre de faits précis qui prouvent à la fois la légèreté des accusations lancées par les Allemands contre la conduite des habitants qu'ils veulent déshonorer après les avoir terrorisés, et la cruauté froidement calculée des envahisseurs, – ou mieux de leurs chefs. Il peint le soldat allemand souvent ivre, facilement accessible à la panique, prêt alors à commettre les pires excès s'il n'est pas contenu par le frein d'une discipline inflexible ; or, ce sont les chefs qui justement lui ordonnent de piller, d'incendier et de fusiller. En même temps qu'on brûlait la bibliothèque, des mesures étaient prises pour préserver l'hôtel de ville. Tout dans le crime était donc réglé. M. Grondijs rencontre à Bruxelles des officiers de réserve qui reviennent de Louvain en flammes ; un d'eux est au civil docteur en droit. « C'est une honte », lui déclarent-ils sans hésitation comme sans remords; mais « il faut être officier pour comprendre la nécessité de telles mesures dans de semblables circonstances ». Aveu précieux à recueillir ; il caractérise en partie cette maladie mentale du militarisme, terme qu'il conviendrait d'ailleurs de bien définir tout d'abord, si l'on veut essayer honnêtement de comprendre l'état d'esprit des Allemands en temps de guerre et aussi en temps de paix." (Ch. Bémont, Revue Historique, 1915)

314.          JOURQUIN (Jacques). Les Maréchaux de la Grande Guerre (1914-1918). Dictionnaire comparé et portraits croisés. 14/18 Editions, 2008, gr. in-8°, 639 pp, 24 photos, 12 fac-similés et 13 cartes, biblio, broché, couv. illustrée, jaquette illustrée, bon état,  envoi a.s.

            40

Joffre, Foch, Pétain, mais aussi Gallieni, Fayolle, Franchet d'Esperey, Lyautey et Maunoury, les huit maréchaux qui incarnent la victoire de 1918 furent l'objet d'une extraordinaire glorification dans l'entre deux guerres. Ils sont réunis pour la première fois dans une vaste étude comparée de leurs longues existences et de leurs actions. Origines familiales, études et formations, grades, affectations et responsabilités, honneurs et décorations, péripéties de l'accession au maréchalat, mariages et demeures, activités de l'après guerre, circonstances de la mort, funérailles et sépultures, etc., sont recensés et commentés en parallèle et décrivent la richesse et la variété de leurs parcours. Une cinquantaine d'épisodes significatifs racontent en détail les aléas de carrière, les rivalités d'ambition, les oppositions de doctrine, les relations conflictuelles entre eux et avec le pouvoir politique, leurs rôles à la fois différents et déterminants dans le déroulement des événements, jusqu'aux ordres du jour et communiqués. Cette combinaison originale de chronologie, de tableaux comparatifs, et de récits romanesques ou dramatiques fournit la documentation la plus complète, extraite des dossiers d'archives et des mémoires du temps au terme de plusieurs années d'enquête. Elle décrit une galerie de vivants portraits et dresse un panorama passionnant et contrasté de l'exercice du haut commandement sous la IIIe République et pendant les années de guerre.

315.          LAVISSE (E.) et Ch. Andler. Pratique et doctrine allemandes de la guerre. Armand Colin, 1915, in-8°, 47 pp, broché, bon état (Coll. Études et documents sur la guerre). On joint un article de presse sur l'ouvrage (Paul Souday, Le Temps 1915)

            20

"Deux rapports ont été présentés à M. le Président du Conseil par « la Commission instituée en vue de constater les actes commis par l'ennemi en violation du droit des gens ». Cette commission se compose de MM. Payelle, premier président de la Cour des comptes, Mollard, ministre plénipotentiaire, Maringer, conseiller d'Etat, Paillot, conseiller à la Cour de cassation. Les enquêteurs ont interrogé les témoins en la forme judiciaire après leur avoir fait prêter le serment de dire toute la vérité, rien que la vérité ; ils ont contrôlé les informations ainsi obtenues et les ont soumises à une critique sévère, pour ne retenir que les faits indiscutablement établis. Nous avons négligé, disent-ils, ceux « dont les preuves étaient insuffisantes à nos yeux, ou qui, si dommageables ou si cruels qu'ils fussent, pouvaient avoir été la conséquence d'actes de guerre proprement dits, plutôt que d'excès volontaires, imputables à l'ennemi ». Nous ne donnerons pas ici une analyse complète de ces documents ; nous y choisirons quelques faits caractéristiques de la pratique allemande de la guerre, pour montrer ensuite que cette pratique est l'application d'une doctrine inspirée de certaines idées, et faire connaître ainsi ce qu'on pourrait appeler la philosophie allemande de la guerre..." (Avant-propos)

316.          LEPOTIER (Amiral). Bateaux-pièges. France-Empire, 1964, pt in-8°, 318 pp, 12 pl. de photos hors texte, 5 croquis dans le texte, broché, couv. illustrée, bon état,  envoi a.s.

            30

Au cours de la plupart des guerres navales, les capitaines des navires marchands n'ont jamais hésité, pour tromper les vaisseaux ennemis et éviter la capture, à arborer les couleurs d'un pays neutre et à maquiller leur silhouette. Mais il a fallu que l'Amirauté allemande déclare, en 1915, que tout navire de commerce ennemi ou présumé ennemi naviguant dans les eaux britanniques serait détruit pour que les Alliés se décident à utiliser des bateaux-pièges afin non plus de tromper mais de combattre l'adversaire redoutable que se révélait etre le sous-marin. L'ingénieur du génie maritime Dumanois eut le premier l'idée du bateau-piège. Grâce à lui, le cargo danois Adrana, saisi sous pavillon allemand dans le port de Rouen à la déclaration de guerre, devint le bateau-piège Marguerite, un navire à l'histoire fabuleuse dont on a célébré en 1959 les 50 ans de navigation. Les combats de la Marguerite, ceux de la Hyacinthe-Yvonne de la Jeanne et Geneviève, de la Madeleine III, les mésaventures des voiliers-appâts et les aventures de Jean Charcot corsaire, les missions spéciales du lieutenant de vaisseau Muselier, au cours de la guerre 1914-18, les péripéties de la goélette Notre-Dame d'Etel et du cargo Rhin rebaptisé H.M.S. Fidelity, pendant celle de 1939-45, font de “Bateaux-Pièges” de l'amiral Lepotier, un ouvrage passionnant.

317.          MIQUEL (Pierre). Les Poilus. La France sacrifiée. Plon, 2000, fort in-8°, 508 pp, 32 photos hors texte, 6 cartes, biblio, 3 index, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. Terre humaine)

            25

1914 : face à la surpuissance allemande, la France dépourvue d'artillerie lourde ne peut opposer que le sacrifice de ses fantassins pour tenter de stopper l'ennemi. Ils seront 250.000 Poilus à périr durant les premiers mois d'une guerre qui mobilisera au total 65 millions d'hommes dont 9 millions mourront au combat. L'historien Pierre Miquel nous fait revivre dans ce livre, destiné à devenir un classique et un ouvrage de référence, quatre années de souffrances, d'offensives meurtrières et d'horreurs vécues. Il dénonce également un certain nombre de mythes. Non, le Poilu n'est pas toujours un combattant enterré au fond de sa tranchée. Il en sort pour se faire tuer dans de très nombreuses offensives. Durant les batailles de 1914, il n'y a pas de tranchées. L'année 1915 sera ponctuée par 100 jours d'offensives sur 365. En 1916 à Verdun, les tranchées sont inexistantes, de même que pendant les combats de l'année 1918. Ces quatre années changent radicalement l'image du combattant. Le Poilu de 1914 et celui de 1918 ne mènent plus le même combat. En 1914, il monte au front avec l'illusion d'une victoire rapide. En 1917, il sait qu'il va à la mort ; en 1918, équipé de grenades, appuyé par des chars et des avions, il s'agit déjà du combattant de 1940. Dans les deux cas, la France est presque seule et, en 1914 comme en 1940, ces hommes seront à l'avant-garde de ces terribles affrontements. Pierre Miquel nous livre une réflexion sur une guerre de trente ans : la première guerre, suivie d'une paix bâclée, déclenche un second conflit qui entraînera l'Europe au-delà des limites de l'horreur. Il met en lumière, pour la collection Terre Humaine, le sens sacrificiel de ces carnages.

318.          PINGAUD (Albert). Le développement économique de l'Allemagne contemporaine (1871-1914). Berger-Levrault, 1916, in-12, 108 pp, broché, dos lég. bruni, bon état (Coll. Pages d'Histoire, 1914-1916)

            25

319.          POLZER-HODITZ (Comte A.). L'Empereur Charles et la mission historique de l'Autriche. Grasset, 1934, in-8°, 380 pp, traduit de l'allemand par J. Benoist-Méchin, documents en appendices pp 343-377, imprimé sur papier Alfax Navarre, broché, couv. illustrée, pt mque au bas du dos, bon état

            25

"L'histoire de la guerre reçoit un apport important dans les mémoires du comte A. Polzer-Hoditz : “L'empereur Charles et la mission historique de l'Autriche”, traduit de l'allemand par J. Benoist- Méchin. L'auteur s'applique à montrer comment l'Autriche a ruiné sa mission d'empire supranational en s'abandonnant, aux dépens des Slaves et des Latins, au nationalisme allemand et au nationalisme hongrois." (André Mazon, Revue des Études slaves, 1934)

320.          PUAUX (René)(dir.). Les Etudes de la Guerre. Cahier 2. Septembre 1917. Payot, 1917, in-8°, 78 pp, un fac-simile sur un dépliant in fine, broché, bon état. Peu courant

            20

Sommaire : Le message autographe de Guillaume II (reproduction photographique et observations) – Le procès Soukomlinof et la mobilisation russe – La thèse de la propagande allemande – Examen critique : Encore une dépêche de Guillaume II au Tsar, jusqu'ici inconnue – Opinions française, anglaise et suisse – Les déclarations du chancelier Dr Michaelis – Revue de la Presse.

321.          PUAUX (René)(dir.). Les Etudes de la Guerre. Cahier 3. Octobre 1917. Payot, 1917, in-8°, 73 pp, broché, bon état. Peu courant

            20

Sommaire : Le secret de la soirée du 29 juillet 1914 – Une déclaration du comte de Pourtalès – Télégrammes inconnus de Guillaume II et de Nicolas II – Guillaume II théologien – Les dépêches supprimées du 30 juillet 1914 – Faits et documents à mettre au dossier de la préméditation allemande.

322.          PUAUX (René)(dir.). Les Etudes de la Guerre. Cahier 4. Novembre 1917. Payot, 1917, in-8°, 76 pp, broché, bon état. Peu courant

            20

Sommaire : Les dépêches manquantes du 30 juillet – Les explications allemandes – Un autre plaidoyer pro-allemand – L'Allemagne et la prolongation de l'ultimatum autrichien – J.-W. Headlam : L'honneur du général Janouschkevitch.

323.          PUAUX (René)(dir.). Les Etudes de la Guerre. Cahier 5. Décembre 1917. Payot, 1917, in-8°, 74 pp, broché, bon état. Peu courant

            20

Sommaire : Ce qu'était le désintéressement de l'Autriche. (Confidences du comte Tisza, juillet 1914) – L'Allemagne et la courtoisie internationale (rapport inédit de M. A. Neton, consul de France à Dusseldorf) – Une nouvelle preuve du mensonge du 3 août 1914 – Le message de Guillaume II au Président Wilson (La neutralité de la France) – Lord Haldane et l'Allemagne – Revue bibliographique.

324.          PUAUX (René)(dir.). Les Etudes de la Guerre. Cahiers 6 et 7. Février 1918. Payot, 1918, in-8°, 238 pp, broché, bon état. Peu courant

            30

Sommaire : La correspondance secrète de Guillaume II et de Nicolas II, de 1904 à 1907 – Interview de M. Isvolsky – Souvenirs de l'incident de Dogger-Bank – L'opinion allemande et les révélations de Bourtzef.

325.          S.R. [Salomon Reinach]. Chronologie de la guerre (31 juillet - 31 décembre 1914). Berger-Levrault, 1914, in-12, 60 pp, broché, couv. lég. salie, bon état (Coll. Pages d'histoire - 1914-1915)

            15

326.          SCHICKLER (Alice). Journal d'une jeune Alsacienne, 1914-1918. Les cahiers d'Alice Schickler (1896-1950), Pfastatt-le-Château. Archives & Culture, 2017, gr. in-8°, 272 pp, traduit de l'allemand, présentation et notes par B. Grunenwald, 30 illustrations dans le texte (photos, fac-similés, cartes), biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            14

La jeune Alsacienne Alice Schickler n'a pas dix-huit ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Elle décide le 31 juillet 1914 de tenir un journal pendant toute la durée du conflit, qu'elle espère court. Neuf cahiers racontent ainsi les événements liés aux faits de guerre, mais aussi la vie privée, voire intime, d'Alice, ses états d'âme, sa famille, son travail, la vie de la paroisse protestante de Dornach, ses relations avec ses ami(e)s et avec les soldats, ses loisirs, le tout bien entendu dans le contexte très particulier de la guerre. Avec le conflit, l'entreprise qui l'emploie passe de 2000 salariés en 1914 à 47 (dont Alice) en 1918. La production est quasiment à l'arrêt, les locaux étant progressivement vidés de leurs machines par les réquisitions, et contraints, tout au long du conflit, d'héberger des troupes combattantes de retour ou en partance vers les lignes du front qui ne se trouvent qu'à quelques kilomètres de là. Des illustrations et des plans ont été ajoutés aux textes d'Alice pour que le lecteur puisse comprendre la géographie de la région et de la ville avec les noms de l'époque.

327.          SIMON (Paul). Fanion bleu jonquille. Carnet de Campagne d'un Chasseur de Driant, 1914-1918. P., Editions Argo, 1930, in-12, 343 pp, broché, couv. défaîchie, état correct

            25

Le 22 février 1916, au Bois des Caures, vers 16 heures, le commandant des 56e et 59e bataillon de chasseurs s’arrête pour porter secours à l’un de ses hommes blessés. Alors qu’il se relève, une balle de mitrailleuse le frappe à la tempe. Le lieutenant-colonel Driant vient de tomber en héros devant Verdun. Ce sacrifice suprême transforme en immortalité la gloire dont jouissait déjà Émile, Augustin, Cyprien Driant, député de Nancy, plus célèbre encore comme auteur, sous le pseudonyme de Danrit, d’une vingtaine de romans d’anticipation dans lesquels il a décrit entre autres l’avènement de la guerre industrielle qui va le tuer… Mobilisé dans le légendaire bataillon des "Diables bleus" de Driant, Paul Simon nous livre ici la chronique profondément humaine de la Grande Guerre d’un de ces chasseurs, de la première bataille de Verdun en 1914 à la victoire de 1918 en passant par la mort d’un chef légendaire qu’il aime et qu’il admire. Pour autant, ce "véritable carnet de campagne rédigé tantôt à l’instant où le fait rapporté s’est produit, tantôt quelques jours après" ne verse jamais dans la langue de bois. Au contraire, "ces pages parfois un peu amères qui contiennent certains jugements un peu durs, certaines appréciations un peu acerbes, reflètent l’état d’âme d’un officier combattant, dont l’esprit critique, aiguisé par les circonstances, s’épanche parfois un peu violemment", nous font, par leur simplicité même, comprendre et admirer l’héroïsme tranquille de ces millions de Poilus qui ont donné leur jeunesse et souvent leur vie pour que vive la France.

328.          THÉBAUD (Françoise). La femme au temps de la guerre de 14. Stock/Laurence Pernoud, 1986, gr. in-8°, 319 pp, préface de Michelle Perrot, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Août 1914 : les Français partent pour le front. L'histoire des années de guerre résonne de noms masculins, Foch, Joffre, Clemenceau. En dehors de quelques femmes mythiques, la Madelon, Mata-Hari, Sarah Bernhardt, Mistinguett, qu'en est-il de l'ensemble des Françaises ? (...) Elles ne restent pas inactives pour autant, loin de là. La "guerre des femmes" soutient celle des hommes. Il y a l'histoire méconnue de ces habitantes des régions occupées qui résistent, espionnent, sont déportées. (...) Mais au lendemain du conflit, il faut rendre leurs places aux hommes, il faut se consacrer au repeuplement du pays. Les promesses d'émancipation et d'égalité juridique sont vite oubliées. Et pourtant, même si on refuse alors de l'admettre, la femme de 1918 n'est plus celle de 1914, elle a préparé son entrée dans un monde nouveau : le monde du XXe siècle.

2ème GUERRE MONDIALE

 

329.          ASSOULINE (Pierre). Une éminence grise : Jean Jardin (1904-1976). Balland, 1986, gr. in-8°, 375 pp, notes, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Il fut toute sa vie un homme de l'ombre jusqu'au jour où son fils Pascal Jardin lui consacra un livre. “Le nain jaune”, c'était lui, Jean Jardin, conseiller du “prince” et éminence grise, un des personnages les plus énigmatiques que le véritable pouvoir, celui qui ne se voit pas, ait produit. Il n'avait jamais voulu écrire ses Mémoires, malgré de nombreuses sollicitations, craignant d'en dire trop ou pas assez. Cette biographie est la première qui lui soit consacrée. Elle a été écrite à partir de témoignages, d'archives et de correspondances pour la plupart inédits, à l'issue d'une enquête riche de révélations sur les dessous de la politique française pendant l'Occupation et la IVe République. La vie secrète de cet homme à l'entregent inouï, c'est aussi celle de ses amis, qu'ils soient écrivains (Giraudoux, Paul Morand...), industriels (Jean Riboud...), présidents du Conseil (Antoine Pinay, Edgar Faure, René Mayer...) ou eux-mêmes éminences grises (Georges Albertini, André Boutemy...).

330.          AZEAU (Henri). La Guerre franco-italienne. Juin 1940. Presses de la Cité, 1967, in-8°, 390 pp, 16 pl. de photos hors texte, 10 cartes, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Le 10 juin 1940, la France bascule vers la défaite : son territoire est largement envahi, ses armées aux trois quarts vaincues et épuisées, la bataille de la Somme perdue, la route de Paris ouverte, le gouvernement en instance de repli vers Bordeaux. « L'évidence de l'effondrement s'impose à tous les esprits » (Charles de Gaulle - Mémoires). C'est cette « journée d'agonie » que le gouvernement, fasciste de Benito Mussolini choisit pour « poignarder son voisin dans le dos ». Cette guerre que leur déclare Mussolini, les Français n'en entendent guère parler, et, pour beaucoup d'entre eux, elle passe même inaperçue. C'est qu'ils ont d'autres soucis et que peut-être ils ne prennent pas trop au sérieux la « menace » mussolinienne, à commencer par leur haut commandement qui n'oppose sur les Alpes, à 300 000 Italiens, que la valeur de six divisions incomplètement équipées. Et pourtant, cette guerre, masquée au public par une censure rigide dont on se demande si elle ne s'est pas perpétuée dans ce cas précis, a eu lieu : les combats furent réels, des hommes tombèrent, un quart du territoire français devint « zone d'influence italienne », et, en cas de victoire hitlérienne, la France eût dû céder à l'Italie au moins deux et probablement trois de ses plus belles provinces et une partie de ce que l'on appelait alors son Empire, sans compter les indemnités de guerre... Que s'est-il passé au juste ? Après quelques engagements navals et aériens, Mussolini, persuadé de l'imminence de l'effondrement français, ordonne, alors que l'armistice franco-allemand est déjà signé, une attaque générale sur l'ensemble du front des Alpes, du mont Blanc à la mer. Aux deux armées italiennes, renforcées de corps motorisés et d'une armée de réserve, les Français n'opposent qu'un corps composite de troupes de forteresse et d'unités de deuxième réserve baptisé « Armée des Alpes ». Mais les troupes italiennes, insuffisamment entrainées et mal commandées, voient briser leur élan par les premiers ouvrages fortifiés français, souvent de simples ouvrages d'avant-postes. L'acharnement de la défense française, qui se maintient alors que tout semble perdu, s'explique : les hommes de Savoie, des Hautes-Alpes, du Mentonnais et de tout le Sud-Est défendent non seulement leur pays, mais leurs provinces doublement menacées, Ieurs maisons, leurs familles. Et, tout en faisant face dans les vallées alpines, ils contiennent la menace allemande qui s'efforce de les prendre à revers. Par son valeureux combat, l'Armée des Alpes a remporté l'un des rares succès français de la campagne de 1940; elle a surtout, en arrêtant net l'offensive italienne, infligé au « prestige » et au bluff du dictateur fasciste son premier échec, prélude à d'autres défaites et à l'effondrement.

331.          BARADUC (Jacques). Tout ce qu'on vous a caché. Les Archives secrètes du Reich présentées par Me Jacques Baraduc. Editions de l'Elan, 1949, in-8°, 319 pp, préface de Josée Laval, 9 documents en fac-similé (8 sur des planches hors texte), index, broché, bon état

            30

Extraits de documents provenant des archives américaines de Nuremberg qui, s'ils avaient été présentés au procès de Pierre Laval, auraient, peut-être, conduit les juges à prendre une autre décision que la sentence de mort. Maître Baraduc était l'un des avocats de Pierre Laval.

332.          BARDOUX (Jacques). Journal d'un témoin de la Troisième. Paris-Bordeaux-Vichy, 1er septembre 1939–15 juillet 1940. Fayard, 1957, in-8°, 427 pp, broché, bon état

            25

"Document important pour les historiens de la période récente. J. B. a noté avec précision ses faits et gestes depuis son élection au Sénat le 30 octobre 1938, ainsi que les sentiments que lui inspirent les événements dramatiques auxquels il est étroitement mêlé ou dont il est le témoin. L'auteur achève la publication de ses notes au 15 juillet 1940 par cette phrase : « Je préfère être en contact avec mes gars de la montagne de Clermont qu'avec les défaitistes de Bordeaux et les collaborateurs de Vichy »." (Revue française de science politique, 1957) — Jacques Bardoux (1874-1959), député et sénateur, fut une figure marquante à la fois de la IIIe République, de Vichy et de la IVe République. Valéry Giscard d'Estaing est son petit-fils.

333.          COINTET (Michèle). Vichy capitale (1940-1944). Perrin, 1993, gr. in-8°, 299 pp, sources et biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Comment de 1940 à 1944, a vécu un Etat replié dans des hôtels de baigneurs, avec ses ministères, ses fonctionnaires, ses militaires, ses policiers ? Dans cette station où l'on pensait ne s'installer que pour quelques mois que rien ne destinait à devenir capitale et qui a fini par donner son nom à un régime, quelle était la vie quotidienne du Maréchal, de son entourage, de sa société qui gravite toujours autour du pouvoir, aussi mutilé fût-il ? Spécialiste incontestée du régime de Vichy, Michèle Cointet a écrit sur le "petit royaume du Maréchal", sur le passage du Vichy thermal au Vichy-Etat, un ouvrage original et attrayant. Une fois rappelée la fondation de l'Etat français au Grand Casino, elle raconte la cour et la ville, évoquant aussi bien les distractions (cinq cinémas), les réceptions (soirées dansantes interdites, mais bals clandestins), les mœurs (très surveillées), le sport, les célébrités, les ambassades, que le maintien de l'ordre, la presse, la Résistance (mais oui...), les intrigues, les rumeurs qui grouillaient dans cette petite capitale où tout se savait, les groupes de pression. Elle n'omet pas les satisfactions, puis les mécontentements des hôteliers, cafetiers et restaurateurs (la guerre du vin et de l'alcool, les curistes) et les relations pas toujours faciles avec la municipalité (la "bataille des noms de rue"). Michèle Cointet a su élaguer son important travail de recherche pour nous donner un livre très alerte, vivant, riche d'anecdotes signifiantes, discrètement empreint d'un sens fin de la dérision.

334.          CRAS (Hervé)(Jacques Mordal). Dunkerque. France-Empire, 1960, fort in-8°, 538 pp, 12 pl. de photos hors texte, 14 cartes, biblio, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

            25

Dans la nuit du 22 au 23 mai 1940, devant Dunkerque, une vedette rapide allemande torpille le contretorpilleur Jaguar. Le médecin de 1 re classe Hervé Cras figure parmi les rescapés. Le 4 juin au matin, en vue de la côte anglaise, le dragueur Emile Deschamps saute sur une mine. Hervé Cras est au nombre des survivants. Entre ces deux événements de mer se déroule le plus clair de la bataille et de l'évacuation de Dunkerque, une évacuation sans précédent dans l'histoire du Monde. Exécutée par les marines britannique et française, au prix d'énormes sacrifices, elle permit à 215.585 Britanniques et à 123.097 Français de s'échapper...

335.          DALADIER (Edouard). Journal de captivité, 1940-1945. Texte établi et préfacé par Jean Daladier, annoté par Jean Daridan. Calmann-Lévy, 1990, in-8°, 381 pp, annexes, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Etrange destin que celui de ce texte : 45 ans après la guerre, Jean Daladier retrouve les notes rédigées au jour le jour par son père de 1940 à 1945, durant sa captivité. L'accusé du procès de Riom - mort depuis vingt ans sans avoir jamais publié aucun texte personnel – redevient à travers ces carnets l'accusateur du régime de Vichy. Pièce à conviction différée dans le grand procès de l'Histoire, ce “Journal de Captivité” constitue un témoignage plus authentique que nombre de plaidoyers baptisés “Mémoires”. A travers la liberté de ton et les fulgurances de style de ces pages tour à tour graves, ironiques et désabusés, où les portraits décapants le disputent aux analyses prophétiques, l'enthousiasme à l'indignation, les notations intimes du prisonnier aux considérations historiques de l'homme d'Etat, le personnage se livre dans toute sa nudité – radicalement différent de sa légende. — "Le vieil homme, dont la photographie occupe toute la couverture de ce livre, médite-t-il sur l'ingratitude de ses contemporains à son égard ? Leur jugement aurait sans doute été moins sévère sur Daladier – car c'est lui qui figure sur la photo – , s'il avait consenti à publier son Journal des « années noires » au soir de sa vie. Enfin, l'œuvre est là, vingt après sa mort, grâce aux efforts conjoints de son fils Jean, témoin de ses prisons successives, et de l'un de ses fidèles collaborateurs de 1939-1940, Jean Daridan, ambassadeur de France. Ces notes, jetées au jour le jour, s'étendent de l'arrestation de Daladier par ordre du gouvernement de Vichy, qui l'a fait ramener du Maroc où il avait pensé à organiser la lutte, jusqu'à son retour d'Allemagne où ce même Vichy l'aura laissé déporter. (...) Quelque opinion qu'on professe à l'égard de cet « Edouard », on ne peut s'empêcher de reconnaître chez lui des « vertus républicaines et laïques », solidement enracinées dans sa génération : les liens familiaux étroits avec ses fils et sa sœur, et l'amour de la petite patrie vauclusienne (il revêt son « veston du dimanche » quand la radio lui apporte la nouvelle de la libération de son département). Mais on doit s'étonner aussi de ses jugements a posteriori sur des chefs militaires qu'il a laissé nommer, et sur des hauts fonctionnaires qui avaient eu sa confiance et qui ne le connaissent plus en 1940-1941... En dépit de ces réserves et malgré un appareil de notes qui paraîtra insuffisant à plus d'un, lisez ce “Journal”, qui témoigne de rares qualités de style et d'émotion." (Claude Lévy, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1991)

336.          DETREZ (Mgr. Lucien) et Albert CHATELLE. Tragédies en Flandres (Lille-Roubaix-Tourcoing), 1939-1944. Lille, Librairie Tallandier, 1953, pt in-4°, 334 pp, préface du maréchal Juin, 135 photos hors texte, 6 fac-similés hors texte en couleurs, 6 cartes, broché, couv. illustrée, bon état

            35

337.          DU MOULIN de LABARTHETE (Henry). Le Temps des illusions. Souvenirs (Juillet 1940 - Avril 1942). A l'enseigne du Cheval Ailé, 1946, in-8°, 436 pp, broché, qqs marques au stylo en marges, bon état

            30

Par l'homme de confiance et l'éminence grise du maréchal Pétain, du moins pendant l’année 1940 et la première moitié de 1941. — "Auteur d’un ouvrage, 'Le temps des illusions', où il se donne souvent le beau rôle, largement utilisé par tous les historiens de la période en raison de sa précision et de sa hauteur de vue, Du Moulin est un esprit « extrêmement brillant », ainsi que le précise Joseph Barthélemy dans son ouvrage 'Ministre de la Justice, Vichy 1941-1943'. Aimant l’intrigue, exerçant une forte influence sur le maréchal qu’il a bien connu à l’ambassade d’Espagne avant la guerre, il demeure un personnage ambigu, malgré la constance de ses convictions antiallemandes. Très fidèle au maréchal Pétain, ennemi du Paris de la collaboration, il est l’un des inspirateurs des grands thèmes de la Révolution nationale. Son brio tant à l’écrit qu’à l’oral, sa faconde gasconne séduisent infiniment le maréchal qui l’a vu à l’œuvre. Et qui connaît ses convictions religieuse, nationaliste et antiparlementariste. Bref les deux hommes se sont reconnus parce qu’ils partagent la même idéologie malgré la différence d’âge..." (Philippe Valode, Les hommes de Pétain, 2013)

338.          DUFOURG (Robert). Adrien Marquet devant la Haute Cour. Editions Janmaray, 1948, in-8°, 254 pp, broché, bon état. On joint 2 coupures de presse sur A. Marquet (dont une nécrologie)

            35

Adrien Marquet (1884-1955) était député et maire socialiste de Bordeaux. Il est nommé ministre d'État le 23 juin 1940 par le nouveau président du Conseil, le maréchal Philippe Pétain. Lors d'un remaniement qui intervient quatre jours plus tard, il succède à Charles Pomaret au ministère de l'Intérieur. Remplacé par Marcel Peyrouton le 6 septembre 1940, il refuse d'entrer dans la Résistance et prône la Collaboration avec l'Allemagne nazie. L'auteur Robert Dufourg était l’un des avocats en vue du barreau bordelais (depuis 1923) ; bien qu'il n'ait jamais dérivé vers l’extrême droite, il n’a jamais caché ses sympathies pour le Marquet de Vichy et s’en fait l’hagiographe dans cet ouvrage, dressant son procès en réhabilitation…

339.          DUMAS (Charles). La France trahie et livrée. Gallimard, 1945, in-12, 304 pp, broché, bon état (Coll. Problèmes et Documents)

            25

"Le premier documentaire sur la trahison de la France consommée par une partie de sa classe dirigeante, de la Cagoule à Vichy ; « trahison subconsciente », consent l'auteur, quand elle ne fut pas ouverte. Il s'attache à démontrer que les responsabilités de cette insuffisance militaire sont antérieures à 1936, et remontent au moment où Pétain et Weygand régnèrent sur Varsovie. On aurait voulu ce dossier plus rigoureux encore, et qu'un journalisme un peu facile, une phraséologie marxiste sans nouveauté n'eussent pas si largement débordé sur une thèse en elle-même incontestable. Il ne nous suffit pas sur la synarchie d'un document dont on ne cite même pas la source." (Esprit, mars 1945)

340.          GÉORIS (Michel). Nuts !... La bataille des Ardennes. France-Empire, 1969, pt in-8°, 246 pp, 8 pl. de photos hors texte, 4 cartes, annexes, biblio, broché, jaquette illustrée, bon état,  envoi a.s.

            25

Le 16 décembre 1944, à l'aube, mille panzers crèvent le front américain des Ardennes sur 90 kilomètres. Une vague de crainte ou d'espoir déferle sur le monde. Les amis du Reich croient à nouveau à la victoire d'Hitler. Les populations libérées depuis peu par les Alliés se remettent à trembler. Dans les camps de concentration, de nombreux prisonniers sombrent dans le désespoir. En même temps, 3.000 Allemands déguisés en G.I., sous les ordres du lieutenant-colonel Skorzeny, mondialement connu par ses téméraires entreprises dont les enlèvements de Mussolini et de l'amiral Horthy, tentent de plonger un demi-million de combattants dans la confusion en se glissant dans leurs rangs. Après un moment de panique, les Alliés se ressaisissent et opposent une résistance farouche. C'est alors que le général Mac Auliffe, assiégé dans Bastogne, repond à l'ultimatum du commandant des forces allemandes par un seul mot : "Nuts !", un mot qui va devenir aussi célèbre que celui prononcé, dans des circonstances analogues, par le général Cambronne à Waterloo. Sans doute, l'histoire de cette décisive bataille de la Seconde Guerre mondiale a-t-elle déjà fait l'objet de plusieurs livres. Et pourtant l'essentiel restait à écrire. Sans vaine provocation, comme sans ménagement, Michel Georis dit enfin toute la vérité sur les aspects troublants de la bataille des Ardennes. Il a rassemblé les témoignages inédits et découvert des documents militaires discrets sinon secrets, il est en mesure d'évoquer, pour la première fois, l'ampleur de la déroute américaine et les funestes tergiversations de l'état-major Allié. Il démontre que l'offensive de Von Runstedt ne fut pas, ainsi que le prétend l'histoire officielle, un coup de tête d'Hitler, mais bien une remarquable opération stratégique soigneusement préparée. Il prouve que le vrai vainqueur de cette bataille des Ardennes fut Patton, ce général "sang et tripes" auquel son pays n'a jamais rendu pleine justice. Le scrupule de l'historien, l'exactitude de l'enquêteur et l'entrain du reporter se conjuguent dans "Nuts !". Et font de cet ouvrage à la fois un document de premier ordre et une vivante chronique.

341.          GRIFFI (Toussaint) et Laurent PREZIOSI. Première mission en Corse occupée avec le sous-marin « Casabianca » (décembre 1942 - mars 1943). L'Harmattan, 1989, in-8°, 191 pp, broché, bon état (Coll. Chemins de la mémoire)

            15

Il fallait en finir avec ces tentatives permanentes de récupération de la vérité historique. Que n'a-t-on pas dit du haut en bas de l'échelle politique sur les origines et les circonstances de la Libération de la Corse en septembre 1943 pour en accaparer à des fins partisanes les mérites et les profits. Deux des principaux acteurs de cet événement, notre camarade Toussaint Griffi et son ami Laurent Preziosi témoignent enfin et font litière des récits fallacieux. Avec objectivité et simplicité, ils exposent ce que fut en Corse leur courageux travail clandestin à partir de décembre 1942. Véritable ferment de la résistance dans l'Île, la mission « Pearl Harbor » des Services Spéciaux de la Défense Nationale, voulue par Giraud et organisée par Rivet, demeurera dans l'Histoire de France l'exemple de ce que peuvent accomplir des hommes inspirés par la seule volonté de Servir leur Patrie. Alors viennent à eux, dans un même élan et pour la même cause des patriotes de tous bords, de toutes conditions, de tous âges. Admirable Corse qui répond ainsi spontanément, unanimement à l'appel des armes de France. De ce beau et sincère témoignage surgissent quelques figures de légende : L'Herminier, l'audacieux pacha du « Casabianca », Pierre Griffi, l'héroïque martyr, radio de la mission « Pearl Harbor », son Chef, le Commandant de Saule, les patriotes corses Giovoni, Nicoli, Joseph et Hyacinthe de Montera... tant d'autres... et l'humble abbé Mattei, curé de Revinda, qui accueille nos camarades par ces mots que nul n'a le droit d'oublier : ... « Je suis Corse, oui, mais Français avant tout. »

342.          GUN (Nerin E.). Les Secrets des archives américaines : Pétain, Laval, De Gaulle. Albin Michel, 1979, gr. in-8°, 462 pp, 12 pp de fac-similés, index, broché, bon état

            25

Cet ouvrage est le résultat d’une recherche considérable effectuée dans les archives américaines sur un million de documents classés « secrets » qui, pour la plupart, n’avaient jamais été dépouillés. Il apporte ainsi une moisson d’informations, souvent inédites et exceptionnelles, parfois cocasses, aussi bien sur les coulisses du gouvernement de Vichy et de la France libre que sur leurs rapports avec le gouvernement des États-Unis. Pétain, Laval, de Gaulle, Roosevelt, Churchill, et tant d’autres acteurs de la Seconde Guerre mondiale revivent dans toute la vérité de leurs luttes, de leurs problèmes et de leurs rivalités. C’est le journal d’Édouard Herriot sur les derniers jours de la Troisième République, ce sont également les efforts du Président Roosevelt pour persuader Mussolini de « ne pas tirer dans le dos de la France »... La panique américaine devant l’avance des chars d’Hitler, le chantage exercé par le gouvernement des États-Unis à propos du lait destiné aux enfants de France, la révélation que le verdict du procès du Maréchal Pétain était prévu un an à l’avance, les démêlés extraordinaires de Roosevelt et de De Gaulle, les accusations de tortures dans les « caves » de la France libre, la décision du président américain de ne pas « rendre » l’Indochine à la France, les coulisses des conférences de Yalta, Casablanca et Téhéran, les multip