Pages d’Histoire – Librairie Clio

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Décembre 2022 - Janvier 2023

Catalogue 408

 

 

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GÉNÉRALITÉS

ANTIQUITÉ

MOYEN AGE

TEMPS MODERNES

RÉVOLUTION

1er EMPIRE

De 1815 à 1914

De 1914 à nos jours

1ère GUERRE MONDIALE

2ème GUERRE MONDIALE

HISTOIRE MILITAIRE, MILITARIA

VOYAGES, PAYS ÉTRANGERS

GÉNÉALOGIE, HÉRALDIQUE, NOBLESSE

RÉGIONALISME

PARIS

 

GÉNÉRALITÉS

 

1.                  [Académie française] – CLAIR (René), Jacques de LACRETELLE. Discours de réception de M. René Clair à l'Académie française et réponse de M. Jacques de Lacretelle.  Gallimard,  1962, in-12,  88 pp, broché, non rogné, bon état. Edition originale, ex. du SP

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Première édition de cet hommage à Fernand Gregh. René Clair fait l'éloge et retrace la carrière de Fernand Gregh, son prédécesseur, suivi de la réponse de Jacques de Lacretelle.

2.                  AMADOU (Robert) et Robert KANTERS. Anthologie littéraire de l'occultisme.  Seghers,  1975, in-8°,  326 pp, biblio, couv. illustrée, bon état, envoi a.s. de Robert Amadou à Pierre Vendryès

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Hésiode, Pythagore, Platon, Virgile, Apulée, la Quête du Graal, Jean de Meung, Dante, Léonard de Vinci, Rabelais, Maurice Scève, Ronsard, Milton, Cyrano de Bergerac, Charles Perrault, Nicolas Montfaucon de Villars, Jacques Cazotte, Louis-Claude de Saint-Martin, Goethe, Joseph de Maistre, William Blake, Fabre d'Olivet, Novalis, Ballanche, Nodier, Balzac, Victor Hugo, Nerval, Poe, Wagner, Baudelaire, Villiers de l'Isle-Adam, Mallarmé, Léon Bloy, Huysmans, Rimbaud, Péladan, Strindberg, Maeterlinck, Milosz, André Breton. — "L'occultisme avait toujours été lié dans mon esprit aux faussaires - la carrière stupéfiante de Cagliostro, les drames de Zacharias Werner, les aspects sophomoriques des francs-maçons et des rosicruciens. Ce livre ne m'a pas converti, mais il m'a fait réfléchir. L'introduction et les notices individuelles sont excellentes ; les sélections, en général, sont suggestives. Il ne fait aucun doute qu'il y avait un côté occulte chez Platon, Milton, Blake, Hugo. Ce livre m'a fait tenter de distinguer l'occulte, le mystique, le mystérieux, le fantastique, le symbolique, l'ésotérique..." (Albert Guérard, Books Abroad)

3.                  [ARTAUD, Antonin] – SOLLERS (Philippe)(dir.). Artaud. Par Xavière Gauthier, Pierre Guyotat, Jacques Henric, Julia Kristeva, Georges Kutukdjian, Marcelin Pleynet, Guy Scarpetta, Philippe Sollers.  P., Union Générale d'Editions,  1973, in-12,  306 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. 10/18)

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L’expérience d’Artaud marque, dans la poésie et l’écriture du XXe siècle, une coupure définitive. Dans la langue, dans la pensée. On comprend que des tentatives intéressées s’attachent à limiter la portée de cette intervention-irruption. Le sens de ce débat sur Artaud est clair : réactiver, laisser libre, tranchante, efficace son aventure. « Le fait, écrit Artaud, n’est pas réductible à un élément simple et arrêté. Il doit être considéré en mouvement, car c’est en mouvement qu’il est vécu et n’existe pas hors le mouvement. » Et encore : « Je ne crois pas au sublime ni à la poésie mais à la nécessité. » — Table : Pourquoi Artaud, pourquoi Bataille (Philippe Sollers) – I. L'état Artaud (Philippe Sollers) – II. Le sujet en procès (Julia Kristeva) – III. La matière pense (Marcelin Pleynet) – IV. Langage du corps (Pierre Gutotat) – V. Héliogabale, travestissement (Xavière Gauthier) – VI. Trou-Matière (Georges Kutukdjian) – VII. Artaud travaillé par la Chine (Jacques Henric) – VIII. La dialectique change de matière (Guy Scarpetta) – Discussions.

4.                  [Atlas] – McEVEDY (Colin). Atlas de l'histoire ancienne – Atlas de l'histoire du Moyen Age – Atlas de l'histoire moderne (jusqu'en 1815) – Atlas de l'histoire des XIXe et XXe siècles (l'Europe depuis 1815).  Laffont,  1985, 4 vol. in-8° à l'italienne,  96, 96, 96 et 96 pp, traduit de l'anglais, 162 cartes à pleine page en deux couleurs, index, brochés, couv. illustrées, sous emboîtage carton imprimé, bon état (Coll. Bouquins)

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Complet. – L'Atlas de l'Histoire Ancienne, de 50.000 av. J.-C. jusqu'à 362 apr. J.-C., montre, en une série de cartes chronologiques, l'évolution et les migrations des peuples en Europe, en Méditerranée, et au Proche-Orient. Ces cartes, et les commentaires qui les accompagnent, décrivent les divers stades d'évolution de la civilisation tout au long des âges de la pierre, du bronze et du fer. On verra dans ce livre les déplacements et les étapes culturelles des Mésopotamiens, Égyptiens, Indiens, Hittites, Assyriens, Grecs, Perses, Celtes, Étrusques, Carthaginois, Goths, Romains, et de bien d'autres peuples. – L'Atlas de l'Histoire du Moyen Age, de 362 à 1478, montre, en quarante cartes commentées, l'histoire des grands conquérants nomades : Les Huns, Les Avars, les Mongols et les Türks ; l'histoire des derniers païens d'Europe, les Vikings, et de leur descendance chrétienne, les Normands ; l'histoire des califes et des croisés, des papes et des empereurs, et enfin, comment sont nées les puissances d'aujourd'hui. – L'Atlas de l'Histoire Moderne indique, en quarante cartes commentées, les principaux faits historiques de 1483 à 1815. Il débute par le récit des voyages de Christophe Colomb, Magellan et Cook; montre le centre du monde qui passe de la Méditerrané à l'Atlantique, le formidable développement européen et le combat mené par les différentes puissances pour contrôler toute l'économie mondiale. – L'Atlas de l'Histoire des XIXe et XXe siècles, traite de l'Europe de 1815 à nos jours et, usant du même procédé – sous forme de cartes chronologiques – que dans les précédents atlas de la série, indique les développements militaires et politiques de cette période, le destin de l'Europe et le monde qui se fait.

5.                  BA (Idrissa). Sur les traces d'une diaspora juive en Afrique au Moyen Age.  Les Indes savantes,  2014, gr. in-8°,  576 pp, 6 pl. de photos hors texte, 6 cartes, 2 illustrations dans le texte, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La mise en place de populations sémites ou considérées comme telles - en Afrique du Nord et dans les lisières septentrionales du Sahara, remonte à l'antiquité. De nombreuses communautés juives se rattachent au premier et au deuxième Temples. Unis devant l'oppression romaine, Juifs et Berbères opèrent un rapprochement tactique qui inscrit leur résistance dans la durée et facilite d'importants transferts culturels qui ne justifient pas, cependant, la théorie de la sémitisation ou de la judaïsation des Berbères. Les communautés juives installées au nord et au coeur du Sahara ne participent, du IXe au XIVe siècle, au commerce transsaharien, que par la redistribution des produits soudanais en Afrique du Nord et au-delà. Aux XIVe et XVe siècles, leur implication dans ce commerce est intense, avant que l'Askya Mohamed ne brise nette une dynamique qui ne se remettra en place qu'aux XVIIIe-XIXe siècles. Aussi, en liaison avec le commerce transsaharien, retrouve-t-on des communautés juives ou des commerçants juifs présents, avec des fortunes diverses et à des périodes différentes, dans le Sahara mauritanien, la boucle du Niger et un peu partout dans le Sahel ouest-africain. Le commerce aidant, les transferts et les échanges culturels sont nombreux et féconds, amenant l'historien à déceler dans la question des origines sémitiques, de la judéité ou de la judaïsation de peuples sahariens ou soudanais une part non négligeable de réappropriation de mythes bibliques et de rattachements à l'islam, par une subtile réécriture de l'histoire.

6.                  BACH-THAI (Jean). Chronologie des Relations Internationales de 1870 à nos jours.  P., Editions des Relations internationales,  1957, in-8°,  275 pp, préface de Charles Rousseau, avant-propos de Jean-Marie Mérillon, broché, bon état

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"Diplômé de l'I.E.P. de Paris, l'auteur a pensé à ses successeurs des Instituts d'études politiques et leur propose cette chronologie pour les aider dans leur apprentissage des relations internationales. Il a sensiblement dépassé ce but modeste : l'outil qu'il a élaboré servira à de nombreux professeurs, diplomates, journalistes, car il est adroitement construit, bien présenté et très maniable." (Revue française de science politique, 1957)

7.                  BAYARD (Jean-Pierre). Sacres et couronnements royaux.  Guy Trédaniel, Editions de la Maisnie,  1984, gr. in-8°,  375 pp, un frontispice et 49 illustrations en noir et en couleurs sur 28 pl. hors texte, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"Les études sur l'institution monarchique dans l'Ancienne France sont en plein renouveau. Le livre s'ouvre avec un chapitre sur les origines magiques de la royauté ; « Le Roi prêtre et chaman ». Quatre parties : l'histoire (avec une longue analyse du rituel), la symbolique, le pouvoir temporel et spirituel. L'ouvrage ne manque ni de mérite ni d'intérêt, mais son savoir n'a pas la rigueur et les exigences d'un historien de métier." (Emile Poulat, Archives de Sciences Sociales des Religions, 1985)

8.                  BEN ZVI (Isaac). Les Tribus dispersées. Précédé d'une étude de Léon Poliakof : « Du Marranisme ».  Editions de Minuit,  1959, in-12,  217 pp, préface de René Cassin, une carte sur double page, broché, couv. illustrée lég. salie, dos bruni, bon état (Coll. Aleph)

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Etude des communautés juives orientales. Certaines, "en marge", subsistant au Caucase, en Iran, en Afghanistan ; l'histoire quasi-légendaire des Juifs d'Arabie ; les Caraïtes, les Samaritains, et aussi cette étrange secte que sont les Sabbatéens de Turquie. — "Le Président de l'Etat d'Israël est en même temps un historien, qui a consacré sa vie à l'étude des communautés juives orientales. Celles-ci constituent en effet une partie non négligeable du Judaïsme mondial. Ce petit volume n'a pas la prétention de présenter le Judaïsme oriental dans son ensemble, mais simplement quelques aperçus sur différents groupes particulièrement typiques. Certains, bien que portant l'empreinte du milieu où ils se sont développés, ont conservé intacte la tradition juive orientale. Tels sont les juifs vivant dans le Sud de l'URSS : Géorgie, Daghestan, Crimée, Boukharie. D'autres, par suite de pression exercée sur eux par le milieu musulman ambiant, ont cédé sur l'essentiel, mais conservent encore la conscience nette d'une origine juive, par exemple, les tribus judéo-afghanes, les Marranes de Meched et les Fils de Benjamin en Perse, les Juifs de Khaibar en Arabie, les Sabbatéens de Turquie. Enfin certains descendants des grands mouvements dissidents du Judaïsme ancien ont réussi à survivre en conservant leur propre tradition, tels les Caraïtes ou les Samaritains. A cet ensemble s'ajoute une étude de Léon Poliakov sur les Marranes d'Espagne. L'ouvrage a l'avantage de mettre en relief la diversité des courants qu'on découvre dans le Judaïsme sous son apparence monolithique et de donner un échantillon des nuances que peut prendre chez lui la « double appartenance » à l'Islam ou au Christianisme en même temps qu'au Judaïsme." (Archives de Sciences Sociales des Religions, 1961) — "La brève étude de L. Poliakov constitue une définition du « Marrane », ou Juif honteux, dans l'Europe médiévale et moderne. I. Ben Zvi étudie ensuite les différentes communautés juives éparses en Orient, de l'URSS à l'Arabie, de la Turquie à l'Afghanistan, et donne pour chacune d'elles les grands traits de son histoire avant d'envisager sa situation actuelle." (Revue française de science politique, 1961)

9.                  BENVENISTE (Emile). Problèmes de linguistique générale.  Gallimard,  1985-1986, 2 vol. gr. in-12,  (6)-356 et 286 pp, index, brochés, bon état (Coll. Tel)

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"Ces études apportent dans leur ensemble, et chacune pour soi, une contribution à la grande problématique du langage qui s'énonce dans les principaux thèmes traités : on y envisage les relations entre le biologique et le culturel, entre la subjectivité et la socialité, entre le signe et l'objet, entre le symbole et la pensée, et aussi les problèmes de l'analyse intralinguistique." (E. B.) — Le second volume réunit vingt études importantes parues de 1965 à 1972 qui complètent une vaste introduction à une problématique du langage.

10.              BOLOGNE (Jean Claude). Histoire du célibat et des célibataires.  Fayard,  2004, gr. in-8°,  525 pp, 16 pl. de gravures en noir et en couleurs, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Longtemps le célibat a été une condition transitoire, une situation d'attente, avant la consécration qu'apportaient le mariage et la procréation, sauf bien entendu dans le cas du célibat ecclésiastique. S'il persistait, il devenait synonyme d'échec ou de libertinage. Mais ce célibat sulfureux peut aussi devenir une composante de certains métiers : domestiques, soldats, artistes sont souvent voués au célibat. Bientôt, le travail des femmes consacrera urne nouvelle sorte de célibataires, des femmes actives soucieuses de leur indépendance. Les modifications de la famille vont ainsi retentir sur les représentations et les réalités du célibat : celui-ci ne réalise-t-il pas une forme d'aboutissement de l'individu moderne ? C'est en tout cas devenu un mode de vie assumé, un marché aussi, qui s'est développé de manière spectaculaire ces dernières années. Mais, disponibilité au grand amour ou échec d'une relation durable, le célibat reste sans doute affecté d'une ambiguïté constitutive.

11.              BONNEROT (Jean). Les Routes de France.  P., Henri Laurens,  1921, gr. in-8°,  167 pp, 48 gravures (36 planches hors texte et 12 photos dans le texte), broché, bon état (Coll. Les Evocations françaises)

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"On trouvera dans ce volume non pas la description détaillée du réseau des routes ni le récit documenté des transformations qu'elles ont subies au cours des siècles, mais un aperçu sommaire et coloré de leurs destinées ; du rôle qu'elles ont joué et qu'elles jouent encore dans la vie nationale. L'auteur connaît à merveille son sujet et il n'aurait pas eu de peine à transformer cette esquisse en un traité d'amples proportions et de solide érudition. S'adressant au grand public, il s'est borné à choisir quelques faits essentiels et quelques illustrations caractéristiques dont son commentaire fait ressortir l'intérêt et la portée. Depuis les premiers sentiers tracés à l'époque préhistorique au travers des forêts jusqu'aux voies ferrées de nos jours, il montre comment les hommes, les produits, les idées ont circulé ; il évoque tour à tour  les voies romaines rayonnant autour de Lyon, les chemins du moyen âge suivis par les pèlerins et les héros des chansons de geste, les marchands allant de foire en foire et les armées en campagne, les pavés du roi sur lesquels les diligences roulaient à grand fracas ; il n'oublie pas les rivières et canaux, ces chemins qui marchent, ni les voies sacrées de la grande guerre, bordées de tombes. La route a été mêlée à tous les événements importants de notre passé. Le livre de M. Bonnerot nous donne comme un raccourci de l'histoire même de la France, considérée du point de vue spécial de l'évolution des moyens de communication." (Maurice Besnier, Journal des Savants) — "Si nous sommes en humeur de rêver à ces routes merveilleuses de la soie, de l'ambre et de l'étain tracées jadis par les marchands orientaux à travers la forêt primitive ; aux innombrables pistes gauloises, tranchées plus tard par le tracé rectiligne des larges voies romaines ; aux chemins de pèlerins que les cathédrales jalonnaient comme des reposoirs ; aux destinées des villes grandissant autour d'un gué, d'un bac, d'un pont, d'un port; au piétinement de tant d'invasions sur les chaussées lorraines ou picardes ; au charme accueillant des vieilles hôtelleries le long du pavé du Roi ; aux diligences, aux malles-postes sonores, il faut lire ce livre, illustré de belles photographies. Il est plein d'un grand amour pour notre pays, et l'on surprend à tout instant dans le style frémissant de l'écrivain la trace d'un souvenir personnel." (R. Cohen, Revue Historique, 1922)

12.              BUNNI (Joe). Plus ou moins 5 mètres.  SOS Océans,  2011, in-4° à l'italienne (23,2 × 33,5 × 5,6 cm),  548 pp, préface de Albert II de Monaco, très nombreuses photos en couleurs, reliure demi-toile de l'éditeur, plats cartonnés illustrés, emboîtage cartonné illustré, livre en très bon état, emboîtage lég. abîmé, exemplaire enricho d'un envoi a.s. de l'auteur photographe

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Joe Bunni, né en 1955, docteur en chirurgie dentaire, photographe depuis son plus jeune âge, pratique la plongée depuis plus de vingt-cinq ans. Dès ses premières plongées, il a emporté son appareil photo au cours de ses escapades sous- marines. Dans cet ouvrage de 700 photographies prises parfois dans des conditions extrêmes, le photographe nous montre dans une féerie de couleurs les merveilles animales situées à 5 mètres au-dessus et en dessous du niveau de la mer, des espèces rares et menacées que chacun peut observer avec beaucoup de chance, de patience et un simple masque. L'auteur a invité quatorze écrivains du monde, qui chacun, ont pris en charge la rédaction d'un chapitre. Leurs contributions poétiques sont traduites dans les quatorze langues qui architecturent l'ouvrage. Joe Bunni a créé l'association SOS Océans pour la sauvegarde des mers et la sensibilisation du grand public à leur préservation. Il vit sa passion tout en tirant lui aussi le signal d'alarme et essaie, avec détermination et par tous les moyens, de susciter une prise de conscience de la menace qui pèse sur notre planète bleue. Auteur de Impressionniste de l'Océan (2007), il a récemment remporté le prestigieux prix BBC Veolia environment (Wildlife Photographer of the Year 2011 Catégorie mammifères) avec Sa Majesté L'Ours Polaire (couverture).

13.              CALLOT (Jean-Pierre). Histoire de l'Ecole Polytechnique. Ses légendes, ses traditions, sa gloire.  Stock,  1975, in-8°,  240 pp, broché, bon état

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La première édition de cette histoire de l’Ecole Polytechnique, publiée en 1958 connut un considérable et immédiat succès. Epuisée depuis longtemps, elle est maintenant introuvable en librairie. Sa réédition – limitée à la première partie proprement historique, donc toujours actuelle – se trouve éclairée aujourd’hui par des éléments nouveaux. L’Ecole doit, en effet, être bientôt transférée hors de Paris et ce départ prend une allure d’exil. Quels avantages pourront y trouver les nouveaux élèves ? Paris – victime de sa circulation trop dense pour ses rues, de sa population trop nombreuse pour un territoire trop exigu -, trouvera-t-il, pour autant, dans le simple déplacement à la campagne des bâtiments de l’Ecole Polytechnique le soulagement et le mieux être auquel aspirent tous ses habitants. A l’origine, l’Histoire de l’École Polytechnique n’avait pas été écrite pour ouvrir ou nourrir une polémique. Sa réédition ne l’est pas non plus. Mais elle permettra, nous le souhaitons, d’attirer l’attention des Français sur une transformation qui marquerait une date nouvelle et capitale de son histoire.

14.              CHASTEL (André). L'Art italien.  Larousse,  1956, 2 vol. in-12,  270 et 338 pp, 128 planches hors texte, 43 figures au trait, 3 cartes, biblio, index topographique, index des artistes, brochés, jaquettes illustrées, qqs rares soulignures stylo sur 5 pages, bon état (Coll. Arts, styles et techniques)

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"La librairie Larousse lance à son tour, en deux petits volumes très denses, très pleins de choses et d'idées – aérés du reste, illustrés de nombreux croquis au trait et de hors-texte en noir fort ingénieusement choisis – une histoire complète de l'art italien, de toutes les formes de l'art italien (architecture, sculpture, peinture, etc.) et qui couvre, en deux volumes de format très maniable, tout le champ d'une activité singulièrement variée et attachante. Quant à la valeur du texte, j'aurais tout dit en nommant son auteur, André Chastel, l'un des meilleurs connaisseurs de l'art italien pris dans sa totalité : de l'art des Catacombes au futurisme. C'est précisément ce caractère « complet » de l'ouvrage qu'il faut tout d'abord souligner. Nous avions, nous avons des livres, gros ou petits sur telle période de la peinture, de la sculpture, de l'architecture, du théâtre, de l'art des jardins en Italie. André Chastel nous dote d'une somme. Et comme il est tout autre chose qu'un compilateur, on s'en doute, dans cette somme tout s'éclaire par tout. Tout se tient. Tout s'explique. (...) Il faut remercier André Chastel – dont on sait l'aptitude à traiter des sujets difficiles et philosophiques – d'avoir donné ses soins à un pareil ouvrage. Je n'hésite pas à dire qu'il doit être, pour vérification, sous la main de tous ceux qui aiment et connaissent l'art italien – de même qu'il doit être dans la poche de tous les visiteurs intelligents de la péninsule et figurer sur les rayons de tous les étudiants, de tous les apprentis." (Lucien Febvre, Annales ESC, 1961)

15.              CHAUPRADE (Aymeric). Chronique du choc des civilisations.  Chronique Editions,  2011, in-4°,  255 pp, nouvelle édition revue et augmentée, 297 photos  et 32 cartes en couleurs, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Des attentats du 11 septembre 2001 aux révolutions arabes du printemps 2011, en passant par l'expansion planétaire de la Chine, le retour de la puissance russe et les réveils africains et latino-américains, ou bien encore le défi migratoire mondial et la fin d'Oussama Ben Laden, les événements géopolitiques se bousculent et l'on assiste à la naissance d'un nouveau monde multipolaire, riche d'espoirs comme de menaces. A travers des photographies souvent spectaculaires, des cartes explicatives et des textes accessibles à tous, ce livre présente un décryptage unique de l'actualité et une analyse des événements replacée dans le temps long de l'histoire. Une véritable grille de lecture du monde actuel éclairant les luttes implacables des relations internationales.

16.              CHAUVET (Paul). Les Ouvriers du Livre en France. (Thèse).  P., PUF et Marcel  Rivière,  1959-1964, 2 forts vol. in-8°,  xiv-542 et ix-717 pp, avant-propos de A. Prudhomme et M.-A. Bernard, et de Edouard Ehni, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état

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1. Des origines à la Révolution de 1789. – "La documentation mise en œuvre était, pour qui voulait étudier l'histoire du mouvement ouvrier, à peu près unique à notre connaissance : outre les textes, déjà étudiés pour la plupart par Henri Hauser en ce qui concerne le XVIe siècle, on dispose en effet pour les XVIIe et XVIIIe siècles des archives de la communauté des libraires et imprimeurs, dont les registres sont extrêmement bien tenus ainsi que des archives de l'Inspection de la Librairie et des enquêtes prescrites régulièrement par celles-ci sur l'état des imprimeries et des librairies ; c'est dire que la carrière de chaque compagnon, de chaque apprenti peut être suivie, que chaque grève, chaque « débrayage », sans compter chaque procès, a laissé des traces. Nous ne pouvons pas analyser ici tout ce que M. Chauvet a tiré de cette documentation. Bornons-nous à dire que ce qui nous a le plus frappé dans son livre, c'est de voir comment un petit groupe d'ouvriers qui n'excédait sûrement pas le millier à Paris ou à Lyon et qui était réparti dans de nombreux ateliers, parvint rapidement à se forger ce qu'on pourrait appeler une « conscience de classe ». Non seulement au XVIe siècle, mais au XVIIe, voire au XVIIIe, en dépit de tout l'appareil créé par Colbert pour maintenir l'ordre, les procès se multiplient et les grèves sont nombreuses ; les compagnons n'ont le droit de faire ni « bourse commune », ni « société », ni « assemblée ». Et, pourtant, c'est en 1677 seulement que la police réussit à saisir les archives de la Confrérie après un siècle d'existence. Dans cette lutte, il arrive aux typographes de trouver des appuis : les compagnons d'autres métiers parfois, les soldats des gardes, également les moines de Saint-Jean de Latran qui abritent leurs assemblées et surtout, dans une certaine mesure, le Parlement qui prend souvent en considération les demandes ouvrières, et leur donne quelquefois satisfaction partiellement, contrairement à ce que fait le pouvoir royal. Tout cela est conté par M. Chauvet avec verve et même avec passion. Ajoutons qu'il a eu l'heureuse idée de consacrer aux ouvriers de métiers annexes (fondeurs de caractères, imprimeurs en taille-douce, relieurs, colporteurs) une série de chapitres fort instructifs et souvent neufs." (H.-J. Martin, Annales ESC, 1960) — 2. De 1789 à la Constitution de la Fédération du Livre (1881). – "A le dépouiller attentivement, le livre de M. Paul Chauvet constitue, par l'énorme documentation, une somme, fort utile, de références d'histoire ouvrière certes, mais aussi d'histoire de l'imprimerie et de la presse, de 1789 à 1881, d'autant plus que, ne se limitant pas à Paris, il comporte un important chapitre provincial, où figurent Lyon, Nantes, Marseille, Toulon, Rouen, Troyes, Dijon et, au moins, une vingtaine d'autres villes encore." (Paul Leuilliot, Annales ESC)

17.              CHOLVY (Gérard). La religion en France de la fin du XVIIIe siècle à nos jours.  Hachette,  1991, in-8°,  219 pp, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"... Les deux premiers chapitres présentent le choc de la Révolution et les années 1810-1840 ; le septième traite du renouveau du catholicisme français entre 1935 et 1965 ; le dixième et dernier porte sur les années 1965-1990 ; restent six chapitres thématiques couvrant les deux siècles. Les inévitables redites qu'entraîne une telle démarche sont largement compensées par le fait que les thèses défendues depuis longtemps par G. Cholvy s'en trouvent mieux mises en évidence. On le voit bien dans le chapitre 4, qui souligne le poids des rapports complexes d'impulsion et de suspicion, de recours et de rejet, entre Rome et le catholicisme français. On le voit mieux encore dans le chapitre 8 : « La France déchristianisée ? ». L'auteur y oppose au schéma linéaire de sécularisation l'alternance de flux et de reflux du sentiment religieux, et il met en évidence des « frontières religieuses stables » sur la longue durée. On reconnaîtra volontiers qu'en matière de pratique religieuse « la variable régionale prime » (p. 128), et que l'appartenance sociale est à cet égard un moindre discriminant..." (Yvon Tranvouez, Vingtième Siècle, revue d'histoire, 1992)

18.              CIXOUS (Hélène), Madeleine GAGNON, Annie LECLERC. La Venue à l'écriture.  P., Union Générale d'Editions,  1977, in-12,  152 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. 10/18, série Féminin Futur). Edition originale

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19.              Collectif. Le Père Jacques Sevin : aux sources du scoutisme et de la Sainte-Croix de Jérusalem. Par la Congrégation de la Sainte-Croix de Jérusalem.  P., Fondation des Orphelins apprentis d'Auteuil,  1986, in-4°,  96 pp, 213 photos et documents en noir et en couleurs, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Le prêtre jésuite Jacques Sevin (1882-1951) est un des cofondateurs en 1920 avec le chanoine Cornette et d'autres des Scouts de France. Il créera également l’Office International des Scouts catholiques. — C’est en 1911 que le scoutisme apparaît en France, quatre ans après sa fondation par Baden-Powell le 29 juillet 1907 sur l’île de Brownsea, dans le Dorsetshire (Angleterre). Les deux premiers mouvements scouts créés dans notre pays sont les Éclaireurs unionistes, mouvement protestant, et les Éclaireurs de France, mouvement neutre sur le plan religieux. En dehors de quelques individualités, tel Marc Sangnier (1873-1950, journaliste et homme politique), le monde catholique reste à l’écart de la dynamique du scoutisme qui touche au total 15.000 jeunes en France en 1914. Dans une société française très marquée par la loi de séparation des Églises et de l’État (1905), les catholiques sont méfiants envers cette nouveauté. Elle vient de Grande-Bretagne, ennemie héréditaire. Elle est promue par un général anglican. Celui-ci développe de surprenantes conceptions éducatives, fondées sur le  jeu, la nature, la vie en équipes, une loi et une promesse, sous-tendues par une conception optimiste de l’existence et des relations humaines, le tout dans une perspective interreligieuse. En effet, pour Baden-Powell, si le scout doit absolument avoir une religion, peu importe laquelle. Le Révérend-Père Jacques Sevin va faire comprendre au monde catholique français, puis international, l’importance et l’intérêt que présente la méthode éducative de Baden-Powell. À l’été 1920, il est, avec quelques autres précurseurs – le chanoine Antoine Cornette, Paul Coze et Édouard de Macédo – à l‘origine de la création d’une association de scouts catholiques : les Scouts de France. C'est les débuts du scoutisme catholique en France. (Jean-Jacques Gauthé)

20.              COORNAERT (Emile). Les Corporations en France avant 1789.  Editions Ouvrières,  1968, gr. in-8°,  316 pp, 2e édition revue et augmentée, 4 planches hors texte, index, broché, jaquette illustrée (lég. abîmée), bon état

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"... Il s'agit d'une vue d'ensemble dont les détails sont parfaitement connus de l'auteur qui a fait sur ce vaste sujet nombre de recherches personnelles. Dans sa première partie, M. Coornaert se demande ce qu'il faut entendre par corporation, et il ne manque pas de mettre l'accent sur le fait que, lorsque l'on y regarde d'un peu près, ces vieilles associations, désignées au XVIIIe siècle de ce nom nouveau de corporation, venu d'Angleterre, échappent à toute définition rigoureuse. Les prenant alors non pas comme il serait plus commode qu'elles eussent été, mais comme elles ont été en réalité, il les suit dans toute la variété mouvante de leurs aspects depuis leurs origines, au XIe siècle, semble-t-il, jusqu'à la Révolution qui les a fait disparaître, et c'est l'objet de la deuxième partie. Dans la troisième et dernière, l'auteur dégage les caractères permanents des métiers organisés, s'expliquant successivement sur l'organisation intérieure des métiers, des confréries, des compagnonnages, sur leur rôle économique et social, sur les conditions générales du travail et les rapports entre travailleurs... Tel est le plan de ce livre très clair, très instructif et très vivant..." (Charles Samaran, Bibliothèque de l'école des chartes, 1943)

21.              DELPIERRE (Madeleine). Secrets d'élégance 1750-1950.  P., Musée de la mode et du costume,  1978, gr. in-8° carré,  61 pp, 367 corsets, jupons, déshabillés, etc. décrits, 36 gravures et photos dans le texte dont 8 à pleine page, broché, couv. illustrée, bon état

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Un chapitre loin d'être négligeable de l'histoire du costume : les fanfreluches d'antan ; ces secrets d'élégance qu'étaient autrefois les artifices et les parures dissimulés sous les toilettes ou réservés à l'intimité de l'appartement. — Table : Le modelage de la silhouette ; Le linge de corps et les sous-vêtements ; Le déshabillé ; Les bas ; Accessoires ; Métiers et commerces, avec 367 numéros décrits (Catalogue de l'exposition au Musée de la mode et du costume, Paris, décembre 1978-avril 1979, rédigé par Madeleine Delpierre, avec le concours de Fabienne Falluel).

22.              DONTENVILLE (Henri). Les Dits et récits de mythologie française.  Payot,  1950, in-8°,  255 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

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"Les farfadets, les géants, les fées... M. Henri Dontenville croira sans peine que la lecture de son livre réveille les légendes dont se consolaient les hommes au pays du Berry. On y est proche de la Brenne, semée des mottes de terre que Gargantua a laissées, peu éloigné de la Touraine, où Rabelais l'a recueilli. Le merveilleux n'y est pas celui de la Bretagne, qui tourne toujours autour de l'horreur de la mort. Les esprits y sont malins, pratiques, prompts à berner des paysans à l'esprit un peu lent. M. Henri Dontenville veut que derrière ces créatures de l'imagination il y ait eu toujours le diable. Si je l'ai compris convenablement il serait de l'opinion de Michelet dans "la Sorcière", pour qui le lutin empressé à soulager de ses plus grosses tâches la pauvre paysanne du moyen âge, quitte à la conduire ensuite au sabbat, était la consolation, le refuge d'êtres accablés. Le lecteur profane pensera que l'érudition est utile, mais qu'elle n'est pas indispensable. Il prendra autant de plaisir à lire l'histoire de "la chasse Arthur" et les prouesses contées en marge des chroniques de Gargantua." (Le Monde, 10 mars 1951) — Table : La chasse Arthur ; Le prince Belin ; Le vroye Gargantua ; Histoires de Gargantua ; La Gargouille et la Tarasque ; Quelques contes de Fées ; La serpente Mélusine ; Le premier cheval Bayard ; Garous ; Farfadets.

23.              DUGUIT (L.), H. MONNIER, R. BONNARD. Les Constitutions et les principales lois politiques de la France depuis 1789.  P., Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence,  1952, fort in-8°,  lxxvi-705 pp, septième édition par Georges Berlia, broché, bon état

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Le meilleur recueil de constitutions et de textes constitutionnels français, depuis la Révolution de 1789, et le plus complet. — "Le classique recueil de Duguit et Monnier est un instrument de travail trop connu des historiens pour il soit besoin d'en vanter les mérites. La signature de notre collègue Berlia qui en présente la septième édition suffit pour nous garantir que celle-ci est digne de ses devancières. Il est évidemment regrettable que les difficultés matérielles de l'édition aient entraîné la disparition des notices historiques. En revanche, et puisqu'il fallait choisir, on appréciera la large place faite aux textes postérieurs à 1940, qui remplissent presque la moitié du volume. L'histoire constitutionnelle, si mouvementée, des gouvernements de Vichy, de Londres et d'Alger, peut être ainsi commodément suivie sur pièces. La Constitution de la IVe République se trouve tout naturellement complétée par les les lois, décrets et circulaires nécessaires à sa mise en oeuvre, jusqu'à et y compris la loi électorale de 1951. Deux tables très détaillées, qui n'occupent pas moins de 76 pages, donnent l'inventaire analytique et chronologique des matières et achèvent de faire de ce recueil un outil de haute valeur scientifique et pratique." (François Le Roy, Revue française de science politique, 1954)

24.              DUMONS (Bruno). Les « saints de la République ». Les décorés de la Légion d’Honneur (1870-1940).  P., La Boutique de l'Histoire,  2009, gr. in-8°,  507 pp, 5 illustrations, 4 cartes, 22 graphiques, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"En 1802, Napoléon Bonaparte crée la Légion d’Honneur, « décoration nationale », pour permettre aux autorités de l’État de distinguer le mérite des hommes qui le servent. Décoration avant tout militaire, la Légion d’Honneur prend sous la Troisième République un ton de reconnaissance de l’adhésion aux valeurs républicaines, aux engagements civiques, bref elle devient une arme politique. Bruno Dumons écrit une histoire sociale de cette décoration, depuis la demande pour devenir chevalier jusqu’à la décision du président de la République en passant par les questionnaires remplis par les postulants, par les interventions variées et par l’examen des contextes sociopolitiques explicatifs des attributions. Judicieusement, plutôt que de mener une enquête sur le plan national, il préfère se limiter à deux départements, pourvus de nombreuses études, la Saône-et-Loire et le Var, sur lesquels il a déjà travaillé. L’ouvrage ne comporte pas de bibliographie, mais les notes permettent de la reconstituer. (...) Cette belle étude nous fait pénétrer au cœur de la société française sous la Troisième République. Elle mêle érudition et grandes interprétations générales d’une période où l’idée républicaine s’ancre." (Jacques Girault, Le Mouvement Social, 2012)

25.              DVORNIK (Francis). Les Slaves. Histoire et civilisation de l'Antiquité aux débuts de l'époque contemporaine.  Seuil,  1986, fort in-8°,  1196 pp, traduit de l'anglais, 22 cartes, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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L'Europe de l'Est, des origines à nos jours, voit son destin se débattre entre des peuples et des cultures qui sont mal connues de l'Occident. Le grand historien Francis Dvornik (1893-1975), qui fut professeur à Harvard après l'avoir été à l'université de Prague, donne ici la synthèse de ses propres recherches consacrées à tous les aspects de l'histoire de cette partie du monde en même temps que des travaux originaux qui lui ont été consacrés, dans toutes les langues, depuis cinquante ans. Des civilisations les plus primitives que l'archéologie et la linguistique permettent depuis peu d'éclairer, jusqu'au seuil de l'époque contemporaine dont les drames politiques sont conditionnés à tant d'égards par les rapports historiques noués entre les différents peuples slaves ainsi qu'avec l'Occident germanique ou latin, voici l'immense panorama d'un univers si proche et si complexe.

26.              ERCEVILLE (S.-M. d'). De Port-Royal à Rome. Histoire des sœurs de Sainte-Marie.  La Colombe,  1956, in-8°,  200 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, notes, index, broché, couv. illustrée, qqs rares soulignures crayon, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)

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"C'est une bien curieuse histoire que nous conte Simone-Marie d'Erceville : les avatars de la congrégation (ou plutôt la pieuse association sans voeux), la communauté de Ste Marthe qui succéda aux religieuses de Port-Royal et eut jusqu'en 1880 la charge de plusieurs hôpitaux parisiens. Ces bonnes filles restent passionnément attachées au jansénisme : en 1880 encore, la supérieure générale écrit au Directeur de l'Assistance publique que sa communauté « n'a jamais pu accepter les nouveaux dogmes que l'Église moderne impose à la foi catholique » ; elles refusent la supériorité de l'archevêque de Paris. La dernière survivante de cette communauté ne mourra qu'en 1918. A partir de 1843 une partie de la communauté se rallia à l'Église romaine et fonda une nouvelle congrégation, les religieuses de Sainte Marie, qui est prospère, et dont Mme d'Erceville nous décrit l'histoire, dans le détail." (Revue Etudes, 1958)

27.              FABIANI (Jean-Noël). Ces histoires insolites qui ont fait la médecine.  Plon,  2011, in-8°,  249 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Les chirurgiens oublient souvent qu'ils doivent leur profession à un certain Félix, barbier de son état, qui, appelé en dernier recours par les médecins, est parvenu à guérir en 1686 la fistule anale du Roi-Soleil. A sa demande, le souverain institua la chirurgie comme un métier à part entière, dès lors séparé de la « barberie ». Qui ne sait aujourd'hui que se laver les mains est le moyen le plus simple d'éviter la contagion ? Pourtant, en 1850, Ignace Semmelweis a subi toutes les avanies du monde pour avoir supplié ses confrères de bien vouloir respecter cette règle d'hygiène évidente afin de sauver les jeunes femmes qui mouraient les unes après les autres d'infections dans les suites de couches. Sont également présentés dans cet ouvrage les acteurs d'une immense fresque : Horace Wells qui découvre l'anesthésie mais qui finit par se suicider en prison en se tranchant sans douleur l'artère fémorale grâce au chloroforme ; le baron Larrey qui ampute jusqu'à l'épuisement les blessés le soir de la bataille d'Eylau ; ou bien le vieil Hippocrate qui rédige, en pensant aux dernières paroles de Socrate, une profession de foi que tous les médecins répètent encore deux millénaires plus tard… C'est à ce grand voyage à travers l'histoire de la médecine que nous convie ce livre. — "Ce livre est écrit par un chirurgien cardiaque, longtemps en charge de l’enseignement de l’histoire de la médecine à l’université Paris Descartes. A la manière des écrits du docteur Cabanès dans les années 1930, l’ouvrage présente avec humour de multiples « petites histoires » liées aux grands champs de le médecine et de la chirurgie, comme les amputations de Larrey, les gants de Halstedt, le combat de Semmelweis... On y trouve notamment un développement en deux parties très instructif sur les chirurgiens-barbiers et la naissance du métier de chirurgien à l’occasion de l’histoire des dissections de Vésale et de la fistule anale du Roi Soleil." (Jacques Hotton)

28.              FEUILLET (Octave). Vie de Polichinelle et ses nombreuses aventures. Illustré par Bertall.  P., Education et Récréation J. Hetzel et Cie,  s.d. (1878), pt in-8°,  112 pp, un frontispice, une petite gravure sur la page de titre et 86 gravures de Bertall dans le texte, reliure toile grise à motifs noirs et blancs, dos lisse, pièce d'auteur basane carmin et pièce de titre basane bleue, tête dorée, couv. illustrée conservée (rel. fin XIXe), pièces d'auteur et de titre et coiffes lég. frottées, bon état

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Deuxième titre de la "Petite Bibliothèque Blanche". Dans cette nouvelle collection lancée en 1878, Hetzel rééditera les 18 titres du "Nouveau Magasin des Enfants" et ajoutera de nombreux autres titres (la collection complète en comprendra 82). Octave Feuillet se sert ici d'un personnage populaire pour "composer autour de lui, une fiction nouvelle. Le procédé ne manque pas de saveur, car l'histoire ainsi contée bénéficie de la faveur acquise auparavant par une figure bien connue" (Trigon, Histoire de la Littérature enfantine, p. 64). D'après Laffont-Bompiani, Octave Feuillet obtint par ses aimables comédies un grand succès auprès de la Cour de l'Impératrice Eugénie, ce qui lui valut le surnom de "Musset des Familles".

29.              FLEG (Edmond). Moïse. Suivi de : Salomon.  Gallimard,  1928 et 1930, 2 vol. in-12,  249 et 268 pp, une photo d'une sculpture de Moïse en frontispice du “Moïse”, les 2 ouvrages reliés ensemble en un fort volume demi-percale bleue, dos lisse avec pièce de titre basane carmin, fleuron et double filetdorés, 1er plat de couv. du “Moïse” conservé (rel. de l'époque), bon état (Coll. La Légende d'Israël, 1 et 2)

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Moïse : Depuis toujours les érudits, historiens des religions et exégètes s'attachent à mieux connaître Moïse. Edmond Fleg (1874-1963) a recueilli leurs récits dispersés dans l'océan du Talmud. Regroupant, refondant, repensant ces paroles à la fois spirituelles, morales et poétiques, il nous transmet, à travers cette biographie légendaire, l'image d'un Moïse toujours vivant, prophète pour notre temps.— Salomon : "L'étude critique de quelques textes sacrés fournit des données plus que suffisantes aux historiens qui se proposent d'écrire scientifiquement la Vie de Salomon.(...) Sans rechercher si ce Salomon historique est ou non plus vrai que le Salomon biblique, je veux seulement remarquer ici qu'il existe un troisième, le Salomon légendaire, sur lequel nous possédons des documents encore plus étendus et plus variés que sur aucun des deux autres. Nul personnage, en effet, n'a plus intrigué la fantaisie populaire que le roi en qui la tradition d'Israël veut reconnaître l'auteur du Cantique des Cantiques, du Livre des Proverbes et de l'Ecclésiaste. (...) Salomon représente ici comme un Faust, à la fois hébraïque et universel, dont la vie résume, en l'amplifiant, toute l'expérience humaine."

30.              FOUDRAS (Marquis Théodore de). Chasseurs du temps passé.  Pygmalion,  1985, in-8°,  (10)-271 pp, précédé d'une notice bigraphique sur le marquis de Foudras et M. le curé de Chapaize, un portrait de Foudras (1800-1872), reliure pleine toile citrouille de l'éditeur, dos lisse orné, encadrement et illustration dorés au 1er plat, jaquette illustrée, bon état (Coll. Les Grands Maîtres de la Chasse et de la Vénerie)

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Réimpression de l'édition originale de 1910 (Thiébaud, 416), augmentée d'une courte préface. A travers ces cinq textes, Foudras livre ses thèmes favoris et se fait l'avocat de la chasse comme remèdes aux peines de coeur. On retrouve ainsi la fidélité et l'abnégation des bons chiens et du personnel de la vénerie, la vraie sérénité des passionnés, la critique de la société issue de la Révolution, la vie rude des habitants des forêts, la fougue des veneurs invétérés, la fascination pour les femmes chasseresses et la défense de la province française.

31.              FRANKLIN (Alfred). Les Chirurgiens. La Vie privée d'autrefois. Arts et métiers, modes, moeurs, usages des Parisiens du XIIe au XIIIe siècle, d'après des documents originaux ou inédits.  Plon,   1893, in-12,  xii-301 pp, 12 gravures dont 11 hors texte, broché, 8 pages roussies, bon état

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"M. Franklin raconte dans ce volume les débuts des chirurgiens, débuts très modestes puisqu'ils ne sont d'abord que de simples artisans, et leurs luttes contre les barbiers, luttes séculaires qui remplirent les XIIIе, XIVe et XVe siècles, luttes fratricides aussi, puisque barbiers et chirurgiens furent longtemps confondus en un seul métier. Avec le XVIe siècle commence la grande rivalité des chirurgiens et des médecins, que l'auteur nous résume d'une façon fort intéressante. Longtemps les médecins l'emportèrent. Mais l'heureuse issue de la fameuse opération faite à Louis XIV en 1686, et qui fit nommer cette année l'année de la fistule, décida finalement le succès des chirurgiens. Ils obtinrent en septembre 1699 des statuts les organisant à nouveau. Ils restaient cependant rattachés par certains côtés à la classe ouvrière. Ce n'est que le 23 avril 1743 qu'une déclaration royale vint définitivement les émanciper, les séparant des barbiers et les reconnaissant comme corps savant et libre d'enseigner à sa guise. On vit alors cesser le spectacle, légèrement ridicule, que la Faculté de médecine donnait depuis le XVIIe siècle à ses élèves : un médecin professeur parlant sans jamais toucher au cadavre ; un chirurgien juré, placé auprès de la chaire, faisant sans parler les opérations anatomiques. Des illustrations intéressantes, des pièces justificatives bien choisies complètent à merveille ce curieux petit volume." (Pierre Bonnassieux, Bibliothèque de l'École des chartes, 1895)

32.              GARINET (Jules). La Sorcellerie en France. Histoire de la magie jusqu'au XIXe siècle.  François Beauval,  1970, in-8°,  251 pp, un frontispice en couleurs et 10 gravures hors texte, reliure simili-cuir noir éditeur, bon état. Réimpression du livre publié en 1820

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Démons, Sabbat, la Magie au temps des Mérovingiens, des Carolingiens, des Capétiens, des Valois et des Bourbons.

33.              GIDE (Charles) et Charles RIST. Histoire des doctrines économiques depuis les physiocrates jusqu'à nos jours.  P., Librairie du Recueil Sirey,  1944, fort gr. in-8°,  xvii-896 pp, 6e édition revue et augmentée, index, broché, bon état

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"En mai 1909 a paru à la Librairie Larose et Ténin, à Paris, une Histoire des doctrines économiques depuis les physiocrates jusqu'à nos jours, qui nous semble d'une importance peu courante", écrivait Léon Walras en 1910 pour saluer la publication de cet ouvrage. Un siècle plus tard, le livre garde, entière, cette importance peu courante, qui en fit la figure de référence de tous les manuels d'histoire de la pensée économique publiés depuis lors. Charles Gide et Charles Rist y développent une vision ouverte de l'économie politique comme doctrine, qui replace l'analyse économique au coeur d'une réflexion plus générale sur la société.

34.              HUNKE (Sigrid). Le soleil d'Allah brille sur l'Occident. Notre héritage arabe.  Albin Michel,  1963, in-8°,  404 pp, traduit de l'allemand, broché, couv. à rabats lég. salie, bon état. Première édition française

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Ce que nous ont légué les Arabes. – "Alors que l'Europe se débattait dans un Moyen Age de conflits et de blocages, le monde arabe était le théâtre d'une admirable civilisation fondée sur les échanges économiques, intellectuels et spirituels. Dans toutes les disciplines – mathématiques, astronomie, médecine, architecture, musique et poésie –, les Arabes multiplièrent les plus prodigieuses réalisations. Venant d'Italie, de Sicile, d'Espagne et autres territoires soumis à la domination ou à l'influence arabe, passant par l'entremise de grands princes, comme Frédéric II de Hohenstaufen ou par le canal de nombreux voyageurs (négociants, pèlerins, croisés, étudiants), les réalisations de cette prestigieuse civilisation ont peu à peu gagné l'Europe où elles jouèrent un rôle déterminant dans l'éclosion de la civilisation occidentale. Sigrid Hunke brosse un tableau saisissant de cette rencontre entre l'Orient et l'Occident. L'influence décisive de la civilisation arabe sur celle de l'Europe – influence trop souvent passée sous silence, sinon ouvertement contestée – est enfin mise en pleine lumière." – "Christophe Colomb aurait-il redécouvert l’Amérique sans son astrolabe conçu et réalisé par les Arabes ? Les engins occidentaux auraient-ils atteint la planète Mars si, bien longtemps avant eux, des Arabes n’avaient cessé d’observer rigoureusement le ciel ? Dans la mesure où les progrès technologiques modernes s’inscrivent dans la longue chaîne des connaissances universelles, il est indéniable d’affirmer que les musulmans ont, à une époque, contribué à révéler de nouvelles découvertes scientifiques. Sigrid Hunke rend hommage à ces inventeurs de génie, trop longtemps ignorés des manuels scolaires et aujourd’hui encore souvent réduits au rôle de simples traducteurs des textes des Anciens. Son livre allie la richesse d’informations d’une encyclopédie à un style clair et vivant qui rend sa lecture fluide comme un roman."

35.              ISAAC (Jules). Genèse de l'antisémitisme. Essai historique.  Calmann-Lévy,  1956, in-8°,  352 pp, notes, broché, couv. lég abîmée avec pt morceau de scotch en haut du 1er plat, bon état (Coll. Liberté de l'esprit). Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier)

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"Le propos de Jules Isaac, développé d'abord dans Jésus et Israël (Albin Michel, 1948) et aujourd'hui dans Genèse de l'antisémitisme, est de montrer que le christianisme est le principal responsable des passions antisémites. Première étape : le procès des textes ; Jésus et Israël était une œuvre d'exégèse. Il s'agissait d'abord de cerner une certaine tradition antisémite d'origine théologique, pour la confronter ensuite avec les textes évangéliques eux-mêmes ; le caractère tendancieux et arbitraire des interprétations antisémites des livres était ainsi mis en lumière. Deuxième étape : le procès des actes ; Genèse de l'antisémitisme est une œuvre d'historien. Dépassant ce qu'il appelle « les sources cachées » de l'antisémisme, l'auteur se propose d'étudier « le courant d'infection » qui en découle, cet « enseignement du mépris » qui déposa dans les âmes sans défense une sorte d'horreur sacrée pour le Juif. Pour J. Isaac, l'antisémitisme chrétien est en effet « la souche puissante, millénaire, aux multiples et fortes racines, sur laquelle (dans le monde chrétien) sont venues se greffer toutes les autres variétés d'antisémitisme — même les plus opposées de nature, même anti-chrétiennes ». Pour rendre son réquisitoire irréfutable, J. Isaac doit d'abord répondre à un certain nombre d'objections. Celle-ci surtout, souvent invoquée par les avocats de l'Eglise : l'antisémitisme serait plus vieux de plusieurs siècles que le christianisme — qui n'en aurait ainsi ni le privilège ni l'initiative. Pour réfuter cette thèse de l'éternel antisémitisme, J. Isaac se reporte d'abord fort longuement à la période de l'Antiquité païenne. De ce pèlerinage aux sources, J. Isaac rapporte, nous dit-il, une certitude : l'apparition bien tardive de l'éternel anti­sémitisme. Il ne décèle une première vague d'antisémitisme qu'au dernier siècle avant Jésus-Christ, en Egypte et dans les grandes cités grecques — où il est la conséquence de l'antagonisme judéo-grec — la relève étant ensuite prise par Rome et l'Empire romain. Ayant ainsi réduit l'antisémitisme païen à ce qu'il estime être sa véritable importance, une importance minime, J. Isaac oppose ensuite antisémitisme païen et antisémitisme « chrétien », et il étudie ce dernier depuis l'avènement de l'Empire chrétien, jusqu'à la fin du premier millénaire. Autant l'antisémitisme païen lui paraît traduire une réaction spontanée — c'est-à-dire, à la limite presque excusable — autant l'antisémitisme chrétien lui paraît inexcusable, car officiel, systématique, cohérent : presque tous les Pères de l'Eglise participeraient alors à cette « entreprise de lapidation morale ». De cette « politique » antisémite de l'Eglise, J. Isaac analyse ensuite la mise en œuvre progressive, non sans indiquer que, de l'Orient byzantin à l'Occident chrétien, la condition des Juifs a profondément varié..." (Jean-Michel Royer, Nouvelles reflexions sur la question juive, dans la Revue française de science politique, 1958)

36.              JAMES (Emile). Histoire sommaire de la pensée économique.  Editions Montchrestien,  1955, gr. in-8°,  335 pp, broché, pt mque au dos, bon état

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"Ce précieux manuel, destiné à des étudiants de licence, est un ouvrage sans prétentions, mais non sans utilité. Sans être un spécialiste, on soupçonne tout l'effort de simplification qu'a demandé l'exposé des idées, souvent confuses ou alambiquées, de tant d'auteurs divers. Le mérite de M. James n'est donc pas mince. Tout en exposant les idées de certains théoriciens, M. James ne craint pas de formuler un jugement et de dire en quoi leurs analyses lui paraissent justes ou inadéquates. La première partie concerne l'époque antérieure à 1750. Puis sont passés en revue les classiques (Physiocrates, Adam Smith, Ricardo), les réactions qu'ils ont provoquées chez les premiers socialistes et de la part de l'école historique, les néo-classiques (Jevons, Walras, Marshall, les marginalistes autrichiens et américains). Un chapitre est consacré au XXe siècle et à la révolution keynésienne. "(Henri Lapeyre, Annales ESC)

37.              JARDIN (André). Histoire du Libéralisme politique, de la crise de l'absolutisme à la Constitution de 1875.  Hachette,  1985, gr. in-8°,  iii-437 pp, biblio, index, broché, bon état

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Si le mot "libéralisme" n'apparaît qu'en 1823, c'est dès le début du XVIIIe siècle que le combat libéral s'engage résolument en France, par réaction contre l'absolutisme monarchique. La Révolution de 1789, l'opposition à l'Empire, seraient en effet inconcevables sans l'esprit d'une idéologie qui, depuis Montesquieu, tente de subordonner l'organisation sociale et politique à l'épanouissement de l'individu. Pourtant, et malgré la pérennité de ses principes fondamentaux, le libéralisme échappe par sa diversité même à toute définition générale et permanente. C'est pourquoi ce livre est un livre de première importance, et qui vient combler une lacune de l'historiographie puisqu'il n'existait pas, à ce jour, d'ouvrage de fond sur la genèse de la France libérale. On trouvera donc, ici, les grands auteurs - comme Montesquieu, Voltaire, Constant ou Tocqueville, restitués avec précision dans leur contexte, ainsi que d'autres promoteurs du libéralisme, habituellement considérés comme mineurs, et qui voient leurs actions ressurgir sur la scène de l'Histoire à la faveur d'un éclairage inédit. Mais le livre d'André Jardin doit surtout son originalité à la méthode d'investigation et d'exposition mise en œuvre : il ne s'agit pas seulement d'une histoire des idées, ou des groupes sociaux qui les soutiennent, ou des institutions qui les incarnent, mais de tout cela à la fois. Cette synthèse, unique en son genre, devrait permettre de donner tout leur relief aux débats actuels sur les enjeux et les limites d'une "solution libérale" qui, déjà bicentenaire, n'en finit pas d'inspirer notre histoire immédiate.

38.              KISSINGER (Henry). Diplomatie.  Fayard,  1996, fort in-8°,  861 pp, traduit de l'anglais par Marie-France de Paloméra, 31 illustrations, 8 cartes, index, broché, bon état

            30

L'histoire mondiale de la diplomatie, du XVIIe siècle à nos jours. — "Embrassant quatre siècles d'histoire, Kissinger étire la longueur fibreuse des projets et des actions des (grands) hommes : Richelieu, Guillaume d'Orange devenu Guillaume III d'Angleterre, Pitt, Metternich, Bismarck. Autant de tapisseries diplomatiques dont il défait les trames complexes. Puis viennent, savamment expliquées, les catastrophes européennes de la première moitié de ce siècle : la guerre de 1914, les totalitarismes, la Seconde Guerre mondiale, la guerre froide. Le final porte sur la situation présente des Etats-Unis et la fonction contemporaine des alliances. Diplomatie ? Est-ce bien de cela qu'il s'agit ? On ne trouvera nulle part de véritable définition de ce terme. C'est de politique étrangère dont il est question, celle des Etats-Unis, au premier chef, et des principes nationaux qui la guident. Dès le départ, la diplomatie américaine est caractérisée comme étant foncièrement schizophrène parce que fondée sur une bipolarité qui oppose principe d'équilibre et principe d'harmonie ; d'un côté, l'idéalisme, de l'autre le réalisme, terme que Kissinger n'utilise jamais, préférant en décliner les avatars historiques et linguistiques : raison d'Etat, « balance of power », realpolitik..." (François Géré, Politique étrangère, 1995)

39.              KRAEMER (Gilles). La presse francophone en Méditerranée. Regain et perspectives.  P., Maisonneuve & Larose - Servédit,  2001, gr. in-8°,  275 pp, préface de Paul Balta, annexes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Cet ouvrage est une réduction de la thèse de doctorat que l’auteur a soutenue à l’Université de Paris II (avril 2001). Paul Balta dans la préface se trouve confronté à une étrangeté, un paradoxe, d’aucuns diront « un miracle » : la presse francophone en Méditerranée, répartie sur six pays (le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, le Liban et la région autonome du Val d’Aoste) remonte, pour les titres les plus anciens, à la fin du XVIIIe siècle ; mais « le miracle » est que dans les années 90 du XXe siècle, 50 % au moins des titres actuels de cette presse ont été créés. Paradoxe, parce que tout dans ce contexte récent était défavorable à l’éclosion d’une presse nouvelle : à savoir les indépendances de nations nouvelles qui ont choisi la voie de l’arabisation et la mondialisation et la prégnance de l’anglais. « Paradoxe » interrogé par Gille Kraemer, qui, dès l’introduction, énumère les questions qu’il suggère : d’où vient cette presse francophone dans les pays de la Méditerranée ? Ses conditions d’apparition d’hier sont-elles les mêmes aujourd’hui ? Y a-t-il des différences autres que simplement linguistiques entre la presse d’expression française et celle en langue nationale ? Comment ces journaux francophones justifient-ils leur authenticité et leur identité nationales ? Jouent-ils un rôle social que n’assurent pas les journaux en langue nationale ? Et si c’est le cas, pour quelles raisons et dans quels contextes ? "La presse francophone en Méditerranée" est un ouvrage rigoureux, minutieux, ouvrant de nombreuses perspectives de recherche. Très complet et fiable, il a toutes les chances de rester pour longtemps l’« ouvrage de référence » sur la question. (André Reboullet)

40.              [Lacombe de Prezel , Honoré]. Dictionnaire d'anecdotes, de traits singuliers et caractéristiques, historiettes, bons mots, naïvetés, saillies, réparties ingénieuses, etc. Nouvelle édition augmentée.  Lille, C. F. J. Lehoucq,  1781, 2 vol. in-12,  378 et 412 pp, reliures pleine basane marbrée de l'époque, dos lisses orné de caissons à fleurons dorés, pièce de titre et tomaison basane verte, coupes filetées, tranches rouges (rel. de l'époque), une coiffe arasée, bon état

            100

Nouvelle édition augmentée à l'adresse de Lille de ce recueil d anecdotes et de bons mots compilé par Lacombe de Prezel. Acteur, amant, américains, amour, anglais, bagatelles, cacophonie, charlatans, chasteté, coquetterie, facéties, femmes galantes, fou, français, frippons et voleurs, imposteurs, ivrognes, jeu de mots, mari, médecin, mysanthrope, parasite, paysan, plagiaire, quolibet, rébus, ridicule, saillie, sarcasme, somnambules, songes, sottise, etc. sont quelques-uns des sujets, dont traite cet amusant dictionnaire, et dans lequel chaque mot s'illustre à travers une repartie, une historiette, une anecdote, un trait d'humour, etc. — "On dit que Malfilatre a travaillé à ce dictionnaire. Ce poête figurait parmi les gens de lettres que les frères Lacombe employaient à rédiger des compilations." (Barbier, I, 958)

41.              LACROIX (Jean-Paul) et Michel CHRESTIEN. Le Livre blanc de l'humour noir.  P., Editions de la Pensée Moderne,  1967, in-8° carré,  475 pp, nombreux dessins d'humour par Searle, Sempé, Mose, Chaval, Reiser, Chas Addams, Bosc, Maurice Henry, Tetsu, Siné, etc., reliure toile noire de l'éditeur, bon état

            30

"Textes et dessins s'unissent dans cette anthologie pour nous donner les diverses émotions que l'on peut demander à « l'humour noir », qui vont du rire mécanique au grincement de dents. Les auteurs de cette anthologie ont voulu présenter le panorama le plus « ouvert » et l'on voit bizarrement cohabiter les noms de La Fontaine et de Ring Lardner (1885-1933), de Jean-Paul Sartre et de Mme de Sévigné. Avec les classiques du genre de Swift à A. Bierce et A. Jarry. La violence dans l'image serait-elle plus facile que dans l'écrit ? Certains dessins sont insoutenables, et leur brutalité plus flagrante que celle des textes voisins. On parlera de mauvais goût, mais le mauvais goût est une qualité nécessaire au genre : l'humour noir a pour but de détruire, d'irriter, de gêner, non pas de réjouir." (Revue des Deux Mondes, 1967)

42.              LASSALLE (Hélène)(dir.). Fernand Léger. Exposition, Villeneuve d'Ascq, Musée d'art moderne, du 3 mars au 17 juin 1990.  Villeneuve d'Ascq, Musée d'art moderne ; Milano, Mazzotta,  2010, in-4°,  246 pp, très nombreuses illustrations en noir et en couleurs, biographie, biblio, liste des oeuvres, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Une lecture de l'oeuvre de Fernand Léger dans son contexte avant-gardiste. — "La rétrospective de Villeneuve-d'Ascq, organisée dans la foulée d’une exposition Léger à Milan (Hélène Lassalle est le commissaire commun aux deux expositions), donne une idée très juste de la multiplicité des recherches de l'artiste, en particulier dans l'entre-deux-guerres, et sur sa façon d'associer volumes et plans, couleurs et lignes contrastées ; de jouer à l'intérieur de compositions riches et complexes sur des formes lourdes et légères, oblongues et angulaires ; de traiter la femme allongée sur un canapé comme un grand remorqueur, et le remorqueur comme un patchwork... Catalogue très conséquent publié par Mazzotta." (Geneviève Breerette, Le Monde, 14 mars 1990)

43.              LAVISSE (Ernest)(dir.). Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution.  Hachette,  1900-1910, 17 vol. pt in-4°,   chaque volume comprend de 380 à 484 pp, reliures demi-basane verte, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres, sous-titres et fleurons dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Bel exemplaire

            600

Chaque volume de ce classique inégalé traite d'une période de l'Histoire de France et est rédigé par un (ou plusieurs) éminent(s) spécialiste(s). Les plus grands historiens de l'époque ont participé à la rédaction de cette somme. Manque le volume de tables. — "Pourquoi lire aujourd'hui les volumes de l'Histoire de France d'Ernest Lavisse ? Parce que ce monument est l'expression indépassable d'un grand moment historique et national, au croisement d'une histoire en train de se faire scientifique et d'une République en train de se faire définitive, du début du XXe siècle (1900) au lendemain de la guerre (1922). Un miroir de réfraction, le socle d'un édifice en partie détruit, en partie indestructible et dans lequel nous vivons encore, un roman qui nous permet une meilleure compréhension de ce que nous sommes par le récit de ce que nous ne sommes plus." (Pierre Nora de l'Académie française) — Détail : I.1. Tableau de la géographie de la France. Par P. Vidal de la Blache, 64 cartes et figures dont une grande carte dépliante en couleurs – I.2. Les origines. La Gaule indépendante et la Gaule romaine. Par G. Bloch – II.1. Le christianisme, les barbares, Mérovingiens et Carolingiens. Par Ch. Bayet, Ch. Pfister et A. Kleinclausz – II.2. Les Premiers Capétiens (987-1137). Par A. Luchaire – III.1. Louis VII, Philippe-Auguste, Louis VIII (1137-1226). Par A. Luchaire – III.2. Saint Louis, Philippe le Bel, les derniers Capétiens directs (1226-1328). Par Ch.-V. Langlois – IV.1. Les premiers Valois et la guerre de Cent ans (1328-1422). Par A. Coville – IV.2. Charles VII, Louis XI et les premières années de Charles VIII (1422-1492). Par Ch. Petit-Dutaillis – V.1. Les guerres d'Italie, la France sous Charles VIII, Louis XII et François Ier (1492-1547). Par H. Lemonnier – V.2. La lutte contre la maison d'Autriche. La France sous Henri II. Par H. Lemonnier – VI.1. La Réforme et la Ligue. L'Édit de Nantes (1559-1598). Par J. H. Mariéjol – VI.2. Henri IV et Louis XIII (1598-1643). Par J. H. Mariéjol – VII.1 et VII.2. Louis XIV (1643-1685). Par E. Lavisse – VIII.1. Louis XIV. La fin du règne (1685-1715). Par A. de Saint-Léger, A. Rébelliau, P. Sagnac et E. Lavisse – VIII.2. Louis XV (1715-1774). Par H. Carré – IX.1. Louis XVI (1774-1789). Par H. Carré, P. Sagnac et E. Lavisse.

44.              LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Gens de la vieille France. Rêveries pour le temps présent sur des thèmes anciens.  Perrin,  1934, in-12,  319 pp, broché, couv. lég. tachée, bon état

            20

Au printemps de nos bisaïeules ; « La douceur de vivre » ; Le chemin des Écoliers ; Les mauvaises fées ; Sur les routes de la douce France ; Le paradis des Voyageurs.

45.              LÉVI-STRAUSS (Claude). Mythologiques. 4, L'Homme nu.  Plon,  1971, gr. in-8°,  688 pp, 39 illustrations dans le texte, 4 pl. hors texte, importante bibliographie, index des mythes et index général, broché, couv. à rabats illustrée par Paul Delvaux, trace d'humidité ancienne sur la couv., bon état. Edition originale (achevé d'imprimer du 10 septembre 1971)

            30

Le dernier volume des Mythologiques, qui clôt l'étude des mythes de l'Amérique de Claude Lévi-Strauss En s'attachant à des mythes de la côte nord-ouest de l'Amérique et en montrant que ceux-ci prolongent et transforment des récits de l'Amérique tropicale, ce quatrième tome poursuit et achève la démonstration entamée précédemment : les mythes de l'Amérique forment un ensemble clos. Mais une telle démonstration ne peut esquiver un fait : quand, pour les Indiens d'Amérique tropicale, le passage de la nature à la culture est symbolisé par l'introduction de la cuisine, au nord du continent, il est maqué par l'invention des parures et des vêtements et, de là, par celle des échanges commerciaux. Autrement dit, le nu occupe ici la position qu'occupait le cru dans les mythes de l'Amériques du Sud ; l'instauration de la civilisation est marquée non plus par une opposition entre les peuples réduits à vivre de leur production et ceux qui peuvent accéder à la diversité grâce au commerce et à l'échange (échange d'ornements et de vêtements, de biens de consommation, mais aussi transactions matrimoniales). Plus encore que dans les tomes précédents ce sont donc les différences entre les mythes, et non seulement leurs ressemblances, qui font l'objet de l'enquête...

46.              LEWINSOHN (Richard). Les Profits de guerre à travers les siècles.  Payot,  1935, in-8°,  292 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

"Jusqu'à présent, il n'existait pas d'étude d'ensemble sur ce sujet. La documentation réunie est abondante, significative, et conduit à des constatations d'ensemble intéressantes. M. L. met bien en lumière le fait que les profits de guerre bénéficient à des hommes de plus en plus éloignés de la conduite militaire des opérations. Jusqu'au XIXe siècle, ces profits étaient surtout réalisés par les chefs d'armée et par les munitionnaires. Ceux-ci ont pu sauvegarder leurs gains plus longtemps que ceux-là, mais il leur est bien difficile de le maintenir désormais. Au cours des derniers conflits, ce sont surtout les industriels et les commerçants ou les spéculateurs qui se sont trouvés avantagés – et les neutres plus que les belligérants. Cette évolution très caractérisée s'explique par le fait que les guerres contemporaines sont essentiellement destructives et qu'elles engagent la vie de toute la nation. Dans ces conditions, la morale, la législation et l'économie publique rendent les profits directs de plus en plus choquants et, par suite, difficiles à réaliser. En résumé, cet ouvrage, écrit d'une manière vivante, riche en anecdotes et en portraits curieux, complète heureusement les livres sur les financiers, que M. L. avait précédemment publiés." (A. de Mirimonde, Revue d'économie politique, 1938) — Table : Les généraux ; Les financiers ; Les fabricants d'armes ; Les fournisseurs ; Les spéculateurs ; La lutte contre les bénéfices de guerre.

47.              MALRAUX (André). Le Musée imaginaire de la sculpture mondiale. La statuaire.  P., N.R.F.,  novembre 1952, pt in-4° (18 x 23),  776 pp, 704 illustrations en héliogravure en noir dans le texte et à pleine page et sur 15 planches en couleurs hors texte, 11 cartes, reliure percaline blanche de l'éditeur (lég. salie), dos lisse avec titres dorés, sans la jaquette, bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade). Edition originale

            30

Documentation archéologique de Raymond Lantier, André Parrot, Jacques Vandier, Jean Charbonneaux, Vadime Elisseeff, Jacques Soustelle, Denise Paulme-Schaeffner, Françoise Girard et Marcel Aubert.

48.              MALRAUX (André). Les Voix du Silence.  P., N.R.F.,  1953, pt in-4° (18 x 23),  657 pp, 427 illustrations en héliogravure en noir dans le texte et à pleine page et sur 15 planches en couleurs hors texte, index, reliure percaline blanche de l'éditeur, dos lisse avec titres dorés, sans la jaquette, bon état (Coll. La Galerie de la Pléiade)

            30

D'abord publiés chez Skira en trois volumes, parus de 1947 à 1949, intitulés “Psychologie de l'art” – Le Musée imaginaire, La Création artistique, La Monnaie de l'absolu –, les grands textes sur l'art d'André Malraux (1901-1976), recomposés et retouchés, deviennent, en 1951, chez Gallimard, un imposant livre illustré divisé en quatre parties, “Les Voix du silence”. — "Sous ce titre se trouvera enfin réuni l'ensemble des textes qui composent la Psychologie de l'art, dont ce sera l'édition complète et définitive. Aux divers essais : Le Musée imaginaire, La Création artistique, La Monnaie de l'Absolu, s'ajoutent plus de deux cents pages inédites (accompagnées de cent soixante planches nouvelles), qui apportent la conclusion d'une œuvre unique en son genre, poursuivie depuis 1935 par l'illustre écrivain. L'exécution des gravures qui a nécessité plus d'un an de travail a été l'objet de soins tout particuliers, grâce auxquels l'intérêt documentaire et artistique de cet ouvrage ne sera pas inégal à son exceptionnelle valeur littéraire." (L'Editeur)

49.              Ministère des Travaux Publics. Guide officiel de la navigation intérieure avec carte itinéraire des voies navigables de la France.  P., Bernard et Cie,  1903, in-12,  iv-597 pp, sixième édition revue et augmentée, une grande carte itinéraire dépliante en couleurs des voies navigables de la France in fine, reliure percaline havane de l'éditeur (qui indique Geisler, éditeur), titres en noir au 1er plat, titre doré et filets noirs au dos, bon état

            50

Publiés par les soins du Ministère des travaux publics, le Guide officiel de la navigation intérieure donne la description technique du réseau.

50.              NEWTON (Helmut). Helmut Newton. Work.  Köln, Taschen,  2000, gr. in-4° (25 x 32),  280 pp, avant-propos de Manfred Heiting, présentation de Francoise Marquet, 300 photos en noir et en couleurs, reliure éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale. Edition trilingue Français-Anglais-Allemand

            70

« Une alliance surréaliste de fantasme, de glamour, d’élégance, de sexe et d’érotisme noir. » Mode, magazines et travaux personnels se rejoignent dans ce large portfolio de Helmut Newton, qui comprend bon nombre de ses clichés les plus saisissants des années 1960 jusqu’à son apogée. Des rues sombres aux boudoirs des hôtels, il révèle le pouvoir suggestif du photographe et son regard incomparable pour saisir l’érotisme. “Helmut Newton - Work” a été publié pour la première fois à l’automne 2000 à l’occasion de la grande rétrospective organisée à Berlin pour les 80 ans du photographe né en 1920 dans la capitale allemande qu’il devait quitter en 1938. Il a été réédité dans un format plus petit en 2016 (épuisé). Cet ouvrage reprend quelques 300 clichés pris tout au long de sa carrière par le célébrissime photographe disparu le 26 janvier 2004 à Los Angeles.

51.              PFIZENMAYER (E. W.). Les mammouths de Sibérie. La découverte de cadavres de mammouths préhistoriques sur les bords de la Berezovka et de la Sanga-Iourakh. Avant-propos et traduction du Dr Georges Montandon.  Payot,  1939, in-8°,  313 pp, 51 photos sur 24 pl. hors texte, 15 croquis, une carte, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque scientifique)

            40

"L'homme et le mammouth se partagent ce livre. L'ivoire de mammouth a longtemps été un produit commercial en Sibérie et s'est retrouvé dans toute l'Asie pendant plusieurs siècles. Il y a cent ans, on en commercialisait jusqu'à 120.000 livres par an, dont la plupart provenaient des îles de la Nouvelle-Sibérie. Mais la récupération des carcasses de mammouth est une entreprise plus récente. Les dessins des grottes en Europe avaient familiarisé les explorateurs avec l'apparence de l'animal avant les découvertes réelles de spécimens, qui ont commencé au moins au dix-huitième siècle. Dans la carte accompagnant ce volume, les sites de vingt et une découvertes de mammouths sont répertoriés en Sibérie. L'auteur a été chargé en 1901 par l'Académie des Sciences de Russie de fouiller et de rapporter à Saint-Pétersbourg une carcasse découverte sur les rives de la rivière Berezovka, un affluent de la rivière Kolima en Sibérie orientale. En 1908, il est reparti à la recherche d'une autre découverte, cette fois à l'est de l'embouchure de la Yana, sur la côte arctique. Sa première aventure fut la plus réussie, car bien que des animaux sauvages aient dévoré des parties, une grande partie de la carcasse fut déterrée et ramenée, d'abord congelée par le climat, puis dans des wagons frigorifiques, sur le chemin de fer sibérien jusqu'en Europe. Les parties étaient si fraîches, car l'animal était en partie conservé dans la glace de sol, que la source du dernier repas, qui n'était que partiellement digéré, a pu être analysée et les espèces de plantes déterminées. Les voyages sont décrits en détail, avec de nombreuses informations sur les habitudes des Lamut, des Yakut et d'autres tribus, ainsi que des détails sur les stations de cosaques et de commerce telles qu'elles étaient à l'époque tsariste, lorsque les prisonniers politiques étaient nombreux et avant que la main réformatrice de l'entreprise soviétique n'ait touché la Sibérie. La partie la plus précieuse du livre est cependant l'exposé très complet sur le mammouth sous tous ses aspects : à cet égard, il a une valeur durable. Il comporte de nombreuses illustrations et une bonne carte." (The Geographical Journal, 1939)

52.              PIOLET (J.-B.). La France hors de France. Notre émigration, sa nécessité, ses conditions.  Félix Alcan,  1900, in-8°,  (8)-659 pp, annexes sur l'émigration européenne au XIXe siècle, statistiques coloniales, index, reliure demi-toile noire, dos lisse avec pièce de titre toile vermillon (rel. de l'époque), bon état (ouvrage couronné par l’Académie des Sciences morales), envoi a.s.

            60

"L'ouvrage récent du P. Piolet, "La France hors de France", intéressera vivement, non seulement les historiens, mais tous ceux qui se préoccupent de notre avenir national et colonial. Connu déjà par plusieurs ouvrages consacrés à des questions coloniales, le Père Piolet voit dans l’expansion hors de France la meilleure voie de développement ou plutôt de salut pour notre pays. Il estime qu'une des causes les plus redoutables de l’état stationnaire de notre population est la difficulté où se trouvent les familles françaises d'assurer à leurs enfants une vie honorable et lucrative dans la métropole. Le P. Piolet étudie avec soin qui doit émigrer et où. Des études précises sur les conditions qu'offrent nos diverses colonies à l'émigrant forment la dernière partie de cet ouvrage. Il faut louer, non seulement la pensée généreuse et vraie en somme qui inspire l’auteur, mais aussi la mesure avec laquelle il l’a développée. Tout en montrant la nécessité de l'émigration, il insiste également sur la nécessité qu'elle soit effectuée d’une manière judicieuse. Il faut souligner l'importance d’un ouvrage dont l’auteur n’est point aveuglé par le mirage colonial, mais discute avec sang-froid et réflexion les conditions propices à la colonisation." (André Lichtenberger, Revue Historique, 1901) — "... Son dernier ouvrage, "La France hors de France", est un chaleureux et convaincant plaidoyer en faveur de l'émigration aux colonies et de la mise en valeur, par nous-mêmes, de notre superbe domaine d'outre-mer." (Questions diplomatiques et coloniales)

53.              PRADE (Marcel). Ponts et viaducs remarquables d'Europe. Les Grands ponts du monde, première partie.  Poitiers, Brissaud,  1990, in-4°,  428 pp, 1000 photographies, dessins et reproductions de documents en noir et en couleurs, dessins géométraux mis au net par Roger Maupin, biblio, reliure toile bleue de l'éditeur, titre doré au 1er plat et au dos, jaquette illustrée, bon état (Coll. Art et Patrimoine). Edition originale

            100

54.              PRÉVOST (Marcel). Polytechnique.  P., La Nouvelle Société d'Edition,  1931, in-12,  123 pp, reliure demi-percaline gris-clair, dos lisse avec titres, fleuron et doubles filets dorés (rel. de l'époque), bon état (Coll. Nos grandes écoles)

            30

Né à Paris, le 1er mai 1862, Marcel Prévost intégra l’École Polytechnique en 1882. A sa sortie de l’École, il fut un temps ingénieur avant d’occuper un emploi dans un ministère. Attiré par l’écriture, il démissionna de son poste en 1890 pour entamer une carrière de romancier. Son nom reste enfin attaché à son roman le plus célèbre, Les Demi-Vierges (1894) dont le succès fut avant tout lié au scandale que suscita cet ouvrage d’inspiration érotique. Directeur de la Revue de France de 1922 à 1940, Marcel Prévost présida également La Société des gens de lettres, et fut élevé en 1935 à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur. Battu en 1907 par Maurice Donnay au fauteuil d’Albert Sorel, il fut élu à l’Académie française le 27 mai 1909, au fauteuil de Victorien Sardou, par 18 voix devant l’historien Lenôtre, le philosophe Boutroux, et le pamphlétaire antisémite Édouard Drumont. Il mourut le 8 avril 1941. (www.academie-francaise.fr)

55.              RENAN (Ernest). Etudes d'Histoire religieuse.  P., Michel Lévy,  1858, in-8°,  xxviii-432 pp, quatrième édition revue et corrigée, reliure demi-maroquin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres et année en queue dorés, tête dorée, couv. conservées, ex. très bien relié vers 1920 mais dos uniformément passé (tourné couleur crème) et lég. sali, plats en partie passés, qqs rousseurs, bon état, ex-libris Gabriel Puaux

            50

Les religions de l'antiquité. L'histoire du peuple d'Israël. Les historiens critiques de Jésus. Mahomet et les origines de l'islamisme. La Vie des Saints. L'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ. Jean Calvin. Channing et le mouvement unitaire aux Etats-Unis. M. Feuerbach et la nouvelle école hégélienne. La Tentation du Christ, par M. Ary Scheffer. — Ce recueil témoigne de la recherche que Renan n'a cessé de poursuivre et d'approfondir dans sa critique et son analyse rationnelle des phénomènes religieux. Il s'est attaché à comprendre à la fois le socle judaïque du christianisme et les premiers développements des communautés chrétiennes. Mais le travail du critique devient nécessairement histoire des idées et des courants de pensée, si bien qu'il s'élargit dans le temps et l'espace et touche Mahomet, Jean Calvin, Feuerbach... Enfin, l'aspect proprement méthodologique n'est pas absent des préoccupations de Renan qui se révèle ici l'un des premiers sociologues des religions. — "Toutes les origines sont obscures, les origines religieuses encore plus que les autres, et il n'est point d'études qui exigent plus que celles-là une grande culture intellectuelle unie à une singulière finesse d'esprit et à une haute impartialité critique. M. Ernest Renan a déjà donné plus d'une preuve remarquable de ces rares et précieuses qualités , mais jamais peut-être elles n'ont paru si réelles que dans ses études d'histoire religieuse. Plusieurs des sujets traités par M. Renan n'appartiennent point, il est vrai, à l'époque du moyen âge, objet particulier de cette revue ; nous croyons néanmoins devoir recommander à l'attention de nos lecteurs le beau travail de M. Renan sur Mahomet et les origines de l'islamisme. C'est là un des plus grands faits, sinon le plus grand de l'histoire du moyen âge, et nulle part nous ne l'avons vu étudié avec tant de pénétration et exposé d'une façon si pleine de netteté et de lumière. (...) Disons encore, tout en nous bornant au moyen âge, que d'autres morceaux de ce volume, tels que ceux sur la vie des saints et sur l'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ, portent l'empreinte des solides et brillantes qualités qui ont déjà valu à M. Renan un rang si distingué parmi les érudits français. Il est bien rare, en effet, de trouver chez un même homme une érudition si profonde, un esprit si ingénieux et si flexible, une intelligence et un sentiment si vif des choses du passé rehaussés encore par un véritable talent d'écrivain..." (Claude Guigue, Bibliothèque de l'École des chartes, 1858)

56.              RIOS y ALARCÓN (P. Bartholoméo de los). De Hierarchia Mariana libri sex in quibus imperium, virtus, et nomen Bmae Virg. Mariae declaratur, et mancipiorum eius dignitas ostenditur.  Antverpiæ, ex officina Plantiniana Balthasaris Moreti,  1641, in-folio,  lii-752-(64) pp, un frontispice gravé (d'après les indications de Rubens) et 5 planches gravées, index librorum et capitum, index locarum s. scripturae, index rerum, reliure demi-basane fauve, dos à 4 nerfs guillochés soulignés de quadruples filets dorés, titres et fleurons dorés (rel. début du 19e s.), dos uniformément passé et lég. frotté, étiquette de bibl. en queue, une petite étiquette de bibl. sur le frontispice, coiffe sup. lég. abîmée, exemplaire très frais, sans rousseurs et en bon état. Edition originale. Texte sur 2 colonnes en latin

            400

L'augustin Barthélémy de los Rios (v. 1580-1652), apôtre du culte marial dans les Pays-Bas espagnols d'abord, en Espagne ensuite, étudia la souveraineté de Marie. Le fait de cette souveraineté et ses arguments théologiques ont été particulièrement mis au point dans le "De hierarchia mariana libri sex" (1ère édition à Anvers, Plantin, 1641). Notons le triple fondement que Barthélémy donnait à cette doctrine : la plénitude initiale de grâce, la maternité divine et l'œuvre corédemptrice (non seulement comme mère du Rédempteur, mais encore par son offrande volontaire au Calvaire). (D. F. Vandenbroucke, Recherches de théologie ancienne et médiévale, 1948) — Pour le frontispice gravé où la Vierge est invoquée par le roi Philippe IV et par St-Augustin, Rubens fournit les motifs de la planche, Erasme Quellin fit le dessin. Le 18 mai 1639, Balth. Moretus écrivit à Barthéleméo de los Rios qu'il venait d'envoyer à Corneille Galle le frontispice, dessiné par Quellin d'après les indications de Rubens. Le dessin fut payé 24 florins à Erasme Quellin, le 18 avril 1639. La gravure fut faite par Corneille Galle le jeune en 1639 ; elle porte la signature: E. Quellinius delineavit. Pet. Paul Rubenius invenit. Corn. Gallens junior sculpsit. (Voir Max Rooses. Œuvre de Rubens, n° 1294). L'auteur avait spécifiquement demandé à son éditeur : "Qu'il me sont permis de vous prier en confidence de vous entendre avec Monsieur Rubens pour qu'il dessine le frontispice de la manière suivante: Au premier plan doit se trouver le roi d'Espagne, clairement désigné, et par l'intermédiaire ou par le conseil de l'ordre de St Augustin s'offrant à la reine des cieux, ceinte d'une couronne impériale, lui-même et tous ses états enchaînés avec une soumission d'esclave et donnant l'exemple à tous les Rois de faire la même chose ou leur montrant le chemin à suivre. C'est là la substance du projet, je laisse l'exécution à l'homme au génie admirable. Veuillez seulement le prévenir que je désire que le roi soit représenté sous une apparence aussi grande et magnifique que possible. Sur ce je vous salue." (F. Bartholomeus de los Rios, Bruxelles, le 7 mai 1638).

57.              SAINT JURE (Jean-Baptiste de). De la Connoissance et de l'Amour du Fils de Dieu, nostre Seigneur Iesus-Christ, divisé en quatre livres, & composé par le R.P. Iean Baptiste Saint-Ivre, Religieux de la Compagnie de Iésus.  Paris, Sébastien et Gabriel Cramoisy,  1656, in-folio,  (16)-934-(17) pp, beau frontispice en pleine page gravé par Grégoire Huret, reliure plein veau brun, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos uniformément passé et frotté, plats frttés et épidermés, étiquette de bibl. en queue, une petite étiquette de bibl. sur le le premier feuillet après le frontispice, coiffes. lég. abîmées, intérieur solide, propre et frais, trace d'humidité ancienne en marges, pas de rousseurs, état correct. Texte sur 2 colonnes en français

            150

Exemplaire de la huitième édition du célèbre ouvrage du Père Saint-Jure (1588-1657).

58.              SPIES (Werner). Max Ernst. Les Collages, inventaire et contradictions.  Gallimard,  1984, gr. in-4° (25 x 34 x 4.6),  509 pp, 757 reproductions en noir et en couleurs, appendice avec lettres inédites, biblio, index, reliure pleine toile noire, jaquette illustrée, bon état. Edition originale en français

            100

très riche iconographie. Pour tout savoir sur les collages de Max Ernst.

59.              STERNBERG (Jacques)(éd.). Les Chefs-d'oeuvre de l'épouvante. Rassemblés et présentés par Jacques Sternberg, Alex Grall et Jacques Bergier.  P., Editions Planète,  1965, in-8° carré,  471 pp, préface par Jacques Bergier, illustrations de Tony Johannot, Gustave Doré, Odilon Redon, James Ensor, Paul Klee, Picasso, Max Ernst, Salvador Dali, René Mgritte, Paul Delvaux, Roland Cat, Topor, etc., dictionnaire des auteurs, reliure toile éditeur illustrée par Jean Gourmelin, bon état (Coll. Anthologie Planète)

            30

Ce magnifique livre relié de 180 x 205 mm (et de 4 cm d'épaisseur !) présente 60 contes d'épouvante (Lovecraft, Hans Heinz Ewers, Maupassant, Thomas Owen, Marcel Schwob, Borges, H. G. Wells, Roland Topor, Robert Bloch, Ray Bradbury, Richard Matheson, Saki, Bram Stoker, Maurice Renard, Julio Cortazar, Robert Sheckley, Dino Buzzati, Jean Ray, Claude Farrère, Gustav Meyrinck, Conan Doyle, Poul Anderson, Hugh Walpole, Fredric Brown, Ambrose Bierce, Franz Kafka, Edgar Allan Poe, Philip K. Dick, Richard Matheson, Clifford Simak, Villiers de l'Isle-Adam, Marcel Schwob, etc.

60.              STERNBERG (Jacques)(éd.). Les Chefs-d'oeuvre du dessin d'humour. Rassemblés et présentés par Jacques Sternberg et Michel Caen.  P., Editions Planète,  1968, in-8° carré,  476 pp, préface par Jacques Sternberg, très nombreux dessins de Sempé, Siné, Mose, Folon, Topor, Chaval, Maurive Henry, Gébé, Trez, Wolinski, Tetsu, Bosc, Pichon, Cabu, Reiser..., reliure toile illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. Anthologie Planète)

            30

Ce magnifique livre relié de 180 x 205 mm (et de 4 cm d'épaisseur !) a été édité par Jacques Sternberg et Michel Caen pour les éditions Planéte en 1968. Cette "anthologie" ne comportant aucun texte présente 46 dessinateurs d'humour.

61.              STERNBERG (Jacques)(éd.). Les Chefs-d'oeuvre du Kitsch.  P., Editions Planète,  1971, in-8° carré,  476 pp, préface de Jacques Sternberg, 350 illustrations, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. Anthologie Planète). Rare

            60

"A propos du kitsch : « J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, refrains niais, rhythmes naïfs. » Rimbaud le Voyant se révèle, en cette citation bien connue, comme un prophète de l'historiographie contemporaine qui s'attache au quantitatif plus qu'au qualitatif, au sociologique plus qu'à l'esthétique. Le kitsch étant à l'art des musées ce que la littérature de colportage était aux bibliothèques officielles. Mais qu'est-ce que le kitsch ? Le mot, pour une fois, ne vient pas de l'Américain, mais de l'Allemand; « kit- schen » signifie bâcler, le kitsch, c'est la « camelote » (Duden) ; mais encore ? L'Anthologie de Jacques Sternberg, sans prétention explicative, s'efforce de présenter le kitsch : elle donne un panorama illustré du sujet qui permet au curieux d'en faire le tour et, donc, de le cerner si tant est que cela se puisse..." (Paul Gayot, Annales ESC, 1972) — "Le kitsch fut d' abord une notion esthétique. « Il y a une goutte de kitsch dans tout art », a écrit Hermann Broch. Il dénonce l'inauthenticité, la mauvaise qualité, le mauvais goût. Se prête-t-il vraiment à toutes les interprétations, comme le voudrait Jacques Sternberg, qui signe la préface d'une somptueuse anthologie du kitsch , venant de sortir aux Editions Planète ? Il ne nous semble pas, en effet, que cette notion se soit développée au hasard non loin de nous, car elle est contemporaine, au siècle dernier, de la montée de la bourgeoisie, de son confort, de sa médiocrité, de son luxe, de son caractère philistin. Le kitsch désigne spécialement un de ces intérieurs bourgeois 1900 aux meubles surchargés, aux consoles encombrées de bibelots, d'objets inutiles, faussement artistiques, souvent excentriques, voire excessifs. Mais il évoque aussi bien la peinture des Salons fin de siècle et les cartes postales illustrées de la Belle Epoque. Nous avons peine à croire que le kitsch puisse avoir existé dans l'Antiquité et au Moyen Age, tandis que, de nos jours, il semble être parfaitement caractéristique de notre civilisation où l'homme est devenu un consommateur d'objets de toutes natures. Il dénonce particulièrement cette époque de haute conjoncture, envahie par le négoce, la réclame, les voyages organisés, les « prixunics », les gadgets, le pop'art, les succédanés de tous genres. La présente anthologie est typiquement un ouvrage d'aujourd'hui car elle est représentative d'une civilisation de l'image. En plus de 400 pages, elle nous promène à travers la vie quotidienne, les arts plastiques, le « porno », les spectacles, la presse et la publicité : photographies, reproductions de peintures, coupures de magazines, bandes dessinées, affiches, petites annonces y occupent, comme de juste, la première place." (L'Impartial, 16 sept 1971)

62.              SUTTER (Jacques). La Vie religieuse des Français à travers les sondages d'opinion (1944-1976). (Thèse).  P., Editions du CNRS,  1984, 2 vol. gr. in-8°,  1350 pp, préface de Jean Stoetzel, avant-propos de Jacques Maître, annexes, index et tables, reliures toile fuschia de l'éditeur recouvertes d'un film plastique transparent, bon état

            80

Cet imposant ouvrage est la reprise d'une thèse de doctorat d'Etat préparée sous la direction d'E. Poulat. — "A travers ces deux épais volumes répertoriant l'ensemble des sondages d'opinion qui, de 1944 à 1976, traitent de la vie religieuse des Français (de façon principale ou secondaire), J. Sutter offre un outil de travail de premier ordre à la communauté scientifique. Les résultats de ces différents sondages sont en effet souvent difficiles d'accès et les publications qui en ont rendu compte – très souvent des journaux – donnent rarement toutes les précisions indispensables à une utilisation scientifique de leurs résultats : identité du commanditaire, type de l'échantillon, catégorisations utilisées, libellés complets des questions et des modalités de réponses,... L'intérêt du corpus constitué par J. Sutter est d'autant plus grand qu'il y a intégré les questions qui, dans les sondages ne portant pas spécialement sur la religion, comportaient néanmoins des questions ou des items concernant la vie religieuse. Ainsi peut-on apprendre par un sondage de 1974 portant sur la vie des Français que 40 % des Français ont un crucifix dans leur chambre à coucher et 10 % une Bible. Les 288 sondages recensés sont tout d'abord inventoriés dans un fichier répertoire contenant une fiche signalétique par sondage indiquant, outre ses caractéristiques, les thèmes sur lesquels portent les questions religieuses ainsi que les thèmes des autres questions qu'il compte aussi très souvent : ceci permet de voir dans quel environnement les questions sur la vie religieuse ont été posées. C'est la matière du premier volume qui comporte aussi, outre une introduction de l'A., une préface où Jean Stoetzel souligne l'originalité de l'entreprise de J. Sutter par rapport à d'autres entreprises similaires et un avant-propos de Jacques Maître qui situe les sondages sur la vie religieuse par rapport aux premiers recensements de pratique cultuelle. Le second volume consiste en un remarquable fichier thématique des questions et des données statistiques comportant 314 thèmes répartis en 45 chapitres. C'est surtout ce second fichier – mais le premier est un complément indispensable au second – qui est une mine d'informations pour le chercheur. Il permet en effet d'avoir une vue d'ensemble, sur les 32 années de la période considérée, des questions et des réponses sur un thème donné, ce qui est infiniment précieux... J. S. met à la disposition de tous les chercheurs un remarquable outil de travail qui représente un labeur considérable dont il faut féliciter l'A. : aucun sociologue de la religion ne pourra plus, désormais, faire l'économie du « Sutter »." (J.-P. Willaime, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses,1987)

63.              THOMPSON (J.W.) et S.K. PADOVER. L'Espionnage politique en Europe de 1500 à 1815. La diplomatie secrète.  Payot,  1938, in-8°,  266 pp, traduit de l'anglais, documents, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            25

A l'automne de 1814, lorsque se réunit le Congrès de Vienne, Metternich disposait du « meilleur service de police secrète qu'il y eût alors en Europe. Le chef de cette police était Franz Hager, gentilhomme cultivé, mais certainement l'homme le plus dangereux qu'ait alors suscité l'Autriche. Il coordonna les services, créa des bureaux pour le contrôle des étrangers, une censure et un cabinet noir. Il employait deux sortes d'agents, des professionnels et des hommes de confiance (“Vertraute").  Ces derniers comptaient dans leurs rangs des aristocrates et des personnages de haute lignée qui informaient quotidiennement la police des moindres démarches de la société qu'ils fréquentaient. Les milieux diplomatiques étaient farcis de ces espions distingués...»

64.              TOYNBEE (Arnold J.). Le Monde et l'Occident. Précédé de La pensée historique de Toynbee par Jacques Madaule.  Desclée De Brouwer,  1953, in-12,  186 pp, traduit de l'anglais, broché, bon état

            20

"Le grand historien contemporain découvre dans la rencontre du monde avec l'Occident l'événement le plus important des temps modernes et la clé qui nous permet de comprendre notre situation actuelle." (L'éditeur) — "M. Toynbee a publié sous le titre “The World and the West” le texte de six conférences faites à la ΒBC en 1952. Le sujet en est la lutte, décisive pour l'avenir de notre époque, entre la civilisation occidentale et les autres civilisations de ce monde. A considérer cette lutte, nous dit l'auteur, du point de vue de l'historien, elle apparaît comme inscrite dans l'histoire déjà fort longue des agressions de l'Occident contre les civilisations qui l'entourent. A analyser ces agressions, à voir la manière dont, en particulier, la Russie, l'Islam, l'Inde et l'Extrême-Orient y ont répondu jusqu'à présent, on peut y relever des traits communs, caractéristiques d'ailleurs de toutes les collisions qui se produisent entre civilisations différentes. Mais pour en deviner l'issue, il faut se reporter bien plus loin dans le passé et voir comment se sont terminés des conflits entre des civilisations aujourd'hui disparues. Bien entendu, on en tirera aucune certitude concernant notre avenir à nous, car l'histoire ne se répète pas automatiquement, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on peut y trouver un des dénouements possibles de notre drame présent. (...) L'étude de M. Madaule montre avec une netteté et une franchise remarquables les qualités et les faiblesses de l'oeuvre de M. Toynbee." (A. Wylleman, Revue philosophique de Louvain, 1953)

65.              VALMONT de BOMARE (Jacques-Christophe). Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, contenant l'histoire des animaux, des végétaux et des minéraux, et celle des corps célestes, des météores et autres principaux phénomènes de la nature, avec l'histoire et la description des drogues simples tirées des trois règnes et le détail de leurs usages dans la médecine, dans l'économie domestique et champêtre et dans les arts et métiers, par M. Valmont de Bomare,...  P., Didot le Jeune, Musier, de Hansy, Panckoucke,  1764, 5 vol. in-12,   catalogue alphabètique des auteurs, reliures plein veau raciné, dos à 5 nerfs guillochés, caissons ornés de motifs floraux dorés, titres dorés, coupes filetées, tranches marbrées (rel. de l'époque), trace d'humidité ancienne au tome V, intérieur très frais, bon état

            300

Modèle de vulgarisation scientifique établi par le naturaliste et pharmacien Valmont de Bomare (1731-1807) le Dictionnaire d'Histoire Naturelle parut une première fois en 1761, régulièrement revu et augmenté par son auteur qui dirigeait le cabinet de physique et d'histoire naturelle du Prince de Condé à Chantilly. Notre exemplaire est la première édition in-12 de ce célèbre dictionnaire qui a beaucoup contribué, par sa clarté, à populariser le goût de l'Histoire naturelle. Il a paru plusieurs fois entre 1764 et 1791, fut le premier du genre et servit de modèle et de base à tous les autres dictionnaires. — Fils d’un avocat au parlement de Normandie, Valmont de Bomare commence ses études chez les jésuites de sa ville natale et fait de rapides progrès dans la langue grecque. Son père le destine au barreau mais les inclinations du jeune Valmont le portent à l’étude de la nature. Il commence par apprendre l’anatomie sous le chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen Lecat et s’adonne ensuite à la pharmacie et à la chimie. Monté, en 1750, à Paris où il est accueilli par Buffon, Daubenton, Réaumur, Nollet, Rouelle, D'Holbach, D'Alembert et Diderot, qui l’aideront à suivre la carrière à laquelle il se destinait, il s’applique pendant plusieurs années à l’étude des sciences naturelles. Il nourrit pour ce domaine une telle passion qu’il conçoit dès ce moment l’idée de donner des cours d’histoire naturelle. Il communique ce projet au marquis d’Argenson, alors ministre de la Guerre, qui lui donne la commission de voyager au nom du gouvernement. Valmont visite les principaux cabinets de l’Europe, examine les ateliers métalliques, les gisements des mines et la profondeur de leurs excavations, pour rassembler les éléments et les matériaux de ses leçons. Il propose à son retour en 1756 un cours sur les différentes branches de l’histoire naturelle, cours renouvelé jusqu’en 1788. En 1767 il devient membre de la Société royale d’agriculture de Paris. En 1769 il accepte la direction du cabinet de physique et d’histoire naturelle du prince de Condé à Chantilly. Son premier ouvrage est le Catalogue d’un cabinet d’histoire naturelle, ébauche du Dictionnaire universel d’histoire naturelle (1764), auquel l’Europe fait le meilleur accueil, sans approche nouvelle, mais avec le mérite de la clarté et de la compréhension. Il se rend en Laponie et en Islande, fait une exacte description des volcans de ce dernier pays et rassemble dans l’un et dans l’autre de précieux matériaux, avec lesquels il revient à Paris. Ses résultats sont bien accueillis par les savants et les érudits, si bien que le 16 juillet 1756, il ouvre un cours sur les différentes branches d’histoire naturelle qu’il professe pendant trente-deux ans, jusqu’en 1788. Ceux-ci répandent bientôt le goût de l’histoire naturelle et celui des voyages destinés à l’étude de la nature. C'est en 1763 qu’il fait paraître son Traité de Minéralogie, suivi en 1764 du Dictionnaire d’Histoire naturelle, ouvrage qui fut traduit dans presque toutes les langues. Un grand nombre de sociétés savantes, dont les académies de Caen, de La Rochelle et de Rouen, l’admirent dans leur sein. Il eut même de pressantes invitations pour donner des cours en Russie et au Portugal mais il refusa toutes ces offres, ne pouvant se résoudre à quitter son pays. En 1793, il fut appelé à l’Institut comme membre associé et, peu après, il fut nommé professeur d’histoire naturelle à l’École centrale et censeur des études au lycée Charlemagne, fonctions qu’il remplit avec le plus grand zèle jusqu’à sa mort.

66.              VEDEL (Georges). Introduction aux études politiques : évolution récente des régimes politiques contemporains.  P., Les Cours de Droit,  1977, 2 vol. gr. in-8°,  467-xi pp, brochés, très bon état (Institut d'études politiques, 1976-1977)

            35

67.              VEDEL (Georges). Introduction aux études politiques.  P., Les Cours de Droit,  1970, 3 vol. gr. in-8°,  590-xiii pp, brochés, qqs rares annotations, bon état (Institut d'études politiques, 1969-1970)

            35

68.              VERGNIOUX (Alain) et Henri PEYRONIE (éds). Le sens de l'école et la démocratie.  Peter Lang,  2001, gr. in-8°,  328 pp, broché, bon état

            60

De nombreux philosophes qui se sont penchés sur le concept de démocratie, que l'on remonte à la Grèce Antique avec Platon et Aristote, ou au siècle des Lumières en France avec Montesquieu et Condorcet, confèrent à l'éducation le rôle essentiel de la transmission des savoirs et de l'émancipation des esprits pour assurer les conditions d'existence et de développement des sociétés démocratiques. Avec le XXe siècle, l'école demeure peut-être le seul lieu démocratique : ouverte à tous et ayant pour ambition l'égalité des chances, elle serait chargée de réaliser l'idéal d'une société démocratique où chacun pourrait accéder à toutes les places sociales. Les actes de ce colloque tenu à Cerisy-la-Salle en septembre 2000 s'interrogent sur la dialectique de la démocratisation de l'école : la démocratisation de la société influe-t-elle sur les formes de la scolarisation, ou, au contraire, le développement social est-il favorisé par la démocratisation de l'école ? Les questions alors se démultiplient : Quels sens la démocratie assigne-t-elle à l'entreprise scolaire ? La diversité des sens de l'école nourrit-elle en retour le sens de la démocratie ? Les fonctionnements de l'école répondent-ils aux exigences de la démocratie ? L'école prépare-t-elle à la démocratie ? Quels contenus de la démocratie entend-elle promouvoir ? — Henri Peyronie est agrégé de philosophie, Docteur en sciences de l'éducation, Professeur à l'Université de Caen et Directeur du Centre d'Etudes et de Recherches en Sciences de l'Education (CERSE EA 965). Alain Vergnioux est agrégé de philosophie, Docteur en philosophie, Maître de conférences à l'Université de Caen et responsable de la revue Le Télémaque, revue de philosophie de l'éducation.

69.              VERNE (Henri), Laure ALBIN-GUILLOT. Le Louvre la nuit. Photographies de Laure Albin-Guillot.  Grenoble, B. Arthaud,  1937, in-8° (20 x 15),  115 pp, 60 photographies de Laure Albin-Guillot reproduites en héliogravure, guide du visiteur par Jean Vergnet-Ruiz, un plan dépliant in fine, broché, couv. photo rempliée, bon état. Edition originale

            30

Henri Verne (1880-1949) fut chargé de la direction des Musées nationaux de 1926 à 1939. Son nom reste attaché à un plan de réorganisation des musées nationaux parisiens et du Louvre en particulier. "Ouvrir le Louvre la nuit ! C'est une expérience qui a réussi. L'essai en a commencé le 8 mars 1936, dans les galeries de la sculpture grecque et des grands monuments égyptiens (...). Au moment où j'écris, poursuit Henri Verne, ces salles ont été régulièrement ouvertes le soir deux fois, trois fois et jusqu'à cinq fois par semaine." Cet ouvrage est enrichi de superbes photographies, oeuvres de Laure Albin-Guillot (1879-1962).

 

ANTIQUITÉ

 

70.              BELLESSORT (André). Athènes et son théatre.  Perrin,  1934, in-8°,  xi-346 pp, 13 pl; de photos d'Antoine Bon en héliogravure hors texte, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale sur papier alfa

            25

Cours professé à la Société des Conférences. "M. André Bellessort a brillamment passé en revue toute la tragédie grecque, suivant un plan fort peu didactique, décrivant d'abord son cadre, c'est-à- dire l'Athènes de Périclès, puis ses moyens, décors, acteurs, poètes, enfin les oeuvres arrivées jusqu'à nous, et qu'il divise en patriotiques, religieuses, criminelles (les Atrides), fatalistes (Oedipe), guerrières (Grecs et Troyens), amoureuses et romanesques. Tous les chefs-d'oeuvre d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide y font l'objet de véritables comptes rendu analytiques, historiques et critiques. Le dernier chapitre est consacré à la comédie d'Aristophane et à l'Athènes de son temps. L'auteur a parfaitement décrit l'état de cette malheureuse république gouvernée par des dictateurs de bas étage, auquels un peuple léger s'abandonnait sans cependant leur accorder son estime. Il a fort bien saisi les sentiments politiques d'Aristophane, sans doute rural conservateur, partisan de la paix en tant que panhelléniste et non internationaliste, ennemi des démagogues, des sophistes (avec lesquels Socrate est confondu dans Les Nuées), et des féministes (qu'il exécute en même temps que les communistes dans L'Assemblée des femmes), au demeurant farouche opposant et railleur parce qu'il était auteur satirique et que sa tâche était de railler." (E.-H. Guitard, Revue d'histoire de la pharmacie, 1934)

71.              BOTTERO (Jean) et Samuel Noah KRAMER. Lorsque les dieux faisaient l'homme. Mythologie mésopotamienne.  Gallimard,  1989, fort in-8°,  755 pp, biblio, reliure toile éditeur, jaquette, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

            100

On trouvera ici, pour la première fois rassemblés, traduits et dûment éclairés par deux éminents spécialistes, la cinquantaine de mythes sauvés du naufrage de la civilisation mésopotamienne. Ces documents vénérables, dont les plus vieux remontent à la fin du IIIe millénaire, sont les plus anciens témoignages écrits du travail de pensée par lequel des hommes ont tenté de répondre, avec les moyens de leur bord, aux questions éternelles qui nous travaillent toujours devant cet univers démesuré autour de nous, devant notre propre existence, le sens et le destin de notre vie. Aujourd'hui, équipés, pensons-nous, pour la recherche du vrai, nous avons, pour nous attaquer au mystère des choses et à l'apparente absurdité de leur déroulement, les multiformes abstractions des philosophes et les hypothèses plus ou moins hardies des savants. Comme obscurément conscients de leur impuissance, intellectuelle et technique, nos Anciens ne cherchaient que le plausible, le vraisemblable, utilisant pour l'établir les seuls produits d'une imagination débordante, et cependant bridée et "calculée". En poèmes et discours de tous styles : contes naïfs, condensés ponctuels, chants vigoureux, extasiés ou tendres, voire larges et puissantes synthèses, ils ont coulé et gardé par écrit les résultats de leurs méditations, enracinés dans leur certitude secrète que rien ici-bas n'a sa raison d'être en soi-même, mais dans quelque chose de plus haut, de plus grand, de plus fort et qui, récalcitrants ou dociles, nous mène tous inflexiblement. Mettre ensemble tous ces produits de la rumination millénaire des représentants de la plus antique des hautes civilisations, ce n'était pas seulement procurer à un large public, spécialiste ou simplement curieux, la connaissance directe de ces pièces majeures du patrimoine spirituel de l'humanité ; c'était aussi verser un large, lourd et fascinant dossier à l'étude, aujourd'hui en plein renouvellement, de la mythologie. Après le continent indo-européen révélé par Dumézil, après le continent amérindien exploré par Lévi-Strauss, après la tradition grecque revisitée par Vernant, voici, grâce aux soins de Jean Bottéro et de Samuel Noah Kramer, l'émergence du massif mésopotamien.

72.              BOTTERO (Jean). Mésopotamie. L'écriture, la raison et les dieux.  Gallimard,  1987, in-8°,  373 pp, 3 pl. hors texte, biblio, lexique, broché, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

            25

Nos ancêtres les Mésopotamiens ont inventé l'écriture, et, grâce à elle, jeté un nouveau regard sur l'univers autour d'eux, mis au point une nouvelle manière de le penser, de l'analyser, de l'ordonner, comme ne l'aurait jamais permis la simple tradition orale - les propres linéaments de ce qui, repris, approfondi et systématisé par les Grecs, est devenu notre rationalité, la véritable armature de notre Science. A la recherche des dernières raisons d'être de cet univers et de l'ultime sens de notre existence d'hommes, ils ont édifié toute une somptueuse et savante mythologie, qui annonce déjà, sur plus d'un point, ce dont Israël, inventeur du monothéisme, composera sa "théologie", laquelle est encore la nôtre, même quand nous cherchons à nous en débarrasser. Ils sont au propre berceau de notre Occident et de sa civilisation. Après "Naissance de Dieu. La Bible et l'historien", qui étudiait les origines d'un des traits les plus marquants et singuliers de cette civilisation, Jean Bottéro a voulu remonter plus haut, dans la même ligne, jusqu'à l'extrême horizon de l'Histoire - qui commence, en effet, à Sumer, puisque l'écriture et le document y sont nés - et, dans l'énorme trésor des tablettes cunéiformes, jusqu'ici inventoriées par les seuls gens de métier comme lui, pour découvrir d'autres balbutiements plus archaïques de notre propre philosophie.

73.              BOTTERO (Jean). Naissance de Dieu. La Bible et l'historien.  Gallimard,  1986, in-8°,  254 pp, 2 cartes, biblio, broché, qqs marques au crayon en marges, bon état (Coll. Bibliothèque des Histoires)

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Spécialiste mondialement renommé d'Akkad, de l'Assyrie et des civilisations mésopotamiennes, Jean Bottéro lit en historien, mais sans étalage d'érudition, les premiers chapitres de la Genèse (dont il date et distingue les contributions diverses), Job, l'Ecclésiaste. Il nous livre de très antiques réflexions sur le sens de l'existence, et le pourquoi du Mal, et montre comment Israël en est arrivé à se convaincre de l'unicité et de la transcendance de Dieu.

74.              BRION (Marcel). La vie d'Attila.  Club des Libraires de France,  1958, pt in-8°,  222 pp, 14 gravures et photos sur un dépliant et une carte de l'empire d'Attila hors texte, biblio, tirage numéroté sur vélin blanc, reliure toile gris clair illustrée de l'éditeur, rhodoïd, signet, bon état. Très jolie édition

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Attila, le fléau de Dieu, né aux alentours de 395 dans les plaines danubiennes et mort en 453 dans la région de la Tisza dans l'Est de la Hongrie actuelle, est le roi des Huns de 434 jusqu'à sa mort en 453, selon l'historiographie romaine. Durant les cinquante années précédant son avènement, l'Empire hunnique s'étend de l'Asie centrale à l'Europe centrale et soumet de nombreux peuples germains. Son règne marque le début d'une grande confrontation avec l'Empire romain. Cette guerre tourne court avec la mort précoce d'Attila au retour d'une campagne victorieuse dans la péninsule italienne. Son empire n'a pas survécu à sa mort, mais il est parfois considéré comme événement déclencheur des « invasions barbares » et indirectement de la chute de Rome et de la fin de l'Empire d'Occident. La culture des Huns et la personnalité d'Attila ont fasciné ses contemporains. L'historiographie chrétienne a créé une légende noire autour du personnage mais d'autres traditions scandinaves et germaniques l'ont érigé en figure positive. Les Hongrois le célèbrent comme un héros fondateur. Ces mythes divergents se retrouvent dans les nombreuses représentations artistiques d'Attila, de l'Antiquité à nos jours. Marcel Brion raconte l’ascension, la prise de pouvoir et les conquêtes de territoires de l’homme qui sera à la fois le plus célèbre et l’unique roi des Huns.

75.              BRUNAUX (Jean-Louis). Nos ancêtres les Gaulois.  Seuil,  2008, gr. in-8°,  300 pp, biblio, chronologie, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'Univers historique)

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Les aventures d'Astérix et les souvenirs des leçons d'histoire ont forgé dans nos esprits une image des Gaulois stéréotypée et contradictoire. Entre les guerriers indisciplinés et querelleurs, trop désunis pour résister à la conquête romaine de César, et les druides, prêtres et magiciens adeptes du sacrifice humain, il importait de rétablir la vérité. Jean-Louis Brunaux examine les principales idées reçues sur "nos ancêtres les Gaulois" : pour chacune, il recourt à une documentation précise, et nourrie par les récentes découvertes de l'archéologie. C'est une Gaule désormais libérée de tout préjugé et de toute erreur qui voit le jour. Mais la nouvelle image des Gaulois qui est ainsi offerte, plus proche de la réalité historique, n'en est pas moins fascinante.

76.              BULLIOT (Jacques-Gabriel). Le Culte des eaux sur les plateaux Éduens.  P., Imprimerie impériale,  1868, in-8°,  22 pp, paginé 11-32, une planche hors texte, cart. papier penné (rel. de l'époque), mque au dos, qqs rousseurs, bon état. Peu courant

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Mémoire lu à la Sorbonne en 1867 : « Le culte des eaux est une des formes primitives du naturalisme (...) Il y formait [en Gaule] le fond de la religion populaire à l'arrivée des Romains. Pendant que les druides, traqués par les empereurs, disparaissaient lentement des contrées celtiques, le culte des génies des eaux, sans danger pour la politique, fut légalement introduit dans le polythéisme romain, qui les admit, avec ses propres dieux, au titre d'Augustes. (...) Cette religion vivace n'était au fond que la divinisation de la nature personnifiée » (p. 11). Par J.-G. Bulliot (1817-1902), négociant et archéologue bourguignon du XIXe siècle, rendu célèbre par l’identification de l’oppidum de Bibracte qu'il localisa au Mont Beuvray (Saône-et-Loire). Il était président de la Société éduenne des lettres, sciences et arts.

77.              CARCOPINO (Jérôme). Alésia et les ruses de César.  Flammarion,  1970, in-12,  250 pp, 2e édition revue et augmentée, 11 photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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Jérôme Carcopino apporte ici les preuves de l'identification d'Alésia avec la commune bourguignonne d'Alise Sainte-Reine. — "On connaît le « problème » d'Alésia. L'archéologie et la toponymie désignent Alise-Sainte-Reine. César, lui, a laissé une description assez générale qui peut s'appliquer à un grand nombre de sites d'un type commun en France, et dans le passé des théories diverses se sont autorisées de la lettre du texte pour identifier Alésia avec d'autres localités. Parmi tant de systèmes aberrants et périmés, celui d'Alaise dans le Doubs a recruté jusqu'à ce jour des défenseurs... (...) En la personne de l'auteur, on ne saluera pas seulement le grand historien, mais le grand avocat, le défenseur de la vérité scientifique. Il fallait qu'une grande voix s'élevât et plaidât le dossier, tout le dossier d'Alésia, y compris les thèses adverses, pour qu'enfin, après tant de papier gâché, tant de querelles, tant d'acrimonie, Alésia fût Alésia, pour que nos chercheurs pussent travailler en paix. Il le fallait pour l'honneur de notre pays. La cause est plaidée et gagnée par l'éloquence, par le savoir, par l'autorité de M. J. Carcopino." (Michel Rambaud, Revue des Études Anciennes)

78.              Collectif – Béatrice ANDRÉ-LEICKNAM et Christiane ZIEGLER (dir.). Naissance de l'écriture. Cunéiformes et hiéroglyphes.  P., Editions de la Réunion des musées nationaux,  1982, gr. in-8° carré,  383 pp, 4e édition, revue et corrigée, 313 pièces reproduites et accompagnées d'un important texte descriptif, très nombreuses illustrations en noir et en couleur, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Catalogue de l'exposition au Grand Palais du 7 mai au 9 août 1982. — "L'exposition du Grand Palais consacré à la naissance de l'écriture est une incontestable réussite : c'est que l'écriture est née avec l'art, vers la fin du IVe millénaire avant le Christ. En dire les naissances, c'est aussi rassembler de beaux objets, bijoux, stèles, statuettes de scribes ; le moins beau n'étant certainement pas l'extraordinaire couteau de Djebel El Arak au manche d'ivoire et à la lame de silex (deuxième moitié du IVe millénaire)... Si l'exposition est une réussite, le catalogue est un chef-d'œuvre, à la fois superbement illustré, incroyablement savant (les départements des Antiquités orientales et égyptiennes du Louvre, confortés par la IVe et la Ve sections de l'EPHE) et intelligemment didactique. L'exposition coïncide avec le 150e anniversaire de la mort de Champollion et les « déchiffreurs » ne sont donc pas oubliés ; mais c'est surtout à suivre une autre recherche que le lecteur est convié, celle qui retrouve la lente gestation de l'écriture qui soudain s'accélère dans les pays du Tigre et de l'Euphrate et du golfe persique, vers l'an 3300 avant Jésus-Christ. Au début est le Roi-Dieu, qu'on voit emplumé et enjuponné sur le bas-relief de Tello, par exemple, où une inscription salue le dieu – le seigneur de Girsu – et son temple, l'Eninnu. La culture irriguée procure dans les plaines du delta de grands surplus que drainent et engrangent les greniers-temples du Roi-Dieu, et l'écriture sert d'abord la comptabilité de l'administration sacerdotale. Les premiers signes sont des objets enfermés dans une bulle-enveloppe : cylindres, billes et cônes également en terre cuite, signifiant un nombre convenu de paniers de grains ou de têtes de bétail. Mais bientôt, la surface extérieure de la bulle répète en signes gravés le nombre et la nature des « calculi » enfermés, et c'est le premier écrit, un registre de comptabilité, en somme. Par la suite l'écrit servira encore le Roi-Dieu et l'idéologie monarchique, en exaltant les victoires du souverain, en réglant les cérémonies du culte, en enregistrant les actes législatifs. La naissance de l'écriture c'est aussi un autre processus. Au commencement est l'image, le pictogramme, qui . n'est apte encore à traduire que le concret ; le message consiste en une juxtaposition d'informations que n'articule aucune syntaxe : il est pour nous impossible à déchiffrer totalement. On est loin encore de l'étape, décisive, celle de la phonétisation. où le signe ne renvoie plus à un objet, mais à un son, à un phonème. L'écriture idéographique d'abord simple transcription du concret, où l'image d'un poisson signifie simplement « poisson », procède ensuite par association d'idées, mariant l'image du chasse-mouches à la notion de grandeur, puis composant l'idéogramme du roi. en liant le signe « grand » et le signe « homme ». Les premiers vrais signes phonétiques furent probablement des noms propres, les noms royaux. Curieusement, pourtant, le système égyptien apparaît brusquement au 31e siècle avant notre ère, sans tâtonnements préalables. L'écriture hiéroglyphique combine les idéogrammes, avec les signes alphabétiques et les autres signes intermédiaires : on comprend que les égyptologues aient longtemps buté sur cette structure insoupçonnée de l'écriture égyptienne. Des villages encore préhistoriques du VIe millénaire, où sur l'argile des vases s'impriment les premiers décors répétitifs qui amorcent les balbutiements des pictogrammes à venir, le magnifique catalogue nous emmène à l'aube de l'Histoire, jusqu'au rocher de Behistun (Ve siècle avant J.-C.) : sur sa paroi verticale, il ne cesse de proclamer la gloire de Darius, et à mon avis celle aussi de Rawlinson et autres déchiffreurs des écritures antiques et de tous les érudits dont les patients travaux ont permis cette pieuse manifestation de notre admirative révérence envers les premiers scribes." (J.-M. Pesez, Communication et langages, 1982)

79.              DETIENNE (Marcel). Les maîtres de vérité dans la Grèce archaïque.  Maspero,  1967, in-8°,  xii-160 pp, préface de Pierre Vidal-Naquet, nptes, index, broché, couv. illustrée à rabats, qqs annotations crayon, bon état (Coll. Textes à l'appui). Edition originale

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"Les maîtres de vérité... sont trois types de personnages que leurs fonctions qualifient, dans le contexte social et culturel de la Grèce archaïque, comme détenteurs d’un privilège inséparable de leur rôle institutionnel. Ces trois personnages sont l’aède, le devin, le roi de justice ; leur commun privilège est de dispenser la « Vérité ». Du moins traduisons-nous ainsi le mot grec « Aléthéia » dont les valeurs, dans la pensée religieuse ancienne, ne débordent pas moins le cadre de notre concept du vrai que ne le fait, par exemple, le « Rta » des Indo-Iraniens : cette « vérité » qui n’est séparable ni de l’ordre rituel, ni de la prière, ni du droit, ni de la puissance cosmique assurant le retour régulier des aurores. Livre passionnant, que les sociologues de la religion comme les historiens de la philosophie doivent lire." (J.-P. Vernant, Archives de sociologie des religions)

80.              DRUON (Maurice). Alexandre le Grand ou le roman d'un dieu.  Del Duca,  1958, in-8°,  487 pp, 55 notes et commentaires historiques, chronologie, 2 cartes sur un dépliant volant (la Grèce antique et itinéraires des expéditions d'Alexandre), broché, jaquette illustrée, bon état

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Dégager la véritable signification du plus stupéfiant destin de tous les temps – celui d'Alexandre de Macédoine, dit le Grand – tel a été le propos de Maurice Druon en écrivant cette biographie de l'un des divins bâtards de l'Antiquité. Alexandre le Grand dont le passage météorique sur la planète – il mourut à l'âge de trente-trois ans après avoir parcouru quarante mille kilomètres et fondé vingt-quatre villes portant son nom – détermina toute l'hellénisation du monde antique, de l'Indus jusqu'à l'Atlantique, était de filiation sacrée : les prêtres lui donnaient pour père le dieu Zeus-Amon ; sa mère, Olympias, était fille du roi et prêtresse. Conquérant fabuleux, Alexandre de Macédoine fut aussi initié et initiateur. S'appuyant non seulement sur les travaux des historiens anciens tels que Quinte-Curce, Plutarque, ou Arrien de Nicomédie, mais aussi sur les textes philosophiques et les écrits sacrés, Maurice Druon s'est efforcé de se replacer dans les conditions de la pensée antique. Il a choisi de mettre le récit dans la bouche d'Aristandre de Telmessos, devin officiel de Macédoine, qui suivit pas à pas Alexandre le grand dans sa courte et prestigieuse existence. En Alexandre le Grand, Maurice Druon a vu un destin de messie autant qu'une carrière de héros. Au-delà de la réalité épique, il a recherché les aspects occultes et mystiques, projetant un éclairage nouveau sur la représentation que nous nous faisons de l'Antiquité. De cette vie, qui fut comme une tornade déchaînée sur la terre, surgissent les secrets d'un monde disparu. Un grand livre sur l'homme-dieu dont le souvenir s'est maintenu, prodigieusement présent dans l'univers, depuis vingt-trois siècles.

81.              DUMÉZIL (Georges). Idées romaines.  Gallimard,  1969, in-8°,  304 pp, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Bibliothèque des Sciences humaines)

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Depuis 1939, Georges Dumézil observe la plus ancienne pensée des Romains sous un éclairage doublement nouveau. D'une part beaucoup de concepts, de types divins, de cultes sont le prolongement de représentations et de pratiques déjà indo-européennes, conservées aussi chez d'autres peuples de la famille. D'autre part, les créations, propres à Rome, loin de relever d'une mentalité balbutiante, se situent à un honorable niveau de réflexion. La démonstration d'ensemble a été donnée en 1966 pour les faits proprement religieux, dans “La Religion romaine archaïque” et pour la pseudo-histoire des origines, en 1968, dans “Mythe et Épopée, I”. Elle doit être étendue à quantité de points de droit, d'institutions, de traditions, bref à beaucoup d'« idées », et dans la religion même, plusieurs divinités doivent être étudiées de plus près. C'est la matière des trois groupes d'articles, en grande partie récrits, qui forment ce recueil.

82.              FINKELSTEIN (Israël) et Neil ASHER SILBERMAN. La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie.  Bayard,  2002, gr. in-8°,  431 pp, 13 cartes, 14 illustrations, 8 tableaux, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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La plus tonique et la plus audacieuse des synthèses sur la Bible et l'archéologie depuis cinquante ans. Quand et pourquoi la Bible a-t-elle été écrite ? Que savons-nous des premiers patriarches ? Quand le monothéisme est-il apparu ? Comment le peuple d'Israël est-il entré en possession de la Terre promise ? Jérusalem a-t-elle toujours été le centre de l'ancien Israël ? Pour la première fois, il est possible de répondre à ces questions avec un haut degré de certitude. Car les auteurs, Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, puisent leurs arguments dans les découvertes archéologiques les plus récentes, entreprises en Israël, en Jordanie, en Égypte, au Liban et en Syrie. Plus rien ne sera maintenant comme avant ; mais loin de sortir désenchanté de cette cure de jeunesse effectuée par le Livre des livres, on n'en a que plus de sympathie pour ces nomades et ces agriculteurs d'il y a trois mille ans, qui ont su fabriquer, en des temps de détresse ou de gloire, un récit dont la fécondité n'a pas cessé de porter ses fruits.

83.              FLAVIUS JOSÈPHE. La Guerre des Juifs. Précédé par Du bon usage de la trahison, par Pierre Vidal-Naquet.  Editions de Minuit,  1979, fort in-8°,  602 pp, traduit du grec par Pierre Savinel, 3 cartes et plans, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Né à Jérusalem, prêtre et descendant des rois, Joseph fils de Matthias reçut l'éducation d'un rabbin et fréquenta toutes les sectes qui se partageaient le judaïsme. Mais, au lieu de devenir un docteur, il fait partie d'une ambassade à Rome, puis, quand la guerre éclate, prend un commandement en Galilée. Vaincu et fait prisonnier, il passe dès lors aux Romains. Le nouveau Titus Flavius Josephus assiste à la chute de Jérusalem, et nous lui devons le seul récit complet de la guerre de 66-73, jusqu'à la chute de Masada, que l'on ne connaît que par lui. L'œuvre de ce juif pieux nous a été transmise par les chrétiens, qui l'ont souvent considérée comme une sorte de "cinquième Evangile". La présente édition, établie à partir du texte publié par Josèphe, dans une traduction nouvelle de Pierre Savinel, est précédée d'une introduction de Pierre Vidal-Naquet qui, situant l'ouvrage dans son contexte historique et idéologique à la lumière des connaissances actuelles, lui redonne sa place exceptionnelle au centre des polémiques rattachées à l'identité juive depuis vingt siècles. — "Un texte étonnant précédé d'une admirable introduction de 115 p. par Pierre Vidal-Naquet, où l'on peut lire et comprendre comment on devient « collaborateur », et la rencontre du judaïsme avec les armées romaines et la culture grecque en Palestine au lendemain de la naissance ignorée du christianisme." (Choix des Annales, Annales ESC, 1977)

84.              GAUDEMET (Jean). Les Institutions de l'Antiquité.  Montchrestien,  2000, in-8°,  515 pp, notes, chronologie, index, broché, bon état

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Les ébranlements politiques et sociaux, qui ont marqué le XXe siècle, invitent à la réflexion sur l'Histoire. Celle du monde méditerranéen ancien est riche d'enseignement. Ce livre en fournit quelques exemples. Les institutions politiques et la vie sociale de la Rome antique y tiennent la première place. Mais, pour en dire l'originalité, ou les emprunts aux sociétés qui l'ont précédée, il était nécessaire d'évoquer le monde oriental, l'Egypte, Israël et plus longuement la Grèce. Cette sixième édition d'un livre publié en 1972 en conserve le cadre général. A la mise à jour bibliographique s'ajoutent des compléments et une nouvelle rédaction de certaines pages pour tenir compte des recherches récentes qu'il s'agisse de la Grèce archaïque, des origines de Rome, de la Rome impériale, du Sénat de l'Empire, des classes sociales ou de la procédure du Bas-Empire.

85.              HADAS-LEBEL (Mireille). Philon d'Alexandrie. Un penseur en diaspora.  Fayard,  2004, in-8°,  375 pp, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état, envoi a.s.

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Né – dix ans après la disparition de Cléopâtre – d'une famille de notables dans la cité la plus belle, la plus savante et la plus flamboyante du monde méditerranéen, Philon allie une vaste culture hellénique et une profonde connaissance de la tradition juive. À partir de la traduction grecque des Septante, il développe une forme de commentaire biblique éclairé par la philosophie en recourant à l'allégorie, qui lui vaudra plus tard l'hommage de l'Eglise (grâce à laquelle son œuvre immense a survécu). Homme de pensée, il sut aussi se montrer un homme d'action quand il essaya, lors d'une fameuse mission auprès de l'empereur Caligula à Rome, d'intercéder en faveur de sa communauté menacée qui lui survécut quelques décennies à peine. Il en demeure le représentant le plus illustre, qu'on l'appelle Philo Judaeus ou bien Philo Alexandrinus. Ce livre évoque l'éclat d'une ville à son apogée, la rencontre des cultures, la spiritualité d'un homme et la nouveauté d'une synthèse qui devait marquer pour toujours la pensée occidentale.

86.              HOWATSON (M. C.)(dir.). Dictionnaire de l'Antiquité. Mythologie, littérature, civilisation. Publié par l'Université d'Oxford sous la direction de M.C. Howatson. Traduit de l'anglais.  Laffont,  1993, in-8°,  1066 pp, 5 cartes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Bouquins)

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Version française, complétée et mise à jour, du célèbre Oxford Companion to Classical Literature. Un instrument de travail unique en son genre. Destiné à tous les amateurs de la Grèce et de Rome et pas seulement aux spécialistes, ce dictionnaire fait revivre les aspects les plus variés - les plus insolites aussi - de la civilisation antique. Biographies souvent haute en couleurs des grands personnages historiques, tel Néron, Vespasien ou Zénobie, carrière de philosophes et de poètes, d’Euripide à Sapho et à Virgile, évocation de sites (Thèbes, Rhodes), d’institutions politiques, de traits de mœurs, etc. En 3000 articles, c’est toute l’histoire de la Grèce et de Rome qui défile, de l’époque archaïque à l’invasion des barbares, de l’Asie Mineure à la Gaule et aux îles Britanniques.

87.              LACARRIÈRE (Jacques). En cheminant avec Hérodote. Voyages aux extrémités de la terre. Textes traduits et commentés.  Seghers,  1981, gr. in-8°,  309 pp, 5 cartes, 22 illustrations sur 12 pl. hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, trace de pli au 2e plat, bon état (Coll. Etonnants voyageurs). Edition originale

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Voyageur infatigable, Jacques Lacarrière a choisi cette fois de mettre ses pas dans ceux d'un voyageur célèbre du Ve siècle avant J.-C., l'historien et géographe Hérodote, dont il présente ici les fameuses « enquêtes » en Perse et dans les pays du Proche-Orient. Grâce au génie du conteur, le monde «barbare» revit sous nos yeux. Qu'il raconte les suicides de chats en Egypte, la capture des crocodiles sacrés ou les mésaventures du roi Khampsinite, Hérodote nous tient littéralement sous le charme. Et l'émotion nous gagne peu à peu, lorsqu'apparaissent en filigrane « le mouvement du visage, la silhouette de la tendresse » de ceux qui demeurent pour nous l'enfance de l'humanité.

88.              LAGRANGE (l'abbé F.). Histoire de Sainte-Paule.  P., Poussielgue,  1883, in-8°,  645 pp, reliure plein maroquin bleu-nuit, dos à 5 nerfs pointillés, titres et caissons dorés très ornés, plats décorés, dentelles intérieures, tranches dorées (rel. de l'époque), bon état. Très bel exemplaire, finement et luxueusement relié

            150

"C'est un spectacle des plus édifiants que celui de cet admirable groupe de nobles dames et de vierges romaines, descendantes des plus illustres familles, qui, dans la seconde moitié du IVe siècle, embrassent le « saint propos », c'est-à-dire l'état monastique, se font disciples du grand docteur et exégète, saint Jérôme, que quelques-unes suivent bientôt en Palestine. De ce nombre sont sainte Paule – descendante des Cornelius-Scipions-Emiliens-Gracques, alliée par son mariage aux Julii, illustrés par Jules César – et sa fille sainte Julia Eustochium. Elles établirent à Bethléem un couvent de vierges et firent les frais d'un monastère pour saint Jérôme et les moines ses compagnons. Ames d'élite et esprits très cultivés, elles donnaient à l'étude des Saintes Ecritures une part de leur vie ; leur pieuse influence contribua beaucoup à pousser le grand docteur à ses travaux exégétiques et à l'encourager dans le long labeur de traduction qui nous a valu la Vulgate..." (Sévérien Salaville)

89.              LANCEL (Serge). Carthage.  GLM/Fayard,  1992, gr. in-8°,  525 pp, 249 illustrations, cartes et plans, aperçu chronologique, biblio, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, pt mque à la première garde (nom découpé), derniers feuillets détachés et recollés, bon état

            25

L'inflexible Caton avait voulu que de la grande cité qui fit trembler Rome il ne restât rien. Il fut bien près d'y parvenir. Jusqu'à la fin du siècle dernier, Carthage n'a en effet guère laissé dans la mémoire des hommes ce que les récits des Anciens, pour beaucoup hostiles, ont bien voulu nous en dire. Quant à Flaubert, en dépit de ses efforts, il dépeint dans Salammbô une civilisation quelque peu imaginaire. La révélation est venue de l'archéologie qui, depuis quelques années, a fait des avancées décisives. Elle a permis de faire justice des mythes ou des calomnies propagés par les ennemis de Carthage et surtout de nous informer avec une précision croissante sur les croyances des Carthaginois, sur leur mode de vie, sur la vigueur économique de leur cité, sur les multiples villes qu'elle fonda, sur son commerce, sur son agriculture... L'étude de la culture matérielle a permis de mettre en évidence le caractère métissé de la civilisation d'une cité aux racines orientales établie dans l'ensemble de la Méditerranée occidentale, ouverte aux influences extérieures (notamment artistiques). Il ne fait pas de doute que sa destruction impitoyable en 146 av. J.-C. a constitué un tournant capital de l'Histoire. Puissance d'abord continentale, Rome, qui l'a supplantée, a évidemment imposé un modèle de civilisation radicalement différent de celle qu'elle avait développée.

90.              LECLANT (Jean)(dir.). L'Égypte du crépuscule. De Tanis à Méroé (1070 avant J.-C.-IVᵉ siècle après J.-C.).  Gallimard,  1980, in-4°,  345 pp, 394 photographies, illustrations, cartes et plans en noir et en couleurs dans le texte et hors texte, cartes dépliantes in-fine, bibliographie, dictionnaire-index, reliure toile rouge éditeur, signet, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Univers des Formes - Égypte III). Première édition. Riche iconographie

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La civilisation pharaonique, après plusieurs millénaires, va achever son long périple et se dissoudre dans l'Empire chrétien d'Orient. Pendant quinze siècles, à travers les invasions venues de tous les horizons, cette Basse Époque fera, malgré tout, preuve d'une influence culturelle considérable. Elle sera marquée par une série d'événements importants, parfois contradictoires et imprévus, le plus souvent méconnus. De la XXIe dynastie "tanite" à la dernière reine d'Égypte, Cléopâtre, de la domination romaine à la destruction de Meroé et au triomphe du christianisme, l'Égypte perdra ses dieux, son écriture et sa civilisation propres ; la grande tradition morte, seul l'art copte assumera, pour un temps encore, la survivance. Textes de Cyril Aldred, François Daumas, Christiane Desroches- Noblecourt et Jean Leclant.

91.              LE GLAY (Marcel). Rome. Grandeur et déclin de la République.  Perrin,  1989, gr. in-8°,  401  pp, préface de Pierre Chaunu, chronologie des conquêtes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoire et décadence), envoi a.s.

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"M. Le Glay fournit ici un tableau complet de la Rome antique à l'époque républicaine, sous tous les aspects de son histoire, générale et événementielle ; politique, économique, sociale ; ses institutions, ses mentalités, sa civilisation. Des lecteurs de tout niveau et de toute compétence trouveront ici leur compte, les spécialistes comme les étudiants, les élèves et leurs enseignants, les amateurs et les curieux. De plus récits et descriptions sont intégrés dans une réflexion menée autour du thème qui définit la collection, « histoire et décadence ». Car on « attendait » là, comme P. Chaunu le dit dans sa préface, cette Rome à propos de laquelle la notion de décadence a fait son entrée dans la réflexion historique au XVIIIe siècle (...) Le souci et la nécessité pour M. Le Glay de traiter le thème auquel la collection est consacrée a fait que le développement croît et la précision augmente à mesure que se déroule la chronologie de cette partie de l'histoire romaine, et aucun lecteur ne s'en plaindra. La réponse apportée au problème central qui résulte de ce thème, – y a-t-il décadence à travers ou à cause des crises successives de la « république » ? – est présentée avec netteté et appuyée sur des arguments particulièrement convaincants..." (Robert Combès, Latomus, 1992) — A l'origine simple village de cabanes, Rome l'a emporté sur ses riches voisins, Grecs et Etrusques. Devenue maîtresse de l'Italie, la République a fait la grandeur de l'Urbs en fondant un immense empire territorial autour d'une Méditerranée transformée en lac romain. Mais, en dominant les royaumes hellénistiques, elle se laisse dominer par les civilisations de ces pays nourries des héritages grecs et orientaux. Si bien qu'en deux siècles, Rome a connu à la fois une véritable "Renaissance" culturelle et des crises complexes, de plus en plus violentes, qui ont abouti à une "crise sans alternative" et à la chute de la République. Ce livre est devenu un classique de l'histoire de l'Antiquité.

92.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. Histoire romaine. Rédigée conformément aux programmes du 30 avril 1931.  Hachette,  1932, in-12,  (8)-352 pp, 173 gravures et 11 cartes, cart. vert imprimé de l'éditeur, bon état (Nouveau cours d'Histoire Malet-Isaac, classe de Cinquième)

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Ecrit avec la collaboration d'André Alba. — Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

93.              MALET (Albert) et Jules ISAAC. L'Orient et la Grèce.  Hachette,  1924, in-12,  viii-428 pp, 246 gravures et 17 cartes, cart. vert imprimé de l'éditeur (lég. sali), état correct (Cours complet d'Histoire, classe de 6e, avec la collaboration de M. Gaston Dez)

            20

Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle

94.              MEULEAU (Maurice). Le Monde et son histoire. Tome 2 : Le monde antique. 2e partie : Civilisations d'Extrême-Orient. Le monde des Barbares. Rome, de la conquête de l'Italie à l'épanouissement de la civilisation impériale. Vers un autre monde.  Bordas-Laffont,  1971, gr. in-8°,  608  pp, 44 pl. d'illustrations en couleurs hors texte, environ 500 illustrations, cartes et tableaux, index, reliure pleine toile décorée de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état

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"M. Meuleau inaugure la collection qu'il dirige, “Le Monde et son histoire”, par deux gros volumes qu'il a eu le courage et le mérite de rédiger lui-même : Maurice Meuleau, “Le monde antique”. L'essentiel du second volume est consacré à Rome et à ses provinces, sans que soient négligées les civilisations d'Extrême-Orient et le monde barbare. On y retrouve les mêmes qualités d'équilibre que dans le premier ; des sous-titres bien choisis scandent heureusement un texte généralement bien informé. On louera l'effort de synthèse (bonne bibliographie), l'attention portée aux problèmes économiques, sociaux, culturels, on admirera beaucoup l'illustration, exceptionnellement abondante et originale ; documents peu connus, comme la Muse de Cortone, p. 216, nombreuses monnaies, objets de la vie quotidienne, paysages. Une admirable série de portraits et de paysages est intercalée dans les index détaillés du second volume (noms de personnes et de lieux)." (R. Chevallier, Revue belge de philologie et d'histoire, 1967)

95.              PICARD (Gilbert-Charles et Colette). Vie et mort de Carthage.  Hachette,  1970, in-8°,  315 pp, une carte, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'intérêt que suscite le monde de Carthage va croissant. Le tableau magistral de Colette et Gilbert-Charles Picard vient donc à point. Cette oeuvre de vulgarisation mais de haute qualité aura assurément les faveurs du public cultivé. Travail de synthèse dépouillé d'un apparat scientifique et bibliographique trop lourd, – du moins rien d'essentiel n'est-il omis – ce livre présente aussi les résultats des recherches menées par les auteurs, spécialistes en la matière : leur apport personnel est immense. Cette mise au point des connaissances, panorama clair et de lecture agréable, rend les plus utiles services et laisse ouverte la porte à des recherches et discussions ulterieures. La Chronologie de l'Histoire de Carthage (p. 297-304) est un outil de travail bienvenu." (J. Debergh, Latomus, 1971)

96.              THEVENOT (Emile). Divinités et sanctuaires de la Gaule.  Fayard,  1968, pt in-8°,  245 pp, 97 illustrations, biblio, reliure toile citrouille éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, une illustration contrecollée au 1er plat, bon état (Coll. Résurrection du passé)

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"La Librairie Fayard, qui publie depuis quelques années une collection “Résurrection du Passé”, avait réservé à E. Thevenot la tâche difficile de présenter au grand public les divinités et sanctuaires de la Gaule. Dans son avant-propos l'auteur précise qu'il réduit son sujet aux divinités « indigènes » de la« Gaule », sans vouloir entrer dans les distinctions délicates entre « divinités celtes et divinités gauloises », écartant volontairement les dieux officiels et réservant pour d'autres études tout l'aspect rituel de la question. Après un chapitre d'introduction consacré aux sources et méthodes d'approche historique, archéologique et épigraphique, l'auteur examine successivement les divinités indigènes correspondant aux grands dieux romains et montre que leur assimilation par les Gaulois les a parfois entraînées très loin de leur modèle primitif ; d'autre part il analyse les aspects les plus originaux de la religion indigène : divinités autochtones et cultes particuliers. (...) Nous avons, avec ce volume agréablement illustré, le seul ouvrage qui, à l'heure actuelle, ait osé présenter au profane les divinités gauloises, entreprise que tous les spécialistes s'accorderont à reconnaître ardue." (Simone Deyts, Revue belge de philologie et d'histoire, 1969)

97.              WUILLEUMIER (Pierre) et Amable AUDIN. Les médaillons d'applique gallo-romains de la vallée du Rhône.  Les Belles Lettres,  1952, gr. in-8°,  188 pp, 381 figures, 8 pl. de photos hors texte, index des sujets, broché, bon état (Annales de l'Université de Lyon)

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"Déchelette, dans ses Vases ornés de la Gaule romaine (t. II, p. 235 sqq.), n'avait pas manqué d'étudier cette catégorie de vases décorés d'un ou de plusieurs médaillons circulaires moulés à part et rapportés sur la panse. Ces médaillons ont de 5 à 17 cm. de diamètre. Quelques-uns portent une signature d'artiste précédée de la mention "cera" ; l'artiste l'avait d'abord modelé en cire ; il en avait fait ensuite un négatif en terre cuite et, de ce moule, avait tiré ses médaillons. Appliqués à la barbotine sur le vase encore humide, les médaillons étaient cuits avec lui. Le plus grand nombre provient de Vienne et de Lyon, où l'on a trouvé plusieurs moules. Ils datent des second et troisième siècles. Déchelette en avait catalogué environ 200 fragments avec 169 types différents. MM. Wuilleumier et Audin. ont 533 pièces avec 380 types. Le progrès est marqué et les conclusions, naturellement, plus précises et plus variées. L'étude se présente sous la forme d'un catalogue. Chaque fois qu'il a été possible, le médaillon est reproduit en dessin au trait avec une brève notice explicative. Huit bonnes planches en fin du volume permettent de juger de l'aspect et de l'art de ces médaillons. (...) Nous avons ainsi, et c'est chose nouvelle, une histoire de ce genre de céramique, dont le berceau est évidemment la haute vallée du Rhône, mais qui fut imitée au moine en Auvergne, où l'on a retrouvé un moule, et, peut-être même, à Strasbourg, où un médaillon est signé du nom de Cautius, qui est celui d'un potier local. (...)  En somme, un excellent catalogue d'une série de documents figurés intéressants, catalogue qui constitue une histoire d'un genre de céramique original et, jusqu'ici, peu connu." (A. Grenier, Revue des Études anciennes, 1953)

 

MOYEN AGE

 

98.              ANDRIEU-GUITRANCOURT (Pierre). Histoire de l'Empire normand et de sa civilisation.  Payot,  1952, in-8°,  431 pp, 3 cartes, un tableau généalogique, biblio, broché, couv. illustrée, défraîchi, état correct (Coll. Bibliothèque Historique)

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De cet étonnant empire, il ne reste rien aujourd'hui. Comme ceux des Grecs et des Romains, l'État de Guillaume le Conquérant et de ses successeurs plantagenets, le royaume de Roger de Sicile et celui de Roger d'Antioche, les établissements d'Amérique ne sont plus que des souvenirs. Mais les empires qui disparaissent laissent à l'humanité quelques-uns des principes qu'ils avaient inventés ou mis en valeur, combinés et perfectionnés. Notre temps leur doit donc une dette de reconnaissance. Angleterre et France peuvent entre tous, saluer ces Normands aux âmes héroïques car, sans eux, leur histoire, certainement, n'aurait pas eu son éclatant rayonnement. (Introduction)

99.              BOUTRUCHE (Robert). La Crise d'une société. Seigneurs et paysans du Bordelais pendant la Guerre de Cent ans. (Thèse).  Les Belles Lettres,  1963, gr. in-8°,  li-596 pp, nouveau tirage, 2 cartes dépliantes hors texte, un tableau généalogique des Albret, biblio, index, bon état

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Très importante thèse publiée par la Faculté des Lettres de l'Université de Strasbourg. — "Un tel livre ne se prête pas très aisément à être résumé. La documentation de M. Boutruche est très étendue, la bibliographie et l'énumération de sources, ainsi que les références des notes en donnent une idée impressionnante. Il en a tiré un exposé très dense et très nuancé à la fois. Décrivant des faits qui n'étaient pas tous inconnus, il s'est attaché à les mettre en valeur sous un jour nouveau, à reconstituer, dans la mesure du possible, les aspects du réel, complexes et variés jusqu'à l'infini." (Pierre-F. Fournier, Bibliothèque de l'école des chartes, 1948). — "M. R. Boutruche a eu l'heureuse idée de rechercher quelles ont été dans une région historiquement et géographiquernent bien délimitée, les effets de la Guerre de Cent Ans, sur la société rurale. Cette région, le Bordelais faisait partie de ce duché de Guyenne, qui dépendit de la Couronne britannique pendant trois siècles. A la fin de la période servant de cadre chronologique au livre dont nous rendons compte, l'autorité immédiate de la monarchie française sera rétablie sur le pays. L'intérêt du sujet est trop évident pour qu'il faille y insister. C'est par des études de cet ordre seulement, que l'on parviendra à se rendre compte des transformations que la Guerre de Cent Ans a produites dans la société française : non seulement du comment, de ces transformations, mais du pourquoi. ... L'aperçu que nous avons donné du livre de M. Boutruche, permet, croyons-nous, de saisir son importance capitale. Ajoutons qu'il repose sur une documentation extrêmement étendue, en grande partie inédite et soumise par l'auteur à une critique exigeante ; il inspire confiance. Nous ne pouvons assez en recommander la lecture." (François L. Ganshof, Revue belge de Philologie et d'Histoire, 1950)

100.          CALMETTE (Joseph). L'Elaboration du monde moderne.  PUF,  1942, fort pt in-8°,  xliii-602 pp, nouvelle édition revue et corrigée, biblio, index, broché, bon état (Coll. Clio)

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Excellent manuel sur la période 1328-1493. — "M. J. Calmette étudie ici, en les groupant de façon les rendre le plus intelligible possible, l'histoire des divers pays durant les deux derniers siècles du moyen âge. Voici les principales rubriques : la guerre de Cent ans; l'empire grec, l'Eglise, les boulevards de la Chrétienté, l'Asie, la civilisation de l'Occident et de l'Orient, enfin l'essor des grandes monarchies qui émergent du moyen âge finissant. On ne peut résumer en quelques lignes cette histoire universelle, mais on souligne la manière dans laquelle elle est traitée : point de clichés mais un sens avisé des nécessités concrètes, des forces réelles qui influent les unes sur les autres ; une lumière plus vive jetée sur certains pays ou certains faits historiques, d'ordinaire laissés dans la pénombre (histoire du Portugal, de l'occupation française en Morée, etc.), et, d'une façon générale, l'accent mis sur tout ce qui entraîne l'humanité dans une voie nouvelle, l'élaboration de ce qu'on appelle, assez improprement, la Renaissance. D'une information étendue et avertie, ce petit livre clair et vivant ne manquera pas de conquérir la sympathie de ses lecteurs dont il restera le vade-mecum." (B.-A Pocquet du Haut-Jussé, Bibliothèque de l'école des chartes, 1935 )

101.          CALMETTE (Joseph). Les dernières étapes du Moyen Age français.  Hachette,  1944, in-12,  255 pp, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. De l'Histoire)

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Les souverains Valois et la guerre de Cent ans.

102.          CASTELNAU (Jacques). La Vie au Moyen Age d'après les contemporains.  Hachette,  1949, in-12,  287 pp, broché, couv. illustrée, état correct (Coll. De l'Histoire)

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Jacques Castelnau (1903-1998) ne prétendait pas être un spécialiste du Moyen Âge et de la littérature médiévale, mais il a puisé à des sources sûres, comme l’ouvrage de Gustave Cohen, "Histoire de la mise en scène dans le Théâtre religieux français du Moyen Âge" (1906).

103.          ELLUL (Jacques). Histoire des institutions de l'époque franque à la Révolution.  PUF,  1964, pt in-8°,  611 pp, biblio, index, broché, état correct (Coll. Thémis)

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Excellent manuel consacré à l'histoire des institutions françaises. Un modèle du genre.

104.          GAUTIER (Léon). Bibliographie des Chansons de geste (Complément des Epopées françaises).  P., Welter,  1897, gr. in-8°,  iv-316 pp, texte sur 2 colonnes, broché, bon état. Edition originale

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Comme le dit l'auteur dans la Préface : "Nous n'avons pas à expliquer longuement le plan de cette Bibliographie ... Bibliographie générale, bibliographie spéciale : telles sont les deux parties d'une oeuvre qui ne pouvait guère, croyons nous, se prêter à une autre division. La Bibliographie générale est subdivisée selon l'ordre logique, et il semble superflu d'énumérer ici les huit chapitres dont elle est formée. La Bibliographie spéciale se compose d'une série de notices ou, pour mieux parler, de nomenclatures qui sont successivement consacrés à nos vieux poèmes ... Une table alphabétique des matières complète utilement ces deux parties ..."

105.          GEBHART (Emile). Conteurs florentins du Moyen Age.  Hachette,  1905, gr. in-12,  291 pp, 3e édition, reliure demi-basane bleue, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

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Les primitifs : le Novellino, Francesco da Barberino ; Boccace : Le prologue du Décameron et la Renaissance ; Boccace : La Comédie italienne ; Boccace : Les drames du Décameron ; Franco Sacchetti. — "M. Gebhart vient de donner une suite exquise à ses livres, "L'Italie mystique", "Moines et papes", dans ses "Conteurs florentins du moyen âge". C'est comme une grande fresque peinte dans les tons les plus légers et les plus fins du Quattrocento florentin, où défile devant nous, narquoise, sensuelle, sentimentale et tragique, toute la société italienne du XIIIe et du XIVe siècle." (Gabriel Monod, Revue Historique, 1901)

106.          GEBHART (Emile). L'Italie mystique. Histoire de la renaissance religieuse au Moyen Age.  Hachette,  1906, in-12,  vii-333 pp, 5e édition, reliure demi-basane bleue, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état

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I. Les conditions religieuses et morales de l'Italie antérieurement à Joachim de Flore - Arnaud de Brescia ; II. Joachim de Flore ; III. Saint-François d'Assise et l'apostolat franciscain ; IV. L'empereur Frédéric II et l'esprit rationaliste de l'Italie méridionale ; V. Exaltation du mysticisme franciscain - L'Evangile éternel - Jean de Parma - Frà Salimbene ; VI. Le Saint-Siège et les Spirituels - La poésie et l'art populaire ; VII. Le mysticisme, la philosophie morale et la foi de Dante.

107.          GOBRY (Ivan). Le Procès des Templiers.  Perrin,  1995, gr. in-8°,  316 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Vérités et légendes)

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L'arrestation et le procès des Templiers constituent l'une des pages les plus tragiques et les plus scandaleuses de l'histoire de la France et de l'Eglise. En 1307, Philippe le Bel, qui convoitait les richesses du Temple, fit arrêter en même temps, sur tout le territoire du royaume, tous les membres de ce prestigieux ordre religieux de chevalerie. L'accusation : hérésie (les Templiers reniaient le Christ, lors de leur admission dans l'ordre), idolâtrie et sodomie. Avec la complicité du pape, le Bordelais Clément V - qui était son débiteur -, des magistrats et des inquisiteurs qui lui étaient soumis, Philippe le Bel obtint, au terme de sept ans de procès civil et ecclésiastique, la dissolution de l'ordre et la mort sur le bûcher de tous ceux qui avaient refusé d'avouer et de ceux qui avaient rétracté les aveux obtenus sous la torture. L'affaire fut si bien menée, l'autorité du roi et du pape était telle qu'il s'est trouvé des contemporains, puis des historiens pour croire à la culpabilité de l'ordre. Ivan Gobry, qui a minutieusement étudié toutes les pièces de l'accusation, de l'instruction et des procès, qui a confronté les aveux incohérents provoqués par la question et par le cachot avec les protestations d'innocence, montre comment toutes les règles du droit, tant civil qu'écclésiastique, ont été violées pour aboutir au résultat voulu par le roi de France, par les magistrats royaux et par les inquisiteurs. Ce fut véritablement, 650 ans avant l'heure, un procès de Moscou.

108.          HADENGUE (Antoine). Bouvines, victoire créatrice.  Plon,  1939, pt in-8°,  vii-356 pp, préface du général Weygand, 9 gravures hors texte, 4 cartes dans le texte et un fac-similé, sources et biblio, broché, couv. lég. salie, état correct

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"La préface du général Weygand fait très justement l'éloge de cette étude d'une bataille qui, au XIIIe siècle, a joué un rôle déterminant dans la formation de la France moderne, la bataille au cours de laquelle Philippe Auguste a vaincu Jean et ses alliés, bien qu'ils soient trois fois plus nombreux que lui. Outre l'étude de cette bataille médiévale et de sa tactique, le volume explique la politique et la stratégie de l'un des plus grands souverains de France." (Books Abroad, 1935) — "Si l'on ne craignait d'abuser du mot chef-d'oeuvre, ce serait saris doute celui qui conviendrait le mieux pour qualifier cet ouvrage historique. Il nous paraît en effet difficile d'exposer plus clairement la situation générale à la veille de ce grand événement, de mieux montrer ce qui fait l'importance historique de cette bataille, de la conter avec plus de science et de façon plus dramatique. « Cheminer vers un sommet, sur les pas de nos chroniqueurs, en la matinale lumière du siècle de saint Louis, peut-on rêver plus beau voyage ? » Non certes, répond le général Weygand dans sa préface. L'auteur connaît aussi bien les chroniqueurs que les historiens qui ont analysé la bataille. Avec un rare talent évocateur, il ressuscite et oppose un Philippe-Auguste, un Jean-sans-Terre, un Othon, un Renaud de Dammartin, il peint les foules et fait manoeuvrer'lés armées. Avec un sens profond des conditions de la vie nationale, il montre la place que tient Bouvines dans notre histoire, et comment celle bataille « bouleversa la carte du monde médiéval » et décida du sort de la monarchie capétienne en consommant « l'union mystique du roi et du royaume ». C'est un très grand et très beau livre d'histoire." (Revue des Lectures, 1935)

109.          HEERS (Jacques). Libérer Jérusalem. La première Croisade, 1095-1107.  Perrin,  1995, in-8°,  371 pp, 6 tableaux généalogiques, 11 cartes et plans, notes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, tranche salie, bon état

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C'est l'histoire d'une seule croisade, la première, déclenchée par la prédication d'Urbain II à Clermont en novembre 1095, qui allait lancer les foules et les barons vers la Terre sainte. Une expédition totalement différente de celles qui suivirent. C'était la croisade de conquête et de libération, alors que les croisades postérieures seront de défense et de conservation. Ce fut une aventure absolue, hasardée, un formidable élan désordonné, souvent inconscient, qui déborda largement les calculs du pape. Jacques Heers raconte d'une part l'événement fondateur, la mobilisation et le rassemblement des croisés (quatre armées "régionales" au lieu de l'armée unique prévue par le pape), l'enthousiasme des foules entraînées par une autre prédication, celle des ermites, des vagabonds porteurs de rêves messianiques, des imposteurs aussi qui jettent sur les routes, avant même les armées, un peuple hétéroclite de pèlerins voués au désastre. Il met l'accent d'autre part – et c'est l'un des grands intérêts de ce livre –, sur les arrière-plans sociaux, mentaux et spirituels, sur le climat d'une entreprise tellement inédite et déraisonnable. Puis Jacques Heers décrit les longues marches à travers l'Europe centrale et les déserts d'Anatolie, les querelles byzantines devant Constantinople, les sièges interminables, la découverte de l'Orient. La croisade désordonnée, pathétique des "pauvres gens" n'aura qu'un temps. Fourvoyée par des meneurs incapables ou indignes, ils se feront massacrer par les Turcs en octobre 1096. La vraie croisade, la croisade victorieuse, c'est celle des quatre armées accompagnées de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, démunis, sans vivres ni armes. Elles n'atteignirent la Ville sainte que le 7 juin 1099, après plus de trois années d'épreuves, de disette, de combats, de conflits internes que seule la menace turque ou égyptienne parvenait à calmer momentanément.

110.          [Jeanne d'Arc] – OURSEL (Raymond). Le Procès de condamnation de Jeanne d'Arc. Traduit, présenté et annoté.  P., Le Club du Meilleur Livre,  1954, in-8° carré,  xliv-233 pp, préface du R.P. Michel Riquet S.J., avant-propos, notes, traduction et notice chronologique de Raymond Oursel, illustré de bois gravés du XVe siècle, imprimé sur alfa Cellunaf, reliure pleine basane chagrinée chocolat ornée d'une vignette, gardes décorées (maquette de Massin), un mors recollé, état correct

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"Une édition du texte du procès de Jeanne, présenté et commenté par M. Raymond Oursel. Il ne s'agit pas là d'une édition critique, mais d'une traduction en français moderne. L'adaptation est heureuse et nous retrouvons, transcrits en discours direct, les dialogues qui s'engagèrent entre Jeanne et ses accusateurs. Reliure et typographie sont admirables. L'ouvrage contraste avec tant de livres dont le brochage, le papier, l'encre, sont un défi aux lecteurs." (R. Boutruche, Revue Historique)

111.          KANTOROWICZ (Ernst). L'Empereur Frédéric II.  Gallimard,  1998, fort in-8°,  657 pp, traduit de l'allemand, 16 pl. de gravures hors texte, chronologie, 5 cartes et un plan, index, broché, jaquette illustrée, bon état (Coll. Bibliothèque des histoires)

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"Ce livre a sa légende, qui ne tient pas seulement aux soixante ans de retard avec lequel arrive la traduction française de ce chef-d'œuvre, paru en Allemagne en 1927. Ni à la personnalité de son auteur, né à Poznan en 1895, mort à Princeton en 1963, grand universitaire juif contraint à l'exil outre-Atlantique par les lois de Nuremberg. Frédéric II est lui-même un empereur de légende (1194-1250) abandonné des Hohenstaufen qui, grâce à son seul charme, reconquiert sans coup férir un royaume qui s'étend de la Sicile à la Baltique, pour aller ensuite guerroyer en Terre sainte, se lier d'amitié avec les infidèles, braver le pape et finir avec la réputation d'Antéchrist, en laissant un souvenir qui a hanté la mémoire allemande jusqu'à Hitler. Mais au travers de l'épopée frédéricienne, l'énorme ouvrage de Kantorowicz, histoire faite littérature tout en restant histoire, traite aussi et surtout de l'Etat moderne, de son émergence au sein d'une société déchirée entre de multiples pouvoirs, autour d'une personnalité charismatique. Tour à tour sont ainsi reconsidérés le conflit entre le culte étatique et la religion chrétienne, les rôles respectifs de la violence physique et du droit écrit, de la guerre et de la bureaucratie, les apports multiformes et complexes entre le politique et le symbolique, tous thèmes que l'auteur devait reprendre en profondeur et faire culminer dans The King's Two Bodies, Les Deux Corps du roi. Longtemps Kantorowicz s'est opposé à la réédition de son livre, dont le ton "ne correspondait plus, dit pudiquement son dernier éditeur, à sa nouvelle façon de voir". Sans doute a-t-on là en effet l'une des rares entreprises historiques d'importance a avoir été authentiquement guidée par une inspiration nietzschéenne : quelque chose comme le portrait d'un surhomme." (4e de couv.)

112.          KOESTLER (Arthur). La Treizième tribu. L'Empire khazar et son héritage.  Calmann-Lévy,  1976, in-8°,  300 pp, traduit de l'anglais par Georges Fradier, une planche hors texte, une carte, biblio, index, broché, trace de pli au 1er plat, bon état. Edition originale de la traduction (il n'est pas annoncé de grand papier)

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« À l'époque où Charlemagne se fit couronner empereur d'Occident, l'extrémité orientale dé l'Europe, entre le Caucase et la Volga, était dominée par un Etat juif connu sous le nom d'Empire khazar... » Ainsi débute le récit d'Arthur Koestler sur l'une des plus passionnantes énigmes des temps médiévaux. Les Khazars, en effet, étaient une peuplade d'ethnie turque d'un très haut degré de civilisation, et, fort curieusement, convertie au judaïsme. Elle régna entre la Caspienne et la mer Noire du Ve au XIIe siècle. Puis cet Etat disparut, sans qu'il y ait trace de génocide. Ne serait-il pas à l'origine d'une partie des communautés juives d'Europe orientales ? Les ancêtres des "Fils d'Israël" victimes de l'holocauste nazi ne serait-ils pas cette "treizième tribu" qui fit souche dans le Caucase où l'on a vu le berceau de la race aryenne ? En historien novateur, il retrace méticuleusement l'épopée des Khazars, de leurs origines à leur déclin. S'attardant sur la composition de la mosaïque ethnique de ce peuple guerrier et sur ses mythes, l'auteur dépeint un monde méconnu qui contribua à façonner la destinée de l'Europe médiévale. De son étude ressort l'influence de cet épisode sur le développement du judaïsme russe et européen. Aux confins des mondes occidentaux et orientaux, à une époque riche en épopées guerrières, l'autorité khazare est le seul exemple concret d'un Etat juif avant la fondation de l'Israël contemporain.

113.          LACROIX (Paul). La Chevalerie et les Croisades. Féodalité, Blason, Ordres militaires. Ouvrage illustré de 214 gravures et d'une chromolithographie d'après les grands ouvrages de M. Paul Lacroix sur le Moyen-Age et la Renaissance.  P., Firmin-Didot,  1890, pt in-4°,  322 pp, une chromolithographie en frontispice et 214 gravures dans le texte et à pleine page, reliure demi-basane rouge, dos à 5 nerfs, titres et caissons fleuronnés dorés, encadrements à froid sur les plats, tranches dorées (rel. de l'époque), 1er plat taché, bon état

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Table : Féodalité : 1) Aperçu général de la féodalité dans les divers Etats de l'Europe occidentale ; 2) Condition des personnes et des terres. – Chevalerie : 1) Origines et institutions ; 2) Duels et tournois. – Croisades. – Ordres militaires. – Blason. La passe d'armes d'Ashby. — Le présent volume a été composé en majeure partie du texte écrit par Paul Lacroix, pour les chapitres relatifs à la vie militaire, aux moeurs et aux sciences au Moyen Age. — "La maison Firmin Didot a eu aussi une idée très heureuse, en profitant du texte et des gravures des volumes de P. Lacroix sur le moyen âge, la Renaissance, le XVIIe et le XVIIIe s., pour publier une série de livres richement illustrés, sur “L'Ancienne France”. La division par époques des ouvrages de P. Lacroix n'a pas été maintenue ; on a adopté un ordre méthodique qui embrasse toutes les parties de l'histoire de la civilisation et chaque étude a été conduite depuis les origines jusqu'en 1789. M. Louisy a été chargé de ce travail d'adaptation. Nous avons ainsi : “L'Armée française”, “La Chevalerie et les croisades”, “La Justice et les tribunaux”, “L'École et la science”, “Le Livre et les arts qui s'y rattachent”, “Les Arts et métiers au moyen âge”, “L'Industrie et les arts décoratifs aux deux derniers siècles”, “Peintres et graveurs”, “Sculpteurs et architectes”, “Le Théâtre, la Musique et la danse jusqu'en 1789”. Un volume spécial est consacré à “Henri IV et Louis XIII”. Il ne faut pas juger de ces ouvrages comme on ferait d'œuvres d'érudition ; on connaît les livres de P. Lacroix et on sait qu'ils sont des collections de renseignements réunis avec infiniment de curiosité, d'érudition et d'esprit plutôt que des oeuvres méthodiques et critiques. La même observation peut s'appliquer aux illustrations de ces livres, bien que, cependant, les illustrations soient supérieures au texte et constituent un recueil iconographique des plus intéressants. Sous leur nouvelle forme, ces ouvrages se trouvent complétés, disposés d'après un ordre plus systémique et mettent à la portée de toutes les bourses les précieux documents qui y sont reproduits. Ce sont des livres dont la place est marquée dans toutes nos bibliothèques de lycées et d'écoles normales." (G. Monod, Revue Historique, 1891)

114.          LATOUCHE (Robert). Les Grandes Invasions et la crise de l'Occident au Ve siècle.  Aubier Montaigne,  1946, pt in-8°,  322 pp, une carte, broché, état correct (Coll. Les Grandes crises de l'histoire)

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"Nous n'avons guère lu au cours des dernières années un livre de caractère synthétique traitant du très haut moyen âge, qui nous ait plu autant que celui de M. Latouche. Il est bien informé – textes et littérature – , clairement écrit, nuancé dans l'expression de la pensée, original dans ses vues et surtout il force le lecteur à réfléchir. L'idée maîtresse de notre savant collègue de Grenoble est que dans la crise de l'Occident au Ve siècle, les invasions barbares sont assurément un élément essentiel, mais certainement pas le plus important. Cette crise, d'où sortira le monde du moyen âge occidental, on ne peut la comprendre qu'en remontant haut dans l'histoire de l'Orbis Romanus : au IIIe siècle évidemment, et même plus haut encore, jusqu'au règne de Marc Aurèle. (...) Le récit des Invasions est sérieux, net, émaillé de comparaisons permettant de mieux saisir la signification des faits, coupé quelquefois par d'intelligentes réflexions de philosophie politique. Nous n'insisterons ici que sur un seul point, mais qui nous paraît capital. M. Latouche souligne avec raison l'importance primordiale de la conquête de l'Afrique par les Vandales au Ve siècle et de la fin de la libre navigation en Méditerranée qui en a été la conséquence ; il montre combien cet événement qui privait l'Europe Occidentale de son fournisseur principal de blé et d'huile et qui troublait gravement ses communications avec l'Orient, a ébranlé profondément l'Empire et le monde romain en Occident. (...) Un livre tout à fait remarquable." (François L. Ganshof, Revue belge de philologie et d'histoire, 1949) — "L'éminent médiéviste de Grenoble a fait oeuvre utile en reprenant ce problème historique passionnant des Invasions barbares : son livre, qui abonde en réflexions intéressantes, traite même plus que ne promet le titre, puisqu'il remonte jusqu'au IIIe siècle et descend jusqu'au VIe, en indiquant d'ailleurs au passage que la « crise » n'est pas alors terminée, mais se prolonge jusqu'à la renaissance carolingienne du VIIIe siècle. (...) J'ai relevé particulièrement les pages consacrées au christianisme armoricain avant et après la migration bretonne, à la médiocrité de l'épiscopat mérovingien, à son opposition aux impôts royaux, à la conversion des Wisigoths et des Francs, à la culture chrétienne aux Ve et VIe siècles... L'auteur souligne aussi « l'activité bâtisseuse du clergé au IVe et au Ve siècle » et rappelle la protection apportée aux populations part les évêques de cette époque d'anarchie." (Jean-Remy Palanque, Revue d'histoire de l'Église de France, 1947)

115.          LA VARENDE (Jean de). Guillaume le Bâtard conquérant.  Flammarion,  1971, in-8°,  340 pp, qqs gravures et cartes, broché, couv. illustrée, dos lég. sali, bon état

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A mesure que s'éloignent les hautes périodes de notre histoire nous avons trop tendance à ramener les grands personnages à des figures d'imagerie. Ainsi, Guillaume le Conquérant prend figure de reître du Moyen Age, brutal, cruel et rusé. L'époque romantique, notamment, l'a travesti en une sorte de mannequin à la carrure immense de héros frénétique. Or, rien n'est plus faux. il fut avant tout un homme, et c'est cet homme que La Varende a découvert après trente années de poursuites, de pèlerinages, de réflexions, de rêveries. Il nous le révèle dans un  livre tout gonflé d'amour du passé, d'émotion, de vérité. Normand comme lui, il a couru dans les mêmes sentiers, respiré le même air, retrouvé les brisées de ses courses passionnées dans les forêts. Il l'a dépouillé de tous les commentaires, les préjugés, des partis pris dont les siècles l'ont peu à peu entouré. Il a voulu l'atteindre dans sa vérité humaine. Alors la prodigieuse mémoire de La Varende réunit tous les détails familiers de l'époque, sa vision de peintre recrée le cadre, son coeur supprime les inquiétudes. D'auteur, il devient un compagnon de Guillaume qui nous raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a senti.  Avec lui, nous approchons l'enfant adulé, puis l'orphelin méprisé, traqué ; nous connaissons l'athlète vainqueur de la trentaine; puis, après une courte accalmie, quand il a conquis l'Angleterre, nous le voyons obligé de combattre durant vingts années contre les faux amis et les traitres. Méthodique, réfléchi, son ardeur combative, qui fulgure, ne vient qu'après la méditation; le diplomate fonctionne à côté du guerrier. Les pages les plus émouvantes sont peut-être celles où La Varende a évoqué la vieillesse. Les grosses nourritures ont vaincu Guillaume. Il est devenu lourd, apoplectique, la rage succède à la volonté, et il meurt presque abandonné : "le grand-père de l'Europe moderne, l'aieul de tous ses rois, refroidit, à demi-nu, sur les carreaux d'argile seul..."

116.          LE GOFF (Jacques). La Civilisation de l'Occident médiéval.  Arthaud,  1986, pt in-8°,  510 pp, 39 cartes, plans et figures, atlas historique de 8 cartes in fine, index documentaire, biblio, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Les grandes civilisations)

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Edition brochée "semi-poche" reprenant le texte intégral du livre de Jacques Le Goff, mais sans les 246 illustrations en noir et les 8 planches en couleurs. — Traduit dans plus de vingt langues, ce livre est le bréviaire indispensable de qui veut se familiariser avec le Moyen Âge. Car, entre la légende noire d'un "âge des ténèbres" et la légende dorée d'une "belle époque" médiévale, il y a la réalité d'un monde de moines, de clercs, de guerriers, de paysans, d'artisans, de marchands ballottés entre violence et aspiration à la paix, foi et révolte, famine et expansion. Une société hantée par l'obsession de survivre et qui parvient à maîtriser l'espace et le temps, à défricher les forêts, à se rassembler autour des villages, des châteaux et des villes, à inventer la machine, l'horloge, l'université, la nation. Ce monde dur et conquérant, c'est celui de l'enfance de l'Occident, un monde de "primitifs" qui transforment la terre en gardant les yeux tournés vers le ciel, qui introduisent la raison dans un univers symbolique, équilibrent la parole et l'écrit, inventent le purgatoire entre l'enfer et le paradis...

117.          MARLÈS (M. de). Histoire de la conquête de l'Espagne par les Arabes.  Tours, Ad. Mame,  1853, in-12,  284 pp, 6 planches gravées en taille-douce dont le frontispice, reliure basane havane glacée, dos lisse avec titre et fleurons dorés, encadrement et décor doré sur les plats (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état

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... Rodrigue tomba mort. Dès ce moment ce ne fut plus un combat, mais un horrible massacre ; les Goths laissèrent le champ de bataille couvert de leurs cadavres. Ainsi tomba cette puissante monarchie des Goths ; elle avait commencé par la conquête, versé pour se consolider des flots de sang espagnol, jeté dans la servitude ceux que le glaive avait épargnés, mis deux siècles à s'affermir : elle finit en un jour par le sort des armes...

118.          MEYRAC (Albert). Histoire de la guerre de Cent ans, 1338-1453.  P., Charavay, Mantoux, Martin,  s.d. (v. 1890), pt in-4°,  192 pp, préface de Eugène Bonnemère, 34 illustrations de Paul Hercouët, dont 9 à pleine page hors texte, tranches dorées, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs filetés, titres et fleurons dorés, encadrement à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état (Médaille d'or, ouvrage adopté par la Ville de Paris, pour ses écoles et ses bibliothèques)

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La première édition date de 1885.

119.          PERROY (Edouard), avec la collaboration de Jeannine Auboyer, Claude Cahen, Georges Duby et Michel Mollat. Le Moyen Age. L'expansion de l'Orient et la naissance de la civilisation occidentale.  PUF,  1967, fort gr. in-8° carré,  681 pp, 48 planches d'illustrations en héliogravure hors texte, 18 cartes, tableau synchronique, biblio, index, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Histoire générale des civilisations)

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"Cette oeuvre comporte 3 parties : 1. Prééminence des civilisations orientales (Ve-Xe siècles), 2. Les temps de l'Europe féodale, de l'Islam turc et de l'Asie mongole (XIe-XIIIe siècles). 3. Les temps difficiles (XIVe-XVe siècles). La première partie part du déclin du monde romain dans l'Orient et dans l'Occident et passe alors aux peuples de l'Asie ; suit l'essor de l'Islam et sa position à l'égard de Byzance ; ensuite il est traité de l'Europe dans sa première manifestation sous les Carolingiens et aussi du déclin de cette Europe jusqu'à l'an mil ; alors l'exposé revient à l'histoire du proche Orient en décrivant son essor et sa crise et finit par un aperçu sur les peuples asiatiques à l'apogée de leur développement. La deuxième partie commence avec le redressement de l'Europe au XIe siècle, auquel s'oppose le déclin de l'Islam et de Byzance. Ensuite vient un tableau de l'Asie à l'époque mongole, et cette partie s'achève avec le récit de l'apogée de l'Europe médiévale jusqu'à la fin du XIIIe siècle. La troisième partie s'inscrit davantage sous le signe de la prépondérance de l'histoire européenne. Les difficultés et les troubles de l'équilibre politique aux XIVe et XVe siècles sont opposés à la formation d'une grande puissance ottomane. La fin de cette partie est un regard sur la structure nouvelle de l'Europe, structure qui sera déterminante pour l'évolution de l'époque moderne." (Walter Mohr, Revue belge de philologie et d'histoire)

120.          PIRENNE (Henri). Histoire économique et sociale du Moyen Age. Nouvelle édition revue et mise à jour par Hans Van Werveke.  PUF,   1969, gr. in-8°,  viii-238 pp, biblio, annexe bibliographique et critique, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Hier)

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"Admirable synthèse d'histoire économique." (Marc Bloch) — "Cette nouvelle édition de l'ouvrage fort apprécié de Henri Pirenne a été revue et mise à jour par Hans Van Werveke, professeur émérite à l'Université de Gand. C'est la première fois que la synthèse de l'histoire économique et sociale du Moyen Age paraît en volume séparé, du moins en langue française. Elle faisait partie du t. VIII de l'Histoire du Moyen Age, deuxième section de l'Histoire générale publiée sous la direction de Gustave Glotz, aux PUF en 1933, sous le titre “La Civilisation occidentale au Moyen Age, du XIe siècle au milieu du XVe siècle”. Marc Bloch a fait, en son temps, les éloges de cette œuvre. De même, Lucien Febvre a souligné l'inestimable intérêt de la pensée de Pirenne. Plus près de nous, Bryce Lyon et F.-L. Ganshof affirment quel enrichissement intellectuel apporte la fréquentation des travaux du regretté historien. « C'est une œuvre dont la lecture continue à s'imposer aux générations qui se succèdent malgré l'apport de matériaux nouveaux, malgré les ajustements nécessaires pour certaines structures. Cette œuvre devait être rendue accessible au public ». Elle « vit dans la mesure où chacune de ses grandes vues de génie a provoqué les recherches d'une dizaine d'historiens qui la grignotent, la rectifient partiellement... et font ainsi qu'au-dessus d'eux elle vit toujours et s'impose ».  Cette réédition apparaît comme un instrument de travail de premier ordre." (G.-L. Trenard, Revue du Nord, 1969)

121.          PIRENNE (Henri). Les Villes du Moyen Age.  PUF,  1971, in-12,  172 pp, broché, bon état (Coll. Sup - L'historien)

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Premier ouvrage majeur du médiéviste belge Henri Pirenne, “Les villes du Moyen Age” demeure un classique de l'histoire européenne. Le rôle des agglomérations urbaines dans la renaissance du commerce international à partir du Xe siècle, dont elles sont tout à la fois tributaires et parties prenantes, est étudié dans une perspective globale embrassant les structures et les dynamiques sociales, économiques et politiques de l'Occident médiéval. L'émergence d'une élite citadine bourgeoise, et avec elle de nouvelles normes juridiques, fiscales et institutionnelles, est le prélude d'un changement de paradigme dans l'histoire des idées qui adviendra à la Renaissance. — "Il est bon que les historiens puissent se procurer pour une somme raisonnable les classiques de l'histoire et il faut donc remercier l'éditeur d'avoir réimprimé une des oeuvres les plus importantes du grand historien belge." (Cahiers de civilisation médiévale, 1972)

122.          PIRENNE (Henri)(éd.). Le Livre de l'abbé Guillaume de Ryckel (Liber Sancti Trudonis) 1249-1272. Polyptyque et comptes de l'abbaye de Saint-Trond au milieu du XIIIe siècle. Publiés par Henri Pirenne.  Genève, Mégariotis,  1981, in-8°,  lx-440 pp, index, reliure toile éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état. Réimpression de l'édition de Bruxelles, 1896

            60

Une belle publication du livre de comptes de Guillaume de Ryckel qui détaille la renaissance économique de l'abbaye de Saint-Trond, sous son impulsion énergique et sage. Renseignements importants pour l'histoire économique, administrative et religieuse des Pays-Bas. Le « polyptyque » de l’abbé Guillaume de Ryckel, abbé de Saint-Trond (1249-1272) est une sorte de manuel destiné à gérer les biens de l’abbaye bénédictine, qui tient à la fois du cartulaire, du document d’enregistrement, du censier, du polyptyque et du registre de comptes.

123.          RENAN (Ernest). Etudes sur la politique religieuse du règne de Philippe le Bel.  P., Calmann-Lévy,  1928, fort in-8°,  ii-483 pp, index, reliure demi-basane bordeaux, dos à 4 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés (rel. de l'époque), mors, coiffes et nerfs frottés, intérieur propre et frais, sans rousseurs, bon état

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Guillaume de Nogaret, légiste (1877) – Pierre du Bois, légiste (1877) – Bertrand de Got, pape sous le nom de Clément V (1881). — Cet ouvrage est l'édition en volume des trois études savantes touchant la politique de Philippe le Bel et l'histoire de la papauté composées par Ernest Renan pour être incorporées dans “l'Histoire littéraire de la France”.

124.          RIGAUDIÈRE (Albert). Histoire du droit et des institutions dans la France médiévale et moderne.  Economica,  2010, fort gr. in-8°,  893 pp, 4e édition, 3 index, broché, bon état

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Cette Histoire du droit et des institutions de la France médiévale et moderne vise à décrire, en quatre temps, comment s'est lentement construit le système juridique et institutionnel français. Droit et institutions s’'y croisent en permanence pour montrer que la lente redécouverte du legs politique et juridique romain dans un Occident médiéval déstabilisé au lendemain des invasions, a largement servi la renaissance de l'Etat. Mais il serait faux d'en rester à cette image stéréotypée d'un modèle institutionnel imposé par la romanité, tant les traditions germaniques, la pratique ecclésiale, l'apport du droit féodal, l'action des princes et des rois, tout comme la force de persuasion de leurs conseillers et de leurs légistes, ont admirablement contribué à façonner l'Etat royal. Un Etat constamment construit sur les droits et le Droit, autour d'un maillage d'institutions aux facettes perpétuellement mouvantes et toujours plus finement ciselées par les orfèvres du politique.

125.          SCHMIDT (Joël). Sainte Geneviève et la fin de la Gaule romaine.  Perrin,  1997, in-8°,  199 pp, 2 cartes, biblio, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

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La vie de sainte Geneviève, née en 423, ne correspond pas à l'image naïve et réductrice de la jeune bergère gardant ses moutons sur la colline de Nanterre. Femme d'affaires avisée au sens politique hors norme, elle résista aux Huns d'Attila menaçant Paris. Franque d'origine, elle fut l'âme de la conversion du roi des Francs Clovis au christianisme et une actrice majeure de la naissance de la France autour de la basilique Saint-Denis. Dans un monde romain s'effondrant tragiquement sous les coups des "barbares", elle fut un repère d'une grande stabilité. Par cette biographie alerte, Joël Schmidt restitue à la sainte patronne de Paris sa juste densité politique et historique.

126.          VERDON (Jean). Isabeau de Bavière. La mal-aimée.  Tallandier,  2001, in-8°,  318 pp, un tableau généalogique, notes, sources inédites, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Le 17 juillet 1385 a lieu le mariage du jeune roi de France Charles VII et d'une princesse inconnue appellée Isabeau de Bavière. Ce livre porte un regard modéré sur celle qui fut la reine étrangère, remet en cause les idées reçues et fait partager le quotidien de cette femme d'exception au comportement controversé, qui fut reine de France pendant cinquante ans. — Parmi les femmes de mauvaise réputation qui ont marqué l'histoire de France, Isabeau de Bavière se situe en bonne place. Accusée de débordements sexuels dignes de Messaline, elle inspira même le marquis de Sade. L'historien se doit de remettre les choses à leur place dans la mesure où il peut s'approcher de la vérité. Les événements sont connus. Mariée à 15 ans avec le jeune roi de France Charles VI, bientôt atteint de crises intermittentes de folie, Isabeau se trouve mêlée aux intrigues politiques qui la dépassent opposant Armagnacs et Bourguignons. Après avoir mis au monde douze enfants dont beaucoup sont morts en bas âge, elle accepte que son fils, le futur Charles VII, soit déshérité au profit du roi d'Angleterre. Mais l'ouvrage essaie d'aller plus loin. Analysant les comptes de la reine, l'auteur montre qu'elle est une femme soucieuse de ses intérêts, voire cupide ; les biens ne constituent-ils pas toutefois son seul atout dans un contexte si difficile ! Fut-elle la maîtresse de son beau-frère le duc d'Orléans ? Seuls des textes d'inspiration bourguignonne l'affirment. Rien ne peut être prouvé. Sait-on aussi que la reine préfère le poisson à la viande, apprécie les fromages, raffole des fruits et des truffes et possède une véritable ménagerie. Elle aime festoyer. En matière religieuse, elle pratique mais profite des facilités de son époque, accomplissant des pèlerinages et jeûnant par personnes interposées dûment rétribuées. À travers le portrait d'Isabeau qui ne mérite pas le discrédit dont elle fut l'objet mais qui n'a absolument pas le sens politique d'une Blanche de Castille ou d'une Catherine de Médicis, il est possible d'appréhender cette période si trouble de la fin du Moyen Age.

127.          WOLFRAM (Herwig). Histoire des Goths.  Albin Michel,  1990, fort in-8°,  574 pp, préface de Pierre Riché, 8 cartes, biblio, supplément bibliographique français, index, broché, couv. illustrée lég. défraîchie, bon état (Coll. L'Evolution de l'humanité)

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L'histoire des Goths appartient aux mythes les plus connus de l'Occident. Venus de Scandinavie, ils se divisent en deux groupes : les uns, les Ostrogoths, poursuivant leur migration en Italie du Nord, les autres, les Wisigoths, en Gaule et en Espagne. Herwig Wolfram ouvre le dossier de manière neuve et enlevée en étudiant de l'intérieur la vie et le fonctionnement de cette société. Mentionnés pour la première fois en l'an 7 avant J.-C. en Poméranie, ils disparaissent de la scène en 711 à Tolède. Célèbres par leurs invasions (le sac de Rome en 410), ils ne furent pas seulement assoiffés de conquêtes, mais surent recevoir et assimiler les influences étrangères durant leurs différentes migrations, conservant bien des traits de leur civilisation primitive. Tribus ou royaumes, un mode de vie original apparaît : comme le dit Pierre Riché dans sa préface, "les Goths ont refusé l'intégration mais leurs princes ont eu l'habileté de se faire passer pour les successeurs des empereurs romains". La présence des Goths dans l'Empire romain finissant est un moment unique dans l'histoire de l'Occident. Histoire, mais aussi sociologie et politique, ce livre allie la maîtrise des sources imprimées avec les découvertes archéologiques les plus récentes. L'Histoire des Goths de Herwig Wolfram, professeur à l'université de Vienne, offre une magistrale synthèse sur l'aurore de notre civilisation. 

 

TEMPS MODERNES

 

128.          ANDRIEUX (Maurice). Henri IV.  Fayard,  1955, pt in-8°,  510 pp, broché, bon état (Coll. Les Grandes études historiques). Edition originale, un des 50 ex. numérotés sur Velin pur fil Lafuma, à toutes marges

            45

"La Révolution et les débuts du XIXe siècle n'ont pas rendu à Henri IV la justice qui lui était due et la Restauration n'a utilisé sa légende que pour l'opposer au prestige napoléonien. C'est de ce temps que date le portrait du roi Henri, image d'Epinal en nuances molles et fades ! Heureusement ce portrait faux les historiens modernes l'ont récusé et nul aussi bien que M. Andrieux n'a remis en belle lumière les traits virils dont on avait paradoxalement dépouillé un personnage qui est sans doute le plus haut en couleurs de notre histoire." (Albert Vincent, Revue des Sciences religieuses, 1956)

129.          BABELON (Jean). Charles-Quint, 1500-1558.  Club du meilleur livre,  1958, in-8°,  305 pp, 25 gravures hors texte (certaines dépliantes), biblio, reliure pleine toile fuschia de l'éditeur, un portrait de Charles-Quint en médaillon au 1er plat, gardes illustrées, imprimé sur papier velin de Condat, bon état

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"Un ouvrage sur Charles-Quint par un Français, M. Jean Babelon, conservateur au Cabinet des Médailles. Livre alerte, clair, rempli de détails anecdotiques. L'auteur ne s'est pas astreint à un ordre strictement chronologique. Il dépeint l'activité dé l'empereur en une série de tableaux : « Gestes et attitudes », « le Roi d'Espagne », « la France incommode », « l'Or et les Epices »... Bien qu'il n'ait mis aucune référence, on sent chez l'historien un contact familier avec les sources." (Joseph Lecler, Etudes, 1948)

130.          BARDON (Françoise). Caravage ou l'expérience de la matière.  PUF,  1978, gr. in-8°,  222 pp, 64 planches en noir et 6 planches en couleur hors texte, notes, broché, jaquette illustrée (très lég. abîmée), bon état. Rare

            100

Ni histoire, ni définition ontologique, ce livre remet en cause quelques idées trop admises sur la peinture de Caravage : réalisme, clair-obscur, caravagisme, anticonformisme... Ce livre, surtout, interroge : Comment aborder l’œuvre de Caravage aujourd’hui ? Comment montrer que Caravage, qui ne connaissait les idées philosophiques de Bruno, les recherches de Galilée, le prosélytisme et les expériences mystiques de Neri, que par un ouï-dire qui inscrivait déjà un déplacement de leur « vérité », a pu rejoindre dans sa peinture les préoccupations et les exigences de l’« avant-garde » de son temps ? Comment brancher le discours intentionnel des fictions religieuses sur le discours latent par quoi se manifeste le désir d’une autre réalité que cette peinture même contribue à produire ? Comment saisir, dans une pratique picturale, la conscience méconnaissante qu’a le peintre de la crise de son temps ? préciser son rapport peint à l’idéologie dominante ? Comment suivre le procès contradictoire d’une peinture révolutionnaire en son temps, laquelle, particulièrement aujourd’hui, continue de nous émouvoir, sans doute parce qu’elle nous concerne encore – et plus que jamais ?

131.          BASCHWITZ (Kurt). Procès de sorcellerie. Histoire d'une psychose collective.  Arthaud,  1973, in-8°,  367 pp, traduit de l'allemand, 34 héliogravures sur 20 pl. hors texte, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Signes des Temps)

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Les magiciens ; Les origines des procès de sorcellerie ; Le délire de sorcellerie au XVIe siècle ; L'Angleterre ; La France et l'Espagne ; L'Allemagne ; La Suisse et la Suède ; Les Pays-Bas ; Les sorcières de Salem ; La victoire de la raison. — Les procès de sorcellerie n'appartiennent pas, comme on le croit trop souvent, au Moyen Age européen, mais se sont poursuivis jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. La terreur de la sorcellerie, psychose collective fondée sur une monstrueuse erreur, est également l'histoire de l'emprise d'une puissance tyrannique sur une minorité sans défense. Kurt Baschwitz démonte ici pour nous non seulement les fondements spirituels et psychologiques de cette psychose, mais également les mécanismes juridiques qui lui permirent de se développer dans des proportions qu'on imagine mal de nos jours. Le fanatisme et l'intolérance ne furent pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'apanage d'une masse inculte, mais celui d'hommes intelligents et éclairés dont l'aveuglement et l'acharnement nous paraissent aujourd'hui incompréhensible. En face d'eux toutefois, des adversaires résolus et passionnés ne craignirent pas de se dresser, bien souvent au péril de leur vie. Il est réconfortant de penser que ces hommes, d'abord isolés, parvinrent à force de ténacité et de courage à mettre un terme à l'une des plus hallucinantes psychoses collectives qui aient jamais été.

132.          BELLUGOU (Henri). Voltaire et Frédéric II au temps de la marquise du Châtelet.  P., Marcel Rivière et Cie,  1962, in-8°,  219 pp, notes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s.

            30

"En recevant ce livre, nous avons eu un instant d'hésitation : comme nous n'aimons guère l'histoire romancée, nous avons failli le refuser. Nous nous en mordrions les doigts maintenant, car cet ouvrage contient sur les rapports de Voltaire et de Frédéric jusqu'en 1750 des indications fort intéressantes, appuyées sur une solide documentation. Les problèmes des rapports entre le philosophe et le roi de Prusse ont toujours intrigué, non seulement les contemporains, mais encore les historiens. Voltaire a-t-il eu sur Frédéric une grosse influence ? Frédéric l'a-t-il simplement considéré – et c'est l'opinion de M. Gaxotte – comme un agent de publicité et comme son « correcteur » attitré ?.. M. Bellugou nous présente d'abord « la vie quotidienne » à Cirey, puis mentionne la première lettre du prince royal (8 août 1736) et sa réponse. La correspondance commence et ne cessera plus guère. Elle touche à tout : poésie, littérature, mais aussi philosophie. On échange des cadeaux. Bouderies aussi : Voltaire ne veut à aucun prix confier La Pucelle à son royal ami... Longue comédie à propos de la négociation d'une rencontre. Voltaire ne veut pas mettre les pieds en Prusse du vivant du Roi-Sergent qui le ferait expulser par ses sbires. En 1739-1740, affaire de la publication de l'Antimachiavel, rédigé par le Roi, révisé par Voltaire, enfin, le 11 septembre 1740, première rencontre à Moyland, près de Clèves, mais qui ne dure que trois jours, puis première visite à Berlin (19 novembre-1er décembre de la même année) qui ne semble pas avoir eu le caractère diplomatique qu'on lui attribue quelquefois et qui déclenche la colère de la marquise. Avec la paix séparée de Breslau, les rapports franco-prussiens se tendent. La lettre de Voltaire du 30 juin 1742 (mais est-elle de lui ?), le scandale de la représentation de Mahomet obligent Voltaire à quitter la France, mais Fleury essaie de profiter de l'amitié entre les deux hommes pour confier à Voltaire une véritable mission diplomatique auprès de Frédéric – d'où son voyage de 1743 à Berlin. Mais, à cette époque, Fleury est mort, et ce sont les d'Argenson qui utilisent les talents diplomatiques du philosophe qui travaille utilement en Hollande, puis à Berlin et à Bayreuth. C'est en fin de compte un échec – la Prusse ne rentrera pas à nouveau en guerre –, mais Voltaire en a profité pour améliorer sa situation à Versailles. En 1747 « cet arriviste est enfin arrivé ». Mais le succès de Voltaire à la Cour dure peu. M. Bellugou a ici quelques heureuses formules : « C'est un caractère impossible et un singulier tyran que cet adversaire de la tyrannie. Cet intrigant embrouille tout. Il n'a pas l'esprit de suite. Il est agressif, mordant, rusé, d'une turbulance inouïe... C'est un indépendant. Il veut pouvoir s'exprimer sans entraves. Il étouffe dans la contrainte. Tout cela, le monarque français le sait. Il redoute l'esprit voltairien, subversif, irrespectueux, malgré ses apparences de respect. Tout en se flattant d'être un courtisan, Voltaire est, en fait, un opposant. Ce monarchien critique et sape la monarchie. Il méprise le présent autant que le passé. Il détruit les principes de la religion et de la société. Cet aristocrate est au fonds un révolutionnaire, il condamne un régime dont il profite... » Versailles ne lui pardonnera jamais sa fugue berlinoise de 1750. En attendant, le couple part pour la Lorraine où Voltaire apprend les infidélités de sa marquise. La correspondance avec Frédéric reprend de plus belle. Le départ est simplement retardé par la mort de Madame du Châtelet, puis, en 1750, devant l'échec d'Oreste, à qui le public préfère le Catalina de Crébillon, il n'hésite plus... C'est donc un vrai livre d'histoire." (Daniel Ligou, Revue d'histoire économique et sociale, 1963)

133.          BENNASSAR (Bartolomé) et Jean JACQUART. Le XVIe siècle.  Armand Colin,  1973, gr. in-8°,  360 pp, repères chronologiques, 11 cartes, tableaux et généalogies, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. U, série Histoire moderne, dirigée par Pierre Goubert)

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Préparé par la vive fermentation du XVe siècle finissant et fécondé par les voyages d'exploration qui mettent le vieux monde occidental en contact avec d'autres civilisations, le XVIe siècle apparaît comme une période riche en événements, en conflits, en transformation et renouvellements politiques, économiques, philosophiques et artistiques. Avec lui naissent les Temps Modernes. Ce précis clair et commode permet au lecteur de s'initier à l'histoire du XVIe siècle. Sans négliger l'indispensable trame des événements, il tient compte des recherches les plus récentes ainsi que des curiosités contemporaines à l'égard de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique espagnole à peine conquise. Des cartes, des bibliographie sélectives, une chronologie constitue des éléments utiles de documentation.

134.          BOISSEL (Thierry). Bougainville ou l'homme de l'univers.  Olivier Orban,  1991, in-8°,  267 pp, une carte, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Fils d'un notaire parisien anobli, Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) a fréquenté les salons et la cour de Louis XV et de Madame de Pompadour, dédaigné la simarre du magistrat pour la cape du mousquetaire, puis le dolman du colonel de dragons au Canada, puis l'habit d'officier bleu de la Marine du roi. Il colonise les Malouines avec des Acadiens victimes du Grand Dérangement, fait le tour du monde à bord de sa Boudeuse et commande une escadre pendant la guerre d'Indépendance des États-Unis, où la fortune de mer le trahit. Il sera destitué et emprisonné sous la Terreur, nommé à l'Institut par Bonaparte, qui le fera plus tard sénateur et comte d'Empire. Sa vie privée n'est pas sans saveur. Époux d'une « princesse » iroquoise ; scalpé devant Fort-Carillon par un boulet anglais ; coqueluche des salons parisiens, et des belles sauvagesses d'O'Taïti, il prendra sa retraite en bon père et bon époux en son château d'Ile de France. Vieux et fidèle royaliste, il a quand même su composer avec la Révolution et l'Empire, qui ne lui ménagera pas les honneurs jusqu'à sa mort en 1811. Cet « homme de l'Univers », comme le qualifie M. Boissel, est un optimiste résolu, dont l'aimable caractère en ces temps impérieux lui faisait prédire : « Je mets l'espoir de ma renommée dans une fleur », la bougainvillée rapportée de Tahiti !" (Yves J. Saint-Martin, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1992)

135.          BONDOIS (Paul-M.). L'industrie sucrière française à la fin du XVIIe siècle. Les projets de l'intendant Pierre Arnoul.  P., Librairie des Sciences économiques et sociales,  1935, in-8°,  26 pp, notes, broché, bon état (Extrait de revue)

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L'emploi du sucre, très restreint au Moyen Age, s'était développé considérablement au XVIIe siècle. Avec l'accroissement des colonies européennes toute une nouvelle industrie prit naissance. La France devint sous Louis XIV et Colbert un des principaux producteurs de sucre. Pourtant ce développement rapide amena aussi avec lui de graves difficultés. Encouragés par Colbert, les planteurs des Iles jetèrent sur le marché une telle quantité de sucre brut, que les raffineurs de France ne savaient qu'en faire. Il y eut surproduction, comme on dirait aujourd'hui. Pour remédier à cette crise, Colbert créa des raffineries dans les Iles mêmes. Nouvelle crise ! Les raffineurs français proclamaient qu'ils ne pouvaient soutenir la concurrence de leurs confrères coloniaux. Et, à côté de ces difficultés intérieures il y avait encore la rivalité étrangère, surtout celle des Anglais. Vers 1700 on était donc en pleine crise. C'est précisément à cette époque que se place un mémoire sur l'industrie sucrière, qui n'a pas attiré jusqu'ici l'attention des chercheurs. Il est dû à l'intendant Pierre Arnoul. Pour protéger l'industrie française, on avait frappé de fortes taxes les sucres raffinés produits dans les Iles et on essayait de limiter, de détruire même les raffineries d'outremer. En même temps on avait interdit l'exportation directe des sucres bruts aux pays étrangers; ils devaient auparavant passer par la métropole et payer des taxes. C'est contre ces mesures que s'élève P. Arnoul. Il démontre que si on laissait libre cours à l'industrie coloniale, le chiffre des affaires augmenterait sensiblement. En même temps s'accroîtrait la marine marchande : « J'ose dire, écrit-il, que, si il falloit que le Roy se privast tout à fait de l'imposition..., il luy seroit avantageux de le faire : l'entretien de vingt mille matelotz, milions de retours en argent ou autre chose... sont des avantages d'un autre prix que le maintien des droits. » Il est bien regrettable que ce rapport n'ait pas eu plus d'influence sur le développement de l'industrie coloniale.

136.          BONDOIS (Paul-M.). Le maréchal de Bassompierre (1579-1646).  Albin Michel,  1925, in-8°,  viii-480 pp, 12 gravures hors texte, biblio, broché, annotations crayon et stylo, sinon bon état

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"Ce livre est digne de retenir l'attention de tous ceux qui, à des titres divers, s'intéressent à l'histoire. Les érudits y trouveront de curieux détails sur l'époque de Henri IV et de Louis XIII, et un bel ensemble de renseignements bibliographiques ; les historiens, d'agréables pages, pleines d'aperçus rapides, mais justes, sur les hommes et les événements de la première moitié du XVIIe siècle ; enfin, le grand public se plaira certainement dans la compagnie du maréchal de Bassompierre, homme de sens et d'esprit, courtisan habile et prudent, galant et fastueux, ambassadeur de grande allure, soldat courageux et de bon conseil. Bassompierre est bien de son temps. Bon vivant et grand viveur, il jouit d'une santé magnifique ; elle lui permettra de recevoir sans trop de mal de terribles blessures et de mener une existence de galanteries et de franches ripailles, que l'âge n'aurait guère calmées si, par la prison, le cardinal de Richelieu n'y avait apporté quelque tempérament. (...) C'est donc un personnage assez complexe, bien digne d'une biographie, que le héros du livre de M. P.-M. Bondois ; et nous devons remercier celui-ci de nous avoir donné, avec tant de science, historique, le portrait ressemblant et finement buriné de l'un des hommes les plus représentatifs de son temps." (Robert Lavollée, Bibliothèque de l'École des chartes, 1926)

137.          BOUGAUD (Abbé Emile). Histoire de Sainte Chantal et des origines de la Visitation.  P., Librairie de Mme Vve Poussielgue-Rusand,  1863, 2 vol. in-8°,  lxiv-576 et 619 pp, deuxième édition, 2 portraits gravés en frontispices, pièces justificatives, reliures demi-chagrin vert, dos à 4 nerfs, titres  et tomaisons dorés et caissons à froid (rel. de l'époque), dos très lég. frottés, qqs rousseurs, bon état

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Biographie de Jeanne-Françoise Frémyot de Rabutin, baronne de Chantal (1572-1641), fondatrice de l'Ordre de la Visitation de Sainte-Marie avec saint François de Sales. Elle a été canonisée par l’Église catholique romaine le 16 juillet 1767. — "Les hagiographes ont volontiers le tort de trop idéaliser les saints... Le nouvel historien de sainte Chantal n'a certes point encouru ce reproche. Dès les premières pages de son livre on est bien en plein seizième siècle. On voit naitre sainte Chantal l'année même de la Saint Barthélemy. Elle grandit au bruit des disputes de religion. Elle se marie au coeur de la guerre civile ; son jeune époux quitte le lit nuptial pour aller charger les Ligueurs et décider du succès de la journée de Fontaine Française. Quiconque a lu M. Bougaud connait à fond sainte Chantal, son mari, ses enfants, et les premières Mères de la Visitation. C'est donc ici à mon sens un livre modèle. Tout y est et tout s'y trouve à sa place : l'histoire et la biographie, les idées et les faits... L'instruction abonde mais l'intérêl surabonde et jusqu'à la fin se maintient très vif. (...) Nulle part la beauté profonde et forte des meurs chrétiennes au seizième et au dix septième siècle n'est plus saisissante que dans ces deux volumes. L'historien est ému et il émeut : il est éloquent." (Foisset, Le Correspondant, 1861) — En 1861, l’abbé Bougaud (1823-1888) fit paraître cette biographie de sainte Chantal. L’évêque d’Orléans, Mgr Félix Dupanloup, apprécia ce livre et lui proposa de devenir son vicaire général. Bougaud accepta ; il prit ces fonctions en novembre 1861 et les exerça vingt-cinq ans. Il continua à publier : une Histoire de sainte Monique en 1866 ; une histoire de Marguerite-Marie Alacoque en 1874. Il traita un sujet plus polémique avec “Le grand péril de l’Église de France”, de 1878, dans lequel il déplorait la diminution des vocations religieuses...

138.          BOULAIRE (Alain). Sur les côtes d'Afrique. Journal de bord du médecin Moras à bord de la Félicité en 1790.  P., Editions du Layeur,  2002, in-8°,  123 pp, une illustration sur double page, broché, couv. illustrée, bon état

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Comment peut-on être Africain ? C'est ce qu'aurait pu écrire Louis-Augustin Moras en paraphrasant Montesquieu dans les Lettres Persanes. Ce médecin de Marine, né à Boulogne et mort à Saint-Servan, est un véritable esprit du siècle des Lumières : en découvrant le continent africain lors d'une croisière à bord d'une frégate du roi en 1790, il nous laisse un journal de bord "médico-historique" qui nous révèle des aspects méconnus de la vie politique, économique et sociale des côtes du golfe de Guinée. Il nous livre aussi un regard inédit sur la traite des esclaves, ainsi que sur le commerce de la gomme arabique, de l'ivoire ou de l'or, enjeux fondamentaux de la lutte que se livrent les grandes puissances européennes et leurs alliés africains pour la maîtrise des comptoirs et des principaux sites de ravitaillement. Comme à bord de la Félicité ont aussi pris place de jeunes princes noirs qui retournent dans leurs pays après avoir été instruits en Bretagne par les Frères des Ecoles Chrétiennes et largement dotés en fournitures de toutes sortes, c'est un véritable panorama des rapports franco-africains que nous offre cette croisière.

139.          BOURSAULT (Edme). Théâtre choisi. Nouvelle édition, précédée d'une notice biographique par Victor Fournel et illustré de quatre gravures coloriées.  P., Laplace, Sanchez et Cie,  1883, in-12,  lii-366 pp, 4 belles gravures finement coloriées par M. Henri Allouard, reliure demi-chagrin carmin à coins, dos à 5 nerfs filetés, titre et caissons ornés, doubles filets dorés sur les plats, tête dorée (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état

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Dès 1651, grâce à Sébastien Zamet, évêque de Langres, Boursault (1638-1701)  s'installe à Paris. Le libertin Des Barreaux, qui lui montre « toute la tendresse et toute la bonté d'un Père », est le premier à découvrir en lui des « dispositions à la Poésie » et le guide à ses débuts. Corneille, suivant une indication moins sûre, l'appelle son fils et l'honore de ses avis. Pellisson le présente à Fouquet. Secrétaire des commandements de la duchesse d'Angoulême en 1660, il lui adresse sur son voyage de Sens une relation burlesque dont le succès détermine sa vocation de journaliste. En 1664, il se rend à Eu auprès de Mademoiselle et s'y lie avec Segrais. Il entretient d'étroites relations avec Charpentier, qu'il rencontre chez Mme Deshoulières, connaît Ménage, les Tallemant, plus tard (en 1694) La Fontaine, qui apprécie trois de ses épigrammes traduites de l'italien et visant le Sacré Collège. On le trouve aussi mêlé, avec La Fare et Chaulieu, à la Société du Temple. Il correspond avec Furetière, la comtesse de La Suze, Fieubet. Commensal du Président Perrault, c'est auprès de Condé qu'il cherche appui lorsqu'il perd le privilège de sa gazette. En 1671, sa Véritable Etude des souverains lui vaudrait une charge de sous-précepteur du Dauphin, grâce à la protection de Montausier, s'il avait su le latin. Receveur des tailles à Montluçon depuis 1762, il peut à ce titre tirer d'embarras Boileau en cure à Bourbon-l'Archambault et offrir de lui avancer jusqu'à deux cent louis. Mais en 1688, il se voit taxé de mansuétude excessive et révoqué par le fermier général Lejariel. Conscient de ses manques, il refuse de poser sa candidature à l'Académie en dépit de Thomas Corneille, qui voudrait l'y faire entrer. (B. Beugnot, Dictionnaire des journalistes)

140.          BROGLIE (Charles-François, comte de). Correspondance secrète du comte de Broglie avec Louis XV (1756-1774). Publiée pour la Société de l’Histoire de France par Didier Ozanam et Michel Antoine.  P., Klincksieck,  1956-1961, 2 vol. gr. in-8°,  cviv-392 et xii-536 pp, 2 portraits en frontispices, un tableau dépliant et une planche hors texte, index, brochés, dos fendu et pt mque au 1er plat du tome I sinon bon état, tome II en bon état

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Le comte de Broglie était le chef du "Ministère secret" de Louis XV. Tome 1 : 1756-1766. Tome 2 : 1767-1774. — "La publication en deux volumes de la Correspondance secrète du comte de Broglie avec Louis XV par Didier Ozanam et Michel Antoine constitue un événement : c'est un modèle de publication de texte, reconstituant une série continue avec des bribes jadis dispersées aux quatre coins des archives publiques et privées. Une mine de notes double le texte et met au service du lecteur quantité de renseignements tirés, pour la plupart, d'archives inédites et souvent inutilisées ; à tel point que le lecteur le moins versé dans les dédales de la grande politique européenne du XVIIIe siècle suit, sans aucune peine, une correspondance secrète, dont la clarté n'est pas, a priori, l'apanage. Seule, la familiarité des auteurs avec ce monde infiniment complexe, avec cette société intelligente jusqu'à l'infirmité, des agents du Secret a permis ce tour de force. Le Secret a, désormais, son classique. La France a eu, pendant trente ans, de 1743 à 1774, deux diplomaties : une officielle dotée de grands moyens, une secrète plus effacée, mais pas nécessairement moins efficace. Didier Ozanam et Michel Antoine retrouvent les origines de cette situation, nullement paradoxale, dans les ambitions polonaises de Conti et le caractère de Louis XV. Secret de Conti, jusqu'en 1756, de la mort de Fleury au renversement des alliances ; secret de Broglie, de 1756 au partage de la Pologne et à l'orientation de Louis XV vers des réformes de structure qu'une mort prématurée ne lui a pas permis de poursuivre jusqu'à leur terme. (...) On le voit, le livre de Didier Ozanam et de Michel Antoine est, à son point de départ, un ouvrage d'histoire classique ; les exigences intellectuelles de ses auteurs lui ont conféré l'étonnante richesse d'une évocation, en profondeur, du XVIIIe siècle. L'histoire diplomatique ainsi renouvelée, coulée dans une langue digne de Voltaire, a sa large place au cœur de l'histoire générale : n'est-ce pas le plus bel éloge qui puisse être fait de cette Correspondance secrète, et surtout de la très belle étude qui la précède et la domine ?" (Pierre Chaunu, Annales ESC)

141.          BURGAUD (Emie et Commandant BAZERIES. Le Masque de Fer. Révélation de la correspondance chiffrée de Louis XIV. Etude appuyée de documents inédits des Archives du dépôt de la guerre.  Firmin-Didot,  1893, in-12,  302 pp, fac-similés hors texte, annexes, broché, couv. salie, dos factice, qqs rousseurs, état correct. Rare

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"Ce volume contient deux parties : une reconstitution du chiffre de Louis XIV, qui est très ingénieuse et intéressante et que la comparaison d'une dépêche retrouvée en clair rend probante ; un essai pour résoudre définitivement la question du Masque de fer. Pour les auteurs, c'est le lieutenant général Vivien Labbé, seigneur de Bulonde, qui fut enfermé à Pignerol, à Sainte-Marguerite et à la Bastille, le visage toujours masqué, et y mourut le 19 novembre 1703. II avait, le 28 juin 1691, abandonné le siège de Coni sans attendre les secours envoyés, et Louis XIV le fit incarcérer à Pignerol le 15 juillet 1691. Faut-il croire, malgré les témoignages, contradictoires il est vrai, qui parlent de sa libération, que le roi tint à ensevelir dans un éternel oubli l'officier responsable de la levée du siège de Coni ? Ce n'est pas impossible, mais c'est peu vraisemblable, et de plus la lecture du mot masque, dans la dépêche du 8 juillet 1691 , n'est pas absolument certaine, le chiffre étant unique ; le fait d'avoir eu un masque ne s'applique pas uniquement au fameux Masque de fer; enfin l'interprétation donnée par les auteurs des ratures du brouillon de la dépêche de Barbezieux, du 17 novembre 1697, qui prouverait que le prisonnier masqué, transféré en août 1698 de Sainte-Marguerite à la Bastille, est bien Bulonde, cette interprétation peut aussi être discutée." (G. Monod, Revue Historique, 1894)

142.          CASTAN (Nicole). Les Criminels de Languedoc. Les exigences d'ordre et les voies du ressentiment dans une société prérévolutionnaire (1750-1790).  Association des publications de l'Université de Toulouse Le Mirail,  1980, gr. in-8°,  viii-362 pp, préface de Pierre Chaunu, 7 cartes et 35 tableaux, sources et biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"L'enquête menée dans le vaste Languedoc du temps, de Toulouse à Nîmes et du Puy à Narbonne, livre d'abord un riche matériel quantitatif, appuyé de tableaux et d'histogrammes, concernant la montée de la criminalité dans la seconde moitié du siècle, la répartition des délinquants selon le sexe et l'âge, la ventilation des crimes en plusieurs types : crime sexuel, meurtre, vol, rébellion... Suivent deux parties, l'une consacrée à la campagne, l'autre à la ville. La vie au village n'a rien d'une idylle rousseauiste. A une époque où les écarts de niveau de vie s'accentuent au détriment des pauvres, les tensions relevant du contentieux foncier, utilisation des communaux et des forêts, droits de pâture, s'exaspèrent, tandis que la seigneurie et ses droits, souvent réactivés par des acheteurs bourgeois, sont de plus en plus mal supportés. On lutte aussi pour le pouvoir municipal, plus encore pour la défense de l'honneur et du patrimoine. Les occasions de violence, dans une population aux pulsions primaires, sont nombreuses : le cabaret, les fêtes, les foires sont souvent incriminés. La ville, où la population est plus mêlée, a ses lois propres et une criminalité nettement supérieure. La concentration du monde du travail en certaines rues multiplie les conflits professionnels. Le relatif anonymat encourage les amours illégitimes. Le vol est le fait criminel urbain par excellence alors qu'on note une baisse relative de la violence saignante. Partout, à la délinquance banale, due surtout à la fatalité de la misère et à l'excusable cupidité s'ajoute à la veille de la Révolution une criminalité nouvelle et préméditée, fruit du déracinement et de la difficulté qu'ont beaucoup à se faire une place au soleil. Au total, une abondante moisson qui éclaire les explosions de la fin du siècle." (Claude Michaud, Dix-huitième Siècle, 1982).

143.          Catalogue d'exposition – PAULY (Elisabeth)(dir.). Colbert 1619-1683.  P., Hôtel de la Monnaie,  1983, fort pt in-4°,  540 pp, très nombreuses illustrations en noir et quelques-unes en couleurs, chronologie, 778 numéros décrits avec notices explicatives, broché, couv. illustrée, bon état (Catalogue de l'exposition tenue à l'Hôtel de la Monnaie du 4 octobre au 30 novembre 1983)

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"Très beau catalogue, édité par le ministère de la Culture. 778 objets, dont beaucoup de documents non connus. Rien que l'analyse détaillée de la plupart de ces objets suffirait déjà, en soi, pour renouveler nombre de points." (Jean Meyer, Revue Historique, 1985)

144.          CHARETON (V.). La Réforme et les guerres civiles en Vivarais, particulièrement dans la région de Privas (Valentinois), 1544-1632.  P., Editions de documents d'histoire, Paul Catin,  1913, in-8°,  xii-430 pp, 12 photos sur 7 pl. hors-texte, 8 gravures et plans dépliants, une gravure et qqs figures dans le texte, table chronologique, index, broché, bon état (ouvrage couronné par l’Académie française , Prix Thérouanne 1916)

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"M. Chareton vient d'exposer en véritable historien, les péripéties de “La Réforme et les guerres civiles en Vivarais”.  A l'aide de nombreux documents d'archives, souvent inédits, il a très fortement retracé l'histoire du Vivarais pendant près d'un siècle. De cette succession de luttes qui semblent se répéter sur un mode invariable, de cet imbroglio d'escarmouches et de combats, entremêlés de trêves plus ou moins sérieuses, de tractations diplomatiques, de « maquignonnages » de consciences chez les grands, d'explosions de fanatisme dans le peuple, M. Chareton a su tirer un récit précis, complet et vivant
sans longueurs, exempt de monotonie et toujours passionnant. Ce résultat, il l'a atteint par une attentive observation du terrain, par un minutieux examen des forteresses, une connaissance impeccable de la stratégie militaire, et aussi par une profonde psychologie des principaux acteurs du drame, crayonnés de main de maître.  Le Vivarais par sa position même, devait jouer dans l'histoire des guerres civiles un rôle capital. Sa possession assurait aux religionnaires, avec la maîtrise du Rhône, principale voie de ravitaillement des armées royales en Languedoc, celle du plus court chemin entre Nîmes et Genève. Privas en était la clef. Une série de châteaux et de maisons fortes le protégeaient. Elle devint le centre intellectuel protestant de la région, et fut le siège, en 16(2, d'un synode national. La recrudescence des luttes fratricides qui s'affirma à la faveur de la minorité de Louis XIII, devait, après une série de révoltes où les intrigues intéressées des chefs intervinrent autant et plus que les passions religieuses des masses, convaincre Richelieu que c'était là qu'il fallait frapper le coup décisif : le sac et l'incendie de Privas en constituèrent le sanglant épilogue. Ils ne furent l'oeuvre que d'une soldatesque effrénée. Louis XIII et son ministre les désavouèrent et les déplorèrent. La pacification du Vivarais fut complète et, à l'exception de Privas, le roi lui accorda pleine et entière amnistie. La révolte postérieure et l'exécution de Lestrange ne sont qu'un épisode des dernières luttes de la monarchie absolue et de la féodalité." (Lucien Borel du Bez, Bulletin de la Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, 1914) — "M. V. Chareton publie un intéressant volume sur “La Réforme et les guerres civiles en Vivarais”. Il s'agit précisément ici de la région de France qui a conservé avec le plus de ténacité le culte protestant, qui donna l'un des plus vigoureux efforts pendant les guerres de religion, et qui, malgré les ravages des guerres successives, resta, jusqu'aux Camisards, le dernier théâtre des soulèvements religieux. Comment les doctrines luthériennes s'implantèrent-elles dans ces régions âpres, et parmi ces montagnards à la vie rude, à la foi simple, à la dévotion populaire, peu enclins aux querelles théologiques ? Elles paraissent avoir été importées, très tôt après la révolte de Luther, par des étudiants venus d'Allemagne ou de Suisse, traversant le pays pour se rendre à Toulouse, où les attirait l'éclat tout particulier de l'enseignement donné dans la capitale du Languedoc. II y avait, paraît-il, déjà beaucoup de luthériens à Toulouse en 1532. La pénétration se fit peu à peu, sans éclat, et ne se révéla que vers 1534. Mais, dit M. Chareton, « le grain n'eût pas germé si le terrain n'avait été de longue date préparé par une main invisible, et cette main était celle du mécontentement, de la misère ». L'auteur récapitule alors les impôts, les charges qu'ont entraînées les guerres de François Ier contre Charles-Quint et qui pesaient lourdement sur ce pays naturellement pauvre ; il rappelle les fléaux, la disette, la peste, qui s'étaient ensuite abattus sur le pays, et dont l'ensemble fit lever un vent de révolte qui prit corps d'abord dans une série de brigandages, puis dans un mouvement religieux quand celui-ci fut en rupture d'obéissance envers le pouvoir souverain. C'est, en petit, un essai de révolution politique. M. Chareton nous raconte, avec détails originaux et d'après de nombreux documents, les guerres répétées dans ce pays propice par ses formes heurtées à la guerre des brigands ; il nous montre en phototypies les villages fortifiés perchés sur les hauteurs, les châteaux juchés en nid d'aigle, les cavernes logées dans les déchirures du granit et fermées de murailles et de tours. L'on devine ce que dut être la guerre dans un tel pays. Le siège de Privas, en 1629, suivi du sac de la ville, en fut le dernier épisode. L'édit d'Alais, la même année, rendit le calme à ce pays. Louis XIII assurait à tous les habitants du Vivarais le libre exercice du culte protestant et confirmait l'édit de Nantes. Mais il fallut raser toutes les fortifications et disparaître comme organisation politique. M. Chareton a appuyé son récit sur de nombreux documents, et l'a abondamment illustré par des cartes, plans, dessins, photographies ; de plus, il a retracé cette histoire sanglante avec une impartialité louable, car il compte parmi ses ascendants l'une des victimes que fit la soldatesque dans le sac de Privas." (Jean Delattre, revue Etudes, 1914)

145.          CONDILLAC (Etienne Bonnot de). Cours d'étude pour l'instruction du prince de Parme, aujourd'hui son altesse royale l'infant D. Ferdinand, duc de Parme, Plaisance, Guastalle, &c. &c. &c. Par M. l'Abbé de Condillac...  Genève, chez François Dufart ; Lyon, chez Bruyset ; P., chez Volland,  1788-1789, 16 vol. in-12,   9 planches dépliantes hors texte au tome 3, reliures bradel papier vert foncé, dos lisses avec filets dorés, pièces de titre basane carmin (rel. de l'époque), manque 8 pièces de titre, qqs cahiers légèrement déboîtés, pas de rousseurs mais pt travail de vers sans gravité sur qqs feuillets de 4 des volumes, les 2 dernières pages de la table des matières du tome 1 et les pages de faux-titre et de titre du tome 6 ont été recopiées à la plume très proprement, état correct

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Elève des Jésuites de Lyon, puis du Séminaire de Paris, ordonné prêtre en 1740, Condillac (1714-1780) quitta très tôt le sacerdoce pour la vie mondaine des gens de lettres. De 1758 à 1767, il vit à Parme, précepteur de l’Infant, pour lequel il rédige un Cours d’études. De retour à Paris, il est élu à l’Académie française ; en 1759, il sera membre de l’Académie de Berlin, puis en 1776, de la Société Royale d’Agriculture d’Orléans. Déclinant l’offre du Dauphin qui souhaitait lui confier l’éducation de ses fils, il se retire chez sa nièce pour y préparer l’édition future – et posthume – de son oeuvre. — Table : tome 1. Grammaire. De l'analyse du discours. Des éléments du discours ; tome 2. L'art d'écrire ; tome 3. L'art de raisonner ; tome 4. De l'art de penser ; tomes 5 à 10. Histoire ancienne ; tomes 11 à 15. Histoire moderne (jusqu'en 1720)  ; tome 16. De l'étude de l'histoire.

146.          DESPRAT (Jean-Paul). Les Bâtards d'Henri IV. L'épopée des Vendômes (1594-1727).  Perrin,  1994, gr. in-8°,  706 pp, notes, généalogies, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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Issus des amours de Gabrielle d'Estrées et d'Henri IV, contemporains du Grand Siècle (1589-1715), trois couples de frères – César et Alexandre, Louis et François, Louis-Joseph et Philippe – accompagnent la montée de l'absolutisme, tantôt ravalés aux tréfonds de la disgrâce, un autre jour élevés au pinacle, déchirés par leur passion fraternelle. Henri IV les a portés très loin dans son affection, comme les fruits d'une passion dévorante. César et Alexandre n'avaient-ils pas hérité des qualités de coeur du Vert-Galant, de sa verve et de sa bravoure ? Persécutés par Louis XIII et Richelieu, exilés, puis remis en selle par Mazarin qui les unit à sa famille pour mêler son sang à celui des rois, les Vendômes dominent leur temps, admirés pour leur génie militaire, comme pour leurs vices. Avec l'érudition, la liberté de ton et l'insolence qui sied aux bâtards, Jean-Paul Desprat restitue l'histoire des Vendômes, ces princes de la main gauche dont l'épopée tient à la fois de la chanson de geste, du récit chevaleresque et du conte libertin.

147.          DU COLOMBIER (Pierre Poinçon de La Blanchardière, dit). L'Art français dans les cours rhénanes.  P., La Renaissance du Livre,  1930, pt in-8°,  189 pp, 24 planches en héliogravure hors texte, index, broché, bon état (Coll. L'Art français à l'étranger)

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La vie de ces cours est très loin d’être une maladroite singerie de ce qui se fait en France. Les peintures de François Rousseau, peintre officiel de la cour de Bonn, en offrent un témoignage.

148.          FIEFBRUN (René de Cumont, sieur de), Eugène HALPHEN. Véritable Discours de la naissance et vie de monseigneur le Prince de Condé jusqu'à présent, à lui desdié par le sieur de Fiefbrun ; publié d'après le manuscrit de la Bibliothèque Impériale par E. Halphen ; suivi de lettres inédites de Henri II, prince de Condé.  P., Auguste Aubry, l'un des libraires de la Société des Bibliophiles François,  1861, pt in-8°,  xxx-106 pp, notes, reliure demi-chagrin noir, dos à 4 nerfs pointillés soulignés de doubles filets dorés, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Edition originale tirée à 250 exemplaires seulement, celui-ci un des 221 ex. sur papier vergé

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Intéressante relation écrite par un serviteur dévoué des Condé. A lire notamment pour les informations touchant au mariage de Henri Ier de Condé et aux voyages de son fils Henri II. Longue introduction de l'historien Eugène Halphen (1820-1912).

149.          FONTAINES (Mme de). Histoire de la comtesse de Savoie. Nouvelle édition, publiée avec notices et commentaires par Charles Buet.  Moutiers, Brides-les-Bains (Savoie), F. Ducloz,  1889, in-8°,  235 pp, 2 gravures, texte joliment encadré, impression en couleurs et or, broché, couverture rempliée, bon état. Edition originale, un des 500 exemplaires numérotés sur papier simili-japon (seul tirage)

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Splendide ouvrage pour les bibliophiles. — "L'Histoire de la comtesse de Savoie est le meilleur des romans composé par Mme de Fontaines au commencement du dix-huitième siècle. On soupçonna Voltaire d'y avoir mis la main. En réalité, sa tragédie peu connue d'Artémise, jouée en 1720, offre même plan, même marche et mêmes détails. Mme de Fontaines a imité l'épisode de Genèvre et Ariodant, de l'Arioste, et emprunté à Mme de la Fayette le caractère de son héros Mendoce et de la comtesse, sans atteindre le charme délicat de la Princesse de Clèves. Ce petit volume était presque introuvable. M. Ch. Buet l'a fait réimprimer avec notices et commentaires, plus encore par amour de sa chère Savoie que par admiration littéraire. Cette édition très coquette, un peu trop bigarrée peut-être d'encres dorée, argentée, rouge, rose, bleue, verte et même noire, est dédiée à Sa Majesté Marguerite de Savoie, reine d'Italie. Elle a été tirée à cinq cents exemplaires. C'est une curiosité bibliographique." (Et. Cornut, Etudes religieuses, philosophiques, historiques et littéraires, 1890)

150.          GUERDAN (René). La Vie quotidienne à Genève au temps de Calvin.  Hachette,  1973, in-8°,  254 pp, un plan de Genève au XVIe siècle, une gravure de la cathédrale de Saint-Pierre en 1735, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Genève, au temps de Calvin, est une ville à un tournant de son histoire. Elle vient d'acquérir son indépendance, et de se donner à la Réforme. Tous ceux que persécute le catholicisme, tournent leurs regards vers elle, et viennent s'y réfugier en si grand nombre que la population finira par compter un étranger sur trois. Avant tout, il s'agit de Français, qu'attirent la communauté de langue et le fait que les pasteurs qui dirigent la ville – moralement et en fait politiquement – sont également des Français, Calvin compris. En quelle intelligence les autochtones vivaient avec tous ces immigrants ; quelle fut la contribution - immense – des Protestants français à la construction de la Genève moderne, c'est ce que ce livre s'attache, entre autres, à montrer. On y voit aussi comment, contrairement à une opinion répandue, celle qu'on devait appeler la Cité de Calvin, fut loin d'être unanime derrière ce dernier. L'ordre moral que le Réformateur a essayé d'instaurer, est constamment enfreint, même par les plus hauts magistrats, qui, bien souvent, se retrouvent en prison, à commencer par le chef de la prison lui-même ! Enfin, on voit à quels résultats surprenants put conduire l'édification d'un État qui, au début des temps modernes, ne craignit pas de prendre pour constitution... la Bible elle-même et, pour modèle institutionnel... l'État d'Israël au temps de la royauté ! — "Ce petit livre n'est pas œuvre de spécialiste; mais il repose sur des lectures très étendues, notamment d'articles qui sont relativement peu connus en dehors de Genève (où l'auteur, ancien fonctionnaire de l'ONU, s'est fixé) ; et cependant il ne se place pas « au point de vue genevois », au mauvais sens que pourrait avoir une telle expression : je veux dire par là qu'il n'a absolument rien d'hagiographique ; l'ouvrage se recommande, bien au contraire, parce qu'il est l'opposé d'une hagiographie, il marque avec force ce que gommerait ou atténuerait une hagiographie. Non seulement, bien sûr, l'opposition à Calvin. Mais des points de caractère beaucoup plus matériel : à titre d'exemple, le manque d'eau, les nombreuses « pestes », le lupanar officiel d'avant la Réformation, l'instituteur Louis Enoch. Le chapitre « Vie économique » est solide, et donne aux questions d'économie la place qu'elles méritent. Le plan de Genève, lisible, est par contre très peu commodément placé (en dépliant au dos de la couverture)." (Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français)

151.          HILTON (Lisa). Athénaïs de Montespan.  Alvik,  2004, in-8°,  492 pp, traduit de l'anglais, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Historienne de l'art, Lisa Hilton s'est prise de passion pour l'aristocrate dont la beauté et la vivacité d'esprit ont subjugué le Roi Soleil : Athénaïs de Montespan. D'une intelligence rare, ayant du goût pour l'architecture et pour les festivités, cette dernière a oeuvré de manière décisive au rayonnement de Versailles en Europe. Gourmande et sensuelle, Athénaïs de Montespan a su satisfaire et entretenir les appétits d'un roi aussi avide qu'inventif et ce pendant de longues années. Sa biographie prouve qu'intrigues amoureuses et joutes verbales influencent le cours de l'histoire. L'analyse chronologique de la naissance, de la vie, du déclin et de l'extinction de la passion liant Louis XIV et Mme de Montespan est l'occasion d'une peinture de la condition et de la vie des courtisanes, puis, plus largement, de celle des femmes. La place qu'elles occupent dans les salons littéraires, la maternité, l'accouchement, la perception de l'enfant au XVIIe siècle, autant de sujets, qui, explorés à la lumière des correspondances (lettres de Mesdames de Sévigné, de Montespan et de Maintenon) et des mémoires (de Saint-Simon et de "Monsieur", frère du roi Soleil), ou même de refrains populaires, captivent plus sûrement le lecteur qu'une classique biographie "intimiste" sur fond d'événements politiques et militaires. — L'écriture de Lisa Hilton reflète à merveille l'ambiance pleine de gaieté, d'esprit et de subtile légèreté qui régna à la cour du Roi Soleil et dans les salons littéraires tout au long de "l'ère Montespan".

152.          KAHANE (Ernest). Parmentier ou la dignité de la pomme de terre. Essai sur la famine.  Librairie Albert Blanchard,  1978, in-8°,  183 pp, broché, non coupé, bon état

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"Vraisemblablement originaire du Chili, la pomme de terre aurait été introduite dans notre pays vers le milieu du XVIe siècle, mais plutôt comme plante médicinale que comme aliment. C'est seulement au début du XVIIIe siècle, vers 1716, que l'on vit apparaître le terme de « pomme de terre », et l'auteur indique qu'il y aura bien des étapes entre l'arrivée des premiers tubercules et le « triomphe » de la pomme de terre en qualité de denrée alimentaire fondamentale, triomphe largement dû à Parmentier. Kahane rappelle dans quelles conditions ce dernier fut amené d'abord à connaître les misères du peuple et, d'autre part, à essayer de le soustraire à la faim en lui procurant les ressources que la nature mettait à sa disposition. A vingt ans, en 1757, à l'occasion de la guerre de Sept ans, Parmentier fut envoyé à l'Armée de Hanovre comme pharmacien militaire. Parmentier rentra en France en 1763, suivit des cours de chimie, de physique, de sciences naturelles et obtint en 1766 la place de pharmacien gagnant-maîtrise à la Maison royale des Invalides ; et c'est grâce au petit jardin attenant à l'apothicairerie qu'il put se livrer à ses travaux d' « utilité domestique » et surtout à l'agronomie. La terrible disette des années 1769 et 1770 le résolut à lutter contre ce fléau. C'est alors qu'il s'intéressa, au début de 1771, au concours organisé par l'Académie de Besançon sur le thème : « Indiquer les végétaux qui pourraient suppléer en temps de disette à ceux que l'on emploie communément à la nourriture des hommes et quelle devrait en être la préparation. » Le 24 août 1772, l'Académie décernait le prix à Parmentier. C'est à partir de ce moment qu'il se fit réellement le propagandiste de la pomme de terre, combattant avec ardeur les préjugés qui s'opposaient à ce que se répande cet aliment sur lequel on pouvait compter pour nourrir les populations en période difficile. L'auteur insiste à juste titre sur le fait que Parmentier n'a en rien été et n'a jamais prétendu être – bien au contraire – l'« inventeur » de la pomme de terre que la légende a fait de lui. E. Kahane rappelle aussi que Parmentier était un esprit très ouvert à toutes les branches de l'économie rurale et domestique. Nouveaux procédés pour conserver les grains et activer leur germination, eaux minérales, eaux communes pour la boisson des troupes, nature des eaux de la Seine, qualités nutritives et principes sucrés de la châtaigne et du maïs, salubrité des hôpitaux civils et militaires, pratique des exhumations, fabrication du sirop de raisin pour suppléer le sucre de canne des colonies, propagation de la vaccine, tels furent quelques-uns des sujets auxquels Parmentier consacra son zèle et son érudition. L'ouvrage se lit avec agrément et constitue un travail intéressant qui complète les nombreux livres et articles déjà consacrés à l'illustre apothicaire-major des Invalides." (Henri Bonnemain, Revue d'Histoire de la Pharmacie, 1979)

153.          LA GORCE (Agnès de). Camisards et dragons du roi.  Albin Michel,  1950, in-8°,  363 pp, 16 pl. de gravures et une grande carte dépliante des Cévennes au XVIIe siècle hors texte, biblio, broché, bon état

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"En 1689, après que Guillaume d'Orange se fut emparé du trône d'Angleterre, des pasteurs et des prédicants revinrent d'exil et s'installèrent clandestinement en Languedoc, pour y lutter contre Louis XIV. En dépit des exécutions, des prophètes, des illuminés s'insurgèrent, conduits par Jean Cavalier, garçon boulanger en 1701 à Anduze, et Pierre Laporte, dit Roland. La révolte des Camisards commençait. Le grand intérêt du livre d'Agnès de la Gorce, c'est de nous présenter avec une émotion sachant demeurer objective cette triste histoire qui semble d'aujourd'hui..." (Georges Huisman, Hommes et mondes, 1951)

154.          LE ROY LADURIE (Emmanuel). L'Ancien Régime, de Louis XIII à Louis XV, 1610-1770.  Hachette,  1991, in-4°,  461 pp, abondamment illustré en noir et en couleurs, 12 cartes, généalogies, chronologie, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée en couleurs, bon état (Coll. Histoire de France Hachette, 3)

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"Marie de Médicis, régente après 1610, recueille les derniers soupirs de la monarchie tempérée. Avec l'absolutisme, inauguré par Richelieu entre 1614 et 1627, se met en place un système brillant, coûteux, belliqueux, relativement souple, efficace, emprunt de Raison volontaire et bientôt modernisatrice, mais fondé pour l'essentiel, en l'absence d'assemblées représentatives à l'échelon national, sur une concentration, assez théorique en fait, de la souveraineté : celle-ci s'incarne dans un monarque individuel (le roi Bourbon) et dans une instance collective : la "robe du Conseil", classe politico-fonctionnelle des conseillers d'Etat et des maîtres des requêtes. L'énarchie de l'époque... Le compromis de base qu'avait instauré Henri IV (accommodement avec les huguenots indigènes, entente avec les nations protestantes, croissance des richesses du pays) finit par se changer en son contraire, sous Louis XIV vieillissant : persécution contre les réformés, cassure avec les Pays-Bas et l'Angleterre, difficultés économiques dues aux guerres interminables. Et cependant (le Roi-Soleil ayant disparu) l'absolutisme, tout en restant fidèle à lui-même, va se laisser aller, sous Philippe d'Orléans, puis Louis XV ; à des phases d'ouverture séduisantes : il y a derechef coexistence factuelle quoique fort agitée avec les jansénistes, voire les huguenots ; rapprochement à éclipse en direction des puissances maritimes, libérales, capitalistes ; puissant essor économique. Considérée dans sa totalité, la monarchie absolue représente sur le continent, à l'étranger comme en France, et non sans fluctuations, un stade fréquent, quoique pas obligatoire, du développement institutionnel et politique. Etape fréquente, liée à la naissance de l'Etat moderne, mais limitée dans la durée. A partir de 1775, s'amorce un nouveau passage ; il s'étalera sur près d'un siècle ; une transition s'effectue en effet, qui mène de la légitimité aristo-héréditaire, celle de jadis, jusqu'à la nouvelle légitimité démocratique ou, pour le moins, représentative : la nôtre. Le phénomène s'affirme avec violence, dès 1789, sous forme d'une rupture spectaculaire, suivie d'une longue vacance de légitimité." (Emmanuel Le Roy Ladurie)

155.          LOTTIN (Alain). Lille, citadelle de la Contre-Réforme ? (1598-1668). (Thèse).  Dunkerque, Westhoek-Editions, Les Editions des Beffrois,  1984, gr. in-8°,  517 pp, 17 illustrations, 9 cartes, plans et graphiques, 19 tableaux, 20 fac-similés et documents, notes, annexes, sources, biblio, 3 index, broché, couv. illustrée, soulignures crayon, bon état

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Lille, grande ville manufacturière et marchande des Pays-Bas espagnols, peuplée d'environ 45.000 habitants vers 1640, est un observatoire privilégié pour suivre le cheminement et les multiples aspects d’une vigoureuse Contre-Réforme qui progressivement devient une réforme catholique authentique et profonde. Pendant les Troubles, à la différence de Tournai ou de Valenciennes, Lille était restée contrôlée par un Magistrat catholique et, dès 1579, elle est une des premières à se réconcilier avec le roi d’Espagne, sur la base de la reconnaissance du seul catholicisme. Des centaines de protestants sont bannis collectivement, d’autres sont contraints de se convertir, la sorcellerie y est traquée, l’instruction religieuse est obligatoire pour les enfants le dimanche, les curés sont invités à tenir un « liber animarum » sur le modèle borroméen pour contrôler l’orthodoxie de leurs paroissiens. La ville, agrandie, connaît une véritable « invasion conventuelle ». Religieux, notamment jésuites et capucins, et religieuses, appuyés par les évêques, les curés et le Magistrat de la cité entreprennent de convertir la population à un catholicisme régénéré et dynamique. Offices, confréries, processions, dévotions s’épanouissent. La messe est valorisée, la confession et la communion deviennent les sacrements de la conversion permanente. Les œuvres de miséricordes et les fondations se multiplient : ce sont « les hautes eaux de la charité ». C’est aussi le temps de la mort chrétienne et des prières pour les pauvres trépassés. Cette « catholicisation » de la population a certes ses limites et est ébranlée par la guerre franco-espagnole (1635-1659) qui ravage la région. Mais elle a rarement atteint un tel degré dans l’histoire de la cité. Et le cas lillois témoigne du grand mouvement qui a fait appeler les Pays-Bas espagnols, « Pays-Bas catholiques ». — La thèse d’État d’Alain Lottin, qui repose sur dix années de travail dans les archives et bibliothèques de Lille, Bruxelles, du Vatican, etc.

156.          LOUX (Françoise). Pierre-Martin de La Martinière, un médecin au XVIIe siècle.  Imago,  1988, in-8°,  254 pp, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Dès dix ans apprenti chirurgien sur les champs de bataille, prisonnier des corsaires, puis vendu comme esclave en Barbarie, explorateur du Grand Nord, alchimiste déçu, médecin du roi enfin, La Martinière manifesta sa vie durant un grand sens de l'aventure et, disciple de Paracelse, un constant désir d'apprendre par l'observation directe de la nature..." — "Cette étude, basée sur les divers écrits de La Martinière (récits de voyage, ouvrages polémiques et livres de conseils), ne se veut pas étude de la médecine au XVIIe siècle, mais analyse de la position d'intermédiaire qu'occupait La Martinière, position renforcée par sa formation de médecin acquise "sur le tas". A cette époque, il n'existe pas de séparation bien nette entre le savant et le populaire ; le symbolique et l'imaginaire occupent encore une place très importante dans le discours savant sur le corps, bien que l'on assiste à une recherche de plus en plus scientifique..." (Annick Vilain, Civilisations, Vol. 37, No. 2, Ethnologies d'Europe et d'ailleurs, 1987)

157.          MALET (Albert) et Jules ISAAC. XVIIe & XVIIIe siècles.  Hachette,  1928, in-12,  650 pp, 214 gravures et 20 cartes, cart. vert imprimé de l'éditeur, état correct (Cours complet d'Histoire, classe de Seconde)

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Un manuel classique, qui a formé des générations successives de lycéens : le « Malet-Isaac » occupe une place de choix dans la mémoire scolaire française. Un succès dû à ses qualités : un récit chronologique bien construit, écrit dans une langue claire, qui constitue un aide-mémoire de choix pour tous publics. Pour les historiens, c'est aussi le témoignage de ce que fut la vulgarisation historique à l'intention des classes secondaires pendant près d'un demi-siècle.

158.          MÉCHOULAN (Henry). Amsterdam au temps de Spinoza. Argent et liberté.  PUF,  1990, in-8°,  277 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, défraîchi, trace d'humidité ancienne en marge des derniers feuillets, état moyen

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La ville d'Amsterdam a été le laboratoire de l'argent dans sa modernité et celui des libertés dans leur diversité. Libertés gagnées au prix du sang, contre l'Espagne d'un Philippe II cupide et intolérant. Grâce au lien circulaire entre argent et liberté, la ville, après la première révolution européenne qui enfanta la République des Provinces-Unies à la fin du XVIe siècle, fut seule capable dans le monde d'éradiquer le despotisme, la tyrannie, le fanatisme, bien avant les exigences de 1789. Elle accueillit les Juifs fuyant l'inquisition, les Protestants pourchassés dans leurs pays et d autres hétérodoxes. Elle a aussi permis de faire entendre les voix de Descartes et de Spinoza que nous ne cessons encore d'interroger. Mais doit-on pour autant confondre argent et liberté, fin et moyens ? Amsterdam a-t-elle été fidèle à cette volonté de liberté honnie par les rois et les prêtres mais qui a sauvé des milliers de victimes de la violence et de l'intolérance ? Il appartient au lecteur d'apprécier l'usage que la ville faisait de son argent et de sa liberté, à l'heure où la République vivait son siècle d'or, et de ne pas oublier que le regard sur le passé n'est jamais neutre. — "Amsterdam au Siècle d’or comme laboratoire d’un « lien circulaire » entre l’argent et la liberté : c’est la lecture que nous propose Henry Méchoulan, directeur de recherches au CNRS. Dans son « Avertissement », il livre l’essentiel de son propos, développé de façon très appuyée, au long de ces 262 pages : « montrer le lien ambigu qui s’est établi entre l’argent et la liberté, en un lieu, en un temps et réfléchir sur les conséquences de ce lien », « l’argent et la liberté pouvant coexister, voire se nourrir de ce lien » (p. 7). Il déploie cette démonstration en décrivant les mécanismes du pouvoir, les circuits économiques, les communautés immigrées mais aussi par des récits (la guerre des Gueux, la création de la Compagnie des Indes Orientales, la crise de la Tulipe, la querelle des Arminiens et des Gomaristes...), de petites études thématiques (le « magistrat » et le pouvoir, la banque, la communauté juive, le « Rasphuis » – maison pour les pauvres et les délinquants), de courts éclairages biographiques : le régent Bontemantel, Menasseh ben Israël… mais pas Spinoza – qui, comme Rembrandt, ne fait que passer – à travers quelques rappels et citations." (Laurent Mercier, Diasporas n° 27)

159.          MICHON (Cédric). La Crosse et le Sceptre. Les prélats d'Etat sous François Ier et Henri VIII. (Thèse).  Tallandier,  2008, in-8°,  383 pp, annexes, notes, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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A la Renaissance, les puissantes monarchies de France et d'Angleterre connaissent d'importantes mutations qui se traduisent notamment par l'affirmation d'un État de plus en plus centralisé, bureaucratique et efficace. Dans ce processus crucial de l'histoire de l'Occident, une catégorie de serviteurs joue un rôle tout à fait déterminant. Identifiés par Cédric Michon qui les appelle "prélats d'Etat", des dizaines d'évêques et de cardinaux s'investissent dans tous les secteurs de l'administration monarchique jusqu'à en prendre parfois la direction. Dans ce monde de pouvoir, d'ambition, d'argent et de violence, les Jean du Bellay, François de Tournon, Stephen Gardiner ou Cuthbert Tunstall tiennent la dragée haute aux arrogants magnats laïcs comme aux ambitieux juristes. On y rencontre l'évêque Rowland Lee, "nettoyeur" du Pays de Galles ; le cardinal de Gramont, redoutable diplomate ; le tout puissant cardinal Thomas Wolsey, chef du conseil et chancelier d'Henri VIII. On y voit les prélats d'Etat français proposer au roi les services des réseaux humanistes que leur généreux mécénat entretient et dont ils font des réseaux d'espionnage. On découvre comment leurs homologues anglais, hommes nouveaux issus des collèges, en butte au mépris brutal des courtisans, y répondent par la solidarité universitaire, mettant en place une véritable “Cambridge Connection”. S'appuyant sur des sources issues de plus de trente fonds d'archives conservés en France, en Angleterre, en Italie et aux Etats-Unis ce livre ressuscite le monde de la cour et de l'administration de deux rois glorieux, véritables frères ennemis, François Ier et Henri VIII.

160.          MIQUEL (Pierre). Les Guerres de Religion.  Fayard,  1980, fort in-8°,  596 pp, une carte du voyage de Charles IX en France, généalogie simplifiée des familles princières, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Du premier martyr protestant – en 1523 – au dernier pasteur persécuté – à la fin du XVIIIe siècle – l'affrontement des deux religions, la catholique et la réformée, fit des centaines de milliers de victimes dans toutes les régions de France, et pas seulement à Paris : les villes, les villages et jusqu'aux familles étaient divisées. Dans les deux partis, l'enchaînement de la peur et de la violence conduisait aux pires excès. Le lent combat des huguenots pour la liberté, la longue marche des catholiques pour la réforme de l'Eglise ont touché de près tous les Français, dans le flamboiement sauvage du XVIe siècle. Les idées de Luther et de Calvin n'ont pas apporté que la guerre et la torture. Elles ont fait entrer les Français, à toute allure, dans le monde moderne où chacun choisit et défend passionnément sa religion, au péril de sa vie...

161.          MOUSNIER (Roland). Les XVIe et XVIIe siècles. Les progrès de la civilisation européenne et le déclin de l'Orient (1492-1715).  PUF,  1956, gr. in-8° carré,  609 pp, 2e édition revue et corrigée, 48 planches d'illustrations en héliogravure hors texte, 22 cartes, croquis et diagrammes, biblio, chronologie, index, reliure toile bleue de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. Histoire générale des civilisations)

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La dispersion et l'isolement des groupes humains, à la fin du XVe siècle, font s'ignorer totalement des civilisations distinctes : les sociétés américaines, celles du Pacifique sont inconnues de l'Ancien Monde ; l'Europe, l'Asie, l'Afrique se connaissent à peine. C'est alors que se manifeste en Europe une prodigieuse force de création et d'expansion, qui produira pendant deux siècles des découvertes dans tous les domaines. Une nouvelle époque de l'humanité commence. Elle se caractérise par le puissant développement de l'individualisme. La passion pour l'antique révèle l'instinct d'une nouvelle vie par laquelle les hommes se libéreront du Moyen Age. Stimulé par le commerce maritime et colonial, par l'afflux des métaux précieux, par la hausse des prix qui s'accélère au cours du XVIe siècle, le capitalisme croît rapidement. Les Bourses apparaissent, les banquiers se spécialisent : l'individu fort triomphe dans l'entreprise capitaliste. L'individualisme s'affirme dans la mutation intellectuelle du mécanisme, dans les réformes religieuses, dans l'essor des nations : à l'idée du Saint-Empire, de la République chrétienne et hiérarchisée se substitue la conception d'un ensemble d'Etats souverains. L'énergie individuelle ainsi libérée rend l'Européen irrésistible : pour la première fois, et sur une vaste échelle, il entre en contact avec les autres continents. L'Europe s'apprête à dominer le reste du monde. (Roland Mousnier)

162.          OLIVIER-MARTIN (François). L'Absolutisme français.  P., Editions Loysel,  1988, gr. in-8°,  359 pp, broché, bon état. Réimpression de l'édition “Les Cours de Droit”, 1950-1951

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"Pendant une trentaine d'années, de 1921 à 1951, François Olivier-Martin a enseigné l'histoire du droit à la Faculté de droit de l'Université de Paris. Ses cours de doctorat ont été fameux et bien de ses anciens étudiants en gardent encore un souvenir ébloui. Certains de ces cours avaient bénéficié en leur temps de publications ronéotypées qui, par la qualité de l'information, de l'expression et de la pensée, avaient aussitôt pris rang d'ouvrages de référence, dont les exemplaires, matériellement fragiles et tirés à petit nombre, sont aujourd'hui aussi introuvables que recherchés. On se félicitera donc de les voir enfin réédités, notamment celui intitulé “L'absolutisme français” (Editions Loysel, 1988, 359 pages). C'est une étude sur la constitution de l'ancienne monarchie qui, quels qu'aient été les travaux parus depuis sur le sujet, n'a rien perdu de son intérêt et de sa rigueur. F. Olivier-Martin n'a pas fondé son propos sur les actes de la pratique politique et administrative qu'il aurait dépouillés dans les archives, mais sur des lectures immenses : écrits et discours des souverains, traités anciens de droit public, de science politique et de théologie, recueils d'ordonnances, de lois et d'arrêts, coutumiers, cérémoniaux, etc., fournissant ainsi de multiples références qui demeurent le point de départ de recherches nouvelles. Sous un format commode, cette réédition est en fait la pure et simple reproduction anastatique du cours ronéotypé." (Michel Antoine, Bibliothèque de l'École des chartes, 1990)

163.          PAGÈS (Georges), avec la collab. de Victor-L. Tapié. Naissance du Grand Siècle. La France de Henri IV à Louis XIV, 1598-1661.  Hachette,  1948, in-12,  221 pp, avant-propos de Victor-L. Tapié sur Georges Pagès (1867-1939) (29 pp), broché, bon état

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"La mort soudaine de Georges Pages en septembre 1939 a été une perte sérieuse pour la recherche historique française, car son projet d'histoire de l'administration française aux seizième et dix-septième siècles qui devait suivre son célèbre ouvrage sur “La Monarchie d'Ancien Régime” aurait certainement été une contribution de première importance à un sujet qui a grandement besoin d'une clarification faisant autorité. A défaut, cependant, un petit volume publié à titre posthume sous le titre “Naissance du Grand Siècle” (Hachette, 1948) représente ce qu'il avait déjà écrit d'une étude générale destinée à couvrir l'histoire de France depuis Henri IV jusqu'à la fin de la monarchie. Il s'agit d'un ouvrage magistral et stimulant, dans lequel toute l'attention est accordée aux aspects religieux, culturels et économiques, ainsi qu'aux aspects politiques et constitutionnels du sujet. Le manuscrit a été revu par M. V-L. Tapié, qui apporte une étude de vingt-cinq pages sur la vie et l'œuvre de son vieux maître et qui est lui-même responsable du dernier et d'une partie de l'avant-dernier chapitre." (The English Historical Review, 1949)

164.          PEILLARD (Léonce). Villegagnon, Vice-amiral de Bretagne, Vice-roi du Brésil.  Perrin,   1991, in-8°,  260 pp, préface d'Alain Peyrefitte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Homme universel, grand marin, soldat, écrivain, colonisateur, Nicolas Durand de Villegagnon, né à Provins en 1510, est injustement oublié. Il fut, à l'Université de Paris, un ami de Calvin qui deviendra son plus redoutable adversaire. Chevalier de Malte, il défend l'île contre les Turcs. Avec Charles Quint, il assiège Alger et est blessé sous ses murs. Nommé vice-amiral de Bretagne par Henri II, il fortifie Brest. Il enlève, à la barbe des Anglais, la petite reine d'Écosse Marie Stuart à Dumberton et amène en France, sur la Reale, la future reine de France et d'Écosse. Malgré les conseils de Ronsard (« Villegagnon, tu fais une grande faute »), le vice-amiral tente une colonisation dans la baie de Janeiro et devient vice-roi du Brésil qu'à Paris on appelle la « France antarctique ». Ce ne sont pas les sauvages qui le chasseront du fort construit au pied du « pain de sucre » sur un îlot qui porte encore son nom, mais les intrigues des ministres et des colons protestants. Il revient en France, prend la plume pour se justifier et son épée pour défendre son roi et sa religion. Blessé au siège de Rouen, Villegagnon est nommé gouverneur de Sens et chasse les armées de Condé de la vallée de l'Yonne. Après une vie extraordinairement remplie, il laissera ses quelques biens, par testament, à ceux « condamnés à l'éternelle misère, les pauvres de Paris ».

165.          PETITFILS (Jean-Christian). L'affaire des Poisons. Crimes et sorcellerie au temps du Roi-Soleil.  Perrin,   2009, in-8°,  380 pp, 8 pl. en couleurs hors texte, table des personnages impliqués, repères chronologiques, sources, index, broché, couv. illustrée, bon état

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En 1679, à l'apogée du règne de Louis XIV, éclate l'une des plus vastes affaires criminelles de tous les temps : l'affaire des Poisons. D'un seul coup se révèle l'envers sinistre du décor : les crimes de la Voisin, les sortilèges, les conjurations démoniaques, les messes noires, les sacrifices rituels... Affaire stupéfiante, ténébreuse, touffue, aux ramifications gigantesques, dans laquelle se trouvent mêlées des centaines de personnes, dont les plus grands noms de la cour de France, notamment la favorite, Mme de Montespan, à tel point que le roi lui-même, pris d'inquiétude, tente d'étouffer le procès. De l'officine des alchimistes au repaire des sorcières, des marchands de philtres d'amour aux fabricants de poisons, en passant par le cabinet du magistrat instructeur, La Reynie, c'est l'enquête policière complète sur l'une des plus étranges et irritantes énigmes de l'Histoire qui est ici offerte au lecteur. Mettant en lumière les moeurs et les mentalités d'une époque qui n'a pas été seulement celle des splendeurs de Versailles et de la culture classique, l'ouvrage de Jean-Christian Petitfils, fruit de longues recherches, présente des découvertes et des explications très convaincantes.

166.          POLIER de CÉRENVILLE (Jeanne-Louise-Antoinette). Vie du Prince Potemkin, Feld-Marechal au service de Russie sous le règne de Catherine II. Rédigée d'après les meilleurs ouvrages allemands et français qui ont paru sur la Russie à cette époque.  P., à la librairie stéréotype, chez H. Nicolle ; de l'imprimerie des frères Mame,  1808, in-8°,  viii-303 pp, notes, reliure demi-veau havane, dos lisse avec pièce de titre chagrin carmin, fleuron et triples filets dorés, tranches citron (rel. de l'époque), bon état. Edition originale

            150

Biographie du grand militaire et homme politique russe qui fut favori de Catherine II, par Mme de Cérenville (1738-1807) et revue par Léger-Marie-Philippe Tranchant de Laverne, tacticien français (1769-1815).

167.          PONTIS (Louis de). Mémoires du Sieur de Pontis, qui a servi dans les armées cinquante-six ans, sous les rois Henri IV, Louis XIII, Louis XIV. Rédigés par Pierre Thomas du Fossé. Préfacés et annotés par Robert Laulan.  P., Henri Jonquières,  1929, pt in-8°,  xxxix-328 pp, 8 pl. de gravures hors texte, broché, bon état (Coll. Jadis & Naguère)

            25

Madame de Sévigné écrit : « Je lis des Mémoires d'un Monsieur de Pontis. Il conte sa vie et le temps de Louis XIII avec tant de vérité, de naïveté et de bon sens que je ne puis m'en tirer. » Ce sont des Mémoires de cape et d'épée, écrits dans un but d'édification – mais sans niaiserie – à Port-Royal-des-Champs, par un hobereau provençal engagé comme simple porteur de mousquet et qui finit « maréchal de bataille » après avoir servi durant cinquante-six ans Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.

168.          RICHET (Denis). De la Réforme à la Révolution. Etudes sur la France moderne.  Aubier,  1991, fort in-8°,  584 pp, préface de Pierre Goubert, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Histoires)

            30

Centrés sur le XVIIe siècle (dont Denis Richet était un grand spécialiste) mais traitant aussi du XVIIIe, les textes ici rassemblés concernent l’Histoire des mentalités religieuses (jansénisme, congrégations...), l’histoire économique et, surtout, l’histoire sociale et politique (avec le long texte consacré à la famille du chancelier Séguier, grand serviteur de Louis XIII). Le centre de ce volume est donc consacré à un groupe social, la haute robe. À travers les contrats de mariage, les inventaires après décès, les achats et les ventes de terres ou d’offices, Denis Richet retrace l’itinéraire exemplaire d’une famille : en six générations, Étienne Séguier, l’apothicaire de Saint-Pourçain donne naissance à un chancelier de France dont la fille épouse un bâtard royal. Autour des Séguier, leurs collègues, les Nicolay, les Luillier, les Hennequin, les Du Tillet, les Bérulle : partis de la boutique, ils grimpent les échelons de la magistrature, depuis les auditeurs des Comptes et les secrétaires du Roi jusqu’aux présidents à mortier du Parlement de Paris. Par le jeu des intermariages et de la transmission familiale des charges, ils monopolisent une fonction : celle des grands serviteurs de l’État, source de leur fortune et de leur prestige. Pour que leur histoire particulière rejoigne l’Histoire tout court, il faut entrer en jeu un autre élément : l’évolution intellectuelle de la noblesse de robe. Rejetant la double tentation de la Réforme et de l’extrémisme catholique de la Ligue, les parlementaires se reconnaissent d’abord dans la Contre-Réforme, puis dans le jansénisme, enfin dans le courant de pensée réformateur dont Fénelon fut, pour un temps, la figure de proue. Dans Élite et despotisme, article écrit en 1969, Denis Richet prolonge son raisonnement jusqu’à la «révolution aristocratique» de 1789 : n’est-ce pas la révolte des parlementaires qui déclenche la crise où l’Ancien régime finira par sombrer ? Ainsi la filiation, au sein d’un même groupe social, des dissidences successives permet de comprendre comment le privilège a été «le véritable ancêtre, le père légitime, la source authentique» de la liberté. — "Ce recueil de ses articles, communications et conférences auquel D. Richet travailla jusqu'à ce que la mort en interrompît la préparation, retiendra surtout l'historien de la période 1560-1660, objet de prédilection de l'A. Mais il participa aussi, en collaboration avec F. Furet, à une histoire de la Révolution française qui fit date. Il fut également l'auteur d'un petit chef-d'œuvre, La France moderne : l'esprit des institutions, qui mène jusqu'au terme de cet Ancien Régime dont il refusait la dénomination. La fin du volume reprend quelques articles fondamentaux qui tournent autour des origines de la Révolution. Le premier, paru dans les Annales en 1969, « Autour des origines idéologiques lointaines de la Révolution française », mit en avant le rôle des élites conscientes de leur autonomie par rapport à l'ordre politique et de leur nécessaire contrôle du pouvoir, élites où la noblesse eut un rôle initiateur, et qui s'élargit ensuite à la richesse, à la propriété et au talent. Cette mise en cause du concept de révolution bourgeoise suscita les polémiques que l'on sait. Cela ne veut pas dire que l'A. écartait la lente mais révolutionnaire mutation économique du 18e siècle. Son article des Annales de 1968 (« Croissance et blocages en France du 15e au 18e siècle ») reprend tous les acquis depuis 1930 (Hamilton, Simiand, Labrousse, Baehrel, Meuvret, Goubert...) et examine un à un les indicateurs de croissance, rente foncière, salaire, population, produit des dîmes, production industrielle des secteurs nouveaux (houille, métallurgie, coton) et anciens (draps, toiles), pour mieux définir l'essor du siècle. Troisième article de grand prix, une comparaison des Révolutions française et anglaise, où le double décalage chronologique et spatial est expliqué dans ses composantes politique, économique et intellectuelle. Ajoutez quelques pages sur Malthus, morceau d'une conférence d'agrégation, et la lumineuse préface au livre de Léo Gershoy, L'Europe des princes éclairés, qui en dit plus sur le despotisme éclairé que bien des textes bavards, et vous aurez toute la richesse d'une moisson où on se plaît à retrouver la finesse et l'intelligence d'un historien trop tôt disparu, qui fut, pour ceux qui eurent la chance de travailler à ses côtés, un véritable maître." (C. Michaud, Dix-Huitième Siècle, 1992)

169.          ROCHE (Daniel). Le Siècle des Lumières en province. Académies et académiciens provinciaux, 1680-1789.  Paris-La Haye, Mouton et Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,  1978, 2 vol. gr. in-8°,  394 et 520 pp, 61 cartes et croquis, 24 graphiques, 47 tableaux, sources et biblio, brochés, couv. illustrées, bon état (Coll. Civilisations et Sociétés). Edition originale

            100

Ce livre est déjà un classique : une référence obligée pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire culturelle de la France du XVIIIe siècle. Les Lumières sont ici abordées sous un angle inattendu et qui en suggère une lecture inédite : ce n'est pas aux auteurs majeurs, aux grands foyers intellectuels parisiens que Daniel Roche a consacré son enquête, mais aux institutions provinciales, plus modestes, plus discrètes, et qui ont assuré le long cheminement, complexe, Parfois contradictoire, de l'esprit nouveau. Les Académies de province, dont il suit ici l'histoire, ont rassemblé et façonné un milieu de notables curieux et savants, dont on mesure enfin l'importance sociale et culturelle décisive entre le règne de Louis XIV et la Révolution française.

170.          RODOCANACHI (E.). Aventures d'un grand seigneur italien à travers l'Europe, 1606. Relation [de Bernardo Bizoni] mise en français et annotée.  Flammarion,  s.d. (1899), in-12,  ix-322 pp, broché, dos fendu recollé, sinon bon état

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"Les difficultés offertes par un voyage à travers l'Europe dans les années 1600, la fidélité, et une certaine vivacité de couleurs dans les descriptions, l'époque historiquement intéressante dans laquelle ce voyage a été entrepris, ont conduit l'auteur à l'exhumation d'un manuscrit du Vatican, contenant la relation de ce voyage, faite par un certain Bizzoni, secrétaire du marquis Vincenzo Giustiniani, sur ses ordres. Vincenzo Giustiniani, marquis de Bassano, fatigué de la vie monotone et austère menée à Rome pendant le carême, décide de visiter des pays lointains, accompagné de son secrétaire, Bernardo Bizzoni, et de quelques domestiques. Sa première destination était Loreto, ce qui devait légitimer ce voyage audacieux aux yeux du monde. De là, après avoir traversé l'Italie sans incident, on passe par le col du Brenner pour entrer en Allemagne, où la coexistence pacifique et tolérante des luthériens et des catholiques dans certaines villes, et la lutte acharnée dans d'autres, est intéressante. La description du voyage à travers les Flandres, alors que la guerre contre l'Espagne faisait rage, les précautions qu'il fallait prendre, les difficultés à pénétrer dans les villes, le blocus de Dunkerque, offrent un tableau très intéressant. A Londres, nos voyageurs arrivent peu après la fameuse conspiration des poudres, à temps pour voir les corps des coupables pendus à la Tour de Londres ; nous remarquons quelques coutumes étranges caractéristiques des Anglais, nous visitons l'arsenal de Greenwich, puis toute la caravane parvient à s'embarquer à Douvres et, après quelques heures de mauvaise mer, à arriver à Calais. Paris est la ville qui semble avoir suscité le plus d'intérêt ; le récit s'élargit et devient plus vivant ; Saint-Denis, Notre-Dame, la Bastille, le Louvre, les Tuileries font l'objet de descriptions assez détaillées : nous avons aussi un tableau vivant des mœurs de la cour d'Henri IV. De Paris, le voyage se poursuit sans incidents notables ; en partie par terre, en partie par voie fluviale, ils atteignent Lyon et Marseille ; et, partant de San Remo et débarquant à Pise, le groupe retourne à Rome. On ne peut nier un certain mérite à l'œuvre et vu la rareté des nouvelles de missions de voyage au XVIIe siècle, l'idée de M. Rodocanachi d'exhumer ce manuscrit était en effet heureuse." (Teresa Tortora, Archivio Storico Italiano, 1900)

171.          SOLÉ (Jacques). L'Amour en Occident à l'époque moderne.  Albin Michel,  1976, in-8°,  307 pp, biblio, broché, bon état

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Entre 1500 et 1800, la vie sexuelle de l'Occident a achevé de revêtir des formes qu'elle a conservées, pour l'essentiel, jusqu'au milieu du XXe siècle. Durant cette longue période qui va de la Renaissance aux Lumières, le pilier principal de l'ordre sexuel était l'union monogame. Celle-ci, étroitement surveillée par la collectivité et les familles, négligeait de plus en plus l'attirance physique au bénéfice de considérations morales et économiques. L'Eglise, en effet, s'acharnait à réprimer la sexualité, en accord avec l'Etat moderne et son programme d'ordre moral. Toutefois, les milieux privilégiés réussissaient souvent à échapper à ce conformisme. La culture sexuelle se réfugiait dans la recherche esthétique et littéraire. Ainsi se développaient à la fois un érotisme de compensation et le mythe poétique ou romanesque de l'amour-passion. Ces grands thèmes, Jacques Solé les analyse ici avec profondeur et acuité. Il montre de façon convaincante combien est ambigu l'héritage sexuel que l'« époque moderne » nous a légué.

172.          TALLEMANT des RÉAUX (Gédéon). Les Historiettes. Edition documentaire établie par Georges Mongrédien.  Garnier,  s.d. (1932-1934), 8 vol. in-12,  xxxii-324, 342, 302, 342, 336, 380, 334 et 289 pp, notes, biblio, les 8 tomes reliés en 4 volumes demi-basane fauve, dos à 4 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre & tomaison chagrin vermillon et noir, fleurons dorés (rel. de l'époque), bon état

            120

Etablie par le grand dix-septièmiste Georges Mongrédien, cette « édition documentaire » rend de très grands services par ses références et ses indications bibliographiques. En particulier, l'index alphabétique (200 pp) comprend tous les noms de personnes et de lieux (provinces, villes, rues, hôtels, églises, couvents, rivières, etc...) ainsi que tous les titres d'ouvrages, accompagnés de la date de l'édition originale, cités dans le texte et dans les notes de Tallemant des Réaux. — Les Historiettes de Tallemant des Réaux ne sont pas simplement un recueil d'anecdotes curieuses. Elles sont le plus extraordinaire témoignage, le plus vivant et le plus vrai, sur toute une époque de notre histoire. Détaché et désinvolte, Tallemant (1619-1692) ne se laisse pas saisir. Etonnamment libre face aux idéologies de son temps, il n'a pas de cause à défendre. Il est un archiviste, un témoin, un passeur. Mais aussi un farceur qui amuse et dérange. Il s'intéresse aux gens, à leurs intrigues, leurs moeurs, leurs drames. Et nous rappelle que de la bagatelle à l'essentiel, du trivial au primordial, il n'y a souvent pas loin. Lorsque les grandes décisions sont soumises à de petites péripéties, l'historiette rattrape l'Histoire. Portraits, petites nouvelles ou courts essais, les Historiettes nous entraînent derrière les décors, altérant le majestueux théâtre du Grand Siècle. Cocasses, irrespectueuses, elles compliquent le tableau scolaire de la littérature classique. Avec cette comédie humaine, Tallemant dévoile un XVIIe siècle truculent et turbulent, sensuel et profane. Un vent se lève, qui décoiffe les perruques et fait tomber les masques.— "Si l'on met à part les exagérations provoquées par la malignité et l'amour de la médisance, cette oeuvre, tout impersonnelle, que l'auteur n'a rédigée ni dans un but de justification ni pour se faire valoir, dans laquelle il ne parle pas de lui même, est unique au XVIIe siècle : ces "mémoires des autres" ont pour l'étude des moeurs et des idées une importance capitale." (Bourgeois et André II, 793) — "Il faut rendre hommage au labeur érudit de M. Mongrédien. Sa publication des Historiettes rendra les plus grands services. Il suffit de dire qu'il a rassemblé, grâce à sa connaissance déjà si vaste du XVIIe siècle, un nombre imposant de documents, qui permettent constamment d'éclairer Tallemant et de le dépasser. Et l'ensemble de son édition conduit pour le moins à une vérité générale, qui est capitale. M. Magne, dans ses ouvrages également si riches et si divers, nous avait déjà montré que, chaque fois qu'il avait dû contrôler les renseignements de Tallemant, il les avait trouvés exacts. M. Mongrédien nous apporte une vérification générale de cette véracité. Non pas qu'on puisse tout vérifier ; mais chaque fois que la vérification est possible, elle est favorable à Tallemant. La conclusion n'a pas une très grande importance pour l'histoire littéraire, où Tallemant nous apporte plus d'anecdotes curieuses que de renseignements essentiels, mais elle est capitale pour l'histoire des mœurs." (D. Mornet, Revue d'Histoire littéraire de la France, 1935)

173.          TAPIÉ (Victor-L.). L'Europe de Marie-Thérèse. Du Baroque aux Lumières.  Fayard,  1973, in-8°,  ii-400 pp, une carte, index, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état (Coll. L'Histoire sans frontières), envoi a.s. à André Castelot

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Ce grand livre n'est pas une biographie de facture classique. En suivant Marie-Thérèse de son avènement, difficile et contesté, à sa lente agonie, Victor-L. Tapié saisit et décrit avec vigueur et clarté les forces profondes d'une Europe centrale en pleine mutation. Du Baroque aux Lumières : il existe une civilisation thérésienne dont les monuments de Vienne, de Budapest et de Prague attestent aujourd'hui encore l'originalité et la grandeur. Cette civilisation aurait-elle pu s'épanouir si l'impératrice n'avait incarné à la fois une tradition et une rénovation ? La tradition, héritée avec son droit dynastique, ce sont les liens souples mais durables que les Habsbourg ont tissés entre les États aussi divers que la Hongrie royale, les archiduchés d'Autriche ou la couronne de Bohême. La rénovation, ce sont les vastes réformes économiques et administratives silencieusement accomplies dans les périodes de paix. Quand Marie-Thérèse disparaît, elle lègue à son fils, l'impatient Joseph II, un ensemble plus cohérent et des États plus solides. Vingt ans avant la mort du Saint-Empire romain germanique, un nouvel empire, dynastique et pluriracial, a ancré ses attaches. C'est par sa fidélité au passé que Marie-Thérèse a préparé l'avenir. — "Que le titre ne trompe pas ! Il s'agit bien d'une histoire des États de la maison d'Autriche de 1740 à 1780. Mais la dimension continentale n'est jamais absente, ne serait-ce que par l'importance prise par les problèmes de politique extérieure. Les rapports de Marie-Thérèse et de Frédéric II, la recherche et le développement de l'alliance française, les relations avec l'Italie et l'Espagne des Bourbons, la question polonaise, autant d'occasions d'élargir le cadre spatial, comme y invite le sous-titre..." (Claude Michaud, Annales ESC, 1977)

174.          VAILLOT (René). Le Cardinal de Bernis. La vie extraordinaire d'un honnête homme.  Albin Michel,  1985, in-8°,  354 pp, notes, biblio, broché, couv. illustrée, tranche piquée, bon état

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Cadet d'une famille de très ancienne noblesse mais de petite fortune, Bernis est destiné à une carrière d'Eglise. Cependant, comme le lui écrira Voltaire, il a "tiré le gros lot à la loterie du monde." S'il attend longtemps la richesse, la chance ne le quitte guère. Sa vie, extraordinaire par ses réussites, n'est point dépourvue d'hésitations ni de contradictions. Pouvait-on prévoir qu'un jour, ce brillant élève des Jésuites au collège Louis-le-Grand, serait amené à prendre une part active à la destruction de la Compagnie ? Poète léger, il doit à son charme et à sa culture d'être "la coqueluche des salons," où il rencontre l'amitié et l'amour. S'il tarde à demander la prêtrise, il n'en devient pas moins archevêque, un archevêque humaniste exerçant sa toute-puissance pour le bien-être et l’instruction de son peuple. Promu ministre des Affaires étrangères par la protection de Mme de Pompadour, mais trop lucide et intègre, il dénonce les incuries du pouvoir, et il est exilé. La chance a corrigé le revers : il vient d'être nommé cardinal. Véritable "roi de Rome" et toujours fidèle à la mémoire de Voltaire, c'est de loin qu'il observe la Révolution française. Il applique, dans son ambassade, les principes de tolérance et de justice qui sont ceux de 1789, et ceux de non-violence et d'amour qu'il tient des Evangiles. Il protège tous les émigrés, sans distinction politique. Etrange et séduisant personnage placé par le destin à la charnière d'une société brillante mais condamnée, et d'un ordre nouveau qui naît dans la discorde et la violence, réformiste il demeure, incarnant des valeurs de progrès qui devraient être le fondement de toute civilisation.

175.          VAISSIÈRE (Pierre de). Messieurs de Joyeuse (1560-1615). Portraits et documents inédits.  Albin Michel,  1926, in-8°,  351 pp, 20 gravures, portraits et fac-similés hors texte, broché, bon état (Coll. Ames et visages d'autrefois)

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Anne de Joyeuse (1560-1587) est le plus représentatif des membres de la maison de Joyeuse : baron d'Arques, baron-héréditaire de Languedoc, vicomte puis duc de Joyeuse, amiral de France, il est l'un des mignons du roi Henri III. Il sera tué le 20 octobre 1587 à la bataille de Coutras (Gironde). — "L'ouvrage que M. Pierre de Vaissière a consacré à la famille de Joyeuse a pour premier mérite de nous donner, intégralement ou en résumé, un très grand nombre de lettres de ses héros ou de leurs correspondants. Ce dossier a tendance à devenir, entre ses mains, un dossier de réhabilitation. Assurément, la lumière n'est pas faite – et M. de Vaissière (p. 39-44) avoue loyalement qu'il ne la fait pas davantage – sur les accusations d'un certain ordre portées contre les mignons et leur royal protecteur. Il reste que les favoris s'occupaient surtout d'autres choses que de leurs plaisirs, et que les Joyeuse : Anne, le mort de Coutras ; François, le cardinal ; Henri, seigneur du Bouchage (plus tard frère Ange), ont joué un rôle politique et militaire considérable. On trouvera, chez leur érudit biographe, un intéressant récit des guerres civiles en 1585-1586, surtout en Auvergne et en Poitou, et une étude approfondie de la bataille de Coutras. On ne goûtera pas moins les savoureux documents sur la paix de Folembray, où l'on voit un capucin, rentré dans le siècle, monnayer avec âpreté et habileté, pour lui, les siens et ses serviteurs,sa soumission au roi..." (Henri Hauser, Revue Historique, 1927)

176.          ZELLER (Berthold). Étude critique sur le règne de Louis XIII. Richelieu et les ministres de Louis XIII de 1621 à 1624. La cour, le gouvernement, la diplomatie. D'après les archives d'Italie. (Thèse).  Hachette,  1880, in-8°,  xv-335 pp, reliure demi-chagrin vert, dos à 5 nerfs soulignés à froid, caissons dorés très ornés, pièce de titre basane havane, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état. Bel exemplaire (Second prix Gobert de l'Académie Française 1880)

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"L'objet du présent travail est de faire connaître dans le détail l'intervalle de trois années qui sépare la mort du duc de Luynes de l'avènement définitif du cardinal de Richelieu au pouvoir. Entre ces deux noms, dont la renommée est si différente, mais qui, à des titres inégaux, ont plus particulièrement fixé l'attention de la postérité, l'histoire semble avoir laissé un vide ; il n'est pas sans intérêt d'essayer de la combler..." (Introduction)

 

RÉVOLUTION

 

177.          AULARD (Alphonse). Histoire politique de la Révolution française. Origines et développement de la démocratie et de la République (1789-1804).  Armand Colin,  1909, fort in-8°,  xii-805 pp, 4e édition, index, broché, dos fendu, état correct

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I. Les origines de la démocratie et de la République (1789-1792) ; II. La république démocratique (1792-1795) ; III. La république bourgeoise (1795-1799) ; IV. La république plébiscitaire (1799-1804). — Alphonse Aulard (1849-1922) fut le premier à occuper la chaire d'Histoire de la Révolution française à la Sorbonne. Il se propose de montrer comment les principes de la Déclaration des droits de l’homme – et plus particulièrement le principe de l’égalité des droits et celui de la souveraineté nationale – ont été mis en oeuvre, de 1789 à 1804, dans les institutions, ou interprétés dans les discours, dans la presse et dans les diverses manifestations de l’opinion publique.

178.          AVENEL (Georges). Lundis révolutionnaires 1871-1874. Nouveaux éclaircissements sur la Révolution française. A propos des travaux historiques les plus récents et des faits politiques contemporains.  P., Ernest Leroux,  1875, gr. in-8°,  iv-412 pp, index, reliure demi-maroquin carmin, dos à 5 nerfs filetés soulignés à froid, titres dorés, double filet doré sur les plats, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état, envoi a.s. de l'éditeur Ernest Leroux. Peu courant

            80

"Ceci est le recueil de tous les articles que j'ai publiés sur la Révolution dans le journal “La République Française”, depuis 1871, date de l'appartion de cette feuille, jusqu'à la fin de 1874. Au lendemain de l'invasion allemande et de la guerre civile, à la vue de la France entamée et de Paris décapitalisé, et pendant le sabbat qu'allaient mener les factions dynastiques cantonnées à Versailles, l'affolement des esprits était à craindre. Pour les maintenir dans la foi nationale, je crus qu'il importait surtout de leur rappeler la grande époque où s'était constituée la France nouvelle et de leur faire la glorification raisonnée du régime républicain qui avait sauvé cette France à son berceau..." (Liminaire).

179.          BENOIST-MÉCHIN (Jacques). Bonaparte en Egypte, ou le rêve inassouvi (1797-1801).  Perrin,  1989, in-8°,  424 pp, 21 gravures, une carte, index, reliure skivertex éditeur, bon état (Le rêve le plus long de l'Histoire, V)

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Pourquoi Benoist-Méchin a-t-il consacré à l'expédition d'Egypte le cinquième livre de sa série "Le rêve le plus long de l'Histoire" ? Parce que Bonaparte, fasciné par l'Orient comme Alexandre, a voulu hausser au niveau de la légende, ce qui pour Talleyrand était une opération coloniale et pour le Directoire une manœuvre de diversion. "il faut aller en Orient, dit-il à Bourrienne, toutes les gloires viennent de là". Son rêve – il l'exprimera par la suite à plusieurs reprises – était de créer, à partir de l'Egypte, un florissant Empire d'Orient qui "par sa main droite s'appuierait aux Indes et par sa gauche à l'Europe". "Sans vous autres Anglais, murmura-t-il en montant sur le Bellerophon, j'aurais été Empereur d'Orient". Mais son rêve se brisa devant les remparts de Saint-Jean-d'Acre. Toujours Saint-Jean-d'Acre lui apparaîtra comme le tournant de sa vie. C'est de là qu'elle aurait pu s'élancer dans une direction différente. C'est là qu'il comprit que s'il cessait un jour d'être Bonaparte, ce ne serait pas pour devenir un nouvel Alexandre le Grand, mais Napoléon. Ecoutons-le rêver le 1er décembre 1805, vieille d'Austerlitz, devant un groupe de généraux : "Si je m'étais emparé d'Acre, je prenais le turban, je faisais mon bataillon sacré ! C'est par des Arabes, des Grecs, des Arméniens que j'eusse achevé la guerre contre les Turcs. Au lieu d'une bataille en Moravie, je gagnais une bataille d'Issus, je me faisais proclamer empereur d'Orient et je revenais à Paris par Constantinople !".

180.          BERTAUD (Jean-Paul). Initiation à la Révolution française.  Perrin,  1989, pt in-8°,  371 pp, 8 cartes, un plan et un tableau, biblio, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état

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Parmi les centaines de livres suscités par le Bicentenaire, rares sont les ouvrages généraux traitant de la Révolution française d'un bout à l'autre en décrivant et en expliquant l'enchaînement des faits. “L'initiation à la Révolution française” de Jean-Paul Bertaud comble cette lacune. Jean-Paul Bertaud montre remarquablement ce qu'étaient les Français en 1789. Paysans, ouvriers, petits-bourgeois, artisans, notables, philosophes, sans-culottes, tous aiment le roi, mais tous font plus ou moins la révolution. Contre elle, se dressent le noble au nom de la patrie ancienne, le prêtre réfractaire pour l'Eglise traditionnelle, le roturier au nom de sa foi ou par crainte du "peuple". Deux mondes immuablement affrontés ? Non pas. Le paysan de l'Ouest, "le coeur sacré de Jésus" à la poitrine, fut d'abord un assiégeant des châteaux. Suleau qui mourut pour le roi approcha d'abord des clubs où retentissait la voix de Danton. Camille Desmoulins, "premier républicain", resta longtemps fasciné par le monde ancien. Davout le noble fut général de la République... Cette initiation a l'immense avantage de respecter la trame chronologique, tout en s'attachant à faire sentir au lecteur l'atmosphère de ces jours, à approcher ces hommes, mélange de sensibilité et de vengeance, de générosité et de violence, qui mirent fin à l'Ancien Régime. Archives ouvertes, des centaines de chercheurs à travers le monde enquêtent, confrontent. Donner au lecteur le résultat de ces recherches est l'autre but de cette initiation. Elle désire, à la lumière des travaux les plus récents, commémorer la Révolution, c'est-à-dire restituer le bruissement des voix mêlées, en expliquant les paroles et montrer que tout se comprend, mais que rien n'est simple.

181.          BLUCHE (Frédéric). Septembre 1792. Logiques d'un massacre.  Laffont,  1986, gr. in-8°,  268 pp, préface de Jean Tulard, documents en annexe, broché, couv. illustrée, bon état

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Septembre 1792 : vingt-trois jours après l’émeute du 10 août qui a renservé le trône constitutionnel de Louis XVI, des attroupements plus ou moins incontrôlés entreprennent de purger les prisons de Paris. Des simulacres de tribunaux populaires se forment. Les "condamnés" sont exécutés sur-le-champ, non sans quelques raffinements de cruauté, par des "patriotes" armés de sabres, de piques et de massues. En vingt-quatre heures, plus de 900 prisonniers sont immolés sur l’autel de la Révolution triomphante, et près de 400 autres au cours des quatre journées suivantes. 70 % des victimes étaient des détenus de droit commun. Les autorités politiques et municipales ont laissé faire. Longtemps enveloppés de brouillard par l’historiographie, les massacres de Septembre apparaissent aujourd’hui comme ce qu’ils ont été : un acte de violence totale, à la fois irrationnelle et stratégique. Loin d’être accidentelle, cette violence s’inscrit dans la logique profonde du phénomène révolutionnaire enclenché en 1789 : une logique de l’élimination. On ne saurait opérer un tri entre la "gloire" et l’ignominie. Comme le proclamait Clemenceau : "La Révolution française est un bloc, un bloc dont on ne peut rien distraire parce que la vérité historique ne le permet pas."

182.          BONNAL (Ed.). Les Armées de la République. Opérations et batailles, 1792-1800, d'après le Dépôt de la guerre et les Archives nationales.  P., Ch. Delagrave,  1889, gr. in-8°,  295 pp, 27 gravures et portraits dont 13 hors texte, pièces justificatives, cart. percaline rouge décoré de l'éditeur (lég. sali), dos lisse avec titres et caissons fleuronnés noirs, tranches dorées, bon état

            45

Par Edmond Bonnal de Ganges (1839-1915), conservateur des archives du Dépôt de la guerre. Un récit de l'histoire des campagnes militaires de 1792-1799 écrit avec une objectivité remarquable.

183.          BREDIN (Jean-Denis). Une singulière famille. Jacques Necker, Suzanne Necker et Germaine de Staël.  Fayard,  1999, gr. in-8°,  454 pp, 12 pl. de gravures et portraits en noir et en couleurs hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            18

"Tous trois à genoux, en constante adoration les uns des autres." Ainsi Napoléon Ier a-t-il décrit Jacques et Suzanne Necker et leur fille Germaine, les yeux évidemment fixés sur cette insupportable Madame de Staël qu'il poursuivit de sa haine. Celle-ci a revendiqué hautement cette "adoration familiale" : "Je laisserai donc dire à qui se plaira dans cette observation bien gaie à côté de la mort que nous sommes une famille qui nous louons les uns les autres. Oui, nous nous sommes aimés, nous avons eu besoin de le dire, et, dédaignant de jamais repousser les attaques de nos ennemis, de faire usage de notre talent contre eux, nous leur- avons opposé un ferme sentiment d'élévation et de fierté." "Singulière famille que la nôtre", assurait de soit côté Jacques Necker, et sa fille ajoutait : "Singulière peut-être, mais qu'il lui soit permis de rester telle ; la foule ne se presse pas dans la voie qu'elle a choisie." C'est cette fière famille que ce livre évoque. Jacques Necker, trois fois ministre de Louis XVI - et deux fois congédié - idolâtré par les Français en Juillet 1789 parce qu'il leur semblait le symbole de la liberté, est entré dans l'histoire, exalté par les uns, vilipendé par les autres. Sa femme Suzanne, qui tint avant la Révolution un salon très influent et fonda l'hôpital qui porte toujours son nom, fut une épouse dévouée corps et âme à l'homme qu'elle adorait, et la mère trop rigide d'une fille trop douée. Quant à Germaine, elle a conquis la gloire par son œuvre littéraire, par ses amours, par son courage, par cet exaltation du cœur et de l'esprit dont elle demeure un extraordinaire exemple. Tous trois, ils ont vécu la plume à la main. Tous trois ont eu le culte de la vertu, même s'ils ne l'ont pas toujours vue de la même façon. Tous trois ont aimé Dieu, l'amour, l'amitié, la liberté - qui ne devait, pour eux, jamais se séparer de la modération - et encore la mélancolie et le désespoir et aussi toutes les images de la mort. Tous trois se prêtèrent mutuellement du génie. Tous trois, ils ont rêvé d'incarner la noblesse de l'âme et la grandeur de l'esprit.

184.          CAZENAVE de LA ROCHE (Cdt Anne-Marie Edouard). Louis XVII ou l'otage de la Révolution. D'après des documents inédits.  P., Honoré Champion,  1929, pt in-8°,  326 pp, avec en appendice un tableau généalogique de la Maison de France, une étude sur « la survivance de Louis XVII et la critique » et une bibliographie, reliure demi-basane acajou, dos à 5 nerfs pointillés et soulignés à froid, auteur et titre dorés, couv. et dos conservés, bon état

            60

"Le livre du Commandant Cazenave de la. Roche est un plaidoyer en faveur de la thèse « survivantiste » qui identifie le dauphin Louis XVII à l'horloger Naundorff. M. C. a lu beaucoup d'archives, il a examiné de nombreux documents, accumulé les preuves et les témoignages ; bref, après une étude consciencieuse et minutieuse de la question Louis XVII, il est arrivé à la conviction inébranlable que non seulement le dauphin n'est pas mort au Temple mais encore que l'on n'a pas le droit de  refuser plus longtemps aux descendants de Naundorff l'honneur d'être les seuls représentants légitimes de la branche ainée des Bourbons (p. 279). M. C. est persuadé, mais il ne nous convainc pas toujours. (...) Évidemment, écrire une chose neuve sur un sujet déjà tant exploité était travail ardu ; l'inédit promis par M.C. se borne en fin de compte à une identification intéressante du mystérieux Montmorin de l'« Abrégé des infortunes » avec un capitaine de vaisseau Leseigneur-Montmorin. (...) Reconnaissons cependant que le livre se lit agréablement et que quelques chapitres sont bien venus : ceux consacrés au Comte de Provence (chap. II) et à la singulière figure du mulâtre Laurent (chap. IV)." (A. Hennebert, Revue belge de philologie et d'histoire, 1930) — "Auteur naundorffiste (branche cadette). Soulignons l'identification de Montmorin, l'un des acteurs de l'odyssée de Naundorff, à un certain Casimir Leseigneur (né à Eu, le 16 mai 1763). L'appendice II, en fin d'ouvrage, revêt un certain intérêt, car il rassemble une “Bibliographie sommaire des sources et ouvrages consultés” (avec références des archives nationales, de celles de la police...)" (Parois, 215)

185.          CHAMBRUN (René de). Les Prisons des La Fayette. Dix ans de courage et d'amour.  Perrin,  1977, in-8°,  343 pp, 16 pl. de gravures hors texte, qqs documents en fac-similé dans le texte, reliure skivertex carmin de l'éditeur, bon état

            25

Des années de recherches dans les archives de Lagrange, demeure des La Fayette, ont permis à l'auteur, descendant de Virginie, petite-fille du général, de mettre au jour des documents inédits grâce auxquels il a pu reconstituer heure par heure les dix ans passés par Gilbert de La Fayette dans les forteresses de l'Europe monarchique, et par sa femme Adrienne, née Noailles dans les geôles de la Révolution française. Parmi les pages les plus passionnantes du livre : la tentative d'évasion de la forteresse d'Olmütz, en Moravie. La cheville ouvrière en a été un médecin hanovrien, Erich-Justus Bollmann, homme de confiance d'un petit groupe de Français de Londres – entre autres Mme de Staël, Talleyrand, la princesse d'Hénin – qui s'employaient sans relâche à tenter d'obtenir la libération du prisonnier. — "... Lafayette fait arrêter en août 1792 les commissaires envoyés par le nouveau gouvernement, ce qui provoque sa mise en accusation à l’Assemblée. Le 17 août, le Conseil exécutif somme Lafayette de remettre le commandement de son armée à Dumouriez. Deux jours plus tard, est votée par l’Assemblée la destitution de Lafayette, considéré comme traître à la nation. Il a le choix entre la guillotine ou l’exil. Le jour même, il part pour l’étranger, mais il est arrêté à la frontière par des Autrichiens. Il passe alors plusieurs années en détention dans les cachots autrichiens, ce qui l’a peut-être sauvé de la Terreur et donc de la mort. Une tentative d’évasion, organisée en 1794 par l’Américain Francis Huger, échoue. Il ne sort de la forteresse d’Olmütz qu’en 1797, suite aux pressions exercées par la diplomatie américaine, en particulier George Washington qui écrit lui-même à l’empereur d’Autriche pour faire libérer Lafayette. Bonaparte agit aussi en faveur de sa libération, mais tant qu’il ne s’est pas assuré de son pouvoir par le coup d’État du 18 brumaire, il refuse encore que Lafayette retourne à Paris, car il est conscient de l’influence que ce dernier pourrait retrouver. De fait, quand Lafayette entre clandestinement en France, il est acclamé à Paris, ce qui provoque la colère de Bonaparte. Ce n’est donc qu’en 1800, après deux ans d’exil supplémentaires aux Pays-Bas, qu’il revient en France." (Philippe Schneider, La popularité de Lafayette, 2014)

186.          COSTA de BEAUREGARD (Henry-Joseph, marquis de). Un homme d'autrefois. Souvenirs recueillis par son arrière-petit-fils, le marquis Costa de Beauregard.  Plon,  1910, in-12,  vii-480 pp, reliure demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état (ouvrage couronné par l'Académie française)

            80

Biographie du marquis Henri-Joseph Costa de Beauregard (1752-1824), général savoyard au service du roi Victor-Amédée III. Il fit contre les Français les campagnes de 1792 à 1798. Membre du conseil de régence, il tenta d'aider les Austro-Russes à expulser les Français du Piémont. — "Il s'agit surtout d'évènements ayant trait à l'occupation de la Savoie par les Français. Le marquis se bat contre eux puis se réfugie tantôt à Lausanne, tantôt au Piémont." (Fierro, 359) — "Ces souvenirs s'arrênt pratiquement à l'avènement de Bonaparte en l'an VIII." (Tulard, 359)

187.          DORSINVILLE (Roger). Toussaint Louverture ou la vocation de la Liberté.  Julliard,  1965, in-8°,  269 pp, une carte, notes, index, broché, couv. à rabats, bon état (Coll. Les Temps Modernes)

            25

"R. D. ne se contente pas de retracer ici, de façon souvent émouvante, l'aventure personnelle de Toussaint Louverture. Tout en décrivant la révolte des colons français de Saint-Domingue contre l'autorité de la métropole jusqu'à la rupture définitive avec elle, en passant par les soulèvements successifs des « petits blancs » et enfin des esclaves eux-mêmes, il s'attache à démontrer «l'étonnante dialectique» qui se développe, de 1789 à 1804, entre la Révolution française et celle de Saint-Domingue qui en est la fille." (Revue française de science politique, 1965)

188.          ELISABETH de FRANCE (1764-1794). Correspondance de Madame Elisabeth de France, soeur de Louis XVI, publiée par F. Feuillet de Conches sur les originaux autographes et précédée d'une lettre de Mgr l'Archevêque de Paris.  P., Henri Plon,  1868, in-8°,  xxiv-468 pp, 2 fac-similés d’autographes hors texte, index, reliure plein maroquin carmin, dos à 4 nerfs soulignés par de filets dorés dorés et pointillés, titre et fleurons dorés, encadrement doré sur les plats, armes du Collège de la Providence d'Amiens avec la devise "Providentiae Gymnasium Ambianense" au 1er plat (rel. de l'époque), reliure abîmée (dos frotté avec mque en tête et scotch bleu en queue, mors fendus, plats frottés et tachés, coins émoussés), qqs rousseurs, état correct. Edition originale

            30

Première édition de cette correspondance rédigée par la soeur de Louis XVI pendant la Révolution. Arrêtée à Varennes avec la famille royale, puis emprisonnée avec Marie-Antoinette, elle fut guillotinée en mai 1794. Une correspondance principalement adressée à Mlle de Causans et à mesdames de Bombelles et de Raigecourt de 1778 au 12 octobre 1793. La marquise de Raigecourt et Marie de Causans, comtesse de Mauléon étaient les deuxième et troisième filles de la marquise de Causans, chargée par Louis XVI de prendre la haute surveillance de la maison de Madame Elisabeth en 1778 ; Mme de Bombelles était la fille de la baronne de Mackau, qui avait été sous-gouvernante des enfants de France.

189.          FURET (François) et Denis RICHET. La Révolution. Tome I : Des Etats Généraux au 9 Thermidor.  Hachette,  1965-1966, in-4°,  372 pp, trés nombreuses gravures et estampes en noir et en couleurs, index, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, jaquette illustrée, bon état. Edition originale

            30

Tome I seul (sur 2). — L'idée du livre est celle d'un "dérapage" de la Révolution. Cet ouvrage a marqué un tournant majeur dans l'histoire de la Révolution française. Très attaqué à sa parution par les tenants de la tradition jacobine, il est aujourd'hui devenu un classique de l'historiographie révolutionnaire. La question qu'il cherche à décrire et à comprendre est celle de la pluralité des formes politiques successivement manifestées par la Révolution depuis 1789 jusqu'au coup d'Etat du général Bonaparte en 1799 : monarchie constitutionnelle, dictature terroriste, République parlementaire, enfin césarisme démocratique. Il y a, à l'intérieur de ce qu'on appelle la Révolution française, plusieurs révolutions – celle des élites, celle des paysans, celle du petit peuple urbain –, et, succédant à l'Ancien Régime, plusieurs types de pouvoirs nés de la nouvelle société. Ce livre inaugure ainsi une interprétation de la Révolution française qui est plus culturelle et politique que sociale et économique.

190.          FURET (François) et Mona OZOUF (dir.). Dictionnaire critique de la Révolution française.  Flammarion,  1988, fort pt in-4°,  1122 pp, 32 planches hors texte d'illustrations en noir et en couleurs, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            80

Avec la collaboration de Bronislaw Baczko, Keith M. Baker, Louis Bergeron, David D. Bien, Massimo Bofa, Gail Bossenga, Michel Bruguière, Yann Fauchois, Luc Ferry, Allan Forrest, Marcel Gauchet, Gérard Gengembre, Joseph Goy, Patrice Gueniffey, Ran Halevi, Patrice Higonnet, Bernard Mannin, Pierre Nora, Philippe Raynaud, Jacques Revel, Denis Richet, Pierre Rosanvallon.

191.          GAULOT (Paul). Récits d'autrefois. Le vol du garde-meuble. Don Juan et Mlle de Brie. Le séjour du comte de Forbin au Siam. Un essai de royauté en Corse : Théodore de Neuhof. Robespierre et la peine de mort. L'Armoire de fer. La Princesse de Lamballe et le docteur Saiffert. La Princesse de Grimaldi-Monaco.  Ollendorff,  s.d. (1919), in-8°,  332 pp, reliure demi-chagrin bleu-nuit à coins, dos à 5 nerfs, titres et doubles filets dorés, tête dorée, couv. conservées (rel. de l'époque), dos lég. frotté, bon état

            50

"Voici de longues années que M. Paul Gaulot étudie avec conscience, pour les raconter avec couleur et esprit, les chapitres les plus divers et souvent les plus ignorés de notre chronique. Il réunit aujourd'hui en volume une trentaine de ces études, allant du Grand Siècle à la Révolution. Avec une conscience qui apparaît à toutes les lignes, M. Gaulot lit tout, s'enfonce dans les dossiers ou assimile les témoignages, veut ne laisser rien échapper de ce qui peut nourrir son récit, choisit alors avec tact ce qui le rend caractéristique ; puis, pénétré de son sujet, il nous narre l'aventure avec autant de couleur, de vie et d'aisance que s'il avait assisté à l'événement... " (Louis Madelin, La Revue hebdomadaire, 1920).

192.          GUILLAUME (James). Etudes révolutionnaires.  P.-V. Stock,  1908-1909, 2 vol. in-12,  vi-400 et vi-538 pp, un portrait du chevalier Paulet (ou Pawlet), une double planche hors texte, reliures percaline bleues, dos lisses avec titres et tomaisons dorés,  filets à foid, encadrements à froid sur les plats (rel. de l'époque), bon état (Coll. Bibliothèque historique). Exemplaire très frais et sans rousseurs. Edition originale (Maitron, Mouvement anarchiste, II, 384)

            150

Première série : L'Ecole normale de l'An III ; Le vandalisme de Chaumette ; La Convention et les erreurs judiciaires ; L'Ecole de Mars et le livre de M. Arthur Chuquet ; Lakanal et l'Académie des Sciences ; Michelet, Quinet, et la Révolution française ; Fragornard et la Terreur ; L'Hymne à l'Etre-Suprême à la fête du 29 prairial an II ; Marie-Joseph Chénier et Robespierre ; Les sextiles de l'ère républicaine ; La destruction des tombeaux des rois ; Lavoisier anti-clérical et révolutionnaire ; Etc. – Deuxième série : Le chevalier Pawlet et l'Ecole des orphelins militaires (1773-1795) ; Une lettre de Romme sur la question religieuse (1793) ; La liberté des cultes et le Comité d'instruction publique en l'an II ; Le personnel du Comité de salut public ; Le personnel du Comité de sureté générale ; Grégoire et le vandalisme ; Pestalozzi citoyen français. — James Guillaume (1844-1916) fut un militant libertaire et un historien reconnu ; membre actif de la Première Internationale, puis historien de cette organisation et militant du syndicalisme révolutionnaire à Paris. Il joua un rôle majeur dans la Fédération jurassienne de l'Association internationale des travailleurs (AIT), la branche anarchiste de l'Internationale et pour sa participation à la fondation de l'Internationale antiautoritaire à Saint-Imier. Il est l'auteur de L'Internationale : Documents et souvenirs, qui documente la position anarchiste au sein de l'Association internationale des travailleurs. Il a également édité avec Max Nettlau les six volumes des œuvres de Michel Bakounine (Bakounine, Oeuvres, Paris, Stock, 1908). Il écrit dans de nombreux journaux et revues anarchistes comme La Vie Ouvrière et La Révolution Prolétarienne. En 1910 il traduit également de l'italien, L'abrégé du Capital de Karl Marx, de Carlo Cafiero. Guillaume a joué un rôle clé dans la conversion de Pierre Kropotkine à l'anarchisme. Il a par ailleurs été rédacteur en chef du Dictionnaire pédagogique dirigé par Ferdinand Buisson, Les « Papiers de James Guillaume » échurent à Lucien Descaves. Ils furent acquis en 1936 par l’Institut International d’Histoire Sociale à Amsterdam. Néanmoins la majeure partie des archives de James Guillaume furent retrouvés en Suisse dans les années 60.

193.          HUMBOLDT (Wilhelm von). Journal parisien (1797-1799).  Solin/Actes Sud,  2001, gr. in-8°,  355 pp, traduit de l'allemand, préface d'Alberto Manguel, notes, index raisonné des noms de personnes, broché, couv. illustrée, bon état

            20

Imprégné des Lumières, Wilhelm von Humboldt séjourne à Paris entre 1797 et 1799. Durant cette période riche et mouvementée, il tient un journal, qu'il conçoit comme une véritable enquête anthropologique. Dans ce dessein, Humboldt rencontre toutes les personnalités marquantes de la capitale : Bonaparte, Sieyès, Mme de Staël, Benjamin Constant, pour ne citer qu'eux. Il fréquente assidûment assemblées, instituts, théâtres et salons ; prend de nombreuses notes de lectures ; dépeint enfin, non sans humour et avec un sens aigu du pittoresque, la société d'alors. Encore inédit en France, le journal parisien est un document exceptionnel sur la vie politique et culturelle sous le Directoire. Il contribuera à faire découvrir au public français, à travers un chapitre de sa propre histoire, la richesse de la pensée de Humboldt et sa profonde originalité.

194.          JOURDAN (Annie). La Révolution, une exception française ?  Flammarion,  2004, in-8°,  461 pp, 31 gravures dans le texte, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            19

Voici des générations que les manuels d'histoire nous l'enseignent : avec 1789, la France a balayé des siècles de despotisme et éclairé les nations du monde entier. La Révolution française, moment fondateur de l'histoire de notre pays, scellerait la naissance de l'Europe moderne. Et s'il était temps d'élargir le point de vue franco-français ? D'abord en reprenant le récit de cette décennie sans pareille, qui a vu la Révolution se déployer au-delà des frontières nationales, au son de La Marseillaise, mais aussi à grand renfort de troupes et de canons entre 1789 et 1799, c'est toute l'Europe qui est emportée par une tourmente indissociablement lumineuse et guerrière. Puis il faut rappeler que, en matière de révolution, la France n'a ni l'exclusive ni la primeur : dans les années 1770 déjà, la révolution américaine suscitait l'émoi des contemporains ; sans parler de celle des Provinces-Unies, qu'admirait tant Mirabeau, une page d'histoire européenne dont nous ne savons rien. Car la Révolution française en a gommé le souvenir : unique, universelle, messianique, c'est ainsi qu'elle est passée à la postérité. Comme si l'esprit révolutionnaire était né en France...

195.          LAFOND (Paul). Garat, 1762-1823.  Calmann-Lévy,  s.d. (1899), in-8°,  xi-363 pp, 3 fac-similés hors texte, broché, dos lég. fendu, bon état. Manque le portrait de Garat en frontispice

            30

Biographie de ce Basque, chanteur admiré de Marie-Antoinette, chef des Incroyables et des Muscadins, qui traversa sans encombre tous les régimes... — "C'est, autour de ce chanteur demeuré célèbre pour son dandysme, son zézaiement, son afféterie et malgré tout sa voix si belle, une évocation intéressante des milieux qu'il a traversés, des mondes où il a vécu, depuis la cour de Versailles, où il fut le chanteur favori de Marie-Antoinette, jusqu'à l'Empire, qui le voit vieilli, mais portant beau encore. Ce Basque, fils d'un avocat de Bordeaux, chanteur et amateur de danse, était allé à Paris étudier le droit ; mais alors aussi, sous couleur d'expliquer les Pandectes poudreuses, on pratiquait d'autres occupations. Garat se lie, en effet, avec les principaux musiciens, se fait entendre dans des concerts avec un tel succès qu'il est mandé à Trianon où il chante des duos avec Marie-Antoinette, des chansons basques, comme Jélyote disait à Louis XV les airs du Béarn. D'où fureur du père, suppression des subsides : quel opprobre pour une famille de robe ! La reine obtient une pension pour Garat qui interprète Glück, fait connaître Mozart. Au milieu de ces fêtes champêtres que peignent Watteau et Pater survient la Révolution. Garat donne un instant dans les idées nouvelles pour les répudier bien vite et fréquente chez Mesdames de Beauharnais, chez Talma, va à Rouen où il se lie avec Boïeldieu, est arrêté, puis libéré et promène sa voix à Hambourg, en Hollande, en Belgique, où il ne compte plus les triomphes. L'avènement du Directoire le ramène en France : il retrouve bien vite sa réputation. On le voit assidu chez la belle Mme Tallien, une bayonnaise ; il chante dans tous les salons, accompagné par Méhul, Chérubini, à des cachets que ne connaissent pas les artistes d'aujourd'hui. Il devient l'idole de la foule, l'arbitre des élégances : on imite le zézaiement, le grasseyement, la myopie, les originales toilettes de cet Incroyable, prédécesseur des Brummel et des d'Orsay. Cette vogue se poursuit sous le Consulat et l'Empire. Il ne compte pas les succès féminins. Garat a exercé une influence considérable au Conservatoire : Fouchard, Levasseur, Roland, Nourrit furent ses élèves, ainsi que Mesdames Duret, Boulenger, Rigard, Duchamp, Hym. Il tomba tout à coup, suivit avec tristesse sa décadence et souhaita la mort qui vint le délivrer le ler mars 1823 : il avait seulement 60 ans. Le récit est piquant, instructif, évoquant des mondes fort divers et bien curieux; l'auteur n'a négligé aucune source pour que cette biographie fût très complète et il convient de le louer de tous points." (Louis Batcave, Revue des études historiques, 1901)

196.          LALLIÉ (Alfred). La Justice révolutionnaire à Nantes et dans la Loire-Inférieure.  Cholet, Editions du Choletais,  1991, gr. in-8°,  xxvi-432 pp, reliure plein chagrin carmin de l'éditeur, dos lisse, titres dorés, bon état. Edition originale de cette réimpression de l'édition de Nantes, 1896, limitée à 100 exemplaires numérotés (10 reliés cuir pleine peau et 90 reliés simili-cuir), celui-ci un des 10 ex. numérotés reliés cuir pleine peau (n° 5)

            100

"En recueillant et en classant les éléments de ce volume, j'ai constaté avec tristesse que, pendant les premiers mois de 1794, la ville de Nantes avait été une sorte de cloaque de sang et de boue, où toutes les passions viles, la cupidité, la cruauté, la lâcheté, s'étalaient sans vergogne. Quelques années avaient suffi pour détruire le rêve des hommes de 89, l'espoir d'un régime où la liberté, la paix et la confiance auraient assuré le bonheur public..." (Introduction)

197.          LALLIÉ (Alfred). Les Prisons de Nantes pendant la Révolution.  Cholet, Editions du Choletais,  1988, gr. in-8°,  238 pp, deuxième édition, revue et augmentée, 2 gravures hors texte, reliure simili-cuir havane de l'éditeur, titres dorés au 1er plat et au dos, bon état. Edition originale de cette réimpression de l'édition de 1912 limitée à 200 exemplaires numérotés (20 reliés cuir pleine peau et 180 reliés simili-cuir), celui-ci un des 180 ex. numérotés reliés simili-cuir (n° 50)

            80

"Nous n'avons pas à présenter à nos lecteurs l'auteur, dont les études sur la Révolution à Nantes et dans le pays nantais jouissent d'une considération méritée. Cette étude n'a rien perdu de sa valeur; car, composée tout entière sur des documents empruntés aux archives du greffe et aux archives municipales, elle a toute la précision des pièces qu'elle analyse et l'intérêt tragique des événements qu'elle évoque. Elle a servi de modèle à beaucoup de travaux du même genre. M. Lallié a divisé son récit en trois périodes : la première, de 1790 à l'insurrection vendéenne la seconde, de l'insurrection vendéenne à la formation du comité révolutionnaire; la troisième, de la formation du comité révolutionnaire au 5 pluviôse an III (24 janvier 1795), date d'un arrêté qui supprima plusieurs prisons, et que dans chacune, il nous fait assister aux souffrances de toutes sortes endurées par les milliers de prisonniers que torturait la cruauté de Carrier et de ses séides. Les statistiques qu'il nous donne du nombre des prisonniers sont vraiment effrayantes, et elles ne sauraient s'expliquer par la seule nécessité de résister la révolte de la Vendée." (Jean Guiraud, Revue des Questions historiques) — M. Alfred Lallié est connu par de nombreuses et solides contributions à l'histoire locale et provinciale de l'ouest durant la période révolutionnaire... (Revue Historique)

198.          LARIVIÈRE (Ch. de). Catherine II et la Révolution française, d'après de nouveaux documents.  P., Le Soudier,  1895, pt in-8°,  xxxiii-396 pp, préface de Alfred Rambaud, biblio, index, broché, bon état, envoi a.s.

            50

La France de l'Encyclopédie et le libéralisme de Catherine II ; « L'Egrillarde » en France et la réaction en Russie ; Des relations de Catherine II avec Necker, Mirabeau et Sénac de Meilhan. — "Dès le commencement de la Révolution Française, Catherine II soutient la cause des princes émigrés, mais ce n’est que dans l’été 1792 qu’elle décide de rompre toutes les relations avec le gouvernement révolutionnaire. La communauté française qui réside en Russie, et qui compte près de 2 500 individus, se voit dès lors surveillée et suspectée par le pouvoir russe. Quelques Français sont arrêtés pour avoir trop haut exprimé des opinions révolutionnaires... — La bibliographie française sur les rapports entre la Russie et la Révolution française est assez ancienne. L'ouvrage de Charles Lariviere, Catherine II et la Révolution française, Paris, Le Sourdier, 1895, fait encore autorité." (Julie Ollivier, Les mesures prises dans l'empire de Russie envers les Français soupçonnés de sympathies révolutionnaires (1792-1799), Annales historiques de la Révolution française, 2007)

199.          LEDRÉ (Charles). L'abbé de Salamon, correspondant et agent du Saint-Siège pendant la Révolution.  Vrin,  1965, gr. in-8°,  290 pp, sources et biblio, index, broché, bon état (Bibliothèque de la Société d'histoire ecclésiastique de la France)

            35

"M. C. Ledré auquel on doit déjà plusieurs études sur l'histoire de l'Eglise romaine pendant la Révolution, entre autres sa thèse sur le cardinal Cambacérès, retrace dans cet ouvrage la figure vivante, et combien caractéristique, d'un agent de la diplomatie pontificale pendant la période révolutionnaire, au sens le plus large du terme. L'abbé de Salamon aurait pu être simplement un de ces abbés bien en cour qui se rencontraient en grand nombre au XVIIIe siècle ; mais son caractère et les circonstances allaient lui faire jouer des rôles singulièrement plus importants. (...) Cette biographie alerte apporte au passage beaucoup d'informations sur les aspects les plus divers de la politique pontificale pendant la période révolutionnaire et, avec moins de détails, sous l'Empire et la Restauration." (Jean Vidalenc, Annales historiques de la Révolution française, 1967)

200.          LENOTRE (Théodore Gosselin, dit G.). Monsieur de Charette, le roi de Vendée.  Hachette,  1948, in-8°,  296 pp, broché, un portrait en médaillon au 1er plat, couv. salie, bon état

            20

"C'est une épopée dont M. Lenôtre s'est fait l'historien dans son nouveau livre : Monsieur de Charette, le roi de Vendée. Il y suit, et l'on suit avec lui, d'un intérêt passionné, son héros, de Machecoul à « la cour de Légé », à travers la terre vendéenne, par les marais, les bois et les landes. Epopée qui ne ressemble à aucune autre et qui est faite de 100 combats : Torfou, Montaigu, Saint-Fulgent, la prise de Noirmoutier, l'attaque de Nantes, Sainte-Honorine, etc., guerre d'embuscades, chasse à l'homme, où, après avoir été le chasseur, Charrette fut le gibier. M. Lenôtre raconte impartialement les faits il ne veut être et n'est l'apologiste de personne ; il prend ses témoins aussi bien dans les rangs des républicains que dans les rangs des royalistes ; il rend justice à qui le mérite. II constate simplement ce qu'il voit, ce qu'il entend ; le mouvement de la Vendée a été un mouvement spontané, un mouvement populaire..." (Charles Baussan, La Croix)

201.          MALO (Henri). Le Beau Montrond.  Emile-Paul,  1926, in-12,  xv-329 pp, un portrait en frontispice, index, reliure toile rouge, dos lisse avec pièce de titre chagrin noir, couv. conservées, dos lég. passé, papier jauni comme toujours, bon état, envoi a.s. au romancier et auteur de livres d'histoire Georges Lecomte (1867-1958)

            40

Claude Philibert Hippolyte dit Casimir de Montrond (1769-1843) est un diplomate, officier de cavalerie et aide de camp. Pendant la Révolution, se tournant vers la politique, Casimir de Montrond devient vite la coqueluche des salons parisiens. Homme d'esprit, joueur invétéré et grand amateur de femmes, il devint presque naturellement, vers la fin du XVIIIe siècle, l'inséparable ami de Talleyrand et fut pendant toute sa vie son confident et son agent politique. Talleyrand avouera même plus tard qu'il était fasciné par cet homme dont il fit le maître d'œuvre de son « cabinet occulte » : c'est lui qui traitait avec les voleurs, escrocs, aventuriers et espions que Talleyrand fréquentait mais avec qui il ne pouvait néanmoins pas se compromettre. En 1792, Casimir de Montrond accompagne à Londres Aimée de Coigny qui est inquiétée après la journée révolutionnaire du 10 août 1792, et dont le mari, le duc de Fleury, est un de ses amis. En janvier 1793, redoutant le séquestre de ses biens, Aimée, toujours accompagnée de Casimir de Montrond, qui est devenu son amant, revient en France au moment du procès de Louis XVI. À la veille de la loi des suspects, elle entraîne de Montrond à Mareuil-en-Brie, où ils vivent quelques mois avant d’être arrêtés alors qu'il s'enfuyaient vers les Pays-Bas. Incarcérés à la prison Saint-Lazare, ils apprennent que leurs noms ont été placés sur une liste de proscription, avec le risque d’avoir à répondre d’une accusation de conspiration dans les prisons, ce qui est la mort assurée. Grâce à un indicateur de prison, et moyennant la somme de cent louis, ils obtiennent que leurs noms soient enlevés de cette liste. Ils sont libérés après la chute de Robespierre en juillet 1794, se marieront en 1795, mais se sépareront à l'issue de leur lune de miel à Londres, pour divorcer en 1802... — "C'est à la vie privée et aux aventures personnelles, plus qu'au rôle politique du Beau Montrond, que M. Malo s'est attaché dans le petit livre qu'il consacre à ce complice de Talleyrand, et qu'on trouvera fort intéressant, mais d'une indulgence un peu excessive. Les archives françaises, publiques et privées, lui ont fourni du piquant et de l'inédit." (Raymond Guyot, Revue Historique, 1926)

202.          MONTAGNON (Colonel André). La Guerre de Vendée. Une guerre subversive.  La Colombe,  1959, in-8°,  141 pp, cartes, chronologie, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

"L'auteur ne s'est pas donné pour tâche de retracer, une fois de plus, l'histoire de l'insurrection vendéenne. Mais militaire, et dominé par les préoccupations du moment, il a vu dans la chouannerie un exemple de « guerre subversive » et c'est dans ces perspectives qu'il a situé son étude. C'est à ce titre aussi que cet ouvrage assez mince, mais intelligent et nuancé, est susceptible aujourd'hui de retenir l'attention. Dans la mesure où il dégage, sans prétention mais avec netteté, certaines « constantes » de la guerre subversive, il offre d'utiles références historiques et peut contribuer à éclairer la genèse et le déroulement de certains conflits contemporains." (Revue française de science politique, 1960)

203.          ORSE (Jean Baptiste). Massacres des prisonniers de l'Abbaye en 1792, racontés par des témoins oculaires. Mémoires recueillIs et augmentés d'une préface par M. l'abbé Orse.  P., Charles Douniol,  1853, in-12,  214 pp, reliure plein chagrin noir, dos lisse avec titres et filets dorés, palette dorée en queue, encadrement doré et décor estampé à froid sur les plats (rel. de l'époque), une garde recollée, qqs rousseurs, bon état. Peu courant

            50

Introduction. – Mémoires d un capitaine. – Les journées des 2 et 3 septembre à l Abbaye, par un témoin oculaire. – Les crimes des égorgeurs, ou ma résurrection. – Lettre et Mémoire de Caron-Beaumarchais. Lettre à sa fille. – Relation d'une dame. – Relation de l'abbé Sicard, instituteur des sourds et muets, à un de ses amis, sur les dangers qu'il a courus les 2 et 3 septembre 1792. – Déclaration du citoyen Jourdan, ancien président du district des Petits-Augustins et de la section des Quatre-Nations. – Extrait de l'état des sommes payées par le trésorier de la commune de Paris, pour dépenses occasionnées par les massacres de septembre (1792).

204.          [PEUCHET, Jacques]. Mémoires sur Mirabeau et son époque. Sa vie littéraire et privée, sa conduite politique à l'Assemblée nationale, et ses relations avec les principaux personnages de son temps.  P., Bossange frères,  1824, 4 vol. in-8°,  (6)-428, (6)-414, (6)-552 et (6)-418 pp, reliures demi-chagrin carmin, dos lisses avec titres, tomaisons, quadruples filets dorés (rel. fin XIXe s.), bon état. Bel exemplaire

            300

Ouvrage publié dans la collection des Mémoires des contemporains, que l'on attribue généralement à Peuchet, ce dont doute fortement Quérard. La Biographie Universelle apporte cependant un intéressant argumentaire, indiquant notamment que "Peuchet écrivit son texte alors qu'il était archiviste de la Police sous la Restauration ; l'admiration qu'il y montre pour Mirabeau lui valut d'être mis à la retraite d'office." Peuchet fut représentant de la Commune de Paris et l'un des membres de l'administration municipale au département de la Police qu'il géra de septembre 1789 à août 1790. Il dirigea en l'An III le Bureau des Lois et des matières contentieuses sur les émigrés, ce qui lui permit d'avoir accès à des documents inexplorés à l'époque, et de composer un ouvrage d'un intérêt unique, ne faisant pas double emploi avec les autres mémoires publiés. Ce texte demeure donc tout à fait intéressant lorsqu'on sait que toutes les archives de la Police ont disparu lors de la Commune de 1871, les anecdotes citées gardant un caractère exclusif. Selon Tourneux, Jacques Peuchet fut, à cause de cette publication, destitué en 1825 de ses fonctions d'archiviste de la Préfecture de Police, qui ne lui furent rendues que trois ans plus tard ; "mais le chagrin que lui avait causé cette disgrâce hâta sa fin et il mourut en 1830." (Tourneux IV, 24213). — "Ennemi de toutes les faiblesses de la cour, mais ami de tous les vices de l'humanité, Mirabeau devait remplacer d'incontestables abus par d'incalculables désordres." (Vicomte de Falloux)

205.          REINHARD (Marcel). Avec Bonaparte en Italie. D'après les lettres inédites de son aide de camp Joseph Sulkowski.  Hachette,  1946, in-8°,  316 pp, une carte, broché, couv. illustrée d'un portrait en vignette, bon état

            25

"Issu d'une illustre famille polonaise, Sulkowski (1770-1798) n'avait que 26 ans lorsque, peu après sa naturalisation française, il fut affecté à l'armée d'Italie comme capitaine. Employé à l'état-major et bientôt choisi comme aide de camp, il se trouve dans d'exceptionnelles conditions d'information qui donnent à son témoignage un grand intérêt. M. Reinhard a retrouvé la copie d'un certain nombre de lettres – exactement 9, échelonnées du 8 juillet 1796 au 7 août 1797 – que, de Castiglione ou de Vérone, de Milan ou de Bologne, et de Mombello où Bonaparte tint un moment sa cour, Sulkowski avait adressées « à un ami polonais de Paris » (peut-être le major Sochodolec). Elles sont ici reproduites, encadrées dans un exposé suivi où M. Reinhard a mis autant d'élégance que de solidité et qui comporte deux grandes parties : 1) la description de l'armée d'Italie en juin 1796 (p. 13-81) : le chef et les hommes, la machine de guerre (infanterie, cavalerie, artillerie, génie, service de santé, etc.), « la plume et l'épée » (l'Etat Major et les bureaux, le service des renseignements et les historiques, etc.) ; – 2) la campagne « vue et vécue » par Sulkowski (p. 82-302), depuis le siège de Mantoue jusqu'à l'armistice de Leoben, avec un épilogue sur la mort en Egypte, victime de l'insurrection du Caire (22 octobre 1798), de ce jeune officier admirablement doué. Chaque chapitre se termine par une série de notes (références bibliographiques, rapprochements de textes, etc.) dont la précision critique ne laisse rien à désirer. Et dans ces lettres jusqu'alors inédites qui complètent notre connaissance d'une campagne si souvent et si âprement discutée, M. Reinhard. met particulièrement en relief les remarques stratégiques ou tactiques et aussi les données psychologiques où il apparaît que l'armée d'Italie fut vraiment « l'embryon et le modèle des armées napoléoniennes, qui en sortirent comme un organisme sort de son germe. » ..." (Louis Villat, Revue d'histoire de l'Église de France, 1947)

206.          ROBINET (Dr.), Adolphe ROBERT et J. LE CHAPLAIN. Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l'Empire; 1789-1815. Tome II : G-Z.  P., Librairie historique de la Révolution et de l'Empire,  s.d. (1899), fort gr. in-8°,  868 pp, texte sur 2 colonnes, environ 2 000 biographies commentées, table récapitulative des biographies par département, reliure demi-toile rouge, dos lisse avec titres et fleuron, bon état

            50

Tome II seul (sur 2). — Important ouvrage rédigé rédigé pour l'histoire générale par le Dr Robinet, pour la partie descriptive et biographique par Ad. Robert, pour les matières constitutionnelles et législatives par J. Le Chaplain. — "Cet ouvrage, très utile et très intéressant, est, à lui seul, une bibliothèque ; Tout ce qui a trait à cette période, qui est la base de notre société contemporaine, y est contenu : hommes et choses. Les articles sont à la fois clairs, précis et attrayants : c’est l’histoire de cette période si féconde mise à la portée de tout le monde. Si vous avez besoin d’être renseigné sur un homme, un fait, un événement de la Révolution et de l’Empire, vous l’êtes immédiatement, tandis qu’avec un livre d’histoire il vous faudrait une heure, et souvent vous ne trouvez pas ce que vous cherchez. Et d’un autre côté, que d’inexactitudes, d’erreurs, de jugements passionnés, vont disparaître en présence de documents rigoureusement contrôlés et certains. Les trois auteurs, qui sont : le savant Dr Robinet, sous-conservateur du musée Carnavalet, si connu par ses nombreux travaux sur la Révolution ; M. Adolphe Robert, auteur du “Dictionnaire des Parlementaires français”, et M. J. Le Chaplain, avocat distingué et instruit, ont fait, avec la collaboration de savants et d’érudits, une oeuvre utile et qui restera." (L'Echo du Merveilleux, 1899)

207.          ROLLAND (Romain). Danton. 3 Actes de Romain Rolland.  P., Editions des Cahiers de la Quinzaine,  1901, in-12,  176 pp, reliure toile rouge, dos lisse avec titres dorés, dos uniformément passé, bon état (sixième cahier de la deuxième série des Cahiers de la Quinzaine). Edition originale

            25

Drame historique et philosophique écrit en 1899 : une représentation de la Terreur. La pièce « Danton » a été donnée, pour la première fois, au Nouveau Théâtre, le 29 décembre 1900. C'est l'un des premiers chapitres du Théâtre de la Révolution imaginé par Romain Rolland. Il sera réédité par Hachette en 1909.

208.          SAINT-JUST (Louis Antoine de). Oeuvres de Saint-Just, représentant du peuple à la Convention Nationale.  P., Prévot,  1834, in-8°,  xvi-424 pp, un portrait gravé en frontispice, reliure demi-basane carmin, dos lisse à riples filets dorés, titres dorés, roulette en tête, palette en queue (rel. de l'époque), qqs rousseurs, bon état. Edition originale

            300

Première édition des œuvres de Saint Just, peu commune, surtout bien reliée à l’époque. Elle ne contient que les œuvres politiques : discours, opinions, rapports, etc. ainsi qu’un Essai de Constitution et des Fragments d’institutions républicaines. — "Saint-Just a rendu les services plus éminents, en créant une commision qui s est élevée à la hauteur des circonstances, en envoyant à l'échafaud tous les aristocrates, municipaux, judiciaires et militaires : ces opérations patriotiques ont réveillé la force révolutionnaire." (Robespierre)

209.          THIERS (Adolphe). Histoire de la Révolution française.  P., Lecointe, Mesnier,  1828-1829, 10 vol. in-8°,   seconde édition, une grande carte dépliante du théâtre de la campagne de 1796 au tome 8, notes et pièces justificatives, table alphabétique de matières à la fin du tome 10, reliures demi-basane verte à petits coins, dos lisses à filets, palettes et roulettes dorées, titres dorés (rel. de l'époque), dos lég. frottés, état correct

            120

"Comme son ami Mignet, Thiers est partisan d'une histoire philosophique, d'une histoire qui explique. Il revendique les acquis de la Révolution. Son fatalisme le conduit à porter la raison d'Etat au rang de vertu. Il exalte l'ordre et trouve une légitimation à la grandeur, fût-elle guerrière. Subordonnant l'histoire à la politique, il destine ses ouvrages aux dirigeants et les conçoit comme une propédeutique du pouvoir. L'historien sert le politique. Cependant, le Thiers historien est encore plus un peintre qu'un philosophe. Très narratif et descriptif, il est un remarquable vulgarisateur qui veut tout savoir de l'époque qu'il évoque pour mieux la faire comprendre. Il est ainsi l'un des pionniers de l'histoire scientifique... Jean Tulard déplore que Thiers, en dépit de ses erreurs et de ses lacunes, n'ait pas été réédité, contrairement à Taine ou à Michelet..." (Eric Anceau, Revue historique, 1999)

210.          VOVELLE (Michel)(dir.). Les images de la Révolution française. Etudes réunies et présentées par Michel Vovelle. Actes du Colloque des 25-26-27 oct.1985 tenu en Sorbonne.  P., Publications de la Sorbonne,  1988, gr. in-8°,  399 pp, 32 pl. de gravures hors texte, broché, couv. illustrée, trace d'humidité ancienne au bas du 2e plat, bon état

            30

39 études érudites regroupées en cinq parties : 1. Conditions de la production artistique : les idées, les institutions, les hommes ; 2. L'art comme témoignage : journée et héros, commémorations éphémères ou durables; 3. Les territoires de la production : de l'héritage à l'invention ; 4. Triomphes et langages de l'allégorie ; 5. L'image de la Révolution française, du XIXe siècle à nos jours.

 

1er EMPIRE

 

211.          BARBEY (Frédéric). La Mort de Pichegru. Biville, Paris, le Temple (1804).  Perrin,  1909, pt in-8°,  ii-276 pp, 5 plans inédits du Temple et 7 gravures hors texte, reliure demi-percaline carmin, dos lisse avec fleuron et double filet doré, pièce de titre basane noire, couv. conservées (rel. de l'époque), bon état

            50

"M. Barbey s'est proposé « de narrer l'entreprise suprême de l'ancien général de la République, rentrant en France, à la veille de l'établissement de l'Empire, pour y renverser Bonaparte ». L'exposé semble solidement établi ; les dépouillements ont été fort étendus, et les références sont données avec précision. Le livre se lit facilement. On goûtera en particulier les renseignements sur la prison du Temple, à la veille de sa disparition, le récit de la mort de Pichegru (M. B. considère la version du suicide comme la seule acceptable), le chapitre final sur Mlle Deroy, aventurière qui, en 1815, se fit passer pour la fille du général." (Revue d'histoire moderne et contemporaine , 1909) — "M. Frédéric Barbey, historien sagace et de bonne méthode narrative, nous donne un intéressant volume sur les derniers jours de Pichegru. On suit avec intérêt les filatures et les embûches dans lesquels se débat l'ancien conquérant de la Hollande, pour arriver au drame final dans la prison du temple..." (La Revue critique des idées et des livres, 1909)

212.          BARTEL (Paul). La Jeunesse inédite de Napoléon, d'après de nombreux documents.  Amiot-Dumont,  1954, in-8°,  280 pp, notes, sources, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Cette étude comprend en appendice les Cahiers inédits d'Alexandre des Mazis : "Importante relation sur les débuts de Bonaparte à l'Ecole Militaire par un de ses compagnons de jeunesse." (Tulard, 432)

213.          BERTAUT (Jules). Le ménage Murat.  Le Livre Contemporain,  1958, in-8°,  248 pp, reliure toile carmin de l'éditeur, gardes illustrées. bon état

            25

"Jules Bertaut nous raconte comment lorsque l'Empire menace de s'écrouler, le ménage Murat n'hésite pas à trahir Napoléon. Après le retour de l'île d'Elbe, Murat tente lui aussi l'aventure. Arrêté, il est fusillé par ordre du roi Bourbon. Exilée en Autriche, Caroline y vivra de longues années et retrouvera la France sous Louis-Philippe." — "C'est un agréable récit des sempiternelles querelles de ces « époux terribles ». Il pourra, grâce au talent de l'auteur, égayer même les plus blasés des amateurs." (J. Godechot, Revue Historique, 1959) — "C'est avec sa verve et son art de conter habituels que M. Jules Bertaut retrace, dans "Le Ménage Murat", une des plus curieuses aventures conjugales de l'histoire. Comment la toute jeune Annunciata Bonaparte, née à Ajaccio en 1782, rencontre à Mombello Joachim Murat, né près de Cahors quinze années avant elle ? Comment tous deux s'enflamment d'un amour passionné et réciproque ? Comment nos amoureux, séparés par la campagne d'Egypte, se retrouvent à Paris aux derniers mois du XVIIIe siècle, toujours aussi épris l'un de l'autre ? Tel est le poétique prologue d'une idylle qui va durer cinq ans et donner le jour à un nombre égal d'enfants. Mais déjà l'ambition des époux les entraîne dans un réseau d'intrigues politiques dont l'auteur nous montre les obscurs cheminements et les éclatantes réussites. Grand duc de Berg, puis roi de Naples – à défaut du trône d'Espagne que tous deux convoitaient – Murat veut régner à Naples et ne se soucie pas de partager avec sa femme les rênes du gouvernement. Dès lors, les amoureux de naguère se dressent l'un contre l'autre. Des scènes violentes les opposent, dont Caroline finit toujours par être victorieuse. Certes, elle est mieux douée pour gouverner que son mari, cavalier épique mais homme d'Etat incertain. Mais pour conserver le pouvoir, elle est capable des plus tristes reniements ; elle le prouvera quand Napoléon déclinant, elle se détachera de lui et poussera son mari à marcher contre les armées impériales. Ce drame entre époux est conté par M. Jules Bertaut avec le brio et le mouvement qui caractérisent son talent. Et on retrouvera avec émotion sous sa plume le récit de l'ultime et folle tentative de Murat pour reconquérir son trône, sa capture et sa mort héroïque, après qu'il eût écrit, à celle qui avait été à la fois la source de sa prodigieuse élévation et la cause de sa perte, une dernière lettre d'amour." (Revue des Deux Mondes, 1958)

214.          BERTAUT (Jules). Napoléon ignoré.  SFELT,  1951, in-8°,  300 pp, une planche en frontispice, broché, bon état (Coll. Présence de l'histoire), envoi a.s.

            25

"Brillant historien, très goûté du grand public, auteur de nombreux livres qui ont connu un vif succès, Jules Bertaut vient de disparaître. A ses débuts, il avait collaboré avec Léon Séché qui, l'un des premiers, au début de ce siècle, s'attacha à reconstituer, à l'aide d'abondants documents inédits qu'il sut mettre au jour, l'existence des grands romantiques. Peu à peu Jules Bertaut se tourna vers l'histoire et s'y consacra en grande partie, sans toutefois cesser de s'intéresser à la littérature et à son histoire. La période historique qu'il avait adoptée était assez vaste ; elle s'étendait de la Révolution au Second Empire et même à la Troisième République, en passant par l'Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet, la seconde République. Quelle variété dans les genres qu'il a traités, dans les sujets qu'il a choisis ! Tantôt son étude se portait sur telle période historique et c'est Le Retour de la Monarchie (1815-1848) ; tantôt sur une figure dont il se faisait l'annaliste et le portraitiste : Napoléon Ier aux Tuileries, Napoléon ignoré, Marie-Louise, la Vie aventureuse de Louis XVIII,
Le Roi bourgeois (Louis-Philippe), Napoléon III , homme secret, Madame Tallien, Madame Récamier, la duchesse d Abrantès, etc... Tantôt encore il dépeignait les mœurs et en retraçait l'évolution : Les Parisiens sous la Révolution, la Vie à Paris sous le premier Empire, le Faubourg Saint- Germain sous l Empire et la Restauration, l'Opinion et les mœurs sous la Troisième République, etc... Malgré l'âge il gardait toute la vivacité, tout l'entrain de son talent de conteur. En ces dernières années il a publié un Roi Jérôme d'une verve étonnante, un Ménage Murat . Ajoutons que c'était un charmant confrère." (Revue des Deux Mondes, 1959) — Table : L'homme ; Femmes ; Le manieur d'hommes ; Mort et transfiguration.

215.          BERTRAND (Général, Grand Maréchal du Palais). Cahiers de Sainte-Hélène. Journal 1816-1817. Manuscrit déchiffré et annoté par Paul Fleuriot de Langle.  P., Editions Sulliver,  1951, in-8°,  367 pp, broché, couv. illustrée, bon état,. Edition originale, un des 300 ex. numérotés sur papier Alfa des Papeteries de Navarre (seul grand papier)

            80

Premier volume (sur 3) des mémoires du général Bertrand. Bertrand s'était servi pour rédiger son journal d'un code sténo-cryptographique, dont le déchiffrement a demandé douze années de travail. (Le troisième volume a été publié en 1949 et le premier en 1951 aux éditions Sulliver ; le second ne sera publié qu'en 1959 aux éditions Albin Michel). — "Document capital sur les dernières années de l'empereur." (Tulard, 143) — "Le Journal tenu à Sainte-Hélène par le grand maréchal Bertrand s'ouvre en 1816, presqu'avec l'arrivée à Longwood du Gouverneur Hudson Lowe, dont les tracasseries et les persécutions rendirent odieux à Napoléon captif le séjour de l'île. Ce document, rédigé secrètement à l'insu de tous les compagnons de la Captivité, à l'insu de Napoléon lui-même, donne licence au mémorialiste d'enregistrer en vrac toutes les conversations de son Maître. Un témoin impartial, exempt de toutes courtisanerie qui rapporte les faits sans prendre parti, qui parle de lui-même à la troisième personne, afin de se rendre plus objectif – tel apparaît Bertrand mémorialiste de Sainte-Hélène. En transcrivant les pages du Journal, que la prudence de son auteur avait cherché à rendre quasi impénetrable au moyen d'une cryptographie dont il ne nous a pas livré la clé, nous avons eu conscience d'enrichir l'abondante littérature hélénienne d'un document sans similaire dans l'Histoire de la Captivité..."

216.          BERTRAND (Général, Grand Maréchal du Palais). Cahiers de Sainte-Hélène. Janvier 1821 - Mai 1821. Manuscrit déchiffré et annoté par Paul Fleuriot de Langle.  P., Editions Sulliver,  1949, in-8°,  264 pp, préface de Marcel Dunan, un portrait en frontispice et 3 fac-similés sur 2 planches hors texte, broché, couv. illustrée rempliée, bon état. Edition originale, un des 550 ex. numérotés sur papier Alfa-Mousse des Papeteries de Navarre (seul grand papier)

            80

Troisième volume (sur 3) des mémoires du général Bertrand. Bertrand s'était servi pour rédiger son journal d'un code sténo-cryptographique, dont le déchiffrement a demandé douze années de travail. (Le troisième volume a été publié en 1949 et le premier en 1951 aux éditions Sulliver ; le second ne sera publié qu'en 1959 aux éditions Albin Michel). — "Document capital sur les dernières années de l'empereur." (Tulard, 143) — Dans la chronologie des Cahiers de Sainte-Hélène, ouverts par Bertrand en avril 1816 et fermés au lendemain de la mort de l'Empereur se creuse une lacune : elle concerne l'année 1820. De cette année, ne subsistent que de vagues linéaments, soit que Bertrand mémorialiste se soit découragé de tenir une plume dans une période vide d'événements majeurs, soit que son manuscrit ait été égaré ou perdu. Nous inclinerions volontiers vers la première hypothèse : une espèce de torpeur et d'atonie avait fini par s'emparer de tous les compagnons du Captif : elle n'épargnait pas l'Empereur lui-même. A partir du moment où la santé de Napoléon décline et ou sa fin se précipite, Bertrand, greffier d'histoire, retrouve l'ardeur de ses débuts. La délivrance est prochaine, et pour celui qui va prendre congé de la vie, et pour ses compagnons que sa mort rendra eux-mêmes à la liberté. L'on ne sache pas de récit plus émouvant que celui où Bertrand a consigné, avec une minutie hallucinante et un réalisme quasi-shakespearien, les derniers moments et l'agonie de l'Empereur...

217.          BIBL (Victor). Metternich, 1773-1859.  Payot,  1935, in-8°,  330 pp, 9 gravures et portraits hors texte, reliure demi-maroquin vert Empire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titre et auteur dorés, filet à froid sur les plats, couv. illustrée conservée, bon état (Coll. Bibliothèque historique)

            50

"La première biographie de l'ennemi de Napoléon d'après les Archives secrètes de la Maison d'Autriche." — "Le présent ouvrage, qui nous est offert dans une traduction très correcte, suit le ministre de l'empereur François à travers toute sa longue carrière. Nous le voyons toujours paresseux, vaniteux, aimant la ruse et le mensonge, préoccupé de ses intérêts particuliers, incapable de s'élever à de grandes vues ou à des résolutions hardies. On accusera peut-être d'exagération cette critique impitoyable, mais il sera impossible de la négliger, car elle est fondée sur des recherches sérieuses, approfondies, qui nous ont fait pénétrer certains mystères jusque-là inexpliqués de la politique de Vienne." (Georges Weill, La Révolution française : revue historique, 1936)

218.          CABANÈS (Docteur). Dans l'intimité de l'Empereur.  Albin Michel,  s.d. (1924), in-8°,  501 pp, un frontispice et 123 gravures dans le texte et hors texte, reliure demi-bradel papier créme, pièce de titre basane rouge (rel. de l'époque), dos lég. frotté, état correct

            30

I. Napoléon dans son intérieur ; II. La psychophysiologie de Napoléon ; III. Napoléon homme de science ; IV. Le service de santé de l'Empereur. — "Après nous avoir, dans un précédent volume, parlé de Napoléon. au point de vue physiologique, le docteur Cabanès nous fait pénétrer « dans l'intimité de l'Empereur ». Le nouveau volume qu'il va faire paraître, sous ce titre, à la librairie Albin Michel, nous apporte sur le grand homme nombre de révélations des plus curieuses, entre autres sur sa constitution nerveuse, ses sautes d'humeur, ses tics et ses manies. Napoléon est, avant tout un impulsif, et son impulsivité lui a joué bien des tours, malgré qu'il ait essayé de la mater par un effort de volonté. Ses colères sont restées légendaires..." (Le Figaro)

219.          CASTRIES (Duc de). Madame Récamier, égérie de Chateaubriand.  Tallandier,  1982, in-8°,  349 pp, 8 pl. de gravures hors texte, chronologie, sources, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            25

Du directoire à la révolution de 1848, elle aura eu à ses pieds tout ce que le début du XIXe siècle compta d'écrivains, de philosophes, de savants. Le prince Auguste de Prusse, Ballanche, Lucien Bonaparte, J.-J. Ampère, Chateaubriand et tant d'autres, tous furent subjugués par son intelligence, son rayonnement, son charme, sa beauté... — "Nul sujet n'a été plus souvent traité et cependant c'est toujours avec un nouvel intérêt qu'on s'y replonge. Deux personnages de premier plan le dominent aussi curieux, originaux l'un que l'autre ; et c'est aussi toute une société, peut-être la plus captivante, qui se meut tout autour d'eux. M. le duc de Castries renouvelle, pour ainsi dire ce sujet : le portrait qu'il trace de l'héroïne n'a d'égal que le cadre dont il l'entoure. Quel personnage plus curieux que cette Juliette Récamier ; on ne se lasse pas de l'étudier ; il s'enveloppe dans un étrange mystère. Nul ne s'en approche sans en être troublé. A quinze ans, elle frappe par sa beauté et son charme qu'elle conserve jusqu'à sa vieillesse et pourtant ! Ce Récamier qu'elle épouse toute jeune a déjà quarante ans, ne daigne pas partager sa vie, et cependant ne semble pas jaloux des soupirants qui l'entourent. Ils se sont mariés en 1793, en pleine Terreur ; à l'Hôtel de Ville, le jour où Marat est acquitté par le tribunal révolutionnaire ; pas le moindre mariage religieux sans qu'on puisse dire que le banquier et « la merveilleuse » soient hostiles à la religion, elle leur est indifférente. Le livre passionnant du duc de Castries se divise en deux parties ; dans la première évolue cette société qui s'agite dès le lendemain de Thermidor, presque constamment en conflit avec Napoléon ; la chute de l'Empire coïncide avec la mort de Mme de Staël. A partir de ce moment c'est Chateaubriand qui prend la première place auprès de Mme Récamier. Les rapports de ce duo sont plus connus ; ils n'ont pas été sans orages ; ils tiennent une assez grande place dans les Mémoires d'outre-tombe (qu'il ne faut pas prendre, n'est-ce pas, au pied de la lettre). Ces amoureux transis, eux aussi, ont même des brouilles sinon des ruptures. M. de Castries nous décrit avec son habituel talent, les rapports, qui, de 1815, se poursuivent jusqu'à la Révolution de 1848. Chateaubriand passe au premier plan ; on nous le montre dans ce cadre peu confortable qu'est l'Abbaye-aux-Bois, ou au 112 de la rue du Bac, lisant et relisant ces fameux mémoires dans lesquels Juliette prend une place plusieurs fois modifiée. On n'oublie pas non plus Mme de Chateaubriand qui, dans la rue d'Enfer a fondé la généreuse maison de retraite Marie-Thérèse, mais s'exaspère non sans raison contre Juliette. Chateaubriand a obtenu le portefeuille des Affaires étrangères et a pu réaliser ce qu'il appelle modestement sa « gigantesque entreprise », la guerre d'Espagne. Plus tard, il partira pour Rome comme ambassadeur et croira avoir « fait un pape ». Juliette est passée au second plan jusqu'au moment où René, enfin calmé, s'enferme dans un appartement (112, rue du Bac) où il va mourir en juillet 1848 après avoir applaudi à la chute de Louis-Philippe : « c'est bien fait ». Sa vieille amie l'a entouré jusqu'à son dernier jour, mais, presque aveugle, ne peut accompagner sa dépouille à Saint-Malo où il va reposer sur le fameux rocher balayé par les vents. Elle ne lui survivra pas longtemps, mais, c'est surtout avec lui qu'elle survivra dans la postérité." (Pierre Rain, Revue des Deux Mondes)

220.          CHATEAUBRIAND (François-René de). Napoléon par Chateaubriand. Introduction par Christian Melchior-Bonnet.  Albin Michel,  1969, in-8°,  439 pp, broché, couv. illustrée, bon état

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« Pendant près d'un demi-siècle, Napoléon a obsédé Chateaubriand, nous dit M. Christian Melchior-Bonnet dans son Introduction. De ce corps à corps passionné où l'admiration se mélange à la colère, sont nées les proses merveilleuses, les grandes flammes brûlantes des “Mémoires d'Outre Tombe” » (p. 7). On nous offre donc dans cet ouvrage des extraits de Chateaubriand qui retracent les étapes principales de la vie de l'empereur. « Proses merveilleuses », oui, et qui n'en serait enchanté ? Mais bien que Chateaubriand ait fait de nombreuses lectures pour bien connaître son sujet, il était, dans l'affaire, trop passionné pour atteindre à l'objectivité de l'historien. Certaines pages restent cependant inoubliables." (E. Tesson, Etudes, 1969) — "Dans une introduction d'une quarantaine de pages, C. Melchior-Bonnet décrit avec sûreté les rapports de Chateaubriand avec l'Empereur et l'envoûtement exercé par le second sur le premier ; il nous dit aussi, de façon convaincante, pourquoi les pages des Mémoires d'outre-tombe, relatives à Napoléon, ont une valeur historique. Ceci fait, M. Melchior-Bonnet répartit en vingt chapitres, qu'il titre et sous titre en suivant la chronologie, ce qu'il a extrait des Mémoires d'outre-tombe." (F. Boyer, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1969)

221.          ESTRE (Henry d'). Bourmont. La Chouannerie. Les Cent Jours. La conquête d'Alger (1773-1846).  Plon,  1934, pt in-8°,  iii-282 pp, un portrait en frontispice, sources, broché, papier lég. jauni, bon état

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"Brillant et jeune officier aux gardes françaises en 1789, Bourmont émigre dès 1791, mais il rentre en France en 1793 et ne tarde pas à rejoindre les bandes vendéennes et chouannes. Il évite d'ailleurs de se compromettre, se réservant sans cesse pour des temps meilleurs qu'il espère proches. Après le 18 brumaire, voyant s'évanouir ses espérances, il se rapproche de Bonaparte, mais impliqué dans l'attentat de la machine infernale il est arrêté, emprisonné à Besançon. Il peut s'évader, se réfugie à Libonne, rejoint en 1808 le corps expéditionnaire de Junot, et revenu à Paris, il est admis dans l'armée impériale dont il franchit rapidement les grades. En 1814, il est général de division. Au retour de Louis XVIII, il s'empresse de se rallier au drapeau blanc. Un an plus tard, Bourmont sert dans le corps de Ney. Comme son chef, il a promis de ramener l'usurpateur mort ou vif. Comme son chef il trahit Louis XVIII pour Napoléon Ier ; mais à la différence de Ney, il abandonne sa division le matin de la bataille de Ligny, le 14 juin 1815, pour rejoindre à Gand le roi de France. Comblé d'honneurs sous la seconde restauration, Bourmont, témoin au procès de Ney, charge vilainement son ancien général. En 1823, commandant une division française en Espagne, le ministre ultra Villèle doit le rappeler, car le zèle dont Bourmont fait preuve pour la cause royale en Espagne menace de compromettre la politique extérieure de la France. C'est à un tel homme que Polignac fit appel en 1829. Cependant Bourmont n'eut pas le courage de prendre ses responsabilités quand il sentit la révolution imminente. II abandonna son poste de ministre, tout en gardant le titre, pour aller commander le corps expéditionnaire français en Algérie La conquête d'Alger est le seul titre de gloire de ce traître qui termina de 1830 à 1846 son existence en la partageant encore entre les complots légitimistes et l'exil. Bourmont dont le nom pendant longtemps signifia trahison a été traîné dans la boue par la plupart des historiens, mais il a eu aussi deux apologistes, son fils Charles, et, de nos jours, M. Gautherot. M. Henry d'Estre a entrepris d'examiner impartialement le cas Bourmont. Son livre se lit comme un roman, mais on sent sous les chapitres une bonne documentation. Sa compétence militaire l'aide d'ailleurs à résoudre certains problèmes restés obscurs pour des civils. Dans la vie si mouvementée de ce gentilhomme de grands chemins qu'a été Bourmont, il retient particulièrement deux points : la trahison de Ligny et le procès Ney. A Ligny, Bourmont a déserté, mais il n'a pu livrer à l'ennemi aucun document susceptible de compromettre les chances de succès de la Grande Armée. Au procès Ney, la déposition de Bourmont est certes blâmable, mais eut-elle été favorable à Ney, elle n'eut pas évité la condamnation à mort du brave des braves. Au reste, à l'avis de M. Henry d'Estre, la conquête d'Alger rachète les erreurs, les crimes même du maréchal." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1935)

222.          GANIÈRE (Dr Paul). Napoléon à Sainte-Hélène. Le dernier voyage de l'Empereur de Malmaison à Longwood.  Le Livre Contemporain,  1957, in-8°,  386 pp, un dessin de Bombled en frontispice, 4 cartes et plans, biblio, reliure toile brique éditeur, gardes illustrées, bon état

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De la reddition de Napoléon aux Anglais en juillet 1815 jusqu'en avril 1816, Paul Ganière raconte avec verve et élévation la plus célèbre captivité de l'histoire. — "Ce volume suit, jour par jour ou même heure par heure, la vie de Napoléon, depuis l'échec de Waterloo jusqu'aux premiers mois de la captivité à Sainte-Hélène. Les hésitations, les démarches de l'Empereur, avant sa retraite sur le Bellérophon, sa déception après sa confiance initiale, son transfert à Sainte-Hélène, son installation à Longwood, ses relations tendues avec l'amiral anglais Cockburn, les mesquines querelles entre ses compagnons français, tout est relaté en détail. L'auteur a compulsé toutes les archives. Au cours d'un long séjour à Sainte-Hélène, il a relevé tous les vestiges d'autrefois." (Henri du Passage, Revue Etudes, 1957)

223.          HOUSSAYE (Henry). Iéna et la campagne de 1806.  Perrin,  1912, in-12,  lxiii-274 pp, introduction par Louis Madelin, un portrait d'Henry Houssaye en frontispice, 2 cartes dépliantes hors texte de la bataille d'Iéna et d'Auerstædt et des marches des armées prussiennes et françaises, reliure demi-basane vermillon, dos à 4 nerfs pointillés, auteur et titre dorés, coiffes frottées, bon état

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La campagne napoléonienne de 1806 est exemplaire. En trente-neuf jours, la Prusse est mise hors de combat en Allemagne. La marche stratégique de la Grande Armée, la journée glorieuse d'Iéna et d'Auerstaedt, l'entrée triomphale de Napoléon à Berlin, les débris de l'armée prussienne acculés à la Baltique, Henry Houssaye raconte tous ces épisodes en maître de l'histoire militaire. Qui mieux que le grand historien de 1814 et 1815 a su peindre l'homme de guerre Napoléon et ses héroïques soldats ? Edité pour la première fois en 1912, Iéna et la campagne de 1806 est un classique des études napoléoniennes.

224.          JOUVENEL (Bertrand de). Napoléon et l'économie dirigée. Le blocus continental.  P. et Bruxelles, Editions de la Toison d'or,  1942, in-8°,  xiii-417 pp, avertissement bibliographique en début d'ouvrage, broché, papier lég. jauni, bon état

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"M. Bertrand de Jouvenel nous a dotés d'un livre d'ensemble sur le blocus continental en remontant à ses origines. Il sera fort utile et met d'ailleurs en oeuvre des documents inédits." (G. Lefebvre, Revue Historique, 1946) — "Le dernier ouvrage de M. de Jouvenel est consacré à l'étude de la rivalité économique franco-anglaise de Colbert jusqu'à la campagne de Russie. Le but poursuivi n'était pas d'interdire à l'Angleterre l'importation, mais de supprimer l'exportation des produits de ses colonies et des articles manufacturés. Ainsi son commerce eût été ruiné... Colbert, puis la Convention et l'Empire ont à cette fin prohibé l'entrée des produits anglais. Ces prohibitions ont été étendues à l'Europe par les décrets de Berlin et de Milan et appliquées même aux marchandises anglaises sous pavillon neutre. Elles ont privé l'Europe des exportations anglaises et américaines en produils manufacturés et en denrées coloniales : sucre, indigo, café, coton... Cette disette, aussi bien que la contrebande, ont provoqué l'achat direct à l'ennemi anglais des produits nécessaires, achat réservé aux importateurs français, tandis que le blocus continental était toujours appliqué à l'Europe. Au principe de ruiner l'Angleterre, Napoléon « substituait un autre principe qui était de vivre en face de l'Angleterre aux dépens du continent européen » (p. 417), prétention qui devait susciter la coalition générale de 1813. L'étude de M. de Jouvenel est à la fois très claire et très documentée..." (Georges de Lussac, Etudes, 1943)

225.          LACHOUQUE (Commandant Henry). Napoléon en 1814.  P., Editions Haussmann,  1959, gr. in-8°,  462 pp, préface du Maréchal Juin, nombreuses gravures, une carte dépliante hors texte, biblio, index, reliure soie verte éditeur (en partie passée), bon état

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« Ce fut en vain que l'on essaya de détacher de sa personne et de sa gloire l'Armée et la Nation » cite le commandant Henry Lachouque en conclusion de l'étude, vivante et précise, qu'il consacre à « Napoléon en 1814 ». C'est, en effet, une analyse psychologique autant que tactique que nous donne l'auteur en faisant revivre les soixante-cind jours où le destin de Napoléon se sépare de celui de la France... (Préface)

226.          [LINGAY Joseph]. Histoire du cabinet des Tuileries, depuis le 20 mars 1815, et de la conspiration qui a ramené Buonaparte en France.  P., Chanson, Delaunay, et les Marchands de Nouveautés,  1815, in-8°,  viii-94 pp, broché sous couverture d'attente, qqs rousseurs, bon état. Edition originale (Davois II, 179)

            50

Edition originale de cette histoire, violemment anti-bonapartiste des Cent-Jours, depuis leur préparation jusqu’à la défaite de Napoléon. — "L’ouvrage que nous donnons aujourd'hui au public peut être considéré comme la collection méthodique de tout ce qui a été imprimé à Gand, à Bruxelles et à Vienne, sur la conspiration tramée à Paris, et comme le résultat des différents rapports qui ont été fait à Sa Majesté en avril dernier" (p. v). — Lingay était le rédacteur du “Nain vert” ; journaliste, secrétaire intime d'un préfet de province à la fin de l'Empire, l’auteur "a été l'homme de tous les gouvernements de la Monarchie Constitutionnelle de 1815 à 1848".

227.          MAISTRE (Joseph de). Mémoires politiques et correspondance diplomatique de Joseph de Maistre. Avec explications et commentaires historiques par Albert Blanc.  P., Librairie Nouvelle,  1858, in-8°,  402 pp, reliure demi-chagrin noir, dos lisse à filets dorés (rel. de l'époque), très bon état. Bel exemplaire finement relié, très frais et sans rousseurs. Edition originale

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"Biographie « politique » de Joseph de Maistre jusqu'en 1810 accompagnée de sa correspondance pendant cette même période." (Tulard, 939)

228.          MAITLAND (F. L.) et George HOME. Napoléon à bord du « Bellérophon ». Souvenirs du capitaine de vaisseau F.-L. Maitland et de l'aspirant de marine George Home.  Plon,  1933, in-12,  x-240 pp, traduction de Henry Borjane, 8 pl. de gravures hors texte, notes, broché, bon état (Coll. Les Témoins de l'épopée)

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"Les souvenirs du capitaine Maitland parus en anglais en 1815 ont été traduits en français dès 1826, mais cette édition est à peu près introuvable. La relation de George Home n'a jamais été traduite : On sera donc reconnaissant aux éditeurs des “Témoins de l'épopée” d'avoir publié deux récits, inconnus en France, du célèbre séjour fait par Napoléon à bord du Bellérophon, depuis son embarquement à l'île d'Aix le 15 juillet 1815 jusqu'à son transport sur le Northumberland le 7 août 1815. Ces deux récits éclairent l'attitude de l'empereur pendant sa captivité. Jamais il ne pensa être envoyé à Sainte-Hélène. Quant au capitaine Maitland, il semble avoir été sincère lorsqu'il disait à Napoléon son espoir que le gouvernement anglais pourrait offrir un asile à l'illustre vaincu. Dès le début de sa captivité, Napoléon se montra tel qu'il avait toujours été, s'intéressant surtout à l'armée, à la marine, aux sciences, méprisant profondément, ignorant même tout ce qui pouvait arriver de bien ou de mal à ses amis et ses domestiques. Il a apporté sur le bateau anglais les préjugés qu'il professait à terre. Lorsque le commandant lui présente le commissaire du bord, il lui dit : « Cela doit se produire chez vous comme chez nous, le commissaire est quelque peu fripon. » Quant aux compagnons de Bonaparte, ils sont divisés entre eux. Beaucoup ne pensent qu'à quitter l'empereur lorsqu'ils apprennent que les Anglais ont l'intention de l'envoyer à Sainte-Hélène. La maréchale Bertrand ne cesse ses jérémiades, et comme elle parle couramment l'anglais, elle en accable le commandant. Ces deux récits sont complétés par celui des derniers jours de l'empereur à Rochefort, extrait de l'Almanach du marin de 1841." (Jacques Godechot, Annales historiques de la Révolution française, 1934) — "Maitland s'y justifie d'avoir attiré Bonaparte dans un piège." (Tulard, 940).

229.          MANCERON (Claude). Austerlitz. 2 décembre 1805.  Laffont,  1960, gr. in-8°,  313 pp, 7 cartes, biblio, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

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A l'aube du 2 décembre 1805, un petit homme brun – génial stratège aux cheveux plats – engage une partie décisive. L'Europe entière, coalisée, s'est insurgée contre lui. A deux contre trois, il va devoir mener un combat à l'issue improbable "... en plein ennemi, au fond des mâchoires d'une Europe changée en gigantesque piège à Français". Aujourd'hui, ce Corse fiévreux règne sur un empire de baïonnettes. En face le Tzar de toutes les Russies, Alexandre Ier, "l'Archange", et François II de Habsbourg, prince insipide d'une Autriche encore puissante.

230.          MELCHIOR-BONNET (Bernardine). Napoléon et le Pape.  Le Livre Contemporain,  1958, in-8°,  365 pp, biblio, reliure toile carmin de l'éditeur, gardes illustrées, rhodoïd, bon état (Grand prix Gobert de l'Académie française 1958)

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"Ce don de tenir en haleine le lecteur par une exacte peinture des personnages et une évocation pittoresque des scènes vécues, a été accordé à Mme Bernardine Melchior-Bonnet. On lui devait déjà sur le Duc ďEnghien un excellent volume. Elle vient, avec Napoléon et le Pape, de réussir un tour de force qui est aussi un tour d'adresse. Celui de transformer- une solide et ample documentation en une suite de chapitres vivants, précis, colorés, émouvants qui font rebondir l'intérêt et entraînent le lecteur. Petite-fille de Taine, elle ne saurait éprouver pour Napoléon qu'une admiration relative. Mais, dans le conflit qui opposa le premier Consul, puis l'empereur, à Pie VII, il est évident que le pape eût le beau rôle. Napoléon disait qu'entre la force et l'esprit, c'était toujours l'esprit qui l'emportait. Pie VII devait lui en fournir la preuve. Leurs rapports avaient été d'abord excellents. Bonaparte, désirait redonner une religion à la France déchristianisée depuis dix ans ; Pie VII souhaitait voir la France reprendre sa place traditionnelle dans la Chrétienté ; l'accord semblait devoir être facile et durable. Or, très vite apparaît le désir du Premier Consul de voir le clergé étroitement soumis à son pouvoir de chef d'Etat. Les négociations du Concordat s'en ressentent. Bonaparte témoigne au pontife des égards, mais il exerce sur ses envoyés une pression qui va jusqu'à la menace. Comme la moitié des Français de son temps. Bonaparte était gallican. L'autre moitié était alors hostile à toute religion. Sachant les immenses difficultés que Bonaparte rencontre auprès des anciens jacobins, Pie VII se montre conciliant et le premier Consul, lui ayant quelque peu forcé la main, conclut un accord conforme à ses vœux. Devenu empereur, il obtient que le pape vienne à Paris pour le Sacre. Plus tard, il souhaitera qu'il transporte en France le trône de Saint-Pierre ; mais c'est pour mieux le tenir en sa dépendance. Pie VII, qui supporte avec la plus évangélique humilité les manques d'égards qui n'offensent que sa personne, reste en revanche inflexible quand le dogme est menacé. Excommunié après la prise de Rome, Napoléon fait arrêter le Saint-Père qui, durant plus de quatre ans, à Savone, puis à Fontainebleau, est gardé en captivité, séparé de ses cardinaux, jusqu'au jour où nos troupes ayant dû évacuer Rome, Napoléon lui rend sa liberté. Ce drame d'un vieillard frêle, épuisé et pourtant irréductible est retracé par Mme Melchior-Bonnet avec un art consommé et une émotion communicative..." (André Gavoty, Revue des Deux Mondes, 1958)

231.          MÉNEVAL (Claude François de). Dix ans avec Napoléon. Mémoires du secrétaire particulier de l'empereur. Edition établie et préfacée par Alain Fillion.  Le Cherche-Midi,  2014, in-8°,  286 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Claude François de Méneval (1778-1850) a été le secrétaire et le collaborateur de Napoléon Ier pendant plus de dix ans, de 1802 à 1813. Durant cette période, il a tout noté, tout consigné de la vie de la Cour aux Tuileries. Avec lui, nous suivons le quotidien de l'Empereur. Il nous raconte ce qui s'y trame, ce qui s'y dit, les inquiétudes, les passions et les pensées de l'homme le plus puissant d'Europe. Ce discret Saint-Simon du premier Empire nous livre quantité d'anecdotes sur une époque cruciale de la France, entre l'Histoire et les historiettes. Ses Mémoires, jamais réédités depuis le XIXe siècle, constituent un document exceptionnel sur l'Empereur et sur ses proches. —  "Méneval ayant été directement attaché à Napoléon de 1802 à 1813, comment s'étonner de l'extraordinaire foisonnement de renseignements contenus dans ses Mémoires ?" (Tulard, 1003).

232.          MISTLER (Jean)(dir.). Napoléon et l'Empire (1769, 1815, 1821).  Hachette,  1968, 2 vol. in-4°,  327 et 327 pp, plus de 500 illustrations en couleurs, nombreux documents inédits, portraits, scènes diverses, caricatures, monuments, panoramas et plans de batailles, etc., chronologie, biblio, reliures pleine toile imprimées en couleurs de l'éditeur, gardes illiustrées, rhodoïd, bon état

            90

Chapitres par Jacques Godechot, Marcel Reinhard, M. Vaussard, P. Bessand-Massenet, Jean Thiry, Jean Tulard, Jean Mistler, François Crouzet, Marcel Dunan, J. Lucas-Dubreton, G. de Bertier de Sauvigny, Marcel Baldet, Louis Garros, André Maurois, Jacques Chastenet, René Huyghe, André Fugier, André Gavoty, Robert Lacour-Gayet, etc. — "La diversité des collaborations rassemblées ici en fait un paysage ouvert où chacun cherchera I'itinéraire qui lui convient... il propose de I'aventure impériale une lecture qui est chaleureuse sans être idolâtre, vivante sans sacrifier à I'anecdote." (Claude Mettra, L'Express) — "Une production de prestige remarquable par sa conception générale, la qualité des textes, ce qui ne saurait surprendre vu la qualité des auteurs et celle des illustrations, belles à enflammer les imaginations." (Michel Denis, France-Catholique) — "Un « Napoléon et l'Empire » qui met nos connaissances à jour et parfois les renouvelle par I'exploitation de documents jusque-là inexplorés." (Ginette-Guitard Auviste, Le Monde) — "Il était naturel que le bicentenaire de la naissance de Napoléon Bonaparte suscitât la publication d'un ouvrage faisant le point des connaissances acquises par les spécialistes sous une forme accessible à un large public cultivé. Il convenait aussi que cette somme fût utile aux historiens de métier. L'ampleur de l'oeuvre exigeait qu'elle fût collective. Il a fallu trois ans à Jean Mistler, aidé par Jean Tulard et André Thépot pour mener à bien cette entreprise. Les auteurs sont nombreux. Avec MM. Jean Mistler, André Maurois, Jacques Chastenet et René Huyghe de l'Académie Française, avec MM. Marcel Dunan, Claude J. Gignoux et Mgr Jean Leflon de l'Académie des Sciences morales et politiques, ont collaboré MM. Marcel Baldet, Guillaume de Bertier de Sauvigny, Pierre Bessand-Massenet, le général Henry Blanc, Gaston Bouthoul, Jean Bouvier, Ferdinand Boyer, François Crouzet, Charles Durand, André Fugier, le colonel Louis Garros, André Gavoty, André Georges, Bertrand Gille, Jacques Godechot, Eugène Jarry, Robert Lacour-Gayet, Jean Lucas-Dubreton, Gilbert Martineau, Marcel Reinhard, André Thépot, Jean Thiry, Jean Tulard et Maurice Vaussard. A ces noms, il est juste de joindre celui de Georgette Thiboud qui a réuni une documentation illustrée exceptionnelle par sa diversité (oeuvres d'art, meubles, costumes, décorations, caricatures, cartes, documents, etc.), sa nouveauté et, bien souvent, sa beauté artistique. Ajoutons que la présentation matérielle de cet ouvrage est remarquable. Il ne peut être question de détailler ici le contenu de ces deux gros livres ; mais il ne paraît pas inutile de fixer la répartition des thèmes qui y sont traités. Le premier tome contient, après une introduction d'André Maurois, un livre premier : La Conquête du Pouvoir, qui présente les hommes et les faits jusqu'en 1804, et un livre second : La France Impériale où sont tour à tour étudiés Napoléon, les organes du pouvoir, les finances, l'économie, la société, les lettres, les arts et sciences, la religion et les anciennes colonies ; ce tome se termine par une étude serrée des constitutions due à Charles Durand. Le second volume commence par des pages de Gaston Bouthoul : Le Seigneur de la Guerre, que suit le livre premier Victoires et Conquêtes (les guerres, les traités, le Blocus Continental avant 1812). Sous le titre La Chute de l'Aigle, le livre second relate les résistances des peuples étrangers, les crises en France, les guerres perdues de 1812 à 1815, les mois à l'Ile d'Elbe et les années à Ste-Hélène. Jean Lucas-Debreton décrit ensuite la formation de la légende napoléonienne et Jean Mistler présente une conclusion. Ce second tome offre enfin deux instruments de travail : d'abord une Chronologie, par le Colonel Louis Garros, avec trois sous-titres : Faits et gestes de Napoléon ; Événements politiques et militaires ; Vie intellectuelle et artistique ; ensuite une Orientation bibliographique par Jean Tulard. En somme, voici une façon d'encyclopédie napoléonienne que, pendant des années, les historiens de la Révolution et de l'Empire auront avantage et plaisir à garder à portée de la main." (F. Boyer, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1969)

233.          NAPOLÉON (Charles). Napoléon mon aïeul, cet inconnu.  XO Editions,  2009, gr. in-8°,  413 pp, avec la collaboration de Michel-Antoine Burnier, 16 planches de gravures en couleurs, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le plus jeune frère de Napoléon, Jérôme, est le grand-père de mon grand-père. En racontant l'Empereur, le général républicain ou son enfance corse, à la différence de tous les historiens, j'écris sur ma propre famille. J'ai puisé et vérifié mes informations aux meilleures sources, mais je suis aussi un neveu parlant de son grand-oncle. La vérité de sa personne m'intéresse autant que les faits; ses humeurs, ses curiosités, ses habitudes, ses fulgurances, plus que le récit des combats. Immergé dès l'enfance dans une histoire considérable, je voudrais faire partager cette culture unique, l'esprit des Bonaparte, et montrer Napoléon de plus près." — On découvre l'enfance en Corse, le jeune Napoléon qui récite du Corneille avec son frère aîné, qui se fait mettre en congé maladie de l'armée pour rester dans son île chérie, écrit des lettres enflammées à Joséphine qui le trompe, invente une guerre nouvelle, manque rater le coup d'Etat du Dix-huit Brumaire, prend le pouvoir, réforme la France de fond en comble, se couronne, écrit sur lui-même dans les journaux, triche aux cartes, chante faux, dort tout habillé sur le champ de bataille, se dispute avec ses frères et soeurs, déjeune avec son fils sur les genoux, se croit de la famille des souverains d'Europe, ne comprend pas ce qui se passe durant l'incendie de Moscou, refuse de se mettre à l'abri aux Etats-Unis, commande, en exil à Sainte-Hélène, un bijou pour son fils le roi de Rome...

234.          NAPOLÉON (Prince Jérôme). Napoléon et ses détracteurs.  Calmann-Lévy,  1887, in-12,  vii-313 pp, reliure demi-chagrin havane, dos à 5 nerfs filetés et soulignés à froid, titres dorés, double filet doré sur les plats (rel. de l'époque), mors, coiffes et nerfs lég. frottés, bon état

            50

"... On pouvait s'étonner que jusqu'ici l'étude de M. Taine sur Napoléon n'eût pas rencontré quelque contradicteur autorisé et que le parti bonapartiste n'eût trouvé à lui opposer qu'un article peu concluant de M. Albert Duruy dans le Figaro. Mais voici que Napoléon a trouvé dans sa propre famille un défenseur d'un incontestable talent et d'une compétence non moins incontestable : le prince Jérôme Napoléon. Sa position de chef actuel de la famille Bonaparte lui conférait le droit et lui imposait le devoir de défendre celui à qui cette famille doit tout ce qu'elle est; ses fonctions d'éditeur de la correspondance de Napoléon Ier lui ont donné de l'histoire impériale une connaissance approfondie. Son livre sur 'Napoléon et ses détracteurs' est à la fois la protestation indignée d'un neveu et d'un héritier présomptif blessé dans ses sentiments et ses espérances, la réclamation d'un éditeur dont on a critiqué le travail, la riposte d'un historien à un contradicteur. Le prince Jérôme commence par attaquer M. Taine et sa méthode, puis il fait la critique des sources auxquelles a puisé M. Taine : Metternich, Bourienne, Mme de Rémusat, l'abbé de Pradt, Miot de Mélito. Il répond ensuite aux attaques dont l'édition de la correspondance a été l'objet. Il termine en esquissant un portrait de Napoléon et un tableau de son oeuvre. Il y a dans toutes les parties de cette virulente réponse de la force, de la verve, de l'éloquence même et une part de vérité, mais aussi une exagération qui compromet tout ce qu'elle contient de vrai et de juste. Les attaques contre les détracteurs de Napoléon et l'apologie de l'empereur perdent toute force par leur excès même..." (G. Monod, Revue Historique, 1887)

235.          [NEY, Maréchal] –  Dupin, Berryer, etc. Procès du maréchal Ney, ou recueil complet des interrogatoires, déclarations, dépositions, procès-verbaux, plaidoyers et autres pièces rapportées textuellement.  P., chez L.G. Michaud imprimeur du roi,  1815, 4 vol. in-8°,  88, 59, 78 et 50-(3) pp, portrait du maréchal Ney en frontispice du 2e volume, mention de 2e édition au 1er volume, brochés, couvertures papier gris-bleu avec vignettes "Procès du maréchal Ney N° I à N° IV", traces d'humidité anciennes, état correct. Rare

            120

Complet — Le premier numéro contient les deux premières séances du Conseil de guerre des 9 et 10 novembre, avec le texte des dépositions et des déclarations. Le deucième numéro contient la séance du 11 novembre à la Chambre des Pairs, la question préjudicielle, l'acte d'accusation et la séance du 23 novembre. Le troisième numéro contient la séance du 4 décembre, les effets de la convention militaire du 3 juillet 1815 et du traité du 20 novembre 1815. Le quatrième et dernier numéro contient le Mémoire présenté par ses avocats, la séance du 5 décembre à la Chambre des Pairs, l'arrêt de la Chambre des Pairs du 6 décembre 1815 qui condamne le maréchal Ney à la peine capitale, l'exécution de l'arrêt. — Publication plus détaillée par endroits que celle de Dumoulin (Histoire complète du procès du maréchal Ney) et d'Heylli (Le maréchal Ney d'après les documents authentiques).

236.          PANGE (Victor de). Le plus beau de toutes les fêtes. La correspondance inédite de Madame de Staël et d'Elisabeth Hervey, duchesse de Devonshire, 1804-1817.  Klincksieck,  1980, gr. in-8°,  266 pp, 16 pl. de gravures hors texte, 3 tableaux généalogiques, sources, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

            30

« Le plus beau de toutes les fêtes c'est de passer une heure en tête à tête avec vous » écrit Mme de Staël à la duchesse de Devonshire au cours de son exil à Londres en juillet 1813. Tout portait Germaine à aimer l'Angleterre, son éducation protestante, les idées libérales héritées de ses parents et sa propre inclination. « L'Angleterre n'est à ses yeux que la France future » dira d'elle sa cousine Necker de Saussure. Elisabeth Hervey sera une incarnation de ce rêve. Vive, intelligente, d'une beauté qui lui vaut une cour d'admirateurs, elle a réussi pendant un quart de siècle à être la maîtresse du duc de Devonshire tout en restant la meilleure amie et confidente de la duchesse, la ravissante Georgiana Spencer. Elle parle le français à merveille et s'est liée avec la plupart des amis de Madame de Staël... — "M. de Pange, descendant de Mme de Staël, s'attache fort heureusement à promouvoir une meilleure connaissance de son illustre aïeule. Cette dernière publication a pour base une centaine de lettres échangées entre la fille de Necker et un grande dame anglaise, elle-même assez extraordinaire : Elisabeth Hervey, duchesse de Devonshire. Pour ceux qui l'ignoreraient, rappelons que cette personne, fille d'un évêque de Derry, jeune veuve d'un sir John Foster, devint la maîtresse du cinquième duc de Devonshire, tout en restant la meilleure amie de la duchesse légitime, la ravissante Georgiana Spencer, un des plus jolis modèles de Gainsborough. Après vingt-cinq ans d'un étrange ménage à trois et la mort de Georgiana, Elisabeth épousa son amant, devenant ainsi à son tour duchesse de Devonshire. La mort de son mari (1811) lui laissa une immense fortune et toute liberté ; elle en profita pour aller s'établir à Rome où elle occupa, jusqu'en 1824, une situation éminente dans la société et entretenant des relations de profonde amitié avec le cardinal Consalvi. Mme de Staël a courtisé assidûment la « dear dutchess » qui lui servit de caution pour pénétrer dans cette aristocratie britannique qu'elle admirait avec une ardeur quelque peu ridicule. Les lettres reproduites ici n'ajouteront pas grand-chose à la réputation littéraire de l'auteur de Corinne. Un ouvrage de caractère assez original et somme toute attachant, où les documents reproduits servent à une évocation suivie, fort concrète et vivante, des vies de deux femmes extraordinaires, autour desquelles évoluent toute une constellation de personnages de l'époque." (G. de Bertier, Bulletin de la Société d'histoire moderne, 1981)

237.          RIDELLE (Louis L.). Gloire, biscaïen, mitraille et sabretache.  Liège, Editions Solédi,  1968, pt in-8°,  238 pp, index, broché, bon état

            30

Cet ouvrage traite de la carrière militaire des 113 Belges qui, servant la 1ère République et – ou – le 1er Empire, atteignirent le grade de général, soit principalement, sous le régime français, soit sous le régime hollandais, après la réunion de la Belgique aux Pays-Bas en 1814, soit sous le régime belge après les journées de septembre 1830. Liste des noms avec biographie et table des batailles et combats livrés par les armées françaises de 1792 à 1815.

238.          ROCHECHOUART (Général Comte de). Souvenirs sur la Révolution, l'Empire et la Restauration. Mémoires inédits publiés par son fils.  Plon,  1889, in-8°,  xi-541 pp, 2 portraits gravés hors texte, reliure demi-chagrin noir, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés, tête dorée (rel. de l'époque), un mors fendu, plats collés sur les gardes, dos lég. frotté, état correct. Edition originale

            50

Louis Victor Léon, comte de Rochechouart (1788-1850), émigré et passé au service de Russie, aide de camp du  duc de Richelieu et de l'empereur Alexandre Ier, entra à Paris en 1814 sous l'uniforme russe avant de commander la place jusqu'en 1823. — "Très intéressants mémoires d'un émigré passé au service du Tsar et qui participa du côté russe à la campagne de 1812, à la campagne d'Allemagne et à l'invasion de la France." (Tulard, 664) — "Le général de Rochechouart est né le 14 septembre 1788. C'est dire que la partie de ses mémoires relative à la Révolution est fort brève, et d'ailleurs sujette à caution. Après des aventures nombreuses et pittoresques qui se lisent avec beaucoup d'intérêt, le jeune comte de Rochechouart alla rejoindre sa mère émigrée à Odessa, en 1804. Il devait y rester huit ans durant, au service de la Russie, dans l'entourage du célèbre duc de Richelieu. Cette partie des mémoires du général est extrêmement instructive. Elle nous fait connaître à la fois la vie des émigrés français en Russie et surtout l'œuvre immense accomplie par le duc de Richelieu à Odessa. En octobre 1812, le comte de Rochechouart rejoint l'armée russe dans laquelle il sert comme aide de camp du Tsar, ce qui lui permet d'avancer rapidement. A la fin de la campagne il est général de brigade. A cette époque il n'a que 26 ans. Grâce à la protection d'Alexandre Ier, les alliés le nomment en leur nom commandant de la place de Paris en 1814. C'est alors qu'il entre au service de Louis XVIII en conservant son grade. Il suit le roi à Gand en 1815, et après Waterloo, Rochechouart est nommé de nouveau, mais cette fois au nom du gouvernement français, commandant de la place de Paris. Ce volume fournira bien des détails utiles aux historiens." (Jacques Godechot)

239.          SÉDOUY (Jacques-Alain de). Le congrès de Vienne. L'Europe contre la France, 1812-1815.  Perrin,  2003, in-8°,  308 pp, 4 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée, un feuillet blanc déchiré sans manque, bon état

            25

En septembre 1814, dans un vaste concours de rois et de princes, de ministres et d'ambassadeurs, de femmes du monde et du demi-monde, se réunit la plus grande conférence diplomatique jamais vue en Europe. Pendant neuf mois, jusqu'à la signature de l'Acte final, le 9 juin 1815, les puissances qui dominent l'Europe vont en redessiner la carte, nouer et défaire des combinaisons, pendant que se succèdent bals, banquets, chasses et concerts qui laissent à tort penser que "le Congrès s'amuse". Le sort de notre pays ayant été réglé quelques mois auparavant, ce premier "sommet" de l'Histoire jette les bases d'un ordre nouveau, qui durera un siècle et se prolonge aujourd'hui dans la construction de l'Europe. Jacques-Alain de Sédouy étudie la psychologie et les intentions des négociateurs, Castlereagh, Metternich, Hardenberg, Alexandre Ier, Talleyrand, et met en lumière les succès des uns et les échecs des autres. Il en ressort que, contrairement aux idées reçues, Talleyrand ne fut pas le grand magicien qui, après l'effondrement de l'Empire napoléonien, redonna sa place à la France. Comme la bataille de Waterloo le confirme quelques jours plus tard, c'est le siècle de la prépondérance britannique qui commence.

240.          SÉGUR (Comte Philippe de). Du Rhin à Fontainebleau. Mémoires [de 1813 à 1815] du Général Comte de Ségur (Aide de camp de Napoléon), de l'Académie française.  Nelson,  s.d. (v. 1913), in-12,  508 pp, reliure percaline crème décorée de l'éditeur, sans la jaquette, bon état

            20

A la tête d'un corps de volontaires, le comte Philippe de Ségur doit surveiller le front du Rhin durant l'hiver 1813-1814. Dans ce troisième tome de ses Mémoires, il relate la retraite d'une armée française totalement désorganisée, dont la dislocation entraîne celle de l'Empire. Le retour de Napoléon parmi ses troupes redonne du souffle à la campagne, réchauffe le coeur de ses soldats, comme de la population. Ségur mène ici deux récits de front : l'histoire de sa propre vie, et celle du destin de Napoléon.

241.          SIEBURG (Friedrich). Napoléon : les Cent Jours.  Club des Éditeurs,  1957, fort in-8°,  (24)-450-(4)-112-(4)-lxv pp, traduit de l'allemand, illustré de 5 gravures et d'un frontispice, de 16 pl. de gravures de Raffet hors texte, d'une carte des 3 jours de la bataille de Waterloo ; précédé d'une chronologie de la vie de Napoléon (12 pp) et suivi de 110 pp de Correspondance et de 59 pp de textes annexes (index des charges et institutions, index biographique), reliure toile verte décorée de l'éditeur avec un portrait en médaillon de Napoléon au 1er plat, gardes illustrées, bon état (Coll. Hommes et faits de l'histoire)

            25

« Il est l'homme le plus intelligent que l'histoire des temps modernes ait connu... Son histoire attire comme une oeuvre d'art. » L'auteur de "Dieu est-il Français ?" a été fasciné à son tour par le fabuleux destin de celui qu'il appelle « le dernier dieu de la guerre ». Mais, apportant sa pierre à l'énorme édifice élevé depuis cent cinquante ans à la gloire de l'Empereur, il n'a pas voulu ajouter une nouvelle biographie à mille autres, une nouvelle strophe au poème de sa légende. Pour retracer son étonnante aventure, il choisit de nous le montrer au cours de cet instant de sa vie où le destin semble lui accorder une dernière chance : pendant les Cent-Jours ; sous la lumière cruelle de cet ultime printemps, le grand homme révèle tous les secrets de son génie ; il peut se retourner sur son passé et, déjà, le voir s'ordonner en une fresque d'Histoire... « Du nouveau sur Napoléon », voilà qui semblait impossible. Et pourtant voici sans aucun doute le livre le plus original et « le plus intelligent » que l'Empereur ait jamais inspiré.

242.          TAILLANDIER (Saint-René). Le Général Philippe de Ségur, sa vie et son temps. Suivi de Souvenirs de la guerre d'Amérique par le comte Louis-Philippe de Ségur.  P., Didier et Cie,  1875, 2 vol. in-12,  viii-366 et 36 pp, reliure demi-basane noire, dos lisse avec titres, filets et filets pointillés dorés (rel. de l'époque), qqs pâles rousseurs éparses, bon état

            50

Biographie du comte Philippe Paul de Ségur (1780-1873), général de la Révolution et de l’Empire, aide de camp de Napoléon ; avec relié à la suite les “Souvenirs de la guerre d'Amérique” du comte Louis-Philippe de Ségur, son père (s.d., 36 pp).

243.          THIRY (Jean). La Campagne de France de 1814.  Berger-Levrault,  1946, in-8°,  423 pp, 2e édition, une carte dépliante hors texte, biblio, index, broché, bon état

            30

L’oeuvre du baron Jean Thiry, écrite et publiée sur près de quarante ans, des années trente aux années soixante, et peu courante aujourd’hui, est un véritable tour de force : raconter la vie de Napoléon dans toute sa grandeur et tous ses détails, dans sa vie privée et politique comme sur les champs de bataille de toute l’Europe, ses relations avec ses plus fidèles lieutenants, Lannes, Davout, Berthier, Ney, et tant d’autres, comme avec ceux qui l’ont, à la fin, trahi. Cette vie grandiose est une tragédie shakespearienne : une ascension fulgurante, une domination écrasante, une gloire étincelante puis une chute tout aussi spectaculaire. Jean Thiry a lu tout ce qui a été écrit, documents, biographies, mémoires, mais également les correspondances, celle de Napoléon, de ses proches et de ses alliés, celle de ses ennemis, y compris celles demeurées inédites, ainsi que tous les fonds d’archives du service historique de l’armée. C’est l'oeuvre d’un historien passionné et objectif, s’en tenant aux faits et rien qu’aux faits, un analyste extrêmement fin des raisons qui ont jeté l’Europe dans le feu et le sang durant plus de vingt ans, et un talentueux écrivain, doué d’un style précis, vif et rapide.

244.          THIRY (Jean). Le Coup d'Etat du 18 brumaire.  Berger-Levrault,  1947, in-8°,  275 pp, biblio, index, broché, bon état

            30

L’oeuvre du baron Jean Thiry, écrite et publiée sur près de quarante ans, des années trente aux années soixante, et peu courante aujourd’hui, est un véritable tour de force : raconter la vie de Napoléon dans toute sa grandeur et tous ses détails, dans sa vie privée et politique comme sur les champs de bataille de toute l’Europe, ses relations avec ses plus fidèles lieutenants, Lannes, Davout, Berthier, Ney, et tant d’autres, comme avec ceux qui l’ont, à la fin, trahi. Cette vie grandiose est une tragédie shakespearienne : une ascension fulgurante, une domination écrasante, une gloire étincelante puis une chute tout aussi spectaculaire. Jean Thiry a lu tout ce qui a été écrit, documents, biographies, mémoires, mais également les correspondances, celle de Napoléon, de ses proches et de ses alliés, celle de ses ennemis, y compris celles demeurées inédites, ainsi que tous les fonds d’archives du service historique de l’armée. C’est l'oeuvre d’un historien passionné et objectif, s’en tenant aux faits et rien qu’aux faits, un analyste extrêmement fin des raisons qui ont jeté l’Europe dans le feu et le sang durant plus de vingt ans, et un talentueux écrivain, doué d’un style précis, vif et rapide.

245.          TRANIÉ (Jean). L'Epopée napoléonienne. Les grandes batailles.  Tallandier,  2001, in-4°,  176 pp, très nombreux portraits, gravures, illustrations et cartes, la plupart en couleurs, texte sur 2 colonnes, annexes, index, reliure cartonnée illustrée de l'éditeur, bon état (Coll. Bibliothèque napoléonienne)

            40

Pendant près de vingt ans, Napoléon écrit avec sa Grande Armée certaines des plus glorieuses pages de l'histoire militaire française. D'Austerlitz à Wagram, de Rivoli à la Moskova, d'Arcole aux Pyramides, l'Empereur entre dans la légende d'une épopée qui transforme l'art de faire la guerre et de gouverner les peuples. C'est le récit d'une trentaine de ces batailles – les plus célèbres ou celles, moins connues, qui font magistralement ressortir sa « manière » – que nous raconte, au jour le jour et parfois heure par heure, Jean Tranié. À l'aide de cartes précises et d'une iconographie souvent inédite, chacune de ces batailles est explorée de l'intérieur, décrite par la voix de ceux qui s'y trouvent engagés, expliquée du point de vue du stratège, racontée dans le détail, parfois à l'aide d'anecdotes savoureuses. Mais l'épopée napoléonienne c'est aussi l'image du grognard, la Grande Armée cosmopolite, les batailles « modèles », les uniformes étincelants, les actes héroïques et les visions d'horreur. À côté des batailles, l'auteur décrit l'armée napoléonienne, son organisation, ses services d'intendance ou de santé, les problèmes qu'elle rencontre sur les rives du Nil ou aux portes de Moscou. Enfin, un dictionnaire des maréchaux d'Empire nous montre à quel point l'épopée fut d'abord une affaire de personnalités exceptionnelles emportées dans les fureurs de la très grande Histoire.

246.          TULARD (Jean). Dictionnaire amoureux de Napoléon.  Plon,  2012, in-8°,  594 pp, dessins d'Alain Bouldouyre, broché, couv. illustrée à rabats, bon état, envoi a.s.

            20

Napoléon est à la fois le personnage historique le plus admiré et le plus haï de notre histoire. Il est le fondateur de nos institutions modernes et son nom est synonyme de gloire militaire, mais on lui reproche aussi les morts de la Grande armée et le rétablissement de l'esclavage dans nos colonies. Difficile dans ces conditions d'écrire à son sujet un dictionnaire amoureux sans être accusé de partialité. Pourtant, l'amour ne rend pas obligatoirement aveugle. On peut parler de Napoléon sans dissimuler ses erreurs ou ses faiblesses ; elles ne l'en rendent parfois que plus attachant. Et puis, il faut détruire une certaine légende noire : il n'y eut pas un million de morts dans les guerres napoléoniennes et elles n'ont pas appauvri financièrement la France. Il faut expliquer les conditions dans lesquelles fut exécuté le duc d'Enghien et pourquoi l'Empereur fut battu à Waterloo. Expliquer pour comprendre et donc mieux juger. Tel est l'objet de ce livre qui se veut objectif, rigoureux et pourtant personnel sur l'un des héros les plus célèbres de notre histoire.

247.          TULARD (Jean). Napoléon ou le mythe du sauveur.  Fayard,  1987, in-8°,  512-(1) pp, nouvelle édition, revue et augmentée, annexes, index, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état

            25

Biographie traditionnelle mais aussi ouvrage de référence, le Napoléon de Jean Tulard, paru en 1977, aura été le premier à faire mentir Stendhal quand il prophétisait : "D'ici cinquante ans, il faudra refaire l'histoire de Napoléon tous les ans." Il est, en effet, devenu un véritable classique dont nul ne saurait se passer. Augmentée de nouvelles annexes, d'une chronologie et d'une filmographie, cette nouvelle édition est, en outre, enrichie des recherches les plus récentes menées par les historiens sur tout ce qui touche la France du début du XIXe siècle et la geste napoléonienne.

248.          VALENTIN (René). Le maréchal Masséna (1758-1817).  Charles-Lavauzelle,  1960, in-8°,  338 pp, un portrait, une gravure de la bataille de Rivoli et 2 fac-similés dont un dépliant hors texte, biblio, broché, bon état

            40

Etude très détaillée et très documentée sur André Masséna. Il débute sa carrière dans l'armée de l'Ancien Régime. Adjudant au début de la Révolution française, il s'engage dans la Garde nationale et combat en Italie. Fort de son passé militaire, il est général de brigade, puis général de division en 1793. Il participe à la première campagne d'Italie sous les ordres du jeune général Napoléon Bonaparte et s'illustre à Rivoli. Commandant en chef de l'armée d'Helvétie, il affronte les Austro-Russes qu'il parvient à repousser au-delà du Rhin et évite par-là même l'invasion de la France. Une nouvelle fois aux côtés de Bonaparte en Italie, et malgré son opposition au Consulat à vie, il est élevé à la dignité de maréchal d'Empire lors de l'instauration du nouveau régime en 1804 et devient duc de Rivoli en 1808. Employé en Italie et en Autriche où il est récompensé par le titre de prince d'Essling, il passe au commandement en chef de l'armée du Portugal. Son échec face aux Anglais de Wellington lui vaut la disgrâce de Napoléon qui ne lui confie plus aucun poste militaire d'envergure durant l'Empire. Rallié aux Bourbons à la Restauration et fait commandeur de Saint-Louis par Louis XVIII, il meurt le 4 avril 1817 à l'âge de 58 ans.

249.          VILLEPIN (Dominique de). Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice.  Perrin,  2002, fort in-8°,  634 pp, 16 pl. de gravures en couleurs hors texte, 7 cartes, biblio, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Grand Prix de la Fondation Napoléon et prix des Ambassadeurs)

            20

A travers le Napoléon de la fin, ce livre raconte une des périodes les plus riches de notre histoire. Tout commence en 1814 avec les adieux de Fontainebleau. Trahi, abandonné, Napoléon découvre sur le chemin de l'exil la haine et l'humiliation. L'île d'Elbe devient le refuge où cet homme blessé panse ses plaies et médite sur sa chute avant de tenter le pari fou du retour. Le 1er mars 1815 commence l'extraordinaire aventure du vol de l'Aigle. De clocher en clocher, acclamé par le peuple et l'armée, l'Empereur reconquiert son trône sans tirer un coup de fusil. Mais déjà le piège se referme : l'Europe le condamne et les notables s'éloignent. Entre une dictature aux relents révolutionnaires et un pacte libéral, il hésite avant de donner une constitution qui ne satisfait personne puisqu'elle lui aliène le peuple sans lui rallier les élites. Seul, dépouillé de son mystère impérial, Napoléon joue le tout pour le tout en s'en remettant au verdict du champ de bataille. Ouverte en fanfare, la titanesque campagne de Belgique trouve son dénouement cruel à Waterloo...

 

De 1815 à 1914

 

250.          ALBIGNY (Paul d'). Le Coupe-Gorge de Peyrebeille (Ardèche). Si tristement célèbre dans les annales du crime par 26 ans de vols et d'assassinats.  Largentière (Ardèche), Imp. Humbert & fils,  1951, in-12,  212 pp, une gravure de l'auberge en frontispice, 4 photos hors texte, broché, bon état

            25

Entre 1808 et 1830, on prête aux époux Martin, tenanciers de l’auberge de Peyrebeille, une centaine de meurtres et disparitions... et un enrichissement malhonnête et sordide sur le dos de leurs clients. Dans la région, tout le monde les soupçonne mais tout le monde craint les aubergistes et leur robuste domestique… alors personne ne les dénonce. Jusqu’au 26 octobre 1831... Cet ouvrage est un des meilleurs livres sur le sujet. Voilà bientôt deux cents ans que les trois têtes des aubergistes sont tombées et l'on parle pourtant toujours autant de cette terrifiante affaire. Qui n'a pas vérifié par deux fois si la porte de la chambre de son hôtel était bien fermée ? Peyrebeille nous rappelle nos peurs ancestrales. C'est un peu le mythe du loup, notre chaperon rouge ! Mais qui s'en plaindra à l'heure où les thrillers font frissonner des millions de lecteurs. Petits et grands avons toujours envie et besoin de nous faire peur, bien tranquilles sous notre couette. Mais les avocats n'ont-ils pas plaidés l'innocence ? Me Croze l'avocat de Martin ne déclare-t-il pas : "Ah ! Messieurs les jurés ! Tout cela n'est pas sérieux..." Il terminera sa plaidoirie fort étendue, très complète, en adjurant les jurés de rendre la liberté à son client, dont la longue détention, l'âge, le passé respecté, honnête jusque-là, et enfin l'absence de preuves matérielles et de témoignages irrécusables des crimes qui lui sont reprochés, sont autant de motifs favorables à sa relaxe...

251.          AUTIN (Jean). L'Impératrice Eugénie ou l'empire d'une femme.  Fayard,  1990, gr. in-8°,  420 pp, généalogie, chronologie, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

            25

D'une existence longue et contrastée – elle naquit dans l'Espagne post-napoléonienne et disparut au lendemain de la Grande Guerre –, on ne retient souvent que les années au cours desquelles Eugénie, comtesse de Teba (dite de Montijo), fut impératrice des Français (1853-1870). Or son destin, tantôt éblouissant, tantôt douloureux, exemplaire à plus d'un titre de ce que fut le XIXe siècle, instable et déchiré, appelle aujourd'hui encore de grandes interrogations. Qui était-elle, cette héritière d'une famille de l'aristocratie espagnole honorable mais désargentée ? Une jeune fille indépendante et fière, une ambitieuse et même une intrigante jouant, avec un zeste de cynisme, de sa beauté et de son élégance ; une femme généreuse et malheureuse. Devenue souveraine parce qu'elle avait rendu Napoléon III fou de désir, elle sut, en dépit d'un caractère capricieux et d'une culture médiocre, donner au trône et à la Cour un lustre et un rayonnement exceptionnels. Proche de toutes les têtes couronnées attirées dans un Paris rénové, elle rassembla aussi autour d'elle bon nombre des meilleurs esprits du temps. Hélas, le sens politique lui faisait défaut : ses tentatives pour contrecarrer certaines décisions libérales de son époux, ses interventions en faveur de l'expédition au Mexique et sa régence pendant la guerre de 1870 furent catastrophiques. Après Sedan, le second versant de sa vie fut un interminable et douloureux chemin de croix. Veuve dès 1873, l'impératrice déchue perdit quelques années plus tard son fils unique en qui elle avait mis toutes ses espérances. Alors, elle consuma ses jours dans une grande solitude affective, courant les mers et les continents pour apaiser sa douleur, aspirant au dépouillement tout en gardant le souci de son rang. Néanmoins, elle ne cessa de s'intéresser à toutes les découvertes et inventions et ouvrit généreusement sa demeure en Angleterre aux blessés de la Grande Guerre, apportant ainsi sa contribution à la “revanche”. Elle mourut à Madrid qu'elle avait voulu revoir. Elle avait plus de quatre-vingt-quatorze ans...

252.          BAINVILLE (Jacques). Louis II de Bavière.  Perrin,  1900, in-12,  ix-310 pp, notes, reliure pleine percaline noire à la bradel, dos lisse avec fleuron et double filet dorés, pièce de titre basane carmin (rel. de l'époque), 2e plat lég. taché, bon état. Edition originale rare

            50

Ce remarquable essai de biographie psychologique fut le tout premier livre de Bainville. — Louis II de Bavière (1845-1886), figure plus complexe que l'image laissée par sa légende, a frappé les imaginations. Le mérite de cette biographie écrite par le jeune Jacques Bainville est de restituer le personnage dans son ampleur et de comprendre les arcanes de son caractère. Louis II portait une immense admiration à Richard Wagner, qu'il aidera à mener à bien nombre de projets à commencer par l'opéra de Bayreuth. Emporté par la musique wagnérienne, alors révolutionnaire, Louis II s'est fait l'un des plus ardents mécènes du compositeur. De lui, la postérité a également retenu la construction de ses châteaux féériques dans les Alpes : Neuschwanstein, Linderhof et Herrenchiemsee. La démesure de ses projets le fera bientôt passer pour fou. Cependant, Louis II avait bien conscience des enjeux politiques de son temps et participa aux côtés de Bismarck à l'édification de l'Empire allemand autour de la Prusse. Avec son style précis et élégant, Bainville retrace cette vie énigmatique en la dégageant de l'imagerie laissée par un romantisme excessif.

253.          BAUMONT (Maurice), Raymond Isay et Henry Germain-Martin. L'Europe de 1900 à 1914.  P., Sirey,  1967, in-8° carré,  476 pp, 10 cartes, biblio,  index, reliure pleine toile rouge de l'éditeur, bon état (Coll. L'Histoire du XXe siècle)

            30

"Suscitant la possibilité d'une explosion générale, des crises graves se succèdent sinistrement depuis 1905. L'Europe dès lors ne cesse de côtoyer l'abîme, de crises marocaines en crises balkaniques : 1905, Tanger ; 1908-1909, la Bosnie-Herzégovine ; 1911, Agadir ; 1912-1913, les Balkans. C'était, selon Anatole de Monzie, "le jeu de raquette de la guerre". La première conflagration mondiale sortira de toutes ces complications, tragiquement aggravées par le nationalisme et les impérialismes." — "L'histoire diplomatique de l'Europe constitue la charpente de cet ouvrage collectif où sont également évoqués les problèmes politiques, intellectuels, économiques et sociaux." (Revue française de science politique, 1968) — "Le présent ouvrage, dans sa première partie « Politique et diplomatie » rédigée par M. Maurice Baumont, est une remarquable introduction à l'histoire de la première guerre mondiale (p. 1-284). A partir du chapitre initial sur les Puissances européennes en 1900, la succession des différentes crises dans les relations extérieures des Etats nous est présentée en un récit captivant. Les notations psychologiques sur les personnalités politiques apportent à cette histoire un surcroît d'intérêt. Les deux autres parties portent, l'une, sur le mouvement artistique et intellectuel (R. Isay) ; l'autre, sur l'évolution économique, financière et sociale (H. Germain-Martin). Il n'y a pas de notes, mais chaque section comporte une bibliographie méthodique abondante." (J. Lecler, Etudes, 1967)

254.          BAUNARD (Mgr). Le Général de Sonis (1825-1887). D'après ses papiers et sa correspondance.  P., Poussielgue,  1898, in-8°,  xv-576 pp, un portrait photo en frontispice, reliure demi-maroquin havane, dos lisse avec titres et encadrement floral dorés, tête dorée (rel. de l'époque), dos lég; passé, bon état. Bel exemplaire

            80

"... Nous sommes doublement heureux de rendre hommage à l'ouvrage si remarquable de Mgr Baunard, car on y trouve un récit circonstancié, fait sur les sources les plus authentiques, des opérations militaires qui s'accomplirent depuis la prise de possession, par le général, du commandement du 17e corps, jusqu'à la bataille de Loigny." (G. de B., Revue des Questions historiques) — "Pour savoir ce que fut, dans la plaine de Loigny, cette nuit tragique du 2 décembre 1870, il faut lire l’admirable volume de Mgr Baunard sur le général de Sonis. Se jetant, sous les balles, en pleine mêlée, l’abbé Theuré, par son intrépidité et son sang-froid, a sauvé la vie à plus de cinq cents blessés français et allemands qui allaient être massacrés dans l’effroyable désordre de ce combat de nuit. Le lendemain, il y avait plus de mille blessés dans son presbytère et dans son église. C’est là que M. le chirurgien-major Dujardin-Beaumetz établit son ambulance ; c’est là qu’assisté de M. de Belval, son aide-major, et de M. l’abbé Theuré, il coupa la jambe au général de Sonis. Avant l’opération, le général lui avait dit : « Tâchez de m’en laisser assez pour que je puisse encore servir la France. »..." (Ludovic Halévy, 1894) — Table : La Guadeloupe, la France, le collège (1825-1844) ; Saint-Cyr, Castres, Paris, Limoges (1844-1854) ; L'Algérie, la Kabylie (1854-1859) ; la campagne d'Italie (mai-août 1859) ; le Maroc (octobre 1859) ; Tenez, Laghouat, Saïda (1860) ; combat de Metlili, une expédition dans le désert (1865-1866) ; Laghouat, la vie chrétienne ; combat d'Aïn-Mahdi (1869) ; Aumale (1869-1870) ; l'armée de la Loire, Brou et Loigny (1870. Récit circonstancié des opérations militaires autour de Châteaudun et dans la journée de Loigny, quand le général de Sonis commandait le 17e corps) ; l'ambulance et le congé (1871) ; Rennes (1871-1874) ; Saint-Servan (1874-1880) ; Châteauroux, Limoges (1880-1883) ; Paris, l'éternité (1883-1887).

255.          BERTIER de SAUVIGNY (Guillaume de). La France et les Français vus par les voyageurs américains, 1814-1848.  Flammarion,  1982-1985, 2 vol. gr. in-8°,  427 et 341 pp, 16 pl. de gravures hors texte, biblio, index, brochés, couv. illustrées, bon état

            50

"Le premier volume, paru en 1982, était un régal ; le second est un délice dans la mesure où il présente une vue globale de la société française à travers les yeux des voyageurs américains. Ce qu'ils en ont retenu ? Fenimore Cooper le résume dans une formule frappante : « ... S'il y a plus de liberté politique aux Etats-Unis que dans la plupart des pays d'Europe, il y a, en revanche, moins de liberté sociale. » Bien sûr, la vision de la France varie avec les voyageurs, mais, en général, la société leur paraît plus libre et plus ouverte qu'on ne le dit. A preuve, leurs réflexions sur la femme française, qui rappellent, à ne pas s'y méprendre, celles des Français sur la femme américaine. Il est vrai que ces voyageurs ont surtout résidé à Paris, moins dans les villes provinciales, et jamais dans la France profonde des campagnes..." (Claude Fohlen, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1987)

256.          BIBESCO (Prince Georges). Prisonnier. Coblence 1870-1871.  P., Plon-Nourrit ; Bâle & Genève, Georg,  1899, gr. in-8°,  216 pp, une carte repliée en 3 couleurs (positions de l'armée française et des armées allemandes pendant la journée du 1er septembre 1870) et 3 gravures hors texte, index des noms cités, imprimé sur papier fort, reliure demi-chagrin carmin, dos à 5 nerfs soulignés à froid, titres dorés (rel. de l'époque), bon état. Un des exemplaire "Hommage de l'auteur", finement relié

            120

"Poignant récit des difficultés rencontrées par les hommes de troupes français faits prisonniers à Sedan et enfermés dans des camps misérables à Coblence.(Il faut toutefois noter que les officiers qui avaient prêtés serment de ne pas s'évader étaient logés chez l'habitant allemand à Coblence). Bien que ce long témoignage présente un grand intérêt, il ne saurait être question de reprendre en détails combien le comportement du Prince Georges Bibesco (1834-1902) fût exemplaire et emprunt d'une grande noblesse d'esprit pendant sa captivité. Cependant, soulignons tout de même que grâce à son caractère et à son ascendant naturel, il noua naturellement des liens d'amitié avec le général Baron de Wedell, commandant la place de Coblence et par conséquent son geôlier." (Baron Gilbert Ameil, Les Princes Bibesco, témoins de l’histoire militaire du Second Empire) — In-fine, documents sur la mort du général Bréa en 1848 et sur le rôle du colonel prince de Bauffremont au combat de Floing le 1er septembre 1870. — "Dans un livre paru en 1872, le prince Georges Bibesco a raconté les péripéties de la triste bataille de Sedan. Il retrace aujourd’hui, dans un nouveau volume de souvenirs, ses impressions de prisonnier. C’est à Coblence qu'il fut autorisé à résider. Il y vécut plusieurs mois en compagnie d'Albert Duruy et du capilaine Darras, et sa captivité, comme celle de tous les Français internés dans les deux camps voisins de la ville, fut singulièrement adoucie par la courtoisie et la générosité de caractère du général baron de Wedell, commandant de place. Le prince Bibesco, qui avait su se créer parlout d’ardentes sympathies, parvint à faire sortir le préfet Valentin de la forteresse d'Ehrenbreitstein, où il était détenu, er rendit un signalé service aux prisonniers de guerre en se chargeant de la distribution de leur arriéré de solde, quand le gouvernement français fit parvenir au gouvernement allemand, par l’intermédiaire de l'Angleterre, les sommes nécessaires au paiement des appointements de captivité des soldats prisonniers. L'ouvrage se termine par une partie documentaire et contient notamment le texte des lettres adressées à M. Thiers et à l’empereur Guillaume par la comtesse de Caraman-Chimay, les pièces relatives aux charges de Sedan (lettres du colonel de Bauffremont, du général Ducrot, etc.), un extrait du rapport du général de Galliffet en date du 2 septembre 1870 : des lettres d'Albert Duruy à son père, et des lettres écrites à l'auteur par M. Marcotte, colonel des douanes, et par le préfet Valentin. Les Souvenirs du prince Bibesco, imprimés sur papier de luxe, sont accompagnés d’une carte des environs de Sedan et de trois gravures dans le texte." (Roger Lambelin, Revue des Questions historiques, 1901) — "Le prince Georges Bibesco nous raconte, dans ce livre, les épisodes les plus curieux de la longue captivité qu’il eut à subir à Coblence, avec ses camarades de l’armée de Sedan. Il le fait de la façon la plus simple et la plus agréable, parlant toujours plus volontiers des autres que de lui-même, et nous fournissant par exemple l'occasion de connaître deux admirables figures de patriotes, le préfet Valentin et l’historien Albert Duruy. Son livre est, en outre, tout plein de menues anecdotes, de souvenirs rétrospectifs, de considérations sur les causes et les conséquences de la funeste catastrophe de 1870. Et les Documents, qui en forment la seconde partie, contiennent plusieurs pièces d’un très vif intérêt relatives à cette fameuse charge de Sedan, dont l'histoire, jusqu’ici, est toujours restée mêlée d’une part de légende. En somme, un ouvrage instructif, touchant, et d’un ton de bonne compagnie qui fait toujours plaisir à entendre." (L'Illustration, 9 sept 1899)

257.          BOIGNE (Eléonore Adèle d'Osmond, comtesse de). Récits d'une tante. Mémoires de la comtesse de Boigne née d'Osmond, publiés intégralement d'après le manuscrit original par Charles Nicoullaud.  Plon,  1908, 4 vol. in-8°,  xxxv-505, 434, 448 et 547 pp, 3 portraits en frontispice, un fac-similé reco-verso, pièces justificatives, index, reliures demi-basane noire, dos à 4 nerfs soulignés à froid, titres, tomaisons et fleurons dorés (rel. de l'époque), dos lég. abîmés, mque la partie sup. du dos du tome 1, sinon bon état

            180

Complet. Tome 1 : 1781-1814 ; Tome 2 : 1815-1819 ; Tome 3 : 1820-1830 ; Tome 4 : 1831-1866. Fragments. « Seul le tome I intéresse l’Empire. Il est particulièrement riche en anecdotes sur l’opposition royaliste (portraits de Mme Récamier, de Mme de Chevreuse, d'Alexis de Noailles, de Chateaubriand). Quelques détails peu connus sur le mécontentement suscité par les gardes d'honneur et la conscription. Mais on ne perdra pas de vue qu'il s'agit de l'œuvre d'un adversaire de l'Empire. » (Tulard, 173). Texte également capital pour l'Emigration (Fierro, 169), et, d'une façon générale, pour la Restauration : « Commencés en 1835 et tenus ensuite au jour le jour, ces mémoires intéressent la Restauration pour les vol. 2 et 3. Trait d’union entre la société impériale et les milieux liés à l’émigration, la comtesse de Boigne a joué un rôle non négligeable en 1814. Elle a ensuite suivi son père, ambassadeur, à Turin et à Londres, avant de se fixer définitivement en France. Après la Révolution de Juillet, elle a mis toute son influence au service du nouveau régime. Du fait de sa liaison intime avec Pasquier, elle a pu connaître bien des choses. » (Bertier, 131).

258.          BONNIÈRES (Robert de)(Janus du “Figaro”). Mémoires d'aujourd'hui.  P., Paul Ollendorff,  1883, in-12,  ix-370 pp, index des noms cités, reliure demi-chagrin vert, dos lisse avec titres et fleuron dorés, larges filets à froid et filets dorés (rel. de l'époque), papier un peu jauni, rousseurs, sinon bon état

            35

Robert de Bonnières de Wierre (1850-1905), est un poète, romancier, journaliste et critique littéraire. Dans les années 1880, il se lance dans la presse et rédige des critiques littéraires dans Le Gaulois, Le Figaro, Gil Blas et la Revue des Deux Mondes sous les pseudonymes de James, Robert Etienne ou encore Robert Robert. Ses articles seront réunis en trois volumes, Mémoires d’aujourd’hui, édités entre 1883 et 1888, qui reste son ouvrage le plus célèbre et qui demeure une mine d’informations sur l’histoire de l’époque. — Table : M. Pasteur candidat à l'Académie française. Le duc d'Audiffret-Pasquier. La reine Marguerite. M.Challemel-Lacour. Le général de Gallifet. M. Gambetta. M. Grévy. Le comte d'Arnim. M. Littré. M. de Pressensé. M. Berthelot. Louis II de Bavière. M. de Freycinet. M. Gambetta et madame Juliette Adam. M. de Bismarck et les jupons. M. Louis Blanc...

259.          BOURGEOIS (Emile) et E. CLERMONT. Rome et Napoléon III. (1849-1870). Etude sur les origines et la chute du second Empire.  Armand Colin,  1907, gr. in-8°,  xvii-370 pp, préface de Gabriel Monod, broché, couv. lég. défraîchie, bon état

            35

"... M. Emile Bourgeois a montré dans son livre, Rome et Napoléon III, les deux tendances contradictoires qui s'exerçaient à la cour impériale : l'une, sous l'influence de l'impératrice, en faveur du Vatican et pour le maintien d'une garnison française à Rome ; l'autre, sous l'influence du prince Napoléon, en faveur de l'unité italienne. La première de ces politiques l'emporta, ce qui eut pour résultat de nous priver de toute alliance au cours de la guerre franco-allemande..." (Revue d'histoire du XIXe siècle-1848, 1935)

260.          BOUVIER (Jean), François FURET, Marcel GILLET. Le mouvement du profit en France au XIXe siècle. Matériaux et Etudes.  P., Mouton,  1965, gr. in-8°,  465 pp, graphiques et tableaux, sources, broché, bon état, envoi a.s. de M. Gillet

            40

"Cet ouvrage a une apparence austère. A le feuilleter, on aperçoit surtout chiffres et courbes ; sa lecture fait vite apparaître le titre comme un trompe-l'oeil ; la matière du livre est infiniment plus riche qu'on peut le supposer de prime abord, et on y trouve l'écho de toutes les préoccupations d'auteurs que l'on sait attachés à l'histoire sociale autant qu'à l'histoire économique, soucieux avant tout d'échapper à une spécialisation desséchante et d'aider à la compréhension de l'homme par l'utilisation d'un instrument d'analyse dont ils possèdent le maniement à la perfection. (...) Nous trouvons, certes, dans l'ouvrage une étude du mouvement du profit en France au XIXe siècle, mais le livre est bien autre chose, et d'abord une analyse extrêmement fine, non pas seulement du mouvement du profit, mais du profit même. (...) L'abondance des documents mis à la disposition du lecteur lui permet de reprendre les conclusions des auteurs, et souvent même de pousser plus avant l'analyse... Enfin, cet ouvrage offre une remarquable mise au point sur les méthodes et les buts de l'histoire économique, et plus généralement de l'histoire qui use de statistiques." (P. Guillaume, Le Mouvement social, 1967)

261.          BRETEUIL (Marquis Henri de). La Haute Société. Journal secret, 1886-1889.  Atelier Marcel Jullian,  1979, in-8°,  387 pp, généalogie des Orléans in-fine, broché, couv. illustrée, bon état. Edition originale

            40

Sept gros cahiers reliés en maroquin noir et munis de fermoirs de sûreté. 2500 pages d'une écriture fine et serrée, proche de la calligraphie : c'est le trésor que, voici quelques années, le marquis de Breteuil remettait à son fils, Henri-François, et que ce dernier nous remet à son tour. Il s'agit du journal de son grand-père que nous publions sous le titre : "La Haute Société". La période d'abord : 1886 à 1889, c'est-à-dire l'épanouissement de la IIIe République. Le contenu ensuite : le monde des Salons, des journaux, de la politique, de la littérature. On côtoie le prince de Galles, Léon Gambetta, le général Boulanger et, à travers ses inspirateurs - la comtesse Greffulhe ou le marquis de Breteuil lui-même - l'univers de Marcel Proust. Les événements de la fin d'un siècle : un éclairage inédit sur la période d'août 1886 à octobre 1889 où les partisans d'un régime monarchique ont joué et perdu leur dernière chance. "Il y a aussi, écrit le marquis de Breteuil, dans les propos de mon grand-père, un aspect "carnet du jour" dans lequel il ne cède ni en esprit ni en causticité à nos chroniqueurs contemporains". On est frappé, au long de ces pages, riches en comptes rendus de voyages, en confidences, en portraits et en conversations, par le don d'écriture des gens du monde et par l'extraordinaire liberté d'esprit qui caractérisait la France d'alors. "Nos grands-pères, dit encore le marquis de Breteuil, aristocrates, bourgeois ou paysans, croyaient à un avenir sans barreaux où tout était encore à découvrir."

262.          BRIANCOURT (Mathieu). Précis de l'organisation du travail, extrait de "L'Organisation du Travail et l'Association".  P., Librairie Sociétaire,  1846, in-16,  vi-63 pp, broché, bon état. Edition originale : la page de titre indique "Paris, Librairie Sociétaire, 1846", la couverture imprimée de papier bleu "Paris, Librairie Phalanstérienne, 1848" avec mention de 2e édition. Très rare

            90

Dans cet ouvrage conçu sous forme de dialogues, Mathieu Briancourt (1796-1882), ouvrier teinturier et propagandiste fouriériste, fait un exposé pédagogique des conceptions fouriéristes de l’organisation du travail.

263.          CASTRIES (Duc de). Le Grand refus du comte de Chambord. La légitimité et les tentatives de restauration de 1830 à 1886.  Hachette,  1970, in-8°,  371 pp, sources, biblio, chronologie, tableau généalogique, reliure toile éditeur avec une photo du comte de Chambord contrecollée au 1er plat, rhodoïd, bon état (Le Testament de la Monarchie, V), envoi a.s.

            30

"Quand naquit aux Tuileries, au pavillon de Marsan, le fils posthume du duc de Berry, le 29 septembre 1820, il semblait qu'une brillante carrière allait s'ouvrir devant lui. C'était « l'enfant du miracle », né sept mois après la mort de son père, le seul héritier de la monarchie légitime restaurée six ans plus tôt. On sait cependant que, quand il mourut en 1886, à Frohsdorf, en Autriche, ses partisans, peu nombreux, enterraient avec lui leurs espoirs : n'était-il pas lui-même le responsable de son échec ? Nombreux sont les historiens qui se sont penchés sur cette triste destinée. Il semble bien que le plus récent d'entre eux, M. le duc de Castries, est celui qui vient d'en retracer, d'en expliquer le plus clairement les péripéties, les causes de son échec. (...) Après la guerre de 1870 et la chute du Second Empire, l'on crut à plusieurs reprises tenir  l'occasion décisive. M. le duc de Castries, par des documents inédits dont plusieurs proviennent de sa famille qui était apparentée à la maréchale de Mac Mahon, nous apporte de nouvelles lumières sur les fameuses négociations autour du drapeau blanc. Il insiste aussi sur le rôle néfaste de la comtesse de Chambord qui a certainement contribué aux successifs refus de son mari. Il marque aussi combien fut méritoire l'effacement des princes d'Orléans, à commencer par le comte de Paris. L'aveuglement du petit-fils de Charles X fut vraiment incompréhensible : on connaît le mot de Mgr d'Hulst, royaliste fervent : « Prions Dieu qu'il daigne ouvrir les yeux du comte de Chambord ou qu'il daigne les lui fermer. »..." (Revue des Deux Mondes, 1970)

264.          DAICOVICIU (C.) et Miron CONSTANTINESCU (dir.). La Désagrégation de la monarchie austro-hongroise, 1900-1918.  Bucarest, Editions de l'Académie de la République socialiste de Roumanie,  1965, gr. in-8°,  291 pp, notes, broché, bon état (Bibliotheca Histórica Romaniae, 1)

            40

Communications présentées à la Conférence des historiens du 4 au 9 mai 1964 de Budapest.

265.          DUBY (Georges) et Michelle PERROT (dir.). Histoire des femmes en Occident. 4. Le XIXe siècle. Sous la direction de Geneviève Fraisse et Michelle Perrot.  Plon,  1991, gr. in-8°,  640 pp, 72 illustrations, notes, biblio, index, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état

            30

Entre enfermement politique ou social, modèle éducatif et réalité du travail féminin comme de ses comportements, un siècle de fer pour les femmes. L'image du XIXe siècle sombre et triste, austère et contraignant pour les femmes est une représentation spontanée. On aurait tort de croire cependant que cette époque est seulement le temps d'une longue domination, d'une absolue soumission des femmes à une codification collective précise, socialement élaborée. Car ce siècle signe la naissance du féminisme, mot emblématique qui désigne tout aussi bien des changements structurels importants (travail salarié, autonomie de l'individu civil, droit à l'instruction) que l'apparition collective des femmes sur la scène politique. Ainsi faudrait-il dire pultôt que ce siècle est précisément le moment historique où la vie des femmes change, plus exactement le moment historique où la perspective de leur vie change ; temps de la modernité où est rendue possible une position de sujet, individu à part entière et actrice politique, future citoyenne. (G.F., M.P.) — Le titre "Histoire des femmes en Occident" est commode et beau. Mais il faut récuser l'idée que les femmes seraient en elles-mêmes un objet d'histoire. C'est leur place, leur condition, leurs rôles et leurs pouvoirs, leurs formes d'action, leur silence et leur parole que nous entendons scruter, la diversité de leurs représentations – Déesse, Madone, Sorcière... – que nous voulons saisir dans leur permanence et leurs changements. Histoire résolument relationnelle qui interroge la société tout entière et qui est, tout autant, histoire des hommes. (G. Duby, M. Perrot)

266.          DUPONT (Léonce). Souvenirs de Versailles pendant la Commune.  P., Dentu,  1881, in-12,  xxx-292 pp, 2e édition, reliure demi-basane verte, dos lisse avec titres et quadruples filets dorés (rel. de l'époque), bon état

            70

Journaliste au Constitutionnel, Léonce Dupont (1828-1884) livre le « témoignage d'un conservateur avoué mais qui tranche par son honnêteté avec les ouvrages de ses confrères. Et point de vue original, le 4 septembre a été selon lui "plus pernicieux" que la Commune ». (Le Quillec, 1572). Il déplore le retour des Communards amnistiés après la loi de 1880.

267.          FROSSARD (Emilien). Lettres écrites d'Orient, par l'un des pasteurs chargés de commencer l'oeuvre des aumôniers protestants auprès de l'armée française.  Toulouse, Impr. de A. Chauvin,  1856, in-12,  264 pp, 2e édition, reliure demi-vélin, dos lisse muet (rel. de l'époque), bon état. Rare

            120

Intéressante correspondance sur la guerre de Crimée et la découverte de l'Orient et principalement d'Istanbul (Constantinople) au milieu du XIXe siècle. De son séjour en Turquie et en Crimée, le pasteur Émilien Frossard (1802-1881) rapporta cet ouvrage publié en correspondance d’impressions et descriptions (écrites à Constantinople et Sébastopol) pendant la guerre de Crimée. Pasteur protestant, il fut chargé par son église de l’organisation du service des aumôniers protestants auprès des soldats de l’armée d’Orient. Les blessés ne pouvant être évacués vers la France restaient dans les hôpitaux de bases arrières, Frossard resta quelques semaines à Constantinople pour organiser le service d’aumônerie protestante dans les divers hôpitaux français qu’il visita. Puis il partit sur le théâtre des opérations en Crimée. — "Me voilà donc chevauchant dans les affreuses rues de Constantinople, rues qui me rappellent certains sentiers de nos Pyrénées, avec cette différence, toutefois, qu'ici le sol est couvert d'une boue noire, grasse, fétide, composée de pots cassés, de haillons, de ruines d'incendie, de charognes de chiens en état de décomposition, abominable magma qui révélerait des mondes nouveaux aux observateurs des infiniment petits armés de leur puissants microscopes." (p. 88) — La guerre de Crimée opposa, de 1853 à 1856, la Russie à une coalition formée de l'Empire ottoman, de la France, du Royaume-Uni et du royaume de Sardaigne ; désireux de réduire la puissance militaire russe dans la région pour l'empêcher de menacer à nouveau l'Empire ottoman, l'empereur français Napoléon III et le premier ministre britannique Lord Palmerston décidèrent d'attaquer la base navale de Sébastopol où se trouvait la flotte russe de la mer Noire. Ils débarquent en 1854, les forces alliées repoussèrent d’emblée les Russes et commencèrent leur siège. S’ensuit un combat de tranchées. Les conditions de vie des soldats sont particulièrement difficiles et le choléra fit des milliers de victimes. Les Russes tentèrent à plusieurs reprises de briser l'encerclement de Sébastopol mais leurs tentatives à Balaklava échouèrent. L'arrivée de renforts et l'épuisement des défenseurs permirent aux Français de s'emparer du bastion de Malakoff en 1855 et Sébastopol fut évacué par les Russes après ce terrible siège. Les conditions de vie des soldats durant le siège de Sébastopol furent particulièrement difficiles en raison du climat. De très nombreux soldats moururent du choléra et du typhus, les conditions d’hygiène étant catastrophiques. La guerre de Crimée peut-être considérée comme une des premières « guerre moderne » de par l'utilisation de technologies nouvelles comme les bateaux à vapeur, le chemin de fer, les fusils de nouveau type, le télégraphe et la photographie. — Émilien Frossard (1802-1881) exerça son ministère de pasteur à Nîmes, puis fut directeur du séminaire de Montauban, et enfin pasteur à Bagnères-de-Bigorre ; il tomba sous le charme des Pyrénées qu’il ne quittera plus. Comme la plupart des grands pyrénéistes de son temps, Émilien Frossard a des connaissances en géologie, botanique, météorologie, etc. ; curieux des accidents naturels des reliefs montagneux, il réalisa de nombreuses vues des Pyrénées, au crayon ou a l’aquarelle, reproduisant les sites tel un peintre voyageur (il publie 25 vues prises dans les Pyrénées françaises (1829, lithographies par Jourdan) et Le Tableau pittoresque des Pyrénées françaises (1839, texte accompagné de 22 vignettes). Il fonda en 1865 la société Ramond avec Henry Russell, Charles Packe, Farnham Maxwell-Lyte. Il est également à l’origine de la création de l’observatoire du pic du Midi de Bigorre.

268.          FURET (François). La Gauche et la Révolution française au milieu du XIXe siècle. Edgar Quinet et la question du Jacobinisme, 1865-1870. Textes présentés par Marina Valensise.  Hachette,  1986, in-8°,  317 pp, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Consacré pour l'essentiel au débat soulevé par la publication, en 1865 par Edgar Quinet de “La Révolution française”, ce livre met en évidence qu'il existe, en France, une tradition de lecture critique de la Révolution qui ne se réduit pas à l'opposition entre contre-révolutionnaires et héritiers des jacobins. En effet, Quinet non seulement condamne les excès de la Terreur, mais tente d'en donner une explication historico-politique conformément à sa grande intuition sur la révolution religieuse au XIXe siècle. Selon lui, la radicalité de la Révolution politique est le signe du « retard » français en matière de révolution religieuse : la Révolution a transposé dans l'ordre politique le dogmatisme et la résistance à l'esprit de liberté qui règnent dans le catholicisme. Un des ouvrages majeurs de François Furet, qui donne à la fois la clé de sa propre interprétation de la Révolution et réhabilite la tradition de la gauche libérale au XIXe siècle. L'essai de François Furet est suivi du dossier de la controverse, rassemblé par Marina Valensise.

269.          GARSOU (Jules). Alexandre Gendebien. Sa vie. Ses mémoires.  Bruxelles, René Van Sulper,  1930, gr. in-8°,  viii-523 pp, un portrait de Gendebien en frontispice, index, broché, bon état

            50

"M. Jules Garsou, qui s'est surtout fait connaître jusqu'ici par d'intéressantes études sur Victor Hugo, consacre un gros volume au patriote belge Alexandre Gendebien. A vrai dire, ce volume comprend plusieurs parties de nature différente. C'est d'abord (174 p.) une biographie de Gendebien. C'est ensuite une réédition de la plus grande partie de ses mémoires, parus, par fragments, en 1867 et 1868 dans un journal belge, “La Liberté”, d'abord sous le titre de “Révélations historiques sur la Révolution de 1830”, puis sous celui d' “Aperçus de la part qu'a prise Alexandre Gendebien à la Révolution de 1830”. Ce sont enfin cinq appendices, dont les quatre premiers traitent de questions particulières et dont le dernier réunit quelques lettres inédites. Le tout est un véritable monument, élevé à la mémoire de celui qui, parmi les principaux acteurs de 1830, est peut-être resté, ainsi que l'écrit M. Garsou, le plus cher au peuple belge. (...) En ce qui concerne la valeur des Mémoires, comme témoignage, il ne faut pas oublier qu'ils ont été écrits, trente-six ans après les événements qu'ils racontent, par un vieillard aveugle, qui n'avait guère d'autre guide que ses souvenirs. Il n'est pas douteux qu'ils soient sincères ; mais ils doivent être lus avec critique et confrontés sans cesse avec les documents contemporains. Ils nous instruisent surtout sur la personnalité de leur auteur. Au total, le livre de M. Garsou est certainement une contribution importante à l'histoire de la formation de la Belgique indépendante, et c'est très opportunément qu'il a paru l'année même du Centenaire." (G. Pagès, Revue Historique, 1931) — "En ces années de centenaire 1930-1931, divers écrivains se sont essayés à remettre en lumière plusieurs personnalités qui ont joué un rôle éminent dans les événements révolutionnaires belges d'il y a un siècle. L'œuvre de M. Garsou ne renferme pas uniquement un récit de l'existence vécue par Alexandre Gendebien. Elle reproduit aussi, dans leur plus grand partie, les mémoires du célèbre révolutionnaire, mémoires nés d'une querelle de presse et publiés en 1867 dans le journal “La Liberté” dont les collections sont peu à la portée des chercheurs. L'introduction que M. Garsou a écrite pour ces mémoires et qui renferme la biographie la plus complète qu'on nous ait donnée jusqu'à ce jour d'Alexandre Gendebien se recommande par un souci très visible de ne rien dire qui ne soit justifié par des documents autorisés. On voit que l'élaboration de l'ouvrage a été minutieuse, l'auteur n'a pas hésité à se rendre partout où il avait chance de rencontrer des renseignements de nature à éclairer les principaux épisodes qui marquèrent la carrière de son héros et à détruire les légendes créées autour de ses actes par des écrivains mal informés. Il s'est, en outre, efforcé d'être objectif dans ses jugements et, malgré une sympathie très visible pour Gendebien, ne se refuse point à reconnaître les fortes qualités de quelques uns de ceux pour qui cet homme politique se montra un rival acharné et très souvent injuste, tel notamment Lebeau qui, bien plus que Gendebien, mérite le titre de fondateur de la monarchie belge. Il a accompli sa tâche avec une véritable conscience d'historien. M. Garsou n'hésite pas à reconnaître les erreurs de la politique de Gendebien : Gendebien fut un destructeur et non un constructeur, Sa part dans la création de la Belgique indépendante consista surtout à renverser le régime néerlandais. On doit lui rendre cet hommage que sans sa persévérance, son action énergique sur son entourage et les populations, la révolte contre l'autorité du roi Guillaume eut peut-être eu une issue moins heureuse que celle à laquelle contribua sa volonté sans défaillance. (...) Sur les mémoires mêmes, perdus dans un journal et peu lus par la génération actuelle, ils méritaient d'être republiés, car ils contiennent sur notre révolution maints renseignements que l'on ne trouverait pas ailleurs. (...) Quelle que soit la prudence avec laquelle il faut se servir des souvenirs de Gendebien, je ne puis qu'approuver M. Garsou de les avoir mis à la portée du public. Ils constituent un document extrêmement utile pour l'histoire de la révolution belge. Un des personnages importants de l'époque de 1830 y parle. En terminant cet article, je renouvellerai les éloges que j'ai donnés en commençant au travail de M. Garsou. Celui-ci, dans sa réalisation, a fait preuve d'une grande richesse d'érudition et d'une connaissance éclairée de notre histoire contemporaine. J'ajouterai que l'auteur a complété le volume et l'a rendu aisé à consulter par la publication d'une excellente table." (A. De Ridder, Revue belge de philologie et d'histoire, 1931)

270.          GUILLEN (Pierre). L'Expansion, 1881-1898.  P., Imprimerie Nationale,  1985, gr. in-8°,  521 pp, 24 pl. de gravures hors texte, 7 cartes, notes, index, tiré sur papier de Rives, reliure éditeur, bon état (Coll. Politique étrangère de la France)

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"Dans la très belle collection « Politique étrangère de la France 1871-1969 » dirigée par Jean-Baptiste Duroselle, voici le volume couvrant les années 1881-1898 c'est-à-dire de la fin du « recueillement » consécutif à la défaite de 1871 aux prodromes de Fachoda. C'est l'époque du gouvernement de ceux que l'on a appelés de manière un peu péjorative les « opportunistes ». Dans les années 1880, ils sont attaqués sur leur droite par les monarchistes et sur leur gauche par les radicaux. L'opinion est pour la paix et le Parlement s'oppose à toute aventure, même s'il accepte de poursuivre des entreprises comme celles du Tonkin ou de Madagascar pour ne pas donner l'impression d'un abaissement du drapeau français. Dans un tel environnement, on ne peut que s'étonner que, malgré de telles résistances et l'instabilité ministérielle, ces opportunistes si décriés aient réussi une expansion coloniale somme toute imposante, malgré l'échec retentissant de l'Egypte où une domination britannique exclusive se substitue au condominium franco-britannique en 1882 par suite du refus de la Chambre de s'engager. Les mêmes qui ont ruiné la position de la France livreront ensuite un vain combat d'arrière-garde contre l'Angleterre, avec pour seul résultat d'attiser la rivalité franco-britannique et d'accroître l'isolement de la France. Car la France reste isolée durant les années 1880. Le rapprochement entre la France et l'Allemagne, longtemps recherché par Bismarck, est impossible en raison de l'hostilité de l'opinion française. La Tunisie, le conflit douanier et des incompréhensions mutuelles handicapent continuellement les relations avec l'Italie. Du côté de l'Angleterre, les choses ne vont guère mieux : là aussi vieilles méfiances et rivalités coloniales bloquent le rapprochement. La Russie s'inquiète de cette France républicaine et instable, tandis qu'à Paris, on se montre sceptique sur l'intérêt d'une telle alliance. Dans les années 1890, la politique extérieure, bénéficiant d'un consensus qui avait fait défaut durant la décennie précédente, devient plus offensive, avec des succès marqués en Afrique. L'alliance avec la Russie est enfin conclue. Il en résulte une mauvaise appréciation du rapport de forces. Hanotau et le Quai d'Orsay ne voient pas que la France ne peut pas être à la fois contre l'Allemagne sur le continent et contre l'Angleterre outre-mer. L'épreuve de force qu'ils ont voulue dans la région du Haut Nil tournera à la confusion de la France et aboutira à une capitulation humiliante. Pierre Guillen a su présenter cette histoire avec une érudition et un jugement sûrs et la toujours parfaite présentation de l'Imprimerie nationale ajoute encore à l'agrément de la lecture." (Hervé Coutau-Bégarie, Politique étrangère, 1986)

271.          KARDEC (Allan). Qu'est-ce que le Spiritisme ? Introduction à la connaissance du Monde invisible par les manifestations des Esprits contenant le résumé des principes de la doctrine spirite, et la réponse aux principales objections.  P., Librairie des Sciences psychologiques,  s.d. (1889), in-12,  182 pp, 19e édition, broché, couv. défraîchie, mouillure angulaire au coin des premiers feuillets, état correct

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Paru pour la première fois en 1859, ce livre contient un résumé des principes de la doctrine spirite et les réponses aux principales objections. En 1857, Allan Kardec avait codifié une nouvelle doctrine issue de messages que des médiums affirmaient avoir reçus. Cette philosophie, baptisée « spiritisme », fut exposée dans “Le Livre des Esprits” qui connut un succès mondial. La popularité du spiritisme au XIXe siècle s’accompagna de nombreuses critiques. Dans le but de répondre à ses détracteurs, Kardec publia « Qu’est-ce que le spiritisme ». De son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, Allan Kardec (1804-1869) est le fondateur de la philosophie spirite ou spiritisme. Il est généralement surnommé le « codificateur du spiritisme ». Son œuvre influence toujours aujourd'hui la culture et la vie publique brésilienne.

272.          LEGER (François). Monsieur Taine.  P., Critérion,  1993, gr. in-8°,  502 pp, 8 pl. de gravures et photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Prix de la critique de l'Académie française 1994) On joint une lettre de Bernardine Melchior-Bonnet, petite-fille de Taine, à une descendante d'Albert Sorel ou Taine est évoqué, et un feuillet de l'Encyclopedia Universalis sur Taine

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Auteur en 1980 d'un livre consacré à « La jeunesse d'Hippolyte Taine », François Léger est le spécialiste incontesté de cet écrivain auquel il a voué trente ans de sa vie. Afin de mieux le connaître, il ne s'est pas contenté de dépouiller une abondante documentation inédite. Il a refait ses voyages, visité les lieux où il vécut et relu l'ensemble de son oeuvre, de son retentissant essai sur « Les philosophes français du XIXe siècle », jusqu'aux derniers volumes des « Origines de la France contemporaine », sans oublier une foule d articles et de manuscrits. La biographie qu'il lui consacre dresse le portrait d'un homme exceptionnel, aux idées hardies, qui a profondément marqué la vie intellectuelle de son temps.

273.          MERCIER (Jacques et Dominique). Napoléon III quitte la scène. 4 septembre 1870.  Albin Michel,  1967, in-8°,  191 pp, annexes, index biographique des principaux noms cités, broché, couv. illustrée, bon état

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"Le 4 septembre 1870, Pans apprend que l'armée est vaincue, l'empereur prisonnier. Le régime, plébiscité quelques mois auparavant sombre en quelques heures, presque sans résistance. Quelques mouvements de foule au Palais-Bourbon, la détermination des républicains, Jules Favre, Gambetta, qui voient dans la défaite l'occasion attendue depuis dix-huit ans, la peur d'une révolution socialiste, il n'en faut pas plus. Le soir du 5 septembre, Paris se réjouit et trinque à la santé de la République. Les auteurs tracent de la chute du second Empire un tableau alerte et convaincant. On est étonné, à la lecture de ce livre, de voir à quel point les Prussiens semblent loin, à quel point les partisans de l'Empire sont inefficaces. Tout cela semble se passer comme dans un rêve." (Revue des Deux Mondes, 1967)

274.          MOELLER (Georges). ‎Eclaircissements sur les derniers mouvements révolutionnaires de l’Allemagne et de l’Italie, les campagnes de 1848 et 1849 dans la péninsule, la vérité sur les désastres de Novare.  Genève, Ch. Gruaz,  1851, in-8°,  510 pp, notes, documents, reliure demi-basane fauve, dos lisse avec titres et filets dorés au dos (rel. de l'époque), bon état

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Edition originale. La première guerre d'indépendance italienne vue par un Français et lue dans le contexte des soulèvements européens de 1848. L'auteur examine les pays d'Europe et les États italiens : Rome, Gênes, la Toscane, etc. La bataille de Novare (23 mars 1849) signe la fin de la première guerre d'indépendance italienne. Elle est livrée par 70,000 soldats autrichiens commandés par le feld-maréchal Joseph Radetzky et 100,000 soldats du royaume de Sardaigne (même si tous ne participent pas à la bataille) commandés par le roi Charles-Albert de Sardaigne, par le général polonais Wojciech Chrzanowski et par le chef d'état-major Alessandro La Marmora. La victoire des Autrichiens permit à l’empereur François-Joseph Ier de rétablir la domination autrichienne sur la Lombardie. Peu commun.

275.          O'RELL (Max). John Bull et son île. Moeurs anglaises contemporaines.  Calmann-Lévy,  1884, in-12,  vi-323 pp, reliurex demi-basane havane, dos à 5 nerfs soulignés à froid, auteur et titre dorés (rel. de l'époque), rousseurs, bon état

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"Un livre charmant que je viens de parcourir. “John Bull et son île”, par Max O’Rell, est le résultat de dix ans d’observations en Angleterre. L’auteur, qui sait tout voir et bien voir, nous initie aux détails journaliers des mœurs anglaises contemporaines. Ceux qui ont été seulement à Londres pendant quelques jours pourront juger de la vérité des impressions et des récits de l’auteur. Il n’est pas de page qui ne contienne quelque photographie intéressante. Max O’Rell nous promène partout : dans les rues, en chemin de fer, en omnibus, dans les familles, chez les esthètes, dans les villas, dans les boutiques, les hôpitaux, à la cour, partout enfin où il y a quelque chose à glaner, à observer... Le livre est plein de fines remarques sans prétention, et servira à donner une idée assez juste de ce peuple qui persiste à ne pas vouloir de tunnel avec la France et à nous maintenir à la distance d’un mal de cœur." (Philippe Gille, La bataille littéraire. Troisième série (1883-1886), 1890) — "Ce livre si piquant et si amusant de Max O'Rell : “John Bull et son île”, dont on n'a pas oublié le retentissement des deux cotés du détroit. Jamais le caractère britannique, jamais les mœurs et la vie intime d'outre-Manche n'ont été saisis sur le vif avec plus de pénétration et d'esprit." (Le Temps, 9 sept 1884) — Léon Paul Blouet, connu sous le nom de plume Max O'Rell (1848-1903) est un écrivain et conférencier. Il eut beaucoup de succès aux États-Unis et en Grande-Bretagne à la fin du dix-neuvième siècle. Célèbre pour ses descriptions humoristiques des mœurs et coutumes des grandes nations occidentales, il a rendu populaire le personnage de John Bull dans son premier grand succès “John Bull et son île” (1883). Il se considérait comme un médiateur entre l’Angleterre, les États-Unis et la France.

276.          PIERRARD (Pierre). 1848... Les pauvres, l'Evangile et la Révolution.  Desclée,  1977, in-8°,  253 pp, biblio, broché, bon état

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"Le livre refermé – et la lecture en est tout au long fort attachante – , on s'interroge sur son titre : car aux yeux de l'auteur, l'Église ne fut alors que bien peu de temps aux côtés de la Révolution, par bien peu des siens au service des pauvres, et finalement fort peu dans la ligne de l'Évangile. C'est cependant un conflit qu'il met en scène, avec la vigueur et la précision dont sa plume est coutumière : celui qui, après la brève idylle du printemps 1848, opposa durablement un « parti de l'ordre » appuyé sur les catholiques, aux partisans de la Révolution sociale. Deux grandes parties structurent clairement l'ouvrage. La première, en cinq chapitres, suit la rapide succession des événements, depuis les journées de février jusqu'au coup d'État du 2 décembre. On en retiendra surtout plusieurs passages où sont utilement rassemblées des données qu'il n'est pas toujours facile de recueillir : portraits, par exemple, des 16 ecclésiastiques élus à la Constituante (p. 35-38), liste d'incidents anticléricaux en mars-avril 48 (p. 50-54), etc. La genèse de la loi Falloux est longuement étudiée (p. 115-135). La seconde partie est certainement la plus ambitieuse : après le récit vient, en deux chapitres, une tentative d'explication du « fossé » qui sépare – reprenons-en les titres – « deux conceptions de l'Église et de l'Évangile », « deux visions de l'homme et du Royaume de Dieu ». Le dialogue s'est avéré impossible parce que deux langages différents traduisaient l'incompatibilité radicale de deux eschatologies. Les catholiques, habités par un souci exclusif du salut individuel dans l'au-delà, ont confondu la cause de l'Église et celle de l' « ordre », et cela « par un défaut de réflexion théologique » (p. 179). De ce fait, les hommes de 48, malgré une « conception romantique, utopique, mais religieuse et évangélique » du monde et de l'histoire (p. 196), ont néanmoins versé dans l'anticléricalisme." (Claude Savard, Revue d'histoire de l'Église de France, 1978)

277.          PIERRARD (Pierre). Juifs et catholiques français. De Drumont à Jules Isaac (1886-1945).  Fayard,  1970, in-8°,  336 pp, biblio, broché, couv. illustrée, pt trace d'humidité ancienne au 1er plat et au bas du dos, bon état, envoi a.s. et carte de visite de P. Pierrard

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"Les relations entre juifs et catholiques depuis la parution de la France juive d'Edouard Drumont jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. (...) L'antisémitisme tient la part belle dans cet ouvrage, l'auteur analysant tour à tour les publications, revues et organisations diverses nées dans la mouvance antisémite. Mais il fait aussi une place aux réflexions d'un abbé Frémont ou d'un Léon Chaîne au moment de l'affaire Dreyfus ou à celles plus nombreuses, développées essentiellement dans les milieux démocrates-chrétiens dans les années 1930. L'accumulation de faits fournis par l'auteur est impressionnante, d'autant mieux qu'il connaît parfaitement l'ensemble de la littérature produite à ce sujet..." (Jacques-Olivier Boudon, Archives des sciences sociales des religions)

278.          PIERRARD (Pierre). L'Eglise et la Révolution, 1789-1889.  P., Nouvelle Cité,  1988, in-8°,  273 pp, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Ce livre couvre cent ans d'histoire. Cent ans au cours desquels l'Eglise, après avoir subi – et parfois promu – le choc de la Révolution, a dû continuellement se situer par rapport à elle : de l'Eglise constitutionnelle à la "Contre-révolution irréconciliable", de l'Eglise des évêques-réunis au concordat, autant d'attitudes dont nous sommes pour une part les héritiers. 1789, 1830, 1848, 1870, Pierre Pierrard suit pas à pas, sans polémique, cette histoire où la passion et les préjugés ont servi trop souvent d'arguments. Cet ouvrage extrêmement documenté ouvre au lecteur des perspectives inattendues.

279.          RAYMOND-GUASCO (Jean). Le Collège d’athlètes (de Reims). Ecole française de l’Education physique et des Sports.  P., G. Oudin et Cie,  s.d. (1913), pt in-8°,  65 pp, 8 photos dont 7 à pleine page, reliure demi-chagrin fauve, dos à 5 nerfs soulignés à froid, pièces d'auteur et de titre chagrin carmin (rel. de l'époque), bon état. Rare

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En avril 1913, préfiguration de l’Institut national des Sports, le Collège d’Athlètes de Reims, créé sur le site initialement prévu pour le vélodrome du Parc Pommery, ouvre ses portes. Les installations sont réparties sur 4 hectares et comprennent : une piste de 300 m entourée de pentes douces plantées de gazon et munies de gradins, à l’intérieur de cette piste, une pelouse avec des pistes, des sautoirs, des barres de suspension, des cordes lisses et des carrés pour la lutte, un gymnase couvert, une piscine de plein air, des salles de consultations médicales, de conférence, de massage, des douches et des vestiaires, une bibliothèque et un laboratoire pour les travaux cinématographiques. Ex-directeur des exercices physiques à l’École des Fusiliers marins de Lorient et inspirateur d’une nouvelle méthode de gymnastique « naturelle », laquelle prône que « les muscles de l’athlète se doivent d’être au contact avec l’air ! », le lieutenant de vaisseau Georges Hébert est nommé directeur technique. Il est secondé dans sa tache par Ernest Guy directeur administratif, Jean Raymond Guasco secrétaire général, douze moniteurs et deux médecins.

280.          RIGONDET (Juliette). Un village pour aliénés tranquilles.  Fayard,  2019, in-8°,  311 pp, 18 photos, 3 fac-similés, une carte, notes, sources, broché, couv. illustrée, bon état

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A la fin du XIXe siècle, face à la faillite de l'asile où l'on retient, plus qu'on soigne, les "aliénés" dans des établissements surpeuplés, des psychiatres réfléchissent à une solution alternative. Pourquoi ne pas faire sortir de ces hôpitaux les "incurables tranquilles" en les installant, contre rétribution, dans des familles, à la campagne ? Le conseil général de la Seine décide, en 1891, de tenter l'expérience. Un an plus tard, la petite ville de Dun-sur-Auron, dans le Cher, est choisie pour accueillir, "à titre d'essai" , la première "colonie familiale pour aliénés" en France. L'essai est si concluant que le nombre de familles prêtes à héberger des patients augmente de façon exponentielle. En 1913, la colonie de Dun compte plus de 1.000 malades mentaux pour environ 4.000 habitants. Appelé aujourd'hui "Accueil familial thérapeutique" , ce mode de soins existe toujours à Dun, même si les patients y sont moins nombreux qu'autrefois. En s'appuyant sur les archives hospitalières et sur des témoignages de patients, de familles d'accueil, de villageois, Juliette Rigondet raconte l'histoire de ce lieu à part dans la psychiatrie française et reconstitue l'existence de ces hommes et de ces femmes qui ont fait partie, jusqu'à leur mort, de la vie quotidienne des Dunois. Elle nourrit ainsi la réflexion sur ce que notre société fait des "fous" et de l'Autre.

281.          RIOUX (Jean-Pierre). Nationalisme et conservatisme. La Ligue de la Patrie Française, 1899-1904.  P., Beauchesne,  1977, in-8°,  117 pp, 6 tableaux et cartes, broché, bon état

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"L'histoire de l'affaire Dreyfus nous paraît aussi fascinante par la complexité de ses épisodes que par la simplicité de son enjeu. Documenté avec précision dans la presse du temps et dans les riches archives de la Préfecture de police (notamment), J.-P. Rioux enrichit encore nos connaissances sur ces foisonnantes années et nous offre ici une étude à propos de éphémère Ligue de la patrie française (celle de Jules Lemaître, de François Coppée et de Gabriel Syveton). Celle-ci a précisément été fondée pour faire contrepoids à la Ligue des droits de l'homme. Comme sa rivale, elle a d'abord groupé des intellectuels, et, comme elle également, elle s'est voulue fidèle à la République et à ses principes. Il s'est trouvé seulement d'abord que, dans le champ politique, comme on dirait aujourd'hui, la place était prise : les républicains venus à la droite par le culte de l'armée et par le nationalisme étaient depuis plusieurs années déjà rassemblés dans la Ligue des patriotes. Il s'est trouvé surtout que, sur un programme antidreyfusard, ramené du culte exclusif de la patrie à celui de la "tradition nationale" et par là bientôt à celui du passé, la Ligue devait être envahie et débordée par les passéistes les plus conséquents, conservateurs, antisémites, cléricaux, etc. On comprend que la Ligue ait très vite perdu son originalité, puis son existence même. Mais J.-P. Rioux ne croit pas que ce si bref passage dans notre histoire ait été négligeable..." (M. Agulhon, Annales ESC, 1978)

282.          RIVET (Félix). La navigation à vapeur sur la Saône et le Rhône, 1783-1863. (Thèse).  PUF,  1962, gr. in-8°,  619 pp, 52 gravures et portraits sur 28 planches hors texte, 2 cartes, biblio, broché, bon état

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"Les vallées du Rhône et de la Saône constituent une voie naturelle admirable. Pendant une trentaine d'années, cette voie sera exploitée surtout par la navigation ä vapeur. M. Rivet en a retracé l'histoire dans une monographie massive. II décrit tout d'abord les différents moyens de transport en usage avant la mise au point du bateau ä vapeur: la diligence, le roulage, la navigation halée. Il rappelle ensuite les premiers essais de navigation ä vapeur. En 1783 déjà, Jouffroy d'Abbans effectua une démonstration de « pyroscaphe » sur la Saône ä Lyon. Précurseur méconnu, il fut relayé par des Américains. Vers 1830, la navigation à vapeur sur la Saône et le Rhône passe des expériences parfois périlleuses au stade de l'exploitation industrielle. Plusieurs compagnies se forment sous la Monarchie de Juillet. De 1839 à 1845, d'importantes améliorations techniques s'accompagnent d'une concurrence acharnée. Malgré les difficultés géographiques, les entraves financières, économiques et politiques, la batellerie se développe et connaît même une période de grande prospérité de 1846 à 1848, alors que dans le même temps les chemins de fer ne parviennent pas à surmonter les obstacles. L'auteur accorde ensuite son attention aux débuts des chemins de fer qui deviendront bientôt le grand rival de la navigation. II suit de très près la naissance difficile de la ligne Paris-Lyon-Marseille. Peu à peu, le nouveau moyen de transport va nécessairement prendre le dessus. Le second Empire assurera son triomphe. Les compagnies de chemins de fer fusionnent en 1857, mais les compagnies de navigation ne parviennent pas à s'unir complètement. Contre le puissant P.L.M., elles ne peuvent pas lutter. Elles cherchent alors à survivre en échappant à leur destin local. La batellerie lyonnaise envisage pendant la guerre de Crimée de transférer tout son matériel sur le Danube, puis tente de réinvestir ses capitaux dans la navigation transatlantique. Sans succés, dans un cas comme dans l'autre. En 1862, quand les dernières compagnies fusionnent enfin, il est trop tard. M. Rivet a reconstitué l'essor et la décadence de la navigation à vapeur sur la Saône et le Rhône avec une patiente minutie. Il est attentif aux questions techniques et géographiques comme aux aspects économiques, financiers et politiques. Ce chapitre intéressant de l'histoire des transports s'appuie sur une documentation très abondante. De nombreuses illustrations et citations animent un texte qui va parfois très loin dans le détail." (Gustave Moeckli, Revue suisse d'histoire, 1963)

283.          SAINT-RENÉ TAILLANDIER (René Gaspard Ernest Taillandier, dit). Dix ans de l'histoire d'Allemagne. Origine du nouvel empire, d'après la correspondance de Frédéric-Guillaume IV et du baron de Bunsen, 1847-1857.  P., Didier et Cie,  1875, in-8°,  xx-438 pp, annexes, reliure demi-basane carmin, dos lisse avec titres et doubles filets dorés (rel. de l'époque), dos et plats frottés, coiffes émoussées, coupes frottées, C. de bibl. et étiquettes de bibl; au dos, intérieur propre, état correct

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"Dans le livre qu'il publie aujourd'hui, M. Saint-René Taillandier s'occupe de l'Allemagne à un point de vue rétrospectif, en prenant pour base de son étude la correspondance du roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV avec le baron de Bunsen, son ambassadeur à Londres. Ces lettres sont des plus intéressantes pour nous par les révélations qu'elles nous apportent et par le jour qu'elles jettent sur bien des parties obscures des derniers événements. Le baron de Bunsen a marqué sa place au premier rang comme historien et comme théologien. Disciple et collaborateur de Niebuhr, il a écrit une philosophie de l'histoire que les Allemands n'ont pas craint de comparer à la fois aux Pensées de Pascal et au Cosmos d'Alexandre de Humboldt. Son grand ouvrage sur la Bible est un monument de science et de foi qui semble défier les assauts de la critique exégétique moderne. Lié d'amitié avec Frédéric-Guillaume IV, il avait été, en face de Stahl et des conseillers absolutistes du souverain, un conseiller ardemment libéral. Ambassadeur de Prusse à Londres, il avait toujours soutenu les causes auxquelles s'intéressaient les puissances occidentales de l'Europe. Mais ce que l'on ignorait, c'est que cet esprit si mesuré avait servi avec une passion impétueuse le dessein de livrer l'Allemagne aux Hohenzollern, c'est que cet esprit si libéral avait gardé contre la France les haines et les rancunes de 1813. Quant au roi Frédéric-Guillaume, sa correspondance avec son ambassadeur modifie singulièrement l'idée qu'on se faisait généralement de ce monarque. C'était bien toujours l'artiste, le savant, le piétiste fanatique, mais il n'avait garde de se perdre dans ses rêves. Cet esprit irrésolu et chimérique appréciait très nettement les choses réelles. La révolution de 1848, qui l'a si fort tourmenté, ne l'a point surpris. Sur ce point et sur d'autres, ses lettres nous fournissent des preuves d'une clairvoyance singulière. Quant à l'unité germanique, il l'appréciait à sa manière aussi vivement que personne, n'ayant de scrupules qu'au sujet des voies et moyens. Cette correspondance embrasse les sujets les plus divers ; nous remarquons entre autres choses : la question du Sanderbund et des cantons radicaux de la Suisse en 1847, affaire qui passionna si vivement le roi de Prusse comme prince de Neuchâtel ; le parlement de Francfort et la constitution d'un empire allemand offert à la Prusse par la démocratie germanique ; les humiliations de la Prusse en 1850 et l'avénement de l'empereur Napoléon III qui provoqua à la cour du roi une immense explosion de colère. C'est à cette occasion que Frédéric-Guillaume rêva d'une quadruple alliance contre la France. Il offrit un contingent de 100,000 hommes, au moment même où le gouvernement anglais reconnaissait le nouvel empire. Citons encore la guerre de Crimée, l'abstention de la Prusse et la démission de Bunsen qui eût voulu soutenir comme ambassadeur à Londres une politique tout opposée à celle du roi. On sait qu'atteint d'un affaiblissement mental, le roi de Prusse fut obligé de laisser l'administration à son frère, le prince Frédéric-Guillaume, qui règne actuellement. Il mourut le 2 janvier 1861, peu de temps après son ami de Bunsen. Ce dernier avait passé les dernières années de sa vie, en partie, à Cannes et à Paris. Ce séjour en France avait contribué à rectifier ses idées et à calmer ses passions. Il ne maudissait plus notre pays, parce qu'il le connaissait mieux. Il avait eu l'occasion de voir quelques-uns des hommes qui forment l'élite de la société française, il savait enfin rendre hommage aux grandes qualités de notre esprit après les avoir niées ou dépréciées. « On sent, écrivait-il, quelque chose se dégager et dans la langue et dans l'esprit, quand on s'entretient avec des hommes tels que Mignet, Villemain, Cousin, Laboulaye, Saisset, Parieu, Michel Chevalier, etc. » (E. de L.) — "A peine reçu docteur ès lettres, en 1843, M. Saint-René Taillandier fut appelé comme professeur titulaire de littérature française à la Faculté des lettres de Montpellier Cette même année, il fit ses débuts à la Revue des Deux Mondes, dont il devint bientôt un des collaborateurs les plus féconds et les plus solides. Que de travaux remarquables n'a-t-il point publiés dans ce recueil littéraire ! Si l'on rassemblait tous les articles dont il l'a enrichi, on en formerait de nombreux volumes. Il nous suffira de rappeler les livres suivants : Allemagne et Russie, Bohême et Hongrie, Dix ans de l'Histoire d'Allemagne, Histoire et Philosophie religieuse, Écrivains et Poètes modernes, la Serbie, Drames et romans de la vie littéraire, Maurice de Saxe, la Comtesse d Albany, Mémoires du comte de Ségur, le Roi Léopold et la Reine Victoria, et nous en omettons. M. Saint René Taillandier occupait à l'Institut le douzième fauteuil et pour ceux qui l'ignorent ce fauteuil est celui de Voltaire..." (Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, 1879)

284.          SARREPONT (Major H. de). Histoire de la défense de Paris en 1870-1871. Avec la carte des environs de Paris, du Dépôt de la guerre, tirée à sept teintes, indiquant les travaux de la défense et ceux de l'ennemi.  P., Librairie militaire de J. Dumaine,  1872, in-8°,  xx-500 pp, 4 grandes cartes dépliantes hors texte, appendices, reliure demi-chagrin carmin, dos à  nerfs filetés et soulignés à froid, titres et caissons fleuronnés dorés (rel. de l'époque), qqs rares rousseurs, bon état. Edition originale. Bel exemplaire

            200

Excellent ouvrage consacré surtout aux fortifications de Paris et à leur défense. — "L'auteur ne s'est proposé d'autre fin que de classer méthodiquement les notes qu'il a prises pendant le temps du siège et de les présenter avec ordre et clarté. Témoin de beaucoup d'événements, il expose, aussi simplement que possible, ce qu'il a vu, ce qu'il sait, ce qu'il tient de bonne source. Il s'est particulièrement attaché à ne mettre en lumière que la vérité, ce qu'il croit être la vérité." (préface) — Sarrepont est le pseudonyme de Eugène Hennebert (1826-1896), polytechnicien et officier du génie, connu pour ses nombreux ouvrages d'art militaire. Sorti de l’École polytechnique en 1845, il choisit le génie. Il est nommé à Versailles, le 18 mars 1869, puis promu chef de bataillon le 9 juillet 1870. Il prend part au siège de Paris (1870-1871) durant lequel il est attaché aux travaux de défense du 8e secteur (forts de Vanves et Montrouge).

285.          SÉGUR (Comte Anatole de). Les Martyrs de Castelfidardo.  P., Ambroise Bray,  1868, in-12,  322 pp, 6e édition revue et augmentée, reliure demi-chagrin carmin, dos à 4 nerfs pointillés, titres et caissons dorés, encadrement à froid sur les plats, fer doré d'un collège jésuite au 1er plat (rel. de l'époque), bon état

            25

"Ce livre n'est point une histoire de la révolution de l'Italie, ni de la question romaine. Ce n'est même pas l'histoire de l'armée pontificale. C'est le récit des actes des martyrs français de Castelfidardo, c'est-à-dire l'histoire de ces jeunes héros, de ces sublimes volontaires qui ont quitté la France pour voler à la défense du Saint-Siége, et qui sont tombés sur le champ de bataille ou qui sont morts des suites de leurs blessures..." (Avant-propos)

286.          SPULLER (Eugène). Lamennais. Etude d'histoire politique et religieuse.  Hachette et Cie,  1892, in-12,  361 pp, reliure demi-percale carmin, dos lisse avec titres dorés et filets à froid (rel. de l'époque), bon état

            30

"Cette étude biographique est admirablement impartiale. On sent qu’elle a été écrite avec une sympathie profonde, qui a tout fait comprendre, mais sans troubler ni diminuer en rien la liberté et la sûreté du jugement. C'est un beau livre, d'une lecture singulièrement attrayante. M. Spuller l'a résumé lui-même en une page de la conclusion, où l’on voit quel intérêt très actuel s'attache à la vie et à l'œuvre de Lamennais. « Lamennais a été fondateur ou précurseur, comme l'on voudra, de trois partis ou de trois doctrines qui remplissent toute l'histoire religieuse du XIXe siècle. Il a d'abord été le maïtre et le docteur du catholicisme ultramontain : ensuite, le maitre et le docteur des catholiques libéraux ; enfin, quand on y regarde de près, il est aujourd'hui en passe, tout exclu de l'Église qu’il ait été, de devenir le maître et le docteur du socialisme chrétien. »..." (F. Pillon, Revue philosophique de la France et de l'étranger, 1892)

287.          TARN (Julien-Frédéric). Le Marquis de Custine, ou les malheurs de l'exactitude.  Fayard,  s.d. (v. 2005), fort in-8°,  815 pp, 4 cartes des voyages de Custine, notes, biblio, broché, couv. illustrée, bon état

            30

Pendant plus d'un siècle et demi, le seul nom d'Astolphe de Custine (1790-1847) aura déchaîné fiel, sottise et vilenie. L'aristocrate ? Nanti. L'homme ? Répugnant. Le romancier ? Inexistant. Le voyageur ? Pressé. Le penseur ? Penser, ce réactionnaire, spiritualiste de surcroît ! A retenir tout au plus l'amphitryon – car la "fine fleur" de ses contemporains s'est gobergée chez lui... – et, à la rigueur, sa Russie en 1839, non pour sa valeur intrinsèque, évidemment, mais pour sa commodité contre – peu importe qui – : probité fonctionnelle oblige. Avions-nous là une image fidèle du marquis ? Ou bien l'involontaire autoportrait de son temps (et du nôtre) ? Quatorze ans d'enquête scrupuleuse et passionnée, de recherches minutieuses permettent aujourd'hui de dessiner, preuves à l'appui, la véritable figure d'un être douloureux et secret, trop noble pour son époque, d'un écrivain libre, inclassable, gênant, gravement actuel, que Barbey, Baudelaire, Nietzsche... avaient déjà la faiblesse d'admirer, et quantité d'autres le bon goût de piller ! L'amnésie volontaire des nations n'est pas forcément innocente ; l'indépendance vis-à-vis de la médiocratie se paie à vie et à mort : le "fameux" marquis de Custine nous offre aussi cela – une intraitable leçon de dignité, d'exactitude.

288.          TERSEN (Emile). Quarante-Huit.  Club Français du Livre,  1970, in-8°,  284 pp, 12 illustrations, 3 plans sur un dépliant volant, biblio, reliure cuir acajou de l'éditeur, plats ornés, bon état

            25

L'ouvrage de M. E. Tersen, présenté avec un souci de la qualité typographique et de l'illustration qui manquent trop souvent dans les ouvrages d'histoire, constitue en fait une histoire de toute la Seconde République, puisqu'il commence avec la crise économique et politique de la Monarchie de Juillet pour se terminer au coup d'État du Deux-Décembre. L'auteur apporte une attention particulière aux aspects sociaux des conflits qui se manifestèrent alors et aux tentatives soit parlementaires, soit insurrectionnelles, pour essayer de résoudre une crise particulièrement dure. L'illustration, choisie avec un souci remarquable, constitue, avec des lithographies, des dessins et des sculptures, une véritable galerie de l'art du temps. Un plan de Paris, avec deux cartons localisant plus précisément la zone de la fusillade du boulevard des Capucines, et celle du Palais-Royal et des Tuileries, ajoute des précisions peu connues à l'histoire parisienne de 1848. (Jean Vidalenc, Revue historique)

289.          VALLOTTON (Henry). Elisabeth d'Autriche. L'Impératrice assassinée.  Fayard,  1957, in-8°,  252 pp, biblio, broché, bon état (Coll. Les Temps et les destins)

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Elisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, duchesse en Bavière (1837-1898), fut impératrice d'Autriche et reine de Hongrie. Elle est aujourd'hui universellement connue sous son surnom de Sissi. — "Tragique et indomptée, l'impératrice Elisabeth est une proie toute trouvée pour les biographes. A 17 ans, l'espiègle Sissi avait fait avec l'empereur François-Joseph le plus inattendu des mariages d'amour. Mais bien vite elle étouffe dans l'atmosphère guindée et hostile de la Cour. Lé destin s'abat sur elle : son fils se suicide, sa soeur est brûlée vive. L'impératrice vagabonde promène à travers toute l'Europe son besoin d'évasion jusqu'au jour où elle tombe victime d'un anarchiste. Le récit de M. Vallotton se lit avec intérêt : un peu diffus parfois, un peu lourd dans les excursus qu'il consacre à l'histoire générale (il fallait pourtant bien rappeler le rôle joué par Elisabeth dans les négociations avec les Hongrois), il reste empreint de finesse psychologique et d'une noblesse émouvante." (Etienne Celier, Etudes, 1957)

290.          VAN NECK (Léon). 1830 illustré. Avant, pendant et après la Révolution.  Bruxelles, Verteneuil & Desmet,  1902, gr. in-8°,  175 pp, 169 gravures et portraits, un plan sur double page, reliure demi-toile aubergine, dos lisse avec titres dorés, bon état

            40

"Van Neck, dans son ouvrage “1830 Illustré avant, pendant et après la Révolution”, a réuni un ensemble remarquable de planches et gravures relatives aux combats de septembre 1830 à Bruxelles". (Robert Demoulin, Les Journées de septembre 1830 à Bruxelles et en Province, 1934)

291.          VÉRON (Louis-Désiré). Mémoires d'un bourgeois de Paris. Chronique de la vie mondaine et littéraire de 1815 à 1852. Textes choisis et présentés avec un avant-propos et un index par Pierre Josserand.  P., Guy Le Prat,  1945, 2 vol. in-12,  243 et 251 pp, 8 pl. de gravures hors texte, index, brochés, bon état (Coll. Jadis et Naguère)

            30

Mémoires très plaisants, de première importance pour la petite et la grande histoire de la première moitié du 19e siècle, documentation vivante sur la fin de l'Empire, la Restauration, et le début du Second Empire. — "Docteur en médecine, Louis-Désiré Véron (1798-1867) souhaitait devenir le mémorialiste de Paris au XIXe siècle, dans la lignée de L'Estoile et de Barbier. Rédacteur à "La Quotidienne" en 1828, fondateur de la "Revue de Paris" en 1829, il consacre près de la moitié de ses mémoires à la fin de l'Empire et à la Restauration. On y trouve de nombreux portraits d'hommes politiques ou de lettres, d'artistes, de médecin, de très nombreuses anecdotes. Ces mémoires représentent bien la mentalité de la bourgeoisie du temps." (Bertier, 986 ; Tulard, 1476 ; Vicaire VII, 1019)

292.          VIALLANEIX (Paul). La Voie royale. Essai sur l'idée de Peuple dans l'oeuvre de Michelet. (Thèse).  Flammarion,  1971, gr. in-8°,  546 pp, nouvelle édition, chronologie, biblio, index, broché, bon état

            40

"Paul Viallaneix, en rééditant sous une forme nouvelle, son étude capitale sur Michelet et le Peuple – c'est-à-dire l'histoire – , et en publiant le premier volume des œuvres complètes de Michelet, a droit à la gratitude des historiens." (Annales ESC, Le Choix des Annales, 1971) — "Paul Viallaneix est internationalement connu comme LE spécialiste de Michelet pour le travail fondamental, de redécouverte, qu'il a accompli au sujet de l'historien. Est-il besoin de rappeler que grâce à lui, entre 1959 et 1962, les Ecrits de jeunesse et le Journal ont été restitués dans leur authenticité à des lecteurs qui ne disposaient auparavant de ce témoignage essentiel qu'à travers la version édulcorée d'Athénaïs Michelet ? Il faudrait évoquer “La Voie royale”, la plus riche et la plus éclairante synthèse à ce jour de la pensée et de l'oeuvre de Michelet, unifiée par l'étude de l'idée de peuple et de son rôle moteur dans le parcours intellectuel et les engagements de l'historien..." (Paule Petitier, Romantisme, 1994)

293.          WOESTYN  (Eugène). Guerre d'Orient. Les victoires et conquêtes des armées alliées.  P., Au bureau des victoires et conquêtes,  1856-1857, 2 vol. pt in-4°,  360 et 383 pp, 30 planches hors texte (un frontispice et 14 et 15 gravures), les 2 tomes reliés en un volume demi-veau vert empire, dos lisse avec titre et filets guillochés dorés, roulette en tête, palette en queue (rel. de l'époque), bon état. Exemplaire très frais et sans rousseurs. Manque la carte qui n'a pas été reliée avec le livre comme souvent (Bengesco, Notice bibliographique sur la question d'Orient, 822)

            80

Récit officiel rédigé après la campagne par Eugène Woestyn (1813-1861). La guerre de Crimée opposa de 1853 à 1856 l'Empire russe à une coalition formée de l'Empire ottoman, de l'Empire français, du Royaume-Uni et du royaume de Sardaigne. Provoqué par l'expansionnisme russe et la crainte d'un effondrement de l'Empire ottoman, le conflit se déroula essentiellement en Crimée autour de la base navale de Sébastopol. Il s'acheva par la défaite de la Russie, entérinée par le traité de Paris de 1856.

 

De 1914 à nos jours

 

294.          AHERNE (Brian). A Proper Job. The Autobiography of an Actor's Actor.  Boston, Houghton Mifflin Company,  1969, in-8°,  xi-355 pp, 32 pl. de photos hors texte, reliure toile éditeur, jaquette illustrée, bon état. Texte en anglais

            40

Brian Aherne (1902-1986) est un acteur britannique, qui trouva le succès à Hollywood. Après des succès sur la scène et sur l'écran en Angleterre, Aherne partit pour les Etats-Unis en 1931 pour jouer à Broadway. Son premier film à Hollywood fut "Le Cantique des cantiques" en 1933 avec Marlene Dietrich. Tout au long des années 1930, il tient le rôle d'un personnage de gentleman anglais désireux de défendre son honneur (ou celui de quelqu'un d'autre), avec les poings si nécessaire. Il a joué beaucoup de seconds rôles, mais aussi le rôle-titre de "Le Grand Garrick" en 1937 ainsi que dans plusieurs productions de Hal Roach en 1938 et 1939. Il a été nommé à l'Oscar pour son interprétation du malheureux empereur Maximilien dans "Juarez" (1939). À la fin des années 1950 il abandonne le cinéma et la télévision pour reprendre au théâtre le rôle d'Henry Higgins dans "My Fair Lady". Aherne publia son autobiographie "A Proper Job" en 1969, ainsi que "A Dreadful Man" en 1979, une biographie de son ami George Sanders. Entre 1939 et 1945 il fut marié à l'actrice Joan Fontaine. Après leur divorce, il épouse Eleanor de Liagre Labrot (1910-2000). Brian Aherne est mort d'une attaque cardiaque à Venice en Floride à l'âge de 83 ans.

295.          ALEXANDROV (Victor). Les Jours de la trahison. L'histoire secrète de Munich.  Denoël,  1975, in-8°,  206 pp, broché, couv. illustrée, bon état, envoi a.s; à Paul-Marie de La Gorce

            25

Lamentable défaillance de deux grandes nations alliées, la crise munichoise continue de susciter une intense curiosité. Les tristes rendez-vous de 1938, en Bavière ou sur les bords du Rhin, ont déjà été minutieusement relatés par certains mémorialistes ou par d'excellents spécialistes en archives diplomatiques. Mais il se passa, en l'Europe troublée de l'immédiat avant-guerre, bien des choses, aujourd'hui encore ignorées. Ce sont elles qui conduisirent inexorablement notre continent dans ce naufrage des démocraties, drame qui fit 50.000.000 de victimes...

296.          AMBROSI (Chistian et Arlette) et Bernadette GALLOUX. La France de 1870 à nos jours.  Armand Colin,  1999, gr. in-8°,  504 pp, 7e édition mise à jour, biblio, index, broché, couv. illustrée, soulignures et annotations crayon, surlignures au stabilo jaune sur 130 pages, sinon bon état (Coll. U)

            20

Excellent manuel — L'évolution de la France de 1870 à nos jours s'inscrit dans de multiples contradictions. Contradiction liée à une vie politique féconde marquée par les rivalités profondes et les défaillances morales d'une classe politique, cependant dominée par de grandes figures attachées à la stabilisation et à l'enracinement des institutions républicaines dans le pays. Contradiction aussi d'une puissance appuyée sur un vaste empire colonial et sur un rayonnement culturel remarquable qui lui permettent, durant le premier vingtième siècle, d'exercer une influence de premier ordre, alors même que sa faiblesse démographique et que le recul de ses positions économiques constituent des signes tangibles de déclin. Contradiction enfin entre l'effondrement militaire le plus sévère de son histoire et la puissante mutation de l'après Deuxième Guerre mondiale faite, jusqu'au milieu des années soixante-dix, de sursaut démographique, de croissance et de modernité. Depuis 1974, les perspectives se sont brutalement modifiées : ni l'alternance politique ni les remèdes économiques successivement employés ne semblent pourvoir enrayer une crise désormais inscrite dans la longue durée et dont les effets sapent les fondements mêmes de la société française.

297.          ANDRIEU (René). Les Communistes et la Révolution.  Julliard,  1968, in-8°,  315 pp, annexes, cart. éditeur, jaquette, bon état

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Les communistes ont-ils trahi la révolution ou bien se préparent-ils à déclencher la guérilla dans le Massif Central ? Sont-ils des réformistes qui s'ignorent ou des révolutionnaires qui cachent leur jeu ? Veulent-ils détruire les libertés démocratiques, comme les en accusent leurs adversaires ou au contraire les étendre comme ils l'affirment eux-mêmes ? Telles sont quelques-unes des questions aux-quelles René Andrieu répond dans cette synthèse courageuse qui situe l'action du parti communiste dans son contexte historique et dans ses rapports avec « toutes les gauches ». Un livre indispensable pour quiconque veut être informé sur ce que sont et ce que veulent les communistes français.

298.          ARIÈS (Philippe). Un historien du dimanche. Avec la collaboration de Michel Winock.  Seuil,  1980, in-8°,  219 pp, broché, couv. illustrée recouverte d'un film plastique transparent, C. de bibl. annulé, bon état

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Souvenirs en toute liberté du grand historien de tradition politique monarchiste, dont les amis se nomment Pierre Boutang ou Raoul Girardet, marqué dans sa jeunesse par l'Action Française... Michel Winock lui consacre, en 1980, ce volume d'entretiens qui inaugure en quelque sorte la vogue de l'ego-histoire (même s'il s'agit moins, dans ce cas, d'une véritable démarche autobiographique que des simples réponses, souvent amusées, de Philippe Ariès aux questions que lui pose son interlocuteur). — Philippe Ariès a été en délicatesse avec les pères jésuites, un jury d'agrégation, le général de Gaulle, les curés de gauche, l'histoire événementielle, un monstre froid nommé l'Etat, l'administration, l'Université, le bacille de Koch, le national-progressisme de la droite au pouvoir, les enfants de Marx et de Coca-Cola. En revanche, il cousine ou conspire avec les Pieds-Noirs, les Algériens de Maisons-Laffitte, les gauchistes, les maurrassiens hétérodoxes, la liturgie latine, l'histoire selon les Annales, l'ancienne France, les Québécois, la sociabilité méditerranéenne, le vin blanc de Californie, Michel Foucault, Ivan Illich, la Maison de France... Historien d'avant-garde, longtemps solitaire, brusquement célèbre, il a pressé notre passé de quelques questions aussi nouvelles que fondamentales : quelles étaient les attitudes de nos ancêtres devant la naissance, l'enfance, la famille, la sexualité, la mort ? Avec lui, la vieille histoire historisante, la chronique des grands, les événements politiques, les guerres entre les peuples ont pris figure d'anecdotes : le tuf de notre passé est ailleurs, en deçà de nos consciences et au-delà de nos manuels. Personnalité peu commune, qui avoue ses contradictions avec une franche joie de vivre et un goût prononcé pour l'amitié, Philippe Ariès se rit des étiquettes sous lesquelles on voudrait consigner les individus et contenir les passions. S'il aime une chose entre toutes, c'est la liberté de l'esprit – comme on pourra l'apprécier tout au long de cet auto-portrait. (4e de couverture)

299.          AZEAU (Henri). Le piège de Suez. 5 novembre 1956.  Laffont,  1964, in-8°,  408 pp, 16 pl. de photos hors texte, 5 cartes, broché, couv. illustrée à rabats, bon état (Coll. Ce jour-là)

            25

5 novembre 1956 : à l'aube, les parachutistes français et britanniques sont largués sur Port-Saïd et Port-Fouad, avant-garde du corps expéditionnaire qui, le lendemain, se lancera à la reconquête du canal de Suez nationalisé par le colonel Nasser le 26 juillet précédent. La partie semble gagnée : quelques jours plus tôt, l'armée israélienne a culbuté les divisions égyptiennes du Sinaï, s'arrêtant à quelques milles du canal, tandis que l'aviation franco-britannique neutralisait l'armée de l'Air du Bikbachi. La prise du Caire et l'élimination du régime Nasser semblent n'être plus qu'une question d'heures. Et pourtant, vingt-quatre heures plus tard, tout est changé. L'entreprise franco-anglaise a soulevé le monde entier. Accablé, le Premier ministre, Sir Anthony Eden, donne l'ordre de cesser le feu. Français et Israéliens suivent le mouvement. C'est l'échec et bientôt la retraite et la désillusion. — "Le livre d'Henri Azeau éclaire également bien des aspects ignorés de la crise et en particulier les relations entre la France et Israël, la France et la Grande-Bretagne et même la Grande-Bretagne et Israël, relations jusqu'alors niées par les responsables britanniques. Il s'emploie en outre à dégonfler certains mythes qui font désormais partie de la légende de Suez. Il rapporte par exemple comment, loin de vivre son « dernier quart d'heure » au moment du débarquement, Nasser s'apprêtait à résister, qu'il ne s'agissait pas d'une simple promenade comme bien des militaires le laissèrent entendre mais d'une opération d'envergure – la composante politique étant aussi importante que la composante militaire ; il raconte comment les quelques responsables égyptiens qui s'apprêtaient à capituler cherchaient en réalité à gagner du temps et comment, loin d'avoir une solution de rechange en cas de chute du président Nasser, Français et Britanniques comptaient sur le miracle. Enfin, il met l'accent sur les tiraillements qui paralysèrent l'état-major combiné franco-britannique et qui donnèrent à toute l'opération non pas l'allure bien « huilée » que les frères Bromberger lui prêtèrent – dans L'expédition de Suez – mais un aspect incohérent et décousu. Cependant, ce livre, à bien des égards courageux et lucide, cesse de l'être lorsqu'il s'agit d'analyser le contexte international. Henri Azeau fait preuve alors d'un anti-américanisme simpliste et facile et, comme la plupart de ses compatriotes, voit en John Foster Dulles le deus ex machina et le « vilain » de toute l'affaire." (Nicole Deney, Revue française de science politique, 1965)

300.          BADINTER (Robert). L'Exécution.  Grasset,  1973, in-12,  221 pp, broché, dos passé, état correct. Edition originale (il n'est pas mentionné de grand papier)

            15

"J'avais écrit ce livre, où se mêlent récit d'un drame judiciaire et réflexions sur la justice et le métier d'avocat, après l'exécution de Claude Buffet et Roger Bontems, en novembre 1972, à Paris, dans la cour de la prison de la Santé. Tous deux avaient été condamnés à mort par la Cour d'assises de Troyes pour avoir pris en otage et égorgé, à la Centrale de Clairvaux, une infirmière et un gardien. Leur grâce avait été refusée par le Président Pompidou. Depuis lors, la guillotine a été reléguée dans les caves d'un musée, et la peine de mort a disparu de nos lois..." (R. B.)

301.          BAINVILLE (Jacques). La France.  P., Les Iles d’Or, Editions Self,  1947, 2 vol. in-8° carré,  252 et 330 pp, brochés, non rogné, bon état. Edition originale, un des 350 ex. numérotés sur vélin de chiffon des Papeteries Johannot (n° 34)

            80

Edition originale posthume en volume. — "La publication du Tome I de la France de Jacques Bainville fut interdite en décembre 1940 par la censure allemande qui l'avait jugée « inactuelle ». Depuis août 1944, des circonstances diverses ont, de nouveau, empêché la publication de ce livre qui est l'analyse lucide et pénétrante de la olitique extérieure, intérieure et économique de la IIIe République, des principes de la démocratie en France et de leurs conséquences. Contrairement à ce qu'estimait la “Propaganda Staffel”, ce livre, si riche d'enseignements utiles, apparaît de la plus vivante actualité et il nous semble que, sur bien des points, il répond à la question si souvent posée : « que penserait aujourd'hui Jacques Bainville ? »." (Note de l'éditeur)

302.          BÉNÈS (Edouard). Où vont les Slaves ?  P., Editions de Notre Temps,  1948, gr. in-8°,  317 pp, préface et traduction par Gustave Aucouturier de “Uvahy o Slovanstvi” (Essais sur le Slavisme), notes, index, broché, pt mques au 1er plat, bon état

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"En 1944, Bénès affirme : « Toutes les nations slaves sortiront de la Deuxième Guerre mondiale libres de nouveau, indépendantes et maîtresses chez elle » (Où vont les Slaves ?, 1948, p. 219). C’est exactement l’inverse qui se produisit, l’URSS imposant la reproduction de son propre régime aux nations débarrassées du nazisme. Cela lui a valu un jugement sévère de Raymond Aron : « Bénès a conduit son pays à la servitude parce qu’il n’a pas compris la nature des ambitions communistes et que, dès le temps de la guerre, il a voulu acheter l’amitié de Staline par des concessions » (Le Figaro, 9 novembre 1954). Le célèbre éditorialiste ajoute ailleurs : « Les intentions importent moins en politique que les conséquences de nos actes »." (Jean-Louis Panné, L'Ours, 2015)

303.          BÉRARD (Armand). Un ambassadeur se souvient. I : Au temps du danger allemand.  Plon,  1976, in-8°,  554 pp, cart. éditeur, jaquette illustrée, bon état

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Premier volume des mémoires d’Armand Bérard (sur 5) — “Au temps du danger allemand” re veut pas être un livre d'histoire. C'est le récit d'une vie à travers une période particulièrement dramatique de notre siècle. Par son métier, par les postes qu'il occupait, l'auteur s'est trouvé pouvoir observer cette évolution souvent bouleversante dont dépendait le sort de notre pays. Ses notes personnelles lui ont permis de la retracer tel qu'il l'avait vécue. Il la décrit sans apprêts. Il ne cherche pas à en tirer un exposé complet ni un enchaînement logique. Il ne retranche rien de la réalité journalière. Voici comment un secrétaire d'ambassade a vu les événements se dérouler. Et quels événements ! L'arrivée au pouvoir d'Hitler, le déchaînement nazi, le réarmement de l'Allemagne, la guerre d'Espagne, les Etats-Unis encore pris dans la neutralité, Mussolini entraîné dans la guerre par son alIié, la débâcle de 1940, la conquête hitlérienne de l'Europe, puis l'effondrement de ces succès éphémères et la libération de la France. — S'appuyant sur des notes prises quotidiennement, le témoignage d'Armand Bérard est un miroir fidèle des événements souvent dramatiques qu'il a rencontrés au long de sa carrière diplomatique.

304.          BETTENCOURT (André). Eugène Schueller 1881-1957.  IPS, Editeur Conseil,  1982, gr. in-8° carré,  119 pp, 6 photographies et un fac-similé, imprimé sur beau papier, broché, couv. illustrée d'un portrait d'Eugène Schueller (dessin original de Trémois), rhodoïd, bon état

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Livre hommage réalisé par André Bettencourt pour commémorer le centième anniversaire de la naissance de son beau-père Eugène Schueller, le chimiste qui révolutionna le domaine de la beauté féminine en créant l'Oréal et préconisa des réformes économiques à l'échelon national. — Avant-propos par André Bettencourt, textes d'Eugène Schueller, Eugène Schueller par Merry Bromberger, le lieutenant Schueller, liste des écrits d'Eugène Schueller. — Eugène Schueller (1881-1957), chimiste de formation, met au point les premières teintures capillaires de synthèse en 1907. Il est le fondateur du groupe l'Oréal, aujourd'hui numéro un mondial des cosmétiques et de la beauté, dont héritera sa fille Liliane, mariée le 8 juin 1950 à l'associé de son père André Bettencourt. Ami intime d'Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à sa disposition lors de la formation du groupe d'extrême droite Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR), plus connu sous le nom de La Cagoule. En 1941, en accord avec les autorités allemandes, il crée le Mouvement social révolutionnaire avec le même Deloncle, dont il est le mécène. Il participe ensuite à la direction du RNP de Marcel Déat. Après la guerre et grâce aux témoignages de Pierre de Bénouville, d'André Bettencourt, de François Mitterrand, de Max Brusset (député de Charente), de Jacques Sadoul (alors maire communiste de Sainte-Maxime) et des membres de la résistance, des réfractaires au STO et de juifs qui auraient été aidés par Eugène Schueller pendant l'Occupation, ce dernier est relaxé de toute accusation de collaboration et obtient la Croix de guerre et la Légion d'honneur. A la fin de l'année 1945, il engage François Mitterrand comme président-directeur général des éditions du Rond-Point (et directeur du magazine Votre Beauté) et André Bettencourt rejoint la direction du groupe L'Oréal.

305.          BILLOTTE (Pierre). Trente ans d'humour avec de Gaulle. Propos recueillis par Jean-Pierre Dorian.  Mengès,  1978, in-8°,  189 pp, broché, bon état

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Aucun Français n'a mieux connu le Général de Gaulle que Pierre Billotte. Pendant 30 ans, il a été son condisciple, puis son confident, son ami, son chef d'État-major, son ministre d'État, son conseiller ; ensuite, à Londres, pendant toute la période de la « France Libre » et à Alger, après le débarquement des Alliés, son fidèle compagnon de tous les instants. C'est dire que nul, aussi intimement que lui, n'a pu cerner le personnage de de Gaulle dans sa totalité et, en particulier, dans un de ses aspects les plus insolites et les moins familiers. Le récit de Pierre Billotte constitue donc une sorte de sondage, qui nous révèle ce que presque tout le monde ignore : de Gaulle, sans cesser d'être au niveau de lui-même, s'échappant, tout à coup, de sa gravité, pour se livrer, avec une liberté inaccoutumée, à son goût de la plaisanterie, du « trait », de la flèche, de l'ironie, de la réplique cinglante, et parfois d'un comportement farfelu, malicieux et gamin. Irrésistible humour qui passe par toutes les couleurs : noir, rose, grinçant, un peu fou, mélancolique, tendre, féroce, discret comme un clin d'oil, ou pétaradant comme un feu d'artifice, mais toujours humain.

306.          BRANCION (Yves). Munich, crise européenne.  La Table Ronde,  1969, gr. in-8°,  201 pp, 2 cartes, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. L'histoire contemporaine revue et corrigée)

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« Si vous sacrifiez mon pays pour sauver la paix du monde, je serai le premier à vous approuver. Sinon, Monsieur, Dieu ait pitié de vos âmes...» (L'ambassadeur de Prague à Londres, Jan Masaryk – fils du fondateur de la République tchécoslovaque – à Chamberlain, la veille de la Conférence de Munich) — « Mes bons amis, je crois que, cette fois, c'est la paix pour notre génération ! » (Chamberlain, au peuple anglais massé sous les fenêtres du 10 Downing Street, le lendemain des accords de Munich) — « Ce n'est pas brillant, mais j'ai fait ce que j'ai pu... Les imbéciles, s'ils savaient ce qu'ils acclament ! » (Édouard Daladier, chef du gouvernement français, fêté par cinq cent mille Parisiens à son retour de la Conférence de Munich) — Les 29 et 30 septembre, Daladier, Chamberlain, Hitler et Mussolini se rencontrent à Munich. Ils y signent un accord qui préserve la paix en Europe. Moins d'un an après, ce sera cependant la guerre. Munich est devenu dans l'imagination politique un mot presque magique des vertus duquel on discute encore. Pourtant la froide analyse des événemenst qui ont précédé fait comprendre que, contrairement à la légende, les responsabilités – notamment tchèques et britanniques – ont été équitablement distribuées. — "Munich est devenu un mot-clé, le signe même de la capitulation, dans le vocabulaire politique, mais on oublie trop la signification propre de cette rencontre, en septembre 1938, entre Daladier, Chamberlain, Hitler et Mussolini. Le livre d'Y. Brancion place la question sur son terrain propre : la Tchécoslovaquie créée en 1919 était artificielle. Les Tchèques, qui représentaient la moitié de la population, avait une prépondérance imméritée. La reconstitution d'une Allemagne puissante amena fatalement la crise. Hitler finit par manger la Tchécoslovaquie en deux repas, et la guerre ne fut pas évitée pour autant. Mais la cause tchèque était pour les démocraties peu défendable, d'autant que les peuples répugnaient à une nouvelle guerre : Chamberlain et Daladier passèrent pour des sauveurs (voir la presse de l'époque). Après 1945, les Allemands furent chassés des Sudètes. La Tchécoslovaquie en pâtit dans son économie. Ce malheureux pays a donc fait la preuve de l'échec du principe des nationalités puis de l'erreur des transferts de populations. Voilà deux leçons, mais ce n'est pas celles-là que symbolisent le nom de Munich. M. Yves Brancion a su démêler avec clarté et sans préjugés cet imbroglio historique." (Revue des Deux Mondes, 1969)

307.          BURCKHARDT (Carl J.). Ma mission à Dantzig.  Fayard,  1961, in-8°,  398 pp, traduit de l'allemand, 2 cartes, broché, jaquette, bon état (Coll. Les Grandes études contemporaines)

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L'historien suisse Carl-Joseph Burckhardt fut nommé Haut-Commissaire de la Société des Nations pour la Ville libre de Dantzig en février 1937. Il devait en être le dernier. — "A l'aide de ses papiers personnels et des rapports qu'il avait envoyés de Dantzig à la Société des Nations, C.J. B. retrace les principaux épisodes de sa mission dans la ville libre comme représentant de la S.D.N. Il présente un tableau remarquablement vivant de la situation dantzicoise entre mars 1937 et le 1er septembre 1939. Ses dons d'observateur et d'analyste, ses qualités personnelles, et l'utilisation qu'il fait de nombreux procès-verbaux d'interviews font de ce livre un document d'un intérêt exceptionnel pour l'étude des préliminaires de la deuxième guerre mondiale." (Revue française de science politique, 1962)

308.          BUTTINGER (Joseph). Le Précédent autrichien. Contribution à l'étude de la crise du mouvement socialiste (1932-1941).  Gallimard,  1956, in-8°,  564 pp, traduit de l'allemand par Pierre Klossowski, chronologie de 1932 à 1941, index, broché, couv. illustrée, bon état. Peu courant

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"Un ancien dirigeant socialiste autrichien raconte ici de façon très minutieuse et presque au jour le jour, l'histoire des socialistes révolutionnaires en Autriche, depuis leur organisation après l'installation du régime autoritaire de Dollfuss en 1934, jusqu'à leur dissolution après l'Anschluss. (...) Le livre fournit en effet, à partir de l'exemple de l'Autriche, matière à nombreuses réflexions sur la crise presque inévitable qui menace un parti socialiste voulant rester démocratique. Le cas décrit peut n'avoir, comme l'auteur le reconnaît de bonne grâce, qu'une portée limitée ; les problèmes posés n'en sont pas moins de toute première importance, en même temps que de grande actualité. Le ton volontairement personnel adopté par l'auteur rend d'autant plus éloquent son témoignage. En appendice, tableau chronologique et index des noms de personnes." (Revue française de science politique)

309.          CLUNY (Roland). Sur les pas de Notre-Dame. Photographies originales de l'auteur.  P., Editions Témoignage chrétien,  1958, in-8°,  242 pp, 28 pl. de photos hors texte, une carte, broché, non coupé, couv. illustrée à rabats, bon état. Edition originale, envoi a.s.

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Cousin de François Mitterrand, Yves Dautun (1903-1973) est un publiciste et militant d'extrême droite. Rédacteur au "Petit parisien", cagoulard, membre du Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, il écrit sous l'Occupation dans divers journaux collaborationnistes : "La Gerbe", "L'Emancipation nationale" ou "Le Cri du peuple". A la Libération, il est condamné à 20 ans de travaux forcés. Bénéficiant de mesures d'amnistie, il collabore au "Figaro littéraire" de 1958 à 1968. Il a utilisé le pseudonyme de Roland Cluny pour une dizaine de livres explorant l'univers catholique (dont 2 couronnés par l'Académie française). Dans cet ouvrage, sans délaisser l'histoire et la chose vue, tout en demeurant très attentif à dégager les traits les plus précieux de la spiritualité mariale, l'auteur donne à l'ensemble de son récit la forme d'un roman psychologique.

310.          DE GAULLE (Philippe). De Gaulle, mon père. Entretiens avec Michel Tauriac.  Plon,  2003-2004, 2 vol. gr. in-8°,  578 et 556 pp, 32 pl. de photos hors texte, chronologie, index, brochés, couv. illustrées, bon état

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S'il est un homme d'Etat qui a inspiré les biographes, c'est bien Charles de Gaulle. Mais qui peut mieux le connaître que son propre fils, ce témoin privilégié qui a vécu au plus près toutes les étapes de son épopée ? Qui peut mieux le décrire en famille, toutes portes de la maison refermées, entouré de ses enfants et petits-enfants, et veillé amoureusement par son épouse, l'écouter quand il parle et ne veut pas être entendu, traduire la moindre inflexion de sa voix et ses silences ? Qui peut atteindre son cœur jusque dans les moments les plus secrets, partager ses confidences sur tout, aussi bien sur sa vie privée que sur l'Histoire, sur ses bras de fer avec Churchill et Roosevelt, sur ses démêlés avec Pétain ou Giraud ? Sur la poésie et sur la forêt, comme sur l'échec de Dakar, ses relations avec les résistants et son face à face avec Staline ? Si Philippe de Gaulle a accepté pour la première fois de se livrer aussi profondément aux questions incisives de Michel Tauriac, ce n'est pas seulement pour répondre aux interrogations que l'on continue de se poser sur l'auteur de ses jours, c'est également pour détruire les affabulations et les interprétations abusives, remettre les pendules à l'heure, éclaircir les mystères qui planent encore sur différentes affaires - tels l'assassinat de Darlan et le coup de force du Général contre les Alliés pour libérer Paris, conserver Strasbourg et traverser le Rhin. Plus qu'un recueil d'entretiens, ce livre est un témoignage sans précédent qui se lit comme un roman. Au moment où s'ouvre le second tome, le Général vient d'entrer à l'Elysée, et bientôt, à Alger, va éclater la tragédie. Dix années vont se succéder, magnifiques ou terribles, à travers lesquelles nous suivrons Charles de Gaulle pas à pas et au plus près. Rien ne nous échappera jamais. Nous vivons avec lui en famille, l'entendons deviser avec ses proches, assistons au cheminement de ses idées, prenons part à ses réflexions intimes. Nous sommes à ses côtés quand les généraux se révoltent, quand on tire sur sa voiture au Petit-Clamart, quand il nomme Pompidou Premier ministre puis se fâche avec lui, quand éclate la chienlit, quand il atterrit à Baden-Baden, quand il perd le référendum et se retire dans son village. Et, loin des affabulations et des légendes trompeuses, s'éclaire la vérité dans toute sa rigueur. Mais cette biographie définitive veut également corriger les coups de ciseau qui ont ébréché la statue de l'homme de Gaulle par négligence ou malveillance. Dans la bouche du fils apparaît alors à nu, près d'une mère assez inattendue, un père insoupçonné avec les multiples secrets de son caractère. Apparaît aussi, jusqu'à ses derniers jours dont les mystères sont levés, l'amour exceptionnel d'une femme qui se serait fait tuer pour son mari.

311.          DECAUX (Alain). Dossiers secrets de l'histoire. Mata-Hari, Weygand, Rudolf Hess, “Cicéron”, Pétain, Mussolini, Hitler, Bormann, Staline.  Perrin,  1966, in-8°,  371 pp, 20 pl. de photos hors texte, cart. éditeur, rhodoïd, bon état

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"Ce récit, agréablement conduit, sur quelques « mystères » de l'histoire n'apprendra rien aux spécialistes mais enchantera « l'honnête homme »." (Revue française de science politique) —  "François Mauriac a dit autrefois de lui qu'il était "un fameux conteur de vraies histoires". Car les ouvrages historiques d'Alain Decaux possèdent à la fois la couleur, l'exactitude historique et la construction, l'animation du récit romanesque. Quand on a lu "Offenbach, roi du Second Empire", "la Castiglione", ou "les Dossiers secrets de l'histoire", on sait bien que le talent d'Alain Decaux racontant, à la télévision, un événement ou un personnage historique, est le même que celui d'Alain Decaux, l'historien-écrivain." (Jacques Siclier, Le Monde, 10 avril 1972)

312.          DER ALEXANIAN (Jacques). Les héritiers du pays oublié : 1922-1987.  Laffont,  1992, gr. in-8°,  476 pp, 16 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état (Arménie, Arménies 2, 1922-1987)

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Les Arméniens... Ils sont arrivés en France en 1924, venant de Syrie, survivants du grand massacre de 1915 qui, en Turquie, a anéanti les trois quarts de leur peuple. Ils sont jeunes : exilés, apatrides, ils savent leur condition précaire. Patients, travailleurs, aucune tâche ne les rebute. A Marseille, à Valence, et jusqu’à Belfort et dans la banlieue parisienne, ils constituent des communautés fidèles aux coutumes, à l’esprit et à l’âme de la patrie perdue. Très vite, ces hommes et ces femmes épris de paix, ces vieux chrétiens – les premiers chrétiens de l’histoire de la chrétienté – s’intègrent dans la société française. Bientôt, les voici français ; cependant, dans leur cœur, toujours arméniens. Une histoire exemplaire, que Jacques Der Alexanian fait revivre à travers le destin des siens et de quelques autres, en France et partout dans le monde – au Canada, aux Etats-Unis, en Argentine et ailleurs – où les tempêtes de l’Histoire ont dispersé son peuple. Un récit d’une admirable sobriété, simple et émouvant,qui demeurera comme le plus juste témoignage porté sur l’une des grandes aventures humaines de ce siècle.

313.          DEROGY (Jacques). Histoire de l'Exodus. La Loi du Retour.  Fayard,  1987, in-8°,  426 pp, une carte, broché, couv. illustrée, bon état

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Ayant bénéficié d’une exposition médiatique internationale sans précédent, l’affaire de l’Exodus a été abondamment commentée, analysée, exaltée comme une page glorieuse de l’histoire sioniste et finalement détournée au rang de mythe. Son déroulement, bien connu jusque dans ses aspects les plus officieux, a nourri une très riche historiographie. Le journaliste Jacques Derogy eut accès à de nombreux documents..." (Frédérique Schillo, La décision française dans l'affaire de l'Exodus, 2010) — "Ce récit n'a de commun avec "L'Exodus" de Léon Uris que le nom symbolique d'un bateau. L'histoire de l'Exodus, qui a marqué l'apogée de la lutte des Juifs de Palestine contre le veto britannique au mouvement d'immigration des rescapés des camps nazis, est restée jusqu'à présent secrète: c'est celle du réseau mis en place après la guerre par la Haganah. L'Europe est à cette époque en ruine; il faut organiser le départ "malgré tout" des "Personnes Déplacées". Le combat est difficile. En juillet 1947, un navire d'immigrants "illégaux", chargé de 4.500 passagers, est arraisonné au large de la Palestine. Au terme d'un corps à corps meurtrier, ses occupants sont ramenés par les Anglais dans les eaux territoriales françaises à bord de trois bateaux-prisons, au lieu d'être internés à Chypre comme les précédents. Ayant refusé de descendre à terre à Port-de-Bouc, et les autorités françaises ne les y ayant point contraints en dépit des pressions diplomatiques et politiques, ses occupants retournent à leur point de départ : débarqués de force à Hambourg, ils réintègrent les camps de la zone britannique d'Allemagne. L'auteur, qui a vécu comme jeune journaliste l'épreuve de Port-de-Bouc, a retrouvé, vingt ans après, les acteurs de cette tragédie, des plus humbles aux plus importants : le commandant de l'opération, le capitaine du navire, le chef-radio, l'infirmière, les émigrants, les familles des victimes, les complices des évasions, etc. Il a interrogé les témoins, les dirigeants du réseau, les hommes politiques contemporains, les simples exécutants. En Israël, à l'occasion de la Guerre des Six jours, il a eu accès, pour la première fois, aux archives secrètes de l'organisation responsable de l'immigration clandestine, et, en France, à celles de la DST (contre-espionnage) et des Renseignements Généraux. Il a pu se procurer le journal de bord de l' "Exodus", l'intégralité de ses messages chiffrés (et leur traduction décodée), les carnets intimes de son équipage et de ses passagers, les notes confidentielles échangées entre les gouvernements concernés et les ministères en cause, les rapports des services préfectoraux et maritimes, etc. La masse des récits et des documents qu'il a ainsi recueillis, recoupés et ajustés, comme autant de pièces d'un puzzle, lui ont permis de reconstituer en détail la trame et le déroulement réels du roman vrai de l' "Exodus". Si la relation de Jacques Derogy prend ici la forme et les accents d'un roman d'imagination, ce sont les faits, rapportés dans leur émouvante authenticité, qui lui confèrent cette tragique dimension. La vérité aussi peut s'écrire comme un roman.

314.          DETŒUF (Auguste). Propos de O. L. Barenton, confiseur, ancien élève de l'Ecole Polytechnique.  P. , SEDITAS,  1977, gr. in-8° carré,  230 pp, un portrait inédit de l'auteur par Roger Wild en frontispice, préface de Pierre Brisson, texte imprimé en noir et rouge, broché, couv. à rabats, bon état

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Cet ouvrage plein d'esprit, dans la meilleure tradition française, nous livre les réflexions, sous forme d'aphorismes, d'un industriel obligé de se convertir dans la confiserie au lendemain de la Grande Guerre. Paradoxes sur l'argent et le pouvoir, propos humoristiques sur l'économie politique, l'industrie, la nature humaine, le fonctionnement des entreprises... Un classique. — "Avoir fait fortune, c'est posséder un peu plus d'argent que les gens qu'on fréquentait la veille. Juste assez pour pouvoir les laisser tomber." "Les économistes ont raison : le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent." Voici deux exemples des bons mots parsemant cet ouvrage qui allie ironie, culture et perspicacité. Il s'agit d'un recueil de petits essais, maximes et aphorismes, écrit à la fin des années 30 par un capitaine d'industrie, Auguste Detœoeuf (1883-1947), polytechnicien atypique aux allures de savant Cosinus. Son exigence dans l'ordre moral, son indépendance d'esprit et son humour acerbe transparaissent dans ce recueil, tiré à un petit nombre d'exemplaires en 1938 et véritablement découvert après la guerre. La peinture du monde des affaires est cruelle mais reste toujours teintée d'un humanisme malicieux. On y trouvera des boutades, des maximes ou des propos sur des sujets aussi variés que l'économie politique, les industriels, les conseils d'administration, les ingénieurs, la publicité, la négociation, le mensonge, la vanité...

315.          DUFAY (François) et Pierre-Bertrand DUFORT. Les Normaliens. De Charles Péguy à Bernard-Henri Lévy, un siècle d'histoire.  JC Lattès,  1993, in-8°,  356 pp, préface de Régis Debray, 8 pl. de photos hors texte, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état

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"On va célébrer le bicentenaire de l'Ecole normale : voici un livre rapide, alerte, lisible, qui initie à l'histoire de l'Ecole : on appréciera les pages sur le terrorisme intellectuel à l'Ecole dans les années 1946-1953, où dominaient le Parti communiste (ce que les auteurs appellent le goulag spirituel) : la cellule avait pour chef Emmanuel Le Roy Ladurie, on y trouve Paul Veyne, Althusser, Genette, Foucault, Michel Crouzet (p. 185-187)... Et ils rappellent un épisode bien oublié, la mise à sac de l'Ecole en 1971 (p. 242). Livre fort amusant." (La Revue administrative, 1993) — Un portrait de groupe des clercs français, de leur légende, de leurs engagements et de leurs errances. Une "fresque unanimiste et fourmillante de vies – Les Ulmiens de bonne volonté, en quelque sorte. Excellemment, elle sort de l'ombre des personnages pas assez connus, parmi d'autres qui le sont trop" (Régis Debray).

316.          DUROSELLE (Jean-Baptiste). Histoire diplomatique de 1919 à nos jours. 5e édition prolongée jusqu'à 1970.  Dalloz,  1971, fort in-8°,  807 pp, biblio, index, broché, bon état

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"L'un des grands ouvrages d'histoire des relations internationales. La période embrassée est considérable et dépourvue d'unité, ne serait-ce que du fait de la cassure de la Seconde Guerre mondiale et de l'émergence d'un système international comprenant plus de 150 Etats. L'oeuvre de J.B. Duroselle unit clarté et précision : le récit, remarquable puzzle, part des événements, les analyse et reconstitue avec minutie les enchaînements chronologiques. Enfin, le livre est doté de tableaux, d'index et d'une bibliographie, qui en font un instrument de travail exceptionnel." (Philippe Moreau Defarges, Politique étrangère)

317.          ELLEINSTEIN (Jean). Staline.  Fayard,  1984, in-8°,  574 pp, 6 cartes et plans, index, broché, couv. illustrée à rabats, bon état

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Comment un militant révolutionnaire clandestin, emprisonné et déporté, devient-il un des tyrans les plus sanguinaires de l'histoire ? Quelle est la part du système et celle de l’homme dans ces événements ? Quelle fut vraiment la vie de celui qui fut adulé comme le Vojd (le Guide) de l’Union Soviétique ? Avec passion et rigueur, sans complaisance, Jean Elleinstein tente de répondre à ces questions. La révolution de 1917, la guerre civile, la NEP, la collectivisation des terres, l’industrialisation, la terreur de masse contre les communistes, tous les peuples de l’URSS et toutes les catégories sociales, le pacte germano-soviétique, la seconde guerre mondiale, Stalingrad, Téhéran, Yalta et Potsdam, la fondation d’un Empire, la guerre froide, la reconstruction, à nouveau la terreur : tels sont les épisodes d’une vie qui est au cœur de l’histoire contemporaine. Jean Elleinstein n’hésite pas, à ce propos, à comparer la vie et l’œuvre des deux grands dictateurs du XXe siècle : Hitler et Staline qui, s’il n’a pas créé Auschwitz, a créé des centaines de Buchenwald et de Dachau, et a fait tuer des millions de Soviétiques. Ce livre irritera peut-être certains lecteurs qui restent reconnaissants à l’Union Soviétique d’avoir aidé à libérer l’Europe. C’est la ruse de l’Histoire que l’un et l’autre points de vue soient vrais. Comme disait Marx : « les faits sont têtus ». Staline restera à la fois comme le vainqueur de Stalingrad et le fondateur du Goulag. (4e de couverture)

318.          FOHLEN (Claude). Mai 1968. Révolution ou psychodrame ?  PUF,  1972, in-12,  96 pp, chronologie, orientation bibliographique, broché, qqs rares marques au crayon en marges, bon état (Coll. Dossiers Clio)

            12

319.          FRACHON (Benoit). Au Rythme des jours. Rétrospective de vingt années de luttes de la CGT. Textes choisis, 1944-1967.  Editions Sociales,  1973-1968, 2 vol. gr. in-8°,  687 et 638 pp, préface par Henri Krasucki, 24 pl. de photos et un fac-similé dépliant hors texte, 1er tome broché, couv. lég. salie, 2e tome en reliure skivertex vert de l'éditeur, bon état

            45

"Ce gros volume présente au lecteur les principaux articles et rapports de Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT, pour la période 1944-1954. Un second volume publiera les documents relatifs aux années suivantes. La plupart des articles repris dans ce premier tome ont été publiés dans l'Humanité ou dans la Vie Ouvrière ; quant aux rapports, ils ont été prononcés devant les diverses instances de la CGT, en particulier devant les Congrès confédéraux. Il est inutile de signaler le grand intérêt de cette masse d'écrits et de discours, qui suivent presque au jour le jour la politique sociale et même la politique tout court, de la France, dans l'optique communiste." (J. Villain, Etudes, 1967) — "Deuxième recueil des textes et discours écrits et prononcés par le secrétaire général de la CGT (cf. le compte rendu du tome 1, publié dans cette revue en octobre 1969, p. 1068). On retrouve ici les fonctions, les mots d'ordre et les initiatives de la CGT pendant douze ans, de 1955 à 1967. Un thème surtout domine : l'unité des forces de gauche contre les empiétements du pouvoir et du patronat." (Revue française de science politique, 1970)

320.          GIOCANTI (Stéphane). Charles Maurras. Le chaos et l'ordre.  Flammarion,  2006, gr. in-8°,  575 pp, 8 pl. de photos hors texte, qqs dessins au trait et fac-similés, notes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état (Coll. Grandes biographies)

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En 1932, Jean Paulhan écrit qu'un jeune homme désireux de s'engager politiquement n'a de véritable choix qu'entre Karl Marx et Charles Maurras : alternative inconcevable aujourd'hui, tant Maurras incarne à nos yeux une France du passé, haineuse et coupable. Comment, pourtant, occulter la vie et l'œuvre de cet homme, sans lesquelles le XXe siècle demeure largement incompréhensible ? Comment expliquer qu'il ait influencé des personnalités aussi différentes que celles de Charles de Gaulle, T. S. Eliot, Jacques Lacan, Philippe Ariès, Georges Dumézil... ? Tenter de comprendre la fascination qu'il exerça, est-ce nécessairement verser dans l'irrationalité antisémite qui entachait sa pensée ? Car Maurras fut l'un des personnages les plus contrastés de cette France dorée et trouble de la Belle Epoque et de l'entre-deux-guerres. Il y a le Provençal monté tout jeune à Paris, disciple de Frédéric Mistral et de Dante, dont les idées fédéralistes sont saluées à gauche comme à droite ; il y a le héraut du royalisme, fondateur de l'Action française au tournant du siècle, défenseur du catholicisme, mais agnostique lui-même ; il y a le journaliste polémiste antisémite et antidreyfusard, hostile au nazisme dès 1923 ; il y a le critique littéraire, qui salua en Proust, auteur inconnu des Plaisirs et des Jours, un écrivain exceptionnel; il y a le poète et prosateur, que Gide, Colette, Valéry et tant d'autres mettaient au pinacle de la littérature française... Il y a aussi, bien moins connu, un Maurras bon vivant, épris des femmes et nourri de culture antique. S'appuyant sur des correspondances, des documents et des témoignages inédits, cette biographie propose un portrait fouillé, qui raconte aussi l'une des époques les plus complexes de l'histoire de France.

321.          HAROUN (Ali). La 7e Wilaya. La guerre du FLN en France 1954-1962.  Seuil,  1986, in-8°,  525 pp, 8 pl. de photos hors texte, documents en annexe, index, broché, couv. illustrée, bon état

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Pendant la guerre d'Algérie, le FLN a ouvert en métropole un second front. Contrôlant peu à peu les 300.000 Algériens de l'immigration, la 7e wilaya – celle de France – a mis en place une organisation politico-militaire d'une redoutable efficacité. En réalité, une véritable administration parallèle et clandestine. Ali Haroun, un des dirigeants du FLN en France, livre son témoignage serein, précis et concret. Il décrit les structures et les trafics d'armes, les attentats et les faux papiers, les filières ; il raconte encore la collecte des cotisations qui vont grossir le trésor de guerre du FLN, les projets d'évasion des responsables algériens détenus et l'aide de leurs amis français, mais aussi la répression et la prison. Ce récit, fondé sur une collection unique d'archives inédites, est surtout une contribution indispensable à l'histoire de la guerre d'Algérie.

322.          ISORNI (Jacques). Mémoires. 1. 1911-1945. 2. 1946-1958.  Laffont,  1984-1986, 2 vol. gr. in-8°,  539 et 452 pp, 16 pl. de photos hors texte, annexes, index, brochés, qqs pages gondolées au tome 2, bon état

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Les 2 premiers volumes (sur 3) des mémoires du célèbre avocat anti-gaulliste : Philippe Pétain, Robert Brasillach, Louis Renault, Bernardy de Sigoyer, etc.

323.          KIEJMAN (Claude-Catherine). Eleanor Roosevelt, First Lady et rebelle.  Tallandier,  2012, in-8°,  255 pp, 8 pl. de photos hors texte, biblio, broché, couv. illustrée, pt trace d'humidité ancienne au bas des premiers feuillets, bon état

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Jamais une First Lady n'a été aussi populaire qu'Eleanor Roosevelt. Née en 1884 dans une famille de l'aristocratie américaine protestante, elle épouse à vingt-deux ans, un cousin éloigné, Franklin Delano Roosevelt, futur président des Etats-Unis, l'homme du New Deal et de Yalta. A ses côtés, elle fait campagne pour défendre ses réformes, en le poussant parfois à aller plus loin. Pour la première fois, elle donne une dimension politique au rôle d'hôtesse de la Maison Blanche en défendant sans relâche les plus démunis, les femmes, les pauvres et les Noirs. Mère de six enfants, partenaire fidèle de son mari, elle mène en parallèle une vie indépendante, parfois choquante, souvent surprenante. Grâce à des témoignages inédits, Claude-Catherine Kiejman nous brosse le portrait d'une femme altière, engagée, passionnée, critiquée, mais toujours étroitement associée à la destinée de son pays. Au fil de cette biographie, on suit pas à pas le destin singulier d'une femme de tête dont la vie se confond avec l'histoire des Etats-Unis.

324.          KOTEK (Joël) et Pierre RIGOULOT. Le Siècle des camps. Détention, concentration, extermination. Cent ans de mal radical.  JC Lattès,  2000, fort gr. in-8°,  805 pp, cartes, notes, biblio, broché, bon état

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Images terribles, insoutenables, toutes les mêmes et toutes différentes... Le XXe siècle aura été celui des camps. La spirale des guerres, le cortège des génocides, l'abîme des totalitarismes auront fait des barbelés le symbole du Mal, retenant comme otages ou victimes les civils de tous temps et de tous lieux. Entreprise sans précédent, enquête exhaustive, ce livre établit l'histoire des camps, leur typologie, leur nature, leur fonction. De l'Afrique du Sud en 1900 à la Tchétchénie en l'an 2000, du génocide arménien aux purifications ethniques d'ex-Yougoslavie, de la Première à la Seconde Guerre mondiale, du Goulag à Auschwitz, de Mussolini à Vichy, de l'emprise soviétique sur l'Europe de l'Est aux terreurs rouges de l'Asie, en passant par l'Algérie, Cuba, la Grèce ou l'Indonésie, voici la somme attendue sur une tragédie universelle qui constitue le plus implacable miroir de l'histoire contemporaine.

325.          .KOUCHNER (Bernard). L'Île de lumière.  Ramsay,  1980, gr. in-8°,  407 pp, 12 pl. de photos hors texte, broché, couv. illustrée, bon état

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L’opération « un bateau pour le Vietnam », opération de sauvetage des boat people en Mer de Chine sur le bateau “L'Île de lumière”. — Souvenez-vous : cinq cent mille Vietnamiens fuyant en Mer de Chine sur des barques rouillées. Souvenez-vous : le 17 avril 1979, à la télévision, ce navire blanc ancré devant l'île de Poulo Bidong. Voici l'histoire du bateau pour le Viêt Nam “L'Île de lumière”, et l'aventure des hommes qui l'ont faite, oubliant leur passé politique, contre les partis, contre la raison d'État et les organisations charitables.

326.          LEFORT (Bernard). Souvenirs et secrets des années gaulliennes, 1958-1969.  Albin Michel,  1999, gr. in-8°,  364 pp, index, broché, couv. illustrée, bon état

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1958-1969 : onze années d'une période cruciale pour la France qui consacrent le retour du général de Gaulle ainsi que son départ définitif du pouvoir. Bernard Lefort, célèbre figure du journalisme de la Ve République, a compté parmi les informateurs les plus écoutés et les plus à l'écoute des hommes politiques. De cette époque charnière, il a tenu des carnets quasiment quotidiens. Chronique des événements dont certains furent aussi décisifs que la fin de la guerre d'Algérie, la première élection, depuis 1848, du président de la République au suffrage universel, ou encore Mai 1968, ces Souvenirs évoquent aussi la tentative manquée du Général pour lancer la régionalisation, ses efforts pour organiser la participation, transformer le Sénat, ainsi que la querelle à propos de l'OTAN et la politique française vis-à-vis d'Israël. Riche en informations sur les affrontements où se distinguaient les trois futurs présidents de la République – Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand – ce document livre sur les faits et les acteurs des traits inédits, mais porte avant tout un regard original sur la "République gaullienne" autant que sur la personnalité du général de Gaulle.

327.          LEGENDRE (Bernard). Le stalinisme français. Qui a dit quoi ? (1944-1956).  Seuil,  1980, in-8°,  320 pp, biblio sommaire, index, broché, bon état

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Être communiste à cette époque, c'est aussi accepter de se réfugier dans le confort des vérités révélées, des fidélités fondamentales, et renoncer à rendre compte du monde réel. Et la langue de bois n'est que le reflet de la militarisation de la pensée. Les textes rassemblés ici, produits par des membres du Parti, ou des compagnons de route, et au hasard desquels on trouvera des signatures – aujourd'hui d'un autre bord – feront souvent sourire ; le recul historique permet de mieux apprécier le manichéisme dont ils sont imprégnés, l'obscurantisme auquel ils renvoient. Et il est vrai que le culte des dirigeants, l'apologie d'une morale si contraignante, un tel avilissement de l'expression littéraire, ne feraient sans doute plus recette. Mais qui jurerait, pour autant, que le pouvoir du verbe s'exerce avec beaucoup plus de nuance aujourd'hui ? — "Staline ? «  Nul homme ne sait plus fortement témoigner de la valeur qu’il attache à la personne humaine » (Ch. Tillon, 1948). «  La confiance est le fruit de son cerveau d’amour » (P. Eluard, 1950). Thorez ? Sa voix est «  un contrepoison aux poisons du mensonge » (A. Césaire, 1950) : plus subtil que... Descartes, qui s’est perdu dans l’abstraction, ne maîtrise-t-il pas parfaitement «  la logique dialectique » ? On pourrait continuer – et Bernard Legendre, qui rassemble ici des textes écrits par des communistes pendant la période stalinienne, continue pendant trois cents pages : sur l’Union soviétique, «  patrie du socialisme, » sur la naissance de l’« homme nouveau », sur les « démocraties » populaires, la science bourgeoise et la science prolétarienne ; des intellectuels de renom (Aragon, R. Garaudy, D. Desanti, J. Bruhat) ont écrit des pages qui font plus frémir que sourire. Tant peut être grand l’aveuglement de bons esprits, dès lors que, renonçant à toute liberté de jugement, ils adhèrent inconditionnellement aux mots d’ordre des politiques." (Maurice T. Maschino, Le Monde diplomatique, 1980)

328.          MANNERHEIM (Maréchal). Les Mémoires du maréchal Mannerheim, 1882-1946.  Hachette,  1952, in-8°,  429 pp, préface du général Weygand, traduit et adapté du suédois par Jean-Louis Perret, broché, couv. très lég. abîmée, bon état

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Peu fréquents souvenirs du courageux défenseur de la Finlande, préfacés par Weygand. — "Le baron Gustav Mannerheim, que la reconnaissance de ses concitoyens avait fait « Maréchal de Finlande » a écrit, avant de mourir, à 84 ans (en 1951), ses Mémoires qui, étant donné son activité de 1918 à 1946, racontent, en même temps que sa vie, une grande partie de l'histoire de son pays. Leur importance, pour les historiens, n'a pas besoin d'être soulignée puisque Mannerheim fut l'âme des trois guerres d'indépendance, l'une au cours de la première guerre mondiale, les deux autres (1939-40 et 1941-45) au cours de la seconde. Sa personnalité domine l'histoire de sa patrie puisqu'il fut à la fois général en chef, diplomate et homme d'Etat. Précédés d'une préface du général Weygand, ces Mémoires viennent de paraître en français. Le traducteur, M. J.-L. Perret, a volontairement omis les chapitres qui se rapportent aux voyages du Maréchal en Asie Centrale, Inde, Birmanie, ainsi que ceux qui exposent l'action sociale de Mannerheim entre les deux guerres, mais il a gardé tous ceux qui sont consacrés aux guerres russo-finlandaises. Les premiers chapitres content, avec sobriété, la jeunesse du Maréchal, son entrée à l'école de cavalerie de Saint-Pétersbourg, sa carrière dans l'armée russe, sa participation à la guerre russo-japonaise et à la première guerre mondiale. Mannerheim, qui ne semble pas avoir beaucoup souffert jusqu'en 1917 de l'annexion de la Finlande à la Russie, ni même des tentatives de russification de son pays par les deux derniers tsars (mais il parle très peu de ses sentiments personnels) se donne avec passion, après la Révolution, à la cause de l'Indépendance finlandaise. II craint que le Bolchevisme ne ravage sa patrie. Plus tard, entre les deux guerres, il constate la puissance des armements russes et déplore que ni la Finlande, ni l'Europe ne paraissent s'en inquiéter : c'est « le temps des erreurs ». La situation internationale, que l'ambition de Hitler rend dangereusement instable, lui fait redouter le pire pour son petit pays. II ne se trompait pas : dès le début de l'hiver 1939, grâce à l'entente germano-soviétique, la Finlande fut attaquée par l'URSS..." (Marie Granet, Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 1955)

329.          MAURIAC (Jean). Mort du général de Gaulle.  Grasset,  1972, pt in-8°,  183 pp, broché, bon état

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Du référendum de 1969 au 9 novembre 1970, les derniers mois du Général. — "J'ai été blessé en Mai 68. Et maintenant, ils m'ont achevé. Et maintenant, je suis mort." C'est par ces mots que le général de Gaulle accueillit le Non des Français au référendum d'avril 69. Entre cette mort politique et la fin à Colombey, dix-neuf mois vont s'écouler durant lesquels le général va voyager, compléter ses Mémoires, s'entretenir avec des proches, se mesurer à la solitude, à la souffrance. Compte à rebours dramatique minutieusement restitué par Jean Mauriac. Son sens du détail, l'enchaînement des tableaux composent un destin et disent un discret chagrin. Voici de Gaulle grandiose dans l'adversité, solitaire et quotidien, hanté par la mort. De Gaulle, la France au coeur, aux derniers feux de sa vie.

330.          Ministère des affaires étrangères du Monténégro. Documents sur les atrocités serbes au Monténégro.  Rome, impr. de l'Etat monténégrin,  1920, in-8°,  64 pp, broché, couv. lég. salie, qqs marques au crayon rouge en marges, bon état. On joint une brochure de 4 pp (21 x 29) où L. S. Plamenatz, Président du conseil et ministre des Affaires étrangères du Monténégro, présente l'ouvrage. Rare

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"... Lorsque le Gouvernement de Serbie a proclamé l'annexion forcée du Monténégro en novembre 1918, le peuple monténégrin a réagi, d'abord par l'insurrection, et ensuite par la guerre de guérillas qui dure encore aujourd'hui. Afin de réprimer la révolte populaire, et de contraindre les habitants à subir sans protestations la violence dont ils sont victimes et à prêter le serment de fidélité au Roi de Serbie, le Gouvernement de Belgrade a usé de tous les moyens. Il a instauré au Monténégro un régime de terreur qui surpasse en horreur tous les crimes commis dans cette guerre et dans toutes les précédentes. A titre de représailles, l'armée serbe d'occupation au Monténégro a incendié plusieurs milliers de maisons et pillé autant de propriétés. Au cours de deux années, plus de 4.000 Monténégrins ont été arrêtés et emprisonnés parce qu'ils refusaient d'approuver le crime commis contre leur patrie. A l'issue des dernières élections, pour la Constituante Yougoslave (28-11-1920) les uns ont été relâchés sans jugement et après avoir été détenus deux ans bien qu'innocents ; d'autres (pour la plupart des officiers) gémissent encore en prison. Plusieurs milliers de Monténégrins ont été spoliés de leurs biens et massacrés ; d'autres, torturés ou mis hors la loi, ont cherché asile dans les forêts monténégrines. Des centaines de femmes et de filles ont été violées et déshonorées. Une partie des documents relatifs à ces crimes a été dévoilée dans une publication officielle du Gouvernement Monténégrin intitulée : "Documents sur les atrocités serbes au Monténégro". Dans ce recueil se trouvent également les rapports des missions humanitaires anglaises et canadiennes, ainsi que celui de l'envoyé spécial de l'Ambassade Américaine à Rome, dont l'impartialité est au-dessus de tout soupçon : tous confirment catégoriquement et indiscutablement l'horrible terreur qui règne au Monténégro  depuis deux ans..." (Le rôle de la France dans l'annexion forcée du Monténégro. Documents officiels publiés par le Ministère des affaires étrangères du Monténégro, 1921)

331.          MOUNIER (Emmanuel). L'Affrontement chrétien.  Neuchâtel, Editions de la Bac